Retour d'une traversée à vélo du salar d'Uyuni et du Sud Lipez (octobre 2018)
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Bonjour à tous,

Ayant pioché de nombreuses infos ici pour préparer mes voyages, je publie un compte rendu détaillé d'un parcours que nous venons d'effectuer à vélo ces dernière semaines (du 23 octobre au 4 novembre 2018). La région du Salar d'Uyuni et du Sud Lipez est connue en Bolivie pour ses paysages merveilleux, et attire de nombreux touristes, via des tours organisés en 4x4. Cette région attire aussi quelques cyclistes ; cela semble d'ailleurs être la seule alternative aux tours et aux 4x4 pour avoir la chance de se rendre dans cette région du monde, bien que de très rares marcheurs courageux aient parcouru cet itinéraire. En ce qui nous concerne, nous ne souhaitions pas parcourir ce coin exceptionnel en 4x4, et encore moins dans un tour organisé, minuté et pressé. Malgré la longueur et la difficultée annoncée, le vélo semblait être l'alternative idéale ! Au delà de ce descriptif, j'ai pour projet de publier dans les mois à venir un carnet de voyage qui sera plus général sur notre voyage, dont j'ajouterai le lien ici.

Quelques précisions sur nous et sur notre itinéraire :

- Niveau sportif : je fais du vélo depuis longtemps, et suis correctement entrainé, sans être un sportif de haut niveau ! Mon seul voyage à vélo date de 2008 : j'avais alors traversé les Alpes de Genève à Nice, seul, à seulement 17 ans. J'en gardais le souvenir d'une belle aventure, et j'ai toujours eu envie de retenter cette expérience. Gauthier, de son côté, n'avait jamais fait de vélo ; mais, étant habitué à courir, son entrainement était similaire au mien (il a tout de même terminé 15min devant moi lors d'un semi marathon en avril dernier à Lyon...). Il n'en reste pas moins que de se lancer dans un tel parcours à vélo constituait un beau défi. Il fait probablement parti de ceux qui avaient fait le moins de vélo de toute leur vie avant de se lancer sur cette route ! Cela est aussi la preuve que le voyage à vélo est accessible y compris à ceux qui ne sont pas cyclistes pratiquants - à condition bien sur d'être à peu près en forme... !

- Préparation de l'itinéraire : nous nous sommes penchés sur notre itinéraire et sur les étapes tardivement, après avoir acheté notre équipement au Brésil, au moment où nous sommes entrés en Bolivie. Nous avons alors repéré le Salar d'Uyuni et le Sud Lipez, qui semblent être des itinéraires incontournables pour beaucoup de cyclo voyageurs qui passent dans la Région ; mais ils sont aussi considérés comme des parcours particulièrement difficiles, principalement en raison de l'état des pistes, de l'altitude et de l'isolement. Comme beaucoup, nous avons hésité à prendre cette route, et nous nous sommes décidés définitivement seulement quelques jours avant le départ. Même si je ne comprends pas toujours tout ce que je lis, j'aime lire la presse lors de mes voyages ; et, quelques jours avant de nous lancer dans cette aventure, j'avais lu un article sur l'aménagement à venir de la route entre le salar et la laguna colorada. Dans les prochaines années, cette route devrait être goudronnée, pour développer le tourisme. C'était donc maintenant ou jamais... Avant ce parcours, nous avons parcouru environ 300km à vélo entre Santa Cruz et Potosi (principalement entre Santa Cruz et Samaipata, puis entre Sucre et Potosi, la pluie et l'état de la route ne nous ayant pas permis de réaliser la portion Samaipata - Sucre à vélo). Santa Cruz étant située à 400m d'altitude et Potosi à 4100m, cette partie nous a permis de nous entrainer à grimper. Symboliquement, nous aurons gravi les andes à vélo depuis lebas ! Nous avons passé une journée à défricher le "sujet sud lipez" 2 jours avant de démarrer le parcours depuis Uyuni : nous avons éplucher les sujets sur voyage forum, avons lu différents blogs, et nous sommes servis du document qui fait référence à ce sujet : http://www.tour.tk/pdf/cycling-southwest-bolivia.pdf

- Equipement : nous avons acheté l'ensemble de notre équipement à Sao Paulo (magasin "The Bike Culture" pour les vélos, et décathlon pour le reste). Nous avons choisi des vélos "hybrides", type VTC. Nous sommes satisfaits de ce choix, mais nous aurions du changé les roues et pneus pour qu'ils soient plus adaptés aux terrains que nous avons traversés (au moment de l'achat, nous ne savions pas que nous allions passer par cette région). Sur mon vélo, j'ai cassé 3 rayons sur la route arrière, qui a fini le parcours en étant sérieusement voilée (irréparable). En revanche, nous n'avons pas regrettés les suspensions à l'avant : elles nous ont bien aidé sur cette piste, notamment sur les morceaux en "tôle ondulée". Globalement, pour cet itinéraire, étant donné l'état des pistes, on gagnerait grandement en confort avec un équipement purement tout terrain. En ce qui concerne le reste de notre équipement, nous avions 2 portes bagages chacun : un basique à l'arrière, type topeak, et un thule à l'avant, fixé sur la fourche. Grand écart entre la finition de ces produits : le porte bagage le moins cher que nous avons acheté nous a coûté moins de dix euros montage inclus en Bolivie, le plus coûteux 10 fois plus cher (thule tour rack, mais on paye l'innovation de la fixation !). Nous avions 6 sacoches achetées chez decath (comme l'essentiel de notre équipement), dont 2 premiers prix qui ont bien tenu le choc sur les 800km : 4 sacoches pour moi et 2 pour Gauthier ! Nous avions fixé la tente (MRS hubba hubba, très légère, que nous utilisons pour la rando) sur l'un des deux porte bagage avant, et un petit sac sur l'autre (en plus de deux sacoches). Cet équipement n'est pas haut de gamme et pourtant nous n'avons eu aucune mauvaise surprise ; une seule creuvaison sur la totalité du parcours (aucune sur la portion entre Uyuni et SPDA), et aucun soucis mécanique. Après nettoyage et révision à l'arrivée, les vélos sont ressortis presque neufs de l'aventure en dehors de quelques rayures. Cela prouve que, pour un voyage assez court, un équipement peu coûteux (au regard des rolls royce que possèdent certains !) est suffisant, et ouvre à presque toutes les bourses l'accès au voyage à vélo.

- Outils utilisés : * GPS garmin extrex 20 avec carte OSM : nous l'avons utilisé au quotidien pour planifier nos étapes, afficher les profils altimètriques, etc. Un GPS est indispensable pour ce parcours ; les smartphones peuvent éventuellement faire l'affaire, mais le GPS à pile me semble quand même plus fiable (précision et autonomie). * iOverlander : une application bien connue de ceux qui voyagent en campingcar/van, car les membres recensent les lieux de camping et de bivouac. Sur ce parcours, l'application permet de localiser les lieux où il sera possible de planter sa tente à l'abri du vent. Trés précieux ! * mapsme et windymaps : nous avons installé ces app sur la tablette, elles ont des cartes très précises que l'on peut utiliser en étant hors ligne (après téléchargement des dites cartes). Les 2 sont basées sur OSM. Le poids des cartes à télécharger est beaucoup plus light sur mapsme, mais les windymaps ont pour avantage un affichage très qualitatif du relief, avec des courbes de relief bien détaillées. * le document cité plus haut (http://www.tour.tk/pdf/cycling-southwest-bolivia.pdf) ainsi que nos différentes notes nous ont également bien servis au quotidien.

- Logistique et ravitaillement : c'est un point sur lequel nous avions été alerté grâce aux différents retours cumulés. En ce qui concerne l'eau, les points mentionnés sur le document pdf sont justes ; ces points sont réguliers. Nous avions jusqu'à 16L d'eau sur nos vélos (8L chacun), mais nous avons atteint ce maximum uniquement sur 4 étapes (Uyuni, San Juan, Laguna Hedionda, hotel desertio). Je confirme ce qu'on peut lire ailleurs ; on a jamais dépassé 2jours sans eau, et j'estime même notre durée maximum sans voir de point d'eau à 30h (du matin du jour 7 à la laguna Hedionda - ecolodge los flamencos - au début d'après midi du jour 8 - passage à l'hôtel desertio). En revanche, il est plus dur de trouver à manger. Nous nous sommes ravitaillés à notre départ à Uyuni, puis principalement à San Juan : à notre départ à San Juan nous avions une dizaine de repas dans nos sacoches, pour environ 7kg (soupes, pâtes, sauces, boites de thon, avoine, biscuits, café, etc.). Il est possible de manger dans la plupart des hébergements, mais ce n'est pas toujours garanti : les "tours" ont la priorité, car ces hébergements sont conçus pour eux. On vous dira parfois qu'il n'y a rien à manger alors que les cuisinières sont affairées... ou bien on vous demandera d'attendre la fin du repas des tours organisés pour vous offrir les restes ! D'autres fois on vous mêlera aux groupes et vosu aurez le droit pour pas très cher au rituel "sopa de verdura, pasta con salsa". On trouve des épiceries à Huallajara, le petit village après la laguna colorada ; la laguna colorada constitue le seul endroit où se ravitailler après San Juan (mais à ce stade il ne reste que 2 à 3 jours de route).

En synthèse, cette traversée d'Uyuni à San Pedro de Atacama (SPDA), aura représenté pour nous : - 530km, dont 470km environ sur des pistes d'état variable : de très bon (du côté du salar) à très, très mauvais (sur la partie centrale du sud lipez : cailloux et sable empêchent d'avancer et obligent régulièrement à pousser le vélo). - 13 jours, 52 heures de vélo (hors pauses), soit 4h par jour en moyenne. Nos étapes vont de 1h30 à 6h, ce qui représente en réalité, avec les pauses, des journées totales allant de 2h à 9h. - 10,17km/h en moyenne, mais avec de grosses différences selon les jours : de 5,5 km/h sur l'étape la plus difficile/pénible (nous avons beaucoup marché-poussé à cause du sable) à 19,1km/h le dernier jour grâce à la longue descente vers SPDA (2150m de D-). - 5 nuits de bivouac en pleine nature (entre 3700 et 4700m d'altitude) et 7 nuits dans les hébergements que nous avons croisés. Ces petits hostels, en général utilisés par les tours organisés restent très spartiates : il n'y a parfois pas d'eau courante (donc pas de douches), et l'électricité n'y est assurée que par groupe électrogène, en général 2 ou 3 heures le soir. - un isolement partiel : nous n'avons eu qu'une seule connexion wifi en 13jours (à la laguna Colorada) et le réseau mobile est très limité (nous n'avions pas de sim bolivienne). Il y a du réseau à Colcha K et San Juan, mais au delà c'est inexistant ou presque. En revanche, nous n'étions pas les seuls dans ces déserts, parcourus par de nombreux tours organisés. Nous avons croisés plusieurs 4x4 par jour (de quelques uns à plusieurs dizaines selon les zones et les jours). D'un côté cela atténue voire dégrade l'expérience du désert que certains peuvent rechercher ; d'un autre côté, cela constitue une forme de sécurité en cas de gros pépin. Les tours se sont plusieurs fois arrêtés pour discuter avec nous. A deux reprises nous avons pu avoir de l'eau et un peu de nourriture, mais cela aurait probablement été possible à chaque passage de 4x4 si nous avions demandé. - une météo excellente (quasiment aucun nuage en 13jours!) et des températures pas si froides que ça au regard de l'altitude (après San Juan de Rosario, on est toujours au dessus de 4200m d'altitude, et jusqu'à 4900m). En cette saison (octobre), entre 20 et 30 degrès la journée ; minimum autour de -5/-8 la nuit (mesuré vers 5h30 sur un lieu de bivouac à 4700m). - beaucoup de vent : c'est LA difficulté principale de ce parcours. Le vent se lève progressivement et atteint sa "vitesse de croisière" généralement en milieu de journée, cela dépend des zones (entre 11h et 14h). Il peut devenir très froid au dessus de 4700m ; enfin, à toute altitude, il peut génèrer des bourasque de sable qui sont très désagréables. Quoiqu'il arrive, après 15h, votre préoccupation principale, si vous campez, sera de trouver un lieu abrité pour planter la tente (l'utilisation d'iOverlander peut grandement vous simplifier la tâche !).

J'ai pris quelques notes, étapes par étapes, sur notre parcours, que je vais publier à la suite de ce message dans les prochains jours. Nous avons également réalisé de courtes vidéos (le son et le cadrage ne sont pas toujours au rendez vous...), consultables sur le google drive suivant : https://drive.google.com/folderview?id=19Oweg_9kWT4PO6mscsv8VVpawWq-Mo3k Je mettrai des photos étape par étape dans les messages.

Si vous avez des questions ou bien si vous hésitez à aller poser vos roues dans ce coin du monde, n'hésitez pas à me contacter :)

Olivier
OL Olive842 Regular ·
JOUR 1 : UYUNI - PLAZA DE LAS BANDERAS (salar d'Uyuni) Distance : 30,4 km Dénivelé positif : + 45m Vitesse moyenne : 11,11km/h

Etant partis le matin en bus de Potosi, notre départ d'Uyuni ne se fait qu'à 14h. A cause du vent de face, nous mettrons plus de 3h pour faire les 30km ! Nous sommes entrés sur le salar avant l'entrée "classique" qui se fait à Colchani ; 14km après Uyuni, nous avons pris à gauche juste avant le pont routier qui traverse la voie ferrée. La piste jusqu'au salar est correcte ; néanmoins, la grosse douzaine de km jusqu'au monument dit du "Dakar" se fait sans suivre aucune trace, en roulant sur le salar avec le guidage GPS. Ces premiers moments sur le sel nous permettent d'éprouver des sensations uniques face à cette immensité ; on est également un peu inquiets, car il ne reste que quelques heures de jour, nous n'avons rien d'autre en vue que l'immensité du désert, et le vent nous freine considérablement ! Par ailleurs, contrairement à l'image que nous avions du salar, ce n'est pas plat... sur cette partie, le sol est très granuleux, il y a de petits blocs de sels qui nous empêchent de dépasser 10/12 km/h. C'est sans doute plus roulant depuis Colchani, le passage des véhicules ayant créé une "piste" au milieu du sel. Ce n'était en tout cas pas une très bonne idée que de démarrer l'étape dans l'après midi ! Le vent se renforce continuellement toute l'après midi, et atteint sa force maximale vers 17h, au moment où nous arrivons sur la "place des drapeaux", un lieu étonnant où flottent des drapeaux du monde entier. A proximité, on trouve un monument rendant hommage au passage du Paris - Dakar, ainsi que le plus vieil hôtel de sel du monde. Il sert aujourd'hui de restaurant et de boutique pour les touristes ; en raison du vent, le personnel, pourtant peu accueillant, nous autorise à camper dans la grande salle de restaurant (revetement en sable), avec une autre famille qui venait pour camper. On trouve boissons et sucreries à la boutique. WC 5BS.

Une étape courte mais qui, avec l'arrivée en plein salar et le vent, nous met directement dans l'ambiance de ce qui va être nous quotidien pendant près de deux semaines.
OL Olive842 Regular ·
JOUR 2 : PLAZA DE LAS BANDERAS (salar) - ISLA INCAHUASI (salar) Distance : 64,5 km Dénivelé positif : + 0m Vitesse moyenne : 13,31km/h

Contrairement à la veille, on suit une ou des pistes, même si la première moitiée reste granuleuse. Quelques 4x4 passent au loin, mais on ne peut pas dire à ce stade qu'ils soient très dérangants. Sur cette partie, on est en plein dans le salar : on aperçoit les montagnes au loin, mais sans GPS il me semble difficile de tenir un cap avec certitude sans bien connaitre le coin. La progression est d'ailleurs très similaire à la navigation marine : il faut définir le cap et aller tout droit, en collant le plus possible au "trait" affiché sur le GPS. Parfois, nous nous en éloignons de plusieurs centaines de mètres sans vraiment nous en apercevoir ! Pendant plus de 60km et près de 5heures, nous nous sentons perdus et désorientés dans cette immensité. Nous nous arrêtons régulièrement et nous sommes happés par un silence incroyable, surtout lorsque le vent n'est pas encore levé. Lorsqu'on redémarre, le bruit de nos roues sur le sable rappelle la neige. Je m'amuse à faire des tours à droite, à gauche, en cerlce : en l'asbence de route et sur un terrain parfaitement plat, on peut rouler absolument partout, c'est génial ! A mi-chemin, nous croisons Pius, un cycliste suisse qui parcours le continent ; nous l'apercevons de loin, et, comme tous les éléments qui nous entourent, le petit point que l'on distingue à peine groissit, puis s'éloigne de la même manière après nous avoir croisé. Tous les repères sont bouculés, et les distances sont presque impossibles à estimer : peu après avoir croisé Pius, nous distinguons au loin un point, que nous ne tardons pas à reconnaitre comme une île : c'est l'Isla Incahuasi, notre destination du jour. Sans le GPS, on pourrait penser qu'elle n'est à quelques kilomètres, alors qu'en réalité nous en sommes encore distants de 25km avant ! A partir de ce moment là, le GPS est rangé : c'est l'île qui donne le cap ! Sur Incahuasi, on trouve un restaurant dans lequel s'arrêtent certains tours, pas très approvisionné lors de notre passage : Almuerzo correct pour 45BS, personnel sympathique. Boutique avec boissons et sucreries. WC et eau courante (non potable) à dispo (payant). Nous sommes 10 cyclistes au total à dormir sur l'île le soir ! Pour éviter le vent, encore fort ce jour là, 7 ont dormi dans le musée, gratuitement. En ce qui nous concerne nous avons campé sur la face est de l'île, dans un abri en pierre en bordure du salar ; très bon abri contre le vent. Selon l'orientation du vent, il y a de multiples abri autour de l'Ile, et même une grotte pour s'abriter. Paysages sur le salar et lever de soleil sublimes !
OL Olive842 Regular ·
JOUR 3 : ISLA INCAHUASI (salar) - COLCHA K Distance : 67km Dénivelé positif : + 229m Vitesse moyenne : 16,37km/h

Départ tardif (vers 9h30) en raison du petit dej commun avec les autres cyclistes (tous francophones : 5 suisses et 5 français !) ; petit dej qui s'est encore allongé lorsque l'on a découvert tous ensemble que le restaurant de l'île faisait des crèpes ! Aujourd'hui, le vent nous est très favorable, et le sol très roulant sur cette partie du salar (sauf peut être sur les derniers km avant la sortie), ce qui nous permet de rattraper un peu notre "retard". Pour sortir du salar, il faut repérer la digue constuite pour éviter les berges (qui peuvent être très humides). Après avoir parcouru un peu plus d'une centaine de kilomètres sur du sable, nous quittons cet "enfer blanc". Même si nous avons croisé plusieurs cyclotouristes (tous réalisant de longs parcours en Amérique du Sud), je reste étonné que le salar d'Uyuni n'attire pas davantage de vélos tant rouler sur ce désert est quelque chose d'exceptionnel, si l'on compare à une excursion en 4x4 ! Des excursions en vélo au départ d'Uyuni se développeront peut être un jour, en tout cas souhaitons le... La route de la sortie du salar à Colcha K, notre destination pour ce troisième jour, est bonne, on y trouve même un peu de goudron par endroit. Nous avons fait un arrêt à "Villa Candelaria", une vingtaine de km avant Colcha K, mais malgré les différents hôtels, impossible de trouver à manger : les cuisinières sont affairées mais il n'y a rien à manger pour nous ! Une nouvelle fois, nous faisons le constat que ces lieux sont conçus et presque réservés pour les tours organisés, ce que prouve l'absence totale d'enseigne et d'indication pour trouver ces endroits. A Colcha K, nous avons trouvé un hébergement correct (30bs par personne, douche chaude 5bs) : "chez paula", un peu après la place du village sur la gauche. La gérante est très sympathique. Nous avons pu laver des vêtements ainsi que les vélos qui étaient envahis par le sel. VIllage très tranquille, que nous avons apprécié. Il y a plusieurs boutiques, mais il est difficile de trouver de quoi se restaurer : il faut demander aux gens du village, car rien est indiqué. Une petite cabane fait des petits burgers à côté de la place ; dans la rue principale, une maison fait du poulet-frites le soir, nous y avons mangé. Pour le petit dej, cela se passe à la pension située à côté du restaurant "Espana" (ce restaurant, qui semble être l'unique du village, était fermé quand nous y sommes passés).
OL Olive842 Regular ·
JOUR 4 : COLCHA K - SAN JUAN DE ROSARIO Distance : 29,4 km Dénivelé positif : + 104m Vitesse moyenne : 12,31km/h

Après deux étapes de plus de soixante kilomètres, nous décidons aujoud'hui de ne rouler qu'une trentaine de kilomètres. Une étape courte donc, mais sur des pistes finalement assez mauvaises. Sur la première partie, cela alterne entre "bac à sable" (obligation de pousser) et bonne piste roulante (pour la majorité). On profite sur cette partie des paysages de transition entre le salar et le sud lipez : on a encore devant de grandes étendues, on croit parfois apercevoir le salar au loin, mais on est également entourés par les nombreux et très hauts volcans de la région, avec en ligne de mire le volcan Ollagüe. Ces paysages rendent cette partie plutôt agréable, d'autant que c'est à peu près plat. Sur la seconde partie, on retrouve la route principale, qui va d'Uyuni à la frontière chilienne en passant par San Juan. On avait donc l'espoir d'une route en bon état, mais c'est loupé ! L'alternance de cailloux et de sable et les légères montées rendent la progression difficile, et il faut pousser sur de courts mais fréquents passages. Nous arrivons à San Juan vers midi. On ressent tout de suite un fort contraste avec Colcha K ; ici les rues ne sont pas pavées et l'ambiance est nettement plus austère. A San Juan, il a plusieurs hôtels utilisés par les tours. Nous sommes allés à l'hôtel de sel "Cabana de Sal", qui est très bien (70bs la double sans sdb, douche chaude et avec pression gratuite). Lessive à la main possible, et cuisine partagée que nous avons pu utiliser pour nos repas. Nous étions les seuls clients ce jour là et avons été très bien accueillis, mais cela doit bien se remplir lorsque l'hôtel accueille les tours. Pour manger, en revanche, il n'existe pas vraiment d'endroits dédiés ; à force de chercher on nous a envoyé dans une boutique qui propose des almuerzo (=menu du jour, pour 15bs, plutôt bon) : il s'agit du magasin qui fait des photocopies en haut du village, à côté du collège. Nous prenons d'ailleurs notre déjeuner avec les professeurs du collège. Nous avons profité de notre pause à San Juan pour étudier l'opportunité de faire une partie du trajet du lendemain en 4x4 (car la piste s'annonçait très mauvaise) : c'est possible, il faut demander "Aldo" (il habite près du collège). Nous avons finalement abandonné l'idée car nous étions limités en argent liquide (et partagés sur le fait de ne pas pouvoir réaliser la totalité du parcours en vélo), mais si nécessaire, sachez qu'une course jusqu'à la première laguna (Canapa, env 35km) coûte 600bs. San Juan est le dernier vrai village que l'on croise : ensuite, c'est 350km de désert jusqu'au Chili ! Il y a plusieurs boutiques pour se ravitailler. Nous avons tout acheté chez "5mentarios", une boutique présentée comme la mieux fournie du village : en réalité, c'est surtout la plus chère ! A éviter absolument, les autres sont beaucoup moins chers et on trouve les mêmes produits. Demander aux habitants, qui sont les mieux renseigner. Il faut également savoir qu'il est difficile voire impossible de trouver des fruits et légumes frais à San Juan (de manière générale, ce parcours correspond à une cure sans fruits et légumes de 2 semaines !). Nous avons acheté de quoi concevoir une dizaine de repas, misant sur les repas servis dans les hébergements que nous allons croiser et sur d'éventuels boutiques à la Laguna Colorada. Soupes et jus de fruits en poudre, pâtes, sauces diverses, boites de thon, avoine, oeufs, biscuits seront notre base pour les 8 à 10 jours qu'il nous reste jusqu'à San Pedro de Atacama. Cela pèse tout de même 7 à 8 kg, qu'il faut répartir dans nos sacoches. Au total, avec les 16L d'eau que nous emportons au départ de San Juan, nous avons près de 25kg supplémentaires sur nos vélos déjà chargés. Nous le sentirons sur l'étape du lendemain !
OL Olive842 Regular ·
JOUR 5 : SAN JUAN DE ROSARIO - BIVOUAC Distance : 52,9 km Dénivelé positif : + 376m Vitesse moyenne : 11km/h

Aujourd'hui, on attaque pour de vrai le "sud lipez" : l'itinéraire que décrit le document pdf de 2011 part d'ailleurs d'ici et annonce 8 à 10 jours de route pour SPDA. Les tous premiers km après San Juan se font dans le sable, et c'est là que l'on sent notre poids : le vélo est difficile à manier, et quand la roue avant s'enfonce dans le sable, il est parfois difficile de l'en extraire. C'est nettement ensuite, sur le salar de Chiguana : tout plat et bien roulant, on peut avancer avec un bon rythme. Mais cela ne dure pas, car le vent s'est levé dans la matinée, et cette fois nous l'avons en face (bien que nous nosu dirigeons toujours vers le sud, le vent semble changer de sens entre le salar et le sud lipez...). Affamés, nous nous arrêtons pour cuisiner au milieu de ce petit désert, en tentant du mieux que l'on peut de protéger le réchaud du vent... On avale à la hâte notre plat de pâtes dans ce désert à 3700m d'altitude, en plein vent. Les paysages sont encore très beaux ce jour là, et nous sommes emerveillés par les volcans, dont nous nous rapprochons. Nous savons qu'il s'agit des derniers kilomètres de plat, car le relief avance face à nous, sans que l'on puisse dire dans combien de temps exactement la route commencera à s'élever... Vers notre quarante cinquième kilomètre, ça y est, c'est le tout début de l'ascension. Nous allons monter un premier col qui nous amènera vers 4300m, et, à partir de là nous serons tout le temps au dessus de 4000m, jusqu'à notre descente sur San Pedro de Atacama., soit pendant près de 300km. Dès le début de l'ascension, la piste devient très mauvaise. Il y a beaucoup de sable, beaucoup de vent, et il est impossible de pédaler. Nous poussons nos vélos, et je m'aventure parfois à monter sur mon vélo en essayant de maintenir l'équilibre de cette monture de plus de quarante kilos... A certains moments, notre vitesse est si faible que le compteur GPS m'indique "0,00 km/h". Dans les faits, je me rends compte au bout de deux heures que notre vitesse moyenne depuis le début de l'ascension est de... 2km/h... ! Les lieux de bivouacs abrités du vent sont rares, et si nous ne parvenons pas à celui que nous avons repéré sur iOverlander avant la nuit, cela va être difficile de continuer. Cette partie est vraiment difficile ; il s'agit pour nous de l'une des pires du parcours, voire de LA pire. Il existe une autre route pour cette partie, qui consiste à poursuivre le salar de Chiguana et de contourner cette ascension difficile en récupérant plus à l'ouest la route "internationale" (qui est au mieux une piste en bon état). Nous ne connaissons pas l'état de cet itinéraire, qui est de surcroit plus long, mais cela ne peut pas être pire que par l'itinéraire le plus direct. D'autres pourront peut être dire par où il est préférable de passer ! Nous arrivons finalement un peu avant la tombée de la nuit sur le site du bivouac : un abri en pierre conçu pour camper. C'est un excellent lieu de bivouac, très abrité, situé à 4050m d'altitude, avec une vue extraoridinaire sur les volcans (coordonnées GPS : 21°14'00.74"S, 68°00'47.41"W). Puisqu'il nous reste assez d'eau, nous nous offrons le luxe d'une petite douche (incroyable mais vrai : avec 2L chacun nous nous sentons parfaitement propres !). Les couleurs des dernières heures du jour sont magnifiques, et, une fois la nuit tombée, nous profitons d'un ciel étoilé comme nous n'en avons encore jamais vu de notre vie.
OL Olive842 Regular ·
JOUR 6 : BIVOUAC - LAGUNA HEDIONDA Distance : 45,6km Dénivelé positif : + 546 Vitesse moyenne : 7,85km/h

Epuisés, nous nous sommes endormi peu après 20h hier ; vers 5h, après une nuit de sommeil réparateur, nous sommes reveillés. Nous devons attendre que le soleil se lève, car la température est trop froide pour sortir de la tente. Dès que nous apercevons les premiers rayons, nous pouvous préparer notre petit déjeuner et plier la tente. Je vis toujours ces moments matinaux comme des moments privilégiés de la journée ; sans vent, avec un soleil qui réchauffe progressivement l'atmosphère, la nature semble elle aussi se réveiller à son rythme. J'aime ces petit déjeuners pris au milieu de paysages spectaculaires ; nous prenons d'ailleurs largement notre temps et démarrons à chaque fois plus tard que ce que l'on voudrait, frustrés de n'être pas plus rapides mais heureux d'avoir profité d'un moment calme et reposant avant de nous attaquer aux difficultés de la journée. Nous retrouvons le col là où nous l'avons laissé la veille, et le reste de la montée, même si le vent s'est arrêté, est difficile, bien que la piste s'améliore et que nous n'ayons presque plus à pousser nos vélos. Par là suite, les passages descendants sont très rocailleux : je voile ma roue en allant un peu trop vite, confondant sans doute ce VTC avec mon VTT utilisé l'été précédent dans les Alpes, et oubliant la quantité de chargement derrière moi... ! Il faut 1h30 environ pour rejoindre la route internationale, en bon état sur cette portion. Quelques km après avoir rejoint cette route, il est possible de se ravitailler dans un village (point de ravitaillement qui visiblement n'existait pas sur le document/carte cité plus haut). Il s'agit en fait d'une halte créée pour les tours organisés, avec un petit restaurant et une boutique. Le restaurant semblait bien approvisionné (ici aussi, des cuisières sont affairées), mais nous n'avons réussi qu'à obtenir une assiette de lentille et une soupe ; le reste, c'était pour les tours... Un peu plus loin, après un petit col, débute la route des lagunes ; c'est pour certains le véritable début de la traversée du sud Lipez. L'état de la piste est correct sur les premiers kilomètres, mais il y a en revanche plusieurs petits cols à passer (au final plus de descente que de montée). Néanmoins, avec un vent de face, la progression n'est pas simple. Ensuite, vers la première lagune (canapa), cela se dégrade progressivement. Il faut pousser à de nombreux endroits. La fin de l'après midi approchant, le vent se renforce ; la fin de l'étape est tout simplement terrible, nous n'arrivons plus à avancer à cause du sable et du vent. Nous avons beau avoir l'ecolodge que nous devons rejoindre en vue, il parait tout proche mais nous mettrons plus d'une heure pour le rejoindre. Nous arrivons vers 17h (avec un départ à 8h et une courte pause pour le repas...), totalement exténués. Cela fait deux jours que nous terminons nos étapes sur les rotules ; il ne s'agit pas tant que cela de fatigue physique (nous sommes en pleine forme dès le lendemain), mais plutôt d'une forme d'épuisement mental du au vent, qui met nos nerfs à rude épreuve. En nous empêchant d'avancer, en interrompant tout effort, vent et sable ne permettent à aucun moment de trouver un rythme sportif régulier satisfaisant. En fait, à de nombreuses reprises ce n'est pas le niveau sportif qui compte mais la force mentale pour faire face à ces interruptions permanentes : on croit avancer, mais, brutalement le sable nous bloque ; et, lorsqu'il faut pousser, trouver un rythme est impossible tant la difficulté varie. Pourtant, à partir de cette étape, nous savons que la piste va se compliquer, que notre moyenne horaire va sérieusement se réduire et que nos étapes ne feront plus que 20 ou 30 km ; mais c'est aussi à partir de là que les paysages si singuliers du sud Lipez débutent. C'est d'ailleurs lors de ce sixième jour que nous rencontrons les premières lagunes : la laguna Canapa, en tout premier, puis la laguna Hedionda, peuplée de nombreux flamands roses. A l'heure où nous arrivons, le lieux est désert (les tours y font escale en journée), ce qui nous permets de profiter, seuls ou presque, de ce lieux hors du commun. A la laguna Hedionda, l'ecolodge "Los flamencos" permet de se ravitailler en eau ; en revanche, s'agissant d'un hôtel de luxe, les chambres doubles sont à 150USD la nuit... Il existe cependant un dortoir dans un autre bâtiment, pour 30bs par lit (douche tiède 20bs). Nous y croisons Pius, le cycliste suisse que nous avions déjà croisé dans le salar. Après sa traversée du salar, il a fait un détour par Uyuni avant d'attaquer le sud Lipez depuis le début de la route des lagunes. Il est arrivé quelques heures avant nous, et nous partageons nos galères, qui sont les mêmes, sur l'état de la piste et le vent. Nous échangeons également avec lui sur le reste du parcours, mais, face à l'altitude, il décide de rebrousser chemin le lendemain, malgré le très copieux petit déjeuner que nous prenons ensemble à l'ecolodge (40bs).
TI Ticapi Globetrotter ·
Magnifique carnet, que je vais suivre avec plaisir. Nous pensons faire le Salar d'Uyuni et le Sud Lipez en self-drive.

Merci pour ce partage.🙂

PS: Si tu mets ta souris à l'endroit où tu veux mettre ta photo, tu peux l'insérer sans problème et nous aurons le plaisir de la voir en grand sans devoir cliquer dessus. Je ne sais pas si je suis assez clair...😊

Vivement la suite.🙂
TI Titi77310 Globetrotter ·
🙂 Présent aussi, on rentre aussi de Bolivie, salar Colcha K san juan de rosario etc

titi
http://lesdkp.blog4ever.com http://notremondeanous.blog4ever.com/
OL Olive842 Regular ·
Bonjour Carmen

Merci pour ton message ! Self-drive, cela veut dire en louant un 4x4 que vous conduirez vous même, c'est ça ?

Merci pou l'astuce pour les photos, je les laisse en pièce jointe pour ne pas alonger le texte déjà long ; je trouve la lecture et les allers-retours plus difficiles avec les photos en grand format :)

Je m'attèle à la suite !

Olivier
OL Olive842 Regular ·
Salut Didier

super, avec quel moyen de transport du coup ? Prévois-tu un carnet de voyage également ?

Olivier
OL Olive842 Regular ·
JOUR 7 : LAGUNA HEDIONDA - BIVOUAC (10km avant l'hôtel Desierto) Distance : 23,9km Dénivelé positif : + 484m Vitesse moyenne : 6,1km/h

La nuit dans le dortoir fut excellente pour ma part ; près de 10heures de sommeil continu (nous nous sommes couchés à 20h) ! Nous profitons du lever de soleil sur la lagune dès notre réveil. Une partie de la lagune est d'ailleurs gelée, les flammands roses semblent marcher sur l'eau. Certains d'entre eux dorment encore, et ne se réveillent que lorsque le soleil les effleurent. Spectacle magique encore ce matin là, avant la prise d'un petit déjeuner servi par la famille qui gère l'éco-lodge et avec laquelle nous échangeons un moment. Comme à de nombreux endroits en Bolivie, la gestion de cet hôtel - restaurant est assurée par tous les membres de la famille. Vers 8h, lorsque nous sommes enfin prêts à partir, chacun est d'ailleurs à sa place, pour accueillir les premiers touristes qui ne devraient plus tarder : vente de tickets pour l'accès aux toilettes assurée par la fille, contrôle des tickets assuré par le fils, accueil au restaurant par le père, cuisine par la mère... Après la laguna Hedionda, nous passons quelque kilomètres plus loin par une nouvelle lagune (Chiar Khota) : de la, il y a deux routes possibles, l'une sur la droite passant par la lagune Honda, et l'autre à gauche, qui gravit un petit col et semble un peu plus courte. Nous choissons la deuxième option. La piste est correcte, notre rythme est bon, le vent n'est pas encore levé... Tout les signaux sont au vert ! Cela change après la petite descente : il y a un grand nombre de pistes parralèles, et il nous faut choisir la moins pourrie... Mais il y a du sable partout. Le vent se lève. Les jours se suivent et se ressemblent... Nous cuisinons notre repas de midi en plein vent, en abritant le réchaud avec nos sacs à dos et sacoches. La veille, nous nous étions promis de ne rouler plus que le matin, et surtout d'arrêter de rouler et de chercher le lieu de bivouac le plus proche dès lors que cela devenait trop difficile. Mais nous sommes au milieu de rien, dans du sable, sur une partie qui est en faux plat montant, avec le vent en pleine face... Et les rochers que nous avions repérés pour camper semblent encore à plusieurs kilomètres ! Nous nous remetons en marche en espérant arriver rapidement sur notre lieu de campement du soir. Nous avions prévu initialement de passer aujourd'hui le col situé à 4700m, quelques kilomètres avant l'hôtel Desierto, prochain point de ravitaillement en eau, mais confrontés de nouveau au combo sable + vent, nous décidons de nous arrêter le plus tôt possible. Nous avons repéré, une nouvelle fois grâce à iOverlander, une barre rocheuse un peu avant le col, qui semble adaptée pour s'abriter du vent. Surtout, cela semble être la seule opportunité de camper à l'abri du vent avant l'hôtel Desierto. Nous entrons les coordonnées dans le GPS, et nous progressons à pied, mètre après mètre, à une vitesse extrêmement lente... Nous arrivons vers la barre rocheuse située quelque kilomètres avant le col vers 15heures. Nous trouvons un endroit correct pour camper, même si nous ne sommes que partiellement abrités du vent ; la tente sera d'ailleurs bien secouée toute une partie de la soirée. L'arrivée en milie d'après midi nous permet toutefois de nous reposer, de lire et même de jouer aux échecs, tout en contemplant un paysage unique. Cette fois, nous sommes au dessus de 4500m d'altitude, et, dès que le soleil s'échappe, le froid, doublé du vent, est glacial. Nous cuisinons tant bien que mal, avec cagoules de ski et gants, juste après le coucher du soleil.
OL Olive842 Regular ·
JOUR 8 : BIVOUAC (10km avant Desierto) - BIVOUAC (12km après Desierto) Distance : 22,3km Dénivelé positif : + 309m Vitesse moyenne : 5,5km/h

Comme les jours précédents, nous sommes réveillés tôt. Néanmoins, la position de la tente à proximité du relief ne nous permet pas d'être éclairés par les premiers rayons de soleil. Nous patientons jusqu'à 6h40 avant de pouvoir prendre notre petit déjeuner au soleil. Nous pourrions sortir avant, mais les heures avant le lever du soleil sont de loin les plus froides (nous mesurons environ -8 vers 5h30). Le programme d'aujourd'hui débute par la fin de la montée jusqu'au col à 4700m. La piste est meilleure qu'hier, mais nous devons encore pousser à certains endroits. Lorsque la pente s'élève, la piste à tendance à s'améliorer (le sable ne tient plus). C'est le cas dans les passages les plus difficiles du col (ces passages restent courts). La descente est plutôt correcte, et nous arrivons finalement assez vite à l'hôtel Desierto. Nous sommes très bien accueilli par le personnel, pouvons faire le plein d'eau dans la cuisine ; la gérante accepte même de nous changer quelques euros ! Comme à l'ecolodge, on peut y dormir pour 150USD dans des conditions luxueuses ; je ne sais pas s'il existe un dortoir en revanche, mais il doit être possible de camper autour du bâtiment. Pour rejoindre l'hôtel, on fait un crochet vers l'ouest d'un ou deux kilomètres. Après l'hôtel, nous nous interrogeons sur l'itinéraire à privilégier, sachant qu'il y a cette fois aussi un ensemble de pistes, sur plusieurs kilomètres de large. Nous décidons de prendre la plus directe, mais, après 2 ou 3 kilomètres, cela se dégrade fortement. C'est à peu près le moment que le vent choisi pour se lever. Youpi ! Les paysages sur cette partie sont tout de mêmes exceptionnels, et, sans le moindre énervement, nous poussons nos vélos pendant plusieurs kilomètres (8km en 2h30). Comme la veille, nous avons repéré un site de bivouac, une barre rocheuse offrant une protection au vent. Nous l'apercevons de loin. Nous y arrivons vers 14h et nous préparons notre repas sur ce lieu qui constituera un excellent spot pour camper. La barre rocheuse en question est longue de quelques centaines de mètres et présente l'avantage d'offrir plusieurs lieux de bivouacs, selon le sens du vent. Elle constitue une halte pour certains tours en raison de la présence d'une petite compagnie de viscache, une sorte de chinchillas que l'on trouve dans la région (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Viscache). Les derniers 4x4 passent vers 17h30, et vers 7h le lendemain. On est proche de 4700m, donc la température est fraîche. Cette étape et celle de la veille auront probablement les plus dures du parcours ; c'est en tout cas celles où l'on a le plus poussé les vélos, où l'on est très haut (4500 à 4700m) et où nos moyennes horaires auront été les plus basses (6,1 et 5,5 km/h). Mais c'est sur cette partie que nous nous sommes sentis le plus isolés (la largeur de la piste nous permet de croiser peu de 4x4) ; entre la laguna Hedionda et la laguna Colorada, sur un peu plus de 70km (3 jours de route), il n'y a aucune trace de vie humaine autre que l'hôtel Desierto (et aucun autre ravitaillement en eau, par la même occasion).
TI Titi77310 Globetrotter ·
Salut Didier

super, avec quel moyen de transport du coup ? Prévois-tu un carnet de voyage également ?

Olivier

Salut Olivier

oui il est en cours mais moins routard que vous deux ! 😉 mais votre périple m'intéresse, je lis beaucoup sur les voyages que ce soit les moyens utilisés

didier https://voyageforum.com/v.f?post=9208439;#9208439 et sur mon site ci-dessous

merci pour le partage !🙂
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OL Olive842 Regular ·
JOUR 9 : BIVOUAC (10km après Desierto) - LAGUNA COLORADA Distance : 36,8km Dénivelé positif : + 117m Vitesse moyenne : 8,5km/h

Aujourd'hui, notre petit déjeuner habituel (fait de biscuits, café, avoine, fruits secs et lait) sera complété par du pain presque frais et des bananes offertes par un couple de néerlendais dont le 4x4 s'arrête vers 7h. La piste que nous empruntons au début de la journée est nettement meilleure que la veille : nous en déduisons qu'à chaque fois que la piste se ressère, elle en devient meilleure. C'est peut être bien l'entêtement des chauffeurs à rouler où ils le souhaitent qui rendent certains passages aussi difficile. Un entêtement d'ailleurs peu compréhensible dans une telle zone protégée... Parfois, la piste se transforme en bac à sable, mais des pistes parralèles à proximité sont alors meilleures. De notre lieu de départ du matin, nous avons un peu plus de 36km à parcourir si nous voulons rejoindre la laguna Colorada, qui comporte deux petits hameaux où nous pourrons dormir dans un des petits hostels construits pour les tours. L'état de nos réserves d'eaux et l'âpat d'eau vraie douche ne nous laissent pas vraiment le choix : nous devons arriver à Colorada ce soir. Le dénivelé est presque inexistant sur cette étape, mais nous espérons que la piste sera meilleure que ce que nous avons eu ces derniers jours ! Nous passons en fin de matinée à l'Arbol de Piedra, un arrêt obligatoire des "tours". Nous restons quelques minutes, mais préfèrons nous enfuir dès que les 4x4 rappliquent en nombre. C'est un lieu photogénique mais qui n'a rien d'extraordinaire. A partir de là (4600m environ), nous devons descendre progressivement jusqu'à la laguna colorada (4270m). Cela devrait donc être assez facile : mais c'était sans compter sur une belle dégradation de l'état de la piste. Même si cela descent, la tâche nous est pas plus facile que sur du plat ou en montée. Nous avançons lentement, mais sommes confiants grâce au bon rythme de la première partie de la journée. Nous voyons la laguna colorada au loin, immanquable avec sa couleur rouge. Nous y parvenons en début d'après midi, plus tôt que ce que nous avions immaginé. Nous cuisinons directement dans le petit hostel, sur notre réchaud. Après le poste de contrôle (où il faut payer 150bs au titre de l'entrée dans le parc), il y a plusieurs petits hostels dans le hameau, ainsi qu'une boutique où l'on peut trouver de quoi se ravitailler (choix limité). Ces petites auberges sont utilisés par les tours ; nous choissisons celui qui nous garantit une douche chaude (chambre 50bs par personne, douche 15bs, repas du soir 25bs, petit dej 10bs). Nous sommes seuls et assez tranquilles jusqu'en fin d'après midi, où des groupes de russes et d'allemands débarquent avec fracas. Ils seront bruyants (et alcolisés) toute la soirée ; également nuisibles dès 4heures du matin (les tours partent très tôt pour le lever de soleil dans les termes situés quelques dizaines de kilomètres plus loin). Nous mesurons à quel point ce que nous vivons est différent.
ML Mlefevre Globetrotter ·
Merci Olivier pour ce carnet bourré d'infos pratiques! Peux-tu m'éclairer à propos des 2 applications dont tu parles? - Comment fait-on pour télécharger avec I overlander la liste des POI (points d'intérêts) pour pouvoir les utiliser ensuite offline avec un smartphone? - peut-on importer dans windymaps des fichiers GPX de parcours de rando préparés par ex sur wikiloc (qui a des cartes OSM assez grossières) Merci pour tes lumières! Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
PE Pepe875 Regular ·
Salut Olivier,

Très intéressant carnet, j'attends la suite. Nous sommes de retour du même secteur et je me demande si ce n'est pas vous que l'on a croisé sur la route entre Potosi et Sucre le 19 octobre. Nous étions de retour du Sud Lipez avec notre 4x4 de loc (voir notre Carnet de voyage) et nous avons croisé 2 cyclistes en train de monter une pente très raide en direction de l'altiplano. Les 2 avaient de mémoire des sacs avec protection jaune fluo, ce qui semble être votre cas. Bravo en tout cas pour avoir fait tout ça en vélo. On adore le vélo ma femme et moi, mais on a passé un séjour au Sud Lipez à fuir le vent tellement froid et j'imagine bien ce que vous avez du ressentir.

A bientôt.

Pascal
OL Olive842 Regular ·
Salut Marie !

Je ne suis pas sur de pouvoir bien t'éclairer, mais je vais tenter : - iOverlander enregistre l'ensemble des données hors ligne, l'app est donc utilisable hors ligne. Seule la carte est parfois plus difficile à voir. Dans tous les cas, il est possible de récupérer sur l'app les coordonnées GPS et ensuite de les entrer dans un GPS (ce que nous avons fait avec le GPS garmin que nous avions pour les points de bivouac). - pour windy map, je n'ai jamais rien exporté, je ne saurais vraiment te répondre. On utilisait la carte pour planifier parfois nos itinéraire ; j'apprécie surtout la grande lisibilité des courbes de niveau, qui permettent d'avoir une idée assez précise du dénivelé.

Comme ces app étaient installées sur notre tablette, on ne s'en servait pas en mode guidage.

J'ai fait un tour sur ton site, wow, je suis impressionné par la quantité de voyage et par le côté itinérant et autonome pour la plupart (votre balade en kayak au groenland est géniale !). Bravo pour ces voyages et pour le site ! Ca donne des idées ;)

Bonne journée !

Olivier
OL Olive842 Regular ·
Salut Pascal !

Je viens de parcourir ton carnet de voyage, la partie Pérou est intéressante puisque nous y serons en janvier, avec le van que l'on vient d'acheter ;)

Le 19 sur la route Sucre - Potosi... sacoches jaunes fluo... oui c'était très probablement nous ! Nous avons fait la route sucre - Potosi du 17 au 19 octobre. L'idée était bien de monter l'altiplano depuis "tout en bas" (nous sommes partis de santa cruz, mais avons du faire un morceau en bus en raison de la météo et de l'état de la route). Effectivement, ça grimpe. Concernant le vent, comme vous c'est du côté de la laguna verde/blanca que l'on a eu le plus fort, de loin (on ne pouvait plus du tout avancer). Le vent était froid mais pas glacial, en tout cas pas l'après midi (mais en vélo le ressenti est peut être différent : on est dehors toute la journée et avec l'effort on est moins conscient de la température). En tout cas le froid n'aura pas été notre problème principal sur ce périple (le seul impact c'est de devoir attendre les premeirs rayons de soleil le matin). Le vent est par contre terrible, mais, hélas, c'est le jeu à cette altitude !

Olivier
ML Mlefevre Globetrotter ·
Merci Olivier pour ton message!

En fait pour I overlander il suffit de parcourir en ligne la partie de la carte mondiale qui nous intéresse et les POI dont on peut sélectionner le type s'enregistrent tous seuls dans le smartphone avec une carte grossière type Gmaps un peu floue. Pour windymaps par contre je ne vois pas moyen d'y importer des traces ni même d'en enregistrer une, dommage car c'est vrai que les cartes sont très détaillées.... Ce serait super de pouvoir les importer dans wikiloc....je vais regarder à l'occasion si c'est faisable...

A+ Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
OL Olive842 Regular ·
JOUR 10 : LAGUNA COLORADA - HUAYLLAJARA Distance : 9,7km Dénivelé positif : + 102m Vitesse moyenne : 6,8km/h

Aujourd'hui, nous avons deux possibilités d'itinéraire : faire une grosse étape et essayer de rejoindre la laguna Chalviri, à 58km, ou à l'inverse faire une toute petite étape de moins de 10km et rejoindre la laguna Chalviri le lendemain. Pour rejoindre la laguna Chalviri (là où se trouvent les termes), il faut gravir le plus haut col du parcours, situé un peu avant les geyers de sol de manana à 4930 mètres d'altitude. Nous décidons donc de nous réserver cette ascension pour le lendemain, mais de nous avancer jusqu'au prochain village/hameau, Huayllajara. L'étape est donc courte, mais la piste n'est pas bonne (les premiers kilomètres sont corrects si l'on roule sur les pistes parralèles à la principale) et la fin grimpe un peu ; nous mettons donc plus d'une heure pour parcourir cette étape, qui se déroule en longeant une partie de la laguna colorada. Le village que nous rejoignons n'est visible qu'au dernier moment, caché par des buttes qui se confondent entre elles ; le GPS nous a été utile pour l'atteindre, et surtout pour prendre la bonne piste (dans ce coin il y a des traces de partout... difficile de savoir si l'on suit la bonne). A Huayllajara, petit village (une quinzaine de famille, vivant du tourisme pour l'essentiel) qualifié de "pauvre bourgade" par le routard, nous choisissons l'un des hostels, le plus récent semblant être le mieux (à gauche en entrant dans le village) ; nous sommes très bien accueilli par le propriétaire. Chambre correcte (bâtiment presque neuf) pour 2 pour 100bs, repas à 15bs et douche à 15bs également. Nous passons l'après midi entière à lire et à écrire tout en faisant du café et du thé. Nous serons seuls dans cette aile du bâtiment, d'ailleurs plutôt agréable. A proximité, on découvre un bar qui regroupe une partie des touristes qui font escale dans le village ; bières, jeux, musique, nous sommes parachutés dans un autre monde !
OL Olive842 Regular ·
JOUR 11 : HUAYLLAJARA - LAGUNA CHALVIRI Distance : 47,9km Dénivelé positif : + 759m Vitesse moyenne : 8,54km/h

On attaque aujourd'hui le fameux col à 4930m. C'est une étape que l'on redoute depuis le début, car même si nous avons lu que la piste était dans un état correct, nous savons que la montée va être longue et que, dès que le vent se lèvera , il fera froid. Depuis le village, il faut trouver la bonne piste pour rejoindre ce qui est presque une route ; en effet, le début de la montée est bétonné/goudronné, ce qui déclenche chez nous un grand soulagement. Ca monte sérieusement (jusqu'à 12%, la moyenne sur les premiers km devant être de 7 ou 8%) ; mais, la piste est bonne et il n'y a pas de vent. C'est clairement la plus longue montée du parcours (environ 700m de D+), mais nous apprécions cette partie, d'autant plus que la vue est magnifique. Vers 4750m, la pente devient plus facile ; on entre sur un espèce de long plateau, et c'est là que, paradoxalement, ça se corse. D'abord parce qu'on est très haut, et que les effets de l'altitude se font sentir, même si nous commençons à y être habitués. Mais surtout parce que notre ennemi depuis le début, le vent, se lève ! La piste se dégrade également. Bref, vous l'aurez compris, le schéma des jours précédents se repète. Sur ce plateau, il y a plusieurs kilomètres de faux plat / montée entre 4800m et 4900m sur une piste mauvaise. Avec le vent, nous avançons à 4km/h en moyenne, alternant marche et vélo. Nous trouvons toutefois un abri pour cuisiner et reprendre des forces avec un bon plat de pâtes - sauce tomate. La suite se fait en bonne partie en marchant, GPS à la main pour calculer la distance restante, tout en essayant de distinguer au loin le col, ce lieu divin où la montée cessera. Nous arrivons au sommet en début d'après midi, cette fois vraiment épuisés physiquement. Nous sommes à 4930 m d'altitude ! C'est une première pour nous deux car nous n'avions jamais été au dessus de 4000m de notre vie. Les randonnées auxquelles je suis habitué dans les Alpes culminent au maximum à 3300m, et je n'ai jamais dépassé 2800m en vélo ; ce qui, d'ici, parait ridicule ! Dans l'ascension, alors que Gauthier est plusieurs centaines de mètres devant moi, je m'arrête lorsque mon altimètre indique 4807m, et je parviens à peine à réaliser que nous venons de passer au dessus du sommet de l'Europe ! Nous sommes heureux d'être arrivés là, plus de 400km après notre départ d'Uyuni. Gauthier, qui n'avait aucune expérience ni du vélo ni de la montagne il y a encore quelques semaines, a fait preuve d'un courage impressionnant. Au sommet, nous pouvons soit descendre vers les geysers de sol de manana, soit prendre directement la piste qui descent vers la laguna Chalviri, où nous attendent des sources chaudes. Le détour par Sol de manana implique de devoir ensuite remonter environ 100m de D+ ; et, vu l'heure, nous devrions probablement y passer la nuit car nous sommes encore à une vingtaine de km de Chalviri. Trop de vent, trop froid à cette altitude pour camper ; nous décidons de tracer directement vers les sources chaudes, tant pis pour les geysers ! La descente se fait dans de bonnes conditions, la route est à partir de là empruntée par quelques camions qui se rendent à sol de manana (pour une exploitation du lieu lié à la géothermique ? je n'ai pas trouvé la réponse). Sur la fin de la descente, la route se dégrade un peu (retour du sable), la pente devient moins prononcée, et le vent se renforce ; on a plus de difficultés à avancer, et les 40km du jour avec l'ascension ne nous aident pas. Environ deux kilomètres avant le hameau qui s'est construit autour des termes, nous avons une belle surprise : un bassin aménagé dans une première source chaude, désert et avec une vue extraordinaire. Nous nous y arrêtons et nous baignons dans une eau proche des 40degrès. Magique après cette difficile étape (désignée par nous même comme la plus dure du parcours, sans hésitations). Ce lieu est d'autant plus parfait que les touristes ne s'y arrêtent pas ; les tours font tous escales au bain principal, situé devant le hameau. Nous pensions initialement camper à proximité de ce bain, mais cela s'avère impossible car il n'y a aucun abri pour le vent. Nous dormons donc dans un des hostel du hameau (chambre 40bs après négociation - nous n'avions presque plus de bolivianos, pas de douches). Nous cuisinons notre repas à l'écart des tours, car il ne semblait pas possible de manger avec les groupes ; la gérante de l'hostel vient nous trouver dans notre chambre une fois que les touristes ont fini de manger pour nous dire qu'il est possible maintenant de manger, et ce gratuitement ! Ces hostels réservés pour les tours sont donc finalement aussi accueillants avec les indépendants, à condition peut être de se satisfaire des restes des tours organisés.
PE Pepe875 Regular ·
Salut Pascal !

Je viens de parcourir ton carnet de voyage, la partie Pérou est intéressante puisque nous y serons en janvier, avec le van que l'on vient d'acheter ;)

Le 19 sur la route Sucre - Potosi... sacoches jaunes fluo... oui c'était très probablement nous ! Nous avons fait la route sucre - Potosi du 17 au 19 octobre. L'idée était bien de monter l'altiplano depuis "tout en bas" (nous sommes partis de santa cruz, mais avons du faire un morceau en bus en raison de la météo et de l'état de la route). Effectivement, ça grimpe. Concernant le vent, comme vous c'est du côté de la laguna verde/blanca que l'on a eu le plus fort, de loin (on ne pouvait plus du tout avancer). Le vent était froid mais pas glacial, en tout cas pas l'après midi (mais en vélo le ressenti est peut être différent : on est dehors toute la journée et avec l'effort on est moins conscient de la température). En tout cas le froid n'aura pas été notre problème principal sur ce périple (le seul impact c'est de devoir attendre les premeirs rayons de soleil le matin). Le vent est par contre terrible, mais, hélas, c'est le jeu à cette altitude !

Olivier

Salut Olivier,

J'ai regardé la carte, ça correspond avec vos dates, on était sur cette route le 19 en milieu de matinée et on vous a vu dans la montée vers Betanzos. Il y avait bien 500 m entre vous 2 et le 2ème faisait des virages sur la route, la pente était très soutenue à cet endroit, j'ai même failli faire demi tour pour vous dire que dans quelques kms, la route devenait plate jusqu'à Potosi, j'aurai du. Vous êtes les seuls cyclistes avec sacoches que l'on ait vu durant notre séjour. C'est clair que le ressenti en vélo n'a pas du être le même que le nôtre; quand nous revenions à la voiture en plein soleil avec vitres fermées, il devait y faire 30°c à l'intérieur. On a eu du chaud-froid en permanence. Laguna Verde, c'était très difficile de marcher contre le vent, alors j'imagine bien en vélo. Pour la première fois, j'ai pu y prendre en photo un oiseau en vol, il était à fond contre le vent et il faisait du sur place...🙂



Quand je me rappelle la piste entre Hedionda et Arbol de Pietra, la, je dis RESPECT d'avoir fait ça en vélo chargé. Déjà même en VTT sans bagages, ça doit être difficile à cause du sable mou. En ajoutant à ça le vent qui devait être latéral à cet endroit. Je me souviens entre autres d'une descente au sud de la laguna Khara, sable mou, pierres, dunes, j'étais en mode 4x4 en descente et vous, vous montiez la...🤪 Bravo les gars, j'attends avec impatience la suite. Et si vous avez besoin d'infos pour le Pérou, n'hésitez pas.

Pascal
OL Olive842 Regular ·
JOUR 12 : LAGUNA CHALVIRI - LAGUNA BLANCA Distance : 41,9km Dénivelé positif : +417m Vitesse moyenne : 10,44km/h

Notre départ matinal nous laisse penser qu'il sera peut être possible de rejoindre San Pedro de Atacama en fin de journée (98km, dont la moitié sur une belle route asphaltée tout en descente). Nous avons tout de même une dernière difficulté à gravir aujourd'hui, en passant par le désert dit de Dali (qui doit son nom aux crêtes des montagnes qui ressemblent beaucoup à certains tableaux de Dali). Le col du jour est situé à 4700m, sur une piste correcte en comparaison avec les jours précédents. Les paysages sur cette partie sont saisissants. Tant que le vent n'est pas levé, tout semble figé. A la différence des 11 premiers jours, nous ressentons aujourd'hui la présence des 4x4, dont plusieurs dizaines nous dépassent le matin dans la montée vers le col. La trainée de fumée qu'ils dégagent ne tarde pas à nous être désagréable... L'arrivée au col se fait en milieu de matinée, et nous sommes asses satisfaits de notre vitesse moyenne. La descente sera plutôt bonne également. L'arrivée vers la laguna blanca est en revanche plus difficile ; le vent, qui s'est levé, est particulièrement violent. Lorsque nous l'avons en face, impossible d'aller à plus de 7 ou 8km/h, même si le terrain est légèrement descendant. Pensant malgré tout pouvoir encore rejoindre SPDA directement aujourd'hui, nous nous économisons le détour par la laguna verde et passons par la côte est de la laguna blanca, la piste semblant meilleure. Nous arrivons autour de l'heure du déjeuner au refuge du Licancabur / de la laguna blanca. Il ne reste que 6km jusqu'à la frontière du Chili, mais les bourrasques sont si fortes que nous abandonnons l'idée de rejoindre SPDA aujourd'hui. Nous mangeons au refuge, et y passons la nuit (40bs par personne). C'est de loin le pire hostel du parcours : accueil très moyen, pas d'eau courante... Le repas de midi est limité, mais nous partageons les victuailles d'un groupe de françaises que nous avions croisé àil y a plusieurs semaines à Sucre ! Après midi de repos. Nous échangeons avec d'autres touristes, qui viennent eux pour tenter l'ascension du volcan Licancabur (5916m), à proximité du refuge. Suisses, français, allemands, ils ont constitué un joyeux groupe prêt à se lancer dans l'ascension dès 4h du matin le lendemain avec un guide du refuge. Nous sommes tentés de les accompagner, mais nous doutons de pouvoir enchainer dans la même journée avec la cinquantaine de kilomètres qu'il nous reste à parcourir à vélo.
OL Olive842 Regular ·
JOUR 13 : LAGUNA BLANCA - SAN PEDRO DE ATACAMA Distance : 56,9km Dénivelé positif : +354m Vitesse moyenne : 19,1km/h

Nous savons aujourd'hui que cette étape sera la dernière du parcours. Cela déclenche chez nous un mélange de sentiments et de sensations : le soulagement de l'arrivée, bien sûr, (de pouvoir prendre du repos... et une vraie douche !), la fierté d'avoir traversé cette partie du monde à vélo, la nostalgie de ces moments simples que nous avons vécu, mais également des interrogations sur la suite de notre voyage. Au refuge du Licancabur, nous sommes à 4300m environ et ce n'est que la veille que je me suis aperçu d'un détail : la route jusqu'à la frontière continue à monter ! Le poste frontière de sortie de la Bolivie est en effet situé à environ 4500m, et celui d'entrée au Chili, quelques kilomètres plus loin, à 4600m. Nous avons bien fait de ne pas nous lancer là dedans la veille, car avec le temps de faire les formalités, nous serions arrivés bien tard à SPDA. Nos 6 derniers kilomètres de pistes compteront parmi les plus désagréables de tout le parcours : comme hier, des dizaines de 4x4 nous dépassent pour aller déposer les touristes au poste frontière. En plus de cela, je m'aperçois que ma roue arrière est à nouveau très voilée : 3 rayons au total sont cassés. Inutile de réparer quoique ce soit maintenant, je serai prudent dans la descente... Nous apercevons le poste frontière moins d'une heure après notre départ. Après une petite heure d'attente, pendant laquelle nous discutons avec de nombreux touristes (tous sont déposés vers la même heure, autour de 8/9h le matin), nous sommes officiellement sortis du territoire Bolivien, 31jours après être entrés dans l'est du pays, à Puerto Quijjaro. Surtout, après 436km de pistes, nous retrouvons une route asphaltée. Cela nous place directement dans un autre monde : fini les pistes, fini les 4x4, tout cela laisse place à de belles routes avec des minibus parfaitement neufs et propres. Le changement de pays est net. Nos premiers kilomètres au Chili se font principalement en montée, jusqu'au poste de douane qui nous permet d'entrer officiellement dans le pays. Les contrôles sont minitieux, tous les véhicules et tous les sacs sont fouillés. Nous devrons même établir un document officiel pour nos vélos, reconnaissants de la sorte que nous nous engageons à ressortir ces marchandises du pays (nous sommes d'ailleurs surpris de cette procédure ; pourquoi cela est-il appliqué aux vélos et pas au reste de notre matériel ?). La suite du parcours, c'est LA grande descente jusqu'au SPDA : 2000m de D- en une quarantaine de kilomètres. Avec ma roue voilée et nos kilos de chargement (même si nous n'avons presque plus rien à manger et à boire, ce qui nous allège considérablement), je suis contraint de ne pas dépasser 45/50km/h au grand maximum. Cette descente est très régulière (mon compteur semble bloqué sur une pente de 7%) et en bonne partie en ligne droite. Les premiers kilomètres sont très froids, mais nous quittons progressivement les couches de vêtements jusqu'à arriver à 2600m, où il fait plus de 30degrès. Enfin, vers 12h30, nous entrons dans San Pedro de Atacama. Nous avons parcouru 529,2 km depuis Uyuni, en 13 jours et 52heures de vélo. Joie, soulagement, nostalgie, des sentiments et sensations contradictoires se mêlent entre eux.

Lorsque nous entrons dans le centre de SPDA, il y a énormément de monde. J'hallucine pour ma part du nombre de touristes, et de l'aspect de la ville : tout semble destiné à 100% au tourisme. J'ai le sentiment de ne voir aucun habitant "réel", tout est artificiel. Restaurants, bars, boutiques de souvenirs : tout me parait avoir été conçu pour plaire au plus grand nombre de touristes internationaux, pour coller à leurs goûts et à leurs envies. En quelques minutes, j'éprouve un dégoût profond pour cette ville, qui ne me quittera pas pendant les 3 jours où nous allons rester. SPDA est symbolique des impacts du tourisme de masse sur les territoires ; anéantissement des réalités locales au profit de la création d'une fausse identité, qui colle davantage aux attentes du touriste. Pub, pizza, burger : ce trio se retrouve partout dans ces endroits. En plus de cette atmosphère, nous nous apercevons très vite que tout est hors de prix dans cette ville. Nous trouvons refuge en dehors du centre, chez Brigitte et Miguel, un couple franco-chilien qui tient la "casa de los musicos". Leur accueil très chaleureux me permettra de vivre plus paisiblement notre séjour à San Pedro !
OL Olive842 Regular ·
BILAN DE LA TRAVERSEE

En guide conclusion, je souhaitais ajouter notre sentiment global sur cette traversée, en distinguant nos deux perceptions.

GAUTHIER : C'était mon premier voyage à vélo ; ce fut physiquement moins difficile que je le pensais, mais très éprouvant mentalement. J'ai été émerveillé par les paysages mais la monotonie des paysages limite aussi cet émerveillement : une fois les paysages "contemplés", il ne reste plus que l'effort (physique et mental), d'autant plus que j'ai du mal à "vivre" les paysages pendant l'effort. Dès que le vent se lève, on ne contemple plus rien, on a juste hâte d'arriver au campement. Les bivouacs étaient en revanche des moments géniaux, camper dans ces endroits là est quelque chose d'unique, de magique, bien plus que je ne l'imaginais. Je suis fier d'avoir fait ce parcours, mais je pense que je ne retenterai pas l'expérience dans l'immédiat.

OLIVIER : Cette partie de notre voyage, décidée et organisée en "dernière minute", reste pour le moment ce qui m'a le plus marqué. Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre car nous avions seulement consulter quelques blogs et avons vraiment compiler des infos pratiques la veille du départ. C'était pour moi magique de traverser ces déserts. Physiquement, je n'ai pas l'impression d'avoir été au bout de mes forces ; comme nous l'avons souligné dans le récit, cette traversée demande surtout une force mentale. Passionné par le vélo, il est certain que j'aurais envie de m'attaquer à d'autres parcours de ce type dans les années à venir. J'envisagerai probablement les choses différemment, plus axé sur un équipement sportif et sur des durées courtes (une à deux semaines). Par exemple, si je revenais rouler à travers le sud Lipez, je chercherai un moyen d'avoir beaucoup moins de poids à porter et un vrai VTT (avec de meilleurs pneus). Il me semble que de cette manière, je pourrai faire des étapes un peu plus longues et profiter davantage de l'aspect sportif qu'un tel parcours peut offrir.

Merci d'avoir lu ce carnet de voyage ; n'hésitez pas à nous poser vos questions :)

Olivier
OL Olive842 Regular ·
Salut Pascal

Et oui je me souviens bien de cette montée ; en sortant de Betanzos on commence par une jolie descente, mais ensuite il y a quelques kilomètres bien difficiles. Nous savions grâce au GPS que cela allait se calmer ensuite. Ta photo est magnifique, bravo pour l'oiseau en vol ! Effectivement nous avons fait le même constat pour le vent, c'est bien sur cette partie du parcours qu'il souffle le plus fort (nous avons passé l'après midi puis la nuit au refuge de la laguna blanca ; presque impossible de sortir tellement le vent était fort, ça m'a rappelé un endroit que je connais bien, proche duquel j'ai vécu : le mont ventoux !) La piste entre Hedionda et Arbol de piedra est la partie la plus difficile du parcours, c'est juste. Mais en ce qui nous concerne c'est aussi la partie que nous avons préféré, car les paysages sont sublimes, on a la sensation entière d'être dans un désert (c'est la partie la plus isolée), et nous y avons croisé peu de 4x4 (il y a de nombreuses pistes sur cette partie). De plus c'est là que nous avons le plus campé, et les bivouacs étaient extraordinaires.

Ca marche, je te contacterai en MP pour le Perou :)

Bonne journée !

Olivier
SH Sheepie Globetrotter ·
Bonjour, Ravie de vous retrouver sur le forum ! Je suis l'une des quatre françaises, qui n'ont pas pu manger tout le bon repas préparé par notre cuisinière. Celle-ci s'est fait un plaisir de vous offrir de beaux restes !!! 😉
blog : https://www.blog-trotting.fr/voyage/1437-quatre-mamies-en-amerique-du-sud http://perou-patagonie.e-monsite.com/ Blogs : http://www.travelark.org/traveller/marie-claude.g
OL Olive842 Regular ·
Bonjour !

Génial de vous recroiser ici ! Encore merci pour les restes d'ailleurs ; des légumes frais après 12 jours de désert, c'était comme un miracle haha J'espère que la suite de votre voyage se passe bien, dans quel coin êtes vous en ce moment ? Nous sommes pour notre part à Buenos Aires jusqu'à mi décembre

A bientôt

Olivier
SH Sheepie Globetrotter ·
Perso, je suis rentrée et mes trois compagnes de voyages continuent leur périple argentin. Il n'est pas impossible que vous les croisiez de nouveau à Buenos Aires où elles seront en fin de mois.
blog : https://www.blog-trotting.fr/voyage/1437-quatre-mamies-en-amerique-du-sud http://perou-patagonie.e-monsite.com/ Blogs : http://www.travelark.org/traveller/marie-claude.g
MI Michant Veteran ·
Bonjour Maire-Claude,

Alors déjà rentrée? Contente de ton voyage avec tes trois compagnes?

Nous sommes rentré d'Iran le 1er novembre. Un de nos plus beaux voyages, dans un fabuleux pays! Nous voulons y retourner! 🙂 J'ai déjà commis un carnet de voyage sur VF!

A bientôt peut-être?
SH Sheepie Globetrotter ·
Bonsoir, Je vais lire cela au plus vite ! A très bientôt pour de nouveaux échanges.
blog : https://www.blog-trotting.fr/voyage/1437-quatre-mamies-en-amerique-du-sud http://perou-patagonie.e-monsite.com/ Blogs : http://www.travelark.org/traveller/marie-claude.g
TI Ticapi Globetrotter ·
Merci Olivier pour ce magnifique carnet.🙂

Self-drive, cela veut dire en louant un 4x4 que vous conduirez vous même, c'est ça ?

Oui, c'est bien ça.

On attend donc ton prochain carnet sur le Pérou.😉
MA Manudad Regular ·
Salut Olivier, Bien sympa de voir ton compte rendu sur cette traversee Lipez et Salar. On s'est croisé sur l'ile d'Incahuasi, on est le couple avec notre ado. Pour notre part, on a poursuivi notre route vers le sud et on a aussi traversé le sud Lipez... Belle aventure, qui laisse des traces 😛. On en est venu a bout en 12 jours, et on a fini en apotheose en montant au Licancabur 😎. Maintenant, on termine la Carretera Austral au Chili et on arrive bientot au parc du Fitz Roy.

Bonne continuation. Manu, Mathilde et Fanny jeuxnous-aveceux.fr
https://jeuxnous-aveceux.fr/ Parfois on rencontre des gens tellement pauvre, qu'ils n'ont que de l'argent....
OL Olive842 Regular ·
Salut la famille !

Je reponds tardivement, mais merci pour votre message ici. J'ai parcouru votre site et notamment votre compte rendu sur le sud lipez, c'est top ! Bravo a vous pour tous les km parcourus ! De notre côté on s'est posé plusieurs semaines en Argentine, on a retrouvé le Chili la semaine dernière (on est a Valparaiso en ce moment). On démarre le voyage avec le van dans 2 jours, direction le Perou, l'Equateur et la Colombie :)

Bonne route a vous !
RA Razibusbibi ·
Windymap est devenu Mappy.cz . Les fonctions manquantes avant existent maintenant : points , tracés... fond de carte Osm en version détaillée et avec neige hors ligne et satellite en ligne.
"L'émotion du départ, c'est de laisser un vide derrière soi." H. Hamon
ML Mlefevre Globetrotter ·
Merci Jipé pour l'info! Le lien que je m'étais mis en marque-page pour windympas semble pourtant tjs fonctionner... Mais sans doute mappy.cz est-il plus complet? Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/

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