Aléafrica, dix semaines au hasard dans le sud de l’Afrique
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Il y a vingt ans, en avance sur les Etats-Unis, l’Afrique du Sud élisait son premier président noir. Ceux qui étaient réduits au silence avaient tant à dire qu’on valida onze langues officielles et, pour évoquer une histoire compliquée et conjurer un avenir qui ne l’était pas moins, on inventa un drapeau multicolore : noir, rouge, bleu, jaune, vert, blanc

Rouge Le bleu du bâtiment pourrait prolonger celui de l’Océan mais l’eau du port est rouge. Dix requins pantelants gisent en plein soleil, à même le quai, devant l’entrée d’un fish &chips. Un ouvrier les arrose à jet continu évacuant dans le port ce qu’il leur reste de sang. Au moment où je sors un appareil photo un homme accourt, inquiet, et m’assure que ces requins n’appartiennent pas à une espèce protégée ; il est très convaincant bien que ne portant pas de harpon. Un camion arrive et les embarque au palan : ils partent en Australie, tous frais payés. Mais ce n’est pas suffisant pour expliquer la couleur de l’eau. Une usine de conditionnement de sardines occupe le quai suivant, alimentée à flots continu par les bateaux : ce sont ses rejets qui colorent le port. On comprend mieux dans quel piège ont été pris ces malheureux requins qui n’ont pas eu la bonne idée d’appartenir à une espèce protégée. Cette marée sanglante fait le bonheur de dizaines de pêcheurs alignés surla jetée et qui relèvent, à chaque lancer de cuiller, des hadas qui se trouvent être d’autres victimes collatérales de la pêche à ces abruties de sardines : qui apprendra aux sardines à voyager individuellement plutôt qu’en boule affolée. Mis en appétit, nous choisissons un autre caboulot et optons pour un… fish & chips, sans requins sur la terrasse. L’écran géant retransmet un match de cricket opposant l’Afrique du Sud à… l’Australie. Qui, hors du Commonwealth, a jamais compris les règles du cricket ? Il reste l’élégance de arbitres coiffés de panamas et le masque des batteurs, casqués comme des footballeurs américains, dans ce sport où jamais on ne se touche. Un pick-up qui n’a pas osé le rouge remonte un bateau, affuté et lourdement motorisé, un bateau de guerre dont le nom sur la coque, en noir et en français est Assassin.

Bleu Les géographes ont décidé que la pointe où le continent rend les armes au sud délimitait deux océans, l’Indien à l’Est, l’Atlantique à l’Ouest. Cape Agulhas ne doit pas son nom aux aiguilles de pins qui seraient bien en peine de survivre ici, encore moins aux aiguilles de schiste, en première ligne, mais à l’observation des premiers marins portugais qui, croisant là il y a cinq siècles, constatèrent que l’aiguille des compas indiquait strictement le nord au passage de ce cap. Dans une ambiance de finisterre deux océans furieux s’affrontent-ils jour et nuit pour défendre leur territoire ou pour ne pas décevoir les géographes autour de ce méridien, le 20ème est, tranchant le continent et l’océan? En réalité, c’est là que se rencontrent le feu descendu de l’équateur et la glace remontée de l’Antarctique. L’Indien résiste refusant qu’on vienne geler ses côtes et contraignant le courant froid à remonter l’Atlantique. On accède au feu du phare par quatre volées d’échelles abruptes pour constater que les deux océans sont uniformément bleus. Plus loin, avec ses maisons de pêcheurs basses, chaulées comme en Irlande, Arniston malgré son R ne manque pas de charme.

Vert Les moutons sont des Suffolks et les vaches des Jersiaises, un ferry à chaîne doit nous permettre de traverser la Breede River tandis qu’un crachin persistant confirme l’impression d’être en Cornouaille en septembre. Mais le ferry, petite plate d’acier contenant deux voitures, est halé à bras d’hommes, trois Sisyphe noirs enchaînés à un câble.Successivement ils partent de la proue (réversible en poupe au retour, mais est-ce encore un bateau, qui jamais ne quitte son ancre?), enroulent, comme les bolas d’un gaucho, une chaîne lestée autour du filin d’acier, enfilent le baudrier et se dirigent vers la poupe. Arrivés là, ils recommencent. Je m’harnache, je hale, j’ahane, pourrais-je être plus blanc sous le harnais ? Sur l’autre rive, un cow-boy noir en bleu chevauche un quad jaune pour, décrivant d’amples demi-cercles, rassembler des bovins indociles. Sur les collines, les parcelles immenses sont d’un vert infini, les élevages d’autruches alternent avec ceux de moutons.

Jaune Cette vaste ferme du Baavianskloof, dans l’est du Karoo, propose des emplacements de camping. Comme vous êtes seuls, vous choisissez la vue sur les croupes de grès rose que, tout à l’heure, le soleil enflammera. Il est temps de penser au feu. Courbé dans les taillis d’acacias vous voilà en quête, quelques branches, menu fretin, pas de quoi faire des étincelles, jusqu’au moment où vous devinez la dépouille d’un jeune acacia, abattu depuis longtemps. Il est deux fois plus long que vous et en pèse bien la moitié. Vous lui racontez des histoires, que vous allez le réchauffer, l’incinérer, bref, lui offrir une sépulture le soustrayant aux milliers de bestioles qui le rongent, pour l’amadouer, pour qu’il vous épargne d’une épine lorsque vous le prendrez à l’épaule. Mais un arbre seul n’a jamais fait un feu. Deux souches, légères tant elles sont minées, tant elles ont nourri, seront ses compagnes de bûcher. Maître de cérémonie, vous appariez les souches puis formez un trio avec le tronc : elles l’auront vite coupé en deux. Vous voilà avec quatre morceaux, la fête peut commencer. Une souche en flamme sur les braises, les deux troncs en croix par-dessus, la dernière souche enfin. Feu d’artifice. Bilan probable malgré les sommations (sommations :heurter le bois contre le sol attendre pour permettre aux habitants de quitter les lieux et chercher une autre cantine, recommencer jusqu’à évacuation totale), quelques dizaines de fourmis et consorts.

Noir & Blanc Dans les cuisines de ce restaurant réputé une brigade de onze, en plein coup de feu : cinq métis, quatre noirs, deux blancs, huit hommes, trois femmes, deux en surpoids, un hypocondriaque. Silence absolu dans les rangs, seul le chef lance sèchement des ordres précis. Ce qu’il a commandé arrive de toutes parts devant lui qui se réserve, outre le contrôle, d’apposer la touche finale : citron vert, branche d’aneth, crustacé en extension.Les serveurs enlèvent à la volée. La région s’enorgueillit de ses moules, va pour une sea food crispy pizza : les moules doivent-elle leur taille à la présence de la raffinerie de pétrole voisine qu’on dit être la plus grande du monde ? Quant à la pâte, elle est beaucoup moins craquante que la mariée, en séance de photos sur fond de soleil couchant sur l’océan. C’est Valentine’s Day. A une portée de fusil d’ici, dans une grotte avec vue sur mer imprenable, on a récemment mis à jour des artéfacts utilisés par mes aïeux il y a 165 000ans. Les chercheurs n’en ont pas terminé l’inventaire mais savent d’ores et déjà que les coquillages formaient la part du lion du menu.
AT Atila Globetrotter ·
10 semaines...🙁
FM Fmaej Globetrotter ·
🙂 quel régal de te lire , combien de semaines encore ?? merci Jean , !😉 t'as vu les sardines , je le pensais depuis longtemps ...!!! 😇
AI AirOne Globetrotter ·
Il y a vingt ans, en avance sur les Etats-Unis, l’Afrique du Sud élisait son premier président noir.

Il me semble que le Sénégal était encore plus en avance.😉

Rouge Le bleu du bâtiment pourrait prolonger celui de l’Océan mais l’eau du port est rouge. Dix requins pantelants gisent en plein soleil, à même le quai, devant l’entrée d’un fish &chips. Un ouvrier les arrose à jet continu évacuant dans le port ce qu’il leur reste de sang. Au moment où je sors un appareil photo un homme accourt, inquiet, et m’assure que ces requins n’appartiennent pas à une espèce protégée ; il est très convaincant bien que ne portant pas de harpon. Un camion arrive et les embarque au palan : ils partent en Australie, tous frais payés.

Je serais curieux de voir ces photos. L'Afrique du Sud a une politique très protectrice des squales, mais pas de tous effectivement.

Une usine de conditionnement de sardines occupe le quai suivant, alimentée à flots continu par les bateaux : ce sont ses rejets qui colorent le port. On comprend mieux dans quel piège ont été pris ces malheureux requins qui n’ont pas eu la bonne idée d’appartenir à une espèce protégée. Cette marée sanglante fait le bonheur de dizaines de pêcheurs alignés sur la jetée et qui relèvent, à chaque lancer de cuiller, des hadas qui se trouvent être d’autres victimes collatérales de la pêche à ces abruties de sardines : qui apprendra aux sardines à voyager individuellement plutôt qu’en boule affolée. Mis en appétit, nous choisissons un autre caboulot et optons pour un… fish & chips../... Un pick-up qui n’a pas osé le rouge remonte un bateau, affuté et lourdement motorisé, un bateau de guerre dont le nom sur la coque, en noir et en français est Assassin.

Tu n'es certes pas un assassin, mais tu es complice puisque client du fish&chips.😎

Dans une ambiance de finisterre

Il ne s'agit donc pas du notre, le seul vrai Finistère

Je m’harnache

Et non pas je me harnache comme me prétendait à tort un ami hérisson ! 😠

Au plaisir de continuer de te lire tout au long de ce carnet arc en ciel.🙂

Amitiés
Erwan La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Ta prose est toujours aussi belle 😎

Heureux homme qui peut partir 10 semaines dans le Sud de l'Afrique !

Manque juste quelques photos, ce sera un plaisir de te lire sur ton parcours 😎
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MA Magryelle Regular ·
Merci Jean Luc pour ce message, tu écris merveilleusement bien et c'est un plaisir de te lire! On va découvrir tout ça de nos propres yeux dans quelques jours!
mayrig
LA Lacalo Globetrotter ·
10 semaines...🙁

Oui... mais 10 semaines 🙂 qui vont nous gratifier de bien belles pages à lire. J'aime ces nouvelles, récits, brèves, contes, histoires courtes. On suit son regard ...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
VO Voyajou Globetrotter ·
Merci Fmaej, Rjulie95, Magryelle et Lacalo pour vos encouragements. Nous entamons la troisième semaine, il en reste donc presque huit (🙁 comme ferait Attila).

AirOne, voici une photo (j'en ai d'autres avec la facade et l'enseigne mais je ne sais pas quel usage toi ou d'autres en feriez😇)

VO Voyajou Globetrotter ·
Le pays Xhosa, celui de Mandela, qui est l’ancien Transkei, le premier homeland de la politique de l’apartheid reste une région à part dans le pays. Pas d’implantations industrielles, peu d’infrastructures, un peuple qui tourne le dos à l’océan mais dont les troupeaux nombreux, de toutes espèces, vont librement. Un habitat éparpillé et coloré constellant les collines, des rivières en pagaille qui lacèrent le pays vers la mer. Pour le voyageur, c’est un des derniers lieux d’aventure du pays.

Une journée ordinaire au Pays Xhosa

Après une nuit au faux abri des dunes, tenu éveillé par une mer rugissante et un vent affolant, on suit des pistes en gravier pleines d’écoliers en uniforme qui dévalent, à travers champs, des huttes colorées qui constellent le paysage. Nous sommes au royaume des pastels de toutes les nuances de bleu, de rose, de vert.

Il s’agit de gagner Hamburg, à l’embouchure de la Keiskamma en y espérant un café. On finit par atteindre un estuaire, large et ensablé, peuplé d’oiseaux, d’un café et d’une ferme ostréicole que nous convenons de visiter après le déjeuner qui sera d’huîtres, excellentes pour des eaux chaudes, bien meilleures que celles du Texas, mais moins iodées que celles de Namibie et bizarrement presque congelées à cœur. Un grilled calamari commandé avec chips arrive une heure plus tard, froid et sans chips… qui n’arriveront pas. Lorsque je m’en étonne, on m’assure qu’elles arrivent je me rends en cuisine : on épluche les pommes de terre.

A la ferme ostréicole nous sommes accueillis par quatre gardiens dans un cabanon de deux mètres sur deux, trois sont allongés à même le sol et dorment, celui qui est de service ne dort que sur un coude.

Deux bacs à huîtres, de la taille de ceux que votre écailler aligne par dix, voilà toute la production! Qui n’en est pas puisque toutes ces huîtres, disons vingt ou trente douzaines, sont sauvages et ont été cueillies sur la côte. Suit un hangar neuf abritant une dizaine de cuves de quinze mètres cube, vides : une future, depuis trois ans déjà, pisciculture. L’ensemble résulte d’un financement international et la ferme est pilotée par le gouvernement.

On peut acheter des huîtres, le tarif comporte dix lignes selon la taille et le statut de l’animal, sauvage ou d’élevage. Nous choisissons les petites, dites «champagne», allez savoir pourquoi. Le prix unitaire ne s’invente pas tant il va bien avec leur forme : 3,14. On arrache la comptable à sa sieste, on fait chauffer les calculatrices des téléphones portables, on n’y arrive pas. Ce n’est pourtant pas le théorème de Pythagore!

Le soir, dans un petit camp côtier niché dans une forêt indigène, pas emballée à l’idée de se ficher l’Opinel dans le gras du pouce, ma sauvageonne préférée les ouvrira en les encochant avec deux pierres avant d’y glisser la lame.

L’Océan ronfle, des chants et des percussions s’élèvent d’un village voisin invisible, une huître récalcitrante apprend le feu.

Une journée pas ordinaire au Pays Xhosa

J’ai une idée de ce qui nous attend, ma Co, un peu moins qui sait néanmoins qu’il faut, de temps à autre, libérer le sauvage: plusieurs jours sur le Wild Coast 4X4 Trail entre Kei Mouth et Port St Johns. Des collines éruptives qui s’écroulent brutalement dans l’océan, des rivières à franchir, des pistes oubliées.

Nous retardons le départ, on est si bien sur cette terrasse à l’embouchure de la Kei River. L’expresso est remarquable. Nous étirons jusqu’à un déjeuner de baby calamari et un dernier café pour la route, qui commence par une traversée en ferry. Une femme à pied nous prie de la conduire au prochain village sur l’autre rive, à trois heures de marche. Nous n’avons que deux sièges mais je lui obtiens une place dans l’autre voiture, des sud-africains qu’elle n’osait pas aborder. J’y gagne un sourire malicieux.

La piste est facile puis il n’y a plus de piste, la mémoire d’une trace dans les collines, des traces qui se croisent et vous conduisent le plus souvent à la mer, comme l’eau.

Quelques gués puis une large rivière avec un passage qui semble possible en diagonale, sans visibilité sur la sortie enfouie dans la végétation. Ma navigatrice embarquée s’engage, l’eau au mollet, remonte délicatement la jupe qu’elle porte au genou, comme il sied, puis retrousse encore, comme il sied moins –ce n’est pas demain que je vais acheter un sondeur. De l’autre rive elle me fait signe que la sortie, que je devine ravine, est passable.

Je m’engage, ça passe, des pierres roulent et cognent. Face à l’entrée de la sortie un rocher va forcément toucher. La voiture chasse en cherchant l’axe, le pot d’échappement est dans l’eau, il faut choisir entre deux maux, la bête bondit et franchit l’obstacle. Pour se retrouver dans un boyau avec une pente impossible et profondément ravinée. Mais qu’est-ce que je fais là ?

On passe les rivières par des ponts lorsqu’ils ne sont pas effondrés, par le ferry s’il est encore là, à gué ou par contournement dans les autres cas. Souvent, le tablier des ponts, prisonnier de parapets pleins, est si dégradé, si creusé qu’il y a autant d’eau sur le pont que dessous. Avec cette drôle d’impression de passer le pont à gué.

Quatre heures et quarante kilomètres (mais beaucoup moins à vol d’ibis) plus tard nous arrivons dans un resort de pêcheurs établi sur l’embouchure de la Nxaxo, vierge de toute autre implantation. On nous refuse de camper dans l’enceinte de l’établissement et nous informe que c’est strictement interdit aux alentours. Le seul package est le DB&B (ici, on ne rigole pas avec le dinner : si tu ne pèses pas ton quintal à vingt ans, tu as raté ta vie) à six cent rands par personne. Je propose que ma Co dorme dans la voiture : nouveau refus. Face à une réceptionniste deux fois plus lourde que moi je la tente ascète: nous ne mangerons pas, ni dîner, ni petit-déjeuner mais ils n’ont pas non plus ce package. Au final, le roc devinant la bernique, ils acceptent ma proposition, 400 rands à jeun. J’y pose une condition, j’ai repéré la 34 qui est la meilleure de l’établissement, grande terrasse couverte (il pleut encore) donnant sur l’estuaire.

Nous nous installons, descendons quelques caisses, allumons des bougies et servons le vin lorsqu’arrive une procession bleue, lente et colossale, quatre femmes sous des ponchos emmenées par une chef qui porte son parapluie comme un sceptre : la porteuse d’eau, la pourvoyeuse de thé, la lingère, une autre à la fonction mal identifiée et la chef qui est chef. Cette délégation nous apportait une carafe d’eau, cinq sachets de thé, une serviette supplémentaire et des sourires, un peu interloqués, semblant dire «mais qu’est-ce que font ces campeurs dans notre suite ?».

Je pense à une chanson douce que chantait Favennec, une histoire de concours de lenteur pour les lilas dans l’eau. Nous sommes au paradis.

L’impermanence des muffins à Port St Johns

La case-à-roulettes, comme la mer à l’embouchure de la Mzimvubu, a perdu sa couleur d’origine : toutes deux ne sont que boue. Une équipe de voltigeurs équipés de seaux et de chiffons lui redonnera son lustre le temps d’un numéro (ce sera un peu plus long pour nous).

L’appel du Spar à la grand-messe du samedi est un gospel diffusé par haut-parleurs longue portée. Les mendiants, qui se satisferaient d’être seulement dépenaillés, ont un banc attitré à la sortie du supermarché et y reçoivent quelques offrandes. Face au Spar, au marché africain, la saison est à la banane, entre les deux, un golgotha d’immondices en putréfaction.

Après cette mise en bouche et quelques années d’absence, il est temps d’aller vérifier que les muffins de l’Outspan Inn sont toujours les meilleurs du pays. L’hôtel ne sert plus de breakfast qu’il sous-traite au restaurant mitoyen… qui a perdu les muffins. J’étais comme un petit Proust associant Port St Johns à ses muffins ou un Petit Poucet marquant son trajet de bonnes recettes. Un monde s’écroule.

Le restaurant de bois qui domine Second Beach de ses pilotis a changé de main et troqué son mobilier ancien contre du plastique, la plus charmante guesthouse des lieux a fermé, difficile sans doute de vivre ici pour une jeune femme seule avec deux enfants.

On croise encore quelques pap’hippies magnifiques, métissés par le soleil, de ceux qui ont fait ce lieu et qui resteront.
EM Emma78 Veteran ·
Salut Voyajou,

Je prends le 4x4 en marche et te suis à la découverte de la nation arc en ciel.

Mais qu’est-ce que je fais là ?

Tu nous enchante tout simplement.😉

Bon voyage 😎
Emma

http://www.manuetjc-tribulations.com
AI AirOne Globetrotter ·
AirOne, voici une photo (j'en ai d'autres avec la facade et l'enseigne mais je ne sais pas quel usage toi ou d'autres en feriez😇)



Je dirais des bronze whaler sharks, ou requins cuivres, mais pour être sûr, encore faudrait en voir le museau. Moins ragoûtant que les muffins il va sans dire...
Erwan La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
MA Magryelle Regular ·
Merci encore Jean Luc pour la suite de ton récit! Cela nous donnera des idées pour la suite... Nous sommes au Cap depuis hier et découvrons cette ville - à travers LR, R&D Offroad et Alu-Cab pour l'instant, les Warehouse etc., notre véhicule est en cours de préparation - qui me rappelle sous quelques aspects certaines villes côtières d'Australie, et comme par hasard je m'y sens 'at home'. Continue à écrire, c'est un vrai bonheur de te lire! A +
mayrig
VO Voyajou Globetrotter ·
Des Xhosas et leurs maisons











VO Voyajou Globetrotter ·
Je partage ton avis sur les similitudes entre l'Australie et l'Afrique du Sud et tu le vérifieras dans les petites villes du pays rural, du bush: on se croirait parfois dans l'outback. Petits musées incroyables, urbanisme et architecture, coffee shop et farmstall, etc. Mais ce n'est qu'une facette du pays, la blanche, et il y en a bien d'autres comme tu le vois dans les photos ci-dessus Bonne préparation pour votre case-à-roulette!😉
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Rohhh les jolies photos ! Vous êtes ou en ce moment ?
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MA Magryelle Regular ·
Bonjour Jean Luc, Merci pour les photos. Maintenant que nous avons un véhicule quasi prêt pour le grand voyage - ou plutôt les grands voyages - nous allons pouvoir aller à la découverte de tant d'endroits, insolites ou pas, dans cette merveilleuse partie de l'Afrique. Pour l'instant, au backpacker de Stellenbosch, nous devions y rester & semaine, mais comme notre 'Traffic registration' prend + de temps que prévu (1 mois! mais j'ai une devise: 'never, never, never give up'!), on va sûrement 'hit the road before the end of the week and go through the Garden route, stay 2 nights in that area, apparently spectaculor, then to Jo'Burg where we will leave our car in storage at a lodge, which will be very conveniant for us, as we usually land there. Tu as le bonjour de Léo d'Alu Cab; ils y travaillent merveilleusement bien. Pour l'instant on est dans le stade de la surprise de cet immense pays si diversifié, mais on est plus tenté par les pays plus au nord. A +, j'attends la suite de ton récit avec impatience ; Magryelle
mayrig
VO Voyajou Globetrotter ·
Sur le port de Durban… … je n’ai pas vu de marins. Mais j’ai rencontré une vieille connaissance épistolaire, un fondu de savane, un qui aime les bacs à sable mais moins les bains de boue, un qui traverse le continent comme moi le quartier. Nous avons en commun des amours de soixante ans, les Land Rover. Après un détour obligé pour acquérir les tous derniers équipements absooolument indispensables avant d’entrer dans le dur, un orage antédiluvien –normal dans le berceau de l’Humanité- surprend le flot de véhicules sur la N3, artère vitale, train de camions à touche-touche entre le premier port du continent et Johannesbourg. Tous phares allumés, feux de détresse actionnés, éclairs gratuits, grêle offerte, la chenille à trois voies progresse au pas. Deux semi-remorques s’emboutissent au ralenti. Ce n’est pas ce soir qu’on va faire un joli campement. A Pietermaritzburg les gens marchent sans hâte, en chemise sous la pluie.

Une décharge à ciel couvert Des tas de toutes tailles de bouteilles en plastique, de cartons pliés, de polystyrène, de bois de démolition, de gravats, de bouteilles de verre, de canettes d’aluminium, de chaussures, de ferraille. Des empilements d’électro-ménager hors d’usage. Je ne suis pas à la déchetterie municipale, encore moins dans une usine de retraitement, mais dans le hangar de 300m2 d’un lodge & backpackers plein de bonnes intentions. Dans les cuisines des panneaux détaillés expliquent l’usage des cinq poubelles. Malheureusement, elles sont elles-mêmes à l’état de poubelles, ne sont pas différenciées par leurs couleurs et les inscriptions sur le couvercle sont largement effacées par le temps (m’est avis qu’ils ont utilisé une encre bio-dégradable). Dans les salles d’eau, on explique comment ne pas l’utiliser ou, à tout le moins, l’économiser. Dans le désert du Kalahari j’entends bien mais comme nous sommes dans une des régions les plus arrosées du pays on peut s’interroger; heureusement les petites fiches apportent la réponse : c’est pour économiser l’électricité utilisée par la pompe (sic). Et la véritable raison est finalement dévoilée : le tarif de l’électricité a augmenté de 25% l’an passé. On explique aussi que les gentils propriétaires se rendent à la ville la plus proche (ville dont nous arrivons et qui semble avoir déjà bien du mal avec ses propres déchets), équipée d’un centre de tri pour y livrer avec leur voiture, à deux heures de route, les déchets pré-triés. Sans être un spécialiste, je ne serais pas étonné qu’il y ait pas loin d’un an de déchets dans le hangar et, faute de place et peut-être de motivation, les tas commencent à se chevaucher, les triés à se mélanger. L’Afrique reprend le dessus. Ah ! J’oubliais, je n’ai pas trouvé le tas pour les piles. J’évacue les lieux partagé : usine à gaz ou fumisterie ?

Z’auriez pas vu mes dollars ? Dès potron-minet, au pied du Sani Pass, un homme à l’air égaré nous demande de le monter au Lesotho d’où il est descendu hier soir. Il a perdu tout son argent sans savoir si c’est au poste frontière sud-africain, à celui du Lesotho ou, encore, au plus haut pub d’Afrique. Rien au premier poste. Barry, sud-africain, est scientifique et travaille aux Etats-Unis. Jeune il a combattu les cubains en Angola et n’avait plus sa place dans la nouvelle armée sud-africaine en 1994. Il nous décrypte la géologie du défilé. Un pointillé géant marque le flanc de la montagne, trace d’un rocher qui a dévalé la pente en bondissant. Rien au poste du Lesotho. Et rien non plus au Sani Top Chalet. Barry semble vaciller, son avion pour Salt Lake City est dans une semaine, il n’a pas de carte decrédit et détenait tous ses avoirs en dollars. Il lui reste une cousine éloignée par ici. Nous lui offrons du thé et des gâteaux. Il va redescendre. L’air froid est traversé de courants chauds, on pourrait être dans l’eau. D’ailleurs, on y est.

Au Lesotho Le problème, à l’est du Lesotho, comme dans la majeure partie du pays, à l’exclusion du sud-ouest, c’est qu’il n’y a quasiment pas d’hébergements outre quelques structures destinées aux séminaires qui sont la négation même du gîte de charme. Le Molumong Lodge & Backpackers occupe les bâtiments d’un ancien comptoir, construit en moellons d’une taille à faire pâlir les bâtisseurs de pyramides, couvert de tôles rouges et situé au milieu du village.Il n’y a pas d’électricité, c’est sommaire pour le corps mais luxueux pour l’esprit et, pour dix euros, vous privatisez l’établissement faute d’autres occupants. Le salon spacieux, meublé de canapés défoncés, est doté d’une cheminée (on est à 2500m, est-ce parce que ce pays froid ne dispose pas de bois, où les arbres sont moins nombreux encore que les habitants indemnes du VIH, qu’il a inventé ces couvertures somptueuses, du moins avant qu’elles n’arrivent de Chine, dont ses habitants ne se départissent jamais ?) et ouvert sur trois côtés. C’est un va-et-vient sous nos fenêtres d’un soir, on échange des saluts, des sourires, de la musique, des gâteaux ou des cigarettes. Nous sommes dans un aquarium ah, s’ils disposaient d’appareils photos ! Gabriel, le manager, titre qu’il revendique fièrement, est à la tête d’un curieux cheptel d’ânes, moutons, vaches et chevaux. Demain, irons-nous cavaler dans la montagne ? Les écoliers rentrent par les mêmes sentes que les troupeaux, s’interpellent de rires sonores. Les hommes causent, adossés aux murs de pierres sèches, les fumées s’élèvent dans la cour des cases. Petit à petit le silence enveloppe la vie, reste une nuit d’étoiles cernées par les montagnes. Sur la route de Semonkong, où sont en cours des travaux maoléens, les ânes laissent le pas aux six roues des camions chinois mais portent encore, stoïques sous les coups, les fagots de bruyère et les sacs de farine alors qu’on les y roule et qu’on leur prépare un avenir en saucisson. J’avais toujours réussi à me rendre à la fameuse waterfall (la plus haute du monde d’un seul jet, paraît-il) en voiture. Mais, cette année, j’ai pris l’engagement de marcher. Nous ne trouverons pas les chutes mais j’en ferai une et ma Co s’embourbera dans le black cotton jusqu’à la naissance du mollet, ruinant ses souliers neufs. Y gagnerai-je un peu de répit ? C’était la Journée de la Marche : le soir, de retour au campsite de Ramabanta où, jusqu’alors, nous avions toujours été seuls, nous apprenons qu’un groupe de quinze hikers va nous tenir compagnie. Je me rassure : qui hike, dort ! Ils arrivent deux heures après la nuit, portant tout leur barda, déploient des tentes qu’ils n’utiliseront guère, se relayant à la palabre autour du feu, et qu’au milieu de la nuit, surpris par un violent orage ils replieront en catastrophe, s’abritant sous un auvent. Ma demande de silence sera suivie de peu d’effet, les éclats qui nous atteignent ne sont ni d’anglais, ni d’afrikaans mais d’une langue africaine et, à cinq heures, toujours sous la pluie, la fine équipe se rend au restaurant pour le breakfast. Lorsque nous nous croisons, l’échange est de regards sombres et silencieux. Ils partent à six heures, le corps et le barda couverts d’un poncho. S’il est habituel de voir les africains marcher c’est, presque toujours, à des fins utilitaires. Est-ce que marcher pour le plaisir est un signe de développement ? Ce critère est-il pris en compte dans le calcul de l’IDH ?

Oh my God, quelle matinée ! A Ladybrand, la Christ Embassy tient cérémonie dans un entrepôt de tôle, les femmes s’éventent avec leur livret. Les chaises en plastique sont drapées de blanc, rehaussé d’un nœud bleu. Un prêcheur d’une extrême élégance, costume bleu sombre, chemise assortie, claire à col blanc (le col des clercs ?), cravate et pochette rouges, un orchestre (orgue électronique, batterie et synthé) et un chœur de jeunes femmes, tunique blanche ceinte d’une écharpe jaune d’or se partagent l’estrade. L’assistance, clairsemée, est en dimanche, jeune, belle, fervente, exclusivement noire. La sono trop puissante distord sur les tôles mais le prêche est connu et le pasteur un sacré tribun –heureusement que ces gars-là mettent leur verbe au service de la paix (c’est ce qu’ils affirment tout en prétendant être the light of the world). Entre les prêches, assez peu nombreux, on assiste à un concert endiablé de gospel-rock et on danse dans les allées. La cérémonie se déroule en anglais et il n’y a pas une voiture dans le champ autour du hangar. De l’autre côté de la rue, à l’Eglise Reformée Hollandaise, construite il y a un siècle en sandstone, les jardins paysagés et clos sont jonchés de pick-up et l’on vénère en afrikaans. Le silence et le calme sont de rigueur alors que, sur les bancs de bois, les noirs, les métis et les blancs sont côte-à-côte. Les femmes sont endimanchées, les hommes aussi, en bras de chemise à carreau. En athée convaincu, je verse une obole égale aux deux œuvres. L’Eglise Catholique est située dans le township. Cinq cent fidèles, dix voitures. La messe se tient en langue sotho et prend quelques libertés avec le rite romain. Pas de sono ici, les chœurs et la ferveur emplissent la grande église de brique. Je suis le seul blanc dans l’assistance, je me retrouve avec la petite fille de ma voisine sur les genoux et, lorsque dans l’assistance debout, on se prend tous par la main suis-je marron? De jeunes hommes en costume noir, dreadlocks aux épaules, me saluent avec bienveillance à leur retour de communion. Pour clore la messe, la chorale investit le chœur et entonne des chants puissants, les fidèles dansent et applaudissent entre les morceaux. A un moment, s’élèvent de cinq cent poitrines des hululements longs (sauvages, forcément, les hululements) pour accompagner le chant; manquerait plus qu’ils me prennent pour le Christ mais, heureusement, la communion est passée. Nom de Dieu, c’est quoi là, qui perle sous les paupières ? De l’eau bénite!?
KA Kate Globetrotter ·
Hey !

Tu t'en sors très bien avec les photos 😇😉 Mais cent fois mieux avec les écrits...
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
DI Diamina Globetrotter ·
Coucou re-Vois you,

Ta plume littéraire et ta maîtrise de la langue de Molière ont encore frappé mon attention.

Quelques remarques ou questions s'imposent.

Qui, hors du Commonwealth, a jamais compris les règles du cricket ?

Pas moi!😊

On accède au feu du phare par quatre volées d’échelles abruptes pour constater que les deux océans sont uniformément bleus.

Moi aussi, j'ai été déçu lorsque j'ai vu le Pacifique pour la première fois, de voir qu'il n'y avait aucune différence avec l'atlantique que je connaissais bien. Quel est l'intérêt de leur donner des noms différents??? 😏

Je m’harnache, je hale, j’ahane, pourrais-je être plus blanc sous le harnais ?

Une photo de l'animal en action, please?

Je vais lire les autres posts maintenant.

A bientôt!
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
DI Diamina Globetrotter ·
’hôtel ne sert plus de breakfast qu’il sous-traite au restaurant mitoyen… qui a perdu les muffins. J’étais comme un petit Proust associant Port St Johns à ses muffins ou un Petit Poucet marquant son trajet de bonnes recettes. Un monde s’écroule.

Dire que j'ai failli mettre Port st Johns à mon programme pour les muffins! Ouf! heureusement que tu y es retourné!!!

La désillusion a du être terrible! Toutes mes condoléances!
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
DI Diamina Globetrotter ·
Je suis le seul blanc dans l’assistance, je me retrouve avec la petite fille de ma voisine sur les genoux et, lorsque dans l’assistance debout, on se prend tous par la main suis-je marron?

Dans la chappelle de harlem, Jimmy est blanc , Jessie est noire.......

Au moins, tu ne pourras pas dire que tu passais inaperçu!
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
PI Pierre77N Globetrotter ·
Me voilà... Jolies images ! 😉
CH Chris06 Veteran ·
A nouveau sur les routes Sud africaines . . . Sympa de lire ton carnet de bord 😉
chris06
PA Patoupatou77 Regular ·
Bonjour Voyajou je prends le train en marche, avec du retard… et moi aussi je me suis dit .. Ouah! 10 semaines! Encore en Afrique du Sud!🙁 Trop de chance, je voudrais bien prendre sa place 😉😉... (déjà que Patrice et moi on ne pense qu'à ça)😛

Trop de chance… on va pouvoir se régaler de ta plume et des photos 🙂😛

Je vois que tu n'as pas résisté à ta destination préférée, le Lesotho ! Vivement les photos…

Merci de partager avec nous en direct!
VO Voyajou Globetrotter ·
Au Lesotho (pour Chris, AirOne et Patou qui aiment le Lesotho et pour les autres qui l'aimeront)

Quand on vous dit que le Sani Pass est dangereux!



Musicien du matin (tige de bois, langue d'oiseau et corde de poils de queue de boeuf)

Deux frères

Leur soeur Deux mondes se croisent

Au marché de Semonkong
FM Fmaej Globetrotter ·
Bonjour Voyajou ! j'aime bien tes photos... oui !!😉 et aussi ce que tu écris , c'est bien joli ! oui , oui ! et aussi profites en bien ! l'Aliénor te salue 🙂
PA Patoupatou77 Regular ·
Superbes photos ! merci voyajou
MA Magryelle Regular ·
Bonjour Voyajou,

J'adore tes photos, on sent le regard plein de tendresse du photographe. Merci!

On prépare notre périple de 7 semaines en Juillet-Aout en AFS et sud Namibie avec notre véhicule. Quel bonheur!

La 'Garden route' et la traversée du Karoo quand on a remonté notre Def à Jo'burg en 4 jours nous a vraiment plu, même si on a pas vraiment eu le temps de se poser. Mais on y reviendra de manière + approfondie.

A +
mayrig
MA Max68 Globetrotter ·
j'ai dû courir un peu mais hop sur le garde boue arrière du 4x4 😛🙂
https://apprentisvoyageurs.com
BO Boulwai Regular ·
Rahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!🙁
Rêver est déjà un beau voyage.
AI AirOne Globetrotter ·
Rahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!🙁

Et je dirais même plus : Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh !🙁
Erwan La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
KO Kola Globetrotter ·
Boulwai : "Rahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!🙁"

AirOne : "Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh !🙁 "

C'est lequel des deux qui est écrabouillé sous le rocher ? 🤪 Une chose est sûre, ça fait mal... (mâle ?)
LA Lacalo Globetrotter ·
Ca fait en tous cas très rugissement de savane..😏
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
KA Kate Globetrotter ·
Plus délicates, nous les femmes nous aurions sans doute fait: "ouilleouilleouilleouilleouilleiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiilllllllllllllllllllllllllllllleeeeeeeeeeiiiiiiiiiiiiiiiicccccccchhhhhhhhhhh" !!!
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
VO Voyajou Globetrotter ·
Dans la chapelle de harlem, Jimmy est blanc , Jessie est noire.......

Hey, Diam! Comment tu sais qu'adolescent on m'appelait Jimmy? C'est toi Jessie?😊
VO Voyajou Globetrotter ·
Me voilà...

Tu tombes bien! La voiture est tombée en panne au Kgalagadi botswanais nous obligeant à le quitter précipitamment et à renoncer au Central Kalahari et à Khaudom pour rallier la concession... Land Rover de Windhoek, à... 800 kms à la vitesse d'une mobylette bridée. La confiance dans la bête est un peu entamée mais nous partons néanmoins vers les reculées Hartmann et Marienfluss. Si pas de nouvelles dans huit jours, merci de déclencher les recherches.

Jolies images ! 😉

Un peu surexposées, non? Comme moi! (pas procédé aux réglages conseillés🏴‍☠️😉)
VO Voyajou Globetrotter ·
Jeff, j'ai installé un siège de pisteur sur le pare-chocs avant: tu y seras plus à l'aise😉
VO Voyajou Globetrotter ·
Rahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!🙁

T'as les boules? Why?🤪 C'est bien la peine de s'appliquer à écrire pour recevoir en réponse une collection d'onomatopées!😉
PI Pierre77N Globetrotter ·
Hmmmm... 😕 Alors ce qu'on dit serait vrai ?

800 kms à la vitesse d'une mobylette bridée.

Dans le Khaudum avec toute la flotte tombée ces dernier jours, vous n'auriez peut-être pas atteint la vitesse d'une mob. Qui sait ?

Si pas de nouvelles dans huit jours, merci de déclencher les recherches.

Nous avons des connaissances communes qui doivent passer dans le coin bientôt... En Land Rover ! 😉

Un peu surexposées, non?

Non. 😏
VO Voyajou Globetrotter ·
Merci Aliénor, Patou et Magryelle pour vos commentaires sur les photos; je suis un éternel débutant, un peu cancre sur les bords et largement dilettante.😊
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
je suis un éternel débutant, un peu cancre sur les bords

J'aimerais bien être cancre comme toi 😊
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
AT Atila Globetrotter ·
800 kms à la vitesse d'une mobylette bridée

Glups...🤪

Trop tard pour que je te prenne en stop avec le Nissan.😉
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Land Rover de Windhoek, à... 800 kms à la vitesse d'une mobylette bridée.

Ca tombe en panne ces trucs là ? Je croyais que c'était increvable 😕😇
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
DI Diamina Globetrotter ·
salut Voyou,

T'as les boules? Why?

Super le jeu de mot sur BOULWAI!!!!!!

J'avoue que si c'est toi jimmy, j'aurais bien aimé m'appeler Jessie et être ta co pour 10 semaines en Afrique.

Mais, bon, un jour je finirai par y aller, moi aussi, un jour!!!!!!!
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
HE Herikles Globetrotter ·
je suis un éternel débutant,

Comme nous tous. C'est un joli début, puisse-t-il durer longtemps. 😉 Atteindre le niveau du texte serait insolent. 🙂
Les concours photos VF
BO Boulwai Regular ·
Oui, j'ai les boules grosses comme des pastèques à vous voir tous en train de tailler la route à votre gré dans ces régions qui, tous les jours, me rappellent que ... ça me manque! Donc, ces onomatopées sont le fruit et le résumé d'un mélange de frustration profonde, de jalousie à peine voilée, de pulsions incontrôlables... Qu'est-ce que j'aurais aimé rester en rade avec mon katkat dans le sphincter du monde! Et ce n'est pas une boutade: j'adore lorsque les événements imprévus me sautent dessus comme une tique sur le pis d'une vache. Ca développe le sens de l'improvisation. Sauf, que celà ne me serait pas arrivé avec mon fidèle Toy!😛 Et qu'est-il donc arrivé à ton Robert?

Rahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh... n'en déplaise aux autres moqueurs aux grognements incongrus: chez nous les homo erectus réunionnais, le rahhhhhhhhhhhhhhhhh conte tout!😏
Rêver est déjà un beau voyage.
BO Boulwai Regular ·
Mais, bon, un jour je finirai par y aller, moi aussi, un jour!!!!!!!

Des mots... des mots... encore des mots! Zyva, fonce, faut faire comme le Voyou, Pierre et Attila: ils ont des corones king size et vont à l'aventure quand bon leur semble (euh Attila, les "corones" c'est juste pour l'expression)😉
Rêver est déjà un beau voyage.
VO Voyajou Globetrotter ·
Wet season

Depuis des années, nous venons ici à la saison humide et nous en portons bien. Cette année, depuis des jours et des semaines, c’est la Bretagne conjuguée aux orages tropicaux.

Kaapsehoop, autrefois ville de chercheurs d’or puis ville fantôme et maintenant village touristique vit, hors la courte saison, grâce aux cadres en mission de l’immense papeterie de la vallée qui vaut à la montagne d’être couverte d’essences industrielles. Une courageuse tentative de randonnée est interrompue par une pluie d’orage qui vous rouille à l’os en cinq minutes et impose un repli au pub. Un nouvel orage a raison du réseau électrique et on allume des bougies et un feu généreux. Sommes-nous revenus au temps de la fièvre de l’or ? Ces types au bar en ont bien la mine ! Et ce bâtard de chien du tenancier, trempé comme une éponge, qui pollue les canapés les uns après les autres à qui je ferais bien tâter de mon croquenot ! Une dizaine d’habitués boivent et rient.

La goutte d’eau : à Numbi Gate , à l’entrée du Kruger on nous informe que toutes les pistes secondaires sont fermées pour cause d’inondation. Il ne reste donc qu’environ un tiers de voies, goudronnées où se concentrent les visiteurs. Le large gué de ciment qui permet de franchir l’Olifant River et que je n’ai jamais pu emprunter à cette saison, encombré qu’il est de charriages disparaît, cette fois, sous un enchevêtrement de troncs. En aval, l’un d’eux s’est pris les cheveux dans la berge, racines dans le courant ; un autre arrive et l’encorne sans un barrissement.

Les hippopotames ronchonnent sur la berge de l’indisponibilité de leur piscine –c’est si rare de les voir hors de l’eau dans la journée. N’y tenant plus, deux intrépides s’avancent dans le courant et gagnent un îlot dont ne dépasse que la cime des arbustes ; la proue de l’îlot contraint le courant qui bouillonne mais s’écarte formant un havre où les compères savourent leur hydro-massage.

Un camion de l’armée, chargé d’hommes, nous dépasse et s’enfonce dans le veld à la chasse aux braconniers. Sur qui on tire à vue. Certains, dans ce pays, portent un calicot «kill a poacher, not a rhino» : la fin justifie-t-elle ces moyens ?

Par chance, le lendemain, les pistes du nord rouvrent… avant d’être à nouveau fermées. Cette année, le Kruger aura été une étape de liaison.

Mapungubwe NP, bordé par le Limpopo en crue, est généreux : des gnous, des z��bres, des impalas puis, une compagnie d’une centaine de cigognes venue consulter autant de marabouts en congrès. Plus loin, la piste et le pont ont été emportés, on passe par un gué incertain pour tomber, calandre à trompe, sur une harde d’une grosse cinquantaine d’éléphants de tous âges, qui nous tolèreront longtemps dans leurs pattes. A l’est du parc on peut suivre le Rhino 4X4 eco-trail (une appellation à rendre vert un écolo urbain), semble-t-il peu emprunté, qui sinue dans et sur d’étranges formations rocheuses au point qu’on perd souvent la trace.

Au nord de la province du Limpopo, là où trois pays (Zimbabwe, Afrique du sud et Botswana) se côtoient, tout à l’heure, le propriétaire de cette immense game farm nous expliquait, impérial, que jusqu’où portait le regard –et il portait loin- c’était encore la ferme. C’est si vaste que ce soir, deux orages se partagent le ciel, l’un, lointain éclairant les confins, l’autre, plus proche, éclairant le domaine. L’artificier semble disposer de moyens illimités et d’une imagination à l’envi, ne tirant jamais deux fois la même fusée. Les animaux ont-ils inventé des divinités pour conjurer leur peur du tonnerre de veld? De la terrasse, érigée sur un kopje, on embrasse ce monde. Au matin, on nous annonce quarante-quatre millimètres de précipitations dans la nuit alors qu’en année normale, la région n’en reçoit que trois cent. C’est la meilleure année depuis soixante ans… comme en Bretagne !

Ma Co envisage sérieusement de confier l’organisation de ses futurs voyages à un professionnel.

Botswan’ira, ira pas ?

Au Lesotho, premier pivot du voyage, la messe fût dite : cette année, ce sera Namibie et Botswana plutôt que Zimbabwe et Mozambique.

L’hésitation commence à Mapungubwe NP, à la confluence des fleuves qui séparent les trois pays : puisqu’on nous dit que Tuli, sur la rive botswanaise , est sous les eaux, restons donc en Afrique du Sud.

Marakele NP, un autre petit parc, vaut surtout pour sa vertigineuse route en corniche qui vous élève de mille à deux mille mètres en quelques kilomètres jusqu’au nid d’aigle de la plus importante colonie de Vautours du Cap ; un peu de relief après le Kruger et une vallée fluviale réjouit le coeur mais n’élève pas au-dessus des nuages bas.

Nous n’irons pas à Madikwe, un troisième petit parc de la région : on ne peut y circuler avec son propre véhicule. Admettons, pour une fois nous pourrions faire le safari en voiture collective avec des amis d’occasion. Mais on ne peut pas non plus y camper, c’est lodge obligatoire et cher. C’est un parc qui met en avant les services rendus à la communauté locale ; la communauté est maline –à moins que ce ne soit son agence de marketing.

Puis c’est la tentation de Gaborone, capitale décalée, totalement excentrée (imaginez Marseille comme capitale française), architecturalement comme une petite capitale du Golfe, oasis moderne dans un pays qui vit encore largement à l’ancienne avec sa cuisine de rue, épis grillés et riz-sauce, au pied des buildings. Je ne serais pas étonné que quelques compagnies trans-nationales aient positionné là des infrastructures de repli : on est à un jet de diamant de Johannesbourg.

Nous résistons encore pour entrer, plus au sud, par le Trans Kalahari Highway et jouir de notre premier coucher de soleil de l’année sur la savane du Kgalagadi botswanais dans un campement sommaire où l’eau de source du Lesotho, embarquée dans les ballasts, fera une toilette de félidé. Des papillons de nuit, désespérés par une vie si courte l’abrègent encore dans l’ivresse du malt.

Zutshwa

A Zutshwa, dernier village botswanais, à trois heures de sable de Kaa, porte du Kgalagadi, où nous serons la première voiture à entrer depuis trois jours, le pan est en eau.

Des troupeaux de vaches, de chèvres, des ânes, des chevaux sont là, en plein soleil. Les animaux sont énervés, ruades, coups de corne, braiments, meuglements emplissent l’air dans des nuées de papillons et le tintement des clochettes. On ne se mélange pas ; il arrive, sans discontinuer, de nouveaux groupes se frayant une voie d’urgence vers l’eau.

Les hommes vont à dos d’âne ou à cheval, les plus anciens dans de petites carrioles attelées, les femmes vont à pied. L’une passe, bob orange sur la tête, portable collé à l’oreille.

Nous grignotons sous un mimosa local (forcément), huit petits au retour de l’école saluent, repartent, s’arrêtent à vingt pas, attendent. J’ai douze bonbons et on joue les quatre derniers à pic et pic et colégram : au premier tour ils ne comprennent pas, au second ils se détendent, rient au troisième. Au quatrième, c’est le délire.

Vous avez dit aléas ?

La pluie nous a tenu compagnie pendant les cinq premières semaines, l’ordinateur a perdu des touches et des fonctions, les symptômes d’une dengue sont apparus puis la voiture est tombée en panne au Kgalagadi, un vendredi, à 600 kilomètres de la première concession Land Rover à Gaborone.

Je ne sais pas si c’est une bonne idée d’avoir nommé ce voyage Aléafrica.
VO Voyajou Globetrotter ·
Trop tard pour que je te prenne en stop avec le Nissan.😉

Merci pour l'intention mais un landiste n'abandonne jamais sa monture: ta nipponne l'aurait-elle remorquée?😛
AT Atila Globetrotter ·
Nous n’irons pas à Madikwe

Tu n'as pas perdu grand chose...

deux orages se partagent le ciel, l’un, lointain éclairant les confins, l’autre, plus proche, éclairant le domaine.

Copieur !😠😉

La pluie nous a tenu compagnie pendant les cinq premières semaines,

J'en conclus que j'ai bien fait de mettre le Cap à l'Ouest pour une fois...😄

Et puis, la pluie, dans ces régions désertiques, c'est encore plus la vie qu'ailleurs. 🙂

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