La théorie du Kleenex (je cite)

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MA
Je vous invite à prendre connaissance de l'édito du numéro de ce mois de Mai 2004 de mon magazine préféré, (pour lequel je ne ferai pas de publicité) dont le nom commence par Trek et s'achève par Magazine (consultable sur le site du même nom) : il y décrit assez justement et assez joliment, je trouve, l'une des phases importantes du "syndrôme du voyageur" dont sont atteints, sans aucun doute possible, un certain nombre d'entre nous ...
LE Lepiaf Globetrotter ·
Pour éviter aux petits camarades de perdre du temps : http://www.trekmag.com/affichage_savoir.asp?id=3879&num_mag=54
MA Maitairoa Globetrotter ·
... merci lepiaf [;)] !

c'est ce que j'avais fait de prime abord, mais sur le moment la page était indiquée comme introuvable ...
LO Loopkin Veteran ·
Cet article est à couper le souffle. Il devrait figurer en première page de nombreux livres de voyage, en préface. Il m'a beaucoup touché, vraiment.

Merci de me l'avoir fait découvrir. En plus, il est TRES bien écrit. L'arrivée du kleenex se fait très progressivement, et le mot, avec l'idée enfin dévoilée entièrement, ne sortent enfin qu'à l'avant dernière phrase. Rien que sur la forme, le texte est très bien construit. Sur le fond, rien à dire, je suis totalement d'accord. Chapeau à l'auteur, Raylat Christophe, donc.
Geantropie, Vivre l'espace http://geantropie.free.fr
LA Laneige Regular ·
Excellent[:)][;)]
"Il y a assez sur Terre pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire l'avidité de chacun" GHANDI"

"Heureux le voyageur, qui en parcourant le monde trouvera son âme et en s'ouvrant à lui trouvera son coeur"...
SC Sch Globetrotter ·
Excellent ! merci pour le lien !
PH Philobate Globetrotter ·
Hello

J'ai énormément de respect pour la personne qui à écrit ces lignes, il à parfaitement comprt le voyages ... Merci pour ce bon moment de lecture ...

Philo
"J'ai refait tous les calculs, notre projet est irréalisable, il ne nous reste plus qu'une chose à faire, le réaliser". Latecoere dyslexique
LE Lepiaf Globetrotter ·
C'est maitairoa qu'il faut remercier, je n'ai fait que donner le lien.
PH Philobate Globetrotter ·
Hello

Me suis trompé de personne en répondant, j'était pas tés bien réveillé ce matin ...[;)]

Philo
"J'ai refait tous les calculs, notre projet est irréalisable, il ne nous reste plus qu'une chose à faire, le réaliser". Latecoere dyslexique
LE Lepiaf Globetrotter ·
Avoir rejoint le monde des travailleurs ne t'a pas changé, je vois.
MO Mohrice34 Regular ·
Salut tous,

à propos de la théorie du kleenex.

Je cherche depuis deux jours à relire un superbe texte dont vous aviez parler ici mais je ne le retrouve plus, et le lien qui avait été placé pour diriger vers le magazine d'où il est tiré mène à une page vide. Est-ce que ce texte est quelque part sur VF ? Merci à vous,
SC Scourtoi Veteran ·
...

Je crois que c'est ça que tu cherches : http://france.mountainwilderness.org/download/document/Bull60.pdf Le texte se trouve page 21.

Bonne lecture. [;)]
LE Lepiaf Globetrotter ·
Et pourquoi pas le publier directement :

La théorie du kleenex Ou la fin de l'apnée Christophe Raylat

Cela se produit en général le sixième jour. Loin de tout, en autonomie, avec encore une bonne bambée à tirer et quelques cols à franchir, vous êtes au coeur du trek. Au coeur de ce périple espéré des mois durant, comme une fenêtre d’air pur dans votre quotidien. Bien sûr, je ne sais rien de celui-ci, mais j’imagine très bien, à l’éclairage d’un bouclage acrobatique, la signification universelle du mot “stress”, et ses corollaires “étouffement”, “insomnie”, et autres “raz le bol !”. Vous voici donc partis vers ce trek tant espéré, cette respiration dont vous vantez si bien les mérites, profonds et durables. Le premier jour, l’enthousiasme, la libération des contraintes, la découverte d’une terre nouvelle, la griserie du voyage qui commence, alimentent gentiment l’état d’excitation. Comme une rémanence (hystérésis, dirait papi Freud) de la frénésie quotidienne. Pour résumer, on est déjà parti, mais pas encore arrivé. Un état intermédiaire, le temps d’entrer dans la lenteur du trek, en “lâchant les amarres”. Mais justement, ce n’est pas si simple. Ce que je trouve particulièrement intéressant, après quelques années passées à croiser des trekkeurs en vadrouille, c’est la mise en place de ce processus. L’idée d’un second souffle du voyage, qui en général se révèle rarement avant… le sixième jour. Je m’explique. Passés les premiers temps d’euphorie, tout trekkeur se trouve confronté à l’idée de la rupture. Rupture culturelle, temporelle et matérielle. Ce passage marque la vraie confrontation entre l’idée que l’on se fait du voyage, et le voyage lui-même. Avant, on vit dans l’imaginaire (voire le fantasme), en préservant, peu ou prou, autour de nous, un environnement très proche de celui qu’on croit pourtant avoir laissé à la maison. La preuve ? On a toujours un paquet de mouchoirs en papier à portée de main. Et d’autres détails, aussi, comme le rangement des affaires dans son sac, la propreté de ses vêtements, ou la capacité à se regarder dans un miroir sans être trop surpris. Je ne suis pas en train de dire qu’un “vrai” trekkeur se reconnaît à son potentiel de clochardisation, mais plutôt que chacun porte en lui une certaine propension à maintenir un lien, sécurisant et symbolique, avec son univers familier, au travers de multiples détails personnels. Et je suis intimement convaincu que la force de tout voyage, sa capacité à nous marquer profondément, réside, pour beaucoup, dans la façon dont cèderont ces liens, les uns après les autres. Au cours des treks que j’ai pu parcourir, j’ai vu bien des façons d’exprimer ces ruptures : passage à vide, coup de blues, ou au contraire euphorie, voire d’authentiques “pétages de plomb”, tous avaient finalement la même signification : “je lâche les amarres”. De façon un peu symbolique, il s’agit aussi de briser une apnée, d’accepter enfin de respirer l’air qui nous entoure, pour remplacer celui, familier et rassurant que, par réflexe, on maintient “à l’intérieur”. Qu’il y ait résistance ou pas, qu’il soit douloureux ou harmonieux, ce processus aboutit à un état de perception et de disponibilité, qui constitue la véritable alchimie du voyage. Difficile à soupçonner avant le départ, essentielle au retour. Une alchimie à l’opposée des tendances d’un marché du trek qui multiplie les voyages zapping, courts, intenses et apnéiques, et dont on se demande parfois si la fonction principale n’est pas d’inscrire des croix en face d’une liste (“je l’ai fait !”). C’est pourquoi j’aimerais vous inviter à partir… longtemps. Pas forcément des mois, mais au moins plus de… six jours ! En famille, en individuel, avec une agence, ou par surprise, s’il vous plait, prenez le temps de briser cette apnée. Imaginez. Au milieu de nulle part, après une petite semaine de marche, une étape, annoncée pourtant comme facile, mais il y a cette foutue montée, interminable, insupportable, et vous vous dites “je n’y arriverai pas, c’est trop long, et demain, et tous ces jours, encore”. Alors vous vous asseyez seul, en silence, et, regardant les autres avancer, vous vous surprenez à verser une petite larme. Votre main cherche dans votre poche. En vain. Vous n’avez plus de kleenex. Le voyage peut commencer…
MO Mohrice34 Regular ·
SUPER MERCI A VOUS TOUS,

Peut être que j'arrivais pas joindre les liens car mon ordi est blindé d'anti pub ect....

Que ferions nous à cette heure sans la mèmoire des anciens, nous serions sur l'arbre, peut être à cogner des cailloux en attendant de maitriser le feu et puis la roue. Comme moi devant cette incroyable machine sans en maitriser les suptilités.

Bon vent chez vous, à plus loin,
LE Lepiaf Globetrotter ·
Non, le lien ne pointait plus sur le texte, ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'il s'agit du site d'un périodique, donc régulièrement mis à jour.
MO Mohrice34 Regular ·
Merci Lepiaf,

J'avais lu ce texte il y a pile un an sans le relire depuis. Cet été, durant mon périple au cap nord le souvenir de ce qu'évoque ce texte m'est revenu. De retour chez moi je me suis mis à écrire quelques impressions et il me semblais que je reprenais le chéma de cette prose. J'ai continué mes écrits sans chercher à le relire pour ne pas être influencé. Il y a vraiment de trés belles choses sur le site. Figure toi que certaines sont si belles que j'ai envie de les apprendre par coeur, à commecer par le fameux texte de Yangguizi. J'ai tout l'hiver pour cela, il donne même envie d'apprendre par coeur les écrits au sujet de potentat de Corée du nord. Enfin..presque..voir..moins..

à plus loin,
MA Maitairoa Globetrotter ·
... je profite de la "résurrection" de ce texte intemporel pour vous signaler celle, récente également, du site Trekmag :

http://www.trekmag.com/

... l'invitation au voyage, c'est déjà le voyage ...
CH Choumi Veteran ·
[;)]MERCI....

"Un seul"...petit mouchoir..."vous manque et tout est"...à remettre en question... Partir vers le VRAI /... Vérité / face à soi-même... "E.T...maison..." Ce texte est magnifique et faudrait y penser... souvent...pour, enfin, vivre et respirer... choumi

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