Voyage ou carrière: témoignages?

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ML
Bonjour à tous,

Après un TDM de 11 mois en 2011/2012, je m'apprêtais à repartir pour 8 mois en vadrouille à partir de fin 2015/début 2016. Tout était huilé et là bam on me propose une opportunité professionnelle très intéressante sur le plan du salaire et de la localisation géographique. Cette offre de poste tombe bien entendu pile poil au moment où je pensais repartir et l'accepter signifierait renoncer à ce voyage, ou tout du moins le réduire considérablement. Je pourrai sans doute réussir à gratter 2/3 mois, mais rien de plus. Par ailleurs, si j'accepte le poste c'est pour y rester plusieurs années, pas pour partir en vadrouille au bout de 6 mois. Je précise par ailleurs que je travaille dans un secteur qui embauche, et que je devrais retrouver du travail assez facilement au retour si je fais le choix de partir (mais vraisemblablement pas dans les conditions salariales qu'on me propose aujourd'hui).

Bref, depuis quelques jours je me questionne en boucle... Entre choix du cœur et choix de la raison, entre voyage et carrière, pas si simple de faire un choix finalement ! Du coup je me décide à poster un petit message ici, non pas pour que vous décidiez pour moi car c'est impossible (et ce n'est pas ce que je veux ! ;-)) mais plus pour que ceux d'entre vous qui ont déjà été confrontés à un tel dilemme puissent partager leur expérience... et l'analyse a posteriori qu'ils font de leur choix. A vous qui avez fait le choix de privilégier votre carrière en levant le pied niveau voyage, regrettez-vous votre choix ou vous félicitez-vous chaque jour de l'avoir fait ? Et à vous qui avez dit non à un super poste pour partir en voyage, vous en êtes-vous mordu les doigts ou vous êtes vous félicités de cette décision ?

A vos claviers, et merci d'avance pour vos témoignages qui vont sans aucun doute nourrir ma réflexion !
"La liberté existe toujours, il suffit d'en payer le prix" - H. de Montherland

Mon blog tour du monde 2011-2012, devenu blog voyages, puis de nouveau blog tour du monde en 2016, puis blog de mon installation à la Réunion : www.smilingaroundtheworld.com
MO Moushika Globetrotter ·
Bonjour,

Ce qui m'est venu tout de suite à l'esprit , c'est " Pourquoi n'a-t-elle pas immédiatement dit que c'est impossible puisqu'un voyage de plusieurs mois est prévu pour la fin de l'année ?" ....Donc le projet ne tient qu'à moitié ?

D'autre part, si ce boulot te plaisait à 100% , ton choix serait déjà fait .

Tu nous dis que tu travailles dans un secteur qui embauche , tu retrouveras donc facilement du travail au retour .

.Alors , je dirais que si tu as moins de 35 ans , pars , tu auras d'autres opportunités ; Sinon , mieux vaut peut-être ( j'ai bien dit peut-être ) prendre le boulot et faire le voyage dans quelques années .
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
ML Mllegazou Veteran ·
Disons que les choses se sont enchaînées très vite, c'est mon boulot actuel (CDD) qui ne pouvant pas me prolonger m'a recommandée auprès d'un autre employeur (CDI dont la date de début n'était pas précisée). Bref, j'ai passé le premier entretien "pour voir" et avoir plus d'infos sur le poste, j'ai été retenue et en terme de timing ils veulent que j'enchaîne les postes (je ne sais pas si je suis claire ???) alors que je pensais partir vadrouiller à la fin de ce CDD. Quant au voyage, le fait de partir était jusque là acté, mais les modalités restent un peu floues (itinéraire non défini, pas plus que les modalités de départ de mon conjoint). As-tu de ton côté été confronté à une situation similaire ?
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MO Moushika Globetrotter ·
Disons que j'ai du choisir entre le "raisonnable" et ce qui le semblait moins . Je n'ai jamais regretté d'avoir suivi ce que j'avais au fond du coeur .

Quand je choisis le raisonnable , c'est en gardant à l'esprit un autre but , moins bien défini, peut-être plus lointain , auquel je ne veux pas faire obstacle quand il sera question de le concrétiser ....

Il est clair que je ne vois pas le boulot comme un but en soi , mais comme faisant partie d'un ensemble .

Et ici, vous êtes deux , donc il y a vos desiderata à tous les deux qui entrent dans la balance .
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KO Kola Globetrotter ·
Je n'ai pas été confrontée à ce choix là, mais à d'autres dilemmes oui. A d'autres moments qui te placent à la croisée des chemins... Mais là où tant d'autres n'ont que la survie ou des vies qui semblent tracées n'est-ce pas un cadeau, un immense privilège que d'avoir à décider, à choisir entre les possibles qui s'offrent ?

Entre les deux ton cœur semble balancer équitablement alors... prends la tangente. Emmène les deux projets quelques jours ailleurs, éloigne-les de ton quotidien, des liens, des avis, des influences, des pensées qui pèsent le pour et le contre, des idées qui font des nœuds...

Juste toi et eux, (ou vous et eux.) et regarde-les minutieusement en face.

Si pendant ces quelques jours le corps est occupé... à marcher par exemple... le mental lâche prise, le cœur et la raison se mettent au diapason, et lorsqu'on est dans cette énergie particulière, la vie allume des signes, des coïncidences, petites lumières sur le chemin pour indiquer que le chemin choisi sera juste et que renoncer à l'autre ne sera pas vécu comme un sacrifice.

(Quelques jours ailleurs, pour moi cela a été quelques jours à marcher dans le désert. Merci pour... [:)])
EL Elhine Globetrotter ·
Bonjour Aurélie ! Oh purée, cruel dilemme !!!!

Penses-tu possible de demander un congé sabbatique dans 2 ans, par exemple ?

En même temps, est-ce un dilemme, puisque tu sembles pouvoir faire les 2 ? En partant dès maintenant, et en "grattant 2-3 mois", ça te ferait un périple déjà bien sympa, non ? Peux-tu partir dès maintenant, d'ailleurs ?
... là-bas si j'y suis...
ML Mllegazou Veteran ·
Merci Kola pour ton message ! Pas possible hélas pour moi d'aller marcher dans la nature (ou le désert !) actuellement, mais j'ai tout de même réussi à prendre du temps pour moi afin d'essayer de me "reconnecter" à mes envies profondes... De plus en plus, je penche pour l'option du nouveau départ, car j'ai le sentiment que c'est ce qui me rendra la plus heureuse, et mon conjoint est sur la même longueur d'ondes... Et c'est drôle, car une fois la décision prise je me suis sentie tout de suite plus légère...
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ML Mllegazou Veteran ·
Bonjour Murielle,

Merci pour ta réponse ! Effectivement une option "intermédiaire" est de partir 2-3 mois avant de rpendre le nouveau job, mais je dois dire que cela ne me satisfaisait qu'à moitié après avoir pensé partir 6 à 8 mois... Et je ne pourrai pas avoir de congé sabbatique dans é ans, pas plus que je ne peux partir immédiatement.

Enfin, les choses se sont décantées depuis le début de la semaine, et je penche pour le voyage... C'est ce que je veux profondément, je crois, quitte à devoir chercher du boulot au retour...
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EL Elhine Globetrotter ·
voilà, ta décision est prise ! Enfin, elle l'était déjà, je crois [;)]... La question de l'épanouissement, est centrale, en effet ! C'est ça que tu veux vraiment vivre ? Tu en as les moyens ? Alors go ![:)]
... là-bas si j'y suis...
ML Mllegazou Veteran ·
Je crois que j'ai eu un gros coup de stress en fait ;-) Mais bon, on respire, on réfléchit, et hop, on file ;-) Merci !
"La liberté existe toujours, il suffit d'en payer le prix" - H. de Montherland

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MO Moushika Globetrotter ·
Voilà l'obstacle écarté . Bravo!
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
LU Lucbertrand Globetrotter ·
Bonjour Aurélie, à priori la messe est dite. Un fois qu'un choix est fait on se sent plus léger, normal. Je vais te faire part de l'expérience d'un vieux qui à son époque, il y a une quarantaine d'années, s'était posé ces questions, mais sans doute un peu par crainte et par respect des conventions avait opté pour la carrière.Mais je ne le regrette pas, car ma nature profonde n'était pas dans le baroud au long court. Dans ma jeunesse(snif) j'évoluais dans le milieu des alpinistes et tous nous rêvions de Grandes Jorasses, d'Aconcagua, de Makalu et autres big walls in California. Parmi mes camardes de mes vingt ans, certains comme moi se sont sagement rangés dans un mode de vie conventionnel et d'autres ont fait le grand pas de l'aventure au sens pur et dur du terme. Statistiquement il y a eu plus de morts et disparus en montagne parmi ces derniers, même si certains copains bien rangés ont rencontré la grande faucheuse au cours d'une escalade du week-end. Mais maintenant après quarante ans, lorsque je discute avec les uns et les autres, ceux bien sûr à qui la vie a donné un petit sursis, je me rends compte que chacun assume son choix sans regret. Bien évidemment ceux qui ont baroudé dur sont (souvent) matériellement moins riches, mais par leur regard et leur philosophie de la vie on voit qu'ils n'ont aucun regret et si c'était à refaire ils referaient la même chose. Ceux qui comme moi ont opté pour la carrière, bien souvent ils se sont pleinement épanouis dans leur métier et ils l'ont vécu comme un grand voyage, et ne regrettent pas de ne pas avoir conquis une foule de sommets, les plus difficiles ou les plus hauts à travers la planète, ce qui ne les a pas empêchés, cependant, d'avoir en la matière un palmarès honorable, et ne ressentent pas de frustration. En effet, le travail lorsqu'on y adhère et qu'il plaît il est source de très grands plaisirs, et cela peut aussi remplir notre grand vide de l'âme. Tout cela pour dire que lorsqu'on se pose la question que tu te poses et que tu peux opter pour l'un ou l'autre choix, généralement là où te conduit ton "être profond" c'est ta voie. En discutant avec les nombreux"jeunes" ou moins jeunes que je rencontre en voyage ou ailleurs, je réalise aussi que la trouille de la maladie et d'une mort prématurée n'est pas totalement étrangère à un choix d'immédiateté.

Tout cela pour dire que lorsqu'on se pose la question que tu te poses et que tu peux opter pour l'un ou l'autre choix, généralement là où te conduit ton "être profond" c'est ta voie.

Bon voyage au long court et n'oublie pas d'aller (un peu) te perdre au fond des déserts, sans le recours de la mécanique, te mettant à la merci des éléments, là où tu sentiras que ta vie tient un peu au bon vouloir de l’Être Suprême Luc
KO Kola Globetrotter ·
Parmi mes camardes de mes vingt ans, certains comme moi se sont sagement rangés dans un mode de vie conventionnel et d'autres ont fait le grand pas de l'aventure au sens pur et dur du terme. Statistiquement il y a eu plus de morts et disparus en montagne parmi ces derniers, même si certains copains bien rangés ont rencontré la grande faucheuse au cours d'une escalade du week-end.

En préambule, un joli lapsus pour désigner une compagne dont la présence imprègnera discrètement tout le message... Est-ce que l'on vit plus intense, plus juste, plus aimant... lorsqu'on la côtoie très tôt, lorsqu'on ne la redoute pas ?
LU Lucbertrand Globetrotter ·
Bonsoir Kola, super effectivement le lapsus. On est en plein dans Brassens:

https://www.youtube.com/watch?v=6uXei215978

S'il n'est pas enterré au cimetière marin, une partie de ma famille y est, et la vue sur la Méditerranée est magnifique, mais je ne sais pas si les résidents en profitent.

Vous demandez: Est-ce que l'on vit plus intense, plus juste, plus aimant... lorsqu'on la côtoie très tôt, lorsqu'on ne la redoute pas ?

Votre question est terrible et selon les jours ou l'humeur on pourrait y répondre une chose ou son contraire: Vivre intensément cela relève du psychisme de chacun, l'action ou l'inaction peuvent avoir les mêmes effets. Vivre juste je ne comprends pas avec certitude ce que cela veut dire, car soit on doute de soi, ce qui m'arrive très souvent, ou on juge les autres ce que j'essaie de m'interdire, mais le naturel peut revenir au galop. Est-ce que de tutoyer la camarde rend plus aimant, peut-être dans le fond, même si l'on fait souffrir les autres, et que parfois ils vous en font le reproche. La côtoyer ce n'est pas l'apprivoiser, et on la redoute toujours. Même si souvent elle vous a soufflé son haleine au visage, même plus sur tout le corps, on ne peut pas parler d'accoutumance. De ces expériences, il vous reste simplement la conviction profonde qu'il suffit d'un rien qu'elle ne fasse pas que souffler. Mais à l'inverse "être sage et raisonnable" et s'installer dans une vie heureuse, entouré de ceux qui vous aime, c'est la chose la plus agréable. Malheureusement cela engendre des effets indésirables, car une vie humaine c'est court et vous avez alors une vue plongeante sur la finitude de l'existence. Mais lorsque vous savez que vous avez des rendez-vous non programmés, mais sans doute recherchés, avec la camarde au souffle fort, et qu'elle vous dit une fois de plus "pour cette fois c'est bon", alors vous avez l'illusion de l'éternité. Et cette illusion vous permet de vivre dans une forme d'inconscience devant le tragique de l'existence, comme Cioran ou Sylvain Tesson savent si bien en parler. En apparence on est loin du voyage mais ce n'est que l'apparence, car là se situe le moteur du départ. Luc
KO Kola Globetrotter ·
"S'il n'est pas enterré au cimetière marin, une partie de ma famille y est, et la vue sur la Méditerranée est magnifique, mais je ne sais pas si les résidents en profitent."

A quelques pas (mais que sont quelques pas même escarpés pour des marcheurs...) du silence recueilli des allées de ce cimetière habité de fantômes réels ou imaginés, le théâtre du même nom s'éveille au crépuscule ou à la nuit tombée pour saluer la mer en chansons, musiques ou poésie... arrachant aux résidents visiteurs d'un soir qui en profitent pleinement, des rires aux larmes et des applaudissements. ... et la vue sur la Méditerranée est magnifique... [:)]

"Votre question est terrible" Ni question piège ni exercice de style... juste une réflexion songeuse inspirée par l'omniprésence sur votre chemin de celle qui, au gré d'une lettre facétieuse, est compagnie plaisante ou inéluctable un peu redouté.

La seule certitude que nous ayons en venant au monde, c'est qu'un jour on va mourir... et pourtant dans nos contrées civilisées rien, ou si peu, ne nous prépare ou ne nous familiarise à cela. Certaines vies, ou certains choix de vie, exposent... imposent... de la côtoyer très jeune, ou de sentir son haleine plus souvent qu'à notre tour.

Si ces moments là sont doucement et raisonnablement apprivoisés, ne confèrent-ils pas naturellement le détachement imperceptible, le recul que l'on cherche parfois vainement pour désencombrer nos vies et aller plus précisément à l'essentiel dans tous les domaines qui la composent ?

Vivre plus intense, plus juste, plus aimant serait... vivre lucidement, dans le monde tel qu'il est sans chercher à le fuir. Sans le défier mais sans le redouter non plus. Être, sans juger ni mesurer sa vie à l'aune de la vie des autres, sans que la nostalgie ne soit un frein, sans soumettre l'avenir aux certitudes du présent. Plus alors que l'illusion de l'éternité, et l'amertume comme corolaire inévitable des illusions désenchantées, ce serait la pleine conscience que l'éternité n'existe pas et qu'un jour il ne sera plus temps ou plus possible, qui permettrait de suivre enfin ses rêves... Que ces rêves soient faits de stabilité ou d'intranquillité, qu'ils soient sages et raisonnables ou démesurés... qu'ils se trouvent derrière la porte d'une maison avec enfants, dans l'exercice d'un job intéressant (ça existe), dans un grand amour nourri de passion(s) communes, au bout d'un chemin qui mène vers d'autres étoiles... ou le tout successivement et dans un ordre différent.

"En apparence on est loin du voyage mais ce n'est que l'apparence, car là se situe le moteur du départ." Les apparences sont souvent trompeuses...
AL Allooo Veteran ·
Bonjour,

La première chose qui me vient à l'idée est la suivante... Hormis les raisons salariales, en quoi ce nouveau job est-il bénéfique pour vous? Quel serait l'avantage pour vous et votre famille d'avoir cette position (sans considérer le salaire)?

Si le seul élément perturbateur dans ce dilemme est l'aspect financier, alors il faut vous demander qu'elle importance cet aspect a pour vous, que vous apoortera-t-il, qu'allez-vous faire de plus avec ça, et cela vous rendra-t-il plus heureux?

Maintenant, si'il y a plusieurs autres aspect dans cette proposition qui sont bénéfique pour vous... Je crois qu'il faut bien y réfléchir... Personnellement, je ne connais que très peu de gens qui peuvent affirmer être heureux au travail, en obtenir un sentiment d'accomplissement au quotidien (tant personnel que professionnel) et ce, avec le boni une très bonne rémunération. Si on me donne le choix de reporter qq mois de bonheur amplifié pour plusieurs années de bonheur au quotidien pendant des années à venir, je ne prends qu'une minute pour faire le choix. Rien ne m'empêche de reprendre mes projets pkus tard..... Par contre, faut voir quelle est la raison principale d'accepter la proposition...

Pour ma part, si ce n'est qu'une question de salaire, c'est une chose... Si c'est une question de qualité de vie au quotidien pendant des années à venir, c'est une autre...

De toute évidence, il n'y a que vous qui connaissez la réponse à ce dernier paragraphe.

Bonne chance, Johanne
Le voyage... On aime un jour, on aime toujours!

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