Kayak dans la baie du Prince-William en Alaska

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PI
PREPARATIFS Cela fait maintenant deux étés consécutifs que je voyage en kayak et cette année je compte bien continuer sur ma lancée. C’est vraiment un mode de déplacement pratique pour rejoindre des endroits sauvages et inaccessibles pendant plusieurs jours. Reste à trouver des partenaires, se mettre d’accord sur une destination, caler la période etc… Comme l’année dernière ce sera à nouveau à l’Alaska, à deux, les quinze derniers jours d’août mais dans un coin différent et pour une période un peu plus longue. On restera sur place 2.5 semaines pour 13 jours de kayak dans la baie du Prince William en autonomie au départ de Whittier et 3 jours de rando sur la côte ou au Denali. Les billets sont pris début en juillet avec Condor (vol direct depuis Francfort). Nous réservons une voiture avec Avis pour le premier jour afin d’effectuer le trajet d’Anchorage à Whittier (en « one way ») avec tout notre bazar et une autre avec Budget pour les 3 derniers jours (de Anchorage à Anchorage). On utilisera la ligne de train pour retourner à Anchorage après le kayak. Nous réservons le kayak chez EpicCharter pour 13 jours avec aussi un transfert en bateau sur Knight Island. Plusieurs récits de kayak dans cette zone sont disponibles sur internet et nous ont bien aidés dans nos préparatifs notamment celui de Marie sur son blog « si belle la terre » et celui de Jim sur le blog « princewilliamseakayaking ». Par ailleurs, la carte 761 « Prince William Sound West » donne quelques indications de bivouac pour le kayak de mer, et nous nous en aidons grandement pour tracer un parcours de 180 km qui effectue une grande boucle autour de Chenega Island avant de revenir à Whittier.

Nos motivations sont l’isolement, la forêt pluviale mais surtout les mammifères marins avec en tête de liste les baleines à bosse, nombreuses dans la région, ainsi que les orques et aussi la pêche et particulièrement celle au Silver Salmon.

MATERIEL

En plus du matériel classique de rando itinérante en été à pied (GPS, réchaud à essence, tente 3 saisons, tapis de sol, duvets…) nous prenons également le matériel de kayak (bidons, sacs étanches, blousons, pantalon K way, salopettes néoprènes et bottes), le kayak lui même sera loué sur place avec ses accessoires (pagaies, jupes…) Afin de dormir tranquilles, nous amenons aussi de France un parc électrique pour protéger le camp contre les ours pendant notre sommeil ou notre absence. Il s’agit notamment d’un électrificateur d’une « puissance » de 0.35 joule, de fil à clôture et d’isolateurs à visser pour fabriquer des piquets, il faudra acheter la batterie qui l’alimentera sur place (batterie de voiture classique de 12V). De plus pour nous prévenir d’éventuels intrus autour de la tente nous avons 2 détecteurs de présence à pile reliés (sans fil) à une centrale déportée. Les détecteurs enregistrent les gros mouvements dans champ de 6 mètres sur 45 degrés. Tout mouvement détecté fait sonner l’alarme de 90 décibels de la centrale.



Côté sécurité, grâce à une balise SPOT, nous pourrons envoyer un sms d’alerte pré-enregistré avant le départ au loueur en cas de problèmes mineurs ou directement au centre de secours le plus proche en cas de plus gros pépins.

JOUR 1 (19/08/2017) Arrivée à Anchorage pile à l’heure (15h00), nous filons chez Avis pour la voiture puis chez Walmart pour les courses. On y achète 15 jours de provisions, les cartes de pêche, deux sprays à ours, la batterie de voiture pour la clôture mais on ne trouve pas d’essence C pour le réchaud. On essaye donc un magasin de sport : Sportman Ware Housse juste en face de Walmart Sud bonne pioche, on a le carburant, nous voila fin prêt 22h00 on file à Whittier, nous avons RDV le lendemain à 9h30 chez Epiccharter. Premier montage de tente au camping de Whittier, sur du bon gravier au milieu des campings cars géants avec leurs générateurs allumés malgré l’heure tardive.

JOUR 2 Réveil à 4h45 du matin, nous avons beaucoup de choses à préparer avant l’embarquement. Nous rendons la voiture au comptoir Avis de Whittier puis attaquons les bagages sous l’auvent du terminal des ferrys. Il bruine un peu.



Il nous faudra 2h30 pour tout faire tenir dans les bidons et les divers sacs étanches. Nous transférons ensuite le tout à pied en plusieurs voyages sous la minuscule cahute d’Epiccharter qui est située à bien 800 mètres du terminal. A 8h45, Brooke le patron, arrive et nous passons au paiement : 13 jours de location de kayak et le transfert en bateau jusqu’à Knight Island à 70 km de là. Il nous offre notamment 3 jours de location et nous fournit gratuitement deux paires de « poggies » (gants de kayak) qui s’avéreront très utiles. Le bateau est prêt, le kayak est déjà dedans, il n’y plus qu’à y mettre nos affaires. Nous laissons deux sacs dans la caravane d’EpicCharter et c’est le départ, le vrai. 1h30 plus tard nous voilà seuls sur une plage au milieu de la baie à l’extrême nord de Knight Island avec le kayak et tout notre barda à 70 km de tout. Il pleut des cordes… vite nous chargeons le kayak. C’est un biplace en fibre de verre, immense, avec 3 compartiments, tout tient aisément. Sans même regarder la carte nous partons pour l’objectif du jour : Johnson Bay à une vingtaine de kilomètres plus au sud. La mer est relativement agitée et il y a un vent arrière assez fort ce qui nous permet de bien avancer. Tout ce qui nous entoure et qu’on aperçoit à travers le brouillard est grandiose : les abruptes parois de Knight Island, la forêt à l’allure de jungle, la côte et toutes ses grottes … Nous dépassons des iles qui bizarrement ne figurent pas sur la carte et c’est la pause pique nique sous une pluie battante. Petit point GPS pour voir la progression mais rien ne colle. Puis enfin vient l’éclair de lucidité, nous ne sommes pas du tout en train de longer la côte ouest de Knight Island comme voulu, nous sommes en train de nous enfoncer dans Herring Bay et nous avons d’ailleurs presque atteint le terminus de la baie ! 11 km parcourus dans la mauvaise direction et par vent arrière qui plus est. Il va donc falloir les refaire en sens inverse vent de face. Une belle étourderie 2 heures après le début du voyage. Le moral en prend un coup mais nous nous mettons à la tâche nous atteignons le bord ouest de la baie pour franchir Herring Point. Le vent est fort et les vagues bien formées, mais nous avançons. Au passage de Herring Point qui est un cap assez exposé, le vent commence à forcir et on se fait une petite frayeur dans des récifs révélés par la marée basse. Nous ne sommes pas des kayakistes confirmés nous décidons donc de nous arrêter même si l’après midi est à peine entamé. Nous trouvons un minuscule bivouac au bout d’une plage, la tente tient à peine, et nous sommes entourés de jungle !



Le vent est presque tempétueux et les vagues sont désormais bien grosses, on s’est arrêté pile à temps. Nous découvrons qu’un des coffres du kayak a pris l’eau et les sacs (non étanches à l’immersion) baignent dedans. Nos craintes sont confirmées : deux sacs sont mouillés et il s’agit de ceux contenant les vivres. A l’abri du déluge, sous la tente, nous sauvons ce qui peut l’être. Nous perdons quelques tortillas, un paquet de pain de mie et un paquet de muesli mais on devrait survivre ! La nuit ne permet pas de conclure cette dure journée : les coefficients de marées sont assez importants et situer la limite de la marée haute n’est pas simple. On sort plusieurs fois dans la nuit vérifier le niveau de la mer jusqu’à l’apogée de la marée haute à 2h.

JOUR 3 Il a plu toute la nuit et il pleut encore. La mer s’est un peu calmée, du moins on a l’impression, nous reprenons notre route, bien décidés à rattraper notre retard. Nous passons Herring Point avec une houle assez marquée, plusieurs vagues déferlent sur le pont du kayak d’autres nous font partir en surf. Nous avons pagayé une 1h30 pour à peine 6 km effectués lorsque nous prenons la décision de nous arrêter à cause des mauvaises conditions. Il n’est même pas 9h du matin ! Il nous faudra 4 heures pour trouver un endroit de bivouac, toutes les plages sont explorées à tour de rôle mais la forêt est trop dense et les rares coins d’herbe sont devenus des marécages, la pluie ne semble pas vouloir faiblir. Nous finissons par trouver un terrain pentu coincé, entre deux arbres qui compriment les parois de la tente.



Nous commençons néanmoins à nous organiser dans notre fouillis d’affaires et dans les diverses tâches : montage de la tente, cuisine, mise en place de la clôture, mise en place des détecteurs de présence … C’est le deuxième jour, nous avons parcouru 10 km sur les 180 du parcours, Tout l’équipement est trempé, nos tenues sont bonnes à essorer et la pluie continue. C’est dur. Malgré les phoques, les loutres de mers et la superbe forêt je n’ai pris aucune photo pendant ces deux jours !

JOUR 4 Comme prévu par la météo consultée avant le départ, la journée devrait être bonne, d’ailleurs il ne pleut pas. Il ne nous en faut pas moins : réveil à 4h30, premier coup de pagaies à 6h00, il faut avancer ! La brume se dissipe tandis que nous longeons Knight Island en direction de Chenega Point et la vue commence à porter. Nous voyons pour la première fois le paysage qui nous entoure : criques, baies, forêt et partout d’immenses montagnes avec de grands glaciers et notamment au nord l’impressionnante chaine des monts Chugach et son sommet le mont Marcus Baker qui culmine à 4061 m.



Des saumons sautent de partout et des têtes de phoques ou de loutres apparaissent et disparaissent presque toutes les 5 minutes. La mer est plate, la tempête est terminée nous rions presque de la traversée de 8 km de Knight Island Passage, nous qui il y a à peine 12h, étions terrorisés à 5 m de la côte. Nous pêchons à la traine : première casse sur un poisson puis raté de saumon, décroché à 50 cm du kayak… Nous atteignons Chenega Point sous un soleil radieux. C’est l’arrêt pique nique et séchage. Nous avons pris la pluie 35 heures d’affilée mais cette fois le soleil est bien là et il n’y a plus un nuage dans le ciel, c’est un vrai bonheur. Chenega Point fourmille de vie, des dizaines de saumons sautent parfois à plus 50 cm de haut, on aperçoit des ailerons de dauphins, des aigles et toujours les loutres et les phoques. Enfin nous mettons au sec le premier saumon, pas de chance c’est un Pink Salmon une espèce plutôt fade, alors que nous visons le Silver Salmon aux qualités gustatives et combatives 1000 fois supérieures.



Nous entamons une seconde traversée vers Dual Head, nous pagayons désormais dans la « zone à baleines » alors nous sommes aux aguets, en apercevoir est effectivement un des buts du séjour. Toujours sous le soleil nous tirons vers Gaanaak Cove, zone de bivouac réputée.



A 20h30 nous découvrons notre petit paradis : un grand bivouac bien plat dans une herbe courte et bien sèche. Quel retournement de situation après deux jours de galère, de retard, de pluie, de bivouacs spongieux et inconfortables. Nous venons d’effectuer 47 km de kayak, notre retard est rattrapé, nous sommes secs et on peut manger dehors au milieu de pics extraordinaires, c’est l’enchantement.



JOUR 5 Nous laissons le camp à Gaanaak Cove sous la bonne garde de la clôture pour aller voir le Nassau Glacier qui charrie les icebergs aperçus la veille à l’entrée d’Icy Bay. Il fait nuageux lorsque nous pénétrons dans Nassau Fjord, la muraille de glace n’est pas loin, l’eau et l’air sont bien plus froids que les jours précédents.

Sur les icebergs de nombreux phoques se prélassent malgré les énormes coups de tonnerre produits par le glacier.

Nous tirons jusqu’à la plage au bout de Nassau Fjord, face au front du glacier qui surplombe la mer d’au moins 200 mètres. C’est impressionnant. La rivière qui jouxte la plage est remplie de Pink Salmon en plein frai, il y a de nombreuses traces d’ours. L’après midi nous retournons à Gaanaak Cove sous la pluie qui est revenue à midi. La glace et les icebergs de Nassau Fjord nous accompagnent, le courant de la marée les fait sortir du fjord.



Nous attrapons un Pink Salmon bien frais qui finit en filet pour le repas du soir. Il pleut mais le camp est déjà monté, nos deux filets de saumon (cuits à la poêle dans la tente…) doivent bien faire 500 g chacun ! Ils nous régalent mais ce n’est pas meilleur que de la truite. Il nous faut un Silver Salmon !



JOUR 6 Réveil sous la bruine et départ vers Dangerous Passage. Comme chaque matin il faut porter les affaires jusqu’à la mer qui est au plus bas. A la sortie d’Icy Bay grosse montée d’adrénaline, des points noirs crèvent la surface puis replongent : des nageoires orques ? ou plutôt des nageoires d’orques ! On pagaie aussi vite possible dans leur direction puis identifions les bestioles : des macareux moines. Restons optimistes, c’est plus petit que des orques mais ce n’est pas tous les jours non plus qu’on en voit ! La matinée passe avec de la pluie intermittente, nous attrapons nos Pink Salmon quotidiens à la traine et nous montons le camp à 16h à Paddy Point à côté d’un petit ruisseau. Il pleut à nouveau des cordes.

JOUR 7 Il a plu toute la nuit et du coup ce matin nous sommes presque contents en voyant qu’il y’a juste une petite bruine. Chaque matin implique le moment le plus désagréable de la journée : enfiler sa tenue stockée dans l’auvent. On commence par le caleçon qui goutte, la salopette humide et glaciale, puis le T shirt synthétique qu’on peut essorer, la polaire qui sent une odeur « bizarre » et qui dégouline d’eau et on termine par les chaussettes qui de toute façon finissent dans les bottes remplies d’eau. La mer est calme mais le brouillard est revenu, nous masquant la vue sur les baies et iles environnantes. Nous prenons la « route » en direction de Nowel Point mais à la sortie de Dangerous Passage nous perdons la protection de Chenaga Island contre la houle et le vent de face. A la sortie de Granite Bay, les vagues sont trop hautes, on décide quand même de tirer jusqu’à Nowel Point ou des « cabins » figurent sur la carte.



Les 3 km qu’ils nous restent nous prendrons 2 heures avec de bonnes vagues qui nous arrivent de côté. A 11h sous des trombes d’eaux nous voyons enfin la cabane dans la crique de Nowel Point. Suspense : nous nous approchons, débarquons, pas de serrure, pas de cadenas ! Grande joie quand nous ouvrons la porte et qu’on lit que nous pouvons occuper l’abri ! Il s’agit d’une maison appartenant visiblement à une famille de locaux « les Kristen » et qu’ils laissent en libre accès pour les voyageurs de passage. Une sacrée belle surprise d’autant que dehors il pleut comme jamais. Nous voyons surtout le poêle, la table avec des chaises, une belle cuisine…. Nous déballons toutes les affaires, tout est suspendu, essuyé, séché. Les sacs de nourriture ou de vêtements commencent à sentir très mauvais.



Malgré la pluie de l’après midi nous sortons pêcher à pied mais pas de chance, que du Pink Salmon dont un finira sur la poêle.

JOUR 8 Petit choix à faire : rester dans cette maison une journée de plus ou profiter de la mer calme pour franchir l’entrée de Knight Island Passage, très ouverte sur la baie et donc peu protégée du vent et de la houle. Nous décidons d’avancer d’autant que le ciel a l’air plutôt clément nous partons donc en direction de Crafton Island sur laquelle nous pique-niquons. L’ile est pleine de jolies plages de gravier blanc bordées de sapins recouverts de mousse, c’est magnifique.



Nous pêchons tranquillement entre Crafton Island et la côte, abrités de la houle qui commence à se former puis nous tirons vers Falls Bay. Nous sommes à court d’eau potable et nous dirigeons vers un écoulement pour refaire le plein. Il nous faut prendre pied dans des éboulis rocheux qui descendent vers la mer mais lorsque nous arrivons en kayak sur les roches des petits rouleaux de 20 cm rendent la manœuvre délicate. C’est encore un peu profond pour débarquer sans se mouiller les bottes (qui sont déjà trempées par la pluie) et nous manœuvrons pour trouver une zone moins profonde bien que les rouleaux fassent giter le kayak dangereusement. Nous sommes désormais sur la tranche et notre seule préoccupation est encore d’essayer de ne pas nous mouiller alors que nous sommes en train de nous retourner ! Sans même qu’on s’en rende compte c’est le naufrage, le vrai ! Pas le choix, nous déjupons et l’eau remplit les hiloires, tout ce qui était dedans se met à flotter ou couler (bouteilles d’eau, canne à pêche, boite de leurres, spray à ours, gants….). On ne sait pas trop quoi faire entre rattraper ces objets ou essayer de maintenir le kayak droit. Il est maintenant plein d’eau et chaque vague lui fait heurter des roches, on entend la fibre craquer. Nous essayons bêtement de le haler hors de l’eau alors qu’il doit peser 400 kilos. Évidemment rien ne bouge. On commence alors à écoper mais à chaque rouleau il se remplit à nouveau. Dur de savoir combien de temps se sont écoulés mais la situation n’a pas évolué d’un brin, le kayak est sous l’eau, frappe constamment les rochers et nous n’arrivons pas à le remettre à flot, il va finir par se trouer. Nous commençons alors à le décharger, nous retirons tout ce qui est sur le pont puis dans les coffres et on réfléchi un peu. Le salut n’est pas la côte au contraire, il faut tirer le kayak vers le large avec l’aide la portance de l’eau et l’éloigner du rivage avec ses rochers pointus et ses rouleaux déferlants. Cela fonctionne, nous sommes maintenant en amont de la zone d’éclatement des vagues à quelques mètres du bord, de l’eau jusqu’à la poitrine. Les vagues soulèvent simplement le kayak mais ne déferlent plus dessus et dedans et surtout il ne s’abime plus sur les rochers. Reste qu’écoper est toujours impossible puisque les hiloires sont sous la surface de l’eau. Il faut donc travailler à deux : un qui, avec l’aide de la portance, soulève le kayak pour faire passer les bords des hiloires au dessus de la surface et l’autre qui écope avec une super boite à glace Carte d’Or. Cela fonctionne, litre après litre, le kayak flotte à nouveau ! Quel soulagement. Nous rembarquons pour emmener le kayak vers une plage de graviers puis allons à pied chercher les affaires déchargées sur les rochers pendant le naufrage. Petit point dégâts : sous la coque il y a de profonds sillons dans la fibre mais ça ne prend pas l’eau. Nous sommes passés en à peine 5 minutes à une partie de pêche sur mer calme à un naufrage où nous avons bien failli perdre notre embarcation. Nous nous maudissons de notre manque d’appréciation : comment a-t-on pu penser débarquer sur une zone rocheuse avec des rouleaux d’autant que des écoulements d’eau douce il y en a tous les 50 mètres ! A défaut de combinaisons sèches, nos salopettes néoprènes nous ont bien servi, nous n’avons jamais été gênés par le froid alors que nous sommes restés longtemps dans l’eau froide parfois jusqu’à la poitrine (voire plus). A 14h, nous repartons bien silencieux vers Falls Bay où nous sommes cueillis par une forte houle. Assez d’émotion pour la journée, nous décidons de nous arrêter à l’abri dans la baie ou au premier débarquement nous trouvons un super bivouac. Il fait presque beau et on peut même manger dehors. Au repas, nous nous refaisons le débarquement du naufrage 100 fois sans chavirer et 100 fois en chavirant mais en se remettant à flot en 5 minutes et sans casse. En revanche nous nous demandons encore comment remettre un kayak à flot sans avoir pied par forte houle loin de la côte… Ca doit être quelque chose ! Alors que nous sommes couchés et presque endormis, un bout de bois craque dans la forêt, nous sommes aux aguets, 5 secondes plus tard les 90 décibels de l’alarme brisent le silence. Branle-bas de combat : trouver la lampe, sortir du sac, trouver le spray, ouvrir la chambre, ouvrir la tente, sortir. Rien n’est en vu, l’animal a déjà fui.

JOUR 9 Il fait beau ! Pour la 2ème fois du séjour nous voyons les monts Chugach, c’est le bon moment pour faire les 20 km exposés jusqu’à Culross Passage. Nous venons d’ailleurs de prendre la décision de rentrer à Whittier (encore à 75 km) le plus vite possible pour continuer le séjour à l’intérieur des terres où le climat est plus sec. La pluie nous harcèle chaque jour, tout est trempé, rien ne sèche et toute activité en dévient presque désagréable (kayak, pêche, pique-nique, bivouac…) malgré le décor de rêve qui nous entoure. Les affaires sentent de plus en plus mauvais, une odeur de poubelles s’échappe de nos sacs…



A l’entrée de Nellie Juan nous apercevons le premier lion de mer du séjour et alors que nous abordons Culross Passage un point noir semble bouger sur la plage : un ours noir. La traversée de Culross Passage est sublime, la forêt est magnifique, il y a des dizaines d’iles minuscules qui débordent d’arbres immenses et au détour d’une plage un ours noir mange un saumon.

On s’approche, encore, encore et le kayak heurte la plage à 5 m de l’ours. Il part effrayé.

C’est tellement beau qu’on se dit qu’on devrait rester une journée entière à Culross et notamment faire le Shrode Lake Trail au fond de Long Bay.



A midi la pluie revient, une vraie pluie qui nous rappelle notre décision du matin : rentrer à Whittier le plus vite possible. Tant pis pour la rando ! Nous bivouaquons à la sortie de Culross Passage. Il fait plus froid que d’habitude et il pleut vraiment fort lorsque nous montons le camp après 35 km.

JOUR 10 Whittier est à 27 km et le train est à 18h15 : est-ce jouable ? Il a plu toute la nuit et à 5h30 au réveil ça ne semble pas vouloir se calmer ce qui nous motive pour tenter le contre la montre ! En sortant de Culross sous des trombes d’eau, un lion de mer énorme surgit à 10 m du kayak un saumon à la gueule puis replonge dans une gerbe d’eau. La scène a duré 5 secondes mais nous stupéfait. Le vent et les vagues nous inquiètent : on aborde la plus grande traversée du séjour 13 km sans escale de Culross à Decision Point. Mais il souffle de l’arrière et reste modéré pour le moment. On tente. Tout se passe bien, on franchi Port Wells puis BlackStone Bay assez rapidement. Le vent nous pousse à Whittier, on décide de s’arrêter que lorsqu’on y sera ! D’ailleurs il fait froid, on a qu’une envie retrouver des affaires sèches et un repas dans un endroit chaud. La pluie se calme à l’entrée de Canal Passage. Le GPS nous dit qu’on avance à 7km/h et que Whittier est à 7 km. Le calcul est simple. A 13h on entre dans le port de la ville et nous hissons les affaires sur le ponton de la capitainerie, 190 km de kayak après notre dépose en bateau

L’employé de Brooke nous accueille, nous ramenons le kayak à la cahute. Nous signalons les dégâts sur le kayak. Habituellement ils sont facturés mais dans notre cas il se contentera de ne pas nous rembourser les jours de location non utilisés. Nous prenons le repas du midi dans un café : frites et hamburger bien au chaud. Nous avons encore 3 heures à tuer avant le train qui met lui-même 4 heures pour effectuer les 80 km de Whittier à Anchorage. On optimise en faisant du stop. Et après 15 min nous voilà dans le pick up de Mike qui nous dépose à l’aéroport 1h plus tard ! On va pouvoir filer au Denali dans la soirée. La journée n’est pas finie : aucune agence de location n’a de voiture pour nous sauf chez Budget où il reste des pick up disponibles. C’est un peu cher mais pas le choix. Nouvelle mauvaise surprise nos cartes bleues ne fonctionnent pas, ce sont des cartes de débit et Budget n’accepte que les cartes de crédit nous dit-on. Il s’agit pourtant d’une Visa Premier et d’une Master Card classiques. Impossible donc de louer une voiture tout est « sold out » sauf chez Budget. Nuit dans un motel à côté de l’aéroport pour trouver une solution : organiser une semaine en bus ou en train ou trouver une carte de crédit prépayée.
PI
JOUR 11 On retourne à Budget à 6h, nous ne pouvons pas croire que nos cartes ne passent pas. Bonne pioche : l’employée du matin nous dit « no problem » on a juste une caution de 200 $ prélevée en plus du montant de la location pour un paiement avec une « debit card ». Enfin notre voiture : un gros pick up bien américain mais qui s’avère minuscule puisqu’on ne peut pas mettre nos sacs dans la remorque non couverte !



A nouveau des courses et nous filons au Denali où nous comptons faire une rando de plusieurs jours. 5 heures de voiture plus tard nous voilà au bureau des rangers où nous choisissons notre zone de randonnée parmi celles où il reste des places (pas plus de 12 personnes par zone) et regardons les vidéos d’apprentissage de randonnée en zone à ours à l’issue desquelles on nous donne le "bear canister" puis nous obtenons le permis. Il est 15h30 et le dernier bus part à 16h00. Nous nous dépêchons de boucler les sacs et ça y est nous partons avec le « camper bus » à Tecklanika River, lieu de départ de notre randonnée. Nous avons amené de France des copies du fond de carte oppencylemap de cette zone mais nous comptons surtout nous promener à vue en fonction du bush et des animaux. Les sacs sont lourds : un porte la batterie et le parc électrique ainsi que ses affaires personnelles, l’autre 3 jours de bouffe pour deux et tout le matériel commun (tente, réchaud…) Le bus nous dépose, nous voilà seuls au Denali.



Nous nous mettons en route vers le premier obstacle : la rivière que nous traversons Crocs ® aux pieds.

Le camp est monté en lisière de forêt et nous respectons les consignes des rangers : nourriture rangée dans le « bear canister » fourni par le parc et stockée à 100 m de la tente et repas pris également à 100 m de la tente. Pour notre bonheur il ne pleut pas, tout est sec. Quel silence sans le bruit des vagues.

JOUR 12 Réveil au sec, petit dej au sec, nous ne regrettons pas notre choix d’avoir quitté Whittier. On se met en route au milieu de la toundra et du bush en couleurs d’automne, tout est rouge ou jaune c’est magnifique.



Nous visons le sommet des crêtes où la végétation est moins dense mais on ne progresse pas très vite tant la marche est rendue difficile par la mousse ou les arbustes.



Nous crions sans cesse pour avertir les ours dans les zones sans visibilité même si cela nous ennuie d’effrayer les autres animaux farouches et inoffensifs (élans, rennes, loups…). Mais soudain les saules 200 m devant nous se mettent à trembler et craquer et un ours en sort en courant. Visiblement il a l’air de s’enfuir mais la configuration du terrain lui fait décrire une légère courbe dans notre direction : montée d’adrénaline immédiate et heureusement il change instantanément de direction pour s’éloigner définitivement. Il avait l’air bien noir au niveau du buste mais sa croupe brune et sa bosse nous font douter : grizzli ou ours noir on ne saura jamais ! Nous reprenons notre rando, entre crête et vallée la vue porte loin, le Denali se dégage doucement, que c’est beau.



Nous apercevons des rennes, des coqs de bruyère une femelle élan et montons le camp (et la clôture à ours) sur une moraine à flan de montagne.



La nuit les cris caractéristiques des lagopèdes nous bercent, dommage qu’ils déclenchent au passage les détecteurs de présences (deux alarmes pendant la nuit !)

JOUR 13 Nous visons un col qui doit déboucher sur Toklat River. Mais d’abord, petit déjeuner au soleil en face d’un magnifique élan mâle. Nous descendons en fond de vallée où nous suivons une autoroute d’animaux : énormes traces d’élans et de canidés (loups ?) puis entamons la remontée vers le col. Enfin le Denali sort des nuages et au col nous pouvons voir le sommet à 6190 mètres d’altitude. Une sacrée montagne.

Nous gagnons le lit de la Toklat River où l’on peut progresser rapidement.

Tout est beau, des montagnes rouges et jaunes à perte de vue dans n’importe quelle direction et toujours pas de pluie.

Nous bivouaquons à nouveau au sommet d’une moraine. Et alors que je m’apprête à verser l’eau dans la semoule j’entends deux mots « un grizzli ». Effectivement au pied de la moraine 200 mètres en contre bas un grizzli est occupé à manger des baies et à fouiller la terre. Grosse émotion !

Nous avons le vent avec nous, nous le surplombons : un point de vue idéal. Mais angoisse aussi, la tente est déjà montée à 200 mètres de là, nous sommes crevés par une journée de marche que faire ? Déplacer la tente ou dormir dedans avec un grizzli pas loin et qui pour l’instant ne nous a pas remarqués. On ne sait pas trop quoi faire, il a juste à monter la moraine pour être sur nous. Notre rencontre de la veille nous encourage à nous manifester, après tout peut être prendra t-il la fuite. On se met à crier dans sa direction, nous le voyons lever la tête, renifler mais il reprend aussitôt ses activités de grattage. Le vent qui est contre nous ne nous aide pas, il étouffe bruits et odeurs. Nous retournons à la tente chercher le 2ème spray à ours et les sifflets mais au retour 3 minutes plus tard l’ours est introuvable. Nous sommes sur un perchoir, la vue est dégagée sauf à un endroit : le pied de la moraine qui est caché par la forte pente et par des saules. Il ne peut être qu’ici ou bien alors il s’est enfui dans la forêt à plusieurs centaines de mètres de là. Nous crions, jetons des pierres mais rien ne bouge, pas d’ours. L’adrénaline retombe peu à peu, nous reprenons notre repas et décidons de ne pas bouger le camp.

La nuit est un peu angoissante d’autant qu’un lagopède déclenche l’alarme à 2h. Même si ça nous a bien effrayés, on a pu profiter de belles trainées d’aurores boréales dans un coin de ciel dégagé.

JOUR 14 Réveil matinal, nous devons être à Anchorage à 21h pour louer une plus petite voiture réservée depuis la France, nous avons encore toute la matinée au Denali. Nous montons au dessus de Polychrome Mountain sans nos sacs.

Le ciel est noir de nuages qui contrastent avec les couleurs des montagnes c’est magnifique.

Nous apercevons à nouveau un grizzli à la jumelles sur le flan d’une moraine : peut être est-ce « notre » grizzli ! Puis vient le moment de regagner la route pour arrêter un bus et revenir à l’entrée du parc. Au niveau d’Igloo Mountain le chauffeur nous annonce des ours sur la droite. Effectivement à 20 m du bus à peine, trois grizzlis mangent des myrtilles tranquillement avant de s’enfoncer dans le bush tout doucement. Beau spectacle.

Retour à Anchorage chez Budget qu’on commence à bien connaitre. Camping à Eaggle River

JOUR 15 Retour à nos affaires pour les 4 derniers jours : pêcher un Silver Salmon. Balade à Eaggle River et pêche dans la rivière mais aucun poisson n’est aperçu. Nous partons pour Seward qui nous semble être la bonne destination pour la pêche au saumon. En route, nous nous arrêtons pour un essai sur Bird Creek. C’est le jackpot, la marée est montante et nous sommes en pleine remontée de Silver. Il y en a des centaines aussi énormes les uns que les autres. Il y a beaucoup de pêcheurs et toutes les 10 minutes quelqu’un en attrape un. Rien n’y fait ! Ils ne mordent pas et malgré l’heure tardive et la route qui nous attend nous pêchons presque 3 h non stop. Puis enfin arrive la touche, le saumon est ferré, ramené sur la berge, il est énorme, tout argenté, tout frais ! Mais ce n’est pas encore gagné, la ligne casse lorsque le saumon est hissé sur les bords de la berge et s’en retourne à l’eau. Quel échec ! On part à Seward. Camping à Exit Glacier Campground.

JOUR 16 Nous partons pour le « Costal Trail » de Resurrection Bay. Pour la première fois du séjour nous marchons dans la forêt pluviale, elle, qui était si impénétrable à Whittier. Après un peu de marche dans une forêt presque tropicale parcourue par de belles rivières à Pink Salmon, nous abordons la partie submersible du sentier. Nous sommes à marée montante, il faudra s’arrêter la. Retour à la voiture à 13h et nous nous installons pour pêcher dans les éboulis d’une digue. 14h, 15h, 16h et c’est enfin la touche et une nouvelle fois le poisson se décroche après une minute de combat, 17h, 18h, 19h nous retournons au camping d’Exit Glacier bredouilles.

JOUR 17 Un peu lassés de la pêche nous partons pour Exit Glacier Trail même si le temps est plus que moyen. Pas de miracle au sommet : la vue sur l’immense calotte de Harding Icefield est bouchée. Nous entamons le retour vers Anchorage, l’avion est demain à 18h30. Nous faisons un détour par Russian River et Kenai River envahies par les Red Salmon, c’est impressionnant. Alors que nous longeons le Cook Inlet (le fjord d’Anchorage) un dos blanc surgit de l’eau. C’est un béluga, il y en a des dizaines qui passent à quelques mètres de la côte.

Ils nous consolent des baleines à bosse fantômes de la baie du Prince William.

JOUR 18 Jour de retour en France mais nous avons la matinée pour une revanche à Bird Creek. Dès 6h du matin nous sommes en action de pêche. Mais c’est le début de la marée descendante et les saumons sont beaucoup moins nombreux que lors de notre précédente tentative.



Midi arrive et c’est bel et bien à nouveau bredouilles que nous retournons à Anchorage pour l’avion après un stop à GoodWill (=Emmaüs) pour déposer la batterie.

POUR FINIR Ce n’est pas cette fois que je profiterais d’une météo plus clémente, mangerais un Silver Salmon ou pagaierais à côté de baleines mais le séjour n’est pas raté pour autant. L’isolement était bien là pour la partie kayak, nous n’avons croisé personne pendant 10 jours (à part des bateaux de pêche au loin), la forêt vaut à elle seule le détour et l’endroit était très faunique entre les colonies de phoques et les loutres en plus petits groupes. Pour les baleines, il était trop tard dans la saison, elles quittent la baie en août pour la Californie (d’après ce qu’on a compris) et pas de chance pour nous car cette année c’était début août. Nous avons quand même pu faire 190 km de kayak dans ce milieu sauvage et inaccessible avec parfois des conditions océaniques rudes. Vu notre expérience en kayak de mer ce n’est pas si mal ! La pluie en revanche nous a bien affectés, remettre chaque jour sa tenue bonne à essorer était éprouvant. Nous n’avons jamais séché entièrement, même les affaires rangées dans les bidons ont fini par être atteintes. On s’en doutait peu en partant fin août et à Whittier. Selon US Climate Data, il pleut 330 mm au mois d’août à Whittier contre 228 mm en juillet. D’autres villes côtières de la baie du Prince William sont bien mieux loties par exemple Valdez avec 177 mm en août et moitié moins en juillet. A réfléchir pour un éventuel futur voyage, parce que lorsque le soleil est là c’est absolument sublime. Le simple fait de se tenir debout sur une plage à 100 km de tout à regarder la mer pleine d’animaux avec en arrière-plan une chaine de montagne vierge vaut toutes les gouttes des jours précédents !

COTE PRIX

Le séjour a coûté en tout 3100 euros/personne (au départ de Marseille) dont 1430 euros de billets d’avion.

La partie kayak est revenue à 1500 euros pour deux, la location de voiture pour une journée (essence et péage compris) pour se rendre à Whittier 200 euros, le transfert en bateau jusqu’à Herring Bay 810 euros et la location du kayak pour 13 jours 213 euros (on a eu 3 jours gratuits). Le transfert sur 70 km représente donc un sacré poste de dépense, évidement à 5 ou 6 c’est bien moins cher, mais on n’a pas eu de chance, aucun autre touriste n’était présent même sur une petite partie du parcours ce qui aurait bien sûr diminué le coût. Il faut savoir qu’il existe un ferry « de ligne » qui, deux fois par mois, relie Whittier à Chenega (à l’entrée de Knight Island Passage) à 120 km de Whittier pour…. 89 $ mais les dates ne collaient pas du tout avec notre calendrier.

La partie rando/pêche a couté 1000 euros à deux avec notamment les deux locations de voiture pour deux fois 3 jours : 350 euros le pick up avec Budget et 160 euros pour la petite voiture aussi chez Budget. Les histoires d’assurances sont toujours compliquées aux Etats-Unis, la CDW (dégâts matériels) était assurée grâce à la Visa Premier et nous avons souscrit en plus la LI (atteinte aux personnes) sur place. Le Denali lui-même est revenu à 80 euros pour deux (les trajets en bus). Le reste se partage entre l’essence et les campings payants, le motel et le taxi.

Nous avons réalisé 450 euros d’achat sur place : bouffe, spray à ours (35$/spray), carte de pêche (110 $ /carte de pêche), quelques fast food
VI
Bonjour, j'ai lu votre récit comme un roman, vous m'avez passionnée. Vous m'avez fait rêver aussi, à ce que j'aurais aimé réaliser et que bien sûr je n'ai jamais réalisé... mes aventures ont été beaucoup plus banales même si j'ai beaucoup voyagé en solitaire. Mais qu'importe, j'ai 74 ans, et vous m'avez emportée avec vous le moment d'une lecture. Merci. Et bravo...
virginie
LU
Bonjour Pierre, quelle superbe aventure, il faut de l'audace pour oser sans encadrement et puis il faut tenir le coup avec les "bêtes" qui rôdent et la pluie permanente. Et puis la pêche, quelle frustration de voir un gros poisson s'échapper au dernier moment! J'ai toujours une canne à pêche en voyageant, mais je n'en attrape pas souvent, cependant je me rattrape dans les rivières des Vosges. Un grand merci pour ce récit impressionnant aux photos magnifiques, à quand un petit tour en Tierra del Fuego sur les traces des Alakalufs? Luc
DO
L'art subtil d'entremêler la peur la joie l'angoisse la beauté... Magnifique récit qu'on dévore en écarquillant les yeux et en retenant son souffle ! Courage et témérité, conscience et inconscience, préparation et improvisation, c'est peut-être tout ça l'aventure ? Enfin c'est ce que ton carnet nous dévoile.

1000 bravos [:)]

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
NA
J'ai eu froid rien qu'à vous lire! Mais quel courage et quelle aventure, bravo!!
nath
ML
Bonjour Pierre, Je me suis régalée à la lecture de vos aventures! J'ai même ressorti ma carte avant de réaliser que tu en as mis une (bonne idée) Pour ceux qui veulent prolonger leur immersion dans le climat humide de la côte d'Alaska, je recommande la lecture de Sukkwan Island! A lire plutôt après un voyage d'aventure en AK!! Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
PI
Merci pour vos messages sympathiques qui aident à la dure reprise de la routine !
AN
Bonjour Pierre,

Magnifique récit, il ne fait que me conforter dans ma décision d’y aller cet été. Je pars le 27 juin en alaska et je partirai faire 5 jours de kayak à partir de l’arrivé du ferry à Chenegay Bay. Pouvez vous répondre à deux petites questions cela ne vous dérange pas. Pensez vous que nous pouvons nous orienter grâce au GPS de l’iphone ? Si oui avec quel logiciel ? J’ai beaucoup de mal à trouver une carte avec les camps de bivouac répertorié comme la carte papier 761 dont vous avez parlé.

Pensez vous qu’il est réellement nécessaire d’avoir une barrière anti ours ? Cette zone ne semblant pas très fréquente par les grizzlis.

Bien à vous, En espérant que vous puissiez de nouveau profiter de ces magnifiques moments d’aventures.
PI
Bonjour

Je n'ai jamais utilisé de GPS de smartphone donc je ne sais pas. Le premier prix Garmin genre etrex 20 est peut être plus fiable en terme de batterie et de résistance aux éclaboussures...

La carte est en vente ici

https://nostromoweb.fr/fr/cartes-randonnee/prince-william-sound-west/

pour les ours non je ne pense pas que cela est indispensable c’était juste pour dormir plus sereinement ...

Pierre

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