
Bye bye le paso San Francisco et ses tourmentes de vent31 octobre Tinogasta à Campanas 64 km 750 m de dénivelé Après une deuxième nuit à Tinogasta qui met un point final à notre boucle de 500 km, aller-retour, à destination du paso San Francisco, nous partons ce matin vers le sud pour une étape que je pense facile. Mais une petite forme va la rendre difficile, en particulier les vingt kilomètres de piste en montée, bien souvent sur de la tôle ondulée semée de cailloux.
On ne se laisse pas abattre et le malbec argentin même pour un Lyonnais le topNous longeons une magnifique sierra aux couleurs multiples, où des plans se succèdent et s’enchevêtrent dans un décor de crêtes déchiquetées. Les nuages qui s’accrochent aux flancs de ces montagnes aux dimensions difficiles à évaluer approfondissent l’impression de mystère de ces coins en dehors des voies du tourisme.



Nous arrivons à destination à 14h30 dans ce petit village de Campanas qui semble mort, l’heure espagnole explique peut-être que nous ne rencontrons âme qui vive. Après des tours et des détours enfin une personne à qui poser une question. Cela nous mènera à un hébergement qui ne paie pas de mine, mais qui s’avère très bien, dont le propriétaire sera très serviable. Ce logement est équipé d’une petite cuisine un peu beaucoup « bordélique » mais pleine de charme. Nous sommes d’autant mieux situés qu’une épicerie se trouve à quelques mètres et nous offre toutes les commodités, certes nous ne sommes pas dans un supermarché occidental.

Malheureusement c'est aussi cela en préambule au panorama fantastique, souvent décharge à ciel ouvert des papiers et des détritus plus lourds partoutCette vie d’errance tranquille nous allons le mener quelques semaines. Cette façon de voyager où l’on prend le temps de s’inscrire justement dans un autre temps me convient complètement. Pas de programme chronométré, de visites imposées, de file d’attente, de restaurant bondé, non simplement un village désert où l’on ressent l’ennui et peut-être la tristesse des personnes vivant ici. Cela permet l’adoption d’un rythme lent en alternant moments consacrés à l’effort physique à vélo et moments dédiés à la réflexion sur soi, les autres et l’évolution du monde. Se retrouver loin de chez soi et de sa famille durant des périodes relativement longues crée les conditions d’une expérience fructueuse, d’une part bien sûr un certain manque des êtres aimés persiste et s’intensifie avec la durée, mais d’un autre côté une obligation de repenser son fonctionnement quotidien se fait jour. Et dans ces voyages où l’on vit de longues semaines jour et nuit avec un camarade cela crée un lien privilégié de camaraderie entre les êtres, en étant vigilant de rester à l’écoute l’un de l’autre, dimension très importante et enrichissante de ces périples à vélo.

1 novembre Campañas Chilecito 85 km dénivelé 708 m Nous quittons notre logement à 7h30. D’après les indications nous nous attendons à une assez grosse journée, 1150 m de dénivelé. Une belle montée pas trop raide nous conduit à travers une gorge toute en courbes, agréable à parcourir, car à chaque virage des perspectives nouvelles nous sautent au visage. Le plaisir est d’autant plus intense que la circulation automobile est pratiquement absente. En deux heures nous arrivons au sommet, après quelques 700 m de dénivelé. Nous constatons qu’à partir de ce point une immense descente nous attend.
Les grands espaces argentinsCe qui m’a frappé au cours de cette montée ce sont les différentes stèles en commémoration des tués sur la route. Au cours de notre voyage de 3600 km à travers l’Argentine nous en verrons beaucoup. À côté des marques habituelles d’un monument du souvenir évoquant le défunt une montagne de bouteilles en plastique vides interpelle. Différentes explications nous seront données lorsque nous poserons la question du pourquoi de ces bouteilles en un tel lieu. Je l’avais déjà constaté dans d’autres pays d’Amérique du Sud, en particulier dans les grandes solitudes de haute altitude de Bolivie dans la ville pré inca d’Alcaya. Des momies vielles de plusieurs milliers d’années dans ce désert le plus sec du monde étaient accompagnées de bouteilles de coca-cola aux bouchons rouges.
En mémoire des morts de la route
Est-il mort à vélo?
Entre les salars de Coipasa et Uyuni en Bolivie à 3800 mètres d'altitude cité précolombienne abandonnée d'Alcaya on voit en bas à gauche le bouchon de la bouteille de coca-cola auprès de cette dépouille qui serait multi-millénaire dans ce recoin l'un des plus secs au mondeDans un premier temps, la chance nous accompagne, une vingtaine de kilomètres descendants avec vent dans le dos nous procurent un vrai bonheur. Plaisir absolu, nous les dévalons à grande vitesse entre 40 et 55 km/h. Nous nous arrêtons dans un village où des étages de fruits nous font de l’œil. Nous consommons sur place.
Nous repartons, malheureusement le vent s’est inversé, cela ne nous empêche pas de garder une bonne moyenne. Je m’abrite derrière André qui ouvre comme un bulldozer. Vers 13 heures nous atteignons Chilecito, Les derniers kilomètres ont été pénibles du fait d’une immense ligne droite qui semblait s’allonger au fur et à mesure que nous la parcourions.
Comme souvent sur la route nous avons vu des évocations des peuples indiens qui vivaient en ces lieux avant l’invasion espagnole. En particulier cette fois-ci une représentation géante d’un Indien, évoquant les peuples aborigènes. Une plaque commémorative revendique la terre volée à ces premiers habitants il y a plusieurs siècles.


La ville est assez grande. Nous nous renseignons au syndicat d’initiative et allons à l’hôtel de l’automobile club argentin. Un immense christ la domine. Cela nous donnera l’occasion d’une agréable promenade ponctuée d’un très joli point de vue. Nous côtoyons dans notre hôtel un couple de Suisses à moto. Ils sont sur la route depuis plus de deux ans et possèdent de remarquables montures. Malheureusement ils ne chercheront pas le contact et ils ne nous diront pas grand-chose de leur périple, dommage car ils ont certainement vécu de magnifiques aventures.

J’en profite pour aller chez le coiffeur et outre les cheveux je me fais couper la barbe. En effet, elle commence à être longue, vieille de plus d’un mois. Je l’avais laissé pousser car nous avions séjourné en altitude souvent au-dessus de 4000 m. Maintenant que nous allons rester dans les plaines nous ne dépasserons plus les 2000 mètres, donc les rayons UV seront moins agressifs. Le coiffeur est un vieux monsieur perclus de rhumatismes et qui ne peut plus lever les bras. Pour alléger ses douleurs il officie en montant sur un tabouret, cependant de toute évidence il souffre. Cette obligation de continuer à travailler résulte sans doute de l’absence de retraite pour cet artisan.
Plus d'un mois en haute altitude et on se transforme en yéti des Andes, le coiffeur barbier a eu du boulot mais je n'ai payé que pour une personne!!!
La barbe est une bonne protection contre le soleil en particulier en haute altitude où il est peu atténué par une atmosphère moins dense.

Nous sommes persuadés qu’une belle descente de 15 km nous attend et qu’elle mettra un point final à notre journée de vélo. Mais voilà une fois au sommet, très vite l’asphalte disparaît, laissant la place à une piste défoncée. De plus elle se met à monter. Alors que nous attendions une belle route asphaltée en descente, nous nous retrouvons sur un mauvais chemin qui monte.
Cependant l’endroit est magnifique, au-dessus les sommets des Andes se perdent dans des altitudes incertaines, des traces de neige marquent les talwegs. Bien qu’aucune ferme ne soit visible, l’endroit n’est pas abandonné, bien au contraire de vastes vergers disputent l’espace aux épineux, parmi les arbres fruitiers j’identifie des noyers.



Et dire qu'on nous avait promis une route goudronnée
Pire que les cailloux pour les pneus et les chambres à air les épineux aux épines acérées
plantations gigantesques
Le minou surveille les opérations
Les vieux gringos n'étaient pas méchants


La religion est toujours présente




Une fois encore dans nous nous retrouvons dans un hameau du bout du monde. Cependant comme généralement un gîte nous ouvre sa porte. Et une foi de plus nous sommes les seuls clients aujourd’hui. Ce type de logement est spécifique à ces régions d’Amérique du Sud, ni hôtel ni chambre d’hôte. Généralement il s’agit de chambres mis à disposition par un particulier dans un bâtiment séparé à proximité immédiate de sa maison. Bien évidemment il y a un confort très acceptable et de l’eau chaude. Les douches en Argentine c’est tout un poème, à croire que les niveaux à bulle ne fonctionnent pas. Systématiquement le dallage de la douche est incliné du mauvais côté et l’eau s’enfuit vers la chambre en s’écoulant sous la porte. Afin d’éviter cette inondation une raclette est toujours à disposition et toutes les quinze secondes il est indispensable de la mettre en œuvre afin de chasser l’eau vers la bonde d’évacuation.
Trouver un toit est un vrai plus dans ces régions car le bivouac est inconfortable à cause de la chaleur, du vent, du sable, des épines et des mouches qui vous envahissent dès que vous vous arrêtez.
Dans ces immensités désertes au climat hostile le vélo permet ce contact entre les hommes. Les Argentins, voire les étrangers, sont toujours très vigilants et prêts à porter secours à des cyclistes si nécessaire. En particulier en cas de nécessité si vous faites signe de s’arrêter à un pick-up, neuf fois sur dix il freinera immédiatement et vous prendra avec votre barda pour vous aider.
Spécialité argentine à base de noix ça tient bien au ventre et c'est très bon
Au cours de ces après-midi où nous avons tout notre temps je prends plaisir à observer le ciel et les formations étranges et très esthétiques des nuages qui y défilent. Cela provient-il de la présence des Andes dans les environs, d’une interaction des forts vents d’altitude avec l’atmosphère de ces immenses vallées ? Le coucher de soleil ne dure pas car nous nous situons assez près de l’équateur, cependant les teintes jaune orangé donne un aspect insolite à la végétation. Outre le bruit du vent les cris de centaines de perruches se déplaçant en grandes bandes d’arbre en arbre produisent un vacarme entêtant.


6 novembre Baldecinos à Saint Augustin delle Valle Fertil 58 km
Nous traversons une fois encore une région étonnante, quasiment inhabitée, de loin en loin une ferme. Le déplacement lent le nez au vent seul donne cette possibilité de percevoir et de s’imprégner de ce qui émane de ces coins de la planète si différents de ce que nous connaissons en France.
Le lien de la peau et du cerveau est très étroit. Hier j’écoutais un spécialiste de médecine qui expliquait que chez le fœtus puis chez l’enfant en gestation différentes couches de peau se développent, l’une d’entre elle se transforme pour devenir le cerveau de cet être en formation. Je comprends mieux pourquoi à travers toutes les sensations ressenties sur et par la peau s’incrustent avec une grande intensité dans les neurones et y laissent une trace indélébile pour la vie. Le transfert est immédiat et sans perte car on a à faire au même tissu.
Le temps reste très couvert et de temps en temps quelques gouttes nous rafraîchissent. Les conditions sont idéales pour rouler. Même les insectes si agressifs au soleil semblent s’être cachés par ce temps plus humide.
La vallée que nous commençons à suivre est plus diversifiée que les immensités platitudes des 100 km précédents. Des montagnes aux moutonnements nombreux nous accompagnent tout au long de ces 58 km.
Arrivés à destination nous louons une cabañas, ce qui se rapproche un peu d’un mobil home de camping, sous forme de petit chalet, mis à disposition par un particulier en ville.








Un vélo dans chaque hémisphère

Le lever du jour est un spectacle magnifique sur les montagnes qui regardent à l’est. Rouler dans ce décor d’une nature si différente de ce que nous connaissons chez nous et par des conditions climatiques clémentes est un vrai plaisir. De plus la circulation automobile est presque nulle. Nous constatons que les précipitations de la nuit dernière ont été assez importantes. En effet, nous ne croisons plus seulement des cours d’eau à sec, mais des rivières parfois tumultueuses qui charrient des flots lourdement chargés en sable.

D’ailleurs en de nombreux endroits des traces de submersion sont visibles sur la route. Parfois même il nous faut traverser de petits torrents toujours présents sur le goudron. Faire très attention car par endroits cela rend la chaussée extrêmement glissante, à la manière d’une tache d’huile, sans doute à cause des petites algues réhydratées.
Lieu de la chute





Le sel affleure partout
Notre bistrot il vaut tous les cafés de Flore
Installation dans notre ruine presque le grand confort
Petit déj tout confort
Notre ruine hospitalière au soleil levant
La petite bande que nous n'aurons plus sur la N 38 mais, c'est déjà un plus et psychologiquement c'est déjà bien
Certes dans certains pays comme la Thaïlande la bande latérale est très souvent très large et je ne me souviens pas en plus de 2500 km avoir vu une seule voiture la franchir, autres pays autres mœurs
Par contre sur la panaméricaine en Equateur la bande sert aux voitures, aux camions et aux bus lancés à pleine vitesse pour se rabattre quand ça double à plusieurs de front en face et j'ai dégagé plusieurs fois dans l'herbe pour ne pas être écrasé par un bus qui ne voulait pas un choc frontal, sur cette photo à part le bruit terrifiant cela allait encore mais quand la panaméricaine devient une simple double voie alors ACHTUNG, mais le pire restera la N 38 en Argentine
On se prépare départ imminent
devant notre hospedaje

Le marchand de poulets
La cour de notre gîte

Notre hôtel nous y verrons nos premiers étrangers depuis pas mal de temps
un drôle d'engin des temps anciens, le propriétaire très sympa n'est pas avare d'explications



















En quittant le village

Le temps de cette petite collation le vent tombe complètement. Cela risque d’hypothéquer notre grande étape. Puis rapidement nous réalisons qu’il commence à s’inverser. Là nos derniers espoirs s’envolent. Et d’une moyenne de 30 km/h nous nous retrouvons cloués sur place par des bourrasques adverses.
Le soudeur à l'action
André avec nos bienfaiteurs
Ce soir nous allons faire nos courses. Une fois de plus le contact est magnifique avec les employés du petit supermarché. L’une des filles boite, elle s’est blessée à vélo. Elle adore la sonorité de la langue française. Le mot merci l’enchante. Ils n’arrêtent pas de nous poser plein de questions sur le voyage à vélo. Ces villages du bout du monde ne voient pratiquement jamais d’étrangers ni de touristes, même les voyageurs à vélo ne s’y aventurent pas. Depuis que nous avons quitté la ‘’ruta 40’’ il y a une dizaine de jours et presque mille kilomètres nous n’en avons pas croisé. Si nous n’avions pas subi cet échec pour passer la frontière chilienne au paso San Francisco, que j’ai raconté dans « Joies et frustrations au paso San Francisco », nous ne serions jamais venus dans cette région sur laquelle nous n’avions aucune information, étant ignorée des guides et des voyageurs.







Couverture du livre très instructif de Jorge Saenz, à ma connaissance pas traduit en français, mais l'espagnol ça n'est pas très difficile à l'écrit








La place centrale comme toujours bien arborée
Notre gîte
Les premiers propriétaires



Une montée de 10 km nous attend dès notre arrivée sur la RN 60. Le vent s’est levé, et nous l’avons de face. Heureusement il n’est pas trop fort, et 10 km de montée ce n’est pas énorme. La circulation reste très faible, mais ce qui n’empêche pas que nous soyons spectateurs de terribles imprudences, en particulier une camionnette qui double en montée avec une visibilité limitée. Un camion rapide en descente est passé pas très loin, le choc frontal est évité de peu. Cela m’a fait d’autant plus peur que j’ai bien senti qu’en cas de choc j’allais être au centre de cet accident. Être spectateur passif sans avoir le temp de réagir tout allant trop vite, mais ayant le temps de percevoir tout le danger imminent qui menace entraîne une forte accélération du rythme cardiaque. Un peu avant cet endroit dans une courbe il y avait 7 croix, rappelant qu’un très grave accident s’y était passé.

Une fois cette côte achevée, nous plongeons dans une gorge verdoyante. Trente kilomètres d’une superbe descente toute en courbes nous amènent à 6 km du village de Chumicha.
Arrivée chez notre policier à la retraite

chien argentin à l'action
très agréable place centrale


Mais un incident imprévu va faire que nous ne ferons que vingt cinq kilomètres. En effet, arrivant à un carrefour notre chauffeur au lieu de prendre la route de Conception part dans l’autre direction et s’arrête une centaine de mètres plus loin, et son passager part acheter une bouteille d’eau. Lorsqu’il revient tous deux changent d’attitude, de joviaux ils deviennent presque hermétiques. Que se passe-t-il ? Un peu gêné le passager nous fait comprendre que nous devons descendre en s’emberlificotant dans une explication pour le moins étrange de matériel à attendre sur place. Nous descendons donc et ils reprennent tout de suite la route de Conception, le matériel ils ne l’ont pas attendu longtemps.
Il faut nous remotiver à repartir. Deux cents mètres plus loin nous tombons sur un check-point policier et je crois qu’il faut chercher là l’explication à notre débarquement anticipé. De tout évidence deux cyclistes, les vélos et la montagne de sacoches dans la voiture cela aurait pu attirer la curiosité des policiers. Nous passons donc ce contrôle et j’en profite pour me renseigner sur les possibilités de logement. Il m’est indiqué qu’à une trentaine de kilomètres nous trouverons tout ce qu’il nous faut dans une station-service qui fait hôtel.
Nuit tranquille aux chats en chaleur près!!!

Non seulement peu de circulation, en plus une magnifique bande de sécurité
Nous descendons dans un hôtel au charme plus que désuet je dirais au charme fané, mais nous avons un lit donc tout va bien, et le personnel comme presque toujours est très serviable.
Notre hôtel



Ces souvenirs me reviennent et entraînent un petit pincement de cœur, ce voyage j’en garde un souvenir comme d’irréalité comme dans un rêve, et les émotions resurgissent à gros bouillons. Mais cette fois aussi c’est fantastique surtout avec André qui est le compagnon idéal.

Le sommet du col comme bien souvent dans les Andes il s'agit d'un long replat avant la descente.




Nous croisons un jeune couple à vélo. Des Luxembourgeois lancés dans un périple de deux ans à travers l’Amérique du Sud. Nous, avec nos deux mois et quelques cacahuètes, on fait vraiment figure de charlots !!! Mais je me fais cependant la réflexion suivante : plus on part longtemps et plus on a tendance à se concocter un programme chargé. Combien j’ai vu des voyageurs à vélo partis pour plusieurs années et qui courraient après le temps le long des routes relativement importantes pour boucler la liste de XX pays au programme. Alors que lorsqu’on ne part qu’un mois et que l’on se donne pour unique but de se perdre dans les pistes nord du Laos ou d’aller explorer les marges du désert de Gobi en Mongolie, à mon sens on profite plus de son voyage sans être l’esclave du temps.

Nous retrouvons nos petites habitudes dans notre fameuse auberge « la Ruta 40 ». Nous allons y passer trois nuits car Salta se rapproche dangereusement et le pouce d’André reste douloureux ce qui nous empêche de tenter des pistes vers la montagne.
Pays de vin
Panorama depuis Cafayate



































A little sneak peek?











I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far-from-exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, the Nishiki Market:







Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.


We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.








But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.























Ooooooooh, giants!
Oh, how I love them! In the North, we have lots of these giants, like Reuze Papa and Reuze Maman in Cassel, or Gayant, Marie, and their children Binbin, Jacquot, and Fillon in Douai, and many more.
What’s more, the Ducasse of Ath is remarkable for its age and local roots; a procession was first mentioned in 1399, and today the many musical groups are still local (Ath and surrounding towns). The event is extremely popular: a good part of the population is there, all generations mixed together. Everyone knows the groups, floats, and giants, and each has their favorite! Originally, religious groups paraded, illustrating episodes from the Bible or the Golden Legend. Gradually, the parade became secular and kept evolving by adding new giants, historical figures, or allegories linked to local history (Ath, Belgian Hainaut, Belgium).
To wrap up this long introduction, know that the Ducasse of Ath lasts several days, but the highlight is the highly codified procession that takes place on the 4th Sunday of August (actually, the procession passes twice, once in the morning and once in the afternoon).


It’s followed by a human giant on stilts: "Saint Christopher of Flobecq," holding a flowered staff and carrying Christ on his shoulders (this time, not a real child!). It appeared in the 19th century, then disappeared from the procession before being reintroduced in 1976.







Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.