Discussions similar to: Récit vélo Suisse
FR
Périple à vélo en Suisse en juillet
Salut à toutes et à tous...

J'ai très envie d'effectuer un périple à vélo en Suisse cet été en juillet et je profite de ce site pour demander si quelqu'un serait intéressé par ce type de voyage. J'utilise un vélo de voyage classique avec saccoches et je pense m'orienter vers les campings pour dormir ( mais je suis ouvert à d'autres propositions..).

J'ai déjà pas mal préparé mon itinéraire, le voici en quelques lignes :

Départ de Martigny je pense pour remonter la vallée du Rhône jusqu'au belvédère de son glacier (col de la Furka). Au passage, je profiterai pour faire quelques incursions dans des vallées perpendiculaires à celle du Rhône (val d'Hérens, val d'Anniviers, Zermatt...). Ensuite je prendrai la direction de Meiringen vers le nord en grimpant le col du Grimsel puis je bifurquerai vers les splendides vallées du Rosenlui et de Grindelwald. Apres un passage au pied de l'Eiger et la traversée du site d'Interlaken, je contournerai le lac de Thoun par le nord pour me diriger vers Gstaad et rejoindre la ville de Martigny.

Aux dires de tous sur ce site, cet itinéraire est super beau, certes pas plat mais la Suisse n'est-il pas le pays des montagnes...?

Je crois que l'itinéraire est bien fourni en pistes... Je partirai je pense début juillet (entre le 3 et le 5 mais c'est modifiable...).

Voilà pour le périple; si quelqu'un peut m'apporter des infos sur celui-ci......qu'il n'hésite pas : je suis preneur!!

Ceux et celles qui aimeraient parcourir un bout du chemin ou le chemin en entier sont invités à me faire un petit signe ou même un grand...lol

Au plaisir de vous lire. Bye. Fred
Open
Périple Genève - Montagano (Italie) à vélo
Comme 1er voyage en vélo (avec un adolescent) et très peu d'entraînement, je souhaiterais faire: Genève - Montagano (près de Campobasso), en Italie.

Auriez-vous des conseils quant à: - Calculer (combien de km par jour) et organiser l'itinéraire (je pensais faire Chamonix, Aoste et rejoindre l'Adriatique pour la longer jusqu'à Termoli) - Logement: y a-t-il suffisament de gîtes tout le long du trajet ? ou faut-il absolument une tente ? - Quel matériel emmener en cas de crevaison ?

Un grand MERCI! d'avance pour votre aide.
Open
Choix d'itinéraires pour un tour de Suisse à vélo?
Bonjour à tous(tes) !

En août 2009 je pars pour trois semaines en Suisse avec un de mes fils de 13 ans.

Je vais prendre le train du Havre pour Bâle.

Je pense prendre la route n°2 vers l’Est en longeant le Rhin jusqu’à Andermatt; je veux à tout prix voir le glacier du Rhône 😎

Pour la suite je suis assez indécis, et c’est là où j’aurai besoin de l’avis de ceux et celles qui ont voyagé dans ce beau pays :

Quel serait le plus bel itinéraire pour revenir vers Bâle ? Continuer vers l’Ouest par la n°1 et rattraper la n°7 (difficile physiquement), ou alors la n°5 (qui d’après un de vos anciens messages n’a qu’un intérêt relatif ) ?

Sinon après avoir fouillé dans les anciens posts j’ai lu que certains ont eu un mois d’août assez pluvieux.

Merci pour votre aide
Open
Cycling route from France through Switzerland, Germany via Claudia Augusta and Italy via the Padana
France, Switzerland, Germany, Austria via Claudia Augusta and Italy via the Padana (AIDA) Alta Italia... http://cbandiera.free.fr/recits/2025-via-augusta/ 2024 already done, 2025 in sight

About 2,460 km with the Alps to cross, of course.

Faverges, Annecy, Geneva, Yverdon, Bienne, Bodensee, Danube sources, Ulm, Donauwörth, Augsburg, via Claudia Augusta, Innsbruck, Bolzano, Trento, Nervesa, Treviso, Mestre, Venice; Via AIDA (Alta Italia da attraversare / Padana) Padova, Vicenza, Verona, Brescia, Milan, Novara, Vercelli, Chivasso, Turin, Susa, Mont Cenis Pass, Maurienne, Albertville, Faverges. A fantasy of Glaude’s for n+1 years For 2025? The story is already formatted

To be seen

Open
La Suisse à vélo, de Genève aux chutes du Rhin en passant par les principaux lacs et villes
Je vous propose de voyager à vélo sur les routes entre Genève et les chutes du Rhin ! Ce voyage comporte 14 étapes. Notre idée était de passer par les principaux lacs et villes du pays. Nous y sommes allé au mois de mai 2012. Nous dormions en camping (certains campings étaient surpris de croiser à cette période des cyclistes... tranquillité garantie :-) )

Distance 831,11 kms Durée 83 h 39 m D+ 4 210 m D- 4 710 m

Le blog L'idée du voyage La compilation des 14 étapes

Nous vous conseillons vivement la Suisse comme destination cyclotouristique !

à bientôt sur les routes !
Open
Tour du lac Léman à vélo en famille et hébergements
Bonjour

j'ai un projet voyage en vélo et en famille pour cet été

Les 3/4 du tour du lac Léman sur plusieurs jours j'ai pensé Thonon- Genève-Lausanne et retour Thonon en bateau

Il semblerait que le plus sympa et mieux équipé en pistes cyclables soit Genève-thonon-Montreux - Lausanne retour Genève en bateau.

Qu'en pensez vous? On veut pédaler, se poser , visiter et se baigner!! Que conseillez vous pour les hébergements ?, y'a t'il des hébergements accueil vélo?

merci beaucoup et à bientôt 🙂
Open
Itinéraire pour rejoindre l'Eurovélo 6 (à Bâle) depuis Montpellier à vélo?
Bonjour,

Je souhaiterais partir de Montpellier en août 2013 pour rejoindre Bâle et filer ensuite vers Vienne, voire Budapest.

Auriez-vous une idée de l'itinéraire à emprunter s'il vous plait?

Au départ, je pensais prendre l'Eurovélo 8 pour rejoindre l'Eurovélo 5, puis remonter vers Bâle, mais l'Eurovélo 8 est apparemment loin d'être praticable sur toute sa longueur.

Alors je me suis dit qu'il serait sympa de suivre la Via Rhôna...Mais à partir de quelle ville, etc? Je ne sais pas. Et entre Montpellier et la Via Rhôna, il semblerait qu'il n'y ait aucune voie verte pour être tranquille à vélo!

Si vous pouviez m'aider, ce serait fantastique! J'aimerais passer par Chambéry, Annecy et Genève.

Merci d'avance

Patrick
Open
Comment voyez-vous la Suisse?
Bonjour à tous :-) Je suis doctorante à l'université de Genève en Suisse et je réalise une thèse en sciences de la communication. L'objet de mon étude est de voir quelle image ont les touristes de la Suisse.

Je recherche des personnes provenant de France, d'Italie et d'Allemagne et de Suisse, qui passeront leurs vacances cet été en Suisse. L'idée est de réaliser des entretiens collectifs dans chaque pays (suisse, allemagne, france et italie).

Si ça vous intéresse de donner votre avis ou si vous voulez tout simplement contribuer à la recherche ou pour toute autre raison...pensez à moi !

Dans tous les cas merci d'avance :-)!
Open
Circuit à vélo de Hambourg à Chamonix via la Suisse
Bonjour , J'ai lu quelques forums à propos de circuits à vélos (Strasbourg - Chamonix ...) et , je souhaiterai faire cet été , un circuit à vélo du Nord de l'Allemagne (Hambourg) jusqu'en Haute Savoie (Chamonix) via la Suisse . Quel(s) itinéraire(s) me conseillez vous ? Merci d'avance.
Open
Oser le voyage à vélo en novembre en France
Bonjour, généralement nous avons tendance, nous les ravagés du voyage à vélo, à ranger nos petites reines (même si elles sont lourdes de grosses sacoches) dès que l'automne pointe le bout de son nez, à moins que nous ne décidions de partir vers des contrées plus chaudes. Cependant, il reste de belles occasions de se faire des gros plaisirs avant que l'hiver ne s'installe sur nos reliefs français ou juste à côté chez nos amis Hélevètes. Cette année j'ai eu, une fois de plus, la chance de "voler" une semaine (même un peu plus) de temps superbe au mois de novembre, et de faire un magnifique voyage entre Vosges, Jura, Suisse et Chamonix. Ce fut d'autant plus merveilleux que je suis parti au moment où la végétation brillait de ses plus belles parures d'automne, tout spécialement autour du lac Léman en Suisse et dans les Alpes vers Chamonix, cependant sans oublier les charmes du Jura et des Vosges.. Je vous livre un "petit" texte sur cette balade à vélo, et si vous le trouvez rébarbatif ou trop long ou les deux à la fois, cela ne doit pas vous empêcher de jeter un coup d’œil aux photos. En particulier on y voit la magnifique face ouest des Drus, connue mondialement, entre autre pour sa voie d'escalade mythique "la Directe Américaine", dont l'ascension est relatée sur le post du deuxième lien.

Ce récit de voyage à vélo a pour but tout simplement de rappeler que le simple mortel à deux roues peut trouver de belles sensations encore tard en saison dans des coins réputés froids. Peut-être que le réchauffement terrestre y est pour quelque chose? Donc n'hésitez pas, il faut continuer à pratiquer le voyage à vélo jusque tard en saison.

mesbaladesetescalades.hautetfort.com/...hamonix...

voyageforum.com/...ost=1333808;#1333808

Luc
Open
Viarhôna - Lyon à vélo
bonjour,

je voudrais partir du début de la viarhona (lac leman il me semble..) jusqu à lyon. j aimerais savoir dans quelle gare sncf je dois descendre au plus près pour commencer..

Je suis aussi intéressé par tout types de conseils ou de soucis que vous avez pu rencontrer sur ce parcours.

merci
Open
De Genève à L'Ampolla (Espagne) à vélo
Hello, je souhaite partir de Sion et rallier Genève en Suisse à Ampolla en Espagne. Je pense le faire en une bonne dizaine de jours. Est-ce que quelqu'un a déjà effectué ce parcours ou en partie? Mon principal souci est la traversée de la France. Quelles routes prendre de Genève jusqu'à la frontière Espagnole ? Quelle est la meilleure période ? Merci pour vos infos.
Open
Bâle - Budapest via l'EuroVelo 6
Bonjour, Nous souhaitons effectuer le trajet Bale Budapest via l'eurovélo 6 et nous souhaiterions savoir si vous l'aviez fait, quelles sont les distances à parcourir et s'il y a beaucoup de dénivelé. Nous avons 4 semaines ... Merci d'avance, Manon
Open
Voyage à vélo du nord de la France à Genève par la frontière en juin 2012
Bonjour Aprés une aventure de 2500 kms en juin 2010 pour faire le tour de la bretagne départ de Berck , au quel j'ai pris gout à l'aventure

Je souhaite du Nord de la france rejoindre Genève par toutes les frontières puis revenir en restant à moins de 100 kms des mêmes frontières ce projet se réalisera certainement en juin 2012

j'ai fait un peu les calculs et je projete de descendre jusque DIVONNE LES BAINS soit prés de 1400 kms et 12 jours ou peu etre descendre jusque Annecy pour une journée de plus puis remonter dans le Nord en restant à moins de 100 kilomètres des frontières soit prés de 1000 kms en 10 jours soit en moyenne environ 110 à 120 kms par jour

àprés etre parti seul en Bretagne , des difficultés pour les magasins , pour éviter d'etre seul tout le temps et pour réduire les frais de camping , je souhaite trouver un compagnon ou plusieurs désirant se joindre à moi qui aurait déjà tenté cette aventure ?

l'année dernière , je suis parti avec une remorque ( voir photo ) , mais ce fut lourd et grosse prise au vent . alors l'année prochaine ce sera avec des sacoches sur le vélo

en attendant vos réponses Bon séjour à tous sur les routes Laurent
Open
8 jours à vélo pour une magnifique balade à Chamonix
La France est le pays au monde le plus apprécié pour le voyage à vélo, ce qui ressort d'un sondage récent, d'ailleurs je crois qu'une piste cyclable française a obtenu un premier prix. Donc je ne me prive pas pour faire un petit coup de pub pour ce merveilleux terrain de jeu à deux roues, même si je déborde un tout petit peu à deux reprises sur la Suisse.

Je vais vous relater en trois étapes neuf jours de rêve en fin d'automne: 1) Les Vosges Chamonix 2) La balade dans ces montagnes magnifiques 3) Le retour dans les Vosges

L'ALLER

Mon camarade Robert me propose une randonnée pédestre à Chamonix pour le samedi 7 novembre. Nous devons nous retrouver la veille au Chamoniard Volant, gîte refuge bien connu des alpinistes et des randonneurs à l'entrée de la ville.

Habitant dans les Vosges, je me pose la question de savoir comment je vais rejoindre notre lieu de rendez-vous. Plusieurs options sont envisageables: prendre le train jusqu'à Paris rejoindre Robert à Fontainebleau et descendre ensemble, ou prendre ma voiture et me rendre directement au pied du mont Blanc. Puis une dernière idée me vient, pourquoi ne pas m'y rendre à vélo en traversant le Jura par la Suisse? Novembre à vélo, selon les aléas du temps, surtout à travers le Jura et les zones montagneuses des Alpes, les surprises y sont possibles, qui se concrétisent par de belles souffrances. En effet, un coup de mauvais temps avec pluie ou neige et le voyage à vélo se transforme en vraie galère, il peut même être interrompu. Les jours précédents mon départ je surveille avec assiduité les bulletins météorologiques.

J'en profite pour faire quelques sorties entre 500 et 1200 mètres d'altitude pour tester mes différents habits, en particulier les pantalons que je compte enfiler par-dessus mon cuissard en cas de froid. En effet, je me souviens d'un trajet Lyon-les Vosges fin octobre 2014. Je comptais passer par les parties hautes du Jura, mais le froid et l'humidité m'avaient repoussé vers des routes plus basses. Le matin, aux premières heures de la journée je roulais avec les extrémités bien froides et cela piquait. Alors, ne vais-je pas avoir encore plus froid en passant par des coins réputés les plus glacials de notre pays, comme la ville de Mouthe.

Arrive la date du départ, mardi 3 novembre. Le temps devrait rester couvert seulement ce jour, puis le grand beau pour une semaine est annoncé, idéal pour m'assurer un aller-retour de plus de 800 kilomètres en tout confort. Donc sans hésiter à 8 heures je me mets en route. J'ai essayé de limiter mes bagages, mais à cette période pour être autonome et pouvoir bivouaquer sans trop de souffrance, il est nécessaire de prendre un minimum de matériel. Mon barda pèse de l'ordre d'une douzaine de kilogrammes, qui tiennent dans deux sacoches arrière et une de guidon.

J'espère rejoindre Chamonix en 4 étapes, le trajet aller totalisant un peu moins de 400 kilomètres, le retour un peu plus. Mon plan consiste, après avoir quitté les Vosges, à traverser le Jura par de petites routes au hasard de ma carte et descendre en Suisse et me diriger vers Vevey sur le lac Léman. Ensuite, longer ce dernier par sa rive nord en direction de l'ouest, puis remonter la vallée du Rhône en Valais jusqu'à Martigny, où je compte m'arrêter pour la nuit chez ma camarade de l'Atacama, Flora. Une dernière étape me conduira à Chamonix par les cols de la Forclaz et des Montets.

En ce matin il fait froid, mais pas de brouillard. Dans les prés la gelée blanche apporte sa légère touche hivernale avant l'heure. Sur un rythme alerte je m'engage dans l'escalade de deux cols des Vosges au dénivelé faible, le Ménil et les Croix. Très vite la chaleur de l'effort m'envahit de sa douce irradiation et dans la foulée les épaisseurs d'habits sont enlevées. J'ai très vite la sensation de pédaler comme en été. Pourtant la température est légèrement négative et le ciel bien gris. Comme toujours, avec les premiers kilomètres d'une nouvelle aventure les doutes s'envolent et l'esprit du voyage me submerge. Il n'est pas besoin de partir de l'autre côté de la planète pour se sentir vivre. Rapidement je quitte le département des Vosges pour la Haute-Saône. Par des routes confidentielles à la circulation quasiment inexistante je traverse de nombreux villages, qui dans cette triste journée, à la lumière crépusculaire, sont déserts.

J'avance rapidement. Aux environs de midi je traverse le Doubs à Isle-sur-le-Doubs. Un salon de thé, je m'arrête et déguste un énorme chocolat au lait accompagné d'un gros gâteau plein de crème. Cette belle collation, qui me tient bien au ventre, va constituer mon repas de midi. A la sortie de la ville, sur quelques kilomètres il me faut emprunter la D 683, large route à quatre voies. Heureusement le trafic y est faible. Puis une route, presque oubliée des cartes, me permet de m'échapper en direction des montagnes du Lomont, que je franchis par le col de Ferrière.

Quelques gouttes commencent à tomber, juste de quoi m'inquiéter. Mais cela ne va pas s'aggraver. Une jolie descente me conduit au village de Sancey-l'Eglise. Le temps passe vite et en cette période de l'année. Sous cette couche nuageuse épaisse la pénombre s'intensifie dès 14 heures. Je commence à me poser la question du point de chute pour la nuit. En effet, il est vivement conseillé de ne plus rouler après 17 heures, car la circulation dans le noir est dangereuse pour les cyclistes. Une côte bien raide de quelques 6 kilomètres me ralentit. Vers les 16 heures j'arrive à la petite ville de Pierrefontaine-les-Varans. Deux gendarmes, je leur demande s'il y a un gîte communal. Ils me répondent par la négative, mais m'indiquent un camping et un hôtel. Mon choix me conduit vers cette deuxième option, d'autant plus qu'il se situe juste devant moi à 300 mètres. Joli établissement au charme désuet, où l'accueil est très sympathique et les prix doux. Cette première journée s'est bien passée avec 117 kilomètres au compteur et 1526 mètres de dénivelé. La route n'a pas été aussi plate que je le pensais. En effet, une succession de côtes, jamais trop marquées, mais une fois cumulées donnent un dénivelé équivalent à celui d'un grand col des Alpes.

Repas du soir agréable, nuit douillette, les prévisions météo sont moins optimistes que prévu quelques jours auparavant. Pour cette deuxième étape, c'est sous un ciel bas et menaçant que je me mets en selle. Par des routes de traverse étroites, tortueuses et désertes, agrémentées de fortes côtes par de belles forêts à l'aspect mystérieux et austère sous une lumière blafarde, je rejoins la ville de Morteau. L'humidité très forte déclenche des bancs de brouillard ténu qui s'accrochent au relief. La pluie n'est pas très loin. Je traverse la ville assez animée. Je me dirige vers la bourgade de Montlebon, porte d'entrée vers la Suisse. J'y fais une halte afin de me ravitailler, pour éviter de faire des achats chez nos amis helvètes, car les prix y sont prohibitifs.

Le temps de mon arrêt la pluie se met à tomber, elle est assez forte, et semble s'installer. Et dire qu'il n'y a pas même un café dans cette agglomération, pourtant pas si petite. Depuis ce matin, en une bonne cinquantaine de kilomètres, je n'ai pas vu dans les villages traversés le moindre commerce. La désertification des zones rurales est bien réelle. Je m'abandonne à ces pensées tout en regardant tomber la pluie, abrité devant la boulangerie qui m'a vendu deux jolis pains dont l'un de seigle.

Je suis toujours partisan du mouvement et de ne pas trop perdre de temps. Donc, sans attendre que la pluie cesse j'attaque la côte assez raide qui mène à un petit col, qui n' a pas de nom. Je ne peux pas faire la photo rituelle de mon vélo devant le panneau mentionnant le nom du point haut, car il n'y en a pas. Je passe la frontière quelques kilomètres plus loin. Là encore petite curiosité, le changement de pays ne correspond pas exactement à la ligne de crêtes.



Je traverse une magnifique région, un peu triste et fraîche malgré le vert intense des prés. Elle est dénommée la petite Sibérie suisse. Effectivement, il n'y fait pas très chaud, tout particulièrement dans les descentes. Je dépasse le village de la Brévine. Une perte d'altitude de quelques 600 mètres en une dizaine de kilomètres me conduit à la bourgade de Fleurier. Imprudemment je ne me suis pas couvert en descendant à vive allure et c'est transi de froid que je m'arrête dans une cabane en bordure de village pour casser la croûte. Je grelotte et j'ai du mal à me réchauffer. Pédaler en novembre malgré le réchauffement terrestre ce ne sera jamais la même chose que pédaler en été. Une fois ma pause terminée, c'est chaudement habillé que je me remets en route, en direction du col des Etroits, qui culmine à 1153 mètres. Très vite je transpire et j'enlève les couches les unes après les autres, pour très rapidement me retrouver en tee-shirt. Et malgré tout, je continue à transpirer dans cette côte qui n'en finit pas. En novembre, une fois les habits mouillés de sueur, il est très difficile de les faire sécher si l'on envisage de bivouaquer. Donc c'est torse nu sous une légère pluie que je termine l'ascension du col. Les automobilistes qui me doublent doivent se demander quel est cet étrange cycliste.

Vers les 15 heures j'atteins le col. L'obscurité risque de tomber rapidement ce soir. Mais la pluie s'est arrêtée et tout là-bas, à l'ouest, les Alpes se dessinent en ombres chinoises. De larges zones de ciel bleu les dominent. A mes pieds la vaste plaine, bordée par les lacs de Neuchâtel au nord et Léman au sud, s'étire. Elle semble très loin en contre-bas. Le brouillard étend son emprise et la recouvre toujours plus. Dans ces conditions elle m'apparaît bien froide et hostile. Il me faut me dépêcher de la rejoindre, et un peu avant que la nuit ne tombe trouver un endroit où poser ma tente. Bien que je sente la course contre la nuit déjà enclenchée, je prends le temps, depuis ce haut promontoire, de m'imprégner de ce spectacle grandiose qui s'étire jusqu'à cette immense barrière de montagnes hérissées de pics acérés. Ces flashes qui m'interpellent de loin en loin, en s'égrainant au hasard du chemin, sont l'un des carburants du voyage à vélo. Je sais que cette sensation que j'éprouve entre extase face à la nature et urgence de chercher un lieu pour ériger ma tente, tant que la lumière est suffisante, restera l'un des instants forts de cette semaine sur la route.



Je m'habille chaudement avant de me lancer dans une belle descente en direction de cette vallée qui s'enfonce dans le flou de la pénombre et de la brume.

A ces moments, où il reste moins de deux heures de jour et que la plus grande incertitude règne quant à l'endroit où l'on va pouvoir s'établir pour la nuit, alors tout l'intérêt de l'itinérance à vélo se révèle. L'esprit se met en activité tous sens en éveil. On étudie le type de contrée que l'on traverse. Plutôt des cultures, des prairies ou des forêts, ou pire des zones d'habitations assez denses. Dans des pays comme la Suisse le camping sauvage n'est pas très facile, mais à cette période de l'année il suffit d'attendre la tombée de la nuit pour se poser, et généralement personne ne vient vous déloger.

La circulation est importante sur les grandes routes que je suis contraint de suivre durant une quinzaine de kilomètres. Je contourne la ville d'Orbe par son périphérique est. La zone est très industrialisée et fortement habitée. Une immense usine Nestlé, dont les dimensions du parking prouvent le gigantisme de ce site. Il me faut au plus vite m'éloigner vers des coins de campagne plus propices au bivouac. Une route peu passante part plein est vers le village de Chavornay, puis cette localité dépassée, elle se dirige vers Corcelles. A la fontaine au centre je remplis mes deux bouteilles d'eau, ce qui me donnera un peu moins de trois litres pour bivouaquer. Entre les pâtes à faire cuire, le thé du matin et la boisson c'est ce qu'il faut.

Une fois cette tâche accomplie je me dépêche de me remettre en route à la recherche d'un lieu éloigné des habitations. Je traverse une large zone de cultures entrecoupée de loin en loin de bosquets et petits bois, qui marquent des lignes nettes de séparation. Je devrais trouver le coin idéal et discret pour me cacher. Un chemin part sur la droite parmi les arbres. Le sol est tout détrempé de cette humidité qui se condense alors que le froid s'intensifie. Après quelques centaines de mètres je débouche dans une large clairière où s'étale un champ de maïs. Il vient juste d'être récolté. J'y recherche un emplacement bien plat et je m'installe. Il est plus de 17 heures.

Une course contre le temps s'enclenche. Il me faut avoir organisé mon matériel avant la nuit, qui progresse rapidement. Bien que mon dernier bivouac remonte à plusieurs mois, les réflexes acquis reviennent vite. La couverture de survie étalée, la tente montée, le sac de couchage, le matelas gonflable, le sac à viande et le coussin lui aussi gonflable sont déroulés. Je me change, enlevant mon cuissard, le remplaçant par un pantalon épais, mon tee-shirt humide vite échangé avec un sec et plus chaud, par-dessus lequel je rajoute deux épaisseurs dont ma doudoune en plumes d'oie. Me voilà prêt pour une longue nuit d'immobilité de 13 heures. Une dernière photo de mon camp avec les ultimes lueurs du jour qui meurent à l'ouest. Je me rends compte que je suis installé sur une terre bien grasse qui colle aux chaussures. Je rentre dans ma tente, me glisse entre mes trois sacoches, les deux arrière et celle de guidon, mais pas de problème j'ai de quoi m'allonger.

Le soir Maintenant vient le moment de préparer mon repas. Une bonne gamelle de vermicelles rehaussée de deux bouillons Kub. Il me faut faire très attention à ne pas mettre le feu au tissu de la tente, d'autant plus que mon réchaud a le pas de vis qui s'est grippé et devient particulièrement instable. Le repas terminé, il ne reste plus qu'à me laver les dents et puis me mettre en position confortable pour attendre le jour demain matin. Je suis à plusieurs centaines de mètres de la route et encore plus loin de la première habitation, donc la nuit sera calme.

Au matin je guette les premières lueurs du jour dans l'attente du moment où je vais sortir de mon duvet afin de replier au plus vite mes affaires. Je suis toujours étonné par ces bivouacs hivernaux, plus de 12 heures et le temps qui semble avoir filé comme s'il ne s'était agi que de quelques heures. Cette capacité d'adaptation aux éléments même lorsque qu'ils deviennent un peu adverses procure un réel plaisir. Là encore on découvre un autre aspect de la motivation du voyage à vélo.

Dès que la pénombre s'est suffisamment dissipée je plie avec un maximum d'ordre mes affaires dans mes trois sacoches tout en faisant démarrer un thé sur mon réchaud. Une heure plus tard je suis en mesure de repartir. Dans mon champ il y a du brouillard. Pourvu que la route n'en soit pas trop recouverte.

Le matin

Le soleil pointe derrière le rideau d'arbres devant moi. Une fois sur le goudron je constate que la visibilité reste assez bonne. Aujourd'hui, je compte rejoindre Martigny au pied du col de la Forclaz. Cette plaine entre ces deux grands lacs suisses est loin d'être plate, succession de bosses plus ou moins grosses.

Le temps est redevenu très beau, contrairement aux deux jours précédents, durant lesquels j’ai roulé sous la menace de la pluie, qui heureusement ne s’est jamais vraiment concrétisée.



Alors que je ne vois pas encore le lac Léman, je distingue très nettement les montagnes qui se situent sur sa rive sud en France, comme la Dent d’Oche ou les aiguilles du Midi. Je longe le lac de Bret, puis je plonge en direction du Léman à travers les vignes de Vevey. Dans cet automne en son milieu, elles sont d’un jaune éclatant, et se découpent sur l’eau sombre du lac. Le soleil les éclaire de face. Toujours cette féerie de la surprise à vélo, cette immensité toute jaune s’étend et s’échelonne sur un large pan de colline, qui prend fin dans l'immensité bleue du lac. Si par moments on se demande ce que l’on fait à souffrir sur la route, il suffit d’un tel spectacle pour ne plus douter et en comprendre les raisons.







Rapidement je rejoins la rive, que je vais suivre jusqu’à l’entrée de la vallée de Martigny. De très beaux tronçons de piste cyclable me font traverser la ville de Montreux, aux bâtiments imposants, baignés dans une végétation multicolore. Un peu avant le bout du lac je m’installe confortablement sur un banc face au large et je fais un copieux repas à base des nombreuses réserves que je transporte. Des voiliers croisent en silence. ils me font penser à Ella Maillart, cette grande aventurière des années 30, écrivain de talent qui relata magnifiquement ses expériences d'exception. Elle commença sa vie aventureuse en éprouvant son courage sur un frêle esquif livré aux tempêtes parfois soudaines et violentes du lac de Genève. En effet, par mauvais temps de forts vents tombent des montagnes environnantes, certaines culminant à plus de 3000 mètres d'altitude, et agitent l'eau avec fureur.



Sous ce soleil généreux, avec difficulté je m'arrache à mes rêveries, transporté quelque part dans l'Himalaya à la suite d'Ella dans le souvenir de ses nombreux livres, comme par exemple Croisières et Caravanes ou Oasis interdites. Je vais quitter le bord du lac aux eaux très calmes au cours de cet été indien. Les derniers kilomètres sur cette grève je les fais à vitesse réduite pour fixer un maximum d’images, de sensations et d'émotions dans ma mémoire.

Voilà c’est fini, la vallée se présente devant moi. J’ai de la chance un vent favorable me pousse tout au long des trente derniers kilomètres. Je sais que la via Rhodania se cache quelque part à ma droite, mais mes quelques essais pour la rejoindre se terminent par des impasses avec demi-tour dans des culs-de-sac. Vers 15 heures j’arrive à Martigny, et je rejoins en traversant cette petite ville le gymnase où m’a donné rendez-vous Flora. Pour le moment elle travaille à la piscine et me rejoindra plus tard. Effectivement, un peu après 17 heures elle arrive pour assurer ses cours de gymnastique. Je peux attester que ses élèves passeront une bonne nuit après une séance intense, où elle sait les pousser loin dans l'effort, dans la bonne humeur ponctuée d'éclats de rire. Nous allons passer une soirée superbe à se remémorer notre incroyable voyage à vélo ensemble à travers le désert de l’Atacama. Cela fait maintenant deux ans.

Le lendemain matin départ à 8 heures. Elle m’accompagne dans les premiers kilomètres du col de la Forclaz. Au lieu de suivre la route principale à la circulation importante, elle me fait découvrir de petites routes qui serpentent dans les vignes. Certes ça monte très raide, mais nous sommes seuls. Aujourd’hui encore, le temps est très beau, et la végétation explose en une multitude de couleurs en ce milieu d’automne. Je passe à la meilleure époque pour pouvoir jouir de ce spectacle. Dans quelques jours les teintes se seront affadies et les parures d’hiver prendront le dessus.

A mi-pente Flora fait demi-tour car le devoir l’appelle dans son gymnase.

Je reprends ma route par voies détournées et chemins en sous-bois. Il me faut par moments pousser mon vélo tant la piste à travers la forêt est pentue. Mais ce n'est que du bonheur. Je suis toujours étonné de constater, alors que l'on marche à faible allure, accroché au guidon de son vélo , que le dénivelé se creuse rapidement. Il faut dire que dans le désert d'Atacama, nous avions été à bonne école de patience. Des dizaines de kilomètres à rester à côté de nos montures, qui s'enfonçaient dans les scories volcaniques pulvérulentes, parfois du lever du jour jusqu'à la tombée de la nuit, bousculés par des bourrasques de vent adverses.





Je débouche sur la grande route pratiquement au sommet du col. Quelques centaines de mètres et j’y suis. Je fais une longue halte.



Un couple de Chinois m'aborde, lui parle anglais et elle très bien français. Ils me mitraillent de leurs appareils photo. Très vite notre conversation se dirige vers la politique internationale. Ils sont sévères avec la France dont ils trouvent la politique internationale molle et sans cap. Habitants d'un grand pays, qui vise la suprématie mondiale, il sont pour l'ordre et la discipline. Je m'arrête là cette parenthèse politique, car justement l'un des buts des voyages consiste à nous déconnecter de ce flot d'informations angoissantes qui nous submerge à longueur de télé, de radio, de journaux d'ipad et autres engins, soit-disant de progrès, qui rythment avec tyrannie notre vie quotidienne.

Après ce moment très intéressant, je me lance dans une longue descente afin de rejoindre le pied du dernier col, celui des Montets. Il fait froid et humide. La route est mouillée dans ce grand pan de montagne à l’ombre, et pourtant il est midi. Je pense à après-demain lorsque je vais faire ce trajet dans l’autre sens tôt le matin. Je risque d’avoir beaucoup plus froid, et peut-être du verglas. Chaque chose en son temps, il sera toujours temps d'aviser le moment venu. Le col des Montets est vite enlevé.



Apparaît alors le massif montagneux mythique de Chamonix, d’abord l’aiguille Verte et les Drus. Ces derniers sont une vieille connaissance, constituant l’une des plus mémorables ascensions que j’ai effectuées, il y a déjà bien longtemps. Il ne me reste plus qu’à me laisser entraîner dans une dernière descente pour rejoindre Chamonix, à la recherche du Chamoniard Volant, où je rejoins un groupe d’amis afin de faire une randonnée en montagne demain. J’ai parcouru 368 kilomètres en 4 jours.



Cette première étape est terminée, je posterai la suite, dans un premier temps la balade au-dessus de la mer de glace, puis le retour dans les Vosges.
Open
Tandem couché dans la région genevoise?
Bonjour,

J'habite Genève et je souhaiterais essayer un tandem couché.

J'ai eu l'occasion de faire du tandem il n'y a pas longtemps mais les sensations pour celui qui est derrière sont particulières.... Je me demandais ainsi s'il n'y avait pas quelqu'un qui possedrait ce genre de tandem (Pino ...) dans la région genevoise pour me faire un avis. J'ai bien trouvé un magasin qui pouvait en louer mais les tarifs ne sont pas toujours encourageant (environ 150 euros pour un week end).

Merci, Alban
Open
Genève-Nice par les montagne: itinéraire?
Salut!

Après mon voyage en Asie entre Bangkok et Lhassa, je ferais bien un petit tour par nos belles montagnes. Le but serait de partir de chez moi à Genève pour arriver à la mer Méditérrannée.

J'aime: rouler le plus possible en altitude!

Je déteste: les routes fréquentées...

Du coup, si vous pouviez m'aider pour trouver un itinéraire calme passant par les montagnes, ce serait sympa!

Des idées de cols? De coin de camping sauvage?

Merci d'avance pour votre aide! Vince
Open
GR5 GTA: Lac Léman - Briançon, en famille, quatre semaines à pied avec un enfant de 7 ans
Récit d’une rando de 26 jours, dont 2 de repos, du lac Léman à Briançon.

Rando effectuée de mi juillet à mi août 2010, avec ma femme et mon fils de 7 ans.

On a fait un bout de route avec des amis en Vanoise, sur 4 jours.

Une grosse moitié des nuits sous tente, le reste en refuge ou gites d’étapes.

On n’a pas hésité à faire quelques portions en stop, en télécabine, train ou car. Essentiellement pour éviter des portions de route sous la pluie, la très grosse chaleur, et écourter une étape lors d’une journée ininterrompue de pluie début août.

Première partie : Massif du Chablais. Lac Léman, Refuge de Bise, Chapelle d’Abondance, col des Bassachaux, lac Vert, Col de Coux, de la Golèse, Samoens

Plutôt que de Saint Gingolph, on est partie du Bouveret, en Suisse pour aller au Swiss Vapor Parc avant de commencer la rando. Comme quoi randonner avec un enfant, ça fait réfléchir autrement sur le choix de l’itinéraire…

Il faisait très chaud au début, avec des paysages d’alpage. Les taons se sont régalés. Malheureusement, le passage en Suisse pour admirer les Dents Blanches et Dents du Midi n’a pas correspondu à la période la plus propice pour la météo et la visibilité.

Alpages suisses, Lac de Tanay au fond :

Cornettes de Bise :



2ème partie : Fiz, Mont Blanc, Beaufortain. Sixt, Col d’Anterne, col du Brévent, Chamonix. Les Houches via le train, col de Tricot (avec télécabine de Bellevue), GR5 – TMB jusqu’au col de la Croix du Bonhome, Crêtes des Gittes, Plan de la Lai, Col de Bresson et refuge de Presset, Valezan.

Rochers des Fiz et refuge d’Anterne:

Mont Blanc le soir, au bivouac, sous le col d’Anterne : la journée avait été froide et maussade, et vers 20h-21h, le mont Blanc s’est dégagé, histoire d’aller se coucher sur une belle image :

Le lendemain, c’est l’inverse : la journée se couvre de plus en plus. On apercevra tout de même la Verte et les Drus

Finalement, plutôt que de rejoindre Bel Lachat dans le brouillard, on descend sur Chamonix ou « Doudou » rend visite à Saussure, enfin à sa statue :

Aiguille de Bionnassay : A partir de là, on côtoie pendant 3 jours les randonneurs sur le Tour du Mont Blanc. La hausse de la fréquentation sur ce sentier est assez impressionnante ! Pas facile d’aller tranquillement au petit coin.

Col de Tricot :

Au refuge du Truc, où on est super bien accueilli, mon fils ira voir la traite et câliner les veaux nés la semaine passée…pendant près de 2 heures :

Le lendemain, on sera réveillé le matin, à 6h, par le tracteur venu vider la fosse septique juste devant la porte du dortoir. Comme dirait un ancien président, « le bruit et l’odeur ».

Bivouac plus tranquille et fleuri le lendemain, vers les Chalets de Jovet :

Dolomites ? Non, Beaufortain :

Le Tumulus du plan des Dames, sur le tour du Mont Blanc... comme l’atteste la fréquentation :

La crête des Gittes, au sud du refuge de la Croix du bonhomme. On quitte le tour du Mont Blanc, et retrouvons tout de suite une fréquentation raisonnable. Belle crête, malgré le vent très fort et froid qui nous accompagnait. De là, descente sur le Beaufortain.

Il a plu une partie de la nuit et de la matinée, on est parti tard, vers 10 ou 11h. Il semble faire beau, mais ce sera notre journée à orages, qui plus est avec du vent frais et des températures plutôt basses.

On ira ce soir au refuge de Presset, vers 2500m, juste au dessous de la limite « pluie / neige»

Baromètre du refuge, pour connaître la météo…passée :

Le lac, juste derrière le refuge. L’ambiance n’est pas vraiment ensoleillée, avec un vent très fort en plus. Par contre à l’intérieur du refuge, l’ambiance et l’accueil sont bien plus chaleureux :

Le lendemain, la journée va devenir de plus en plus belle.

En descendant sur Valezan. Les paysages plats et très ouverts changent par rapport aux journées passées. Au fond, la Vanoise.

3ème partie : la Vanoise : après 2 jours de repos, on franchit le col du Plan Sery pour rejoindre des amis à Champagny en Vanoise. On se quittera à l’aplomb de Modane après avoir franchi le col de Chavière

Vue du camping de Nancroix, où nous passerons une journée de repos. Bon, 2 finalement, car le lendemain c’était une journée de pluie.

En montant au col du plan Sery :

Où on trouve une harde de bouquetins :



Vue du refuge de Plaisance, le lendemain matin : Grand Bec de Pralognan

Vallée de Champagny le haut, où nous retrouvons nos amis pour 4 jours de rando ensemble.

Montée au refuge de Peclet Polset, en croisant un troupeau de vaches se rendant à la traite :

Vu du refuge, avec le col de Chavière au fond que nous allons passer ce matin :

En montant au col de Chavière : le grand Bec de Pralognan, et le massif du Mont Blanc au fond à gauche. Ce fut une superbe journée, la plus belle de ces 4 semaines de rando. Pas de vent, pas un nuage, des paysages superbes. Ça m'a changé des 3 dernières fois où j’ai franchi ce col, dans le brouillard.

La plaine des cairns, sous le col, avec la neige de la mauvaise météo 2 jours auparavant :

Notre petite troupe qui monte au col :

Le lac de la Partie, de l’autre côté du col, où nous ferons bronzette :

Dernière partie : le sud des alpes du nord… Vallée étroite, vallée de la Clarée, Briançon

Montée au col de la vallée étroite, au pied du Mont Thabor : C’est à partir de cet endroit que nous aurons vraiment l’impression de quitter les Alpes du Nord pour randonner dans un paysage sentant le sud.

Descente du col. Ici, les vaches sont devenues blanches. Délavées par le soleil ?



La remontée sous la chaleur, depuis les Granges de la Vallée étroite vers le Col des Thures :

… et le lac Chavillon :

Le lendemain, montée au col de Dormillouse :

Puis descente sur Val des Près…

Dernier jour, arrivée à Briançon défendue par sa ceinture de forts :

Pour conclure :

Le découpage en « parties » ci avant correspond à des ressentis, des « étapes » qui nous ont semblées différentes les unes des autres, mais pas à un découpage lié à des topos

C’était la première fois qu’on randonnait aussi longtemps à pied, qui plus est avec un enfant. Et on a bien apprécié… Rythme cool, impression de pouvoir prendre notre temps.

Le fait de pouvoir bivouaquer ou dormir en refuges, selon l’envie et la météo, était bien adapté à notre manière de marcher. Toutefois, lorsque la météo était bonne et que les refuges présentaient de gros dortoirs, on a opté pour le bivouac afin que notre fils puisse passer une bonne nuit et se réveiller à son aise le matin.

On a parfois été un peu déçu par les nombreuses pistes carrossables dont on a l’impression que le nombre va croissant.

L’année prochaine, on ira à la mer ? Par le GR5 depuis Briançon, sans doute, même si on hésite un peu, craignant d’avoir trop chaud : on n’aime pas vraiment les grosses chaleurs, et avec le petiot, c’est pas facile de partir à la fraiche. A suivre…

En espérant que ce récit donnera envie à des parents de partir randonner avec leurs enfants, à leur rythme.

On croise si peu de randonneurs en herbe en randonnée itinérante, alors que de telles vacances en famille sont vraiment plaisantes.

A bientôt sur les sentiers
Open
Jura Suisse avec Higloo
Allez, un p'tit carnet pas très exotique mais il faut bien occuper les longues soirées de novembre...



Cliquez ici pour le texte en images (avec cartes)

Bonne lecture! Marie

Texte seul :

Automne 2013 : Jura Suisse avec Higloo

1 semaine de vacances à la Toussaint… Envie de rando avec mon « nouveau » chien… Le seul créneau de beau temps tous massifs montagneux confondus se trouve dans le Jura. C’est parti pour 4 jours de randonnée automnale avec Higloo, jeune berger blanc suisse de 1 an, dans le Jura…Suisse. J’ai essayé de concocter un parcours de crêtes car j’aime les vues lointaines. Ces crêtes du côté français sont interdites aux chiens (Réserve Naturelle du Haut Jura) Du côté suisse, bien qu’étant aussi en réserve naturelle, les chiens sont autorisés, à condition de ne pas les laisser divaguer. 4 h de route depuis Nancy, jusqu’au village de St Cergue, à quelques km de la frontière. Pas le temps de commander des cartes topo suisses, alors je m’en suis fabriqué une à partir de copies d’écran sur le site de http://map.wanderland.ch/...;layer=wanderwegnetz

J1 de St Cergue au Crêt de la Neuve On arrive vers midi à St Cergue, avec quelques gouttes de pluie ! Pas prévu ça ! Heureusement ça ne dure pas. Je me gare sur le grand parking à la sortie du village sur la route d’Arzier. J’ajuste le harnais d’Higloo, il a drôlement grandi et forci depuis la dernière rando ! C’est parti sur le chemin des crêtes du Jura, très bien balisé. L’herbe est encore bien grasse mais les vaches ont déjà rejoint les vallées. 1ère vue – impressionniste - sur le Léman. Au loin la montagne de la Dôle, en France. Encore de belles couleurs d’automne, Même si la plupart des arbres ont déjà perdu leurs feuilles. Ah ! Voilà le ciel bleu prévu par la météo ! Les fermes d’alpage (ici les Frasses) ont presque toutes une bonne réserve d’eau (de pluie, le Jura est un massif calcaire) du moins en automne, quid en été ?. Après plusieurs km dans les arbres (pas de vue donc), enfin une échappée vers le lac Léman. Je respire ! (la forêt me rend un peu claustro…) Avec de bons yeux, on aperçoit tout au bout du lac le célèbre jet d’eau de Genève. Balisage impeccable mais très optimiste je trouve (ajouter 50% aux temps de parcours, à moins de marcher léger et dopé au chocolat suisse) Le sentier est ponctué de fermes, toutes fermées en cette saison. Joli vallon après la ferme du Planet. Le bois est l’autre ressource locale…ingénieux système de stockage. Nous arrivons juste avant la nuit et une petite averse au Crêt de la Neuve. Vue imprenable sur le Léman, au pied d’un bel arbre, sur une petite plate-forme abritée du vent. L’endroit serait parfait sans la proximité de l’aéroport de Genève… quel trafic! Nous avons droit après la petite pluie à un beau coucher de soleil. Higloo a encore des forces pour jouer ! Chercher la bête ! Je crois bien qu’Higloo a peur du noir ! Alors que le jour baisse, il observe à droite… A gauche… On reste un moment dehors à observer les loupiotes s’allumer dans la vallée, puis le froid nous fait regagner la tente.

J2 Vers le Mont Tendre puis retour par les combes jusqu’à la combe des Amburnex Lever de soleil radieux sur le massif du Mont Blanc ! Le givre fond rapidement sur la tente. En route vers le col du Marchairuz : longue portion de forêt où ne voit rien (d’autre que des arbres…) Mais d’abord je refais mes stocks d’eau dans la citerne de la ferme La Neuve (eau de pluie que j’additionne d’Aquatabs) C’est seulement un peu avant le Grand Cunay qu’on respire à nouveau ! Ah ça fait du bien ! Nous voilà presque au sommet du Grand Cunay. En contrebas la ferme de la Racine et au-delà la France. Je repère le terrain pour le chemin du retour. Il y a finalement moins d’arbres en contrebas, dans les prairies d’alpage. Plein d’eau dans la citerne du chalet de Yens. Le Mont-Tendre, plus haut sommet du Jura Suisse est en vue (1679 m !) Arrivée au sommet, ma décision est prise, la pluie est attendue pour samedi et vendredi sera couvert : demi-tour donc mais en passant cette fois par les pâturages. Ils sont souvent délimités par de jolis murs en pierre, quel boulot ! Je décide de bien avancer aujourd’hui car il me reste de jolis coins à voir avant la météo maussade de vendredi. Fontaine (c’est relativement rare) près de la ferme du Grand Croset Dessus. Nous trouvons un coin de bivouac un peu après le col de Marchairuz au-dessus de la combe des Amburnex (fontaine le long de la petite route qui file dans la combe des Amburnex, en face de la ferme de Joux de Biève)

J3 Vers le Noirmont via les Bégnines et le Creux du Croue La nuit a été claire et fraîche : orange givrée ! Ca fond…lentement. Higloo doit briser la glace ! Temps idéal pour gros chien poilu ! Nous dépassons la Sèche des Amburnex. Grand beau temps aujourd’hui ! Mais pas dans les vallées… Alors tu viens ?! Petit filet d’eau près du Chalet à Roch Dessus, joliment décoré… Après un passage assez paumatoire (bien que balisé…bien ouvrir l’œil) nous arrivons à la ferme de la Petite Chaux, que nous dépassons pour remonter la combe vers celle des Bégnines. Quel bel endroit ! Plein d’eau à la citerne, Séchage de tente, repas, thé à la menthe qui pousse au coin de la ferme, petite sieste (trop chaud finalement en plein soleil !) Une grande pièce est laissée accessible aux randonneurs, sympa ! Nous poursuivons vers le chalet des Electriciens (ou Creux Devant) au pied du Mont Sâla. Au loin les Alpes et au 1er plan les dolines de la combe des Bégnines, affaissements caractéristiques des massifs calcaires. La combe est ici aussi coupée en deux par un long mur de pierres. Je rencontre qq humains et qq chiens au Mont Sâla : aucun de ces Suisses ne connaît les bergers blancs suisses ! Du sommet, le lac disparaît sous les nuages, seules les Alpes émergent, à contre-jour. Nous poursuivons vers le Croue, puis le Creux du Croue. Higloo est concentré : ça sent le patou par ici, mais tout le monde a déjà quitté l’alpage. Le Creux est à nous! Ca grimpe mais pas longtemps, nous voilà en haut… Encore un petit effort et le lac des Rousses (en France) apparaît en contrebas. Une ultime grimpette et nous voilà au sommet du Noirmont. Hum…le temps change. Nous sommes dans une zone où le bivouac est interdit, aussi je décide de redescendre un peu vers une cabane croisée à la montée dont la terrasse fera parfaitement l’affaire. Nous sommes bien abrités, Et la vue n’est pas mal du tout… J4, retour vers St Cergue Le changement de temps annoncé est bien là : brouillard ! Je décide de renoncer au parcours (partiellement hors sentier) prévu pour retourner à St Cergue et reste sur le sentier balisé pour redescendre jusqu’à la Cure située juste à la frontière. En une bonne heure nous arrivons à la gare. 12 minutes de tortillard et nous voilà à St Cergue.

Cette balade aura été une bonne occasion de faire connaissance avec le Jura, plus sauvage que les Vosges (où on entend des voitures de presque partout, même si dans cette partie du Jura ce sont des avions…), mais aussi avec beaucoup d’arbres (je dirais même plus que dans les Vosges, en particulier sur les crêtes !) Ça reste un plaisir de se balader tranquillement avec son chien, quand les vaches ont quitté les alpages et avant les premières offensives de l’hiver.
Open
Compostelle - Venu à pied depuis la Suisse (extrait de livre)
Comme le poste à suscité pas mal d'attention (700 lectures en une semaine), je vous propose un second extrait de mon aventure sur le chemin de Compostelle depuis la Suisse. A lire plus bas !

Salut à tous !

Au début du printemps de l'année passé (avril 2013) je suis parti à pied sur le chemin de St-Jacques de Compostelle depuis Lausanne en Suisse. A ce moment, j'ai 23 ans, je viens de terminer mes études en tourisme et suis en ce que l'on appelle "année sabbatique" (année de congé que l'on prend à la fin de ses études pour voyager et prendre du recule). Je décide de façon toute à fait irrationnelle en l'espace de 3-4 semaines de partir sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et d'y expérimenter le détachement matériel et monétaire.

Je pars sans montre, sans téléphone portable, sans rasoir à barbe (oui ça me fera une sacrée barbe au final !), sans carte bancaire et avec un montant de ~500€ pour un voyage estimé à 100 jours de marche sur ~2'000 kilomètres. Je n'ai évidemment pas de billet de retour depuis Compostelle car je ne sais pas à quel moment j'atteindrai le kilomètre 0 du chemin. Et j'embarque un pote dans l'aventure qui m'accompagnera jusqu'au Puy-en-Velay (à 18 jours de marche, 430 kilomètres).

J'arrive à Compostelle après 90 jours de marche, 2'200 kilomètres parcourus (j'ai fait un petit détour en chemin) et 350€ en poche (oui le chemin est magique, je peux très bien vivre sans argent durant des périodes d'une semaine/dix jours)...

Aujourd'hui, 16 mois après mon retour en Suisse, je suis en train de rédiger un livre sur cette aventure à la fois humaine et spirituelle, difficile à vivre et magique, vallonnée et régulière. Je vous en propose ici un extrait. Nous en sommes à notre troisième jour de marche. Nous avons passé la nuit au bord du lac Léman en Suisse, entre Lausanne et Genève, et n'avons plus de provisions de nourriture...

Le lendemain matin je suis réveillé par les rayons du soleil et le clapotis des vagues contre le bord du lac. C’est plutôt agréable comme sensation. Je me sens étonnement bien malgré les vingt-cinq kilomètres de marche que nous avons parcours la veille presque contre notre gré. J’ai aussi passé une bonne nuit de sommeil. Je pense que l’air frais sur mon visage – même si initialement je craignais de dormir dehors – à fait énormément de bien à mon corps. Je pensais me lever courbaturé de douleur pour avoir dormi par terre après la journée intense de la veille, mais il n’en est rien. Ce que je considérais à priori comme un échec (le fait de se retrouver dehors pour notre deuxième nuit de voyage) s’est révélé plutôt bénéfique au final. Je rédige mes « pages du matin » dans mon cahier de voyage alors qu’Oscar prépare un feu sauvage pour faire chauffer de l’eau dans une casserole qu’il a emportée dans son sac. Ce matin notre petit-déjeuner est composé exclusivement d’un thé servi dans une bouteille en plastique avec un peu de sucre. Nous avons les deux faims et sommes d’accord sur le fait qu’il faudra être plus efficace que la veille pour trouver de quoi se nourrir aujourd’hui. Nous prévoyons de faire un tour à travers Nyon et de nous présenter dans les boulangeries ou autre commerces d’alimentation pour demander du pain de la veille ou autres invendus. Nos sacs sont prêt et nous amorçons la monté depuis le bord du lac en direction du bourg. Nous arrivons sur une place d’où nous apercevons un apéritif en plein air avec tables, boissons, pâtisseries, fruits… Ni une ni deux je propose à Oscar que l’on essaie de s’y incruster. En arrivant nous sommes tout de suite remarqués par les personnes présentes, normal avec nos dégaines de pèlerins tout juste sorti du lit ! Je lance sur un ton amusé à un homme qui s’est tourné vers nous : - Vous acceptez aussi les pèlerins à votre apéro ? Il me répond en souriant que je dois m’adresser à leur maire – organisateur de l’événement – qui se situe à quelques mètres de lui. Je m’approche et reformule ma question. L’homme me répond un brin agacé que cet apéritif est organisé pour les collaborateurs de la mairie. Puis il ajoute, voyant que la question bien que posé sur le ton du rire est sérieuse (on doit quand même avoir l’air d’avoir faim j’imagine) : - Vous pouvez peut-être repasser à la fin de l’apéro, s’il reste quelque chose… Je lui réponds que ce serait avec plaisir et lui demande à quelle heure. - Vers les midis… Nous répond-t-il. Bien. Nous avons déjà au moins une option si nos recherches de nourriture à travers la petite ville devaient restées vaines jusque-là. Nous continuons notre chemin à travers Nyon et apercevons une boulangerie. Nous décidons de nous y rendre en expliquant que nous sommes des pèlerins sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et en demandant s’ils seraient d’accord de nous céder du pain de la veille ou autres invendus. Premier essai, première réponse négative : - Non, ce n’est pas quelque chose que nous faisons. Mince ! Bon continuons. Deuxième boulangerie : - Non, le pain de la veille ils viennent le chercher chaque soir à la fermeture. Un peu plus loin, nous tentons un troisième essai : même réponse que la deuxième… Un peu démoralisés nous nous décidons à attendre midi pour aller voir si le maire tiendra parole en nous donnant quelques restes de son apéro. En Suisse lors d’un apéro – qui plus est, organisé par l’Etat – normalement il y a toujours quelques restes.

A midi, nous sommes de retour sur la place de la mairie où nous retrouvons notre maire. Nous l’abordons en disant : - Re-bonjour, on est venu voir s’il y a quelques restes pour nous comme convenu… Le maire nous informe qu’il attend encore quelques collaborateurs mais nous propose une pomme et un jus de fruit. Ce n’est pas grand-chose, mais déjà de quoi mettre en route notre estomac. Nous nous mettons à discuter. Notre interlocuteur nous demande des détails de notre voyage. Depuis quand sommes-nous déjà en route ? Combien de kilomètres y a-t-il jusqu’à St-Jacques de Compostelle depuis ici, etc. Je réponds à ses questions et explique la dimension non-monétaire dans laquelle nous souhaitons réaliser notre voyage - d’où le fait que nous soyons venu quémander de quoi manger à cet apéritif. Oscar rajoute que nous avons passé la nuit au bord du lac avec comme seul petit-déjeuner un thé préparé sur un petit feu improvisé. Le maire étonné nous demande alors : - Et vous n’avez pas été inquiété sur la plage pour dormir ? Nous répondons naïvement : - Non, non. Il y avait bien quelques personnes sur la place jusqu’à minuit, mais nous n’avons pas été dérangés. - Quand je vais ai demandé si vous n’avez pas été inquiété je pensais à la police, parce que faire du camping sauvage sur la commune de Nyon c’est interdit normalement. Oups, nous avions un peu oublié que nous étions en face du maire en personne ! Mais il ne nous en veut pas. Il nous demande où nous allons passer la nuit suivante. Nous l’informons que nous allons reprendre la route en direction de Genève et que nous dormirons à plusieurs kilomètres d’ici… Au final, nous aurons encore droit à une pomme, mais rien de plus. Nous n’insistons pas et reprenons notre route à travers Nyon. Deux fruits et un jus ça n’est pas suffisant pour que nous quittions tout de suite la ville, surtout que nous ne savons pas si nous passerons par d’autres magasins d’alimentation prochainement. Je propose la solution d’urgence à Oscar : aller au restaurant Migros qui est en libre-service et nous servir à manger dans les assiettes de restes que les gens déposent dans les charriots de débarrassage à la fin de leur repas. Oscar valide ma proposition et nous voici sur place. Les restaurants Migros en Suisse sont des lieux peu compliqués. On peut s’y rendre pour boire un thé ou manger quelque chose en se servant soi-même au buffet et en passant à la caisse où l’on reçoit un ticket qui certifie que l’on a bien payé les éléments que l’on est en train de consommer. A la fin du repas, on prend son plateau et on l’amène sur des charriots que le personnel vient régulièrement changer lorsque ceux-ci sont pleins. Avec Oscar nous prenons place à une table et nous nous servons de deux verres d’eau du robinet dans des verres en plastiques qui sont à disposition gratuitement. Nous nous équipons également de deux fourchettes disponibles à la sortie des caisses pour la suite. Le plan est simple : nous sommes assis face-à-face, chacun guettant ce qui se passe dans une moitié du restaurant. Lorsqu’un client se lève pour débarrasser son plateau-repas, il s’agit d’identifier s’il y a des restes intéressants dans son assiette. Bien que l’idée vienne de moi, c’est Oscar qui passe à l’action en premier : il nous ramène une salade à peine touchée. C’est un bon début. Il me faut un peu de temps pour me mettre dans le bain, au début je suis encore trop freiné par le regard de gens. Mais au final nous prenons goût au jeu et enchaînons les restes laissés par les clients du self-service : assiette à frites à moitié mangée, carcasse de poulet encore bien garnie, légumes, encore des frites et du poulet… Nous passons plus ou moins inaperçu. En fait, je ne regarde pas autour de nous et je m’en fous de ce que pensent les gens. J’ai faim et il y a de bonnes choses à manger gratuitement. Ces aliments ont été payés donc il n’y a pas de raison de s’en priver. Nous restons une quinzaine de minutes sur place avant de nous éclipser…

En début d’après-midi nous quittons finalement Nyon en rigolant de vive voix en repesant à la manière dont nous nous y sommes pris pour assouvir notre faim. D’abord l’épisode avec le maire à qui nous avons raconté comme nous avons fait du camping sauvage sans autorisation sur sa commune, et puis ensuite la scène du restaurant Migros où nous avons joué aux piques assiettes. Aujourd’hui il faut beau pour la troisième journée consécutive mais la pluie est annoncé pour la soirée. Nous marcherons très probablement moins que la veille pour éviter de nous surmener, et commencerons nos recherches d’hébergement suffisamment tôt pour ne pas être surpris par la pluie.

Après quelques kilomètres, le chemin nous amène au travers d’un petit village dans lequel un magasin d’alimentation se présente. Quelques réserves de nourritures seraient bonnes à prendre, nous décidons donc d’y adresser notre demande malgré les nombreux refus que nous avons récemment essuyés en ville de Nyon. Oscar formule notre sollicitation à la caissière qui nous demande de patienter le temps d’appeler la propriétaire du magasin. Cette dernière se rapproche et je reformule notre demande. Après un bref instant, le temps de saisir notre demande apparemment inhabituelle, je vois les traits du visage de notre interlocutrice s’adoucir pour devenir un sourire. Elle nous répond par la positive et se dirige vers l’étagère de boulangerie. Elle emballe quatre croissants dans un petit sachet en papier, avant de continuer vers les rayons des fruits où elle emballe cette fois deux oranges, deux pommes, deux bananes. - Voilà et bonne route. Nous la remercions chaleureusement avant de nous diriger vers la sortie. Dans le magasin, des clients nous jettent des regards mêlés de curiosité et d’étonnement. C’est un étrange sentiment pour moi, je suis un peu gêné mais ça va. Je suis surtout très touché par la générosité dont a fait preuve inconditionnellement cette dame. Son geste me va droit au cœur. Arrivé dehors, nous nous exclamons : - Purée comment ça fait trop plaisir ! - T’as vu comment ça s’est passé ? Au début je pensais qu’on allait se prendre un refus dans la tronche, mais la proprio était trop sympa ! - On a quatre croissants et six fruits mec. C’est la fête ! Toutefois, avant de nous mettre à manger, nous décidons de marcher une certaine distance pour ne pas que l’on nous voit nous goinfrer directement à côté du magasin. Nous ne voulons pas avoir une attitude qui pourrait paraître irrespectueuse. Nous passons la suite de l’après-midi sans nous presser, faisant une pause pour profiter de ce que nous avons reçu à manger et prévoyant de guetter les occasions où nous pourrions nous mettre à chercher un endroit où passer la nuit. Nous voulons éviter à tout prix le scénario d’hier qui nous a poussés à dépasser largement les 20 kilomètres de marche, sans savoir réellement où nous voulions nous arrêter pour la nuit.

Aux alentours des 17 heures, nous arrivons à Commugny, un petit village du canton de Vaud peu avant de passer sur le sol genevois. Nous passons à côté d’une église devant laquelle se trouve un sceau pour les pèlerins. Nous tamponnons notre carnet et nous arrêtons pour réfléchir. Est-ce que nous commençons nos recherches d’hébergement ici ? C’est qu’il n’y a pas grand monde dans les parages et nous ne nous voyons pas aller sonner chez des gens pour leurs demander l’hospitalité… Nous décidons de faire un tour dans le coin pour voir si nous trouvons un endroit du village plus fréquenté où nous pourrions éventuellement aborder des gens afin de les solliciter comme hospitaliers spontanés.

Après avoir un peu marché nous arrivons dans ce qui semble être le centre du village. Le bâtiment communal s’y situe ainsi que la déchetterie qui crée beaucoup d’aller et venue de gens qui viennent amener leurs déchets. Nous abordons une dame. Nous nous présentons en expliquant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Elle nous informe qu’il existe un accueil jacquaire dans le village. Il s’agit de gens qui accueillent bénévolement les pèlerins chez eux en offrant un repas, une place où dormir ainsi qu’un petit-déjeuner. Avant de partir, le pèlerin paie un montant qu’il détermine lui-même en fonction de sa bonne-volonté. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui pratique l’accueil jacquaires chez eux. Néanmoins, vu la manière dont nous avons décidé de voyager, c'est-à-dire sans dépenser d’argent en dehors des cas d’urgence, il ne serait pas honnête de nous rendre dans un accueil jacquaire sans laisser d’argent derrière nous après notre séjour. Nous remercions donc la dame de nous avoir donné ces informations, mais nous allons poursuivre nos recherches en comptant plutôt sur l’envie spontanée de quelqu’un de nous accueillir chez lui ou de nous offrir un endroit où passer la nuit, même s’il ne porte pas l’étiquette « accueil jacquaire » écrit sur son front. L’hospitalité ne devrait selon moi pas être détenu par certaines personnes en particuliers, même si celle-ci sont des habitués des pèlerins. Au contraire, je constaterai même plus tard lors de mon voyage, que l’on a souvent les meilleures échanges et discutions avec des personnes qui ne sont justement pas des habituées des pèlerins et qui sont beaucoup plus curieux et attentifs aux anecdotes de voyage que l’on a à leurs raconter. Plutôt que d’aborder chaque passant, et de risquer de nous voir indiquer l’accueil jacquaire dont nous connaissons déjà l’existence à chaque fois, nous optons une nouvelle fois pour un écriteau. Je décide d’en créer un nouveau, plus grand cette fois sur lequel j’inscrirai la même phrase que la première fois : « pèlerins aimables cherchent hébergement pour la nuit ». Pour le support, je déniche un morceau de carton de la déchetterie à côté de laquelle nous nous trouvons, et je m’applique pour présenter une belle écriture, qui donnera envie à n’importe qui de nous ouvrir la porte pour la nuit ! Nous sommes assis là avec nos sacs à dos de pèlerins et la coquille St-Jacques d’Oscar bien visible à nos côtés. Je tiens notre écriteau de recherche d’hébergement dans les mains et affiche un sourire plutôt naturel. Je me suis déjà souvent retrouvé dans des situations où je m’affiche avec un panneau pour faire du stop sur de longues distances, et je trouve ça à chaque fois assez drôle. Le sourire me vient assez facilement face à l’inhabituel de la situation et à la réaction des passants. Beaucoup de gens se parquent à côté de la déchetterie, amènent leurs poubelles ou différents déchets recyclés, puis repartent. Un homme de retour à se voiture, n’ayant visiblement pas pris le temps de lire notre écriteau, nous conseils de nous rendre à la route principale : nous y aurons plus de chance pour trouver une voiture pour nous prendre en stop. Je lui lance : - C’est pas une voiture qu’on cherche, mais un hébergement pour la nuit ! - Ah d’accord, carrément ! Bonne chance. Vient un moment où une dame apparait à vélo dans notre champ de vision depuis la droite. Elle ne roule pas vite car elle est accompagnée de sa petite fille qui n’est pas encore très rapide sur deux roues. Elle passe à quelques mètres devant nous en nous regardant d’un air intrigué. Elle a vu que nous avions un panneau sur lequel est un inscrit une demande, mais elle ne le lit pas. Je la salue toujours souriant et elle nous répond avant de poursuivre sur quelques mètres. Je la suis du regard un instant puis redirige mon attention sur le parking de la déchetterie. Trouverons-nous des gens spontanément ouvert à nous accueillir chez eux ce soir ? Puis mon attention se replace sur la dame à vélo qui s’est arrêté à quelques mètres. Je n’ose pas encore croire à ce que je pense. Après tout, elle s’est peut-être arrêtée pour n’importe quelle raison que nous ne connaissons pas. Elle se retourne et nous demande : - Qu’est-ce qui est écrit sur votre panneau ? Je lui explique qui nous sommes et le voyage que nous avons amorcé vers Compostelle en Espagne. Je continue en disant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Il est d’autant plus important que nous soyons à couvert car de la pluie est annoncée pour la soirée. Nous discutons quelques instants puis notre interlocutrice nous informe que leur maison est actuellement en travaux, notamment au salon. Si elle nous accueille ce serait dans une maison en chantier. Nous lui expliquons que nous sommes tout sauf exigeants et que nous serions tout à fait enchantés de pouvoir être reçu chez elle. Entre-temps sa fille qui avait pris de l’avance à vélo a fait demi-tour et nous à rejoint. Elle écoute notre conversation d’un air concentré. La dame conclus en disant qu’elle va rejoindre sa maison à vélo avec sa fille et se concerter avec son mari avant de venir nous rechercher. Très bien, nous attendrons. Youpi ! On dirait que la chance nous sourit. Après une deuxième journée un peu mitigée en termes de rencontres généreuses, nous nous rattrapons aujourd’hui. Très peu de temps après, une autre dame avec deux petits garçons vient nous aborder. Elle nous a vus discuter avec la dame à vélo, et nous pose également des questions sur notre voyage. Nous lui disons que nous allons probablement être accueillis chez cette dernière qui est allé en parler à son mari avant de revenir. Notre nouvelle interlocutrice d’origine italienne est sympathique. Elle nous dit qu’elle habite dans un petit appartement avec son mari et ses deux fils. Malgré le peu de place nous pourrions éventuellement trouver accueil chez eux ce soir si notre hôte devait se désister. Waouh, quel enchainement de rencontres positives d’un seul coup ! Merci beaucoup. Si nous sommes encore là ce soir parce que notre hôte se serait désistée, ce serait avec plaisir !

Une voiture se gare à quelques mètres de nous dans le parking de la déchetterie communale. A son volant, la dame que nous avons croisée à vélo quelques minutes plus tôt. Elle nous informe que nous pouvons passer la nuit chez elle, mais que comme annoncé précédemment, le rez-de-chaussée est en travaux et qu’il ne faudra pas trop être étonné. Nous la remercions d’avance et chargeons nos sac à dos dans la voiture et nous mettons en route. Nous arrivons peu de temps après dans un petit quartier de villas. Nous nous arrêtons devant sa maison et sortons nos affaires. Son mari nous accueille d’un ton jovial. Au fait, nous sommes Oscar et Stephan, nous ne nous étions encore que présentés comme « des pèlerins sur le chemin de Compostelle » sans préciser notre nom. Nos hôtes s’appellent Gil et Angela. Merci pour l’accueil ! Nous retrouvons également la petite fille à vélo que nous avons déjà rencontrée tout à l’heure, ainsi que sa grande sœur. La plus jeune explique que nous entreprenons un long voyage à pied et que nous cherchons chaque jour un endroit où passer la nuit. Elle a un sourire de petite gamine dont il manque quelques dents de lait récemment tombées. Les deux sœurs ont sept et treize ans, elles s’appellent respectivement Lya et Tehora. Nous posons nos affaires dans un salon vide, dont les meubles et la décoration ont été entreposés sur la terrasse couverte durant les travaux de peinture. Le lendemain, il nous faudra libérer l’espace avant 7h30 du matin pour laisser la place aux travailleurs. Pas de problème, nous sommes tellement reconnaissant de pouvoir dormir à l’intérieur que nous n’allons bien évidemment pas être exigent en quoi que ce soit ! Nos hôtes nous proposent un jus de pomme frais, qui est tout simplement délicieux. Il s’écoule à travers ma gorge en me revitalisant de l’intérieur. Je crois que je n’ai encore jamais autant apprécié un jus de pomme qu’après une journée de marche comme celle-là. Nous discutons autour du petit bar qui avoisine la cuisine où Angela qui n’était qu’une passante anonyme il y a quelques minutes commence à préparer le repas du soir. Nous résumons notre début d’aventure, et je me rends compte que nous marchons depuis déjà trois jours. Cela peut paraître court mais avec notre recherche d’hébergement non-concluante d’hier soir et notre chasse à la nourriture à travers Nyon ce matin, je n’avais pas réalisé que ce laps de temps s’était déjà écoulé depuis notre départ depuis la cathédrale de Lausanne. J’ai souvent entendu que ce sont les trois premiers jours de suite de pratique d’un sport qui sont difficile pour le corps (par exemple pour le ski). Au-delà de cette période, le corps s’habitue à cet effort régulier. Il nous reste environ 97 jours ou moins de 1’900 km de marche jusqu’à Compostelle selon mon estimation, et nous commençons à être rodé ! Nos hôtes nous proposent d’utiliser la douche qui se trouve au premier étage, chose que nous acceptons avec plaisir. Plus tard nous pourrons même mettre notre linge sale à la machine et au séchoir pour pouvoir le remporter comme neuf le lendemain. Après la douche, et toujours en papotant autour du bar, Gil nous demande si notre pèlerinage nous devait nous empêcher de boire un petit coup de vin. Pas du tout, nous commençons même à être des habitués ! Une bouteille de vin blanc est ouverte et des cacahuètes viennent accompagner l’apéritif. Nous nous sommes tellement contentés de peu ces deux derniers jours, que le jus de pomme suivi du vin et des cacahuètes aurait presque suffit à nous remplir le ventre pour aller dormir. Mais nous nous réjouissons quand même au moment de passer à table. Nous avons droit à une généreuse salade mêlée suivi de pâtes à la sauce tomate et au thon, tout cela accompagné de vin rouge. Miam, quel délice ! Au moment où je rédige ces lignes, j’en ai encore l’eau à la bouche… Durant le repas, nous entendons le bruit d’un orage qui éclate et se rapproche avant de laisser place à la pluie. Nous nous rappelons de la chance que nous avons en étant reçu chez cette famille pour la nuit. Oscar raconte comment nous nous y sommes pris au restaurant Migros de Nyon pour nous nourrir à midi. Je suis un peu gêné lorsque je l’entends raconter la scène mais je ne peux me retenir de lâcher un rire, d’abord un peu nerveux puis ensuite plus décontracté. L’anecdote ne manque pas de faire rire les deux sœurs et apporte une atmosphère détendue au repas. Cela nous mène à discuter de la manière dont fonctionne la société où tout s’achète et se vend. J’explique que c’est avec l’idée d’échapper au système monétaire et ses règles durant un certain temps que j’ai voulu initier ce voyage. C’est osé, mais je ne pense pas, en voyageant ainsi, abuser de la bonté des gens que je rencontre en sollicitant leur aide spontanément. Bien que je ne donne pas d’argent en échange de ce qu’ils m’offrent, je pense leur apporter en échange ma bonne humeur, ma présence et mes récits et anecdotes de voyage. Cela deviendra particulièrement vrai plus j’approcherai de la ville de Santiago de Compostela en traversant la France puis l’Espagne, où je me présenterai ensuite comme « un peregrino venido a pied desde Suiza.... ».

Plus tard, nos hôtes nous proposent de prendre le petit-déjeuner avec eux le lendemain matin avant que n’arrivent les travailleurs et que nous ne reprenions la route. Nous acceptons volontiers, je suis presque même gêné lorsqu’il nous est demandé ce que nous mangeons habituellement le matin… En fin de soirée, nous installons nos tapis de sol et sacs de couchage sur le sol du salon pour y passer la nuit. Nos hôtes nous informent qu’ils s’absentent quelques minutes pour aller faire leurs adieux à des voisins qui vont partir en voyage le lendemain. Je suis étonné de la confiance que l’on nous témoigne en nous laissant seul dans leur maison. Une fois couché, je pense à la chance que nous avons eue en rencontrant Angela sur le parking de la déchetterie, et à l’agréable soirée que nous avons passée ensemble avec son mari et ses deux filles. Je remercie l’Univers pour cette « coïncidence » et souhaite que le voyage se poursuive sur cette lancée.

Durant la nuit je ne dors pas très bien. Je fais des rêves étranges. J’essaie de bouger et de me réveiller pour que cela s’arrête. Une fois réveillé je n’ose pas faire de mouvement sur mon petit tapis de sol. Les cauchemars que je viens d’avoir sont encore dans l’air et il me faut un certain temps avant d’oser refermer les yeux et me rendormir.

Si vous avez pris le temps de lire cet extrait qui constitue un des chapitres de mon livre qui est en cours de rédaction, je vous invite à me donner un petit feedback. Que ce soit au niveau du style d'écriture, de l'accroche, etc. Je n'ai jamais écris de livre et suis ouvert à vos critiques positives ou négatives.

Amicalement.

Stephan Pèlerin venu à pied depuis la Suisse Peregrino venido a pie desde Suiza
Open
Carnet de galère d'un trek en Forêt noire
C'était en été 2012, je n'avais plus de boulot et pas un rond en poche...mais je suis atteinte de l'instinct voyageur, et je ne pouvais pas imaginer un été sans aller voir d'autres contrées.

Je me suis donc décidée à partir à l'aventure toute seule en Forêt noire, j'ai commandé les cartes topo adéquates et me suis renseignée sur différents sites pour voir ce qui était possible de faire. Il me semblait que descendre une partie du Westweg en autonomie complète était une plutôt bonne idée; depuis le Titisee jusque Bâle en Suisse où je devais rejoindre un ami d'un ami. Et comme je n'avais pas un balle, j'ai décidé de partir en taxisop, vous voyez, ce site où on s'inscrit en tant que "passager cherche chauffeur"? Bon ok quand j'y repense, c'était assez osé mais qui ne tente rien n'a rien et puis moi, c'est quand je me brûle que je comprends pourquoi on m'avait prévenu que c'était chaud.😛

Nous sommes donc le 31 juillet 2012 et j'attends mon chauffeur "Dries", il vient de Gullegem et se rend à Freudenstadt, au Nord de la Forêt noire pour son boulot, il m'offre donc un siège passager dans sa voiture. Il est sympa, on écoute Snow Patrol dans la voiture. Le trajet se passe bien. Il me dépose à Freudenstadt comme prévu. Cette ville se trouve donc dans le Nord de la Forêt noire...hors moi je dois me rendre au Titisee bien plus au Sud...

C'est ici que l'aventure en solo commence...

Il est environ midi 20. J'essaie tout d'abord de faire du stop pour descendre jusqu'au Titisee, histoire de faire tout le trajet gratos mais sans succès car c'est vraiment trop loin. Et en plus avec mon allemand très très approximatif c'était loin d'être gagné. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'en Forêt noire, les gens ne parlent pas du tout le français et que c'est vraiment au touriste à faire l'effort de la langue. Bah, c'est pas ça qui m'arrete!

Il me semble que mon sac à dos pèse une tonne, en fait il pèse 16kg. Soit une autonomie de bouffe pour 10 jours, quelques vêtements et des babioles toujours utiles.

Je décide finalement de prendre le train. Vous avez déjà essayé de demander votre itinéraire en Deutsch? "euuuh verkaufen Sie farhkartten?" 😊 "et euuuh kan ich ein einfach nach Freiburg haben bitte? Ca se dit ça?"

Bref, à 16h30 je prends le premier train. Celui vers Offenburg.

Puis à 18h05, je prends le deuxième, vers Freiburg.

Puis à 19h, je prends celui vers le Titisee chéri!

A 19h30, je suis donc à mon point de départ. C'est un peu tard pour démarrer un trek non? Je décide donc de m'asseoir à une terrasse pour faire un peu le point et trouver un camping. C'est là, en discutant avec le serveur, à qui j'explique que je suis fatiguée "Ich bin müde" (je lui dis que j'arrive tout juste de Belgique "Ich komme aus Belgien"), qu'un couple de suisses allemands, assis un peu plus loin, entend notre conversation et l'homme décide de venir vers moi.

Bon, déjà l'allemand "simple" n'est pas facile à comprendre mais alors le suisse allemand est encore moins facile! Il m'explique que chaque année, ils fuient la Suisse le jour de la fête nationale car cela fait trop de bruit. Ils habitent près du Lac de Constance. Notre conversation est super basique mais potable, et dans ce temps, , l'homme me demande si je viens de Belgique à pieds...hors moi je comprends qu'il me demande si je vais jusqu'au Mont Belchen à pieds. Faut savoir que Belgique, Belgien en allemand, et Belchen à l'audition ça se ressemble vachement comme mots. Je vous laisse deviner le quiproquo qui s'en suit? 😊 Je lui réponds donc oui! Monsieur, impressionné me dit que je dois être vraiment fatiguée et que je dois avoir faim...c'est à ce moment que je me rends compte que j'avais mal compris sa question héhé...et comment expliquer ça en Deutsch? Hein, je vous le demande! Hahahaha! Je laisse donc couler et le laisse croire, tant pis. Je me dis que de toute façon je ne verrai plus jamais ces gens.

Il retourne à sa table, me coupe un morceau de sa flammeküche et m'invite à venir manger ce morceau à leur table. Bon j'ai quand même l'air d'une débile maintenant qu'ils pensent que je viens de Belgique à pieds, c'est malin ça! Enfin, au moins je suis l'idole de quelqu'un hihihhi. J'explique ensuite que je cherche un camping dans le coin et leur demande si ils en connaissent un. Bien sûr me disent-ils puisqu'eux même y séjournent en ce moment. Ils m'emmènent dans leur minibus (là aussi quand j'y repense, ce n'était pas la plus riche idée de l'année)et me conduisent jusqu'à ce fameux camping. Le Bülhof Camping. Il est situé juste au-dessus du Titisee. Formidable il reste encore de la place!

Je me trouve un petit coin avec un arbre et y installe ma bâche. Oui vous avez bien lu, une bâche. Quand on part seule en autonomie complète, on ne s'embarrasse pas d'une tente encombrante et lourde. Je me fais donc un super abri en demi tipi où je place un stick de marche "planté" dans le sol, les 3/4 de la bâche d'un côté du stick, et le 1/4 restant sera attaché à l'arbre avec une corde ou des élastiques. Il suffit ensuite d'arrimer les coins de la bâche au sol avec des piquets de tente ou des boquets d'bois si on a oublié lesdits piquets à la maison 🤪

Le couple de suisses allemands vient voir mon installation. Ils sont intrigués, je leur explique le pourquoi du comment j'utilise ce système. Nous nous souhaitons une bonne route et tout de bon dans la vie. Je ne les reverrai plus jamais.

Peu de temps après leur départ, c'est Marco mon voisin de camping, que je n'avais pas encore vu, qui vient me proposer son aide .

Marco est italien et il ne parle que italien ou anglais...et moi français et allemand...bon...on arrive quand même à tenir une conversation en italo-franglo-allemand hum.

Il est passé 20 heures et j'ai faim. Je déballe donc ma popote et mon réchaud et mets chauffer de l'eau. Marco me tient compagnie, il est sympathique. Il habite à Bologne et m'explique qu'il est en train de faire un itinéraire en vélo dans la Forêt noire. Son périple se termine demain. Dans la pénombre je ne le vois pas bien mais il me semble qu'il a une drôle de tête, il a la bouche un peu gonflée et rouge, le nez et une joue noirâtres...en fait, il s'est brûlé avec son réchaud au gaz, sa bombonne lui a explosé à la figure 2 jours auparavant. Il ne veut plus jamais utiliser ce système et trouve que mon système à moi est pas mal. J'utilise le fameux réchaud Esbit qui pèse 10 grammes et qui fonctionne grâce à des briquettes auxquelles on boute le feu avant de la déposer dans le réchaud. Il suffit ensuite de poser sa popote dessus et attendre que cuise l'exquis et raffiné mets lyophilisé 4 étoilles. En l'occurrence, ce soir je n'ai pas de lyophilisé mais un sachet de bouffe militaire qu'il suffit de mettre dans l'eau bouillante pour le réchauffer et, même principe que pour la bouffe lyo, il faut le manger directement dans le sac afin de ne pas salir la gamelle. Marco me demande ce que je mange. Ce délicieux repas est composé de langue de boeuf et de sauce. C'est absolument dégueulasse mais j'ai faim. J'essaie de lui expliquer "langue de boeuf" et me voilà en train de mimer la bête en question. Vous avez vu le film "Danse avec les loups"? Hé bien nous y sommes presque! "Meuuuh" 😄

Il est mort de rire mais il a compris, c'est le principal!

On papote comme ça toute la soirée puis vers 22h30 nous décidons de regagner nos abris respectifs car le lendemain une dure journée nous attend. Quelles aventures j'ai déjà vécu en à peine une journée ici!

Mercredi 01 août : 6h du matin. Je me réveille avec le soleil. Je sors de mon abri en même temps que Marco sort de sa tente. aah je peux enfin voir sa tête au grand jour! Il est effectivement bien brûlé le pauvre.

"Gut geschlaffen?" lui dis-je en plus du langage des mains. Il mange une barre de céréales, quant à moi, je commence à cuire mon super petit déj' ultra calorique qui consiste à cuire de la semoule de blé (du couscous quoi) avec du lait en poudre, beh oué les briques ne sont pas pratiques en rando 🙂; du cacao et du sucre. Laissez cuire jusqu'à obtention d'un espèce de gâteau; et j'insiste bien sur le mot "espèce". Ce n'est pas trop dégueu et ça donne de l'énergie pendant des heures. J'offre un café à Marco, de toute façon j'en ai préparé trop juste pour moi. Le pauvre, je m'en fait mal.

En échangeant quelques mots, nous remballons nos affaires, lui sur son vélo; moi sur mon dos, et quittons le Bülhof camping. Nous faisons un tout petit bout de chemin ensemble avant que nos routes se séparent. Nous faisons nos adieux sans échanger de quoi garder contact, aurait-il fallu? Peut-être pas, ce sont ces rencontres éphémères qui rendent les voyages exceptionnels. Cela ne m'empêche pas de penser souvent à lui, et je me demande ce qu'il est devenu. C'est ici que démarre le fameux Westweg que j'attends depuis si longtemps. Aujourd'hui je vais jusqu'au Feldberg, le point le plus haut de Forêt noire à 1493m. Il se trouve à environ15km et quelques vallées d'ici.

Waouww ça commence par une solide côte dans les bois! Le soleil brille déjà bien haut et il n'est que 8h du matin! Le soleil brille et mon sac de 16kg me semble peser une tonne.

Je grimpe cette côte semi ombragée, je croise un homme qui promène ses chiens "Grüß Gott!" me dit-il...hein grusse quoi? AAh oui juste, le Grüß Gott est utilisé ici pour dire bonjour, ça veut dire "Dieu avec toi" en gros. Il entame la conversation "Woher kommen Sie?" "Ich komme aus Titisee und ich geh zum Fedberg". L'homme est impressionné car le Feldberg est loin et haut et je suis seule. Je reprends ma route sans attendre car je sais que la journée risque d'être longue. Avant de démarrer cette aventure, en préparant mon sac, j'avais lavé mon camel back (ma poche à eau) avec une petite pastille effervescente. Il me semblait l'avoir bien rincé et pourtant il reste un drôle de goût quand je bois... ça ne m'inspire rien de bon ça. Bref, je monte, monte, monte dans ce bois. Il est à peine 9h et le soleil tape. Une petite pause photo de temps à autre puis je continue. J'évite cependant de retirer mon sac à dos chaque fois car l'y remettre est assez folklorique. J'arrive à un sommet au bout d'environ deux kilomètres, et je profite du peu de plat qu'il y a pour faire une pause pipi.

Ah un peu de descente...j'arrive en plein village (ou ville?) d'Hinterzarten coincé dans une petite vallée. Je passe juste à côté des pistes de saut à ski de Koßterhöhr et je descends encore.

C'est très joli Hinterzarten. Le soleil tape et je n'ose pas trop boire de peur d'être malade avec ce drôle de goût dans mon eau 🙁 Avec la transpiration, les lanières de mon sac me coupent les épaules. Ce n'est pas confortable. Ce ne sont que des petites choses mais ça devient très vite un enfer car je me dis que je suis vraiment seule ici. Je ne peux compter sur personne. Il me faut toute ma tête pour lire la carte, pour trouver un abri pour la nuit, pour trouver un ravitaillement en eau etc..

J'entame la remontée sur l'autre versant de la vallée et croise quelques personnes qui font aussi le Westweg dans l'autre sens. Parfois en vélo, à pieds et même à cheval. J'ai soif. Ho j'ai bien une gourde supplémentaire mais elle est inaccessible "tout de suite", pour l'attraper je dois retirer mon sac à dos...ce qui demande bien trop d'énergie juste pour une gorgée d'eau. Tant pis je reste comme ça. Inutile de préciser que je regretterai bien vite d'avoir dit ça.

Vers midi, je suis au sommet d'une vallée et m'arrête dans un petit paradis où coule un ruisseau un peu en recul des sentiers. Il y a peu d'arbres ici puisque je suis sur un sommet. Je m'installe les pieds dans l'eau et mange un peu mais je commence à avoir mal de tête et des nausées. Ce que j'ai omis de vous dire c'est que ma casquette est restée sur ma table de salon en Belgique 😎 autant dire que là-bas elle ne me sert pas à grand chose! Je reste comme ça une petite heure sans me rendre compte que, les pieds bien au frais, j'ai la tête qui cuit au soleil.

Je suis en hauteur et donc je bois un peu d'eau de ce ruisseau (elle a le même goût que la Spa), c'est mieux que rien mais c'est trop tard; je sais que je suis foutue, je suis en train de me payer une insolation. Après une bonne heure de répit dans cet éden, je remets (très) péniblement mon sac au dos et redémarre. Bon sang que c'est dur... J'aperçois la tour du Feldberg, elle se rapproche de plus en plus tout en étant encore loin. J'essaie de me concentrer sur autre chose que mes maux. Le parcours est vraiment joli, les sentiers sont parsemés de racines d'arbres et de temps à autre, passent sur un caillebotis. Waouw!!

Plus j'avance et plus le dénivelé est ardu. Cela fait à peu près deux heures que j'ai quitté mon coin de pique nique et je n'ai plus rien bu depuis. Ma tête va très probablement exploser d'ici peu. Il fait à peu près 30 degrés. Les deux ou trois derniers kilomètres se font totalement à découvert, pas la moindre trace d'ombre ici au-dessus. Je croise des gens qui marchent à vive allure sans le moindre problème de chaleur, comme je les envie. Pour moi c'est un enfer, je ne pensais pas qu'il ferait si chaud en Allemagne; c'est d'ailleurs aussi pour ça que j'avais choisi cette destination. Au-delà de 25 degrés je suis malade. Et puis à un moment donné, ça y est. Je suis sur le Feldberg! Je filme mon arrivée tellement je suis heureuse d'y être! Il est 15heures. J'ai l'impression que je vais crever mais ce n'est rien à côté de la fierté d'y être arrivée seule. (J'aurai marché environ 7 heures et parcouru plus de 18km avec un dénivelé de plus de 800m avec mes 16 kg sur le dos.)

C'est un endroit magnifique où seuls le cri des grillons et le souffle du vent viennent s'ajouter à la quiétude du lieu. Il y a pourtant beaucoup de monde ici, (la plupart sont montés en télécabine) mais ça ne gâche rien du plaisir que j'éprouve. Je décide de partager ce moment en envoyant un petit sms à une dame qui s'appelle Nicole et qui se reconnaitra sûrement si elle lit ces quelques lignes 😉 C'est une dame qui connait bien l'Allemagne et qui, comme moi, en est amoureuse.

Je profite quelques minutes de ce noble paysage avant d'entamer la descente car je dois encore trouver un endroit où dormir. C'est très stressant de devoir tout le temps penser à sa survie, d'autant plus que je n'ai vu aucun abri depuis ce matin. Et de toute façon même si je trouve un abri, ce n'est pas suffisant puisque j'ai besoin d'eau...pas simple hein. Je vois sur ma carte (Dieu merci les cartes allemandes sont hyper bien faites) qu'il y a de quoi boire et manger à quelques kilomètres d'ici. Je me mets donc en quête de cet endroit. Il est à peu près à trois kilomètres. J'irai boire un truc et faire le plein d'eau. Seulement voilà, le balisage du Westweg ne correspond plus avec ma carte, je balonne, je me perds, je m'inquiète...

En fait, le balisage est parfait, c'est juste moi qui débloque parce que je suis déshydratée...salement déshydratée même mais sur le coup je ne comprends rien. Je suis toujours en plein soleil, demande ma route aux gens que je croise et je fais des détours pas possible c'est affreux. J'vais crever!

Je marche à petits pas, je n'en peux plus. Je dois m'arrêter à l'ombre de chaque arbre rarissime qui a eu la riche idée de venir se planter là. Je croise un homme âgé à qui je demande si il y a un endroit où dormir pas loin d'ici. Il me semble qu'il m'explique que là où j'ai prévu de ma ravitailler en eau, il ya moyen de dormir, c'est une petite pension. Et il me dit aussi que si je n'ai pas d'argent, il y a une chapelle un peu plus loin que la pension dans laquelle je peux m'installer aussi. Mais je ne suis pas sûre de bien comprendre...déjà quand je vais bien je ne comprends pas bien le Deutsch alors vous imaginez dans mon état actuel....c'est bête mais ça pompe énormément d'énergie de réfléchir dans une langue étrangère qu'on maitrise mal. Au détour d'un chemin, je discerne enfin cette fameuse pension...je ne vais peut-être pas crever ici finalement! Alléluia!

La Todtnauer Hutte est là, juste devant moi. C'est tout mignon comme endroit. J'entre, demande un coca et un morceau de gâteau (ceux qui me connaissent vont sourire en lisant ça hahaha, du gâteau!) en pensant que ça me fera du bien. Grosse erreur de débutant ça! C'est de sel dont j'ai besoin et non pas de sucre! Il me faut plus d'une heure pour réussir à manger. Le sucre me monte directement à la tête, comme si j'étais saoûle, ouffff ça n'va nin bin là! Et puis tout d'un coup, le trou noir, mon assiette a disparu, elle n'est plus sur la table; je n'ai pourtant vu personne venir débarrasser. C'est bizarre ça! et je ne me suis pas endormie non plus; enfin je crois pas.

Je suis toujours assise à la terrasse de la pension lorsque je regarde ma carte et y vois un abri à environ 1500m. Ce serait top pour passer la nuit ça sauf que là, quand j'y pense, 1500m c'est le bout du monde! Je n'arrive même pas à porter mon sac jusqu'aux toilettes pour refaire le plein d'eau, quelle galère! Le choix s'impose de lui-même. Je dois dormir ici! Je demande à la gentille dame si elle a encore une chambre libre pour moi. Et bingo! 😄 y'en a une! Elle me demande si je veux prendre le repas du soir. Je décline, je n'ai pas faim et de toute façon, j'ai de quoi me sustenter dans mon sac. Si il le faut, je resortirai un peu plus tard et je cuisinerai dehors sur mon réchaud. Il est 18heures. La dame me conduit à ma chambre, elle porte mon sac avec bienveillance. Ca se sont les allemands comme on les aime! Accueillants et trèès gentils quoi qu'on en pense! J'ouvre la fenêtre de ma chambre et m'installe...euuh non; je m'affale sur le lit pour une petite sokète. Je me réveille vers 19h et donne de mes nouvelles en Belgique. Lorsque je pars seule, il y'a quelqu'un quelque part à qui je donne mon itinéraire précis et à qui je donne des nouvelles régulièrement. Si la personne n'a pas de mes nouvelles toutes les 24h à peu près, il sait ainsi plus ou moins où me chercher si je tombe dans un trou 😎

Il me semble qu'il faudrait que je mange. J'entreprends des fouilles dans mon sac pour retrouver gamelle, réchaud, bouffe lyophilisée mais même ça, ça demande une énergie que je n'ai plus. Ma tête et mon cou vont éclater. Je retourne me coucher un peu..jusqu'à ce que je sois complètement malade. Mes tripes se sont liquéfiées, ça sort de partout! J'vais quand même crever ici! Mourir sur le Feldberg...ça me plait pas trop mal comme idée.

Je retourne me coucher, je ne pourrai plus me lever jusqu'au milieu de la nuit. Là, j'entends l'orage et la foudre se déchainer. C'est très impressionnant l'orage en semi montagne, ça résonne, ça a un goût d'apocalypse. J'ai soif tiens.

J'arrive péniblement à préparer une boisson dans laquelle je dilue un sachet de minéraux. Impossible de boire tout de suite, ma bouche, ma tête, mon estomac ne veulent pas. Pourtant je crève de soif. Il pleut dans le chambre mais je n'arrive même pas à aller fermer la fenêtre, c'est trop loin (une longueur de bras à peu près, quelle chochote je suis). Il me faudra le reste de la nuit pour arriver à boire 25cl de ladite boisson. 6h30, je me réveille. Et là, surprise...! Je vois mon short de la veille, ainsi que mes sous-vêtements en train de sécher au-dessus du lavabo de ma chambre. Ils sentent à peu près bon; ou en tous cas moins mauvais qu'hier 😊

Que s'est-il donc passé???

Je vérifie ma porte...elle est toujours bien fermée à clé et la clé est dessus. C'est mon inconscient qui m'a joué un tour! Il m'a fait faire des choses dont je ne me souviens pas. Ca ne peut être que moi qui ai lavé ça pendant la nuit mais là encore, c'est le trou noir. Ca fait peur. Une insolation à ce point excessive ne m'était quand même jamais arrivée. C'est à ce moment précis que j'ai décidé que je n'irai plus jamais au soleil! J'en suis dégoûtée. Ce matin, j'ai toujours mal de tête mais c'est moins grave qu'hier. Je pue, j'vais prendre une douche!

Les douches sont communes, c'est tout petit mais il n'y a pas besoin de plus. Dans l'ensemble ça se passe à peu près bien si ce n'est que me baisser pour prendre le gel douche donne l'effet que mon cerveau va me sortir par le nez et que les gouttes d'eau me martèlent le crâne comme si l'orage avait repris. Je remonte dans la chambre. Mon bordel de la veille est toujours étalé par terre; d'un côté le réchaud, de l'autre la bouffe (vous vous souvenez quand j'ai entrepris de me faire à manger mais aussitôt abandonné?) puis les vêtements, les médicaments...oufff...il y a vraiment tout ça dans mon sac?

Le petit déjeuner est à 8h; je n'ai toujours rien avalé depuis le gâteau de malheur d'hier après midi qui n'est pas resté bien longtemps dans mon estomac. Je n'ai pas faim mais il me faut des forces pour repartir tout à l'heure. Ah oui hein parce que je compte bien repartir ce matin. Le Mont Belchen m'attend.

La dame m'installe à une table face à la fenêtre; une ravissante vue s'offre à moi sur les collines encore enveloppées de brume. Quoi? De la brume? YEAAAAHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Rha je suis contente! Pas de méchant soleil ce matin! Je mange le plus salé possible pour me déshydrater moins vite pendant la journée de marche qui va arriver; et je bois au moins un litre de tout ce qu'il y'a, café, thé, jus. Je remonte dans ma chambre pour faire le point de ma situation avec "La Belgique". Je pense pouvoir marcher 15km aujourd'hui et nous convenons, d'après les cartes, que je m'arrêterai au camping de Wieden, avant le Mont Belchen, pour la nuit. Je "range" mon sac; mais n'ai toujours pas beaucoup d'énergie; ce sac ressemble donc plus à une charrette de supermarché d'où plein de choses dépassent hahaha. Tant-pis.

Je passe à l'accueil régler ma nuit. En me voyant, l'homme me demande si je vais bien...j'en déduis que j'ai une sale tête. "Mir wird schlecht" mais ça va aller! J'enfile mes chaussures et démarre.

100 mètres plus loin je vois la fameuse chapelle dont le vieil homme m'avait parlé hier...Mon allemand n'est donc pas si mauvais. Cela dit j'ai eu l'illumination du siècle en ne dormant pas là car avec l'orage qu'il y a eu, toutes mes affaires auraient probablement été trempées.

Il fait brumeux et froid mais quel bonheur! Ca fait un bien fou! Le chemin est bordé de myrtilles d'un taille colossale. Il y'a là une famille d'allemands qui s'en donne à coeur joie. Nous échangeons quelques mots, ils me demandent si j'ai dormi dehors avec l'orage qu'il y a eu. Je les dépasse puis... Bah, je fais pareil, elles sont hautes, ça limite les risque pour les fientes de renard et autres bestioles. Elles sont délicieuses. Mon mal de tête s'en va au fil que j'avale les kilomètres. Je suis surprise de ma capacité de régénération. Est-ce le grand air? Les myrtilles vitaminées? La volonté d'aller plus loin? Dieu seul le sait! Quand j'y repense, je les trouve vraiments sympas les allemands, vous en connaissez beaucoup vous en Belgique des gens qui parlent aux randonneurs qu'ils croisent??

J'ai rincé le camel back deux fois ce matin mais l'eau a toujours aussi mauvais goût. Je la bois quand même, l'épisode d'hier m'a suffit. Une insolation c'est bien; deux c'est trop 🤪 Jusqu'à présent ça ne fait que monter depuis quelques kilomètres, parfois un peu de plat. Puis un superbe point de vue sur les vallées avec, à côté de moi, des myrtilles partout et un buisson d'aneth sauvage. Miam. Je suis seule, je me sens super bien.

Et puis BAM, d'un coup je ressens des élancements dans la plante des pieds...waouw, c'est quoi ça?? Bon sang ça fait mal comme si on m'avait frappé au marteau! Je m'arrête un peu pour les soulager puis repars sans trop trainer.

Je monte à présent un sous-bois et, chose étrange, je n'ai plus mal. Je pense que c'est la descente juste après Notschrei qui a engendré la fatigue. Mine de rien, c'est vrai que depuis hier je ne fais que monter. Et c'est aussi probablement le poids du sac qui joue beaucoup, il s'est très peu allégé depuis hier puisque je n'ai quasi rien mangé, hors, c'est la nourriture qui pèse le plus. Midi arrive. Je me trouve un petit coin pour dîner. Et là, l'astre diabolique décide de se lever et m'envoie ses rouleaux de flammes infernales (ses doux rayons quoi), chassant ainsi ma brume tant adorée. Je suis à l'ombre d'un arbre (ouf!). Je cuis ma popote et reste là une petite heure. Il faut repartir; il me reste environ 7km avant de rejoindre le camping de Wieden. Je ne le sais pas encore mais cette fin de journée sera presque aussi insupportable, bien que d'un tout autre genre; que celle de la veille.

Rapidement, j'entame la descente vers Wieden. Le marteau recommence à tambouriner mes plantes de pieds. Je fais de tout petits pas mais rien à faire, c'est le poids du sac qui en est la cause. Je m'étais entrainée à marcher de longue distance avant mon départ mais avec des sacs à dos moins lourds. Quelle erreur!! Je ne peux en vouloir qu'à moi-même! Soudainement j'arrive entre des prairies...en plein soleil! J'ai envie de pleurer là, ce p... de soleil me fait vraiment peur; je ne veux plus être malade alors je recommence la même rengaine qu'hier, je m'arrête dès qu'il y a un peu d'ombre.

J'arrive près de Jetzen Roald. C'est joli mais je n'arrive pas à profiter du paysage, j'ai trop mal. Puis j'arrive à Wieden. D'après la carte, je dois descendre tout en bas de la vallée pour trouver le camping et le point d'information. J'attaque donc la descente toujours en plein soleil. Je fais des pas minuscules et j'ai l'impression de ne pas avancer. Cette route est longue, vraiment longue et les pieds s'échauffent plus vite sur le tarmac que dans les bois. Il me faut une bonne heure pour descendre car je dois m'arrêter souvent pour soulager mes panards. J'arrive en bas du village. Tout à l'air désert ici. Ne perdons pas espoir! Je cherche des yeux mais ne voit rien qui indique le camping en question. C'est bizarre. Je tourne et commence à comprendre qu'il n'y a rien ici. Merde, je n'ai plus la force de faire demi-tour. Il est bientôt 16heures et je n'ai toujours aucune idée de l'endroit où je vais dormir ce soir, ni si je vais pouvoir me ravitailler en eau. C'est plutôt fâcheux ça!

Ma carte indique un abri au-dessus de la vallée, bon, je n'aurai pas d'eau mais j'aurai au moins un semblant de toit en cas d'orage.Pas trop d'autre choix que d'essayer d'aller là. Bon sang mais quand va se terminer cette journée en enfer? J'en ai maaaaaaaaaaaaaarrrrre! J'ai chaud, j'ai soif, j'ai faim et j'ai mal! J'essaie de faire du stop pour remonter la vallée mais les gens ici sont méfiants. Ca peut se comprendre en même temps vu mon état top biche 😇

Personne ne s'arrête. Là, je perds espoir! Je m'écroule sur le bas-côté en me demandant comment sortir de là. Je pleure comme un gosse, ben ouais ça arrive. Une dame qui habite un peu plus loin vient me voir. Je lui demande si il y'a un camping ici et elle me certifie que non. On échange quelques mots puis elle me dit qu'elle va aller demander à sa fille (ou je ne sais qui j'ai rien compris) si il y'a un autre endroit ou dormir dans le coin. J'attends un quart d'heure mais la dame ne reviendra pas....vieille rombière va! Elle se rend pas compte que je suis en train de crever. Personne n'est disposé à vous aider dans ce foutu village! Même pas un peu d'eau p..;de b.... de m....!! Bande de méchants!

Je ne devrai compter que sur moi-même pour me sortir de ce mauvais pas (mouahahah quel jeu de mots je suis drôle!). Une camionnette arrive au loin. Houuuu ça c'est quelqu'un qui va me charger et qui n'aura pas le choix!

Je m'installe au milieu de la route pour la lui barrer. Je vous ai déjà dit que j'étais tenace? L'homme me demande où je vais, je lui indique mon abri. Il refuse de me prendre avec car ce n'est pas sa direction. Mais quel ingrat lui aussi! M'en fous je lui dit qu'il n'a pas le choix, il va me charger au moins jusqu'au bout de cette route! "Ich bin müde, Meinen Fûß ist kaput" Hé ho merde hein! Je sais c'est osé mais quand vous serez dans la même situation, on verra si vos idées seront meilleures na! Il me dit qu'il y a une auberge de jeunesse un peu plus haut; à mi-chemin entre l'endroit où il me dépose et le fameux abri repéré sur la carte. Je vais voir, et je tourne à nouveau pour ne rien trouver. Je commence à en avoir ras la casquette! Sauf que j'ai pas d'casquette!! Bon, j'en reste donc à mon idée de départ, et amorce la dernière côte de la journée pour rejoindre ma planque. Si je la trouve ce sera une super victoire dans cette journée pourrie!

Au bout de 20 minutes qui en ont paru le double, j'aperçois enfin l'abri! C'est un joli petit châlet en bois dont la porte est fermée. Super quoi! Bon, je comence à m'installer clandestinement à côté, à l'abri du vent, c'est déjà ça de pris. Finalement on arrive à se contenter de peu et on est content pour un rien dans ces conditions là. Et au moment où je déplie ma bâche, le garde arrive 😊 Zut alors!

Je lui explique tout de suite ma mésaventure avec le camping et l'auberge inexistants, ma fatigue et que mes pieds sont foutus. Il m'autorise à m'installer avec ma bâche ici pour cette nuit, il ne peut pas me laisser dormir à l'intérieur. Tant que j'y suis, je lui demande si il y a de l'eau dans l'abri pour que je puisse faire le plein. Il me laisse prendre tout ce que je veux comme eau et il m'offre même un Fanta! Waouw! Cet homme s'appelle Dieu! Il ferme l'abri et part.

Je prends une photo de la vallée. Il va être 18heures; il est grand temps que je donne des nouvelles de mes mésaventures à "La Belgique".

Ce dernier téléphonera, contre mon gré bien sûr puisque je pensais me poser un jour et redémarrer ensuite, à son ami suisse pour qu'il vienne me chercher. L'ami Suisse me téléphonera, je lui dirai que je continuerai encore le lendemain (je veux voir le Belchen moi!) et qu'ensuite je prendrai un train pour descendre à Bâle. Mais rien à faire, il ne daigne pas me laisser là.

Je remballe donc toutes mes affaires et fait demi tour pour atteindre le grand route la plus proche. Notre ami suisse arrivera tard le soir à Wieden au coeur de la forêt noire (2heures de route l'aller quand même!) pour me récupérer alors qu'il était convenu que je n'arriverais chez lui en Suisse que dans une semaine!

Ainsi se termine mon court périple en Allemagne et ainsi commence celui en Suisse.

Que dire à propos de cette aventure? ... Je veux le refaire en entier et dans de meilleures conditions, le Westweg n'aura pas ma peau, j'ai pas dit mon dernier mot! Je suis sur ma faim car je n'aurai pas vu le Belchen mais je suis tout de même fière de m'être extirpée seule de ces mauvais pas, et j'aurai quand même atteint le point le plus haut de cette vaste forêt. J'en suis resortie plus grande en atteignant mes limites que j'ai même dépassées grâce à ma ténacité. Notre corps possède des resources que nous ne soupçonnons pas, et c'est pareil pour l'esprit. Dans les pires moments, il existe comme un pilotage automatique qui se met en place. Je râle de devoir arrêter si vite, ma tête va mieux, mes jambes vont bien malgré le dénivelé, il n'y a que les pieds qui ont lâché; c''est dommage. C'est une expérience que je vous conseille si vous devez faire le point sur vous-même; il n'ya rien de mieux que de se confronter à la nature, c'est un merveilleux test!

Ainsi débute mon aventure en Suisse. Chez notre ami G. Il m'offrira l'hospitalité de bon coeur dès notre arrivée. Il m'installera un matelas dans une pièce qui deviendra provisoirement ma chambre. Quel accueil alors qu'on se connait à peine! Le lendemain, l'ami G. partira travailler et me donnera sa confiance en me laissant chez lui. Je devrai rester couchée jusque dans l'après-midi car même assise, le simple fait que mes pieds touchent le sol est devenu un enfer.

A 17heures, j'ai rendez-vous avec Nath une amie de G. que je ne connais que via un réseau social dont la pub n'est plus à faire. Elle vient me chercher pour aller à une fête de village avec sa mailleure amie. Nath, c'est la première fois que vais la rencontrer forcément, ça fait des mois qu'on attend ça! Le rencontre n'est pas décevante, c'est une personne chaleureuse, remplie de joie et fière (comme tous les suisses que j'ai vu) de me faire découvrir les us et coutumes présents lors de cette fête villageoise...quel bonheur d'être ici! Le lendemain, je m'en suis allée en randonnée. J'ai pris le train à Glovelier, là où je loge, jusque St Ursanne pour ensuite revenir à pieds.Le paysage est tellement fascinant que j'en oublie de regarder la carte; je ne sais plus où je suis. Décidément mon cerveau a fondu sous le coup de l'insolation! Après vérification, je me rends compte que je suis quasiment 10 km trop loin. Et si on ajoute à cela, le soleil et les panards en compote, il m'est impossible de faire le retour à pieds. Bon, bah comme au bon vieux temps, on se met sur le bas-côté et on lève le pouce! 😎 Là, je me fais charger par un drôle de type...beurg. Il me semble qu'il fait un détour immense pour me déposer là où je dois aller, j'ai le palpitant qui s'affole mais j'ai mon couteau pas très loin, ça me rassure un peu. Il finit tout de même par m'emmener au bon endroit.

Le reste de mon séjour en Suisse sera agrémenté de belles rencontres humaines. La famille V. qui m'a accueillie à bras ouverts. C'est une famille super sympathique dont Mr V. est le frère de G. chez qui je loge. Lui et sa femme L. ont trois adorables enfants emplis de vie. Je ne vais pas vous décrire mon séjour en leur compagnie, je préfère garder un petit bout de jardin secret rien que pour moi à propos de ces merveilleux moments. Je ne vous conterai pas la montée au Chasseral par la Combe grède (1600m d'altitude), ni la visite captivante de Bern que m'a faite G. avec tout son coeur, je ne vous narrerai pas non plus les randonnées au Chêtelat et au Béridier toujours avec G; ni le sentier "pieds-nus" que j'aurai fait avec toute la famille V., ni la fondue savoyarde au bord d'un point de vue magnifique avec G., ni la visite de la ravissante et minuscule ville de Gruyères, de son château et de son Giger bar, ainsi que le musée...non je ne dirai rien de tout cela car je ne veux mêler aucune personne étrangère à ce récit personnel

Tout ce que j'en dirai c'est : Les suisses sont fascinants, par leur simplicité, leur respect de la nature, leur respect d'autrui. Ils sont chaleureux, accueillants, altruistes, bourrus, courageux. Ils n'hésitent pas à faire toute une excursion en voiture juste pour aller chercher LE fromage d'untel qui est si bon. Leurs enfants jouent encore dans le jardin, ils vont en vélo, ils partagent le travail campagnard de leurs parents. Ils connaissent leur pays sur le bout des doigts et ils en sont si fiers que s'en est captivant; ils sont fiers de leurs coutumes et respectent les règles. Nous ferions bien d'en prendre exemple! C'est grâce à de telles personnes qu'un voyage devient une aventure humaine inoubliable et que vos tripes se tordent au moment de s'en aller...

Open
Parcourir la Suisse à vélo?
Bonjour à tous,

J'ai besoin d'un avis.

Voulant relier Sion (Valais, Suisse) au lac de Constance, en tandem avec une carriole, je me pose la question suivante:

On ne recherche pas du tout la prestation physique, mais plutôt du cyclotourisme sympa avec notre fille de 2 ans.

Vaut il mieux emprunter le vélo route 1 et 2?

J'avoue avoir un penchant pour la vélo route 9 (celle des lacs) pour la beauté des paysages, les campings, et les baignades éventuelles... mais elle me semble plus difficile (mais il me semble qu'on peut passer tous les cols par le train, non?)

Bref, je suis preneuse de toutes infos,

Un grand merci à vous,

Fanny
Open
De Bastogne à Yverdon les bains à vélo
bonjour, j'envisage de partir cet été avec mes trois enfants en vélo, nous avons deux expérience de ce type de voyage (bretagne et bourgogne). Nous partirions de Bastogne puis Luxembourg, de la deux possibilités soit par la France Sarbruckken, strasbourg, mulhouse bale, soit remonter jusque Coblence par la moselle et redescendre ensuite pas le Rhin coblence, wiesbaden, ... jusque Bale par l'euro vélo 15. Quel itinéraire choisir sachant que l'on sera un peu chargé, remorque et en autonomie. mon deuxième soucis est que je ne vois pas très bien comment de l'euro vélo 15 rejoindre la suisse et yverdon depuis Bale merci à vous
Open
De Chamonix à Genève à bicyclette par la Haute Savoie
Hello les cyclo-touristes

Cet été , je projette de parcourir cette belle haute-savoie olympique depuis chamonix à Genève en venant de Martigny dans le cadre d'un voyage inter frontalier entre les lieux dits- faverges ceci afin de soutenir l'âme ferrugineuse des faverges.

est-il possible de rouler à vélo dans ce secteur ou faut-il prendre les autoroutes, existe t il des voies dites vertes cyclables ou pas ? Notamment entre Chamonix et Sallanches et du coté de cluses ?

Merci à tous

Tchoo comme disent les Vaudois

Le Glaude
Open
Tour à vélo de Zurich à Bâle
Bonjour les amis, Je suis en train d'organiser une petite semaine de vacances en Suisse à vélo (plutôt VTT avec sacoches). On partira à deux et notre vol atterrit à Zurich et on a des amis à Bâle et Lucerne qu'on aimerait bien visiter. Vous avez des suggestions? J'ai investigué un peu et il y a des routes pour faire Zurich-Bâle en 90 km: ça peut se faire facilement sur la journée? D'autres destinations sympas? Quelques conseils pour l'hébergement? Merci d'avance pour votre retour.
Open
Randonnée à vélo 12 jours en Suisse
Bonjour a tous, Suite a un imprevu de derniere minute, nous envisageons de faire une rando velo de 12 jours en suisse (du 17 au 29/7). Le tour des lacs d apres ce que j ai lu sur le forum a l air sympa mais ca date un peu comme infos (2011). Je suis preneuse de toutes infos, iti, hebergement, loc de vélos... Nous habitons ds le 13 et prendrions notre voiture pour ns y rendre. J ai peut etre l intention de louer un VAE pr ce tour car je ne pratique pas enormement mais ai surtout des problemes de genou (ligaments distendus suite a une chute en ski). Je suis preneuse aussi de tout conseil concernant ce nouveau mode de locomotion. Merci Si certains veulent ceder a un prix raisonnable leur materiel, type toile de tente, sacoches... Nous sommes preneurs aussi !
Open
Quel vélo choisir pour un périple Suisse-Istanbul?
Bonjour à tous,

Je pars à vélo avec un ami cet été depuis Lausanne en Suisse avec pour objectif Istanbul, nous sommes tous les deux à la recherche du vélo idéal pour ce périple.

J'ai tout d'abord une grande interrogation sur la taille des roues adéquates : 26'' ou 28'' ? J'ai beaucoup lu sur ce forum que les roues 26'' étaient privilégiés parce que plus résistante et surtout plus universelle (facilité de trouver du matériel de rechange), mais en discutant avec un vendeur de vélo, il m'a dit que ça roule quand même beaucoup mieux avec du 28'', et que ce serait plus adapté à ma taille (je fais 1m99). Il m'a par ailleurs assurer qu'avec des rayons de bonnes qualités et en nombre suffisant, on pouvait arriver à la même résistance. Il me faut donc choisir entre une roue qui roule mieux et une roue qui sera plus facile de réparer, quels sont vos avis à ce propos ?

Pour ce qui est des modèles, nous nous sommes intéressés jusqu'ici au Koga Randonneur, qui présente l'avantage d'être tout prêt au départ (avec le revers de la médaille qui est qu'on se retrouve avec des pièces dont on a pas forcément besoin), au MTB Cycletech Papalagi Touring, qui me plaît bien par son look un peu plus vélo de course (c'est surtout le guidon que je préfère comme ça), au Surly Long Haul Trucker (dont je commanderais juste le cadre et que je ferais équipé par mon vendeur de vélo), ainsi qu'aux Fahrradmanufaktur T-400 ou T-Randonneur, qui me semblent très intéressant aussi (et bien moins cher que les autres), mais je me demandais si un T-Randonneur est un peu trop typé course et pas assez randonnée ? Je cherche un vélo de randonnée, on va voyager à vélo sans chercher la performance, et j'aimerais trouver le bon compromis entre un vélo qui roule bien sur la route, mais qui soit quand même capable de survivre à une piste ou une route de mauvaise qualité de temps en temps ...

Lequel de ces modèle selon vous réponds le mieux à mes attentes et mes critères, à savoir un vélo robuste, adapté au voyage, bien roulant sur route, résistant pour la piste.

D'avance merci pour vos avis, et bien sûr si vous avez d'autres propositions de marques de vélo auxquelles je pourrais m'intéresser, je suis ouvert !

A bientôt

Pascal
Open
Col du Simplon à vélo en hiver (Suisse)
Bonjour,

je voulais savoir si quelqu'un avait déjà fait le col du Simplon à vélo en hiver. Et avec quel équipement.

Histoire de savoir si c'est faisable et si c'est pas trop désagréable par rapport au trafic routier (voiture, camion, etc...)

Merci d'avance pour vos réponses
Open
Voyage familial en Suisse à vélo
Bonjour,

En tant que nouvel arrivant sur le forum une petite présentation : nous sommes une famille de quatre adepte des balades plus ou moins longues en vélo. A nous tous nous avons affichons fièrement 81 ans. Le plus vieux ayant tout de même 19 fois l'age du plus jeune (je vous laisse en déduire la pointure du capitaine). Jusqu'a l'année dernière l'équipage se composait de 2 cyclistes (2 vélos + 1 remorque). Depuis, le plus grand des passagers de la remorque a atteint l’age de l’émancipation, du désir de liberté et surtout l’envie de faire aussi du vélo. En gros il a eut 4 ans et demi. Donc face à ses revendications de plus en plus sonores nous avons opté depuis les vacances de Pacques pour une configuration à 3,5 cyclistes soit deux vélos, la remorque et un velo 16 pouces. En fait le grand ne compte que pour 0.5 car il ne pédale qu’à mi-temps ou moins, passant le reste du trajet en follow-me ou à roupiller dans la remorque avec sa sœur quand celle-ci le laisse tranquille. En fait on se demande si cette soudaine envie de faire du vélo ne cache pas plutôt l’envie d’être un peu peinard.

Bon je vous l’accorde, c’est un peu plus de logistique notamment dans le train, un peu plus de poids à tracter mais vu le bordel qu’on trimballe on n’est plus à ça près et au bout du compte tout le monde est content. Le grand pédale quand il veut ainsi que le soir au camping, sa sœur prend ses aises dans la remorque et de mon coté je tracte un remorque plus légère. Par contre pour passer inaperçu on peut faire mieux.

Pour cet éte, nous envisageons d’aller user nos pneus en Suisses. Nous nous sommes donc jeté sur le site http://www.veloland.ch, très bien fait par ailleurs. Et c’est la que ça se complique. Nous avons regardé la carte et quasiment routes les routes étaient des itinéraires cyclistes. Comme on ne compte partir que 3-4 semaines on va avoir du mal à tout faire et il faut donc effectuer un choix. Alors on a commencé par éliminer la route des cols, puis décidé aller au voir des lacs mais cela ne suffit pas. Et c’est la que je sollicite votre aide.

Auriez vous des conseils, des itinéraires ou les zones à recommander qui pourraient convenir à un équipage tel que le notre. Tous les retours d’expérience pourront nous être utiles.

Merci par avance.

Vanoli
Open

You might also like