Discussions similar to: Cambodge cinéma Rithy Panh
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Livre: "Le papier ne peut pas envelopper la braise" (Cambodge)
des dialogues d'une banalité affligeante, des situations irréelles sorties tout droit de l'imagination d'un romancier en mal de sujet ? ceci est la 1° réaction a la lecture de ce livre, mais, quand on sait qu'il est tiré d'un long métrage tourné par un Cambodgien avec une camera vérité qui se fait oubliée pour laisser libre cours aux intervenantes, en refermant ce livre (fin pour le livre, pas pour les situations) la question est: jusqu'ou peut aller le désespoir ?

le sujet, les critiques: http://www.lemonde.fr/cinema/article/2007/03/30/le-papier-ne-peut-pas-envelopper-la-braise-rithy-panh-redonne-une-dignite-aux-prostituees_889940_3476.html

un extrait du long métrage: http://www.vodeo.tv/lire/4-32-4303-le-papier-ne-peut-pas-envelopper-la-braise.html

ou le trouver ?

France: http://www.grasset.fr/Grasset/CtlPrincipal?controlerCode=CtlCatalogue&requestCode=afficherArticle&codeArticle=9782246710011&ligneArticle=0

Thaïlande: http://voyageurasie.canalblog.com/archives/2008/04/02/index.html

Cambodge: Librairie Francophone du Cambodge. Phnom Penh : Centre culturel français. 218, rue Kéo Chéa. BP 827. Siem Reap : 333, boulevard Sivatha. Tél : (855) (0) 12 799 959 / Courriel : ojeandel@gmail.com
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"L'élimination de Rithy Panh", à lire absolument
Bonjour J'ai cherché, mais je n'ai pas vu que nous en ayons parlé ici. Alors je me lance pour vous recommander "L'Elimination" de Rithy Panh avec Christophe Bataille. Le cinéaste de "S21, la machine khmère rouge" a été enfant et adolescent pendant le régime khmer rouge, sa famille a été décimée. Mais, au delà du témoignage, doublé d'extraits d'entretiens au long cours avec Duch, le sinistre chef de S21 que l'on retrouve dans le film "Duch, le maître des forges de l'enfer", il s'agit d'une profonde et bouleversante méditation sur la perte, l'expérience du mal, l'exil, l'histoire, l'humanité même chez les bourreaux, les génocides, le rôle du cinéma. Oui, oui, tout cela. Rithy Panh dit qu'il veut "comprendre, expliquer, se souvenir, dans cet ordre". Il résiste au cauchemar par la morale. Un très grand livre
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Documentaire sur le Cambodge ce soir (31 mars 2007)
Bonsoir a tous et toutes,

ce soir sur FR3 a 23h25 un documentaire de Rithy Panh sur les prostituees a Phnom Penh. Cela devrait nous eclairer sur la situation peu enviable de ces demoiselles. Pour memoire Rithy Panh est aussi l auteur d un documentaire sur S21.
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Le nouveau film de Régis Wargnier "Le Temps des aveux"
« Le Temps des aveux », le nouveau film de Régis Wargnier réalisateur d’ « Indochine ». Vous en pensez quoi?

Après « Indochine », Régis Wargnier revient en Asie avec la sortie de son nouveau film « le Temps des aveux ». Le film raconte l’histoire de la détention de François Bizot par les Khmers Rouges.
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Cambodge: S21
Salut,

Qui a vu S21 machine de guerre (il me semble), j'aimerai savoir s'il est sortie en DVD ou comment avez vous trouvé le film???

merci
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De retour de trois semaines au Cambodge
Salut,

J'arrive juste de trois semaines au cambodge...merveilleux voyage au pays du sourire. Il est assez facile de voyager dans ce pays où les structures d'hébergement, les compagnies de transport...démarches bancaires sont présentes (en tout cas beaucoup plus que ce qu'y est dit dans le Lonely planète). Je ne vais pas détailler tout mon périple mais juste indiquer mes étapes pour eventuellement par la suite répondre à des questions plus pratiques !! Après PP, séjour sur l'île de la soie : koh dach (étape essentielle !!!). Puis étape à Kompong thom pour aller visiter Sambor Prei Kuk (temple préangkoriens), suivie de l'incontournable Sien Reap. Ensuite Battambang (trajet en bateau : exceptionnel !) avec découverte de la campagne environnante. Courte étape à Krakor pour aller dans le village flottant de Kompong Luong. Pour finir, Kep avec l'île du lapin... Voilà...en tout cas, c'est un pays où je me suis sentie vraiment très bien...et où j'ai encore énormément de chose à découvrir...
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Achat du pass pour les temples d'Angkor
Bonjour à tous ,

Je serai au Cambodge en février , j'arrive à Siem Reap après 19h , Je suppose que ce sera trop tard pour acheter le pass de 3 jours pour visiter les temples dés le lendemain de bonne heure.... Peut on l'acheter d'avance , à Phnom Pen par exemple , ou Battambang ou sur internet sur un site officiel? Merci d'avance . Patricia
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Témoignages 1,2,3,4: Le souvenir pour survivre (Cambodge)
Temoingage1 sur l'entrée des khmers rouge à Batambang Modifier | Supprimer | Citer | Répondre Avril 1975 . Battambang Il est des jours où tout bascule, où un fait presque anodin se révèle d’une importance capitale. Il est des jours qui tuent l’émotion et son expression, il reste alors le souvenir, les souvenirs enfouis, cachés, qu’il faut faire remonter à la surface pour les transformer en mémoire. Il est des jours qui succèdent à des jours qui blessent et qui blessent encore et vous conduisent à une mort lente. Il est des jours qui tuent violemment, un membre de votre famille, un camarade de classe, un ami, un voisin. Il est des soirées où les senteurs de la nature s’imprègnent d’autres odeurs inconnues jusqu’alors, celle de la souffrance d’un peuple et où les bruits familiers des insectes dans les arbres se conjuguent avec les cris de la faim et s’assourdissent dans le silence du désespoir. Ce matin là, je me rendais au lycée comme à l’habitude. J’étais en classe de Terminale Littéraire après avoir échoué, l’année précédente un Baccalauréat Scientifique. La nuit n’avait laissé que peu de place au sommeil ponctué des bombardements et autres tirs de roquettes, auxquels, hélas, nous nous étions habitués et qui se calmaient aux premières lueurs de l’aube. En journée, la vie était presque normale, à l’exception de ces très jeunes enfants que nous voyions mendier dans les rues et des flots de réfugiés qui venaient depuis quelques mois grossir la population de la ville. La ville représentait un espace de sécurité, mais aussi de misère, car ces nouvelles populations avaient fui le théâtre des combats. Combien parmi eux avaient-ils déjà été frappés par la mort d’un proche, la destruction de leur maison ? Ils venaient s’entasser le long de la rivière, bâtissaient des habitats de fortune, connaissaient la malnutrition et attendaient certainement, avec cette patience propre aux asiatiques, des jours meilleurs. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au delà de mes difficultés, les leurs étaient bien plus grandes. Certes, je n’étais pas au paradis, mais j’habitais dans une maison en parpaing, j’avais un lit que je partageais avec Nat, la bonne de ma tante Sam Saoun et de mon oncle Kheo, je mangeais à ma faim, mais jamais avec le reste de la maisonnée. Mes cousins et cousines, Smakly, Nany, Rithy, Kahna et Raymonaa mangeaient avec Saoun. Kheo, qui était agent des douanes, avait été muté à la frontière vietnamienne, et le seul qui aurait pu contrer les penchants de cette méchante femme, était bien trop loin pour m’aider en quoique ce fut. Si à l’époque j’avais lu « Les misérables » de Victor Hugo, j’aurai pu me surnommer Cosette, mais étant depuis ma naissance habituée aux difficultés, j’avais acquis à la fois la carapace suffisante et la volonté de réussir mes études pour faire face à tous les signes d’in affection que me prodiguait généreusement la tante Saoun.

Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.

J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !

De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.

J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.

Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.

Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?

Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.

Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…

Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.

Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.

La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.

Temoignage 3 Reang Keesei

Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.

Le cheval blanc m’avait laissé.

Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation

Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
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Crocodiles à Darwin (Australie) et aller en barque dans la Mangove (Sihanoukville)?
bonjour

j'ai une phobie terrible : les crocodiles (meme à la tv j'ai de l'eau qui me coule dans le dos de trouille, un enfer. Il est impossible pour moi d'aller voir ma mère à Darwin en australie!!!)

On m'a proposé d'aller en barque dans la mangrove près de Sihanoukville, y en a t'il ? (pas de blague, je risque la crise cardiaque) pour info j'ai pas du tout peur des serpents, arraignées, insectes....

amicalement valérie
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Itinéraire de 3 semaines au Cambodge
Bonjour à tous,

Me voilà dans le hall d'aéroport en direction du Cambodge et je viens à mon tour soumettre mon itinéraire de 3 semaines à vos précieux conseils avisés.

J'atterrirai le 1er novembre au soir à Siem Reap et compte sortir du territoire par la frontière terrestre vers le Laos le 21 novembre. Bien évidemment que je souhaiterais avoir le temps de tout pouvoir découvrir... Mais ce n'est pas le cas et je me suis donc concentrée sur ce qui me plairait le plus :

Jour 1: arrivée à Siem Reap le soir, dodo! Jour 2 à 4: temples d'Angkor Jour 5 et 6: alentours de Siem Reap (notamment Me Chrey avec kayaking) puis bus de nuit vers Sihanoukville le 6 au soir. Jour7: arrivée tôt le matin à Sihanoukville puis bus vers Andoung Tuek + bateau vers Chi-Phat et les Cardamoms Mountains. Jour 8 à 10: trek de 3 jours et 2 nuit à Chi Phat (ou 2 jours et 1 nuit + autre activité sur place) Jour 11: trajet vers Phnom Penh avec arrivée en fin d'aprém je suppose. Petit tour en ville. Jour 12 et 13: Phnom Penh Jour 13 au soir ou jour 14 au matin: bus direction Sen Monorom (Mondulkiri) --> Est-ce que vous savez s'il existe un bus de nuit pour faire ce trajet de 8h? Dans le LP, ils ne parlent que d'un bus partant à 7h30 ce qui fait donc perdre une journée :-(.

Jour 14: Arrivée à Sen Monorom. Jours 15 à 18 : trek de 3 ou 4jours Jour 19 tôt le matin: bus vers Kratie + premières découvertes du Mekong Jour 20: Kampi et dauphins Jour 21: direction la frontière terrestre et le Laos.

Je orends avec plaisir vos conseils et commentaires. Et non, pas de plage pour moi cette fois-ci :-)

Sophie
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Siem Reap - Sen Monorom par bus
Bonjour à tous, nous nous rendons au Cambodge en février et, après avoir visiter le lac Tonlé Sap, nous souhaitons nous rendre à Sen Monorum. J'ai lu sur un site qu'il existe des bus qui relient ces 2 villes mais l'article date de 2010 ... Quelqu'un pourrait me renseigner sur le sujet ?

Merci 🙂 Marc-antoine
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Francophones à Sisophon, Cambodge?
Bonjour, J'habite à Sisophon au Cambodge depuis quelques jours, je suis professeur de français à l'université Bantey meanchey... Je sais qu'il y a des Coréens, des japonais et des Americains qui vivent à Sisophon. Y-a-t-il des Français, ou des citoyens de pays francophones???? Olivier.
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"La longue quête" par Kroussar (Cambodge)
il me faut vous parler d'un ouvrage AUTHENTIQUE écrit par un ami , KROUSSAR , qui est au Cambodge depuis 1973 ; ce récit est si fort , si exceptionnel , qu'il me faut le partager avec vous ;après lecture vous aurez tellement été boulversé que vous n'aurez qu'une envie :, partager avec d'autres les aventures folles de cet homme hors du commun , qui malgré ses actes héroiques , refuse l'étiquette de héros , tant son humilité , son honnêteté sont grandes . ceci se passe avant -pendant - après la période des khmers rouges ; jeune officier du renseignement militaire il est envoyé en mission spéciale au Cambodge pour faire de l'espionnage électronique , sur fond de guerrilla entre: l'armée royale , les vietnamiens , les khmers rouges et les odieux bombardement américains , notre ami tombe, follement amoureux d'une superbe Cambodgienne , avec laquelle il a un enfant ; mais ceux ci sont enrôlés de force par les khmers rouges , dès lors il n'a qu'une seule obsession : les libérer du camp de Pol pot .rien que çà ! plusieurs tentatives seront nécessaires , des allers et retours dans la jungle où les mines , les viets , les khmers rouges, devront être évités , non sans morts ! pourra t'il réussir cette folie ? cet homme intègre est aussi partagé entre sa famille en France , et cette nouvelle famille Khmer mais aussi ses missions en Guyane , en Europe , qui toutes doivent restées top secret , après des drames , des morts d'amis si chers, il aura une seconde vie à la fin ces guerres odieuses , où , il trouvera enfin une relative paix , dans ce pays qu'il aime tant . cette lecture ne pourra vous laisser indifférent ; , sachant que TOUS les faits et personnages sont réels on a vraiment envie de mieux connaitre ce héros malgré lui . son érudition vous surprendra ( physicien , ingénieur, , dépositaire de brevets en détection , astronome éclairé , archéologue en archéologie des temples d'Angkor, en civilisations anciennes et disparues etc ) pas encore publié en librairies , il est publié sur le site de "mon BestSeller .com " à roman HISTORIQUE , "la longue quête" , KROUSSAR, Camboge; c'est gratuit ! où à voir sur google . exotisme, aventures , amour passion , culture, découvertes , sont au rendez vous ! bonne lecture et tenez moi au courant ; conseil: sur le site , lisez bien les COMMENTAIRES , vous ne pourrez que dévorer cet ouvrage , tant ils sont élogieux , beaucoup parlent d'en faire un film ! à suivre . Jacques
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Cambodge - Décés de Van Nath...
Vann Nath. Il s'est éteint ce lundi 5 Septembre à Phnom Penh en début d'après-midi.

"En témoignant, j'apporte un réconfort aux morts" Vann Nath a été interné au centre de torture des Khmers rouges. Pour échapper à la mort, il a peint "Frère numéro un", Pol Pot. Aujourd'hui, il ne peut rien oublier de ce temps-là.

DE PHNOM PENH Quand on a demandé à Vann Nath de représenter sa vision de l'avenir, il a choisi les couleurs les plus éclatantes et peint un énorme bouquet de fleurs surmonté d'un papillon resplendissant. C'était de l'humour noir : les fleurs occupaient un tout petit coin d'une peinture incarnant l'horreur, un sinistre catalogue des malheurs et de la mort, des guerres et des souffrances, avec des vautours affamés, des éclairs et des monceaux de crânes humains. "Je veux juste expliquer", indique le peintre, un homme à la chevelure blanche dont les épais sourcils noirs sont blancs à leur extrémité comme les ailes d'un oiseau.

"Même quand on a l'impression que tout va bien, tout peut basculer d'un moment à l'autre." Vann Nath, 56 ans, a vécu un tel calvaire que sa peinture et son pessimisme semblent presque en dessous de la vérité. C'est l'un des sept survivants du centre de torture S 21, connu aussi sous le nom de Tuol Sleng, où plus de 17 000 personnes ont trouvé la mort. Et c'est l'un des trois seuls rescapés encore en vie. Selon ses propres termes, la vie a été pour lui un cadeau déconcertant, et la mémoire est sa malédiction. "Je veux oublier, dit-il, mais cela ne sert à rien. Je suis incapable d'oublier la moindre parcelle de ce que j'ai vécu. Quand j'y repense, je suis encore terrifié, même vingt ans après." On entendait des cris le matin et la nuit, raconte-t-il. Des cris d'hommes torturés "hurlant de toutes leurs forces", et des cris d'enfants enlevés à leurs mères pour être exécutés. "Quand cela devenait insupportable, on se tournait et on se regardait. On se parlait avec les yeux. On se disait : est-ce que cela va nous arriver à nous aussi ?"

Comme la plupart des Cambodgiens, Vann Nath est issu d'une modeste famille de paysans, qui a été dispersée et envoyée dans des camps de travail lorsque les Khmers rouges sont arrivés au pouvoir. Pour des raisons qu'il ne connaît toujours pas, il a été brusquement arrêté, mais son expérience de peintre d'affiches de cinéma l'a sauvé. Un jour, on l'a appelé, on lui a enlevé ses chaînes et on lui a fait peindre des portraits d'un homme qu'il ne connaissait pas, Pol Pot, le chef des Khmers rouges. Vann Nath a peint pour sauver sa vie. "A chaque coup de pinceau, j'espérais qu'ils apprécient mon travail et qu'ils me laissent la vie sauve", se souvient-il. Tout en caressant de son pinceau le visage de Pol Pot, il entendait les hurlements des prisonniers. En janvier 1979, quand l'armée vietnamienne a mis fin au régime des Khmers rouges, Vann Nath a été l'un des sept détenus à s'enfuir en profitant de la confusion. Environ 1,7 million de Cambodgiens avaient été exécutés ou étaient morts de faim ou d'épuisement. Le Cambodge ne comptait plus que des survivants traumatisés et d'anciens tortionnaires : nul ne sortait indemne de ces années d'horreur. La tâche qui attendait le peuple était à la fois simple et écrasante : continuer à vivre.

Au début, Vann Nath est retourné au S 21, chargé de peindre non plus Pol Pot, mais ses victimes, plus précisément des scènes de torture et de famine destinées à être exposées à Tuol Sleng, l'ancienne prison transformée en musée du génocide. Quand il a été enfin libre d'affronter l'avenir, il a commencé à se reconstruire un univers. Il a rejoint l'armée, a peint des bannières de propagande et travaillé comme dessinateur. Puis, avec sa femme, il a ouvert un petit restaurant et s'est installé dans le train-train quotidien, dans l'espoir de se replonger dans la vie de M. Tout-le-Monde. Mais il a vite compris que c'était impossible : où qu'il aille et quoi qu'il fasse, Vann Nath était entouré par les âmes des 17 000 codétenus qui ont péri en prison. Lui-même avait survécu, mais sa vie ne lui appartenait plus. Dans ses gestes quotidiens les plus simples, il représentait les morts ; il mangeait, dormait, parlait et respirait pour eux. Prisonnier de son passé, Vann Nath a alors entrepris de raconter son histoire - leur histoire - en donnant des interviews aux chercheurs et aux journalistes et en publiant un petit ouvrage, intense et vivant, sur ses années de détention. "Je me dis qu'en parlant je peux apporter un réconfort aux morts."

Mais c'est loin d'être un soulagement pour lui. Chaque interview est un calvaire. Son esprit est aujourd'hui occupé par un nouveau projet visant à soulager l'existence des survivants du génocide tout en honorant leur passé. Il s'agit d'une maison de repos où l'on s'occuperait des rescapés vieillissants et où l'on accueillerait les jeunes désireux d'apprendre. "Je pense que les gens qui ont vécu l'époque de Pol Pot ont une expérience particulière, dit-il. Il est important qu'ils enseignent aux jeunes ce qu'ils ont connu et ce qu'est la souffrance." Ces questions tournent dans sa tête depuis plus de vingt ans. Elles hantent ses souvenirs, ses rêves et, inévitablement, sa vision de l'avenir. La nuit, dans la petite cour où il peint aujourd'hui des scènes bucoliques de paysans et de pêcheurs, il aime s'allonger dans son hamac et contempler le ciel et les étoiles. Il imagine qu'il s'échappe dans un monde meilleur, comme il le faisait lorsqu'il regardait le ciel à travers les barreaux des fenêtres de la prison. "Je me demande en regardant le ciel si des gens vivent sur d'autres planètes et à quoi ressemble leur vie, raconte-t-il. Vivent-ils comme nous ? Souffrent-ils comme nous ? Je me dis parfois que, si leur vie est différente de la nôtre, s'ils ne connaissent pas la souffrance qui est la nôtre, ce doit être formidable de vivre sur l'une de ces planètes."

http://www.courrierinternational.com/article/2004/02/05/en-temoignant-j-apporte-un-reconfort-aux-morts

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Les amoureux du Cambodge, et que son âme puisse reposer enfin en paix ....
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Le Cambodge et nous, une histoire d’amour!
Déjà dans l’avion nous étions impatients de retrouver l’Asie du sud est. Quand nous posons le pied a Bangkok, nous sommes tout a coup heureux de retrouver cette ville. De retour dans le quartier de Khaosan nous nous sentons comme a la maison et reprenons vite nos petites habitudes : hôtels, restos, massages… et sorties ! En effet, nous n’avons pas arrêté d’enchainer les soirées. Le premier jour nous nous sommes rendus à l’ambassade du Myanmar pour obtenir nos visas. Si nous sommes repartis sans nos passeports, nous ne sommes pas rentrés sans de nouveaux amis ! Et la soirée fut longue ! Cela aura eu des conséquences sur nos plans en anéantissant le programme culturel prévu initialement. Car comme nous vous l’avions annoncé nous avons retrouvé nos tres fameux « Doudous » qu’on ne présente plus et là aussi, la fête dura tard dans la nuit.

Apres avoir récupéré nous arrivons tout de même a dégager un peu de temps pour explorer des recoins de Bangkok que nous ne connaissions pas encore. C’est ainsi que nous visitons le musée Vinmamek, l’ancienne demeure du Roi Rama V. Il s’agirait de la plus grande maison en teck au monde. Le jardin est sublime et une fois à l’intérieur, nous n’en croyons pas nos yeux. Une vraie maison de roi. Aucune fausse note, aucun mauvais gout, les couleurs et les matières se marient à merveille. Un peu plus loin dans la ville, nous découvrons avec joie Chinatown, le quartier chinois. En arrivant, nous replongeons immédiatement dans nos souvenirs de l’empire du milieu, on s’y croirait ! Nous en profitons d’ailleurs pour y gouter quelques Dim-sum dont nous raffolons avant de nous perdre dans le dédale des ruelles encombrées par un nombre inimaginable de marchandises en tous genres.

Je saute quelques étapes (bus, frontière et compagnie) pour arriver au Cambodge (nous avons décidé d’y retourner sur un coup de tête) dans la ville de Battambang, 2ème ville du pays. L’activité à ne pas manquer, ici, c’est le bamboo train. Pour quoi ce nom ? Par ce que c’est précisément une planche de bambou entrainée par deux essieux sur une voie ferrée. L’assemblage est plus que précaire et j’avoue que je n’étais pas entièrement rassurée quand le moteur s’est mis en marche.Une fois en route, on a le vent dans les cheveux, l’air de la campagne sent bon, il fait un temps magnifique et bien que le bamboo train n’ait rien d’extraordinaire, on s’amuse énormément. Au fait, a votre avis si quelqu'un arrive en face, comment fait on ? Et bien on démonte !

A l’arrivée des enfants nous amènent chez eux pour nous montrer le serpent qu’ils ont capturé. On dirait un énorme boa, il est impressionnant ! Revenus a notre point de départ notre chauffeur de tuk-tuk nous propose de déguster a une spécialité locale, le rat grillé. Je dois admettre que l’odeur est agréable, mais ils n’arriveront pas à me convaincre d’y goûter. Julien en revanche se prête au jeu de bon cœur… Verdict : Il a trouvé ça délicieux !

Nous partons ensuite pour un site un peu excentré (Phnom Sampeu), a 12 km de la ville. C’est l’occasion de faire un peu d’exercice, cela faisait longtemps que je n’avais pas (pu) marché. Nous partons donc à pied pour l’ascension de cette petite montagne. Nous visitons des grottes fort jolies mais dont le passé sanglant (les khmer rouges y ont tués plus de 10.000 personnes) nous refroidi quelque peu. Au sommet, s’élève un joli temple, envahi par les singes, qui offre une belle vue panoramique sur les environs. Le lendemain nous poursuivons les excursions mais bien évidement à moto ! Après un petit déjeuner (ignoble) dans une gargote au bord de la route (on ne fait pas toujours de bons choix), le premier site en vu est le Wat Banan et sa montagne. Ils se trouvent à 22 km. La route est agréable, malgré un soleil de plomb. Quand nous arrivons sur place. S’élève devant nous un immense escalier. Des jeunes filles armées d’éventails proposent aux touristes de les escorter, promulguant même quelques massages en cours de route, en échange de quelques dollars. Au sommet, le temple en ruine offre un décor de cinéma, il y règne une atmosphère sereine et paisible qui donne à l’ endroit énormément de charme. Plus tard dans la journée, nous explorons le Wat Ek, au nord de Battambang. La route pour s’y rendre est sublime. Apres la visite, nous décidons de rentrer par les petites routes. Les enfants (et souvent même les adultes) nous sourient et nous saluent sur notre passage. Décidément, nous aimons ce pays !

Le soir venu, je suis épuisée d’avoir tant marché ! J’ai peine a croire que j’ai pu faire l’Himalaya il y a quelques mois a peine ! Ceci dit, c’est bon signe, je récupère ma mobilité.

Nous nous rendons ensuite dans une petite ville oubliée des touristes appelée Pursat. L’attrait principal de cette grosse bourgade est un village flottant qui se situe à peu près à 70km de là. Nous partons en tuk-tuk. Quand celui-ci s’engage sur le chemin qui mène au floating village, nous sommes assez surpris car les abords sont plutôt sales (nous apprendrons par la suite que ceci est du aux travaux en cours) et cela réveille les mauvais souvenirs que nous avons de celui de Siem Reap. Nous embarquons tout de même, mais étant en saison sèche, le niveau du lac a énormément baissé et l’eau saumâtre a une odeur pestilentielle. Fort heureusement, dès que nous avançons un peu vers des endroits plus profonds ces effets se dissipent et nous découvrons un village particulièrement intéressant et très vivant. Il y a un nombre de maisons incroyable (nous n’arriverons pas a savoir le chiffre exact). Nous passons devant des magasins et ateliers en tous genres dont certains sont des plus modernes et proposent téléphones portables dernier cris, téléviseurs et éléments de sono. Nous passons devant l’école et entendons les enfants réciter la leçon quand tout à coup nous arrivons devant l’église du village ! Dans ce pays a forte tendance bouddhiste, on peut dire que cela nous a beaucoup surpris.

A notre retour, nous partons promener dans Pursat. De jolis bâtiments attirent notre attention et c’est ainsi que nous pénétrons sans le savoir dans un monastère. Un des moines nous interpelle. Des cours ont lieu ici et après avoir discuté quelques instants, il insiste pour que nous allions dans les classes dialoguer avec les élèves. Nous nous prêtons volontiers au jeu. L’expérience fut très amusante et c’est un souvenir que nous ne risquons pas d’oublier. Nous regrettons d’ailleurs d’avoir déjà acheté notre billet de bus pour repartir le lendemain sinon nous serions revenus une journee de plus, pour partager encore davantage avec ces enfants et adolescents.

Apres Pursat, afin de nous diriger vers le sud, nous avons du faire étape à Phnom Penh. Arrivés à la mi-journée dans une guesthouse sympathique, nous flânons un peu dans les rues de la ville que nous avons plaisir à retrouver. Cependant, rien de nouveau à découvrir et nous ne nous y attardons pas plus. Des le lendemain matin nous sautons dans le bus en direction de Kâmpôt. Départ 9h30 et seulement 150 km à parcourir, nous pensons pouvoir profiter des joies de la mer le jour même. C’était sans compter sur la panne qui nous cloua près de 5heures en plein cagnard sur le bord de la route. Cela aura eu au moins l’avantage de nous faire faire des rencontres.

Dès le lendemain matin, c’est le scenario habituel : location de moto ! Nous commençons par visiter Kep, jolie ville côtière dont les crabes savoureux valent largement leur réputation. Apres avoir profité du littoral, nous partons dans les terres découvrir les plantations de poivre. Le poivre de Kâmpôt a la réputation de compter parmi les meilleurs poivres du monde rivalisant avec les célèbres poivres du Sichuan et de Cayenne. Une fois chez le producteur nous jetons notre dévolu sur du poivre blanc dont le parfum nous séduit. Cependant, reste à prouver que nous ayons fait une bonne affaire, il paraitrait que certains producteurs ne respectent pas les chartes de qualité ! Avoir… Nous avons tout de même pris plaisir en visitant l’exploitation. Dans les environs, nous visiterons également quelques grottes, escortés par des enfants qui jouent les apprentis guides.

C’est ainsi que se termine cette première de nos deux semaines au Cambodge, pays que nous avons, comme vous pouvez le constater, vraiment plaisir à retrouver.

La suite de nos aventures (passees ou futures) et toutes nos photos sur notre blog http://les-choux-chinois.over-blog.com/
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Faire un voyage routard au Cambodge ou au Laos?
Il y a sûrement du y avoir déjà un sujet à ce propos mais j'aimerais bien avoir, pour ceux qui y sont allés, un avis sur la question: quel pays préférez vous entre le Laos et le Cambodge??? Question plutôt destinée aux voyageurs routards qui aiment faire la rencontre des gens et qui s'éloignent un peu des sentiers battus.
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Rega Guest House à Phnom Penh
bonjour à tous, je vais bientôt partir au Cambodge pour un stage de 4 mois. Je vais normalement loger à la Rega Guest House et au vue des commentaires, ca à l'air simpa mais j'ai une petite question à vous poser, à vous, connaisseurs!!! Y a t-il internet dans la guest house? Merci à tous pour vos réponses et pour votre aide sur les différents forums, vous êtes des 😇.
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Nouvel An Khmer au Cambodge?
Bonjour,

je voulais savoir comment se passe le nouvel an Khmer au Cambodge? Les dates exactes sont 13, 14, 15 avril ? Pendant ces jours là, les transports, magasins ... sont-ils fermés ?? A votre avis faut-il prevoir de réserver les hotels pour ces dates (je serai à priori dans le coin de Kep à ces dates, voir dans la capitale ...). En gros le pays est-il au ralenti ou au contraire ....

merci à tous a+

gtl
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Cambodge à la mi-février
Bonjour à tous,

c'est pour nous l'époque des questions, à savoir où va t-on aller mi fevrier ? On a deja nos billets pour Bangkok pour nous et nos 2 filles de 5 et 7 ans (eh oui elles ont pris un an depuis l'année derniere 😉 ) On est sur le point de partir direct pour le cambodge. On va leur eviter le trajet bus alors on compte prendre l'avion jusqu'a phnom-penh, et retour pareil a priori.

Mais on se pose qq questions existencielles apres la lecture de quelques compte rendus contradictoires : les thais aimaient bien tripoter les joues de nos filles l'annee derniere dans la rue, c'etait touchant et amusant, et pas trop genant pour elles. On a lu que ca pourrait carrement etre l'assaut au Cambodge, et la ca nous plairait un peu moins, surtout a elles qui sont assez reservées. Est-ce vrai dans les endroits courants (PP, Siem Reap, Sihanoukville) ? certains parlent beaucoup de mendicité, handicapés, estropiés... est-ce vraiment si visible et reel au Cambodge ? Qqun nous dit que ca se voit quasiment pas, sauf a s'enfoncer dans les meandres des marchés, d'autres disent le contraire. pour les reposer apres quelques vadrouilles dans le pays, on passerait bien quelques nuits du cote de Sihanoukville, est-ce que certains auraient des adresses de bungalows sympas et sur la plage, genre 700 à 1000 bahts (20 euros) pour une triple (on est 4, et oui je sais c'est en thai les bahts !) au passage on prend des adresses sympas sans la plage a PP et Siem Reap...

En gros on hesite entre des vacances cool genre centre de la thailande puis iles cote ko tao ou iles du sud ouest (l'annee derniere on etait parti pour koh chang), ou des vacances un peu plus bougeantes mais qu'on ne voudrait pas trop rudes encore (on a encore le temps d'emmener nos filles routarder à la rude).

NB. je vais aussi recontacter en direct Hevia avec qui on avait echangé deja sur la thailande. Je dis ca pour Alan avant qu'il me suggere cette idée 😉

Merci 🙂 Namast
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Destination Cambodge - retour aux sources
Bonjour,

Je suis d'origine cambodgienne et je vais au Cambodge de fin avril à fin mai. C'est la première fois que je vais en Asie et d'autant plus dans mon pays d'origine.

Ayant découvert ce forum récemment, je souhaiterais avoir quelques conseils :

1- pour l'habillement : Il paraît que le climat est étouffant (très sec en journée et pluie en fin de journée). Avez-vous des conseils ?

2- pour les transports : Pour aller de PP à Siem Reap, est-il préférable de prendre l'avion ou le car ? Quelle est le meilleur compromis Coût / Qualité / durée trajet ?

3- Pour les plages : conseilleriez-vous sihanoukville ou Kep ? Est-il facile de faire le trajet PP -> Kep ? Car d'après la cartographie il semblerait que Sihanoukville soit plus accessible.

4- Y a-t-il une communauté française à PP?

5- Est-il sécure pour des femmes seules de visiter le Cambodge ? Ou vaut-il mieux demander à un guide de nous accompagner ? Je souhaite aller à PP / Siem Reap / Angkor / Kompong Cham / Sihanoukville ou Kep

5- Spectacles / Sortie : j'ai noté qu'il est intéressant d'aller voir l'école des beaux arts de PP. Avez-vous d'autres conseils de ce genre pour la danse notamment ?

Merci d'avance pour vos réponses.

Sophie
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Film d’horreur à S-21 - Atteinte à la mémoire pour les uns, liberté de création pour les autres
On ne peut qu'être dubitatif, interloqué, soupçonneux, indigné ou ..... devant cette nouveauté de la télévision thailandaise dont " Cambodge soir " nous livre ici les turpitudes à venir ....

Doit on au nom de la télé réalité livré la mémoire douloureuse de tout un pays aux écrans de télévision, à seule fin de distraire des téléspectateurs en mal de sensations, et celà au risque de faire passer le génocide khmer pour " péripétie de l'histoire " ...... ? doit on renier tout un passé dont on peut relever les stigmates à chaque coin de rue dans Phnom Penh .... ? doit on faire passer la douleur de tout un peuple au compte " profits et pertes " afin de distraire les spectateurs d'une petite lucarne, qui n'auront même pas ( pour certains ) l'émotion d'un moment quant à se remémorer des événements dont plusieurs téléspectateurs n'auront sans doute jamais entendu parler ......

Moi, j'aime le Cambodge .... alors je suis surpris et un peu consterné que l'on utilise ces événements, en les détournant quelque peu, pour en faire un jeu, mais vous qu'en pensez vous ...... ?

Cambodge Soir - “Un ancien collège transformé en prison. 17 000 morts se réveillent...” Ainsi débute la bande-annonce diffusée sur internet de Ghost Game, un film d'horreur thaïlandais qui sort demain sur les écrans du royaume voisin. Le film, qui met en scène fictivement onze jeunes candidats à un jeu de téléréalité, se déroule dans un musée qui fut autrefois une prison baptisée S-11 où furent “torturés et tués de nombreux innocents durant la sanglante guerre” d’un pays fictif, le “Gambodia”. Selon le quotidien thaïlandais The Nation, les 11 acteurs du film sont les vrais participants de la première saison d’une véritable émission télévisée thaïlandaise diffusée sur UBC, “Academic Fantasia”, à qui on a demandé d’étalonner leurs talents d’acteurs en herbe dans cette mise en abîme fictive de la téléréalité. Dans le film, leurs personnages sont invités par la production de l’émission à provoquer la colère vengeresse des esprits de la prison, le candidat le plus endurant empochant la somme de 5 millions de baths. Si le scénario de ce film ne se déroule pas officiellement au Cambodge, plusieurs responsables du ministère cambodgien de la Culture estiment que les allusions au centre de torture S-21 sont trop explicites pour le considérer comme une simple œuvre de divertissement. “Il est indigne d’utiliser un centre d’exécution comme un terrain de jeu, estime Som Sokun, sous-secrétaire d’Etat en charge du cinéma. On se sert de l’esprit de morts qui ont vraiment existé pour un simple jeu. C’est une atteinte à l’histoire récente de notre pays”. Pour le secrétaire d’Etat à la Culture Khim Sarith, qui juge ce projet “indigne”, les marges de manœuvre des autorités sont cependant étroites car le film ne se déroule pas officiellement au Cambodge. Le réalisateur du film, cité par The Nation, reconnaît néanmoins que même si le lieu de l’action a été rebaptisé S-11 au lieu de S-21, “la référence au violent passé de Phnom Penh est évidente”.

Kong Kangtara, directeur du département de cinéma, précise que la maison de production NGR lui a envoyé un scénario en juin 2005 pour obtenir une autorisation de tournage au Cambodge. “Nous avons refusé car il y avait trop d’inexactitudes, explique-t-il. La prison s’appelait S-22, et se trouvait au fond d’une forêt. Nous leur avons demandé de corriger ces erreurs, mais ils n’ont pas donné de nouvelles. Il est clair que cette fiction est inspirée du génocide cambodgien, nous allons demander au gouvernement de réagir”. L’équipe de tournage s’est finalement contentée de faire des recherches et de prendre des photos à Toul Sleng, pour réaliser le film en Thaïlande.

Mais tout le monde ne se formalise pas du fait que le génocide khmer rouge soit ainsi détourné au profit d’un film à grand spectacle. Le deuxième secrétaire de l’ambassade thaïlandaise Songchai Chaipatiyut, qui a vu la bande-annonce sur une chaîne de télévision thaïe, estime qu’il s’agit d’une fiction et que la référence à Toul Sleng n’est pas évidente. Se référant à la liberté de création, le ministre de l’Information Khieu Kanharith juge lui aussi qu’il s’agit d’une fiction et que le film ne pose donc “aucun problème”. “Le film ne se passe pas officiellement à Toul Sleng, le réalisateur est donc libre de faire ce qu’il veut. Des Thaïlandais ont déjà fait un film sur les combats entre Son Sann et Heng Samrin, et personne à l’époque ne s’en était formalisé. Croyez-vous que les Cambodgiens soient les seuls autorisés à faire des films sur S-21?”.

Source : Cambodge Soir, Chheang Bopha
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Suor Sdei Chhnam Thmei aux amoureux du Cambodge.....
14 Avril, 6H48 c'est le Nouvel An khmer et bonne année à tous les amoureux du Cambodge, avec une pensée spéciale pour le membre thebubs pour qui ce mois ci marque un événement marquant dans sa vie ......

Au temps de la gloire d'Angkor, les patriarches des Cambodgiens modernes ont adopté le calendrier lunaire calculé en fonction de la marche de la lune, laquelle détermine les saisons.

Certains missionnaires étrangers avaient signalé vers la fin du 13e siècle que la "Nouvelle Année" chez les Khmers tombait le mois de Mikasira, premier mois du calendrier lunaire. Depuis le 7e siècle, les Khmers ont adopté un nouveau calendrier qui fait que le Nouvel An tombe le cinquième mois, soit le 13 avril ou 1e 14 avril du calendrier chrétien.

Cette année le Nouvel An khmer commencera le 14 avril à 6h 48.

C'est la déesse Kemara Devi, sixième fille de Kabel Moha Prum et redoutable croqueuse de bananes, qui enfourchera son destrier ce vendredi (14 avril) autour de 6 h 48 précisément pour accompagner la nouvelle année.

Selon Im Borin, du comité de recherche astrologique et des mœurs khmers, auteur du livret des prédictions de l'année, les pluies devraient être régulières au milieu de l'année mais être particulièrement abondantes à la fin de l'année, avec risque d'inondation. Les températures devraient quant à elles se montrer clémentes. Autant de conditions climatiques qui devraient se révéler favorables à l'agriculture, conclut-il.

L'entrée de la nouvelle année, selon l'astrologie, est fixée pendant trois jours; le premier jour s'appelle "Moha Sankranta", du sanskrit Sankranti, la grande marche, le deuxième "Vanapata" et le troisième "Loeung Sak", entrée dans le nouveau millésime. D'ordinaire, les cloches et des tamtams des pagodes annoncent l'arrivée du Nouvel An mais les habitants, presque dans tous les villages, commencent par la célébration de l'accueil, depuis le matin du premier jour, de la nouvelle Devata, par l'érection des Monts de sable et par l'invitation des bonzes pour officier le Dharma, la loi bouddhique, bien que le Nouvel An arrive quelquefois tard dans la nuit, parce qu'aux temps modernes, le calendrier traditionnel khmer est établi en fonction de la double marche du soleil et de la lune. Dans la matinée du deuxième jour ont lieu les offrandes de l'aumône aux moines, et dans l'après-midi du même jour, on les invite à se baigner, après quoi, trois d'entre eux prêchent des sermons. Le troisième jour, on invite les parents, patriarches, guru (maîtres, chapelains) à prendre le bain, on demande aux bonzes d'officier des vœux aux trois joyaux (le Bouddha, le Dharma, le Sangha), aux mânes des parents et des défenseurs de la patrie et, enfin, on élargit des animaux, surtout des oiseaux, qu'on achète au marché.

A noter que les Cambodgiens ont l'habitude d'aller célébrer le Chaul Chhnam dans la pagode où l'on organise un orchestre traditionnel de Pinpeat afin, en double rôle, d'accompagner la fête et d'accueillir la venue du Nouvel An; cet orchestre n'est pas obligatoire chez les gens.

Quelques jours avant le Nouvel An, les Cambodgiens, chef de famille et leurs enfants, entreprennent chez eux et, en plus, à la pagode, les décorations avec des fleurs des lanternes multiformes, des bougies et bâtonnets d'encens fichés sur des Monts de sable, ornés en plus de tentures et oriflammes multicolores de papier, construits tout près de la maison. En certains villages du pays, on a la coutume d'établir les monts de paddy au lieu de ceux de sable, ou bien on en érige tous deux à la fois.

Outre les rites traditionnels durant trois jours, les gens, surtout les jeunes aiment s'adonner autant de jour que de nuit aux danses et jeux populaires, tels que l'angkunh (sorte de jeu utilisant des graines naturelles servant de billes), le jeu de Chol Chhoung, (lancer de balle faite d'une écharpe roulée accompagnée de chants), le jeu de Leak Kansèng (cache de l'écharpe aussi roulée), le jeu de halage de lanière, de Chap Kaun Khlèng (l'épervier et les poulettes), de Laut Anteak (saut du filet), de Anteak Kach, (la foudre frappe), de Khsep Ta Prohm, Ta Prohm désire; parmi les danses, on note le Trot mimant la chasse d'un cerf par un chasseur; la ronde Roam Vong, de chants alternés "le Ayaï" et l'interprétation de Yiké, (forme de théâtre chanté connu au Cambodge depuis des siècles, voire même le 8ème siècle.

Il est à signaler qu'à présent, certains jeux populaires disparaissent, tels sont le jeu de Dandoeum Phlè Daung (s'emparer de la noix de coco graissée), le jeu de polo dans la nuit, le jeu de jet de l'eau paquée rouge et celui de course de pirogues de bambous.

Et voilà que chaque tradition reflète une société ancienne, c'est ainsi qu'on peut reconstituer le mode de vie antérieure d'une nation à travers ses mœurs et coutumes. La nation khmère, tout au long de son émergence plurimillénaire, s'enrichit de cultures de portes couleurs du terroir.

De nos jours, par suite des besoins populaires, apparaissent de nouvelles distractions comme, par exemple le lancer de flèches, l'orchestre moderne, le cinéma, le théâtre, le cirque, .… Dans certains faubourgs, on invite un chanteur-troubadour moderne à guitare à long manche recourbée à raconter tel ou tel autre épisode soit légendaire, soit d'actualité et parfois même l'orchestre de Pinpeat ou de Mohori est invité à se produire dans un lieu prévu, surtout dans la pagode pour servir la Fête. Mais quant au milieu urbain des fourmilières humaines aux costumes multicolores déambulent dans des parcs ou bien longent le bord du fleuve, du lac pour se revigorer d'une bouchée d'air frais et d'un régal des yeux. De plus, elles vont découvrir et redécouvrir la nature magnifique aux abords des sites historiques ou bien elles visitent des musées et des établissements économiques ou culturels.

Fidèles à une habitude en passe de devenir une belle tradition depuis quelque trois ou quatre décennies, les Cambodgiens ruraux comme citadins, entreprennent, à l'occasion du Nouvel An, le pèlerinage de la capitale antique qu'était Angkor où, par endroits, ils dressent leur tente provisoire pour une agréable partie de camping ou de pique-nique pendant leur visite des temples de pierre sous un ciel bleu-clair d'avril.

Outre le jeu du lancer de l'écharpe roulée, le plus caractéristique du Nouvel An, les Khmers aiment aussi d'autres distractions, dont la danse populaire de "bois de cerf", la danse de Kap Krâbei Phoeuk Sra (mise à mort du buffle), celle de Ang-Rè, (danse aux pilons).

Le Chaul Chhnam chez les Cambodgiens est un fait très marquant. Tout le monde s'efforce à cette occasion de faire de bonnes actions dans son foyer, dans des voies publiques. On est censé faire un rite d'exorcisme de l'année passée pour recevoir le bonheur et la prospérité de l'An débutant.

Les roulements de tamtams, le carillon de cloches mêlées à des vœux et à des psalmodies saluent l'heure du Nouvel An tandis que les volutes de baguettes d'encens montent des petites chapelles de bois éclairées par des bougies aux bords des routes.

Dans certaines provinces ou régions, le Nouvel An est précédé et prolongé des jeux populaires pendant un mois avant et presque un mois après l'événement. On va se rassembler dans la pagode, dans les places publiques, dans les sites historiques ou touristiques pour faire la "boum", se distraire et, aux dires des anciens, inviter les mânes des ancêtres à rejoindre cette atmosphère heureuse et à célébrer la gloire d'antan...

SOURCE : AKP Phnom Penh, 13 avril 2006 --

Bonne année à tous et que votre chemin soit éclairé par la sagesse qui doit nous guider au cours du déroulement de notre destin .......

A bientôt,
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