j'ai retrouvé cet article qui m'a paru intéressant car nous n'avions plus de nouvelles sur voyage forum: il faut dire que çà fait 2 mois que j'étais parti aussi!!
Comme nombreux d’entre vous ici, je prépare un Tour du Monde, en lisant les différents forums, je constate que nous sommes vraiment beaucoup à partir dans les 12 prochains mois, alors ce serait sympa de recenser tous les projets de tour du monde en préparation, en donnant quelques infos,
Je me lance :
Dates de départ...................................env 15 janvier 2006
Nombres de mois, années....................env 2 ans
En solo, duo, voir plus ........................solo
Continent par ordre de passage ..........Asie, Océanie, Amérique du Sud et Centrale, Afrique
Premier pays ......................................Inde
Dernier pays ......................................Israel
Nombre de vols prévus ......................entre 12 et 20
Site Web de votre tour .......................oui en construction
Et le LIEU incontournable de votre tour : ( si vous arrivez à répondre )
Voila pour moi, j’attend vos merveilleux projets ....
Mpolo57
« Il arriva à la croisée de 2 chemins, et là il décida d’aller là où il n’allait pas «
J'ouvre ce fil pour partager nos expériences de voyage vélo en mode ultra léger.
L'objet n'est pas de s'opposer à la pratique traditionnelle "sacocharde" , simplement l'ayant expérimenté sur 10 jours dans l'Atlas marocain j'ai trouvé sympa cette pratique.
Je me doute que certains me diront que c'est encore une nouvelle mode sans lendemain, sans doute ...
Moi je suis persuadé que c'est une pratique qui existait chez nous bien avant la déferlante markéting.
Les avantages que j'y vois:
Vélo et bagages légers donc beaucoup moins de fatigue et possibilité d'étapes plus longues ou bien plus d'arrêts touristiques. Plus de plaisir à pédaler sur une machine légère et performante.
Les inconvénients:
Moins d'autonomie, pratique du camping difficile , coût des hébergements en sus. (Quoique dans certains pays ...)
Au Maroc, J'utilisais les auberges que je trouvais sur ma route ce qui m'a permis de ne prendre qu'un minimum de vêtements et de quoi réparer une crevaison.
J'avais pris l'option sac à dos de 30l sur mon VTT Scott , c'est un mauvais choix, je le savais avant de partir mais je n'avais rien d'autre. De plus le VTT n'était pas utile sur ces pistes.
Et vous Quelles expériences avez vous vécu ?
Avec quoi roulez vous ? Quels bagages ?
Des conseils , des récits, des aventures, des galères , à vos claviers...
Bonjour,
petit nouveau sur le forum, je souhaite avoir l'avis de voyageurs avisés afin de savoir si mon projet est cohérent par rapport aux destinations/périodes, aux durées et pour prendre toutes les infos et bons plans utiles!
En septembre 2016, nous partons avec ma femme et mes 2 enfants (11 et 14 ans au moment du départ) pour un TDM avec les vélos. Je dis bien avec les vélos et pas à vélo car nous prendrons également des transports en commun, nous poserons les vélos de temps en temps pour faire des randonnées ou autres treks ou découvrir un site voisin...Bref, nous n'allons pas aligner les km mais adopter un rythme lent pour prendre le temps de découvrir, de rencontrer, de profiter tout simplement!... et accessoirement pour éviter de me faire lyncher car Papa a eu la merrrrrrveilleuse idée de le faire à vélo!
La durée approximative est de un mois par pays, en commençant par l'Asie du sud est.
Direction Bali et Lombok (septembre), le Nord et le centre du Viêtnam (octobre), le Nord du Laos (novembre) et la Thaïlande (décembre).
Puis changement de continent, nous filerons vers la Nouvelle-Zélande, sur l'Ile du Nord (janvier).
Enfin, nous poserons nos roues en Amérique du Sud, plus précisément en Terre de feu, El Calafate, glacier Perito Moreno et parc Torres del Paine (Février) avant de trainer pendant 2 mois sur la carretera austral, de Villa O'Higgins à Puerto Montt en passant par Chiloé (mars-avril). Je tiens à faire la carretera austral à vélo du début à la fin, d'où la durée de 2 mois afin de ne pas écoeurer la petite famille!
Traversée vers Valdès, Mar del Plata et Buenos Aires (Mai) puis re-traversée vers Santiago et Valparaiso (jusqu'à mi-juin).
Pour des raisons professionnelles, ma femme regagnera la France avec mes enfants à ce moment-là. Je continuerai donc seul, vers le désert d'Atacama (liaison en bus et visite jusqu'à fin juin).
Je pourrais alors enfourcher mon fidèle destrier à 2 roues (à moi les km!!!) pour traverser la Bolivie par le Salaar d'Uyuni (juillet) et terminer l'aventure au Pérou (jusqu'à mi-Août).
Voili voilou le projet!
Je suis ouvert à toute remarque, conseil, tuyau...
Merci d'avance!
Voilà plusieurs années que je travaille (que je fais des économies) pour réaliser un tour du monde, j'ai 30 ans.
Mes proches (mes parents), me disent que cela semble compliquer à mon age.... qu'en pensez vous ? Quel est l'age moyen pour un tour du monde à vélo selon vous ?
je vous signale le départ pour un tour du monde de Lionel http://www.velomonde.net
vous tous 😛 invité a venir le soutenir a Genève et a partager ces premiers tour de roue en direction de Lausanne
en espérant que vous pourrez venir nombreux pour le mettre sur orbite velocypédique 😉
pour un tour du monde à vélo beaucoup sont les préparations avant le départ, mais le je crois qu'il faut commencer par investir dans un bon vélo; quels choisir entre vtt ou vtc? quels marques et modèles? merci pour les éventuelles réponses.
chiquito1000
bonjour
Je pars pour un tdm de deux à trois ans en mars 2013. Je me renseigne pour les assurances nécessaires pour soi même (rapatriement, prise en charge, remboursemant, assistance ....) pour le vélo , existe -t-il une assurance pour le vol du vélo (et je me demande si c'est vraiment nécessaire!).
J'ai surtout besoin d'avoir des adresses d'assurances spécialisées pour un tdm.
Je suis nouveau sur ce forum...et je suis en train de préparer mon tour du monde à vélo.
Le problème, c'est qu'étant un éternel insatisfait, le problème de l'itinéraire est compliqué car on passerait bien dans tous les pays.
Cependant, j'ai déjà quelques idées :
France 1 Vincennes (Château) 2 Nancy 3 Strasbourg Allemagne 4 Stuttgart 5 Nuremberg République Tchèque 6 Plzen 7 Prague Pologne 8 Gliwice 9 Cracovie Ukraine 10 L'viv 11 Cernivci Moldavie 12 Chisinau Ukraine 13 Odesa 14 Cherson 15 Melitopol 16 Mariupol Russie 17 Rostov-na-donu 18 Elista 19 Astrachan' Kazahkstan 20 Atyrau (Gurjev) Ouzbekistan 21 Mujnak 22 Tachkent Chine 23 Kashi 24 Lhassa 25 Myitkyina 26 Mandalay 27 Chiang Mai 28 Bangkok 29 Singapour
Ce ne sont bien sur que les très grande ligne, vous pouvez donc me dire ce que vous en penser pour cette première partie.
Par ailleurs, afin de rédiger son itinéraire précis, kilométré, sur quel genre de cartes est il préférable de travailler pour déterminer les routes à emprunter, et mesurer le kilométrage ??? Existe il un logiciel de cartographie précis genre IGN, référencant le monde entier ???
D'autres part, une fois le parcours métré, je dois m'attacher aux saisons et températures pour décider du jour de départ... et éventuellement des billets d'avion à prévoir... y a til un site ou un truc pour déterminer le temps et la température d'un pays à un jour donné ???
Voilà pour ce qui est de l'itinéraire.... du point de vue du matériel, étant donné l'importance de ce forum, je pense que je n'aurai qu'à faire mon shopping et vous poser les bonnes questions !
Je prévois de faire le tour de la NZ à vélo (au moins l ile du sud) et j'aurai besoin de qq conseils.
- Premierement la période; je pense le faire au printemps surement vers octobre ou novembre afin de ne pas avoir trop de touriste.
- 2 mois sont il suffisant pour faire le tour des 2 iles en sachant que je compte insisté un peu plus sur l'ile du sud.
- Je suis fan de VTT et je me tate entre prendre le vélo en conservant mon van pour faire le tour d'un peu tt les bons spots de la NZ.
Ou alors faire tout à vélo : le problème étant de trouver un compromis entre un vélo qui puisse faire de la route et qui permette de se faire plaisir en vtt. Pour cela je ne vois qu'un enduro. Mais il faut que je puisse enlever et remettre le bagages facilement pour alterner entre les deux utilsation route/vtt.
PS : je n ai pas encore vu grand chose du pays mais il me semble que la route entre Christchurch et Geraldine ne soit pas des plus passionnante qu en pensez vous?
Voila merci pour vos avis.
Et si d'autres sont motivés par un trips dans ce genre; no soucy.
Nous envisageons un tour du monde en famille depart prevu pour juin 2016 pour une duree de 6-7 mois depart en juin 2016 retour mi janvier 2017.
Nous partirions avec nos 2 enfants qui seront alors ages de tout juste 8 ans et 5 ans depuis Sydney.
Les raisons qui nous poussent a partir sont les suivantes:
- L’envie de passer plus de temps en famille et de faire decouvrir le monde aux enfants
- La passion pour les voyages (comme l'attestent mes nombreux messages sur ce forum)
- Le besoin de faire une pause professionelle et pourquoi pas prendre un nouveau depart a notre retour
Mais voila, je me pose des tas de questions et surtout ‘est ce une bonne idee de faire un tour du monde avec des enfants si jeunes?’
Nous revenons d’un voyage de 5 semaines, principalement en France ou nous avons beaucoup bouge, mais aussi un peu d’Oman, et des etapes a Bangkok et Kuala Lumpur pour espacer un peu les trajets en avion. Le voyage s’est super bien passe les enfants etaient ravis. Je dois dire qu’ils sont quand meme assez cool, ils s’adaptent partout, dorment bien, se sentient bien a peu pres partout.
Mais c’est vrai que pour nous parents c’est pas de tout repos. Ils sont encore petits donc pas vraiment independants. Ce sont 2 garcons plein de vie et actifs donc ils n’arretent pas une seconde, toujours en movement, toujours besoin de faire quelque chose – bizarrement a l’ecole aucun soucis…du coup par exemple chaque repas au resto devient un calvaire car ils ne tiennent pas en place. C’etait bien plus facile il y a 6-12 mois et la je ne sais pas pourquoi c’est de pire en pire. Meme 30 min sur une chaise au resto en restant calme ca releve de l’exploit. Pourtant on prevoit des trucs pour les occuper et on fait en sorte de choisir des endroits adaptes mais rien n’y fait. Ils jouent bien ensemble mais se titillent aussi pas mal donc pas mal de disputes a gerer ou bien ils mettent le bazar. Et toute la journee c’est pareil, ils m’epuisent!!
Du coup je me dis que 6-7 mois ca va etre super chaud! On compte en profiter pour passer juillet-aout en France pour voir la famille ce qui nous laissera un peu de repis mais bon le but c’est de passer du temps ensemble tous les 4 justement. Or j’ai peur du coup de passer 6 mois a m’enerver, sans vraiment pouvoir profiter du voyage et eux non plus…je serais ravie de lire vos experiences avec des enfants du meme age pour me rassurer ce sur point!
Pour le trajet toutes les options sont ouvertes. La partie itinerante du voyage se fera donc après la France de septembre a mi janvier. Il faut donc qu’on choisisse en fonction de la meteo a cette saison. Mon mari souhaite faire Perou/Bolivie mais il semblerait que ce ne soit pas la bonne saison. Perso j’aimerais aussi faire du volontariat comme juriste au Cambodge pour plusieurs semaines, je pensais meme mettre les enfants qqes temps au lycee francais de Phnom Pen. Et mon mari qui travaille dans l’informatique pourrait egalement faire du volontariat dans ce domaine la demande a l’air assez elevee – plus que dans mon domaine.
Pour ce qui est du voyage, que nous conseillez vous? Plutot Amerique du Sud ou Asie? Le budget ne sera pas determinant. Mais plutot la facilite de voyager dans ces regions avec de jeunes enfants. Je crains l’altitude en Amerique du Sud. Si certains de vous avez fait les 2 regions avec des enfants, laquelle est la plus facile pour des enfants de 5 et 8 ans? Laquelle presente plus d’interet pour eux?
Pour l’ecole n’est ce pas trop contraignant en voyage? Combien d’heures suffisent et comment vous organisez vous?
Je continue les recherches de mon cote mais vos temoignages sont les bienvenus.
quelle est cette maladie contagieuse qui s'appelle TDM?
ce doit être Jules Verne l'instigateur de cette folle pandémie.
quel est le mode de propagation?
est-ce le challenge?
est-ce le plaisir de dire ensuite "je l'ai fait!
est-ce pour se la raconter en société?
parce que derrière la phrase courte "j ai fait le tour du monde", il y en a une autre qui se cache :
"j'ai vu le monde! je porte en moi la connaissance du monde!"
alors que comme chacun le sait, la terre est une boule, et il y a donc beaucoup de chemins pour en faire le tour.
alors que, j en ai vu des tour-du-mondistes, hé ben! c 'est pas la gloire! la moitié du temps dans les aéroports, l'autre a prendre des photos et à les charger sur le blog!
"ouère iz ze cybercafé?"
jamais le temps de prendre le temps.
un voyage en mode supermarché.
la encore, c est ce maudit Jules Verne, avec ses 80 jours!
Salut à tous,
Je souhaite réaliser un semi tour de France à Vélo cet été, pour une durée d'environ 2 mois, seule et en complète autonomie (camping sauvage à chaque fois que possible). J'ai un peu d'endurance mais je ne pratique pas le vélo de manière régulière...
Quelques questions tout d'abord concernant le matériel:
- Je ne pense prendre que 2 sacoches arrières de 20L et éventuellement une petite sacoche de guidon. Pensez vous que cela suffit pour y loger une tente, un tapis de sol, un jetboil, un duvet, qlqs vêtements, kit de réparation, de quoi se ravitallier ?
- Quel vélo me conseillez vous ? Plutôt vtc ou vélo de route?
Concernant le trajet:
- faut il acheter toutes les cartes avant de partir ou les acheter au fur et à mesure?
- Voyez vous l'utilité d'un compteur de vélo?
- le tour de France dans le sens horaire ou plutôt anti horaire (j'ai lu des avis contradictoires concernant les vents)
Et puis je suis preneuse de toutes vos expériences/conseils que vous auriez à partager !
Merci par avance :)
Salut a tous,
je me présente, Bastien 31 ans lyonnais et fana de vélo.
Pour 2013 je me lance dans un projet qui me trotte dans la tête depuis un moment, 6 mois de voyage a vélo.
Je me suis donc décidé, posé 6 mois sabbatiques et c'est parti,
direction les Usa départ le 1 avril, ensuite l'Australie et la nouvelle Zélande retour fin septembre.
Ma seule expérience de cyclotouriste est un voyage de 9 jours cet été dans l'est de la France, la Suisse et le nord de l'Italie.
Là je commencerai par la Floride (miami) puis remonter par le golf du mexique, repartir sur la cote atlantique et remonter jusqu’à Washington.
Ensuite transfert en avion jusqu’à Seatle et descente de la cote jusqu'à Los Angles.
En Australie je partirai de Cairns pour descendre jusqu’à Sydney (je fais le trajet dans ce sens pour être dans le nord pendant la période la plus froide).
Pour finir je passerai peu être 15 jours (mi septembre) en Nouvelle zelande, j’espère que le temps ne sera pas trop froid.
Pour l'hébergement comme beaucoup je vais privilégier le camping et les solutions types couchsurfing/warmshower.
Pour l’Australie apparemment la référence c'est ce guide :http://www.campsaustraliawide.com/camps-books/53-camps-7-paper-back.html
Pour les états Unis il y a des sites internet qui référencent les camping et les sites internet de parc naturel qui ont souvent un coin camping.
Mon vélo est un Specialized Tricross de 2010 monté en randonneuse.
Je complète mon équipement petit a petit, je pars avec 4 sacoches Ortlieb Roller classic.
Je vais tenter de faire un package restreint et assez léger.
Voila crée ce topic pour vous faire partager mon projet et recevoir les précieux conseilles de ceux qui ont déjà parcouru ces pays (ou d'autres) sur leur vélo.
Voila, les proches sont prévenus, il n'y a plus qu'à foncer, les dés sont jetés, nous allons donc partir un an en voyage autour du monde à vélo en famille : de juillet 2012 à juillet 2013.
Parmi les milliards de choses à préparer, la recherche de l'itinéraire est peut-être la plus plaisante mais aussi une des plus subtiles.
Aussi je risque d'envoyer quelques messages pour des informations, des conseils.
Merci d'avance à celles et ceux qui auront la gentillesse d'y répondre.
Nos enfants auront 13, 11 et 8 ans. Ils seront donc acteurs à part entière de ce voyage et donc auront leur mot à dire sur les destinations.
Nous cherchons à trouver un bon équilibre :
- un voyage qui apporterait une certaine variété (nous, adultes, serions très satisfaits d'une traversée complète de l'Asie centrale mais nous pensons que les enfants y trouveraient moins leur compte) mais sans que ça devienne un enchainementsde sauts de puces et de cartes postales
- un voyage où les déplacements à vélo auraient du sens et donc permettraient de réels déplacements)mais sans faire des milliers de kms galère juste pour dire "on l'a fait"
- des animaux (et si possible qu'on trouve pas au fond de son jardin !!!)
- des pays pas trop durs et bien sûr pas dangereux mais aussi des pays qui n'escamotent pas les réalités de notre monde.
- encore des animaux
Bref vous vous doutez que ce n'est pas facile.
Pour l'instant, notre première ébauche est trés classique :
- une période en Amérique du Nord (été) pour un démarrage en douceur
- 4/5 mois en Amérique du sud avec probablement le grand classique Lima-Santiago
- Quelques semaines en Nouvelle-Calédonie
- 1 ou 1,5 mois en Nouvelle-Zélande (autour de février)
- une période en Inde su Sud (autour de mars)
- un passage au Népal (pause de vélo pour un petit trekking)
Et c'est là que nous avons du mal avec la mousson pour finir le voyage en Asie. Nous aimerions un autre trajet en continu (je pensais de Bangkok à Hanoi) ou l'Indonésie ou remonter vers l'Asie du Nord et finir par la Mongolie. Vous le voyez ce n'est pas encore précis et si certains ont des suggestions pour cette fin de voyage (disons mai, juin juillet) je suis preneur.
Pour revenir à une question plus précise sur le début du voyage, nous avons un peu de mal à nous décider pour l'Amérique du Nord.
Nous cherchons un périple d'environ 1000-1500 kms avec des paysages spectaculaires (et des animaux) mais en évitant les routes surpeuplées, les lignes droites de 100 kms et les semaines entières en forêts !!!
Nous avons pensé à la Colombie Britannique avec l'idée d'allier Vancouver et les Rocheuses :
- d'Edmonton à Vancouver ou
- Vancouver et l'île puis passage intérieur, Port Rupert et retour vers les Rocheuses
Avez des idées et des connaissances sur ce secteur ?
Sinon le Québec est-il une bonne alternative ? (pour les baleines entre autres)
Au début nous pensions partir de Vancouver pour aller jusqu'à Yellowstone quitte à faire des sauts de puce en bus. Est ce possible ?
Voila merci d'avance pour vos conseils sur cette première partie du voyage, notamment si certains ont déjà voyagé à vélo avec des enfants dans ce secteur, nous sommes friands de tout ce que vous pourrez nous dire.
J'envisage de faire le tour de l'amérique du sud dans un an, à vélo.
La question du choix de vélo commence à me tarabiscoter le ciboulo. Et au-delà des nombreux sujets de discussions parcourus sur le choix d'un vélo couché ou d'un vélo droit, j'ai quelques questions.
Je me demandais si un vélo couché utilisait d'autres muscles de la jambes ou, plus exactement, si les mollets que me font travailler le vélo droits me seront-ils tout aussi utiles. Dans le cas contraire si les cuisses sont davantage sollicitées sur un vélo couché se pourrait-il que je sois sur un vélo couché moins performant sur la distance, l'endurance ...
Je voulais également savoir s'il était possible de mettre un éclairage avant sur un vélo couché. Et, est ce vraiment pratique ? Peut on suffisamment apercevoir la route éclairée ? Sinon je prendrai un éclairage frontale mais c'est pareil peut-être que les jambes m'empêche de voir.
Enfin, et dans la volée, peut-on mettre un moyeu de dynamo sur l'une des roues. Si oui, j'imagine qu'il se met sur la roue arrière... est ce bien celà ?
Je m'appelle Matthieu. J'ai 28 ans. Et je me suis lancé depuis 1 mois dans un projet qui depuis 3 ans: faire un tour du Monde pendant 1 an. 😎
La lecture des différentes discussions sur ce forum m'ont déjà beaucoup appris. J'aimerais à mon tour vous demander conseils quand au choix de mon itinéraire.
J'ai en effet déterminé les pays que je voulais visiter et voici deux possibilités qui s'offrent à mois. Pourriez-vous, svp, me dire si mes choix sont justes et lequel des itinéraires vous priviligéreriez? Je vous remercie par avance.
1ier possibilité:
- départ le 8 mars 2010:
- Cuba Mi-Mars (9 jours)
- Mexique fin Mars (18 jours)
- Brésil Avril et Mai (5 semaines)
- Bolivie Mai (16 jours)
- Argentine et Chili Fin Mai-Juin- Mi-Juillet (2 mois)
Quels conseils me donneriez vous pour optiiser les deux mois dans ces deux pays? On
peut aussi inclure avec ces deux pays La Bolivie pour une optimisation maximale?!...
- Ile de Paque Mi-Juillet (4 jours)
- Polynésie Française Fin juillet- début Août (17 jours)
Lesquelles des îles me conseiller vous de faire tout particulièrement?
- Nouvelle-Zeland Mi Août (22 jours)
- Australie Septembre (5 semaines)
J'aimerais faire Melbourne, Sydney, Withsundays, Fraser, La grand barrière de Corail,
L'outback avec Alice Springs et Ayers rock puis Darwin et le Parc de Kakadu. Quels
conseils me donner vous pour me déplacer. Commen trouver des billets d'avion en vols
intérieur pas trop chère pour gagner du temps et dans quels ordres le faire?
- Chine (Pékin et alentours)Octobre (21 jours)
- Hong kong (4 jours)
- Vietnam- Cambodge-Laos-Thailande environ 3 semaines par pays Novembre-
Décembre- Mi-Janvier (2mois et demi)
J'amerais savoir dans quel ordre vous me conseiller de faire ces 4 pays au vu de mon
itinériare. est-il facile et possible de faire ces 4 pays en bus et train en 2 mois et
demi?
- Inde (régions du Nord) Mi-Janvier-Mi-Février (1 mois)
- Népal Mi-février- Fin février (2 semaines)
Puis retour sur Paris!!!....
2ième possibilité:
Tout du monde en sens inverse!
- Népal Fin Novembre (2 semaines)
- Inde (régions du Nord) Décembre (1 mois)
- Vietnam- Cambodge-Laos-Thailande environ 3 semaines par pays Fin décembre- Mi-Mars (2mois et demi)
- Hong kong (4 jours)
- Chine (Pékin et alentours)Fin Mars (21 jours)
- Australie Avril - Début Mai (5 semaines)
- Nouvelle-Zeland Début- Fin mai (22 jours)
- Polynésie Française Début Juin (17 jours)
- Ile de Paque Mi-Juin (4 jours)
- Argentine-Chili et Bolivie Fin Juin- début Septembre (2 mois 1/2)
- Brésil Début Septembre- début Octobre (5 semaines)
- Mexique Octobre (18 jours)
- Cuba Fin Novembre (9 jours)
Merci d'ores et déjà pour l'ensemble des conseils que vous pourrez me promulger. Au plaisir de pouvoir discuter de ce projet et de vos expériences et envies de voyages prochainement.
salut
je prepare l'itinéraire d'un tour du monde à vélo pour 2010 et les philippines me tentent, nous y sommes deja allé mais sac au dos, si certains y sont allés en vélo je suis intéressée par des idées d'itinéraires (si possible en dehors des zones trop touristiques), avez vous eu des difficulté a faire du camping sauvage...Nous aurons avec nous un enfant de 3 ans.
Bonjour,
dans le cadre de notre tour du monde à vélo, nous hesitons entre la Nouvelle Caledonie et la Nouvelle Zelande pour notre étape en Océanie. Nous n'aurons hélas pas le temps de faire les 2 pays alors il nous faut choisir: entre les plongées paradisiaques en NC et la nature authentique en NZ avec un tourisme type routard, notre coeru balence
Par contre par rapport à notre budget, quelle est la différence entre ces 2 pays?
Est-ce que les 2 se valent ou est-ce que l' un est plus cher que l'autre?
(hébergement type camping ou chambre simple, repas etc)
Nous serons à vélo avec nos tentes.
D'avance merci pour vos precieux conseils qui nous guideront dans notre choix!
Bonjour tout le monde!
Je suis nouvelle sur le forum mais j'ai déja lu pas mal de choses et moi aussi j'ai des questions à poser!😛
Je compte partir cet été faire une voyage "itinérant" à vélo. J'ai déja expérimenté ce type de voyage il y a deux ans en Hollande et j'ai vraiment adoré.
Plusieurs problèmes se posent à moi: tout d'abord un problème de budget! et oui a presque 20 ans... je suis pas riche.
J'avais pensé a faire bordeaux-bilbao puis bibao-barcelone (en train) puis barcelone-bordeaux mais ca va prendre du temps de l'argent et il risque d'y avoir du monde partout. Puis j'ai pensé a faire le tour de la corse mais bon les problèmes sont a peu près les mm:chaleur, monde, budget.
Je me suis donc rabattue sur un petit "tour" en france sachant que j'ai de la famille dans le limousin je me suis dit autant aller en voiture la bas (parceque le train avec son vélo habitant a lille c'est cher et pas pratique) et de la prendre le train pr Rodez par exemple et remonter jusqu'au point de départ par chaudes aigues, mauriac pour rallonger un peu.
Ce qui arangerait mes problèmes de budget, je pense qu'il fera pas trop trop chaud (en tout cas pas autant qu'en espagne ou en corse!!)
Donc voila (enfin) mes questions:Est ce que je me suis fait trop de fausses idées sur les deux premiers parcours vis à vis de mes contraintes?Pensez vous qu'il y aura du monde dans ce coin début juillet (a moins qu'il soit préférable de partir en aout?)?Pensez vous que le parcours (le dernier 😛) soit interressant?Si oui quel intinéraire me conseillait vous (sachant que celui que j'ai cité au dessus est fait "au pif" 🤪)?
Bonjour!!
Cet été j'aimerais partir rejoindre mon amoureux qui est entrain de faire un tour du monde à vélo.
Il s'agirait de le rejoindre au Kirghizistan, Ouzbékistan, Turkménistan et peut être en Iran
Je ne connais malheureusement pas grand chose à ces pays!
En particulier je me posais des questions quant à:
- la sécurité pour des voyageurs en particulier sur les routes peu fréquentées de l'intérieur du pays
- l'image de la femme (est ce que je pourrais rouler à vélo en short et débardeur ou ce sera mal vu? ... je suppose que ce n'est pas pareil pour les 4 pays)
- le climat dans ces pays en juillet/août
Je dois aussi vous dire qu'il faut que j'arrive à rassurer mes parents qui sont hyper angoissés par tout voyage en dehors de l'Europe (en même la Croatie leur faisait déjà peur...). Leur référence est évidemment le site du gouvernement dans lequel on parle de terrorisme, de bandits et de champs minés... J'aimerais les rassurer, mais qu'est ce que je peux leur dire?
Merci pour vos réponse!
et pour ceux que ça intéresse le site du tour du monde de mon amoureux est: www.2wheelsforthebreast.be, je pense que ceux qui aiment voyager à vélo y trouverons pas mal de choses intéressantes!!!
Bonjour,
Mon compagnon et moi-même préparons actuellement notre départ en tour du monde à vélo qui débutera en mars prochain.
Pour se faire, nous nous penchons sur la première partie du voyage: l'Europe.
Nous comptons partir vers l'Est et désirons traverser les Alpes (en descendant de la Belgique) pour rejoindre le Nord de l'Italie avant la Slovénie et les Balkans.
Comme nous devrions nous trouver dans les Alpes courant avril, on se demandait si:
premièrement, il serait possible de passer?
deuxièmement, si oui, quel col serait éventuellement accessible?
troisièmement, si non, quel itinéraire nous conseilleriez-vous? Ou autre option comme du stop avec les vélos pour passer un tunnel?
Merci pour vos bons conseils!
Sarah & Raphael
Je voyage depuis déjà deux ans avec une petite tente une place non-autoportante d'une valeur de 100 Euro. J'aimerais me tourner vers un modèle plus spacieux, avec une abside, autoportante, et résistante dans le temps. (Pour un tour du monde à vélo, un jour)
Il y a deux modèles qui me plaisent.
1) Tente Exped Orion Extreme II
www.cyclo-randonnee.fr/...on-extreme-1651.html
2) MSR Ultra légère Hubba Hubba NX deux personnes
www.msrgear.com/...id/19419/category/4/
Ce qui me pose problème pour l'orion c'est son poid, mais elle semble plus solide?
Ce qui me plait pour la MSR c'est sa légereté, mais les tissus me semble peu résistant à la pluie (1200mm toit & 3000mm sol).
Auriez-vous des retours?
Pourquoi l'une et pas l'autre?
La quelle convient mieux à un voyage à vélo?
Peut-être que la discussion va m'aider à trancher!
En cet automne 2011, l’apocalypse s’abat sur la Provence, pluies diluviennes, vent d’est particulièrement violent, cent trente kilomètres à l’heure, qui soulève des vagues énormes jusqu’à sept mètres de haut, ce n’est pas le moment de mettre le nez dehors. Et pourtant, je me dis qu’après la tempête le calme revient. Je surveille donc la météo et je constate qu’à partir du dix novembre une fenêtre favorable devrait se présenter pour une petite virée de quelques 600 kilomètres à vélo à travers la Provence. Les bulletins météo annoncent un anticyclone qui devrait tenir à distance le mauvais temps de ces hautes terres de Provence. Il ne m’en faut pas plus pour décider de mon départ. Le tour envisagé passera par les grosses bosses de Provence, le Ventoux, la montagne de Lure, le Verdon, le massif des Maures et la Sainte Baume.
Et voilà, malgré les doutes l’appel est le plus fort. Le train démarre, une fois de plus un périple commence par la gare de la part Dieu. Cette fois, je prends la direction de la Haute-Provence pour un périple à vélo. Ce sera mon premier voyage à deux roues en solitaire. Je suis un peu inquiet, car à vélo avec sacoches on se sent vulnérable au vol. J’ai déjà été victime de vol en groupe au Pérou et cette expérience m’a fortement traumatisé, alors seul j’hésite. Mais pas de panique, j’ai lu les comptes-rendus d’un certain nombre de cyclotouristes au long cours qui ne se sont pas tout fait piller, même si parfois cela arrive. Je pense en particulier à cette jeune institutrice qui avait obtenu une année sabbatique pour faire un tour du monde à vélo. Ses élèves lui avaient fait la remarque suivante « Maîtresse vous n’êtes pas sportive, comment allez-vous réussir pour faire le tour du monde à vélo?». Cette jeune femme était vraiment pleine de ressources, en effet en Amérique du Sud avant de prendre l’avion pour la Chine, elle accroche sa monture à un poteau pour aller satisfaire un besoin naturel. Au retour, elle constate que le poteau a été arraché, son vélo et tout son matériel disparus. Choc pour beaucoup. Pour elle pas vraiment, elle prend son avion pour l’Empire du Milieu, et une fois sur place, elle rachète l’indispensable, dont le vélo, et elle poursuit son périple ! En me remémorant cette histoire j’ai presque honte d’être poltron. Voilà les pensées qui me viennent à l’esprit alors que la vallée du Rhône défile en direction d’Orange, point de départ de ma balade provençale par les bosses.
Premier jour : Orange Sault par le Ventoux 90 km
9h30, je sors du train. Une fois sur le quai, il me faut avec tout mon barda passer par le passage souterrain, ce n’est pas facile, car entre les bagages et le vélo l’ensemble fait trente cinq kilos. En effet, à cette période de l’année je m’attends à trouver certaines zones désertes et par précaution j’ai pris de quoi bivouaquer dans de bonnes conditions. Une fois sur la chaussée devant la gare, la luminosité du sud m’inonde. Je comprends les gens qui rêvent de venir prendre leur retraite dans ces régions de grande lumière. Comme toujours, jeté comme cela sur la route au sortir d’un transport en commun, il faut se repérer et décider de la direction à prendre. Le soleil encore assez bas sur l’horizon m’indique l’est. D’autre part, des bruits de réacteurs d’avions de combat me permettent de situer la base aérienne 115. Il ne m’en faut pas plus pour « recaler les gyros ».
Dès que je roule, toutes mes appréhensions s’envolent, la joie de la découverte et de l’effort physique s’impose impérativement à moi, et l’euphorie me submerge. Il est étonnant de constater comme les états d’âme sont fluctuants d’un instant à l’autre en fonction de conditions qui nous sembleraient de peu d’importance dans d’autres circonstances.
Le temps est splendide, la météo qui annonçait des ondées continues durant la journée s’est vraiment trompée. Je suis rapidement hors de la ville. Le Ventoux apparait mystérieux, il est difficile d’en évaluer les dimensions. Il est d’autant plus énigmatique, qu’il cache son sommet dans de grandes volutes de nuages pommelés au ras du relief. J’ai l’impression de découvrir un grand volcan d’Amérique du Sud. J’ai du mal à imaginer que dans quelques heures je dois me trouver là-haut sous cette chape de brume.
La campagne sort de son humidité nocturne d’automne, les vignes entrecoupées de leurs grandes haies de cyprès me confirment que je me trouve dans cette magnifique région viticole des côtes du Rhône. Les dentelles de Montmirail si caractéristiques se font très présentes. La base de l’armée de l’air n’est pas loin. Je passe devant les balises de bout de piste. Un Mirage 2000 me survole dans un dernier virage serré, un second lui succède dans un rugissement au décollage. Il me vient droit dessus, puis entame une montée brutale dans un vrombissement de l’air. Trente années passées au sein de ce milieu particulier et envoûtant me reviennent à l’esprit. Je me remémore une multitude d’expériences humaines et techniques extraordinaires que j’ai vécues lorsque j’étais en activité. Mais le but de mon article n’est pas de faire de la pub pour l’armée de l’air, quoi que ! Je mettrais peut-être un jour en ligne des articles, relatant des voyages parmi les hommes dans la guerre.
Je continue ma route en abandonnant mes amours passées, et au fil de mes roues des noms délicieux défilent, Violés, Vaqueras, Gigondas, Baume-les-Venise, le gratin de l’appellation des côtes du Rhône Village. Je me laisse prendre par le sortilège de ces vignobles et des petits chemins qui les traversent. Je finis par douter de mon itinéraire, bien que là-bas au loin la masse imposante du Ventoux balise la direction à la manière d’un phare géant. A un croisement de chemins, une voiture, je m’approche et veux demander à sa conductrice la direction à suivre. Elle ne me regarde pas et démarre rapidement, manifestement apeurée. J’avais failli oublier dans quel monde de peur nous vivons, sans doute traumatisés par toutes les horreurs que nous infligent les journaux et la télévision.
Les kilomètres commencent à s’accumuler au compteur, mais mon étape de la journée n’est-elle pas trop ambitieuse? Cela fait deux mois que je n’ai pas pris mon vélo. Il est vrai que ma dernière balade était un bel entraînement, la route des Grandes Alpes, mais cela fait deux mois. Je n’arrive pas à prendre mon vélo pour une balade de la journée, il me faut impérativement ce parfum d’aventure pour avoir le courage de faire du sport.
Deux cyclistes me doublent, intrigués par mon chargement ils engagent la conversation. Ils restent circonspects, lorsque je leur annonce mon intention de passer le Ventoux aujourd’hui. L’un d’eux m’indique une petite chapelle où il me sera possible de bivouaquer à l’abri près du sommet. Cela me motive d’autant plus pour atteindre la cime au cours de cette première étape. Cette chapelle, de plus, porte un nom mythique pour moi, Sainte Anne, nom de la villa de mes parents. Déjà midi, j’ai effectué cinquante kilomètres, Malaucène apparaît. Village sacré des fous du Ventoux, aujourd’hui je suis surpris de ne pas y voir de cyclistes. Je me souviens de ce lieu en juin au milieu de nuées de prétendants pour ce sommet roi. Avant l’effort qui m’attend il me faut reprendre des forces. J’effectue une pause gastronomique agréable chez Max. A treize heures j’attaque la côte la plus célèbre du cyclisme, 21 kilomètres annoncés, qui seront en réalité 23. Je sais que cela risque d’être dur, de plus avec un double handicap, déjà cinquante kilomètres dans les jambes et vingt kilos de bagages. Mais je compte sur mon minuscule plateau qui me permet de monter aux arbres afin de passer les longues rampes très raides.
Je pars sur un rythme alerte le long d’une route déserte. L’allure reste bonne sur les premiers kilomètres. Je m’élève rapidement au-dessus de la vallée, l’horizon s’élargit. Je suis surpris de ne voir personne sur cet itinéraire mondialement réputé parmi les passionnés de vélo. Au cours de la montée et la descente je ne verrai que cinq cyclistes, mais j’y reviendrai. Je passe assez confiant un panneau explicatif, qui me permet de déduire que l’effort sera à peu près équivalent à celui nécessaire pour gravir le col de la Bonnette. Connaissant ce dernier pour l’avoir gravi en septembre, je me dis que tout ira bien. Je croise mon premier cycliste, plutôt une cycliste qui fonce en descente. Après 12 kilomètres je bute sur des pentes à 12% de moyenne. Je ne sais pas si le chiffre 12 est maudit, mais je prends un coup de « bambou » tel que je n’en ai jamais connu. Je me dis que je ne serais pas en mesure d’atteindre le sommet aujourd’hui. Je m’arrête donc. J’ai du mal à marcher tellement l’intérieur des cuisses me brûle, saturation d’acide lactique. Je recherche un endroit à peu près plat pour monter ma tente. Il est 3h30, encore deux heures de jour. Mais je ne trouve rien.
Je reprends mon vélo avec l’intention de m’arrêter dès que je trouverai un endroit propice pour l’établissement d’un bivouac. Mais rien ne vient. Cependant, la forme, elle, revient doucement, peut-être du fait que la pente se couche, bien qu’elle reste voisine des 10%. Je rentre dans les brumes sommitales, un cycliste me double. Je suis dans la zone où il me faut maintenant passer le sommet. Le crépuscule me surprend dans les dernières difficultés. L’atmosphère est franchement austère. Dans la pénombre à un kilomètre du sommet un cycliste répare son vélo. Je lui demande s’il a besoin d’aide. Il me fait comprendre qu’il ne comprend pas. Alors je lui demande « Do you need some help ? ». Sa réponse est très claire « No thank you ». Il me montre sa chambra à air neuve. Au fond de moi, je me dis ouf ! En effet, si j’avais dû m’arrêter tout transpirant à la nuit tombante avec le froid qui s’intensifie, j’aurais eu du mal à repartir. Mais voilà, il se débrouille et je continue dans un brouillard crépusculaire. Je distingue à peine dans les nuages les grandes antennes du sommet, tels d’immenses fantômes qui cherchent à se dérober au regard. Le vélo procure des sensations dignes de courses en montagne. Mon intention est de rapidement trouver dans la descente la fameuse chapelle pour me mettre à l’abri. Alors que je me laisse glisser sur le versant sud, deux cyclistes sans lumière dans la nuit me croisent, probablement rejoignent-ils la station juste au-dessus, dont on distingue l’éclairage dans le brouillard.
Je scrute dans le noir le bord de la route à la recherche de cette chapelle, mais je n’aperçois rien. Après un ou deux kilomètres je perds tout espoir. Je m’arrête pour m’habiller car le froid devient intense. Je ne vois pas du tout où je pourrais m’arrêter dans ces pentes raides pour organiser un bivouac. Entre les volutes de brume, par intermittence, tout en bas dans la vallée du Rhône je distingue une multitude de villes et villages éclairés. L’impression est saisissante. Que fais-je de nuit au sommet de cette montagne ? Le miracle alors se produit, les nuages se déchirent, et de la crête qui me domine à l’est une belle grosse pleine lune émerge et diffuse une lumière suffisante pour envisager de nuit une descente vers Sault, distante de 26 kilomètres.
Dans cette atmosphère particulière entre rayons pâles de la lune et passages de brume, je m’engage dans une descente à travers un monde flou presque irréel. Les grands pierriers blancs, caractéristiques du sommet du Ventoux réfléchissent faiblement la lumière lunaire, atténuée par la nébulosité. Par endroits, des pans de montagne restent plongés dans le noir complet et je perds toute référence quant au tracé de la chaussée. Puis, au détour d’un virage serré, du à un mouvement de terrain, la clarté revient. Elle paraît extrême en comparaison de l’absence de lumière que je laisse derrière moi. Je suis de nouveau en mesure de bien visualiser les contours de la route, mais pas d’en percevoir les trous et les bancs de gravier. Cependant, je me laisse entraîner par la pente, et la vitesse me semble importante, bien que la luminosité trop faible ne me permette pas de lire l’indication donnée par mon compteur. Dans ces moments la concentration est maximale, tous les sens aux aguets, les réflexes en alerte, toujours prêt à réagir au moindre incident qui pourrait conduire à la chute.
Avec plaisir je vois les lumières du village de Sault grossir. En moins d’une heure je le rejoins, en tenant compte de la petite montée finale, qui me demande un dernier coup de collier. Ce village très fréquenté en été, est à cette époque de l’année déserté, presque mort. Le premier hôtel rencontré est fermé. Une ombre rapide passe dans une petite rue en pente. Avant qu’elle ne disparaisse dans la pénombre au coin d’une maison, je me lance à sa poursuite et l’interroge sur les possibilités d’hébergement. Très gentiment m’est indiqué ce qui est sans doute le seul hôtel ouvert en ce mois de novembre. Rapidement je le trouve, la réception est ouverte. J’entre coiffé de ma cagoule noire, achetée dans la région d’Ayacucho, zone d’éclosion du sentier lumineux péruvien. A cette heure tardive, Je vois des regards interrogateurs se porter sur moi. Je dis en préambule « il ne s’agit pas d’un hold-up ». Manifestement les propriétaires ont le sens de l’humour, car ils se mettent à sourire. Je retire ma cagoule et demande une chambre. Il n’y a pas de problème, et à partir de ce moment la pression se relâche. En effet, je ne me sentais pas trop repartir à la recherche d’un emplacement pour monter ma tente par le froid vif qui s’installe.
L’étape aura été proche d’une centaine de kilomètres, et c’était la première. Cela fait deux mois que je n’ai pas touché mon vélo, et je manque probablement d’un minimum d’entraînement, même si ma dernière randonnée à vélo était la traversée des Alpes françaises. J’ai vraiment dû puiser tout au fond de moi pour surmonter ma faiblesse dans le passage raide du Ventoux. Je ne me souviens pas avoir été chercher si profond l’énergie de poursuivre. Je sais que l’étape que je me suis fixée demain est conséquente, avec l’escalade du versant nord de la Montagne de Lure, petite sœur du Ventoux, dont la montée est réputée infinie, plus de 25 kilomètres. J’espère que cette première journée ne me laissera pas trop de courbatures, pour ne pas souffrir exagérément demain?
Pour le moment détente, tout d’abord une douche chaude qui me fait le plus grand bien, puis un bon repas. Je mange une succulente andouillette de Troyes, très fine, avec un assaisonnement aux herbes particulièrement réussi. J’adore et pourtant je suis lyonnais et l’andouillette j’ai la prétention d’en connaître non un boyau mais un rayon ! Un peu chauvin, je suis contraint d’avouer, avec difficulté cependant, que je l’ai trouvée meilleure que celles que j’ai l’habitude de manger dans la région lyonnaise !
Deuxième jour : Sault Forcalquier par la montagne de Lure 116 km
Ce matin le temps est magnifique, l’air limpide, immobile, très frais et vivifiant, comme seule l’arrière saison sait en dispenser sur ces hauts plateaux du pays provençal. On les connaît en été écrasés de chaleur et de sécheresse, mais souvent on ignore que ce sont des pays rudes par le froid et les intempéries. Des auteurs comme Giono ou Bosco les ont décrits merveilleusement ainsi que leurs habitants, dans des livres comme « les âmes fortes ».
Le miracle de la nuit a fait son effet. Je n’ai plus mal nulle part et me sens en pleine forme. Je démarre bien équipé, mais rapidement l’effort et le soleil me font transpirer. Il est temps de retirer les couches d’habits, bonnet et gants. Une douce chaleur se substitue au froid, permettant de pédaler dans d’excellentes conditions. Sur la route en direction de Trinit aucune circulation, seules de loin en loin des voitures de chasseurs sont garées. Ces véhicules sont reconnaissables à leurs grandes cages, dans lesquelles les chiens de chasse sont transportés. Parfois le silence est ponctué d’un coup de feu lointain. Les forêts de feuillus perdent leurs frondaisons, et prennent cette teinte d’automne dépassé aux tons bruns sans éclat, avec toutefois par places un arbre ou arbuste, qui résiste encore, en arborant une couleur vive, jaune ou rouge. Les près à l’herbe déjà brûlée par le froid, sont mouillés de la forte humidité nocturne. Le soleil rasant met en exergue les milliers de toiles d’araignées, qui piégeaient les insectes au ras des herbes à la belle saison.
Derrière moi le Ventoux domine au-dessus de ces immenses espaces. Comme souvent cette imposante masse au sommet pierreux est couronnée d’une chape de nuages. Que cette montagne est impressionnante, on a toujours autant de difficulté à en cerner les dimensions. J’ai du mal à réaliser que la nuit dernière j’étais au sommet et que j’ai descendu de nuit son immense arête sud. Je nourris l’espoir de revenir un jour favorable, justement de jour et sans nuage, pour pouvoir bénéficier de l’immense panorama de ce sommet unique.
Au sortir du village de Trinit à l’ambiance très provençale, j’attaque mon premier col de la journée. Il se dénomme « col de l’Homme Mort ». La route monte modérément sur cinq kilomètres sous une douce chaleur. La vue sur ces régions s’élargit et j’éprouve tout le bonheur de pédaler. A un bon rythme je viens à bout de cette première petite difficulté. Une fois le col atteint, je cède au rite de la photo de mon vélo devant le panneau indicateur, donnant le nom et l’altitude, qui est de 1213 mètres.
Le versant nord est austère et encore à l’ombre. Le froid se fait de nouveau piquant. La route est mouillée et couverte par endroits de feuilles. Il n’est pas impossible que quelques plaques de verglas traîtresses se cachent dans un virage ou l’autre. Je m’engage dans cette descente vers la vallée du Jabron avec prudence. Soudain au détour d’un virage, dans une éclaircie de la forêt, les Alpes fraîchement enneigées, éclatantes de soleil, me sautent au visage et barrent l’horizon. Je crois reconnaître la silhouette caractéristique de la face sud des Ecrins au-dessus de ce foisonnement de pics acérés.
Cette neige et ces montagnes réveillent en moi une multitude de souvenirs de grands bonheurs et cependant j’ai une pensée pour ce guide et sa cliente qui viennent de perdre la vie dans la face nord des Grande Jorasses, au sommet d’une voie dénommée le Linceul. Ce nom est dû à la physionomie de la face, grande pente de glace qui borde la muraille nord des Grandes Jorasses. Elle avait été gravie pour la première fois par René Desmaison en 1968. Ce dernier, décédé il y a quelques années, a dans ses dernières volontés demandé que ses cendres soient dispersées dans le massif du Dévoluy au pied du Pic de Bure, qui se cache pas très loin d’ici au creux de ces immenses plissements préalpins.
A mes pieds la vallée du Jabron se développe presque jusqu’à l’infini en direction de l’est vers Sisteron. Encore lointaine la masse sombre de la face nord de la Montagne de Lure s’impose. Cette montagne présente des similitudes avec le Ventoux. Elle possède le même pierrier sommital de roche calcaire éclatante, les mêmes forêts qui montent à l’assaut jusqu’à la caillasse finale, ainsi que cette chape de nuages qui ajoute au tableau une touche secrète et austère.
Je laisse sur ma gauche la ville de Séderon et m’engage vers le petit col de la Pigière, qui en quelques kilomètres me permet de réellement plonger dans cette belle vallée du Jabron. Je traverse plusieurs villages, au nom chantant bien de la région, Saint Vincent ou Noyer-sur-Jabron. La rivière par endroits présente de très jolis points de vue sur ses gorges étroites à l’eau claire et froide. L’automne semble moins avancé que sur le plateau que je viens de quitter. De nombreux arbres gardent encore des parures éclatantes, certains révèlent des couleurs extraordinaires, mélange de pourpre de rose et de rouge éclatant.
Arrivé à Noyer-sur-Jabron, j’emprunte une toute petite route sur la rive droite de la rivière qui conduit en quelques kilomètres au pied de la Montagne de Lure. Arrivé au village de Valbelle, je pique-nique de restes que j’ai pris chez moi, un vieux fromage et une miche de pain quelque peu rassie. Il est 13h30. J’attaque la longue montée de l’ordre de 25 kilomètres. D’après une amie grande spécialiste de la région à vélo, cette section est difficile. Ce n’est pas pour rien qu’on la dénomme la petite sœur du Ventoux, qui lui est le Mont Blanc des cyclistes. Le dénivelé de ce versant dans lequel je m’engage est tout de même de 1200 mètres, le Ventoux par Malaucène approche les 1600 mètres.
J’espère que je vais arriver au sommet avant la nuit et ne pas revivre une expérience de descente nocturne. L’itinéraire serpente dans une grande forêt au gré des plis du terrain. Il y a de l’activité, les chercheurs de champignons s’activent sur les traces de la chanterelle cendrée. La montée sans être jamais très raide, un kilomètre seulement à 9%, est cependant interminable. Bien que la circulation soit pratiquement absente, je suis doublé par une bande de bikers en Harley, j’en compte une bonne quarantaine. Du haut de leur machine, les mains en l’air perchées sur des guidons aux formes invraisemblables, et pour certains les pieds presque au ciel, tellement les cale-pieds sont hauts, ils ne me jettent même pas un regard. Quel est ce débile même pas capable de conduire une moto et obligé de grimper ces montagnes à vélo avec ses gros sacs! Je ne m’en offusque pas, car souvent les vrais et purs bikers en Harley considèrent les autres motards comme des espèces de renégats, alors les vélos ! Mais je n’ai pas envie d’ouvrir une polémique sur les motos. Dans ma jeunesse, lorsque j’étais un motard fou (22 accidents en deux roues à moteur), les clans se répartissaient en possesseurs de japonaises, allemandes, italiennes et anglaises. Ces derniers sur leurs bécanes vibrantes et ruisselantes d’huile se considéraient comme les plus purs. Mais ne nous battons pas, il y a prescription cela fait presque quarante ans.
Comme hier, quelques kilomètres sous le sommet je rentre dans le brouillard et la clarté tombe d’un coup. Que cette montagne peut se révéler hostile dans ces conditions ! Cela accroit la sensation de vivre une expérience étonnante. Les conditions rencontrées constituent un élément prépondérant quant à la manière dont l’aventure va s’imprimer dans notre mémoire. Je constate, une fois de plus, qu’en France on peut éprouver le sentiment de se trouver très loin. Enfin, après cette très longue montée, sans prévenir le panneau du Pas de Graille surgit de la grisaille. Etrange ! sous le panneau, une borne kilométrique indique ce même col à plus de trois kilomètres. De toute évidence la montée continue. Dans ces derniers kilomètres au milieu de la caillasse je gagne encore cent trente mètres de dénivelé. Enfin, le point haut de la route est atteint, 1720 mètres. Il fait froid et humide. Je me couvre rapidement, rajoute sous mon casque ma cagoule et enfile des gants bien chauds. Au moment de me lancer dans la pente, une voiture s’arrête au sommet et l’un des passagers s’étonne de trouver un vélo en cet endroit par ces conditions fraîches et crépusculaires.
Une descente d’une vingtaine de kilomètres me conduit au village de Saint-Etienne-les-Orgues. J’ai bon espoir de dénicher un point de chute pour la nuit. Eh bien non ! De toute évidence tout est fermé, aucune chance de trouver un toit. Ce soir ça se complique. J’ai déjà exactement cent kilomètres dans les cuisses et plus très envie de pédaler, surtout de nuit. Mais j’ai encore moins envie de dormir dehors. Que faire pour tenter d’y échapper ? La ville de Forcalquier se trouve à seize kilomètres, j’espère que la route descend. Je me lance dans la direction de cette ville. Le premier tiers se déroule le long d’une belle départementale peu fréquentée légèrement descendante, et j’appuie à fond sur les pédales. Mais cela va se corser. En effet, je rejoins une route où le trafic est important. La nuit s’est opacifiée et une côte de plusieurs kilomètres termine le parcours. Je sais que mes phares magnétiques ne sont pas très puissants, d’où danger. Ils le sont d’autant moins en montée, car plus je suis lent moins ils éclairent. Les voitures qui viennent en sens inverse me voient souvent tardivement, donc me gratifient de leurs pleins phares. Ce qui me plonge juste après le croisement dans le noir le plus total durant quelques secondes, le temps que les pupilles se dilatent de nouveau dans la nuit. J’imagine que ceux qui arrivent par derrière me voient aussi avec peu de recul, malgré ma veste aux bandes légèrement fluorescentes. Lorsque les bas-côtés sont libres je me mets toujours en situation de me jeter rapidement hors de la route. Mais malheureusement dans cette longue montée terminale, un rail de sécurité m’interdit toute fuite à droite en cas de freinage intempestif dans mon dos, et cela est d’autant plus angoissant que je suis condamné à une vitesse d’escargot. Le temps me paraît long. J’appuie au maximum sur les pédales, à la limite de l’asphyxie, cherchant à me soustraire le plus rapidement à cette situation dangereuse. Mon seul repère provient des véhicules devant moi, cela me permet de réaliser que la côte n’est pas finie. Puis d’un coup le calvaire prend fin, le point haut de la route est atteint. La ville et ses lumières surgissent du néant et la clarté se fait. Ouf ! Je me laisse glisser vers cette petite ville baignée de lumière. En ce 11 novembre, j’espère trouver un hôtel ouvert car j’ai nettement dépassé les cent kilomètres et l’idée de devoir sortir de l’agglomération pour chercher un point de bivouac, m’effraie quelque peu.
J’arrive au centre ville. L’activité est faible, un premier hôtel est fermé, alors je distingue un peu plus loin l’enseigne allumée d’un autre établissement. Je m’y dirige, descends de mon vélo et entre. L’accueil est immédiatement sympathique, un gros chat vient se frotter. Pour moi, c’est de très bon augure, en effet la première impression sera confirmée. Il me faudra encore sortir pour manger. Je fais la distance minimale. Un restaurant affiche « la cuisine de Maman ». Je m’attends à des spécialités provençales, elles seront marocaines. Je choisis un tajine succulent, au citron vert et olives, suivi d’une glace amande et miel. Fourbu, après cette étape de 116 kilomètres je rejoins ma chambre. Comme souvent après des efforts intenses, il est difficile de s’endormir.
Troisième jour : Forcalquier Moustiers-Sainte-Marie 58 km
En ce troisième jour, du fait de l’avance prise hier, l’étape sera courte. En quelque sorte je la qualifierai de transition entre deux massifs montagneux. En effet, la grosse bosse suivante se dénomme les gorges du Verdon. Je compte venir me positionner à leur pied ce soir, dans la perspective d’une étape difficile demain. Je fais quelques achats, pain, bananes ainsi qu’un médicament pour les brûlures d’estomac, le saucisson du midi ne passant pas toujours bien. Le temps est encore parfait. L’itinéraire commence par une longue descente en direction de la Durance. Il est toujours agréable de commencer sa journée de vélo en descendant, ça donne le moral et cela permet de s’échauffer sans brutalité.
La ville d’Oraison est vite atteinte. Juste à son entrée je traverse la Durance, qui garde le long de ses bancs de sable les traces des fortes précipitations de la semaine dernière. En effet, de multiples souches et troncs échoués sont disséminés tout au long de son vaste lit de graviers, ainsi que d’autres détritus moins écologiques, du genre vieux pneus.
Un peu au sud d’Oraison, je m’engage sur la D907, petite route qui part plein est entre garrigues et prairies. Ca y est, cela fleure bon la Provence, telle qu’on la conçoit. Ce temps d’automne stable à l’air immobile, ni chaud ni froid, juste une sensation de fraîcheur au débouché d’un vallon ombragé, ou une légère chaleur sous le soleil, représente l’idéal pour un cycliste. Après une dizaine de kilomètres au fond d’une petite vallée trop vite parcourue, sur la droite se distingue le village du Brunet. Il s’accroche aux pentes donnant accès au plateau de Valensole. Quelques kilomètres raides le long d’une minuscule route en lacets, et d’un coup un vaste panorama se dévoile alors que la côte se termine.
Que ce plateau est magnifique. Alors qu’il est réputé pour son vent, par chance ce jour le calme est total. Tout là-bas à l’est les grandes falaises du Verdon bouchent l’horizon. Cela me permet de contempler une partie de mon étape de demain. Ce lieu est plein de mystères, nombreuses sont les histoires d’OVNI et de rencontres extraterrestres qui y sont associées. D’autre part, dans son sol durant une trentaine d’années, la France y a caché ses missiles balistiques nucléaires sol-sol, regroupés au sein du 1er GMS (groupement de missiles balistiques), qui dépendait de l’armée de l’air. Bien entendu ces fusées faisaient fantasmer et les groupes pacifistes s’implantaient dans la région afin d’être sur place pour manifester contre ce type d’armement. Cela procure de nombreuses raisons pour nimber cette terre austère et déserte d’un côté mystérieux.
J’emprunte un chemin de terre qui me conduit au cœur de cette zone, et m’arrête en bordure de forêt pour déjeuner. Le silence est total, la vue porte très loin. Mais rien d’étrange ou de bizarre ne se manifeste. Pas de Martien pour venir partager mon fromage franchement moisi, mon saucisson très poivré ou ma banane talée, snif ! Je reprends ma route, et comme souvent lorsque je traverse des lieux de caractère affirmé, j’ai tendance à ralentir pour en profiter plus longtemps. Les immenses champs de lavande s’étalent à l’infini, pas très odorants en cette saison. J’arrive sur un groupe de chênes truffiers protégés par une barrière, sur laquelle de grands panneaux rouges annoncent « arme à feu ». En ces régions, la guerre du diamant noir de toute évidence fait rage. Je me souviens d’un roman dans lequel un vieux paysan faisait croire aux acquéreurs d’un domaine que rien n’y poussait. Chaque année en cachette, il allait dérober les champignons aux propriétaires qui ne se méfiaient pas. Puis, un jour ils ont découvert le pot aux roses, tombant sur ce voisin « aux manières policées », tentant de soustraire à leur curiosité un panier rempli de belles grosses truffes !
En ces vastes espaces je me sens bien, une forme de plénitude. Il est étrange que je ne conçoive le vélo qu’à travers l’errance. J’ai beaucoup de mal à planifier une balade de la journée. Et si cela m’arrive, il est fort à parier que je ne me lèverais pas. J’ai besoin de cette sensation de voyage pour pleinement apprécier mon effort physique. Il faudrait peut-être qu’un jour je me fasse psychanalyser, mais à mon âge c’est sans doute trop tard ! Aujourd’hui j’ai tout mon temps, l’étape étant deux fois plus courte qu’hier, de plus avec un dénivelé très faible. Pas un bruit, un calme impressionnant, un paysage de toute beauté, je pédale dans un endroit merveilleux, c’est sans doute cela le bonheur!
J’atteins le village de Puimoisson en bordure est du plateau, il ne me reste plus que 12 kilomètres à parcourir avant Moustiers. Je prends mon temps, m’installe à une terrasse de café au soleil et déguste tranquillement un petit noir, tout en écoutant le village vivre. Je suis ravi de ces voies chantantes, bien du midi, qui s’esclaffent en grands rires. Il y a des coins, où malgré les angoisses suscitées par nos sociétés détraquées aux dettes abyssales, certains ont décidé de prendre malgré tout la vie du bon côté et savent faire preuve d’une insouciance salvatrice.
La fin du parcours est une simple formalité, je me laisse entraîner par la pente vers cette jolie petite cité de Moustiers-Sainte-Marie, accrochée à la falaise, célèbre pour ses faïences. Elle constitue le point d’entrée idéal pour visiter les gorges du Verdon. Arrivant pour une fois de bonne heure, je me rends au syndicat d’initiative afin de choisir un hôtel confortable. En effet, l’hôtel des Restanques est très confortable et admirablement bien situé. Mais à cette période il me faudra retourner au cœur du village pour dîner. La réceptionniste très gentiment me réserve une table à la Treille Muscate, restaurant à la salle magnifiquement agencée sur la place de l’église. Il n’est que 3h30, je continue à prendre mon temps, douche et farniente devant la télé. Puis je pars à la découverte, plutôt redécouverte de ce village dans lequel je suis déjà venu plusieurs fois. Mais je ne suis jamais monté jusqu’à sa chapelle perchée au beau milieu de la grande falaise qui domine les maisons. Un chemin empierré aérien y conduit. Les premières mentions de la chapelle notre Dame de Beauvoir, connue dans les temps anciens sous le nom de Notre-Dame d’Entre-Roches, remontent au IX siècle. Elle est l’une des rares chapelles « à répit » que l’on trouve en Provence. On désigne de la sorte les chapelles qui permettent les suscitations d’enfants. C'est-à-dire que l’on y apportait les enfants mort-nés, afin de les faire ressusciter quelques instants, le temps de les baptiser. Il était ensuite possible de les faire inhumer religieusement, assurant alors le salut de leur âme. Je suis aussi très ému à la lecture de certains ex-voto, par exemple celui d’ « Une maman pour ses trois enfants revenus de la guerre ».
Le lieu est impressionnant, surtout au moment où vient la nuit. Je suis seul et regarde l’ombre emplir les grandes falaises qui me surplombent. Avec un vieux réflexe de grimpeur, je recherche les itinéraires d’escalade possibles, parmi ces dalles et ces fissures. Mais très probablement la varappe est interdite en ce lieu trop proche des habitations. Puis je redescends flâner dans le village, admirant les magnifiques motifs sur les objets en faïence d’une grande finesse que l’on trouve dans nombre de boutiques. Enfin arrive l’heure du dîner et je rejoins mon restaurant, dont on m’a fait l’éloge. Je suis ravi par les ravioles au foie gras et les pieds paquets, ces derniers étant la spécialité du cuisinier. J’y reviendrai en famille.
Quatrième jour : Moustiers Fréjus par le Verdon 122 km
Un petit-déjeuner consistant me prépare aux durs efforts de la journée. A côté de moi, quatre Chinois discutent avec animation. Bien entendu je ne comprends pas le moindre mot, langue aux intonations et sonorités étranges. Je quitte la salle de restauration, je prépare mon vélo sur la terrasse. Mes chinois, voyant le volume de mes bagages, se précipitent et demandent à être pris en photo à tour de rôle devant ce drôle d’équipage. Tout hilares, ils se prennent en photo, devant ce qu’ils considèrent sans doute comme un coolie français qui part pour quelques trafics marchands ! Quand ils montreront ces photos à leurs proches, ils resteront probablement perplexes devant les motivations qui poussent certains à voyager à vélo plutôt qu’en voiture. Chez eux la voiture étant le symbole de la réussite, il s’en immatricule en Chine, selon un article lu l’année dernière, 14 000 par jour !
Ce matin l’air est frais. Comme hier je débute par une longue descente, qui cette fois me conduit au bord du lac de Sainte-Croix. Un vent contraire, vif et piquant, me ralentit. Il ne va pas durer, car il est généré par le débouché des gorges que je rejoins en quelques kilomètres. En ce matin froid les abords du lac dégagent une grande quiétude. Le soleil est toujours caché par la masse du massif montagneux du Verdon. Les arbres aux feuilles jaunes se découpent sur le bleu pâle de l’eau. Le pont, marquant le début des gorges en bordure du lac, est un lieu idéal pour admirer cette splendeur de la nature. A cette heure matinale, les jeux de lumières et d’ombres sur l’eau et les immenses parois délivrent, dans une belle communion, un spectacle grandiose. Cette première prise de contact avec ces gorges, que je connais pourtant bien, me stupéfie.
Une fois dépassé le pont, le vent se calme. Un peu plus loin, j’attaque la longue montée qui me conduira au sommet de cette immense saignée naturelle, que l’eau a mis des millions d’années à creuser. La forme est bonne et je suis très motivé par les splendeurs à venir. D’abord j’atteins le village d’Aiguines, qui offre un magnifique point de vue sur le lac. Puis, je continue en direction de la Corniche Sublime, d’où une multitude de panoramas époustouflants se découvrent au fur et à mesure de la progression. Mais la côte est soutenue et longue, ce qui nécessite des efforts, cependant mon petit plateau accomplit des miracles. Je passe tout d’abord le col d’Illoire, déjà cinq cents mètres de dénivelé au-dessus du lac. A voir toutes ces grandes falaises, d’innombrables souvenirs d’escalade me viennent en mémoire. Les grandes voies classiques de la falaise de l’Escalés, haute de plus de 300 mètres défilent. Des itinéraires aux noms restés mythiques, la Demande, les Ecureuils, Luna-Bong, et bien d’autres. Celle qui m’a laissé le plus beau souvenir, ULA, une fissure, verticale voire surplombante, de toute beauté qui s’élève au-dessus d’une dalle de 40 mètres, d’un seul jet sur 280 mètres d’une escalade soutenue de toute beauté, sur un rocher extraordinaire. Cela me donne envie d’y retourner grimper, pour me replonger dans l’ambiance de ces temps passés. Mais les habitudes d’escalade ont changé, maintenant on accède aux voies par le haut en rappel et l’on ne daigne pas toujours faire ces grandes escalades dans leur totalité, se concentrant sur des entreprises de moindre hauteur, mais redoutablement plus difficiles techniquement.
A tous les virages ou presque je m’arrête et scrute ces grandes falaises à la recherche de souvenirs d’expériences et d’émotions passées dans ces replis secrets de la roche. La route monte bien au-dessus du col et dépasse les 1200 mètres. Il y fait frais, d’autant plus que je transpire. Arrivé enfin au point haut de la Corniche Sublime, je n’arrive pas à prendre de la vitesse en descente, le regard toujours tourné vers ce canyon stupéfiant. Dans un virage deux cyclistes avec des drôles de vélos à petites roues. Ouhaou ! Il s’agit d’un couple d’Australiens effectuant un tour de France d’une année. On discute un moment avec passion de nos expériences à deux roues. Mais le temps passe, et si je veux atteindre Fréjus avant la nuit il me faudra encore sérieusement appuyer sur les pédales.
Je fais une halte au pont de l’Artuby, où le saut à l’élastique bat son plein. Mais bien vite je repars en direction de Comps. Le vent est contraire et ça monte. Je commence à douter de la possibilité d’être en bord de mer ce soir. A quatorze heures je suis à Comps-sur-Artuby. Je ne m’y arrête pas, sachant qu’avant le bord de mer je n’aurai aucune alternative au bivouac, et il me reste 70 kilomètres à franchir. Certes, ça devrait descendre, mais à priori quelques montées sont au programme. Après une descente en sortie de village, je traverse de nouveau la rivière Artuby, sur le camp militaire de Canjuers. Une montée de plusieurs kilomètres, heureusement pas trop raide, suit. Je prends la départementale 19, direction Barjemon. De là, j’opte malgré l’heure tardive pour une minuscule route passant par Claviers, petit village perché. Le temps passe vite, cependant les kilomètres s’enchaînent. Je reprends espoir. Quinze kilomètres après ce dernier village, Saint-Paul en forêt, que je rejoins par un magnifique parcours en sous-bois. J’ai tout loisir d’observer les chercheurs de champignons. J’en interroge un, qui manifestement en a quelques-uns dans un sac plastique. Il me fait cette réponse hilarante avec un magnifique accent du midi : « Je n’ai ramassé que des mauvais ». La réponse n’autorise aucune réplique. Je m’éloigne le sourire aux lèvres. Un peu plus loin, un autre chercheur porte un panier. Dès qu’il m’aperçoit, il le cache vite, des fois que je voie ce qu’il recèle. L’arrivée au village se fait par un raidillon carabiné et je suis près des cent kilomètres. Il m’en reste encore un peu plus d’une vingtaine avant d’atteindre Fréjus. La course contre la montre avec la tombée de la nuit est lancée. Là-bas sur ma droite, je vois le soleil se coucher derrière le rocher caractéristique de Roquebrune-sur-Argens. La mer m’apparait. Ca y est, je suis dans la zone industrielle de Fréjus. En ce dimanche soir, la circulation est intense. En effet, nombreux sont ceux qui ont profité du beau temps retrouvé, après de très fortes intempéries, pour aller se promener. A la suite de pas mal de détours, j’arrive en bordure de mer, en même temps que la nuit. Mon compteur affiche 122 km pour la journée. Je trouve rapidement un hôtel simple, mange tout aussi vite et me couche.
Cinquième jour : Fréjus Sollies-Pont 92 km
Une fois de plus la nuit a fait son travail réparateur et c’est assez frais que je me prépare à traverser le massif des Maures. Les prévisions météorologiques sont encore favorables pour ce jour, mais une dégradation est prévue pour demain. J’ai tendance à m’y fier, car le vent d’est souffle, et dans la région c’est annonciateur de pluie. Pour le moment, à court terme, ce vent va m’être très utile, car il va me pousser généreusement tout au long de la journée.
Je démarre tranquillement par les quais du port en regardant les bateaux. Je rejoins ensuite la route de Saint-Aygulf et je longe le bord de mer pendant quarante kilomètres jusqu’à Port-Grimaud. Toutes ces cités balnéaires, Saint-Aygulf, les Issambres, Sainte-Maxime me rappellent ma jeunesse lorsque nous passions toutes nos vacances à la pêche, que ce soit du bord, en sous-marine ou en bateau. A regarder la mer défiler, je sais à quoi ressemblent les fonds sous cette surface qui les cache. Les fonds marins que nous connaissions le mieux, c’étaient ceux qui se trouvent maintenant sous les parkings et zones commerciales du nouveau port de Saint-Raphaël. Dans notre jeunesse ces infrastructures n’existaient pas, et leur construction a été accomplie au détriment des zones maritimes côtières. Nos merveilleux coins de pêche ont été définitivement ensevelis. Je me souviens avoir vu les premiers gros camions qui sont venus déverser leur cargaison de terre et de caillasse en détruisant tous ces merveilleux endroits, bancs de sable, massifs d’algues, groupes de rochers aux trous poissonneux qui enchantaient notre jeunesse. Plus de quarante ans après je les visualise toujours en imagination sous ces parkings et magasins, avec les noms que nous leur donnions mes frères et moi : le casse-croûte, le casse-pipe, les montagnes, la digue, la grille, la mare à mulets, la petite-plage, le trou etc.
Ne nous laissons pas envahir par la nostalgie. Je quitte le bord de mer et m’engage après Grimaud sur la petite route au milieu des Maures qui conduit à Collobrières. Le parcours mène de crête en crête au gré des mouvements de terrain. A cette époque cette région est admirable. Du fait des fortes intempéries des semaines passées, l’eau ruisselle de toutes parts. Des cascades et ruisseaux bruissent tout au long du chemin. Je ne reconnais pas les Maures, que je connaissais pour leur sécheresse, qui engendre des incendies apocalyptiques. D’ailleurs au détour d’un virage je tombe sur une petite aire aménagée, sur laquelle a été érigé un monument commémoratif aux trois pompiers qui en ce lieu ont perdu la vie alors qu’ils combattaient l’un de ces gigantesques feux attisés par le mistral.
Cette forêt recèle des richesses, tout d’abord le chêne liège, ensuite l’arbouse, les châtaigniers et bien sûr les champignons friands de ce sol granitique :
Le chêne liège, on le trouve tout au long de la route. Il est l’élément essentiel de la forêt. On le reconnait très bien à son écorce claire (avant exploitation) qui fait de gros bourrelets tout au long du tronc. Mais après exploitation, les troncs sont beaucoup plus lisses, moins volumineux et de couleur sombre. L’arbouse, grosse baie à la peau rouge couverte de petites protubérances, qui pousse sur un arbuste l’arbousier. Ce fruit, fréquent en zone méditerranéenne, murit en novembre. Cela veut dire qu’en ce jour il y en a partout autour de moi. Sa chair est orange, de la consistance d’une purée ferme, elle s’écrase mollement en bouche. Le goût de cette baie est doux et excellent. Je ne me prive pas de m’en gaver, ce qui me tiendra lieu de repas de midi. Parfois il me faut escalader des talus pour aller les récupérer.
Le châtaigner, véritable industrie de la région, fait la richesse des villages des environs. On y confectionne marrons glacés, glaces et autres produits dérivés de la farine de châtaigne. Attention à ne pas s’arrêter n’importe où pour cueillir ce fruit, car les propriétaires des arbres ne seraient pas forcément d’accord. D’ailleurs ils le précisent par des panneaux et entourent leurs châtaigniers de barrières. Les champignons, sanguins et cèpes sont très prisés dans le coin. Je vois bien quelques chercheurs, mais manifestement ce n’est pas miraculeux. Soit-disant qu’il aurait trop plu ?
On n’a pas le temps de s’ennuyer le long de cette petite route, de laquelle par places on peut voir la mer. Je passe le col de Taillude à plus de 400 mètres. J’entame la descente sur Collobrières, capitale de la châtaigne, dont la fête attire beaucoup de monde. Avant d’y pénétrer, à une centaine de mètres des premières maisons, un cycliste, sans doute un ouvrier agricole arrive à ma rencontre. Au moment où il me croise il me lance d’un ton enjoué « va-y p’tit gars ! C’est bientôt ! ». Nous sourions tous les deux. En cette fin novembre le village est froid et presque désert. Les feuilles mortes balaient les ruelles mouillées du bourg. On sent que l’hiver est en marche pour venir s’installer. Je poursuis ma route jusqu’à Pierrefeu-du-Var, à la bordure ouest du massif des Maures. Je donne donc mes derniers coups de pédale dans ce joli petit massif si caractéristique de Provence.
Je cherche un hôtel à Cuers, mais sans succès. Je descends en direction de Toulon et en trouve enfin un en périphérie de Solliès-Pont. Il draine une clientèle de gens qui viennent travailler dans la région, donc rien de très bucolique. Mais si le temps devait se dégrader demain et virer à la pluie, je pourrais rapidement rejoindre la gare d’Hyères ou de Toulon, ce qui est un atout appréciable. En effet, les pluies de novembre ne sont généralement pas très agréables à vélo.
Sixième jour : Solliès-Pont Cassis par la Sainte-Baume 85 km
Ce matin, contrairement aux prévisions météorologiques, le temps est beau et le dernier bulletin semble infirmer celui de la veille. Donc pas de fuite vers Toulon, mais je vais reprendre mon itinéraire en direction de la Sainte Baume. Je quitte l’hôtel par une toute petite route, qui à travers bosses et creux me conduit par des raccourcis sur la route de Belgentier. Mon corps a pris l’habitude des efforts journaliers intenses, et je me sens une forme olympique. Sur un bon rythme je me lance dans une longue côte à la pente modérée. La route est passante, mais heureusement souvent la bande latérale pour cycliste rend l’exercice plus agréable. Les villages défilent, Méounes, la Roquebrussanne. Dans les environs de ce dernier j’observe un hélicoptère de combat Tigre à l’entraînement. Il fait de longues stations sans mouvement, peut-être les pilotes s’entraînent-ils à maîtriser leurs systèmes d’armement toujours plus perfectionnés, donc nécessitant d’autant plus d’apprentissage ?
Je quitte la route à fort trafic et me dirige par un itinéraire presque désert vers le village de Mazaugues. Les côtes se font plus sévères. Une grande descente et me voilà dans ce joli village. Une épicerie, qui outre la vente de quelques ingrédients, tient lieu de café. Je m’installe près du chauffage électrique, car il fait froid et je suis mouillé de transpiration. Je regarde les clients défiler et écoute l’épicière me raconter la vie du village. Le nom Mazaugues vient de masse d’eau, raison pour laquelle la sécheresse ne sévit généralement pas en ces lieux. Il parait qu’on y trouve même des champignons en été ! Je passe un bon moment, et alors que je démarre une cycliste du coin entame la discussion et me parle de ses désirs de grands voyages à vélos, pour le moment bridés du fait de sa situation de mère de famille d’enfants terribles. Elle se contente de sorties à la journée avec son club, ce qui est déjà bien dans cette région très accidentée. Je lui raconte ce récit d’un homme qui à 73 ans a fait seul le tour du Maroc à vélo. Donc pas de panique, elle a encore trente ou quarante ans pour réaliser ses rêves les plus fous !
On me prévient que ça va monter dur pour rejoindre le versant nord de la Sainte Baume. En effet, sur huit kilomètres la pente moyenne est soutenue, mais le paysage est merveilleux. Là aussi de l’eau ruisselle de toutes parts. Je passe devant l’une de ces fameuses glacières, qui servaient à alimenter la ville de Marseille en glace tout au long de l’année. Ce versant nord de la Sainte Baume est très froid, et cette caractéristique a été exploitée aux siècles précédents pour produire de la glace. De grandes constructions cylindriques bien protégées au nord et semi-enterrées recevaient en fin d’automne de grandes quantités d’eau qui gelait durant l’hiver et que l’on gardait au frais durant des mois, jusqu’à l’hiver suivant. On en débitait des pains de glace que l’on livrait par charriots à la ville, et voilà comment dans les temps anciens on trouvait de la glace en été pour mettre les poissons au frais à Marseille. Est-ce que à cette époque le pastis existait ? Si la réponse est négative, les glaçons devaient s’ennuyer !
Une fois la côte terminée, la longue crête de la Sainte Baume apparait et je distingue ses antennes caractéristiques. Blottie au pied des falaises la magnifique forêt aux arbres millénaires se dévoile avec ses couleurs d’automne. Je m’arrête au monastère. J’y suis déjà venu à plusieurs reprises. J’y ai même dormi lors d’une grande traversée à pied. L’accueil y avait été de tout premier plan par les Dominicains, tout particulières par les sœurs dans leurs longs vêtements immaculés. Elles affichent une sérénité qui est très communicative. À leur contact comme un rayonnement réconfortant vous atteint. Ne pas hésiter à y faire halte pour la nuit. J’ai du mal à reprendre mon chemin, il est des lieux où souffle l’esprit.
Je suis bientôt au bout de mon périple. Je continue de longer cette magnifique montagne jusqu’au col de l’Espigoulier. Là-bas au nord une autre immense vague de calcaire blanc surgit, il s’agit de la Montagne Sainte-Victoire, haut lieu de Provence, que le peintre Sézanne a fait connaître mondialement. Une fois au col, toute la ville de Marseille s’étale à mes pieds, la côte méditerranéenne se dévoile des Calanques jusqu’à la Ciotat en passant par le célèbre cap Canaille, plus haute falaise maritime d’Europe. Au-dessus de moi, baignée de soleil, la face nord-ouest de Bartagne, très réputée parmi les grimpeurs, montre tous ses reliefs. Je me prends à repérer les nombreuses escalades que j’y ai effectuées. Je me laisse entraîner dans une descente raide et sinueuse vers le village de Gémenos dans un cadre de toute beauté où foisonnent les falaises.
Encore quelques kilomètres de montée en direction du col de l’Ange et ensuite vers Roquefort-la-Bédoule. Dans cette dernière côte je fais la course avec deux cyclistes, certes plus très jeunes. Puis, en six kilomètres de descente je rejoins la gare de Cassis, point final de mon périple de six jours dans ce pays farouche de Provence entre mer et montagne. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir au cours de ces 570 kilomètres tout au long de ces massifs réputés et pourtant sauvages de France. Comme toujours, lorsqu’un beau projet arrive à sa conclusion, on se sent un peu orphelin d’un beau rêve devenu réalité. Il faut alors vite envisager le suivant pour ne pas laisser une vague sensation de vide vous envahir. Mon prochain périple commence à prendre forme dans mon esprit, mais c’est une autre histoire.
Je pars en février en Thailande (en avion), puis je rentrerai en vélo de Bangkok à Paris. Le départ de Bangkok se fera début Mars, je serai en juin/juillet en Chine, Juillet/Aout dans les "stan", puis Iran, Turquie, Europe pour arriver en France en novembre 2016.
Vous me corrigez si je me trompe mais je m'attends à des températures très chaude en mars en Asie du sud est (40 degrés) et à des températures relativement froide en altitude dans les pays d'Asie Centrale, de Turquie et d'Europe de l'est. (0 à -10 C°).
La question est donc la suivante (tadamm!) : Quels vêtements prendre dans mes sacoches? (en tenant aussi compte de la contrainte d'espace (70l environ) et de poids (12-15 kgs idéalement).
Nous sommes un couple qui avons découvert le cyclotourisme récemment ... nous avons fait une partie de la Loire à Vélo comme 1er trip (500kms) et Paris-Bourg d'Oisans cet été (900 kms). Comme vous l'avez compris, on a carrément pris gout au concept du voyage à vélo.
Et parce que ça nous travaille depuis un moment de partir faire un long voyage à l'étranger, on projette de partir aux Etats-Unis à partir de début 2014 pour un trip vélo-camping de 6 mois. Nous avons une date de retour impérative : août 2014 au plus tard !
On a déjà pas mal potassé mais on a du mal à affiner certains points :
- itinéraire : j'étais plutôt sur la cote ouest (Seattle-Los Angeles) mais j'ai vu certains itinéraires est-ouest (Los Angeles-New York) ... ?
- Timing/climat : J'ai bien noté l'impératif de partir du nord et d'aller vers le sud à cause du vent mais du coup, un départ avant mars-avril me semble compliqué par rapport à la météo ...
- Visa : J'ai compris la difficulté d'obtention des visas, est-ce que le visa B2 (touristique) est si dur à obtenir ? Sinon j'envisageais de faire seulement 3 mois aux USA et de coupler avec un trip au Canada ou Amérique du sud.
Entre le 28 février et le 13 août 2019, nous étions en Argentine à vélo. Nous arrivions de l'Uruguay et nous avons entamé un long périple à travers l'Argentine.
Nous sommes 2 frères Kevin & Guillaume Taurin. Nous parcourons les routes du mondes à vélo depuis mai 2018 à travers un projet qui se nomme Hey Bro - Tour du Monde à vélo. Notre périple est pour l'instant en stop face aux événements récents mais nous sommes toujours motivé dans cette quête de parcourir le monde. Notre objectif promouvoir et communiquer notre passion pour l'aventure, le partage, le respect de l’environnement et l'image.
Voici notre résumé de l'Argentine
Nous avons réalisé une vidéo sur notre passage entre Buenos Aires et San Carlos de Bariloche.
D’immenses étendues de terrains où par moments la route est à nous. On s’est sentis libres, tranquilles et en harmonie avec la nature. Avec des paysages à couper le souffle, comme dans la région des lacs ou encore dans les montagnes des Andes. L’Argentine, un grand mais surtout un beau pays.
COUPS DE CŒUR
LA ROUTE DES 7 LACS
C’est dans la Patagonie, à moitié dans la cordillère des Andes. Elle commence à San Martín de Los Andes pour se terminer à Villa la Angostura, pas loin de San Carlos de Bariloche. C’est une agréable route, avec la possibilité de découvrir bien plus de 7 lacs. Si les bonnes conditions sont réunies, on peut y admirer de magnifiques levers et couchers de soleil. Pendant la journée, c’est un festival de couleurs et une tranquillité reposante. La traversée a duré 4 jours.
Nous y étions à la fin de la saison sèche. Les températures étaient très basses. De plus, il n’y a pas ravitaillement sur la route. Les quelques campings ouverts ne disposaient pas de beaucoup de nourriture.
Cette route est un vrai bonheur !
LA RUTA 40
On avait hâte d’y être ! Un nouveau rêve qui se réalise. Rouler sur cette mythique route des voyageurs ! Bon, c’est surtout pour des voyageurs en van 😉
Une route tranquille où on peut faire plus de 100 km sans croiser un village avec des routes droites à ne plus en voir le bout. Un challenge et surtout des surprises tout le long. Le plus surprenant, c’était de découvrir des petits abris en libre accès permettant de faire un feu ou d’y dormir. C’est pour les voyageurs et ça fait du bien à nous cyclistes pour se protéger du vent ou s’y reposer.
On a pu voir le long de la route :
La région des lacs
San Carlos de Bariloche
Cafayate
Quebrada de Humahuaca
CAFAYATE
C’est dans la province de Salta légèrement en altitude (1 700 mètres).
La particularité de ce lieu, c’est le vin. La terre permet de faire pousser des vignes. On trouve beaucoup de bodegas (établissement viticole). Il y a de quoi se régaler !
En prime, on peut y manger des empanadas de très bonne qualité dans la Casa de las empanadas ! Un délice.
ROUTES TRAVERSÉES
On ne va pas parler de la Route des 7 lacs et de la Ruta 40 qui figurent dans nos coups de cœur.
RUTA 3
Une catastrophe, très fréquentée par des camions notamment. Si le vent s’ajoute au trafic, ça devient l’enfer. Il y a des routes parallèles forcément plus longues mais plus sûres ! C’est la route la plus dangereuse de notre voyage.
RN22
Ce n’est pas notre meilleur souvenir, très monotone avec des lignes droites et du vent ! Par contre, pas de trafic 🙂 On a le temps d’imaginer à quel point le monde est grand sur ce type de route.
RP13 PRIMEROS PINOS
Notre première rencontre avec la cordillère des Andes et le froid des montagnes. C’est également le début de la découverte de la région des lacs. Splendide et sans trafic.
RN68 QUEBRADA DE LAS CONCHAS
C’est une route très courte mais qui permet d’observer des formations rocheuses étonnantes. Malheureusement, c’est très touristique. Attention aux bus qui roulent rapidement dans le secteur.
SAISON/MÉTÉO
Dans le pays, les températures étaient très fraîches. On a commencé à avoir froid en arrivant en Patagonie avec des vents parfois glacials. Certaines journées étaient agréables.
ENVIRONNEMENT
Le pays contient des régions. Chaque région est découpée en provinces.
On a traversé :
La Pampa (provinces de Buenos Aires et de Río Negro)
La Patagonie (provinces de Río Negro et de Neuquén)
Cuyo (provinces de Mendoza et San Juan)
Le Nord-Ouest Argentin (provinces de La Rioja, Catamarca, Salta et Jujuy)
NOURRITURE
Empanadas : Surtout dans la Casa de las empanadas à Cafayate. C’est les meilleurs du pays.
Asados : Comme en Uruguay et ça c’est une excellente nouvelle !
Choripan : Meilleur que le Mac Do.
Dulce De Leche : En évitant les marques industrielles.
LES CHIFFRES CLÉS
Distance 4708 km
Ascension 32 km
Nombre de nuits : Total 120
Bivouac 57
Warmshower 7 (chez 3 personnes)
Chez l’habitant 40
AirBnb 6
Hôtel 6
Bateau 2 (à Buenos Aires dans le bateau du capitaine au port)
Dortoirs 2
Voila pour ce premier morceau de l'Argentine. On parle de notre aventure sur notre blog.
Après pas mal de temps, 10 mois je vous soumets un carnet de voyage. Peut-être m'a-t-il fallu tout ce temps pour "digérer" l'émotion suscitée par ce pays étonnant qu'est la Mongolie. Les chapitres me viendront au gré de l’inspiration, qui je l'espère ne m'abandonnera pas en cours de route. De manière paradoxale, au retour de ce mois loin de tout, à part un petit texte posé sur VF, je n'avais pas envie de relater ce voyage, des sentiments contradictoires s'entrechoquaient. Je faisais sans doute l'erreur de comparer avec d'autres déserts, comme l'Atacama, ce qui n'a pas de sens. Lentement les émotions et les ressentis ont décanté et se sont épurés, ainsi l'envie de m'exprimer se fait jour pour susciter chez vous l'appel de la piste et le plaisir d'enfourcher un vélo afin de partir à votre tour à " l'aventure" aux lisières du désert de Gobi.
Notre itinéraire trait vert, semble minuscule cependant 1500 km, la Mongolie est immense
l
La Mongolie est un pays qui fait rêver, tout particulièrement les amateurs de chevaux, qu’ils aient lu ou non Kessel, les cyclistes, les pêcheurs et aussi tous les voyageurs épris de grands espaces. Immense steppe, trois fois la dimension de la France, pratiquement déserte, trois millions d’habitants, dont un million à Ulan Bator. Une gigantesque prairie presque vide sur une superficie équivalente à l’Europe, de Gibraltar à Berlin. Voilà les réflexions qui viennent à l’esprit d’un cycliste au long cours qui envisage de poser ses roues dans ces contrées d’Asie centrale.
Avec Yves nous décidons de nous lancer dans cette aventure et planifions d’effectuer une boucle de 1500 kilomètres à partir de la capitale. Nous prévoyons de rester un mois sur place. Le départ est prévu mi-mai, un peu tôt en saison, le climat étant très rigoureux dans ce pays de régime continental, sans tempérance, été comme hiver entre chaleur et froid.
Comme toujours avec des vélos emballés la traversée de Paris est un exercice fatigant et pas très agréable. Le stress du fait d’un problème, toujours possible de dernier moment lors de l’embarquement, entraînant un refus de chargement. Heureusement tout va se passer pour le mieux, il suffit de payer 50 euros par monture.
Après un transfert à Moscou et une nuit extrêmement courte, 6 heures de vol jusqu’à Ulan Bator exactement à l’inverse de la course du soleil, notre avion d’Aeroflot est en approche de la piste. Nous découvrons enfin ces immenses steppes que nous allons parcourir. Nous sommes frappés au premier coup d’œil par le manque de couleurs. La végétation en cette mi-mai n’a pas encore verdi, sable et herbe roussie toujours sous l’emprise des grandes froidures hivernales, manifestement la montée de sève n’a pas commencé. Les teintes sont mornes, voire tristes. Je ne peux m’empêcher de comparer avec le désert de l‘Atacama, où toujours les contrastes de tons vifs donnent une impression d’irréalité. Cette uniformité de marron sur marron aux coloris fades qui défile sous notre hublot n’est pas à l’avantage du panorama que je contemple avec curiosité.
Comme prévu nous sommes attendus par Bildjet, information que nous avons eue par un membre de VF. Le transport jusqu’à notre destination de départ sur une distance d’une trentaine de kilomètres nous permet de confirmer notre première impression, la saison chaude n’est pas encore arrivée, et le printemps en est à ses prémisses.
Nous arrivons dans un quartier périphérique où les immenses buildings se côtoient au touche-touche. Que ces cités, aux dimensions inhumaines en expansion anarchique, dégagent une tristesse angoissante, due d’une part à cet envahissement de béton et d’autre part à cette mondialisation uniforme des villes. Le rêve de ce bout du monde nous rappelant Genjis Khan et ses hordes de guerriers cavaliers, qui étaient partis à l’assaut du monde, s’écroule. J’ai un peu l’impression de revivre mon enfance me rappelant les barres des Minguettes à Vénissieux dans le sud de Lyon, mais version titanesque.
Heureusement, nos hôtes sont très avenants et se mettent en quatre afin de nous permettre de nous installer au mieux dans l‘appartement qu’ils nous fournissent pour la modique somme de 6 euros chacun par jour. Deux jeunes Françaises nous ont précédés et se préparent pour un raid en 4X4 de 15 jours.
Comme toujours, à l’arrivée d’un voyage en avion le moment fatidique tant craint arrive : quel est l’état des vélos, notre projet peut-il être compromis ? Pour Yves tout se passe au mieux, quant à moi catastrophe ! La fourche de mon vélo est doublement tordue, elle a été enfoncée de vingt degrés longitudinalement et de dix degrés latéralement. Ma première pensée, que vais-je faire un mois sans mon vélo ? Pas de panique, allons prendre un café et réfléchissons. Tout va rentrer à peu près dans l’ordre. Biljdet notre hôte revient avec un démonte-pneu de camion et d’un coup franc et bien ajusté remet les bras de fourche dans l’axe. J’arrive à remonter ma roue et redescends mon vélo des quatre étages dans une cage d’escalier étroite et effectue un essai.
Ça embarque franchement à gauche, le vélo est à peine pilotable. Démontage et avec Yves nous tirons par tâtonnements successifs sur la ferraille en affinant par touches le travail de remise en place. Après plusieurs essais le vélo devient de plus en plus stable. Je finis par pouvoir lâcher le guidon. Le moral remonte en flèche, notre périple va pouvoir commencer. Certes l’un des bras de fourche est marqué par une amorce de grosse fissure verticale, mais sur un mois j’ai bon espoir que cela tienne. Je ne savais pas qu’une fourche métallique pouvait se « malaxer » à la manière d’une pâte à modeler un peu dure !
Nos problèmes techniques réglés nous nous installons, puis décidons de partir à la découverte du centre-ville. L’épouse de notre hôte nous propose de nous conduire en voiture avec les deux jeunes Françaises sur la place principale, mais nous préférons y aller par nos propres moyens. Ce sera à pied, car il nous est déconseillé formellement de prendre nos vélos. Par une marche d’une demi-heure au milieu d’une forêt de grands buildings un peu déglingues nous arrivons dans le cœur de la cité. Nous repérons immédiatement le magasin qui nous a été indiqué pour acheter des cartouches de gaz.
Le centre-ville me fait un peu penser au Tirana d’il y a une quinzaine d’années. L’impression est étonnante, un mélange de monuments à l’allure un peu soviétique côtoyant d’autres à l’architecture d’avant-garde.
De tous côtés au-delà des constructions le regard porte sur des collines pelées, ce qui rappelle que cette capitale est en lisière du désert de Gobi. Quelles sont les immensités désolées qui se cachent derrière ces premiers reliefs. Cela aiguise notre curiosité et notre envie de partir au plus vite. Mais l’expérience nous a appris qu’il est préférable de prendre son temps et de compenser le décalage horaire en passant deux nuits sur place.
1er jour jour Ulan Bator à Altanbulag 59km
Le 17 mai, enfin le départ, nous descendons notre matériel au bas de l’immeuble. Le gardien intrigué nous interroge sur notre itinéraire. Nous lui montrons sur notre carte ce que nous espérons parcourir. Il s’étonne et rigole, peut-être n’est-il pas sorti de son immeuble depuis l’époque où comme beaucoup de ses compatriotes poussés par la misère il a quitté ses steppes à la recherche d’un emploi en ville.
En ce lundi matin, nous quittons sans trop de difficultés Ulan Bator, bien que la circulation soit plus dense que celle du weekend. En périphérie nous passons des zones un peu bouleversées par les bulldozers, la ville s’agrandissant à grande vitesse. Nous longeons une vieille centrale électrique en fonctionnement, on est vraiment plongé dans la technologie de la première moitié du siècle dernier. L’aéroport est sur notre route, tout autour des groupes d’édifices d’habitation d’une vingtaine d’étages serrés de manière compacte, se sont constitués de façon dispersée et en apparence aléatoire. Mais d’ici une dizaine d’années, il est fort à parier que l’aéroport sera complètement enclavé dans la ville.
Plus nous avançons plus la steppe devient présente et moins nous dépassons des groupes de grands immeubles. La route toujours goudronnée est de moins en moins passante. Nos craintes, suite aux mises en garde qui nous avaient été prodiguées au sujet de la conduite folle des conducteurs bourrés, se sont envolées, ce n’est pas pire qu’en France, d’ailleurs les voitures nous frôleraient peut-être moins.
Nous attaquons les premières côtes, la vue s’étend, les immenses prairies encore endormies se dévoilent toujours plus. Des villages composés de maisons multicolores ponctuent de loin en loin la plaine en direction d’Ulan Bator. Les grandes cheminées qui dégagent des fumées épaisses se fondent lentement dans le lointain, et se font absorber définitivement après quelques grosses bosses franchies.
Une fois quittées les villes qui de plus en plus ont un côté uniforme du fait de la mondialisation, les pays ont gardé leur spécificité et la Mongolie ne ressemble à rien de ce que je connais. Je sens que nous allons faire un voyage, mais comme dit Nicolas Bouvier : On ne fait pas un voyage c’est le voyage qui vous fait et vous défait. Et effectivement, il va peut-être me défaire, car à travers ces immenses espaces je ressens une forme de tristesse sans doute due à l’absence de couleurs marquées. Cette steppe est uniformément marron, la sève n’étant pas encore montée dans les milliards de brins d’herbe, ce qui lui donnera son aspect riant comme les prospectus nous la montrent. Mais pour le moment le sable donne sa teinte atténuée au travers de cette herbe en devenir.
Puis le goudron s’arrête et la piste commence, et avec elle l’aventure semble toujours plus prometteuse, comme si nous nous éloignions de la civilisation pour plonger dans un monde plus authentique. Mais tout cela n’est peut-être que subjectif. La circulation a quasiment disparu, devant nous l’immensité du désert de Gobi. Nous allons en arpenter les lisières nord sur 700 kilomètres dans la première partie de notre périple.
Au sommet d’un tertre nous effectuons notre première pause le temps du repas de midi, rite qui se renouvellera chaque jour durant un mois. A nos pieds coule une rivière, pas très propre. Elle est le seul élément qui retient le regard en dehors du sable qui nous cerne.
Nous croisons nos premiers troupeaux, moutons, chèvres, vaches et aussi quelques chevaux, ces derniers jamais très nombreux. Au cours des 24 jours de ce tour de 1500 kilomètres, les hommes seront peu nombreux, les animaux par contre nous accompagneront en permanence. Bien que l’herbe soit très maigre et rare, ils se portent bien et ont belle allure, bien en chair et pelage luisant.
Le GPS et la trace nous sont un réel secours, car dans ces immensités sans repères parfois il est presque impossible de choisir une piste plutôt qu’une autre. Il fait chaud, et nos organismes ne sont pas encore habitués à l’effort prolongé, et de plus le décalage horaire n’est pas totalement assimilé. Au sommet d’une bosse le village d’Altanbulag apparaît d’un coup. Qu’il nous semble étrange, des groupes de maisons serrées les unes contre les autres, entourés de palissades de planches, forment des taches de couleur sur la prairie. Un ensemble de bâtiments sans palissade matérialise le cœur du bourg, avec la banque, l’épicerie et les centres administratifs.
Nous nous arrêtons devant l’épicerie, et la fatigue nous saisit sans prévenir. Nous pénétrons dans ce commerce et avec plaisir nous constatons qu’il est bien achalandé, fruits, gâteaux, saucisses, pâtes et riz, eau, soda, bière et même vin. Je me souviens de certains pays comme la Bolivie ou le Laos aux épiceries presque vides. De plus, comme partout sur notre planète la bière présente, en canette d’un demi-litre, est le meilleur des remontants pour désaltérer après un effort prolongé. On en boit toujours avec plaisir, cela change de l’eau souvent chauffée par le soleil que nous transportons sur nos porte-bagages. Le courage nous manque ainsi que l’envie de reprendre la piste.
Nous demandons s’il est possible d’être hébergés pour la nuit. Sans problème, quelques chambres spacieuses au confort spartiate sont disponibles. En plus, raffinement suprême il nous sera possible de prendre une douche chaude, ce qui ne sera pas souvent le cas par la suite. Le prix nécessitera d’âpres négociations par gestes. Cependant la base de discussion sera toujours clairement affichée, car l’épicière détient une petite calculette. Au gré des mimiques les chiffres défilent et nous finissons par tomber d’accord sur une somme correspondant à quelques euros pour chacun. Nous sommes au bout du monde, mais tous les adolescents ont leur IPad.
La barrière de la langue est bien réelle, mais surprise, une jeune fille me tend son IPad pour que j’y inscrive des mots anglais qu’elle convertit en mongol. Puis, elle appelle par téléphone la professeure d’anglais. Une jeune femme très occidentalisée nous rejoint rapidement. Alors nous pouvons tenir une conversation approfondie et très intéressante. Elle nous apprend que ce village comprend une population de deux mille âmes. Elle nous fait comprendre que son métier n’est pas facile, elle se sent isolée loin des joies et des plaisirs de la ville. La situation devenant particulièrement pénible l’hiver avec des températures terriblement basses et une gangue de neige qui s’installe pour de longs mois.
Une fois installés, nous partons à la découverte de cet étrange village constitué d’îlots retranchés derrière leurs barrières de planches. Des enfants viennent à notre rencontre et essayent de communiquer sans grand succès. Le soir tombe sur ce paysage qui s’étend jusqu’à l’infini sans trop de points caractéristiques. Le dépaysement est total.
Puis, nous rejoignons notre chambre et nous confectionnons notre repas, somme toute copieux, car tout ce que nous avons acheté est gros, saucisses ou gâteaux sablés. Les restaurants dans ces villages mongols il n’y en a pas, contrairement à d’autres pays loin de tout, où il a toujours moyen de trouver une autochtone qui propose une soupe ou une platée de riz.