Réflexion sur la solidarité "occidentale"

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MO Montagne666 Veteran ·
J'avoue être favorablement surprise! Comme quoi tout est possible.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
RÉ Réperongafri ·
B. Il ne suffit pas de vouloir faire le bien pour bien faire : l’exemple du don de vélo dans un village au Burkina Faso

Illustrons par un exemple concret les effets négatifs que peut avoir un projet qui partait pourtant avec les meilleures intentions du monde.

Problème repéré par une ONG française dans un petit village au Burkina : les enfants du village doivent marcher pendant 1h30 pour aller à l’école.

Solution proposée : l’ONG a décidé d’offrir un vélo à chaque enfant du village pour qu’il puisse aller à l’école plus rapidement. En plus cette solution rentre dans la mode du « développement durable » puisqu’elle est à la fois simple et écologique.

Résultat à court terme : Les enfants ne mettent plus que 30 minutes pour aller à l’école !

Résultat à moyen terme : Les vélos commencent petit à petit à s’abîmer. Les villageois ne disposant pas suffisamment de pièces de rechange ils sont dans l’impossibilité de réparer les vélos.

Le constat pourrait s’arrêter là et il serait très classique dans le monde des projets de développement : « un coup d’épée dans l’eau ». Une ONG a voulu bien faire, mais elle n’a pas été au bout de son projet. Tant pis, ce projet n’aura servi à rien…

Mais le problème c’est qu’il n’a pas servi à rien, il a servi, mais pour faire du « mal ».

Résultat à long terme : Non seulement les villageois se sont retrouvés sans vélo mais en plus ils ont été humiliés. En effet certains des villageois se sont dit après coup : « On doit vraiment être cons, puisque des gens sont venus de loin pour nous aider et que nous n’avons même pas été capables d’entretenir le matériel qu’ils nous ont donné... on est des moins que rien… ».

En effet le fait d’être obligé de recevoir l’aide de quelqu’un est toujours un peu humiliant, mais le fait de ne pas réussir à se servir de cette aide l’est encore plus.

Quand on cherche à creuser plus profond on s’aperçoit donc de la possible perversité « inconsciente » de ce genre de projet.

En effet la prochaine association qui va venir faire un projet dans ce village va se trouver face à des personnes très réticentes, voir ouvertement hostiles, car elles n’auront pas envie de « se faire avoir » une nouvelle fois. Pendant ce temps dans un processus d’inversement de la réalité devenu classique dans les relations Nord-Sud, les membres de l’association risquent de se dire, « mais c’est quand même incroyable, ces gens ne veulent même pas qu’on les aide ! »

Parfois il vaut mieux ne rien faire que de mal faire… C’est pour cela qu’il nous paraît aussi fondamental de prendre un vrai temps de réflexion et de rencontre avant de monter un projet. Par BoriBana
site http://www.repertoireong.org/accueil/index.html Forum http://repertoireong.vraiforum.com/index.php
NI Nicodilo Regular ·
Bonjour à tous et merci

Grâce à ce forum, mes idées sont parties dans tous les sens et c'était le but. Enfin et surtout, je me rend compte que tout n'est pas applicable pour tout le monde, ni tout le temps ni partout. Donc on peut écrire tant qu'on veut, on ne résoudra rien, mais c'est bien de l'avoir fait, ça m'a permis de voir qu'on était pas mal à se poser des questions et que cela va interpeller d'autres personnes.

je vais maintenant diriger mes 'recherches' ou lectures plutôt, vers ceux, je pense qui ont un rôle très important et pas forcément positif. A savoir la banque mondiale, l'OMS, le FMI, l'OMC, L'ONU etc... que de projets me diriez-vous...

J'ai aussi trouver grâce à vous des liens très intéressants : http://boribana.over-blog.com/ http://www.antenna.ch/ que je n'ai pas fini d'étudier

et puis encore des livres qu'on m'a conseillé : La grande désillusion (stiglizt) Un peu de Keynes pour l'économie la réalité derrière le mythe (Sabine Trannin) la pauvreté dans l'abondance (De Velde) ...

et puis je cherche encore des articles et des livres sur la régulation des marchés pour éviter les abus la répartition des richesses (un peu de communisme ma foi) décroissance (pour les pays du Nord)

Donc encore beaucoup de lecture, de travail... tout ça pour essayer de se former une opinion personnelle ma foi mais un peu réfléchie

merci à vous encore et à bientôt pour la suite

Nico
Nico

http://dilomoi.over-blog.com/
NI Nicodilo Regular ·
(un texte écrit par une amie que j'attendais avec impatience et que j'aimerai vous faire partager) Bonne lecture...

Salut Nico, Salut m’sieurs dames, Et tout de suite : attention aux généralités !!!!

Premiere chose, le milieu de l’humanitaire est comme tous les autres : il y a du bon, il y a du mauvais. Mais l’eloignement, l’inconnu, l’exotisme, les catastrophes qui font le contexte de ces metiers ont tres vite pousse les gens qui ne sortaient pas de chez eux a fantasmer l’ensemble de la profession, a eriger en saints ceux qui osaient partir dans des conditions aussi terribles. Aussi parce que l’histoire de l’humanitaire prend ses sources dans l’aide aux blesses des grands conflits. Alors voila, pendant des decennies, les gens des ONG etaient « nos » heros, en fait parfaitement inconnus, on ne savait pas vraiment ce qu’ils vivaient au quotidien, comment ils se comportaient, mais on y transposait a l’exces toutes nos petites culpabilites, tous nos besoins de bonne conscience. Et l’on considerait largement que la volonte d’aider l’autre se suffisait a elle-meme, sans se poser la questions du comment, pourquoi, a quel prix… Puis vinrent les annees 90, et les premiers gros scandales. Tout d’un coup, le petit occidental moyen voyait s’etaler dans les journaux des histoires sordides d’humanitaires pedophiles, de detournement d’argent, etc… et « oh ! vous nous avez trahi ! » Au fil des ans, le debat a grossi -merci les medias, au passage, pour votre denegation du journalisme et de l’information au profit du spectaculaire, du choc, du vendable…- et les gens se sont senti floues : ceux qui par leur seule expatriation leur apportaient fantasmes de solidarite et excuses a toutes leurs petites lachetes quotidiennes n’ont pas tolere qu’ont les prive de ce confort. Et tout comme une personne peut-etre encensee puis jetee a terre en quelques jours par « la masse », l’humanitaire est passe du podium des heros au banc des suspects. De nos jours, les gens pensent « c’est bien, mais… ».

Du cote de celui qui se sont un peu plus penches sur la question, les culpabilites s’enchainent au fil des bien pensants de nos societes. Apres avoir applaudi les ONG lorsqu’on se mortifiait d’un passe colonialiste, voila que l’extension de nos modeles de vie nous donnent le tournis, le vertige, et on commence a se dire qu’on aimerait bien conserver (pour notre plaisir ?...) des petites poches de vie autochtone, de l’authenticite svp, « oh, c’est tellement touchant ces gens qui vivent presque nus et triment toute la journee pour faire pousser leur nourriture …». « Et puis regardez, ilsn’ ont pas l’air malheureux… ». Bon, j’en fais peut-etre un peu trop, mais je voudrais vous faire remarquer que chaque cas et particulier. Et si les villageois avec qui je bosse en ce moment aimeraient rester sur leur montagne pour continuer de chasser et d’honorer leurs esprits, ils reclament aussi fortement de pouvoir s’offrir des telephones portables et d’envoyer leurs enfants a l’ecole… Car le mal est déjà fait en matiere de « reve occidental » inculque a tous, faut pas rever (enfin, si, il faut, mais la-dessus pas d’hypocrisie svp). Apres, toute la complexite est de trouver le juste milieu entre le « developpement » sous ses formes mondialisees et la preservation des identites et des modes de vie propre a chacun. C’est pas evident…

Du coup, pour en revenir a l’humanitaire, on est certes dans une transition du « aider l’autre » a « comment aider l’autre reellement, et apres tout ne serait-ce pas dans certains cas en se privant de l’aventure d’intervenir ? ». Chaque situation est specifique, car humaine. Et pour connaitre un peu ce milieu, je dirais aussi, et avant tout, qu’au-dela des cliches (encenseurs ou critiques) sur les ONG, comment chaque projet se deroule tient a 75% a la personnalite de celui/celle qui mene la barque : le chef de mission. Ainsi, une meme organisation peut-elle mener un programme extraordinaire en un lieu, parce que le chef sur place connait bien la region, l’aime, se pose des questions, ecoutent les autres, est engage, innove, envoit l’administration se faire foutre si besoin, se risque, essaye encore, etc. alors qu’ailleurs, de preference dans une sympathique capitale tropicale, Monsieur le Boss s’attachera plus a la beaute des femmes du pays, a l’expertise de ses boissons l’acoolisees et a ses avantages professionnels a vomir (voiture et chauffeur, maison payee, prime de risque…). Oui, je prends les exemples extremes, ils existent l’un et l’autre.

Quant a « ce que le capitalisme donne, la solidarite le redonne au compte-goutte », apprend-on vraiment quelquechose ? On sait tous comment ca se passe bordel !!! Mais on ne le croit pas, on ne l’integre pas. Et la je vous renvois la balle : oui, quand on fait nos courses dans un supermarche, on favorise cette soi-disant « main invisible » merdique, quand on consomme le petrole du Nigeria, achete le tee-shirt made in China, on dit « amen » au système… Bon, je suis remontee, me suis enchainee cette semaine le documentaire « We feed the World », le film « Home » et le bouquin « La haine de l’Occident » du genial J. Ziegler, forcement… Mais j’ai encore envie de raler, l’humanitaire, il commence a sa porte… pas besoin d’exotisme, d’aventure -et de complexe de superiorite pour croire profondement que « sans nous, ils ne sont sortiront pas ».

Comme cette parole de l’islam que tu cites, Gandhi disait qu’il n’y avait pas de meilleure lecon a donner que, en silence, de montrer l’exemple.

Je crois aussi profondement a cette phrase: « la question n’est pas de savoir ce que l’on aurait fait a leur place, mais de savoir ce que l’on fait a la notre »

D’autres reactions a ton texte, point par point : « donnez une image solidaire a votre societe » ; tout est la : DONNEZ UNE IMAGE bla bla bla. Tu remplaces par ecolo, c’est la meme. Le dictat de la com’, gouvernant la majorite des consciences et du fric. Sans compter ce foutu dictat des chiffres, allie de la com’, qui rend plus interessant aux yeux de beaucoup d’avoir construit 10 batiments scolaires que d’en avoir bati seulement deux mais avec equipement, formation des instits, reflexion sur un programme scolaire qui tiendrait compte de l’histoire et de la culture propres au lieu, et reserve (soux et ressources humaines) pour un suivi sur plusieurs annees… Et ainsi les milliers de morts et les millions de dollars deviennent-ils en eux-memes les objets de nos activites sans plus reagir aux histoires personnelles. Je vote pour une reintegration du qualitatif au premier rang de nos preoccupations, et de celui des ONG !

« asile pour europeens blases », la, t’y vas un peu fort. C’est parfois le cas, mais n’oublie pas que dans l’histoire nous sommes, les occidentaux, les premieres generations a ne pas avoir eu de guerre dans notre pays. Or l’humain a toujours besoin de combats personnels pour se sentir exister, et si ce combat eclate a la gueule de tous, c’est plus simple d’y trouver son role et de le revendiquer. Alors, de la facilite peut-etre ?

« Il est vrai que dans ce monde, parfois, nous devons nous mêler des affaires des autres pays car leurs activités nous concernent directement. Je pense notamment à la gestion de l’eau, de la pêche, de la déforestation… » Oh la la ! Grave de dire ca ! Se meler des affaires des autres ne serait justifiee que si leurs actes peuvent avoir des consequences nefastes sur nos petits conforts ?!!!!! Et par contre, pour faire encore du lourd, toutes ces ignominies a l’encontre des femmes dans quelques pays, ne nous affectant pas directement, devraient beneficier de nos paupieres les plus closes ?!!!! Pas d’accord ! Et c’est pourtant egalement un courant de penser « politiquement correct » et largement mis en avant qui pourrait bientôt priver des milliers de communautes de leurs forets ancestrales, au titre de la « taxe carbone » et compagnie…

Bon, j’arrete la. Guette ta reponse (et au passage, tu deviens quoi ?????).

Prenez soin de vous, m’sieurs dames, et des autres !

A
Nico

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NA Nat7 Veteran ·
Bonjour,

Juste une petite question.... Je viens de chercher le livre que tu cites...la pauvreté dans l'abondance (De Velde) sur amazon... mais c'est de John Maynard Keynes. Tu es sur que c'est le bon titre ? Au fait, un livre que je peux te conseiller egalement..L'empire et les nouveaux barbares de Jean Christophe Ruffin. Bonne soiree Nat
NI Nicodilo Regular ·
Oui Nat, j'me suis gouru je ne risquais pas de trouver cet auteur et je ne sais même pas ou je l'ai déniché De Velde, ct peut-être l'édition et encore pas sûr...

Enfin merci pour J-C Ruffin, je vais essayer de me le procurer d'ailleurs, il doit y avoir plusieurs bons livres de cet auteur ainsi que des récits de voyage

@+ Nico
Nico

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NI Nicodilo Regular ·
Une réponse perso que j'ai reçu et qui profitera à ceux que ça intéresse

Bonjour Nicolas,

J'ai reçu ton texte "réflexion sur les ONG" via mon frère (en copie), qui t'a rencontré au Burkina il ya quelques temps je crois. Je me permet de te répondre par quelques commentaires et idées, personnelles donc forcément biaisées, mais glanées au cours de 5 ans d'études supérieures sur le développement (en France, au Burkina et en Angleterre) et 5 autres passées à parcourir le monde en travaillant pour diverses organisations de développement, notamment des ONG, sur différents continents et dans divers contextes, je devrais prochainement rejoindre le Comité International de la Croix Rouge en tant qu'ingénieur eau/habitat).

Je te répond point par point en bleu dans ton texte ci-dessous, mais voici aussi quelques commentaires généraux:

- les questions que tu poses de légitimité /efficacité de l'aide au développement par des organismes extérieurs (pas uniquement ONG, mais aussi bailleurs de fonds, organismes de coopération bilatérale, organisations internationales/multilatérales) reviennent régulièrement dans les discours même des différents acteurs du développement. Il s'agit de vraies questions, auxquelles il est extrêmement difficile de répondre de manière générale tant les situations et contextes peuvent être localement différents. Néanmoins, certains de ceux qui travaillent dans ce milieux savent pertinemment que le système est à améliorer, et réfléchissent et travaillent en ce sens.

- Les gens qui travaillent dans le développement (= situations stables) et l'humanitaire (= contextes d'urgence) ont l'habitude de passer, en fonction des moments et des personnes, soit pour des héros, soit pour des amateurs, soit pour d'ignobles et/ou malhonnêtes profiteurs. Nous sommes, ou essayons d'être, des professionnels au service de gens, comme les infirmiers, les politiques, les enseignants, etc. Qu'il existe de mauvais exemples ponctuels dans nos métiers est incontestable. Il est néanmoins très schématique de nous assimiler automatiquement à l'une des 3 catégories précédentes.

- les phénomènes de développement (humain, économique, etc), de pauvreté, de politique/géopolitique que tu évoques ci-dessous sont extrêmement complexes. Il est donc très simplificateurs de vouloir les traiter, en même temps, en si peu de mots, si peu objectifs. Si ces problèmes étaient si simples, ils seraient déjà réglés et on n'en parlerait déjà plus, n'est-ce pas ?

Je reste bien sûr à ta disposition si tu veux parler de tout ça

R.

«C'est bien ce que vous faites, il y a tellement à faire partout dans le monde » Faux. Ce n'est pas parce qu'on cuisine que l'on produit forcément un bon repas. "Faire bien" et très différent de "faire", dans le développement comme dans tout métier. On entend cette réflexion régulièrement, dans de nombreuses bouches, mais elle reste une généralité bien-pensante dénuée de sens, une coquille vide. Le développement et l'humanitaire sont des métiers, qui s'apprennent avant de les pratiquer. Malheureusement, ils sont trop souvent pratiqués par des gens qui n'en connaissent pas suffisamment les difficultés et les enjeux (petites ONG amateur, coopération décentralisée, etc).

« Donner faites un don, et déduisez le des impôts » Vrai. Ce dispositif, à l'origine appelé "Loi Coluche" (car suggéré par ledit Coluche, mais de son vrai nom "article 238 bis du Code Général des Impôts", puis renforcé par plusieurs gouvernements successifs, de gauche et droite, http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Coluche et http://www.restosducoeur.org/lire_news.php?id=15, etc) incite financièrement les gens à financer des ONG de leur choix. Il existe néanmoins de nombreuses manières de réduire ses impôts et de gagner de l'argent, par exemple en investissant dans des PME. Peu de gens financent des ONG uniquement pour baisser leurs impôts, même si cela existe. Le vrai débat est la manière dont les gens s'informent et décident de financer telle ou telle organisation. Ne connaissant que peu les milieux sociaux/développement/humanitaire, ils peuvent ne pas en comprendre tous les enjeux/difficultés et financer des actions moins légitimes et efficaces que d'autres en disant exactement la phrase que tu notes ci-dessus.

« Donner une image solidaire à votre société » Vrai mais pas toujours. Le "Développement Durable" (donc le social/solidaire mais aussi l'environnemental) donne une bonne image à une entreprise, mais la plupart des consommateurs n'est pas dupe ! Ce n'est pas l'investissement dans ces domaines qui sont criticables, c'est la manière dont ces investissements sont utilisés. Il existe de très bons exemples de sociétés faisant de la solidarité efficacement (et pas uniquement pour leur image, mais aussi pour faire leur métier, par exemple Nutriset, ou parfois Veolia), comme il existe des projets privés plus discutables (je citerai les projets développement durable de Total au Myanmar, même si certains points peuvent être positifs, les projets de Water Force (Veolia) ou Aquassistance (Suez), très "communication et prestige" dans l'ensemble).

« Grâce à vous, l'enfant parrainé aura la chance d'être sauvé de la misère, d'aller à l'école, de se soigner, d'être protéger, de s'habiller.. » Vrai/faux. De nombreuses ONG ont, il est vrai, cette mauvaise habitude de discours culpabilisant. Les enfants, et les femmes, sont souvent au coeur de ce type de discours, souvent abusifs, cachant sous des mots accrocheurs et simplificateurs des réalités très complexes qui dépassent largement le cadre d'une simple "parrainage". Néanmoins, il existe de bons exemples de tels systèmes, qui peuvent s'apparenter à des bourses d'études, que nous avons aussi dans des pays développés comme le nôtre.

Ce que le capitalisme prend, la solidarité le redonne au compte goutte ! Titre journalistequement excellent mais très simplificateur, comme le texte qui suit. Les aspects sociaux, économiques, politiques, techniques, environnementaux, etc du développement (local comme global) sont des phénomènes très complexes ! Il est très réducteur (= pas totalement, mais partiellement faux) d'associer la pauvreté du Sud au modèle de vie (économique/social) du Nord, ou au "capitalisme". Certains pays du sud, récipients de la solidarité, sont d'ailleurs beaucoup plus "capitalistes" que certains pays du nord donnateurs. Le Brésil serait un bon exemple.

Pourquoi aller aider ou « éduquer » des villages perdus au fin fond d'un pays du sud ? En quoi serions-nous supérieurs au point de devoir les influencer ? Ces villages qui existent depuis des millénaires ne nous ont pas attendu pour survivre bon grés mal grés même si leur vie pourrait être améliorée sans aucun doute (rendement agricole, égalité des sexes, santé?) La sémantique de certaines ONG est effectivement discutable ("éduquer", "oeuvrer", "sauver", etc), mais il ne s'agit presque jamais de gens se pensant supérieurs, bien au contraire. C'est plus souvent un complexe d'infériorité / de culpabilité /de responsabilité qui motive certaines structures de développement (notamment les petites ONG amateurs, etc), ou certaines personnes. Ces sentiments sont très discutables, la responsabilité du mauvais développement de certaines pays a des causes historiques, économiques, etc mais surtout politiques (globales, mais aussi et largement locales). On pourra toujours blâmer les ONG, la Banque Mondiale et le FMI, etc mais ne pourra pas dire que Blaise Compaoré soit un président très efficace par exemple. J'ajouterais que si Blaise Compaoré était plus efficace et plus charismatique, il aurait plus d'emprise sur ces divers acteurs du développement, effectivement souvent peu exemplaires dans son pays.

Notre exemple occidental fondu d'individualisme, n'étant pas parfait et de loin, ne nous permet pas d'aller donner des leçons, et par le biais d'ONG, d'aller mettre des pansements sur des plaies que nous, notre mode de vie, et nos dirigeants, avons fait et continuons de faire. Notre exemple occidental n'est pas fondu d'individualisme. En Europe particulièrement, les Etats et l'UE ont développé des systèmes très complexes et très lourds de solidarités (impôts, sécurité sociale et retraites, solidarités entre régions/pays pauvres et régions/pays plus riches dans l'UE). Tu évoques les ONG mais elles ne sont pas les seules à travailler dans le développement (cf bailleurs, coopérations et organismes internationaux cités plus hauts), et ne sont jamais les principaux décideurs. Les politiques (du sud et du nord) sont les principaux décisionnaires, suivis des bailleurs de fonds (bilatéraux/multilatéraux).

Comme le dit le prophète de l'Islam, vous ne convertirez pas par la parole mais naturellement par l'exemple louable d'une vie sainte. Est-ce que notre exemple est à ce point convaincant ? Il ne s'agit pas de "convertir", le développement ne devrait pas être une idéologie, mais de "permettre" aux gens de faire des choix et d'améliorer leurs conditions de vie. D'autre part, le débat, très actuel, de l'interprétation de textes vieux de plusieurs siècles évoquant des situations très différentes, dans le temps et l'espaces, de nos sociétés d'aujourd'hui, elles-même très différentes les unes des autres, font que cet argument ne me semble pas judicieux, dans ce contexte du moins.

Quand est-il , au niveau sociologique, de tous ces petits jeunes et moins jeunes occidentaux, dont les problèmes personnels, sociaux, familiaux ne sont pas résolus et qui s'investissent dans la solidarité international : asile pour européens blasés. Parfois vrai mais très schématique ! La plupart des gens qui s'expatrient ne le font pas pour fuir des problèmes, mais pour participer à des projets (privés et/ou publics), découvrir d'autres horizons géographiques et culturels, mettre en oeuvre une certaine vision de la solidarité. Les grosses ONG, par rapports aux années 70/80, deviennent de plus en plus professionnelles (je ne parle pas des petites structures animées par un quartier ou un groupe d'amis en France). Et toi, pourquoi t'es-tu expatrié ?

De plus, en permettant à chacun de monter sa propre association, d'aller et venir pour traiter tous les maux avec de l'argent, des idées et du matériel, ne peut-on pas craindre une expansion encore plus rapide de la mondialisation et une occidentalisation encore plus importante alors que c'est cela même qui pousse, pour une partie, les gens à s'expatrier ? Les gens migrent autant parce qu'ils sont attiré par une meilleure/autre vie que parce que la leur est misérable. Je suis d'accord pour dire qu'il ne devrait pas être permis à chacun de monter son association de développement (le développement/l'humanitaire sont des métiers, nécessitant des compétences particulières), bien que l'interdire pourrait ne pas être démocratique (alors disons "encadrer"). Dire que cela accélère la mondialisation est une thèse discutable mais intéressante (http://www.observatoire-humanitaire.org/etudes/textes_1.htm). La mondialisation n'a pas attendu les ONG pour commencer, cf la route de la Soie.

Ne vit-on pas mieux dans un village paumé, aux cultures maraîchères seines, à l'élevage limité, dans une société familiale, solidaire que dans nos pays même si ce village ne possède pas la télé, le téléphone, l'électricité? Je dirai même si ce village à un taux de mortalité infantile élevé et si la maladie, les inondations provoquent de grands malheurs. Comme le dit le dicton congolais, "il est facile de cracher dans la soupe après l'avoir mangée". Tu as profité d'un début de vie avec de la sécurité, des soins, une éducation, de l'argent (un minimum), du confort... as-tu déjà passé plusieurs années d'affilée dans un de ces villages que tu décris ? T'es-tu imaginé que certaines des "cultures saines" et "l'élevage limité" ne subissent aucun contrôle sanitaire (vétérinaires pour le bétail malade qu'ils mangent parfois, d'élevage extensif mais souvent aussi intensifs (poulets), résidus pesticides pour les cultures qu'ils produisent parfois en réutilisant des intrants destinés à d'autres cultures comme le coton, cf Burkina ou Mali ?). Ce discours me semble être celui d'un occidental louant le "mythe du bon sauvage", malheureusement très éloigné des réalités du monde rural, en Afrique et ailleurs !

Il est vrai que dans ce monde, parfois, nous devons nous mêler des affaires des autres pays car leurs activités nous concernent directement. Je pense notamment à la gestion de l'eau, de la pêche, de la déforestation? La gestion de l'eau (c'est ma spécialité) est souvent, sauf cas exceptionnel, assez locale et n'oblige personne à se mêler des affaires des autres (on transporte le pétrole sur des milliers de km, pas l'eau, elle se consomme proche de son lieu d'exploitation car sinon trop cher). La déforestation est une autre chose, elle a des conséquences collectives, mais celle du Sahel reste très marginale à l'échelle planétaire (comparée à celle d'Indonésie, Gabon, RDC, Brésil, etc et leurs conséquences globales).

Mais pourtant, avant d'aller dans les villages leur expliquer qu'il faut arrêter de couper le bois, même si c?est pour se préparer à manger, nous ferions mieux de lutter dans nos propres pays qui polluent le plus et changer nos modes de vie à nous qui les tuons bien plus sûrement. D'accord avec la première partie, il est discutable de prétendre changer un mode de vie (en tous cas sans proposer d'alternative acceptable par les gens concernés), mais le fait que nos modes de vie tuent ces gens est très, très schématique. Tu es toi aussi frappé par une sentiment de culpabilité / responsabilité très occidentalo-centré !

Je comprends aussi qu'on ne peut rester insensible devant le spectacle de pauvreté dans certain pays du sud et que ça démange de leur apporter des médicaments, de la nourriture, des habits, mais est-ce une solution à long terme. N'est-il pas à leur gouvernement d'améliorer le sort de leurs individus et encore une fois à nous de changer notre mode de vie qui les exploite indirectement. Ceci dénote une méconnaissance profonde du milieu du développement et de l'humanitaire. Les organismes de développement (ONG, bailleurs, etc) donnent relativement peu de médicaments, nourriture, etc, sauf en cas d'urgence, cas que tu évoques ci-dessous et que je traiterai séparément. Au contraire, les plus gros acteurs (Union Européenne, Nations Unies, ONG type Oxfam/Care/ACF, etc) essaient de travailler, en coopération avec les gouvernements, municipalités et autres décisionnaires politiques (à l'échelle nationale/régionale/locale), sur des projets "durables" (donc long terme). La pluplart des fonds de développement sont dépensés sous forme d'infrastructures (eau potable/assainissement, routes, bâtiments publics, etc) et de formation (formation directe de professionnels/fonctionnaires, réformes des institutions, etc). Même si les systèmes de développement sont loin d'être parfaits et très largement critiquables, il faut avant de les critiquer essayer de comprendre leur (dys)fonctionnements réels !

Je comprends aussi qu'en temps de guerre, dans les camps de réfugiés, les génocides, ou aussi lors de catastrophes naturelles, la solidarité internationale s'ébroue et c'est sans doute à ce moment que les ONG sont nécessaires. Mais leurs actions devraient se limiter à cela, ponctuellement et avec une organisation globale qui éviterai les détournements de fond, prises de positions politique, acheminement d'armes et autres vols d'enfants ! Les budgets et enjeux politiques sont décuplés en temps de conflit armé ou catastrophes naturelles (la réponse d'urgence est mon activité principale). Ce sont certes des problèmes graves mais qui restent ponctuels: les principaux problèmes de pauvreté (pas uniquement monétaire mais aussi éducation, santé, etc) sont chroniques et viennent de (manque de) décisions politiques.

Finalement, la grande partie de nos aides aux ONG ne sert qu'à asservir les populations qui restent la plus part du temps esclaves de nos dons. Comme le disait Thomas Sankara (président du Burkina Faso dans les années 80) : « Notre pays produit suffisamment pour nous nourrir tous, malheureusement, par manque d'organisation, nous sommes obligés de tendre la main pour demander des aides alimentaires. Ces aides alimentaires qui nous bloquent, qui installent dans nos esprits cette habitude, ce reflex de mendiant, d'assisté? » Sankara avait 1000 fois raison, "par manque d'organisation". C'est dire combien le développement est une affaire politique. Dans de nombreux pays du sud, les dirigeants ne prennent pas de décisions fortes pour diffuser/distribuer éducation, soin, progrès techniques, sociaux, économiques. Les organismes de développement se substituent parfois aux gouvernements, cela peut être nécessaire (urgence, guerre, etc) mais est toujours dommage. Mais ce n'est surtout que rarement le cas ! Les bailleurs, ONG, etc ne sont idéalement là que pour accompagner et soutenir les politiques des dirigeants du sud. Encore faut-il que ces derniers prennnent des décisions allant vers le développement de leur propre pays. C'est encore trop peu souvent le cas, et en cela je suis en total désaccord avec "nous sommes obligés": non, le Burkina et les autres pays en développement ne sont pas obligés de tendre la main. Ils peuvent aussi prendre leurs propres décisions pour palier au "manque d'organisation".

Dilo
Nico

http://dilomoi.over-blog.com/
YO YoMolin Regular ·
Avant de commencer, je précise qu’ici je ne parle pas de l’humanitaire lié à un contexte d’urgence qui est une tout autre problématique. Mais je parle de l’éducation aux développements ou de l’aide aux développements réalisés par des ONGs riches avec beaucoup d’expérience, comme des petites associations aux revenus plus modestes mais aux ambitions tout aussi respectables !

Je restais optimiste sur l’humanitaire, jusqu'à hier où je me suis posé les questions suivantes : Peut-on continuer à faire de l’aide aux développements sur les mêmes basses que nos parents ? Peut-on rêver de changer notre système et imposer ce même système par facilité dans les pays en vois de développements ?

Comment faire « le grand écart » entre un système que l’on souhaite réformé en Europe et ce même système que l’on souhaite imposer dans les autres pays du monde ? Et si vouloir imposer notre système basé seulement sur l’augmentation des profits à tout les pays du monde, reviennent à rêver d’un système où les richesses de la terre serait infinie… Continuer d’envoyer des européens, via des ONG dans des pays pour faire de l’aide aux développements me semble une fuite en avant devant la réalité des pays sur-industrialisé. En effet tout le monde sais que nos pays accroissent leurs richesses à la condition d’avoir des pays exploités, où les conditions sociale et écologique sont loin des normes Européennes…. Tout le monde sait, pour qu’il y ait des riches de plus en plus riches, il faut des pauvres de plus en plus pauvres. ET SURTOUT que ces pauvres pensent être un peux plus riche. En effet, plus les pauvres se sent riche plus ils rêvent d’être riche, plus ils consomment pour être riche, plus ils endettent pour faire comme les riches !!! Et plus les riches s’en mettent plein les poches, plus les riches deviennent riches !

Pour faire se constat prenez un pays au hasard, regarder l’impact des produits Européens et Américains… (Coca-Cola, Orange, Marlboro…) Et posez-vous la question : Mais avant comment faisait-il pour vivre, pour être heureux, pour faire des enfants, pour faire à manger, pour connaître l’Amitié ? D’ailleurs ils ne peuvent pas avoir Facebook, ben oui en brousse comment font-il pour avoir des amis, pour ce connecter à Facebook ? Merde seule 23% de la population africaine à accès au réseau électrique, selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Et dans les zones urbaines seules 8% d’habitant sont reliés aux réseaux électriques. Mais c’est impossible !!!!!!! Comment font-ils ? Mais sont-ils vraiment moins heureux que nous Européen ?

Et là bas comme en Europe, n’y a t-il pas de jeunesse Utopiste ? Vive t-il tous dans le rêve d’une surproduction ? Sont-il prêt à faire se que nous Européen ont fait pour ce développer ? C'est-à-dire prendre une population minoritaire, soumise, pour la transformé en esclave ? Ou pire, n’êtes vous pas déjà des esclaves de notre société de consommation ? Ou plus poliment de vos gouvernements, qui se remplissent les poches de pétrodollars ou des fonds de la commission européen sur votre dos ! Quand vous rêvez « Europe », la réalité est que vous êtes la roue de secours de notre économie, de notre système. Le jour où il n’y aura plus de débouché en Europe, en Asie, lors on délocalisera en Afrique pour y faire revenir un peux de liquidité afin de relancer notre économie.

Que dire du nouvel engouement de notre population sur l’aide aux développements ? Et si nos effort, notre courage déployé dans ces pays n’était pas tout simplement une fuite en avant de notre société. Une incapacité de la critiquer, voir une incapacité à écouter une critique de notre société. Tout simplement un besoin de la reproduire pour ce convaincre qu’elle fonctionne bien !

Comment trouver son bonheur dans des pays où la bourse est absente ? Ben oui, chaque matin sur France Inter, je sais si mon Papa, mon patron, ma copine vont être heureux ; ou pas ! Merci la bource !!!

Comment accepter une société sans tous ces baromètres, sans tous ces chiffres ? Et d’ailleurs tous ces chiffres font-il le bonheur ? Notre société est-elle plus optimiste ? Est-elle plus amoureuse ? Est-elle plus heureuse ?

Bizarre la réponse est plus dure à trouver que les chiffres du PIB !!! Comment être sûr que les bases de notre société ont été fondé sur du granite pour notre peuple et pas sur des sables mouvant pour une minorité bourgeoise. Sans cette certitude, comment exporter notre système dans des pays déjà instable économiquement ou politiquement ?

Pour revenir sur le terrain de l’Humanitaire, comment faire prendre conscience qu’avec toute la bonne volonté que l’on peut avoir, toute la générosité accumulé pendant nos 20 première année (voir plus pour certain ;-] ), qu’une action aussi banale que d’envoyer des livres en Afrique ou d’amener un groupe électrogène dans nos bagages peux être une forme de dépendance occidentale, voir de colonialisme moderne. (Même si l’on se déculpabilise en se disant que c’est pour un pauvre petit petit dispensaire au fin fond de la brousse…)

Je m’explique, avant votre arrivé en brousse, est ce que la vie était anéantie ? Tout simplement avez-vous imaginez qu’il y ait une vie avant votre arrivé ? Et pourtant OUI ! Maintenant vous êtes venue, vous avez vaincue la misère glorieusement et vous êtes reparti la conscience tranquille…

Mais que c’est-il passé entre temps ? Vous avez amené un groupe électrogène, il est maintenant inscrit dans les mœurs. Il fait maintenant parti des frais de fonctionnement, au même titre que l’eau potable, les médicaments, la nourriture, les salaires du personnels… Malheureusement les frais de fonctionnement augmentent toujours, la nourriture est quasiment toujours importée d’Europe, et que les seuls indices qui peuvent varier c’est le salaire des employés ou le prix des hospitalisations.

Malheureusement le prix du pétrole augmente continuellement, malheureusement le groupe électrogène demande de la maintenance, malheureusement il va falloir le changer, malheureusement les infirmières ne supporte pas l’idée de revenir au temps de la bougie… Malheureusement beaucoup de conflits naissent autour de cette nouvelle technologie. Tout le monde est devenue indépendant, ce n’est plus possible, il faut s’endetter pour racheter un groupe électrogène !

Tient tien et si on mettait le problème dans l’autre sens… si ça serai à nous de réapprendre à ne plus être dépendant de cette technologie !!! Et si ça serait à notre société à réapprendre à moins consommer !!! Une question conne serait-on faire un accouchement de nuit sans électricité ? Est-ce encore appris aux étudiants infirmier ?

En guise de conclusion, il me reste une question : Comment faire la part des choses entre sous développement, absence de technologie et bien être des populations…

Y-a-t-il du bonheur et du bonheur artificiel ?

Pensée de Yoann !
roge - http://www.roge.be
NI Nicodilo Regular ·
Bonjour Yoann

J'ai enfin pu lire ton texte et je vais essayer de te répondre. Tes idées sont en plein dans le sujet et c'est bien exprimé on a déjà répondu à quelques questions sur les autres post ça va me permettre de résumer un peu.

"Peut-on rêver de changer notre système et imposer ce même système par facilité dans les pays en vois de développements ?... Comment faire « le grand écart » entre un système que l’on souhaite réformer en Europe et ce même système que l’on souhaite imposer dans les autres pays du monde ? Et si vouloir imposer notre système basé seulement sur l’augmentation des profits à tout les pays du monde, reviennent à rêver d’un système où les richesses de la terre serait infinie… "

Effectivement, c'est la question que je me posais aussi. Notre système loin d'être parfait ne doit pas être imposé aux autres. Seulement, pour le moment, on a que ça et il n'y pas que du négatif. Tu prenais l'exemple d'un accouchement à " l'ancienne" et c'est bien cela qui fera un taux de mortalité infantile important. (une chance sur deux que cela se passe bien pour la maman et pour l'enfant, je ne sais pas ?) On ne peut pas nier les aspects positifs de notre technologie et de notre développement.

Apparemment, le gros des acteurs du développement œuvre surtout à la création de structures, pour la santé, pour l'éducation, pour l'eau... choses qu'on ne peut nier être positives. (pour l'électricité aussi...) De plus, d'après certains, et je le pense aussi maintenant, la plupart d'entre ces acteurs sont conscients de leur impact, réfléchissent à leur légitimité, à leur éfficacité, "ils savent pertinemment que le système est à améliorer, et réfléchissent et travaillent en ce sens."

De plus, comme la souligné quelqu'un dans un autre post : "Après avoir applaudi les ONG lorsqu’on se mortifiait d’un passé colonialiste, voila que l’extension de nos modèles de vie nous donne le tournis, le vertige, et on commence à se dire qu’on aimerait bien conserver (pour notre plaisir ?...) des petites poches de vie autochtone, de l’authenticité svp, « oh, c’est tellement touchant ces gens qui vivent presque nus et triment toute la journée pour faire pousser leur nourriture …». « Et puis regardez, ils n’ ont pas l’air malheureux… ». Bon, j’en fais peut-être un peu trop, mais je voudrais vous faire remarquer que chaque cas est particulier. Et si les villageois avec qui je bosse en ce moment aimeraient rester sur leur montagne pour continuer de chasser et d’honorer leurs esprits, ils réclament aussi fortement de pouvoir s’offrir des téléphones portables et d’envoyer leurs enfants a l’école… Car le mal est déjà fait en matière de « rêve occidental » inculqué a tous, faut pas rêver (enfin, si, il faut, mais la-dessus pas d’hypocrisie svp).

Elle résume par ces mots que je trouve très juste : "Après, toute la complexité est de trouver le juste milieu entre le « développement » sous ses formes mondialisées et la préservation des identités et des modes de vie propre a chacun. C’est pas évident… "

Je suis pour ma part, entrain de lire ces livres qui parlent de tout ça et je m'aperçois que je n'étais pas le seul à me poser ces questions et surtout pas le premier.

Je crois maintenant que ce n'est pas les ONG qui font beaucoup de mal surtout si on compare à tout le bien qu'elles font dans l'ensemble et même si on peut parler de culpabilité des occidentaux ou de mauvais exemples... Plusieurs personnes ont dit que ct trop tard, on ne pouvait pas laisser des gens dans leur merde aussi profondément sinon ils vont crever et cela n'est pas forcément que la faute de nos pays du Nord et de notre richesse mais aussi et surtout de la mauvaise gestion politique et économique de leur gouvernement.

Surtout, ce monde dans le quel on vit, le capitalisme, la concurence, les laisser pour compte... Tout cela dépend en partie d'une certaine idéologie, celle du libéralisme total, de la liberté des marchés au dépend des populations et de la nature sans aucune régulation, ni des états, ni d'institution et encore moins des états corrompus ou non démocratique comme encore beaucoup. C'est la politique du FMI, de la banque mondiale, mais aussi de nos gouvernements, et c'est imposée aux pays en échange de fonds qui leur sont nécessaires.

Je pense que cette idéologie de marché libre, régulée naturellement par elle même, "s'est cassée une patte" dans la dernière crise et si elle n'est pas prête de s'effondrer, elle est aujourd'hui pas mal remise en question. "le marché n'est pas libre si on empêche la concurence, elle n'est pas libre dans un pays archi corrompu, on s'aperçoit nettement que les profit sont de moins en moins distribués et profitables aux populations. Bref, je pense qu'au sein même des institutions internationales telle que l'ONU et la banque mondiale, l'on sait tout ça et que ça finira par changer.

On en revient à notre situation à tous, aux problèmes d'envirronement, à la surconsomation... etc, etc, il faut que ça change, ça changera et cela juste par ce qu'on est beaucoup à le vouloir. Il n'y a pas si longtemps, on ne parlait même pas de l'environnement, maintenant c'est dans toutes les bouches !!!

bla bla bla, faut que j'arrête, j'écris comme je pense, ça ne doit pas être brillant. je retourne à mes livres !!

A si, une dernière chose, tu connais cette phrase : « Ils croupissaient dans l’illusion de bonheur qu’ils tiraient des biens possédés alors que le bonheur n’est que chaleur des actes et contentement de la création ». (Saint Exupéry)

Nico
Nico

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BI Bird42 Regular ·
slt man, t'es pas bouddhiste?..
HASTA LA VICTORIA SIEMPRE
AD Adrardar Regular ·
Pourquoi aller aider ou « éduquer » des villages perdus au fin fond d’un pays du sud ? En quoi serions-nous supérieur au point de devoir les influencer ?

C'est qui, nous?
Ut melius quicquid erit pati [...]. Dum loquimur, fugerit inuida aetas: carpe diem, quam minimum credula postero. Horace.
MY Myloose88 Regular ·
Je suis pour ma part, entrain de lire ces livres qui parlent de tout ça et je m'aperçois que je n'étais pas le seul à me poser ces questions et surtout pas le premier.

Salut, Je cherche moi aussi des réponses à pas mal de questions sur ce sujet, j'ai ainsi ouvert une discussion dans la session bénévolat, demandant de partager des titres de bouquins intéressants sur le sujet. Malheureusement j'ai pas eu beaucoup de réponses... Donc si tu avais quelques titres à me faire partager, je suis preneur...[:P]
NI Nicodilo Regular ·
Bonjour Emilian

A partir du sujet de départ, de nombreux livres parlent de choses différentes qu'est-ce qui t'intéresse plus particulièrement ? L'économie, Le développement, l'urgentisme... ?
Nico

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NI Nicodilo Regular ·
Pourquoi Bouddhiste ?
Nico

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MY Myloose88 Regular ·
Salut Nico, merci pour cette réponse rapide, en effet il existe de nombreux sujets et je suis intéressé par les différents thèmes que tu as cité, pour avoir ainsi une vision et une réflexion plus globale sur l'humanitaire et le développement. Merci d'avance
NI Nicodilo Regular ·
L'empire et les nouveaux barbares (JC Rufin) Humanitaire, le cœur de la guerre (Christiane Vollaire) A l'ombre des guerres justes (collectif) Aider, sauver, pourquoi, comment ? Rony Brauman Humanitaire, s'adapter ou renoncer. Pierre Micheletti Penser dans l'urgence. Brauman La pauvreté dans l'abondance (Keynes) La haine de l'occident (J Ziegler) La grande désillusion (stiglitz)

Pour le moment, je n'ai lu que La grande désillusion de Stiglitz qui est une critique du FMI (critique d'un point de vue économique de la gestion des crises de cette institution et de sa vision du développement : fanatique du marché et de la libéralisation) je vais passer à La haine de l'occident.

Si tu en lis d'autres, je veux bien les titres et quelques explications.

Il y a aussi, peut-être en premier lieu, des recherches à faire sur certains sites (à voir sur les pages précédentes)

Bonne lecture
Nico

http://dilomoi.over-blog.com/
MY Myloose88 Regular ·
Cool ! merci[:)] J'ai lu "Penser dans l'urgence" de Brauman et il est vraiment très intéressant. J'ai également commencé La haine de l'occident. Il y a également des livres-témoignages : - voyage au bout de l'humanitaire, de Marc Vachon - il faut sauver la planète, collectif

Sur l'Afrique : - La Françafrique, de François-Xavier Verschave ainsi que L'envers de la dette, du même auteur. - L'Afrique au secours de l'occident, de Anne Cecile Robert

En vrac: - J'accuse l'économie triomphante, d'Albert Jacquard. - L'arme alimentaire, sophie Bessis (dur à trouver!) - Recherche volontaires pour changer le monde, Laurent de Cherisey (écrivain de la série Passeurs d'espoirs) - Les nouveaux maitres du monde, L'empire de la honte, de Jean Ziegler - Geopolitique du chaos, Ignacio Ramonet - Stop, de De Bartillat et Retallack (plus sur l'écologie) - Histoire de l'humanitaire de Philippe ryfman - l'aventure humanitaire de jean christophe rufin - l'humanitaire, tragedie de la démocratie de denis maillard

Voila quelques ouvrages qui traitent de sujets différents et variés. Dis moi si tu en as d'autres et si tu en deja lu, j'aimerais connaitre ton avis![;)] Amicalement
NI Nicodilo Regular ·
J'avais lu il y a quelques années La géopolitique du chaos de Ramonet

Quelques notes en vrac :

"les principaux responsables de la planète (chef d'état, banquiers, financiers, patrons de multinationales) se réunissent tous les ans à Davos pour faire le point sur les avancées de l'économie de marché, du libre échange et de la déréglementation. Ils confirment ensemble qu'ils faut combattre l'inflation, réduire les déficits budgétaires, poursuivre une poltique monaitaire restrictives, encourager la flexibilité du travail, démenteler l'état providence et stimuler sans relache le libre échange..." "Ils veulent l'ouverture croissante des pays au commerce mondial, les efforts des gvt (en echange de financement) pour réduire les déficits, les dépenses et les impots, applaudissent aux privatisations..." "Ainsi une entreprise francaise peut emprunter en Suisse, installer son centre de recherche en Allemagne, acheter ses machines en Corée du Sud, baser ses usines en Chine, élaborer sa campagne de marketing en Italie, vendre aux E-U et avoir des sociétés à capitaux mixtes en Pologne, au Mexique..."

D'ailleurs, je me rends compte que ce livre s'allie à celui de Stiglitz (la grande désillusion) sauf que Ramonet est journaliste il me semble au monde diplo alors que Stiglitz a fait parti du gvt américain sous Clinton et surtout de la banque mondiale et critique donc en Interne.
Nico

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