Plus tard dans la soirée, alors que je sortais d’un cyber, l’homme au chapeau de Ranger passe en moto. Je lui fais signe de s’arrêter et lui demande s’il peut m’amener au Balcony, le bar où m’avaient donné rendez vous un Australien et un Anglais rencontrés l’après midi.
Sur le chemin, l’homme au chapeau de ranger me demande ce que j’allais faire dans ce bar. Je lui raconte que je devais y trouver ces deux personnes et il me décrit le bar comme tranquille, calme, ambiance plutôt romantique. « Un bar à touristes en couples qui viennent en voyage de noce au Cambodge, et se tiennent loin de la population », me dit il. C’est ma dernière soirée au Cambodge, et je ne me vois pas la passer dans un bar à Européens, qui plus est romantique.
Nous passons devant des échoppes au bord de la rivière, et j’invite mon conducteur à boire une bière. Il accepte, et se gare. Assis à une table, l’homme au chapeau de Ranger se présente. Il s’appèle Soka.
Un Français parfait, une bière et une cigarette à la main, Soka raconte. Dernier enfant d’une famille de onze. Seul survivant du génocide, dit il. Il a perdu toute sa famille lorsqu’ils ont été chassés de Phnom Penh. Les Khmers rouges urgeaient la population à quitter la ville sous prétexte que les Américains allaient bombarder; bombardement qui n’aura jamais lieu. Il y avait beaucoup de monde, c’était la bousculade. Dans cette foule, cette précipitation, ce remue ménage, Soka perd toute sa famille. Il cherche partout, mais en vain. Il se retrouve seul, séparé de sa mère.
Comme tous les déportés, il se retrouve à la campagne, à travailler dur dans les champs et manger peu. Là, il rencontre un homme qui lui apprendra à se soigner avec les plantes médicinales. Il apprend beaucoup, mais ne retient presque rien car « à ce moment là, il est difficile d’entretenir la mémoire ». On a surtout pas envie d’entretenir la mémoire sur ces moments atroces.
Quand je lui parle du livre de Loung Ung que je suis entrain de lire et qui raconte toute son histoire durant le génocide, alors qu’elle est encore assez jeune à ce moment là, il me dit « cette femme doit avoir une mémoire impressionnante pour raconter ».
Sur ce, Soka me demande si j’ai déjà lu la « Rose de Pailin » de Gnok Thaèm (épelé par Soka comme Nhok Phène). L’auteur, dont je n’ai pas lu le livre, se trouve être le père de Soka. Soka vénère son père, mort de maladie en 1975. Professeur à l’université, c’était un homme de savoir, un intellectuel. Lui, Soka, n’a eu que le certificat d ‘études. Il est intelligent mais très feignant dit il, souvent partisan de l’école buissonnière.
La période du génocide, il en parle peu, et je ne pose pas de questions, voyant son regard s’assombrir et partir dans le vide.
Il me raconte alors qu’il a tenté de savoir ce qu’étaient devenus les membres de sa famille. Il est allé à Phnom Penh, comme beaucoup de Cambodgiens, et a parcouru les photos des victimes au S-21, sans trouver le moindre indice de membres de sa famille. Il me dit « la mort est la guérison de la vie, et je pense qu’ils ont été guéris ». Et il baisse la tête, puis lève les yeux vers le ciel et me dit « ils sont là haut ». Je retiens mes larmes, plonge le regard dans ma bière.
On change de sujet. Il me parle de l’époque où il était comptable pour le gouvernement, payé 250 riels/mois, c’est à dire, au moment où je me trouve au Cambodge, même pas de quoi se payer une bouteille d’eau. Mais on lui donnait un logement et de la nourriture pour sa famille. Il quittera ses fonctions pour monter un atelier de réparation de vélos. Il récupère les vieux vélos et les retape à neuf pour les revendre. Par ce petit business, il a réussi à acheter une moto pour faire motodop et guide touristique des environs de Battambang. Soka connaît très bien la région, l’histoire de son pays, la culture et peut maintenant faire vivre sa famille de 5 enfants.
Sa femme cultive la terre et s’occupe des animaux. Dans leur jardin, ils cultivent quelques plans de cannabis, pour « ses vertus curatives ». Plante aromatique de tous les plats cuisinés par sa femme, « pour leur donner plus de goût et surtout planer un peu et ne pas trop penser». Et puis, dit il, c’est le traitement le plus radical contre la diarrhée des vaches. « Même les vaches ont besoin de planer au Cambodge !! » On rigole.
Il commence à se faire tard. Soka me ramène à l’hôtel. Je lui tend 1$ pour la course, mais Soka refuse en me disant que le moment que nous avions passé ensemble valait bien toutes les courses du monde. Mais j’insiste, lui glisse le billet dans la poche de sa chemise, et il me gratifie de ma générosité en me disant que « Dieu me le rendra ». Je suis émue.
Le lendemain, quittant le Cambodge, je traverse la ville de Pailin. Je n’y ai pas vu la rose, mais j’ai pensé très fort à Soka et son histoire si triste. La « Rose de Pailin », je la trouverais dans une vieille librairie de Paris, ce livre n’étant plus édité.








I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far-from-exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, the Nishiki Market:



A little sneak peek?





Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.


We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.








But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.























Ooooooooh, giants!
Oh, how I love them! In the North, we have lots of these giants, like Reuze Papa and Reuze Maman in Cassel, or Gayant, Marie, and their children Binbin, Jacquot, and Fillon in Douai, and many more.
What’s more, the Ducasse of Ath is remarkable for its age and local roots; a procession was first mentioned in 1399, and today the many musical groups are still local (Ath and surrounding towns). The event is extremely popular: a good part of the population is there, all generations mixed together. Everyone knows the groups, floats, and giants, and each has their favorite! Originally, religious groups paraded, illustrating episodes from the Bible or the Golden Legend. Gradually, the parade became secular and kept evolving by adding new giants, historical figures, or allegories linked to local history (Ath, Belgian Hainaut, Belgium).
To wrap up this long introduction, know that the Ducasse of Ath lasts several days, but the highlight is the highly codified procession that takes place on the 4th Sunday of August (actually, the procession passes twice, once in the morning and once in the afternoon).


It’s followed by a human giant on stilts: "Saint Christopher of Flobecq," holding a flowered staff and carrying Christ on his shoulders (this time, not a real child!). It appeared in the 19th century, then disappeared from the procession before being reintroduced in 1976.







Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.








