Le langage est-il une barrière?

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MA
j'ai longtemps pensé que si je ne connaissais pas la langue d'un pays je serais incapable d'y vivre et de m'y faire comprendre. pourtant, je me suis appeçu que tout cela est bien faux et que nous avons un langage commun, finalement, même à l'autre bout du monde, avec certes un peu de difficulté.. mais au moins l'échange est possible, et il est direct, il ne passe pas par du superflu...

j'ai travaillé avec une compagnie de théâtre de rue, le principe consistait à interpréter des exilés qui n'avaient avec eux qu'une boite à chaussure dans lequel se trouvait des objets pris sans réfléchir au moment du drame qui les a conduit à devenir exilés. Chacuns de nous avons du inventer notre propre langage...pas si simple! bref nous nous retrouvions deux par deux à une table c'était de l'improvistation ( chacun avec son personnage, son langage, son histoire, sa boite à chaussure..).Eh bien nous avons dialogué chacun dans nos langues, avons compris l'histoire de l'autre, nous avons pleuré, ri, tout était très clair, et pourtant personne ne parlait de la même façon, mais les sentiments étaient là, l'histoire étaient là, l'envie de communiquer existait...

voilà pour mon expérience.. Vous est-il arrivé des histoires de ce genre à l'étranger.Avez vous ressenti ce langage inné, ce mode de communication et de compréhension universelle, ou au contraire avez vous ressenti un énorme bloquage handicapant pour vous? Merci de votre partage... MANA
Sans savoir trop ce que j'y recherche, j'y trouverais ce qui m'est destinée. MANA
WA Wang ·
Je pense que le language n'a pas d'importance pour la communication, combien de fois...que le regard, les gestes ou les sons suffisent pour se comprendre et les mots sont inutiles, ça permet d'explorer d'autres façon de se communiquer. De toute façon, le voyage pour moi, est de pouvoir cadenasser tous nos réflexes conventionnelles, y compris la parole. C'est à ce moment que ce "complément" en moi pourra s'exprimer. Comme quoi, l'anglais par exemple, peut être un allié tout comme son ennemi.
wang
MA Mana7 ·
merci à toi de ta réponse;je ne comprends cependant pas exactement ta notion d'ennemi.. peux tu m'expliquer?
Sans savoir trop ce que j'y recherche, j'y trouverais ce qui m'est destinée. MANA
WA Wang ·
...il est tellement plus facile d'allumer sa cigarette lorsque qu'on en dispose pour rééquilibrer sa dose de nicotine, mais que se passera-t-il s'il n'en a plus? ça va l'amener à réagir différemment, il pourra puiser dans d'autres ressources inattendues...
wang
FI Filsdusoleil Regular ·
Je me souviens d une semaine passe en pleine montagne dans une tribue du laos...Evidement je ne parlai pas leur dialecte, ni le laotien...Et eux que dalle en anglais...Pendant une semaine on a parle de beaucoup de choses...Et apres coup, tu te demande toujours comment quand tu essaye d y repenser...Le coeur, les gestes, la patience, et un truc qui techapes de suite, magique, mais qui etait la....
ZE ZeBadGuy Veteran ·
Ouais enfin faut quand meme pas déconner. Avec les gestes, les sourires on dit quand meme pas grand chose. C'est plaisant et amusant mais c'est quand meme plus intéressant d'avoir une langue commune. Sinon ça reste très superficiel "il fait beau aujourd'hui, il est beau votre petit, et les cultures elles poussent bien ?"
FI Filsdusoleil Regular ·
On doit pas avoir le meme voyage mon gars...si tu savais tout ce que j ai appris sans parler la langue et sans que la personne en face de moi ne parle anglais...Alors je deconne pas comme tu dis, j ennonce une verite et des souvenirs imperrissables...Ta facon de parler laisse a penser que tu prend la personne en face pour quelqu un de moins intelligent peut etre...C est parce que je considere celui en face de moi d egal a egal que je peu parler avec lui de beaucoup de choses a condition bien sur d avoir du temps....A mon avis tu dois etre un mec(ou une femme, je sais pas) vachement speed qui doit pas prendre souvent son temps...essaie...Par exemple, avant de repondre a ce que j avais dis, tu aurais pu prendre le temps de reflechir...Tu aurai dis la meme chose soit, mais d une maniere plus aimable...bisous quand meme amigo...from india...
PA Pataugas Veteran ·
J'irais plutôt dans le sens de ZeBadGuy. Communiquer sans utiliser un idiome commun ne va pas très loin et ne peut que nous rendre conscients du langage des gestes, regards, corps, comme autant d'aspects que l'on néglige lorsqu'on pétarade dans les phrases, mais seul le langage construit - et dont chacun connait les codes - permet un éventail riche et rempli de nuances, surtout dans la durée! Imagine un peu que tu sois resté un an... ne crois-tu pas que tu aurais appris la langue de tes interlocuteurs, ou que vous auriez inventé vos propres codes (d'ailleurs, vous avez déjà commencé) au fur et à mesure?
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"
FI Filsdusoleil Regular ·
Evidement que si j etais reste un an j aurai appris la langue...Mais on parle de voyage la, donc de periodes plus ou moins longues dans un pays, une region, puis un autre pays..une autre region...Alors on trouve une nouvelle facon de communiquer en plus des mots...Et il ne faut pas confondre Comme dis (desole je sais plus son nom...celui qui m a repondu), dire des choses insignifiantes, et aller a l essentiel...On parle tellement pour ne rien dire chez nous, quand on bosse, quand on rale, quand on boit, (mais ca j aime bien)....
AN Anne75015 Veteran ·
D'accord aussi.

J'ai passé quelques temps avec des gens qui parlaient un anglais assez basique (pourtant assez bon), et avec mon anglais basique également, je n'ai pas pu aller très loin et me suis sentie vite frustrée de ne pouvoir aller bien loin dans la conversation.

Je me suis également sentie souvent frustrée dans des conversations d'anglophones de ne pouvoir comprendre et participer plus.

Si c'est juste pour se débrouiller en voyage et avoir un contact disons plutôt superficiel avec les gens, la langue n'est pas trop importante. Mais sinon, c'est très vite frustrant.
GE Gerardou ·
L'Anglais ça se travaille...tu sais Pataugas elle est un peu nullos en Anglais...pour autant elle insiste...et comme cela elle progresse...tout est question de persévérance.
FI Filsdusoleil Regular ·
J ai un contact bien moins superficiel avec des gens d un autre pays qui ne parlent pas l anglais, qu avec certaines personne en france...Essayez de voir ce qui remplace les mots...Par exemple, en france, je vis pieds nus la plupart du temps et j ai une coupe de cheveux un peu particuliere (quoi que).Et en voyage, on ne te juges que sur ton sourrire, ta gentillesse, et ce que tu apportes dans une journee, et qui te donnera envie de rester plus..tu perds moins de temps, car il me faut parfois, ""chez moi"", me faire accepter(c est un bien grand mot), avant que l on me parle sans prejuges....Ailleurs, pas de mots inutiles, on va a l essentiel, et quel bonheur de communiquer d une autre facon, ca nous apprend tellement sur nous memes..J ai peut etre une vision trop romantique du voyage, mais plus je voyage, plus je prend plaisir a ca..Je viens de passer plusieurs jours a 3000 m, dans une cabanne avec des sadhus qui ne parlent pas un mot d anglais.Je vous jure qu un a parle de plein de choses...doucement...tranquillement...Dans deux jours, je reprend la route pour le cashemir, a moto cette fois ci, et j espere parler encore beaucoup de cette facon...Namaste...om shanti om......
AN Anne75015 Veteran ·
Si Pataugas elle a un pied en Australie et un autre en France (et entre les deux???????!!!), c'est clair qu'elle doit bien se débrouiller pour tenir une conversation décente et intéressante avec les Australiens [:)] Donc pas frustrée comme moi je pourrais l'être [:)]

Pour en revenir à la question initiale, je dirais que pour moi, le langage n'est pas une barrière pour voyager (ça prend parfois un peu plus de temps) mais pour communiquer réellement, pour moi oui c'est une barrière.
Cécile76 Regular ·
et bien moi je suis plutôt d'accord avec Filsdusoleil. le language parlé et écrit est sujet à intérpretation et bien souvent il n'arrive pas à exprimer nos sentiments les + profonds. à la condition de prendre son temps (tout le problème est là je pense), on peut aller très loin dans la compréhension de l'autre sans parler. au contraire même en ayant la même langue que l'autre si l'on est pressé, pas attentif comme c'est souvent le cas, on passera complètement à côté de l'autre et c'est aussi valable avec nos proches, on peut très bien travailler, communiquer, et même vivre avec qq pdt des années sans savoir qui il est vraiment.. et ceci parce que l'on oublie trop souvent que le langage parlé est un code, et qu'il a ses limites comme tout code. les mots ne sont que des mots, ils ne sont pas la réalité ni la vérité.
RA Rastazebra ·
salut

Je suis un français habitant pour le moment au Maroc, et dans un lieu où les gens parlant français sont moins nombreux que ceux parlant uniquement marocains. Même si le lieu est fort agréable, le fait d'apprendre la darija me permet quand même de mieux y vivre. Je peux discuter avec d'autres personnes, échanger des idées (bien que succinctes pour le moment) et passer du temps au milieu de conversations qui m'étaient, au début, étrangères. La langue n'est pas vraiment une barrière dans ce pays où tout le monde étant allé à l'école a appris le français, mais le fait de parler la langue du pays fait que l'on est plus tranquille, moins à l'écart des gens. Par exemple, même si je parle anglais, j'ai moins tendance à répondre lorsque, dans les rues de Paris, un anglophone m'aborde sans faire le moindre effort pour parler français. Je ne sais pas si c'est une question de respect ou autre mais, en pratique, les gens sont plus réceptifs lorsque l'on fait un petit effort.
You can't educate I, for no equal opportunity Talking 'bout my freedom, people freedom and liberty !
YA Yangguizi Globetrotter ·
C'est vrai qu'on n'imagine pas le nombre de choses qu'on peut dire lorsque l'un des interlocuteurs ne possède que quelques mots d'une langue. J'en ai fait l'expérience récente en Iran, où j'ai pu discuter de choses et d'autres avec seulement une poignée de mots d'anglais et de farsi. Ca prend énormément de temps mais on y arrive.

En revanche, quand on ne possède aucun mot en commun, ça me semble très très difficile. Mais pas impossible. Je veux bien croire que tu as pu réellement échanger avec des gens sans comprendre un seul mot. Avec des gestes et des dessins, on peut en effet faire pas mal de choses. J'avoue qu'à cet égard, une expérience comme la tienne me plairait sûrement.

Je pense que pataugas a mis le doigt sur un truc intéressant en parlant de la fabrication d'un "language" au bout de quelques temps et de beaucoup d'errements. Lorsque chacun a compris qu'un geste ou un son peut être associé à quelque chose ou à une idée, c'est enregistré, et on pourra l'utiliser par la suite comme on utiliserait un mot.
VA Vanillabrico Regular ·
J'ai remarqué quelquechose récemment.

Pour remettre dans le contexte j'ai débarqué au Japon il y a 3 mois, j'y suis pour bosser. Bon a part bonzaaiiii et kamikaze je savais rien dire en japonais (et pour tout dire ca a pas enormement evolué) .

Voilà mon constat: Moins on se comprend, on rit de nos tentatives de communications héroïques, et plus on se sourit. Et plus on se sourit plus on a le sentiment qu'il se passe quelquechose.

C'est vrai pour les gens qui deviennent mes amis ou mes proches, mais aussi pour la serveuse du resto ou le mec du guichet à la gare. C'est une autre forme de communication au quotidien. pas efficace certes, mais qui me satisfait grandement!

Voilà comment en n'ayant quasi aucun mot en commun je me suis jamais sentie en manque de relation humaine. AU contraire....

Bon pour en revenir au sujet, effectivement sans mot en commun discuter c'est difficile. Mais discuter ya pas que ça! Non mais!! Communiquer c'est avant tout rire, c'est dans le regard. La complicité ne se retrouve pas dans un échange d'information, ... du moins pas pour moi.

M'enfin rassurez-vous (sisi je vous vois froncer les sourcils)[:P] je me suis mise au japonais!...Avec mes amis japonais : ce qui donne n'importe quoi!!
Mon nouveau blog pour tous mes voyages en cours et a venir http://vanillabricot.canalblog.com

Mon ancien blog retracant un an de vie au Japon et un voyage de 3 mois du Japon a la Francehttp://vanillabricot.oldiblog.com
TI Tinapay ·
oui...
CH Choucarde Globetrotter ·
C'est à défaut de connaitre la langue que l'on se sert plus de la gestuelle, qu'on y prete plus attention! c'est un vrai mode de communication, très utile parfois!!
Choucarde
AR Aristomakos Globetrotter ·
Je crois que ta question n'est pas bien posée, s'ignore si quelqu'un l'a revelé (je n'ai pas tout lu), mais d'après mes souvenirs de philo, tu aurais dû dire ''La langue est-elle...'' et non pas Le langage est-il...''

Langage = langue + signes + gestes + tout ce que tu veux
Ben
AS Astragale Regular ·
Bonjour,

oui, je pense que ne pas maîtriser la langue du pays est un obstacle ou en tout cas, source de frustration. J'ai été hébergé pendant quelques jours dans une famille péruvienne, catholique et au cours de nos conversations (je parle un espagnol assez basique) j'ai vraiment regretté de ne pas mieux parler l'espagnol. Parce que j'ai dû leur expliquer pourquoi j'étais athée ... et ça a été très frustrant de ne pas l'expliquer simplement sans tatonner.

Il me semble quand même que maîtriser la langue du pays peut permettre de mieux ressentir les gens, de mieux les comprendre, plus rapidement aussi.
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour....

La gestuelle peut être utile, mais il ne faut pas surestimer son caractère universel.

On ne compte pas sur les doigts en Chine comme en Europe - et même pas du tout... Les signes d'approbation ou de refus sont aussi très différents des habitudes européennes en Asie, et surtout dans les pays du Proche Orient.

Bref... Malentendus très probables !

MIchel
MA Mariannehon Regular ·
Je suis aassez d'accord avec toi, uniquement communiquer avec des gestes ou avec une maîtrise assez "basique" de la langue peut être frustrant et difficile. Mais ce n'est pas tout... et le "langage" commun va me semble-t-il encore plus loin. Une petite anecdote, du Pérou aussi: A la fin des années 70, je travaillais et vivais avec ma famille en Amazonie péruvienne, à deux jours d'Iquitos, en remontant l'Ucayali (l'endroit s'appelle Jenaro Herrera). A l'époque, beaucoup d'ouvriers du pétrole ont été licenciés dans la région, et le gouvernement nous a demandé de préparer des possibilités pour installer quelques familles dans et autour du village. En bons Suisses, nous avons donc organisé des visites sur place, avec des informations, les chiffres des moyennes des récoltes, les conditions d'élevage, des travaux forestiers, etc. Un véritable travail de "marketing"... intéressant pour nous aussi, une sorte de "bilan". Lors de la première visite, après l'information, nous nous sommes rendus dans une petite exploitation déjà installée à env. 8 km du village. La seule question qu'a posé le responsable du groupe: "Est-ce que le manioc pousse ?"... Et lorsque l'agriculteur lui a répondu "oui", tout était dit ! Comme quoi, avec une seule question et une seule réponse, on en dit dès fois bien plus qu'avec de longs discours, de beaux graphiques et de nombreux chiffres ! Amitiés à toi Marianne
AN Anàssa Globetrotter ·
Ce que tu dis me semble très juste. La frustration est beaucoup plus intense quand tu parles moyennement la langue que pas du tout.

Quand je ne parle pas du tout une langue, j'en prends mon parti sachant que la communication sera extrèmement limitée : pour faire comprendre un sentiment et quelques choses basiques, les mimiques et gestes suffisent, dans la plupart des cas.

C'est en revanche beaucoup plus dur quand on maîtrise suffisamment la langue pour se débrouiller dans le quotidien, qu'on souhaite passer à des conversations plus approfondies et que les mots précis manquent.

Le plus déstabilisant étant quand on parle à priori la même langue que son interlocuteur et qu'on ne se comprend pas. Mais c'est un autre sujet...

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