Un mois au Mozambique: logistique et réflexions

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Original post
ZJ
Bonjour

Les retours de voyages au Mozambique sont peu nombreux sur VF, aussi je propose le mien qui s’est déroulé du 1 février au 29 février 2020. C’est la saison des pluies, ce n’est pas la saison touristique, on rencontre très peu de touristes, voire aucun, mais il y a beaucoup de soleil.

Je vais d’abord présenter la logistique, puis proposer quelques réflexions plus tard.

Visa. J’ai obtenu le visa très facilement au consulat de Mozambique à Zanzibar en 7 jours, le temps de visiter tranquillement l’île. Le visa a une durée de 90 jours, pour une visite de 30 jours maximum, il coûte 60 euros. Il semble que le e-visa soit pas facile à obtenir; en Europe, il faut se rendre au consulat du pays. Le visa à la frontière terrestre n’est pas possible.

Les gens. La population, bien que très pauvre, est d’un naturel souriant, aimable et serviable. On vous propose souvent de l’aide de façon désintéressée. La politesse est de mise en toutes circonstances. Aucune insécurité dans les campagnes ni même dans les villes, mais nous ne sortions pas le soir. Ce qui ne veut pas dire que le dangé soit inexistant, simplement qu’il y a moyen de l’éviter. La promiscuité très grande dans les chapas n’engendre aucun geste déplacé envers les femmes. Bien que la langue officielle soit le portugais, la plupart des gens parlent des dialectes bantous différents selon les régions. Il est parfois nécessaire de recourir au langage des signes en plus de quelques mots portugais. Sauf dans les hôtels et les comptoirs qui vendent les billets de bus, l’anglais est rarement pratiqué, mais les chauffeurs de chapas et les petits commerçants se débrouillent avec quelques mots. Les enfants vous lanceront spontanément des « how are you » auxquels il convient de répondre. On nous appelle Papa ou Mama – nous sommes les deux retraités -, une formule à la fois familière et respectueuse. Comme partout en Afrique, on vit dehors. Une occasion pour le voyageur d’observer respectueusement les comportements et de se comporter en conséquence.

Les livres. On avait deux livres, l’un excellent, le Bradt (éd.2017), l’autre minable : le Petit Futé (PF). Pour le montrer, je prends un seul exemple. Page 231 du PF, édition 2017 - celle vendue pour l’édition 2019-2020 -, on lit : « Pour aller vers le Sud, la route est relativement longue, avec un obstacle de taille : le Zambèze. En effet, il lui manquerait un pont [ … ] de nombreux chapas direction Beira attendent tous les futés ( je souligne ) qui ont décidé de ne pas rester assis deux heures inutilement dans le bus. ». Or il y a un pont qui permet de traverser le Zambèze depuis 2009 ! CQFD.

Les sous. Tous les ATM ne conviennent pas aux touristes. Millennium (en couleur rose) accepte les cartes visa et master étrangères, retrait de 10 000 meticals (mzn) maximum, 200 mzn de frais fixes. Du coup on n’a pas essayé d’autres banques, ces conditions sont excellentes, Millennium est partout présent au Mozambique. On peut payer sans frais avec sa carte bancaire dans de nombreux hôtels, restaurants et magasins, même pour quelques euros. Si on privilégie ce mode de paiement, alors les mzn retirés dans les ATM deviennent de l’argent de poche, pour les achats sur les marchés, payer les chapas, etc… ; ainsi on limite le recours aux ATM et on minimise les frais.

Le transport. Pour les machibombos (de grands bus confortables) on nous demande de venir à 5 h du matin. Il faut comprendre que la vente des billets restants se fait à partir de 5 h ; le bus est susceptible de partir dès qu’il est plein, à défaut, il partira à 6 h au plus tard et prendra des passagers en route. Les gens qui ont pris leur billet la veille arrivent vers les 5h 45. Si vous n’avez pas de billet, venir tôt permet d’obtenir les meilleures places libres.

Pour les chapas, idem, sauf qu’ils se remplissent plus vite. On achète le billet toujours sur place ou dans le chapa. Il y a de nombreux chapas le matin, ils se font plus rares l’après-midi. Le nombre de passagers n’est pas limité. Les meilleures places sont celles à partir du deuxième rang, côté vitre, ainsi vous ne serez pas gênés par les nombreuses sorties-entrées des passagers et vous aurez un peu d‘air si la vitre s’ouvre. Les 2 places de devant sont les meilleures. Contrairement à ce que j’ai lu sur VF, on n’a jamais rien payé pour les bagages.

Le logement. On choisit des logements corrects, dans la catégorie « prix moyen », avec une bonne literie, une chambre toujours très propre - draps et serviettes de bains changés -, la wifi, une salle de bain non partagée, l’eau chaude, la climatisation - à défaut un ventilateur, souvent les deux à la fois -, une moustiquaire, mais sans personnalité, pour un prix correct, autour de 3 000 mzn pour une chambre double, soit 40 euros. Mais on peut se loger pour beaucoup moins cher, dans des dortoirs ou des chambres moins bien équipées, voire camper. Le Mozambique peut être une destination pour routards.

La météo. L’été austral est la saison des pluies. Sauf en cas de dépression – comme ce fut le cas fin janvier dans la partie nord – les pluies peuvent être fortes mais elles ne durent jamais longtemps. Il y a surtout du soleil, ainsi on n’a eu que peu ou pas de pluie au total et beaucoup de soleil. Le jour se lève tôt, le soleil frappe fort assez rapidement, il fait très chaud dès le matin ; aussi les Mozambicains se lèvent tôt. C’est surtout la chaleur et le soleil, bien plus que la pluie, qui peuvent rendre les conditions du voyage difficiles sauf pour la route.

Le passage de la frontière. On vient de Tanzanie et nous traversons la frontière par la côte, à Kiranbo. Nous passons notre dernière nuit tanzanienne à Mtwara, au Lole grand lodge : 30000 tsh, breakfast inclus ; chambre un peu petite mais confortable ; excellent wifi ; bon breakfast ; bonne situation ; bon rapport qualité prix. De l’hôtel nous réservons un dalla dalla pour le lendemain matin 5 heures (h) qui ne viendra pas. L’unique dalla-dalla qui va à la frontière stationne dans une rue à droite de l’entrée de la gare routière des dalla-dalla. A 5 h effectivement, là, un taxi collectif attend les passagers. Il part à 6 h sans être plein, aussi il passe à la gare routière des bus pour finir de se remplir.

Le dalla-dalla s’arrête pour les formalités au poste frontière, puis continue jusqu’à la rivière Ruvuma, son terminus où attend une embarcation. Ici le Bradt conseille de faire le change, pour mon malheur. Le prix de la traversée est de 1 000 shillings (tsh), payable en tsh « uniquement ». Comme j’avais changé tous mes tsh, j’ai voulu payer en USD, et ce fut une palabre des plus désagréables pour y arriver.

Du côté Mozambique on arrive au milieu de nulle part. Il faut marcher sur un sentier rendu glissant par la pluie pour atteindre la route. Les militaires font une première vérification méticuleuse de nos papiers et bagages. On monte dans un taxi collectif qui attend. Il stoppe un peu plus loin au vrai poste frontière en dur - nouvelles vérifications méticuleuses – et va jusqu’à Mocimboa da Praia son terminus. La route en terre est épouvantable jusqu’à Palma, ensuite on trouve le goudron. Le prix du trajet revient à 1 000 mzn, le chauffeur nous demandera 2 500 mzn, après discussion, on paiera 1 500 mzn chacun.

On ne s’est pas arrêté à Palma où l’on voit quelques guest houses correctes de l’extérieur. La route est longue jusqu’à Mocimboa, le taxi assez confortable, mais on n’a pas à changer de véhicule, un avantage certain. On a été trop souvent arrêtés par l’armée sur ce tronçon avec à chaque fois une vérification minutieuse de nos passeports. Un des postes a été jusqu’à téléphoner au consulat de Zanzibar ! A croire que les touristes qui viennent par la frontière tanzanienne sont suspects. Cependant, le climat politique dans la province du Cabo Delgado explique cette suspicion.

Le Nord.

Mocimboa da praia. On descend au Vumba complex, seul hôtel convenable à notre avis : 3750 mzn breakfast inclus ; chambre immense, mais tout est déglingué dans la salle de bains : ni eau, ni électricité, seau d’eau et lampe de poche. En revanche, très bon restaurant-bar avec wifi. Le prix trop élevé. L’environnement est misérable, la plage une décharge, l’hôtel loin du centre. La ville ne présente pas d’intérêt particulier, sauf le soir son petit marché et l’ATM Millennium.

Macomia. Pour rejoindre le village étape, on doit faire un détour par Mueda, à cause de l’état de la route, nous dit-on. Pas de chapa, on prend le premier petit camion bâché avec les chèvres et les bidons d’essence. À Mueda on reste de longues heures à attendre que l’on puisse monter à l’arrière d’un camion non bâché, surchargé de voyageurs, dans des conditions précaires. La route pour rejoindre la nationale est en fin de construction, aussi seuls les camions 4X4 peuvent circuler sur le bas-côté. Sur la nationale on doit changer de chapa pour traverser le Rio Messalo (nom incertain) sur une pirogue traditionnelle (100 mzn) : il n’y a pas de pont. On arrive à Macomia à la nuit. On nous recommande le 2M hôtel : 2000 mzn sans breakfast ; chambre moderne avec salle de bains récente, très bonne douche ; mais le tout très humide et oppressant ; wifi. Le village est tout simple, on trouve des marchands de brochettes et d’autres en-cas, et aussi de la bière - la 2 M, qui est bonne -

Pemba. La route ne se fait qu’en chapa, le pont de la rivière Montepuez (nom certain) s’est cassé à la dernière dépression. On arrive 1 h avant que les embarcations officielles s’activent. On prend place dans la file indienne, sous un soleil qui tue, dans une chaleur moite, c’est le quotidien de la population. Une fois la rivière traversée (gratuit), il faut suivre un sentier boueux et chaotique, pour prendre un nouveau chapa qui va à Pemba. (À la fin du séjour, à Maputo, nous avons vu à la TV l’inauguration d’une digue permettant de traverser le Rio à sec. Digue qui était en préparation lors de notre passage.)

À Pemba on a choisi l’Hôtel Saruma : 3000 mzn par nuit au lieu de 3 200, breakfast inclus. L’hôtel est moderne avec piscine ; confort moyen ; problèmes wifi résolus le deuxième jour ; bon restaurant ; breakfast de base gratuit mais payant si on ajoute une commande… Situation en bout de plage qui rend l’hôtel plus attractif que ceux de la ville moite et poussiéreuse. Proximité Shoprite (Hyper). Loin de la gare routière et du centre-ville, le trajet se fait cependant facilement en chapa pour quelques mzn. Pemba possède une plage qui pourrait être agréable si elle était propre.

On prend la veille les billets de bus pour Namialo, dans une rue juste avant la place des héros. On nous demande d’être près de l’aéroport à 5h et de fait le bus part à l’heure, sauf qu’il retourne en ville pour prendre les passagers et attend pour se remplir, de sorte que ce n’est que vers 6 h que nous partons vraiment.

À partir de Pemba il est possible de prendre des machibombos pour les longs trajets, puis les chapas pour les terminer, un luxe sans pareil. On refusera de monter dans les camions, même si l’on doit attendre un peu plus de temps, l’expérience de Mueda nous a totalement dégoûtés.

Isla de Mozambique. Pour se rendre dans l’ile, on s’arrête à Namiolo et on termine le trajet en chapa. Il faut faire attention parce que tous les chapas crient Isla ! Cependant ils ne vont pas tous à Isla, certains vont à Quixaxe et vous déposent au carrefour pour Isla, ou encore, un peu plus loin à un autre carrefour pour Isla s’ils vont à Nacala. De là il faudra prendre un autre chapa ou un camion alors que d’autres chapas vont directement de Namiolo à Isla ; il faut donc demander le terminus du chapa. On a dû finir le trajet en camion non bâché… le dernier !

Puis on prend un autre véhicule pour le pont et parcourir la ville. Nous sommes descendus au Café central : 3000 mzn au lieu de 3200, Breakfast inclus. Magnifique maison ancienne superbement restaurée par un Autrichien des plus sympathiques parlant le français – mais l’hôtel est très humide ; piscine ; wifi dans la chambre. Très agréable, si on excepte l’humidité. Restaurant et bar excellents, breakfast somptueux ; service impeccable.

Isla de Mozambique est inscrite à l’Unesco ce qui se justifie. On a surtout apprécié la visite du musée dans le palais Sao Paulo et sa très belle chapelle ; les balades dans l’ile ; moins le fort qui est vide - la restauration est incomplète, voire laissée à l’abandon -. Isla possède un énorme potentiel architectural. Je souligne la nette séparation du village autochtone avec la partie touristique de l’ile. Il est agréable de prendre une bière face à la mer.

NB. Un beau documentaire sur Isla Mozambique a été diffusé sur la chaîne Ô : https://www.france.tv/documentaires/voyages/1319865-a-la-decouverte-de-l-ile-de-mozambique.html

Le centre

Nampula. Vers 5 h on prend un chapa pour rejoindre le continent. Le chapa cherche de rares clients et fait plusieurs fois le tour de l’Ile. Puis il s’arrête encore, on est dans le chapa depuis 1 h. On décide de le quitter pour se mettre à l’entrée du pont, où une moto nous prend rapidement. Dans la foulée, sur le continent, un autre chapa ira directement à Nampula. On trouvera l’Hôtel Lucio, un peu au culot : 3000 mzn obtenus du patron - un marocain qui parle bien le français - au lieu de 4000, breakfast inclus ; situation centrale ; bon confort ; wifi dans la chambre ; breakfast un peu basique et solennel mais correct. Nampula est la première vraie ville où on s’arrête, avec de larges avenues. On a apprécié la visite du musée et le restaurant Copacabana.

Ici nous nous séparons, mon amie et moi. Elle préfère prendre l’avion pour Beira, 1 000 km plus loin, moins fatigant, plus sécuritaire. Moi je continue en bus, 2 fois 500 Km, avec un arrêt à Quelimane.

Quelimane. Je prends un bus qui part à 6 h (j’y étais comme tous les autres à 5 h) pour 6 heures de trajet. J’arrive donc à destination à midi. Je m’installe à la Pensao ideal, 1 500 mzn, chambre petite, clim, salle de bain correcte mais basique. L’hôtel est en rénovation. Je pensais rester 2 nuits pour me reposer une journée entre deux trajets en bus, la ville ne le mérite même pas. La vieille église ne se visite plus. Je suis surpris de voir des immeubles totalement glauques et repoussants, pourtant habités - j’ai eu cette impression en Russie -. Il semble que cet état soit dû aux cyclones qui ont pourri ces immeubles ; à côté, il y a des bâtiments modernes. De plus c’est dimanche, il n’y a personne dans la ville, tout est fermé. Aussi, face à l’ambiance pesante de la ville, je décide de repartir le lendemain, en bus, pour Beira.

En Avion. De son côté, mon amie prend le vol Nampula-Maputo, avec une escale à Beira : Ethiopian Airlines, un petit avion neuf, 9000 mzn, le billet est pris à l’aéroport sans réservation. L’aéroport de Nampula est moderne avec une bonne organisation, alors que mon amie s’attendait à un vieux coucou et une atmosphère chaotique. En fait les lignes intérieures mozambicaines sont bien développées, les gens qui le peuvent les empruntent de préférence aux bus. Le temps est dégagé, le paysage est magnifique, notamment le delta du Zambèze. À Beira, seulement deux personnes descendent, aéroport endormi, pas de chapa pour la ville, 10km plus loin. Le taxi revient à 800 mzn, prix affiché, on a intérêt à être plusieurs…

Beira. Je retrouve mon amie au VIP Inn : 4000 mzn au lieu de 4500, breakfast inclus ; hôtel classe un peu triste (parce que vide, hors saison ?) ; chambre et salle de bains impeccables ; wifi dans la chambre ; restaurant tristounet et breakfast aussi, mais tout est très correct. L’environnement est décourageant, route en mauvais état, immeubles en ruine, ordures à ciel ouvert, et le VIP INN apparaît comme un havre de luxe au milieu de cette désolation. Le centre-ville a dû être très agréable autrefois pour une promenade. Elle a, nous a-t-on dit, souffert du cyclone dévastateur de 2019 et la reconstruction est lente. Il reste quelques vestiges coloniaux intéressants. Les livres conseillent la visite de la maison de la culture que l’on repère de loin par des tags sur les murs : bof, tout est vide, un peu triste, sauf 2 pièces qui exposent des objets à vendre. Comme la maison de la culture est en retrait de la route, c’est agréable de prendre une bière, au calme, avant de repartir. Quand on s’écarte du centre-ville, pour rejoindre la plage, on retrouve ces immeubles délabrés comme ceux de Quelimane. L’ensemble ressemble plus à un « bidonville » qu’à une « résidence », face à une plage sale, très sale. Tout cela est bien triste.

Le sud, les plages

Vilankulo. On fait le trajet Beira-Vilankulo en machibombo. On descend au Baobab Backpackers : 3 000 mzn au lieu de 3200, breakfast payant ; paillote super confortable en bord de plage, salon terrasse. Restaurant et bar agréables ; très bonne cuisine ; wifi capricieuse au bar, magasin ; service agréable. Un magnifique endroit, à conseiller. Possibilité de dortoirs. Un peu loin du centre et de la gare routière. Pour y arriver, au T - qui est aussi un carrefour -, prendre à droite jusqu’au marché, puis la 2 ème rue à gauche. Ensuite c’est vaguement indiqué. Assez loin, devant une ruine, prendre le chemin de sable en face, enfin après une petite boutique, prendre à droite, vous y êtes tout de suite La plage est immense, tout en longueur à marée haute, tout en profondeur à marée basse. Comme certaines plages de Zanzibar, la mer se retire très loin. La plage alors devient un jeu de couleur, le vert et le bleu dominant dans un dégradé infini, un paysage pour les peintres impressionnistes. Sur la plage quelques bateaux se reposent ou flottent. Quand la mer est haute, les pêcheurs reviennent de la pêche.

Tofo. Certains posts sur VF expliquent bien que, venant de Beira, il faut descendre à Maxixe pour embarquer sur une coquille de noix surchargée afin de rejoindre Inhambane, un raccourci. De là un gros bus de ville, surchargé aussi, va à Tofo. Le trajet en bus a été pénible à cause des secousses de la route - on est debout –, et de la chaleur. La récompense fut Liquid dive (tout près du Fatima’s Nest, un centre de plongée ; 6 300 mzn, breakfast inclus. Bungalow en dur tout confort, en face de la plage, le rêve. Excellents restaurant (végétarien) et breakfast ; piscine ; activités diverses en rapport avec la plongée, wifi à la réception. Le village de Tofo est minuscule et très agréable. La plage est immense, avec du sable blanc fin, les dunes une bonne surprise, une plage très différente de celle de Vilankulo. On peut regretter la proximité des hôtels qui mangent la plage.

Imhabane. Comme on n’a pas visité la ville à l’aller, que faire le trajet Tofo-Imhabane pour attraper un bus pour Xai-Xai tôt le matin est impossible, on en profite pour ne pas se presser. La visite de la ville se justifie par sa bibliothèque, sa baie, ses maisons, son petit musée, dense, intéressant, à la gloire du parti Frelimo et de ses leaders. On descend à l’Hôtel Africa Tropical : 3 000 mzn, breakfast inclus ; chambre agréable dans un jardin, tout correct ; wifi dans la chambre ; le week-end musique en live dans le café-restaurant. On n’a pas profité du breakfast, départ matinal. On a acheté le billet de bus la veille avec l’aide d’un policier ; il sera là pour nous indiquer le bus à prendre à 5 h du matin ; une fois installés le bus démarre. Incroyable, il nous attendait ! Le bus nous dépose à l’entrée de Xai Xai, pour prendre un chapa en direction de la plage, 10 km.

Xai Xai. On descend au Complex Halley 3000 mzn au lieu de 3500 breakfast inclus, centre de vacances à la plage, vide parce que hors saison. Un semblant de luxe agréable ; excellent restaurant un peu cher ; wifi dans la chambre ; service stylé. La plage de Xai Xai est particulière. Elle est vaste et déserte en cette saison, le sable un peu granulé et épais, pas comme celui de Tofo. Une barre de rochers délimite un bassin plus tranquille où jouent les enfants qui semblent ignorer l’école. La mer est sauvage surtout au-delà de la barre, les vagues s’écrasant sur les rochers de façon spectaculaire. La localité se compose de résidences secondaires et de quelques ruines. Tout est fermé. Petit magasin au village local, loin de la mer. Atmosphère pour films nostalgiques, pas pour nous déplaire.

Maputo. De la plage de Xai Xai, on prend un chapa pour rejoindre la ville de Xai Xai, il nous dépose à la sortie de la ville, près du pont du Limpopo, où on attend le bus confortable que nous avons pris il y a 2 jours, venant d’Imhabane. Le bus s’arrête à la demande … on sait qu’il passe vers 9h, le chauffeur nous reconnaît. Vous devez refuser toutes les propositions de chapas, nettement moins pratiques, sans doute moins chers ; le bus les dépassera sur la route. La gare routière de Maputo, du moins celle où s’arrête le bus, est à la périphérie du bidonville que nous avons traversé et qui encercle la capitale. On a pris un taxi collectif pour se rendre à l’hôtel et négocié le prix. On s’installe à l’hôtel Santa Cruz, 2500 mzn au lieu de 2800 à condition de réserver 5 nuits, breakfast inclus. La situation centrale est idéale pour visiter la ville. Wifi dans la chambre ; ascenseur. Confort correct mais chambre petite et salle de bains trop petite et vieillotte. Breakfast basique. Dîner très moyen. Bon rapport qualité prix mais pas très classe On a apprécié la découverte de la vieille ville, les musées, le marché artisanal idéal pour les cadeaux, les vestiges de la colonisation portugaise, la gare avec son très intéressant musée qui explique le développement du pays par le développement du chemin de fer, le fort, la ville moderne et ses grandes avenues. Maputo a plusieurs visages, quartiers résidentiels, quartiers défavorisés, comme toute grande ville, mais somme toute une ville agréable. La plage – Costa do sol - est une longue barre de sable qui s’étend très loin à marée basse, déserte à cette période de l’année. Il semble que cette plage soit le lieu de la future croissance de Maputo : on y trouve déjà un casino, des grandes enseignes d’hyper, des immeubles d’habitation, souvent vides. Se déplacer en transport en commun est facile, il y a des plans affichés à chaque arrêt de bus : les bus et chapas ont souvent leur terminus à la gare. Pour se rendre vers le N-E de Maputo, où se trouvent : - le marché artisanal ; - la Présidence ; - l’hôtel Polana Serena magnifique par son architecture, son histoire, sa situation ; - la Costa do Sol ; on prend un bus ou un chapa indiquant do Sol, sur l’avenida Eduardo Mondlane, et on descend au bon arrêt, par exemple, pour le marché artisanal, le premier arrêt sur avenida Julius Nyerere, et continuer à pied, les chauffeurs vous aideront. Toutefois, la ville historique (Baixa) se visite facilement à pied.

Ponta do Ouro. Mon amie est retournée chez elle, fatiguée : les 2500 km parcourus ont été une épreuve, qui aujourd’hui l’étonnent de s’être si bien comportée. Il me reste quelques jours et je décide de visiter la dernière plage du sud du pays avant mon passage en Afrique du Sud (AS). Je quitte l’hôtel Santa Cruz pour prendre un autre hôtel juste à côté du Musée de la Monnaie – j’ai oublié le nom -, rue Bagamoyo. L’hôtel a accepté de garder mon sac à dos avant de prendre la chambre. Je me rends à la Gare pour un bus en direction de Catembe, avant 7 h. Je descends au grand rond-point après le grand pont suspendu où arrive bientôt le bus de ville qui se rend à Ouro - départ régulier toutes les heures, aussi la visite de Ouro peut-elle se faire dans la journée de Maputo, ce qui est suffisant - ; le bus passe d’abord par la frontière. Au retour pareil : on descend à ce grand rond-point (le bus Maputo-Ouro ne passe pas par la gare) pour prendre la correspondance gratuite pour la gare, c’est la même compagnie. À Ouro, je m’installe au Underwater Explorer, pas cher, 12 euros, une petite chambre très basique pour backpacker, avec douches partagées, ventilateur, mais cuisine et réfrigérateur, la plage juste derrière ; c’est surtout un centre de plongée. La plage do Ouro est très belle, l’océan agité, du déjà vu. Le fait marquant vient de ce que l’on est déjà « plus tout à fait » au Mozambique mais « déjà un peu » en AS tant la présence des Sud-Africains est visible par leurs « gros tubes 4x4 », ou encore par leur vedette-hors-bord qu’ils font glisser sur le sable en sortant de l’eau à toute vitesse : bonjour les « musclors ». Certains SA possèdent des maisons secondaires à Ouro. Un peu comme à Las Vegas, on est dans un environnement surfait.

L'Afrique su Sud. De retour à Maputo, avec le bus Intercape, je passe en AS. La formalité à la frontière est simple … juste un tampon sur le passeport. Un mot pour souligner l’incroyable différence entre les deux pays. L’AS est bien le pays le plus développé de l’Afrique australe, c’est une évidence dès les premiers Km dans le pays, en regardant par la fenêtre les champs de maïs ou de bananes bien alignés, bien entretenus.

Limites. On n’a pas visité les réserves, fermées ; ni la région de Tete pour notre sécurité, à cause aussi de la saison des pluies qui devait rendre les déplacements difficiles – même par temps sec comme l’indiquent certains posts sur VF les transports sont épuisants - ; ni le train qui nous a bien tentés ; ni les îles qui sont hors de prix pour nous. Nous ne parlons pas le portugais, nos échanges avec la population étaient limités, on a beaucoup appris par l’observation cependant.

Remerciements. Je remercie Alice2017, Emersmile, Bof et tous les autres forumistes pour leurs carnets qui m’ont aidé dans la préparation du voyage.
Jean-François.
DO
Jef, Merci pour ce retour qui peut être très utile pour une recherche de pays à visiter. En fait que te reste-t-il de ce passage au Mozambique? Tu as passé de longues heures en transport, qu'as tu réellement vu d'intéressant? Quelles sont les parties du pays les plus intéressantes à visiter? Que peut on y faire? En fait tu as longé la côté depuis la Tanzanie jusqu'en AFS. Est ce peu différent de Zanzibar en ce qui concerne la côte, et la vie sur place (pêcheurs, plage, occupations possibles) ? Quelles sont globalement les spécificités (s'il y en a ) du Mozambique pour les touristes éventuels? Toutes mes questions te permettront de faire une version BRADT 2020/2021. Merci d'avance pour tes réponses, et je laisse à d'autres de te poser des questions qui ne me viennent pas à l'esprit.
ZJ
Bonsoir Dominique,

Je laisse aux livres de voyage leur utilité... Plusieurs réponses possibles à tes questions, plusieurs pistes possibles.

Le Mozambique m’attirait. Ce fut la réserve d’esclaves de la Réunion, dont les descendants sont appelés Cafres. Le Mozambique est situé en face de Madagascar, une région que je connais bien, les deux pays étant séparés par le Golfe du Mozambique. Il se fait que j’ai visité d’autres anciennes colonies portugaises : le Brésil, la Guinée Bissau, et d’anciens comptoirs portugais, Diu et Goa en Inde, Macao en Chine. J’espérais ainsi modestement trouver des liens avec ces autres colonies portugaises. D’autre part la visite du Mozambique s’inscrivait pour moi dans un voyage de quatre mois en Afrique Australe : Tanzanie, Ouganda, Rwanda et j’ambitionnais, toujours aussi modestement, une comparaison entre les colonisations allemande, belge, britannique, voire française, en y ajoutant l’Afrique de l’Ouest que je connais.

Pour dire la vérité, physiquement, 2500 km de transports, c’est long. Les paysages ne sont pas très spectaculaires – du moins sur notre parcours -, les intermèdes culturels sont rares, le pays est chaotique et dévasté par la guerre - encore troublé dans certaines provinces - et en proie à l’impéritie des gouvernants. Sans oublier les sévères conditions climatiques : cyclones, dépressions tropicales, sécheresse.

J’’étais curieux d’observer la gestion sociale d’un pays dans ses conditions, avec la capitale totalement décalée dans l’extrême sud; ainsi que l’influence d’un voisinage avec un pays très pauvre - le Zimbabwe -, plus riche - la Tanzanie -, voire bien plus riche - l’Afrique du Sud -.

Non il n’y a pas grand-chose à faire - à l’exception de Isla Mozambique et de quelques musées -, sinon la plongée et le snorkeling, ou la glandouille dans des hôtels de luxe - ceux que le gouvernement tente de développer en priorité. L’intérêt est ailleurs. L’intérêt est humain. On est forcé de se plonger dans l’histoire de ce pays et on ouvre un œil étonné sur cette population d’une incroyable résilience dans sa pauvreté. Circuler 80 km debout dans une benne de camion ou faire la file sous un soleil de plomb, pour nous c’est passager et provisoire, pour eux c'est leur quotidien… qui ne les empêche pas de rester souriants. Banal comme découverte ?

Pour parler des plages, beaucoup sont sales et parfois des décharges - surtout dans le nord - mais dans le sud certaines sont comme à Zanzibar, une longue marée basse pleine de couleurs. Difficile de dire à quoi elles ressemblent en saison.

Je publierai bientôt quelques réflexions... Amicalement
Jean-François.
MA
Merci jean François pour votre récit. Auriez vous quelques photos ? Nous projetons d'aller passer une semaine au Mozambique après avoir traverser le Zimbabwe l'année prochaine. Et votre expérience va beaucoup nous aider. Nous espérons cette année aller à Madagascar , si c'est possible [:/]
mayrig
ZJ
Je vais proposer quelques trajets alternatifs pour visiter le Mozambique.

Quid de la Province du Cabo Delgabo ?

Prérequis. Pour ceux qui auraient oublié la situation politique du pays, plus précisément celle de la province du Cabo Delgabo (CB), je recommande cette courte bibliographie : Le dessous des cartes sur Arte, épisode datant de 2007, toujours d’actualité. On peut le regarder sur Youtube, le titre : Le Mozambique, future puissance énergétique. La lecture du remarquable article de Cyril Bensimon, journaliste au Monde : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/15/le-mozambique-entre-gaz-et-djihad_6019330_3212.html Pour l’actualité récente, des attaques commises dans la province, ces deux articles : https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/mozambique/mozambique-plusieurs-morts-lors-de-la-premiere-attaque-jihadiste-de-l-annee-2020-dans-le-nord-du-pays_3773275.html et https://fr.africanews.com/2020/03/23/mozambique-attaque-islamiste-contre-une-ville-du-nord//

Le choix. On est au courant de la situation localement. On a lu la bibliographie ci-dessus et vu le site France diplomatie, tout comme ceux de la Belgique et du Canada, la province est classée la zone rouge : interdit aux touristes ; on sait donc que l’on prend un vrai risque en passant par la frontière à Mwambo-Namiranga ; je pense que c’est un moindre mal, pour peu que l’on se fasse discrets et que l’on ne s’y attarde pas. Le Bradt renseigne un autre passage, dans les terres, de Newala ou Masasi (Tanzanie) à Mueda (Mozambique, dans le CB), en passant par le récent pont de l’unité à Negomane. Il le déconseille cependant, surtout à la saison des pluies, vu l’état et la longueur de la route. Il suggère d’attendre des améliorations et ne donne aucun renseignement sur des transports publics. Sur les cartes on voit un autre passage un peu plus loin dans les terres, non renseigné par le Bradt, par Tunduru, poste frontière Chamba, toujours dans la province du Cabo Delgabo, traversée probable en barque. Ces deux passages allongent la distance à parcourir dans la province pour arriver à Pemba, ces alternatives sont sans doute pires que le passage par la côte.

La troisième possibilité serait de passer par le Malawi. On arrive alors sur le littoral du Mozambique vers Quelimane, trop au sud pour moi, c’était pourtant le choix de mon amie. Comme nous venions de Dar es Salaam, il fallait traverser la Tanzanie – bof ! -, par le train jusqu’à Mbeya, par exemple. Ce choix a un inconvénient majeur, celui de rendre impossible la visite de l’île Kilwa Kisiwani (Tanzanie), un lieu remarquable pour l’archéologue et l’historien, qui reste un mes meilleurs souvenirs de Tanzanie. Mais est-ce un obstacle ? Un aller-retour est toujours possible ; au diable les km pour peu qu’il y ait la culture !

Avec l’expérience. L’intérêt de visiter le Cabo Delgabo ne compense pas l’exposition au danger potentiel que l’on a pris. Aujourd’hui, à minima, je passerais par le Malawi, pour arriver à Quelimane. De là, avec les machibombos, je remonterais vers le nord pour visiter l’Ile de Moçambique ; au retour je prendrais l’avion à Nampula pour Beira, pour descendre vers le sud ; inutile de refaire 2 fois le même trajet par la route.

Le bon choix. Pour ceux qui auront le temps comme nous, ils peuvent passer du Malawi au Zimbabwe avant de rentrer au Mozambique. Ils pourront ainsi visiter deux sites inscrits à l’Unesco : le Monument national du Grand Zimbabwe et les Ruines de Khami proches l’un de l’autre. Le détour est insignifiant sachant qu’il est peu probable que mon amie, comme moi, retournions en Afrique de l’Est. C’était le projet alternatif de mon amie, je ne l’ai pas suivi. Maintenant confiné dans ma maison à Montpellier, je le regrette. Pour les voyageurs qui privilégient l’archéologie, c’est clairement la bonne option, même si le Zimbabwe s’enfonce dans la misère.

Le Sud. Si vous voyagez en Afrique du Sud (AF), et que vous passez par la région de Joburg, pour le Blyde River Canyon et le Kruger, qu’ensuite vous prenez - ou pas - la direction de Durban - ou l’inverse -, clairement la bonne option est de venir (pousser) au Mozambique, pour ses plages, au moins jusqu’à Vilanculos ; nulle part ailleurs vous ne trouverez une aussi belle plage au Mozambique, qui rappelle quelques plages de Zanzibar. Un plaisir pour les yeux du photographe. Les amateurs d’archéologie peuvent se rendre aux ruines de Manyikeni, un exemple de style zimbabwéen, dont la royauté s’étendait dans la région. On ne l’a pas visité. D’après le Bradt, il faut un véhicule particulier et un guide, parce que difficile à trouver.
Jean-François.
ZJ
Bonsoir Magryelle.

Peux-tu ne donner l'origine de ce très joli surnom ?

Je ne publie pas de photo, j'ai trop honte quand je vois celles publiées sur les sites internet. Mon amie a pris des photos réussies, copyrigth oblige, elle refuse de les mettre sur mon post, elle veut rester anonyme.

Votre projet de venir au Mozambique par le Zimbabwe est parfait comme je l'indique dans la suite du post.

Visiter Mada, un must, surtout Belo sur mer ... Si comme il y a 20 ans, la seule rue est encore éclairée par le fond des casseroles ... sous le baobab de la place centrale, après que les enfants ont regardé en riant la télévision, les adultes prennent place plus sérieusement. Trop cool. C'est un lieu magique. J'y ai trouvé des coques sur la plage comme dans les années 60 à Locquirec. Voulez-vous un guide ? Je vous accompagne alors. Je plaisante mais à peine... Mada est une destination à ne pas visiter seule cependant, prudence.

Je te souhaite de bons et inoubliables voyages.
Jean-François.
MA
Bonjour Jean François,

Merci pour tes encouragements pour visiter Mada; on a hâte! J'espère qu'on pourra y aller surtout! Mon pseudo VF est un mélange de lettres de mon vrai prénom (Mary Gabrielle) , c'est aussi un des nombreux surnoms que j'avais quand j'étais petite!
mayrig
MA
Bonsoir Mayrig,

"Merci jean François pour votre récit. Auriez vous quelques photos ?"

Tout d'abord, merci à Jean François pour ce retour sur le Mozambique, une destination peu courue en particulier le Nord du pays souvent délaissé.

Ci dessous trois liens vers mon blog qui pourront si tu le souhaites avoir un aperçu en photo de certains espaces du Mozambique. Notre voyage n'est pas récent, ça commence à dater, mais les paysages ne doivent pas avoir beaucoup bougés!

Nous sommes arrivés en novembre 2012 au Nord Mozambique en provenance du Malawi et avons découvert la région de Gurué, une splendide province destinée essentiellement à la culture du thé

à suivre Ilha de Mocambique, une très belle halte et pour finir le littoral du sud et ses plages splendides! ( aussi belles que nos plages Bretonnes!)

Cordialement et très bon confinement je suppose! Alain

https://marie-alain.blog4ever.com/mozambique-4-les-paradis-perdus-de-la-zambezie

https://marie-alain.blog4ever.com/mozambique-5-ilha-de-mozambique

https://marie-alain.blog4ever.com/mozambique-6-l-immensite-des-plages
ZJ
L’héritage portugais.

La visite d’un pays permet de s’intéresser à son organisation spatiale, à son héritage architectural et à son organisation sociale, plus difficile à observer en si peu de temps, même si on s’appuie sur un guide papier ou si on observe les bâtiments administratifs. Reste que le signe le plus marquant de l’héritage culturel du pays est la pratique officielle du Portugais

L’organisation spatiale.

Elle est le produit de l’action de l’homme sur la géographie du pays. Le Mozambique par ses frontières est tout en longueur dans un axe N-S. La situation de la capitale est désaxée, que ce soit Isla Moçambique au Nord (de 1507-1877) ou Lourenço-Marquès (Maputo) au Sud (à partir de1877). Le Mozambique s’analyse surtout à partir de son orientation horizontale (axe O-E) qui le divise en trois zones, d’abord par ses fleuves : Zambèze, Rio Save, Rio Limpopo, ensuite par la répartition de la population : Makula-Lombe au nord, Maranga au centre, Tsonga au sud. C’est en remontant le Zambèze que les Portugais vont coloniser l’intérieur du pays. C’est sur l’axe E-O que le chemin fer va se développer pour désenclaver le Malawi par la ligne Lichinga - Nampula - Nacala ; - la Rhodésie (Zimbabwe) avec Harare - Beira ; - l’Afrique du Sud avec Pretoria - Maputo - ; c’est sur cette division que trois entreprises coloniales sont créées : la compagnie du Nyassa, celle du Zambèze, celle du Mozambique (1).

En conséquence le choix du trajet s’impose : la population se concentre sur la côte, les villes côtières se développent autour de l’activité portuaire.

Trouver l’architecture portugaise.

Si on retient que Vasco de Gama, en 1498, découvre le Mozambique à « Terra de Boa Cente » (Inhambane), la « terre des gens doux », on est certain d’y voir les restes d’une architecture portugaise, tout comme à Isla et à Maputo. Qu’en est-il dans les terres ?

Il semble que le Portugal n’ait vu dans le Mozambique qu’une escale sur la route des Indes, placée sous l'autorité du vice-roi des Indes résidant à Goa jusqu’en 1752. Le Portugal s’intéresse au Mozambique tardivement, après la perte du Brésil en 1822. Les Anglais en tireront un argument pour contrer les idées expansionnistes portugaises dans les années 1880. La conférence de Berlin (1884-1885) définit la théorie de l’arrière-pays (Hinterland) qui permettrait au Portugal de relier sa colonie de l’Angola à celle du Mozambique, sur un axe O-E. Au sommet de son impérialisme, le Portugal travaille à ce projet connu sous le vocable « la carte rose » (mapa cor-de-rosa). Ce projet se heurte à celui de l’Angleterre d’établir un axe « du Cap au Caire » (2). L’accord bilatéral de 1891 fixe les frontières actuelles du Mozambique sous la pression anglaise, et signe la fin des ambitions portugaises dans la région. On doit aussi tenir compte des possibles destructions de la guerre d’indépendance (1964 – 1975), suivie par la guerre civile (1976 – 1992). Par exemple, il semble plus probable que l’état des immeubles dégradés que l’on voit à Quelimane et à Beira soit plus le fait de ces deux guerres que des cyclones (qui n’ont rien arrangé), la version officielle, avec le manque d’entretien ; le tout permettant à la population la plus pauvre de les squatter. Sans doute, en dehors du littoral, y a-t-il un faible héritage architectural portugais.

Au total, prendre la route qui suit le littoral s’impose. En premier lieu pour un contact avec le plus grand nombre de gens, et en prime, pour la découverte des plages. Toutefois en hiver, en saison sèche, faudrait-il pousser jusqu’à Tete.

Trois textes présentent l’histoire coloniale du Mozambique, on peut les lire ici : https://journals.openedition.org/echogeo/8313 [ complet, théorique, un peu long ] https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27indépendance_du_Mozambique [ grand publique ] http://milam.free.fr/portugal.htm [ complet, très résumé ]

1/ La Compagnie du Nyassa, à l'extrême nord, pratiqua surtout le trafic des engagés sous contrat pour d'autres colonies portugaises ; La Compagnie du Zambèze établit de vastes plantations de cocotiers et cultiva le sucre dans le delta du fleuve ; La Compagnie du Mozambique construisit le chemin de fer entre la Rhodésie du Sud et Beira. Source : http://www.afrique-planete.com/mozambique/histoire.htm

2/ De Gaulle rêvait d’une France de « Tous Français, de Dunkerque à Tamanrasset » ! (13 mai 1958). Une constante de l’impérialisme… Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vive_l%27Algérie_française_!
Jean-François.
MA
Bonjour Alain,

Merci pour ton message et surtout tes 3 liens concernant ton blog que j'ai regardé avec intérêt. Effectivement depuis 2012, les paysages n'ont pas dû beaucoup changer, par contre en ce moment ça chauffe dans le nord du pays....
mayrig
ZJ
Merci Alain, tu sauves le post par les très belles photos que l'on trouve sur ton blog.
Jean-François.
ZJ
Scènes de vie au Mozambique

Repas de poisson Au centre culturel de Beira, ils sont quatre, peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, tous candidats à une vie meilleure, attablés autour d’un poisson (un seul), un de ces poissons séchés comme on en voit dans les marchés, à même une toile cirée, en plein soleil. Avec leurs doigts ils prélèvent un morceau du maigre poisson et le tournent adroitement dans une bouchée d’ugali. Du poisson tout se mange, la tête, la peau, même les arêtes sont léchées consciencieusement. Les quatre amis sont joyeux et accueillants, ils offrent un petit verre d’un redoutable tord-boyaux local caché sous la table – et le partage de ce qui reste du malheureux poisson…c’est la pause à Beira. Au même moment, à Tofo ou à Xai Xai, dans les restaurants pour touristes, les serveurs s’affairent à débarrasser les tables. Sur les assiettes, des montagnes de déchets ; c’est qu’il n’y a pas beaucoup à manger sur un poisson quand on a éliminé la tête, la peau et les parties moins nobles. On ne va quand même pas lécher les arêtes en public comme des os de poulet.

Bus pour Tofo C’est un grand bus, un carro, un machibombo, comme vous voulez ; c’est samedi et il va à la plage. On monte à l’arrière et on descend à l’avant, ce qui provoque un mouvement incessant dans l’allée centrale, où se pressent debout, à moitié écrasés, les malheureux qui n’ont pas trouvé de place assise. Les arrêts sont fréquents, et, sans surprise, les nouveaux arrivants sont de plus en plus nombreux. Voilà un père de famille, seul avec un enfant handicapé dans une chaise roulante… tout de suite, l’entraide s’organise, on plie la chaise, on se pousse encore un peu plus si c’est possible, on laisse passer le père avec l’enfant dans ses bras, deux places assises se libèrent spontanément. Voilà une jeune femme élégante tirant une grosse valise qui s’ouvre en chemin, libérant son contenu par terre, sur les pieds des badauds. De nouveau on s’organise, on ramasse les tenues de plage, la lingerie, les objets de toilette qui ont glissé sous les sièges, on bourre la valise tant bien que mal et tout le monde de la faire passer à l’avant en la portant à bout de bras, dans un long cri d’applaudissements. Il se trouvera même une femme pour tendre à la malheureuse le portefeuille qu’elle a lâché dans la cohue. Personne ne profite de l’aubaine, même si manifestement la propriétaire de la valise possède des objets qui pourraient exciter l’envie. Vamos pra praia !

Épilepsie Des immeubles délabrés, des trottoirs défoncés, une rue pleine de nids de poule gorgés d’eau, il vient de tomber une brutale averse tropicale. Un pauvre hère est étendu par terre, à même la route boueuse, en proie à une crise d’épilepsie. Ses pauvres jambes maigres s’agitent convulsivement, la bave lui coule jusque sur ses bras déformés. Les voitures font un écart, le contournent sans s’arrêter. Des badauds se sont rassemblés à bonne distance, par petits groupes. Ils ne parlent pas, l’air fermé. Oh ! Ce n’est pas de l’indifférence, mais de l’impuissance. Ils ont tous un téléphone pourtant, mais personne ne viendra. Pas de docteur, pas d’ambulance pour les pauvres gens.

Gardien Il y a celui qui ouvre, en s’effaçant, la porte des hôtels de standing à chaque client. Il y a celui qui surveille les abords des restaurants, dès la nuit tombée, au cas où surviendraient des troublions. Il y a celui qui se tient à longueur de journée non loin de la grille fermée des belles propriétés, pour l’ouvrir à chaque coup de sonnette. Il y a celui qui protège les ATM. Il y a celui qui garde l’entrée des supermarchés où peut-être il n’a pas les moyens de faire ses courses. Il y a celui qui dort toute la nuit sur un lit de fortune devant la porte des pensions et se lève, un peu hagard, vers les 4 ou 5 heures du matin pour ouvrir le porche aux touristes qui prennent un bus matinal. Tous sont souriants, sourire commercial parfois, authentique et naturel, le plus souvent. C’est un emploi très demandé, esclave du temps présent, esclave encore et toujours.

Barbecue Elles sont rares, les femmes qui n’ont pas un bébé sur le dos et un autre à la main. Les plus grands sont déjà au turbin, ils vendent des œufs durs aux gares routières. Quand ils seront encore plus grands, ils tendront à bout de bras de lourds présentoirs remplis de sodas et de biscuits aux passagers des bus et des chapas. Les chanceux iront à l’école, mais beaucoup ne sont pas chanceux. Plage de Xai Xai, deux femmes ont trouvé un job complémentaire. Elles arrivent l’après-midi avec un petit barbecue et une provision de viandes. 10 mzn pour une brochette de poulet ou de saucisse, de quoi appâter le touriste. Qui reviendra le lendemain, sa pièce en poche, histoire de déguster son petit quatre heures. C’est sans imaginer la présence de quelques jeunes hommes du clan, arrogants et pleins d’assurance, qui doublent le prix devant les mamas médusées, et ne cèdent pas devant l’essai de négociation du touriste. Ainsi fluctue le commerce.

Fin du carnet.
Jean-François.
DO
Jef, Encore merci pour ce retour si précis et si précieux pour nous éventuels touristes.
MA
Merci Jean François pour ce résumé plein de fraîcheur (au simple et au figuré!).

Le Continent Noir va être, malheureusement, sous les feux de la rampe avec cette contagion qui s'annonce encore plus dramatique dans ces pays déjà trop vulnérables.

Ce n'est pas un cyclone qui va s'abattre sur l'Afrique, ce sera vraisemblablement pire!

Comment organiser un confinement dans les grandes métropoles? Comment contenir la diffusion de l'épidémie dans les camps de réfugiés? Quels sont les moyens sanitaires des hôpitaux?

Autant de questions qui trouveront difficilement les réponses appropriées et qui jettent une lumière brutale sur la chance d'être né du "bon côté" de la Méditerranée!

C'est bien triste! Très bonne journée confinée! Cordialement, Alain
MA
Bonjour Jean-François,

Merci pour ton retour et tes belles descriptions ... le Mozambique étant sur notre "liste" [:P]
https://apprentisvoyageurs.com
ZJ
Bonjour Alain,

Merci pour ton intérêt à mon carnet mozambicain, mon amie m'a beaucoup aidé. Coucou à Max 68 et merci.

Voici quelques articles récoltés à propos de la propagation du covid19 au Mozambique.

La situation officielle. Il y a huit cas confirmés au Mozambique, dont six sont venus de l'étranger. Au total, le ministère de la Santé a effectué 231 tests pour le virus. Source : https://www.jeuneafrique.com/910230/societe/coronavirus-en-afrique-une-carte-pour-suivre-au-jour-le-jour-lavancee-de-lepidemie/

Avec ce que j’ai observé, un confinement de la population me semble très difficile, voire improbable : ​- les gens vivent tous dehors, même sous les cocotiers… - dans les bidonvilles règnent la promiscuité, l’insalubrité, la surpopulation. Des familles complètes vivent dans des cases à une seule pièce ​- les marchés rassemblent la foule: vendeurs-acheteurs l’économie informelle fait vivre la quasi totalité du pays : chaque village a son marché, toujours très fréquenté - les moyens de transport sont insuffisants et surchargés.

À tout cela s’ajoutent au moins deux autres facteurs aggravants, propres au Mozambique. Le terrorisme : http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200330-mozambique-filiale-locale-etat-islamique-ravage-deux-villes-nord. Le risque cyclonique qui se termine fin mars : https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/environnement-africain/cyclone-idai-un-an-apres-le-mozambique-ne-se-remet-pas-de-la-catastrophe_3861469.html

Les mesures actuelles prises par la présidence, du moins les plus récentes : https://fr.globalvoices.org/2020/03/19/epargne-par-le-covid-19-le-mozambique-se-prepare-a-une-eventuelle-arrivee-de-lepidemie/

L’alerte de « La note du CAPS » : https://www.agenceecofin.com/images/-Quai_dorsay_-_Leffet_pangolin-_la_tempête_qui_vient_en_Afrique.pdf Un article du Monde qui analyse la note du CAPS : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/04/03/coronavirus-les-experts-du-quai-d-orsay-redoutent-le-coup-de-trop-qui-destabilise-l-afrique_6035470_3212.html

Les bêtises (C… ) continuent … : https://reporterre.net/Le-trafic-de-pangolin-se-poursuit-malgre-le-coronavirus-saisie-en-Malaisie

Une autre scène de vie

Le risque terroriste qui s’étend dans le nord du pays est en complète contradiction avec la gentillesse et la spontanéité de la population. Il n’est pas rare, dès le matin, de découvrir avec étonnement des femmes qui esquissent quelques pas de danse tout en vaquant à leur besogne comme à Mocimboa da Praia.

Un village du nord, en pleine brousse. Pour y accéder, le chapa doit quitter le goudron et emprunter une piste improbable. C’est un événement, le chapa, il représente l’extérieur. Certains descendent, d’autres montent. Le village est en fête, quelle fête, on ne le saura pas. Les femmes dansent , par petits groupes, sur une musique style samba, héritée de la colonisation lusitanienne. Les femmes portent des longues jupes colorées et parfois d’antiques chapeaux. Elles ont le rythme dans la peau et les petites filles, habillées comme des poupées, les imitent de leur mieux. Soudain un cortège passe en farandole devant le chapa, l’empêchant de repartir : des jeunes femmes, la beauté du diable, vêtues de robes de princesse à volants et dentelle, un parapluie ouvert en guise d’ombrelle, images des plantations d’autrefois. Elles virevoltent , un rien provocantes, pour s’évaporer derrière les cases, sans laisser le temps d’immortaliser le moment par une photo. Comment imaginer ce peuple irradiant la joie de vivre malgré des conditions proches de la survie sous la férule des islamistes radicaux ?

Cordialement.
Jean-François.
RZ
Bonjour,

Merci pour ce carnet ultra détaillé et qui décrit parfaitement ce que vous y avez vécu. Cependant, j'ai du mal à percevoir votre sentiment final sur votre expérience en Mozambique. J'ai une impression qui penche plutôt du côté négatif. C'est-à-dire un voyage moins emballant que vous ne le pensiez.

Je recherche une destination pour octobre et je dois dire que je suis maintenant sceptique quant au Mozambique. J'ai du mal à percevoir ce qui pourrait occuper deux semaines. Sachant qu'avec un temps aussi limité, je me dirigerai vers la location de voiture pour en perdre le moins possible.
VI
Bonjour Olivier, Je vous réponds à la place de Jean-François, je l’ai accompagné une partie du voyage et j’ai participé aux précédents messages. La première chose que je vous dirais c’est de prendre au sérieux les différentes mises en garde et d’éviter le Nord du pays, particulièrement la région du Cabo Delgado. La location d’une voiture vous apportera la liberté d’action et un gain de temps mais vous privera du sel du voyage en chapa. Deux semaines suffisent pour les principaux centres d’intérêt, vous pourrez même en voir davantage que nous, mais vous n’y trouverez pas la richesse architecturale de l’Éthiopie par exemple. Au retour je me suis plongée dans la lecture du dernier livre de Mia Couto, « Les sables de l’Empereur », ed. Metailié, un peu long (660 pages), mais irremplaçable pour comprendre les différents peuples qui vivent au Mozambique, à travers un épisode de la colonisation. Mia Couto est le principal écrivain mozambicain de langue portugaise, traduit en de nombreuses langues. Si j’avais lu ce livre avant le voyage, j’aurais vu le pays d’un autre œil, plus averti, plus curieux encore, plus ouvert. Pour tenter de répondre à votre question, tout est dans votre façon d’aborder le voyage. Se limiter aux plages est réducteur. Oui ce pays est plutôt vide (dévasté), mais la population est particulièrement souriante et extraordinairement résiliente. Pour ma part, aucun regret. Amicalement
virginie
RZ
Merci pour votre réponse. Votre dernière phrase "aucun regret" est ce que j’espérais lire [:P] Je n'ai pas encore parcouru très en détails les centres d'intérêts du pays. J'ai parcouru quelques carnets, et je n'avais pas l'impression d'avoir assez de "contenu" pour occuper deux semaines, sachant que la plage/mer ne m'attirent pas.

D'un point de vue logistique, j'ai l'impression que la location de voiture se fait principalement en Afrique du Sud, ce qui ne m'arrange pas.

Je vais continuer à approfondir le sujet en me focalisant sur le sud du pays.
VI
Bonjour Olivier Alors encore un conseil, si les plages ne vous intéressent pas, il il y a surtout à voir l’île de Mozambique, pour ses vestiges portugais et son atmosphère unique. C’est le seul site UNESCO du pays. Elle se situe loin de Maputo... la seule route vraiment praticable est la route qui longe toute la côte, et de Maputo à l’île il y a bien du chemin... Avec une voiture, vous pourriez évidemment vous hasarder dans les montagnes. Il y’a deux parcs animaliers, Limpopo et Gorongosa, ce dernier fermé à notre passage. Il y a aussi une région de plantations de thé qui serait intéressante (pas vu) Tout dépend de votre moyen d’arrivée? Maputo en avion? J’ignore tout des locations de voiture au Mozambique, nous n’avons pris que des bus et des chapa. Les vols intérieurs sont nombreux, corrects et pas très chers, les taxis nombreux et les chapas la norme. Malgré mes nombreuses pérégrinations dans le monde, je ne suis pas blasée, aussi je trouve de l’intérêt partout, mais ce n’est pas une attitude généralisée. Je vous laisse potasser votre documentation. Et mesurer les avantages et inconvénients à l’aune de vos attentes. Amicalement
virginie
RZ
Merci pour vos recommandations additionnelles. J'ai le même état d'esprit, il y a toujours un intérêt à trouver dans n'importe quel pays. Je ne suis que très rarement déçu. Mais comme les informations sur le pays ne sont pas monnaie courante, j'avais du mal à imaginer le type de voyage que je pourrais y faire. C'est déjà beaucoup plus clair dans ma tête. Je vois que vous avez déjà fait l'Ethiopie, qui m'a toujours attiré et serait également une possibilité pour octobre. Si vous deviez choisir entre Mozambique et Éthiopie? (ne vous sentez pas obligée de répondre [:P])
VI
Bonjour Olivier, je réponds toujours aux messages. J’ai lu que vous avez visité l’Afrique du Sud et la Namibie. Mozambique ou Éthiopie sont des destinations africaines tout à fait différentes, des pays beaucoup moins développés. Des pays pauvres, très pauvres, et instables. Tous les deux, mais l’Ethiopie est beaucoup plus riche en sites à visiter. Le Mozambique ne s’est pas encore remis de la longue guerre civile qui a dévasté le pays. À mon sens l’Ethiopie est le pays le plus intéressant d’Afrique. À vous de voir... Amicalement
virginie
DO
Olivier, Je suis du même avis que Virginie. L'Ethiopie n'est pas vraiment l'Afrique-ce pays n'a pas été colonisé excepté durant 4 ans ) . D'ailleurs, les habitants ne se sentent pas africains. L'étendue du pays fait qu'il y a une multitude de paysages, de climats, de population d'ethnies totalement différentes. L'histoire y est également très présente. Une architecture en pierre que l'on rencontre rarement en Afrique. J'ai lu le récit de ce post et aussi j'envisageai d'aller au Mozambique et sa lecture m'a fait abandonner ce projet. Visiter l'Ethiopie ne peut se faire en une seule fois tant le pays est étendu et aussi en raison des climats que l'on y rencontre. A partir d'octobre, cela est certainement la meilleure période pour y faire un séjour. A toi de voir. A+
RZ
Deux avis pour le prix d'un, merci à vous. L'Ethiopie est dans ma top list depuis plusieurs années mais je n'ai jamais pu le concrétiser. Et des voyageurs avec qui j'ai pu échanger dans le passé m’envoûtaient tous avec leurs récits. J'avoue qu'à première vue, en lisant ce carnet, je n'ai pas ressenti une excitation débordante comme lorsqu'à chaque fois que je commence à me projeter sur une destination.

Je ne vais pas polluer cette discussion plus longtemps. Je vais zieuter l'actualité de l’Éthiopie, en effet, difficile de vraiment planifier avec l'incertitude encore présente liée au COVID et toutes les restrictions y afférentes.
MA
Bonjour Olivier,

Pour avoir suivi cette discussion j'apporte une nouvelle contribution qui pourra peut-être renforcer ton choix.

Tout d'abord, je partage totalement l'avis de Vigounir concernant le caractère d'exception de Ilha de moçanbique, une halte unique sur cette côte de l’océan Indien dans un Mozambique peu arpenté par les voyageurs.

Lien ci-dessous:

https://marie-alain.blog4ever.com/mozambique-5-ilha-de-mozambique

"Si vous deviez choisir entre Mozambique et Éthiopie?"

...à mon avis ( ce n'est que mon avis ![;)]) voici deux pays radicalement différents tant par leur histoire, leur population et bien entendu par leur géographie.

Si les deux pays peuvent se découvrir en "mode routard", c'est mieux de disposer d'un temps suffisant pour circuler sur ces immenses territoires, les trajets d'une région à une autre sont chronophages.

D'un côté, dans la corne de l'Afrique, un pays de hauts plateaux et de montagnes, et de l'autre au sud de l'Afrique Australe, une vaste région sous influence coloniale ( bien décrite par Jean François) qui fait du Mozambique une destination singulière.

Pour ceux qui ont du temps la région de la culture du thé ( Gurué en Zambézie au Nord-Est proche du Malawi) mérite qu'on s'y attarde. C'est une zone encore relativement confidentielle:

https://marie-alain.blog4ever.com/mozambique-4-les-paradis-perdus-de-la-zambezie

L'Ethiopie, pour faire court, c'est un monde à part:

Ci-dessous notre perception de "l’Abyssinie" que mon épouse et moi avons parcourue sans en faire le tour durant deux mois. ( novembre 2017 à janvier 2018)

Une vingtaine d'articles sur l'Ethiopie:

https://marie-alain.blog4ever.com/articles/saison-4de-labyssinie-au-delta-du-nilnovembre-2017-a ...

Très bonne préparation de voyage!

Alain
MV
Plus simple d'attendre 2021.

Michel
VI
Bonjour Michel, il y a bien longtemps... pour le coup je vous approuve, 2020 année sabbatique...
virginie
MV
Bonjour Virginie,

Août 2012 mais je ne suis de retour que transitoirement le temps que le TTF ne rouvre. Il faut de la visibilité pour prévoir un voyage "lointain", c'est à dire hors Europe pour un européen et c'est peut-être un peu une loterie. Autant attendre 2021 et consacrer son temps libre au jardinage ou à la cuisine. Bien à vous.

Michel
VI
Bien d’accord avec vous, je ne fais pas partie de ceux - nombreux- qui veulent repartir au plus vite. Je n’aime ni la cuisine ni le jardinage mais je ne m’ennuie pas. Bien à vous! À dans 8 ans...
virginie
RZ
C'est carrément impossible pour moi. Avoir fait sauter mon voyage en avril (dont je n'ai jamais été remboursé du vol, merci eDreams) m'a déjà fendu le cœur. Faire une année complète sans voyage, ce ne m'est jamais arrivé, je risque de plonger en dépression [:P]

Je vais attendre jusque fin juillet pour ma réservation, la situation serait bien plus claire partout dans le monde. Quitte à devoir annuler en dernière minute avant le départ. Mais c'est tellement inimaginable, à mon sens, d'encore se traîner toutes ces lourdes contraintes d'ici 4 mois.
RZ
J'avais déjà parcouru le blog pour la Mozambique, avec de belles photos d'ailleurs. Il est difficile de comparer des pays mais vos différents avis m'aident grandement dans ma prise de décision. Reste plus qu'à...
VO
Très intéressant et original compte-rendu à trois mains. Maintenant que Vigounir est sortie du bush, peut-être accepterait-elle de mettre la dernière main avec ses photos? [;)] Si VF est représentatif, le Mozambique attire plus de Français routards que motorisés. Je partage l'avis de Mars56 sur l'intérêt de la région de Gurué même si je trouve plus belles les plantations de thé du Malawi tout proche.

D’autre part la visite du Mozambique s’inscrivait pour moi dans un voyage de quatre mois en Afrique Australe : Tanzanie, Ouganda, Rwanda et j’ambitionnais, toujours aussi modestement, une comparaison entre les colonisations allemande, belge, britannique, voire française, en y ajoutant l’Afrique de l’Ouest que je connais.

C'est aussi une question qui me turlupine. Accepterais-tu de nous faire part de tes réflexions à ce sujet ?
VI
Bonjour Voyajou, Je ne suis pas une grande photographe. Matériel modeste et discret. Juste quelques témoignages.

Quotidien. Vu du bus. Lieu indéterminé

Île de Mozambique. Le pont

Vieille affiche défraîchie. Passage à gué. Île de Mozambique

Cours de géographie à l’école primaire de Imhabane

Maison de la culture de Beira. Entraînement ...

Poste principale de Maputo



Nostalgie. Île de Mozambique

Maison de la culture. Beira

Amicalement, Virginie
virginie
ZJ
Bonjour Jean-Luc

Avant de te répondre, je remercie tous les intervenants du post qui l'ont sorti de l'oubli.

« C’est un sujet dangereux qui porte à polémique » dit Virginie, je lui donne raison. Je n’ai pas la culture suffisante pour commencer ce débat, j’ai écrit « bien modestement ». Je préfère botter en touche.

Maintenant, à partir de l’observation, les musées et lorsque l’on parle la langue du pays, par la discussion, on arrive à comprendre un peu mieux la complexité du pays visité. Ceux qui voyagent dans ces pays voient ce que j’ai vu et peuvent faire un lien avec les pays colonisateurs. Ainsi au Rwanda, l’opposition Hutu et Tutsi, au moins en se tournant vers l’histoire, n’est pas aussi simple que le dit le pouvoir Tutsi, notamment sur le génocide. J’ai entendu des prêtres Hutus avancer des arguments sérieux qui l'expliquent, voire pardonnent, ce génocide. « C’est la vie », c’est la conséquence semblent dire ces prêtres, et la Belgique a sa part de responsabilité, comme au Congo.

Je prends l’exemple de la Namibie. De 1884 à 1920 la Namibie est une colonie allemande ; de 1920 à 1971 la Namibie est sous mandat sud-africain. Quand on suit la route du Botswana pour Windhoek, la route est en ligne droite et change de direction par angle droit… Sur le bas-côté des poteaux électriques, parfaitement alignés, portent trois fils électriques, telle une partition musicale. Voilà l’image d’ordre à l’allemande. De fait le pays est sécurisé, bien organisé, structuré, inimaginable dans l’Afrique francophone, où le système D domine… l’ordre domine en Namibie. Maintenant si l’on visite le musée de Windhoek, on comprend que les Allemands ont « totoché (1) gravement » la population locale, les Héréros de 1904 à 1908 (pour ne parler que d’eux). Aussi l’ordre qui domine en Namibie aujourd’hui, a-t-il pour origine la pédagogie allemande, prolongée par l’ordre blanc de l’Afrique du Sud ?

La Namibie est visitée par les touristes Allemands. J’ai fait du camping pendant mon voyage en Namibie, et une auberge tenue par une Allemande vers Bullsport propose gites et camping. Cette auberge étant isolée, je réserve le repas du soir. La table est pleine d’Allemands, je suis très bien accueilli par eux, ils parlent peu le français et moi pas du tout l’allemand sauf « Ich danke dir sehr ». Je suis un peu la surprise de cette table. Pendant tout le repas je me sens mal à l’aise cependant, ne serait-ce que par le couvert et le menu : on commence par une soupe délicieuse dans laquelle on trempe des croûtons de pain grillé comme il faut, dans une vaisselle délicate, avec des hôtes d’une politesse exquise … Je me transporte, avec mon imagination, au bon temps de la colonie, avec des Allemands tout comme eux, bien comme il faut, qui pensent probablement faire œuvre de civilisation en Namibie, heureux de partager le repas. Je confesse ce ressenti, sans tenir rigueur à mes compagnons de table, sans que j’ai raison d’avoir eu cette pensée.

Par ailleurs, la Namibie est dans le top 4 des pays d’Afrique à visiter selon moi, pour sa population, sa capitale, ses plages, ses dunes de sable aux multiples couleurs, sa réserve d’animaux, son bush, son désert, son canyon, son offre de logements... Que de choses à voir dans une totale diversité.

Tu vois Jean-Luc que même partant de l'observation, dans un pays très agréable à visiter, le sujet peut devenir brûlant. Je n’ai pas la culture pour soutenir une telle discussion. Je suis désolé.

Maintenant, si toi, au contraire, tu as des informations, des faits, des idées sur ce thème, je serais heureux de te lire et d’apprendre.

Cordialement.

(1) Totocher est un verbe courant à la Réunion, il signifie corriger quelqu'un, de le frapper, de le battre.
Jean-François.
VI
Bonjour Jean-Luc, Puisque le sujet de la colonisation est lancé, je vais y ajouter ma petite pierre. Je ne connais ni le Rwanda, ni la Namibie, mais je reviens du Mozambique. J’ai lu, comme je le signalais dans un autre message, le livre de Mia Couto, « les sables de l’empereur ». C’est une brique un peu longuette pleine d’intérêt. Nous sommes en 1895 et Ngungunyane, L’empereur de Gaza (sud du Mozambique) résiste aux colonisateurs portugais. Le cynique et cruel Mouzhino de Albuquerque, finit par le capturer et le monarque déchu sera exilé aux Açores, où il meurt, oublié de tous. Voilà l’histoire. Le romancier mêle les personnages historiques et de fiction, les faisant parler tour à tour. D’un côté des natifs appartenant à d’innombrables clans déchirés par un jeu d’alliances, de trahisons et de guerres destructrices, de l’autre des Portugais, militaires, administrateurs, prêtres, ayant en commun l’incompréhension totale des croyances et traditions des indigènes. De part et d’autre l’impossible dialogue, et la peur. Que reste-t-il de la colonisation portugaise quand on parcourt le Mozambique? Des vestiges architecturaux, la plupart dans un état lamentable. La langue portugaise, officielle, mais les dialectes locaux sont bien davantage parlés. Les noms de lieu, mais pas tous, Lourenço Marques est devenu Maputo...La religion, mais bien des traditions animistes subsistent. L’indépendance est tardive, elle date de 1975. Guerre d’indépendance, et puis guerre civile, et le pays peine à redémarrer. Quand on voyage routard, bus, chapas, qu’on loge dans les petits hôtels, on ne voit pas de Blancs. Pas un seul ou presque avant Maputo. La barrière de la langue rend le dialogue impossible, sauf pour les choses pratiques. Une rare rencontre avec un Mozambicain maîtrisant le français, appartenant à une classe privilégiée, a révélé un homme soucieux de donner une vision positive de son pays. Je ne peux donner un avis autorisé sur l’impact de la colonisation portugaise à l’heure actuelle. Si vous avez un avis, je serais heureuse de le lire..

Photos: - l’Empereur Ngungunyane, en captivité, avec ses femmes - la stèle commémorant la « glorieuse » capture de l’Empereur. Origine: fort de Maputo



virginie
LE
Très intéressant et original compte-rendu à trois mains. Maintenant que Vigounir est sortie du bush, peut-être accepterait-elle de mettre la dernière main avec ses photos? [;)] Si VF est représentatif, le Mozambique attire plus de Français routards que motorisés. Je partage l'avis de Mars56 sur l'intérêt de la région de Gurué même si je trouve plus belles les plantations de thé du Malawi tout proche.

D’autre part la visite du Mozambique s’inscrivait pour moi dans un voyage de quatre mois en Afrique Australe : Tanzanie, Ouganda, Rwanda et j’ambitionnais, toujours aussi modestement, une comparaison entre les colonisations allemande, belge, britannique, voire française, en y ajoutant l’Afrique de l’Ouest que je connais.

C'est aussi une question qui me turlupine. Accepterais-tu de nous faire part de tes réflexions à ce sujet ?

Du point de vue du voyageur que j'étais j'ai trouvé que l'Afrique lusophone était vraiment à part ( J'ai passé 2 semaines en Guinée-Bissau, 2 mois en Angola et 1 au nord du Mozambique lors de ma dernière Transafricaine ). C'est difficile à décrire, des petites choses quotidiennes, comme une plus grande timidité dans les interactions quotidiennes avec les populations, une plus grande distance ( bienveillante ), moins d'exubérance, de bruit... La grande différence ( qui est probablement quantifiable ) est le métissage. Les colons portugais se sont beaucoup plus mariés ( ou/et multipliés ) avec les autochtones que leurs homologues anglais et français. A Luanda par exemple le nombre d'Angolais métis est impressionnant.
LE
Merci pour ce compte-rendu que je trouve assez fidèle à ce que j'ai vécu dans ce pays. J'arrivais aussi de Tanzanie, par la côte ( 2013 ).

Je me suis autorisé le détour par la merveilleuse île d'Ibo, ravagée depuis par un cyclone. L'accès se fait en bateau :







La piste Nampula-Cuamba qui permet de rallier le Malawi est ( était : les Chinois ont dû finir de la goudronner ) merveilleuse, avec tous ces inselbergs plantés au milieu de la savane :

L.
VI
Bonsoir, merci pour les photos. Ibo était bien entendu dans notre projet, mais les circonstances n’étaient pas les mêmes qu’en 2013... Je n’ai pas été consciente d’un important métissage au Mozambique. Par contre, lorsque vous parlez de bienveillance je suis d’accord, c’est un mot qui définit bien les Mozambicains. Amicalement
virginie
VO
Je préfère botter en touche.

Alors un lien entre le football africain et l'ancien colonisateur? [;)] (Mise à part l'Afrique du Sud, pas une équipe au sud de l'équateur dans le top ten des équipes nationales)

Sérieusement, tu as raison, par les temps qui courent, c'est un coup à se faire déboulonner. Et la question est complexe, que ne sauraient éclairer les manichéismes en vogue. Comme vous deux, j'observe. Tu l'as constaté à Ponta do Ouro, un autre exemple frappant dans le coin: dès qu'on traverse la frontière entre le Zimbabwe (ex-colonie anglaise) et le Mozambique (ex-colonie portugaise) on a l'impression de passer d'un pays anglo-saxon à un pays latin. C'est très sensible également entre l'Afrique du Sud et le Lesotho (qui a tâté de la badine anglaise mais échappé à la férule afrikaner).

@Vigounir

À Ihla de Moçambique dont tu es nostalgique... Lorsqu'on attend les fonds de l'Unesco:



Lorsqu'on a les touristes:



@Levelo Tiens, quand on parle de routard... Un vélo, des vélos (ceux-là voyagent en autonomie: ils transportent leurs bûchettes pour le bivouac [;)]).



La grande différence (qui est probablement quantifiable) est le métissage.

Un autre 'sujet dangereux qui porte à polémique' et que nous n'aborderons donc pas: le métissage e(s)t l'avenir de l'homme.
VI
Bonsoir Jean-Luc, eh oui l’île de Mozambique est bien oubliée de l’UNESCO. Tout ce qui est restauré (souvent bien) est le travail des privés de l’hôtellerie, de luxe ou de demi luxe. Tout ou presque était fermé lors de notre passage. Atmosphère tranquille et propre à l’introspection.

Extérieur et intérieur



Métissage = terrain brûlant, sous toutes les latitudes.
virginie
LE
J'étais chargé, mais pas autant qu'eux. Je les ai beaucoup photographiés, admiratif...

Entre Mtwara ( Tanzanie ) et le poste-frontière mozambicain :

Sur la piste de Pemba :

A l'ouest de Cuamba :
VI
Même endroit, même moyen de transport inchangé depuis 7 ans. Juste que mon cliché est désastreux - en rapport avec les moyens du bord.

virginie
LE
Oui ! Avec une végétation moins sèche pour vous ( j'y étais fin septembre ). Côté mozambicain c'était l'enfer du sable sur la piste jusqu'à Mocimboa Da Praia. Mais pas d'insécurité à l'époque, hormis les grosses bestioles .
VI
Voilà le côté Mozambique, et les clichés sont encore plus désastreux, comme la météo...





virginie
LE
Effectivement... Toute cette zone est encore très sauvage, le contraste avec la zone frontalière côté tanzanien est très fort. Il y a encore quelque éléphants, malgré le braconnage. La personne chez qui je dormais à Pemba ( et qui connaissait bien cette route ) m'a dit qu'il y avait vu des lions. Pour une guérilla c'est du pain béni.
ZJ
Jean-Luc,

Il me reste quelques clichés pour comparer les ex-colonies portugaises.

La plus pauvre d’entre elles est sans conteste la Guinée-Bissau quand je l’ai visitée. Je me souviens de villes sans éclairage public, notamment à Bissau, éclairée faiblement par les ampoules des maisons particulières possédant un groupe électrogène. Je me souviens du port, en ruine. On m’a expliqué alors qu’à l’indépendance les Portugais avaient tout repris, et qu’ils ont fait sauter ce qu’ils laissaient sur place. J’ai trouvé le niveau de vie de la population de la Guinée comparable à celle du Mozambique, pauvre parmi les pauvres, sauf que Maputo présente un espace de modernité déplacé, ceinturé par des bidonvilles en périphérie, que j’ai vus rapidement du bus.

Autre point commun - avec l’Angola que je ne connais pas - l’instabilité politique après l’indépendance, avec ici des coups d’état à répétition suivis d’une brève guerre civile, là, une guerre civile longue et désastreuse, qui laisse penser à une décolonisation précipitée ou une volonté de leur part du type « Moi ou le chaos ». (1)

Si les forts du Mozambique ont un air commun avec celui de Diu, on ne retrouve pas les larges façades des églises de Goa, de Macao, du Brésil, d’architecture portugaise, en Guinée et au Mozambique, ni d’ailleurs la débauche d’or des églises du Brésil du style baroque.

Seules la ville fortifiée de Ilha Moçambique et quelques rues du quartier de Baixa à Maputo gardent toujours cette ambiance portugaise que l’on trouve à Paraty.

Au total le Mozambique se définirait plus comme un comptoir d’étape sur la route maritime de l’Inde, superstructure différente d’une colonie de comptoir telle que Diu ou Goa, d’une colonie de peuplement comme le Brésil.

Je remercie Yves (Levelo) pour son rentrer dans le post.

Cordialement.

(1) Ainsi résumait l’opposition, en 1965, la campagne électorale de de Gaulle.
Jean-François.
VI
Bonjour Jean-François Je ne connais pas les pays lusophones que tu cites sauf le Brésil. Effectivement, on ne trouve pas au Mozambique de luxueuses églises baroques qui pourraient tenir la comparaison. Oui le Mozambique fut un pays de comptoirs côtiers, et l’intérieur du pays négligé, accès difficile , peu de ressources. Les lignes de chemin de fer drainaient le trafic des mines d’Afrique du Sud et celui des pays limitrophes privés d’accès à la mer, comme l’actuel Zimbabwé. Tous les efforts se sont concentrés sur les ports. Encore maintenant, avec le développement récent de Nacala. Pour en revenir aux églises, il reste peu d’intérieurs préservés. Photo: Isla Moçambique, détail de l’étonnante chaire de vérité de l’église Sao Paolo attenante au palais du gouverneur - devenu un musée remarquable et inattendu.

virginie
LE
Bonjour Virginie et Jean-François,

Le passé de la Traite est aussi présent sur Ilha. C'était un comptoir actif, comme Zanzibar. Témoin de cette époque le petit mémorial financé par la DRAC de la Réunion, dans un petit parc bien entretenu :

Yves.
CH
Bonjour Michel, il y a bien longtemps... pour le coup je vous approuve, 2020 année sabbatique...

Pas tout à fait puisque tu étais en afrique au début de l année [;)]
chris06
VI
Merci Yves pour ce rappel tout à fait bienvenu. Oui en effet, nous n’avons pas parlé de l’esclavage et il aurait fallu le faire. Ce fléau a corrompu l’Afrique et l’a privée de forces vives qui auraient pu résister à la colonisation. Contrairement à Jean-François, je ne connais pas du tout La Réunion. Bien cordialement
virginie

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