Après pas mal de temps, 10 mois je vous soumets un carnet de voyage. Peut-être m'a-t-il fallu tout ce temps pour "digérer" l'émotion suscitée par ce pays étonnant qu'est la Mongolie. Les chapitres me viendront au gré de l’inspiration, qui je l'espère ne m'abandonnera pas en cours de route. De manière paradoxale, au retour de ce mois loin de tout, à part un petit texte posé sur VF, je n'avais pas envie de relater ce voyage, des sentiments contradictoires s'entrechoquaient. Je faisais sans doute l'erreur de comparer avec d'autres déserts, comme l'Atacama, ce qui n'a pas de sens. Lentement les émotions et les ressentis ont décanté et se sont épurés, ainsi l'envie de m'exprimer se fait jour pour susciter chez vous l'appel de la piste et le plaisir d'enfourcher un vélo afin de partir à votre tour à " l'aventure" aux lisières du désert de Gobi.
Notre itinéraire trait vert, semble minuscule cependant 1500 km, la Mongolie est immense
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La Mongolie est un pays qui fait rêver, tout particulièrement les amateurs de chevaux, qu’ils aient lu ou non Kessel, les cyclistes, les pêcheurs et aussi tous les voyageurs épris de grands espaces. Immense steppe, trois fois la dimension de la France, pratiquement déserte, trois millions d’habitants, dont un million à Ulan Bator. Une gigantesque prairie presque vide sur une superficie équivalente à l’Europe, de Gibraltar à Berlin. Voilà les réflexions qui viennent à l’esprit d’un cycliste au long cours qui envisage de poser ses roues dans ces contrées d’Asie centrale.
Avec Yves nous décidons de nous lancer dans cette aventure et planifions d’effectuer une boucle de 1500 kilomètres à partir de la capitale. Nous prévoyons de rester un mois sur place. Le départ est prévu mi-mai, un peu tôt en saison, le climat étant très rigoureux dans ce pays de régime continental, sans tempérance, été comme hiver entre chaleur et froid.
Comme toujours avec des vélos emballés la traversée de Paris est un exercice fatigant et pas très agréable. Le stress du fait d’un problème, toujours possible de dernier moment lors de l’embarquement, entraînant un refus de chargement. Heureusement tout va se passer pour le mieux, il suffit de payer 50 euros par monture.
Après un transfert à Moscou et une nuit extrêmement courte, 6 heures de vol jusqu’à Ulan Bator exactement à l’inverse de la course du soleil, notre avion d’Aeroflot est en approche de la piste. Nous découvrons enfin ces immenses steppes que nous allons parcourir. Nous sommes frappés au premier coup d’œil par le manque de couleurs. La végétation en cette mi-mai n’a pas encore verdi, sable et herbe roussie toujours sous l’emprise des grandes froidures hivernales, manifestement la montée de sève n’a pas commencé. Les teintes sont mornes, voire tristes. Je ne peux m’empêcher de comparer avec le désert de l‘Atacama, où toujours les contrastes de tons vifs donnent une impression d’irréalité. Cette uniformité de marron sur marron aux coloris fades qui défile sous notre hublot n’est pas à l’avantage du panorama que je contemple avec curiosité.
Comme prévu nous sommes attendus par Bildjet, information que nous avons eue par un membre de VF. Le transport jusqu’à notre destination de départ sur une distance d’une trentaine de kilomètres nous permet de confirmer notre première impression, la saison chaude n’est pas encore arrivée, et le printemps en est à ses prémisses.
Nous arrivons dans un quartier périphérique où les immenses buildings se côtoient au touche-touche. Que ces cités, aux dimensions inhumaines en expansion anarchique, dégagent une tristesse angoissante, due d’une part à cet envahissement de béton et d’autre part à cette mondialisation uniforme des villes. Le rêve de ce bout du monde nous rappelant Genjis Khan et ses hordes de guerriers cavaliers, qui étaient partis à l’assaut du monde, s’écroule. J’ai un peu l’impression de revivre mon enfance me rappelant les barres des Minguettes à Vénissieux dans le sud de Lyon, mais version titanesque.
Heureusement, nos hôtes sont très avenants et se mettent en quatre afin de nous permettre de nous installer au mieux dans l‘appartement qu’ils nous fournissent pour la modique somme de 6 euros chacun par jour. Deux jeunes Françaises nous ont précédés et se préparent pour un raid en 4X4 de 15 jours.
Comme toujours, à l’arrivée d’un voyage en avion le moment fatidique tant craint arrive : quel est l’état des vélos, notre projet peut-il être compromis ? Pour Yves tout se passe au mieux, quant à moi catastrophe ! La fourche de mon vélo est doublement tordue, elle a été enfoncée de vingt degrés longitudinalement et de dix degrés latéralement. Ma première pensée, que vais-je faire un mois sans mon vélo ? Pas de panique, allons prendre un café et réfléchissons. Tout va rentrer à peu près dans l’ordre. Biljdet notre hôte revient avec un démonte-pneu de camion et d’un coup franc et bien ajusté remet les bras de fourche dans l’axe. J’arrive à remonter ma roue et redescends mon vélo des quatre étages dans une cage d’escalier étroite et effectue un essai.
Ça embarque franchement à gauche, le vélo est à peine pilotable. Démontage et avec Yves nous tirons par tâtonnements successifs sur la ferraille en affinant par touches le travail de remise en place. Après plusieurs essais le vélo devient de plus en plus stable. Je finis par pouvoir lâcher le guidon. Le moral remonte en flèche, notre périple va pouvoir commencer. Certes l’un des bras de fourche est marqué par une amorce de grosse fissure verticale, mais sur un mois j’ai bon espoir que cela tienne. Je ne savais pas qu’une fourche métallique pouvait se « malaxer » à la manière d’une pâte à modeler un peu dure !
Nos problèmes techniques réglés nous nous installons, puis décidons de partir à la découverte du centre-ville. L’épouse de notre hôte nous propose de nous conduire en voiture avec les deux jeunes Françaises sur la place principale, mais nous préférons y aller par nos propres moyens. Ce sera à pied, car il nous est déconseillé formellement de prendre nos vélos. Par une marche d’une demi-heure au milieu d’une forêt de grands buildings un peu déglingues nous arrivons dans le cœur de la cité. Nous repérons immédiatement le magasin qui nous a été indiqué pour acheter des cartouches de gaz.
Le centre-ville me fait un peu penser au Tirana d’il y a une quinzaine d’années. L’impression est étonnante, un mélange de monuments à l’allure un peu soviétique côtoyant d’autres à l’architecture d’avant-garde.
De tous côtés au-delà des constructions le regard porte sur des collines pelées, ce qui rappelle que cette capitale est en lisière du désert de Gobi. Quelles sont les immensités désolées qui se cachent derrière ces premiers reliefs. Cela aiguise notre curiosité et notre envie de partir au plus vite. Mais l’expérience nous a appris qu’il est préférable de prendre son temps et de compenser le décalage horaire en passant deux nuits sur place.
1er jour jour Ulan Bator à Altanbulag 59km
Le 17 mai, enfin le départ, nous descendons notre matériel au bas de l’immeuble. Le gardien intrigué nous interroge sur notre itinéraire. Nous lui montrons sur notre carte ce que nous espérons parcourir. Il s’étonne et rigole, peut-être n’est-il pas sorti de son immeuble depuis l’époque où comme beaucoup de ses compatriotes poussés par la misère il a quitté ses steppes à la recherche d’un emploi en ville.
En ce lundi matin, nous quittons sans trop de difficultés Ulan Bator, bien que la circulation soit plus dense que celle du weekend. En périphérie nous passons des zones un peu bouleversées par les bulldozers, la ville s’agrandissant à grande vitesse. Nous longeons une vieille centrale électrique en fonctionnement, on est vraiment plongé dans la technologie de la première moitié du siècle dernier. L’aéroport est sur notre route, tout autour des groupes d’édifices d’habitation d’une vingtaine d’étages serrés de manière compacte, se sont constitués de façon dispersée et en apparence aléatoire. Mais d’ici une dizaine d’années, il est fort à parier que l’aéroport sera complètement enclavé dans la ville.
Plus nous avançons plus la steppe devient présente et moins nous dépassons des groupes de grands immeubles. La route toujours goudronnée est de moins en moins passante. Nos craintes, suite aux mises en garde qui nous avaient été prodiguées au sujet de la conduite folle des conducteurs bourrés, se sont envolées, ce n’est pas pire qu’en France, d’ailleurs les voitures nous frôleraient peut-être moins.
Nous attaquons les premières côtes, la vue s’étend, les immenses prairies encore endormies se dévoilent toujours plus. Des villages composés de maisons multicolores ponctuent de loin en loin la plaine en direction d’Ulan Bator. Les grandes cheminées qui dégagent des fumées épaisses se fondent lentement dans le lointain, et se font absorber définitivement après quelques grosses bosses franchies.
Une fois quittées les villes qui de plus en plus ont un côté uniforme du fait de la mondialisation, les pays ont gardé leur spécificité et la Mongolie ne ressemble à rien de ce que je connais. Je sens que nous allons faire un voyage, mais comme dit Nicolas Bouvier : On ne fait pas un voyage c’est le voyage qui vous fait et vous défait. Et effectivement, il va peut-être me défaire, car à travers ces immenses espaces je ressens une forme de tristesse sans doute due à l’absence de couleurs marquées. Cette steppe est uniformément marron, la sève n’étant pas encore montée dans les milliards de brins d’herbe, ce qui lui donnera son aspect riant comme les prospectus nous la montrent. Mais pour le moment le sable donne sa teinte atténuée au travers de cette herbe en devenir.
Puis le goudron s’arrête et la piste commence, et avec elle l’aventure semble toujours plus prometteuse, comme si nous nous éloignions de la civilisation pour plonger dans un monde plus authentique. Mais tout cela n’est peut-être que subjectif. La circulation a quasiment disparu, devant nous l’immensité du désert de Gobi. Nous allons en arpenter les lisières nord sur 700 kilomètres dans la première partie de notre périple.
Au sommet d’un tertre nous effectuons notre première pause le temps du repas de midi, rite qui se renouvellera chaque jour durant un mois. A nos pieds coule une rivière, pas très propre. Elle est le seul élément qui retient le regard en dehors du sable qui nous cerne.
Nous croisons nos premiers troupeaux, moutons, chèvres, vaches et aussi quelques chevaux, ces derniers jamais très nombreux. Au cours des 24 jours de ce tour de 1500 kilomètres, les hommes seront peu nombreux, les animaux par contre nous accompagneront en permanence. Bien que l’herbe soit très maigre et rare, ils se portent bien et ont belle allure, bien en chair et pelage luisant.
Le GPS et la trace nous sont un réel secours, car dans ces immensités sans repères parfois il est presque impossible de choisir une piste plutôt qu’une autre. Il fait chaud, et nos organismes ne sont pas encore habitués à l’effort prolongé, et de plus le décalage horaire n’est pas totalement assimilé. Au sommet d’une bosse le village d’Altanbulag apparaît d’un coup. Qu’il nous semble étrange, des groupes de maisons serrées les unes contre les autres, entourés de palissades de planches, forment des taches de couleur sur la prairie. Un ensemble de bâtiments sans palissade matérialise le cœur du bourg, avec la banque, l’épicerie et les centres administratifs.
Nous nous arrêtons devant l’épicerie, et la fatigue nous saisit sans prévenir. Nous pénétrons dans ce commerce et avec plaisir nous constatons qu’il est bien achalandé, fruits, gâteaux, saucisses, pâtes et riz, eau, soda, bière et même vin. Je me souviens de certains pays comme la Bolivie ou le Laos aux épiceries presque vides. De plus, comme partout sur notre planète la bière présente, en canette d’un demi-litre, est le meilleur des remontants pour désaltérer après un effort prolongé. On en boit toujours avec plaisir, cela change de l’eau souvent chauffée par le soleil que nous transportons sur nos porte-bagages. Le courage nous manque ainsi que l’envie de reprendre la piste.
Nous demandons s’il est possible d’être hébergés pour la nuit. Sans problème, quelques chambres spacieuses au confort spartiate sont disponibles. En plus, raffinement suprême il nous sera possible de prendre une douche chaude, ce qui ne sera pas souvent le cas par la suite. Le prix nécessitera d’âpres négociations par gestes. Cependant la base de discussion sera toujours clairement affichée, car l’épicière détient une petite calculette. Au gré des mimiques les chiffres défilent et nous finissons par tomber d’accord sur une somme correspondant à quelques euros pour chacun. Nous sommes au bout du monde, mais tous les adolescents ont leur IPad.
La barrière de la langue est bien réelle, mais surprise, une jeune fille me tend son IPad pour que j’y inscrive des mots anglais qu’elle convertit en mongol. Puis, elle appelle par téléphone la professeure d’anglais. Une jeune femme très occidentalisée nous rejoint rapidement. Alors nous pouvons tenir une conversation approfondie et très intéressante. Elle nous apprend que ce village comprend une population de deux mille âmes. Elle nous fait comprendre que son métier n’est pas facile, elle se sent isolée loin des joies et des plaisirs de la ville. La situation devenant particulièrement pénible l’hiver avec des températures terriblement basses et une gangue de neige qui s’installe pour de longs mois.
Une fois installés, nous partons à la découverte de cet étrange village constitué d’îlots retranchés derrière leurs barrières de planches. Des enfants viennent à notre rencontre et essayent de communiquer sans grand succès. Le soir tombe sur ce paysage qui s’étend jusqu’à l’infini sans trop de points caractéristiques. Le dépaysement est total.
Puis, nous rejoignons notre chambre et nous confectionnons notre repas, somme toute copieux, car tout ce que nous avons acheté est gros, saucisses ou gâteaux sablés. Les restaurants dans ces villages mongols il n’y en a pas, contrairement à d’autres pays loin de tout, où il a toujours moyen de trouver une autochtone qui propose une soupe ou une platée de riz.
ai bien aimé ton récit... c'est comme être la bas....
et suis contente que mon contact a pu t'aider à pourvoir démarrer sur un vélo presque tout neuf... après désastre du transport dans l'avion!
quelle destination le prochain voyage en vélo?
bonne continuation
un mongol nait sous la yourte et meurt à cheval (proverbe mongol)
En ce matin du 18 mai après une nuit fort convenable nous nous mettons en route à 7 heures, l’aventure commence vraiment. 140 kilomètres nous séparent du prochain village. Quel sera l’état de la piste ? Sur route dans de bonnes conditions on pourrait envisager de les parcourir en une longue étape, mais là il n’en est pas question. L’expérience nous a montré que sur des chemins très sableux on ne dépassait pas les 35 kilomètres par jour. Or personne n’a été en mesure de nous donner des renseignements sur ce qui nous attend. C’est là que réside le secret profond du voyage, et en particulier du voyage à vélo, ne rien savoir sur les conditions qui nous allons rencontrer. Nous espérons mettre deux jours au plus trois pour atteindre Buren. Mais qu’en sera-t-il vraiment ?
Il fait frais, mais ce sont des conditions idéales pour pédaler. Très rapidement nous sortons du village qui vient de nous héberger pour la nuit, et les grands espaces nous sautent littéralement au visage. Ces immensités, qui dans l’air calme et pur du matin se dévoilent jusqu’à des infinis lointains, nous donnent l’impression de nous engager dans la quête d’un but inatteignable.
De loin en loin les yourtes blanches piquettent l’immensité de la plaine. Une rivière sur notre droite, plus ou moins proche en fonction des caprices de la piste et des méandres de l’eau, nous indique la direction. Cependant, il nous arrive de nous tromper en passant des multitudes de croisements de pistes, ce qui nous conduit à quelques détours.
Les animaux sont toujours présents, quelques groupes de chevaux passent au galop. Que ces animaux sont esthétiques dans leur course ! Surtout sans cavalier, on observe avec délice toute la légèreté de leur mouvement rapide. Un paysage immense, où tout se ressemble, défile au ralenti à la vitesse de nos roues. Nous ne trouvons pas cette immersion, dans un monde uniforme, où les repères manquent, ennuyeuse. Tout d’abord la vigilance liée à l’autonomie nous accapare et maintient tous nos sens en éveil, puis la curiosité nous envahit, confrontés que nous sommes à un monde si différent du nôtre.
De toutes parts nous entoure l’espace gigantesque de la steppe, borné à des distances incertaines à évaluer par des reliefs, dont nous ne pouvons estimer la hauteur. Notre carte au 2/1000 000 ème ne nous est pas d’un grand secours dans nos supputations. Cette incertitude en tout, c’est justement ce que nous sommes venus chercher.
Très peu d’êtres humains, mais cependant ils sont très surpris par deux cyclistes improbables loin des axes habituels du tourisme, et ils arrivent de loin pour nous interpeller et nous observer ainsi que nos montures. Tout les intrigue, en particulier le fanion breton qu’Yves arbore au sommet d’un petit mât métallique sur sa remorque. Ils font systématiquement la remarque en voyant le drapeau mongol placé plus bas, et indiquent par gestes en riant qu’il faut en inverser l’ordre.
A midi, nous nous nous arrêtons pour manger, ce sera spartiate, une boîte de jambon et une demi-pomme.
Le vent se met de la partie, la bâche que nous tendons se gonfle comme un parachute au gré des rafales. En repartant nous l’avons de face, ce qui selon le cas peut être un terrible handicap. Je me souviens de moyennes de 5 km/h durant des heures sur terrain plat dans de telles conditions adverses.
Aujourd’hui, heureusement après quelques kilomètres il change de direction, et nous l’avons trois quarts arrière. Notre traversée de cet infini sans jalon se poursuit jusque vers 5 heures du soir et quelques 75 kilomètres parcourus, un peu plus de la moitié de la distance qui nous sépare de Buren. L’endroit où nous nous arrêtons pour bivouaquer est un morceau de prairie absolument plat en bordure d’un bras d’eau. Sensation étrange, se poser au milieu de nulle part avec cet infini qui nous engloutit. La soirée se passe paisiblement dans une ambiance clémente, sans froid ni vent.
Après une nuit confortable, herbe rase souple en guise de tapis de sol, absence de vent et température bien adaptée à notre équipement, vers les 5 degrés, nous émergeons de nos tentes face à un ciel en train de changer, ce qui donne tous les ingrédients d’un lever de soleil magnifique. Les éléments entrent en conflit, les nuages envahissent l’espace et l’astre du jour pour se défendre, y déclenche le feu.
Dans ce décor gigantesque je mets à chauffer l’eau pour un thé. Mais je n’ai même pas le temps d’allumer le réchaud, que le vent se met de la partie. Tout évolue rapidement, le froid s’amplifie, la pénombre retombe, impossible de faire démarrer le réchaud. La déperdition de chaleur commence à se faire sentir avec force. Nous mangeons rapidement un peu de pâte d’amande pour ne pas démarrer le ventre vide, et finissons de boucler nos sacoches. Le premier objectif à très court terme étant de récupérer un peu de chaleur, nous comptons sur l’exercice physique. La piste, au début bonne, devient exécrable et les poussages dans le sable se multiplient. Le vent au départ est un allié puis rapidement il devient adverse.
La Mongolie est un pays où les changements météorologiques sont très brutaux, nous avait-on prévenus. Nous nous en rendons compte au-delà de ce que nous soupçonnions. Très vite en luttant contre ce vent défavorable les muscles s’échauffent et cependant l’impression générale de froid subsiste malgré la veste le bonnet et les gants. L’ambiance devient de plus en plus hostile.
Par âme qui vive de la matinée. Va-t-on avoir une tempête comme parfois il en survient dans ces contrées. J’ai lu des récits où subitement on est pris dans un nuage de poussière et toute visibilité est anéantie. J’essaie d’imaginer le temps nécessaire pour monter la tente en quatrième vitesse avant d’être englouti. Mais non, nous passerons à travers. Le voyage à vélo permet seul cette sensation d’engagement loin de tout dans ces immensités en lisère du désert de Gobi.
Devant nous une chaîne de montages se dessine, nous visualisons le chemin qui la franchit par un col. Pas loin du point haut, un serpent mort s’étale de tout son long.
Nous franchissons la crête et à nouveau l’immensité sans relief déploie son absence de repères.
Nous commençons à avoir faim, mais pas un mur, pas un arbre, pas un rocher pour s’abriter de ce vent glacial en furie qui nous agresse, donc on roule. Soudain, sur le bord de la piste un trou. Nous nous y couchons tous les deux, partiellement abrités, et sortons nos victuailles. Très vite je suis pris de grelottements violents car l’air glacé me transperce. Dans cette bourrasque je retourne à mon vélo et cherche ma doudoune miracle, et effectivement cela va mieux.
Nous avons l’impression de nous situer en dehors du temps, l’expérience est tellement inhabituelle. L’hiver vient juste de se terminer dans cette Asie centrale. Les prairies sont encore endormies ou presque. La tonalité générale est le gris, sable, rocher et le ciel semble évoluer vers une teinte noire lourde de menaces. Une impression de tristesse oppressante me submerge, dans cette immensité ou tout être humain semble avoir disparu. L’ambiance me fait penser au livre « la route » de Cormac McCarthy. Après une terrible catastrophe, dont on a aucune idée de l’origine, qui a détruit pratiquement toute la population de le Terre, un père et son fils se retrouvent sur la route à pousser un caddy de supermarché dans un paysage où tout a été détruit. La couleur ambiante est le gris, la végétation a disparu ainsi que les animaux. Les seuls êtres humains qui errent, essaient de se dévorer les uns les autres. Voilà ce qu’évoque pour moi ce paysage de Mongolie sous ce ciel très menaçant, sous les assauts d’un vent glacial. Un peu avant notre arrêt nous avons vu des loups blancs de belle taille qui arpentaient à vive allure les collines environnantes. Ils étaient d’autant plus remarquables dans leur livrée blanche au milieu de ce décor à la lumière crépusculaire
Notre repas rapidement englouti dans notre trou, nous repartons. Nous avons effectué 35 kilomètres ce matin, il nous en reste 38 si nous voulons atteindre Buren ce soir. Si les conditions ne se modifient pas, il faut s’attendre à devoir bivouaquer. Nous ne devons pas oublier que nous sommes en train de nous enfoncer dans le désert de Gobi, à vélo ce n’est pas réputé être facile. Mais le moral reste bon, nous sachant capables aux aléas climatologiques.
Mais comme par enchantement la piste va s’améliorer, la tendance générale de la piste s’inverser à la descente, et par-dessus le marché, le vent change de direction et nous pousse. Notre moyenne s’en trouve considérablement améliorée et rapidement nous ne doutons plus de pouvoir atteindre le village avant la nuit. Chose incroyable, nous allons croiser un panier à salade avec 6 policiers. Ils sont aussi surpris que nous et s’arrêtent pour s’informer de notre présence en ce lieu loin de tout par ce temps. Ils ne montrent aucune agressivité, malheureusement la barrière de la langue ne permettra pas de nous comprendre. Nous nous exprimons les uns et les autres par des sourires et reprenons notre route.
Le village apparaît à une dizaine de kilomètres en bordure d’un immense lac salé.
Un véhicule passe et s’arrête. Le conducteur se montre très curieux de nos montures et des différents appareils, GPS, compteur, Gopro. Ce qui le fait le plus rigoler, ce qui se répétera tout au long du mois, c’est la remorque d’Yves. Et outre cet amusement systématique, comme Yves arbore un drapeau breton sous lequel il a mis un drapeau mongol, à chaque fois nous n’y couperons pas, les Mongols nous demandent de mettre le drapeau de leur pays au-dessus de celui de la Bretagne. Déjà que nous avons beaucoup de mal à nous comprendre, comment leur faire réaliser ce que représente ce drapeau ? Car effectivement cela les intrigue.
Le village approche, comme il nous semble étrange perdu en contre-bas dans cette immensité.
Des groupements plus ou moins importants de petites maisons de couleurs et de yourtes blanches regroupées derrière des palissades et un centre administratif sans palissade, qui regroupe entre autres bâtiments systématiquement l’épicerie. Nous nous y dirigeons et devant se trouve un véhicule, une femme en descend et j’essaie de lui faire comprendre que nous cherchons un lieu pour dormir. Elle saisit et possède au moins un mot d’anglais « green » en me désignant un toit, qui est celui de l’hôtel local, distant de quelques centaines de mètres. Rapidement nous nous y rendons et découvrons, s’il en était besoin, que le pays a été longtemps sous le joug de la lourdeur communiste. Pour avoir une chambre il me faut remplir un formulaire digne d’un interrogatoire d’un espion pris à la belle époque du « Great Game » que se livraient Russes et Britanniques dans les ex-républiques soviétiques. Mais tout cela se passe avec calme et amabilité, pendant qu’Yves attend en surveillant les vélos. Mais en Mongolie en dehors des villes importantes nous ne sentirons jamais les gens prêts à nous dérober quelque chose, comme je l’ai si souvent ressenti dans des pays comme le Pérou. Nous sommes les seuls clients. La chambre est correcte pour le coin, car on nous avait prévenu que souvent il valait mieux dormir dans sa tente. Mais ce soir tout va bien, et nous avons même de l’eau pour se laver, ce qui est une bonne surprise.
Une fois installés, nous partons faire quelques courses. Tout contents, comme il y a deux jours nous trouvons de grosses saucisses et des galettes bien bourratives, ainsi que du riz et des pâtes, et cerise sur le gâteau de la bière très bonne.
Depuis trois jours que nous sommes en route, le dépaysement est total. De plus depuis que nous avons quitté Ulan Bator nous n‘avons pas vu un occidental. Les premiers nous les découvrirons après deux semaines, alors que nous descendrons dans une guest-house aux standards occidentaux, dont nous avons trouvé l’adresse dans un guide. Depuis notre départ et durant la première semaine, la région que nous traversons est totalement ignorée de toute publicité touristique. Sans doute ceci explique cela.
Au réveil après une nuit confortable, nous nous confectionnons un petit-déjeuner lui aussi confortable, thé avec de bons gros gâteaux bien consistants. Nous savons que c’est un atout en préparation d’une journée difficile. Il y a deux mois au nord Laos, nous n’avions pas cette opportunité de trouver des aliments bien consistants et c’est le ventre souvent vide que nous partions. A vélo, le coup de fringale vous guette vite et là, impérativement il faut y remédier. En Mongolie dans ces lisières du Gobi nous n’y serons jamais soumis, grâce à ces énormes paquets de galettes et de bugnes (appellation lyonnaise), que d’autres appellent beignets de carnaval ou merveilles, et aussi du fait des grosses saucisses qui nous servent de pique-nique de midi. Sans aucun doute la recette mongole de la bugne donne un produit plus dense et très lourd, mais qui constitue le carburant idéal pour débuter une journée faite de piste et de vent où le froid et le chaud alternent à une vitesse surprenante au gré du jeu de cache-cache auquel jouent les éléments.
Avant le départ, un petit coup de pompe dans les chambres à air. Yves arrache sa valve avant. Je lui fournis celle que je garde en rechange, mais c’est la seule en secours que nous possédons à deux, erreur évidente de préparation. Un détail de ce type, anodin en apparence, a vite fait de compromettre un voyage dans des contrées loin de tout.
Notre premier souci en retrouver une. Nous nous mettons donc en quête d’un éventuel magasin afin de trouver cet objet convoité. Dans ce village vide à 7 heures du matin, je n’y crois pas trop. Lentement, nous remontons la rue principale. Tout est fermé et toutes les maisons se ressemblent. Nous ne sommes même pas capables de discerner une maison d’habitation d’un magasin, alors trouver une échoppe qui nous vendrait l’élément que nous cherchons, c’est la quadrature du cercle, pensons-nous.
Mais c’est compter sans l’immense curiosité des rares Mongols déjà debout. Intrigués par notre lente remontée ponctuée d’arrêts, manifestement à la recherche de quelque chose, ils s’approchent et nous interrogent. Nous leur montrons nos pneus et immédiatement ils comprennent et nous entraînent devant une maison fermée qui n’a en rien l’aspect d’un marchand de pièces de deux roues. Tout est fermé, barricadé par de larges planches. Devant notre air perplexe l’un de nos accompagnants se met à tambouriner à la porte. Pas de réaction, il tape de plus en plus fort, toujours rien. Ils se mettent à rigoler. Nous ne comprenons pas pourquoi, mais l’explication viendra tout naturellement. Devant le manque de réaction à son martèlement, notre homme aux coups de poing alertes, fait le tour de la maison et réapparaît quelques minutes plus tard avec le commerçant en question. Et là, l’explication de la surdité de l’intéressé tant attendu est évidente. À voir sa tête, sans aucun doute nous réalisons la situation, il cuvait son excès de vodka. Ce comportement fréquent, pour ne dire pas plus, représente une véritable catastrophe nationale. Il ouvre et rapidement nous vend pour une somme modique la pièce recherchée. Puis il referme son échoppe et repart se coucher, sans doute la tête remplie de bisons lancés à fond de train dans les replis de son cortex. C’est sans doute à travers de petites actions de ce type que l’on arrive à percevoir la réalité du mode de vie dans ces régions que nous traversons à rythme lent, livrés au bon vouloir des habitants en matière d’aide.
A neuf heures nous nous mettons en route. Je ne parlerais pas de contre-temps car ce moment que nous venons de passer a été extrêmement instructif. Le village traversé, une fois la dernière maison dépassée l’immensité nous explose littéralement à la figure. Nous en ressentons presque un choc. Ce matin l’air est calme et clair, d’où cette incroyable perception d’immensité. Le vélo est un moyen idéal pour se fondre dans le gigantisme, parfois oublié, de notre planète. Il permet de s’imprégner jusqu’au plus profond de soi de ses infinies variations.
Il me semble que nous sommes en train d’inventer notre voyage de surprises en chocs émotionnels. Un véhicule à moteur rétrécit l’espace et le temps par sa vitesse, son pare-brise et son habitacle vous isolent de la planète qui respire et ne demande qu’à vous envoyer ses ondes et caresses sensuelles. Les longues expositions sans filtre aux caprices du climat avivent la capacité de notre peau à devenir un récepteur, voire un réceptacle de vie. J’imagine que nos ancêtres avaient des capacités de prémonition dues à cette communion beaucoup plus profonde à la nature.
Devant nous une immensité saupoudrée de blanc, du sel, se déroule jusqu’à une crête montagneuse quelque part à l’infini. Moments de pur bonheur, la piste est excellente, étroite de terre bien tassée sans un caillou. Le vent se range de notre côté, et malgré l’immensité sans relief nous avons la sensation d’avancer. Cependant de temps à autre, uniquement pour rompre le rythme établi, un raidillon sévère nous oblige à pousser nos montures. Cela ne fait que renforcer l’immense plaisir que nous expérimentons dans cette chevauchée à travers la steppe.
Le mot sens et puis le mot bonheur me viennent à l’esprit. En écrivant ce texte me remémorant ce mois en Mongolie, je pense au livre de Reinhold Messner « le Sur-Vivant ». Il y crie tout son rejet d’un certain monde, même si certains l’accusent d’en être un pur produit. Je ne me permettrais pas de juger ce grand alpiniste, sans doute le plus grand par l’engagement extrême dont il a été le précurseur. Il m’a servi d’étoile polaire dans ma carrière de montagnard. Certaines de ses phrases me semblent tout à fait adaptées à l’expérience que nous vivons, même si bien évidemment mon extrême est très loin du sien. Voilà quelques-unes des pensées qu’il couche sur le papier : « On est obligé de faire un retour sur soi-même quand on vit longtemps isolé au cœur du monde sauvage. Rester fidèle à sa nature c’est créer du sens. En s’extrayant d’une existence soumise aux normes, on est obligé de s’assumer ou de partager la responsabilité avec des compagnons ».
Dans le voyage à vélo, le ou les compagnons sont un des éléments fondamentaux. Très vite, il faut trouver un compromis afin que nos esprits vibrent à l’unisson et que nos volontés et nos forces s’associent et s’amplifient permettant à l’impossible de se concrétiser en réalité. La plus extraordinaire expérience que j’ai vécue, fut une traversée de 40 jours d’un désert, durée similaire à celle durant laquelle Jésus se retira dans le désert du Sinaï, je crois.
Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Luc 4 : 1 et 2
Pour ma part c’était le désert de l’Atacama qui s’étend sur quatre pays, accompagné par une jeune professeure de sport de Martigny, à la joie de vivre immense et au moral plus que d’acier. Malgré les difficultés de ce que nous avons vécu, abandonnés à nos seules forces musculaires dans ce désert de haute altitude, je l’ai toujours entendue crier sa force de vie dans la tempête, d’autant plus fort que la tourmente s’amplifiait et que la piste devenait épouvantable de pulvérulence volcanique, « c’est top c’est cool ». Je me demande encore où se situaient les limites physiques et psychiques de Flora. Tout au long des 1500 kilomètres de piste sur un trajet de près de 2500, nous nous y étions sentis tellement à notre place en harmonie avec la rudesse extrême de la nature sauvage, que c’est avec tristesse que nous en avons vu la fin, alors que l’on nous avait prédit ce point final comme une délivrance. Le voyage en autonomie c’est surtout cela, ces émotions et cette synergie avec vos compagnons de route, qui vous tombent dessus et vous marquent pour la vie.
Flora dans l'Atacama au fond le Chili
De toute évidence avec Yves nous faisons aussi une très belle équipe qui vibre à l’unisson, même si parfois nous nous lançons dans de grands débats politiques en confrontant des idées en apparence à l’opposé ! Je dirais que nous croyons en des chemins différents pour arriver au même but, l’exploitation si possible minimale de l’être humain par son semblable.
Reprenons le fil de notre errance aux lisières du désert de Gobi. De bosse en bosse l’environnement immédiat se découvre au tout dernier moment alors que le panorama gigantesque de l’arrière-plan reste immuable. De temps à autre des habitants curieux viennent de loin à notre rencontre et ils affichent toujours une extrême curiosité concernant nos vélos et notre matériel.
Nous marquons la pause de midi sur un mamelon au large panorama, bien abrités par un rocher. Nous dégustons notre saucisse de gros calibre et nos gâteaux comme chaque jour. Nous ne nous en lasserons pas tout au long de ce mois. L’atmosphère est douce, mais il suffirait d’un rien pour que le froid et le vent reprennent le contrôle.
Il nous reste 18 kilomètres pour rejoindre notre but du jour. Subitement, au détour d’un mouvement de terrain le village nous saute à la figure, blotti dans une petite dépression. Une petite descente nous y conduit. Nous nous y engageons, nous laissant entraîner par la pente. Un cavalier au galop sur le talus nous rattrape et nous dépasse sans ralentir son rythme. Ayant pris un peu d’avance, il s’arrête et affichant sa fierté nous attend.
Notre entrée dans le village s’effectue dans une nuée d’enfants tout excités. Ils nous accompagnent. Nous nous adressons à un villageois près du centre. Eureka, il parle couramment allemand, ayant vécu 4 ans à Berlin. Donc sans difficulté nous obtenons les informations nécessaires pour dénicher un hébergement. On nous fournit une clef et nous investissons notre chambre, suivis de très près par la bande d’enfants. Ils y entrent de bon cœur avec nous. Une fois à l’intérieur nous nous regardons tous. Que faire avec tous ces enfants, nous qui n’avons qu’une envie nous changer et prendre une douche, luxe qui nous sera encore une fois accordé. Ils finissent par réaliser que nous désirons être seuls et se retirent un peu à contre cœur. Tous les jours depuis notre départ nous sommes l’attraction en particulier des plus jeunes qui nous bombardent de questions auxquelles nous ne comprenons rien, à part le rituel et perpétuel : what’s your name ? Seule phrase qu’ils sont capables de prononcer en anglais.
Un peu plus tard, un homme sans s’annoncer, en ouvrant brusquement la porte, entre à son tour dans notre chambre. Avec une démarche mal assurée il la traverse et vient s’asseoir sur l’un des lits et tente d’engager la conversation. Mais nous n’avons aucune langue commune. De plus son état sous l’emprise de la vodka semble lui obérer passablement le niveau de conscience. Il finit par réaliser que tout dialogue reste impossible. Il doit aussi constater, je pense, dans son brouillard alcoolique que son intrusion ne nous fait pas particulièrement plaisir, il se lève donc et de la même démarche mal assurée il sort. Nous nous regardons et éclatons de rire en essayant de ne pas faire de bruit. Il est vrai que l’alcoolisme est un grand mal dans le pays. D’ailleurs, tout au long du parcours les bouteilles vides isolées ponctuent la piste de façon assez régulière. Cependant j’en ai vu un tas, et j’ai pris le temps de les compter, 30 !
Ce soir nous faisons un repas agréable, digne d’un grand chef, une boîte de singe que l’on fait revenir avec un gros oignon.
Bonjour Meridiana, effectivement encore merci de m'avoir donné les coordonnées de ce contact à Ulan Bator. Je ne peux que le recommander à tous ceux qui veulent un bon point de chute en Mongolie, qu'il s'agisse de logement à prix très modéré, ou de conseils voire de guide pour de longues balades.
Concernant mes prochains projets, des parcours en France sur des gros dénivelés mais sur de courtes périodes, mon épouse ayant de plus en plus de mal à subir les longues absences qu'implique l'itinérance dans les recoins perdus de notre Terre. Eh oui! on ne peut pas tout avoir à la fois, les proches comptent aussi et plus que les grands virées dans les déserts du monde.😎
Encore merci pour ton petit mot et tes bons contacts Luc
Bonjour Bluequark, merci pour ton petit mot cela fait toujours plaisir de savoir qu'une lectrice apprécie la lecture de ce que l'on écrit. il est vrai que certaines lectures de carnets de voyage ont déclenché chez moi des envies de partir sur les traces de leurs auteurs, ce que parfois j'ai réalisé pour mon plus grand bonheur.
Il est vrai que l'alcool peut favoriser les malformations chez le fœtus, mais tous les Mongols ne sont pas atteints de trisomie 21, et de ce fait ne sont pas tous dans l'aventure mongolienne. Donc vive la Mongolie et les aventures mongoles 😏
Encore merci et bonne journée Luc
La nuit n’a pas été trop bonne, sans doute du fait des efforts des jours précédents. Si le nombre de kilomètres effectué n’est pas très important, la piste demande plus d’efforts qu’une bande goudronnée. De plus les conditions climatiques en cette fin de mois de mai sont assez rudes, alternances rapides de chaud et de froid, avec des amplitudes thermiques importantes. Et puis le vent est un élément primordial à vélo, et dès qu’il est adverse, même sur plat on fournit des dépenses musculaires équivalentes à celles qu’exige une montée.
Ce matin encore le petit-déjeuner sera très consistant, bugnes et œufs. Nous démarrons à 8h15. Une journée à traverser la steppe immense, plongés en dehors du temps. Les troupeaux ponctuent notre chemin.
Il n’y a personne, cependant nous sommes vus de loin dans cette plaine aux courbes arrondies et nous avons quelques visiteurs toujours aussi curieux de ces étrangers qui se déplacent à vélo avec tout un tas de bagages.
Dommage que la barrière de la langue soit si importante. Il aurait fallu que nous parlions le russe, à défaut du mongol.
Le village de Bayan Ödör apparaît brusquement au détour d’un mouvement de terrain. Il est posé à même la steppe sans transition aucune. A la première évaluation il est minuscule, mais plus nous approchons et plus ses vraies proportions se révèlent. Dans ces espaces gigantesques tout est relatif.
La piste descend en ligne droite pile sur le bourg en suivant une ligne électrique. Une femme dans la prairie ramasse les bouses sèches avec une fourche qu’elle entasse dans la hotte de belles dimensions qu’elle porte sur le dos. On pourrait la prendre pour une espèce de Père Noël. Bien évidemment, elle vient nous parler. Elle est d’origine russe, de la région du lac Baïkal. Il est cependant étonnant, n’ayant aucune langue commune, nous arrivons à échanger des idées. Elle semble regretter ses territoires russes, même si là-bas au-delà de la frontière il s’agit des mêmes steppes infinies au climat très rude.
Une fois au centre du village des ouvriers en plein travail nous font comprendre qu’il n’y a pas de logement disponible, car l’hôtel est fermé. Alors un 4X4 s’arrête et le chauffeur nous demande de le suivre. Il nous emmène dans un de ces fameux enclos où les habitations s’entassent. Il se dirige vers une yourte. De toute évidence elle sert de débarras pour le matériel d’élevage et de traite. Notre hôte s’active et rapidement met de l’ordre et nous offre l’hospitalité pour la nuit. Nos nariness’habituent rapidement à la très forte odeur de vache qui y règne. Il nous apporte aussi une bouteille de vodka, que nous toucherons à peine. Il refuse tout paiement, nous lui offrons donc notre paquet de 500 grammes de dattes acheté dans les Vosges avant le départ. Il a l’air tout content du cadeau et se dépêche de l’apporter à son épouse.
Il est tôt, nous avons une bonne partie de l’après-midi à nous laisser emporter au rythme de la vie locale. Un voisin vient nous chercher afin de nous proposer de l’accompagner en véhicule pour regrouper les animaux. D’abord le troupeau de moutons à contrôler, puis les chevaux seront conduits dans un immense haras. La technique est étonnante, le conducteur se met derrière les animaux et klaxonne en les serrant de près. Pour les chevaux après les avoir accompagnés jusqu’au sommet d’une crête alors que le haras se dévoile, le chauffeur prend doucement une direction divergente, le troupeau gardant son allure de trot. Nous les voyons prendre seuls à bonne allure la direction du haras, encore distant sans doute de plus d’un kilomètre en contre-bas.
De retour à notre yourte, le berger entre avec nous, s’assoit et nous regarde très intéressé sortir notre réchaud et préparer notre repas. Il a l’air véritablement intrigué. Je me demande s’il désire manger avec nous. Une fois notre platée de pâtes prête, je lui en propose une portion, il refuse. Considérant qu’il a vu ce qu’il voulait voir, il se lève nous salue et part. Les us et coutumes dans ces contrées aux lisières du désert de Gobi sont très éloignés des nôtres.
Dans cette yourte aimablement prêtée nous passons une bonne nuit, nous avons vraiment de l’espace. De temps à autre les chiens du propriétaire aboyaient lorsqu’ils nous entendaient bouger. Sortir de nuit pour aller aux toilettes ou en ce qui en tient lieu est un peu angoissant sachant que deux gros chiens rôdent dans la nuit. Mais tout se passe bien. Ces animaux sont intelligents et ils savent que nous sommes identifiés comme amis.
D’ailleurs tout au cours de notre périple les chiens n’auront jamais représenté de danger. Lorsque nous croisions à proximité de yourtes ils se mettaient bien à aboyer parfois ils arrivaient au triple galop, mais s’arrêtaient à distance. Jamais nous n’avons été inquiété comme ce fut le cas en Equateur et au Pérou, où nous subissions plusieurs attaques par jour, par des animaux agressifs qui cherchaient le contact.
Au matin le temps est triste et sombre. Un petit grésil tombe, je m’attends à une étape difficile. Que cette steppe est triste et hostile dans cette lumière de fin du monde. Nous quittons le village sans voir un habitant. Atmosphère étrange et un peu oppressante. Je n’aimerais pas être seul sur cette étape. Allons-nous trouver notre chemin, arriverons-nous à Ölziyt avant la nuit ? En effet sur piste, on ne sait jamais d’avance si l’on fera plus de trente kilomètres dans la journée. Il m’est arrivé en d’autres lieux, de parcourir seulement 31 kilomètres en douze heures, du lever du jour à la tombée de la nuit. En fonction de ces incertitudes, il est nécessaire de prévoir la quantité d’eau nécessaire. Je n’en prendrai jamais plus de 7 litres, Yves plus optimiste plus de 5. Il faut dire nous sommes seulement sur les lisières du désert de Gobi. Il en irait tout autrement si nous décidions de le traverser de part en part, avec sans doute des centaines de kilomètres sans rencontrer âme qui vive.
Nous démarrons donc dans ce petit matin triste. A la sortie du village nous marquons l’arrêt sur le tertre où nous avait amenés le berger motorisé. Il y a un monument sommaire, une espèce de gros cairn sur lequel flottent des fanions religieux, en mémoire ou à l’honneur des chevaux que les villageois ont mangés. Juste en contre-bas une multitude de crânes d’équidés est empilée, afin que le souvenir et le respect soient bien marqués. D’ailleurs hier nous avions participé au rite en l’honneur du cheval, en tournant et en rajoutant quelques pierres à l’édifice.
De ce point haut nous jetons un dernier coup d’œil sur le village, dans lequel toujours aucun mouvement n’est perceptible. Nous n’avons même pas eu l’occasion de dire un dernier au revoir à ces gens si hospitaliers, avec lesquels nous avons passé un si bon moment, sans fioriture tout en retenue. Je ne sais plus quel aventurier ou aventurière a dit que voyager c’est vivre une séparation difficile tous les jours. C’est un peu ce que je ressens sur cette proéminence immobile sous la pluie.
Nous nous arrachons au lieu et à son sortilège et mettons le cap à l’ouest. Dans cette atmosphère hostile, cependant un point très favorable, le vent nous pousse. Nous allons rouler dans ce décor sombre plusieurs heures, où l’homme semble avoir disparu. Puis subitement nous allons faire la plus extraordinaire des rencontres. Un homme de grande taille à la figure burinée accompagné de sa jeune fille de 5 ou 6 ans. Tous deux sont à cheval, ils ont fière allure. Ils descendent d’une colline à notre rencontre. Nous ne voyons ni bâtiment ni yourte, où peuvent-ils bien loger ? de toute évidence ils s’occupent du troupeau disséminé dans les environs. Que cet homme a un regard bon chargé de bienveillance, avec son immense sourire un peu triste, marqué probablement par les rigueurs du désert de Gobi. Les paroles sont superflues, il suffit de se regarder pour que nos esprits rentrent en communion en ce lieu aride battu par le vent. Nous sommes littéralement envoûtés par la force et la fierté qui se dégagent de ces deux cavaliers, l’homme immense et la toute petite fille. Cette dernière a une maîtrise absolue de sa monture qui doit peser 15 fois son poids. Nous demandons la permission de faire des photos. L’homme accepte bien volontiers, sa fille non. Cela le fait rire. Elle marque sa réprobation en démarrant au galop et mettant une distance d’une centaine de mètres entre nous et elle. Quelle classe, tout cela s’est fait rapidement mais sans précipitation, pas un mouvement de trop. Une fois arrêtée, elle nous regarde d’un air impassible. Elle ressemble à une apparition en ce lieu. Son père rit et lui fait signe de revenir d’une voix calme et bienveillante. Elle nous perce de son regard, puis elle décide de revenir en lançant son cheval au trot, et venant s’immobiliser juste devant nous, sa monture réagissant à la perfection à ses ordres, alors que nous ne percevons aucun son ou mouvement de sa part. J’ai du mal à imaginer que cette jeune cavalière à la maîtrise si parfaite n’a que 5 ou 6 ans ou à peine plus.
Là encore nous avons de la difficulté à reprendre notre route. Dix mois après cette rencontre, alors que je la retranscris je ressens toujours une très forte émotion. Est-ce que le fait d’être allés à leur rencontre à vélo, endurant les mêmes assauts du froid, du vent et de la pluie qu’eux, nous ont-ils un peu considérés des leurs, ce qui a permis cette communion, cette vibration de nos regards et de nos pensées en harmonie ?
Le temps va s’améliorer, un timide soleil fait son apparition. L’heure du repas sonne, les ventres criant famine. Nous organisons un barrage au vent avec nos vélos, nos sacoches et une bâche. En quelque sorte nous organisons un petit chez nous. Bien couchés derrière nos vélos et nos empilements de bagages nous sommes protégés et nous sentons bien intégrés à ce lieu d’immensité. Nous passons un long moment. S’il était plus tard dans la journée, sans tourment aucun nous sortirions nos tentes et avec plaisir nous bivouaquerions. Mais il n’est que midi. Donc nous reprenons la piste après ce moment de communion avec l’espace qui nous entoure.
Il nous reste une quinzaine de kilomètres à parcourir, et subitement comme à chaque fois ou presque au détour d’un mouvement de terrain le village se trouve devant nous. C’est le plus petit dans lequel nous nous arrêtons depuis une semaine. Le premier minuscule bâtiment sur lequel nous butons nous propose un hébergement. La propriétaire est particulièrement attentionnée, elle nous apporte un seau d’eau chaude pour nous laver, manifestement la prestation est digne d’un cinq étoiles. Nous sommes très bien dans ce petit gîte, sans nulle autre personne. Contrairement à nos lieux d’arrêt précédents, il y a une petite salle qui tient lieu de salle à manger.
Une petite promenade à pied dans le village nous permet de sentir combien la vie dans ces confins est éloignée de nos normes. Nous sommes les témoins une fois de plus de l’incroyable rapidité des changements de temps et de température, le vent les nuages et le soleil en étant les acteurs principaux.
Après une bonne nuit, nous reprenons notre chemin à 8 heures. Il fait très frais comme chaque matin, particulièrement aujourd’hui, sans doute pas loin de 0 degré.
Une distance d’une trentaine de kilomètres à couvrir avant de rejoindre un des grands axes goudronnés qui traversent la Mongolie de l’est vers l’ouest. Durant cette dernière partie de piste, quelques Mongols curieux viennent à notre contact. Comme nous le vivons maintenant depuis une semaine les animaux sont partout, ponctuant les pentes des différentes couleurs de leur pelage.
Au loin nous voyons quelques véhicules qui défilent sur l’horizon, cela signifie que la route n’est plus très éloignée. Et voilà nous y sommes. Une yourte marque le carrefour. Nous nous y arrêtons et buvons un café. Depuis notre départ d’Ulan Bator c’est la première fois que nous buvons une boisson chaude non chauffée sur notre réchaud. C’est la bouse de bétail qui sert de combustible, dans ces steppes le bois étant totalement absent.
60 kilomètres nous séparent de la ville de Arvayheer sur cette grande route au très faible trafic. Le temps s’apparente à ce que nous connaissons en France au moment des giboulées de mars. Quelques gouttes de temps à autres nous touchent, mais nous avons la chance de passer entre les gros grains. En nous retournant de temps à autre nous constatons qu’une légère couverture neigeuse vient de recouvrir le lieu où nous trouvions quelques minutes plus tôt.
Après une succession de bosses et un vent assez aléatoire qui souffle une fois dans un sens puis dans l’autre la ville apparaît, après avoir passé un immense portique qui marque l'entrée dans la province.
Arvayheer n’a plus rien à voir avec les villages traversés depuis une semaine. Grâce au guide emmené, nous trouvons facilement un hôtel. Une belle chambre avec une baignoire, moi qui ne prends jamais de bain, je me laisse tenter sans cependant abuser. Je mets juste ce qu’il faut d’eau pour être à peu près immergé. Je n’oublie pas que nous sommes dans des contrées où l’eau est un luxe, d’autant plus lorsqu’elle est chaude. Il faut reconnaître que si l’eau chaude est bien agréable, le voyageur à vélo a l’habitude de s’en passer. L’hôtel fait aussi restaurant, là encore nous nous laissons tenter, et c’est bien agréable. Mais comme bien souvent dans les pays pauvres nous sommes les seuls clients, alors que le personnel est quand même conséquent, entre cuisiniers et serveurs. Comment font-ils pour tirer quelle rentabilité, car les prix sont de plus faibles ? Mystère !
8ème 9ème 10ème étapes Arvayheer à Bayankhongor 86, 106 et 40 km
Ces trois jours nous allons rouler sur route goudronnée. Le trafic est très faible, comment en serait-il autrement dans un pays où la densité est si faible, une superficie 3,5 fois celle de la France pour 3 500 000 habitants. Nous allons remonter d’immenses lignes droites qui escaladent une succession de bosses, parfois très longues et aussi avec des déclivités qui de temps à autre s’avèrent sévères.
Malgré la route goudronnée nous restons dans l’ambiance désert de Gobi, immensité du décor avec très peu de points de repère, vent violent et froid qui nous secouent sérieusement extérieurement et intérieurement.
Sans oublier les brusques changements de temps très temporaires, qui apportent un coup de chaleur, qui nous laissent quelques instants après tout mouillés de sueur dans un coup de froid.
Quelques rencontres le long de l’itinéraire et quelques sites intéressants, comme le mémorial du cheval.
Des arrêts dans des villages pour rechercher le gîte ou la pitance. Un contact toujours très proche avec les enfants, qui souvent sont vraiment turbulents en voulant tout toucher sur nos vélos, et très prompts à la moquerie si on se laisse submerger, les garçons pas les filles.
Une nuit dans une yourte, qui nous a laissé un souvenir indélébile. J’en ai fait un texte publié, il y a déjà quelques mois sur VF, intitulé « La yourte de l’enfer ». Une autre nuit passée en plein désert sous tente par un temps magnifique, la nuit et le désert éclairés par une lune grosse et pleine, ambiance irréelle et féerique.
Dans mes voyages, que ce soit à vélo ou de façon plus classique en voiture avec mon épouse, les nuits dont je me souviens le mieux sont toujours celles passées dehors au cours de ces itinérances sans aucune planification. A mon sens cette dernière tue en partie l’intérêt du voyage. Cet oubli de superbes nuits dans de somptueuses chambres d’hôtel 4 ou 5étoiles m’attire parfois des remarques de la part de mon épouse qui se souvient avec un grand plaisir de ces magnifiques endroits et moments, dont je n’ai pratiquement plus aucune souvenance. Sans parler des repas, dont là j’oublie très très vite ce que j’ai mangé, même si je suis gourmand et que j’aime bien les bons vins ! Ces moments de plaisir que l’on s’offre grâce à son porte-monnaie, je suis content de pouvoir me les payer sans trop regarder, mais ils ne me font pas vibrer comme ces nuits passées dans ma tente au hasard de mon avancement à la force du mollet.
Ces immensités mongoles, dans lesquelles on se sent très dépaysé, cependant en harmonie avec la nature, surtout lorsqu’on se déplace à faible vitesse avec un vélo lourdement chargé, déclenchent chez moi une forme de tristesse, associée à une crainte d’une hostilité possible face à des éléments qui peuvent se déchaîner avec de courts préavis, alors que nos moyens de protection sont pratiquement inexistants.
Cette ambiance est-elle due au fait que le printemps n’a pas encore éclaté, et que la steppe garde sa teinte grise. On dit bien que l’absence de couleurs peut être un facteur de déprime. Je n’en suis pas là, l’expérience vécue est suffisamment intense pour que je garde toute ma vigilance et ma curiosité. Là-bas au sud loin au-delà d’une immensité sablonneuse de grandes montagnes enneigées apparaissent comme un mirage suspendu dans les airs. Le point culminant, d’après ma carte, approche les 4000 mètres. J’imagine que partir grimper ces sommets doit représenter une belle aventure.
Le troisième jour nous arrivons avant midi à Bayanhongor, capitale de la province du Gobi. Cela va nous permettre de nous imprégner de l’ambiance nonchalante de la ville tout l’après-midi. L’ennui a l’air de régner en maître dans ces recoins en bordure de désert. Mon esprit est déjà parti vers les étapes à venir, à travers le massif montagneux qui va nous conduire à Tsetserleg quelques 300 kilomètres plus au nord. Pour cette étape à venir nous avons très peu d’informations, ne sachant même pas si le col que nous devons passer à 2700 mètres sera toujours enneigé. A Oulan Bator notre hôte Bilget, grand connaisseur de son pays, n’était pas sûr que les nomades aient repris à mi-mai la route de ces hautes vallées. Ce type de doutes et d’incertitude sont un des moteurs qui donnent au voyage en autonomie à vélo toutes ses lettres de noblesse.
Enfin le paysage semble s'animer quelque peu au huitième jour de ton parcours!
La tonalité générale est le gris, sable, rocher et le ciel semble évoluer vers une teinte noire lourde de menaces. Une impression de tristesse oppressante me submerge, dans cette immensité ou tout être humain semble avoir disparu.
L’ambiance devient de plus en plus hostile.
Je suis ton récit depuis le début et je salue le courage d'une telle entreprise dans cette immensité monotone et en prise avec l'hostilité des éléments, ce qui me ferait rapidement déprimer!
Apparemment tes impressions sur ce voyage sont mitigées, surtout si j'en crois la mauvaise expérience de la yourte infernale!
À voir sa tête, sans aucun doute nous réalisons la situation, il cuvait son excès de vodka. Ce comportement fréquent, pour ne dire pas plus, représente une véritable catastrophe nationale.
Voilà pour moi une raison suffisante d'écarter ce pays de ma liste des envies! 🏴☠️
À voir sa tête, sans aucun doute nous réalisons la situation, il cuvait son excès de vodka.
Voilà pour moi une raison suffisante d'écarter ce pays de ma liste des envies! 🏴☠️
ça c'est du chauvinisme de base .... il y a de très bonnes Vodka ! .....et de très mauvais Champagne ! 😏
Dommage c'est un fabuleux pays ...paysages grandioses, mais effectivement distances importantes ...je ne pense pas que le vélo soit le meilleur moyen de le découvrir ....
Cette constatation n'étant évidemment sans rapport avec le retour super intéressant de notre cycliste 😉
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
Bonjour Michel, effectivement ça boit pas mal, mais ça ne doit pas être un frein. J'en parle ainsi, mais je crois que dans tous les pays du monde ça boit pas mal. Mais c'est vrai que de voir toutes ces bouteilles de vodka vides qui jonchent le désert de loin en loin ça interpelle.
Merci pour le petit mot, je mets la suite, et dans les montagnes nous n'allons pas voir de bouteilles vides, en tout cas je n'en ai plus le souvenir, peut-être parce que j'avais plus le regard en l'air à regarder les montagnes qui nous dominaient!
Mais c'est vrai qu'avancer dans la grisaille le froid et le vent à vélo plusieurs de jours de suite ça porte un peu sur le moral, cependant nous n'avons jamais subi de grosses pluies jusque là. Mais le vélo c'est aussi un peu le voyage intérieur. Je me réfère toujours à Kazantzakis : un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu.
Luc
Bonjour Jean-Pierre effectivement dans ces immensités le vélo peut paraître un peu dérisoire. En un mois quand je regarde sur la carte de Mongolie notre tour, il fait petit malgré ses 1500 km. Comme je l'ai dit précédemment, le vélo c'est aussi le voyage intérieur. Ce qui nous fait agir ce sont souvent des émotions et des envies personnelles et sans cette sensation d'effort physique et d'insécurité relative face aux éléments où nous sommes presque sans possibilité de protection dans des immensités dénudées, je n'aurais pas forcément envie de quitter mes Vosges où je passe ma vie dans les forêts et les ruisseaux de montagne à traquer le cèpe et la truite fario.
En tout cas, je suis parti là-bas en partie parce que tu avais renforcé mes envies à travers tes conseils.
Luc
Il semblerait bien que le col Höl Sayayn que nous devons passer est libre de neige, ici on ne peut pas parler de cols ouverts comme en France, il n’y a pas de chasse-neige qui passe pour ouvrir l’itinéraire. Il faut attendre que la neige fonde. De plus il n’est pas certain qu’il y ait du trafic par ce type de col. Nous voyons bien dans le lointain des montagnes enneigées, cependant la couche ne semble plus trop épaisse. Mais notre col est beaucoup plus loin que notre vue porte, il se situe à une centaine de kilomètres de la ville.
Plus la peine de se poser de questions, nous verrons bien sur place en espérant ne pas être obligés de faire demi-tour après cent kilomètres. Pour la sécurité nous partons avec au moins 6 jours d’autonomie en nourriture, pour l’eau pas de souci, les rivières nous en fourniront. En effet, avec la fonte de la neige, elles devraient être bien fournies. D’ailleurs c’est notre deuxième point d’inquiétude, arriverons-nous à les traverser si le courant est trop important. Je me souviens avoir lu un livre sur une expédition dans l’Himalaya, où au cours d’une traversée de rivière l’un des alpinistes avait été entraîné et s’était noyé du fait du courant et de l’eau glaciale. Pour la sécurité j’ai une corde de vingt mètres, si cela devait devenir trop risqué nous nous encorderions.
Allez finies les appréhensions nous partons. Nous avions cru comprendre qu’en partant vers l’est au lieu du nord nous pourrions traverser la rivière par un pont. Il n’en est rien, premier bain de pieds de la journée après quelques kilomètres. Il y en aura beaucoup d’autres ce jour.
J’ai commencé par enlever mes chaussures, mais les cailloux et l’eau très froide m’ont fait endurer un vrai calvaire à la limite du supportable. Yves ne s’y est par risqué. A l’avenir je ferai comme lui, je garderai mes chaussures, ce qui rendra les traversées bien plus faciles et beaucoup moins dangereuses.
Depuis 10 jours que nous sommes partis, ce matin la température semble plus clémente, vers les 10 degrés, alors que précédemment le matin elle était toujours autour de zéro. Le décor change, nous entrons dans une large vallée caillouteuse, ce qui change complètement du sol sableux du désert. Le lit de la rivière est très large et la piste y est tracée. Nous roulons de façon très inconfortable sur des montagnes de galets, et nous nous faisons secouer.
Le temps est tout à fait beau, pas de gros nuages noirs menaçants. Après une vingtaine de kilomètres nous traversons le dernier village avant le col. Le suivant se situe à 150 kilomètres sur l’autre versant de la montagne. Nous avons l’impression de nous lancer dans une petite aventure, exactement ce que nous apprécions dans le voyage à vélo. Le dénivelé le long de cette immense vallée ne sera pas énorme, 1100 mètres pour cent kilomètres.
L’herbe est quasiment absente, la vallée nous apparaît comme entièrement minérale.
Cependant elle commence à pousser, d’ailleurs les nomades ont effectivement installé leurs yourtes et leurs troupeaux sont présents sur les flancs de montagne qui nous entourent. De temps à autre des plaques de neige, parfois assez étendues, sont présentes. Qu’en sera-t-il 1000 mètres plus haut ? Les passages de rivières se succèdent. Certains sont scabreux, fort courant et profondeur suffisante pour que les sacoches fassent prise dans les flots.
Nous ne comprenons pas tout de suite qu’il ne faut pas chercher à traverser perpendiculairement aux berges, mais en biais en se laissant un peu porter et entraîner par le courant. Cependant il faut se méfier de ne pas passer une zone où la profondeur est excessive, car inexorablement nous serions emportés. D’ailleurs au cours de l’une de ces traversées, Yves étant déjà arrivé sur la berge opposée, je tombe justement sur un de ces trous tant redoutés et je commence à partir. Mon compagnon saute à l’eau et vient à la rescousse, et à deux nous sortons mon vélo, associant nos forces pour résister au courant.
Nous voyons pour la première fois des yacks parmi les nombreux animaux. Très peu de circulation, une ou deux motos dans la matinée. Les yourtes sont dispersées, des kilomètres les séparent et même parfois des dizaines.
En début d’après-midi nous allons faire une rencontre extraordinaire et tout à fait inattendue. Alors que nous passons au pied du seul petit bâtiment que nous verrons en plus de 200 kilomètres, un homme en sort et nous fait des signes. Nous n’avons pas l’intention d’escalader ce mamelon pour répondre à son invitation. Alors il descend et vient à notre rencontre. Il nous fait comprendre qu’il est peintre et nous invite à venir voir ses œuvres. Pour une surprise c’en est une grosse. Là au fond de nulle part à 50 kilomètres de la ville un peintre isolé à la recherche d’inspiration. Notre curiosité est piquée à vif. Nous nous pressons d’escalader la petite côte bien raide en poussant nos vélos. Nous entrons dans la maison, effectivement des tableaux partout. Je suis ébloui par son style de peinture, le mouvement, les thèmes et les couleurs.
Nous sommes bien chez les descendants des Huns, des cavalcades en des charges désordonnées et héroïques d’hommes armés aux tenues multicolores. Il nous fait une démonstration de son art. Sous son pinceau par quelques touches de couleurs précises et rapides naissent hommes et animaux animés d’une vie intense. Quel artiste ! Si nous étions en voiture sans hésiter je lui aurais acheté plusieurs tableaux. Mais à vélo à travers les montagnes, surtout qu’il nous reste 800 kilomètres à parcourir, il ne peut malheureusement pas en être question.
Il nous offre un thé au lait accompagné de petits gâteaux. Ces derniers sont durs et très rances, il n’est de toute évidence pas ravitaillé tous les jours. Mais c’est avec bon appétit que j’en mange plusieurs, manifestement j’ai très faim. Il voudrait bien nous garder pour la nuit, mais il n’est que 15 heures, et notre route est encore longue. Nous espérons profiter du beau temps pour avancer, car si la météo se dégradait comme les jours derniers, vent pluie et froid, nous risquerions de vivre des moments inoubliables !
Nous parcourons encore une dizaine de kilomètres et nous installons pour la nuit.
A quelques centaines de mètres se trouvent plusieurs yourtes. Les occupants ne tardent pas à arriver poussés par la curiosité et l’envie de dialoguer avec nous. Nous leur offrons des figues séchées bien moelleuses. Je ne sais pas si les adultes apprécient, car ils ne sont jamais très expressifs, mais les enfants cela ne fait aucun doute et ils mangeraient bien tout le paquet si on leur proposait. Mais très poliment ils se contentent de ce qu’on leur offre.
Notre emplacement est idéal, la rivière coule à côté, ce qui est parfait pour compléter nos réserves d’eau. Nous n’avons plus besoin comme les jours précédents d’en transporter de grandes quantités.
Salut Luc,
j'ai très bien compris ta philosophie du vélo et effectivement, les sensations éprouvées, surtout à l'époque choisie pour ce périple, doivent être exactement celles que tu recherches.
Je suis un peu dans la même optique, et si le fait de se déplacer en 4X4 est plus sécurisant, moins fatiguant à première vue ...ce n'est pas toujours le cas . Justement je recherche la plupart du temps des parcours inédits et oubliés, , sur lesquels on peut très rapidement se trouver en difficulté ou tout au moins dans l'incertitude de pouvoir continuer. Il reste également une composante plus difficile à maîtriser qu'en vélo, c'est gérer les problèmes mécaniques éventuels qui peuvent faire d'un voyage comme celui-ci , une vrai galère ...nous avons plus d'une fois eu peur d'y laisser un véhicule, heureusement pour le moment tout c'est bien passé...
Par contre le gros avantage est de pouvoir découvrir beaucoup plus de régions d'un même pays, dans le même temps .
Je te rejoins pour le temps passé en montagne ...cèpes évidemment et en ce moment morilles 😉
Bonne prochaine destination...
jp
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
Bonjour Luc,
Je suis avec plaisir le récit de vos pérégrinations mongoles!
Nous serons en Mongolie d'ici qq semaines, en 4X4 😛!
Peux-tu m'indiquer l'endroit où vous avez trouvé du gaz à Ulan Bator?
Je viens de faire de nos demandes de visas et je lis ça : "
I would get registered
within 7 days after my arrival
in Mongolia at the Immigration Agency and get deregistered before the
departure at same office
, if my stay length over thirty days."
Donc faut-il s'enregistrer à l'arrivée et de "désenregistrer" si séjour supérieur à 30 jours?
Ou faut-il s'enregistrer à l'arrivée dans tous les cas et ne se désenregistrer que si séjour supérieur à 30 jours?
Rebonjour Jean-Pierre, je comprends aussi très bien ce que tu dis, et certainement en 4x4 loin de tout peut être plus angoissant qu'à vélo. ce dernier en cas de gros problème mécanique on peut toujours le pousser et on arrive à faire 30 km par jour sans trop de difficulté. dans le pire des cas on part à pied. Le véhicule c'est effectivement plus problématique. Il y a des endroits vertigineux où on se sent plus en sécurité en poussant son vélo qu'en voiture, en particulier dans des chemins glissants et en dévers sur le vide. J'ai vécu trois ans en Albanie et roulais beaucoup dans les montagnes en 4X4, et je me suis fait des grosses trouilles, alors qu'à vélo jamais.
Je me souviens avoir croisé dans le désert de l'Atacama deux motards, ils étaient exténués à lutter contre la chute avec leur lourde moto, en particulier à cause du gros réservoir pour avoir l'autonomie nécessaire pour 600 km. Alors qu'à vélo c'était top c'était cool.
Je vois que tu es un adepte du boletus edulis et autres cryptogames. Ah! la morille dans les Vosges d'après ce que je sais il n'y en a pas, le terrain étant granitique, elle s'épanouit sur les terres calcaires. Sur les bords du Rhin il y en a, j'ai fait de belles récoltes il y a pas mal de temps. Mais cette année j'ai eu la flemme de tenter ma chance, une petite centaine de km. Je te mets en toute confidentialité😏, quelques photos de mes prodigieuses récoltes de cèpes 2016.
Luc
Bonjour Marie, je t'attends toujours avec tes chiens dans mon paradis vosgien😎.
Concernant les problèmes d'enregistrement pour séjour supérieur à 30 jours je ne peux rien te dire nous avions un visa 30 jours et nous n'avons rien fait en arrivant. C'est mon copain qui avait apporté nos passeports au consulat de Mongolie à Paris pour les obtenir.
Concernant le gaz lorsque tu arrives sur la place centrale d'Ulan Bator en laissant le gros building bleu en arc de cercle derrière toi, tu longes sur le même bord la place et quand tu arrives dans l'angle opposé ou à peu près tu as un magasin de sport qui vend du gaz, un peu sur la gauche je crois me rappeler.
En tout cas ce pays décoiffe , même si mon grand amour reste l'Atacama😏
bon voyage
Luc
bonjour,
pour les visas il ne faut pas s'enregistrer .
Lors de mon premier voyage en 2011, n'ayant pas eu vent de ces infos, je n'ai fait aucun enregistrement, mais je ne comptais pas rester plus de 30 jours. Aucun problème à la frontière.
Nous avions eu une info en 2013 comme quoi il fallait s'enregistrer à Oglii dans les 7 jours dans le cas d'une prolongation de visa. ( dans le guide Lonely P.)
A Oglii les responsables de l'enregistrement n'étaient pas du tout au courant , ils ont téléphoné à UB pour avoir des précisions. Résultats, pas d'enregistrement et prolongation de visa uniquement à UB.
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
Encore une nuit au grand calme. Nous nous attendons aujourd’hui à une étape difficile, l’incertitude de l’enneigement du col n’est pas levée. Réveil très matinal, il ne fait pas bien froid. Nous faisons notre thé accompagné de gâteaux. Depuis presque deux semaines que nous faisons équipe, nous avons pris nos habitudes comme un vieux couple.
Rien de tel qu’une expérience un peu en dehors de la routine pour souder les membres d’un groupe. Toutes les personnes avec lesquelles j’ai arpenté trois continents à vélo je les ai connues par internet, souvent par VF. La plupart du temps je m’en suis fait des amis avec lesquels nous avons projeté d’autres voyages. Le fait de partir comme cela avec des individus, hommes ou femmes, que l’on a appris à connaître par une correspondance électronique puis téléphonique fait pour moi totalement partie de l’aventure. Bien évidemment, il ne faut pas partir avec n’importe qui. Mais il suffit de quelques échanges pour assez bien cerner son interlocuteur. Mon premier voyage à vélo remonte à 2009 et depuis j’en ai effectué de l’ordre de 25 d’une semaine ou de trois mois et demi. J’ai dû passer deux ans sur la route ou la piste, et cette expérience de cohabitation avec de nouveaux compagnons m’a incroyablement enrichi, alors que j’avais déjà un bon acquit, familial de camaraderie en particulier en alpinisme ou professionnel.
Le col est situé à 25 kilomètres et il nous domine de 400 mètres de dénivelé. Nous souhaitons y arriver vers midi afin d’y marquer la pause si les conditions ne sont pas trop hostiles. Mais on ne sait jamais ce que la piste réserve, on peut avancer à trois ou à douze à l’heure. On ne sait jamais à l’avance comment cela va se passer, d’autant plus que nous n’avons pas réussi à avoir un témoignage de cycliste ayant emprunté cet itinéraire.
Ce matin l’air est limpide, le vent très faible, le ciel bleu. Le printemps semble avancer à grands pas, le vert prend l’ascendant sur le gris minéral de la caillasse. La piste n’est pas toujours marquée, ou parfois elle disparaît sous de grandes surfaces de neige.
Mais la vallée nous donne le sens général de façon évidente. Les yourtes continuent de ponctuer notre itinéraire de façon très dispersée. De nombreux animaux nous accompagnent, principalement des yaks.
Nous nous sentons sereins dans cet environnement amical, certes un peu frais car je roule avec ma doudoune quelques heures. Mais le soleil monte et alors un simple t-shirt suffit. Je remplace même mon casque par un chapeau.
Dans les derniers kilomètres la déclivité se fait plus sévère, la neige par moments couvre la piste nous obligeant à pousser nos vélos dans les pentes environnantes, mais de façon très ponctuelle. Les derniers virages sont là, plus tôt que prévu, trop raides pour rester sur nos montures. C’est en poussant que nous atteignons le col marquant le point le plus haut de notre balade mongole, il culmine à un peu plus 2700 m, pas très loin de de l’altitude de l’Iseran.
Pas de vent, incroyable c’est la première fois depuis notre départ. On a de la chance, j’imagine à cet endroit un courant d’air avec l’effet venturi, ce doit être intenable. L’autre versant se révèle, immense on s’y attendait. Il paraît beaucoup plus sec, bien qu’il soit orienté au nord.
Une prairie devant un petit lac, nous nous installons pour pique-niquer. A notre arrivée un important troupeau de yaks détale presque dans la panique. Le soleil chauffe, nous nous couchons dans l’herbe et allons y rester une heure. Nous ne sommes plus dans les conditions hostiles du désert de Gobi où nous mangions en essayant de nous abriter derrière nos sacoches et parfois en grelottant. Pourvu que cela dure.
La descente est entamée, la piste se révèle horrible, des gros cailloux absolument partout, pas moyen de les éviter. C’est une très rude épreuve pour les avant-bras, les poignets et les mains. On se traîne à une vitesse d’escargot. Sous l’assaut de ces secousses je vais perdre ma carte et ne pas m’en rendre compte immédiatement. C’est la catastrophe. Je remonte à pied et la retrouve un kilomètre plus haut. Même si nous suivons l’itinéraire grâce à la trace GPS qu’Yves a matérialisée, la carte permet une vue d’ensemble, ce qui nous permet d’anticiper notre itinéraire à plusieurs jours. Suite à cette prospective Yves en grand sorcier trace sur sa tablette le parcours.
Nous arrivons dans des zones plus plates, mais la piste reste effroyable. Elle finit même par disparaître et nous poussons dans zones de gros galets. De plus ce versant étant beaucoup plus sec, nous ne voyons plus de rivière et l’eau commence à manquer. Il fait chaud et les efforts sont intenses. Nous espérons en trouver avant la nuit, d’autant plus qu’il n’y plus une yourte du fait de l’aridité du terrain.
Enfin la délivrance, nous traversons un petit ruisseau, ce qui nous permet de refaire notre stock d’eau.
Quelques kilomètres plus bas la pelouse reprend le dessus, les animaux et les yourtes font à nouveau leur apparition. Nous nous installons pour la nuit. Je suis très fatigué, même si le kilométrage est faible la journée aura été bien remplie. Mais elle n’est pas finie.
Des yourtes à proximité arrive un gamin avec un vélo neuf. Ce dernier est de très mauvaise qualité. Il n’arrive pas à passer les vitesses. Il veut que nous lui réparions. Yves s’y emploie avec bon cœur, mais après un dur combat de plus d’une heure le dérailleur ne marche toujours pas. Le gamin n’est pas content et nous le fait comprendre en campant devant nous afin que nous nous remettions au travail. C’est reparti pour un round sans plus de succès. Mais le drôle insiste, il nous engueulerait presque.
La fatigue aidant notre patience atteint ses limites, et nous lui faisons ressentir avec calme qu’il commence à nous courir sur le haricot. Nous ne nous occupons plus de lui, et nous passons à la préparation de notre repas. Il nous surveille d’un air courroucé, et enfin après un long moment il se lasse et repart vers sa yourte. On se regarde Yves et moi et nous éclatons de rire en essayant d’étouffer au maximum nos débordements. La Mongolie est vraiment pleine de surprises !
La soirée sera paisible dans ce décor gigantesque au milieu des animaux qui se déplacent avec nonchalance quasiment au milieu de nos tentes. Nous n’échangerions pas notre lieu de stationnement pour le plus beau des hôtels de la planète. J’ai toujours constaté que les choses qui avaient le plus de valeur ne coûtaient pas un centime ! Sur cette pensée philosophique je m’endors rapidement d’un sommeil lourd de toutes les secousses de la journée.
a vue de nez, je dirais 8 kg , 6 kg, 9 kg dans l'ordre des photos ....bonne récolte !
C'est sympa de les ramasser ....mais après y'a du taf 🤪
Ceci dit on est récompensé pendant les soirées d'hiver ....😉
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
Je découvre à travers ton récit et tes photos l'immensité (monotone, c'est ce que je ressens) des plaines (steppes) mongoliennes.
Tes photos me donnent une impression d'immobilisme, sincèrement, j'ai l'impression de voir 10 fois la même photo sur une plaine au milieu de nulle part, avec le même petit chemin qui la traverse.
J'en suis au 4ème jour, et j'ai l'impression que tu es toujours au même endroit!!!!😊
N'avez vous pas eu l'impression de faire du surplace?🤪
Est-ce juste une impression rendue par les photos, ou bien y a-t-il une différence pour toi dans l'immensité traversée? Je sais que souvent, les photos ne rendent pas justice complètement aux sites.
A partir du 5ème jour ça change.... un peu.... C'est fou non?😮
N'est-ce pas frustrant d'avoir autant de gens qui t'interrogent sans jamais pouvoir leur répondre faut de langue commune? Et le dessin comme moyen de communication, vous avez essayé?
Puis au 12ème jour, enfin des montagnes. Ahhhhh!! Enfin, un peu de mouvement. C'est plus sympa. Du coup j'attends la suite!!!!!!😏
Pourquoi as-tu cessé d'incorporer tes photos à l'intérieur du texte? C'était plus sympa!!
Bonjour Diamina, effectivement les immensités de la steppe mongole changent très peu au fil des kilomètres. Il est certain que c'est un voyage très différent des autres. Mais justement le fait d'être noyé dans un décor immobile à l'infini cela en fait une expérience unique, tout particulièrement dans la lenteur du déplacement à vélo et parfois à pied quand la piste est trop mauvaise, trop molle ou trop raide.
Tu sens ton voyage plus que tu ne le vois. En effet, c'est plus par les sensations physiques de tes muscles en train de pédaler, de ta peau au contact du vent et du froid que se constitue le souvenir que tu garderas de cette plongée dans un autre monde. A deux, la relation à l'autre est aussi partie intégrante du voyage, lorsque nous échangeons en cours de route ou le soir nos perceptions et ressentis qui sont parfois un peu différents. Cette force et cette confiance que l'on ressent à deux à partir et à s'enfoncer dans une sorte de néant créent des liens, car on se révèle à l'autre dans la difficulté.
Et puis, il y a ces rencontres aléatoires, même si nous n'avons pas de langue commune, il passe un message par les yeux. Le voyage à vélo dans ces steppes c'est un peu comme pour un croyant qui effectue une retraite dans un monastère à la recherche de sa foi et de lui-même. C'est pour moi très difficile de décrire la réalité de ce que je ressens au cours de ces balades. Et puis, la mémoire décante et après des mois le voyage t'apparaît différent encore, transformant les petites souffrances en souvenirs de plaisir. Trop dur d'en parler, il faut sauter sur un vélo et partir.😏
Je n'ai pas incorporé les photos, car je n'ai pas pris le temps, mais peut-être que les photos coupent un peu trop le texte? Et puis le gros pavé en bas de texte je trouve cela esthétique. Mais bon je vais prendre le temps de les incorporer, si on m'en fait une fois de plus la remarque;
Bonne journée Luc
Salut la Marocaine......c'est plat, c'est monotone, c'est grisouné , y'a du zef, pas d'abris, pas de restos , deux trois personnes tous les 100km........p'tain de pays !!!!!
Y'a même pas un Mongol qui fait du stop, t'emmène chez son cousin qui a sa ger (yourte en Marocain) dans le coin, que même toi tu vas te taper la tête en entrant tellement c'est bas ( alors j'te dis pas pour JF....) , qui justement vend des pulls cachemire, qu'il faut voir pour le plaisir des yeux , que si tu n'en veux pas c'est pas grave mais tu prendras bien un thé salé, avec un p'tit fromage fermenté 8 mois sur le toit de la yourte (ger en Mongol) ......j'te le dis, p'tain de pays !!!!
😏
te fies pas aux photos de Luc ...il n'est bon que pour les Bolets .....😄
Alors je t'explique, la Mongolie c'est 1386 fois...... la Martinique (si si j'ai fais le calcul ) 😉 alors en vélo!!!! ......surtout que le Luc y l'a pas l'air bien vaillant, y l'avance pas vite , j'te dis il est bon pour les Champignons et encore pas tous ...les morilles y l'y va même plus j'te dis ...c'est trop loin ...,
donc y fait pas beaucoup de km en fait y fait du sur place avec ce p'tain de vent dans ce p'tain d'pays !
Viens avec ton quatquat , si si tu peux le faire , t'as fait Chégaga toute seule (presque) et tu verra la Mongolie c'est aussi beau que le Maroc ...y'a les mêmes paysages ( moins les rabatruc 😇 ) mais faut faire plus de km ......j'lui ai dit à Luc , en vélo c'est pas bon !!! 😏
Tu m'en veux pas Luc ? j'irai faire du vélo avec toi dans les Vosges ...en septembre avec un panier ....😉 🙂
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
Bonjour jean-Pierre, statistiquement octobre est meilleur que septembre pour le boletus edulis. J'ai beaucoup de mal à faire du vélo en dehors des voyages et puis le panier au guidon avec 15 kilos de cèpes c'est dur. Si tu viens cesera l'occasion d'en faire. Donc tu es absolument le bienvenu dans mon paradis, j'ai de quoi loger largement dans des conditions meilleures que la steppe venteuse.
Bonne journée Luc
statistiquement octobre est meilleur que septembre pour le boletus edulis
ça c'est super !!! tu passes chez moi avant ( c'est meilleur en Septembre en haute-savoie, après pas chaud en altitude ), comme ça on va faire deux saison en une ! 😉
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
Mais ça c'est vrai quelle que soit la destination où tu choisis de faire du vélo, non? A vélo, forcément, tu le sens ton voyage.
A deux, la relation à l'autre est aussi partie intégrante du voyage, lorsque nous échangeons en cours de route ou le soir nos perceptions et ressentis qui sont parfois un peu différents.
Encore une fois, c'est aussi vrai dans un splendide décor du désert d'Atacama, non!!! Je le vis à chaque voyage, puisque je voyage toujours avec JF (comme Perju en parle....) et je suis d'accord sur le fait que les ressentis sont souvent différents.
Cette force et cette confiance que l'on ressent à deux à partir et à s'enfoncer dans une sorte de néant créent des liens, car on se révèle à l'autre dans la difficulté.
Bah, tant qu'à faire, autant que le néant soit sympa à regarder, et de la difficulté, y en a partout où il y a des pistes et un environnement hostile. Dans la puna argentine, il y a vraiment de quoi satisfaire ce genre de désirs!!! Je te rejoins complètement dans le fait de se révéler à l'autre dans la difficulté. Ça je l'ai vécu l'an dernier quand nous avons eu une crevaison à plus de 4000m d'altitude et que nous avons eu du mal à utiliser le cric m...... du toyota 4 runner, tout ça dans le vent et le froid, et la crainte de devoir dormir en pleine nature. Heureusement pour nous que le 2ème camionneur qui est passé en 2heures d'arrêt sur la piste a bien voulu s'arrêter et nous aider. Et je ne parle pas des autres pneus crevés!!!
Je l'ai aussi ressenti quand nous nous sommes enneigés à plus de 4500m et qu'il a fallu creuser...... longtemps!!!! 🤪 C'est le genre de moment où tu apprécies d'avoir avec toi quelqu'un qui a le moral d'acier!!!
Et puis, il y a ces rencontres aléatoires, même si nous n'avons pas de langue commune, il passe un message par les yeux.
Ahhhh! Là, je vais te croire sur parole, mais est-ce suffisant? J'adore bavarder avec les gens quand je voyage, et puisque Perju a commencé à parler du Maroc, l'une des frustrations que j'ai eue, a été lorsque nous sommes allées visiter les gorges de tislit, et que je n'ai pas pu converser avec le guide et sa famille parce que leur français était réduit à des notions plus que basiques, et que mon arabe et ma pratique de la langue berbère sont inexistants!!!
Le voyage à vélo dans ces steppes c'est un peu comme pour un croyant qui effectue une retraite dans un monastère à la recherche de sa foi et de lui-même.
Ah oui!!! Effectivement, j'aime beaucoup la comparaison entre les parois austères d'une chambre de monastère et la monotonie des steppes mongoles. C'est la comparaison la plus incroyable qui soit!!!!😏
Trop dur d'en parler, il faut sauter sur un vélo et partir.
Bon ben..........., je vais me contenter de te croire alors!!!!!!😄
Et puis le gros pavé en bas de texte je trouve cela esthétique. Mais bon je vais prendre le temps de les incorporer, si on m'en fait une fois de plus la remarque;
Bah, si c'est pour l'esthétique, ..........🤪😠...... Mais pour le côté pratique, ce serait quand même sympa d'avoir les photos qui s'insèrent dans le texte qui les concerne!!!
(Là, ça fait 2 fois pour la remarque, donc ça devrait aller maintenant!!!😏🤪😄)
Bonne journée Luc
A toi aussi!!!😏
PS: N'écoute pas notre plaisantin Perju...😏😄. Continue ton récit car c'est le genre de voyage que je ne connaitrai jamais: à vélo dans la plaine mongole!!!! Donc, on le vit avec toi par procuration.Merci!
Y'a même pas un Mongol qui fait du stop, t'emmène chez son cousin qui a sa ger (yourte en Marocain) dans le coin, que même toi tu vas te taper la tête en entrant tellement c'est bas (alors j'te dis pas pour JF....), qui justement vend des pulls cachemire, qu'il faut voir pour le plaisir des yeux, que si tu n'en veux pas c'est pas grave mais tu prendras bien un thé salé, avec un p'tit fromage fermenté 8 mois sur le toit de la yourte (ger en Mongol)......j'te le dis, p'tain de pays !!!!
MDR!!!!😏😄
Mais alors, ..... Tu suis vraiment le carnet sur le Maroc, c'est fou!!!!😄😮
avec un p'tit fromage fermenté 8 mois sur le toit de la yourte (ger en Mongol)
Et ça se mange ça?🤪
Viens avec ton quatquat, si si tu peux le faire, t'as fait Chégaga toute seule (presque)
Je serais obligée de louer un 4x4 en Mongolie, car de la Martinique ça pourrait être un peu difficile!!!😉
la Mongolie c'est aussi beau que le Maroc...y'a les mêmes paysages (moins les rabatruc
C'est difficile à croire à partir des photos de Luc, pour le moment. J'attends la suite pour voir en attendant de pouvoir venir dans les Alpes te voir et découvrir tes photos!! Si, si, j'finirai par venir....
ça c'est super !!! tu passes chez moi avant (c'est meilleur en Septembre en haute-savoie, après pas chaud en altitude), comme ça on va faire deux saison en une !
S'il te plait, va pas t'intoxiquer avec un champignon vénéneux, hein!!!!
Au lever le temps a changé. Une petite pluie fine s’installe dans un ciel complètement bouché. Comme toujours dans ces conditions, nous nous demandons que faire. Attendre une accalmie ou partir. Pour ma part je suis toujours partisan du mouvement, Yves aussi, ça tombe bien. Nous avons pris la bonne option, les précipitations vont rester faibles et vers 10 heures le temps va nettement s’améliorer.
Nous descendons une vallée magnifique, la piste est excellente, les cailloux ayant disparu. Nous roulons sur une trace de terre dure. Le printemps est de plus en plus présent, la température presque clémente malgré la pluie. Des arbres de différentes essences que je n’arrive pas à identifier apparaissent. Dans ces steppes le plus insolite étant de ne pas voir d’arbres sur des centaines de kilomètres.
Très intrigant, nous passons un pont, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Mais juste avant ce dernier un beau panneau carré au liseré bleu comporte le dessin d’un magnifique cèpe de Bordeaux. Qu’est-ce que cela veut dire ? Peut-être une interdiction de ramasser ce champignon ? Dans tous les cas de figure, il faut des arbres. Il y en a bien regroupés en parcelles de forêt, ce sont des conifères. Mais plusieurs centaines de mètres plus haut, ils sont regroupés selon l’orientation du terrain, au nord les arbres et pour les autres orientations l’herbe.
La vallée est trop belle, elle nous entraîne sur une mauvaise piste.
Nous le réalisons grâce à la trace GPS. En effet, dans une grande courbe de la vallée, il faut la quitter et escalader un pan de montagne très raide sur plusieurs centaines de mètres de dénivelé. Au début nous restons sur les vélos, puis chacun poussera sa monture. Pour terminer sur les trois cents deniers mètres de dénivelé, nous nous mettrons à deux pour pousser chacun de nos vélos à tour de rôle. On en bave un grand coup. J’applique ma méthode habituelle quand cela devient très difficile. Je compte mes double-pas et j’essaye de tenir jusqu’à vingt. Je suis toujours étonné de voir que l’on avance assez vite de cette manière. Peut-être est-ce une question d’entraînement. Deux mois plus tôt dans les pentes très raides des pistes du nord Laos je l’avais déjà appliquée, mais surtout au cours de la traversée du Sud Lipez en Bolivie des heures durant j’avais à coup de vingt parfois de dix double-pas avancé dans la poussière volcanique. Durant cet exercice le temps est aboli, il faut prendre son mal en patience. Avec philosophie profiter de la nature gigantesque qui nous entoure pour s’en imprégner au mieux.
Tout finit par arriver. La pente diminue, nous pouvons à nouveau pousser chacun notre vélo, puis l’enfourcher. Rapidement une crête est atteinte et nous basculons dans une nouvelle vallée. Nous prenons des raccourcis, et c’est en plein champ particulièrement raide et plus ou moins marécageux que nous rejoignons le lit d’une rivière.
Nous y faisons une longue pause, bien installés dans une herbe moelleuse. La température est clémente, le temps à l’air d’avoir définitivement décidé de basculer vers l’été.
Nous rejoignons le petit village de Bulgan, à ne pas confondre avec la ville du même nom située quelques centaines de kilomètres plus au nord. Un étrange attelage constitué d’un yak massif et d’une carriole en bois tout aussi massive conduite avec lenteur nous croise au niveau des premières maisons. Les enfants arrivent, on leur demande l’épicerie. L’un d’eux saute sur un vélo et nous accompagne. Une fois sur place, nous y trouvons les produits habituels, saucisses, riz, gros gâteaux sablés et quelques fruits, sans oublier les canettes de bière.
A la sortie du village nouvelle pause dans l’herbe, puis nous reprenons la piste pour quelques kilomètres et installons notre campement à proximité de la rivière, afin de pouvoir nous laver. Au-dessus de nous quelques yourtes. Un couple en descend accompagné de leur petite fille. L’homme nous offre un grand bol de fromage blanc et un de fromage plus fait. Les deux sont excellents, et du fait de la quantité, ce sera quasiment notre repas du soir.
Encore une journée bien remplie dans un environnement toujours aussi surprenant, se montrant sous un jour beaucoup plus amical du fait de la végétation qui prend son essor.
Salut Luc,
Bizarre le panneau , malheureusement dans certaines régions de France il existe les mêmes...avec une croix rouge en travers ...cela commence à venir chez nous ( 74) certains proprios de zones forestières mettent des interdictions de ramassage sur leurs parcelles, parcelles paumées à des km des zones habitées et accessibles uniquement à pieds ou en 4X4....😕
C'est pour Diamina également, elle aura ainsi une vision plus " idyllique" du pays 
Merci. Effectivement, ça aurait pu l'être.
Est-ce le désert de Gobi qu'on voit lors du passage en partie désertique??
Et le squelette à la fin de la vidéo, c'est pour montrer ce qui attend ceux qui osent s'y aventurer?🤪
Bonjour Jean-Pierre, superbe cette vidéo, l'utilisation d'un drone ça change tout. j'aimerais savoir combien de temps il faut pour créer un montage comme celui-là?
Luc
Bonjour Luc,
je fais régulièrement un film au retour de mes voyages, cet été il couvre le désert de Manguistau (kazak) jusqu'au Pamir et à une durée d'1h15 mn, cela m'a pris certainement plus de 200h de montage. C'est un film comprenant beaucoup d"effets", de photos avec zoom panoramique et de petites vidéos , sans compter la voix off les titres et la bande son . Par contre à la prise de vue c'est assez rapide, photos et vidéo avec caméra embarquée sur le 4X4. Pas grand chose à faire de particulier.
Pour le film de Cecile, je pense que c'est l'inverse, la partie montage doit être assez simple ( une fois les extraits choisis ) il suffit de" coller" des passages vidéos. Par contre c'est effectivement à la prise de vue que cela doit prendre du temps, déjà trouver l'idée, mettre le drone en position et contrôler son déplacement, certainement refaire des prises si pas contant du résultat ....etc ...mais je pense que ce n'est peut-être pas plus long que le temps pris par certains photographes pour réaliser leur cliché ( trouver le bon angle, attendre la bonne luminosité, refaire le cadrage ...)
Je suis en train d'étudier la question et j'ai déjà un modèle de drone en vue 😉
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
La chaîne de montagne de Hangayn Nuruu est traversée, nous laissons derrière nous les sommets enneigés et les pistes pierreuses. Devant nous s’ouvrent maintenant des moutonnements parcourus de chemins au revêtement de terre souple aux pneus. Sans difficulté nous atteignons Tetselegs.
La ville nous est apparue du haut d’une colline. Une multitude de toits multicolores donne un aspect engageant à la bourgade. Elle est installée au pied d’une grande falaise de roche claire.
Nous y pénétrons par une ruelle en pente au sol chaotique.
Après quelques recherches nous trouvons la guest house indiquée dans notre guide. Elle est tenue par un Australien. Nous retrouvons les standards occidentaux, et ma foi ce n’est pas désagréable, de l’eau courante et chaude, des toilettes sans besoin d’aller faire des acrobaties sur une planche au-dessus d’un trou puant, ce qui est souvent le cas lorsque l’on fréquente ce qui tient lieu de guest house locale.
15ème étape Battsengel 89 km
Étrange sensation, nous roulons sur du goudron, après la piste très accidentée qui traversait le massif de Hangayn Nuruu nous avons plus l’impression de glisser sur une surface sans aspérités que de rouler. Mais cela ne va pas durer. En effet, nous quittons ce beau bitume pour repartir à travers la steppe. Effectivement un vieux panneau tout rouillé indique la direction de notre destination sur la gauche. Une longue montée nos conduit à un belvédère permettant une vue à 360 degrés.
Une descente très raide, puis la piste part plein nord. Cela est étonnant car ce n’est pas notre direction. La trace GPS indique bien un itinéraire qui s’oriente vers l’est, mais pas le moindre soupçon de chemin, de plus la prairie ne semble pas très roulante. Nous quittons notre belle piste mal orientée et faisons une tentative à l’est à l’estime. Nous tombons sur une zone marécageuse et nous faisons littéralement dévorer par des midges, sensation absolument terrible. Des dizaines de piqûres et cela va nous gratter pendant plus d’une semaine. Nous réussissons à nous extraire de ce piège et faisons carrément demi-tour pour revenir à notre point de départ de la piste au niveau du panneau rouillé.
Nous reprenons la route goudronnée sur 7 km, puis à gauche nous nous engageons sur une piste qui s’éloigne doucement de cette dernière. Elle est très roulante et s’enfonce dans l’immensité verte, où de loin en loin les troupeaux ponctuent la plaine.
La steppe change rapidement avec le printemps qui s’installe. Y rouler est un vrai plaisir. Le vélo dans ces conditions, température idéale, absence de vent, beau temps et piste étroite dure et lisse, procure les plus belles sensations. Nous nous fions à la trace GPS au milieu de cette immensité moutonnée.
Nous arrivons en un point où le village que nous souhaitons atteindre apparaît dans le lointain, 15 kilomètres. La piste perd son bel aspect et redevient caillouteuse et nous rentrons une fois de plus une séance de vibromassage, qui va durer un long, très long moment. Là encore c’est tout l’intérêt du voyage à vélo, ne jamais chercher à estimer ce qui nous attend, car pour un rien tout change du tout au tout.
Quel bonheur, mon vœu a été exaucé: les photos sont à nouveau insérées dans le texte!!! Merci mille fois!!😄
Nous retrouvons les standards occidentaux, et ma foi ce n’est pas désagréable, de l’eau courante et chaude, des toilettes sans besoin d’aller faire des acrobaties sur une planche au-dessus d’un trou puant, ce qui est souvent le cas lorsque l’on fréquente ce qui tient lieu de guest house locale.
Ah qu'est-ce que je te comprends. Voyager c'est rencontrer des situations assez différentes de chez soi, mais parfois, c'est bien de retrouver un peu de confort, pour pouvoir ménager sa monture!!!!😎
La trace GPS indique bien un itinéraire qui s’oriente vers l’est, mais pas le moindre soupçon de chemin, de plus la prairie ne semble pas très roulante. Nous quittons notre belle piste mal orientée et faisons une tentative à l’est à l’estime. Nous tombons sur une zone marécageuse et nous faisons littéralement dévorer par des midges, sensation absolument terrible. Des dizaines de piqûres et cela va nous gratter pendant plus d’une semaine. Nous réussissons à nous extraire de ce piège et faisons carrément demi-tour pour revenir à notre point de départ de la piste au niveau du panneau rouillé.
Ah la la, ces traces GPS qui nous envoient n'importe où!!!!!! 😠
J'ai pas mal d'exemples de ce genre!!! Les derniers datent du Maroc!!
Elle est très roulante et s’enfonce dans l’immensité verte, où de loin en loin les troupeaux ponctuent la plaine
C'est quoi ces bêtes que vous avez rencontrés!!! C'est de la laine ambulante, carrément!!! 😄
La tonne de laine présente sur le dos des bêtes ferait pâlir d'envie les bergers marocains!!!!😏
Et c'est volontaire la tête de taureau au milieu de la steppe, c'est comme sur la vidéo avec le squelette..... c'est macabre!!!!😮
En tout cas, c'est vrai que question arbres, il y en a plus dans le reg marocain complètement sec et rocailleux près du lac iriqui que dans la steppe verdoyante de Mongolie!!! C'est un comble!!!!
En tout cas, j'espère pour vous que vous n'avez pas rencontré une 2ème fois les insectes qui vous ont fait la peau !!!!!! 😏😄🤪
Bonjour Diamina, notre erreur n'était pas due à la trace GPS, mais au panneau qui nous a fait partir à gauche. sans doute une ancienne piste qui n'était plus utilisée après une dizaine de kilomètres, sans doute du fait que la route avait été goudronnée et que de ce fait l'embranchement se trouvait sept kilomètres plus loin.
Heureusement les affreuses midges ne vont plus croiser notre route.
La tête non ce n'est pas un montage, des squelettes d'animaux nous en avons vus pas mal tout au long de la route, heureusement aucun d'être humain!
Je mets la suite
Bonne journée Luc
Ce jour une étape étonnante à travers la prairie absolument plate. Je n’avais jamais eu cette sensation de rouler sur une surface plate qui se perd sur la ligne d’horizon. Très rapidement nous sommes confrontés à deux traversées de rivières. La seconde est large, assez profonde et le courant rapide. Nous nous mettons à deux pour faire traverser chacun de nos vélos et nous mettons une dure bataille pour faire passer la monture d’Yves avec sa remorque, qui a une fâcheuse tendance à devenir très difficile à tenir dès qu’elle se met à flotter. Je dois m’efforcer de la porter et de la sortir autant que possible du courant, ce qui n’est pas évident. On a cru que nous allions nous faire embarquer.
Nous rejoignons le village et trouvons un logement. Nous avons toutes les difficultés à obtenir quelques litres d’eau pour nous laver. On nous donnera généreusement de l’ordre d’un litre chacun. Ce jour j’aimerais bien disposer de plus d’eau, car les piqûres de midges me grattent particulièrement.
Par contre on nous offre une part de carpe qui vient d’être pêchée. Elle s’avère totalement immangeable, j’ai l’impression de manger directement de la vase. Je n’y arrive vraiment pas. Pour ne pas vexer nos hôtes discrètement je jette le contenu de ma gamelle dans un sachet que je mets à la poubelle. Yves plus stoïque dans un effort grimaçant mange le tout, chapeau !
Nous assistons à un magnifique coucher de soleil.
17ème Gurvanbulag 95 km
Une journée encore sur le vélo entre deux villages dans ces immensités sans repères où l’œil peut trouver un point caractéristique. La première partie de l’itinéraire, qui sur la carte apparaît comme une belle route principale, que l’on s’attend à trouver goudronnée, n’est en fait qu’une simple piste chaotique. Nous longeons le lac Ogii Nuur, endroit touristique. On le voit à plusieurs sites prêts à ouvrir pour la saison qui commence vers le 15 juin. Au bord de ce lac les touristes viennent probablement pour pratiquer l’équitation ou la pêche, ou tout simplement pour contempler ces grands espaces déconnectés du temps et du speed de notre société.
Nous allons croiser trois véhicules qui transportent les premiers visiteurs de l’année en provenance d’Ulan Bator, éloignée de quatre cents kilomètres. Sur les bords de ce lac nous dépassons une multitude d’animaux, particulièrement bovins et chevaux. Ces derniers, étrangement, se regroupent en nombre conséquent les pattes dans l’eau à quelques dizaines de mètres de la rive, bien serrés les uns contre les autres, spectacle étonnant.
Pris par ce spectacle nous faisons notre pause de midi nous laissant bercer par ce calme. Il nous reste soixante kilomètres à parcourir. Le paysage se répète à l’infini, et cette monotonie est tellement étonnante que nous sommes pris dans une ambiance excitante.
Par endroits la piste s’évanouit et nous progressons directement sur l’herbe à travers la prairie.
Avec les beaux jours les fleurs commencent à pointer un peu partout. Certaines sont surprenantes, et sans doute spécifiques aux grandes steppes d’Asie centrale Nous ne ressentons plus l’atmosphère triste et froide que nous avons connue les quinze derniers jours de mai aux frontières du désert de Gobi.
Enfin du sommet d’une bosse le village apparaît à cinq kilomètres. La piste devient bonne, stable et lisse, alors qu’au cours de cette journée nous l’avons connue sableuse ou épouvantablement bosselée, vaste ruban de tôle ondulée.
Nous trouvons un hébergement aux chambres immenses pour le prix habituel, quatre ou cinq euros chacun. Mais comme habituellement l’eau est rare et il ne faut pas compter sur une douche pour se débarrasser de la gangue de poussière qui nous recouvre le corps sur chaque centimètre carré de peau, ainsi que les cheveux, qui ont la contexture du carton lorsqu’on y passe la main.
Cependant, nous pouvons nous laver très superficiellement devant un petit évier, surmonté d’un petit récipient en forme d’entonnoir, dans lequel on verse le peu d’eau que nous nous procurons. On appuie sur la tige qui le surmonte et par gravité l’eau coule. Par des gesticulations on essaie de ne pas en perdre une goutte, un pied posé sur l’évier afin que le liquide coule directement sur la peau.
Mais le moral reste au beau fixe, même si nous sentons que l’aventure entre dans sa phase finale, avec toujours ce petit pincement lorsque l’on sent le terme approcher. Nous nous mijotons une excellente gamelle composée d’œufs de viande en boîte, le tout saupoudré d’une sauce grand veneur qu’Yves porte depuis le début de notre périple.
Un bruit de galop, je jette un coup d’œil par la fenêtre qui donne sur la rue principale du village. Des cavaliers passent au galop. Ils sont debout sur leurs chevaux, amortissant totalement les mouvements verticaux. Ils sont magnifiques dans leur galopade rapide, affichant une parfaite maîtrise.
Ce matin nous démarrons vers 9 heures, la journée d'hier ayant été difficile. Nous allons manifestement vers l'été, car dès le démarrage il fait très bon. Par contre, rapidement la piste devient très mauvaise, terriblement sablonneuse, ce qui est la pire chose pour les cyclistes. Nous assistons au travail d'un berger à cheval avec un lasso.
A midi nous avons couvert à peine une vingtaine de kilomètres et pourtant nous avons forcé dur sur les pédales. Nous ne nous laissons pas démonter, et nous arrêtons à l'abri d'un buisson et faisons une pause déjeuner d'une heure. Nous constatons alors qu'une piste semble rejoindre la route goudronnée à l'est en quelques kilomètres au lieu des 20 de notre piste en sable. On se décide et nous traversons une petite rivière pour la rejoindre.
Et miraculeusement notre calvaire prend fin après la traversée directement à travers une zone sans trace aucune.
Une bonne piste roulante nous conduit rapidement à la route goudronnée. Comme cela est agréable de rouler sans résistance, mis à part un vent de face, mais pas trop puissant. Cette route droite qui se déroule vers l'infini nous donne presque le vertige. La Mongolie nous savions que c'était une immense plaine. Mais lorsqu'on y est, on prend vraiment conscience de cette démesure. Par exemple hier nous avons parcouru plus de 90 kilomètres entre deux villages. Imaginez que vous faites Lyon Valence sans voir personne.
Comme chaque fois que nous approchons d'un village nous le voyons surgir du sommet d'un minuscule monticule. Un trait multicolore apparaît, constitué de nombreux toits aux couleurs vives. Nous trouvons l'hôtel du village, correct, mais problème récurrent, impossible de prendre une douche. Cela commence à nous manquer sérieusement.
On nous confectionne une soupe très bonne aux légumes et à la viande. On m'avait dit qu'en Mongolie il fallait s'attendre à mal manger dans ces coins reculés où nous mènent les pistes désertes que nous suivons à vélo. Je suis surpris assez agréablement en constatant que nous trouvons toujours des petites épiceries, même dans certains villages plusieurs, où nous avons accès à un choix d'aliments certes pas extrêmement varié, mais cependant de bonne qualité avec de bonnes quantités, en particulier en biscuits secs et différents pains, ainsi qu'un joli choix de saucisses. Ces dernières sont devenues l'élément de base de nos pique-niques du midi sur la piste. La consommation s'établit à d'une belle saucisse à deux par jour, ou une demie lorsqu'elle est vraiment grosse.
19ème étape Bayannuur 34 km
Cette nuit il a pas mal plu, et ce matin à 9 heures ça se calme juste. Le ciel reste chargé et le vent souffle. Nous ne sommes pas pressés car nous n'avons que 30 kilomètres à parcourir, de plus sur route goudronnée. Il nous reste à peu près 300 km pour rejoindre Oulan Bator, alors que nous avons encore une semaine. Nous avons donc tout notre temps.
Ces derniers jours ce qu'il nous a le plus manqué, c'est la possibilité de nous laver. En effet, à part leurs minuscules éviers à siphon ou robinet, pas d'eau. Juste de quoi se passer un peu d'eau à certains endroits. De plus pas question de laver ses affaires. On comprend aisément pourquoi ces hôtels de villages du bout du monde ne sont pas fréquentés par les touristes occidentaux.
Un Mongol me demande en anglais ce que je pense de l'accueil dans son pays et du comportement des gens. Bien entendu, par politesse je lui relate uniquement les expériences agréables et sympathiques que nous avons faites. Il sourit et me dit que ce n'est pas toujours comme cela. Alors je m'aventure à lui raconter nos contacts moins plaisants, comme ce gamin trop insistant nous dévisageant sans vergogne durant presque deux heures, ou la mauvaise invitation dans cette fameuse yourte de « l’enfer » où des femmes étaient agressives et particulièrement mal élevées, tout du moins pour nos critères d'hospitalité européens.
Nous prenons donc la route tranquillement pour une courte étape de 30 kilomètres sur un bitume excellent, une route déserte et rectiligne jusqu'au désespoir. Nous nous arrêtons au bord d'un petit lac, sur lequel des oiseaux noirs et blancs s'agitent en tous sens au ras de l'eau. Un groupe de touristes venus en minibus assistent au même spectacle. Nous engageons la conversation, ils sont français, de la région parisienne, je dirais même plus, l'une des femmes est de la même ville et du même quartier que Yves, Antony.
Nous arrivons rapidement à destination, et nous mettons en quête de trouver un logement. Ce que nous réalisons avec succès rapidement grâce à un homme à moto, à l'air plutôt inquiétant. L'endroit semble correct pour un prix très raisonnable. Alors l'homme à la moto revient et veut nous emmener ailleurs, alors que nous avons déjà accepté la chambre. Son attitude est gênante, car il est très insistant, d'autant qu'il nous fait son cinéma devant la propriétaire des lieux. Une fois installés nous voulons manger.
Les toilettes
La propriétaire nous indique un restaurant une centaine de mètres plus loin. Nous nous y rendons. Effectivement, il y a une salle déserte de clients, des boissons et une carte affichée. Nous demandons s'il est possible de manger. Il nous est répondu par l'affirmative, pensons-nous. Nous nous installons et les deux hommes présents ne s'occupent plus du tout de nous. Le premier s'assoit devant la télévision, le second continue de s'affairer dans la cuisine et puis s'en va par la porte de derrière. Nous assistons tout surpris à ce spectacle. Nous nous donnons cinq minutes pour voir comment évolue la situation. Le laps de temps écoulé, nous nous levons et disons au revoir à l'homme fixé devant sa télévision. Il nous sourit et nous partons. Bien souvent, nous avons du mal à comprendre l'attitude de ces gens. Mais peut-être faut-il se tourner vers la fameuse formule de Nicolas Bouvier et ne pas chercher à comprendre: On ne fait pas un voyage mais c'est le voyage qui nous fait. C'est à dire ne pas venir avec des idées établies et préconçues et des formats tout faits, mais laisser faire et regarder les choses.
Donc après avoir quitté notre restaurant, nous nous mettons en quête d'une épicerie où nous faisons quelques emplettes, et revenons nous faire à manger. Comme d'habitude nous nous préparons un excellent repas: une petite bière en apéro avec des chips, puis deux œufs au plat et une belle platée de grosses pâtes à la viande que nous avons achetées congelées, puis un biscuit fourré nappé de chocolat et un café.
Par contre dans ce pays, en dehors des lieux d'arrêt des touristes l'eau fait cruellement défaut. Cela fait maintenant quatre jours que nous ne nous sommes pratiquement pas lavés. Simplement ces minuscules petits réservoirs au-dessus d'un évier toujours lui aussi minuscule. Dans ces conditions il est particulièrement difficile de se laver, d'autant plus que généralement, cet unique point d'eau très spartiate se trouve dans le couloir où tout le monde passe. Certes il n'y a jamais grand monde, mais enfin. C'est la première fois au cours d'un voyage que je suis confronté à cette rareté de l'eau. Encore une expérience, très enrichissante sur les conditions de vie de par le monde, à prendre avec philosophie lorsqu'on y est soumis.
Mais un renseignement anodin nous laisse alors envisager que dans ces villages perdus dans ces régions sans eau, il y a des douches publiques. Nous nous rendons dans un magasin d'alimentation et nous posons la question en ayant peur d'être un peu ridicules. Mais non, immédiatement la réaction de la commerçante est positive. Elle nous emmène deux rues plus loin dans un enclos où se trouvent deux yourtes et effectivement à côté un petit bâtiment de bain public. Pour 3000 T, ce qui fait moins de 1,5 euro à deux nous avons droit à une bonne douche bien chaude. Pour ne rien cacher la couleur de l'eau qui nous coule dessus devient vite noire, depuis 4 jours que nous évoluons sur des pistes poussiéreuses dans la chaleur et la sueur.
Ce soir, une fois de plus nous nous faisons un repas gargantuesque arrosé d'un vin espagnol, je dis bien espagnol trouvé au fond de la Mongolie. Pas mauvais mais un peu doux pour des Français amateurs de rouge. D'ailleurs outre l'inscription en espagnol, il y a un petit commentaire en allemand, ce vin correspondant bien au goût de nos amis d'outre-Rhin.
Le plat ce soir a une saveur particulière, car Yves nous sort du riz et une purée qu'il traîne dans son sac de montagne et dans sa remorque de vélo depuis au moins une dizaine d'années, plus probablement deux. Il pense qu'il n'est pas impossible que sa purée soit montée au sommet de la Grande Ruine dans le massif de l'Oisans et cela fait un bon nombre d'années, à vrai dire c'était dans les années 90. Mais si le goût est un peu passé, la consistance est bien présente et nous avons le ventre bien rempli.
20ème jour Lün 67 km
Nous avons passé un bon moment dans ce petit hôtel en bord de route. La femme qui le tient est vraiment sympathique est prévenante. Elle a mis à notre disposition une salle à manger, c'était le confort. Elle nous a même proposé de nous faire cuire une carpe. Mais nous n'avons pas accepté, car nous nous souvenons qu'il y a quatre jours on nous en a offert un morceau. Il était absolument immangeable, car il avait un goût de vase incroyablement puissant. Pour ne pas vexer notre hôte j'avais jeté le mien en le cachant dans un sac de chips vide. Yves n'a pas eu le temps, il avait enfourné tout le morceau.
Départ vers 9 heures, vent de face et temps couvert. Mais très vite il s'améliore et le soleil perce. Cependant, le vent reste défavorable, heureusement il n'est pas trop puissant. Des automobilistes s'arrêtent et nous donnent une bouteille de sprite. Nous roulons dans un infini, la route est pratiquement droite. Impression étrange que de se déplacer à faible vitesse dans ces immensités. Le trafic est presque nul.
Nous faisons la pause casse-croûte après une longue montée. Bien à l'abri en bordure de route nous mangeons notre saucisse comme chaque midi depuis 20 jours. Il ne nous reste plus que 15 kilomètres pour atteindre Lün. Ils sont vite parcourus car en descente.
Nous rejoignons une route principale juste avant le village, le trafic devient un peu plus important, mais reste modéré. Ne pas oublier que la Mongolie est le pays à la plus faible densité de population au monde.
Nous trouvons un hôtel en bordure de route dans le village. Il est un peu beaucoup déglingue, mais le personnel est sympathique.
Nous partons vers les 8 heures, tout d'abord par la route sur une courte distance puis nous bifurquons sur une piste à travers la steppe jusqu'au village de Bayanhangay. De là nous rejoignons la route après une trentaine de kilomètres. Nous la suivons encore trente km en une immense ligne droite. Alors que nous sommes arrêtés un motard arrive en sens inverse. Il s'arrête à son tour et vient nous parler. Il est allemand et cela fait six ans qu'il est en route. Il retourne en Allemagne et compte y être en novembre.
Nous prenons une piste pour nous diriger vers le parc national de Hustai. Mais comme il est interdit d'y bivouaquer nous nous arrêtons un peu avant. Il n'est que 13h30. Le soleil frappe fort. Nous profitons des très rares arbres que nous rencontrons pour nous abriter.
L'après-midi s'écoule dans ce petit coin caché de la piste entre lecture et petits sommes.
22ème jour bivouac 34 km
Aujourd'hui nous avons une étape courte. En effet, il ne nous reste plus une très grande distance pour rejoindre Ulan Bator et nous ne voulons pas y arriver avant le 9. Nous commençons par rejoindre l'entrée du parc et son immense camp de tourisme constitué d'une multitude de yourtes. Il y a un restaurant, nous y reconstituons nos réserves d'eau, nous buvons un café et de plus il y a des toilettes, nous n'en avions pas eu depuis 8 jours. Nous pouvons nous laver les mains correctement. C'est la première fois que je manque à ce point d'eau pour me laver ainsi que mes habits. Nous restons un bon moment.
Nous reprenons notre chemin à travers le parc. Il héberge en particulier des chevaux de Prewalski, ainsi que d'autres animaux. Nous en verrons deux.
Vers midi nous cherchons un peu d'ombre pour pique-niquer. Juste au pied d'une minuscule déclivité creusée par l'eau nous trouvons de quoi nous mettre à l'ombre.
Puis nous reprenons la piste en direction de la sortie opposée du parc. Il n'est pas très grand, 20 km. Nous ne croiserons pas grand monde et nous ne trouvons pas qu'il y a grande différence avec les 1400 kilomètres de steppe que nous avons déjà traversés. La seule différence, c'est que nous avons payé chacun l'équivalent de 7 euros pour le traverser. Nous rejoignons la rivière Tuul.
Il est temps pour aujourd'hui de trouver un point de chute. Il y a bien quelques bosquets, mais ils sont tous sur l'autre rive. En définitive nous optons pour une petite prairie au pied d'une déclivité en bordure de rivière, le long de l'un de ses bras. Juste en face de nous derrière le petit bras d'eau, quelques arbustes dans lesquels nichent des corbeaux. Ils ne sont pas contents de nous voir nous installer sur leur territoire et nous survolent en permanence en poussant des cris qui se veulent menaçants. Mais nous ne bougeons pas. Nous entendons les petits qui piaillent dans leur nid.
Nous profitons de l'eau assez propre de la rivière pour nous laver et faire un peu de lessive. Mon t-shirt en 8 jours est devenu rigide de sel, j'ai l'impression de porter un vêtement en carton. L'eau nous a vraiment manqué.
Dans le désert mongolien il y a des ossements animaux partout de même que des bouteilles de vodka vides. Heureusement nous n'avons pas vu de crânes humains !
La nuit tombe au-dessus de notre lieu de bivouac
Sur sa page Facebook, VF met en avant régulièrement des carnets , dont le tien aujourd'hui.
Et c'est certainement le contraste de ce que je pourrais vivre, aux antipodes de mes capacités, qui m'a dirigé vers ton récit .
Et j'ai deux mots : Respect et Admiration .
Respect pour ton parcours, j'ai dévoré celui-ci (merci pour les photos dans le texte, c'est plus convivial !), et j'en ai repéré quelques uns sur ton profil que je vais mettre dans ma liste à lire ...
Tant de magnifique voyages par ce moyen de locomotion forcent le respect ...
Admiration pour le courage qu'il faut pour entreprendre ces voyages, chaque jour remonter sur sa selle .... Jamais de découragements ?
Mais quand je lis ce récit, que je vois ces magnifiques visages et la simplicité des contacts, certainement renforcée par le choix du vélo. Tu forces le respect et les gens doivent le sentir ....
Voir un pays, une région à l'allure d'un vélo .... Bien sûr !
J'envie ta manière de voyager, bien que je sache qu'elle est à mille lieux de ce que je pourrais faire .... Mais qui sait , un jour ...
Alors Merci pour ce récit, et tout les autres que je vais parcourir , merci pour ce partage, j'attends avec hâte la suite ....
Amitiés
Bruno
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux."
Marcel Proust
Bonsoir Bruno, merci pour ton long mot, mais Respect et Admiration c'est un peu beaucoup😏
Si je voyage de cette manière c'est que j'en ai envie, donc c'est du plaisir. Respect et admiration c'est pour le gendarme de haute montagne qui prend des risques bien réels pour sa propre vie afin de sauver celle des autres, ou alors le pompier qui entre dans une maison en feu pour s'assurer qu'il n'y a personne.
Comme dans beaucoup d'autres activités dans la vie le plus dur c'est le premier pas, après ça roule.
J'ai vu dans l'un de tes carnets que tu étais allé au Sud Lipez. Quand on le traverse en 4X4 on n'imagine pas faire cette traversée à vélo. Mais le corps s'adapte incroyablement, en étant dehors très vite notre organisme réagit et on ne sent plus le froid ou la chaleur de la même manière, et avec un matériel adapté on se sent en confiance et c'est le côté le plus important le psychologique. Et on finit par s'y trouver bien à pousser son vélo entre 4 et 5000 mètres d'altitude dans les scories volcaniques le vent en furie permanente et à dormir dehors par -15.
Très rapidement en pratiquant le voyage à vélo on découvre le potentiel son corps. Réellement je pense que c'est à la portée de tout le monde. Une preuve, hors mes voyages je ne fais pratiquement jamais de vélo. Quand je pars je reste à l'écoute de mon corps. Si je suis fatigué généralement je n'insiste pas et je m'arrête. En très peu de temps là encore le corps s'adapte et est capable de pédaler du lever du jour à la tombée de la nuit si besoin.
Je me souviens de cette histoire que j'ai lue dans une revue, carnets d'aventure me semble-t-il: une jeune institutrice pas spécialement sportive prend une année sabbatique pour effectuer un tour du monde à vélo. Lorsqu'elle annonce à ses élèves qu'elle va quitter l'école pour un an, un des élèves lui dit: mais maîtresse vous ne faites jamais de sport vous n'allez pas y arriver. Durant cette année de vélo tout s'est passé superbement malgré un gros coup dur en Amérique du Sud juste avant de partir pour la Chine. On lui a tout volé vélo et bagages. Elle ne s'est pas démontée, a pris son avion, arrivée en Chine elle a acheté un nouveau vélo et a continué. J'ai souvent cette histoire en tête.
Je mets ce soir ou demain matin la suite et la fin de mon voyage en Mongolie, encore deux petites étapes et une arrivée à Ulan Bator sous des trombes d'eau le dernier jour
Bonne soirée Luc
Je suis réveillé par un concert de chants d'oiseaux. Les bosquets en face de nous sont en fait peuplés d'une multitude d'espèces, qui au lever du jour rivalisent de vocalises. J'en profite pour admirer un lever de soleil sur cette frontière du désert de Gobi. Le ciel est couleur feu, zébré de grandes traces noires. Le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ? Prélude probable de mauvais temps.
Notre boucle est presque achevée. A une quinzaine de kilomètres de l'autre côté de la rivière nous distinguons le village de Altanbulag, où nous avions passé notre première nuit il y a maintenant plus de trois semaines. Trois semaines déjà, et pourtant j’ai l’impression que nous y étions hier. Tant d’images se sont incrustées en nous, tant de sensations ont marqué notre cerveau, notre peau et nos muscles. Dans des expériences de ce type à vélo, le temps semble gagner en densité, ce qui ne l’empêche pas de s’écouler en apparence beaucoup plus vite que dans la « vie ordinaire ».
Effectivement comme nous l’avons senti, Le temps se couvre et devient plus froid, il pleut même un peu. Nous traversons d'immenses steppes avec un vent adverse. Parfois cela devient pénible. Mais nous nous imprégnons de ces panoramas car nous savons que la fin approche.
Nous butons sur un camp militaire et notre chemin est interdit. Un soldat pistolet-mitrailleur en mains nous fait comprendre de façon très explicite de nous éloigner. Nous faisons un détour en arc-de-cercle et reprenons notre piste. La fin arrive brutalement, un pont et la route goudronnée qui nous mènera à Ulan Bator. Nous nous sentons un peu tristes de quitter définitivement cette piste qui nous a tant apporté en plaisir, en surprises dans son immensité vide et en efforts. Encore un beau projet qui se réalise et un rêve qui s'évapore en devenant réalité.
Un superbe hôtel au milieu de nulle part. Nous nous laissons faire. Nous terminons notre voyage par un repas copieux et bien arrosé. Nous buvons un vin blanc français du Languedoc, un peu madérisé. Nous mettons des gros glaçons dans nos verres, ce qui serait un sacrilège sur la terre de France, mais ici c'est très bon après 23 jours de pistes mongoles.
24ème et dernière étape Ulan Bator 30 derniers kilomètres
Nous quittons notre hôtel vers les 10 heures. Il ne fait pas beau du tout, la pluie est assez forte par moments. Il fait froid.
Plus nous approchons de la capitale, plus le trafic est dense. Heureusement, nous roulons sur des pistes cyclables et sur des terre-pleins un peu au-dessus de la chaussée. De grandes flaques apparaissent de toutes parts, et de temps à autre les véhicules nous envoient de grandes giclées. Devant moi je vois Yves recevoir une véritable vague provoquée par un camion.
L'arrivée en ville est cauchemardesque, pluie, boue, chaussée inondée, vent et froid. En plus à 7 kilomètres de notre but, je crève pour la première fois en 40 000 kilomètres. Bien entendu c'est dans un endroit absolument horrible, au milieu de travaux dans un trafic très dense. On répare vite. La crevaison a été due à un minuscule morceau de câble métallique. Yves est très bon, il a immédiatement localisé le trou et enlevé du pneu l'épine métallique.
Vers 14 heures nous sommes au centre-ville.
Il nous faut demander dans trois guest houses pour trouver une chambre, pas mal de tourisme dans la capitale. Nous allons profiter des trois jours à venir pour visiter et faire quelques achats. Nous acquerrons de magnifiques peintures sur tissu représentant des hommes en armes dans des scènes de chasse ou de combat.
Super récit, merci pour le partage ! Tenter le voyage a vélo, nous dirait bien.... vous avez mené les vôtres, ça veut dire qu on ne peut rien louer de valable sur place?
Tu parles souvent du désert d Atacama , nous y allons en octobre, tu as un récit sur ce sujet également?
Ce carnet est réalisé par copie des articles de notre blog (fait pour notre famille et nos amis); ce n'est donc pas un vrai carnet comme certains rédigent. Il…
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Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
It often happens that we're asked what to visit in Belgium.
And the answers usually point to Bruges, Ghent, Antwerp, and Brussels—and rightly so, as these cities are well worth visiting ;).
However, Belgium, though small, isn’t just limited to these four cities.
I live in one of them (Brussels), enjoy spending time in the other three, but I’d like to highlight some lesser-known spots that could add to the trip for those who want to see a bit more or something different.
Between trips, I like exploring one or two corners of the country where I live.
Hence the idea for a travel journal of walks.
Most of the places I’ll talk about can be visited as a day trip from Brussels, whether by public transport or car.
In chronological order of the topics covered:
- The Gileppe Dam (Liège province) - message 2, page 1
- The Domaine de La Hulpe (Walloon Brabant) - message 3, page 1
- Mechelen (Antwerp province) - message 4, page 1
- The coast - message 5, page 1
- The Westhoek, from De Panne - message 6, page 1
- The Zwin, from Knokke - message 7, page 1
- Lier (between Mechelen and Antwerp) - message 8, page 1
- Mons (Hainaut) - message 9, page 1
- The Florenville region - message 12, page 1
- The East Cantons - message 13, page 1
- Dinant - message 18, page 1
- The Japanese garden in Hasselt - message 24, page 2
- Leuven - message 29, page 2
- Louvain-la-Neuve - message 32, page 2
- Ostend - message 42 (page 3) and message 166 (page 9)
- The floralies of Groot-Bijgaarden - message 43, page 3
- Halle Forest - message 44, page 3
- Pralines - message 54, page 3
- Charleroi - message 68, page 4
- Namur - message 92, page 5
- Le Bois du Cazier (Marcinelle) - message 95, page 5
- Couques and gosettes - message 96, page 5
- Liège - message 99, page 5
- Tournai - message 115, page 6
- Oudenaarde - message 121, page 7
- Meise Botanical Garden - message 124, page 7
- Tongeren - message 125, page 7
- Beersel Castle (Flemish Brabant) - message 126, page 7
- Brussels in lockdown (messages 150 and 154, page 8)
- Notre-Dame à la Rose Hospital in Lessines (messages 161 and 162, page 9)
- Westende (message 167, page 9)
I’ll keep updating this list as the journal progresses...