Vers l'Orient dans les années 1970
by GeorgesOZ
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Bonjour et bienvenue sur mon histoire! 🙂 La suite dans deux minutes, juste le temps de repérer quelques touches sur le clavier....
Par ouï-dire, je savais que les autorités françaises n’étaient pas trop disposées à venir en aide aux imbéciles qui, souvent par leur propre faute, finissaient par se retrouver dans une mauvaise passe au Pakistan, en Inde, au Népal etc. Je n’étais pas le seul loin de là ! 🤪 Et je comprenais que les autorités en aient un peu par-dessus la tête des histoires abracadabrantes : vols ou pertes de passeport ou de chèques de voyage, prolongations illégales de séjour, poursuites judiciaires pour délits voire même crimes, et j’en passe et des meilleures ! Surtout qu’il y avait bon nombre de Français à voyager dans des conditions « peu conventionnelles », il n’y avait qu’à en juger de par la faune qui traînait à Madian. Cela conduisait naturellement à des incidents fâcheux.
Donc, du point de vue des ambassades et consulats - « de profundis consulatibus », si je puis me permettre 😉 - on devait en être au « N’en jetez plus ! La cour est pleine ! » général.
Mais toute cette attente pour le renouvellement de mon passeport, je devais la souffrir sur l’arrière-fond de rumeurs - non authentifiées je dois dire - que les Italiens eux étaient bien reçus à leur ambassade et qu’on les invitait même à manger au restaurant, que les Suisses recevaient une petite aide pécuniaire etc. etc. Par contraste, si c’est l’une des qualités de nos compatriotes de savoir se démerder eux-mêmes - n’est-il pas vrai ? – il était facile d’imaginer à nos ambassades et consulats le grave défaut de laisser leurs ressortissants se dépêtrer eux-mêmes de leurs ennuis, et donc de penser que nous, Français, étions logés à la pire enseigne.
Enfin, je retourne à l’ambassade. Cette fois, il y a un heureux développement : on me remet une feuille de papier où il est dit, en deux ou trois lignes, que « Mr Un Tel (moi-même) est autorisé à voyager au Pakistan, en Afghanistan et en France, pendant deux semaines à partir de ce jour ». Pour remplir ce simple A4, ma photo y figure ainsi que ce qu’il faut comme authentification: signature de qui-de-droit et tampon du consulat. Ce superbe document porte le nom glorieux de « Laissez-Passer » et fait temporairement office de passeport. Me voici tout à fait rassuré ! 😇 Et j’ai plutôt intérêt à ne pas le perdre, ni à perdre le précieux billet d’avion de Kaboul à Paris, car le laissez-passer ne me permettrait pas de faire la route entre l’Afghanistan et la France !
Donc, du point de vue des ambassades et consulats - « de profundis consulatibus », si je puis me permettre 😉 - on devait en être au « N’en jetez plus ! La cour est pleine ! » général.
Mais toute cette attente pour le renouvellement de mon passeport, je devais la souffrir sur l’arrière-fond de rumeurs - non authentifiées je dois dire - que les Italiens eux étaient bien reçus à leur ambassade et qu’on les invitait même à manger au restaurant, que les Suisses recevaient une petite aide pécuniaire etc. etc. Par contraste, si c’est l’une des qualités de nos compatriotes de savoir se démerder eux-mêmes - n’est-il pas vrai ? – il était facile d’imaginer à nos ambassades et consulats le grave défaut de laisser leurs ressortissants se dépêtrer eux-mêmes de leurs ennuis, et donc de penser que nous, Français, étions logés à la pire enseigne.
Enfin, je retourne à l’ambassade. Cette fois, il y a un heureux développement : on me remet une feuille de papier où il est dit, en deux ou trois lignes, que « Mr Un Tel (moi-même) est autorisé à voyager au Pakistan, en Afghanistan et en France, pendant deux semaines à partir de ce jour ». Pour remplir ce simple A4, ma photo y figure ainsi que ce qu’il faut comme authentification: signature de qui-de-droit et tampon du consulat. Ce superbe document porte le nom glorieux de « Laissez-Passer » et fait temporairement office de passeport. Me voici tout à fait rassuré ! 😇 Et j’ai plutôt intérêt à ne pas le perdre, ni à perdre le précieux billet d’avion de Kaboul à Paris, car le laissez-passer ne me permettrait pas de faire la route entre l’Afghanistan et la France !
Mise à jour: je viens d’obtenir de l’ambassade de France à Islamabad un « Laissez Passer » m’autorisant à voyager pendant 2 semaines au Pakistan, en Afghanistan et en France.
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Muni de ce précieux bout de papier, je saute dès le lendemain dans le bus pour Peshawar. La route est devenue plus longue, avec une circulation compliquée par les pluies diluviennes de ces dernières semaines. La campagne environnante est inondée sur des kilomètres de part et d’autre de la route principale, et ce de Rawalpindi jusqu’à Peshawar.
Pour changer, je me loge dans un hôtel assez propre. Y-avait-il là peut-être un premier soupçon de ma part, ayant enfin la clé de la porte de sortie en main (mon laissez-passer), de vouloir voyager dans des conditions un peu plus normales ?
Un escalier en colimaçon assez imposant dessert les 4 ou 5 étages de la maison où je partage une chambre avec Niels, un Suédois sympa mais pas trop rigolo ni trop bavard. Niels a acheté deux kilos de tcharss, en belles plaques d’un vert-brun luisant cachetées du tampon « officiel ». Je peux vous garantir que c’est de l’authentique, du tout premier choix ! Il va bientôt repartir en Suède et a l’intention d’y importer son tcharss, mais ne veut bien sûr pas avoir à le déclarer à la douane….. Il dit que ce ne sera pas difficile puisqu’il prend l’avion (de Kaboul je crois) et que c’est bien plus sûr que de prendre la route terrestre et traverser toutes ces frontières dont quelques unes ont mauvaise réputation… Et, dit-il, s’il se fait pincer à son arrivée en Suède, il risque au plus des « vacances prolongées » dans un établissement « tout confort » aux frais du gouvernement ! 😇
Parmi les quelques maigres affaires qui me restent, j’ai encore une veste assez correcte que je portais à mon départ de France, de couleur « rouge chocolat » - je crois qu’on appelait ça une saharienne. Niels me dit que c’est idéal pour cacher ( 😮 😇?!) ses deux kilos : ma veste a de belles poches assez larges, il suffira d’y glisser un kilo de chaque côté et le tour sera joué ! Pris d’un accès de générosité que je n’arriverai pas à comprendre quelques jours plus tard, je la lui donne.
Je ne sais pas si Niels eut vraiment le culot d’essayer de passer son tcharss de cette manière cavalière, ou s’il finit par moisir pendant quelques années dans une prison quelque part entre Kaboul et Peshawar…. Il faudrait un jour ériger un monument aux « Bill Hayes inconnus » ! 😉 (petit clin d’œil à ceux qui se souviennent du film « Midnight Express »). J’espère pour Niels que si effectivement il a dû passer quelques temps derrière les barreaux, cela aura été en Suède !
Quelques jours plus tard, je remonte sur Madian. Je n’arrive pas à me rappeler pour quelle raison je voulais y retourner. Pour dire mes adieux à quelqu’un ? Ce n’était certainement pas pour y récupérer quoi que ce soit. Je n’avais pratiquement rien comme bagage : un petit sac de rien du tout, juste de quoi y mettre deux ou trois bouquins et deux ou trois habits. Je n’avais pas l’air d’être particulièrement pressé d’en finir avec le Pakistan, mais peut-être est-il que je calculais mon coup de façon à n’arriver à Kaboul que deux ou trois jours avant d’y prendre l’avion pour Paris, et que je préférais passer encore quelques jours dans un endroit plus tranquille et où j’avais mes repères plutôt que de continuer à traîner mes savates dans les villes bordéliques et étouffantes du Pakistan !
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Muni de ce précieux bout de papier, je saute dès le lendemain dans le bus pour Peshawar. La route est devenue plus longue, avec une circulation compliquée par les pluies diluviennes de ces dernières semaines. La campagne environnante est inondée sur des kilomètres de part et d’autre de la route principale, et ce de Rawalpindi jusqu’à Peshawar.
Pour changer, je me loge dans un hôtel assez propre. Y-avait-il là peut-être un premier soupçon de ma part, ayant enfin la clé de la porte de sortie en main (mon laissez-passer), de vouloir voyager dans des conditions un peu plus normales ?
Un escalier en colimaçon assez imposant dessert les 4 ou 5 étages de la maison où je partage une chambre avec Niels, un Suédois sympa mais pas trop rigolo ni trop bavard. Niels a acheté deux kilos de tcharss, en belles plaques d’un vert-brun luisant cachetées du tampon « officiel ». Je peux vous garantir que c’est de l’authentique, du tout premier choix ! Il va bientôt repartir en Suède et a l’intention d’y importer son tcharss, mais ne veut bien sûr pas avoir à le déclarer à la douane….. Il dit que ce ne sera pas difficile puisqu’il prend l’avion (de Kaboul je crois) et que c’est bien plus sûr que de prendre la route terrestre et traverser toutes ces frontières dont quelques unes ont mauvaise réputation… Et, dit-il, s’il se fait pincer à son arrivée en Suède, il risque au plus des « vacances prolongées » dans un établissement « tout confort » aux frais du gouvernement ! 😇
Parmi les quelques maigres affaires qui me restent, j’ai encore une veste assez correcte que je portais à mon départ de France, de couleur « rouge chocolat » - je crois qu’on appelait ça une saharienne. Niels me dit que c’est idéal pour cacher ( 😮 😇?!) ses deux kilos : ma veste a de belles poches assez larges, il suffira d’y glisser un kilo de chaque côté et le tour sera joué ! Pris d’un accès de générosité que je n’arriverai pas à comprendre quelques jours plus tard, je la lui donne.
Je ne sais pas si Niels eut vraiment le culot d’essayer de passer son tcharss de cette manière cavalière, ou s’il finit par moisir pendant quelques années dans une prison quelque part entre Kaboul et Peshawar…. Il faudrait un jour ériger un monument aux « Bill Hayes inconnus » ! 😉 (petit clin d’œil à ceux qui se souviennent du film « Midnight Express »). J’espère pour Niels que si effectivement il a dû passer quelques temps derrière les barreaux, cela aura été en Suède !
Quelques jours plus tard, je remonte sur Madian. Je n’arrive pas à me rappeler pour quelle raison je voulais y retourner. Pour dire mes adieux à quelqu’un ? Ce n’était certainement pas pour y récupérer quoi que ce soit. Je n’avais pratiquement rien comme bagage : un petit sac de rien du tout, juste de quoi y mettre deux ou trois bouquins et deux ou trois habits. Je n’avais pas l’air d’être particulièrement pressé d’en finir avec le Pakistan, mais peut-être est-il que je calculais mon coup de façon à n’arriver à Kaboul que deux ou trois jours avant d’y prendre l’avion pour Paris, et que je préférais passer encore quelques jours dans un endroit plus tranquille et où j’avais mes repères plutôt que de continuer à traîner mes savates dans les villes bordéliques et étouffantes du Pakistan !
Salut Georges
l'accueil dans les consulats français au fil des années, cela n'a pas changé....imagine les Pakis🤪...entre nous c'est quand même symptomatique du manque d'hospitalité de la France et encore je reste dans les clous...
« Mr Un Tel (moi-même) est autorisé à voyager au Pakistan, en Afghanistan et en France, pendant deux semaines à partir de ce jour ». t'as pensé à faire renouveler ta carte de séjour en France😉
l'accueil dans les consulats français au fil des années, cela n'a pas changé....imagine les Pakis🤪...entre nous c'est quand même symptomatique du manque d'hospitalité de la France et encore je reste dans les clous...
« Mr Un Tel (moi-même) est autorisé à voyager au Pakistan, en Afghanistan et en France, pendant deux semaines à partir de ce jour ». t'as pensé à faire renouveler ta carte de séjour en France😉
symptomatique du manque d'hospitalité de la France et encore je reste dans les clous.
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Salut Eric!
Tu m'etonnes! De retour a Paris pour quelques jours, je dois dire que je n'apprecie pas le manque d'amabilite general des gens, en tout cas le service dans les magasins laisse franchement à désirer. Quant aux transports en commun, quelle zone! 🏴☠️ Je repars aussi sec pour l'Asie et cette fois j'y reste!
t'as pensé à faire renouveler ta carte de séjour en France __ Elle est bien bonne, celle-la! Je n'y avais plus que 2 ans a y passer, puis hasta la vista et sans regrets!
Tu m'etonnes! De retour a Paris pour quelques jours, je dois dire que je n'apprecie pas le manque d'amabilite general des gens, en tout cas le service dans les magasins laisse franchement à désirer. Quant aux transports en commun, quelle zone! 🏴☠️ Je repars aussi sec pour l'Asie et cette fois j'y reste!
t'as pensé à faire renouveler ta carte de séjour en France __ Elle est bien bonne, celle-la! Je n'y avais plus que 2 ans a y passer, puis hasta la vista et sans regrets!
Mise à jour : je suis remonté à Madian pour ma dernière visite avant de tenter de sortir du Pakistan.
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Il m’arrive de fatiguer un peu, à narrer avec force détails mes pérégrinations au Pakistan, et je suis tenté de dire « il n’y a pas grand-chose à dire sur ces derniers jours à Madian ».
Qu’en dites-vous ? Me permettrez-vous de changer de style et d’adopter la fameuse phrase de Forest Gump : « and that’s all I have to say about that ! » ????😉
Hé! Non, attendez! L’histoire est loin d’être terminée ! Il y a ce moment extraordinaire où j’étais entré dans un café à Madian. Il y avait quelques gens que je connaissais et je reconnus de dos ……. vous ne devinerez jamais qui ! 😮
J’ai bien envie d’arrêter ici mon récit et de demander à mes aimables lecteurs s’ils ont la moindre idée de qui j’allais retrouver dans ce café de Madian.
Alors ? Je promets une bonne bière à celui ou celle qui trouvera la réponse ! 😎😛
Il m’arrive de fatiguer un peu, à narrer avec force détails mes pérégrinations au Pakistan, et je suis tenté de dire « il n’y a pas grand-chose à dire sur ces derniers jours à Madian ».
Qu’en dites-vous ? Me permettrez-vous de changer de style et d’adopter la fameuse phrase de Forest Gump : « and that’s all I have to say about that ! » ????😉
Hé! Non, attendez! L’histoire est loin d’être terminée ! Il y a ce moment extraordinaire où j’étais entré dans un café à Madian. Il y avait quelques gens que je connaissais et je reconnus de dos ……. vous ne devinerez jamais qui ! 😮
J’ai bien envie d’arrêter ici mon récit et de demander à mes aimables lecteurs s’ils ont la moindre idée de qui j’allais retrouver dans ce café de Madian.
Alors ? Je promets une bonne bière à celui ou celle qui trouvera la réponse ! 😎😛
Celui qui t'avait volé tes papiers...
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Hmmmmm! Réponse intéressante. Je vois que tu a bien suivi jusqu'ici, au moins ça de gagné! 🙂 Mais je vais laisser planer le suspense un peu plus longtemps 😉.
Hmmmmm! Réponse intéressante. Je vois que tu a bien suivi jusqu'ici, au moins ça de gagné! 🙂 Mais je vais laisser planer le suspense un peu plus longtemps 😉.
Très bonnes suggestions également! Vraiment bravo pour l'imagination fertile! 🙂
Personne n'a encore pensé à Elvis Presley?
Personne n'a encore pensé à Elvis Presley?
moi je dirais une femme....Julie😉 ?
moi je dirais une femme....Julie😉 ?
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Excellent! Je vois que tu as très bien suivi, toi aussi!
Georges et les femmes ?
Le véritable fil rouge de cette chronique !
😛
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Oh la! Doucement! Vous allez me faire une de ces réputations! 🙂😉
Donc, dans ce café de Madian, il y avait une bonne dizaine de gens joyeusement installés autour d’une table, dont plusieurs de mes connaissances. Au moment de lever la main pour l’abattre sur l’épaule de l’un d’eux, qui me tournait le dos et ne m’avait pas vu arriver, je vis la surprise et l’inquiétude sur le visage de ceux qui me connaissaient, comme s’ils avaient vu surgir un spectre. Car celui qui me tournait le dos n’était autre que …. Carlos, mon voleur!
« Alors, Carlos ! Comment ca va ? ».
Si jamais il y eut un coup de théâtre, celui-ci en était un ! Quelques uns autour de la table et Carlos lui-même avaient bien entendu dire que j’étais allé acheter un pistolet à Darra pour retrouver Carlos et lui faire la peau ! Je ne vous dis pas l’effroi sur son visage quand il se retourna et me reconnut ! 😮😕
Mais quel profit pouvais-je bien trouver à lui chercher noise ? Certes, il m’avait plongé dans une situation catastrophique de laquelle j’avais du mal à sortir. Mais lui faire des histoires maintenant, à quoi bon ? J’en avais tellement vu, ces dernières semaines, que je pouvais relativiser mes ennuis et voir la situation d’un angle plus élevé.
Je ne sais pas si mon comportement paraîtra logique mais peu importe, car je ne pensais vraiment qu’à une chose, sortir du Pakistan, rentrer en France et continuer mes études. Le reste, à vrai dire, je m’en foutais, et la dernière chose que je voulais était de créer une scène qui fatalement ne pourrait m’attirer que des ennuis supplémentaires. J’avais d’ailleurs entendu dire que la police montait de temps à autre de Mingora ou de Saïdou Sharîf pour effectuer un minimum de contrôle sur ce qui se passait à Madian, et que dernièrement ils avaient exprimé leur intention de me rencontrer, moi qui commençait à être connu pour me promener sans papiers. Cet intérêt ne pouvait rien présager de bon, alors autant garder profil bas ! La dernière chose que je voulais, c’était de me retrouver en taule au Pakistan. 🏴☠️
Je dois dire que ces pensées ont surtout été subconscientes au moment-même de cette retrouvaille.
Bref, je ne vous dis pas le soupir de soulagement que tout le monde poussa, Carlos en premier, à voir la disposition agréable que j’adoptais vis-à-vis de Carlos et de ce qu’il m’avait fait. Il m’invita même à le visiter, ce que je fis le lendemain-même. Avec deux ou trois autres Espagnols dont Martín que j’avais rencontré à Peshawar, il partageait une piaule au premier étage d’une boutique dans la rue principale de Madian. Il n’y avait comme mobilier que quelques paillasses et les sacs d’affaires personnelles jetés négligemment dans un coin ou un autre. Mais au moins il y avait de grandes fenêtres laissant passer de joyeux rayons de soleil, ce qu’on ne voyait pas souvent dans les masures de Madian où on cherchait plutôt à éviter le soleil direct.
Il flottait dans cette piaule l’odeur légère et inquiétante de substances qu’on s’envoie dans les veines, rien de bon enfant comme une agréable odeur de tcharss….. Les Espagnols donnaient tous les signes d’avoir plongé dans les profondeurs de certains usages néfastes, bien au-delà du flirt initial 😮😕. Carlos m’offrit d’ailleurs un fixe de morphine. Il eut même le culot de me montrer mon passeport, parmi les trois ou quatre passeports qu’il possédait. Il avait enlevé ma photo et allait réutiliser ce passeport « tout frais », un bon passeport français presque neuf avec seulement quelques tampons et encore beaucoup de pages vierges, pour confectionner une nouvelle identité à un client potentiel. Je ne peux pas juger du degré de professionnalisme de cette falsification. Sans aucun doute cela n’aurait pu duper personne à aucune frontière de nos jours, mais nous étions encore à un âge où la vague numérique n’avait pas encore déferlé sur la planète.
Il y avait d’autres travaux intéressants en cours dans « l’atelier » de Carlos et de ses compagnons. Je me rappelle entre autres que l’un d’eux travaillait à la lime sur une lourde boîte de bois sculpté pour y ménager un double fond ….. Visiblement, on me faisait confiance à me montrer tout ça !
__--__--__--__--__--__-- Alors, félicitations à Narotcho en tout premier : en plein dans le mille et sans la moindre hésitation ! 😎🙂 Si je le rencontre un jour, ce sera donc un grand boc à mon compte, hahaha ! Mais sa réponse fait montre d’une telle assurance, je commence à avoir des doutes : Narotcho, c’était peut-être toi, le petit maigre en chemise rayée, sur la gauche à cette attablée de Madian ????
Et je dois aussi mes félicitations à Fred71, qui s’est peut-être inspiré de la réponse de Narotcho qui l’avait précédé, mais qui s’est certainement bien racheté en ajoutant quelques suggestions divertissantes et presque réalistes. Rencontrer la reine d’Angleterre tirant sur un chilom, ça m’aurait bien plu ! 😎
Je dois dire que je suis impressionné par le suivi, là, même s’il n’y a que quelques réponses à la question. C’est symptomatique d’une audience de qualité 🙂 (mais arrêtez-moi si j’en fais trop, hein !). Mékong mérite bien un prix de consolation, et comme on ne fait pas dans le détail, ce sera aussi un grand boc bien frais. Allez, ne soyons pas mesquin, de même pour Ilivic !
« Alors, Carlos ! Comment ca va ? ».
Si jamais il y eut un coup de théâtre, celui-ci en était un ! Quelques uns autour de la table et Carlos lui-même avaient bien entendu dire que j’étais allé acheter un pistolet à Darra pour retrouver Carlos et lui faire la peau ! Je ne vous dis pas l’effroi sur son visage quand il se retourna et me reconnut ! 😮😕
Mais quel profit pouvais-je bien trouver à lui chercher noise ? Certes, il m’avait plongé dans une situation catastrophique de laquelle j’avais du mal à sortir. Mais lui faire des histoires maintenant, à quoi bon ? J’en avais tellement vu, ces dernières semaines, que je pouvais relativiser mes ennuis et voir la situation d’un angle plus élevé.
Je ne sais pas si mon comportement paraîtra logique mais peu importe, car je ne pensais vraiment qu’à une chose, sortir du Pakistan, rentrer en France et continuer mes études. Le reste, à vrai dire, je m’en foutais, et la dernière chose que je voulais était de créer une scène qui fatalement ne pourrait m’attirer que des ennuis supplémentaires. J’avais d’ailleurs entendu dire que la police montait de temps à autre de Mingora ou de Saïdou Sharîf pour effectuer un minimum de contrôle sur ce qui se passait à Madian, et que dernièrement ils avaient exprimé leur intention de me rencontrer, moi qui commençait à être connu pour me promener sans papiers. Cet intérêt ne pouvait rien présager de bon, alors autant garder profil bas ! La dernière chose que je voulais, c’était de me retrouver en taule au Pakistan. 🏴☠️
Je dois dire que ces pensées ont surtout été subconscientes au moment-même de cette retrouvaille.
Bref, je ne vous dis pas le soupir de soulagement que tout le monde poussa, Carlos en premier, à voir la disposition agréable que j’adoptais vis-à-vis de Carlos et de ce qu’il m’avait fait. Il m’invita même à le visiter, ce que je fis le lendemain-même. Avec deux ou trois autres Espagnols dont Martín que j’avais rencontré à Peshawar, il partageait une piaule au premier étage d’une boutique dans la rue principale de Madian. Il n’y avait comme mobilier que quelques paillasses et les sacs d’affaires personnelles jetés négligemment dans un coin ou un autre. Mais au moins il y avait de grandes fenêtres laissant passer de joyeux rayons de soleil, ce qu’on ne voyait pas souvent dans les masures de Madian où on cherchait plutôt à éviter le soleil direct.
Il flottait dans cette piaule l’odeur légère et inquiétante de substances qu’on s’envoie dans les veines, rien de bon enfant comme une agréable odeur de tcharss….. Les Espagnols donnaient tous les signes d’avoir plongé dans les profondeurs de certains usages néfastes, bien au-delà du flirt initial 😮😕. Carlos m’offrit d’ailleurs un fixe de morphine. Il eut même le culot de me montrer mon passeport, parmi les trois ou quatre passeports qu’il possédait. Il avait enlevé ma photo et allait réutiliser ce passeport « tout frais », un bon passeport français presque neuf avec seulement quelques tampons et encore beaucoup de pages vierges, pour confectionner une nouvelle identité à un client potentiel. Je ne peux pas juger du degré de professionnalisme de cette falsification. Sans aucun doute cela n’aurait pu duper personne à aucune frontière de nos jours, mais nous étions encore à un âge où la vague numérique n’avait pas encore déferlé sur la planète.
Il y avait d’autres travaux intéressants en cours dans « l’atelier » de Carlos et de ses compagnons. Je me rappelle entre autres que l’un d’eux travaillait à la lime sur une lourde boîte de bois sculpté pour y ménager un double fond ….. Visiblement, on me faisait confiance à me montrer tout ça !
__--__--__--__--__--__-- Alors, félicitations à Narotcho en tout premier : en plein dans le mille et sans la moindre hésitation ! 😎🙂 Si je le rencontre un jour, ce sera donc un grand boc à mon compte, hahaha ! Mais sa réponse fait montre d’une telle assurance, je commence à avoir des doutes : Narotcho, c’était peut-être toi, le petit maigre en chemise rayée, sur la gauche à cette attablée de Madian ????
Et je dois aussi mes félicitations à Fred71, qui s’est peut-être inspiré de la réponse de Narotcho qui l’avait précédé, mais qui s’est certainement bien racheté en ajoutant quelques suggestions divertissantes et presque réalistes. Rencontrer la reine d’Angleterre tirant sur un chilom, ça m’aurait bien plu ! 😎
Je dois dire que je suis impressionné par le suivi, là, même s’il n’y a que quelques réponses à la question. C’est symptomatique d’une audience de qualité 🙂 (mais arrêtez-moi si j’en fais trop, hein !). Mékong mérite bien un prix de consolation, et comme on ne fait pas dans le détail, ce sera aussi un grand boc bien frais. Allez, ne soyons pas mesquin, de même pour Ilivic !
Il semble, vu le manque de réaction, que plus rien n’étonne personne dans mon récit. Alors, je vais passer à un autre sujet qui lui, j’espère, causera une certaine surprise chez mes lecteurs.
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Il y a un autre fait intéressant que j’ai oublié de raconter, qui remonte à mon premier séjour à Madian. Un jour, j’étais allé avec Catherine et Martine voir un Bâbâ – l’un des meilleurs sans doute car c’était un Pîr (j’espère que vous appréciez! 😉)– qui s’était installé sous un grand auvent dans un pré au bord du torrent dont j’ai déjà tellement parlé, juste un peu en amont du pont principal. J’ai d’ailleurs indiqué l’endroit sur la photo satellite (voir la jpeg ci-dessous : « Le champ du Saint Homme »). Le Pîr était un homme jovial et épanoui d’une quarantaine d’années. La propreté impeccable et la beauté sobre du shalwar kameez bleu turquoise clair qu’il portait contribuaient à lui donner un air de grande noblesse. Ses visiteurs lui apportaient des choses à manger et du tcharss à fumer, puis s’asseyaient sur des nattes ou sur l’herbe devant l’estrade où il était assis.
Sans doute avait-il de temps à autre des bons mots à prodiguer à qui savait lui poser une question sensée et l’écouter en retour. Généralement, il faisait profiter tout un chacun de son «darshan», c.à.d. de sa présence. Car la seule présence d’un maître spirituel est réputée pour être bénéfique à ceux qui savent voir et entendre. Une chose est sûre, c’est que la gaîté légère du Pîr cadrait bien avec ce qu’on attend d’une personne spirituellement évoluée – rien à voir avec la sévérité de certaines fâcheuses personnalités que certains considèrent comme des maîtres spirituels ou des guides religieux mais qui sont en fait des charlatans, des pauvres loques, des sombres crapules ou même des criminels accomplis.
Qu’est-ce qui fait de quelqu’un un maître spirituel ou un saint ? J’imagine que c’est là une question que peu de gens se posent. Mais l’ambiance de Madian et toutes ces expériences et discussions avec les voyageurs qui s’y retrouvaient pouvaient bien conduire à une telle réflexion. Mettant à part le charlatanisme occasionnel (qu’on pouvait rencontrer, je suppose, aussi bien au Pakistan qu’en Inde), il y a le respect profond que les gens peuvent porter à certains individus en conséquence de leur conduite irréprochable et de leur sagesse. C’était sans nul doute le cas pour le Pîr du pré de Madian.
Moi-même, dans le mouvement de recherches spirituelles appuyées sur de nombreuses lectures et accélérées par mes récentes expériences « vitaminées », j’en étais arrivé par moments à me considérer proche de la sainteté – non, je ne plaisante pas ! 😇 Je me demandais comment je pouvais me conduire d’une façon « parfaite » vis-à-vis des gens qui m’entouraient, en leur voulant du bien, en leur prodiguant de bons conseils et en leur donnant l’exemple d’une force de caractère positif. Mais voilà, c’était bien là que le bât blessait le plus : où était donc cette force de caractère, de mon humble avis une condition sine qua non de sainteté ? J’ai déjà décrit à quel point il m’arrivait de me sentir incertain, humble et écrasé par la personnalité des autres. Facilement impressionné, et souvent je suis sûr sans grand fondement pour cela, j’avais parfois le sentiment de n’être qu’une petite mxxxe insignifiante et j’avais alors envie de disparaître dans un trou dans la terre. 😕
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Il y a un autre fait intéressant que j’ai oublié de raconter, qui remonte à mon premier séjour à Madian. Un jour, j’étais allé avec Catherine et Martine voir un Bâbâ – l’un des meilleurs sans doute car c’était un Pîr (j’espère que vous appréciez! 😉)– qui s’était installé sous un grand auvent dans un pré au bord du torrent dont j’ai déjà tellement parlé, juste un peu en amont du pont principal. J’ai d’ailleurs indiqué l’endroit sur la photo satellite (voir la jpeg ci-dessous : « Le champ du Saint Homme »). Le Pîr était un homme jovial et épanoui d’une quarantaine d’années. La propreté impeccable et la beauté sobre du shalwar kameez bleu turquoise clair qu’il portait contribuaient à lui donner un air de grande noblesse. Ses visiteurs lui apportaient des choses à manger et du tcharss à fumer, puis s’asseyaient sur des nattes ou sur l’herbe devant l’estrade où il était assis.
Sans doute avait-il de temps à autre des bons mots à prodiguer à qui savait lui poser une question sensée et l’écouter en retour. Généralement, il faisait profiter tout un chacun de son «darshan», c.à.d. de sa présence. Car la seule présence d’un maître spirituel est réputée pour être bénéfique à ceux qui savent voir et entendre. Une chose est sûre, c’est que la gaîté légère du Pîr cadrait bien avec ce qu’on attend d’une personne spirituellement évoluée – rien à voir avec la sévérité de certaines fâcheuses personnalités que certains considèrent comme des maîtres spirituels ou des guides religieux mais qui sont en fait des charlatans, des pauvres loques, des sombres crapules ou même des criminels accomplis.
Qu’est-ce qui fait de quelqu’un un maître spirituel ou un saint ? J’imagine que c’est là une question que peu de gens se posent. Mais l’ambiance de Madian et toutes ces expériences et discussions avec les voyageurs qui s’y retrouvaient pouvaient bien conduire à une telle réflexion. Mettant à part le charlatanisme occasionnel (qu’on pouvait rencontrer, je suppose, aussi bien au Pakistan qu’en Inde), il y a le respect profond que les gens peuvent porter à certains individus en conséquence de leur conduite irréprochable et de leur sagesse. C’était sans nul doute le cas pour le Pîr du pré de Madian.
Moi-même, dans le mouvement de recherches spirituelles appuyées sur de nombreuses lectures et accélérées par mes récentes expériences « vitaminées », j’en étais arrivé par moments à me considérer proche de la sainteté – non, je ne plaisante pas ! 😇 Je me demandais comment je pouvais me conduire d’une façon « parfaite » vis-à-vis des gens qui m’entouraient, en leur voulant du bien, en leur prodiguant de bons conseils et en leur donnant l’exemple d’une force de caractère positif. Mais voilà, c’était bien là que le bât blessait le plus : où était donc cette force de caractère, de mon humble avis une condition sine qua non de sainteté ? J’ai déjà décrit à quel point il m’arrivait de me sentir incertain, humble et écrasé par la personnalité des autres. Facilement impressionné, et souvent je suis sûr sans grand fondement pour cela, j’avais parfois le sentiment de n’être qu’une petite mxxxe insignifiante et j’avais alors envie de disparaître dans un trou dans la terre. 😕
Bonjour Georges,
Je suis tes aventures avec toujours autant d attention
J espere que tout va bien dans ton nouveau chez toi 😉
Je suis tes aventures avec toujours autant d attention
J espere que tout va bien dans ton nouveau chez toi 😉
je lis toujours avec beaucoup d'attention ton récit...toutes ces expériences de jeunesse font de toi l'homme que tu es....saint ou démon!!!!!ou sage.
namdreul
J espere que tout va bien dans ton nouveau chez toi 😉
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C'était bien sûr à moi que tu t'adressais, et non à Fred. 🙂 Merci, je suis enfin arrivé à port depuis 2 jours..... Et Merci pour m'avoir fait découvrir le musée du Quai Branly, génial! 😎
saint ou démon!!!!!ou sage
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Peut-être les 3 + un brin de folie! 😉
Salut GeorgesOZ,
sympa de te lire......🙂
merci à toi, j ai eu droit à un conférencier qui connaissait tout le musée😉
salut
c'était sympa cette rencontre à Paname ? 🙂
Salut à toi
hihi un pir qui donne le darshan c'est un peu un gourou qui transmet la baraka?😉
Dans certaines régions du Pakistan rural j'ai été frappé par la grande proportion de personnes âgées qui donnaient une impression de bonté et d'équilibre; peut être ton pir est-il encore en vie😎
toujours sympa ton récit🙂
Dans certaines régions du Pakistan rural j'ai été frappé par la grande proportion de personnes âgées qui donnaient une impression de bonté et d'équilibre; peut être ton pir est-il encore en vie😎
toujours sympa ton récit🙂
Bonjour Julien,
Bon, c'est moi qui dit qu'il donnait son darshan, personne n'a utilisé ce terme devant moi à Madian. Ce sont mes influences hindouistes qui jouent. Mais d'ailleurs c'est bien de ça qu'il s'agit quand on bénéficie de la présence d'un maître spirituel Tibétain (géshé, rinpotché ou autre), et c'est bien aussi de ça qu'il s'agissait quand-même surle pré de Madian. Merveilleux quand on y pense, non?
Personne n'a relevé la vanne que je n'ai pas pu retenir: ".... un Bâbâ – l’un des meilleurs sans doute car c’était un Pîr ". Suis-je ou trop bête ou trop subtil? 🙂
Bon, c'est moi qui dit qu'il donnait son darshan, personne n'a utilisé ce terme devant moi à Madian. Ce sont mes influences hindouistes qui jouent. Mais d'ailleurs c'est bien de ça qu'il s'agit quand on bénéficie de la présence d'un maître spirituel Tibétain (géshé, rinpotché ou autre), et c'est bien aussi de ça qu'il s'agissait quand-même surle pré de Madian. Merveilleux quand on y pense, non?
Personne n'a relevé la vanne que je n'ai pas pu retenir: ".... un Bâbâ – l’un des meilleurs sans doute car c’était un Pîr ". Suis-je ou trop bête ou trop subtil? 🙂
merci à toi, j ai eu droit à un conférencier qui connaissait tout le musée😉
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Bonjour "Thé Vert" 🙂! Encore une fois, je crois que c'est à moi que tu réponds?
Gentille remarque de ta part. Tu n'as pas dit que j'étais un insupportable bavard!!!! 😉
Gentille remarque de ta part. Tu n'as pas dit que j'étais un insupportable bavard!!!! 😉
sympa de te lire......🙂
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Merci Dave, ça me fait plaisir à moi aussi.
Mise à jour : comme les blancs d’œufs montés en neige, l’atmosphère de spiritualité dans laquelle je baigne est « fouettée » par ce qui se passe autour de moi, comme le darshan d’un Pîr auquel j’assiste sur un pré de Madian ou les vagabondages de malangs vécus avec Muhammad Hussein, sans compter d’autres « agents émulsifiants ».
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Cependant, porté sur la vague de mon « trip » avec Charles et Marie, quand nous étions les « sorciers du tcharss » et que je m’étais retrouvé « atomisé » en pleine nuit au milieu du torrent, à plat ventre sur le pont presqu’inexistant et fondant pratiquement dans le torrent qui rugissait autour de moi, j’avais vécu des jours entiers dans un état de quasi-sainteté. Certains diront que j’étais fou à lier. Peu me chaut : je me sentais fort, pur et sûr de moi, sans faire preuve de la moindre arrogance, et les gens autour de moi en prenaient visiblement note.
J’étais monté à la cabane de Jacques, sur les hauteurs de Madian, alors occupée par Martine et Catherine. À mon arrivée, l’une d’elles allait s’allumer une cigarette mais l’autre le lui reprocha en lui disant sèchement: « Tu ne vas pas lui envoyer des vibrations de tabac, non ?! ». Car elles savaient très bien que j’avais de plus en plus de mal à tolérer la fumée de cigarette, et elles voyaient bien que j’étais dans un état d’esprit spectaculairement spirituel.
Vers la même époque, j’avais retrouvé quelques gens sympathiques dans un café de Madian et nous avions bu et mangé force tchaïs, gâteaux etc…. Au moment de partir, les gens du café ne savaient plus où ils en étaient de leurs comptes. Je pris la direction des affaires, moi qui souvent avais plutôt tendance à m’effacer. Je me sentais si clair et si fort de moi-même que je leur fis en une minute le décompte complet de toutes nos consommations et leur payai la facture avec une superbe assurance, mais plaisamment. Tout le monde appréciait le spectacle et riait de concert dans le café. C’est tout juste si je n’allais pas faire une pirouette en sortant, sous les applaudissements de mon auditoire. 😏😎
Mais cette petite « lune de miel » ne pouvait bien sûr pas durer. Une des deux sœurs, Martine ou Catherine, me surprit peu après à échanger quelques chèques de voyage dans une boutique et m’en fit immédiatement un reproche ineffaçable : je m’étais montré sous mon vrai jour honteux, celui d’un pauvre con de « touriste » ou « d’étudiant » qui avait de l’argent. Non, c’étaient plutôt des crapules comme Carlos ou des paumés comme Muhammad Ali qu’elles admiraient ! Du coup, de saint j’étais devenu un Judas. 😕 Loin sans doute était le jour où les deux soeurs sortiraient de leur délire obsessionnel du « vrai voyageur », celui ou celle qui n’a pas le sou et le seul ou la seule à avoir des « expériences authentiques » dans les pays visités. Il ne leur venait pas à l’idée que je devais bien avoir quelques difficultés à gérer ma situation, c’est le moins qu’on puisse dire, qu’il fallait bien que je ménage mes dépenses de sorte à ce que je puisse un jour sortir vivant du Pakistan. Le comble, c'est que j’avais souvent acheté moi-même le lait, les légumes, le pain, la viande etc dont elles avaient elles-mêmes profité - sans parler du tcharss qu’elles fumaient !
J’espère avoir pu exprimer ici à quel point l’arrogance, l’égoïsme et les illusions de certains de ces soi-disant « vrais voyageurs » pouvaient (et peuvent toujours) arriver. Quant à donner crédit à mon état passager de sainteté, libre à chacun d’y croire 🙂, de me fustiger pour imposture 😠 ou de me chercher de toute urgence une place dans un institut pour cause de débilité mentale avancée 🏴☠️. Je n’ai en tout cas nul besoin d’être monté en apothéose ni d’être canonisé par la « sainte église catholique et apostolique ».
Cependant, porté sur la vague de mon « trip » avec Charles et Marie, quand nous étions les « sorciers du tcharss » et que je m’étais retrouvé « atomisé » en pleine nuit au milieu du torrent, à plat ventre sur le pont presqu’inexistant et fondant pratiquement dans le torrent qui rugissait autour de moi, j’avais vécu des jours entiers dans un état de quasi-sainteté. Certains diront que j’étais fou à lier. Peu me chaut : je me sentais fort, pur et sûr de moi, sans faire preuve de la moindre arrogance, et les gens autour de moi en prenaient visiblement note.
J’étais monté à la cabane de Jacques, sur les hauteurs de Madian, alors occupée par Martine et Catherine. À mon arrivée, l’une d’elles allait s’allumer une cigarette mais l’autre le lui reprocha en lui disant sèchement: « Tu ne vas pas lui envoyer des vibrations de tabac, non ?! ». Car elles savaient très bien que j’avais de plus en plus de mal à tolérer la fumée de cigarette, et elles voyaient bien que j’étais dans un état d’esprit spectaculairement spirituel.
Vers la même époque, j’avais retrouvé quelques gens sympathiques dans un café de Madian et nous avions bu et mangé force tchaïs, gâteaux etc…. Au moment de partir, les gens du café ne savaient plus où ils en étaient de leurs comptes. Je pris la direction des affaires, moi qui souvent avais plutôt tendance à m’effacer. Je me sentais si clair et si fort de moi-même que je leur fis en une minute le décompte complet de toutes nos consommations et leur payai la facture avec une superbe assurance, mais plaisamment. Tout le monde appréciait le spectacle et riait de concert dans le café. C’est tout juste si je n’allais pas faire une pirouette en sortant, sous les applaudissements de mon auditoire. 😏😎
Mais cette petite « lune de miel » ne pouvait bien sûr pas durer. Une des deux sœurs, Martine ou Catherine, me surprit peu après à échanger quelques chèques de voyage dans une boutique et m’en fit immédiatement un reproche ineffaçable : je m’étais montré sous mon vrai jour honteux, celui d’un pauvre con de « touriste » ou « d’étudiant » qui avait de l’argent. Non, c’étaient plutôt des crapules comme Carlos ou des paumés comme Muhammad Ali qu’elles admiraient ! Du coup, de saint j’étais devenu un Judas. 😕 Loin sans doute était le jour où les deux soeurs sortiraient de leur délire obsessionnel du « vrai voyageur », celui ou celle qui n’a pas le sou et le seul ou la seule à avoir des « expériences authentiques » dans les pays visités. Il ne leur venait pas à l’idée que je devais bien avoir quelques difficultés à gérer ma situation, c’est le moins qu’on puisse dire, qu’il fallait bien que je ménage mes dépenses de sorte à ce que je puisse un jour sortir vivant du Pakistan. Le comble, c'est que j’avais souvent acheté moi-même le lait, les légumes, le pain, la viande etc dont elles avaient elles-mêmes profité - sans parler du tcharss qu’elles fumaient !
J’espère avoir pu exprimer ici à quel point l’arrogance, l’égoïsme et les illusions de certains de ces soi-disant « vrais voyageurs » pouvaient (et peuvent toujours) arriver. Quant à donner crédit à mon état passager de sainteté, libre à chacun d’y croire 🙂, de me fustiger pour imposture 😠 ou de me chercher de toute urgence une place dans un institut pour cause de débilité mentale avancée 🏴☠️. Je n’ai en tout cas nul besoin d’être monté en apothéose ni d’être canonisé par la « sainte église catholique et apostolique ».
😉
Mon pauvre Georges, moi qui suis une grande fumeuse ( en arrêt prochain tout de même ) , tu as du avoir du mal à la terrasse du café du musée 😉😉😉
ps : j ai enfin compris le système de réponse de vf
ps : j ai enfin compris le système de réponse de vf
Mise à jour : je suis remonté à Madian, au milieu de la vallée de la Swât pour y passer quelques derniers jours avant de prendre la route pour l’Afghanistan.
--
Enfin, j’ai fait pour de bon mes adieux à Madian. Redescendu de la Swât, je passe bien sûr par Peshawar pour ensuite continuer ma route vers l'Afghanistan. Je déambule dans une ruelle pittoresque : d’un côté un petit canal, de l’autre les tables alignées à l’extérieur d’une demi-douzaine d’estaminets où les voyageurs peuvent s’asseoir et déguster un tchaï ou un lassi. Et là, devant moi, surgissant du milieu de la foule de badauds, qui vois-je ? Mes meilleurs amis de l’époque, Denis et Lucien, venant droit vers moi. 😮🙂 Denis arbore un grand sourire comme c’est son ordinaire, quant à Lucien, un bonnet pashto couvre sa mine de fouine rusée.
Je n’avais pas la moindre idée qu’ils étaient eux-aussi en voyage dans ces régions, d’où la surprise totale de les rencontrer ainsi, en plein milieu de Peshawar. Du coup, pour fêter nos retrouvailles, je les emmène deux ou trois ruelles plus loin dans l’une des petites fumeries d’opium que Martín m’avait fait découvrir. Oh ! Que l’on n’aille pas s’imaginer quoi que ce soit du genre de la fumerie d’opium de « Tintin et Le Lotus Bleu » ! Rien de semblable, pas de jolis lampions encadrant les portes, pas de soieries chatoyantes sur de molles couches confortables ! Non, il s’agit là d’établissements moites et glauques (le mot juste serait « seedy » en Anglais - j’ai toujours eu tendance à ne pas cracher dessus 😉). Nous nous allongeons sur les paillasses qui forment le seul mobilier de la pièce sombre et reposons nos têtes sur des briques recouvertes de coussins crasseux. Une vieille femme fait grésiller les boulettes de «chandoo», les roule du bout des doigts et les place sur les pipes, nous les allume…
Le « chandoo » désigne l'opium prêt à fumer. En fait, c’est une substance sirupeuse, ni trop liquide, ni trop solide, obtenue à partir de l’opium brut au bout d’une manipulation longue et laborieuse. Une minutieuse préparation est encore requise avant de pouvoir le fumer. Finalement, les boulettes de chandoo sont placées sur le fourneau de la pipe. Mais on ne fume pas le chandoo comme du tabac. Il ne doit pas être au contact direct avec la flamme et se consumer pas en se carbonisant. La chaleur vaporise l'opium et ce sont les vapeurs ainsi obtenues qui sont inhalées par le fumeur. Les vapeurs de l’opium se condensent également dans le fourneau et dans le tuyau de la pipe. Ce résidu s’appelle le « yen shii suey» en mandarin, ou « dross » en anglais, et on le gratte de la pipe pour le récupérer car il contient encore des alcaloïdes. On le fume quand on n’a rien d’autre, ou on le mélange avec de l’opium « frais ».
J’ai aussi trouvé sur le net un texte intitulé « Des Voyages, de la Géographie et de l’Histoire – Notice sur les Javanois, Extraite de l’Histoire de Java, par Sir Th. Saint-Raffles et traduite de l’anglois », où on parle de l’usage de l’opium par les Javanais. D’après la langue utilisée, ce texte (une traduction d’un texte de source que je ne connais pas) doit dater du 18-ème siècle :
« On mange l’opium, ou bien on le fume. Dans le premier cas, on le fait bouillir avec des feuilles de tabac, de bétel ou d’autres, jusqu’à ce que la préparation soit assez glutineuse ou liquide pour être avalée ; on l’appelle madat. Quand on veut fumer l’opium, on le fait bouillir sans y rien mêler, jusqu’à ce qu’il ait acquis de la consistance ; alors il se nomme tchandou : on en forme de petites pilules que l’on insère dans des tuyaux de bambous. L’opium cru est mangé principalement par les habitans de l’intérieur ; c’est le long des côtes et dans les autres îles de l’Archipel qu’on le fume ; les Chinois préparent le tchandou ».
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Enfin, j’ai fait pour de bon mes adieux à Madian. Redescendu de la Swât, je passe bien sûr par Peshawar pour ensuite continuer ma route vers l'Afghanistan. Je déambule dans une ruelle pittoresque : d’un côté un petit canal, de l’autre les tables alignées à l’extérieur d’une demi-douzaine d’estaminets où les voyageurs peuvent s’asseoir et déguster un tchaï ou un lassi. Et là, devant moi, surgissant du milieu de la foule de badauds, qui vois-je ? Mes meilleurs amis de l’époque, Denis et Lucien, venant droit vers moi. 😮🙂 Denis arbore un grand sourire comme c’est son ordinaire, quant à Lucien, un bonnet pashto couvre sa mine de fouine rusée.
Je n’avais pas la moindre idée qu’ils étaient eux-aussi en voyage dans ces régions, d’où la surprise totale de les rencontrer ainsi, en plein milieu de Peshawar. Du coup, pour fêter nos retrouvailles, je les emmène deux ou trois ruelles plus loin dans l’une des petites fumeries d’opium que Martín m’avait fait découvrir. Oh ! Que l’on n’aille pas s’imaginer quoi que ce soit du genre de la fumerie d’opium de « Tintin et Le Lotus Bleu » ! Rien de semblable, pas de jolis lampions encadrant les portes, pas de soieries chatoyantes sur de molles couches confortables ! Non, il s’agit là d’établissements moites et glauques (le mot juste serait « seedy » en Anglais - j’ai toujours eu tendance à ne pas cracher dessus 😉). Nous nous allongeons sur les paillasses qui forment le seul mobilier de la pièce sombre et reposons nos têtes sur des briques recouvertes de coussins crasseux. Une vieille femme fait grésiller les boulettes de «chandoo», les roule du bout des doigts et les place sur les pipes, nous les allume…
Le « chandoo » désigne l'opium prêt à fumer. En fait, c’est une substance sirupeuse, ni trop liquide, ni trop solide, obtenue à partir de l’opium brut au bout d’une manipulation longue et laborieuse. Une minutieuse préparation est encore requise avant de pouvoir le fumer. Finalement, les boulettes de chandoo sont placées sur le fourneau de la pipe. Mais on ne fume pas le chandoo comme du tabac. Il ne doit pas être au contact direct avec la flamme et se consumer pas en se carbonisant. La chaleur vaporise l'opium et ce sont les vapeurs ainsi obtenues qui sont inhalées par le fumeur. Les vapeurs de l’opium se condensent également dans le fourneau et dans le tuyau de la pipe. Ce résidu s’appelle le « yen shii suey» en mandarin, ou « dross » en anglais, et on le gratte de la pipe pour le récupérer car il contient encore des alcaloïdes. On le fume quand on n’a rien d’autre, ou on le mélange avec de l’opium « frais ».
J’ai aussi trouvé sur le net un texte intitulé « Des Voyages, de la Géographie et de l’Histoire – Notice sur les Javanois, Extraite de l’Histoire de Java, par Sir Th. Saint-Raffles et traduite de l’anglois », où on parle de l’usage de l’opium par les Javanais. D’après la langue utilisée, ce texte (une traduction d’un texte de source que je ne connais pas) doit dater du 18-ème siècle :
« On mange l’opium, ou bien on le fume. Dans le premier cas, on le fait bouillir avec des feuilles de tabac, de bétel ou d’autres, jusqu’à ce que la préparation soit assez glutineuse ou liquide pour être avalée ; on l’appelle madat. Quand on veut fumer l’opium, on le fait bouillir sans y rien mêler, jusqu’à ce qu’il ait acquis de la consistance ; alors il se nomme tchandou : on en forme de petites pilules que l’on insère dans des tuyaux de bambous. L’opium cru est mangé principalement par les habitans de l’intérieur ; c’est le long des côtes et dans les autres îles de l’Archipel qu’on le fume ; les Chinois préparent le tchandou ».
Bonjour Julien,
Bon, c'est moi qui dit qu'il donnait son darshan, personne n'a utilisé ce terme devant moi à Madian. Ce sont mes influences hindouistes qui jouent. Mais d'ailleurs c'est bien de ça qu'il s'agit quand on bénéficie de la présence d'un maître spirituel Tibétain (géshé, rinpotché ou autre), et c'est bien aussi de ça qu'il s'agissait quand-même surle pré de Madian. Merveilleux quand on y pense, non?
Personne n'a relevé la vanne que je n'ai pas pu retenir: ".... un Bâbâ – l’un des meilleurs sans doute car c’était un Pîr ". Suis-je ou trop bête ou trop subtil? 🙂
Tout à fait d'accord, je taquinais😛
Pour ta blague, je tiens à te faire remarquer que je note dans mon reportage photo:
tiens, revenons à l'islam, imprégné de soufisme, voire d'hindouisme, même si les pirs(les chefs spirituels soufis) ne sont pas toujours les meilleurs...
On doit avoir un sens de l'humour assez proche😏😇
Bon, c'est moi qui dit qu'il donnait son darshan, personne n'a utilisé ce terme devant moi à Madian. Ce sont mes influences hindouistes qui jouent. Mais d'ailleurs c'est bien de ça qu'il s'agit quand on bénéficie de la présence d'un maître spirituel Tibétain (géshé, rinpotché ou autre), et c'est bien aussi de ça qu'il s'agissait quand-même surle pré de Madian. Merveilleux quand on y pense, non?
Personne n'a relevé la vanne que je n'ai pas pu retenir: ".... un Bâbâ – l’un des meilleurs sans doute car c’était un Pîr ". Suis-je ou trop bête ou trop subtil? 🙂
Tout à fait d'accord, je taquinais😛
Pour ta blague, je tiens à te faire remarquer que je note dans mon reportage photo:
tiens, revenons à l'islam, imprégné de soufisme, voire d'hindouisme, même si les pirs(les chefs spirituels soufis) ne sont pas toujours les meilleurs...
On doit avoir un sens de l'humour assez proche😏😇
même si les pirs(les chefs spirituels soufis) ne sont pas toujours les meilleurs...
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Hahaha! 😏 Bien vu aussi! C'est de l'humour facile, mais pourquoi s'en priver?
Hahaha! 😏 Bien vu aussi! C'est de l'humour facile, mais pourquoi s'en priver?
Mise à jour : j’ai rencontré par pur hasard mes amis Denis et Lucien à Peshawar et nous avons célébré nos retrouvailles dans une fumerie d’opium.
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Denis et Lucien reviennent d’Inde où ils ont fait un superbe voyage (ce n’était pas leur premier). Ils ont sont tout radieux de contentement et sereins, les veinards ! En leur tombant dessus à Peshawar, tout à fait à l’improviste, je leur fais l’effet d’un coup de tonnerre, comme ils me l’ont répété plusieurs fois depuis. C’est que je suis dans un état assez pitoyable et que j’ai la tête complètement torpillée après tout cette errance au Pakistan (et certains abus.......). J’ai les nerfs à fleur de peau. Je sue l’anxiété. Pour eux qui voyagent avec Shiva, Vishnou, Krishna et compagnie, c'est-à-dire sur les petits nuages moelleux d’un hindouisme idéalisé, je sors tout droit d’un cauchemar. 😕😮🏴☠️
Lucien a décidé de retourner en Inde, un pays qu’il commence à bien connaître pour y être déjà allé deux ou trois fois. Je l’avais entendu dire un jour qu’il avait même poussé la visite du pays à aller voir "derrière les barreaux", mais je ne peux plus me rappeler pour quelle raison cela avait bien pu être, sinon que cela ne devait pas avoir été bien méchant puisqu’il en était ressorti après quelques jours (aventuriers, nous sommes, mais non crapules). Denis, lui, veut rentrer en France pour reprendre ses études. Il est comme moi-même, il ne perd pas le nord malgré toutes les tentations et toutes les expériences du voyage. Nous décidons donc de faire route commune jusqu’à Kaboul.
Ces derniers jours à Peshawar, je loge dans une très humble piaule sur le toit d’un hôtel, une véritable étuve. L’énorme ventilateur au plafond peine à pousser de ses pales l’air humide et lourd de ses 40 degrés et quelques. (Vous appréciez l’allitération ?).
Arrivé si loin dans mon récit, je suis sur le point d’ajouter une autre tuile à une liste déjà longue et de décrocher un pompon supplémentaire, comme si je n’avais pas eu assez de pépins jusqu'ici. Comme mon séjour au Pakistan commence à devenir vraiment épique, je crois opportun de tenter quelques alexandrins – histoire de divertir les lecteurs. Je parlais donc du ventilateur :
J’ai peur qu’il se décroche et me tombe dessus, Qu’il me coupe en charpie et qu’il me décapite. Je me force à sortir pour aller aux toilettes, Me regarde au miroir, vois le coin de mes yeux Jaunis, et mon urine, ambrée comme le miel, M’inquiète également. Couleurs plus que suspectes ! Aux toilettes, l’odeur douceâtre et écœurante, Mauvaise messagère, accroit mon désarroi.
« Mxxxe ! », pour sûr, je me suis chopé une sale maladie, et je crois savoir laquelle !
J’espère que mes lecteurs sauront apprécier les rejets ou mises en relief de certains mots (« … Jaunis …. » ; « ……. douceâtre…. ») qui accentuent la mauvaise surprise qui m’attend aux toilettes. Bon, hein ! Je ne suis ni Baudelaire, ni Victor Hugo !
Le lendemain, je fais la queue pour obtenir le visa pour l’Afghanistan. Mon laissez-passer ne pose aucun problème, je n’ai qu’à payer les quelques 20 ou 30 roupies comme tout le monde. Puis je vais à la poste pour expédier un petit tapis que j’ai acheté pour une poignée de dollars. Je me fraye un chemin au milieu de tous ces Pashtos rudes et solides, m’accoude au comptoir .... et me sens pris d’un vertige. Je me plie en deux et là, au milieu de ces hommes au regard dur et hébété qui soudain s’écartent de moi, je vomis tout ce que je sais. 😮😕🏴☠️ J’ai peine à remplir les formulaires et à payer. Je sors en titubant.
Aucun doute, il ne me manquait plus que ça, c’est une hépatite virale qui vient de se déclarer. Le soir, je vais dans un restaurant chinois avec Denis et n’arrive à manger qu’une cuillérée de riz blanc. 😕
Et pour changer encore de style, là j’ai opté pour l’annonce « abrupte » de cette crise en plein milieu de la poste de Peshawar. J’espère avoir ainsi réussi un effet percutant sur mes lecteurs.🙂😉
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Denis et Lucien reviennent d’Inde où ils ont fait un superbe voyage (ce n’était pas leur premier). Ils ont sont tout radieux de contentement et sereins, les veinards ! En leur tombant dessus à Peshawar, tout à fait à l’improviste, je leur fais l’effet d’un coup de tonnerre, comme ils me l’ont répété plusieurs fois depuis. C’est que je suis dans un état assez pitoyable et que j’ai la tête complètement torpillée après tout cette errance au Pakistan (et certains abus.......). J’ai les nerfs à fleur de peau. Je sue l’anxiété. Pour eux qui voyagent avec Shiva, Vishnou, Krishna et compagnie, c'est-à-dire sur les petits nuages moelleux d’un hindouisme idéalisé, je sors tout droit d’un cauchemar. 😕😮🏴☠️
Lucien a décidé de retourner en Inde, un pays qu’il commence à bien connaître pour y être déjà allé deux ou trois fois. Je l’avais entendu dire un jour qu’il avait même poussé la visite du pays à aller voir "derrière les barreaux", mais je ne peux plus me rappeler pour quelle raison cela avait bien pu être, sinon que cela ne devait pas avoir été bien méchant puisqu’il en était ressorti après quelques jours (aventuriers, nous sommes, mais non crapules). Denis, lui, veut rentrer en France pour reprendre ses études. Il est comme moi-même, il ne perd pas le nord malgré toutes les tentations et toutes les expériences du voyage. Nous décidons donc de faire route commune jusqu’à Kaboul.
Ces derniers jours à Peshawar, je loge dans une très humble piaule sur le toit d’un hôtel, une véritable étuve. L’énorme ventilateur au plafond peine à pousser de ses pales l’air humide et lourd de ses 40 degrés et quelques. (Vous appréciez l’allitération ?).
Arrivé si loin dans mon récit, je suis sur le point d’ajouter une autre tuile à une liste déjà longue et de décrocher un pompon supplémentaire, comme si je n’avais pas eu assez de pépins jusqu'ici. Comme mon séjour au Pakistan commence à devenir vraiment épique, je crois opportun de tenter quelques alexandrins – histoire de divertir les lecteurs. Je parlais donc du ventilateur :
J’ai peur qu’il se décroche et me tombe dessus, Qu’il me coupe en charpie et qu’il me décapite. Je me force à sortir pour aller aux toilettes, Me regarde au miroir, vois le coin de mes yeux Jaunis, et mon urine, ambrée comme le miel, M’inquiète également. Couleurs plus que suspectes ! Aux toilettes, l’odeur douceâtre et écœurante, Mauvaise messagère, accroit mon désarroi.
« Mxxxe ! », pour sûr, je me suis chopé une sale maladie, et je crois savoir laquelle !
J’espère que mes lecteurs sauront apprécier les rejets ou mises en relief de certains mots (« … Jaunis …. » ; « ……. douceâtre…. ») qui accentuent la mauvaise surprise qui m’attend aux toilettes. Bon, hein ! Je ne suis ni Baudelaire, ni Victor Hugo !
Le lendemain, je fais la queue pour obtenir le visa pour l’Afghanistan. Mon laissez-passer ne pose aucun problème, je n’ai qu’à payer les quelques 20 ou 30 roupies comme tout le monde. Puis je vais à la poste pour expédier un petit tapis que j’ai acheté pour une poignée de dollars. Je me fraye un chemin au milieu de tous ces Pashtos rudes et solides, m’accoude au comptoir .... et me sens pris d’un vertige. Je me plie en deux et là, au milieu de ces hommes au regard dur et hébété qui soudain s’écartent de moi, je vomis tout ce que je sais. 😮😕🏴☠️ J’ai peine à remplir les formulaires et à payer. Je sors en titubant.
Aucun doute, il ne me manquait plus que ça, c’est une hépatite virale qui vient de se déclarer. Le soir, je vais dans un restaurant chinois avec Denis et n’arrive à manger qu’une cuillérée de riz blanc. 😕
Et pour changer encore de style, là j’ai opté pour l’annonce « abrupte » de cette crise en plein milieu de la poste de Peshawar. J’espère avoir ainsi réussi un effet percutant sur mes lecteurs.🙂😉
Mise à jour : les tout derniers jours à Peshawar, sur mon retour vers l’Afghanistan, j’ai une violente crise d’hépatite virale.
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Le lendemain, je prends le bus pour Kaboul avec Denis. Nous arrivons à la frontière en haut de la fameuse Khyber Pass, dans un paysage de montagnes arides où les couleurs jaune, brune et ocre dominent. Tout le monde descend du bus et là, à droite de la route poussiéreuse (avez-vous remarqué combien il y a de « routes poussiéreuses » dans les récits de voyage ?), on fait la queue pour passer au poste de contrôle Pakistanais. Tout le monde sauf moi. Au premier coup d’œil sur mes papiers, on m’a dit : « attends là ! ». Je suis assis dehors et j’attends. 😐 Deux ou trois officiers viennent enfin m’interroger. « Quel est ton problème ? Depuis quand es-tu au Pakistan ? ». Les voyageurs avaient le droit à cette époque d’y rester un mois sur un visa normal, donc je réponds « un mois » (j’y étais depuis près de deux mois). Je n’ai en fait rien sur moi qui dise quand je suis entré au Pakistan. Le jour où on m’a délivré mon Laissez-Passer à Islamabad me tient presque lieu de date de naissance !
Je me suis souvent dit par la suite qu’il ne tenait qu’à ces deux ou trois hommes de s’être levés du mauvais pied ce jour- là, de mal voir ce bout de papier que je leur présentais en guise de passeport, de me refuser le passage et de me demander de revenir avec des papiers supplémentaires pour authentifier ma situation. Je n’ai pas le moindre doute que j’aurais alors fini par crever au Pakistan. Mais le bon sens prévaut. Que faire d’un énergumène pareil au Pakistan ? Autant l’expédier dans le pays voisin et à d’autres de régler leurs problèmes avec lui !
Je ne peux pas vous dire le bonheur que je ressens à remonter dans le bus, qui maintenant attend, tout le monde déjà à bord, de l’autre côté de la frontière ! Pouvez-vous imaginer mon soulagement d’avoir enfin réussi à sortir du Pakistan ? Kaboul n’est qu’à quelques heures de route, ville tranquille et familière où je pourrai me reposer – car je suis on ne peut plus faible – puis quelques heures d’avion et enfin la Doulce France !
Denis a décidé de se séparer de moi dès notre arrivée à Kaboul, car dit-il je suis trop dangereux, étant au début d’une hépatite virale carabinée et sans aucun doute contagieux. Il a déjà connu ça et ne tient pas du tout à répéter l’expérience. Mais avant de me souhaiter bonne chance, il me confie un flacon de « pills de Peshawar » - ce brigand n’avait pas oublié de faire des provisions avant de quitter Peshawar ! Selon lui, je n’aurai aucun mal à le passer puisque je prends l’avion. Quant à lui, plusieurs jours de route l’attendent : Iran, Turquie etc, quelques endroits où il ne fait pas bon se faire pincer avec ce genre de bagage.🙁🏴☠️
Je n’ai aucun mal, en effet, à passer les contrôles à l’aéroport de Kaboul, le flacon dans la poche droite de mon veston sans manches pakistanais. Dans l’appareil, je me retrouve assis à côté d’un Français plus âgé et sympathique qui me regarde des pieds à la tête d’un regard étonné. Il me raconte sa visite de Mohendjo Daro et de Harappa. Bien sûr, j’aurais eu plaisir à visiter ces ruines célèbres au Pakistan, dans des conditions plus normales….
Arrivée à Charles-De-Gaulle. Je n’arrive toujours pas à croire la désinvolture avec laquelle je pousse mon trolley sur lequel j’ai placé mon petit baluchon de rien du tout. 🙂😇 Habillé d’un shalwar kameez pakistanais fatigué et délavé, n’ayant aux pieds qu’une paire de sandales aux talons usés jusqu’à avoir des trous de la taille d’une pièce de 1 franc, mon flacon de « pills » négligemment laissé dans la poche droite de mon veston, je passe les contrôles comme si de rien n’était. Je revois encore et encore le geste de la main de l’un des douaniers, prenant à peine note de moi et m’incitant à passer mon chemin. Comme les astronautes du film « Species » (le film-séquelle de « La Mutante » en français), je reviens « sur Terre » porteur d’un mal vicieux….. 😮😠
C’est que depuis quelques jours je ne me faisais plus le moindre souci au monde. Sorti du Pakistan, j’avais l’impression que plus aucun mal ne pouvait m’arriver. Je me foutais complètement de tout. Ne pesant que 50 kilos, je me sentais léger et serein et j’avais l’impression de flotter à 20 centimètres du sol. 😇🙂 Je me moquais totalement des quelques regards curieux dans le métro. J’étais en route vers un endroit où je puisse enfin me reposer, commencer à penser aux moyens de me rétablir, et récupérer ma mise.
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Le lendemain, je prends le bus pour Kaboul avec Denis. Nous arrivons à la frontière en haut de la fameuse Khyber Pass, dans un paysage de montagnes arides où les couleurs jaune, brune et ocre dominent. Tout le monde descend du bus et là, à droite de la route poussiéreuse (avez-vous remarqué combien il y a de « routes poussiéreuses » dans les récits de voyage ?), on fait la queue pour passer au poste de contrôle Pakistanais. Tout le monde sauf moi. Au premier coup d’œil sur mes papiers, on m’a dit : « attends là ! ». Je suis assis dehors et j’attends. 😐 Deux ou trois officiers viennent enfin m’interroger. « Quel est ton problème ? Depuis quand es-tu au Pakistan ? ». Les voyageurs avaient le droit à cette époque d’y rester un mois sur un visa normal, donc je réponds « un mois » (j’y étais depuis près de deux mois). Je n’ai en fait rien sur moi qui dise quand je suis entré au Pakistan. Le jour où on m’a délivré mon Laissez-Passer à Islamabad me tient presque lieu de date de naissance !
Je me suis souvent dit par la suite qu’il ne tenait qu’à ces deux ou trois hommes de s’être levés du mauvais pied ce jour- là, de mal voir ce bout de papier que je leur présentais en guise de passeport, de me refuser le passage et de me demander de revenir avec des papiers supplémentaires pour authentifier ma situation. Je n’ai pas le moindre doute que j’aurais alors fini par crever au Pakistan. Mais le bon sens prévaut. Que faire d’un énergumène pareil au Pakistan ? Autant l’expédier dans le pays voisin et à d’autres de régler leurs problèmes avec lui !
Je ne peux pas vous dire le bonheur que je ressens à remonter dans le bus, qui maintenant attend, tout le monde déjà à bord, de l’autre côté de la frontière ! Pouvez-vous imaginer mon soulagement d’avoir enfin réussi à sortir du Pakistan ? Kaboul n’est qu’à quelques heures de route, ville tranquille et familière où je pourrai me reposer – car je suis on ne peut plus faible – puis quelques heures d’avion et enfin la Doulce France !
Denis a décidé de se séparer de moi dès notre arrivée à Kaboul, car dit-il je suis trop dangereux, étant au début d’une hépatite virale carabinée et sans aucun doute contagieux. Il a déjà connu ça et ne tient pas du tout à répéter l’expérience. Mais avant de me souhaiter bonne chance, il me confie un flacon de « pills de Peshawar » - ce brigand n’avait pas oublié de faire des provisions avant de quitter Peshawar ! Selon lui, je n’aurai aucun mal à le passer puisque je prends l’avion. Quant à lui, plusieurs jours de route l’attendent : Iran, Turquie etc, quelques endroits où il ne fait pas bon se faire pincer avec ce genre de bagage.🙁🏴☠️
Je n’ai aucun mal, en effet, à passer les contrôles à l’aéroport de Kaboul, le flacon dans la poche droite de mon veston sans manches pakistanais. Dans l’appareil, je me retrouve assis à côté d’un Français plus âgé et sympathique qui me regarde des pieds à la tête d’un regard étonné. Il me raconte sa visite de Mohendjo Daro et de Harappa. Bien sûr, j’aurais eu plaisir à visiter ces ruines célèbres au Pakistan, dans des conditions plus normales….
Arrivée à Charles-De-Gaulle. Je n’arrive toujours pas à croire la désinvolture avec laquelle je pousse mon trolley sur lequel j’ai placé mon petit baluchon de rien du tout. 🙂😇 Habillé d’un shalwar kameez pakistanais fatigué et délavé, n’ayant aux pieds qu’une paire de sandales aux talons usés jusqu’à avoir des trous de la taille d’une pièce de 1 franc, mon flacon de « pills » négligemment laissé dans la poche droite de mon veston, je passe les contrôles comme si de rien n’était. Je revois encore et encore le geste de la main de l’un des douaniers, prenant à peine note de moi et m’incitant à passer mon chemin. Comme les astronautes du film « Species » (le film-séquelle de « La Mutante » en français), je reviens « sur Terre » porteur d’un mal vicieux….. 😮😠
C’est que depuis quelques jours je ne me faisais plus le moindre souci au monde. Sorti du Pakistan, j’avais l’impression que plus aucun mal ne pouvait m’arriver. Je me foutais complètement de tout. Ne pesant que 50 kilos, je me sentais léger et serein et j’avais l’impression de flotter à 20 centimètres du sol. 😇🙂 Je me moquais totalement des quelques regards curieux dans le métro. J’étais en route vers un endroit où je puisse enfin me reposer, commencer à penser aux moyens de me rétablir, et récupérer ma mise.
Merci beaucoup pour ce récit, j'ai pris énormément de plaisir à le lire 🙂.
Rideau.
... merci. - -- Je suis ravi de t'avoir fait plaisir, ainsi qu'à Fred et Jéjé qui se sont déjà manifestés 🙂, et j'espère à quelques autres lecteurs. Je tenais à partager une aventure qui sortait de l'ordinaire - on parle beaucoup de voyages sur ce forum - et en même temps me forcer à la mettre par écrit et à m'en purger avec le recul du temps (plus d'un tiers de siècle!).
Mais ..... pas de rappels???? 😕😇
Non, non, je plaisante! Mais je crois que je vais rajouter une petite page encore....... 😉
... merci. - -- Je suis ravi de t'avoir fait plaisir, ainsi qu'à Fred et Jéjé qui se sont déjà manifestés 🙂, et j'espère à quelques autres lecteurs. Je tenais à partager une aventure qui sortait de l'ordinaire - on parle beaucoup de voyages sur ce forum - et en même temps me forcer à la mettre par écrit et à m'en purger avec le recul du temps (plus d'un tiers de siècle!).
Mais ..... pas de rappels???? 😕😇
Non, non, je plaisante! Mais je crois que je vais rajouter une petite page encore....... 😉
bonjour,
encore MERCI pour ce fabuleux récit, (que j'ai commencé , il y a quelques jours et que j'ai littéralement dévoré ! ) sérieusement il ya "une très bonne patte " de la façon d'écrire, tout en ajoutant des anecdotes et informations diverses ......1 grand écrivain est peut etre né? en tout cas , ça fait plaisir de lire des récits "authentiques " de trips dans les années 70 (et oui , pour ma part , né en 1979.....) , de pays qui déviennent innacessibles ? actuellement ? ça donnne envie de découvrir l'afghanistan et le pakistan , enfin encore merci pour le voyage...........
joh
encore MERCI pour ce fabuleux récit, (que j'ai commencé , il y a quelques jours et que j'ai littéralement dévoré ! ) sérieusement il ya "une très bonne patte " de la façon d'écrire, tout en ajoutant des anecdotes et informations diverses ......1 grand écrivain est peut etre né? en tout cas , ça fait plaisir de lire des récits "authentiques " de trips dans les années 70 (et oui , pour ma part , né en 1979.....) , de pays qui déviennent innacessibles ? actuellement ? ça donnne envie de découvrir l'afghanistan et le pakistan , enfin encore merci pour le voyage...........
joh
joh
Merci Johann pour tes compliments. Ça fait toujours plaisir 🙂. Je suis surtout heureux d'avoir des réactions positives qui prouvent que je n'ai pas écrit tout ça pour rien et que j'ai pu faire plaisir à certains lecteurs. Mais pour devenir un "grand écrivain", il faut ou avoir du génie ou énormément travailler ... ou les deux! Je crois que ce sera dans une vie prochaine. 😉
Peut-être auras-tu aussi plaisir à lire mes autres récits, sur l'Asie ceux-là et en particulier quelques aperçus sur la vie à "Bâan Nâawk", un petit village en Thaïlande où je vais me réfugier de temps à autre - mais rien d'aussi mouvementé que mon périple en Afghanistan et au Pakistan.
Peut-être auras-tu aussi plaisir à lire mes autres récits, sur l'Asie ceux-là et en particulier quelques aperçus sur la vie à "Bâan Nâawk", un petit village en Thaïlande où je vais me réfugier de temps à autre - mais rien d'aussi mouvementé que mon périple en Afghanistan et au Pakistan.
Avant que mon récit tombe pour toujours dans les oubliettes de VF, je pense qu’il mérite que je lui ajoute quelques mots de réflexion finale.
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Voilà donc, j’ai atteint le bout de mon récit. Je me retrouve tel le marin de Sailor’s Tale, ce morceau fou et superbe de King Crimson (dans leur superbe album Islands) : on imagine le marin, de retour d’un voyage fantastique, narrer ses aventures, et ça tourne rapidement au délire et au cauchemar. Faites confiance à Robert Fripp pour bien vous taper dans la figure ! Son solo de guitare est tout simplement démentiel : c’est le « bad trip » ultime ……🏴☠️ Pour ce qui est des « îles », but mythique de bien des voyages, quelqu’un a suggéré que ce morceau fait à lui seul toutes les « faces cachées » (et potentiellement dangereuses) dont vous aurez jamais besoin !
Tel le marin de King Crimson, j’ai donc raconté ma version personnelle et vécue d’un voyage qui a mal tourné. Récapitulons ! Je ne pesais que 50 kilos à mon retour du Pakistan. J’avais l’hépatite virale, des parasites intestinaux, des plaies qui n’avaient pas guéri depuis plusieurs semaines et même des poux dans les cheveux. J’étais rentré au bercail sans passeport, n’ayant qu’un bout de papier comme preuve de mon identité. Je n’étais vêtu que d’un simple pyjama pakistanais élimé et n’avais comme bagage qu’un baluchon de 2 ou 3 kilos. Dire que j’étais une épave serait aller un peu loin, mais il y avait un peu de ça !
Évidemment, on avait voulu m’hospitaliser mais j’avais refusé. On ne pouvait pas m’y forcer. À quoi bon ? Je savais bien qu’on ne pouvait pas faire grand-chose contre l’hépatite virale, sinon m’astreindre à un repos total et à manger très léger. Je pouvais donc gérer ma convalescence tout seul. J’avais d’ailleurs commencé à retrouver un petit peu d’appétit dès Kaboul. De retour en France, j’étais comme au paradis. Je me levais la nuit pour me faire des chocolats chauds : n’avoir qu’à ouvrir le gaz et à craquer une allumette pour réchauffer le lait, cela tenait presque du miracle après le manque de confort de mon séjour involontaire au Pakistan. 😛😎😇
Il ne me fallut que quelques mois pour me rétablir et retrouver un poids normal, et je sus abandonner les quelques mauvaises manies que j’avais adoptées au Pakistan. Quant à la tête, il me fallut quand-même quelques mois pour remettre les pieds sur terre.
Près de 40 années se sont écoulées depuis le jour où j’ai pris la route vers l’Orient. De temps à autre, je pense encore à mes péripéties au Pakistan et m’étonne de la chance inouïe que j’ai eue alors. D’accord, je n’avais pas pu atteindre l’Inde, qui était en fait le but de mon voyage. Certes, je m’étais retrouvé dans une situation extrêmement désagréable et je n’étais pas passé loin du désastre total. J’aurais bien pu y rester pour de bon. Sans doute, je pouvais regretter de ne pas avoir fait les visites dites « incontournables », voir Harappa et Mohendjo Daro par exemple. Mais, d’un autre côté, j’avais fait des expériences peu communes, j’avais rencontré des gens intéressants, et j’avais été poussé jusqu’aux limites de mes ressources. J’avais aussi dû me poser quelques sérieuses questions sur mon approche de la vie.
Tout simplement, je me considérais heureux d’avoir survécu à mes aventures, de m’en être sorti relativement indemne, et je pouvais envisager toute future épreuve avec équanimité.
Quand je revis ces aventures, je me rends compte à quel point j’ai pu me trouver proche de la déchéance totale, j’en ai des frissons dans le dos. Et il m’arrive de penser à tous ces gens que j’ai rencontrés alors :
- Gabriel K, mon ami de Band-e-Amîr : vit-il encore dans une communauté anarchiste ?
- Que sont devenus Jacques, « l’alchimiste incognito » qui me donnait l’exemple de son calme et de sa sagesse sur les hauteurs de Madian, et mon ami Américain Tom, qui m’avait aidé par sa gentillesse et sa patience dans mes moments difficiles?
- Les trois « frères Muhammad » sont-ils encore à faire les routes du Pakistan, en malangs aguerris ?
- Où sont maintenant les Québécois : mon ami à moitié Indien Charles, et Marie qui nous avait accompagnés dans notre trip des « sorciers du tcharss » et avec laquelle j’avais eu cette « confrontation des chiloms »?
- Les deux sœurs, Catherine et Martine, continuent-elles à se prendre pour des princesses et à torturer les gens par leur arrogance et leur attitude hautaine et méprisante ?
- Dans quelle prison Carlos a-t-il peut-être bien fini par pourrir ?
Sont-ils d’ailleurs encore tous en vie, ces gens avec lesquels j’ai vécu ces semaines au Pakistan, alors que certains d’entre nous recherchions la sagesse, sciemment ou non, mais en fait baignions en pleine folie ?
Et qu’en est-il de moi-même, me demanderez-vous? Ceux qui m’ont rencontré pourront témoigner que je suis loin d’être devenu une épave, bien au contraire. Que cela suffise, et je reprendrai cette fois pour de bon la phrase de Forest Gump :
« and that’s all I have to say about that ! »
“et c’est là tout ce que j’avais à en dire!” 😉
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Voilà donc, j’ai atteint le bout de mon récit. Je me retrouve tel le marin de Sailor’s Tale, ce morceau fou et superbe de King Crimson (dans leur superbe album Islands) : on imagine le marin, de retour d’un voyage fantastique, narrer ses aventures, et ça tourne rapidement au délire et au cauchemar. Faites confiance à Robert Fripp pour bien vous taper dans la figure ! Son solo de guitare est tout simplement démentiel : c’est le « bad trip » ultime ……🏴☠️ Pour ce qui est des « îles », but mythique de bien des voyages, quelqu’un a suggéré que ce morceau fait à lui seul toutes les « faces cachées » (et potentiellement dangereuses) dont vous aurez jamais besoin !
Tel le marin de King Crimson, j’ai donc raconté ma version personnelle et vécue d’un voyage qui a mal tourné. Récapitulons ! Je ne pesais que 50 kilos à mon retour du Pakistan. J’avais l’hépatite virale, des parasites intestinaux, des plaies qui n’avaient pas guéri depuis plusieurs semaines et même des poux dans les cheveux. J’étais rentré au bercail sans passeport, n’ayant qu’un bout de papier comme preuve de mon identité. Je n’étais vêtu que d’un simple pyjama pakistanais élimé et n’avais comme bagage qu’un baluchon de 2 ou 3 kilos. Dire que j’étais une épave serait aller un peu loin, mais il y avait un peu de ça !
Évidemment, on avait voulu m’hospitaliser mais j’avais refusé. On ne pouvait pas m’y forcer. À quoi bon ? Je savais bien qu’on ne pouvait pas faire grand-chose contre l’hépatite virale, sinon m’astreindre à un repos total et à manger très léger. Je pouvais donc gérer ma convalescence tout seul. J’avais d’ailleurs commencé à retrouver un petit peu d’appétit dès Kaboul. De retour en France, j’étais comme au paradis. Je me levais la nuit pour me faire des chocolats chauds : n’avoir qu’à ouvrir le gaz et à craquer une allumette pour réchauffer le lait, cela tenait presque du miracle après le manque de confort de mon séjour involontaire au Pakistan. 😛😎😇
Il ne me fallut que quelques mois pour me rétablir et retrouver un poids normal, et je sus abandonner les quelques mauvaises manies que j’avais adoptées au Pakistan. Quant à la tête, il me fallut quand-même quelques mois pour remettre les pieds sur terre.
Près de 40 années se sont écoulées depuis le jour où j’ai pris la route vers l’Orient. De temps à autre, je pense encore à mes péripéties au Pakistan et m’étonne de la chance inouïe que j’ai eue alors. D’accord, je n’avais pas pu atteindre l’Inde, qui était en fait le but de mon voyage. Certes, je m’étais retrouvé dans une situation extrêmement désagréable et je n’étais pas passé loin du désastre total. J’aurais bien pu y rester pour de bon. Sans doute, je pouvais regretter de ne pas avoir fait les visites dites « incontournables », voir Harappa et Mohendjo Daro par exemple. Mais, d’un autre côté, j’avais fait des expériences peu communes, j’avais rencontré des gens intéressants, et j’avais été poussé jusqu’aux limites de mes ressources. J’avais aussi dû me poser quelques sérieuses questions sur mon approche de la vie.
Tout simplement, je me considérais heureux d’avoir survécu à mes aventures, de m’en être sorti relativement indemne, et je pouvais envisager toute future épreuve avec équanimité.
Quand je revis ces aventures, je me rends compte à quel point j’ai pu me trouver proche de la déchéance totale, j’en ai des frissons dans le dos. Et il m’arrive de penser à tous ces gens que j’ai rencontrés alors :
- Gabriel K, mon ami de Band-e-Amîr : vit-il encore dans une communauté anarchiste ?
- Que sont devenus Jacques, « l’alchimiste incognito » qui me donnait l’exemple de son calme et de sa sagesse sur les hauteurs de Madian, et mon ami Américain Tom, qui m’avait aidé par sa gentillesse et sa patience dans mes moments difficiles?
- Les trois « frères Muhammad » sont-ils encore à faire les routes du Pakistan, en malangs aguerris ?
- Où sont maintenant les Québécois : mon ami à moitié Indien Charles, et Marie qui nous avait accompagnés dans notre trip des « sorciers du tcharss » et avec laquelle j’avais eu cette « confrontation des chiloms »?
- Les deux sœurs, Catherine et Martine, continuent-elles à se prendre pour des princesses et à torturer les gens par leur arrogance et leur attitude hautaine et méprisante ?
- Dans quelle prison Carlos a-t-il peut-être bien fini par pourrir ?
Sont-ils d’ailleurs encore tous en vie, ces gens avec lesquels j’ai vécu ces semaines au Pakistan, alors que certains d’entre nous recherchions la sagesse, sciemment ou non, mais en fait baignions en pleine folie ?
Et qu’en est-il de moi-même, me demanderez-vous? Ceux qui m’ont rencontré pourront témoigner que je suis loin d’être devenu une épave, bien au contraire. Que cela suffise, et je reprendrai cette fois pour de bon la phrase de Forest Gump :
« and that’s all I have to say about that ! »
“et c’est là tout ce que j’avais à en dire!” 😉
Sans ces expériences tu ne serais pas celui que tu es ...
Merci encore et bonne route.
Merci encore et bonne route.
namdreul
merci pour ce récit passionnant drôle et vivant 🙂
Et merci à toi, Julien, namdreul et Fred (et d'autres) pour m'avoir suivi jusqu'ici, ainsi que pour votre appréciation! Hasta la vista, les amis! 🙂
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