Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop
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SA Sarana Regular ·
j'attends vos conclusions après vos expériences de 2 voyages à des époques différentes 😉

Vous pouvez avoir un avant-goût en consultant mes carnets 2018 : sur la route de la soie.
sarana
SA Sarana Regular ·
Super ! Je vais tricher un peu et le mettre en illustration. Non, finalement le lien est mieux. Il y a même Wanxian !
sarana
SA Sarana Regular ·
D'autres images vécues me reviennent en effet : l'ambulance à bras, les lavandières des escaliers de Wanxian, les charbonniers, le bateau au point même que je me demande si ce n'était pas celui-là ! C'était quand même pauvre, très pauvre, mais sacrément vivant ! Merci encore.
sarana
JI Jipeg Regular ·
Merci pour ce carnet qui nous fait revivre nos premiers voyages en Chine et il y en a eu près d'une vingtaine, le dernier en 2020.... Le premier en 1984 (il fallait obtenir le visa à Hong Kong à l'époque) avec la même "croisière" que vous sur le Yang Tse entre Chongching et Wuhan. Même type de bateau, même classe, le dortoir de 16 personnes et comme vous les seuls étrangers à bord. Des notions de chinois étaient très utiles et comme vous nous avons utilisé la revue CHINE au début en français puis en anglais. Restés sur notre faim malgré le mois passé en Chine, nous avons remis cela en 1985 avec un visa obtenu au Consulat chinois parisien pour 2 mois et avons pu aller de Pekin à Kashgar en demandant des autorisations pour les "villes ouvertes", pas plus de 5 à la fois mais on recommençait une fois le quota épuisé. Nos notions de chinois nous faisaient passer pour des étudiants étrangers en Chine. Le même ressenti aussi sur les voyages en train en classe "dure" , parfois avec avec couchettes en compartiments de 6 (plus de 2 jours entre Urumqi et Langzhou..). En 1986 et 1987 nous avons filé vers le Tibet où on pouvait circuler relativement librement sauf une arrivée "obligatoire" par avion mais la sortie pouvait se faire par la voie de terre (Golmud ou par le Népal). Bravo pour ce carnet et nous attendons la suite...
SA Sarana Regular ·
Un couple de sacrés baroudeurs je vois. j'invite les lecteurs de ce carnet à aller voir vos photos, et tout particulièrement les portraits. https://www.flickr.com/photos/143032208@N03/albums Si vous en avez de cette période, je suis preneur pour illustrer ces carnets.
sarana
SA Sarana Regular ·
CHAPITRE 10 : l'hôtel à rats

Après trois jours de cette mémorable croisière, un peu de terre ferme. Wuhan ne mérite pas vraiment qu'on s'y attarde. Première chose : récupérer un billet de train selon le principe adopté depuis le début : chercher tout de suite comment repartir. C'est vite fait ce coup-ci, pas comme à Pékin. Départ dès demain soir pour Canton. Deuxième chose : trouver un hôtel pour étrangers et y déposer les sacs. Là ça se complique vu qu'on n'a aucune adresse. Un seul moyen, errer en ville et suivre son instinct.

Pourquoi ne pas demander aux gens me direz-vous ? Deux raisons à cela. La plupart des gens risquent de ne pas comprendre mon chinois, et surtout, je risque de ne pas comprendre leurs explications, s'ils en ont une. La deuxième raison, nous avons pu l'expérimenter, c'est que, si les chinois détestent bien une chose, c'est de perdre la face devant un étranger. Plutôt que de répondre « désolé, je ne sais pas », ils sont capables de t'envoyer n'importe où !

Les hôtels ne manquent pas, encore faut-il trouver le bon. Justement, en voilà un.

L'hôtel interdit Problème : il affiche, «chinois et chinois d'outre-mer uniquement». Pratique de savoir lire un peu les idéogrammes. - Qu'est-ce qu'on fait, on tente le coup ? - Allons-y, on verra bien. Peut-être qu'ils vont nous accepter quand même. On va jouer les innocents. C'est l'après-midi, il fait une chaleur assommante. Le rez de chaussée est désert, pas un bruit dans la bâtisse. Nous montons à l'étage. Même chose, rien, personne. Les chambres sont du genre collectives, des mini dortoirs. Quelques vêtements traînent, mais on voit bien que la plupart des lits sont libres. - C'est bon, il y a de la place pour nous. Au fond du couloir, sur la droite (je m'en souviens encore), le bureau d'accueil, ou plutôt le «dortoir» d'accueil. Trois employés en plein boulot. Affalés sur leur bureau, la tête dans les bras, ils pioncent bien profond. Hôtel d'état, sans doute, avec ses fonctionnaires à l'oeuvre ! Je revois encore la scène comme si j'y étais.



A peine sommes-nous entrés que l'un d'eux sursaute. Deux yeux effrayés nous fixent. Le type vient de tomber sur deux extra-terrestres. D'un coup de coude, il réveille les deux autres qui badent tout autant en découvrant nos tronches d'occidentaux. - Bonjour, nous cherchons une chambre pour la nuit. On peut s'installer ici ? Celui qui semble être le chef prend aussitôt la parole : - Mei yo (je traduis pas) - Yo, yo (je traduis pas). Si si, il y a des chambres vides, on a vu, il y a de la place ! Changement d'argument : - Vous ne pouvez pas dormir ici, c'est interdit, interdit ! Le gars a l'air vraiment paniqué, comme s'il risquait le camp de rééducation en nous gardant ici, ne serait-ce qu'une minute de plus. La négociation est déjà rompue. - Comment allons-nous faire alors ? - Gardez vos affaires et partez avec lui, dit-il en désignant le mec qu'on avait réveillé en premier. Il y a un hôtel pour vous juste à côté.

Pas un mot de plus, et nous voilà partis, galopant derrière notre guide qui avance au pas de charge, pas content qu'on lui ait pourri sa sieste. La balade «juste à côté» a duré une bonne demi-heure. On a dû traverser toute la ville, nos sacs sur le dos, sans savoir où le mec nous conduisait. Finalement, on s'en doutait un peu, il nous dépose à l'entrée d'un hôtel spécial étrangers, aussi miteux que le sien, mais au moins en centre ville.

Celui-là est tenu par du personnel féminin. Ces dames ne roupillent pas mais elles papotent, le nez dans la rue. Une charmante hôtesse nous conduit dans notre suite : une sorte de cave au fond de l'hôtel, qui sert de placard à balais et autres rangements. Le sol est en terre battue, il n'y a même pas de fenêtre ni de ventilateur. « Ca doit être comme ça au Tibet », me dis-je. Posons nos affaires et partons faire un tour dans la ville. La nuit commence à tomber, la Chine va se réveiller.



Wuhan

Impressions urbaines La ville de Wuhan n'échappe pas à la règle du théâtre permanent. Plus encore que les autres j'ai l'impression. Ici, on vit et on dort dans la rue. Quelques images me sont restées. Ce sont par exemple ces lits installés à même le trottoir. Les logements sont si petits, insalubres et étouffants, que certains préfèrent dormir dans la rue, et tant qu'à faire, dans leur lit !

C'est aussi ces petits groupes rassemblés sur des bancs autour du poste de la télévision d'état, en train de subir les informations nationales ou d'insipides opéras révolutionnaires. On nous invite à nous asseoir. Les gens sont tout fiers que nous leur tenions compagnie un moment, même si la conversation est difficile à tenir.

C'est aussi la bouffe de rue. Avec une pensée particulière pour la vue et les odeurs de la potée mongole. Un truc infâme, puant et noir comme leur charbon, que nous ne nous sommes même pas risqué à goûter, malgré les invitations pressantes des « restaurateurs ».

On se contente des nouilles et raviolis, ou un restaurant de temps en temps. Justement, nous admirons la dextérité du tisseur de nouilles, qui brode ses spaghettis uniquement avec ses doigts à partir d'un boudin de pâte.



Photo : Jacqueline et Jean-Pierre

L'hôtel à rats Retour à l'hôtel, nos hôtesses d'accueil sont toujours là, et la piaule encore plus sordide de nuit. Nous avons quelques inquiétudes quant à la qualité de cette nuit sauvage que nous allons devoir affronter. - Ca doit être plein de bestioles là-dedans, on va mal dormir je sens. Ca ne manque pas, dès les lumières éteintes, des bruits suspects de raclements, de frottements... J'allume la lumière. Les souris sont déjà passées à l'attaque des sacs à dos. Et bientôt, ce sera les rats, et les cafards, c'est sûr. ! Je file à l'accueil me plaindre de la piaule en disant qu'on ne veut pas rester là. Par chance, nos hôtesses d'accueil ne sont pas encore couchées.

Bizarrement, comme à Xi'an, elles s'exécutent aussitôt. On nous conduit à l'étage, dans une chambre de quatre. Rien à voir avec notre cagibi. La piaule est vaste, correcte, mais sans plus. Il y a même des ventilateurs. Un couple d'allemands y dort à poings fermés.

Notre arrivée les perturbe un peu. Les pauvres se pensaient peinards pour la nuit. C'est raté, mais on n'avait vraiment pas le choix.

Prochain épisode : Canton, à la recherche de xiao Wu
sarana
LO Lotus13 Regular ·
Merci beaucoup Dominique pour ce beau carnet voyage en Chine/voyage dans le temps que je suis avec plaisir. J'aime beaucoup vos photos perso (j'adore "les meilleurs raviolis du monde"... très belle). Les photos "magnum" sont vraiment superbes. Merci également à celui qui a partagé le lien ! J'attends la suite impatiemment...
XR Xrctn Veteran ·
J'adore ce confinement... qui fait remonter les anciens souvenirs et qui permet (aux plus courageux !) de prendre le temps de les partager. Merci
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
DJ Djalma Globetrotter ·
Pour nous accompagner dans cette expérience avec la CAC (Compagnie Aérienne Chinoise), une hôtesse en harmonie avec son avion : hors d'âge.

Je n'en suis pas totalement certain car c'est quand même un peu ancien mais il me semble que la compagnie chinoise c'était la CAAC. D'après certaines mauvaises langues le sigle signifiait soit China Airlines Almost Crash soit China Airlines Always Cancel!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
MA Masterpo Globetrotter ·
il me semble que la compagnie chinoise c'était la CAAC.

Oui, c'était la CAAC.

Perso, j'avais pris un vol Paris-Londres-Dubai-Hong Kong (et on prend les mêmes pour le retour) avec British Caledonian, disparu peu après... Canton en train, Guilin avec la CAAC : il y avait des sortes de cafards sur les hublots...
SA Sarana Regular ·
Nul doute que cette version anglophone est la bonne. Cela confirme aussi que nous sommes bien des miraculés !
sarana
DJ Djalma Globetrotter ·
Canton en train, Guilin avec la CAAC

Pour nous c'était Paris Frankfort Hong Kong avec Lufthansa. Canton en bus je crois bien et Guilin en train...C'est tout proche de Guilin à Yangshuo que nos ennuis ont commencé!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
PA Parigino Veteran ·
J'adore ce confinement... qui fait remonter les anciens souvenirs et qui permet (aux plus courageux !) de prendre le temps de les partager. Merci

Totalement d'accord ! Je me régale de ces vieux voyages, surtout que je connais la Chine actuelle. Ça me permet de mesurer le changement.
PI Pierroro Globetrotter ·
@ Djalma

Oû peut-on prendre connaissance de vos aventures en Chine?
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.
PI Pierroro Globetrotter ·
QuelS carnetS de route (j'ai envie d'y ajouter un "S")! Ça tombe à point!
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.
DJ Djalma Globetrotter ·
Oû peut-on prendre connaissance de vos aventures en Chine?

Je ne fais pas de carnet de voyage par contre je réponds aux questions des futurs voyageurs pour les pays où je me suis rendu. Ici je suis étonné de la mémoire de l'auteur du carnet! Je n'ai en tête que quelques anecdotes et serai bien incapable de retracer notre itinéraire avec précision .Pourtant j'ai une bonne mémoire. Ce qui nous avait le plus surpris je crois que c'est la fréquence à laquelle les gens crachaient (aussi bien dans la rue que dans les transports) Je me souviens qu'à Kunming ( Yunnan) Les trottoirs étaient tellement recouverts de crachats qu'il fallait marcher prudemment pour ne pas glisser! Dans les petits restos locaux , après que les chinois aient pris leur repas qu'ils aient crachés leurs os ou les carapaces de crevettes l'aubergiste passait un grand coup de balai sur la table et envoyait tous les déchets dans le caniveau! L'inde à côté c'était la grande propreté!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
CA Carassou Veteran ·
Salut Jean Michel Ah les crachats!!! Ils pouvait être récupérés éventuellement dans des crachoirs...Je vais détailler ceux que j'ai vus Dans les restaurants huppés : sortes de grosses marmites métalliques sur socle et couvercles actionnés grâce à une pédale Dans des bouibouis : crachoirs sans couvercle entre 2 tables : crachats récupérables en visant à plusieurs mètres et sans defailliir En ville comme à Shanghai par ex au pied des arbres: des grands caillebottis métalliques de 50 cm de profondeur: les crachats pendaient comme des huîtres sur les ferrailles...les cracheurs pouvaient viser de loin ils étaient entraînés ...a l'époque je n'avais pas pensé à les photographier....j'avais peu de diapos à ma disposition Dans un.bus urbain à Xian j'en ai récupéré à l'intérieur de mes lunettes

En rentrant en France j'en avais parlé à mes parents ...ahurie par ces crachats omnipresents Mon.père m'avait confessé que son grand père en était un spécialiste .. au grand dame de la grand mère sur le sol en terre battue de la cuisine ....dans les années 1925 au fin fond du Morvan....désolée d'etre une descendante de ce cracheur!!! Carassou
DJ Djalma Globetrotter ·
Ah les crachats!!! Ils pouvait être récupérés éventuellement dans des crachoirs...Je vais détailler ceux que j'ai vus Dans les restaurants huppés : sortes de grosses marmites métalliques sur socle et couvercles actionnés grâce à une pédale Dans des bouibouis : crachoirs sans couvercle entre 2 tables : crachats récupérables en visant à plusieurs mètres et sans defailliir

Oui les crachoirs il y en avait un peu partout. A la télé on pouvait suivre les consignes gouvernementales faciles à comprendre sans connaitre un mot de chinois .Ils donnaient des directives afin que les gens se conduisent correctement et notamment utilisent les crachoirs plutôt que la rue, les trottoirs ou les bus!Il faut dire que le peuple était très rustre.Je vois encore un type dans un bateau, je crois bien, qui au milieu de la foule ( on était plutôt entassé) me recrachait, sans complexe à la figure les grosses volutes de fumée de son Bhang ( Gros bambou servant de pipe)
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
SA Sarana Regular ·
Arrêtez vous allez faire fuir mes lecteurs ! 😄 Et oui, difficile de passer devant ces pots sans avoir une grosse envie de gerber. Il y en avait aussi dans la Cité Interdite. Bon appétit à tous.
sarana
PI Pierroro Globetrotter ·
Il y a bien l'expression "tenir le crachoir" et l'équivalent québécois "passer le crachoir"...…..cette ou ces expressions sont nées d'une certaine réalité mais sans doute pas aussi démonstrative 🙁qu'en Chine!
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.
PA Parigino Veteran ·
Je me souviens qu'à Kunming ( Yunnan) Les trottoirs étaient tellement recouverts de crachats qu'il fallait marcher prudemment pour ne pas glisser!

Bah dis donc 😮 Je suis allé à Kunming en 2018, il n'y a plus rien de tout ça. C'est maintenant une grande ville moderne, avec des trottoirs larges et propres. Il reste quelques quartiers qui font penser à la Chine des 80s, mais ils sont promis à une rapide démolition.
DJ Djalma Globetrotter ·
Bah dis donc 😮 Je suis allé à Kunming en 2018, il n'y a plus rien de tout ça. C'est maintenant une grande ville moderne, avec des trottoirs larges et propres. Il reste quelques quartiers qui font penser à la Chine des 80s, mais ils sont promis à une rapide démolition.

La ville était relativement "moderne" ce sont les habitants qui l'étaient moins! J'en ai gardé les meilleurs souvenirs gastronomiques...Avec un petit groupe de routards de différents pays on allait manger dans un resto qui faisait école hôtelière..On se prenait une grande table et on commandait de nombreux plats. ( on ne savait pas ce qu'on commandait vu que tout était écrit en chinois et qu'on ne savait ni le lire ni le parler!) Ensuite on piochait dans chaque...Délicieux avec la bière locale! et les prix ridiculement bas!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
SA Sarana Regular ·
CHAPITRE 11 : à la recherche de xiao Wu

Notre train de nuit pour Canton part en fin de journée, nous avons le temps de flâner en ville et aussi de nous offrir un bon repas. Justement, voilà un restaurant. Un peu à l'écart, quasi anonyme, mais il a l'air assez grand et fréquenté, vu le brouhaha qui s'en échappe. C'est parfait pour nous ça. Entrons.

Passer inaperçu... pas toujours facile C'est une vaste salle, une grosse cantine à la chinoise. Elle est garnie d'une bonne dizaine de tables rondes à huit personnes. Les convives y sont installés en groupes, comme ils peuvent, comme au réfectoire quand il faut compléter. Quelques marches permettent d'accéder aux tables en contrebas. Le restaurant affiche complet, une bonne centaine de personnes là-dedans, qui font un boucan d'enfer. A part peut-être les espagnols, y a-t-il un peuple qui envoie autant les décibels que les chinois ? Du haut de nos marches, nous explorons des yeux les tables à la recherche de deux places.

C'est fatal ! On est repérés ! En quelques secondes, le volume sonore dégringole à zéro, la salle entière se fige, les mouvements cessent. Arrêt sur image, silence complet ! Un ange passe, non une nuée d'anges. Ca me rappelle le lycée, quand le proviseur venait impromptu inspecter le réfectoire. Ca, c'était juste avant mai 68.

Il y a deux places libres, mais tout au fond. Il faut traverser la salle, une centaine de paires d'yeux rivés sur nous. C'est le tapis rouge de Cannes, la remise des Césars, sans les applaudissements. On entend même craquer sous nos pieds les os de canard que les convives ont recrachés, quand ils ne l'ont pas fait sur la table.

L'épisode s'est déroulé comme au ralenti, pas facile de rester naturel. Une fois à la table, il faut balancer négligemment au sol les déchets qu'ils ont déposés dans notre espace, puis prendre place, l'air de rien. Ouf, enfin installés. Les autres convives ont l'air très fiers de nous avoir comme invités. Le prince et la princesse ont fait une entrée triomphale. Et maintenant, que la fête continue ! Brouhaha et tintamarre reprennent de plus belle.



Gare de Wuhan

On dirait le sud Je ne garde pas de souvenirs de ce deuxième voyage en train. Juste cette photo de la gare de Wuhan. Il fut sans doute moins folklorique que le premier. Je revois quand même l'arrivée le long de la rivière Bei, un des bras de la célèbre rivière des perles. Plus belle et toute aussi vivante que le Yangtse.

Canton, le sud, l'atmosphère y est différente. L'air marin et les reliquats de mousson apportent une relative fraîcheur. La population ici, est différente. Plus colorée, moins étriquée, on voit des couples qui se tiennent la main, certains même osent s'embrasser, un peu en cachette. Quelques voitures particulières se frayent un passage sur les principaux axes. Nous approchons de la frontière capitaliste, ça se voit, et ça n'a pas l'air de déranger les gens. Le quartier des anciennes concessions occidentales avec ses bâtisses coloniales, nous ramène sur un autre continent. D'ailleurs, peu de chinois y vivent, et les nuits ici sont plutôt désertes.

A la recherche de xiao Wu Fin des années 70, l'université de Bordeaux est dans les premières à accueillir des étudiants chinois. Ils sont une vingtaine, et je ne manque pas de nouer contact avec eux, forcément. Ils sont logés dans les petites chambres de la cité universitaire. L'un d'entre eux, Wu, xiao Wu de son diminutif, attire tout de suite ma sympathie.

C'est un cantonais, un chinois du sud, plus volubile, gai, ouvert, que ses compatriotes du nord, étriqués et politiquement corrects. Nous devenons très vite amis et passons beaucoup de temps à bavarder d'autres choses que de politique. Contrairement aux derniers survivants maoïstes de la fac, qui n'arrêtent pas de les emmerder avec ça. S'ils avaient connu la vraie Chine, ceux-là ! Le groupe est auto-surveillé de près, et chacun doit rendre des comptes au responsable politique. J'arrive parfois à extirper xiao Wu de ce milieu pour lui faire découvrir la réalité de mon pays.

Fin de l'année scolaire, retour au pays pour Wu et ses compatriotes, deux ans après leur arrivée. Je lui laisse mon adresse : - Promis, en arrivant, tu me donnes de tes nouvelles. - Oui, oui, sûr. On s'écrira. Pas d'autres moyens de communiquer que le courrier, et Wu n'a pas voulu (ou pu) me laisser d'adresse.

Depuis, j'attends toujours sa lettre en me demandant ce qu'il est devenu.

Le hasard ne suffit pas Et si je le retrouvais ici, à Canton, comme ça, au détour d'une rue ? Ce serait un miracle. Alors, j'ai croisé des milliers de regards, des fois que..., mais il n'y a que le hasard pour provoquer de telles rencontres. Ici, il ne fonctionne pas. - Et si tu cherchais dans l'annuaire ? Mais oui, c'est bête, il suffisait d'y penser. Après de longues recherches, je finis par trouver un survivant dans une cabine téléphonique. Des Wu, écrits comme lui, il y en a des pages et des pages. Heureusement, je sais lire les idéogrammes dans l'ordre alphabétique. J'ai retenu ceux de son prénom, Zhiqiang. Hélas, pas de Zhiqiang dans la longue liste des "Wu".

Je ne saurai jamais ce qu'est devenu xiao Wu.



Canton. Photo : Jacqueline et Jean-Pierre

Un cri dans la nuit. L'hôtel est une grande bâtisse usée, dans la concession française il me semble. On s'installe dans la chambre, haute de plafond et sinistre au possible. Une pesante moustiquaire recouvre le lit à deux places. - Bof, ya pas de moustiques ici, mieux vaut la laisser ouverte pour avoir un peu d'air, sinon le ventilo va tourner pour rien. Au milieu de la nuit, je suis réveillé par un cri. Danièle fait des bonds sur le lit en se frottant le visage. - Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui t'arrive ? - Je sais pas, il y a un drôle de truc qui m'est passé sur la figure ! Vite j'allume la lumière pour découvrir, bien en vu sur les draps, un énorme cafard, une espèce probablement locale et bien nourrie. La bestiole s'enfuit, on ne va pas la chercher, et elle ne doit pas être seule. C'est là que nous comprenons à quoi pouvait bien servir la moustiquaire dans un pays sans moustiques. Nous finissons la nuit barricadés à l'intérieur.

Le lendemain matin, la femme de ménage vient vérifier si nous sommes encore là pour faire la chambre. Enfin peut-être, mais pas sûr. Si on n'a rien sali, elle va sûrement pas s'embêter avec ça. La bestiole, ou une autre, en profite pour tenter de filer entre ses jambes. La femme l'aperçoit et, tout naturellement, écrase du pied le fauve et repart, le laissant crever sur place. Ici, on vit en compagnie des animaux sauvages.

A notre retour, le soir, la bête a disparu. Chouette, le ménage a été fait !

Prochain épisode : un train sous haute surveillance
sarana
TS Tsukuru Regular ·
A la recherche de xiao Wu

Quand j'ai lu ça hier, j'ai pensé tout de suite au film de Jia Zhangke , Xiao Wu, artisan pickpocket, un de ses 1ers films (peut-être le 1er, je ne sais plus). Et j'ai cru que vous y faisiez référence parceque vous avez été victime de pickpocket 😄 Je m'attendais à une histoire dans ce genre.

Bon ben ce n'était pas ça 😕 ça aurait été formidable de retrouver votre ami.😐 en aparté, Xiao Wu est un film magnifique 🙂 Pour ceux qui ne connaissent pas l histoire : https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/xiao-wuartisan-pickpocket/

Merci encore pour vos souvenirs . A demain 😉
SA Sarana Regular ·
On est en plein dedans. Je vais essayer de le trouver.
sarana
GL Glamys24 Regular ·
Bonsoir Dominique, Je viens de parcourir ce »retour de Chine » et attends impatiemment la suite. Bravo pour cette narration, et merci. Merci parce que je retrouve les images et impressions de mon premier voyage lointain. C’était dans la Chine de 1977, un voyage soit disant semi- professionnel ( une promotion de mon école), sur le thème de la santé publique. Bien sûr nous avions tout fait pour sortir du cadre et voler quelques moments d’autonomie à nos guides très attentifs, qui s’arrachaient les cheveux chaque fois que notre groupe se scindait pour s’octrôter un peu de liberté. Depuis lors je suis retourné plusieurs fois en RPC, en couple ou en famille et sac au dos.Mais sans doute est-ce terminé : il y a un KFC à Kashgar, des bordels à soldats au pied du Potala et au Tibet les moines qui t’ accostent en mauvais anglais sont en général des flics en civil. Il me reste donc des images fortes qui semblent remonter à bien loin: A l’arrivée au vieil aéroport, le tapis roulant qui décharge les bagages du 707 d’Air France ( vol Orly/Athènes/Karachi/Bombay/Pékin) est actionné par deux chinois qui pédalent sous la bande de transport. Sur Tien An Men, en 77, pas une voiture, quelques camions militaires ou bus ferraillants. Mais arrêtés à chaque feu, sur 20 ou 30 colonnes, des milliers de cyclistes en uniforme Mao, qui s´élancent sans un bruit au coup de sifflet du milicien du carrefour. On n’entend que le chuintement des pneus et les hauts parleurs de la propagande officielle. Sur la route au sud ouest de la capitale, le bus croise un amoncellement , sur des kilomètres, de tuyaux en béton d’un mètre et demi de diamètre, entassés sur 3 ou 4 épaisseurs. Chacun abrite une famille. Ce sont les rescapés d’ un tremblement de terre, dont on ne saura jamais combien de millions de morts il aura causé. Dans l’hotel modeste d’une petite ville où nous avons visité un centre de santé ( les fameux médecins aux pieds nus) quelques uns d’entre nous défient un soir nos guides au ping pong. D’autres en profitent pour faire le mur. Nous nous enfonçons dans les rues sombres, la nuit est là, pour voir autre chose que ce que prévoit le programme. Au bout d’un 1/4 d’heure, nous ne voyons toujours rien, mais nous sentons comme une rumeur. Arrivés sur une place où une ampoule éclaire vaguement un panneau qui maudit la « bande des quatre », nous constatons que notre groupe d’une dizaine est suivi en silence par 200 ou 300 chinois qui bouchent toute la rue. Ils n’ont jamais vu d’occidentaux, et surtout, parmi nous, il y a une blonde. Dans une usine de mécanique qui fabrique du matériel médical, un immense hall abrite en son centre, sur une estrade, un échographe de marque israélienne complètement désossé. Tout autour, une nuée d'ingénieurs, dessinateurs, électriciens s’attache à reproduire à la main chaque élément mécanique, chaque circuit électrique , chaque câblage. Un peu plus loin, une autre équipe copie au mm une cabine d’ascenseur. Il y a même, déjà, sur l’un des panneaux en inox , la reproduction de la plaque «  Roux- Combaluzier », l’industriel français. Le voyage s’achève à la frontière de Hong Kong. Nos guides poussent un ouf de soulagement, ce soir ils enverront leur dernier rapport sur le groupe et sur leur collègue . De l’autre côté de la barrière, le bus qui nous attend étincelle, ses vitres fumées laissent espérer une climatisation, et il y a un distributeur de Coca....

PS qui n’a rien à voir: sur la photo de votre avatar, ravi de constater que le panneau du Taglang La a été repeint. J’ai le même cliché pris il y a 15 ou16 ans.Bonnes virées à vous.
Jacques
SA Sarana Regular ·
Très beau témoignage. On ne mesurait pas vraiment chez nous ce qui se passait là-bas.
sarana
TS Tsukuru Regular ·
Oui beau témoignage. La chine, il y a plus de 43 ans . ces souvenirs de voyage sont précieux. merci de les avoirs partagés. Mais je sens comme un brin de nostalgie. A moins que ce ne soit que la déception de ce que ce pays est devenu?
SA Sarana Regular ·
Vaste débat. Nostalgie contre progrès. Echange vie de maintenant contre vie d'il y a 40 ans. C'est valable pour tous les peuples. Une chose est sûre, c'est que jamais je n'aurais pu vivre dans ce pays à cette époque.
sarana
TS Tsukuru Regular ·
au vu de ce que vous décrivez, moi non plus . Et je suis presque sure que les chinois ne regrettent pas l'époque moyenâgeuse de vos souvenirs. enfin, il me semble 😕 mais oui, vaste débat . la fin justifie t-elle les moyens? Éradiquer la pauvreté d'un milliard de personne était un difficile challenge. vaste débat que je n'aborderai pas.

je reste concentrée sur tous vos merveilleux souvenirs 🙂
SA Sarana Regular ·
CHAPITRE 12 : un train sous haute surveillance

On se rapproche de Hong Kong, un vent léger de libéralisme (ou de liberté) souffle ici qui ne semble pas encore avoir atteint le nord. Plus un sentiment qu'une réalité tangible. Sans doute le comportement des gens vis à vis de nous : moins curieux, moins oppressants. Ici, les étrangers, on commence à s'y faire. Mais l'ambiance populaire est toujours là, bien vivante. Depuis que monsieur Deng a permis la privatisation de lopins de terre, les marchés regorgent de victuailles. A Canton, on trouve de tout, et on bouffe de tout. Les étals affichent des bestioles qu'on ne s'imagine pas vraiment manger, nous, les occidentaux : du chien, bien sûr, du singe, du serpent et autres espèces exotiques... Un peu effrayant.



Canton : la rivière des perles. Photo : Jacqueline et Jean-Pierre

Impressions de Canton Canton, c'est aussi ce peuple de marginaux, simplement vêtus d'une tunique blanche, aux cheveux et à la barbe noirs et longs. On en voit de ci de là, au hasard des rues, ils semblent en errance. Ils me font vraiment penser aux lacandons du Mexique, que nous avions croisés l'année dernière à la frontière avec le Guatemala. Ceux-là sont manifestement exclus du système, passé et à venir. Je pense que c'étaient des tankas, le peuple des bateaux, mais de la plus basse caste qui soit. La mendicité est interdite en Chine, mais ceux-là n'hésitent pas à tendre la main.

Canton, c'est aussi le fameux restaurant aux serpents, que nous n'arriverons jamais à trouver. On nous l'avait pointé sur notre carte, mais la carte était fausse. Le restaurant existait, c'est sûr, mais pas la rue. On aurait peut-être dû insister un peu... C'était d'usage courant, paraît-il, dans les pays socialistes, de fausser les cartes. Pour tromper l'ennemi, à la demande des militaires.

Canton, c'est aussi cette grande esplanade, le soir. Un coin de la place est occupé par une scène. Devant, un alignement de quelques centaines de chaises. On y joue une pièce traditionnelle, en costumes. Le théâtre traditionnel, c'est..., comment dire..., encore pire que les opéras révolutionnaires. C'est une gestuelle sans doute codée, avec de drôles de chants, accompagnés de coups de gong et de cymbales. Il ne s'y passe rien, et le public, clairsemé, s'y ennuie à mourir. Il n'y a guère que les grands parents pour supporter ça. Les autres s'en servent de fond sonore. Au moins, on peut poser son cul sur une chaise.

Alors on en profite pour bavarder, se lever, aller chercher un bol de nouilles, revenir, fumer... On arrive n'importe quand, et on repart n'importe quand. Si on revient, on n'a rien perdu de l'intrigue. Au moins c'est gratuit, mais nous n'aurons, encore moins que les chinois, pas le courage d'y rester longtemps. La fête foraine, juste à côté, attire bien plus de monde.



Canton : le grand marché

Petit tour à la campagne Jusqu'ici, nous étions restés « confinés » dans les grandes villes, et n'avions de la campagne que ce défilé d'images furtives au travers des vitres des bus, du train, depuis le bateau ou le hublot de l'avion (!).

Comme nous sommes en avance sur notre planning de retour, pourquoi ne pas passer une journée à la campagne. Mais où ? Un voyageur à l'hôtel nous conseille Foshan, une petite ville «à taille humaine» qui possède un joli parc. Un bus « rural » nous y conduit. La campagne verdoyante éparpille ses paysans affairés, seuls ou en petits groupes, dans des parcelles de terre qui, manifestement, n'appartiennent pas à la collectivité. La preuve : ils y mettent de l'entrain ! C'est plus motivant de produire et de vendre pour son propre profit, et ça profite à tous. Monsieur Deng veut la peau des communes populaires.

Le parc combine promenade détente et vie rurale. Petits lacs, montagnes, forêt, champs cultivés, buffles... le moment le plus bucolique de notre séjour. Rien n'est faux, subventionné. Ca reste authentique et on y respire l'harmonie. Une grande bouffée d'oxygène après tout ce que nous avons connu. Au retour, dans le bus, j'y ai goûté de près à cette vie rurale. Un paysan, serré contre moi, a passé le voyage à s'endormir, sa cage à poules sur les genoux, et la tête sur mon épaule. Grosse rigolade dans le bus.



Parc de Foshan

Un train sous haute surveillance Billet retour pour Hong Kong. Notre train est à quai. Rien à voir avec les autres. Celui-là est tout neuf, propre, luxueux même comparé à nos trains régionaux ou de banlieue. Des militaires montent la garde le long de l'alignement de wagons. Ce train là, il est entièrement sous contrôle. Des flics tendent une perche munie d'un miroir et inspectent minutieusement le dessous de chaque bogie. On ne sort pas comme ça de la Chine pop.

Notre wagon nous transporte déjà chez nous. Un groupe de retraités américains y est installé, groupe organisé et encadré, bien sûr. Certains sont limite hors d'âge. Le tour opérateur leur a épargné les hôtels miteux, les bus surpeuplés, la bouffe douteuse... bref tout ce que nous avons côtoyé et qui te marque à vie. Eux n'auraient pas survécu. Leur guide, Steve, genre californien bien dans ses baskets, pavane au milieu de tout ça.

Ca aussi, je m'en souviens comme si c'était avant-hier ; cette petite mamie, juste à côté de nous. Du fond de son siège, elle attrape le beau Steve par la manche. Lui se penche vers elle et je l'entends encore lui demander : - Steve, where are we ? Voilà, le bout du monde pour les uns. Pour d'autres...

Shenzhen, la future usine du monde. Le train y fait un arrêt prolongé, c'est le poste frontière. Contrôles et recontrôles. Shenzhen, c'est juste deux ou trois immeubles encore en construction, dans un paysage de friches. La Chine nouvelle pointe le bout de son nez. On est encore bien loin d'imaginer ce que ça va devenir quelques décennies plus tard.

Prochain et dernier épisode : retour à la civilisation
sarana
SA Sarana Regular ·
CHAPITRE 13 : retour à la civilisation

Ami lecteur, tu risques d'être, autant que moi, un peu déçu par ce dernier épisode. Trois semaines auparavant, l'arrivée à Hong Kong depuis l'Europe, c'était le passage dans un autre monde. Mais que dire alors du contraste, cette fois-ci dans l'autre sens. C'est un gouffre qui sépare notre Chine pop de Hong Kong , alors qu'entre la France et Hong Kong, c'est devenu une fissure. A côté de ce que nous avons vu et vécu, on s'y sent comme chez nous. Comment imaginer l'intégration de cette colonie dans 14 années. Ca semble irréel, et pourtant...

Je vous épargnerai donc les visites archiconnues. Les souvenirs de ce court séjour dans feu la colonie britannique sont, pour l'essentiel, banalement touristiques. Nous sommes redevenus des anonymes et notre voyage aussi.



Hong Kong, le pic

L'aventure à Hong Hong, en vrac, ça donne à peu près ça : Une fièvre carabinée en pleine nuit, après avoir avalé un plat indonésien typique et pimenté à mort. Plus aucun signe au petit matin. Une chambre d'hôtel tout en haut d'un immeuble qui part en vrille pour les normes de sécurité. Je me dis que si un incendie se déclare là-dedans, nous en haut, on est cuit. La fièvre du jeu à Macao : dix dollars chacun, perdus en deux minutes. Les jonques d'Aberdeen, sur les traces de James Bond. Un vendeur d'appareils photos. Juste par curiosité, je voulais voir les prix d'un zoom. Je n'avais pas les moyens de me le payer. Je suis parti sans rien acheter, même après que le prix ait dégringolé en chute libre. Si le mec avait été japonais, ils se serait fait hara-kiri. Et puis les immeubles déjà audacieux, la circulation automobile, les cadres encravatés et pressés, l'anonymat...

Adieu la Chine, bonjour le monde moderne.

Mes autres carnets

Orléans - Berlin à vélo Andalousie à vélo Le north-east (USA et Canada) à vélo et autres moyens de transport Scandinavie à vélo Route de la soie
sarana
SA Sarana Regular ·
Annexe Les photos de l'époque de Jacqueline et Jean-Pierre. Peut-être même que nous nous sommes croisés à Pékin ! N'hésitez pas à voir aussi leur album : https://www.flickr.com/photos/143032208@N03/albums

Sans oublier les photos de magnum : https://pro.magnumphotos.com/C.aspx?VP3=SearchResult_VPage&STID=2S5RYD3CXKA

Chine du nord



Photos : Jacqueline et Jean-Pierre
sarana
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Merci Dominique pour cet excellent carnet avec un retour vers le passé haut en couleurs 😛
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
SA Sarana Regular ·
Le centre : Chongqing, le Yangtse, Chendu, le Sichuan.



Photos : Jacqueline et Jean-Pierre
sarana
TS Tsukuru Regular ·
Merci pour le partage de ce monde qui n'existe plus. Ces rendez-vous quotidiens vont me manquer. Vous n'avez rien d'autres cachés au fond de votre mémoire? 😉
SA Sarana Regular ·
Le Sichuan



Photos : Jacqueline et Jean-Pierre
sarana
SA Sarana Regular ·
Merci pour le partage de ce monde qui n'existe plus. Ces rendez-vous quotidiens vont me manquer. Vous n'avez rien d'autres cachés au fond de votre mémoire? 😉

En mémoire récente, mes autres chroniques. Je les ai ajoutées en fin de chapitre 13. Accessibles aussi depuis mon profil
sarana
SA Sarana Regular ·
Le sud : Kunming, le Yunan



Photos : Jacqueline et Jean-Pierre
sarana
TR Triskelion Regular ·
Pour ceux qui seraient devenus orphelins à la suite de l'épilogue Hongkongais, je vous invite à suivre ce carnet de voyage Philippins de 84 et ces "tontons macoutes" du pacifique https://voyageforum.com/discussion/aventures-autre-temps-philippines-en-1984-d10120165/
SA Sarana Regular ·
Le sud



Photos : Jacqueline et Jean-Pierre
sarana
PA Parigino Veteran ·
Ton récit et ces photos d'une Chine qui n'existe plus sont absolument magnifiques. Un grand merci !!
SA Sarana Regular ·
Guizhou

Marché au bois

Photos : Jacqueline et Jean-Pierre
sarana
FA FabGreg Globetrotter ·
Grand merci pour ce récit édifiant.

Tout ce passé n'est pas totalement révolu dans la Chine d'aujourd'hui.

Lors d'un trajet en train, le jeune passager face à moi m'a regardé comme une bête curieuse pendant les 2-3 h de trajet à destination de sa propre ville, à l'écart de circuit touristique. En sortant ensemble à ce terminus, il a fini par articuler avec grande peine et hésitation : it is very rare that western people come there.

De même, stupeur et effarement chez quelques très jeunes enfants de cette ville.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
FA FabGreg Globetrotter ·
Ce qui me surprend avec vos photos, c'est la proportion très élevée de personnes âgées, quel que soit le lieu.

En septembre 2018, nombre des personnes âgées que j'ai croisées étaient des touristes dans leur propre pays.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
RO Rouquine38 Globetrotter ·
Merci Dominique pour ce retour bien agréable: un autre temps, une autre époque...
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
PI Pierroro Globetrotter ·
Et comment vais-je ti-déjeuner - décalage horaire oblige - maintenant?
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.
TH Thevert7 Regular ·
Merci pour ce voyage dans le temps !
SC Schischi Veteran ·
Bonjour Dominique. Ici, Marie, bordelaise comme vous. Hier FB m'a fait part de votre compte-rendu et je m'y suis plongée aussitôt avec bonheur ( et aussi dans celui de la route de la soie). Mon mari et moi partageons en partie vos souvenirs puisque notre 1er voyage en Chine date de 1983. Certes nous y étions 3 semaines avec NFrontières, sympas à cette epoque. Cependant nous avons vite décidé de parcourir le monde par nous mêmes avec transports locaux, sacs à dos, sans rien réserver. Chaque année, souvent plusieurs fois. Nous avons entre autres continué nos decouvertes de la Chine en 95 ( N. Pakistan-kaschgar), 97 (Tibet), 99 ( Pékin, grottes de Datong, Chengde) 2000 ( Ouzbekistan- Pekin, retour en transsibérien) et 2017( Yunnan) Nous esperons bien reprendre assez vite nos pérégrinations malgré les ans qui heureusement ne nous pèsent pas trop! Etant à l'arrêt, je me retourne vers le passé rempli de bons moments que je partage avec vous, voyageur et avec ceux que cela peut intéresser en ajoutant pour rester dans l'ambiance, quelques photos d'époque. En 83, la Chine s'ouvrait juste au tourisme et était très fière de nous faire visiter une usine de roulements à billes. (Dans la cour, grand panneau de photos des ouvriers méritants), une maison de retraite où les petits vieux aimables nous envoyaient un grand coucou, un hôpital qui faisait pourtant frémir un copain médecin et bien sûr une école avec son petit spectacle. Parfaite organisation minutée, spectacles de délicates danses Tang. TRès peu de monde sur les sites. Les gens se laissaient photographier et les cols mao etaient encore de rigueur. Quelques femmes aux petits pieds mais cela disparaissait. La nourriture était vraiment très bonne et nouvelle pour nous et l'architecture nous enchantait. Nous ne connaissions pas encore le "mei yo" dont vous parlez ni les chinois retors qu'on a pu rencontrer par la suite. A suivre!
Schischi

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