Discussions similar to: Turquie Roumanie train interail
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Train Istanbul-Bucarest
bonsoir Avec une amie on part faire le tour de l'Europe en train cet été avec un billet interrail mais on a du mal à trouvé un moyen de faire Istanbul Bucarest en train car il y a des travaux sur les lignes en Bulgarie et à Istanbul. Savez-vous comment on pourrais faire pur rejoindre Bucarest Merci d'avance 😉
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Liaison ferroviaire Istanbul - Bucarest en octobre
Bonjour,

J'ai acheté un "global pass" sur l'Europe à la gare de ma ville. Je démarre d'Istanbul le 28 octobre 2018 ; première étape: Bucarest. Y a-t'il une possibilité de faire ce trajet en train à cette époque de l'année? Si "oui": quels sont les horaires? Merci à toute personne qui pourrait m'aider🙂
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Passeport obligatoire pour aller en Turquie depuis l'Europe?
Bonjour à tous,

=> Est-il obligé d'avoir un passeport pour aller en Turquie quand l'on vient de l'Europe ?

Ayant perdu mon passeport il y a quelques mois, je me suis retrouvé qu'avec ma pièce d'identité

Suite à cette découverte, j'ai eu une discuté avec un ami concernant la pièce d'identité et le passeport.

Sachant que je vais faire un voyage de 3 semaines en interrail : Hongrie => Roumanie => Bulgarie => Turquie => Pologne.. la question me semblait importante.

J'ai donc décidé de chercher une réponse et je me suis vite rendu compte Je la pièce d'identité suffisait amplement.

Sauf... Pour la Turquie ou c'est ambiguë, très même! Certains sites conseil de l'avoir, d'autres mettent en avant les risques et les amandes horriblement chère, d'autres encore rassure en énonçant la loi.. et pour finir certains partes du principe que la loi n'est pas toujours appliqué et qu'avec la barrière de la langue c'est un coup à passer un mauvaise quart d'heure et à avoir tord. Prenant l'exemple des réveils en pleine nuit et du passeport qu'il faut donner quand le train passe la douane..

Je suis donc pas rassuré par ce faible faisceau de résultats...

Les conséquences peuvent être dramatique, je me permets donc de recréer un post plus "actuelle".

En espérant être vite éclairé :) Je vous remercie pour le temps accordé ! Belle journée Lucas
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Genève-Istanbul en Interrail
Salut à tous,

Je prévois de faire un Interrail l'été prochain, probablement de 30 jours, entre Genève et Istanbul. Manque d'informations, j'aimerais savoir si quelqu'un a des recommandations ou conseils sur cet itinéraire ( pas encore gravé dans la pierre) :

Genève -> Milan -> Ljubljana -> Croatie (Split, Dubrovnik, parc nationaux et Zagreb) -> Budapest -> Roumanie ( Tout conseil bienvenu je ne connais pas du tout ce pays) -> Bulgarie (Quels sont les beaux endroits outre Sofia?) -> Istanbul.

Je suis ouvert à toute autre bonne idée, notamment concernant le temps que ce genre de voyage peut prendre.

Cheers 😉
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Quels trains prendre pour faire France-Istanbul en 3 semaines aller-retour (InterRail)
Bonjour, Je me présente Timothée jeune français de 18 ans. En juillet je partirai, durant 3 semaines, faire un interrail avec 3 amis. Notre but serait d’aller jusqu’à Istanbul et revenir évidemment ^^’. Au début nous avions prévu le trajet le plus connu « Italie-Grèce-Turquie- Bulgarie-Hongrie-Autriche –Allemagne ». A noter que certains pays n’aurait été que traverser évidemment car trop long. De plus les problèmes du réseau ferré grec nous ont obligés à changer nos plans. Il faut savoir que nous ne cherchons pas à faire le plus de villes possibles. Ce qui nous intéresse est le voyage en train en lui-même. Nous ne recherchons pas des trains à grande vitesse qui tue tout le charme de l’interrail. Nous aimerions voir d’incroyables paysages en voyageant lentement. Ce qui pose la question suivante : Quels lignes de trains nous conseillerez vous pour aller jusqu’à Istanbul et être « dépayser » en quelque sorte ^^ ? J’avais déjà pensé au Bernina Express, au Sofia-Istanbul et au train de la forêt noir par exemple. De plus on m’avait conseillé un train dans les Balkans ou les Carpates mais impossible de me rappeler le nom. Bien sûr nous allons nous arrêter dans quelques grande villes évidemment. Tel que Vienne, Istanbul, Berline 2-3 autres pour 2-3 jours en moyenne pour vraiment profiter.

Mais rien n’est encore fixé alors n’hésitez pas à nous conseiller.

Et merci d’avance J

Tim
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Paris-Istanbul en train
Bonjour,

si vous avez déja effectué le trajet Paris (ou Geneve) - Istanbul en train (via Bucarest) pouvez-vous me donner quelques infos ?

Merci

Rémi
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Trajet entre Cracovie et Istanbul
Bonjour,

Je cherche un moyen de rejoindre en train Istanbul en partant de Cracovie. D'après les renseignements que j'ai réussi à glaner, j'ai prévu 4 jours en passant par Kosice en Slovaquie et Bucarest en Roumanie. J'aurai un pass interrail et ce sera au mois d'août.

Je me demande si des réservations sont nécessaires, si d'autres itinéraires sont plus rapides ou plus agréable et si mes prévisions ne sont pas trop éloignées de la réalité.

Merci d'avance
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Prix du trajet en train Zagreb-Istanbul?
Bonjour,

Quelqu un connait il le prix approximatif de ce trajet? J ai pu trouver le temps du trajet sur Die bahn, les differentes experiences de voyageurs sur ce trajet, mais malheureusement pas de prix, a part paris-venise 35€ en prems et Venis-Zagreb 15€ en smart price, mais il me faut la suite du trajet jusqu a istanbul...MERCI!!!!😄
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Voyage Odessa - Istanbul les quinze premiers jours d'août
Bonjour, je prévois de faire un voyage d'Odessa à Istanbul les 15 premiers jours d'aout. J'aimerais passer par la Roumanie et la Bulgarie en longeant la mer Noire en voyageant en bateau, train, à pied, en stop. Quenqu'un a-t-il déjà fait un tel voyage? Avez-vous des renseignements? Je cherche aussi des informations sur la meilleure manière d'aller à Odessa depuis Paris, et sur le retour depuis Istanbul.
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Revenir d'Istanbul avec son vélo? Meilleure solution?
Bonjour à toutes et à tous !

En pleine préparation d'un voyage jusqu'à Istanbul, je ne sais toujours pas comment se fera le retour ! Avion, ok c'est rapide, mais j'ai peur de redscendre trop vite sur terre. Train ? Bateau ? Car ? On sera deux et donc deux vélos. Retour sur Paris;

Merci !
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Quel itinéraire pour voyager de la France à Istanbul?
Bonjour!

Nous avons un projet de voyage pour ce mois d'août qui est toutefois encore bien vague. Nous aimerions partir de France (de Strasbourg ou de Lyon) en minibus, à quatre ou cinq et relier Istanbul en faisant des escales dans plusieurs pays, notamment la Grèce. Quelqu'un a t-il déjà fait un voyage similaire? Si oui, que nous recommandez-vous comme itinéraire? Quelles sont les difficultés éventuelles liées au passage de frontière, à la sécurité, etc? Nous partirions environ trois semaines/ un mois.

Merci d'avance pour vos réponses!
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Projet de voyage Paris-Istanbul à vélo en 2012
Salut !

Pour 2012 je prévoit une nouvelle aventure. Rallier Istanbul depuis Paris. Le tracé n'est pas encore défini, mais j'ai déjà une petite idée. Nous serons 2 potes. Nous recherchons évidemment des infos concernant la Turquie. Savoir si quelqu'un a déjà fait ce trajet ou similaire. Combien de temps et budget...

Merci !
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Train Budapest-Bucarest: sécuritaire?
Bonjour à tous,

Bon ben voilà tout est dans le titre. En effet pour éviter de payer une nuit dans une auberge puis de perdre du temps, je pense prendre un train de Budapest à Bucarest de 19h à 10h le lendemain.

Mais j'ai une question : est ce sûr ? Je veux dire pour les bagages etc ? Est-ce des cabines, des compartiments ?

Mathieu
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De Constanta (Roumanie) à Istanbul à vélo
Bonjour à tous et à toutes, Nous sommes So et Math, 2 cyclos actuellement en route pour Budapest sur l'Eurovélo 6 et en direction de l'Asie du Sud Est. Nous sommes en train de peaufiner notre itinéraire notamment après l'Eurovélo 6 une fois arrivés à Constanta. Aussi nous faisons appel à vos retour d'expériences pour rallier la Turquie et notamment Istanbul. Nous avions imaginé un temps prendre une ferry de Constanta à Istanbul mais il n'y en a plus depuis qq années. Alors pourquoi pas longer la côte roumaine puis bulgare ? Ou autre.

Quel est selon vous le meilleur itinéraire ?

Par avance merci de vos retours.
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Trajet 9 jours à moto entre Bucarest - Istanbul et retour
Bonjour à tous, Je souhaite partir avec quelques copains du 1er au 9 mai faire ce trajet en moto. Si google me donne un plus court trajet de 700km *2 = 1.400km, nous souhaiterions rouler en tout 1.800-2.200km. Ne connaissant absolument pas la région je suis preneur de toutes les infos intéressantes, les lieux à visiter, les sites à découvrir ou les bon plans à ne pas manquer. Merci à tous et meilleurs voeux. Eric
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Périple Bucarest-Istanbul en trois jours
Bonjour à tous,

Je pars mi janvier pour un périple France/Inde. Je passe par la Roumanie et souhaite connaitre les possibilités de voir ce pays au alentour de Bucarest avant de rejoindre Istambul via Bulgarie. Sofia me parait trop éloigné par rapport à Istambul, y'a t'il une ville entre Bucarest et Istambul où faire escale. Je suis aussi prenneur d'infos pour Bucarest sur les bons plans (restos/Auberge), inofs pratiques...

Je vous remercie d'avance de vos réponses, Bonnes fetes à tous les membres VF et aux lecteurs!

Oliv'
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Rejoindre Constance ou Tulcea depuis Istanbul en bus?
Bonjour,

Nous sommes actuellement en voyage a vélo en turquie et nous aimerions rejoindre Constance ou Tulcea depuis Istanbul en autocar. Connaissez vous les compagnies de car qui couvre cette ligne ??

merci de nous éclairer sur ce sujet !

Maia et Yvan
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Visa russe en Turquie et ferry Trabzon - Sotchi
Bonjour,

Je pars bientôt vers la Turquie, puis j'aimerais me rendre au kazakhstan via la Russie. J'ai vu qu'il était possible de prendre un Ferry à Trabzon afin d'arriver à Sotchi par la mer Noire. De là je pourrai prendre un train pour atteindre le kazakhstan.

Q?1 : quelqu'un a t il déjà pris un visa de transit russe à partir de Turquie? est-ce possible ou faut il le prendre de France?

Q?2 : s'il faut prendre les visas en France, il faut donner un justificatif d'entrée en russie (ferry) et de sortie (train ok). est-il possible de réserver le ferry à distance ou est-il préférable de se rendre à Trabzon?

s'il faut prendre le visa en France, et qu'on ne peut pas réserver à l'avance le ferry, je vais devoir changer mes plans ;... Merci d'avance amis voyageurs pour vos réponses!
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Comment aller d'Istanbul à Timisoara (Roumanie)?
Je vis a Istanbul et je devrais me rendre a Timisoara en aout de cette annee. J'ai essaye de regarder sur internet les differentes possibilites (surtout par avion) mais il n'y a pas de vol direct et surtout c'est cher. Je me demande s'il n'existe pas la possibilite de prendre un ferry depuis Istanbul ou autre ville de la region de la mer Noire jusqu'a une ville roumaine puis de prendre un vol interieur jusqu'a Timisoara ou le train ou la voiture. D'apres mes recherches, la liaison Istanbul-Costanta n'existe plus depuis un moment? Si quelqu'un a une idee...
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Liaison Istanbul-Constanza (Roumanie) en ferry?
Bonjour je suis à la recherche d'infos sur la liason en ferry entre constenta et istanbul car je pars à la fin du mois en roumanie et j'aimerai passer queques jours à istanbul. Est ce un trajet long? je vous remercie d'avance
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Bons plans pour la Roumanie?
Bonjour à tous et toutes,

Je compte partir en roumanie au mois de mars ou d'avril, et je cherche toutes sortes d'infos sur le pays : quelles villes visiter, comment se déplacer, les bons plans etc...je sais que c'est vague comme question, mais bon, si vous avez déjà été en roumanie, j'attends vos suggestions et les récits de vos belles (ou moins belles ?!) expériences dans ce pays.

Merci !
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Retour en train d'Istanbul à Paris avec vélos?
Bonjour, à la suite d'un voyage à vélo nous aimerions faire un retour sur Paris au départ d'Istanbul en octobre 2011;

Alors nous avons quelques questions

Le trajet sauf Orient express qui n'est pas dans notre budget par où passer?

Pourrons nous charger nos vélos dans le train ?

Avez vous une idée des tarifs?

merci de vos répnses

gabey
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Trajet de Sofia à Istanbul en train
Bonjour à tous, Je vais me rendre à Sofia en janvier. De là, je souhaite rejoindre Istanbul. Pour éviter une nuit d'hôtel, je compte le faire par train de nuit, avec couchettes. Quelqu'un m'a parlé de l'orient express de Istanbul à Sofia, abordable et très confortable pour dormir. Après vérification, je crois qu'il s'agit de Bosphorus express (une des lignes de l'orient express si j'ai bien compris). Mais je n'ai rien trouvé pour Sofia vers Istanbul. Il y a des trains de nuit je pense, mais en réalité je vais voyager avec ma grand-mère et ai besoin d'être sûr au niveau du confort (pour dormir surtout). De plus l'orient express, ça me tentait bien comme idée. Est-ce que quelqu'un peut me renseigner sur ce trajet de nuit ? L'orient express fait-il bien Sofia-istanbul de nuit? Merci à tous pour vos réponses :-)
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Compagnies de trains France-Turquie?
salut a tous . Connaissez vous des compagnies de trains assurant des liaisons entre la france et la turquie en pouvant faire quelques haltes en route ? Quel climat en turquie en janvier fevrier ? Passage de la frontiere Iranienne par la route ? POusser vers Ousbekistan et azerbadgian dans ces dates ? Merci de votre reponses
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Trajet Istanbul-Odessa
Bonjour,

Je cherche des renseignements pour les trajets Istanbul-Odessa. Il existe un ferry qui fait ce trajet, mais je trouve les prix TRES eleve : 230 l'aller-retour au moins cher. J'aimerai donc savoir si il existe des moyens moins couteux, et pourquoi pas par train, ca doit bien exister, meme si je trouve rien...

Merci de votre aide.
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Trajet Bucarest - Tulcea en train ou bus? (Roumanie)
Bonjour,

Je m'évade vers la Roumanie cet été. Je pensais que le train était le plus indiqué pr faire le trajet Bucarest-Tulcea mais aparemment pas forcément. Quel est votre avis ? Sinon j'atteris à Bucarest à 14h, pensez vous que j'ai le temps de rallier Tulcea dans la journée ou vaut il mieux faire un arrêt à Bucarest ? Merci d'avance pr votre aide. A bientôt.

Cat
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Improvisation Nomade (4) Turquie
Un train pour Istanbul.

Une heure du matin. Frontière bulgare. Premier arrêt. Descendre pour tamponner le bon de sortie sur le passeport. Une heure plus tard, le train repart. Nous sommes entre les deux frontières. Un douanier bulgare nous demande une taxe. Une taxe de quoi ? On déplie la carte, on examine les billets en demandant des explications. Le gars monte le ton, 10 € il veut, mais il n’en est pas question. Notre billet va à Istanbul. Après dix minutes d’énervement, il laisse tomber. Les Bulgares, c’est des bâtards, on répète en pensant à Charlie… 20 minutes plus tard. Frontière turque. Descendre pour le contrôle des bagages. Un douanier, turc cette fois, nous explique de façon aimable que nous pouvons rester au chaud dans le train, nous les Français, et que les Roumains et les Bulgares, seulement, seront fouillés. Juste le tampon d’entrée sur le passeport et on attend au chaud. Les gens nous regardent. Qui ne méprise pas l’injustice ? Certainement pas ceux que ça arrange… Pas de visa mais trois mois d’invitation gratuite. Invités et bienvenus qu’on est ! Vive l’histoire et les relations diplomatiques françaises avec la Turquie. Vive Atatürk qui nous aimait bien et vive l’Europe dans laquelle la Turquie veut entrer… Au lever du jour, le train longe la mer de Marmara et se faufile entre les premières habitations. Une heure plus tard, alors que le train roule encore, nous ne sommes toujours pas dans le centre ville. C’est quoi cette ville ? Plus de 50 km depuis les premiers bâtiments. Et puis, nous voilà au cœur d’Istanbul. L’aquarelle fraîche d’un soleil matinal illumine la ville. Première impression : c’est beaucoup plus propre, plus neuf, plus riche que ce qu’on a vu de la Roumanie et de la Bulgarie. Deuxième impression. Les gens sont bien habillés et surtout ils ont le sourire. Ça faisait longtemps. Les Bulgares ne sourient pas beaucoup dans le hall de leur vieux blockhaus. Enfin, je ne pensais pas que ce serait aussi occidental ici. Clean, branché, on se croirait à Paris. Dans certains quartiers, les femmes ne sont même pas voilées… Le train stoppe gare du Sultan Ahmet. Quartier du palais. Mosquée bleue. Sainte Sophie. Deux touristes en plus ce matin. Un bout de papier imprimé sur le Net nous sert de guide. Des rabatteurs nous attrapent rapidement – normal, avec nos gros sacs – et nous proposent des hôtels où, si l’on accepte de les accompagner, ils toucheront un bakchich. Calme les gars. Déjà, petit déjeuner. Tranquille. Ensuite seulement, la ville nous absorbera.

L’automne tarde à venir ici. C’est encore l’été. Le ciel, chaque matin, est bleu. Avec Daoud, jour après jour, nous sillonnons la ville. Istanbul la magnifique, vallonnée, pavée à l’infini. Une ville avec, à chaque détour, une vue imprenable sur le bleu de la mer. Ses vieilles maisons ocres de trois ou quatre étages, dans un dédale méditerranéen de ruelles biscornues. Dix-huit millions de personnes vivent à Istanbul, un tiers de la population, environ, d’un pays qui fait deux fois la France en superficie. Les journées passent vite, encore une puis une autre. De plus en plus loin, on cherche et on trouve les rues encore revêtues de terre battue. Les tissus multicolores se balancent, indifférents, entre les maisons de torchis d’où les enfants, aux yeux brillants et aux sourires ensorceleurs, entrent et sortent pieds nus et sales comme des rats. J’adore cette ville, ses marchés d’épices et d’étoffes. Les ports accrochés sur la mer par d’immenses cargos, les monuments grandioses, les mosquées irréelles et les cours intérieures, fleuries et calmes où l’on trouve toujours une fontaine et le parfum fruité des narguilés. Ces dalles, des places et des allées, sont foulées depuis deux mille ans. Deux mille ans… Byzance, Constantinople et enfin Istanbul. Istanbul la Magnifique. On se sent bien dans le cœur de cette ville. Le climat sans doute ou l’espace, je ne sais pas. Les vacances aussi bien sûr. Rien foutre encore. Fainéanter dans un lieu neuf est la plus absorbante des occupations, écrivait Nicolas Bouvier. C’est bien ça. Des heures, assis ici et là, admirant la fourmilière. Nous ne sommes pas seuls. Distraction largement répandue dans les pays où la température est clémente. Partout, dans les petites rues ensoleillées, devant leurs portes, discutent les petits vendeurs à la sauvette, les cireurs de chaussures kurdes, les marchands de tapis qui excellent dans les langues et ceux qui ne font décidément rien et restent assis toute la journée à l’ombre d’un figuier. Puis soudain, dans toute cette vie, toute cette agitation, dans toute la ville, résonne, comme un rappel à l’ordre, comme venu du ciel, dont l’écho se perpétue mille fois dans chaque recoin, chaque maison : le chant du muezzin. Istanbul…

Le long du Bosphore, sur le pont Galata et partout dans les ports, des pêcheurs, alignés les uns à côté des autres par centaines, remontent leurs lancers jours et nuits. Cachée entre deux bateaux, des gamins déguenillés pêchent eux aussi. Un bout de fil, un morceau de ferraille recroquevillée en guise d’hameçon et des capsules de coca pour faire du plomb. En très peu de temps, ils remplissent de poissons une bouteille en plastique découpée et s’en vont courir les vendre dans le premier restaurant… Un restaurant populaire avec un choix entre trois ou quatre plats typiques, disposés dans de grandes gamelles. Perdus par ici, des touristes français demandent, sans un mot de turc ni d’anglais, s’ils peuvent payer en euros tout en sortant une liasse de billets pour se faire comprendre. On sourit avec Daoud. Le serveur a déjà les yeux qui pétillent, pas de problème, il dit, come, come. Nous, on se tait et on regarde. Comme souvent, les prix ne sont pas affichés mais nous les avons demandés avant de choisir. Eux se servent sans rien demander, s’installent et mangent bruyamment comme ça se fait chez la plupart des gens en vacances à l’étranger. Si, c’est vrai ! À la fin du repas, passage à la caisse. C’est là qu’on devrait rigoler. Nous avons fait un calcul approximatif du total avec le change en livres turques. Mais, le gars ne les vole pas. Pas un centime. Étonnant, c’était si facile de les arnaquer. Vient notre tour à la caisse. Comme par hasard, Daoud ne retrouve pas son argent au fond de sa poche. Une vingtaine d’euros. Quarante millions de livres. Une somme importante. Je paie et nous sortons dans la rue. Daoud fouille une nouvelle fois ses poches. Un petit monsieur vient alors et nous tend l���argent qu’il a dû ramasser par terre. Merci monsieur, on dit. Lui s’excuse, gêné, avant de se retirer, penaud de gratitude. On est sur le cul. C’en est trop ! Alors c’est quoi la morale dans tout ça ? De nouveaux préjugés qui s’évaporent. Un peu d’honnêteté où on ne s’attendait pas à en trouver davantage que dans les derniers pays visités… Finalement, où on a le plus de chance de se faire voler en voyage, c’est dans les hôtels fréquentés par des occidentaux. Ça ne nous est jamais arrivé, bien que n’étant pas assidus à une surveillance acharnée de nos affaires en vrac partout. On met en éveil l’instinct d’un voleur en se méfiant. La confiance donnée contamine les autres. Et puis, pas grand-chose à voler de toute façon, mis à part l’argent liquide et l’appareil photo mais que nous portons le plus souvent avec nous. Beaucoup de voyageurs utilisent une petite banane plate qui se colle au niveau du ventre sous les vêtements, ce qui permet de garder les papiers sur soi. Je n’aime pas cette banane, elle colle au corps quand il fait chaud et alors les papiers puent la transpiration. Une petite pochette plastique dans la poche de mon pantalon avec une fermeture suffit. Superstitieux, je dirais que le portefeuille chargé que nous avons trouvé et rendu dans une gare d’Italie, nous porte chance. Logique, j’ai franchement l’impression que le vol est moins répandu ici qu’en Occident. On ressent quand il y a un risque. La plupart du temps, il n’y en a pas. En Turquie, les commerçants laissent leurs marchandises sur les étalages pendant la nuit avec juste un drap dessus et personne n’y touche.

Ramadan

Maman, tu serais contente. Chaque fois que tu me demandes pourquoi nous ne faisons pas la fête sans boire de l’alcool, je nie faiblement sans vraiment savoir te répondre. Et, à y réfléchir, je dois bien admettre que, même si c’est possible, il n’y a pas de fête sans alcool. À chaque soirée, chaque événement, l’alcool est présent. C’est notre culture. Pourquoi Jésus, l’ivrogne, a changé l’eau en vin ? Je ne comprends pas. De véritables orgies sont organisées dans des villes entières où l’alcool coule à flot pour un attroupement de fêtards. Un commerce florissant et dangereux. Par exemple, les dernières ferias de Bayonne. Des souvenirs vagues. Des dizaines de milliers de jeunes. Une lamentable beuverie… Comme c’est étrange ici ! Où sont les hommes titubant, une bière à la main, jusqu’au premier buisson pour se vider en grognant ? Je ne vois pas de nez bourrus, de cartes des vins sur les joues, d’insultes puériles et de bagarres générales… Aujourd’hui, à Istanbul, je me rends compte de la part importante qu’a l’alcool dans notre société occidentale. En me promenant dans la soirée, je remarque comme les gens s’amusent et rient sans un soupçon d’ivresse. Je les entends chanter doucement, fredonner en famille. Ils se promènent dans les jardins fleuris de la mosquée, dans les lumières, les fontaines, et entre les deux rues principales, où s’élancent les vieux minarets en direction de la lune immense qui règle la fin de ce mois de ramadan. C’est une fête religieuse, certes, comme les nôtres… mais ici, la piété a remplacé l’alcool. La rupture du jeûne débute par la dégustation délicieuse et gourmande de spécialités vendues pour l’occasion sur toutes les places, dans les rues et les terrasses de la ville. Ensuite, les gens se promènent en famille, souvent les hommes se tiennent par la main. Les femmes ont revêtu leur plus beau voile. C’est simple, agréable, il n’y a pas d’excentricité, ni dans leurs manières, ni dans la façon de s’habiller. Des petits groupes de musique traditionnelle jouent sur les terrasses des salons de thé où l’on fume le narguilé. Quant à moi, je dévore tous ces sourires si vrais, si simples. Parfois, je croise le regard d’une jeune femme, indéniable, bien que très vite évité et chaste. Et pour me donner un petit peu le droit, moi aussi, de goûter à cette fête, je me suis privé de manger aujourd’hui et j’ai bien fait, pour apprécier, à l’heure tant attendue, le simple fait de manger et de boire. Un bonheur réel : manger quand on a faim.

Meriem

Je suis partie pour un nouveau voyage. Comme chaque année, je traverse l’atlantique. Comme chaque année, je garde en souvenir le sourire des mes parents qui m’accompagnent à l’aéroport. Je quitte Montréal, le froid, les amis, les habitudes. Je suis heureuse. L’avion survole plusieurs heures un paysage sans corps : l’océan. Il est dessous, partout. Il recouvre toutes les images de ma vie à mesure qu’elles défilent dans mon esprit. Je m’endors… Il fait nuit. Le vide me surprend en descendant de l’avion à l’aéroport d’Istanbul. Je suis seule. Je ne connais personne ici. Je ne connais pas cette ville. J’ai froid. C’est vrai, il fait froid, mais est-ce bien cela qui fait trembler mes jambes, mes bras, tout mon corps. Je m’engouffre dans un taxi. Les lumières défilent…J’arrive devant un hôtel. Une chambre. Un lit. Je ferme les yeux, je m’endors… Je me réveille dans un cauchemar. Du bruit dans les rues. Des gens qui passent sous la fenêtre. Des portes qui claquent dans l’hôtel. Je ne suis plus dans mon chez moi, dans mon petit lit. L’angoisse s’empare de moi de nouveau. J’ai chaud puis froid. Je me dis que je vieillis. Je répète comme une prière : tout ira bien, tout va bien se passer. Enfin, les rêves viennent me reprendre…

Le Simbâb hôtel est situé dans une petite rue qui descend vers la mer, dans le quartier de Kumkapi. Plusieurs hôtels de ce type existent, pas très éloignés du centre, simples et modestes où défilent les voyageurs. Des dortoirs de six personnes, un petit resto sur la terrasse qui domine la mer de Marmara où on entend les cornes des cargos et où l’on regarde, la nuit, voler les mouettes sur les lumières de la ville. Les douches ne sont pas très chaudes et les chambres ne sont pas chauffées mais, dans le salon, les voyageurs de passage se retrouvent pour bavarder devant une tasse de thé. Ils jouent aux cartes, aux échecs et préparent ensemble la suite de leur voyage ou de la soirée. On rencontre dans ce petit salon des jeunes de tous les horizons : Turcs, Espagnols, Italiens, Américains, Belges, Suisses, Allemands, Anglais, Français, Danois, Hollandais, Norvégiens, Canadiens, Coréens, Japonais, Iraniens et Argentins. C’est à peu près tout. Ça ne représente pas le monde entier, seulement la majeure partie de ceux qui voyagent, ceux qui en ont les moyens. Des étudiants en vacances, arrivés au terme de leur périple au bout de l’Europe ou des voyageurs partis pour un trip, qui reviennent du Moyen Orient, d’Asie et même d’Afrique par l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. Avec chacun d’eux, nous discutons, échangeons des conseils de voyage. Deux jours, une semaine, un mois. Certains y sont peut-être encore ! Mais être là, au Simbab, dans le cœur d’Istanbul, ce n’est pas du temps perdu et cela prouve que nous ne sommes pas seuls à parcourir le monde. Alors, de plus en plus confiants, nous sommes impatients de reprendre la route… Un jour, je partirai en voyage, je serai dans une guest house avec des jeunes de tous les pays. Je ne ferai rien et ce sera bien. J’y suis !

Pendant trois jours, je visite les mosquées et les musées du matin au soir. C’est magnifique. Je m’endors avec le poids de l’Histoire. Il m’assomme jusqu’au matin… Pleine période de ramadan, c’est l’occasion de m’y mettre. Non pas que je sois fervente, ni même vraiment croyante mais juste, je dois perdre quelques kilos. Et puis jeûner est une bonne chose et cela permet de partager un peu plus la vie de la ville et de ses habitants… Ma peau est brune, mes yeux sont noirs, sous mon voile, je suis turque. Je veux m’intégrer. Je veux comprendre. Mais quand les gens m’interpellent, les femmes, elles sont étonnées que je ne comprenne pas. J’en suis moi-même tellement désolée. Malheureusement, le turc ne ressemble en rien à l’arabe. Comme j’aurais pourtant voulu discuter avec elles… Tout ce temps, je ne parle à personne. Des journées entières sans dire un mot. Ça me manque. J’ai beau me dire que je suis bien contente d’être seule et libre de choisir la composition de mes journées sans avoir à négocier avec quelqu’un. C’est triste d’être seule…

Retour au salon du Simbab. On écoute un jeune Américain. Il nous explique comment Bush et son gouvernement se justifient à l’aide d’une immense propagande. « Si tu ne sors pas du pays pour te rendre compte, il dit, et si tu prends tout ce qu’on te dit pour argent comptant, ce qui se passe pour une bonne partie de la population, tu ne peux qu’avoir affreusement peur du monde qui t’entoure ». Je me souviens des dernières élections présidentielles en France. Tout le monde parlait d’insécurité, on avait l’impression que le danger était à tous les coins de rues. Finalement, l’extrême droite est passée au deuxième tour. Si ce coup a été calculé, c’est rudement bien joué ! Imaginez alors un pays agressé, comme les Américains l’ont été le 11 septembre. C’est compréhensible qu’ils aient peur, qu’ils votent Bush. Même si, là aussi, on a entendu parler d’un coup monté. Ce serait énorme. Enfin, aujourd’hui, le terrorisme existe bel et bien surtout depuis que tous ces groupes rebelles, ces combattants musulmans de tous les pays, ont été regroupés sous un même drapeau, un même nom, celui d’Al Qaïda ! Dans la même soirée, Khaled, un universitaire iranien, nous explique qu’il s’est enfui de son pays pour ne pas faire l’armée. Il espère obtenir un visa pour l’Angleterre. En Iran, il dit que la situation est inversée : la propagande anti-américaine est un phénomène bien réel. On parle d’occidentalisation décadente, d’un embargo qui dure depuis trop longtemps, d’intérêts occidentaux qui ont protégé pendant 20 ans les sauvageries de Saddam Hussein… Entre nous tous, le silence dure quelques instants… Est-ce dans la nature des hommes de toujours se trouver un ennemi pour exister ? En attendant, Khaled est ici clandestin. S’il se fait choper, c’est l’expulsion et la prison…

Bon alors, on va où mon Daoud ? Faut se décider. Asie, Afrique, tour de la Méditerranée, Syrie, Jordanie ensuite Égypte et on continue vers le Soudan, l’Éthiopie, le Kenya et la Tanzanie. Sinon, on peut faire Iran, Pakistan, Inde. C’est pas mal non plus. Mais il faut se décider, se renseigner pour les visas, les obtenir et partir. Dans la soirée, on écoute Maria, une Espagnole qui arrive juste d’Inde. Elle nous raconte ses aventures et nous donne envie de partir là-bas. Plus tard, on écoute David, un Français qui revient d’Asie centrale : Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Pakistan et Afghanistan. Les noms qui se terminent par « stan » font peur mais lui dit que ce sont les plus merveilleux. Il évoque les villes légendaires de Samarkand, d’Ispahan, de Kaboul… Mais aussi, il donne les dernières infos : à Kaboul hier, le camion d’une organisation d’aide internationale a sauté. Trois morts. Des Français. La discussion dérape alors sur différents lieux et faits. Certains disent qu’on ne peut plus accéder au Cachemire, qu’il y a des prises d’otages. D’autres ont passé un merveilleux séjour. Qui a la vérité ? On ne peut plus se rendre au Népal. Le roi a fait assassiner tous les membres de sa famille. Ses enfants aussi. C’est la révolution. Elle serait financée par la Chine. Katmandou ! Goa ! Qui fait la fête là-bas ? Pakistan : dans les zones tribales, le circuit de la drogue est mieux organisé que celui de la nourriture pour les réfugiés… Vous allez en Afghanistan ? Ah oui ! Mais pour quoi faire ? Parce que c’est dangereux... Un voyageur japonais a été pris par des terroristes en Iraq. Le prix de sa libération n’a cessé d’augmenter. Finalement, ils l’ont exécuté… Les heures défilent. Je joue aux échecs avec Arhim, un Allemand qui attend son visa pour l’Iran. Bref, trois jours de suite que je perds contre lui. Comme toujours, je m’acharne… Une ombre passe derrière moi, une jolie ombre brune. Elle parle avec Daoud. J’essaie d’écouter. Elle s’appelle Meriem. Je suis déconcentré. Finalement je me retourne. Hum…jolie bouille… Je perds encore et toujours.

Cinq heures du matin, nous sommes sur la terrasse de l’hôtel. Le soleil se lève. C’est le début d’un nouveau rythme de vie. Lever tard le jour, coucher tôt le matin et ne rien faire entre. J’ai enfin visité la ville de nuit. J’aime les villes la nuit, les lumières. Hier soir, je suis descendue au salon pour prendre un nouveau livre et finalement, un petit groupe sortait. Je me suis jointe à eux dans la fièvre des rues animées, des bars et des boîtes. Ça change d’ambiance. Une autre ville que j’ai découverte. Et aussi pleins de gens, pleins de voyageurs. Je ne suis plus toute seule. Là, je suis avec Jin, une Coréenne qui partage ma chambre. Elle attend que l’agence de voyage lui trouve un vol pour rentrer. Elle a terminé son tour du monde. Elle avait tout payé d’avance à l’agence. Trois mois qu’elle attend ce dernier vol ! Heureusement qu’Istanbul lui plaît et les Turcs aussi... Elle m’emmène dans un petit restaurant au coin d’une rue. Nous ne sommes que toutes les deux et elle est très intime avec le mec. À la fin du repas, il me tire les cartes et me fait peur. Je préfère oublier ce qu’il m’a dit. En rentrant, je parle avec Michèle. Elle est Américaine et tente depuis plus d’un mois de rentrer en Iran pour rejoindre sa mère qui ne peut plus en sortir. Je sais que les relations avec les Etats-Unis s’enveniment chaque jour davantage. Elle a peur de ne plus revoir sa mère. Khaled a essayé de l’aider à l’ambassade mais finalement, on lui a demandé qui il était et de montrer ses papiers. C’était chaud… Je vais chercher à boire. Ce soir, on se fait un « big chiken », la version internationale d’un jeu venu de France. Ça va être la fête !

Est-ce qu’on prend un avion à Istanbul, direct pour l’Asie ? Oui je sais, on doit récupérer une lettre à Erzeroum, à 1.500 km d’ici, à l’extrémité est du pays. Ça ne nous arrange pas, à moins de rejoindre Téhéran directement et de prendre l’avion là-bas. Mais alors, il nous faut un visa de transit pour l’Iran. Est-ce qu’on peut l’avoir à la frontière ? On va demander à l’ambassade iranienne. Oui, on peut. Mais le prix de l’avion là-bas, est-ce que ce sera le même ? Et puis à Téhéran, autant tracer directement vers la frontière pakistanaise, on a sept jours, et demander un nouveau visa de transit pour le Pakistan. Est-ce qu’on peut l’avoir à la frontière ? On va demander à l’ambassade. Oui, on peut mais il faut une lettre de l’ambassade française car la sécurité n’est pas assurée dans la région du Baloutchistan où se trouve la frontière. À moins de prendre un bateau pour Bombay une fois sur les côtes de l’océan indien. On n’aura pas le temps. Arhim le tente. Il part demain. Alors nous, on fait quoi. Il faut partir ! Mais sans prendre de risque. Téméraires mais pas kamikaze. Et puis comment avoir toutes ces infos ? Pourquoi change-t-on toujours de projet ? Chaque nuit, chaque matin. En Inde, on va en Inde. Combien de temps ? On verra, trois mois, trois ans. On prend un aller simple !

Il commence par frôler mes joues puis la première lèvre. Ses doigts descendent le long de mon cou. Je les sens sur mon épaule et doucement, en me frôlant à peine, sa main disparaît sous la couette. Je me laisse aller et suis la danse de nos corps. Soupire. J’aime ce moment. Il peut durer des jours. Mais on frappe à la porte…Il me plaît en fait ce mec. Il n’est pas mal et pas trop stupide. On est bien tous les deux. Comment empêcher les émotions qu’on a avec quelqu’un ? Comment empêcher son corps d’onduler sous de douces caresses ? Comment garder ses principes quand on a de si délicieuses habitudes ? C’est dur de rester froide, de montrer de la gêne, de la distance, de la confusion. C’est dur de rester indifférente…Comment déjà, cette histoire a-t-elle commencé ? De longues discussions, de longues promenades sur les bords de la mer. Je l’observais. Je ne cessais de l’observer. Ses mains, son regard. J’ai eu envie de ses lèvres. L’attirance commence par le regard. Je devrais m’empêcher de détailler mes interlocuteurs. Je ne pourrais alors être attirée par ce que je ne peux pas voir… Je sais qu’il est avec moi pour mon exotisme. Je déteste ça. Mais de le savoir, ça me protège, du moins je le crois. Le soir, tout contre moi, pendant que je lis, il rêvasse. Puis, comme si pendant tout ce temps il pensait à moi, il me regarde et me pose des questions personnelles, me fait une remarque sur mon comportement ou un jeu de mot que je ne comprends pas. Des choses qu’on oublie plus vite que le temps passé à trouver les mots pour les dire. Mais à quoi pense-t-il ? Il essaie de me deviner. J’espère qu’il ne tombe pas amoureux…Juste quelques jours pour l’oublier… Il y a longtemps que je me suis interdit de rêver, surtout quand il n’y a pas à rêver. L’amour c’est du temps, l’attirance ne suffit pas, et du temps nous n’en avons pas. Même pas le temps de s’ennuyer, pas de frustration, pas de sentiment, pas d’échec. Juste bien avec quelqu’un un peu de temps. C’est facile à comprendre. Le temps où tout est beau et neuf. C’est ce qui me plaît, là, tout de suite. Savoir être désirable, savoir plaire, savoir choisir et partir. J’ai pris mon billet. Je suis partie. Soulagée.

Le vendredi matin, nous traversons de nouveau Istanbul pour nous rendre à l’ambassade indienne une troisième fois. La première pour connaître les papiers à fournir, la deuxième pour les donner et enfin aujourd’hui, pour récupérer notre passeport avec le visa. C’est fait, nous avons notre visa indien en poche. Il est valable à partir d’aujourd’hui pour trois mois… Différentes agences de voyage proposent des vols pour l’Inde. Nous finissons par obtenir un vol aller pour Bombay dans une semaine. Une semaine, juste le temps pour moi de rejoindre cette femme qui est partie au milieu du pays, loin dans les montagnes, en souriant quand elle m’a dit adieu. Il faut que je parte ce soir. Même pas de question à se poser. Si, savoir où elle est exactement, espérer qu’elle y est encore et s’imaginer qu’elle m’attend… Les informations m’apprennent ce soir que mon grand père, expatrié en Côte d’ivoire, devrait être rapatrié à cause des explosions de violence qui se sont déroulées à Abidjan la nuit dernière. Aussi qu’Arafat, tombé dans le coma après avoir été victime d’un attentat, est conduit en France pour être hospitalisé. L’Irak est en feu. Bush a été réélu. Il pleut des images d’une guerre sale. Sur toutes les télés du monde, il sourit. La tête me tourne. La semaine prochaine, je serai en Inde. Le bus traverse la nuit. La neige s’épaissit. Est-ce qu’elle sera là ? J’ai 26 ans aujourd’hui.

Mais, il n’a même pas eu le temps de me manquer. Il est déjà là…En ouvrant les yeux ce matin, c’est lui que j’ai vu. Je ne sais pas si je suis contente. Nous allons nous promener dans la neige, dans une vallée de Cappadoce. Si, je suis contente, mais j’aurai préféré l’attendre un peu. Pourquoi est-il si pressé ? À Kunya, nous visitons le musée de Mewlânâ Djalal-ud-Dîn Rûmî, fondateur de la confrérie des derviches tourneurs, la danse du soleil, la danse des atomes vers le centre des éléments, l’un des plus grands poètes et mystiques soufis. « Comment entrevoir le sens profond dissimulé sous la brume des mots, trouver la perle en regardant simplement la mer ? » À la sortie du Mausolée, le vent balaie les flocons dans les dernières lueurs du jour. Serrés l’un contre l’autre, nous progressons dans les petites rues désertes. Sept degrés en dessous de zéro, il fait si froid dehors, il est si chaud. Je suis bien, rassurée... Un autre bus dans la tempête se fraie, dans la nuit, un passage à travers les montagnes. Je ne suis pas la seule à avoir les yeux fixés sur le brouillard, à appréhender que le bus glisse dans un virage. Mais je finis par m’endormir blottie contre lui qui fait semblant de ne pas avoir peur…Nous arrivons au lever du jour dans la petite ville d’Ergidir au milieu des montagnes, au bord d’un lac qui porte le même nom. Nous sommes sains et saufs. Le ciel est bleu ce matin. Petit déjeuner, bon café et croissants, au chaud derrière les baies vitrées de la terrasse, dans la petite pension de famille d’Ibrahim. Nous sommes perdus au fin fond de la Turquie, en plein hiver. La chambre a une vue merveilleuse. Je suis heureuse et ça se voit…La vie est belle. Il n’y a qu’à regarder un oiseau voler, les feuilles colorées de l’automne danser avec le vent, un lac aux eaux bleues devant des montagnes enneigées. Au loin, le chant d’une femme comme une plainte enivrante au rythme de la musique orientale. Des enfants courent autour, les mamans pleurent et les hommes jouent comme de grands enfants. La vie par une autre fenêtre. Entre beauté et cruauté, entre respect et dégoût. Je suis là, avec toi, et bien plus encore. Comment oublier ces moments délicieux de folie… ? Qui nous fait si sensibles à la vie ?
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