On continue,
6/8
La nuit au Kazikini camp a été calme. Je pensais que nous aurions la visite d’animaux, mais rien, même pas le rugissement d’un lion ou le cri d’une hyène au loin. Il a encore fait froid cette nuit. On se lève tranquillement, pas de game drive ce matin mais un long parcours pour atteindre le camp de 3rd bridge dans la réserve naturelle de Moremi. On n’est donc pas trop pressé. Il est 9h00 lorsque nous quittons le camp. 1h00 plus tard en ayant aperçu quelques girafes, impalas et kudus, nous voici à South Gate, l’entrée sud de la réserve de Moremi. On montre notre droit d’entrée et la réservation du camp pour pouvoir passer. Le ranger nous indique qu’il y a beaucoup d’eau, que 1st bridge ne pose pas de problème mais faire attention car le pont n’est pas en bon état, ne pas passer sur 2nd bridge mais à droite, impossible de passer à gauche de Xini lagoon … Tout un tas de recommandation qu’évidement je note nulle part. C’est parti pour la grande aventure. La piste est par moment sableuse, étroite, bosselée, humide. On voit quelques animaux, et effectivement, impossible de faire la boucle à Xini Lagoon. Dommage car c’est jolie et il y a pas mal d’animaux au loin. Arrivée à 1st bridge, je m’arrête, je respire un bon coût puis je me lance dans mon premier gué. Pfff même pas peur. On continue, il y a par moment de grandes prairies presque vertes et par moment on se retrouve dans une forêt plutôt dense. Ce qui nous frappe c’est que c’est finalement assez vert, que ce soit la prairie et les arbres, sauf les endroits dévastés par les éléphants ou seules les branches (mortes ?) restent. On arrive à 2nd bridge et la, problème. On m’avait dit de passer le gué à droite du pont, mais il y a trois possibilités avec dans les trois cas beaucoup d’eau. Que faire. J’analyse la situation, je regarde bien et je m’aperçois que la voie du milieu a été empruntée par plusieurs véhicules récemment car il y a des traces encore humides. Bizarrement c’est la trajectoire qui me paraissait la moins praticable car en légère courbe et avec de la boue à l’arrivée. Bon ben quand faut y aller, faut y aller. Boite courte, 1ère, 2ème, 3ème, allez maintenant faut plus s’arrêter. Et hop, c’est bon on est passé. Pff même pas peur (enfin presque pas peur). Fier de mon franchissement me voilà rassuré pour la suite du voyage. On rencontre encore tout un tas d’herbivore sur notre trajet avant d’arriver à la Gate du camp de 3rd bridge. Il est 13h00 lorsque nous arrivons. On prend possession de notre emplacement juste à côté du bloc sanitaire, le même qu’à Nxai Pan et quasiment neuf également. Ca nous rassure de ne pas avoir à faire un long trajet à pied le soir avec les bébêtes autour de nous. On s’installe, préparation du casse-croute, douche bien chaude … puis c’est reparti pour le game drive du soir. Le ranger nous indique que les animaux se trouvent plutôt à l’ouest, je décide de prendre la piste qui mène à la Mboma Boat Station. On y voit des éléphants, girafes, impalas. Au retour, on se retrouve au beau milieu d’un troupeau de buffles assez impressionnant. Ils sont partout : à droite, à gauche, devant. Que faire avancer, attendre gentiment que le troupeau passe ? Mais s’ils sont plusieurs centaines, combien de temps va-t-on attendre ? En plus je suis dans du sable profond et mou. Je décide de me sortir de la rapidement d’autant que le soleil va disparaître et qu’il reste encore quelques bon kilomètres avant d’arriver au camp. Boite courte, j’accélère et je fonce devant moi afin de les dépasser. Ouf, sauvé. En arrivant au camp, pas de singe, les bébêtes que je redoutais le plus. Lors de notre passage à la Gate, le ranger nous à indiqué que des lions trainent pas loin côté ouest et qu’il est fort à parier qu’ils passeront 3rd bridge dans la nuit. Effectivement on les entend rugir au loin. Comme chaque soir dépliage des tentes, déballage de tout le matos, préparation du feu, cuisine … Il fait nuit lorsque l’on doit se mettre à table. Ayant les mains salles, je décide d’aller faire un petit tour au bloc sanitaire, seul, il est à 20 mètres maximum de notre emplacement. Je prends la torche avec moi. Pendant que je me lave les mains, j’entends des cris. « Une hyène, une hyène ». Affolé, je retourne au 4x4 en vérifiant de tous les côtés si elle n’est pas là. En arrivant au camp, je vois femme et enfants totalement pétrifiées dans le 4x4. « Une grosse hyène, elle est passée à 3 mètres, juste là, derrière nous ». Je reste zen, le ranger nous avait dit que l’on ne risquait rien des hyènes. Je m’aperçois que dans l’affolement, Charlotte à garder dans sa main la grille du BBQ et est rentrée dans le 4x4 avec ! Bon je fais sortir tout le monde puis nous avalons le repas très rapidement, plions les tables, chaises, rangeons nos affaires puis grimpons dans les tentes. Bon moyen pour faire vite ! Pendant le repas, la hyène est allez voir le camp des voisins. Nous les avons entendus crier pour la faire déguerpir à plusieurs reprises. Un petit moment s’écoule lorsque nous les entendons de nouveau crier mais leurs voix semblent proche de nous. J’ouvre la tente et je vois effectivement la hyène sur notre camp à côté du feu reniflant la grille du BBQ que j’avais laissée. Je ne pensais pas qu’une hyène tachetée, pouvait être si grande et si musclée, impressionnante la bête. Elle me regarde quelques instants avant d’être chassée par les voisins. Ils m’expliquent que, même si tout est plié, je ne dois rien laisser au sol. Je redescends donc, puis place tout sur le capot du 4x4, la flemme de tout sortir du coffre pour tout ranger.
Avant de nous endormir, on entend et à plusieurs reprises le rugissement des lions. Quelle soirée !
Trajet : 80 Km – 3h
7/8
Réveil matinal. Bonne nuit mais toujours fraiche, moins que les jours précédents quand même. Toute la nuit, les lions se sont fait entendre au loin. On plis tout et on part pour le game drive et surtout essayer de repérer les lions. Je ne me pose pas de question, direction est. On passe 3rd bridge. Le courant qui passe au dessus du pont est plutôt fort, mais avec mon talent de conducteur ça passe sans problème. On fait 200 mètres après le pont et bingo, je repère les traces des lions. De grosses pattounes bien marquées dans le sable, je suis le premier à passer. Je suis les traces mais je me retrouve dans le camp du staff de 3rd bridge. Machine arrière, puis direction 4th bridge. On fait presque toutes les pistes praticables entre 3rd et 4th bridge pour essayer de les trouver, mais rien. En chemin on croise quelques impalas, girafes, zèbres mais pas nos lions. De retour vers 3rd bridge par une autre piste plus au nord, je retrouve leurs traces, proche d’un point d’eau, puis elles disparaissent dans le bush. Résignés, nous décidons vers 8h30 de retourner au camp d’autant que je ne sais pas si l’on peu rejoindre Xakanaxa directement via 4th bridge. En arrivant au pont près du camp, bouchon de 4x4. Ca y est, un gars s’est planté au milieu du gué. En faite, pas du tout, ce sont les lions qui ralentissent la circulation. Ils repartent côté ouest, la ou ils étaient la veille. Difficile de les apercevoir derrière tous ces véhicules. On passe le pont les uns derrière les autres à suivre les lions mais ils disparaissent rapidement dans les hautes herbes de la plaine se trouvant en face du camp de 3rd bridge. Dommage, on les a ratés de peu. Petit déjeuner rapide, rangement, toilette, on est prêt à repartir vers 9h30. La veille, le ranger m’avait indiqué que la piste entre 3rd bridge et Xakanaxa était fermée car totalement flooded à la hauteur de 4th bridge mais que le staff essayait d’ouvrir une piste de contournement et que ce n’était qu’une question d’heures quant à son ouverture. Donc on quitte le camp, direction la gate pour nous renseigner. Malheureusement la piste de contournement n’est toujours pas ouverte et il est impossible de passer par la piste principale. Il nous faut donc redescendre à South Gate pour remonter par la piste de Xakanaxa. Bon, ça ne fera que 100 km de piste à faire au lieu de 20, histoire de faire passer le temps (4h environ au lieu de1h) ! Nous revoilà donc parti pour South Gate. Piste connue avec quelques animaux au départ puis plus rien mis à part un face à face avec une troupe d’éléphant approchée d’un peu trop prêt, belle frayeur. Les ponts de 1st et 2nb bridge ne sont que des formalités, toujours autant d’eau à Xini Lagoon. Il est 11h30 lorsque l’on atteint South Gate, on tourne à gauche et on repart dans le sens quasi inverse pour 50 km. La piste est plus large donc beaucoup plus roulante. A quelques kilomètres de l’arrivée, nous sommes accueillis par un beau troupeau d’éléphants sortant du toilettage en plein milieu du bush. Il y a plusieurs petits, les ados et adultes nous font comprendre qu’ils seraient plutôt dangereux pour nous de vouloir passer. On attend donc que tout ce beau monde traverse la piste. Arrivée à la Gate de Xakanaxa, je m’arrête pour déclarer notre arrivée, formalités identiques comme partout, on remplit de grands cahiers dont-on ne connaît finalement pas leurs utilisations. Des pages et des pages de noms, de plaques d’immatriculations, d’où on vient, ou l’on va, nationalité, nombre … Des fois que l’on nous retrouve dans la gueule d’un lion peut-être ? Bref, je discute un peu avec le ranger qui m’indique qu’il n’y a qu’une piste actuellement praticable qui est celle qui part vers l’est juste derrière la piste d’avion. Toutes les autres sont inondées au bout de quelques centaines de mètres. Il me précise également que voir des animaux est actuellement très difficile car ils sont éparpillés à cause ou grâce à la quantité d’eau disponible un peu partout. Bon ben on fera avec et puis nous n’avons pas vraiment le choix. C’est la nature qui nous accueil et qui décide, pas nous. On part donc repérer notre emplacement, le n°7. Pour y accéder on traverse plusieurs gués. Notre emplacement est très grand, sous un beau gros arbre. La rivière est à nos pieds même si on ne la voit pas, il y a tellement de papyrus et autres herbes hautes. Le bloc sanitaire, un peu vieillot mais propre est à une trentaine de mètres de nous. Installation, lunch, douche puis vers 16h00 on part pour le game drive. On parcourt la piste indiquée mais on a vite fait le tour. Je test une autre piste mais au bout de quelques kilomètre, demi tour lorsque j’arrive devant un étang. On tourne un peu en rond puis un ranger arrive en contre sens et m’indique qu’un léopard est visible prêt de la gate dans un arbre et me précise l’endroit et comment y accéder. En route, un peu d’action. On trouve facilement, plusieurs 4x4 de safari sont déjà positionnés. L’arbre en question est à 70m au moins. On prend les jumelles puis « oui, oui la tâche marron à gauche 3ème branche en partant du haut. Et sa proie est coincée entre les deux branches du bas. Tu la vois ? Ha oui, effectivement un impala ». Effectivement, un léo, mais bon, 70m, fin de journée avec le soleil qui est déjà très bas, il y a mieux comme rencontre. Au bout d’un quart d’heure, action : le léo bouge, va grignoter un morceau de sa proie puis remonte dans sa branche. Sans les jumelles, impossible de voir. Lorsque le soleil disparaît définitivement, tout le monde repart dans son camp. De retour à notre emplacement, j’attaque l’allumage du feu de camp. Soudain, des éclaboussures et un grand bruit face à moi (je suis positionné face à la rivière). Je vois sortir un bon gros éléphant que je nommerais pendant mon récit, Babar. Il se plante devant moi à 5 mètres maximum. Enorme, Babar est vraiment énorme. Je n’ai même pas eu le temps de voir les filles terrifiées grimper dans le 4x4 s’asseoir sur tous les sacs que nous entreposons à l’intérieur pour des questions pratiques. Je recul face à Babar et monte à mon tour dans le 4x4. Que faire. Je vois mon feu diminuer. Je sors, met un morceau de bois puis remonte car je me fais traiter de tous les noms par ces dames. 10 minutes plus tard, même manip. Entre temps, Babar s’est déplacé d’au moins 1m50 ! Bon il faudrait faire quelque chose. J’essai de faire comprendre à Babar que nous avons payé pour cet emplacement, que nous sommes en règle, reçu tamponné par le gouvernement et disponible si il le souhaite, et que nous aimerions disposer de notre emplacement en TOTALITE. Il me fait gentiment comprendre que si je veux la guerre, il est prêt à riposter. Sans rigoler, ne serais-ce qu’un mouvement d’oreille ben ça fait peur ; c’est bruyant et sa déplace beaucoup d’air. Bref je remonte très rapidement, à sa demande, dans le 4x4 et sans broncher. Par la même occasion, j’en prends pour mon grade par ces dames. On patiente, puis je vois les feux d’un 4x4 s’approcher. Je sorts, fais le tour de notre véhicule, puis fais de grands signes en guise de SOS avec la torche. C’est une femme rangers qui a l’air familier de ce genre de situation. J’explique mon cas. Elle remonte dans son véhicule, va se positionner à 1m50 devant Babar et essaie de le faire bouger en faisant hurler son pick-up. Pas le moindre mouvement de la part de Babar qui continue son activité comme si de rien était. La rangers revient vers moi et m’explique que l’on ne craint rien de Babar, qu’il n’est pas agressif (sauf si on l’embête) et qu’il est tout simplement en train de se régaler de tous les fruits tombés de notre arbre dans la journée, et qu’il continuera sa route dès qu’il aura terminé de balayer le sol. Puis elle repart en rigolant et en me lançant « Enjoy this fabulous and beautiful experience ». Tu parles d’une fabulous et beautiful expérience ! Je suis moi quand même un peu rassuré, mais pas les filles. Je reste entre le feu de camp et le 4x4 prêt à m’y engouffrer. Plusieurs dizaines de minutes s’écoulent, quand finalement Babar daigne nous laisser tranquille puis disparaît dans la nuit en direction du camp suivant. Il ne manquera pas d’avertir les occupants du camp de son passage par un barrissement puissant. Rigolade dans le camp voisin. Heu …, nous, ça nous a fait peur. Pas tout à fait rassuré et constamment aux aguets, le repas fut vite préparé, vite avalé, affaires rangées en deux deux, puis montée dans les tentes sans trainer.
Trajet : 100 Km – 3h30
8/8
La nuit a été moins agitée que la veille au soir. Comme il n’y a pas grand-chose à voir à cause de l’eau, je décide de ne pas faire de game drive ce matin. On partira directement vers le camp suivant, Noth Gate, d’autant que la piste permettant d’y accéder est … flooded et qu’il faut encore une fois redescendre à South Gate. On prend donc notre temps puis c’est vers 9h30 que nous décollons. Rien de passionnant jusqu'à South gate. Je laisse le volant à Charlotte afin qu’elle s’entraine à la conduite. Entre South et North Gate, la piste est toute droite. Pas un virage. Quelques buttes à passer mais c’est tout et rien de particulier à voir. On arrive finalement rapidement à North Gate, on rempli les papiers, on fait connaissance puis on part s’installer sur notre camp que j’ai du mal à trouver et ne correspondant pas à ce que j’ai sur le GPS. Le bloc sanitaire est tout neuf et est très propre. Je repère rapidement, et eux aussi nous on repérés, qu’il y a plusieurs velvets qui trainent tout autour de nous. On leur indique, via le lance pierre que j’avais emporté, que nous sommes la et pas prêt à nous laisser faire. On déjeune, on se douche, puis vient l’heure du game drive. La encore, les pistes sont totalement inondées mais il y a quand même plus à voir et à faire qu’a Xakanaxa. On part donc faire la grande boucle se trouvant à l’est de North Gate. On nous a simplement indiqué qu’aucune des pistes proches de la Kwai Rivier n’est accessible. Encore une fois, pas grand-chose à se mettre sous la dent, mise à part les traditionnels impalas, zèbres et éléphants. Je suis quand même surpris du peu d’oiseau aperçu. Est-on trop rapide ? Sur le retour, deux 4x4 d’une agence de safari sont arrêtés au milieu du bush. Ils auraient vu deux léopards essayer de grimper sur un arbre avec une proie. On se positionne à côté d’eux et on attend. Au bout de 20 minutes, tout le monde repart bredouille. En rentrant au camp, un velvet est positionné sur une caisse en plastique que j’avais laissé et contenant les assiettes, verres, couteaux … et venait de renverser une autre caisse contenant casseroles, poêles … A priori il essayait de voir si les allumettes pouvaient se manger ou comment cela fonctionnait. Ni une ni deux, je descends du 4x4 et lui court après en essayant de lui faire comprendre qu’il n’avait pas intérêt à revenir. Le repas du soir fut plutôt tranquille pour une fois. Vers 21h30 les choses ont commencées à évoluer. Nous étions toujours hors de la tente autour du feu de camp. Les animaux ont commencés à se faire entendre. Des crapauds en quantité, les éléphants au loin que nous avions vu arriver, les hippos dans la rivière à quelques dizaines de mètre, des oiseaux. Tout ce petit monde participait à l’activité nocturne intense que nous entendions. Nous étions positionné face à une grande clairière, on ne voyait pas grand-chose à la lampe torche jusqu’au moment ou des dizaines d’yeux apparurent. Des dizaines d’Impalas autour de nous. Puis quelques cris au loin. Bref, il était temps de rentrer aux abris. Peu de temps après s’être installés dans nos duvets, je remarque que toute l’activité plutôt bruyante était arrêtée. Plus aucun bruit. Les filles, dans la tente à côté, ce sont également rendu compte du silence qui parait si bruyant. Angoisse et peur s’installe. Que ce passe t’il ? On ne bouge pas dans les tentes, le cœur accélère et on écoute ce silence étourdissant. On est tous persuadés qu’il se passe quelque chose autour de nous, mais on n’entend rien. 10, 20 ou 30 minutes plus tard, je trouve le sommeil. A plusieurs reprises dans la nuit, des bruits nocturnes se firent entendre.
Trajet : 75 Km – 2h30
9/8
Réveil difficile car la nuit a été agitée sans que l’on sache vraiment ce qui avait pu se passer dans la nuit. Game drive oblige, il faut se lever. On part difficilement direction l’est comme toujours. On tourne, retourne, à droite, à gauche. Pas grand-chose. Puis au retour, ma tête me dit d’essayer la petite piste sur la droite que j’avais repérer la veille. Ca zigzag sous les arbres, un peu de sable. On arrive proche du bout de la clairière que l’on avait devant les tentes la veille lorsque l’on tombe sur deux jeunes léopards, l’un en train de se régaler d’un impala, l’autre allongé sur un tronc d’arbre à moitié tombé au sol, repus. La lumière est splendide, le soleil n’est pas très haut et l’endroit est chouette. Nous sommes à 10 ou 12 mètres maximum, c’est un régal. On reste la à les observer, ils sont là juste à côté, c’est magique. On a les yeux grands ouverts. Ils sont magnifiques, ils ont des patounes énormes, le plus petit, il me semble, est couvert de sang. A l’écart sur la gauche, je devine, derrière les broussailles, la mère qui surveille les faits et gestes de ses fistons. C’est surement l’apprentissage de la vie. Au bout d’un moment, un des deux petits attrape la proie dans sa gueule et la tire jusqu'à sa mère à travers les hautes herbes pour ensuite disparaître dans le bush. Quelle émotion, peut-être la plus belle du séjour. Tant de temps passé dans le 4x4 à chercher ces instants. Belle récompense.
Retour au camp, on ne traine pas pour le petit déjeuner et la toilette. La route va être longue, direction Savuti. En partant, je passe à la gate pour demander ma route et pour indiquer le lieu ou l’on a repéré les léopards. Miracle, on peut passer par le nord via la transit road. Pas besoin donc de redescendre à South Gate. Seuls deux passages de gués pour traverser la Kwai River sont à prévoir. Un facile et un difficile. Explication, plan sur un bout de papier et c’est parti. J’ai repérer à quelques minutes devant moi un convoi de 3 4x4 d’un tour opérator que je m’attise à rattraper, cela me permettra de voir comment passer le gué difficile. Le premier gué est effectivement facile même si au bout du gué, dans l’eau, un tronc d’arbre est en travers et qu’il faut passer par dessus. Le deuxième est effectivement plus compliqué car, même si il n’est pas long, il faut bifurquer à plusieurs reprises tout en le traversant, comme pour dessiner un S dans l’eau. Je regarde le premier, le second puis le dernier 4x4 du tour opérator avant de me lancer. Finalement ça passe même si un peu d’eau est rentré dans l’habitacle. S’en suit une longue piste nivelée sans aucun intérêt pour atteindre la bifurcation vers la Mahabe South Gate permettant d’accéder à la région de Savuti. Il est 11h30 lorsque nous passons la gate. Renseignement pris, nous pouvons prendre la piste longeant la plaine de Savuti et que l’on mettra le même temps que la transit road. La piste est bonne au départ puis, plus on avance, plus elle devient cassante. On est secoué dans tous les sens. Dur, dur quand même. Au bout d’un moment, on rattrape la transit road. Ca secoue moins, mais que de sable. Des fois 3ème puis 2ème puis 1ère puis boite courte, on relance. C’est usant comme conduite. On ne s’arrête même pas pour le déjeuner, je veux en finir avec cette piste très difficile. La nuque me titille un peu. Vers 14h30 on arrive au camp de Savuti. Ouf. On se pose, on prépare un casse croute. On est juste au bord du Savuti Channel sur le camp MK4. Je m’attendais à un petit court d’eau, c’est en réalité une bonne rivière d’une dizaine de mètre de large qui coule. Incroyable de voir cela alors que deux ans auparavant et depuis plusieurs dizaines d’années, pas une goutte d’eau n’alimentait le Channel. Les sanitaires ne sont pas jeunes mais c’est propre et il y a de l’eau chaude. Pas très motivés, il est 16h45 lorsque l’on décide quand même d’aller visiter un peu l’endroit, demain matin on aura que peu de temps. Dès notre départ, un couple nous demande de les aider. Ils sont plantés avec leur 4x4 au milieu de leur campement. Effectivement, les deux roues arrière sont totalement dans le sable. On attache une sangle entre lui et moi. Boite courte, blocage des différentiels et on y va. Même pas rigolo, ça vient tout seul. Bon, on part pour notre game drive qui a était une vraie déception. L’endroit est très beau avec de belles plaines d’herbes (hautes actuellement) et quelques collines, mais les animaux ont disparus. En 1h30 on aura vu 1 Kudu, 1 éléphant à la sortie du camp et 2 girafes. Pourtant on a tourné, viré autour de kudu Hills, Bushman Hill, Twin Hillls, au bord du Channel, … rien et peu de trace d’animaux dans le sable. L’endroit serait-il devenu désert par manque d’eau pendant des années ? J’avais lu à plusieurs reprises que Savuti n’était plus ce qu’il était depuis quelques temps. Aura-t-on plus de chance demain matin sur l’autre rive ?
Pendant la préparation du repas, sur l’autre rive justement, un éléphant solitaire arrive pour faire sa toilette et se désaltérer. On l’entend, il fait du bruit, il patauge, tout va bien. La nuit commence à tomber alors que notre Babar Le Retour continue de plonger dans sa piscine. Charlotte passe tous le repas avec la lampe torche pointée sur lui ou presque, afin de contrôler la bonne distance entre lui et nous. Il est la depuis 1h30 dans l’eau, et il ne s’est décalé vers la droite que d’une dizaine de mètre au maximum. On le laisse, on papote tranquillement puis un moment après, alors que nous l’avions oublié, on s’aperçoit que Babar Le Retour a disparu. On le cherche, et non il n’est plus en face. Elisa ou Charlotte se retourne et hiiiiiiiiiii, il a traversé et il se trouve de notre côté à quelques mètres (dizaines de mètres). Heureusement, on le voit nous contourner par derrière les broussailles comme si il avait compris que l’on ne souhaitait pas le voir de trop près. Le reste de la soirée fut calme.
Trajet : 120 Km – 5h00
Botswana 2011
Par ici, d'autres récits des voyages effectués (USA, Namibie ...)