Après notre échec à traverser sur le Chili par le col de San Francisco nous avons réorienté notre voyage à travers le nord de l’Argentine. Rien n’avait été programmé, et à l’improviste et à l’inspiration nous sommes partis durant un mois à travers ces territoires gigantesques très peu peuplés.
Sensation étrange de devoir bouleverser un voyage tracé dans les grandes lignes depuis pas mal de temps mais une curiosité renforcée à l’idée de nouvelles aventures dans des contrées sur lesquelles nous n’avons pratiquement aucun renseignement nous attire. La non-programmation et les décisions au jour le jour sont une forme d’aventure qui nous convient.
Nous allons prendre conscience une fois de plus du gigantisme de ce pays et de la faible densité humaine de ces plaines qui viennent buter contre les premiers contreforts des Andes.
Bye bye le paso San Francisco et ses tourmentes de vent
31 octobre Tinogasta à Campanas 64 km 750 m de dénivelé
Après une deuxième nuit à Tinogasta qui met un point final à notre boucle de 500 km, aller-retour, à destination du paso San Francisco, nous partons ce matin vers le sud pour une étape que je pense facile. Mais une petite forme va la rendre difficile, en particulier les vingt kilomètres de piste en montée, bien souvent sur de la tôle ondulée semée de cailloux.
On ne se laisse pas abattre et le malbec argentin même pour un Lyonnais le top
Nous longeons une magnifique sierra aux couleurs multiples, où des plans se succèdent et s’enchevêtrent dans un décor de crêtes déchiquetées. Les nuages qui s’accrochent aux flancs de ces montagnes aux dimensions difficiles à évaluer approfondissent l’impression de mystère de ces coins en dehors des voies du tourisme.
Nous arrivons à destination à 14h30 dans ce petit village de Campanas qui semble mort, l’heure espagnole explique peut-être que nous ne rencontrons âme qui vive. Après des tours et des détours enfin une personne à qui poser une question. Cela nous mènera à un hébergement qui ne paie pas de mine, mais qui s’avère très bien, dont le propriétaire sera très serviable. Ce logement est équipé d’une petite cuisine un peu beaucoup « bordélique » mais pleine de charme. Nous sommes d’autant mieux situés qu’une épicerie se trouve à quelques mètres et nous offre toutes les commodités, certes nous ne sommes pas dans un supermarché occidental.
Malheureusement c'est aussi cela en préambule au panorama fantastique, souvent décharge à ciel ouvert des papiers et des détritus plus lourds partout
Cette vie d’errance tranquille nous allons le mener quelques semaines. Cette façon de voyager où l’on prend le temps de s’inscrire justement dans un autre temps me convient complètement. Pas de programme chronométré, de visites imposées, de file d’attente, de restaurant bondé, non simplement un village désert où l’on ressent l’ennui et peut-être la tristesse des personnes vivant ici. Cela permet l’adoption d’un rythme lent en alternant moments consacrés à l’effort physique à vélo et moments dédiés à la réflexion sur soi, les autres et l’évolution du monde. Se retrouver loin de chez soi et de sa famille durant des périodes relativement longues crée les conditions d’une expérience fructueuse, d’une part bien sûr un certain manque des êtres aimés persiste et s’intensifie avec la durée, mais d’un autre côté une obligation de repenser son fonctionnement quotidien se fait jour. Et dans ces voyages où l’on vit de longues semaines jour et nuit avec un camarade cela crée un lien privilégié de camaraderie entre les êtres, en étant vigilant de rester à l’écoute l’un de l’autre, dimension très importante et enrichissante de ces périples à vélo.
1 novembre Campañas Chilecito 85 km dénivelé 708 m
Nous quittons notre logement à 7h30. D’après les indications nous nous attendons à une assez grosse journée, 1150 m de dénivelé. Une belle montée pas trop raide nous conduit à travers une gorge toute en courbes, agréable à parcourir, car à chaque virage des perspectives nouvelles nous sautent au visage. Le plaisir est d’autant plus intense que la circulation automobile est pratiquement absente. En deux heures nous arrivons au sommet, après quelques 700 m de dénivelé. Nous constatons qu’à partir de ce point une immense descente nous attend.
Les grands espaces argentins
Ce qui m’a frappé au cours de cette montée ce sont les différentes stèles en commémoration des tués sur la route. Au cours de notre voyage de 3600 km à travers l’Argentine nous en verrons beaucoup. À côté des marques habituelles d’un monument du souvenir évoquant le défunt une montagne de bouteilles en plastique vides interpelle. Différentes explications nous seront données lorsque nous poserons la question du pourquoi de ces bouteilles en un tel lieu. Je l’avais déjà constaté dans d’autres pays d’Amérique du Sud, en particulier dans les grandes solitudes de haute altitude de Bolivie dans la ville pré inca d’Alcaya. Des momies vielles de plusieurs milliers d’années dans ce désert le plus sec du monde étaient accompagnées de bouteilles de coca-cola aux bouchons rouges.
En mémoire des morts de la route
Est-il mort à vélo?
Entre les salars de Coipasa et Uyuni en Bolivie à 3800 mètres d'altitude cité précolombienne abandonnée d'Alcaya on voit en bas à gauche le bouchon de la bouteille de coca-cola auprès de cette dépouille qui serait multi-millénaire dans ce recoin l'un des plus secs au monde
Dans un premier temps, la chance nous accompagne, une vingtaine de kilomètres descendants avec vent dans le dos nous procurent un vrai bonheur. Plaisir absolu, nous les dévalons à grande vitesse entre 40 et 55 km/h. Nous nous arrêtons dans un village où des étages de fruits nous font de l’œil. Nous consommons sur place.
Nous repartons, malheureusement le vent s’est inversé, cela ne nous empêche pas de garder une bonne moyenne. Je m’abrite derrière André qui ouvre comme un bulldozer. Vers 13 heures nous atteignons Chilecito, Les derniers kilomètres ont été pénibles du fait d’une immense ligne droite qui semblait s’allonger au fur et à mesure que nous la parcourions.
Comme souvent sur la route nous avons vu des évocations des peuples indiens qui vivaient en ces lieux avant l’invasion espagnole. En particulier cette fois-ci une représentation géante d’un Indien, évoquant les peuples aborigènes. Une plaque commémorative revendique la terre volée à ces premiers habitants il y a plusieurs siècles.
La ville est assez grande. Nous nous renseignons au syndicat d’initiative et allons à l’hôtel de l’automobile club argentin. Un immense christ la domine. Cela nous donnera l’occasion d’une agréable promenade ponctuée d’un très joli point de vue.
Nous côtoyons dans notre hôtel un couple de Suisses à moto. Ils sont sur la route depuis plus de deux ans et possèdent de remarquables montures. Malheureusement ils ne chercheront pas le contact et ils ne nous diront pas grand-chose de leur périple, dommage car ils ont certainement vécu de magnifiques aventures.
J’en profite pour aller chez le coiffeur et outre les cheveux je me fais couper la barbe. En effet, elle commence à être longue, vieille de plus d’un mois. Je l’avais laissé pousser car nous avions séjourné en altitude souvent au-dessus de 4000 m. Maintenant que nous allons rester dans les plaines nous ne dépasserons plus les 2000 mètres, donc les rayons UV seront moins agressifs. Le coiffeur est un vieux monsieur perclus de rhumatismes et qui ne peut plus lever les bras. Pour alléger ses douleurs il officie en montant sur un tabouret, cependant de toute évidence il souffre. Cette obligation de continuer à travailler résulte sans doute de l’absence de retraite pour cet artisan.
Plus d'un mois en haute altitude et on se transforme en yéti des Andes, le coiffeur barbier a eu du boulot mais je n'ai payé que pour une personne!!!
La barbe est une bonne protection contre le soleil en particulier en haute altitude où il est peu atténué par une atmosphère moins dense.
2 novembre Chilecito à Sañogasta 47 km 950 m de dénivelé
Alors qu’en sortie de ville nous cherchons à reprendre la fameuse ‘’ ruta 40’’ pour une petite étape de 34 km, comme souvent le hasard va se charger de nous faire vivre une journée pour le moins originale. Dans les faubourgs de la ville alors que les grands espaces déserts apparaissent au détour des dernières maisons, j’interroge un homme à mobylette. Il nous conseille de rejoindre Sañogasta par la N15. D’après lui l’itinéraire est beaucoup plus beau, plus court et de plus asphaltée tout du long.
Voilà comment une journée bascule, d’un parcours classique sur une route au trafic assez important nous allons nous retrouver dans une pampa au milieu de nulle part à pousser nos vélos dans le sable et les cailloux, mais dans le fond ce sera pour notre plus grande joie.
Les 19 premiers km sont magnifiques, une belle route, bien raide, serpente dans une gorge, dominée par d’immenses montagnes encore enneigées par endroits . Une fois en haut de la côte mon compteur affiche 800 m de dénivelé.
Nous sommes persuadés qu’une belle descente de 15 km nous attend et qu’elle mettra un point final à notre journée de vélo. Mais voilà une fois au sommet, très vite l’asphalte disparaît, laissant la place à une piste défoncée. De plus elle se met à monter. Alors que nous attendions une belle route asphaltée en descente, nous nous retrouvons sur un mauvais chemin qui monte.
Cependant l’endroit est magnifique, au-dessus les sommets des Andes se perdent dans des altitudes incertaines, des traces de neige marquent les talwegs. Bien qu’aucune ferme ne soit visible, l’endroit n’est pas abandonné, bien au contraire de vastes vergers disputent l’espace aux épineux, parmi les arbres fruitiers j’identifie des noyers.
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. La piste se transforme en sente, même par endroits elle semble disparaître se confondant avec le lit d’un ruisseau, jonché d’énormes blocs. Il nous faut pousser à pied, avec les sacoches avant qui tapent un peu partout. Les miennes sont déjà dans un piteux état, car depuis notre départ de Salta, avec toutes les pistes que nous avons prises, mes fonds de sacoches avant sont particulièrement abîmés et ressemblent à de vraies passoires.
Et dire qu'on nous avait promis une route goudronnée
Pendant deux heures, nous allons nous battre contre le plus mauvais passage rencontré depuis notre départ il y a plus d’un mois. Finalement nous rejoignons un fond de vallée où une excellente piste à travers de gigantesques champs d’oliviers et de noyers nous permet de rejoindre le village de Sañogasta en 14 km. Mais j’ai eu un moment de doute, car une fois sur terrain plat, entre galets et sable, nous étions entourés d’épineux qui nous masquaient la vue. Je me suis demandé si nous n’allions pas y passer plusieurs jours, les espaces étant incommensurables dans ces parages.
Pire que les cailloux pour les pneus et les chambres à air les épineux aux épines acérées
plantations gigantesques
Une fois dans le village nous rejoignons la ruta 40 et allons quelques kilomètres plus loin dormir au début de la côte de la cuesta Miranda dans une pension tenue par une femme très serviable.
Le minou surveille les opérations
Au début cette jeune femme seule ne se sent pas très rassurée de se retrouver pour la nuit avec deux vieux gringos. Mais rapidement elle réalise qu’ils ne sont pas méchants et surtout très respectueux, et nous passerons une agréable soirée ensemble.
Les vieux gringos n'étaient pas méchants
3 novembre Sañogasta à Villa Union 85 km 820 m de dénivelé
Ce matin départ 7h15. Avant le départ, notre hôtesse se plie avec plaisir et bonne humeur à la photo d’adieux. Devant nous une montée de 20 km avec 700 m de dénivelé, la cuesta Miranda. La route est magnifique, pratiquement pas de circulation. Tout autour de nous des montagnes aux couleurs vives nous dominent, une gorge profonde enjambée par un pont nous offre une vue de premier plan sur un vide impressionnant.
Nous rattrapons un couple de jeunes Toulousains à vélo depuis 2 mois, qui compte rouler jusqu’en février, c’est-à-dire durant cinq mois. Pour la jeune femme il s’agit de son premier voyage à vélo et manifestement au bout de deux mois elle commence à saturer. Partir pour un premier voyage sur une longue durée représente toujours un pari aléatoire. L’envie de voyager est une chose, l’adaptation à l’effort pendant des mois en est une autre. Sa selle n’a pas l’air adaptée et elle commence à souffrir, cela représente généralement un handicap rédhibitoire. En effet, ils envisagent à courte échéance de continuer leur périple en bus.
Cette belle étape nous procure un plaisir intense. Nos corps bien rôdés ne ressentent pas l’effort la réside la longévité en voyage à vélo ne pas sentir la fatigue et éprouver un profond plaisir à rouler. De courage il n’est pas question lorsque le plaisir prend toute la place.
La religion est toujours présente
Avant de rentrer en ville nous nous arrêtons manger une platée de frites accompagnée d’un bon vin. Le nord de l’Argentine est vraiment une région à la forte tradition viticole. Les restaurants présentent tous des quantités de bouteilles de belle tenue et ce qui n’est pas pour déplaire à des prix dérisoires comparativement à ceux pratiqués dans la restauration en France. Les vins sont toujours mono cépage, malbec, syrah ou cabernet. Notre préférence va au malbec, cépage utilisé en France à Cahors.
Villa Union est une petite ville endormie au pied de l’un des cols mythiques pour les voyageurs à vélo, le paso Agua Negra qui culmine à plus de 4800 mètres et qui donne accès au Chili. À cette époque de l’année il est fermé. Il est peut-être possible de le franchir mais le poste de douane n’est pas activé. Nous n’avons pas l’intention, peut-être plus l’envie, de retourner vers la haute montagne et son terrible vent mais nous désirons partir à 180 degrés dans d’immenses plaines où nous espérons des conditions plus clémentes.
En regardant notre carte nous constatons que demain nous rentrerons dans des zones où les villes sont très éloignées les unes des autres, des distances de l’ordre de la centaine de kilomètres sans aucune infrastructure intermédiaire.
Bonjour Luc,
Comment enfourcher un vélo quand on est assise, bien câlée sur son canapé et poursuivre un voyage digne des 12 travaux d'Hercule ? En lisant les carnets de Lucbertrand...
J'ai pédalé, transpiré, pesté, eu envie d'envoyer balader le vélo, contemplé les magnifiques paysages tout cela par procuration. Vivement le "un peu plus tard" pour être à nouveau embarquée dans cette belle aventure.
Bonne journée.
Florence
Bonjour Marie-Claude merci pour le petit mot, oui ce pays est extraordinaire et je n'en connais que la partie nord-ouest en gros de San Jujuy, Salta à la Rioja et bien évidemment sa partie frontalière montagneuse avec le Chili. Comme souvent j'ai constaté que les régions non décrites ou presque par les guides procurent de belles sensations, mais il ne faut pas vouloir les comparer avec le sensationnel du Taj Mahal , de l'Empire State Building, le glacier Moreno, le Fitz Roy ou le spectaculaire du Daulaghiri en faisant le tour des Annapurna, on est en recherche d'autres attentes sans doute plus subtiles.
Luc
Bonjour Florence, à la lecture on peut penser que ces voyages sont fait de souffrance, mais la réalité n'est pas là. Sans doute mes talents d'écrivain ne sont pas assez développés pour rendre compte d'une réalité qui est ailleurs. Rapidement le voyageur à vélo s'il écoute son corps et ne cherche pas à dépasser sa propre ligne rouge, il entre dans autre chose, il sent qu'il fait partie de cette nature et s'y intègre malgré chaleur, vent, bêtes qui piquent et autres petites composantes adverses de cette nature.
Mais oui le vélo il faut l'enfourcher, mais je reconnais que le tour à vélo de la journée cela ne passionne pas forcément. Pour ma part je n'y arrive pas, ma première motivation étant de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Un tour de chez moi à chez moi je n'y arrive pratiquement jamais. D'ailleurs depuis mon retour d'Argentine le 6 décembre 2018 je n'ai fait que 3 sorties à vélo, et qui ne totalisent pas 10 km à elles trois, cad de simples courses dans mon village au lieu d'y aller à pied.
Mais un jour j'espère venir faire un tour de Bretagne du côté de chez toi, surtout depuis que j'ai lu dans la fabuleuse revue "200" le superbe texte sur le tour des bistrots de Bretagne à vélo.
Je vais essayer de mettre un chapitre supplémentaire aujourd'hui ou demain.
Luc
Figure-toi qu'il y'a 3 ans quand nous sommes allés dans la puna argentine (tolar grande, el peñon, el campo de piedra pomez....), et bien nous avons traversé cette partie de l'Argentine que tu as traversé à vélo.
En fait, je préfère louer mes véhicules au Chili, et du coup, nous avions loué le 4X4 à santiago de Chile, nous sommes montés par le paso del Christo redentor (où nous sommes passés de justesse avant fermeture pour tempête de neige!!!) , avons dormi à Mendoza, puis avons continué notre périple en passant par Barréal, Rodeo, Villa union, ....Chilecito, où nous sommes passés à côté d'une manifestation....
C'est une partie de notre voyage de 2016 que je n'ai pas racontée.
Je suis d'accord avec toi que c'est vraiment un art de vivre vraiment différent, j'ai eu l'impression parfois que le temps s'était arrêté, et qu'on profitait juste de temps présent. Les passages de régions se faisaient par des postes de police, où on contrôlait nos passeports et pièces du véhicule. Nous avons perturbé l'un des agents qui ne comprenait pas que nous ayons une voiture chilienne, alors que nous étions français, et surtout alors que nous parlions parfaitement espagnol!!!😏
Ton carnet me rappelle de très bons souvenirs, et je confirme que même si, il n'y a pas de paysages extraordinaires, se promener à travers le parc ischigualasto, ou en longeant les andes,
avec pas mal de terres rouges est très dépaysant!
4 novembre Villa Union km à Pagancillo 30 km 100 m de dénivelé
Après une bonne nuit dans un hôtel confortable, nous partons tardivement pour des cyclistes, à 8 heures. En effet, un couple d'Argentins qui nous avait vu sur la route dans la cuesta Miranda, était tout fier de nous montrer les photos qu'ils avaient fait de nous, et bien évidemment la discussion s'est éternisée.
Devant un petit troquet agréable où nous avons passé un bon moment hier, entourés d'une montagne de belles bouteilles de vin, notre préférence à tous les deux va au malbec.
Mais une fois partis, le temps magnifique l'absence de vent, le bon goudron, l'absence de trafic et la belle envie de pédaler font qu'en un peu plus d'une heure nous parcourons trente kilomètres.
Bon début, mais boum la chambre à air arrière d'André cède à la valve. Comme disait Chirac les emmerds volent en escadrille, donc nouvelle chambre crevée aussi, ‘’redémontage’’ et reboum difficulté à remettre la roue arrière, même le policier au poste de contrôle phytosanitaire où nous avons cherché de l'ombre le temps de la réparation s'y met. Enfin réparé, mais voilà rereboum la béquille frotte le pneu et pas moyen d’y remédier, il nous manque un outil. Nous retournons à la seule station-service dépassée il y a un kilomètre à la recherche de l’outil que nous n’avons pas, mais elle est fermée. En désespoir de cause André démonte une fois de plus sa roue arrière, la centre, ressert précautionneusement l’axe, miracle ça ne frotte plus. Nous voilà prêts à reprendre la route, mais le temps s’est enfui, il est 11h30 et il nous reste encore à parcourir 100 km de désert sous une chaleur montante avec une promesse de vent à court terme.
Nous avons la chance de nous trouver au niveau du seul village avant cet immense no man’s land. Nous y pénétrons, une auberge nous offre le confort à l'abri de la chaleur, voilà comment un incident se transforme en petit bonheur d’une demi-journée de repos volé. Nous nous installons en deux temps trois mouvements.
Il est midi passé, nous remontons la rue centrale déserte. Un restaurant confidentiel apparaît sur la droite, il semble fermé car nous ne discernons aucun mouvement ni à l’extérieur ni à l’intérieur. Dans le doute j’essaie d’ouvrir la porte et tout étonnés nous y pénétrons. Nous sommes les seuls clients, la patronne nous concocte une belle soupe traditionnelle, pois chiches, haricots blancs et viande d'agneau. Dans ce village du bout du monde nous ne croisons pas âme qui vive. Nous avons la sensation d’être sortis du temps, nos montres tournent à vide.
Le voyage c'est surtout cela, l'imprévu qui se concrétise en plein de belles surprises qui souvent sont une succession des petites ‘’choses’’. L’absence de planification laisse le temps de vivre et de flâner sans se fâcher au moindre contre-temps. Nous partons en voyage pour nous extraire des contraintes de notre vie trépidante ainsi que de nos habitudes trop bien rodées, et les programmes chargés à réaliser à tout prix nous y ramènent, donc fuyons-les et laissons-nous guider par les grains de sable qui perturbent la programmation.
5 novembre Pagancillo à Los Baldecitos 93 km 332 m de dénivelé
Notre arrêt anticipé d’hier a été une bonne chose, cela nous permet ce matin d’effectuer une belle étape de 93 km dans d’excellentes conditions en partant à 6h30. Il fait frais et le vent est absent. Il se lèvera vers midi, et se renforcera l’après-midi, et justement à midi notre étape est terminée.
Une fois encore dans nous nous retrouvons dans un hameau du bout du monde. Cependant comme généralement un gîte nous ouvre sa porte. Et une foi de plus nous sommes les seuls clients aujourd’hui. Ce type de logement est spécifique à ces régions d’Amérique du Sud, ni hôtel ni chambre d’hôte. Généralement il s’agit de chambres mis à disposition par un particulier dans un bâtiment séparé à proximité immédiate de sa maison. Bien évidemment il y a un confort très acceptable et de l’eau chaude. Les douches en Argentine c’est tout un poème, à croire que les niveaux à bulle ne fonctionnent pas. Systématiquement le dallage de la douche est incliné du mauvais côté et l’eau s’enfuit vers la chambre en s’écoulant sous la porte. Afin d’éviter cette inondation une raclette est toujours à disposition et toutes les quinze secondes il est indispensable de la mettre en œuvre afin de chasser l’eau vers la bonde d’évacuation.
Trouver un toit est un vrai plus dans ces régions car le bivouac est inconfortable à cause de la chaleur, du vent, du sable, des épines et des mouches qui vous envahissent dès que vous vous arrêtez.
Encore une étape étonnante dans cet immense pays. En 90 km nous n’avons pas vu un seul croisement, seulement deux bâtiments désertés de toute présence humaine.
La circulation est pratiquement inexistante, une dizaine de véhicules seulement nous doublent dans la matinée. Nous arpentons d'immenses lignes droites qui se perdent à l’infini dans un désert peuplé d’épineux. Les vélos sont insolites dans ces intervalles hors du monde. Cela paraît tellement bizarre des vélos perdus dans ces lieux oubliés des hommes, que lorsque nous nous arrêtons en bordure de route pour une raison ou une autre et qu’à ce moment un improbable véhicule passe, bien souvent il s’arrête pour savoir si nous avons besoin d’aide. Ce matin, tout étonnés nous constatons que les personnes à bord du véhicule qui s’est arrêté sont françaises. Elles sont très intriguées et inquiètes pour nous, pensant que nous avions des problèmes mécaniques. Elles nous abordent alors que nous prenons notre repas à l’ombre d’un grand épineux sur le coup des dix heures. Elles sont originaires de la région de Bordeaux, tout naturellement nous avons eu une discussion intéressante comparant les vins des deux pays. La constitution de notre repas, comme d’habitude du riz que nous avons pris soin de cuire la veille, accompagné d’une tomate et de deux œufs. Depuis que nous avons quitté les zones d’altitude l’alimentation est très correcte, et si nous revenons en ayant perdu quelques kilos nous ne serons toutefois pas des squelettes !
Dans ces immensités désertes au climat hostile le vélo permet ce contact entre les hommes. Les Argentins, voire les étrangers, sont toujours très vigilants et prêts à porter secours à des cyclistes si nécessaire. En particulier en cas de nécessité si vous faites signe de s’arrêter à un pick-up, neuf fois sur dix il freinera immédiatement et vous prendra avec votre barda pour vous aider.
Spécialité argentine à base de noix ça tient bien au ventre et c'est très bon
Au cours de ces après-midi où nous avons tout notre temps je prends plaisir à observer le ciel et les formations étranges et très esthétiques des nuages qui y défilent. Cela provient-il de la présence des Andes dans les environs, d’une interaction des forts vents d’altitude avec l’atmosphère de ces immenses vallées ? Le coucher de soleil ne dure pas car nous nous situons assez près de l’équateur, cependant les teintes jaune orangé donne un aspect insolite à la végétation. Outre le bruit du vent les cris de centaines de perruches se déplaçant en grandes bandes d’arbre en arbre produisent un vacarme entêtant.
6 novembre Baldecinos à Saint Augustin delle Valle Fertil 58 km
Ce matin nous avons le temps, l’étape sera courte, 58 km sans montée.
Depuis que nous avons quitté les régions d’altitude aux conditions climatiques extrêmes nous redécouvrons que le vélo et une activité ludique. Sans nous presser en partant avec un peu de retard vers 8h30, les 58 km sont effectués avant midi. Comme tous les jours vers 11 h le vent forcit, mais bien qu’il soit contraire il ne nous empêche pas de rouler à 20 km/h voire plus.
Nous traversons une fois encore une région étonnante, quasiment inhabitée, de loin en loin une ferme. Le déplacement lent le nez au vent seul donne cette possibilité de percevoir et de s’imprégner de ce qui émane de ces coins de la planète si différents de ce que nous connaissons en France.
Le lien de la peau et du cerveau est très étroit. Hier j’écoutais un spécialiste de médecine qui expliquait que chez le fœtus puis chez l’enfant en gestation différentes couches de peau se développent, l’une d’entre elle se transforme pour devenir le cerveau de cet être en formation. Je comprends mieux pourquoi à travers toutes les sensations ressenties sur et par la peau s’incrustent avec une grande intensité dans les neurones et y laissent une trace indélébile pour la vie. Le transfert est immédiat et sans perte car on a à faire au même tissu.
Nous nous éloignons des zones complètement désertiques de l’Atacama et la météo change. La nuit dernière il a plu fortement et la route par endroits en garde les traces. Manifestement des ruisseaux ont traversé dans certaines dépressions la route et ont déposé de grands bancs de sable dans lesquels nous roues s’enfoncent.
Le temps reste très couvert et de temps en temps quelques gouttes nous rafraîchissent. Les conditions sont idéales pour rouler. Même les insectes si agressifs au soleil semblent s’être cachés par ce temps plus humide.
La vallée que nous commençons à suivre est plus diversifiée que les immensités platitudes des 100 km précédents. Des montagnes aux moutonnements nombreux nous accompagnent tout au long de ces 58 km.
Arrivés à destination nous louons une cabañas, ce qui se rapproche un peu d’un mobil home de camping, sous forme de petit chalet, mis à disposition par un particulier en ville.
Nous y sommes très bien, en particulier une cuisine sommaire mais pratique permet de préparer les repas. Pour midi nous nous sommes achetés deux gros beefsteaks, 250 g chacun je les fais sur le grill, presque en aller-retour, bleus, ce qu’ils ignorent dans les restaurants. Ils servent très toujours la viande en tranches minces et bien cuites.
Le vin de la région est bon, qu’il s’agisse du rouge ou du blanc, en plus il n’est pas très cher, pas une raison pour en abuser.
Bonjour Luc.
Merci pour ce récit tout aussi passionnant que le précédent, c'est toujours un bonheur
de te lire. J'attends la suite avec impatience. Bernard.
PS : Lorsque tu parles d'équateur tu veux plutôt dire tropique ( du capricorne ) j'imagine ?
Bonjour Luc.
Merci pour ce récit tout aussi passionnant que le précédent, c'est toujours un bonheur
de te lire. J'attends la suite avec impatience. Bernard.
PS : Lorsque tu parles d'équateur tu veux plutôt dire tropique ( du capricorne ) j'imagine ?
Bonjour Diamina non nous n'avons pas visité les parcs Talampaya pour plusieurs raisons, d'abord cela faisait un crochet me semble-il assez important surtout qu'au retour il fallait compter avec un fort vent contraire, cela nous imposait un bivouac supplémentaire sans être certain d'avoir de l'eau sur place, et puis ces expériences de voyage à vélo rendent farouches et les spots touristiques font peur, surtout qu'à vélo on reste très vulnérable au vol. Même si d'après la circulation il ne devait pas y avoir grand monde.
Et puis le mois que nous venions de passer à travers les Andes nous avait déjà tellement rempli la tête de coins extraordinaires et sauvages que notre plaisir nous le trouvions dans cette confrontation simple à la route.
D'autre part des parcs dans ces grands pays j'en ai déjà visité un à côté de Mendoza, d'autres au Chili les parcs nord et aussi en Mongolie, toujours ou presque je n'ai pas vraiment vibré, sauf le plaisir de pédaler. Mais Talampaya il me semble que la visite est très structurée et que l'on doit se plier à un règlement encadrant les déplacements.
Concernant les Zorros les renards on en a vu aussi à plusieurs reprises sur le bord de la route. Je me souviens d'un parc du côté de Mendoza en retournant sur le Chili par un col à 3300 mètres d'altitude par une piste, parfois la police en interdit le passage aux vélos à cause des pumas. J'avais eu la chance de ne pas être bloqué, un garde m'avait dit, peut-être pour me rassurer, tant que vous voyez des renards il n'y a pas de pumas dans le coin. Et effectivement au cours du bivouac les renards tournaient autour de la tente comme des gardiens.
La cuesta del viento non plus ça ne me dit rien, mais le vent on connaissait déjà bien!!! Mais tu sais je suis convaincu que le meilleur moyen de faire du tourisme ce n'est pas le vélo, on passe à côté de beaucoup de coins caractéristiques alors qu'on reste très longtemps dans un pays.
Même si on évolue dans des grands espaces la recherche de l'expérience intérieure est bien réelle et sans doute la principale motivation.
Luc
Bonsoir Bernard, tu es un lecteur auquel rien n'échappe.
Non je pensais bien à l'équateur, bien que ton interrogation soit très pertinente. J'ai tendance, sans doute à tort, de considérer que lorsque dans l’hémisphère nord je suis sous le 30ème de latitude nord et dans l’hémisphère sud au-dessus du 30 ème de latitude sud je ne suis pas loin de l'équateur, alors qu'en réalité la distance est de plusieurs milliers de km. Mais tu as raison c'est une approximation qui peut induire en erreur et à l'avenir si j'ai à faire de ce type de point de situation j'en tiendrai compte.
Le tropique du Capricorne dans ce voyage nous l'avons traversé à deux reprises au début le quatrième et le cinquième jours. Il a constitué le point le plus nord de notre voyage avant que nous ne repiquions plein sud sur les plateaux d'altitude après Pumamarca.
Luc
Bonjour Luc.
J'ai parfaitement compris ton raisonnement. Je m'excuse d'être aussi pointilleux, on me
fait souvent la remarque, mais çà m'a souvent sauvé la mise dans ma vie.
Aucune malice de ma part, cordialement, Bernard.
Pas de problème au contraire, la précision et la concision sont de belles qualités.
Ta question m'a fait prendre conscience de l'imprécision de laquelle je me contentais jusqu'à présent.
L'équateur je l'ai passé deux fois à vélo justement en Equateur. Le rituel des hôteliers dans la zone même, ils ont tracé un trait au sol de leur cour et font positionner le vélo avec une roue de part et d'autre de la ligne, une roue dans l'hémisphère sud et une dans le nord.
Luc
non nous n'avons pas visité les parcs Talampaya pour plusieurs raisons, d'abord cela faisait un crochet me semble-il assez important surtout qu'au retour il fallait compter avec un fort vent contraire, cela nous imposait un bivouac supplémentaire sans être certain d'avoir de l'eau sur place, et puis ces expériences de voyage à vélo rendent farouches et les spots touristiques font peur, surtout qu'à vélo on reste très vulnérable au vol.
Bah, on a essayé de le visiter: voilà la file de voitures qu'on a du suivre!
Au bout d'1 /2 heure, on a fait demi tour et on est parti!!!😠
La cuesta del viento non plus ça ne me dit rien, mais le vent on connaissait déjà bien!!!
Les abords sont beaux
Des terres colorées!
Et nous avons passé une chouette après-midi la-bas. C'est à Rodéo,
et il n'y avait pas tant de vent que ça, ce jour là!!😏
Mais tu sais je suis convaincu que le meilleur moyen de faire du tourisme ce n'est pas le vélo, on passe à côté de beaucoup de coins caractéristiques alors qu'on reste très longtemps dans un pays. Même si on évolue dans des grands espaces la recherche de l'expérience intérieure est bien réelle et sans doute la principale motivation.
C'est l'impression que j'ai. L'important c'est de faire le voyage qui nous convient et qui nous ressemble!!😉Mais c'est vrai qu'en voiture faire 50 km de détour ne prête pas à conséquence alors qu'à vélo...
🤪
Bonjour Luc.
Je t'envie, j'espère avoir un jour la possibilité de franchir l'équateur autrement qu'en avion.
L'anecdote sur la fameuse ligne est très drôle, je suppose que tout cycliste se doit de faire
la photo. Le tropique du capricorne je l'ai franchi trois fois. Au Chili à la hauteur d'Antofagasta
( Cerro Moreno ) en remontant vers le nord, et en Argentine au nord de Tilcara en montant et
en redescendant. En fait la route 52 le franchit aussi deux fois entre Susques et Salinas Grande,
donc cinq fois en tout. Vivement la suite de ton passionnant récit, Bernard.
Bonjour Bernard je me suis plongé dans mes photos de mon voyage de traversée des Andes jusqu'à Uyuni sur 4000 km que j'avais commencé par un tour à travers l'Equateur, il y a maintenant 9 ans , aïe le temps passe!
J'ai retrouvé une photo dans la cour d'un hôtelier sur la ligne de l'équateur en Equateur et une autre d'un panneau sur la route.
Luc
7 novembre San Augustin à Mascasin 156 km 618 m de dénivelé
Après une bonne nuit suite à une soirée agréable où nous nous sommes concocté un bon repas nous démarrons très tôt, 6h20. Il fait encore presque nuit, c’est à la lumière des phares de nos vélos que nous partons. Je suis très satisfait du système d’éclairage de mon Fahrrad 400, on voit très clairement la route sur une distance suffisante pour rouler en toute sécurité.
Le lever du jour est un spectacle magnifique sur les montagnes qui regardent à l’est. Rouler dans ce décor d’une nature si différente de ce que nous connaissons chez nous et par des conditions climatiques clémentes est un vrai plaisir. De plus la circulation automobile est presque nulle. Nous constatons que les précipitations de la nuit dernière ont été assez importantes. En effet, nous ne croisons plus seulement des cours d’eau à sec, mais des rivières parfois tumultueuses qui charrient des flots lourdement chargés en sable.
D’ailleurs en de nombreux endroits des traces de submersion sont visibles sur la route. Parfois même il nous faut traverser de petits torrents toujours présents sur le goudron. Faire très attention car par endroits cela rend la chaussée extrêmement glissante, à la manière d’une tache d’huile, sans doute à cause des petites algues réhydratées.
Lieu de la chute
Mais malgré les précautions prises André va glisser et tomber. Par un mauvais coup du hasard son pouce reste coincé entre le guidon et le cadre. Douleur vive mais il ne dit rien. Il va continuer sans se plaindre une seule fois tout au long des 1500 kilomètres encore à parcourir. Dans un premier temps pensant à une luxation, il espère que tout va rapidement rentrer dans l’ordre et la douleur décroître et s’estomper. Nous nous étonnerons au cours du mois à venir que la douleur persiste. A notre retour en France nous comprendrons mieux pourquoi. Une fois chez lui à Montpellier, la radio effectuée montrera très nettement une fracture franche. Chapeau bas André de ne rien avoir montré durant un mois et d’avoir continué, tout particulièrement ce premier jour, où après ta chute nous avons parcouru plus de cent kilomètres !
Nous espérons rejoindre le petit hameau de Mareyes avant les grandes chaleurs et surtout avant que le vent de l’après-midi ne soit trop violent.
Nous avançons à un bon rythme, après 40 jours de vélo, avec en particulier de nombreux jours en altitude l’entraînement est complet, et pédaler est devenu une deuxième nature. En ce jour nous allons accomplir 156 kilomètres mais sans trop de difficulté j’aurais été en mesure de rouler encore durant des heures malgré les conditions difficiles de fin d’après-midi.
Puis le miracle se produit, le vent se lève. Nous l’avons dans le dos, et nous allons rouler à 35 à l’heure. De plus une descente de 5 kilomètres va nous apporter la joie, 50 km/h, avec une perspective incroyable, la route disparaissant à l’infini en une ligne droite dans cette plaine couverte d’épineux où aussi loin que porte le regard aucun bâtiment ou construction humaine, outre la chaussée n’est visible. Quel plaisir, on est loin des 5km/h des pistes de la « Ruta 40 » et tout nous surprend dans ces contrées sauvages, alors que les guides sont muets, signifiant par ce mutisme qu’il n’y a rien d’intéressant à voir.
A 11H30 nous sommes à destination. Mareyes, minuscule hameau sans vie battu par le vent, un bistrot cependant. Nous y faisons une halte et buvons un coca et un sprite frais. Une boisson fraiche et en plus sucrée, rien de tel après cette jolie bambée de plus de cent kilomètres pour donner un petit coup de fouet, dont nous allons avoir besoin, même si nous ne la savons pas encore.
La propriétaire de l’estaminet nous enlève tout espoir de trouver un toit dans le bourg. Monter la tente avant midi dans un endroit aussi hostile entre épines, poussière, chaleur, vent et bestioles cela ne nous tente pas. Elle nous indique qu’à 30 km nous trouverons ce que nous cherchons, en définitive ce sera quarante-quatre kilomètres.
Mais le problème, notre belle petite route déserte prend fin dans quatre kilomètres, pour céder la place à une nationale parcourue par de nombreux camions, et surtout avec le changement d’orientation de la chaussée le vent qui nous a poussés jusqu’à présent va sérieusement s’opposer à notre progression.
Chaque chose en son temps, principe absolu en voyage à vélo, s’arrêter c’est gagner du temps. Commençons par nous sustenter. A l’abri d’une petite casemate nous déjeunons avec notre platée de riz bijournalière, agrémentée d’une tomate et de quelques tranches de jambon cru. Un festin. Le riz rien de tel pour colmater la faim d’un cycliste.
Après cette halte, durant laquelle comme généralement nous ne verrons âme qui vive nous attaquons la suite du parcours. Très vite le vent nous devient défavorable mais malgré tout nous progressons entre quinze et dix-sept km/h.
Le sel affleure partout
La route n’est pas très large, deux camions se croisent tout juste. Ils roulent vite. Pour nous cela devient un peu scabreux lorsque l’un de ces bolides arrive en face, alors qu’un autre s’apprête à nous doubler. La solution la plus adaptée, c’est de faire un écart et de rouler le temps du dépassement sur le bas-côté en sable stabilisé.
Nous rejoignons le hameau de Mascacin. Nous aurons passé 7H30 à pédaler. Cet endroit est composé de quelques masures misérables. Cependant un trésor s’y trouve, une minuscule épicerie avec quelques tables. Nous nous installons pour boire une bière bien fraîche, plutôt plusieurs en réalité. La Quilmes est très agréable et ne titre qu’à 3°.
Notre bistrot il vaut tous les cafés de Flore
Malgré les lignes droites presque à l'infini, le panorama qui ne varie pas beaucoup et qui ne présente rien de grandiose, nous prenons un grand plaisir à pédaler. Les journées défilent et le temps semble s’enfuir. Seul le voyage à vélo permet cette alchimie du temps et de l’effort physique malgré une nature souvent hostile, vent, sable, chaleur, épines, et quelques belles araignées, et cerise sur le gâteau heureusement très peu souvent une circulation dangereuse. Nous allons connaître dans une semaine la terrible N38, la plus dangereuse route de ma vie. Je vous en reparlerai et je m’étonne encore de ce que cela a généré en moi comme émotions et sensations et je dois l’avouer de jouissance face à un danger terriblement actuel. Mais patience ce sera dans quelques étapes.
On nous confirme ce que nous avions pressenti, pas de logement dans ce coin misérable. Mais dans le bistrot on nous indique une ruine de l’autre côté de la route où nous pourrons nous installer. Cela nous convient, nous serons à l’abri du vent de la poussière et des épines.
Installation dans notre ruine presque le grand confort
Pour le confort nous demandons un petit complément d’eau, bien que nous prenions toujours nos précautions en transportant chacun une poche que l’on peut remplir jusqu’à six litres en plus de nos quatre bidons d’eau chacun. On nous amène un grand seau, mais petit problème quelques bêtes du genre crevettes y nagent.
Bon, nous nous contenterons de nos réserves, le récipient généreusement prêté servira pour une petite douche. Nous investissons notre ruine et installons nos tentes. Nous y sommes bien, mais le trafic routier va nous gêner toute la nuit. La danse des camions ne cesse jamais et ils passent très vite.
Merci pour les photos Luc, et chapeau bas : 156 kms en une journée et chargés comme
des mules, çà impose le respect. Respect aussi pour le courage et le stoïcisme de ton ami
André. Encore merci, Bernard.
Des terres saupoudrées de sel, des cieux moutonnés, des paysages flamboyants fixés à la golden hour, c'est juste beau et le voyage continue à son rythme...
Encore un bel embarquement.
Merci Luc
Florence
8 Novembre Mascacin à Chepes 38 km 220 de dénivelé
Aujourd’hui l’étape sera courte. Départ à 7h45. A nouveau nous roulons sur une route avec de nombreux camions, la vigilance dans le rétroviseur est de mise. Généralement les camionneurs sont très corrects, de plus sur le bord de la chaussée une étroite bande donne un soupçon de sécurité.
Petit déj tout confort
Notre ruine hospitalière au soleil levant
En 2h15 malgré une montée permanente mais pas très raide et un vent latéral un peu défavorable nous effectuons cette étape.
La petite bande que nous n'aurons plus sur la N 38 mais, c'est déjà un plus et psychologiquement c'est déjà bien
Certes dans certains pays comme la Thaïlande la bande latérale est très souvent très large et je ne me souviens pas en plus de 2500 km avoir vu une seule voiture la franchir, autres pays autres mœurs
Par contre sur la panaméricaine en Equateur la bande sert aux voitures, aux camions et aux bus lancés à pleine vitesse pour se rabattre quand ça double à plusieurs de front en face et j'ai dégagé plusieurs fois dans l'herbe pour ne pas être écrasé par un bus qui ne voulait pas un choc frontal, sur cette photo à part le bruit terrifiant cela allait encore mais quand la panaméricaine devient une simple double voie alors ACHTUNG, mais le pire restera la N 38 en Argentine
Chepes est une petite ville sans caractère comme souvent dans cette partie de l’Argentine. Nous trouvons assez rapidement un gîte agréable au prix modéré, l’équivalent de 7,5 euros chacun, après avoir refusé un hébergement totalement insalubre qui m’a fortement fait penser à ce que nous rencontrions parfois dans le désert de Gobi en Mongolie.
Non seulement le propriétaire tient le gîte mais aussi le restaurant attenant, la nourriture est très correcte. Nous sommes étonnés de voir les Argentins ingurgiter des quantités incroyables de boissons sucrées comme coca ou soda. Par exemple nous observons le patron qui mange avec sa femme et sa fille. Au cours du repas à trois ils vont boire une bouteille de fanta orange de 2,5 litres. Et auparavant je l’avais vu boire deux verres de coca cola. Partout l’obésité règne en maître, il ne faut pas s’en étonner.
9 novembre Chepes à El Portezuelo 71 km 320 de dénivelé
Notre hospedaje d’hier était très bien, rustique dans l’ameublement mais les patrons très sympathiques.
On se prépare départ imminent
devant notre hospedaje
Ce matin étape de 71 km, mais nous partons dans la direction opposée au vent. Donc pour espérer avancer sans trop de difficulté, nous démarrons à 6h30.
A cette heure tout est calme, il fait bon, la forte envie de pédaler et d’aller voir plus loin est toujours la même. Cette sensation proche du bonheur au moment de démarrer est difficile à décrire. Il me revient chaque fois que je ressens ce sentiment un souvenir indélébile, un matin avec Flora dans le désert d’Atacama en partant de Kolcha K au lever du jour, mon thermomètre indiquait -14 degrés mais l’envie était si forte de me confronter à cette nature sauvage durant une journée prometteuse de difficulté que je me sentais envahi d’un enthousiasme énorme, sachant de plus que Flora était à toutes épreuves, fille sans limites. Revenons en Argentine. La route que nous prenons correspond à une départementale à faible circulation. Bien qu’il y ait un peu de trafic, quelques gros camions qui évitent un contournement par grandes routes de quelques centaines de kilomètres, nous profitons d’un beau parcours. Sur notre droite nous avons en permanence une petite chaîne de montagnes couvertes d’une jungle verte.
Nous avançons à un bon rythme et terminons notre étape à 10h. Le temps est idéal, ni vent ni chaleur. Ce matin notre compagnon le plus assidu semble avoir oublié de se lever. Si cela pouvait continuer, car ces vents systématiques qui démarrent à 9h30 pour aller crescendo jusqu’à la nuit cela finit par taper un peu sur le système. Mais heureusement ici dans cette partie basse de l’Argentine, ils ne rivalisent en rien avec ceux qui sévissent sur les terres d’altitude andine.
Nous arrivons dans un village du bout du monde, comme nous en avons maintenant l’habitude. Mais de quoi peuvent bien vivre les habitants dans des coins comme celui-ci ?
Nous trouvons un logement spartiate mais à l’abri de la chaleur. C’est la pharmacienne qui nous le loue. Son frère tient l’épicerie. Ce dernier nous demande notre nationalité. Lorsque nous répondons que nous sommes français, les questions fusent sur la coupe du monde de foot. Le boucher nous demande le nom du numéro 10. L’honneur est sauf, en effet André répond Mbape, ouf ! Ce jeune joueur lumineux de 19 ans a conquis la Terre entière, jusque dans ces coins improbables d’Argentine. J’allais oublier que l’Argentine est un Immense pays de foot.
Le marchand de poulets
Depuis une dizaine de jours que nous avons quitté les hautes altitudes des Andes, nous voyageons dans une vaste plaine, ponctuée de petites chaînes de montagnes. Le tourisme y est totalement absent. Rien de spectaculaire à voir, mais une grande joie à pédaler dans ces immensités et cette ambiance donne une impression de très loin et de très différent, dans le fond ça doit être cela le spectaculaire.
Nous sommes dans le mystère et le miracle de la vélo thérapie. Dans ces coins dont on vous dira qu’il n’y a absolument rien à voir et qu’ils sont sans intérêt, nous éprouvons un immense plaisir à les traverser sur nos vélos.
La cour de notre gîte
Cela fait le 42ème jour que nous avons quitté Salta. Il nous en reste 24 à rouler. Nous allons devoir adapter notre itinéraire, car si nous rentrions directement nous arriverions en avance, n’étant plus qu’à 800 km de Salta.
Des rencontres chaleureuses, des paysages grandioses... Toujours aussi étonnée, surprise, émue par l'authenticité de ton témoignage. Toute lecture est une invitation au voyage, dans le temps, dans l'espace. Avec ton carnet, il est réel, tangible et mesurable et me fait partager les émotions les plus diverses.
Florence
Dans ces coins dont on vous dira qu’il n’y a absolument rien à voir et qu’ils sont sans intérêt, nous éprouvons un immense plaisir à les traverser sur nos vélos.
Pareil pour moi (sauf le vélo) : c'est toujours là où on dit qu'il n'y a rien à voir que je me régale par tout ce que je peux y découvrir... Et ça c'est un vrai bonheur !
Dans ton message 9 il y a 3 extraordinairement belles photos... 🙂
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
10 Novembre El Portuezelo à Patquia 102 km 70 m de dénivelé
Ce matin nous prenons la route à 6h20, comme toujours avec l’espoir que le vent ne se lève pas trop tôt, car nous l’aurons de face.
Bien que ces immensités plates ne permettent pas beaucoup de perspectives, effectivement nous sommes loin de notre première partie de voyage par des pistes vertigineuse, cependant je suis dans un état proche de l’extase à me déplacer dans ce décor qui ne se renouvelle pas, rigoureusement plat, sans aucune construction. On pourrait se croire dans sa salle à manger avec un tapis qui circule sous la roue arrière. Seul ou presque le compteur démontre que l’on avance, sans oublier le vent relatif. Je ne sais pas si la comparaison est bonne je n’ai pas de vélo dans mon salon.
Très vite nous prenons un bon rythme. La première heure 30 km, en à peine plus de 2 déjà 50 km. Quel plaisir sur ces routes à très faible circulation. Le voyage à vélo permet plus que la marche à pied ce miracle qui se répète chaque matin, une immense envie de pédaler à la recherche de belles sensations sentant son corps fonctionner comme une belle horloge. Et peut-être encore plus lorsqu’on a passé les 60 ans, cela nous renforce dans l’illusion d’être jeunes.
Vers 11 heures nous atteignons notre but et le vent nous a laissé tranquilles. Il va démarrer, comme généralement depuis quelques jours, vers midi.
Notre hôtel nous y verrons nos premiers étrangers depuis pas mal de temps
un drôle d'engin des temps anciens, le propriétaire très sympa n'est pas avare d'explications
Outre la forme qui devient toujours meilleure après 43 jours sur la route, les petits déjeuners que nous faisons sous le contrôle technique d’André nous donnent du combustible pour la matinée.
Constitution : une platée de riz cuit la veille avec du sucre, ce matin arrosé du jus de pêches au sirop tout en mangeant les fruits, une banane, un œuf, un thé avec un bon gâteau et nous voilà parés le ventre bien plein. Effectivement, à vélo on est beaucoup plus vulnérable au coup de faim déclenché par l’hypoglycémie qu’à pied, pourquoi ?
Demain une décision stratégique à prendre, soit nous faisons des tours et détours sur des petites routes afin de continuer à nous perdre dans ce désert humain d’ici à Salta, soit nous effectuons le plus vite possible les 500 ou 600 km qui nous séparent de Salta, afin de repartir deux semaines dans les montagnes du nord. Nous déciderons demain à la Rioja, ville de moyenne importance. Mais la douleur à l’articulation du pouce d’André ne nous permet pas d’envisager de repartir sur des pistes, tant qu’elle ne se calmera pas, interdisant les vibrations importantes en dehors des routes goudronnées. Et nous ne savons pas encore qu’il s’agit d’une belle fracture de l’articulation.
Un paragraphe sur les différents monuments mortuaires qui ponctuent la route. Dans ces immensités les accidents arrivent sans doute du fait de la monotonie du décor qui doit favoriser l’endormissement et de l'absence de virages, de ce fait la vitesse est souvent très importante. Les véhicules nous dépassant sont parfois à 180 km/h voire plus. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait une vitesse maximale autorisée en Argentine.
Ces petits monuments rappelant les disparus, sont toujours entourés d'une multitude de bouteilles pleines, qui se vident avec le temps, une tradition que l'on retrouve dans tout le pays, ainsi qu’ailleurs en Amérique du Sud. Souvent un banc est installé à proximité. Parfois il nous est arrivé d’y voir une personne assise en plein recueillement alors que la première maison se trouve à des dizaines de kilomètres, sans pour autant voir de voiture stationnée. Comment est-elle venue ? Outre les différentes inscriptions relatives à la personne décédée souvent un panneau de remerciements à l’attention de ceux qui se sont arrêtés pour visiter le défunt.
11 Novembre Patquia à la Rioja 75 km 100 m de dénivelé
Etant arrivé tôt à l’hôtel le 10, nous avons eu le temps de bien nous reposer. Cependant nous avons subi une attaque d’espèces de cafards volants. Pas agréable, au moment de me coucher j’en ai senti un gros qui me courrait dans le cou. Je l’ai claqué contre le mur. Cela m’a rappelé les cantharides au Tchad à la saison des pluies, gros insecte pas dangereux si on ne se l’écrase pas sur la peau, car dans ce cas on est gratifié d’une brûlure due à un liquide acide.
Au matin, premier petit déjeuner digne de ce nom en 44 jours. Tout arrive. Depuis une semaine nous n’avions pas eu d’hébergement aux normes européennes et de ce fait les touristes, certes pas très nombreux, ont fait leur apparition.
Nous constatons que le vent a changé d’orientation. Il souffle du sud au nord. Nous allons l’avoir en permanence dans le dos.
Départ à 7h30. Cette étape est un vrai régal. Avec ce vent dans le dos nous avons l’impression d’avoir des vélos à assistance électrique.
Nous allons mettre un temps record, à peu près trente km/h de moyenne Ce vent qui nous pousse déplace aussi des nuages de sable. Nous roulons par moments avec des filets de sable qui filent sur le goudron. Nous sommes dans le plaisir pur, terrain rigoureusement plat. Lorsque l’on monte de deux mètres la vue porte à l’infini ou presque. Cette région très particulière de buissons hostiles à perte de vue où les villages et les villes sont éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres voire plus nous permet de vivre une expérience nouvelle en plus sur des routes généralement pas très passantes pour le moment, profitons-en, car dans quelques jours nous allons faire l’expérience de l’enfer sur la route, en passant parfois pas loin d’un ticket direct pour le paradis des cyclo-voyageurs. Cependant on doit rester à l’écoute du moindre bruit et garder un œil vigilant sur le rétroviseur car les automobiles roulent très vite 150 km/h voire souvent plus. Ces gigantesques distances désertes en ligne droite incitent les chauffeurs à appuyer très sérieusement sur le champignon.
La Rioja est une ville de belles dimensions. Curieusement nous nous faisons interpeler par un policier. En définitive il voulait simplement faire un selfie avec nous. Nous avons quelques difficultés à trouver un lieu de chute. Le gîte qui nous avait été conseillé est complet. Nous finissons par trouver un hôtel local, un peu sordide mais le personnel est sympathique. Nous obtenons une chambre sans fenêtre, cela est toujours étouffant et je me sens un peu claustrophobe dans ces conditions. Les clients sont des travailleurs locaux. Le tourisme n’est pas très présent, il faut reconnaître que la principale caractéristique de ces coins annonçant les Andes c’est la rudesse de la nature avec ses épineux.
Nous allons assister à un spectacle étonnant sur la place centrale, car va se jouer la finale de football d’Amérique du Sud et ce sont deux équipes argentines qui sont opposées, dont celle de la région. Un vent de folie souffle sur la ville, un rassemblement de supporters défile autour de la place en motos, voitures et même un bus y prend part, dont le toit est totalement surchargé. Notre curiosité étant avivée nous essayerons de suivre le match à la télévision. Mais des incidents graves, attaque des joueurs de l’une des équipes en les gazant entraînera un report puis une annulation du match, avec une hypothétique tenue dans un pays étranger.
12 Novembre la Rioja à Villa Mazan 100 km 418 m de dénivelé
Hier midi nous sommes allés manger en ville à la Rioja. Heureusement que nous avions demandé à une personne, car le restaurant nous ne l’aurions pas trouvé. Il se situait au bout d’un long couloir sombre, qui ressemblait à toutes les entrées d’immeubles. Repas très correct accompagné d’un bon malbec de la Puerta, que nous connaissons.
Je reviens sur la scène de la place centrale de la veille après-midi. La ville était en effervescence du fait d’une finale de foot sud-américaine dont les deux équipes finalistes étaient argentines. Sur la place centrale, le spectacle était étonnant. Dommage que nous ayons tous les deux oublié nos appareils photos à l’hôtel. Un bus de supporters plus que plein, sur le toit duquel au moins une quarantaine de de personnes debout, excitées en train de sauter, crier, agiter des drapeaux. Le bus démarre pour un tour dans la ville, nous avions peur que certains tombent car les risques étaient bien réels. Il était accompagné d’une multitude de mobylettes, sur chacune de 2 à 4 personnes. De très jeunes enfants, à partir de trois ans, juchés sur le réservoir, des mères avec leur progéniture derrière. Tout cela dans une anarchie lente se met en mouvement le bus en tête, bien évidemment personne n’a de casque. Ce spectacle pour le moins hétéroclite en matière de sécurité routière se déroule sous le regard impassible des policiers en binôme aux quatre coins de cette place centrale. On imaginerait difficilement la police française rester impassible devant de telles prises de risques à tous les niveaux. Mais voilà pas d’appareil photos sniff, vous n’aurez donc que la description.
Ce matin, nous décidons de ne pas partir trop tôt, 7h30.
Au moment du départ, une pluie fine se met à tomber sur la ville. Mais heureusement cela ne va pas durer et quelques centaines de mètres plus loin la chaussée est sèche.
Nous sortons facilement de la ville et prenons la N38 sur 35 km. Dans ce pays nous n’avons jusqu’à présent jamais été confrontés à une circulation très intense ni réellement dangereuse si l’on reste vigilant en surveillant ce qu’on voit dans le rétroviseur, ce qui par moments m’a amené à me garer sagement. Comme toujours ces nationales dans cette immense région ne présentent pratiquement aucun virage et les bolides foncent. Encore une fois le vent dans le dos nous permet de tenir une moyenne respectable.
Nous sommes dans une région de culture de l’olive. Depuis hier nous longeons d’immenses oliveraies, aux arbres parfois imposants. Puis nous nous engageons sur une route secondaire, trafic presque inexistant. L’ambiance change radicalement, nous renouons avec les virages et les montées, plus rien à voir avec les quelques centaines de kilomètres des jours précédents.
Autour de nous des montagnes, parfois couvertes de végétation, parfois très minérales, mais toujours impressionnantes du fait du ciel chargé de nuages sombres et menaçants qui donnent une lumière crépusculaire. Nous sommes presque intimidés par l’austérité de ce qui nous entoure et l’ambiance lugubre. Seuls de très vieux bâtiments en ruine liés à l’expansion de la civilisation occidentale par le rail il y a plus d’un siècle nous rappellent les hommes.
Toujours ce vent arrière qui nous pousse, qui par moment nous chasse presque en direction de l’est. Nous couvrons sur cette petite route une soixantaine de kilomètres et nous arrivons dans le hameau de Villa Mazan, où nous trouvons au niveau des premières maisons un hébergement chez l’habitant. De toute évidence on nous loge dans la maison qu’occupaient les ancêtres de cette famille. Tout est encore équipé de leurs affaires, même leurs portraits, haut placés sur un mur, nous surveillent. Des images de religion un peu partout, plusieurs « nouveau testament » sur les rayonnages où s’accumulent des piles de livres et revues. Nous avons la sensation d’avoir fait un bond dans le passé de plusieurs décennies.
13 Novembre Villa Mazan à Saujil 83 km 400 m de dénivelé
Après une bonne nuit dans cette maison familiale très typique, petite surprise du matin, la fille de la maison m’avait affirmé que nous pourrions compter sur un petit déjeuner à 6 heures. Eh bien non ! A 6 heures tout le monde dort encore ferme, la porte de leur maison bien fermée. Nous nous contentons d’un petit-déjeuner léger, alors que nous envisageons une étape de 153 km, mauvais début.
En quittant le village
La tempête souffle, le panorama est farouche et l’on ressent l’hostilité de cette nature sauvage. Le voyage à vélo qui nous soumet aux aléas du temps permet d’éprouver ces sentiments contradictoires où craintes et appréhensions se mêlent à l’impatience et à l’espoir d’un beau combat contre les éléments. Nous partons sous un temps bas de fin du monde. Les montagnes environnantes disparaissent après quelques centaines de mètres dans une couche épaisse de nuages. Sur les reliefs la pluie tombe traçant sous la couche nuageuse de hautes et larges traînées sombres, mais pour le moment la vallée est épargnée, pourvu que cela dure.
Les vingt premiers kilomètres sont pénibles. Non seulement nous retrouvons les grandes ‘’soufflantes’’ très irrégulières des semaines passées dans les altitudes andines, mais en plus la route monte. Par moments nous faisons des écarts brutaux poussés par une rafale violente qui nous surprend. Nous gardons les yeux rivés sur le rétroviseur, mais heureusement la circulation est très faible.
Enfin après ces 20 km de bousculade, nous arrivons à un carrefour et notre nouvelle route se trouve dans la bonne direction, c’est-à-dire que le vent va nous pousser une fois encore.
Ça y est le grand plaisir reprend. On a bien espoir d’accomplir les 130 km restants en un temps record. Le vent semble fléchir, dommage. Un petit coup de fringale, on s’arrête, on sort le riz et les oeufs. Le riz a macéré dans sa poche plastique, il est un peu aigrelet. Nous en mangeons quand même en le recouvrant de sucre, ce n’est malgré tout pas terrible, mais nous avons faim.
Le temps de cette petite collation le vent tombe complètement. Cela risque d’hypothéquer notre grande étape. Puis rapidement nous réalisons qu’il commence à s’inverser. Là nos derniers espoirs s’envolent. Et d’une moyenne de 30 km/h nous nous retrouvons cloués sur place par des bourrasques adverses.
Voilà comment nous nous retrouvons dans ce petit village improbable, dont nous n’avions même pas l’indication sur notre application GPS. Tout va s’enchaîner à merveille. Sur le mur d’une minuscule épicerie il est indiqué vente de miel. On en achète. On demande à l’épicier s’il y a un logement dans le village. Il téléphone, personne. Il prend sa voiture nous le suivons il s’arrête devant un atelier de soudure en face de la maison de la propriétaire du gîte pour s’informer. Les soudeurs sont intéressés par nos vélos. Et voilà comment la béquille d’André cassée depuis plusieurs semaines va être magnifiquement réparée sans que l’on puisse payer. Les soudeurs au contraire vont nous donner des gros sachets de fruits secs et deux énormes pâtes de coing de 400 g chacune.
Le soudeur à l'action
André avec nos bienfaiteurs
Ce soir nous allons faire nos courses. Une fois de plus le contact est magnifique avec les employés du petit supermarché. L’une des filles boite, elle s’est blessée à vélo. Elle adore la sonorité de la langue française. Le mot merci l’enchante. Ils n’arrêtent pas de nous poser plein de questions sur le voyage à vélo. Ces villages du bout du monde ne voient pratiquement jamais d’étrangers ni de touristes, même les voyageurs à vélo ne s’y aventurent pas. Depuis que nous avons quitté la ‘’ruta 40’’ il y a une dizaine de jours et presque mille kilomètres nous n’en avons pas croisé. Si nous n’avions pas subi cet échec pour passer la frontière chilienne au paso San Francisco, que j’ai raconté dans « Joies et frustrations au paso San Francisco », nous ne serions jamais venus dans cette région sur laquelle nous n’avions aucune information, étant ignorée des guides et des voyageurs.
Les Argentins sont vraiment chaleureux, un nombre incroyable d’automobilistes nous font signe, souvent les personnes travaillant sur le bord des routes nous lancent des grands cris d’encouragement avec force gestes. Il faut dire que dans cette partie très austère de l’Argentine les voyageurs à vélo s’y risquent très peu. Pas grand-chose à voir, tout est dans la relation aux habitants et leur grande gentillesse, mais c’est l’essentiel. Alors que j’écris ces lignes cela fait plus de 6 mois que nous sommes rentrés, et pourtant je garde de cette expérience une forte émotion qui persistera encore longtemps.
Bonsoir Luc,
Si je devais donner un titre à cette suite, je l'intitulerais "cinquante nuances de gris" pour les couleurs du ciel que tes photos subliment. Et puis je vois qu'on a remis les petites pédales dans les grandes ! À nouveau les batailles contre le temps, le vent et toujours ces rencontres touchantes qui font le sel du voyage.
14 Novembre Saujil à Andalgala 76 km 360 m de dénivelé
La femme qui s’occupe de ce joli petit hostal nous avait promis un petit-déjeuner pour 7h. Mais nous avons pris nos pr��cautions et avons commencé par notre riz quotidien, puis yaourts et fruits. À 7h15 elle arrive. Comme toujours le petit-déjeuner qu’elle nous apporte est constitué de deux galettes de pain sans levain, de taille assez ridicule et pas très tendres, mais servies avec gentillesse et sourire. Heureusement que nous ne comptons pas là-dessus pour un repas du matin très important avant de gros efforts à vélo.
Nous quittons ce petit village avec un pincement au cœur en pensant au merveilleux accueil que nous y avons reçu, mais nous ne savons pas encore que nous allons y revenir.
7h30 nous roulons. Route magnifique bordée à gauche par des immensités plates recouvertes d’épineux et à droite par une belle chaîne de montagne, qui monte au-dessus de 5000 m. Cela représente un beau dénivelé car nous sommes vers les 1000 m d’altitude.
Mais comme toujours en Amériques du Sud les distances sont gigantesques et on a bien du mal à évaluer les dimensions de ce qui nous entoure. En vagues successives les crêtes se succèdent jusqu’aux sommets les plus hauts qui se découpent sur le ciel limpide.
Nous faisons une magnifique balade à vélo, de la vraie vélo-thérapie, tous les facteurs sont réunis pour en faire une journée mémorable de plaisir. Les conditions météorologiques sont parfaites, pas de vent, soleil et pas de chaleur et de plus circulation quasi nulle, chaussée excellente et cette furieuse envie de rouler qui nous submerge. À vélo plus le voyage est long plus le plaisir et l’envie de rouler se renforcent. Au départ, chaque matin on doit être comme un drogué qui attend sa dose, et l’accoutumance joue aussi, donc il faut les augmenter. Notre dose moyenne journalière, aux environs des cent kilomètres, est très généralement engloutie bien avant quatorze heures, alors que nous ne ressentons pas encore de fatigue.
Nous longeons encore une ancienne voie ferrée qui rappelle que dans le passé des mines étaient exploitées dans la région, et le seul moyen de transport du minerai passait par le rail.
Un peu avant notre but sur le bord de la route différents monuments symbolisent les peuples indiens qui vivaient dans ces coins avant l’arrivée des Espagnols. Dans tous ces pays on ressent bien à travers de nombreux symboles cette nostalgie d’un mode de vie et d’une identité malmenés sous le joug de la colonisation occidentale. Certes on ressent chez tous les Argentins la volonté d’une identité nationale malgré les disparités énormes entre les villages perchés au fond des Andes et les grandes métropoles. Mais je ne peux m’empêcher de penser au jeune Indien qui sort de ses déserts des Andes et qu’on a précipité dans une guerre des Malouines tout là-bas au sud du pays sur l’Atlantique océan qu’il n’a sans doute jamais vu. La photo de couverture de l’un des livres que j’ai achetés à Salta m’y fait penser. Le visage d’un jeune soldat aux yeux étonnés réfléchit à je ne sait quoi au moment de partir se battre contre les Britanniques dans une guerre qui va se révéler meurtrière pour les Argentins.
Couverture du livre très instructif de Jorge Saenz, à ma connaissance pas traduit en français, mais l'espagnol ça n'est pas très difficile à l'écrit
Vers 11h30 nous arrivons à destination dans la petite ville d’Andalgala. L’office de tourisme nous indique une Hospedaje. Le propriétaire est un homme seul, sans doute veuf et assez tristounet, mais son hébergement est sympathique et original, avec une assez grande cour intérieure, couverte d’une belle vigne qui prodigue une ombre bienvenue.
Il nous apprend que la route que nous voulons suivre et qui franchit la chaîne de montagne que nous longeons depuis 130 km est en réalité une piste non goudronnée. Cela est embêtant car André avec son doigt qui le fait souffrir arrive à rouler sur goudron mais les vibrations générées par la tôle ondulée et les cailloux lui occasionnent une forte douleur. Donc il n’est pas question de nous y engager.
Seule alternative rejoindre la route que nous avons quittée deux jours plus tôt. Cela nous fera tout de même une boucle de 260 km, mais le coin est tellement beau et la route si agréable, que cela ne nous ennuie pas outre mesure. De plus nous avons une marge de sécurité pour arriver à Salta dans les délais pour notre avion.
Après nous être installés nous préparons notre repas, tache à laquelle nous sommes bien rodés depuis déjà presque deux mois que nous sommes sur la route. Nous avons tout l’après-midi pour partir à travers cette petite ville assoupie sous la chaleur. Rien de particulier à voir, simplement respirer l’air du temps qui passe dans un coin loin de nos repères habituels. Ces petites villes perdues au fond de l’Argentine, ignorées des routes du tourisme, ont leur charme. Comme dans toute l’Amérique du Sud la commune est organisée autour de la « Plaza de armas ». Cette dernière est toujours propre et bien arborée, les gens ont l’habitude de s’y installer tout particulièrement le soir venu. Seule petite ombre, il y a toujours une multitude de 2 roues pétaradant qui s’en donnent à cœur joie.
Déjà le moment de se préoccuper du dîner, comme quoi prendre le temps de ne rien faire ne signifie pas ennui et montre qui semble marquer le temps au ralenti. Refuser de tomber sous le joug des cadences infernales sous prétexte de voir le plus de choses possibles pour rentabiliser le voyage et le coût du billet d’avion est aussi une philosophie de voyage. On aurait pu chercher un taxi et se faire emmener dans la montagne pour un prix ridicule, mais non nous préférons nous asseoir et regarder autour de nous même s’il n’y a pas grand-chose à voir dans cette ville écrasée par le soleil de l’après-midi.
Donc le restaurant nous ne le cherchons pas longtemps, juste là dans le coin de la place nous en voyons un qui fera tout à fait l’affaire. Mais on est un peu à l’heure espagnole, le service commence à partir de 8 h. Le temps de patienter nous allons manger une glace, très bonne au demeurant.
8h nous retournons nous installer et commandons deux viandes bleues. Comme toujours ou presque on nous amène deux beefs cuits à la limite racornis. La cuisson de la viande ce n’est vraiment pas leur spécialité. D’ailleurs, les tranches sont coupées très fines ce qui rend une belle cuisson impossible.
Dans ces régions de basse altitude les rigueurs des Andes sont oubliées, mais un fléau les remplace, les bestioles. Moustiques et meedjes nous dévorent. Ces dernières ce sont ces horribles petites horreurs volantes pas plus grosses qu’un grain de poivre et, qui s’agglutinent en masse et piquent effroyablement. Comment des trucs aussi minuscules peuvent vous faire pousser sur la peau de si gros boutons, qui de plus grattent durant des heures. Mais enfin ne nous plaignons pas trop cela fait partie des plaisirs du voyage.
Gourmandise extrême après le repas nous retournons dans notre boutique de glace et en reprenons chacun une grosse. M’est avis que de ce voyage à vélo je ne vais pas comme lors de ma traversée de l’Atacama il y 5 ans revenir avec 8 kg en moins. Si j’ai perdu sans doute trois ou quatre kilos le premier mois, il me semble que malheureusement la tendance s’inverse dans cette seconde partie. Moi qui me réjouissais de rentrer svelte je risque d’être déçu !!!
15 Novembre Andalgala à Saujil 76 km 120 m de dénivelé
Ce matin route inverse. Mais dans un premier temps André sans doute à cause de son mal à la main dû à sa fracture non soignée aimerait bien que nous fassions les 130 km à venir en véhicule. Je n’aime pas cela du tout, mais je ne peux que m’incliner car nous sommes dans un cas de force majeure. Donc à la sortie de la ville nous attendons le premier véhicule, mais en une demi-heure nada. Je propose à André de commencer à rouler et plus tard avec la journée avançant il est probable que le trafic s’intensifiera quelque peu.
Et nous voilà partis. Je ne suis jamais déçu de faire marche arrière en voyage, car ce que l’on découvre dans un sens est toujours différent de ce que l’on voit dans l’autre. Et puis cette route invite tellement au vélo, circulation quasi nulle. De plus les rares voitures qui passent nous font des appels de phares ou nous gratifient de coups de klaxon enthousiastes, ou les conducteurs sortent le bras et certains même nous proposent à boire.
Nous oublions totalement la tentation du pick-up. Nous restons souvent de front et contrairement à chez nous aucune agressivité, on ralentit même parfois à notre hauteur et clac une photo. Il y a quelques jours, c’est même un policier qui nous a arrêtés, car il voulait faire un selfie avec nous. Le vélo dans ce coin est un véritable régal. Des instants que nous essayons de graver profondément dans nos mémoires, car nous avons conscience que nous vivons des moments de grand bonheur. Je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi nous ne croisons aucun cycliste, sans doute des routes trop en dehors des classiques.
Les 76 km jusqu’à Saujil sont effectués trop rapidement, mais poursuivre avec la chaleur qui monte ne serait pas judicieux. D’autant plus que le point de ravitaillement suivant sur notre itinéraire se trouve120 km plus loin, ce qui nous forcerait à un bivouac dans les épineux ! Nous n’y tenons pas vraiment, cette région d’Argentine est réellement peu propice au bivouac du fait de sa végétation agressive.
Donc nous retrouvons notre logement d’il y a deux jours et la gentille employée et la jolie place à proximité.
La place centrale comme toujours bien arborée
Les différents commerçants sont tout étonnés de nous voir réapparaître, et ils veulent en connaître la raison. Un après-midi de farniente nous attend dans le magnifique jardin arboré. Manifestement il date d’une époque lointaine rappelant la colonisation espagnole. Les grands arbres sont envahis de nuées de perruches aux cris stridents, on se croirait dans une volière. Comme il est étonnant après avoir traversé de grandes régions semi-arides de se retrouver dans ce havre de verdure. Nous avons la ferme intention d’en profiter tout l’après-midi, malgré les petites bestioles « piqueuses ».
Notre gîte
Les premiers propriétaires
En début de soirée notre gentille employée vient nous chercher pour une petite visite de la ville. Nous comprenons vite, il s’agit de nous amener dans le magasin de l’une de ses copines, c’est de bonne guerre. Encore une fois nous sommes peinés de voir cette jeune femme de vingt-cinq ans en surpoids. Mais pourquoi s’acharnent-ils tous à se gaver de Coca-Cola ?
Puisqu'il paraît que le monde nous appartient selon la formule consacrée alors je fonce à la conquête de ce nouveau carnet qui fait la nique à Chronos le voleur de temps. Des journées qui filent à la vitesse du vélo et une belle philosophie de vie que je partage avec gourmandise : savoir se poser et ne rien faire, juste se remplir les yeux des beautés simples du monde qui nous entoure pour mieux savourer l'instant présent... C'est aussi cela l'art du voyage.
Bonne journée Luc.
Florence
Bonjour Luc.
Je continue à suivre passionnément ton récit, c'est un vrai bonheur. Même si je ne suis pas
cycliste je te rejoins sur l'approche et sur l'idée que " ce n'est pas la destination qui importe
mais le voyage lui-même " ( SIC ). Merci infiniment. Cordialement, Bernard.
16 Novembre Saugil à Chumicha 107 km 518 m de dénivelé
Hier soir fut un moment très agréable, notre logeuse nous a offert un petit sachet de noix et une bouteille d’alcool de menthe. Elle nous a proposé de nous accompagner pour un petit tour en ville avec pour cible principale un petit magasin qui vend des produits locaux, confitures, fruits secs, alcools. La propriétaire est l’une de ses amies qui vient de se lancer dans l’aventure du commerce. Ce fut un joli moment qui s’est terminé par une séance de photos. Ce village où nous aurons passé deux nuits restera comme l’un des moments forts de notre périple. Les habitants ont été particulièrement aimables et agréables.
Ce matin départ 6h30. Temps magnifique, les 60 km qui nous ramènent à la RN 60 nous les couvrons en 3 heures. Ces quatre jours dans cette vallée des oliviers nous laisseront une très agréable impression par la beauté de ses paysages aux dimensions démesurées et ses routes à faible circulation. Ce qui frappe aussi c’est la quasi absence de maisons en dehors des villages qui sont éloignés les uns des autres de nombreuses dizaines de kilomètres voire parfois de centaines.
Une montée de 10 km nous attend dès notre arrivée sur la RN 60. Le vent s’est levé, et nous l’avons de face. Heureusement il n’est pas trop fort, et 10 km de montée ce n’est pas énorme. La circulation reste très faible, mais ce qui n’empêche pas que nous soyons spectateurs de terribles imprudences, en particulier une camionnette qui double en montée avec une visibilité limitée. Un camion rapide en descente est passé pas très loin, le choc frontal est évité de peu. Cela m’a fait d’autant plus peur que j’ai bien senti qu’en cas de choc j’allais être au centre de cet accident. Être spectateur passif sans avoir le temp de réagir tout allant trop vite, mais ayant le temps de percevoir tout le danger imminent qui menace entraîne une forte accélération du rythme cardiaque. Un peu avant cet endroit dans une courbe il y avait 7 croix, rappelant qu’un très grave accident s’y était passé.
Une fois cette côte achevée, nous plongeons dans une gorge verdoyante. Trente kilomètres d’une superbe descente toute en courbes nous amènent à 6 km du village de Chumicha.
Une fois sur place, comme d’habitude nous avons droit à notre lot de réponses contradictoires lorsque nous demandons s’il est possible de trouver un lit pour la nuit. Nous finissons, après avoir traversé le village dans tous les sens suite à des indications pour le moins pas très précises, par arriver chez un vieux monsieur, policier à la retraite, qui affiche devant chez lui hospedaje. Comme toujours, lorsque ce type d’établissement est tenu par un homme seul, c’est un peu le foutoir. Il manque de toute évidence la main d’une femme pour donner aux chambres un air sympathique.
Arrivée chez notre policier à la retraite
Nous mangeons dans sa cuisine le riz que nous avons préparé hier. Il s’installe avec nous. Je me dis chouette on va pouvoir discuter, mais non il fait des efforts pour ne pas s’endormir, la tête allant de droite à gauche et subitement il pique du nez de temps en temps. Il est 13h30 et il a dû manger avant notre arrivée. Il semble bien que nous le cueillions en pleine période de sieste. Dommage j’aurais bien aimé connaître sa vie de policier dans les années passées à l’époque du régime militaire. Ce n'est pas toujours évident, outre le fait que j’ai à faire à un endormi, d’aborder le sujet. Comment s’est-il comporté dans ces périodes troubles ?
Ces logements dans les villages représentent une surprise de fin de parcours quotidien. Une grande constante la douche avec son sol jamais incliné dans la bonne direction, et à cet effet il y a toujours un balai caoutchouc pour chasser l’eau vers l’évacuation et il est impératif de s'en servir avec vigueur toutes les trois minutes, sinon elle envahit la chambre. Les portes aussi sont tout un poème, elles ferment généralement mal, voire pas, et font un boucan d’enfer. Beaucoup de ces chambres auraient vraiment besoin de réparation et de remise à neuf. D’ailleurs je me demande quel est le taux de fréquentation dans ce village qui en plus d’être dans une région pas très courue se trouve excentré de la route.
Nous passons la soirée à la terrasse du seul restaurant de ce village du bout du monde. Bel observatoire sur la place principale. Le nombre de mobylettes à trois voire quatre passagers, le père la mère et deux enfants, parfois des nouveaux nés, ne laisse pas de nous étonner. La notion de sécurité n’est pas la même que chez nous. Et la police regarde ce spectacle d’un œil placide, et bien sûr jamais de casque.
17 Novembre Chumbicha à Catamarca 68 km 100 m de dénivelé
Ce matin départ 6H20, à 9h30 nous avons couvert les 68 km avant le vent et la chaleur. Etape sans problème aucun dont je ne garde même pas le moindre souvenir à part notre arrivée à Catamarca.
Catamarca est une grande ville avec une belle place et une très belle avenue piétonne. Le petit hôtel dans lequel nous descendons est tenu par une femme qui s’apparente à un dragon, pas très aimable pour le moins, bon mais pas envie de partir à la « pêche » d’un autre logement.
chien argentin à l'action
très agréable place centrale
Les vélos nous les mettons sur le toit, et il nous faut les hisser avec des prises de risque et celui d’André retombe lourdement dans l’escalier de fer en colimaçon. Mais ils sont bien à l’abri du vol car une porte en fer fermée à clef interdit l’accès au toit.
Bonjour Luc.
Aaah ! les fameuses raclettes en caoutchouc qui monopolisent une main durant toute la
douche. Mais aussi les robinets très souvent inversés et où on attend vainement que celui
de gauche nous donne un peu d'eau chaude avant de réaliser que cette même eau chaude
est à droite. Heureusement il n'y a souvent que de l'eau froide, impossible de se tromper...
Bernard.
J'ai beaucoup aimé le bac incliné à l'envers digne d'un bon "Benny Hill" (rires). Il est des jours où le voyage n'est pas toujours qu'une ligne droite. Il est plein d'imprévus et de surprises ce qui le rend plus palpitant que jamais.
18 Novembre Catamarca à la Cocha 87 km 450 m de dénivelé
Le départ de notre hostal ce matin est plein de surprises comme bien souvent dans ces pays, avec un petit plus aujourd’hui, je le qualifierais de mouvementé. D’abord petit-déjeuner prévu à 7h, se sera plutôt 7h30 mais tout est normal. Il pleut assez fort donc pas d’affolo. Nos vélos sur le toit il nous faut les récupérer et les faire passer par l’escalier en fer très étroit, ce qui avait été tout un poème pour les monter la veille. Et bien entendu ce matin le permanent de garde n’étant pas au courant, il ne trouve plus où a été rangée la clef du portail d’accès. Mais encore pas d’affolo après moultes recherches les fameuses clefs réapparaissent.
Départ sous la pluie dans une ambiance tristounette. Des grandes flaques partout dans cette ville vide d’un dimanche matin. Même par endroits des petits torrents traversent les rues. Il ne pleut pas souvent, cependant quand il pleut ce sont des quantités. Mais normalement c’est un peu plus tard dans l’année que la saison des pluies se manifeste. Que l’atmosphère est triste, les rues sont mal drainées, partout des détritus, papiers, plastiques et autres, ce qui ajoute à la grisaille ambiante.
Je suis optimiste en pensant que ça va vite se calmer. Mais non, il va pleuvoir une bonne heure, et de plus le froid s’y met, certes tout relatif, mais nos corps habitués au chaud depuis pas mal de temps, marquent le coup. La route n’est pas très agréable dans ces conditions. Enfin ça se calme, mais en ce dimanche matin contrairement à nos attentes il y a du trafic, plus que ce à quoi nous étions habitués jusqu’à présent, cela enlève un peu de charme à la balade à vélo.
Après avoir passé une zone légèrement vallonée nous entrons dans une vallée rigoureusement plate traversée d’une route absolument droite sur des dizaines de kilomètres. Elle a juste la largeur pour permettre le croisement à deux véhicules. Sa configuration est très inconfortable pour les cyclistes, pas la moindre petite bande sur le côté. C’est la première fois que nous ne bénéficions pas d’un passage de quelques dizaines de centimètres qui nous donneraient une once de sécurité. Non, les véhicules lorsqu’ils se croisent ils occupent absolument toute la route. Pour nous pas question d’y rester, et bien entendu les vitesses sont très importantes généralement de l’ordre de 150 km/h pour les voitures et de plus de 100 km/h pour les camions. Les vélos devant être très rares sur ce type de route, on se demande même si les chauffeurs nous remarquent lorsque nous nous jetons sur le bas-côté. Nous ne sommes vraiment pas à notre place.
La conduite automobile est très étrange, comme si la notion d’anticipation n’existait pas, on fonce et on voit en improvisant une fois sur l’obstacle. Les nombres croix qui jalonnent les bords de route démontrent que cette stratégie mène assez souvent à la catastrophe. Voilà l’ambiance, le décor est planté, si les automobilistes restent dans leur stratégie quelque peu suicidaire, c’est à nous à nous adapter. La tactique est simple tant que l’on ne voit rien venir en face il suffit de rester vigilant en jetant un coup d’œil au rétroviseur et si on y aperçoit un véhicule bien regarder si en s’approchant il amorce un déport afin d’éviter le vélo sinon dans le doute passer sur le bas-côté. Très généralement les voitures se déportent. Par contre si l’on voit un véhicule en face, alors là l’attention doit redoubler car le véhicule lancé à toute vitesse arrivant derrière n’aura pas la place de se déporter, donc bien anticiper pour se mettre en sécurité en dehors de la chaussée. Le jeu devient de toute évidence très dangereux. Dans ces moments de grande tension en ce qui me concerne l’attention devient extrême, je rentre presque en mode de survie. Tout en roulant un œil devant et l’autre derrière à évaluer les temps pour pouvoir dégager, me reviennent en mémoire les situations extrêmes qu’il m’a été donné de vivre que ce soit à moto (j’ai eu une vingtaine d’accidents à deux roues motorisées et souvent pris des risques dont quarante ans après j’ai honte pour les vies des autres que j’ai mis en danger), en alpinisme, en ski hors-piste en déclenchant des avalanches, ou dans ma vie professionnelle au cours de conflit comme le siège de Sarajevo. De manière étonnante ces souvenirs semblent relativiser la situation de danger que je vis. Suis-je quelque part pervers, je trouve presque du plaisir à me jeter sur le bas-côté quand il n’y a plus de place pour moi sur la route. Illusion d’immortalité, trop grande confiance en moi, j’ai l’impression de maîtriser cette danse mortelle, à jouer sur les distances et les secondes. Et pire, en voyant les dizaines de kilomètres à jouer à ce petit jeu malsain, j’en éprouve une satisfaction en me demandant si mes nerfs vont tenir encore quelques heures à ce régime. Mais André pour sa part a une réaction plus normale et veut absolument mettre fin à cette danse macabre. D’ailleurs il a eu quelques secondes d’inattention qui ont failli lui être fatales et il a échappé à une mort certaine en réagissant au klaxon d’un camion-bolide à l’extrême limite.
J’assiste à la scène. Dans mon rétroviseur je vois deux camions arriver, dans l’autre sens face à moi un train de véhicules dont des camions. Pas de doute, cas de force majeure. Je n’attends pas que ceux dans mon sens soient trop près et je me gare en laissant un bon espace avec la chaussée. Devant moi André ne semble pas avoir réagi, tout va très vite, les camions étant à 100 km/h. Le premier le dépasse en se déportant légèrement car le flux en face est encore à quelques dizaines de mètres. Mais le second, qui de plus n’avait sans doute pas vu le vélo collant d’assez près le premier, le découvre brutalement et pour lui plus question de faire un écart les bolides en face prennent toute la place. Il donne un grand coup de klaxon sans même freiner. Le temps semble s’immobiliser, mais pourquoi André ne réagit-il pas. J’ai l’impression d’assister à un film d’épouvante. Puis au moment d’être percuté il se jette sur le côté, ce n’est pas passé loin mais alors pas loin du tout.
S’en est trop il demande dès qu’un espace le permettra que nous arrêtions un pick-up pour nous mettre en sécurité. Je trouve cela dommage je m’amusais bien. Mais bien évidemment pas question de le lui dire car sa réaction est bien normale. Un peu plus loin se présente un court élargissement de la chaussée au niveau d’un arrêt de bus. Cela est curieux car on ne voit pas de village aux environs. Cela me rappelle le bateau sur le Drin Noir au nord de l’Albanie. Cette rivière remonte une gorge gigantesque et parfois le navire vient au rivage, quelques passagers en descendent et disparaissent dans la montagne alors que l’on ne voit pas la moindre maison sur des pans de montagne de plusieurs centaines de mètres de dénivelé.
Nous voilà donc arrêtés et je fais signe aux véhicules de s’arrêter et comme par hasard les pick-up sont peu nombreux. Une première voiture s’arrête mais je m’étais trompé c’est une berline pas question de prendre les vélos. Un ou deux 4X4 ne répondent pas à mes gestes. Enfin un pick-up s’arrêt mais il est surchargé de fruits pas question là encore d’y rajouter des vélos. Je fais remarquer à André que dans deux ou trois kilomètres se trouve une petite bourgade. Nous décidons d’y aller et d’y faire le point.
Effectivement quelques maisons dont un restaurant avec arrêté devant un pick-up. Nous localisons rapidement le chauffeur qui mange avec son passager en demandant au restaurateur. Immédiatement à la fin du repas il accepte de nous prendre et de nous conduire jusqu’à Conception la grande ville à une centaine de kilomètres. Mais il nous signifie que nous avons le temps de manger. Nous proposons de payer leur repas au serveur, mais eux le refusent catégoriquement. Nous embarquons nos vélos dans la benne du pick-up et c’est parti. Alors comme un clin d’œil du destin dès que nous partons la bande de sécurité réapparaît comme par enchantement. Mais alors que j’aurais préféré continuer à vélo, maintenant que je suis installé dans ce véhicule je me fais très bien à l’idée d’aller jusqu’à Conception.
Mais un incident imprévu va faire que nous ne ferons que vingt cinq kilomètres. En effet, arrivant à un carrefour notre chauffeur au lieu de prendre la route de Conception part dans l’autre direction et s’arrête une centaine de mètres plus loin, et son passager part acheter une bouteille d’eau. Lorsqu’il revient tous deux changent d’attitude, de joviaux ils deviennent presque hermétiques. Que se passe-t-il ? Un peu gêné le passager nous fait comprendre que nous devons descendre en s’emberlificotant dans une explication pour le moins étrange de matériel à attendre sur place. Nous descendons donc et ils reprennent tout de suite la route de Conception, le matériel ils ne l’ont pas attendu longtemps.
Il faut nous remotiver à repartir. Deux cents mètres plus loin nous tombons sur un check-point policier et je crois qu’il faut chercher là l’explication à notre débarquement anticipé. De tout évidence deux cyclistes, les vélos et la montagne de sacoches dans la voiture cela aurait pu attirer la curiosité des policiers. Nous passons donc ce contrôle et j’en profite pour me renseigner sur les possibilités de logement. Il m’est indiqué qu’à une trentaine de kilomètres nous trouverons tout ce qu’il nous faut dans une station-service qui fait hôtel.
Alors que le matin nous roulions sous forte contrainte, ces trente kilomètres vont être une belle partie de plaisir en toute décontraction ou presque sur une route au trafic assez calme, cependant la vigilance restant de rigueur vu les vitesses très importantes. Les environs de la route changent des épineux austères et hostiles en nous offrant de belles prairies desquelles émane de la sérénité. Sur notre gauche à un ou deux kilomètres une piste suit la route. Je serais bien tenté de rentrer dans la campagne profonde, mais je n’en parle pas à André le sachant très embêté par son pouce qui continue à fortement le faire souffrir et lui interdit les pistes. Rétrospectivement quand je pense au diagnostic lorsqu’il est rentré en France, je dis chapeau l’artiste.
Après cette belle chevauchée d’après-midi nous rejoignons la station-service annoncée et nous y passons une nuit tranquille.
Le silence du jardin, des drisses qui battent (le catamaran de mon voisin posé plus loin sur l'herbe et qui attend sa remise à l'eau), un goéland qui trace dans mon ciel bleu et la lecture commence...
Sapristi, une route parsemée d'émotions qui s'entrechoquent et un carnet qui livre des frissons. Pas trop faite pour moi cette route et soulagée qu'il ne vous soit rien arrivé à l'un comme à l'autre.
19 Novembre la Cocha à Conception 53 km 150 m de dénivelé
Dans ce petit hôtel attenant à une station-service, très sympathique nous pouvons payer carte bleue pour la première fois, car dans ces villages perdus ce n’est généralement pas possible. Cela nous arrange bien car le liquide commence à manquer et nous sommes dans un grand week-end de trois jours, donc pas de change possible dans les villes plus importantes.
Petite anecdote, à vélo il m’arrive de temps en temps en passant devant une pompe à essence de me poser la question de savoir où j’en suis en carburant avant de réaliser que je ne suis pas avec ma voiture !
Ce matin très beau temps, nous partons à 6H30, la route présente une belle bande de sécurité et nous allons faire une très agréable séance de pédalage, certes courte, car à 9h nous sommes arrivés.
Non seulement peu de circulation, en plus une magnifique bande de sécurité
Cette petite ville j’y étais déjà passé au cours d’une autre traversée. Elle est un peu décrépie, on sent que l’argent manque dans le pays pour l’entretien des façades.
Nous descendons dans un hôtel au charme plus que désuet je dirais au charme fané, mais nous avons un lit donc tout va bien, et le personnel comme presque toujours est très serviable.
On peut même faire du change chez le bijoutier dont la boutique est accolée à notre hôtel. Certes il nous fait un taux à sa guise genre picsou, mais mon Dieu il nous dépanne bien.
Notre hôtel
Demain nous allons de nouveau attaquer la montagne avec une montée de 1600 m pour nous rendre dans le village de Tafi del Valle, et le jour suivant prendre encore mille mètres supplémentaires en passant au-dessus des 3000 m avant de basculer à nouveau sur la Ruta 40.
De la couleur qui va si bien à ce petit carnet enchanté. Voilà une belle façon de finir une journée. Merci Luc pour cette lecture. J'attends la suite !
20 novembre - Conception à Tafi del Valle - 87 km 1660 m de dénivelé
Aujourd’hui belle et difficile étape en perspective. Nous quittons Conception vers sept heures. Dans un premier temps vingt-quatre kilomètres dans le bruit et la fureur de la N38. Heureusement la petite bande latérale salvatrice nous donne une bonne protection sans toutefois nous épargner les rugissements de moteurs.
Puis nous mettons le cap sur la montagne. Encore une quinzaine de kilomètres de plat nous conduisent au pied de la longue montée de plus de 45 kilomètres qui va nous permettre de rejoindre cette petite ville de Tafi del Valle.
Du pied de la montagne, nous distinguons trois plans différents, les trois de belles dimensions. En effet, nous sommes à une altitude de 400 m et le col que nous convoitons se trouve à 3050 m, cad plus de 2600 m au-dessus. Les deux premiers plans sont couverts d’une forêt tropicale et le dernier est dénudé. Aujourd’hui nous allons monter un peu au-dessus de la limite de la zone de forêt.
La circulation est beaucoup moins agressive que dans la plaine. La route serpente au fond d’une magnifique gorge qui recèle une belle rivière, sans aucun doute un paradis pour les truites. La montée est très divertissante, bien que la pente ne faiblisse jamais. En effet, finies les immenses lignes droites où tout repère est absent. D’amples courbes offrent des changements de perspectives permanents. Cette forêt dans ce grand versant est presque un anachronisme. Depuis trois mille kilomètres nous ne voyons que sable, désert ou des buissons épineux aux épines acérées, longues de plusieurs centimètres et particulièrement dangereuses. Et là soudain, nous plongeons dans un univers de verdure très dense. Il nous faut en profiter car une fois passée la zone de forêt l’aridité de l’altitude reprendra les commandes. De plus sur l’autre versant à la descente nous allons retrouver l’ambiance Atacama et son aridité.
Dans une épingle à cheveux une immense statue plus représentative qu’esthétique rappelle les combats des peuples indiens pour leur liberté. Et cette idée qui me taraude toujours, que pensaient ces jeunes Indiens de l’Atacama jetés dans cette guerre des Malouines sans doute bien loin de leurs préoccupations. Mais ils en ont gardé un traumatisme que l’on peut vérifier au fil de la route au travers des monuments commémoratifs en souvenir des soldats qui y ont perdu la vie.
Alors que nous nous arrêtons pour mouiller nos chapeaux au niveau d’une cascade, des petites boules rouges attirent mon regard. Des fraises des bois ! J’en cueille une poignée que nous mangeons avec André. Très déçus aucun goût, nous avons l’impression de manger une poignée de minuscules pépins.
Vers treize heures nous faisons la pause casse-croûte quotidienne au pied d’une petite chapelle dédiée à la « Vierge des fleurs ». Plusieurs voitures y sont arrêtées, ce lieu de culte attirant du monde. Cela nous donne de belles occasions de discussions car nos vélos lourdement chargés intriguent pour le moins les automobilistes engagés dans cette longue montée.
La gorge se fait moins profondes et la rivière se dévoile d’autant plus. Tout à ce spectacle je monte tranquillement à 7 km/h. Je vois l’eau si précisément que je peux scruter la surface à la recherche des coins calmes ou des conjonctions de courants à proximité des cailloux où très probablement une truite est aux aguets en attendant que de la nourriture se présente. J’ai bien une canne à pêche mais ici comme en France la pêche est réglementée et je n’aime pas m’affranchir des règlements et puis André caracole loin devant.
D’un coup la forêt disparaît et nous nous retrouvons dans un décor alpin où dominent les prairies bien vertes dans lesquelles paissent des vaches. Nous longeons un grand lac de plusieurs kilomètres, puis nous rejoignons le village que je reconnais pour y être passé il y a cinq ans lors d’une autre traversée.
Ces souvenirs me reviennent et entraînent un petit pincement de cœur, ce voyage j’en garde un souvenir comme d’irréalité comme dans un rêve, et les émotions resurgissent à gros bouillons. Mais cette fois aussi c’est fantastique surtout avec André qui est le compagnon idéal.
21 NOVEMBRE - Tafi del Valle à Amaicha del Valle - 56 km 1095 m de dénivelé
Après une nuit agréable dans ce petit village nous effectuons une belle montée par un temps agréable. La dernière fois que j’étais passé par ici une pluie assez fournie nous avait cueillis au réveil, mais pas aujourd’hui. On se croirait dans un col des Alpes, de l’herbe bien grasse, des vaches, des chevaux, des moutons de loin en loin occupent ces espaces. Je comprends ce qui me manque quand je quitte plusieurs mois la France, ces paysages paisibles de campagne et de prairies alpestres. Il est vrai que j’ai tendance à partir en voyage dans des coins plutôt hostiles.
Nous atteignons un col aux environs des 3000 mètres et là pas un souffle d’air. Alors là le changement de décor est radical, nous plongeons à nouveau dans l’ambiance Atacama.
Le sommet du col comme bien souvent dans les Andes il s'agit d'un long replat avant la descente.
De plus la route de très bonne devient une succession de raccords sur un goudron qui a fait plus que son temps, où nids de poule et cailloux échappés du macadam se disputent nos roues. André dont le pousse le fait toujours souffrir est en enfer vu les vibrations.
Vers treize heures nous atteignons Amaicha del Valle. Je me souviens y avoir dormi il y a cinq ans dans un hospedaje dont la propriétaire passait son temps à nous épier, c’était assez désagréable. Peut-être était-elle intriguée que moi vieux schnock de 60 ans tout rond je voyageais avec une jeunette de 30 ans ? Elle pointait en permanence son nez pour regarder ce que nous faisions dans la cuisine, grrrrr !!!!
Je n’ai pas envie de renouveler l’expérience avec André. Je me renseigne donc afin de savoir si nous pouvons échapper à la sorcière curieuse, un vieux et une jeune alors imaginez deux vieux dans la même chambre ! Eh oui nous avons 65 et 67 ans ouille ! Chance, un nouvel établissement à proximité de la place centrale peut nos accueillir, il a un aspect très engagent et les propriétaires sont charmants, que demander de plus pour passer un après-midi et une nuit de rêve.
22 novembre - Amaicha del Valle à Cafayate - 68 km 160 m de dénivelé
Dans ce petit village nous passons une nuit agréable, de plus pour ne rien gâcher nous y mangeons très bien dans une salle joliment décorée. On a beau aimer la rusticité un peu de propreté ça fait toujours plaisir. Nous sommes loin de l’ambiance d’il y a cinq ans.
Donc aujourd’hui l’étape se fera en terrain très connu. En effet, cette étape n’a pas de secret pour moi. La première partie jusqu’à la Ruta je l’ai parcourue au cours de mon voyage précédent et la seconde partie sur la Ruta 40 je l’ai déjà parcourue deux fois, la première il y a 5 ans et la seconde il y a un peu plus d’un mois avec André. Cependant les deux fois dans l’autre sens.
Cette partie de la Ruta 40 est très agréable, belles montagnes qui la bordent des deux côtés semblant se perdre dans des hauteurs indéterminées tout là-haut tutoyant les plus de 5000 mètres d’altitude, jolis vignobles et circulation réduite. Cela nous change de ce que nous avons connu il y a quelques jours sur la N38.
Nous nous arrêtons dans une distillerie où nous goûtons différents alcools blancs, mais un soupçon, car nous avons encore une trentaine de kilomètres à pédaler et le soleil commence à frapper fort.
Nous croisons un jeune couple à vélo. Des Luxembourgeois lancés dans un périple de deux ans à travers l’Amérique du Sud. Nous, avec nos deux mois et quelques cacahuètes, on fait vraiment figure de charlots !!! Mais je me fais cependant la réflexion suivante : plus on part longtemps et plus on a tendance à se concocter un programme chargé. Combien j’ai vu des voyageurs à vélo partis pour plusieurs années et qui courraient après le temps le long des routes relativement importantes pour boucler la liste de XX pays au programme. Alors que lorsqu’on ne part qu’un mois et que l’on se donne pour unique but de se perdre dans les pistes nord du Laos ou d’aller explorer les marges du désert de Gobi en Mongolie, à mon sens on profite plus de son voyage sans être l’esclave du temps.
Quelques kilomètres plus loin nouvelle rencontre, un Allemand qui lui aussi est lancé dans un long périple à vélo, certes de 10 mois seulement.
Un peu avant Cafayate un couple à vélo, ils roulent de front, je commets la faute de les doubler sans regarder dans mon rétroviseur en franchissant le milieu de la route et André manque prendre une crise cardiaque. En effet, sur cette route déserte les rares véhicules roulent à 150 km/h. Je vois un pick-up me dépasser en trombe deux roues sur le bas-côté. Eh oui un relâchement de quelques secondes et le drame pointe son nez !
Nous retrouvons nos petites habitudes dans notre fameuse auberge « la Ruta 40 ». Nous allons y passer trois nuits car Salta se rapproche dangereusement et le pouce d’André reste douloureux ce qui nous empêche de tenter des pistes vers la montagne.
Bonjour Luc.
Toujours aussi passionnant de suivre le récit de ton périple. Merci infiniment.
La date du 22/11 m'a marqué, ce jour là j'ai suivi la piste entre Putre et Cariquima, via
le salar de Surire, au Chili bien-sûr, une journée inoubliable.
Salutations, Bernard.
Bonjour Luc,
Je viens de prendre la poudre d'escampette. On me cherchera... ou pas, je m'en fiche. Juste l'envie d'être très loin, un désir de liberté que j'éprouve à la lecture de ce carnet.
Bonne journée.
Florence
25 novembre Cafayate à la Viña 107 km 630 m de dénivelé
Après deux jours à Cafayate où nous nous sommes laissés vivre entre lecture, terrasses de café et restaurants sympa dans certains recoins de la ville nous reprenons la route.
Ce matin nous partons relativement tardivement car nous pensons bivouaquer après avoir remonté les gorges de Cafayate. Nous disons au revoir au personnel de la Ruta 40 qui a vraiment été adorable.
Dans un premier temps la route longe de grandes propriétés viticoles, puis rentre dans de sublimes gorges et sur 80 kilomètres les couleurs et les formes de roches sont incroyablement diversifiées, mais malheureusement il fait gris et les contrastes sont atténués.
Il y a pas mal de circulation pour cause de weekend et de plus cette route est très empruntée par les étrangers car très touristique, on comprend bien pourquoi. Nous rencontrons trois couples de Français en voyage avec voiture. Étonnement, deux d'entre eux sont lorrains et le dernier alsacien.
Dans la première partie de la gorge nous restons « scotchés » à tous les virages tant cette nature est magnifique. Et je suis d’autant plus étonné que ce parcours je l’avais fait dans l’autre sens en 2013, mais je n’en gardais pas ce souvenir. J’avais sans doute mis le nez dans le guidon et appuyé comme un sourd sur les pédales et n’avais rien vu ! Même à vélo on n'est pas sûr de voir ce qui nous entoure! Les haltes sont nombreuses et nous nous enfonçons dans les canyons en bordure de route. Le temps couvert et les gros nuages qui enveloppent les hauteurs donnent un cachet mystérieux à ce massif montagneux.
Nous rencontrons un cyclo hollandais avec lequel la discussion s'éternise . Il nous apprend que 47 km plus loin il y a possibilité de se faire héberger. Donc adieu l’option bivouac car il n’est même pas midi.
Pour la halte de mi-journée une gorge en amphithéâtre très touristique nous offre un coin d'ombre. Le repas est constitué de notre riz habituel cuit la veille et gâterie aujourd’hui accompagné de jambon cru et d’œufs.
Deux couples de Français qui visitent le lieu engagent la conversation et nous décrivent leur périple à travers l’Amérique du Sud, avions, bus, voitures de location, en un mois un périple vertigineux à courir après le temps. Je me dis qu’il en faut du courage pour se lancer dans une telle course contre le temps. Déjà qu’un seul trajet aller-retour en avion en deux mois et demi cela me terroriserait presque, alors j’imagine mal être à leur place, je suis trop « speedy » pour me lancer dans des voyages taillés au métronome. Deux conceptions du voyage s'affrontent, voir un maximum de choses en planifiant rigoureusement son temps ou laisser les événements se dérouler avec un fil directeur général. Chacun son fonctionnement.
Vers 14 h après un bain de foule ma foi pas désagréable retour sur la selle, et malgré le vent défavorable, cependant pas trop fort, nous avançons bien. Nous atteignons vers 16 h le point indiqué par le Hollandais, manifestement le lieu est agréable. Problème il nous est demandé un prix important, je dirais exhorbitant, comparativement à ce que nous payons habituellement, de l’ordre de 15 euros chacun. Certes pas de quoi fouetter un chat mais question de principe et puis nous avons pris nos habitudes.
On nous indique que trois kilomètres plus loin se trouve un hostal plus dans nos cordes. Donc nous n’hésitons pas et nous voilà repartis. Une fois sur place l’employée nous dit qu’ils ne louent plus de chambres. Cependant elle nous indique qu’à 12 km dans le village de la Viña il y a de quoi se loger. Nous voilà à nouveau repartis pour 12 km. Ce nouveau village est atteint vers le 17 h. J'ai un petit pincement au cœur car je me remémore mon passage furtif au petit matin, le jour à peine levé, il y a 5 ans au cours d'une autre traversée, que le temps passe vite!
C’est un peu le jeu de piste pour trouver cet hospedaje. Enfin nous y voilà après des tours et des détours. Encore quelques péripéties pour que la propriétaire vienne nous ouvrir car elle est chez ses enfants un peu plus loin. Enfin nous sommes installés dans un endroit charmant et notre hôtesse est absolument charmante, vieille dame qui dégage la sérénité et la bonté.
Repas du soir dans la station-service à l’entrée du village sur la nationale. Une télévision pour voir la finale des Liberadors, mais le match une fois de plus est reporté, car les joueurs ne se sont pas remis des violences qu’ils ont subies il y a une dizaine de jours en se faisant gazer et attaquer à la descente de leur bus.
26 novembre La Viña à Le Carril 51 km 331 m de dénivelé
Après nuit très tranquille, nous ne sommes pas pressés de partir, rien ne nous presse, en effet Salta se rapproche dangereusement vite. Il ne faudrait pas faire des étapes de 100 km tous les jours et nous sommes un peu prisonniers de la route goudronnée du fait de la fracture du pouce d'André.
Nous sommes vraiment impressionnés par les stridulations des cigales, qui se mettent à chanter dès le matin dans le jardin de notre hôtesse. Alors j’imagine les personnes qui se trouvent dérangées en Provence, là elles partiraient en courant. J’ai entendu récemment l’information qu’un couple de vacanciers s’était renseigné dans les Bouches-du Rhône ou dans le Var pour obtenir un produit afin d’exterminer les cigales qui perturbaient leurs nuits ! Ouille ça devient difficile pour certains citadins d’accepter les bruits de la nature, heureusement certainement sont-ils très minoritaires. Dans les campagnes françaises on s'organise, des maires édictent des arrêtés dans lesquels ils énumèrent les bruits naturels ou non ainsi que les odeurs auxquels les personnes en vacances auront à faire face sans se plaindre !
Nous croisons au démarrage un couple à vélo, lui est allemand et elle espagnole et ils travaillent à Lausanne. Nous n’avons que le choix de la langue pour échanger.
Quelques kilomètres plus loin nous nous arrêtons pour écouter cette symphonie de milliers de cigales qui font monter une clameur des buissons en bordure de route, nous en restons ébahis.
La fin du voyage approche mais j’ai encore une incroyable envie de pédaler, sans doute ma forme physique ne fait qu’augmenter. Le miracle du voyage à vélo réside aussi dans cela, plus on roule moins on veut s’arrêter, le corps s’adaptant et l’ossature étant très peu soumises à des traumatismes, ce qui n’est pas le cas pour la marche à pied. Mes grandes traversées à pied jusqu’à 800 kilomètres je ne les ai jamais terminées avec une telle envie de ne pas m’arrêter! La vélo-thérapie comme dit mon gourou Jean qui m'a fait découvrir la féerie du voyage à vélo.
Avant midi notre courte étape est terminée. Le Carril est une ville de grandeur moyenne sans doute plus de 10000 habitants. Nous nous installons au carrefour principal dans un hôtel confortable aux normes occidentales.
J'ai enfin découvert les abords du paso san Francisco. Nous avons dormi dans le refuge près de laguna santa rosa, sans chauffage par -11°C!! J'ai fortement pensé à toi et à toutes les épreuves que vous avez traversées.
Si tu as l'occasion, le parque nacional tres cruces vaut vraiment largement le détour et mérite vraiment une semaine de visites. Nous n'y avons fait que 3 jours car j'ai sous estimé les merveilles dont il regorge et surtout les heures de route qui sont nécessaires pour accéder aux sites principaux. Nous avons eu beaucoup de chance, les années précédentes il était tombé énormément de neige et le parc était inaccessible. Cette année, il y avait à peine quelques traces de neige, donc j'ai pu admirer les belles couleurs des roches et des lagunes. Ce fût extraordinaire!
La quebrada de las conchas que tu as traversée est très belle effectivement. Merci du retour. Ça me rappelle de bons souvenirs.
J'ai adoré la vallée du Rio Hurtado ou les rates perroquets Tricahue volent par centaines. Les couleurs sont belles. elle est reliée à la Vicuña par le Portezuelo Tres Cruces sur la Ruta Antakari, ou vers Ovalle
Voilà ce que tu avais dit lors d'un de tes posts, du coup, je suis allée voir et nous avons passé une journée merveilleuse en partant de Vicuña, en déjeunant à Rio hurtado, et en terminant par le village d'Andacollo.
Merci infiniment d'en avoir parlé. Ce trajet nous a permis de faire des photos du cerro tololo et de l'observatoire qui n'est accessible que par tour guidé depuis la Serena.
Par contre, pour ce qui est de Vicuña et de son ciel pur étoilé, j'ai nettement préféré ma nuit au refuge de la laguna santa rosa: là-bas nous avons admiré la voie lactée. Ce fût un moment magique, plein de beautés que même le froid glacial ne nous a pas empêché d'apprécier.
Nous avons tenté d'accéder au paso aguas negras mais il y avait des travaux sur la route après le poste frontière, donc le carabiniero ne nous a pas laissé passer. Tant pis! On ne gagne pas à tous les coups.
Bonsoir Diamina mets nous qq photos de ton refuge à -11. Le paso Agua Negra j'avais envisagé d'y aller après le San Francisco mais au pied on s'est dit que ça allait pulser à plus de 100 km/h 15h par jour donc on a opté pour les grandes plaines. Les photos de l'Agua Negra sont époustouflantes.
Luc
Ce sont des dortoirs de 5 lits superposés faits main, donc qui bougent beaucoup.
Voici la façade que tu vois à côté de la laguna santa rosa.
Au fond à droite, c'est le refuge du guide de haute montagne qui y a déjà passé 2 hivers consécutifs alors que la route était impraticable.
Le lavabo avec le seau d'eau pour verser dans le wc, car il n'y a pas de chasse. Sauf que le matin, comme nous avions dormi par -11°C sans arriver à allumer le feu, l'eau du seau était gelée, et nous n'avons pas pu vidanger le wc!!!
Le chauffage au bois que nous n’ avons pas réussi à allumer
Les lits
Si tu veux y aller, il faut contacter le manager du refuge, Ercio Mettifogo. C'est un gars super sympa. Le guide et lui travaillent ensemble. Nous avons eu un dortoir pour nous tous seuls et le 2ème groupe de 2 hommes a eu l'autre dortoir pour lui tout seul.
En été, il parait que souvent les dortoirs sont pleins, ..... je ne m'imagine pas la-dedans avec plein d'autres personnes que je ne connais pas!!🤪
C'est clair qu'en hiver, il n'y a pas foule. Je me demande bien pourquoi? 😄
En tout cas, voici une toute petite partie du paysage splendide que nous avons pu découvrir.
Merci Diamina édifiantes tes photos c'est ce que j'adore dans l'Atacama. L'Atacama il faut vouloir y aller, pour ma part j'ai eu une nuit en restant dehors -16° en traversant le Sud Lipez, au matin une carapace de glace de 5 mm sous le matelas gonflable.
Mais j'ai confondu en te demandant de mettre des photos, je voulais voir à quoi ressemble le refuge abandonné à 20 km du paso San Francisco du côté chilien au bord de la laguna Verde, même si j'ai pu le voir de manière très approximative sur google earth, et que nous n'avons pas pu rejoindre du fait des vents bien supérieurs à 100 km/h..
Luc
Rebonjour Diamina j'ai retrouvé des photos du paso Agua Negra. Elles ne sont pas de moi mais de Colette et Patrick BANTQUIN qui ont eu la gentillesse il y a quelques années de proposer un récit de traversée des grands déserts sud-américains à vélo à la revue CCI.
L’Amérique du Sud m’a toujours fait rêver, et me fera toujours rêver, tout particulièrement sa zone de grands déserts qui s’étend sur 4 pays, Pérou, Bolivie,…
Carnets de voyage › Argentine / Chili · 84 replies
Première partie:voyageforum.c... Seconde partie De Colchane à Buenos Aires La version avec photos est visible ici:carnetsdamerique... Vendredi 4 novembre [lien…
Carnets de voyage › Argentine / Chili · 320 replies
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des…
Carnets de voyage › Bolivie / Argentine / Chili · 175 replies
Ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en mai 2011 au départ de La Paz à travers le sud-ouest de la Bolivie, le nord du Chili et le nord-ouest de…
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
I’d been wanting to discover Sulawesi for years. But then life happened—COVID, the cost of flight tickets, you name it. Long story short, years went by, but we finally set off as a family for a three-week trip in southern Sulawesi: Rammang Rammang, Rantepao, Sengkang, Bira, and Selayar.
I like to spend a good amount of time in the places I visit, giving myself the chance to really get to know the area and meet locals. So no island-hopping this time—just the south. But when I say "just," it’s not restrictive at all, given how rich this island is in landscapes, little encounters, and magical moments.
Wednesday 07/08 - Thursday 07/09:
We left Montpellier for what was supposed to be five flights, though we only took four to start, landing in Jakarta.
We picked up our luggage there to catch a flight to Makassar the next day. That’s the only way we could get an affordable ticket (702 €).
I won’t bore you with the flight details—there’s not much to say. We arrived at 7 PM and considered heading straight to Makassar that evening. But we opted for a recovery night before taking off again. Good thing we did, because my son’s suitcase was missing...
First contact with the locals was a bit stressful—a trip without your luggage isn’t exactly fun. But right away, a woman reassured us: the suitcase was just enjoying some extra time in Singapore. Maybe it was doing some last-minute shopping. Anyway, nothing serious—it was supposed to arrive at 9 AM the next day. That gave us some breathing room since our flight wasn’t until noon.
So off we went to our hotel (Days Hotel & Suites) near the airport. It was cheap (40 € for three rooms—my kids are older and need their space), but it wasn’t worth much more. The place had definitely seen better days. But no big deal—we were only there for the night, and... we got to watch France beat Morocco in the World Cup live at 3 AM. That’s what really mattered!
Friday 07/10: In search of the lost suitcase
First challenge of the morning: finding our missing suitcase. They sent us to the airport basement, to the staff entrance. We were greeted with smiles, and an airport employee led me through the underground corridors back to the baggage claim. Right on time at 9 AM, the suitcase arrived, just like they’d promised. We were finally complete!
Off we went to change terminals, grab a well-deserved meal, and board our fifth flight to Makassar.
Little side note: I struggled for a while trying to book domestic flights directly on the airlines’ websites with no luck. Without meaning to advertise (though I guess I am a little), I realized it’d be easier to use sites like tiket.com or Traveloka. That turned out to be a great choice—I even ended up booking hotels through them later in the trip.
12:40 PM: We were on our way to Makassar. First good news: we were the only tourists. Well, the only European tourists on the flight, anyway.
No, you’re not dreaming—the bag is full of... potato chip packets.
To each their own souvenirs, I guess...
When we arrived in Makassar, a driver was waiting to take us straight to Rammang Rammang: 250,000 IDR (12 €) to our guesthouse (Rammang Rammang House). Forget about meeting people on the bus—we were headed straight to the first stop of our trip, and it was already stunning.
My kids’ guesthouse:
Ours:
View of the little lake:
But not everything is straightforward around here.
I wanted to get a local SIM card for internet and calls. I found them expensive at Jakarta’s airport (20 € for 20 GB), so I decided to wait. Well, no luck in Rammang Rammang either. You can’t just buy one from the local shop—you need a Telkomsat store (they have the best coverage). So we’d have to wait for Rantepao to get Wi-Fi... When I say "local shop," I mean the little shack around the corner. No big deal—we’d find one easily in Rantepao for 5 € and 25 GB. So there we were, offline, just the four of us enjoying the amazing view.
Saturday 07/11: Rammang Rammang
We woke up early to the sound of wedding music blasting through the village (everyone’s invited!). Off we went to explore the area.
A little walking, a little boat ride (shared with a French tourist and a Polish one—yes, there *are* tourists here, just not many; 750,000 IDR for up to 8 people) through a lovely canal, and we discovered the karst site. It was peaceful and beautiful.
The river:
The karst site:
Okay, Palermo—we know it. We go there to marvel at the architectural wonders born from the Arab-Norman-Byzantine-Gothic mix. And rightly so. We also go to treat our taste buds to all kinds of delights, both savory and sweet. Again, rightly so. We go to succumb to the charms of Palermo’s women, their sun-kissed skin glowing with golden highlights. Still, rightly so. And all while fantasizing about a mafia we’ll never actually see. Anyway.
But you’ll also find street art everywhere, even in the historic center. Sometimes, you just need to step a few meters away from the main tourist highways like Cassaro, Via Maqueda, or the main arteries of the Ballarò, Capo, or Vucciria markets to stumble upon some amazing murals. Duck into one or two slightly grimy alleys, weaving past trash and crumbling walls, and you’ll find real gems.
For example, just 50 meters south of the main artery of the Mercato del Capo, there’s a great spot with dozens of murals in a tiny neighborhood of run-down mini-houses. You’ll find plenty more south of the Mercato di Ballarò, in the Albergheria (the grittier side, not the one near Cassaro). There’s some in Ballarò itself too, but it’s hard to spot when the market’s in full swing with stalls everywhere. La Kalsa isn’t left out either, nor is Vucciria—just step away from the restaurant-packed streets.
Here are a few examples that really caught my eye.
(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
Avant notre Départ
La préparation de ce voyage a commencé 9 mois avant notre départ au mois de Juin. Pour ceux qui veulent faire un circuit similaire, il est important de réserver les hébergements très tôt, surtout dans les campsites de l'Okavango et de Savuti au risque de ne pas avoir de place.
Présentation
Après avoir fait la Zambie il y a 3 ans ainsi que la Namibie et l'ouest du Botswana il y a 1,5 ans, le choix s’est porté cette année sur le Zimbabwe (Hwange NP) et la moitié nord du Botswana.
Le vol depuis Paris est à destination de Victoria Falls avec Ethiopians airlines et une escale à Addis Ababa. Location d'un 4x4 chez Bushlore à Kasane avec deux tentes sur le toit puisque nous sommes 4 pour ce périple. La compagnie Bushlore vient nous chercher à notre guesthouse pour aller récupérer notre 4x4 et surtout nous faire une présentation de la voiture et de son équipement. Faites vraiment attention à ce que l'on vous dit car cela peut s'avérer primordial en cas de problème comme ce sera notre cas pendant le voyage.
Notre Parcours
Nous sommes arrivés le 12 juin à midi à destination. A l'aéroport de Victoria Falls dès l'arrivée nous faisons l'acquisition de notre Visa à "Double Entrée" que j'avais au préalable réservé sur internet sur le site https://www.evisa.gov.zw/ .
Comme notre véhicule est positionné au Botswana, nous devons nous y rendre depuis Victoria Falls en franchissant pour la première fois la frontière entre le Zimbabwe et le Botswana.
Le lendemain matin, la compagnie Bushlore vient nous chercher à notre guesthouse pour aller récupérer notre 4x4. A la fin des formalités, nous prenons la route direction le Zimbabwe et la ville de Victoria Falls.
Le matin réveil matinal pour être aux chutes Victoria au lever du soleil. Superbe paysage mais comme nous sommes au début de la saison sèche, il y a beaucoup d'eau dans le Zambèze et donc un débit important aux chutes. Ceci ne permet pas d'en apprécier toute la beauté.
En début d'après-midi , nous partons pour Hwange NP dans lequel nous restons 4 jours. Deux jours à Gwango campsite près de Dete et ensuite deux jours à Robins Camp. Nous pensions voir plus d'animaux à Robins, en fait cela n'a pas été le cas. A Hwange, nous n'avons pas vu de prédateurs mais quand même une multitude de mammifères ( buffles, éléphants girafes, zèbres et antilopes).
Après cette incursion de quelques jours au Zimbabwe, nous retraversons la frontière à Pandamatenga pour retourner au Botswana. Une escale au Nata lodge pour une bonne nuit de repos car il est fatigant de conduire sur la piste.
Nous quittons Nata pour nous diriger vers Nxai Pan, la piste est sablonneuse mais c'est relativement facile. Nous faisons un petit crochet pour aller admirer quelques beaux spécimens de baobabs à "Baines Baobabs". Ensuite nous reprenons la piste pour nous rendre dans notre campsite le Nxai pan South camp. Il faut savoir que beaucoup de campsites au Botswana ne sont pas clôturés (sauf la partie douches toilettes) et que donc les animaux peuvent se promener librement au sein du camp. Quelques précautions sont donc à prévoir surtout à la nuit tombée.
Après cette halte dans le pan de Nxai, nous reprenons la route pour Maun. Nous avons décidé de faire une halte à Maun avant de rejoindre Moremi et le delta de l'Okavango pour trois raisons. La première était que nous devions faire le plein de vivres et d'essence pour les 5 prochains jours, la seconde parce que notre réfrigérateur est en panne (heureusement bushlore à une succursale à Maun) et la troisième que le trajet de Nxai à notre camp de Xakanaxa dans le delta aurait pris trop de temps. J'évite toujours de conduire à la nuit tombée.
Nous arrivons donc le 21 Juin en début d'après-midi dans notre camp de Xakanaxa. Ne voulant pas perdre de temps nous réservons une balade en bateau sur le delta de l'Okavango, départ à 16h00 pour une durée de 2 heures pour assister au coucher de soleil. Pour ceux que cela intéresse à droite de l'emplacement Xakanaxa X1 , il y a un panneau pour faire des balades en bateau. La personne qui les organise est très pro et pratique des prix sans commune mesure avec ceux des lodges.
Une belle balade dans le delta et un superbe coucher de soleil. Il est bien plus reposant d'être en bateau plutôt que sur la piste. Ce qui ne nous empêche pas de faire le matin et en fin d'après-midi le lendemain des self-drive avec notre véhicule.
Voici venu le moment de quitter la zone du delta pour nous diriger vers Savuti, une région bien plus sèche. Et c'est là que commence la partie la plus difficile de notre voyage. Tout d'abord, nous décidons de remonter par Khwai , la saison des pluies est terminée mais la zone est marécageuse. Cela nous oblige à traverser quelques petites zones d'eau que nous sondons pour vérifier que nous pouvons les franchir. Heureusement sur la route un panneau nous indique la route à suivre pour rester plus ou moins au sec. Nous arrivons à Khwai sans encombre et c'est ensuite que nous avons commis une erreur majeure. Au lieu de suivre la piste principale pour remonter vers Mababe Gate et rejoindre Savuti Camp, nous avons pris une piste rectiligne qui remonte plein nord et ensuite une piste sur la droite pour rejoindre notre camp. Erreur de jugement puisque nous nous sommes ensablés, une roue arrière enfoncée à mi-hauteur dans le sable et une autre à l'avant qui ne touche plus le sol. Au point de connaitre une véritable peur de ne pouvoir nous en sortir, le tout sur une piste déserte et à vingt kilomètres de notre point de chute quand la nuit va tomber dans deux heures. Là où ma recommandation d'être attentif aux instructions relatives au véhicule prend tout son sens puisqu'il a fallu utiliser le cric de levage afin de résoudre le problème. Bilan : nous arrivons au camp site de Savuti peu avant la nuit ( Distance : 146,3 km, Durée : 9 heures, 56 minutes et 3 secondes, Vitesse moyenne : 14,7 km/h , trace prise avec Osmand ). A la réception, la personne ne comprend pas par ou nous sommes passées, car en effet nous n'avons franchi aucune porte d'entrée de la réserve de Savuti.
Le lendemain matin personne n'a envie de conduire et nous faisons donc un game drive avec un guide. Je ne sais pas si c'est une forme de récompense mais la sortie est formidable. Nous avons le plaisir de voir trois lions et surtout une troupe de lycaons que nous avons le temps d'admirer et de photographier. Le lendemain, nous faisons un petit self drive et nous retrouvons un des lions de la veille qui se désaltère à un point d'eau. Fin de notre aventure à Savuti.
Nous partons maintenant vers Kasane. Nous restituons notre voiture et nous nous installons pour nos deux dernières nuits à Kasane. Le lendemain matin, comme nous n'avons plus de voiture, nous décidons donc de faire un dernier game drive matinal à Chobe NP qui se révèle là aussi plutôt réussi avec le suivi de deux lions qui sont frères et beaucoup d'autres mammifères. Le seul inconvénient de Chobe est qu'il y a beaucoup de touristes , cela nous change des autres parcs que nous avons faits. Ceci dit nous sommes nous-mêmes des vacanciers donc ... Le soir, nous faisons une ultime balade en bateau sur la rivière Chobe pour finir en beauté avec un très beau coucher de soleil.
Une bonne nuit de sommeil et pleins de merveilleux souvenirs, de paysages, d'animaux et d'émotions mais il est temps de repartir. Nous partons tôt le matin avec la même compagnie de taxi qu'à l'aller afin de franchir une dernière fois la frontière vers le Zimbabwe pour rejoindre l'aéroport d'où nous décollons pour rentrer en France.
Nous avons atterri à Victoria Falls au Zimbabwe et sommes allés directement au Botswana à Kasane pour récupérer notre voiture.
Notre véhicule est un 4X4 car en Zambie, il est pratiquement impossible d'utiliser autre chose surtout dans les parcs nationaux. J'ai déjà eu le plaisir de visiter le parc national de South Luangwa, c'est une des motivations pour ce voyage, la principale raison étant de voyager en Afrique avec un de mes fils.
Première étape Livingstone au bord du fleuve Zambèze, sur la route nous découvrons un restaurant très agréable chez Socrates avec un patron super sympathique (d'ailleurs à notre retour nous y ferons une autre escale). Nous faisons notre première nuit dans le tente de toit après un superbe coucher de soleil, accompagné du grognement des hippos dans le fleuve.
Le lendemain départ de bonne heure, direction Kafue NP. En fait les départ seront toujours de bonne heure, lever entre 5h00 et 5h30 du matin et départ une heure plus tard. Kafue est un parc méconnu, il est essentiellement boisé, les animaux sont craintifs car peu habitués à la présence humaine. Nous avons traversé le parc du sud vers le nord et avons croisé la route de diverses antilopes. Aux abords du lac Itezhi-Tezhi, on trouve des plaines et une faune plus facile à observer.
Après Kafue, direction South Luangwa. Ce trajet nécessite de faire des étapes à Mumbwa et Petauke. Deux étapes agréables où nous avons trouvé des lodges (cela change un peu de la tente sur le toit de la voiture) à des prix abordables et rencontré des personnes accueillantes.
South Luangwa est pour ma part le plus beau parc de Zambie, la rivière est magnifique, les paysages superbes et on y trouve une grande diversité animale y compris bien sûr les grands fauves. Un conseil pour ceux qui comme nous ne sont pas accompagnés d'un guide, si vous restez plusieurs jours aux abords du parc, n'hésitez pas à faire un "game drive" et ainsi repérer les endroits où se trouvent les animaux, afin d'y retourner le lendemain avec votre propre véhicule. Bien sûr en saison sèche, il faut privilégier les points d'eau pour voir les animaux et aussi avoir de la chance. La population d'éléphant est en croissance et nous avons eu la chance de voir au petit matin la traversée de la Luangwa par un soixante d'éléphants répartis sur plusieurs groupe. South Luangwa est le point le plus à l'ouest de notre voyage, nous repartons vers l'est afin de nous rendre dans le Lower Zambezi.
Le Lower Zambezi est la partie Zambienne de Mana Pools coté Zimbabwe. C'est sur le Zambèze que nous avons fait une balade en bateau pour voir les éléphants, hippos, crocodiles et une multitude d'oiseaux qui vivent au bord de l'eau et sur les diverses îles du fleuve. Le coucher de soleil est là aussi magnifique.
Pour notre découverte du parc, nous avons longé les cours d'eau en parallèle du Zambèze surtout sur la partie ouest (voir notre trajet). Le Lower est le dernier parc que nous visitons, la dernière étape de notre circuit sera les chutes Victoria.
Victoria Falls ou Mosi-Oa-Tunya (la fumée qui gronde), ces chutes sont véritablement impressionnantes même pendant la saison sèche. Nous avons vu les chutes à partir des deux pays, en Zambie pour la perspective globale et le pont qui sert de frontière, au Zimbabwe pour être au plus prés des chutes les plus spectaculaires.
C'est la fin de notre voyage, qui malgré l'explosion d'une roue sur la route aura été sans problèmes majeurs. La Zambie, un bien beau pays qui nous projette dans une nature sauvage et encore préservée.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
This travel journal aims to help future travelers (well, I hope so!), since there’s so little information available about this remote archipelago. Big thanks to Lolodesiles and Ayis for answering my questions while I planned this trip!
Context
This is our fourth trip to Indonesia as a couple—after Java-Bali in 2011, Flores-Komodo in 2013, and Sulawesi in 2016—each time for three weeks. It’s also our tenth trip to Southeast Asia overall.
We’re traveling like we have in previous years: with a rough itinerary that often changes based on who we meet, tips from other travelers, how tired we are, or what we’re feeling in the moment. In the Moluccas, it’ll change constantly, mostly depending on transportation.
Our only accommodation booking: the first few nights in Ambon when we arrive.
Planned route (to be refined on the spot): Ambon - Banda Islands - Lease Islands - Ternate - Tidore - Halmahera (between Sofifi and Tobelo) - Morotai and the neighboring unnamed archipelago.
Flights: Lyon-Paris-Singapore on Air France (428 € round-trip), with good meals, champagne, and wine (we like our little comforts when going on vacation 😏). Then Singapore-Jakarta-Ambon on Air Asia and Garuda.
Return flight: Ternate-Jakarta-Singapore on Lion Air, with a 3-day stopover in Singapore before heading home.
Episode 1: Ambon to Banda
Our guesthouse, booked two days before departure, is 45 minutes from Ambon Airport, near Natsepa Beach (northeast of Leihitu). It’s a pretty average beach—quiet on weekdays but packed on Sundays (we saw the difference). It’s lined with warungs.
This rainy day helps us readjust to the atmosphere of this country we love so much.
Our “Solim Guesthouse” is a lovely house with a living/dining room and garden, costing 15 € per night for two, including a hearty breakfast.
Dinner is at Gaba Gaba, a great restaurant just a short walk away, right by the water, recommended by our host. Fun fact: it’s in the Lonely Planet, and it might be the only LP-listed spot in the Moluccas that actually matches the description (the others either don’t exist or have nothing to do with what’s advertised 😠).
For the next two days, the super-friendly owner lends us his scooter. We set off to explore the coastal villages in northern Leihitu (the western part of Ambon Island, which has a weird shape).
Laundry and trucks washed in the same stream.
Liang Beach, described as the island’s most beautiful, is almost gone (climate change or something else?), but the colors are magical.
We continue 25 km toward a snorkeling spot our host recommended, taking a gorgeous, deserted little road through tiny villages in clove plantations (oh, those unforgettable scents!), stunning coves, and dense forest.
We’re greeted dozens of times with “Hello Mister”—a daily routine in the Moluccas. Every time we stop, we pose for photos to be saved on locals’ smartphones. They don’t see tourists often.
We ask for directions to the snorkeling spot (not easy—we only know basic Indonesian like *Selamat pagi*, *siang*, *sore*, and other polite phrases). Not many people know where it is (especially since we never know which village we’re in), but we eventually reach a small village that seems to be the right place. 🙂
We ask a local to take us there by boat (it’s not reachable by land).
The spot is at most 100 meters long, but the coral is in good condition (apparently not dynamited by fishermen, unlike in other parts of this beautiful country where fishing methods are destructive and nature pays the price 😠). The fish are plentiful and diverse. It’s a great start before heading to Banda. We’re happy to have the place to ourselves… though we don’t yet realize we won’t see a single tourist for the rest of the trip!
After two days of rest, we head to Tulehu Port in the morning, aiming for the Banda Islands. We know the journey is often tricky: the Pelni ferry runs twice a month but doesn’t match our dates, the 10-seat Suzi Air plane is always full (you can’t book—you have to show up on Mondays and Fridays), and it’s often canceled due to weather. So we opt for the Tuesday speedboat (which also gets canceled if there are waves or wind), with the next one on Saturday.
We’re used to Indonesian ports—crowded, rusty boats, no English speakers—but we still feel lost. When I ask about the speedboat to Bandaneira, people gesture wildly, someone takes me to the “harbor office,” then tells me there’s no boat, others try to sell me tickets, and some just say, “No boat.”
Luckily, an English-speaking local approaches us and confirms the speedboat is broken. The next one will be Saturday *if* it’s fixed—otherwise, even later. 🤪 😠
We’re crushed. We came here for the Banda Islands… 🙁
We decide waiting five days for a maybe-boat isn’t an option, so we decide to head straight to North Moluccas, which was planned for later. We’re so disappointed we don’t even want to stay in the area. The Lease Islands don’t appeal to us despite what we’ve read, and Seram would deserve its own trip with its remote mountain tribes.
Huge disappointment—we’d been dreaming of Banda for months, with its incredible drop-offs like Bunaken, its islands covered in nutmeg trees, etc. I’d read that Banda is in the world’s top 5, alongside Bunaken (amazing—we went in 2016), Komodo (incredible—we went in 2013), Sipadan, and another spot I’ve forgotten.
We take a taxi back to Ambon (45 minutes) to a travel agency to buy plane tickets to Ternate. There’s a daily ATR72 flight at noon—perfect timing.
Ambon is the capital of South Moluccas (or Central, depending on who you ask!) with 300,000 people. The city doesn’t seem unpleasant, but we don’t stop.
On the plane, there are only about ten passengers for 72 seats. The flight attendants are stunning, as always with Wings Air—clearly, they’re hired for their looks. 😊
Stopover in Bacan—a runway in the middle of coconut trees serving a tiny town—then we fly over countless volcanoes, the last one towering over Ternate.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
Bonjour,
De retour sur le forum - et première rédaction d'un espèce de carnet de retour de notre 4ème voyage en Indo.
Contexte : une trentaine de jours, en scooter et en duo, sur Florès (et une petite incursion dans l'archipel de Solor, plus précisément à Lembata (chut, faut pas trop en parler !!!), qui donne envie d'en faire beaucoup plus là bas malgré les infrastructures sporadiques), en partie dans des destinations déjà bien connues du forum (la classique Ruteng / Bajawa / Riung / Moni voir baie de Maumere) ... et qui ne parlera pas du PN de Komodo ou de Wae Rebo, puisque nous n'y sommes pas allés 🏴☠️.
Texte en anglais (issu d'une autre plateforme). Sans nul doute, des traducteurs intelligents ou pas marcheront à merveille en cas d'anglophobie 🤪.
Disponible à toute fin utile pour des détails ou infos.
Equippement : Yam' Nmax 155 ; 2x saccoches cavalières (25L) + sac de selle (30L) + saccoche tunnel (15L pour le matos photo) ; casques et vêtements d'enduro amenés depuis la France.
Itinéraire : boucle depuis Labuan bajo jusqu'à Pulau Lembata ; juillet-août 2026
Road conditions graded from A (excellent) to D (very bad, at least for a Scooter… a CRF/KLX or even honda ADV would do better on that)
D1 : Labuan Bajo – Reok via Ranggoe, Rego & Tagol (130km ; 5hrs). Section LBajo – Rego (90 km ; B) is quite good tarmac, despite a lot of elevation with many small valleys and passes. Rego – Tagol (10km ; D) is a stone road (not gravel), some ascents & very poor condition ; necessary to lower tyre pressure. Tagol – Reok port (22km, quality depends considerably from D to B). Reok port – Towncenter : B. Night @Iffah Homestay (100k for fan room, mandi attached, no breakfast), simple but clean. Notes : path to danau Sano Limbung was closed ; access to Tiwu Pai & Wae Kuli (waterfalls) not permitted in july 2026.
D2 : Reok – Riung via Pota (105km ; 3h-3h30). The road is very narrow in some part, thanks to the uncut bushes (lowering visibility hence extra caution as animals/people can suddenly appear in a turn…) but generally good condition except many eroded sections and some unpaved ones. Grade C/B. 2 nights @Mentos (285k for AC room)
D3 : Boat tour in Riung (booked directly with a captain, 800k for two for private boat incl. lunch and NP fees) + sunset from Watu Mitong Riung (should not be missed).
D4 : Riung – Muku Saki via Mbay (around 100km ; 3h30). Quality varies from A in the vicinity of Mbay to eroded sections (C) in secluded places. Night @Sao Paolo Homestay (250k for fan room with mandi, maybe overpriced but nice house and great food). Note : if you happen to pass by Mbay on Saturday, the market is well worth a stop (cheapest Ikat on the trip : you’ll be asked normal prices providing you’re OK in Bahasa…)
D5 : Muku Saki – Tanjung Kajuwulu (near Ndete) (90km, 3h). Many patholes, eroded (C). Night at Déjà Vu Homestay (220k for a matress on the floor & outside mandi/toilets ; I woud define this as a tourist trap – the quote we had for food was double priced too…)
D6 : Tanjung Kajuwulu – Waiterang (east of Maumere, 55km , 1h30). Pathholes till maumere, then All good (TransFlores), C/A. Night at Sunset Cottage (new concrete room, very serene place ; 270k for AC with bathroom ; much prefered Sunset over Lena House (more customers, more built up).
D7 : Waiterang – Larantuka via Boru and Eputobi (TransFlores ; grade A ; 115km / 2h40). Particularly liked the drink stalls (marked as Rest Area Eputobi) and the out of order aquatic park just before Larantuka (obyej wisata waiplatin). Night @ Dewy Onong Homestay, which is not advertising itself as Larantuka Beach Homestay as some contributor signals here and on goole maps review. Best breakfast of the trip (Cumi Cumi !!!) ; 275k for AC room with bathroom.
D8 : Local Boat (Kapal Kayu) from the main port to Lembata (Lewoleba). Departure 8am ; price 60k/head + 50k for the bike. Stop enroute on Adonara (where we did not stop due to fights between communities). Night @Elmany Homestay (275k for AC room with bathroom, fan room with shared bathroom also available). Whole afternoon at Pantai Hadakewa, fantastic place (good snorkeling, great views of Ile Api aka Gn Lewotolo). Road condition : A (did not expect the TransLembata to be that good…).
D9 : Loop around Ile Api (50km, 2hrs), anticlockwise. Stops enroute at Situs Tulang Paus (whale squeletton), pantai Jotona, pantai Wena (we expected to snorkel from there, but wind was very strong that day), situs Watu Nale, Selat Sonia. The western coast is far less interesting. Road conditions : bad (C) on the eastern side (up to Riangbeda), good (B/A) afterwards. Night @Elmany Homestay.
D10 : Lewoleba – Lamalera via the western and south coast (70km, 2h30). Good road (B) for roughly the first 55km (up to Tapobali), then eroded track for the last 15km (in some parts steep and dangerous) up to Lamalera (D/C). Notes : 1/ Kuma resort denied us the entry for some drink ; 2/Pantai Waijarang « complex » is abandonned but closed with fences ; you can still sneak in ; 3/ some reports advise to skip Bukit Cinta (foreigner entry fee) for Bukit Doa Watomiten (stations of the cross) ; well Bukit Cinta has also been abandonned (well spent money…sic) but remains opened with structures falling (quickly) appart. Night @Lamalera Inn (200k per head including meals ; very basic fan room + attached mandi). Planned 2 nights, spent only one, as it’s the only tenant I had difficulties with (only interested in money, initially stated crazy prices, starts loud music at 6am … and drinking moke at 8am…)
D11 : Trip to Wulandoni for the Barter Market (Saturday only). Bad road (C) along the coast. Had to report at the Kantor upon arrival, which quite surprisingly asked 100k per person (foreigner) to go inside the (outside) market. Other « local » tourists (a group from Jakarta) were not asked to pay. Well, since a market is a public space and not a zoo, we refused payment and enjoyed the activity from the kopi stall next to it. Returned then to Lamalera for the catches of the day, then to Lewoleba via the mountain road (45km, 2 hours). First 10km to Puor is in very bad condition and uphill (D/C). The remaining is on a newly constructed road (A). Note : Air Panas Sabutobo is abandonned and falling apart (again…) but there are still some water pipes along the river that you can enjoy (depending how lucky you are, just with the forest sounds as companion). Night @Elmany Homestay
D12 : Chill day alond the northern coast (Batu Payung, Pantai Hadakewa with lot of snorkeling, drove till Wailolong and backtracked to Pantai Lewolein for more snorkeling (nice canyons there !) and another fantastic sunset over Ile Api (see GMaps pictures)). Night @Elmany Homestay
D13 : Monday weekly market at Pada, southwest of Lewoleba. Renowned but honnestly dont plan any itinerary specifically for it, just an ordinary Kampung weekly market. Returned to Larantuka and Flores with the 12pm local boat (the same boat that leaves from Larantuka at 8am). Same prices as the first leg. Night @ Dewy Onong Homestay
D14 : Larantuka – Waiterang along the northern coast (100km, 3h) via Pantai Kawaliwu, Tewuk Lewokluok (trail is easy to find, very nice snorkelling in a lagoon), Pantai Lato (to my opinion the most beautiful beach on Flores and you’ll be the only visitor, as opposed to Pantai Koka) and Pantai Hia, until rejoining the TransFlores near Nebe. Grade C on the costal eroded road / track. 3 nights @Lena Guesthouse (booked ahead as it fills up quickly, but we prefered its neighbour Sunset Beach Guesthouse)
D15 : Snorkeling trip organised by Lena Guesthouse (200k per head excluding NP fees and lunch)). The drop-off near Pulau Babi is a very nice spot.
D16 : scooter day trip around the Egon Range (too lazy to hike it…), through nice Sikka villages (route : Watublapi, Umauta, Bola, pantai Doreng, Nakatoli, foot of Gn Egon, Air panas Blidit). The track from Natakoli to the foot of Gn Egon is very steep, damaged and wet (with moss) ; I would recommend not to attempt that in case of bad weather.
D17 : Waiterang – Moni (130km, 3h30, transflores grade A/B) via Pantai Koka (refused to pay the mafia entry fee…) and Jopu (some rumah Adat Lio). Stopped at Museum Bikon Blewut, south of Maumere. Very nice artefacts (especially wooden statues from Papuan, great ikat collection) although very disorganized and sadly non-visited (hence masterpieces fall into oblivion). 2 Nights @Liahz Lodge (150k for fan room, basic bathroom… but right next to Air Panas Liasembe (free, no closing time) !!!).
D18 : Sunrise from Kelimutu with a nice weather (stayed until 8.30am). I don’t know if the sunrise is really worth it (lot of people ascending and watching the sunrise – a lot but nothing compared to e.g. Gn Bromo), nearly everyone going down around 7am, then there is virtually nobody. Trip (20km one way, good road B) to Kampung Adat Nggela (Lio). Although the village is habited and mostly out of the beaten path, I have mixed fillings due to the fact that most ladies (some are pushy) try to sell you (bad) pieces of ikat.
D19 : Moni – Ende via Detusoko paddy fields, Kampung Adat Saga (Lio) and Puncak Ndona ; 75km 2h30. We really liked Saga (nice setting on the mountain, friendly villagers, no selling, mix between traditional and more modern houses in that lively village). Sunset from Bukit Raja, on the peninsula with a 360 view on Gn Iya, Gn Meja Kota Ende and the mountains behind. Note : at the end of the road (search for Gunung Meja Tourist Info Center), there is a (sand) track leading to the path. 1/ only intend the track if you have off road driving experience ; 2/ dont trust the walking time stated by Maps.me. Took us 45mins on a steady pace to reach the summit. Night @Hoja Homestay, 300k for a comfortable AC room with bathroom.
D20 : Ende – Bajawa, via Air Panas Mengeruda ; grade A, 120km, 3 hours. Note : don’t plan to short in Mengeruda (Soa), very easy to spend a half day there, especially if playing with local kids. Stay @Cinnamon GH, 250k for double with fan and hot shower (cheaper options with shared hot shower availlable).
D21 : First day in Bajawa : Watu Nari Wowo (Avatar Hill, sic…), Kampung Adat Ngada Tololela & Gurusina (very very friendly people, complementary views of Gn Inerie & Wolo Deru). Sunset from Puncak Manulalu (well… Heaven’s door Bar & Restaurant)
D22 : Second day in Bajawa : Kampung Adat Ngio (hardly visited, best view on Gn Inerie), Air Panas Malanage, Kampung Adat Bena (the most visited Ngada village (after Bela ?) in the area, we went there at the end of the afternoon to avoid tours, early morning would be fine too), and Gunung Wolobobo for a terrific sunset
D23 : returned to Gunung Wolobobo for sunrise with Gn Ebulobo in the distance (search for a track on the eastern slope, near the communication antenna). You can circuit the rim to the usual viewpoint (westside, sunset spot), the path is easy to find. Then took again the road to Aimere, visiting Kampung Adat Belaraghi enroute (the setting is maybe less rewarding than all the previous villages). 56km ; 1h30. The road to Belaraghi is fine, except the final part.
D24 : Aimere – Ruteng (105km, 3h30). Nice detour by the paddy fields of Wodo (southwest of Golo Loni) of Sunset from Golo Curu (nice encounters with locals). Night @Tange GH, 130k for room with outside (private) bathroom, no breakfast.
D25 : Surroundings of Ruteng (paddy fields north and east of ruteng ; Maps.me has funny tracks starting from Kenda), and the rather pleasant city itself (pasar, churches, lapangan). We finally skipped Liang Bua.
D26 : Ruteng - Labuan Bajo (130km, 3h30). No visits of the waterfalls close to the TransFlores (entry fee (with bule prices) + mandatory guide etc…). Sunset from Bukit Hercadi with very few locals (Bukit Sylvia & Bukit Amelia, just south, were packed). 2 nights @Wellamas Homestay, away from the harbour and its advantages/disadvantages. 230k for comfortable AC room with hot shower.
D27 : New road to Golo Mori Convention Center (another big money well spent…), with nice views on the strait separating Flores from Pulau Rinca. Some empty beaches (e.g. Pantai Pasir Pajang ; we were there on a weekday perhaps frequented by people from LBajo only). 30km (40 mins) one way, perhaps the fastest road of Flores…
D28 : Morning on the peninsula north of Labuan Bajo before taking a flight to Jakarta in the afternoon. On Google maps, the asphalt road only goes to Teras Langit ; it now (august 2026) continues to Puncak Basok and is still in progress towards the eastern part of the peninsula. On the way back, two other nice Bukit where you can enjoy nice views on the bay (and the resorts…) : Bukit Lontar & Bukit Beta. Note : we only found one public (and nice and quiet) beach in the area ; tagged as Sunset Point Beach on Gmaps. All the rest was closed by fences ; they are privately owned (although the Indonesian consitution grants the coastline as public space).
We're a family of five: one dad, one mom, and three kids aged 10, 15, and 18.
Before diving into each stop in more detail, here are a few general thoughts:
We wanted to sample a bit of everything Japan has to offer in terms of landscapes, accommodation, and transport. We were after walks, temples, restaurants, shopping, and some downtime—but no "all-inclusive experiences" or museums for this first visit.
Three medium-sized (60x42x25) canvas suitcases, plus a duffel bag and a few small backpacks. 23 kg in the hold on the way out, 60 kg on the way back. 36 kg of shopping, without even trying. I think this is the maximum suitcase size if you don’t want to stress on the Shinkansen: they fit easily in the overhead racks.
Round-trip with Cathay Pacific, layover in Hong Kong: no need to collect luggage in Hong Kong—we checked it in at departure and picked it up in Tokyo, and the same on the way back (checked in Osaka, picked up at our final destination). This let us explore Hong Kong without worrying about our bags. Food and entertainment were pretty good—meals included a little Häagen-Dazs on each flight, and the entertainment had way more Asian cinema than you’d find on a Western airline, which was a nice way to see how much weight Western culture carries in Asia.
The original plan was to fly directly from Ishigaki to Hong Kong, but due to Typhoon Dolphin, we had to cancel the Ishigaki leg. Cathay didn’t bat an eye about swapping the Ishigaki-HK flight for an Osaka-HK one, even though it was twice as long.
We were a bit too attached to the idea of ending the trip with some beach time and replaced Ishigaki with Shirahama. It was a mistake—we should’ve visited Hiroshima or spent a little more time in Tokyo instead.
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected.
Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel.
I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability.
So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog:
From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
From Southern Shikoku, between land and sea, to the blue waters of Miyakojima and finally Tokyo’s megacity
Hi everyone,
I have to admit, I really hesitated before deciding to write this travel journal... Writing one takes a lot of time and energy, and since this is my 4th trip, I wondered if it would even interest anyone other than myself (both for the discovery and the writing). But after a few people asked, "Are you going to write a journal?" and especially after rediscovering the joy of reading other travelers’ journals about Japan or elsewhere on this forum, I’ve decided to share my 4th installment in the Land of the Rising Sun here.
The itinerary:
27 full days, from late May to late June 2025, right in the middle of the rainy season, including:
-->13 days in Shikoku, from Kochi (Kochi Prefecture) to Matsuyama (Ehime Prefecture)
-->7 days in Miyakojima (Okinawa Prefecture)
-->7 days in Tokyo
The trip was decided on fairly last-minute again this year.
Since I regularly check flight prices to track fluctuations for this destination even without concrete plans, stumbling upon a slightly cheaper direct flight (900 €) than what I’d seen in previous months (around 1,200–1,400 € on average) for a Paris-Tokyo route with Japanese airline ANA was too tempting to resist the urge to return to this enchanting country. After much hesitation between exploring the San’in region (Matsue, Tottori, Yamaguchi) and Southern Shikoku, the decision was made—I took the plunge! The ticket is booked: Paris to Kochi with a layover in Tokyo, all with ANA, the airline I’d been dreaming of... for 1,120 € per person. Okay, it’s not cheap, but it’s better than in 2023.
Departure in 2 weeks! Now I just have to get everything ready!
Intense prep work over these next 2 weeks to:
finalize a more precise itinerary and reach an agreement—yep, because even though we both love Japan, our preferences differ slightly, and we have to choose between exploring new places or revisiting beloved spots...
decide how much time to spend in each area without rushing while still exploring
research places that might interest us and watch videos about Japan
book accommodations: yes, it’s possible to do this on the spot, but last year, we realized that last-minute options were pretty expensive, so we’re booking ahead—though we’ll keep a few options open in case better deals pop up later
reserve rental cars
order yen
check the weather regularly and wonder if choosing the *tsuyu* (rainy season) was really a good idea—are we going to be drenched the whole time???
"What hard work," you might say! Going to Japan for a month—what a tough life!
Despite this being my 4th trip, the excitement is just as intense as the first time.
The only small downside is that when we booked the flight, there weren’t many seats left, so we’re only sitting together on the international return flight. Plus, on the way there, we have middle seats.
Another lingering question: what French-language films will be available? According to the internet, the selection seems limited.
Oh well, these are just minor details—it’s already time to fly!
PS: I’ll be posting slowly and irregularly... so for those interested, be patient, and maybe set an alert...
Hello and welcome aboard this new travel journal!
We’re heading off to Ireland together—a country I’ve wanted to explore for a very long time.
The moment has finally arrived.
We’ll be traveling as a family—my wife, my husband, and our 7-year-old daughter.
Here’s our itinerary:
24/07: Flight from Marseille to Dublin, overnight in Dublin
25/07: Dublin, overnight in Dublin
26/07: Dublin, overnight in Dublin
27/07: Pick up rental car, drive to Dingle, overnight near Tralee on the peninsula
28/07: Visit the Ring of Kerry
29/07: Adare, Bunratty Castle, Galway, overnight in Outheragh, near Galway
30/07: Cliffs of Moher, overnight in Outheragh
31/07: Connemara, overnight in Outheragh
01/08: Drive to Sligo via Westport and Downpatrick Head, overnight in Sligo
02/08: Slieve League, Silver Strand Beach, Glencolmcille, overnight in Sligo
03/08: Drive to Derry via Glenveagh National Park, overnight in Derry
04/08: Giant’s Causeway, Dunluce Castle, Portrush, Derry, overnight in Derry
05/08: Drive to Belfast, visit Belfast, overnight in Lisburn (Belfast suburbs)
06/08: Game of Thrones filming locations: Dark Hedges, Carrick-a-Rede, Ballintoy, etc., overnight in Lisburn
07/08: Drive to the Wicklow Mountains, visit Wicklow Mountains National Park, overnight in Blessington
08/08: Drive back to Dublin and return to Marseille.
Cost breakdown:
Flights:
Outbound flights with KLM via Amsterdam for 3: 175 € + 40,000 Flying Blue miles (so essentially a free ticket)
Return flight with Aer Lingus for 3: 489 €
Rental car:
10 days booked with Enterprise via Carigami: 443 € including zero-excess insurance.
Accommodation:
Dublin: 3 nights at Maldron Hotel New Cross: 394 €
Tralee: 2 nights in a caravan (Ocean Trail Oasis): 292 €
Outheragh: 3 nights Airbnb, family room with private bathroom: 430 €
Sligo: 2 nights at Clayton Hotel: 456 €
Derry: 2 nights at Belfray Inn: 255 €
Lisburn: 2 nights at Temple Golf Club: 232 €
Blessington: 1 night at Baltyboys Lodges B&B: 158 €
That brings our total to 3,325 € for three.
On the ground, visits, fuel, and food cost around 2,500 €.
So this was quite an expensive trip.
A few price examples:
1 liter of unleaded fuel: 1.89 €
3-day pass in Dublin: 18 €
1 scoop of ice cream: 5 to 6.5 €
Castle visit: 15 € per person
A coffee: 3-4 €
A glass of wine at a restaurant: 8-10 €
A half-pint of Guinness: 7-12 €
Now, here’s the day-by-day account of our adventure in Ireland:
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rental options kept making me postpone the project.
And then, everything suddenly fell into place—I told myself, it’s time!
The preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not the south?
Yes, in the end.
Pre-book or go with the flow?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela about this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(Steak for my partner’s mischievous nephews...)
You’ll find here a post with some practical information.
And here, the version of the travel journal without comments.
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As a supplement, the route track.
Not necessarily ultra-accurate since Google has serious gaps for this destination...
Hello everyone, I’m happy to welcome you to this new travel journal.
We’re heading to Costa Rica together—a Central American destination that dreams are made of for many French travelers and attracts crowds from France.
It was the country’s wild nature and safety that convinced us to go, since we’re traveling with our 7-year-old little one.
We didn’t have much vacation time in February 2026 (only 12 days), so we optimized as much as possible.
Here’s the itinerary:
Wednesday, February 11: Flight from Marseille to San Jose via Paris and Atlanta
Thursday, February 12: Pick up the car, drive to Poas Volcano, visit La Paz Waterfall Gardens
Friday, February 13: Poas Volcano and drive to Manuel Antonio
Saturday, February 14: Manuel Antonio National Park
Sunday, February 15: Nauyaca Waterfall and Playa Linda
Monday, February 16: Drive to Monte Verde and Santa Elena Reserve
Tuesday, February 17: El Tigre Waterfall Reserve and Treetopia Park
Wednesday, February 18: Monte Verde Reserve with a guide and drive to La Fortuna
Thursday, February 19: Sloth guided tour, Observatory Lodge Park
Friday, February 20: Arenal Volcano National Park, Termalistas del Arenal hot springs, and night tour
Saturday, February 21: Return to San Jose, flight to Paris via Atlanta
Sunday, February 22: Arrival in Paris and flight to Marseille.
That gives us a solid 9 days in the country.
Budget breakdown:
Costa Rica is an expensive country, but no more so than France. However, almost all hikes and waterfalls are paid entry, which can really add up.
For meals, sodas (6–10 €) are cheaper than restaurants (10–20 € per dish).
Flights:
We chose Delta Airlines for the price: Marseille to San Jose was 740 € per person (modifiable, with checked baggage and seat selection included).
Other direct flights from Europe were priced between 1200 € and 1600 € with more restrictive conditions.
That’s 2220 € for the family.
Accommodations:
Alajuela, first night: 139 € (1 night) at Rodeo Estancia Boutique Hotel, with personalized airport pickup, transfer to the hotel, and a briefing from Vert Costa Rica agency the next day.
Poas: 66 € (1 night) at Cabañas Tierra Fértil (entire apartment).
Manuel Antonio: 394 € (3 nights) at La Palapa Ecolodge (hotel in the jungle).
Monte Verde: Chalet Aloha Monteverde Cloud Forest (2 bedrooms): 125 € (2 nights).
La Fortuna: Arenal Dream Garden (1 bedroom): 217 € (3 nights).
Total: 941 €.
Car rental:
I went through Vert Costa Rica agency (Vincent is a French expat who set up the agency in Costa Rica and makes great YouTube videos with useful tips).
I rented a 4x4 that was delivered to the hotel the day after arrival and returned at the airport before the flight. The total was 772 €, including full insurance (zero deductible), a child seat, and a phone with a Costa Rican SIM and WhatsApp. The rental company was Poas Rent a Car. The vehicle was well-maintained—no complaints.
Gas: 100 € for the whole trip (3 fill-ups).
Activities:
To get discounts, I bought the pass offered by Vincent, which paid for itself after just one activity. It cost me 30 € (promo since I rented the car through him).
Prices are for 3 people. I’ve added stars to rate them:
La Paz Waterfall Gardens ****: 112 €
Poas Volcano National Park *: 33 €
Manuel Antonio National Park ****: 35 €
Nauyaca Waterfall ***: 25 €
Santa Elena Reserve **: 45 €
El Tigre Waterfall Reserve ****: 141 € (with meal)
Treetopia (ziplining, suspension bridges) **: 250 €
Guided tour of Monte Verde Reserve ***: 113 €
Sloth guided tour (with breakfast) ***: 115 €
Arenal Observatory Lodge (with meal) ****: 102 €
Arenal Volcano National Park *: 34 €
Termalistas del Arenal ****: 20 €
Night tour ***: 116 €
Total: 1171 €.
Meals: 600 €
My favorite restaurants:
Poas: Food court Mercaditas in Fraijanes
Manuel Antonio (near La Palapa): La Langosta and also El Patio
Near Nauyaca Waterfall: Ricar2 el Avión
Between Manuel Antonio and Monte Verde: Soda D’Calle
Santa Elena: HG’s Food
Guadalupe (between Monte Verde and La Fortuna): Soda Río Piedras
Arenal Observatory Lodge restaurant
Arenal Oasis Ecolodge restaurant
Other expenses: 300 € (groceries for breakfast, drinks, ice cream, souvenirs, etc.)
Total overall: 6065 € (about 2020 € per person).
Now, here’s the day-by-day account of this beautiful trip.
In early March, full of carefree joy and happy to return to Morocco, we landed in Marrakech under the sun.
We spent just one night in Marrakech at the Hôtel Toulousain, as we did on our previous trip. And we booked our 3 nights for the end of our trip, the second half of March... Ouch! Ouch! Ouch! But we’re not there yet...
Our first goal is to reach Magdaz, a mountain village in the Tessaout Valley, sometimes called the lost valley.
We discovered the village of Magdaz on this forum, and we were charmed by the photos and comments from travelers who came before us.
The road is easy—it’s dry, and the tarmac takes us right to the village gates at over 2,000 meters above sea level.
We arrive in the afternoon and are left speechless by the beauty of the place. A jewel of Berber architecture! Perfectly restored granaries and kasbahs!
A young man from the village guides us on the visit and opens the doors to the terraces overlooking the village.
Several magnificent collective granaries have been beautifully restored. The warm colors of the stone capture the light wonderfully. It’s stunning!
We won’t find anything decent to stay overnight there, so we head back down a bit and settle in at the Assounfou guesthouse. Lovely welcome. The place is in excellent condition and very clean. It’s spacious, but we’re the only ones there.
First day full of promise!
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
Hi everyone,
We (two adults, 74 and 70 years old) had already shared a travel journal about our first trip to the Philippines in February/March 2019 on this forum (https://voyageforum.com/v.f?post=9377175;search_string=carnet%20philippines). We had visited Manila, the Banaue rice terraces, Sagada, the Visayas (Bohol, Siquijor, Dumaguette), and on our way back to Luzon, the Taal volcano before returning to France. Delighted by this trip, organized by the French-speaking agency Alizé, we decided to further explore this beautiful country, this time focusing on Coron and Palawan.
Before writing this journal, I should mention that these are personal comments and don’t reflect any differing opinions. Without any literary or photographic talent, I’ll stick to the facts and share a few details about the visits, hotels, and restaurants.
Preparations
We decided to return in mid-January 2025 and consulted three French-speaking tour operators to create a trip based on our wishes (places to visit, type of accommodation) and budget. Comparing three operators helped us weigh their advice and make our choices. Only our first operator respected the budget, a second came close, and the third proposed a slightly more upscale trip. In the end, we chose the agency from our first trip. Our discussions helped refine our itinerary, and when we reviewed it point by point, the document provided was perfect, full of great tips. The most debated point was a 3-day, 2-night cruise between Coron and Palawan. We were tempted but worried about being the only "older" travelers among younger people and feared two uncomfortable nights. Reassured by our tour operator, we finally opted for this "exploration." We’ll come back to that later.
Once the choice was made and dates set, we booked our international flights with Cathay Pacific for 750 € per person, which offers the best schedules (short layovers) at an acceptable price for flights arriving in Cebu. Our trip started on February 25 and returned to Paris on March 15.
International flights
The round-trip flights went smoothly. Cathay does the job well, without frills. The service quality seems to have slightly declined compared to our previous trips with them. Hong Kong Airport is huge but very practical.
Note that not all airlines serve Cebu.
Recommendation: Fill out your Philippine entry form within 72 hours before your flight. This can prevent issues with the airline (possible boarding refusal) and saves a lot of time upon arrival (see the Philippine embassy website).
Domestic flights
For our two domestic flights—Cebu to Coron and Puerto Princesa to Cebu—our tour operator chose Philippine Airlines and their propeller planes. No problems there.
Day 1:
We landed around 12 PM (local time) after 17 hours of travel. A driver was waiting for us at the airport exit and took us to our hotel, intentionally chosen near the airport (Mandaue, about 10 minutes away) to help us recover and get a good night’s sleep before our early morning domestic flight the next day. The Mayoo Hotel, reasonably priced, was perfect for this. Large, beautiful room in a new building—clean, comfortable, with a spa. We could relax by the pool on the 16th floor and enjoy the city view. The breakfast was exceptional, and the staff was smiling, attentive, and helpful. An ATM in the lobby allowed for withdrawals. However, the hotel is in a neighborhood with nothing to see or do. We dined at the Korean restaurant K-GOGI across from the hotel—a real attraction and a great discovery.
Day 2:
After a restful night, we were driven to the airport around 6:30 AM for an 8:10 AM flight from Cebu to Busuanga (Coron).
The flight was uneventful. Upon arrival, we paid 200 pesos per person for the Coron tourist fee before a 40-minute transfer to our hotel: Natura Resort, located outside the city in a secluded spot. The setting is stunning—a beautifully maintained tropical garden, a pleasant pool, and the option to book massages. The cottages are tropical-style with thatched roofs, simple and unpretentious.
The owner, who speaks French, told us that given the heat and our ages, climbing the 721 steps to the top of Mount Tapyas wasn’t necessary. She gave us a few rooftop recommendations to watch the sunset over Coron Bay. After a good swim in the pool and a meal at the resort’s pleasant restaurant, we hired a tricycle to go into town. We were told it costs 150 pesos one way, and depending on the return time, it could exceed 250 pesos. But our driver gave us his WhatsApp number and charged the same price regardless of the time. He just earned two days’ worth of customers.
He dropped us off at the port where bangkas (local boats) gather for day trips. It was the end of the day, so there was a rush. A few shops around the port sold waterproof bags for marine excursions at reasonable prices (compared to back home), after some bargaining. We wandered the town’s alleys looking for the Top Hotel, whose rooftop is famous. Indeed, it’s perfectly located to admire the sunset and enjoy a refreshing drink.
We dined nearby at a small Chinese restaurant, then just had to call our driver to head back.
The night wasn’t entirely restful—our hotel had a soundtrack of all the countryside animals, and it seemed they had no set bedtime! :
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
This travel journal summarizes a trip I took in March to Argentine and Chilean Patagonia. It starts in El Calafate and ends in Ushuaia. During my planning, I considered looking into the Australis cruise from Punta Arenas to Ushuaia, as well as the W trek in Torres del Paine National Park. In both cases, I was put off by the prices. Instead of the cruise, I found two interesting wildlife excursions from Punta Arenas: whale watching in the Strait of Magellan and observing king penguins in Tierra del Fuego. The journey to Ushuaia was by bus. For Torres del Paine, things were a bit confusing, so I reached out to two agencies. In the end, I went with a rental car option, overnight stays on-site, and day hikes. I shared my full itinerary with the agency and ended up being taken care of by a local Argentine agency and a Chilean one.
So, here we go...
Hi everyone,
Way back when, before the internet and all that, there were Larousse encyclopedias, and in the proper names section, I came across a photo of Samarkand. Just the name made me dream. I kept it in the back of my mind for later, and last winter, I revisited the idea. Within a few weeks, I managed to plan our 16-day getaway. Oh, I didn’t do it all by myself—I used a travel agency to handle the flights, accommodations, transportation, and local guide. It was a custom trip for three people, tailored to what we wanted to do, what we wanted to see, within the time we’d chosen, at our own pace.
The main goal of the trip was to visit the three iconic cities of architectural art in Uzbekistan (just for the sheer beauty of it) and, very secondarily, to take a break with a short hike.
We left in early May, flying from Toulouse to Istanbul, then to Tashkent:
- One day in Tashkent, 2 nights,
- By car (6 hours) to the Fergana region: Margilan (silk and pottery), 2 nights, with a guide,
- Back to Tashkent, then a flight to Khiva, 2 nights, 1 day with a guide, 1 day on our own,
- Train to Bukhara (6 hours, sleeper cars), 3 nights, 1 day with a guide, 1 day on our own,
- Train to Samarkand, 2 nights, 1 day with a guide,
- By car to Tersak, 1 night with a local family, short hike, same guide,
- By car to Shakhrisabz (Tamerlane’s hometown), then back to Samarkand,
- Samarkand, 2 more nights,
- Train back to Tashkent, final night, and return home.
What I took away from this Silk Road trip:
- A completely safe country in May—don’t go later because of the heat,
- The warm welcome and easy connection with Uzbeks, a multicultural people,
- A constant puzzle with currency exchange (how much is that in euros? ) 1 € = 14,000 sums,
- Logistics handled by a local agency—top-notch,
- Delicious meals at a very reasonable price,
- Total awe in Khiva and Samarkand (palaces, mausoleums, mosques, madrasas),
- The length of the trip, which let us wander and take our time.
A few photos, but not too many—I don’t want to spoil the joy of discovery!
After a first trip to South Africa in 2009 that enchanted us, we decided to return to this part of the world this year.
Given how much I enjoy reading others' travel journals, I'm mustering up the courage to try my hand at this kind of exercise (which I'm not used to at all 😕).
Thanks, of course, to everyone who answered my questions and helped finalize this trip...
So, it's decided—it'll be Southern Africa... but where, with only two weeks of vacation?
Victoria Falls, which we had to cancel in 2009 due to turbulent Zimbabwean elections, was automatically back on the itinerary (yes, I know some say "the falls, meh," but I wanted to see them 😛!). We added South Luangwa and ultimately swapped Chobe and Hwange for Lesotho.
We have no experience driving a 4x4, which limited our routes in both countries, especially since it's not yet the dry season... but that didn’t stop us from bringing back amazing memories.
Sunday, April 14: After a smooth flight (and even quite comfortable in BA’s brand-new 747), we land early in the morning in Johannesburg.
We pick up the car (a little Micra) and off we go toward Clarens, our first stop. We get back into the swing of driving (moving over to the right—sorry, to the left—to let others pass, flashing lights, hazard signals, "thank you," "you’re welcome"...).
I was expecting a small town, but Clarens looks more like a village: a large grassy square,
a few cars,
and dirt roads as soon as you leave the main street.
Still, we found the same quality of South African B&Bs here. We stayed at Patcham Place (the little white speck in the photo above is our Micra!).
We end the afternoon with a walk around Clarens and its surroundings. No doubt about it—it’s autumn...
Monday, April 15: We set off for Lesotho on nearly deserted roads, heading toward Malealea.
We quickly cross the border at Caledon Poort, and the atmosphere changes: more people on the roadside, animals, scattered huts... and lots of traffic police!
We still managed to get stopped four times! Mostly, after checking our driver’s license, it was just to chat for ten minutes or so (police aren’t like that back home!). Well, one officer wanted to fine us for not waiting for him to wave us through after I stopped at a stop sign. After some tough negotiations, he let us go 😇.
We leave the main road and find ourselves in wilder landscapes.
The road narrows until it becomes a dirt track. A short climb to the gates of paradise:
... and then it’s just a matter of descending toward Malealea.
Malealea is like a village within a village. You’ll find different types of accommodations, a canteen-style restaurant (no menu choices, but the food is great, and it’s a fun way to chat with others around big tables), and lots of activities offered in partnership with the locals.
We’re shown different rondavels to choose from... we pick this one:
Simple but clean and functional, with a private bathroom.
On the bed, "real" Basotho blankets.
We decided to stay two nights to have a full day there.
Tuesday, April 16: We opted for a four-hour pony trek to the waterfall—nothing difficult, everything is done at a walking pace, with just a few "slightly" steep climbs and descents where you have to trust the Basotho ponies (no worries, they’re sure-footed 😏).
The landscapes are truly stunning:
We walk down to the waterfall (which isn’t anything special—it’s the trek itself that’s worth it) and take the return path...
... crossing through Malealea village again.
We spend the rest of the day exploring the area, reading in the sun, and sipping marula coffee on the bar terrace.
We really loved the family atmosphere in Malealea and how the locals were involved in the activities.
Wednesday, April 17: We hit the road again toward Katse. The owner of Malealea advised us against taking our car through Theba Tseka (I know Chris did it last year around the same time, but since we’re not very adventurous, we’ll go back through Maseru and Leribe—oh well, we’ll just take the same route back from Katse).
Quick aside unrelated to the story: putting together a travel journal is taking even longer than I thought 🤪... so, the rest will come a little later...