Discussions similar to: recette des yaourts maison
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Comment faites-vous pour partir si souvent?
Aller dites le moi, comment par quel moyen, comment pouvez vous avoir autant de temps libre et l argent neccessaire, à des voyages souvent tres longs.Comment faite vous?Moi perso, j etais en australie y a 2 mois, ben maintenant va falloir que je travaille longtemps avant de repartir pour plus de trois semaines.
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Back from Morocco
Second trip to Morocco, with our kids and our grandson. A trip for five that delighted us all.

First stop: Marrakech, where we landed in late morning under a blazing sun. We had lunch on Avenue Mohamed V and took a little rest before heading to Djema El F'Na Square in the late afternoon, when the temperature dropped slightly. A quick stroll through the medina and the souks, still as lively as ever. Mountains of goods, craftsmanship that amazes us, a palette of colors, and all sorts of scents...









Then, when night fell, we wandered around the square among the little stalls serving all kinds of dishes: salads, grilled meats, soups, snails... It's incredible. Everyone is super friendly. I suspect they tell the same jokes every night to the tourists passing by. But it's really fun. And surprise, surprise—here, it's already Christmas. Colorful garlands at every stall.









But, rightly or wrongly, even though we're charmed, we prefer not to dine on the square... We're afraid of ruining the rest of the vacation... But what an extraordinary atmosphere on that square. It's overwhelming!

The next morning, we left Marrakech, hoping to find milder temperatures outside the city. On the way to Tichka. The change of scenery is huge. Our grandson can't get over seeing all the vendors selling real or fake minerals, real or fake fossils, merchants who approach as soon as we stop to admire a site or take a photo. There are also apple sellers—real apples for a picnic, which is perfect.





Photo stops are frequent. At every turn, a new discovery, a new viewpoint. The villages blend into the mountains. It's stunning.

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Installation à Luanda en Angola
Bonjour,

Ns venons d'apprendre qu'à compter du 1er Novembre ns devons être à Luanda (angola). cette proposition que ns avons accepté avec joie ns demande d'être assez réactifs car j'ai cru comprendre que les caisses maritimes voguaient pas mal de temps avant d'arriver à bon port.

Logés et je crois du mobilier mis à notre disposition, ma question serait plutôt :

quels sont les affaires et produits indispensables à prendre avec soi ?

quels sont les fournisseurs d'accès à internet ?

Les conditions climatiques obligent à prendre quelles affaires ? Côté moustiques médocs etc ... no souci, informés et bien suivis

y a t il de quoi faire des activités physiques (salle de gym, piscine ..) ou faut il prévoir vélo d'appart , tapis de course etc ...

Peut on facilement partir faire quelques virées dans le pays ?

Peut on prendre des cours de portugais ? Y a t il des méthodes d'apprentissage que vous conseillez ( autant commencer à apprendre un peu avant d'arriver)

Je suis preneuse de toutes les info susceptibles de me permettre de faire au plus vite, ravie de venir découvrir une autre région dans l'attente de vos réponse, bonne jrnée à tous
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Récit de 3 semaines au Québec en famille et en échange de maisons - été 2015
Comme d'hab je suis à la bourre dans l'écriture de ce récit.. je voulais le faire en une fois mais ça s'éternise alors je vais faire un post par jour de voyage.

Nous sommes partis au Québec du 22 juin au 11 juillet 2015 soit 20 jours en échangeant notre maison auvergnate contre une à Lévis. Nous sommes 2 adultes + 2 enfants (6 ans et 13 mois au moment du voyage).

Le post initial...

Cette destination, je l'ai en tête depuis 8 ans déjà.. c'était pour aller là-bas que je me suis inscrite sur le site des échanges de maison, sans succès jusqu'à cette année.. J'aurai même adoré y vivre.. c'est pourquoi ce voyage, je l'idéalisais, j'en attendais beaucoup !

J'ai donc passé près de 6 mois à chercher les infos, ici et ailleurs, à planifier, programmer (je voyage un peu en avance!!). Après je suis de près tout ce qui a trait au tourisme au québec donc j'avais un peu d'avance !

Notre itinéraire initial prévoyait plus de choses mais c'était sans compter le décalage horaire et le rythme de notre petit dernier... Notre parcours : +/- 2500 km et 20h de route Budget : 4000e tout compris pour 4 (détails en fin de récit)

Côté avion, je fais de la veille sur les billets d'avion depuis quelques années.. Donc une fois l'échange conclu avec les canadiens, nous avons acheté les billets le 30 janvier, 1328€ pour 2 adultes + 1 enfant de 6 ans + 1 bébé genoux. Et environ 200€ de passeports pour nous 4.

Avant de partir, gros stress : est-ce que j'ai oublié qqchose dans les valises ? j'oublie tout le temps un truc.. Scanner les papiers administratifs au cas où, le lait en suffisance pour le petit, le kway...

Jour 1 - Lundi 22 juin 2015

J'ai réservé le parking 5 jours auparavant via Parkvia au Hilton Orly, c'est le moins cher que j'ai trouvé. Super quand on pratique l'échange de maison, il suffit de se rendre au parking dans l'horaire prévu (12h pour nous) et de laisser les clefs dans une enveloppe avec le nom de nos hôtes à l'accueil de l'hôtel. Il faut payer au moment de récupérer la voiture, donc les 21e seront payés par nos hôtes quand ils arriveront (le lendemain à 10h30) puis ça sera à nous de payer pour le retour. Ensuite la navette nous mène vers orly sud.

Côté bagages, on a droit à une valise de 23kg chacun en soute , sauf le petit qui a droit qu'à 10kg. On peux aussi emmener 10kg chacun (sauf le petit) en cabine. Même si on échange notre maison, j'amène toujours trop de trucs (les jouets pour le voyage en avion, les chaussures de rando, c'est lourd, le gros manteau, la petite veste, et les affaires s'il fait froid, s'il fait chaud, s'il fait entre les deux...). On a (presque) tout utilisé (bon en fait non, on prends toujours une valise presque vide pour ramener des souvenirs au retour, et les boites de sirop d'érable, c'est vite lourd !).

Enregistrement puis embarquement, départ à 15h45 6h30 de vol, emplacement avec berceau (pas spécialement utile en journée), par contre l'espace devant est appréciable Arrivée à Montréal, passage aux douanes plutôt longues Récupération de l'enveloppe contenant les clés de la voiture à la consigne (prix : 2 dollars)

Navette du park'n'fly puis recherche de la voiture ! Il y a beaucoup de voitures, le conducteur de la navette a dû mal à trouver l'emplacement indiqué.. Une fois la voiture repérée, il faut s'habituer à la boite automatique : que signifient P, R, N, D ?? La bête amadouée, il faut payer...(prix : 19 dollars) Notre partenaire d'échange avait glissé un coupon avec un code barre permettant une réduction de 5 dollars sauf que j'ai complètement zappé ça et je scannais le code pensant que ça allait nous ouvrir la barrière automatique.. un grand moment de solitude..

Ensuite, mauvaise nouvelle, le gps ne fontionne pas.. On appelle notre hôte à Brossard pour qu'elle nous aiguille. Au final, mon téléphone nous guide jusqu'au point de rendez-vous de notre hôte (ouille la note hors forfait)...

Nous arrivons enfin à Brossard dans une superbe maison ! Louise, c'est une québécoise géniale rencontrée sur un groupe d'échanges de maison sur facebook qui nous prête sa maison pour notre séjour montréalais (elle va dans sa résidence secondaire à Magog) Bref, nous sommes fatigués, les petits s'endorment, mais nous sommes heureux de les rencontrer "pour de vrai" après tant de mois passés à échanger par mail. Louise et son mari nous montre la maison, le fonctionnement des appareils électroménagers, et nous dit qu'elle a fait quelques courses : wahou !!! Des légumes (elle avait lu que lors de notre séjour à Calgary nous avions mal mangé..), du lait, des croissants, du pain, du fromage, du pâté, une quiche, des yaourts, des pâtisseries.. et même du vin, quel accueil !! Ils partent, nous mangeons rapidement et hop dodo.. Les enfants ont très bien tenus (il est 2h du mat heure française!) !
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7 jours dans le Michigan part 1 de 19 jours hors des sentiers battus
7 jours dans le Michigan jours 2 à 8 de notre trip : 19 jours hors des sentiers battus Michigan, Ohio, Indiana et plus

Le début du voyage et l’introduction sont là :

voyageforum.com/...diana-plus-d7704837/

Jour 3 : lundi 12 septembre Pour résumé nous sommes partis ce matin de Chicago à 8h50, après 4 h de route nous arrivons sur l’aire d’autoroute au visitor center du Michigan, pour une 2ieme pause technique et faire le plein de documentations, cartes, et dépliants touristiques.





Surprise nos montres indique 11h50 l’horloge de la voiture et celle du visitor center 12h50, « merde, sheet , Sugar plus poliment » on change de fuseau et je n’avais pas prévu ça, on va maintenant être dans le jus sur le prévisionnel !!!. On ne s’éternise pas on prend les docs, fait quelques photos et on trace, 13h08 donc à l’heure du Michigan on reprend la route encore 1h42 avant destination. On arrive enfin à 14h48 après une petite erreur de programmation qui nous fait encore perdre de précieuses minutes. Le Gilmore heritage center se trouve en rase campagne, au milieu de nulle part et on ne se douterait pas trouver un musée de cette qualité dans un lieu aussi perdu, il est entouré de prés et une allée bordée d’arbre permet d’entrée sur le grand parking.



Billets pris on commence la visite par plusieurs halls avec de très belle fifties, seventies, de diverses marques, on sort ensuite dans une rue, ou on peut voir plusieurs bâtiments reconstruits dans le plus pure style d’époque, station service et concession Ford, abritant l’expo du même nom, ensuite un bâtiment art déco abritant lui un show room et l’expo Cadillac, un autre est consacré aux Lincoln, d’autres sont classés par décennies, avec des modèles plus beaux les uns que les autres, on y trouve aussi quelques anciennes caravanes, un bâtiment est consacré aux mascottes impossible de les dénombrer et de prendre le temps de les étudier plus en détails.





















Dans un autre on trouve une très belle collection de jouet et voitures à pédales, plus loin un d’entre eux est consacrer à la marque Hudson, le musée qui mérite une bonne demie journée de visite si ce n’est la journée entière possède une belle station service shell, et un diner dans lequel on peut se restauré. Notre arrivée tardive ne nous permettra pas de visiter le bâtiment consacré au vélo et celui des miniatures. En partant nous posons la question pour un éventuel billet pour le lendemain et les hébergements à proximité. De retour à la voiture nous faisons le tour des possibilités de plan A, B et C pour la soirée et le lendemain, mais après réflexion nous en restons au plan initial à savoir tracer la route pour étape nuit à Lansing et visite de Réo olds. Le fait de rester sur Hickory corner aurait impacté le planning d’une demi journée de plus en regard des heures d’ouverture et aurait tout décaler, ce qui pouvait être critique pour la suite du voyage presque chronométré en regard des heures d’ouverture des différentes visites planifiées. Finalement à 17h45 nous partons et nous regagnons Lansing par de petites routes de campagne fort agréables et bien plus intéressantes, mais moins rapides que l’autoroute faite le matin. (1h05 56m) N’ayant pas réservé d’hôtel à l’avance ce qui permet beaucoup plus de souplesse, ma moitié, sur le trajet en recherche un sur la brochure de coupons prise ce matin au visitor center. Lorsque nous arrivons à celui sélectionné il ne prend plus les coupons ce soir et la chambre passe de 65$ à 114$, il ne nous en faut pas moins pour trouver un plan B en se connectant avec la wifi de cet hotel sur hotel.com et nous en trouvons un autre à 10 miles d’ici au nord de Lansing dans nos prix et avec piscine. Nous y arrivons à 19h39, et sitôt les valises déposées, allons manger dans le resto préconisé par l’hôtesse d’accueil : Reno’s, un resto bar avec terrain de beach volley en terrasse, les joueurs se relayent et alterne entre le terrain et leur table. Nous y mangeons une très bonne et copieuse salade BBQ. 21h15 lors de notre retour à l’hôtel, la piscine de ce lui-ci est finalement out of order, l’eau est verte et moussante, ça ne donne vraiment pas envie, sans cela j’aurai bien été faire trempette avant d’aller au lit. Du coup il nous faut faire le point du programme de demain et réserver un hôtel, nous en prenons un à Ann Arbord à côté de Ypsilanti, il est maintenant temps de dormir un peu il est 22h, 4h en France et la journée a été bien remplie.

Dépense de la journée : Gilmore 26$, resto Reno’s 23$, hôtel 62.39 € (hotel.com) Mileages parcourus 264m soit 425 kms
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Que mange un enfant en Inde?
Bonjour a tous........

Actuellement sur l Amerik centrale avec notre enfant de 2 ans, nous pensons aller sur l Inde pour ses 3 ans, pour une duree de 6 mois. Notre question est d avoir une idee sur la nourriture, vu que les Hindous sont vegetariens, et lorsque l on peut trouver de la viande, la verite!!! je prefere m abstenir !!!! Je sais que le manque de proteines peut etre substitue par des graines, comme les noix et autres !!!!

Y a t il une nomad family qui peut nous faire partager son experience de l Inde avec enfants ???

Merci a tous et bonne route !!!!
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Grève en Martinique depuis le 5 février 2009
Bonjour,

J'ouvre ce post pour donner des informations sur les mouvements en Martinique et ainsi arrêter de squatter le post de la Gudeloupe.

Aujourd'hui lundi 9 février: il est quasi impossible de trouver de l'essence (sauf véhicules médicaux et de secours - stations réquisitionnées) les grandes surfaces sont fermées et la plupart des moyennes aussi - les entrées sont bloquées par du caca-cochon des zones d'activités sont bloquées par les grévistes il y a des opérations Molokoi sur toute la zone centre les écoles sont fermées pour la plupart des opérations de boycott sont lancées pour les produits AHD (réactions au reportage Canal+) bien peu de monde travaille les transporteurs et les taxicos entrent dans la grève.. pas d'annonce de mouvement dans les hôtels les petites épiceries et lolos sont ouverts mais les stocks baissent

Donc, prudence sur la route et il vaut mieux éviter la zone Lamentin/FdF/Schoelcher.

Nous apprenons que la Guyane se mobilise également.
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Mais que se passe t-il à Madagascar actuellement?
Bonjour, Étant amoureux de Mada et souhaitant y résider un jour prochain, je me pose des questions quant à y aller ou pas???🤪 tant l'insécurité y est grandissante de jours en jours!!... Mais que se passe t-il donc???... Que font les autorités????....Si quelqu'un peut m'éclairer, ce serait gentil. (j'affectionne plus particulièrement Tamatave et sa région..) Merci à tous!..
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Idées reçues et bizarreries sur les États-Unis
Salut à vous, fans ou futurs-fans de ce magnifique pays 🙂.

Je n'ai pas souvenir d'un post où serait recensé les idées reçues (vraies ou non) & les bizarreries des USA. Je pense qu'on en parle pas assez. Si je me trompe, veuillez m'en excuser d'avance.

En complément, ce post traite des différences entre France les États Unis où l'on peut trouver de nombreux témoignages intéressants.

Aller, je me lance:

Les routes: Je sais pas où vous habitez mais j'ai toujours entendu dire que les routes aux USA étaient supeeeeeer larges... mais à part dans certaines villes (rue annexes de Moab par ex. où 6 voitures pourraient se croiser), les routes principales ou les routes telles que sunset, Hollywood bd ou autres ne sont pas plus larges qu'en Françe. Les différences de niveaux entre les routes et les parkings sont impressionnantes, tu passes trop vite, ça frotte! Ça doit être pour ça qu'ils ont tous des 4x4 😛

La robinetterie: (Je me souviens d'un post la dessus). Alors là, incroyable... il y a presque autant de principes de robineterie que d'hôtels (j'exagère à peine). Tourner/tirer/pousser/basculer/Etc... c'est un jeu ou quoi? Y'a même des fois, il a fallu quelques secondes pour trouver 😐. De plus, impossible d'économiser l'eau pour certains de ces robinets, pour avoir l'eau chaude, il faut tourner à fond. On ne peut pas avoir un simple filet d'eau chaude.

Le "bye": Par exemple, après avoir acheté des cartes postales, lorsque l'on quittait la caisse, on disait simplement "thank you" puis "bye" et dans la majorité des cas, on ne nous répondait pas ou alors il faisait une tête étrange 😮. Je ne pense pas qu'on ai rêvé, vous pouvez nous expliquer ??

L'éclairage : Dans la majorité de nos hôtels, les chambres ont toujours été (très) sombres et ne possédaient presque jamais de point d'éclairage central. En revanche, les lampes de chevet, de coin de pièce, de bureau, etc.. en veux-tu en voilà... ça prend du temps d'éteindre tout ça quand on quitte la pièce 🤪. Ils sont pas au point là dessus...

Voilà, c'est tout ce qui me vient à l'esprit pour le moment. Si vous avez des réponses ou d'autres points, n'hésitez pas 😉.
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Pour vous, qu'est ce qu'un repas normal aux États-Unis?
Je reprends mon post créer sur un autre topic afin d'essayer de comprendre pourquoi certains disent manger "sans se priver" pour quelques $ journalier quand mon addition moyenne fut en juin 09 de $ 34, 10 ( Tout Taxes et Tips Comprises) et si j'enlève le resto le plus cher ( Café Diablo à Torrey pour 64$ ) on arrive à une moyenne de $ 30, 10

Comme je l'ai dit ailleurs, pour moi, le repas type fut deux bières pression, un plat avec quelques fois la petite salade à coté ... et pis c'est tout ! 😉. Bien sur le plat fut souvent conséquent et j'ai rarement eu encore faim la fin du repas .

Voici le tableau issu de mon voyage avec les villes/ nom du resto/ prix en $ :



et, toujours pour l'exemple je remet egalement la photo de " l'assiette - repas New York Steak " du Swingin' Steak de Mexican Hat ...



Et pour finir, la question déterminante :

Pour vous, ce plat est il :

- une entrée avant de passer aux choses sérieuses ( genre des sangliers par exemple ! 😛 )

- Un repas normal

- un festin

- un truc énôôôôrme ou on mange à plusieurs ?
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Espaces Affaires et Premiere sur Air France (Suite 2)
Le précédent post atteignant les 500 messages, voici de quoi continuer à nous exprimer.

Et comme j'ai l'honneur de le lancer, puis je nous souhaiter de nous exprimer dans la courtoisie, le respect et la sympathie.

N'oubliez pas qu'un TR se veut objectif, critique, admiratif, et que si vous n'en n'êtes pas satisfait, la meilleure des choses reste de contacter son auteur par message privé au lieu de bonder un topic de messages ne faisant en rien avancer la caravane. 😛

Donc bref, ici on est là pour discuter des classes Affaires et Premiere d'Air France uniquement, merci !
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Recap of 17 days between São Paulo, Rio de Janeiro, and Iguaçu/Puerto Iguazu
I’ll repost here the comments I gave in reply to Camidav – see their post https://voyageforum.com/forum/partir-10-jours-bresil-en-autonomie-d10702249/. As we’ve said several times, 10 days is short for Brazil! But it’s still enough for a “little introduction.” My very recent experience (April 2025) with a 2½-week itinerary might give you some ideas. To start, here’s the route: - - Saturday, March 29: departure from Lisbon and arrival in São Paulo with LATAM - - 2 nights in São Paulo - - Monday, March 31: bus from São Paulo to Paraty - - Monday 31, Tuesday 1st, and Wednesday, April 2: 3 nights in Paraty - - Thursday, April 3: bus from Paraty to Angra dos Reis, then ferry > Ilha Grande - - Thursday 3, Friday 4, and Saturday, April 5: 3 nights in Abraão, on Ilha Grande - - Sunday, April 6: speedboat > Conceição de Jacareí, then bus > Rio de Janeiro - - Sunday 6, Monday 7, Tuesday 8, and Wednesday, April 9: 4 nights in Rio - - Thursday, April 10: flight with LATAM from Rio to Foz do Iguaçu - - Thursday, April 10: one night in Foz do Iguaçu - - Friday, April 11: visit to Iguaçu Falls on the Brazilian side, then crossing the border to Puerto Iguazu - - Friday 11 and Saturday, April 12: 2 nights in Puerto Iguazu - - Saturday, April 12: visit to the falls on the Argentine side - - Sunday, April 13: return to Brazil, LATAM flight > São Paulo - - Sunday 13 and Monday, April 14: 2 nights in São Paulo - - Tuesday, April 15: flight from São Paulo > Lisbon with LATAM, arriving Wednesday the 16th. So, it’s clear I’m writing this now from Puerto Iguazu (Argentina), and the end of the trip is near: back to São Paulo and then the flight to Lisbon. I’ll of course share more about all this in the following messages.
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Népal Haut Mustang
Bonjour à tous, Voici le carnet de notre voyage réalisé en août dernier. Bonne lecture! Marie

Texte en images ici : Sibellelaterre

Texte seul :

RECIT MUSTANG NEPAL 2013

Nous gardions la nostalgie de notre premier voyage au Népal, et Fred et les enfants furent aussitôt partants quand je leur proposai d'y retourner en ce mois d'août 2013 ! Ceux qui connaissent un peu l'Asie savent que l'été est la période de la mousson. C'est pourquoi nous avons choisi de visiter le Mustang, ce petit royaume situé à la frontière du Tibet, qui bénéficie de l'abri du massif des Annapurnas. 11 jours de trek, 190 km, et 3 semaines en tout au Népal, car le Mustang se mérite !

Préparatifs : Ce petit bout de Népal très proche du Tibet n'est ouvert au tourisme que depuis 1992 et impose de passer par une agence. J'ai donc contacté Celtic Trekking qui nous avait déjà guidé pour le trek du Langtang en 2007. Il faut de surcroît s'acquitter d'un permis pas donné : 500 USD/personne pour 10 jours de présence dans le Haut Mustang. Et 50 USD par jour supplémentaire (à prévoir d'avance lors de l'achat du permis, aucune improvisation possible) La piste construite ces dernières années dans la vallée de la Kali Gandaki jusqu'à Jomsom, qui a « pourri » une partie du fameux tour des Annapurna (et sans doute bien amélioré le sort des habitants de la vallée, en dehors de ceux qui bénéficiaient des revenus du trek -les lodges), continue maintenant encore plus au nord. On dit que d'ici 2 ou 3 ans elle ira jusqu'au Tibet (en Chine donc) et que plus rien ne sera comme avant au Mustang. Ce serait donc le moment ou jamais de découvrir cette région jusqu'ici préservée du tourisme de masse et de la circulation motorisée. Pour aller jusqu'en Chine, il faut sur certains segments du parcours, rouler dans le lit de la Kali Kandaki, chose impossible en été car son niveau est trop haut. Nous ne devrions donc pas être gênés par la circulation...

Budget : Vols Qatar Airways A/R (depuis Paris, escale de qq heures à Doha, aéroport trop climatisé, prévoir une petite laine!)740 €/pers. Visas, à prendre en arrivant à l'aéroport (prévoir une photo) : 40 USD/pers. 2 nuits à Katmandu au Tings Tea Lounge Hotel, 2 chambres avec SDB, 110 USDX2 Bus Green Line Katmandu-Pokhara avec clim et pause-repas en route : 20 USD/pers Permis Mustang : 500 USD/pers Agence Celtic Trekking (guide francophone+ 2 porteurs, vol Pokhara-Jomosom A/R, 2 nuits et restos à Pokhara, hébergement et nourriture pendant les 10 jours de trek. 860 USD/pers. 1 nuit à Pokahra au Mount Kailash Hotel : 130 € 2 nuits Cosy Hotel Bhaktapur (2 chambres communicantes avec 2 SDB et clim) 95 USDX2 En dehors de la prise en charge par Celtic Trekking, tous les repas ont été pris au restaurant.

Soit 10000 € pour 3 semaines à 5, tout compris sauf pourboires au guide et aux porteurs.

Arrivée à Kathmandou 29/07/13 Vol sans histoire avec escale à Doha. Nous sommes impressionnés par le ciel de mousson : bien que volant à 10000 d'altitude, nous passons entre d'énormes nuages d'orage. C'est magnifique ! Puis nous passons sous les nuages...et voilà Kathmandou ! Nous sommes en basse saison et l'établissement des visas ne prend que quelques minutes. Quelqu'un de Celtic nous attend, on passe à l'agence régler les derniers détails, nous y laissons nos passeports pour que l'agence puisse s'occuper demain des permis, puis on nous conduit au Tings Tea Lounge Hotel. Les enfants gardaient un mauvais souvenir de Kathmandou (bruit, bouchons, pollution, ça n'a pas changé sauf qu'il y a beaucoup plus de 2 roues motorisés !) aussi j'ai choisi un hôtel douillet dans une rue calme. Les gens de l'hôtel, très attentionnés, nous préparent un bon dîner et hop au lit !

Pashupatinath, Bodnath, 30/07/13 Il y a 4 heures (en plus) de décalage horaire, si bien que pour une fois nous parvenons à faire la grasse matinée. Pas de pluie pour le moment, environ 25°C mais une atmosphère très humide. Il fait faim... Après avoir retiré des roupies à un distributeur, nous dégottons une pharmacie car j'ai oublié de prendre un antinauséeux et Caroline craint d'être malade dans le bus qui doit nous mener après-demain à Pohkara. On achète une tablette de quelques comprimés de métoclopramide (Primpéran) pour 0,5 € en espérant qu'il ne s'agisse pas d'un médicament contrefait... Puis nous nous entassons dans un taxi qui pour quelques euros nous mène à Pashupatinath (là où on tue les morts comme dit Marion!) Il s'agit d'un site religieux à la fois bouddhique et hindou situé sur les rives de la rivière Bagmati. C'est une rivière sacrée qui sert de lieu de crémation pour les Népalais. Les berges de la rivière sont aménagées en « ghats ». Le site d'incinération le plus en amont est réservé à la famille royale et plus on descend vers l'aval, plus on va les les sites réservés aux castes les plus basses (le système des castes est encore très présent au Népal). Les Népalais aisés viennent parfois de très loin pour se faire incinérer ici. C'est aussi un lieu de pèlerinage et il y a de très nombreux touristes asiatiques, visiblement très réceptifs aux temples, gravures, statues, dont le sens nous échappe le plus souvent, malgré les explications données par le guide qui s'est proposé à l'entrée du site (pas donnée, environ 8 €/pers) Il nous mène aussitôt « vers le vif du sujet » : ça fume par là ! Je vous épargne les gros plans... Plus en amont, les ghats des classes très supérieures. Ce qui nous plaît, c'est que ces 2 religions semblent se pratiquer à la bonne franquette. Il y a des animaux partout, tout le monde trouve ça normal. Ça « humanise » toutes ces sculptures effrayantes, cette profusion de temples. Chacun fait sa petite affaire dans son coin : ici des offrandes là un jeune garçon récupère des pièces à l'aide d'un aimant ici des hommes saints pratiquent des offrandes là passent des élégantes tiens voilà un mort, sans doute un riche homme d'affaire car il se dirige vers un ghat d'amont. Notre guide connaît son affaire et sait que la crémation ne va pas commencer de suite (il faut d'abord purifier le mort en lui trempant les pieds dans la Bagmati et en lui versant de l'eau dans la bouche -heureusement qu'il est mort!) Il nous emmène faire le tour du temple de Pashupatinath (1696), réservé aux Hindous. Il a son coin pour nous faire entrevoir la tête du buffle sacré. Le voilà ! Recto

et verso ! L'endroit est bien gardé !

Retour à la crémation : cérémonie sans chichis. Pas de musique (bonne idée les cérémonies funéraires sont déjà tellement tristes). Le corps est placé sur un bûcher. Le fils aîné enflamme le corps par la bouche puis un professionnel met le feu un peu partout sous le bûcher, rajoute de l'herbe sèche et du bois et c'est parti pour 3 ou 4h. Ensuite les os sont jetés dans la rivière sacrée (qui coule bien en cette saison mais ce n'est pas toujours le cas...)

Bon, nous ne sommes pas fans de bondieuseries, ni de l'art religieux, mais il faut reconnaître que la visite n'est pas inintéressante. Et puis il faut bien s'occuper le temps que les permis pour le Mustang soient établis.

Nous montons ensuite sur les hauteurs de Pashupatinath, très boisées, et alors que l'orage menace faisons une petite pause dans le petit café du sommet. Bien joué, 2 minutes après il pleut des cordes ! Il y a ici encore des dizaines de temples...et de chiens. Nous poursuivons la balade vers Bodnath, plus grand stupa d'Asie, bien verdi par les pluies de la mousson. Nous ne sommes pas loin de l'aéroport. Tout le monde déambule autour du stupa en tournant comme il se doit dans le sens des aiguilles d'une montre. Moines modernes : smartphone et bichon... Il est touchant de voir comme les Népalais prennent soin des animaux, domestiques ou non.

De Kathmandou à Pokhara 31/07/13 Compte-tenu de la saison, j'ai fait le choix de prendre un bus de la Cie Green Line (20 USD repas en route compris) pour rejoindre Pokhara. Le bus touristique classique est moins cher (quelques euros) mais le voyage durant 7h (pour 200 km) et les températures avoisinant les 30 ou 35°C avec une humidité très forte, la climatisation ne m'a pas semblé superflue. Shiba notre guide et Korma un des porteurs passent nous prendre au Tings Tea Lounge et nous rejoignons en taxi la station Green Line. Départ à 7h30. Il fait beau ! Il nous faut presque 1 h pour sortir de Kathmandou. La route est montagneuse et très belle, c'est assez frustrant de ne pas pouvoir s'arrêter pour quelques photos. Un peu avant midi nous faisons une halte dans un très beau resort sur la rive sud de la rivière Trisuli. La chaleur humide est étouffante mis le cadre est très agréable. Méfiance, la nourriture est assez épicée ! Je finis par me résoudre à faire des photos à travers la vitre du bus (1ère fois que ça m'arrive!) Quelques photos sont potables finalement.

Nous arrivons à Pokhara vers 15h et prenons le taxi jusqu'à l'hôtel Middle Path (bof) où nous posons nos affaires avant d'aller voir le lac. Pokahara est LA ville de villégiature du Népal. Le rythme y est moins trépidant qu'à Kathmandou, l'air moins pollué et la présence du lac donne un certain charme à la ville. Elle est très touristique et une fois de plus nous sommes étonnés de voir tous ces touristes asiatiques. Sans doute sont-ils moins effrayés par la Mousson que les Occidentaux qui pour la plupart évitent le Népal en été. Certes le ciel se couvre systématiquement en fin de journée et il pleut toutes les nuits mais nous avons jusqu'à présent toujours eu plusieurs heures de soleil par jour. Évidemment les sommets restent très discrets... Mais le ciel est souvent magnifique, à la différence de l'architecture de Pokkhara... Drôle de gardien de but...

Bus jusqu'à Tatopani 01/08/13 Celtic Trekking a réservé le 1er vol de la matinée, à 6h30, c'est celui qui a les meilleures chances de partir. A 5h30, nous sommes à l'aéroport, le ciel est bouché, Shiba le sent mal... L'unique avion qui effectue la liaison Pokhara-Jomson, 15 à 17 personnes, vole à vue et doit franchir un col escarpé. Le temps doit donc être dégagé au col, au départ, et à l'arrivée. Pas gagné en période de mousson... En attendant nous petit-déjeunons sur la terrasse. A l'arrière plan une famille française avec laquelle nous allons après quelques heures d'attente sympathiser (la Cie veut être sûre qu'elle ne pourra assurer le vol avant de rembourser les billets) et nous associer pour affréter un bus pour rejoindre Jomsom. En effet, en cas d'annulation du vol, on n'est pas prioritaire sur les vols des jours suivants, autant dire que l'on peut rester en rade une semaine avant que des places vacantes n'apparaissent. D'autre part le permis obtenu à prix d'or ne nous autorise l'accès au Haut Mustang que pendant 10 jours et les dates sont fixées lors de l'achat du permis. Donc chaque jour de retard raccourci d'autant la durée autorisée de notre séjour au Mustang ! Pas glop ! Un 3ème groupe constitué d'un Japonais et de ses 2 guides népalais se joint à nous : l'union fait la force et permet de partager le coût du bus. Voilà la bête ! Bah il n'y a que 150 km jusqu'à Jomsom.... Quand Shiba nous annonce que nous ne serons sans doute pas ce soir à Jomsom, je comprends que les choses ne sont pas si simples. C'est la saison des pluies et il y a des glissements de terrain après Beni, qui se situe à mi-parcours. Bref, nous voilà partis un peu après-midi, cahin-caha jusqu'à Beni. Ambiance colonie de vacances avec l'autre famille française. L'aventure c'est l'aventure après tout ! Pause-repas à Beni, pendant que nos 3 guides négocient un bus tout-terrain pour la suite du parcours. 1er éboulement, changement de bus. Tout le monde met la main à la pâte pour transbahuter les bagages, sauf le Japonais, qui doit d'ailleurs crever de chaud, déjà équipé pour la haute montagne et qui a des sacs hyper-lourds... La bande de jeunes apprécie de prendre l'air au bord de la rivière en furie. Vers 17h00, les guides décident de stopper pour aujourd'hui à Tatopani, histoire de profiter des sources chaudes. Le lodge convoité est en travaux, on se rabat sur celui situé juste au-dessus des sources chaudes (à éviter, sale, araignées et peut-être aussi puces dans certains lits) Pas facile de s'endormir dans cette chaleur très humide (surtout après avoir loupé une énorme araignée!)

Enfin à Jomsom, début du trek jusqu'à Kagbeni (12 km) 02/08/13 On décolle de bonne heure et après 2 km, c'est la panne. Démontage de la roue, quelques coups de clés impuissants, puis finalement remontage en croisant les doigts pour que ça tienne. Les roulements semblent fichus... Du coup nous sommes contents, quelques kilomètres plus loin de rencontrer un nouvel éboulis : changement de bus ! Pour faire 70 km, nous aurons pris en tout une dizaine de bus ! Les glissements de terrain semblent se produire toujours aux mêmes endroits si bien qu'il y a à chaque fois un bus fort opportunément placé entre 2 éboulements. Un vrai business ! Les Népalais semblent toujours étonnés de nous voir papouiller leurs chiens comme de grosses peluches. Ils ont vraiment des bonnes têtes, surtout dans les montagnes. En milieu de journée, après une douzaine d'heures de bus en 2 jours, nous arrivons ENFIN à Jomsom (2700 m) où nous déjeunons avant de débuter le trek par la 1ère étape, de quelques heures, le long de la Kali Gandaki vers Kagbeni, point d'entrée dans le Haut Mustang. A l'occasion de ce repas, je remarque que le Japonais se fait une injection d'insuline et je comprends mieux sa passivité lors des changements de bus pour le transport des bagages : il est diabétique insulino-dépendant (donc il doit gérer effort physique, apport calorique et insuline). Et la meilleure c'est que Shiba m'apprend ensuite qu'il part pour un trek d'un mois dans le Haut-Dolpo, une région particulièrement difficile d'accès qui nécessite de franchir plusieurs cols à plus de 5000 m. Le ravitaillement dans les villages est souvent impossible si bien qu'il aura pour lui seul une équipe d'une dizaine de personnes pour transporter les tentes et la bouffe. Chapeau ! De notre côté, nous avons 2 porteurs : Korma qui a fait le voyage avec Shiba le guide et nous depuis Kathmandou, et Moden qui a rejoint la veille Jomsom en bus. Avec leurs affaires personnelles, il portent chacun 25 à 30 kg. Arnaud demande à Korma d'essayer sa charge : ça lui semble très inconfortable, d'autant plus qu'il faut en permanence restaurer l'équilibre latéral. Dans cette région du Népal les chevaux et les mules sont très utilisés pour le port de charge car le terrain, moins escarpé que dans certaines autres régions, s'y prête bien. L'autre famille française (ils sont 6) n'a pas de porteur mais 3 chevaux et leur « muletier », qui vont à leur propre rythme. Du coup nous ne sommes pas trop déçus de ne pas avoir de mules/chevaux (Celtic nous a expliqué que pour 5 - soit seulement 2 mules - c'était difficile de trouver un muletier intéressé). En effet il ne faut pas s'attendre à un voyage avec des chevaux : ils ne font que transporter les bagages d'un point à un autre et on ne les voit quasiment pas.

Peu après Jomsom, nous rencontrons notre 1er gué (en saison des pluies le niveau des rivières est assez haut) que nous franchissons très élégamment dans la benne d'un tracteur opportuniste (business extrêmement lucratif apparemment). Le Nilgiri (plus de 7000 m) fait une soudaine apparition. Wouah !! Nous sommes actuellement à 2700 m d'altitude. La Kali Gandaki, rivière que nous allons remonter via quelques cols à plus de 4000 m jusqu'à Lo Manthang (3810m), capitale du Haut Mustang, prend sa source aux confins du Tibet et se jette au sud dans le Gange. A l'est le massif des Annapurna (8091m) et à l'ouest le Dhaulagiri (8167 m): la vallée fait donc plus de 5km de profondeur. Un record sur notre planète (fosses sous-marines exceptées!) Évidemment en été, durant la mousson, ces hauts sommets sont souvent pris dans les nuages. La saison idéale serait l'automne, mais ça ne colle pas avec les vacances scolaires... A cette époque il fait déjà frais mais les sommets éclatent de blancheur sur un ciel azur. En hiver, il fait si froid que le Haut Mustang se vide de ses habitants qui descendent dans les basses vallées avec leur bétail. Seuls les plus âgés incapables de faire la migration à pied, restent sur place garder les maisons. Une véritable épreuve avec des températures avoisinant les -30°C, sans chauffage ni eau courante. Jusqu'à ces dernières années, le Mustang avait un climat de désert d'altitude avec seulement 250 à 400 mm de précipitations/an (essentiellement sous forme de neige) contre 1360 mm à Kathmandou (700 mm à Nancy). Comme ailleurs, la météo n'est plus la même depuis quelques années et il pleut parfois en été au Mustang. Ces pluies sont bénéfiques pour les cultures, exclusivement concentrées aux abords des sources et villages. Il y a environ 15000 habitants dans le Haut Mustang (55X60 km) qui vivent dans des villages dont l'accès a souvent été grandement facilité par la construction de passerelles. Celle-ci mène au village de Ghyakar, en rive droite de la Kali Gandaki.

On aperçoit déjà Kagbeni dont les champs d'un vert presque fluorescent à cette époque de l'année égaient un paysage minéral et austère. On adore ! Des arbres ont été plantés pour tenter de freiner l'érosion de la rivière qui grignote peu à peu les terres cultivables. Nous pensons immédiatement au Maroc en voyant les ruines du vieux Kagbeni autour desquelles s'étend le village moderne. Juste avant l'arrivée au lodge situé sur les hauteurs du village, le Thorong Peak surgit des nuages ! Il semble si proche alors qu'il y a quelques secondes rien ne laissait soupçonner sa présence. Nous avons fait l'étape en compagnie des C. et le Dragon Lodge est assez grand pour tous nous accueillir. C'est sympa de faire le trek ensemble et le petit côté « colonies de vacances » plaît beaucoup aux enfants. La troupe composée de 6 ados de 14 (Rémi), 15 (Siméon), 17 (Marion), 18 (Pauline et Arnaud), 20 ans (Marie et Caroline) ne passe pas inaperçue !

J2 trek, vers Chele (16 km), 03/08/13 Nuit agitée pour Siméon qui a vomi à 5h du matin, tandis qu'Arnaud a attendu le petit-déjeuner pour vomir dans son assiette ! Siméon est à plat et va faire l'étape du jour à cheval. Un dernier regard vers Kagbeni, puis on passe devant Tirigaon qui se défend des assauts de la Kali Gandaki. Kagbeni disparaît au loin dans la vallée Au-dessus de Tirigaon s'élève le sentier qui file vers le Dolpo. Erosion ! La Ghilungpakola, un affluent rive droite de la Kali Gandaki. Nous grimpons sur un plateau à 3762 m où se trouve...un immense verger ! Eh oui ! Nous sommes à la latitude du Maroc ! Voilà les chorten qui annoncent l'arrivée à Tangbe, avec sa ruine aux allures de ksar marocain justement. Il fait chaud et la vue sur les sommets enneigés ne suffit pas à nous rafraîchir. Chhusang apparaît bientôt, oasis de verdure dans ce décor de western. Comme aux abords de chaque village, des chorten. Partout dans le Mustang on trouve des constructions troglodytes. Il en reste des centaines à inventorier. Nous longeons les petits champs, avant d'arriver au centre du village, transformé en parking surchargé ! Nous nous arrêtons dans un lodge pour déjeuner. Siméon est déjà là et se repose dans une chambre, KO ! Marion ne vaut pas mieux, elle est nauséeuse et épuisée. Arnaud va mieux, c'est déjà ça. Nos guides sont désolés et un peu inquiets pour la suite des événements car le trek n'est pas de tout repos compte-tenu de l'altitude. Demain nous devons franchir 4 cols dont l'un à plus de 4000 m. Pas de signes de gravité cependant, il faut attendre que ça aille mieux, voilà tout ! Gué débonnaire juste après le village, puis nous longeons à nouveau la Kali Gandaki avant de la franchir sur la passerelle située juste avant Chele (3050), notre étape du jour. Comme tous les jours dans cette vallée dès la fin de la matinée, ça souffle ! Le gradient entre les basses pressions des plaines du Teraï au sud et les hautes pressions des plateaux tibétains au nord crée un mouvement d'aspiration qui génère des vents violents, toujours orientés vers le nord. Quand il fait sec, ça génère une poussière terrible parait-il. Arnaud nous attend patiemment Marion, toujours patraque, et moi. Chele se trouve en haut de cette falaise, un dernier effort ! Partout dans le Mustang dont le peuple est très croyant, on trouve des signes religieux, ici des pierres gravées de prières. Vue imprenable sur le Nilgiri depuis le toit du lodge. Il joue à cache-cache avec les nuages. L'architecture du Mustang est caractéristique : maisons de pierre avec toit en pisé, en terrasse inaccessible aux animaux, où l'on fait sécher fruits, graines, et linge ! Le bois disposé à l'aplomb des murs est un signe de richesse (il n'est pas forcément destiné à servir de combustible, compte-tenu du peu d'arbres dans cette région) et a pour principale fonction de protéger les murs de la neige et de la pluie. La neige est dégagée manuellement des terrasses en pisé, très intolérantes à l'humidité. Les changements climatiques compliquent grandement l'entretien des maisons, prévues pour un climat de sécheresse alors qu'il pleut de plus en plus souvent dans le Mustang. Nous profitons des derniers rayons du soleil, et de la vue sur Chhusang et le Nilgiri, juste avant qu'un bel orage n'éclate. Il va pleuvoir toute la nuit...

J3 trek, vers Syangboche (18 km), 04/08/13 Nous avons quitté la kali Gandaki à Chele, en rive droite. Le sentier s'élève rapidement à flanc de falaise et on nous sommes bien contents de ne plus voir de piste ! Nous cheminons à l'ombre, toujours de concert avec les C., Siméon toujours à cheval et Marion en remorque derrière moi. Elle n'a plus de jambes et à défaut serre les dents, sur un rythme très lent. Nous croisons plein de mules, dans une belle lumière. Nous dépassons Samar et le sentier devenant moins escarpé, je me résous à donner un anti-nauséeux à Marion (craignant ses effets secondaires à type de vertige) Shiba ne la quitte pas d'une semelle, prêt à la rattraper en cas de faux pas. Je sers de remorqueur... Il fait toujours étonnament chaud et l'ombre est bienvenue ! Marion finit par rendre tripes et boyaux peu après Samar. Elle est vidée dans tous les sens du terme...alors que se profile à l'horizon le col de Bhena La (3860 m) Shiba décide de filer devant chercher le cheval de Siméon qui doit déjà être arrivé à Bhena, après le col. Arnaud et Fred restent avec Marion tandis que je continue à mon rythme (lent) car nous avons déjà perdu pas mal de temps alors que le temps semble se gâter. Je croise le muletier qui descend à grandes enjambées et qui semble inquiet (je ne sais pas ce que Shiba a bien pu lui dire pour le convaincre de redescendre – en fait il n'avait pas terminé son dal bhat, carburant indispensable aux Népalais de la montagne, mélange de riz, lentilles, légumes et sauce épicée qu'ils ingurgitent en quantité phénoménale, en rapport avec l'énergie dépensée sur les sentiers d'altitude) Je suis soulagée et prend enfin le temps d'apprécier les paysages qui m'entourent. Ici la montagne capture l'humidité des nuages, c'est plus vert qu'ailleurs et ça pousse en curieux îlots concentriques. Partout des cascades révèlent la présence des glaciers, cachés dans les nuages. Voilà Marion à cheval, ça va tout de suite mieux ! 800 roupies, soit 6 €, ce n'est pas cher payé pour tant d'efforts. Une fois franchi le Bhena La, Bhena apparaît au bout d'un faux plat et plus loin la piste réapparaît avec 2 ou 3 jeeps qui attendent le client. Petite pause dal bhat au lodge très rustique de Bhena. La petite fille du lodge sait ce qu'elle veut ! Shiba négocie la fin de l'étape en jeep pour Marion et moi qui l'accompagne. 2000 roupies (soit 16 euros environ) pour 30 mn de jeep (ce qui nous évite le franchissement d'un autre col à presque 4000 m) La piste a tout de même du bon finalement ! Le muletier de Siméon rebrousse chemin pour rentrer chez lui avant la nuit. Siméon va termin erl'étape à pied, ça va beaucoup mieux. Voici la fine équipe au dernier col avant l'étape à Syangboche. Voilà le petit hameau, tout au fond, c'est le Tibet. A l'est des sommets de plus de 6000 m. Le lodge est à droite à l'entrée du village. Ombres et lumières. Le Nilgiri et l'Annapurna se dévoilent. Soirée très sympa, en musique avec Marie C. à la guitare. Demain, nos routes se séparent : les C. ont un timing serré car ils reprennent l'avion vers la France le 13 août (nous c'est le 17) et la journée de retard causée par l'annulation du vol Pokhara-Jomsom les contraint à accélérer le rythme. Demain, puisque Siméon a retrouvé la forme, ils vont doubler l'étape jusqu'à Tsarang, de façon à pouvoir tout de même passer 2 jours à Lo Manthang, puis ils prendront une jeep pour redescendre fissa jusqu'à Syangboche, afin d'avoir un peu de marge au cas où le vol Jomsom-Pokhara serait lui aussi annulé. Entre les contraintes de permis et les aléas météo et les possibles (voire très probables) annulations de vols en période de mousson, il faut prévoir de la marge...heureusement la piste permet de faire quelques ajustements, mais on ne vient pas jusqu'ici pour faire de la jeep hein ! De notre côté nous allons continuer sur un rythme plus tranquille, en espérant retrouver les C. après-demain à Lo Manthang.

J4 trek, vers Ghami (3520m) (16 km) et Dhakmar (3820) (+8), 05/08/13 C'est beau hein ! Voilà le spectacle qui s'offre à nouveau sur les hauteurs de Syangboche, des sommets de plus de 8000 m ! Nos porteurs Korma et Moden ne sont pas insensibles non plus au spectacle. Marion qui semble aller mieux tient le rythme des C., très bons marcheurs, au début de la journée, mais très vite les nausées réapparaissent. Nous ralentissons le rythme tandis que les C. tracent vers Tsarang, ils ont un bout de chemin avant d'y arriver ! On traverse péniblement Tamagaon, non sans actionner au passage les moulins à prière, ça ne peut pas faire de mal ! Peu après Chhungar, elle vomit à nouveau, plus de jus ! Shiba et Korma redescendent vers Tamagaon dans l'espoir d'y trouver un cheval, en vain...Les 3 chevaux du hameau auraient été dévorés par les léopards des neiges, qui vivent tout-là-haut. Korma essaie de porter Marion (60 kg!) mais elle est trop faible pour se cramponner efficacement. Finalement l'ascension du col du Nyi La 4010 se fera clopin-clopant, en alternant marche très lente et portage sur les bâtons de marche tenus par Fred et Shiba. Nous voilà au col, Marion fait une drôle de mine ! Ensuite il n'y a plus qu'à descendre tranquillement vers le col de Ghami La : on embrasse toute la vallée de Ghemi et au second plan on aperçoit les falaises rouges de Dhakmar. Voilà le village de Ghami et en diagonale juste derrière le sentier qui mène à Dhakmar. Après avoir traversé les faubourgs champêtres du village, nous entrons dans Ghami, et nous installons au Dhaulagiri Lodge, tenu par une des nombreuses nièces du roi du Mustang. Cette grande maison de famille transformée en lodge est construite autour d'une cour intérieure qui sert de puits de lumière. La salle à manger est chaleureuse, avec ses meubles en bois peint et ses épais tapis de laine. Partout au Népal et au Mustang les terrasses et bords de fenêtres sont ornés de pots de fleurs. Ici la belle saison est courte et on veut en profiter au maximum. Notre chambre est située sur une jolie terrasse avec vue sur les toits. Après une petite collation, Marion accompagnée de Caroline reste se reposer au lodge (et profiter d'adorables petits chats!), tandis que Fred, Arnaud et moi, accompagné de Shiba, Korma et Moden, allons faire un tour à Dhakmar, au pied des falaises rouges. Une passerelle nous permet de franchir la Ghami La. Avec du recul nous pouvons maintenant apercevoir ces étonnants pénitents de pierre situés sur les hauteurs de Ghami. Nous sommes vite rattrapés par ces élégants cavaliers qui nous doublent à toute vitesse, au trot dans la montée à 3700 m. La géologie des environs est magnifique ! Vue vers le bas... On aperçoit le plus long mani (mur de prières) du Mustang. Vue vers le haut et Dhakmar... 1ère maison du village Les chorten à l'entrée du village, comme il se doit. Les champs de sarazin sont en fleurs. Mustang signifie en tibétain « Vallée fertile » ! En effet ! Les gens d'ici ont la sagesse de ne pas brûler le bois des quelques bosquets d'arbres qui poussent aux abords des villages. Les troncs des jeunes arbres sont d'ailleurs soigneusement protégés de l'appétit des chevaux, vaches et autres chèvres. L'ensemble dégage une parfaite impression d'harmonie. Même cet arbre vénérable a été respecté. Un joli pont de pierre marque l'entrée du village, quasi désert. Nous ne croisons que quelques petites vaches, toutes mignonnes mais minuscules (¼ des nôtres) et qui ne donnent qu'un unique litre de lait matin et soir (+/- 40 l/j chez nous!)

Ici aussi, les falaises sont creusées de grottes, qui ne sont plus guère utilisées. Extrait de wikipédia : Les habitations troglodytes des nombreuses falaises du pays conservent une grande partie de leur mystère. Vingt neuf cités troglodytes ont été découvertes et recensées par Michel Peissel1 en 1964. Un éboulement récent (1994) survenu dans l'une d'elles a mis au jour des ossements et des poteries que les services archéologiques népalais datent d'il y a plus de 3 000 ans. Le Mustang est un des plus grands sites préhistoriques d'Asie. En 2007 et 2008, des chercheurs de l'American Himalayan Foundation ont découvert des manuscrits prébouddhistes, des chambres funéraires et des peintures datant du XIIIe siècle, bien antérieures donc à la fondation du royaume de Lo

Sur les hauteurs du village paissent quelques chevaux, sans doute ceux des cavaliers qui nous ont doublés tout-à-l'heure. En effet, tous les habitants du village sont réunis sur un replat herbeux, à boire du thé et du tchang, confortablement installés sur d'épais matelas. Il ne semble pas y avoir d'occasion particulière à ce rassemblement. Il s'agit simplement de profiter du temps qui passe et d'une belle journée d'été. Le jour baisse, il est temps de retourner vers Ghami. Pas de douche chaude chez la nièce du roi (1ère et unique fois de tout le trek) Nous apprenons que Didier, le papa des C. s'est fait une entorse à la cheville et a du prendre une jeep à Ghami pour terminer l'étape jusqu'à Tsarang. Finalement, cette piste a tout de même quelques avantages !

J5 trek, vers Tsarang (13 km), 06/08/13 Le ciel est bien bas aujourd'hui, on se croirait en Islande ! Nous quittons le village de bonne heure, alors que les chèvres sont encore dans leur enclos. Le lodge nous a trouvé un cheval pour porter Marion jusqu'au col de Chinggel (3870m, 2500 roupies, 20 € pour 1h de montée aller. Je serais curieuse de savoir combien le muletier a effectivement touché...bon, ce n'est pas ça qui va grever le budget du voyage...) Nous apercevons au loin sur les rives de la Dhechyang Khola une tente orange. Il s'agit d'une « maison de thé » située sur le sentier entre Yara et Tangge, que nous aurions du emprunter si le niveau des rivières avait été moins haut. En période de mousson, ce parcours en boucle n'est pas possible du fait de la nécessité de franchir plusieurs gués assez profonds. Nous ferons donc un parcours en aller-retour, à l'exception d'une variante en repartant de Lo Manthang. Nous arrivons de bonne heure à Tsarang (3560 m), Marion commence à aller vraiment mieux, enfin ! Nous visiterons tout-à-l'heure le monastère de Tsarang. Tiens, un peu rayon de soleil sur les falaises blafardes. Partout des champs de sarazin ! Le monastère est vieux de 4 siècles. Il y a des moines de tous âges. Il est de tradition que le fils aîné, dès l'âge de 4 ou 5 ans, quitte sa famille pour devenir moine. C'est l'occasion d'apprendre à lire et à écrire, les math, l'anglais et peut-être aussi de profiter de bourses (souvent offertes par les USA) pour partir à l'étranger. Ces monastères font parfois office d’ascenseur social finalement, plus que de lieu de repli méditatif. C'est d'ailleurs assez amusant de voir, à la sortie de la prière, les moines consulter aussitôt leurs smartphones (oui, oui, même dans un endroit aussi paumé au fin fond du Mustang) C'est fou l’essor qu'a pris le téléphone portable par rapport à notre voyage de 2007 ! Il y en a partout ! Cette ancienne forteresse royale est aujourd'hui abandonnée. Elle a encore belle allure !

Voici à quoi ressemblent les chambres des lodges. C'est spartiate mais en général assez propre. Il y a en général un peu d'électricité en soirée et presque toujours une douche et WC en commun. Eau chaude (au gaz) partout sauf à Ghami. Nous sommes devenus experts dans le bidouillage des capricieux chauffe-eau chinois et de la mystérieuse robinetterie népalaise (sur les 4 ou 5 robinets présents, il faut deviner quel est le bon et comment le tourner!) Pour ceux qui veulent voyager léger, il y a toujours des couvertures bien chaudes (mais bien sûr pas lavées très souvent), prévoir alors un sac à viande ! Nous avions pris des draps housses pour recouvrir les matelas et des sacs de couchage utilisés en couverture car il ne faisait pas froid du tout.

Les repas sont en général roboratifs à défaut d'être raffinés. Qualité très variable selon les lodges. Mais on n'est pas là pour la gastronomie hein, et ça vaut mieux ! Dal bhat of course, pâtes, frites, pizzas, momos, springrolls. Prudence avec les légumes non cuits. Quasi pas de fruits. Au petit déjeuner, chapatis, tibetan bread, miel, confiture... Pop corn à toute heure ! (Hein Marion!)

Méfiance avec l'eau ! On peut bien sûr acheter de l'eau en bouteille (avec les problèmes de recyclage inhérents...) ou prendre de l'eau à l'une des nombreuses fontaines que l'on trouve partout dans les villages mais il faut alors la traiter (une pastille d'Aquatabs traite 1l d'eau en 1 h, on avait pris plusieurs bouteilles de 1l dans nos bagages car sur place on ne trouve que des contenants de 1,5l, pas pratique) Idem pour l'eau des ruisseaux, il y a du bétail partout !

J6 trek, vers Lo Manthang (15 km), 07/08/13 Il a plu cette nuit encore et les petits sommets sont saupoudrés de neige. Ne jamais négliger de monter sur le toit des lodges, la vue en vaut toujours la peine ! En route vers Lo Manthang, capitale du Royaume du Mustang. La vieille forteresse se détache de la falaise sur fond de sommets à 8000 m. Une passerelle permet de franchir la Tsarang Khola. Marion pète la forme ce matin, et l'ascension de ce petit col ne lui pose aucun problème. Nous croisons nos premiers yaks ! A peu près à mi-parcours nous dépassons (par la G hein!) le Sungda Chorten. Plus haut le paysage s'élargit. Comme partout, mani et grottes ponctuent le paysage. Il nous reste à franchir une chaîne de badlands, et après 6 jours de marche et une dizaine de cols à presque 4000 m, Lo Manthang et sa forteresse apparaissent enfin. Ce village d'environ 1000 habitants est à peine plus étendu que les autres mais beaucoup plus touristique ! Même la demeure du roi (qui n'a plus depuis la révolution maoiste de 2008 qu'une fonction honorifique) possède sa petite boutique (il faut bien vivre). Impossible de faire 50 m dans le village sans se faire (très gentiment) solliciter. L'image du Mustang sauvage et préservé s'en trouve légèrement écornée... Mais la principale activité du village reste bien l'élevage et l'agriculture. Les rues très étroites sont régulièrement balayées après le passage des troupeaux de chèvres et vaches, dont les bouses sont mises à sécher. L'architecture reste vraiment préservée, même si ici ou là commencent à apparaître quelques bâtiments (écoles, futurs lodges) qui dénotent un peu. Nous avons le plaisir de retrouver la famille C. qui loge au même endroit que nous. L'entorse de Didier n'est pas trop grave, il a pu aller aujourd'hui à cheval jusqu'à Choser, excursion que nous ferons demain. Les C. nous emmènent visiter (pas de photos!) un monastère du XVème siècle, rénové depuis une vingtaine d'années avec un soin méticuleux par un italien passionné Luigi Fieni, sur financement américain. Voir son site : http://www.luigifieni.com/...ion/#/home/slideshow Il a su créer une équipe d'une quarantaine de restaurateurs, tous habitants de Lo Manthang, qui a mené à bien la restauration de plusieurs monastères du Haut Mustang. Il y a encore du boulot compte-tenu des fresques découvertes ces dernières années dans divers sites troglodytiques aux alentours de Choser (entre autres!)

J7 trek, vers Choser (10 kmX2) et retour Lo Manthang, 08/08/13 Nous faisons nos adieux, cette fois définitifs, à la famille C. qui prend ce matin une jeep vers Syangboche et nous voilà partis (20 USD/personne) pour cette balade à cheval vers Choser situé à une dizaine de km au nord de Lo Manthang. Shiba mais aussi Korma et Moden nous accompagnent (à pied!) et ça me fait plaisir de voir qu'ils partagent notre soif de découverte. Il faut dire que la vallée est superbe, ponctuée de champs multicolores, cernée de badlands aux nuances variées. Nous croisons une bande de joyeux moinillons, qui marchent d'un bon pas vers le monastère de Lo Manthang. Nous dépassons la passerelle qui mène à Nenyul, nous l'emprunterons au retour (à pied!) Un peu partout des forteresses en ruines, presque sur chaque colline ! Nous voilà à Choser, puis nous continuons vers Garphu (3900 m). Vue vers l'ouest. Nous visitons le tout petit village, et ces quelques habitations construites aux dépends de la falaise, avant de découvrir l'étonnant monastère semi-troglodytique de Niphu, puis nous continuons vers le sud, remontons sur quelques centaines de mètres le cours de la Ghoiche Khola, pour aller visiter des grottes situées au-dessus d'un terrain de foot. Accès payant et photos interdites, dommage. La visite est assez ludique, moins acrobatique que sur cette belle vidéo : http://thegreathimalayatrail.org/videos/mustang-... , mais aussi moins époustouflante. C'est étonnant de voir comment sur 2 continents distants de plusieurs milliers de km, des hommes ont réalisé le même type de constructions, même si à ma connaissance il n'y a pas au Maroc (autant?) de stigmates religieux dans les greniers de falaise (https://sites.google.com/...e-falaise-de-tizguit ). Nous redescendons la rivière, retrouvons les chevaux, gardés par quelques enfants occupés à éplucher des petits pois, et prenons la route du retour. C'est toujours amusant de franchir ce type de passerelle (les chevaux font le détour par la rivière...) Retour à Lo Manthang en milieu d'après-midi, ravis mais les fesses un peu endolories malgré les épais tapis de selle (sauf celles des filles qui font régulièrement du cheval et qui ont d'ailleurs été étonnées de constater que les chevaux népalais ne répondaient pas aux mêmes sollicitations que les chevaux occidentaux. En tout cas ils ont le pied très sûr et nous n'avons eu aucune frayeur) Nos 3 compagnons népalais sont frais comme des gardons alors qu'ils viennent de marcher 20 km à un rythme soutenu (au pas des chevaux) à 4000 m d'altitude, sans sac il est vrai : nous sommes épatés ! Il doit y avoir de quoi explorer pendant des semaines dans cette région mais avec un permis à 50 USD/j/pers., nous nous sommes contentés du parcours classique, un peu frustrant, mais bon... Aucune déception du côté des paysages, largement à la hauteur de nos attentes. Un chouïa étonné par le côté un (tout) petit mercantile de Lo Manthang, mais peut-on en vouloir à la population d'améliorer son rude ordinaire avec la manne touristique. Nous avions trouvé les gens plus « nature » lors de notre trek Langtang Gosaïnkund Helambu, mais c'était il y a 7 ans et je crois que l'usage du téléphone portable a bien changé les comportements. Les Népalais restent toutefois d'un contact très agréable et souriant, même « sans but lucratif » ! Petit tour aux abords du village en fin d'après-midi, avec un ciel menaçant mais la pluie ne sera que pour cette nuit, comme d'habitude. Le soir, nous faisons le point avec Shiba sur la suite du trek. Sur les 10 jours de permis, 1 a été perdu du fait de l'annulation du vol Pokhara-Jomsom, 5 ont été consacrés au parcours Kagbeni (entrée du Mustang)-Lo Manthang, 1 à la visite des environs de Lo Manthang, il nous en reste donc 3 pour quitter le royaume. Heureusement que Marion a tout-à-fait récupéré et que nous sommes maintenant un peu accoutumés à l'altitude (même si je suis toujours essoufflée rien qu'à me brosser les dents!) car nous allons réaliser les 75 km du retour en 3 étapes. Nous ne sommes pas habitués à de telles distances, surtout à 4000 m d'altitude mais avec une bonne pause en milieu de journée, ça devrait aller.

J8 trek (retour), vers Ghami via Ghar Gumpa (25 km, 7h30), 09/08/13 Pour cette rude étape, Shiba a trouvé une jeep que les porteurs pourront emprunter sur une partie du parcours, jusqu'à Tsarang. Malgré un temps maussade, cette étape aura été notre préférée, car absolument aucune piste à l'horizon et une grande variété de paysages, avec en plus quelques animaux sauvages. D'abord quelques marmottes assez craintives, puis un renard. Il y a un petit air de Mongolie par ici. Compte-tenu de la longueur de l'étape, Shiba avance à un bon rythme que je m'efforce de suivre (d'habitude je vais sans scrupules à MON rythme, lent et ponctué de nombreux arrêts photos) Effort inutile puisque je mets un temps infini à franchir les derniers mètres avant un col à 4300 m, victime d'une bonne hypoglycémie ! L'altitude ne facilite pas la récupération...A 4000 m il y a 40 % d'oxygène en moins ! Par ici le fond de l'air est plus frais et on voit enfin des yaks, j'adore ces grosses bestioles poilues. On arrive en milieu de journée au très ancien monastère de Ghar Gumba (VIIIème siècle) où nous allons manger un dal bhat et faire une petite sieste réparatrice. Requinqués, nous partons à l'assaut du Mui La (4170 m) que nous franchissons sans problème. Vue imprenable sur le village de Dhakmar que les garçons et moi avons visité quelques jours plus tôt, sous le soleil. On poursuit au-delà de Dhakmar vers Ghami, où les enfants retrouvent avec plaisir les petits chats du lodge (toujours pas d'eau chaude...) Korma et Moden les porteurs sont arrivés un peu avant nous. Gros dodo pour tout le monde !

J9 trek (retour), vers Samar (25 km, 8h), 10/08/13 Nous repassons par Chhungar, Tamagaon, Syangboche (pause-repas et sieste) et Bhena. Marion découvre des paysages dont elle n'a aucun souvenir alors que nous sommes passés par là il y a quelques jours. Elle a le sourire au col de Yamda La ! Peu de photos ce jour là car le temps est franchement couvert ! 5 cols sur cette étape finalement guère plus facile que la précédente mais on commence à avoir de l'entraînement ! Nous croisons une foule de randonneurs, à tel point que les gens ne se disent même plus bonjour ! Sans doute qu'en faisant une boucle on évite de croiser tout le flux montant...

J10 trek (retour, sortie du Mustang) (25 km, 5h30), vers Kagbeni, 11/08/13 Le temps est encore très couvert. Dommage car j'aurais aimé refaire le très beau sentier de falaise entre Samar et Chele avec le soleil... A droite la psserelle vers Ghyakar, à G de l'image, le sentier escarpé. Arrivée sur Chele, protégé par sa grande falaise. Pause à Chhusang, après le gué sur la Narsing Khola, dont le niveau a bien monté ! Travaux des champs. Nous croisons un bus (le seul de tout le trek). Nous n'aurons en ces 10 jours de trek pas croisé plus d'une dizaine de voitures : en cette saison la circulation est plus que raisonnable. N'empêche que la marche sur piste est fatigante, physiquement car on répète toujours les mêmes appuis et psychologiquement (pourquoi faire à pied un parcours accessible en voiture ? Raisonnement que je tiens depuis ma plus tendre enfance!) Un regard sur Tangge après avoir franchi le dernier col du trek. Et Kagbeni apparaît bientôt ! Ouf ! On en a plein les pattes ! Shiba passe au check point faire la sortie du parc du Mustang, nous sommes dans les temps. Il reste une dernière petite étape de 10 km demain jusqu'à Jomsom, à plat.

J11 trek, (retour) vers Jomsom (10 km), 12/08/13 Ces derniers km sont une formalité, nous longeons comme à l'aller la Kali Gandaki. Le tracteur n'est pas un luxe cette fois-ci : on entend distinctement les gros cailloux se faire rouler par le courant au fond de la rivière. Gué infranchissable à pied aujourd'hui ! Jomsom est en vue ! Voilà l'aéroport et même un avion ! Il a donc volé aujourd'hui ! Nous passons l'après-midi sur le toit du lodge a admirer le Nilgiri qui semble à portée de main ! Nous faisons nos adieux à Korma qui se hâte de retrouver sa famille car sa fille est malade, il prend le bus dès aujourd'hui. (nouvelles rassurantes depuis)

Bus retour Pokhara, 13/08/13 A 6h pétantes, nous sommes à l'aéroport : le ciel est bouché et l'histoire se répète. Vol annulé. Pfff ! Cette fois nous savons ce qui nous attend et ça ne nous réjouit pas. 10 bus, 12h de trajet (nous faisons cette fois équipe avec des Italiens et des Slovènes) On est KO debout à l'arrivée vers 22h à Pokhara. Shiba toujours efficace a réservé un bon restaurant mais nous sommes trop crevés pour faire honneur aux plats. Nous nous jetons épuisés sur les lits d'une petite guest house toute proche, joliment fleurie mais aux chambres exiguës et étouffantes. Nuit guère réparatrice.

Pokhara, 14/08/13 Adieux émus à Shiba et Moden. Avec Korma ils forment une belle équipe, soudée et toujours de bonne humeur ! Shiba nous a épaté avec son impeccable Français et sa capacité à expliquer clairement tout ce qui nous semble si « exotique » au Népal. On a aussi apprécié sa façon de gérer les aléas des transports, avec calme et efficacité. Bref, nous n'aimons pas voyager avec un guide mais en ces circonstances, nous avons vraiment apprécié sa présence !

Pendant que les enfants se douchent, nous partons Fred et moi acheter les billets de bus Greenline pour demain, trouver du liquide et un autre hôtel, plus confortable. A quelques pas de notre guesthouse, nous avisons le Mount Kailash Resort, et négocions un appartement dont nous pouvons disposer de suite. 2 chambres, une cuisine salle-à-manger, 2 SDB, 2 télés, la clim qui fonctionne 24/24 (les coupures d'électricité sont fréquentes et seuls les hôtels d'un certain standing ont leur propre générateur), joli jardin et très belle vue. A 9h00 du matin, nous investissons les lieux. Le confort moderne a un prix (130 €) mais on peut dire que nous n'avons jamais autant profité d'une chambre d'hôtel ! Très bon petit-déjeuner buffet au restaurant de l'hôtel, puis on digère béatement dans nos lits king size en regardant les programmes de la TV indienne : décadence totale ! Nous ne quittons la chambre que pour aller déjeuner au Caffe Concerto, de vraies pizzas cuites au four et nous régalons enfin de crudités et fruits frais (pas très prudent mais nous avons 2 SDB/WC dans la chambre et du Tiorfan qui marche super bien, alors en manque de verdure, nous osons!) On passe un bon moment à regarder déambuler les touristes, pas très nombreux et la plupart d'origine asiatique. Gants blancs, masques, ombrelles, mitraillage photographique à tout va, ils sont trop mignons ! Petite promenade digestive au bord du lac. Le coin de Lake Side Est nous a semblé plus agréable que Lake Side centre. Repas du soir au resto de l'hôtel, correct. Il y a plein d'Indiens aisés qui viennent en famille, c'est très exotique pour nous. Nous le sommes d'ailleurs aussi pour eux car à plusieurs reprises on nous a demandé de poser pour des photos souvenirs. Marrant !

Retour sur Khatamandou et Bhaktapur, 15/08/13 Délicieuse nuit dans des draps frais avec la clim... Au réveil, je jette un œil distrait par la fenêtre... le Machapuchare ou Fish Tail, montagne sacrée du Népal (dont l'ascension est interdite, 6993 m), me saute aux yeux. A gauche, la chaîne des Annapurnas (>8000) Le bus est à 5 mn de marche de l'hôtel. Nous quittons Pokhara à 8h, arrivée prévue dans 7h. Arrêt-déjeuner comme à l'aller au Riverside Resort, il fait moins chaud ou alors on s'habitue. Tout va pour le mieux jusqu'à l'approche du dernier col avant Katmandu, que nous mettrons 3h à franchir ! Il y a des travaux et donc une circulation alternée sans personne pour la réguler (alors que des militaires glandouillent qq km plus loin au niveau du col) Or il s'agit de la principale route du Népal où transitent chaque jour des centaines de camions (par exemple tout le carburant consommé au Népal vient de l'Inde par camions et par cette route!) 2 uniques malheureux gars avec une pelle (chacun!) pour ces travaux étalés sur plusieurs segments de centaines de mètres. Bref, 10h de bus encore pour aujourd'hui. Si j'avais su j'aurais envisagé de prendre un avion entre Pokhara et Katmandu (mais là aussi rien n'est certain : l'avion qu'avait pris la famille C. a du renoncer à atterrir à Katmandu du fait du mauvais temps et est retourné se poser à Pokhara ! Ils ont pris -avec succès (!)- le vol du lendemain et ont finalement eu sans problème leur vol de retour vers la France, ouf !) Mais avec des si... Toujours est-il qu'ayant anticipé les aléas des transports népalais, j'ai prévu de passer nos 2 dernières nuits à Bhaktapur, qui nous avait laissé un bon souvenir en 2007. Le bus nous dépose à Kathmandou et nous enchaînons avec le taxi pour Bhaktapur où j'ai réservé au Cosy Hotel dont le très sympathique personnel nous accueille chaleureusement. Il est 19h, ils commençaient à s'inquiéter...Nous avons 2 chambres communicantes, 2 SDB (exiguës), une clim qui fonctionne quand il y a du courant, mais l'architecture conserve assez bien la fraîcheur (fenêtres étroites...et chambres très sombres du coup) Dîner (médiocre) à l'hôtel et hop au lit !

Bhaktapur, 16/08/13 Nous sommes réveillés en musique vers 5h00 par une sorte de défilé, cela dure 1/2H ou 1h et puis...plus rien. Bizarre...mais pas désagréable. Moins en tout cas que les klaxons qui retentissent dans les rues étroites de Bhaktapur, ville théoriquement piétonne (du moins en 2007!) Vive les boules Quiès ! Bon petit-déjeuner sur le toit terrasse de l'hôtel. Nous somme surpris de voir défiler motos, triporteurs, motoculteurs, 4X4, taxis et même bus dans les rues de la vieille ville médiévale, dont le sol fait de briques (restauré il y a une quarantaine d'année) a du mal à encaisser toutes ces sollicitations. Par endroits on marche sur de la tôle ondulée en briques ! On se balade le nez au vent dans les ruelles de la ville, on se perd un peu entres les temples, les petites boutiques, les fontaines, les marchands ambulants, les bassins multicolores. Partout sèchent des piments, curieusement épargés par la volaille omniprésente ! Il y a sans doute plusieurs dizaines de puits à Bhaktapur, encore en fonction pour beaucoup. Nous faisons une pause-déjeuner au Sunny Café (bien) et profitons de la vue sur l'orage qui arrive. Belle pluie spectaculaire de mousson ! Ça dégringole et nous rentrons buller à l'hôtel jusqu'au soir, où nous ressortons dîner au Nyatapola Café (ferme à 19h, on a du speeder et ils n'avaient plus grand chose comme choix)

Bhaktapur et vol retour, 17/08/13 Notre vol est à 19h30 mais Qatar Airways demande d'être à l'aéroport 4h avant (en fait l'enregistrement ne débute que 3h avant le vol?!) Nous profitons de notre dernière matinée à Bhaktapur, Marion s'essaie à la poterie, c'est très physique semble-t-il. Appétissante boucherie...la plupart des Népalais sont végétariens ou quasi... Pause café à Durbar Square pendant que Caroline va vomir dans les toilettes (Ah ! Ça va mieux !) Marion attendra le voyage en avion pour en faire autant...Tant pis on avait trop envie de fruits et crudités ! Arnaud et Fred vont quant à eux attraper un énorme rhume dans l'avion (à moins que ce ne soit dans l'aéroport glacial de Doha où nous avons fait escale quelques heures)

Aujourd'hui c'est la rentrée, tout le monde est guéri et ne restent que les bons souvenirs !

En conclusion Points + : -les paysages somptueux -les gens toujours agréables -les lodges finalement assez confortables (du moins par rapport à ceux du Langtang Gosainkund Helambu) -les champs fleurs sauvages et bosquets d'arbres à leur apogée -les températures très douces -la gentillesse et l'efficacité de Shiba, Korma et Moden

Points - : -la piste (même si elle a d'autres avantages, en particulier pour les gens du coin) quasi omniprésente, qui griffe bien le paysage (et encore quasi pas de circulation quand nous y étions) -les nuages qui nous ont le plus souvent caché les sommets (l'automne est préférable, mais pb qd on a des enfants scolarisés) -le permis très cher, qui semble ne guère profiter aux habitants eux-mêmes -la (relative) fréquentation (mais on est sans doute particulièrement sensibles à cet aspect des choses) -la nécessité de passer par une agence (bien confortable mais guère de sentiment d'aventure, on se laisse porter. Là aussi on est sans doute un peu atypiques) -les transports, vraiment pénibles, 4 jours de bus pour 11 jours de trek...

Si c'était à refaire... Sans contrainte de date, je choisirais octobre. Je prendrais 2 jours de sécurité (faciles à occuper vers Muktinath par exemple) à Jomsom ou Kagbeni avant le trek afin de ne pas perdre bêtement 1 ou plusieurs jours de permis. J'étudierais en détail les possibilités de randos hors sentiers battus, ça ne doit pas manquer. Et surtout j'essaierais au maximum d'éviter la piste, entre autres en passant du côté de Tangge, quitte à prendre plus de 10 jours de permis.
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Patagonie australe: El Fin del Mundo ou le Pays du vent
Voyage en Patagonie australe, du 22 novembre 2010 au 31 décembre 2011.

La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):

www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html



Lundi 22 novembre

Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.

Mardi 23

Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.

Mercredi 24

La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?

Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...

En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.

Jeudi 25

J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...

Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.

En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:

www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html

Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!

Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!

16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.

Vendredi 26

A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.

Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.

Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...

Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...

Samedi 27

Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.

Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...

A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...

145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.

Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...

Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... 
 Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.

Dimanche 28

Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.

Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.

16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.

19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...

Lundi 29

Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.

Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.

Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...

Mardi 30

En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.

Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.

La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Français installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.

Mercredi 1er décembre

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...

Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...

Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de g��nérosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...

Jeudi 2

Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.

9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...

Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...

Vendredi 3

Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.

Samedi 4

Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.

Dimanche 5

Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention où l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...

El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.

Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.

Lundi 6

Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arrête lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...

Mardi 7

Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).

Mercredi 8

J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.

Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!

Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.

Jeudi 9

5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!

7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.

12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).

(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)

Vendredi 10

5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits.
Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.

Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...

Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.

Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.

Samedi 11

A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.

16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...

Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:

si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.

Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...

Dimanche 12

Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.

Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...

A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.

Lundi 13

Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.

Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.

Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.

Mardi 14

On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.

Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.

20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.

Mercredi 15

Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.

En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.

Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...

Jeudi 16

Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...

Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.

Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a été rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...

Vendredi 17

Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!

A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.

La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.

Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.

Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.

Samedi 18

Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.

Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.

Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!

Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...

Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...

Dimanche 19

La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...

Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!

Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.

Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…

Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!

Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk

Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!

A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.

Lundi 20

Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...

Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…

Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.

14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.

Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…

Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.

Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!

Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.

Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21

Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une énième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !

Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.

Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!

En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...

Mercredi 22

Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…

Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.

Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.

Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.

Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.

Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.

Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.

Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...

Jeudi 23

Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.

Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.

La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
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Au pays de Calypso: Malte
AU PAYS DE CALYPSO : MALTE

Malte .. pourquoi Malte ? Parce que cela nous permettait une trêve printanière d'une semaine à deux heures de vol de Lyon et offrant en principe, du beau temps ( ce fut le cas , même si le températures sont aux alentours des 20 ° et que cela reste une île donc ventée , nous avons eu chaque jour du soleil) . Parce que nous avions en tête de faire une pause culturelle avec comme image les légendaires chevaliers, le faucon maltais, les hospitaliers mais aussi de découvrir d'autres paysages austères et arides comme dans un roman qu'il y a fort longtemps , j'avais lu … Parce que Calypso y a retenu Ulysse pendant 7 ans et que les bateaux ( les luzzus) ont des yeux … ceux d'Osiris

Il est souvent suggéré d'accorder à malte 5 jours mais nous avons choisi une semaine pour pouvoir aller sur Gozo et prendre notre temps… Alors allions nous trouver Nature et culture sous le soleil ?

Budget : 750e /personne la semaine

TRANSPORTS : - Avion : Lyon / Malte : 120 e /pers

- Voiture de location : Réservée chez Avis en direct pour 140 e la semaine , une médium . On a eu un Hyundaï I20 . C'était un bon compromis . Km illimités. La mauvaise surprise : on nous propose l'éternelle assurance que nous déclinons comme d'habitude puisque nous avons la carte gold. L'agent nous demande de déposer une caution et là très bizarrement ni la gold , ni la visa ne passe … On lui demande ce qu'il faut faire , il nous répond d'un air méprisant : ' prendre l'assurances' Bref 188 e supplémentaires . On comprend bien qu'il n'y a plus que cette solution, on paie et on réglera , si tant est que cela puisse l'être , cela en France… Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas donc ça sent l'arnaque ! 😠😠 En tout cas , prudence sur les routes car la conduite ici plus du Mario Kart que de la conduite de vacances … Les routes peuvent être étroites et les maltais passent …ça passe ou ça casse!

- Ferry : Pour la liaison Malte / Gozo : voiture et chauffeur : 15, 70 et passager : 4,70 Nombreuses liaisons de 20 mn env. On paie au retour.

- Essence Sensiblement les mêmes prix qu'en France . En général, ils n'acceptent pas la CB . Faites des demi-plein car on roule peu …

NOURRITURE : Bon , ce n'est pas une destination culinaire c'est le moins qu'on puisse dire . Les Maltais souffrent de la mal bouffe et le taux d'obésité est important. Les prix , un peu moins chers qu'en France … Les consommations en terrasse, par contre éne sont pas chères : soda , thé, café :env 0,80 à 1e

- Ill Kartell à Marsalforn sur Gozo en bord de mer Nombreux poissons , cartes variée, service très sympa . Exemples de prix : plats calamars : 14e , lapin ( feneck) 12e

- Genti di mari à Marsaxlokk ( Malte) Magnifique port d empêche avec de nombreuses terrasses. Celle-ci est tout au bout du port . Excellent rapport qualité / Prix : formule 2 pers: soupe de poisson et assiette de la mer pour 18E pour 2 pers . Très bon et copieux.

HEBERGEMENT :

- Gozo : chambre d'hôtes : TAA MARIA au village de taal. 🙂

70e la nuit avec un excellent et copieux petit déjeuner avec oeufs bacon, pain, confiture, miel, fruits frais, yaourts, pâtisseries maison …. Dans une vieille maison maltaise , et mobilier ancien. Chambre spacieuse, piscine … Accueil très chaleureux. Pour trouver l'adresse : en venant du sud traverser Ghasri et en ressortir par le nord , en prenant la route qui passe à droite de l'église . Puis 2 éme à droite , direction 'Taal fanal village ' dans le village , c'est tout au fond dans une rue sans issue .

- Malte , Sliema : Simon 's apartment 🙂🙂

Reservé sur Booking . A 300m de la baie de St Julians où on trouve bars, restaurants;.. mais surtout une belle promenade le long de la mer. Un appartement tout confort, très moderne appartenant à Simon , le patron du pub d'à côté. Je vous rassure , c'est très bien insonorisé , nous n'avons eu aucune nuisance ! Tout équipé : cuisine intégrée, vaisselle, TV, Wifi, machine à laver , lecteur DVD . Séjour cuisine salon , une chambre et une salle de bain. C'est tout neuf . Simon est vraiment très sympa et accueillant !!!!!!! Sliema est assez centrale sans être dans La Valette . On était au maximum à 30mn de chaque bout de l'île .

GUIDES :

- Routard : eh bien pour une fois , je l'ai trouvé mieux que le lonely planet… - Lonely planet : trop superficiel - carte routière : kompass

VISITES : Les prix sont indiqués par personne

- Cathédrale N.D Assomption à Victoria ( Gozo) : 3,5 e ( cathédrale et musée) - Ggantja's temple ( Gozo) : 5,5 e - St Paul catacombes à Rabat : 5e avec audioguide ( indispensable ) - St Agath : 5e : du vol ! 😠😠😠😠 - Malta expérience et Infirmeries : 15e - Cathédrale St Jean de la Valette : 6e avec audioguide ( super !!!) cathédrale et musée - Musée archéologique de la Valette : 6e ; panneaux explicatifs en anglais uniquement - Haggar Quim : 9e - Mdina expérience pour 3 sites : 14, 5 e - Palais de l'inquisition à Victoriosa : 6e _ Hypogée de Sal Saflieni : 20e ATTENTION : RESERVATION OBLIGATOIRE sur INTERNET , le plus tôt possible !!!!!!!!! Visite limitée à 80 pers par jour. Avec audioguide.

ARTISANAT : Pour nous rien … je crois que pour trouver à ramener , il faut ou être un inconditionnel de la dentelle ou un fervent catholique … nous ne sommes ni l'un ni l'autre donc nous avons fait des économies

ITINERAIRE : - J1 : Lyon / Malte / Gozo . Réserve naturelle de Dwejra : azure window , inlead sea, la tour, la bake, fungus rock . Marsalforn et les salines - J2 : Gozo : Victoria. temple de Ggantja . Grotte de Calypso. Ramla Bay . Ta cenc . Xlendi . - J3 : Retour sur Malte . Naxxar . Mosta. Rabat. Sliema - J4 : La Valette . Les falaises de Dinglii - J5 : Blue grotto. Hagar quim. Marsaxlokk . Hypogée de Sal safliena. Mdina. - J6 : Les 3 cités . Marsaxlokk . Ghar Lapsi . - J7 : Repos !!!!

Nous avons adoré : - le site de dwejra sur Gozo - les fraises - La visite de l'Hypogée - La cathédrale St Jean à la Valette - les paysages de Ghar Lapsi et les falaises de Dinglii

Nous avons aimé : - Ta Cenc pour son isolement - St Paul 's catacombs - Mdina pour le charme de cette ancienne ville fortifiée - Malte expérience pour avoir tracé l'histoire de Malte en 45 mn et nous avoir donné des pistes de découverte - Le petit port de Marsaxlokk et ses luzzus

Nous avons moins aimé : - Les toiles dénaturant l'Haggar quim - Les 3 cités - le manque de convivialité des Maltais

Nous avons été déçus : - L'île très bétonnée avec des construction anarchique défigurant le paysage - La crypte de St Agath au pas de course grrrr

CARNET DE ROUTE :

Dimanche 31 mars :

Avion Air Malta et à 12h , nous sommes à la Valette. Récupération de la voiture et cap sur le nord pour prendre le ferry pour Gozo , qui nous attend … Tout s'enchaîne parfaitement , c'est cool. Avant d'embarquer sur le ferry , on a acheté sur le bord d'une route de fraises , dont on se délectera sur le pont du ferry et sous le soleil.. Enfin le soleil !! Nous passons l'après-midi à la réserve naturelle de Dwejra. Sur la route qui nous y mènent , déjà quelques impressions … : Gozo est plus désertique que Malte qui nous est aussitôt apparue bétonnée, ces terres ont dues paraître bien hostiles aux premiers habitants par leur aridité . Nous sommes quand même étonnés de voir toutes les constructions taillées dans la seule et unique roche , ocre jaune presque safranée : la globégerine , mais ce qui nous marque le plus , reste le nombre d'églises dont certaines immenses pour un minuscule village ….

Nous arrivons vers 15h sur le site de Dwejra que nous commençons à arpenter par le dessus de l'azur window , arche naturelle sur la mer d'un bleu profond avec une vue imprenable sur les falaises alentours. L'arche est splendide , battue par les vagues et l'écume du blue hole donne l'impression d'une mer de lait . Puis balade vers le fungus rock ' rocher champignon' car au 18éme siècle , on pensait qu'il y poussait des champignons aux vertus médicinales que les rois des cours d'Europe s'arrachaient à prix d'or , si bien que le site fut interdit et confié à un seul cueilleur à l'aide d'un funiculaire … Ah la bêtise de l'Homme… Les siècles ont démontré la supercherie : aucune vertu . Aujourd'hui pas de drapeau flottant sur la tour de garde donc pas de visite possible. Enfin : inland sea : comme un petit lac uniquement relié à la mer en passant sous la falaise et un minuscule ancien port de pêche à l'eau laiteuse. Ambiance familiale d'un dimanche de Pâques. Nous savourons un thé à une terrasse … Ah qu'ils sont bons ces rayons de soleil qui nous font si vite oublier le printemps qui tarde en France et la grisaille que nous avons laissée ce matin… Un monsieur veut nous rendre service en ouvrant un parasol ;. oh non malheureux , on n'a pas vu le soleil depuis des mois … On a passé un excellent moment sur le site , l'appareil photo a déjà bien chauffé… 😉

Route vers Gashri et Taal village pour y trouver notre guesthouse dont le terme ici revêt un tout autre aspect que celui qu'on utilise en voyage routard puisqu'il s'agit d'une vieille maison maltaise réhabilitée en B&B. J'avais réservé via booking car tripdavisor n'en tarissait pas d'éloge. Immense demeure avec arches, voutes, superbes pierres , mobilier ancien … un cachet extraordinaire et un accueil chaleureux … La piscine est superbe mais là c'est pour le plaisir des yeux car se baigner à Malte à cette époque relève quand même de l'exploit ou de la bravoure .

Après avoir lézardés sur les terrasses, nous avons diné au petit port de Marsalforn … Le petit port d empêche devait être très joli mais totalement dénaturé par des constructions anarchiques voire abandonnées. Nous y voyons cependant nos premiers 'luzzus' , ces fameuses barques traditionnelles à l'oeil d'Osiris .. Nous sommes bien à Malte ! Les salines étaient déjà à l'ombre : dommage … Eddy goutera à la fameuse recette de lapin , ici appelée 'feneck' gloups … contente d'être végétarienne …

Lundi 1er avril :

Après une énorme petit déjeuner , délicieux et copieux ( pensée bien sûr pour Nancy 😇 ) , direction Victoria. Ici le lundi de Pâques n'est pas chômé , nous nous retrouvons donc dans l'animation de Victoria et de son marché mais aussi dans d'étroites ruelles , style médina , pleines de charme . Visite de l'église St Georges où passés la porte , je reste ébahie par tant de richesse et d'ornement ! Pur style baroque plein de mélange et de contraste ! Larges nefs aux formes arrondies, ornementation exagérée avec stucs, fresques, spirales, volutes … et toujours au centre face à l'autel , une énorme lanterne de style orientale … On retrouvera ce 'montage' dans chaque église quasiment … Puis nous montons à la citadelle qui offre un panorama unique , géant !!! 380° degrés whaouh ! Nous sommes un peu déçus de la visite de la cathédrale ( attention , le routard mentionne un audioguide : faux ) . Le billet est jumelé avec le musée mais là, on s'y est fait prendre une fois, nous ne recommencerons pas … N'étant pas fan de la toge du pape Paul machin, de la mitre de Pie truc… on est forcement ressorti pas convaincu…

Nous poursuivons la journée par les Ggantija's temples : temples des géants . Datés de 3800 avant JC , ils figurent parmi les plus vieux temples non encastrés du mégalithique . Une borne explicative ( cette fois en français : merci ) et les représentations sur les panneaux aident à bien se rendre compte de cette merveilleuse découverte. Je suis bluffée … j'adore la préhistoire et cela m'amène plein de nouveaux questionnements … Le billet est couplé avec un moulin ( décidémment c'est d'usage à malte) mais , ce n'est pas que nous sommes rabat-joie aujourd'hui mais nous n'avons absolument pas envie de visiter un moulin… donc , cette fois, et fermement, nous passons notre route .

Arrêt , ben oui, à ce qui aurait été la grotte de Calypso … juste pour le mythe mais aussi pour la vue aérienne de la plage Ramla bay au sable rouge avec la mer cristalline : un vrai tableau ! On y descendra pour y pique niquer… de succulentes fraises et gouter au petit pain fourré de fromage maltais , de mémoire, le pastizzi … bof , si je peux me permettre le jeu de mot : ' un peu étouffe chrétien'

Le routard indiquait ensuite ( avec 3 routards ???) Mgarr X Ini's bay comme un de plus beaux paysages naturels de Gozo . En manque de nature sauvage , nous y allons et la trouvons non sans mal . Sur place , grand éclat de rire , le routard restera le routard avec ses bons et mauvais plans … l'endroit n'est qu'une petite rade caillouteuse avec un bar . Perso, nous n'y avons trouvé aucun charme …🏴‍☠️🏴‍☠️

On ne perd pas espoir de se trouver un coin de nature sauvage en filant vers les falaises de Ta Cenc. J'y avais lu sur le forum du bon et du moins bon; autant se faire notre propre opinion et pour nous ce sera du plus ! L'accés est aisé si on est en voiture sinon c'est assez loin de la station de bus. Notre persévérance est récompensée : un plateau aride , une végétation sauvage de maquis , un coin désolé et de quoi se balader sans rencontrer âme qui vive … on adore !!!!! on y a fait , à vue, car rien de baliser, une superbe rando.

On finira la journée dans ce qui fut sans doute un magnifique port de pêche : Xlendi …' mais ça , c'était avant ' . C'est certes joli mais aussi une enfilade de bars et restaurants ( où ne boudons pas notre plaise, il fait bon y boire un thé ) au bord d'une mer cristalline . La balade en suivant les marches sur le côté gauche offre une magnifique vue sur les falaises et la tour de garde.

Une belle journée qui se finira au même restaurant qu'hier … Très diversifiée cette petite île de Gozo pour laquelle il serait dommage de faire l'impasse . Sans avoir tout exploré , deux jours nous ont suffis.

Mardi 2 avril :

Même solide petit déjeuner et ferry pour Malte. le temps est , aujourd'hui , nuageux . Nous décidons de faire le centre de l'île en le gagnât par St Paul's bay que nous fuyons tant il est touristique. Autant le premier jour , cela ne nous a pas sauté aux yeux car nous n'avons fait que traverser Malte pour aller au ferry, aujourd'hui c'est flagrant , Malte est vraiment bétonnée , la nature a quasi disparue …😕😕

Arrêt à Naxxar pour l'église paroissiale de la nativité de la Vierge à la façade imposante et intérieur baroque. Mais aussi , pour le palais Parizzio , palais de maître de 1733. Nous voulions , au moins ne visiter un , mais le prix , à nos yeux , exorbitant de 12 euros , nous freine . On se contentera de la visite du jardin gratuite mais non moins agréable car un vrai hâvre de paix aux multiples essences…

Puis Mosta , célèbre pour son église avec un dôme suspendu. L'immense bâtisse néoclassique détonne à Malte. Elle est fermée , on se contente de l'extérieur et reviendrons pour l'intérieur .

Enfin , Rabat ! Petite cité bien agréable et plus calme que la bouillonnante Mosta. On commence par visiter les catacombes de St Paul avec audioguide ( indispensable et très bien fait ) . On y découvre avec intérêt l'organisation de cette nécropole chrétienne été païenne. On a beaucoup apprécié la visite. Visite ensuite de St Agath . Le routard nous annonçait une visite moins passionnante des catacombes que St Paul ( ce pourquoi , nous avions commencé par St Paul) mais nous avons décidé d'y aller pour la fameuse crypte avec ses 32 fresques byzantines très bien conservées. Le routard avait raison pour les fresques mais la visite c'est du pur VOL ! SCANDALEUX ! On commence par un musée surchargé sur les pierres et minéraux bof.. c'est pas notre trip et sur les icônes, mitres etc comme d'hab … On va finir bigot ! Puis 10mn dans les catacombes avec un guide ( heureusement que l'audioguide avait fait lumière sur l'usage de ces catacombes car lui ne nous fut d'aucune utilité , puis … 5 minutes pour regarder le fresques !!!!!! Il aurait fallu 5 minutes par fresques !!! Quel dommage !!!!! 😠😠😠

On file ensuite vers Sliema pour s'installer dans notre petit appart qui nous séduit de suite par son emplacement, sa décor, et l'accueil chaleureux de Simon. Belle balade , ce soir, comme tous les soirs qui suivront le long de la mer… Le soleil réapparaît , cool pour demain ?

Mercredi 3 avril :

Grasse matinée et on se lève … sous la pluie … On part pour la Valette et le temps d'y arriver le vent a balayé les nuages .

On décide de commencer par le spectacle audiovisuel 'Malte expérience' , une projection de 45 mn ( en 20 langues) sur Malte de ses origines , aux différentes invasions , les chevaliers… à nos jours . C'est une excellente approche surtout pour ceux qui sont un peu brouillé comme mon mari , avec l'Histoire . Cela est synthétique . Cette entrée donne aussi droit à la visite guidée ( mais en anglais ) des infirmeries créées par les hospitaliers . J'ai trouvé cela très intéressant mais en tant qu'infirmière, je suis peut être de parti pris 😛… En tout cas , rien que le bâtiment vaut le coup d'oeil.

Pause déjeuner face à la co cathédrale St Jean … Le centre de la Valette est très animé.

Visite de la cathédrale ; là, aussi , je vous recommande l'audioguide . Autant le bâtiment a une façade assez dénudée , autant l'intérieur est absolument sublime ! Je crois que j'ai rarement aimé autant une cathédrale … même N.D de Paris me paraît fade . Les 374 pierres tombales de marbre coloré couvrant la cathédrale et toutes les fresques de M.Preti sont un chef d'oeuvre. On y resterait des heures ;..Bon j'arrête là, je n'ai rien à vendre… Le clou de la visite : deux tableaux de Caravage , mon peintre par excellence .. La décollation de St Jean Baptiste ( seul tableau signé du Caravage) et St Jérome écrivant'… Je ne dis rien de plus car je ne serai pas objective car trop fan …😛😛🤪 Bref , je sors de là subjuguée ! Quelle visite !!!

Balade dans les ruelles , où s'égrènent palais des grands maîtres , bibliothèque, églises …

Notre dernière visite sera pour le musée archéologique , surtout pour la section de ce qui fut trouvé sur les sites mégalithiques en complément de Ggantija et en prévision de l' Haggar quim et de l'hypogée. ' La femme endormie ' et le 'venus de Malte ' retiennent toute notre attention . Passionnée de préhistoire , à nouveau , c'est une toute autre ouverture qui s'ouvre à moi … Au 2éme étage , plus petit , plus ludique mais non moins intéressant : l'âge de bronze, les phéniciens …

Nouvelle pause en terrasse face à la cathédrale et pause chocolat chaud car si le vent a balayé les nuages , il fait , quand même , frisquet … Mais on ne lui en veut pas …

On quitte La Valette ravis de notre journée et même si nous avons fait beaucoup de choses , tout s'est admirablement enchainé ( les visites ne durent jamais longtemps) et nous n'avons pas l'impression de 'tête pleine' comme on peut parfois l'avoir .

On finit notre journée par un moment Nature aux falaises de Dinglii , aux reflets gris / ocre, avec les petites cultures en terrasse , la mer, et un soleil mi-couchant… C'est très bien aménagé tout le long avec parking, bancs… Moi, j'ai littéralement craqué pour la petite chapelle St madeleine et sa vue . C'était bien de finir notre journée citadine par cette pause bucolique .

Une superbe journée !!!!!

Jeudi 4 avril :

Il fait grand beau, nous voici donc partis tôt pour avoir une luminosité maximale, visiter la grotte bleue … Mer trop agitée donc pas de ciste ce jour ( ni le séjours suivants d'ailleurs) … dommage . On l'apercevra juste du point de vue panoramique.

Nous filons à l'Haggar quim ' ensemble néolithique : 3000 - 2400 avt JC . Passage par le visiter centerpour une petite projection et une expo sur la découverte du site , la supposée méthode de construction du temple … C'est concis , ludique, pédagogique. Visite ensuite des temples . Il paraît que cela fait débat car ils sont recouverts d'une structures métallique , charpente d'une immense toile … nous, on na pas trop apprécié ces vilaines vaches qui dénature un peu le site … Stonehenge ne s'est pas volatilisé que je sache ??? Bref , on n'en reste pas moins époustouflé par ces temples dont le plus gros bloc pèse 20 tonnes pour 6,4 m de long . Le temple est aussi orienté pour faire entrer le soleil au solstice d'été … Pierres à spirales , autel , blocs poinçonnés c'est brillant et superbe . En tout cas , les peuples du néolithique avait le goût du beau et du paysage car en bord de mer , il y a une vue magnifique .

Balade au petit port de Marsaxlokk , avec ses luzzus, son animation, ses terrasses où on fait la pause thé et on y mange , hélas à la hâte , une 'fougasse' . On quitte l'endroit à regret . Je pense qu'on y reviendra !!!!

Pressés en vacances ? Oui , exceptionnellement mais pour une bonne cause . Nous avons réservé par internet la visite de 13h à L'hypogée de sal saflieni . La réservation est obligatoire ! Si , je n'avais pas regardé un peu le forum deux mois plus tôt , nous aurions manqué cette visite et donc une partie de notre voyage ! A deux mois du départ, il ne restait déjà plus deux plages horaires sur la totalité de notre semaine … Donc , un seul conseil: anticipez ! Ce serait dommage de rater ce lieu aussi stupéfiant que grandiose . Je n'ai jamais rien vu de tel … Malte m'aura gâtée en préhistoire . En tout cas , ne cherchez pas un terrain vierge, etc … c'est en pleine ville et l'entrée se fait dans une maison de rue tout à fait banale…

L'hypogée : c'est , à la fois, un cimetière et un temple sur plusieurs profondeurs, le tout creusé sans outil… Visite très bien organisée , emmenés par un guide mais avec audioguide. Films d représentation sur ce qu'est l'hypogée et sa découverte par un maçon, galerie avec les objets retrouvés sur le site , sauf 'la venus endormie' qui est au musée archéo de la Valette ( mais il y a quand même une reproduction ) puis descente dans l'hypogée même , dans une relative obscurité et une température fraîche pour conserver ce joyau. Je vous passe mon enthousiasme !!!! Quelle chance de visiter une tel chef d'oeuvre !!! Je vous laisse découvrir ce site avec les mêmes yeux émerveillés que nous .😇😇😇

Après cette subjuguante visite, nous partons pour Mdina… A nouveau projeté dans d'autres siècles , cette ville va nous ravir par son charmes, ses étroites ruelles, ses palais et églises … Nous avons fait les 3 sites de Mdina expérience mais c'est un peu une répétition de Malta expérience , même si ici le le spectacle audiovisuel met plus l'accent sur le siège de Mdina… Le reconstitutions avec personnages de cire sont assez sympas aussi mais rien d'indispensable.

Retour en notre demeure à Sliema et notre traditionnelle longue marche …

Vendredi 5 avril :

Ayant déjà pas mal baroudé sur l'île , on décide de se la jouer cool .

Visite des 3 cités , essentiellement Victoriosa avec ses charmantes ruelles et le palais de l'inquisiteur : bof… On en gardera pas un souvenir impérissable mais je pense que , comme souvent quand il s'agit de villes , nous sommes à saturation et nous manquons de grands espaces et de nature…

On quitte les 3 cités pour retourner à Marsaxlokk , ce petit port qui nous a bien plu et dont nous avons hier quitté à la hâte . Cette fois, on va savourer notre temps avec une pause thé puis un excellent repas , en terrasse et au soleil… On laisse cette fois le temps être notre maître … et il s'égrène …

Cap , ensuite sur Ghar Lapsi, renommée comme étant une très belle baie . cette fois , c'est vrai !!!!!!! Ici , on va s'éterniser , sans se lasser des paysages, des falaises , du fracas des vagues sur les rochers, de la puissance de la mer … Superbe !!!!!!! On se sent ressourcés .

Dernier arrêt à Mosta pour voir la coupole cette fois de l'intérieur puis direction Sliema et se dégourdir les gambettes au bord de mer .

Samedi 6 avril :

Aujourd'hui, grand soleil, plus de chaleur et c'est REPOS !!!!!! 😎😎😎 Marche infinie, lecture sur la plage , restaurant , thé … une journée de vacances toute simple avant de retourner au quotidien …

Dimanche 7 avril :

Malte / Lyon . arrivée Lyon à 9H20 …

Conclusion :

Un séjour beaucoup plus culture que nature , avec un patrimoine très riche dont l' histoire balaye des siècles , de la préhistoire aux différentes invasions , qui en fait un pays très diversifié . Une semaine était un bon compromis pour parcourir Gozo, Malte et s'octroyer une pure journée de farniente . Nous y avalons trouvé le soleil , le températures restent fraîches , sans doute très confortable pour les visites car l'ombre est rare. Je ne pense pas que ce soit la destination idéale pour le farniente à la plage car celles ci sont rares, très rares , néanmoins la mer doit se prêter à merveille à la plongée ou au snorkelling. La voiture nous a laissé beaucoup d liberté car même si le réseau de bus est au top , cela rallonge les temps de déplacement. Deux petites déceptions, si on peut employer ce terme : les espaces naturels restreints et nous n'avons pas retrouvé cette convialité et cet accueil qu'on prête aux Maltais.

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Présent à offir à une famille d'accueil québécoise
mon garçon de 14 ans a la chance de partir 15 jours au Québec chez une jeune correspondante de son âge que nous accueillerons ensuite quoi offrir à la famille d'accueil ? des cadeaux individuels, un cadeau familial ? quels produits français sont appréciés ? merci pour vos conseils.
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Recettes de desserts tibétains
😎Hello a tous!

hier je suis allee dans un resto parisien et j'ai adore le dessert appelé: BHAKTSA MARKHOU fait avec de la farine sucre fromage de chevre frai et la fameuse farine d'orge grillee!!

je cherche cette recette desesperement et surtou où acheter de la tsampa cette fameuse et introuvable farine d'orge grillee alors surtout si vous pouviez me guider sur la voie de la gourmandise n'hesitez pas foncez! 🙂
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Recherche des recettes de tajines
Salut a tous voila moi je recherche des rectte de tajines, mais les vrais (celle que l on pourraient manger au maroc ou tunisie etc) et cuisine de preference avec le vrais plat a tajine m merci
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Extension du domaine de la chute
« Fuir l’ignoble bêtise des assis » n’est pas le slogan d’une pub Quechua pour des chaussures de randonnée mais le sens que donnait Rimbaud à la marche. Une définition que Sylvain Tesson, dont le dernier bouquin est sorti il y a quelques semaines, trouve certainement pertinente.

Sauf erreur, l’ouvrage n’a pas encore été commenté dans cette rubrique. Alors je me lance…

Son titre Sur les chemins noirs fait référence aux petits chemins paumés, non balisés, truffés de ronces et d’orties d’où l’on ressort en général, les avant-bras rongés par les démangeaisons, les mollets ensanglantés, et que personnellement je n’emprunte que si je suis derrière un débroussailleur fiable, d’1,90 m au moins, à qui je fais jurer sur la vie de sa mère qu’il n’y a ni serpent sauteur ni prédateur en vue.

Bon, disons le d’emblée, et d’une Tesson m’énerve et de deux je paye pour être énervée. Voilà des années que ça dure. J’ai quasiment tous ses bouquins dans ma bibliothèque. Et il va sans dire que l’Everest de l’exaspération est atteint lorsqu’on m’emprunte un de ses bouquins sans me le rendre.

Alors bien évidemment, quand j’ai appris qu’un nouvel opus venait de sortir, je me suis précipitée en librairie pour raquer plein pot (15 €) pour le Gallimard, parce que patienter jusqu’à la version poche, ça aurait fait limite la fille cohérente... « Tu vas encore râler que c’est du fric foutu en l’air » m’a dit ma fille dont l’auteure fétiche est Jane Austen, et qui est aussi tentée par ce genre de littérature que par des séances de cuisson de gruau sur un réchau en Iakoutie ou de saut en parachute au dessus du Mont-Blanc… « T’occupe… »

La lecture du moment (un Zadie Smith en l’occurrence) fut abandonnée séance tenante.

Tesson est cet aventurier qu’on ne présente plus (du moins sur ce forum). Né avec une mappemonde en guise de cerveau, le quadra qui a la baroude dans le sang a traversé à cloche-pied, à dos de chameau, à la nage, en side-car etc. les déserts les plus arides, les taïgas les plus hostiles, des forêts infestées de sales bestioles, franchi des cols inaccessibles, des sommets vierges etc. jusqu’au jour où il a dévissé du sommet… d’un balcon, je crois.

« J’avais rêvé cette balade de France dans un lit, je m’étais levé pour l’accomplir, elle s’achevait. C’était un voyage né d’une chute. »

Nous voilà donc embarqués avec Tesson, des boulons en guise d’articulations, crapahutant non pas dans le Hoggar ni au fin fond du Sahara, mais entre la Provence et le Cotentin en passant par les Cévennes, le Massif central et la Champagne, souvent solitaire, parfois rejoint par des potes.

Ses aphorismes m’insupportent, tout comme son agitation effrénée à courir la planète, ne faisant là que déplacer son corps dans un espace. En revanche, l’introspection née d’une quasi sédentarité sur les rives du lac Baïkal m’avait enchantée. La force de caractère du gaillard force en tout cas l’admiration. A part ça, je trouve irritant que, peu importe l’aventure dans laquelle il nous embarque, il finisse toujours par se rengorger de ses contemplations sur la nature, en refaisant régulièrement les niveaux de vodka (sauf que, pour le coup, ordre de la Faculté oblige, il carbure au viandox), ressasser avec une légère condescendance les mêmes vérités faciles contre la modernité (notamment les nouvelles technologies : « Il ne fallait pas se leurrer, elles n’étaient pas de simples innovations destinées à simplifier la vie. Elles en étaient le substitut »), contre l’urbanisme (« le rêve pavillonnaire moucheta le territoire ») et bien d’autres cancers qui rongent la planète. On en revient toujours au même constat : Tesson ne dit pas grand chose, mais il le fait avec tant de magnificence et de fulgurances qu’on emprunterait bien son disque dur qui, lui, ne semble pas avoir été endommagé par la chute ! (« les buis luisaient, cirés de lumière »). A noter cependant au rayon nouveauté : l’auteur a choisi cette fois le passé (pas si) simple qui ne fait que renforcer l’effet ampoulé, voire sentencieux du texte.

La question qu’on se pose inévitablement en lisant le bouquin, c’est pourquoi et vers quoi marcher ? Pourquoi s’infliger six à neuf heures d’efforts physiques par jour ? Pourquoi aller de tel point géographique à l’autre ? Par masochisme, par plaisir, par besoin, pour dérouiller la carlingue, pour quitter, pour fuir, pour aller loin, ailleurs, d’un point d’interrogation à l’autre (de soi), pour rechercher l’authenticité, pour exorciser les craintes, les colères, les peines, pour s’extraire d’une identité encombrante, s’en inventer une nouvelle, pour relativiser, pour pousser les prises de conscience jusqu’à l’exacerbation, pour bifurquer, pour faire demi-tour, pour s’approprier la nature, saluer un ciel embrasé, lécher les gouttes d’une pluie d’orage, bâfrer des mûres sauvages, pour se faire courser par un chien…

La réponse de Tesson est livrée dès la page 18, ce qui évitera aux flemmards de s’enfiler tout le livre : « Mais la véritable raison de cette fuite à travers champs, je la tenais serrée sous la forme d’un papier froissé, au fond de mon sac ». Et toc, suspense. Les curieux devront quand même aller jusqu’au bout. Je l’ai fait, moi, alors hein… et suis prête à récidiver à la prochaine occasion !

PS. S’il existe-t-il une Association des Lecteurs Anonymes de Sylvain Tesson, je veux bien les coordonnées …

PS2. Merde, à quand un vrai grand roman de Tesson ?!
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Espace Affaires et Espace Première sur Air France
De nombreux forums sur VF traitent des salons, des sièges, des repas ou de l'accueil à bord sur Air France, mais aucun ne regroupe les quatre sur un même forum. Je propose cette page -sur le modèle de Skytrax- pour traiter des expériences, heureuses ou malheureuses en cabine l'Espace Affaires ou l'Espace Première sur Air France. En voilà quelques unes pour commencer.

Merci à tous pour vos contributions ! 🙂
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Cadeau de remerciement pour une famille marocaine
Lors de mon prochain séjour au Maroc je vais être invitée à manger dans une famille. Quelles sont les coutumes à suivre? notamment sur quoi ammener (comme en France des fleurs à la maitresse de maison?) à la femme, le mari et le jeune de 20 ans? Merci de me renseigner...Je ne voudrais surtout pas arriver les mains vides, mais aucune idée sur quoi offrir? et est ce possible...? J'attends vos réponse. Merci d'avance
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Bora Bora en long, en large et en travers
I a Orana !

La Polynésie fait partie de ces destinations mythiques que nous rêvions de découvrir. En juillet 2006, le rêve est devenu réalité…

Nous partons en famille pour un mois à Bora Bora.

La version du récit accompagnée de photos est ici :

https://sites.google.com/...leuxvoyagesborabora/

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C’est en novembre de l’année précédente au cours d’une de mes pérégrinations sur internet que je tombe sur un site proposant la location d’une villa à Bora Bora. Nous tombons immédiatement sous le charme. Allez ! C’est décidé. Manureva House sera la maison de nos vacances pour l’été 2006.

Le voyage commence le 9 juillet 2006 par un vol Air Tahiti Nui Paris- Papeete via Los Angeles. Vingt deux heurs plus tard, nous arrivons à Papeete après un voyage certes long, mais comme nous nous étions préparés à l’idée qu’il serait long, il nous a paru tout à fait supportable ! En plus 12h de décalage horaire à absorber !Une bonne nuit à l’hôtel Sofitel Maeva Beach près de l’aéroport et le lendemain matin, départ pour Bora Bora sous un ciel chargé. Des touristes français rencontrés dans le taxi nous disent avoir eu 10 jours de pluie !!! Pendant qu’ Hervé paie le taxi, je m’avance dans l’aérogare et là, je n’en crois pas mes yeux…je crois apercevoir un de nos amis, Dominique. Un sosie peut-être !!!Mais non, en inspectant un peu mieux les abords, nous tombons sur Ghislaine et Dominique, venus fêter en Polynésie leurs noces de perle. Ils nous rejoindront à Bora Bora quelques jours plus tard pour trois journées communes. A croire que le monde est petit !!!

Nous les quittons et embarquons bientôt pour notre vol. Bien sûr, nous nous asseyons du bon côté pour voir Bora du ciel. Mais, après le décollage, le temps devient de plus en plus menaçant et nous atterrissons dans la grisaille. Dommage pour la vue ! A peine débarqués, nous la voyons notre maison : elle est là, tout juste en face de l’aéroport (l’aéroport de Bora Bora se trouve sur un motu et un catamaran conduit gratuitement les voyageurs jusqu’au quai de Vaitape, le village principal le l’île).

La voiture de location que nous avions réservée chez Fredo nous attend sur le quai, clé sur le tableau de bord. Il n’y a qu’à démarrer et à nous… Bora Bora.

Le temps se dégrade de plus en plus et nous arrivons à destination sous la pluie. La météo mettra plusieurs jours à se rétablir durablement et, pendant notre séjour, nous aurons tout de même à essuyer l’un ou l’autre orage mémorable.

SITUATION. « Manureva House » se trouve à 9kms de Vaitape, par la route de ceinture, au nord de l’île, après le village de Faanui. Quatorze bungalows disséminés dans un beau jardin tropical composent cette résidence appelée Condominium. On raconte que l’un des quatre bungalows sur pilotis appartenait dans le temps à l’acteur américain Marlon Brando. Au pied de la résidence une petite plage privée et un ponton permettent l’accès au lagon. La maison est conforme à nos attentes, telle que nous l’avions imaginée à partir des photos, meublée et décorée avec beaucoup de goût. Elle fait 110m2 et comprend : 2 chambres dont une climatisée. 1 salle de bain, 1 cuisine aménagée. 1 grand salon dont les larges baies vitrées donnent sur la lagon. 1 patio. Coucher de soleil depuis notre salon.

Nous réceptionnons les lieux et déjà, il faut penser à se ravitailler !

RAVITAILLEMENT. L’épicerie la plus proche du Condominium est celle du village de Faanui. A Vaitape, il y a plusieurs enseignes. To’a Amok sera notre favori. Sinon, il y a deux autres magasins : Chin Lee et Nunue. Plus au sud de l’île, on trouve une petite supérette près de la pointe Matira, une autre, à l’est, à Anau. Très vite, nous nous heurtons à la réalité du coût de la vie en Polynésie. Quelques exemples : 1kg de tomates = 8 €, la salade au kg = 6 €, concombre au kg = 4 €, 1 litre de lait = 1 €, 1kg riz = 1 €, 1 café 2 € … Les produits de base d’entrée de gamme (lait, beurre, yaourts…) sont subventionnés et marqués d’une étiquette rouge. Ils sont alors à un prix plus raisonnable, mais sont de qualité très médiocre. La viande est à peu près au même prix qu’en France. Le poisson est la seule denrée à prix intéressant (10 euros le kg). Nous adoptons alors l’alimentation polynésienne et consommons essentiellement du riz, du poisson et des fruits. A l’entrée de Vaitape (en venant du nord), un pêcheur vend régulièrement une partie de ses prises. Nous nous y arrêtons souvent pour faire provision de poissons que nous mettons au congélateur : thon, bonite, espadon, mahi-mahi… Notre recette préférée : mahi- mahi à la sauce vanille. Un délice !!! En légumes, nous cuisinons également les patates douces et le potiron. Dans le centre du village, on trouve des marchandes locales qui vendent les fruits de leur jardin : papayes, ananas, pamplemousses, bananes… une roulotte installée en face du temple qui vend des poulets chauds. Comparativement, manger au restaurant ne revient pas beaucoup plus cher : déjeuner entre 10 et 20 €, dîner entre 25 et 75 €.

LES RESTAURANTS (que nous avons testés).

=> Le Matira Beach, situé au bord de la plage, les pieds dans l’eau, propose une gastronomie raffinée, mariant mets français et internationaux, agrémentés de spécialités polynésiennes. Excellent rapport qualité prix. On a aimé ++++

Vue depuis la terrasse du restaurant Matira.

=> Le Bloody Mary’s doit sa réputation aux célébrités du monde entier qui y ont mangé et dont le nom est gravé à l’entrée du restaurant. Sable au sol, tables en cocotier… mais beaucoup de monde. En fait, chacun choisit son poisson parmi plusieurs variétés du jour présentées sur un lit de glace. Original… mais pas transcendant. On a aimé +. Rapport qualité prix moyen.

=> Un restaurant local dans un petit baraquement provisoire installé dans le centre de Vaitape dans le cadre des fêtes du Heiva (on n’a pas retenu le nom).Vraie cuisine locale, simple mais savoureuse. Ambiance polynésienne. On a aimé ++.

=> Le restaurant de l’hôtel Bora Bora Eden Beach. Cuisine simple qui fait la part belle aux produits locaux. Excellents cocktails. On a aimé ++.

=> Le restaurant de l’hôtel Bora Bora Pearl Resort. Carte légère le midi, délicieux plats de poisson-perroquet. Cuisine raffinée le soir. On a aimé +++.

LES PLAGES ET LES SITES DE SNORKELING.

Notre activité principale est tournée vers la mer. Bora Bora compte très peu de plages : en fait, une seule au sud de l’île, la plage de la Pointe Matira où se concentrent également la plupart des hôtels et restaurants.

Nous avons la chance que notre résidence compte une petite plage privée. Une multitude de poissons batifolent sous les pilotis des bungalows. Mais le clou du spectacle vient régulièrement des raies (pastenagues et mantas juvéniles) qui évoluent avec grâce dans très peu d’eau. Il arrive qu’on puisse les apercevoir par transparence depuis notre terrasse. Mes poissons préférés à cet endroit sont de jolis poissons clowns cachés dans des anémones : je vais les voir à chacune de mes baignades.

Les autres spots de snorkeling se trouvent dans le sud de l’île, entre la Pointe Matira et l’hôtel Bora Bora dans la baie de Rofau. Mais comme nous sommes des inconditionnels du snorkeling, il nous arrive de nous mettre à l’eau sans qu’il n’y ait de plage, en marchant (avec des chaussons) sur une courte distance dans l’eau peu profonde : tout juste avant le Club Med (en venant de Vaitape) après l’hôtel Sofitel Marara près de la Pointe Puhia (au nord).

Enfin, le plus beau des sites (accessibles sans bateau) que nous avons testé se trouve sur le Motu Tevaoira qui abrite l’hôtel Bora Bora Pearl Resort, entre l’hôtel et la Pointe Paoeo. Nous y avons même vu un requin en plein lagon, tout près de la plage. C’est un des rares endroits du lagon de Bora où l’eau est aussi transparente.

LES POINTS DE VUE. Pour apprécier la beauté de Bora, il est intéressant de prendre un peu de hauteur. Quelques sentiers permettent des vues imprenables sur le lagon : ce sont ceux empruntés par les tour-opérateurs qui proposent le tour de l’île en 4x4. Nous les avons gravis à pied et Bora Bora s’est dévoilée.

=> Point de vue 1. Peu avant la Pointe Taihi (en venant de Vaitape), à droite de la route, un chemin abrupt mène à une ancienne station radar au sommet du Popotei, puis continue jusqu’à un point de vue offrant de beaux panoramas

Vue sur le lagon dans la baie de Vairupe.

Vue sur le quai de Farepiti où accostent les navires inter-îles.

Vue sur la baie et le village de Faanui.

=> Point de vue 2. Un chemin débutant en face du Club Med grimpe dans la forêt et débouche sur un belvédère. Vue sur l’hôtel Sofitel Marara (à nos pieds) et l’hôtel Sofitel Motu (en face).

=> Point de vue 3. Immédiatement avant le restaurant Bloody Mary’s (en venant de Vaitape), une bifurcation mène à un relais de télévision. Vue sur l’hôtel Bora Bora (on devine la richesse des fonds coralliens).

Vue sur la baie de Povai.

Vue sur le Motu Toopua (on voit les bungalows/pilotis du BB Nui Resort).

=> Point de vue 4. Un sentier longe la crête de la Pointe Fitiiu. Vue sur le Mont Mataihua.

Vue sur les motus à l’est de Bora Bora.

=> Point de vue 5. Au bout du village de Faanui, suivre les poteaux électriques jusqu’au sommet de la crête. Le sentier redescend ensuite l’autre versant vers la baie de Vairau, au sud de la Pointe Fitiiu. Vue vers le motu Ome et le dernier des hôtels de luxe (le St Régis) encore partiellement en chantier.

=> Point de vue 6. Non fait, car nous n’avions pas pris nos chaussures de marche. Ascension du Mont Pahia (5h A/R de marche éprouvante et difficile) pour une vue panoramique somptueuse.

BORA BORA VUE DES MOTUS.

Une autre bonne façon de profiter de la beauté de Bora Bora consiste à l’admirer depuis les motus. Et une bonne façon d’accéder aux motus, c’est de réserver un déjeuner dans le restaurant des hôtels qu’ils abritent. Nous empruntons alors la navette de l’hôtel et passons la journée sur place en profitant de la vue sur Bora, de la plage et des installations de l’hôtel.

Nous avons été sur le Motu Piti Aau en déjeunant au restaurant du BB Eden Beach. Vue sur le Mont Otemanu depuis le motu.

Nous avons été plusieurs fois sur le Motu Tevairoa en réservant une table au restaurant du BB Pearl Resort. La plage de l’hôtel.

Vue sur Bora.

LES îLES AUX ALENTOURS. Elles sont accessibles par le Maupiti Express, au départ du quai de Vaitape (A/R dans la journée).

=> Maupiti, l’île nature, la plus petite. Le tour de l’île, parcouru à vélo, fait 10kms (contre 32kms pour Bora). Maupiti : une île principale entourée d’un chapelets de motus.

C’est une île sans voitures : sauvage, discrète, intimiste. Nous sommes impressionnés par le calme… le silence au bout de la plage de Tereia.

=> Tahaa, l’île vanille. A Bora Bora, nous ne sommes pas attirés par l’excursion pourtant très prisée qui fait le « tour du lagon en pirogue »…Trente personnes sur la pirogue…Beaucoup trop de monde à notre goût. Alors en décidant de visiter Tahaa, nous optons pour cette formule et contactons Stéphane de Mata Tours… Résultat, nous avons la pirogue pour nous tout seuls. Au son de l’ukulélé, nous parcourons le lagon de Tahaa. Au programme de la journée : Déjeuner des raies…qui se laissent caresser !!!

« Sharkfeeding «

Snorkeling dans le Jardin de Corail près du Motu Tau Tau : un véritable aquarium !!!

Collation (copieuse !) à base de fruits et après-midi sur le motu.

=> Raiatea, l’île sacrée. Deuxième île de l’archipel de la Société par la taille, restée à l’écart du tourisme. Tour de l’île : 98kms. Seul Hervé fait le déplacement. Il fait une plongée sur une épave à la sortie d’Uturoa, la ville principale. Petit mérou avec ses crevettes gardiennes dans les membrures de l'épave recouvertes d'huitres perlières

Ensuite Hervé gravit le Mont Tapioi où il jouit de superbes panoramas sur le lagon.

NOS AUTRES ACTIVITES.

=> La pêche.

Pêche sous-marine pour Hervé, avec son fusil harpon. Une bonne façon d’améliorer l’ordinaire, mais seulement des petites prises. pêche à la ligne pour Hervé et Charlotte depuis le ponton de la résidence. Quelques poissons mordent à l’hameçon et finissent au court-bouillon. une sortie pêche en mer pour Hervé et Charlotte, avec le pêcheur chez qui on achète habituellement notre poisson. Une journée harassante (9h sous le soleil, secoués par les vagues) mais inoubliable : course-poursuite après un mahi-mahi, harponnage du poisson et récupération de la prise. Unique !!! Les prises de la journée.

=> La plongée sous-marine (par Hervé et Quentin)

La plongée à Bora est totalement différente à l’intérieur et l’extérieur du lagon. Il y a plusieurs clubs et tous proposent à peu de chose près les mêmes sites. Nous avons plongé avec le club TOPDIVE situé à la sortie nord de Vaiatapé. Ce club peut venir vous chercher à votre hôtel gratuitement surtout si vous prenez un forfait. A l’intérieur du lagon la visibilité ne dépasse pas 25 à 30 mètres et les sites sont à vrai dire assez pauvres : nous avons pu malgré tout voir des mantas et des raies aigles mais de moins en moins nombreuses à cause du nombre de plongeurs indisciplinés qui descendent à leur rencontre ce qui est « interdit ». A l’extérieur, ce qui frappe le plus est la visibilité exceptionnelle dépassant 50 mètres. Foisonnement de balistes bleus.

Nous avons assisté à un shark feeding avec des requins citron de mine assez patibulaire……. 3 mètres de long.

Les pointes noires nous accompagnent tout au long de la plongée, et un caméraman vous fait une vidéo que vous pouvez acheter … assez cher…

Il y a des bancs de carangues assez impressionnants par leur nombre et leur densité.

Les tortues ne sont pas rares et le fond est couvert de coraux qui semblent assez jeunes mais en bonne santé

Rencontre avec un Napoléon de belle taille

Chirurgien voilier bleu mâle en colère

Quelques acanthasters dévoreuses de corail.

Quelques frissons lors des plongées de nuit mais heureusement dans le lagon.

Perroquet endormi,

Jeune Ptéroïs radiata dans son trou

Nous en avons profité pour passer notre capacité Nitrox. La température de l’eau varie entre 26 et 30 ° Le forfait de 10 plongées revient à environ 600 €. On ne peut concevoir ces îles sans plonger, ce qui est possible même pour des débutants.

EPILOGUE.

Un mois à Bora Bora peut paraitre long, mais en nous posant durablement, nous avons pu vraiment découvrir cette île dans ses moindres recoins et examiner toutes ses facettes. Côté face : vue des motus, une « perle » telle que la voient la plupart des touristes venus passer 2-3 jours (souvent dans le cadre d’un voyage de noces) dans un de ses hôtels de luxe. Côté pile, une route du littoral dans un piteux état…essentiellement fréquentée par de gros 4x4 (utilité?)…des taudis à deux pas des grands hôtels…une décharge à ciel ouvert dans le nord-est de l’île….les décombres d’anciennes installations hôtelières qu’on laisse pourrir sur place…la construction toujours et encore de nouveaux complexes hôteliers qui risquent à terme de saturer l’île…une population fortement touchée par l’obésité sévère et la sédentarité… Bref, une île touristique qui, si elle ne modère pas son développement, risque de perdre son âme. Déjà, de plus en plus de touristes en quête d’authenticité lui préfèrent d’autres îles comme Maupiti, Tahaa, Raiatea ou Huahine.

Nous quittons Bora Bora le 14 août 2006 via une escale d’une journée à Papeete. Nous partons, séduits par ses couleurs et ses paysages, mais lucides quant à l’image réelle de cette île. Allez !! Un dernier coup d’œil par le hublot sur ces îles réputées dans le monde entier. - Nana Bora Bora

Krikri (texte) et Hervé (photos) le 27/05/2007
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A breath of fresh air!
Vrrrrrm, vrmmmm! (phone on vibrate)

"Hi Mamido, it's Clémence." Clémence, 5 years old, is a giggly, cheerful little girl and the queen of mischief.

"Mom says we're coming to your place until the holidays because we're on vacation tonight."

"Yes, I know. She asked me—do you know why?" "Because of the croronavirus." "And do you know what that is?"

"Oh yeah, at school Théo told me it's like a louse that doesn't itch, that doesn't get in your head but in your lungs, that it's all round with red bumps like raspberries, and that it makes old people die."

"Your friend knows a lot of things."

"His dad showed him a microscope picture, and you—are you old?" "What do you think?" "Well, yeah, but only a little because you always leave on your motorcycle to travel. Are you going traveling?"

"No, because you're coming with your brother and sister."

"Can we go to the little bridge to look for frog eggs? You remember, there were some last year, and we'll make them grow and put the baby frogs in the washhouse, and we'll also make boats to put in the stream so they can go to the sea." "That's a great idea." "And you'll make me the model in print letters so I can write which country my boat is going to." "Where do you want your boat to go?" "To the land of pandas—is it far?" "Oh yes, very far." "Then we have to make the boat strong so it doesn't sink." "Promise, we'll have so much fun." "Mom says in some countries they wear masks. Do you still have the chicken, rabbit, and pig masks in the attic? Can we wear them like that?"

"You know, here there are only trees, birds, and fields—we'll do whatever we want."

"Mom's calling me."

Click, she hangs up, and I laugh.
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Petit tour dans le Nord-Ouest Vietnam
Suite de notre périple au Vietnam en mars/avril 2015. Pour les détails du voyage et/ou la partie Sud, c’est ICI. Nous voulions un circuit qui fasse la part belle aux paysages de rizières, avec des petites randos faciles et des contacts avec l’habitant. Notre agence nous a proposé un circuit empruntant une partie de la « Route des Photographes ». Nous avons ainsi fait une boucle Hanoï/Tam Coc/Mai Chau/Son La/Mu Cang Chai/Sa Pa/marché de Coc Ly et retour vers Hanoï par la nouvelle route rapide. Je reviendrai sur Hanoi dans un prochain article. Notre circuit commence avec Hoa Lu, capitale du Vietnam entre 968 et 1010, à une douzaine de km de Ninh Binh. Là, on peut voir deux palais dédiés à deux des souverains qui régnèrent à cette époque. Cette région est surtout intéressante de par ses reliefs karstiques qui font partie de la même chaîne que ceux plus célèbres de la Baie d’Halong. Elle a reçu le surnom de « Baie d’Halong terrestre ». Nos accompagnateurs nous déposent à Tam Coc et nous mettent entre les mains d’une rameuse en sampan pour une promenade en rivière d’environ 2 heures. Malgré les nuages très bas, le paysage est vraiment féérique, nous croisons des locaux qui vaquent à leurs occupations : pêcheuses de crevettes, cueilleuses d’herbes… Notre rameuse nous propose de prendre part au travail et c’est avec plaisir que nous l’aidons à faire avancer l’embarcation. Pas forcément une bonne idée car jusque là, nous étions seuls et notre accélération nous fait rattraper les sampans qui nous précédaient au loin. Du coup, ça bouchonne dans la première grotte que nous traversons ! A la sortie, nous remettons le turbo pour passer en tête et garder le paysage pour nous seuls… Même s’il pleut maintenant, nous savourons notre bonheur de nous retrouver dans ces superbes paysages. Cette excursion restera l’un de mes meilleurs souvenirs du Vietnam. Seul bémol, notre guide nous avait bien indiqué qu'il faudrait donner un pourboire à la rameuse, ce que nous concevons volontiers mais celle-ci arrête de ramer bien avant d'arriver au ponton pour littéralement nous réclamer ce pourboire et insiste pour que nous lui donnions le double de ce qui a été conseillé. Nous restons fermes et elle repart en ronchonnant. Il est impressionnant de constater l'étendue de son vocabulaire en français pour ces tractations!!! Cette attitude est particulière à cette région et c'est bien regrettable.

Le soir, nous logeons chez l’habitant. L’agence sélectionne des maisons d’hôtes et les aide à agencer leur habitation pour recevoir des voyageurs avec un minimum de confort et de propreté. Le bâtiment dans lequel nous dormons a été construit dans le jardin, avec les mêmes caractéristiques que l’habitat traditionnel : un hall d’entrée pièce à vivre, avec l’autel pour honorer les anciens. De chaque côté, deux chambres délimitées par un rideau. Nous en occupons une, nos accompagnateurs (guide et chauffeur) sont dans la seconde. Nous participons à la préparation du diner : courses sur le marché du village où nous pouvons déguster de la canne à sucre, puis confection des nems et cuisson des frites. Après avoir été saisies à l’huile, selon notre recette bien connue, celles-ci sont ensuite revenues dans de la margarine… Le repas a lieu en famille, il est copieux et bien arrosé ! Petit-déjeuner vietnamien le lendemain matin avec le célèbre Phở, plat à base de bouillon (de bœuf ou de poulet), de nouilles de riz et de nombreux aromates. Notre hôtesse nous propose un œuf contenant un embryon de poulet mais nous n’osons pas goûter ! (ce que nous regretterons après coup).

Notre prochaine étape : Mai Chau. La route est généralement bonne, récemment goudronnée mais certaines portions ne sont pas terminées et sont remplies d’ornières. En chemin, nous nous arrêtons en haut d’un col où se tient un petit marché. Là encore, nous allons dormir chez l’habitant mais nous ne verrons guère nos hôtes, juste la grand-mère qui vient nous apporter le repas. L’après-midi est consacré à une randonnée de quelques kilomètres à travers les rizières et les villages de Thaï Blancs. Nous sommes un peu surpris et gênés de voir notre guide entrer et nous faire entrer dans les habitations mais les villageois semblent heureux de nous faire découvrir leur mode de vie.

Troisième jour, route vers Son La en traversant tout d’abord le pays des Hmongs Bleus. Si les Thaï ont pour la plupart abandonné leur tenue traditionnelle, ce n’est pas le cas de cette ethnie et nous pouvons admirer les jolies jupes bleues des femmes et fillettes. Même pour les travaux des champs ou de construction, elles sont dans cette tenue. Les rizières font peu à peu place aux champs cultivés et aux flancs de montagne arborés : bananiers, taro, manioc et même café. Le déjeuner a lieu dans un restaurant pour locaux où nous pouvons déguster des crickets grillés. Nous y rencontrons de nombreuses Thaï noires avec leur curieux chignon tout en hauteur. Nous nous amusons de les voir circuler à mobylette avec le casque posé sur le dessus !





A Son La, nous visitons le pénitencier – pas vraiment présenté à la gloire des français… Nous aurions préféré aller nous détendre dans les thermes du village voisin mais quand nous y allons, il est trop tard. Quatrième jour : route vers Mu Cang Chai. Ce village a été introduit récemment dans les circuits touristiques, depuis qu’il est plus facilement accessible en voiture. A l’heure actuelle, il n’est pas possible de profiter pleinement des superbes paysages car de nombreux barrages sont en construction et la route n’est pas entièrement terminée ou a été défoncée par les déplacements des camions. Nous faisons néanmoins de nombreux arrêts pour prendre des photos des rizières en terrasse et des villages.

Nouveau déjeuner local avec la population cette fois, nous pouvons déguster un alcool sorti d’une bouteille où macèrent des frelons !!! Et nous dégustons un nouveau Phở. Notre guide nous explique l’utilisation des herbes et sauces mises à disposition, c’est vraiment plus sympa quand nous mangeons avec lui et le chauffeur mais ce n’est pas très courant. Après notre installation chez l’habitant dans une maison récente donnant sur les rizières, nous pouvons aller découvrir de nouvelles ethnies. Dans un des villages, toute une famille – et probablement leurs voisins – est occupée à construire sa maison.





Le soir, nous dînons avec la famille. Leur espace de vie est à l’étage de la maison, il comprend une grande pièce rectangulaire qui sert de pièce à vivre et aussi à dormir. Chacun dispose de son espace délimité par des rideaux. De l’autre côté de l’escalier se trouvent la cuisine et les sanitaires. Le dîner a lieu assis par terre sur des coussins, autour d’une table contenant tous les mets. Ils sont nombreux et vraiment excellents. La soirée se termine avec un superbe gâteau d’anniversaire pour mon mari.



Cinquième jour : route vers Sa Pa à travers la montagne. Le paysage traversé rappelle les paysage français, il y a même quelques pins. Puis apparaissent les rizières. En cette fin de mois de mars, elles ne sont pas encore en eau. L’espèce cultivée ici demande une forte pluviométrie et nous sommes en fin de saison sèche. L’herbe a envahi les terrasses, le paysage est donc néanmoins très fort.



Quand nous arrivons à Sa Pa, nous changeons d’atmosphère, nous sommes dans une ville hautement touristique et les vendeurs de rue sont très présents et insistants… Nous faisons un petit tour dans la ville puis nos accompagnateurs nous emmènent dans un village de montagne. Ils nous laissent libres pour une balade à notre guise et nous sommes bientôt accompagnés par une jeune femme Zay. Elle parle quelques mots de français, assez pour une petite conversation et pour qu’elle joue les guides… en terminant bien sûr par un peu de commerce. Comme elle n’a vraiment pas été insistante, nous lui achetons une pochette d’un joli bleu, qui a d’ailleurs largement teinté ses doigts.





Notre circuit dans le Nord-Ouest se termine. Avant de rejoindre Hanoi par la nouvelle route rapide, nous faisons un détour par un marché hebdomadaire, au milieu de plusieurs territoires : Coc Ly. Là, différentes ethnies se rencontrent pour venir vendre ou acheter des produits locaux et des produits manufacturés. C’est un vrai bonheur de déambuler parmi les stands puis d’assister à la foire aux buffles. Certains sont vraiment magnifiques. En repassant par Lao Cai, à la frontière de la Chine, nous allons jusqu’au Pont de l’Amitié et ses deux grandes « portes », la vietnamienne ayant été offerte par la Chine et vice-versa. C’est impressionnant de voir la Chine juste de l’autre côté du fleuve, qui n’est pas bien large. Les Vietnamiens peuvent acheter un visa pour traverser et aller s’approvisionner en Chine, avec un quota de marchandises détaxées. On en voit passer avec des motos très chargées.



Le retour est un peu monotone, la route rapide ne l’est pas tant que cela puisqu’elle est la plupart du temps limitée à 80 km/h. Il est intéressant toutefois d’observer le changement progressif du paysage : les montagnes deviennent collines, on recommence à voir des rizières dans la moindre petite vallée puis bientôt, c’est la plaine, ses cultures et son élevage. On voit de plus en plus de vaches, les vietnamiens ont découvert les yaourts et s’en régalent. C’est avec regret que nous prenons congé de notre guide et de notre chauffeur. Ces six jours nous ont permis de tisser des liens de complicité. Nous retrouverons notre chauffeur dans trois jours, il nous conduira à la Baie d’Halong. Quant à notre guide, nous le rencontrerons plusieurs fois à notre hôtel les jours suivants. Il faisait le détour pour venir bavarder chaque fois que ses prestations l’amenaient dans le quartier. Avec l'expérience, qu'aurais-je changé? Nous avons été satisfaits du parcours, les villes et villages où nous nous sommes arrêtés nous ont bien plu. Si c'était à refaire, je rajouterais une journée à Sa Pa pour faire une des randonnées et je demanderais à loger le soir à Lao Cai pour être très tôt sur l'un des marchés hebdomadaires de la région.
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Tour du monde Costa 2020
Bonjour, j'aimerais faire le tour du monde avec Costa en janvier 2020 mais comme j'envisage ce projet seule , je souhaiterais rencontrer des gens qui ont également l'intention de faire ce voyage ; créer des liens avant de partir me rassurerait et m'encouragerait à m'inscrire car j'ai peur de m'ennuyer notamment les jours en mer. J'ai déjà fait des croisières mais à deux. Si vous partez seul ou seule, contactez-moi. Liserons33
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Eté 2014 - Ouest USA et Yellowstone: 15 vidéos et 230 photos d'un road trip
Après avoir évoqué le Kenya, la Scandinavie, l’Islande et le Canada, la destination des USA avait été décidée en septembre 2013.

Les réservations du CC, des billets d’avions et des nuits d’hôtels ont été effectuées à la même période. Ensuite, les nuits en camping et l’hélicoptère ont été réservés vers février. Aucune difficulté rencontrée pour la planification de ce voyage, la grande majorité ayant été faite par internet.

4 adultes participaient à ce road-trip : M mon père (72 ans), A ma mère (70ans), C mon épouse (40 ans) et moi-JF(40 ans). Ayant déjà effectué un voyage en 2005 dans l’ouest des USA (voyage organisé avec itinéraire classique), mes parents nous ont laissé gérer l’organisation du voyage. Ils avaient tout de même suggéré l’hélico pour GC, confirmé la beauté de MV et mon père nous avait précisé qu’il souhaitait cette fois-ci pouvoir rester plus de 30min à BC ! Il sera comblé : nous allions y passer 2 nuits.

Je dois avouer que la préparation de ce trip a pris du temps : des heures et des heures à glaner des infos à la lecture de vos carnets de route sur le web. Ce fut un réel plaisir. 🙂

Quelqu’un a écrit qu’un voyage se vivait en 3 étapes : avant lors de la préparation, pendant en profitant du moment, et après dans l’écriture d’un carnet de route et le traitement des photos. C’est donc autant pour mon épouse et moi que pour faire un juste retour face aux autres dizaines de carnets de voyage lus, que nous nous lançons dans l’écriture de ce road book. Vous y trouverez des informations, des pistes de recherche (je me rappelle d’un carnet de route qui m’a fait effectuer beaucoup de recherches sur le web car il y avait marqué sans plus de détail « W&R canyon chez les hopis »), des sentiments, etc. Il représente ce que nous avons vécu et ressenti.

Bref, tout ne vous intéressera pas, mais n’hésitez pas à poser des questions si vous souhaitez plus de détails sur un point particulier. Soyez indulgents avecl’écriture et les photos. Je compte mettre en ligne tous les jours une journée de trip avec les photos. Une fois ce carnet de route terminé, nous attaquerons une nouvelle préparation de voyage pour 2015, cette fois-ci avec nos enfants. Pourquoi pasl’Ecosse ?...... 😛

Quelques données préalables en vrac Le trip aduré 14 jours et comprenait en gros 250km par jour (en dehors du retour et de la montée de BC vers Yellowstone) : Paris -> LV (via LA) -> GC ->Lee’s Ferry -> MV -> Page -> BC -> Yellowstone -> SLC ->Paris. Nous avons réellement fait 3700km (estimation préalable de 3000km).

Les avions : Paris CDG à LAX : vol Air-France, en A380 vieillissant (écran vidéotactile sur lequel il fallait donner des coups de poings, télécommande qui ne tenait plus en place, siège qui ne s'inclinait presque plus, etc.), avec champagne français, soleil permanent, le fameux chicken or pasta (pasta aux champignons), un atterrissage impeccable. LAX à LV : vol Delta, en CJM900, à peine une heure de vol. En comparaison de l’A380, on sent que le pilote pilote… Ça bouge, ça penche, ça tremble, ça prend les trous d’airs et ça rebondit à l’atterrissage… SLC à Paris CDG : vol Delta, en A330 impeccable, magnifique coucher de soleil, chicken or pasta Les hôtels : Ibis à CDG : parfaitement situé dans l’aéroport, desservi par le shuttle, calme. Circus-circus à LV : réservé par précipitation, excentré des autres casinos. Days Inn à SLC : facile d’accès avec un RV de 30ft, RAS. Le camping-car de 30ft (loué chez Cruise America via camping-car online): récupéré à LV et rendu à SLC, très facile à conduire, la boite automatique est agréable, juste à surveiller l’arrière quand on tourne. Le système de vidange est très pratique. Le rayon de braquage ne permet pas de faire demi-tour rapidement. Le climat : une chance extraordinaire ! Quelques gouttes à Norris basin et 30 min de petite pluie le dernier jour sur l’autoroute arrivant à SLC.Ensoleillé le reste du temps.
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Tour du monde austral 2013-2014 sur le neoRomantica: le retour
Bonjour à tous !

Voici le compte rendu détaillé de notre deuxième tour du monde.

Très différent du 1er, il ne peut être comparé. Nous avons éprouvé le même bonheur à la découverte d’horizons nouveaux, et à la rencontre des autres. Ces échanges furent enrichissants. Nous avons apprécié notre bateau car plus petit, malgré son côté vieillot, mais c’est le seul qui permet de remonter l’Amazone, l’un des moments fort de ce TDM.

Je vous propose de commencer ce fil avec le récit complet de ces 122 jours, il n’en manquera pas un !

À la fin de ce récit qui sera édité par chapitres, en fonction de mes disponibilités, je me ferai un plaisir de répondre au mieux à vos interrogations. Je me tiens à votre disposition pour faciliter, autant que faire se peut, la préparation des futurs tourdumondistes à leur nouvelle aventure.

Bon voyage !

Christian
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