Nous voilà donc de retour de ce beau pays qui ne laisse vraiment pas indifférent.
Nous avons organisé notre voyage avec l'aide de ce forum et juste retour des choses, j'essaierai de répondre aux questions. Nous sommes un couple plus si jeune 61ans fêté pour moi pendant ce voyage, ceci pour dire que sans dépenser plus qu'il ne faut nous essayons de voyager avec un minimum de confort, disons une douche et des toilettes dans notre chambre et nous essayons d'éviter les voyages de nuit.
Nous avons demandé l'aide de Ananda travel pour nous réserver nos chambres et nos billets d'avion intérieur et les transports en général. Un luxe que nous n'avons pas regretté. Tout était parfaitement au point et les hôtels ou guest house simples et plus ou moins confortables étaient toujours propres.
Du 10 au 12/1 Yangoon
Nous avions réservé nous même les 2 premières nuits à Yangoon à l'Ocean Pearl. Ils nous ont donné une chambre dans Ocean Pearl 2: 25 dollars pour une chambre étriquée, sans fenêtre et super mal insonorisée et nous n'avons pas eu de chance avec nos voisins!
A Yangoon, nous avons beaucoup déambulé dans les rues, pris le train circulaire et bien sûr visité la Shwedagon. En partie emballée pour cause de rénovation...
Des femmes bien alignées balayent dans la Shwedagon. Un rite dont on a pas eu l'explication.
Beaucoup d'animation dans le train circulaire et dans les rues:
Dans le train les vendeurs se succèdent.
Nous croisons un autre train:
Balades dans les rues de Yangoon animées et colorées:
Si on a un resto à vous recommander à Yangon près de la pagode Shwedagon, c'est le "Feel Myanmar Food". Une bien bonne manière de découvrir la cuisine locale et l'accueil birman.
12 au 15 janvier
Nous sommes partis en bus (super confortable) pour Moulmein. 6h30 de voyage. Moulmein est situé sur le Salouen au Sud Est de Yangoon. Petite ville bien tranquille, nous y louerons une moto pour aller jusqu'à un village de potier et voir le plus grand bouddha couché du monde... + de 200m de long et fameusement kitsh. Le lendemain, nous traverserons le fleuve sur le ferry pour aller sur l'île de Bilu Gyun ou nous serons bien surpris par la fabrique d'élastiques.
Le 15 on prendra un bateau réservé par Ananda pour aller à Hpa An.
à Hpa An, nous dormions au Parami Hotel mais nous sommes allés à la Soe Brother GH pour profiter des excursions organisées par Mr Soe. Le lendemain notre petit groupe formé d'un Australien, d'un couple de sud Africains, d'un couple d'Allemands et des deux Belges que nous sommes embarque dans le tuk tuk pour une belle longue journée à visiter les alentours enchanteurs de cette petite bourgarde.
Le lendemain nous louerons un tuk-tuk pour visiter des ateliers de tissage au village Eindu
Et pour terminer .. un coucher de soleil
Après 3 jours à Hpa-An, retour à Rangoon en bus et ensuite vol vers Kengtung..suite dans un prochain message
Je rentre d'un voyage de 3 semaines en Birmanie.
Voici quelques infos pratiques qui vous aideront peut-être à préparer votre voyage. Je répondrai avec plaisir à toutes vos questions complémentaires.
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Comme souvent, nous avons pris l'option d'en faire moins (ni MraukU, ni trek, ni plage ...) pour bénéficier de longues étapes et visiter chaque région tranquillement. Ce rythme nous a permis d'encaisser facilement les très longs transferts en bus et de quitter chaque région avec nostalgie mais sans regret.
Ven 5 Nov - Vols Singapore Airlines et SilkAir Paris/Yangon via Singapour -
Sam - Arrivée à Yangon vers midi
Départ pour Mandalay à 18h00 (bus : 7$ - durée 15 heures) - Nuit dans le bus
Dim - Arrivée à Mandalay à 8h40
Petit tour en ville et monastère de Shwé Nan Daw (vélo : 1 500 Ks) - Nuit à Mandalay
Lun - Pagode Maha Muni - Amarapura (vélo) - Nuit à Mandalay
Mar - Pagode Shwé Inbin - Inwa - Sagaing (taxi bleu : 10 000 Ks) - Nuit à Mandalay
Mer - Po Win Daung (taxi : 50 $) - Nuit à Mandalay
Jeu - Mingun (bateau : 1 500 Ks) - Pagodes au Nord de Mandalay (vélo) - Nuit à Mandalay
Ven - Descente de l'Irrawady (Express Boat : 16 $ - durée 10 heures) - Nuit à Bagan
Sam - Bagan (vélo : 1 000 Ks) - Nuit à Bagan
Dim - Bagan (vélo) - Nuit à Bagan
Lun - Bagan (vélo) - Nuit à Bagan
Mar - Départ pour le lac Inlé à 5h00 (taxi : 100$ à 4 - durée 9 heures) - Mont Popa - Nuit à Nyaung Shwé
Mer - Nyaung Shwé (vélo : 1 400 Ks) - Balade sur les canaux (canoë à rames : 1 500 Ks/h) - Nuit à Nyaung Shwé
Jeu - Pindaya (taxi : 30 $) - Nuit à Nyaung Shwé
Ven - Journée sur le lac (pirogue à moteur : 11 000 Ks) - Nuit à Nyaung Shwé
Sam - Kakku - Festival de Taungyi (taxi : 35 $) - Nuit à Nyaung Shwé
Dim - Départ pour Yangon à 13h (bus : 7 000 Ks - durée 20 heures) - Nuit dans le bus
Lun - Arrivée à Yangon (downtown) vers 8h00 - Nuit à Yangon
Mar - Rocher d'Or (bus : 2 500 Ks + camion-bus : 500 Ks/p) - Nuit à Kin Pun Camp
Mer - Départ pour Yangon à 11h30 (bus : 2 500 Ks) - Nuit à Yangon
Jeu - Marché Bogyoke - Musée - Pagode Shwé Dagon - Nuit à Yangon
Ven - Marché indien - Pagode Shwé Dagon bis ... - Nuit à Yangon
Sam 27 Nov - Vols SilkAir et Singapore Airlines Yangon/Paris via Singapour -
BUDGET :
Rappel : à ce jour, pas d'obligation de changer des US$ en FEC à l'arrivée toujours aucune transaction possible par carte bancaire (ni paiement, ni retrait) pas de change possible avec les traveler cheques.
Vous l'avez compris, il faut venir avec du cash et rien que du cash ... Cela dit, rassurez-vous, on voyage serein tant le risque de vol est faible (soyez quand même attentifs mais ne vous inquiétez pas outre mesure ...)
Nous n'avions pris que des $ en billets neufs : quelques grosses coupures de 100 $ pour le change et un bon paquet de petites coupures (20, 10 et 1$) pour le "quotidien".
Je ne peux pas dire si l'Euro est facilement changeable, je ne m'en suis pas préoccupée ...
Nous avons changé 200 US$ à Mandalay et 100 US$ à Bagan au cours de 900 Kyats (Ks, prononcez tchiat) pour 1 US$. Change effectué à l'hôtel à chaque fois. Ca a couvert nos 3 semaines, les grosses dépenses (hôtels et taxi) étant payées directement en US$.
Sur place (et pour nous 2) 995 $ dépensés, répartis en 341 $ d'hôtel pour 19 nuits 120 $ d'entrée de sites 534 $ de repas, boissons, transport ...
(je ne compte pas les achats de souvenirs)
GUIDES :
Guide du Routard 2004 - logistique - Très à jour. Pour une fois !
Lonely Planet version française 4è édition (Rocher d'Or en couverture) - N'est plus du tout à jour quant aux tarifs et aux informations générales : quasiment inutilisé.
Guide Bleu Evasion 2002 - culturel - De bonnes infos logistiques également.
TRANSPORTS :
1 - Vols
Nous avons fait le choix de Singapore Airlines : bonne compagnie, fiable et confortable (écran individuel, grand choix de films, documentaires, jeux ...). L'escale à Singapour est toujours un vrai bonheur.
Billets d'avion achetés en Juin sur Internet auprès de Go Voyages : http://www.govoyages.comRécupérés sans frais à leur agence rue de Cléry à Paris.
Prix = 787 Euros l'A/R
Taxe d'aéroport au retour : 10 $/p
2 - Bus
Yangon-Mandalay : 7$ par la compagnie Mann Shwe Pyi Express (durée 14, 5 heures)
Achat du billet directement à la gare le jour même grâce à l'aide précieuse du chauffeur de taxi.
Départ à 18h00 - Arrivée à 8h40 à la gare routière de Mandalay, à 11km du centre (3 000Ks en taxi bleu pour se rendre au centre)
Bon confort - A/C - Bouteille d'eau fournie - Pas de vidéo ni de cassette à tue tête - Nous avons bien dormi et n'avons eu ni chaud, ni froid.
Plusieurs arrêts pour se restaurer et se soulager.
Nous avons enchaîné le transfert en bus Yangon-Mandalay dès notre arrivée à Yangon. Pour éviter une nuit à Yangon, parce que nos bagages étaient déjà tout prêts, parce qu'on avait le rythme ... bref, ce qui sur le papier nous avait paru un peu fou s'est finalement fait tout seul ! On a dormi dans le bus, plutôt bien, et le dimanche à 9h, on était à l'hôtel, à Mandalay. On ne regrette pas cet effort qui finalement n'en fut un que dans la tête : celui de se dire, à l'atterrissage à Yangon, qu'on n'était pas encore arrivés ...
Pour ce faire, nous avons demandé au chauffeur de taxi de nous emmener à la gare routière pour Mandalay. Il nous annonce que la gare routière proche de l'aéroport de Yangon est désormais fermée et qu'elle a été déplacée à l'Aung Mingalar Bus Stadium. Beaucoup plus loin. C'est cela, oui !... Très dubitatifs au départ, nous avons fini par nous laisser emmener quand même et, il s'est avéré que toutes nos arrivées à Yangon (de Inlé ou de Golden Rock) nous ont finalement ramenés dans cette "nouvelle" gare routière (qui n'a rien de neuf, d'ailleurs). On n'a jamais vu de gare routière près de l'aéroport ... On a donc fini par y croire 😛...
N'ayant que des $ en poche, le chauffeur de taxi a payé nos billets de bus en Ks et nous l'avons remboursé en $.
Inlé-Yangon : 7 000 Ks par la compagnie Eastern State Express (durée 19 heures)
Achat du billet par notre hôtel
Départ à 13h00 à Shwé Nyaung, à qq km de Nyaung Shwé (5 000 Ks en taxi pour s'y rendre)
Arrivée à Yangon, downtown, après s'être arrêté à l'Aung Mingalar Bus Stadium qu'on a reconnu (2 000 Ks en taxi pour se rendre à l'hôtel).
Plus rustique - A/C - Bouteille d'eau - Vidéo assommante - Pas de pb de chaud ou de froid non plus. Plusieurs arrêts aussi bien sûr.
Yangon-Kin Pun Camp (Rocher d'Or) : 2 500 Ks par la compagnie Win Express (durée 4 heures)
Achat du billet directement à la gare routière le jour même, juste avant d'embarquer.
Départ à 7h00 de l'Aung Mingalar Bus Stadium (3 500 Ks de taxi depuis le centre ville) -
Arrivée à KPC à 11h00 devant le Sea Sar, sympathique petit restaurant qui fait aussi guesthouse.
Bon confort - A/C - Vidéos de karaoké assourdissantes (j'ai mis des boules Quiès !)
Attention au retour. (Même prix - Achat du billet effectué par le jeune patron de notre guesthouse plein d'attentions). Nous sommes partis à 11h30. Nous avions choisi cet horaire pour pouvoir encore profiter de ce petit village avant de rentrer vers la bruyante capitale. Or, le bus ne disposait pas de rideaux aux fenêtres et nous avons énormément souffert. En plus, il a été plus lent qu'à l'alller, il a mis 4h30. Ce fut assez pénible.
PS1 - Les places des bus sont numérotées. Si vous le pouvez, évitez d'aller trop à l'arrière où l'on est davantage secoué. Pas d'embrouille, les réservations sont respectées.
PS2. N'oubliez pas de prévoir votre papier toilette pour les arrêts, il n'y en a jamais 😛. Une lampe de poche peut aussi être utile ...
3 - Express Boat
Mandalay-Bagan : 16 $ (durée 10 heures)
Achat du billet par l'hôtel
Départ à 6h00 (transfert gracieux depuis l'hôtel) - Arrivée à 16h00 (transfert gracieux à l'hôtel puisqu'il était réservé)
On n'a pas aimé ce transfert 🙁... Sans intérêt, bateau de touristes, quelques rares birmans, isolés. De plus, le voyage a peu d'intérêt, les paysages sont quelconques. Grosse, grosse déception ...
Si c'était à refaire, on prendrait le bus depuis Mandalay ou peut-être depuis Po Win Daung (encore qu'il parait que l'hébergement à Po Win Daung est vraiment très spartiate). Bref, ça ne vaut pas les 16 $ investis ! Le bus, c'est beaucoup plus sympa.
4 - Taxi longue distance
Attention, pour les grandes distances, ça revient vite assez cher .
Excursion à Po Win Daung depuis Mandalay : 50 $ (8 heures de route A/R)
Bagan-Inlé via Mont Popa (arrêt de 2 heures) : 100 $ (9 heures de route) à partager, nous étions 2 couples -
Partis à 5h00, arrivés à Nyaung Shwé vers 18h.
Voiture genre microbus (7 places) -désolée, je suis nulle en marque de voiture, je n'ai pas noté ...- Confortable. Lors de nos périples dans Bagan, des rabatteurs nous proposaient ce même périple pour 70 $ ... Mais peut-être pas pour 4 personnes ce qui revient au même .... à vérifier ...
Excursion Pindaya depuis Nyaung Shwé (Inlé) : 30 $ (7 heures de route A/R)
Excursion Kakku depuis Nyaung Shwé (Inlé) : 35 $ (6 heures de route A/R)
Partis à 11h, de retour à 19h car nous avons raté le festival de Taungyi (il nous a semblé (?) que le chauffeur ne savait pas vraiment où se tenaient les attractions de ballons, ou peut-être n'était-ce pas encore commencé ...) Bref, beaucoup de monde, trop à notre goût, trop longtemps à attendre avant ... on ne savait pas trop quoi ... un feu d'artifice peut-être ?... Bôf, on rentre ...
Sans le festival deTaungyi, l'excursion aurait dû coûter moins cher (20$ peut-être ...) Un beau raté 😕 !
5 - Taxi en ville
A Yangon, ce sont des voitures avec enseigne sur le toit. Pas de compteur bien sûr ... Se mettre d'accord sur le prix avant la course. Aéroport - Gare routière (Aung Mingalar Bus Stadium) : 3 $ - Sortez de l'aéroport, évitez les prépaid et négociez bien à l'arrivée. Les chauffeurs proposent du change mais il n'est pas intéressant (enfin, ce n'est pas une grosse arnaque non plus : 850 Ks le $) - Bien sûr, ils acceptent d'être payés en $ mais du coup, la négociation est moins fine ... Centre ville - gare routière (Aung Mingalar Bus Stadium) : 3 500 Ks Centre ville - Aéroport : 3 000 Ks Course en ville : entre 800 et 2 000 Ks selon la distance
A Mandalay, ce sont des camionnettes bleues (blue taxi) où l'on monte à l'arrière Gare routière - centre ville (11 km) : 3 000 Ks Journée Inwa, Sagaing ... avec autant d'arrêts que l'on souhaite : 11 000 Ks Course en ville : 1 800 Ks Course Trishaw : 500 Ks (on a pris un trishaw chacun, ayant des scrupules ... nous sommes un peu plus lourds qu'eux ...)
A Nyaung Shwé, voiture particulière de l'hôtel Nyaung Shwé à Shwé Nyaung (pour prendre le bus vers Yangon) : 5 000 Ks.
On n'a pas discuté mais, ça me parait beaucoup trop cher ...
6 - Vélo
1 500 Ks/j à Mandalay (loué à l'hôtel)
1 000 Ks/j à Bagan (loué à l'hôtel)
1 400 Ks/j à Nyaung Shwé (loué en ville) - Ceux-ci étaient tout neufs !
Nous avons crevé régulièrement (1 fois par jour). Ce qui n'est pas un problème, on trouve partout des petits ateliers qui vous réparent votre vélo pour 50 ou 100 Ks (à votre bon coeur). Même en ville ... Pas de problème ! Les Birmans sont tellement serviables que l'un d'eux a été jusqu'à emmener notre vélo en camionnette auprès du mécano à quelques centaines de mètres. Gracieusement ....
Ces petits inconvénients laissent vraiment de bons souvenirs !
HEBERGEMENT :
Nous avons recherché des hôtels en gamme de prix moyens. Chambres toujours spacieuses, sanitaires (douches et wc) privés, eau chaude, A/C sauf à Nyaung Shwé (où c'est inutile).
Nous avons toujours payé en US$, les prix indiqués sont par nuit, ttc et petit déjeuner inclus.
Sans doute à tort, nous n'avons jamais cherché à négocier les prix annoncés.
Mandalay : Le Golden Mandalay Hotel (20 $) - ref GDR 🙂🙂
Anciennement le Yadanar Su Pon.
Tenu par U Ko Ko et son adorable fille Tanzy (je ne suis pas sûre de l'orthographe ...).
Un vrai coup de coeur.
Petit ensemble de quelques bungalows, face à une mare couverte de nénuphars et gardée bruyamment par Amélie et Amélia 😉, 2 oies blanches et jacassantes. Chambre très spacieuse et très joliment décorée de bambou. Petit déjeuner servi dans le jardin face à la mare. Eau en bouteille à volonté, offerte. Petite assiette de fruits frais au retour. Accueil et service très familial, sans lourdeur. Tanzy est souriante du matin au soir et se met en 4 pour répondre à tous vos besoins. Elle s'occupe de tout : elle vous trouve des vélos, elle vous réserve les taxis, le bateau, vous fait du change ... Un vrai bonheur. Elle fut notre premier contact avec la Birmanie (après nos 16 heures de bus depuis Yangon) et a illuminé notre séjour à Mandalay.
La famille de U Ko Ko mérite de beaucoup la pub que je me suis promise de leur faire !
Bagan : Golden Express Hotel (20 $) à Wet Kyi Inn - recommandé et réservé par Tanzy.
Grand complexe sans aucun charme (bungalows et hotel) avec plusieurs niveaux de chambre : 18, 20, 24 et 30 $. Nous avons choisi une chambre en bungalow. Literie et sanitaires propres. Petite piscine agréable. Location de vélos. Service d'e-mail (1$ par mail envoyé). Excellente situation pour visiter les temples.
Nyaung Shwé (Lac Inlé) : View Point Inn (12 $) - ref GDR 🙂
Sur le canal, 4 bungalows sur pilotis de 2 chambres chaque. Chambre spacieuse mais spartiate, sanitaires vétustes ... Petite terrasse devant la chambre donnant sur le canal. Petit déj (pancakes absolument délicieux !) servi sur une terrasse haute dominant le canal où il fait bon observer l'animation naissante du matin. Beaucoup de charme - Bien situé - Tour du lac organisé par l'hôtel très très bien. Beaucoup d'animation (donc de bruit dès 5h30) sur le canal ... Ça ne nous a pas gêné mais je préviens ... C'est pas là qu'il faut prévoir de faire des grasses mat'!
Kin Pun Camp (Rocher d'Or) : Sea Sar Guesthouse (13 $) - ref GDR 🙂
Restaurant du même nom face à l'arrêt du bus qui arrive de Yangon. On va manger et on repart avec une chambre ... C'est pratique. Le jeune patron est sympa. La chambre est très très propre et spacieuse. A/C ! Rien à redire ! Une bonne adresse. En plus, le petit village est très vivant. Etape bien agréable.
Yangon : Queen's Park Hotel (22 $)
Grand hotel sans charme. Situé downtown à 25 minutes de Paya Sulé et de Bogyoke Market. Les 2 hôtels dans le coin cités par le GDR étaient complets ...
Accueil chaleureux et serviable - Ils nous ont gardé nos bagages (gratuitement bien sûr) lors de notre excursion au Rocher d'Or)
Propre - A/C - Eau chaude, très très chaude - Ici, nous avons payé notre eau ... (raisonnable 200Ks).
C'est une bonne adresse à défaut ...
REPAS :
On trouve très facilement, en plus de la cuisine birmane, de la cuisine chinoise et parfois de la cuisine indienne.
Un repas birman est constitué de riz (à volonté), éventuellement d'un petit curry de viande (nous sommes toujours restés au poulet) : 3 ou 4 morceaux cuisinés dans une sauce parfumée et épicée (mais pas pimentée), d'un bouillon et d'une quantité impressionnante de petites assiettes garnies de légumes, d'épices, de condiments divers et variés. Certains sont délicieux, d'autres plus surprenants ... Attention à la pâte de crevettes, forte en goût et en odeur ! Dès qu'une assiette est vide, elle est regarnie ... Finalement, seule la viande n'est pas à volonté. C'est très sympathique et très convivial. Ce genre de repas est très économique, autour de 1 000 Ks. Le thé birman est gratuit, à disposition sur les tables.
Bonne adresse : dans Old Bagan, le Mar Lar Thein Gi (GDR) ...
Les cartes chinoises proposent les traditionnels Fried Rice et Fried Noddles avec ou sans viande. C'est toujours extrêment copieux, parfois garnis d'un oeuf. Vous y trouverez aussi des légumes fris délicieux (brocolis, choux-fleurs, pois gourmands ...)
Bonnes adresses : à Mandalay, le Myanmar Lion Restaurant ; à Wet Kyi Inn (Bagan), le Pyi Sone (juste à côté du Golden Express Hotel), goûtez le Coconut Rice 🙂 au poulet à commander la veille (2 500 Ks), c'est divin !
Enfin, vous trouverez de bons restaurants indiens proposant thali, biryanis, chapatis ... avec toujours le riz à volonté.
Bonnes adresses : à Yangon, le New Dehli (GDR) ; à Nyaung Shwé, l'Aroma(GDR)
En résumé, on mange facilement, bien, (sans se régaler comme en Indonésie) et à un prix dérisoire. Clairement, ce qui coûte le plus cher dans les repas, ce sont les boissons (Coca ou bière - la Myanmar à la pression est une merveille de douceur et de fraîcheur ! Je suis sûre que Parvat ne me contredira pas 😉!!).
Nous n'avons jamais discuté les prix des plats dans les petites gargottes. Ils sont indiqués sur les cartes et sont relativement les mêmes partout :
1 canette de Coca : 450 (en superette) à 700 (dans la rue, au restau) Ks
1 bouteille de Star Cola (leur Coca Cola local) : 100 Ks (c'est plus sirupeux que le Coca mais pas mauvais du tout)
1 litre d'eau en bouteille : 100 (en superette) à 200 Ks (dans la rue, dans les gargottes) - La marque Alpine est bonne.
1 demi de Myanmar pression : 325 Ks (Amateurs de bière, ne la ratez pas, elle est vraiment bonne. Elle m'a rappelé la Grimbergen).
1 bouteille de bière Mandalay (620 ml !! Attention !) : 1200 à 2000 Ks
1 assiette de riz blanc (quand il est payant ...) : 100 à 200 Ks
1 fried rice ou fried noddle au poulet : 700 Ks
1 chicken curry : 500 à 1 700 Ks (selon la préparation et le type du restaurant)
Ainsi, un repas simple dans une petite gargotte nous revenait pour nous 2, hors boisson à 1 500-2 000 Ks.
Un "repas de fête" à Yangon, pour mon anniv, nous a couté 11 000 Ks (au Shan Kan (GDR) - très sympa le soir, vue sur Shwé Dagon - Excellent Roasted Duck) avec 2 bouteilles de bière (anniv oblige 😊!) incluses.
Pour un petit encas, vous trouverez dans les rues des vendeurs de fruits : pastèques, ananas, papaye (pas testé, on déteste tous les 2 la papaye ...). Ils découpent votre portion en petits quartiers et les servent dans une petite poche plastique avec un pic en bois. Pratique, rafraîchissant et délicieux. Vous trouverez aussi des vendeurs de noix de coco fraîches (buvez d'abord le lait, puis mangez la pulpe). Essayez aussi le jus de canne à sucre servis avec du citron vert et, à la demande, de la glace. C'est dynamisant.
Toutes ces petites douceurs tournent toujours autour de 100 à 200 Ks ...
Dans les maisons de thé, vous trouverez ... du thé (au lait ou nature) et encore des petites gâteries. Des samossas, aux légumes ou aux oignons, des beignets à tremper dans une sauce pimentée ... Tout ça est très bon. Seul inconvénient : pour les grands et gros que nous sommes, la pause peut s'avérer compliquée car les tabourets sont miniatures et il faut être adroits pour s'y asseoir et s'en relever sans s'étaler 😛 ... C'est bien connu : nous n'avons pas leur souplesse pour nous accroupir ... ce qui d'ailleurs les amuse beaucoup ...
SITES :
En Birmanie, il ne s'agit plus d'aimer seulement les vieilles pierres ... il faut aimer ... les pagodes !! Car, vous allez en voir ! Des anciennes, des récentes, des sobres, des moins sobres, des vraiment trop kitsches, des dorées ... Et des bouddhas !... Assis, dans la position de prise de la terre à témoin, parfois couchés, rarement debout ... Blancs, rouges, dorés ... voire boursouflés pour certains tellement ils sont couverts d'or ...
Et c'est pieds nus que vous devrez voir toutes ces merveilles. Chaussez-vous en conséquence. Nous avions des sandales à scratch. Pratique tant pour faire du vélo que pour se déchausser facilement. Vous trouverez parfois des consignes à l'entrée des pagodes. On ne les a jamais utilisées : on laissait nos chaussures avec les tongs des Birmans, on les a toujours retrouvées.
Budget total entrées des sites : 60 $/p - Aucun supplément n'est demandé pour les appareils photo (sauf Pindaya).
Mandalay et ses environs
Pass Mandalay : 10$ (validité 5 jours)dont Inwa
Pass Sagaing/Mingun : 3 $
Mandalay : à ne pas rater, monastères Shwé Nandaw et Shwé Inbin et pagode Maha Muni.
Nous n'avons pas visité le palais ... On s'est contenté d'admirer ses murailles. Nous ne sommes pas non plus monté en haut de la colline.
J'ai bien aimé me promener en vélo dans cette ville facile et calme.
Amarapura : prévoir 1 journée de vélo - Facile depuis Mandalay - La journée est d'ailleurs, à mon goût, plus intéressante pour la balade que pour les pagodes ... Nous avons déjeuné près du Pont U Bein dans une petite gargotte installée au bord du lac. Magnifique et reposant. Ne manquez pas la traversée du pont à pied (pas pieds nus !!). Nous y sommes revenus le lendemain (lors de notre excursion Inwa/Sagaing avec notre taxi bleu) en fin de journée pour profiter d'une plus belle lumière. Très photogénique.
Inwa : on y a va en taxi bleu, puis on prend une barge qui traverse le fleuve (500 Ks/p) et accoste sur l'ile. Là, il faut négocier une calèche pour faire le tour. Nous avons demandé le grand tour (2h30) et payé 5 000 Ks pour nous 2. Belle promenade dans cette île très vivante et couverte de ... pagodes. Là encore, la balade au rythme du trot du cheval dans cette campagne enjouée est aussi intéressante si ce n'est plus que les pagodes en elles-mêmes. A ne pas rater.
Sagaing : dans la même journée, on va en taxi bleu à Sagaing pour gravir un long escalier (à couvert) aboutissant à une pagode moderne et vraiment trop kitsch ! Certes, le panorama 360° est très beau mais ... on peut se passer de cette visite.
Mingun : un bateau part à 9h et revient à 13h (1 heure à l'aller, 45 minutes au retour) : 1500 Ks/p
Mingun est un beau site, présentant une pagode inachevée gigantesque et une autre éclatante de blancheur et d'une grande originalité. De nombreux artisans vous permettent de patienter jusqu'à 13h. Belles peintures (aquarelle, huile, pastel) à tous les prix (de qq milliers de Ks à plusieurs dizaines de $), certaines absolument magnifiques. Comme on regrette aujourd'hui de ne pas s'être laissés tenter !...
Po Win Daung
Entrée = 2$
Excursion en taxi depuis Mandalay - 8 heures de taxi - 50 $
Attirés par un article paru dans un vieil exemplaire de Géo Magazine, nous tenions absolument à voir ce site. Des dizaines de grottes, plus ou moins grandes et dans chacune d'elles, des bouddhas, mais surtout des peintures murales magnifiques, très très bien conservées.
La visite se fait avec un guide. J'aime mon autonomie mais là, je reconnais qu'il est indispensable. Trop de grottes pour savoir laquelle aller voir, laquelle ne pas rater, laquelle négliger. Lui sait les choisir avec un intérêt crescendo, la visite est bien menée. Anglais approximatif mais suffisant. Et comme toujours une grande sollicitude et une grande gentillesse. En 2 heures, on voit le principal.
Organisée depuis Mandalay en taxi, c'est une excursion coûteuse en temps et en argent. Difficile de dire si ça les vaut ... nous, on n'a pas regretté mais c'est encore des bouddhas ...vous voila avertis.
Bagan
Pass illimité 10$Musée 3$
Comme pour Angkor, nous avons loué des vélos ... Quel bonheur de visiter à son rythme, de prendre les chemins de traverse, de piocher dans ce champ de pagodes celle qui retient un peu plus notre attention et dont on va s'approcher ... Un bus de touristes ? Passons à la suivante, on y reviendra ! Mauvaise lumière ? On y repassera ce soir ! J'adore ces visites à vélo qui vous offrent cette liberté totale. Un bon plan (on en trouve partout à 500 Ks), une boussole (et encore !) et on trouve toutes les pagodes qu'on cherche. On n'a jamais eu aucune difficulté. On a même pris des raccourcis à travers les rizières. C'est fabuleux !... Les vélos possèdent un petit panier à l'avant, un antivol intégré, ils sont vieux et couinent beaucoup mais ils roulent. On crève ? Et alors ? Là, juste à côté, il y a un petit atelier en plein air qui va réparer en 10 minutes et 50 Ks la chambre à air ! Et c'est reparti ! "A demain, ami mécano pour la roue arrière !..."
Nous avons passé 3 jours pleins à Bagan. 3 jours de bonheur. Nous avons vu le principal ... Mais Bagan a cela de commun avec Angkor qu'au dela de "voir le principal", il y a, après, l'envie de profiter de l'atmosphère. Et là on ne voit plus, on ressent ... Nous avions prévu d'y passer 1 jour de plus, pour le plaisir, pour l'ancrage comme je dis. Une opportunité de partager un taxi nous a fait revoir nos plans ... Un petit regret quand même ... je serais bien restée encore 1 jour ...
La plus belle lumière, à mon goût (avis personnel !), était vers 16h00. Là le bleu du ciel, le rouge des briques des pagodes et le vert des rizières claquent vraiment ! Le matin, l'ambiance est magique mais c'est un peu voilé pour les photos. La nuit tombe vite, attention, à 18h00, il fait nuit noire ...
Comme pour les pagodes en activité, il faut se déchausser.
Les marchands du temple envahissent de plus en plus les pagodes. Ils vont maintenant jusqu'à l'intérieur. C'est un peu dommage ... Ils sont un peu collants, il faut l'avouer mais toujours souriants et très aimables. Aucune agressivité, jamais. Et puis, l'artisanat est beau, un artisanat de laques notamment pas mal du tout !... C'est ici, à Bagan que vous aurez le plus grand choix : achetez ici ! Nous on a trop attendu (toujours dans l'idée de voyager léger le plus longtemps possible) et on a regretté !
Boissons fraîches partout sur le site. Par contre, pas de toilettes.
Mont Popa
Entrée = ?? Je n'ai rien noté et ne me souviens plus s'il s'agit ou non d'un oubli ...
Bôf ... peut-être y sommes nous arrivés trop tôt (il était 6h30) ... les chappelles ouvraient à peine, personne en haut ... pas d'ambiance. Dans ces conditions, 1h30 nous ont largement suffi mais, encore une fois, je pense qu'on n'y était pas au meilleur moment.
Tout au long de l'ascension (escalier facile, à couvert), vous serez accompagnés de dizaines de singes vifs et malicieux. Scènes de jeux très amusantes. Restez néanmoins sur vos gardes ...
Il était donc 8h00 environ quand nous sommes redescendus et, là, nous avons adoré la vie, l'animation de début de journée de ce petit bourg. Les moines qui font leur tournée du matin, les boutiques de racines et d'herbes qui ouvrent ... Moment très agréable.
Pindaya
Entrée = 3 $ + 200 Ks / app photos
Une grande grotte (avec stalactites et stalacmites comme il se doit) encombrée de bouddhas dorés de toute taille. 8093 il parait.
Excursion organisée depuis Nyaung Shwé à défaut d'avoir passé la nuit à Kalaw. Il me semble plus simple de passer la nuit à Kalaw et de faire Pindaya en allant de Kalaw à Nyaung Shwé. On y gagne en temps et en fatigue. C'est ce que nous avions prévu initialement (le chauffeur acceptait de passer la nuit à Kalaw en majorant son prix de 20$) mais l'opportunité de partager le taxi avec un autre couple nous a amenés à changer nos plans. Je reste convaincue que l'option "étape à Kalaw" aurait été plus confortable et moins redondante ...
1 bonne heure suffit pour compter les 8093 bouddhas.
Lac Inlé
Accès : 3 $ (validité illimitée)
Ah, quel régal ! Ah, quel bonheur ! Ah, quelle beauté, quelle sérénité !
Nous avons passé 5 nuits à Nyaung Shwé, petit bourg au Nord du lac. Là encore, j'aurais aimé y passer 1 journée de plus, pour le plaisir des yeux. Cette petite localité, à fleur d'eau, vit du tourisme : restau, quelques boutiques, guesthouses et hôtels, embarcadère pour les balades sur les canaux et sur le lac, location de vélo ... tout est facile. De Nyaung Shwé, nous avons aussi organisé les excursions vers Pindaya et Kakku.
Nous avons passé 1 journée à nous promener dans Nyaung Shwé. Ne ratez pas le superbe monastère en bois Shwé Yan Pyay, qui abrite une communauté de bonzes jeunes et gais, à 2 km de la ville sur la route d'Hého et surtout la pagode juste à côté, toute décorée de motifs en pâte de verre et de bouddhas d'albâtre. On la dirait à l'abandon mais elle a une âme comme nous en avons rarement trouvé dans les pagodes. En vélo, c'est facile et tout plat. En plus, on longe des canaux où les familles se baignent. Belles images. Petite balade très sympa. Petits vendeurs de souvenirs en face où on a trouvé de jolies gravures sur bambous.
Balade sur les canaux en canoë à rames : 1 500 Ks/h - On a fait 2h ... ça ne nous a pas transportés mais on aurait peut-ête dû mieux expliquer ce qu'on voulait : juste glisser sur des canaux entre les maisons sur pilotis pour profiter de la fin de journée. En fait, nous sommes passés d'une fabrique de cheerots, à un vieux stupas, à un monastère ... Nous avons passé autant de temps sur la terre ferme que dans la barque. Ce n'était pas l'idée que je m'en faisais .... Je n'avais qu'à le dire ! Pas grave, ce n'était quand même pas une galère non plus ....
Et nous avons fait le tour du lac, en pirogue à moteur. Départ à 7h15 de l'hôtel (qui donne sur le canal), retour à 17h45 après le coucher du soleil - Grand tour avec Inn Dein : 11 000 Ks pour nous 2. Excursion réservée et organisée par l'hôtel (nous avions bien expliqué ce qu'on voulait voir et il n'y a eu aucune embrouille). Alors là, une journée magique !! La plus belle du voyage ! La plus esthétique, la plus sereine, la plus dépaysante ! Nous n'étions que tous les 2 dans la longue pirogue, petit luxe bien agréable ... La balade a duré toute la journée, à travers les villages de pêcheurs aux magnifiques maisons sur pilotis se réflétant dans une eau claire, à travers les lotus, à travers les jardins flottants et avec les arrêts chez les artisans que nous avions demandé à voir : ombelles, soie, bronze, argent, ... Un arrêt également à un marché semi-touristique semi-local où les locaux portent de beaux kramas (c'est le nom au Cambodge, peut-être n'est-ce pas le bon vocable ici) oranges sur la tête ... Le soir un arrêt au monastère des chats sauteurs, petite attraction amusante que nous avons ratée de peu tellement nous avions flâné ailleurs mais qu'un gentil bonze nous a montrée, pour nous, tout seuls : les chats sont dressés à sauter dans un cerceau. C'est mignon .... On rentre au soleil couchant, en ne manquant pas de photographier les Inthas qui rament en enroulant leur jambe autour de leur gaffe, en un geste à la fois gracieux et puissant. Une journée, en plein air (prévoyez la crème solaire, avec la réverbération sur la lac, ça tape !), dans un cadre naturel magnifique. C'est incontournable !!
Kakku
Entrée = 3 $/p + 5 $ pour le guide obligatoire ...
Ma petite excursion préférée ! Excursion organisée depuis Nyaung Shwé. ½ journée peut suffire.
Sur la route, on s'arrête à Taungyi pour payer le droit d'entrée à Kakku et pour emmener un guide Pa O, obligatoire que l'on paye 5$ (pour nous 2). Le guide ne sert strictement à rien mais Kakku est géré par les PaO et le guide obligatoire fut la condition qu'ils ont posée pour ouvrir le site au plublic. Qu'importe. Nous voila en route pour 1h30 depuis Taungyi avec un guide qui, pensant nous plaire, parlait à moitié anglais, à moitié français ... Ce qui rendait son discours totalement incompréhensible ! Allez comprendre un mot mal prononcé en français quand vous supposez que c'est de l'anglais 🤪 !!...
Arrivés à Kakku, ils nous a donné 2 mots d'explication et nous a lâchés sur ce site. Tant mieux finalement ... Des centaines de stupas alignés, plus ou moins décorés ... Certaines statues gardent encore de jolies traces de peintures. C'est vraiment fabuleux et on se promène dans ce dédale de stupas (pieds nus bien sûr) avec délices.
La route pour y arriver traverse des villages de maisons de teck et de bambous harmonieusement tressés. On devine une région agricole un peu plus riche qu'ailleurs ...
Ne ratez pas ça, c'est fabuleux et bien moins touristique que Pindaya.
Rocher d'Or
Entrée = 6 $
En préparant notre voyage, nous avions hésité ... Cette excursion depuis Yangon nous paraissait bien galère pour ... peu de chose ... Au final, c'est ultra simple et intéressant.
Pour y aller depuis Yangon, bus (voir § bus plus haut) puis à Kin Pun Camp, on s'installe confortablement 😛 dans la benne de ce qu'ils appellent le camion-bus, serrés avec 50 autres passagers ... Et c'est parti pour 30 minutes de montagnes russes ! Mieux qu'à Disney : ça dure plus longtemps et c'est moins cher mais je vous assure que les sensations y sont très semblables, les éclats de rire aussi ! Cette douce folie coûte 500 Ks. Le camion nous déverse au pied du Rocher que l'on gravit péniblement (c'est la montée la plus dure qu'on ait eu à faire) en 30-40 minutes.
Là haut : le Rocher et toute la foule de pélerins venus s'y recueillir. L'ambiance y est très enjouée : les gamins jouent, les adultes rient, mangent, prient. Grande ferveur n'excluant pas une grande bonne humeur (mais ça c'est vrai partout en Birmanie : ils s'autorisent à prier et à rire dans un même lieu, mélange impie inconnu chez nous).
Retour par le même manège à Kin Pun Camp vers 18h (la dernière benne -décidément, je n'arrive pas à appeler ça un camion-bus ! - part à 19h) où nous avions réservé notre petite chambre. Petite soirée agréable dans le petit bourg animé comme d'une fête foraine. Nuit au calme ...
Le bilan : c'est une excursion qui prend du temps, certes (pas beaucoup d'argent) mais qui est intéressante. Le Rocher vaut d'être vu ... La vie dans le petit village est authentique. Cela dit, en tout honnêteté, je n'ai pas ressenti une grosse émotion. Si vous avez le temps (et en 3 semaines, on a le temps ! ), ne le manquez pas ; sinon ... Mais si c'était à refaire, n'aurais-je pas préféré passer 1 journée de plus à Bagan et 1 journée de plus à Inlé ?... Difficile ... Les durs choix des voyages ! Allez, il y a des décisions plus dures que ça dans la vie ! Haut les coeurs 🙂 !
Yangon
Pagode Botahtaung : 2 $
Pagode Shwé Dagon : 5 $
Musée de Yangon : 5 $
Yangon, c'est la capitale ... Après 15 jours dans les champs, dans les villages, sur l'eau ... C'est moins agréable ... néanmoins, la vie n'y est pas stressante.
Ne ratez pas la pagode Shwé Dagon et le marché Bogyoke, couvert, aéré, agréable.
Le musée n'intéressera que les passionnés.
DIVERS :
Logistique : n'hésitez pas à vous adresser à votre hôtel pour tous vos besoins. Ils ont un sens du service hors du commun.
Les photos : trop faciles ! Aucun pb pour les portraits, tous s'y prêtent volontiers, enfants, hommes, femmes, bonzes ... Sourire aux lèvres et nous remerciant après coup ! Du coup, tout le monde se remercie, c'est vraiment sympa ! Un vrai bonheur. Et personne n'a jamais réclamé de bakchich ...
D'un point de vue pratique, je suis encore à l'argentique. J'ai pris du 200 Asa et aucun filtre. Je suis très satisfaite du résultat, la Birmanie est très photogénique et les couleurs pètent !
Le palu : après de longues hésitations et pour éviter le Lariam, nous avons fini par prendre de la Doxycycline, recommandé par l'institut Pasteur. C'est en fait un antibiotique (il faut donc une ordonnance médicale et s'y prendre à l'avance, la pharmacie renâclant à fournir toutes les boites d'un seul coup). Aucun effet secondaire (pour l'instant !). Consultez le site de l'Institut Pasteur pour plus de détails : http://www.pasteur.fr/externe
L'artisanat : attention, n'attendez pas Yangon pour faire vos achats, vous le regretteriez.
Nous avons vu les plus belles marionnettes à Mandalay (en face de la Shwé NanDaw ou sur la route d'Inwa) ; les plus belles laques à Bagan (visitez un workshop dans New Bagan, c'est instructif et sympa) ; les plus belles aquarelles à Mingun et près du Pont Ubein. Nous avons trouvé de jolies sculptures sur bois à Yangon, dans la pagode Shwé Dagon. Et des tas de bricoles partout, pour 3 francs 6 sous ... On est revenu avec un sac plein !! Prévoyez de la place ! C'est un régal.
Globalement, nous avons payé nos achats 1/3 de moins que le prix initial. Marchandage facile et sans agressivité. Gardez toujours le sourire, ça facilite énormément la négociation.
Petite astuce : si les ombrelles en papier vous intéressent (vous en verrez de jolies à Pindaya et sur le lac Inlé), sachez que j'ai trouvé (totalement par hasard !) dans une superette à Yangon une authentique ombrelle de moine, rouge, grande, pour 800 Ks ... A acheter sans doute en dernier car c'est un peu pénible à transporter ....mais quel effet dans le salon !
Info de toute dernière minute ... J'ai porté ce week end un petit ensemble en coton que j'ai acheté à Bagan (petite tunique col mao et pantalon à ceinture coulissante). Pas de mauvaise surprise au lavage et je confirme qu'ils disent vrai quand ils affirment que le coton s'assouplit au lavage. Agréable à porter, pour 4 000 Ks, c'est du plus bel effet !
On a beaucoup aimé :
Leur jovialité, leur amabilité, leur gentillesse et leur sollicitude vis à vis de nous ...
Pouvoir se promener dans les villages ou dans les villes, à pied ou à vélo, à toute heure, en toute sécurité et en toute sérénité.
La beauté du Lac Inlé.
Les nombreux chiens et chats, qui vivent en bonne entente avec les gens. Les chevaux et les buffles sont également bien traités.
La Myanmar Beer à la pression !
On a moins aimé :
Les crachats rouges dûs au bétel.
L'odeur et le goût de la pâte de crevette.
En conclusion ...
La junte militaire a eu raison de l'évolution économique de ce pays mais pas du sourire des gens ! Un accueil, une serviabilité, une sollicitude, rencontrées nulle part ailleurs, ont rendu ce voyage facile et émouvant. Un voyage où l'on partage, un court instant, leur mode vie et où l'on profite de leurs richesses culturelles et naturelles. Pagodes, maisons sur pilotis et éclats de rire sont désormais, pour moi, associés au Myanmar.
Un des voyages les plus enrichissants et les plus dépaysants qu'on ait faits.
Quand on arrive à Hpa An en venant de Kinpun (Rocher d'Or), on franchit un pont sur le fleuve Thanlwin. Le paysage à cet endroit est particulièrement sympa. La région fait un peu penser à Ninh Binh au Vietnam avec des formations rocheuses au milieu des campagnes. Le pick up s'enfonce dans les rizières, puis tourne à gauche pour retrouver le fleuve un peu plus loin. Hpa An est à quelques kilomètres.
Le surlendemain, le mototaxi à qui je demande de me déposer au pont a l'air surpris et ne comprend pas vraiment ce que je viens faire là. Je ne prends pas le temps de lui expliquer que je vais dépenser mes kyats dans le village qui borde le fleuve à cet endroit.
Tiens, un check-point à l'entrée du pont. Je l'avais oublié celui-là. Passeport ? Ben non, passeport à l'hôtel. Une copie format timbre poste fera l'affaire. Le gars remplit son grand cahier avec application. La colonne 'numéro de visa' restera vide parce que franchement, j'en ai aucune idée du numéro de visa. Bon, je peux le traverser votre pont, m'sieur ? Bien sur je peux le traverser...
Evidemment, dans le village, je suis un peu l'attraction. Pas beaucoup d'occidentaux dans les parages. Premier arrêt pour un thé. Quand je veux payer, on me fait comprendre que c'est cadeau.
Plus tard dans la journée, je tombe sur une fille qui tient une microscopique échoppe. Je lui prends un petit sachet de café au lait et je lui explique que si je pouvais le boire dans sa boutique, là, tout de suite, ce serait cool. D'abord interloquée, elle rigole. Branle-bas de combat, elle dégage la marchandise, que je puisse m'asseoir sur son petit étalage. Elle envoit une petite fille chercher une chope d'eau bouillante. Ca fera l'affaire. Séance photo avec les gosses. Quand je veux payer le café, c'est cadeau, ainsi que les bananes... Elle me demande où je vais maintenant, j'en sais trop rien. Elle me dit qu'il y a une pagode par là au bord du fleuve.
La pagode, je la verrai de loin, parce qu'il va tomber des cordes et que ça va durer un bon moment. La seule pluie de tout le voyage. La journée est déjà bien avancée quand je retraverse le village. Il pleut toujours. Une femme me propose de m'abriter dans son échoppe, me sert une boisson et des fruits. Les enfants en uniforme sortent de l'école. On rigole pas mal. Je suis toujours l'attraction.
Quand la pluie cesse enfin, sa fille n'a visiblement pas l'intention de me laisser partir tout de suite. Elle me propose d'abord un bouquin rempli d'images de la région, puis une banane, deux bananes, un régime de bananes. Cadeau. Ca fait bien une heure que je suis là. Je me décide enfin à quitter l'échoppe, je remercie. Puis je demande à la fille si elle souhaite que je la prenne en photo.
Non, elle ne souhaite pas. Puis avec ses quelques mots d'anglais, elle me souhaite bonne chance pour la suite du voyage, puis elle me dit 'Merci d'avoir visité notre village'... Des mots magiques qui résonneront longtemps dans ma tête comme un ultime cadeau.
Je regagne la route qui mène à Hpa An. Un jeune gars en arme monte la garde à l'entrée du pont. Il arrêtera le premier pick up qui passe (radical !). Comme trop souvent, pas le temps de visiter d'autres villages dans le coin, parce que demain matin à 5h30, un bateau m'emmène à Moulmein et qu'il n'y en a que deux par semaine. Mais ça c'est une autre histoire...
Dialogue authentique : C'est où déjà que tu pars en vacances ? En Bulgarie ? Non, en Birmanie. Birmanie oui c'est ça. C'est pas dangereux par là ?
- Voyage à 2 couples de seniors préparé par mes soins avec l'aide du forum . ( de mi-février à début mars )
- Itinéraire changé maintes fois pour optimiser les déplacements.
Vol de Paris à Bangkok. ( AF pour nous et Qatar pour nos amis )
Puis vol de Bangkok à Mandalay ( sur Air Asia )
Retour sur Bangkok de Yangon.
- Choix de prendre une voiture avec chauffeur pour faciliter certains trajets entre autres dans le sud-est , et...de fil en aiguille , on a rallongé le nombre de jours avec chauffeur pour notre plus grand plaisir et surtout confort .
Je sais que les bus de nuit sont très confortables , mais on préfère voyager de jour pour voir les paysages et pouvoir s'arrêter au gré de nos envies . De plus , les bus de nuit arrivent très très tôt à destination , ce qui rend certaines situations assez délicates ...je le répète : on est 4 seniors , et on préfère dormir dans un lit . C'est un choix assumé . D'ailleurs , je fais ce carnet avec un peu de retard mais c'est pour répondre aux questions des voyageurs de nos âges .
- Les hébergements avaient été réservés par mes soins depuis la France sur booking.com ou Agoda , pour des raisons de budget , de confort et d'emplacement . Nous ne descendons pas dans des hotels de luxe , mais nous souhaitons un minimum de confort : chambre propre , salle de bain privative avec eau chaude , clim et frigo , et situé dans un environnement qui nous permet de sortir seuls , à pied , pour diner . ( j'ai fait une moyenne de nos prix de nuitées : moins de 40 euros pour 2 avec les petits déjeuners )
ITINERAIRE :
- Mandalay : 3 nuits
- Bagan via Monyva ( en voiture ) : 4 nuits
-avion de Bagan à Hého . voiture à l'aéroport pour visite de Pindaya et dépôt hotel au lac Inlé .
- lac Inlé : 3 nuits )bateau privé sur le lac . Visite en voiture à Kakku.
- train pour Kalaw . ( 1 nuit)
- départ pour le sud en voiture : rocher d'or ( 1 nuit en bas à Kinmun)
- 3 nuits à Moulmein
- 2 nuits à Hpa An
-Yangon : 2 nuits
Voici donc notre récit de voyage avec photos, correspondant à notre 5ème séjour en Asie du sud-est. Nous avions décidé de faire nos précédents récits grâce aux renseignements que nous avions glanés lors de la préparation du premier voyage : notre manière de donner après avoir reçu. Nous comptons apporter cette fois un certain nombre d'éléments à ceux qui ont l'intention de visiter notamment Mandalay et Bagan. C'est aussi l'occasion, pour nous, d'inciter ceux qui partiront à ramener à leur tour quelques informations ou quelques images, afin de faire vivre le partage.
Ajoutons tout de même que c'est avec un certain plaisir que nous présentons ce récit, sachant qu'il sera vu par un bon nombre de personnes ayant déjà réagi aux précédents, lesquelles se reconnaitront et que nous saluons au passage.
Nous avons eu l'opportunité, au début de l'année, de profiter d'une exceptionnelle promotion de Qatar Airways. En effet, depuis 2011 sont appliqués des accords contractés entre des compagnies aériennes et des transporteurs ferroviaires. Cela nous a permis d'obtenir sur le même billet l'acheminement de Montpellier à Paris en train, puis l'avion jusqu'à Bangkok. L'aller-retour pour 2 personnes nous est revenu à 1050 euros. Il sera difficile de réaliser une meilleure affaire pour un départ et un retour lors des vacances scolaires d'été.
Bien entendu, dans l'avion nous avons scrupuleusement respecté les consignes s'affichant à l'écran, y compris celle qui exige de ne pas quitter son siège au moment de faire sa prière.
Nous avons également respecté les consignes données par les membres du forum en changeant quelques billets à la toute petite cabine du Superrich, à l'étage le plus bas de l'aéroport Suvarnabhumi.
Rappelons qu'à l'aéroport il y a une sortie " taxi meter " où vous trouvez des chauffeurs de taxi a priori corrects. Une machine remplace désormais la personne qui distribuait les tickets. Il suffit donc de prendre un ticket et de se présenter devant le véhicule dont le numéro de place correspond à celui de votre ticket. Pensez à conserver le ticket, celui-ci vous sera utile en cas de problème ou d'oubli d'un objet.
Nous sommes toujours un peu fiers, quand on nous demande notre destination, d'être capables d'annoncer : " Bang Rak, Charoenkrung si sip ". Notre chauffeur, ne parlant quasiment pas un mot d'anglais, est resté assez austère jusqu'au moment de recevoir son pourboire, ce qui le fait carrément sauter de joie.
Le personnel du Swan Hotel, parfois taciturne, se trouve être de bonne humeur. Voilà une bonne chose.
Ayant voyagé depuis plus de 24 heures et ayant patienté depuis onze mois, nous nous hâtons de faire notre traditionnel passage au restaurant Harmonique, situé non loin. Nous optons pour un assortiment de plats incluant leur fameux curry de crabe, un plat de légumes gourmands-craquants avec sa bonne sauce , du sticky rice et des ailes de poulet frites, en plus de l'habituel milkshake amandes-coco. Avouons que notre régal a atteint le sublime.
Nous avons échangé quelques mots avec l'une des propriétaires, qui nous précise qu'elle se rend elle-même tous les matins au marché du quartier Bang Rak pour y choisir les plus beaux crabes.
Peut-être est-ce en raison du décalage horaire, toujours est-il que nous nous réveillons tous deux à une heure et demie du matin. Nous tuons le temps à rêvasser les pieds dans la piscine, puis en remontant nous tombons sur TV5 Monde qui diffuse la seconde mi-temps du match France-Allemagne lors du championnat d'Europe de football. C'est toujours ça de gagné.
déjà 4 mois que je suis rentrée et toujours des images plein la tete!!!!
Je me devais de faire un débrief de mon trip compte tenu que j'ai préparé ce dernier grâce à VoyagesForum
Me voilà donc partie pour le Myanmar le 22 mars 2015 avec une escale à Bangkok
J'arrive donc à l'aéroport de Mandalay le 23 mars à 10h où je changerai mes euros contre des kyatts (1euros=1130 Kyatts). Et ce sera un des meilleurs taux....donc allez y!!! je me suis donc retrouvée avec une sacrée liasse de billets!!
J'ai pris un taxi collectif partagé avec 2 allemands pour aller dans le centre ville(45mn ). J'avais réservé un petit hotel Golden Dream Hotel ( 30dollars la nuit). Hotel propre, wi fi à volonté et pt dej compris sur la terrasse sur le toit...tres agréable
une douche plus tard, je partais à la découverte de la ville de Mandalay...dès la sortie de l'hotel, je suis dans l'ambiance...bcp de scooters, ça klaxonne de partout et on est ds des rues non bitumées...et une chaleur humide et etouffante!!!
Mandalay a été un temps capitale de la Birmanie. C'est un immense plan en dammier...une fois le n° de rue repéré sur un poteau, facile de s'orienter. il se cache partout des pagodes.
je me dirige vers le palais royal mais j'arriverai devant une pancarte "forbidden to enter for the tourists; go to the other gate"....impossible pour moi car trop chaud et de toute façon, il etait trop tard....
du coup, stop pour un jus d'ananas dans la rue....enfin, un ananas coupé en pts morceaux et mélangé avec mon eau. Je suis servie comme une princesse. Les gens sont surpris que je sois seule et sont adorables. Un petit tour pour trouver quelque chose à grignoter au marché Zegyo et il est deja 19h...dodo car avec le décalage horaire, je suis nase
Mardi 24 mars 2015 :
Pt dej en terrasse avec oeufs brouillés, toasts et confitures. Il fait deja tres chaud. Je rends ma chambre et ils me gardent mon sac à dos pour que je profite de la journée car je prendrais le bus de nuit pur Bagan ce soir.
Direction Amanapura pour le pont U Bein. Quelle expédition!!!!! comme dans tous les bus locaux du monde, on attend que le bus ou pick up soit plein avant de partir. et ici, on s'entasse!!!
Tout le monde a le sarong. Incroyable comme ces rues sont pleines de vie. Il n'y a pas un metre sans qu'il y ait un resto de rues ou une cahute pour boire et manger!!
Evidemment je suis dévisagée car je suis la seule touriste à monter dans ce mini bus local mais j'ai droit à de grands et larges sourires. Comme c agréable!!!
On mettra au moins 1h30 pour arriver à Amanapura . Je me retrouverai avec un moine et ses 3 amies à descendre de notre super bus pour aller au pont U Bein. Ils sont heureux de partager une calèche avec moi. Et c'est parti pour une demi journée bien animée avec ces compères!!! Ils parlent anglais avec un accent birman...on passera bcp de temps à rire à cause de cet accent!! on traversera le pont et on dejeunera ensemble. J'ai bcp de chance de partager ce moment avec ces 4 personnes. C'est un moment unique..on a des milliers de questions à se poser. Chacun veut découvrir la culture de l'autre...On prendra des centaines de photos...C'est le pays où j'aurais été le plus photographiée...
On se quittera après cette franche rigolade. Ils retournent vers Mandalay et moi ver Sagaing. Ils ne connaisent pas le chemin pour aller à Sagaing....j'y vais ....on verra bien...apres tout, j'ai une langue!!
Et c'est parti...je traverserai un village où aucun touriste ne va...une espece de bidonvilles...meme moi je me suis fais un peu peur
Un stop pour profiter de l'ombre d'un arbre, et j'ai vu arriver une dizaine de gamins...j' ai pu prendre des photos et le leur montrer....quelle partie de plaisir!!
je continue d'avancer dans ce camp où trainent bouteilles et sacs plastiques...les gens m'orientent...tout va bien. Je tombe sur des birmans qui travaillent le coton. En fait, ils le teintent et le font secher mais dans quelle condition...dans une espece de baraque, des hommes s'affairent au dessus de chaudron. Un enfile les fils de coton sur un cintre et l'autre le plonge dans un bain noir. Il me diront que c'est de l'encre de calamars
je me retrouve devant des barrieres où pendent des fils de coton de toutes les couleurs qui sechent en plein soleil ....c magnifique!!
On a du rouge, du noir, du turquoise, du jaune.....
je finis par quitter ce bidonville et je commence à traverser des rues où il y a un bruit pas possible...des machines à tisser!!!! Quel boucan!!!
il fait un cagnard pas possible.....je vais avoir du mal à m'habituer à cette chaleur pourtant c pas mon 1er voyage mais cette année, c dur dur....
je finirais par trouver ma route et me faire prendre par un vrai pick up flambant neuf en autostop....direction Sagaing!!!
En descendant de ce pick up arrivée à Sagaing, je monte à un temple et m'installe sur un banc à l'ombre car c'est intenable en plein soleil. On frole les 43°...Je ne me sens pas bien et ferai une sieste et serai réveillée par des gamins intriqués de me voir là....
Du coup, Sagaing restera un mystere....car il est grand temps que je rebrousse chemin pour mon bus de nuit à Mandalay
Bientot Bagan, la raison de ce voyage pour la Birmanie....
suite au prochain episode....
🙂 Min-gala-ba tout le monde (bonjour en birman mais qui veut dire "c'est une bénédiction ")
Voila quelques notes sur le Myanmar qui pourront etre utiles pour les futurs voyageurs
Mes impressions, les explications de certains lieux et evenements et les photos je les mettrai à la suite de ce carnet pratique
Tout d'abord je suis passé par la Qatar airway (escale à Doha 1 heure environ ) 14 heures de voyage(vivement que la téléportation comme dans Star trek soit inventé 😏 )pour le prix de 870 euros aller retour (mais en consultant le comparateur de prix de ce site 15 jours avant de partir on pouvait trouver le meme billet avec une cinquantaine d'euros en moins si je me rappelle bien !!😕)
Nous étions 5 personnes et pour nous faciliter la vie sur place (et etant donné que pas une seule personne d'entre nous parle correctement l'anglais 😕😕!) nous sommes passés en utilisant internet par une agence locale directement sur place tenue par un français pour nous reserver les hotels (indispensable pour voir la fête des ballons à Taunggyi mais hotels de categorie moyennes gammes selon le GDR et Lonely (entre 20 et 25 Dollars )et donc ce n'est pas les hotels bons marchés comme pour les vrais routards (donc on a pris 1 chambre triple et une chambre double ce qui nous fera environ 10 à12 dollars par pers.la nuit ), les billets d'avions interieur et de trains et quelques voitures privés avec chauffeur qui seront fort utiles pour visiter certains sites .
Je ne ferai que des compliments pour cette agence (petit cadeau à l'arrivée, explication de l'essentiel sur le pays, ..) qui nous a facilité le deroulement de notre périple
Pour les personnes interessées je communiquerai le nom de l'agence en Mp pour ne pas faire de publicité
Un moment, un de leur sous traitant nous a completement oublié et pour s'excuser l'agence nous a offert un superbe resto sur le site de Bagan tout compris avec les boissons 🙂
Donc nous avons payé à l'arrivée le solde en euro ou en dollars (aprés avoir fait un virement internationale de 30 pour cent) et donc on ne connait pas finalement exactement le prix des billets de train et d'avion, d'hotels et du minibus privé puisque c'etait un prix total à regler
Voilà notre itineraire (en gros )que nous avons planifié directement en France avec des propositions de cette agence (il y a eu beaucoup de modifications entre le debut et le projet definitif !!)
jour 1 arrivée à yangon le matin
jour 2 visite de la ville
jour 3 train entre Yangon et Mandalay
jour 4 visite de Mandalay
jour 5 Pont U Bein le matin et Mingun l'aprés midi
jour 6 colline de Sagaing et Ava (Inwa) et pnt Ubein le soir
jour 7 Monywa et grottes de Hpo Win Daung
jour 8 Monywa- Pakoku et bateau pour Bagan
jour 9 Visite de Bagan
jour 10 Mont Popa
jour 11 Montgolfiére puis visite de Bagan en bicyclette
jour 12 Avion Bagan (via Mandalay) Heho pour la fête de ballons à Taunggyi (EXTRAORDINAIRE 🙂🙂!!)
jour 13 Kaku et fete des ballons
jour 14 Pindaya kalaw
jour 15 debut du trek et nuit dans un monastère
jour 16 Trek et nuit dans un monastère
jour 17 fin du trek et arrivée au lac Inlé
jour 18 visite du lac Inlé jusqu'au lac Sagar en bateau
jour 19 Avion Heho Yangon le matin
jour 20 depart pour le rocher d'Or
jour 21 visite de la ville de Bago et retour à Yangon
jour 22 depart de yangon et retour à Paris
Pour le change 1 euro = 1600 kyats
1 dollar = 1300 kyats
On peut facilement changer les euros et les dollars à Yangon
On a aussi changé des euros à Bagan pour 1 euro = 1550 kyats et 1 dollar pour 1250 kyats
Une course moyenne en taxi à Yangon se situe aux alentours de 1500k
Un plat pris directement sur le trottoir se situe en dessous 1000k
Un plat pris dans de petits restos typiques se situe entre 1000k et 2000k (que nous avons abondement utilisés)
Les resto assez chics cela se situe entre 3000 et 5000 k et plus
Les bouteilles d'eau entre 200 et 300 k
je vous conseille la bière Myanmar (dans les 1200 k )par rapport à la Tiger moins bonne (1000k)
il y a aussi l'ABC (brune ) et la Mandalay (red plus forte que la blue)
Les enfants à yangon vous vendent une serie de 20 de cartes postales pour 1000k
Le timbre coute 30 k
Les entrés dans les sites :
Parc et lac Kandawgyi 1000k par pers.
Shwedagon 5 dollars et eventuellement guide français 10 dollars
Mandalay :achat d'un pass de 10 dollars (Shenandaw, Atumashi, Kuthodaw, colline de Mandalay, Amarapura Inwa )
achat d'un pass 3 dollars (Mingun sagaing)
Bateau pour Inwa 1000 k par pers
caleche (2 heures environ indispensable) à Inwa pour 2 personnes 3000k (+1500k pour une troisiéme pers.)
Barque pour voir le coucher de soleil au pont u Bein (2000k) A conseiller
temple Paya thanboddhay 3 dollars
grottes Hpo Win Daung 2 dollars + guide 3000k
Montgolfiere à Bagan 245 dollars (prevoir de reserver à l'avance !)
Velo à la journée à bagan 3000 k
Caleche à bagan pour environ 3 heures 3000k
Site de Kaku 3 dollars
Grottes de Pindaya 3 dollars + supplement photos 200k
Rocher d'or 6 dollars
Navette en camion 800k à payer à l'aller et 800k à payer au retour
le pass à Bago 10 dollars (Shwemawdaw, Kanbawzathadi, kyaik punshwethalyang)
J'ai oublié mais dans pas mal de site il y a des supplements photos (surtout dans les pagodes !) qui sont de l'ordre de 100 à 200k
Au sujet de bagan on a lu sur les guides qu'il y a un pas de 10 dollars à acheter mais bien qu'en faisant tous les sites importants de la plaine (en general les pass sont à acheter en entrant sur les sites !) personne ne nous a rien demander et finalement on n'a pas payé ce pass
Au sujet du lac Inlé c'etait inclu dans la prestation avec un bateau privé et donc on ne connais pas le droit d'entrer
Au sujet de la visite de Kaku qui doit se faire avec un guide pao, au moment du départ, la guide que l'on avait reservée par l'intermediaire de l'agence est venue nous dire qu'elle ne pouvait pas venir avec nous et donc on a fait la visite du site sans guide !!(elle etait gonfllée car aprés on l'a vu partir avec un autre groupe de touristes !!)
Ma chère bachelorette, cette année, pour la Saint Valentin, je vais te sortir le grand jeu ! Je vais t’emmener dans un restaurant digne de ton standing... Mais non, pourquoi veux-tu toujours aller au Flunch, tu mérites mieux que ça, quand même !?!… Et tu n’auras pas non plus droit à une petite auberge de campagne… Ni même à un resto branché du centre-ville… Non, cette année, je me suis surpassé pour marquer cet événement d’une pierre jaune ! Au menu de la Saint Valentin, ce sera plateau repas made in Ukraine Airlines ! Original, n’est-ce pas ? Et devine quoi ?... Un vol est même compris dans le prix du repas ! Du coup, on en profitera pour rester les trois prochaines semaines là où le commandant de bord décidera de nous parachuter… Je viens de m’entretenir avec lui et attention… roulement de tambourin… ce sera en Birmanie !!! « Alors là, non ! Y en a marre de chez marre de payer des rançons pour des gens comme vous qui voyagent dans des pays qui craignent !… Qu’est-ce que vous allez faire dans ce pays totalitaire, encore ? Tu vas peut-être me dire que c'est pour ses régions encore interdites aux étrangers ? Ou alors pour son conflit tribal ? A moins que ce ne soit pour vivre aux côtés de sa population, une des plus pauvres au monde ? »
Je savais que je n’pouvais pas compter sur toi, lâcheur !… Une personne censée et intelligente m’aurait plutôt dit, la Birmanie, pourquoi pas ??? Déjà, l'Asie est le terrain de jeu idéal en cette ère glaciaire de février. Ensuite, les carnets de route que je me suis injecté depuis plusieurs années en intraveineuse m’ont contraint et forcé à inscrire cette destination sur ma sacrosainte longue liste de souhaits de voyage. Enfin, les yeux pétillants de nos routards d’amis Jérôme et Chloé à l'évocation de leur voyage là-bas ont fait le reste, c’est-à-dire faire gagner au classement les nombreuses et précieuses places à la Birmanie afin qu’elle arrive touuuuut là-haut, en tête de cette liste ! Et puis un repas de Saint Valentin chez Ukraine Airlines à mille sept cents euros pour quatre, ça ne pouvait pas se refuser ! Donc le Myanmar, je valide !
« Alors là, je ne comprends plus rien à ton histoire à dormir debout ! Il y a encore deux minutes, tu disais que c’était en Birmanie que vous partiez, non ? » Ben oui, première info pour toi, la Birmanie est au Myanmar ce qu’est le Ceylan pour le Sri Lanka... Ok, vus tes yeux tout estomaqués, je pense que ma métaphore n’a pas abouti au résultat escompté… Et la Gaule pour la France, tu comprends mieux comme ça ?... En fait, le Myanmar est le nouveau sobriquet de la Birmanie depuis 1989, date à laquelle la junte militaire en place a décidé de rebaptiser le pays pour cause de… Ah non, en fait, ils n’avaient pas vraiment de raison… Mais bon, au final, doit-on dire « Birmanie » ou « Myanmar » ? La célèbre Aung San Suu Kyi a déclaré à ce sujet : « Les militaires ont rebaptisé le pays contre la volonté du peuple, nous continuerons pour notre part à l'appeler Birmanie et nous ne reviendrons pas sur cette décision ». Sauf que comme tu le sais peut-être, la junte a enfermé Aung San Suu Kyi de nombreuses années à cause de son opposition au pouvoir. Du coup, dans ce carnet, j’emploierai les deux termes simplement pour m’éviter des répétitions, mais sur place, fais ce qu’il te plait, mais moi, ce sera Myanmar pour éviter de finir le séjour en taule !
Bon, lorsque tu m’as interrompu, je disais donc que le Myanmar, je valide ! Et plutôt mille fois qu’une ! Donc si tu as d’autres questions, n’hésite pas… :
« Quand aura lieu votre petite sauterie ?
- En février, mais ça, je l’ai déjà dit !
- Avec qui ?
- On prend les mêmes zigotos et on r’commence, soit les personnes à peu près normales que voici : Anna la chieuse (ma fille de 8 ans), Sasha la chieuse (ma seconde fille de 5 ans), Sandrine la chieuse (ma femme), et moi, le tour-opérateur de A comme « Aéroport » jusqu’à Z comme « Z’était drôlement bien ! » Enfin, ça, c’est c’que j’espère…
- Où ?
- La boucle classique, Mandalay, Bagan, Inle, Rangoon et deux trois aventures par-ci par-là dans des coins moins fréquentés. Mais ça, on aura l’occasion d’en reparler un peu plus tard...
- En combien de temps ?
- Seulement trois semaines…
- Pourquoi dis-tu « seulement trois semaines » ?
- Ben à ton avis ?... Parce que Herr Colonel Sandrine n’a pas voulu plus, pardi !!! Et puis tu m’en poses, toi, des questions !!! Allez, au lieu de me faire perdre mon temps avec tes questions, au lieu de déguster ta petite coupe de champagne pour la Saint Valentin, n’as-tu pas plutôt envie d’un petit verre d’alcool de riz, n’as-tu pas plutôt envie de partir avec nous vers de nouvelles aventures pour te réchauffer entre deux perturbations ? Si ? Et bien suis-nous et tais-toi !!! »
Bien que situé entre la Thaïlande et le Laos à l’est, le Bangladesh à l’ouest, et la Chine et l’Inde au nord, avec une population aux origines très diverses, le Myanmar donne le sentiment d’être isolé et mystérieux. Malgré l’essor plus ou moins rapide de ses voisins, nous avons eu l’impression de nous retrouver en Chine, celle que nous avons connue lors d’un premier voyage, il y a 25 ans.
Nous avons rencontré une population qui tente de survivre à l’oppression du régime militaire actuel dans des villes dont l’essor vers le modernisme est encore timide et dans des campagnes où les conditions de vie nous ramènent quelques siècles en arrière.
S’il est courant de parler de contrastes au travers de notre prisme occidental, nous avons plutôt été frappés par une certaine constance mêlant à la fois la pauvreté (pas la misère) et la spiritualité inspirée par les somptueux vestiges d’un passé glorieux. Les Birmans sont très religieux (plus de 85% de Bouddhistes) et pratiquent de nombreuses croyances mêlées de superstitions variant selon les contrées traversées. C’est un peuple qui nous est apparu courageux et d’une hospitalité à toute épreuve.
Faut-il aller au Myanmar ?
La question se pose. Mais boycotter le Myanmar revient surtout à punir le peuple birman. C’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés à la lecture des nombreux témoignages reçus. Le tourisme demeure l’une des rares ressources supplémentaires à laquelle le simple citoyen peut accéder. C’est une possibilité pour lui d’augmenter son revenu, à condition de pratiquer un tourisme « non-gouvernemental » Nous avons donc évité les tour-opérateurs, les réservations par le MTT (agence touristique gouvernementale), les avions de la compagnie Myanmar Airways, et nous sommes restés dans des hôtels et guest-house privés. Nous n’avons utilisé que les transports des compagnies privées en privilégiant les petits taxis (à part notre trajet en ferry)
Et nous n’avons pas eu à le regretter !
Les témoignages de nos interlocuteurs, guides et chauffeurs nous l’ont bien démontré : ils attendent les touristes, leur font éviter les pièges gouvernementaux et démontrent sans cesse leur reconnaissance en ne sachant que faire pour les aider et leur rendre leur séjour inoubliable.
Le départ :
Premier bug ! Le retard de l’avion de Bangkok à Yangon (3 heures) nous oblige à passer une nuit dans la capitale avant notre départ pour Mandalay. Dès la sortie de l’aéroport en pleine reconstruction, nous ressentons les trépidations de la grande ville : l’insistance des porteurs à prendre nos sacs, les taxis qui se proposent avec des tarifs variables selon la durée de notre silence, et le meilleur taux de change des dollars ! Bien que le centre des affaires du pays se déplace aujourd’hui vers Mandalay, Yangon reste la grande ville, la capitale (plus de 6 millions d’habitants). Un mélange de ruelles populaires, le Little Delhi des Indiens downtown, les grandes avenues du centre héritées de la colonisation britannique, et quelques gratte-ciel au milieu des immenses espaces verts et des pagodes. Une importante population d’Indiens et de Chinois, qui transforment les trottoirs en une multitude de petites cuisines proposant des nourritures variées et des marchands qui vendent de tout, du ventilateur auquel il manque une pale à la boîte à outils rouillés !
Grignoter dans la rue ? Bien que friands de ce type de repas au contact direct avec la population, nous avons rapidement su que nous aurions quelques difficultés ! Rien à voir avec les soupes de rue en Thailande, au Laos ou au Vietnam ! Resto chinois du premier soir : en guise d’accueil un énorme cafard qui se ballade au milieu de la salle ! Je ferme les yeux !
Petite promenade avant le dîner, Daniel ne me lâche pas d’une semelle. Non pas à cause de la sécurité (aucun ressenti à ce propos malgré l’obscurité et les nombreux passants qui nous sourient tous) mais plutôt à cause de l’état des trottoirs : à Bangkok j’ai fait deux vols planés dans les petites ruelles défoncées, et c’est couverte de bleues, que je m’accroche à son bras ! D ‘ailleurs, comme tous les autochtones, il vaut mieux marcher sur la route. Tout se passe sur la route, même un match de foot, pied nus et dans le noir sur la place de la pagode Sule. Les buts sont installés entre quelques passages de bus et pick up. Imperturbables ! A propos, quand on parle de la France (from where are you, semble la première phrase en anglais qu’apprennent les enfants birmans) personne ne connaît Chirac, mais tout le monde encense Zidane !
Dès notre arrivée nous avons ressenti la gentillesse, la politesse et de la douceur des Birmans. Habitués à cette attitude en Asie, nous n’avons rencontré l’équivalent à ce point qu’au Laos (en un peu plus speed !).
A 8 heures du soir, la propriétaire de l’hôtel s’est démenée pour nous procurer un billet d’avion pour Mandalay pour le lendemain, économie de 3$ par billet par rapport au prix annoncé à l’aéroport. Et à 5 heures du matin, elle nous attendait au pas de la porte pour nous faire « winky, winky », good bye.
Mandalay,
ville poussiéreuse, sur les de rives de l’Ayerarwaddy ne nous a pas vraiment emballé. Bicyclettes, trishaws, taxis bleus (tuktuks) circulent partout de la ville moderne, de paya en paya, à la colline de Mandalay en passant par les cités anciennes. Quatre jours bien remplis mais nous sommes contents de partir ! Comme la plupart des touristes, nous avons entrepris l’ascension de la colline, pieds nus bien sur, parmi les nombreux autels dédiés à Bouddha, et au sommet, kitch au possible, fontaines, décors en morceaux de glaces brisées, et beaucoup de moines qui profitent de ce lieu touristique pour mettre en pratique leur anglais approximatif mais toujours souriant et enjoué. Panorama sur la ville, rien de spectaculaire. Sommes-nous blasés ou est-ce la perspective de devoir redescendre à pied ? Peut être, tout simplement, la fatigue de cette première journée qui m’empêche d’apprécier le coucher de soleil. Je ne peux plus mettre un pied devant l’autre, nous négocions avec le chauffeur d’un pick-up pour nous ramener au pied de la colline. Il m’a sauvé d’une grosse déprime !
Visite classique de la ville, entre paya et bouddha, monastère et moine, artisanat de toutes sortes, le plus célèbre site bouddhique du Myanmar se trouve sur la route vers Amarapura : la paya Mahamuni. La statue très vénérée, de quatre mètres de haut est en bronze et des milliers de pèlerins viennent couvrir le corps du Bouddha de minuscules feuilles d’or. L’accumulation depuis des années de cette pratique a finit par complètement transformer le corps de la statue qui fait maintenant le double de son volume initial. Nous avons de la chance : nous sommes accueillis par une fête, une initiation semble-t-il. L’animation est intense, les costumes magnifiques, et une foule de fidèles, enfants, jeunes et moins jeunes, tous heureux et inspirés s’inclinent devant le Bouddha Mayamuni. Couleurs flamboyantes, costumes couverts de fils d’or, maquillages intenses, de belles images en perspectives !
Un jeune moine ne nous lâche plus ! Il est très content de nous donner un tas d’explication (que nous avons un mal fou à comprendre !) Il nous ballade dans tous les coins et les recoins du temple, entre les ivoires, les jades, les écritures, et les tableaux peints de l’histoire de Amarapura. Comme je suis naïve ! Je suis persuadée qu’il fait cela par plaisir et j’insiste auprès de Daniel pour ne pas lui donner d’argent à la fin de la visite guidée. De lui-même il nous demande de l’argent, et un billet ne suffit pas… One more please ! Selon lui, cela sert à remplir sa tirelire personnelle pour pouvoir se lancer dans une nouvelle vie lorsqu’il choisira de quitter le monastère. Cette explication nous sera confirmée plus tard par un autre de nos chauffeurs.
Comme nous l’avons vu, la religion bouddhiste est pratiquée par la grande majorité de la population. Les Birmans tentent de gagner une vie meilleure en nourrissant les moines, en faisant des offrandes aux temples et en pratiquant leur dévotion, en accumulant les mérites grâce aux bonnes actions. Sur toutes les routes on peut trouver des stands avec de la musique et des discours pour réclamer des offrandes. Les moines agitent de grandes bassines dans lesquelles ils font sonner la monnaie. Une famille acquiert un mérite important lorsque l’un de leur fils prend la robe. Les femmes vouées à la vie monastique, comme chez nous, sont appelées nonnes. Elles se rasent la tête, portent des robes roses et prononcent leurs vœux, mais ont moins de prestiges que les moines. Deux retraites monastiques s’imposent à tout homme birman : le moine novice entre l’age de 10 et 20 ans et le moine à part entière après 20 ans. Souvent des jeunes de la campagne, attirés par la vie citadine viennent chercher du travail. Sans éducation, sans ressource et ayant du mal à s’habituer à la ville, ils rentrent au monastère ou… au gouvernement.
J’ai adoré notre visite du Kyaung Maha Ganayon en fin d’après midi. Un endroit calme où chacun vaque simplement à ses occupations. A l’entrée du monastère, les commandements pour atteindre un état de parfaite sagesse, d’absence de désir coupable et le véritable bonheur. Parmi toutes les étapes morales quelques valeurs universelles : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas consommer de substance toxique et rester chaste. Parmi des valeurs moins fréquentes : le respect des croyances des autres.
Heure de la prière, heure de la leçon, balayage de la cour, lessive ou toilette, nous étions des bienvenus, accueillis avec le sourire en nous promenant dans cet espace de calme et de sérénité.
Le lac de Taungthaman, traversé par le pont de U Bein, le plus long pont en teck dans le monde. Photographié sous toutes ses coutures, il nous a enchanté au crépuscule. Nous avons navigué sur le lac en pirogue, pour admirer le pont d’en dessous, observer les nombreux pêcheurs à la ligne, le corps dans l’eau, le passage des piétons d’un village à un autre sur le pont, à pied ou en vélo. Paysage d’une sérénité totale et cette quiétude, sans bruits et des couleurs magnifiques qui changent de minutes en minutes en cette fin d’après midi. Le dernier quart d’heure avant la nuit… la course des pirogues pour trouver la meilleure place sur le lac et faire les meilleures photographies avec cette luminosité exceptionnelle qu’offre le soleil au couchant.
Nous avons visité Sagaing et sa colline, Inwa en carriole à cheval, nous avons raté Mingun avec sa cloche et son village (Daniel a passé sa journée malade au lit !)
Nous avons fait le voyage AR dans la journée pour Monywa, les grottes de Hpo Win Daung et la Paya Thanboddhay. Aux grottes un jeune homme nous guide avec son anglais approximatif et nous offre ses commentaires appris par cœur. Et c’est tant mieux car les grottes sont nombreuses et éparpillées, et il nous montre les plus importantes et les plus intéressantes. Mais une personne ne suffit pas ! J’ai droit à ma « dame de compagnie », elle me tient la main, m’aide à grimper les marches : Watch your head, be careful, slowly…. Elle agite un éventail pour me rafraîchir et court pour me remettre mes sandales à chaque sortie d’une grotte. Tout un coup, je réalise que j’ai pris un sacré coup de vieux !
Partout, même dans les endroits moins touristiques où nous ne verrons aucun car de touristes allemands, italiens ou français, cette sollicitation constante est présente. Quelquefois trop pesante ! Entre les colliers, bracelets, chapeaux, clochettes, vraies (fausses) pierres et autres, cartes postales et des demandes insistantes pour du shampooing, du parfum, du rouge à lèvres, des savons et des stylos, difficile de donner à l’un sans en donner à l’autre. Il faut donner pour un échange, une photo, une gentillesse, un beau sourire : le plaisir est alors partagé et apprécié. Un exemple parmi d’autres : au temple Dhammayangyi à Bagan, notre parcours est dirigé par une horde d’enfants (on avait enfin réussi à se débarrasser d’un groupe d’Italiens bruyants !) et ils nous ont fait bénéficié de tout le répertoire des mots français enseigné par d’autres touristes : attention, murs fermés, bouddhas cachés, cloisons en briques, attention à la tête, attention à la marche, va mollo, c’est parti mon kiki !!! Malgré un certain agacement, je me suis tout de même laissée prendre au jeu et nous avons finalement trouve cela très drôle. La chef de la bande, une jeune fille de 15 ans, belle comme un cœur et une personnalité d’enfer !
Et cette autre jeune fille : « I remember you from Sulamani » Elle me sourit et me présente ses frères et sœurs, une famille de 10 enfants, elle du haut de ses 12 ans joue à la maman pour ses frères et sœurs plus jeunes qu’elle. Sa grâce, sa gentillesse, sa douceur, je craque et me voilà en possession de mon énième petite boite en laque !
Sur le pont du U Bein un garçon d’une douzaine d’années nous harcèle avec ses colliers, il insiste : c’est local ! Ah, c’est toi qui les fabriques ? Non, répond-il, je ne suis que le commercial ! Très drôle !
Si vous n’êtes pas passionnés de temples, ni de bouddhas, la Birmanie n’est pas pour vous ! Vous êtes dans le pays des stupas : pas une hauteur, pas une colline sans édifice religieux, le long d’une rivière, le sommet d’une montagne, sur l’immensité d’une plaine, on aperçoit toujours une pagode. Durant ce voyage, nous avons réussi à surmonter nos angoisses. Daniel et ses vertiges et terreur des hauteurs : il n’y a pas un sommet qu’il n’a pas franchi, certes avec les jambes flageolantes, des sueurs et le cœur qui batte la chamade. Monter, ça va mais la descente, une autre épreuve, souvent à l’envers (vague souvenir d’Angkor Vat au Cambodge). Pour moi, la preuve que je peux encore monter les escaliers, dure, dure mais je l’ai fait ! (private « joke » de la famille !!!)
Tous ces édifices religieux, couverts d’or et d’argent, ces statues en fer, en bronze, cuivre ou laiton, en bois, en teck, brillent et se jouent des lumières en nous offrant de multiples couleurs changeantes : un délice !
La paya Thanboddhay à Monywa est un exemple de temple délirant, grandiose, kitch et coloré. Tout dépasse la mesure : plus de 600.000 statues de Bouddha de toutes tailles (de plusieurs mètres à un centimètre), des guirlandes de lumières qui clignotent comme dans une vitrine de Noël, et même un bassin où l’on nourrit d’énormes poissons chats…Disneyland ou un énorme gâteau d’anniversaire !
Et un peu plus loin sur la colline de Po Khuang, un gigantesque Bouddha, debout de 167m de hauteur, qui n’est pas encore terminé. Allongé à ses pieds, un autre Bouddha couché de 90m de long. Nous arrivons le matin même du décès du chef des moines. Tous les fidèles viennent prier et lui rendre hommage, une foule dense.
Les Birmans se couchent tôt et se lèvent très tôt. A 5h30, la ville se réveille, les rues s’animent, les fours s’allument, les marchands s’installent et tout le monde s’active. Marche, gymnastique, exercices, emmitouflés avec les bonnets en laine, chaussettes et blousons, la vie trépidante prémices d’une journée bien remplie.
Le ferry de Mandalay à Bagan quitte le port à 6 heures et ce matin là, la brume nous enveloppe au moment de traverser la ville une dernière fois. Nous avons aimé ce voyage malgré sa durée (8heures) Un voyage pittoresque. La vie sur le fleuve bien que peu intense nous offre des points de vue intéressants. Nous apercevons quelques scènes de travaux des champs, très impressionnant le travail des buffles. Un arrêt dans un village : les femmes nous attendent sur l’embarcadère. Elles nous proposent des soieries, des bananes, des oranges et autres victuailles, le tout posé sur leurs têtes. Elles entrent carrément dans le fleuve et c’est avec de l’eau jusqu’au cou qu’elles nous appellent pour leur acheter quelque chose. Il faut faire très vite, le bateau ne reste que quelques minutes à quai. Un spectacle pittoresque bien qu’un peu pathétique.
Bagan,
Certainement le site le plus étonnant du Myanmar.
Au bord du fleuve, se dressent des milliers de stupas, de vestiges, et de temples imposants qui s’élèvent vers le ciel. C’est ici que notre coup de foudre birman se déclenche !
Toute cette beauté, ce charme, ces plaines qui s’étendent à l’infini, et cette magie de l’architecture, cette émotion inoubliable. Nous nous imprégnons de cette extraordinaire plénitude, nous sommes éblouis par tant de beauté et nous sommes sous le charme. C’est le début de la saison sèche, tout est vert et riche en couleurs. Et dès les premiers instants, nous savons que nous prolongerons notre séjour à Bagan
Nos coups de cœur :
- La Pagode Dhammayazika, peut être parce-que c’est notre première vue depuis sa terrasse supérieure et qu’elle est si belle.
- La Paya Pyathada pour sa tranquillité, sa grande plate forme ouverte et sa vue magnifique à l’infini sur la plaine de Bagan. Nous étions seuls, vraiment tout seuls et nous avons apprécié… en silence.
- La Paya Shwezigon pour sa forme de cloche, la petite cavité circulaire creusée dans un bloc de pierre, remplie d’eau qui permet d’admirer le reflet du couronnement du stupa et son zedi doré.
- Le temple Ananda pour ces énormes portes en teck sculpté, et une visite spéciale à la statue qui se trouve face à l’est. Il tient entre le pouce et le majeur, une boulette en forme de noix qui ressemble à une plante médicinale. Elle symbolise le Bouddha offrant le dharma, comme remède pour soigner la souffrance. Daniel avait mal aux pieds, et en touchant le bouddha, en lui adressant les mots doux…. bobo parti ! Un petit clin d’œil à mes copines superstitieuses !
Et puis il y a eu notre journée de vélo autour de Bagan ! J’ai insisté pour convaincre Daniel à monter sur un vélo. On dit que rouler à bicyclette ne s’oublie jamais, mais reprendre dans des conditions aussi spéciales est une gageure ! Routes défoncées sur lesquelles les voitures foncent en nous évitant au dernier moment, chemins de terre aux ornières profondes et sablonneuses, couper à travers champ pour retrouver une hypothétique route, et, heureusement, quelques bonnes âmes toujours disponibles pour nous aider ! J’avais si envie de prendre le temps, de parcourir à notre rythme, ce lieu féerique, respirer ce bonheur, cette quiétude et cette liberté d’être loin du monde et d’écouter le silence. J’adore cette brique rouge qui illumine les champs d’une coloration soutenue contrastant avec le bleu du ciel. J’adore cette atmosphère sereine qu’imposent le calme et le silence. J’adore l’enchantement de tous les temples, éparpillés dans l’horizon sans fin et que l’on découvre au tournant d’un chemin.
Nous avons fait connaissance de Aung Min, gardien des temples Nagayon et Abeyadana qui nous a ouvert les portes de ces merveilleux sanctuaires, récemment nettoyés par une équipe de l’Unesco. Avec sa torche il nous fait découvrir des fresques d’origine (XI siècle) de la vie de Bouddha. Sa famille, tous tailleurs de pierre, travaillent et vivent sur les lieux. Ils travaillent pour le gouvernement en créant des reproductions des statues de Bouddhas, des nats etc. pour décorer le palais qui devrait s’ouvrir au public dans peu de temps. Un travail de précision.
Nous avons beaucoup aimé Salay, son musée et son immense monastère en bois, situé à 36 kms de Bagan et loin des cars de touristes. La salle d’assemblée du monastère Kyuang Youkson est actuellement recouverte d’une toiture en tôle ondulée afin de protéger les magnifiques sculptures en bois des intempéries, vieilles de 120 ans et qui représentent la vie à la cour, les épisodes de la vie de Bouddha et des récits de l’épopée indienne. La salle renferme des objets religieux de la région, statuettes, statues et têtes en bois du Bouddha, poteries, le tout fait l’objet des soins tout particuliers des moines. Portes, murs, plafonds sculptés et tous les objets exposés sont superbes.
La découverte du Mont Popa nous a plutôt laissés indifférents. Rien de très excitant ! Mais la route et la plaine environnante, d’une grande fertilité et recouverte de palmiers à sucre est magnifique. Tout au long de la longue route, des échoppes, des plantations d’hévéas pour la récolte du caoutchouc et des fabriques de sucre de palme. Nous rencontrons un groupe important de prisonniers qui récoltent la sève du caoutchoutier sous l’étroite surveillance de leurs gardiens. Tout s’utilise sur le palmier : les feuilles pour faire les toits des maisons, les troncs pour construire tables et tabourets, l’écorce pour faire les cloisons et les abreuvoirs et le fruit pour son jus. Sur une immense échelle placée jusqu’au sommet de l’arbre, on coupe le fruit à la base inférieure en accrochant un pot pour recueillir le jus pendant plusieurs heures. A consommer de différentes manières : filtré tel que, mélangé avec la pulpe pilée par le moulin actionné par un zébu et fermenté lentement pendant 3 jours pour obtenir une sorte de bière sucrée ou distillé pour obtenir un alcool fort. Nous sommes partis avec notre bouteille. Servi en digestif dès notre retour à des amis venus dîner, la bouteille est passée directement à la poubelle !!! Imbuvable !
Surtout, ne pas rater le charme et la frénésie des marchés. Dans tous les pays du monde que nous avons visité à ce jour, les marchés nous donnent toujours la mesure de la vraie vie, la vie des couleurs, des parfums et des odeurs ! Les paysans vendant quelques légumes, des épices ou des poissons séchés (plus difficile au niveau des odeurs!), les vendeurs de souvenirs, d’étoffes, de longhis et les marchands qui troquent leurs articles entre eux. On trouve tout ce qui se fabrique ou qui pousse dans le pays. Des objets en laque, les pierres précieuses, (attention à l’arnaque), des tapisseries, des textiles et les antiquités (vraies ou fausses) remplissent les étals. A même le sol, les femmes discutent les prix, choisissent avec soin leurs fruits, piments ou autres, pèsent et comptent les piles de billets de banque. Elles vendent le traditionnel thanaka, cette écorce broyée qui forme une pâte et qui leur sert de crème hydratante, protection solaire, maquillage et parfum. Je n’y ai pas échappé ! Les hommes mâchent et crachent le betel, la noix d’arec qui enivre et colore les dents… et les trottoirs de rouge. Un autre monde, un monde à part.
Pour négocier les trésors de Birmanie que l’on aime exposer dans nos vitrines, emmenez avec vous, tout ce que vous n’utilisez plus dans vos placards : tee shirts, montres, chaussures de randonnées, parfums, rouge à lèvres. Quel regret : en pensant à tout ce qui traîne dans mes tiroirs à Paris, j’ai abandonné mon couple de Bouddha qui dépassait mon budget !
Le marché noir, présent partout, nous rappelle que le pays est corrompu par la junte militaire, prête à tout pour garder le pouvoir et l’argent. Ne vous promenez jamais sans votre passeport: nous sommes régulièrement contrôlés sur les routes par la police d’immigration qui nous demandent nos passeports et remplissent soigneusement de grands cahiers. Soigneusement et lentement car la plupart d’entre eux ne savent pas lire ni écrire et se contentent de recopier nos noms comme un dessin. Un jour Daniel s’est appelé Roger parce que le chauffeur chargé d’aider le policier avait oublié ses lunettes !
Malgré ces réalités quotidiennes peu plaisantes, nous sommes émerveillés par la gentillesse et l’hospitalité des Birmans, leur envie de communiquer avec nous, leur sourire et leur désir de nous être agréables. Le revenu par habitant est l’un des plus faibles au monde, et tout se paye. L’achat de l’essence est rationné et dépasser les 20 gallons par mois, (au prix de 1500 Kyats le gallon) oblige à s’approvisionner aux pompes de marché noir sur le bord de la route. L’essence y plus ou moins pure et servie avec des jerricans de fortune au prix de 4500 Kyats le gallon. Le plus révoltant est que ce marché noir est, en fait, totalement sous le contrôle du gouvernement qui augmente ainsi ses revenus sur la vente de carburant.
Sur les routes, au milieu de nulle part, des petits frais d’un autre genre : les péages demandés à l’entrée des villes, des villages, soit disant pour financer la réparation des routes ! Mais vu leur état, on se demande ou va l’argent ! Les chauffeurs birmans sont devenus experts dans l’art de tendre leur billet en ralentissant à peine ! Peu de routes sont goudronnées, la plupart sont complètement défoncées, en terre ou couvertes de gravillons et de poussière. Dans leur voiture âgée de 25 ans avec plus de 500.000 kilomètres au compteur, il vaut mieux bien s’accrocher ! Certains chauffeurs roulent avec prudence et lentement comme s’ils voulaient préserver le peu de fiable de leur véhicule, d’autres foncent comme s’ils conduisaient leur voiture pour la dernière fois !
Il n’est pas rare de voir des cantonniers sur les bas-côtés des routes, très souvent des femmes ou des enfants, creusant des fossés, piochant et déplaçant les roches, à la main et dans des conditions de travail lamentable. On le sait, le gouvernement pratique ce genre de travaux forcés pour des salaires de misère de 1 à 2 dollars par journée de 8 heures. Les femmes laissent leur bébé sur le bas côté de la route dans la poussière et la fumée pendant qu’elle s’affairent sur la chaussée.
Les Birmans ne possèdent ni papier ni passeport. Pour obtenir un visa de sortie (très rare) afin de faire des études à l’étranger, ils doivent payer 2500 dollars pour une durée maximale de 3 ans…. Beaucoup ne reviennent pas. Un téléphone portable s’achète pour des sommes astronomiques (3000 dollars) et la puce pour autant. Inutile de dire qu’on n’en voit pas très souvent, et les nôtres ne fonctionnent pas.
L’état réprimande très sévèrement tous les jeux de hasard et impose une interdiction de parier autrement que par la loterie gouvernementale. Jamais, les Birmans ne se réunissent pour faire une partie de carte, même chez eux, de peur d’être dénoncés. Mais par Internet, via un site en Thaïlande, ils jouent à la loterie.
Impossible pour le touriste d’échapper à certaines taxes et dépenses qui reviennent au gouvernement. Si certains droits d’entrée sont vérifiés systématiquement, et par 2 ou 3 personnes à la suite, à d’autres endroits (Bagan, par exemple) on ne nous a jamais réclamé notre passe. Autre moyen pour alimenter la cagnotte, des taxes pour prendre des photos et films.
Départ de Bagan pour Inlé en taxi, un voyage inoubliable. Je sens encore les secousses, j’avale encore la poussière ! Ce voyage est dur, très dur, une route longue, très longue et en très mauvais état. Dès le départ, un détour de plus d’une heure due aux inondations terribles de la dernière mousson. Un pont s’est écroulé et nous empruntons des chemins de terre avec d’énormes pierres au milieu de la chaussée, des voies où une voiture passe à peine, et des camions, des bus et des pick-up chargés au-delà du maximum. Vu le temps qu’il nous faut, nous décidons de passer la nuit à Kalaw pour repartir le lendemain en passant par Pindaya. En réfléchissant après coup, et pour seulement quelques dollars de plus, nous aurions pu prendre l’avion. Ce voyage qui était annoncé pour 8 à 9 heures de trajet, prend facilement 14 à 15 heures. Mais cette route nous a permis d’admirer des paysages grandioses, de traverser des villages isolés et des petites villes animées par les marchés, d’observer les paysans dans leur champ et déguster une ambiance loin de nos propres valeurs. Une route d’une véritable beauté qui traverse une terre riche et fertile. Les montagnes surplombent les champs et les cours d’eau, le matin le brouillard et le froid réveille la campagne mais dès l’apparition du soleil, l’air est réchauffé et la vie intense reprend. Bains dans les rivières, chargement de légumes sur les camions, labour dans les champs. Une grande partie de la population vit directement de l’agriculture. Grâce aux plaines fertiles de l’Irrawaddy et l’eau qui tombe en abondance pendant la mousson, le pays bénéficie d’une grande variété de cultures : riz, coton, maïs, canne à sucre, sésame, blé, arachides, caoutchouc, haricots, noix de cajou et bien sûr le teck. Le Myanmar possède également des richesses naturelles comme le plomb, l’étain, le cuivre, du gaz et même du pétrole. N’oublions pas les gisements de pierres précieuses dans lesquels travaillent les ouvriers dans des conditions misérables et qui sont, évidemment totalement fermés au tourisme. Donc un pays riche qui reste pauvre mais non misérable.
Journée délicieuse sur le lac Inlé
au milieu des jardins flottants, parmi des masses de végétaux et une population de pêcheurs, forgerons, tisserands, joailliers, potiers, agriculteurs et commerçants. Nous sommes descendus dans le sud du lac et avons apprécié la solitude des ballades dans quelques villages loin des foules. Départ tôt le matin : nous croisons les habitants des villages qui viennent vendre leur production sur les marchés, salades, pomme de terre, haricots mais surtout la tomate qui représente la plus importante production. Il fait très froid sur le lac au petit matin et les Inthas avec les bonnets de laine, pull-overs et grosses couvertures s’entassent dans les bateaux à moteur hors-bord avec leur marchandise. L’originalité des Inthas reste leur technique de navigation dans leurs bateaux à fond plat : ils se tiennent à l’arrière sur une jambe et, enserrant la pagaie dans l’autre, ils rament avec leur pied ce qui permet de reposer les bras et de profiter de la hauteur pour mieux apercevoir les poissons (unique au monde !). A l’aide de filets coniques les pêcheurs remontent principalement la carpe et d’autres espèces de poisson d’eau douce.
Les paysages grandioses parcourus en barque, dégagent un charme irrésistible et une grande poésie. Des deux cotés du lac s’élèvent de hautes collines et sur les rives et les îles, les villages sur pilotis se dressent au détour d’une rive. Les villageois cultivent sur des îles fixées au fond du lac au moyen de piquets en bambou. Certaines cultures, comme les tomates, se font sur des mousses accumulées artificiellement en surface et qui flottent sur le lac. Les bateaux circulent dans ce réseau de canaux au milieu des jacinthes d’eau. La vie sauvage du lac et des marais est riche en oiseaux aquatiques, et sur terre des payas et des boutiques de souvenirs artisanaux très rustiques qui sont des grandes attractions de la promenade.
Frayeur de la journée, un serpent noir nous a surpris en sifflant sur les escaliers d’un temple dans un des villages reculés. Un bon mètre cinquante, et certainement dangereux vu la réaction de notre batelier.
De retour à Yangon
Point fort de la visite à Yangon, la pagode Shewedagon que Kipling appelait « un mystère doré…une superbe merveille étincelante» C’est en effet un spectacle féerique. Au plus fort de la chaleur de la journée l’or de la stupa étincelle de mille feux et au soleil couchant les derniers rayons embrasent le dôme d’une belle couleur jaune orangé. Il règne une atmosphère étonnante, parfois sereine, parfois d’une ferveur joyeuse. C’est un des lieux les plus importants du bouddhisme aussi bien dans la vie religieuse que dans la vie sociale. On vient pour prier, on vient en famille avec son pique-nique, les enfants jouent. Dans certains coins, tranquille et invitant à la contemplation ou ailleurs bruyante et animée, la paya est un lieu envoûtant.
Le Rocher d’Or
Nous sommes partis faire notre pèlerinage au Rocher d’Or, lieu sacré pour les Birmans et un sacré lieu pour nous !!! Une véritable « expédition » A partir de 5 heures du matin appel par haut-parleurs pour la prière et départ du camp de Kinpun à 6 heures dans ces grands camions avec les lattes de bois en guise de sièges où s’entassent pas moins de 50 personnes, pressurées et bien secouées. Trois changements de camion avant de partir et à chaque fois nous sommes l’attraction principale, seuls touristes parmi les Birmans. Départ de la colonie de vacances, ambiance bon enfant, on s’amuse, on crie, on rit sur la route vertigineuse en épingles à cheveux, avec un arrêt à mi-chemin pour laisser passer les camions qui viennent en sens inverse, pour payer sa place et surtout pour récolter des dons. Arrivés à la gare routière au pied du mont du rocher d’or, nous attaquons le sentier qui monte en pente raide vers le sommet distant d’encore une heure de marche. Notre forme physique de fin de séjour (!) nous oblige à faire des pauses pour reprendre notre souffle et repartir en restant sourd aux sollicitations de plus en plus pressantes des porteurs de chaises qui au fur à mesure de notre ascension diminuent leur tarif. Le chemin est très abrupt, la montée très difficile et l’atmosphère mélange étrangement une ambiance de dévotion et de prière et les sollicitations des vendeurs dans les échoppes de nourritures et de souvenirs qui longent toute la route jusqu’à l’entrée du temple. Daniel échappe de justesse à la dégustation de scolopendres grillées dont on suce l’estomac avec une paille avant de déguster la cervelle après avoir écrasé la tête entre ses doigts.
Une vue magnifique et certainement le rocher, lui-même magnifiquement perché sur la montagne en équilibre instable, valent toute cette peine. Mais en arrivant au sommet on découvre le rocher entouré d’échafaudages : en restauration !
Au bout de notre voyage, nos sentiments sont partagés.
Nous sommes ravis et enchantés, mais la fatigue et les conditions difficiles nous pèsent.
Un véritable coup de cœur pour ce peuple accueillant, souriant et gentil et un espoir pour que très vite ils puissent aspirer à une vie plus facile et plus libre. Espérons que notre petit guide de la Paya Shewedagon réalise un jour son vœu le plus cher : « Je rêve de prendre le métro à Paris. »
Novembre/Décembre 2006
La Birmanie, on y avait pensé il y a quelques années années déjà mais ça ne s'était pas fait.
Cette année, en novembre on a bouclé nos valises après avoir préparé notre voyage sur les forums et suivi les conseils des uns et des autres, notamment ceux de Christophe.
On a voyagé avec la Qatar et on a atterri à Rangon après une escale à Doha.
A 18h30, l'avion se posait à Rangon et à 19h, on était déjà dans le taxi qui nous conduisait à notre hôtel , hôtel réservé avant de partir. On avait choisi un hôtel assez proche de la gare routière puisqu'on voulait repartir dès le lendemain pour Mandalay.
Sitôt arrivés au Winner Résidence, on leur fait part de notre souhait de réserver un bus pour le lendemain matin. La réceptionniste n'est pas très optimiste, nous sommes à la veille d'un week-end de fête...Elle va se décarcasser et finir par nous trouver 2 billets...Premier contact avec les Birmans....Positif...Et ça ne se démentira pas une seule au cours de ces 3 semaines. Des gens serviables, aimables, accueillants, souriants...Et sans être intéressés....Bravo!
Après une bonne nuit , bercés par la pluie diluvienne qui s'abat sur la ville, on prend un bon petit déjeuner et on saute dans le taxi pour aller jusqu'à la gare routière. La jeune fille de l'hôtel tient à nous accompagner. On est surpris...Mais quand on voit la foule et combien il est difficile de se frayer un chemin pour faire les derniers mètres on comprend mieux et on apprécie d'être guidés jusqu'au bureau de l'agence qui a vendu nos billets...On récupère les billets :28000kiats pour nous 2. Et à 9h30 on est en route pour Mandalay....Il pleut encore sur la 1ère partie du parcours mais on roule bien. .
Recit par Christophe et Sophie de 4 semaines en Birmanie apres un passage en Chine: (pour la gallerie photo ou des recits images http://www.lespiedssurterre.org). Bonne lecture.
Dimanche 2 Octobre: Premieres impressions
A la descente de l'avion, la bouffée d'air humide et la chaleur écrasante nous ont fait réaliser qu'on était désormais sous un climat tropical.
En traversant la ville de Yangon, nous découvrons une capitale charmante aux avenues larges et bien traçées bordées d'arbres, parfois même des tecks, ces vénérables arbres imputrescibles chers aux salons de jardin. Finis les gratte-ciel et les rues bien propres de Chine, place à une architecture coloniale colorée et délabrée (Christophe y sent presque un parfum de La Havane…)
Ici les hommes comme les femmes sont en jupes longues style porte-feuille, des longuyi, ils ont la bouche et les dents rouges et les femmes ont les joues jaunes. Pas de doute, on a changé de pays. Les hommes mastiquent toute la journée de la noix de bétel aux propriétés vermifuges et bienfaisantes comme on chique du tabac et la recrachent en maculant les trottoirs de tâches rouges sang. Les femmes se protègent la peau du soleil en s'étalant sur le visage du tanaka, une pâte jaune extrait de l'arbre du même nom. Produit de beauté numéro 1 devant l'Oréal, elles l'étalent avec une brosse à dent par coquetterie.
Autres changements radicaux par rapport à la Chine: les gens sont souriants et parlent pour beaucoup l'anglais. La Birmanie fut une colonie anglaise de la fin du 19e siècle jusqu'à la Seconde guerre mondiale, ceci expliquant sans doute cela. Nous apprenons aussi que les Birmans descendent des Mongols, les
Sourire à la noix...de Betel
gênes de la sympathie se transmettraient-ils de génération en génération?
Les trottoirs défoncés sont parsemés d'étalages et de gargotes, pas évident de se promener tranquillement. Les voitures et les cars datent d'une autre époque et certaines sont de marques totalement inconnues. Les bus et fourgonnettes qui circulent sont bondés de monde, les gens s'accrochent à l'extérieur, sans doute la meilleure place vu la chaleur.
Comme le pays à quelques démélés avec les Etats Unis, ici les cartes de retrait ne sont pas acceptées et paradoxalement, la majorité des transactions se fait en dollars américains. Le seul moyen de se procurer des kyats est d'échanger des dollars ou des euros en grosses coupures. Pas question non plus de le faire à la banque ou à l'aéroport, ils proposent 3 fois moins qu'au marché noir.
Direction le grand marché Bogyoke appelé aussi Scott market. Cet immense marché couvert propose un maximum de marchandises de contrebande, des vêtements, bibelots et pierres précieuses mais c'est aussi l'endroit ou échanger de l'argent. C'est finalement assez simple car de nombreux rabatteurs nous accostent dans la rue. Le plus difficile est de négocier un bon taux. On s'en sortira avec un taux de 1 euro pour 1550 k, on vous laisse imaginer les liasses de billets que cela fait sachant que le plus gros fait 1000 k.
La soirée se termine dans un internet café oû une mauvaise surprise, bien que prévisible, nous attend: impossible de consulter nos mails sur Yahoo et Hotmail malgré les moteurs de recherches anonymes. Seul Free semble encore disponible, cette fois on est coupé du monde...
Lundi 3 Octobre: Pas Glop pas Glop
Journée consacrée à l'achat de nos vols et à la visite du centre-ville. La chaleur est étouffante et c'est un vrai soulagement de rentrer dans des endroits climatisés, l'envers de la médaille c'est quand il faut en ressortir!
La Sule pagoda, toute d'or recouverte, est magnifique dans le coucher de soleil et nous permet de discuter avec un moine. Enveloppé d'un tissu rouge bordeaux, la tête rasée et l'épaule dénudée, il nous explique son parcours et la vie paisible des "monks".
La journée se finira assez mal pour Sophie qui s'est choppée une sale bactérie causant fièvre subite et vomissements. On n'avait rien attrapé depuis le début, fallait bien que ça arrive…
Mardi 4 Octobre: Pas Glop
La fièvre est tombée mais Sophie, très faible, est complètement sonnée et préfèrera aller à l'hôpital, histoire de mettre un nom sur son mal et ses aller retour aux toilettes. Verdict du médecin québèquois de l'hôpital international: intoxication alimentaire. Une première pour Sophie, ahhh les joies du voyage… En tout cas, bye-bye l'hôtel luxe avec piscine prévu au programme de la journée, à la place ce sera sieste et sels de réhydratation!
Christophe de son côté visitera le zoo de Yangon (de toute facon Sophie ne serait pas venue, elle déteste les animaux en cage). Il y a découvert des animaux qui lui étaient inconnus jusqu'alors comme l'ours d'Asie, le goral, le sambar, etc…Il y avait aussi une tigresse qui mettait bas, ses gémissements étaient impressionnants.
Mercredi 5 Octobre: Glop
Sophie est complètement rétablie. Le programme des deux prochains jours c'est farniente dans un hôtel 3 étoiles avec piscine, c'est notre premier luxe en 2 mois et demi de "barroudage", on l'a bien mérité.
On règle donc 55$ pour 2 jours de paradis. Pour en profiter au maximum, on est arrivé le matin et on ne repartira que demain en fin d'après-midi.
Le Kandawgyi palace est un des derniers hôtels de luxe encore ouvert a Yangon. La chambre est superbe, spacieuse et dotée d'une petite terrasse: lit à baldaquin, coin lecture, salle de bain avec baignoire et … séchoir a cheveux (Sophie va enfin pouvoir se faire un brush). Quand à l'extérieur, jardins à la végétation luxuriante d'ou sort un tyranosaure grandeur nature, piscine à étages avec jacuzzi. On fera tout de même une petite sortie pour visiter la Shwedagon pagoda ou la plus belle pagode du monde selon certains.
Autour du stuppa central de 100 mètres de haut et recouvert de 700 kg d'or, se dressent de nombreux pagodons, templions, et clochetons, chacun brillant aussi de milles feux. Chaque édifice est richement décoré sans parler du sommet du stuppa, enchevêtrement d'or, rubis, diamants et autres pierres précieuses. Bien que ce soit le lieu boudhique le plus vénéré du Myanmar, l'ambiance y est paisible et beaucoup moins solennel que dans nos églises oû chuchoter est de rigueur. Une seule obligation: ôter ses chaussures. Ici, on prie, on flâne, on pique-nique ou on fait la sieste. Nous avons même assisté à une séance de nettoyage collectif, des dizaines de volontaires alignés comme un régiment et armés d'un balai avancent au même rythme: nettoyer la pagode le jour de son anniversaire est censé porter bonheur, une chose est sure, l'entretien est assuré gratuitement!
A la sortie nous faisons une drôle de rencontre, un vieux moine qui se lâche un peu sur le gouvernement dans un anglais impeccable, à l'évidence, nous ne sommes pas des espions à la solde de la junte militaire. Tout y passe, l'absence d'éducation, de liberté, l'oppression, la pauvreté. Apparemment promis à un bel avenir, il a laisse tombé l'université et est rentré dans les ordres se voyant ainsi renié par sa famille qui comptait sur les dollars ramenés par le fils prodige. Mais le plus étrange est son explication du sourire birman:
Shwedagon pagoda l'absence d'éducation et de choses à dire (l'université de Yangon vient juste de réouvrir, enrôlement de force dans l'armée ou travail force dès 13 ans) la peur constante d'être espionné par la junte militaire; il est moins dangereux de sourire que de parler! "Si tu n'as pas été en prison, tu n'as jamais été reporter ici" a écrit un journaliste birman. Pourtant, d'autres pays présentent les mêmes caractéristiques et n'affichent pas le même sourire, l'explication doit se trouver ailleurs, peut être le climat, ou la noix de bétel…Nous nous penchons dessus…
Jeudi 6 Octobre: Plouf
On profite de l'hôtel et de la piscine, ahhh farniente, douce activité… Autre plaisir futile, la télé. On n'est pas trop télé mais là on est restés scotchés sur TV5 asie, la chaîne française internationale. Douce France…
La fin d'après-midi se passera au marché couvert ou Sophie s'est complètement emballée pour l'artisanat birman. Christophe n'aurait pas du la laisser y aller seule, elle est revenue avec une statue en bois de teck de 70 cm de haut! (90 % des réserves mondiales de ce bois précieux se trouvent au Myanmar). Reste à espérer que les deux loulous qui nous rejoignent demain voudront bien nous en délester, c'est pas évident à caser dans le sac a dos!
Petite parenthèse sur le nom du pays, la Birmanie est en fait le nom qui avait été donné par les anglais, la junte militaire a rétabli le nom d'origine Myanmar (les premiers habitants du monde) en 89 pour tirer un trait définitif sur l'époque coloniale. De même pour Rangoon renommé maintenant Yangon.
Le soir nous trouvons une guest très correcte, Okinawa guesthouse; le tenancier accepte de nous garder la statue en dépôt jusqu'à notre retour dans 3 semaines.
Vendredi 7 Octobre: marionnettiste
Aujourd'hui, on doit retrouver Jérome et Nicolas au Lac Inle. A l'aéroport de Yangon, les deux compères sont arrivés en avance et nous attendent, salut les mecs! Sophie qui a bu la veille un jus de fruit avec glaçons (faute d'inattention), enchaîne avec une petite tourista au moment de prendre l'avion. Elle angoisse d'ailleurs de plus en plus à l'idée de monter dans ces carlingues volantes. La psychose l'aurait-elle frappée: c'est normal ce bruit-là? Et pourquoi il tourne deux fois au-dessus de la piste?...
Nous arrivons sains et saufs a Nyaunshwe, principale ville au nord du lac. Pendant que les deux compères se reposent (30 heures sans avoir ferme l'oeil), nous partons visiter la ville. Cinq minutes plus tard, un orage impressionnant nous surprend, la mousson n'est pas encore terminée. On se réfugie par hasard chez un marionnettiste qui nous accueille chaleureusement avec le thé. Il donne des représentations tous les soirs et vend des marionnettes de toutes tailles. Les murs en sont recouverts de hauts en bas. Pendant que les rafales de vent s'abattent, que le tonnerre gronde et que le cliquetis de la pluie tambourine le toit en tôle, nous discutons de son pays. La rencontre se terminera par une petite démonstration de marionnette dansante, spectacle traditionnel qui tombe en désuétude auprès des birmans.
On s'installe dans un hôtel moins cher et plus près du centre ville (le Joy hotel) puis on dégote une barque avec "chauffeur" pour le lendemain. Il reste assez de temps avant le dîner pour que Christophe teste le coiffeur local. Comme il pleut à nouveau, on assistera tous aux prouesses de l'artisan. Christophe avait une fois de plus oublié d'apprendre à dire en birman: " Pas trop court la nuque s'il vous plaît." Il lui fera la barbe au savon sans plus de succès, le feu du rasoir...
Le repas fut un grand moment de bonheur: Jérôme a ramené dans son sac une bouteille de Moulis château Maucaillou 97 (et un énorme pot de Nutella ), il s'en est fallu de peu pour que Christophe ne verse une larme (comme Sophie quand elle a plongé ses doigts dans le Nutella). En plus ce soir on dîne a l'italienne, des gnocchis au pesto préparés avec le basilic frais du jardin. Di-vin.
Samedi 8 Octobre: le lac Inle
Départ 6h30 pour visiter le lac. Le temps est couvert, espérons qu'il ne pleuve pas comme hier sinon ça va être la cata sur la barque. Nous embarquons sur une longue barque avec moteur très bruyant à l'arrière, c'est bête on a oublié nos boules Quiès.
Le lac est au centre de toute la vie de ses habitants. On s'y lave, on s'y baigne, on y fait sa lessive, on y pêche et même… on y cultive. Pour subvenir à leurs besoins, les habitants du lac, les Inthas, ont eu l'idée géniale de cultiver des légumes en créant des jardins flottants. Le lac est peu profond, un mètre le plus souvent, il s'y développe des entrelacs de plantes et jacinthes d'eau tellement denses qu'ils les recouvrent d'engrais pour y faire pousser des légumes et surtout des tomates. Ces jardins flottants approvisionnent tout le pays pendant une partie de l'année. Le lac est bordé de maisons sur pilotis en bambous et paille. Vraiment charmant.
Nous suivons le parcours classique en commençant par le village d'In Dein et son marché. Des pêcheurs y vendent leurs poissons fraîchement pêchés. On trouve aussi des étals de fruits et légumes à foison, de l'artisanat et d'autres produits de consommation courante comme les cheerots, les cigares locaux. Nico et Jérôme s'en donnent à coeur joie, les gens sont chaleureux et se laissent photographier avec plaisir. Malheureusement, comme partout, il y a l'envers du décor: un homme nous propose de rendre visite aux femmes-girafes, cette ethnie dont les femmes portent des anneaux autour du cou (nous en avions croisé dans la rue la veille). C'est bien évidemment payant et il est hors de question qu'on entretienne ce commerce honteux. Ces femmes sont aujourd'hui parquées comme des animaux dans un zoo pour satisfaire la curiosité des touristes. De ce fait, cette cruelle coutume des anneaux qui était en perte de vitesse fait un retour en force. On ne sait pas vraiment l'origine de cette tradition et beaucoup de légendes tournent autour: protection contre les attaques de tigres, marque distinctive des femmes achetées, signe de richesse et la plus cruelle, moyen de punir les femmes adultères en coupant les anneaux. A vous de choisir! Elles peuvent porter jusqu'a 25 anneaux soit 30 kg. Contrairement a ce qu'on pense, l'impression de cou de girafe n'est pas du a l'allongement du cou mais a l'affaissement des clavicules, causant déformations et dégâts physiques irréversibles.
Nous visitons l'école du village. Tous les élèves, les garçons comme les filles, portent un longyi vert et une chemisette blanche. Nous sommes surpris de voir un enfant de 4 ans tout seul dans la classe alors que tous sont a l'étage en train de chanter. En fait, les écoles sont bouddhistes, lui ne l'est pas, et la journée d'école débute par des chants religieux. Les équipements sont rudimentaires et les enfants autonomes. Avant l'arrivée du professeur, ils nettoient le tableau, préparent le bureau du maître, révisent leur leçon et tout ça sans chahut. Les élèves applaudissent lorsque leur camarade réussit son exercice au tableau. Sophie en connaisseuse est admirative.
Nous poursuivons avec les passages obligés par la fabrique d'ombrelles en papier, l'atelier de tissage, puis l'orfèvrerie. Intéressant mais nous ne serons pas clients.
Pour finir, au milieu du lac se trouve le monastère des chats sauteurs. Il tient son nom d'un moine qui avait dressé son chat à sauter de plus en plus haut au-dessus de son bras. Vraiment que ça à faire les moines ici!!! Toujours est-il que les moines qui suivirent se sont aussi mis à les faire bondir a l'intérieur d'un cerceau, et curieusement, seuls les descendants des chats sauteurs sont capables d'effectuer ces sauts. Etrange mon cher Watson…
Le cliché du lac, ce sont bien évidemment les pêcheurs qui ont une manière de ramer unique au monde. En équilibre sur un pied à l'extrêmité de la barque, ils rament avec leur jambe afin d'avoir les mains libres pour hisser leurs filets tout en manoeuvrant la barque, très impressionnant.
Dimanche 9 Octobre: la grande fête du Phaung-Daw U
Des quatre coins du lac Inle, des dizaines de barques immenses voyagent d'un village à l'autre, de pagode en pagode, sous le regard émerveillé des foules. Ce sont de très longues et très étroites embarcations mues par des dizaines de jeunes garçons Intha vêtus du costume traditionnel. Debout, ils actionnent les rames à un rythme cadencé tout en se tenant à une perche horizontale pour maintenir leur équilibre. C'est la barge royale représentant le Karaweik (oiseau doré mythique birman) qui clôt le cortège. Gardé par des prêtres, ce bateau sacré porte un baldaquin qui abrite 4 bouddhas couverts d'or.
Aujourd'hui le cortège arrive à Nyaungshwe. Le village est pris d'assaut par les habitants des alentours de la région, nous offrant ainsi un vaste aperçu de la richesse ethnique des environs. Revêtus de leur costume traditionnel, ils se sont rassemblés sur les rives pour assister à l'arrivée des statuettes et aux courses de barques. Nous essayons de nous frayer un chemin au milieu de cette foule multicolore afin de suivre le défilé jusqu'a la pagode ou les bouddhas seront déposés pour y être couvert d'or par les fidèles, fidèles masculins uniquement la femme étant considérée impure dans la religion bouddhiste.
Notre regard choqué se porte à plusieurs reprises sur des personnes à moto portant un casque allemand arborant la croix nazie. Il ne faut pas leur en vouloir, nous apprendrons plus tard qu'ils n'en connaissent pas la signification, c'est à la mode!
Cette matinée aura permis de mettre a jour le vrai visage de nos deux camarades Jérôme et Nicolas. Entre deux bières, ils se tapent la bourre a celui qui fera le plus beau cliché ou le plus de photos, des vrais paparazzi. Nous profiterons de leurs nombreux clichés pour enrichir notre galerie, ils nous ont cédé les copyright!!! Ils arpenteront les allées du marché à la recherche d'un visage digne de figurer sur le National Geographic pendant que nous ferons une petite ballade sur les collines avoisinantes.
Nous visitons un moine qui vit dans une petite grotte naturelle avec son chat et …des insectes. Il y a des araignées en pagaille et un nid de guêpes au-dessus de son lit. Les nourritures spirituelles doivent en valoir la peine pour supporter ça! Nous croisons des enfants qui nous suivent et nous offrent des fleurs… 'fin surtout a Sophie…Ils sont tout aussi amusés que les adultes de se voir en photo sur le numérique et plus encore en vidéo.
Notre plus belle rencontre se fera sur le chemin du retour au détour d'un ruisseau. Une jeune femme fait sa lessive en battant le linge comme nos lavandières d'antant pendant que ses trois enfants se baignent. Un petit coup de main pour l'aider à porter ses 10 litres d'eau et nous voilà invités à prendre de thé avec toute la famille. La maison sur pilotis est très rudimentaire: une chambre avec hamac pour les parents, les autres dormant par terre dans la pièce principale ou se trouve l'autel à prières, et un foyer pour cuisiner. Bien évidemment, il n'y a ni electricité ni eau courante, la salle de bain c'est le ruisseau boueux. Ils ne parlent pas l'anglais; nous communiquons grâce a nos photos personnelles et en leur offrant des cigarettes, puissant vecteur de convivialité. Ils sont très intrigués par les images de Paris et les observent longuement; en fait, ils ne connaissent ni Paris, ni la France. Un rapide dessin des cinq continents sera peut-être leur premier cours de géographie… Cet échange nous a mis du baume au coeur. Nous nous quittons tout sourire avec l'impression que l'essence du voyage est peut-être aussi simple que ça: une rencontre éphémère, on le sait bien sans suite, mais riche par son intensité et des rapports simples et désintéressés.
A notre retour, nous retrouvons Nicolas et Jérôme devant une bière, ils nous font goûter un fruit découvert au marché: la pomme-cannelle. Rien à voir avec ces deux ingrédients mais c'est absolument délicieux. En rentrant, ils attirent notre attention sur un détail incongru: des sacs plastiques remplis d'eau et de cailloux sont accrochés a l'entrée de notre guest. Mais qu'est-ce que c'est-il donc? Pourquoi c'est faire? Indices: c'est obligatoire et en France on en a aussi, ils sont rouges…des extincteurs bien sur! Pourvu qu'il pleuve…
En fin d'après-midi, nous testons le massage traditionnel birman. Relaxant et revigorant, il se pratique en partie avec les pieds. Le masseur nous monte dessus en se tenant à une barre au plafond. C'est pas de chance pour Sophie, sa masseuse doit faire dans les 75 kg! Les autres particularités de ce massage sont le "débouchage" d'oreille avec les doigts et le blocage des artères fémorales pour faire affluer le sang dans les jambes, ça fait bizarre. Sophie aura en prime le droit à une séance de maquillage au tanaka.
Ce soir c'est la fête au village. De nombreuses gargottes et stands ont envahi la ville ainsi que les locaux qui sont déjà bien émêchés. C'est un peu la Foire du Trône version birmane. Pas de barbe à papa mais des gâteaux au tapioca, pas de train-fantôme mais des manèges en bois dignes de figurer à l'expo universelle de Paris 1900. Nous finissons la soirée à la salle de spectacle, pour le concert. Autant dire un vaste entrepôt avec des chaises longues et trois spots. Autour de nous, des moines sont assis et fument le cheerots, ils se font aussi chier que nous; cela ressemble davantage à un spectacle traditionnel barbant qu'à une soirée festive, ni enthousiasme, ni applaudissement. C'est une torture, les "artistes"chantent faux, sont complètement statiques et aussi peu motivés que nous le sommes pour rester. Nous apprendrons par la suite qu'il s'agissait en fait du "prime time" et que les gens étaient venus voir des comédiens célèbres. C'est bête alors, on a raté le meilleur! Ca aurait été super d'assister à du théâtre en birman!
Lundi 10 Octobre: Pagode ou paya?
Visite du site de Kakku recemment ouvert aux touristes à 3 heures de route. Plus de 2000 stuppas alignés sur un kilomètre, un peu comme nos alignements de Carnac et avec une origine tout aussi mystérieuse. Le moment est d'ailleurs venu de faire la distinction entre pagode, paya, zedi et stupa. Pagode et paya désignent grosso modo la même chose, la paya est un terme générique lié à la religion alors que la pagode désigne le lieu de prières et d'offrandes. Le stuppa ou zedi (nom birman) est une structure en forme de cloche qui contient généralement des reliques de Bouddha ou d'autres objets sacrés venant de moines. A la différence du temple consacré à la méditation, on ne peut pas entrer dans un stuppa mais on en fait le tour dans le sens des aiguilles d'une montre.
Vous avez eu droit à ce bref descriptif lexical parce qu'il y a plus de stuppas, pagodes et temples en Birmanie qu'il y a de frites en Belgique, alors même si on n'en parle pas tous les jours, vous n'y couperez pas non plus!!
Le soir, un bar à cocktails sympa nous fera découvrir une spécialité locale: l'Irish coffee. C'est tout du moins le nom qu'ils donnent à cette boisson qui y ressemble à un détail près: ils n'ont ni crème, ni chantilly. Mais ils ont des oeufs! Et hop, en un tour de main on transforme le blanc d'oeuf en imitation de crème, a défaut du goût, ça fait toujours illusion, Sophie a bien failli se faire avoir!
Mardi 11 Octobre: Mais a la fin, qui c'est ce Bouddha?
On loue un van pour visiter Pindaya puis se rendre à Kalaw, notre prochaine escale. Pindaya est célèbre pour sa grotte aux 8094 bouddhas. Il fait humide, les bouddhas brillent de mille feux et y'a des araignées. Ouais, bof.
Il faut noter que le bouddhisme est omniprésent dans la vie quotidienne des birmans. Ici la religion est restée un fait social total, nous le constatons à travers ces stands au bord des routes ou des gamines sollicitent monnaie sonnante auprès des automobilistes sur fond de musique et discours mobilisateurs. Et le peuple donne beaucoup puisqu'environ 10% de ses revenus sont consacrés à l'entretien des pagodes et des prêtres. Tous les matins les moines et les nonnes (que l'on reconnait à leur habit rose) parcourent les villages avec leur jarre noire (thabeik) destinée à recevoir les oboles (nourriture) des fidèles. Le pays est constellé d'édifices ou de signes religieux même dans les coins isolés, dans les campagnes, en haut des collines, dans les grottes ou encore dans les arbres. En effet, le bouddhisme au Myanmar est aussi teinté de superstitions liées aux esprits, les Nats. On leur fait sans cesse des offrandes pour les amadouer: dans des niches ou dans le creux des arbres. Pour terminer sur le chapitre "religions et croyances", le Myanmar est aussi le royaume de l'irrationnel. Pour les birmans, tout peut avoir un pouvoir surnaturel, les éléments naturels, les êtres, les chiffres et surtout le temps et l'espace. Par exemple, le jour de leur naissance est très important, c'est pourquoi ils consultent souvent astrologues ou alchimistes, ces "devin-numéro-palmiste" postés à l'entrée des pagodes ou dans les rues. Exemple: une femme née un Lundi n'a aucune chance avec un homme né un vendredi. Faut qu'on se renseigne avec Sophie…
La route qui nous mène à Kalaw est superbe et nous assistons à de jolies scènes champêtres; c'est l'heure de la rentrée des champs après la journée de travail (près de 75% vivent de l'agriculture). Des enfants montent d'énormes boeufs, des femmes portent sur la tête des paniers remplis, et les tracteurs font office de bus avec une trentaine de personnes entassées, ça déborde de partout. Quand au paysage, les verts des rizières contrastent magnifiquement avec les rouges-ocres de la terre.
On passe la nuit au Golden Kalaw Inn, qui n'a rien de doré surtout la chambre de Nico et Jérôme.
Mercredi 12 Octobre: la vie dans la campagne birmane
On part trekker 2 jours avec nuit chez l'habitant pour le plus grand bonheur de Christophe qui est le plus motivé de nous tous à l'idée des 6 heures de marche par jour, il est tombé dedans quand il était petit! Notre guide Twenti prévoit de nous faire traverser des villages peu visités ou vivent plusieurs ethnies.
Le premier est habité par les Danu, des gens très accueillants. Notre venue attire le reste de la famille pendant que nous prenons le thé et bientôt voilà quatre générations réunies. L'arrière-grand-mère 63 ans a 10 enfants, 40 petits-enfants et déjà une dizaine d'arrière-petits-enfants! La structure familiale dans ces villages isolés est très forte et la plupart reste vivre au pays. L'accord des parents est indispensable au mariage, d'ailleurs souvent "arrangé" entre familles, et bien sûr, pas de relation sexuelle avant la cérémonie. En général, tous les habitants des villages voisins sont invités, ce qui a fait un total de 700 convives pour le mariage du fils de notre hôte! On vous rassure: ils ont mange du riz et des feuilles de thé.
Le second arrêt s'est fait dans un village Pa-O. Les femmes portent des vêtements noirs et une coiffe en serviette-éponge orange sensée représenter la bouche du dragon. Les sourires sont toujours au rendez-vous.
Nous déjeûnons dans un vieux monastère au milieu des moines qui eux n'ont pas le droit de manger entre midi et 4 heures du matin. Ce sont souvent les derniers rejetons de familles nombreuses "autorisés" a mener une vie religieuse s'il y a assez de monde aux champs. Des règles strictes régissent leur vie: savoir cuisiner, pas d'alcool ni de relation sexuelle, prendre soin de soi (propreté, habit, santé) et suivre le code monastique. Chaque birman a d'ailleurs fait ses classes étant enfant.
Sur le chemin qui mène à notre dernière étape, nous marquons un arrêt prolongé en surplombant une magnifique vallée de rizières en étages baignée par les rayons du soleil couchant.
On passe la nuit dans un village Danu et plus exactement chez le chef du village. Des lits à même le sols nous ont été installés dans leur salle réservée à la prière. Comme il n'y a pas d'éléctricité, nous dînons éclairés à la bougie un délicieux repas préparé par les deux jeunes cuisto qui nous accompagnent. Comme en Chine et en Mongolie, les desserts ne sont pas trop d'usage mais nous gouterons au sucre de palme, c'est délicieux. Nous serons réveillés a 5h00 par un p….. de coq!
Jeudi 13 Octobre: un peu de botanique
Après un petit déjeûner birman (riz, beignet de légumes et thé), nous reprenons la route en direction d'un village habité par l'ethnie Pallaung. Les femmes ont des habits vert-pomme et rose et comme un peu partout fument le cheerots. Cette ethnie vit de l'élevage du porc, de la culture du riz et du thé. A notre entrée dans le village nous sommes accueillis par une odeur nauséabonde:
au monastère les cochons se balladent en liberté dans les fosses à purin qui remplacent les chemins et nous devons marcher sur des planches de bois pour accéder à la maison. Nos hôtes sont en train de trier les feuilles de thé. Elles sèchent sur de grands tréteaux au soleil puis sont ensuite trier en deux catégories de qualité.
Cette randonnée aura d'ailleurs été l'occasion pour nous de nous améliorer en botanique. Twenti nous a montré des manguiers, des avocatiers, des papayiers, des bananiers (bon ça on savait quand même), des champs de gingembre, de sésame, de thé et même des arbres qu'on ignorait totalement comme l'arbre à tomates ou l'immense banian.
Nous déjeûnons dans un monastère au milieu des moines Puis, la dernière partie nous a fait traverser un paysage de jungle enveloppée dans une brume de chaleur tropicale, on s'y croirait. On a aussi croisé deux serpents. Faut faire attention oû l'on met les pieds Ksssssssss.
Vendredi 14 Octobre: Bon anniversaire Jérôme
Nous louons un taxi pour aller à Mandalay. Nous profitons du voyage pour nous faire découvrir mutuellement nos coups de coeur musicaux, pas toujours partagés par Sophie mais pour le plus grand plaisir de notre chauffeur. Assez peu de musiques occidentales circulent sur les ondes au Myanmar pour la simple raison qu'elle est interdite, tout comme le fait de danser d'ailleurs, incroyable, non? Les birmans sont par contre number one pour les reprises, quelque fois peu récentes et toujours en Birman.
Mandalay, ville chaude et poussiéreuse n'a pas le charme colonial de Yangon, ses beautés sont aux alentours parait-il. Nous logeons à la Royal guesthouse à la petite terrasse très agréable et située à proximité d'un glacier ou ils font de délicieux banana milk shake. Ce sera d'ailleurs notre lieu de rendez vous à tous, a défaut de pub, on n'allait pas prendre une pagode!
Ce soir Jérôme fête ses 35 ans. Après quelques "binouzes" et deux flasques à base de whisky concentré et bon marché, on se met en quête d'un endroit ou faire la fête. Pas grand chose à se mettre sous la dent sinon des bars-karaoké sinistres avec un Charlie Holeg à l'accompagnement et des chanteuses/prostituées sur un podium. Et après 23h, impossible de trouver quelque chose d'ouvert. Ici, on ne danse pas, on est au Myanmar et a 23 heures, au dodo!
Samedi 15 Octobre: Fête Nadaw, la fête de la pleine lune
On visite Mandalay et ses pagodes dont on vous épargnera la description, et en particulier le monastère Shew Nandaw, entièrement fait en bois de teck. Un maître y fait la classe pour des enfants défavorisés au milieu de jeunes moines.
Ces lieux religieux mais touristiques sont la proie des mendiants et vendeurs, essentiellement des enfants qui vendent colliers de fleurs et cartes postales. Leur attitude n'est plus celle que nous avons connue, ils réclament stylos, shampooing ou proposent de poser pour de l'argent, et les adultes veulent échanger leurs marchandises contre du parfum. Peut être est ce inévitable dans ces lieux fortement touristiques, en tout cas Jérôme et Sophie tacheront de donner leurs shampoings et stylos à des assos ou professeurs pour éviter d'entretenir ce système de mendicité. Autre première en Birmanie, C'est la première fois que nous sommes confrontés a la misère, cette vision d'un homme sans bras ni jambes devant son bol à aumône nous a profondément bouleversé.
Fin d'après-midi, nous entamons pieds nus l'ascension de la colline de Mandalay célèbre pour son coucher de soleil a…17h30. 1700 marches nous séparent de la pagode qui se trouve au sommet. Nous arrivons trempés de sueur pour voir le soleil se voiler par les nuages, tant pis. Par contre, c'est le premier jour de la fête de la pleine lune, on fête la fin de la mousson.
A notre retour au pied de la colline, la fête a pris place. C'est un festival de hauts-parleurs, de pétards (dont nous sommes souvent la cibles avec les chiens et les motards), de fritures et de pâtisseries (les crêpes a la coco fraîche sont un délice) sans oublier les jeux et manèges "rudimentaires". Une grande effervescence s'est répandue sur la ville et la soirée bat son plein vers 21h30, a 23h00 la fête commencera à être désertée. Une chose est sûre, cendrillon ne vivait pas au Myanmar (glissa Christophe)…
Dimanche 16 Octobre: les anciennes capitales de Mandalay
Mandalay, deuxième ville du Myanmar, fut la dernière capitale du royaume de Birmanie. Il ne reste malheureusement plus que les enceintes de son prestigieux palais pillé, bombardé et incendié. Il y eu cependant trois autres capitales dans la région: Sagaing, Enya et Amarapura.
Nous attaquons par Sagaing nichée sur les collines et longeant l'Irrawady, principal fleuve du pays. La pagode en elle-même est du dernier kitsch avec son sol carrelé multicolor et ses bâtiments recouvert de miroirs comme une boule à facettes disco mais la vue est sympa. Du sommet, nous voyons nettement l'enchevêtrement d'escaliers menant à d'autres pagodes, temples et monastères. Au milieu des arbres, on aperçoit des dizaines de pointes de stuppas qui innondent la vallée.
On se rend ensuite à Ava ou Enya, petite île que nous atteignons en barque et qui se visite en carriole à cheval. Nous y trouvons un beau monastère tout en teck. En nous faufilant au milieu de ses 267 colonnes de teck qui le soutiennent, nous avons assisté à un beau ballet de chauves-souris. On enchaîne avec la tour du palais, dernier vestige du palais qui fut démonté pour construire le nouveau. "C'est pas cher, c'est joli, c'est local" aura rythmé notre journée, c'est la phrase-clé des villageois locaux qui vendent des bibelots à l'entrée des sites.
Nous terminons cette journée par Amarapura et la visite de la terrasse du café au bord du lac Taungthaman. A vrai dire, on commence un peu à saturer des pagodes, Dalida aurait pu chanter "Pago-de, pagode, pago-de"… et on a decidé de faire sauter les dernières visites pour profiter tranquillement de la vue sur le pont en teck d'U Bein.. Long de 1200 mètres, il a été construit avec le bois de l'ancien palais. C'est aussi l'endroit à ne pas rater pour admirer le coucher de soleil. Des dizaines de personnes immergées jusqu'à la taille pêchent de la friture d'une drôle de façon en secouant une canne à pêche dans chaque main. Un jeune garçon, "berger" de canards rame à l'assaut d'une de ses bêtes égarées et les moines défilent sur le pont. 16h45, nous embarquons sur une pirogue pour voir le soleil se coucher. Le pont et l'arbre mort dans l'eau sont splendides en ombres chinoises dans cette lumière orangée. C'est le coucher de soleil idéal pour une demande en mariage !!!!!!!!!.
Sur le chemin du retour, les gens ont sorti les guirlandes lumineuses et allumé des milliers bougies pour éclairer les villes et monuments religieux, la fête de la pleine Lune dure plusieurs jours et c'est tant mieux, on va pouvoir retourner manger des crêpes!
Lundi 17 Octobre: epidemies d'achats compulsifs
Journée repos. Internet pour Christophe, achat de souvenir pour Sophie qui s'est à nouveau emballée, emportée par l'enthousiasme de Nico et Jérôme pour un magasin d'artisanat, une vraie caverne d'Ali Baba. Il a fallu négocier ferme et avoir recours aux échantillons de parfum et autres babioles from France, ils en sont très friands. Résultats: plusieurs kilos supplémentaires à trimbaler jusqu'au Népal. Argument de Sophie: "tu verras ça f'ra super dans le salon". Pensée de Christophe: "et qui c'est qui va l'porter"!!! On ne peut plus compter sur Jérôme et Nico, ils risquent d'être en surplus, reste a éspérer que la fine équipe qui nous rejoint au Népal nous en délestera… D'ici la, il va falloir la jouer fine pour alléger nos sacs a dos.
Mardi 18 Octobre: la croisière s'amuse…presque
Lever 4h45 (c'est pas humain), on embarqué avant le lever du jour à bord d'un bateau qui nous mènera en 10 heures à Bagan. Les birmans se couchent tôt, mais se lèvent tôt aussi, les rues commençant à s'animer vers 05h30, heure du lever du soleil. La croisière est assez agréable malgré l'absence de climatisation et nous faisons la connaissance de Grégory et Delphine que nous avions déjà croisé à Mandalay, un couple de français de Vélizy. Une fois de plus Christophe tente de convertir Sophie à la belote mais c'est décidemment pas son truc, elle préfère jouer au Pictionnary ou au Taboo. Dernier clin d'oeil à la France, ce sera du ciflar à la pause de midi, merci Jérôme.
A l'arrivée, nous devons nous acquitter d'un droit d'entrée de 10$ pour le site de Bagan. Gregory et Delphine peu chargés et ne souffrant pas du "trouble d'achat de souvenir en bois compulsif" nous ont gentiment proposé de nous ramener quelques affaires encombrantes styles livres. Merci boucou.
Mercredi 19 Octobre: Fa-bu-leux
On loue des vélos pour se rendre dans le vieux Bagan. Le site s'y prête particulièrement pour circuler.
Situés sur les rives de l'Irrawady, plus de 2000 temples se dressent, éparpillés dans un horizon immense et changeant de couleur à toute heure du jour.Un enchantement! On est complètement tombé sous le charme ancien de ses édifices ni rénovés ni clinquants comme c'est d'usage au Myanmar (ici pas de culte du "vieux", ce qui est lié à la religion est constamment entretenu, repeint, redoré).
Sous la dentelle de pierre qui recouvrait les temples apparaîssent des briques rouges parfois totalement mises à nue. Dans certains, des peintures sont encore bien conservées, dans d'autres il est possible de monter et d'admirer la vue. C'est une explosion de stupas qui émergent au milieu de la végétation et des champs de cultures. C'est pour nous, jusqu'à nouvel ordre, le plus fabuleux site fait par l'Homme, patrimoine universel de l'humanité d'ailleurs. Cette prodigieuse réalisation est née au XIe siècle lorsque le roi Anawratha rapporta de ses campagnes militaires des reliques de Bouddha, à qui il convenait de donner un cadre digne de sa sainteté
Le soir nous dégottons un resto indien qui deviendra notre cantine. Ce soir, il y a un festival en ville. On avait l'intention d'y aller jusqu'a ce que nous assistions à une violente baston entre hommes ivre-morts à coup de bouteilles de verre. Deux ce sont fait exploser des bouteilles sur la tête dont un salement amoché. Bon, de toute façon on est crevé, et puis les fêtes au Myanmar, on connaît…
Jeudi 20 Octobre: allez, encore une dernière et j'arrête
Nous continuons la visite avec toujours ce même regard émerveillé. Par contre, on galère avec nos vélos, les chemins de terre sont très sablonneux, il faut parfois les pousser, on s'est aventuré sur la mauvaise route et le vélo de Sophie est pourri. Elle s'énerve, craque puis échange avec le vélo de Christophe. Nos deux compagnons s'amusent parfois de nos petites chamailleries de couple en voyage, mais dès qu'on aura un peu de temps on vous en contera un peu plus sur cette charmante intimité née de ces deux hommes en voyage…On traverse des villages rappelant un peu l'Afrique avec ses femmes le panier sur la tête, ces boeufs labourant les champs et ces maisons en paille. Des hommes font une partie de chinlon, un sport très populaire qui se joue en cercle en jonglant avec une petite balle de rotin tressé. Maintenant c'est le brésil et son beachfoutchbol qui nous saute aux yeux!!! Contre toute attente, Christophe plus "nature" que "culture"est tombe accroc, il en veut encore et encore du temple et de la pagode, il ne s'arrête plus, insatiable le garçon.
Ce soir c'est massage pour tout le monde. En manque d'attention féminine, Nico et Jérôme on été ravis de découvrir les deux charmantes masseuses attendues; il s'agit en fait des femmes des ménages de notre hôtel!
Vendredi 21 et samedi 22 Octobre: "je lui ai mis la fièvre pendant des heures"(chanson bactérienne)
On profite de notre dernière matinée à Bagan pour visiter la dernière partie du site, histoire d'avoir notre dose de pagodes et repartir de ce site sensationnel sans regrets. Puis c'est la course jusqu'a ce qu'on monte dans le bus.
Y'a pas de clim, ça on le savait déjà; ce qu'on ne savait pas c'est que nos fauteuils seraient cassés, impossible de les basculer en arrière (ça va être cool les 17 heures et la nuit a 90 °!). C'est l'horreur à chaque arrêt, le soleil tape derrière les vitres. Trois heures se passent "et là…c'est le drame".
Christophe commence a se sentir mal puis, insidieusement, la fièvre monte, monte, monte jusqu'a suffisamment haut pour qu'il se mette a délirer et parler tout seul, tenant des propos incohérents du style: "donne moi tes cachets contre les renards, j'ai peur d'être attaquer" ou bien: "y a quelque chose qui m'gêne, je crois qu'il y a un géranium qui me pousse dans le dos"… La nuit fut une véritable torture, impossible non plus de dormir, les VCD du chanteur à la mode et un film birman nous hurlaient dans les oreilles à tel point que malgré les boules Quiès, le son était insupportable. Le problème, c'est qu'on était les seuls à se plaindre, les locaux semblaient apprécier. Bien sur dans ces conditions-là le temps ne passe pas et dure longtemps, longtemps…Les premiers prémices de chiasse sont apparus au milieu de la nuit, heureusement que nous avions de l'Imodium a porté de main. Cela n'a cependant pas empêché Christophe de tapisser les murs des chiottes de tous les bleds traversés.
Arrivés a Yangon a 07h00, Christophe est faible mais se sent mieux, il a 39, 5 de température (il a du atteindre sans difficultés les 40 dans la nuit). On avait gardé le numéro de téléphone du médecin canadien de Sophie: il s'agirait sans doute d'une dyssentrie d'origine bactérienne assez fréquente. Pas besoin d'ordonnance pour se procurer les antibiotiques spécifiques.
Apres être reste couché toute la journée, Christophe émèrgé 2 heures en fin d'après-midi, la fièvre ayant légèrement baissée, un bol de riz nature et au lit.
Dimanche 23 Octobre: Tata (salut) Myanmar
La fièvre a totalement disparue, c'est bon signe. Il ne reste plus qu à soigner le ventre et la tête, ça devrait prendre encore une semaine. 2 imodiums pour assurer le vol en avion jusqu'à Dhakka, capitale du Bengladesh.
Au revoir Nico et Jérôme, bonne escale a Bangkok, au revoir Myanmar, quand te reverrai-je pays merveilleux...
Escale a Dhaka (nuit du 23 au 24octobre)
Dakka, bref aperçu de ce qui nous attend en Inde: une horreur. Le trajet qui nous mène de l'aéroport à l'hôtel est un bordel sans nom: pas de feux, pas de sens de circulation, des bus plus pourris qu'ailleurs, des centaines de tuk-tuk qui déboulent de partout dont un qui s'est fait renverser sous nos yeux. Ca klaxonne et pile à tout va, ça pue les pots d'échappement, on a l'estomac au bout des lèvres. Mais quand est-ce qu'on arrive?…
Après avoir posé quelques questions sur le forum et surtout lu pendant des mois les discussions sur cette destination, je vous fais un petit retour de mon voyage.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas...
Nous avons voulu un voyage "cool", c'est-à-dire, ne pas courir d'une destination à l'autre, prendre le temps de se (re)poser.
On a donc finalement passé 2 nuits à Yangon (1 à l'aller et 1 au retour), 3 à Bagan, 4 à Nyaungshwe et 4 à Ngapali.
Tout compte fait, nous aurions pu (dû?) enlever 1 nuit à chaque étape pour en faire une 4ème (Moulmein Hpa An par exemple).
Allez, commençons par une affirmation si souvent lue: "les birmans sont incroyablement gentils" , oui MAIS....
1) pas tous! On a commencé par 2 arnaques en arrivant: au change de l'aéroport les 106 billets de 5000k comptés devant mes yeux se sont inexplicablement transformés en 90 billets (je sais, j'aurais du recompter de suite). 80 000k en moins, c'est pas rien 😠!. 2ème arnaque: le kiosque qui donne des bons pour le taxi n'était pas encore ouvert et le chauffeur nous a demandé à l'arrivée 20 000k (10 000k pour chacune). J'ai protesté ... il s'est énervé ... on a payé 😠; Après, plus rien, je vous rassure 😉
2) j'ai trouvé les cambodgiens tout aussi gentils, et, dans un genre différent, les zambiens également.
Bon, notre budget allégé de quelques dizaines de milliers de Kyatt, nous voilà parties pour un petit tour downtown.
Les rues de Yangon sont parfois ...surprenantes?
Après avoir récupéré nos billets d'avion à l'agence Gulliver, nous partons pour la pagode Shwedagon, de jour. L'endroit est très impressionnant, même quand on l'a déjà vu en photos
Les birmans y sont sans doute plus nombreux que les touristes.
Le lendemain, nous nous levons aux aurores pour prendre l'avion vers Bagan. Pas de (mauvaise) surprise avec le taxi cette fois (8000k).
Les bagages déposés à l'hôtel, nous partons découvrir la "ville" (New Bagan) à pied.
Après la rue principale,
nos déambulations nous amènent (entre autres) au marché
puis au bord du fleuve.
Nous terminons la journée par de la "myanmar food": c'est bon, copieux (trop) et pas cher (3500k par personne).
Les 2 jours suivant seront consacrés à la visite des temples et aussi à flâner un peu au hasard des routes et des chemins.
On a loué des e-bikes (8000k la journée), un peu par flemme et aussi parce que l'après-midi, il fait quand même très chaud.
Pas trop de monde dans l'ensemble, certains temples sont même quasi déserts.
Et, en parfait touriste 😉, on ne loupe pas le coucher de soleil sur la plaine....
Ca y est, je prends quelques instants pour faire un petit topo sur notre séjour au Myanmar. Je ne rentrerai pas dans le détail jour après jour mais je relaterai quelques « bons et beaux » moments que nous avons tout particulièrement appréciés pendant notre séjour.
Nous y sommes restés une petite quinzaine de jours (nous avions passé presque un mois au Vietnam auparavant).
Nous avons pris un vol de Saigon vers Rangoon en faisant une petite escale à Bangkok.
A Rangoon, nous avions réservé (de France) un petit hôtel LE MAY SHAN Hôtel correcte, salle de bains privée (la chambre est toute carrelée, même les murs). Très très bien situé juste à côté de la Pagode SULE, à 100m de l’Hôtel de Ville. Nous avions demandé à l’hôtel de venir nous chercher à l’aéroport, ce qui a été fait.
Coût de la chambre double 44$. Taxi de l’aéroport à l’hôtel 15$.
Nous sommes restés 5 jours à Rangoon .
Nous avions réservé (de France) par mail chez Gulliver notre deuxième journée à savoir une voiture et un chauffeur privé pour passer la journée à BAGO. Diverses visites très intéressantes ainsi qu’un Monastère (un des plus grands de Birmanie). Nous avons assisté au rituel du déjeuner des bonzes. Très impressionnant.
Nous avons eu de la pluie !!!! J’ai rarement vu d’averses aussi fortes !!!
Le cimetière militaire de Taukkyan qui se situe sur la route de Rangoon à Bago
BAGO
Pour notre troisième journée, nous sommes allés faire un tour à la Pagode SULE. Nous avons fait de très belles rencontres notamment un jeune Birman qui est venu vers nous pour parler le français. Il nous a servi de guide, nous a donné énormément d’explications sur cette Pagode et sur le Boudhisme en général. Nous avons passé ensemble un moment inoubliable. Puis nous sommes allés nous balader dans les rues avoisinantes vers l’Hôtel de Ville. Le soir, nous allions déjeuner soit dans des petits restaurants typiques de la ville près de l’hôtel ou bien nous allions sur le marché qui a lieu tous les soirs de la semaine et nous mangions ce qui nous tombait sous la main et c’était très très bon (sans oublier la cure de mangue que l’on s’est faite !!!).
Quelques photos du marché qui se tenait tous les soirs à une centaine de mètres de notre hôtel
Hi there,
This travel journal is to share our trip to Myanmar in January-February 2017 and relive the experience...
Six stops:
- the economic capital, Yangon,
- the ethnic groups in the east around Kengtong,
- Inle Lake
- Mandalay
- Bagan
- the Golden Rock and Bago
A trip for two, but organized with a local agency.
Flight with Vietnam Airlines (Paris/Ho Chi Minh City/Yangon on the way out, Yangon/Hanoi/Paris on the way back)
First stop, Yangon
At last, we arrive! That moment of excitement and impatience we all know when we land in a country we don’t know but have been dreaming about for a while. Butterflies in our stomachs—not just from the long flight!
It’s noon, everything goes smoothly (baggage, immigration, currency exchange, pre-booked taxi, ride to Yangon), and by 2:30 PM we check out of our hotel, tired from the journey but eager to explore the city and power through until evening to beat the jet lag.
We’re driven by To-Wen. Traffic is pretty heavy, but strangely, no motorbikes or scooters... To-Wen explains that two-wheelers have been banned in Yangon for several years because they’d become too numerous and caused many injuries and fatalities. To compensate, a very developed public transport system has been put in place.
Yangon, or Rangoon, isn’t Myanmar’s administrative capital. The official capital was moved to Naypyidaw in 2005 by government decision—some say to distance themselves from potential popular uprisings. Whatever the reason, it cost a fortune, and no one followed (only civil servants, who were forced to go), not even foreign embassies. This ghost capital makes all the Burmese we spoke to chuckle.
Yangon is the economic, cultural, and diplomatic capital, and it’s the most populous city (4.5 million people).
What did we see? Well, first we discovered the Sule Pagoda, a funny concept of a "roundabout pagoda" since it’s right in the middle of a busy intersection! Circular, its outer wall houses many tiny stalls. Then comes the miracle: the hustle and bustle of the street contrasts with the calm inside. You leave a noisy roundabout and suddenly find yourself in another world... flowers and fruit in front of the altars, the scent of jasmine mixed with incense...
Actually, this pagoda is very old—it’s said to have been founded in 230 BC to enshrine a hair of the Buddha, but it was in the 15th century that the great zedi (a slender stupa) on top reached its current height of 44 meters (see photos). It’s a symbolic site in the fight for democracy, as it was the rallying point for monk protests in 2007.
Next to the Sule Pagoda is Independence Park, which borders the colonial district (very run-down).
Then we had our first wow moment: the stunning Shwedagon Pagoda (see photos). It’s Myanmar’s most sacred Buddhist sanctuary, drawing crowds of devotees. Its stupa rises to 99 meters, surrounded by dozens of temples and zedis... It’s said that successive rulers have been embellishing and expanding it for over 1,500 years.
Believers gather in the many halls and circle the great golden stupa. Here, we encounter for the first time the incredible "quiet fervor" of the Burmese. A kind, open religiosity that doesn’t make us feel like intruders or nuisances—instead, it makes us want to understand their faith better.
If you go, make sure to be there in the late afternoon: the low rays of the setting sun bathe the site in gold and orange. The zedis glow... and everything becomes surreal.
The sun sets early, so we head back to the hotel around 6:30 PM. Lucky for us, it has a stunning view of Yangon by night from the top floor. We settle in to sip our first vacation cocktail. In the foreground, the shadow of Kandawgyi Lake, and in the background, the illuminated Shwedagon Pagoda, which serves as a landmark for the whole city. (See photo.)
Tomorrow, we fly to Kengtung. We’ll be back in Yangon at the end of our trip to explore more.
Time for bed by 10 PM—we need a restful night to adjust to Myanmar time...
Next post: Kengtung and meeting the local ethnic groups.
Carnet d’un voyage de 38 jours en Thaïlande (Bangkok, Singburi, Uthai Thani, Kamphaeng Phet, Mae Sot) et au Myanmar (Malwamyine, Hpa An, Kyaik Hti Yo, Bago, Ngwe Saung, Chaung Tha, Sittwe, Mrauk U, Yangon)
8/11 de Bâle à Istanbul
Une journée marquée par de nombreuses heures d'attente tant à Bâle qu'à Istanbul, liées à des vols retardés et à une longue escale à Istanbul.
Le grand aéroport Ataturk, s'il est bien calme dans les allées d'embarquement, est beaucoup plus fréquenté et cosmopolite dans la grande avenue commerciale où se concentrent magasins, boutiques hors-douane et restaurants. Malgré le retard de 2h à Bâle, il nous reste encore 6h à attendre avant le décollage prévu à 2h du matin et il n'est que 20h. Entre les tentatives de sieste, allongés sur un banc, la lecture de revues et de guides du voyage et une déambulation dans les allées commerciales, le temps finit quand même par passer et nous embarquons et décollons dans un Boeing 777 bien plein. Au bout de 8h et 25 mn nous voilà rendus à Bangkok.
Les formalités de visas (exemption pour un séjour de moins de 30 jours) ont été expédiées en deux temps trois mouvements, les bagages par contre ont été plus longs à récupérer. Nous nous préparions à prendre l'airport link pour nous rapprocher du centre ville mais après nous être renseignés, l’employée de l'
office du tourisme nous conseille plutôt de prendre le bus S1 qui part devant la sortie 7 et qui peut nous laisser devant le « Democracy monument » situé à 10mn à pied du Lamphu tree pour seulement 60B p.p. En dépit de quelques bouchons devant les postes de péages nous ne mettrons qu'une heure pour faire ce trajet jusqu'au monument. Si dans le bus il faisait frais, clim oblige, dans la rue par contre il fait moite et chaud (30°).
Troisième retrouvaille avec le Lamphu tree ! Douche, rangement des vêtements d'hiver, nous ressortons plus légers et allons dîner à Khao San au Pannee restaurant que nous connaissions déjà. Ici à Khao San c’est toujours la même ambiance cosmopolite, routarde un peu artificielle, enclave du tourisme international dominée par le business de pacotille. Après la chaleur moite nous retrouvons aussi avec plaisir les odeurs, les sons et les couleurs de ce pays, on est bien contents d'être de nouveau en Asie !
Mon premier curry vert du séjour est le bienvenu et ses parfums à base de coco, galanga, citronnelle en bâton me ravissent. Monique quant à elle se pâme devant son premier phat thai. Promenade rapide dans le quartier et retour au Lamphu pour une nuit réparatrice de 10h.
9/11 de Bangkok à Singburi
C'est avec plaisir que nous nous installons à notre table habituelle, celle qui donne sur l'allée le long du canal, pour prendre le petit-déjeuner : toujours autant de choix entre les plats thaïs, les omelettes, les fruits, yaourts, toasts beurre et confitures. Nous quittons l'hôtel et hélons un taxi qui nous emmène à la station de bus de Mochit pour 100B (pile au compteur). Là on nous indique le guichet 32 où nous prenons deux tickets pour Singburi avec un départ à 10h. Nous partons à l'heure, le bus est loin d'être rempli et ne le sera pas jusqu'à l'arrivée 2h plus tard. Après avoir longtemps longé les faubourgs de Bangkok, avec leurs habitations et leurs commerces, la campagne avec ses rizières et ses champs a pris le relais.
A la station de bus de Singburi, nous avons pris un songthaew pour faire les quelques km qui nous séparait du Sumali villa, notre hôtel pour deux jours. Nous sommes agréablement accueillis par le patron, Philippe un français installé depuis de longues années en Thaïlande. La chambre est grande, propre et dispose de tout le confort. Une grande piscine nous tend les bras, le jardin tout autour est très beau et de plus très bien entretenu. En fin d'après-midi je vais faire un petit tour à pied jusqu'au Wat tout proche, le premier du voyage mais qui sera suivi par de nombreux autres !!!
Eloigné de tout restaurant digne de ce nom nous dînons au Sumali : une soupe Tom Yang Khung bien épicée (à base de coco, combawa, citronnelle, crevettes, champignons et légumes variés pour moi et un matsaman à la noix de cajou et au poulet pour Monique, délicieux !.
11/11 Sing Buri
Bonne nuit dans un lit king size et avec une clim bien réglée. Petit-déjeuner sur la terrasse en face du jardin avec de bons produits. Discussion avec Philippe qui nous prête sa moto tricycle pour aller nous balader dans les environs. Ciel bleu et chaleur sont au rendez-vous. Nous mettons nos casques et c'est parti sur environ 10 km jusqu'au « Musée des héros » à Bang Rachan où est retracée l'héroïque résistance de quelques villageois qui ont arrêté et provisoirement battu l'armée birmane qui s'apprêtait à envahir la ville d'Ayutthaya en 1766. Musée pédagogique comme souvent dans ces pays avec force maquettes très bien faites, scènes grandeur nature où l'on présente les phases importantes des combats victorieux.
Le musée est installé au milieu d'un grand jardin d'agrément où est repris la thématique de la résistance. De façon générale il y a, tant à la ville qu'à la campagne, de beaux parcs publics avec animation, petits commerces, stands de nourriture très fréquentés surtout le W-E par les habitants.
Nous reprenons notre moto pour aller voir le grand Wat Phikung Thong réputé pour son très grand bouddha assis qui se voit à des km à la ronde. Le site plutôt kitch est très fréquenté, de plus on est samedi et il y a une belle animation. Des dizaines d'animaux en plâtre grandeur nature égaient les parterres de fleurs et de buissons, tout le bestiaire très coloré est représenté : lions, tigres, éléphants, biches et cerfs, lapin, coqs et poules, buffles.
Nous ressortons à pied pour aller voir le Wat Phra Non Chakrasi Worawihan situé juste à côté de l'hôtel. Alors qu'hier au soir tout semblait fermé aujourd'hui tout est ouvert et éclairé et les fidèles se pressent pour prier, allumer des bougies ou des bâtons d'encens, secouer un fagot de baguettes devant le grand Bouddha couché où y faire adhérer des feuilles d’or. Il est toujours étonnant pour des occidentaux de voir la ferveur que témoignent les Thaïs à la religion bouddhiste : des petits enfants aux vieillards, chacun vient s'agenouiller, prier et faire des offrandes.
Beaucoup de commerces prolifèrent autour des temples, spécialement quand ils sont réputés. On est samedi, il y a beaucoup de monde et les gargotes qui entourent le temple sont toutes très sollicitées. Retour à l'hôtel pour se rafraîchir dans la piscine. Vers 17h la fille de Philippe qui doit aller au grand marché de nuit du samedi à Sing Buri se propose de nous y emmener : c'est un grand marché couvert où l'on trouve les secteurs habituels des marchés thaïs : celui de le nourriture avec les vendeurs de poissons, de viande, de fruits et légumes, celui des petites cantines qui cuisinent tout ce qu'il est possible de cuisiner en Asie et croyez-moi il n'y a pas de limite ! Il y a aussi les vendeurs de billets de loterie, de fringues, de parfums et de bijoux. Les allées étroites sont noires de monde et ça achète, et ça marchande avec le sourire.
Retour à l'hôtel et diner de Kaï pta met Mamuang (noix de cajou et porc grillés) et de Panaeng pork (soupe parfumée et épicée à l’ananas).
12/11 de Singburi à Uthai Thani
Pan, la fille de Philippe nous emmène en ville pour essayer de régler nos problèmes de transport : en effet quitter Singburi pour Uthai Thani pourtant assez proche et sur une grande route n'est pas évident. Finalement elle va nous emmener assez loin à plus de 10 km de la ville pour nous laisser à un arrêt de bus le long de l'autoroute d'où nous allons prendre un minivan pour Nakhon Sawan. Après 2h d'autoroute nous voilà à la station de bus de Nakhon Sawan. À 11h30 un vieux bus brinquebalant va nous amener à Uthon Thani en redescendant l'autoroute n°1 vers Bangkok sur 25 km avant de bifurquer vers l'Est pour atteindre Uthaï Thani où nous arriverons au bout d'une heure ¼. Là il nous faut choisir un hôtel mais nous ne savons pas trop où nous sommes, finalement nous nous entassons difficilement dans un tuktuk, (à 2 avec les sacs c'est pas gagné) qui nous emmène au Payamai resort, la 1re adresse que j'avais sélectionnée : mauvaise pioche, c'est loin, isolé, rustique et cher. Retour en tuktuk en ville où nous allons au Phiboonsook hôtel : c'est un hôtel standard en pleine ville, sans charme avec des chambres classiques mais avec clim, sdb privative et propre, pour 650B, c'est donc d’un bon rapport qualité/prix. Nous nous installons puis allons découvrir la ville. Il est presque une heure et la ville semble dormir ! Les magasins ont tiré leurs rideaux, les restaurants et buvettes itou. Nous découvrons les bords de la rivière qui font le charme de la ville. Première constatation, il n'y a pas de touristes à l'horizon et les locaux parlant anglais sont quasi inexistants. Le long de la rivière nous rencontrons un couple de belges qui font les mêmes constatations que nous. Du bord de la rivière on aperçoit quelques maisons flottantes amarrées le long de la berge.
Nous voilà donc dans une ville authentiquement thaïe : peu ou pas d'inscription en anglais, peu de gargotes ouvertes le dimanche sauf près du marché, il est encore plus difficile de boire de la bière, la plupart des cantines sollicitées n'en ont pas et les magasins et débits de boissons ne les vendent qu'à certains créneaux horaires (9-12 et 17-20), il y a ici une prohibition de l'alcool qui surprend par rapport aux sites touristiques habituels où l'alcool coule à flot !!! Finalement nous allons boire un thé glacé dans un kiosque près du marché au bord de la rivière. Dans la soirée nous irons de même dîner dans le même kiosque de deux matsaman poulet et bœuf arrosés d'un délicieux citron pressé dans une mer de glaçons. Retour à l'hôtel, nuit moyenne la clim et la couette font alterner chaleur et fraîcheur, une horde de chiens ajoute une note bruyante....
13/11 Uthai Thani
Petit-déjeuner de rôtis et cafés au kiosque musulman près de la rivière. Nous louons des vélos et partons en direction du « glass temple » ou Wat Tha Sung. C'est un temple moderne du milieu du 20e siècle dont la particularité est d'être à l’intérieur entièrement recouvert de miroirs. De même les colonnes sont recouvertes de milliers de losanges en verre qui se reflètent les uns les autres à l'image de la galerie des glaces de Versailles. L'effet est vraiment impressionnant et esthétique. A part un car de touristes il y a peu de monde. Avant de partir nous profitons des grands jardins et du lac qui entourent le temple.
Nous reprenons nos vélos et pédalons 30 mn pour rejoindre Uthai Thani et notre hôtel.
Nous ressortons peu avant 14h en direction du port d'où partent les bateaux qui font la croisière sur la rivière.
Le batelier que nous avions réservé ce matin vient nous prendre pour une balade de 45 mn (100B pp) sur une petite barquette pour 2 passagers. Sympathique balade qui permet de longer les nombreuses maisons flottantes amarrées le long de la rivière.
De retour, je loue un vélo pour aller voir de près le Wat Sangkat Rattana Khiri, celui perché sur la colline accessible par une longue montée en escalier de 445 marches, heureusement à l'ombre à cette heure. Très belle vue sur la ville et les environs, il n'y a pas un chat là haut, seul un bonze avec sa tenue safran et quelques ouvriers et ouvrières réparant une terrasse. Au loin on peut voir de belles rizières cerclées par les méandres d'une rivière.
Vers 18h30 tenaillés par la faim nous cherchons de quoi dîner. C'est paradoxal car les petites cantines ne manquent pas mais il est impossible de se faire comprendre pour savoir ce qu'on y sert. Au marché nous trouvons notre bonheur et dînons d'un excellent padt thai à 40B la portion, soit à peine plus de 1 €. Nous terminons notre repas par des dimsuns.
14/11 d'Uthai Thani à Kamphaeng Phet
Levés à 7h nous improvisons un petit-déjeuner sur place, grâce aux cafés disponibles à l'hôtel, et à quelques achats : le tout est très sucré, tant le café que les banana cakes que les yaourts. Nous faisons téléphoner la réceptionniste pour qu'elle nous appelle notre sympathique chauffeur de tuktuk utilisé l'avant veille. 5mn plus tard nous voilà à la station de bus. Le bus pour Nakhon Sawan mettra 1h30mn après moult détours avant d'arriver. Là nous attendrons jusqu'à 11h avant de reprendre un bus VIP à 2 étages pour Kamphaeng Phet. Peu après le départ nous nous arrêtons pour déjeuner (2 plats à 10B, c'est très bon marché) puis pour faire le plein et enfin vers 13h50 nous voilà rendus. Nous négocions un songthaeun (espèce de tuktuk collectif) avec un couple de Belges rencontré la veille à Uthai Thani. Le marchandage est laborieux compte tenu du fait que nous n'allons pas dans la même direction. Nous nous installons au Three J GH, sympathique GH routard dans le centre de K.P. avec un patron très avenant et de bons conseils pour tout ce qui concerne le ville et la région.
Après nous être reposés, nous partons à pied vers le centre ville et la rivière Ping distante d'1 km environ. Nous commençons par passer devant le marché couvert qui à cette heure, il est près de 16h30, n'est plus fréquenté. Par contre et c'est évident c'est le marché de nuit presque en face qui a pris le relais. Les cuisiniers s'affairent et les clients ne manquent pas ! Nous continuons en direction de la rivière et nous nous promenons sur la grande allée qui la longe en compagnie des joggeurs et des promeneurs de chiens. Un temple chinois très coloré va servir de lieu pour une fête. Retour au marché de nuit où je vais dîner d'un « pad tyoui ? » (plat de très larges pâtes mélangées au wok avec des légumes variés et un peu de porc mariné, c'est bon, copieux et pas cher (35B=1€.)
15/11 Kamphaeng Phet
Levé vers 7h30 petit-déjeuner sur place (salade de fruits, œufs frits, toasts, beurre et confiture). Nous louons des vélos (50B pp) et partons vers le site historique de K.P. Comme rien n'est indiqué nous nous perdons vers le nord de la ville et après un détour de plusieurs km nous arrivons à l'entrée Nord du site ! Nous payons l'entrée (150B pp) et nous voilà dans un cadre forestier et ombragé à visiter les uns après les autres les différents sites de K.P. Si certains ne sont que des ruines peu parlantes d'autres par contre sont très intéressantes comme le Wat Chang Rob avec sa galerie de 66 éléphants qui ceinture la base des quatre côtés du temple. Le Wat Singha et son grand Bouddha est également très beau ainsi que le Wat Phra si Riyabot et le Wat Phra Non. La balade est agréable et les oiseaux s'en donnent à cœur joie dans les grands arbres du site. Nous quittons le parc Nord puis pénétrons dans le parc sud avec le magnifique Wat Phra Khéo et ses trois bouddhas presque intactes encore recouverts du stuc d'origine. Retour à l'hôtel, vite un citron pressé et une Chang bien fraiche !!! Je ressors vers 17h faire un tour au marché de nuit et le long de la rivière Ping. Dîner dans un restaurant chinois tout près de l'hôtel : poulet à la sauce citron, springrolls deep fried, légumes bouillis.
16/11 de Kamphaeng Phet à Sukhothai
Il a plu une bonne partie de la nuit et ça continue ce matin, il s'agit d'une petite pluie fine, il fait un peu plus frais. Le patron du GH nous emmène à la station de bus, là plutôt que d'attendre encore plus d'une heure le bus pour Sukhothai nous embarquons à bord d'un songthaeun, la pluie a cessé et nous voyagerons assez confortablement et rapidement puisqu'il nous laissera à Sukhothai au bout d'1h20mn. Nous nous installons au Lotus village hôtel. 20 mn plus tard nous sommes attablés au Poo restaurant (ancien resto belge que nous avions déjà fréquenté il y a 3ans) à déguster pad thai et curry vert : délicieux !
17/11 visite du site de Sukhothai
Pour rejoindre le site d’old Sukhothai nous prenons un songthaeun juste après le Poo restaurant (durée 20mn et 30B pp). Nous louons deux vélos (2x30B) et partons visiter ce site déjà vu il y a 3 ans. C'est toujours aussi beau et la redécouverte du site en vélo est très agréable. Si au début nous avons été confrontés à des groupes de touristes importants, cela s'est rapidement tassé. Nous avons pu à partir de midi visiter tranquillement les plus importants monuments sans être dérangés le moins du monde. Une petite pause boissons et grignotis (springrolls) a été la bienvenue en compagnie d'un groupe de cyclistes français dont certains étaient aveugles et qui faisaient un grand tour de la Thaïlande en un mois à vélo ! L'après-midi nous avons visité d'autres temples et nous avons pu assister à une séance de danses folkloriques devant le monument du roi Ramkhamhaeng.
18/11 de Sukhothai à Mae Sot
Départ du Lotus village vers 11h20 en tuktuk. À la station de bus un minivan s'apprête à partir pour Tak, alors plutôt que d'attendre 2h un bus direct nous saisissons cette occasion, 1h plus tard nous voilà à Tak, une 1/2h plus tard nous reprenons un minivan pour Mae Sot que nous atteignons en 1h1/2 par une route en partie en travaux et qui sera bientôt une superbe 4 voies qui traversera à la manière suisse cette chaîne de montagne qui sépare la Thaïlande du Myanmar. Nous prenons 2 motos taxis pour la Phannu GH, très bien pour 500B avec clim et sdb privée. Balade dans deux temples typiquement birmans, avec leur stupa doré style « shwedagon » et leurs bonzes safran qui s'affairent ici à cueillir des noix de coco et à les ouvrir pour les boire ! Le marché de Mae Sot est très grand et actif et influencé par le Myanmar tout proche : on y voit des musulmans et musulmanes avec leurs habits caractéristiques, des birmans en longyis, des femmes maquillées au tanaka, des stands vendant des longyis et des restaurants proposant des spécialités birmanes... le soir nous sommes allés au plus proche, le restaurant Borderline, qui fait partie d'une ONG anglo-saxonne. On y trouve cette faune caractéristique, celle des « bonnes âmes occidentales » qui organisait ce soir là une exposition et un vernissage avec petits fours et boissons. une occasion pour justifier je suppose l'argent versé par les Etats occidentaux. Devant le resto se trouvait un énorme 4X4 blanc immaculé avec une plaque bleue (= ONG internationales), on sait au moins à quoi leur sert l'argent des dons !!!
19/11 de Mae Sot à Mawlamyine
Nous quittons l'hôtel et avons un peu de mal au début à trouver un tuktuk pour nous emmener à la frontière toute proche (5km). Finalement un vieux tuktuk conduit par un chauffeur aussi vieux nous y emmènera à très petite vitesse. Les formalités sont vite remplies des deux côtés : à peine la frontière passée nous sommes « pris en main » par des rabatteurs qui nous pilotent et nous dirigent vers les bureaux de change et les minivans partagés qui attendent de partir pour Mawlamyine ou ailleurs. 10 mn plus tard nous sommes partis dans une Probox de Toyota, apparemment la voiture type la plus courante ici. On s'extraie de la circulation dense de la ville et prenons une route assez correcte pendant une heure, puis cela se dégrade, la route est pleine de nids de poule, de cassis et de dos d'ânes, c'est une route à deux voies étroites où deux camions ont du mal à se croiser et avec les motos, les tracteurs, les vélos, la conduite est sportive et notre chauffeur aime la conduite sportive, dès que la route se dégage il appuie sur le champignon et la voiture dépasse les 100 km/h. Un peu plus loin la route redevient plus large et mieux revêtue et au bout de 3h1/2 nous sommes rendus. Le taxi nous laisse à notre demande devant l'hôtel Cinderella mais les prix sont corsés (60$) et il n'y a de la place que pour ce soir. Nous essayons le Sandalwood tout proche: la chambre toute carrelée de blanc est propre, lumineuse avec AC, sdb et le petit-déjeuner pour 26500K soit 18€. Nous allons déjeuner au Cinderella réputé pour sa bonne cuisine et des prix corrects : nous mangerons, un massala de mouton, un « Konbao » de poulet copieux et goûteux avec plein de légumes, une bière, un jus de citron et deux cafés (20000K = 13 € à deux).
Nous partons ensuite à pied visiter une partie de la colline aux pagodes. Nous commençons par celle du Bouddha en bambou vanné puis continuons par les suivantes en direction du Nord. Nous retrouvons des touristes occidentaux en nombre et surtout des Français. L'ambiance de fin d'après-midi est super, le soleil va bientôt se coucher et les chedis d'or reluisent au soleil couchant. De plus on a une belle vue sur la ville, le fleuve et les îles au loin. Nous vivons un beau moment un peu magique.
20/11 Mawlamyine
Levé vers 7h nous prenons le petit-déjeuner sur place : minimaliste surtout pour le beurre et la confiture qui permettrait de tartiner au mieux une demie tartine, café lyophilisé, 2 œufs avec toasts et un verre de jus sucré. N'ayant pas rencontré de touristes prêts à partager un taxi pour aller visiter les curiosités locales, je m'en vais enquêter auprès du Breeze GH par chance deux Françaises sont là en train de négocier le même tour que nous. Nous tombons vite d'accord et ¼ d'heure plus tard nous partons dans une Susuki Every presque neuve pour le sud en direction des deux pitons karstiques qui émergent singulièrement de la plaine évidemment les Birmans en ont profité pour construire des temples et pagodes au sommet de ces deux pitons et les braves touristes pieds nus sous une chaleur déjà intense n'ont pas le choix, il faut y aller ! Pas sûr que la vue vaille le déplacement. Un peu plus loin s'est construit le plus grand bouddha couché du monde, c'est kitch et original. A l'intérieur se trouve un musée didactique du bouddhisme : on y voit des scènes très réalistes avec des personnages grandeur nature en trois dimensions, plutôt gores quand il s'agit de représenter les méfaits de l'enfer avec le diable et toutes les tortures possibles et imaginables !
Un peu plus loin nous nous arrêtons au monastère Pa Auk, centre de méditation pour hommes ou femmes. C'est un immense terrain sur lequel ont été construit des temples et des petits bungalows pour les moines, disséminés dans la forêt. Dans chaque grande salle de méditation on trouve des dizaines de petites tentes moustiquaires qui permettent de s'isoler et de méditer dans le silence total. Nous terminons notre tour par la pagode U Zina, celle qui est située le plus au sud sur la colline des pagodes de Malwamyine.
En fin d’après-midi je ressors faire quelques photos du coté du marché et de la vieille ville : Impressions du siècle dernier, de vieilles bâtisses décrépites, des coolies qui trimballent d'énormes sacs des bateaux aux entrepôts. Les ruelles étroites sont encombrées d'un fatras de colis et de sacs, la rue est sale ainsi que les environs immédiats des échoppes. Je remonte vers la rue principale passe devant une superbe mosquée de style anglais victorien puis remonte vers la prison de l'époque anglaise toujours utilisée. Certaines ruelles sont assez misérables et comme toujours il y a partout de petites cantines simplissimes installées dans des abris de fortune au bord des trottoirs. J'arrive ensuite à la pagode Mahamouni, la seule qui manquait à notre palmarès. La pagode à une forme originale de pyramide à degrés, alors que les chedis sont habituellement de forme courbe sans angles. Là aussi c'est une débauche d'or, de pierreries et de verre destinée à impressionner le croyant et à adorer Bouddha. Le coucher du soleil n'a pas eu lieu à cause des nuages, d'ailleurs il a plu dans la soirée. Vers 19h nous allons faire un tour au marché de nuit : une quinzaine de petites cantines, souvent tenues par des musulmans et qui proposent des plats à consommer sur de petites tables et chaises installées le long de la rivière Thanlwin.
21/11 de Mawlamyine à Hpa An
À 8h un tuktuk nous emmène au port d'où partent les bateaux pour Hpa An. Nous sommes une douzaine de touristes, (essentiellement des Français) et nous voilà partis pour 5h30 de navigation, au cours de laquelle nous longerons des champs fertiles où poussent des bananiers, de la canne à sucre et du riz. Au départ de Malwamyine nous croiserons de nombreux pêcheurs sur leurs barques, lançant leurs filets. De ci de là une pointe dorée dépassant des arbres signale un chedi, il fait chaud mais avec la brise du fleuve c'est supportable. Un arrêt est prévu peu avant la moitié du trajet pour aller visiter un vieux temple du XIXe siècle. Des tuktuk nous attendent à l'embarcadère et nous amènent en 5mn au monastère U Na Auk : L'ensemble est composé de très beaux bâtiments, on remarque en particulier dans deux temples, une superbe frise sculptée en haut relief relatant des épisodes de la vie de Bouddha. Il y a également de belles peintures d'or sur fond rouge et bordeaux. Les plafonds sont à caissons et surlignés d'or. Quant à l'extérieur l'or et l'argent coulent à flot, entre autres sur les frises métalliques qui ceinturent les temples.
Retour à la barque puis c'est reparti pour encore 2h de navigation tranquille sur un fleuve calme et très large. Régulièrement des bateaux dragueurs raclent le fond du fleuve pour ramener des graviers. Vers 13h30 nous voilà arrivés à Hpa An.
L'hôtellerie à Hpa An est relativement limitée donc souvent complète et d'un rapport qualité-prix défavorable! Après avoir visité plusieurs GH, le choix étant limité nous acceptons une chambre ridiculement petite (pas plus de 8m2) au Golden Sky..
22/11 Hpa An
Petit-déjeuner sur la terrasse du Golden sky d’où l’on bénéficie d'une belle vue sur les rizières environnantes. A 8h30mn on part faire un tour avec un tuktuk du Galaxy (5000K pp) avec nos amis pharmaciens Dominique et Alain et deux jeunes femmes israéliennes. Le tour consiste à visiter plusieurs grottes, la plupart ornées de bouddhas et de temples.
En plus des sites visités, l'intérêt du tour est de se balader dans cette campagne caractéristique avec ces rizières et ses pitons karstiques. On est en période de récolte et les paysans s'affairent dans les rizières, moissonnant à la main ou utilisant plus rarement un tracteur.
Ce tour nous a permis de voir : une belle grotte décorée, la Sadan cave, un temple du VIIe siècle remarquable par ses sculptures votives gravées dans la falaise, et la grotte aux 300 000 chauves-souris dont l'envol a duré au minimum 15 mn. Ce soir nous avons pu changer de chambre et occuper la 404 nettement plus spacieuse.
23/11 de Hpa An au Rocher d'Or (Kinpun)
A 8h30 nous prenons le bus à la « clocktower » pour 2h30mn de bonne route jusqu'à Kyak thi yo. Là nous négocions une voiture privée pour 6000K pour nous amener en 15mn à Kinpun. Ici aussi l'hôtellerie est d'un mauvais rapport qualité-prix : le 1er hôtel visité le Sea Star est sale et cher, de plus le gérant ne semble pas avoir envie de nous louer des chambres ! Le 2me le Pann Myo Thu est « un peu » mieux, mais même pour 20$ c'est pas terrible mais on fera avec pour une nuit. On part ensuite vers la station de camion pour le Rocher d'Or. Sous un grand hangar, des camions dont la benne est équipée de 7 rangées de bancs superficiellement capitonnés attendent à tour de rôle d'avoir fait le plein à raison de 6 personnes par rangée. Ce choix de serrer les gens au maximum répond à mon avis à deux impératifs, rentabiliser le camion mais aussi empêcher les gens de bouger dans les virages, et Dieu sait, oups, Bouddha sait qu'ils sont nombreux. On monte une échelle de coupée et on s'entasse. Quand le camion est plein, il démarre et grimpe une route impossible à au moins 15 à 20% de pente, le moteur en surrégime en 1re ou 2nde. Au bout de 15 mn on s'arrête pour permettre à des fidèles de faire la quête pour les « bonnes œuvres » du bouddhisme puis on repart secoués dans tous les sens et agrippés au montant pour ne pas écraser son voisin dans les nombreuses épingles à cheveux. Nouvel arrêt pour payer et pour laisser passer les voitures qui descendent puis la montée infernale reprend : durée 45 mn jusqu'en haut, on passe devant une télécabine et c'est la dernière montée vers 1000m d'altitude. Tout le monde descend. Une longue allée bordée par les marchands du temple mène progressivement vers le Rocher d'Or. Des porteurs montent de grosses charges dans des hottes en osier. D'autres attendent avec des palanquins les pèlerins susceptibles de se payer 4 porteurs pour les trimballer jusqu'au Rocher. Les sollicitations pour laisser de l'argent sont nombreuses comme ces boites transparentes remplies de billets où ces plaques indiquant des dons. Autour du Rocher la ferveur est intense, des hommes (les femmes ne peuvent approcher le rocher) collent des feuilles d'or sur le rocher et prient. Plus loin un bonze tient son auditoire en haleine. Un peu partout les occasions de prier ou de brûler un cierge ne manquent pas. Plus au nord on quitte le sacré et re-voilà les marchands du temple avec leurs bondieuseries, leurs cochonneries chinoises, leurs sucreries... Retour au camion et redescente dans les mêmes conditions : accélération, freinage, virage et rebelote, toujours à la limite. Nuit calme à part les psalmodies d'un bonze, relayées par un haut parleur, et qui veut faire profiter tout la ville de sa sagesse nous abrutissant de Purima...purima...purima une bonne partie de la nuit
24/11 du Rocher d'Or à Bago
A 8h nous prenons le bus pour Bago que nous atteindrons en 3h. Paysage de campagne avec rizières, les montagnes se sont effacées. Le bus nous laisse à l'entrée de la ville car on suppose qu'il continue vers Yangon par la nationale. Les motos taxis et tuktuk nous tombent sur le râble pour nous proposer leurs services ! Comme ils sont tous en cheville avec des revendeurs de billets de bus nous nous retrouvons vite dans une pseudo agence de voyages. En effet des touristes sacs à dos comme nous, sont des clients potentiels car Bago n’est qu’une étape. Le gérant nous propose pour le lendemain un taxi à 5h du matin pour rejoindre la gare de bus de Yangon Dagon Ayar d'où partent les bus vers l'Ouest pour Chaung Tha ou pour Ngwe Saung. Bon même s'il a un peu une tête d'escroc nous lui faisons confiance. Il nous emmène ensuite gratis jusqu'à l'hôtel Amaragold recommandé par Dominique et Alain où nous nous installons. Chambre standard, clim, sdb privée, draps à changer, eau froide à volonté, location de vélos, personnel agréable et même petit-déjeuner aux aurores. je vais découvrir à vélo les principaux monuments de Bago : le plus emblématique est la pagode Shwemawdaw, l'équivalent de la schwedagon de Yangon, en plus moderne et avec moins de curiosités annexes.
Peu de monde à cette heure (15h) il fait très chaud et humide. Entre temps j'ai perdu beaucoup de temps à changer de l'argent, une 1re fois chez KBZ où je n'ai pu changer que 100€ au maximum, une 2nde fois dans une autre banque où on a accepté de me changer 300€ en billets neufs, ces billets neufs ont intrigué les jeunes employés de la banque, ils les ont regardés, touchés, passé le doigt sur le fil, au final ça a duré près de 20 mn !
Après la grande pagode je me suis perdu a essayer de trouver deux autres temples mais le plan du routard comme celui de l'OT était tellement faux que j'ai laissé tomber, de plus rien n'est écrit en lettres latines, ni le nom des rues ni les temples. J'ai néanmoins trouvé le lac Pyan et son temple, puis le grand monastère qui jouxte un quartier populaire de type bidonville dont les habitants se débarrassent de leurs ordures en les jetant sur les bords de la rivière, pas très ragoutant !
J'ai ensuite eu du mal à trouver la pagode schwethalyaung réputée pour son grand bouddha couché : un de plus, pas remarquable me semble-t-il. Il est 17h45, la nuit tombe et je n'ai pas de lumière sur mon vélo, je retourne donc rapidement à l'hôtel. Pour dîner nous allons trois rues plus loin dans un restaurant populaire birman : nouilles légumes et cheveux d'ange avec poulet, correct et pas cher.
25/11 de Bago à Yangon et Ngwe Saung
Réveil à 4h30, petit-déjeuner rapide puis attente, longue, on s'impatiente vers 5h20 on fait téléphoner par l’employé de l’hôtel, on nous répond que le chauffeur va arriver dans 5mn finalement vers 5h45 le taxi arrive, chauffeur endormi. La route est assez dégagée et le conducteur conduit vite, bientôt les faubourgs de Yangon et déjà une grande activité règne au bord des routes. À 7h le taxi nous laisse devant la gare de bus Dragon. Les rabatteurs se précipitent tout autour du taxi, puis sachant que nous avons déjà un billet, se désintéressent de nous. Attente dans une « gare routière » d'un autre monde : un long bâtiment sommaire à deux étages, divisé en une vingtaine de box permettant l’accueil des passagers. Des minuscules cantines coincées entre les gaz d'échappement des bus et le bâtiment offrent de quoi se rassasier ou de quoi acheter des doses de bétel à chiquer, les doses de particules fines des gaz d’échappement sont gratuites ! Les alentours de la gare sont transformés en dépôts d'ordures. Démarrage vers 8h15 dans un bus correct mais sans AC (contrairement à l'annonce mais on ne le regrette pas !), 2me arrêt de 15 mn un plus loin sans raison apparente puis on repart tranquillement s'arrêtant pour prendre ou faire descendre des passagers. Très vite la ville laisse sa place à la campagne : des rizières à perte de vue, des lacs et des étangs, des digues, des rivières larges que l'on franchit par de grands ponts, des plantations de courges sur châssis... on y voit des paysans, moissonner le riz, faire des gerbes, de gros tas de riz sont étalés sur des bâches au bord de la route pour être séchés. Des meules de paille apparaissent un peu partout. Des bovins (zébus, buffles ou vaches) paissent ou se repaissent dans les mares. Des échassiers blancs de toutes tailles ponctuent de taches blanches les nuances de verts des rizières. Après quelques arrêts, dont un arrêt déjeuner nous arrivons à Ngwe Saung vers 14h30 soit 6h de trajet.
De l'arrêt de bus nous partons à pied vers le « All Seasons » réservé sur booking car étant samedi nous avions quelques craintes concernant la disponibilité des chambres le W-E. L'hôtel est un bloc de couleur mauve sans esthétique particulière, le prix de 44$ est très nettement surévalué : les petits jeunes qui gèrent sur place sont gentils mais difficilement compréhensibles vue leur connaissance limitée de l'anglais. Pas de verre de bienvenue, pas de bouteille d'eau non plus, pas de wifi, de l'électricité seulement entre 18h et 6h. Ici on pratique des prix hors sol ! On le constatera également dans les restaurants où le prix de la bière Myanmar est uniformément à 3000 contre 2000 à Malwamyine et 2300 à Hpa An. Les plats aussi subissent une inflation.
Ngwe Saung est un village-rue bordé de restaurants, bars, magasins divers, et plus loin sur plusieurs km de grands resorts qui se réservent les accès à la plage. Cela fait un drôle de mélange entre les resorts à 150$ la chambre et quelques petits hôtels et GH à 15€ la chambre. Dans l'après-midi nous allons voir quelques hôtels ou resorts pour trouver ce qui pourrait nous convenir. Après avoir tourné nous hésitons entre le Shwin Tha et le Seconda Casa. L'un est très éloigné, pas de wifi mais avec une belle vue depuis les bungalows sur la mer. Le Seconda Casa est moins cher avec clim, wifi, électricité 18h/24h, bungalow en bois mais sans vue directe sur la mer, par contre il est au centre du village. Finalement nous le choisissons. Dîner copieux au Golden Myanmar de soupe et riz aux légumes.
26/11 Ngwe Saung
Nous nous installons au Casa et partons faire un tour à la plage toute proche. La plage de sable blanc très vaste s'étire sur des km et est bordée de cocotiers et de resorts tout du long. Tous les 300m on peut voir des ensembles de tables, chaises et parasols, restaurants populaires, location de bouées, et de quads. La plage est parcourue par quelques quads, quelques chevaux et pas mal de motos qui utilisent la plage comme route de desserte. Mais ça reste somme toute assez calme, pourtant on est dimanche. L'eau est très chaude et les rouleaux ne sont pas très impressionnants. Pour me sécher, je pars me promener, sans appareil photo hélas et je tombe sur la remontée des filets par une douzaine de pêcheurs.
Je ressors en fin d'après-midi et vais me balader vers le sud de la plage, en revenant je revois une nouvelle remontée des filets de pêche et cette fois-ci je peux la photographier : la pêche est bonne, des petits poissons blancs, type anchois, brillent et s'agitent dans le filet. En 5 mn les poissons sont transférés dans des paniers que deux hommes ramènent au village. Les filets sont disposés d'une certaine façon sur le sable prêts à être immergés une nouvelle fois. Diner au Home restaurant juste en face de notre hôtel : excellent vivaneau à la sauce citron ainsi que de grosses crevettes.
27/11 Ngwe Saung
Nuit un peu perturbée par une climatisation très bruyante et des couvertures rappeuses d'autant plus que nous n'avons pas de draps de dessus. Nous sommes maintenant les seuls clients de l'hôtel ! En effet cette station balnéaire n’est fréquentée que par des touristes birmans ou asiatiques le week-end. Première baignade de la journée dans une eau agréable, presque personne dans l'eau à des kilomètres à la ronde. Je m'en vais louer un vélo juste à côté de l'hôtel (3000/j) puis je pars sur la plage en direction du sud sur plusieurs km jusqu'à une rivière qu'il faudrait franchir à gué pour continuer vers un phare. Là un raidillon accède à la route goudronnée qui longe les resorts du N au S. En arrivant au village je prends une rue parallèle à la rue commerçante pour m'approcher du vrai village de pêcheurs et d'agriculteurs. Petites maisons en dur ou en bois, pimpantes ou non, c'est le village traditionnel typique de l'Asie du S-E. Diner le soir au Home restaurant d'un curry rouge aux crevettes et d'un curry vert au poulet (moins bon que le rouge).
28/11
Ngwe Saung
Balade matinale en vélo sur la plage, d'abord vers le Nord puis le sud : à cette heure (7h) il y a déjà de l'animation, deux birmans escortent deux vaches sur la plage qu'ils vont amener dans un champ un peu plus au nord, des touristes locaux se selfisent à qui mieux-mieux sur la plage. Si certains pédalent, d'autres courent, d'autres encore parcourent la plage en quad ou à moto. Petit-déjeuner sur la terrasse puis baignade dans une mer chaude à peine troublée par quelques rouleaux inoffensifs. Matinée lecture, puis déjeuner chez Home (pad thaï, bière et smoothie au coco.) puis balade à vélo dans les environs du village. En fin de journée je retourne à la plage, baignade puis photos de pêcheurs remballant des filets et répartissant des seaux de petits poissons sur des bâches et des filets pour les faire sécher. Beau coucher de soleil. Diner au Golden Myanmar (excellente soupe thaïe très copieuse et très piquante à 4500K.)
28/11 de Ngwe Saung à Chaung Tha
Levé vers 7h je pars faire mon tour de plage quotidien à vélo sous un soleil encore légèrement voilé, la température est agréable et la plage est quasi déserte. Vers 10h nous allons au resto Home, où nous devons retrouver les motos taxi réservés par l'intermédiaire de la patronne. Ils arrivent peu avant 10h et nous partons à moto vers le Nord pour rejoindre Chaung Tha. Ce sera un superbe voyage, alternant pistes étroites dans la forêt, le long de plages désertes, traversant des villages de pêcheurs aux maisons sur pilotis. Il nous faudra également traverser des bras de fleuves et de rivières et pour ce utiliser trois traversiers (soit une barque pour 3 motos au maximum, soit pour le dernier une barque pouvant accueillir plusieurs motos et une dizaine de passagers. A midi donc au bout de 2h nous arrivons à Chaung Tha. Nos conducteurs nous montrent un 1er hôtel qui ne nous convient pas trop puis nous allons voir celui que nous pensions prendre et ce sera le bon, le Shwe Hin Tha : belle chambre au 1er étage avec lit à baldaquin et moustiquaire, ventilo et une belle vue sur le jardin, ses tecks et ses frangipaniers, on peut même voir la mer dans le coin ! Le prix est très raisonnable (33000k). Balade sur la grande plage, retour à l'hôtel. Dîner au restaurant de l'hôtel Shwe Ya Min (crevettes à l'ail et baracuda à la sauce lait de coco : moyen, c'est un peu sucré et ça manque bigrement de sel.) Il fait presque frais ce soir, il y a du vent, le soleil s'est caché en fin d'après-midi, on ne ressent pas d'humidité, mais les moustiques sont toujours là, hélas !!!
30/11 Chaung Tha
Nuit un peu perturbée par des moustiques silencieux et voraces, de guerre lasse on a déplié les moustiquaires que l'on pensait inutile avec le ventilo ! Après, heureusement ça allait mieux, le ventilo permettait de garder un air un peu frais. On part sur la grande plage en direction du sud : la plage s’anime, les vendeurs sont de plus en plus nombreux, les estivants ont déplié leurs bâches et s'installent avec casse-croûtes et thermos. Les loueurs de chambres à air sont débordés, des ânes et quelques zèbres birmans attendent le chaland. C'est tout un monde bon enfant qui profite de la plage. Nous continuons notre chemin et passons devant les cahutes délabrées du quartier des pêcheurs : De grands espaces de séchage du poisson sur pilotis sont construits sur le bord de mer.
01/12 Chaung Tha
Ce mati, début de week-end, petit-déjeuner buffet très copieux et de bonne qualité. Peu après nous partons à pied en direction de la belle plage située au Nord après du Hill garden resort. Personne, une superbe plage de sable blanc, des cocotiers et une mer chaude. Retour par la plage jusqu'à l'hôtel puis détour par la banque pour changer de l'argent (les billets de 20€ même neufs valent moins que ceux de 50€ !) puis j'achète les billets de bus pour Yangon. Retour par la plage, arrêt bière et noix de coco devant l'hôtel sur la plage. Vers 16h30 je pars faire mon tour photos sur la partie de la plage la plus animée, guettant des scènes intéressantes avec un bel éclairage et il y en a toujours !
02/12 Chaung Tha
Aujourd’hui samedi il y a plus de monde, même sur notre plage déserte, des vacanciers ont loué des bouées et un zodiaque pour s'amuser dans les vagues.
Quelle différence entre Ngwe Saung et Chaung Tha ? Les deux stations balnéaires ont leurs avantages et leurs faiblesses : N.S. dispose d'une plus belle plage en arc de cercle, il y a les pêcheurs qui ramènent leurs filets sur la plage le soir, la rue principale ombragée est agréable, les vélos sont pas chers à louer mais comme il y a peu d'hôtels accessibles à la clientèle birmane de classe moyenne il y a peu d’animation populaire comme à Chaung Tha.
C.H. est un grand village avec des habitants et des pêcheurs, la plage est moins belle mais très animée et très populaire et les vélos y sont beaucoup plus chers à louer (1000K/h au lieu de 3000k/j). Il y a par contre une très belle plage déserte au nord.
Balade au coucher du soleil pour m'immerger dans la fête pour les vacanciers, et observer les vendeurs essayant de gagner péniblement quelques kyats. En effet il y a une suite ininterrompue de vendeurs, femmes, enfants, hommes qui arpentent la plage ou hèlent le client depuis leur stand pour leur proposer : des plats cuisinés, des brochettes de crevettes ou de poissons, des coquillages, des boissons, des cadres , du poisson séché, des locations de vélos, bouées, zodiaques etc.
03/12 de Chaung Tha à Yangon
A 9h30 le bus doit nous prendre devant l'hôtel mais à 10h toujours pas de bus, l'inquiétude grandit mais pas chez les birmans interrogés « wait, wait » nous disent-ils ! En effet le bus fait la tournée des hôtels pour récupérer ses clients, et vers 10h30 le voilà enfin et nous partons : le bus est correctement climatisé, les fauteuils confortables mais il y a peu d'espace entre les sièges alors avec une taille de 1m80 j'ai les genoux au niveau de la poitrine ! Même paysage qu'à l'aller : des rizières à perte de vue et la récolte va bon train, en effet on voit de gros tas de riz non décortiqué en bordure des routes et des rizières, des camions et des tracteurs chargés de gros sacs blancs. Le bus s'est arrêté 40 mn pour déjeuner puis au bout de 2h, encore 30 mn d’arrêt pour prendre de l'essence et on est arrivé dans les embouteillages de Yangon à la nuit tombée vers 18h soit après 7h30 de voyage. Le bus nous a laissé près du lac Inya, un taxi hélé nous a emmenés jusqu'à l'hôtel. L'hôtel au fond d'une impasse est super propre : grande chambre, lit confortable, sdb impeccable clim silencieuse et efficace et de plus excellent rapport qualité-prix (34€ avec petit-déjeuner). Nous dînons sur place, les restaurants avoisinants étant un peu loin.
04/12 de Yangon à Sittwe en avion
Balade le long du lac Inya et visite du Myanmar Plazza : immense mall à l'américaine avec toutes les enseignes chics du moment : Samsung, KFC, Adidas, Nike, le prêt-à-porter français, Bata, et un supermarché avec des produits français : fromage, vins, charcuterie etc.
Une bulle capitaliste dans l'un des pays les plus pauvres du monde ! Si l'on met cela en regard des innombrables bidonvilles misérables longés hier soir en arrivant de Chaung Tha, c'est terrifiant !
Le Myanmar est déjà l'un des pays les plus corrompus de la planète, avec les appétits entraînés par son ouverture au monde, la situation va s’agraver et le peuple n'en profitera pas !
A l'aéroport nous attendrons notre vol pour Sittwe un peu plus longtemps que prévu soit un retard d'une heure ce qui semblerait normal pour cette compagnie. Finalement décollage à 14h35 dans un ATR 72 de la Mann Yadanarpon pour 1h10mn de vol : beaux paysages, d'abord des centaines de bras de fleuves et des rivières qui serpentent et cloisonnent des milliers de rizières plus ou moins grandes et plus ou moins vertes puis place à des collines et montagnes recouvertes de forêts et on longe finalement la côte sableuse du Golfe du Bengale avant d'atterrir à Sittwe. L'avion est au bord de la piste, nous descendons sur le tarmac, des employés déchargent les bagages, nous partons à pied vers le bâtiment, d'autres passagers nous remplacent et l'avion repart. Nous bagages arrivent dans des charrettes tirées par des hommes, chacun récupère les siens, dernier contrôle par un agent et nous prenons un tuktuk pour le centre ville (3500K). Nous le faisons arrêter au Shwe Thazin hôtel, c'est cher pour ce que c'est mais il n'y a pas beaucoup d'alternatives : le Memory est plein et les autres sont moins bien, donc on reste. Petite balade avant la nuit dans Strand street et le grand marché qui va fermer ses portes. Impressions un peu glauques de ce marché sombre, resserré, misérable, de ces quais sur le fleuve, transformé en dépotoir géant, de ces miséreux qui zonent et qui survivent...
Dîner au River View, sur Main road, restaurant un peu occidentalisé même si la clientèle est locale essentiellement : excellent dîner de tempura de poissons et beignets de crevettes aux minuscules pommes de terre frites.
05/12 de Sittwe à Mrauk U
Levés aux aurores, en fait il fait nuit noire et il est 5h30, petit-déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, puis taxi (3500 par couple) jusqu'à la station de bus d'où un beau bus part vers 6h30 pour Mrauk U.Le bus est plein et mettra 3h30 par une route en travaux et qui devrait d'ici 1 an ou 2 être entièrement bétonnée, pour l'instant ça cahote sec. De part et d'autres de la route, une fois de plus des rizières, des paysans qui travaillent : repiquent le riz ou le récoltent, le dépiquent puis le mettent en sac. Il y a plusieurs récoltes par an. De gros tas de sacs bien gonflés attendent les camions au bord de la route. D'après la presse locale les Chinois ont acheté la semaine dernière 50 000 tonnes de riz birman ! En arrivant à Mrauk U on partage un tuktuk collectif à 6 touristes (1000k pp) nous descendons au Prince GH avec un couple de jeunes allemands. Contrairement à l’avis du Routard qui n’y a pas mis les pieds depuis longtemps ! La GH est très sommaire, la chambre pas très propre et la salle de bains de même et le prix est nettement surévalué : 30$! Bon, comme on a réservé 2 nuits sur internet on reste ! Petite balade dans la ville assez pauvre avec de petites huttes en paille tressée ou en bois, rarement en dur. On voit en passant de ci de là de vieux chedis recouverts de végétation et de mousse, traces du passé glorieux médiéval de Mrauk U quand elle était la capitale du royaume d’Arakan du XVe au XVIIIe siècle. En fin de journée je pars explorer les environs et les points de vue en hauteur susceptibles de me fournir de belles photos au coucher ou au lever du soleil. Il y en a un depuis une pagode dorée située en hauteur près du Prince. Le sentier est un peu difficile à trouver au début et grimpe raide, mais la vue depuis là- haut mérite ces efforts. Belle vue sur les environs, bel éclairage avec les fumées nombreuses qui se dégagent du village à la tombée du jour. Dîner au GH avec un couple de médecins allemands sympathiques, Béatrice et Michel.
6/12 Mrauk U
Nuit froide et humide la 1re du séjour ! Vers 6h30 je suis parti pour grimper vers la pagode dorée et assister au lever de soleil à 6h50. Là haut 4 jeunes birmans attendaient pour la même raison que moi avec leurs appareils photos prêts.
Pour y aller depuis le Prince, prendre à gauche la route pour aller au village et tourner à gauche avant le pont (il y a un puits circulaire à côté de cette route) continuer sur 200m et prendre la 2me piste à gauche qui se dirige vers un portique décoré, juste avant cette entrée une large piste part à gauche vers un temple et 10 m plus loin à la hauteur d'un poteau électrique un petit sentier grimpe à droite, le suivre en montée raide jusqu'à la pagode dorée tout en haut, en cas d'embranchement prendre à gauche toujours en montée. Durée depuis le Prince 15/20 mn, attention le sentier est étroit et glissant surtout le matin avec la rosée ! En haut superbe panorama à voir le soir comme le matin.
Nous partons ensuite chercher un nouveau gîte celui-là ne convenant vraiment pas. Après avoir testé le Shwe Thanzin, nous lui préférons le Mrauk U hôtel (50$ la chambre, belle et propre avec petit-déjeuner). Je pars vers le marché faire quelques photos et louer un vélo près des 3 pagodes de l'autre côté du pont, pour visiter quelques pagodes situées en dehors du centre de la ville, en particulier la Sakyamanaung (bel ensemble avec un chedi central entouré de 12 pagodons), la Ratanamaung, le temple Kothaung (avec ses multiples pinacles tout autour du haut mur d'enceinte et sa galerie intérieure couverte de milliers de Bouddhas minuscules ou non), la Paya Haridaung (belle vue), la Paya Peisi Daung (et ses bouddhas à dem- enterrés dans un petit temple octogonal mangé par la végétation.
Avec un ciel malheureusement assez couvert les photos sont plombées ! Dîner avec Béa et Michel au Moe Cherry restauran, une adresse sympa avec de bons plats à prix correct.
7/12 Mrauk U
Petit-déjeuner en compagnie de Claudia, une Allemande voyageuse professeur de français à Aix la Chapelle. Changement d’hôtel, nous quittons le Prince (mal nommé !) pour nous installer au Mrauk U hôtel. Visite ensuite des sites principaux de Mrauk U : le temple Shitthaung, les temples Andaw et Ratanabon, la pagode Laymyetnha, et Htut Kanthein : où que le regard se tourne, on peut voir des stupas se dresser sur les sommets des collines ou plus bas, leurs clochetons dépassant des maisons et des arbres alentours. Les palais principaux sont massifs avec d'épais murs d'enceinte à l'intérieur plusieurs galeries circulaires présentent des statues de bouddhas ou des scènes sculptées inspirées de la vie de Bouddha.
Dans l'après-midi j'essaye de faire confirmer nos billets d'avion-indispensable !- par la standardiste de l'hôtel mais aucun numéro sur les dix essayés ne répond ! Le responsable de l'hôtel après plusieurs tentatives y arrivera finalement. Je reprends mon vélo pour aller explorer quelques temples vers l'ouest de Mrauk : la pagode Parabaw et la Lokamanaung. Certaines sont difficiles à trouver. Je reviens vers le grand temple pour tester les points de vue en hauteur qui pourrait être intéressants au couchant, certains sont excellents (celui à gauche avant d'arriver au Shittaung, ainsi que celui qui domine le Leymethna au Nord). Il yen a également un autre derrière l'hôtel Mrauk U.
8/12 Mrauk U
Très bonne nuit, calme, fraîche, bonne literie. Je vais ramener le vélo puis reviens par le marché toujours aussi animé et intéressant à voir, humer et photographier. Vers 9h nous repartons voir et revoir les palais principaux du site de Mrauk U, pour admirer en particulier les statues de bouddhas et celles des femmes aux coiffures différentes dans le Htut Kanthein.
Nous essayons de nous faire confirmer la possibilité de quitter Mrauk U et de rejoindre Sittwe par le ferry dimanche prochain mais les avis divergent. Finalement le gérant de l’hôtel nous confirme qu’il y a bien un ferry public « lent » qui quitte Mrauk U le dimanche matin à 7h et il peut nous prendre les billets. Ce soir il a un peu plu.
9/12 Mrauk U
Balade à pied vers le temple Koh Taung à travers la campagne et par des chemins très boueux, normal il a plu hier et dans la nuit. Des séances de photos avec des bonzes ont été organisées sur le site du temple et j'en profite !
10/12 de Mrauk U à Sittwe
Il pleut, à 6h30 on prend le tuktuk pour l'embarcadère. Il règne ici une belle animation. Le vieux bateau est amarré au quai et deux planches de bois brut en pente permettent d'y accéder. C'est un peu casse- gueule pour les passagers mais encore plus pour y faire monter des motos et ce n'est pas ce qui manque. A 7h15 c'est le départ, le bateau est bien rempli et on commence à longer les rives du fleuve. C'est bucolique avec les pêcheurs qui attendent dans leurs barques que le poisson morde. Des rizières à perte de vue s'étendent des rives de la rivière au lointain, les buffles paissent, les paysans fauchent, c'est dimanche mais l'activité ne cesse pas. Au bout de 2h la rivière se transforme en fleuve et en bras de mer, le ciel toujours couvert laisse quelques fois filtré quelques rayons de soleil. Sur le bateau, les passagers dorment, mangent, regardent éventuellement la série télé où « les femmes pleurnichent et crient pendant que les hommes se disputent ou se battent », au bout de 4h précises la ville de Sittwe se signale, nous débarquons prenons un tuktuk avec Claudia. Balade dans l’après-midi le long de la mer jusqu'au point de vue aménagé autour du phare, lieu de rencontre familial privilégié ce dimanche.
11/12 de Sittwe à Yangon en avion
Agréable petit-déjeuner buffet sur la terrasse panoramique du Memory au 5me étage avec le soleil levant en bonus.
Je repars une dernière fois faire un tour au marché de fruits et légumes déjà bien animé puis à celui des poissons, forte odeur, sol mouillé, sale et glissant, un peu plus loin des barques font l'aller retour entre les barques de pêche et le quai pour décharger le poisson, d'autres transportent des passagers. Les alentours se limitent à une grande décharge à ciel ouvert, un peu plus à l'est de gros engins font des travaux de terrassement pour aménager, je suppose un nouveau port plus adapté aux conditions modernes. De part et d'autres de la zone centrale du marché les tuktuk et autres moyens de transports attendent le client dans un bel embouteillage le tout ponctué de klaxons, de cris, de rires donc d'une bonne ambiance. Des portefaix lourdement chargés essaient de se frayer un chemin dans les allées déjà très étroites du marché où stationnent les clients en train de choisir leurs poissons ou leurs légumes. Les mouches omniprésentes se régalent de toute cette marchandise, le soleil commence à taper dur et les gens se protègent du soleil avec leurs chapeaux originaux, triangulaires, en palmes tressées. Au secteur des bijoutiers, on les entend jouer du marteau, ou actionner des laminoirs pour amincir des feuilles d'or ou des tiges d'argent. Plus loin des ferblantiers débossellent des cruches et des récipients en fer blanc. Plus loin encore se tient le marché au riz : de gros sacs s'entassent devant et dans les magasins, des porteurs chargent et déchargent les sacs depuis des camions et des rickshaws. Les petites stations de vente de noix de bétel se succèdent le long de la rue, les vendeurs préparent à la chaîne un mélange à base de feuilles de bétel, de noix d'arec, d'épices et de chaux. Les rickshaws ont vraiment l'air d'être du siècle dernier, les mêmes que ceux utilisés par les anglais durant la colonisation. Leurs propriétaires sont à peine moins vieux !
Retour à l'hôtel puis départ en tutktuk pour l'aéroport où il nous faudra patienter plusieurs heures, l'avion prévu à l'origine à 13h35 a été retardé vers 14h (info communiquée il y a déjà quelques jours) puis finalement à 14h30 et définitivement à 15h07, c'est coutumier dans cette compagnie ! Durée du vol 1h14mn.
A Yangon nous prenons un taxi (négocié à 5000 k) pour le Serene hôtel. La chambre réservée est moins belle qu'à l'aller et les draps douteux. Pas question de quitter Yangon sans avoir revu la Shwedagon ! On repart sur University Rd où l'on trouve un taxi pour aller à la Shwedagon (3000K). Le trafic est dense et les bouchons nombreux, il est plus de18h, il fait nuit mais le miracle joue à plein : en arrivant devant la pagode qui se signale au loin grâce à un éclairage bien conçu on tombe sous le charme : l'or qui étincelle de tous les côtés, les bougies qui brillent dans la nuit, les fidèles qui prient, d'autres qui se prennent des selfies, des familles qui déambulent avec enfants, d'autres encore vont arroser d'eau les statues de certains autels, cela porte chance, ça grouille de vie. Le fond sonore est assuré par une bonzesse qui récite dans un mauvais micro et de façon nasillarde des mantras bouddhiques, un peu énervants à la longue. Au bout de 1h30 nous rentrons en taxi et nous nous faisons déposer au Myanmar Plazza pour dîner dans un des nombreux restaurants qui occupent le dernier étage de ce centre commercial. Nous choisissons le Tadka Indian restaurant : bon choix, c'est délicieux (mutton korma masala et mutton madurai masala, du riz, un cheese naan et un pain tandoori à un prix abordable.)
12/12 de Yangon à Bangkok en avion
Nous quittons Yangon et le Myan
mar pour Bangkok : Le taxi nous dépose à l'aéroport, attente au Terminal 2 puis décollage dans un Boeing de Nok Air pour une heure de vol. A l’aéroport domestique Don Mueang nous prenons le bus A4 à la porte 6 jusqu'à Democracy monument, atteint en 30 mn pour rejoindre à pied Lamphutree house.
13/12 Bangkok
Ce matin nous partons à pied (20mn) en direction de l'embarcadère Phra Athit prendre le ferry en direction du Wat Arun. Le trajet en ferry sur la Chao Phraia est une expérience en soi et de plus à coût modéré (15B pp). Il y règne un trafic intense qui génère beaucoup de vagues, on y voit des ensemble de barges tirées par des remorqueurs et une quantité invraisemblable de « long boats » qui se croisent, se dépassent, s’évitent de justesse quelques fois. Amusante est aussi la façon dont l'employé à l’arrière du ferry signale au conducteur la manœuvre à effectuer par des grands coups de sifflet nuancés. C'est avec plaisir que nous revoyons le Wat Arun et ses couleurs variées que l’on doit au revêtement de céramique colorée. Puis nous traversons la Chao Phraia en direction du Wat Po autre merveille de Bangkok. C'est un grand espace qui renferme plusieurs temples, des stupas en céramique, des statues chinoises, de petits jardins, des centaines de bouddhas de toute tailles, une école de médecine, une autre de massage : le tout est très beau surtout le grand bouddha couché en or. Retour par le même trajet : ferry jusqu'au Wat Arun (2x4B) puis la ligne de ferry vers le nord (2x15B) jusqu'à Phra Athit.
C'est toujours un vrai plaisir de se balader, tout autour de Khao San, dans ces rues très animées où se pressent les petites cantines, et les vendeurs de toutes sortes de choses. Dans l'après-midi une grosse averse nous rappelle le temps de la mousson quand nous venions ici en été. En fin de journée je repars faire un tour à Khao San où se retrouve toute une faune occidentale : vieux et jeunes routards s'y croisent dans les salons de massage, les magasins ou les bars et restaurants.
14/12
Journée attente et achat de quelques souvenirs à Khao San ; en fait il n'y a rien de bien folichon à acheter. Vers 18h nous prenons le taxi de l'hôtel pour 1h40mn de trajet à cause des bouchons.
Décollage peu avant minuit dans un airbus A330 pour 10h de vol avec quelques turbulences jusqu’à Istanbul. Après 4h d'attente, nous reprenons un Boeing 737 pour 3h de vol avec 30 mn de retard dû à un trafic intense à Istanbul Ataturk.
Fin du voyage
Impressions birmanes :
Quand on arrive au Myanmar venant d'un autre pays limitrophe, on est vite frappé par de nombreuses différences dans tous les domaines :
– les Birmans sont habillés différemment, longhis pour les hommes et dans certaines régions des chapeaux en paille tressée de forme cylindrique et pyramidale tant pour les hommes que pour les femmes.
– les hommes comme les femmes ont l'habitude soit de chiquer des noix de bétel et donc de cracher un filet rouge soit de fumer des cigares (cheroots) ou même la pipe.
– Les femmes et les enfants, plus rarement les hommes, sont maquillés avec le fameux tanaka, cette pâte que l’on étale sur le visage de façon plus ou moins esthétique, crème solaire locale et protection contre les piqûres de moustiques.
– Dans les temples, les chedis (pagodes ou stupas) ont une forme caractéristique en cloche souvent dorée, différentes des autres pays, les accès au temple se font par de grandes rampes d'escaliers couvertes.
– Sur quasiment toutes les routes, mêmes les plus pourries, il y a de multiples péages qui s'imposent à tous les moyens de transport selon un barème précis.
– Concernant les moyens de transport on peut voir des tuktuk mobylette qui peuvent transporter plus de 10 passagers, on voit aussi des rickshaws antédiluviens de l'époque coloniale anglais.
– Au Myanmar sur les routes on roule à droite, de plus les voitures comme les camions ont aussi le volant à droite ! Bonjour les dépassements quand on n’y voit rien !!!
– Dans les rues, sur les trottoirs on peut voir des générateurs qui pallient les nombreuses coupures d'électricité.
– De même dans les chambres d'hôtels il y a de gros boitiers régulateurs du courant électrique au’ dessus d’appareils comme les climatiseurs.
– J'ai beaucoup aimé dans les réceptions d'hôtels ou dans les banques les nombreuses horloges indiquant l'heure de Hong-Kong, Londres, Paris, Pékin etc.
– De même dans certains hôtels type resort le personnel de maison et d'entretien se balade avec des talkies-walkies dont on se demande à quoi ils peuvent servir !
Quelques « légers » désagréments :
En préambule de il ne faut jamais oublier que l'on est dans l'un des pays les plus pauvres du monde et qu'une ouverture au monde aussi récente après un enfermement aussi long entraîne pour les touristes occidentaux que nous sommes un certain nombre de désagréments. On ne peut pas s'extasier devant l'authenticité d'un pays encore peu touché par la mondialisation, même si elle avance à grands pas, et en même temps se plaindre de la mauvaise qualité des hôtels, de la nourriture, de l'hygiène ou des transports. C'est le revers de la médaille. Et si les Birmans en général ne semblent pas pour l'instant être obnubilés par l'appât du gain comme dans d'autres pays proches combien de temps cela durera-t-il ? Cela dit, nous ont un peu « lassés »:
- les ersatz de jus super sucrés que l’on trouve dans les hôtels au petit-déjeuner entre autres
- l’inévitable pain toast, regrettable héritage anglais !
- le manque de sel dans les plats et de l'eau en bouteille au goût quelquefois désagréable
- les incessantes quêtes, offrandes à Bouddha alors que les temples bouddhistes regorgent d'or et de pierreries
- les coupures de courant dans la journée dans l'Ouest et un wifi faiblard et instable
- la pollution liée, surtout en ville, aux gaz d'échappement des voitures et à la campagne à la poussière omniprésente. Il en résulte une passion inextinguible des Birmans pour le balayage, et ce dès le matin tôt !
Photographier au Myanmar
Comme les autres pays d'Asie du Sud-Est le Myanmar est un paradis pour le photographe. En effet les gens se laissent facilement prendre en photos. Cela dit il vaut mieux être discret, se faire oublier en se cachant un peu, utiliser les grandes focales et plutôt l'écran orientable que le viseur pour être moins repérable et obtenir des portraits au naturel. Comme souvent dans ces pays il est difficile de gérer les contrastes entre ombre et lumière, en effet dans les marchés les étals sont au soleil et les marchandes à l'ombre ou abritées par de grands chapeaux ! Pour les instantanés, (scènes imprévues) il faut réagir très vite, on ne peut pas se permettre de perdre du temps dans des mises au point sophistiquées, ça passe ou ça casse, mieux vaut disposer d'un mode automatique efficace et rapide dans toutes les situations ! Par beau temps il faut privilégier les éclairages du matin ou de la fin d'après-midi, mais en cas de couverture nuageuse pas de solution, les photos seront plombées et sans relief, hélas !
Les hôtels
Si en Thaïlande les hôtels présentent un rapport qualité/prix assez juste et compréhensible ce n'est pas le cas au Myanmar. On a eu des chambres minables et sales pour plus de 30$, alors que d'autres étaient luxueuses et propres pour 36$. De plus les prix sont variables et peuvent évoluer selon la tête du client ou selon vos aptitudes au marchandage ! Dans un même hôtel on peut trouver des chambres minables et d'autres pas mal du tout ! Autant dire qu'il y a des efforts à faire ! Par contre on a eu rarement à se plaindre du personnel toujours agréable même s'il ne comprenait pas toujours nos demandes exprimées en anglais.
En résumé
C’est avec grand plaisir que nous avons retrouvé ces deux pays déjà visités auparavant.
Nous avions délibérément opté pour une Thaïlande moins touristique et plus authentique (à l’exception de Sukhothai) et ne l’avons pas regretté, bien au contraire.
Ce même raisonnement nous a guidés pour notre deuxième voyage au Myanmar.
De ce fait nous avons croisé très peu de touristes occidentaux durant notre périple à l’exception de Hpa An, du Rocher d’Or et de Yangon.
Les grands moments du voyage
En Thaïlande, Kamphaeng Phet tout comme Uthai Thani sont des villes agréables authentiques et intéressantes surtout Kamphaeng Phet du fait de son parc historique. Sukhothai est incontestablement un site remarquable et incontournable.
Au Myanmar, nous avons bien aimé Malwamyine, sa colline de superbes pagodes et ses environs, Hpa An pour ses paysages de rizières ponctuées de pitons karstiques, Le Rocher d’or pour l’animation qui y règne, Ngwe Saung et Chaungtha stations balnéaires birmanes typiques quant à Mrauk U c’est un très beau site encore très peu valorisé et d’une très grande beauté. L’alternance de collines boisée et de rizières d’où dépassent des stupas dont certains sont recouverts de végétation en fait son charme principal.
Sans répéter ce que nous avons constaté et relaté plus haut, si le Myanmar me parait sans conteste être un pays très pauvre à l’infrastructure touristique encore balbutiante, les progrès constatés en six ans sont notables : amélioration du réseau routier, mais il reste beaucoup à faire, construction de stations d’essence, de nouveaux hôtels, de banques et d’ATM (Distributeur Automatique de Billets). La mondialisation pointe également le bout de son nez avec la publicité en anglais omniprésente pour les nouveaux objets de consommation comme les smartphones ou les sodas étatsuniens et les fast food.
J’ai souvent été étonné par le nombre très élevé des petites cantines qui squattent tous les espaces disponibles tant à la ville que dans les villages. Ayant compris que les Thaïs comme les Birmans cuisinent rarement chez eux et qu’ils mangent à n’importe quelle heure du jour dès qu’ils ont faim on comprend mieux l’importance de ces minuscules gargotes et leurs succès.
Enfin pour terminer il faut évoquer l’extrême gentillesse de ces peuples du sud-est asiatique qui malgré la barrière de la langue nous ont toujours témoigné beaucoup d’attention et offert des sourires.
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Budget total pour 2 personnes et 38 jours : 3510 €
NB : Le change avec des euros a toujours été plus intéressant qu'avec des $ compte tenu du prix d'achat de ces derniers en France.
avion Bâle/Mulhouse – Bangkok AR (Turkish) 983 €
avion Yangon-Sittwe AR (Maan Yadanarpon) 414 €
avion Yangon – Bangkok (Nok Air) 63 €
transports terrestres/fluviales sur place 308 €
hôtels (35 nuits soit 28 € par nuit) 981 €
nourriture/restaurants 491 €
visites + visas + divers 270 €
Je vous livre ce carnet de voyage, quelques mois après notre retour.
A votre écoute si vous avez des questions !
Bonne balade et à bientôt, ici même ou sur le blog 🙂
Introduction au voyage
Aaaaaaah la Birmanie… voilà de nombreuses années que nous avions cette destination en tête. La beauté des temples de Bagan, la sérénité du Lac Inle… De jolis clichés sûrement bien mérités qui nous trottaient en tête. Un vieux rêve, ce Bagan, tout autant que celui d’Angkor exaucé par bonheur il y a deux ans. Et puis on creuse, on se documente, et on voit au-delà, bien au-delà. On se dit que 3 semaines c’est bien, mais il faut trouver le créneau. Puis l’occasion se présente. Et nous y voilà.
Conscients que cette destination est en plein boom dans les parutions touristiques et dans la presse spécialisée, que depuis les 10 dernières années le pays est en mutation.
Conscients de la fragilité des écosystèmes de ce pays mis sous pression économique et touristique, pris en étau entre la Chine au nord et l’Occident qui presse, à raison, à l’ouverture au reste du monde.
Conscients des exactions commises par cet état qui peine à sortir d’une dictature militaire autarcique.
Conscients de ces populations maintenues si longtemps dans le dénuement, et éloignées du système éducatif, de ces minorités toujours opprimées et repoussées plus loin vers les frontières du pays.
Conscients aussi que le pays est en mouvement, que son prix Nobel de la Paix a ouvert une brèche salvatrice dans le système établi, sans avoir non plus totalement bouleversé, hélas, l’ordre établi...
Il nous fallait aller voir cela avec nos yeux de voyageurs curieux, mais lucides.
Nous avons établi un circuit relativement dense mais qui devrait nous permettre de découvrir un petit bout du pays sans trop nous presser, sortant des sentiers battus et rebattus lorsque cela nous semble logique/utile. Dans les grandes lignes :
Arrivée Yangon et bus directement pour Mawlamyine
Mawlamyine (2j)
Hpa An (2,5j)
Région du lac Inle (3,5j)
Bagan (3,5j)
Mrauk U (3j)
Ngapali pour finir en douceur (3j)
Yangon pour 1,5 jours avant le départ.
Réservations à l’avance pour être tranquilles sur place, souvent en direct avec les guesthouses, Agoda et booking en rares compléments. Comme toujours nous avons opté pour des petites guesthouses et hôtels familiaux indépendants tenus par la population locale (comprendre = pas trop rackettés par les puissances économiques du pays).
Pour les bus nous avons préféré réserver à l’avance les trajets Yangon-Mawlamyine et Nyaung Shwe (Inle) - Nyaung U (Bagan). Réservations directement auprès des compagnies. Pour le reste toutes les infos sont en poche, nous verrons sur place avec les guesthouses ou les agences locales. La plupart des transferts se feront de nuit afin d'optimiser les déplacements.
Nous prendrons un bateau pour aller de Mawlamyine à Hpa An et visiterons un monastère au passage.
Nous ne prendrons que 2 vols intérieurs à la fin du séjour. Sittwe (Mrauk-U) -Thandwe (Ngapali) sur FMI Air et Thandwe - Yangon sur Mann Yadanarpon. Les 2 vols sont réservés 1 mois avant (haute saison oblige) par internet directement sur le site des compagnies, aucun problème (et excellente communication par mail ou Facebook messenger pour les deux).
Nous avons craqué pour une petite folie, obligatoirement réservable à l’avance : le survol du site de Bagan en ballon… Ultime ? Nous verrons bien. Doigts croisés.
J’ai pris contact un peu en dernière minute avec un “guide” sur la région d’Inle, Hein Linn, qui tient une petite et modeste agence locale. Un gars apparemment adorable, qui répond aux mails avec une grande gentillesse. Si je fais bon présage, on devrait passer 2 superbes journées grâce à lui. Nous avons rendez-vous à notre arrivée à Nyaung Shwe. A Suivre.
C’est parti !
Vous trouverez juste après :
Notre feuille de route (cliquez sur les liens pour accéder au détail des journées)
La conclusion du voyage
Quelques conseils pratiques et nos avis sur les hébergements
Tout le récit ici, jour par jour
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Feuille de route
Il suffit de cliquer sur le titre de chaque journée pour accéder au détail directement sur le blog :-)
Jour 1 : Paris - Yangon - route vers Mawlamyine
Arrivée à Yangon
Taxi jusqu’à la gare routière
Pagode et street food, ou “le cochon dans tous ses états”
Bus vers Mawlamyine
Arrivée à Mawlamyine à 21h45
Cinderella hotel
Jour 2 : Mawlamyine - Pagodes et rochers d'or
Nwa La Bo et son rocher d’or
Découverte de Mawlamyine, le marché
Mosquées et églises
La colline des pagodes
Coucher de soleil depuis la pagode Kyaik Than Lan
Dîner au Cinderella Restaurant
Jour 3 : Mawlamyine - Bilu Gyun et monastères
Bilu Gyun (île des ogres)
Visites des ateliers d’artisans
Monastère de Pa-Auk
Retour à Mawlamyine
Pagode Mahamuni
Monastère Kyaung Seindon Mibaya
Sublime coucher de soleil depuis Kyaikthalan, autres lumières
Jour 4: Mawlamyine - Hpa An - Rivière et monastère
En bateau sur Thanlwin vers Hpa An
Village de Kawhnat-Kadoe
Monastère de U Na Auk
Continuation vers Hpa An
Arrivée au Galaxy Hotel
Tour dans Hpa An - déjeuner au San Ma Tau restaurant
Coucher de soleil sur le Mont Hpa Pu
Jour 5 : Hpa An - Pagodes et grottes au sud et à l'est
Kyaik-Ka-Lat (ou Kyauk-Ka-lat) pagoda
Lumbini garden et le Mont Zwe Ka Bin
Waterfall
Sadan Cave
Grotte de Kwat Ka Taung et village de Lat Ka Na
Dîner Lucky restaurant
Jour 6 : Hpa An - nord et ouest - Grottes et rizières sublimes
Bayin Nyi cave
Balade dans un village dans la campagne
Déjeuner au Thaï village restaurant
Kaw Gone cave
Ya-Thay-Pyan cave
Superbes paysages de rizières au soleil couchant !
Bat cave
Bus de nuit vers Nyaung Shwe
Jour 7 : Arrivée au Lac Inle - Nyaug Shwe
Fin du trajet et arrivée à Nyaung Shwe
Accueil à l'Aquarius Inn guesthouse
Balade dans Nyaung Shwe (marché)
Déjeuner restaurant Unique
Monastères Shwe Yan Pyay et Shwe Yaunghwe Kyaung
Massages chez Thae Su
Dîner au Green Chili
Jour 8 : Lac Inle - Merveilles de Nampan et du lac Sankar
Sur le Lac Inle
Marché traditionnel de NamPan : marché des cinq jours
Sur la rivière jusqu’au lac Sankar
Village et monastère de Sankar
Tharkhaung : déjeuner et distillerie d’alcool de riz
Monastère et superbes stupas de Tharkhaung (Tarkong ou Thar Yarkone)
Poterie du village de Kyauk Daing
Soleil couchant sur la rivière
Traversée du Lac Inle de nuit
Dîner Everest 2 - Nepali
*********** la suite dans le prochain post ! 😏 ***********
Compte rendu d’un voyage de 28 jours en Birmanie (Myanmar) du 16/11/11 au 13/12/11
Conditions générales
Vols : Paris CDG-Amsterdam- Bangkok (KLM) puis Bangkok-Yangon (Air Asia) et retour
Itinéraire classique : Yangon, Mandalay, Pyin U Lwin, Kyaukme, Monywa, Pakkoku, Bagan, Kalaw, Nyaungshwe, Yangon
Coups de cœur :
- La population birmane dans son ensemble
- Le pont U Bein au petit matin
- Le site de Pagan, au petit matin et au coucher du soleil
- Le trek autour de Kyaukme avec Joy
- Le lac Inlé et ses habitants
Coups de sang :
- certains hôtels hors de prix compte tenu de leur mauvaise qualité alors qu’il y en a d’excellents un peu plus loin.
- Les transports privés type mototaxis ou tuk-tuk trop chers (sauf à Yangon)
- Le train à 40$ pour Yangon Mandalay en couchettes sales et pleine de puces
- La taxation systématique des « foreigners » dans les parcs publics de Yangon
Budget total pour 28 jours sur place : 3040 € pour deux
Vols Paris-Yangon AR : 1459€ pour 2
Dépenses sur place : 1581€, dont :
Hôtels : 531€
Transports : 446€
Divers et souvenirs : 143€
Nourriture : 461€
NB : les banques et les changeurs officiels sont depuis peu autorisés à pratiquer des opérations de change avec des taux très proches de ceux pratiqués par le marché noir risqué.
Pour mémoire : 1€ =1030 K (Yangon) et 970 K (Mandalay) 1$= 780 k (Yangon) 740 k (Mandalay)
Compte rendu
16/11
C’est toujours un choc d’arriver dans la capitale d’un pays du tiers monde après avoir arpenté pendant plusieurs heures les immenses allées dédiées au « big business » des grands aéroports internationaux comme Schipol à Amsterdam et Suvarnabhumi à Bangkok. En arrivant on découvre un aéroport « provincial », la chaleur moite qui vous tombe dessus, le taxi délabré qui vous emmène dans une circulation chaotique vers votre hôtel (Three Seasons) et la fatigue qui se fait sentir après 40h de trajet et la nuit qui tombe vite.
Puis c’est l’immersion dans les rues du centre ville de Yangon, les innombrables cantines qui colonisent le moindre bout de trottoir, les cabines téléphoniques qui se réduisent à une petite table avec 2 ou 3 téléphones branchés on ne sait où (les fils disparaissent dans les arbres !), les nombreuses échoppes de vendeurs de noix de bétel et partout les gens dans la rue qui vaquent à leurs petites affaires.
1er contact avec la nourriture locale (on se contente d’un grand classique asiatique, les fried noodles) dans un excellent petit resto thaï situé juste près de l’hôtel (Htaih San Restaurant 51me rue, 4800 k pour 2 avec bière et eau).
17/11
L’excellent petit déj. servi à l’hôtel nous a remis d’aplomb et nous voilà parti pour découvrir Yangon :
1er arrêt à la gare pour réserver nos billets de couchettes pour Mandalay demain. Après avoir fait 4 ou 5 guichets différents car tous les panneaux d’information sont en birman on nous dirige vers le bon guichet où un employé nous réserve nos couchettes (quand même 40$ p.p. ) mais c’est un « upperclass !». Nous longeons ensuite une super cathédrale, vestige de l’occupation anglaise et allons faire un tour au grand marché Bogyoke, classique du genre avec ses centaines de mini échoppes coincées les unes contre les autres et parcourus par d’étroites allées où les chalands se bousculent pour acheter de la marchandise à 99% chinoise.
Nous suivons ensuite l’itinéraire proposé par le guide L.P. qui nous fait découvrir les anciens bâtiments, construits du temps de la colonie anglaise dont beaucoup ont mal supporté les affres du temps et du climat humide il suffit de voir les murs rongés par l’humidité et les moisissures.
Vers 15h nous prenons un taxi qui nous dépose devant un 1er temple qui abrite un grand bouddha couché ; un peu plus loin un autre temple présente un bouddha assis. Nous sommes toujours un peu perplexe devant ses temples où le kitsch le plus clinquant voisine avec des merveilles artistiques, et où les marchands du temple se croisent avec des fidèles qui prônent le détachement et la fin des désirs, donc aussi de la consommation !
Cette 1ère journée s’achève par la visite incontournable de la Pagode Shwedagon où nous arrivons à pied après avoir traversé un bidonville assez misérable près de l’entrée Nord. Nous ne serons jamais sollicités pour payer le fameux droit d’entrée (ni aujourd’hui ni au retour du voyage, alors à bon entendeur salut). C’est évidemment un grand choc embelli par le superbe éclairage du soleil déclinant, il est 16h30. Nous y passerons près de 2 h 1/2 à admirer les nombreux temples et stupas dont les couleurs changent au fur et à mesure de la descente du soleil et surtout à observer les birmans venus se promener ou se recueillir. Le ballet des balayeuses (sans jeu de mot) est vraiment un moment assez étonnant.
18/11
Balade ce matin du côté des quartiers chinois et indiens caractérisées par une grande animation spécialement autour du marché Theingyi Zei. Par contre l’accès au port de ce côté est verrouillé par des murs, dommage.
Dans l’après-midi nous partons en taxi à la gare prendre notre train pour Mandalay : coup de colère, le wagon est vétuste, les compartiments très sales et les couchettes réduites à leur plus simple expression ; une banquette à peine rembourrée de skaï et une petit ventilo au plafond, les puces réelles sont comprises dans le prix (quand même 40$). Le train démarre vers 17h30 et va à 40 km/h de moyenne nous conduire à Mandalay en 14h en nous secouant de haut en bas puis de gauche à droite ou les deux en même temps ! autant dire que nous avons fait ici un très mauvais choix par crainte d’un voyage en bus bruyant et glacial qui n’a pas été confirmé par les routards rencontrés par après.
Très vite la nuit tombe et le paysage disparait dans le noir. Au réveil nous longeons des paysages de la campagne birmane où les paysans s’activent à semer, charruer, récolter etc. Les abords de la voie ferrée sont malheureusement souvent d’immenses dépôts d’ordures.
19/11
Mandalay arrivée à 9h ; c’est la foire d’empoigne, un peu fatigués et excédés nous déclinons toute offre de transport et partons à pied faire le trajet jusqu’à l’hôtel (Peacock Lodge)soit 50 mn de marche avec tout le barda. Cette marche nous a ouvert l’appétit et l’hôtel étant de plus un excellent restaurant nous lui faisons confiance en commandant deux « fried noodles ». Nous louons des vélos et partons à la découverte des pagodes et temples situés près de la colline, à savoir la Paya Sandamuni, la P. kuthodaw et le très beau monastère K. Shwenandaw.
20/11
Changement d’hôtel (les hôtels recommandés sont tous pleins) et 1re visite de Mandalay à bicyclette. Nous commençons par chercher et trouver les ateliers de batteurs d’or : c’est toujours impressionnant de voir la somme de travail harassant qu’il faut pour obtenir manuellement les feuilles d’or qui recouvriront les stupas et bouddhas du pays. Visite ensuite du monastère kyaung Shwe In Bin ( pas facile à trouver) qui ressemble au monastère tout en teck visité hier soir mais nous sommes tout seul pour en profiter calmement. Autre site incontournable, les tailleurs de jade qui officient juste devant le marché que nous n’avons pas visité, ras le bol de toujours faire payer les « foreigners ». Là aussi, des dizaines d’ado ou de jeunes adultes s’affairent derrière leurs tours actionnés par leurs pieds pour produire des pierres précieuses ou des objets en jade, le tout dans la bonne humeur.
Après un déjeuner pris dans un restau végétarien (Marie Win) nous repartons en vélo vers la colline de Mandalay. Nous commençons à grimper, toujours pieds nus et à l’abri du soleil ( les escaliers sont couverts) jusqu’au sommet, inévitablement sollicités par les nombreux marchands du temple. Au bout de 40 mn nous débouchons au sommet (231 m) et découvrons la belle vue, quoiqu’un peu brumeuse sur la ville. Vers 16h45, les groupes de touristes arrivent pour assister au fameux coucher de soleil et la terrasse se remplit ; des fauteuils sont même prévus pour des officiels birmans ! Redescente à pied et retour en vélo vers l’hôtel (heureusement nous avons toujours avec nous des lampes frontales, accessoire indispensable en Birmanie).
21/11
A 8h nous voilà déjà pédalant dans la tourbillonnante 84me rue en direction du Sud : c’est un formidable spectacle que de voir toute cette animation : bus et taxi collectifs bondés à la recherche de toujours plus de clients, artisans au travail devant leurs échoppes comme les tailleurs de marbre près du monastère Mahamuni, les mécaniciens, les cantinières, les vendeurs d’essence etc. A l’embranchement vers le pont U Bein nous prenons à gauche et traversons les quartiers des tisserands reconnaissables au bruit mécanique des métiers à tisser. A 9h nous sommes devant le fameux pont, pas de touristes que des locaux. Nous traversons le pont à pied en direction du village situé de l’autre côté pour visiter la pagode Kyauktagyi. Retour par le pont et j’en profite pour faire de nombreuses photos des activités agricoles ou lacustres. A 10h les touristes sont maintenant légion et nous repartons vers Mandalay en visitant d’autres temples d’Amapura.
22/11
Vers 8h nous avons déjà traversé la ville et pédalons en direction du port d’embarquement du ferry pour Mingun. Nous avions un peu d’avance car je voulais me promener, voir et photographier les activités matinales du port de Mandalay : c’est un endroit plein de vie, les manutentionnaires et dockers sont à l’œuvre, mais c’est aussi un endroit misérable avec ces cabanes rudimentaires dans lesquelles survivent les plus pauvres des habitants. Il nous faut 1h pour atteindre Mingun (toujours dans un ferry strictement réservé aux étrangers malheureusement). La ville est marquée par le tourisme avec ses restaurants et ses magasins qui lui sont destinés. Le « stupa montagne » inachevé avec ses 50m de haut est impressionnant et révélateur de la mégalomanie de son commanditaire ! Belle vue depuis son sommet sur l’Irrawaddy.
23/11
Départ en taxi partagé pour Pyin U lwin ; route de montagne qui supporte un trafic impressionnant de gros camions pas très à l’aise dans les virages en épingle à cheveux qui se succèdent dans les montées et les descentes. Vision pénible aussi de ces femmes qui travaillent dans la poussière, la chaleur et le bruit à la réfection des routes : Travail mal payé ? Travail forcé ? On ne saura pas. 2h plus tard nous nous installons au « Grace hôtel 1 » pas vraiment le choix, rapport qualité/prix exécrable 24$ quand même ! Ballade en ville, rien de spécial à voir si ce n’est cette ambiance coloniale liée à ces vielles maisons de l’époque anglaise, les calèches et le « five o’clock tea » que nous boirons au « Golden Triangle Café », vénérable institution de la même époque. Excellent dîner au Club Terrace où nous « éclaterons » notre budget avec une addition de 12 700 k pour 2.
24/11
Deux motos taxi nous emmènent à la gare routière où nous prenons le bus pour Kyaukme. Même route de montagne que de Mandalay à Pyin U Lwin et mêmes scènes. Après 3h nous sommes à Kyaukme où nous nous installons au Yone OO G.H. là aussi rapport qualité/prix décevant, nous optons pour les chambres à 30$ pour éviter la crasse des autres chambres. En fin d’après-midi nous mettons sur pied notre trek avec Joy le guide dont j’avais relevé les références dans Forum-Voyages. Antoine un Français et Liza une américaine se joignent à nous pour un trek de deux jours en pays Shan.
25 et 26/11
Très belle ballade dans les montagnes environnantes de Kyaukme avec Joy, guide prévenant, intéressant et concerné par les problèmes de son pays. Avons passé la soirée et la nuit dans un village Shan où l’on fêtait le nouvel an Shan.
Ce circuit étant pour l’instant peu couru il a l’avantage d’être relativement authentique et les contacts avec les locaux sont encore naturels et désintéressés.
27/11
Retour à Mandalay en bus local. Les hôtels de Mandalay étant actuellement surbookés nous nous trouvons une place au « Golden Mandalay hôtel », sympathique petit hôtel aux patrons charmants et serviables qui dispose de quelques bungalows disséminés tout autour d’un plan d’eau à 1 km à l’Est du Palais. Le trouver n’a pas été facile, les conducteurs de moto taxi ayant une connaissance très limitée de la ville et des hôtels et ne faisant qu’à leur tête ce qui est gênant quand ils se plantent !
Pour ce dernier après-midi à Mandalay dernière immersion dans le super quartier du monastère Mahamuni avec ses artisans qui travaillent dans la rue et dernier coucher de soleil sur le port de Mandalay et l’Irrawaddy.
28/11
Départ pour Monywa en bus-cargo (c'est-à-dire qu’il y a autant et même bien plus de fret que de passagers) c’est toujours l’aventure…belles scènes pastorales tout au long de la route. Avons réservé une chambre au Monywa hôtel seul hôtel correct du coin. Ballade sur les bords de la rivière Childwin et excursion vers les fameuses grottes de Po Win Daung, après avoir pris le ferry et la jeep durant 45mn. Pour éviter d’être importuné avons accepté un jeune guide qui nous a bien guidé et montré les grottes les plus remarquables. Site original avec de belles statues de Bouddha mais surtout de belles fresques et peintures (lampe frontale indispensable).
Retour à Monywa et ballade à la tombée du jour dans le marché de nuit qui se tient tout autour de l’horloge.
29, 30/11 et 01/12
Départ en bus pour Pakokku (3h30) là nous prenons une moto taxi pour le fleuve d’où part le ferry pour Nyang U (Pagan). Départ à 13h30 pour 1h de bateau. Arrivés à Nyang U et après avoir payé la taxe touristique, nous essayons de trouver un moyen de transport pour nous amener à New Bagan où nous avons réservé une chambre. Nous devons nous rabattre sur une calèche qui mettra 1h30 pour nous amener après force cahots devant notre hôtel. L’hôtel Kaday Aung est une de nos meilleures adresses en Birmanie avec un rapport qualité/prix exceptionnel de 22$ avec petit déjeuner buffet, chambre tout en bambou et teck dans un super jardin tropical avec piscine.
Nous allons sillonner à bicyclette durant ces 3 jours la partie du site de Pagan comprise entre New Bagan et Old Bagan du lever au coucher du soleil en essayant de saisir les différents éclairages qui mettent en valeur ces merveilleux stupas. Nous allons ainsi grimper sur un certain nombre de terrasses pour avoir une vue panoramique sur le site (mais en dédaignant la tour fabriquée exprès !). Nous visiterons également le village des fabricants de laque de Myinkaba où nous craquerons pour de belles réalisations chez Mya Thit Sar. Ne ratez pas le coucher du soleil sur l’Irawaddy près du stupa Lawkananda Paya.
2 et 3/12
Avons déménagé à Nyang U pour être plus proche des monuments de ce secteur. Avons pris une chambre au Mingalar Hôtel, nettement moins bien que le Kaday Aung et bien plus cher (30$) mais on commence à avoir l’habitude de ces différences inexplicables de prix et de qualité. Nous alternerons le Black Bambou (excellent restaurant tenu par une française) et l’Aroma (très bon restaurant indien) durant notre séjour.
4/12
Nous avons négocié à plusieurs (6x 40000k) un minibus pour nous rendre à Kalaw en évitant le bus local et la route défoncée qui y mène, excellent choix car la route de Thazi à Kalaw est effectivement très dure. Nous choisissons le « Eastern Paradise Hôtel », excellent choix avec une propreté rarement rencontrée et pour un prix imbattable (16$). Découverte de cette petite ville de montagne qui nous rappelle le nord Laos.
5 au 9/12
Départ du bus local pour Shwenyaung vers 7h30 d’où nous prendrons un taxi collectif pour Nyaungshwe près du lac Inlé. Nous avons réservé une chambre au « Princess Garden » : superbe hôtel avec ses 8 bungalows répartis dans un très beau jardin avec une grande piscine à l’eau cristalline. Pour 36$ avec vélos gratuits et jus de fruit frais tous les jours on est dans nos prix habituels.
Les jours suivants seront consacrés à la visite du lac et de ses environs. Ballade autour du lac en vélo jusqu’à Indein en passant par le village de Kaung Dain et son très beau marché peu touristique surtout avant 10h (attention piste plus que sommaire entre Kaung Dain et Indein et au moins 2h de trajet). Nous avons également fait la ballade traditionnelle du tour du lac en bateau en zappant ou écourtant les visites destinés aux achats touristiques et en profitant un peu plus des jardins flottants et des villages sur pilotis (de toute façon le batelier était à notre service et très serviable).
Avons également fait un trek de 3h dans le secteur de la montagne situé au Nord du domaine viticole, grâce au plan donné à l’hôtel. Pour le reste différentes ballade en vélo dans les alentours de Nyaungshwe.
10/12
Pour éviter la pénible route qui mène à Yangon nous avons pris l’avion depuis Heho pour Yangon.
11 à 13/12
Retour à Yangon, logement successif au Kaung Lay Inn près de la Shwedagon (correct pour 25$). Nous avons très bien dîné au « Ashoka Indian restaurant » (un peu cher avec les 20% de taxes imposées par le gouvernement) ainsi qu’au »Kruwa Namtip restaurant » dans la même rue Phoe Sein street. Nous avons ensuite déménagé pour aller au Yoma hôtel dans la vieille ville (sale, bruyant et plus mauvais petit déj. du séjour, pour un prix exorbitant de 30$ : à éviter). Avons fait un excellent dîner au Monsoon Restaurant pour un prix à peine plus cher que d’habitude.
Nous sommes allés faire le tour circulaire de la ville en train, super expérience que l’on partage avec les vendeurs de fruits et légumes qui investissent les wagons durant le trajet, malheureusement gâtée par les attaques virulentes de petites bêtes nichées sous les banquettes en bois (araignées rouges semble- t il). Si vous voulez tenter l’expérience sans ce désagrément , isolez-vous de la banquette avec une grande feuille de plastique ou de papier !
Conclusion
Nous avons été frappés par la pauvreté et aussi la saleté de ce pays (surtout les villes) en comparaison des pays limitrophes visités les années passées (Laos, Cambodge entre autres).
Le pays à l’air de s’ouvrir doucement au tourisme (impressions confirmées par des gens sur place) et il faut espérer que cette ouverture ne modifiera pas trop les bonnes relations que les Birmans accordent aux visiteurs.
Les transports par route restent problématiques et nécessitent beaucoup de temps ; c’est donc un aspect à prendre en compte dans la préparation d’un voyage en Birmanie. Toute extension en dehors du circuit classique nécessite plusieurs jours si on veut éviter la course.
On ne peut qu’espérer que la timide ouverture constatée en novembre et décembre 2011 se concrétise pour laisser la place à un vrai régime démocratique, on peut toujours rêver….
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NB : nous restons à votre disposition pour tout renseignement plus précis : adresses d’hôtels, de restaurants, prix …
MON VOYAGE CHEZ LES BIRMANS. Du 21 JANVIER au 9 FEVRIER 2020
LA BIRMANIE, le MYANMAR…….
Envie de repartir en Asie, oui mais où ? Après plusieurs voyages dans les pays de l’Est, dix voyages en Inde suivis d’autres en Thaïlande, Laos, Cambodge, Sri-Lanka, Vietnam…. Quel pays d’Asie allait m’attirer ?
J’en discute avec Christian, passionné de voyages, et devant sa persuasion que la Birmanie était un pays qui allait me plaire à coup sûr, me voilà lancée !
En avant, documentation sur le pays, itinéraires éventuels, prix des billets d’avion, réflexion….Ho, tout compte fait, je vais à Ténériffe…. Allez, rebelote, itinéraire, avion, etc... Non, finalement, la Birmanie me fait de l’œil mais je me pose plein de questions telles que je ne parle pas anglais, je n’ai plus vingt ans, je ne connais pas le pays! Oui, et alors… et les autres fois ? C’était pareil!
Allez, je revois le circuit de Ténériffe. Oui mais, je veux quand même allez en Birmanie !
Je suis d’accord avec vous, je ne sais pas ce que je veux… mais ceux qui me connaissent ne seront pas étonnés de ce comportement face à un choix…
Un soir, je me surprends en train de réserver un billet d’avion à la compagnie THAI AIRWAYS. L’Asie aura gagné une fois de plus!
L’e-visa pour ce pays est très facile à obtenir par internet au prix de 45 dollars.
Comme souvent, je fais appel à Booking.com pour choisir mes hôtels et petit à petit, je commence à les réserver au fur et à mesure que j’établis mon circuit.
La Birmanie est l’ancien nom. En effet, en 1989, la jungle militaire qui est au pouvoir depuis 1962, donne officiellement le nom Myanmar. Ce pays s’appelle désormais depuis le 21 octobre 2010 République de l’Union du Myanmar. Tous les pays n’acceptent pas ce changement donc les deux noms se disent. Plusieurs villes ont également changé de nom (exemple : Rangoon devient Yangon ; Moulmein devient Mawlamyine, etc).
Ce pays a également changé de drapeau et d’hymne national. Ceci a été fait notamment dans le but de rompre psychologiquement avec le passé colonial anglais mais aussi pour d’autres points politiques trop compliqués pour moi.
La Birmanie a aussi changé plusieurs fois de capitales; actuellement, c’est Naypyidaw. Je n’y suis pas allée et n’ai jamais réussi à prononcer ce nom.
La Birmanie partage ses frontières avec la Chine, la Thaïlande, le Laos, le Bangladesh et l’Inde. Il y a plusieurs états dont certains ne sont pas conseillers aux voyageurs car encore considérés comme dangereux.
C’est un pays multi religieux ; il n’y a pas de religion officielle mais c’est la philosophie bouddhiste qui y règne largement.
Il y a environ 53 millions d’habitants.
Le faciès varie d’un à l’autre. Certains Birmans ont des traits bridés, d’autres tirent plus sur les indiens mais encore… Moi, je ne vois pas la différence.
Vu que c’est mon premier séjour en Birmanie, le circuit va être assez facile car je ne choisis que les principales villes : Yangon, Mandalay, Bagan, Lac Inle puis Hpa An et Moulmein dans le sud. J’ai hésité à la fin entre ces deux dernières ou un séjour plage. A refaire, je prends quatre jours supplémentaires pour terminer à Ngapali en bord de mer.
Je fais appel, pour la première fois dans mes voyages, à un coach. Ce sera Anna qui habite à Yangon. Je lui verse la somme de 200 euros pour qu’elle m’aide à trouver des guides, chauffeurs, hôtels francophones. Au final, cela ne m’aura pas servi à grand chose puisque j’ai quand même fait à ma manière la plupart du temps. Tiens donc, y en a-t-il qui serait étonné ?
Le temps passe, il est temps de faire les derniers vaccins et les valises.
Dans ce récit, vous entendrez quelques mots qui reviennent souvent, je vous en donne d’emblée l’explication simplifiée (certains savent, je sais)…
Pagodes : lieu de culte bouddhiste où se trouve souvent une relique du Bouddha, certaines peuvent avoir plusieurs étages, sont soit circulaires, octogonales ou carrées, le toit est évasé ou en épi.
Peut aussi être un ensemble de Stupas dont souvent une plus grande au centre. On peut s’y promener, se recueillir, prier rencontrer des moines, etc…
Stupas : (nom masculin), monuments funéraires bouddhistes en forme de dôme, renfermant soit une relique (cheveu, dent, etc.) du Bouddha ou des ossements d’un Saint. On peut les contourner mais jamais y pénétrer car complètement murés. Certains peuvent avoir plusieurs étages et une terminaison en ombrelle.
Temples : semblables aux Pagodes mais voués à des divinités, des Saints, des héros etc… contrairement aux Pagodes vouées uniquement au Bouddha. Comme les Pagodes, certains sont accessibles pour s’y recueillir, prier, visiter.
Monastères : certains sont encore en activité et d’autres pas. Ils sont habités par des moines ou des nonnes. Des élèves peuvent aller étudier, d’autres prier. Plusieurs monastères sont ouverts au public pour y pratiquer la méditation.
Pirogues : à ne pas confondre avec Pagodes… ce sont des petits bateaux naviguant sur les lacs et canaux.
Longyi : costume traditionnel. Pour les dames: morceau de tissu de deux mètres à entourer autour de la taille formant une longue jupe aux couleurs colorées et fleuries. Pour les hommes: tissu à carreaux portant le nom de paso.
Je vous avoue qu’il n’y a pas très longtemps que je fais la différence entre tous ces mots. Mais en voyageant, on apprend un peu.
21 JANVIER 2020 (jour 1) :
Départ pour 12 h de vol qui se déroulent très bien, films français à disposition, bonne nourriture, bon siège, bon whisky-coca… une escale de 2H30 à Bangkok avant le départ pour YANGON avec une arrivée à 8H35 au Myanmar.
22 JANVIER 2020 (jour 2)
Après avoir récupéré mes bagages, je vais directement changé des euros en Kyats qui est la monnaie locale : un euro c’est 1600 kyats. On peut payer beaucoup en dollars et on sait changer des euros partout.
Je vais ensuite acheter une carte sim pour avoir internet puis direction vers un bureau de taxis. On essaye de me doubler le prix de la course mais comme je me suis très bien renseignée avant de partir, je négocie pour enfin obtenir un prix raisonnable de 9000 kyats (env. 6 €).
Il est maintenant 9 H 30 et il fait déjà 32 degrés.
J’ai réservé une chambre à l’hôtel Clover City avec Booking.com (33 € la nuit, petit déjeuner inclus). Il est bien situé dans une petite rue de Yangon. Près du grand centre commercial Bogyoke, à 500 mètres de la Pagode Sule et non loin des restaurants, bars, taxis, massages, etc… Il est au-delà de mes attentes vu le faible prix pour cette ville. Il est très propre et la chambre est lumineuse. Je peux prendre possession des lieux directement malgré qu’il ne soit pas 14 H.
Je range mes affaires à moitié puis je me rends en taxi admirer la plus belle Pagode de Birmanie, la Pagode Shwedagon, âgée de 2500 ans.
Toutes les personnes qui visitent ce pays viennent impérativement voir cette Pagode. C’est un des sites le plus sacré de Birmanie.
Certains disent que c’est la plus belle Pagode au monde. Le routard dit que c’est l’âme de la ville de Yangon. D’autres diront qu’elle est au Bouddhisme ce que la Mecque est aux Musulmans. Pourquoi ne pas dire, elle est ce que le Vatican est aux Catholiques (ça n’engage que moi)!
Je compte m’en donner à cœur joie car étant seule, je peux flâner à ma guise.
Le taximan me dépose au pied d’un énorme escalier et l’ascension commence avec des échoppes à gauche et à droite de ceux-ci.
Quand on arrive sur les lieux, on comprend mieux ici l’importance du Bouddhisme dans la vie quotidienne des Birmans.
Il est dit que cette Pagode date du 5ème siècle mais il n’y a pas de traces écrites avant le 15ème siècle. Par contre, les chercheurs sont d’accord sur le point qu’il y avait bien eu une Pagode à cet emplacement au premier millénaire de notre ère.
Au dessus des escaliers, à l’entrée proprement dite, après avoir payé, on me demande de mettre un longyi malgré mon pantalon fuseau. Je devrais payer
300 kyats qu’on me rendra à la sortie.
Il y a quatre entrées et sorties, faudra encore retrouver la bonne.
Bref, je suis d’attaque pour entamer cette première visite de mon périple.
Je suis tout de suite éblouie et euphorique de voir cet ensemble archéologique majestueux. Je ne sais par où commencer à gauche, à droite… Bon, je me décide car voilà déjà dix minutes que je suis devant le Stupa central qui m’hypnotise. Il faut dire qu’il mesure 99 mètres de haut et 43 mètres de diamètre à la base ; son bulbe est recouvert de plus de 700 kilos d’or. Dans sa partie supérieure, il y a 5448 diamants, 2317 rubis, saphirs et autres joyaux, il y a 1065 petites cloches en or et à l’extrême un diamant de 76 carats. Maintenant, comprenez-vous mieux mon allégresse?
Lors du parcours, on peut regarder le dessus du Stupa avec des jumelles mais ça reste assez flou.
Je prends des dizaines de photos en le contournant car selon l’heure et l’endroit, la lumière et la situation n’étant pas la même, ça lui donne des reflets différents.
Tout à coup, je vois quelques personnes regarder dans une petite flaque d’eau et photographier cette flaque…Bizarre! Curieusement, je m’approche et fait de même… Rien … Je me retire et d’autres recommencent à photographier.
Qu’ai-je raté dans l’histoire ? Je recommence à plusieurs reprises puis enfin, sous un certain angle, le stupa est reflété dans cette petite flaque d’eau. Magnifique ! Mais j’ai failli passer à côté sans le voir.
Le stupa est entouré de multiples sanctuaires où les pèlerins prient, se recueillent et prennent des photos.
Je commence mon tour par la gauche. Que de sanctuaires, de statues de Bouddha, de petits temples (dont un hindou), etc…
J’aurais certainement appris plus avec un guide que seule mais ça aurait été forcément au pas de course. Je me réjouis encore d’être seule pour pouvoir trainer, aller, revenir sur mes pas et savourer à 100%.
Oups, que vois-je ? Un ascenseur…Merci le taximan. Pas grave.
Actuellement, je suis nez à nez avec une cloche de 16 tonnes. Pour la petite histoire, lors du pillage de 1824, elle sombra dans la rivière.
Les anglais tentèrent de la voler pour la conduire à Calcutta. N’y arrivant pas et la laissant pour compte, les Birmans la récupèrent et elle retourna à sa place.
Je frappe un coup sur celle-ci avec un gros bâton mais des birmans m’expliquant qu’il faut taper trois coups et avec une manière particulière.
Un peu plus loin, je contemple un Bouddha en Jade.
Après trois heures d’imprégnation dans cette Pagode, les yeux pétillants, la tête pleine de souvenirs, je redescends les marches et prend la direction des taxis.
Je ne vais pas trop négocier car, à part à l’aéroport, ils sont plutôt corrects, juste un petit rabais pour dire.
Je décide de me rendre rapidement dans un restaurant car ils ferment tôt, 19 H pour la plupart. Je me fais conduire au Green Galery recommandé par le guide du Routard et le Lonely. C’est un petit endroit charmant. Au départ, je suis seule à une grande table quand subitement surgit un groupe de huit personnes; la patronne me propose de m’installer avec un couple de français, ce que je fis bien volontiers. La nourriture est excellente. Le vin blanc pas très bon et très cher. En fait, le menu me coûte 4 euros et la coupe de vin 2,5 euros…
J’ai compris, ce n’est pas leur truc, dorénavant, ce sera de la bière !
Après ce bon repas, je demande au taxi de m’emmener dans le centre car contrairement aux restaurants, les magasins ferment assez tard.
Je suis à la recherche d’opticiens. Les lunettes sont moins chères en Asie. Après avoir pris mes renseignements dans plusieurs magasins, je me mets d’accord avec l’opticien Lucky. Je reviendrai demain avec ma prescription.
En rentrant à l’hôtel, à pied, je vois une enseigne foot-massage. Ni une ni deux, en avant, parti pour une heure de massage de pieds avant de regagner mon hôtel pour y passer une nuit de rêve.
23 JANVIER 2020 (jour 3) :
Après cette bonne nuit réparatrice, un bon petit déjeuner m’attend en bas.
Je commence la journée en conduisant ma prescription chez Lucky qui me promet de bien la respecter en faisant des verres progressifs et affinés. Il m’assure qu’elles seront prêtent le surlendemain. Cool, 65 euros pour les verres et une belle monture de couleur bleue comme je le souhaitais.
J’appelle un taxi afin qu’il m’emmène à la Cathédrale Catholique de l’Immaculée Conception. Il m’arrête devant une église et dit OK…mais non pas OK car j’ai vu les photos et ça ne ressemble pas du tout à la Cathédrale. Il a compris que je savais où je voulais aller et m’y emmène illico.
La façade est magnifique mais au moment de pousser la barrière, le gardien me refoule disant qu’il est l’heure de manger et que les portes rouvrent à 14 H.
Ce n’est pas grave, je reviendrai plus tard.
Maintenant, je fais appel à mon sens de l’orientation, de mon plan et de map Google car c’est à pied que je vais continuer ma visite au milieu de cette grande ville. Finalement, je me retrouve désespérée sur un banc d’abris d’autobus en train de retourner mes plans dans tous les sens.
A ce moment, un Birman m’accoste pour faire quelques pas avec moi afin de m’indiquer le chemin pour me rendre au secrétariat.
Le Secrétariat est un très grand bâtiment en briques rouges, ce qui est l’emblème de l’architecture victorienne. Il fut érigé entre 1889 et 1905 donc bien évidemment par les Britanniques.
En 1930, un tremblement de terre l’endommagea puis ironie du sort, en mai 2008, ce fut le cyclone Nargis qui l’abîma (138.000 morts). Cette tragédie fut la plus grande catastrophe naturelle du pays. Le Secrétariat est encore en rénovation donc il n’est possible que d’en visiter une partie.
Cet établissement était le siège du gouvernement de la Birmanie Britannique puis devint le siège Birman après l’indépendance. C’est l’endroit où l’homme politique Aung San fut assassiné en juillet 1947 à l’âge de 32 ans ainsi que six ministres. C’était le père de Daw Aung San Suu Kyi, femme d’état, conseillère et porte parole actuelle. C’est une figure de la non violence face à la dictature militaire du Pays (pour les plus initiés voir le génocide des Rohingya). Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 1991.
Je ne visiterai que la partie non payante du secrétariat déjà bien représentative. Au premier étage, il y a d’immenses salles et on a une vue sur la cour extérieure.
Au rez-de-chaussée, se trouvent aussi des salles aménagées, l’une en atelier de peinture, une en salle de spectacle et une en magasin d’artisanat. Là, je me laisse séduire par un bracelet en perle de Jade.
La dernière salle que je visite est transformée en cafétéria où je me pose pour siroter un thé froid succulent dont je ne retrouverai ce goût nulle part ailleurs.
C’est un lieu hautement historique et je peux assurer que ça se ressent !
Je terminerai la visite en faisait le tour extérieur sous le soleil et en me relaxant un moment devant la fontaine. Le lieu est propice aux photos !
C’est une visite que je n’aurais voulu manquer pour rien au monde.
La Cathédrale de l’Immaculée Conception n’est pas très loin ; j’essaie de retrouver le chemin toute seule. Yes, j’y suis arrivée. Bon pour certains, ça peut paraître facile mais quand on connait mon sens de l’orientation, on comprend que pour moi, c’est un exploit.
A peine avoir franchi la barrière, je laisse mon sac à la consigne pour être libre de mes mouvements. Je suis devant un bâtiment magnifique ; c’est la plus grande Cathédrale Catholique de Birmanie.
Je m’empresse d’aller voir l’intérieur en briques rouges. L’édifice date de 1909. Les vitraux sont majestueux ; j’y cherche St Martin, patron des Arquebusiers de Visé pour le dire à mon petit fils, mais il n’est pas représenté…tant pis!
Après un court instant de recueillement, je fais le tour du bâtiment extérieur. C’est reposant et j’y prends beaucoup de plaisir surtout en voyant la grotte représentant celle de Lourdes, entretenue par une indienne. Ca me fait repenser à une très grande Cathédrale pas loin de Pondichéry en Inde.
En récupérant mon sac, je demande à quelle heure sera la prochaine messe. Je n’y participerai pas car celle du soir est trop tard et celle du matin est trop tôt ; c’est une excuse, oui… vous croyez ?
Après cet épisode religieux, je pensais faire le tour du quartier colonial à pied mais ça s’avère plus compliqué que prévu. Mes plans ne sont pas au top!
Je loupe l’Hôtel de Ville, le Bâtiment de Télécom…Je ne me tracasse pas plus que ça car je repasse ici à la fin du séjour et je pourrais donc fignoler…
Enfin, c’est-ce que je crois sur le moment…
Pour le moment, je n’ai qu’une idée, c’est d’aller au Strand Hôtel près du lac. Le taximen me dépose devant un bâtiment emblématique, de l’époque colonial. Il fut abîmé en 1942 par les bombardements puis réquisitionné par les troupes nippones qui font leur écurie hors du bar. Quelle honte! En 1945, au retour des Anglais, le bar rouvre ses portes. Très vite, il devient un repaire de Backpackers.
Après un accident mortel d’un chanteur local, le bar est interdit aux birmans sauf ceux endimancher d’une veste et d’une cravate ou inviter par un étranger.
Je me retrouve donc en pleine ambiance coloniale. C’est très grand et élégant.
Je rentre dans l’immense bar pour y boire je ne sais trop quoi devant cet étalage bien plus achalandé qu’aux Olivettes de Liège dont ma fille est patronne.
Vu le prix, le choix est vite fait; c’est une bière à 3 €, le moins cher sur la carte.
Tout à coup, un monsieur m’appelle de son fauteuil (oui, moi aussi je suis dans un fauteuil). Je suis surprise de cet appel mais en fait, il se rappelle m’avoir vu à l’aéroport et m’avoir aidé à me dépatouiller lors de l’achat de ma carte sim. C’est un australien parlant français qui accompagne une personne âgée.
Au moment de payer l’addition, on me demande 5 €! Je n’ai pas fait attention que le prix sur la carte était sans compter les taxes. J’ai donné un peu moins prétextant que je n’avais rien de plus sur moi. Pas bien, mais pour une 25cl. franchement, c’est beaucoup. Tout se termine bien avec un grand sourire.
La bière digérée, je fais quelques pas pour arriver au bureau de Poste à tendance britannique également. Je voulais acheter des timbres mais je n’ai encore vu aucune carte postale donc je vais attendre.
Je traverse la vertigineuse et dangereuse rue, espérant survivre à ce passage. Je prends ce risque pour photographier la Poste et l’hôtel Strand de face.
Du coup, je suis près de l’embarcadère du ferry pour aller à Daha; je vais y jeter un œil et je prévois ça pour la fin du séjour. Faisant demi-tour, je me faufile dans un petit marché local où tout le monde mange je ne sais pas trop quoi…
Je scrute la saisissante rue que je dois retraverser mais après quelques pas, je suis agréablement surprise de voir qu’il y a une passerelle donc pas de soucis.
Je me demandant comment j’ai pu la traverser à pied sans me faire accrocher!
De retour vivante sur l’autre trottoir, je photographie quelques vieux bâtiments notamment le bureau de douane maritime et une ambassade indienne je pense.
Puis je déambule dans les YGN walls (petites rues) dans l’espoir d’aller à la 19ème rue où j’ai lu que c’était l’endroit idéal pour aller boire une bonne bière.
Il y a de l’ambiance dans cette rue; elle ne doit pas être la seule à mon avis.
De retour sur les grands axes, c’est assez folklorique car c’est la préparation du Nouvel An Chinois. Je m’y amuse beaucoup.
Ce soir, j’irai manger dans le restaurant indien indiqué dans le guide du routard. Je le trouve en faisant appel à mon fidèle ami Mapp Google. Je suis seule dans cet endroit tenu par des indiens sympathiques. Je m’offre un copieux thali (assortiment de plats de l’entrée au dessert, servis dans de petits récipients en métal disposés sur un plateau rond en métal également).
Ce sera mon petit clin d’œil à l’Inde! Pays toujours omniprésent dans mon esprit…Oui, je crois que mon histoire d’amour avec l’Inde n’est pas finie!
Au retour, je vous laisse deviner foot-massage ou pas?
24 JANVIER 2020 (jour 4) :
Aujourd’hui, c’est la journée que je redoutais de faire sans guide et pourtant, c’est comme une grande aventurière que je me dirige droit vers la gare centrale pour faire la balade du train circulaire. Le prix est dérisoire 1 € l’aller/retour.
Ce train lent est censé faire le tour de Yangon en passant par les villages de banlieue, faisant 39 arrêts. Au total, il fait 45 km en 3 heures mais actuellement, une partie est fermée en raison de travaux sur la ligne.
C’est une façon intéressante et amusante de voir la vie des gens hors de la ville. Dans ce train, il y a de tout. Quand je dis de tout, le mot est faible. Beaucoup de paysans l’utilisent pour aller en ville ou au marcher. Ils montent dans ce train spécial avec des colis, des mannes, des animaux. A un moment donné, il y avait un colis de plus de 2,5 mètres dans le wagon. J’ose espérer que ce n’était pas un mort qu’on transportait! On y vend des légumes, du riz cuit, du thé chaud, des lunettes, des bics et encore bien plus.
On y mange, boit; les gens parlent ou plutôt crient, rient, dorment. Une femme allaite son bébé. Une mamy fait une ratatouille à sa petite fille.
C’est toute une vie à bord de ce train.
Les portes sont ouvertes et certains se penchent pour s’aérer.
J’ai pris place à côté de la porte pour être sûre de ne rien rater et avoir de l’air.
Nous sommes 4 touristes au milieu des autochtones.
Après 1H30 de trajet, je me demande où je vais descendre parmi ces petits patelins sans importance. Ma destination finale sera là où j’aperçois un marché.
Me voilà donc en pleine pampa au marché où je ne pourrais pas prendre de photos. Après avoir parcouru les lieux, je prends place sur une toute petite chaise, au milieu du jeu de quilles, pour manger des nouilles et boire un thé.
J’ai voulu prendre un taxi pour rentrer mais les prix étant exorbitants, je reprends le train en sens inverse.
Rebelote, tout le monde rit, dit bonjour, me dévisage gentiment, accepte que je les prennent en photo; quel monde différent. Malgré la chaleur et le vacarme, je réussi à m’endormir un moment.
A la gare centrale, point de départ, je m’attarde un peu pour revivre un peu cette magie. C’est une expérience que je n’aurais voulu rater pour rien au monde.
Je rentre à pied et fait un détour vers la Pagode SULE que je n’irai pas visiter. Je suis claquée et il fait toujours aussi chaud.
Je passe chez Lucky récupérer mes lunettes. Elles ne vont pas. Je l’aurais bien juré ça... Les verres sont trop forts, lourds pas du tout amincis et trop forte dégression est intolérable.
Je ne suis pas satisfaite et le fais bien comprendre à l’aimable opticien qui me dit que je ne me tracasse pas, il va les refaire avec une correction moins forte et il va « encore » amincir les verres. Je n’ose imaginer s’ils n’avaient pas déjà été amincis. Bon, ça va. Je les récupérerai à la fin du séjour.
C’est l’heure d’aller savourer un plat gastronomique: crevettes géantes à la sauce au poivre vert. Un régal, j’en ai l’eau à la bouche rien qu’à y penser. Ce repas m’aura couté 6 euros avec les boissons.
Je termine la journée par un foot-massage, hé oui encore j’adore ça… et encore une fois, pour le prix je ne vais pas m’en priver (3 € pour une heure).
Une fois rentrée à l’hôtel, je m’attaque la valise qui s’est cassée à l’arrivée. Heureusement, j’avais pris une petite corde à linge qui va permettre qu’elle ne s’éventre demain à l’enregistrement.
25 JANVIER 2020 (jour 5) :
Départ pour l’aéroport domestique, direction MANDALAY. Il y a un problème à l’aéroport car c’est mon nom d’épouse qui est inscrit sur le billet; je dois payer 25 dollars pour le changement mais j’étais au courant depuis que j’ai effectué la réservation. C’est à cause de la saisie automatique de mon ordinateur et je n’ai vérifié le nom qu‘après le paiement. Encore heureux que je le vois à la première réservation car dans mon élan, je faisais les quatre autres ainsi!
Me voilà installée dans un avion à hélices, c’est bizarre… et j’avoue avoir eu très peur à l’atterrissage tellement l’engin bougeait.
C’est la 2ème ville de Birmanie et capitale culturelle. Elle fut la dernière capitale du royaume Birman dans un périmètre de quelques dizaines de km²; les trois autres étant Ava, Amarapura, Sagaing. Je visiterai toutes ces villes avoisinantes.
A mon arrivée à l’aéroport, j’avais demandé à l’hôtel de m’envoyer un taxi.
J’ai réservé l’hôtel Aurora, excellente adresse, propre, 18€ petit déj inclus.
Sur facebook, je suis abonnée à un groupe nommé «les français en Birmanie» et j’ai la chance d’avoir un membre, Eric, qui m’a donné énormément de conseils durant tout mon séjour.
C’est d’aillleurs lui qui m’a suggéré d’appeler un étudiant de Mandalay qui apprenait pour être guide francophone. J’ai pris contact avec celui-ci depuis la Belgique et avons convenu d’un rendez-vous.
A mon arrivée à l’hôtel, le jeune Myat Min Ko Ko m’attendait déjà à la réception. Il patientera encore un peu, le temps des formalités et de déposer mes bagages à la chambre.
Myat Min Ko Ko, qui sera donc mon guide francophone à Mandalay, commence par me donner quelques informations. Par exemple, on compterait environ 1000 Monastères et Pagodes alors qu’à l’époque du dernier Roi, il y en avait 1257.
Il ajoute qu’on comptabiliserait encore 52652 Moines, 46854 Novices et 8559 Nonnes.
Vers 16H, nous enfourchons sa moto et go pour la première visite de Mandalai.
Il y a du trafic mais il roule prudemment. J’en profite pour aller directement acheter de la toile scotch pour consolider ma valise ainsi c’est fait.
Nous contournons l’immense rempart pour arriver au monastère Shwenandaw, dit le monastère d’or. Jadis, il en était tout recouvert, ce qui n’est plus le cas.
Sa structure est en teck, sculpté et ciselé à la perfection. Il a quatre niveaux de toiture séparés et est entouré d’une plateforme. On y retrouve des sculptures de danseurs, de fleurs ainsi que Nats (esprits qui vénèrent l’image du Bouddha).
Il est soutenu par des piliers en teck mais on y trouve aussi des piliers en marbre. Il est issu du Palais Royal en bois d’Amarapura et fut déplacé en 1857 à Mandalay.
Le roi Midon y mourut en 1878 et son fils allait souvent y méditer; persuadé que son père hantait les lieux, il le fit redémonter et retiré de la cité royale.
Pendant les 5 années suivantes, il le fit reconstruire par les moines qui y résidèrent jusqu’aux environs de 1940. Pendant la guerre, il fut occupé par les japonais. Il brûla quasi totalement en mars 1945, sous les bombes britanniques.
J’ai beaucoup aimé la visite de ce monastère qui n’est donc plus habité à l’heure actuelle. Comme je prends bien mon temps, l’heure tourne et le second monastère prévu, situé quasi en face, ferme à l’instant. Dommage, car je n’aurais pas l’occasion d’y revenir.
On remonte sur la moto et Myat Min Ko Ko me dit qu’on va voir le plus grand livre du monde. Je m’attendais à tout sauf à ce que j’allais découvrir… En effet, ce livre s’appelle la Pagode Kuthodaw. Le jeune homme me donne quelques explications. Accrochez-vous pour suivre, moi j’ai bien dû le faire!
C’est un ensemble de Stupas, construit de 1860 à 1868 et restauré en 1892.
L’enseignement du Bouddha est gravé sur 729 stèles en marbre d’1m50 de haut sur 13 cm d’épaisseur. Chaque stèle est protégée par une grotte (Kyauksa) sous un petit Stupa blanc.
Au final de ces 729 stèles, ce sera tout le Tipitaka (ensemble de textes composés d’après les paroles du Bouddha, datant d’un siècle av JC) qui sera rassemblé.
Au centre, se trouve un stupa doré de 57 mètres de haut.
C’est un réel plaisir de se perdre dans cet univers blanc, magnifique et apaisant.
Nous terminons l’après-midi dans un restaurant typique que Myat Min Ko Ko me conseille, le Mingalabar. Le resto est plein à craquer et on est arrivé juste avant de devoir faire la file pour entrer.
J’invite l’étudiant à rester avec moi pour cet agréable moment. On commande un plat mais on en reçoit dix petits, tous différents. C’était gustatif!
A la fin du repas, nous voulions aller au-dessus de la colline voir le coucher du soleil mais il est tard, commence à faire noir. En moto, ça peut être dangereux.
La première journée à Mandalay aura déjà été très riche culturellement.
26 JANVIER 2020 (jour 6) :
J’ai rendez-vous avec Myat Min Ko Ko ce matin à 8H30; il est accompagné d’un chauffeur de taxi car aujourd’hui, c’est trop loin pour s’y rendre à moto.
Oui, nous allons gambader dans les trois anciennes capitales dont je parlais hier.
A chaque fois qu’ils changeaient de Rois, ils changeaient de capitales…
Après quelques kilomètres, nous faisons un arrêt au Temple Mahamuni, le plus prestigieux de toute la ville et très vénéré. Il date de 1784. Il fut incendié puis reconstruit au 20ème siècle par un architecte français.
Il y a 252 colonnes dorées, sculptées et ornées de fresques.
Dans une petite chambre, très beau et grand Bouddha de 4 mètres de haut, constitué de 6,5 tonnes d’or. A 4 H du matin, les fidèles lavent son visage avec une brosse en or et toute la journée, les hommes viennent y coller des feuilles d’or sur le corps; les femmes n’ont pas ce droit…
Dans l’allée, en sortant, j’achète des tongs en bambou dont j’aurais, plus tard, la surprise de voir qu’elles ont déteint mes pieds en noir (goudron, sais pas).
Ensuite, on se balade dans le quartier des sculpteurs de marbre. C’est très passionnant de voir le bloc à l’état brut puis sa transformation à chaque étape jusqu’à devenir un Bouddha ou une autre pièce décorative. On ne s’attarde pas car c’est très poussiéreux (du coup, là, c’est tout blanc).
Nous reprenons le chemin et traversons AMARAPURA, située à 10 km au sud de Mandalay, construite en 1783 (les astrologues disent entre 1824 et 1858).
Nous profitons de la superbe vue au-delà du pont et au sommet de la colline. On y reviendra le soir car un rendez-vous important nous attend 3 km plus loin, en pleine campagne.
En effet, il faut être à 10 H précise au Monastère Mahagandhon, construit en 1785. C’est un des trois sanctuaires le plus sacré en Birmanie avec la Pagode Shwedagon de Yangon et le temple du rocher d’Or dans le sud.
A 10H15, pas moins de 1000 moines défilent chaque jour pour faire l’aumône. Il fait noir de monde, beaucoup de touristes chinois. Mon guide me donne un masque pour la première fois. Des gardes font régner l’ordre car les chinois ne sont pas très disciplinés; des barrières de sécurité sont même installées sinon ils ne laisseraient pas passer les moines tranquillement.
Après cet impressionnant défilé, on voit les moines dans leur réfectoire et les personnes ayant participé à la donation des repas peuvent entrer.
Il y a des Moines de tout âge, du plus jeune qui peut avoir 8 ans au plus âgé. Leur vie est très rudimentaire: lever à 5H, petit déjeuner léger puis travail jusqu’à 10H15, moment de l’aumône, suivi de leur dernier repas à midi.
C’était vraiment un moment à ne pas rater!
En quittant le monastère, je visite un atelier traditionnel de tissage sur soie.
Nous reprenons la route vers l’ancienne capitale de SAGAIN, construite en 1315 après la chute de Bagan en 1287.
Des quatre capitales, c'est celle-ci qui dégage le plus de charme; on y ressent une grande importance religieuse. J’y croise d’ailleurs des Nonnes pour la première fois.
La route longeant les bords de la rivière Irrawaddy est magnifique. Au sommet de la colline, la vue est époustouflante sur la rivière et les 1000 Pagodes.
On voit la Pagode Son Oo Punyashin. Je visite le Temple U Min Thone Caves où il fait très calme. Il y 30 grottes avec 45 Bouddhas qui y sont nichés. On entre par un côté et on sort par l’autre. C’est magnifique et reposant.
Nous irons manger au restaurant Sagaing Hill en bas de la colline car à AVA (INWA), prochaine étape, il n’y a ni resto ni bar et on va y rester un moment.
Après un bon repas, en route pour une toute belle expérience dans la toute première capitale qui est AVA et qui se situe à 26 km de Mandalay.
C’est la cité des pierres précieuses, fondée par un chef local Shan en 1364 après la chute de l’empire de Bagan.
On abandonne le taxi pour traverser la rivière en bateau où des charrettes tirées par des chevaux attendent les visiteurs pour visiter le site qui est assez grand. C’est très agréable de se balader au milieu des rizières, des palmiers à sucre, des anciens Temples et croiser d’autres charrettes.
Il y a 200 à 250 Pagodes, Temples ou Monastères ainsi que l’ancien Palais Royal qui est à l’abandon et dont il ne reste que la tour de guet.
En premier, on descend voir le Monastère Bagaya où il règne une ambiance mystique. Il est tout en bois de teck, sculpté et traité au pétrole. Il est toujours habité. Un Moine donne cours aux novices dans une belle salle de prière.
En second, ce sera la Pagode Yadana puis le Monastère Mu Nu Ok Kyaug tout en briques rouges.
Il va s’en dire que j’en ai vu beaucoup d’autres mais il est impossible de me rappeler les noms vu que je n’ai pas fait mon récit au jour le jour comme pour mes autres voyages (à cause de ma tablette).
A force de grimper et de descendre de mon attelage, j’ai fini par craquer mon pantalon; heureusement, j’ai un grand foulard pour mettre à ma taille.
En terminant la boucle, blocage dans un bouchon de charrettes à chevaux…
Pour terminer la journée culturelle, il est temps de se rendre au Pont U Bein pour y admirer le coucher de soleil. On arrive à l’avance et déjà il fait noir de monde; beaucoup de chinois encore; hop, je remets le masque. Ha oui, aussi beaucoup de moustiques, et je n’ai pas mon répulsif. Je ne suis pas trop à l’aise entre les chinois et les moustiques!
Ce pont construit en 1849 (certains diront 1782 quand Amarapura était capitale) est soutenu par 824 piliers en teck récupérés à Ava. Il mesure 1200 mètres ce qui en fait le plus long pont/passerelle en teck du monde. Il enjambe le lac Taungthaman à Amarapura.
Il est temps de dire au revoir à mon petit guide qui aura été parfait.
Ce soir, j’ai décidé de manger à la terrasse de l’hôtel Aurora où je dors. J’y rencontre Fatima, une algérienne qui visite le pays en solo également. On organise la journée du lendemain ensemble.
Je lui renseigne aussi l’étudiant pour les jours suivants. Il viendra rencontrer Fatima le soir même et me dire au-revoir encore une fois en m’offrant un petit cadeau: un beau dessin de pêcheurs fait à l’encre de chine acheté à AVA.
27 JANVIER 2020 (jour 7) :
J’ai dormi 12 heures, c’est dire si la journée précédente avait été bien remplie.
Je n’ai pas l’habitude de faire mes visites accompagnée d’autres voyageurs; je fais une exception qui me confirmera dans ma décision de voyager seule…
Avec Fatima, nous avions rendez-vous à 10H30 à l’accueil. Elle n’est pas là et la réceptionniste me dit d’attendre; elle va arriver. Déjà, ça je n’aime pas… Après dix minutes, je n’ai pas envie de perdre plus de temps, je me prépare à sortir quand tout à coup, la Fatima fit son apparition. Elle était à la Banque.
Allez go, tuc tuc vers l’embarcadère pour prendre le bateau qui va à MINGUN.
Le gars ne comprend rien et nous changeons de tuc tuc.
A l’embarcadère, on nous signale que le bateau public partait à 8H30; ben, oui, mais là, il est 11 H… Nous demandons pour avoir un bateau privé mais après une attente de vingt minutes, prenons la décision (que nous regretterons amèrement) d’y aller en tuc tuc.
En fait, au lieu de faire moins d’une heure en bateau, nous mettons des heures pour faire un détour de 80 km en tuc tuc. Le chemin est en grande partie le même que j’ai pris le jour avant. On est très secouées dans ce véhicule, non pas de luxe; on a froid et on ne voit pas la fin du trajet.
Arrivées tant bien que mal à Mingun, on constater que ce village est très joli.
Il y a beaucoup de magasins et en premier, je vais acheter un Longyi pour mettre sur mes épaules le soir. Pfff, Je n’ose même pas imaginer ce retour…
Nous commençons par découvrir la Pagode Pahtodawgy, en forme cubique et inachevée. Les travaux commencèrent en 1790. Elle fut détruite par deux tremblements de terre, ce qui nous empêche d’ailleurs de continuer notre visite plus loin que la première volée d‘escaliers. On voit une immense lézarde à cause du séisme de 1838.
Ceci dit en passant, la Birmanie a connu plusieurs séismes violents notamment en 1956 de magnitude 7 entraînant de nombreux dégâts. Rebelote en 2012.
Pour en revenir à la Pagode, le roi voulait qu’elle soit la plus grande du monde. La fameuse cloche de Mingun lui était d’ailleurs destinée. Elle abrite 40.000 objets dans sa chambre à reliques dont une dent du Bouddha offerte par l’Empereur de Chine en 1789.
Les esclaves y travaillèrent jusqu’à la mort du Roi en 1819. Maintenant, ça ressemble à un gros tas de briques. Pourquoi n’est pas finie? Ça reste une énigme… soit le roi était mégalomane et à bout de ressource, soit pour une autre raison comme semble le démontrer de récentes recherches.
On fait une pause en bas de la Pagode pour savourer deux jus de bambou; c’est trop bon! Ça fera office de notre repas de midi car on ne voyons rien à manger.
Nous apercevons la Pagode Hsinbyume dite la Pagode blanche.
Elle est magnifique, d’un blanc immaculé, ressemblant à une grosse meringue, comportant sept terrasses et un beau point de vue au sommet.
Elle fut construite en la mémoire de l’épouse du Roi en 1816.
L’attraction principale à Mingun, est sa cloche suspendue, en bronze, qui pèse 90 tonnes. Elle fut commandée par le roi en 1808 pour la Pagode inachevée.
C’est la plus grosse cloche au monde avec celle de Moscou à la différence que celle-ci sonne tandis que l’autre non.
Je n’ai pas raté l’occasion d’y taper quelques coups de bâton…
28 JANVIER 2020 (jour 8) :
Aujourd’hui, départ pour BAGAN tellement tôt que je n’ai pas réussi à dormir la nuit. A l’aéroport, le chauffeur d’Anna (qui m’a un peu aidé à construire mon circuit) devrait être là. Je ne le vois pas. Je téléphone à Anna. En réalité, je me suis trompée d’une heure quand je lui ai fourni les détails du vol. Je prends un autre taxi pour me rendre à la Villa Bagan où je vais résider trois nuits. J’ai réservé avec booking.com. Je dois attendre ma chambre qui sera libre à 14H.
Sur ce, le chauffeur contacté par Anna s’amène à la Villa. Je laisse mes bagages à la consigne et nous partons faire une première visite.
Anna m’a dit que je pouvais lui faire confiance et comme je ne saurais quand même pas tout visiter dans cette ville, il me fera découvrir ce qu’il y a de mieux. Donc je me laisse guider!
Il m’emmène dans un des 75 petits villages traditionnels où les routes sont en terre. Ces villages vivent principalement du tourisme, de l’artisanat tel la peinture sur toile ou sur faïence. Je me demande de quoi il vivait quand le pays était fermé aux touristes? C’est vrai qu’ils sont producteurs d’arachides, de sésames, de petits pois, d’haricots, d’oignons, de maïs, riz et sucre de palme.
J’entame une balade paisible (en tout cas, au début) dans ce petit village où les maisons sont sur pilotis. D’ailleurs, je me faufile parmi celles-ci pour mieux découvrir la vie des habitants. J’adore ça… Je rigole un peu moins quand deux chiens viennent vers moi en aboyant! Ça va, j’ai pu passer entre les deux monstres qui ont été rappelés par les habitants. Voilà où la curiosité mène!
A la sortie du bled, il y a un petit temple blanc tout mignon. Quelques vendeurs de toile accostent les rares touristes, je pense d’ailleurs être la seule.
Je tombe en amour devant une toile représentant les montgolfières de Bagan au milieu des champs de Stupas. Je négocie mais je n’arrive pas à un prix raisonnable donc je ne l’achète pas. J’en trouverais sûrement plus loin.
Après cette première visite, le chauffeur me ramène à la Villa Bagan où je dois normalement y trouver la chambre prête. On me conduit dans le fond du bâtiment dans une chambre à l’étage, grande et froide. Je rouspète car il est bien indiqué sur mon voucher, chambre avec vue sur la piscine au rez-de-chaussée. Ils disent que ce n’est pas possible, que tout est complet.
Je téléphone à Anna pour lui expliquer la situation (la pauvre, elle n’y est pour rien mais elle parle Birman)… On lui dit la même chose. Je ne suis pas contente, demande pour parler au manager et essaie de trouver le service clientèle sur Booking.
Ils m’ont vu faire et comme par hasard, cinq minutes plus tard, la manager arrive me demandant de la suivre vers une chambre face à la piscine au rez-de-chaussée de chaussée, pas du tout occupée… Cette chambre est magnifique! Je retrouve le sourire et déguste une bonne bière fraîche sur la petite terrasse
avant de prendre mon repas du soir à l’hôtel.
29 JANVIER 2020 (jour 9) :
Ce matin au petit déjeuner, je fais la connaissance d’un couple de français. On se donne rendez-vous pour passer la soirée ensemble.
Le chauffeur m’attend pour une longue journée. En chemin, j’aperçois beaucoup de personnes qui font la visite du site à vélo ou moto. Moi, je ne pourrais pas car vu mon médiocre sens de l’orientation, je tournerais en rond des heures.
Il y a 2217 pagodes, temples et stupas étalés sur ce site historique de 42 km².
A savoir, qu’il y en avait 4000 avant les nombreux tremblements de terre.
Le dernier séisme remonte à 2016 ravageant 200 pagodes et causa la mort de trois personnes. J’ai eu l’occasion de parler avec un habitant qui m’a décrit ce qu’il a vécu avec sa famille à ce moment.
Voici une dizaine de monuments visités aujourd’hui: la pagode Shwezigon, Kyan Sit Thar Umin, le temple de Htilominlo, Uppali Thein, le temple de l’Ananda, Shwegûgyi, Thatbyinnyu, Mingalazedi, la pagode Shwesandaw.
J’ai visité aussi le temple Nat Hlaug Kyaung qui est le seul temple hindou encore debout sur le site; il est dédié à Vishnu; les statues originales ont été dérobées par un industriel allemand au 19ème siècle
Le soir, le chauffeur me conduira à un endroit magique pour voir le coucher de soleil mais trop de nuages, juste une petite percée à un moment donné.
En rentrant, je retrouve le couple français pour aller au diner-spectacle de marionnettes à côté de l’hôtel. Le spectacle n’pas terrible mais il y a une très bonne ambiance.
Nous avons commandé notre repas sans trop savoir ce qu’on allait recevoir, comme la plupart du temps. Lorsqu’on amène les plats, le monsieur français reçoit un plat avec un énorme couvercle. On se dit, waah… Au final, quand il soulève celui-ci, il y avait juste un petit bol de riz. On a bien rigolé!
30 JANVIER 2020 (jour 10) :
Aujourd’hui, je vais découvrir une autre partie du site. J’avais une liste de monuments, dressée par Anna, ce qui n’était déjà pas mal mais le chauffeur a trouvé de bon augure d’en rajouter quelque uns…
Au préalable, il s’arrête à la poste pour acheter des timbres et poster mes cartes.
En avant pour la première tournée de monuments très vieux dont voici quelques noms: Dhammayangyi, Sulamani, Pyathegyi Pagoda, Gaudawpalin temple, Khay min gha, Alo daw pyi, Sei et Mahabodi pagoda.
A propos de cette dernière pagode à l’architecture Hindoue inspirée du temple de Bodh-Gayâ en Inde, je m’y suis sentie très à l’aise. Elle est tout à fait différente des autres pagodes bouddhistes… Je prendrais plaisir en me baladant dans un temple hindou et à rester assise un long moment… A cet instant précis, je réalise que je n’ai pas fini mon histoire avec l’Inde!
Je suis très étonnée de voir les peintures murales toujours belles, bien conservées, dans certains temples; je pense notamment au temple souterrain.
C’est l’heure du repas et ce sera des scampis au menu. Je vois à côté du resto qu’il y a un salon de foot-massage. J’y vais et en sors bien relaxée. La détente est de courte durée car je suis attendue de pied ferme pour la suite de la visite.
En sortant d’un Temple, je revois des toiles peintes avec des montgolfières et des moines. J’en achète deux, cette fois à un prix attractif.
Je continue à voir plusieurs bâtiment, à marcher pieds nus partout, à m’asseoir n’importe où… J’apprends plus tard qu’il y a beaucoup de serpents à Bagan…. Brrr, et dire que je n’y avais même pas pensé!
Je dis stop. Assez des visites de Temples, Stupas, Pagodes. Je n’en peux plus.
Il insiste pour en voir encore un ou deux mais je veux rentrer.
En soirée, je décide de partie seule à pied à la recherche d’un restaurant. Je marche dans le noir avec ma lampe de poche. Il y a beaucoup de chiens errants. Je commence à paniquer et après avoir marché une vingtaine de minutes, je rentre dans le premier restaurant où il n’y a pas une âme. Pas terrible le repas.
Au retour, je m’arrête dans un salon pour faire un massage traditionnel complet du corps. J’avais oublié que ça faisait si mal… bon, je supporte mais je ne saurais peut-être plus bouger demain!
Ce sera ma dernière nuit dans cette belle grande chambre à la villa Bagan.
Je n’aurais pas profité de la piscine car vu la réaction des gens qui veulent s’y hasarder, je pense que l’eau est trop froide.
31 JANVIER 2020 (jour 11) :
Nous avions convenus avec le driver de partir plus tôt à l’aéroport afin de s’arrêter en chemin voir le départ des montgolfières avec le lever du soleil.
Il y en a des dizaines qui décollent et s’élèvent gracieusement dans le ciel. Je n’ai pas fait un tour de montgolfière car j’ai le vertige et le prix est extravagant à savoir 250 à 300 euros pour une heure maximum!
Je conclurai mon étape à Bagan gardant en mémoire ses 2000 pagodes, temples, stupas aux couleurs changeantes, ses levers et couchers de soleil magiques tel dans un rêve et dignent de générer des souvenirs inoubliables!
Sur la route de l’aéroport, il est temps de dire au revoir au chauffeur qui aura été très professionnel et sympathique.
A nouveau dans un avion à hélices, celui-ci m’emmène à HEHO à 30 km du
LAC INLE, au cœur du plateau Shan, à 800 mètres d’altitude.
Un taxi me conduit à l’hôtel Inle Strand à NYAUNG SHWE à 3 km du lac.
La chambre est jolie avec des vitres partout, vue sur la rivière et une terrasse, bien insonorisée donc le bruit des pirogues ne dérangent pas. Il est bien situé, propre, personnel sympa. Le prix est de 25 euros la nuit petit déjeuner inclus.
S’il y a bien un endroit qui m’a donné du mal à choisir un hôtel, c’est ici. Au départ, selon l’avis d’Anna, j’avais réservé au Thanaka hôtel car le patron parle français. Vu le prix excessif et, comme de toute façon ailleurs on ne me parle quand même pas en français, j’ai opté pour un hôtel moins cher;
Une soirée, je suis quand même allée au Thanaka, histoire de faire un brin de causette en mangeant. A ma grande stupéfaction, personne ne parlait français dans cet hôtel; le patron n’était pas là. Donc, j’ai bien fait de ne pas dormir là!
Je consacre cet après-midi à contacter le piroguier afin d’organiser la journée du lendemain, à ranger mes habits, à écrire un peu et à faire un massage.
Le soir, je vais manger au restaurant Ancestor, conseillé par Eric. La patronne birmane parle français. Elle est très sympathique, prend place à mes côtés, me conseille les endroits à visiter le lendemain et mieux encore, elle les note en birman ainsi le piroguier n’aura qu’à suivre ce programme.
Je dois avouer que j’ai eu beaucoup de chance de correspondre avec Eric, d’abord sur le site des français en Birmanie et ensuite en message privé. C’est un passionné de ce pays et il m’aura donné beaucoup de bonnes adresses et mis en contact avec de bonnes personnes. Je l’en remercie vivement.
1er FEVIER 2020 (jour 12) :
Déjeuner à 7 h du matin. A 8H, le piroguier que j’appellerai Pan (sans certitude) vient me chercher à l’embarcadère devant l’hôtel.
Je suis bien installée au milieu de la pirogue sur une chaise en bois. Je suis couverte jusqu’aux dents car il fait froid le matin sur le lac.
Après une bonne demi-heure à traverser le canal, nous arrivons au lac Inlé. C’est un lac d’eau douce entouré de collines, qui fait 22 km de long et 10 km de large. Ses rives et son arrière-pays abritent de nombreux groupes ethniques. Nous nous dirigeons droit vers le marché des cinq jours. C’est un marché qui va dans cinq endroits différents durant la semaine. Les ethnies Pa-O, Danu et Intha y viennent pour vendre leurs produits respectifs.
Ce jour, il se déroule dans une grande Pagode. Je m’y promène. Je m’y sens bien.
J’achète des bracelets en pierre de jade et en œil du tigre. Des dames font de la pâte dans de la friterie; j’ai envie de goûter mais je m’abstiens!
Le soleil est là et je commence à enlever les couches les unes après les autres. Je vais dans un coin de la Pagode enlever le 2ème pantalon que j’avais enfilé.
Je reprends place dans la pirogue et voyage au gré du vent, découvrant le mode de vie des habitants. A partir d’ici, le lac se rétrécit et laisse place aux maisons sur pilotis. Chaque ménage a sa propre pirogue. Les enfants l’utilisent pour aller à l’école. Les parents vont faire les courses et travailler en pirogue. Toute la vie ici se passe sur l’eau.
Ce qui fait la particularité du lac relève aussi de l’art des pêcheurs, les Inthas. Ils ont une technique particulière. Ils se déplacent souvent avec de petites pirogues avec ou sans moteur. Ils sont debout à l’avant, utilisent une seule rame qu’ils utilisent à l’aide de leurs jambes gardant ainsi leurs mains libres pour pêcher. C’est un spectacle unique!
Nous partons en direction du pittoresque village de INDEIN (ou Inthein) qui se situe sur la rive sud ouest du lac, à plus de 500 m d’altitude. On y accède par de petits barrages faits main pour monter en bateau. C’est assez spécial!
A Indein, il règne une ambiance pacifique. Ce village est célèbre pour 1054 Stupa construites au 17 et 18ème siècles; ce qui explique que la plupart sont en ruine. Par contre, certaines sont toujours fièrement debout ou en cours de restauration. Le site domine le village et c’est en moto que je vais découvrir ce lieu faisant penser à un autre monde.
En redescendant, des enfants attendent le peu de touristes dont je fais partie pour vendre des foulards. Bizarre comme ils savent dire « maman malade »… C’est, je pense, le seul endroit en Birmanie où je me suis sentie « touriste ».
J’ai quand même craqué pour un énorme foulard magnifique.
Il n’est pas rare de voir des enfants travailler, même à de lourdes tâches.
Je reprends place dans la pirogue pour retourne un peu en arrière afin d’aller diner puis petit tour du patelin avant de rejoindre Pan qui m’attend pour me conduire à Nampan visiter une usine de cigares (les cherrots, rouleaux de tabac). Ce sont des femmes qui travaillent là; elles font 500 cherrots par jour voir même 800 pour une femme d’expérience. Je n’en prendrai pas tout de suite car je les trouve cher et je ne sais pas si mon fils va aimer.
Retour à la pirogue. Et en avant, je monte, je descends.
Arrêt dans une petite industrie où l’on travaille la soie et le lotus. C’est magnifique les habits en lotus; le prix est exorbitant mais que je peux comprendre! Inutile de dire que je ne suis pas acheteuse…
Sur le chemin de retour, il y a des marchés flottants; j’en avais déjà vu dans d’autres pays d’Asie du sud-est (Vietnam, Thaïlande, Laos, Cambodge).
On terminera la journée par le monastère Kyaung Nga Hpe, dit le monastère des chats sauteurs. Avant, les moines faisaient faire des acrobaties aux chats. Maintenant, il n’y a plus guère de chats, j’en ai vu un roux…
Je remercie Pan pour cette belle journée. Le rendez-vous est pris pour le lendemain en guise d’autres aventures.
A 300 mètres de l’hôtel, je repère un «happy hour». Je ne résiste pas à un double cocktail à base de rhum. Il reste un peu de temps avant la fin du happy hour. Go pour deux nouvelles boissons. Le patron a beaucoup de peine à comprendre mon désir de manger une cuisse de poulet. J’ai reçu un plat qui n’y ressemblait pas. Toujours est-il que c’était bon. Mieux vaut ne pas chercher à comprendre…
2 FEVIER 2020 (jour 13) :
J’ai donné rendez-vous à Pan pour aller naviguer sur le lac SAKKAR à trois heures de Nyaug Shwe où je réside. J’ai beaucoup hésité en préparant mon voyage pour voir si oui ou non, je ferai cette excursion car d’après certains commentaires sur le forum, ça paraissait pénible. Aussi, la restauratrice birmane m’avait dit qu’une semaine auparavant, elle avait dû faire demi-tour à cause qu’il n’y avait pas assez d’eau pour passer d’un lac à l’autre (sécheresse).
Toujours aussi téméraire, je ne recule pas devant si peu et au final, je ne regrette pas du tout cette escapade un peu singulière!
Nous sommes obligés de refaire une bonne partie du Lac Inle avant de dévier vers le lac Sakkar. Au fur et à mesure, le lac se rétrécit pour finalement se transformer en petits canaux.
Ici, c’est nettement moins touristique. C’est avec de la joie dans les yeux que je découvre la vie au bord de l’eau. Au bord des rives, les dames font leur vaisselle, lavent leurs cheveux, les enfants se baignent, les pères vont faire les courses ou travailler en pirogue. Toute leur vie tourne autour de l’eau.
Tout cela est magnifique. Le canal rétrécit de plus en plus, il n’y a plus de maisons sur pilotis, il n’y a même plus d’eau pour passer.
Nous voilà, embourbés dans les marécages entre les deux lacs; les hélices s‘emmêlent; il doit avoir 40 cm d’eau; nous sommes à l’arrêt complet.
A nos côtés, une pirogue est également embourbée; les deux passagers français ne le prennent pas bien du tout. C’est tout en râlant qu’ils doivent enjamber dans ma piètre demeure pendant que les piroguiers tentent de débroussailler le terrain, que dis-je, le passage d’un lac à l’autre…
J’ai quand même cru qu’on n’arriverait plus à avancer ni à reculer mais je suis restée cool sur mon siège en plastique au beau milieu de mon mini navire, espérant ne pas devoir aller pousser avec eux!
Les deux piroguiers retroussent leur longyi, poussent, secouent et finalement arrivent à débloquer les engins. Péniblement, nous sortons de ce couloir en pensant qu’il faudra y repasser au retour…
Enfin, le lac Sakkar est en vue. Il y a de l’eau, plus de soucis… On est arrivé dans l’état Shan.
La profondeur de ce lac est variable. Il peut y avoir 2,10 m de profondeur en saison normale. Pendant la saison sèche, il peut n’y avoir que 50 cm. A la saison des pluies, il peut dépasser 4 mètres d’où les maisons sur pilotis.
On s’arrête au Monastère de Tharkong. C’est un ensemble de stupas un peu comme à Indein. En face, se dessine un petit village où je vais manger et y faire tour; j’y achète le savon local.
En rentrant, je demande à Pan de repasser dans une usine de cigares car j’ai pu contacter mon fils qui est d’accord de tester ces cheroots. Il y a tous les goûts. Ils veulent que je teste mais je ne fume plus depuis peu donc pas d’imprudence. Plus tard, j’apprendrai que ces cigares ne sont pas terribles et que mon chérubin les a refilés à un copain !
Après Pan veut m’emmener voir un atelier de poterie; je refuse car j’en ai vu des dizaines dans plusieurs pays.
Je suis de retour à Ngaug Shwe vers 17 heures et je remercie encore Pan d’avoir été un excellent guide piroguier.
Le soir, je retourne dans ce petit resto qui sert de délicieux cocktails. Par contre, j’ai oublié ce que j’ai mangé… Le breuvage était peut-être un peu trop corsé! En rentrant, je passe au salon de massage où je m’endors pendant la séance.
3 FEVIER 2020 (jour 14) :
Aujourd’hui, j’ai réservé un taxi via l’hôtel pour me rendre à PINDAYA, un village à 1180 mètres d’altitude. Le chauffeur n’est pas très sympathique et ne comprends pas qu’il doit m’arrêter pour faire des photos quand les paysages ou les situations s’y prêtent. Il a comme idée d’aller du point A au point B, ce qui m’irrite. Il téléphone à son grand-père qui parle un peu français. Je lui explique mes desideratas mais il est aussi borné que son petit-fils et rien ne change.
C’est dommage car on voit des scènes de vie, des femmes réparant les rues ou portant des seaux de pierres, des chars dans les petits chemins agricoles, etc…
Dans son parcours bien déterminé, il me conduit directement vers un marché local que j’apprécie d’ailleurs. Heureusement qu’on ne parlait pas encore de distanciation car on y était serré comme des sardines.
La deuxième visite sera une usine d’ombrelles faites avec du papier de murier. Je me suis amusée dans cet atelier tellement c’était joli. J’ai d’ailleurs acheté une mini-ombrelle pour mettre dans ma chambre ainsi que des livres et un foulard. Le marchandage fut laborieux; dans ce pays, ce n’est pas trop leur truc!
Enfin, nous voilà arrivé à la fameuse Pagode Shwe Oo Min de Pindaya. La grotte aux 8000 Bouddhas est une des plus belles de l’Asie du sud-est. Cette caverne en calcaire est spectaculaire. C’est tout un réseau de grottes naturelles où les vietnamiens venaient se cacher pendant la guerre.
Le visiteur est accueilli par une énorme araignée qui trône devant l’entrée. Selon une légende, une araignée géante aurait capturé une princesse dans cette grotte et un prince passant par là l’aurait tuée et ainsi sauvé la princesse.
On accède à la première grotte en ascenseur. Il y a des Bouddhas de toutes les sortes. Je me sens très bien dans ce lieu. Le seul bémol, c’est que je suis arrivée en même temps qu’un groupe de français un peu bruyants. Mais comme je traîne pendant ma visite et eux pas du tout, j’ai pu retrouver le calme.
Je savais qu’il y avait une petite grotte de méditation, j’ai cherché encore et encore pour enfin apercevoir un trou menant à celle-ci. C’est en rampant que je suis allée méditer un court instant. En y repensant, il y aurait pu avoir des serpents ou des araignées dans ce trou… brrr!
Je termine cette visite et rejoins le taximan pour entamer le chemin du retour. Je lui rappelle qu’on doit passer voir l’impressionnant pont de chemin de fer. Ouf, il a compris. Je profite pour aller me balader au milieu de celui-ci avec un vide à gauche et à droite; franchement, moi qui ai le vertige, ce n’est pas très malin… un gars m’a prise en photo et ce sera un bon souvenir!
La journée se termine tranquillement en bouclant ma valise car demain matin, départ en avion vers Yangon pour vivre d’autres aventures.
4 FEVIER 2020 (jour 15) :
A 11 H du matin, arrivée à Yangon où SOE, un chauffeur de chez Elégant Smile, m’attend pour faire un circuit de cinq jours dans la partie sud de la Birmanie.
Bon début, il ne me dit pas bonjour. Il a les traits forts bridés, ce qui ne rend pas son visage sympathique. Je m’apercevrais vite que mes sentiments sont réciproques. Je sens qu’on va s’éclater tous les deux pendant ce périple.
J’avoue que le jour précédent, je l’ai un peu agressé par message car il ne répondait à rien de ce que je lui demandais, pourtant traduit en anglais. J’ai dû faire intervenir son patron qui a certainement déjà dû le réprimander.
Avant de partir, je lui demande pour aller changer un peu d’argent tant que je suis toujours à l’aéroport. Il me contredit et m’envoie ailleurs; je le suis mais je ne suis pas satisfaite du taux de change donc je reviens à l’endroit initial. Il ne sait pas encore que je suis très têtue. Mais là, je me fais ridiculiser car ce n’est pas un bureau de change mais un endroit où on vend uniquement des cartes sim et des excursions. Tant pis, je suis vexée, il sera payé en dollars.
Départ pour cinq heures de route; je m’endors une partie du voyage, je ne perds pas grand-chose car, au début, le paysage n’est pas terrible.
Il me réveille en hurlant à son portable. Je lui dis, avec la froideur que je peux avoir dans ces cas là, qu’il pourra téléphoner quand il aura fini son service! C’est étrange comme à certains moments, l’anglais me sort bien de la bouche. Habituellement, je suis plus calme mais il m’énerve déjà après quelques heures.
Bref, il s’excuse et l’on continue cette longue route. Mais ne voilà t’il pas qu’il commence à éternuer, sans même mettre sa main devant la bouche. J’ai vaguement entendu qu’il se passait quelque chose avec un virus en Chine, donc lui demande de porter un masque afin de ne pas propager ses microbes dans la voiture. Il accepte.
Pour le repas de midi, il m’arrête dans un self-service. Je dois demander à la serveuse ce qu’il me faut. Je pense qu’elle me mettre un peu de tout ce que je demande donc opte pour tel et tel plat… En fait, je n’ai rien compris à leur système et je me retrouve avec trois plats consistants… et un jus d’ananas.
Je repars l’estomac bien trop plein, ce qui fait que je me rendors.
Tout à coup, il s’arrête devant une énorme colline et m’envoie visiter le site.
Au réveil, sous un soleil de plomb, sans casquette ni crème solaire, je refuse et lui propose de revenir le lendemain. Il me fait comprendre que nous sommes à 35 km de Hpa An et que demain, ce ne sera pas notre chemin.
Je tire la tête, vais dans le coffre sortir mon attirail pour le soleil et de l’eau.
Je suis de mauvaise humeur pour faire cette visite surtout en voyant tous ces escaliers à grimper.
Bizarre, car c’est une cave au départ donc on devrait descendre…Mais non, on monte à croire que c’est fait rien que pour m’embêter.
C’est la grotte Bayin-Ngi que je découvre après l’escalade impressionnante de la volée d’escaliers. Je me ravive en arrivant car cette cave est sublime et remplie de Bouddhas. Je commence à me sentir beaucoup mieux du coup et très contente d’être là.
Après avoir fait le tour des Bouddhas, j’aperçois une cavité qui s’enfonce dans le noir. Les trois autres personnes présentes dans la grotte n’y vont pas mais moi, j’y pousse le bout du nez.
Je suis seule au monde pour affronter mon pèlerinage. Il y fait de plus en plus noir, j’allume la torche de mon portable pour explorer les lieux. Le sol est de plus en plus glissant. J’avance doucement quand tout à coup, à la suite d’une fausse manœuvre, la torche de mon GSM s’éteint. Sur la tête de tous les Dieux et de tous les Bouddhas, je n’ai jamais rien vu d’aussi noir. Le silence est solennel. Je panique un moment car j’ai peur que la batterie ne soit plate. Je ne parcours pas un sentier bien déterminé mais un espace vaste et sans lumière, je ne peux pas retrouver mon chemin sans lumière.
Par chance, je réussi à rallumer le portable et sa torche et c’est avec un grand soulagement que j’aperçois une petite lueur au loin.
Je suis vraiment inconsciente quand je suis en voyage; j’aurais pu glisser, tomber, personne ne m’aurait retrouvé car là, pas de réseau pour appeler.
Dans mon propre pays, je ne prendrai pas le dixième de risques!
Enfin sortie des ténèbres, je suis accueillie par quelques singes qui n’ont pas l’air méchants mais qui volent quand même le sachet de fruits d’une petite fille.
Je redescends par un autre chemin qui donne sur la piscine des moines.
Départ pour les derniers kilomètres avant d’arriver à l’hôtel Galaxy à HPA AN.
Je redoutais un peu cet hôtel car ici, ce n’est pas très touristique. La clim souffle de l’air chaud plutôt que froid. Je fais un triage dans ma valise pour laisser dans le coffre ce que je n’aurais pas besoin pendant cinq jours. Je n’ai pas faim donc je ne ressors pas. Je me douche puis vais dormir à 22H30.
5 FEVIER 2020 (jour 16) :
Après une bonne nuit de repos et un excellent petit-déjeuner, je retrouve avec joie (hum…) Soe.
Je demande à faire en premier la visite de la grotte Saddan; d’après les avis elle est intéressante et je préfère laisser pour la fin les moins bien au cas où je serais trop fatiguée.
On est sensé traverser en longueur cette grotte et revenir avec une petite barque qui en fera le tour. C’est donc avec entrain et à la lueur de ma lampe de poche que je déambule dans celle-ci parmi les nombreux Bouddhas. Certaines salles sont aussi hautes qu’une cathédrale. Il y a beaucoup de chauves-souris accrochées au plafond.
Après une demi-heure, j’aperçois la sortie et effectivement les petits bateaux sont là. Contre une modique somme, j’embarque prête à explorer par voie navigable le contour de cette énorme grotte.
Quelle ne fut pas ma surprise quand 100 mètres plus loin, la dame me fait comprendre que c’est fini, je dois descendre et continuer à pied. Hé oui, ça me poursuit, plus d’eau… Ca valait bien la peine!
Toujours est-il que le parcours à pied est superbe. Je suis seule au milieu des rizières. Il fait calme, le soleil brille. Je marche sereinement sur la terre sèche et craquelée, en imaginant qu’en temps normal, les barques y passent.
Je fais connaissance avec un petit animal qui ressemble à un varan mais avec une peau de serpent; je le photographie en m’approchant de plus en plus près. Le chauffeur me dira, par la suite, qu’il mord…vrai ou pas?
Après cette jolie balade, nous nous rendons à la Kaw-Ka-Thaung Cave.
La particularité de ce lieu est qu’à l’entrée, il y a toute une très longue file de statues de moines tenant un bol pour faire l’aumône. C’est très joli et atypique.
Un peu plus loin, en passant devant la grotte Badamya, on longue un plan d’eau pour arriver à une piscine naturelle entourées de gargotes sur pilotis, surplombant les rizières. Soe me dit que ce n’est pas bien et de ne pas y aller. Je ne l’écoute pas et vais m’installer en savourant une bonne bière fraîche tout en regardant les jeunes du coin se baigner.
En continuant le chemin, nous arrivons à Kyaik-Ka-Lat qui est un somptueux piton rocheux au milieu d’un lac artificiel, entouré de rizières et de marais. Ce piton est plus étroit à sa base qu’au sommet, avec un petit monastère au pied et des stupas dont un au sommet. Je fais une petite balade, longeant le monastère et admirant la beauté du site.
Il y a de nombreuses voitures de police; à mon avis, un personnage important doit être dans le coin.
Départ vers la Kaw-Gone Cave qui se trouve au pied d’une colline. C’est tout simplement une pure merveille, indescriptible. Ce sont des cadres naturels taillés dans la roche, représentant des milliers de petits bouddhas. On est entouré par un enchevêtrement de scènes, de tablettes et de statues.
En sortant de la grotte, on grimpe environ 200 marches pour arriver à un magnifique point de vue.
Départ vers la Ya-Thay-Pyan Cave dont je n’ai plus de souvenirs.
A 18 H, nous devons nous trouver devant la Bat Cave. C’est à cette heure précise que des milliers de chauve-souris vont sortir de la grotte. Des hommes et des femmes font beaucoup de bruit, en tapant sur des objets, afin qu’elles prennent toutes leur envol. On assiste alors à un spectacle étrange en voyant ce nuage noir interminable. En fait, elles vont parcourir 50 km pour aller chasser les insectes avant de revenir dans la nuit. J’ai déjà vu une telle chose au Laos.
Il est temps maintenant de rentrer car la journée fut bien chargée. Je demande au chauffeur de me conduire au restaurant chez Lucky (qu’on m’avait renseigné) mais arrivé devant, il n’y a pas une âme et je préfère aller voir ailleurs.
SOE toujours aussi sympathique me reconduit à l’hôtel plutôt que de chercher avec moi un petit restaurant sympa. C’est donc seule que je découvrirai, dans une petite rue, le Wadee Resto que je recommande vivement. Je terminerai la soirée au marché de nuit.
6 FEVIER 2020 (jour 17) :
Je quitte Hpa An, où certes je n’ai pas tout visité manque de temps.
A 11 km de Hpa An, j’insiste pour aller voir le jardin Lumpini que SOE n’a pas voulu me faire visiter auparavant, invoquant qu’il n’y a rien à voir. Mais ce n’est pas l’impression que j’ai eue en lisant ma documentation; donc, on y va!
Ce jardin dévoré par la végétation se situe au pied du mont Zwekabin qui est la plus haute montagne de calcaire entourant Hpa An. Le paysage est fabuleux et vertigineux.
En entrant au Lumpini Garden, on se trouve devant plus de 1100 Bouddhas assis, aux robes dorées, situés en rangées à perdre de vue. Je me promène un peu à pied puis fait un aller/retour en voiture en filmant et en chantant par la fenêtre. C’est certain maintenant, SOE me prend bien pour une originale.
Au fond du jardin, il y a un téléphérique; je me prends au jeu d’aller y faire un petit tour. SOE me dit encore que ça ne vaut pas la peine. C’est vrai que c’est riquiqui mais je m’y amuse accompagnée d’une charmante dame birmane. Nous contemplons le paysage qui nous en met plein la vue au point que nous oublions de descendre à l’arrêt; nous avons dû sauter un peu plus haut. Folklorique mais rigolo… je suis contente d’avoir fait cette étape!
Maintenant, c’est le vrai départ pour MOULMEIN. Enfin, non pas tout à fait, car en chemin, il y a un monastère qui est surtout visité par les personnes qui font le chemin en bateau. L’U.N.A AUK Monastery est un complexe datant du 19 ème siècle, se composant d’un monastère, de deux pagodes et d’un temple. Je me balade paisiblement car il règne ici une atmosphère très sereine. C’est un des joyaux du sud du pays.
Après un moment, je vois une autre sortie donnant sur un petit village très animé, par contre. C’est à l’école que ça se passe. Je m’y précipite et me faufile parmi les parents qui admirent le spectacle de leurs rejetons. Après cet agréable moment, je repars dans le calme terminer la visite du monastère. J’y rencontre une famille avec trois petits enfants; nous prenons plein de photos dans une ambiance sympa.
Ce n’est pas tout, je dois rejoindre SOE qui m’attend de pied ferme.
Nous ferons un arrêt à la pagode Kyaikthalan Paya qui est située bien haut; on voit d’ailleurs le Stupa de loin. Heureusement, c’est en ascenseur qu’on y arrive puis on traverse une longue passerelle qui nous donne une vue vertigineuse sur la ville. On aperçoit même la prison. L’endroit est vraiment spectaculaire. Je n’ai pas de mots pour le décrire tellement c’est beau et il faut vraiment voir les photos pour s’en rendre compte. Encore un délicieux moment. C’est étrange d’ailleurs car après tous ces complexes de monastères, pagodes, stupas, je pourrais en avoir marre mais c’est tellement beau que je suis surprise à chaque lieu que je découvre.
Nous arrivons à MOULMEIN. Cette ville se situe à 60 km de Hpa An; elle est frontalière avec la Thaïlande. Ancienne capitale, c’est la 3ème grande ville du pays et c’est l’état Môn.
SOE me débarque à l’hôtel et se barre vite fait. Je découvre ma chambre, range mes affaires. Je vois qu’il n’y a pas de restaurants dans les alentours donc je commande un repas sans importance à l’hôtel qui me sera servi dans la chambre.
7 FEVIER 2020 (jour 18) :
La journée s’annonce bien car aujourd’hui, je vais visiter le plus grand centre de méditation de Birmanie. C’est à 10 km que se trouve le Pa Auk Monastery.
Il s’étend dans la forêt sur 400 hectares. On y reçoit des moines, des novices ou tout simplement des visiteurs désireux de vivre l’aventure soit pour quelques jours, quelques semaines, quelques mois voire plusieurs années.
Le règlement est sévère. Ici, on ne rigole pas. Celui qui fait la démarche de rentrer dans ce centre, ne serait-ce que pour 4-5 jours, doit laisser son passeport à l’accueil, étant ainsi obligé de respecter le contrat!
Les moines ou les adeptes méditent quatre fois par jour dans deux grandes salles du monastère se trouvant assez loin dans la forêt. Ils sont installés, sous une moustiquaire pour ne pas être dérangés, avec un coussin et une bouteille d’eau.
A mon arrivée, ce n’est pas l’heure de la méditation ce qui me permet de rester un moment seule dans la salle pour méditer à ma guise parmi ces moustiquaires. Le lieu est serein, j’y ressens des ondes positives. Je m’y sens bien.
J’entame le chemin de retour en descendant la forêt, croisant de nombreuses petites maisonnettes en bois. Ce sont les habitations des moines. Il y a aussi des dortoirs communs pour les novices et visiteurs.
En arrivant aux cuisines, je suis surprise de voir les moines en file indienne, attendant leur déjeuner, tenant leur grand plat à la main. Ils sont derrière des barreaux, ça fait un peu prison… J’arrive péniblement à entrer dans la cuisine pour voir le ballet des cuisiniers manipulant leurs louches. Il y a aussi des volontaires pour aider à servir les repas.
Après avoir fait ma curieuse, je m’en vais sur la pointe des pieds car je n’ai pas l’intention de manger ici! Je me répète, mais ce fut un moment privilégié…
Je rejoins le chauffeur pour aller visiter l’Ile de Bilu Gyun (Ile des Ogres).
Je suis impatiente de voir où il m’emmène car le jour avant, avec son traducteur, il m’a fait lire qu’on allait visiter une longue cheminée noire et voir un mur… J’avoue que sur le coup, je n’étais pas ravie…
Il roule trop vite, je n’apprécie pas et j’envoie un sms à son patron.
Tout à coup, je vois un groupe de quelques personnes faisant la fête, habillées de manière tribale, suivant un char fleuri.
SOE qui a l’air d’ignorer ce spectacle prie tous les Bouddhas du monde pour que je ne lui demande pas de m’arrêter. Prière non exaucée car je saute presque hors de la voiture pour suivre le mouvement folklorique qui se dirige vers un petit bled. Je ne saurais jamais à quoi était due cette fête; j’espère juste que ce n’était pas un enterrement. On ne sait jamais, je ne connais pas leurs coutumes à ce niveau!
En revenant à la voiture, je m’arrête devant l’école; les enfants en blousse blanche et pantalon ou jupe bleu me font des signes et des sourires qui me font craquer.
Allez go, vite à la voiture; je ne voudrais pas que SOE fasse une crise de nerf.
L’Ile de Bilu est un lieu authentique; elle est très verdoyante et compte
78 villages. Le visiteur n‘a pas le droit de dormir sur cette île. On arrive dans un village, à Midon je pense, où une grande statue représentant une pipe trône au milieu du rond point. Un peu plus loin, une petite industrie familiale m’invite à voir leur travail. Ils fabriquent des pipes et autres objets en bois de Padouk (à ne pas confondre avec le bois de rose).
Je comprends à cet instant que la grande cheminée noire, c’était une pipe…
Je n’en achète pas mais me laisse tenter par d’autres petits objets en bois tels bics, boitiers à bic, etc…
Un peu plus loin, une autre petite industrie fabrique des ardoises pour les écoles ou autres usages. Là, je comprends que c’est ça le mur… ha, ces traducteurs, on ne peut pas toujours s’y fier.
On termine par la visite d’un magasin d’artisanat où l’on fabrique des chapeaux en paille et de jolis sacs en bambou ou en fibre de coco. Je succombe au charme d’un petit sac tout mignon avant de quitter cette île magique.
Avant de continuer la visite, je m’arrête pour me restaurer au bord de la rivière. C’est magique; je déguste des calamars avec une bonne pinte, je ne dis que ça!
C’est vers Gaungse Kyun (Ile du Shampooing) que nous nous dirigeons.
Je dois y aller en barque mais il faut attendre quatre autres personnes avant de quitter l’embarcadère; ils ne tardent pas à arriver.
Au 14ème siècle, on procédait à une cérémonie annuelle qui consistait à laver la chevelure royale avec de l’eau de source d’où son nom « Ile du Shampooing ».
L’ile est minuscule, elle doit faire 200 mètres de long. Il y a 70 Stupas et des Temples dont un népalais et un hindou. Je me suis mise à la recherche du temple hindou pour y trouver Ganèche. Il règne ici une telle sérénité (hé oui encore) qui donne envie d’y rester. Quoique tout à coup, plusieurs chiens accourent vers moi en aboyant et là, c’était nettement moins serein. Les maîtres heureusement présents les ont rappelés sans quoi, j’aurais servi de diner à ces clébards.
On est obligé de se balader pieds nus, en espérant ne pas marcher sur un serpent ou autre indésirable. Toujours est-il que beaucoup de clous trainaient au sol et j’ai remis mes sandales.
L’heure du retour a sonné et comme prévu, j’attends à l’embarcadère mais là, plus personne. Je suis seule. J’attends patiemment sur un banc que quelqu’un arrive pour me rapatrier sur le continent. C’était très agréable et insolite.
De retour sur la terre ferme, j’attends le coucher du soleil devant une bonne bière fraîche avant d’aller manger dans un charmant petit restaurant.
En rentrant à l’hôtel, je m’arrête faire un massage de crâne. Ce sera ma dernière soirée du petit circuit.
8 FEVIER 2020 (jour 19) :
Aujourd’hui, ce sera une journée voiture puisque nous rentrons à Yangon.
Je retourne dans l’hôtel du premier jour.
Je vais chez Lucky chercher mes lunettes mais elles ne vont toujours pas et je refuse de les acheter; je perds mon acompte de 20 dollars.
Je suis fatiguée du trajet; après le souper, je m’offre un dernier foot massage puis dodo.
9 FEVIER 2020 (jour 20) :
J’avais prévu de faire encore quelques visites à Yangon tel que prendre le ferry pour aller à Daha mais là, je commence à fatiguer et je préfère flâner.
J’achète une nouvelle valise abandonnant lâchement celle qui m’a accompagné durant tout ce circuit. Je suis contente car c’est le petit réceptionniste très sympathique qui l’a récupérée pour lui.
Je retourne au secrétariat car cet endroit m’avait beaucoup plu; j’achète encore un bracelet en œil du tigre.
Ce soir, mon voyage chez les Birmans se termine. Je prends l’avion en soirée vers Bangkok puis après une escale de deux heures, départ pour Bruxelles.
Je clôture ici mon récit. Vous aurez compris que ce voyage fut magnifique, riche culturellement et émotionnellement. Ce pays fut une très belle découverte!
Dans qqs jours je serai au Lac Inle et j'ai vraiment du mal à savoir comment aborder la chose !
J'ai entendu parler du trek de Kalaw jusqu'au Lac Inle mais une fois au lac que faire ? Le lac étant grand j'ai du mal à savoir où il vaudrait mieux se diriger, par quel moyen, où loger, etc...
Si vous avez quelques petits conseils ou récits sur cette destination ce serait super !
Comme je le pressentais, j’ai eu quelques problèmes pour vous faire vivre mon voyage en direct, Internet n’est pas encore évident à utiliser dans ce pays…
Alors à défaut, voici mon voyage en différé. Je ne vais pas vous refaire le récit journalier car je l’ai déjà écrit dans mon carnet, mais je vais tenter de vous résumer tout ça.
Un peu à la manière de Nancy (ses carnets sont un modèle du genre sur VF). Mon itinéraire reprend à peu près le sien mais le budget n’est pas le même et puis le mien est un voyage en solitaire.
En 3 semaines, plutôt que de courir pour voir le maximum de choses, j’ai préféré prendre un peu le temps pour faire l’itinéraire classique. La Birmanie recèle des lieux incontournables et pour un premier voyage il serait dommage de ne pas s’y rendre. D’autant qu’en été, pendant la mousson, ce n’est pas la saison touristique, nous n’étions pas bien nombreux.
Arrivé à Yangon par le vol Malaysia Airlines, Paris – Kuala Lumpur.- Yangon.
Les vols par Bangkok sont meilleur marché mais disposant de peu de temps, je préférais ne pas perdre de jours à Bangkok. En vol direct, la Malaysia était le moins cher depuis paris (880 euros).
Voyage du 31 juin au 22 juillet.
Ven 31 Vol Paris – KL - Yangon
Sam1Yangon
Dim2Yangon : Shwedagon
Lun3Yangon : Paya Chauktagyi & Ngatatagyi
Mar4Mandalay
Mer 5 Mandalay : Mingun
Jeu6Hpo Win Daung
Ven 7Mandalay
Sam8Mandalay : Inwa & Amarapura
Dim9Bateau Mandalay-Bagan
Lun10Bagan
Mar11Bagan
Mer12Mont Popa
Jeu 13Bagan
Ven14 Bagan
Sam15Bus vers Kalaw
Dim16Trek Kalaw
Lun17Trek Kalaw
Mar18Inle
Mer19Inle
Jeu20Inle
Ven21retour sur Yangon
Sam 22retour sur Paris
IMPRESSIONS GENERALES :
3 semaines, c’est toujours un peu court pour connaître un pays, s’en imprégner..
Mais je pense toutefois avoir réussi mon voyage, je pense avoir capté l’essentiel du pays. Ce que je retiens le plus de ce voyage, c’est le sourire des birmans, plus particulièrement des birmanes avec leur joli sourire encadré de leurs joue poudrées au tanaka. J’avais beaucoup lu sur la gentillesse des birmans mais il n’y a qu’en allant là-bas que l’on mesure combien leur compagnie est agréable.
Le pays est resté très traditionnel, le longyi (le sarong birman) est porté par 100% des hommes et femmes (excepté la capitale où l’on voit quelques jeans…), c’est d’ailleurs le premier pays où j’adopte le costume local. On est vraiment bien en longyi, et les gens aiment bien vous voir avec.
Qu’en est-il de la dictature ? des difficultés que rencontre la population, qu’en ai-je vu ?
A vrai dire, quasiment rien. En 3 semaines je n’ai croisé qu’un convoi de 3 camions militaires comme on peut en voir sur nos routes française en somme… Pas un militaire dans les rues ou ailleurs, pas plus de policiers qu’ailleurs. Ici, pas de culte de la personnalité avec statues mégalomanes, pas non plus de propagande omniprésente… Le malaise se ressent toutefois en réfléchissant un peu, en constatant l’état de délabrement et de sous-développement du pays alors que ce pays devrait être riche. Je n’ai pas vu de misère, hormis un peu sur les trottoirs de la capitale, mais comme partout, c’est là où elle est le plus visible. Le plus saisissant reste la vision de ces pauvres gens au bord de la route, à trier les cailloux, à faire les routes, cm par cm… des personnes souvent trop vieilles ou trop jeunes pour travailler !
Evidemment, je ne suis pas allé dans les zones interdites car le gouvernement nous cache une grande partie du pays, pour toutes sortes de raison malsaines (traffic en tout genre : pierres, drogue.. zone de conflit avec les minorités ethniques..).
Alors fallait-il y aller ? Oui, je ne regrette pas d’avoir finalement opté pour l’affirmative, car je suis convaincu que le changement viendra de l’ouverture vers le monde. Je ne pense pas avoir personnellement donné beaucoup d’argent à ce gouvernement.
CHANGE :
Au marché noir : 1 euro = 1600 k / 1 $ = 1200 à 1250 k
Les euros ne se changent qu’à Yangon. Prévoir des dollars pour le change si possible en grosses coupures, mais les billets doivent être nickels, sans tâches ni abîmés. Prévoir aussi des dollars en petites coupures pour payer les hotels, l’entrée des sites, le bateau ou le train.
Pour ces 3 semaines, j’avais prévu :
400 $ + 130 euros
J’ai tout dépensé en ramenant pas mal de souvenirs (dont par exemple une écharpe en tige de lotus à 53 $)
TRANSPORTS :
YANGON : Trishaw : astucieux rickshaw birman qui tel un side-car propose les 2 sièges passagers dos-à-dos, sur le coté.Taxi, efficace et pas trop cher.Bus pour se rendre à la gare routière (se faire écrire le n° en birman avant !)et puis un lift à mon actif, car il faut le savoir : quand il fait nuit et quand il pleut averse, les taxis sont rares !!! A savoir…
YANGON – MANDALAY : Bus (New Malakar express) (12000 k) départ 18h00, arrivée à 8h00. Impeccable, confortable, un peu bruyant avec le karaoke en dvd.
Lors des arrêts pour se restaurer, je sympathise avec un gars qui m’invitera le lendemain dans sa famille pour diner.
MANDALAY :
2 jours avec un Trishaw, un bon moyen pour découvrir la ville.
Mingun : bateau pour s’y rendre 3$, réservé aux touristes. Si c’était à refaire, je m’y rendrais par la route depuis Sagaing, car avec le bateau le temps est limité sur place. Trop court.
Les cités impériales : la majorité des touristes prennent un taxi ou un blue taxi (petit Mazda) pour faire les 3 dans la journée. Ne voulant pas courir, je décide de zapper Sagaing, et me rends à Inwa et Amarapura en transport en commun.
Pick-up pour Inwa, chouette de se retrouver sur le toit de ce pick-up surchargé, aux cotés de moines et de paniers surchargés de légumes et fruits. La barre métallique de la galerie me scie un peu le dessous des genoux…mais ceci est largement compensé par le fait de vivre le trajet de ce perchoir !
De la route à Inwa : trishaw
Inwa : bateau pour se rendre sur l’ile, puis horse car obligatoire. Agréable.
Inwa – Amarapura : je trouve une charmante Japonaise seule avec un blue taxi, et hop un lift !
Amarapura – Mandalay : le retour sur Mandalay après le coucher du soleil se devait problématique car les pick-up sont rares à cette heure et puis il faut se rendre déjà à la route principale… je compte sur ma bonne étoile, et hop la seule et unique voiture qui part du pont, veux bien me prendre et insiste même pour me déposer jusqu’à la porte de la guest house !
HPO WIN DAUNG: Taxi (45$) pour une journée complète aller-retour. A Monywa : bac pour traverser la Chindwin (1500 K) puis Jeep (8000 K) pour aller aux grottes (45 mn)
MANDALAY – BAGAN : bateau lent le dimanche et mercredi : 10$. J’ai organisé mon itinéraire en fonction de cet impératif, car je ne voulais prendre le speed boat (16$ et touristes exclusivement).
Je ne regrette pas ! Les paysages ne sont pas extraordinaires, mais c’est la vie à bord qui est intéressante, les arrêts dans la campagne où les gens viennent avec leurs chars à bœufs charger ou décharger le bateau.
Et puis, une copine avait pris ce même bateau lent 3 mois auparavant, avait eu une belle rencontre avec la cuisinière, elle m’avait donné les photos au cas où… et bien, j’ai bien retrouvé la même femme ravie d’avoir les photos et du coup un très bon contact avec le capitaine !
BAGAN :
4 1/2 jours à Vélo, le meilleur moyen pour se balader entre les pagodes à son rythme. Choisir toutefois un bon vélo, style VTT recommandé pour les chemins ensablés ! (entre 500 et 1000 K/jour la location)
Bateau agréable pour une ballade en fin de journée pour voir le coucher du soleil sur l’Irrawaddy.
MONT POPA :
Mini-bus, quelques arrêts intéressants en campagne. Mais je ne suis pas fan de ce genre de transport où l’on ne rencontre pas la population.
BAGAN - KALAW :
Bus, pas très grand, peu confortable, route assez chaotique, surtout quand le bus doit laisser passer les camions chargés de Teck et « descendre » de la chaussée peu large ! Mais on m’en avait tellement dit sur ce trajet que je m’attendais à pire !
KALAW :
Les pieds bien sûr !! C’est d’ailleurs le moment de troquer les sandales pour des tennis (pour ma part des Columbia : excellent compromis entre les tennis et les chaussures de trek)
KALAW - INLE :
Pick-up entre Kalaw et Shwenyaung, encore sur le toit ! Belle sensation en descendant cette route de montagne, euh, coup de bol car il n’a pas plu…(car s’il s’était mis à pleuvoir, l’arrière couvert s’étant remplit entre temps, le repli n’aurait pas été faisable…)
De Shenyaung à Nyaungshwe : taxi, un peu tard pour les pick-up.
INLE – YANGON :
Taxi Nyaunshwe - Heho (aéroport) : carton rouge !! prix excessif 14000 k, surtout quand on ne peut le partager… !
Heho – Yangon : Vol avec Air bagan : 75$
GUETS-HOUSES ET HOTELS :
(tous les prix sont pour une single et comprennent le petit déjeuner )
YANGON :
Golden Smile Inn : 5$ (3 nuits) Air conditionné, grande chambre sanss fenêtre, bains/wc communs
Bien placé. (près de la Paya Sule). Un accueil super chaleureux.
Quand je suis revenu à la fin de mon séjour, après avoir vu tant de visages je ne me rappelai plus comment ils étaient, juste un souvenir agréable, allaient-ils me reconnaître ? ils voient tellement de monde…. Et bien dès la porte franchie, j’ai eu l’impression de ne jamais les avoir quitté !
Par contre je suis allé voir la White House, non loin, pas du tout le même accueil… brrr…
J’aurais aimé jouer un peu plus de guitare avec les gars…
MANDALAY :
Royal Guet House : 3$ (5 nuits) Ventilo, petite chambre, bains/wc communs
Très sympa, également, toujours des jeunes. Je regrette de ne pas avoir eu le temps de jouer au Chinlon avec eux…
NYAUNG-U (BAGAN) :
Maykalar Guest House : 4$ (6 nuits) Air conditionné, ventilo, grande chambre, parquet, bains/wc communs, standing au-dessus des autres.
Accueil sympa, moins fraternel que les deux autres toutefois. Location de vélos : négocié 800 k /jour pour 5 jours.
KALAW :
Golden Kalaw ( ?) : 4$ (1 nuit) Ventilo, petite chambre avec bains/wc et eau chaude (appréciable ici alors qu’ailleurs l’eau froide ne l’était pas assez !)
Sympa, ambiance refuge de montagne. Pas eu toutefois l’occasion d’en profiter beaucoup.
TREK : 1 nuit chez l’habitant dans un village de montagne, compris dans le trek.
NYAUNGSHWE
Queen Inn : 5$ (4 nuits) Dîner compris. Pas obligatoire (dans ce cas 4$) mais au vu de la qualité du repas, il serait dommage de s’en priver !
Bungalow avec grande chambre, bains/wc, fenêtre, tout le confort quoi ! Préférez ceux le plus éloigné du canal, car évidemment ce n’est pas du double vitrage et les moteurs des pirogues à 5h du mat ça décoiffe !!
Agréable de par sa situation au bord du canal.
Accueil admirable, très chaleureux, se plient en 4 pour vous aider, il n’y qu’à lire leur livre d’or, tout est dit. D’ailleurs c’est le seul que j’ai vu là-bas…
LA MOUSSON ?
Comme prévu en ce début de mousson j’ai eu beaucoup de pluie à Yangon. De la pluie tout le long du trajet Yangon - Mandalay, 1 jour de pluie à Mandalay, 1 nuit à Bagan et quelques heures de pluie plutôt bienvenue pour rafraîchir l’atmosphère en journée. A Kalaw, de la pluie le 2eme jour du trek. A Inle, pas mal de pluie aussi mais quelques éclaircies tout de même.
En résumé, la pluie n’était pas vraiment un problème, mais il paraît qu’après mon départ la mousson était bien plus forte. Je n’ai pas vu de rues inondées….
Pas la peine d’amener son parapluie, vous en trouverez sans soucis !
LES PHOTOS NUMERIQUES
Un régal, tellement de choses à photographier ! Les gens aiment se faire photographier, surtout s’ils se voient sur l’écran digital par la suite.
Aucun soucis pour transférer les photos sur CD, du moins dans les coins touristiques. J’ai gravé 2 CD, sans problèmes. (1500 K le CD, 1000 K si vous avez votre CD)
ALLONS-Y !
YANGON :
J’ai aimé cette capitale qui ressemble à une grosse ville de province, malgré ces 7 millions d’âmes. Trottoirs défoncés encombrés de tea-shops ou étalage divers, façades décrépites, certaines avec de belles couleurs, héritage d’une époque coloniale révolue. Marchés improvisés dans des ruelles. Évidemment beaucoup de trafic à toute heure, tout cela est un peu fatiguant. Ajouter à cela, la pluie qui fait se déplier les parapluies rendant la circulation sur les trottoirs plus hasardeuse, remplissant peu à peu la chaussée…
SHWEDAGON PAGODA : évidemment LA chose à voir dans la capitale. J’ai passé quasiment une journée complète sur le site pour m’imprégner de l’ambiance. Et en ce dimanche il y en avait du monde ! La pagode dorée (60 tonnes d’or) et ses multiples pavillons, son esplanade de marbre, auxquels on accède par des escaliers majestueux est un véritable havre de paix, de sérénité, à dix mille lieux du capharnaüm de la ville, à l’image de la Grande mosquée de Delhi.
L’avantage d’y rester un long moment c’est de la voir sous un beau soleil, puis sous un déluge de mousson ! Réfugié sous un des multiples pavillons à discuter et dessiner, je m’amuse à voir de véritables cascades se former le long de la montagne d’or…
PAYA CHAUKTAGYI : Enorme bouddha couché, un peu trop kitsch à mon goût, et surtout la vision est gâché par la structure métallique de l’énorme hangar qui l’héberge, dont il est impossible de faire abstraction !
PAYA NGATHAGYI : J’ai bien aimé ce lieu peu visité. Entrée majestueuse gardée par 2 énormes Chinthes (lions-dragons), monastère et puis un énorme bouddha assis, semblant regarder ses fidèles prosternés à ses pieds.
PAYA BOTATAUNG : trop kitsch, étonnant toutefois ces murs recouverts de fragments de miroirs, on passe d’un pièce à l’autre et on se retrouve au point de départ, sans avoir l’impression de tourner en rond, astucieux !
PAYA SULE : son originalité vient du fait qu’elle sert de rond-point, étonnant pour un édifice de 2500 ans ! Attention, le carrelage mouillé ça glisse !!
MANDALAY :
A priori, pas évident de se repérer dans cette ville où toutes les rues orthonormées semblent ��tre identiques ! Heureusement, il y a la tour de l’horloge et la numérotation des rues. De nombreux rickshaws, motos et vélos. La concentration de pagodes au pied de la colline vaut le coup d’œil.
PAYA KUTODAW : étonnant avec ces 729 pavillons blancs, identiques, renfermant chacun une stèle de marbre écrite en pali (vieux birman), l’ensemble constituant un livre. Je vous avoue, j’ai pas tout lu ! Et encore, celle d’en face
MONASTERE SHWENANDAW : Super monastère tout en teck, de belles sculptures.
MANDALAY HILL : le nombre de marche est impressionnant ! heureusement à mi-hauteur, je m’attarde devant les œuvres d’un peintre, ce qui permet de se reposer, car avec cette chaleur, l’ascension est assez hard. Déception au sommet de ne pas voir les centaines de pavillons des paya Kuthodaw et autres.
MONASTERE SHWE INN BIN : superbe ce monastère, plus tranquille que Shwenandaw et pourtant les bas-reliefs en teck sont magnifiques.
PAYA MAHAMUNI : J’ai bien aimé l’atmosphère de fête avec les nombreux croyants prosternés devant le bouddha boursouflé tellement il a reçu de feuilles d’or. Dommage je suis arrivé après la fermeture de l’accès au bouddha. Musique sympa.
Et puis j’y suis retourné un soir, grâce à un thaï rencontré à la guest house, sus un petit abri circulaire, assister à une exhibition de Chinlon. 10 jours durant, les meilleurs de la spécialité s’offraient en spectacle à l’assemblé, majoritairement constitué de moine quand j’y suis allé.
(Le Chilon, j’en parle plus loin…)
Derrière la pagode, j’ai aimé me balader parmi les étals des tailleurs de pierre où de jeunes gens sculptent et polissent de nouveaux bouddhas.
INWA :
La ballade en horse-car est agréable, dans cette campagne parsemée de sites anciens, vieux stupas et monastères, un avant-goût de Bagan, en plus vert.
Magnifique monastère soutenu par ses 163 piliers de teck, en plus je tombe au moment de la classe dispensée aux jeunes moines et aux enfants pauvres du coin. Intéressant.
Je rencontre un jeune couple de Mandalay qui m’invite à boire un jus de sucre de canne, vraiment sympa. Si je ne partais pas le lendemain, ils m’invitaient chez eux.
AMARAPURA :
PONT U-BEIN : évidemment l’attraction du coin, et c’est vrai qu’il en jette. Ce pont qui est en fait une passerelle ! La passerelle en teck la plus longue du monde. 1, 2 km. En cette période de mousson, je pensais voir le niveau de l’eau bien plus haut ! En fait, la passerelle surplombe l’eau sur la moitié du parcours environ. Beaucoup de monde s’y ballade, beaucoup de moines qui rejoignent leur monastère sur les 2 rives. Au bout du pont, je passe un long moment à jouer avec un guitariste (Hotel California en birman, ça déchire !), du coup je zappe les monastères, belle ballade au pied du pont parmi les arbres morts au bord de l’eau.
HPO WIN DAUNG :
L’accès n’est pas évident (voir ci-dessus) mais la visite vaut la chandelle.
Imaginez, près de 500 grottes creusées dans des falaises, au milieu de la verdure. Chaque sanctuaire recelant des bouddhas et des fresques superbes aux couleurs extrêmement bien conservées (du XIV au XVIIIe). De nombreux singes ont investi le site, peu respectueux des bouddhas qui sont leur terrain de jeu. Quelques fresques vraiment magnifiques et on peut en profiter grâce à l’éclairage naturel. Même si je m’attendais à un site moins aménagé, plus noyé dans la végétation, l’ensemble est superbe. Je regrette de ne pas avoir exploré les grottes moins visitées mais notre jeune guide, très charmante, nous a évidemment montré les plus remarquables.
Non loin de là, dans la campagne, des milliers de bouddhas, dont un debout en construction de 167 m, juste derrière un couché de 90 m ! Et une pagode kitshissime, mais qui vaut le coup d’œil : la paya Thanboday avec ses quelques 600.000 bouddhas !
BAGAN
Comment vous en parler en si peu de lignes… ?
Bagan, c’est avant tout une ambiance, pédaler au milieu de toutes ces pagodes qui émergent de l’horizon partout où on regarde… j’ai réellement adoré ce lieu magique. Je ne vais pas vous citer toutes les pagodes visitées, juste un coup de cœur pour la Buledi, j’y suis revenu pour le lever et le coucher du soleil, j’y étais seul contrairement aux autres pagodes.
Il faut un peu de temps pour profiter de cette ambiance particulière, pour moi ce sera 5 jours passés dans ce musée à ciel ouvert avec des petits plaisirs comme :
Observer le gars labourer son champ avec les bœufs au pied de ces géants de brique, pédaler dans ces chemins ensablés, s’arrêter regarder les jeunes travaillant la laque, en inviter une partie à boire un coup à la sortie de leur boulot, observer d’autres jeunes peindre habilement sur le sable collé sur du tissus, jouer à mon tour à l’artiste, s’amuser à repérer de chaque plateforme atteinte les pagodes visitées et celles à visiter, terminer la journée là où elle avait commencée : au sommet d’une de ces pagodes pour voir peu à peu ce décor prendre vie ou disparaître…et puis bien sûr, rencontrer ces birmans ou birmanes toujours souriants, honorer leurs invitations si appréciables….
Que du bonheur quoi !
MONT POPA :
Le site est remarquable et avec le peu de visiteurs à cette saison, la visite valait la peine. Même si j’ai eu quelque peu du mal à monter les quelque 800 marches sur une patte ! (Faute à une douleur sous le pied gauche…) Rencontre sympa avec 2 moines sur place, visite en compagnie des amis rencontrés sur le bateau, agréable donc. Et puis les arrêts en route, étaient sympas : nous croisons des jeunes paysannes dans un champ d’arachide, des ramasseurs de sucre de palme, qui grimpent aux palmiers, un zébu fait la noria pour presser les cacahuètes et en tirer l’huile, nous découvrons une petite école dans un des villages traversés.
KALAW
Agréable petite ville de montagne, je n’en ai pas vu grand chose en fait car je suis parti en Trek, juste une petite ballade au monastère qui surplombe la ville, l’occasion de soulager sur quelques mètres une jeune porteuse d’eau (quel poids énorme !), de voir de jeunes footeux jouer au milieu des pins…
Trek de 2 jours génial, seul avec une jeune guide de 23 ans, Khan-ew. Du coup tous les repas et les moments dans les villages se font en famille. Beaux paysages de collines, de nombreux pins, plantations diverses, beaucoup de thé, et puis bien sûr de nombreuses rizières. Quelques terrasses légères mais le plus souvent les rizières sont au fond des vallées. Ethnies Pa-laung, Danu et Pao découvertes lors des arrêts dans les villages pour manger et dormir, de beaux moments d’échange. Chouette moment aussi parmi les gamins du village baignant leurs buffles en soirée, belles crises de rires.
Un regret de ne pas être parti plus de 2 jours…
INLE
Site incontournable avec une ambiance vraiment particulière bien agréable en fin de séjour.
J’ai passé 3 jours au total sur le site.
Tour du lac en bateau sur une journée, incontournable.
En compagnie d’une charmante chinoise et sa maman et leur ami moine rencontré l’été dernier. Pour nous ce fut une journée pluvieuse, qui enlève un peu de magie au site, mais nous avons passé pas mal de temps à croquer tous en choeur, chacun concentré sur son carnet, comme dans cet atelier de tissage. Cela a créé des beaux liens avec les ouvrières. Coup de cœur pour INDEIN, surtout en cette fin de journée, nous étions les seuls sur le site. Vraiment intéressant de visiter des lieux religieux avec un ami moine. A cause des croquis nous sommes rentrés à la nuit tombée, nous n’étions pas très fier de retraverser le lac dans le noir, sans éclairage aucun !
A faire absolument : une balade en canoë, j’avais lu qu’il était plus intéressant de le faire en dehors de NYAUNGSHWE, j’ai donc pris un motor boat jusqu’à un village du lac puis de là on est parti en canoë. Naviguer ainsi au raz de l’eau, parmi les jardins de tomates flottants, les maisons de bambou sur pilotis, croiser les autres pirogues, sans bruit, cela change tout ! Ce fut une super journée, le conducteur est passé prendre sa femme et son bébé qu’on a laissé chez des amis dans une petite fabrique familiale de cheroot, puis on est parti en pirogue, à la rame. Un des gars ramait de temps en temps avec le pied, c’est leur spécificité à ces Inthas. Pour faire un croquis d’une maison de bambou, j’ai demandé à ce qu’on accoste dans une de ces maisons perdues au milieu du lac. Evidement, super accueil, le bouche à oreille aidant, la maison s’est remplie de curieux de plus en plus nombreux… génial ! encore une fois, vive le dessin….
Le 3eme jour fut bien chouette aussi, juste un allez retour le matin pour voir le marché de KYAUK DAING, où nous sommes restés un long moment. Sur le chemin du retour, nous avons aidé les femmes à porter leur balancier jusqu’à leur pirogue, pas léger ! L’après-midi, visite de Nyangshwe, le monastère aux fenêtres ovales où encore grâce au croquis j’aurais un bon contact avec les moines.
Et il y avait de quoi passer encore de nombreux jours atour du lac… plein de balades à faire.
ENTRÉE DES SITES :
YANGON
Paya Swedagon : 5 $ J’ai rencontré des voyageurs qui ont réussi à ne pas les payer, en passant par les escaliers encombrés de livres sur la gauche de l’escalier sud. A condition de s’y rendre avant de passer devant le guichet ! J’y suis retourné le dernier soir et essayé de ne pas payer avec une Italienne, résultat, on s’est fait repérer. J’ai essayé de négocier vu l’heure tardive, le fait que j’avais déjà visité… rien à faire ils ne sont pas là pour discuter, faut payer c’est tout !
L’italienne m’a gentiment donné 4 $ pour que je puisse y aller, (j’avais déjà écumer mes derniers deniers !) et quand le gars m’as vu plus tard sur la plateforme il pensait que j’avais resquillé et s’apprêtais à me faire passer un mauvais quart d’heure. Là j’ai senti que ça pouvait ne pas etre rigolo…
MANDALAY :
J’en ai croisé aussi qui n’avait pas payé le billet de 10 $, pourtant il est demandé à toutes les pagodes ! Idem pour BAGAN, je ne vois pas comment on peut l’inviter pourtant.
Vous comprendrez qu’il ne s’agit pas seulement de resquiller pour économiser quelques $, c’est surtout pour éviter de les donner au Gouvernement.
Bon, j’ai pas été tres efficace sur ce coup là moi… mais apparemment il y a moyen !
CUISINE
La cuisine Birmane sans être exceptionnelle, n’est pas mauvaise. On peut lui reprocher d’être souvent grasse. Les currys baignent dans l’huile. On commande un curry et on se retrouve avec une dizaine de plats, soupe comprise. Le pays étant au carrefour entre les 3 gros pays que sont la Chine, l’Inde et la Thaïlande, on trouve quasiment partout la cuisine de l’un ou l’autre et souvent les trois. Et j’avoue qu’il est tentant de le la préférer à la cuisine bamar.
La cuisine SHAN est la meilleure cuisine Birmane que j’ai mangé.
Les mangues sont excellentes et j’ai même apprécié la papaye pour la 1ere fois !
Mes meilleurs repas : le repas cuisiné par la femme de Kausyama à Mandalay. le dinner dans le village Danu lors du trek « menu Shan » au FLOWER à Kalaw les bons petits plats chez QUENN INN à NYANGSHWE le Thali vég à l’AROMA à Bagan (Super adresse, super resto indien, accueil sympa !) un « fish green curry » au resto thaï à Yangon les bons petits plats de la femme de Gérard à Yangon.
LA LANGUE
Le birman est pas évident à proncer, c'est une langue tonale où il faut être précis sur l'intonation, l'accent. Même les noms de lieux pourtant connus, sont à proncer correctement pour etre compris. Comme d'habitude, les gens sont ravi d'entendre votre birman même approximatif. Une phrase bien apprécié en dehors des clasiques thchezoutinbade et mingalaba : "twe yada wanta bade" (à dire avec l'accent bien sûr) signifie : content de vous rencontrer.
L'écriture est superbe, toute ronde. I est utile aussi d'apprendre à lire les chiffres, pour le bus par exemple !
J’AI AIMÉ :
les GENS : toujours souriants, prêts à discuter, vraiment très agréables. Les BIRMANES, très mignonnes et charmantes. Elles m’ont semblé bien mieux loties que leurs voisines indiennes, elles partagent beaucoup de choses avec les hommes, la mixité est importante dans le pays. Le LUNGYI : agréable de voir quasiment tous les hommes et femmes porter ce vêtement traditionnel, en ville ou en campagne, celui des femmes est souvent très beau, celui des hommes est à carreaux, de couleurs variées. La plus fréquente étant le mauve. Très agréable à porter, c’est le 1er pays où j’adopte le costume local. Le TANAKA : ce bois qui une fois trempé donne cette poudre jaune avec laquelle les Birmanes et les enfants se badigeonnent le visage, autant de motifs possibles. Le CHINLON, (variante du Takraw thaï), se joue principalement en équipe de 6, en cercle, il s’agit de se faire passer la balle en jonglant, sans qu’elle touche par terre. Le Chinlon est une balle de bambou tressé, bien plus petite qu’un ballon de foot. Il faut voir avec quelle agilité ils jonglent avec pieds, talon, genoux, tête, enchaînant des sauts… Joli spectacle !
En fin d’après-midi les groupes se forment et les parties de Chinlon s’improvisent dans les rues. J’ai aimé me joindre à eux, pieds nus, relevant le lungyi entre les jambes pour en faire un short, comme eux… Pas si ridicule que ça le Phil, grâce à mes années foot dans ma jeunesse et mes nombreuses heures à jongler avec un ballon. Le BARBIER : après le rasage, hop une petite démonstration de Chinlon dans le salon ! puis en duo avec le père… épatant ! Les MARCHÉS : très animés, colorés, surtout vers Kalaw et Inle avec les femmes Pao et leur costume traditionnel. Les PAGODES : il vaut mieux aimer ça en venant ici, car des pagodes, on en voit !!! L’ECRITURE Birmane, si esthétique, toute en rondeur, mon carnet en est rempli ! La GUITARE : on trouve partout des jeunes qui gratouillent, particulièrement le soir, sur le bord des rues, on pourrait passer son temps à jouer avec eux. Comme ce jeune barbier rock’n Roll qui jouait avec ses potes (du Scorpions… en birman !), qui m’a invité spontanément et aussitôt tendu un verre de whisky. Les MOINES : rien à voir avec chez nous, puisque chaque Birman se doit d’être moine un jour pour un temps plus ou moins long, donc grand respect pour ces hommes. Belle allure avec leur robe aux couleurs chatoyantes, leur bol à aumône en laque noir. Les RENCONTRES : qui enrichissent toujours le voyage, locaux ou voyageurs. Le TOIT des PICK-UP surchargés ! Funny ! Tellement de choses en fait …
J’AI PAS AIMÉ :
les MILITAIRES ET LE GOUVERNEMENT : Même je ne les ai pas vu, on sent leur influence en voyant l’état de délabrement et de sous-développement du pays. VOIR les TRAVAILLEURS sur les routes, casser les cailloux à la main, une vision d’un autre temps. Savoir l’impossibilité de dormir chez l’habitant, je trouve ça dingue tout de même ! La TOUR de béton, construite à Bagan par la fille d’un militaire pour mieux observer le site. Le KITSH : de certaines pagodes, des Nats au Mont Popa… Le « CLONAGE » de Bouddha : quand il est reproduit à l’identique en centaines, voire milliers d’exemplaires, alignés côte à côte, je trouve qu’il perd tout son sens. On es loin de l’hermite solitaire méditant contre l’arbre….plus proche de l’ « Attaque des clones » !
LE CARNET
Mission accomplie, avec 9 carnets de 16 pages remplis sur place. Grande première : je les ai fait relier la veille de mon départ dans une toute petite échoppe de Yangon.
Pas toujours facile de trouver le temps de le remplir, écrire malgré la fatigue et le sommeil après ces journées si remplies…
Encore de nombreux témoignages, la plupart en birman. Et puis de nombreux dessins : croquis Noir & Blanc et aquarelles, un joli portrait de moi-même réalisé par Xaowei mon amie chinoise.
Le regret de ne pas avoir dessiné certaines choses, j’ai exceptionnellement laissé quelques pages vides pour les dessiner à mon retour (même si j’aime pas trop ça).
Si tout se passe bien on le publiera l’an prochain. ….si Bouddha le veut bien !
Voilà je voulais faire court, mais….🤪
En espérant que ça vous donnera envie d’y aller, ou bien que vous revivrez un peu de votre voyage pour ceux qui y sont déjà allé !
Ce même résumé sera illustré de photos, croquis et film sur mon blog…et puis sur mon site bien sûr !
En attendant : voici quelques portraits, illustration du sourire des birmanes...
Je voulais simplement proposer un débat à propos d'un voyage au Myanmar, c'est à dire, quel en est l'intérêt?
Nous faisons un voyage de 6 mois, et nous sommes passés par le Myanmar, que nous quittons demain.
Peut-être est-ce la saison qui a gâté notre périple, ou alors notre intérêt modéré pour les temples, mais nous n'avons eprouvé que peu d'attirance pour Myanmar. Effectivement, comme ressenti par la plupart des voyageurs, les birmans sont extrêmement agréables, prêts à tout pour satisfaire une demande, quelle qu'elle soit. Malheureusement, ce qui nous a dérangé, c'est leur façon de saluer la voiture MTT (Myanmar Travel and Tour, géré par l'état) que nous avons loués un après-midi pour se rendre au mont Popa, sans savoir qu'elle y appartenait. En effet, les ouvriers, composés en grandes partie de femmes et d'enfants, lorsqu'ils voient arriver la voiture se redressent et saluent tels des pantins la voiture appartenant à l'Etat, sans doute sous contrainte de leur corvée infligée par cette douce dictature. Au retour, nous avons été à nouveau troublés par cet hommage gracieusement offert. Bien sûr cela n'est qu'une anecdote, et la population est accueillante et captivée par les touristes.
Concernant le lac Inle, ce lac, pour ma part bien sûr, est loin d'être un lac somptueux. Bagan est un lieu truffé de temples, mais nous ne sommes pas fanatiques des temples, alors une fois une dizaine visités, que faire?? Concernant Hsipaw et Piy Oo Lwin, ces deux bourgades sont sympathiques, mais loin d'etre magnifiques, et malheureusement nous n'avons pas eu le temps de faire quelques jours de randonnée. Cependant, les alentours paraissaient secs, ne donnaient pas envie aller gambader dans la campagne. Mandalay et ses environs sont agréable à visiter, et quelques temples avec vue sur la ville sont à voir, mais la ville en elle-même est loin d'être jouissive.Quant à Yangon c'est une métropole qui reste extrêmement, et ça c'est assez agréable de ne pas être compacté.
Ce résumé est simplement pour savoir d'où la plupart des voyageurs tirent leur satisfaction du Myanmar. Ça n'est pas un reproche, loin de là, mais simplement un débat. Nous avions rencontré au Swaziland, une dame addicte de voyage, qui nous avait deconseillé cette destination car elle avait été déçue de l'emprise dictatoriale, et des paysages dégarnis...
Effectivement la population est adorable, rigolote mais cela suffit-il à un voyage?? Nous avons été déçu par l'architecture des villes, la beauté des paysages... Donc notre question est, qu'est-ce qui vous a fait vibrer au Myanmar?
Je voulais savoir si des personnes étaient passées récemment par Sangkhla Buri au niveau du col des 3 pagodes. J'aimerai passé juste une journée en Birmanie et je sais que la frontière ferme régulièrement. Je suis actuellement à Tong Pha Phum.
Après bien des hésitations sur notre future destination, notre choix se porte sur le Myanmar et le Laos en juillet 2012.
L'idée serait d'arriver à Bangkok, prendre une correspondance pour Yangoon et de là remonter jusqu'au Laos et redescendre.
Pour le Myanmar avez-vous une idée d'itinéraire pour rejoindre la frontière Lao ?
Nous aimons la nature, la jungle, les rizières, les animaux, la rencontre avec les peuples, des temples mais pas trop.
Nous aimons faire des treks en pleine nature à la rencontre des gens et de la faune et la flore locale.
Nous ne recherchons pas le confort, donc guest-houses à moindre coût.
La durée totale de notre voyage sera de 4 à 5 semaines. (Myanmar et Laos)
Voici un carnet de voyage qui retrace nos 28 jours en Birmanie. Nous avons choisi de visiter ce pays lors de notre tour du monde qui a démarré le 1er Mars 2017.
Qui sommes nous ? Daïnah et Clément, un couple mixte français qui voyage pendant 1 an et demi sur 4 continents
Quand ? Nous sommes partis en Birmanie en Juillet 2017
Comment ? Nous avons passé la frontière Mae Sot / Myawaddy car nous venions de Thaïlande et nous avons franchi la même frontière pour sortir du pays.
Notre itinéraire:
Hpa-An (4 jours - 2 jours à l'aller et 2 jours au retour)
Yangon (4 jours)
Bagan (5 jours)
Mandalay (5 jours)
Hsipaw (3 jours)
Kalaw (2 jours)
Lac Inle (4 jours) et retour à Hpa-An pour repasser la frontière
Nous sommes arrivés à Hpa-An après avoir passé la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, il a beaucoup plu à Hpa-An à notre arrivée mais nous avons quand même pu visiter la ville et ses alentours.
Hpa-An, premiers pas en Birmanie
Hpa-an, notre toute première ville en Birmanie ! On préfère ne pas compter Myawaddy comme la première ville car la ville frontalière n’a rien d’accueillant et nous y sommes à peine passés. Nous voilà donc à Hpa-An pour 2 jours environ. Le temps n’est pas du tout favorable, il pleut non-stop et on décide de sortir tout l’attirail pour affronter la pluie et louer un scooter (la mousson on adore!).
Avant de vous parler des visites on va vous dire quelques mots sur l’hôtel où nous étions. Nous avons pris une chambre au Galaxy Motel, hôtel tenu par une famille birmane. Ils sont accueillants et adorables, la gérante parle un peu français et a toujours le sourire. Notre séjour fut juste parfait dans cet hôtel où nous avons mangé le meilleur petit déjeuner du séjour. Avant de les quitter, ils nous ont mêmes offerts des petits cadeaux ! Si un jour vous passez à Hpa-An, vous l’avez compris, c’est l’adresse à ne pas louper.
Concernant la ville en elle-même, on va essayer de vous détailler au mieux ce que nous avons ressenti en arrivant. La ville de Hpa-an est pauvre, c’est un fait. On décide de découvrir la ville à pied avant de nous aventurer aux alentours en scooter. Les hommes portent tous le longyi, un tissu qu’ils scindent autour de leur taille.
Nous avons immédiatement été saisi par l‘élégance et la beauté des birmanes. Vêtues de longs sarongs souvent assortis avec leur haut, elles traversent la ville avec leurs parapluies à la main en nous fixant. Ok, c’est peut être pas tous les jours qu’elles croisent une métisse et un blanc arpenter les rues de Hpa-an. On essaye de leur sourire mais nous sommes tellement curieux et ébahis de ce changement de décor qu’on doit avoir l’air de débarqués et de ne pas du tout être à notre place. Parce que oui, notre arrivée en Birmanie a été assez déconcertante car le Myanmar ne ressemble à aucun autre pays du sud de l’Asie.
On passe par un petit centre commercial qui nous permet d’avoir une idée des prix. C’est toujours utile et ça nous permet d’éviter les arnaques dans les plus petites supérettes. On se dirige ensuite vers le lac de la ville, un endroit sympathique pour se balader et où les birmans viennent entre amis, en famille ou en couple. On continue notre balade au bord de la rivière et on assiste à un match improvisé de volley-ball. On nous regarde du coin de l’oeil, les joueurs donnent le meilleur d’eux-mêmes et la foule est attentive.
Les alentours de Hpa-An
La grotte de Saddan
Malheureusement, la pluie n’a pas cessé et on doit donc s’armer de courage pour sortir. On part sous la flotte avec le scooter en espérant qu’en chemin la pluie ne sera qu’un lointain souvenir. On commence par la visite située la plus loin, la grotte de Saddan. Les paysages que nous traversons sont très jolis, il y a des rizières à perte de vue. Il y a beaucoup d’agriculteurs dans les champs, qui travaillent leur terre. Nous parcourons quelques kilomètres et nous arrivons à destination. Une fois arrivés à la grotte, nous laissons nos chaussures à l’entrée (oh la grosse erreur – nous allons vite le regretter).
Une famille birmane est déjà à l’intérieur de la grotte et elle prie devant l’image de Bouddha. En effet, à l’intérieur de cette grotte il y a un temple et une rangée de Bouddhas sur un des côtés. La grotte est vaste et il faut la traverser entièrement pour arriver ensuite à un endroit où on prend une barque pour revenir à notre point de départ. Rappelez-vous que nous avons laissé nos chaussures à l’entrée. Nous devons traverser toute la grotte à pied, dans le noir presque complet (on a quand même la lampe du téléphone) sachant qu’à certains endroits l’eau est montée.
On est pas super à l’aise, Daïnah est même même très anxieuse à l’idée de ne pas savoir où elle pose son pied dans l’obscurité. On traverse certaines parties de la grotte où les chauves-souris se font fait plaisir et on préfère se dire qu’on a évité toutes les crottes qui jonchaient le sol. Parcourir la grotte prend du temps, on monte, on descend, on traverse des flaques, des escaliers puis enfin on aperçoit la lumière, un fin filet, au loin. On sort de la grotte. Fin du traumatisme. A l’extérieur, notre regard est rapidement attiré par une grande photo d’Aung San Suu Kyi, dire qu’il y a 6 ans à peine, cela aurait été impossible de la voir afficher ici…
La famille birmane que nous avons croisé un peu plus tôt sort à son tour de la grotte. Pour eux, la traversée du retour est gratuite mais pour nous ce n’est pas le cas. On essaye de négocier mais personne ne parle vraiment anglais. On convient d’un prix fixe: 2000 kyats pour 2. La balade est très sympathique même si la pluie continue de tomber. Nous sommes à bord d’un petit bateau avec l’homme de la famille. Le batelier à l’arrière chantonne et mise à part le bruit de la pluie et le batelier, c’est le calme absolu. La traversée se passe bien, on doit juste bien se baisser en passant dans une grotte car l’eau est bien montée.
On arrive ensuite à notre point d’arrivée. Et là, ça se gâte, le prix vient de doubler. Ce n’est plus 2000 kyats pour 2 mais par tête. Clément est furieux et s’énerve. Notre problème c’est que nous n’avons pas de monnaie et que nous sommes obligés de donner un billet de 5000 kyats. On galère d’ailleurs pour avoir nos 1000 kyats en retour. Heureusement, l’homme qui était avec nous dans la barque nous défend et récupère notre billet.
Nous allons récupérer nos chaussures à l’entrée de la grotte et nous récupérons le scooter. La pluie est de plus en plus intense et on s’arrête rapidement au Mont Zwegabin. A une époque, il était possible de grimper jusqu’au sommet pour y dormir. Depuis la mort d’un touriste, il n’est plus possible de le faire. Nous ne tentons pas l’ascension car il est déjà tard et nous n’aurions pas le temps de faire l’aller-retour.
Nous nous arrêtons seulement au pied de la montagne où il y a un jardin. Ici, il y a près de 1000 statues de bouddhas alignées. Nous prenons quelques photos mais la pluie est bien trop forte et nous rebroussons chemin jusqu’à notre hôtel à contre coeur.
Le lendemain il est déjà temps de partir. Nous quittons le Galaxy Motel en leur promettant de revenir d’ici 3 semaines. Nous avons décidé de faire une boucle et de repasser par Myawaddy pour revenir en Thaïlande. Nous embarquons dans un bus pour l’ancienne capitale du pays, Yangon. Ce voyage ne sera pas de tout repos et on en sortira pas indemne.
Patricia aime les teintes fraîches de l'aube, dorées par le soleil levant qui passent rapidement à l'orange mangué du ciel au crépuscule. Mais de concert nous reconnaissons sans concession que Bagan mérite son inscription future au patrimoine mondiale de l'Unesco. Des pagodes a perte de vue parsemées dans la luxuriante végétation qu'il faut absolument découvrir depuis le sommet de la pagode Shwesandaw. Un spectacle exceptionnel sillonné de sentiers que l'on parcours à vélo, point d'orgue de ce voyage.Certains préfèrent utiliser les calèches ou plus simplement la randonnée. Pagan est aussi un site archéologique hors du commun où la vie spirituelle ne s'est jamais arrêtée, le culte de Bouddha perdure.
Nous partons maintenant à la découverte des fresques du temple de Gubyanki , des quatre Bouddhas du temple de Ananda, et l' incroyable temple de Manuba. Fascinant peuple birman qui a su entretenir et reconstruire ces chefs d'oeuvre pendant des siècles. Normal quand on sait que restaurer un lieu religieux favorise la vénérable incarnation. Un temple en ruine est une offense.
Les brumes de l'aube envahissent le paysage, la cité de Padan constitue le berceau de la civilisation bamar, elle n ' a pas traversé les siècles sans encombre, guerres, tremblements de terres, occupations sauvages ont laissé des traces que les restaurations fréquentes n'ont pas complétement masqué.
Le site est entourré de champs de culture où les paysants labourent à l' aide d, un char tiré par deux buffles.
Note sur Mandalay.
La circulation se fait à droite lors que paradoxalement les volants de véhicules se trouvent aussi à droite, les dépassements sont périlleux . Le plus grotesque est que la descente des bus se fait au milieu de la chaussée.
Le pays prend la nouvelle dénomination Myanmar en 1989.
Le pays est sous pression depuis 1960 au mépris des droits de l'homme , 50 ans plus tard les stigmates sont encore perceptibles.
Le changement:
Le coca cola est importé depuis 2011 seulement. La musique explose, hip-hop, heavy métal, punks, boys band, la mini jupe succède au sarong. Les centres commerciaux ont remplacé les bazards de rue. Le parc automobile a explosé et les bouchons envahissent les rues. Les promoteurs immobiliers rasent les vieilles bâtisses Victoriennes pour édifier des complexes luxueux.
Mercredi 5 Février 2014.
De l'aéroport de Mandalay à Sagaing.
Nous ne savons pas lorsque l'avion se pose sur le tarmac que l'aéroport est situé à 48 Km du centre de la ville de Mandalay. Il est 13h30, l'air est moite, il fait environ 30 degrés.
Nous nous installons pour le montage des vélos sous le patio à droite de la sortie de l’aéroport et rapidement un attroupement se forme autour de nous.
Rapidement nos montures sont prêtes et nous pouvons partir à l’aventure de ce pays inconnu. Nous sommes vite immergés dans l’ambiance du pays en empruntant la belle route à l'ombre de grands acacias qui se dirige vers le nord en direction de Mandalay.
Un beau stupa rouge brique bâti sur mamelon domine la plaine. En contrebas dans les champs se déroule le battage de la poids- chiche et du sésame. Chapeau de paille sur la tête et tongs aux pieds sous une chaleur écrasante, des hommes et des femmes travaillent inlassablement dans le brouhaha d’une vieilles machines agricoles.
Nous poursuivons notre route, plus loin le goudron cède la place à une piste poussiéreuse qui traverse un parcage de calèches pour mourir brutalement par une pente raide sur la rive d’un bras de l' Ayeyarwady. Un ponton de bois bancal retient un bateau à longue queue chapeauté d’une bâche de camion. Une femme et en train d’y installer sa moto chinoise. Nous tombons au bon moment pour embarquer sur la navette qui en quelques minutes et moyennant trois milles kyats nous expulse sur la rive opposée.
La pleine lune éclaire les deux ponts métalliques au-dessus de l' Ayeyarwady qui conduisent à Sagaing. J-Jacques a pris un peu d'avance, Patricia frontale vissée sur le casque suit dans la pénombre à quelques dizaines de mètres.
Il apparaît silencieusement sur la gauche de la route, la tête est presque au milieu de la voie alors que l'extrémité de sa queue est encore dans les fourrés, ne laissant peu de place pour l'éviter. J-Jacques perd le contrôle de son vélo et manque comme lui de disparaître dans le fossé. Une bonne douzaine de décimètres de long, une tête pointue et une rayure noire de chaque côté du corps s'effile à trois ou quatre centimètres du bout de sa queue. Notre premier serpent nous décharge un frisson glacial et nous rappelle que le Myanmar est le pays dans le monde qui détient le record peu enivrant du nombre de mort par suite de morsure d’un reptile.
La petite route forme une patte d'oie à l’intersection d’Inwa et de Lanzou. La cantine où s'attablent quelques jeunes aux yeux alcoolisés déverse des décibels dans la nuit, nous bifurquons à gauche à la lumière de nos lampes à led et nous enfonçons dans le noir en direction du pont à arcades métalliques qui permet aux véhicules et au train d'enjamber le fleuve.
Nous voici à Sagaing, bruyant, désordonné et poussiéreux. En quelques minutes et après deux ou trois renseignements contradictoires nous trouvons l’hôtel Shwe Pyae Sone.
Ouf, nous ne dormirons par dehors au plus grand regret de Patricia.
S’en suivent les rituels qui confèrent aux baroudeurs un bonheur connu d'eux seuls.
Jeudi 6 Février.
Sagaing-Mandalay.
On a de la peine à s'extraire du lit, décalage horaire ou fatigue physique, le réveil est difficile et le départ tardif. Il nous faut franchir le pont d’Ava en sens inverse pour prendre la route vers Mandalay. Sur l'autre rive une table au milieu de la route permet à 2 ou 3 jeunes de percevoir la taxe de passage, les vélos en sont exemptés.
La route s'oriente vers le nord et longe la voie ferrée jusqu'à Amarapura ancienne capitale du pays SHAN et aboutit sur la plage des bateliers en face du fameux « U Bein bridge », la plus grande passerelle en teck du monde, longue de 1200 m et objet des plus célèbres clichés traitant de la Birmanie. Ce pont enjambe le lac Taung Thama en dessinant une élégante courbe qui se perd sur la rive opposée.
Nous le traversons en poussant nos vélos émus du privilège qui nous est accordé.
De l'autre côté, sur la plage de sable l'accueil touristique est plus significatif. Parking pour les bus- musique-transat-boissons fraîches témoignent de l’attrait des lieux.
En quelques coups de pédales nous entrons à Mandalay, ancienne capitale du pays Shan et deuxième ville du pays. Nous traversons le quartier des batteurs où raisonnent les coups de masse qui façonnent les feuilles d'or qui recouvriront les temples puis celui des sculpteurs où la poussières blanche envahit les trottoirs et les rues, d'énormes Bouddhas de marbre blanc s'empilent sur le bord de la route .
Nous empruntons la 84th avenue où un rabatteur nous propose de nous conduire à un hôtel sur la 26th rue. L'accueil y est chaleureux, le prix intéressant, nous nous installons à l’ « Ethotel ».
Après le repas du soir pris dans une échoppe du quartier, en regagnant notre hôtel nous sommes intrigués par l'activité d'un jeune birman de 25 ans et de son petit frère de 10 ans. Ils fabriquent des tongs à même le trottoir, assis en tailleur. L'ainé enduit de colle néoprène et à pleines mains une semelle de sandale préalablement habillée sur une face par un tissu velouteux. Après séchage sur une clayette il appose une bande de caoutchouc qu’il presse fortement, puis après avoir contrecollé une centaine de paires, il chantourne avec une lame de couteau plantée verticalement dans un rondin de teck l'excédent de caoutchouc sans abîmer ni tâcher le velours. A notre question visant à savoir combien il vend ces tongs, il répond- mille deux cent kyats soit un euros.
Vendredi 7 Fevrier
Visite de Mandalay puis Mandalay -Thazi en train.
Nous avons lu que s'il est un endroit inévitable à Mandalay, c'est à coup sur le marché du jade, haut lieu du négoce de pierres semi-précieuses par la communauté chinoise. Annoncé dans les guides sur la 87th avenue. On l'a cherché, on ne l'a jamais trouvé.
Nous partons maintenant visiter un des ouvrages essentiels en Birmanie, une pagode. Nous avons choisi la pagode Eindawya située elle aussi dans la 87 th rue en face d'une ruelle bondée d'échoppes religieuses, nous en profitons pour acheter un drapeau bouddhique, qui a la particularité de répéter le couleurs bleu, jaune, rouge , blanc et violet, une fois à l'horizontale et une fois à la verticale.
Cette pagode est peu visitée et offre donc la possibilité de profiter des lieux en toute quiétude, la prise de photo est de ce fait facilitée.
Elle abrite un très beau bâtiment sur son aile droite destinée à la célébration de mariage religieux.
Puis nous enfourchons nos vélos pour se diriger vers le Grand Palais que nous abordons par son accès ouest, celui-ci est interdit aux étrangers et les militaires nous invitent à contourner les remparts pour se présenter par l'accès est.
Le Grand palais est entouré d'une fortification et de douves, celles- ci sont très larges, peut-être 70 mètres. Nous longeons les douves jusqu'au pied de la colline de Mandalay. Un pont enjambe les douves à proximité du poste militaire de contrôle. Il faut s’acquitter d'une taxe de visite de 10 USD par personne. La voie d'accès traverse l'épais mur d'enceinte que l’on franchit en poussant son deux-roues, puis une longue allée traverse les pelouses jusqu'au portail d'entrée.
Le palais impressionnant par son ampleur. Plus de 40 bâtiments en bois que l 'on choisit d'admirer depuis la tour de guet en grimpant un étrange escalier en spirale puis nous nous rendons a la salle du trône et sa superbe structure pyramidale en filigrane d'or et enfin au musée culturel qui expose les tuniques et le lit à baldaquin du roi Thibaw.
La colline est surmontée d'un temple dominant la plaine et le Grand Palais, la vue est imprenable. Nous abordons la montée par l'escalier d'accès situé au sud-est. Cet escalier qui compte près de 500 marches est couvert sur toute sa longueur et traverse plusieurs temples avant d'arriver au sommet où l'on peut admirer une immense statue de bouddhas debout, bras tendu vers la ville, posture représentative extrêmement rare. Nous redescendons par le même escalier afin de récupérer nos chaussures et nos vélos laissés au pied de la colline.
Pour respecter notre programme nous devons quitter Mandalay ce soir pour Thazi distant de 150 km. Pour cela nous prenons un billet de train.
Thazi n' a pas d’intérêt particulier sauf qu'elle est une ville étape obligatoire lorsqu'on se rend au lac Inlé au départ de Mandalay.
Les vélos sont délicatement chargés par le personnel en même temps des balles de cellophane, et de nombreux cartons. Les fauteuils quelque peu vétustes sont recouverts d’un tissu vert, l'assise est un peu molle, les reposes pieds effondrés et les accoudoirs avachis, mais le confort est suffisant si on le compare aux banquettes en bois de classe ordinaire. Le train prend de la vitesse et les passagers sont ballottés comme on peut l'être dans un 2cv sur une piste africaine.
Les vendeurs de boissons, biscuits, fruits, cigarettes se succèdent puis un employé de la société des chemins de fer passe prendre les commandes pour le repas. Une quinzaine de minutes plus tard il nous apporte dans des boîtes isothermes du riz frit et un œuf au plat.
Vers 20 heures, nous sommes sur le quai de la gare de Thazi. Il fait nuit noire. Frontale sur le casque nous quittons la gare en direction du centre-ville. Face au premier carrefour on aperçoit l'enseigne de Moon Light Guesthouse.
Samedi 7 Février.
Thazi-Ye young ma. 81 km à vélo. + 1000 m-
Nous quittons Thazi à 7h00 par la route qui conduit au lac Inlé. La température est fraîche et le pédalage est facile malgré un revêtement de chaussée très bosselé.
Après 20 km nous faisons halte devant une carrière de concassage, il y en a beaucoup le long de la route. Au loin on devine les carrières d'extraction à flanc de montagne. Les blocs sont transportés par camion jusqu'à ces micro-ateliers de concassage. L’organisation du travail est simple, les jeunes garçons trient les blocs à mains nues et les chargent dans un concasseur à la force des reins et des biceps, il en ressort en contrebas des gravillons de différentes granulométries qui sont "grillés" et triés par des femmes visages protégés de la poussière par un foulard. Des différents tas sont ainsi créés rechargés sur des petits camions seau après seau. Tout cela dans un vacarme assourdissant, une poussière omniprésente et sous un soleil brûlant.
Nous poursuivons notre route, croisons de nombreuses charrettes tirées par des bœufs se rendant aux champs. La circulation est faible en cette heure matinale mais à l'intersection avec la route venant Yangoun de nombreux camions font leur apparition. Extrêmement bruyants, polluants, mais courtois, ils ralentissent et s'écartent largement lorsqu'ils passent à notre hauteur.
Nous faisons une pause vers 13h30 dans une cantine en bordure de route fréquentée par les routiers. L'accueil est des plus chaleureux, on propose même à Jean-Jacques un peu blême de s'allonger dans la maison.
La pente se relève, les virages s’enchaînent, nous prenons de l’altitude, les km défilent et la fatigue se fait sentir. Le paysage sur la plaine apparaît, la végétation de plus en plus dense, bananiers, tecks, hévéas ombragent la route.
Nous sommes à 950 m d'altitude, Nous traversons la bourgade de Ye Yaung Ma, au bord de la route se trouve une succession de maisons de bois et de bambou, à la sortie sur notre droite le portail d'accès à un temple est ouvert, nous pénétrons dans la cour pour demander l'hospitalité pour la nuit, les chiens hurlent, un moine sort, descend les marches du temple. Patricia négocie, c'est d'accord nous passerons la nuit aux pieds de Bouddha.
Dimanche 8 février.
Ye yuong ma- Maing thauk (Lac Inlé ) 85 km .
Les camions ont commencé leur ballet très tôt ce matin et au hurlement des moteurs on a vite compris que l'ascension n'est pas terminée. Nous reprenons notre montée à la fraîche, le soleil se lève à peine sur le massif forestier.
En 1 heure nous voici à Kalow, 400 m plus haut. Nous y faisons une pause petit déjeuner. Kalow est une petite ville connue pour ses départs de trek, elle est aussi une ville étape pour les routiers en transit sur la "high land road". Traversée par une rue principale divisée par un terre-plein central borduré de rouge et de blanc, les hôtels y sont nombreux. A la sortie de Kalow, des drapeaux aux couleurs bouddhiques flottent en haut de mâts, des femmes font l'aumône en agitant des écuelles en fer blanc. Les quelques pièces qu''elles contiennent font un bruit de crisette. Un automobiliste ralenti et jette par la fenêtre un billet de 1000 kyats.
La route descend et ne tarde pas à s'élever à nouveau pour franchir le col à 1350 m. Nous basculons vers Aungban à travers une pinède pins sylvestres. Dans la plaine la route s'élargie puis apparaît une barrière de péage doublée de ponts bascules. Les véhicules payent une redevance en fonction de leur poids, les recettes sont destinées à la création d'une voie express. Bien sûr les vélos en sont dispensés.
Au 20 éme kilomètre, une petite piste de terre rouge se perd dans le paysage sous les yeux d'une immense statue de bouddha debout face à la plaine, sur le mamelon derrière lui s'élève un temple à la pointe dorée.
Nous consultons la carte et notre position et concluons que cette piste se dirige vers le lac Inlé. Nous nous y engageons.
La piste zigzague dans la végétation aride, monte et descend au gré des ravines, s'approche de stupas puis s'en éloigne jusqu'à une zone boisée de bambou d'une bonne dizaine de mètres de haut qui ombrage un village Shan. Le temps semble s'être arrêté ici. Les chars sont tirés par des bœufs, pas de lampadaire, pas de poteaux électriques, même pas de panneaux solaires. Tout ce qui existe ici est tiré de la forêt. Nous nous arrêtons quelques instants pour savourer ce moment.
En quittant la bourgade nous tombons sur une très large piste en construction qui s'oriente vers la route goudronnée située à une dizaine de kilomètre. Nul doute que ce village est voué à la modernisation. Nous laissons cette piste derrière nous pour nous orienter plein est en direction du lac. Nos rencontres aux abords du village se résument à quelques jeunes moines et 3 ou 4 chars à bœufs se rendant au champ. Nous traversons des champs de céréales moissonnées, la piste est roulante et facilite le pédalage et favorise notre vitesse. Nos sacoches sont torturées, ballottent, frappent violement les portes bagages.
Plus loin sous un immense arbre qui baigne ses racines dans un trou humide, des hommes se reposent de leurs efforts. Ils viennent on ne sait d'où et vont probablement au village que nous venons de quitter. Suspendu à un balancier est placé une centaine de plateau en osiers soupesant près de 50 kg. Incroyable à la vue de leur petit gabarit.
Nous longeons une marre d'eau où un groupe d'homme charge la benne d’un camion, seau à seau. L'intérieur de la benne est recouvert d'une bâche de polyéthylène qui en assure son étanchéité.
Puis nous arrivons à un autre village blotti aux pieds de deux collinettes. Le compas nous indique la direction du lac derrière ce village. Il doit y avoir un passage entre les deux mamelons. La piste accède à un temple puis se réduit à un simple chemin piéton montant dans une forêt. Le chemin passe un col et un plateau cultivé puis bascule côté est au travers d'une épaisse végétation. Nous stoppons sur un replat pour admirer la vue embrumée sur le lac. Il est là, 8 km plus bas, entouré par ses montagnes noires.
Il nous reste à dévaler 300 m de dénivelée. Un grand moment de vélo, nous n'avons jamais roulé aussi vite en tout terrain avec 15 kg dans des sacoches.
La plaine est vouée à l'exploitation de la canne à sucre.
Nous remarquons derrière une haie de grand arbre un hangar duquel une haute cheminée crache une fumée noire. Le bruit d'un moteur nous attire. C'est un atelier d'extraction du jus de canne et de fabrication de sucre. Une exploitation familiale.
Un four horizontal en brique de 6 mètres de long, supportent 6 marmites fabriquées à partir de fûts métalliques disposées en escalier. Une femme alimente le feu avec la mélasse tandis que deux jeunes garçons broient la canne entre deux rouleaux métalliques entraînés par un moteur.
Le père transvase en fonction de la cuisson le jus de canne en ébullition d'un récipient à un autre jusqu'à écrémer avec une passoire la surface de la plus grande et déposer la crème dans un bac. Le contenu de ce bac est ensuite malaxé, refroidi et étendu sur des nattes végétales. Une fois sèche, la pâte s'est transformée en sucre de canne pur.
Nous enfourchons nos vélos et traversons les champs de cannes coupées pour retrouver une petite route goudronnée. Nous la suivons vers le sud pendant 1 km puis bifurquons sur une belle piste de terre rouge qui s'éloigne vers une cocoteraie. La rives du lac ne doit pas être très loin. En quelques coups de pédale, et dans un décor paradisiaque où le vert des champs flirte avec le bleu du ciel, où les squelettes des pilotis projettent leurs ombres sur l'eau noire du lac nous voici rendu au bout du chemin. La piste se termine devant une maison en bambous surplombant un canal peu profond dans lequel deux pirogues en cours de chargement se préparent au départ. Une troisième se balance doucement dans un bras d'eau sous les yeux étonnés du piroguier.
“Mingalar!“, Can you transport us to a guesthouse? Please.
La conversation va durer une bonne demi-heure avant que nous nous mettions d'accord sur la destination et le prix.
Nous embarquons sur la grand pirogue propulsée par un énorme moteur d'engin agricole, les berges verdoyantes du canal défilent à grande vitesse, nous traversons un village sur pilotis, glissons sous des passerelles de bois avant de ralentir pour fendre le matelas de nénuphars qui marque la limite avec les eaux du lac. Le piroguier agît sur le gouvernail pour orienter la prou de son bateau vers le nord - est en direction de Nyaug shwe. Nous faisons une courte pose au village lacustre qui abrite une pagode flottante, juste le temps de traverser la salle des prières, et nous reprenons le large sous le vacarme du «4 temps à explosion ».
Le soleil descend lentement sur les crêtes des montagnes offrant une nouvelles profondeur à l'horizon. Les arbres et les maisons jouent aux ombres chinoises, le ballet des pêcheurs Inthas naviguant avec leur rame enroulée à leur jambe offre un spectacle étonnant. Les deux mains libérées, ils manient avec aisance le filet.
La masse du « Inlé Ressort » se découpe sur la rive, le piroguier vise la passe marquée par 2 drapeaux jaunes perchés sur de grands bambous qui permet de pénétrer dans un plan d’eau paisible. Nous accostons au luxueux ponton en teck accueillis par un employé en costume. Celui-ci nous accompagne à travers les allées, les massifs de fleurs et de roseaux jusqu' au portique de sortie.
Maing Taunk est une bourgade délaissée de la dynamique Nuang Shew, plateforme tournante du tourisme du lac mais à conserver son authenticité. Les chars à bœufs traversent les rues. Les gargotes traditionnelles, véritables sources de revenu familial, entretiennent une ambiance chaleureuse.
Après une bière et une salade de tomate des jardins flottants, nous franchissons le portail d'une pagode toute proche pour demander l'asile.
Alors que JJ s'aventure dans la grande salle éclairée, Pat et Gérard pousse la porte du foyer des moines pour dialoguer. Malentendu, incompréhension et l'un perd les autres et vice versa. Les alentours d'une pagode ne sont pas bien grands mais suffisant pour s'y perdre. Bref, chacun ira chercher avec succès refuge chez l’habitant.
Comme il est de bonne pratique de se retrouver à l'endroit qu'on s'est perdu, il fût aisé de prendre le petit déjeuner tous ensemble le lendemain à 8h.
Lundi 9 Fevrier
Maing thauk - Shwe Nyaung (Lac Inlé ) 45 km
Nous remontons vers le nord en direction de Nyaung Shew situé à la pointe septentrionale du lac au bout d'un long canal et entouré de rizières, un pont enjambe le canal au-dessus des pirogues multi colores. Nous embarquons sur l'une d'elle pour une visite des villages lacustres et des jardins flottant.
Le piroguier nous conduit aussi à une très belle manufacture familiale de soie et à une autre d’artisanat de bijou en argent jouxtant une fabrique de "chéroots". Les visites furent agréables et très intéressantes. Un nouveau spectacle nous est offert par les pécheurs inthas.
Nous récupérons nos vélos pour rejoindre Shew Nyaung avant la nuit. Afin d’éviter la grande route directe et trop fréquentée, nous empruntons une petite route passant par Paung Pane. Nous ne croisons que 3 chars à bœufs , quelques touristes à bicyclette et une troupe de .....détenus. Habillé de tunique bleu, marchant au pas rapide et encadré par deux militaires en treillis, le groupe longe le bas-côté de la route. A notre geste reflex de touriste avide de clicher, un militaire écarquille ses paupières et agite son doigt de droite à gauche pour nous interdire de photographier.
Vers 18h15, alors que le soleil commence à poindre, nous passons le portique d'une pagode située sur la route du lac. Au bout de l’allée, un vieux triporteur expire ses derniers jours sous une tonnelle de toile.
Après une longue hésitation, le moine accepte de nous héberger à condition que nous respections un départ très matinal. La salle des prières nous est ouverte.
Nous passons une nouvelle nuit aux pieds de bouddha.
Mardi 11 février
Shew yaung-Thazi. 155 km en train.
En dix minutes nous sommes à la gare de Shew yaung. A notre arrivée le train est déjà à quai. Il n’y apas de wagon de marchandise, ce qui nous oblige à placer nos vélos entre les fauteuils de la voiture Nous voyageons en «hight class » pour 3000 Kyatts ( 3 Euros).
La locomotive diésel emmène ses quatre wagons en crachant un énorme panache de fumée. Après un arrêt à Heho, le train prend de l'altitude. Il peine à gravir les flancs de la montagne, obligé d’effectuer un tour complet en se retournant sur lui-même comme un chat qui se mort la queue.
Le paysage des plateaux d'altitude apparait avec ses grands champs de labour et ses haies jaunies par le soleil. Ici la terre se travaille encore avec une herse tirée par des bœufs.
La végétation envahie la voie et les branches des arbres viennent fréquemment fouetter les parois des voitures. Il est périlleux de passer la tête par les fenêtres. De temps à autre un employé du train installé entre la motrice et le wagon de tête, penché à l'extérieur tranche avec un coupe-coupe les branches trop agressives.
À Augban, quelques paysans se rendant au marché embarquent chargés de paniers remplis de légumes, de gros ballots de tabac et de sacs de pommes de terre qui prennent place à côté du vélo de Patricia. Puis nouvel arrêt à la gare de Kalow grouillant de monde. Un étonnant spectacle nous est offert par les vendeurs en tout genre, épis de maïs, beignets de courgette, noix de coco, riz frit sont proposés aux voyageurs, négociés par les vitres ouvertes. Sous la structure métallique de l’auvent la foule est impatiente. Elle se précipite vers les portes du train, les places sont devenues rares et il faut jouer des coudes pour espérer pouvoir s'assoir par terre. La façade du bâtiment principal ornée de colombages témoigne de la présence au siècle dernier de la colonisation anglaise.
Puis le train traverse l'agglomération de petite maison, point culminant du parcours à 1350 m d’altitude et entame maintenant une longue descente vers la plaine de Meiktila.
La voie de chemin de fer pénètre maintenant une jungle intense dévastée par endroit par la sur exploitation du teck et la pratique du brûlis. Le panorama sur les profondes vallées verdoyantes est saisissant. De temps à autre le train stoppe au milieu de nulle part non loin de maisons des peuples Padaung.
Le train descend doucement, sa vitesse n’excède pas 20 km/heure. Autant dire que nous avons tout loisir pour admirer le paysage.
Le train ballote dans tous les sens au gré des jonctions des rails, les volets métalliques à guillotine maintenus par des petits loqueteaux menacent de se décrocher à chaque soubresaut.
Les wagons de l’ « ordinary class » débordent de monde , impliquant les voyageurs à s' installer dans les couloirs des autres voitures.
Au environ de Khweyot, le convoi stoppe à nouveau en pleine côte, s'immobilise quelques minutes puis repart en marche arrière. Le chauffeur serait-il descendu sans serrer correctement le frein ? Il s’agit en fait d'une manœuvre visant à effectuer un changement de direction dans un endroit où former une courbe est impossible en raison de la pente importante du terrain. Une centaine de mettre plus bas, un aiguillage renvoie le train dans la bonne direction.
A chaque gare, il est possible d'acheter à manger. Les victuailles sont emballées dans des boites en polystyrène, des sacs en plastique ou en papiers. Tous ces emballages se retrouvent au bord des voies.
Le train traverse la grande plaine, flirtant avec les rizières asséchées en cette saison. Il peut enfin prendre de la vitesse et franchît péniblement le seuil des 30 kilomètres par heure.
A l’horizon les carrières d'extraction cicatrisent la montagne, nous approchons de Thazi. Le train entre en gare après dix heures et demie de voyage.
Le soleil se couche à la verticale.
Mercredi 12 février
Thazi- Pagan 155 km à vélo, 35 km en taxi brousse.
Il n’y a pas de bus ce matin contrairement à ce que la patronne de la guest-house nous a annoncé, alors nous quittons Thazi à vélo vers 5h00 pour une très longue étape. Le jour n'est pas encore levé. Il est agréable de rouler à la fraiche à cette heure matinale quand la circulation est presque nulle.
Nous atteignons Meithkila à 7h15. Le stupa bâti sur l'ile reliée à la berge par une passerelle se reflète sur l'eau noire du lac et la grande pagode Phaung Daw, en forme de barge dont la prou représente un oiseau de la mythologie birmane, le karaweik, sort de la pénombre et semble se détacher du quai.
Nous poursuivons la route en direction de Bagan. Le faux plat succède à la plaine et permet d'atteindre à mi-parcours le point culminant de la journée à 600m d’altitude. D’innombrables "sikharas " percent le ciel au-dessus des arbres puis à l'horizon survient la masse sombre du mont Popa perché sur un volcan haut de 1500 métres couvert d’une épaisse forêt.
Apres 110 km, saturés de bitume nous cédons à la tentation d'emprunter le chemin longeant un canal ombragé dans l'espoir de retrouver la route une dizaine de kilomètres plus loin. L'imprécision de notre carte et les recommandations d’autochtones nous obligent à rebrousser chemin alourdissant la distance de 15km.
Nous sommes le 12 février, jour de la fête de l’Union, nous croisons de nombreux camions surchargés de birmans agitant le drapeau du partie de la démocratie de Aung Saan Suu Kuy .
Au bout de 128 km, nous commençons à douter de pouvoir rejoindre Bagan avant la nuit. Nous décidons d'arrêter un camion taxi afin qu'il nous dépose à Taungzin situé à 25km de Bagan.
A Taungzin il n'y a pas de guest-house. Sur place nous rencontrons l’instituteur du village qui a la gentillesse d'accepter de nous héberger. Il nous conduit chez lui, nous présente sa famille puis appelle le responsable de la "town ship" afin d’obtenir son avis sur notre venue.
L'agent de la « Town ship » se présente, discute avec notre hôte puis téléphone à son chef pour solliciter son accord. Celui-ci arrive instamment. Il nous explique qu'il est impossible de rester chez l’instituteur et utilise son téléphone pour contacter un taxi qui nous conduira gracieusement à Bagan.
Nous prenons conscience de notre maladresse et ne voulant causer de tort à personne , nous remercions tout ce beau monde pour leur courtoisie et regagnons Bagan à la force des mollets et à la lumière de nos frontales.
Nous trouvons asile à la très sympathique Guest-house « Diamond Lion » à l'entrée de la ville.
Jeudi 13 Février. Visite de Bagan
Au petit matin nous partons visiter le site touristique et archéologique à vélo. Nous faisons la rencontre de Zin Moe Thu, un jeune birman de 16 ans, dégourdi et sympathique. Nous lui demandons de nous guider dans ce labyrinthe et sans se faire prier emprunte le vélo de son oncle et nous amène dans le cadre exceptionnel de la plaine de Bagan sillonnée de sentiers que certains préfèrent découvrir en calèche. Le temple Phya That gyi est de taille impressionnante, on y accède par la grande chapelle sous le regard d'un immense bouddha blanc. De la terrasse, nous découvrons des pagodes à perte de vue parsemées dans une luxuriante végétation
Nous partons maintenant à la découverte des fresques du temple de Sulami, des quatre Bouddhas du temple de Ananda et l’incroyable temple de Dhammayangiy. Fascinant peuple birman qui a su entretenir et reconstruire ces chefs d'œuvre pendant des siècles. Normal quand on sait que restaurer un lieu religieux mérite le kutho et favorise la vénérable incarnation. Un temple en ruine est une offense.
Puis Momo, c'est ainsi qu'il souhaite se faire appeler, nous conduit à la pagode Bupaya qui offre un panorama ouvert sur le YARYEARWADDI.
De concert nous reconnaissons sans concession que Bagan mérite son inscription future au patrimoine mondiale de l'Unesco. Bagan est aussi un site archéologique hors du commun où la vie spirituelle ne s'est jamais arrêtée, où le culte de Bouddha perdure.
L'heure du coucher de soleil approche et Patricia aime les teintes fraiches de l’aurore dorées par le soleil couchant qui passent rapidement à l'orange mangué . Elle ne veut surtout pas rater ce spectacle point d'orgue de cette visite alors elle repart avec Jean jacques se poster en haut d'une butte pendant que le soleil vient flirter avec les flèches de la pagode de Thatbyinnyu.
Vendredi 14 février
Bagan- Magway. 85 km à vélo, 25 km en taxi brousse, 72 Km en pick up escorté
Nous quittons la guest house « Diamond lion » vers 8h00. Les touristes sont aussi en selle pour visiter le site exceptionnel entouré de champs de culture où les paysans labourent à l’aide d’un char tiré par deux buffles.
Le soleil est bas et les brumes qui envahissent le paysage dégagent une ambiance paisible.
La route traverse de grand champ de labour, plate mais très chaotique en raison de sa conception. Le revêtement des routes Birmanes est essentiellement fabriqué avec du béton de bitume, c'est un mélange de grossier gravier et de goudron étalé manuellement et compacté à la « dame » ce qui laisse une surface très irrégulière et traumatisante pour le séant des cycliste au long court.
Les palmiers rôniers animent le paysage.
Au passage d'un pont sur un affluent de l’Yaryearwadi, à la sortie de Singu, nous croisons Mélissa, une belle espagnole. Sacoches solidement accrochées au porte bagage de son vélo, petit cuissard de triathlète et débardeurs à bretelle, elle nous explique son périple qu'elle a entrepris à Bangkok. Elle voyage seule et se rend à Bagan. Nous échangeons nos mails.
Nous arrivons dans une zone verdoyante non loin du cours de l’Yaryaerwadi. Il fait plus frais. Le thermomètre n'est qu’à 35 degrés Nous traversons un guet asséché par un passage bétonné bordé de bittes rouges et blanches marquant les limites de la chaussée lors de crue.
Puis la route s'élève doucement dans un massif de collinette désertique où seuls les petits derricks de pompage gesticulent harmonieusement au rythme d'un battement cardiaque.
La poussière des chantiers de construction des ponts et le bruit des engins envahissent les petits vallons que traverse la route.
Nous arrivons à Chauk au bout de 45 km, ville à l'image de toutes celles que nous avons vu.
Il faut changer de rive et passer à l'est du fleuve, pour cela un pont à structure métallique enjambe le lit de l'Yaryearwadi dominant l'immense plan d'eau sur lequel un bateau de croisière navigue lentement à contre-courant vers Mandalay.
Nous voilà à Seikpuy, délaissé et excentré des axes routiers. Seikpuy est pour nous le point de passage obligé pour descendre vers Minbu où nous envisageons de prendre un bus pour aller au bord du golfe du Bengale.
Il est l'heure de se restaurer et la température passe la barre des 40 degrés. Nous cédons sans résistance à la tentation d'un abri de fortune sous lequel une cantine propose un bol de riz à l'ombre de grands eucalyptus. Pour moins d’un euro, sieste sur une chaise longue en bambou comprise, nous voilà requinqués.
La route file vers le sud dans le lit fertile du fleuve. Les champs sont verdoyants. Les chars à bœufs sont chargés de légumes en tout genre. De vieux camions Talan croulant sous des tonnes de sacs d'oignons remontent vers Chaux .
La route est ombragée et étroite. Nous assistons à chaque traversée de bourgade à des scènes uniques de la vie: Forgerons, bucherons , cuisinières ...exercent leurs travails peu lucratifs avec passion et assiduité.
Ta-nuaug offre ses bananes et ses petits fruits rouges.
Gérard nous crois devant lui et accélère le pédalage pour nous rattraper, il s'éloigne sous le tunnel de tilleul. Nous le retrouvons 5 Km plus loin sous une tonnelle de palme.
Il est 16h30, l'heure de chercher un refuge pour la nuit. La pagode perchée sur la colline ne peux nous accueillir, alors nous reprenons la route vers Salin. Pas très longtemps car Gérard crève de la route arrière au moment où un taxi brousse nous double. JJ s'égosille pour intercepter le véhicule qui s'éloigne déjà mais l'apprenti accroché sur la plateforme arrière fait stopper le vieux camion. Nous chargeons nos vélos sur la galerie, Patricia s'installe sur les sacs d'oignons, Gérard et Jj sur la galerie.
Le taxi ébranle sa carcasse puis démarre poussivement dans le silence....il est propulsé à l'hydrogène ce qui lui confrère un confort relatif. Une batterie de bombes est sanglée derrière la cabine du chauffeur.
De là-haut le coucher du soleil sur les rizières et la palmeraie est superbe. Nous franchissons un très long pont métallique dont la voie de roulage est en teck. Les planches chantent à tour de rôle sous les roues du véhicule, suivi par une file de motos zigzaguant entre les fentes des planches. Nous arrivons à Sin Byu Gyun. Les gros sacs d'oignons et de ngiokman sont déchargés devant une boutique. Le voyage se poursuit sans encombre jusqu’à Salin.
En ce lendemain de fêtes les animations en ville se poursuivent et la musique grésillante est présente à chaque coin de rue. Le taxi brousse stop devant un établissement disposant de quelques chambres.
Il semble que le patron soit déjà au courant de notre venue.
Il n'y a plus de chambre disponible à la guest-house de Salin et pas d’autre hébergement semble-t-il dans un rayon de 60 km. Comme le veut la réglementation birmane, le patron a prévenu la « Town ship ». L’officier est déjà là et cherche une solution pour nous loger.
Aucune possibilité sur place étant envisageable, il décide de nous rapatrier vers Minbu. Pour cela il fait venir pick-up, charge avec ses hommes nous vélos à l'intérieur et nous informe que nous devons quitter Salin immédiatement. Il est 19h30, le 4X4 démarre avec un policier à son bord, nos vélos solidement attachés et nous trois allongés dans la benne. Il fait nuit, il fait frais, la route est défoncée, on se fait secouer mais on trouve cela marrant. La petite ville de Pwintbuy marque la limite du district et de compétence de la « Town ship » de Salin. Nous sommes donc priés de descendre du pick-up et de remonter dans un autre. Le policier du district de Salin transmet le dossier à celui du district de Nyangan qui nous demande de confirmer notre volonté d'aller à Minbu et nous voilà repartis. La benne de ce pick-up est recouverte d'un matelas plastifié qui nous procure un confort appréciable. Bonnets sur nos têtes, emmitouflés dans nos coupe-vent, nous nous endormons quelques instants. Nous voici à Mimbu, à 60 km de Salin. Nouveau problème, il n'y a pas de guest-house à Minbu ou du moins le chauffeur du pick-up n'en connait pas. Il nous propose alors de rejoindre Magway à 12km, de l'autre côté du Yaryearwady. On n’est pas à ça prêt. Le pick-up emprunte le grand pont métallique et rejoint l'autre rive en une dizaine de minute. Le véhicule stoppe devant la façade éclairée de Rolex Guest-house, il est 23 heures.
Ouf, il reste une chambre de libre avec quatre lits pour 15 000 kyats par personne. On s'installe.
Patricia, malade n'a qu'une préoccupation, se coucher, alors Gérard et JJ envisagent de sortir manger un plat de riz. Dans le hall de l'hôtel, une jeune fille, sac sur le dos est en train de s'expliquer avec le patron et deux autres personnes. Nous ne comprenons pas très bien le sujet de leur conversation mais nous saisissons que cette jeune et jolie personne est embarrassée.
JJ intervient. Elle vient de se faire déposer par un bus et son « chaperon » ne la lâche pas temps qu'elle n'a pas trouvé une chambre. Son chaperon est un employé de la compagnie d'autobus.
Nous lui proposons de prendre le lit libre de notre chambre.
Samedi 15 février
Magway-Ann 157 km en mini-bus.
Patricia est au plus mal ce matin. Une infection des voies respiratoires doublée de température met à plat sa condition physique pourtant hors du commun. Il n’est pas question de rouler à vélo, le profil de l’étape du jour longue de 140 km ressemble à sa courbe de température…. Il faut passer un col à 1300 m avec des portions de route à 14%.
La solution du bus s’impose.
Nous quittons « Padine station » située sur Pwi Taw Thar Road à 14h00, les trois vélos sur le toit du Toyota. Nous faisons une première halte à la gare routière de Minbu puis le minibus s’enfonce dans la végétation sur une petite route sinueuse. Le chauffeur est un malade du klaxon et appuie à chaque courbe longuement sur l’avertisseur sonore, ça devient insupportable.
La route se contorsionne sur elle-même, s’élève doucement jusqu’à un raidillon marqué sur le bas-côté par un stupa. Le véhicule stoppe, le chauffeur descend avec quelques bâtons d’encens à la main et se dirige vers Bouddha. Il dépose un billet dans l’urne et allume les bâtonnets en s’inclinant à plusieurs reprises, les mains jointes contre la poitrine. Rituel des routiers avant le passage d’un col.
Le minibus est en surcharge, il peine à gravir la pente. La route domine la forêt puis entrouvre l’horizon du golfe du Bengale.
La descente est toute aussi vertigineuse, les freins chauffent et dégagent une odeur peu rassurante.
Nous atteignons Ann à 22h30 après 155 kilomètres et 8 heures de voyage. Un villageois nous conduit jusqu’à « Billionnaire guest-house », il s’occupe gentiment des démarches avec les autorités locales.
Les chambres sont crasseuses mais l’accueil est chaleureux.
Dimanche 15 février
Ann-Taungup 75 km à vélo, 70 km en camion.
La brune est tombée sur Ann. Un lourd silence donne une ambiance mystérieuse à cette bourgade. Nous ne l'avons pas vu en arrivant de nuit, nous ne la voyons pas ce matin dans le brouillard.
Nous demandons notre route à plusieurs reprises avant de trouver la direction de Thandwe.
La route est étroite et capricieuse, elle serpente agilement entre les collinettes qu'elle gravit parfois sans détours. La brume se disperse vers 8h00 pour céder sa place au soleil. Une magnifique vue sur la jungle apparaît alors.
Patricia n'est pas au mieux ce matin et le profil accidenté de la route présentant des pentes de plus de 12% présage une journée difficile. Nous sommes à la peine.
Au 18 me kilomètre, au pied d'une longue descente un pont permet de franchir la rivière et nous conduit au village de Sakanmaw. Trois poules en débattent avec un serpent au milieu de la route. Le reptile n'a pas le dernier mot. Une maison traditionnelle est en construction devant une ingénieuse installation facilitant le creusement d'un puits. Une grue à balancier en bambou de 6 mètres de haut permet d'extraire du trou les lourdes charges de terre que deux jeunes, armés de pic et de pelle, amoncellent.
Nous sommes dans l’état Arakan une subdivision du Myanmar. La jungle est partout, parfois arasée pour laisser place à des cultures, parfois verdoyante recouvrant les villages de tribus ancestrales. La tradition est intacte, les cases sur pilotis sont entièrement en bambous et couvertes de feuilles de bananier.
Nous traversons de nombreux chantiers d'entretien de la chaussée exécutés par les femmes, les bas cotés sont empierrés minutieusement avant de recevoir une couche de latérite rouge, plus loin les anciens ponts de bois sont remplacés par de gros ouvrages en béton offrant deux voies de circulation. Des pelles mécaniques élargissent les virages et des poteaux supports de réseaux électriques sont acheminés par camion et disposés à intervalle régulier le long de la route.
Puis le mauvais goudron laisse sa place à une piste empierrée. Le pédalage déjà difficile devient pénible.
Pendant 10 kilomètres, nous cherchons une trajectoire favorable passant du côté droit au côté gauche ou en utilisant les traces plus roulantes laissées par les petites motos. La température atteint maintenant les 43 degrés, il est nécessaire de s'arrêter pour se protéger du soleil et pour déjeuner.
Une petite cantine nous parait agréable.
Trois quart d'heure de sieste nous ont été bénéfique.
Plus loin, un pont enjambe un plan d’eau, une file de trente moines dorés jalonnent le chemin d'accès à un temple. Au détour du virage suivant, un vieux bus et un camion de transport de troupe (celui-là même qui n'a pu nous embarquer après la pause) sont stationnés devant un grand hangar en toile. Ils sont notre dernière chance de rejoindre Taungup avant la nuit.
La négociation avec son propriétaire est rapide. Nous souhaitons utiliser le camion et son propriétaire a besoin de kyats.
Les vélos sont ligotés contre la cabine, Pat s'installe à côté du chauffeur, JJ et Gérard montent dans la benne.
Le camion s'ébranle, la boite à vitesse craque et nous voilà sur la piste caillouteuse en direction de Taungup. Nous parcourons soixante-dix kilomètres de route défoncée souvent poussiéreuse dans le vacarme des vibrations des ridelles en aciers.
La piste passe en crête d'un massif et offre un coucher de soleil à travers le feuillage des grands arbres de la jungle.
Chaque franchissement de pont oblige le chauffeur à ralentir, à enclencher la boite à vitesse pour franchir le seuil de la dalle avant de relancer la mécanique qu'il assortie d’un double débrayage. Nous traversons Lamu puis Sabyin pour arriver enfin à la barrière d'octroi marquant l'entrée de la ville de Taungup.
La guest house est précaire, les toilettes odorantes et la douche froide mais peu importe, l'important est d'avoir atteint notre ville étape.
Lundi 16 février
Taungup-N'Gapali. 80 km à vélo.
Dès la sortie de Taungup, la route est agréable. Elle serpente en plaine contournant les rizières jaunies par le soleil. Puis la chaussée se dégrade, l'enrobé usé par le passage des camions laisse ressortir la sous couche de cailloux. Le bas-côté gagne du terrain sur la voie à tel point que deux véhicules ne peuvent se croiser sans mordre l'accotement dégageant un important nuage de poussières.
De nombreux travaux de réparation sont en cours, exécutés par de jeunes filles vêtues de Tanga, encore en âge d'aller au collège. Elles cassent les cailloux, les rangent méticuleusement un à un pointes vers le haut, puis étalent un mélange de sable et de ciment avant d'enduire au seau un bitume en ébullition. La chaleur du feu de bois mêlée aux résidus de goudron dégage une épaisse fumée noire toxique et puante. Cette fumée remplit leurs poumons d'adolescente et noircit leurs narines qui contrastent avec le blanc du Tanaka qui protège leur visage du soleil. La poussière produite par le passage à vive allure des véhicules et le soleil plombant leurs chapeaux de paille tressée parachèvent des conditions de travail moyenâgeuses.
Plus loin, le va et vient des poids lourds et le ballet des pelles mécaniques qui profilent et élargissent la route nous font comprendre que le développement des infrastructures a commencé. Cette petite route paisible laissera bientôt la place à un large ruban d'asphalte qui permettra de relier la capitale Naypyidaw à la station balnéaire de N'Gapali.
La côte du Bengale représente un énorme potentiel touristique avec ses nombreuses de plages de sable blanc bordés de cocotiers.
Nous nous approchons du littoral, l'air est plus frais et l’iode vient chatouiller nos narines.
De nombreux cours d'eau s'écoulent lentement vers le golfe du Bengale. L'intersection de ces rivières avec la route donnent naissance à des villages tous construits sur le même schéma.
Les petites maisons de bois ou de bambou sont perchées sur des pilotis afin de se prémunir des inondations et se hisser au niveau de la route. A côté, un petit port de pêche sur une grève de sable à l’aplomb du pont permet de regagner la mer en suivant le cour d’eau.
Nous franchissons la barrière de Shwehle à l'entrée du pont sur le Thade, encore 16 miles (26 km) et nous serons à Thandwe.
Nous voici dans la cocoteraie, quelques petites traverses de terre quittent le goudron, longent des haies de palmes délimitant le jardin des petites maisons et débouchent sur le sable blanc.
La plage est très large d'autant que la mer s'est retirée pour quelques heures. Les villageois s’adonnent à la collecte des coquillages.
De cossus bungalows se cachent à l'ombre des palmiers et quelques gargottes de plage se partagent les huit kilomètres de sable. A l'extrémité nord, la masse bétonnée d’un ensemble hôtelier tente de se faire oublier.
La plage de N'Gapali est un petit coin de paradis.
Nous aurions bien voulu passer la nuit les pieds sur le sable les yeux dans l'eau, mais la conception du bivouac chez le Birman est à la hauteur de son acceptation à l'hébergement.
Par respect pour nos hôtes nous prenons une chambre dans une guest-house sous les cocotiers.
Mardi 17 fevrier
N'Gapali- Kyeitali. 79 km à vélo.
Nous ne voulions pas quitter N'Gapali sans voir Andrew bay. Il faut parcourir 10 Km en longeant de nombreuses échoppes en tout genre, traverser une petite agglomération regroupée au bord d'une très belle route en béton offrant une surface parfaitement lisse, passer devant les luxueux porches d’entrée des «Resorts » noyés sous les cocotiers pour découvrir Andrew bay.
Cet endroit a conservé toute son authenticité. Au milieu de la baie, face à une plage de sable blanc bordée de cocotier flotte une multitude de bateaux de pêche qui se balancent au mouillage, les maisons des pêcheurs perchées sur des béquilles et accrochées à la falaise dominent la mer. De l’autre côté en haut d’une colline un temple abrite un bouddha bien veilleur. Tout est intact, mais ici aussi l'urbanisation est en marche, un grand mur de soutènement délimite l'emprise d'une voie de circulation démesurée.
Il faut faire vite, allez voir Andrew bay.
Nous quittons le bord de mer pour revenir à Thandwe, point de passage obligé pour descendre vers le sud de la région de l'Arakan.
Notre première halte de la journée se fait devant une terrasse ombragée en contre bas de la route d'où s'échappe une musique mélancolique. Sur la façade en natte de palme est suspendue une grande photo d’un couple endimanchée. Voilà une cérémonie de mariage. Patricia descend le petit chemin de terre pour saluer et photographier les mariés. Nous sommes immédiatement invités à se joindre à la fête. Coca-cola, sodas, gâteaux nous sont instantanément servis. Mais il faut reprendre la route, le temps presse car le voyage tire à sa fin.
Plus loin c’est le ronronnement d'un moteur et le bruit sourd du tamisage qui nous attirent dans un hangar en bordure de route. Nous entrons dans un atelier de traitement du riz. Une grosse machine entièrement en bois est secouée par une multitude de poulies, de courroies et de transmissions diverses qui activent des tamis, des godets, secouent des entonnoirs et fait subir à la graine de riz un cheminement complexe pour la séparer de sa peau.
Après le joli village de Minbuyn en bordure de canal menant à la mer, l'état de la route s'améliore considérablement, le pédalage devient plus efficace et nous en profitons pour parcourir une vingtaine de kilomètres à bonne allure.
Le compteur journalier affiche 80 km, il est environ 15 heures. L'heure où nous nous posons la question du couchage. Le dilemme quotidien revient au centre de notre débat. Doit- on poursuivre notre route jusqu'à une ville pour trouver une guest-house, ou cherche-t-on ici un hébergement plus aléatoire en quémandant asile dans une pagode ? A la vue paradisiaque des cocotiers, de la plage et de l'océan que l’on aperçoit en arrière-plan, nous sommes tous d'accord. On reste ici.
Un petit sentier descend le talus proche du pont qui franchi l’étang, longe le plan d'eau entre les bambous pour aboutir sur la grève. En quelques minutes, les vélos sont sur le sable gris d'une immense plage d'une bonne vingtaine de kilomètres de long.
Gérard est déjà dans l'eau, Patricia poursuit les crabes entre les rochers pendant que JJ se dirige vers la seule maison à l'ombre des cocotiers. Le site est merveilleux.
Sur le seuil de la petite case de 10 m² à peine, une femme écosse des tchinés, sorte de fruits en forme de gros haricots contenant 5 ou 6 noyaux enduit d'une pâte ressemblant à de la purée de coings.
Elle discute avec une amie fumant un gros chérot.
Un peu étonnées à la vue d'un touriste, elle propose rapidement l'hospitalité en tendant un tchiné.
Une conversation de sourd à l'aide des mains s'en suit. Maddyway appelle son fils d'une douzaine d'année et lui demande de monter chercher une noix de coco en témoignage de bienvenue.
Le gamin lève les yeux vers la cime des arbres pour détecter une coque mûre, s’approche d'un tronc qu’il enroule de ses petits bras et en répétant une série de poussées sur ses pieds bien en appuis sur le bois, il se retrouve rapidement à 10 m du sol. Epatant.
Il faut faire profiter du spectacle aux copains restés sur la plage. Patricia et Gérard arrivent et le petit bout de chou répète sa prestation sous nos yeux incrédules.
Du haut du cocotier, il laisse tomber 3 grosses noix vertes et glisse le long du tronc. En 4 Coups de machette il décapite une noix et nous offre le rafraichissent liquide.
De l'autre côté de la marre, sur la berge surélevée se trouve une autre maison. C'est la cantine que nous avons vu en arrivant, à côté du pont.
Nous envisageons d'aller y manger ce soir.
Nous ne pouvons résister à l'envie de planter la tente sur la plage. Nous demandons à Madyway si cela est possible. C’est sans poser de question qu'elle nous donne son accord.
Le bivouac est prêt, le bois est ramassé, nous pouvons aller manger dans la gargote. Mais pour cela il nous faut un guide pour traverser la marre sur une cinquantaine de mètres car bien que peu profonde il est nécessaire de suivre un cheminement précis pour éviter de disparaitre dans un trou d'eau ou de s'envaser jusqu’à la taille.
L’aller se fait dans la pénombre, le retour dans l'obscurité.
Nous finissons la soirée assis sur un vieil arbre refoulé par les marées devant un feu de noix de coco.
Mercredi 18 fevrier
Kyeitali- Satthwa. 79 km à vélo.
L'état de la route est toujours aussi déplorable. Les plantations d'hévéas font leurs apparitions. Juste le temps de faire quelques kilomètres et nous quittons le goudron pour nous enfiler dans une petite piste qui pénètre dans la cocoteraie. Nous sommes à la recherche d'un village de pécheurs donc nous avons aperçus les embarcations au mouillage depuis notre dernier bivouac.
La cocoteraie est habitée et maillée de pistes bordées de barricades végétales. Rapidement nous nous nous trouvons sur une belle plage de sable en partie encombrée de clayette sur lesquelles sèchent du poisson et des petits calamars. Un bateau de pêche vient de rentrer, sa prou est posée sur la grève. Un homme assis sur le sable maintient une corde en tension pendant que des jeunes gens tout en muscle, organisés par paires déchargent de lourds paniers de poissons, l'eau jusqu'à la taille. Pendu à un balancier posé sur l'épaule les paniers sont portés deux à deux jusqu’à une case où ils sont triés et préparés.
Nous sommes en plein rêve immergés dans un autre monde où la vie est organisée sur les bases de la communauté et de l'entraide. Les enfants s'amusent et gambadent sans contrainte, les femmes cuisinent au feu de bois et partagent les préparations avec qui le veux. Les paniers de poissons circulent de case en case et chacun prend la quantité qui lui convient.
Nous sommes invités au tour du feu d'une femme qui prépare du riz. Elle a le visage marqué par une dépigmentation de la peau, le tour de sa bouche est blanchi comme l'est le maquillage d’un clown. Elle passe par pudeur régulièrement sa main devant son visage. Deux hommes se joignent à nous, l'un deux tiens à la main une belle langoustine fraiche et la pose sur la braise. Les poissons, les crevettes et les calamars affluent et dégagent une odeur appétissante. Le thé nous est servi dans une chope qui tourne de bouche en bouche. Ils rient devant notre hésitation à manger la tête des poissons. Les enfants sont assis par terre au tour de nous et posent volontiers devant notre appareil photo. Ils connaissent le numérique, certains hommes portent le smart phone à la taille de leur longhi. Nous ne restons que deux heures en leur compagnie mais deux heures inoubliables.
Nous reprenons notre route en direction de Gwa. En milieu de journée la température atteint 48 degrés. Nos pneus laissent parfois leurs empruntes dans l'asphalte rendue liquide par le soleil. Patricia s'arrête pour prendre une photo, sa chaussure reste collée à la route.
La route rentre dans les terres pendant quelques kilomètres puis une frange de cocotiers apparait, nous sommes à nouveau en bordure de l'océan. Nous roulons sur une piste défoncée, nos sacoches ballottent à chaque trou au risque de se décrocher.
A mi journée nous arrivons sur une plage de sable blanc parsemée de roches noires qui immergent des eaux. La plage est immense, nous sommes presque seuls sur la plage. Un birmans vient à notre rencontre pour nous inviter chez lui. Nous dégustons une noix de coco et repartons aussi tôt.
Voilà Satthwa, posé en bordure d'une rivière que franchit un grand pont en béton, en dessous sur une pirogue un pêcheur agite sa palangrotte en quête de poisson.
A la sortie du pont, une coopérative de pêche récence ses prises et les conditionne pour la vente, les hommes et les femmes sont assis sur des tabourets de plastique, tranchent de gros thon, en retirent les arrêtes et les disposent dans des bassines de sel. Nous achetons une demie carcasse pour notre barbecue du soir.
Nous traversons une nouvelle bourgade où nous achetons des tomates et du riz déjà cuit.
Nous débouchons à l'extrémité d'une gigantesque plage masquée jusque-là par les cocotiers. La route s’éloigne du littoral par une corniche puis disparait dans la mangrove en direction de Gwa. Pour profiter encore un peu de l'océan Indien nous restons sur cette plage.
Nous nous dissimulons derrière la végétation, face à la mer et installons nos tentes qu'à la nuit tombée.
La plage est desserte, les premières habitations se situent à 500 mètres environ, seul un petit restaurant au pied de la falaise peux s'apercevoir de notre présence.
Nous pouvons allumer le feu pour cuisiner notre poisson en toute quiétude.
Les vagues bercent notre sommeil.
Jeudi 19 Février.
Satthwa- Gwa 25 km de vélo puis Gwa - Yangoon en bus 250 km.
Les mollusques dessinent des arabesques sur le sable et le soleil tarde à apparaitre au-dessus des cocotiers. Nous trainons un peu avant de plier le camp le temps d'apprécier cet endroit magique.
Les fesses ressentent les premiers symptômes liés aux heures de selle et à l'état de la route. La circulation est vraiment faible le long de la côte du golfe du Bengale, sur 25 km nous avons vu 4 voitures, 8 taxis-brousse, une dizaine de motos et 4 Trickshaws.
Nous arrivons à Gwa en fin de matinée, les maisons sont dispersées dans la palmeraie et de petits commerces bordent la route. Gwa se situe à l'embouchure d’un fleuve du même nom et on y trouve une activité de pêche et de commerce fluvial. La marée est basse ce qui nous permet de pédaler sur le sable jusqu'aux rives vaseuses et de revenir vers la ville en slalomant entre les maisons d'un village Moken, ethnie appelée aussi "gitan de la mer". Leurs maisons sur pilotis se retrouvent à plus de 2 mètres du sable laissant au sol un tas d’immondice puant.
Les jours ont défilé à vitesse grand V depuis notre arrivée au Myanmar à tel point que nous ne connaissons pas exactement la date du jour.
Nous devons regagner Yangoon avant samedi. Cette dernière étape se fera en bus. Nous prenons nos billets pour celui de 18 heures au bureau de la compagnie de Gwa.
La route parcourue de nuit est longue et pénible avec de nombreuses zones de travaux. Les kilomètres de voies non revêtues et un brouillard intense lors de la traversée de la plaine de l' Yaryearwaddy n’ont pas facilité la tâche du chauffeur. Il nous faudra huit heures pour parcourir les 280 kilomètres qui séparent Gwa de Yangoon.
A trois heures du matin, nous trouvons refuge dans la salle d'attente délabrée de la compagnie de transport à la gare routière de Yangoo. Nous attendons le levé du jour pour découvrir cette ville qui fut la capitale du pays jusqu'en 2005.
Vendredi 20 février
Visite de Yangoo.
La gare routière se situe à 25 km du centre de Yangoon, la ville est bâtie dans la plaine, la route est plate et droite, de plus les récents travaux d'aménagement ont permis de réaliser des chaussées en béton de grande qualité. Nous retrouvons avec aisance le plaisir de pédaler.
Nous choisissons l’hôtel « white house » dans la 32 éme rue, proche de la pagode de Sule Paya qui marque le centre de la partie historique de Yangoon. Dans ces quartiers populaires, musulmans, catholiques et bouddhistes viennent en harmonie. D'ailleurs sur la place de la pagode se trouvent face à face une mosquée et une église. On appelle aussi ce secteur le quartier chinois. Nous sommes le 20 février 2015, date du nouvel an chinois. Le temple situé dans Sule Pagoda road est en pleine effervescence et prépare le défilé de la dance du dragon et du lion prévue pendant 4 jours.
Notre découverte de la ville commence par la visite de la pagode Shewdagon qui signifie " dragon d'or", l'un des plus grands temple de Birmanie. Les bouddhistes s'y rendent à la tombée de la nuit pour prier ou discuter en toute liberté. Le stupa central couvert de 700 kg d'or est monumental.
Le lendemain matin nous rendons en rickshaw sur les quais du Myitmaka, l'un des deux fleuves qui arrosent Yangoon. Le cours d'eau est très boueux et un fort courant rend la navigation des "hgnets" très difficiles. Ces bateaux dont la poupe est en forme de queue d'hirondelle assurent la liaison avec Dalat, un bidon ville sur la rive opposée où vivent 200 000 personnes.
Trois bateaux de transport maritime sont en cours de chargement. Nous nous asseyons sur des chaises, au milieu du ponton utilisé par les «dockers» pour acheminer les marchandises. Les allers et venues entre les camions et le bateau sont incessants. Ces bonhommes de petit gabarit, secs comme des haricots, la peau brulée par le soleil, partiellement protégés par des tee-shirts trop grands et déchirés déchargent des sacs de riz deux à deux. Leurs jambes croulent sous la charge mais le pas est rapide. Sur le retour, ils apportent jusqu'au navire divers objets tels que chaises en plastique, sac de pommes de terre ou carton de fournitures automobiles.
Bonjour à tous!
je recherche un treck en birmanie pour 3/4jours, je ne sais pas encore où.(d'ailleurs si vous avez des itinéraires à me proposer...)
Mais nous aimerions partir à 2 sans guide. Est ce que c'est faisable en birmanie? niveau sécurité, balisage des sentiers, niveau légal aussi...
merci pour votre aide!
Bonjour a tousles forumistes
MINGALABA - Bonjour
Je reviens du MYANMAR et vous dis ALLEZ Y
je nepense qu a une chose y retourner l an prochain
c est le pays du sourire
Voyage de 28 jours aupres d une population qui a besoin de voir des touristes INDIVIDUELS qui ne passent pas par grandes agences d europe et qui ainsi ne donnent rien a qui vous savez!!!!!!!!!
ils sont heureux de nous voir, de nous aider toujours avec le sourire et la generosite, des larmes dans les yeux quand nous les quittons.
Ils souffrent bcp et si vous etesseuls ils vous parleront mais surtout ne lancez jamais la conversation
il y a des espions qui n attendent quecela pour les coffrer....
voici mon voyage en bref
yangon ne pas y rester longtemps c est dur dur
MOTHERLAND ils viennent vous chercher a l aeroport
prendre le train qui fait le tour de la ville pour 1 doll et met 3 h
c est super
on est avec les paysans
trajet aeroport ville 4000 k le jour
7000 k le matin tot
le doll a chute donc le change est moins bon
surtout ne pas changer dans la rue AUTOUR DE LA SULE PAGODA vous risquez de vous retrouver avec des billets photocopies ou le changeur disparait
changer dans le grand marche BOGYOKE= pere de la dame blanche
ils vous proposent de bons taux
CYBER en face du TRADER CYBER WORLD cela marche
ils bidouillent pour obtenir HOTMAIL... car cela ne passe pas toujours
NE JAMAIS PARLER DE LA J dans vos mails car ils sont lus
CENSURE OBLIGE
600 k l heure
PAYA SCHEWDAGON le matin magique : animation assuree
SCHWE = or
si vous le pouvez prenez les vols interieurs
les routes sont epouvantables
SURTOUT PAS MYAMAR airways
Air Bagan fonctionne bien
mandalay
PEACOCK LODGE super avec jardin et couple ADORABLE++++ ils se mettent en 4 pour vous, sont aux petits soins
ils ont un blue car a louer pour la journee
25 doll pour la voiture entre 5 h30 du matin retour 19 h
il faut aller aux alentours
U BEIN BRIDGE le matin aucun touriste avant 6 h
le soir il ya des cars et des 100000000000 de touristes
allez discuter avec des moines du monastere d amarapoura
assister au repas...???? si vous aimez le ZOO et des touristes qui prennent des photos sous le nez des 1300 moines
Une honte
certains n otent meme pas leurs chqussures tant ils sont presses d aller faire des photos sous le nez des pauvres moines
alentours
INWA et le monastere ancien en teck
un joyaux avec le master qui enseigne aux enfants des environs
le tout en voiture a cheval
RESTO NEPALI FOOD bon et pas cher
bateau MANDALAY BAGAN - 10 doll payables uniquement en doll en bon etat car ils les regardent de tres pres..... en slow boat pas plus lent que le speed et au moins vous serez avec des birmans qui partagent fruits et vos victuailles leur font plaisir
achetez des bananes et distribuez les a vosvoisins.
echanges au cours des 13 ou 14 h de trajet mais cela passe tres vite
il y a un petit bar sur le bateau pour siroter bieres ou the
BAGAN a votre arrivee vous etes delestes de 10 doll pour entretenirle site archeo.........!!!! qui est en mauvais etat depuis que l unesco en a ete chasse
no comment
Hotel KADAY ANG a new bagan tres confort avec piscine et petit dej pas loin des sites mais si vous preferez l agitation allez a NIANG U
12 doll pout 1
16 pour 2
cela parait stupide mais se plonger dans la piscine le soir
vaut le detour car on est assez fatigue en fin de journee
visite des sites a velo, charrette - 17 doll entre le lever dusoleill et le coucher
on peut y monter a 3
sans le lever de soleil 8000 k la journee depart vers 9 h
enfin a vous de voir
tous les moyens sont bons pour arpenter ce site
a pied c est trop etendu dc impossible
le ver de soleil magique
tous les horse men connaissent les bons coins
negocier mais pas trop....
MONT POPA
mauvaise route mais beaux paysages
50 doll la journee
arret en route - SALAY- pour voir une tres beau monastere en teck
SI VOUS VOULEZ AIDER UNE FAMILLE QUI A ETE EXPULSEE IL Y A 9 MOIS DE SA BOUTIQUE situee en face du musee -requisitionnee par la J et offerte au chef de la police de BAGAN :
aller manger au resto santhidar
ENTRE new et old bagan sur la route nationale
Village de MYINGABAR
dites au proprietaire que vous avez eu l adresse par sa soeur francaise
Anne
ils sont adorables++++
le fils
PYI SONE parle bien l anglais et ainsi vous l aiderez a poursuivre ses etudes
cout mensuel des cours 10 doll ce n est rien pour nous mais pour eux.....
Location du resto suite a l explusion manu militari 30 doll la encore ce n est rien pour nous mais pour la famille il faut en vendre des repas...
Ce n est qu un conseil...
A vous de voir....mais j ai fait leur connaissance grace a un couple de NANCY
Salut Amande et gernain qui m avait chargee de leur remettre des doll ceque j ai fait
et je les ai quittes les larmes aux yeux tant ils m ont prise en affection
BAGAN- LAC INLE
bus 10500 k
une epreuve qui peut durer 12 ou 14 h voire + surtout quand le pneu eclate
il vous laisse au carrefour et vous devez prendre un trikshaw encore une heure de route jusqu a nyangschwe 1000k
LAC INLE
A ne pas rater
BATEAU :
locationtoute la journee 10 a 13 doll a paartager
le soir seulement entre 3000 et 4000 K a partager
si vous voulez faire un treck un conseil :
faites le de NIANGSCHWE vous ne rencontrerez pas de touristes
de KALAW tous les trecks en partent.... et il y a bcp de monde
NIANGSCHWE :
guest house AQUQUARIUS mais toujours plein et que des resas par tel
sinon MAY GUEST HOUSE super
propre et un jardin pour prendre le petit dej
Hotel de charme 15/20 doll la nuit
beau jardin au calme
AUNG MINGALAR
TEACKWOOD guest house
tres commercial et la patronne n est pas des plus sympa elle pousse a la conso sans sourire aucun
chinoise d origine seul les doll l interesse et la v ente de tours dont elle ponctionne vos doll
certains n ont pas aime du tout
RESTO :
LOTUS super - poisson cuit sur feuille de bananier avec citronnelle
ou smiling moon restaurant dans le rue centrale
DRUM sur le canal sympa
et le resto de pate et de pizza pour les nostalgiques!!!
4 sisters sur le canal vous payez ce que vous voulez... conso a payer dans tous les cas
fait aussi guest house
Couturiere GOLDEN NET pres dune pagode du centre ville tout le monde la connait
tissus et vetements sur mesure
Pour louer bateau, treck enfin tout ce dont vous avez besoin : une MINE D OR
THU THU AGENCY dans la rue centrale pres du marche
une jeune femme toujours souriante qui se met en 4 pour reprondre a toutes vos questions - allez y de ma part Anne de France cheveux blancs... 61 years!!!!
organise trecks moins cher que chez SMILING MOON AGENCY
mais le treck avec smiling etait super
j ai couche dans une famille adorable
ils me nous attendais pas...... pas de portable bien sur!!!!
maison tres tres propre un regal
cuisine faite avec la jeune fille de la famille
legumes du jardin
treck a l est du lac avec nuit chez l habitant
vous y etes heberges, vous y mangez et en plus ils vousoffrent leur sourire et des fruits en partant ou du the
il y fait froid la nuit mais il y a des couvertures et on s y sent bien
Attention aux couches tard on est au lit a 19.15!!!!!!!!!! lever avec le soleil pour petit dej compose de riz et de legumes du jardin
ecolo tout cela
PINDAYA Journee 55 dol a partager
vaut le detour 8000 bouddhas...
route superbe et marches en route
LE LAC INLE
Allez y le matin, dans la journee, le soir.....
Si vous allez a NGAPALY
tout y est cher car tout vient par avion et le groupe electro fonctionne tous les soirs
mais c est super
ROYAL BEACH MOTEL pres du village des pecheurs
y aller lematin au retour des bateaux
j y ai apporte 100 photos d enfants et de pecheurs prises par une forumiste de Lyon
Salut CHISTELLE...
C etait la folie
que de bons souvenirs
LIN THAR OO hotel sympa mais plus loin des pecheurs.
petit RESTO :
LE TREASURE en face du grand resort ANAKA
un petit couple la encore souriant et gentil
excellente cuisine allez dans la cuisine faiteau charbon de bois et regardez la cuisiniere faire ses sauces - un regal
tout y est bon pas cher
sinon les 2 brothers bien mais plus cher et pas mieux
trop chic a mon gout
le poisson est toujours frais
et les sourires au rendez vous
Un seul imperatif au myanmar
Avoir la totalite de largent que l on compte depenser
LA CARTE BLEUE INUTILISABLE sauf dans un grand hotel de YANGON - se renseigner - avec 8 ou 9 pour cent de commission
en cas de besoin uniquement et bien sur si l on est a YANGON sinon c est impossible.
EN BREF j ai ete touchee par ce peuple qui souffre etque nous pouvons aider en allant les voir.
Si vous voulez d autres renseignements
n hesitez pas je suis sous le charme et compte bien y retourner l an prochain en esperant que certaines zones seront ouvertes.....
j ai ennuye bon nombres de touristes en route sur les chemins de la thailande
en leur disant
ALLEZ AU MYANMAR pays magique
annebaum@hotmail.com
par mail car je suis au LAOS et les connections sont lentes donc je n irai pas sur VF
DJEZOUBE - merci
Anne sur les chemins de l Asie du Sud est