Cette fois on est doublement apprentis: jamais été en Mongolie et jamais été sur un cheval
GENESE
Normalement nous ne devions pas partir en vacances cet été, mais lors d'une discussion Facebook avec Léonie, elle nous a dit qu'elle n'avait rien au programme pour l'été, du coup je lui ai proposé qu'on aille ensemble en voyage. Mais où ? ... comme nous n'avions pas d'idées précise je lui ai demandé où elle rêvait d'aller:
"c'est vrai je peux !".
"Dis toujours on verras ensuite"
"J'ai toujours rêver d'aller faire du cheval en Mongolie ..."
"Ok je regarde ce que ça coûte et je te réponds, en revanche ça n'est possible que si ton frère est d'accord pour venir avec nous"
J'ai rapidement regardé le prix des billets d'avions pour Oulan Bator et le prix pour un circuit à cheval.
Pour les vols ça marche, le prix est raisonnable.
Pour l'agence, j'ai tout de suite trouvé l'agence Cassiopée qui m'a bien plu. Après j'ai recherché d'autres compagnies mais aucune n'a aussi bien réussi à me convaincre.
L'agence est Francophone, elle semble a voir bien compris les besoins des Français (notamment au niveau qualité des repas), le programme équestre n'est pas trop dense (2x 2h/2h30) de cheva par jour.
L'intendance est assuré par un 4x4 Russe (UAZ) qui meut nous prendre en passager si on fatigue sur le cheval.
Bref l'équilibre parfait pour nous et pour ne rien gâter le prix est vraiment raisonnable.
1h30 plus tard:
"Coucou Léonie ... c'est bon Mongolie vendue"
"Waouuhhh, génial, merci, merci, ... etoutetout" ça fait plaisir de faire plaisir !
"En plus mon frère est 100% d'accord"
Donc les dés sont jetés nous partirons en Mongolie du 9 au 23 juillet 2017
Je vais maintenant vous livrer le textes et quelques photos. La version avec plus de photos est ici
Ce carnet est un peu différent des autres, puisque je n'ai presque rien organisé moi-même.
En revanche il peut-être intéressant pour tous ceux qui se demandent comment se passe un voyage équestre en Mongolie ...
Dimanche 9 juillet :
Départ de la maison vers 8h30, arrivée à l’aéroport à 11h15 : on va pouvoir prendre le temps de manger tranquillement. L’enregistrement des bagages est assez long. Comme à chaque fois, on s’arrête au Burger King quand on est dans le Terminal 2. Embarquement à l’heure, on est bien placé : rang 13 et 14 c’est à dire juste après la 1ère classe. Sauf pour Léonie qui n’aura pas de hublot, pas de télé (JF non plus), un fauteuil qui ne s’incline pas et un gamin braillard derrière elle. Vol sans encombre jusqu’à Oulan-Bator.
Lundi 10 juillet :
on arrive à 5h du matin heure locale ce qui fait 23h chez nous, c’est difficile.
On rencontre Souvda, la directrice de l’agence qui doit prendre en charge une autre personne. Nous sommes 5 et nous nous répartissons dans 2 taxis. 1ère constatation : ici on roule à droite comme chez nous, mais les voitures ont le volant à droite ou à gauche selon leur pays d’origine. La majorité sont des Toyota avec un avantage pour les Prius hybrides.
Rapidement nous faisons connaissance pour nous rendre compte que Ludivine habite à 15km de chez nous. On traverse des quartiers de grands HLM, on se croirait chez nous dans les années 60 lors des constructions des banlieues. D’énormes tuyaux (>1m de diamètre) courent le long de la route et quelquefois passent par dessus. On longe une centrale thermique qui crache une fumée noire. On arrive à notre guesthouse proche de la gare.
Enfin, on s’installe dans une chambre pour 4 avec 2 lits superposés, sommaires mais propres, nous avons une salle de bain avec WC et un balcon qui donne sur les rails. On se repose jusqu’à 10h, puis après une petite douche et un changement de vêtement (il fait très chaud), on part à la conquête de la capitale mongole.
Il nous faut environ 20 min pour atteindre le centre ville. On commencera par le grand monastère dans lequel on trouve des influences chinoises pour l’architecture, avec Bouddha et des moulins à prière, joyeux mélange.
Puis on se dirige vers la place centrale ; Comme il est midi, on se met à l’heure locale et on mangera sans trop d’appétit dans un restaurant coréen : pizzas pour les uns, pâtes pour les autres.
On continue notre promenade. En passant dans un petit parc, on tombe sur un regroupement de personnes en habits traditionnels et qui portent de grandes marionnettes.
L’appareil photo commence à crépiter. On les suit en direction de la grande place. C’est immense, reste de l’époque soviétique avec un énorme palais.
En face du palais est dressée une scène. Sur la place se croisent des mongols portant des habits de fête : aujourd’hui c’est le grand défilé du Naadam, la fête nationale.
On se postera au débouché d’une rue donnant sur la place d’où démarrera le grand défilé.
C’est magnifique, des costumes chatoyants et très colorés. En fin d’après midi, on retournera à la guesthouse en flanant en ville.
Ce soir, repas vers 19h au Californian, Léonie prendra du poulet pané, Théo de roll, JF des brochettes de moutons et Valérie des kuushuurs (sorte de chaussons frits farcis à la viande de mouton), le tout arrosé de la fameuse bière Chinggis. Retour à la guesthouse et dodo.
Merci pour ce carnet. Pour tout avouer, je n’ai pas eu la patience d’attendre que tu le publies ici et j’ai été lire sur ton site [:p]
Quel super voyage!
Ce qui m’a interpelé
jamais été en Mongolie et jamais été sur un cheval
Je rêverais de faire un voyage comme ça. Mais je suis la seule de famille à avoir fait de l’equitation. Ça ne pose aucun problème de ne jamais avoir mis ses fesses sur un cheval? Même pour galoper à fond dans les steppes?
Un beau dimanche ensoleille,
Pascale
mes carnets de voyages : https://www.myatlas.com/Lofwyra
Ça ne pose aucun problème de ne jamais avoir mis ses fesses sur un cheval?
Même pour galoper à fond dans les steppes?
J'avais fait un cours et une balade dans un centre équestre histoire de distinguer l'avant de l'arrière du cheval [;)].
Valérie avait fait 4/5 cours
Notre fils Théo, aucun, mais il est sportif
Notre fille en fait depuis 15 ans
Sur place l'éleveur te demande ton niveau et essaye d'accorder les chevaux aux cavaliers.
Pour le galop l'avantage c'est que tu n'es pas près de trouver un obstacle, donc aucun soucis pour une pointe de vitesse aussi longtemps que tu veux / peux.
Après j'ai aussi choisi un tour pas "intensif". On a fait environ 2h/2h30 de cheval le matin et autant l'après-midi.
Coucou Max
Merci pour ce début de carnet sur une destination magique et qui fait rêver. Quelle chance de pouvoir aborder la Mongolie à cheval ! malheureusement pour nous, nous ne sommes pas cavaliers et je ne me sens pas particulièrement à l'aise assise sur un cheval.
Je vais aller sur ton site pour la suite, je suis trop impatiente !
Bonnes vacances à vous, je crois que ça approche !
Christine
La Mongolie peut aussi se découvrir en 4x4, mais si les pistes sont toutes aussi mauvaises que celles que nous avons emprunté ça ne doit pas être une partie de plaisir .
Bonjour,
La mongolie est une dextination de rêve. ...j'y suis allé 3 fois.
En 2016 je suis allé à cheval chez les tsaatans, 2 jours pour aller et autant pour revenir, alors que j'avais 67 ans et que je n'etais jamais monté sur un cheval.
Alors n'hésitez pas, c'est l'aventure assurée.
Lever 5h30, petit déjeuner 6h (gâteau sec+ confiture + thé). On est prêt à 7h, le groupe arrivera à 8h. On voit arrivé dans la cour de la guesthouse 2 UAZ, sorte de minibus tout terrain russes. Dans l’un se trouve l’autre partie du groupe avec chauffeur, cuisinier et toutes la batterie de cuisine, dans l’autre ce sera nous avec Souvda et sa petite (1,78m) sœur Maralaa et tous les bagages.
C’est un peu chaud pour tout faire rentrer dans le coffre, mais en faisant du Tétris, on y arrive. Aussitôt dans le véhicule, Théo se renseigne pour savoir où on peut se procurer un tel véhicule. On traverse Oulan-Bator déjà dans les bouchons à cette heure matinale. Rapidement, on sort de la ville et on se retrouve sur un long ruban de goudron sillonnant entre de douces collines.
Comme on fête le Naadam, de nombreuse course de chevaux sont organisées, mais on ne peut pas y avoir accès car nous n’avons pas d’autorisation. Dommage, il ne nous reste plus qu’à les regarder depuis la voiture. Les courses se déroulent sur une quinzaine de km, les chevaux sont poussés au maximum et suivis par de gros 4x4 qui soulèvent des nuages de poussière. Au bout de 2h, petit arrêt auprès d’un tas de pierre en bordure de route. Ce sont des tas qui ne cessent de grandir : les automobilistes doivent s’arrêter, jeter 3 pierres sur le tas en faisant 3 fois le tour dans le sens des aiguilles d’une montre.
Puis on reprend la route et on s’arrête pour déjeuner au bord de grandes dunes de sable parmi les chevaux et les chameaux. Il est midi passé et il doit faire environ 30°C. Ce sera poulet avec pommes de terre, carottes et riz, en dessert : abricots. On a à notre disposition de grandes thermos d’eau chaude pour faire du thé ou du café.
Moyennant
5000 Tugrik (2€), on peut monter sur le chameau. Puis on repart. Nouvel arrêt dans l’ancienne capitale de Gengis Kahn dont il ne reste qu’une immense enceinte cernant des temples. Le lieu est touristique. La visite nous permet aussi de nous dégourdir les jambes. Le ciel devient menaçant et on est pris dans une tempête de pluie et de sable. On reprend la route, puis les pistes et on arrivera chez notre hôte, Aagii vers 17h.
3 yourtes sont posées dans l’immensité de la steppe. On est accueilli la femme de Aagii avec de l’airag (lait de jument fermenté) et des carrés de fromage aigre. Puis on nous sert le diner : soupe de nouilles avec des ravioles de mouton (plat typique de Mongolie), c’est délicieux. Après le diner, c’est rassemblement du troupeau de moutons et de chèvres, un peu d’exercice aide à digérer.
A la nuit tombée, on retourne dans la yourte de Aagii. Toute la famille est là et pour fêter le retour de Souvda qui n’est pas venu leur rendre visite depuis longtemps, on sort la vodka. La vodka est servie dans un petit bol (1 ou 2 gorgées), une personne sert et une autre propose le bol à chaque personne en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Le bol est présenté de la main droite en soutenant l’avant bras avec la main gauche. On doit avaler tout ce qu’il y a dans le bol. Après 2 bouteilles de vider, notre hôte prend congé (ses filles se sont endormies sur le sol).
On va pouvoir s’installer pour dormir, on devra tenir à 11 dans la yourte. 2 dans le lit de droite, 2 dans celui de gauche et 7 alignés parterre entre les 2 poteaux. La nuit sera rythmée par les ronflements des uns et des autres.
On est réveillé par le soleil qui pénètre dans la yourte par la "cheminée". Quelques uns se lèvent pour assister à la traite des yacks. Vers 8h30, petit déjeuner pris dehors sur l’herbe : pain, confiture, fromage à tartiner, crème de lait de yack et pour ceux qui veulent : reste des nouilles réchauffées sans bouillon et arrosé de thé coupé au lait et salé.
Pendant ce temps, Aagii est allé capturer les chevaux. Il nous fait aussi une démonstration de rodéo sur un jeune cheval pas encore débourré. Nous sommes 6 débutants, 3 confirmés. Les chevaux sont sellés, on enfourche et nous voilà partis. A peine 10 min après notre départ, Bruno perd un étrier, son cheval s’effraie et part au triple galop. Aussitôt, Aagii réagit et fonce derrière lui, il mettra 5 bonnes minutes à récupérer le cheval, heureusement, Bruno a su s’accrocher. On se rend compte alors que ces chevaux sont semi sauvage et très craintifs. On continue la promenade au pas ou au trot.
Aagii propose à ceux qui le veulent de partir au galop, mais ils doivent au préalable s’éloigner du groupe pour que les autres chevaux ne les suivent pas. Léonie en profite, elle a récupéré le cheval du père de Aagii, celui qui sert à attraper les autres chevaux au lasso, il est très rapide.
Retour à la yourte pour le repas de midi servi sur une couverture : viande ne sauce épicée, pomme de terre, carottes et en dessert des pêches au sirop. Après une petite sieste, on repart pour une grande ballade. Tout se passe bien, grand galop à travers la steppe. On croise un grand troupeau de yacks et un autre de chevaux qu’une famille rassemble avec une moto. On reviendra à la yourte en début de soirée, toilette rapide à la rivière. Le diner sera servi à l’intérieur. Ce sera des ravioles de moutons cuit à la vapeur (buuz) suivi du lait caillé de yack dans lequel on mettra du miel. Après le rassemblement du troupeau de chèvres et de moutons (on s’améliore par rapport à la veille), on se retrouve dans la yourte du père de Aagii. Les hommes à gauche et les femmes à droite.
Ils sont 3, elles sont 6 (un peu serrées sur le lit). La mère de Aagii nous ressert des ravioles de moutons, puis de l’arkhi (eau de vie obtenue à partir de l’airag), pas fort, mais pas trop de goût. Ce sor là, Aagii ne boiera pas : chez les mongols, les enfants ne boivent pas devant leurs parents, Souvda puis Oyunaa ous ont fait la remarque pour Théo).
On s’éclipsera rapidement car demain c’est le 1er jour de ballade à cheval. La nuit sera comme la précédente, mais là on a plus conscience de tous les petits cafards noirs qui nous marchent dessus pendant la nuit.
Ce matin réveille en douceur et petit déjeuner au soleil. Baagi nous a préparé une omelette. On plie toutes les affaires, on charge les UAZ et on va chercher de l’eau. En effet, quand nous avons quitté la ville, Souvda nous a dit d’acheter de l’eau pour 2 jours et qu’après on aurait des sources. C’est ce qu’on fait ce matin, ce que Souvda ne nous a pas dit c’est que la source sort du sol en plein milieu d’un pré là où broutent les animaux, heureusement que nous avons prévu les pastilles désinfectantes.
Les mongols boivent l’eau, mais je ne sais pas si nos petits corps d’européens vont la supporter. De retour à la yourte, les chevaux sont sellés et c’est parti.
Au bout de 2km, on va pour attaquer le 1er trot et là, c’est Adèle qui a un étrier qui casse, le cheval commence a s’agité et elle se laisse tomber sur le dos, Aïe, Aïe, Aïe !!! Le cheval part au triple galop et Aagii part derrière lui. Il devra demander de l’aide pour rattraper le cheval. Pendant ce temps, Adèle se relève avec un gros bleu dans le dos et quelques écorchures. C’est fini pour elle pour la matinée, elle s’installe dans le camion. Aagii revient avec le cheval, Maralaa s’équipe, enfourche le cheval d’Adèle et nous voilà repartis. La matinée se passera au pas ou au petit trot, le terrain est assez accidenté, nous traversons des coulées de lave.
Pour le déjeuner, on s’arrête au bord d’une rivière, tout le monde en maillot de bain. Les plus courageux se tremperont rapidement, il fait 30 °C et l’eau doit être à 12-13°C. Ce midi ce sera pâte bolo et pastèque, puis un petit repos et nous voilà repartis.
Il fait très chaud, on longe la rivière. Au loin on aperçoit une jolie cascade et de nombreux touristes locaux : c’est la semaine du Naadam pendant laquelle toute la Mongolie est en congés.
Cette fois-ci, c’est Valérie qui tombe de son cheval qui vient de trébucher une fois de plus. Pas de bobo, juste une petite insolation. Elle retrouve Adèle dans le camion.
On rejoint alors le groupe précédent qui repart pour la capitale. On échange quelques infos, on récupère du matériel (table, chaises, grande tente bleue), une nouvelle guide, Oyunaa et la cuisinière Otgoo, qui dans un 1er temps monte le cheval de Valérie.
Nous disons au revoir à Souvda qui va regagner Oulan Bator. ½ heure après, nous sommes sur notre nouveau campement sur un plateau surplombant la rivière. Tous les chevaux descendent à la rivière pour boire, puis ils sont dessellés et accrochés à une longue corde.
Ce soir, 1ère nuit en tente. Nous ne sommes pas dépaysés, ce sont des tentes Décathlon. On nous donne une grosse couverture de feutre comme tapis de sol. Il fait encore chaud, nous descendons à la rivière pour nous laver. Bruno et Théo décident d’aller pêcher (ils ont récupéré une canne à pêche lors de la rencontre avec l’autre groupe et un des participants s’est vanté d’avoir pris 9 truites). Les apprentis pêcheurs remonteront bredouilles mais heureux.
Ce soir nous avons des fauteuils pliants et une table. Nous nous installons sur 2 lignes et Ootgo et Oyunaa apportent la table déjà garnie d’assiettes bien remplies.
Ce matin réveille avec le soleil. Valérie prend un bain dans la rivière, c’est très agréable. Petit déjeuner avec pains perdus (on est vraiment gâté par Baagi et Otgoo qui nous prépareront des super repas). On a changé par rapport au programme prévu : ce matin nous irons sur la colline d’en face pour voir des moines priés, puis nous essaierons d’assister à une course de chevaux.
En attendant, on se promène le long de la rivière.
On prendra les chevaux pour escalader la colline après avoir traversé la rivière (on a les étriers qui trempent). Arrivés au sommet, on découvre des moines psalmodiant des prières et entourés de nombreux villageois ayant apporté des offrandes (riz, fromage, airag…). De temps en temps, un villageois se lève et va asperger le monticule de pierres d’airag. Ils prient pour la pluie qui cette année se fait rare.
De là-haut, on aperçoit notre campement et en particulier les grandes traces circulaires laissées par les chevaux qui ont brouté toute la nuit. Puis nous redescendons à notre campement. La table est déjà prête. Ce sera des pâtes accompagnées d’une salade de pomme de terre et morceaux de poulet. Original ! A peine le repas terminé, Oyunaa nous annonce qu’une course de chevaux est annoncée dans la vallée. On s’entasse à 11 dans l’UAZ et nous voilà partis à flan de montagne, en plein dévers jusqu’à la rivière. Là, on doit traverser à pied, mais trop tard, la course arrive sur le talus de l’autre rive. On remonte au campement, on selle les chevaux et nous voilà partis vers le campement suivant.
On remontera une jolie vallée et on s’arrêtera sur un versant après avoir traversé des troupeaux de moutons, chèvres et yacks. On installe les tentes. Cohésion de groupe oblige, les tentes sont beaucoup plus proches que la veille. Le diner est servi : soupe de blé, chou et viande de bœuf. Après le diner, Aagii nous fait une démonstration de son adresse à ramasser des objets au sol monté sur un cheval, impressionnant ! Puis ce sont les bras de fer avec Bruno et Théo, la lutte avec Théo et enfin Théo et Léonie se retrouvent vêtus des deels de Aagii et Maralaa. On prend aussi toute l’équipe accompagnatrice en photo. Soirée cool et sympa.
Ce matin réveille en musique, il est 6h, mais nous devons partir tôt au monastère car il y a beaucoup de monde. Petit déjeuner avec des crêpes. On ne plie pas les tentes car nous revenons pour déjeuner. Les chevaux sont sellés et c’est parti. On descend dans la vallée pour remonter sur le coteau d’en face en direction de la forêt, le temple se trouve caché dans les arbres.
Il nous faudra presque 2h pour atteindre le temple, le chemin est escarpé et les visiteurs (mongols ou touristes) à pied ou à cheval très nombreux malgré l’heure matinale.
Le temple se trouve sur un promontoire rocheux. Au-dessus du temple se trouve une grotte (accessible avec escalade) dans laquelle on entre un par un à plat ventre, tête la 1ère, le goulet est très étroit, puis on doit faire ½ tour à l’intérieur (vers la gauche pour les femmes, vers la droite pour les hommes) et ressortir. Cette grotte symbolise la naissance. Ce n’est pas facile et il ne faut pas être claustrophobe. Les mauvaises personnes restent coincées dans la grotte selon la légende. Puis on termine l’escalade du promontoire, mais là, surprise, c’est interdit aux femmes qui sont, par nature, impures.
Retour au campement où la table est prête à l’ombre entre les 2 UAZ. Ce midi ce sera riz, viande de bœuf et pommes de terre en sauce accompagné de salade de tomates, concombres et olives.
Après la sieste on repartira vers le campement suivant. On prend d’abord le col qui se trouve juste derrière le campement, la montée est relativement raide dans les pentes herbeuses. Au sommet, on découvre une vaste vallée avec une rivière et tout au fond un village aux toits en taule colorée. La piste qu’on suit est empruntée par des voitures de tourisme. Elles peinent à arriver au sommet et les chauffeurs les malmènent, on croise peu de 4x4, alors que le terrain s’y prêterait.
Les chevaux descendront dans la vallée en longeant le flanc de la montagne, les véhicules suivront la piste qui descend droit dans la vallée. Pour franchir la rivière, les UAZ emprunteront un pont très brinquebalant tandis que les chevaux prendront un nouveau bain de pied et se désaltèreront. Les pistes (ou le hors piste) sont tellement cabossées que le déplacement à dos de cheval est beaucoup plus agréable qu’en voiture.
Ce soir on s’arrête en bordure de rivière. Une partie du groupe ira au village pour s’approvisionner en eau et/ou se doucher, l’équipe mongole doit refaire le plein de nourriture, Les autres se baigneront dans la rivière et feront un peu de lessive.
Aagii part chez un éleveur voisin chercher un mouton qu’il ramènera en pièces détachées. Le groupe revient 4h après être parti, Anne-Thifaine n’a pas supporté la conduite de Marmite (un de nos chauffeurs) et a été malade, Léonie a le coude écorché après s’être cognée dans la voiture, en cause une bosse mal maitrisée. Tous sont heureux de leur douche.
Ce soir on nous prépare le Khorkhog : la viande de mouton sera recouverte de pierres chaudes pour cuire et servie avec des carottes et des pommes de terre. En attendant que le feu soit prêt on se régale d’une grande bouteille de bière qu’on a mis à rafraichir dans la rivière. Chez les éleveurs mongols, seules les femmes boivent de la bière, pour les hommes c’est une boisson de femmes. Otgoo fait la grimace à la 1ère gorgée, ici la bière se boit chaude et non pas fraiche, quelle horreur !!!
On commence le repas en se faisant passer les pierres chaudes de mains en mains. Le repas sera arrosé, tradition oblige, par de la vodka. C’est notre dernière soirée avec Aagii, il faut arroser ça.
Ce matin le ciel est gris et il pleuviote. On prend le petit déjeuner, on plie les tentes et on part en emportant le reste du mouton qui sera la base de nos futurs repas. On traverse une grande plaine et des champs de lave, le terrain est assez casse-pattes. A un moment, le cheval de Maralaa marche sur une bouteille plastique (on trouve quelques déchets quand on passe près de certaines yourtes, par contre d’autres endroits habités sont très propres), il s’effraie, se cabre et Maralaa tombe à plat dos. Elle remonte sur son cheval. Puis c’est au tour de Théo, son cheval trébuche dans un trou de marmotte, paf, Théo passe par dessus l’encolure et se relève (il a l’habitude de tomber avec le vélo de descente). On ne se déplace qu’au pas ou au petit trot car s’il n’y a pas des cailloux, il y a des trous de marmottes (prolifiques ces petites bêtes).
On continuera notre route jusqu’à la rivière où on fait une halte pour le déjeuner. Ce sera pâte et viande de mouton (les restes cuits d’hier). Après une petite sieste au soleil, on repart. On restera dans cette immense vallée, au pas ou au trot, on traversera la rivière dans laquelle les chevaux se désaltèrent et on arrive au campement du soir. Là nous attend le second éleveur, on va quitté Aagii pour Bandi et on va changer de chevaux. Aagii desselle les chevaux qui ne demandent pas leur reste et commencent immédiatement à galoper vers leur yourte (nous ne sommes qu’à 5h de cheval de chez Aagii). On fait les présentations : Bandi est un ancien lutteur et en a la carrure, alors qu’Aagii est plutôt sec et trapu, Bandi a une jolie tête ronde couverte d’un chapeau. Aagii est un éleveur alors que Bandi achète des chevaux adultes. Bandi est accompagnés par un neveu de 16 ans qu’on appellera de suite Kévin, un vrai Kéké.
On fait des adieux chaleureux à Aagii, il est bienveillant et attentif quand on est sur les chevaux. Aagii et Bandi partent à cheval, on pense que c’est pour faire une partie de la route du retour ensemble. Kévin reste avec nous. Soudain, on voit arriver vers nous un jeune scout. Il parle peu anglais, il est autrichien et il cherche un véhicule pour l’amener avec sa troupe (ils sont 8 en autonomie totale) près de lacs situés à une vingtaine de km. Oyunaa décide de les aider et part avec Baagi, et Marmite à la recherche de véhicules.
On monte les tentes, plus les jours passent et plus le camp se ressert. Ce soir, Otgoo aidée de Maralaa va nous préparer des buzz, ce sont des petits chaussons farcis avec du mouton, du chou et des oignons, la pâte est une pâte levée, c’est cuit à la vapeur. Pendant ce temps, Kévin joue au Kéké, il défie Théo à la lutte, mais il perd, puis au bras de fer, mais il perd et enfin aux pompes, mais il perd, alors il arrête. On se régalera avec les buuz d’Otgoo. Oyunaa revient à la nuit, elle a réussi à trouver plusieurs véhicules pour transporter les scouts. Ce soir, on jouera aux cartes (trou de cul, jeu connu à travers le monde entier), mais sans éclairage, on arrête rapidement.
Ce matin, il fait gris mais il ne pleut pas, quand on se lève, on découvre Bandi couché dehors enroulé dans une grosse couverture. On prend le petit déjeuner, Baagi nous a préparé des crêpes avec le reste de pâte des buuz. On plie les tentes et on fait la connaissance des nouveaux chevaux. On leur donne tout de suite un nom. Les chevaux ont eu un peu froid cette nuit, ils sont énervés et voudrait partir au galop, mais le terrain est trop accidenté. On s’enfonce dans la vallée qui se ressert, le brouillard descend, il bruine. Arrivé en haut du col, on ne voit plus rien, les chevaux dérapent dans l’herbe mouillée. Puis on redescend sur l’autre versant. Le ciel se dégage un peu mais maintenant il pleut. On traverse un grande forêt de mélèzes puis un grand troupeau de yacks. On s’arrêtera à mi-pente. Comme il fait froid, on montera la grande tente bleue pour s’y abriter. Certains préféreront l’UAZ de Marmite qui fait les gros yeux car on va tout lui salir.
Ce midi ce sera soupe aux choux avec pommes de terre, carottes et viande de mouton et une mini tablette de chocolat noir en dessert. La pluie cesse de tomber et le soleil refait son apparition. On arrive au bord d’une grande rivière qu’on va remonter sur quelques km. La rivière serpente et on devra la traverser de nombreuses fois. Les chevaux n’aiment pas tous avoir les pieds dans l’eau et certains sont plus adroits que d’autres. On s’arrêtera dans une boucle de la rivière à l’orée d’un bois de peupliers. La rivière est propice à la baignade, mais il fait froid et on se contentera de se promener au bord, sauf Bruno et Théo qui décident d’aller pêcher. Ils n’hésitent pas à se déshabiller pour aller dans l’eau jusqu’à mi-cuisses. On a froid pour eux. On installe les tentes sous les arbres. Ce soir pour diner nous aurons des spaghettis de pommes de terre avec une sauce piquante au mouton (toujours le même transporté sans frigo dans un carton) avec une salade chou, pommes et olives noires et en dessert de la compote de pommes. Bruno et Théo nous préparent un grand feu auprès duquel on va pouvoir se réchauffer et eux pourront faire sécher leurs vêtements (mouillés suite à leur séance de pêche d’où ils sont revenus bredouilles). Il faudra éteindre le feu avant de se coucher.
Lever avec le soleil, ça donnerait presque envie d’aller se baigner, mais non, l’eau est trop froide. Petite toilette rapide. Petit déjeuner avec une délicieuse omelette. On plie bagage, on selle les chevaux et nous voilà parti pour escalader la montagne et passé sur le plateau. On revient sur nos pas en longeant la rivière sur le plateau et non pas dans son lit. Les chevaux ont envie de partir dans cette grande étendue herbeuse, mais Bandi nous signale de trop nombreux trous de chien de prairie. On fera 2 petites haltes et la matinée se passera au pas ou au petit trot. On redescend dans le lit de la rivière par un chemin escarpé, on repasse quelques gués, les chevaux en profitent pour se désaltérer.
Après 3 heures de ballade on retrouve les UAZ, la table est prête, au repas ce sera gigot (toujours le même mouton), riz avec salade concombre, pommes et un biscuit au chocolat en dessert. Après le repas, sieste ou toilette, au choix. Au loin, l’orage gronde et le ciel est noir, mais ce ne sera pas pour nous, OUF !!! Après le repos, tout le monde remonte en selle, la pente est très raide, après un petit col nous sommes chez Bandi. Normalement il n’y a que 2 yourtes, la sienne et celle de sa mère, mais suite au décès de son père 2 mois auparavant, la famille est venue apporter son soutien et il y a 4 yourtes. Nous faisons connaissance avec toute la famille. Bandi nous laisse sa yourte. On est accueilli avec le thé au lait salé, la crème de lait de yack et des petits gâteaux secs (les mongols consomment énormément de produits laitiers).
Objectifs de l’après midi : essayer les selles mongoles et cueillir des fraises en forêt. Théo puis Léonie essaieront les selles en bois ; puis nous partons en forêt pour la cueillette, nous rapporterons 3 beaux bols, la ballade est agréable. Nous revenons au soleil couchant. Ce soir, pour les amateurs, rassemblement de troupeaux de yacks ou de chèvres et moutons à cheval. Valérie et JF prendront les photos. Bandi et les hommes de la famille nous feront une démonstration de lutte, Théo s’y ait essayé avec Bandi, mais celui-ci la soulever comme un fétu de paille et déposé délicatement au sol. Puis c’est le diner dans la yourte, soupe de riz au mouton et caillé de lait de yacks avec fraises des bois et miel, un régal. Ce soir nous dormons dans la yourte, nous sommes à 2000m d’altitude. Il y a 3 lits étroits: 5 personnes dans les lits et 4 parterre (la yourte de Bandi est plus petite que celle de Aagii). Et c’est parti pour une nuit bien au chaud.
Ce matin le ciel est gris, on prend quand même le petit déjeuner dehors, on plie bagage. Valérie, JF et Anne Thifaine ne seront pas du voyage, ils iront au prochain campement à pieds.
Pour les cavaliers, aujourd’hui, balade de 7h avec visite de lacs volcaniques. Bandi prend le pique-nique de tout le monde sur son dos (une barquette avec salade de pâtes aux légumes).
Au passage du col, le temps ne s’arrange pas et une pluie fine tombe en permanence. On découvre une autre vallée avec un lac entouré d’une coulée de lave. Vers 13h, on arrive à un campement de yourtes, le temps ne s’arrange pas, ça fait du bien de se retrouver à l’abri et de pourvoir faire sécher ses vêtements. On est accueilli dans une des yourtes et on s’installe sur le lit des invités à gauche. Sur le lit d’en face, une petite fille dort. Elle doit avoir 2 ans. Quand elle se réveille, elle commence à jouer et on se rend compte qu’elle est attachée avec une sangle en bandoulière, comme ça elle ne peut pas tomber du lit. Sa grand-mère, puis sa mère s’occupe d’elle. On verra aussi ses frères et sœurs plus âgés. La communication n’est pas aisée car on ne parle pas un mot de mongol en dehors de bonjour, au revoir et merci.
On nous demandera aussi de faire fonctionner un tensiomètre électronique pour la grand-mère. On mangera notre barquette, puis on se reposera. JF souhaite s’étendre sur le lit, il se rend compte qu’il a une odeur assez forte : ce sont les fromages aigres qui sèchent sur le lit sous des couvertures, juste derrière notre dos. La petite fille a faim, sa mère arrive pour lui donner du lait caillé avec du sucre et un biberon ½ lait, ½ eau chaude. Un de ses frères ainsi que la maman mangeront aussi du lait caillé avec du sucre. Puis on repart. 1/2 d’heure de marche et nous sommes au campement suivant parmi les yacks et leurs bouses. La pluie qui semblait s’être arrêtée a repris. JF aurait souhaité aller sur les bords du lacs (1/2 de marche) mais vu le temps, on privilégie l’attente d’une éclaircie pour monter les tentes de nos collègues qui doivent être trempés. Enfin une éclaircie, on arrive à monter 2 tentes, de nouveau une averse.
Encore une éclaircie, on finit de monter les tentes, on installe les couvertures de feutre et on distribue les bagages. On prépare un thé sucré bien chaud. Soudain on voit apparaître nos cavaliers sortant de la brume, il est 18h. Ils arrivent en file indienne, moins fatigués et moins mouillés que ce qu’on avait imaginé. Le thé chaud et sucré est le bienvenu.
Puis tous vont mettre des vêtements secs et viennent à l’abri dans la tente bleue. Théo et Bruno qui avaient pris du bois on fait du feu à la pause et tout le monde s’est séché, leurs vêtements ont reçu quelques petites braises, Bruno perd ses plumes. Ils ont mis 5h pour atteindre le 1er lac, le sol était boueux et les chevaux avançaient très lentement. Ils n’ont pas eu le temps de voir les autres lacs, après la pause, ils ont fait ½ tour et sont revenus au camp. Ce soir au diner, Baagi nous a préparé des kuushuurs (grands beignets plats frits)au mouton et d’autres à la pomme de terre le tout arrosé de sauce au piment coréenne ou de soya sauce. Il fait humide, froid, à peine le repas terminé on va dans nos tentes, il ne fait pas encore nuit et nous sommes gratifiés d’un magnifique arc-en-ciel. La nuit sera froide et humide.
Ce matin on est réveillé par un cheval hennissant : un de ces compères d’un troupeau en liberté est venu l’embêter et brouter son herbe et ça ne lui plait pas du tout. On ouvre la tente : soleil resplendissant et pas un nuage dans le ciel immensément bleu. On installe les selles encore mouillées sur une bâche. On prendra le petit déjeuner au soleil, Baagi nous prépare des crêpes avec le reste de pâte des kuushuurs. Un régal. Puis on plie les tentes et on selle les chevaux. Valérie ne montera pas et suivra dans l’UAZ en compagnie Marmite.
Les chevaux suivent la coulée de lave pendant que les camions passent par-dessus la montagne. Valérie fera une grande partie du chemin à pied car les dévers, ce n’est pas son truc.
Au repas ce midi : pâtes avec piperade locale. Une petite sieste à l’ombre et c’est reparti. A peine ¾ d’heure après, on arrive au campement le long d’une rivière. Ce n’est pas le campement habituel, mais à cause de la sécheresse, la rivière au campement habituel est à sec. On s’arrête à l’entrée d’un hébergement pour touristes qui n’a jamais été achevé car construit sans autorisation. Il reste une immense clôture (pratique pour étendre des vêtements, une grande maison circulaire en bois et 8 ronds de bétons qui étaient destinés à recevoir des yourtes. On installe les tentes dans l’enclos. Puis ce sera la grande lessive pour Oyunaa, Otgoo et Adèle (qui doit poursuivre son aventure par 8 jours dans le désert de Gobi).
En effet, ce soir est notre dernier soir tous ensemble. Demain nos routes se séparent. Puis ce sera la grande toilette pour tout le monde, la rivière est froide. Certains ont le courage de se laver les cheveux, pour les autres ce sera seulement un bain, ça fait du bien de se sentir propre. Le soleil est agréable et réchauffe.
A environ 200 m se trouve un autre campement. Ils sont moins rustiques que nous car en bordure de rivière ils ont installé des « cabines de douche ». D’après la musique (qui est très forte) on devine que ce sont des français.
Quand le soleil disparait derrière la montagne, il commence à faire frais, on ramasse du bois et on allume un feu. On a mis la dernière bouteille de bière à refroidir dans la rivière. Ce soir, on fête l’anniversaire de Ludivine (41 ans). Otgoo et Oyunaa nous prépare des raviolis farcis au mouton (il en restait), on les regarde avec attention dans l’idée d’en repréparer éventuellement chez nous. Bruno, Théo et Adèle s’essaient à la confection des ravioles.
La nuit tombe, on s’installe autour du feu en dégustant la bière. Pour la dernière fois, on s’écarte pour se mettre sur 2 rangs et la table garnie d’assiette arrive. On se jette sur les plats. Après le repas, on s’installe de nouveau autour du feu, mais il manque quelque chose : la vodka. Oyonaa, Sarah et Marmite partent en camion chercher de quoi boire. Ils trouveront une yourte qui fait épicerie. Ils achèteront de la vodka, des bonbons, du soda. Tout le monde est là. Ludivine en maître de cérémonie nous sert la vodka à tour de rôle et il faut qu’on la serve : on ne doit pas se servir soi-même. Bandii commence à chanter, il a une superbe voix. L’équipe mongole propose un jeu, on chante chacun son tour, les mongols puis nous. Ils entament des superbes chants, puis c’est notre tour et là, le grand blanc, qu’est ce qu’on va pouvoir chanter, on n’a pas de chants traditionnels en dehors de Petit Papa Noël, on ne sait pas quoi chanter. Théo entame « Jeanneton… », mais peu la connaisse, Léonie propose « les Lacs du Conemarra », mais c’est trop difficile, Bruno finit par nous chanter des extraits de « Notre Dame de Paris », enfin, il garde la mélodie et réinvente les paroles. Mais avec la 2ème bouteille de vodka, tout est possible et l’ambiance est là.
Baagi est déjà levé et nous a préparé des pancakes, les derniers. Bruno et Théo nous racontent leur épopée et la rencontre avec les guides mongols très peu coopératifs : ils ont échappé à une grosse bagarre. L'alcool peut-être un problème avec les guides et Sudva nous avait dit qu'elle y fait très attention lors du choix de ses éleveurs - accompagnateurs.
Puis on plie les tentes, les chevaux sont sellés pour la dernière fois.
On s’arrête sur le parking des chutes de l’Orkhon. là on rejoint à pied les chevaux au bord des chutes. Dernières photos de groupe. Le lieu est très touristique. Puis les chevaux repartent et nous aussi.
Arrivées sur le parking, pas de camion, Marmite a dû oublier la consigne. Au bout d’1/4 d’heure, on le voit arrivé à tombeau ouvert comme d’habitude. Quand on rejoint le groupe, les chevaux ont été dessellés et remis en liberté, ils ne sont déjà plus là. On patiente une bonne ½ heure : quelqu’un doit venir récupérer les selles. On laisse Marlaa et Bandii.
Direction la "ville", la piste est très défoncée, ce n’est vraiment pas agréable dans le véhicule. Arrêt dans une épicerie, on achète des bretzels et du Coca. On dit adieu à Bandii et à Adèle et on reprend les pistes défoncées en direction de la yourte d’Eneree chez qui on doit déjeuner. Pendant que Otgoo et Baagi prépare le repas, on sort tous les bagages des véhicules.
Ce soir, Valérie, JF et les enfants ne vont pas à Oulan Bator. On se dépêche car un orage approche, il déverse des trombes d’eau. On se met à l’abri dans la yourtes et on nous sert des pâtes et de la viande avec du lait fermenté et de l’alcool de lait. La pluie s’arrête, il est près de 15h et on a encore presque 500km à faire. Encore la piste défoncée sur 60 km puis se sera le goudron. Vers 19h, pause repas, Otgoo et Baagi ont préparé des boites repas (riz, pomme de terre, carottes et thon en boite) ça tient au corps avec en dessert une mini tablette de chocolat noir fondu dans l’emballage (il fait très chaud dans les camions). Vers 22h30, on se sépare, un camion se dirige vers la réserve des chevaux de Préwalsky pendant que l’autre rentre sur UB.
Comme d’hab, Marmite qui conduit le 2ème camion oublie de s’arrêter et doit faire ½ tour un peu plus loin. Il faut quand même qu’on se dise au revoir. En réalité, seule Sarah doit partir tôt samedi matin, pour les autres, on prend rdv le lendemain après midi à la guest house. On roule encore quelques km, puis on s’arrête en pleine steppe, on monte les tentes et on se couche, nuit paisible.
Oyonaa avait dit « lever à 6h », à 6h, on est debout et on plie les tentes. Le temps est maussade, gris, la pluie menace. Elle arrive au moment de petit déjeuner. On se réfugie dans le camion. On part pour la réserve, un guide doit nous accompagner c’est obligatoire.
Après quelques km de pistes, on aperçoit d’abord des marmottes puis un groupe de 6 chevaux ; Arrêt, jumelles, photos. On ne s’approche pas trop près pour ne pas les faire fuir. Retour à l’entrée du parc, visite d’un petit musée relatant l’histoire de ces chevaux et leur sauvetage. Nous voilà repartis vers UB. On s’arrêtera aux portes de la ville pour le déjeuner. Il faut tout finir. Otgoo fera frire des concombres, des tomates, du maïs, de la saucisse, des œufs. On arrive en ville vers midi, embouteillage, embouteillage, embouteillage. On s’arrête à une station service pour que Otgoo puisse donner son linge à laver à son fils. Avec Suvdaa, l’après midi va être consacré aux préparatifs du circuit qui commence demain.
On arrive à la guest house, on y retrouve Anne Thifaine, Bruno et Ludivine. Pas le temps de se changer, un taxi et le mari d’Oyunaa nous attendent pour aller au « marché noir ». C’est un énorme bazar où l’on trouve de tout. Oyunaa nous en montre quelques facettes, le temps à Théo d’acheter un magnifique deel. Puis elle nous laisse déambuler en nous donnant les précautions d’usage.
Rdv est pris pour le lendemain pour le départ pour l’aéroport. Cette guest house est en plein centre ville. On fera un tour dans le grand magasin d’état pour acheter des souvenirs. Puis c’est la douche tant attendue.
Ce soir, on mangera coréen (grillade de viande épicées). La nuit est tombée et UB est en fête, style fête de la musique, une grande avenue est illuminée, des groupes de musique sont installés un peu partout et jouent, on trouve de la bière, des glaces, … On se jette sur une glace avec des churros à la cannelle et sur une « handcraft home beer » délicieuse. Sur un podium, il y a une démonstration de zumba et à côté dans un pub jazzy un saxophoniste entame une chanson d’Edith Piaf. On a du mal à croire qu’à 50 km de là des personnes vivent sans eau courante. Retour à la guest house, adieux à AT et Bruno, Ludivine prend le même avion que nous.
Dimanche 23 juillet : Comme nous l’a demandé Oyunaa, nous somme prêts à 6h, Les véhicules ne viendront qu’à 7h. On arrivera à l’aéroprot à 7h45. Bises d’adieu d’usage et c’est l’attente qui commence, on a notre vol dans 3h. Le retour se fera sans encombre et on remontera le temps puisqu’on arrivera à 14h en étant parti à 10h.
Merci pour ce carnet mongol, dépaysement garanti!
J'avais mal aux fesses pour vous! [;)] Parce qu'en étant débutant, ça ne doit pas être évident...
Au début, les tas de pierres en bordure de route ont l'air d'être l'équivalent des apachetas des Andes (j'avais écrit dans mon carnet: "monticules de pierres et de différentes offrandes. Elles peuvent signaler le point le plus haut d'un chemin, un changement de lieu ou un nouvel horizon. Ou être élevées au mois d'août, en offrande à la Pachamama, la Terre-Mère"). C'est à peu près la même chose, non?
Je me demande où les Mongols trouvent le bois pour faire leurs clôtures, dans ces déserts herbeux?
Et question bête: comment font ceux qui sont végétariens? Il doit bien y avoir des gens qui ont envie de partir en Mongolie et qui ne mangent pas de viande... (je pense à Thibaud, par exemple [;)]).
C'est vrai que c'est une autre façon de voyager.
Pour la partie de la Mongolie que j'ai vu, j'aurais tendance à dire que c'est plus chouette à cheval qu'en 4x4. Dans ces immensités c'est le sentiment de liberté qui prédomine et à cheval je pense qu'on le ressent plus
Honnêtement les fesses ça allait, on a plus eu mal aux genoux, surtout au moment de descendre du cheval .
Oui on retrouve des tas de pierres similaires sous d'autres latitudes.
les Mongols trouvent le bois pour faire leurs clôtures, dans ces déserts herbeux?
il y a d'immenses forêts, on les voit dans la seconde partie de notre périple.
Néanmoins, c'est un réel problème et c'est devenu une priorité nationale.
Je crois même qu'il y a une journée où chacun doit planter un arbre ...[:)]
Pour un Mongols, un végétarien doit ressembler de très près à un petit bonhomme vert venant d'une autre planète.[;)]
L'agence avec laquelle nous étions partis travaille majoritairement avec les Français et comme nous sommes un peuple très légumes ils y font attention. En revanche pour eux, ça veut dire amener avec nous les légumes car les nomades n'en ont pas.
Pour le prochain carnet va falloir attendre, on part dans 3 semaines en Ouganda [;)]
J'avais bien vu les forêts, mais je parlais des Mongols en plein désert. Ils vont donc s'approvisionner beaucoup plus loin pour pouvoir construire leurs clôtures...
Tu n'as pas lu "Dans les pas du fils", de Renaud et Tom François? Alain a travaillé dessus et je l'ai lu aussi. Le fils avait décroché de tout et le père l'a emmené, à cheval, dans les steppes d'Asie centrale. Ecrit comme un carnet de voyage. Vraiment très bien:
Ravie de te voir dans le coin [;)].
Je te donne leur page FB, il y a de petites vidéos du voyage:
https://www.facebook.com/danslespasdufils/
J'ai bien aimé ce bouquin. Quand on voit d'où ils sont partis (Tom, le fils, n'en avait strictement rien à faire de passer trois mois à cheval avec son père... dans les steppes de Mongolie!) et où ils sont arrivés...
Bonne lecture, et à un de ces quatre au hasard des sujets! [:)]
Pascale
Sur place nous avions croisé un père et son fils qui ont fait exactement la même chose, sur la même durée, du coup je demande si ça ne peut pas être les même personnes.
Ceux qu'on a vu était Belges francophones ...
Ce n'était pas eux car le livre est sorti en mai 2016. Mais il a peut-être inspiré d'autres pères et fils en grande difficulté relationnelle [;)].
Tu peux voir leurs têtes sur le lien FB que j'ai donné à Marie.
Je suis encore tout essoufflé d'avoir parcouru ces grands espaces avec toi! Mais encore une fois ce sera par procuration, surtout avec ce mode de transport et ce régime carné! Et grâce à ton talent de photographe j'ai pu voyager dans ces vastes steppes et rencontrer ces sympathiques nomades sans trop me fatiguer! [;)]
en qualité de randonneur à cheval aguerri depuis 30 ans, je ne peux dire qu'une randonnée "sérieuse" à cheval, car à cheval surtout à l'autre bout du monde, il faut être sérieux, ne se "présente" pas de cette façon....
Bonjour Jean-François
Quand le lien de l’agence qui vous a concocté ce périple tombe dans mes favoris, c’est pas bon signe ( ou au contraire, c’est très bon signe [;)])
Merci pour ce retour qui m’a donné bien des envies , malgré que mon niveau de cavalier ne se résume qu’à quelques ballades de ci de là...
Reste à décider Mme !!
Et en plus, ça tombe bien, j’adore la Vodka !! [:p]
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux."
Marcel Proust