Bonjour à tous. Depuis quelques années, J’utilise des compteurs vélo sigma. Or, je suis assez déçu car je rencontre des problèmes d’étanchéité, qui se transforment par de la buée quand il y a du soleil.J’ai du mal à comprendre qu’un fabricant de compteur, depuis de nombreuses années, n’ai pas réussi à régler ce problème car paraît-il ce serait le péché mignon de sigma. Je pense que mes prochains compteurs seront d’une marque différente. Concernant toujours ce fabricant ils ont un site service client. Contactė, j’ai eu une réponse type qui me dit qu’ils vont revenir à moi très prochainement mais aucune suite. J’en déduis que une fois le produit vendu, débrouillez vous. Avez vous une expérience dans ce genre où un tuyau ?
Pour info, mes deux derniers compteurs:BC14•16 STS. Merci.
j'aime la photo - surtout en voyage - mais sans aller loin de chez moi je vois le jardin avec mésanges bleues ou charbonnières, verdiers, chardonnerets, sitelles, pinsons, merles et moineaux etc je les connais tous, je les prends en photos (ils sont attirés par les graines que je dépose) - j'aime aussi photographier dans les zoo, comme cet été au zoo de la Palmyre - je vous joins une mésange - Vous aussi aimez vous les photos animalières ? Gold
Bonjour,
nouveau fan de rando à vélo, et nouvel utilisateur de ce forum, je pense que je suis au bon endroit pour demander quelques conseil à propos d'un futur achat et de mon prochain voyage.
Je souhaite faire un voyage (en solo) france-allemagne-suisse-france de 2000km environ, en étant autonome. L'année dernière j'ai pu faire 3200km avec un giant explorer (prêté) d'une dizaine d'année, celui ci m'a totalement convenu et je souhaiterais m'orienter vers un vélo du même type (vtc). Petit problème cependant, mon budget n'est pas si élevé (500€), et je me demande si d'occasion je pourrais en trouver à ce prix.
J'habite à Metz, je connais quelques magasin de cycle (véloland etc), mais peut être existe-t-il de bonne adresses dans le coin où je pourrais faire un saut ? Je compte aussi l'équiper avec pédalier auto, pas de contre indication ? Pendant mon précédent voyage, j'ai remarqué que la position n'était pas vraiment aérodynamique et j'ai passé beaucoup de temps en position "contre la montre" avec ma sacoche guidon, y a-t-il une autre façon de faire ?
Je vous remercie par avance pour vos réponses et prépare mes prochaines questions ;)
Luca.
PS : si vous avez des conseils, une idée qui pourrait m'intéresser, à propos ou non de mon parcours, peut être à propos du voyage à l'étranger, des routes d'allemagne et de suisse ou que sais-je encore, je suis preneur, n'hésitez pas =)
nouveau fan de rando à vélo, et nouvel utilisateur de ce forum, je pense que je suis au bon endroit pour demander quelques conseil à propos d'un futur achat et de mon prochain voyage.
Je souhaite faire un voyage (en solo) france-allemagne-suisse-france de 2000km environ, en étant autonome. L'année dernière j'ai pu faire 3200km avec un giant explorer (prêté) d'une dizaine d'année, celui ci m'a totalement convenu et je souhaiterais m'orienter vers un vélo du même type (vtc). Petit problème cependant, mon budget n'est pas si élevé (500€), et je me demande si d'occasion je pourrais en trouver à ce prix.
J'habite à Metz, je connais quelques magasin de cycle (véloland etc), mais peut être existe-t-il de bonne adresses dans le coin où je pourrais faire un saut ? Je compte aussi l'équiper avec pédalier auto, pas de contre indication ? Pendant mon précédent voyage, j'ai remarqué que la position n'était pas vraiment aérodynamique et j'ai passé beaucoup de temps en position "contre la montre" avec ma sacoche guidon, y a-t-il une autre façon de faire ?
Je vous remercie par avance pour vos réponses et prépare mes prochaines questions ;)
Luca.
PS : si vous avez des conseils, une idée qui pourrait m'intéresser, à propos ou non de mon parcours, peut être à propos du voyage à l'étranger, des routes d'allemagne et de suisse ou que sais-je encore, je suis preneur, n'hésitez pas =)
Lyon - Béziers par la Haute Loire, L'ardèche, la Lozère, le Gard, l'Hérault
Petit compte rendu de ma balade prévue l'année dernière et repoussée pour manque de matériel et de dispo n'ayant pas trouvé d'autres vttistes je suis parti seul le lundi 7 juillet, au départ je devais me lancer le samedi, mais au vu de la météo j'ai bien fait même si j'ai pas pu faire de journée de récup comme j'avais prévu au milieu
le parcours est assez vallonné, avec pas mal de changement de relief, passage de plateaux et de sections plus escarpées, les prairies fleuries en cette période sont magnifiques les chemins sont très difficiles, la partie vers LE BEZ, j'ai tout fait à pied pratiquement, et pas d'eau, heureusement que j'avais prévu dans une montée j'étais limite à tout décharger et recharger les sacoches en haut tellement la pente était raide je pense un bon 30% (dans ce cas le sac à dos fixé sur le porte bagages aurait été bien) sinon j'ai fait le restant principalement sur petites routes et qqs petits chemins vers le cirque de Navacelles c'est pareil en vtt chargé c'est trop raide vers le mont Aigoual les accès aux prés se font par des petites échelles, alors en vtt et sacoches c'est pas top début du parcours, la montée de saint rambert d'albon au col de saint bonnet le froid est assez longue de Florac au Mont Aigoual pareil, très long, une 30 de km, partir tôt en été car il fait vite chaud
côté ravitaillement on trouve assez facilement des épiceries ou boulangerie dans les petits villages traversés, jolies en passant et où on trouve facilement des gens pour faire la causette le temps de se restaurer pour l'eau cela dépend, dans les villages on trouve des fontaines, mais dans les partie hautes l'eau se fait plus rare à certains endroits, j'ai mis une fois des pastilles, l'eau sortait d'un prés avec des animaux
1ère étape beau temps frais couvert
Saint Rambert D’Albon – Croix de Peccata Départ le lundi 7 juillet à 6h22 en gare de la Part Dieu à LYON en TER Arrivée à Saint-Rambert d’Albon à 7h05 Montée jusqu’au col de Saint-Bonnet le Froid par Annonay et fin de la 1ère étape au col de la Croix de Peccata à 1559m entre le Mont d’Alambre et le Mont Mézenc non loin des Estables. Passage à Saint Bonnet le Froid 1120m, Devesset, St Agrève, Fay sur Lignon Couchage vers le mont d’Alambre. repas du midi et du soir sandwich préparés le matin plus une soupe et des fruits secs. 110km, temps de roulage 8h03, moyenne 13, 70 km/h
2ème étape beau temps frais couvert
Croix de Peccata – La Chaze La nuit fut fraîche 3° et du brouillard jusqu’à 8h00 départ 9h45 après le petit déj, café et gateaux pour la 2ème étape jusqu’à La Chaze Par le GR7 jusqu’à la croix de Montouse 1460m pour rejoindre le Mont Gerbier des Joncs 1551m par la route et le col de la Chavade 1266m, montée ensuite par le GR7 à le Bez (à éviter en VTT, montée impraticable et pas d’eau) Arrivée au camping de La Chaze pour le nuit. Achat de banane, boisson et gâteaux dans un village pour le repas du midi 73, 3 km, temps de roulage 5h48, moyenne 12, 61 km/h
3ème étape beau temps
La Chaze – Florac Départ vers 8h45 pour rejoindre Florac par un petit circuit un peu different du GR7 Chasserades – Montbel – Mende – passage par le causse de Sauveterre Ispagnac et Florac Achat de victuailles au casino de Florac ( banane, abricot, gâteau et salade de pâtes au thon) et direction le camping municipal de Florac 549m à 2, 5km sur la D907 107, 20 km, temps de roulage 5h37, moyenne 19, 05 km/h
4ème étape beau temps chaud
Florac – Hameau de Navacelles Départ à 8h00 par la D907 de Florac 549m jusqu’au col de Perjuret 1031m pour rejoindre le Mont Aigoual 1567m par la D18, repas au Mont Aigoual (saucisson pain, fruits secs, une banane) pour descendre ensuite au Vigan et au cirque de Navacelles 350m. Nuit et repas à l’auberge du hameau. 98, 27km, temps de roulage 6h17, moyenne 15, 62 km/h
5ème étape brouillard pluie
Hameau de Navacelles – Valras Départ du cirque de Navacelles à 8h30 en direction de St Maurice de Navacelles, La Vacquerie, le col des vents, Arboras, St Saturnin, Clermont l’Herault, Peret, Fontès, Caux, Alignan, Servian, Béziers, Valras Pluie jusqu’à Caux et ensuite beau temps Repas à la pizzeria de Valras et nuit chez des amis à Béziers. 122, 33 km, temps de roulage 6h56, moyenne 17, 61 km/h
Retour sur Lyon le samedi 12 juillet par le TER jusqu’à Avignon et Lyon (départ à 14h15 et arrivée à 20h15 à Lyon)
Total kilomètres 511 et temps total de roulage 32h43mn
Ma liste de matériel
Le vélo Rockrider décathlon 5.2 et porte bagages TUBUS - 14300 Compteur Sigma 906 -- 25 Sacoches Décathlon Bitwin avant -- 218 Sacoches arrières Décathlon Bitwin -- 1065 Sac poubelle -- 73 Feu arrière -- 18 Sangles (4) -- 197 Antivol alarme -- 183
TOTAL--16079
SACOCHES ARRIERES PLEINES--8900
Réparation vélo chambre à air -- 206 pompe Zefal rock 850 XL5 -- 167 1 câble dérailleur et 1 frein - 45 huile - --54 outil Topeak -- 174 ductape petite largeur - --28
TOTAL--674
Sur moi chaussures Shimano M075 -- 800 chaussettes Nakamure coolmax - 26 cuissard décathlon -- 230 maillot Gore Bike Wear -- -190 casque Met Duello -- -292 buff Hawaii -- 28 montre Oregon scientific -- --61 veste Millet Goretex pluie - -417 veste Millet coupe vent -- -572 lunettes Orao Décathlon -- 21 guêtres pluies Décathlon -- -126
TOTAL--2763
Papiers Carte bleue, carte Vitale, chèques, tickets train, horaires train, argent poche TOTAL 75
Change et tenue soirée sac étanche 20 litres Sea to summit -- 118 Chaussons Tribord -- 166 Cuissard Santini -- 114 Maillot Scott -- 184 Pantalon long -- 209 Maillot Millet manches longues -- 178 Chaussettes laine longues -- 110 Maillot de bain -- 80 Collant -- 75 Buff -- 35
TOTAL--1269
Trousse toilette gant bactérien Vieux Campeur --33 demie serviette -- 46 miroir -- 21 bandana -- 27 lingettes Nivéa -- 65 mouchoirs Floralys (2) -- 56 rasoirs jetables Bic (4) -- 21 lavage sans eau sport Akileine -- 60 Anti tiques et moustiques Care Plus -- 59 Déo pierre d’Alun -- 24 Sac et bouchon -- 29 Crème solaire indice 50 -- 70 Brosse à dent -- 18 Crème Mitosyl -- 70 Savon d’Alep -- 50
TOTAL--649
Trousse médicale
Percutalgine, Tensoplast, Aquatabs, Micropure Forte, pansements, gaze, Smecta, solution antibactérienne, trousse couture, solution oculaire, pince à épiler, gants usage unique, Aspirine, bandage, Imodiumlingual, Di-antalvic, Solupred 20mg, Dacryoserum, Doliprane, épingles à nourrice TOTAL 274
Trousse urgence couteau Chaco -- 119 lampe Petzl Zipka avec piles -- 62 boite allumettes -- 6 sifflet Vieux Campeur -- 6 pastilles aquatabs et Micropur Forte -- 7 briquet magnésium -- 44 crayon papier Ikéa -- 1 ductape large -- 30 couverture survie Thuasne -- 63 bougie -- 44 bombe anti chien -- 38
TOTAL 420
Couchage duvet Yeti Q500 (confort -3) avec sac compression et sac étanche Sea to summit 13 litres -- 833 poncho tarp golite avec ficelles et housse -- 321 moustiquaire maison 3x2, 50 -- 290 Matelas Thermarest prolite 3 small avec sac -- 44O bâton Petzel Charlet compact composite 125 -- 205 Tapis de sol couverture survie McKinley --144 drap de soie -- 110 10 piquets et cordelette -- 155
TOTAL--2488
Repas et eau sac maison pour ranger la nourriture -- 101 quart -- 59 réchaud Esbit + tablettes -- 170 cuillère -- 2 éponge -- 12 2 briquets Bic mini -- 30 alu pare vent - --9 camel back 2 litres -- 203 tuyau bouteille -- 55 bouteille 1, 25 --40 20 pastilles Isostar -- 240 repas - --3000 eau - --3250
TOTAL--7171
Divers appareil photo + 2 batteries -- 142 téléphone portable Philips -- 99 boussole Silva - 19 cartes et porte carte -- 378
TOTAL--638
TOTAL SACOCHES SANS EAU ET REPAS 9187 TOTAL DES TOTAUX AVEC REPAS 5 JOURS 32500
Petit commentaire sur le matériel en vracvélo du côté du vélo, il s'agit d'un vtt de base à 400 euros environ qui m'a donné toutes satisfactions, maniable, agréable sur chemins et sur route, j'avais quand même changé la selle pour une plus confortable et pris de la crème mitosylporte bagages le porte bagages est parfait un tubus, bonne qualité très rigide, qui ne bouge pas avec le poids des sacochessacoches les moins chères de chez d4 (dans les 23euros) http://fr.decathlon.com/randonnee-2x15l_119_15543.htm j'avais des sacs étanches à l'intérieur ne connaissant pas leur qualité quant à l'absorption d'eau et j'ai ajouté une sangle sur chaque pour bien les fixer, car en position normale posées sur le porte bagages la chaussure touche au pédalagele poncho tarp golite est parfait pour moi, légers, solide, assez grand, belle couleur bleue, étanche...le réchaud esbit un peu limite pour les pâtes, j'ai fait cuire qqs pâtes mais en ajoutant du petit boisles pastilles isostar très bien tolérées et efficacesun petit bol pour la cuisson et pour manger suffisantla tapis de sol super confortableles piquets ultra light de chez d4 sont très bien et très résistants et pour le moment pas un de plié http://fr.decathlon.com/5-piquets-ultra … _36594.htmle gant anti bactérien et le produit sans eau Akileine c'est parfait et ça sent bon les huiles essentiellesle savon d'alep pour le lavage du corps ou des vêtements est très bien aussiles lingettes ça dépannent bien aussile duvet super chaud, bien pratique avec ça fermeture sur toute la longueur, se ferme bien au niveau de la tête, j'ai eu trop chaud à la croix de peccata 1550m, le matin 3° et ensuite j'ai dormi le duvet ouvert
les photos arrivent (qqs photos numériques et d'autres papiers en cours de développement, problème d'appareil, obligé d'acheter un jetable au mont Aigoual)
Thierry
Petit compte rendu de ma balade prévue l'année dernière et repoussée pour manque de matériel et de dispo n'ayant pas trouvé d'autres vttistes je suis parti seul le lundi 7 juillet, au départ je devais me lancer le samedi, mais au vu de la météo j'ai bien fait même si j'ai pas pu faire de journée de récup comme j'avais prévu au milieu
le parcours est assez vallonné, avec pas mal de changement de relief, passage de plateaux et de sections plus escarpées, les prairies fleuries en cette période sont magnifiques les chemins sont très difficiles, la partie vers LE BEZ, j'ai tout fait à pied pratiquement, et pas d'eau, heureusement que j'avais prévu dans une montée j'étais limite à tout décharger et recharger les sacoches en haut tellement la pente était raide je pense un bon 30% (dans ce cas le sac à dos fixé sur le porte bagages aurait été bien) sinon j'ai fait le restant principalement sur petites routes et qqs petits chemins vers le cirque de Navacelles c'est pareil en vtt chargé c'est trop raide vers le mont Aigoual les accès aux prés se font par des petites échelles, alors en vtt et sacoches c'est pas top début du parcours, la montée de saint rambert d'albon au col de saint bonnet le froid est assez longue de Florac au Mont Aigoual pareil, très long, une 30 de km, partir tôt en été car il fait vite chaud
côté ravitaillement on trouve assez facilement des épiceries ou boulangerie dans les petits villages traversés, jolies en passant et où on trouve facilement des gens pour faire la causette le temps de se restaurer pour l'eau cela dépend, dans les villages on trouve des fontaines, mais dans les partie hautes l'eau se fait plus rare à certains endroits, j'ai mis une fois des pastilles, l'eau sortait d'un prés avec des animaux
1ère étape beau temps frais couvert
Saint Rambert D’Albon – Croix de Peccata Départ le lundi 7 juillet à 6h22 en gare de la Part Dieu à LYON en TER Arrivée à Saint-Rambert d’Albon à 7h05 Montée jusqu’au col de Saint-Bonnet le Froid par Annonay et fin de la 1ère étape au col de la Croix de Peccata à 1559m entre le Mont d’Alambre et le Mont Mézenc non loin des Estables. Passage à Saint Bonnet le Froid 1120m, Devesset, St Agrève, Fay sur Lignon Couchage vers le mont d’Alambre. repas du midi et du soir sandwich préparés le matin plus une soupe et des fruits secs. 110km, temps de roulage 8h03, moyenne 13, 70 km/h
2ème étape beau temps frais couvert
Croix de Peccata – La Chaze La nuit fut fraîche 3° et du brouillard jusqu’à 8h00 départ 9h45 après le petit déj, café et gateaux pour la 2ème étape jusqu’à La Chaze Par le GR7 jusqu’à la croix de Montouse 1460m pour rejoindre le Mont Gerbier des Joncs 1551m par la route et le col de la Chavade 1266m, montée ensuite par le GR7 à le Bez (à éviter en VTT, montée impraticable et pas d’eau) Arrivée au camping de La Chaze pour le nuit. Achat de banane, boisson et gâteaux dans un village pour le repas du midi 73, 3 km, temps de roulage 5h48, moyenne 12, 61 km/h
3ème étape beau temps
La Chaze – Florac Départ vers 8h45 pour rejoindre Florac par un petit circuit un peu different du GR7 Chasserades – Montbel – Mende – passage par le causse de Sauveterre Ispagnac et Florac Achat de victuailles au casino de Florac ( banane, abricot, gâteau et salade de pâtes au thon) et direction le camping municipal de Florac 549m à 2, 5km sur la D907 107, 20 km, temps de roulage 5h37, moyenne 19, 05 km/h
4ème étape beau temps chaud
Florac – Hameau de Navacelles Départ à 8h00 par la D907 de Florac 549m jusqu’au col de Perjuret 1031m pour rejoindre le Mont Aigoual 1567m par la D18, repas au Mont Aigoual (saucisson pain, fruits secs, une banane) pour descendre ensuite au Vigan et au cirque de Navacelles 350m. Nuit et repas à l’auberge du hameau. 98, 27km, temps de roulage 6h17, moyenne 15, 62 km/h
5ème étape brouillard pluie
Hameau de Navacelles – Valras Départ du cirque de Navacelles à 8h30 en direction de St Maurice de Navacelles, La Vacquerie, le col des vents, Arboras, St Saturnin, Clermont l’Herault, Peret, Fontès, Caux, Alignan, Servian, Béziers, Valras Pluie jusqu’à Caux et ensuite beau temps Repas à la pizzeria de Valras et nuit chez des amis à Béziers. 122, 33 km, temps de roulage 6h56, moyenne 17, 61 km/h
Retour sur Lyon le samedi 12 juillet par le TER jusqu’à Avignon et Lyon (départ à 14h15 et arrivée à 20h15 à Lyon)
Total kilomètres 511 et temps total de roulage 32h43mn
Ma liste de matériel
Le vélo Rockrider décathlon 5.2 et porte bagages TUBUS - 14300 Compteur Sigma 906 -- 25 Sacoches Décathlon Bitwin avant -- 218 Sacoches arrières Décathlon Bitwin -- 1065 Sac poubelle -- 73 Feu arrière -- 18 Sangles (4) -- 197 Antivol alarme -- 183
TOTAL--16079
SACOCHES ARRIERES PLEINES--8900
Réparation vélo chambre à air -- 206 pompe Zefal rock 850 XL5 -- 167 1 câble dérailleur et 1 frein - 45 huile - --54 outil Topeak -- 174 ductape petite largeur - --28
TOTAL--674
Sur moi chaussures Shimano M075 -- 800 chaussettes Nakamure coolmax - 26 cuissard décathlon -- 230 maillot Gore Bike Wear -- -190 casque Met Duello -- -292 buff Hawaii -- 28 montre Oregon scientific -- --61 veste Millet Goretex pluie - -417 veste Millet coupe vent -- -572 lunettes Orao Décathlon -- 21 guêtres pluies Décathlon -- -126
TOTAL--2763
Papiers Carte bleue, carte Vitale, chèques, tickets train, horaires train, argent poche TOTAL 75
Change et tenue soirée sac étanche 20 litres Sea to summit -- 118 Chaussons Tribord -- 166 Cuissard Santini -- 114 Maillot Scott -- 184 Pantalon long -- 209 Maillot Millet manches longues -- 178 Chaussettes laine longues -- 110 Maillot de bain -- 80 Collant -- 75 Buff -- 35
TOTAL--1269
Trousse toilette gant bactérien Vieux Campeur --33 demie serviette -- 46 miroir -- 21 bandana -- 27 lingettes Nivéa -- 65 mouchoirs Floralys (2) -- 56 rasoirs jetables Bic (4) -- 21 lavage sans eau sport Akileine -- 60 Anti tiques et moustiques Care Plus -- 59 Déo pierre d’Alun -- 24 Sac et bouchon -- 29 Crème solaire indice 50 -- 70 Brosse à dent -- 18 Crème Mitosyl -- 70 Savon d’Alep -- 50
TOTAL--649
Trousse médicale
Percutalgine, Tensoplast, Aquatabs, Micropure Forte, pansements, gaze, Smecta, solution antibactérienne, trousse couture, solution oculaire, pince à épiler, gants usage unique, Aspirine, bandage, Imodiumlingual, Di-antalvic, Solupred 20mg, Dacryoserum, Doliprane, épingles à nourrice TOTAL 274
Trousse urgence couteau Chaco -- 119 lampe Petzl Zipka avec piles -- 62 boite allumettes -- 6 sifflet Vieux Campeur -- 6 pastilles aquatabs et Micropur Forte -- 7 briquet magnésium -- 44 crayon papier Ikéa -- 1 ductape large -- 30 couverture survie Thuasne -- 63 bougie -- 44 bombe anti chien -- 38
TOTAL 420
Couchage duvet Yeti Q500 (confort -3) avec sac compression et sac étanche Sea to summit 13 litres -- 833 poncho tarp golite avec ficelles et housse -- 321 moustiquaire maison 3x2, 50 -- 290 Matelas Thermarest prolite 3 small avec sac -- 44O bâton Petzel Charlet compact composite 125 -- 205 Tapis de sol couverture survie McKinley --144 drap de soie -- 110 10 piquets et cordelette -- 155
TOTAL--2488
Repas et eau sac maison pour ranger la nourriture -- 101 quart -- 59 réchaud Esbit + tablettes -- 170 cuillère -- 2 éponge -- 12 2 briquets Bic mini -- 30 alu pare vent - --9 camel back 2 litres -- 203 tuyau bouteille -- 55 bouteille 1, 25 --40 20 pastilles Isostar -- 240 repas - --3000 eau - --3250
TOTAL--7171
Divers appareil photo + 2 batteries -- 142 téléphone portable Philips -- 99 boussole Silva - 19 cartes et porte carte -- 378
TOTAL--638
TOTAL SACOCHES SANS EAU ET REPAS 9187 TOTAL DES TOTAUX AVEC REPAS 5 JOURS 32500
Petit commentaire sur le matériel en vracvélo du côté du vélo, il s'agit d'un vtt de base à 400 euros environ qui m'a donné toutes satisfactions, maniable, agréable sur chemins et sur route, j'avais quand même changé la selle pour une plus confortable et pris de la crème mitosylporte bagages le porte bagages est parfait un tubus, bonne qualité très rigide, qui ne bouge pas avec le poids des sacochessacoches les moins chères de chez d4 (dans les 23euros) http://fr.decathlon.com/randonnee-2x15l_119_15543.htm j'avais des sacs étanches à l'intérieur ne connaissant pas leur qualité quant à l'absorption d'eau et j'ai ajouté une sangle sur chaque pour bien les fixer, car en position normale posées sur le porte bagages la chaussure touche au pédalagele poncho tarp golite est parfait pour moi, légers, solide, assez grand, belle couleur bleue, étanche...le réchaud esbit un peu limite pour les pâtes, j'ai fait cuire qqs pâtes mais en ajoutant du petit boisles pastilles isostar très bien tolérées et efficacesun petit bol pour la cuisson et pour manger suffisantla tapis de sol super confortableles piquets ultra light de chez d4 sont très bien et très résistants et pour le moment pas un de plié http://fr.decathlon.com/5-piquets-ultra … _36594.htmle gant anti bactérien et le produit sans eau Akileine c'est parfait et ça sent bon les huiles essentiellesle savon d'alep pour le lavage du corps ou des vêtements est très bien aussiles lingettes ça dépannent bien aussile duvet super chaud, bien pratique avec ça fermeture sur toute la longueur, se ferme bien au niveau de la tête, j'ai eu trop chaud à la croix de peccata 1550m, le matin 3° et ensuite j'ai dormi le duvet ouvert
les photos arrivent (qqs photos numériques et d'autres papiers en cours de développement, problème d'appareil, obligé d'acheter un jetable au mont Aigoual)
Thierry
Bonjour tout le monde,
Et voilà, toutes les belles choses ont une fin ... hélas.
Notre séjour au Botswana est terminé et nous avons regagné la région parisienne non sans regret. C'est toujours pareil pendant quelques jours, quelques semaines après le retour on a le sentiment d'être écartelé, le corps ici, mais la tête toujours là-bas 🤪
Alors, il est temps pour moi de vous conter nos aventures.
Il était une fois ...
Pendant plusieurs années nous sommes allés à la découverte de l'Asie. Et l'année dernière, pour la première fois, nous avons pris le cap de l'Afrique Australe ... direction la Namibie. Ce fut une révélation, un émerveillement de tous les instants. Et, alors que nous étions dans l'A380 qui nous ramenait à Paris, nous avions une certitude, nous allions poursuivre notre exploration de cette région de l'Afrique.
Alors que faire en en 2015 ? Revenir en Namibie ? aller au Zimbabwe ? En Afrique du Sud ? Et si en 2015 nous allions au Botswana.
Savuti, Moremi, Chobe, Okavango, ces noms magiques évoquent une nature sauvage et vierge, les plus belles zones de safari en Afrique et parmi les plus préservées … une arche de Noé.
Il nous revient aussi en mémoire Ushuaia Nature consacré au Botswana qui nous avait fait rêver il y a une quinzaine d'années. On peut penser ce que l'on veut de Nicolas Hulot mais il savait nous donner envie d'ailleurs ! "Prélude au crépuscule d'une faune"… rien que le titre était une invitation. La préparation ...
Ce voyage nous l'avons préparé longtemps à l'avance car nous savions qu'il fallait réserver très tôt les hébergements compte tenu de la politique de limitation du nombre de voyageurs. A peine revenus de Namibie, nous étions déjà dans la préparation du Botswana. En juin 2014, tout était bouclé, une fois encore grâce à l'aide formidable et précieuse des experts de VF. Merci à vous 😎.
Puis nous avons attendu, patiemment, que le temps s'égrène. Et qu'est-ce que c'est long une année !!!!! Une année où cette faune sauvage, ces paysages, l'Okavango ont nourri notre imaginaire. Nous nous imaginions au coin du feu sous la voute céleste, un verre d'une délicieuse boisson locale à la main à profiter tout simplement.
Pourtant, moins de 3 mois avant de partir, nous avons failli annuler. Un de nos parents était en train de perdre son combat contre une longue maladie et nous savions que l'échéance fatale était de quelques semaines, au mieux quelques mois. Le destin a choisi pour nous, la maladie emportant cet être cher de manière fulgurante quelques jours plus tard.
C'est donc avec des sentiments confus que nous sommes partis à la découverte du Botswana, mais renforcés par l'idée que la vie est courte et qu'il faut savoir en profiter avant qu'il ne soit trop tard. L'organisation ...
Nous avons confié l'organisation à l'agence Africa Cœur Safari, agence située à Kasane, créée par deux français tombés sous le charme du Botswana, Olivier et Cécile.Cécile a été mon interlocutrice tout au long de ces mois de préparation.
L'agence s'est occupée de la réservation des hébergements, de la location du véhicule, des permis pour les parcs, de l'organisation des activités que nous avions prévues (Journée à Victoria Falls, vol en hélicoptère, croisière sur la Chobe …)
J'ai même eu le plaisir de rencontrer Cécile, cofondatrice de l'agence, à Paris peu de temps avant notre départ. Elle était en France pour quelques semaines et m'a remis les réservations, les permis, le road book, la carte routière, la carte SIM … L'itinéraire ...
Si notre choix premier était de partir en lodges, nous avons vite abandonné cette idée compte tenu du coût exorbitant d'un tel projet. Nous avons donc opté pour un mix lodges / campings.
Pour l'itinéraire, il nous a aussi fallu faire des choix, notre expérience du 4x4 étant très limitée. Certes nous avons affronté avec succès des pistes de sable mou en Namibie telles que Sossusvlei ou Pelican Point ... mais difficile de considérer cela comme une expérience significative qui nous apporte la maîtrise suffisante du 4x4.
Nous avons donc éliminé les régions de Nxai Pan et Moremi qui paraissaient un peu compliquées pour nous et nous sommes arrêtés sur l'itinéraire suivant :
Le séjour en quelques chiffres ...
- 15 jours / 13 nuits, dont 7 nuits en camping, 6 en lodge, - 1ère expérience en camping, - 2 500 photos, - 1 500 km parcourus, - 1 € = 10,55 pulas, - 10 jours de pluie avant notre arrivée, - 0 crevaison 😛, - 1 embourbement 🏴☠️, - des dizaines de belles rencontres 🙂, - des centaines de merveilleux souvenirs 😎.
Et voilà, toutes les belles choses ont une fin ... hélas.
Notre séjour au Botswana est terminé et nous avons regagné la région parisienne non sans regret. C'est toujours pareil pendant quelques jours, quelques semaines après le retour on a le sentiment d'être écartelé, le corps ici, mais la tête toujours là-bas 🤪
Alors, il est temps pour moi de vous conter nos aventures.
Il était une fois ...
Pendant plusieurs années nous sommes allés à la découverte de l'Asie. Et l'année dernière, pour la première fois, nous avons pris le cap de l'Afrique Australe ... direction la Namibie. Ce fut une révélation, un émerveillement de tous les instants. Et, alors que nous étions dans l'A380 qui nous ramenait à Paris, nous avions une certitude, nous allions poursuivre notre exploration de cette région de l'Afrique.
Alors que faire en en 2015 ? Revenir en Namibie ? aller au Zimbabwe ? En Afrique du Sud ? Et si en 2015 nous allions au Botswana.
Savuti, Moremi, Chobe, Okavango, ces noms magiques évoquent une nature sauvage et vierge, les plus belles zones de safari en Afrique et parmi les plus préservées … une arche de Noé.
Il nous revient aussi en mémoire Ushuaia Nature consacré au Botswana qui nous avait fait rêver il y a une quinzaine d'années. On peut penser ce que l'on veut de Nicolas Hulot mais il savait nous donner envie d'ailleurs ! "Prélude au crépuscule d'une faune"… rien que le titre était une invitation. La préparation ...
Ce voyage nous l'avons préparé longtemps à l'avance car nous savions qu'il fallait réserver très tôt les hébergements compte tenu de la politique de limitation du nombre de voyageurs. A peine revenus de Namibie, nous étions déjà dans la préparation du Botswana. En juin 2014, tout était bouclé, une fois encore grâce à l'aide formidable et précieuse des experts de VF. Merci à vous 😎.
Puis nous avons attendu, patiemment, que le temps s'égrène. Et qu'est-ce que c'est long une année !!!!! Une année où cette faune sauvage, ces paysages, l'Okavango ont nourri notre imaginaire. Nous nous imaginions au coin du feu sous la voute céleste, un verre d'une délicieuse boisson locale à la main à profiter tout simplement.
Pourtant, moins de 3 mois avant de partir, nous avons failli annuler. Un de nos parents était en train de perdre son combat contre une longue maladie et nous savions que l'échéance fatale était de quelques semaines, au mieux quelques mois. Le destin a choisi pour nous, la maladie emportant cet être cher de manière fulgurante quelques jours plus tard.
C'est donc avec des sentiments confus que nous sommes partis à la découverte du Botswana, mais renforcés par l'idée que la vie est courte et qu'il faut savoir en profiter avant qu'il ne soit trop tard. L'organisation ...
Nous avons confié l'organisation à l'agence Africa Cœur Safari, agence située à Kasane, créée par deux français tombés sous le charme du Botswana, Olivier et Cécile.Cécile a été mon interlocutrice tout au long de ces mois de préparation.
L'agence s'est occupée de la réservation des hébergements, de la location du véhicule, des permis pour les parcs, de l'organisation des activités que nous avions prévues (Journée à Victoria Falls, vol en hélicoptère, croisière sur la Chobe …)
J'ai même eu le plaisir de rencontrer Cécile, cofondatrice de l'agence, à Paris peu de temps avant notre départ. Elle était en France pour quelques semaines et m'a remis les réservations, les permis, le road book, la carte routière, la carte SIM … L'itinéraire ...
Si notre choix premier était de partir en lodges, nous avons vite abandonné cette idée compte tenu du coût exorbitant d'un tel projet. Nous avons donc opté pour un mix lodges / campings.
Pour l'itinéraire, il nous a aussi fallu faire des choix, notre expérience du 4x4 étant très limitée. Certes nous avons affronté avec succès des pistes de sable mou en Namibie telles que Sossusvlei ou Pelican Point ... mais difficile de considérer cela comme une expérience significative qui nous apporte la maîtrise suffisante du 4x4.
Nous avons donc éliminé les régions de Nxai Pan et Moremi qui paraissaient un peu compliquées pour nous et nous sommes arrêtés sur l'itinéraire suivant :

Le séjour en quelques chiffres ...
- 15 jours / 13 nuits, dont 7 nuits en camping, 6 en lodge, - 1ère expérience en camping, - 2 500 photos, - 1 500 km parcourus, - 1 € = 10,55 pulas, - 10 jours de pluie avant notre arrivée, - 0 crevaison 😛, - 1 embourbement 🏴☠️, - des dizaines de belles rencontres 🙂, - des centaines de merveilleux souvenirs 😎.
Amis baroudeurs, salut!
De retour d'un périple en solo de trois mois en Afrique australe (Afrique du Sud, Lesotho, Namibie, Botswana, Swaziland), l'occasion est belle de me lancer dans mon premier carnet de voyage.
Je me concentrerai sur les aspects pratiques, tout en agrémentant le "récit" de photos choisies avec amour (il va sans dire, même si je saurai me montrer sélectif 😏). Pour des questions de respect de la vie privée, je veillerai à ce que personne (à commencer par moi-même 😇) ne soit facilement reconnaissable ou identifiable sur les clichés publiés.
Dates du voyage: 30 mars-28 juin. Compagnie aérienne: South African Airlines. Vols: Genève-Johannesburg avec arrêt à Francfort. Idem au retour. Voiture de location: Ford Figo (type Polo) chez First Car Rental, 4480 km au compteur, 88 jours.
Quelques chiffres:
1 crevaison (seulement) 😎 2 chocs 🏴☠️ 5 pays visités 90 jours de voyage (vols compris) Env. 500 locaux pris en auto-stop 6000 photos (le tri continue 😏) 6156 francs suisses (5675 euros) dépensés au total (détail à venir) 19'900 km parcourus en voiture de location (soit l'équivalent de ce que je roule en près de quatre ans en Suisse 😮)
Les étapes (déplacements inclus)
Afrique du Sud + Lesotho (37 jours)
Arrivée à O.R. Tembo (Johannesburg), prise du véhicule puis route jusqu’à Clarens 1j 1) Drakensberg (Golden Gate Highlands NP) 2j 2) Drakensberg (Sentinel Hiking Trail) 1j 3) Drakensberg (Champagne Valley) 1,5j 4) Lesotho 5,5j 5) KwaZulu-Natal chez l'habitant 1,5j 6) Lake Eland GR + Oribi Gorge NR 0,5j 7) Wild Coast 1,5j 8) Hogsback 1j 9) Addo Elephant NP 1,5j 10) Jeffreys Bay + Tsitsikamma NP 1j 11) Camdeboo NP + Nieu Bethesda 2,5j 12) Prince Albert + Swartberg Pass 1,5j 13) Mossel Bay + Cape Agulhas 1j 14) Hermanus + Stellenbosch 1,5j 15) Cape Town 9j (dont 4j à travailler) 16) West Coast NP + Elands Bay 1j 17) Cederberg Wilderness Area 2,5j (dont 1j à travailler)
Namibie (20 jours)
18) Fish River Canyon + Fish River 2j 19) Lüderitz 2,5j (dont 1,5j à travailler) 20) Aus 0,5j 21) Sesriem/Sossusvlei 1.5j 22) Swakopmund 1j 23) Spitzkoppe 1j 24) Brandberg 1j 25) Henties Bay + Cape Cross Seal Reserve 1j 26) Skeleton Coast NP + Twyvelfontein + Petrified Forest 1j 27) Etosha NP 3,5j 28) Tsumeb + Waterberg 2,5j (dont 1j de repos) 29) Caprivi Strip 2j
Botswana (10 jours)
30) Kasane + Chobe NP 3j 31) Planet Baobab + Maun + Okavango Delta + Moremi Game Reserve 6j Route (1300 km avec détour) entre Maun (Botswana) et Pilanesberg NP (Afrique du Sud) 1j
Afrique du Sud + Swaziland (24 jours)
32) Pilanesberg NP 1j 33) Sun City + Marakele NP 1j 34) Tzaneen + King's Walden 1j 35) Musina + Mapungubwe NP 2,5j 36) Kruger NP 5j 37) Graskop + Blyde River Canyon 1,5j 38) Swaziland 2j 39) St Lucia + iSimangaliso Wetland Park 1j 40) Hluhluwe-iMfolozi Park 1j Route vers Kruger NP via Swaziland et Hlane Royal NP 1j 41) Kruger NP 5j (dont trek 4j) 42) Graskop 1j Route vers Jo’burg 1j
Edit: je remets ici la vidéo ajoutée en page 19 de mon carnet, près de six mois après mon retour. Cinq petites minutes pour "résumer" trois mois de périple... avec quelques floutés de rigueur. 😉
https://www.youtube.com/watch?v=bNsdBfIvNBw
De retour d'un périple en solo de trois mois en Afrique australe (Afrique du Sud, Lesotho, Namibie, Botswana, Swaziland), l'occasion est belle de me lancer dans mon premier carnet de voyage.
Je me concentrerai sur les aspects pratiques, tout en agrémentant le "récit" de photos choisies avec amour (il va sans dire, même si je saurai me montrer sélectif 😏). Pour des questions de respect de la vie privée, je veillerai à ce que personne (à commencer par moi-même 😇) ne soit facilement reconnaissable ou identifiable sur les clichés publiés.
Dates du voyage: 30 mars-28 juin. Compagnie aérienne: South African Airlines. Vols: Genève-Johannesburg avec arrêt à Francfort. Idem au retour. Voiture de location: Ford Figo (type Polo) chez First Car Rental, 4480 km au compteur, 88 jours.
Quelques chiffres:
1 crevaison (seulement) 😎 2 chocs 🏴☠️ 5 pays visités 90 jours de voyage (vols compris) Env. 500 locaux pris en auto-stop 6000 photos (le tri continue 😏) 6156 francs suisses (5675 euros) dépensés au total (détail à venir) 19'900 km parcourus en voiture de location (soit l'équivalent de ce que je roule en près de quatre ans en Suisse 😮)
Les étapes (déplacements inclus)
Afrique du Sud + Lesotho (37 jours)
Arrivée à O.R. Tembo (Johannesburg), prise du véhicule puis route jusqu’à Clarens 1j 1) Drakensberg (Golden Gate Highlands NP) 2j 2) Drakensberg (Sentinel Hiking Trail) 1j 3) Drakensberg (Champagne Valley) 1,5j 4) Lesotho 5,5j 5) KwaZulu-Natal chez l'habitant 1,5j 6) Lake Eland GR + Oribi Gorge NR 0,5j 7) Wild Coast 1,5j 8) Hogsback 1j 9) Addo Elephant NP 1,5j 10) Jeffreys Bay + Tsitsikamma NP 1j 11) Camdeboo NP + Nieu Bethesda 2,5j 12) Prince Albert + Swartberg Pass 1,5j 13) Mossel Bay + Cape Agulhas 1j 14) Hermanus + Stellenbosch 1,5j 15) Cape Town 9j (dont 4j à travailler) 16) West Coast NP + Elands Bay 1j 17) Cederberg Wilderness Area 2,5j (dont 1j à travailler)
Namibie (20 jours)
18) Fish River Canyon + Fish River 2j 19) Lüderitz 2,5j (dont 1,5j à travailler) 20) Aus 0,5j 21) Sesriem/Sossusvlei 1.5j 22) Swakopmund 1j 23) Spitzkoppe 1j 24) Brandberg 1j 25) Henties Bay + Cape Cross Seal Reserve 1j 26) Skeleton Coast NP + Twyvelfontein + Petrified Forest 1j 27) Etosha NP 3,5j 28) Tsumeb + Waterberg 2,5j (dont 1j de repos) 29) Caprivi Strip 2j
Botswana (10 jours)
30) Kasane + Chobe NP 3j 31) Planet Baobab + Maun + Okavango Delta + Moremi Game Reserve 6j Route (1300 km avec détour) entre Maun (Botswana) et Pilanesberg NP (Afrique du Sud) 1j
Afrique du Sud + Swaziland (24 jours)
32) Pilanesberg NP 1j 33) Sun City + Marakele NP 1j 34) Tzaneen + King's Walden 1j 35) Musina + Mapungubwe NP 2,5j 36) Kruger NP 5j 37) Graskop + Blyde River Canyon 1,5j 38) Swaziland 2j 39) St Lucia + iSimangaliso Wetland Park 1j 40) Hluhluwe-iMfolozi Park 1j Route vers Kruger NP via Swaziland et Hlane Royal NP 1j 41) Kruger NP 5j (dont trek 4j) 42) Graskop 1j Route vers Jo’burg 1j
Edit: je remets ici la vidéo ajoutée en page 19 de mon carnet, près de six mois après mon retour. Cinq petites minutes pour "résumer" trois mois de périple... avec quelques floutés de rigueur. 😉
https://www.youtube.com/watch?v=bNsdBfIvNBw
Voici le récit d'un voyage fait durant l'été 2010 en Afrique australe. Merci au forumeurs présents sur VF qui nous ont aidés à organiser ce qui n'était qu'un projet.
Présentation des aventuriers « C’est qui qui vient ? »
Nous sommes une famille de 4 personnes.
Notre ainée (20 ans déjà !) ne nous accompagne pas cette année. Elle travaille durant tout le mois de juillet et part ensuite au mois d’août en vacances avec des amis.
Maxime, notre fils de 16 ans vient avec nous. Homme à tout faire et encyclopédie animalière, il a été durant toutes les vacances notre référant lorsque nous ne savions pas à quel animal nous avions affaire.
Isabelle, photographe: n’avait pas grande idée de ce que seraient ces vacances et nuits partagées entre camping et lodges.
Fred, photographe et écrivain : a préparé à l’aide de divers forums les vacances et a établi comme chaque année et quasi démocratiquement la destination de ce voyage.
Pas des baroudeurs mais un certain goût (ou un goût certain) pour les voyages.
La genèse ou « Pourquoi on en est arrivé là »
Enfant, je rêvais à la lecture des aventures de Tintin et de celles de Tarzan, l’homme singe. Je refaisais les histoires et sortais souvent vainqueur de mes combats avec des bêtes sauvages.
Mon goût prononcé pour la culture anglo-saxonne m’a fait imaginer le Docteur Livingstone et les chutes de la reine Victoria
La lecture de plusieurs récits de voyage a fini par me décider dès l’entrée de l’hiver 2010. Cette année nous partirons en Namibie.
Pour paraphraser un copain, il faut juste oublier que c’est en Afrique et que c’est au sud. Là-bas, en Afrique australe, à cette période c’est l’hiver.
Ben c’est pas grave, on se couvrira.
La carte du trajet ou « C’est par là qu’on va »
1
Le voyage ou "Notre aventure pas à pas »
Mardi 13 juillet
Dernier jour de travail. Quelques messages sur VF pour faire mes adieux sur le forum "Afrique Centrale et de l'Ouest". Je travaille jusqu'au dernier moment et laisse la responsabilité à Isabelle et Maxime de boucler les valises et de tout apporter à l'aéroport au terminal 2E de Roissy CDG où nous devons nous retrouver. Je les rejoins pour ma part en transports en commun.
Notre avion décolle à 23h20 de Roissy Charles de Gaulle en direction de Johannesburg. Nous voyageons sur Air France à bord du A380.
2
Le vol se déroule sans histoires et nous atterrissons en Afrique du Sud à 9h15.
Mercredi 14 juillet
Nous récupérons tous nos bagages et nous nous dirigeons vers les correspondances dans l’aérogare à la recherche du comptoir de South Africa airways pour un décollage prévu à 13h20 en direction de Windhoek. L’aide d’un porteur dûment équipé d’un gilet aux couleurs de l’aéroport nous permet de passer le check in sans faire la queue. Manque de chance, notre porteur est fan de football. Nous échangeons nos impressions sur le foot et le « jeu à la française » mais surtout de l’image envoyée au monde lors de la piètre prestation de notre équipe nationale. Nous réfléchissons à l’opportunité de nous faire passer pour belges pour le reste du séjour mais renonçons assez vite à cette idée et décidons d’assumer les railleries. Elles ne seront finalement pas si nombreuses. Le vol en direction de Windhoek se déroule sans encombre. Je suis placé à côté d’un citoyen américain qui fait le voyage plusieurs fois par an. Il habite à Salt Lake City (UT) et nous échangeons durant une heure nos souvenirs de voyages dans la région de Moab et de Capitol Reef. L’arrivée à Windhoek se fait à 14h20 comme prévu. Notre loueur de voiture a dépêché un chauffeur avec un véhicule pour venir nous chercher à l’aéroport.
3 - Aéroport de Windhoek
Nous prenons la route à destination de Windhoek et découvrons le paysage.
4
Une demi-heure plus tard nous sommes arrivés à destination chez African Tracks et prenons possession de notre 4x4 NISSAN. Il n’est pas neuf et a 139.000km au compteur. Par contre, il est chaussé de pneus récents qui nous permettrons de ne pas subir une seule crevaison durant tout le voyage. Accueillis par le prestataire qui s’est occupé de la réservation et de l’intendance de notre voyage, nous nous rendons à notre première étape hôtelière tous les 3 dans le 4x4. Bon.... passer les vitesses avec la main gauche... tiens, la première c’est dans le même sens, en haut à gauche. Première intersection, je me retrouve sur la file de droite (à contre sens donc) en ayant déclenché les essuies glaces au lieu du clignotant. Les commandes essuie glace et clignotant sont inversées et prêtent à confusion). Ca sera d’ailleurs une constante durant tout le voyage. J’ai l’impression de conduire face à un miroir. Le trajet se déroule finalement correctement. Nous arrivons à notre hôtel: The Bougain Villa Guesthouse dans le quartier de Klein Windhoek.
5 - Bougain Villa guesthouse
Nous posons nos affaires et après un rapide repérage des lieux nous reprenons la route pour dîner un peu plus loin dans un restaurant le Kubata où nous avalons des parts de viande de 600g!!! Nous rentrons nous coucher, allumons le chauffage car il fait un peu frisquet tout de même et nous nous lovons dans les draps. Demain, direction le Sud !!
Jeudi 15 juillet
Après un solide petit déjeuner pris à l’hôtel, nous partons vers 8h30 en direction du désert du Kalahari ; Non sans avoir fait au préalable des courses dans un petit supermarché de Klein Windhoek (Pates, riz, quelques boites de conserves, de l’eau, du charbon, papier essuie tout et une bouteille de vin blanc Sud Africain). Bref, tout ce qui est primordial d’emmener face à une nature que nous n’espérons pas hostile.
Nous prenons ensuite la route goudronnée (B1) en direction de Rehoboth. Je voulais dans un premier temps attaquer directement les pistes mais afin de me faire la main avec cette damnée conduite à gauche, je renonce. Les premiers kilomètres consistent à éviter les jeunes babouins qui traversent la route. Le Nissan se révèle poussif et a du mal à dépasser le 90 km/h. Nous sommes très chargés et les réservoirs sont pleins. Etrangement, plus tard dans notre voyage, j’arriverai à rouler à presque 120 km/h. Je ne me suis pas expliqué cette différence. Quelques photos sont faites sur la route mais rien de génial. Arrivé à Rehoboth, nous prenons la piste C25.
6
La route est belle et nous apercevons nos premiers animaux sauvages. Nous sommes néanmoins surpris de constater que la route est bordée de clôture. Nos clichés nous laissent sur notre faim, on ne va jamais oser montrer nos photos, les gens vont penser que nous étions au zoo de Saint Vrain!!
7 - Nids Républicain social
8 - koudous
Les dunes succèdent aux dunes, nous prenons ensuite la piste D1212 puis D1215 qui longe un pan. Nous ne croisons aucun véhicule. Nous arrivons au Bagatelle Kalahari game lodge vers 15 h 00. Celui-ci se situe sur la D1268. L’accueil est bon, notre hôte nous convoie jusqu’à notre emplacement de camping.
9

Celui-ci possède son propre sanitaire avec WC, lavabo et douche avec de l’eau chaude produite grâce à un chauffe-eau au gaz. Nous montons pour la première fois les tentes sur le toit de notre véhicule et nous nous en sortons bien. Nous déballons la table, les chaises, les caisses de matériel de camping. Que de manutention!! C’est invariable durant tout le séjour. Maxime qui se demandait pourquoi on l’emmenait a sa réponse. Il grimpe dans le pick up et donne de sa personne, toujours avec enthousiasme et bonne humeur.
Une petite balade dans les dunes, nous apercevons des Springboks.
10

Nous allumons notre premier feu, prenons notre premier repas et recevons la visite d’un springbok apprivoisé ou tout du moins habitué à la présence humaine et au lodge. Il fait froid.
Nous allons nous coucher dès la nuit noire tombée.... à 19h00.
Vendredi 16 juillet
La nuit a été pour le moins très froide. Il y a de la glace sur la face intérieure de la tente le matin lorsque nous nous levons à 6h30 !!! Renseignement pris au lodge, la température est descendue à 4°C cette nuit. Le petit déjeuner nous réchauffe un peu, les mains contre le mug de café, mais bien moins que les premiers rayons de soleil qui inondent la plaine.
Le Springbok qui nous a accompagnés lors du repas la veille au soir est encore là ce matin.
Nous plions les tentes pour la première fois. On est bon, ça se fait sans grand problème excepté le fait que les sangles qui maintiennent les tentes pliées sur le toit de la voiture sont gelées. Le froid nous meurtri les chairs (j’exagère un peu mais c’est pour mieux vous tenir en haleine).
Nous quittons le camp à 8h00 en direction de Sesriem. La route (C19) est bitumée jusqu’à Maltahöhe et se transforme ensuite en piste (36). Celle-ci est belle et je maitrise de mieux en mieux la conduite parfois acrobatique de ce type de revêtement. Les paysages se succèdent. Tsarishoogte pass se traverse sans difficulté et le pique-nique du midi se fera d’ailleurs au pied de cette dernière. L’ouvre-boite étant inaccessible dans le coffre, nous opérons la conserve achetée la veille au tournevis et au marteau tant bien que mal au pied d’un arbre.
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La piste devient plus rude (D826) et les passagers sont soumis à d’incessantes vibrations dues à l’effet “tôle ondulée”. Enfin, nous arrivons au camping de Sesriem.
Nous nous présentons à la réception avec notre voucher et profitons de ce moment pour acheter les places qui nous permettrons le lendemain de visiter le site de Sossusvlei. Acheter ces places la veille nous évitera de faire la queue le lendemain matin et de perdre du temps.
L’emplacement N°3 nous est attribué.
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Le camping est sympa, bien que très poussiéreux et peuplé de touristes. Le soir, restaurant avec de belles pièces de viande et un T-bone de compétition.
Coucher vers 20h30
Samedi 17 juillet
La porte d’accès au site ouvre à 7h30. Néanmoins l’accès pour les campeurs se fait une heure avant. Dès 6h00, bruits de portières, moteurs qui ronflent durant de longues minutes (on se demande quel plaisir ont les gens à faire tourner leur moteur durant 20 minutes mais bon....)
Pour notre part nous décidons de nous intercaler entre les 2 départs et prenons la route des dunes vers 7h00. L’avantage est que nous sommes seuls sur la route. Tout le monde est parti depuis une demi-heure déjà et les suivants ne passeront la ligne que dans 30 minutes. Personne devant, personne derrière pendant 45 km.
Le soleil se lève et nous profitons de la golden hour.
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Une autruche tente de faire la course.
Arrivés à la Dune 45 (au 45ème kilomètre du site), nous constatons qu’il y a déjà plusieurs voitures dont 2-3 tours opérateurs avec les chauffeurs et guides qui préparent le petit déjeuner pendant que leurs clients grimpent la Dune. C’est pas con ça...
Nous entamons la montée par la crête... et tout de suite, c’est l’enfer... A chaque pas que l’on fait en direction du sommet, une force appelée “gravité” fait redescendre le pied de la moitié du pas exécuté (tu me suis là?)
Tu montes de 30 cm et redescends de 15 cm...Et tout ça sous un vent extrêmement violent. D’ailleurs, ce jour, pas de vol en montgolfière.
16 17 - dune 45

On arrive quand même quasiment au sommet. On reprend notre souffle tant bien que mal et redescendons. Même principe. Tu fais un pas de 30 cm et glisse vers le bas de 15 cm, mais là, c’est cool.
Maxime, lui, préfère couper court et dévale la dune en ligne droite.
Arrivés en bas, nous nous restaurons de quelques gâteaux secs et de jus d’orange et reprenons le chemin en direction de Dead Vlei. Nous parcourons à nouveau une quinzaine de kilomètres avant de nous garer pour visiter Dead Vlei
18

19

Après une marche d’environ 1 km à travers quelques dunes que nous gravissons cette fois sans efforts démesurés, nous arrivons sur le site.
20 - Dead Vlei

Dead Vlei est une cuvette d’argile où des marais s’étaient formés lors d’inondations et de crus des rivières environnantes.
Des acacias ont poussé dans ce marécage et sont morts lorsque le marais s’est asséché à cause des dunes environnantes qui ont coupé l’accès de l’eau au Vlei.
L’endroit est magnifique. Le contraste du sable rouge oxydé et de l’argile blanche est saisissant.
21 - Dead Vlei

Après un moment passé sur place, nous retournons à notre véhicule en direction de Sossusvlei. Nous atteignons le parking que les véhicules 2x4 ne doivent pas dépasser et qui marque la fin de la route bitumée. Là, des chauffeurs avec des navettes se proposent de nous emmener à Sossusvlei. Je refuse et me drape dans ma dignité.
L’arrêt technique est rapide pour dégonfler les pneus à 1,8 bar et nous attaquons les 5 kilomètres de piste sablonneuse pas trop rassurés. Nous suivons les traces qu’ont laissées nos prédécesseurs et nous nous en sortons pas si mal que ça. C’est même assez amusant en fait et je prends un peu d‘assurance. On s’ensable finalement une fois car j‘ai perdu de la vitesse à cause d’un moment d’hésitation… Aïe… vitesse courte, marche arrière, marche avant et ça repart au grand soulagement de chacun.
Nous arrivons enfin sur le parking de Sossusvlei.
Nous randonnons au pied des dunes dans la rivière asséchée la Tsauchab.
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24 Panorama vallée Tsauchaub

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Nous pique-niquons à l’ombre d’un arbre sur une des tables laissées à disposition des touristes.
Des oiseaux peu farouches nous tiennent compagnie, alléchés par les miettes de pain que nous leur offrons.
26-27

Nous reprenons la piste en direction de la sortie. Quelques hésitations dans la partie sablonneuse car les traces partent un peu dans tous les sens sur le plateau mais nous arrivons sans encombre au parking 2x4. Je renonce à regonfler les 4 pneus avec la pompe manuelle et décide d’attendre de relier une station service afin de procéder à cela.
Après avoir acheté quelques sodas bien frais à la réception du camping, nous partons en direction du canyon de Sesriem qui se situe 5 km plus loin.
La piste qui y mène est assez rude et très caillouteuse mais sans difficulté majeure.
Le parking en partie haute du canyon est quasi désert. 2 véhicules stationnés seulement. Nous descendons dans le canyon par un accès facilité par des marches. Après avoir croisé quelques visiteurs, nous entamons notre marche à l’intérieur du canyon. Celui-ci s’élargit assez vite et la balade se fait sous le soleil.
28 - Canyon de Sesriem
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Après trois quart d’heure de marche, nous faisons demi-tour, les mouches sont envahissantes.
Au retour nous pénétrons la partie étroite du canyon mais devons nous arrêter rapidement car de l’eau bloque le passage. Nous nous remémorons alors notre visite à Water hole Canyon à Page (AZ) et retournons à notre véhicule.
Nous réinstallons le campement.
32
Après l’apéritif et un barbecue, nous nous couchons. Les nuits sont plus chaudes, ça va bien.
Dimanche 18 juillet
Lever à 7h00 sans précipitation. Aujourd’hui, peu de route pour rejoindre le Gecko camp. Petit déjeuner tranquille, vaisselle de la veille et nous quittons Sesriem à 9h00 après avoir fait le plein d’essence et remis la pression des pneus à leur valeur de 2,2 bar.
Direction le parc de Naukluft.
33
Nous arrivons au parc assez tard finalement. Mauvaise appréciation du temps nécessaire à relier la route.
34 - accès à Olive trail
Nous débutons le parcours de l’Olive trail vers midi. Nous voyons à bonne distance des zèbres que nous supposons être des zèbres des montagnes et des oréotragues.
35 - Zèbres dans le parc de Naukluft
Nous pique-niquons sur place. Puis nous faisons un arrêt à Solitaire où nous dégustons un fameux apple strudel.
36 - Solitaire
37 - Boutique à Solitaire
Nous reprenons la piste en direction de Gecko camp. Après avoir lu pas mal de commentaires sur ce camp, nous nous attendions à un accueil chaleureux. Il n’en a rien été et nous sommes allé seuls nous installer au Hilltop campsite en suivant les indications vaguement données par nos hôtes. Le camping de la colline possède un seul emplacement. Le nôtre. Les sanitaires sont sympas, une table avec 2 bancs nous attendent. Très sympa. Un vrai sentiment de « Out of Africa ».
38 - Panorama depuis hilltop campsite Gecko camp
39
La nuit sur cet emplacement sera mauvaise à cause du vent violent qui bat les toiles de tente jusqu’à une heure du matin.
Lundi 19 juillet
Réveil à 6h00. J’allume le Donkey pour que l’eau de la douche soit chaude et nous petit-déjeunons.
La douche se révèle froide. Je n’ai pas du mettre assez de bois. L’apprentissage se fait aux dépends d’Isabelle. Bon… l’eau froide, c’est bon pour la peau dit-on.
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Nous quittons Gecko camp. La piste pour Walvis Bay est longue et monotone. Difficile parfois à cause des trous, des bosses, etc.
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42
Grand moment du voyage, nous passons le tropique du Capricorne et sacrifions à la photo souvenir...
43
Nous stoppons à Walvis et parcourons le front de mer. Nous déjeunons au Raft, restaurant sur pilotis qui sert des pizzas, burgers et seafood. Adresse sympa. Quelques vendeurs à la sauvette nous accostent. Nous aurons noté durant l’ensemble de notre voyage en Namibie l’amabilité et la gentillesse de ces commerçants qui ne sont jamais agressifs bien que ne lâchant pas facilement l’affaire. En règle générale, les namibiens avec qui nous aurons à faire ont toujours été sympathiques.
Nous achetons quelques souvenirs et joignons la route vers Swakopmund et le Brigadoon lodge où nous passerons 2 nuits.
44 - chambre Brigadoon lodge
Bed and Breakfast à deux pas de la plage, très bonne adresse.
Mardi 20 juillet
Lever à 7h30 et petit déjeuner copieux à 8h00 sur la terrasse de notre chambre.
A 8h30, nous partons avec Desert Explorers faire du quad dans les dunes. C’est une activité très sympa. 2 heures à faire du roller coster.
Nous faisons quelques courses au supermarché pour le pique-nique du jour. De retour au B&B, décidons finalement de monter finalement à Cape Cross qui se situe 125 km au nord. En chemin, nous nous arrêtons à Hentiesbaai pour nous restaurer et 45 km plus loin arrivons à Cape Cross pour visiter une colonie d’otaries.
Nous nous acquittons des droits d’entrée (30N$ par personne) et immédiatement nous sentons que nous sommes arrivés. Quand j’écris nous sentons, c’est un euphémisme. L’odeur pique les yeux et si tu as perdu l’odorat, il te reste le bruit.
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Malgré tout, cette colonie peuplée de milliers d’individus est très impressionnante. Le retour se fait dans l’après-midi sur cette belle piste lisse de Schiste mais dans un brouillard à couper au couteau. De toute façon, nous ne manquons rien car le paysage est des plus monotone.
48 - Retour de Cape Cross
Le soir, dîner au Lighthouse restaurant.
Mercredi 21 juillet
Comme c’est devenu la coutume, nous quittons Swakopmund de bonne heure le matin. L’arrêt à la station service pour faire le plein (en moyenne nous mettrons 100 litres à chaque fois), vérifier la pression des pneus et les niveaux nous prend encore une fois une demi-heure. C’est un moment que nous mettons à profit (et rolle) pour échanger avec le pompiste qui s’occupe de nous.
Après avoir gagné Hentiesbaai par la C34, nous prenons la piste (C35) en direction de Uis
Cette route vers Uis est la plus…barbante de tout le voyage. 100 km de ligne droite, légèrement montante. Le 4x4 est durant tout ce tronçon hésitant entre la 4° vitesse rugissante et la 5° mollassonne. Nous croisons de nombreux Himbas assis à l’ombre d’un panneau routier ou d’un arbre ainsi que des boutiques tenues par des Hereros. Nous nous arrêtons faire quelques achats et échanger mais c’est décevant. On peut prendre des photos moyennant 10 N$ par photo.
Puis nous traversons le plateau du Brandberg par la 2612 à travers de splendides paysages.
Un véhicule est arrêté sur le bord de la piste comme à l’affut. Comme souvent dans ce cas, nous ralentissons. Le chauffeur nous fait signe de nous arrêter et nous apercevons alors entre les arbres deux éléphants à une centaine de mètres. Ce sont les premiers que nous voyons et nous sommes tout excités.
49 - Image furtive de nos premiers éléphants
Quelques photos plus tard, nous arrivons au Mowani Mountain Camp.
Accueil pour le moins… froid du propriétaire qui nous précise sans ménagement que nous sommes à l’accueil du lodge. Nous versons notre écot et nous nous replions vers le terrain de camping, le « coin des pauvres ». Nous n’avons droit à aucune des facilités du lodge, même pas le droit de jeter un œil à la partie hôtelière. Pour l’hospitalité, on repassera.
Le camping se situe à droite de l’entrée gardée du lodge. Quelque centaines de mètres de piste facile et nous voilà sur notre emplacement. Adossés à une colline, l’endroit est vraiment agréable et beau si ce n’était la présence des mouches qui gâche notre plaisir.
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52 - La douche
53 - Vue depuis la douche...
Nous attendons que la nuit tombe pour que ces dernières nous laissent tranquille. Une douche à l’air libre nous rafraichi et nous dînons d’une plâtrée de pâtes avant de nous coucher.
Jeudi 22 juillet
Le rituel du petit déjeuner, des tentes pliées et de la douche froide passé, nous partons de bonne heure en direction du site de Twyfelfontein. La visite débute à 8h30 et partons accompagnés de notre guide et d’un couple d’anglo-sud-africains visiter l’art rupestre ancestral des bushmen. La visite est plaisante et dure une petite heure.
54 - site de Twyfelfontein
55 - Lion man
Nous enchainons par la visite de Organ pipes et Burnt Mountain. Ces 2 sites ne présentent pas un grand intérêt mais leur proximité de Twyfelfontein en fait des lieux incontournables.
56-57 - Organ pipes et burnt mountain

Nous reprenons la piste, direction Palmwag où nous devons passer la nuit en lodge (avec les riches donc si on en croit l’accueil de la veille).
Arrivés en début d’après-midi sur place, nous patientons au bord de la piscine le temps que nos chambres soient prêtes.
Sevrés que nous sommes de rencontres avec les animaux depuis plusieurs jours, nous investissons 400 N$ par personne et partons à 15 heures faire un game drive.
Celui-ci s’avère correct, notre chauffeur Everest (qui pourtant n’en fait pas toute une montagne) est très agréable et pas économe d’anecdotes et de renseignements quant à la vie des animaux.
Lorsque nous quittons la route principale pour nous lancer à travers la savane sur une piste caillouteuse, le terme de safari prend tout son sens. La conduite est assez violente et nous sommes ballotés comme dans le tambour d’une machine à laver. Nous croisons nombre d’animaux et apercevons un éléphant qui s’abreuve dans le lit de la rivière.
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Après un apéritif organisé par Everest (qui tombe à pic) au soleil couchant.
60 - Apéritif dans le bush
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Nous nous retournons vers le lodge.
Dîner sur place. Menu identique pour tous les pensionnaires. Roti de Springbok que nous accompagnons d’un délicieux vin Sud-africain.
Vendredi 23 juillet
Après une bonne nuit dans un lit douillet, nous quittons Palmwag dans la mâtiné en direction de Ongongo et sa source d’eau chaude.
Nous reprenons la piste rocailleuse que nous avons parcouru partiellement la veille lors du game drive lorsque Maxime aperçoit un troupeau de girafes. Elles sont en contrebas de la route.
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Le voyage se poursuit lentement, nous profitons du paysage et sommes à l’affût d’animaux que nous sommes susceptibles de voir à tout instant. De nombreux panneaux routiers nous indiquent que nous pouvons rencontrer des éléphants. Il n’en sera rien.
Je jette un œil à la jauge d’essence et estime que nous devons faire le plein. Un œil à la carte et nous dépassons le village d’Ongongo pour aller plus loin à Seisfontein. Nous croisons en route une Outarde Curie qui est le plus grand oiseau volant.
Las, arrivé à Seisfontein il n’y a plus d’essence. La station service est en rupture d’approvisionnement et après avoir jeté un œil au fort transformé en hôtel (dans un cadre très sympa d’ailleurs) et fait quelques courses en ville, nous retournons sur nos pas en direction de Ongongo community camp. Demain, il faudra trouver de l’essence et vite.
La piste rocailleuse qui mène au camp fait une dizaine de kilomètres. Arrivés au camp, nous descendons vers la rivière et prenons possession de l’emplacement le plus proche de celle-ci. Nous déjeunons ici puis finalement remontons occuper une place plus grande et plus pratique dans la partie haute du camping. Bien nous en a pris, les milliers de grenouilles ont fait un vacarme extraordinaire durant toute le nuit. Vacarme atténué par le fait que nous étions loin de la rivière.
L’après-midi se passe en mode « repos » à Warmquelle, piscine naturelle d’eau chaude où nous nous baignons dans une eau limpide et turquoise réservée à nous seuls.
63 - Warmquelle
Le soir, douche dans la plus grande salle de bain du monde, dîner et coucher.
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65-Bloc sanitaire vu de l'extérieur - 66 - douche

67 - Dans la douche, la plus grande salle de bain du monde... vue imprenable
Samedi 24 juillet
Le petit déjeuner avalé et les tentes pliées, nous continuons notre route vers le nord et Epupa où nous devons être ce soir. Durée du trajet prévisionnel 6 heures.
Des allemands rencontrés la veille nous ont dit tout le bien qu’ils pensaient de Epupa falls, nous préviennent que la route sera longue… et qu’il n’y a pas de carburant à Seisfontein. Oui, merci, je savais.
La piste (D3704) en direction de Opuwo est assez roulante. Soudain, au détour d’un virage, on a l’impression qu’elle n’existe plus. Nous croyons être dans le lit pierreux d’une rivière à sec durant une cinquantaine de mètres. On imagine mal des camions passer par là mais nous en croiserons un néanmoins plus tard.
Un peu plus loin, nous arrivons à Joubert Pass. La piste est bitumée. Nous comprenons rapidement pourquoi. La pente est si forte que le 4x4 perd de la vitesse au point de refuser d’avancer plus loin. Je stoppe, passe la première et essaye de démarrer au frein à main. Impossible. Je me questionne, chacun à bord se demande comment on peut monter une telle côte avec un tel pourcentage !! Au moment où je me dis que je vais faire une marche arrière pour essayer de prendre un peu de vitesse dans la descente précédente, je me ravise et pense à passer la première « low gear ». La puissance du couple permet au véhicule de grimper la déclivité et, au pas, d’arriver au sommet.
Coup de chaud…
Arrivés à Opuwo, nous faisons le plein, (110 litres encore une fois) et sommes assaillis par les enfants qui veulent garder notre voiture pendant que nous faisons quelques courses et par les vendeuses de souvenirs. Après les courses au supermarché, nous repartons vers Epupa, 180 km plus loin.
Quelques kilomètres après Opuwo, nous nous arrêtons sous un arbre pour déjeuner. 2 enfants d’une dizaine d’année sur un âne arrivent à leur tour et nous dévisagent. Nous leur offrons des bonbons afin der rompre la glace. Quelques minutes plus tard leurs parents arrivent à leur tour sur un âne, charriant du bois. La conversation s’engage en anglais. Ils nous expliquent qu’ils vivent dans le bush à une petite distance de là. Nous les laissons là, sous leur arbre qui est le point de ralliement entre les parents et les enfants. L’homme nous demande quelque chose à manger. Nous leur offrons des gâteaux secs, du pain et nous poursuivons notre chemin.
Les paysages sont superbes, les troupeaux de bétail toujours aussi nombreux et nous atteignons Epupa en milieu d’après-midi.
68 - Cattle
Nous resterons 2 nuits au Epupa community campsite. C’est le camping le plus proche des chutes. Une magnifique terrasse en bois domine à une hauteur de 6 m la rivière Kuenene et après un rapide passage aux chutes, nous y buvons un verre en profitant du coucher de soleil et de l’endroit féerique.
69 - Epupa falls
70 - Ponton bar restaurant du community camp
71 - vue depuis le ponton
Dimanche 25 juillet
La veille, dès notre arrivée, nous avons été approchés par un guide qui nous a proposé ses services pour visiter un village Himba ou faire une randonnée.
Nous optons pour la visite d’un village Himba qui est le but de notre voyage dans cette région.
La visite du village est très intéressante. Notre guide Anita, nous révèle les coutumes Himba et nous facilite grandement les échanges avec ces gens d’une gentillesse infinie. Nous sommes très touchés par leur accueil. Nous avions peur de nous retrouver face à des bêtes de foire. Comment rester respectueux de ces gens et ne pas arriver en pays conquis en photographiant tout ce qui passe à portée d’objectif ?
Anita nous met à l’aise et les habitants du village aussi. Nous offrons des bonbons aux enfants mais devant leur difficulté à les manger nous nous rendons compte qu’ils n’ont pas retiré le papier transparent qui entoure celui-ci. Une autre culture…
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Nous quittons au bout de 2 heures à regret le village avec l’énorme sentiment d’avoir fait une rencontre réelle. Qu’en sera-t-il dans quelques années ?
Aujourd’hui, seules les femmes Himbas perpétuent les traditions. Les hommes sont revêtus de maillots de foot d’équipes européennes et ont un GSM à la main.
On a probablement contribué un peu ce matin à la disparition des coutumes ancestrales des Himbas.
De retour au camp, Anita nous guide le long de la rivière Kuenene en amont des chutes. Nous voyons des crocodiles à quelques mètres d’habitants se lavant dans la rivière, et plus loin des Velvets se nourrissant de noix de macadamia. Elle nous montre aussi la flore et nous conte des anecdotes.
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78 - Palmiers Makalani

L’après-midi sera dédié au repos au campement au bord de la rivière. En fin d’après-midi nous montons sur la colline avoisinante pour avoir les chutes en grand large…
79 - Epupa falls
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Lundi 26 juillet
Nous repartons vers le sud et empruntons à nouveau la piste qui relie Epupa à Opuwo.
Après 3 h 00 de route, à l’intersection nous empruntons la route C41 puis plus loin la C35 qui nous mène à Hobatere lodge. La route est bitumée, roulante. Il faut juste faire attention aux troupeaux de bétail qui sont sur les bas côtés ou carrément au beau milieu de la route. Pour une voie limitée à 120 km/h, c’est surprenant. This is Africa.
Le paysage est ennuyant au possible.
Nous arrivons à l’entrée de la concession Hobatere lodge à 14 h 00. Celui-ci se trouve au bout d’une piste de 16 km dans la concession privée. Nous apercevons des girafes et des koudous. Ceci augure bien du reste de l’après-midi.
Nous sommes accueillis chaleureusement à la réception de l’hôtel avec un jus de fruit. Nous prenons possession de notre chambre et sommes invités par Shawn à prendre le thé à 15h00 au restaurant.
Le thé est offert aux résidents avec quelques gâteaux faits maison. Shawn qui est le patron du lieu a toujours vécu ici depuis l’enfance. Ce sont ses parents qui ont monté l’affaire. Questionné, il nous explique que c’est lui qui s’occupe du ravitaillement en volant avec son propre avion. Il y a en effet un petit aérodrome contigu au lodge.
En dehors des clôtures du lodge, un hide a été construit. Shawn nous y accompagne à bord d’un vieux Range Rover de 1979. Tout est mécanique sur cet engin nous explique-t-il. Il n’y a que les phares qui soient électriques. C’est mieux pour l’entretien.
Le hide est située à 1 km du lodge à proximité d’un point d’eau très fréquenté par les animaux.
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Pas question d’y aller à pied. Effectivement, nous passons à côté d’éléphants, c’est très impressionnant.
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Nous restons 1h30 à observer les zèbres qui s’abreuvent sous le regard de 3 lionnes. L’agitation et l'anxieté qui s’empare du troupeau de zèbres est palpable.
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L’une des lionnes viendra à proximité du point d’eau en fin d’après-midi.
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Repas au lodge autour d’un grand feu, nuit calme et reposante.
Mardi 27 juillet
Nous quittons à regret Hobatere après un super petit déjeuner en direction de Etosha NP.
Le parc d’Etosha doit être un grand moment du voyage. Nous sommes un peu sur notre faim quant aux animaux croisés depuis le début de notre aventure. Des Springboks craintifs nous en avons vu des quantités industrielles mais peu d’éléphants ou de girafes. Les zèbres, vus la veille on satisfait notre soif de rayures.
Nous refaisons les 16 km de piste pour relier la route principale (C35) et arrivons à la gate de Etosha vers midi. Nous payons les droits d’entrée pour 3 jours, le garde nous précise que nous devons ressortir avant 12 h 00 maximum vendredi 30 juillet.
Après avoir fait le check in pour accéder au camping, nous roulons sur la partie nord ouest du parc. Ca ne commence pas mal. Gnous, secretary bird, Oryx, springboks, de nombreux animaux sont là.
85 - Secretary
86 - Oryx
Le soir, petit tour au point d’eau d’Okaukuejo. Le meilleur de tous les points d’eau éclairés de Etosha. C’est un ballet incessant de rhinocéros, d’éléphants et de girafes qui viennent s’abreuver sous les projecteurs.
87 - Rhinocéros
88 - Une photo loupée parmi tant d'autres....
Mercredi 28 juillet
Journée consacrée à Etosha NP. Nous sillonnons le parc toute la journée de point d’eau en point d’eau, échangeant avec les véhicules croisés des informations sur la nature des rencontres à faire ou déjà faites.
89 - Point d'eau d'Okaukuejo
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Le point d’eau de Goas marquera l’apogée de la journée, nous apercevons une lionne tapie à l’ombre. A notre arrivée, elle de lève et va nonchalamment se coucher un peu plus loin.
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Les portes du parc ferment à 17h45, nous restons jusqu’au dernier moment sur les pistes afin de profiter des belles lumières et des nombreux troupeaux de girafes.
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Aujourd’hui, pas d’éléphant.
Nous dormons le soir dans un chalet bush du camp de Halali. Apéritif et barbecue sont au rendez-vous d’une soirée tranquille qui sera marquée par la visite d’un ratel.
Jeudi 29 juillet
Aujourd’hui, nous rallions le camp de Halali au camp de Namutoni où nous camperons. De la même façon que la veille, nous explorons les pistes du parc.
En fin de matinée, nous sommes seuls (ce qui est exceptionnel tout de même dans ce parc assez fréquenté) à observer une lionne couchée à l’ombre scrutant le point d’eau et les animaux qui s’y abreuvent.
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Le reste de la journée se déroule sur les pistes avec un arrêt en début d’après-midi dans le camping herbeux de Namutoni où nous prenons nos marques et un peu de repos.
Reprenant la route plus tard, nous verrons un rhinocéros au loin, un éléphant et toujours de nombreuses et somptueuses girafes.
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En rentrant au camp, une lionne traverse la route juste devant notre véhicule. Nous sommes si surpris et la rencontre est si rapide que nous manquons l’occasion de faire de belles photos.
Vendredi 30 juillet
Après un dernier tour dans Etosha à la recherche de Dik dik nous quittons le parc pour Tsintsabis à la rencontre des Bushmen.
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Nous arrivons en début d’après-midi au Treesleeper camp. Camp communautaire au milieu d’une forêt, très sympa… et pas bondé comme les camps d’Etosha.
Nous décidons suite à la proposition de notre hôte de faire la visite d’un camp bushmen. 300N$ par personne la balade, ça promet d’être sympa.
Nous quittons le camp à pied avec notre guide (qui est aussi barman-réceptionniste-traducteur et bushman) en direction de Tsintsabis qui est à une grosse demi-heure du camp. Nous faisons quelques achats d’aliments à l’épicerie communautaire pour les offrir aux bushmen qui nous accueillent.
Nous sommes vendredi 30 juillet. Jour de paye. C’est la fête au village. Sono avec des rythmes zouk à fond, alcool à gogo, nous sommes sur nos gardes, il n’y a pas de raison que l’alcool ne rende pas moins idiots les namibiens que les français.
Actuellement, une route se construit reliant Windhoek à l’Angola. Les ouvriers du chantier sont basés à Tsintsabis. Il y a en conséquence beaucoup de communautés et de peuples différents qui s’y croisent. Ceci a pour effet d’engendrer une délinquance et malheureusement pas mal de problème d’alcool et de bagarres. Un poste de police s’est même installé ici alors qu’avant le plus proche était à Tsumeb à 60 km au sud.
Nous voilà repartis à pied durant une demi-heure vers le village bushman.
Arrivés sur place, nous constatons que les femmes ont quitté le camp pour faire des courses (jour de paye) pendant que les hommes boivent en ville (jour de paye). Sympa la balade.
Visite d’une première famille… ils sont absents. Ben tu parles… A la place nous voyons des voisins qui tiennent siège. Notre guide échange quelques mots avec les locataires du lieu et nous partons.
Deuxième famille une centaine de mètres plus loin. Tout le monde est là. Assis à même le sol en train de fumer cigarette sur cigarette. On se regarde tous les trois, j’interroge le guide du regard. Il échange quelques mots avec une femme, nous tournons quelques minutes sur place faisant semblant de nous intéresser à ce que nous voyons sous le regard des habitants et repartons pour une heure de marche en direction du camping.
Nous ne faisons pas de photo, l’ambiance ne s’y prête pas. Nous avons l’impression de visiter un bidonville.
Durée de la visite, 2 h 15, marche et courses incluses.
Au retour, je parle avec notre guide. Il m’explique que les bushmen qui sont là ont été déportés de Etosha où ils vivaient. Le gouvernement leur a offert 2 vaches, une chèvre et des terres et les a obligés à se sédentariser sur cette parcelle. Pour un peuple qui est historiquement une communauté de chasseurs et nomade, ça ne le fait pas vraiment.
Nous comprenons mieux l’impression de pauvreté et de laisser-aller que nous a donné ce village.
Nous ne souhaitions pas une visite avec un faux folklore, mais Treesleeper qui essaye via son association de pérenniser la culture Bushmen a vraiment des soucis à se faire.
Le soir, nous sommes sous les arbres et dormons en entendant au loin la musique provenant de l’épicerie.
Samedi 31juillet
Journée de liaison entre Tsintsabis et Bagani où nous devons loger ce soir près du delta de l’Okavongo.
Nous quittons les pistes pour une route bitumée pour joindre Rundu où nous ferons quelques courses. Tout au long de cette voie (B8) nous voyons de nombreux villages de part et d’autre.
Nous ne savons pas si c’est un rituel du au samedi mais de nombreuses femmes et enfants portent des bidons, tantôt vides et tantôt pleins d’eau. Les hommes sont plus souvent assis, à l’ombre des arbres dans les villages.
L’arrivée à Rundu est épique. La ville est noire de monde. Ca circule plus ou moins à contresens et dans une parfaite anarchie. Etant parisien, je connais ce type de circulation mais en roulant à gauche c’est nettement plus rock and roll. Les gens sont endimanchés et l’atmosphère est bon enfant. Devant retirer de l’argent à un ATM, je renonce, il y a 30 minutes de queue. Nous profitons du supermarché pour faire quelques courses.
Le reste du voyage se passe tranquillement et nous prenons place au camping du Mahangu safari lodge au bord de la rive l’Okavongo. A la réception, nous avançons nos montres d’une heure, et sommes à l’heure du Botswana. Les sanitaires sont corrects, l’emplacement aussi.
96 - Manhangu camp
97 - L'Okavongo
Une bonne adresse. Durant la nuit, les hippopotames investissent le camp et grognent. A l’abri dans les tentes sur toit, nous dormons du sommeil du juste jusqu’au moment où une envie naturelle me fait descendre. Cette envie est satisfaite à 2 m à peine de l’échelle d’accès à la tente et je remonte illico entendant non loin les hippopotames.
Dimanche 1er août
Après un solide petit déjeuner au lodge (la qualité des breakfasts est une constante) nous partons visiter le parc de Mahangu à proximité.
Je m’arrête pour payer l’entrée aux représentants du NWR et lorsque je ressors du bungalow Isabelle et Maxime m’apprennent qu’ils ont aperçu un troupeau d’éléphants traverser la piste. Le game promet !!!
Le Parc de Mahangu se divise en 3 pistes. Une le long de l’Okavongo, une deuxième côté forêt et une troisième qui traverse le parc à la manière d’une autoroute et rejoins la frontière Botswanienne. La première est la plus courue car la liste des animaux que nous sommes susceptibles de voir est longue. Durant les 40 km que dure le drive, nous verrons des babouins, un baobab, un museau d’hippopotame à 300 m (notre premier, on a pris 1265 photos). Rien de génial donc excepté que le parc est très joli. Ah si… 3-4 autruches aussi.
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Nous allons ensuite au Xaro lodge après avoir traversé la frontière.
Nous nous demandions quel était l’intérêt qu’avait le prestataire à nous faire passer la frontière pour aller rejoindre ce lodge. Nous avons compris dès notre arrivée.
Nous sommes accueillis très aimablement. A la demande de la réceptionniste nous vidons le coffre de la voiture et montons à bord d’un bateau chargés de nos valises et de notre matériel photographique. Vingt minutes plus loin nous arrivons à destination Ce trajet sur l’Okavongo est agréable et riche en rencontre avec des crocodiles paisiblement ( ?) couchés sur la rive.
99-100 Xaro lodge

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Nous dormirons dans des tentes sur pilotis avec salle de bain individuelle. Le grand luxe, une infinie gentillesse de nos hôtes, le paradis sur terre, loin de tout. Le soir nous retrouvons des sud africains, des allemands et un couple de français originaires de Toulouse entrevus le premier jour à Windhoek à table et discutons ensembles de nos voyages.
Lundi 2 août
Petit déjeuner au lodge, retour en bateau et nous reprenons possession de notre véhicule resté sur le parking. Comme la visite de la veille n’a pas été fructueuse, nous décidons de visiter à nouveau le parc de Mahangu après avoir repassé la frontière. Nous payons une fois de plus l’entrée et reprenons la même piste.
Cette fois, dans sa première partie, nous voyons des zèbres, des hippotragues et des girafes. Toujours pas d’éléphants.
Nous roulons ensuite en direction de Kongola où, après un petit ravitaillement nous séjournerons pour une nuit au camping du Mazambala island lodge.
Mardi 3 août
Nous plions une dernière fois les tentes sur toit, enlevons les duvets, offrons à une jeune fille du camping une couette que nous avions acheté à Mariental après notre première nuit si froide et repassons la frontière aujourd’hui encore pour aller au Botswana à Kasane. Cette fois, nous passons au pont de Ngoma. A cet endroit, le poste de frontière est plus grand que la veille. Il y a même… une barrière sanitaire. Nous n’avons pas le droit de faire passer de la viande de bœuf crue au Botswana en venant de Namibie. Pas de problème, nous n’avons que du biltong, viande de bœuf séchée. Ben oui… mais c’est cru quand même et je me fais saisir l’équivalent de 17€ de viande !!! Faut être bête quand même !!! Si nous avions mis le Biltong ailleurs que dans la glacière ou le frigo, on l’aurait passé mais bon…
De l’autre côté de la frontière, nous empruntons la route nord qui traverse le parc de Chobe. Nous voyons à plusieurs reprises des éléphants traverser la route ou stationner en bordure. Nous sommes éberlués. Enfin des éléphants tout prêts de nous.
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Nous arrivons à Kasane en début d’après-midi et faisons le check in au Water Lily lodge.
Ce n’est pas le super luxe mais l’hôtel est correct. La chambre un peu vieillotte, un matelas jeté au sol pour faire le troisième couchage…
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Vers 15h nous partons avec un couple d’anglais pour un game drive à Chobe.
Les compagnies qui peuvent emmener des touristes sont assez nombreuses à Kasane. Nous faisons confiance à l’hôtel pour nous organiser ça.
Nous payons les droits d’entrée du parc élevés 120 pulas par personne et 300 pula pour le drive.
Les pistes de Chobe sont très sablonneuses et nous apprécions d’avoir un chauffeur pour nous conduire dans le parc qui ne possède pas ou si peu de signalisation. Nous longeons la rivi��re et voyons de nombreux éléphants, girafes, hippopotames et enfin des buffles après lesquels nous courrions depuis plusieurs jours.
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Soudain, En fin de drive vers 17 h00, effervescence entre les chauffeurs des différentes compagnies. Un léopard a été vu non loin. Nous nous rendons sur place à toute vitesse et là, c’est un embouteillage en règle et chacun y va de son autorité pour permettre à ses clients de voir l’animal. Heureusement, personne ne s’attarde outrageusement mais la bête n’est surement pas dans son état normal.
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Nous avons presque réalisé le Big Five. Il manque le guépard mais un léopard fera l’affaire.
Nous rentrons ensuite au lodge dans le froid et la nuit.
Nous dînons à l’hôtel le soir. Service lent mais plats corrects.
Mercredi 4 août
Lors de l’élaboration du voyage, un des projets consistait à voir les chutes Victoria. De ce fait, on doit laisser notre véhicule à Kasane. Un prestataire arrive vers midi récupérer le 4x4 avec le réservoir vide (ou presque).
Une fois le véhicule parti, nous allons en ville échanger quelques euros en pulas.
En revenant de la banque, nous nous arrêtons à la poste où pour 1€ nous avons accès à internet. C’est pas du haut débit mais comme nous n’avons pas pu nous connecter depuis 2 semaines, je souhaite donner des nouvelles à nos proches.
Première chose, jeter un œil sur les comptes bancaires. Bien nous en a prit. Nous constatons que ma carte Visa a été piratée et que nous avons 5.700€ d’achat en attente de débit fin août. Un message vite fait à la banque (enfin vite fait avec la touche @ qui marche pas et avec le stress de la découverte ça le fait pas trop) pour prévenir du fait et notre demi-heure de haut débit 56k est terminée. Pour les nouvelles à la famille, on enverra des textos.
Du coup, carte Visa bloquée, on finira avec la Mastercard d’Isabelle.
L’après-midi est consacré à la détente et à divers échanges téléphoniques avec le banquier jusqu’au départ en bateau à 15 h 00 pour un « boat-cruise » la rivière Chobe.
Nous sommes à bord d’un petit bateau pouvant recevoir 8 personnes et nous sommes… trois plus le capitaine.
Comme pour le game en voiture, nous payons à nouveau l’entrée du parc et de la balade en bateau.
La petitesse du bateau nous permet de nous faufiler dans des bras de la rivière que les gros catamarans (avec parfois 100 personnes à bord) ne peuvent pas atteindre. Nous prenons beaucoup de plaisir à voguer sur les eaux calmes entre les crocodiles, les hippopotames et autres varans, éléphants, etc.
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Nous voyons, une des plus belles images de nos vacances. Plusieurs centaines d’éléphants, environ 500 d’après notre cap’ tain passent sur un banc de terre et se dirigent vers un endroit où pousse de l’herbe tendre et grasse.
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Nous restons peut-être une demi-heure sur place, bateau échoué à attendre la bonne lumière. C’est magique.
Nous retournons au lodge à 18h30 satisfaits, l’impression d’avoir eu un truc pour nous seuls. Quel bel après-midi!
Jeudi 5 août
Comme tu as tout suivi, tu as remarqué que nous n’avions plus de voiture.
Ce matin, il est prévu que l’on passe nous chercher à 9h30 pour nous conduire à Victoria Falls.
A 8h30 nous sommes prêts et patientons au bord de la piscine. A 9h00, notre chauffeur arrive. Il nous conduit avec d’autres voyageurs à la frontière Zambienne pour certains d’entre nous et Zimbabwéenne pour d’autres où un autre chauffeur nous attend, de l’autre côté de la barrière marquant le passage entre les deux Etats. Nous avons l’impression d’être à Check Point Charlie du temps de la guerre froide et nous passons avec nos valises à la main en essayant de ne rien oublier.
Notre nouveau chauffeur s’appelle Frederick. Il a un prénom super sympa.
Arrivés à Victoria Falls, je me rends compte que j’ai oublié mon chapeau (un Stetson acheté à Kanab en Utah en 2007). Là, je suis vert…A tous les coups, je l’ai probablement oublié lorsqu’on a payé les visas pour entrer au Zimbabwe. Je fais part à Frederick de mon désarroi et lui demande s’il retourne sur place aujourd’hui ou demain faire un transfert de voyageurs de jeter un œil dans le bureau de la douane.
Le Victoria falls Hôtel est un très vieil établissement au charme suranné de l’Empire Anglais de la reine Victoria.
Nous héritons d’une chambre vieillotte en bout de couloir mais bon… ça roule quand même.
En début d’après-midi nous partons visiter le site des chutes Victoria. Nous sommes accompagnés d’un policier entre la sortie de l’hôtel et l’entrée du site des chutes. C’est un peu lourd en fait, surtout que nous n’avons pas l’impression que ça craint, mais on ne peut pas y échapper. Quelques vendeurs à la sauvette nous accompagnent.
Les chutes de Niagara sont les plus grandes en débit, les chutes de Iguaçu sont les plus larges et les chutes Victoria sont les plus hautes. C’est du moins ce que nous lisons à l’entrée du site. Comme ça, tout le monde il est content !
L’entrée est payante. Tu parles, 30 US$ par personne! C’est extrêmement cher, surtout que ce n’est pas le président Mugabe qui les a creusées en personne…
Le site est magnifique, la rain Forest très impressionnante et au bout de 2 heures nous sommes au bout du site. Nous avons vue sur le pont qui enjambe la rivière Zambèze marquant la frontière entre le Zimbabwe où nous sommes et la Zambie.
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Nous faisons l’impasse sur toutes les activités possible et imaginable dans un tel cadre (vol en ULM, hélicoptère, base dump, tyrolienne, safari, château de sable, etc.) qui sont toujours très chères.
Nous faisons une incursion en ville à pied pour sentir un peu l’atmosphère. La vie est très difficile au Zimbabwe et la population souffre énormément. Les vendeurs de souvenirs sont assez pressants (c’est un mot faible) et nous faisons demi-tour assez vite, on n’a pas envie aujourd’hui d’être harcelés.
Nous rentrons à l’hôtel et lorsque nous arrivons à la chambre, la réception appelle. Notre chauffeur Frederick nous fait demander, il a mon chapeau. J’arrache un (gros) billet de mon porte-monnaie et cours à la rencontre de mon sauveur. Il est là, le Stetson à la main.
Frederick m’explique que j’ai perdu mon couvre-chef le matin en montant dans le van. Apparemment des gens l’on vu et nous ont appelés mais nous avons été sourds à leurs cris. Frederick est retourné sur place l’après-midi, le chapeau l’attendait posé sur un poteau.
Je le remercie chaleureusement, cet objet est plus qu’un chapeau pour moi.
Nous dînons à l’hôtel.
Vendredi 6 août
Petit déjeuner à volonté au Victoria falls hôtel. Le meilleur et toujours à l’anglaise. Nous adorons cela.
En matinée, nous nous rendons à un point de vue entre la seconde et la troisième gorge. De là nous voyons le Zambèze et la frontière avec la Zambie.
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Initialement nous souhaitions nous rendre en Zambie voir les chutes sous un autre angle que la veille. Le prix du visa (20 US$ par personne) et de l’entrée au site (30 US$ par personne) nous fait reculer.
Nous allons ensuite au Curio village acheter quelques souvenirs. Ca se fait un peu dans la douleur, les commerçants sont très pressants et lorsqu’ils sont à bout d’argument pour vendre des statuettes qui sont toutes identiques, veulent procéder à des échanges de tee-shirt, chaussures et même de nos chaussettes. Ce n’est pas évident.
L’après-midi, la piscine s’offre à nous. Une demi-journée de pur repos à glander sans rien faire sur 24 jours, c’est peu finalement et chacun à droit au repos. J'en profite pour faire des photos de l'hôtel.
122 - Victoria Falls hôtel
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En milieu d’après-midi, je ne tiens plus en place et je retourne seul à pied au point de vue où nous étions le matin pour avoir une autre lumière mais le site est à l’ombre. Je suis déçu.
Samedi 7 août
Nous décollons à 13h20 de Victoria falls airport en direction de Johannesburg et à 19h30 de Johannesburg pour Paris.
Le voyage, comme d’habitude est long et l’arrivée le dimanche matin à Roissy CDG à 6h30 un cauchemar. Nous récupérons nos valises, rentrons à la maison. Lundi 9 août
Au boulot…c’est brutal…
Le bilan :
Le retour a eu lieu il y a 5 semaines déjà.
Le voyage s’est décanté.
Si dans un premier temps nous n’étions pas aussi enthousiastes que lors de nos voyages aux USA, nous avons depuis révisé notre jugement et avons profondément aimé la région, les gens et la liberté que nous ont procurés ces vacances.
J’ai aimé cette lumière, si pure le matin et le soir, que je n’avais jamais eu auparavant. Ces nuits étoilées...
Merci à Vilcanota qui m'a prêté une partie du matériel photographique et grâce à qui j'ai réussi à faire quelques clichés... 😛
Présentation des aventuriers « C’est qui qui vient ? »
Nous sommes une famille de 4 personnes.
Notre ainée (20 ans déjà !) ne nous accompagne pas cette année. Elle travaille durant tout le mois de juillet et part ensuite au mois d’août en vacances avec des amis.
Maxime, notre fils de 16 ans vient avec nous. Homme à tout faire et encyclopédie animalière, il a été durant toutes les vacances notre référant lorsque nous ne savions pas à quel animal nous avions affaire.
Isabelle, photographe: n’avait pas grande idée de ce que seraient ces vacances et nuits partagées entre camping et lodges.
Fred, photographe et écrivain : a préparé à l’aide de divers forums les vacances et a établi comme chaque année et quasi démocratiquement la destination de ce voyage.
Pas des baroudeurs mais un certain goût (ou un goût certain) pour les voyages.
La genèse ou « Pourquoi on en est arrivé là »
Enfant, je rêvais à la lecture des aventures de Tintin et de celles de Tarzan, l’homme singe. Je refaisais les histoires et sortais souvent vainqueur de mes combats avec des bêtes sauvages.
Mon goût prononcé pour la culture anglo-saxonne m’a fait imaginer le Docteur Livingstone et les chutes de la reine Victoria
La lecture de plusieurs récits de voyage a fini par me décider dès l’entrée de l’hiver 2010. Cette année nous partirons en Namibie.
Pour paraphraser un copain, il faut juste oublier que c’est en Afrique et que c’est au sud. Là-bas, en Afrique australe, à cette période c’est l’hiver.
Ben c’est pas grave, on se couvrira.
La carte du trajet ou « C’est par là qu’on va »
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Le voyage ou "Notre aventure pas à pas »
Mardi 13 juillet
Dernier jour de travail. Quelques messages sur VF pour faire mes adieux sur le forum "Afrique Centrale et de l'Ouest". Je travaille jusqu'au dernier moment et laisse la responsabilité à Isabelle et Maxime de boucler les valises et de tout apporter à l'aéroport au terminal 2E de Roissy CDG où nous devons nous retrouver. Je les rejoins pour ma part en transports en commun.
Notre avion décolle à 23h20 de Roissy Charles de Gaulle en direction de Johannesburg. Nous voyageons sur Air France à bord du A380.
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Le vol se déroule sans histoires et nous atterrissons en Afrique du Sud à 9h15.
Mercredi 14 juillet
Nous récupérons tous nos bagages et nous nous dirigeons vers les correspondances dans l’aérogare à la recherche du comptoir de South Africa airways pour un décollage prévu à 13h20 en direction de Windhoek. L’aide d’un porteur dûment équipé d’un gilet aux couleurs de l’aéroport nous permet de passer le check in sans faire la queue. Manque de chance, notre porteur est fan de football. Nous échangeons nos impressions sur le foot et le « jeu à la française » mais surtout de l’image envoyée au monde lors de la piètre prestation de notre équipe nationale. Nous réfléchissons à l’opportunité de nous faire passer pour belges pour le reste du séjour mais renonçons assez vite à cette idée et décidons d’assumer les railleries. Elles ne seront finalement pas si nombreuses. Le vol en direction de Windhoek se déroule sans encombre. Je suis placé à côté d’un citoyen américain qui fait le voyage plusieurs fois par an. Il habite à Salt Lake City (UT) et nous échangeons durant une heure nos souvenirs de voyages dans la région de Moab et de Capitol Reef. L’arrivée à Windhoek se fait à 14h20 comme prévu. Notre loueur de voiture a dépêché un chauffeur avec un véhicule pour venir nous chercher à l’aéroport.
3 - Aéroport de Windhoek
Nous prenons la route à destination de Windhoek et découvrons le paysage.
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Une demi-heure plus tard nous sommes arrivés à destination chez African Tracks et prenons possession de notre 4x4 NISSAN. Il n’est pas neuf et a 139.000km au compteur. Par contre, il est chaussé de pneus récents qui nous permettrons de ne pas subir une seule crevaison durant tout le voyage. Accueillis par le prestataire qui s’est occupé de la réservation et de l’intendance de notre voyage, nous nous rendons à notre première étape hôtelière tous les 3 dans le 4x4. Bon.... passer les vitesses avec la main gauche... tiens, la première c’est dans le même sens, en haut à gauche. Première intersection, je me retrouve sur la file de droite (à contre sens donc) en ayant déclenché les essuies glaces au lieu du clignotant. Les commandes essuie glace et clignotant sont inversées et prêtent à confusion). Ca sera d’ailleurs une constante durant tout le voyage. J’ai l’impression de conduire face à un miroir. Le trajet se déroule finalement correctement. Nous arrivons à notre hôtel: The Bougain Villa Guesthouse dans le quartier de Klein Windhoek.
5 - Bougain Villa guesthouse
Nous posons nos affaires et après un rapide repérage des lieux nous reprenons la route pour dîner un peu plus loin dans un restaurant le Kubata où nous avalons des parts de viande de 600g!!! Nous rentrons nous coucher, allumons le chauffage car il fait un peu frisquet tout de même et nous nous lovons dans les draps. Demain, direction le Sud !!
Jeudi 15 juillet
Après un solide petit déjeuner pris à l’hôtel, nous partons vers 8h30 en direction du désert du Kalahari ; Non sans avoir fait au préalable des courses dans un petit supermarché de Klein Windhoek (Pates, riz, quelques boites de conserves, de l’eau, du charbon, papier essuie tout et une bouteille de vin blanc Sud Africain). Bref, tout ce qui est primordial d’emmener face à une nature que nous n’espérons pas hostile.
Nous prenons ensuite la route goudronnée (B1) en direction de Rehoboth. Je voulais dans un premier temps attaquer directement les pistes mais afin de me faire la main avec cette damnée conduite à gauche, je renonce. Les premiers kilomètres consistent à éviter les jeunes babouins qui traversent la route. Le Nissan se révèle poussif et a du mal à dépasser le 90 km/h. Nous sommes très chargés et les réservoirs sont pleins. Etrangement, plus tard dans notre voyage, j’arriverai à rouler à presque 120 km/h. Je ne me suis pas expliqué cette différence. Quelques photos sont faites sur la route mais rien de génial. Arrivé à Rehoboth, nous prenons la piste C25.
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La route est belle et nous apercevons nos premiers animaux sauvages. Nous sommes néanmoins surpris de constater que la route est bordée de clôture. Nos clichés nous laissent sur notre faim, on ne va jamais oser montrer nos photos, les gens vont penser que nous étions au zoo de Saint Vrain!!
7 - Nids Républicain social
8 - koudous
Les dunes succèdent aux dunes, nous prenons ensuite la piste D1212 puis D1215 qui longe un pan. Nous ne croisons aucun véhicule. Nous arrivons au Bagatelle Kalahari game lodge vers 15 h 00. Celui-ci se situe sur la D1268. L’accueil est bon, notre hôte nous convoie jusqu’à notre emplacement de camping.
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Celui-ci possède son propre sanitaire avec WC, lavabo et douche avec de l’eau chaude produite grâce à un chauffe-eau au gaz. Nous montons pour la première fois les tentes sur le toit de notre véhicule et nous nous en sortons bien. Nous déballons la table, les chaises, les caisses de matériel de camping. Que de manutention!! C’est invariable durant tout le séjour. Maxime qui se demandait pourquoi on l’emmenait a sa réponse. Il grimpe dans le pick up et donne de sa personne, toujours avec enthousiasme et bonne humeur.
Une petite balade dans les dunes, nous apercevons des Springboks.
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Nous allumons notre premier feu, prenons notre premier repas et recevons la visite d’un springbok apprivoisé ou tout du moins habitué à la présence humaine et au lodge. Il fait froid.
Nous allons nous coucher dès la nuit noire tombée.... à 19h00.
Vendredi 16 juillet
La nuit a été pour le moins très froide. Il y a de la glace sur la face intérieure de la tente le matin lorsque nous nous levons à 6h30 !!! Renseignement pris au lodge, la température est descendue à 4°C cette nuit. Le petit déjeuner nous réchauffe un peu, les mains contre le mug de café, mais bien moins que les premiers rayons de soleil qui inondent la plaine.
Le Springbok qui nous a accompagnés lors du repas la veille au soir est encore là ce matin.
Nous plions les tentes pour la première fois. On est bon, ça se fait sans grand problème excepté le fait que les sangles qui maintiennent les tentes pliées sur le toit de la voiture sont gelées. Le froid nous meurtri les chairs (j’exagère un peu mais c’est pour mieux vous tenir en haleine).
Nous quittons le camp à 8h00 en direction de Sesriem. La route (C19) est bitumée jusqu’à Maltahöhe et se transforme ensuite en piste (36). Celle-ci est belle et je maitrise de mieux en mieux la conduite parfois acrobatique de ce type de revêtement. Les paysages se succèdent. Tsarishoogte pass se traverse sans difficulté et le pique-nique du midi se fera d’ailleurs au pied de cette dernière. L’ouvre-boite étant inaccessible dans le coffre, nous opérons la conserve achetée la veille au tournevis et au marteau tant bien que mal au pied d’un arbre.
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La piste devient plus rude (D826) et les passagers sont soumis à d’incessantes vibrations dues à l’effet “tôle ondulée”. Enfin, nous arrivons au camping de Sesriem.
Nous nous présentons à la réception avec notre voucher et profitons de ce moment pour acheter les places qui nous permettrons le lendemain de visiter le site de Sossusvlei. Acheter ces places la veille nous évitera de faire la queue le lendemain matin et de perdre du temps.
L’emplacement N°3 nous est attribué.
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Le camping est sympa, bien que très poussiéreux et peuplé de touristes. Le soir, restaurant avec de belles pièces de viande et un T-bone de compétition.
Coucher vers 20h30
Samedi 17 juillet
La porte d’accès au site ouvre à 7h30. Néanmoins l’accès pour les campeurs se fait une heure avant. Dès 6h00, bruits de portières, moteurs qui ronflent durant de longues minutes (on se demande quel plaisir ont les gens à faire tourner leur moteur durant 20 minutes mais bon....)
Pour notre part nous décidons de nous intercaler entre les 2 départs et prenons la route des dunes vers 7h00. L’avantage est que nous sommes seuls sur la route. Tout le monde est parti depuis une demi-heure déjà et les suivants ne passeront la ligne que dans 30 minutes. Personne devant, personne derrière pendant 45 km.
Le soleil se lève et nous profitons de la golden hour.
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Une autruche tente de faire la course.
Arrivés à la Dune 45 (au 45ème kilomètre du site), nous constatons qu’il y a déjà plusieurs voitures dont 2-3 tours opérateurs avec les chauffeurs et guides qui préparent le petit déjeuner pendant que leurs clients grimpent la Dune. C’est pas con ça...
Nous entamons la montée par la crête... et tout de suite, c’est l’enfer... A chaque pas que l’on fait en direction du sommet, une force appelée “gravité” fait redescendre le pied de la moitié du pas exécuté (tu me suis là?)
Tu montes de 30 cm et redescends de 15 cm...Et tout ça sous un vent extrêmement violent. D’ailleurs, ce jour, pas de vol en montgolfière.
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On arrive quand même quasiment au sommet. On reprend notre souffle tant bien que mal et redescendons. Même principe. Tu fais un pas de 30 cm et glisse vers le bas de 15 cm, mais là, c’est cool.
Maxime, lui, préfère couper court et dévale la dune en ligne droite.
Arrivés en bas, nous nous restaurons de quelques gâteaux secs et de jus d’orange et reprenons le chemin en direction de Dead Vlei. Nous parcourons à nouveau une quinzaine de kilomètres avant de nous garer pour visiter Dead Vlei
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Après une marche d’environ 1 km à travers quelques dunes que nous gravissons cette fois sans efforts démesurés, nous arrivons sur le site.
20 - Dead Vlei
Dead Vlei est une cuvette d’argile où des marais s’étaient formés lors d’inondations et de crus des rivières environnantes.
Des acacias ont poussé dans ce marécage et sont morts lorsque le marais s’est asséché à cause des dunes environnantes qui ont coupé l’accès de l’eau au Vlei.
L’endroit est magnifique. Le contraste du sable rouge oxydé et de l’argile blanche est saisissant.
21 - Dead Vlei
Après un moment passé sur place, nous retournons à notre véhicule en direction de Sossusvlei. Nous atteignons le parking que les véhicules 2x4 ne doivent pas dépasser et qui marque la fin de la route bitumée. Là, des chauffeurs avec des navettes se proposent de nous emmener à Sossusvlei. Je refuse et me drape dans ma dignité.
L’arrêt technique est rapide pour dégonfler les pneus à 1,8 bar et nous attaquons les 5 kilomètres de piste sablonneuse pas trop rassurés. Nous suivons les traces qu’ont laissées nos prédécesseurs et nous nous en sortons pas si mal que ça. C’est même assez amusant en fait et je prends un peu d‘assurance. On s’ensable finalement une fois car j‘ai perdu de la vitesse à cause d’un moment d’hésitation… Aïe… vitesse courte, marche arrière, marche avant et ça repart au grand soulagement de chacun.
Nous arrivons enfin sur le parking de Sossusvlei.
Nous randonnons au pied des dunes dans la rivière asséchée la Tsauchab.
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24 Panorama vallée Tsauchaub
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Nous pique-niquons à l’ombre d’un arbre sur une des tables laissées à disposition des touristes.
Des oiseaux peu farouches nous tiennent compagnie, alléchés par les miettes de pain que nous leur offrons.
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Nous reprenons la piste en direction de la sortie. Quelques hésitations dans la partie sablonneuse car les traces partent un peu dans tous les sens sur le plateau mais nous arrivons sans encombre au parking 2x4. Je renonce à regonfler les 4 pneus avec la pompe manuelle et décide d’attendre de relier une station service afin de procéder à cela.
Après avoir acheté quelques sodas bien frais à la réception du camping, nous partons en direction du canyon de Sesriem qui se situe 5 km plus loin.
La piste qui y mène est assez rude et très caillouteuse mais sans difficulté majeure.
Le parking en partie haute du canyon est quasi désert. 2 véhicules stationnés seulement. Nous descendons dans le canyon par un accès facilité par des marches. Après avoir croisé quelques visiteurs, nous entamons notre marche à l’intérieur du canyon. Celui-ci s’élargit assez vite et la balade se fait sous le soleil.
28 - Canyon de Sesriem
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Après trois quart d’heure de marche, nous faisons demi-tour, les mouches sont envahissantes.
Au retour nous pénétrons la partie étroite du canyon mais devons nous arrêter rapidement car de l’eau bloque le passage. Nous nous remémorons alors notre visite à Water hole Canyon à Page (AZ) et retournons à notre véhicule.
Nous réinstallons le campement.
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Après l’apéritif et un barbecue, nous nous couchons. Les nuits sont plus chaudes, ça va bien.
Dimanche 18 juillet
Lever à 7h00 sans précipitation. Aujourd’hui, peu de route pour rejoindre le Gecko camp. Petit déjeuner tranquille, vaisselle de la veille et nous quittons Sesriem à 9h00 après avoir fait le plein d’essence et remis la pression des pneus à leur valeur de 2,2 bar.
Direction le parc de Naukluft.
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Nous arrivons au parc assez tard finalement. Mauvaise appréciation du temps nécessaire à relier la route.
34 - accès à Olive trail
Nous débutons le parcours de l’Olive trail vers midi. Nous voyons à bonne distance des zèbres que nous supposons être des zèbres des montagnes et des oréotragues.
35 - Zèbres dans le parc de Naukluft
Nous pique-niquons sur place. Puis nous faisons un arrêt à Solitaire où nous dégustons un fameux apple strudel.
36 - Solitaire
37 - Boutique à Solitaire
Nous reprenons la piste en direction de Gecko camp. Après avoir lu pas mal de commentaires sur ce camp, nous nous attendions à un accueil chaleureux. Il n’en a rien été et nous sommes allé seuls nous installer au Hilltop campsite en suivant les indications vaguement données par nos hôtes. Le camping de la colline possède un seul emplacement. Le nôtre. Les sanitaires sont sympas, une table avec 2 bancs nous attendent. Très sympa. Un vrai sentiment de « Out of Africa ».
38 - Panorama depuis hilltop campsite Gecko camp
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La nuit sur cet emplacement sera mauvaise à cause du vent violent qui bat les toiles de tente jusqu’à une heure du matin.
Lundi 19 juillet
Réveil à 6h00. J’allume le Donkey pour que l’eau de la douche soit chaude et nous petit-déjeunons.
La douche se révèle froide. Je n’ai pas du mettre assez de bois. L’apprentissage se fait aux dépends d’Isabelle. Bon… l’eau froide, c’est bon pour la peau dit-on.
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Nous quittons Gecko camp. La piste pour Walvis Bay est longue et monotone. Difficile parfois à cause des trous, des bosses, etc.
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Grand moment du voyage, nous passons le tropique du Capricorne et sacrifions à la photo souvenir...
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Nous stoppons à Walvis et parcourons le front de mer. Nous déjeunons au Raft, restaurant sur pilotis qui sert des pizzas, burgers et seafood. Adresse sympa. Quelques vendeurs à la sauvette nous accostent. Nous aurons noté durant l’ensemble de notre voyage en Namibie l’amabilité et la gentillesse de ces commerçants qui ne sont jamais agressifs bien que ne lâchant pas facilement l’affaire. En règle générale, les namibiens avec qui nous aurons à faire ont toujours été sympathiques.
Nous achetons quelques souvenirs et joignons la route vers Swakopmund et le Brigadoon lodge où nous passerons 2 nuits.
44 - chambre Brigadoon lodge
Bed and Breakfast à deux pas de la plage, très bonne adresse.
Mardi 20 juillet
Lever à 7h30 et petit déjeuner copieux à 8h00 sur la terrasse de notre chambre.
A 8h30, nous partons avec Desert Explorers faire du quad dans les dunes. C’est une activité très sympa. 2 heures à faire du roller coster.
Nous faisons quelques courses au supermarché pour le pique-nique du jour. De retour au B&B, décidons finalement de monter finalement à Cape Cross qui se situe 125 km au nord. En chemin, nous nous arrêtons à Hentiesbaai pour nous restaurer et 45 km plus loin arrivons à Cape Cross pour visiter une colonie d’otaries.
Nous nous acquittons des droits d’entrée (30N$ par personne) et immédiatement nous sentons que nous sommes arrivés. Quand j’écris nous sentons, c’est un euphémisme. L’odeur pique les yeux et si tu as perdu l’odorat, il te reste le bruit.
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Malgré tout, cette colonie peuplée de milliers d’individus est très impressionnante. Le retour se fait dans l’après-midi sur cette belle piste lisse de Schiste mais dans un brouillard à couper au couteau. De toute façon, nous ne manquons rien car le paysage est des plus monotone.
48 - Retour de Cape Cross
Le soir, dîner au Lighthouse restaurant.
Mercredi 21 juillet
Comme c’est devenu la coutume, nous quittons Swakopmund de bonne heure le matin. L’arrêt à la station service pour faire le plein (en moyenne nous mettrons 100 litres à chaque fois), vérifier la pression des pneus et les niveaux nous prend encore une fois une demi-heure. C’est un moment que nous mettons à profit (et rolle) pour échanger avec le pompiste qui s’occupe de nous.
Après avoir gagné Hentiesbaai par la C34, nous prenons la piste (C35) en direction de Uis
Cette route vers Uis est la plus…barbante de tout le voyage. 100 km de ligne droite, légèrement montante. Le 4x4 est durant tout ce tronçon hésitant entre la 4° vitesse rugissante et la 5° mollassonne. Nous croisons de nombreux Himbas assis à l’ombre d’un panneau routier ou d’un arbre ainsi que des boutiques tenues par des Hereros. Nous nous arrêtons faire quelques achats et échanger mais c’est décevant. On peut prendre des photos moyennant 10 N$ par photo.
Puis nous traversons le plateau du Brandberg par la 2612 à travers de splendides paysages.
Un véhicule est arrêté sur le bord de la piste comme à l’affut. Comme souvent dans ce cas, nous ralentissons. Le chauffeur nous fait signe de nous arrêter et nous apercevons alors entre les arbres deux éléphants à une centaine de mètres. Ce sont les premiers que nous voyons et nous sommes tout excités.
49 - Image furtive de nos premiers éléphants
Quelques photos plus tard, nous arrivons au Mowani Mountain Camp.
Accueil pour le moins… froid du propriétaire qui nous précise sans ménagement que nous sommes à l’accueil du lodge. Nous versons notre écot et nous nous replions vers le terrain de camping, le « coin des pauvres ». Nous n’avons droit à aucune des facilités du lodge, même pas le droit de jeter un œil à la partie hôtelière. Pour l’hospitalité, on repassera.
Le camping se situe à droite de l’entrée gardée du lodge. Quelque centaines de mètres de piste facile et nous voilà sur notre emplacement. Adossés à une colline, l’endroit est vraiment agréable et beau si ce n’était la présence des mouches qui gâche notre plaisir.
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52 - La douche
53 - Vue depuis la douche...
Nous attendons que la nuit tombe pour que ces dernières nous laissent tranquille. Une douche à l’air libre nous rafraichi et nous dînons d’une plâtrée de pâtes avant de nous coucher.
Jeudi 22 juillet
Le rituel du petit déjeuner, des tentes pliées et de la douche froide passé, nous partons de bonne heure en direction du site de Twyfelfontein. La visite débute à 8h30 et partons accompagnés de notre guide et d’un couple d’anglo-sud-africains visiter l’art rupestre ancestral des bushmen. La visite est plaisante et dure une petite heure.
54 - site de Twyfelfontein
55 - Lion man
Nous enchainons par la visite de Organ pipes et Burnt Mountain. Ces 2 sites ne présentent pas un grand intérêt mais leur proximité de Twyfelfontein en fait des lieux incontournables.
56-57 - Organ pipes et burnt mountain
Nous reprenons la piste, direction Palmwag où nous devons passer la nuit en lodge (avec les riches donc si on en croit l’accueil de la veille).
Arrivés en début d’après-midi sur place, nous patientons au bord de la piscine le temps que nos chambres soient prêtes.
Sevrés que nous sommes de rencontres avec les animaux depuis plusieurs jours, nous investissons 400 N$ par personne et partons à 15 heures faire un game drive.
Celui-ci s’avère correct, notre chauffeur Everest (qui pourtant n’en fait pas toute une montagne) est très agréable et pas économe d’anecdotes et de renseignements quant à la vie des animaux.
Lorsque nous quittons la route principale pour nous lancer à travers la savane sur une piste caillouteuse, le terme de safari prend tout son sens. La conduite est assez violente et nous sommes ballotés comme dans le tambour d’une machine à laver. Nous croisons nombre d’animaux et apercevons un éléphant qui s’abreuve dans le lit de la rivière.
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Après un apéritif organisé par Everest (qui tombe à pic) au soleil couchant.
60 - Apéritif dans le bush
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Nous nous retournons vers le lodge.
Dîner sur place. Menu identique pour tous les pensionnaires. Roti de Springbok que nous accompagnons d’un délicieux vin Sud-africain.
Vendredi 23 juillet
Après une bonne nuit dans un lit douillet, nous quittons Palmwag dans la mâtiné en direction de Ongongo et sa source d’eau chaude.
Nous reprenons la piste rocailleuse que nous avons parcouru partiellement la veille lors du game drive lorsque Maxime aperçoit un troupeau de girafes. Elles sont en contrebas de la route.
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Le voyage se poursuit lentement, nous profitons du paysage et sommes à l’affût d’animaux que nous sommes susceptibles de voir à tout instant. De nombreux panneaux routiers nous indiquent que nous pouvons rencontrer des éléphants. Il n’en sera rien.
Je jette un œil à la jauge d’essence et estime que nous devons faire le plein. Un œil à la carte et nous dépassons le village d’Ongongo pour aller plus loin à Seisfontein. Nous croisons en route une Outarde Curie qui est le plus grand oiseau volant.
Las, arrivé à Seisfontein il n’y a plus d’essence. La station service est en rupture d’approvisionnement et après avoir jeté un œil au fort transformé en hôtel (dans un cadre très sympa d’ailleurs) et fait quelques courses en ville, nous retournons sur nos pas en direction de Ongongo community camp. Demain, il faudra trouver de l’essence et vite.
La piste rocailleuse qui mène au camp fait une dizaine de kilomètres. Arrivés au camp, nous descendons vers la rivière et prenons possession de l’emplacement le plus proche de celle-ci. Nous déjeunons ici puis finalement remontons occuper une place plus grande et plus pratique dans la partie haute du camping. Bien nous en a pris, les milliers de grenouilles ont fait un vacarme extraordinaire durant toute le nuit. Vacarme atténué par le fait que nous étions loin de la rivière.
L’après-midi se passe en mode « repos » à Warmquelle, piscine naturelle d’eau chaude où nous nous baignons dans une eau limpide et turquoise réservée à nous seuls.
63 - Warmquelle
Le soir, douche dans la plus grande salle de bain du monde, dîner et coucher.
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65-Bloc sanitaire vu de l'extérieur - 66 - douche
67 - Dans la douche, la plus grande salle de bain du monde... vue imprenable
Samedi 24 juillet
Le petit déjeuner avalé et les tentes pliées, nous continuons notre route vers le nord et Epupa où nous devons être ce soir. Durée du trajet prévisionnel 6 heures.
Des allemands rencontrés la veille nous ont dit tout le bien qu’ils pensaient de Epupa falls, nous préviennent que la route sera longue… et qu’il n’y a pas de carburant à Seisfontein. Oui, merci, je savais.
La piste (D3704) en direction de Opuwo est assez roulante. Soudain, au détour d’un virage, on a l’impression qu’elle n’existe plus. Nous croyons être dans le lit pierreux d’une rivière à sec durant une cinquantaine de mètres. On imagine mal des camions passer par là mais nous en croiserons un néanmoins plus tard.
Un peu plus loin, nous arrivons à Joubert Pass. La piste est bitumée. Nous comprenons rapidement pourquoi. La pente est si forte que le 4x4 perd de la vitesse au point de refuser d’avancer plus loin. Je stoppe, passe la première et essaye de démarrer au frein à main. Impossible. Je me questionne, chacun à bord se demande comment on peut monter une telle côte avec un tel pourcentage !! Au moment où je me dis que je vais faire une marche arrière pour essayer de prendre un peu de vitesse dans la descente précédente, je me ravise et pense à passer la première « low gear ». La puissance du couple permet au véhicule de grimper la déclivité et, au pas, d’arriver au sommet.
Coup de chaud…
Arrivés à Opuwo, nous faisons le plein, (110 litres encore une fois) et sommes assaillis par les enfants qui veulent garder notre voiture pendant que nous faisons quelques courses et par les vendeuses de souvenirs. Après les courses au supermarché, nous repartons vers Epupa, 180 km plus loin.
Quelques kilomètres après Opuwo, nous nous arrêtons sous un arbre pour déjeuner. 2 enfants d’une dizaine d’année sur un âne arrivent à leur tour et nous dévisagent. Nous leur offrons des bonbons afin der rompre la glace. Quelques minutes plus tard leurs parents arrivent à leur tour sur un âne, charriant du bois. La conversation s’engage en anglais. Ils nous expliquent qu’ils vivent dans le bush à une petite distance de là. Nous les laissons là, sous leur arbre qui est le point de ralliement entre les parents et les enfants. L’homme nous demande quelque chose à manger. Nous leur offrons des gâteaux secs, du pain et nous poursuivons notre chemin.
Les paysages sont superbes, les troupeaux de bétail toujours aussi nombreux et nous atteignons Epupa en milieu d’après-midi.
68 - Cattle
Nous resterons 2 nuits au Epupa community campsite. C’est le camping le plus proche des chutes. Une magnifique terrasse en bois domine à une hauteur de 6 m la rivière Kuenene et après un rapide passage aux chutes, nous y buvons un verre en profitant du coucher de soleil et de l’endroit féerique.
69 - Epupa falls
70 - Ponton bar restaurant du community camp
71 - vue depuis le ponton
Dimanche 25 juillet
La veille, dès notre arrivée, nous avons été approchés par un guide qui nous a proposé ses services pour visiter un village Himba ou faire une randonnée.
Nous optons pour la visite d’un village Himba qui est le but de notre voyage dans cette région.
La visite du village est très intéressante. Notre guide Anita, nous révèle les coutumes Himba et nous facilite grandement les échanges avec ces gens d’une gentillesse infinie. Nous sommes très touchés par leur accueil. Nous avions peur de nous retrouver face à des bêtes de foire. Comment rester respectueux de ces gens et ne pas arriver en pays conquis en photographiant tout ce qui passe à portée d’objectif ?
Anita nous met à l’aise et les habitants du village aussi. Nous offrons des bonbons aux enfants mais devant leur difficulté à les manger nous nous rendons compte qu’ils n’ont pas retiré le papier transparent qui entoure celui-ci. Une autre culture…
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Nous quittons au bout de 2 heures à regret le village avec l’énorme sentiment d’avoir fait une rencontre réelle. Qu’en sera-t-il dans quelques années ?
Aujourd’hui, seules les femmes Himbas perpétuent les traditions. Les hommes sont revêtus de maillots de foot d’équipes européennes et ont un GSM à la main.
On a probablement contribué un peu ce matin à la disparition des coutumes ancestrales des Himbas.
De retour au camp, Anita nous guide le long de la rivière Kuenene en amont des chutes. Nous voyons des crocodiles à quelques mètres d’habitants se lavant dans la rivière, et plus loin des Velvets se nourrissant de noix de macadamia. Elle nous montre aussi la flore et nous conte des anecdotes.
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78 - Palmiers Makalani
L’après-midi sera dédié au repos au campement au bord de la rivière. En fin d’après-midi nous montons sur la colline avoisinante pour avoir les chutes en grand large…
79 - Epupa falls
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Lundi 26 juillet
Nous repartons vers le sud et empruntons à nouveau la piste qui relie Epupa à Opuwo.
Après 3 h 00 de route, à l’intersection nous empruntons la route C41 puis plus loin la C35 qui nous mène à Hobatere lodge. La route est bitumée, roulante. Il faut juste faire attention aux troupeaux de bétail qui sont sur les bas côtés ou carrément au beau milieu de la route. Pour une voie limitée à 120 km/h, c’est surprenant. This is Africa.
Le paysage est ennuyant au possible.
Nous arrivons à l’entrée de la concession Hobatere lodge à 14 h 00. Celui-ci se trouve au bout d’une piste de 16 km dans la concession privée. Nous apercevons des girafes et des koudous. Ceci augure bien du reste de l’après-midi.
Nous sommes accueillis chaleureusement à la réception de l’hôtel avec un jus de fruit. Nous prenons possession de notre chambre et sommes invités par Shawn à prendre le thé à 15h00 au restaurant.
Le thé est offert aux résidents avec quelques gâteaux faits maison. Shawn qui est le patron du lieu a toujours vécu ici depuis l’enfance. Ce sont ses parents qui ont monté l’affaire. Questionné, il nous explique que c’est lui qui s’occupe du ravitaillement en volant avec son propre avion. Il y a en effet un petit aérodrome contigu au lodge.
En dehors des clôtures du lodge, un hide a été construit. Shawn nous y accompagne à bord d’un vieux Range Rover de 1979. Tout est mécanique sur cet engin nous explique-t-il. Il n’y a que les phares qui soient électriques. C’est mieux pour l’entretien.
Le hide est située à 1 km du lodge à proximité d’un point d’eau très fréquenté par les animaux.
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Pas question d’y aller à pied. Effectivement, nous passons à côté d’éléphants, c’est très impressionnant.
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Nous restons 1h30 à observer les zèbres qui s’abreuvent sous le regard de 3 lionnes. L’agitation et l'anxieté qui s’empare du troupeau de zèbres est palpable.
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L’une des lionnes viendra à proximité du point d’eau en fin d’après-midi.
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Repas au lodge autour d’un grand feu, nuit calme et reposante.
Mardi 27 juillet
Nous quittons à regret Hobatere après un super petit déjeuner en direction de Etosha NP.
Le parc d’Etosha doit être un grand moment du voyage. Nous sommes un peu sur notre faim quant aux animaux croisés depuis le début de notre aventure. Des Springboks craintifs nous en avons vu des quantités industrielles mais peu d’éléphants ou de girafes. Les zèbres, vus la veille on satisfait notre soif de rayures.
Nous refaisons les 16 km de piste pour relier la route principale (C35) et arrivons à la gate de Etosha vers midi. Nous payons les droits d’entrée pour 3 jours, le garde nous précise que nous devons ressortir avant 12 h 00 maximum vendredi 30 juillet.
Après avoir fait le check in pour accéder au camping, nous roulons sur la partie nord ouest du parc. Ca ne commence pas mal. Gnous, secretary bird, Oryx, springboks, de nombreux animaux sont là.
85 - Secretary
86 - Oryx
Le soir, petit tour au point d’eau d’Okaukuejo. Le meilleur de tous les points d’eau éclairés de Etosha. C’est un ballet incessant de rhinocéros, d’éléphants et de girafes qui viennent s’abreuver sous les projecteurs.
87 - Rhinocéros
88 - Une photo loupée parmi tant d'autres....
Mercredi 28 juillet
Journée consacrée à Etosha NP. Nous sillonnons le parc toute la journée de point d’eau en point d’eau, échangeant avec les véhicules croisés des informations sur la nature des rencontres à faire ou déjà faites.
89 - Point d'eau d'Okaukuejo
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Le point d’eau de Goas marquera l’apogée de la journée, nous apercevons une lionne tapie à l’ombre. A notre arrivée, elle de lève et va nonchalamment se coucher un peu plus loin.
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Les portes du parc ferment à 17h45, nous restons jusqu’au dernier moment sur les pistes afin de profiter des belles lumières et des nombreux troupeaux de girafes.
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Aujourd’hui, pas d’éléphant.
Nous dormons le soir dans un chalet bush du camp de Halali. Apéritif et barbecue sont au rendez-vous d’une soirée tranquille qui sera marquée par la visite d’un ratel.
Jeudi 29 juillet
Aujourd’hui, nous rallions le camp de Halali au camp de Namutoni où nous camperons. De la même façon que la veille, nous explorons les pistes du parc.
En fin de matinée, nous sommes seuls (ce qui est exceptionnel tout de même dans ce parc assez fréquenté) à observer une lionne couchée à l’ombre scrutant le point d’eau et les animaux qui s’y abreuvent.
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Le reste de la journée se déroule sur les pistes avec un arrêt en début d’après-midi dans le camping herbeux de Namutoni où nous prenons nos marques et un peu de repos.
Reprenant la route plus tard, nous verrons un rhinocéros au loin, un éléphant et toujours de nombreuses et somptueuses girafes.
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En rentrant au camp, une lionne traverse la route juste devant notre véhicule. Nous sommes si surpris et la rencontre est si rapide que nous manquons l’occasion de faire de belles photos.
Vendredi 30 juillet
Après un dernier tour dans Etosha à la recherche de Dik dik nous quittons le parc pour Tsintsabis à la rencontre des Bushmen.
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Nous arrivons en début d’après-midi au Treesleeper camp. Camp communautaire au milieu d’une forêt, très sympa… et pas bondé comme les camps d’Etosha.
Nous décidons suite à la proposition de notre hôte de faire la visite d’un camp bushmen. 300N$ par personne la balade, ça promet d’être sympa.
Nous quittons le camp à pied avec notre guide (qui est aussi barman-réceptionniste-traducteur et bushman) en direction de Tsintsabis qui est à une grosse demi-heure du camp. Nous faisons quelques achats d’aliments à l’épicerie communautaire pour les offrir aux bushmen qui nous accueillent.
Nous sommes vendredi 30 juillet. Jour de paye. C’est la fête au village. Sono avec des rythmes zouk à fond, alcool à gogo, nous sommes sur nos gardes, il n’y a pas de raison que l’alcool ne rende pas moins idiots les namibiens que les français.
Actuellement, une route se construit reliant Windhoek à l’Angola. Les ouvriers du chantier sont basés à Tsintsabis. Il y a en conséquence beaucoup de communautés et de peuples différents qui s’y croisent. Ceci a pour effet d’engendrer une délinquance et malheureusement pas mal de problème d’alcool et de bagarres. Un poste de police s’est même installé ici alors qu’avant le plus proche était à Tsumeb à 60 km au sud.
Nous voilà repartis à pied durant une demi-heure vers le village bushman.
Arrivés sur place, nous constatons que les femmes ont quitté le camp pour faire des courses (jour de paye) pendant que les hommes boivent en ville (jour de paye). Sympa la balade.
Visite d’une première famille… ils sont absents. Ben tu parles… A la place nous voyons des voisins qui tiennent siège. Notre guide échange quelques mots avec les locataires du lieu et nous partons.
Deuxième famille une centaine de mètres plus loin. Tout le monde est là. Assis à même le sol en train de fumer cigarette sur cigarette. On se regarde tous les trois, j’interroge le guide du regard. Il échange quelques mots avec une femme, nous tournons quelques minutes sur place faisant semblant de nous intéresser à ce que nous voyons sous le regard des habitants et repartons pour une heure de marche en direction du camping.
Nous ne faisons pas de photo, l’ambiance ne s’y prête pas. Nous avons l’impression de visiter un bidonville.
Durée de la visite, 2 h 15, marche et courses incluses.
Au retour, je parle avec notre guide. Il m’explique que les bushmen qui sont là ont été déportés de Etosha où ils vivaient. Le gouvernement leur a offert 2 vaches, une chèvre et des terres et les a obligés à se sédentariser sur cette parcelle. Pour un peuple qui est historiquement une communauté de chasseurs et nomade, ça ne le fait pas vraiment.
Nous comprenons mieux l’impression de pauvreté et de laisser-aller que nous a donné ce village.
Nous ne souhaitions pas une visite avec un faux folklore, mais Treesleeper qui essaye via son association de pérenniser la culture Bushmen a vraiment des soucis à se faire.
Le soir, nous sommes sous les arbres et dormons en entendant au loin la musique provenant de l’épicerie.
Samedi 31juillet
Journée de liaison entre Tsintsabis et Bagani où nous devons loger ce soir près du delta de l’Okavongo.
Nous quittons les pistes pour une route bitumée pour joindre Rundu où nous ferons quelques courses. Tout au long de cette voie (B8) nous voyons de nombreux villages de part et d’autre.
Nous ne savons pas si c’est un rituel du au samedi mais de nombreuses femmes et enfants portent des bidons, tantôt vides et tantôt pleins d’eau. Les hommes sont plus souvent assis, à l’ombre des arbres dans les villages.
L’arrivée à Rundu est épique. La ville est noire de monde. Ca circule plus ou moins à contresens et dans une parfaite anarchie. Etant parisien, je connais ce type de circulation mais en roulant à gauche c’est nettement plus rock and roll. Les gens sont endimanchés et l’atmosphère est bon enfant. Devant retirer de l’argent à un ATM, je renonce, il y a 30 minutes de queue. Nous profitons du supermarché pour faire quelques courses.
Le reste du voyage se passe tranquillement et nous prenons place au camping du Mahangu safari lodge au bord de la rive l’Okavongo. A la réception, nous avançons nos montres d’une heure, et sommes à l’heure du Botswana. Les sanitaires sont corrects, l’emplacement aussi.
96 - Manhangu camp
97 - L'Okavongo
Une bonne adresse. Durant la nuit, les hippopotames investissent le camp et grognent. A l’abri dans les tentes sur toit, nous dormons du sommeil du juste jusqu’au moment où une envie naturelle me fait descendre. Cette envie est satisfaite à 2 m à peine de l’échelle d’accès à la tente et je remonte illico entendant non loin les hippopotames.
Dimanche 1er août
Après un solide petit déjeuner au lodge (la qualité des breakfasts est une constante) nous partons visiter le parc de Mahangu à proximité.
Je m’arrête pour payer l’entrée aux représentants du NWR et lorsque je ressors du bungalow Isabelle et Maxime m’apprennent qu’ils ont aperçu un troupeau d’éléphants traverser la piste. Le game promet !!!
Le Parc de Mahangu se divise en 3 pistes. Une le long de l’Okavongo, une deuxième côté forêt et une troisième qui traverse le parc à la manière d’une autoroute et rejoins la frontière Botswanienne. La première est la plus courue car la liste des animaux que nous sommes susceptibles de voir est longue. Durant les 40 km que dure le drive, nous verrons des babouins, un baobab, un museau d’hippopotame à 300 m (notre premier, on a pris 1265 photos). Rien de génial donc excepté que le parc est très joli. Ah si… 3-4 autruches aussi.
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Nous allons ensuite au Xaro lodge après avoir traversé la frontière.
Nous nous demandions quel était l’intérêt qu’avait le prestataire à nous faire passer la frontière pour aller rejoindre ce lodge. Nous avons compris dès notre arrivée.
Nous sommes accueillis très aimablement. A la demande de la réceptionniste nous vidons le coffre de la voiture et montons à bord d’un bateau chargés de nos valises et de notre matériel photographique. Vingt minutes plus loin nous arrivons à destination Ce trajet sur l’Okavongo est agréable et riche en rencontre avec des crocodiles paisiblement ( ?) couchés sur la rive.
99-100 Xaro lodge
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Nous dormirons dans des tentes sur pilotis avec salle de bain individuelle. Le grand luxe, une infinie gentillesse de nos hôtes, le paradis sur terre, loin de tout. Le soir nous retrouvons des sud africains, des allemands et un couple de français originaires de Toulouse entrevus le premier jour à Windhoek à table et discutons ensembles de nos voyages.
Lundi 2 août
Petit déjeuner au lodge, retour en bateau et nous reprenons possession de notre véhicule resté sur le parking. Comme la visite de la veille n’a pas été fructueuse, nous décidons de visiter à nouveau le parc de Mahangu après avoir repassé la frontière. Nous payons une fois de plus l’entrée et reprenons la même piste.
Cette fois, dans sa première partie, nous voyons des zèbres, des hippotragues et des girafes. Toujours pas d’éléphants.
Nous roulons ensuite en direction de Kongola où, après un petit ravitaillement nous séjournerons pour une nuit au camping du Mazambala island lodge.
Mardi 3 août
Nous plions une dernière fois les tentes sur toit, enlevons les duvets, offrons à une jeune fille du camping une couette que nous avions acheté à Mariental après notre première nuit si froide et repassons la frontière aujourd’hui encore pour aller au Botswana à Kasane. Cette fois, nous passons au pont de Ngoma. A cet endroit, le poste de frontière est plus grand que la veille. Il y a même… une barrière sanitaire. Nous n’avons pas le droit de faire passer de la viande de bœuf crue au Botswana en venant de Namibie. Pas de problème, nous n’avons que du biltong, viande de bœuf séchée. Ben oui… mais c’est cru quand même et je me fais saisir l’équivalent de 17€ de viande !!! Faut être bête quand même !!! Si nous avions mis le Biltong ailleurs que dans la glacière ou le frigo, on l’aurait passé mais bon…
De l’autre côté de la frontière, nous empruntons la route nord qui traverse le parc de Chobe. Nous voyons à plusieurs reprises des éléphants traverser la route ou stationner en bordure. Nous sommes éberlués. Enfin des éléphants tout prêts de nous.
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Nous arrivons à Kasane en début d’après-midi et faisons le check in au Water Lily lodge.
Ce n’est pas le super luxe mais l’hôtel est correct. La chambre un peu vieillotte, un matelas jeté au sol pour faire le troisième couchage…
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Vers 15h nous partons avec un couple d’anglais pour un game drive à Chobe.
Les compagnies qui peuvent emmener des touristes sont assez nombreuses à Kasane. Nous faisons confiance à l’hôtel pour nous organiser ça.
Nous payons les droits d’entrée du parc élevés 120 pulas par personne et 300 pula pour le drive.
Les pistes de Chobe sont très sablonneuses et nous apprécions d’avoir un chauffeur pour nous conduire dans le parc qui ne possède pas ou si peu de signalisation. Nous longeons la rivi��re et voyons de nombreux éléphants, girafes, hippopotames et enfin des buffles après lesquels nous courrions depuis plusieurs jours.
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Soudain, En fin de drive vers 17 h00, effervescence entre les chauffeurs des différentes compagnies. Un léopard a été vu non loin. Nous nous rendons sur place à toute vitesse et là, c’est un embouteillage en règle et chacun y va de son autorité pour permettre à ses clients de voir l’animal. Heureusement, personne ne s’attarde outrageusement mais la bête n’est surement pas dans son état normal.
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Nous avons presque réalisé le Big Five. Il manque le guépard mais un léopard fera l’affaire.
Nous rentrons ensuite au lodge dans le froid et la nuit.
Nous dînons à l’hôtel le soir. Service lent mais plats corrects.
Mercredi 4 août
Lors de l’élaboration du voyage, un des projets consistait à voir les chutes Victoria. De ce fait, on doit laisser notre véhicule à Kasane. Un prestataire arrive vers midi récupérer le 4x4 avec le réservoir vide (ou presque).
Une fois le véhicule parti, nous allons en ville échanger quelques euros en pulas.
En revenant de la banque, nous nous arrêtons à la poste où pour 1€ nous avons accès à internet. C’est pas du haut débit mais comme nous n’avons pas pu nous connecter depuis 2 semaines, je souhaite donner des nouvelles à nos proches.
Première chose, jeter un œil sur les comptes bancaires. Bien nous en a prit. Nous constatons que ma carte Visa a été piratée et que nous avons 5.700€ d’achat en attente de débit fin août. Un message vite fait à la banque (enfin vite fait avec la touche @ qui marche pas et avec le stress de la découverte ça le fait pas trop) pour prévenir du fait et notre demi-heure de haut débit 56k est terminée. Pour les nouvelles à la famille, on enverra des textos.
Du coup, carte Visa bloquée, on finira avec la Mastercard d’Isabelle.
L’après-midi est consacré à la détente et à divers échanges téléphoniques avec le banquier jusqu’au départ en bateau à 15 h 00 pour un « boat-cruise » la rivière Chobe.
Nous sommes à bord d’un petit bateau pouvant recevoir 8 personnes et nous sommes… trois plus le capitaine.
Comme pour le game en voiture, nous payons à nouveau l’entrée du parc et de la balade en bateau.
La petitesse du bateau nous permet de nous faufiler dans des bras de la rivière que les gros catamarans (avec parfois 100 personnes à bord) ne peuvent pas atteindre. Nous prenons beaucoup de plaisir à voguer sur les eaux calmes entre les crocodiles, les hippopotames et autres varans, éléphants, etc.
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Nous voyons, une des plus belles images de nos vacances. Plusieurs centaines d’éléphants, environ 500 d’après notre cap’ tain passent sur un banc de terre et se dirigent vers un endroit où pousse de l’herbe tendre et grasse.
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Nous restons peut-être une demi-heure sur place, bateau échoué à attendre la bonne lumière. C’est magique.
Nous retournons au lodge à 18h30 satisfaits, l’impression d’avoir eu un truc pour nous seuls. Quel bel après-midi!
Jeudi 5 août
Comme tu as tout suivi, tu as remarqué que nous n’avions plus de voiture.
Ce matin, il est prévu que l’on passe nous chercher à 9h30 pour nous conduire à Victoria Falls.
A 8h30 nous sommes prêts et patientons au bord de la piscine. A 9h00, notre chauffeur arrive. Il nous conduit avec d’autres voyageurs à la frontière Zambienne pour certains d’entre nous et Zimbabwéenne pour d’autres où un autre chauffeur nous attend, de l’autre côté de la barrière marquant le passage entre les deux Etats. Nous avons l’impression d’être à Check Point Charlie du temps de la guerre froide et nous passons avec nos valises à la main en essayant de ne rien oublier.
Notre nouveau chauffeur s’appelle Frederick. Il a un prénom super sympa.
Arrivés à Victoria Falls, je me rends compte que j’ai oublié mon chapeau (un Stetson acheté à Kanab en Utah en 2007). Là, je suis vert…A tous les coups, je l’ai probablement oublié lorsqu’on a payé les visas pour entrer au Zimbabwe. Je fais part à Frederick de mon désarroi et lui demande s’il retourne sur place aujourd’hui ou demain faire un transfert de voyageurs de jeter un œil dans le bureau de la douane.
Le Victoria falls Hôtel est un très vieil établissement au charme suranné de l’Empire Anglais de la reine Victoria.
Nous héritons d’une chambre vieillotte en bout de couloir mais bon… ça roule quand même.
En début d’après-midi nous partons visiter le site des chutes Victoria. Nous sommes accompagnés d’un policier entre la sortie de l’hôtel et l’entrée du site des chutes. C’est un peu lourd en fait, surtout que nous n’avons pas l’impression que ça craint, mais on ne peut pas y échapper. Quelques vendeurs à la sauvette nous accompagnent.
Les chutes de Niagara sont les plus grandes en débit, les chutes de Iguaçu sont les plus larges et les chutes Victoria sont les plus hautes. C’est du moins ce que nous lisons à l’entrée du site. Comme ça, tout le monde il est content !
L’entrée est payante. Tu parles, 30 US$ par personne! C’est extrêmement cher, surtout que ce n’est pas le président Mugabe qui les a creusées en personne…
Le site est magnifique, la rain Forest très impressionnante et au bout de 2 heures nous sommes au bout du site. Nous avons vue sur le pont qui enjambe la rivière Zambèze marquant la frontière entre le Zimbabwe où nous sommes et la Zambie.
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Nous faisons l’impasse sur toutes les activités possible et imaginable dans un tel cadre (vol en ULM, hélicoptère, base dump, tyrolienne, safari, château de sable, etc.) qui sont toujours très chères.
Nous faisons une incursion en ville à pied pour sentir un peu l’atmosphère. La vie est très difficile au Zimbabwe et la population souffre énormément. Les vendeurs de souvenirs sont assez pressants (c’est un mot faible) et nous faisons demi-tour assez vite, on n’a pas envie aujourd’hui d’être harcelés.
Nous rentrons à l’hôtel et lorsque nous arrivons à la chambre, la réception appelle. Notre chauffeur Frederick nous fait demander, il a mon chapeau. J’arrache un (gros) billet de mon porte-monnaie et cours à la rencontre de mon sauveur. Il est là, le Stetson à la main.
Frederick m’explique que j’ai perdu mon couvre-chef le matin en montant dans le van. Apparemment des gens l’on vu et nous ont appelés mais nous avons été sourds à leurs cris. Frederick est retourné sur place l’après-midi, le chapeau l’attendait posé sur un poteau.
Je le remercie chaleureusement, cet objet est plus qu’un chapeau pour moi.
Nous dînons à l’hôtel.
Vendredi 6 août
Petit déjeuner à volonté au Victoria falls hôtel. Le meilleur et toujours à l’anglaise. Nous adorons cela.
En matinée, nous nous rendons à un point de vue entre la seconde et la troisième gorge. De là nous voyons le Zambèze et la frontière avec la Zambie.
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Initialement nous souhaitions nous rendre en Zambie voir les chutes sous un autre angle que la veille. Le prix du visa (20 US$ par personne) et de l’entrée au site (30 US$ par personne) nous fait reculer.
Nous allons ensuite au Curio village acheter quelques souvenirs. Ca se fait un peu dans la douleur, les commerçants sont très pressants et lorsqu’ils sont à bout d’argument pour vendre des statuettes qui sont toutes identiques, veulent procéder à des échanges de tee-shirt, chaussures et même de nos chaussettes. Ce n’est pas évident.
L’après-midi, la piscine s’offre à nous. Une demi-journée de pur repos à glander sans rien faire sur 24 jours, c’est peu finalement et chacun à droit au repos. J'en profite pour faire des photos de l'hôtel.
122 - Victoria Falls hôtel
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En milieu d’après-midi, je ne tiens plus en place et je retourne seul à pied au point de vue où nous étions le matin pour avoir une autre lumière mais le site est à l’ombre. Je suis déçu.
Samedi 7 août
Nous décollons à 13h20 de Victoria falls airport en direction de Johannesburg et à 19h30 de Johannesburg pour Paris.
Le voyage, comme d’habitude est long et l’arrivée le dimanche matin à Roissy CDG à 6h30 un cauchemar. Nous récupérons nos valises, rentrons à la maison. Lundi 9 août
Au boulot…c’est brutal…
Le bilan :
Le retour a eu lieu il y a 5 semaines déjà.
Le voyage s’est décanté.
Si dans un premier temps nous n’étions pas aussi enthousiastes que lors de nos voyages aux USA, nous avons depuis révisé notre jugement et avons profondément aimé la région, les gens et la liberté que nous ont procurés ces vacances.
J’ai aimé cette lumière, si pure le matin et le soir, que je n’avais jamais eu auparavant. Ces nuits étoilées...
Merci à Vilcanota qui m'a prêté une partie du matériel photographique et grâce à qui j'ai réussi à faire quelques clichés... 😛
Tout a commencé en décembre dernier, après une nouvelle alerte prix de Gilou pour des vols United/Lufthansa à 250 € au départ de Paris pour San Francisco. Et moi qui prévoyais de partir une semaine, seul avec nos 3 enfants (Maxime 14 ans, Rachel 12 ans et Timéo 8 ans) quelque part en France pour les vacances de février.
Mais là, Gilou a fait fort, très fort, TROP fort 😮 !! Trop tentant... Le bon plan de Gilou marche pour les vacances de février et de Pâques. Je sais qu'avril est le mois idéal, surtout si on aime randonner ! Mais pour raisons familiales, seul février pourrait coller pour nous.
Février n'est-il pas un mois à éviter pour aller dans le Southwest ? Pour ne pas grever le budget de notre voyage estival, j'ai dans l'idée d'aller camper un maximum. Après un petit tour sur les sites météo pour regarder les historiques de température en divers points stratégiques (Furnace Creek, Saint George, Page, Sedona), les températures nocturnes seraient de l'ordre de +5 à -2°C sur les 2 dernières années. Ce serait donc jouable...
Je commence alors à discuter (= négocier, voire supplier) avec ma moitié. Les enfants comprennent très vite qu'il y a une chance qu'on parte, et se réjouissent ! Elle me donne alors son consentement pour faire plaisir aux enfants 😎. Je m'empresse de vérifier que nos ESTA sont encore OK, puis 48 heures plus tard, j'ai les billets en poche 😎😎. Sauf que 5 jours plus tard, Laetitia revient sur son accord, et le Oui redevient un Non. Pas question qu'on aille sans elle dans son pays fétiche !!
Eh merde 🤪! Je suis alors obligé de lui dire que j'ai déjà acheté les 4 billets (sans lui en reparler bien sûr, un Oui étant un Oui, Non ?) et que je ne peux plus revenir en arrière parce que les billets sont non remboursables... Il paraît que chez les femmes, il y a des Oui qui veulent dire vraiment Oui, mais que d'autres Oui signifient en fait « Je t'ai dit Oui par principe, mais je n'étais pas d'accord, et surtout jamais je n'aurais pensé que t'aurais eu le culot d'acheter les billets sans m'en parler !! ». Je savais pas çà, moi 🤪 !
Nous, les mecs, on est beaucoup plus basiques, plutôt binaires, voire monaires... Oui, c'est oui ! Et Non, c'est Oui aussi 😏!! Bref, c'est dans une chouette ambiance familiale que j'ouvre un topic pour la préparation, et je remercie notamment Trois14 et Bluemesa pour leur aide. Sur le conseil de Trois14, je réserve 5 nuits en motel dans la région de St George - Page à des tarifs très alléchants, de l'ordre de 35-40 $ la nuit...
Au passage, Noël me coûte plus qu'un bras... Faut bien essayer de compenser 😛 !
Finalement, voici le programme théorique :
Death Valley (2j)
Valley of Fire
The White Dome (montée et descente par Squirrel Canyon)
4 nuits dans la région de Kanab-Page
Sedona (2j)
Route 66
Alabama Hills / Trona Pinnacles
Remontée vers SFO par la Highway 1
Ca, c'est pour la théorie...
En pratique, ce sera une toute autre histoire, et j'apprendrai qu'en février, il faut savoir être mobile, trèèèès mobile parfois, pour échapper aux aléas climatiques 😕. En effet, à mi-parcours, une vague de froid, incompatible avec une 2e semaine prévue 100 % en mode camping, va bouleverser totalement le programme.
J'en profite donc pour remercier chaleureusement PapJ59, Noyellebis, et tout particulièrement Caribou44 et Simonic. 🙂 Mille mercis pour votre réactivité, votre disponibilité et vos conseils avisés qui nous permis de vivre une 2e semaine originale et inoubliable, avec au programme Organ Pipe Cactus NM, Yuma, Salvation Mountain, Anza Borrego SP, palmeraie à Joshua Tree, puis remontée vers SFO !! Sans vous, on aurait déprimé sur place, alors que là... 😇
Un grand merci aussi à Thibaut et son fameux blog, à juste titre encensé sur VF (c'est quasi le seul à détailler Organ Pipe), aux rédacteurs de carnets, sources d'inspiration en général, et à ceux qui m'ont particulièrement aidé pour la préparation ou pendant le voyage (carnets de Pong, Hiacinthe, Zitounet et Laetitia).
Place au récit...
Mais là, Gilou a fait fort, très fort, TROP fort 😮 !! Trop tentant... Le bon plan de Gilou marche pour les vacances de février et de Pâques. Je sais qu'avril est le mois idéal, surtout si on aime randonner ! Mais pour raisons familiales, seul février pourrait coller pour nous.
Février n'est-il pas un mois à éviter pour aller dans le Southwest ? Pour ne pas grever le budget de notre voyage estival, j'ai dans l'idée d'aller camper un maximum. Après un petit tour sur les sites météo pour regarder les historiques de température en divers points stratégiques (Furnace Creek, Saint George, Page, Sedona), les températures nocturnes seraient de l'ordre de +5 à -2°C sur les 2 dernières années. Ce serait donc jouable...
Je commence alors à discuter (= négocier, voire supplier) avec ma moitié. Les enfants comprennent très vite qu'il y a une chance qu'on parte, et se réjouissent ! Elle me donne alors son consentement pour faire plaisir aux enfants 😎. Je m'empresse de vérifier que nos ESTA sont encore OK, puis 48 heures plus tard, j'ai les billets en poche 😎😎. Sauf que 5 jours plus tard, Laetitia revient sur son accord, et le Oui redevient un Non. Pas question qu'on aille sans elle dans son pays fétiche !!
Eh merde 🤪! Je suis alors obligé de lui dire que j'ai déjà acheté les 4 billets (sans lui en reparler bien sûr, un Oui étant un Oui, Non ?) et que je ne peux plus revenir en arrière parce que les billets sont non remboursables... Il paraît que chez les femmes, il y a des Oui qui veulent dire vraiment Oui, mais que d'autres Oui signifient en fait « Je t'ai dit Oui par principe, mais je n'étais pas d'accord, et surtout jamais je n'aurais pensé que t'aurais eu le culot d'acheter les billets sans m'en parler !! ». Je savais pas çà, moi 🤪 !
Nous, les mecs, on est beaucoup plus basiques, plutôt binaires, voire monaires... Oui, c'est oui ! Et Non, c'est Oui aussi 😏!! Bref, c'est dans une chouette ambiance familiale que j'ouvre un topic pour la préparation, et je remercie notamment Trois14 et Bluemesa pour leur aide. Sur le conseil de Trois14, je réserve 5 nuits en motel dans la région de St George - Page à des tarifs très alléchants, de l'ordre de 35-40 $ la nuit...
Au passage, Noël me coûte plus qu'un bras... Faut bien essayer de compenser 😛 !
Finalement, voici le programme théorique :
Death Valley (2j)
Valley of Fire
The White Dome (montée et descente par Squirrel Canyon)
4 nuits dans la région de Kanab-Page
Sedona (2j)
Route 66
Alabama Hills / Trona Pinnacles
Remontée vers SFO par la Highway 1
Ca, c'est pour la théorie...
En pratique, ce sera une toute autre histoire, et j'apprendrai qu'en février, il faut savoir être mobile, trèèèès mobile parfois, pour échapper aux aléas climatiques 😕. En effet, à mi-parcours, une vague de froid, incompatible avec une 2e semaine prévue 100 % en mode camping, va bouleverser totalement le programme.
J'en profite donc pour remercier chaleureusement PapJ59, Noyellebis, et tout particulièrement Caribou44 et Simonic. 🙂 Mille mercis pour votre réactivité, votre disponibilité et vos conseils avisés qui nous permis de vivre une 2e semaine originale et inoubliable, avec au programme Organ Pipe Cactus NM, Yuma, Salvation Mountain, Anza Borrego SP, palmeraie à Joshua Tree, puis remontée vers SFO !! Sans vous, on aurait déprimé sur place, alors que là... 😇
Un grand merci aussi à Thibaut et son fameux blog, à juste titre encensé sur VF (c'est quasi le seul à détailler Organ Pipe), aux rédacteurs de carnets, sources d'inspiration en général, et à ceux qui m'ont particulièrement aidé pour la préparation ou pendant le voyage (carnets de Pong, Hiacinthe, Zitounet et Laetitia).
Place au récit...
Bonjour,
Jamais deux sans trois. Eh oui, nous sommes devenus accros à la Namibie et pour varier un peu, nous avons ajouté quelques étapes en Afrique du Sud.
Ce fut un voyage magnifique, le sud de la Namibie est un enchantement pour les yeux. En Afrique du Sud, nous sommes tombés sous le charme du Richtersveld NP. Ce parc est tout simplement sublime ! Augrabies Falls fut la bonne surprise du voyage, les chutes sont presque trop aménagées, mais le parc lui-même est très beau. En ce qui concerne le KTP, nous avons eu quelques doutes en l’incluant dans l’itinéraire. Certains voyageurs ont été chanceux et ont vu beaucoup de félins et pour d’autres, ce parc fut une déception. Déception ou pas, vous verrez dans le carnet.
J’aimerais remercier Jean-Luc (Voyajou) qui m’a encouragé d’aller au Richtersveld, Attila qui m’a rassuré sur l’état des pistes du parc, Jacky (Jety34) qui m’a donné envie de faire une étape à Kokerboomkloof. Sans eux, nous serions passés à côté de ce parc aux paysages magnifiques et sauvages.
Merci aussi à Michel (Michel85200) pour m’avoir encouragé de passer minimum deux nuits aux Augrabies Falls. Il a même écrit qu’on pouvait y rester trois nuits sans s’ennuyer et il a bien raison. Nous y sommes restés deux nuits, mais nous aurions pu rester une troisième sans avoir l’impression de perdre notre temps. Pour le Richtersveld, Jacky a écrit qu’il serait dommage d’y rester seulement une ou deux nuits. Nous avons passé trois nuits dans ce parc et ne le regrettons absolument pas.
Jacques (Blancond) et Jean-François (Max68), avec leurs photos nous ont donné envie de faire le Tok Tokkie Trail. Un grand merci à eux !

Namibrand Tok Tokkie Trail
Richtersveld, Richtersberg Camp

Augrabies Falls NP
Pour les réservations, nous sommes à nouveau passés par Tourmaline qui a fait un travail formidable. J’ai échangé beaucoup de mails avec Carole, jusqu’à ce que l’itinéraire soit bouclé. Nous avions une grande inconnue, en voyageant au mois de mars-avril, nous ne pouvions pas être sûrs de pouvoir traverser l’Orange River à Sendelingsdrif. En effet, s’il y a trop d’eau, le bac ne traverse pas et il faut faire le détour par Oranjemund. Bref, c’était un casse-tête et je ne voulais pas prendre le risque de perdre une nuit au Richtersveld. Tourmaline nous a finalement conseillé de laisser l’étape avant et celle après le Richtersveld libre et de nous adapter selon la météo et la possibilité de traverser l’Orange River en bac.
Tourmaline a fait les réservations une année avant notre départ, seul les réservations des parcs en Afrique du Sud se sont fait un peu plus tard (11 mois avant). En ce qui concerne la voiture, nous nous sommes fait plaisir en réservant un Toyota Hilux Safari avec boîte automatique de chez Asco et je peux vous assurer que nous ne l'avons pas regretté. Quelle voiture formidable !
En ce qui concerne la période du voyage, nous avions envie de voir la Namibie « verte » et ce fut mission accomplie. Voyager en mars-avril comporte quelques risques au niveau météo. Les orages et pluies peuvent perturber certains trajets et rendre les pistes boueuses. Néanmoins, nous avons beaucoup aimé cette période de l’année, même s’il fait encore un peu chaud pour faire des longues randonnées.
Notre itinéraire (en parenthèse les étapes prévues lors de la réservation) :
24.03. Départ de Zurich 25.03. Windhoek, Londiningi B&B 26.03 Tsauchaub River Camp, Oerwald campsite 27.03. Sesriem, NWR Sesriem 28.03. Namibrand Tok Tokkie Trail 29.03. Namibrand Tok Tokkie Trail 30.03. Namtib Biosphere Reserve, camping 31.03. Aus, Klein Aus Vista camp 01.04. Aus, Klein Aus Vista camp 02.04. Fish River Canyon, NWR Hobas 03.04. Norotshama River camp (étape libre) 04.04. Richtersberg NP, Richtersberg (Potjiespram) 05.04. Richtersberg NP, Richtersberg 06.04. Richtersberg NP, Kokerboomkloof (Richtersberg) 07.04. Port Nolloth, hôtel Scotia Inn (étape libre) 08.04. Augrabies Falls, camp du parc 09.04. Augrabies Falls, camp du parc 10.04. KTP, Twee Rivieren camp 11.04. KTP, Nossob camp 12.04. KTP, Bitterpan 13.04. KTP, Mata Mata camp 14.04. Red Dunes Camp 15.04. Auas Safari Lodge 16.04. Départ de Windhoek
Jamais deux sans trois. Eh oui, nous sommes devenus accros à la Namibie et pour varier un peu, nous avons ajouté quelques étapes en Afrique du Sud.
Ce fut un voyage magnifique, le sud de la Namibie est un enchantement pour les yeux. En Afrique du Sud, nous sommes tombés sous le charme du Richtersveld NP. Ce parc est tout simplement sublime ! Augrabies Falls fut la bonne surprise du voyage, les chutes sont presque trop aménagées, mais le parc lui-même est très beau. En ce qui concerne le KTP, nous avons eu quelques doutes en l’incluant dans l’itinéraire. Certains voyageurs ont été chanceux et ont vu beaucoup de félins et pour d’autres, ce parc fut une déception. Déception ou pas, vous verrez dans le carnet.
J’aimerais remercier Jean-Luc (Voyajou) qui m’a encouragé d’aller au Richtersveld, Attila qui m’a rassuré sur l’état des pistes du parc, Jacky (Jety34) qui m’a donné envie de faire une étape à Kokerboomkloof. Sans eux, nous serions passés à côté de ce parc aux paysages magnifiques et sauvages.
Merci aussi à Michel (Michel85200) pour m’avoir encouragé de passer minimum deux nuits aux Augrabies Falls. Il a même écrit qu’on pouvait y rester trois nuits sans s’ennuyer et il a bien raison. Nous y sommes restés deux nuits, mais nous aurions pu rester une troisième sans avoir l’impression de perdre notre temps. Pour le Richtersveld, Jacky a écrit qu’il serait dommage d’y rester seulement une ou deux nuits. Nous avons passé trois nuits dans ce parc et ne le regrettons absolument pas.
Jacques (Blancond) et Jean-François (Max68), avec leurs photos nous ont donné envie de faire le Tok Tokkie Trail. Un grand merci à eux !

Namibrand Tok Tokkie Trail
Richtersveld, Richtersberg Camp
Augrabies Falls NP
Pour les réservations, nous sommes à nouveau passés par Tourmaline qui a fait un travail formidable. J’ai échangé beaucoup de mails avec Carole, jusqu’à ce que l’itinéraire soit bouclé. Nous avions une grande inconnue, en voyageant au mois de mars-avril, nous ne pouvions pas être sûrs de pouvoir traverser l’Orange River à Sendelingsdrif. En effet, s’il y a trop d’eau, le bac ne traverse pas et il faut faire le détour par Oranjemund. Bref, c’était un casse-tête et je ne voulais pas prendre le risque de perdre une nuit au Richtersveld. Tourmaline nous a finalement conseillé de laisser l’étape avant et celle après le Richtersveld libre et de nous adapter selon la météo et la possibilité de traverser l’Orange River en bac.
Tourmaline a fait les réservations une année avant notre départ, seul les réservations des parcs en Afrique du Sud se sont fait un peu plus tard (11 mois avant). En ce qui concerne la voiture, nous nous sommes fait plaisir en réservant un Toyota Hilux Safari avec boîte automatique de chez Asco et je peux vous assurer que nous ne l'avons pas regretté. Quelle voiture formidable !
En ce qui concerne la période du voyage, nous avions envie de voir la Namibie « verte » et ce fut mission accomplie. Voyager en mars-avril comporte quelques risques au niveau météo. Les orages et pluies peuvent perturber certains trajets et rendre les pistes boueuses. Néanmoins, nous avons beaucoup aimé cette période de l’année, même s’il fait encore un peu chaud pour faire des longues randonnées.
Notre itinéraire (en parenthèse les étapes prévues lors de la réservation) :
24.03. Départ de Zurich 25.03. Windhoek, Londiningi B&B 26.03 Tsauchaub River Camp, Oerwald campsite 27.03. Sesriem, NWR Sesriem 28.03. Namibrand Tok Tokkie Trail 29.03. Namibrand Tok Tokkie Trail 30.03. Namtib Biosphere Reserve, camping 31.03. Aus, Klein Aus Vista camp 01.04. Aus, Klein Aus Vista camp 02.04. Fish River Canyon, NWR Hobas 03.04. Norotshama River camp (étape libre) 04.04. Richtersberg NP, Richtersberg (Potjiespram) 05.04. Richtersberg NP, Richtersberg 06.04. Richtersberg NP, Kokerboomkloof (Richtersberg) 07.04. Port Nolloth, hôtel Scotia Inn (étape libre) 08.04. Augrabies Falls, camp du parc 09.04. Augrabies Falls, camp du parc 10.04. KTP, Twee Rivieren camp 11.04. KTP, Nossob camp 12.04. KTP, Bitterpan 13.04. KTP, Mata Mata camp 14.04. Red Dunes Camp 15.04. Auas Safari Lodge 16.04. Départ de Windhoek
Hello,
Voici le carnet de notre 3ème voyage dans l'ouest américain.
Pour la version en images, cliquez ici : https://sites.google.com/site/sibellelaterreusaouest3eme/home Bonne lecture!
Marie
USA 2011
INTRODUCTION Jamais 2 sans 3 dit-on ! Voici donc le récit de notre 3ème voyage dans l'ouest américain : Le 1er en 2006 nous avait permis de découvrir les « classiques » tout en goûtant aussi à quelques sites plus confidentiels. Le virus était pris ! Le second en 2009, en partie réalisé avec nos amis les Grisemote, fut résolument plus aventureux. Pour le 3ème j'avais pour mission, de la part des enfants, de privilégier les « endroits pas trop caniculaires » : c'était donc l'occasion de découvrir San Francisco, Yosemite et de retourner au Yellowstone et à Grand Teton NP. Comme il fallait bien relier ces lieux tempérés j'en profitai pour glisser subrepticement dans le parcours des endroits un peu (beaucoup!) plus chauds en été... Notre voyage nous mènera donc de San Francisco à Jackson Hole, Wyoming, d'où nous reprendrons l'avion 25 jours plus tard. NB : le récit est copieux, peut-être pour certains un peu indigeste mais j'ai essayé de combiner renseignements utiles pour d'éventuels futurs voyageurs de l'ouest et anecdotes/photos que la famille regardera avec plaisir (enfin j'espère!) et nostalgie d'ici quelques années.
ARRIVEE A SAN FRANCISCO Mercredi 20 juillet J1 Après un vol cher (30 % de plus qu'en 2009) mais confortable (pas trop serrés, écran individuels avec plein de films dont certains en Français) avec British Airways depuis Francfort via Londres, nous découvrons ébahis la fameuse baie de San Francisco, sous le soleil -quelle chance! On reconnaît immédiatement le très fameux Golden gate Bridge, le Financial District de SFO et le Bay Bridge. L'avion se pose à l'heure prévue (16h45), nous récupérons les bagages et passons la douane en un clin d'oeil puis nous dirigeons un peu anxieux vers le comptoir Alamo pour récupérer notre voiture de location. Nous avons pas mal de pistes au programme, sommes 5 de gabarit adulte (Caroline, Arnaud et Marion sont maintenant âgés de 18, 16 et 15 ans) et transportons du matériel de camping. J'ai donc réservé un SUV full size (pas trouvé de premium sur SFO). Plus de véhicule de cette catégorie chez Alamo, gloups ! On nous en propose un (seul...) de chez National (il paraît que c'est la même Cie) Après une rapide inspection : vrai 4X4 avec boite courte/longue, vraie roue de secours, volume suffisant, pneus « corrects sans plus », 20000 miles au compteur, prochaine révision dans 4500 miles, une bosse à l'avant et plein de rayures partout sur la carrosserie, nous sommes rassurés. Ce Nissan Armada semble avoir déjà avoir pas mal bourlingué (vu l'état de la carrosserie!), il devrait faire l'affaire ! On est super soulagés d'avoir un vrai 4X4, on a tous nos bagages et en plus il fait beau ! En route pour le Golden Gate Bridge !
GOLDEN GATE BRIDGE Mercredi 20 juillet J1 (suite) Nous y arrivons vers 19h00 après une grosse demi-heure de circulation fluide . Il fait 17°C avec pas mal de vent (nous sommes sur le pont à 200 m au-dessus du niveau de la mer!), petite laine de rigueur. A cette heure, nous sommes à contre-jour d'autant plus que nous n'avons pas trouvé comment accéder au côté ouest du pont ! Pas question de traverser les 6 voies même au triple galop. Je ne peux m'empêcher de penser à ce qu'il adviendra de cette belle construction art-déco (il fut achevé en 1937) quand surviendra le Big One. Seul le Bay Bridge avait été endommagé lors du dernier gros séisme - 6,9 sur Richter, une pécadille par rapport à Fukushima - à la fin des années 80. Nous ne parcourons que la moitié des 2 km du pont avant de faire demi-tour car nous sommes attendus à Sausalito, juste au nord du pont.
ISSAQUAH DOCK, SAUSALITO Mercredi 20 juillet J1 (suite) Je suis super impatiente de découvrir ce qui sera notre « base » pour les 3 nuits à venir. J'ai eu la chance de trouver à louer un houseboat sur Issaquah Dock. Pas facile ! Tout était trop cher, trop petit, ou nécessitait une location d'au minimum 1 semaine. A tel point que j'avais fini par réserver un hôtel près du Pier 39... Finalement, quelques semaines avant de partir, j'ai à nouveau farfouillé sur le site de VRBO et un propriétaire a accepté de louer son houseboat pour seulement 3 jours car il y avait un trou dans son planning. J'ai eu affaire à un francophile, d'ailleurs aussi +/- francophone, car c'était juste au début de l'affaire DSK ! C'est certes un peu plus cher (780$ pour 3 nuits, taxes et ménages compris) que l'hôtel pour 5 mais c'est une vraie maison avec une vue à tomber et tout le confort moderne (cuisine, LV, LL et... WIFI !) Luis (le propriétaire vit sur la côte est et vend son bateau ½ million de dollars. Avis aux amateurs ! Tapez 22 Issaquah Dock sur Google et vous verrez plein d'annonces) nous attend patiemment (le Golden Gate nous a mis un peu en retard), nous fait faire le tour du propriétaire, nous souhaite un bon séjour et voilà ! Nous sommes chez nous pour 3 jours ! On a littéralement ADORE cet endroit. Je crois que si j'habitais à SFO je ferais tout pour y vivre ! Pendant que les enfants déballent les affaires, je vais avec Fred faire quelques courses à l'épicerie située à une centaine de mètres (pas grand choix à part les boissons alcoolisées!), puis dîner rapide, tournée générale de Stilnox et au lit ! Il est déjà demain et 6h du mat en France... Bonne nuit, délicatement bercés par le vent qui, du fait du fardage des superstructures, fait très doucement rouler le houseboat. J'adooore !
MUIR WOODS Jeudi 21 juillet J2 Je n'ai pas de programme pré-établi pour SFO car je sais que la météo y est très changeante avec un fort risque de brouillard en été. Notre seule contrainte est d'aller faire un tour chez Rei, grande chaîne de matériel outdoor pour y acheter du matériel de camping. Nous nous réveillons de bonne heure-décalage horaire oblige- et en attendant l'ouverture du magasin (10h) décidons d'aller faire un tour à Muir Woods puisque nous sommes tout près. Nous y arrivons un peu avant 8h et ne croiserons que 2 ou 3 biches et autant de photographes équipés de trépieds qui attendent LA lumière. Ils sont bien courageux car cette vallée étroite est en plein dans un brouillard tenace qui se cramponne aux cimes des séquoias géants (leur diamètre n'est pas énorme mais ils sont très haut, jusqu'à plus de 80 m, et très vieux : 600 à 800 ans en moyenne) L'endroit est très aménagé mais c'est un bon hors d’œuvre pour nous qui sommes en plein jet-lag.
SAN FRANCISCO Jeudi 21 juillet J2 (suite) La circulation est fluide ce matin pour entrer à SFO via le Golden Gate Bridge (gros bouchon hier soir vers 19h, toujours pour aller vers SFO. C'était fluide dans l'autre sens) Nous trouvons assez facilement le magasin REI (nous n'avons pas de GPS auto) et y faisons rapidement nos achats (j'ai été un peu déçue par ce magasin. Il est banalement normal... Je m'attendais à quelques efforts de présentation ou de mise en scène. Bah non on se croirait chez Déc... avec toutefois plus de matériel technique) : - 2 tentes autoportantes (Marmot Limelight 2 personnes et Rei Quarter Dome 3 personnes), légères avec tente intérieure en mesh super aérée que l'on peut monter sans double-toit. C'est GENIAL de confort et de simplicité ! - un filtre à eau (MSR Miniworks EX) qui permet de ne pas se trimbaler des m3 d'eau quand on randonne dans un endroit où il y a au moins une rivière ou un plan d'eau. Marche du tonnerre mais on ne l'a pas essayé avec une eau très chargée en particules. - des cartouches de gaz (on a 2 petits réchauds, ce qui permet de faire un vrai repas plus commodément qu'avec un seul)
Après un très bon repas dans une « cantine thaï » très exotique au milieu d'habitués tous d'origine asiatique, nous allons faire un tour « au bord de la mer » vers Pier 39. Le côté cosmopolite de SFO est flagrant : nous sommes aux portes de l'Asie et ça se voit ! C'est très dépaysant. Contrairement à ce que j'avais lu ici ou là, circuler et se garer à San Francisco n'est pas plus compliqué ni plus cher que dans une ville européenne (je dirais même bien plus facile qu'à Nancy ou Paris!) Il y a un monde fou vers le Pier 39, ça nous gave assez vite ! Les pontons qui accueillaient des dizaines d'otaries sont quasi désertés. L'atmosphère est très vivifiante avec ce vent d'ouest qui balaie la baie ! On se croirait en Bretagne, en plus chaud, c'est très bizarre mais ça nous plaît bien ! Le Golden gate est dans la brume, on a bien fait d'en profiter hier. On aperçoit la fameuse Coït Tower. On décide de longer le bord de mer jusqu'au Pier 43 où Caroline a aperçu un superbe vieux gréement. Malheureusement celui-ci n'est visitable que le lendemain nous explique un matelot chilien. On est tout près du financial district mais on n'a pas envie de quitter le bord de mer. D'ailleurs on n'est pas du tout « ville » et après tout personne ne nous oblige à « faire » les « classiques » de SFO». C'est les vacances hein ! Nous reprenons des forces en mangeant au resto du pier puis sautons dans un tram pour regagner le San Francisco Maritime National Historic Park. On y trouve quelques bateaux anciens dont la visite vaut la peine : il y a très peu de monde alors que nous sommes à quelques centaines de mètres du Pier 39, bondé...
Nous reprenons ensuite la voiture, un peu vannés, et montons jusqu'à Twin Peaks dans l'espoir de profiter d'une vue « aérienne » de SFO. Le brouillard en profite pour s'installer là-haut et nous ne verrons rien du tout, dommage.
Il est temps de retrouver notre douillet houseboat : pendant que les enfants bullent sur internet, nous allons faire de vraies courses chez Mollies Stone's Market, à quelques centaines de mètres d'Issaquah Dock. On est vraiment chez les bobos ! Le supermarché est super bien achalandé en fruits et légumes (je n'ai JAMAIS vu une telle variété) délicieux , on trouve plein de produits d'origine européenne, un rayon épicerie fine d'une incroyable variété, ne parlons pas du rayon vins ! On est épaté ! Ça change des Walmart où parfois il n'y a même pas de rayon frais !
POINT REYES Vendredi 22 juillet J3 Après un rapide conciliabule, nous estimons en avoir assez vu de SFO (chocking pour beaucoup, oui, je sais!) et préférons consacrer la journée qui nous reste à découvrir la nature de la région. Il y a dans le houseboat pas mal de guides et cartes et je trouve une balade vers Point Reyes qui pourrait nous plaire, vers Abotts Lagoon (route 1 puis bifurquer vers Tomales Bay State Park puis prendre la Pierce Point Road. Le parking est au 38° 7.412 N 122° 56.140 O, http://www.bahiker.com/northbayhikes/abbottslagoon.html)
Nous arrivons vers 9h au sud de Tomales Bay : l'endroit est magnifique ! On se croirait en Ecosse (avec plus de soleil!) et il y a d'ailleurs un village nommé Inverness ! On se trompe un peu et on arrive sur une plage assez sauvage (avec panneau de mise en garde : courants, vagues, requins ! On n'est plus en Bretagne!) Nous sommes juste à la lisière des nuages et l'atmosphère est assez spéciale, presqu'un peu inquiétante. Naviguer dans ces parages ne doit pas toujours être facile, avec ce brouillard qui tombe d'un coup ! On décide de pousser jusqu'à la pointe de Point Reyes et là, c'est vraiment l'Ecosse : purée de poix ! On ne voit rien et la température chute de plusieurs degrés en quelques mètres ! Ce climat curieux engendre une végétation très originale pour nous autres européens : un mélange de végétation méditerranéenne, de lande écossaise et d'arbres couverts de lichen...californiens ! C'est beau ! Cette belle balade nous prendra environ 2H (sieste comprise!), il n'y a quasiment pas de dénivelé et nous ne rencontrerons qu'une demi-douzaine de personnes. On aperçoit au loin Abotts Lagoon, un lac d'eau douce qui se marie au pied d'une jolie dune avec une grande lagune d'eau de mer. L'endroit attire pas mal d'oiseaux, on les comprend ! Impossible, décalage horaire et chaleur aidant, de ne pas faire une petite sieste sur une dune aussi avenante ! C'est l'occasion de tester notre filtre à eau : ça marche ! L'eau est bonne et fraîche et à volonté ! En arrivant à la lagune, la promenade, de champêtre, devient maritime ! Ça souffle ! Ce héron ébouriffé serait bien mieux côté lac ! Ici c'est le domaine des oiseaux de mer... L'aigrette l'a bien compris, qui pêche avec concentration, indifférente à notre présence. Cette petite balade nous a enchantés : à recommander ! Nous prenons le chemin des écoliers pour retourner à Sausalito et découvrons une jolie campagne vallonnée et proprette mais vraiment très sèche dès que l'on s'éloigne de quelques km de la côte.
HOUSEBOATS Vendredi 22 juillet J3 (suite) Après une petite pause/pastèque sur notre bateau, l'après-midi est consacré à la visite en long en large et en travers des pontons de houseboats. Je crois qu'on pourrait y passer 2 ou 3 jours pour bien apprécier tous les détails de chacun d'eux ! Il y en a environ 400 répartis sur une bonne demi-douzaine de pontons : on n'a pas tout vu ! Ce village de bateaux/maisons est un héritage de la période hippie : des gens ont commencé à récupérer de vieilles coques issues d'un chantier naval abandonné et les ont bricolées pour les rendre habitables. On trouve encore quelques vestiges directement hérités de cette époque mais aussi des houseboats dignes des plus grands magasines de décoration ou d'architecture contemporaine. Le mélange est détonnant, une alchimie incroyable. C'est un régal de déambuler ainsi à l’affût du détail le plus comique, de la maison la plus bizarroïde ou de sa maison « idéale » Les pontons sont très joliment fleuris, il y a même des chats, très câlins ! Avec même des planches de salut pour chats naufragés ! Même les vélos ici sont couverts de lichen (la faute au brouillard sans doute) Le clou de la visite aura été la vision absolument surréaliste de cette famille navigant à bord de son jacuzzi flottant !!!
Bref j'ai fait plein (trop!) de photos :
YOSEMITE PANORAMA TRAIL Samedi 23 juillet J4 En route vers Yosemite ! J'ai lu et relu partout qu'il fallait éviter ce parc le WE mais impossible de faire autrement avec nos dates. On va essayer de jouer au plus fin avec la foule ! On laisse les clés sur la table de la cuisine (cool) et on décolle vers 8h. Google maps annonce 3h13 de route jusqu'au Crane Flat Campground à Yosemite où j'ai réservé une place il y a 6 mois (à faire le jour de l'ouverture des résa, après c'est trop tard!) L'endroit est stratégiquement bien placé pour aller vers la Tioga Road. Nous y arrivons vers 14h30 seulement (courses, repas de midi, circulation se densifiant an approchant du parc) et préférons installer de suite les tentes (on a bien fait!) La suite fut nettement moins bien jouée du point de vue stratégique : où comment manquer de figurer en 1ère page du journal local ! Voici la recette à (ne pas) suivre : rêver d'une rando mythique, Panorama Trail http://www.yosemitehikes.com/glacier-point-road/panorama-trail/panorama-trail.htm, depuis quelques mois jubiler du beau temps installé sur Yosemite perdre un temps fou à 2 à l'heure derrière des traînards dans la montée vers Glacier Point, point de départ de la rando (au moins 2 h au lieu de 1h30 en temps normal) perdre encore 20 min dans le bouchon du parking gagner à la courte paille qui des 2 adultes va faire la rando tandis que l'autre devra redescendre en voiture jusqu'à l'arrivée de la rando au fond de Yosemite Valley pour récupérer les chanceux qui vont faire THE rando de Yosemite se dire que 8 miles se font en 3 ou 4 h en marchant bien puisque « ça descend tout le temps » oublier qu'il y a tout de même une bonne grimpette après Illilouette Falls ne pas prendre le GPS. A quoi bon, c'est balisé et il y a du monde... ne pas prendre les lampes frontales. On a l'temps, à quoi bon perdre encore du temps à les chercher ! ne pas prendre une fourrure polaire. Il fait grand beau, à quoi bon se charger inutilement !
Bref, nous voilà partis tout guillerets vers 17h20, les enfants et moi, ravie d'avoir gagné à la courte paille, tandis que Fred va se consoler en faisant la petite rando vers Sentinel Dôme http://www.yosemitehikes.com/glacier-point-road/sentinel-dome/sentinel-dome.htm . Arrêts pipi, photo (le Half-Dome est assez fascinant), anti-moustique (l'un après l'autre hein, pas tous les 4 en même temps!), crème solaire, caillou dans la chaussure, épine dans la chaussette, zoziaux, contemplation. Oh, c'est beau ! Je trouve au bout d'un moment que le soleil est déjà très bas et qu'en plus il descend vachement vite. Mais qu'est-ce que c'est que cet astre qui descend à toute vitesse ! Bé oui, on est ici à la latitude du nord de la Tunisie et même si ce ne sont pas les tropiques, le crépuscule se fait en accéléré sapristi ! Il est 18h20 quand nous arrivons à Illilouette Falls et que je découvre la grimpette pas prévue au programme. Grmblll ! En plus elle est encore au soleil. Je suis à fond, c'est-à-dire que les enfants ne m'attendent que pendant 10 mn une fois arrivés en haut ! Pfff ! Voilà que le soleil disparaît derrière la falaise : il n'est même pas 19h et la luminosité baisse aussitôt considérablement (bah oui on descend au fond d'une vallée de 1000m!) Conscients du problème qui s'annonce on accélère le pas mais une biche vient faire sa belle et nous retarde encore un peu plus, la coquine ! Je commence à comprendre pourquoi on n'a vu quasiment personne sur ce trail : d'ailleurs on n'a fait que croiser quelques personnes qui remontaient et ce sur le 1er km de la balade. Il est 20h quand nous arrivons à Nevada Falls : L'eau a un pouvoir d'attraction magique sur notre famille et on ne peut pas s'empêcher d'y tremper quelques orteils (déchaussage, rechaussage...) On passe un coup de fil à Fred qui est encore dans les bouchons en fond de vallée, une heure sans bouger ! Ça tombe bien si on est en retard, lui aussi ! La cascade est dans l'ombre depuis belle lurette, bien sûr. Raté pour les photos ! Mais il faut relativiser, ce n'est qu'un problème mineur par rapport à celui qui nous attend quelques dizaines de mètres plus bas quand nous entrons dans une épaisse forêt de sapins. Juste avant, je fais une ultime photo à 5000 iso à 20h30. Ensuite plus de lumière, plus de photos. Arnaud qui a des yeux de chat se débrouille pour suivre le sentier pendant encore quelques minutes, puis Marion prend le relais avec l'éclairage de son téléphone (qui ne la quitte pas vu que son chéri est resté en France-merci à lui d'exister!) Heureusement qu'on a pris les bâtons de marche (seule bonne idée de la journée) car je marche à tâtons alors que le sentier est assez chaotique. Arrivés près de Vernal Falls, nous perdons totalement le sentier. La cascade rugit à quelques mètres. S'il y a un ours dans le coin nous ne l'entendrons pas venir. Ne parlons pas du risque de faux pas dans cet endroit escarpé. On n'y voit vraiment plus rien même avec le téléphone (bah oui c'est la nouvelle lune et en fond de vallée...) On décide de revenir sur nos pas jusqu'au miraculeux panneau « toilettes » que nous avons croisé et nous finissons par les trouver dans l'obscurité. Ouf, nous savons où nous sommes (c'est glorieux : « dans les toilettes de Vernal Falls ») et nous avons un abri. Nous nous préparons psychologiquement à y passer la nuit et alors que Marion commence à frissonner nous apercevons une faible loupiote un peu plus haut. Nous la hélons et voyons arriver ravis 2 espagnols qui avaient perdus le sentier mais avaient une lampe de poche. Immense soulagement. Ils viennent du bas et donc connaissent un peu le chemin. Après avoir un peu tâtonné, nous finissons par retrouver le sentier escarpé qui longe les Vernal Falls. En cette fin juillet, les cascades de Yosemite sont inhabituellement puissantes car le printemps et le début de l'été ont été pourris avec des chutes de neige importantes et tardives. On progresse donc dans les embruns de la cascade, sur des marches irrégulières et trempées, à 6 avec une lampe de poche. Les Espagnols prennent soin de nous indiquer les flaques mais à quoi bon on est trempé ! Plus bas le sentier devient facile et régulier, ouf ! Quelle aventure ! Nous arrivons finalement vers 22H45 au parking du trailhead où Fred nous récupère avec la voiture (la nuit est si noire qu'il est passé une 1ère fois à côté de nous sans nous voir!) Lui aussi a passé une fin de journée difficile entre les bouchons et l'inquiétude de nous savoir bloqués par la nuit. Pour une fois il avait du réseau, du moins à certains endroits de la vallée (Marion en a partout du moment que c'est un peu civilisé) Il a bien essayé de nous rejoindre mais n'est pas monté assez haut (et de toute façon je ne suis pas sûre qu'il aurait trouvé le sentier. Et ensuite le risque de nous croiser sans nous voir n'était pas nul!) On remercie chaleureusement les Espagnols : sans eux... On est tellement fatigués qu'on se couche directement sans manger ! Des gens arrivent vers minuit et installent bruyamment leur bazar : pfff ! A défaut de boules Quies, restées dans la voiture, je me console en me disant qu'on se fera un malin plaisir à les réveiller demain matin... Un peu de mal à m'endormir quand tout se calme, le stress rétrospectif ! Pas fière non plus...Moralité de l'histoire : il n'y a pas de petite rando ! On s'est laissé aller du fait du caractère hyper fréquenté du parc. On ne nous y reprendra plus !
YOSEMITE TWENTY LAKES BASIN Dimanche 24/07 J5 On quitte sans regret le Crane Flat Campground (bruyant, sanitaires dégueulasses) en route vers Saddlebag Lake qui se situe juste à l'est de la Tioga Pass, juste en dehors du Yosemite National Parc. Après une 1ère partie inintéressante dans la forêt, la Tioga Road devient très belle : cette route d'altitude se faufile entre lacs et dômes granitiques caractéristiques du Yosemite. On fait un petit arrêt à Olmstedt Point et à Tenaya Lake (on dirait un lac norvégien, il y a même des moustiques!) puis après avoir quitté le parc on tourne vers le Nord sur une piste qui mène à Saddlebag Lake où j'espère avoir une place au camping qui fonctionne sur le mode du 1er arrivé/1er servi. Il est fermé ! Encore enneigé fin juillet ! Pas grave, j'avais, pour assurer le coup, réservé au Trumbull Lake campground situé sur le flanc est de la Sierra Nevada. Les rives du Saddlebag Lake sont encore enneigées, du moins du côté le moins ensoleillé. Pour atteindre le 20 lakes basin, situé au N du Saddlebag Lake, on peut marcher mais aussi prendre un bateau-navette ou louer un petit canot à moteur. A 5, c'est quasiment le même prix (60$ pour 5h) et c'est bien plus amusant d'être autonomes. On s'amuse à frôler la rive enneigée et en 20 mn on arrive au petit ponton aménagé à l'embouchure d'une rivière où l'on voit 2 ou 3 pêcheurs. Une navette a déposé un peu avant nous une dizaine de personnes, que nous ne reverrons pas. Nous croiserons par la suite un couple de Japonais et apercevrons moins d'une demi-douzaine de personnes à la fin de la balade. Pas la foule donc pour cet endroit superbe, par un dimanche ensoleillé. Le bassin est encore très enneigé (en repartant nous verrons d'ailleurs 2 personnes avec des skis de rando... sur le dos) si bien que nous devrons raccourcir la boucle initialement prévue. Très bel endroit, la neige ne nous a pas gênés finalement, c'était encore plus beau comme ça ! Pas vu d'animaux, dommage...
http://www.verber.com/mark/outdoors/destinations/20lakes-map.pdf
http://www.alpiner.net/FUN/Mountains/Twenty-Lakes-Basin-hike/9088708_LSBNj#606435240_pZQGS
http://tedmuller.us/Outdoor/Hiking/2010/100828-TwentyLakesBasin.htm
http://www.verber.com/mark/outdoors/destinations/20lakes.html
TRAVERTINE HOT SPRINGS Dimanche 24 juillet J5 (suite) Il n'y a de douches ni à Crane Flat ni à Trumbull Lake Campground où nous dormirons ce soir et l'eau des lacs est trrrès fraîche, aussi j'emmène mes troupes faire trempette dans les Travertine Hotsprings. http://www.gonomad.com/destinations/0409/hot_springs_of_the_sierras.html Nous passons le Monolake que je suis impatiente de découvrir plus en détails et filons vers le Nord jusque un peu avant Bridgeport et nous tournons vers l'est sur une bonne piste qui nous mène en 1 mile aux sources chaudes. Il y a là une famille russophone qui très discrètement quitte l'endroit quand nous arrivons : cool ! Nous sommes seuls avec la vue sur la Sierra Nevada ! Petit bémol, en cette fin de journée les pools sont en plein soleil et on sent nos mélanocytes crépiter. L'eau est à 40°C, on arrive assez vite à ébullition. Pas très rafraîchissant ce petit bain mais assez amusant... Nous rejoignons le Trumbull Lake Campground par une très belle route de montagne et nous installons pour la nuit. Alors que nous dînons paisiblement, Caroline s'écrie : Tiens un ours ! Un (vraiment) gros ours noir passe à une cinquantaine de mètres et se dirige vers le lac et l'autre extrémité du camp. Je crie : a beer ! Aucune réaction dans le camp. Ils sont tous blasés ou quoi ? Fred et les enfants se moquent de moi : tu dis toujours a beer (une bière pour les nuls en anglais) mais on dit a bear (un ours quoi!) Ils ont du me prendre pour une saoûlotte, du coup je n'ose plus rien dire. Avec tout ça la bestiole est partie plus loin et comme nous sommes tout de même un peu blasés, on continue de dîner (les pâtes vont refroidir sinon!) Ça s'agite un peu plus loin, les autres ont repéré l'ours... Avant de me coucher je choisis le bâton de marche le plus acéré et le place au cas où à l'entrée de la tente. Blasée peut-être mais pas à 100% !
Lundi 25 juillet J6 Nuit hyper paisible (eh oui c'est possible même en camping civilisé) Je fais un petit tour vers le lac pendant que le reste de la troupe émerge. Belle lumière matinale. L'atmosphère est limpide, on est à 3000 m d'altitude. Il fait encore beau, quelle chance !
YOSEMITE TUOLUMNE MEADOWS Lundi 25 juillet J6 (suite) J'ai repéré pour aujourd'hui une balade dans le coin de Tuolumne Meadows juste au nord de la Tioga Road. Nous avons en fait contourné le Pothole Dome par son flanc est pour rejoindre la Tuolumne River et la longer un peu vers l'aval. Je m'étais inspirée de ce récit de rando http://tedmuller.us/Outdoor/Hiking/2009/090916-TuolumneFalls.htm (on n'est pas allé aussi loin qu'eux) et je suis épatée de voir la différence de débit de la Tuolumne River : cette année 2011 est vraiment exceptionnelle ! La prairie où passe le sentier est d'ailleurs encore sous l'eau. Après une séance pschittage anti-moustiques qui intrigue une jolie biche, nous commençons à patauger gaiement dans une belle herbe printanière. L'eau est limpide, j'adore ! Je vois soudain filer sous mon pied un joli serpent dont j'ignore la dangerosité. Les « va nu-pieds » se rangent prudemment derrière Marion et moi qui sommes restées chaussées (il fait si beau que ça sèche très facilement) Après recherche, il doit s'agir d'un Gartersnake, inoffensif (http://www.californiaherps.com/identification/snakesid/gartersnakes.id.html) Nous arrivons très vite aux rapides : ça dépote ! Un vrai paysage de Yakari : il ne manque qu'un ours... qu'on ne verra pas.... J'adore ces dalles de granit discrètement colonisées par une végétation persévérante. Quelle harmonie ! Nous montons sur un petit dôme tout proche et admirons la vue vers Cathedral Peak (je crois). Après 2h00 de balade tranquille au cours de laquelle nous n'avons croisé qu'une famille de 4 personnes, nous rejoignons la voiture pour quitter définitivement le Yosemite. On a vraiment aimé la géologie du parc, assez unique. La foule n'est gênante qu'en voiture. A pied, il suffit de marcher 5 minutes (littéralement) pour être tranquille voire complètement seul. Mais il faut dire que nous avons choisi de zapper la vallée de Yosemite, complètement saturée, ainsi que Mariposa Grove et ses séquoias géants. Bah oui il faut faire des choix.
DE MONOLAKE A MAMMOTH HOT CREEK PAR LES PISTES Lundi 25 juillet J6 (suite) Nous arrivons au Mono Lake vers midi et bien que la lumière ne soit pas des plus favorables, les fameux tufas nous plaisent déjà beaucoup. Ce lac vieux de plus d'un million d'années n'a pas d'effluents et les sels minéraux s'y sont accumulés du fait de l'évaporation. L'eau du lac est 2 fois ½ plus salée que celle de l'océan. Les fameuses tours calcaires ont été crées par l'irruption de sources d'eau claire dans le lac très alcalin. Elles étaient auparavant sous-marines mais la baisse de niveau du lac les a fait apparaître. La navigation y est difficile compte-tenu de ces obstacles, la baignade peu agréable. Ce lac préservé est le refuge de centaines de milliers d'oiseaux durant les périodes migratoires et l'accès aux 2 îles interdit pendant la période de nidification des goélands. Nous sommes pourtant en contrebas de la Sierra Nevada qui culmine à 4400 m et ensuite il y a encore 250 km jusqu'au Pacifique.
Nous essayons de suivre la côte du lac vers l'est mais les pistes sont très étroites (bon la carrosserie ne craint plus les griffures des buissons de sauge) et extrêmement sableuses. Arnaud finit par repasser le volant à Fred : on retrouve à notre grand soulagement une gravel road parfaite et nous filons vers le sud en passant sur les versants est des petits cratères qui bordent la rive sud du lac. On se trouve un coin à l'ombre d'un beau pin pour pique-niquer : il fait bon, nous sommes à 2000 m tout de même. En route vers Mammoth Hot Creek ! http://wanr.earthbiz.net/MammothHotSprings.html
La piste est agréable et descend doucement vers une zone évidemment volcanique : la couleur de cet étang ne laisse aucun doute. On approche ! Le GPS n'est pas inutile car il n'y a aucune indication de ce côté des sources chaudes (il y a un panneau si on vient par la route 395) Nous arrivons enfin sur un parking où se trouvent 2 ou 3 voitures, nous garons et au bout de 2 secondes les enfants nous crient « Venez vite, c'est super ! » En contrebas dans une vallée multicolore, nous découvrons une belle petite rivière issue de la sierra dans laquelle se baignent 4 personnes, avec un air parfaitement décontracté. De toute évidence il y a des sources chaudes qui se mélangent à un endroit précis avec l'eau fraîche de la montagne. Ça nous rappelle la rivière chaude du Landmannalaugar en Islande sauf qu'ici il fait beau et que... la baignade est interdite. Le site est clôturé et un panneau met en garde contre les brusques changements de température de la rivière. Flûte ! Et les ceusses qui font trempette alors, des Américains pur jus qui enfreignent une loi ! Ce ne doit pas être trop grave. Arnaud repère soigneusement leur position dans la rivière : pour l'atteindre il est nécessaire de la traverser en nageant vigoureusement dans l'eau froide (mais ça va finalement) jusqu'à la rive opposée. Il faut prendre garde à ne pas se laisser entraîner par le courant en aval des sources (très) chaudes. 14 personnes sont mortes ébouillantées ces dernières années dit le panneau. Quand nous arrivons, ils quittent l'endroit (je ne sais pas si c'est le fruit du hasard ou d'une bonne éducation mais hier nous avions eu la même chance de la part des occupants de Travertine Hot Springs) Délicieuse baignade un peu écourtée par la peur du « gendarme » dans un site où il faut savoir faire abstraction des clôtures absolument moches et visiblement régulièrement enjambées (il me semble qu'un panneau d'interdiction suffirait pour « dédouaner » le responsable local en cas d'accident) Quand nous partons arrivent quelques personnes, eux aussi ont soigneusement repéré l'emplacement magique. Je ne crois pas que nous aurions osé nous baigner si nous n'avions vu personne. L'endroit paraît vraiment chaud-bouillant de partout !
Bon vous êtes prévenus, c'est interdit et en plus dangereux ! Il est sans doute préférable d'aller explorer les hotpools disséminés dans le coin (voir carte dans le lien ci-dessus) (pas fait)
MONOLAKE Lundi 25 juillet J6 (suite) Nous remontons ensuite vers le nord par la route 395 puis bifurquons vers le Monolake. J'adore ce paysage d'autant plus lunaire que ça a brûlé récemment ! Nous descendons peu à peu vers le lac. Il y a plus de monde qu'à midi mais ça reste raisonnable. La lumière du soir est très belle, l'endroit est vraiment unique.
Pour bien profiter du lac j'ai réservé une chambre à Lee Vining au Yosemite Gateway Motel (cher et décati, vue à 99% sur le parking et à 1% sur le lac) décevant mais j'ai l'impression qu'il est difficile de trouver un bon rapport qualité/prix à proximité du Yosemite. Repas au resto juste en face, correct sans plus. Lessive au laundromat à 50 m. Nous voilà requinqués avant notre virée dans Death Valley !
ANCIENT BRISTLECONE PINE FOREST Mardi 26 juillet J7 Après concertation on choisit plutôt que de retourner voir le lac dans la lumière matinale d'aller voir cette forêt de pins très anciens, située à plus de 3000 m d'altitude un peu au NE de Big Pine où nous faisons un ravitaillement. Auparavant nous passons voir ce que j'appelle « ma curiosité géologique » que j'ai repérée sur Google Earth (un pan qui semble blanc et bleu) mais la piste qui y mène nous semble vraiment trop agressive pour les pneus. N'allons pas chercher les crosses avant Death Valley ! La piste qui monte à Bristlecone Pine Forest est longuette : de là-haut la vue sur le sierra est magnifique et il fait juste bon avec une polaire pour pique-niquer. Il n'y a pas foule, une dizaine de personnes. Étonnant car la balade de 1 mile que nous faisons parmi ces arbres multimillénaires (le plus ancien aurait 4750 ans!) est extra ! Vers 14h30 nous quittons les lieux, repassons à Big Pine faire les pleins d'eau (environ 80l) et d'essence (autonomie de 600 km sur route, la bestiole est gourmande, presque 14 L/100 km sur route, jusqu'à 31 L sur piste en montée !!!) puis direction Death Valley.
DEATH VALLEY EUREKA DUNES Mardi 26 juillet J7 (suite) Nous entrons dans Death Valley par la Big Pine Road et sommes de suite plongés dans l'ambiance. Nous sommes à 1800 m d'altitude, il fait une chaleur tout à fait supportable (30°C) et c'est le royaume des Joshua Trees. Puis nous descendons assez vite dans Eureka Valley et les arbres cèdent la place aux roches multicolores. Nous bifurquons bientôt sur la piste qui mène à Eureka Dunes. Arnaud prend le volant avec pour consigne de ne pas dépasser les 20 miles à l'heure (la piste fait 10 miles... ça va) car j'ai lu partout qu'on crevait facilement sur les pistes de Death Valley. Les dunes apparaissent à l'horizon. J'adore imaginer les tourbillons qui ont créé ces formes si douces dans un environnement si minéral et austère. Il y a un primitive campground (avec toilettes sèches, pas d'eau) aménagé au pied des dunes. Pas un « chat » à des kilomètres à la ronde, on aime ! Nous sommes à 1000 m d'altitude et il fait 40°C quand nous arrivons : une chaleur à laquelle nous sommes habitués dans l'Utah ou l'Arizona. Avec le vent c'est très supportable. Nous installons le tarp de façon à avoir de l'ombre. Je laisse mes troupes jouer aux cartes et part faire un tour vers les dunes. Tout près des dunes se trouve un immense lac de sel asséché qui reflète le soleil couchant. A part quelques oiseaux, mouches et moustiques, je ne vois pas le moindre animal. Quelques traces de scarabées, c'est tout. Sitôt le soleil couché, la température baisse à 36°C. Fred allume le feu (quelqu'un a laissé plein de bois, cool!) et nous mitonne des steaks avec patates dans la braise et bonnes tomates californiennes. Miam ! Aussitôt, de petites chauve-souris apparaissent comme par magie et virevoltent silencieusement dans le crépuscule. Comme souvent le vent forcit subitement juste au moment du coucher du soleil ce qui donne une atmosphère un peu inquiétante que j'adore. On arrime solidement nos tentes. Je me réjouis déjà à l'idée de dormir sous le ciel étoilé dans la brise nocturne : ces tentes sont géniales (un peu fraîches toutefois en montagne) On passe un bon moment à observer le ciel et à faire des jeux de lumière avec l'appareil photo.
Le vent s'est calmé durant la nuit, le feu est éteint (le frigo électrique aussi : on n'a pas osé le laissé branché ici !), la luminosité augmente, on se réveille un peu avant 6h00. Il fait 24°C. 1ère réflexion spontanée de toute la famille : quel silence incroyable. On n'a pas entendu le moindre animal pendant la nuit, c'en est impressionnant. Nous sommes encore à l'ombre de la montagne, il fait une température idéale. On déjeune tranquillement puis le soleil arrive et nous quittons les dunes vers 7h00, enchantés...
GOLD POINT GHOST TOWN Mercredi 27 juillet J8 (suite) En démarrant la voiture, Caroline remarque une alarme : « check tire pressure »! Bizarre... les pneus ont l'air gonflé. L'ordinateur de bord indique 24 de pression au lieu de 33 pour le pneu AR G. Crevaison lente donc... ça ne nous inquiète pas car nous avons pris le petit compresseur portable 12 V qui se branche sur la batterie. Si ça baisse encore, on regonflera mais vu la vitesse à laquelle nous allons rouler, ça ira comme ça. On surveillance à l'écran la pression des 4 pneus, super pratique !
Le plan de la matinée est de rejoindre la ville fantôme de Gold Point (http://www.ghosttowngallery.com/htme/goldpoint.htm), située au Nevada juste au nord de DeathValley. Une fois arrivés à Cranshaft Junction, nous prenons la piste qui mène vers Tule Canyon. Le début est assez pénible avec de grosses pierres pas très sympathiques et j'envisage de faire demi-tour mais Fred insiste. Il a bien fait car au bout de quelques miles la piste devient bien plus facile. Nous faisons un petit arrêt près d'une mine abandonnée, dont la galerie a été comblée. Quelle drôle de vie pour les gens d'ici ! Le puits de Roosevelt Well est à sec. Plus d'or, plus d'eau, plus personne. Si ! Il y a un gros nid d'oiseau dans la maison...
Vers 10h nous arrivons en vue de Gold Point. Il y a un point d'eau inattendu ici : ces chevaux ont de la compagnie puisqu'on y trouve de gros poissons rouges ! Sans doute un fermier poète.
Il y a une source ici, une mini-oasis qui abrite ce beau lièvre.
Gold Point a compté 2000 habitants il y a une centaine d'années. L'exploitation d'or et d'argent fut totalement abandonnée dans les années 60. Aujourd'hui ils sont 8. Des originaux qui entretiennent quelques bâtiments et même un petit musée (que nous n'avons pas visité) On a trouvé un drôle d'attirail de chimiste ou de géologue qui avait l'air relativement récent. Un tamis mécanique aussi. De gros réservoirs de fuel. Bref tout un bazar post industriel assez étonnant. On quitte la ville un peu avant midi : nous sommes à 1600 m et il fait 40°C. On apprécie la clim de la voiture. Nous passons cette fois par la route : 774, puis 266, puis 95 puis 267 (toutes hyperdésertiques) et arrivons soudain dans Grapevine canyon : 1 mile avant d'arriver à Scotty's Castle nous entrons dans une oasis luxuriante (il doit y avoir une source de fort débit dans le coin) qui nous épate ! Il y a pas mal d'oiseaux et même un héron en plein milieu de la route ! Impossible de résister à l'appel de l'ombre des cottonwoods, il fait 46°C (900 m d'altitude) Heureusement il y a du vent. Nous pique-niquons surveillé de près par un renard opportuniste. Ensuite une sieste s'impose dans cette herbe drue et verte inattendue. A Scotty's Castle, nous espérons prendre de l'essence. Mauvaise pioche, c'est réservé aux cas d'urgence.(Ne pas se fier à la carte du National Geographic!) On fait nos calculs, en tenant compte d'une consommation très augmentée sur les pistes et en montée, ça devrait aller avec une marge raisonnable. En route cette fois vers Racetrack Playa !
RACETRACK PLAYA Mercredi 27 juillet J8 (suite) Comme nous sommes garés à l'ombre des cottonwoods nous prenons soin avant de partir de regonfler le pneu avec la crevaison lente. Nous refaisons aussi le plein d'eau. La piste n'est pas bien loin : Arnaud y prend le volant. Seul un adolescent de 16 ans encore ingénu vis-à-vis de la conduite automobile peut avoir la patience de rouler à moins de 20 miles à l'heure sur cette piste facile mais aux pierres réputées tranchantes. C'est LA piste où l'on crève à Death Valley. Quel flegme ! Nous arrivons finalement vers 16h à Teakettle Junction (plus que 3 théières sur le panneau, un fétichiste est passé par là. Pas glop!) Je propose à Arnaud de le relayer, il en a tout de même un peu marre.... Quelques minutes plus tard apparaît la playa. C'est beau. Inconsciemment j'accélère l'allure et soudain nous voyons la pression diminuer lentement mais sûrement. J'ai juste assez d'air pour arriver jusqu'au parking du Racetrack. Pfff ! 2ème crevaison et celle-là est une vraie de vraie. Coup de chance, c'est le côté à l'ombre de la voiture (il fait 40°C, on est à 1000 m) On décide de changer la roue de suite, le temps de laisser le soleil baisser un peu pour avoir une plus belle lumière. Quelle chance, le trou paraît sympathique, tout-à-fait accessible à une réparation. Je sors le kit de réparation et merdum : il manque la colle (pas vérifié depuis sa dernière utilisation en 2009) Grmbl ! Bon on verra plus tard. Allons déjà voir de plus près ces fameuses sailing stones (pierres qui naviguent) J'ai lu qu'elles se situent à l'extrémité sud du lac asséché et qu'elles viennent d'une falaise située à l'est. On les trouve très vite : d'abord 1 puis 2 puis PLEIN ! Les trajectoires sont complètement farfelues : 10 m vers l'ouest puis plein nord sur 20 m puis demi-tour. Je remarque soudain un nuage inhabituel dans le ciel (bah oui il fait 100% beau depuis notre arrivée à San Francisco!) : sapristi ! Il doit y avoir un incendie à l'ouest et la fumée se rapproche dangereusement du soleil ! M...flûte ! Je me dépêche de faire quelques photos avant que le soleil ne soit voilé. Atmosphère étrange ! Le soleil est orange en pleine après-midi ! Nous remontons jusqu'à la « source » au pied de la falaise. Qui sait combien de temps il a fallu pour que cette grosse pierre arrive jusqu'ici ? Le mécanisme exact de ces déplacements de pierres reste flou : on suppose qu'il se produit quand le lac- presque parfaitement plat (4 cm de différence d'une extrémité à l'autre alors qu'il mesure 4,5 km de long) - est recouvert d'une fine pellicule de boue et qu'il y a des vents puissants. Peut-être la glace joue-t-elle aussi un rôle ? Personne n'a jamais pu filmer le déplacement de ces pierres. Alors que nous regagnons la voiture sans trop savoir que décider pour la suite, nous remarquons vers le nord un petit nuage de poussière : une voiture arrive ! Pour une fois on est content de voir du monde ! C'est un gros 4X4 et j'espère bien qu'il aura un kit de réparation complet lui ! Raté, ils n'ont rien (mais n'ont pas crevé eux!) : le gars nous explique qu'il sera derrière nous pour le retour et nous aidera en cas de problème. C'est sympa mais nous avons prévu de ne pas revenir sur nos pas mais de continuer vers le sud par la piste de Hunter Mountain Road et South Pass jusqu'à Panamint Springs. Il nous dit aussi qu'il pense que l'on peut utiliser les mèches de réparation sans colle. On avait bien l'intention d'essayer mais du coup le moral remonte en flèche. La nuit porte conseil, il est déjà 18h, donc trop tard pour envisager maintenant la piste montagneuse. On décide de dormir là, du moins environ 1 mile plus au sud où il y a un primitive campground (toilettes sèches, pas d'eau) un peu cracra (on fait le ménage en arrivant) : un comble dans ce coin perdu (rien de dramatique non plus, qq canettes en fait)
On recycle la roue crevée en table basse, on dîne puis on répare (ça prend exactement 2 sec 3 dixièmes) et on part se coucher en croisant les doigts. On laisse « sécher » pendant la nuit...
Jeudi 28 Juillet J9 Très bonne nuit pas trop chaude. L'altitude est vraiment LE facteur déterminant de Death Valley. Au-dessus de 1000 m ça nous a semblé tout-à-fait gérable. Victoire ! Après regonflage nous ne décelons aucune fuite. Yesss ! L'incendie est maîtrisé, le ciel est pur : on repasse par Racetrack Playa avant d'attaquer Hunter Mountain Road. Il est 7h15, la lumière est très belle, on s'en met plein les yeux. Quel endroit incredible ! Cerise sur ce magnifique gâteau, une île noire (le Grandstand) offre un contraste presque maléfique avec le reste du site. Envoûtant !
DEATH VALLEY HUNTER MOUNTAIN ROAD Jeudi 28 Juillet J9 (suite) En route donc pour cette piste peu difficile mais perdue et très peu fréquentée surtout en été (on ne verra personne : http://www.backroadswest.com/deathvalley/RoadTripHunter.htm) Nous sommes bien équipés (à part les pneus, mais nous avons de quoi réparer et regonfler), avons de l'eau en quantité, de quoi camper et même le téléphone satellite que mon père nous a prêté. J'ai noté le numéro de téléphone du dépanneur de Big Pine et il y a ce qu'il faut sur le compte en banque pour payer un éventuel remorquage (j'ai lu qu'on paie avant qu'il se déplace en donnant son N° de CB et vu l'éloignement et sa situation de monopole, ça douille!) Il nous faudra 3h30 pour parcourir les 57 miles de piste. En effet nous roulons superlentement vu la qualité de nos pneus et en plus on s'est un peu perdu un peu avant Harris Grade : il y a pas mal de pistes qui partent dans tous les sens (plein d'anciennes mines) et les cartes Garmin ne correspondent pas à la réalité. Ne pas hésiter à se fier à son instinct plutôt qu'au GPS ! Nous traversons d'abord la belle Hidden Valley aux reliefs très doux (potentiellement problématique s'il a plu) puis nous grimpons dans la montagne. En quelques miles, la végétation se transforme complètement. Quel contraste ! Nous ne prenons pas le temps de jeter un œil à la Hunter Cabin (où nous aurions du dormir la nuit dernière, il y a une source) car nous avons peur d'être justes en essence. On néglige aussi Jackass Spring où l'on peut parait-il faire trempette (il y aurait aussi qq pétroglyphes) : c'est un peu la jungle et il y a pas mal de moustiques et nous arrivons finalement à South Pass, point culminant de la piste à 2000 m. 1600 m plus bas (et à contrejour) nous apercevons Panamint Valley et ses dunes. On passe dans une « forêt » d'énormes Joshua Trees (on n'en a jamais vu d'aussi gros) Arrivés à Panamint Springs, il nous reste de quoi faire 75 km : gros plein d'essence pas donnée (environ 6$ le gallon je crois) et repas correct au resto du coin dont les murs sont décorés de dizaines de photos de l'ouest américain : ça tombe bien car le service est longuet. Il fait 46°C à 400 m d'altitude et la route descend encore. On ne descend même pas de la voiture pour cette photo des Panamint Dunes. J'ai réservé pour cette nuit une chambre (bien, clim performante et pas trop bruyante pour une fois) au Furnace Creek Ranch et bien que le check in ne soit théoriquement qu'à 16h, nous tentons le coup à 14h30 et obtenons aussitôt notre chambre. Chouette ! Douche, repos pendant une paire d'heures en attendant que le soleil baisse un peu. Je prends la voiture pour aller mettre en route une lessive au laundromat situé à 300 m ! Il fait 54°C sur le parking. Nous sommes à 50 m en dessous du niveau de la mer. On se sent vraiment en « sursis » quand on transite entre 2 endroits climatisés. On a une pensée émue pour les employés de l'hôtel qui travaillent dans ces conditions incroyables : tous se déplacent avec une grande gourde à la main, on les comprend !
DEATH VALLEY LES CLASSIQUES Jeudi 28 Juillet J9 (suite) On repart ensuite pour aller faire un tour vers Twenty Mule Canyon mais la route est fermée. On a la flemme de monter vers Dante's View : on serait à contre-jour et on a déjà bien profité de vues panoramiques depuis Hunter Mountain. On va faire un tour à Artist Drive : 59°C ! Seul Fred a le courage de sortir de la voiture faire quelques photos. L'endroit est beau certes mais il nous manque ce petit frisson d'aventure que nous aimons tant. Tous ces cirrus laissent présager un changement de temps...
De retour à l'hôtel, je profite du wifi pour consulter la météo, très orageuse pour les jours à venir et je juge plus prudent d'annuler la descente d'Orderville Canyon à Zion NP (j'avais réservé une navette pour nous déposer au départ de la rando) Je réserve aussi un motel à Kanab car je crains que la piste vers Alstrom Point où nous avions prévu de dormir ne soit impraticable (nous y sommes allés il y a 2 ans et savons qu'elle passe dans une zone de bentonite où l'enlisement est garanti en cas de pluie) Fred nous prépare une bonne salade de riz (on commence à saturer de la bouffe américaine) en faisant cuire riz et œufs sur le balcon à une vitesse inédite ! On se couche de bonne heure afin d'être frais et dispo demain matin pour le lever de soleil à Artist Point.
Vendredi 29 Juillet J10 A 6h20 nous attendons le soleil ! Manly Beacon est toujours à l'ombre. J'avais envisagé d'y monter (http://joeidoni.smugmug.com/Death-Valley/Manly-Beacon-32804/1958809_cFvCs#99535306_TT5ZZ) mais le temps est incertain (glaise+pluie= grosse gadoue) et surtout il fait déjà chaud (34°C) et très lourd. Le soleil a bien du mal à s'imposer. On a droit a un fugace rayon de soleil. Puis un gros nuage reprend le dessus. On file ensuite vers Devil's Golf course où la lumière est superbe avec ce ciel d'orage. A Badwater il fait une chaleur humide très désagréable(le temps ? Le sel?), 40°C, et nous n'avons pas le courage de marcher assez loin pour voir les fameux polygones de sel. Ça sent vraiment la pluie : ce serait super de se retrouver sous la pluie à Badwater, un des endroits les plus chauds (-80 m) et sec au monde (40 mm/an, 700 mm à Nancy, 50 mm au Sahara) J'avais envisagé de quitter Death Valley par les pistes du sud et d'aller faire un tour à Saratoga Springs (http://www.backroadswest.com/MonthTrips/Saratoga.htm) mais avec la pluie qui s'annonce, nous risquons des difficultés aussi préférons-nous partir directement vers notre prochaine destination : le parc de Zion. Ça y est, il pleut ! C'est superbe !
ZION NORTHGATE PEAK Vendredi 29 Juillet J10 (suite) Nous avions négligé ce parc lors de nos 2 précédents voyages (avis mitigés sur voyageforum : foule+++, système de navettes chronophage, paysages bof...) et j'étais cette fois décidée à me faire ma propre opinion. Je décidai donc d'essayer d'aller où les autres ne vont pas (on est complètement agoraphobes!) Après un ravitaillement à Las Vegas (dont nous ne verrons qu'un supermarché hispanique dans la banlieue où j'ai envie de tout essayer au rayon fruits et légumes : il y a plein de choses inconnues et appétissantes et en plus c'est donné!), nous entrons enfin en Utah. Nous retrouvons aussitôt les paysages de roches rouges que nous aimons tant : cet état a vraiment une géologie incroyable ! Le ciel d'orage est superbe, on adore ! J'espère pouvoir dormir au Lava Point campground, situé dans la partie Kolob Reservoir au NO de Zion Canyon. La piste est assez longue, j'y double 2 traînards (avec en accélérant une pensée pour nos pneus...) car l'heure tourne et le camping fonctionne sur le mode du 1er arrivé 1er servi. Nous y prenons in extremis la dernière place, ouf ! Une demi-douzaine d'autres voitures feront ensuite choux-blanc. Donc ne pas y arriver trop tard (16h30 en ce qui nous concerne) Si le camp est plein il est possible de camper pas très loin en dehors du parc près de Kolob Reservoir : l'avantage de ces 2 sites est leur altitude : 2400 m à Lava Point et il y fait très bon en plein été. Toilettes sèches, pas d'eau. Le temps d'installer les tentes et le tarp, la pluie arrive, pas trop forte heureusement. Fred et Arnaud profitent de la fraîcheur ambiante pour replacer la roue réparée, histoire de s'assurer qu'elle tient bien la pression. « MERDE ! » nous écrions- nous en cœur quand le cric et la voiture basculent d'un coup (le frein à main était mis et la voiture en position parking mais il aurait fallu en plus mettre des cales pour bien bloquer les roues) Je crois qu'un coup de vent d'orage a entraîné une traction sur le tarp attaché à la voiture. Gros coup d'adrénaline ! Notre expression bien française fait accourir un sympathique américain et son copain : il parle Français, c'est cool. Il nous apporte son cric. Le nôtre est intact. Le pare-choc arrière s'est en fait posé sur un rocher (le bol!) si bien que l'on glisse facilement les 2 crics sous la voiture. Pas de dégâts ! Ouf ! On dîne à l'abri du tarp, ça nous rappelle l'Alaska, en plus chaud !
SAMEDI 30 juillet J11 Après l'orage et la pluie de la nuit, il fait beau ! Nous partons de bonne heure vers Northgate Peak : http://www.citrusmilo.com/zionguide/northgatepeaks.cfm Il y a déjà quelques voitures sur le parking du Wildcat Canyon Trailhead car c'est aussi de cet endroit que part la fameuse rando du Subway (qui nécessite un permis et une navette) Après nous être trompés de dôme (bien la peine que je note dans les randos dans le GPS si Fred ne le regarde pas -moi je suis derrière, Je prends des photos!) nous cheminons le long d'une prairie fleurie et parvenons entre les 2 Northgate Peaks. Il y a une belle végétation de rocaille. J'adore ce mélange de verdure sur fond de roches rouges et blanches. Comment ces pins peuvent-ils vivre sur cette crête exposée ? Il est assez facile de monter sur celui de l'est (7159') et la vue du sommet en vaut la peine. Quel fouillis ! J'imagine la prise de tête pour les cartographes !
Nous allons ensuite pique-niquer au bord du Kolob Reservoir, petit lac artificiel très prisé des locaux. Cela semble assez bucolique sur les photos mais en fait l'endroit est parasité par les quads : les Américains sont tout de même les champions des loisirs motorisés ! Cela ne nous empêche pas de faire une petite sieste car ils ont la délicatesse de ralentir en passant à notre hauteur. On a aussi passé un bon moment à observer ces petits canards dont l'un tombait de sommeil ce qui le faisait régulièrement tomber dans l'eau ! Pas doué non plus pour remonter sur son perchoir ! Gros éclats de rire à chaque fois !
En route vers le village fantôme de Grafton, nous passons à la hauteur de Hoodoo City (un peu à l'ouest de Wildcat Canyon Trailhead) sans nous y arrêter.
Cette partie du parc nous a beaucoup plu : un rafraîchissant (on est en altitude) mélange de verts pâturages (il y a quelques fermes et vaches) et de roches rouges et blanches et vraiment pas grand monde. (personne sur Northgate Peak)
GRAFTON GHOSTTOWN SAMEDI 30 juillet J11 (suite) Ce petit village fantôme se situe juste au sud de la route 9. http://www.ghosttowns.com/states/ut/grafton.html Après un rapide petit tour au cimetière, touchant de simplicité, nous poursuivons vers les quelques maisonnettes dont la plupart ont été restaurées. On ne peut en visiter qu'une ou deux, les autres sont fermées et l'endroit serait sous vidéosurveillance (nombreux panneaux d'avertissement à l'entrée) Ça casse un peu le charme mais la visite n'est pas désagréable si on passe dans le coin. On arrive sous l'orage au Quality Inn de Springdale (bien) que j'ai réservé pour 2 nuits. Très grosse averse, on a la vue sur le camping (et les falaises) et on compatit ! Lessive, internet... On va manger au Zion Pizza and Noodles, recommandé chezplusoù : NUL ! Aucun service bien qu'il soit dûment facturé d'office sur la note, bouffe très médiocre, table gluante, décor quelconque, verres en plastique. On doit se placer soi-même (chacun se jette sur une table pleine d'assiettes sales), faire la queue (une bonne demi-heure debout pour aller commander à un guichet comme à la poste), aller chercher à boire... La négation de l'habituel service à l'américaine. Et pourtant c'est bondé !
ZION NARROWS Dimanche 31 Juillet J12 Ciel très couvert ce matin. Je me félicite d'avoir annulé la rando/canyoning prévue dans Orderville Canyon (http://www.citrusmilo.com/zionguide/ordervillecanyon.cfm). Pas envie de finir dans le journal : le canyon est très étroit et donc à haut risque de flashflood mortel en cas de forte pluie. On se rabat donc sur les Narrows (http://www.citrusmilo.com/zionguide/narrowsday.cfm) que j'avais d'abord écartés pour cause de surfréquentation. Après avoir croisé quelques personnes sur le sentier bétonné (beerkkk) nous arrivons au départ de la marche dans la rivière un peu avant 8h. On y trouve quelques bâtons, des chaussettes, des pulls et même une paire de chaussures de marche !
L'eau est bonne et ça vaut mieux car peu de temps après nous croisons des gens rebroussant chemin qui nous annoncent un passage avec de l'eau jusqu'à la poitrine. On passe sans problème, le courant n'est pas trop fort (pas de photo, l'appareil est au fond d'un sac étanche!) Au-delà, il n'y a personne : on a les Narrows pour nous tous seuls ! Je n'en reviens pas ! Le ciel est toujours couvert : j'essaie de mémoriser au fur et à mesure de notre avancée les échappatoires éventuels en cas de montée des eaux. Il y en a beaucoup, mais cependant pas partout... On s'enfonce dans le canyon, d'autant plus sombre que le soleil est absent. Chacun choisit son option, avec plus ou moins de succès. Les bâtons de marche sont vraiment indispensables car même si l'eau est limpide, il y a pas mal de courant à certains endroits. Vers 9h30 nous arrivons dans une partie plus étroite (pas d’échappatoire!) assez impressionnante. L'atmosphère est vraiment spéciale. Le ciel s'assombrit et je me dis que si nous n'avons sommes absolument seuls c'est que les autres, plus disciplinés que nous, sont passés par le visitor center (chose que nous ne faisons jamais) et ont été dissuadés par les rangers de faire cette rando. Peu après (2h de marche environ depuis le départ) nous arrivons à la jonction avec Orderville Canyon. Au moment où nous commençons à le remonter retentit au loin un coup de tonnerre. Gloups ! Demi-tour fissa, nous repassons les Narrows à toute vitesse puis reprenons notre souffle d'autant que le soleil apparaît. (Ce qui n'empêche qu'un orage peut éclater en amont et entraîner un flashflood sous le ciel bleu, mais ensuite on peut facilement grimper sur les berges) Les enfants décident de redescendre à la nage quand c'est possible. Ils profitent des quelques plages de soleil pour se réchauffer un peu en nous attendant. On finit par rencontrer quelques personnes : ma théorie était donc fausse, ouf ! On prend le temps au retour d'immortaliser le passage profond, qui a le mérite de limiter la fréquentation en amont. Je rejoins Caroline écarlate à force de se retenir de rigoler : un grand balèse a porté sur ses épaules sa femme chargée du sac à dos et de leur bébé dans ses bras, a parfaitement réussi la traversée mais toute la pyramide s'est écroulée dans un grand splash ! quand sa femme a voulu descendre. Un vrai vidéogag. On est méchant ! Ensuite c'est la foule jusqu'au parking où nous arrivons trempés et frigorifiés un peu avant midi. Jamais je n'aurais pensé avoir froid à Zion ! On se félicite d'avoir pris la voiture jusqu'au visitor center plutôt que de la laisser à l'hôtel. On pique-nique en vitesse et on saute dans l'une des très nombreuses navettes qui sillonnent le parc. On a vraiment apprécié la rando, super ludique mais on est crevé (surtout les enfants qui ont pas mal nagé dans l'eau fraîche) Grosse flemme l'après-midi, shopping entre 2 gouttes, resto Thaï (Thaïsapa) pas mal du tout. On hésite à aller vers Many Pools mais l'absence de soleil ne nous motive pas : on ira demain...
ZION MANY POOLS Lundi 1er août J13 Nous quittons de bonne heure (7h00) Zion NP vers l'est. Au passage, nous jetons un œil sur la Virgin River : elle est couleur caramel. Pas de doute il s'est passé quelque chose ces dernières heures ! Cela me sera confirmé par le graphique du débit de la rivière : il y a bien eu un flashflood pile le jour où on devait descendre le canyon d'Orderville, en fin de journée certes mais bon. Merci les prévisions météo !
Photo graphique
Le ciel est encore bien couvert et à cette heure matinale la ribambelle de pools est encore dans l'ombre : on est un peu déçu, d'autant que visiblement, ici, il n'a pas plu depuis longtemps. Les pools sont pleines de soupe et de dizaines de têtards ! Certaines flaques sont presque à sec et Marion donne un sursis aux bestioles en y faisant couler un peu d'eau. Je pense que l'endroit doit être fantastique sous une grosse pluie orageuse : ça doit dégouliner de partout ! On fait demi-tour au bout de quelques centaines de mètres (1h30 de balade tranquille mais on peut continuer plus haut vers le plateau), impatientes de faire découvrir aux garçons une rando qu'ils ne connaissent pas (nous les filles l'avions découverte il y a 2 ans pendant que Fred et Arnaud allaient se rincer l’œil à the Wave)
EDMAIER'S SECRET Lundi 1er août J13 (suite) http://www.thewave.info/EdmaiersSecretMap.htm Cette balade nous avait enthousiasmées il y a 2 ans (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/edmaier-s-secret) et je craignais un peu d'être déçue. Il n'en fut rien, au contraire ! Nous avons eu une température bien plus raisonnable que la dernière fois (31°C) et en plus la chance de trouver une dizaine de pools pleines d'une belle eau claire, le tout avec de magnifiques cumulus d'orage. On s'est régalé ! Nous avons suivi à peu près le même cheminement que la dernière fois : si Buckskin Gulch était bien boueux, le sable encore humide du grand wash est bien plus facile à fouler que la dernière fois. Certaines parties du site sont extrêmement fragiles … Marion aime bien nous causer quelques émotions : nul besoin de s'aventurer sur cette falaise de slickrock pour visiter le site, scrogneugneu ! Alors que je suis occupée avec ce beau volatile, j'entends les grands, bien plus haut, me crier : « Maman ! On a trouvé une poule ! » Après un moment de compassion pour cette poule perdue en milieu désertique, me demandant comment elle avait bien pu arriver là (véridique!) je reprends mon souffle et mes esprits en réalisant qu'ils parlent d'une pool (un bassin!) En effet ! Un peu échaudé par la grimpette, on se retrouve tous à faire trempette : quel régal inattendu ! Alors que je m'éloigne un peu pour une photo, je réalise qu'il y en a plein d'autres en contrebas : la chance ! Ici point de têtards, juste un gros moustique minéral. Il y a tout un microcosme dans ces pools : animal et végétal et nous faisons attention de ne pas le déranger. La vue sur ces étendues de brainrocks est vraiment étonnante. Tiens un vaisseau spatial ! Gros nuage d'orage qui arrive vers the Wave située à quelques miles au sud. Beaucoup plus bas il y a encore une belle grande mare. Pas encore de têtards mais plein d'oeufs accrochés aux branches d'un buisson desséché. Le temps se gâte et on prend doucement le chemin du retour vers les tipis près de Buckskin Gulch.
J'avais initialement prévu de dormir ce soir à Alstrom Point (http://www.utah-tip.com/serv1.php?type=hike&item=alstrom_point) mais vu les prévisions j'ai préféré réserver pour ce soir un motel à Kanab (rien trouvé à Page au dernier moment) car nous savons pour y être déjà allés (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/vers-alstrom-point) que la piste qui y mène devient infernale si elle est mouillée (j'ai lu ensuite qu'elle était de fait impraticable)
OLD PARIA Lundi 1er août J13 (suite)
Avec ce beau ciel, c'est l'occasion de revoir Old paria et ses étonnants badlands colorés (http://www.america-dreamz.com/utah/paysages/escalante_grand_staircase/old_paria.php)
On aperçoit au loin avec émotion Yellow Rock et Castle Rock (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/yellow-rock-castle-rock)
plus près de nous Red Top (où nous ne sommes pas encore allés)
On trouve une piste qui nous mène jusqu'à la Paria River. Ces 2 photos montrent à ceux qui l'avait envisagé que son accès n'est pas simple (et interdit via Box Canyon d'ailleurs)
En soirée le ciel se dégage et est parfaitement pur quand nous arrivons au Quail Park Lodge de Kanab (décevant : cher, plomberie farfelue-gare aux chauds et froids- chambre petite et mobilier de grand-mère, petit-déjeuner ridicule) On aurait mieux fait de camper ! Dîner au rockingVcafé, conseillé par le gérant, quelconque et cher. Grosse rigolade quand la serveuse, nous ayant demandé si on voulait un peu de glace sur nos tartes, nous les amène couvertes d'une pelletée de glace ! Comment a-t-elle su qu'on était gourmand ?! On se couche sous un ciel étoilé et on est bien content car demain est une belle journée !
WHITE POCKET Mardi 2 août J14 Après un ravitaillement au supermarché de Kanab, nous reprenons la route 89 et bifurquons ensuite sur la House Rock Valley Road en direction de White Pocket (http://www.zehrer-online.de/htm_hikes_whitepocket.htm) Nous avions découvert cet endroit incroyable en 2009 en compagnie des Grisemote (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/white-pocket) et il nous tardait d'y retourner, avec toutefois un peu d'appréhension compte-tenu des difficultés d'accès puisque la piste est à la fois sableuse et pentue. Pour cette raison j'avais entré les points GPS de l'accès par l'ouest depuis Poverty Flat mais aussi ceux de l'accès sud dont l'étude attentive sur Google Earth montre moins de dénivelée.
Nous passons donc le trailhead de the Wave puis continuons tranquillement plein sud (toujours à 2 à l'heure vu l'état de nos pneus) et au moment de bifurquer vers l'est (nous sommes encore sur la HRVR, juste avant le corral), l'alarme retentit : on a ENCORE crevé ! Pfff ! C'est la 3ème fois (pour ceux qui ont suivi. Pneu AR droit pour changer un peu. En un clin d’œil on rassemble cric et manivelle (désormais toujours à portée de main!), on change la roue, on répare le trou (encore une fois bien sympathique. On a de la « chance » hum!) mais on ne regonfle pas de suite pour « laisser sécher » (je ne sais pas s'il y a un réel intérêt?) Bref nous voilà partis pour un endroit pas facile d'accès avec une roue « peut-être » réparée (impossible d'en être sûrs tant qu'elle n'est pas regonflée mais nos expériences précédentes -et récentes!- nous rendent confiants) On roule cette fois à 1 à l'heure (!). Il nous a déjà fallu une heure depuis la 89 pour arriver jusqu'ici. Pas grave, on a le temps... La piste vers Poverty Flat nous semble plus abîmée que la dernière fois. C'est aussi beaucoup plus vert et il y a même pas mal de vaches (pas vues ni en 2006 ni en 2009, cette année est spéciale, beaucoup plus humide et les vaches ont été laissées sur place) Quant à la piste vers White Pocket, nous aurions juré Fred et moi ne pas être passés au même endroit que la dernière fois ! Elle est méconnaissable (on a vérifié en rentrant sur Google Earth, on a bien pris la même puisqu'il n'y en a qu'une) Nous avions le souvenir d'une piste quasi uniquement sableuse avec une grande descente -donc remontée au retour que nous appréhendions. Cette fois la piste alterne des passages rocheux assez cassants et des portions de sable profond, elle passe près de 2 corrals dont nous n'avions aucun souvenir et nous n'avons même pas remarqué la descente, segmentée par des passages rocheux sans doute. Bref on n'y comprend rien mais on arrive sans encombre à White Pocket après encore une bonne heure de piste (soit 2h depuis la 89) Il y a là une voiture de Paria Outpost, l'outfitter qui emmène les gens qui ne souhaitent pas prendre le risque d'y aller par eux-mêmes. Nous pique-niquons tranquillement à l'ombre et lorsque nous débutons la visite croisons les autres qui repartent. Chouette, on a White Pocket pour nous tous seuls ! Fred se dépêche de monter sur une colline de brainrocks pour voir par où ils repartent mais la voiture disparaît très vite derrière les dunes. On verra bien ! Profitons d'abord du site, encore une fois par une température tout à fait supportable de 34°C avec du vent et quelques beaux nuages. On a vraiment de la chance d'avoir ce ciel spectaculaire, j'adore ! C'est comme de la chantilly sur la glace ! Après presque 3 h de vadrouille, nous reprenons la voiture et prenons une piste que nous croyons être celle de la dernière fois (moins cassante donc que celle empruntée tout à l'heure) Au bout de qq km nous réalisons que nous sommes en fait sur la piste qui part plein sud, ce qui nous fait faire un bon détour (d'environ 1h finalement). Trop tard on continue sur une piste avec du sable bien profond par endroits mais pas de portions cassantes. On arrive finalement vers Pine tree Pocket et on repart vers notre prochaine étape : Coyote Butte South (Voir cette carte : http://www.synnatschke.de/cbs/cbs-white-pocket-topo-map.jpg A l'aller on est passé par la piste en trait rouge plein et au retour par celle en pointillés rouges.)
COYOTE BUTTE SOUTH Mardi 2 août J14 (suite) Nous avions acheté des permis sur le net pour demain (il n'y en avait plus pour aujourd'hui) mais avons pu en trouver hier à la Paria Ranger Station, ce qui nous arrange bien. C'est la 3ème fois que nous venons ici et on ne s'en lasse pas. Les rangers ont bien amélioré la signalisation depuis 2006, édité un plan, fermé les pistes piégeuses et nous y arrivons donc sans problème (et sans crevaison!) Il est tout de même prudent de potasser un peu le sujet à l'avance (et pour WP encore plus, of course!) : http://www.zehrer-online.de/htm_hikes_cottonwoodteepees.htm Il fait toujours aussi bon et il ne nous faut qu' ¼ h de marche pour arriver au pied des tipis (dans mon récit de 2009 j'indique 1H ce qui est sans doute exagéré) Ici aussi il y a de l'eau et c'est bien agréable. On se balade environ 2h sur le site (personne...), reconnaissons pas mal d'endroits et en découvrons d'autres. La lumière de fin de journée est superbe, le ciel aussi, on se régale !
On installe ensuite les tentes à notre endroit habituel (juste en dehors du parc où le camping est interdit). Pas le moindre insecte cette fois-ci (plein de mouches en 2009) mais pas mal de bouses de vaches séchées que nous dispersons à la pelle. Gros feu, grillades, chamallows, étoiles et très bonne nuit avec une température idéale (fournaise la dernière fois)
EN ROUTE VERS ESCALANTE Mercredi 03 août J15 Séance gonflage au réveil (ça devient une habitude, un peu comme le brossage de dents!) : la réparation tient bon, ouf ! Il nous faut 2h jusqu'à la 89 puis nous prenons la Cottonwood Canyon Road (c'est la 3ème fois, on ne fait qu'un arrêt pique-nique un peu après Yellow Rock. En étant attentif on voit une table de pique-pique en contrebas de la piste : on peut camper à l'ombre le long de la Cottonwood Creek. (peut-être 37° 19.438 N111° 52.946 O, à vérifier) quelques moustiques) Le ciel s'assombrit à vue d'oeil et on se dépêche (mais pas trop... les pneus...) de quitter cette piste qui se transforme en patinoire quand il pleut. Le réservoir de l'Escalante Statepark Campground, petit lac artificiel, est plein à ras-bord (il était presque vide en 2009 et la baignade y était d'ailleurs interdite à cause d'un parasite) Nous retrouvons notre place « habituelle » (3ème fois aussi) dans ce petit camping très bien tenu (et équipé de douches!) Réservation conseillée en été. On installe tentes et double-toits et on file vers la Hole in the Rock Road dans l'espoir (de plus en plus ténu au fil des km) de pouvoir retourner à the Volcano (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/the-volcano) en passant cette fois-ci par le Harris Wash Trailhead : il y a une ancienne piste qui traverse le wash et se rapproche pas mal du Volcano mais je ne connais pas son état. Nous n'aurions pas le temps d'y aller comme la dernière fois par la Old Sheffield Road. Au bout de qq miles sur la Hole in the Rock Road, il faut nous rendre à l'évidence : ce n'est pas un temps à faire des pistes de glaise et à traverser un wash, d'autant plus que nous avons à nouveau une crevaison lente, cette fois sur la roue de secours, pourtant toute neuve ! 4ème crevaison ! 2 dans la même journée ! Demi-tour ! Dommage, on aurait bien aimé montrer ce drôle de « volcan » aux enfants. On fait qq emplettes à la Groceries d'Escalante qui nous paraît bien mieux achalandée que la dernière fois en prévision de la randonnée des 2 jours à venir. Fin de journée tranquille au campground (on remplace la roue de secours avec sa crevaison lente par la roue réparée...) quand nous voyons arriver nos voisins : un minivan lourdement chargé (normal il en sort 8 personnes en cinq bonnes minutes, les derniers ayant visiblement du mal à émerger d'un profond sommeil) avec une grande remorque pleine de sacs-à-dos, glacières... Une véritable réincarnation des pieds nickelés : ça sort un bout de toile de tente, le touille un peu, le laisse tomber à terre, va se faire un sandwich en piochant dans la glacière, trouve un piquet, boit un coup. Tout ça X 8 sans aucune entraide ni coordination. On n'en revient pas. Il y a là 2 adultes et 6 ados qui nous donnent l'impression d'être en stage de réinsertion pour ados à problème. Quand l'un d'eux rote bruyamment, je ne peux m'empêcher de lâcher un retentissant « beeerrrkkk » en expliquant aux enfants : « bah quoi, c'est pas d'ma faute, c'est sorti tout seul ! » Au bout de 2h les tentes tiennent à peu près debout : le plus jeune, une dizaine d'années, n'en a pas et dormira dans une bâche en plastique (il y a un auvent - heureusement d'ailleurs car il a pas mal plu pendant la nuit- mais aussi un serpent non identifié que nous avons vu dans un buisson à qq mètres.) Bref, on est au spectacle ! A 10h tout le monde est couché, y compris les pieds nickelés mais comme ils ont roulé toute la journée en dormant, ils se lancent des vannes (certainement subtiles...) dont tout le camp profite jusqu'à ce qu'une dame vienne râler. Aucune autorité de la part des adultes dont l'un -sans doute le chauffeur- sitôt endormi, a ronflé très bruyamment toute la nuit (il ne m'a réveillé qu'à 4h mais Fred et les enfants en ont bien profité) Vive la vie en communauté ! On doit vraiment être des asociaux !
COYOTE GULCH Jeudi 04 août J16 On se lève aux aurores, non sans passer et repasser bruyamment à côté des tentes des affreux-jojos, ce qui dérègle le ronflement du chauffeur qui a des ratés et au moment où nous démarrons vers the Famous rando super perdue et sauvage, un des adultes, nous ayant vu préparer nos sacs-à-dos, nous demande où nous allons faire du backpacking. Quand je lui dis que nous allons à Coyote Gulch, il nous lance un enthousiaste « We too ! » « Very nice ! » lancé-je avec mon sourire le plus faux. Merdum ! C'est bien ce que je craignais hier en voyant leurs sacs-à-dos. Bon, on relativise en se disant que Coyote Gulch, c'est grand et qu'avec leur remorque ils ne prévoient sans doute pas de partir comme nous du Fortymile Ridge Trailhead. http://www.wildbackpacker.com/backpacking-trails/coyote-gulch/ Arrivés près du watertank nous prenons en stop un jeune américain qui va récupérer sa voiture au Trailhead (ils ont remonté un bout de l'Escalante river puis Coyote Gulch et sont sortis à Jacob Hamblin Arch. Je ne comprends pas pourquoi il n'est pas ensuite retourné à sa voiture car ce n'est pas beaucoup plus loin que ce watertank. Après coup nous pensons qu'ils ont préféré suivre les cairns qui mènent de JHA au watertank alors qu'il n'y en a pas pour rejoindre le 40 mile ridge TH : GPS indispensable) Il nous explique que le lit de Coyote Gulch est très agréable et que l'on peut y marcher pieds nus dans qq cm d'eau. Il nous dit aussi qu'il y a au moins 3 sources. Cool ! Il est déjà 10h quand nous démarrons la balade. Ne vous fiez pas aux apparences ! Marion n'est pas une enfant martyre : elle transporte les matelas, volumineux mais légers ! Après une heure de descente dans le sable mou (féchô!) nous parvenons au bord de la falaise qui surplombe la confluence de Coyote Gulch et de l'Escalante River. Les cairns nous mènent sans problème à l'unique passage qui permet d'en descendre : Crack in the Wall, une étroite fissure d'une quarantaine de cm par laquelle on peut se faufiler et qui mène au sommet d'une très grande dune qui plonge vers les rivières. Le décor est grandiose et dégage une impression très forte. Nous utilisons une corde (10 ou 15 m sont suffisants) pour descendre les sacs qui sont trop gros pour la fissure. En descendant cette grande dune de sable mou on espère bien pouvoir sortir comme prévu à Jacob Hamblin Arch (sortie réputée un peu acrobatique) car remonter par là ne nous dit rien du tout (il y a toutefois moyen de passer vraiment au pied de la falaise par un sentier plus ferme et ombragé une partie de la journée. Reste encore la dune au-dessus de la falaise qui doit être aussi bien toxique en fin de rando!) On aperçoit la très massive et aérienne à la fois Stevens Arch. Il nous faut environ 1h pour passer la fissure et arriver au fond du canyon : on aperçoit la verdure, puis le ruisseau. On vide les chaussures pleines de sable et tout le monde (sauf moi, j'ai la peau sensible, hé oui!) continue pieds-nus dans l'eau limpide. Pause pique-nique à l'ombre, bienvenue car il fait très chaud. On n'en souffre pas car on peut se rafraîchir à loisir. Pas le moindre taon ni moustique à l'horizon, cool ! Nous arrivons bientôt à la 1ère source, difficilement exploitable pour refaire le plein (on a notre filtre au cas où) Vers midi (soit 2h après le départ, pause pic-nic comprise) nous atteignons la 1ère cascade, puis la 2ème source 10 minutes plus tard (d'un bon débit celle-ci, on refait le plein en prenant une douche. Ça fait du bien!) La 2ème cascade nécessite qq acrobaties mais est négociée toujours pieds-nus. Le paysage est varié, alternant alcôves et petite arche. Tout le monde doit se rechausser brièvement pour la 3ème cascade (2h45 du départ dont pique-nique), à la sortie d'un chaos où se mêlent roches et branches, rien de compliqué toutefois. Enfin (4h15 dont pique-nique et innombrables arrêts photos/vidéos) nous arrivons à Coyote Bridge. Petit coup de pompe (bah oui on n'a pas l'habitude des sacs), grosse sieste à l'ombre dans le sable, et ça repart ! Il doit rester une petite heure de marche jusqu'à Jacob Hamblin Arch où nous prévoyons de camper. Ruissellement, Passage plus étroit, 4ème cascade, alors qu'on approche du but, on commence à entendre des cris « débiles » Je pense aussitôt à nos pieds nickelés mais non il s'agit d'une autre bande d'ados... Au moins aussi bruyante ! Pfff, le canyon résonne de cris de singes, ça glousse, ça caquette, ça siffle, ça roucoule, ça couine. On croise encore 3 personnes, « normales ». Puis encore 4 autres. La foule ! Et on aperçoit les toilettes : on est arrivé ! Il est 16h (6h de marche - pieds nus pour Fred et les enfants, pas banal, pauses comprises) Grosse déception : j'espérais pour notre première rando en backpacking pouvoir profiter d'une atmosphère magique, perdus seuls loin de tout au fond d'un canyon du Grand Staircase National Monument et nous voilà réduits à camper près de toilettes (nécessaires évidemment vu la fréquentation mais qui cassent un peu le mythe) en supportant une bande d'ados débiles. Le moral remonte en flèche quand le silence revient : ils sont partis, ouf ! Bon débarras !
On repère l'endroit par où l'on peut sortir du canyon (à 20 m à droite des toilettes qd on les regarde depuis le ruisseau), ça a l'air d'aller, on est confiant.
On se trouve un endroit douillet à bonne distance des toilettes pour installer les tentes (on a le choix, on est tout seul) qui - c'est pratique- se trouve juste en face de la 3ème source (d'un débit tout-à-fait correct, nous n'aurons donc pas à utiliser notre filtre. De l'Aquatabs suffira) et avec la vue sur Jacob Hamblin Arch. On se repose un peu et je pars avec Fred un peu en amont de l'arche : il y a une voûte gigantesque qui permet de bivouaquer à l'abri de la pluie, mais un peu loin de la source. Pas de risque de pluie pour cette nuit : le temps est au beau fixe. On aurait donc pu ne pas prendre les double-toits et les vestes de pluie (mais ça on ne le sait qu'après coup) Nous avions aussi pris les bâtons de marche, absolument inutiles eux. Ne parlons pas des pots de Nutella et de confiture (en verre!) que Fred a pris « pour le moral des troupes » (bah, c'est lui qui a porté la bouffe et les tentes : une douzaine de kg à mon avis tandis que les autres sacs ne devaient pas dépasser les 6-8 kg, eau comprise) On avait nos sacs de couchage « habituels » beaucoup trop chauds pour la circonstance, d'autant plus que nous étions au pied d'une falaise noire qui a réfracté toute la nuit la chaleur accumulée dans la journée. On a eu trop chaud cette nuit-là (la seule du voyage en fait)
Nous poursuivons encore un peu en amont et soudain inquiète, je tends l'oreille ! Non, ce n'est pas possible ! Si! C'est eux ! Ils apparaissent au détour d'un méandre : si l'un ou l'autre des enfants a encore l'énergie de grimper partout en criant, derrière c'est la Berezina ! Chacun des adultes porte 2 sacs, ils en ont visiblement plein les pattes. Fred va au devant d'eux : ils n'ont plus d'eau et ne soupçonnaient pas qu'ils étaient presque arrivés à Jacob Hamblin Arch. Il leur indique que la source est au prochain méandre, leur demande où ils vont bivouaquer et leur recommande d'être plus discrets que la nuit dernière. Nous regagnons les tentes, enchantés (!) pour aller annoncer la nouvelle aux enfants. Pfff ! Finalement on n'entend plus rien : ils ont installé leur camp sous la voûte et les adultes ont sans doute un peu plus d'autorité sur des ados crevés. Un peu plus tard, on voit arriver les adultes accompagnés d'un enfant, chargés de gourdes : ils passent devant la source sans la voir (j'te jure!). Je vais les voir et la leur indique. Ils ont marché 7h depuis Hurricane Wash Trailhead et pensent glandouiller dans le coin 2 nuits avant de remonter par le même chemin. Les adultes ne se sont pas absentés depuis 5 min que les cris recommencent : j'en remets une couche ! Alors que la nuit tombe, on voit encore passer un groupe de 6 personnes (de jeunes adultes « normaux ») Nuit trop chaude mais tranquille finalement (bon ils sont tout de même à plusieurs centaines de mètres)
Vendredi 05 août J17 On attaque la montée vers 6h30 : si on a le pied sûr, quelques notions basiques d'escalade, des sacs de taille raisonnable et une corde d'une dizaine de mètres, c'est tout-à-fait faisable (toutes ces conditions doivent être réunies hein!) Il y a un pas un peu délicat pour lequel Fred a assuré l'adhérence de nos chaussures en les tenant de la main, puis nous lui avons lancé une corde (que l'on peut fixer au rocher, il en est même usé) pour l'assurer à notre tour. Sans corde ce passage est risqué. En une demi-heure à peine nous sommes sortis du canyon. Je trouve l'arche plus belle du dessus finalement. Il nous faut en tout 2h pour retrouver la voiture : la rando est donc faisable en un jour puisqu'il y a en tout 8h de marche mais la fin est assez fastidieuse, on aurait eu du mal. Impression mitigée pour cette rando finalement, principalement à cause du monde que nous y avons croisé (on ne s'y attendait vraiment pas) Rapport effort (poids des sacs)/intérêt/ambiance pas terrible en fait. Sur les 8h de marche, seulement 4 dans le Gulch (mais la descente de Crack in the Wall vers le ruisseau est superbe!), 1ère et 2 dernières heures pas passionnantes. Attention : vu le débit somme toute modeste des sources, il n'est pas sûr qu'on les trouve lors d'un été très sec. Mieux vaut avoir un filtre.
EN ROUTE VERS DINOSAUR NM Vendredi 05 août J17 (suite)
Une longue étape de transition est prévue pour le reste de la journée : je voudrais me rapprocher autant que possible de Dinosaur National Monument, situé à 2h de piste + 8h de route ! C'est pas gagné, mais après cette grande balade, on devrait supporter un peu de voiture ! Nous prenons tout de même le temps de nous rafraîchir sur le parking du trailhead avant de retourner à la civilisation. Piste, route 12 toujours aussi belle vers Torrey où nous avalons des burgers pas mauvais, traversée de Capitol Reef (on aime!), Hanksville (je dors), puis Autoroute I 70 où... nous crevons pour la CINQUIEME FOIS, un peu avant la bifurcation vers le N et Rangely. C'est encore la roue AR D (ça vaut mieux, on change la roue sur la bande d'arrêt d'urgence) HEUREUSEMENT que nous avions l'indication et l'alarme de pression des pneus sinon nous les aurions certainement éclatés...
Cette fois s'en est trop, si on crève même sur les autoroutes, comment envisager de faire encore les dizaines de miles de piste au programme ?! On répare (encore une fois un bon trou, c'est dingue) puis on décide d'aller à l'agence Alamo de l'aéroport de Grand Junction (Fred a internet sur son tél) demander à changer de voiture. On le trouve facilement mais pour éviter d'éveiller les soupçons on va d'abord laver la voiture (déjà qu'elle est toute rayée et a une bosse!) Ils n'ont « en rayon » qu'un Chevrolet Tahoe : le gars nous indique que c'est plus petit que le Nissan Armada. « Pas grave », lui dit-on (le volume extérieur est le même) On fait les papiers, on vide notre voiture (1 milliard de bidules dans tous les coins) puis il faut se rendre à l'évidence, ça ne rentre pas ! La 3ème rangée de sièges du Tahoe, une fois repliée, ne rentre pas dans le sol comme sur l'Armada : il nous manque 40 cm de coffre. Retour au guichet, le gars est parti. La fille du guichet voisin prend le relais, adorable, nous propose de faire changer les pneus (ils ont un accord avec Firestone), téléphone, s'assure qu'ils en ont, trop tard pour ce soir, prend RDV pour demain, nous explique que nous n'aurons rien à payer puisque nous avons l'assurance CDW, que le gars de Firestone verra s'ils doit changer 2 ou 4 pneus) Bref, nous n'avons plus qu'à passer la nuit à Grand Junction où nous trouvons une chambre familiale (6 couchages) au motel 8 pour 80$ petit-déj inclus, faisons une lessive, un ravitaillement. Bref on optimise le temps perdu au mieux.
Samedi 06 août J18 Nous arrivons à la 1ère heure chez Firestone (tout près), le gars nous assure que les pneus avant sont encore bons (il aura raison) et une heure après nous repartons avec de bons gros pneus bien costauds : on a donc crevé 5 fois (dont 2 crevaisons lentes mais bon) avec les pneus arrière : voiture chargée et propulsion les sollicitent plus que les pneus avant. Ils ont même vérifié les niveaux, ça c'est du service ! Il n'empêche que ça reste pénible de devoir s'occuper de l'entretien normal (changer les pneus quand ils sont usés) d'une voiture alors que l'on est en vacances.
DINOSAUR NATIONAL MONUMENT Samedi 06 août J18 (suite) Après 2h30 de route pas désagréable, nous traversons le très glauque village de Dinosaur et entrons dans le parc de Dinosaur, côté Colorado donc (nous ne visiterons pas la partie Utah) http://www.america-dreamz.com/colorado/paysages/dinosaur_national_monument.php
La piste épouse les courbes douces du plateau, nous allons directement vers Echo Park Campground et faisons une petite halte à Whispering Cave : une fissure sépare une énorme dalle rocheuse et de la paroi et génère un courant d'air frais qui contraste agréablement avec la chaleur ambiante (35°C) Bien que nous soyons un WE, il y a plein de places au campground et nous en choisissons une à l'ombre, pas trop loin d'un point d'eau. Déception : pas la moindre vue sur la rivière depuis le camping, une épaisse végétation l'occulte complètement. Après le repas de midi nous partons pour la randonnée de Mitten Park Trail dont la 1ère moitié en ce début d'après-midi est déjà à l'ombre : on chemine à flanc de pierrier en contrebas d'une grande falaise de grès en remontant le cours de la Green River. Le sentier s'élève doucement puis on redescend dans une prairie fleurie avant d'arriver sur une plage de sable fin : la fraîcheur de l'eau refroidit très vite nos ardeurs de baignade (de plus le courant est assez fort) Un peu plus loin une autre plage est défendue par quelques taons : retour à la première, épargnée, pour une petite sieste. Impressionnante « biquette » de strates rouges !
Nous prenons tranquillement le chemin du retour (rencontré une jeune femme seule avec une petite bouteille d'eau... il fait 35°C), l'ombre a gagné du terrain et coupe la rivière en 2 (il est 16h) 2h30 de balade, sieste comprise
Les enfants préfèrent rester au camp tandis que je reprends la voiture avec Fred pour aller faire la rando de Harper's Corner Trail http://www.nps.gov/dino/planyourvisit/harperscornertrail.htm Le parc est très étendu et on passe pas mal de temps sur les pistes/routes, heureusement fort belles. Cette balade en aller-retour de 2 miles offre une vue plongeante sur les méandres de la Yampa et de la Green River, qui ont modelé un paysage impressionnant. On reconnaît la biquette rouge : nous sommes juste au-dessus du Steamboat Rock et de Echo Park campground. Whirlpool Canyon est à contre-jour et la Green River ressemble à un ruban d'argent.
La route du retour est vraiment magnifique : le soleil rasant donne un cachet tout particulier à ce parc. Nous n'avons cependant pas ressenti le grand frisson comme dans les parcs de l'Utah, de l'Arizona ou du Nouveau-Mexique : je dirais que le parc est beau « à grande échelle » mais ça manque de petits détails géologiques à taille humaine (peut-être avons-nous visité le parc trop rapidement) C'est un parc de « points de vue » : on a le sentiment d'être au cinéma mais pas « dans le film » J'adorerais le traverser en bateau !
Quand nous arrivons au campground (quasiment 1h de route/piste encore pour redescendre), les tentes sont montés, le feu crépite sous la surveillance d'Arnaud tandis que les filles se sont réfugiées dans la tente, à cause des moustiques (bah oui on est partis avec le pschitt dans la voiture...) Il y a en a peu mais Caroline est leur proie favorite. C'est la pleine lune (eh oui lune montante à Yosemite il y a 3 semaines...) Elle illumine le steamboat. On finit par éteindre le feu pour bien profiter du ciel étoilé. Nuit assez fraîche, très calme.
RED DESERT ADOBE TOWN Dimanche 07 août J19 Cette région méconnue du Wyoming sud se situe à l'est de Rock Springs. http://www.america-dreamz.com/wyoming/paysages/chevaux_sauvages_red_desert.php Il s'agit d'un désert froid, situé sur la ligne de Partage des Eaux (Atlantique/Pacifique) actuellement menacé par la prospection minière (plus que menacé d'ailleurs puisqu'il y a déjà pas mal de derricks, pipe-lines un peu partout) pour la recherche de gaz et de pétrole. C'est aussi le domaine de dizaines de milliers de pronghorns (grosses antilopes) et de milliers de chevaux sauvages, qui se sont si bien adaptés au milieu que le gouvernement juge nécessaire d'en déporter chaque année une bonne partie afin d'éviter d'aggraver la désertification. Des associations luttent contre cette action jugée violente (on traque les chevaux par hélicoptère et on bouscule la hiérarchie des hordes en les séparant au hasard) Voir ce très beau blog : http://www.wildhoofbeats.com/blog/wild-horses-their-last-days-of-freedom-in-adobe-town
En route donc vers Adobe Town http://www.voiceforthewild.org/greatdivide/pubs/adobe_town_brochure_final.pdf et les chevaux sauvages du Wyoming.
Mon plan est de passer par la Yampa Bench Road pour quitter le Dinosaur NM, puis à partir de Baggs, Wy, de prendre une piste vers l'ouest pour rejoindre Adobe Town. Après quelques km sur la Yampa B Road, nous préférons faire demi-tour : elle est mauvaise, on n'avance pas et en plus on ne voit rien de spécial. On repasse donc par Vernal puis Rock Springs (très belle route 191 : géologie très variée, hauts plateaux désertiques, quelques lacs et rivières.) où nous déjeunons rapidement (ville minière sans grand charme. Il faut que je relise le bouquin de Rick Bass intitulé Rock Springs...) Il nous faut environ 1h30 de piste agréable (quelques biches et chevaux par-ci par-là, mauvaise sur les derniers miles) pour arriver à Adobe Town. A l'unanimité : on est déçu ! Bof quoi, on a déjà vu trop de badlands superbes pour vraiment apprécier ce fatras grisâtre. Le seul véritable intérêt du site est la piste qui y mène, belle sans être magique, mais j'aime ces douces prairies ondulées et ce Big Sky ! Au retour on aperçoit une horde de chevaux sauvages, près d'un point d'eau (comme souvent) Je profite des buissons de sauge pour m'en rapprocher discrètement. Ils ne m'ont pas vue. Pour les faire un peu bouger, je me montre : alerte Puis fuite ! C'est superbe ! Pas si mal Adobe Town finalement...
RED DESERT KILLPECKER SAND DUNES Dimanche 07 août J19 (suite) Situées à une trentaine de miles au N de Rock Springs, ces dunes font partie du champ de dunes le plus actif de l'Amérique du nord. C'est une zone de grand intérêt biologique où cohabitent animaux sauvages (cerfs, pronghorns, chevaux), quads (mais limités à la partie est des dunes) et exploitation minière (encore...) On peut camper sur le parking destiné au quads. http://www.duneguide.com/sand_dune_guide_killpecker.htm (Contrairement à ce qui est indiqué sur ce site, il n'y a pas d'eau, juste des toilettes sèches.)
La piste qui mène aux dunes est sans problème. Nous repérons la bifurcation vers les pétroglyphes de White Mountain où nous irons demain et prenons la piste vers la zone protégée interdite aux quads (panneau Wilderness Study Area ou qq chose comme ça) Au sortir d'une petite bosse, on tombe sur ce magnifique spectacle : une horde de chevaux sauvages, près d'une petite mare dunaire, avec le belle lumière de fin de journée, sur fond de dunes. C'est si beau que ne s'en approche pas : impossible de bousculer une telle harmonie. La piste continue, devient sableuse, très sableuse, trop sableuse. Le vent qui souffle fort a poussé le sable sur la piste, ça monte, on ne passe plus. Allégé de ses passagers, la voiture recule finalement sans difficultés (ça descend...) Dommage... On roule ensuite vers le parking des quads : en plein vent, pas très plat, avec des quads, bof ! J'avise en contrebas des dunes une prairie qui devrait être plus abritée. C'est le cas, l'endroit est très agréable, on a la vue sur les dunes, plein de bois mort pour le feu. On profite des derniers rayons du soleil, c'est beau !
Lundi 08 août J20 6°C au réveil : on attend que le soleil réchauffe un peu l'atmosphère avant de quitter les sacs de couchage. On a bien dormi malgré le bruit des pompes (pour les gisements de gaz?) apparu quand le vent est tombé (ça nous a rappelé Angel peak, https://sites.google.com/site/sibellelaterreouestusa2009/great-sand-dunes-np) On a aussi entendu quelques coyottes. Petit-déj au coin du feu. En route vers les White Mountain Petroglyphes (http://www.frankstehno.com/sagemesa/destinations/wyoming/whitemountain/whitemtnpetrosintro.htm) Ils se situent sur cette falaise : l'accès en est très facile si bien qu'il y a eu pas mal de dégradations sur le site (pétroglyphes repassés à la craie, graffitis contemporains) Bref, pas transcendant du tout : seuls les gros nids d'oiseaux nichés dans la falaise très tarabiscotée pleine de cavités nous ont vraiment intéressés.
RED DESERT OREGON BUTTES Lundi 08 août J20 (suite) Au début de notre voyage de 2006, nous avions découvert le Great Desert Basin qui nous avait fait forte impression : https://sites.google.com/site/sibellelaterreouestusa/les-chevaux-sauvages-du-great-divide-basin J'avais donc repéré sur les cartes Garmin un parcours par les pistes jusqu'aux Oregon Buttes avant de rejoindre South Pass/atlantic City. J'aurais mieux fait d'utiliser Google Earth car les pistes repérées n'existent pas (du moins pour certaines) On se perd un peu (beaucoup) sur des pistes parfois pas très faciles (je garde un oeil sur la jauge), on ne croise que quelques chevaux isolés (bizarre car cet animal aime vivre en société), quelques montagnes tabulaires, et on finit par retomber sur nos pattes et par arriver en vue des badlands. Ciel superbe encore une fois (c'est ce que je préfère au Wyoming)
On retrouve enfin la route et on file vers Atlantic City et South Pass.
ATLANTIC CITY SOUTH PASS Lundi 08 août J20 (suite) Ces 2 villages distants de quelques miles sont d'anciennes villes de chercheurs d'or. Atlantic city compte encore une quarantaine d'habitants et quelques résidences secondaires (!) On pique-nique confortablement installé devant la petite église (toujours ce beau ciel du Wyoming) avant d'aller faire un tour à South Pass où quelques passionnés rénovent patiemment les maisons du village, avec un souci du détail touchant. Il nous faut encore 2h de belle route avant d'arriver au super 8 de Dubois (assez cher, très belle vue mais petit déj indigent dans les gravats), notre dernière étape avant le parc du Grand Teton. On dîne dans le seul restaurant ouvert ( ? la crise?), quelconque (oublié le nom)
GRAND TETON 1 Mardi 09 août J21 Dubois est vraiment aux portes du Grand Teton NP et nous y arrivons vers 8h : grand beau sur les montagnes, comme en 2006, quelle chance ! On est (forcément) moins époustouflés qu'en 2006 mais c'est tout de même très beau. On en profite pour monter à Signal Mountain profiter de la vue sur le Jackson Lake d'un côté et la Snake River de l'autre. On file ensuite vers le nord et le PN du Yellowstone, qui jouxte celui du Grand Teton.
YELLOWSTONE SENTINEL MEADOWS Mardi 09 août J21 (suite) Il y a encore plus de monde qu'en 2006, c'est fou ! On file directement vers une balade que j'ai repérée au N de Old Faithfull au bout de la Fountain Flat Drive. Nous reconnaissons l'endroit où nous nous étions baignés la dernière fois (l'eau de la Firehole River est chaude : https://sites.google.com/site/sibellelaterreouestusa/yellowstone-sud-ouest) Après un pique-nique rapide, nous allons faire une balade très amusante (http://www.americansouthwest.net/wyoming/yellowstone/sentinel-meadows.html) d'un excellent rapport effort/intérêt (personne sur cette rando sauf sur les premiers et derniers 1/4h) On passe la Firehole River sur un pont situé près de Ojo Caliente Spring puis on traverse ce petit ruisseau « herbu » (eau à 40°C) et au sortir d'un bosquet on pénètre dans une vaste prairie qui semble plaire aux bisons (os à gogo, traces partout) On aperçoit des monticules jaunes clairs qui fument (3 ou 4) : chacun correspond à un geyser et c'est l'accumulation de sels minéraux qui a créé ces « collines » On grimpe évidemment au sommet prudemment mais avec délectation (personne, pas de panneau, pas de ponton, pas de barrière, ahhhh ! Que ça fait du bien!!!)
L'eau des sources coule en jolies ruisseaux multicolores dans la verte prairie : c'est assez sploutch !
Les bords du geyser suivant sont particulièrement acérés (si quelqu'un a une explication?)
On a un ciel terrible, je jubile !
On aperçoit depuis le 2ème dôme la cabane décrite dans le topo : là ça devient trrrès sploutch ! Elle était autrefois utilisée pour se baigner mais aujourd'hui ça n'est pas vraiment engageant : on dirait un bain d'acide! On adore cet endroit perdu (mais à moins de 2 miles de la voiture!) Des taons opiniâtres nous font déguerpir (on a eu l'impression d'être piqué mais finalement non : nos taons sont bien pires!) d'autant que le ciel devient franchement menaçant. On repasse près de Ojo Caliente Spring et on retrouve la voiture, avant la pluie finalement. On va faire un tour rapide à Midway Geyser Basin où la foule nous gave rapidement ! Je remarque en face (donc à l'est de la route) une vallée pleine de fumerolles qui me fait bien envie : on ira demain voir de quoi il retourne (c'est notre 2ème visite dans ce parc et on a déjà vu les « marronniers » la dernière fois. La pluie nous rattrapera un peu plus tard alors que nous asistons à l'éruption du Old Faithfull parmi des centaines d'autres spectateurs (ce geyser nous déçoit, comme la dernière fois)
J'ai réservé une cabin pour 3 (bah oui, il n'y avait plus rien d'autre) avec sdb dont nous nous accommodons sans mal à 5. Gros orage durant la nuit (rien entendu avec mes boules Quies... dommage!)
YELLOWSTONE BISCUIT BASIN Mercredi 10 août J22 On décolle un peu avant huit heures, le fond de l'air est frais (6°C) et ça fume de partout. IL n'y a pas grand monde aussi en profitons-nous pour faire un tour à Biscuit Basin (dont le parking était totalement embouteillé hier après-midi) Ça fume vraiment de partout : il y a même des trous sur le parking ! Ponton, geyser, ponton, flaque bleue, ponton, panneau, barrière : ça nous paraît bien fade après notre randonnée d'hier. Allons voir un peu de quoi il retourne dans cette vallée aperçue hier. En route nous apercevons un grizzly sur le bord de la route (photos floues pfff!), 2è (et dernier) ours du voyage.
YELLOWSTONE BALADE MAGIQUE Mercredi 10 août J22 (suite) Nous allons faire une balade courte (2h30 pause contemplatives comprises mais on peut prolonger) et quasi sans dénivelé qui vaut presque le voyage à elle seule. Je vous déconseille de la faire au début de votre séjour à Yellowstone : tout vous semblera ensuite bien fade ! On débute la rando un peu avant 9h et ça fume encore pas mal, ce qui facilite le repérage des sites géothermiques. Nous allons remonter une rivière d'eau chaude, multicolore. La traverser à plusieurs reprises pour le fun (attention c’est chaud - mais pas brûlant...) Découvrir des geysers aux couleurs des mers du sud rien que pour nous. Contourner des zones de boue écarlate. Sursauter quand ce sombre geyser outremer va se réveiller alors que nous lui tournons le dos. Fred va courageusement approcher sa main de l'eau (vraiment) brûlante rien que pour la photo ! Aller de découverte en découverte en remontant la vallée. Avoir le vertige au bord de ce gouffre abrupt. Trouver un geyser où seule la nature a jeté des trucs. Nous étonner des grosses bulles qui s'échappent de fissures invisibles Enfin repartir enchantés, émerveillés, sur un nuage... Il est donc possible à Yellowstone de trouver des endroits magnifiques non aménagés sans marcher pendant des heures et des heures. Un seul regret : l'absence d'animaux (mais nombreuses traces de bisons...) Voici où nous étions garés. 44° 31.084' N 110° 49.522' O De cet endroit il faut donc remonter la vallée se trouvant à l'est de la route (en regardant sur Google Earth, je me rends compte qu'il y a des bassins rouges que nous n'avons pas vus : avis aux amateurs!)
YELLOWSTONE MAMMOTH HOT SPRINGS Mercredi 10 août J22 (suite) On aime cet endroit super photogénique (mais on n'est pas les seuls!) Superbe ciel encore une fois ! Après une visite rapide, nous repartons vers Tower Roosevelt et la Lamar Valley. Comme tout le monde (!) on va chercher la tranquillité sur la piste de Blacktail Plateau Drive (erreur fatale : tout le monde fait comme nous et ça bouchonne presque. Paysages banals. Pas d'animaux vu la foule...) où nous décidons de pique-niquer pour ne pas avoir l'impresion d'avoir vraiment perdu notre temps à passer par là (à bon entendeur...)
YELLOWSTONE LAMAR VALLEY Mercredi 10 août J22 (suite) Depuis ce matin on s'étonne du peu d'animaux rencontrés : ni cerfs ni bisons. Ont-ils tous décampé, leur 6ème sens les ayant avertis de l'arrivée imminente de l'énorme explosion attendue pour ce mégavolcan qui se trouve sous le parc du Yellowstone ? On commence à désespérer (et à s'inquiéter!) quand enfin nous apercevons un puis deux puis une dizaine de bisons juste au bord de la route. Ouf ! L'explosion n'est pas pour tout de suite (ou alors les bisons n'ont pas de 6ème sens...) Arnaud et Marion, juchés sur le toit de la voiture, aperçoivent alors au loin toute une file de bisons qui marche résolument vers l'ouest. On dirait des animaux en migration : nous nous garons un peu plus loin et marchons à travers les buissons de sauge pour nous rapprocher. Bien que plus éloignés, ils sont paradoxalement beaucoup plus impressionnants que ceux qui se faufilent entre les voitures sur la route. D'autant plus que la voiture est loin ! On se sent tout petit et vulnérable face à une telle masse de bestiaux. On se dissimule plus ou moins derrière un rocher pour ne pas attirer leur attention. Le but de leur « migration » est un lac situé un peu plus loin que l'on ne voit pas depuis la route. Une biche qui passait par là se fait courser par un jeune bison : on se cache un peu mieux ! On passe un bon moment à les observer puis une fois désaltérés la troupe fait insensiblement demi-tour et commence à brouter se rapprochant lentement mais sûrement de notre rocher. On préfère donc retourner tranquillement à la voiture avant que le triple-galop ne devienne nécessaire ! Encore plein de bisons un peu plus loin !
YELLOWSTONE GRAND CANYON Mercredi 10 août J22 (suite) En milieu d'après-midi, nous enchaînons avec une très belle petite rando au départ de Artist Point près du Grand canyon du Yellowstone en direction de Point Sublime. On a de la chance, le trail a été fermé jusque tout récemment à cause d'une attaque d'ours qui a fait un mort (gloups, même si on ne l'a appris qu'après...) Balade toute en contrastes : eau turquoise, vert tendre printanier des pins, roches rouges jaunes et noires, ciel d'azur : 2 superbes miles A/R. (croisé une dizaine de personnes)
YELLOWSTONE HAYDEN VALLEY Mercredi 10 août J22 (suite) Fin de journée dans la très belle Hayden Valley : je l'adore... On a vraiment vu plein de bisons cette année (mais quasiment pas de cerfs ni d'élans) Nuit tranquille à Canyon Village dans une cabin spacieuse mais qui ressemble à un baraquement militaire.
YELLOWSTONE NORRIS GEYSER BASIN Jeudi 11 août J23 La grisaille ne nous avait pas permis d'apprécier ce site en 2006. C'est à 20 mn de canyon Village, allons voir. Pas mieux en 2011 avec le soleil : on n'accroche pas. On dirait un terrain vague plein de remblai... Belles montagnes au loin qui nous font envie...
YELLOWSTONE POTTS HOT SPRING BASIN Jeudi 11 août J23 (suite) Notre balade magique nous donne envie de redégoter un coin « sauvage » Sur la route qui mène à West Thumb nous remarquons des fumerolles (il est encore tôt et le fond de l'air est frais) au bord du lac du Yellowstone. On se gare, et on descend vers elles à travers une forêt de pins. On découvre de belles mares multicolores, ça crachouille, ça fume, ça glougloute. Aucun aménagement, pas un chat, mais tout de même le bruit de la route pas loin au-dessus. Il y a là une lagune habitée par un troupeau d'oies que nous n'aurons pas le cœur de déranger. Marion fait son marché et choisira une « belle » vertèbre de bisons (traces et os partout) Encore un endroit étonnant mais un peu trop près de la route. De plus nous allons réaliser en prenant la voiture que l'accès à cet endroit est interdit (plein de panneaux le long de la route un peu après l'endroit où nous nous sommes garés...) Petit tour rapide à West Thumb pour comparer : les mares de west Thumb sont sans doute un peu plus belles mais... très aménagées. J'ai réservé pour nos 2 dernières nuits une cabin à Colter Bay dans le PN du Grand Teton. En route vers le sud donc, pas bien loin en fait...
GRAND TETON 2 Jeudi 11 août J23 (suite) Il fait moins beau ce matin et ça souffle sur le lac ! Nous allons faire un tour sur la piste qui part du sud de Signal Mountain et file vers l'est et la Snake River (la piste qui continue vers le sud en longeant à distance la Snake River est fermée) : bof. Le coin de Mormon Row a toujours autant de charme à nos yeux : bisons, chevaux, vieilles granges dans leur jus. Encore habitées pour certaines !
Petit pèlerinage à Schwabacher Landing où nous avions vu un élan la dernière fois : à défaut d'élan nous y découvrons une cérémonie de mariage assez intimiste (vestiaire derrière les buissons) : une dizaine de personnes, un violon et la Snake River et le Grand teton en toile de fond : pas mal !
Beau paysage de western un peu plus au nord. Séance DVD dans notre douillette cabin.
IDAHO Vendredi 12 août J24 Nous avons envie de voir à quoi ressemblent les Grands tetons depuis leur versant ouest. La Grassy Lake Road se faufile vers l'ouest entre Yellowstone et Grand Teton. On passe tout d'abord devant plusieurs emplacements de camping assez idylliques (mais à plusieurs miles de piste de la route) puis la piste grimpe dans la montagne (peu de vues, on est dans les sapins), redescend vers ce lac recouvert d'une quantité incroyable de nénuphars (jamais vu autant!) puis vers la plaine agricole de l'Idaho (le pays des Famous Potatoes!) C'est très rural puis en approchant de Driggs on rencontre des maisons de plus en plus cossues : on n'est pas loin de Jackson Hole, station de ski très prisée. On ne veut pas déjeuner dans cette ville, on veut de l'authentique alors on s'arrête à Tetonia lorqu'on voit un resto devant lequel sont garées plusieurs voitures (on choisit de préférence les restos où il y a tout de même quelques clients en évitant ceux où il n'y a pas un chat...) Stratégie mise en défaut de façon assez hilarante quand Fred (je vois encore sa tête ! ) se fait servir une énorme bouse de vache (un faux steack reconstitué côtoyant 2 Famous Potatoes, le tout recouvert de 2 litres de sauce diarrhéique figée et froide!) Impossible de ne pas rigoler ! On a oublié de faire une photo ! Le reste était à l'avenant.
Petite pause un peu à l'ouest de Jackson Hole là où arrivent les rafts qui descendent la Snake River (ça a l'air très tranquille) puis petit tour en ville et bon dîner dans un restaurant Thaïlandais (Thaï sapa je crois) Retour vers Colter Bay en passant par Oxbow Bend. Dernière nuit dans l'ouest, demain c'est l'avion...
RETOUR Samedi 13 août J25 Un dernier regard vers les glaciers (maigrichons) des Grands Tetons. Salle d'attente formidable de l'aéroport de Jackson Hole. Personnel convivial (vive les petits aéroports) 2 h coincés dans l'avion sur la piste pour cause de gros orage sur Chicago puis enfin on décolle vers 14h. Correspondance sans problème à Chicago (heureusement qu'on avait 4h, réduites à 2) Comme à l'aller avion confortable avec écran individuel, films, jeux... Puis à Londres et arrivée à Francfort (à J+1 13h30) où il ne manque qu'un sac (…) British Airways nous le livrera à domicile qq jours plus tard (comme d'habitude, on ne s'en fait plus)
CONCLUSION
Encore un belle virée dans l'ouest américain, même s'il faut reconnaître que l'impression de découverte s'émousse au fil des voyages (impossible d'y échapper je pense) Toujours autant de plaisir dans la préparation et toujours autant de facilité dans la réalisation : no stress ! Les Américains sont fiables et réglos (bon, une petite recherche avec Google ne nuit pas de temps en temps quand on a un doute)
4000 miles au compteur comme prévu « à la louche » La seule journée « pénible » prévue au programme a finalement été écourtée par la 5ème crevaison.
On s'est bien sûr félicité d'avoir pris de quoi réparer et regonfler : ça nous a évité de bouleverser nos plans. Le compresseur pèse moins de 4 kg (http://www.best-of-land.com/compresseur-tmax-p-299.html), le kit de réparation qq centaines de grammes (http://motardsardechois.free.fr/Page%20Futura%20Technique/RST%20consommables/Utilisation%20kit%20reparation%20pneu.pdf) Je ne sais pas ce que vaut ce type de réparation sur le long terme : à signaler donc en rendant la voiture (le problème ne s'est pas posé pour nous puisque les pneus ont finalement été changés) Pelle bien utile aussi pour creuser un peu la piste quand il manque qq mm pour mettre en place la roue de secours (cric un peu court?) Les plaques de désensablement n'ont pas servi (sauf pour s'asseoir dessus!), la sangle de remorquage non plus (ouf!)
Notre (tout) petit frigo électrique qui en est à son 3ème voyage a parfaitement fonctionné (il a fallu changer la prise-allume cigare qui ne correspondait pas avec celle de la voiture, trouvé sans pb dans le 1er Walmart venu) La batterie était assez puissante pour le laisser branché en permanence même la nuit (Pas osé toutefois dans les coins perdus loin de tout. La batterie du gros Suburban de 2009, elle, ne tenait pas le coup. Pas de soucis avec un Dodge Durango en 2006)
Un voyage un peu trop « civilisé » finalement : on a trouvé que les nuits en motels cassaient un peu le rythme et l'ambiance (surtout quand il y a du Wifi, difficile de résister!). On aurait du camper plus souvent mais je craignais d'avoir du mauvais temps pour la partie nord du voyage (nous l'avons eu en fait à Zion...et uniquement à Zion. Beaucoup de chance avec la météo!) On a eu parfois un peu la nostalgie de nos aventures de 2009 avec les Grisemote (coucou!)
Un budget explosé par rapport à 2009 : avion +30%, voiture avec 300$ de frais de drop off , cabins et motels, restos...La Californie n'est pas donnée ! Budget quasiment doublé donc, avec un niveau de confort certes supérieur et un voyage plus varié mais moins aventureux (on avait campé presque tout le temps en 2009)
AVION POUR 5 avec British Airways Francfort-Londres-San Francisco Jackson Hole-Chicago-Londres-Francfort 4 913,00 € 4X4 full size 25j chez Alamo via autoeurope frais de drop off à Jackson Hole 300 $ 1 483,00 € Houseboat 3 nuits 547,00 € Crane Flat campground Yosemite 14,00 € Trumbull Lake Campground 18,00 € Yosemite Gateway Motel 2 grands lits 133,00 € Furnace Creek Ranch 2 grands lits 155,00 € Quality Inn at Zion 2 grands lits 2 nuits 220,00 € 2X5 permits pour Coyote Butte South 36,00 € Escalante Petrified Forest campground 18,00 € Grand Junction Super 8 motel 3 grands lits 56,00 € Echo Park campground Dinosaur 6,00 € Dubois Super 8 motel 2 grands lits 81,00 € Yellowstone Old Faithfull lodge Frontier Cabin 1 grand lit+ 1 lit simple, SDB 88,00 € Yellowstone Canyon Lodge Pionner Cabin 2 grands lits, SDB 75,00 € Grand Teton Colter Bay Room Cabin 3 grands lits, SDB 2 nuits 289,00 € Essence : 15j/100, 6400 km 1 066,00 € Divers : resto, pique-niques 1 500,00 €
Total pour 25 jours à 5 9 303,00 €
Pour la version en images, cliquez ici : https://sites.google.com/site/sibellelaterreusaouest3eme/home Bonne lecture!
Marie
USA 2011
INTRODUCTION Jamais 2 sans 3 dit-on ! Voici donc le récit de notre 3ème voyage dans l'ouest américain : Le 1er en 2006 nous avait permis de découvrir les « classiques » tout en goûtant aussi à quelques sites plus confidentiels. Le virus était pris ! Le second en 2009, en partie réalisé avec nos amis les Grisemote, fut résolument plus aventureux. Pour le 3ème j'avais pour mission, de la part des enfants, de privilégier les « endroits pas trop caniculaires » : c'était donc l'occasion de découvrir San Francisco, Yosemite et de retourner au Yellowstone et à Grand Teton NP. Comme il fallait bien relier ces lieux tempérés j'en profitai pour glisser subrepticement dans le parcours des endroits un peu (beaucoup!) plus chauds en été... Notre voyage nous mènera donc de San Francisco à Jackson Hole, Wyoming, d'où nous reprendrons l'avion 25 jours plus tard. NB : le récit est copieux, peut-être pour certains un peu indigeste mais j'ai essayé de combiner renseignements utiles pour d'éventuels futurs voyageurs de l'ouest et anecdotes/photos que la famille regardera avec plaisir (enfin j'espère!) et nostalgie d'ici quelques années.
ARRIVEE A SAN FRANCISCO Mercredi 20 juillet J1 Après un vol cher (30 % de plus qu'en 2009) mais confortable (pas trop serrés, écran individuels avec plein de films dont certains en Français) avec British Airways depuis Francfort via Londres, nous découvrons ébahis la fameuse baie de San Francisco, sous le soleil -quelle chance! On reconnaît immédiatement le très fameux Golden gate Bridge, le Financial District de SFO et le Bay Bridge. L'avion se pose à l'heure prévue (16h45), nous récupérons les bagages et passons la douane en un clin d'oeil puis nous dirigeons un peu anxieux vers le comptoir Alamo pour récupérer notre voiture de location. Nous avons pas mal de pistes au programme, sommes 5 de gabarit adulte (Caroline, Arnaud et Marion sont maintenant âgés de 18, 16 et 15 ans) et transportons du matériel de camping. J'ai donc réservé un SUV full size (pas trouvé de premium sur SFO). Plus de véhicule de cette catégorie chez Alamo, gloups ! On nous en propose un (seul...) de chez National (il paraît que c'est la même Cie) Après une rapide inspection : vrai 4X4 avec boite courte/longue, vraie roue de secours, volume suffisant, pneus « corrects sans plus », 20000 miles au compteur, prochaine révision dans 4500 miles, une bosse à l'avant et plein de rayures partout sur la carrosserie, nous sommes rassurés. Ce Nissan Armada semble avoir déjà avoir pas mal bourlingué (vu l'état de la carrosserie!), il devrait faire l'affaire ! On est super soulagés d'avoir un vrai 4X4, on a tous nos bagages et en plus il fait beau ! En route pour le Golden Gate Bridge !
GOLDEN GATE BRIDGE Mercredi 20 juillet J1 (suite) Nous y arrivons vers 19h00 après une grosse demi-heure de circulation fluide . Il fait 17°C avec pas mal de vent (nous sommes sur le pont à 200 m au-dessus du niveau de la mer!), petite laine de rigueur. A cette heure, nous sommes à contre-jour d'autant plus que nous n'avons pas trouvé comment accéder au côté ouest du pont ! Pas question de traverser les 6 voies même au triple galop. Je ne peux m'empêcher de penser à ce qu'il adviendra de cette belle construction art-déco (il fut achevé en 1937) quand surviendra le Big One. Seul le Bay Bridge avait été endommagé lors du dernier gros séisme - 6,9 sur Richter, une pécadille par rapport à Fukushima - à la fin des années 80. Nous ne parcourons que la moitié des 2 km du pont avant de faire demi-tour car nous sommes attendus à Sausalito, juste au nord du pont.
ISSAQUAH DOCK, SAUSALITO Mercredi 20 juillet J1 (suite) Je suis super impatiente de découvrir ce qui sera notre « base » pour les 3 nuits à venir. J'ai eu la chance de trouver à louer un houseboat sur Issaquah Dock. Pas facile ! Tout était trop cher, trop petit, ou nécessitait une location d'au minimum 1 semaine. A tel point que j'avais fini par réserver un hôtel près du Pier 39... Finalement, quelques semaines avant de partir, j'ai à nouveau farfouillé sur le site de VRBO et un propriétaire a accepté de louer son houseboat pour seulement 3 jours car il y avait un trou dans son planning. J'ai eu affaire à un francophile, d'ailleurs aussi +/- francophone, car c'était juste au début de l'affaire DSK ! C'est certes un peu plus cher (780$ pour 3 nuits, taxes et ménages compris) que l'hôtel pour 5 mais c'est une vraie maison avec une vue à tomber et tout le confort moderne (cuisine, LV, LL et... WIFI !) Luis (le propriétaire vit sur la côte est et vend son bateau ½ million de dollars. Avis aux amateurs ! Tapez 22 Issaquah Dock sur Google et vous verrez plein d'annonces) nous attend patiemment (le Golden Gate nous a mis un peu en retard), nous fait faire le tour du propriétaire, nous souhaite un bon séjour et voilà ! Nous sommes chez nous pour 3 jours ! On a littéralement ADORE cet endroit. Je crois que si j'habitais à SFO je ferais tout pour y vivre ! Pendant que les enfants déballent les affaires, je vais avec Fred faire quelques courses à l'épicerie située à une centaine de mètres (pas grand choix à part les boissons alcoolisées!), puis dîner rapide, tournée générale de Stilnox et au lit ! Il est déjà demain et 6h du mat en France... Bonne nuit, délicatement bercés par le vent qui, du fait du fardage des superstructures, fait très doucement rouler le houseboat. J'adooore !
MUIR WOODS Jeudi 21 juillet J2 Je n'ai pas de programme pré-établi pour SFO car je sais que la météo y est très changeante avec un fort risque de brouillard en été. Notre seule contrainte est d'aller faire un tour chez Rei, grande chaîne de matériel outdoor pour y acheter du matériel de camping. Nous nous réveillons de bonne heure-décalage horaire oblige- et en attendant l'ouverture du magasin (10h) décidons d'aller faire un tour à Muir Woods puisque nous sommes tout près. Nous y arrivons un peu avant 8h et ne croiserons que 2 ou 3 biches et autant de photographes équipés de trépieds qui attendent LA lumière. Ils sont bien courageux car cette vallée étroite est en plein dans un brouillard tenace qui se cramponne aux cimes des séquoias géants (leur diamètre n'est pas énorme mais ils sont très haut, jusqu'à plus de 80 m, et très vieux : 600 à 800 ans en moyenne) L'endroit est très aménagé mais c'est un bon hors d’œuvre pour nous qui sommes en plein jet-lag.
SAN FRANCISCO Jeudi 21 juillet J2 (suite) La circulation est fluide ce matin pour entrer à SFO via le Golden Gate Bridge (gros bouchon hier soir vers 19h, toujours pour aller vers SFO. C'était fluide dans l'autre sens) Nous trouvons assez facilement le magasin REI (nous n'avons pas de GPS auto) et y faisons rapidement nos achats (j'ai été un peu déçue par ce magasin. Il est banalement normal... Je m'attendais à quelques efforts de présentation ou de mise en scène. Bah non on se croirait chez Déc... avec toutefois plus de matériel technique) : - 2 tentes autoportantes (Marmot Limelight 2 personnes et Rei Quarter Dome 3 personnes), légères avec tente intérieure en mesh super aérée que l'on peut monter sans double-toit. C'est GENIAL de confort et de simplicité ! - un filtre à eau (MSR Miniworks EX) qui permet de ne pas se trimbaler des m3 d'eau quand on randonne dans un endroit où il y a au moins une rivière ou un plan d'eau. Marche du tonnerre mais on ne l'a pas essayé avec une eau très chargée en particules. - des cartouches de gaz (on a 2 petits réchauds, ce qui permet de faire un vrai repas plus commodément qu'avec un seul)
Après un très bon repas dans une « cantine thaï » très exotique au milieu d'habitués tous d'origine asiatique, nous allons faire un tour « au bord de la mer » vers Pier 39. Le côté cosmopolite de SFO est flagrant : nous sommes aux portes de l'Asie et ça se voit ! C'est très dépaysant. Contrairement à ce que j'avais lu ici ou là, circuler et se garer à San Francisco n'est pas plus compliqué ni plus cher que dans une ville européenne (je dirais même bien plus facile qu'à Nancy ou Paris!) Il y a un monde fou vers le Pier 39, ça nous gave assez vite ! Les pontons qui accueillaient des dizaines d'otaries sont quasi désertés. L'atmosphère est très vivifiante avec ce vent d'ouest qui balaie la baie ! On se croirait en Bretagne, en plus chaud, c'est très bizarre mais ça nous plaît bien ! Le Golden gate est dans la brume, on a bien fait d'en profiter hier. On aperçoit la fameuse Coït Tower. On décide de longer le bord de mer jusqu'au Pier 43 où Caroline a aperçu un superbe vieux gréement. Malheureusement celui-ci n'est visitable que le lendemain nous explique un matelot chilien. On est tout près du financial district mais on n'a pas envie de quitter le bord de mer. D'ailleurs on n'est pas du tout « ville » et après tout personne ne nous oblige à « faire » les « classiques » de SFO». C'est les vacances hein ! Nous reprenons des forces en mangeant au resto du pier puis sautons dans un tram pour regagner le San Francisco Maritime National Historic Park. On y trouve quelques bateaux anciens dont la visite vaut la peine : il y a très peu de monde alors que nous sommes à quelques centaines de mètres du Pier 39, bondé...
Nous reprenons ensuite la voiture, un peu vannés, et montons jusqu'à Twin Peaks dans l'espoir de profiter d'une vue « aérienne » de SFO. Le brouillard en profite pour s'installer là-haut et nous ne verrons rien du tout, dommage.
Il est temps de retrouver notre douillet houseboat : pendant que les enfants bullent sur internet, nous allons faire de vraies courses chez Mollies Stone's Market, à quelques centaines de mètres d'Issaquah Dock. On est vraiment chez les bobos ! Le supermarché est super bien achalandé en fruits et légumes (je n'ai JAMAIS vu une telle variété) délicieux , on trouve plein de produits d'origine européenne, un rayon épicerie fine d'une incroyable variété, ne parlons pas du rayon vins ! On est épaté ! Ça change des Walmart où parfois il n'y a même pas de rayon frais !
POINT REYES Vendredi 22 juillet J3 Après un rapide conciliabule, nous estimons en avoir assez vu de SFO (chocking pour beaucoup, oui, je sais!) et préférons consacrer la journée qui nous reste à découvrir la nature de la région. Il y a dans le houseboat pas mal de guides et cartes et je trouve une balade vers Point Reyes qui pourrait nous plaire, vers Abotts Lagoon (route 1 puis bifurquer vers Tomales Bay State Park puis prendre la Pierce Point Road. Le parking est au 38° 7.412 N 122° 56.140 O, http://www.bahiker.com/northbayhikes/abbottslagoon.html)
Nous arrivons vers 9h au sud de Tomales Bay : l'endroit est magnifique ! On se croirait en Ecosse (avec plus de soleil!) et il y a d'ailleurs un village nommé Inverness ! On se trompe un peu et on arrive sur une plage assez sauvage (avec panneau de mise en garde : courants, vagues, requins ! On n'est plus en Bretagne!) Nous sommes juste à la lisière des nuages et l'atmosphère est assez spéciale, presqu'un peu inquiétante. Naviguer dans ces parages ne doit pas toujours être facile, avec ce brouillard qui tombe d'un coup ! On décide de pousser jusqu'à la pointe de Point Reyes et là, c'est vraiment l'Ecosse : purée de poix ! On ne voit rien et la température chute de plusieurs degrés en quelques mètres ! Ce climat curieux engendre une végétation très originale pour nous autres européens : un mélange de végétation méditerranéenne, de lande écossaise et d'arbres couverts de lichen...californiens ! C'est beau ! Cette belle balade nous prendra environ 2H (sieste comprise!), il n'y a quasiment pas de dénivelé et nous ne rencontrerons qu'une demi-douzaine de personnes. On aperçoit au loin Abotts Lagoon, un lac d'eau douce qui se marie au pied d'une jolie dune avec une grande lagune d'eau de mer. L'endroit attire pas mal d'oiseaux, on les comprend ! Impossible, décalage horaire et chaleur aidant, de ne pas faire une petite sieste sur une dune aussi avenante ! C'est l'occasion de tester notre filtre à eau : ça marche ! L'eau est bonne et fraîche et à volonté ! En arrivant à la lagune, la promenade, de champêtre, devient maritime ! Ça souffle ! Ce héron ébouriffé serait bien mieux côté lac ! Ici c'est le domaine des oiseaux de mer... L'aigrette l'a bien compris, qui pêche avec concentration, indifférente à notre présence. Cette petite balade nous a enchantés : à recommander ! Nous prenons le chemin des écoliers pour retourner à Sausalito et découvrons une jolie campagne vallonnée et proprette mais vraiment très sèche dès que l'on s'éloigne de quelques km de la côte.
HOUSEBOATS Vendredi 22 juillet J3 (suite) Après une petite pause/pastèque sur notre bateau, l'après-midi est consacré à la visite en long en large et en travers des pontons de houseboats. Je crois qu'on pourrait y passer 2 ou 3 jours pour bien apprécier tous les détails de chacun d'eux ! Il y en a environ 400 répartis sur une bonne demi-douzaine de pontons : on n'a pas tout vu ! Ce village de bateaux/maisons est un héritage de la période hippie : des gens ont commencé à récupérer de vieilles coques issues d'un chantier naval abandonné et les ont bricolées pour les rendre habitables. On trouve encore quelques vestiges directement hérités de cette époque mais aussi des houseboats dignes des plus grands magasines de décoration ou d'architecture contemporaine. Le mélange est détonnant, une alchimie incroyable. C'est un régal de déambuler ainsi à l’affût du détail le plus comique, de la maison la plus bizarroïde ou de sa maison « idéale » Les pontons sont très joliment fleuris, il y a même des chats, très câlins ! Avec même des planches de salut pour chats naufragés ! Même les vélos ici sont couverts de lichen (la faute au brouillard sans doute) Le clou de la visite aura été la vision absolument surréaliste de cette famille navigant à bord de son jacuzzi flottant !!!
Bref j'ai fait plein (trop!) de photos :
YOSEMITE PANORAMA TRAIL Samedi 23 juillet J4 En route vers Yosemite ! J'ai lu et relu partout qu'il fallait éviter ce parc le WE mais impossible de faire autrement avec nos dates. On va essayer de jouer au plus fin avec la foule ! On laisse les clés sur la table de la cuisine (cool) et on décolle vers 8h. Google maps annonce 3h13 de route jusqu'au Crane Flat Campground à Yosemite où j'ai réservé une place il y a 6 mois (à faire le jour de l'ouverture des résa, après c'est trop tard!) L'endroit est stratégiquement bien placé pour aller vers la Tioga Road. Nous y arrivons vers 14h30 seulement (courses, repas de midi, circulation se densifiant an approchant du parc) et préférons installer de suite les tentes (on a bien fait!) La suite fut nettement moins bien jouée du point de vue stratégique : où comment manquer de figurer en 1ère page du journal local ! Voici la recette à (ne pas) suivre : rêver d'une rando mythique, Panorama Trail http://www.yosemitehikes.com/glacier-point-road/panorama-trail/panorama-trail.htm, depuis quelques mois jubiler du beau temps installé sur Yosemite perdre un temps fou à 2 à l'heure derrière des traînards dans la montée vers Glacier Point, point de départ de la rando (au moins 2 h au lieu de 1h30 en temps normal) perdre encore 20 min dans le bouchon du parking gagner à la courte paille qui des 2 adultes va faire la rando tandis que l'autre devra redescendre en voiture jusqu'à l'arrivée de la rando au fond de Yosemite Valley pour récupérer les chanceux qui vont faire THE rando de Yosemite se dire que 8 miles se font en 3 ou 4 h en marchant bien puisque « ça descend tout le temps » oublier qu'il y a tout de même une bonne grimpette après Illilouette Falls ne pas prendre le GPS. A quoi bon, c'est balisé et il y a du monde... ne pas prendre les lampes frontales. On a l'temps, à quoi bon perdre encore du temps à les chercher ! ne pas prendre une fourrure polaire. Il fait grand beau, à quoi bon se charger inutilement !
Bref, nous voilà partis tout guillerets vers 17h20, les enfants et moi, ravie d'avoir gagné à la courte paille, tandis que Fred va se consoler en faisant la petite rando vers Sentinel Dôme http://www.yosemitehikes.com/glacier-point-road/sentinel-dome/sentinel-dome.htm . Arrêts pipi, photo (le Half-Dome est assez fascinant), anti-moustique (l'un après l'autre hein, pas tous les 4 en même temps!), crème solaire, caillou dans la chaussure, épine dans la chaussette, zoziaux, contemplation. Oh, c'est beau ! Je trouve au bout d'un moment que le soleil est déjà très bas et qu'en plus il descend vachement vite. Mais qu'est-ce que c'est que cet astre qui descend à toute vitesse ! Bé oui, on est ici à la latitude du nord de la Tunisie et même si ce ne sont pas les tropiques, le crépuscule se fait en accéléré sapristi ! Il est 18h20 quand nous arrivons à Illilouette Falls et que je découvre la grimpette pas prévue au programme. Grmblll ! En plus elle est encore au soleil. Je suis à fond, c'est-à-dire que les enfants ne m'attendent que pendant 10 mn une fois arrivés en haut ! Pfff ! Voilà que le soleil disparaît derrière la falaise : il n'est même pas 19h et la luminosité baisse aussitôt considérablement (bah oui on descend au fond d'une vallée de 1000m!) Conscients du problème qui s'annonce on accélère le pas mais une biche vient faire sa belle et nous retarde encore un peu plus, la coquine ! Je commence à comprendre pourquoi on n'a vu quasiment personne sur ce trail : d'ailleurs on n'a fait que croiser quelques personnes qui remontaient et ce sur le 1er km de la balade. Il est 20h quand nous arrivons à Nevada Falls : L'eau a un pouvoir d'attraction magique sur notre famille et on ne peut pas s'empêcher d'y tremper quelques orteils (déchaussage, rechaussage...) On passe un coup de fil à Fred qui est encore dans les bouchons en fond de vallée, une heure sans bouger ! Ça tombe bien si on est en retard, lui aussi ! La cascade est dans l'ombre depuis belle lurette, bien sûr. Raté pour les photos ! Mais il faut relativiser, ce n'est qu'un problème mineur par rapport à celui qui nous attend quelques dizaines de mètres plus bas quand nous entrons dans une épaisse forêt de sapins. Juste avant, je fais une ultime photo à 5000 iso à 20h30. Ensuite plus de lumière, plus de photos. Arnaud qui a des yeux de chat se débrouille pour suivre le sentier pendant encore quelques minutes, puis Marion prend le relais avec l'éclairage de son téléphone (qui ne la quitte pas vu que son chéri est resté en France-merci à lui d'exister!) Heureusement qu'on a pris les bâtons de marche (seule bonne idée de la journée) car je marche à tâtons alors que le sentier est assez chaotique. Arrivés près de Vernal Falls, nous perdons totalement le sentier. La cascade rugit à quelques mètres. S'il y a un ours dans le coin nous ne l'entendrons pas venir. Ne parlons pas du risque de faux pas dans cet endroit escarpé. On n'y voit vraiment plus rien même avec le téléphone (bah oui c'est la nouvelle lune et en fond de vallée...) On décide de revenir sur nos pas jusqu'au miraculeux panneau « toilettes » que nous avons croisé et nous finissons par les trouver dans l'obscurité. Ouf, nous savons où nous sommes (c'est glorieux : « dans les toilettes de Vernal Falls ») et nous avons un abri. Nous nous préparons psychologiquement à y passer la nuit et alors que Marion commence à frissonner nous apercevons une faible loupiote un peu plus haut. Nous la hélons et voyons arriver ravis 2 espagnols qui avaient perdus le sentier mais avaient une lampe de poche. Immense soulagement. Ils viennent du bas et donc connaissent un peu le chemin. Après avoir un peu tâtonné, nous finissons par retrouver le sentier escarpé qui longe les Vernal Falls. En cette fin juillet, les cascades de Yosemite sont inhabituellement puissantes car le printemps et le début de l'été ont été pourris avec des chutes de neige importantes et tardives. On progresse donc dans les embruns de la cascade, sur des marches irrégulières et trempées, à 6 avec une lampe de poche. Les Espagnols prennent soin de nous indiquer les flaques mais à quoi bon on est trempé ! Plus bas le sentier devient facile et régulier, ouf ! Quelle aventure ! Nous arrivons finalement vers 22H45 au parking du trailhead où Fred nous récupère avec la voiture (la nuit est si noire qu'il est passé une 1ère fois à côté de nous sans nous voir!) Lui aussi a passé une fin de journée difficile entre les bouchons et l'inquiétude de nous savoir bloqués par la nuit. Pour une fois il avait du réseau, du moins à certains endroits de la vallée (Marion en a partout du moment que c'est un peu civilisé) Il a bien essayé de nous rejoindre mais n'est pas monté assez haut (et de toute façon je ne suis pas sûre qu'il aurait trouvé le sentier. Et ensuite le risque de nous croiser sans nous voir n'était pas nul!) On remercie chaleureusement les Espagnols : sans eux... On est tellement fatigués qu'on se couche directement sans manger ! Des gens arrivent vers minuit et installent bruyamment leur bazar : pfff ! A défaut de boules Quies, restées dans la voiture, je me console en me disant qu'on se fera un malin plaisir à les réveiller demain matin... Un peu de mal à m'endormir quand tout se calme, le stress rétrospectif ! Pas fière non plus...Moralité de l'histoire : il n'y a pas de petite rando ! On s'est laissé aller du fait du caractère hyper fréquenté du parc. On ne nous y reprendra plus !
YOSEMITE TWENTY LAKES BASIN Dimanche 24/07 J5 On quitte sans regret le Crane Flat Campground (bruyant, sanitaires dégueulasses) en route vers Saddlebag Lake qui se situe juste à l'est de la Tioga Pass, juste en dehors du Yosemite National Parc. Après une 1ère partie inintéressante dans la forêt, la Tioga Road devient très belle : cette route d'altitude se faufile entre lacs et dômes granitiques caractéristiques du Yosemite. On fait un petit arrêt à Olmstedt Point et à Tenaya Lake (on dirait un lac norvégien, il y a même des moustiques!) puis après avoir quitté le parc on tourne vers le Nord sur une piste qui mène à Saddlebag Lake où j'espère avoir une place au camping qui fonctionne sur le mode du 1er arrivé/1er servi. Il est fermé ! Encore enneigé fin juillet ! Pas grave, j'avais, pour assurer le coup, réservé au Trumbull Lake campground situé sur le flanc est de la Sierra Nevada. Les rives du Saddlebag Lake sont encore enneigées, du moins du côté le moins ensoleillé. Pour atteindre le 20 lakes basin, situé au N du Saddlebag Lake, on peut marcher mais aussi prendre un bateau-navette ou louer un petit canot à moteur. A 5, c'est quasiment le même prix (60$ pour 5h) et c'est bien plus amusant d'être autonomes. On s'amuse à frôler la rive enneigée et en 20 mn on arrive au petit ponton aménagé à l'embouchure d'une rivière où l'on voit 2 ou 3 pêcheurs. Une navette a déposé un peu avant nous une dizaine de personnes, que nous ne reverrons pas. Nous croiserons par la suite un couple de Japonais et apercevrons moins d'une demi-douzaine de personnes à la fin de la balade. Pas la foule donc pour cet endroit superbe, par un dimanche ensoleillé. Le bassin est encore très enneigé (en repartant nous verrons d'ailleurs 2 personnes avec des skis de rando... sur le dos) si bien que nous devrons raccourcir la boucle initialement prévue. Très bel endroit, la neige ne nous a pas gênés finalement, c'était encore plus beau comme ça ! Pas vu d'animaux, dommage...
http://www.verber.com/mark/outdoors/destinations/20lakes-map.pdf
http://www.alpiner.net/FUN/Mountains/Twenty-Lakes-Basin-hike/9088708_LSBNj#606435240_pZQGS
http://tedmuller.us/Outdoor/Hiking/2010/100828-TwentyLakesBasin.htm
http://www.verber.com/mark/outdoors/destinations/20lakes.html
TRAVERTINE HOT SPRINGS Dimanche 24 juillet J5 (suite) Il n'y a de douches ni à Crane Flat ni à Trumbull Lake Campground où nous dormirons ce soir et l'eau des lacs est trrrès fraîche, aussi j'emmène mes troupes faire trempette dans les Travertine Hotsprings. http://www.gonomad.com/destinations/0409/hot_springs_of_the_sierras.html Nous passons le Monolake que je suis impatiente de découvrir plus en détails et filons vers le Nord jusque un peu avant Bridgeport et nous tournons vers l'est sur une bonne piste qui nous mène en 1 mile aux sources chaudes. Il y a là une famille russophone qui très discrètement quitte l'endroit quand nous arrivons : cool ! Nous sommes seuls avec la vue sur la Sierra Nevada ! Petit bémol, en cette fin de journée les pools sont en plein soleil et on sent nos mélanocytes crépiter. L'eau est à 40°C, on arrive assez vite à ébullition. Pas très rafraîchissant ce petit bain mais assez amusant... Nous rejoignons le Trumbull Lake Campground par une très belle route de montagne et nous installons pour la nuit. Alors que nous dînons paisiblement, Caroline s'écrie : Tiens un ours ! Un (vraiment) gros ours noir passe à une cinquantaine de mètres et se dirige vers le lac et l'autre extrémité du camp. Je crie : a beer ! Aucune réaction dans le camp. Ils sont tous blasés ou quoi ? Fred et les enfants se moquent de moi : tu dis toujours a beer (une bière pour les nuls en anglais) mais on dit a bear (un ours quoi!) Ils ont du me prendre pour une saoûlotte, du coup je n'ose plus rien dire. Avec tout ça la bestiole est partie plus loin et comme nous sommes tout de même un peu blasés, on continue de dîner (les pâtes vont refroidir sinon!) Ça s'agite un peu plus loin, les autres ont repéré l'ours... Avant de me coucher je choisis le bâton de marche le plus acéré et le place au cas où à l'entrée de la tente. Blasée peut-être mais pas à 100% !
Lundi 25 juillet J6 Nuit hyper paisible (eh oui c'est possible même en camping civilisé) Je fais un petit tour vers le lac pendant que le reste de la troupe émerge. Belle lumière matinale. L'atmosphère est limpide, on est à 3000 m d'altitude. Il fait encore beau, quelle chance !
YOSEMITE TUOLUMNE MEADOWS Lundi 25 juillet J6 (suite) J'ai repéré pour aujourd'hui une balade dans le coin de Tuolumne Meadows juste au nord de la Tioga Road. Nous avons en fait contourné le Pothole Dome par son flanc est pour rejoindre la Tuolumne River et la longer un peu vers l'aval. Je m'étais inspirée de ce récit de rando http://tedmuller.us/Outdoor/Hiking/2009/090916-TuolumneFalls.htm (on n'est pas allé aussi loin qu'eux) et je suis épatée de voir la différence de débit de la Tuolumne River : cette année 2011 est vraiment exceptionnelle ! La prairie où passe le sentier est d'ailleurs encore sous l'eau. Après une séance pschittage anti-moustiques qui intrigue une jolie biche, nous commençons à patauger gaiement dans une belle herbe printanière. L'eau est limpide, j'adore ! Je vois soudain filer sous mon pied un joli serpent dont j'ignore la dangerosité. Les « va nu-pieds » se rangent prudemment derrière Marion et moi qui sommes restées chaussées (il fait si beau que ça sèche très facilement) Après recherche, il doit s'agir d'un Gartersnake, inoffensif (http://www.californiaherps.com/identification/snakesid/gartersnakes.id.html) Nous arrivons très vite aux rapides : ça dépote ! Un vrai paysage de Yakari : il ne manque qu'un ours... qu'on ne verra pas.... J'adore ces dalles de granit discrètement colonisées par une végétation persévérante. Quelle harmonie ! Nous montons sur un petit dôme tout proche et admirons la vue vers Cathedral Peak (je crois). Après 2h00 de balade tranquille au cours de laquelle nous n'avons croisé qu'une famille de 4 personnes, nous rejoignons la voiture pour quitter définitivement le Yosemite. On a vraiment aimé la géologie du parc, assez unique. La foule n'est gênante qu'en voiture. A pied, il suffit de marcher 5 minutes (littéralement) pour être tranquille voire complètement seul. Mais il faut dire que nous avons choisi de zapper la vallée de Yosemite, complètement saturée, ainsi que Mariposa Grove et ses séquoias géants. Bah oui il faut faire des choix.
DE MONOLAKE A MAMMOTH HOT CREEK PAR LES PISTES Lundi 25 juillet J6 (suite) Nous arrivons au Mono Lake vers midi et bien que la lumière ne soit pas des plus favorables, les fameux tufas nous plaisent déjà beaucoup. Ce lac vieux de plus d'un million d'années n'a pas d'effluents et les sels minéraux s'y sont accumulés du fait de l'évaporation. L'eau du lac est 2 fois ½ plus salée que celle de l'océan. Les fameuses tours calcaires ont été crées par l'irruption de sources d'eau claire dans le lac très alcalin. Elles étaient auparavant sous-marines mais la baisse de niveau du lac les a fait apparaître. La navigation y est difficile compte-tenu de ces obstacles, la baignade peu agréable. Ce lac préservé est le refuge de centaines de milliers d'oiseaux durant les périodes migratoires et l'accès aux 2 îles interdit pendant la période de nidification des goélands. Nous sommes pourtant en contrebas de la Sierra Nevada qui culmine à 4400 m et ensuite il y a encore 250 km jusqu'au Pacifique.
Nous essayons de suivre la côte du lac vers l'est mais les pistes sont très étroites (bon la carrosserie ne craint plus les griffures des buissons de sauge) et extrêmement sableuses. Arnaud finit par repasser le volant à Fred : on retrouve à notre grand soulagement une gravel road parfaite et nous filons vers le sud en passant sur les versants est des petits cratères qui bordent la rive sud du lac. On se trouve un coin à l'ombre d'un beau pin pour pique-niquer : il fait bon, nous sommes à 2000 m tout de même. En route vers Mammoth Hot Creek ! http://wanr.earthbiz.net/MammothHotSprings.html
La piste est agréable et descend doucement vers une zone évidemment volcanique : la couleur de cet étang ne laisse aucun doute. On approche ! Le GPS n'est pas inutile car il n'y a aucune indication de ce côté des sources chaudes (il y a un panneau si on vient par la route 395) Nous arrivons enfin sur un parking où se trouvent 2 ou 3 voitures, nous garons et au bout de 2 secondes les enfants nous crient « Venez vite, c'est super ! » En contrebas dans une vallée multicolore, nous découvrons une belle petite rivière issue de la sierra dans laquelle se baignent 4 personnes, avec un air parfaitement décontracté. De toute évidence il y a des sources chaudes qui se mélangent à un endroit précis avec l'eau fraîche de la montagne. Ça nous rappelle la rivière chaude du Landmannalaugar en Islande sauf qu'ici il fait beau et que... la baignade est interdite. Le site est clôturé et un panneau met en garde contre les brusques changements de température de la rivière. Flûte ! Et les ceusses qui font trempette alors, des Américains pur jus qui enfreignent une loi ! Ce ne doit pas être trop grave. Arnaud repère soigneusement leur position dans la rivière : pour l'atteindre il est nécessaire de la traverser en nageant vigoureusement dans l'eau froide (mais ça va finalement) jusqu'à la rive opposée. Il faut prendre garde à ne pas se laisser entraîner par le courant en aval des sources (très) chaudes. 14 personnes sont mortes ébouillantées ces dernières années dit le panneau. Quand nous arrivons, ils quittent l'endroit (je ne sais pas si c'est le fruit du hasard ou d'une bonne éducation mais hier nous avions eu la même chance de la part des occupants de Travertine Hot Springs) Délicieuse baignade un peu écourtée par la peur du « gendarme » dans un site où il faut savoir faire abstraction des clôtures absolument moches et visiblement régulièrement enjambées (il me semble qu'un panneau d'interdiction suffirait pour « dédouaner » le responsable local en cas d'accident) Quand nous partons arrivent quelques personnes, eux aussi ont soigneusement repéré l'emplacement magique. Je ne crois pas que nous aurions osé nous baigner si nous n'avions vu personne. L'endroit paraît vraiment chaud-bouillant de partout !
Bon vous êtes prévenus, c'est interdit et en plus dangereux ! Il est sans doute préférable d'aller explorer les hotpools disséminés dans le coin (voir carte dans le lien ci-dessus) (pas fait)
MONOLAKE Lundi 25 juillet J6 (suite) Nous remontons ensuite vers le nord par la route 395 puis bifurquons vers le Monolake. J'adore ce paysage d'autant plus lunaire que ça a brûlé récemment ! Nous descendons peu à peu vers le lac. Il y a plus de monde qu'à midi mais ça reste raisonnable. La lumière du soir est très belle, l'endroit est vraiment unique.
Pour bien profiter du lac j'ai réservé une chambre à Lee Vining au Yosemite Gateway Motel (cher et décati, vue à 99% sur le parking et à 1% sur le lac) décevant mais j'ai l'impression qu'il est difficile de trouver un bon rapport qualité/prix à proximité du Yosemite. Repas au resto juste en face, correct sans plus. Lessive au laundromat à 50 m. Nous voilà requinqués avant notre virée dans Death Valley !
ANCIENT BRISTLECONE PINE FOREST Mardi 26 juillet J7 Après concertation on choisit plutôt que de retourner voir le lac dans la lumière matinale d'aller voir cette forêt de pins très anciens, située à plus de 3000 m d'altitude un peu au NE de Big Pine où nous faisons un ravitaillement. Auparavant nous passons voir ce que j'appelle « ma curiosité géologique » que j'ai repérée sur Google Earth (un pan qui semble blanc et bleu) mais la piste qui y mène nous semble vraiment trop agressive pour les pneus. N'allons pas chercher les crosses avant Death Valley ! La piste qui monte à Bristlecone Pine Forest est longuette : de là-haut la vue sur le sierra est magnifique et il fait juste bon avec une polaire pour pique-niquer. Il n'y a pas foule, une dizaine de personnes. Étonnant car la balade de 1 mile que nous faisons parmi ces arbres multimillénaires (le plus ancien aurait 4750 ans!) est extra ! Vers 14h30 nous quittons les lieux, repassons à Big Pine faire les pleins d'eau (environ 80l) et d'essence (autonomie de 600 km sur route, la bestiole est gourmande, presque 14 L/100 km sur route, jusqu'à 31 L sur piste en montée !!!) puis direction Death Valley.
DEATH VALLEY EUREKA DUNES Mardi 26 juillet J7 (suite) Nous entrons dans Death Valley par la Big Pine Road et sommes de suite plongés dans l'ambiance. Nous sommes à 1800 m d'altitude, il fait une chaleur tout à fait supportable (30°C) et c'est le royaume des Joshua Trees. Puis nous descendons assez vite dans Eureka Valley et les arbres cèdent la place aux roches multicolores. Nous bifurquons bientôt sur la piste qui mène à Eureka Dunes. Arnaud prend le volant avec pour consigne de ne pas dépasser les 20 miles à l'heure (la piste fait 10 miles... ça va) car j'ai lu partout qu'on crevait facilement sur les pistes de Death Valley. Les dunes apparaissent à l'horizon. J'adore imaginer les tourbillons qui ont créé ces formes si douces dans un environnement si minéral et austère. Il y a un primitive campground (avec toilettes sèches, pas d'eau) aménagé au pied des dunes. Pas un « chat » à des kilomètres à la ronde, on aime ! Nous sommes à 1000 m d'altitude et il fait 40°C quand nous arrivons : une chaleur à laquelle nous sommes habitués dans l'Utah ou l'Arizona. Avec le vent c'est très supportable. Nous installons le tarp de façon à avoir de l'ombre. Je laisse mes troupes jouer aux cartes et part faire un tour vers les dunes. Tout près des dunes se trouve un immense lac de sel asséché qui reflète le soleil couchant. A part quelques oiseaux, mouches et moustiques, je ne vois pas le moindre animal. Quelques traces de scarabées, c'est tout. Sitôt le soleil couché, la température baisse à 36°C. Fred allume le feu (quelqu'un a laissé plein de bois, cool!) et nous mitonne des steaks avec patates dans la braise et bonnes tomates californiennes. Miam ! Aussitôt, de petites chauve-souris apparaissent comme par magie et virevoltent silencieusement dans le crépuscule. Comme souvent le vent forcit subitement juste au moment du coucher du soleil ce qui donne une atmosphère un peu inquiétante que j'adore. On arrime solidement nos tentes. Je me réjouis déjà à l'idée de dormir sous le ciel étoilé dans la brise nocturne : ces tentes sont géniales (un peu fraîches toutefois en montagne) On passe un bon moment à observer le ciel et à faire des jeux de lumière avec l'appareil photo.
Le vent s'est calmé durant la nuit, le feu est éteint (le frigo électrique aussi : on n'a pas osé le laissé branché ici !), la luminosité augmente, on se réveille un peu avant 6h00. Il fait 24°C. 1ère réflexion spontanée de toute la famille : quel silence incroyable. On n'a pas entendu le moindre animal pendant la nuit, c'en est impressionnant. Nous sommes encore à l'ombre de la montagne, il fait une température idéale. On déjeune tranquillement puis le soleil arrive et nous quittons les dunes vers 7h00, enchantés...
GOLD POINT GHOST TOWN Mercredi 27 juillet J8 (suite) En démarrant la voiture, Caroline remarque une alarme : « check tire pressure »! Bizarre... les pneus ont l'air gonflé. L'ordinateur de bord indique 24 de pression au lieu de 33 pour le pneu AR G. Crevaison lente donc... ça ne nous inquiète pas car nous avons pris le petit compresseur portable 12 V qui se branche sur la batterie. Si ça baisse encore, on regonflera mais vu la vitesse à laquelle nous allons rouler, ça ira comme ça. On surveillance à l'écran la pression des 4 pneus, super pratique !
Le plan de la matinée est de rejoindre la ville fantôme de Gold Point (http://www.ghosttowngallery.com/htme/goldpoint.htm), située au Nevada juste au nord de DeathValley. Une fois arrivés à Cranshaft Junction, nous prenons la piste qui mène vers Tule Canyon. Le début est assez pénible avec de grosses pierres pas très sympathiques et j'envisage de faire demi-tour mais Fred insiste. Il a bien fait car au bout de quelques miles la piste devient bien plus facile. Nous faisons un petit arrêt près d'une mine abandonnée, dont la galerie a été comblée. Quelle drôle de vie pour les gens d'ici ! Le puits de Roosevelt Well est à sec. Plus d'or, plus d'eau, plus personne. Si ! Il y a un gros nid d'oiseau dans la maison...
Vers 10h nous arrivons en vue de Gold Point. Il y a un point d'eau inattendu ici : ces chevaux ont de la compagnie puisqu'on y trouve de gros poissons rouges ! Sans doute un fermier poète.
Il y a une source ici, une mini-oasis qui abrite ce beau lièvre.
Gold Point a compté 2000 habitants il y a une centaine d'années. L'exploitation d'or et d'argent fut totalement abandonnée dans les années 60. Aujourd'hui ils sont 8. Des originaux qui entretiennent quelques bâtiments et même un petit musée (que nous n'avons pas visité) On a trouvé un drôle d'attirail de chimiste ou de géologue qui avait l'air relativement récent. Un tamis mécanique aussi. De gros réservoirs de fuel. Bref tout un bazar post industriel assez étonnant. On quitte la ville un peu avant midi : nous sommes à 1600 m et il fait 40°C. On apprécie la clim de la voiture. Nous passons cette fois par la route : 774, puis 266, puis 95 puis 267 (toutes hyperdésertiques) et arrivons soudain dans Grapevine canyon : 1 mile avant d'arriver à Scotty's Castle nous entrons dans une oasis luxuriante (il doit y avoir une source de fort débit dans le coin) qui nous épate ! Il y a pas mal d'oiseaux et même un héron en plein milieu de la route ! Impossible de résister à l'appel de l'ombre des cottonwoods, il fait 46°C (900 m d'altitude) Heureusement il y a du vent. Nous pique-niquons surveillé de près par un renard opportuniste. Ensuite une sieste s'impose dans cette herbe drue et verte inattendue. A Scotty's Castle, nous espérons prendre de l'essence. Mauvaise pioche, c'est réservé aux cas d'urgence.(Ne pas se fier à la carte du National Geographic!) On fait nos calculs, en tenant compte d'une consommation très augmentée sur les pistes et en montée, ça devrait aller avec une marge raisonnable. En route cette fois vers Racetrack Playa !
RACETRACK PLAYA Mercredi 27 juillet J8 (suite) Comme nous sommes garés à l'ombre des cottonwoods nous prenons soin avant de partir de regonfler le pneu avec la crevaison lente. Nous refaisons aussi le plein d'eau. La piste n'est pas bien loin : Arnaud y prend le volant. Seul un adolescent de 16 ans encore ingénu vis-à-vis de la conduite automobile peut avoir la patience de rouler à moins de 20 miles à l'heure sur cette piste facile mais aux pierres réputées tranchantes. C'est LA piste où l'on crève à Death Valley. Quel flegme ! Nous arrivons finalement vers 16h à Teakettle Junction (plus que 3 théières sur le panneau, un fétichiste est passé par là. Pas glop!) Je propose à Arnaud de le relayer, il en a tout de même un peu marre.... Quelques minutes plus tard apparaît la playa. C'est beau. Inconsciemment j'accélère l'allure et soudain nous voyons la pression diminuer lentement mais sûrement. J'ai juste assez d'air pour arriver jusqu'au parking du Racetrack. Pfff ! 2ème crevaison et celle-là est une vraie de vraie. Coup de chance, c'est le côté à l'ombre de la voiture (il fait 40°C, on est à 1000 m) On décide de changer la roue de suite, le temps de laisser le soleil baisser un peu pour avoir une plus belle lumière. Quelle chance, le trou paraît sympathique, tout-à-fait accessible à une réparation. Je sors le kit de réparation et merdum : il manque la colle (pas vérifié depuis sa dernière utilisation en 2009) Grmbl ! Bon on verra plus tard. Allons déjà voir de plus près ces fameuses sailing stones (pierres qui naviguent) J'ai lu qu'elles se situent à l'extrémité sud du lac asséché et qu'elles viennent d'une falaise située à l'est. On les trouve très vite : d'abord 1 puis 2 puis PLEIN ! Les trajectoires sont complètement farfelues : 10 m vers l'ouest puis plein nord sur 20 m puis demi-tour. Je remarque soudain un nuage inhabituel dans le ciel (bah oui il fait 100% beau depuis notre arrivée à San Francisco!) : sapristi ! Il doit y avoir un incendie à l'ouest et la fumée se rapproche dangereusement du soleil ! M...flûte ! Je me dépêche de faire quelques photos avant que le soleil ne soit voilé. Atmosphère étrange ! Le soleil est orange en pleine après-midi ! Nous remontons jusqu'à la « source » au pied de la falaise. Qui sait combien de temps il a fallu pour que cette grosse pierre arrive jusqu'ici ? Le mécanisme exact de ces déplacements de pierres reste flou : on suppose qu'il se produit quand le lac- presque parfaitement plat (4 cm de différence d'une extrémité à l'autre alors qu'il mesure 4,5 km de long) - est recouvert d'une fine pellicule de boue et qu'il y a des vents puissants. Peut-être la glace joue-t-elle aussi un rôle ? Personne n'a jamais pu filmer le déplacement de ces pierres. Alors que nous regagnons la voiture sans trop savoir que décider pour la suite, nous remarquons vers le nord un petit nuage de poussière : une voiture arrive ! Pour une fois on est content de voir du monde ! C'est un gros 4X4 et j'espère bien qu'il aura un kit de réparation complet lui ! Raté, ils n'ont rien (mais n'ont pas crevé eux!) : le gars nous explique qu'il sera derrière nous pour le retour et nous aidera en cas de problème. C'est sympa mais nous avons prévu de ne pas revenir sur nos pas mais de continuer vers le sud par la piste de Hunter Mountain Road et South Pass jusqu'à Panamint Springs. Il nous dit aussi qu'il pense que l'on peut utiliser les mèches de réparation sans colle. On avait bien l'intention d'essayer mais du coup le moral remonte en flèche. La nuit porte conseil, il est déjà 18h, donc trop tard pour envisager maintenant la piste montagneuse. On décide de dormir là, du moins environ 1 mile plus au sud où il y a un primitive campground (toilettes sèches, pas d'eau) un peu cracra (on fait le ménage en arrivant) : un comble dans ce coin perdu (rien de dramatique non plus, qq canettes en fait)
On recycle la roue crevée en table basse, on dîne puis on répare (ça prend exactement 2 sec 3 dixièmes) et on part se coucher en croisant les doigts. On laisse « sécher » pendant la nuit...
Jeudi 28 Juillet J9 Très bonne nuit pas trop chaude. L'altitude est vraiment LE facteur déterminant de Death Valley. Au-dessus de 1000 m ça nous a semblé tout-à-fait gérable. Victoire ! Après regonflage nous ne décelons aucune fuite. Yesss ! L'incendie est maîtrisé, le ciel est pur : on repasse par Racetrack Playa avant d'attaquer Hunter Mountain Road. Il est 7h15, la lumière est très belle, on s'en met plein les yeux. Quel endroit incredible ! Cerise sur ce magnifique gâteau, une île noire (le Grandstand) offre un contraste presque maléfique avec le reste du site. Envoûtant !
DEATH VALLEY HUNTER MOUNTAIN ROAD Jeudi 28 Juillet J9 (suite) En route donc pour cette piste peu difficile mais perdue et très peu fréquentée surtout en été (on ne verra personne : http://www.backroadswest.com/deathvalley/RoadTripHunter.htm) Nous sommes bien équipés (à part les pneus, mais nous avons de quoi réparer et regonfler), avons de l'eau en quantité, de quoi camper et même le téléphone satellite que mon père nous a prêté. J'ai noté le numéro de téléphone du dépanneur de Big Pine et il y a ce qu'il faut sur le compte en banque pour payer un éventuel remorquage (j'ai lu qu'on paie avant qu'il se déplace en donnant son N° de CB et vu l'éloignement et sa situation de monopole, ça douille!) Il nous faudra 3h30 pour parcourir les 57 miles de piste. En effet nous roulons superlentement vu la qualité de nos pneus et en plus on s'est un peu perdu un peu avant Harris Grade : il y a pas mal de pistes qui partent dans tous les sens (plein d'anciennes mines) et les cartes Garmin ne correspondent pas à la réalité. Ne pas hésiter à se fier à son instinct plutôt qu'au GPS ! Nous traversons d'abord la belle Hidden Valley aux reliefs très doux (potentiellement problématique s'il a plu) puis nous grimpons dans la montagne. En quelques miles, la végétation se transforme complètement. Quel contraste ! Nous ne prenons pas le temps de jeter un œil à la Hunter Cabin (où nous aurions du dormir la nuit dernière, il y a une source) car nous avons peur d'être justes en essence. On néglige aussi Jackass Spring où l'on peut parait-il faire trempette (il y aurait aussi qq pétroglyphes) : c'est un peu la jungle et il y a pas mal de moustiques et nous arrivons finalement à South Pass, point culminant de la piste à 2000 m. 1600 m plus bas (et à contrejour) nous apercevons Panamint Valley et ses dunes. On passe dans une « forêt » d'énormes Joshua Trees (on n'en a jamais vu d'aussi gros) Arrivés à Panamint Springs, il nous reste de quoi faire 75 km : gros plein d'essence pas donnée (environ 6$ le gallon je crois) et repas correct au resto du coin dont les murs sont décorés de dizaines de photos de l'ouest américain : ça tombe bien car le service est longuet. Il fait 46°C à 400 m d'altitude et la route descend encore. On ne descend même pas de la voiture pour cette photo des Panamint Dunes. J'ai réservé pour cette nuit une chambre (bien, clim performante et pas trop bruyante pour une fois) au Furnace Creek Ranch et bien que le check in ne soit théoriquement qu'à 16h, nous tentons le coup à 14h30 et obtenons aussitôt notre chambre. Chouette ! Douche, repos pendant une paire d'heures en attendant que le soleil baisse un peu. Je prends la voiture pour aller mettre en route une lessive au laundromat situé à 300 m ! Il fait 54°C sur le parking. Nous sommes à 50 m en dessous du niveau de la mer. On se sent vraiment en « sursis » quand on transite entre 2 endroits climatisés. On a une pensée émue pour les employés de l'hôtel qui travaillent dans ces conditions incroyables : tous se déplacent avec une grande gourde à la main, on les comprend !
DEATH VALLEY LES CLASSIQUES Jeudi 28 Juillet J9 (suite) On repart ensuite pour aller faire un tour vers Twenty Mule Canyon mais la route est fermée. On a la flemme de monter vers Dante's View : on serait à contre-jour et on a déjà bien profité de vues panoramiques depuis Hunter Mountain. On va faire un tour à Artist Drive : 59°C ! Seul Fred a le courage de sortir de la voiture faire quelques photos. L'endroit est beau certes mais il nous manque ce petit frisson d'aventure que nous aimons tant. Tous ces cirrus laissent présager un changement de temps...
De retour à l'hôtel, je profite du wifi pour consulter la météo, très orageuse pour les jours à venir et je juge plus prudent d'annuler la descente d'Orderville Canyon à Zion NP (j'avais réservé une navette pour nous déposer au départ de la rando) Je réserve aussi un motel à Kanab car je crains que la piste vers Alstrom Point où nous avions prévu de dormir ne soit impraticable (nous y sommes allés il y a 2 ans et savons qu'elle passe dans une zone de bentonite où l'enlisement est garanti en cas de pluie) Fred nous prépare une bonne salade de riz (on commence à saturer de la bouffe américaine) en faisant cuire riz et œufs sur le balcon à une vitesse inédite ! On se couche de bonne heure afin d'être frais et dispo demain matin pour le lever de soleil à Artist Point.
Vendredi 29 Juillet J10 A 6h20 nous attendons le soleil ! Manly Beacon est toujours à l'ombre. J'avais envisagé d'y monter (http://joeidoni.smugmug.com/Death-Valley/Manly-Beacon-32804/1958809_cFvCs#99535306_TT5ZZ) mais le temps est incertain (glaise+pluie= grosse gadoue) et surtout il fait déjà chaud (34°C) et très lourd. Le soleil a bien du mal à s'imposer. On a droit a un fugace rayon de soleil. Puis un gros nuage reprend le dessus. On file ensuite vers Devil's Golf course où la lumière est superbe avec ce ciel d'orage. A Badwater il fait une chaleur humide très désagréable(le temps ? Le sel?), 40°C, et nous n'avons pas le courage de marcher assez loin pour voir les fameux polygones de sel. Ça sent vraiment la pluie : ce serait super de se retrouver sous la pluie à Badwater, un des endroits les plus chauds (-80 m) et sec au monde (40 mm/an, 700 mm à Nancy, 50 mm au Sahara) J'avais envisagé de quitter Death Valley par les pistes du sud et d'aller faire un tour à Saratoga Springs (http://www.backroadswest.com/MonthTrips/Saratoga.htm) mais avec la pluie qui s'annonce, nous risquons des difficultés aussi préférons-nous partir directement vers notre prochaine destination : le parc de Zion. Ça y est, il pleut ! C'est superbe !
ZION NORTHGATE PEAK Vendredi 29 Juillet J10 (suite) Nous avions négligé ce parc lors de nos 2 précédents voyages (avis mitigés sur voyageforum : foule+++, système de navettes chronophage, paysages bof...) et j'étais cette fois décidée à me faire ma propre opinion. Je décidai donc d'essayer d'aller où les autres ne vont pas (on est complètement agoraphobes!) Après un ravitaillement à Las Vegas (dont nous ne verrons qu'un supermarché hispanique dans la banlieue où j'ai envie de tout essayer au rayon fruits et légumes : il y a plein de choses inconnues et appétissantes et en plus c'est donné!), nous entrons enfin en Utah. Nous retrouvons aussitôt les paysages de roches rouges que nous aimons tant : cet état a vraiment une géologie incroyable ! Le ciel d'orage est superbe, on adore ! J'espère pouvoir dormir au Lava Point campground, situé dans la partie Kolob Reservoir au NO de Zion Canyon. La piste est assez longue, j'y double 2 traînards (avec en accélérant une pensée pour nos pneus...) car l'heure tourne et le camping fonctionne sur le mode du 1er arrivé 1er servi. Nous y prenons in extremis la dernière place, ouf ! Une demi-douzaine d'autres voitures feront ensuite choux-blanc. Donc ne pas y arriver trop tard (16h30 en ce qui nous concerne) Si le camp est plein il est possible de camper pas très loin en dehors du parc près de Kolob Reservoir : l'avantage de ces 2 sites est leur altitude : 2400 m à Lava Point et il y fait très bon en plein été. Toilettes sèches, pas d'eau. Le temps d'installer les tentes et le tarp, la pluie arrive, pas trop forte heureusement. Fred et Arnaud profitent de la fraîcheur ambiante pour replacer la roue réparée, histoire de s'assurer qu'elle tient bien la pression. « MERDE ! » nous écrions- nous en cœur quand le cric et la voiture basculent d'un coup (le frein à main était mis et la voiture en position parking mais il aurait fallu en plus mettre des cales pour bien bloquer les roues) Je crois qu'un coup de vent d'orage a entraîné une traction sur le tarp attaché à la voiture. Gros coup d'adrénaline ! Notre expression bien française fait accourir un sympathique américain et son copain : il parle Français, c'est cool. Il nous apporte son cric. Le nôtre est intact. Le pare-choc arrière s'est en fait posé sur un rocher (le bol!) si bien que l'on glisse facilement les 2 crics sous la voiture. Pas de dégâts ! Ouf ! On dîne à l'abri du tarp, ça nous rappelle l'Alaska, en plus chaud !
SAMEDI 30 juillet J11 Après l'orage et la pluie de la nuit, il fait beau ! Nous partons de bonne heure vers Northgate Peak : http://www.citrusmilo.com/zionguide/northgatepeaks.cfm Il y a déjà quelques voitures sur le parking du Wildcat Canyon Trailhead car c'est aussi de cet endroit que part la fameuse rando du Subway (qui nécessite un permis et une navette) Après nous être trompés de dôme (bien la peine que je note dans les randos dans le GPS si Fred ne le regarde pas -moi je suis derrière, Je prends des photos!) nous cheminons le long d'une prairie fleurie et parvenons entre les 2 Northgate Peaks. Il y a une belle végétation de rocaille. J'adore ce mélange de verdure sur fond de roches rouges et blanches. Comment ces pins peuvent-ils vivre sur cette crête exposée ? Il est assez facile de monter sur celui de l'est (7159') et la vue du sommet en vaut la peine. Quel fouillis ! J'imagine la prise de tête pour les cartographes !
Nous allons ensuite pique-niquer au bord du Kolob Reservoir, petit lac artificiel très prisé des locaux. Cela semble assez bucolique sur les photos mais en fait l'endroit est parasité par les quads : les Américains sont tout de même les champions des loisirs motorisés ! Cela ne nous empêche pas de faire une petite sieste car ils ont la délicatesse de ralentir en passant à notre hauteur. On a aussi passé un bon moment à observer ces petits canards dont l'un tombait de sommeil ce qui le faisait régulièrement tomber dans l'eau ! Pas doué non plus pour remonter sur son perchoir ! Gros éclats de rire à chaque fois !
En route vers le village fantôme de Grafton, nous passons à la hauteur de Hoodoo City (un peu à l'ouest de Wildcat Canyon Trailhead) sans nous y arrêter.
Cette partie du parc nous a beaucoup plu : un rafraîchissant (on est en altitude) mélange de verts pâturages (il y a quelques fermes et vaches) et de roches rouges et blanches et vraiment pas grand monde. (personne sur Northgate Peak)
GRAFTON GHOSTTOWN SAMEDI 30 juillet J11 (suite) Ce petit village fantôme se situe juste au sud de la route 9. http://www.ghosttowns.com/states/ut/grafton.html Après un rapide petit tour au cimetière, touchant de simplicité, nous poursuivons vers les quelques maisonnettes dont la plupart ont été restaurées. On ne peut en visiter qu'une ou deux, les autres sont fermées et l'endroit serait sous vidéosurveillance (nombreux panneaux d'avertissement à l'entrée) Ça casse un peu le charme mais la visite n'est pas désagréable si on passe dans le coin. On arrive sous l'orage au Quality Inn de Springdale (bien) que j'ai réservé pour 2 nuits. Très grosse averse, on a la vue sur le camping (et les falaises) et on compatit ! Lessive, internet... On va manger au Zion Pizza and Noodles, recommandé chezplusoù : NUL ! Aucun service bien qu'il soit dûment facturé d'office sur la note, bouffe très médiocre, table gluante, décor quelconque, verres en plastique. On doit se placer soi-même (chacun se jette sur une table pleine d'assiettes sales), faire la queue (une bonne demi-heure debout pour aller commander à un guichet comme à la poste), aller chercher à boire... La négation de l'habituel service à l'américaine. Et pourtant c'est bondé !
ZION NARROWS Dimanche 31 Juillet J12 Ciel très couvert ce matin. Je me félicite d'avoir annulé la rando/canyoning prévue dans Orderville Canyon (http://www.citrusmilo.com/zionguide/ordervillecanyon.cfm). Pas envie de finir dans le journal : le canyon est très étroit et donc à haut risque de flashflood mortel en cas de forte pluie. On se rabat donc sur les Narrows (http://www.citrusmilo.com/zionguide/narrowsday.cfm) que j'avais d'abord écartés pour cause de surfréquentation. Après avoir croisé quelques personnes sur le sentier bétonné (beerkkk) nous arrivons au départ de la marche dans la rivière un peu avant 8h. On y trouve quelques bâtons, des chaussettes, des pulls et même une paire de chaussures de marche !
L'eau est bonne et ça vaut mieux car peu de temps après nous croisons des gens rebroussant chemin qui nous annoncent un passage avec de l'eau jusqu'à la poitrine. On passe sans problème, le courant n'est pas trop fort (pas de photo, l'appareil est au fond d'un sac étanche!) Au-delà, il n'y a personne : on a les Narrows pour nous tous seuls ! Je n'en reviens pas ! Le ciel est toujours couvert : j'essaie de mémoriser au fur et à mesure de notre avancée les échappatoires éventuels en cas de montée des eaux. Il y en a beaucoup, mais cependant pas partout... On s'enfonce dans le canyon, d'autant plus sombre que le soleil est absent. Chacun choisit son option, avec plus ou moins de succès. Les bâtons de marche sont vraiment indispensables car même si l'eau est limpide, il y a pas mal de courant à certains endroits. Vers 9h30 nous arrivons dans une partie plus étroite (pas d’échappatoire!) assez impressionnante. L'atmosphère est vraiment spéciale. Le ciel s'assombrit et je me dis que si nous n'avons sommes absolument seuls c'est que les autres, plus disciplinés que nous, sont passés par le visitor center (chose que nous ne faisons jamais) et ont été dissuadés par les rangers de faire cette rando. Peu après (2h de marche environ depuis le départ) nous arrivons à la jonction avec Orderville Canyon. Au moment où nous commençons à le remonter retentit au loin un coup de tonnerre. Gloups ! Demi-tour fissa, nous repassons les Narrows à toute vitesse puis reprenons notre souffle d'autant que le soleil apparaît. (Ce qui n'empêche qu'un orage peut éclater en amont et entraîner un flashflood sous le ciel bleu, mais ensuite on peut facilement grimper sur les berges) Les enfants décident de redescendre à la nage quand c'est possible. Ils profitent des quelques plages de soleil pour se réchauffer un peu en nous attendant. On finit par rencontrer quelques personnes : ma théorie était donc fausse, ouf ! On prend le temps au retour d'immortaliser le passage profond, qui a le mérite de limiter la fréquentation en amont. Je rejoins Caroline écarlate à force de se retenir de rigoler : un grand balèse a porté sur ses épaules sa femme chargée du sac à dos et de leur bébé dans ses bras, a parfaitement réussi la traversée mais toute la pyramide s'est écroulée dans un grand splash ! quand sa femme a voulu descendre. Un vrai vidéogag. On est méchant ! Ensuite c'est la foule jusqu'au parking où nous arrivons trempés et frigorifiés un peu avant midi. Jamais je n'aurais pensé avoir froid à Zion ! On se félicite d'avoir pris la voiture jusqu'au visitor center plutôt que de la laisser à l'hôtel. On pique-nique en vitesse et on saute dans l'une des très nombreuses navettes qui sillonnent le parc. On a vraiment apprécié la rando, super ludique mais on est crevé (surtout les enfants qui ont pas mal nagé dans l'eau fraîche) Grosse flemme l'après-midi, shopping entre 2 gouttes, resto Thaï (Thaïsapa) pas mal du tout. On hésite à aller vers Many Pools mais l'absence de soleil ne nous motive pas : on ira demain...
ZION MANY POOLS Lundi 1er août J13 Nous quittons de bonne heure (7h00) Zion NP vers l'est. Au passage, nous jetons un œil sur la Virgin River : elle est couleur caramel. Pas de doute il s'est passé quelque chose ces dernières heures ! Cela me sera confirmé par le graphique du débit de la rivière : il y a bien eu un flashflood pile le jour où on devait descendre le canyon d'Orderville, en fin de journée certes mais bon. Merci les prévisions météo !
Photo graphique
Le ciel est encore bien couvert et à cette heure matinale la ribambelle de pools est encore dans l'ombre : on est un peu déçu, d'autant que visiblement, ici, il n'a pas plu depuis longtemps. Les pools sont pleines de soupe et de dizaines de têtards ! Certaines flaques sont presque à sec et Marion donne un sursis aux bestioles en y faisant couler un peu d'eau. Je pense que l'endroit doit être fantastique sous une grosse pluie orageuse : ça doit dégouliner de partout ! On fait demi-tour au bout de quelques centaines de mètres (1h30 de balade tranquille mais on peut continuer plus haut vers le plateau), impatientes de faire découvrir aux garçons une rando qu'ils ne connaissent pas (nous les filles l'avions découverte il y a 2 ans pendant que Fred et Arnaud allaient se rincer l’œil à the Wave)
EDMAIER'S SECRET Lundi 1er août J13 (suite) http://www.thewave.info/EdmaiersSecretMap.htm Cette balade nous avait enthousiasmées il y a 2 ans (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/edmaier-s-secret) et je craignais un peu d'être déçue. Il n'en fut rien, au contraire ! Nous avons eu une température bien plus raisonnable que la dernière fois (31°C) et en plus la chance de trouver une dizaine de pools pleines d'une belle eau claire, le tout avec de magnifiques cumulus d'orage. On s'est régalé ! Nous avons suivi à peu près le même cheminement que la dernière fois : si Buckskin Gulch était bien boueux, le sable encore humide du grand wash est bien plus facile à fouler que la dernière fois. Certaines parties du site sont extrêmement fragiles … Marion aime bien nous causer quelques émotions : nul besoin de s'aventurer sur cette falaise de slickrock pour visiter le site, scrogneugneu ! Alors que je suis occupée avec ce beau volatile, j'entends les grands, bien plus haut, me crier : « Maman ! On a trouvé une poule ! » Après un moment de compassion pour cette poule perdue en milieu désertique, me demandant comment elle avait bien pu arriver là (véridique!) je reprends mon souffle et mes esprits en réalisant qu'ils parlent d'une pool (un bassin!) En effet ! Un peu échaudé par la grimpette, on se retrouve tous à faire trempette : quel régal inattendu ! Alors que je m'éloigne un peu pour une photo, je réalise qu'il y en a plein d'autres en contrebas : la chance ! Ici point de têtards, juste un gros moustique minéral. Il y a tout un microcosme dans ces pools : animal et végétal et nous faisons attention de ne pas le déranger. La vue sur ces étendues de brainrocks est vraiment étonnante. Tiens un vaisseau spatial ! Gros nuage d'orage qui arrive vers the Wave située à quelques miles au sud. Beaucoup plus bas il y a encore une belle grande mare. Pas encore de têtards mais plein d'oeufs accrochés aux branches d'un buisson desséché. Le temps se gâte et on prend doucement le chemin du retour vers les tipis près de Buckskin Gulch.
J'avais initialement prévu de dormir ce soir à Alstrom Point (http://www.utah-tip.com/serv1.php?type=hike&item=alstrom_point) mais vu les prévisions j'ai préféré réserver pour ce soir un motel à Kanab (rien trouvé à Page au dernier moment) car nous savons pour y être déjà allés (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/vers-alstrom-point) que la piste qui y mène devient infernale si elle est mouillée (j'ai lu ensuite qu'elle était de fait impraticable)
OLD PARIA Lundi 1er août J13 (suite)
Avec ce beau ciel, c'est l'occasion de revoir Old paria et ses étonnants badlands colorés (http://www.america-dreamz.com/utah/paysages/escalante_grand_staircase/old_paria.php)
On aperçoit au loin avec émotion Yellow Rock et Castle Rock (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/yellow-rock-castle-rock)
plus près de nous Red Top (où nous ne sommes pas encore allés)
On trouve une piste qui nous mène jusqu'à la Paria River. Ces 2 photos montrent à ceux qui l'avait envisagé que son accès n'est pas simple (et interdit via Box Canyon d'ailleurs)
En soirée le ciel se dégage et est parfaitement pur quand nous arrivons au Quail Park Lodge de Kanab (décevant : cher, plomberie farfelue-gare aux chauds et froids- chambre petite et mobilier de grand-mère, petit-déjeuner ridicule) On aurait mieux fait de camper ! Dîner au rockingVcafé, conseillé par le gérant, quelconque et cher. Grosse rigolade quand la serveuse, nous ayant demandé si on voulait un peu de glace sur nos tartes, nous les amène couvertes d'une pelletée de glace ! Comment a-t-elle su qu'on était gourmand ?! On se couche sous un ciel étoilé et on est bien content car demain est une belle journée !
WHITE POCKET Mardi 2 août J14 Après un ravitaillement au supermarché de Kanab, nous reprenons la route 89 et bifurquons ensuite sur la House Rock Valley Road en direction de White Pocket (http://www.zehrer-online.de/htm_hikes_whitepocket.htm) Nous avions découvert cet endroit incroyable en 2009 en compagnie des Grisemote (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/white-pocket) et il nous tardait d'y retourner, avec toutefois un peu d'appréhension compte-tenu des difficultés d'accès puisque la piste est à la fois sableuse et pentue. Pour cette raison j'avais entré les points GPS de l'accès par l'ouest depuis Poverty Flat mais aussi ceux de l'accès sud dont l'étude attentive sur Google Earth montre moins de dénivelée.
Nous passons donc le trailhead de the Wave puis continuons tranquillement plein sud (toujours à 2 à l'heure vu l'état de nos pneus) et au moment de bifurquer vers l'est (nous sommes encore sur la HRVR, juste avant le corral), l'alarme retentit : on a ENCORE crevé ! Pfff ! C'est la 3ème fois (pour ceux qui ont suivi. Pneu AR droit pour changer un peu. En un clin d’œil on rassemble cric et manivelle (désormais toujours à portée de main!), on change la roue, on répare le trou (encore une fois bien sympathique. On a de la « chance » hum!) mais on ne regonfle pas de suite pour « laisser sécher » (je ne sais pas s'il y a un réel intérêt?) Bref nous voilà partis pour un endroit pas facile d'accès avec une roue « peut-être » réparée (impossible d'en être sûrs tant qu'elle n'est pas regonflée mais nos expériences précédentes -et récentes!- nous rendent confiants) On roule cette fois à 1 à l'heure (!). Il nous a déjà fallu une heure depuis la 89 pour arriver jusqu'ici. Pas grave, on a le temps... La piste vers Poverty Flat nous semble plus abîmée que la dernière fois. C'est aussi beaucoup plus vert et il y a même pas mal de vaches (pas vues ni en 2006 ni en 2009, cette année est spéciale, beaucoup plus humide et les vaches ont été laissées sur place) Quant à la piste vers White Pocket, nous aurions juré Fred et moi ne pas être passés au même endroit que la dernière fois ! Elle est méconnaissable (on a vérifié en rentrant sur Google Earth, on a bien pris la même puisqu'il n'y en a qu'une) Nous avions le souvenir d'une piste quasi uniquement sableuse avec une grande descente -donc remontée au retour que nous appréhendions. Cette fois la piste alterne des passages rocheux assez cassants et des portions de sable profond, elle passe près de 2 corrals dont nous n'avions aucun souvenir et nous n'avons même pas remarqué la descente, segmentée par des passages rocheux sans doute. Bref on n'y comprend rien mais on arrive sans encombre à White Pocket après encore une bonne heure de piste (soit 2h depuis la 89) Il y a là une voiture de Paria Outpost, l'outfitter qui emmène les gens qui ne souhaitent pas prendre le risque d'y aller par eux-mêmes. Nous pique-niquons tranquillement à l'ombre et lorsque nous débutons la visite croisons les autres qui repartent. Chouette, on a White Pocket pour nous tous seuls ! Fred se dépêche de monter sur une colline de brainrocks pour voir par où ils repartent mais la voiture disparaît très vite derrière les dunes. On verra bien ! Profitons d'abord du site, encore une fois par une température tout à fait supportable de 34°C avec du vent et quelques beaux nuages. On a vraiment de la chance d'avoir ce ciel spectaculaire, j'adore ! C'est comme de la chantilly sur la glace ! Après presque 3 h de vadrouille, nous reprenons la voiture et prenons une piste que nous croyons être celle de la dernière fois (moins cassante donc que celle empruntée tout à l'heure) Au bout de qq km nous réalisons que nous sommes en fait sur la piste qui part plein sud, ce qui nous fait faire un bon détour (d'environ 1h finalement). Trop tard on continue sur une piste avec du sable bien profond par endroits mais pas de portions cassantes. On arrive finalement vers Pine tree Pocket et on repart vers notre prochaine étape : Coyote Butte South (Voir cette carte : http://www.synnatschke.de/cbs/cbs-white-pocket-topo-map.jpg A l'aller on est passé par la piste en trait rouge plein et au retour par celle en pointillés rouges.)
COYOTE BUTTE SOUTH Mardi 2 août J14 (suite) Nous avions acheté des permis sur le net pour demain (il n'y en avait plus pour aujourd'hui) mais avons pu en trouver hier à la Paria Ranger Station, ce qui nous arrange bien. C'est la 3ème fois que nous venons ici et on ne s'en lasse pas. Les rangers ont bien amélioré la signalisation depuis 2006, édité un plan, fermé les pistes piégeuses et nous y arrivons donc sans problème (et sans crevaison!) Il est tout de même prudent de potasser un peu le sujet à l'avance (et pour WP encore plus, of course!) : http://www.zehrer-online.de/htm_hikes_cottonwoodteepees.htm Il fait toujours aussi bon et il ne nous faut qu' ¼ h de marche pour arriver au pied des tipis (dans mon récit de 2009 j'indique 1H ce qui est sans doute exagéré) Ici aussi il y a de l'eau et c'est bien agréable. On se balade environ 2h sur le site (personne...), reconnaissons pas mal d'endroits et en découvrons d'autres. La lumière de fin de journée est superbe, le ciel aussi, on se régale !
On installe ensuite les tentes à notre endroit habituel (juste en dehors du parc où le camping est interdit). Pas le moindre insecte cette fois-ci (plein de mouches en 2009) mais pas mal de bouses de vaches séchées que nous dispersons à la pelle. Gros feu, grillades, chamallows, étoiles et très bonne nuit avec une température idéale (fournaise la dernière fois)
EN ROUTE VERS ESCALANTE Mercredi 03 août J15 Séance gonflage au réveil (ça devient une habitude, un peu comme le brossage de dents!) : la réparation tient bon, ouf ! Il nous faut 2h jusqu'à la 89 puis nous prenons la Cottonwood Canyon Road (c'est la 3ème fois, on ne fait qu'un arrêt pique-nique un peu après Yellow Rock. En étant attentif on voit une table de pique-pique en contrebas de la piste : on peut camper à l'ombre le long de la Cottonwood Creek. (peut-être 37° 19.438 N111° 52.946 O, à vérifier) quelques moustiques) Le ciel s'assombrit à vue d'oeil et on se dépêche (mais pas trop... les pneus...) de quitter cette piste qui se transforme en patinoire quand il pleut. Le réservoir de l'Escalante Statepark Campground, petit lac artificiel, est plein à ras-bord (il était presque vide en 2009 et la baignade y était d'ailleurs interdite à cause d'un parasite) Nous retrouvons notre place « habituelle » (3ème fois aussi) dans ce petit camping très bien tenu (et équipé de douches!) Réservation conseillée en été. On installe tentes et double-toits et on file vers la Hole in the Rock Road dans l'espoir (de plus en plus ténu au fil des km) de pouvoir retourner à the Volcano (https://sites.google.com/site/usa09suitesibellelaterre/the-volcano) en passant cette fois-ci par le Harris Wash Trailhead : il y a une ancienne piste qui traverse le wash et se rapproche pas mal du Volcano mais je ne connais pas son état. Nous n'aurions pas le temps d'y aller comme la dernière fois par la Old Sheffield Road. Au bout de qq miles sur la Hole in the Rock Road, il faut nous rendre à l'évidence : ce n'est pas un temps à faire des pistes de glaise et à traverser un wash, d'autant plus que nous avons à nouveau une crevaison lente, cette fois sur la roue de secours, pourtant toute neuve ! 4ème crevaison ! 2 dans la même journée ! Demi-tour ! Dommage, on aurait bien aimé montrer ce drôle de « volcan » aux enfants. On fait qq emplettes à la Groceries d'Escalante qui nous paraît bien mieux achalandée que la dernière fois en prévision de la randonnée des 2 jours à venir. Fin de journée tranquille au campground (on remplace la roue de secours avec sa crevaison lente par la roue réparée...) quand nous voyons arriver nos voisins : un minivan lourdement chargé (normal il en sort 8 personnes en cinq bonnes minutes, les derniers ayant visiblement du mal à émerger d'un profond sommeil) avec une grande remorque pleine de sacs-à-dos, glacières... Une véritable réincarnation des pieds nickelés : ça sort un bout de toile de tente, le touille un peu, le laisse tomber à terre, va se faire un sandwich en piochant dans la glacière, trouve un piquet, boit un coup. Tout ça X 8 sans aucune entraide ni coordination. On n'en revient pas. Il y a là 2 adultes et 6 ados qui nous donnent l'impression d'être en stage de réinsertion pour ados à problème. Quand l'un d'eux rote bruyamment, je ne peux m'empêcher de lâcher un retentissant « beeerrrkkk » en expliquant aux enfants : « bah quoi, c'est pas d'ma faute, c'est sorti tout seul ! » Au bout de 2h les tentes tiennent à peu près debout : le plus jeune, une dizaine d'années, n'en a pas et dormira dans une bâche en plastique (il y a un auvent - heureusement d'ailleurs car il a pas mal plu pendant la nuit- mais aussi un serpent non identifié que nous avons vu dans un buisson à qq mètres.) Bref, on est au spectacle ! A 10h tout le monde est couché, y compris les pieds nickelés mais comme ils ont roulé toute la journée en dormant, ils se lancent des vannes (certainement subtiles...) dont tout le camp profite jusqu'à ce qu'une dame vienne râler. Aucune autorité de la part des adultes dont l'un -sans doute le chauffeur- sitôt endormi, a ronflé très bruyamment toute la nuit (il ne m'a réveillé qu'à 4h mais Fred et les enfants en ont bien profité) Vive la vie en communauté ! On doit vraiment être des asociaux !
COYOTE GULCH Jeudi 04 août J16 On se lève aux aurores, non sans passer et repasser bruyamment à côté des tentes des affreux-jojos, ce qui dérègle le ronflement du chauffeur qui a des ratés et au moment où nous démarrons vers the Famous rando super perdue et sauvage, un des adultes, nous ayant vu préparer nos sacs-à-dos, nous demande où nous allons faire du backpacking. Quand je lui dis que nous allons à Coyote Gulch, il nous lance un enthousiaste « We too ! » « Very nice ! » lancé-je avec mon sourire le plus faux. Merdum ! C'est bien ce que je craignais hier en voyant leurs sacs-à-dos. Bon, on relativise en se disant que Coyote Gulch, c'est grand et qu'avec leur remorque ils ne prévoient sans doute pas de partir comme nous du Fortymile Ridge Trailhead. http://www.wildbackpacker.com/backpacking-trails/coyote-gulch/ Arrivés près du watertank nous prenons en stop un jeune américain qui va récupérer sa voiture au Trailhead (ils ont remonté un bout de l'Escalante river puis Coyote Gulch et sont sortis à Jacob Hamblin Arch. Je ne comprends pas pourquoi il n'est pas ensuite retourné à sa voiture car ce n'est pas beaucoup plus loin que ce watertank. Après coup nous pensons qu'ils ont préféré suivre les cairns qui mènent de JHA au watertank alors qu'il n'y en a pas pour rejoindre le 40 mile ridge TH : GPS indispensable) Il nous explique que le lit de Coyote Gulch est très agréable et que l'on peut y marcher pieds nus dans qq cm d'eau. Il nous dit aussi qu'il y a au moins 3 sources. Cool ! Il est déjà 10h quand nous démarrons la balade. Ne vous fiez pas aux apparences ! Marion n'est pas une enfant martyre : elle transporte les matelas, volumineux mais légers ! Après une heure de descente dans le sable mou (féchô!) nous parvenons au bord de la falaise qui surplombe la confluence de Coyote Gulch et de l'Escalante River. Les cairns nous mènent sans problème à l'unique passage qui permet d'en descendre : Crack in the Wall, une étroite fissure d'une quarantaine de cm par laquelle on peut se faufiler et qui mène au sommet d'une très grande dune qui plonge vers les rivières. Le décor est grandiose et dégage une impression très forte. Nous utilisons une corde (10 ou 15 m sont suffisants) pour descendre les sacs qui sont trop gros pour la fissure. En descendant cette grande dune de sable mou on espère bien pouvoir sortir comme prévu à Jacob Hamblin Arch (sortie réputée un peu acrobatique) car remonter par là ne nous dit rien du tout (il y a toutefois moyen de passer vraiment au pied de la falaise par un sentier plus ferme et ombragé une partie de la journée. Reste encore la dune au-dessus de la falaise qui doit être aussi bien toxique en fin de rando!) On aperçoit la très massive et aérienne à la fois Stevens Arch. Il nous faut environ 1h pour passer la fissure et arriver au fond du canyon : on aperçoit la verdure, puis le ruisseau. On vide les chaussures pleines de sable et tout le monde (sauf moi, j'ai la peau sensible, hé oui!) continue pieds-nus dans l'eau limpide. Pause pique-nique à l'ombre, bienvenue car il fait très chaud. On n'en souffre pas car on peut se rafraîchir à loisir. Pas le moindre taon ni moustique à l'horizon, cool ! Nous arrivons bientôt à la 1ère source, difficilement exploitable pour refaire le plein (on a notre filtre au cas où) Vers midi (soit 2h après le départ, pause pic-nic comprise) nous atteignons la 1ère cascade, puis la 2ème source 10 minutes plus tard (d'un bon débit celle-ci, on refait le plein en prenant une douche. Ça fait du bien!) La 2ème cascade nécessite qq acrobaties mais est négociée toujours pieds-nus. Le paysage est varié, alternant alcôves et petite arche. Tout le monde doit se rechausser brièvement pour la 3ème cascade (2h45 du départ dont pique-nique), à la sortie d'un chaos où se mêlent roches et branches, rien de compliqué toutefois. Enfin (4h15 dont pique-nique et innombrables arrêts photos/vidéos) nous arrivons à Coyote Bridge. Petit coup de pompe (bah oui on n'a pas l'habitude des sacs), grosse sieste à l'ombre dans le sable, et ça repart ! Il doit rester une petite heure de marche jusqu'à Jacob Hamblin Arch où nous prévoyons de camper. Ruissellement, Passage plus étroit, 4ème cascade, alors qu'on approche du but, on commence à entendre des cris « débiles » Je pense aussitôt à nos pieds nickelés mais non il s'agit d'une autre bande d'ados... Au moins aussi bruyante ! Pfff, le canyon résonne de cris de singes, ça glousse, ça caquette, ça siffle, ça roucoule, ça couine. On croise encore 3 personnes, « normales ». Puis encore 4 autres. La foule ! Et on aperçoit les toilettes : on est arrivé ! Il est 16h (6h de marche - pieds nus pour Fred et les enfants, pas banal, pauses comprises) Grosse déception : j'espérais pour notre première rando en backpacking pouvoir profiter d'une atmosphère magique, perdus seuls loin de tout au fond d'un canyon du Grand Staircase National Monument et nous voilà réduits à camper près de toilettes (nécessaires évidemment vu la fréquentation mais qui cassent un peu le mythe) en supportant une bande d'ados débiles. Le moral remonte en flèche quand le silence revient : ils sont partis, ouf ! Bon débarras !
On repère l'endroit par où l'on peut sortir du canyon (à 20 m à droite des toilettes qd on les regarde depuis le ruisseau), ça a l'air d'aller, on est confiant.
On se trouve un endroit douillet à bonne distance des toilettes pour installer les tentes (on a le choix, on est tout seul) qui - c'est pratique- se trouve juste en face de la 3ème source (d'un débit tout-à-fait correct, nous n'aurons donc pas à utiliser notre filtre. De l'Aquatabs suffira) et avec la vue sur Jacob Hamblin Arch. On se repose un peu et je pars avec Fred un peu en amont de l'arche : il y a une voûte gigantesque qui permet de bivouaquer à l'abri de la pluie, mais un peu loin de la source. Pas de risque de pluie pour cette nuit : le temps est au beau fixe. On aurait donc pu ne pas prendre les double-toits et les vestes de pluie (mais ça on ne le sait qu'après coup) Nous avions aussi pris les bâtons de marche, absolument inutiles eux. Ne parlons pas des pots de Nutella et de confiture (en verre!) que Fred a pris « pour le moral des troupes » (bah, c'est lui qui a porté la bouffe et les tentes : une douzaine de kg à mon avis tandis que les autres sacs ne devaient pas dépasser les 6-8 kg, eau comprise) On avait nos sacs de couchage « habituels » beaucoup trop chauds pour la circonstance, d'autant plus que nous étions au pied d'une falaise noire qui a réfracté toute la nuit la chaleur accumulée dans la journée. On a eu trop chaud cette nuit-là (la seule du voyage en fait)
Nous poursuivons encore un peu en amont et soudain inquiète, je tends l'oreille ! Non, ce n'est pas possible ! Si! C'est eux ! Ils apparaissent au détour d'un méandre : si l'un ou l'autre des enfants a encore l'énergie de grimper partout en criant, derrière c'est la Berezina ! Chacun des adultes porte 2 sacs, ils en ont visiblement plein les pattes. Fred va au devant d'eux : ils n'ont plus d'eau et ne soupçonnaient pas qu'ils étaient presque arrivés à Jacob Hamblin Arch. Il leur indique que la source est au prochain méandre, leur demande où ils vont bivouaquer et leur recommande d'être plus discrets que la nuit dernière. Nous regagnons les tentes, enchantés (!) pour aller annoncer la nouvelle aux enfants. Pfff ! Finalement on n'entend plus rien : ils ont installé leur camp sous la voûte et les adultes ont sans doute un peu plus d'autorité sur des ados crevés. Un peu plus tard, on voit arriver les adultes accompagnés d'un enfant, chargés de gourdes : ils passent devant la source sans la voir (j'te jure!). Je vais les voir et la leur indique. Ils ont marché 7h depuis Hurricane Wash Trailhead et pensent glandouiller dans le coin 2 nuits avant de remonter par le même chemin. Les adultes ne se sont pas absentés depuis 5 min que les cris recommencent : j'en remets une couche ! Alors que la nuit tombe, on voit encore passer un groupe de 6 personnes (de jeunes adultes « normaux ») Nuit trop chaude mais tranquille finalement (bon ils sont tout de même à plusieurs centaines de mètres)
Vendredi 05 août J17 On attaque la montée vers 6h30 : si on a le pied sûr, quelques notions basiques d'escalade, des sacs de taille raisonnable et une corde d'une dizaine de mètres, c'est tout-à-fait faisable (toutes ces conditions doivent être réunies hein!) Il y a un pas un peu délicat pour lequel Fred a assuré l'adhérence de nos chaussures en les tenant de la main, puis nous lui avons lancé une corde (que l'on peut fixer au rocher, il en est même usé) pour l'assurer à notre tour. Sans corde ce passage est risqué. En une demi-heure à peine nous sommes sortis du canyon. Je trouve l'arche plus belle du dessus finalement. Il nous faut en tout 2h pour retrouver la voiture : la rando est donc faisable en un jour puisqu'il y a en tout 8h de marche mais la fin est assez fastidieuse, on aurait eu du mal. Impression mitigée pour cette rando finalement, principalement à cause du monde que nous y avons croisé (on ne s'y attendait vraiment pas) Rapport effort (poids des sacs)/intérêt/ambiance pas terrible en fait. Sur les 8h de marche, seulement 4 dans le Gulch (mais la descente de Crack in the Wall vers le ruisseau est superbe!), 1ère et 2 dernières heures pas passionnantes. Attention : vu le débit somme toute modeste des sources, il n'est pas sûr qu'on les trouve lors d'un été très sec. Mieux vaut avoir un filtre.
EN ROUTE VERS DINOSAUR NM Vendredi 05 août J17 (suite)
Une longue étape de transition est prévue pour le reste de la journée : je voudrais me rapprocher autant que possible de Dinosaur National Monument, situé à 2h de piste + 8h de route ! C'est pas gagné, mais après cette grande balade, on devrait supporter un peu de voiture ! Nous prenons tout de même le temps de nous rafraîchir sur le parking du trailhead avant de retourner à la civilisation. Piste, route 12 toujours aussi belle vers Torrey où nous avalons des burgers pas mauvais, traversée de Capitol Reef (on aime!), Hanksville (je dors), puis Autoroute I 70 où... nous crevons pour la CINQUIEME FOIS, un peu avant la bifurcation vers le N et Rangely. C'est encore la roue AR D (ça vaut mieux, on change la roue sur la bande d'arrêt d'urgence) HEUREUSEMENT que nous avions l'indication et l'alarme de pression des pneus sinon nous les aurions certainement éclatés...
Cette fois s'en est trop, si on crève même sur les autoroutes, comment envisager de faire encore les dizaines de miles de piste au programme ?! On répare (encore une fois un bon trou, c'est dingue) puis on décide d'aller à l'agence Alamo de l'aéroport de Grand Junction (Fred a internet sur son tél) demander à changer de voiture. On le trouve facilement mais pour éviter d'éveiller les soupçons on va d'abord laver la voiture (déjà qu'elle est toute rayée et a une bosse!) Ils n'ont « en rayon » qu'un Chevrolet Tahoe : le gars nous indique que c'est plus petit que le Nissan Armada. « Pas grave », lui dit-on (le volume extérieur est le même) On fait les papiers, on vide notre voiture (1 milliard de bidules dans tous les coins) puis il faut se rendre à l'évidence, ça ne rentre pas ! La 3ème rangée de sièges du Tahoe, une fois repliée, ne rentre pas dans le sol comme sur l'Armada : il nous manque 40 cm de coffre. Retour au guichet, le gars est parti. La fille du guichet voisin prend le relais, adorable, nous propose de faire changer les pneus (ils ont un accord avec Firestone), téléphone, s'assure qu'ils en ont, trop tard pour ce soir, prend RDV pour demain, nous explique que nous n'aurons rien à payer puisque nous avons l'assurance CDW, que le gars de Firestone verra s'ils doit changer 2 ou 4 pneus) Bref, nous n'avons plus qu'à passer la nuit à Grand Junction où nous trouvons une chambre familiale (6 couchages) au motel 8 pour 80$ petit-déj inclus, faisons une lessive, un ravitaillement. Bref on optimise le temps perdu au mieux.
Samedi 06 août J18 Nous arrivons à la 1ère heure chez Firestone (tout près), le gars nous assure que les pneus avant sont encore bons (il aura raison) et une heure après nous repartons avec de bons gros pneus bien costauds : on a donc crevé 5 fois (dont 2 crevaisons lentes mais bon) avec les pneus arrière : voiture chargée et propulsion les sollicitent plus que les pneus avant. Ils ont même vérifié les niveaux, ça c'est du service ! Il n'empêche que ça reste pénible de devoir s'occuper de l'entretien normal (changer les pneus quand ils sont usés) d'une voiture alors que l'on est en vacances.
DINOSAUR NATIONAL MONUMENT Samedi 06 août J18 (suite) Après 2h30 de route pas désagréable, nous traversons le très glauque village de Dinosaur et entrons dans le parc de Dinosaur, côté Colorado donc (nous ne visiterons pas la partie Utah) http://www.america-dreamz.com/colorado/paysages/dinosaur_national_monument.php
La piste épouse les courbes douces du plateau, nous allons directement vers Echo Park Campground et faisons une petite halte à Whispering Cave : une fissure sépare une énorme dalle rocheuse et de la paroi et génère un courant d'air frais qui contraste agréablement avec la chaleur ambiante (35°C) Bien que nous soyons un WE, il y a plein de places au campground et nous en choisissons une à l'ombre, pas trop loin d'un point d'eau. Déception : pas la moindre vue sur la rivière depuis le camping, une épaisse végétation l'occulte complètement. Après le repas de midi nous partons pour la randonnée de Mitten Park Trail dont la 1ère moitié en ce début d'après-midi est déjà à l'ombre : on chemine à flanc de pierrier en contrebas d'une grande falaise de grès en remontant le cours de la Green River. Le sentier s'élève doucement puis on redescend dans une prairie fleurie avant d'arriver sur une plage de sable fin : la fraîcheur de l'eau refroidit très vite nos ardeurs de baignade (de plus le courant est assez fort) Un peu plus loin une autre plage est défendue par quelques taons : retour à la première, épargnée, pour une petite sieste. Impressionnante « biquette » de strates rouges !
Nous prenons tranquillement le chemin du retour (rencontré une jeune femme seule avec une petite bouteille d'eau... il fait 35°C), l'ombre a gagné du terrain et coupe la rivière en 2 (il est 16h) 2h30 de balade, sieste comprise
Les enfants préfèrent rester au camp tandis que je reprends la voiture avec Fred pour aller faire la rando de Harper's Corner Trail http://www.nps.gov/dino/planyourvisit/harperscornertrail.htm Le parc est très étendu et on passe pas mal de temps sur les pistes/routes, heureusement fort belles. Cette balade en aller-retour de 2 miles offre une vue plongeante sur les méandres de la Yampa et de la Green River, qui ont modelé un paysage impressionnant. On reconnaît la biquette rouge : nous sommes juste au-dessus du Steamboat Rock et de Echo Park campground. Whirlpool Canyon est à contre-jour et la Green River ressemble à un ruban d'argent.
La route du retour est vraiment magnifique : le soleil rasant donne un cachet tout particulier à ce parc. Nous n'avons cependant pas ressenti le grand frisson comme dans les parcs de l'Utah, de l'Arizona ou du Nouveau-Mexique : je dirais que le parc est beau « à grande échelle » mais ça manque de petits détails géologiques à taille humaine (peut-être avons-nous visité le parc trop rapidement) C'est un parc de « points de vue » : on a le sentiment d'être au cinéma mais pas « dans le film » J'adorerais le traverser en bateau !
Quand nous arrivons au campground (quasiment 1h de route/piste encore pour redescendre), les tentes sont montés, le feu crépite sous la surveillance d'Arnaud tandis que les filles se sont réfugiées dans la tente, à cause des moustiques (bah oui on est partis avec le pschitt dans la voiture...) Il y a en a peu mais Caroline est leur proie favorite. C'est la pleine lune (eh oui lune montante à Yosemite il y a 3 semaines...) Elle illumine le steamboat. On finit par éteindre le feu pour bien profiter du ciel étoilé. Nuit assez fraîche, très calme.
RED DESERT ADOBE TOWN Dimanche 07 août J19 Cette région méconnue du Wyoming sud se situe à l'est de Rock Springs. http://www.america-dreamz.com/wyoming/paysages/chevaux_sauvages_red_desert.php Il s'agit d'un désert froid, situé sur la ligne de Partage des Eaux (Atlantique/Pacifique) actuellement menacé par la prospection minière (plus que menacé d'ailleurs puisqu'il y a déjà pas mal de derricks, pipe-lines un peu partout) pour la recherche de gaz et de pétrole. C'est aussi le domaine de dizaines de milliers de pronghorns (grosses antilopes) et de milliers de chevaux sauvages, qui se sont si bien adaptés au milieu que le gouvernement juge nécessaire d'en déporter chaque année une bonne partie afin d'éviter d'aggraver la désertification. Des associations luttent contre cette action jugée violente (on traque les chevaux par hélicoptère et on bouscule la hiérarchie des hordes en les séparant au hasard) Voir ce très beau blog : http://www.wildhoofbeats.com/blog/wild-horses-their-last-days-of-freedom-in-adobe-town
En route donc vers Adobe Town http://www.voiceforthewild.org/greatdivide/pubs/adobe_town_brochure_final.pdf et les chevaux sauvages du Wyoming.
Mon plan est de passer par la Yampa Bench Road pour quitter le Dinosaur NM, puis à partir de Baggs, Wy, de prendre une piste vers l'ouest pour rejoindre Adobe Town. Après quelques km sur la Yampa B Road, nous préférons faire demi-tour : elle est mauvaise, on n'avance pas et en plus on ne voit rien de spécial. On repasse donc par Vernal puis Rock Springs (très belle route 191 : géologie très variée, hauts plateaux désertiques, quelques lacs et rivières.) où nous déjeunons rapidement (ville minière sans grand charme. Il faut que je relise le bouquin de Rick Bass intitulé Rock Springs...) Il nous faut environ 1h30 de piste agréable (quelques biches et chevaux par-ci par-là, mauvaise sur les derniers miles) pour arriver à Adobe Town. A l'unanimité : on est déçu ! Bof quoi, on a déjà vu trop de badlands superbes pour vraiment apprécier ce fatras grisâtre. Le seul véritable intérêt du site est la piste qui y mène, belle sans être magique, mais j'aime ces douces prairies ondulées et ce Big Sky ! Au retour on aperçoit une horde de chevaux sauvages, près d'un point d'eau (comme souvent) Je profite des buissons de sauge pour m'en rapprocher discrètement. Ils ne m'ont pas vue. Pour les faire un peu bouger, je me montre : alerte Puis fuite ! C'est superbe ! Pas si mal Adobe Town finalement...
RED DESERT KILLPECKER SAND DUNES Dimanche 07 août J19 (suite) Situées à une trentaine de miles au N de Rock Springs, ces dunes font partie du champ de dunes le plus actif de l'Amérique du nord. C'est une zone de grand intérêt biologique où cohabitent animaux sauvages (cerfs, pronghorns, chevaux), quads (mais limités à la partie est des dunes) et exploitation minière (encore...) On peut camper sur le parking destiné au quads. http://www.duneguide.com/sand_dune_guide_killpecker.htm (Contrairement à ce qui est indiqué sur ce site, il n'y a pas d'eau, juste des toilettes sèches.)
La piste qui mène aux dunes est sans problème. Nous repérons la bifurcation vers les pétroglyphes de White Mountain où nous irons demain et prenons la piste vers la zone protégée interdite aux quads (panneau Wilderness Study Area ou qq chose comme ça) Au sortir d'une petite bosse, on tombe sur ce magnifique spectacle : une horde de chevaux sauvages, près d'une petite mare dunaire, avec le belle lumière de fin de journée, sur fond de dunes. C'est si beau que ne s'en approche pas : impossible de bousculer une telle harmonie. La piste continue, devient sableuse, très sableuse, trop sableuse. Le vent qui souffle fort a poussé le sable sur la piste, ça monte, on ne passe plus. Allégé de ses passagers, la voiture recule finalement sans difficultés (ça descend...) Dommage... On roule ensuite vers le parking des quads : en plein vent, pas très plat, avec des quads, bof ! J'avise en contrebas des dunes une prairie qui devrait être plus abritée. C'est le cas, l'endroit est très agréable, on a la vue sur les dunes, plein de bois mort pour le feu. On profite des derniers rayons du soleil, c'est beau !
Lundi 08 août J20 6°C au réveil : on attend que le soleil réchauffe un peu l'atmosphère avant de quitter les sacs de couchage. On a bien dormi malgré le bruit des pompes (pour les gisements de gaz?) apparu quand le vent est tombé (ça nous a rappelé Angel peak, https://sites.google.com/site/sibellelaterreouestusa2009/great-sand-dunes-np) On a aussi entendu quelques coyottes. Petit-déj au coin du feu. En route vers les White Mountain Petroglyphes (http://www.frankstehno.com/sagemesa/destinations/wyoming/whitemountain/whitemtnpetrosintro.htm) Ils se situent sur cette falaise : l'accès en est très facile si bien qu'il y a eu pas mal de dégradations sur le site (pétroglyphes repassés à la craie, graffitis contemporains) Bref, pas transcendant du tout : seuls les gros nids d'oiseaux nichés dans la falaise très tarabiscotée pleine de cavités nous ont vraiment intéressés.
RED DESERT OREGON BUTTES Lundi 08 août J20 (suite) Au début de notre voyage de 2006, nous avions découvert le Great Desert Basin qui nous avait fait forte impression : https://sites.google.com/site/sibellelaterreouestusa/les-chevaux-sauvages-du-great-divide-basin J'avais donc repéré sur les cartes Garmin un parcours par les pistes jusqu'aux Oregon Buttes avant de rejoindre South Pass/atlantic City. J'aurais mieux fait d'utiliser Google Earth car les pistes repérées n'existent pas (du moins pour certaines) On se perd un peu (beaucoup) sur des pistes parfois pas très faciles (je garde un oeil sur la jauge), on ne croise que quelques chevaux isolés (bizarre car cet animal aime vivre en société), quelques montagnes tabulaires, et on finit par retomber sur nos pattes et par arriver en vue des badlands. Ciel superbe encore une fois (c'est ce que je préfère au Wyoming)
On retrouve enfin la route et on file vers Atlantic City et South Pass.
ATLANTIC CITY SOUTH PASS Lundi 08 août J20 (suite) Ces 2 villages distants de quelques miles sont d'anciennes villes de chercheurs d'or. Atlantic city compte encore une quarantaine d'habitants et quelques résidences secondaires (!) On pique-nique confortablement installé devant la petite église (toujours ce beau ciel du Wyoming) avant d'aller faire un tour à South Pass où quelques passionnés rénovent patiemment les maisons du village, avec un souci du détail touchant. Il nous faut encore 2h de belle route avant d'arriver au super 8 de Dubois (assez cher, très belle vue mais petit déj indigent dans les gravats), notre dernière étape avant le parc du Grand Teton. On dîne dans le seul restaurant ouvert ( ? la crise?), quelconque (oublié le nom)
GRAND TETON 1 Mardi 09 août J21 Dubois est vraiment aux portes du Grand Teton NP et nous y arrivons vers 8h : grand beau sur les montagnes, comme en 2006, quelle chance ! On est (forcément) moins époustouflés qu'en 2006 mais c'est tout de même très beau. On en profite pour monter à Signal Mountain profiter de la vue sur le Jackson Lake d'un côté et la Snake River de l'autre. On file ensuite vers le nord et le PN du Yellowstone, qui jouxte celui du Grand Teton.
YELLOWSTONE SENTINEL MEADOWS Mardi 09 août J21 (suite) Il y a encore plus de monde qu'en 2006, c'est fou ! On file directement vers une balade que j'ai repérée au N de Old Faithfull au bout de la Fountain Flat Drive. Nous reconnaissons l'endroit où nous nous étions baignés la dernière fois (l'eau de la Firehole River est chaude : https://sites.google.com/site/sibellelaterreouestusa/yellowstone-sud-ouest) Après un pique-nique rapide, nous allons faire une balade très amusante (http://www.americansouthwest.net/wyoming/yellowstone/sentinel-meadows.html) d'un excellent rapport effort/intérêt (personne sur cette rando sauf sur les premiers et derniers 1/4h) On passe la Firehole River sur un pont situé près de Ojo Caliente Spring puis on traverse ce petit ruisseau « herbu » (eau à 40°C) et au sortir d'un bosquet on pénètre dans une vaste prairie qui semble plaire aux bisons (os à gogo, traces partout) On aperçoit des monticules jaunes clairs qui fument (3 ou 4) : chacun correspond à un geyser et c'est l'accumulation de sels minéraux qui a créé ces « collines » On grimpe évidemment au sommet prudemment mais avec délectation (personne, pas de panneau, pas de ponton, pas de barrière, ahhhh ! Que ça fait du bien!!!)
L'eau des sources coule en jolies ruisseaux multicolores dans la verte prairie : c'est assez sploutch !
Les bords du geyser suivant sont particulièrement acérés (si quelqu'un a une explication?)
On a un ciel terrible, je jubile !
On aperçoit depuis le 2ème dôme la cabane décrite dans le topo : là ça devient trrrès sploutch ! Elle était autrefois utilisée pour se baigner mais aujourd'hui ça n'est pas vraiment engageant : on dirait un bain d'acide! On adore cet endroit perdu (mais à moins de 2 miles de la voiture!) Des taons opiniâtres nous font déguerpir (on a eu l'impression d'être piqué mais finalement non : nos taons sont bien pires!) d'autant que le ciel devient franchement menaçant. On repasse près de Ojo Caliente Spring et on retrouve la voiture, avant la pluie finalement. On va faire un tour rapide à Midway Geyser Basin où la foule nous gave rapidement ! Je remarque en face (donc à l'est de la route) une vallée pleine de fumerolles qui me fait bien envie : on ira demain voir de quoi il retourne (c'est notre 2ème visite dans ce parc et on a déjà vu les « marronniers » la dernière fois. La pluie nous rattrapera un peu plus tard alors que nous asistons à l'éruption du Old Faithfull parmi des centaines d'autres spectateurs (ce geyser nous déçoit, comme la dernière fois)
J'ai réservé une cabin pour 3 (bah oui, il n'y avait plus rien d'autre) avec sdb dont nous nous accommodons sans mal à 5. Gros orage durant la nuit (rien entendu avec mes boules Quies... dommage!)
YELLOWSTONE BISCUIT BASIN Mercredi 10 août J22 On décolle un peu avant huit heures, le fond de l'air est frais (6°C) et ça fume de partout. IL n'y a pas grand monde aussi en profitons-nous pour faire un tour à Biscuit Basin (dont le parking était totalement embouteillé hier après-midi) Ça fume vraiment de partout : il y a même des trous sur le parking ! Ponton, geyser, ponton, flaque bleue, ponton, panneau, barrière : ça nous paraît bien fade après notre randonnée d'hier. Allons voir un peu de quoi il retourne dans cette vallée aperçue hier. En route nous apercevons un grizzly sur le bord de la route (photos floues pfff!), 2è (et dernier) ours du voyage.
YELLOWSTONE BALADE MAGIQUE Mercredi 10 août J22 (suite) Nous allons faire une balade courte (2h30 pause contemplatives comprises mais on peut prolonger) et quasi sans dénivelé qui vaut presque le voyage à elle seule. Je vous déconseille de la faire au début de votre séjour à Yellowstone : tout vous semblera ensuite bien fade ! On débute la rando un peu avant 9h et ça fume encore pas mal, ce qui facilite le repérage des sites géothermiques. Nous allons remonter une rivière d'eau chaude, multicolore. La traverser à plusieurs reprises pour le fun (attention c’est chaud - mais pas brûlant...) Découvrir des geysers aux couleurs des mers du sud rien que pour nous. Contourner des zones de boue écarlate. Sursauter quand ce sombre geyser outremer va se réveiller alors que nous lui tournons le dos. Fred va courageusement approcher sa main de l'eau (vraiment) brûlante rien que pour la photo ! Aller de découverte en découverte en remontant la vallée. Avoir le vertige au bord de ce gouffre abrupt. Trouver un geyser où seule la nature a jeté des trucs. Nous étonner des grosses bulles qui s'échappent de fissures invisibles Enfin repartir enchantés, émerveillés, sur un nuage... Il est donc possible à Yellowstone de trouver des endroits magnifiques non aménagés sans marcher pendant des heures et des heures. Un seul regret : l'absence d'animaux (mais nombreuses traces de bisons...) Voici où nous étions garés. 44° 31.084' N 110° 49.522' O De cet endroit il faut donc remonter la vallée se trouvant à l'est de la route (en regardant sur Google Earth, je me rends compte qu'il y a des bassins rouges que nous n'avons pas vus : avis aux amateurs!)
YELLOWSTONE MAMMOTH HOT SPRINGS Mercredi 10 août J22 (suite) On aime cet endroit super photogénique (mais on n'est pas les seuls!) Superbe ciel encore une fois ! Après une visite rapide, nous repartons vers Tower Roosevelt et la Lamar Valley. Comme tout le monde (!) on va chercher la tranquillité sur la piste de Blacktail Plateau Drive (erreur fatale : tout le monde fait comme nous et ça bouchonne presque. Paysages banals. Pas d'animaux vu la foule...) où nous décidons de pique-niquer pour ne pas avoir l'impresion d'avoir vraiment perdu notre temps à passer par là (à bon entendeur...)
YELLOWSTONE LAMAR VALLEY Mercredi 10 août J22 (suite) Depuis ce matin on s'étonne du peu d'animaux rencontrés : ni cerfs ni bisons. Ont-ils tous décampé, leur 6ème sens les ayant avertis de l'arrivée imminente de l'énorme explosion attendue pour ce mégavolcan qui se trouve sous le parc du Yellowstone ? On commence à désespérer (et à s'inquiéter!) quand enfin nous apercevons un puis deux puis une dizaine de bisons juste au bord de la route. Ouf ! L'explosion n'est pas pour tout de suite (ou alors les bisons n'ont pas de 6ème sens...) Arnaud et Marion, juchés sur le toit de la voiture, aperçoivent alors au loin toute une file de bisons qui marche résolument vers l'ouest. On dirait des animaux en migration : nous nous garons un peu plus loin et marchons à travers les buissons de sauge pour nous rapprocher. Bien que plus éloignés, ils sont paradoxalement beaucoup plus impressionnants que ceux qui se faufilent entre les voitures sur la route. D'autant plus que la voiture est loin ! On se sent tout petit et vulnérable face à une telle masse de bestiaux. On se dissimule plus ou moins derrière un rocher pour ne pas attirer leur attention. Le but de leur « migration » est un lac situé un peu plus loin que l'on ne voit pas depuis la route. Une biche qui passait par là se fait courser par un jeune bison : on se cache un peu mieux ! On passe un bon moment à les observer puis une fois désaltérés la troupe fait insensiblement demi-tour et commence à brouter se rapprochant lentement mais sûrement de notre rocher. On préfère donc retourner tranquillement à la voiture avant que le triple-galop ne devienne nécessaire ! Encore plein de bisons un peu plus loin !
YELLOWSTONE GRAND CANYON Mercredi 10 août J22 (suite) En milieu d'après-midi, nous enchaînons avec une très belle petite rando au départ de Artist Point près du Grand canyon du Yellowstone en direction de Point Sublime. On a de la chance, le trail a été fermé jusque tout récemment à cause d'une attaque d'ours qui a fait un mort (gloups, même si on ne l'a appris qu'après...) Balade toute en contrastes : eau turquoise, vert tendre printanier des pins, roches rouges jaunes et noires, ciel d'azur : 2 superbes miles A/R. (croisé une dizaine de personnes)
YELLOWSTONE HAYDEN VALLEY Mercredi 10 août J22 (suite) Fin de journée dans la très belle Hayden Valley : je l'adore... On a vraiment vu plein de bisons cette année (mais quasiment pas de cerfs ni d'élans) Nuit tranquille à Canyon Village dans une cabin spacieuse mais qui ressemble à un baraquement militaire.
YELLOWSTONE NORRIS GEYSER BASIN Jeudi 11 août J23 La grisaille ne nous avait pas permis d'apprécier ce site en 2006. C'est à 20 mn de canyon Village, allons voir. Pas mieux en 2011 avec le soleil : on n'accroche pas. On dirait un terrain vague plein de remblai... Belles montagnes au loin qui nous font envie...
YELLOWSTONE POTTS HOT SPRING BASIN Jeudi 11 août J23 (suite) Notre balade magique nous donne envie de redégoter un coin « sauvage » Sur la route qui mène à West Thumb nous remarquons des fumerolles (il est encore tôt et le fond de l'air est frais) au bord du lac du Yellowstone. On se gare, et on descend vers elles à travers une forêt de pins. On découvre de belles mares multicolores, ça crachouille, ça fume, ça glougloute. Aucun aménagement, pas un chat, mais tout de même le bruit de la route pas loin au-dessus. Il y a là une lagune habitée par un troupeau d'oies que nous n'aurons pas le cœur de déranger. Marion fait son marché et choisira une « belle » vertèbre de bisons (traces et os partout) Encore un endroit étonnant mais un peu trop près de la route. De plus nous allons réaliser en prenant la voiture que l'accès à cet endroit est interdit (plein de panneaux le long de la route un peu après l'endroit où nous nous sommes garés...) Petit tour rapide à West Thumb pour comparer : les mares de west Thumb sont sans doute un peu plus belles mais... très aménagées. J'ai réservé pour nos 2 dernières nuits une cabin à Colter Bay dans le PN du Grand Teton. En route vers le sud donc, pas bien loin en fait...
GRAND TETON 2 Jeudi 11 août J23 (suite) Il fait moins beau ce matin et ça souffle sur le lac ! Nous allons faire un tour sur la piste qui part du sud de Signal Mountain et file vers l'est et la Snake River (la piste qui continue vers le sud en longeant à distance la Snake River est fermée) : bof. Le coin de Mormon Row a toujours autant de charme à nos yeux : bisons, chevaux, vieilles granges dans leur jus. Encore habitées pour certaines !
Petit pèlerinage à Schwabacher Landing où nous avions vu un élan la dernière fois : à défaut d'élan nous y découvrons une cérémonie de mariage assez intimiste (vestiaire derrière les buissons) : une dizaine de personnes, un violon et la Snake River et le Grand teton en toile de fond : pas mal !
Beau paysage de western un peu plus au nord. Séance DVD dans notre douillette cabin.
IDAHO Vendredi 12 août J24 Nous avons envie de voir à quoi ressemblent les Grands tetons depuis leur versant ouest. La Grassy Lake Road se faufile vers l'ouest entre Yellowstone et Grand Teton. On passe tout d'abord devant plusieurs emplacements de camping assez idylliques (mais à plusieurs miles de piste de la route) puis la piste grimpe dans la montagne (peu de vues, on est dans les sapins), redescend vers ce lac recouvert d'une quantité incroyable de nénuphars (jamais vu autant!) puis vers la plaine agricole de l'Idaho (le pays des Famous Potatoes!) C'est très rural puis en approchant de Driggs on rencontre des maisons de plus en plus cossues : on n'est pas loin de Jackson Hole, station de ski très prisée. On ne veut pas déjeuner dans cette ville, on veut de l'authentique alors on s'arrête à Tetonia lorqu'on voit un resto devant lequel sont garées plusieurs voitures (on choisit de préférence les restos où il y a tout de même quelques clients en évitant ceux où il n'y a pas un chat...) Stratégie mise en défaut de façon assez hilarante quand Fred (je vois encore sa tête ! ) se fait servir une énorme bouse de vache (un faux steack reconstitué côtoyant 2 Famous Potatoes, le tout recouvert de 2 litres de sauce diarrhéique figée et froide!) Impossible de ne pas rigoler ! On a oublié de faire une photo ! Le reste était à l'avenant.
Petite pause un peu à l'ouest de Jackson Hole là où arrivent les rafts qui descendent la Snake River (ça a l'air très tranquille) puis petit tour en ville et bon dîner dans un restaurant Thaïlandais (Thaï sapa je crois) Retour vers Colter Bay en passant par Oxbow Bend. Dernière nuit dans l'ouest, demain c'est l'avion...
RETOUR Samedi 13 août J25 Un dernier regard vers les glaciers (maigrichons) des Grands Tetons. Salle d'attente formidable de l'aéroport de Jackson Hole. Personnel convivial (vive les petits aéroports) 2 h coincés dans l'avion sur la piste pour cause de gros orage sur Chicago puis enfin on décolle vers 14h. Correspondance sans problème à Chicago (heureusement qu'on avait 4h, réduites à 2) Comme à l'aller avion confortable avec écran individuel, films, jeux... Puis à Londres et arrivée à Francfort (à J+1 13h30) où il ne manque qu'un sac (…) British Airways nous le livrera à domicile qq jours plus tard (comme d'habitude, on ne s'en fait plus)
CONCLUSION
Encore un belle virée dans l'ouest américain, même s'il faut reconnaître que l'impression de découverte s'émousse au fil des voyages (impossible d'y échapper je pense) Toujours autant de plaisir dans la préparation et toujours autant de facilité dans la réalisation : no stress ! Les Américains sont fiables et réglos (bon, une petite recherche avec Google ne nuit pas de temps en temps quand on a un doute)
4000 miles au compteur comme prévu « à la louche » La seule journée « pénible » prévue au programme a finalement été écourtée par la 5ème crevaison.
On s'est bien sûr félicité d'avoir pris de quoi réparer et regonfler : ça nous a évité de bouleverser nos plans. Le compresseur pèse moins de 4 kg (http://www.best-of-land.com/compresseur-tmax-p-299.html), le kit de réparation qq centaines de grammes (http://motardsardechois.free.fr/Page%20Futura%20Technique/RST%20consommables/Utilisation%20kit%20reparation%20pneu.pdf) Je ne sais pas ce que vaut ce type de réparation sur le long terme : à signaler donc en rendant la voiture (le problème ne s'est pas posé pour nous puisque les pneus ont finalement été changés) Pelle bien utile aussi pour creuser un peu la piste quand il manque qq mm pour mettre en place la roue de secours (cric un peu court?) Les plaques de désensablement n'ont pas servi (sauf pour s'asseoir dessus!), la sangle de remorquage non plus (ouf!)
Notre (tout) petit frigo électrique qui en est à son 3ème voyage a parfaitement fonctionné (il a fallu changer la prise-allume cigare qui ne correspondait pas avec celle de la voiture, trouvé sans pb dans le 1er Walmart venu) La batterie était assez puissante pour le laisser branché en permanence même la nuit (Pas osé toutefois dans les coins perdus loin de tout. La batterie du gros Suburban de 2009, elle, ne tenait pas le coup. Pas de soucis avec un Dodge Durango en 2006)
Un voyage un peu trop « civilisé » finalement : on a trouvé que les nuits en motels cassaient un peu le rythme et l'ambiance (surtout quand il y a du Wifi, difficile de résister!). On aurait du camper plus souvent mais je craignais d'avoir du mauvais temps pour la partie nord du voyage (nous l'avons eu en fait à Zion...et uniquement à Zion. Beaucoup de chance avec la météo!) On a eu parfois un peu la nostalgie de nos aventures de 2009 avec les Grisemote (coucou!)
Un budget explosé par rapport à 2009 : avion +30%, voiture avec 300$ de frais de drop off , cabins et motels, restos...La Californie n'est pas donnée ! Budget quasiment doublé donc, avec un niveau de confort certes supérieur et un voyage plus varié mais moins aventureux (on avait campé presque tout le temps en 2009)
AVION POUR 5 avec British Airways Francfort-Londres-San Francisco Jackson Hole-Chicago-Londres-Francfort 4 913,00 € 4X4 full size 25j chez Alamo via autoeurope frais de drop off à Jackson Hole 300 $ 1 483,00 € Houseboat 3 nuits 547,00 € Crane Flat campground Yosemite 14,00 € Trumbull Lake Campground 18,00 € Yosemite Gateway Motel 2 grands lits 133,00 € Furnace Creek Ranch 2 grands lits 155,00 € Quality Inn at Zion 2 grands lits 2 nuits 220,00 € 2X5 permits pour Coyote Butte South 36,00 € Escalante Petrified Forest campground 18,00 € Grand Junction Super 8 motel 3 grands lits 56,00 € Echo Park campground Dinosaur 6,00 € Dubois Super 8 motel 2 grands lits 81,00 € Yellowstone Old Faithfull lodge Frontier Cabin 1 grand lit+ 1 lit simple, SDB 88,00 € Yellowstone Canyon Lodge Pionner Cabin 2 grands lits, SDB 75,00 € Grand Teton Colter Bay Room Cabin 3 grands lits, SDB 2 nuits 289,00 € Essence : 15j/100, 6400 km 1 066,00 € Divers : resto, pique-niques 1 500,00 €
Total pour 25 jours à 5 9 303,00 €
Bonjour,
comme les carnets fleurissent en ce moment, vous trouverez le mien ci-dessous, mais uniquement en version texte (pour les photos - et il faudra attendre - ce sera sur notre site web, lien en signature).
Rappel : la discussion sur la phase préparation est ici.
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Après la découverte de l'ouest américain en 2009 puis « On the road again » en 2012, voici venu le temps de la préparation de notre troisième voyage dans le Southwest, mais où ? Le Nouveau-Mexique étant passé à la trappe en 2012, il constituera l’épine dorsale de ce voyage. Ensuite, 2 envies fortes vont caler, en termes de dates, ce voyage : - la traversée des Henry Mountains où la forte probabilité de neige jusqu’en juillet impose un passage pas trop tôt en saison - la randonnée à Havasupai, en fin de voyage pour une meilleure condition physique 😉, à faire assez tôt pour éviter les trop fortes chaleurs.
Ces 2 envies, plus la traversée du Nouveau Mexique, nous ont conduits à choisir la période mai-juin, soit a priori pas trop chaud au début (Arizona Nouveau Mexique) et assez chaud vers la fin pour espérer n’avoir pas trop de neige dans les Henrys Mountains. Quand à la durée, une première ébauche montra qu’en 45 jours ce serait trop juste et, au final, ce sera plutôt 60 jours. Le calage définitif dépendra sans doute des possibilités de réservation du lodge d’Havasupai.
Au fur et à mesure du développement du tracé, un nouveau souhait a émergé : prendre au strict minimum les grands axes ce sera donc un voyage orienté routes panoramiques, routes secondaires, routes de campagne et chemins (scenic roads, back roads, country roads and byways). Et pour l’illustrer, quoi de mieux que la chanson éponyme : “Take Me Home Country Roads” de John Denver qui, même si elle se déroule en Virginie Occidentale, illustre magnifiquement notre souhait.
Rappel des principales caractéristiques du (3ème) voyage : - 60 jours du 29/4 au 29/6, - "boucle" avec arrivée et départ à/de Phoenix, sud-est Arizona, ouest Nouveau-Mexique du sud au nord, Mesa Verde (Colorado), sud de l'Utah d'est en ouest et un peu de Nevada, - 2 sites principaux : les Henry Mountains (Utah) et Havasupai (Arizona), - scenic roads, country roads, scenic byways et le plus de pistes possibles.
Et comme les fois précédentes, nous dormirons dans la voiture, si possible en dehors des parcs, des campings organisés, donc en camping dit "sauvage". Nous voyageons lourds (3 bagages de 23 kg comprenant matelas, duvets, réchaud, vaisselle, bref presque tout le nécessaire de camping).
Cette fois-ci, la météo nous a joué quelques tours et il a souvent fallu changer nos plans.
29/4 - Départ Départ de Brest pour Phoenix via Roissy et New-York ; l'intérêt du départ de Brest est que nous n'avons pas à nous soucier de nos bagages pour la durée du vol, hormis un passage éclair à la douane à New-York. Erwan (un ami) nous emmène à l'aéroport ; à 6h du matin, les contrôles sont effectués, le problème des sièges réglé, le bagage supplémentaire payé avec la remise (impossible de le prendre sur le net). Décollage à 6h35, atterrissage à Roissy à l'heure. Dans la salle d'embarquement pour New-York, le nom d'Isabelle est affiché (???) mais finalement rien à signaler. Léger retard au décollage (20 minutes) mais le vol est sans histoire ; après l'apéro (apporté) et un repas standard, nous regardons tous les 2 Gravity puis la musique aidant (Scorpions pour moi), nous atterrissons à New-York où l'escale est assez longue pour ne pas poser de problème. Immigration et douane (avec récupération des bagages) se passent rapidement ; pour info, le douanier me regarde de travers car j'ai une grosse quinte de toux et me demande si je suis malade ; aurait-il autorité pour me refuser l'accès ???. Pour le vol vers Phoenix, impossible d'avoir 2 places côte à côte, mais cela se règle assez vite dans l'avion pourtant assez plein. Arrivée à l'heure mais impossible de récupérer 2 chariots à bagages sans devoir payer 6$ chaque. Nous traînons donc nos lourds bagages et arrivons, via la navette, au guichet d'Alamo. Et là, longue discussion avec l'employé ; nous avons réservé un véhicule de type Chevrolet Tahoe (FFAR) sans conducteur additionnel, le prix me paraissant trop élevé pour la prestation (plus de 600$ pour 60 jours). Et finalement, surtout grâce à Isabelle plus habile à négocier que moi, nous repartons avec un Chevrolet Suburban (PFAR soit l'équivalent de notre Ford Expedition de 2012, soit-disant AWD) et le conducteur additionnel pour l'équivalent de ce qu'on aurait payé en réservant le conducteur additionnel directement. En fait, le véhicule n'est pas du tout AWD ni 4WD mais cela ne nous posera finalement pas trop de problèmes par la suite (et pourtant, il y en aura des problèmes ; mais attendons un peu). Nous quittons donc Alamo (compteur 7683 miles) pour nous rendre chez notre logeur (Jeff Dahl) à Scottsdale (réservé via AirBnB) où nous arrivons vers 20h40 (compteur 7710 miles) ; apéro rapide, léger casse-croute et dodo bien mérité à 20h40 - 5h40 à notre horloge biologique.
30/4 - courses Lever à 5h ; il fait encore nuit. Nous prenons le petit-déjeuner dehors avec des lapins sur la pelouse et plein d'oiseaux un peu plus bas. La journée se passe en courses diverses car il faut équiper notre carrosse. Nous commençons par le Walmart où j'ai déjà commandé la glacière électrique et la table pliante qui nous attendent. Nous ajoutons 2 sièges, le gaz et l'alimentaire (pour environ une dizaine de jours) et nous complétons chez Trader Joe's, magasin découvert en 2009. Prévu aussi la visite de magasins de point de croix pour Isabelle (nous ne ferons que Old Town - Scottsdale), ainsi qu'un magasin d'alcool et de cigares (Magnum’s Cigars Wine & Liquor) où j'en achète quelques uns. Nous retournons à notre logement (compteur 7812 miles), très agréable, et terminons la journée par un plouf dans la piscine à la nuit tombante ; dodo 22h30.
01/5 - Apache Trail, Oracle Control Rd Lever 5h40 ; préparation de la voiture pour le départ ; chaque gros bagage doit trouver sa place mais nous commençons à être rodés et Isabelle excelle sur ce point. Nous quittons notre logement à 8h avec une température extérieure de 80°F-26.7°C et prenons la route vers l'Apache Trail, premier objectif de la journée. Petit arrêt à Goldfield, ville minière fantôme datant de 1892, mais le musée est fermé. Nous retrouvons avec plaisir les Palo Verde, les saguaros et autres chollas sur le bord de la route. Quelques photos de Canyon Lake et nous faisons une halte à Tortilla Flat où les murs du Superstition Saloon sont tapissés de billets de banque. Nous en repartons à 10h50 pour une petite rando à Fish Creek Hill, puis après quelques photos sur Apache Lake, arrivons au bout de la piste. Cette piste ne présente en général aucune difficulté ; il faut juste se méfier, dans les portions étroites, aux véhicules venant en face (de nombreux bateaux sur remorques).
Remarque : dans l'ensemble du récit, toutes les données sur les pistes supposent un "état normal" ; en cas de pluies, d'orages même récents, l'état peut devenir très vite impraticable et nous le testerons d'ailleurs à plusieurs reprises.
La route que j'avais prévue de prendre pour pique-niquer étant fermée, nous continuons le long de la rive sud de Roosevelt Lake jusqu'à Cottonwood Cove où nous trouvons une aire de pique-nique aménagée avec, entre autre, des tables surmontées d'un toit (shade ramadas).
Nous repartons à 13h47 pour Globe puis la Copper Corridor Scenic Road jusque vers Oracle où un grand géocoucou (Geococcyx californianus) ou roadrunner traverse la route devant nous : bip-bip !!! 😎
Nous nous arrêtons à Biosphere 2 pour prendre quelques photos mais c'est impossible, il faut obligatoirement prendre le tour guidé (et payant) mais c'est trop tard pour nous ; pourtant, j'avais vraiment envie de voir ce site dont je connais l'histoire et remis au gout du jour par le roman "Siècle Bleu" de JP Goux. Retour à Oracle pour essayer d'avoir des informations récentes sur l'état de la piste Oracle Control Road mais je n'obtient rien de très net ("s'il y a des problèmes, elle devrait être barrée" est ce que j'obtiens de mieux). Cette piste est l'ancienne route ralliant Oracle à Mount Lemmon et est notre second objectif de la journée. J'oublie de refaire le plein mais il y a encore un (petit) tiers du réservoir ce qui devrait être suffisant pour les 28 miles à venir. La piste est assez agréable au début et nous apercevons de superbes buissons d'ocotillos ; elle monte, descend au gré des vallées à traverser mais la fin est très rocailleuse (rocky-bumpy), surtout les 5 derniers miles (piste impraticable en berline). Cette montée dans les cailloux nous a au moins rassuré sur le comportement du véhicule, chaussé de très bons pneus : il passe bien même si les évolutions du train arrière me font penser à un différentiel bloqué (rigide) tellement il a tendance à bondir à droite ou à gauche comme un cabri. Nous retrouvons le bitume ainsi qu'une position plus horizontale et un bruit "sinistre" retentit aussitôt : niveau de carburant faible ; la montée, souvent en première, nous a fait consommer plus qu'imaginé. Espérant trouver du carburant au sommet, nous nous dirigeons vers le Summit trailhead (pour la vue) à 18h09 et 57°F - 13.9°C (presque frais) ; nous sommes à plus de 8000 pieds. En repartant, toujours pas de carburant et toujours le bip sinistre ; nous rallions donc l'emplacement prévu pour la nuit, ce qui nous rapproche de Tucson donc du carburant, mais l'accès à l'emplacement prévu est clos. Les autres sites sont maintenant derrière nous et faire demi-tour ne va pas arranger notre problème. Nous décidons donc de laisser tomber Mount Lemmon et de rallier Tucson ; une partie du trajet sera fait au point mort (ce qui bien sûr est interdit), pas envie de tomber en panne sèche sur les 30 miles restants d'autant que la nuit tombe. Nous trouvons, finalement sans encombre, une station Chevron à 19h10 et, comme nous n'allons pas remonter camper, nous prenons une chambre à l'Econolodge à 20h03 avec 91°F-32.8°C (compteur 8105 miles) ; grande chambre avec lit king size. Apéro, préparation de taboulé pour les jours suivants, dîner et dodo à 23h25. Pour une première nuit en camping "sauvage", c'est un peu loupé 😠.
02/5 - Saguaro NP, Asarco Mine Lever à 5h30 ; pendant que je transfère les photos des appareils sur le pc et les disques de sauvegarde, Isabelle range la voiture. Petit déjeuner et nous partons à 8h vers Saguaro National Park (partie est) avec un ciel un peu nuageux et 77°F - 25°C. Arrivée au Visitor Center (VC dans le reste du texte) à 8h41 qui n'ouvre qu'à 9h mais nous achetons notre Pass America The Beautiful à un ranger (ne pas hésiter à réclamer, s'il n'est pas fourni, le Hangtag qui permet d'accrocher le pass au rétroviseur intérieur). Nous parcourons, presque à tour de roue, la boucle bitumée qui fait le tour du parc avec de nombreux arrêts photos, retrouvant toujours avec plaisir ces cactus découverts en 2009. Petit arrêt pour faire la rando Freeman Homestead Loop Trail (1.75 km, 28 mn) et nous revenons au VC pour l'achat rituel de cartes postales. Nous en profitons aussi pour téléphoner à Asarco Mine (visite prévue dans l'après-midi) mais impossible de les joindre ; une ranger nous signale que c'est maintenant fermé le week-end et nous sommes un samedi (erreur de programmation ? 😠). Départ pour la partie ouest du parc (déjà vue en 2009) ; arrêt à Gates Pass à 12h09 et 89°F - 31.7°C puis à Valley View sur Hohokam Rd (c'est maintenant de la piste mais aisément faisable en berline) où nous arrivons à 12h35. Départ pour la rando de Valley view overlook trail d'où nous revenons à 13h10 avec 1.53 km au podomètre et 95°F - 35°C dehors ; nous avons discuté avec un couple d'américains assez âgés qui, n'ayant plus d'enfants à charge, ont vendu leur maison et voyagent en camping-car. Pour nous rafraîchir un peu, nous allons pique-niquer chez les "esquimaux" (Ez-Kim-In-Zin) où nous trouvons une table à l'ombre.
Départ à 14h15 (même température) et nous terminons notre boucle parmi les saguaros puis prenons tout de même la route vers Asarco Mine au sud de Tucson ; nous y arrivons à 15h06 (le parking est ouvert) et déambulons tranquillement dans le petit parc où il y a quelques beaux échantillons de minerai de cuivre (entre autre) et un gros nuage gris et de la pluie qui semble tomber au loin. Tout à coup, une employée vient nous demander si on souhaite faire le tour guidé car c'est de suite et le dernier ; et nous qui ne nous pressions pas, persuadés qu'il n'y en avait pas (ma programmation était donc bonne 😉 ). Nous avons juste le temps de faire le tour du hall d'accueil (il sera fermé au retour), d'acheter quelques échantillons de minéraux, de récupérer une brochure en français, de prendre nos tickets (9$ par personne) et nous montons dans le car ; il y a juste le chauffeur, le guide (ancien employé), une famille américaine et nous. Petite pluie au début de la visite et toujours de gros nuages noirs au loin. La vue de l'excavation (c'est une mine à ciel ouvert) est impressionnante et nous assistons au ballet des énormes engins qui remontent le minerai brut le long d'une pente à 9% ; ils ont une capacité d'environ 300 tonnes. Le minerai est ensuite broyé dans un premier concasseur quasi souterrain puis les morceaux de roche d'une taille maximale d'un ballon de foot passent dans plusieurs concasseurs secondaires (broyeurs semi-autogènes et broyeurs à billes d'acier) pour finalement finir en poudre. Ensuite, la phase finale, par des procédés physico-chimiques (flottation, "bullage", agrégation) permet d'obtenir, à partir d'un minerai comportant 0.7% de cuivre, un amalgame d'environ 28% qui partira ensuite vers la fonderie. Le reste (déchets) est entreposé localement et servira au remblaiement lors de la phase d'arrêt de la mine. L'eau utilisée dans le processus de flottation est aussi récupérée à 80% ; notre guide a bien insisté sur cette récupération et sur l'utilisation de produits chimiques les plus bio possible. Nous quittons la mine à 17h avec 90°F - 32°C et nous dirigeons vers la Coronado National Forest pour notre vrai première nuit dans la nature ; sur la route, éclairs, pluie abondante et température en baisse (64°F - 17.7°C). À 18h, nous trouvons un emplacement près d'un wash le long de East Gardner Canyon Rd (compteur 8253 miles). Dodo vers 20h40.
03/5 - Red Mountain, Red Mountain, Montezuma Pass Réveil à 5h30 mais mal dormi, matelas sans doute trop gonflé et Isabelle a très mal au dos ; nous n'avons pas eu trop chaud, bien au contraire, mais découvrons que nous avons dormi fenêtres ouvertes 😉. Le ciel est bien dégagé mais il fait 49°F - 9.5°C. Petit déjeuner puis départ à 7h38 avec maintenant 73°F - 22.8°C ; la piste est très roulante et il a de nombreuses fleurs sur les bas-côtés (poppy et datura) . Passage à Sonoita pour compléter le plein de carburant, les stations étant très peu nombreuses sur le trajet de la journée et chat échaudé craint l'eau froide. Arrêt à Camp Crittenden (uniquement une plaque commémorative, mais c'est l'Histoire) puis nous traversons Patagonia pour prendre Harshaw Road ; la route devient assez vite piste mais très roulable. Par contre, impossible de prendre les pistes secondaires prévues, trop escarpées et défoncées. Asarco Mine y fait aussi des recherches géologiques mais avec de gros 4x4. Jolies vues sur Red Mountain. Passage à Canelo Pass (5 246 ft) puis nous regagnons la 83 (bitume) et nous arrivons à Parker Lake View vers 11h05. Ensuite, la piste vers Montezuma Pass est jolie, agréable à rouler et peu fréquentée (quelques quads surtout). Nous arrivons au col à 12h15 avec 71°F - 21.7°C et déjeunons sous une tonnelle. Après le déjeuner, nous grimpons au Peek (6 854 ft, 90 m de dénivelé) d'où nous avons une superbe vue sur la frontière et ses environs ; rando de 1.3 km A/R. Départ tout en descente vers le VC situé plus bas dans la plaine, au pied des escarpements, et discussion avec la ranger, notamment sur la flore et la faune ; elle nous avoue n'avoir jamais vu de serpents à sonnettes. J'avais au départ prévu de dormir le long de la piste, avant Montezuma Pass, mais de nombreuses lectures m'en ont dissuadé (problème de trafics de drogue et de passages clandestins). Par prudence, nous cherchons donc un emplacement sur East Ash Canyon Rd et, à peine avons nous trouvé notre bonheur, qu'un véhicule de la surveillance aux frontières (Border Patrol) passe devant nous au ralenti, intrigué sans doute de nous voir installés là ; la piste étant un cul de sac, nous nous attendons à le revoir rapidement mais il prend visiblement son temps et ne repassera qu'une bonne heure plus tard, sans s'arrêter (compteur 8350 miles). Dodo vers 19h30 avec un ciel assez nuageux.
04/5 - Bisbee, Tombstone Réveil à 5h30 mais, si j'ai bien dormi, il n'en est pas de même pour Isabelle qui a toujours mal au dos. De nombreux nuages restent accrochés à la montagne et le vent souffle bien. Départ à 7h04 avec 61°F – 16.1°C. Sur la route de Bisbee, des champs d'ocotillos à flanc de colline, superbes. Après de nombreuses photos des anciennes mines à ciel ouvert, nous entrons au Bisbee Quenn Mine VC à 9h ; pas possible de prendre un tour en petit train (pas prévu au programme non plus) et, après un petit tour à travers la ville - mignonne- nous partons vers Tombstone où nous arrivons à 9h48 avec 72°F - 22.2°C. Ici, il faut être clair, on adhère ou pas. Tombstone est une ville historique mais tout ce que l'on voit n'est que reconstruction (ou presque) et animation folklorique ; mais comme nous sommes amoureux de l'ouest, de son histoire et des westerns, la mayonnaise prend bien 😎. Pour ceux qui ne connaissent pas, Tombstone est célèbre pour sa fameuse fusillade d'OK Corral avec, notamment les frères Earp et Doc Holliday, fusillade immortalisée par plusieurs films. Nous nous garons au sud-est de la ville et parcourons les rues "touristiques", notamment Allen Street réservée aux piétons ; de nombreux personnages, en costumes d'époque, déambulent très sérieusement dans ces rues. Nous achetons nos billets pour le "gunfight" ; ce billet donne aussi accès à l'historama (nous ne comprendrons pas tout 😉 ) ainsi qu'à une reproduction du journal local du jour de la fusillade. La reconstitution de la fusillade est marrante et bon enfant, les acteurs prenant les spectateurs à témoins et ces derniers jouant le jeu ; il est préférable de s'asseoir au premier rang si possible. En sortant de là, nous allons déjeuner au Big Nose Kate's Saloon (burger The Outlaw pour moi et The Stampede pour Isabelle). Nous retournons à la voiture en passant retirer notre journal local et partons à 14h40 et 83°F - 28.3°C vers le cimetière local (Boothill Graveyard) ; celui-ci n'est pas d'époque, ayant été déplacé et restauré. Malgré tout le respect dû à un tel endroit, on ne peut s'empêcher de sourire en voyant le motif de décès inscrit sur certaines tombes. Pour plus d'informations, voici un lien intéressant : www.boothillgraves.com/
À 15h10, nous quittons ce cimetière et, par la 80 puis rapidement par la Middlemarch Rd (piste), nous nous dirigeons vers les Dragoon Mountains. Nous franchissons Middlemarch Pass pratiquement sans le remarquer et entamons la descente côté est de ces montagnes tout en cherchant tranquillement un emplacement pour la nuit ; une fois de plus, nous n'avons vu personne sur ce trajet. Peu avant 16h, c'est chose faite et nous installons table et chaises tranquillement (compteur 8421 miles). Pendant l'apéro, une petite averse vient nous déranger et le ciel est maintenant bien couvert. Dodo à 20h mais réveil vers minuit avec un bel orage, éclairs et pluie abondante ; nous sommes assez loin du wash pour ne rien risquer mais quel sera l'état de la piste demain matin ? Devrons-nous sortir la pelle, achetée par précaution ?
05/5 - Chiricahua NM Lever à 5h30 avec 48°F - 8.9°C, un peu frisquet ! Isabelle a mieux dormi. Le ciel est maintenant très légèrement nuageux à l'horizon. Nous partons à 7h vers Chiricahua NM avec 58°F - 14.4°C. Alors que nous étions inquiets à propos de l'état de la piste, nous ne rencontrons aucune difficulté pendant le reste de la descente et retrouvons rapidement le bitume. Nous arrivons au VC à 8h13 sans avoir vu beaucoup de stations services. Peu avant d'arriver au VC, nous rencontrons ce qui doit être un Coues (prononcer cows), sous-espèce de white-tailed deer (Odocoileus virginianus couesi - Cerf à queue blanche d'Arizona).
Comme le VC n'est pas encore ouvert et que nous savons où aller, nous prenons la route Bonita Canyon Drive et arrivons à Massai Point à 8h46. Le temps de nous équiper (chaussures de marche, crème solaire, chapeaux, sacs à dos avec réserve d'eau - camelbags) et nous partons à 9h05 pour Echo Canyon Loop (Echo Canyon, Hailstone & Ed Riggs trails) parcourue dans le sens anti-horaire. Jolie balade parmi les roches érodées, souvent couvertes de lichens. Mais, contrairement à ce qu'on pourrait penser après une observation rapide, il ne s'agit pas de granit mais des restes (cendre et pierre ponce) d'une éruption volcanique de près de 30 millions d'années. Comme c'est notre première randonnée depuis longtemps, les haltes sont nombreuses, pour les photos évidemment 😉. À part un couple d'américains, nous ne verrons pratiquement personne sauf vers la fin ; c'est dire si nous étions tranquille quand, tout à coup, Isabelle aperçoit du mouvement dans l'herbe : un serpent longeait le sentier. Pas de bruit de crécelles, ce n'est donc pas un rattlesnake ; je m'approche un peu plus car je ne vois toujours rien et je crois enfin reconnaitre un Bull snake, donc non venimeux. Le couple d'américains qui nous rattrape nous le confirme mais Isabelle n'est pas plus rassurée que ça. Si vous êtes intéressés, j'ai le point GPS (je déco...). Retour à la voiture à 12h05 et 76°F - 24.4°C avec 5km au podo. Nous déjeunons sur une table à l'ombre mais le vent est frais et nous supportons nos polaires. Retour au VC pour nos emplettes habituelles et nous en repartons à 14h pour emprunter Pinery Canyon Rd (FR42). Cette piste est aussi très praticable ; du côté d'Onion Saddle, nous devions trouver un point de vue mais nous avons grimpé le long du sentier (ancienne piste 4WD), nous ne voyons malheureusement rien. En même temps, comme nous sommes dans une forêt, difficile d'avoir un beau point de vue sur les 2 vallées sans abattre les arbres ! La descente à travers la forêt est très agréable mais mieux vaut aller doucement, les a-pics sont parfois impressionnants. En bas, nous prenons à droite S Fork Rd pour quelques photos relevées sur le net mais, malheureusement, la piste est fermée par une barrière cadenassée. Nous regagnons le bitume et, peut après Portal, entrons au Nouveau-Mexique. Nous faisons un crochet à droite (sud) sur la 80 pour aller voir une stèle commémorant la reddition de Géronimo. J'avais prévu de faire le plein à Rodeo mais il n'y a plus de station existante. Retour vers le nord où nous devons camper au niveau de Preacher Mountain, peu après Granite Gap. Après avoir franchi et refermé la barrière, la piste est un peu sableuse et étroite mais nous trouvons rapidement un emplacement, bien blotti dans les rochers et parmi les cactus et agaves ; aperçu 1 rat et des souris. Un petit vent nous gênera un peu pour notre réchaud gaz. Arrêt moteur à 17h20 avec 73°F - 22.8°C (compteur 8562 miles).
Au fait, qui dit Nouveau-Mexique dit changement d'heure ; nous avançons donc nos montres, GPS et appareils photos d'une heure.
À suivre 😉.
comme les carnets fleurissent en ce moment, vous trouverez le mien ci-dessous, mais uniquement en version texte (pour les photos - et il faudra attendre - ce sera sur notre site web, lien en signature).
Rappel : la discussion sur la phase préparation est ici.
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Après la découverte de l'ouest américain en 2009 puis « On the road again » en 2012, voici venu le temps de la préparation de notre troisième voyage dans le Southwest, mais où ? Le Nouveau-Mexique étant passé à la trappe en 2012, il constituera l’épine dorsale de ce voyage. Ensuite, 2 envies fortes vont caler, en termes de dates, ce voyage : - la traversée des Henry Mountains où la forte probabilité de neige jusqu’en juillet impose un passage pas trop tôt en saison - la randonnée à Havasupai, en fin de voyage pour une meilleure condition physique 😉, à faire assez tôt pour éviter les trop fortes chaleurs.
Ces 2 envies, plus la traversée du Nouveau Mexique, nous ont conduits à choisir la période mai-juin, soit a priori pas trop chaud au début (Arizona Nouveau Mexique) et assez chaud vers la fin pour espérer n’avoir pas trop de neige dans les Henrys Mountains. Quand à la durée, une première ébauche montra qu’en 45 jours ce serait trop juste et, au final, ce sera plutôt 60 jours. Le calage définitif dépendra sans doute des possibilités de réservation du lodge d’Havasupai.
Au fur et à mesure du développement du tracé, un nouveau souhait a émergé : prendre au strict minimum les grands axes ce sera donc un voyage orienté routes panoramiques, routes secondaires, routes de campagne et chemins (scenic roads, back roads, country roads and byways). Et pour l’illustrer, quoi de mieux que la chanson éponyme : “Take Me Home Country Roads” de John Denver qui, même si elle se déroule en Virginie Occidentale, illustre magnifiquement notre souhait.
Rappel des principales caractéristiques du (3ème) voyage : - 60 jours du 29/4 au 29/6, - "boucle" avec arrivée et départ à/de Phoenix, sud-est Arizona, ouest Nouveau-Mexique du sud au nord, Mesa Verde (Colorado), sud de l'Utah d'est en ouest et un peu de Nevada, - 2 sites principaux : les Henry Mountains (Utah) et Havasupai (Arizona), - scenic roads, country roads, scenic byways et le plus de pistes possibles.
Et comme les fois précédentes, nous dormirons dans la voiture, si possible en dehors des parcs, des campings organisés, donc en camping dit "sauvage". Nous voyageons lourds (3 bagages de 23 kg comprenant matelas, duvets, réchaud, vaisselle, bref presque tout le nécessaire de camping).
Cette fois-ci, la météo nous a joué quelques tours et il a souvent fallu changer nos plans.
29/4 - Départ Départ de Brest pour Phoenix via Roissy et New-York ; l'intérêt du départ de Brest est que nous n'avons pas à nous soucier de nos bagages pour la durée du vol, hormis un passage éclair à la douane à New-York. Erwan (un ami) nous emmène à l'aéroport ; à 6h du matin, les contrôles sont effectués, le problème des sièges réglé, le bagage supplémentaire payé avec la remise (impossible de le prendre sur le net). Décollage à 6h35, atterrissage à Roissy à l'heure. Dans la salle d'embarquement pour New-York, le nom d'Isabelle est affiché (???) mais finalement rien à signaler. Léger retard au décollage (20 minutes) mais le vol est sans histoire ; après l'apéro (apporté) et un repas standard, nous regardons tous les 2 Gravity puis la musique aidant (Scorpions pour moi), nous atterrissons à New-York où l'escale est assez longue pour ne pas poser de problème. Immigration et douane (avec récupération des bagages) se passent rapidement ; pour info, le douanier me regarde de travers car j'ai une grosse quinte de toux et me demande si je suis malade ; aurait-il autorité pour me refuser l'accès ???. Pour le vol vers Phoenix, impossible d'avoir 2 places côte à côte, mais cela se règle assez vite dans l'avion pourtant assez plein. Arrivée à l'heure mais impossible de récupérer 2 chariots à bagages sans devoir payer 6$ chaque. Nous traînons donc nos lourds bagages et arrivons, via la navette, au guichet d'Alamo. Et là, longue discussion avec l'employé ; nous avons réservé un véhicule de type Chevrolet Tahoe (FFAR) sans conducteur additionnel, le prix me paraissant trop élevé pour la prestation (plus de 600$ pour 60 jours). Et finalement, surtout grâce à Isabelle plus habile à négocier que moi, nous repartons avec un Chevrolet Suburban (PFAR soit l'équivalent de notre Ford Expedition de 2012, soit-disant AWD) et le conducteur additionnel pour l'équivalent de ce qu'on aurait payé en réservant le conducteur additionnel directement. En fait, le véhicule n'est pas du tout AWD ni 4WD mais cela ne nous posera finalement pas trop de problèmes par la suite (et pourtant, il y en aura des problèmes ; mais attendons un peu). Nous quittons donc Alamo (compteur 7683 miles) pour nous rendre chez notre logeur (Jeff Dahl) à Scottsdale (réservé via AirBnB) où nous arrivons vers 20h40 (compteur 7710 miles) ; apéro rapide, léger casse-croute et dodo bien mérité à 20h40 - 5h40 à notre horloge biologique.
30/4 - courses Lever à 5h ; il fait encore nuit. Nous prenons le petit-déjeuner dehors avec des lapins sur la pelouse et plein d'oiseaux un peu plus bas. La journée se passe en courses diverses car il faut équiper notre carrosse. Nous commençons par le Walmart où j'ai déjà commandé la glacière électrique et la table pliante qui nous attendent. Nous ajoutons 2 sièges, le gaz et l'alimentaire (pour environ une dizaine de jours) et nous complétons chez Trader Joe's, magasin découvert en 2009. Prévu aussi la visite de magasins de point de croix pour Isabelle (nous ne ferons que Old Town - Scottsdale), ainsi qu'un magasin d'alcool et de cigares (Magnum’s Cigars Wine & Liquor) où j'en achète quelques uns. Nous retournons à notre logement (compteur 7812 miles), très agréable, et terminons la journée par un plouf dans la piscine à la nuit tombante ; dodo 22h30.
01/5 - Apache Trail, Oracle Control Rd Lever 5h40 ; préparation de la voiture pour le départ ; chaque gros bagage doit trouver sa place mais nous commençons à être rodés et Isabelle excelle sur ce point. Nous quittons notre logement à 8h avec une température extérieure de 80°F-26.7°C et prenons la route vers l'Apache Trail, premier objectif de la journée. Petit arrêt à Goldfield, ville minière fantôme datant de 1892, mais le musée est fermé. Nous retrouvons avec plaisir les Palo Verde, les saguaros et autres chollas sur le bord de la route. Quelques photos de Canyon Lake et nous faisons une halte à Tortilla Flat où les murs du Superstition Saloon sont tapissés de billets de banque. Nous en repartons à 10h50 pour une petite rando à Fish Creek Hill, puis après quelques photos sur Apache Lake, arrivons au bout de la piste. Cette piste ne présente en général aucune difficulté ; il faut juste se méfier, dans les portions étroites, aux véhicules venant en face (de nombreux bateaux sur remorques).
Remarque : dans l'ensemble du récit, toutes les données sur les pistes supposent un "état normal" ; en cas de pluies, d'orages même récents, l'état peut devenir très vite impraticable et nous le testerons d'ailleurs à plusieurs reprises.
La route que j'avais prévue de prendre pour pique-niquer étant fermée, nous continuons le long de la rive sud de Roosevelt Lake jusqu'à Cottonwood Cove où nous trouvons une aire de pique-nique aménagée avec, entre autre, des tables surmontées d'un toit (shade ramadas).
Nous repartons à 13h47 pour Globe puis la Copper Corridor Scenic Road jusque vers Oracle où un grand géocoucou (Geococcyx californianus) ou roadrunner traverse la route devant nous : bip-bip !!! 😎
Nous nous arrêtons à Biosphere 2 pour prendre quelques photos mais c'est impossible, il faut obligatoirement prendre le tour guidé (et payant) mais c'est trop tard pour nous ; pourtant, j'avais vraiment envie de voir ce site dont je connais l'histoire et remis au gout du jour par le roman "Siècle Bleu" de JP Goux. Retour à Oracle pour essayer d'avoir des informations récentes sur l'état de la piste Oracle Control Road mais je n'obtient rien de très net ("s'il y a des problèmes, elle devrait être barrée" est ce que j'obtiens de mieux). Cette piste est l'ancienne route ralliant Oracle à Mount Lemmon et est notre second objectif de la journée. J'oublie de refaire le plein mais il y a encore un (petit) tiers du réservoir ce qui devrait être suffisant pour les 28 miles à venir. La piste est assez agréable au début et nous apercevons de superbes buissons d'ocotillos ; elle monte, descend au gré des vallées à traverser mais la fin est très rocailleuse (rocky-bumpy), surtout les 5 derniers miles (piste impraticable en berline). Cette montée dans les cailloux nous a au moins rassuré sur le comportement du véhicule, chaussé de très bons pneus : il passe bien même si les évolutions du train arrière me font penser à un différentiel bloqué (rigide) tellement il a tendance à bondir à droite ou à gauche comme un cabri. Nous retrouvons le bitume ainsi qu'une position plus horizontale et un bruit "sinistre" retentit aussitôt : niveau de carburant faible ; la montée, souvent en première, nous a fait consommer plus qu'imaginé. Espérant trouver du carburant au sommet, nous nous dirigeons vers le Summit trailhead (pour la vue) à 18h09 et 57°F - 13.9°C (presque frais) ; nous sommes à plus de 8000 pieds. En repartant, toujours pas de carburant et toujours le bip sinistre ; nous rallions donc l'emplacement prévu pour la nuit, ce qui nous rapproche de Tucson donc du carburant, mais l'accès à l'emplacement prévu est clos. Les autres sites sont maintenant derrière nous et faire demi-tour ne va pas arranger notre problème. Nous décidons donc de laisser tomber Mount Lemmon et de rallier Tucson ; une partie du trajet sera fait au point mort (ce qui bien sûr est interdit), pas envie de tomber en panne sèche sur les 30 miles restants d'autant que la nuit tombe. Nous trouvons, finalement sans encombre, une station Chevron à 19h10 et, comme nous n'allons pas remonter camper, nous prenons une chambre à l'Econolodge à 20h03 avec 91°F-32.8°C (compteur 8105 miles) ; grande chambre avec lit king size. Apéro, préparation de taboulé pour les jours suivants, dîner et dodo à 23h25. Pour une première nuit en camping "sauvage", c'est un peu loupé 😠.
02/5 - Saguaro NP, Asarco Mine Lever à 5h30 ; pendant que je transfère les photos des appareils sur le pc et les disques de sauvegarde, Isabelle range la voiture. Petit déjeuner et nous partons à 8h vers Saguaro National Park (partie est) avec un ciel un peu nuageux et 77°F - 25°C. Arrivée au Visitor Center (VC dans le reste du texte) à 8h41 qui n'ouvre qu'à 9h mais nous achetons notre Pass America The Beautiful à un ranger (ne pas hésiter à réclamer, s'il n'est pas fourni, le Hangtag qui permet d'accrocher le pass au rétroviseur intérieur). Nous parcourons, presque à tour de roue, la boucle bitumée qui fait le tour du parc avec de nombreux arrêts photos, retrouvant toujours avec plaisir ces cactus découverts en 2009. Petit arrêt pour faire la rando Freeman Homestead Loop Trail (1.75 km, 28 mn) et nous revenons au VC pour l'achat rituel de cartes postales. Nous en profitons aussi pour téléphoner à Asarco Mine (visite prévue dans l'après-midi) mais impossible de les joindre ; une ranger nous signale que c'est maintenant fermé le week-end et nous sommes un samedi (erreur de programmation ? 😠). Départ pour la partie ouest du parc (déjà vue en 2009) ; arrêt à Gates Pass à 12h09 et 89°F - 31.7°C puis à Valley View sur Hohokam Rd (c'est maintenant de la piste mais aisément faisable en berline) où nous arrivons à 12h35. Départ pour la rando de Valley view overlook trail d'où nous revenons à 13h10 avec 1.53 km au podomètre et 95°F - 35°C dehors ; nous avons discuté avec un couple d'américains assez âgés qui, n'ayant plus d'enfants à charge, ont vendu leur maison et voyagent en camping-car. Pour nous rafraîchir un peu, nous allons pique-niquer chez les "esquimaux" (Ez-Kim-In-Zin) où nous trouvons une table à l'ombre.
Départ à 14h15 (même température) et nous terminons notre boucle parmi les saguaros puis prenons tout de même la route vers Asarco Mine au sud de Tucson ; nous y arrivons à 15h06 (le parking est ouvert) et déambulons tranquillement dans le petit parc où il y a quelques beaux échantillons de minerai de cuivre (entre autre) et un gros nuage gris et de la pluie qui semble tomber au loin. Tout à coup, une employée vient nous demander si on souhaite faire le tour guidé car c'est de suite et le dernier ; et nous qui ne nous pressions pas, persuadés qu'il n'y en avait pas (ma programmation était donc bonne 😉 ). Nous avons juste le temps de faire le tour du hall d'accueil (il sera fermé au retour), d'acheter quelques échantillons de minéraux, de récupérer une brochure en français, de prendre nos tickets (9$ par personne) et nous montons dans le car ; il y a juste le chauffeur, le guide (ancien employé), une famille américaine et nous. Petite pluie au début de la visite et toujours de gros nuages noirs au loin. La vue de l'excavation (c'est une mine à ciel ouvert) est impressionnante et nous assistons au ballet des énormes engins qui remontent le minerai brut le long d'une pente à 9% ; ils ont une capacité d'environ 300 tonnes. Le minerai est ensuite broyé dans un premier concasseur quasi souterrain puis les morceaux de roche d'une taille maximale d'un ballon de foot passent dans plusieurs concasseurs secondaires (broyeurs semi-autogènes et broyeurs à billes d'acier) pour finalement finir en poudre. Ensuite, la phase finale, par des procédés physico-chimiques (flottation, "bullage", agrégation) permet d'obtenir, à partir d'un minerai comportant 0.7% de cuivre, un amalgame d'environ 28% qui partira ensuite vers la fonderie. Le reste (déchets) est entreposé localement et servira au remblaiement lors de la phase d'arrêt de la mine. L'eau utilisée dans le processus de flottation est aussi récupérée à 80% ; notre guide a bien insisté sur cette récupération et sur l'utilisation de produits chimiques les plus bio possible. Nous quittons la mine à 17h avec 90°F - 32°C et nous dirigeons vers la Coronado National Forest pour notre vrai première nuit dans la nature ; sur la route, éclairs, pluie abondante et température en baisse (64°F - 17.7°C). À 18h, nous trouvons un emplacement près d'un wash le long de East Gardner Canyon Rd (compteur 8253 miles). Dodo vers 20h40.
03/5 - Red Mountain, Red Mountain, Montezuma Pass Réveil à 5h30 mais mal dormi, matelas sans doute trop gonflé et Isabelle a très mal au dos ; nous n'avons pas eu trop chaud, bien au contraire, mais découvrons que nous avons dormi fenêtres ouvertes 😉. Le ciel est bien dégagé mais il fait 49°F - 9.5°C. Petit déjeuner puis départ à 7h38 avec maintenant 73°F - 22.8°C ; la piste est très roulante et il a de nombreuses fleurs sur les bas-côtés (poppy et datura) . Passage à Sonoita pour compléter le plein de carburant, les stations étant très peu nombreuses sur le trajet de la journée et chat échaudé craint l'eau froide. Arrêt à Camp Crittenden (uniquement une plaque commémorative, mais c'est l'Histoire) puis nous traversons Patagonia pour prendre Harshaw Road ; la route devient assez vite piste mais très roulable. Par contre, impossible de prendre les pistes secondaires prévues, trop escarpées et défoncées. Asarco Mine y fait aussi des recherches géologiques mais avec de gros 4x4. Jolies vues sur Red Mountain. Passage à Canelo Pass (5 246 ft) puis nous regagnons la 83 (bitume) et nous arrivons à Parker Lake View vers 11h05. Ensuite, la piste vers Montezuma Pass est jolie, agréable à rouler et peu fréquentée (quelques quads surtout). Nous arrivons au col à 12h15 avec 71°F - 21.7°C et déjeunons sous une tonnelle. Après le déjeuner, nous grimpons au Peek (6 854 ft, 90 m de dénivelé) d'où nous avons une superbe vue sur la frontière et ses environs ; rando de 1.3 km A/R. Départ tout en descente vers le VC situé plus bas dans la plaine, au pied des escarpements, et discussion avec la ranger, notamment sur la flore et la faune ; elle nous avoue n'avoir jamais vu de serpents à sonnettes. J'avais au départ prévu de dormir le long de la piste, avant Montezuma Pass, mais de nombreuses lectures m'en ont dissuadé (problème de trafics de drogue et de passages clandestins). Par prudence, nous cherchons donc un emplacement sur East Ash Canyon Rd et, à peine avons nous trouvé notre bonheur, qu'un véhicule de la surveillance aux frontières (Border Patrol) passe devant nous au ralenti, intrigué sans doute de nous voir installés là ; la piste étant un cul de sac, nous nous attendons à le revoir rapidement mais il prend visiblement son temps et ne repassera qu'une bonne heure plus tard, sans s'arrêter (compteur 8350 miles). Dodo vers 19h30 avec un ciel assez nuageux.
04/5 - Bisbee, Tombstone Réveil à 5h30 mais, si j'ai bien dormi, il n'en est pas de même pour Isabelle qui a toujours mal au dos. De nombreux nuages restent accrochés à la montagne et le vent souffle bien. Départ à 7h04 avec 61°F – 16.1°C. Sur la route de Bisbee, des champs d'ocotillos à flanc de colline, superbes. Après de nombreuses photos des anciennes mines à ciel ouvert, nous entrons au Bisbee Quenn Mine VC à 9h ; pas possible de prendre un tour en petit train (pas prévu au programme non plus) et, après un petit tour à travers la ville - mignonne- nous partons vers Tombstone où nous arrivons à 9h48 avec 72°F - 22.2°C. Ici, il faut être clair, on adhère ou pas. Tombstone est une ville historique mais tout ce que l'on voit n'est que reconstruction (ou presque) et animation folklorique ; mais comme nous sommes amoureux de l'ouest, de son histoire et des westerns, la mayonnaise prend bien 😎. Pour ceux qui ne connaissent pas, Tombstone est célèbre pour sa fameuse fusillade d'OK Corral avec, notamment les frères Earp et Doc Holliday, fusillade immortalisée par plusieurs films. Nous nous garons au sud-est de la ville et parcourons les rues "touristiques", notamment Allen Street réservée aux piétons ; de nombreux personnages, en costumes d'époque, déambulent très sérieusement dans ces rues. Nous achetons nos billets pour le "gunfight" ; ce billet donne aussi accès à l'historama (nous ne comprendrons pas tout 😉 ) ainsi qu'à une reproduction du journal local du jour de la fusillade. La reconstitution de la fusillade est marrante et bon enfant, les acteurs prenant les spectateurs à témoins et ces derniers jouant le jeu ; il est préférable de s'asseoir au premier rang si possible. En sortant de là, nous allons déjeuner au Big Nose Kate's Saloon (burger The Outlaw pour moi et The Stampede pour Isabelle). Nous retournons à la voiture en passant retirer notre journal local et partons à 14h40 et 83°F - 28.3°C vers le cimetière local (Boothill Graveyard) ; celui-ci n'est pas d'époque, ayant été déplacé et restauré. Malgré tout le respect dû à un tel endroit, on ne peut s'empêcher de sourire en voyant le motif de décès inscrit sur certaines tombes. Pour plus d'informations, voici un lien intéressant : www.boothillgraves.com/
À 15h10, nous quittons ce cimetière et, par la 80 puis rapidement par la Middlemarch Rd (piste), nous nous dirigeons vers les Dragoon Mountains. Nous franchissons Middlemarch Pass pratiquement sans le remarquer et entamons la descente côté est de ces montagnes tout en cherchant tranquillement un emplacement pour la nuit ; une fois de plus, nous n'avons vu personne sur ce trajet. Peu avant 16h, c'est chose faite et nous installons table et chaises tranquillement (compteur 8421 miles). Pendant l'apéro, une petite averse vient nous déranger et le ciel est maintenant bien couvert. Dodo à 20h mais réveil vers minuit avec un bel orage, éclairs et pluie abondante ; nous sommes assez loin du wash pour ne rien risquer mais quel sera l'état de la piste demain matin ? Devrons-nous sortir la pelle, achetée par précaution ?
05/5 - Chiricahua NM Lever à 5h30 avec 48°F - 8.9°C, un peu frisquet ! Isabelle a mieux dormi. Le ciel est maintenant très légèrement nuageux à l'horizon. Nous partons à 7h vers Chiricahua NM avec 58°F - 14.4°C. Alors que nous étions inquiets à propos de l'état de la piste, nous ne rencontrons aucune difficulté pendant le reste de la descente et retrouvons rapidement le bitume. Nous arrivons au VC à 8h13 sans avoir vu beaucoup de stations services. Peu avant d'arriver au VC, nous rencontrons ce qui doit être un Coues (prononcer cows), sous-espèce de white-tailed deer (Odocoileus virginianus couesi - Cerf à queue blanche d'Arizona).
Comme le VC n'est pas encore ouvert et que nous savons où aller, nous prenons la route Bonita Canyon Drive et arrivons à Massai Point à 8h46. Le temps de nous équiper (chaussures de marche, crème solaire, chapeaux, sacs à dos avec réserve d'eau - camelbags) et nous partons à 9h05 pour Echo Canyon Loop (Echo Canyon, Hailstone & Ed Riggs trails) parcourue dans le sens anti-horaire. Jolie balade parmi les roches érodées, souvent couvertes de lichens. Mais, contrairement à ce qu'on pourrait penser après une observation rapide, il ne s'agit pas de granit mais des restes (cendre et pierre ponce) d'une éruption volcanique de près de 30 millions d'années. Comme c'est notre première randonnée depuis longtemps, les haltes sont nombreuses, pour les photos évidemment 😉. À part un couple d'américains, nous ne verrons pratiquement personne sauf vers la fin ; c'est dire si nous étions tranquille quand, tout à coup, Isabelle aperçoit du mouvement dans l'herbe : un serpent longeait le sentier. Pas de bruit de crécelles, ce n'est donc pas un rattlesnake ; je m'approche un peu plus car je ne vois toujours rien et je crois enfin reconnaitre un Bull snake, donc non venimeux. Le couple d'américains qui nous rattrape nous le confirme mais Isabelle n'est pas plus rassurée que ça. Si vous êtes intéressés, j'ai le point GPS (je déco...). Retour à la voiture à 12h05 et 76°F - 24.4°C avec 5km au podo. Nous déjeunons sur une table à l'ombre mais le vent est frais et nous supportons nos polaires. Retour au VC pour nos emplettes habituelles et nous en repartons à 14h pour emprunter Pinery Canyon Rd (FR42). Cette piste est aussi très praticable ; du côté d'Onion Saddle, nous devions trouver un point de vue mais nous avons grimpé le long du sentier (ancienne piste 4WD), nous ne voyons malheureusement rien. En même temps, comme nous sommes dans une forêt, difficile d'avoir un beau point de vue sur les 2 vallées sans abattre les arbres ! La descente à travers la forêt est très agréable mais mieux vaut aller doucement, les a-pics sont parfois impressionnants. En bas, nous prenons à droite S Fork Rd pour quelques photos relevées sur le net mais, malheureusement, la piste est fermée par une barrière cadenassée. Nous regagnons le bitume et, peut après Portal, entrons au Nouveau-Mexique. Nous faisons un crochet à droite (sud) sur la 80 pour aller voir une stèle commémorant la reddition de Géronimo. J'avais prévu de faire le plein à Rodeo mais il n'y a plus de station existante. Retour vers le nord où nous devons camper au niveau de Preacher Mountain, peu après Granite Gap. Après avoir franchi et refermé la barrière, la piste est un peu sableuse et étroite mais nous trouvons rapidement un emplacement, bien blotti dans les rochers et parmi les cactus et agaves ; aperçu 1 rat et des souris. Un petit vent nous gênera un peu pour notre réchaud gaz. Arrêt moteur à 17h20 avec 73°F - 22.8°C (compteur 8562 miles).
Au fait, qui dit Nouveau-Mexique dit changement d'heure ; nous avançons donc nos montres, GPS et appareils photos d'une heure.
À suivre 😉.
Bonsoir,
Nous voici rentrés de 4 magnifiques semaines en NAMIBIE, BOTSWANA et ZWIMBABWE.
Tout s'est bien passé mis à part le retour hier matin en train de Francfort à Bruxelles où mon mari s'est fait volé le sac à dos qui contenait, entre autre, un appareil photo CANON 700d, un zoom 55/250, un grand angle, une tablette et son téléphone portable, sans compte des lunettes de vue et divers chargeurs et batteries.
Nous nous sommes endormis peu de temps après le départ de l'aéroport et un malfrat en a profité. Nous nous sommes aperçus de la disparation du sac qui était placé au dessus avec les valises une fois arrivés à la gare de Cologne. Heureusement j'avais toutes les cartes photos avec moi ainsi que le vieil appareil photo canon 500D et surtout le téléobjectif. Côté photos j'ai malheureusement à déplorer que la perte de celles prises les 2 derniers jours avec le grand angle c'est à dire et surtout les chutes Victoria vues d'hélicoptère (j'étais devant près du pilote) et les photos de l'hotel Victoria falls.
Mais passons aux choses plus réjouissantes. Je remercie tous ceux qui m'ont aidé dans la préparation de ce voyage et particulièrement Krikri, max68 (surtout pour en avoir parlé à Patrick l'an passé lors de notre rencontre en Islande, première tentative pour le convaincre d'aller en Afrique), Emma, Michelle, Lili, Pierre et les autres forumeurs .
Voici nos impressions de ces 4 semaines La météo : En Namibie : Que cela fait du bien d'avoir chaud, même très chaud à certains endroits car nous avons eu jusqu'à 38° aux heures les plus chaudes... J'adore ! On nous avait parlé de nuits froides : on n'a pas eu à se plaindre. En mai c'est parfait mais les namibiens sont unanimes pour dire qu'en juillet/aout c'est " glagla ". Nous avions dans les 20° au réveil. En revanche l'endroit où il ne faisait pas vraiment beau mais froid c'était à SWAKOPMUND : Brouillard le matin, ciel couvert...idem à WALVIS BAY mais ciel qui se dégage vers 11h et vent. Ailleurs : ciel sans nuages. Ce qu'il faut retenir c'est que dès que le soleil se couche et tant qu'il n'est pas levé le matin : fait frais !
Exception pour Kavango, Caprivi, Kasane (Botswana) et Victoria falls (Zimbabwe) : Nous avons visité cette région en dernière semaine. Les matins étaient plus frais, autour de 15 à 18°et les journées très agréables (max 28°).
L'agence Tourmaline a bien fait son job. Aucun soucis de réservation pour les hébergements et les activités. C'est Alex, le patron de la Londiningi guest house qui nous a fait le briefing de départ pour l'agence. Il nous attendait chez le louer de véhicule, Asco, pour nous expliquer aussi tout concernant l'auto. Nous avons apprécié d'avoir toutes ces explications en français.
La voiture J'avais demandé un Hillux automatique diesel . On nous a doté d'un véhicule neuf qui affichait seulement 4000 km au compteur. Les pneus étaient impeccables. Nous n'avons pas crevé. J'avais pris avec moi des grands sacs poubelles pour protéger les valises de la poussière, nous n'en n'avons pas eu besoin. Etait-ce parce que nous étions en mai, juste après la saison des pluies, ou parce que le véhicule était neuf ou bien parce que le coffre en alu fixé à l'arrière était bien étanche, mais nous n'avons pas eu beaucoup de poussière et nous nous sommes finalement passés des sacs poubelles.

Les routes Les routes asphaltées sont bien entretenues. Les " gravel roads " sont généralement larges bien entretenues. Les petites pistes sont un peu plus rudes mais pas de grosses difficultés pour notre part. Ce que nous avons trouvé dangereux : - Les limitations de vitesse sont hautes, trop par rapport à ce que nous connaissons. Les locaux roulent vite et certains touristes tentent de les imiter, ce qui n'est pas très raisonnable en raison des nombreux obstacles qui peuvent surgir (enfants, animaux – sauvages mais aussi et surtout les animaux domestiques ânes, vaches, chèvres- , tas de sable ou de gravier sur certaines routes, surtout secteur de Solitaire et plus précisément entre Solitaire et Rostock sur la C14. - Beaucoup de routes sont droites et interminables parmi des paysages désertiques ce qui sont des facteurs favorables à l'endormissement, une de nos principales craintes.
Ci-dessus : Zebra crossing
La nourriture Autre grand sujet de préoccupation des touristes " surtout français "… quoique les belges ne sont pas en reste... Nous avons très bien mangé en Afrique mais une nourriture plutôt de type européen alors que je m'attendais aussi à goûter des spécialités africaines. La majeure partie des plats proposés se composent de grillades (bœuf, agneau, gibier) ou poulet. Le gibier (game) n'est pas aussi fort en goût que celui que l'on trouve chez nous (sanglier, cerf, etc...) et c'est tant mieux pour moi qui préfère des goûts moins prononcés. Comme souvent lu sur le forum je confirme que la viande de Kudu est souvent la plus tendre. Les légumes accompagnants manquent souvent de cuisson. Croquant ça va, pas cuit bonjour les dégâts... Les pique-niques organisés par les lodges sont souvent opulents et très agréables. Le petit déjeuner au champagne sud africain après le vol en mongolfière est tout aussi exceptionnel qu'inoubliable

Les hébergements Nous ne faisions pas de camping. Nous avons eu l'occasion de tester des lodges, des guest houses et un hébergement basique au Spitkoppe. Les hébergements sont très biens, propres, parfois très luxueux. Ce qui est à déplorer c'est parfois le manque d'ambiance, surtout durant les diner : Peu ou pas de musique par exemple... alors quand on est de 2 ou 3 tables c'est tristounet. Par exemple, le buffet de l'eagle nest du Vingerklip était très chouette mais pas de musique... et personne n'osait moufeter... Seuls 3 lodges avaient un fond musical sympa : Le Hoodia, le Mowani et le Divava.
Voici notre " tierçé " de nos lodges préférés tout confondu (confort, accueil, nourriture, ambiance générale) :
1) Le Hoodia desert lodge : Il y a beaucoup de lodge dans le secteur de Sossusvlei. Le Hoodia est assez petit et discret, c'est sans doute aussi ce qui fait son charme. D'aucun diront que les chambres sont un peu petites mais il n'y a vraiment rien à reprocher à cet établissement ou le patron est très présent et super sympa. La nourriture est raffinée et excellente. Le staff est souriant et l'on sent qu'il y a une bonne ambiance. Ce lodge mérite amplement sa première place sur Tripadvisor. La journée organisée dans les dunes est exceptionnelle. D'ailleurs j'en avais lu tellement de bien que c'est pour cela que j'avais opté pour le Hoodia. Cette journée a vraiment dépassé mes espérances C'était incroyable ! Notre guide, Amgula était aux petits soins et nous avons pleinement apprécié tout ce qu'il nous a fait découvrir. Certes nous aurions pu aller dans le parc par nous même... cela aurait été très différent...

2) Le Divava lodge & spa : Situé sur les bords du Kavango, ce lodge pourrait être l'écho de la célèbre citation de Beaudelaire " Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté ". Un personnel souriant et aux petits soins, une nourriture excellente et raffinée, une chambre immense et luxueuse : Le Divava etait certainement le plus beau des lodge que nous avons visité durant notre séjour. Nous avons eu l'occasion de faire 2 activités : Une promenade en bateau jusqu'aux Popa falls et un game drive à Mahango le matin à l'aube.
3) Na an Kusé lodge : C'est ici que nous avons littéralement " débarqué " lorsque nous sommes arrivés à l'aube de notre premier jour sur le sol Africain. L'accueil par Rhona était adorable. Nous avions été prévenus que notre chambre ne serait pas prête car ils avaient un mariage la veille. Avouez qu'à 6h30 du matin c'est un peu normal. Aussi, on nous avait proposé de faire 2 activités en arrivant. Rhona nous a offert du café en attendant le guide et à 7h00 nous étions dans le busch avec Kiki le guépard.. mais ça c'est une autre histoire... Pour ce qui est du lodge, il y a très peu de chambres. On peut donc dire qu'il est vraiment exclusif. L'environnement est très beau. Près de la piscine, il y a un petit canyon peuplé de daman des rochers (première rencontre animalière du matin). La chambre est immense et la déco plutôt " branchée ". Au matin, un babouin était sur la terrasse et un kudu grignotait un arbuste juste devant la fenêtre... Quelle introduction au voyage !

Note "coup de cœur" … pour le Khowareb lodge. Ce lodge est situé près de Sesfontein sur la rivière Khowareb. Nous y sommes restés 2 nuits, le temps d'apprécier la gentillesse du staff. Ici s'est tout de suite sentis bien. Pas de chichis et relax... La chambre est petite mais suffisante avec des murs en toile de tente et la salle de bain est totalement ouverte en extérieur. La nourriture est bonne et le staff chante après le repas. Ambiance ambiance... Côté accueil, la jeune fille était très présente et venait à notre rencontre avec un cocktail à chaque retour d'excursion. Nous avons fait 2 excursions avec le lodge : une visite de village himba – égale à ce que j'attendais- et une journée track rhino exceptionnelle où nous n'avons pas trouvé le rhino mais ... des lions et des éléphants...

Mention spéciale repas : Bien sur une guest house n'est pas un lodge avec le cadre et le personnel qui va avec mais nous avons apprécié la fameuse LONDININGI guets house, bien connue des forumeurs, avec un très bon accueil de Alex, le propriétaire qui nous a pris en charge chez Asco, le loueur de voiture et nous a fait le briefing au nom de l'agence Tourmaline. Les chambres sont tout à fait correctes mais le point fort c'est le diner. La cuisine est tout simplement délicieuse et nous avons pu apprécié un excellent steak de Kudu suivi d'une fine tarte aux pommes... je ne vous dit que ça ! Miam ...
So british : Quand on va au Victoria falls hotel, on se prépare à un retour dans le temps car l'hotel est de style colonial avec un nombre d'employés impressionnant. Même si les chambres sont vieillottes, le cadre de cet hotel tout simplement magnifique et nous avons apprécié de nous y relaxer pour nos deux derniers jours en Afrique.

Une déception On nous avait dit beaucoup de bien du Mowani lodge dans le Damaraland. Il est vrai que le site est très beau, que les chambres sont grandes mais quelle déception au niveau de la nourriture : un œuf mollet recouvert d'une sauce tomate insipide le tout posé sur un bout de saumon fumé, un morceau de bœuf très tendre recouvert d'une pâte de foie de volailles aux champignons (quel mélange!), et une meringue collante avec une glace. Le lendemain avec le game drive des éléphants du désert, nous avons tenté le lunch pour voir si c'était mieux : Petite salade avec quelques poivrons grillés marinés et dessert nommé injustement smothies mais qui se compose en fait de yaourt mixé avec les fruits du petit dej du matin, surtout du melon, le tout sans sucre... vraiment pas bon.
Les gens rencontrés lors du voyage : Nous avons eu l'occasion de rencontrer des namibiens blancs parlant soit anglais, soit afrikaans soit allemand et des namibiens noirs de différentes etnies, toujours très courtois et souvent très souriants. Nous parlions généralement en anglais ou en allemand et nous comprenions certains mots d'afrikaans.

Dans les lodges, nous avons eu l'occasion de rencontrer des clients sud africains et de discuter avec eux. Nous étions curieux de connaître leur culture, leur pays et leur esprit... C'est là que le nous ne sommes définitivement pas sur la même longueur d'ondes... En revanche nous avons eu de bons contacts avec des touristes allemands, un couple de vieux anglais ainsi que des canadiens de Vancouver très sympas.
Les paysages
La Namibie on y va pour les animaux mais aussi pour la diversité de ses paysages, et certains ne sont pas sans nous rappeler les USA (Vingerklip, Grootberg, désert...)
Les paysages sont vraiments exceptionnels, surtout au Nord, et diversifiés : déserts de sables, de cailloux, montagnes, verdure à Caprivi...

Les animaux A part le léopard que nous n'avons pas eu la chance de voir, nous avons vu les principaux animaux d'Afrique et des tas d'oiseaux magnifiques. Ci-dessous : Heure de pointe au point d'eau (Etosha)

Ci-dessous : Girafe de Bagatelle (Kalahari)

D'ailleurs à la fin, nous avons eu tendance à ne plus trop prêter attention aux éléphants et aux girafes tellement nous en avions vu et à nous focaliser sur le " shooting " de " zoziaux ", ce qui n'est pas toujours évident croyez moi ! Ci-dessous : Buffle et son oiseau (Chobe)


Les activités Nous avons beaucoup aimé les activités proposées par les lodges et les game drive. D'ailleurs, pour la petite histoire, à la fin de notre séjour à Etosha, Patrick était fatigué de conduire et moi je n'étais pas rassasiée d'animaux. Alors on s'est offert un game drive d'après-midi où nous n'étions que 2 passagers. Le guide nous a averti que l'après-midi on ne voyait pas beaucoup d'animaux actifs... Mais était-ce du aux bons yeux du guide ou à un énorme coup de chance, cet après-midi là fut exceptionnel: Nous avons vu un guépard en train de chasser et qui est ensuite tranquillement passé devant nous, un autre guépard qui venait de déguster sa proie, un lion, 3 rhino noirs et un rhino blanc... entre autres....

Parmi les activités exceptionnelles : Je ne vais pas tout raconter ici mais aucune ne nous a déçu, au contraire, nous en garderons un souvenir ému. Je dois ajouter que nous n'étions généralement pas nombreux, voire même certaines fois rien que nous deux : Marche avec le guépard à Na an kusé, Journée à Sossusvlei avec le Hoodia lodge, Ballon à Sossusvlei,

journée combiné catamaran + sandwich harbour,
(La photo du flamand rose ci-dessus a été prise a Sandwich Harbour, ce qui explique le jaune orangé de la dune en arrière plan)
rhino tracking à Khowareb, journée chez les buschmen avec le Fiume lodge (on parle peu de ce lodge sur le forum mais la journée découverte de la culture buchmen dans le village exclusif pour le lodge, est tout simplement magnifique),
(La photo de la madame buschmen topless ayant été censurée, je l'ai remplacée par les buschmens chasseurs)
Journée prise de vues et conseils photographiques avec Pangolin à Kasane (formidable), hélicoptère aux chutes Victoria...
En conclusion : Un voyage exceptionnel et l'on se dit qu'on a bien eu raison d'y aller ! Il n'y a pas eu une journée où l'on se soit ennuyé, pas une journée où l'on ait pas découvert quelque chose de différent. Comme pour les USA où nous sommes allés 4 fois, la Namibie et les pays voisins donnent très envie d'y retourner.
Ce qui nous a manqué : Les enfants. C'est la première fois que nous n'étions que tous les 2, mon mari et moi.
Si c'était à refaire : On séjournerait à Walvis Bay plutôt qu'à Swakopmund. On éviterait peut-être la bande de Caprivi car trop de route. On passerait peut-être par les Epupa falls au nord, ou bien le fish river canyon au sud... On passerait moins de temps dans le Damaraland...quoique...

Celui-ci nous attend l'année prochaine :

Je vous donne rendez-vous sur mon site pour suivre le carnet de voyage jour après jour. Pour l'instant il n'y a que la page de préparation mais si vous me laissez un peu de temps...
Nous nous sommes endormis peu de temps après le départ de l'aéroport et un malfrat en a profité. Nous nous sommes aperçus de la disparation du sac qui était placé au dessus avec les valises une fois arrivés à la gare de Cologne. Heureusement j'avais toutes les cartes photos avec moi ainsi que le vieil appareil photo canon 500D et surtout le téléobjectif. Côté photos j'ai malheureusement à déplorer que la perte de celles prises les 2 derniers jours avec le grand angle c'est à dire et surtout les chutes Victoria vues d'hélicoptère (j'étais devant près du pilote) et les photos de l'hotel Victoria falls.
Mais passons aux choses plus réjouissantes. Je remercie tous ceux qui m'ont aidé dans la préparation de ce voyage et particulièrement Krikri, max68 (surtout pour en avoir parlé à Patrick l'an passé lors de notre rencontre en Islande, première tentative pour le convaincre d'aller en Afrique), Emma, Michelle, Lili, Pierre et les autres forumeurs .
Voici nos impressions de ces 4 semaines La météo : En Namibie : Que cela fait du bien d'avoir chaud, même très chaud à certains endroits car nous avons eu jusqu'à 38° aux heures les plus chaudes... J'adore ! On nous avait parlé de nuits froides : on n'a pas eu à se plaindre. En mai c'est parfait mais les namibiens sont unanimes pour dire qu'en juillet/aout c'est " glagla ". Nous avions dans les 20° au réveil. En revanche l'endroit où il ne faisait pas vraiment beau mais froid c'était à SWAKOPMUND : Brouillard le matin, ciel couvert...idem à WALVIS BAY mais ciel qui se dégage vers 11h et vent. Ailleurs : ciel sans nuages. Ce qu'il faut retenir c'est que dès que le soleil se couche et tant qu'il n'est pas levé le matin : fait frais !
Exception pour Kavango, Caprivi, Kasane (Botswana) et Victoria falls (Zimbabwe) : Nous avons visité cette région en dernière semaine. Les matins étaient plus frais, autour de 15 à 18°et les journées très agréables (max 28°).
L'agence Tourmaline a bien fait son job. Aucun soucis de réservation pour les hébergements et les activités. C'est Alex, le patron de la Londiningi guest house qui nous a fait le briefing de départ pour l'agence. Il nous attendait chez le louer de véhicule, Asco, pour nous expliquer aussi tout concernant l'auto. Nous avons apprécié d'avoir toutes ces explications en français.
La voiture J'avais demandé un Hillux automatique diesel . On nous a doté d'un véhicule neuf qui affichait seulement 4000 km au compteur. Les pneus étaient impeccables. Nous n'avons pas crevé. J'avais pris avec moi des grands sacs poubelles pour protéger les valises de la poussière, nous n'en n'avons pas eu besoin. Etait-ce parce que nous étions en mai, juste après la saison des pluies, ou parce que le véhicule était neuf ou bien parce que le coffre en alu fixé à l'arrière était bien étanche, mais nous n'avons pas eu beaucoup de poussière et nous nous sommes finalement passés des sacs poubelles.

Les routes Les routes asphaltées sont bien entretenues. Les " gravel roads " sont généralement larges bien entretenues. Les petites pistes sont un peu plus rudes mais pas de grosses difficultés pour notre part. Ce que nous avons trouvé dangereux : - Les limitations de vitesse sont hautes, trop par rapport à ce que nous connaissons. Les locaux roulent vite et certains touristes tentent de les imiter, ce qui n'est pas très raisonnable en raison des nombreux obstacles qui peuvent surgir (enfants, animaux – sauvages mais aussi et surtout les animaux domestiques ânes, vaches, chèvres- , tas de sable ou de gravier sur certaines routes, surtout secteur de Solitaire et plus précisément entre Solitaire et Rostock sur la C14. - Beaucoup de routes sont droites et interminables parmi des paysages désertiques ce qui sont des facteurs favorables à l'endormissement, une de nos principales craintes.
Ci-dessus : Zebra crossingLa nourriture Autre grand sujet de préoccupation des touristes " surtout français "… quoique les belges ne sont pas en reste... Nous avons très bien mangé en Afrique mais une nourriture plutôt de type européen alors que je m'attendais aussi à goûter des spécialités africaines. La majeure partie des plats proposés se composent de grillades (bœuf, agneau, gibier) ou poulet. Le gibier (game) n'est pas aussi fort en goût que celui que l'on trouve chez nous (sanglier, cerf, etc...) et c'est tant mieux pour moi qui préfère des goûts moins prononcés. Comme souvent lu sur le forum je confirme que la viande de Kudu est souvent la plus tendre. Les légumes accompagnants manquent souvent de cuisson. Croquant ça va, pas cuit bonjour les dégâts... Les pique-niques organisés par les lodges sont souvent opulents et très agréables. Le petit déjeuner au champagne sud africain après le vol en mongolfière est tout aussi exceptionnel qu'inoubliable

Les hébergements Nous ne faisions pas de camping. Nous avons eu l'occasion de tester des lodges, des guest houses et un hébergement basique au Spitkoppe. Les hébergements sont très biens, propres, parfois très luxueux. Ce qui est à déplorer c'est parfois le manque d'ambiance, surtout durant les diner : Peu ou pas de musique par exemple... alors quand on est de 2 ou 3 tables c'est tristounet. Par exemple, le buffet de l'eagle nest du Vingerklip était très chouette mais pas de musique... et personne n'osait moufeter... Seuls 3 lodges avaient un fond musical sympa : Le Hoodia, le Mowani et le Divava.
Voici notre " tierçé " de nos lodges préférés tout confondu (confort, accueil, nourriture, ambiance générale) :
1) Le Hoodia desert lodge : Il y a beaucoup de lodge dans le secteur de Sossusvlei. Le Hoodia est assez petit et discret, c'est sans doute aussi ce qui fait son charme. D'aucun diront que les chambres sont un peu petites mais il n'y a vraiment rien à reprocher à cet établissement ou le patron est très présent et super sympa. La nourriture est raffinée et excellente. Le staff est souriant et l'on sent qu'il y a une bonne ambiance. Ce lodge mérite amplement sa première place sur Tripadvisor. La journée organisée dans les dunes est exceptionnelle. D'ailleurs j'en avais lu tellement de bien que c'est pour cela que j'avais opté pour le Hoodia. Cette journée a vraiment dépassé mes espérances C'était incroyable ! Notre guide, Amgula était aux petits soins et nous avons pleinement apprécié tout ce qu'il nous a fait découvrir. Certes nous aurions pu aller dans le parc par nous même... cela aurait été très différent...

2) Le Divava lodge & spa : Situé sur les bords du Kavango, ce lodge pourrait être l'écho de la célèbre citation de Beaudelaire " Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté ". Un personnel souriant et aux petits soins, une nourriture excellente et raffinée, une chambre immense et luxueuse : Le Divava etait certainement le plus beau des lodge que nous avons visité durant notre séjour. Nous avons eu l'occasion de faire 2 activités : Une promenade en bateau jusqu'aux Popa falls et un game drive à Mahango le matin à l'aube.

3) Na an Kusé lodge : C'est ici que nous avons littéralement " débarqué " lorsque nous sommes arrivés à l'aube de notre premier jour sur le sol Africain. L'accueil par Rhona était adorable. Nous avions été prévenus que notre chambre ne serait pas prête car ils avaient un mariage la veille. Avouez qu'à 6h30 du matin c'est un peu normal. Aussi, on nous avait proposé de faire 2 activités en arrivant. Rhona nous a offert du café en attendant le guide et à 7h00 nous étions dans le busch avec Kiki le guépard.. mais ça c'est une autre histoire... Pour ce qui est du lodge, il y a très peu de chambres. On peut donc dire qu'il est vraiment exclusif. L'environnement est très beau. Près de la piscine, il y a un petit canyon peuplé de daman des rochers (première rencontre animalière du matin). La chambre est immense et la déco plutôt " branchée ". Au matin, un babouin était sur la terrasse et un kudu grignotait un arbuste juste devant la fenêtre... Quelle introduction au voyage !

Note "coup de cœur" … pour le Khowareb lodge. Ce lodge est situé près de Sesfontein sur la rivière Khowareb. Nous y sommes restés 2 nuits, le temps d'apprécier la gentillesse du staff. Ici s'est tout de suite sentis bien. Pas de chichis et relax... La chambre est petite mais suffisante avec des murs en toile de tente et la salle de bain est totalement ouverte en extérieur. La nourriture est bonne et le staff chante après le repas. Ambiance ambiance... Côté accueil, la jeune fille était très présente et venait à notre rencontre avec un cocktail à chaque retour d'excursion. Nous avons fait 2 excursions avec le lodge : une visite de village himba – égale à ce que j'attendais- et une journée track rhino exceptionnelle où nous n'avons pas trouvé le rhino mais ... des lions et des éléphants...

Mention spéciale repas : Bien sur une guest house n'est pas un lodge avec le cadre et le personnel qui va avec mais nous avons apprécié la fameuse LONDININGI guets house, bien connue des forumeurs, avec un très bon accueil de Alex, le propriétaire qui nous a pris en charge chez Asco, le loueur de voiture et nous a fait le briefing au nom de l'agence Tourmaline. Les chambres sont tout à fait correctes mais le point fort c'est le diner. La cuisine est tout simplement délicieuse et nous avons pu apprécié un excellent steak de Kudu suivi d'une fine tarte aux pommes... je ne vous dit que ça ! Miam ...
So british : Quand on va au Victoria falls hotel, on se prépare à un retour dans le temps car l'hotel est de style colonial avec un nombre d'employés impressionnant. Même si les chambres sont vieillottes, le cadre de cet hotel tout simplement magnifique et nous avons apprécié de nous y relaxer pour nos deux derniers jours en Afrique.

Une déception On nous avait dit beaucoup de bien du Mowani lodge dans le Damaraland. Il est vrai que le site est très beau, que les chambres sont grandes mais quelle déception au niveau de la nourriture : un œuf mollet recouvert d'une sauce tomate insipide le tout posé sur un bout de saumon fumé, un morceau de bœuf très tendre recouvert d'une pâte de foie de volailles aux champignons (quel mélange!), et une meringue collante avec une glace. Le lendemain avec le game drive des éléphants du désert, nous avons tenté le lunch pour voir si c'était mieux : Petite salade avec quelques poivrons grillés marinés et dessert nommé injustement smothies mais qui se compose en fait de yaourt mixé avec les fruits du petit dej du matin, surtout du melon, le tout sans sucre... vraiment pas bon.
Les gens rencontrés lors du voyage : Nous avons eu l'occasion de rencontrer des namibiens blancs parlant soit anglais, soit afrikaans soit allemand et des namibiens noirs de différentes etnies, toujours très courtois et souvent très souriants. Nous parlions généralement en anglais ou en allemand et nous comprenions certains mots d'afrikaans.

Dans les lodges, nous avons eu l'occasion de rencontrer des clients sud africains et de discuter avec eux. Nous étions curieux de connaître leur culture, leur pays et leur esprit... C'est là que le nous ne sommes définitivement pas sur la même longueur d'ondes... En revanche nous avons eu de bons contacts avec des touristes allemands, un couple de vieux anglais ainsi que des canadiens de Vancouver très sympas.
Les paysages
La Namibie on y va pour les animaux mais aussi pour la diversité de ses paysages, et certains ne sont pas sans nous rappeler les USA (Vingerklip, Grootberg, désert...)
Les paysages sont vraiments exceptionnels, surtout au Nord, et diversifiés : déserts de sables, de cailloux, montagnes, verdure à Caprivi...

Les animaux A part le léopard que nous n'avons pas eu la chance de voir, nous avons vu les principaux animaux d'Afrique et des tas d'oiseaux magnifiques. Ci-dessous : Heure de pointe au point d'eau (Etosha)

Ci-dessous : Girafe de Bagatelle (Kalahari)

D'ailleurs à la fin, nous avons eu tendance à ne plus trop prêter attention aux éléphants et aux girafes tellement nous en avions vu et à nous focaliser sur le " shooting " de " zoziaux ", ce qui n'est pas toujours évident croyez moi ! Ci-dessous : Buffle et son oiseau (Chobe)


Les activités Nous avons beaucoup aimé les activités proposées par les lodges et les game drive. D'ailleurs, pour la petite histoire, à la fin de notre séjour à Etosha, Patrick était fatigué de conduire et moi je n'étais pas rassasiée d'animaux. Alors on s'est offert un game drive d'après-midi où nous n'étions que 2 passagers. Le guide nous a averti que l'après-midi on ne voyait pas beaucoup d'animaux actifs... Mais était-ce du aux bons yeux du guide ou à un énorme coup de chance, cet après-midi là fut exceptionnel: Nous avons vu un guépard en train de chasser et qui est ensuite tranquillement passé devant nous, un autre guépard qui venait de déguster sa proie, un lion, 3 rhino noirs et un rhino blanc... entre autres....

Parmi les activités exceptionnelles : Je ne vais pas tout raconter ici mais aucune ne nous a déçu, au contraire, nous en garderons un souvenir ému. Je dois ajouter que nous n'étions généralement pas nombreux, voire même certaines fois rien que nous deux : Marche avec le guépard à Na an kusé, Journée à Sossusvlei avec le Hoodia lodge, Ballon à Sossusvlei,

journée combiné catamaran + sandwich harbour,
(La photo du flamand rose ci-dessus a été prise a Sandwich Harbour, ce qui explique le jaune orangé de la dune en arrière plan)rhino tracking à Khowareb, journée chez les buschmen avec le Fiume lodge (on parle peu de ce lodge sur le forum mais la journée découverte de la culture buchmen dans le village exclusif pour le lodge, est tout simplement magnifique),
(La photo de la madame buschmen topless ayant été censurée, je l'ai remplacée par les buschmens chasseurs)Journée prise de vues et conseils photographiques avec Pangolin à Kasane (formidable), hélicoptère aux chutes Victoria...
En conclusion : Un voyage exceptionnel et l'on se dit qu'on a bien eu raison d'y aller ! Il n'y a pas eu une journée où l'on se soit ennuyé, pas une journée où l'on ait pas découvert quelque chose de différent. Comme pour les USA où nous sommes allés 4 fois, la Namibie et les pays voisins donnent très envie d'y retourner.
Ce qui nous a manqué : Les enfants. C'est la première fois que nous n'étions que tous les 2, mon mari et moi.
Si c'était à refaire : On séjournerait à Walvis Bay plutôt qu'à Swakopmund. On éviterait peut-être la bande de Caprivi car trop de route. On passerait peut-être par les Epupa falls au nord, ou bien le fish river canyon au sud... On passerait moins de temps dans le Damaraland...quoique...

Celui-ci nous attend l'année prochaine :

Je vous donne rendez-vous sur mon site pour suivre le carnet de voyage jour après jour. Pour l'instant il n'y a que la page de préparation mais si vous me laissez un peu de temps...
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des déserts blancs et des chaînes de volcans, au cœur des Andes argentines et chiliennes. Nous sommes partis de Buenos Aires en bus pour les roches rouges et torturées du Nord-Ouest argentin à 1500 km de là, car le volcan chilien Puyehue dispersait – et disperse toujours – généreusement ses cendres sur un territoire immense, aussi bien horizontal que vertical, empêchant par là même les avions de décoller. Puis nous avons récupéré notre voiture de location, une Fiat Linea, prise encore une fois chez Argentina Excepción.
De quebrada en quebrada, puis de lagune émeraude en salar étincelant éparpillés sur la puna, nous avons franchi les Andes par des cols de plus en plus hauts et avons basculé, à près de 4800 m et à portée d'ailes de la Laguna Verde bolivienne, sur le versant chilien, qui se perd beaucoup plus bas dans l'immense désert d'Atacama.
Plus à l'ouest, le Pacifique nous tendait les bras. Nous ne nous sommes pas jetés dedans car ses eaux étaient sombres et glaciales, mais nous sommes remontés, à partir d'Arica, sur Putre, aux confins du Chili et de la Bolivie, pour parcourir les parcs de l'altiplano – Lauca, Surire, Volcán Isluga – le long de la frontière bolivienne jusqu'à Colchane. La boucle était alors presque bouclée... De nouveau la côte Pacifique, de nouveau San Pedro de Atacama, Salta, une incursion au sud par Cachi et Cafayate dans les sublimes vallées Calchaquíes et quebrada de las Conchas, puis un vol retour sur Buenos Aires et la côte atlantique.
Vigognes, lamas, alpacas, flamants roses, sarcelles sur l'altiplano; conures (perroquets), cormorans, urubus, pélicans sur les côtes des deux océans. La faune était omniprésente et toujours magnifique.
Bon voyage...
Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.
********** Première partie ********************
De Buenos Aires à Colchane
La version avec photos est visible ici:
carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Jeudi 13 octobre
Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...
Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.
Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.
Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…
Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)
Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...
Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))
En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.
En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.
Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J
Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.
Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)
Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.
Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.
Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.
Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.
Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.
Dimanche 16
Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.
Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.
Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…
Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.
Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...
Lundi 17
Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.
Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!
Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…
La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.
Mardi 18 Salta la Linda
Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…
Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.
Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)
L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.
La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.
Dehors, la nuit tombe déjà…
Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.
Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...
De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…
Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía
Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.
De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...
Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.
Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.
Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.
Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:
1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).
Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !
Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !
Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.
Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...
Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...
En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.
Jeudi 20
Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.
Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…
Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.
Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.
Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…
Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.
Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !
Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.
De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.
Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.
Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...
Vendredi 21 De Humahuaca à Susques
Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.
Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.
Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.
Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.
Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!
A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.
Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)
En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.
Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...
L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.
Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama
J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...
Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!
Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!
La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.
La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.
Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.
Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.
Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...
Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…
Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».
Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…
Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)
Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.
L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...
Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.
Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.
Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...
Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)
Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...
Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…
Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse
La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.
Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.
Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.
Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…
Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…
Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…
Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.
Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.
Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)
Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.
Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !
Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.
La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.
Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...
La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.
Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.
Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.
Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)
A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.
Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...
Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.
Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...
En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.
Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)
Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..
Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.
Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.
Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.
Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).
Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique
Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.
Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...
Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.
Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.
En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.
On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.
Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.
Samedi 29 D'Iquique à Arica
Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...
Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !
Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.
Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).
Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.
Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.
* *****
L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.
La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm
Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.
Dimanche 30 Arica
Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.
Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.
Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.
Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…
La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…
Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.
Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.
Lundi 31
7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.
Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...
Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.
Mardi 1er novembre D'Arica à Putre
Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...
Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !
La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.
La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.
Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)
Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.
La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.
Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...
Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)
Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.
Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.
La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).
Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).
Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…
Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).
Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…
Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.
Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.
Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…
Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !
Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...
Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.
(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)
Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…
Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »
Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !
L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.
Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.
A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!
Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...
Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane
Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.
La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.
L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...
L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.
Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.
Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.
Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.
Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...
Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.
Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...
A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.
Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.
Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.
Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.
Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.
Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.
Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.
Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.
Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.
Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.
La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...
********** Seconde partie ********************
De Colchane à Buenos Aires
La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique
Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…
On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.
Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.
Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.
Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...
Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.
Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.
Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama
Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...
Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).
Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.
Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !
Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.
A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.
Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.
Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.
Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!
De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :
« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)
San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.
J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).
L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.
Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).
Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)
Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.
Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.
De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.
Les panneaux sont en général très instructifs…
Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...
Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.
La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.
A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.
Le soir, retour à La Casona.
Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama
Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.
A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.
A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.
En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !
Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.
Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...
J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.
Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.
En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.
Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !
A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…
Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.
Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...
Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...
Mardi 8 De la puna à Salta
En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.
Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !
La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.
Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…
A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).
Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!
L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J
Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.
Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!
A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.
Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes
Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.
La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!
La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.
La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).
Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.
Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.
Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!
Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.
Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).
Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)
Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.
Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.
Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...
Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.
Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.
Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)
Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.
La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).
Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.
Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.
De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.
San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…
Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.
Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes
Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.
A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.
Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.
Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.
A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...
Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.
Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas
Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.
Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.
Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.
Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.
Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.
Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.
Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.
Lundi 14 Salta - Buenos Aires
Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.
Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)
Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.
Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.
Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...
Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)
Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.
Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.
Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).
Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires
Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.
Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !
Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…
Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.
En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!
Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.
Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.
Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.
Mercredi 16
Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.
Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...
(Renseignements)
Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.
Bon voyage...
Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.
********** Première partie ********************
De Buenos Aires à Colchane
La version avec photos est visible ici:
carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Jeudi 13 octobre
Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...
Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.
Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.
Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…
Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)
Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...
Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))
En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.
En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.
Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J
Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.
Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)
Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.
Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.
Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.
Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.
Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.
Dimanche 16
Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.
Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.
Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…
Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.
Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...
Lundi 17
Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.
Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!
Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…
La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.
Mardi 18 Salta la Linda
Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…
Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.
Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)
L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.
La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.
Dehors, la nuit tombe déjà…
Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.
Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...
De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…
Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía
Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.
De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...
Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.
Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.
Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.
Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:
1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).
Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !
Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !
Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.
Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...
Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...
En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.
Jeudi 20
Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.
Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…
Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.
Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.
Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…
Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.
Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !
Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.
De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.
Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.
Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...
Vendredi 21 De Humahuaca à Susques
Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.
Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.
Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.
Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.
Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!
A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.
Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)
En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.
Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...
L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.
Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama
J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...
Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!
Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!
La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.
La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.
Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.
Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.
Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...
Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…
Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».
Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…
Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)
Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.
L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...
Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.
Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.
Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...
Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)
Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...
Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…
Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse
La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.
Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.
Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.
Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…
Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…
Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…
Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.
Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.
Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)
Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.
Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !
Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.
La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.
Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...
La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.
Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.
Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.
Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)
A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.
Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...
Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.
Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...
En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.
Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)
Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..
Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.
Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.
Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.
Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).
Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique
Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.
Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...
Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.
Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.
En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.
On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.
Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.
Samedi 29 D'Iquique à Arica
Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...
Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !
Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.
Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).
Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.
Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.
* *****
L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.
La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm
Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.
Dimanche 30 Arica
Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.
Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.
Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.
Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…
La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…
Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.
Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.
Lundi 31
7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.
Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...
Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.
Mardi 1er novembre D'Arica à Putre
Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...
Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !
La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.
La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.
Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)
Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.
La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.
Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...
Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)
Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.
Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.
La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).
Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).
Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…
Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).
Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…
Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.
Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.
Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…
Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !
Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...
Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.
(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)
Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…
Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »
Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !
L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.
Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.
A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!
Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...
Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane
Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.
La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.
L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...
L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.
Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.
Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.
Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.
Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...
Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.
Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...
A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.
Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.
Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.
Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.
Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.
Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.
Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.
Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.
Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.
Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.
La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...
********** Seconde partie ********************
De Colchane à Buenos Aires
La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique
Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…
On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.
Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.
Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.
Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...
Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.
Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.
Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama
Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...
Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).
Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.
Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !
Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.
A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.
Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.
Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.
Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!
De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :
« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)
San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.
J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).
L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.
Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).
Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)
Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.
Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.
De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.
Les panneaux sont en général très instructifs…
Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...
Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.
La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.
A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.
Le soir, retour à La Casona.
Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama
Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.
A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.
A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.
En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !
Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.
Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...
J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.
Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.
En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.
Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !
A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…
Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.
Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...
Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...
Mardi 8 De la puna à Salta
En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.
Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !
La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.
Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…
A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).
Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!
L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J
Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.
Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!
A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.
Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes
Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.
La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!
La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.
La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).
Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.
Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.
Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!
Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.
Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).
Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)
Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.
Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.
Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...
Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.
Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.
Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)
Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.
La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).
Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.
Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.
De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.
San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…
Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.
Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes
Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.
A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.
Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.
Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.
A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...
Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.
Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas
Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.
Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.
Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.
Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.
Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.
Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.
Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.
Lundi 14 Salta - Buenos Aires
Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.
Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)
Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.
Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.
Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...
Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)
Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.
Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.
Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).
Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires
Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.
Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !
Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…
Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.
En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!
Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.
Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.
Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.
Mercredi 16
Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.
Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...
(Renseignements)
Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.
Au hasard d'une discussion sur le forum Espagne je me suis rendue compte que certains pensent qu'il faut se ménager, ou ménager son entourage , après la soixantaine .
Perso , j'ai 67 ans , je ne change rien à mes habitudes , sauf un rythme un peu plus doux , mais à la retraite on a plus de temps , et avec plus d' appréhension au niveau des grosses chaleurs .
Alors je lance ce post , vous sentez vous trop vieux pour voyager d'une certaine façon , avez vous besoin de plus de confort , à vos claviers , dans le respect du rythme de chacun 😎😎
Cordialement,
Hannah
Perso , j'ai 67 ans , je ne change rien à mes habitudes , sauf un rythme un peu plus doux , mais à la retraite on a plus de temps , et avec plus d' appréhension au niveau des grosses chaleurs .
Alors je lance ce post , vous sentez vous trop vieux pour voyager d'une certaine façon , avez vous besoin de plus de confort , à vos claviers , dans le respect du rythme de chacun 😎😎
Cordialement,
Hannah
Bonjour ,
En faisant quelques simulations de vols vers SFO , LAS , LAX , ou PHX pour 2012 je mesure toute l' importance de l' augmentation des tarifs depuis 3 ou 4 ans . A des périodes de moyenne fréquentation (avril ou septembre) j' avais acheté en 2007 et 2008 des billets entre 500 et 550 € (hors assurances) pour les 2 premiers aéroports cités (1 escale) , et à 627€ pour Los Angeles en 2009 (vol direct Air France) depuis Paris . Actuellement les prix proposés sont plutôt proches de 800 € (1 escale) , voire entre 900 et 1000€ pour un vol direct !
Il est vrai que ces destinations figuraient jusqu' alors parmi les + intéressantes en terme de rapport distance/prix , a fortiori si on ajoute le coût avantageux de la location de voitures sur place . Je ne suis pas sûr que les variations du taux de change et l' inflation suffisent à expliquer cette évolution . Encore heureux que la crise actuelle pèse un peu sur les prix du pétrole !
Est-ce que cette évolution a déjà une incidence sur vos décisions de partir ou non , dans le cadre de vos loisirs j' entends ? En somme , existe-t-il selon vous un niveau de prix dissuasif , comme on en parle depuis longtemps pour la dépendance au tabac ou aux alcools forts ? 😉
En faisant quelques simulations de vols vers SFO , LAS , LAX , ou PHX pour 2012 je mesure toute l' importance de l' augmentation des tarifs depuis 3 ou 4 ans . A des périodes de moyenne fréquentation (avril ou septembre) j' avais acheté en 2007 et 2008 des billets entre 500 et 550 € (hors assurances) pour les 2 premiers aéroports cités (1 escale) , et à 627€ pour Los Angeles en 2009 (vol direct Air France) depuis Paris . Actuellement les prix proposés sont plutôt proches de 800 € (1 escale) , voire entre 900 et 1000€ pour un vol direct !
Il est vrai que ces destinations figuraient jusqu' alors parmi les + intéressantes en terme de rapport distance/prix , a fortiori si on ajoute le coût avantageux de la location de voitures sur place . Je ne suis pas sûr que les variations du taux de change et l' inflation suffisent à expliquer cette évolution . Encore heureux que la crise actuelle pèse un peu sur les prix du pétrole !
Est-ce que cette évolution a déjà une incidence sur vos décisions de partir ou non , dans le cadre de vos loisirs j' entends ? En somme , existe-t-il selon vous un niveau de prix dissuasif , comme on en parle depuis longtemps pour la dépendance au tabac ou aux alcools forts ? 😉
Bonjour
Voici une sélection photographique de mes premières impressions lors d'une (trop courte) semaine à New York.
Mes baskets se souviennent d'une moyenne de 14kms par jour à arpenter les rues de Manhattan, aux quartiers aussi différents que Harlem et Greenwich Village, Chinatown et Times Square, à découvrir Le MET et Ground Zero, à traverser Central Park puis à nouveau compter: 1 bloc, 2 blocs, 3..., bon sang que c'est grand, bruyant, coloré, odorant, étourdissant, assourdissant !
Mes photos ont été prises avec un compact (Lumix LX5) Sur New York, tout a été dit ou photographié... C'est pourquoi, en toute modestie, je propose une vingtaine d'images que je soumets à vos commentaires ou critiques.
Voici une sélection photographique de mes premières impressions lors d'une (trop courte) semaine à New York.
Mes baskets se souviennent d'une moyenne de 14kms par jour à arpenter les rues de Manhattan, aux quartiers aussi différents que Harlem et Greenwich Village, Chinatown et Times Square, à découvrir Le MET et Ground Zero, à traverser Central Park puis à nouveau compter: 1 bloc, 2 blocs, 3..., bon sang que c'est grand, bruyant, coloré, odorant, étourdissant, assourdissant !
Mes photos ont été prises avec un compact (Lumix LX5) Sur New York, tout a été dit ou photographié... C'est pourquoi, en toute modestie, je propose une vingtaine d'images que je soumets à vos commentaires ou critiques.
Bonjour
Nous sommes revenus il y a 3 semaines d'un merveilleux voyage en Namibie; comme d'autres voyageurs, nous souhaitons faire partager nos aventures avec les membres du forum qui nous ont bien aidé pour finaliser notre parcours.
Bonne lecture !
Cette année, nous avons donc décidé de retourner en Namibie, 8 ans après notre premier séjour en 2008. Ce voyage s’est décidé en très peu de temps, début janvier, quand j’ai réactivé auprès de Tourmaline un projet qui était tombé à l’eau l’année précédente, ayant finalement choisi d’aller à Madagascar. Je voulais absolument visiter certains sites que nous n’avions pas pu faire la première fois : Namib Rand, Spitzkoppe, Purros et Epupa, ce qui nécessitait de faire un peu de camping, une grande découverte pour nous. Coup de chance, début janvier il reste encore une disponibilité pour 4 personnes sur le Tok Tokkie Trail en juillet-août, juste à une date compatible avec notre trajet envisagé. Rapidement, on finalise donc le projet et on réserve notre vol Air Namibia via Francfort. Malheureusement, quelques jours plus tard, nous avons la mauvaise surprise de devoir changer un certain nombre d’hébergements ( alors que Tourmaline m’avait dit qu’en réservant rapidement, les hébergements devraient être disponibles ) : 1 nuit sur 2 au Sossus Dune Lodge, 2 nuits au Stiltz à Swakopmund, 1 nuit au Camp Kipwe, 2 nuits à Grootberg, 1 nuit à Mushara et peut être 1 nuit à Hobatere ( liste d’attente pour 1 des 2 chambres ). Le plus ennuyeux est le Sossus Dune Lodge car nous voulions absolument faire Sossusvlei au lever de soleil, et Grootberg qui est un must pour le rhino tracking. Un peu furax, on se rabat donc sur d’autres hébergements, à savoir une nuit au Little Sossus Lodge à côté de Sesriem, 2 nuits au Delight à Swakopmund, 1 nuit à Mowani ( seules la suite et la mini suite restent disponibles et ça va donc cogner pour le porte monnaie ), 2 nuits à Khowarib et 1 nuit à Mokuti, la nuit à Hobatere étant finalement confirmée. N’ayant aucune expérience du camping et aimant bien le confort des lodges, seules 3 nuits en camping ( 1 à Spitzkoppe et 2 à Purros) ont finalement été réservées. Ce sera l’occasion de vérifier si on est vraiment faits pour l’aventure. Cette année, la tribu des Blancond n’est pas au complet puisque Ben et Pierre ne seront pas de la partie seuls restent donc Anny, Juliette ( surnommée «la blonde » pendant les vacances à la suite de certaines réflexions ), Charlotte, ma copilote ( qui a découvert son intérêt pour ce rôle pendant le circuit ) et moi-même. Juste avant de partir, quelques péripéties : Charlotte se fait une nième entorse à la cheville lors d’un match de tennis, ce qui nous fait craindre pour les premiers jours au cours desquels sont prévus le Tok Tokkie Trail et les dunes de Sossusvlei. La veille du départ, on la fait strapper chez la kiné et on lui achète des bâtons de marche pour soulager sa cheville. Autre imprévu : la veille du départ, je reçois un appel de Frédéric, directeur de Tourmaline, pour me signaler qu’il y a eu une erreur de jour sur une réservation, à Okaukuejo, et qu’il nous faut renoncer à dormir là bas. Les 2 seules alternatives sont Taleni ( Etosha Village ) à 5 kms d’Anderson Gate et Halali, mais avec une solution bancale, c’est-à-dire 1 suite pour 2 et les 2 autres dormiraient dans la tente sur le toit, mais sans réservation possible, donc avec possibilité d’avoir des problèmes sur place. On choisit Taleni pour des raisons d’équilibre du parcours et Frédéric nous dédommage pour ce contretemps un peu ennuyeux mais pas dramatique.
Samedi 23 juillet C’est le jour J tant attendu. A 6h30, nous nous réveillons pour être à l’aéroport de Quimper pour 7h30. Le vol prévu à 8h30 décolle avec 20 mn de retard et nous arrivons sans encombre à Orly où nous prenons le Bus Air France qui nous conduit en 40 mn au Terminal 1 de Roissy. Lors de l’enregistrement du vol Lufthansa à destination de Francfort, nous apprenons que les vols du matin ont été annulés à cause de gros orages sur Francfort. Le nôtre, prévu à 14h30, est annoncé avec 25 mn de retard et nous prenons finalement place dans l’avion avec 45 mn de retard. Quelques minutes plus tard, on nous annonce que les conditions climatiques sont très mauvaises sur Francfort et qu’on ne peut pas décoller avant 40 mn dans le meilleur des cas. Ca commence à faire beaucoup et on se demande si le vol ne va pas tout simplement être annulé, d’autant que l’annonce du stewart laisse craindre le pire. Et comme par enchantement, 10 mn à peine après cette annonce, l’avion se met en marche et nous décollons finalement avec 1 heure de retard sur l’horaire prévu et arrivons sur Francfort en 45 mn le temps est effectivement très menaçant sur place. Après avoir changé de terminal, nous allons au guichet Air Namibia pour récupérer nos cartes d’embarquement du vol de 20h. Nous nous dirigeons vers la porte d’embarquement , et après 1 h, nous sommes finalement dirigés vers une autre porte et nous embarquons avec 1 heure de retard. Un bon gin tonic pour commencer les vacances, un repas correct accompagné d’un pinotage sud africain, ça commence à sentir bon les vacances….On va faire de beaux rêves cette nuit dans l’avion…
Dimanche 24 juillet. Nous arrivons en Namibie à 5h45, quasiment à l’horaire prévu. Une fois les formalités d’entrée dans le pays faites et après avoir fait du change, nous partons vers Windhoek avec le chauffeur d’Asco venu nous chercher. La température est glaciale ce matin (1°C ) nous nous en doutions car nous avions regardé la météo avant de partir les températures ont chuté très nettement depuis 2 jours, ce qui nous fait craindre pour les prochains jours. A 7h30, nous arrivons à l’agence Asco de Windhoek. Laurent, un suisse, qui travaille pour Tourmaline, nous attend sur place pour nous faire un briefing du circuit et du véhicule, un Toyota Hilux avec 2 tentes sur le toit. Les formalités durent un bon moment ( ce n’est pas du luxe compte tenu de notre manque de connaissance du camping ). C’est un peu long, mais sans doute pas inutile, notamment les recommandations sur les routes , si on se fie au « musée des horreurs » qu’ils ont affiché chez Asco avec des épaves de voitures avec les explications sur les causes de l’accident et sur la prise en charge ou pas par l’assurance. A 10h30, nous sommes enfin prêts à partir. Le temps de passer au Spar le plus proche pour quelques courses de première nécessité ( eau, boissons, charcuterie, pain…), il est 11h30 quand nous prenons enfin la route B1 en direction de Rehoboth. C’est le début de l’aventure ! La fatigue du voyage et la conduite à gauche rendent cette première partie du trajet assez pénible, malgré une route impeccable qui permet de bien rouler. A 13h, nous faisons notre pause pique-nique. Au menu, sandwiches avec de la charcuterie achetée le matin. Nous avons emmené dans nos bagages un peu de nourriture ( gâteaux apéro, barres de céréales, salades de thon, le sacro saint pâté et saucisson Hénaff, du gin et 1 bouteille de vin pour les premiers apéritifs car arrivée un dimanche à Windhoek ) mais tout est dans les bagages et nous attendrons notre première étape pour organiser un peu le stockage de la nourriture. Après plus de 2 heures d’une route assez monotone, nous finissons par emprunter notre première gravel road au menu : tôle ondulée, sable, cailloux…ça nous ramène 8 ans en arrière mais c’est quand même moins inconfortable avec un 4x4 qu’avec le minibus 2x4 de 2008. Sur les conseils de Laurent, à chaque fois que nous croisons un véhicule sur piste, pour éviter un bris de pare brise pour lequel nous ne sommes pas assurés, nous tenons la vitre, ce que les gens prennent parfois pour un salut . On commence à voir quelques animaux au bord de la piste ( springboks, oryx….) mais on ne s’attarde pas trop car la fatigue fait qu’on est pressés d’arriver. Peu après 15h, nous arrivons enfin au Bagatelle Kalahari Lodge qui nous avait laissé un excellent souvenir lors de notre séjour précédent. Nous sommes trop tard pour faire un game drive mais nous espérons participer au repas des guépards suivi d’un gin tonic au coucher de soleil, histoire de commencer sur des bonnes bases. Malheureusement, toutes les activités de l’après-midi sont complètes et nous devrons donc nous contenter de faire une petite marche dans la réserve. Nous passons un moment avec un groupe de suricates qui prennent des poses vraiment craquantes et en fin d’après-midi nous allons sur les dunes pour le coucher de soleil.




Les 4x4 du lodge, pleins à craquer, ne nous font pas regretter les activités organisées par le lodge.

La température est glaciale en fin de journée et, si la chambre est chauffée, la salle de bain ne l’est pas et la douche du soir est une épreuve, d’autant que le courant n’arrête pas de sauter. Le dîner ( soupe, steak de kudu, lasagnes de kudu…) est excellent, accompagné par un bon vin sud africain le cocktail fatigue-excitation du voyage et alcool est assez détonnant et on est bien énervés à la fin du repas Anny oublie même qu’il y a des mini marches à l’accueil et se rétablit miraculeusement à 2 reprises…..
A 21h, tout le monde est couché pour une bonne nuit réparatrice.
Cette année, nous avons donc décidé de retourner en Namibie, 8 ans après notre premier séjour en 2008. Ce voyage s’est décidé en très peu de temps, début janvier, quand j’ai réactivé auprès de Tourmaline un projet qui était tombé à l’eau l’année précédente, ayant finalement choisi d’aller à Madagascar. Je voulais absolument visiter certains sites que nous n’avions pas pu faire la première fois : Namib Rand, Spitzkoppe, Purros et Epupa, ce qui nécessitait de faire un peu de camping, une grande découverte pour nous. Coup de chance, début janvier il reste encore une disponibilité pour 4 personnes sur le Tok Tokkie Trail en juillet-août, juste à une date compatible avec notre trajet envisagé. Rapidement, on finalise donc le projet et on réserve notre vol Air Namibia via Francfort. Malheureusement, quelques jours plus tard, nous avons la mauvaise surprise de devoir changer un certain nombre d’hébergements ( alors que Tourmaline m’avait dit qu’en réservant rapidement, les hébergements devraient être disponibles ) : 1 nuit sur 2 au Sossus Dune Lodge, 2 nuits au Stiltz à Swakopmund, 1 nuit au Camp Kipwe, 2 nuits à Grootberg, 1 nuit à Mushara et peut être 1 nuit à Hobatere ( liste d’attente pour 1 des 2 chambres ). Le plus ennuyeux est le Sossus Dune Lodge car nous voulions absolument faire Sossusvlei au lever de soleil, et Grootberg qui est un must pour le rhino tracking. Un peu furax, on se rabat donc sur d’autres hébergements, à savoir une nuit au Little Sossus Lodge à côté de Sesriem, 2 nuits au Delight à Swakopmund, 1 nuit à Mowani ( seules la suite et la mini suite restent disponibles et ça va donc cogner pour le porte monnaie ), 2 nuits à Khowarib et 1 nuit à Mokuti, la nuit à Hobatere étant finalement confirmée. N’ayant aucune expérience du camping et aimant bien le confort des lodges, seules 3 nuits en camping ( 1 à Spitzkoppe et 2 à Purros) ont finalement été réservées. Ce sera l’occasion de vérifier si on est vraiment faits pour l’aventure. Cette année, la tribu des Blancond n’est pas au complet puisque Ben et Pierre ne seront pas de la partie seuls restent donc Anny, Juliette ( surnommée «la blonde » pendant les vacances à la suite de certaines réflexions ), Charlotte, ma copilote ( qui a découvert son intérêt pour ce rôle pendant le circuit ) et moi-même. Juste avant de partir, quelques péripéties : Charlotte se fait une nième entorse à la cheville lors d’un match de tennis, ce qui nous fait craindre pour les premiers jours au cours desquels sont prévus le Tok Tokkie Trail et les dunes de Sossusvlei. La veille du départ, on la fait strapper chez la kiné et on lui achète des bâtons de marche pour soulager sa cheville. Autre imprévu : la veille du départ, je reçois un appel de Frédéric, directeur de Tourmaline, pour me signaler qu’il y a eu une erreur de jour sur une réservation, à Okaukuejo, et qu’il nous faut renoncer à dormir là bas. Les 2 seules alternatives sont Taleni ( Etosha Village ) à 5 kms d’Anderson Gate et Halali, mais avec une solution bancale, c’est-à-dire 1 suite pour 2 et les 2 autres dormiraient dans la tente sur le toit, mais sans réservation possible, donc avec possibilité d’avoir des problèmes sur place. On choisit Taleni pour des raisons d’équilibre du parcours et Frédéric nous dédommage pour ce contretemps un peu ennuyeux mais pas dramatique.
Samedi 23 juillet C’est le jour J tant attendu. A 6h30, nous nous réveillons pour être à l’aéroport de Quimper pour 7h30. Le vol prévu à 8h30 décolle avec 20 mn de retard et nous arrivons sans encombre à Orly où nous prenons le Bus Air France qui nous conduit en 40 mn au Terminal 1 de Roissy. Lors de l’enregistrement du vol Lufthansa à destination de Francfort, nous apprenons que les vols du matin ont été annulés à cause de gros orages sur Francfort. Le nôtre, prévu à 14h30, est annoncé avec 25 mn de retard et nous prenons finalement place dans l’avion avec 45 mn de retard. Quelques minutes plus tard, on nous annonce que les conditions climatiques sont très mauvaises sur Francfort et qu’on ne peut pas décoller avant 40 mn dans le meilleur des cas. Ca commence à faire beaucoup et on se demande si le vol ne va pas tout simplement être annulé, d’autant que l’annonce du stewart laisse craindre le pire. Et comme par enchantement, 10 mn à peine après cette annonce, l’avion se met en marche et nous décollons finalement avec 1 heure de retard sur l’horaire prévu et arrivons sur Francfort en 45 mn le temps est effectivement très menaçant sur place. Après avoir changé de terminal, nous allons au guichet Air Namibia pour récupérer nos cartes d’embarquement du vol de 20h. Nous nous dirigeons vers la porte d’embarquement , et après 1 h, nous sommes finalement dirigés vers une autre porte et nous embarquons avec 1 heure de retard. Un bon gin tonic pour commencer les vacances, un repas correct accompagné d’un pinotage sud africain, ça commence à sentir bon les vacances….On va faire de beaux rêves cette nuit dans l’avion…
Dimanche 24 juillet. Nous arrivons en Namibie à 5h45, quasiment à l’horaire prévu. Une fois les formalités d’entrée dans le pays faites et après avoir fait du change, nous partons vers Windhoek avec le chauffeur d’Asco venu nous chercher. La température est glaciale ce matin (1°C ) nous nous en doutions car nous avions regardé la météo avant de partir les températures ont chuté très nettement depuis 2 jours, ce qui nous fait craindre pour les prochains jours. A 7h30, nous arrivons à l’agence Asco de Windhoek. Laurent, un suisse, qui travaille pour Tourmaline, nous attend sur place pour nous faire un briefing du circuit et du véhicule, un Toyota Hilux avec 2 tentes sur le toit. Les formalités durent un bon moment ( ce n’est pas du luxe compte tenu de notre manque de connaissance du camping ). C’est un peu long, mais sans doute pas inutile, notamment les recommandations sur les routes , si on se fie au « musée des horreurs » qu’ils ont affiché chez Asco avec des épaves de voitures avec les explications sur les causes de l’accident et sur la prise en charge ou pas par l’assurance. A 10h30, nous sommes enfin prêts à partir. Le temps de passer au Spar le plus proche pour quelques courses de première nécessité ( eau, boissons, charcuterie, pain…), il est 11h30 quand nous prenons enfin la route B1 en direction de Rehoboth. C’est le début de l’aventure ! La fatigue du voyage et la conduite à gauche rendent cette première partie du trajet assez pénible, malgré une route impeccable qui permet de bien rouler. A 13h, nous faisons notre pause pique-nique. Au menu, sandwiches avec de la charcuterie achetée le matin. Nous avons emmené dans nos bagages un peu de nourriture ( gâteaux apéro, barres de céréales, salades de thon, le sacro saint pâté et saucisson Hénaff, du gin et 1 bouteille de vin pour les premiers apéritifs car arrivée un dimanche à Windhoek ) mais tout est dans les bagages et nous attendrons notre première étape pour organiser un peu le stockage de la nourriture. Après plus de 2 heures d’une route assez monotone, nous finissons par emprunter notre première gravel road au menu : tôle ondulée, sable, cailloux…ça nous ramène 8 ans en arrière mais c’est quand même moins inconfortable avec un 4x4 qu’avec le minibus 2x4 de 2008. Sur les conseils de Laurent, à chaque fois que nous croisons un véhicule sur piste, pour éviter un bris de pare brise pour lequel nous ne sommes pas assurés, nous tenons la vitre, ce que les gens prennent parfois pour un salut . On commence à voir quelques animaux au bord de la piste ( springboks, oryx….) mais on ne s’attarde pas trop car la fatigue fait qu’on est pressés d’arriver. Peu après 15h, nous arrivons enfin au Bagatelle Kalahari Lodge qui nous avait laissé un excellent souvenir lors de notre séjour précédent. Nous sommes trop tard pour faire un game drive mais nous espérons participer au repas des guépards suivi d’un gin tonic au coucher de soleil, histoire de commencer sur des bonnes bases. Malheureusement, toutes les activités de l’après-midi sont complètes et nous devrons donc nous contenter de faire une petite marche dans la réserve. Nous passons un moment avec un groupe de suricates qui prennent des poses vraiment craquantes et en fin d’après-midi nous allons sur les dunes pour le coucher de soleil.




Les 4x4 du lodge, pleins à craquer, ne nous font pas regretter les activités organisées par le lodge.

La température est glaciale en fin de journée et, si la chambre est chauffée, la salle de bain ne l’est pas et la douche du soir est une épreuve, d’autant que le courant n’arrête pas de sauter. Le dîner ( soupe, steak de kudu, lasagnes de kudu…) est excellent, accompagné par un bon vin sud africain le cocktail fatigue-excitation du voyage et alcool est assez détonnant et on est bien énervés à la fin du repas Anny oublie même qu’il y a des mini marches à l’accueil et se rétablit miraculeusement à 2 reprises…..
A 21h, tout le monde est couché pour une bonne nuit réparatrice.
Quelques chiffres :
2 personnes
14 jours de voyage
7 braai (barbecue)
3112 kilomètres parcourus en voiture, dont la majorité sur des « gravel road »
Une quantité innombrable de zèbres, girafes, éléphants, oryx, et antilopes en tout genre (j’ai fini par arrêter de compter)
3 lions et 6 lionnes
4 guépards
3 léopards
2771 photos
Pourquoi la Namibie ? Parce qu’après avoir vue les photos de Marie sur son site https://sites.google.com/site/sibellelaterrenamibie/home j’avais vraiment envie de voir moi aussi ces belles dunes de sable rouge avec ces beaux arbres morts qui se détachent sur le ciel bleu (il s’agit de Deadvlei) Et puis aussi parce que j’avais depuis longtemps envie d’aller à la rencontre des gros félins d’Afrique. Alors un pays pouvant offrir à la fois de magnifiques paysages, et les attraits d’un safari, un pays sur dans lequel on pouvait circuler librement en individuel, pourquoi hésiter ?!
TO ou pas TO ? J’ai choisi de faire appel à un Tour Opérateur pour l’organisation du voyage, et surtout pour les réservations, et je ne regrette pas ce choix. A priori pas plus cher que si j’avais réservé moi-même les hébergements, le TO apporte - Son expertise du pays et des conseils sur le circuit que j’avais imaginé en m’inspirant des forums - Le confort de n’avoir qu’un seul interlocuteur pour toutes les réservations (hébergements et voiture de location) J’ai demandé un devis à Madiza et Tourmaline Safaris, deux agences qui m’avaient été recommandées. J’ai choisie, un peu au hasard et au feeling, Tourmaline. Excellente réactivité de mon contact tout au long de la préparation du voyage, beaucoup de conseils me permettant d’ajuster l’itinéraire initial, réponses à toutes mes questions. Excellent accueil à l’arrivée en Namibie, briefing sur l’utilisation du 4x4 avec tente sur le toit, explication du circuit étape par étape. Excellent carnet de route, décrivant chaque étape, avec conseils au jour le jour, carnet de vouchers pour les hébergements, documents très intéressant sur la Namibie (histoire politique, géologique, vie dans le désert, peuple Himba…)
Quelle voiture, quels hébergements ? Nous avions décidé de camper, afin de profiter des levers et couchers du soleil, et d’être au plus proche de la nature. Comme nous changions de lieu tous les soirs, la tente sur le toit du 4x4 est idéale. Après un premier jour où on tâtonne un peu, on prend très rapidement le coup de main pour la déplier et la replier. La voiture était louée par Africa 4x4 Rental. Aucun problème, très bon accueil, aucune crevaison, matériel très complet dans le coffre (couvert, assiettes…., sacs de couchages et oreillers, réfrigérateur…) Nous avons aussi dormi quelques nuits en lodge, le premier soir (pour se remettre de la nuit passée dans l’avion), le dernier soir, et 2 nuits au milieu du séjour pour couper un peu. C’est bien de rester au moins une fois 2 nuits au même endroit, ça permet de pouvoir faire laver son linge, et ainsi de n’emporter que le minimum. Nous n’avons eu aucun problème avec la voiture, ni crevaison, ni pare-brise abimé. Mais attention, les routes sont traitres, il faut être très attentif quand on conduit. Nous avons croisés un couple de français qui a crevé en roulant sur une épine d’acacia, ils ne pouvaient pas l’éviter. A priori, les pneus ont une durée de vie d’environ 3000 km sur ce genre de route. Nous avions des pneus neuf au départ, mais bien abimé après notre circuit. Un couple croisé à Windhoek nous a dit avoir crevé parce que l’un de leur pneu avait déjà bien vécu quand ils ont loué la voiture.
Quel guide, quelle carte ? Les sites www.voyageforum.com et www.routard.com/forum/namibie/174.htm (un grand merci à tous les intervenants passionnés par la Namibie qui m’ont bien aidé à peaufiner mon itinéraire). J’ai imprimé et emporté les carnets de voyages de Pimprenell et Nancy (voyageforum). Nous avons acheté le Petit Futé, qui nous a servi pour préparer le voyage, et pour la section « histoire du pays », mais qui nous a très peu servi sur place. Les documents fournis par Tourmaline sont suffisants durant le voyage. Tourmaline fourni aussi une excellent carte routière (toutes les routes y sont, ainsi que les stations-services, le plan de Windhoek, celui de Swakopmund, et celui d’Etosha). Nous avons acheté une carte d’Etosha plus détaillé (avec des pages représentant chaque animal) dans une boutique à Swakopmund. Et surtout, le livre qui ne nous a pas quittés du voyage : « Compagnon de Safari » de Caroline Oriol. Livre très détaillé, très bien écrit, sur la faune namibienne. Je le recommande chaudement ! On peut le commander (il est envoyé depuis la France) ici : http://guide-faune.voyage-namibie.fr/
Quel matériel photo ? Nous avions 2 appareils photos : - Un compact : Panasonic Lumix TZ7 - Un reflex : Canon EOS 500 D avec 2 objectifs, Sigma 17-70mm f/2,8-4,5 DC MACRO et TAMRON 70-300mm SP f/4-5.6 Di VC USD. Le 70-300 a été très utile pour photographier les animaux.
Quelle compagnie aérienne ? Nous avions le choix entre une escale à Francfort, et une escale à Johannesburg. Nous avons choisi l’escale à Francfort, en voyageant sur Air Namibia, pour deux raisons : - J’avais lu qu’il y a souvent des bagages qui se perdent lors de l’escale à Johannesburg - Et surtout le vol sur Air Namibia nous permet d’arriver à Windhoek à 5h du matin, et de repartir à 21, ce qui nous fait gagner deux jours de voyages sur place ! Le vol Paris – Frankfort s’est effectué sur Air France. Nous n’avons pas eu besoin de récupérer nos bagages à Frankfort, ils étaient enregistrés jusqu’à Windhoek. Air France donne de grands sacs en plastique pour protéger les sacs à dos, pas Air Namibia. Du coup, arrivés à Windhoek, nous avons gardé ces sacs plastiques qui nous ont ainsi servis à retour.
Qu’est-ce qu’on met dans sa valise ? On achète quoi sur place ? On peut acheter quasiment tout sur place arrivé à Windhoek. Nous aimons randonner et nous campions, la liste est faite en conséquence. A ne pas oublier dans sa valise : - Une paire de jumelle par personne - Une bonne carte mémoire pour chaque appareil photo - 2 batteries par appareil photos - Une lampe frontale par personne - De la crème solaire, lunettes, chapeau, stick à lèvres (l’air est très sec), crème hydratante après solaire… - Bétadine, pansements anti ampoule… - Chaussures de rando - Polaire pour le soir - Eponge et torchon pour la vaisselle - Taies d’oreiller pour les oreillers fournis avec la voiture - Sacs de couchage (même s’il y en avait dans la voiture, vu le froid la nuit, on était bien content d’avoir 2 sacs de couchage chacun !) - Sac à viande (plus agréable que de dormir direct dans le sac de couchage, et ça permet de gagner 1 degrés supplémentaire) - Des sacs congélation avec zip pour protéger les appareils électroniques de la poussière
A acheter en arrivant à Windhoek : - De l’eau (en bouteilles, et en bonbonnes de 5 litres) - De quoi manger au petit déjeuner : pain, café, thé, nutella, confiture, jus d’orange, céréales… il y a du choix - De quoi manger en pique-nique : pain, fromage (cheddar), salami, œufs, tomates, carottes, thon, maïs, bananes, pommes, biscuits, briquettes de jus de fruit…. La encore, il y a le choix. - De quoi manger le soir : bois (1 sac fait entre 1 et 2 soirs), allume-feu (pas besoin de charbon), viandes, pommes de terre (et papier d’alu pour les faire cuire dans la braise), cheddar, œufs, carottes, fruits (ou fruits au sirop), chips… - Sopalin - 1 rouleau de papier toilettes (il y en a dans quasiment tous les campings) - Adaptateurs pour les prises électriques - Sacs poubelles (bien que ce ne soit pas trop utiles, on utilisait les sacs des courses comme poubelle) - Liquide vaisselle Nous avons fait des grosses courses à Windhoek le premier jour, et ensuite on s’est ravitaillé (produits frais, eau et bois principalement) à Mariental, à l’épicerie de Sesriem, à Solitaire, à Swakopmund et à Outjo.
Et ça coute combien tout ça ? Les prix indiqués sont pour 2 personnes. Tourmaline Safaris (Hébergements, activités avec les lodges, voiture de location) : 35 574 N$ (à payer en 2 fois : 10 311 N$ pour lancer les réservations, et le reste 40 jours avant le départ) Avion Air Namibia : 2372,88 euros (taxes comprises) Argent liquide (courses, essence, restaurants, activité non réservées avec Tourmaline, pourboire, entrées dans les parcs, souvenirs…) : 10 000 N$ Attention, le distributeur de l’aéroport ne permet de retirer que 2000 N$, c’est très peu. A Swakopmund, il permet de retirer 3000 N$, c’est un peu mieux. Bref, heureusement que j’avais changé des euros pour l’équivalent de 5000 N$ en France avant le départ. Attention bis : la visa passait bien, mais pas la mastercard.
Quel itinéraire ? Oui il serait temps d’en parler ! Nous avons choisi de commencer par les dunes, et de finir par Etosha, pour aller crescendo sur les animaux ! Voici les grandes lignes de notre itinéraire, avec parfois nos avis ou conseils. Le récit détaillé est en cours de rédaction.
31 aout 2012 - vol Paris- Windhoek, via Frankfort
1er septembre 2012 - Arrivée à Windhoek - Accueil par le loueur de voiture pour nous rendre à l’agence de location à Windhoek - Accueil par Joseph de Tourmaline qui nous briefe sur la voiture, l’itinéraire… - Route vers le sud (direction Mariental) - Diner et nuit au Bagatelle Kalahari Game Ranch en Dune Chalet (vue imprenable sur le Kalahari !)
2 septembre - Petit déjeuner au Bagatelle Kalahari - Cheetah Viewing au Bagatelle Kalahari (3 guépards orphelins ont été recueillis par le ranch, on peut, accompagnés bien sûr, entrer dans leur grand enclos pour les voir de près) - Courses à Mariental - Route pour Sesriem - Déjeuner et achet de souvenirs au restaurant-boutique-camping à Maltahohe (Oahera Craft & Tradition Center). Brian, le propriétaire, parle très bien français. - Dune Elim au coucher du soleil - Nuit au camping NWR Sesriem (lumière et électricité à chaque emplacement)
3 septembre - Lever tôt, départ environ 30 minutes après l’ouverture du parc pour éviter le rush matinal et surtout profiter de la route sous la belle lumière du soleil levant - Navette pour Deadvlei - Deadvlei (par la dune sur le côté gauche, on est donc arrivés dans le vlei, après l’avoir surplombé, par le « fond ») - Navette pour Sossusvlei - Ascension de la dune à droit de Sossusvlei pour une vue extraordinaire - Pique-nique sous un arbre devant l’étendue d’eau (au fond du vlei) - Navette pour le parking - Dune 45 (il est dommage qu’on ne dormait pas une 2eme nuit au camping dans le parc, on a vu le coucher de soleil depuis la route et pas depuis la dune) - Installation au camping Sossus Oasis (très sympa, lumière, électricité, douche et wc privés) - Diner au Sossus Lodge (excellent buffet, en plus il y en a pour vraiment tous les goûts !)
4 septembre - Lever tôt (je vais arrêter de l’écrire, on s’est toujours levé tôt…) - Courses à l’épicerie de Sesriem - Départ pour le Naukluft - Randonnée Olive Trail - Nuit au camping NWR Naukluft (ni lumière, ni électricité, douches et sanitaires communs, mais très propres)
5 septembre - Arrêt à Solitaire dans la matinée pour faire un peu de courses, déguster l’excellent appfelstruddel, et acheter des gâteaux à emporter (arrêt très sympa) - Gecko Camp : notre coup de cœur du voyage côté camping ! Emplacement en haut d’une colline (Eagle Camp) sans personnes d’autres que nous, le monde entier pour nous tout seul, toilettes avec une vue imprenable, douche (avec l’eau qui chauffe au feu de bois grâce au « donkey », sorte de chaudière) sous le ciel bleu… Franchement génial ! Mais beaucoup de vent la nuit. Et pas d’électricité.
6 septembre : - Longue route jusqu’à Walvis Bay (arrêt pour voir les flamants) - Puis route pour Swakopmund - Déjeuner au Deli Fish (très bon fish ‘n chips) - Courses au supermarché - Balade dans la ville et sur la plage - Diner au restaurant Tug (dans un ancien bateau, excellent ! Il faut réserver) - Nuit à l’hôtel The Stiltz (bungalow très agréable, avec matelas chauffant !)
7 septembre - Petit déjeuner au Stiltz - Route pour Uis - Pique-nique avec des amis qui « tournaient » dans l’autre sens, échange d’informations sur Etosha et Sesriem - Après-midi et nuit au Aabadi Camp (pas d’électricité, douche (avec « donkey ») et sanitaire commun, pas de papier toilette) Mais terrasse pour prendre un verre en regardant le coucher du soleil avec Fluffy le chat sur les genoux très agréable !
8 septembre - Twyfelfontein : j’ai beaucoup aimé ces pétroglyphes, ça donne une petite idée de comment vivaient les gens qui les ont gravés - Organ Pipes : j’ai trouvé ces formation géologiques vraiment sympa, et puis c’est juste à côté de Twyfelfontein, alors pourquoi s’en priver - Montagne Brulée : paysage lunaire, qui nous rappelle l’Etna par certains côtés, étonnant - Forêt Pétrifié : voir ces arbres gigantesques qui datent qui vivaient sur Gondwana, à l’époque où l’Amérique Latine et l’Afrique ne faisaient qu’un, ça m’impressionne vraiment !! Attention, il y a beaucoup de forêts pétrifiées « privées », avec panneaux peints à la main. Nous avons été à la forêt pétrifiée « officielle ». La guide, Susanna, était vraiment intéressante. - Fin d’après-midi, diner, et nuit au Huab Lodge. Superbe hébergement, très agréable, très convivial. J’ai adoré.
9 septembre - Marche matinale avec le guide du Huab Lodge - Petit déjeuner (découverte du milipop, sorte de polenta/porridge namibienne qu’on peut manger sucrée ou salée) - Nature Drive avec le guide qui nous donne beaucoup d’info sur la région, les plantes, les animaux… - Sundowner (apéro au milieu de nulle part au coucher du soleil) toujours avec le guide - Diner et nuit au Huab Lodge
10 septembre - Petit déjeuner au Huab Lodge - Route vers Etosha - Courses à Outjo (en allant à la boucherie conseillée par le Huab Lodge, très bonne viande, et au supermarché juste à côté) - Arrivée à Etosha, nos premières girafes ! - Installation au camping de Okaukuejo - Fin d’après-midi et soirée au point d’eau illuminé (girafes, zèbres des plaines, oryx, springboks, chacals, éléphants, rhinocéros noirs…)
11 septembre - Etre réveillée à 4h30 du matin par les rugissements d’un lion, ça n’a pas de prix ! - Hyène croisée sur la route en quittant Okaukuejo ! - Découverte de bubales à Olinfantsbad, et d’impala à face noire à Aus - 4 lionnes non loin d’Okaukuejo, qui dorment sous des buissons - Point d’orgue à 14h à Nebrowni : Eléphants, zèbres, oryx, springboks, autruches, et tout ça en quantité phénoménale à 2 pas de notre voiture ! - Installation à Halali, Braai au coucher du soleil - Point d’eau d’Halali de nuit : scène de ménage des rhinos noirs, 2 lionnes qui viennent boire, séquence émotion !
12 septembre - Le pan d’Etosha, grande étendue vide, est impressionnant. En chemin on croise raphicères, koudous et éléphants - En direction d’Okerfontein, 2 girafes, un troupeau de springboks assez tendus et… un lion mâle qui fait la sieste sous un arbre ! - Un peu plus loin quelques voitures arrêtées, on nous fait signe de regarder en l’air et on découvre… un léopard, dans un arbre, juste au bord de la piste ! Grandiose ! - Au point d’eau de Chudop (13h30): 1 hyène, 2 lions, et beaucoup beaucoup d’herbivores un peu tendus (les zèbres montent la garde) - En arrivant vers Namutoni, 2eme léopard de la journée ! On devrait jouer au loto nous. - Pique-nique, douche, barbecue à Namutoni en compagnie des mangues rayées et du phacochère. On n’ira pas au point d’eau, on est crevé et demain il faut (encore) se lever tôt
13 septembre - 1 hyène est direction de Klein Okevi - Quelques girafes et chacals à Chudop - Des dik-dik sur la route pour quitter Etosha - Route vers Okonjima pour un court séjour à la Fondation Africat (au lodge Bush Camp) - Déjeuner au lodge - Cheetah tracking avec 2 guides. Le guépard, recueillie orpheline (sa mère a été tuée par un fermier) est remis à la vie sauvage dans la réserve d’Africat. Elle a un collier émetteur, mais pas facile de la trouvée. On finit par s’approcher à pied. Quelle émotion de se retrouver, sans la protection de la voiture, à 2 mètres d’un guépard ! Qu’elle est belle… - Diner au lodge - Départ de nuit avec le guide pour observer les porcs-épics et un ratel - Nuit au lodge
14 septembre - Petit dej léger au lodge - Leopard tracking : encore plus dur à trouver que le guépard la veille, le léopard est un grand timide. On finit par rencontrer MJ, femelle léopard de 13 ans née dans la réserve en train de patiemment attendre qu’un phacochère sorte de son terrier pour en faire son petit déjeuner ! Elle est magnifique ! - Brunch au lodge - Route vers Windhoek - Arrêt pique-nique sur une aire après Okahandja, on donne le reste de nos courses (1 paquet de chips, l’éponge et le liquide vaisselle, quelques bouteilles d’eau…) à une famille Namibienne qui s’est arrêtée pour pique-niquer au même endroit. - Retour à Windhoek, pour rendre la voiture. - Le loueur de voiture nous ramène à l’aéroport à 17h - On attend patiemment notre vol à 21h en regardant le dernier coucher de soleil des vacances et en dépensant nos derniers dollars namibiens.
15 septembre - Arrivée à Frankfort - Petit déjeuner à l’aéroport - Vol pour Paris - Retour chez nous
Et nos chats dans tout ça ? Pendant que nous observions leurs cousins africains, qu’ont donc fait nos deux chats domestiques ? Ils sont restés dans l’appartement à Paris, et nous avons fait appel à KeepCat http://keepcat.fr/ qui est passée tous les jours pour s’occuper d’eux pendant une heure. Ils ont aussi passés de bonnes vacances !
Pourquoi la Namibie ? Parce qu’après avoir vue les photos de Marie sur son site https://sites.google.com/site/sibellelaterrenamibie/home j’avais vraiment envie de voir moi aussi ces belles dunes de sable rouge avec ces beaux arbres morts qui se détachent sur le ciel bleu (il s’agit de Deadvlei) Et puis aussi parce que j’avais depuis longtemps envie d’aller à la rencontre des gros félins d’Afrique. Alors un pays pouvant offrir à la fois de magnifiques paysages, et les attraits d’un safari, un pays sur dans lequel on pouvait circuler librement en individuel, pourquoi hésiter ?!
TO ou pas TO ? J’ai choisi de faire appel à un Tour Opérateur pour l’organisation du voyage, et surtout pour les réservations, et je ne regrette pas ce choix. A priori pas plus cher que si j’avais réservé moi-même les hébergements, le TO apporte - Son expertise du pays et des conseils sur le circuit que j’avais imaginé en m’inspirant des forums - Le confort de n’avoir qu’un seul interlocuteur pour toutes les réservations (hébergements et voiture de location) J’ai demandé un devis à Madiza et Tourmaline Safaris, deux agences qui m’avaient été recommandées. J’ai choisie, un peu au hasard et au feeling, Tourmaline. Excellente réactivité de mon contact tout au long de la préparation du voyage, beaucoup de conseils me permettant d’ajuster l’itinéraire initial, réponses à toutes mes questions. Excellent accueil à l’arrivée en Namibie, briefing sur l’utilisation du 4x4 avec tente sur le toit, explication du circuit étape par étape. Excellent carnet de route, décrivant chaque étape, avec conseils au jour le jour, carnet de vouchers pour les hébergements, documents très intéressant sur la Namibie (histoire politique, géologique, vie dans le désert, peuple Himba…)
Quelle voiture, quels hébergements ? Nous avions décidé de camper, afin de profiter des levers et couchers du soleil, et d’être au plus proche de la nature. Comme nous changions de lieu tous les soirs, la tente sur le toit du 4x4 est idéale. Après un premier jour où on tâtonne un peu, on prend très rapidement le coup de main pour la déplier et la replier. La voiture était louée par Africa 4x4 Rental. Aucun problème, très bon accueil, aucune crevaison, matériel très complet dans le coffre (couvert, assiettes…., sacs de couchages et oreillers, réfrigérateur…) Nous avons aussi dormi quelques nuits en lodge, le premier soir (pour se remettre de la nuit passée dans l’avion), le dernier soir, et 2 nuits au milieu du séjour pour couper un peu. C’est bien de rester au moins une fois 2 nuits au même endroit, ça permet de pouvoir faire laver son linge, et ainsi de n’emporter que le minimum. Nous n’avons eu aucun problème avec la voiture, ni crevaison, ni pare-brise abimé. Mais attention, les routes sont traitres, il faut être très attentif quand on conduit. Nous avons croisés un couple de français qui a crevé en roulant sur une épine d’acacia, ils ne pouvaient pas l’éviter. A priori, les pneus ont une durée de vie d’environ 3000 km sur ce genre de route. Nous avions des pneus neuf au départ, mais bien abimé après notre circuit. Un couple croisé à Windhoek nous a dit avoir crevé parce que l’un de leur pneu avait déjà bien vécu quand ils ont loué la voiture.
Quel guide, quelle carte ? Les sites www.voyageforum.com et www.routard.com/forum/namibie/174.htm (un grand merci à tous les intervenants passionnés par la Namibie qui m’ont bien aidé à peaufiner mon itinéraire). J’ai imprimé et emporté les carnets de voyages de Pimprenell et Nancy (voyageforum). Nous avons acheté le Petit Futé, qui nous a servi pour préparer le voyage, et pour la section « histoire du pays », mais qui nous a très peu servi sur place. Les documents fournis par Tourmaline sont suffisants durant le voyage. Tourmaline fourni aussi une excellent carte routière (toutes les routes y sont, ainsi que les stations-services, le plan de Windhoek, celui de Swakopmund, et celui d’Etosha). Nous avons acheté une carte d’Etosha plus détaillé (avec des pages représentant chaque animal) dans une boutique à Swakopmund. Et surtout, le livre qui ne nous a pas quittés du voyage : « Compagnon de Safari » de Caroline Oriol. Livre très détaillé, très bien écrit, sur la faune namibienne. Je le recommande chaudement ! On peut le commander (il est envoyé depuis la France) ici : http://guide-faune.voyage-namibie.fr/
Quel matériel photo ? Nous avions 2 appareils photos : - Un compact : Panasonic Lumix TZ7 - Un reflex : Canon EOS 500 D avec 2 objectifs, Sigma 17-70mm f/2,8-4,5 DC MACRO et TAMRON 70-300mm SP f/4-5.6 Di VC USD. Le 70-300 a été très utile pour photographier les animaux.
Quelle compagnie aérienne ? Nous avions le choix entre une escale à Francfort, et une escale à Johannesburg. Nous avons choisi l’escale à Francfort, en voyageant sur Air Namibia, pour deux raisons : - J’avais lu qu’il y a souvent des bagages qui se perdent lors de l’escale à Johannesburg - Et surtout le vol sur Air Namibia nous permet d’arriver à Windhoek à 5h du matin, et de repartir à 21, ce qui nous fait gagner deux jours de voyages sur place ! Le vol Paris – Frankfort s’est effectué sur Air France. Nous n’avons pas eu besoin de récupérer nos bagages à Frankfort, ils étaient enregistrés jusqu’à Windhoek. Air France donne de grands sacs en plastique pour protéger les sacs à dos, pas Air Namibia. Du coup, arrivés à Windhoek, nous avons gardé ces sacs plastiques qui nous ont ainsi servis à retour.
Qu’est-ce qu’on met dans sa valise ? On achète quoi sur place ? On peut acheter quasiment tout sur place arrivé à Windhoek. Nous aimons randonner et nous campions, la liste est faite en conséquence. A ne pas oublier dans sa valise : - Une paire de jumelle par personne - Une bonne carte mémoire pour chaque appareil photo - 2 batteries par appareil photos - Une lampe frontale par personne - De la crème solaire, lunettes, chapeau, stick à lèvres (l’air est très sec), crème hydratante après solaire… - Bétadine, pansements anti ampoule… - Chaussures de rando - Polaire pour le soir - Eponge et torchon pour la vaisselle - Taies d’oreiller pour les oreillers fournis avec la voiture - Sacs de couchage (même s’il y en avait dans la voiture, vu le froid la nuit, on était bien content d’avoir 2 sacs de couchage chacun !) - Sac à viande (plus agréable que de dormir direct dans le sac de couchage, et ça permet de gagner 1 degrés supplémentaire) - Des sacs congélation avec zip pour protéger les appareils électroniques de la poussière
A acheter en arrivant à Windhoek : - De l’eau (en bouteilles, et en bonbonnes de 5 litres) - De quoi manger au petit déjeuner : pain, café, thé, nutella, confiture, jus d’orange, céréales… il y a du choix - De quoi manger en pique-nique : pain, fromage (cheddar), salami, œufs, tomates, carottes, thon, maïs, bananes, pommes, biscuits, briquettes de jus de fruit…. La encore, il y a le choix. - De quoi manger le soir : bois (1 sac fait entre 1 et 2 soirs), allume-feu (pas besoin de charbon), viandes, pommes de terre (et papier d’alu pour les faire cuire dans la braise), cheddar, œufs, carottes, fruits (ou fruits au sirop), chips… - Sopalin - 1 rouleau de papier toilettes (il y en a dans quasiment tous les campings) - Adaptateurs pour les prises électriques - Sacs poubelles (bien que ce ne soit pas trop utiles, on utilisait les sacs des courses comme poubelle) - Liquide vaisselle Nous avons fait des grosses courses à Windhoek le premier jour, et ensuite on s’est ravitaillé (produits frais, eau et bois principalement) à Mariental, à l’épicerie de Sesriem, à Solitaire, à Swakopmund et à Outjo.
Et ça coute combien tout ça ? Les prix indiqués sont pour 2 personnes. Tourmaline Safaris (Hébergements, activités avec les lodges, voiture de location) : 35 574 N$ (à payer en 2 fois : 10 311 N$ pour lancer les réservations, et le reste 40 jours avant le départ) Avion Air Namibia : 2372,88 euros (taxes comprises) Argent liquide (courses, essence, restaurants, activité non réservées avec Tourmaline, pourboire, entrées dans les parcs, souvenirs…) : 10 000 N$ Attention, le distributeur de l’aéroport ne permet de retirer que 2000 N$, c’est très peu. A Swakopmund, il permet de retirer 3000 N$, c’est un peu mieux. Bref, heureusement que j’avais changé des euros pour l’équivalent de 5000 N$ en France avant le départ. Attention bis : la visa passait bien, mais pas la mastercard.
Quel itinéraire ? Oui il serait temps d’en parler ! Nous avons choisi de commencer par les dunes, et de finir par Etosha, pour aller crescendo sur les animaux ! Voici les grandes lignes de notre itinéraire, avec parfois nos avis ou conseils. Le récit détaillé est en cours de rédaction.
31 aout 2012 - vol Paris- Windhoek, via Frankfort
1er septembre 2012 - Arrivée à Windhoek - Accueil par le loueur de voiture pour nous rendre à l’agence de location à Windhoek - Accueil par Joseph de Tourmaline qui nous briefe sur la voiture, l’itinéraire… - Route vers le sud (direction Mariental) - Diner et nuit au Bagatelle Kalahari Game Ranch en Dune Chalet (vue imprenable sur le Kalahari !)
2 septembre - Petit déjeuner au Bagatelle Kalahari - Cheetah Viewing au Bagatelle Kalahari (3 guépards orphelins ont été recueillis par le ranch, on peut, accompagnés bien sûr, entrer dans leur grand enclos pour les voir de près) - Courses à Mariental - Route pour Sesriem - Déjeuner et achet de souvenirs au restaurant-boutique-camping à Maltahohe (Oahera Craft & Tradition Center). Brian, le propriétaire, parle très bien français. - Dune Elim au coucher du soleil - Nuit au camping NWR Sesriem (lumière et électricité à chaque emplacement)
3 septembre - Lever tôt, départ environ 30 minutes après l’ouverture du parc pour éviter le rush matinal et surtout profiter de la route sous la belle lumière du soleil levant - Navette pour Deadvlei - Deadvlei (par la dune sur le côté gauche, on est donc arrivés dans le vlei, après l’avoir surplombé, par le « fond ») - Navette pour Sossusvlei - Ascension de la dune à droit de Sossusvlei pour une vue extraordinaire - Pique-nique sous un arbre devant l’étendue d’eau (au fond du vlei) - Navette pour le parking - Dune 45 (il est dommage qu’on ne dormait pas une 2eme nuit au camping dans le parc, on a vu le coucher de soleil depuis la route et pas depuis la dune) - Installation au camping Sossus Oasis (très sympa, lumière, électricité, douche et wc privés) - Diner au Sossus Lodge (excellent buffet, en plus il y en a pour vraiment tous les goûts !)
4 septembre - Lever tôt (je vais arrêter de l’écrire, on s’est toujours levé tôt…) - Courses à l’épicerie de Sesriem - Départ pour le Naukluft - Randonnée Olive Trail - Nuit au camping NWR Naukluft (ni lumière, ni électricité, douches et sanitaires communs, mais très propres)
5 septembre - Arrêt à Solitaire dans la matinée pour faire un peu de courses, déguster l’excellent appfelstruddel, et acheter des gâteaux à emporter (arrêt très sympa) - Gecko Camp : notre coup de cœur du voyage côté camping ! Emplacement en haut d’une colline (Eagle Camp) sans personnes d’autres que nous, le monde entier pour nous tout seul, toilettes avec une vue imprenable, douche (avec l’eau qui chauffe au feu de bois grâce au « donkey », sorte de chaudière) sous le ciel bleu… Franchement génial ! Mais beaucoup de vent la nuit. Et pas d’électricité.
6 septembre : - Longue route jusqu’à Walvis Bay (arrêt pour voir les flamants) - Puis route pour Swakopmund - Déjeuner au Deli Fish (très bon fish ‘n chips) - Courses au supermarché - Balade dans la ville et sur la plage - Diner au restaurant Tug (dans un ancien bateau, excellent ! Il faut réserver) - Nuit à l’hôtel The Stiltz (bungalow très agréable, avec matelas chauffant !)
7 septembre - Petit déjeuner au Stiltz - Route pour Uis - Pique-nique avec des amis qui « tournaient » dans l’autre sens, échange d’informations sur Etosha et Sesriem - Après-midi et nuit au Aabadi Camp (pas d’électricité, douche (avec « donkey ») et sanitaire commun, pas de papier toilette) Mais terrasse pour prendre un verre en regardant le coucher du soleil avec Fluffy le chat sur les genoux très agréable !
8 septembre - Twyfelfontein : j’ai beaucoup aimé ces pétroglyphes, ça donne une petite idée de comment vivaient les gens qui les ont gravés - Organ Pipes : j’ai trouvé ces formation géologiques vraiment sympa, et puis c’est juste à côté de Twyfelfontein, alors pourquoi s’en priver - Montagne Brulée : paysage lunaire, qui nous rappelle l’Etna par certains côtés, étonnant - Forêt Pétrifié : voir ces arbres gigantesques qui datent qui vivaient sur Gondwana, à l’époque où l’Amérique Latine et l’Afrique ne faisaient qu’un, ça m’impressionne vraiment !! Attention, il y a beaucoup de forêts pétrifiées « privées », avec panneaux peints à la main. Nous avons été à la forêt pétrifiée « officielle ». La guide, Susanna, était vraiment intéressante. - Fin d’après-midi, diner, et nuit au Huab Lodge. Superbe hébergement, très agréable, très convivial. J’ai adoré.
9 septembre - Marche matinale avec le guide du Huab Lodge - Petit déjeuner (découverte du milipop, sorte de polenta/porridge namibienne qu’on peut manger sucrée ou salée) - Nature Drive avec le guide qui nous donne beaucoup d’info sur la région, les plantes, les animaux… - Sundowner (apéro au milieu de nulle part au coucher du soleil) toujours avec le guide - Diner et nuit au Huab Lodge
10 septembre - Petit déjeuner au Huab Lodge - Route vers Etosha - Courses à Outjo (en allant à la boucherie conseillée par le Huab Lodge, très bonne viande, et au supermarché juste à côté) - Arrivée à Etosha, nos premières girafes ! - Installation au camping de Okaukuejo - Fin d’après-midi et soirée au point d’eau illuminé (girafes, zèbres des plaines, oryx, springboks, chacals, éléphants, rhinocéros noirs…)
11 septembre - Etre réveillée à 4h30 du matin par les rugissements d’un lion, ça n’a pas de prix ! - Hyène croisée sur la route en quittant Okaukuejo ! - Découverte de bubales à Olinfantsbad, et d’impala à face noire à Aus - 4 lionnes non loin d’Okaukuejo, qui dorment sous des buissons - Point d’orgue à 14h à Nebrowni : Eléphants, zèbres, oryx, springboks, autruches, et tout ça en quantité phénoménale à 2 pas de notre voiture ! - Installation à Halali, Braai au coucher du soleil - Point d’eau d’Halali de nuit : scène de ménage des rhinos noirs, 2 lionnes qui viennent boire, séquence émotion !
12 septembre - Le pan d’Etosha, grande étendue vide, est impressionnant. En chemin on croise raphicères, koudous et éléphants - En direction d’Okerfontein, 2 girafes, un troupeau de springboks assez tendus et… un lion mâle qui fait la sieste sous un arbre ! - Un peu plus loin quelques voitures arrêtées, on nous fait signe de regarder en l’air et on découvre… un léopard, dans un arbre, juste au bord de la piste ! Grandiose ! - Au point d’eau de Chudop (13h30): 1 hyène, 2 lions, et beaucoup beaucoup d’herbivores un peu tendus (les zèbres montent la garde) - En arrivant vers Namutoni, 2eme léopard de la journée ! On devrait jouer au loto nous. - Pique-nique, douche, barbecue à Namutoni en compagnie des mangues rayées et du phacochère. On n’ira pas au point d’eau, on est crevé et demain il faut (encore) se lever tôt
13 septembre - 1 hyène est direction de Klein Okevi - Quelques girafes et chacals à Chudop - Des dik-dik sur la route pour quitter Etosha - Route vers Okonjima pour un court séjour à la Fondation Africat (au lodge Bush Camp) - Déjeuner au lodge - Cheetah tracking avec 2 guides. Le guépard, recueillie orpheline (sa mère a été tuée par un fermier) est remis à la vie sauvage dans la réserve d’Africat. Elle a un collier émetteur, mais pas facile de la trouvée. On finit par s’approcher à pied. Quelle émotion de se retrouver, sans la protection de la voiture, à 2 mètres d’un guépard ! Qu’elle est belle… - Diner au lodge - Départ de nuit avec le guide pour observer les porcs-épics et un ratel - Nuit au lodge
14 septembre - Petit dej léger au lodge - Leopard tracking : encore plus dur à trouver que le guépard la veille, le léopard est un grand timide. On finit par rencontrer MJ, femelle léopard de 13 ans née dans la réserve en train de patiemment attendre qu’un phacochère sorte de son terrier pour en faire son petit déjeuner ! Elle est magnifique ! - Brunch au lodge - Route vers Windhoek - Arrêt pique-nique sur une aire après Okahandja, on donne le reste de nos courses (1 paquet de chips, l’éponge et le liquide vaisselle, quelques bouteilles d’eau…) à une famille Namibienne qui s’est arrêtée pour pique-niquer au même endroit. - Retour à Windhoek, pour rendre la voiture. - Le loueur de voiture nous ramène à l’aéroport à 17h - On attend patiemment notre vol à 21h en regardant le dernier coucher de soleil des vacances et en dépensant nos derniers dollars namibiens.
15 septembre - Arrivée à Frankfort - Petit déjeuner à l’aéroport - Vol pour Paris - Retour chez nous
Et nos chats dans tout ça ? Pendant que nous observions leurs cousins africains, qu’ont donc fait nos deux chats domestiques ? Ils sont restés dans l’appartement à Paris, et nous avons fait appel à KeepCat http://keepcat.fr/ qui est passée tous les jours pour s’occuper d’eux pendant une heure. Ils ont aussi passés de bonnes vacances !
Bonjour à tous, amis voyageurs,
A notre tour d’apporter notre petite contribution au forum, avec quelques infos sur notre voyage en Iran, du 16 août au 14 septembre 2014.
Quatre semaines à se promener de Téhéran aux Kaluts (Est de Kerman) en s’arrêtant à : Kashan, notre ville coup de coeur. C’est une assez grande ville mais comme le vieux quartier, les maisons historiques et le bazar sont rassemblés, on a vraiment l’impression que c’est tout petit. Ce n’est que quand le bus de Yazd vous laisse au bord de l’autoroute que vous vous rendez compte à quel point c’est grand ! Nous avons passé des heures dans le Khan Amin al-Dowleh Timche Caravanserail du bazar, à siroter du thé et à discuter avec tous ceux qui en avaient envie ! Nous sommes restés 3 nuits à la Manouchehri House au début et 2 nuits à l’hôtel Negin à notre retour du sud. Ispahan, grande ville, avec des lieux intéressants à visiter... Nous n’avons malgré tout pas eu beaucoup de plaisir ici, trop grand, bruyant et pollué pour nous, avec des sites relativement éloignés les uns des autres (nous avons passé pas mal de temps en voiture). GH Bekhradi’s House pour 3 nuits. Tudeshk Cho, village paisible à l’est d’Ispahan. Nous sommes resté chez Mohammad au Tak Taku Homestay. La famille accueille des cyclistes depuis longtemps mais c’est plus un business qu’un vrai homestay. L’ambiance est particulière et Mohammad pousse un peu à l’achat de tapis (qui seraient faits par sa belle soeur) ou à prendre des tours organisés. Nous nous sommes laissés tenter par un petit tour vers les dunes mais pour ceux qui vont plus à l’est dans le desert, ça ne vaut pas le coup. A $30 l'excursion c’est même plutôt cher. Il y a le site de construction d’un complexe touristique et la vue de toilettes en plastique au milieu des dunes une fois au sommet. Na’in, petite ville sympa avec une Jameh Mosquée du 9ème sciècle et des ruines alentours très intéressantes au milieu desquelles nous avons bien aimé nous promener. Le bazar historique (désaffecté) possède une âme… Il y a une tentative de réhabilitation qui commence à une des extrémités sur une toute petite portion du bazar, pourvu que ça continue ! Séjour de 2 nuits au Na’in Tourist Inn (duplex très confortable, pas cher, personnel parlant très peu anglais) . Anarak, toujours plus à l’est, village aux couleurs du désert entouré par des montagnes. Balades agréables. Nous avons passé une nuit dans le caravansérail (seul hébergement du coin, pas d’anglais à part au téléphone avec la responsable), très bien rénové avec une déco sympa. Garmeh, plus loin dans le désert, est une oasis et l’endroit idéal pour se reposer. Balades sympas dans le village, la palmeraie ou les montagnes environnantes. Nous avons posé nous sacs chez Maziah, à l’Ateshooni GH. En fait, nous devions rester une nuit et nous sommes restés 3. Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit le grand luxe (matelas mous et couvertures à empiler sur le tapis dans la chambre et sanitaires communs un peu glauques) mais nous avons adoré l’atmosphère et les longues discussions avec les voyageurs de tous horizons. Nous sommes allés aux dunes de Farahzad avec d’autres guests et Maziah est venu nous rejoindre avec ses instruments de musique et son équipe. Après le coucher de soleil, nous nous sommes assis autour du feu, la tête dans les étoiles, à siroter un thé et grignoter des dates en écoutant Maziah et son ami jouer… un vrai régal... Yazd, cap au sud, ville plutôt agréable dans le centre historique. Nous ne sommes restés qu’une nuit et comme nous n’avions pas réservé, nous avons visité beaucoup d’hôtels chers avec des chambres horribles ! Nous avons finalement terminé au Moshir Garden, cher et loin du centre mais au moins la chambre était nickel ! Kerman, juste une étape pour organiser notre excursion dans le Kavir-e-Lut. La ville est bruyante et pas très intéressante en elle-même cependant, nous avons bien aimé le bazar… Nous avons passé la nuit à l’hôtel Akhavan pour bénéficier des connaissances du Boss, qui parle très bien anglais et qui est un vrai puits d’infos ! Les chambres ont dépassé la date limite de rénovation mais tout ce qui nous importait, c’était d’organiser notre séjour dans les Kaluts... Les Kaluts, dans le Kavir-é-Lut, sont des formations impressionnantes, dispersées dans le désert. Nous avons adoré ! M. Akhavan nous a recommandé Mahmood, un chauffeur ayant dépassé la soixantaine et qui ne ferait pas d’imprudence au volant. Nous avons donc campé 2 nuits au milieu des Kaluts et passé le plus chaud de la journée à Shafi Abad (camp de base de Mahmood chez une famille du coin), où il y a d’ailleurs d’anciens qanat et caravanserail intéressants. Mahan, petite bourgade où l’on peut visiter 2 endroits très jolis : Shahzadeh Garden et Le Nematollah Wali Mausoleum. Visite de Rayen qui ne nous a pas emballés, accueil excécrable (un peu choquant pour l’Iran : on avait perdu l’habitude !) et au stade où en était notre voyage, nous avions vu déjà beaucoup de ruines et nous aurions très bien pu nous passer de celle-ci ! C’est un sentiment totalement personnel et ne doit pas être pris pour un avertissement à ne pas visiter Rayen !!! Nous avons passé la nuit au Mahan Tourist Inn (personnel parlant très peu anglais mais plus qu’adorable) Meymand, village troglodyte entre Kerman & Shiraz. La visite pourrait être intéressante si le village n’était pas aussi sale. Toutes les grottes délaissées par les nomades pour la saison sont remplies de détritus, de même que la plupart des chemins du village. Nous sommes restés une nuit dans une grotte (expérience inédite pour nous) mais si nous avons bien aimé notre petite chambre troglodyte et les repas chez la mère du patron de la GH (une petite vieille adorable), nous avons nettement moins apprécié les sanitaires communs carrément insalubres ! Petite info pour ceux qui prennent le bus à Shahrbabak pour Yazd, nous avons détecté du wifi au restaurant (bouffe immonde !), nous avons demandé le code à un gars dans le bureau vitré qui est juste à côté, il a été très sympa et nous a laissé surfer jusqu’à notre départ. Fahraj, située à 35 km au sud/est de Yazd. Un fort en ruines, une mosquée ancienne mais aussi des détritus de partout… dommage. Pour notre retour sur Yazd, nous avons préféré séjourner carrément à l’extérieur et avoir une ambiance plus désert que ville. Nous avons donc contacté Massoud et sommes restés 3 nuits au Farvardinn. Chambre pas mal mais les lieux sont globalement pas très propres et il y a beaucoup de mouches.Formidable voyage que nous devons en partie aux Iraniens pour leur accueil rare, leur gentillesse, leur aide et leur sourire. Le désert nous a accompagné tout le long de notre périple (on l’a fait exprès) avec les montagnes, omniprésentes, aux formes et couleurs variées, la chaleur et la sécheresse permanentes. Nos petits conseils perso : N’hésitez pas à prendre le train, ça favorise les rencontres, surtout dans ceux avec compartiments (nous en avons eu un entre Tehran et Kashan, super moments). N’oubliez pas de prendre un guide de conversation, on se fait facilement comprendre malgré l’accent francais. En cette saison il fait très sec (- de 20% d’humidité) et notre spray nasal nous a été bien utile. Il n’y a pratiquement jamais de support pour poser ses affaires dans les sdb, vive les trousses de toilettes qui se suspendent ! Nous avions pris des cartes postales de France et des babioles pour les enfants, pour des petits cadeaux plus sensés que des bonbons.Achetez une carte sim, c’est très utile !
A notre tour d’apporter notre petite contribution au forum, avec quelques infos sur notre voyage en Iran, du 16 août au 14 septembre 2014.
Quatre semaines à se promener de Téhéran aux Kaluts (Est de Kerman) en s’arrêtant à : Kashan, notre ville coup de coeur. C’est une assez grande ville mais comme le vieux quartier, les maisons historiques et le bazar sont rassemblés, on a vraiment l’impression que c’est tout petit. Ce n’est que quand le bus de Yazd vous laisse au bord de l’autoroute que vous vous rendez compte à quel point c’est grand ! Nous avons passé des heures dans le Khan Amin al-Dowleh Timche Caravanserail du bazar, à siroter du thé et à discuter avec tous ceux qui en avaient envie ! Nous sommes restés 3 nuits à la Manouchehri House au début et 2 nuits à l’hôtel Negin à notre retour du sud. Ispahan, grande ville, avec des lieux intéressants à visiter... Nous n’avons malgré tout pas eu beaucoup de plaisir ici, trop grand, bruyant et pollué pour nous, avec des sites relativement éloignés les uns des autres (nous avons passé pas mal de temps en voiture). GH Bekhradi’s House pour 3 nuits. Tudeshk Cho, village paisible à l’est d’Ispahan. Nous sommes resté chez Mohammad au Tak Taku Homestay. La famille accueille des cyclistes depuis longtemps mais c’est plus un business qu’un vrai homestay. L’ambiance est particulière et Mohammad pousse un peu à l’achat de tapis (qui seraient faits par sa belle soeur) ou à prendre des tours organisés. Nous nous sommes laissés tenter par un petit tour vers les dunes mais pour ceux qui vont plus à l’est dans le desert, ça ne vaut pas le coup. A $30 l'excursion c’est même plutôt cher. Il y a le site de construction d’un complexe touristique et la vue de toilettes en plastique au milieu des dunes une fois au sommet. Na’in, petite ville sympa avec une Jameh Mosquée du 9ème sciècle et des ruines alentours très intéressantes au milieu desquelles nous avons bien aimé nous promener. Le bazar historique (désaffecté) possède une âme… Il y a une tentative de réhabilitation qui commence à une des extrémités sur une toute petite portion du bazar, pourvu que ça continue ! Séjour de 2 nuits au Na’in Tourist Inn (duplex très confortable, pas cher, personnel parlant très peu anglais) . Anarak, toujours plus à l’est, village aux couleurs du désert entouré par des montagnes. Balades agréables. Nous avons passé une nuit dans le caravansérail (seul hébergement du coin, pas d’anglais à part au téléphone avec la responsable), très bien rénové avec une déco sympa. Garmeh, plus loin dans le désert, est une oasis et l’endroit idéal pour se reposer. Balades sympas dans le village, la palmeraie ou les montagnes environnantes. Nous avons posé nous sacs chez Maziah, à l’Ateshooni GH. En fait, nous devions rester une nuit et nous sommes restés 3. Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit le grand luxe (matelas mous et couvertures à empiler sur le tapis dans la chambre et sanitaires communs un peu glauques) mais nous avons adoré l’atmosphère et les longues discussions avec les voyageurs de tous horizons. Nous sommes allés aux dunes de Farahzad avec d’autres guests et Maziah est venu nous rejoindre avec ses instruments de musique et son équipe. Après le coucher de soleil, nous nous sommes assis autour du feu, la tête dans les étoiles, à siroter un thé et grignoter des dates en écoutant Maziah et son ami jouer… un vrai régal... Yazd, cap au sud, ville plutôt agréable dans le centre historique. Nous ne sommes restés qu’une nuit et comme nous n’avions pas réservé, nous avons visité beaucoup d’hôtels chers avec des chambres horribles ! Nous avons finalement terminé au Moshir Garden, cher et loin du centre mais au moins la chambre était nickel ! Kerman, juste une étape pour organiser notre excursion dans le Kavir-e-Lut. La ville est bruyante et pas très intéressante en elle-même cependant, nous avons bien aimé le bazar… Nous avons passé la nuit à l’hôtel Akhavan pour bénéficier des connaissances du Boss, qui parle très bien anglais et qui est un vrai puits d’infos ! Les chambres ont dépassé la date limite de rénovation mais tout ce qui nous importait, c’était d’organiser notre séjour dans les Kaluts... Les Kaluts, dans le Kavir-é-Lut, sont des formations impressionnantes, dispersées dans le désert. Nous avons adoré ! M. Akhavan nous a recommandé Mahmood, un chauffeur ayant dépassé la soixantaine et qui ne ferait pas d’imprudence au volant. Nous avons donc campé 2 nuits au milieu des Kaluts et passé le plus chaud de la journée à Shafi Abad (camp de base de Mahmood chez une famille du coin), où il y a d’ailleurs d’anciens qanat et caravanserail intéressants. Mahan, petite bourgade où l’on peut visiter 2 endroits très jolis : Shahzadeh Garden et Le Nematollah Wali Mausoleum. Visite de Rayen qui ne nous a pas emballés, accueil excécrable (un peu choquant pour l’Iran : on avait perdu l’habitude !) et au stade où en était notre voyage, nous avions vu déjà beaucoup de ruines et nous aurions très bien pu nous passer de celle-ci ! C’est un sentiment totalement personnel et ne doit pas être pris pour un avertissement à ne pas visiter Rayen !!! Nous avons passé la nuit au Mahan Tourist Inn (personnel parlant très peu anglais mais plus qu’adorable) Meymand, village troglodyte entre Kerman & Shiraz. La visite pourrait être intéressante si le village n’était pas aussi sale. Toutes les grottes délaissées par les nomades pour la saison sont remplies de détritus, de même que la plupart des chemins du village. Nous sommes restés une nuit dans une grotte (expérience inédite pour nous) mais si nous avons bien aimé notre petite chambre troglodyte et les repas chez la mère du patron de la GH (une petite vieille adorable), nous avons nettement moins apprécié les sanitaires communs carrément insalubres ! Petite info pour ceux qui prennent le bus à Shahrbabak pour Yazd, nous avons détecté du wifi au restaurant (bouffe immonde !), nous avons demandé le code à un gars dans le bureau vitré qui est juste à côté, il a été très sympa et nous a laissé surfer jusqu’à notre départ. Fahraj, située à 35 km au sud/est de Yazd. Un fort en ruines, une mosquée ancienne mais aussi des détritus de partout… dommage. Pour notre retour sur Yazd, nous avons préféré séjourner carrément à l’extérieur et avoir une ambiance plus désert que ville. Nous avons donc contacté Massoud et sommes restés 3 nuits au Farvardinn. Chambre pas mal mais les lieux sont globalement pas très propres et il y a beaucoup de mouches.Formidable voyage que nous devons en partie aux Iraniens pour leur accueil rare, leur gentillesse, leur aide et leur sourire. Le désert nous a accompagné tout le long de notre périple (on l’a fait exprès) avec les montagnes, omniprésentes, aux formes et couleurs variées, la chaleur et la sécheresse permanentes. Nos petits conseils perso : N’hésitez pas à prendre le train, ça favorise les rencontres, surtout dans ceux avec compartiments (nous en avons eu un entre Tehran et Kashan, super moments). N’oubliez pas de prendre un guide de conversation, on se fait facilement comprendre malgré l’accent francais. En cette saison il fait très sec (- de 20% d’humidité) et notre spray nasal nous a été bien utile. Il n’y a pratiquement jamais de support pour poser ses affaires dans les sdb, vive les trousses de toilettes qui se suspendent ! Nous avions pris des cartes postales de France et des babioles pour les enfants, pour des petits cadeaux plus sensés que des bonbons.Achetez une carte sim, c’est très utile !
Bonsoir,
Et voila c'est fini ... :(
Ce fut 14 jours Magiques ! 11 jours à NY , 1 journée à Philadelphie et 2 jours à Washington.
- --
Ca y est, nous y sommes. Après plus de 7heures de vol et le même temps d'attente à l'aéroport, nous sommes enfin arrivés à NEW YORK. Nous étions heureux mais ... fatigués!
2 heures du mat, nous posons enfin les bagages dans notre chambre à l’hôtel Belleclaire (W 77th street : à coté du central Park). Notre chambre est petite avec le strict minimum mais avec une télé et une clim quand même. Les toilettes et la salle de bain sont communes avec deux autres chambres mais bon à seulement 60€ la nuit, nous n'allions pas nous plaindre...
Dimanche 11 Juillet La nuit fut courte. Nous nous sommes levés à 6h30, dur ! dur ! La journée allait être bien remplie, au programme : visite de la statue de la liberté, d’Ellis Island, le quartier de Wall Street… Notre hôtel est situé à deux pas du métro ce qui est bien pratique pour se déplacer (surtout à New York). 1ère découverte du métro : il faut énormément chaud dans les bouches de métro, le métro est très propre, très sécurisant contrairement au métro français. Nous sommes descendus à Bowling Green pour prendre le Ferry allant sur Liberty Island et Ellis Island. Ça y est, nous voyons enfin la statue de la liberté de près, qu’est qu’elle est belle !!! Nous l’avons vue sous toutes les coutures et David la prise en photos sous tous les angles. Ça fait drôle de se dire que nous sommes à côté du symbole de l’Amérique, de New York. On a l’habitude de la voir à la télévision, dans les séries et les films et là, elle est devant nous majestueuse. Nous avons fait le tour de l’île ce qui nous a permis également d’avoir une première vue sur la baie de Manhattan

Après cette visite très instructive, nous découvrons le quartier de Wall Street avec Trinity Church. Nous avons également vu la Réserve fédérale mais comme il est dimanche, nous n’avons pas pu apprécier l’effervescence du quartier avec les traders et les businessmen. Pour nous, il était alors temps de manger, nous avons décider de manger notre premier hamburger américain. Pas mauvais du tout

Lundi 12 juillet 2010 : Nous nous sommes levés plus tard pour cette journée vers 9h. Aujourd’hui notre journée est consacrée à la visite du Musée d’histoire naturelle et la découverte du Financial District (Wall Street et World Trade Center). Le musée d’histoire naturelle est un magnifique musée avec plein d’animaux que l’on a n’a pas l’habitude de voir (une baleine à taille réelle, des dinosaures, le « gnum gnum » de l’île de Pâques). C’était vraiment sympa ça nous a fait penser au film « La nuit au musée » avec Ben Stiller mais c’est un peu différent quand même. Ce qui était dommage c’est que la façade du musée était en rénovation. Il y avait un échafaudage devant qui nous permettait pas d’apprécier l’extérieur du monument.

Direction ensuite Wall Street avec le New York Stock exchange, le Federal Hall. C’est un lieu qui reflète bien le New York des hommes d’affaires, des businessmen. Les gens ne s’arrêtent jamais, ils sont sans cesse sous pression, à défiler à toute vitesse le téléphone et l’attache case à la main. Ils sont fous !!

Nous sommes rentrés à l’hôtel vers 17h pour une bonne douche bien méritée. Ensuite, nous avons fait une promenade dans Battery Park à 19h. Nous avons marché jusqu’au Pier 17. Celui-ci se trouve juste à côté du pont de Brooklyn. Nous avons pris quelques photos et nous avons mangé au Séquoia avec vue sur Brooklyn. C’était une magnifique soirée avec une petite brise très agréable.
Mardi 13 juillet 2010 : Après un lever vers 8h30 et un bon petit déj, nous avons visité le Flatiron, building en forme de fer à repasser Voici quelques photos :

Puis ensuite direction l'Empire State building. Nous sommes montés au 86ème étage, la vue est imprenable sur tout Manhattan.

Ensuite nous avons mangé juste à côté dans une rôtisserie car il s’est mis à pleurer des trombes d’eau. Impressionnant, les routes commençaient à être innondées. Nous avons attendu un peu puis nous sommes allés faire du shopping à Macy’s. Ce magasin est l’un des plus grands au monde (il est plus grand que les galeries Lafayette ou le Printemps à Paris). En sortant du magasin, il ne pleuvait plus, on en a donc profité pour découvrir les magasins de la 5ème avenue : American Girls (magasin de poupées avec salon de coiffure…), Build a bear et au Rockfeller Center avec le magasin Lego, Nintendo.

Nous sommes ensuite rentrés à l’hôtel vers 17h. le programme de la soirée est le restaurant Ellen Stardust sur Times Square : beaucoup de personnes nous avaient recommandé ce resto par son côté original. En effet, il est atypique, les serveurs chantent en même temps qu’ils font leur travail. C’est impressionnant. Ils chantent tous les genres : Pavarotti, Lady Gaga, Aretha Franklin, Franck Sinatra… Nous avons passé une super soirée très sympa puis après nous avons fait de belles photos sur Times Square illuminé. Retour à l’hôtel à 23h.

Magasin Tys'R'Us

Dimanche 11 Juillet La nuit fut courte. Nous nous sommes levés à 6h30, dur ! dur ! La journée allait être bien remplie, au programme : visite de la statue de la liberté, d’Ellis Island, le quartier de Wall Street… Notre hôtel est situé à deux pas du métro ce qui est bien pratique pour se déplacer (surtout à New York). 1ère découverte du métro : il faut énormément chaud dans les bouches de métro, le métro est très propre, très sécurisant contrairement au métro français. Nous sommes descendus à Bowling Green pour prendre le Ferry allant sur Liberty Island et Ellis Island. Ça y est, nous voyons enfin la statue de la liberté de près, qu’est qu’elle est belle !!! Nous l’avons vue sous toutes les coutures et David la prise en photos sous tous les angles. Ça fait drôle de se dire que nous sommes à côté du symbole de l’Amérique, de New York. On a l’habitude de la voir à la télévision, dans les séries et les films et là, elle est devant nous majestueuse. Nous avons fait le tour de l’île ce qui nous a permis également d’avoir une première vue sur la baie de Manhattan

Après cette visite très instructive, nous découvrons le quartier de Wall Street avec Trinity Church. Nous avons également vu la Réserve fédérale mais comme il est dimanche, nous n’avons pas pu apprécier l’effervescence du quartier avec les traders et les businessmen. Pour nous, il était alors temps de manger, nous avons décider de manger notre premier hamburger américain. Pas mauvais du tout

Lundi 12 juillet 2010 : Nous nous sommes levés plus tard pour cette journée vers 9h. Aujourd’hui notre journée est consacrée à la visite du Musée d’histoire naturelle et la découverte du Financial District (Wall Street et World Trade Center). Le musée d’histoire naturelle est un magnifique musée avec plein d’animaux que l’on a n’a pas l’habitude de voir (une baleine à taille réelle, des dinosaures, le « gnum gnum » de l’île de Pâques). C’était vraiment sympa ça nous a fait penser au film « La nuit au musée » avec Ben Stiller mais c’est un peu différent quand même. Ce qui était dommage c’est que la façade du musée était en rénovation. Il y avait un échafaudage devant qui nous permettait pas d’apprécier l’extérieur du monument.

Direction ensuite Wall Street avec le New York Stock exchange, le Federal Hall. C’est un lieu qui reflète bien le New York des hommes d’affaires, des businessmen. Les gens ne s’arrêtent jamais, ils sont sans cesse sous pression, à défiler à toute vitesse le téléphone et l’attache case à la main. Ils sont fous !!

Nous sommes rentrés à l’hôtel vers 17h pour une bonne douche bien méritée. Ensuite, nous avons fait une promenade dans Battery Park à 19h. Nous avons marché jusqu’au Pier 17. Celui-ci se trouve juste à côté du pont de Brooklyn. Nous avons pris quelques photos et nous avons mangé au Séquoia avec vue sur Brooklyn. C’était une magnifique soirée avec une petite brise très agréable.
Mardi 13 juillet 2010 : Après un lever vers 8h30 et un bon petit déj, nous avons visité le Flatiron, building en forme de fer à repasser Voici quelques photos :

Puis ensuite direction l'Empire State building. Nous sommes montés au 86ème étage, la vue est imprenable sur tout Manhattan.

Ensuite nous avons mangé juste à côté dans une rôtisserie car il s’est mis à pleurer des trombes d’eau. Impressionnant, les routes commençaient à être innondées. Nous avons attendu un peu puis nous sommes allés faire du shopping à Macy’s. Ce magasin est l’un des plus grands au monde (il est plus grand que les galeries Lafayette ou le Printemps à Paris). En sortant du magasin, il ne pleuvait plus, on en a donc profité pour découvrir les magasins de la 5ème avenue : American Girls (magasin de poupées avec salon de coiffure…), Build a bear et au Rockfeller Center avec le magasin Lego, Nintendo.

Nous sommes ensuite rentrés à l’hôtel vers 17h. le programme de la soirée est le restaurant Ellen Stardust sur Times Square : beaucoup de personnes nous avaient recommandé ce resto par son côté original. En effet, il est atypique, les serveurs chantent en même temps qu’ils font leur travail. C’est impressionnant. Ils chantent tous les genres : Pavarotti, Lady Gaga, Aretha Franklin, Franck Sinatra… Nous avons passé une super soirée très sympa puis après nous avons fait de belles photos sur Times Square illuminé. Retour à l’hôtel à 23h.

Magasin Tys'R'Us

Bonjour,
Ma femme et moi même enviseagons pour l'an prochain notre 1er trip safari photo en Afrique. Donc pour résumer il s'agirait d'une boucle Namibie + Botswana pendant 25 jours environ. Pour la durée s'il faut rallonger de quelques jours ou raccoucir, ça ne pose pas de problème. Le voyage aurait lieu en Septembre/octobre 2013 (donc si j'ai bien compris faut pas trop que je perde de temps pour les résas) le tout en 4x4 double cab tente sur toit durant tout le séjour.
J'ai déjà une 1ère ébauche d'itinéraire mais pas mal d'intérrogation, donc voici l'idée et ensuite je vous mitraille de questions.
jour 1 - Windhoek --> Sesriem jour 2 - Sossusvlei jour 3 - Sesriem --> Spitzkoppe (google map dit 7h pour 450 km mais dans la réalité ?) jour 4 - Spitzkoppe --> Palmwag jour 5 - Palmwag --> Purros (en route arrêt baignade à warmquelle) jour 6 - game drive éléphants du désert jour 7 - Purros --> Kamanjab ou directement Etosha mais y a t'il une entrée Ouest vers hobatere ? jour 8 - Etosha jour 9 - Etosha jour 9 - Etosha jour 10 - Etosha --> Mahango (longue route mais tout bitume donc ca me semble faisable non ?) jour 11 - game drive le matin dans Mahango et bateau le soir jour 12 - Mahango --> Kasane direct c'est jouable où il faut couper l'étape en deux à Salambala ? jour 13 - Parc de chobé jour 14 - Parc de chobé jour 15 - Parc de chobé + bateau jour 16 - Day trip pour les chutes Victoria
Option 1 jour 17 - kasane --> Maun via Nata jour 18 - trip Mokoro jour 1 jour 19 - trip Mokoro jour 2 Jour 20 - Maun --> Ghanzi Jour 21 - Ghanzi --> Windhoek jour 22 - Retour sur Nouméa
Option 2 jour 17 - kasane --> Savuti jour 18 - Savuti --> Moremi (à priori xakanaxa c'est le meilleur coin ?) jour 19 - game drive Moremi jour 20 - game drive Moremi jour 21 - Mokoro 1 journée depuis xakanaxa c'est possible ? jour 22 - Moremi --> Maun Jour 23 - Maun --> Ghanzi Jour 24 - Ghanzi --> Windhoek jour 25 - Retour à la réalité
Voilà pour l'itinéraire, vous aurez compris que le bord de mer et la zone Epupa falls en Namibie ne m'attire pas. Pour information je suis prêt à "sacrifier" Spitzkoppe et Purros au pire des cas. Si jamais les étapes du début sont intenables, j'avais envisagé de faire Sesriem-->Windhoek-->Waterberg-->Etosha.
Bon enfin je passe aux questions : 1°) Spitzkoppe et Purros immanquable selon vous ? 2°) option 1 ou 2 sachant que je n'ai pas d'expérience probante en 4x4 à part un peu aux usa et de temps en temps en Nouvelle Calédonie ? Sachant que je n'aurais sans doute qu'un 2.5L Hilux sans snorkel (version safari 3.0TD chez Asco vraiment chère) mais bon le snorkel en septembre/octobre est-ce vraiment utile ? 3°) Le mokoro ca vaut vraiment le coup/coût ? Si oui, 1 ou 2 jours ? 4°) Pour le mokoro depuis Maun j'ai trouvé 193 €/pers pour 2 jours nourriture et matériel compris, ca vous parait honnête où vous avez mieux ?
Bon d'autres questions viendront par la suite en fonction de vos réponses. En tout cas n'hésitez pas à me proposer d'autres trajets alternatifs. Et me donner les temps de route réel entre les différents lieux.
Merci d'avance à tous.
Ma femme et moi même enviseagons pour l'an prochain notre 1er trip safari photo en Afrique. Donc pour résumer il s'agirait d'une boucle Namibie + Botswana pendant 25 jours environ. Pour la durée s'il faut rallonger de quelques jours ou raccoucir, ça ne pose pas de problème. Le voyage aurait lieu en Septembre/octobre 2013 (donc si j'ai bien compris faut pas trop que je perde de temps pour les résas) le tout en 4x4 double cab tente sur toit durant tout le séjour.
J'ai déjà une 1ère ébauche d'itinéraire mais pas mal d'intérrogation, donc voici l'idée et ensuite je vous mitraille de questions.
jour 1 - Windhoek --> Sesriem jour 2 - Sossusvlei jour 3 - Sesriem --> Spitzkoppe (google map dit 7h pour 450 km mais dans la réalité ?) jour 4 - Spitzkoppe --> Palmwag jour 5 - Palmwag --> Purros (en route arrêt baignade à warmquelle) jour 6 - game drive éléphants du désert jour 7 - Purros --> Kamanjab ou directement Etosha mais y a t'il une entrée Ouest vers hobatere ? jour 8 - Etosha jour 9 - Etosha jour 9 - Etosha jour 10 - Etosha --> Mahango (longue route mais tout bitume donc ca me semble faisable non ?) jour 11 - game drive le matin dans Mahango et bateau le soir jour 12 - Mahango --> Kasane direct c'est jouable où il faut couper l'étape en deux à Salambala ? jour 13 - Parc de chobé jour 14 - Parc de chobé jour 15 - Parc de chobé + bateau jour 16 - Day trip pour les chutes Victoria
Option 1 jour 17 - kasane --> Maun via Nata jour 18 - trip Mokoro jour 1 jour 19 - trip Mokoro jour 2 Jour 20 - Maun --> Ghanzi Jour 21 - Ghanzi --> Windhoek jour 22 - Retour sur Nouméa
Option 2 jour 17 - kasane --> Savuti jour 18 - Savuti --> Moremi (à priori xakanaxa c'est le meilleur coin ?) jour 19 - game drive Moremi jour 20 - game drive Moremi jour 21 - Mokoro 1 journée depuis xakanaxa c'est possible ? jour 22 - Moremi --> Maun Jour 23 - Maun --> Ghanzi Jour 24 - Ghanzi --> Windhoek jour 25 - Retour à la réalité
Voilà pour l'itinéraire, vous aurez compris que le bord de mer et la zone Epupa falls en Namibie ne m'attire pas. Pour information je suis prêt à "sacrifier" Spitzkoppe et Purros au pire des cas. Si jamais les étapes du début sont intenables, j'avais envisagé de faire Sesriem-->Windhoek-->Waterberg-->Etosha.
Bon enfin je passe aux questions : 1°) Spitzkoppe et Purros immanquable selon vous ? 2°) option 1 ou 2 sachant que je n'ai pas d'expérience probante en 4x4 à part un peu aux usa et de temps en temps en Nouvelle Calédonie ? Sachant que je n'aurais sans doute qu'un 2.5L Hilux sans snorkel (version safari 3.0TD chez Asco vraiment chère) mais bon le snorkel en septembre/octobre est-ce vraiment utile ? 3°) Le mokoro ca vaut vraiment le coup/coût ? Si oui, 1 ou 2 jours ? 4°) Pour le mokoro depuis Maun j'ai trouvé 193 €/pers pour 2 jours nourriture et matériel compris, ca vous parait honnête où vous avez mieux ?
Bon d'autres questions viendront par la suite en fonction de vos réponses. En tout cas n'hésitez pas à me proposer d'autres trajets alternatifs. Et me donner les temps de route réel entre les différents lieux.
Merci d'avance à tous.
Bonjour à tous,
Nous prévoyons un circuit en Malaisie pour l'été prochain (juillet-août), voici le programme que j'ai prévu pour le moment, si vous avez des remarques ou des propositions cela serait super ! Nous avons prévu 6 jours de "farniente", cela peut paraitre long mais c'est voulu car cela fait longtemps que nous n'avons pas fait de "balnéaire" !
Merci pour tous vos avis !
Voici le programme :
Jour 1) Arrivée à Singapour tôt le matin, repos visite de la ville, nuit à Singapour
Jour 2) Visite de Singapour, en fin de journée vol pour Kota Kinabalu, nuit à Kota Kinabalu
Jour 3) Kinabalu National Park – Pring Hot Springs, nuit à Kota Kinabalu
Jour 4) Vol tôt pour Sandakan, Sepilok, Bornean Sun Bear, Kinabatangan River, nuit Sukau Rainforest
Jour 5) Kinabatangan River, nuit Sukau Rainforest
Jour 6) Transfert pour Lahad Datu puis Danum Valley, nuit Danum Valley Field Center
Jour 7) Danum Valley, nuit Danum Valley Field Center
Jour 8) Transfert à Lahad Datu et vol pour Mulu (avec escales), nuit à Marriott Resort
Jour 9) Mulu, nuit à Marriott Resort
Jour 10) Mulu, nuit à Marriott Resort
Jour 11) Vol pour Kuching, transfert et visite au par national de Bako, nuit dans le parc
Jour 12) Bako, retour en fin de journée à Kuching, nuit à Kuching
Jour 13) Centre de Semenggoh, parc national de Tanjung Datu, nuit dans le parc
Jour 14) Tanjung Datu, nuit dans le parc
Jour 15) Retour à Kuching et vol pour Kota Bahru l’après-midi, nuit à Kuala Besut
Jour 16) Trajet pour Perhentian Besar (hôtel à définir !!!)
Jour 17) Perhentian Besar
Jour 18) Perhentian Besar
Jour 19) Perhentian Besar
Jour 20) Perhentian Besar
Jour 21) Perhentian Besar
Jour 22) Perhentian, fin d’après-midi retour à Kuala Besut et transfert à Tanah Merah puis train pour Singapour
Jour 23) Singapour, nuit à Singapour
Jour 24) Singapour et le soir vol de retour
Qu'en pensez-vous ?
Un grand merci pour votre retour et bonne journée.
Nous prévoyons un circuit en Malaisie pour l'été prochain (juillet-août), voici le programme que j'ai prévu pour le moment, si vous avez des remarques ou des propositions cela serait super ! Nous avons prévu 6 jours de "farniente", cela peut paraitre long mais c'est voulu car cela fait longtemps que nous n'avons pas fait de "balnéaire" !
Merci pour tous vos avis !
Voici le programme :
Jour 1) Arrivée à Singapour tôt le matin, repos visite de la ville, nuit à Singapour
Jour 2) Visite de Singapour, en fin de journée vol pour Kota Kinabalu, nuit à Kota Kinabalu
Jour 3) Kinabalu National Park – Pring Hot Springs, nuit à Kota Kinabalu
Jour 4) Vol tôt pour Sandakan, Sepilok, Bornean Sun Bear, Kinabatangan River, nuit Sukau Rainforest
Jour 5) Kinabatangan River, nuit Sukau Rainforest
Jour 6) Transfert pour Lahad Datu puis Danum Valley, nuit Danum Valley Field Center
Jour 7) Danum Valley, nuit Danum Valley Field Center
Jour 8) Transfert à Lahad Datu et vol pour Mulu (avec escales), nuit à Marriott Resort
Jour 9) Mulu, nuit à Marriott Resort
Jour 10) Mulu, nuit à Marriott Resort
Jour 11) Vol pour Kuching, transfert et visite au par national de Bako, nuit dans le parc
Jour 12) Bako, retour en fin de journée à Kuching, nuit à Kuching
Jour 13) Centre de Semenggoh, parc national de Tanjung Datu, nuit dans le parc
Jour 14) Tanjung Datu, nuit dans le parc
Jour 15) Retour à Kuching et vol pour Kota Bahru l’après-midi, nuit à Kuala Besut
Jour 16) Trajet pour Perhentian Besar (hôtel à définir !!!)
Jour 17) Perhentian Besar
Jour 18) Perhentian Besar
Jour 19) Perhentian Besar
Jour 20) Perhentian Besar
Jour 21) Perhentian Besar
Jour 22) Perhentian, fin d’après-midi retour à Kuala Besut et transfert à Tanah Merah puis train pour Singapour
Jour 23) Singapour, nuit à Singapour
Jour 24) Singapour et le soir vol de retour
Qu'en pensez-vous ?
Un grand merci pour votre retour et bonne journée.
Cinq ans déjà ont passé depuis notre dernière boucle à partir de Salt Lake City, pendant lesquels nous avons effectué trois voyages en Argentine et au Chili. Mais le besoin de revoir l’Ouest américain s’est fait de plus en plus pressant... Retour donc pour une nouvelle boucle à partir de Denver – après une première en 2005 – en passant par White Sands, Havasupai, Page, Snow Canyon, Escalante, Torrey, Moab, Bisti Badlands, Santa Fe, Great Sand Dunes, Crested Butte et les Rocky Mountains. Nous comptions surtout découvrir de nouveaux endroits – mais le temps nous en a parfois empêchés – et nous avons été gâtés sur deux sites encore très peu connus: King of Wings et Delta Pool.
Bonne lecture...

La version avec photos et cartes se trouve ici: carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_184...
Index du carnet:
Roswell, White Sands, Sedona, Havasupai Page, Zion, Snow Canyon, Yant FLat Escalante, Zebra Slot, les « jours moins » s'enchaînent... Burr Trail Rd, Notom-Bullfrog Rd, The Tanks Hickman Bridge, Cathedral Valley Strike Valley Overlook, Waterpocket Fold via la Notom-Bullfrog Rd En route pour Moab... Little Wild Horse Canyon, Fisher Towers Moab... Arches NP, Fiery Furnace Moab, toujours... Marching Men, Tower Arch, Parallel Arch Delta Pool Shafer Trail, Musselman Arch, Potash Rd Bisti. Valley of Dreams, King of Wings Sur la route de Santa Fe Kasha-Katuwe Tent Rocks National Monument De Santa Fe à Great Sand Dunes via Taos De Great Sand Dunes à Crested Butte De Crested Butte à Glenwood Springs via le Kebler Pass Rocky Mountain National Park (1) Rocky Mountain NP, Trail Ridge Rd (2) Rocky Mountain NP (3) 18 juin, le départ Renseignements divers
J 1 – 14 mai
Vol sans problème Paris-Francfort sur Lufthansa, où nous retrouvons avec plaisir Angelo & Monika avec qui nous ferons les vols aller et retour. Après une escale de trois heures, l'avion décolle pour Denver avec une heure de retard, sans aucune explication...
Chez Dollar, où nous avons réservé un SUV via rentalcars.com, il n'y en a aucun digne de ce nom, malgré une heure passée sur le parking à chercher et à les inspecter les uns derrière les autres. Nous choisissons finalement un Kia Sorento, de faible garde au sol et qui nous semble juste en longueur pour dormir à l'aise, mais on fera avec. De toute façon il n'y a rien d'autre.
Retour au comptoir de Dollar. Là, la jeune femme qui s'occupe de notre dossier, lymphatique à l'extrême et qui visiblement rêve d'autres horizons, nous propose en insistant lourdement de payer pour prendre l'autoroute qui contourne Denver, car « sinon vous aurez une amende de 100 $ tous les 20 km ». Ça sent très fortement l'arnaque habituelle des loueurs qui tentent lorsqu'ils sont face à des Européens sur les rotules de leur fourguer tout et n'importe quoi en supplément, et nous refusons donc catégoriquement. Elle nous donne notre reçu et nous quittons l'aéroport en laissant 10 $ à une femme dans une guérite pour qu'elle soulève la barrière. Enfin dehors, ouf! Mais on verra au retour que malgré notre vigilance, notre lecture attentive du contrat, etc., certains sont passés maître dans l'art de l'escroquerie. (C'est sans compter avec ma pugnacité...)
Nous rejoignons Castle Rock et La Quinta Inn – très bien – aux alentours de 20 heures, sans avoir eu le temps de nous arrêter au Walmart d'Aurora. D'habitude nous passons la première nuit dans la ville d'arrivée, mais nous décidons de suivre Angelo & Monika qui préfèrent s'éloigner de Denver et descendre plus au sud, vers Colorado Springs. Nous nous couchons aux environs de 22 h 30, après vingt-cinq heures sans dormir.
J 2 – 15 mai
Nous quittons Angelo & Monika qui partent sur Santa Fe et que nous devons retrouver à Moab, début juin. Commence alors la longue descente vers Roswell et l'extrême sud du Nouveau-Mexique, 760 km de route monotone et sans grand intérêt, si l'on excepte quelques belles vues à l'est, sur les Spanish Peaks encore blancs de neige.
Au sud de Trinidad, le désert s'installe, et nous ne le quitterons qu'à l'ouest de Carrizozo. A perte de vue, une herbe rase et terne sous le ciel immense, un horizon que rien ne vient ponctuer. Parfois, un éparpillement de petites vaches noires, puis à nouveau la solitude... Paradoxalement, dans cet environnement desséché, c'est l'eau qui vient à l'esprit, c'est à la mer que l'on pense. La mer qui, autrefois – un autrefois très lointain, il y a 275 millions d'années –, recouvrait le sud de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, et l'ouest du Texas. La mer qui, en s'évaporant, a laissé derrière elle cette longue étendue d'un blanc étincelant que l'on apercevra demain, au loin, White Sands, les dunes de gypse, minéral si rare car soluble dans l'eau. Mais cette terre ne connaît plus l'eau...
Nous nous installons au Best Western El Rancho Palacio de Roswell, excellent.
J 3 – 16 mai
J'ai toujours eu envie, si l'on descendait sur White Sands en passant par Roswell, de visiter son musée des Petits Hommes verts. Mais il n'a pas grand intérêt, entre une multitude d'articles plus ou moins fantaisistes et une animation digne de mes années de patronage. De plus, la fatigue aidant, même ce matin, j'ai oublié le Canon. Bon, ça nous aura au moins permis de faire une étape sur la route d'Alamogordo.
Alamogordo, à environ deux heures de là. Le Mexique n'est pas loin. Et la terrible Ciudad Juárez non plus, ville qualifiée par certains de « plus dangereuse au monde » – où entre 1990 et 2000 la vie des jeunes femmes ne tenait qu'à un fil. 4000 d'entre elles y ont été violées et assassinées. Désormais les meurtres sont toujours bien présents, mais c'est le cartel de la drogue qui a pris la relève. Bref, un lieu charmant, plein d'imprévus, que bizarrement on ne brûle pas de découvrir. Il y a beaucoup de Mexicains dans les rues et au motel – Super 8, très bien.
White Sands National Monument (5 $ l'entrée par personne), dans le bassin de Tularosa, à 15 miles à l'ouest d'Alamogordo et au nord du désert de Chihuahua. Phénomène géologique « unique au monde » si l'on en croit le National Park Service : www.nps.gov/whsa/index.htmd'une cinquantaine de kilomètres de long sur quinze de large. On part assez tard, toujours très fatigués. Le ciel est voilé, la lumière grise, et le gypse aussi.
La route est d'abord bitumée, puis laisse la place à une blancheur aveuglante. Le trail d'Alkali Flat se trouve tout au bout et fait une boucle de 8 miles. Le halo du soleil dispense une lumière blafarde, mais la chaleur, elle, est bien présente. (Pourquoi les dunes sont-elles blanches alors que les cristaux de gypse sont translucides? Tout simplement parce que le vent précipite les cristaux les uns contre les autres, ils se rayent, se brisent et s'amalgament, provoquant une diffraction de la lumière. )
Nous nous enregistrons à 16 h 30 et on s'apercevra assez vite que c'est déjà un peu tard étant donné notre état physique et la fatigue accumulée non seulement depuis de longs mois mais aussi depuis le départ.
Nous sommes seuls à aller de piquet rouge en piquet rouge, plantés au sommet des dunes, uniques points de repère pour délimiter le tracé. On imagine ce que ça donnerait si le vent se levait...

Cet environnement particulièrement hostile abrite une vie bien présente: 60 espèces de plantes dont cette verveine que l'on croise en chemin.... et 44 espèces de mammifères, 26 de reptiles, 6 d'amphibiens, une centaine d'espèces d'insectes et 210 d'oiseaux... Ça laisse rêveur. A croire que les dunes sont trouées comme du gruyère et que tout le monde se cache là-dessous pendant les heures du jour.
Les traces se croisent et se recroisent, notamment celles de scarabées longs et noirs, des Darkling Beetles – appelés aussi stinkbugs parce que lorsqu'ils sont dérangés ils distribuent généreusement quelques sprays d'un liquide à forte odeur de kérosène –, qui s'épuisent à essayer de grimper. Un pas en avant, trois en arrière... un en avant, quatre en arrière... un en avant, deux en arrière... La tache semble démesurée.

Nous sommes toujours seuls à crapahuter dans les dunes. Quand le soleil pointe le nez, la chaleur est immédiatement accablante, surtout dans les creux.
Au bout de deux heures à monter et descendre, on aperçoit quelques cabanes qui doivent se trouver à l'endroit où la boucle se referme et retourne au point de départ. On décide de faire demi-tour, il commence à être tard, même si les dunes sont superbes la lumière n'est pas belle, et l'énergie n'est pas au rendez-vous.

Une fois arrivés à la voiture, le soleil montre brièvement le bout de son nez...
Nous apercevons une file de voitures garées le long de la piste et tout un tas de gens dans les dunes, tournés vers l'ouest... En fait nous n'avions pas vu le panneau concernant la Golden Hour, mais ce soir une brume dorée voile l'horizon.
(Si on prévoit un passage par White Sands, il faut absolument consulter le site du parc (voir ci-dessus) si on ne veut pas se casser le nez, car il est bordé par une zone militaire où sont effectués quasi quotidiennement des tirs de missiles, ce qui en exige la fermeture momentanée. C'est la première chose que l'on voit en visitant le site Internet, dans un encadré rouge.)
J 4 - 17 mai
Aujourd'hui, 800 kilomètres nous attendent, entre Alamogordo, Nouveau-Mexique, et Sedona, Arizona. Jusqu'à Carrizozo, à une centaine de miles au nord, la circulation est assez dense et la route rectiligne. Le village, devenu célèbre depuis que J-P Trois14 a visité les lieux ;-), n'est pas aussi triste qu'on l'imaginait. Le vent et la poussière ne l'épargnent pas, mais il est presque pimpant avec ses arbres verts, comparé à certains autres de la région.
Au nord-ouest, à environ cinq miles, surprise : dans les étendues désolées de la vallée de Tularosa, un immense champ de lave aligne ses blocs de basalte au milieu desquels la végétation a trouvé refuge : yuccas, cholas, opuntias, echinocereus, verts et noirs mêlés. L'endroit se nomme Valley of Fires Recreation Area. Nous le traversons comme une flèche, la route est longue et ce n'est pas le moment de s'arrêter.
J'essaie de respecter les limites de vitesse, 50, 55, 65 miles à l'heure, bien que nous soyons seuls au monde, mais bien vite les bonnes résolutions tombent, excepté dans les agglomérations, où 15 miles c'est 15 miles.
La frontière de l'Arizona est enfin là, la terre devient plus rouge, nous pensons à Patrick ;-)
Une fois à Holbrook, la circulation est incessante jusqu'à Flagstaff, les énormes trucks foncent à tombeau ouvert, mais que dire de la bifurcation sur Sedona ! C'est à quoi doivent ressembler les retours de plage au mois d'août. Nous mettrons un temps fou à rejoindre le motel, le Sugarloaf Lodge, à West Sedona, où nous étions en 2007. La ville a explosé, nous ne reconnaissons plus rien.
Très grande et belle chambre n° 6, qui donne en partie sur l'arrière et la jolie piscine. Le propriétaire est un taiseux 100 %, mais ses sourires parcimonieux indiquent qu'il est malgré tout aimable. Nous nous souvenions très bien de lui... Un tour à côté au New Frontiers, supermarché bio extra, pour se composer de délicieuses salades et s'acheter quelques gâteries, et nous rejoignons nos pénates.
J 5 - 18 mai
Repos complet aujourd'hui et demain. Piscine pour moi le matin, ça n'a jamais dû m'arriver dans un motel aux Etats-Unis, tandis qu'Alain lit à l'ombre d'un parasol, puis petite balade à Chimney Rock Loop Hike. La route qui y mène, Coffee Pot Drive, part tout près du motel. Nous croisons en chemin une famille nombreuse de Gambel's Quails. La mère est suivie d'une bonne quinzaine de petits, qui courent dans tous les sens.
Une fois sur place, nous quittons le petit parking, empruntons le chemin et… trouvons évidemment le moyen de nous égarer ! Nous loupons le sentier qui fait le tour de la butte. En fait, c'est de ma faute, car en voyant un gros et grand tas de pierres cylindrique enserré dans un filet métallique au milieu du sentier, j'ai cru que c’était pour indiquer qu’il ne fallait pas passer par là. Or c'était un cairn moderne ;-).
Nous grimpons donc jusqu’au sommet, au pied de la « cheminée » ou plutôt des cheminées, d’où la vue est magnifique, puis nous errons ensuite un certain temps, passant des éboulis aux à-pics vertigineux puis aux buissons de manzanitas…, mais on finit par y arriver! Je veux dire arriver sur le chemin par lequel on était montés et qu'on a repris en sens inverse.

A Sedona, nous cherchons le supermarché Basha. Alain va se renseigner au Visitor Info, mais un couple d'Américains qui entend la question lui indique immédiatement le chemin et lui donne même une carte de réduction!...
J 6 - 19 mai
Le matin, Jordan Trail. Nous payons 5 $ pour nous garer sur le parking de terre. Le sentier démarre bien, mais ensuite il est très mal indiqué lorsqu'il rejoint la route – ce qui nous étonne de la part des Américains – et on a le choix entre traverser et se retrouver dans les broussailles, ou poursuivre sur une dizaine de mètres et être de nouveau devant un choix cornélien : car il y a deux départs entre de gros rondins.
Au bout d'un certain temps, on retourne sur nos pas, n'ayant pas envie de nous fourrer dans une nouvelle galère...(On a bien un GPS, mais il reste bien au chaud au fond du sac à dos ;-) Il nous sert surtout à retrouver éventuellement la voiture.)
Le soir, Shuerman Mountain. Superbe sentier qui monte au sommet de la colline puis continue sur un quart de mile pour dominer Cathedral Rock et toute la vallée à ses pieds.

J 7 – 20 mai
Nous quittons le Sugarloaf où nous étions si bien, ainsi que son propriétaire silencieux.
En remontant Oak Creek Canyon nous pique-niquons au bord de l'eau. Les pentes boisées sont abruptes et nous nous faisons la remarque que s'il y avait le feu, avec le vent incessant qui nous poursuit depuis le Nouveau-Mexique, ça pourrait être catastrophique. On ne croyait pas si bien dire, et la suite confirmera nos craintes...
Loooongue route, ou plutôt autoroute, pour Havasupai... Ça n'en finit pas... Sortie pour Seligman, sur la Route 66, puis bifurcation à droite sur la Route 18. Jusqu'au Hualapai Hilltop, il y a encore 100 km de route déserte, de longues lignes droites sur le plateau, entrecoupées de courbes qui sinuent à travers les collines de genévriers. Et, toujours, le ciel immense.
Avant d'arriver, on sent le gouffre du canyon, tout comme on sent la mer avant de la voir. Le vide est quasi palpable, il manque quelque chose au-dessous mais c'est pourtant au-dessus que cela se passe. Les voitures – vides – s'alignent les unes derrière les autres au pied de la paroi sur un bon kilomètre jusqu'au parking bondé, et là, miracle, à quelques mètres du départ du sentier, il y a juste une place pour nous entre deux 4 x 4. Nous sommes quasi seuls...
Le cheval du gardien qui habite une petite maison de bois plantée au bord du vide broute avec délicatesse le gravier poussiéreux.
Derrière lui s’ouvre, magnifique, le canyon du Colorado…

J 8 - 21 mai
Réveil à 5 h 30, après une nuit dans le silence du monde... Le Kio Sorento est finalement plus long que ce que nous pensions et nous avons relativement bien dormi, même si nos pieds touchaient la porte du coffre.
La vue est magnifique, mais il faut faire attention où on met les pieds durant toute la descente, très raide, car ce sont en partie des marches couvertes de gravier extrêmement glissant.
On arrive ensuite dans une vallée relativement plate avant d'entrer dans le canyon, splendide, qui vaut à lui tout seul de se rendre au village de Supai.
On commence à apercevoir les premiers peupliers, c'est bon signe...

Nous croisons maintenant régulièrement des trains de mules. Il ne fait pas bon être mule – ou cheval, il y en a également – par ici. Elles passent leurs journées à monter et descendre dans le canyon, croulant sous la charge, liées à la mule précédente par une corde et parfois harcelées et incendiées pour augmenter l’allure. Curieusement, ce sont les Supais les plus gros, pour ne pas dire obèses, les plus désagréables avec elles.
Un panneau, « Vous êtes presque arrivés », oui, sauf que ça n'en finit pas, le sentier se coule sous les peupliers, le long d'un petit canal de dérivation. C'est très agréable, d'accord, mais on commence à en avoir plein les baskets et on a hâte d'arriver.
Enfin, nous arrivons au village, dominé par deux monolithes, the Watchers, et entouré de plusieurs rangées de barbelé, sans doute pour que les bêtes ne prennent pas la poudre d'escampette.

Ah, mais il ne faut pas croire que c'est gagné, non, un chemin le contourne entièrement. Je demande à une Supai où se trouve le lodge et je n'ai pas le temps de finir de poser ma question qu'elle se met à me rouler des yeux de Nosferatu et à hurler je ne sais quoi... Bon, celle-ci est apparemment complètement à l'ouest...
Heureusement, le lodge est tout près. Nous entrons... Il n'y a personne... Au bout de quelques minutes, nous nous rendons compte qu’une femme est assise derrière le comptoir, juste au-dessous de nous, qui nous ignore totalement. Quand elle voit que nous l'avons repérée, sans nous dire bonjour ni même nous jeter un regard, elle nous dit, en pointant du doigt la pendule accrochée au mur derrière elle: « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Interloqués, nous lui demandons s'il n'y a pas une chambre de faite mais elle se contente de répondre : « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Nous nous asseyons dans les fauteuils de l'office, plutôt furieux d'un tel accueil, mais cinq minutes plus tard elle se lève et nous ordonne : « Outside ! Je vais chercher de l'argent! » Nous lui faisons répéter, croyant avoir mal entendu, et elle nous dit une nouvelle fois: « Outside! » Nous sommes hors de nous et partons en claquant la porte tellement fort que j'ai bien cru qu'elle sortait de ses gonds!
Une fois dehors, nous nous asseyons, bien décidés à attendre son retour, qui s'éternise, car en fait elle voulait juste qu'on s'en aille et a inventé un prétexte pour nous mettre dehors. Il faut savoir que le lodge ferme à 5 heures, que lorsqu'on vient de faire 16 km à pied on n'a pas envie de faire un aller-retour aux chutes avec les sacs sur le dos – ce qui représente quand même, pour les plus éloignées, 10 miles supplémentaires (16 km) et 4 pour Havasu –, puis revenir faire le check-in à 1 heure et repartir de nouveau pour les chutes! Donc nous attendons, et pendant ce temps un Supai d'une trentaine d'années, grand et mince – ce qui est rarissime et mérite d'être signalé –, passe et repasse, étonné que ce soit fermé. Puis la femme revient vers 11 heures en nous jetant un regard noir et, des fois qu'on n'aurait toujours pas compris, nous lance au passage : « Check-in: 1 heure !! » Heureusement, le même Supai entre peu après elle et ressort avec la formule magique: nous pouvons prendre la chambre ! Ouuuuuf ! Tandis qu'on attendait, deux jeunes Belges sont arrivés et ont trouvé porte close. Au bout d'un moment, ils ont choisi de repartir aux chutes et nous les retrouverons plus tard à Havasu Falls.
Nous faisons le check-in, tout de même 242 $ pour une seule nuit, en payant pour la première fois en vingt ans sur une réserve indienne des taxes, et des taxes sur les taxes :-(
Et sur ce, nous partons déposer les affaires dans notre chambre... Hmmmm... Le nid douillet s'annonce à la hauteur du prix de la chambre, soit 145 $ hors taxes...

Bon, c’est pas tout ça, mais on est venus pour voir les chutes, alors en route pour Havasu en passant d’abord par Navajo Falls. Evidemment, on commence par se perdre, en traversant la rivière et en partant sur la gauche, donc du mauvais côté. On a l'habitude... ;-)
Au bout d'un certain temps, quelque chose cloche, on ne rencontre absolument personne, et on se dit qu'on ferait bien de revenir sur nos pas. Mais de retour au petit pont, au lieu de le retraverser, on file tout droit sur la rive gauche de la rivière. Deux cents mètres plus loin, un jeune Supai, sur le pas de sa porte, nous regarde arriver. Avec un sourire jusqu'aux oreilles il nous lance : « Vous êtes perdus, non ? Ha ha! Comme tout le monde! » (Ouf, l'honneur est sauf!) Et il nous propose très aimablement de nous remettre sur le bon chemin.
Maintenant que nous avons quelques kilomètres supplémentaires dans les jambes, nous voilà repartis. Le chemin ressemble désormais à une piste forestière, large et argileuse. Les dégâts causés par la rupture du barrage en terre de Redlands, en 2008, sont encore bien visibles, l'eau a tout emporté sur son passage, les berges mais aussi des pans de falaise entiers et les arbres qui poussaient le long du Colorado. Le tout a un air de désolation, arbres morts enchevêtrés, certains encore en équilibre, suspendus entre terre rouge et ciel indigo, pourtant la relève semble assurée...
Le soleil tape maintenant très fort. Nous dépassons les premières chutes sans nous arrêter, elles ne nous tentent pas plus que ça. Ce mince ruban d'eau turquoise qui passe lentement devant nous, est-ce vraiment le Colorado, si tumultueux en amont, si déchaîné, si pressé d'aller se jeter dans la mer de Cortés en déposant généreusement au passage ses alluvions sur l'Isla Montague? Mais non! C'est le Havasu Creek! (Merci Alain-Pierre! 😉)

Enfin, voici Havasu Fall (il n'y en a plus qu'une), tant attendue... La chute, magnifique, se précipite du haut de la falaise dans une vasque d'eau turquoise. La première chose que l'on aperçoit ensuite c'est le monde, beaucoup de monde, dans l'eau, sur les rochers, sur le sable, au-dessus, au-dessous, dedans, derrière la chute... Les jeunes Belges sont là, eux aussi. Difficile de prendre des photos, il faut être attentif et saisir le moment où, miracle, il n'y a quasi plus personne dans l'objectif.

Sur les serviettes il n'y a pas que les hommes... ;-)
Pendant longtemps, un groupe d'une dizaine de personnes crient au pied du tourbillon d'écume blanche, un homme plonge, la chute l'avale, il disparaît, réapparaît un instant sur la roche, derrière. Une fille veut faire la même chose mais visiblement elle est coincée de l'autre côté, ne peut plus revenir, appelle... Moment d'angoisse chez ses copains, qui dure... Et puis la voilà, comme recrachée par la chute.
L'endroit a complètement changé si on le compare aux photos publiées il y a plusieurs années, les larges vasques en terrasses, par exemple, ont en partie disparu.
Bien plus tard, lorsque l'ombre prend possession des lieux, nous rentrons à Supai, je suis un peu déçue de ne pas avoir pu faire de photos comme je l'aurais voulu. L'endroit serait vraiment paradisiaque s'il était ignoré des hommes. C'est un mélange d'Agua Azul et de Misol-Ha, au Chiapas (Mexique), pour ceux qui connaissent, même si les berges mexicaines n'ont pas eu à subir de rupture de barrage...
Nous arrivons au lodge en même temps que les jeunes Belges, à 18 h 30, alors qu’eux n’ont pas encore pris possession de leur chambre. Or tout est fermé jusqu’à demain 8 heures! Pas de panique, nous leur proposons si besoin de partager notre charmant petit nid. ;-) Apercevant un écriteau, « manager », ils frappent à la porte. Elle s’entrouvre de 5 cm, laissant voir un énorme bras et échapper un grognement, puis se referme... Quelques minutes plus tard, comme ils sont toujours là, et nous avec, elle s’entrouvre à nouveau, et cette fois ce n’est plus le bras mais le visage d’une femme détestable, particulièrement antipathique, qui apparaît. Ils montrent leur réservation, insistent pour avoir la clef, qu'elle leur remet de mauvaise grâce en leur claquant immédiatement la porte au nez!
La porte de notre chambre est en ruine, la fenêtre à l'intérieur également. Je n'ai jamais vu un tel hébergement dans une réserve indienne, en général ils sont toujours haut de gamme et superbement décorés. Et tout cela, je me répète, pour 145 $ la nuit hors taxes! Auxquels s'ajoutent les droits d'entrée pour deux personnes sur la réserve: 70 $. Mais le plus beau c'est que les taxes (qui ne sont pourtant jamais appliquées par les autochtones sur les réserves car eux-mêmes n’y sont pas soumis) ont été ajoutées aux taxes locales et aux droits d'entrée. On ne s'en est aperçus que le lendemain soir. Heureusement, les habitants du village, excepté la première femme à qui nous avons demandé le chemin du lodge, étaient nettement plus aimables !
Le soir, extinction des feux à 8 heures, et à 8 heures 5 on était en plein rêve... Ça ne nous était encore jamais arrivé !

J 9 - 22 mai
5 heures, premières lueurs du jour. 5 h 30, départ au petit matin. Déjà les Supais s'activent... En passant près d'un abricotier qui, lui, est à l'intérieur de l'enceinte du village, nous trouvons quatre beaux abricots fraîchement tombés dans le sable du chemin. Ils se révéleront délicieux...
Nous avons mis trois heures et demie pour descendre, nous mettons quatre heures et quart pour remonter. Le canyon est toujours aussi beau. Nous croisons assez vite les premiers randonneurs, on se demande à quelle heure ils sont partis, probablement comme les trois jeunes qui ont quitté le hilltop, l'avant-veille, à 19 h 30 !
Au bout de trois heures environ, les premières mules nous dépassent, menées par des Supais, pas toujours sympa avec elles... Plusieurs montent des chevaux alors qu'eux-mêmes, comme je l'ai dit, sont obèses. Il ne fait pas bon être mule ou cheval dans ce coin-là, monter, descendre, monter, descendre, jour après jour, chargés comme... des mules!

En bas les chiens paressent sur leurs serviette de bain, dans la montée ils sont de corvée d’eau ;-)
On amorce maintenant les lacets serrés dans la falaise à pic pour rejoindre le hilltop..... doublés par les petites mules, qui grimpent avec persévérance.
Après dix miles de remontée, soit seize kilomètres, on commence à être sur les rotules, comme tous les jeunes qui arrivent après nous. Ça nous remonte le moral ;-)).
Les deux jeunes Belges avaient choisi de faire le chemin à dos de mule et ils ne nous ont pas dépassés. On les voit arriver environ trois quarts d'heure plus tard, frais comme des gardons et enchantés du voyage.
Nous reprenons la route...

A suivre...

La version avec photos et cartes se trouve ici: carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_184...
Index du carnet:
Roswell, White Sands, Sedona, Havasupai Page, Zion, Snow Canyon, Yant FLat Escalante, Zebra Slot, les « jours moins » s'enchaînent... Burr Trail Rd, Notom-Bullfrog Rd, The Tanks Hickman Bridge, Cathedral Valley Strike Valley Overlook, Waterpocket Fold via la Notom-Bullfrog Rd En route pour Moab... Little Wild Horse Canyon, Fisher Towers Moab... Arches NP, Fiery Furnace Moab, toujours... Marching Men, Tower Arch, Parallel Arch Delta Pool Shafer Trail, Musselman Arch, Potash Rd Bisti. Valley of Dreams, King of Wings Sur la route de Santa Fe Kasha-Katuwe Tent Rocks National Monument De Santa Fe à Great Sand Dunes via Taos De Great Sand Dunes à Crested Butte De Crested Butte à Glenwood Springs via le Kebler Pass Rocky Mountain National Park (1) Rocky Mountain NP, Trail Ridge Rd (2) Rocky Mountain NP (3) 18 juin, le départ Renseignements divers
J 1 – 14 mai
Vol sans problème Paris-Francfort sur Lufthansa, où nous retrouvons avec plaisir Angelo & Monika avec qui nous ferons les vols aller et retour. Après une escale de trois heures, l'avion décolle pour Denver avec une heure de retard, sans aucune explication...
Chez Dollar, où nous avons réservé un SUV via rentalcars.com, il n'y en a aucun digne de ce nom, malgré une heure passée sur le parking à chercher et à les inspecter les uns derrière les autres. Nous choisissons finalement un Kia Sorento, de faible garde au sol et qui nous semble juste en longueur pour dormir à l'aise, mais on fera avec. De toute façon il n'y a rien d'autre.
Retour au comptoir de Dollar. Là, la jeune femme qui s'occupe de notre dossier, lymphatique à l'extrême et qui visiblement rêve d'autres horizons, nous propose en insistant lourdement de payer pour prendre l'autoroute qui contourne Denver, car « sinon vous aurez une amende de 100 $ tous les 20 km ». Ça sent très fortement l'arnaque habituelle des loueurs qui tentent lorsqu'ils sont face à des Européens sur les rotules de leur fourguer tout et n'importe quoi en supplément, et nous refusons donc catégoriquement. Elle nous donne notre reçu et nous quittons l'aéroport en laissant 10 $ à une femme dans une guérite pour qu'elle soulève la barrière. Enfin dehors, ouf! Mais on verra au retour que malgré notre vigilance, notre lecture attentive du contrat, etc., certains sont passés maître dans l'art de l'escroquerie. (C'est sans compter avec ma pugnacité...)
Nous rejoignons Castle Rock et La Quinta Inn – très bien – aux alentours de 20 heures, sans avoir eu le temps de nous arrêter au Walmart d'Aurora. D'habitude nous passons la première nuit dans la ville d'arrivée, mais nous décidons de suivre Angelo & Monika qui préfèrent s'éloigner de Denver et descendre plus au sud, vers Colorado Springs. Nous nous couchons aux environs de 22 h 30, après vingt-cinq heures sans dormir.
J 2 – 15 mai
Nous quittons Angelo & Monika qui partent sur Santa Fe et que nous devons retrouver à Moab, début juin. Commence alors la longue descente vers Roswell et l'extrême sud du Nouveau-Mexique, 760 km de route monotone et sans grand intérêt, si l'on excepte quelques belles vues à l'est, sur les Spanish Peaks encore blancs de neige.
Au sud de Trinidad, le désert s'installe, et nous ne le quitterons qu'à l'ouest de Carrizozo. A perte de vue, une herbe rase et terne sous le ciel immense, un horizon que rien ne vient ponctuer. Parfois, un éparpillement de petites vaches noires, puis à nouveau la solitude... Paradoxalement, dans cet environnement desséché, c'est l'eau qui vient à l'esprit, c'est à la mer que l'on pense. La mer qui, autrefois – un autrefois très lointain, il y a 275 millions d'années –, recouvrait le sud de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, et l'ouest du Texas. La mer qui, en s'évaporant, a laissé derrière elle cette longue étendue d'un blanc étincelant que l'on apercevra demain, au loin, White Sands, les dunes de gypse, minéral si rare car soluble dans l'eau. Mais cette terre ne connaît plus l'eau...
Nous nous installons au Best Western El Rancho Palacio de Roswell, excellent.
J 3 – 16 mai
J'ai toujours eu envie, si l'on descendait sur White Sands en passant par Roswell, de visiter son musée des Petits Hommes verts. Mais il n'a pas grand intérêt, entre une multitude d'articles plus ou moins fantaisistes et une animation digne de mes années de patronage. De plus, la fatigue aidant, même ce matin, j'ai oublié le Canon. Bon, ça nous aura au moins permis de faire une étape sur la route d'Alamogordo.
Alamogordo, à environ deux heures de là. Le Mexique n'est pas loin. Et la terrible Ciudad Juárez non plus, ville qualifiée par certains de « plus dangereuse au monde » – où entre 1990 et 2000 la vie des jeunes femmes ne tenait qu'à un fil. 4000 d'entre elles y ont été violées et assassinées. Désormais les meurtres sont toujours bien présents, mais c'est le cartel de la drogue qui a pris la relève. Bref, un lieu charmant, plein d'imprévus, que bizarrement on ne brûle pas de découvrir. Il y a beaucoup de Mexicains dans les rues et au motel – Super 8, très bien.
White Sands National Monument (5 $ l'entrée par personne), dans le bassin de Tularosa, à 15 miles à l'ouest d'Alamogordo et au nord du désert de Chihuahua. Phénomène géologique « unique au monde » si l'on en croit le National Park Service : www.nps.gov/whsa/index.htmd'une cinquantaine de kilomètres de long sur quinze de large. On part assez tard, toujours très fatigués. Le ciel est voilé, la lumière grise, et le gypse aussi.
La route est d'abord bitumée, puis laisse la place à une blancheur aveuglante. Le trail d'Alkali Flat se trouve tout au bout et fait une boucle de 8 miles. Le halo du soleil dispense une lumière blafarde, mais la chaleur, elle, est bien présente. (Pourquoi les dunes sont-elles blanches alors que les cristaux de gypse sont translucides? Tout simplement parce que le vent précipite les cristaux les uns contre les autres, ils se rayent, se brisent et s'amalgament, provoquant une diffraction de la lumière. )
Nous nous enregistrons à 16 h 30 et on s'apercevra assez vite que c'est déjà un peu tard étant donné notre état physique et la fatigue accumulée non seulement depuis de longs mois mais aussi depuis le départ.
Nous sommes seuls à aller de piquet rouge en piquet rouge, plantés au sommet des dunes, uniques points de repère pour délimiter le tracé. On imagine ce que ça donnerait si le vent se levait...

Cet environnement particulièrement hostile abrite une vie bien présente: 60 espèces de plantes dont cette verveine que l'on croise en chemin.... et 44 espèces de mammifères, 26 de reptiles, 6 d'amphibiens, une centaine d'espèces d'insectes et 210 d'oiseaux... Ça laisse rêveur. A croire que les dunes sont trouées comme du gruyère et que tout le monde se cache là-dessous pendant les heures du jour.
Les traces se croisent et se recroisent, notamment celles de scarabées longs et noirs, des Darkling Beetles – appelés aussi stinkbugs parce que lorsqu'ils sont dérangés ils distribuent généreusement quelques sprays d'un liquide à forte odeur de kérosène –, qui s'épuisent à essayer de grimper. Un pas en avant, trois en arrière... un en avant, quatre en arrière... un en avant, deux en arrière... La tache semble démesurée.

Nous sommes toujours seuls à crapahuter dans les dunes. Quand le soleil pointe le nez, la chaleur est immédiatement accablante, surtout dans les creux.
Au bout de deux heures à monter et descendre, on aperçoit quelques cabanes qui doivent se trouver à l'endroit où la boucle se referme et retourne au point de départ. On décide de faire demi-tour, il commence à être tard, même si les dunes sont superbes la lumière n'est pas belle, et l'énergie n'est pas au rendez-vous.

Une fois arrivés à la voiture, le soleil montre brièvement le bout de son nez...
Nous apercevons une file de voitures garées le long de la piste et tout un tas de gens dans les dunes, tournés vers l'ouest... En fait nous n'avions pas vu le panneau concernant la Golden Hour, mais ce soir une brume dorée voile l'horizon.
(Si on prévoit un passage par White Sands, il faut absolument consulter le site du parc (voir ci-dessus) si on ne veut pas se casser le nez, car il est bordé par une zone militaire où sont effectués quasi quotidiennement des tirs de missiles, ce qui en exige la fermeture momentanée. C'est la première chose que l'on voit en visitant le site Internet, dans un encadré rouge.)
J 4 - 17 mai
Aujourd'hui, 800 kilomètres nous attendent, entre Alamogordo, Nouveau-Mexique, et Sedona, Arizona. Jusqu'à Carrizozo, à une centaine de miles au nord, la circulation est assez dense et la route rectiligne. Le village, devenu célèbre depuis que J-P Trois14 a visité les lieux ;-), n'est pas aussi triste qu'on l'imaginait. Le vent et la poussière ne l'épargnent pas, mais il est presque pimpant avec ses arbres verts, comparé à certains autres de la région.
Au nord-ouest, à environ cinq miles, surprise : dans les étendues désolées de la vallée de Tularosa, un immense champ de lave aligne ses blocs de basalte au milieu desquels la végétation a trouvé refuge : yuccas, cholas, opuntias, echinocereus, verts et noirs mêlés. L'endroit se nomme Valley of Fires Recreation Area. Nous le traversons comme une flèche, la route est longue et ce n'est pas le moment de s'arrêter.
J'essaie de respecter les limites de vitesse, 50, 55, 65 miles à l'heure, bien que nous soyons seuls au monde, mais bien vite les bonnes résolutions tombent, excepté dans les agglomérations, où 15 miles c'est 15 miles.
La frontière de l'Arizona est enfin là, la terre devient plus rouge, nous pensons à Patrick ;-)
Une fois à Holbrook, la circulation est incessante jusqu'à Flagstaff, les énormes trucks foncent à tombeau ouvert, mais que dire de la bifurcation sur Sedona ! C'est à quoi doivent ressembler les retours de plage au mois d'août. Nous mettrons un temps fou à rejoindre le motel, le Sugarloaf Lodge, à West Sedona, où nous étions en 2007. La ville a explosé, nous ne reconnaissons plus rien.
Très grande et belle chambre n° 6, qui donne en partie sur l'arrière et la jolie piscine. Le propriétaire est un taiseux 100 %, mais ses sourires parcimonieux indiquent qu'il est malgré tout aimable. Nous nous souvenions très bien de lui... Un tour à côté au New Frontiers, supermarché bio extra, pour se composer de délicieuses salades et s'acheter quelques gâteries, et nous rejoignons nos pénates.
J 5 - 18 mai
Repos complet aujourd'hui et demain. Piscine pour moi le matin, ça n'a jamais dû m'arriver dans un motel aux Etats-Unis, tandis qu'Alain lit à l'ombre d'un parasol, puis petite balade à Chimney Rock Loop Hike. La route qui y mène, Coffee Pot Drive, part tout près du motel. Nous croisons en chemin une famille nombreuse de Gambel's Quails. La mère est suivie d'une bonne quinzaine de petits, qui courent dans tous les sens.
Une fois sur place, nous quittons le petit parking, empruntons le chemin et… trouvons évidemment le moyen de nous égarer ! Nous loupons le sentier qui fait le tour de la butte. En fait, c'est de ma faute, car en voyant un gros et grand tas de pierres cylindrique enserré dans un filet métallique au milieu du sentier, j'ai cru que c’était pour indiquer qu’il ne fallait pas passer par là. Or c'était un cairn moderne ;-).
Nous grimpons donc jusqu’au sommet, au pied de la « cheminée » ou plutôt des cheminées, d’où la vue est magnifique, puis nous errons ensuite un certain temps, passant des éboulis aux à-pics vertigineux puis aux buissons de manzanitas…, mais on finit par y arriver! Je veux dire arriver sur le chemin par lequel on était montés et qu'on a repris en sens inverse.

A Sedona, nous cherchons le supermarché Basha. Alain va se renseigner au Visitor Info, mais un couple d'Américains qui entend la question lui indique immédiatement le chemin et lui donne même une carte de réduction!...
J 6 - 19 mai
Le matin, Jordan Trail. Nous payons 5 $ pour nous garer sur le parking de terre. Le sentier démarre bien, mais ensuite il est très mal indiqué lorsqu'il rejoint la route – ce qui nous étonne de la part des Américains – et on a le choix entre traverser et se retrouver dans les broussailles, ou poursuivre sur une dizaine de mètres et être de nouveau devant un choix cornélien : car il y a deux départs entre de gros rondins.
Au bout d'un certain temps, on retourne sur nos pas, n'ayant pas envie de nous fourrer dans une nouvelle galère...(On a bien un GPS, mais il reste bien au chaud au fond du sac à dos ;-) Il nous sert surtout à retrouver éventuellement la voiture.)
Le soir, Shuerman Mountain. Superbe sentier qui monte au sommet de la colline puis continue sur un quart de mile pour dominer Cathedral Rock et toute la vallée à ses pieds.

J 7 – 20 mai
Nous quittons le Sugarloaf où nous étions si bien, ainsi que son propriétaire silencieux.
En remontant Oak Creek Canyon nous pique-niquons au bord de l'eau. Les pentes boisées sont abruptes et nous nous faisons la remarque que s'il y avait le feu, avec le vent incessant qui nous poursuit depuis le Nouveau-Mexique, ça pourrait être catastrophique. On ne croyait pas si bien dire, et la suite confirmera nos craintes...
Loooongue route, ou plutôt autoroute, pour Havasupai... Ça n'en finit pas... Sortie pour Seligman, sur la Route 66, puis bifurcation à droite sur la Route 18. Jusqu'au Hualapai Hilltop, il y a encore 100 km de route déserte, de longues lignes droites sur le plateau, entrecoupées de courbes qui sinuent à travers les collines de genévriers. Et, toujours, le ciel immense.
Avant d'arriver, on sent le gouffre du canyon, tout comme on sent la mer avant de la voir. Le vide est quasi palpable, il manque quelque chose au-dessous mais c'est pourtant au-dessus que cela se passe. Les voitures – vides – s'alignent les unes derrière les autres au pied de la paroi sur un bon kilomètre jusqu'au parking bondé, et là, miracle, à quelques mètres du départ du sentier, il y a juste une place pour nous entre deux 4 x 4. Nous sommes quasi seuls...
Le cheval du gardien qui habite une petite maison de bois plantée au bord du vide broute avec délicatesse le gravier poussiéreux.
Derrière lui s’ouvre, magnifique, le canyon du Colorado…

J 8 - 21 mai
Réveil à 5 h 30, après une nuit dans le silence du monde... Le Kio Sorento est finalement plus long que ce que nous pensions et nous avons relativement bien dormi, même si nos pieds touchaient la porte du coffre.
La vue est magnifique, mais il faut faire attention où on met les pieds durant toute la descente, très raide, car ce sont en partie des marches couvertes de gravier extrêmement glissant.
On arrive ensuite dans une vallée relativement plate avant d'entrer dans le canyon, splendide, qui vaut à lui tout seul de se rendre au village de Supai.
On commence à apercevoir les premiers peupliers, c'est bon signe...

Nous croisons maintenant régulièrement des trains de mules. Il ne fait pas bon être mule – ou cheval, il y en a également – par ici. Elles passent leurs journées à monter et descendre dans le canyon, croulant sous la charge, liées à la mule précédente par une corde et parfois harcelées et incendiées pour augmenter l’allure. Curieusement, ce sont les Supais les plus gros, pour ne pas dire obèses, les plus désagréables avec elles.
Un panneau, « Vous êtes presque arrivés », oui, sauf que ça n'en finit pas, le sentier se coule sous les peupliers, le long d'un petit canal de dérivation. C'est très agréable, d'accord, mais on commence à en avoir plein les baskets et on a hâte d'arriver.
Enfin, nous arrivons au village, dominé par deux monolithes, the Watchers, et entouré de plusieurs rangées de barbelé, sans doute pour que les bêtes ne prennent pas la poudre d'escampette.

Ah, mais il ne faut pas croire que c'est gagné, non, un chemin le contourne entièrement. Je demande à une Supai où se trouve le lodge et je n'ai pas le temps de finir de poser ma question qu'elle se met à me rouler des yeux de Nosferatu et à hurler je ne sais quoi... Bon, celle-ci est apparemment complètement à l'ouest...
Heureusement, le lodge est tout près. Nous entrons... Il n'y a personne... Au bout de quelques minutes, nous nous rendons compte qu’une femme est assise derrière le comptoir, juste au-dessous de nous, qui nous ignore totalement. Quand elle voit que nous l'avons repérée, sans nous dire bonjour ni même nous jeter un regard, elle nous dit, en pointant du doigt la pendule accrochée au mur derrière elle: « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Interloqués, nous lui demandons s'il n'y a pas une chambre de faite mais elle se contente de répondre : « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Nous nous asseyons dans les fauteuils de l'office, plutôt furieux d'un tel accueil, mais cinq minutes plus tard elle se lève et nous ordonne : « Outside ! Je vais chercher de l'argent! » Nous lui faisons répéter, croyant avoir mal entendu, et elle nous dit une nouvelle fois: « Outside! » Nous sommes hors de nous et partons en claquant la porte tellement fort que j'ai bien cru qu'elle sortait de ses gonds!
Une fois dehors, nous nous asseyons, bien décidés à attendre son retour, qui s'éternise, car en fait elle voulait juste qu'on s'en aille et a inventé un prétexte pour nous mettre dehors. Il faut savoir que le lodge ferme à 5 heures, que lorsqu'on vient de faire 16 km à pied on n'a pas envie de faire un aller-retour aux chutes avec les sacs sur le dos – ce qui représente quand même, pour les plus éloignées, 10 miles supplémentaires (16 km) et 4 pour Havasu –, puis revenir faire le check-in à 1 heure et repartir de nouveau pour les chutes! Donc nous attendons, et pendant ce temps un Supai d'une trentaine d'années, grand et mince – ce qui est rarissime et mérite d'être signalé –, passe et repasse, étonné que ce soit fermé. Puis la femme revient vers 11 heures en nous jetant un regard noir et, des fois qu'on n'aurait toujours pas compris, nous lance au passage : « Check-in: 1 heure !! » Heureusement, le même Supai entre peu après elle et ressort avec la formule magique: nous pouvons prendre la chambre ! Ouuuuuf ! Tandis qu'on attendait, deux jeunes Belges sont arrivés et ont trouvé porte close. Au bout d'un moment, ils ont choisi de repartir aux chutes et nous les retrouverons plus tard à Havasu Falls.
Nous faisons le check-in, tout de même 242 $ pour une seule nuit, en payant pour la première fois en vingt ans sur une réserve indienne des taxes, et des taxes sur les taxes :-(
Et sur ce, nous partons déposer les affaires dans notre chambre... Hmmmm... Le nid douillet s'annonce à la hauteur du prix de la chambre, soit 145 $ hors taxes...

Bon, c’est pas tout ça, mais on est venus pour voir les chutes, alors en route pour Havasu en passant d’abord par Navajo Falls. Evidemment, on commence par se perdre, en traversant la rivière et en partant sur la gauche, donc du mauvais côté. On a l'habitude... ;-)
Au bout d'un certain temps, quelque chose cloche, on ne rencontre absolument personne, et on se dit qu'on ferait bien de revenir sur nos pas. Mais de retour au petit pont, au lieu de le retraverser, on file tout droit sur la rive gauche de la rivière. Deux cents mètres plus loin, un jeune Supai, sur le pas de sa porte, nous regarde arriver. Avec un sourire jusqu'aux oreilles il nous lance : « Vous êtes perdus, non ? Ha ha! Comme tout le monde! » (Ouf, l'honneur est sauf!) Et il nous propose très aimablement de nous remettre sur le bon chemin.
Maintenant que nous avons quelques kilomètres supplémentaires dans les jambes, nous voilà repartis. Le chemin ressemble désormais à une piste forestière, large et argileuse. Les dégâts causés par la rupture du barrage en terre de Redlands, en 2008, sont encore bien visibles, l'eau a tout emporté sur son passage, les berges mais aussi des pans de falaise entiers et les arbres qui poussaient le long du Colorado. Le tout a un air de désolation, arbres morts enchevêtrés, certains encore en équilibre, suspendus entre terre rouge et ciel indigo, pourtant la relève semble assurée...
Le soleil tape maintenant très fort. Nous dépassons les premières chutes sans nous arrêter, elles ne nous tentent pas plus que ça. Ce mince ruban d'eau turquoise qui passe lentement devant nous, est-ce vraiment le Colorado, si tumultueux en amont, si déchaîné, si pressé d'aller se jeter dans la mer de Cortés en déposant généreusement au passage ses alluvions sur l'Isla Montague? Mais non! C'est le Havasu Creek! (Merci Alain-Pierre! 😉)

Enfin, voici Havasu Fall (il n'y en a plus qu'une), tant attendue... La chute, magnifique, se précipite du haut de la falaise dans une vasque d'eau turquoise. La première chose que l'on aperçoit ensuite c'est le monde, beaucoup de monde, dans l'eau, sur les rochers, sur le sable, au-dessus, au-dessous, dedans, derrière la chute... Les jeunes Belges sont là, eux aussi. Difficile de prendre des photos, il faut être attentif et saisir le moment où, miracle, il n'y a quasi plus personne dans l'objectif.

Sur les serviettes il n'y a pas que les hommes... ;-)
Pendant longtemps, un groupe d'une dizaine de personnes crient au pied du tourbillon d'écume blanche, un homme plonge, la chute l'avale, il disparaît, réapparaît un instant sur la roche, derrière. Une fille veut faire la même chose mais visiblement elle est coincée de l'autre côté, ne peut plus revenir, appelle... Moment d'angoisse chez ses copains, qui dure... Et puis la voilà, comme recrachée par la chute.
L'endroit a complètement changé si on le compare aux photos publiées il y a plusieurs années, les larges vasques en terrasses, par exemple, ont en partie disparu.
Bien plus tard, lorsque l'ombre prend possession des lieux, nous rentrons à Supai, je suis un peu déçue de ne pas avoir pu faire de photos comme je l'aurais voulu. L'endroit serait vraiment paradisiaque s'il était ignoré des hommes. C'est un mélange d'Agua Azul et de Misol-Ha, au Chiapas (Mexique), pour ceux qui connaissent, même si les berges mexicaines n'ont pas eu à subir de rupture de barrage...
Nous arrivons au lodge en même temps que les jeunes Belges, à 18 h 30, alors qu’eux n’ont pas encore pris possession de leur chambre. Or tout est fermé jusqu’à demain 8 heures! Pas de panique, nous leur proposons si besoin de partager notre charmant petit nid. ;-) Apercevant un écriteau, « manager », ils frappent à la porte. Elle s’entrouvre de 5 cm, laissant voir un énorme bras et échapper un grognement, puis se referme... Quelques minutes plus tard, comme ils sont toujours là, et nous avec, elle s’entrouvre à nouveau, et cette fois ce n’est plus le bras mais le visage d’une femme détestable, particulièrement antipathique, qui apparaît. Ils montrent leur réservation, insistent pour avoir la clef, qu'elle leur remet de mauvaise grâce en leur claquant immédiatement la porte au nez!
La porte de notre chambre est en ruine, la fenêtre à l'intérieur également. Je n'ai jamais vu un tel hébergement dans une réserve indienne, en général ils sont toujours haut de gamme et superbement décorés. Et tout cela, je me répète, pour 145 $ la nuit hors taxes! Auxquels s'ajoutent les droits d'entrée pour deux personnes sur la réserve: 70 $. Mais le plus beau c'est que les taxes (qui ne sont pourtant jamais appliquées par les autochtones sur les réserves car eux-mêmes n’y sont pas soumis) ont été ajoutées aux taxes locales et aux droits d'entrée. On ne s'en est aperçus que le lendemain soir. Heureusement, les habitants du village, excepté la première femme à qui nous avons demandé le chemin du lodge, étaient nettement plus aimables !
Le soir, extinction des feux à 8 heures, et à 8 heures 5 on était en plein rêve... Ça ne nous était encore jamais arrivé !

J 9 - 22 mai
5 heures, premières lueurs du jour. 5 h 30, départ au petit matin. Déjà les Supais s'activent... En passant près d'un abricotier qui, lui, est à l'intérieur de l'enceinte du village, nous trouvons quatre beaux abricots fraîchement tombés dans le sable du chemin. Ils se révéleront délicieux...
Nous avons mis trois heures et demie pour descendre, nous mettons quatre heures et quart pour remonter. Le canyon est toujours aussi beau. Nous croisons assez vite les premiers randonneurs, on se demande à quelle heure ils sont partis, probablement comme les trois jeunes qui ont quitté le hilltop, l'avant-veille, à 19 h 30 !
Au bout de trois heures environ, les premières mules nous dépassent, menées par des Supais, pas toujours sympa avec elles... Plusieurs montent des chevaux alors qu'eux-mêmes, comme je l'ai dit, sont obèses. Il ne fait pas bon être mule ou cheval dans ce coin-là, monter, descendre, monter, descendre, jour après jour, chargés comme... des mules!

En bas les chiens paressent sur leurs serviette de bain, dans la montée ils sont de corvée d’eau ;-)
On amorce maintenant les lacets serrés dans la falaise à pic pour rejoindre le hilltop..... doublés par les petites mules, qui grimpent avec persévérance.
Après dix miles de remontée, soit seize kilomètres, on commence à être sur les rotules, comme tous les jeunes qui arrivent après nous. Ça nous remonte le moral ;-)).
Les deux jeunes Belges avaient choisi de faire le chemin à dos de mule et ils ne nous ont pas dépassés. On les voit arriver environ trois quarts d'heure plus tard, frais comme des gardons et enchantés du voyage.
Nous reprenons la route...

A suivre...
Bonjour à tous,
Je suis actuellement en train de réfléchir à l'achat d'un reflex. En effet, après un voyage dans l'ouest américain avec mon Sony HX9V, j'ai été dans l'ensemble satisfait des photos et surtout des vidéos, mais je me suis vite senti "bridé" et les photos manque de "peps"...
J'ai donc envie de sauter le pas, et d'investir dans un reflex. Je précise que je n'en ai jamais utilisé. Après lecture de plusieurs forums et tests, mon choix se porterait sur le Sony Alpha 65. Mais quelques critiques font état d'une grosse différence entre ce qu'on voit dans le capteur et ce qu'on en obtient ensuite en photo.
Voici l'utilisation et les caractéristiques que je souhaiterais : - des photos de paysages principalement : mon prochain voyage sera certainement à Yellowstone. Ainsi, je pense acheter tout de suite un objectif 10-20 sigma - des photos de la faune à distance (bison, ours etc...) et un peu de la flore (pas de macro pour l'instant) - des photos en basse luminosité (coucher de soleil, ville, ...) - un poids par trop conséquent car il pourra arriver que je marche une journée entière. - du timelapse (peut-on déclencher une photo par seconde pendant 1 heure par exemple ???) - un peu de video (et d'après ce que j'ai lu gros gros avantage à Sony)
Je vous remercie par avance pour votre aide qui me sera très précieuse, et je suis preneur de tout conseil.
Je suis actuellement en train de réfléchir à l'achat d'un reflex. En effet, après un voyage dans l'ouest américain avec mon Sony HX9V, j'ai été dans l'ensemble satisfait des photos et surtout des vidéos, mais je me suis vite senti "bridé" et les photos manque de "peps"...
J'ai donc envie de sauter le pas, et d'investir dans un reflex. Je précise que je n'en ai jamais utilisé. Après lecture de plusieurs forums et tests, mon choix se porterait sur le Sony Alpha 65. Mais quelques critiques font état d'une grosse différence entre ce qu'on voit dans le capteur et ce qu'on en obtient ensuite en photo.
Voici l'utilisation et les caractéristiques que je souhaiterais : - des photos de paysages principalement : mon prochain voyage sera certainement à Yellowstone. Ainsi, je pense acheter tout de suite un objectif 10-20 sigma - des photos de la faune à distance (bison, ours etc...) et un peu de la flore (pas de macro pour l'instant) - des photos en basse luminosité (coucher de soleil, ville, ...) - un poids par trop conséquent car il pourra arriver que je marche une journée entière. - du timelapse (peut-on déclencher une photo par seconde pendant 1 heure par exemple ???) - un peu de video (et d'après ce que j'ai lu gros gros avantage à Sony)
Je vous remercie par avance pour votre aide qui me sera très précieuse, et je suis preneur de tout conseil.
Je sollicite votre grande bienveillance pour avoir quelques conseils d'organisation de visite autour de Page 😎
Le 15/06 j'admire le sunrise sur le Grand Canyon puis je pars sur Page l'idée du départ c'était d'aller voir les 2 antelope, lower et upper mais ça le fera pas, ou en tout cas pas au " bons horaires" d'ou la question précédente sur le cout de scinder la visite sur deux jours ... 🤪 l'après midi je pourrais aller voir Horseshoes Bend
Le 16/06 je vais à la Wave très tôt la matin j'aurais du temps l'après midi mais amha plus vraiment l'envie de marcher 😉
Le 17 je dors le soir à Monument Valley ce qui me laisse la journée sur Page et donc la possibilité de visiter l'autre Antelope puis de filer tranquillement sur MV
Qu'en pensez vous ? Merci d'avance
Le 15/06 j'admire le sunrise sur le Grand Canyon puis je pars sur Page l'idée du départ c'était d'aller voir les 2 antelope, lower et upper mais ça le fera pas, ou en tout cas pas au " bons horaires" d'ou la question précédente sur le cout de scinder la visite sur deux jours ... 🤪 l'après midi je pourrais aller voir Horseshoes Bend
Le 16/06 je vais à la Wave très tôt la matin j'aurais du temps l'après midi mais amha plus vraiment l'envie de marcher 😉
Le 17 je dors le soir à Monument Valley ce qui me laisse la journée sur Page et donc la possibilité de visiter l'autre Antelope puis de filer tranquillement sur MV
Qu'en pensez vous ? Merci d'avance
Hello,
Voilà un carnet de plus sur la Namibie. Il semble que le pays a eu la cote cet été 🙂
Pour nous ça aura été le voyage des grandes premières : 1er voyage en Afrique, 1er voyage en camping, 1er voyage organisé non par moi mais via une agence locale ..... Et au final, un voyage fabuleux qui nous a donné envie de réitérer l'expérience dès que possible 😎

L'itinéraire Comme nous aimons prendre notre temps et qu'on n'avait pas envie de rouler pendant des heures sur la journée, nous avons choisi de faire l'impasse sur le grand sud du pays (on ne descend pas jusqu'au Fish River Canyon) et sur le nord (pas d'Epupa Falls, pas de Caprivi). Au final, nous avons fait une boucle assez classique et les 24 jours nous ont permis de nous poser à certains endroits.
Day 1 - Central Namibia, Windhoek Day 2 – Kalahari Namibia - <> Day 3 – Mesosaurus Fossil Camp Day 4 – Klein-Aus-Vista - <> Day 5 – Luderitz & Kolmanskop - <> Day 6 – la D707 et arrivée au NamibRand - <> Day 7 – NamibRand Nature Reserve - <> Day 8 – Naukluft Mountain - <> Day 9 – Sossusvlei - <> Day 10 – Sesriem Canyon & Rostock Ritz <> Day 11 – Swakopmund <> Day 12 – Living Desert Tour, Moon Valley & Welwishia Drive <> Day 13 – Wüstenquell <> Day 14 – Spitzkoppe <> Day 15 – Twyfelfontein <> Day 16/17/18 – Safari guidé dans la concession de Palmwag, du sud au nord <> <> <> Day 19 – Journée repos à la House-in-the-Rock <> Day 20/21/22 – Etosha National Park <> <> <> Day 23 – Duesternbrook Safari Guest Farm <>
Nos énormes coups de coeur
LE coup de coeur unanime de toute la famille (adultes et ados) : nos 2 nuits au campsite Orion au NamibRand Family Hideout. Un endroit où on se sent seul au monde, dans un décor fabuleux, face à un trou d'eau où les animaux viennent se désaltérer, nos 1eres girafes alors qu'on ne s'y attendait pas du tout et le sandboarding, qui nous a donné des grands moments de fou rires.

Pour nos ados, le 2e coup de coeur a été le safari guidé dans la concession de Palmwag. On y a pourtant vu très peu d'animaux. Le steak/frites préparé par nos guides la dernière soirée et le petit coup d'adrénaline avec un lion doivent y être pour beaucoup 😛 Il faut aussi dire que les paysages sont fabuleux et que la rencontre avec les éléphants du désert est vraiment magique.

Le grand coup de coeur pour nous, les adultes, a été nos 2 nuits à Wustenquell et ses paysages totalement inattendus. Et encore cette impression d'être seul au monde.

Et enfin, le dernier coup de coeur : Etosha et sa foison d'animaux. Avec le moment préféré des enfants : la chasse et le repas des chacals sous l'oeil attentif des vautours qui attendaient patiemment leur tour.

A bientôt pour la suite, Pascale
Voilà un carnet de plus sur la Namibie. Il semble que le pays a eu la cote cet été 🙂
Pour nous ça aura été le voyage des grandes premières : 1er voyage en Afrique, 1er voyage en camping, 1er voyage organisé non par moi mais via une agence locale ..... Et au final, un voyage fabuleux qui nous a donné envie de réitérer l'expérience dès que possible 😎

L'itinéraire Comme nous aimons prendre notre temps et qu'on n'avait pas envie de rouler pendant des heures sur la journée, nous avons choisi de faire l'impasse sur le grand sud du pays (on ne descend pas jusqu'au Fish River Canyon) et sur le nord (pas d'Epupa Falls, pas de Caprivi). Au final, nous avons fait une boucle assez classique et les 24 jours nous ont permis de nous poser à certains endroits.
Day 1 - Central Namibia, Windhoek Day 2 – Kalahari Namibia - <> Day 3 – Mesosaurus Fossil Camp Day 4 – Klein-Aus-Vista - <> Day 5 – Luderitz & Kolmanskop - <> Day 6 – la D707 et arrivée au NamibRand - <> Day 7 – NamibRand Nature Reserve - <> Day 8 – Naukluft Mountain - <> Day 9 – Sossusvlei - <> Day 10 – Sesriem Canyon & Rostock Ritz <> Day 11 – Swakopmund <> Day 12 – Living Desert Tour, Moon Valley & Welwishia Drive <> Day 13 – Wüstenquell <> Day 14 – Spitzkoppe <> Day 15 – Twyfelfontein <> Day 16/17/18 – Safari guidé dans la concession de Palmwag, du sud au nord <> <> <> Day 19 – Journée repos à la House-in-the-Rock <> Day 20/21/22 – Etosha National Park <> <> <> Day 23 – Duesternbrook Safari Guest Farm <>
Nos énormes coups de coeur
LE coup de coeur unanime de toute la famille (adultes et ados) : nos 2 nuits au campsite Orion au NamibRand Family Hideout. Un endroit où on se sent seul au monde, dans un décor fabuleux, face à un trou d'eau où les animaux viennent se désaltérer, nos 1eres girafes alors qu'on ne s'y attendait pas du tout et le sandboarding, qui nous a donné des grands moments de fou rires.

Pour nos ados, le 2e coup de coeur a été le safari guidé dans la concession de Palmwag. On y a pourtant vu très peu d'animaux. Le steak/frites préparé par nos guides la dernière soirée et le petit coup d'adrénaline avec un lion doivent y être pour beaucoup 😛 Il faut aussi dire que les paysages sont fabuleux et que la rencontre avec les éléphants du désert est vraiment magique.

Le grand coup de coeur pour nous, les adultes, a été nos 2 nuits à Wustenquell et ses paysages totalement inattendus. Et encore cette impression d'être seul au monde.

Et enfin, le dernier coup de coeur : Etosha et sa foison d'animaux. Avec le moment préféré des enfants : la chasse et le repas des chacals sous l'oeil attentif des vautours qui attendaient patiemment leur tour.

A bientôt pour la suite, Pascale
Bonjour à tous
Voila maintenant 2 mois que nous sommes rentrés de notre superbe voyage dans l’ouest. La nostalgie s’empare de moi …. Comme beaucoup d’entre nous, le fait d’écrire un carnet prolonge un peu le voyage… Il s’agit dans ce récit de raconter ce que l’on a vécu avec simplicité, humour…. En plus j’adore écrire, et je trouve intéressant de voyager à travers les récits de voyage ...C’est une facette de l’écriture intéressante !
Petit rappel en quelques mots, pour nous présenter, moi c'est Egladil, un peu blonde (attention j'entends déjà de petits rires étouffés....😛) lol, et ce qui n'arrange rien cette année, j'ai eu 43ans....bouhhhhhh ! Mon cher et tendre, my darling, lui a 44 ans et accessoirement c'est l'homme de (toute) ma vie ! Et il y a 2 petits (enfin grandes) trésors dans nos vies: -l'aînée de nos 2 filles, surnommée Princesse, qui vient tout juste d’avoir 15 ans, est une ado vive, sportive rigolote et bavarde ! -la benjamine surnommée Poupée, 12 ans tout juste, est plus introvertie, plus anxieuse, rêveuse, calme avec un coté artistique et surtout un vrai petit clown…

C’est notre second voyage aux USA. La première fois , notre première visite aux États Unis date de juillet 2012 en Floride.

Un trip de 3 semaines que nous avons adoré et qui nous a contaminé! comme beaucoup, nous avons attrapé le virus ! J’ai adoré les américains, l’accent chanté de la langue...que voila nous avons vite eu envie de remettre ça et de repartir très vite !
Donc voilà, nous avons commencé à étudier ce futur voyage! On a commencé tout d’abord à voyager et à rêver à travers les guides achetés ( guide vert, routard, guide voir…), google maps, les livres, et le forum avec les expériences des uns et des autres…D’ailleurs merci à vous tous ! L’envie s’est donc faite de plus en plus forte et de plus en plus présente au fil du temps ! Le projet a mûrit, et comme une évidence, nous avons décider de réaliser ce rêve !
Si nous parlions de notre choix de visiter l’ouest américain? Tout le monde trouve ce coin de Amérique magnifique alors pourquoi pas! et nous adorons les grands espaces, la nature... Et malgré mon niveau d’anglais que je considérais de niveau zéro, ça ne m'empêcheras pas d’y retourner !!!!! Heureusement que “darling” , je confirme, assure “grave” comme disent les jeunes !!!!!!
Donc au boulot ! nous nous sommes mis a collectionner des informations et tout a été mis a contribution :les guides achetés ou empruntés à la bibliothèque, les trips à lire, passionnants…(des mines d’infos, trucs et astuces en tout genre)... Puis le circuit s’est petit à petit construit, modifié, agrandit….remofidié ….jusqu’au circuit final que voici :
J 1 = Arrivée San Francisco en milieu d'après midi (Hotel Parc 55 Wyndham) J 2 = San Francisco J 3 = San Francisco J 4 = San Francisco - Yosemite (Yosemite View Lodge) J 5 = Yosemite J 6 = Yosemite - Bishop (Creekside Inn) J 7 = Bishop - Death Valley (Furnace Creek) J 8 = Death Valley - Las Vegas (Hilton Grand Vacation) J 9 = Las Vegas J 10 = Las Vegas J 11 = Las Vegas - Springdale (la Quinta Inn & Suite) J 12 = Springdale J 13 = Springdale - Bryce Canyon (Bryce Canyon Inn) J 14 = Bryce Canyon J 15 = Bryce Canyon - Moab (Comfort Suites) J 16 = Moab J 17 = Moab J 18 = Moab - Monument Valley - Page (Red Rock Motel) J 19 = Page - Grand Canyon (Maswick Lodge) J 20 = Grand Canyon - Sedona - Phoenix (Arabella/Kings Ransom) J 21 = Sedona - Phoenix (départ en fin de journée)
Voilà c’est je pense un "classique" de l'ouest ! mais avec les envies, les goûts de chacun afin que tout le monde y trouve son compte dans la famille !
Donc les billets d’avion ont été acheté tout début décembre. Vols Lyon - Londres / Londres - San Francisco par British Airways et retour de Phoenix via Londres aussi. La réservation de la voiture s’est faite dans la foulée le même soir chez Avis. “Darling” surveillait et avait trouvé des promos à l’époque très intéressantes ! il faut tout regarder car rien que de rendre la voiture dans une autre ville est payant et onéreux surtout en juillet et août comme par hasard! Donc ce sera une catégorie SUV grande familiale ! De mémoire le lendemain nous avons réservé notre premier hôtel qui fut celui de San Francisco.

Nous n’avons pas réserver dans l’ordre chronologique ! Nous faisions en fonction du lieu et de la demande ! Par exemple le Furnace Creek a été dans les premiers car dans Death Valley il y a de la demande! site très fréquenté donc autant dire qu’il faut s’y prendre tôt !…. Le dernier hôtel réservé fut celui de Las Vegas à la mi février! Après de très longues hésitations (strip ?pas strip?). Le choix fut difficile vu le nombre d'hôtel dans la ville ! 225 je crois?...
Dès ce jour nous nous sommes consacres à l'élaboration de notre roadbook et de la planification de nos journées, visites...Gros travail… Nous sommes partis avec 2 protèges documents avec pour chaque jour des infos comme l’heure du levé et coucher soleil, notre programme du jour, les trajets, les randos a faire, les réservations hôtels ou visites, les adresses (rentrées aussi dans le gps), des annotations….. et ce fut une belle réussite ! Et au retour j’ai cru qu’ils allaient exploser tellement on avait tout gardé en souvenir (documents, petits journaux et prospectus pris dans les visitors centers…) de vrais trésors à nos yeux !
Ah chose importante aussi pour le voyage, notre mascotte Caramel !

Vous vous souvenez du nain de jardin globbe-trotter dans Amelie Poulain? Et bien pour partir en Floride il y a 3 ans, nous avions repris l'idée et les filles avaient adoptées un petit ourson blanc, tout doux et tout mimi ! il paraissait tout à fait logique que Monsieur l’ourson remette ca cette année et nous suive tout au long de notre périple et pose devant des endroits et lieux insolites ou tant rêves!
Nous voila fin prêts pour cette grande aventure… Samedi 4 juillet, 22 heures, valises bouclées, en congés depuis à peine 2 heures, je suis surexcitée comme les filles et Darling ! Dernières verifs pour voir qu’on n’a rien oublié !?! Réveils et téléphones programmés pour un réveil à 4h20 le lendemain matin. Le sommeil tarde à venir car trop impatiente! L’ouest américain, notre rêve, est là , à quelques heures….
Voila maintenant 2 mois que nous sommes rentrés de notre superbe voyage dans l’ouest. La nostalgie s’empare de moi …. Comme beaucoup d’entre nous, le fait d’écrire un carnet prolonge un peu le voyage… Il s’agit dans ce récit de raconter ce que l’on a vécu avec simplicité, humour…. En plus j’adore écrire, et je trouve intéressant de voyager à travers les récits de voyage ...C’est une facette de l’écriture intéressante !
Petit rappel en quelques mots, pour nous présenter, moi c'est Egladil, un peu blonde (attention j'entends déjà de petits rires étouffés....😛) lol, et ce qui n'arrange rien cette année, j'ai eu 43ans....bouhhhhhh ! Mon cher et tendre, my darling, lui a 44 ans et accessoirement c'est l'homme de (toute) ma vie ! Et il y a 2 petits (enfin grandes) trésors dans nos vies: -l'aînée de nos 2 filles, surnommée Princesse, qui vient tout juste d’avoir 15 ans, est une ado vive, sportive rigolote et bavarde ! -la benjamine surnommée Poupée, 12 ans tout juste, est plus introvertie, plus anxieuse, rêveuse, calme avec un coté artistique et surtout un vrai petit clown…

C’est notre second voyage aux USA. La première fois , notre première visite aux États Unis date de juillet 2012 en Floride.

Un trip de 3 semaines que nous avons adoré et qui nous a contaminé! comme beaucoup, nous avons attrapé le virus ! J’ai adoré les américains, l’accent chanté de la langue...que voila nous avons vite eu envie de remettre ça et de repartir très vite !
Donc voilà, nous avons commencé à étudier ce futur voyage! On a commencé tout d’abord à voyager et à rêver à travers les guides achetés ( guide vert, routard, guide voir…), google maps, les livres, et le forum avec les expériences des uns et des autres…D’ailleurs merci à vous tous ! L’envie s’est donc faite de plus en plus forte et de plus en plus présente au fil du temps ! Le projet a mûrit, et comme une évidence, nous avons décider de réaliser ce rêve !
Si nous parlions de notre choix de visiter l’ouest américain? Tout le monde trouve ce coin de Amérique magnifique alors pourquoi pas! et nous adorons les grands espaces, la nature... Et malgré mon niveau d’anglais que je considérais de niveau zéro, ça ne m'empêcheras pas d’y retourner !!!!! Heureusement que “darling” , je confirme, assure “grave” comme disent les jeunes !!!!!!
Donc au boulot ! nous nous sommes mis a collectionner des informations et tout a été mis a contribution :les guides achetés ou empruntés à la bibliothèque, les trips à lire, passionnants…(des mines d’infos, trucs et astuces en tout genre)... Puis le circuit s’est petit à petit construit, modifié, agrandit….remofidié ….jusqu’au circuit final que voici :
J 1 = Arrivée San Francisco en milieu d'après midi (Hotel Parc 55 Wyndham) J 2 = San Francisco J 3 = San Francisco J 4 = San Francisco - Yosemite (Yosemite View Lodge) J 5 = Yosemite J 6 = Yosemite - Bishop (Creekside Inn) J 7 = Bishop - Death Valley (Furnace Creek) J 8 = Death Valley - Las Vegas (Hilton Grand Vacation) J 9 = Las Vegas J 10 = Las Vegas J 11 = Las Vegas - Springdale (la Quinta Inn & Suite) J 12 = Springdale J 13 = Springdale - Bryce Canyon (Bryce Canyon Inn) J 14 = Bryce Canyon J 15 = Bryce Canyon - Moab (Comfort Suites) J 16 = Moab J 17 = Moab J 18 = Moab - Monument Valley - Page (Red Rock Motel) J 19 = Page - Grand Canyon (Maswick Lodge) J 20 = Grand Canyon - Sedona - Phoenix (Arabella/Kings Ransom) J 21 = Sedona - Phoenix (départ en fin de journée)
Voilà c’est je pense un "classique" de l'ouest ! mais avec les envies, les goûts de chacun afin que tout le monde y trouve son compte dans la famille !
Donc les billets d’avion ont été acheté tout début décembre. Vols Lyon - Londres / Londres - San Francisco par British Airways et retour de Phoenix via Londres aussi. La réservation de la voiture s’est faite dans la foulée le même soir chez Avis. “Darling” surveillait et avait trouvé des promos à l’époque très intéressantes ! il faut tout regarder car rien que de rendre la voiture dans une autre ville est payant et onéreux surtout en juillet et août comme par hasard! Donc ce sera une catégorie SUV grande familiale ! De mémoire le lendemain nous avons réservé notre premier hôtel qui fut celui de San Francisco.

Nous n’avons pas réserver dans l’ordre chronologique ! Nous faisions en fonction du lieu et de la demande ! Par exemple le Furnace Creek a été dans les premiers car dans Death Valley il y a de la demande! site très fréquenté donc autant dire qu’il faut s’y prendre tôt !…. Le dernier hôtel réservé fut celui de Las Vegas à la mi février! Après de très longues hésitations (strip ?pas strip?). Le choix fut difficile vu le nombre d'hôtel dans la ville ! 225 je crois?...
Dès ce jour nous nous sommes consacres à l'élaboration de notre roadbook et de la planification de nos journées, visites...Gros travail… Nous sommes partis avec 2 protèges documents avec pour chaque jour des infos comme l’heure du levé et coucher soleil, notre programme du jour, les trajets, les randos a faire, les réservations hôtels ou visites, les adresses (rentrées aussi dans le gps), des annotations….. et ce fut une belle réussite ! Et au retour j’ai cru qu’ils allaient exploser tellement on avait tout gardé en souvenir (documents, petits journaux et prospectus pris dans les visitors centers…) de vrais trésors à nos yeux !
Ah chose importante aussi pour le voyage, notre mascotte Caramel !

Vous vous souvenez du nain de jardin globbe-trotter dans Amelie Poulain? Et bien pour partir en Floride il y a 3 ans, nous avions repris l'idée et les filles avaient adoptées un petit ourson blanc, tout doux et tout mimi ! il paraissait tout à fait logique que Monsieur l’ourson remette ca cette année et nous suive tout au long de notre périple et pose devant des endroits et lieux insolites ou tant rêves!
Nous voila fin prêts pour cette grande aventure… Samedi 4 juillet, 22 heures, valises bouclées, en congés depuis à peine 2 heures, je suis surexcitée comme les filles et Darling ! Dernières verifs pour voir qu’on n’a rien oublié !?! Réveils et téléphones programmés pour un réveil à 4h20 le lendemain matin. Le sommeil tarde à venir car trop impatiente! L’ouest américain, notre rêve, est là , à quelques heures….

Du KTP au Kaokoland, notre troisième séjour en Afrique Australe avec 4 enfants.
1) Trajet partie Afrique du Sud
2) Trajet partie NamibieQuand nous avons préparé ce voyage, nous avions deux objectifs : visiter le Kgalagadi transfontier park et aller dans le Kaokoland. Notre principal problème, certains s'en souviennent ici, était de trouver un véhicule adapté à notre famille... et trouver le mode d'hébergement idéal. Nous avons fini par nous décider pour deux 4x4 avec tentes de toit et alternance de camping et de logements en dur. En effet, avec 4 enfants, il nous fallait trois tentes, nous avons vite exclu la remorque pour cause de difficultés de conduite, il n'y a pas de camping-car 4x4 pour 6, les rares voitures 4x4 pour 6 personnes ne permettaient pas de ranger toutes nos affaires et surtout obligeaient à avoir une tente au sol... formellement refusé par les enfants et moi-même ! Pour nous sentir à l'aise dans le sable, nous avons effectué un stage 4x4 en région parisienne au mois de juin.
Nous avons construit notre circuit avec départ de Johannesburg, pour lequel nous avons un vol direct depuis Saint Denis deux fois par semaine, et dépôt de la voiture à Windhoek au retour.
Le 25 septembre, A 6h, le taxi est là. Notre avion survole la Réunion cette fois ci.
3) Vue de la RéunionA Johannesburg, nous patientons très longtemps à la douane... puis nous trouvons notre taxi, prenons un peu d'argent au distributeur, une carte de téléphone et nous voilà partis pour le nord de la ville, chez notre joueur Bushtrackers où nous avons loué un Hilux et un Land Cruiser.
4) Le land-cruiser de Raf
5)Mon hiluxNous recevons un accueil chaleureux avec boissons et biscuits et pendant deux heures, nous remplissons les papiers et découvrons les véhicules, leur contenu, le montage des tentes, etc...
Frigos, table, chaises, tout pour cuisiner et caisses vides pour ranger les aliments, draps, serviettes, oreillers, couvertures, couettes dans les gros sacs verts, tout est là.
6)L'intérieur d'un coffre
7) L'autre coffreNous quittons le loueur avant 14h en direction de l'ouest. Je ne suis pas très rassurée au volant de cette grosse Toyota, avec la conduite à gauche. Heureusement, nous ne nous aventurons pas en centre ville et de quatre voies en quatre voies, nous trouvons facilement la route N14. Nous décidons de nous arrêter à Ventersdorp, pour avoir le temps de faire quelques courses et également parce que les loueurs étaient assez pessimistes concernant la qualité des hébergements au delà de cette ville.
La première guest house où nous nous rendons est complète, le personnel nous conseille Mosaïc, un BandB dans une ferme en dehors de la ville.
8) La piscine du B n' BNous y sommes seuls et vraiment bien, nous profitons de la grande piscine. On mange en ville au resto nommé Pompéï qui a brûlé il y a quelques années et en a gardé des traces.
Le 26 septembre, après le petit déjeuner et une discussion avec notre hôte, ancien pharmacien, nous prenons la route à 8h30 pour Witsand, un lieu de dunes de sable blanc au milieu du Kalahari. Dans la région de la mine de fer de Khumani, un énorme nuage rouge envahit tout, même les glissières de sécurité sont rouges de poussière. La route n'est pas folichonne, le paysage est moyen et les villes pas terribles. Heureusement, les 70 derniers km de piste sont plus jolis. A 16h30, nous arrivons à Witsand Kalahari Nature Reserve où nous prenons possession d'un beau chalet en pierre.
9)Le chalet n°5 à WitsandNous allons nous promener dans les dunes blondes.
10) Les dunes de Witsand
11) Les dunes de WitsandPuis nous faisons 5km de voiture et escaladons les roaring sands, des dunes qui "rugissent" dans certaines conditions climatiques (que nous n'aurons pas).
12)roaring sandsNous profitons d'un magnifique coucher de soleil depuis les dunes.
13) roaring sands
14) roaring sands
15)Le paysage alentour
16) roaring sands
17) roaring sandsAu retour, nous croisons une quantité incroyable de lapins dans la lumière des phares.
Nous mangeons dans le chalet qui est très bien équipé.
18)Bonne nuit...Bonjour a tous et bravo pour le travail et les conseils prodigués ici et qui m'ont permis de voir et visiter de si belles choses dans l'ouest américain (jusqu'a m'y marier...accessoirement 😏 ).
Je retourne justement très bientôt vers l'Arizona et autre New Mexico et j'ai vraiment envie cette fois ci de m'équiper d'un matériel digne de ce nom pour essayer d'immortaliser sur "pellicule" ce que mes yeux découvrent et ce que je peux voir sur vos blogs et carnets de voyages respectifs.
J'utilisais jusque la un petit compact sony couplé avec un camescope de la même marque qui faisaient jusque la leurs offices mais me prenant au jeu j'aimerais ramener toutes ces couleurs sur un reflex numérique de qualité.
Ma question : que recommanderiez vous comme gamme ou objectifs pour essayer de reproduire au mieux les beautés d'un Bryce canyon, Antelope, Coyotes buttes et autres Wahweap Hoodoos...?
Néophyte mais plus qu'intéressé par le sujet je ne voudrai pas faire une erreur de casting sachant que jusque la mon choix s'affinerait sur le Canon 70d avec un objectif 18-55 IS STM.
Merci a tous les pisteurs de sunrise/sunset pour me sortir du "noir". 😎
Fab
J'utilisais jusque la un petit compact sony couplé avec un camescope de la même marque qui faisaient jusque la leurs offices mais me prenant au jeu j'aimerais ramener toutes ces couleurs sur un reflex numérique de qualité.
Ma question : que recommanderiez vous comme gamme ou objectifs pour essayer de reproduire au mieux les beautés d'un Bryce canyon, Antelope, Coyotes buttes et autres Wahweap Hoodoos...?
Néophyte mais plus qu'intéressé par le sujet je ne voudrai pas faire une erreur de casting sachant que jusque la mon choix s'affinerait sur le Canon 70d avec un objectif 18-55 IS STM.
Merci a tous les pisteurs de sunrise/sunset pour me sortir du "noir". 😎
Fab










