A ma décharge : je ne suis pas une passionnée de la route 66, des vieux néons et des motels d'un autre âge. J'en ai entendu parlé, évidemment, mais je ne me suis jamais penché sérieusement sur le sujet. Bon, on y va ...
Nous quittons Joshua Tree np qui restera un de nos coup de cœur du voyage, repassons par Twentynine palms où je déconseille à mon homme de s'arrêter pour faire le plein 😇. J'ai en effet repéré sur ma carte une petite ville juste avant d'entrer dans le Mojave National Preserve : Amboy. J'entends déjà ceux qui connaissent ricaner. Amboy, une ville ! On n'est pas des fans de la route 66, on ne pouvait donc pas savoir, bon, je ne pouvais pas savoir ...
On roule déjà depuis un bon moment, impressionnés par le vide structural de l'environnement. un terrain plat à perte de vue, d'un beige poussiéreux, la route droite à l'infinie, le mercure qui grimpe sans arrêt. De temps en temps une masure abandonnée, pas une âme qui vive, pas un chien, la plupart des voitures semblent avoir choisi un autre parcours. Il faut dire que le Mojave National Preserve est pris en enclave entre deux autoroutes : l'I15 et l'I40 qui le grignote comme une gigantesque gueule d'asphalte. Le seul lien qui nous relie à la civilisation hormis cette route semble être le long câble électrique qui court de poteau en poteau telle une corde jetée à la mer pour ramener un nageur en détresse. A chaque fois c'est la même réflexion teintée d'une légère angoisse qui me vient à l'esprit : il ne faudrait pas tomber en panne ici ! Un coup d'œil à mon portable, bien sûr il n'y a pas de réseau.
Nous roulons donc depuis un moment lorsque Amboy se présente à nos yeux. On voit loin, très loin dans ce type d'environnement. Un trait qui démarre et ne semble jamais finir, une tache plus sombre. Le temps et les miles défilent, le trait se révèle discontinu, la tache grandit un peu. Encore des minutes, de la poussière qui s'élève derrière nous et le trait devient train, trois locomotives et un nombre incalculable de wagons, la tache se révèle être un bâtiment, LE bâtiment.
C'est ça ta ville ?! Exclamation mi-incrédule, mi-ironique de mon cher et tendre qui suit avec confiance, depuis le début, mes indications comme ceux d'un guide touristique infaillible.

Ces photos ne sont pas de moi. On n'a même pas eu la présence d'esprit d'en prendre une. Je me suis donc permis d'illustrer ce post en utilisant ce site qui reflète parfaitement ce que nous avons vu.
Amboy, c'était une ville en 1858, avec une école, une église, un cimetière, un café, bref, tout ce qu'il faut. Maintenant sur le net elle est qualifiée de zone, de ghost town en devenir. Une ville moribonde qui agonise, quatre habitants fin 2014 mais tout cela, je ne l'ai lu qu'après, à notre retour !
Nous pénétrons dans "la ville" comme on traverse un cercle de pierre magique pour se retrouver en d'autres temps et d'autres lieux, médusés. Un seul bâtiment parait animé de vie avec une pompe à essence antique à l'avant. Ici, le mètre-cube d'air brulant semble peser des tonnes sur nos épaules. Le silence est assourdissant.
Un coup d'œil au panneau, le gallon d'essence vaut plus de trois fois celui de Twentynine Palms. 😠 "On ne va pas faire le plein ici" rugit l'homme révolté. Bien sûr qu'on va prendre de l'essence ! Je pense au désert de Mojave à traverser, à la longue route déserte, à la journée qui avance dangereusement vers la nuit. Une femme sans âge, sans époque, sans expression, sort du bâtiment et décroche le piston avant de demander How much ? Je me souviens qu'elle avait des cheveux rouges tirant sur le violet et qu'elle portait une paire de baskets blanches toute neuves. J'essaye une remarque sur le temps et la chaleur. Elle me répond sans finir sa phrase, les yeux perdus dans le vague. Les lieux déteignent-ils sur les gens, ou les gens finissent-ils par se fondre dans leur environnement ? Nous partons, longeant quelques maisons en ruines, sidérés par cet ... endroit où le temps semble s'être arrêté, une faille temporelle peut-être ... Dans l'énorme réservoir de la Hyundai, 20$ de regular, l'aiguille sur le tableau de bord a à peine bougé.😕



Pas facile ! Le rythme est soutenu, nous n'avons pas beaucoup de temps si nous voulons rattraper l'autoroute avant la nuit. Très vite, je réalise que je n'atteindrai pas le sommet de la plus haute dune avant l'heure butoir que j'ai fixé mais faut-il vraiment systématiquement grimper sur tous les sommets ? Je ne suis pas une compétitrice dans l'âme et puis cette dune, la plus haute, n'est pas très jolie. Toute sa face sud, celle que nous voyons, est maculée de traces de pas, cassée par des marques de glissades. Cela m'évoque les pistes de ski quand la neige commence à disparaitre. J'abandonne mon premier objectif pour me tourner vers la dune voisine, plus modeste, elle offre au soleil rasant une ligne épurée et élégante et puis il y a les montagnes derrière nous, les touffes d'herbes folles à nos pieds et entre, ces vaguelettes de sable clair qui courent sous les rayons du soleil.
Je n'ai pas réussi à aller assez loin à mon goût, 1h30, ce n'est pas suffisant pour découvrir ces dunes et la marche dans le sable est épuisante. Je n'ai pas réussi, non plus, à faire chanter les dunes qui en ont pourtant la réputation mais je n'ai pas regretté cet arrêt, même incomplet, même un peu frustrant. Nous y étions certes trop tard mais nous y étions à la bonne heure, quand la lumière vient se mêler à la terre et danse avec elle en une lente chorégraphie qui ne peut laisser indifférent.
On vide les chaussures des quelques kilos de sable amassé, on saute dans la voiture et direction Kelso. C'était la gare, c'est maintenant un Visitor Center, fermé à cette heure évidemment. Sous les derniers rayons du soleil couchant, la façade de ce grand bâtiment blanc flamboie. La voie ferrée, juste à côté, parle de promesses d'aller sans retour.












une évocation du cri de Munch dans celle de droite ou c'est juste moi qui hallucine ? 😊





Jenny's Canyon est juste à côté avec ses hautes parois plus sombres et ses marches taillées dans le roc. On s'enfonce dans la faille obscure qui fend la roche, on grimpe jusqu'au point de vue. On est seuls au monde et une quiétude toute particulière se dégage de cet endroit, comme s'il était préservé du temps qui passe, comme si les éléments perturbateurs s'arrêtaient à sa porte.


Allez, on enchaîne, le ciel se charge de plus en plus, les cumulonimbus gonflent et s'enroulent dans un voile de ténèbres. Lava Flow maintenant. Une marche d'approche un peu longue et moins intéressante mais comme toujours, une arrivée en apothéose sur le point de vue. La balade qui serait à supprimer en cas de manque de temps ou de gros ras-le-bol quoique, ce serait dommage quand même ... non ?
Pose repas. Le vent se lève, on range les lunettes de soleil et on sort les doudounes. C'est un vent glacial et je ne suis pas sûre de vouloir savoir ce qu'il nous apporte. Le ciel vire du gris acier au noir, du noir sidéral au violet. Vite, on file à White Rock Amphitheatre. Je suis à peu près sûre qu'on va se prendre une radée. Bon, l'amphithéâtre n'est pas très loin.




La route n'est pas top et en plus il y a pas mal de biches et de lapins sur les bas-côtés. On se hâte avec prudence. A l'entrée dans le parc, le ranger nous confirme qu'il nous reste 30 minutes avant le coucher du soleil. On fonce au parking, deux voitures dont la nôtre. Sûr qu'on ne va pas se bousculer. Et effectivement dans les parages de la plus haute dune, il y a un photographe avec son appareil et son trépied et ... nous. Evidemment pas l'ombre d'un quad. Le silence règne seulement troublé par le cri d'un oiseau. Le bonheur !








On avance, j'enfonce mes doigts dans mon siège, c'est à peu de chose près tout ce que je peux faire vu que je n'ai pas le volant, jusqu'.. au wash. Evidemment il est rempli d'eau ! Nouveau stop, réflexion, hésitation, une autre voiture arrive, hésite, se lance, passe dans une gerbe d'eau couleur rouille. On se garera avant le wash. Après tout, ce n'est pas très loin du trailhead.
Passons à l'étape pédestre. La marche d'approche, j'ai lu qu'elle était belle, longue et pénible sous le soleil. Elle est magnifique, dure un peu moins d'une heure, et le soleil ne devrait pas trop nous gêner, il fait un petit 20°. Sauf que ... il y a pas mal d'eau dans le wash ! Ce n'est donc pas une marche dans le sable que nous expérimenterons mais une marche dans les broussailles, épineuses de surcroît. J'ajoute mentalement dans ma liste de "choses indispensables à emporter) une machette. Pas sûr qu'elle passe la douane ! Et puis ce wash, il va falloir le traverser, douze fois (j'ai compté au retour), et il est parfois large et profond, pas de quoi noyer un homme je vous rassure mais juste assez pour inonder une chaussure, même montante ! Je ne sais plus qui a parlé sur le forum d'emporter des sacs poubelles dans cette perspective, ça m'avait fait sourire, hop, rajoutés sur ma liste.
Arrivés aux barbelés, il faut décider du chemin à suivre. J'ai choisi de monter sur la gauche tout de suite et le plus haut possible. Je ne sais pas si c'est judicieux mais c'est pénible. Parce qu'entre deux points GPS , si le chemin le plus court est la ligne droite, le parcours réalisable est parfois une succession d'ondulations épuisantes tant moralement que physiquement. Bien sûr, je le savais mais le réaliser sur le terrain est une autre affaire. Nous grimpons donc, progressivement, passant de zones sableuses, à des zones de végétation plus dense.

Déjà, de belles formations ciselées se dévoilent. Leur fragilité est effrayante, on a l'impression de se déplacer dans un magasin de porcelaine. De vallons en arêtes, on monte encore, hésitant parfois sur la voie à suivre. On semble suivre des traces sur le sol. Je me demande, avec quelque inquiétude, de quelle bestiole il s'agit ... Rajouter un bâton, ou une "bombe anti-tous les animaux" sur ma liste. La prochaine fois je viens avec une valise !
On monte encore (trop?) jusqu'à atteindre la crête. Je suis un peu déçue. La vue est très jolie mais ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. Poursuite du parcours plein Sud. On attaque la partie brain-rocks, slide-rocks, c'est beau, impressionnant, à une échelle qui n'est pas la nôtre. Les monts sont striés en lignes parfaitement parallèles parfois horizontales, parfois obliques et lorsque l'on s'approche, on constate qu'il ne s'agit pas de simples lignes mais de véritables broderies de roche qui soulignent le roc tantôt de blanc, tantôt de rose. Et toujours cette fragilité, la pierre qui cède sous une semelle trop brutale, le pied qui bascule sur le grès qui se dérobe, redevient sable.
Quant aux brain-rocks, ils portent bien leur nom. Un monstrueux cerveau qui jaillit de sa boite crânienne, exposant ses circonvolutions aux éléments, glissant sans limite le long de la pente, fleurissant soudain en de curieux nodules bourgeonnants.
Au début, on s'amuse, démarche élastique, rythmée, un pas, un saut, deux pas, glissement de côté, encore un pas, attention, la protubérance gonfle. Les circonvolutions sont parfois larges et profondes. Heureusement, la roche n'est pas glissante et la semelle s'y agrippe bien. Pas sûr qu'il en soit de même sur terrain mouillé et une entorse, dans un contexte comme celui-ci amènerait une complexité certaine pour la suite de la balade. Cependant, à échelle de géant, les distances s'allongent et on fatigue vite sur un tel territoire, sans compter qu'il n'est pas question de quitter ses pieds des yeux un seul instant. L'avancée n'est pas rapide.

On finit par arriver sur le plateau, West Clark Bench, enfin je pense qu'on y est parce qu'évidemment, il n'y a pas de panneau. En tout cas, c'était mon but, les paysages dont j'avais rêvé, le must à mes yeux. Imaginez une vaste étendue qui domine tout, si pâle, si claire qu'elle en parait presque blanche sous les rayons du soleil, imaginez des gradins de roche en rangs serrés, des piliers de granit, la pierre qui se courbe en ébauche de vague, s'arrondit, se fait caresse. Imaginez enfin un vaste bassin comme modelé sur le tour d'un potier, délicat, au galbe presque parfait et en son centre l'éclat de l'eau qui dort.

Là-haut, c'est une succession de potholes, ovales ou rondes, petites ou plus grandes, un festival de roche rehaussée par un buisson bleuté, le vert d'un arbuste torturé. Et plus loin encore, comme une couronne dans la salle du trône, l'arche qui se détache sur l'azur du ciel. J'aurais pu rester des heures dans cet endroit de quiétude et de majesté mais il nous faut songer au retour, par le bas cette fois-ci, ce sera plus facile. Une affirmation que je fais un peu naïvement.

Malgré la trace gpx, malgré la descente, ce ne sera pas plus facile, au contraire. La pente est parfois raide, la roche toujours aussi friable. Un peu fatigués sans doute, le pas est plus lourd, moins leste et les brain-rocks toujours aussi exigeants. Elle est belle aussi, cette voie qui passe par le bas mais nous avons moins de temps à lui consacrer. Le soleil descend vite au mois de février et je n'aimerais pas être coincé par ici par la nuit. Nous ne nous attarderons donc pas sur le retour. Il nous a manqué une ou deux heures d'exploration, celles que nous ont coûté notre départ tardif de ce matin.
Le soleil dans le dos, on refait la marche jusqu'à la voiture. Le wash ne s'est pas asséché, histoire de rapporter un peu plus de boue. La Hyundai, garée en plein soleil, marque encore 27° au thermomètre. Il est 17h30, nous avons fait un total de 15km avec pas mal de dénivelé. Ce n'est pas extraordinaire mais sur ce terrain là, c'est juste éreintant. Notre réaction à tous les deux est la même : la virée est superbe, mais quel effort pour y parvenir ! Ce soir, en arrivant à notre hôtel, à Springdale, ce sont mes chevilles et mes talons qui me feront souffrir, une douleur peu courante qui révèle bien le caractère inhabituel de ce type de marche. Et je portais des chaussures de rando montantes usées et approuvées !
Aujourd'hui, on a pris de la distance, la notion d'effort s'est un peu estompée, celle de ces paysages exceptionnels n'a pas terni du tout. Cette journée reste dans mon top 3



















A little sneak peek?
















Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...


I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, Nishiki Market:


















Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.


We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.







But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.
