Vietnam hors des sentiers battus
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Je suis allée 3 fois au Vietnam. Le premier voyage était ne 1988 à une époque où le pays, communistes, était encore fermé aux étrangers. Puis en 2000. Le pays d'aujourd'hui a énormément changé au fil des années. Voici une belle expérience vécue en famille. Celle d'un voyage vers les origines.

Le culte des ancêtres au Vietnam, c'est quoi? C'est une tradition bien ancrée dans la culture et les traditions du pays. Selon la tradition, l'esprit des ancêtres protège et veille sur leurs descendants. Dans la plupart des familles vietnamiennes, se trouve un petit autel avec une photo des parents devant lequel on brûle de l'encens et l'on rend hommage au dit ancêtre. Ces esprits vivent dans le monde des esprits, parrallèle au nôtre et se nourrissent de nos offrandes: pour les repas, on dispose un met chaud sorti du four dont l'odeur nourrira l'ancêtre. Pour qu'il ait de l'argent à dépenser dans le monde des esprits, on brûle des billets (factices). Je ne pense pas que dans les jeunes, beaucoup croient à tout cela, mais, par tradition, on continue le culte des ancêtres, car c'est l'occasion de réunions familiales. Lors de la période communiste, le régime, pourtant opposé au principe même de la religion, n'avait pas détruit ces innombrables lieux de culte, car trop ancrés dans la culture nationale.

Nous voilà donc en pleine immersion vietnamienne: nous avons prévu de faire la "tournée" : car chaque ancêtre est susceptible d'avoir son propre autel, entretenu par ses descendants, de sorte qu'au fil des générations, on fréquente des cousins d'un rang inconnu qui viennent rendre hommage à un ancêtre commun. Pour l'occasion, ma mère a réservé un minibus avec chauffeur et proposé aux parents proches ou lointains de se joindre à l'équipée de la journée. Nous voilà une dizaines de cousins, oncles, tante, neveux, nièces mélés pêle mêle: je ne me pose même pas la question de savoir que est qui. Plus on est de fous plus on rit, on est tous de la même famille, inutile d'en savoir plus. Départ de Hanoï, après 2 heures de route, nous arrivons au village de mon grand père maternel. Perdu dans une ruelle, nous arrivons devant un petit batiment flanqué d'une maisonnette pour le gardien.

C'est temple dédié à la mémoire d'un ancien ancêtre. Je crois qu'il fonda le village (qui ressemble à une petite ville aujourd'hui), les lieux sont simples et authentiques.



Une fois le porche passé, on se trouve dans un préau dont les boiseries sont du siècle dernier, et je suis agréablement surprise de voir qu'elles sont bien entretenues. On se repose, prend un thé et zou... dans l'arrière salle, on va rendre hommage à l'ancêtre défunt



Ma fille Marie allume des baguettes d'encens, on dispose des biscuits en offrande pour l'ancêtre afin qu'il se nourrisse de l'odeur. Nous mortels nous nourrirons plus tard de la partie solide des biscuits (ben oui, puisque les ancêtres ne consomment que l'odeur, autant que nous profitions du reste...)

Au bout de l'autel, une représentation du vénérable ancêtre. Une fois que tout est installé, un des descendants prononce quelques paroles à l'intention de l'ancêtre, il donne des nouvelles des uns des autres, explique que certains de ses descendants viennent aujourd'hui depuis la France pour lui rendre visite et qu'ils se portent bien ... je me dis que si l'ancêtre existe et nous écoute, il doit être bien content.



Marie fait comme tout le monde. Elle joint les mains et s'incline d'avant en arrière, rendant hommage à son arrière grand père, sous le flots de paroles vietnamiennes dont elle ne comprend pas un traitre mot. Ca c'est de l'immersion!

Nous quittons les lieux et marchons un peu plus loin, il y a un autre ancêtre, plus ancien, à honorer.

Marie s'intéresse à un petit chiot ce qui fait grimacer les autres: trop sale pour eux, il pourrait avoir des puces.

Marie n'en a cure, il est si mignon

Et zou, quelques petites baguettes d'encens...

Même cérémonial. On bavarde avec le gardien des lieux

il y a même un livre ou figurent l'arbre généalogique du défunt, mon nom y figure, parmi un millier de noms... je ne sais même pas à combien de générations je suis remontée.



Petite photo de famille: à droite, dans les mains de ma cousine, le fameux livre généalogique.

et nous voilà repartis.

J'aime bien cette tante. Elle est très discrète et gentille. En route pour le cimetière. Comme beaucoup d'autres, il se dresse au milieu de rizières, sans aucune barrière.

L'ambiance est très calme et campagnarde.



Voilà, la tombe de l'arrière grand père (ben oui, parce qu'après avoir prié devant l'autel du défunt, il faut bien aller prier devant la tombe du défunt...). Avec Marie nous réfléchissons à ce qu'il représente. C'est lui le point de départ de toute la famille Vietnamienne que Marie et Pierre fréquentent tous les étés, lui de point de départ des cousins et cousines parisiens que nous connaissons. Certains sont restés au Vietnam, d'autres ont fui en France, aux Etats Unis et voilà, en une génération tout un lot de frères, soeurs, originaires d'un même village minuscule et éparpillés aux quatre coins du monde. Sur ces réflexions hautement philosophiques, on remet un petit coup d'encens...

En sortant, nous faisons halte à une pagode du XIVème

Ou se vendent un tas de choses à offrir aux défunts

Ordinateurs (c'est ça le XXIème sièvle...), chapeau, argent, sandales...: du papier que l'on brûle devant l'autel afin que l'objet aille à celui à qui on l'a offert... Il y a même des vélos! Et des jouets! eh oui, les enfants aussi mouraient... et leurs proches ne les oublient pas!

Le lendemain, autre ballade, autre cimetière, autres ancêtres (ben c'est que si on remonte jusqu'au XIème siècle, ça en fait des ancêtres...) Toujours perdus au milieu des rizières, ce qui donne une sympathique ambiance champêtre.

Les lumières sont agréables.

Et hop, un petit coup d'encens...

Suivies de quelques paroles et prières à l'intention du défunt... Je m'habitue au rituel maintenant.

Là c'est la tombe d'une cousine de ma mère.

Ma mère me raconte qu'elle a été enterrée vive toute jeune par les communistes parce que justement elle n'était pas communiste. Quelle horreur.

Mais voilà, qu'une discussion s'installe 50 ans après sur l'identité des meurtriers.

Les parents qui sont ou ont été communistes affirment que c'était les catholiques qui ont fait ça. "Pas possible!" réplique furieusement ma mère. Elle était là quand on a retrouvé le corps et dans le coin il n'y avait que des communistes. et bla bla bla bla 50 ans après, la blessure fait encore mal.

Mais bon, on est pas là pour se facher hein? de toute façon, maintenant, on va plus rien changer. Alors, on se réconcilie et on se remet en route

En sortant, nous passons par une autre maison d'ancêtre... Bigre, c'est que si on garde une maison pour chacun, au fil des siècles, ça en fait des ancêtres à visiter!

Ici, c'est l'autel de l'arrière grand père. On entend parler des histoire anciennes. Il parait que cet ancêtre là n'a pas toujours été sérieux. Il était maire du village et avec l'argent des administrés il est allé tout perdre au jeu... comme quoi...

Bref, des légendes orales qui amusent les visiteurs autour dune tasse de thé. Pour le coup, j'entraine mon vietnamien comme jamais. Je dois avoir un accent français horrible mais tant pis, c'est sans complexe que j'échange quelques mots avec tous ces parents éloignés.

Au fur et à mesure de nos allées et venues sur Hanoï, nous ferons d'autres "pélerinages" qui seront autant d'occasion de voir le pays hors des sentiers battus.

La suite et d'autres jolies photos sur mon blog... 1plus1blog.com/
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
LA Larsay Globetrotter ·
MERCI ! TRes interessant , il en faudrait d'autres comme vous ! Ca change agreablement des histoires de visas, de Vietnam du N au S ou du S au N (repondus 100 fois, mais ....), ou des diatribes de 2 ou 3 affreux malfaisants jaloux.

Ne croyez pas que les jeunes ignorent le culte des ancetres. Les Viets sont restes tres traditionnalistes, le respect des parents selon Confucius est bien vivant - et celui des enseignants ; un tas de parentds et d'etudiants francais feraient bien de revoir leur copie, qui est nulle sur ce sujet !!!! - et la plupart des jeunes font leurs devotions aux ancetres comme autrefois. Une belle jeunesse d'ailleurs, qui ne semble pas croire dans le vaste ensemble que le summum de l'amusement est de saouler et de de se droguer !

Quant a l'histoire d'un membre de votre famille enterree vivante par le Vietminh, c'est plus que probable. C'etait une mise a mort tres frequente chez eux pour semer la bonne parole - Vous etes avec nous ou contre nous, auquel cas .... - Pour eliminer une 3e force entre les Francais et les communistes, ces derniers ont massacre entre 1930 et 1954 des centaines de milliers de Viet profrancais et nationalistes non communistes, le plus souvent dans des conditions atroces pour faire un exemple (et ca a continue avce la guerre du Vietnam ; voir les 3000 corps retrouves dans les charniers de Hue apres l'offensive du Tet. La plupart des "legendes" orales ne sont pas du tout des legendes, mais la verite sur ce qui s'est passe et que l'on se transmet de generation en generation.
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
BA Barefoot Veteran ·
MERCI ! TRes interessant, il en faudrait d'autres comme vous ! Ca change agreablement des histoires de visas, de Vietnam du N au S ou du S au N (repondus 100 fois, mais....), ou des diatribes de 2 ou 3 affreux malfaisants jaloux.

Tout à fait d'accord. Merci Thien An. Culte des ancêtres ou maison aux esprits, en Asie, "la mort n'est pas nécessairement la fin de tout." Ce que j'aime au Vietnam, c'est qu'on célèbre également l’anniversaire du décès de chaque ancêtre. À cette occasion, la famille cuisine des plats (végétariens souvent) et offre à la personne concernée des choses dont elle était particulièrement friande. On y trouve des cigarettes, une bouteille de whisky, ou encore… du durian. A l' approche du Têt, la famille nettoie les tombes des ancêtres et les invite à célébrer le passage dans l’année suivante. Concrètement, des plats sont posés sur les autels pour que les ancêtres en profitent mais c’est la famille qui les déguste ! Un partage entre les 2 mondes.😏
TH Thienan Regular ·
Merci pour vos messages. Oui, le Vietnam est un pays merveilleux à visiter. Les vietnamiens sont souriants, serviables. Je trouve admirable qu'après une histoire aussi tragique, les gens sachent aller de l'avant sans renier ce qui s'est passé. Le communisme a été une période particulièrement difficile. J'en ai été témoin indirect via les histoires de parents proches et lors de mon voyage en 1988 qui a été un choc...
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
AS Asia7 Globetrotter ·
Ne croyez pas que les jeunes ignorent le culte des ancêtres.

Certainement pas, mais depuis peu les jeunes évoluent et ne se consacrent pas tous aux cérémonies du Têt. Voici ce que m'écrivait mon amie il y a une semaine:

"Je peux ressentir l'ambiance du Tet. Il me semble que quand on a grandi, on est indifférent au Têt. A ce jour, il y a certains qui voyagent au lieu de se ressembler chez eux. Certains veulent supprimer le Têt traditionnel...."

C'est une jeune étudiante ....son entourage, les jeunes de son age, partent tous en "voyage" profitant de la semaine de congé du Têt....elle, elle ira dans sa famille.

Ainsi va la vie.

http://www.geopsy.com/ethnologie/le_culte_des_ancetres_dans%20la_famille_vietnamienne.pdf
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
CA Cathielescot Veteran ·
Un grand merci à vous, c'est un partage particulièrement intéressant avec beaucoup d'humour, que j'ai beaucoup apprécié. J'ai beaucoup aimé votre blog et notamment le compte-rendu de votre voyage Paris-Moscou-Pekin-Hanoï. On voyage, on a des explications très intéressantes et le tout dans la bonne humeur 🙂 Encore merci !
TH Thienan Regular ·
merci! avec plaisir, n'hésitez pas à vous abonner au blog s'il vous a plu car j'essayerai d'y écrire des articles régulièrement. Ecrire s'il n'y a personne pour lire de temps en temps ce n'est pas très motivant!
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
RI Ricolaahs ·
Merci beaucoup pour ce récit très intéressant. J'arrive au Vietnam dans 3 jours, seul avec mon sac à dos et pour objectif de d��couvrir ce pays comme vous décrivez et non comme les agences de tourisme nous le vendent. Je m'efforcerai de découvrir sa nature et ses paysages spectaculaires sans occulter sa culture et son histoire Votre blog est tout aussi interessant. Au plaisir de vous croiser sur mer ou sur terre...
when the belfast child sings again...
TH Thienan Regular ·
Merci! Si vous le pouvez, si vous en avez le temps, apprenez quelques mots de vietnamien (par exemple en consacrant quelques jours à votre arrivée pour prendre des cours de viet!). Ca vous permettra d'aller dans des endroits plus authentiques comme le nord du vietnam (Bac Ha, sapa). Tous les vietnamiens n'ont pas la possibilité d'apprendre l'anglais, cela ne veut pas dire qu'ils ne veulent pas communiquer avec des étrangers...
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
RI Ricolaahs ·
Merci pour le conseil😉 . J’essaierai ça à mon arrivée. Au plaisir
when the belfast child sings again...
SI Sindhind Regular ·
Merci pour ce partage et un grand Bravo pour le concept original du post de voyage ancestral !
ED Ednane ·
Témoignage intéressant qui me rappelle mes propres voyages. Je suis allé 6 fois au Viêt Nam qui n'est pas mon pays d'origine mais où je me sens bien. J'aime partager le quotidien des vietnamiens et j'adore l'ambiance.
Haojack
MA Marinade ·
Bonjour Thien an, Parmi quelques tours du monde, Saîgon est - dans mon souvenir - le plus preignant. Même si celà remonte à ma jeunesse (j'avais alors 18 ans) je garde une place de choix pour cette ville, ses habitants. Et notamment une famille qui m'avait honoré de leur accueil. Alors navigateur aux Messageries Maritimes, nous avions fait escale après cette lente remontée du Mékong. Ses berges avaient été décîmées par les américains qui redoutaient que des viet-kong ne s'y cachent. En 1968, la guerre faisait rage dans ce pays. Ce qui me désolait particulièrement car, peu de temps après, je connaissais ce coiffeur qui, à l'entrée dans son échoppe, m'avait pris pour un américain. Et ? Voyant mon anglais très approximatif, me demandât d'où je venais. Sachant que j'étais français, il se mît à me parler de ses enfants qui avaient eu la chance d'aller étudier deux ans en France. J'étais attaché au navire pour y effectuer ma journée de travail du lendemain. Mais ? Une fois finie, je me précipitais chez ces gens qui furent..... de véritables amis. Hoang, leur Fille était très timide. Et moi? Pas à mon aise tant leur accueil était..... j'allais dire fastueux. Ils s'étaient dérangés alors que je ne leur offris que des produits français venant du bord mais qui manquaient au Viet-nam. Ils se confondaient en excuses de m'avoir pris pour un américain. Ils me dirent que cette présence amenait beaucoup de dollars. Mais ? Pas de bonheur! Du temps des français, ils étaient pauvres mais heureux. En étant reconnaissant de ce que la France avait laissés comme administration et autres édifices. Les amies de Hoang, si magnifiques, dans leur Sarong multicolores et leur chapeaux de feuille de riz, m'empressaient de questions sur mon pays. Et de la chance que j'avais d'y retourner bientôt. Ce fut court. Mais, presque 50 ans après, ce souvenir est très vif. Mon désir le plus cher serait de pouvoir y retourner pour voir ce qu'est devenu ce pays que j'affectionne tant. Profitant sans doute d'aller voir le centre et le nord qui semblent magnifiques.
L'outil est à la main ce que la plume est à l'esprit. L'un comme l'autre façonnent notre univers.
TH Thienan Regular ·
Bonjour Marinade, merci pour ce très beau récit! L'époque que vous décrivez est émouvante. Le premier voyage que j'ai fait là bas date de 1988, à l'époque du communisme et je dois dire que le pays n'a aujourd'hui rien à voir avec celui de 1988 (je vais essayer de rassembler quelques photos et mettre cela sur le blog https://1plus1blog.com/ )... Alors, je ne parviens même pas à imaginer celui de 1968... Et si on remontait plus loin, je ne pourrai que me fier aux récits de mes parents qui ont quitté Saïgon au début des années 60. Je lis que vous y avez été en bateau: c'est passionant, car aller au Vietnam en voilier est un scénario que nous n'excluons pas... Merci encore pour ce témoignage!
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Voici une belle expérience vécue en famille. Celle d'un voyage vers les origines.

Bonjour j'abonde dans l’enthousiasme des différents intervenants,

Très beau récit enrichissant, Admirablement complété par le billet de Marinade On dit souvent que le hasard n'existe pas: Je suis en cours de lecture de La nuit du Dragon (Norman Lewis) et viens de terminer le volet Vietnam Ayant pour cet année le projet de visiter le VN sud, Cet ensemble de contributions me permettra peut-être de mieux d’appréhender l'ensemble de mes visites

Cordialement
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
MA Marinade ·
Re bonsoir Thien an, Vous disiez ne pas imaginer ce pays en 1968. Il y a certains aspects que ne pourrais vous confier ici tant ils sont graves. Et ne pourrais le faire qu'à votre endroit exclusif. Mais, je crains que cette voie ne garantisse qu'une confidentialité que trop partielle. Ce que je peux dire ici serait, simplement que votre peuple subissait un joug à deux têtes. Et, malgré ce, il gardait une dignité et un courage hors du commun. C'est ce qui fait que j'aie une attache particulière envers tout ce qui touche à ce magnifique pays. La vision de certain film (comme "l'amant" et un autre dont je ne me souviens plus le tître) ou encore une restauration qui me rappelle cette cuisine savoureuse me servent à garder à l'esprit ce que j'en avais perçu. Je vois que vous êtes toulousaine tout comme mes deux enfants. J'y vois là des petits signes qui jonchent le parcours de la vie que nous traversons. Ils sont anodins ! Mais ? Ils sont là. Avec cette couleur qui enjolive nos parcours mutuels. Faites ce voyage en bateau. C'est la plus belle manière de palper vos origines, de capter ces senteurs marines, de respirer cet esprit qui hante vos rêves. Bien cordialement. Jean-Marc
L'outil est à la main ce que la plume est à l'esprit. L'un comme l'autre façonnent notre univers.
JE Jean14claude ·
Bonjour Thien an, Vos récits sont très intéressants, il y a cette vie de ce pays qui nous anime, nous transporte sur place ! Bravo. Jean-Claude.
JeanC le normand
TH Thienan Regular ·
merci Jean Claude,

Votre message fait plaisir! J'ignorais en démarrant mon blog il y a 2 semaines s'il aurait matière à intéresser des lecteurs. cela me fait plaisir de savoir que le récit vous a plu et qu'il a donné des idées à certains lecteurs en partance pour le VN.

1plus1blog.com/

bonne journée
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
AC Acni4461 ·
Bonjour Thien An Merci pour ce joli témoignage et ces belles photos . Etant d'origine vietnamienne je ressens tout ce que vous décrivez , vous allez faire un merveilleux voyage avec votre famille , je vous souhaite un bon séjour . Amicalement . Christiane
TH Thienan Regular ·
Bonjour Thien An Merci pour ce joli témoignage et ces belles photos . Etant d'origine vietnamienne je ressens tout ce que vous décrivez , vous allez faire un merveilleux voyage avec votre famille , je vous souhaite un bon séjour . Amicalement . Christiane

Merci Christiane! Il n est pas aisé d'exprimer ce que l on ressent. Je suis heureuse de voir que ce vécu semble perçu. Oui, je projette d aller au Vietnam avec mon compagnon. L objectif sera de lui offrir une vision authentique du pays et de son peuple...
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
TH Thienan Regular ·
Un autre extrait du voyage, assez authentique également, dans les montagnes du Nord à Bac Ha et Sapa

intégrale des photos là:

https://1plus1blog.com/2017/01/15/sapa-et-bac-ha/

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Au départ de Hanoi, nous prenons le train de nuit le sapaly express. Arrivée à la gare de Hanoï, en attendant le train, ma mère d’un nature peu loquace marque un temps d’arrêt. Avec une pointe de nostalgie, elle raconte: – Je reconnais cette gare. J’avais 16 ans quand j’ai pris le train pour quitter Hanoï.C’était le premier voyage de ma vie. Marie lui demande un peu plus d’explications et ma mère poursuit. – A l’époque, il fallait un visa pour quitter Hanoï. Ma cousine ainée en avait un, elle état venue dire au revoir à la famille, j’étais jeune et donc exclue de la discussion. En partant, elle m’a demandé pourquoi je ne partais pas et je lui ai répondu que je voulais bien partir. Alors elle m’a dit de venir avec elle. Dans la soirée j’étais avec elle dans le train, mais sans visa et un petit sac pour tout bagage. Lorsque le contrôleur est arrivé, ma cousine a expliqué que j’étais sa petite soeur etc etc… mais le contrôleur n’a rien voulu savoir et il a dit qu’arrivés à la ligne de démarcation, il faudrait que je descende et me débrouille pour repartir. Arrivées à la fameuse ligne, ma cousine m’a dit d’aller à un endroit précis du grillage qui séparait les 2 zones. Avec son visa, elle est passée de l’autre coté, elle a été au grillage et m’a passé ses papiers à travers le grillage: je suis remontée dans un train, pas le même que ma cousine. Plus tard ma cousine m’a racontée que le contrôleur était revenu et lui avait demandé ce qu’elle avait fait de moi et elle a répondu « j’ai fait comme vous avez dit, je l’ai fait descendre ». Ceci avait déclenché une vague de protestation et de commentaires de la part du contrôleur, des autres passagers, car il n’y avait rien à la ligne de démarcation, pas de village, pas de bus… J’ai donc rejoins Haïphong. Depuis là, je suis descendue vers Saïgon. Je ne suis jamais revenue à Hanoï. Petit silence. Avec Marie, on intègre ce qu’elle vient de nous raconter. On lui poserait bien quelques questions, mais on ne sait pas par quel bout commencer. Marie se lâche: – et après, qu’as tu fais? Comment as tu vécu? Et ta famille, tes frères, soeurs, ta mère? Avec cet air impassible qui la caractérise, ma mère répond tranquillement: – Il y avait des cousins dans le sud qui m’ont accueillies. Je ne savais pas quand je reverrai mes frères et soeurs, ni ma mère. A cette époque, ceux qui pouvaient partir, partaient et on voyait après… Ah ça, c’est l'histoire peu ordinaire d’un premier voyage. A la réflexion, je me demande si c’était un voyage ou un exil. Je n’en sais rien en fait.

Le temps passe vite, nous filons au train. On s’est réservé la cabine pour nous toutes seules. grand luxe… Par contraste, j’imagine les banquettes en bois du train que ma mère avait pris en 1954…

Arrivée à la gare à 6:00 du mat, on se met à la recherche d’un moyen de transport pour Bac Ha. Pas besoin de chercher longtemps, en moins de 30 secondes, un petit viet se présente à nous et nous demande ou nous voulons aller, aussitôt dit, aussitôt fait, on se retrouve dans un minibus local pour 5 ou 6 euros chacune. Entassées et calées dans nos sièges, nous comprenons pleinement le sens du terme « transport en commun » Arrivées sur place, nous ne tardons pas à trouver une voiture avec un chauffeur qui nous emmène sur les routes du coin… Ces rizières en terrasses sont magnifiques, la pluie leur donne un certain charme.

Nous tombons bien, c’est jour de marché ici, les costumes traditionnels fleurissent tous les dimanches pour le marché Après une nuit passée à Bac ha, nous filons vers Sapa mieux connue d’un point de vue touristique. La magnifique vallée se déroule le long d’une petite route sinueuse Nous louons des scooters pour l’après midi et parcourons la vallée à notre guise: quelle liberté!

C’est une belle expérience: très peu de voitures, des paysages magnifiques petite sieste avec vue sur les rizières



nous profitons du calme et des paysages

marie s’éclate sur son scooter, dévalant la route à tombeau ouvert…

après ce bol d’air mémorable, retour à SAPA

Nous rentrons sur hanoï par le train de nuit. une amie et son mari nous attendent à l’arrivée et nous voilà toutes trois nous partageant l’arrière de 2 scooters avec nos valises à 5h45 du mati dans les rues encore calmes de la capitale



A la viet quoi!

Arrivées chez le ami, un peu de repos, on papote et on refait le monde



et la sieste aussi…
Thien An L'avenir il ne faut pas le prévoir, mais le permettre
SA Sawaddeekha Veteran ·
Merci pour ce beau carnet, c'est très émouvant. Je l'ai lu avec plaisir.
"If you look like your passport photo, then in all probability you need the journey" - Earl Wilson.

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