Results for "Roche-Courbon+|+127"
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Retour d'un voyage d'un mois en Nouvelle-Calédonie English translation pending
Voyage effectué en octobre 2013
Vol Paris / Tokyo / Noumea effectué sur AF et Air Calin.
Hébergements achetés via l’agence Caledonia Spirit qui nous a fait bénéficier sur les Iles Loyauté d’une offre promo : 1 nuitée gratuite pour 3 nuits payantes. Air pass 5 coupons (32 250 F) pour les trajets Noumea / Mare, Lifou/Ouvea, Ouvea/Noumea et Noumea/Ile des Pins/Noumea Trajet de Mare à Lifou effectué en bateau avec le Betico2.
Mare : Hébergement à l’hôtel Nengone Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de qualité. Buffet du dimanche avec animation musicale copieux et varié (3 200 F). Dîner en table d’hôte chez Leon Duhnara à 4000 F Randonnée « Terrasses de Shabadran » réservée auprès de Damas Beaurune mais ce n’est plus Damas en personne qui encadre les randonneurs. Il se contente de sous-traiter la tâche à ses enfants… Dans notre cas, c’était sa fille Yvonne (11 ans) qui nous accompagnait (sans avoir apporté de quoi manger ni boire !). Donc, pas de valeur ajoutée de la part du guide (aucune explication sur la flore rencontrée, rien sur l’histoire de l’île… Début du parcours est un peu délicat lorsqu’il faut escalader la paroi. En cas de chute, il se pose donc un réel problème de sécurité (aucune couverture téléphonique dans la zone). Randonnée à ne pas louper mais en toute connaissance de cause.
Lifou : Hébergement à l’hôtel Drehu Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de piètre qualité. Nous préférons prendre les dîners en table d’hôte chez Jeannette Ihage (5300 F). Passage au Nakamal près du club de voile pour boire le kava. Plongées avec le club Wetr Diving dans une eau d’une limpidité extraordinaire. Randonnée intéressante depuis la baignoire naturelle jusqu’aux grottes de Xodre avec un Kanak
Ouvea : Hébergement au Paradis en bungalow royal jardin. Superbe ! A 2 couples, cela revient moins cher que de louer 2 bungalows individuels. Nous n’avons pris aucun repas sur place étant donné le coût et avons préféré le snack Fassy dont la gestion se fait par rotation entre les différentes tribus. Durant notre séjour c’est Marie-Sylvestre qui officiait en cuisine. Les plats proposés étaient très bons et d’excellent rapport qualité/prix (1800 F le crabe et 3600 F la langouste). Plongées avec Mio Palmo difficilement joignable car ne répond pas aux mails et mobile hors service car téléphone volé. Ponctualité très discutable : rendez-vous à 7 h 30 au club pour un départ à 10 h 30. Le moteur du bateau est HS… Marino est donc obligé de louer un bateau de pêcheurs. Cependant, très belles plongées dans le Nord (45 mn de convoyage en voiture) à la Passe du Taureau. Nous n’avons donc absolument pas regretté notre sortie. Sortie Pléïades du Sud avec Maryline sur l’îlot Gee (BBQ de poissons) et arrêt sur le trajet du retour à la nurserie des requins gris. Randonnée Hnimek (passe aux requins) avec Antoine. C’est la randonnée à faire. Antoine est très intéressant.
Grande Terre sous une météo très capricieuse avec les étapes suivantes :
Kone : Hébergement à l’Hôtel Hibiscus en chambre standard. Très petite et mal située (à l’entresol au niveau de la piscine). Mieux vaut choisir une chambre avec vue sur la piscine. Plongées avec le club Gatope Diving annulées pour cause de météo défavorable. Montée au point de vue sur le Cœur de Voh (2 heures A/R). Visite très intéressante de l’ancienne mine de Tiebaghi avec Henri qui en parle avec passion et nous raconte plein d’anecdotes intéressantes. Du coup la visite qui dure en principe 3 heures se termine au bout de 4 heures. Dîner à l’excellente table d’hôte « Chez Kiwi » tenue par une Néo-Zélandaise
Poum : Hébergement au Relais de Poingam. Les hébergements pourtant au même prix ne sont pas de même niveau et nous avons changé nos 2 bungalows individuels contre des bungalows jumelés car l’un était petit et sombre. Cadre très arboré. Plage à 2 pas. Petite piscine d’eau de mer. Restauration d’excellente qualité à un rapport qualité/prix défiant toute concurrence : 3 300 F comprenant apéritif / entrée / plat / dessert / vin et infusion. Staff et personnel très attentionné. Randonnées jusqu’aux marais salants de Khô.
Hienghène : Hébergement au Koulnoue Village en bungalows. Buffets copieux et variés. Découverte de l’organisation d’une tribu avec Alain (Brousse O’thentik) Plongées avec Babou Ocean
Poindimié : Hébergement au Tieti. Avons été surclassés grâce à l’agence en bungalow plage (au lieu de bungalow jardin) pour compenser les désagréments rencontrés lors des hébergements précédents. Dîner en table d’hôte chez Mo Sa Sa Plongées avec Tieti Diving.
Boulouparis : Hébergement aux Paillotes de la Ouenghi. Visite de la distillerie de niaoulis. Randonnée équestre avec Sarramea Randonnées. Nous avions prévu de faire l’îlot Tenia mais y avons renoncé en raison du coût du transfert exagéré (5500 F) et d’une météo peu engageante. Transversale jusqu’à Thio et arrêt à la plage de Moara où un dugong a pris ses quartiers. Mais le temps ne se prêtant pas à la baignade, nous n’avons pu vérifier sa présence et sommes retournés vers la côte ouest moins humide (Plage de Bourake).
Noumea : Hébergement à l’hôtel Le Pacifique sur Anse Vata. Bien situé (proximité de la plage du Méridien et d’un arrêt de bus et nombreux restaurants). Chambres avec vue sur mer (numéros pairs) à fuir car nuisance de la boîte de Nuit « Le Bilboquet » jusqu’à 3 heures du matin. Visite du Centre Culturel Jean-Marie Jibaou Transversale jusqu’à Yaté et déjeuner au Gîte Gabriel. Retour par la même route car route de Goro / Prony déconseillée en raison des fortes pluies des jours précédents. Plongées avec Iatok Diving à Port Moselle. Excursion au Phare Amédée sur le Mary D.
Ile des Pins : Hébergement au Gîte Nataîwach (réservé par nos soins). Dîners excellents (entrée / plat et dessert) pour 3 600 F Excursion à la piscine naturelle et déjeuner chez Kou-Bougny. Attention : Chez Regis n’assure plus de restauration. Plongées avec Kunie Scuba Center. Excursion sur atoll Nokanhui & Ilot Brosse annulée en raison de la météo. Montée au Pic Nga (1 h 45 A/R) Impossibilité de manger une langouste durant notre séjour sur cette île. Les pêcheurs préférant réserver leur pêche aux croisiéristes car cela leur rapporte plus que de les vendre aux pensions de l’île… Et un bateau était attendu chaque jour durant notre séjour ! On s’est rabattu sur les bulimes (les fameux escargots endémiques de l’île) qui sont délicieux.
Notre ressenti :
Le coût de la vie est hyper élevé ! A titre d’exemples : une entrée ou un dessert (800 à1200 F). Un plat (2 400 à 3 200 F) Une bière (350 à 750 F) L’essence par contre reste du même niveau qu’en Métropole (1 600 F).
Nous avons bien aimé découvrir les Iles Loyauté ainsi que l’Ile des Pins (Véhicule indispensable sur les îles). La côte ouest de Grande Terre n’offre pas beaucoup d’intérêt. Lui préférer la côte Est plus jolie, mais également plus arrosée… Sur les îles, impossibilité de manger si on n’a pas réservé à l’avance (même lorsque l’approvisionnement ne fait pas défaut…). Lorsque il y a un « touché bateau » (c’est l’expression utilisée là-bas), on voit surgir de petits stands proposant restaurations et artisanat. Mais les plages sont également envahies par les croisiéristes (jusqu’à 2 000 personnes sur un bateau).
Plongées int��ressantes avec architecture de canyons, de grottes dans une forêt de gorgones.
Faune rencontrée : requins gris, mérous, napoléons, raies mantas, seiche…
Restaurants qui méritent le déplacement sur Noumea : L’Assiette du Cagou / Le Miretti Gascon / Au Petit Café / La Perle d’Eram (une annexe du Black Pearl Coffee de Nouville)
Vol Paris / Tokyo / Noumea effectué sur AF et Air Calin.
Hébergements achetés via l’agence Caledonia Spirit qui nous a fait bénéficier sur les Iles Loyauté d’une offre promo : 1 nuitée gratuite pour 3 nuits payantes. Air pass 5 coupons (32 250 F) pour les trajets Noumea / Mare, Lifou/Ouvea, Ouvea/Noumea et Noumea/Ile des Pins/Noumea Trajet de Mare à Lifou effectué en bateau avec le Betico2.
Mare : Hébergement à l’hôtel Nengone Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de qualité. Buffet du dimanche avec animation musicale copieux et varié (3 200 F). Dîner en table d’hôte chez Leon Duhnara à 4000 F Randonnée « Terrasses de Shabadran » réservée auprès de Damas Beaurune mais ce n’est plus Damas en personne qui encadre les randonneurs. Il se contente de sous-traiter la tâche à ses enfants… Dans notre cas, c’était sa fille Yvonne (11 ans) qui nous accompagnait (sans avoir apporté de quoi manger ni boire !). Donc, pas de valeur ajoutée de la part du guide (aucune explication sur la flore rencontrée, rien sur l’histoire de l’île… Début du parcours est un peu délicat lorsqu’il faut escalader la paroi. En cas de chute, il se pose donc un réel problème de sécurité (aucune couverture téléphonique dans la zone). Randonnée à ne pas louper mais en toute connaissance de cause.
Lifou : Hébergement à l’hôtel Drehu Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de piètre qualité. Nous préférons prendre les dîners en table d’hôte chez Jeannette Ihage (5300 F). Passage au Nakamal près du club de voile pour boire le kava. Plongées avec le club Wetr Diving dans une eau d’une limpidité extraordinaire. Randonnée intéressante depuis la baignoire naturelle jusqu’aux grottes de Xodre avec un Kanak
Ouvea : Hébergement au Paradis en bungalow royal jardin. Superbe ! A 2 couples, cela revient moins cher que de louer 2 bungalows individuels. Nous n’avons pris aucun repas sur place étant donné le coût et avons préféré le snack Fassy dont la gestion se fait par rotation entre les différentes tribus. Durant notre séjour c’est Marie-Sylvestre qui officiait en cuisine. Les plats proposés étaient très bons et d’excellent rapport qualité/prix (1800 F le crabe et 3600 F la langouste). Plongées avec Mio Palmo difficilement joignable car ne répond pas aux mails et mobile hors service car téléphone volé. Ponctualité très discutable : rendez-vous à 7 h 30 au club pour un départ à 10 h 30. Le moteur du bateau est HS… Marino est donc obligé de louer un bateau de pêcheurs. Cependant, très belles plongées dans le Nord (45 mn de convoyage en voiture) à la Passe du Taureau. Nous n’avons donc absolument pas regretté notre sortie. Sortie Pléïades du Sud avec Maryline sur l’îlot Gee (BBQ de poissons) et arrêt sur le trajet du retour à la nurserie des requins gris. Randonnée Hnimek (passe aux requins) avec Antoine. C’est la randonnée à faire. Antoine est très intéressant.
Grande Terre sous une météo très capricieuse avec les étapes suivantes :
Kone : Hébergement à l’Hôtel Hibiscus en chambre standard. Très petite et mal située (à l’entresol au niveau de la piscine). Mieux vaut choisir une chambre avec vue sur la piscine. Plongées avec le club Gatope Diving annulées pour cause de météo défavorable. Montée au point de vue sur le Cœur de Voh (2 heures A/R). Visite très intéressante de l’ancienne mine de Tiebaghi avec Henri qui en parle avec passion et nous raconte plein d’anecdotes intéressantes. Du coup la visite qui dure en principe 3 heures se termine au bout de 4 heures. Dîner à l’excellente table d’hôte « Chez Kiwi » tenue par une Néo-Zélandaise
Poum : Hébergement au Relais de Poingam. Les hébergements pourtant au même prix ne sont pas de même niveau et nous avons changé nos 2 bungalows individuels contre des bungalows jumelés car l’un était petit et sombre. Cadre très arboré. Plage à 2 pas. Petite piscine d’eau de mer. Restauration d’excellente qualité à un rapport qualité/prix défiant toute concurrence : 3 300 F comprenant apéritif / entrée / plat / dessert / vin et infusion. Staff et personnel très attentionné. Randonnées jusqu’aux marais salants de Khô.
Hienghène : Hébergement au Koulnoue Village en bungalows. Buffets copieux et variés. Découverte de l’organisation d’une tribu avec Alain (Brousse O’thentik) Plongées avec Babou Ocean
Poindimié : Hébergement au Tieti. Avons été surclassés grâce à l’agence en bungalow plage (au lieu de bungalow jardin) pour compenser les désagréments rencontrés lors des hébergements précédents. Dîner en table d’hôte chez Mo Sa Sa Plongées avec Tieti Diving.
Boulouparis : Hébergement aux Paillotes de la Ouenghi. Visite de la distillerie de niaoulis. Randonnée équestre avec Sarramea Randonnées. Nous avions prévu de faire l’îlot Tenia mais y avons renoncé en raison du coût du transfert exagéré (5500 F) et d’une météo peu engageante. Transversale jusqu’à Thio et arrêt à la plage de Moara où un dugong a pris ses quartiers. Mais le temps ne se prêtant pas à la baignade, nous n’avons pu vérifier sa présence et sommes retournés vers la côte ouest moins humide (Plage de Bourake).
Noumea : Hébergement à l’hôtel Le Pacifique sur Anse Vata. Bien situé (proximité de la plage du Méridien et d’un arrêt de bus et nombreux restaurants). Chambres avec vue sur mer (numéros pairs) à fuir car nuisance de la boîte de Nuit « Le Bilboquet » jusqu’à 3 heures du matin. Visite du Centre Culturel Jean-Marie Jibaou Transversale jusqu’à Yaté et déjeuner au Gîte Gabriel. Retour par la même route car route de Goro / Prony déconseillée en raison des fortes pluies des jours précédents. Plongées avec Iatok Diving à Port Moselle. Excursion au Phare Amédée sur le Mary D.
Ile des Pins : Hébergement au Gîte Nataîwach (réservé par nos soins). Dîners excellents (entrée / plat et dessert) pour 3 600 F Excursion à la piscine naturelle et déjeuner chez Kou-Bougny. Attention : Chez Regis n’assure plus de restauration. Plongées avec Kunie Scuba Center. Excursion sur atoll Nokanhui & Ilot Brosse annulée en raison de la météo. Montée au Pic Nga (1 h 45 A/R) Impossibilité de manger une langouste durant notre séjour sur cette île. Les pêcheurs préférant réserver leur pêche aux croisiéristes car cela leur rapporte plus que de les vendre aux pensions de l’île… Et un bateau était attendu chaque jour durant notre séjour ! On s’est rabattu sur les bulimes (les fameux escargots endémiques de l’île) qui sont délicieux.
Notre ressenti :
Le coût de la vie est hyper élevé ! A titre d’exemples : une entrée ou un dessert (800 à1200 F). Un plat (2 400 à 3 200 F) Une bière (350 à 750 F) L’essence par contre reste du même niveau qu’en Métropole (1 600 F).
Nous avons bien aimé découvrir les Iles Loyauté ainsi que l’Ile des Pins (Véhicule indispensable sur les îles). La côte ouest de Grande Terre n’offre pas beaucoup d’intérêt. Lui préférer la côte Est plus jolie, mais également plus arrosée… Sur les îles, impossibilité de manger si on n’a pas réservé à l’avance (même lorsque l’approvisionnement ne fait pas défaut…). Lorsque il y a un « touché bateau » (c’est l’expression utilisée là-bas), on voit surgir de petits stands proposant restaurations et artisanat. Mais les plages sont également envahies par les croisiéristes (jusqu’à 2 000 personnes sur un bateau).
Plongées int��ressantes avec architecture de canyons, de grottes dans une forêt de gorgones.
Faune rencontrée : requins gris, mérous, napoléons, raies mantas, seiche…
Restaurants qui méritent le déplacement sur Noumea : L’Assiette du Cagou / Le Miretti Gascon / Au Petit Café / La Perle d’Eram (une annexe du Black Pearl Coffee de Nouville)
Colors of Iceland 2013 English translation pending
Trois semaines en Islande, du 19 août au 6 septembre 2013
Octobre 2012 : notre destination 2013 est arrêtée, l’an prochain, ce sera l’Islande. Oui, oui, avec un « s », j’ai bien dit ISLANDE. On nous faisait souvent répéter : « Où cela, en Irlande ? » « Non, en Islande. » Vu l’air ébahi de nos amis, c’est comme si nous partions sur la Lune. Dans un sens, ce n’est pas tout à fait faux, vu les paysages traversés !
Commence une longue et agréable période de recherches et de lectures diverses. Les grandes lignes de l’itinéraire sont vite dessinées et les vols sont réservés dès janvier. Le parcours sera classique, dans le sens antihoraire, avec quelques incursions dans les hautes terres. Au vu des paysages tantôt montagneux tantôt désertiques des hautes terres, il est clair que nous ne voulons pas manquer cela. Cela nécessite donc la location d’un 4X4 pour emprunter certaines pistes interdites aux véhicules de tourisme et franchir les nombreuses rivières à gué. Notre choix se porte sur un Grand Vitara, loué chez Blue Car Rental.
Itinéraire prévu : J1 : Francfort - Kefkavik (arrivée à 15h35) - Geysir - Gulfoss - Reykholt J2 : Reykholt - Landmannalaugar J3 : Landmannalaugar J4 : Landmannalaugar - Vik J5 : Vik - Kirkjubaejarklaustur (ou se rapprocher du Laki) J6 : Kirkjubaejarklaustur - Laki - Svinafell J7 : Svinafell - Skaftafell - Jokulsarlon J8 : Jokulsarlon – Fjords de l’Est - Mjoifjordur J9 : Mjoifjordur J10 : Mjoifjordur- Askja (ou route vers Myvatn) J11 : Askja - Myvatn - Dettifoss - Selfoss - Hafragilfoss – Hljodaklettar –Asbyrgi – Myvatn J12 : Krafla - Viti - Leirhnjukur - Namafjall – Grjotagja – Skutustadir –Vindbelgjarfjall - Myvatn J13 : Myvatn – Husavik – Akureyri, Skagafjordur ou Varmalid J14 : Varmalid – Hveravellir - Kerlingarfjöll J15 : Kerlingarfjöll - Snaefellsnes J16 : Snaefellsnes J17 : Snaefellsnes - Reykjavik J18 : Reykjavik J19 : Reykjavik – Keflavik (départ à 16h05) - Francfort
Itinéraire suivi : J1 : Francfort - Kefkavik (arrivée à 15h35) - Geysir - Gulfoss - Reykholt J2 : Reykholt - Landmannalaugar J3 : Landmannalaugar - Vik J4 : Vik J5 : Vik - Kirkjubaejarklaustur J6 : Kirkjubaejarklaustur - Laki - Svinafell J7 : Svinafell - Skaftafell - Jokulsarlon J8 : Jokulsarlon – Fjords de l’Est - Mjoifjordur J9 : Mjoifjordur - Seydisfjordur - Litlanesfoss - Hengifoss - Mjoifjordur J10 : Mjoifjordur - Dettifoss - Selfoss - Hverir - Myvatn J11 : Myvatn - Grjotagja –Dimmuborgir - Hverfjall - Skutustadir - Krafla - Viti - Leirhnjukur - Namafjall- Myvatn J12 : Myvatn - Husavik - Myvatn J13 : Myvatn – Godafoss – Akureyri - Grundarfjordur J14 : Grundarfjordur - Péninsule de Snaefellsnes - Grundarfjordur J15 : Grundarfjordur - Stykkisholmur - Thingvellir - Reykholt J16 : Reykholt - Hveragerdi - Grindavik - Kerid - Reykholt J17 : Reykholt - Reykjavik J18 : Reykjavik - Péninsule de Reykjanes - Reykjavik J19 : Reykjavik – Keflavik (départ à 16h05) - Francfort

Pour plus de souplesse, nous faisons le choix de ne réserver qu’une partie des hébergements, quitte à dormir dans la voiture. Ainsi, nous pourrons aviser sur place, en fonction de nos envies et surtout des conditions climatiques. Nous savons qu’elles y sont rudes et sommes donc prêts à affronter tous les éléments.
19/08 - J1 :Francfort – Keflavik – Reykholt Jour J : Départ de Francfort à 14 h 05
Trois heures trente plus tard, nous survolons les côtes islandaises flanquées de falaises, de failles et d’un dédale de rivières glaciaires. Il fait beau, la température est de 12° et premier constat…ça décoiffe ! On nous avait prévenus que le vent islandais n’était pas à prendre à la légère et bien cela se vérifie.
Pas de temps à perdre, RDV en face du terminal dans les bureaux de Blue Car Rental pour la prise en charge de notre véhicule. Après avoir accepté l’assurance SAAP (protection contre les tempêtes de cendres et de sable - nous en étions informés et l’avions prévu), nous faisons une vérification rapide du Grand Vitara. Une fois n’est pas coutume (cf. voyage au Canada), les pneus arrières sont lisses et de surcroit pas du tout adaptés à la conduite sur pistes, (ce sont des pneus « route ») alors que nous avions bien précisé lors de la réservation que nous nous rendions dans les Highlands. L’agent, lui, nous assure qu’il n’y a aucun problème. Bah, on verra bien se dit-on…
Premiers contacts avec la terre islandaise et ses étendues de lave peu après l’aéroport. Le moins que l’on puisse dire c’est que le paysage est ici très tourmenté. Cela verdit et s’assagit petit à petit en direction de la capitale et de Reykholt où nous avons réservé une chambre à la guesthouse Husid. C’est même très champêtre : des ruisseaux, des fermes, des moutons… Arrivés à la guesthouse, nous découvrons une maison typique, au cœur d’un petit lotissement. Le rez-de-chaussée est entièrement consacré aux hôtes où 8 chambres se partagent 3 salles d’eau, une cuisine commune bien équipée et le WiFi. Accueil très sympathique de la propriétaire puis, en route pour Gullfoss et Geysir. Il n’est pas loin de 21h et il y a très peu de monde aux abords de la cascade qui nous impressionne par sa forme et son débit.


Nous avons la chance d’y observer le fameux arc en ciel qui a donné son nom à la chute (la chute d’or). Nous restons un moment à la photographier sous tous les angles avant de prendre la route pour le site géothermique très touristique de Geysir, qui a donné son nom au terme de geyser. Ce dernier n’est plus actif. Il y a peu de monde, mais tous attendent avec impatience la prochaine projection d’eau de Strokkur, le seul geyser encore actif. Nous avons vu que Litli Geysir l’était aussi, mais dans de moindres proportions (peut-être 4/5 mètres). Ce sont les premières zones géothermiques et sources chaudes que nous voyons (nous ne sommes pas encore allés à Yellowstone) et c’est assez divertissant. Autour de nous, ça fume, ça bouillonne, ça glougloute de partout et enfin, sans prévenir Strokkur se réveille et atteint une hauteur de 20/30 mètres. Parfois 3 fois de suite, puis plus rien pendant près de 10 minutes, mais c’est tout de même assez régulier. Pas évident de capturer l’instant avec un modeste appareil compact (désolée les photos sont floues).

Retour à Reykholt. Premier contact avec l’eau soufrée de la douche…c’est un peu déroutant mais on s’y fait vite. Du fait de sa position géographique et géologique, l’Islande regorge de ressources naturelles. Ainsi le chauffage, l’eau chaude et une grande partie de l’électricité sont d’origine géothermique, d’où l’odeur omniprésente de soufre.
Première journée et déjà ce pays nous séduit !
20/08 - J2 : Reykholt -Landmannalaugar Des vertes prairies aux hautes terres noires et arides
Avec le décalage horaire, je suis réveillée tôt et le soleil s’amuse à me narguer au travers de rideaux peu occultants. Le ciel est bleu azur et il n’y a pas un seul nuage : la journée s’annonce des plus belles. Je trépigne donc d’impatience au fond du lit en attendant le petit déjeuner qui n’est servi qu’à 8 h. Après le copieux petit déjeuner, départ vers Fludir pour retirer des couronnes et faire le plein de provisions. En chemin, nous nous arrêtons à la monumentale église de Skálholt et à une très belle petite chapelle couverte d’herbe trônant à ses côtés. Le cadre est bucolique et très verdoyant, à l’arrière plan 2 volcans, l’Hekla et l’Eyjafjallajökull, dont l’éruption le 14 avril 2010 a perturbé l’espace aérien international pendant quelques semaines.




Avant de nous rendre au Landmannalaugar, plusieurs détours sont prévus pour admirer quelques chutes. Nous prenons la route 32 en direction de l’Est pour un arrêt à Hjalparfoss, formée de deux chutes entourées de colonnes de basalte.

Puis la 327 vers l’Ouest, piste très caillouteuse, pour atteindre les gorges de Gjain. Les alentours sont très minéral et l’on se demande où peut bien se trouver cette oasis. Nous y parvenons enfin. Nous sommes seuls dans cet écrin de verdure, le soleil brille et il est près de midi. C’est l’endroit idéal pour la pause déjeuner.

Une fois les estomacs pleins, c’est le moment de secouer tout cela en reprenant la tôle ondulée de la 327 en sens inverse, puis la 332 pour Háifoss et Granni, deux autres cascades (122 mètres de haut), situées plus en amont.

Cette fois plus de détour, nous reprenons la 32, puis la 26 et enfin la F225 menant au Landmannalaugar. Cette piste, exclusivement réservée aux 4x4 est magnifique. Nous traversons un paysage lunaire, passant d’un désert noir à des montagnes aux couleurs irréelles. Nous ne savons plus où regarder et apprécions l’instant.




La piste est assez roulante, mais voilà qu’arrive le premier gué. Nous sommes novices en conduite de 4x4 et encore plus en traversée de gués. D’autant plus que la fonte des neiges a été assez tardive cette année et que le niveau des rivières est globalement plus élevé que d’ordinaire. On s’approche à pied, le niveau ne semble pas bien haut, on voit bien les traces des autres véhicules, mais nous hésitons tout de même. Et comme il l’est indiqué sur le panneau de prévention « les traces ne racontent pas toute l’histoire ». Quand on voit les 4x4 islandais préparés et surélevés, mieux vaut en effet ne pas suivre toutes les traces ! Heureusement la F225 est très fréquentée et un bus, suivi d’un véhicule du même type que le nôtre s’engagent dans la rivière. Ben maintenant, y’a plus qu’à. Enclenchement des vitesses courtes et c’est parti. Signalons que le véhicule n’est pas couvert en cas de « plantage » au milieu du gué. Oups, comment, je ne te l’avais pas dit chéri ? 🤪 C’est d’ailleurs assez sournois de la part des agences qui louent leurs 4x4 au prix fort, tout en connaissant les risques.
Ouf, ça passe pour cette fois. Plus loin, deuxième gué beaucoup plus large, nous attendons à nouveau le passage d’autres véhicules. Un Défender arrive et s’engage sur la mauvaise voie. Aucun problème pour lui, demi-tour et nouvelle traversée sur la bonne rive cette fois. Nous lui emboîtons le pas. L’autocollant qu’arbore à juste titre le Déf’ en dit long : « You can go fast but I can go anywhere – Vous pouvez aller vite mais moi je peux aller partout » 😛 Le panorama est toujours aussi beau et les montagnes de plus en plus majestueuses.


Nous arrivons bientôt à la hauteur du Frostastadavatn, puis à proximité du site de Landmannalaugar. Il y a avant le camp, deux gués dont la traversée peut s’avérer difficile. Nous observons attentivement les véhicules qui nous précèdent et audacieusement, mon conducteur de mari n’hésite même plus et va de l’avant. On a l’impression d’être des enfants qui sautent dans une mare.
Il est plus de 17 h, un instant pour souffler, un petit en-cas et c’est parti pour l’ascension du Mont Bláhnúkur (la montagne bleue) qui culmine à 940 m. Profitons-en tant qu’il y a encore quelques rayons de soleil. Le sentier est assez raide mais en vaut la peine. Les vues depuis le sommet sont époustouflantes. Le camp au pied du champ de lave et des massifs à perte de vue…


Retour au camp après environ 2 heures de rando. Après tous ces kilomètres de pistes, que c’est agréable de se dégourdir les jambes. Mais le plus appréciable, ce sont les sources chaudes qui se trouvent au fond du site. Rapide déshabillage à température ambiante brrr et baignade dans une eau à 40° dans laquelle nous restons bien 1h30. Nous sommes étonnés du nombre élevé de touristes français présents sur le camp (et dans tout le pays, comme nous le constaterons plus tard).

Nous sommes sur un camping au milieu de nulle part, sans réservation au refuge, ni tente. Notre véhicule sera donc notre abri pour cette nuit. S’en suit une séance de pliage des sièges arrière et passage des bagages à l’avant. Le Grand Vitara n’est pas très spacieux, mais ça va, les quelques différences de niveaux sont comblés avec vestes et serviettes, les sacs de couchage et couvertures sont déployés et notre cocon est prêt pour la nuit. Il reste encore à faire fonctionner le réchaud tout neuf sensé faire bouillir 1l d’eau en 3 minutes. Mouais, avec les bourrasques de vent ce n’est pas gagné. Il faudra en réalité plus de 3 minutes, mais les nouilles chinoises, ça cuit vite ! Coucher de soleil et au lit.
Première vraie journée en Islande, nous sommes toujours sous le charme. Cascades, paysages lunaires, montagnes multicolores, nous avons déjà eu un bel aperçu du pays.
21/08 - J3 : Landmannalaugar- Vik On en voit de toutes les couleurs
La nuit fut bonne quoique un peu fraîche. Ce matin le ciel est gris, il ne doit pas faire plus de 5° et la pluie est annoncée pour plusieurs jours. Par prudence et dans l’idée de repartir dès aujourd’hui, nous déplaçons le véhicule au-delà des 2 gués du camp et partons pour une rando de 3h à travers le champ de lave Laugahraun, le Mont Brennisteinsalda et la vallée de Grænagil.
C’est un festival de couleurs entre obsidienne et massifs rhyolitiques. Il y a là le jaune du sulfure, le bleu et le noir de la lave, le rouge du fer…c’est sublime. Plus loin de la mousse, ici des fumées, là des névés, plus loin des roches aux formes étranges.



Nous croisons plusieurs marcheurs solitaires arrivant du fameux trek Skogar-Þórsmörk-Landmannalaugar. Ils nous confient que les conditions climatiques ont été rudes et qu’ils sont heureux d’être parvenus au bout de leur rêve. On compatit, cela doit être éprouvant ! Nous contemplons le paysage depuis le sommet de Brennisteinsalda et retournons au camp par la vallée de Grænagil en longeant la rivière.

Le bus-épicerie est bienvenu pour nous réchauffer et déjeuner à l’abri du vent et de la pluie qui tombe par intermittence. Les prévisions météo ne sont pas bonnes et comme pressenti le matin, nous décidons de plier bagages et de prendre la direction de Vik, par la F208 Sud.
Cette piste réputée remarquable, comporte une dizaine de gués et n’est pas très roulante. D’autant qu’après une vingtaine de kilomètres, en plus de la pluie, c’est le brouillard qui s’abat sur nous. Les sommets environnants sont noyés dans la brume. Quel dommage !

Avec nos pneus « route », nous ne prenons aucun risque et progressons très lentement. La piste fait environ 80 km jusqu’à son embranchement avec la route 1 et nous ne croisons aucun véhicule si ce n’est une ou deux supers jeeps locales dont les occupants nous regardent étrangement. Serait-ce impraticable plus loin avec notre modeste véhicule ? Nous n’en menons pas large et la traversée de gués n’est plus aussi amusante que la veille. La piste qui traverse maintenant un col sans aucune visibilité, finit par miner notre moral. Il ne manquerait plus que la neige ! Pourtant plus le choix, il est tard et il nous faut avancer. Nous renonçons à la faille d’Eldgjá et la cascade d’Ófærufoss, tant pis aucun regret, dans ces conditions, nous n’aurions rien vu.
L’arrivée tardive à Vik ne nous permet plus de faire la tournée des guesthouses (ah si, on a été voir à l’AJ, mais c’était complet), ce sera donc une nouvelle nuit dans la voiture. Après un excellent dîner au Halldorskaffi situé à côté du centre d’information et quelques courses au supermarché, nous bivouaquons sur une plage de sable noir, au pied de Reynisfjall. Nouvelle technique : Monsieur occupe tout l’espace arrière et moi les sièges avant. Bonne méthode !
Pour ce troisième soir, l’ambiance est comme le ciel, plombée ! On a tellement stressé sur cette fichue F208 qu’il ne faut plus nous parler de piste pour l’instant. Mais les images du Landmannalaugar et de ses montagnes colorées sont là pour nous rappeler que cela en valait bien la peine. C’est un lieu surprenant à ne pas manquer !
22/08 - J4 : Vik – Reynisfjara– Dyrhólaey – Sólheilmajökull – Skogafoss – Seljalandfoss - Vik Noir c’est noir
Comme la nuit porte conseil, ce matin le moral est revenu. C’est déjà ça, car le temps lui n’est pas au beau fixe : aucun changement, le plafond est très bas, brume et tempête sont de la partie. C’est dingue, il pleut à l’horizontal. Le vent est tellement puissant qu’il soulève l’eau au sol. C’est très désagréable. Equipement coupe-vent et imperméable obligatoire ! Nous parcourons la belle plage de sable noir jouxtant notre bivouac et dans un camaïeu de gris, entrevoyons les roches de Reynisdrangar, qui seraient en réalité 3 trolls pétrifiés.


Nous empruntons une petite piste assez raide menant au sommet de la falaise de Reynisfjall, espérant une accalmie, mais le brouillard est toujours présent. J’aperçois tout de même un macareux à quelques mètres. C’est donc qu’ils sont encore là. Nous n’espérions plus en observer au-delà du 20 août.
Cap vers la plage de sable noir de Reynisfjara, sa petite église, ses colonnes basaltiques et ses grottes.



Ces formations rocheuses sont le résultat de coulées de lave figée qui une fois refroidie se contracte en colonnes régulières souvent hexagonales et ressemblant à des orgues. Dame Nature est vraiment fascinante. Le contraste entre l’écume et le sable volcanique noir est lui aussi saisissant.

Un peu plus loin, des falaises et ô miracle, des oiseaux par centaines dont les fameux macareux moine. Nous sommes venus pour eux et nous sommes comblés : ils sont trop mignons avec leur bec et pattes orange et encore plus drôles en vol. Nous restons bien une heure à observer le ballet de ces oiseaux-pêcheurs. La carte mémoire de l’appareil photo en prend un coup !
Nous poursuivons les visites par Dyrhólaey et nous approchons des falaises où nichent d’autres milliers d’oiseaux. Les macareux sont à nouveau présents et l’on peut ici les approcher d’assez près. Mais le vent est tellement fort qu’il serait imprudent de s’avancer davantage.



De timides rayons de soleil font leur apparition et nous en profitons pour parcourir les plages en contrebas, puis le sommet de la falaise surmonté d’un phare d’où l’on peut observer l’arche qui a donné son nom au site (l'île haute avec le trou de porte), ainsi qu’au Sud, l’étendue noire du Sólheilmasandur.


En route pour Skógar, nous repérons notre guesthouse pour cette nuit, la guesthouse Steig, puis nous dirigeons vers la piste 221 conduisant au Sólheilmajökull, une langue glaciaire du Mýrdalsjökull. Le vent s’est calmé, il fait relativement bon. Une petite marche nous mène jusqu’au front du glacier où quelques touristes s’initient à la marche sur glacier accompagnés de guides. C’est une alliance de pics noirs et blancs, fusion entre la glace et les cendres volcaniques.


Nous reprenons la route quand se déroule devant nous la très photogénique Skógáfoss, entourée de verdure. Petite marche jusqu’au sommet où d’autres chutes se succèdent sur ce sentier qui n’est autre que le départ du trek Skógar-Landmannalaugar.

Plus loin encore sur la route n°1, Seljalandsfoss et Glufrafoss.

A proximité, le centre d’information du volcan Eyjafjallajökull est sur le point de fermer, nous prévoyons d’y revenir le lendemain.
Le vent et la pluie reprennent de plus belle, le véhicule fait de dangereux écarts. Si, si, 1.5 tonnes et ça bouge ! Le vent formé par l’air froid des glaciers suit le relief et descend s’abattre sur la côte. Il peut passer de la force d’un ouragan au calme plat en moins d’une minute. C’est ce que l’on appelle un vent catabatique. C’est très impressionnant, je ne suis pas rassurée du tout.
Arrivée vers 18h30 à la ferme Steig sous des trombes d’eau. L’accueil est courtois et la chambre est spacieuse (ce qui est rarement le cas en Islande) et confortable. L’annexe à la ferme comprend une vingtaine de chambres, des salles de bain privées ou communes, une cuisine commune et un personnel composé, en partie, d’étudiants étrangers. Cela relève presque de l’hôtellerie. Il est possible de dîner sur place mais nous préférons retourner dans le même restaurant que la veille : agneau pour Monsieur, poisson pour Madame. Très bon ! Retour à la ferme, WiFi et au lit.
Malgré le temps maussade, les macareux et les côtes islandaises ont su nous réchauffer le cœur.
23/08 - J5 : Vik -Kirkjubaerjarklaustur Toute la pluie tombe sur...nous
Dehors, c’est toujours la tempête et nous traînons un peu. Après un solide petit déjeuner, nous emmenons au passage de petits sachets de cendres de l’Eyjafjallajökull, gracieusement mis à notre disposition par la ferme. Puis pour en savoir plus sur ce fameux volcan, direction le centre d’information repéré la veille. Le visitor center est en fait exploité par la famille de la ferme Þorvaldseyri installée au pied du volcan.

Le centre a été ouvert le 14 avril 2011, soit exactement un an après le début de l’éruption. Une petite exposition met en scène divers roches, objets et panneaux explicatifs liés au volcanisme, mais le clou du spectacle se trouve derrière le rideau. Une vidéo d’une vingtaine de minutes (nous avons pu voir la version française en compagnie d’un autre couple) nous présente la vie du volcan et de la ferme avant et après l’éruption. Ce n’est donc pas un simple film documentaire, mais l’histoire authentique et peu banale de cette famille. L’on y apprend notamment que les semences effectuées peu après l’éruption ont poussé un mois après et que la récolte n’en fut que meilleure ! Le film est bien réalisé et de très bonne qualité.
En route à présent pour une rencontre insolite dans le désert noir de Sólheimasandur. Il suffit d’entrer les coordonnées GPS trouvées sur le net et voilà où cela nous mène :
Ce DC3 de la Navy américaine s'est écrasé ici le 24 novembre 1973 suite à un atterrissage d'urgence dans le Sólheimasandur, où il a été abandonné.
(sources : http://en.wikipedia.org/...ing_the_DC-3_in_1973)
La mer est à quelques centaines de mètres et le vent souffle si fort qu’il nous est impossible d’ouvrir les portes et de sortir du véhicule sans quelques acrobaties. Certaines pièces de l’avion branlent dangereusement. Il pleut encore à l’horizontal. Nous ne sommes à l’abri qu’une fois dans les restes de la carlingue. Le vent, la brume, la pluie, le désert noir et cette unique épave blanche pour décor…c’est assez apocalyptique !
Direction Kirkjubæjarklaustur (ou Klaustur), à 70 km au Nord-Est. Des champs de lave moussue de l’Eldhraun en provenance du Laki s’étendent à perte de vue.

La météo s’est considérablement détériorée et la pluie redouble d’intensité. Passage obligé par le visitor center pour « tuer le temps » et pour prendre quelques renseignements concernant l’accès au Laki, où nous souhaitons nous rendre demain. Bonne nouvelle, pas de pluie avant 15 h, suivie d’une moins bonne, le niveau des rivières est trop élevé pour un Grand Vitara. Il semblerait même que le bus ait dû renoncer aujourd’hui au niveau du 2ème gué. Gloups ! Le circuit en bus se déroule tous les jours de 9 h à 18h/19h, c’est certes beaucoup plus long qu’en 4x4, mais notre véhicule n’est pas amphibie… Nous hésitons : retour tardif, 1h de route jusqu’à Svinafell où nous sommes attendus le lendemain avant 18 h, aïe, que faire ? Pas de problème, la charmante hôtesse du visitor center nous propose de prévenir la guesthouse de notre arrivée tardive. Un bel exemple de la serviabilité islandaise ! Nous prendrons donc le bus demain.
Que faire maintenant ? D’abord manger puis, pourquoi ne pas aller à la piscine. Mais malheureusement, comme la plupart des piscines en Islande, celle-ci est en plein air et avec cette pluie, c’est exclu. Il y a bien quelques courageux (islandais sans doute), mais nous ne souhaitons pas nous refroidir. Nous reprenons la voiture en direction du nord pour explorer tout ce que Klaustur et ses abords ont à nous offrir. D’accord il pleut, mais ce n’est pas une raison pour ne pas visiter, il suffit de bien s’équiper.
Systrafoss (cascade des 2 sœurs) et Dverghamrar (ensemble d’orgues basaltique très ancien) :

Le sol est détrempé, il vente terriblement et Monsieur préfère rester dans la voiture. J'affronte seule le vent qui manque de me jeter au sol à chaque pas.

Des champs de lave plus hauts les uns que les autres se succèdent, suivi du hameau de Nupstaður, dont l’accès est entravé par une barrière. Nous le rejoignons donc à pied depuis la route 1. Ces petites maisons traditionnelles au toit de tourbe ont été occupées jusqu’en 2011.

En chemin vers Klaustur, les eaux fougueuses des rivières glaciaires prenant leur source dans le Síðujökull viennent gonfler les ruisseaux situés en aval et les transforment en puissant fleuve. Le débit est impressionnant. Passage devant Foss a Síðu, Stjornarfoss et Kirkjugolf, ces jolis pavés de basalte érodés par les années.


Retour à Klaustur pour un dîner bien sympathique au Systrakaffi avant une nouvelle nuit dans la voiture sur le parking de l’école.
24/08 - J6 : Kirkjubæjarklaustur– Laki – Svinafell Mousses extraterrestres et cendres noires
Nous sommes prêts dès 8 h. Il ne pleut plus, les nuages vont et viennent mais les sommets sont dégagés. RDV à la station service, point de départ du bus pour Lakagigar. Le chauffeur me confirme qu’il a dû faire demi-tour hier et que rien n’est sûr pour aujourd’hui. Nous sommes cinq, un jeune couple allemand, une suissesse et nous. Un 4x4 à la mode islandaise dont les clients se rendent également au Laki nous précédera pour la traversée de gués.
9 heures tapantes, c’est parti pour la découverte de la plus grande chaîne de volcans. Il y a même un accès gratuit à internet dans le bus (et jusqu’au fin fond du Laki, incroyable !)
Le Lakagigar (ou Laki du nom du volcan principal) est une succession d’une centaine de cratères sur plus de 25 km, formés en 1783 lors de la plus importante éruption du millénaire. Les coulées de laves ont recouvert une surface de plus de 500 km2. Ses conséquences furent désastreuses en Islande et dans toute l’Europe, provoquant perturbations climatiques et entrainant sécheresse et famine. L’éruption du Laki serait dit-on, à l’origine de la Révolution française de 1789 !
Les premiers kilomètres de la F206 traversent une verte vallée enchâssée entre des falaises à droite et des coulées de lave à gauche.
Au 1er gué, un couple disposant d’un pickup surmonté d’une cellule, sonde courageusement la profondeur de l’eau en short (glagla) à l’aide de bâtons. L’eau leur arrive au niveau des genoux. Ils semblent perplexes. Le chauffeur du 4X4 rehaussé islandais se lance sans même les regarder. Le bus le suit très lentement, aucun problème. Le couple, lui, ne semble pas nous suivre.
Dix minutes plus tard, 2ème gué, le niveau parait bien haut et c’est ici que le bus a fait demi-tour hier. Allons-nous en faire de même ? Le 4x4 a pris de l’avance et revient de la rive opposée !!??. Le conducteur fait tout simplement l’article à ses clients en franchissant la rivière à vive allure, dans un sens puis dans l’autre. C’est tout de même sacrément haut. L’eau atteint pratiquement le haut de ses roues. Le bus emprunte une autre voie un peu moins profonde et ça passe. Ouf, si tout va bien, on devrait voir le Laki aujourd’hui.

10h15, arrivée à Fagrifoss. « 30 mn d’arrêt» nous lance notre chauffeur. C’est une belle cascade, ressemblant un brin à Skogafoss.

Petite marche vers le canyon et cueillette de baies sauvages, sortes de petites myrtilles, dont les feuilles sont en forme d’aiguilles. Ce sont en fait des camarines noires (empetrum nigrum). Elles sont beaucoup moins sucrées que les myrtilles de nos montagnes vosgiennes.

Nous repartons. Les prairies ont disparu et laissent place à un tableau bicolore teinté de noir et de vert fluorescent d’une autre planète. C’est magnifique et le gris du ciel y apporte une ambiance particulière. La lave est partout. Nous arrivons sur le parking du Laki vers 11 h 45. Un grand Vitara et un Jimny sont déjà là. Comment ont-ils fait ? Vu le niveau des gués, cela me semble impossible avec ce type de véhicule, il fallait oser…
Le départ est fixé vers 13h30, ce qui nous laisse largement le temps de gravir le Laki et de découvrir les lieux. Pas une minute à perdre, le temps est changeant et le ciel ne va tarder à se couvrir.
Nous arrivons les premiers au sommet culminant à 812 mètres, ce qui nous permet d’apercevoir la fissure Nord avant qu’elle ne disparaisse totalement dans le brouillard. Patience, cela va s’éclaircir. Ne dit-on pas en Islande « si tu n’es pas satisfait du temps qu’il fait, attend 5 minutes ». Oui, ben ça ne marche pas à tous les coups ! Tiens voilà le pick-up de tout à l’heure qui arrive au parking, je suis contente qu’ils aient réussi à arriver jusqu’ici.

Nous avons un peu plus de chance avec l’alignement Sud. Nous patientions et profitons encore de ces instants en compagnie de nos compagnons de route, puis gagnons une zone de cratères située en contrebas. Nous sommes dans l’antre de la bête !

Retour dans le bus où nous pique-niquons bien au chaud en compagnie du ranger du refuge de Blagil. Après 1 ou 2 semaines passées ici, il rentre « en ville » ce soir et nous accompagnera avec son véhicule. Nous repartons par la F207 en longeant les cratères. Nouvel arrêt au lac volcanique Tjarnargigur où un sentier nous mène à travers fissures, cratères, fleurettes et champignons.

Noir et vert, encore et toujours. Nous adorons :



Sur le retour, le canyon de Fjaðrárgljúfur, profond d’une centaine de mètres débouche sur les coulées de lave de l’Eldhraun.

Après avoir regagné Kirkjubaejarklaustur, nous repartons aussitôt par la route 1 pour le parc national de Skaftafell où nous avons réservé une chambre en « sleeping bag» au camping Flosi de Svinafell.
Sur le parking de la station essence :
Elle est pas belle la bête ? Nous recroiserons Isak à plusieurs reprises tout au long de notre parcours.
Après les mousses vertes de l’Eldhraun, les volcans, les étendues de sable noir du Skeidararsandur et les restes d’un pont emporté lors de la dernière grande crue (jökulhlaup), le paysage tourmenté laisse peu à peu place à de belles vallées glaciaires. Le sommet du glacier est dans la brume, mais que c’est beau.
Nous arrivons à Svinafell où le camping et les cottages sont répartis autour d’un immense bâtiment abritant les sanitaires et la cuisine commune. Notre espace privatif se situe au bout du bâtiment et comprend 3 chambres se partageant une cuisine et une salle de bains. Excellent rapport qualité/prix et situation idéale, à 6 km de Skaftafell. Notre cuisine privée est monopolisée par trois jeunes allemands qui n’ont pas l’intention de nous laisser un peu de place. Aucune importance, nous passons dîner dans la grande salle commune d’à côté, occupée elle, par de nombreux français. Il y a ce soir un grand feu d’artifice sur le Jökulsárlón qu’il faut parait-il, ne pas manquer selon l’employé de la station service. Ce doit être grandiose, mais c’est à 45 minutes de route et le show débute à 23 heures.
Nous nous sommes endormis bien avant… songeant sans doute à cette belle journée et à cette superbe balade au cœur des volcans.
25/08 - J7 : Svinafell – Skaftafell – Fjallsarlon – Jokulsarlon Into the ice
Le ciel est encore couvert ce matin. Direction Skaftafell et les langues glaciaires du plus grand glacier d’Islande et d’Europe, le Vatnajökull. Il est aussi étendu que la Corse et son épaisseur atteint plus de 1000 mètres. Nous avons prévu une marche d’initiation sur le glacier. Deux compagnies de guides se partagent le marché, Icelandic Mountain Guides et Glacier Guides qui proposent des prestations et tarifs identiques. Nous commençons par IMG, mais il n’y a plus de possibilité avant 13h. Nous tentons notre chance à côté et nous inscrivons pour le prochain départ prévu à 11h30.
Notre guide, Thor quelque chose, attribue à chacun une paire de crampons et un piolet et fournit quelques explications. Départ en school bus jaune vers le Falljökull. Chaque compagnie se voit attribuer une zone par les instances dirigeantes du parc national du Vatnajökull et pour Glacier Guides, c’est CE glacier et pas un autre.
Une fois sur place, nous marchons une bonne demi-heure au milieu d’eau de fonte et de glaces anciennes recouvertes de cendres volcaniques, avant d’arriver au pied du glacier où nous nous équipons sous l’œil attentif de Thor.

Le groupe, composé d’une dizaine de personnes, progresse à bonne allure sous l’égide d’un guide passionné et passionnant, pas avare en commentaires. Crevasses, trous béants, formation et couleur de la glace n’ont aucun secret pour lui. Il pleut maintenant des cordes, mais peu importe, nous sommes bien, là, au milieu de cette immensité blanche, bleue et noire. Les strates de cendres volcaniques emprisonnées dans la glace sont du plus bel effet.

Formation de moulins sous l’effet des eaux de fonte :
Le plus grand atteint une profondeur de 40 mètres (si j'ai bien tout compris).
Dégustation d’eau de bédières : un grand cru château Lafonte !

Ce n’est qu’un au revoir…

Après environ 1h30 sur le glacier, nous regagnons le bus puis Skaftafell vers 15h. Le ciel laisse entrevoir quelques trouées bleues, bon présage pour la suite.
Petit en-cas et nous partons pour environ 2 heures de marche dans le parc national de Skaftafell. C’est un beau sentier courant le long d’un cours d’eau,

menant à la superbe chute de Svartifoss, ceinturée de colonnes de basalte noir.

Nous poursuivons un peu plus haut, vers Sjónarsker pour admirer le point de vue puis continuons la boucle en direction d’anciennes bergeries bâties au début du XXème siècle.


De retour au parking, le soleil est au rendez-vous et l’on se surprend à retirer plusieurs épaisseurs de vêtements… Profitons-en et c’est reparti pour 1 petite heure de marche vers une des langues du Skaftafelljökull.

Remarquez les roches fendues par le gel.

Reprenant la route 1, c’est maintenant le départ pour le lieu tant attendu, Jökulsárlón, le plus grand lac glaciaire d’Islande. Petit détour en route par son petit frère, le Fjallsárlón, déjà très photogénique. Nous sommes quasiment seuls face à ce panorama, nous sommes comblés ! La couleur des icebergs varie en fonction de la lumière passant du blanc au bleu et de l’opaque au transparent. Leurs formes ne sont pas en reste et évoquent poissons ou pièces de cristallerie.



Enfin, quelques kilomètres plus loin, en bordure de route, d’un côté la mer, de l’autre Jökulsárlón. De magnifiques icebergs, détachés du glacier, dérivent sur le lac avant de regagner la mer ou de s’échouer sur la plage de sable noir de l’autre côté du pont. Mais pour l’heure, côté plage, ce ne sont hélas plus que de gros glaçons…


Nous jouissons en cette fin d’après-midi ensoleillée d’une excellente lumière et les lueurs rougeâtres du soleil couchant embrasent l’horizon. Nous marchons une bonne heure entre lagune et mer et apercevons quelques phoques. Nouvelle nuit en mode bivouac face au plus beau des panoramas.


Encore une très belle journée à la rencontre de la glace. Le ciel est clair et dégagé offrant pourquoi pas une ouverture aux aurores boréales. Je scrute un bon moment l’horizon, avant que le sommeil ne me rattrape et diffère mes attentes à plus tard.
26/08 - J8 : Jökulsárlón– Fjords de l’Est – Mjoifjordur Diamants blancs et bout du monde
Les rayons du soleil inondent l’habitacle du Grand Vitara et nous invitent à l’extérieur. Nous déjeunons sur la terrasse de la petite boutique et partons à la découverte du lagon en direction du front du glacier.


Le lac est vraiment grand car le glacier ne semble pas vraiment se rapprocher au fur et à mesure de nos pas. Des pans entiers se détachent du glacier. Ça se déchire, ça craque, ça gronde tout autour. D’autres icebergs se retournent par la force du courant. Quel spectacle ! Et dire que cette glace a des milliers, voire des millions d’années, c’en est presque triste d’assister à cette inexorable fonte. Ce qui est le plus étonnant à ces latitudes, c’est la proximité des glaciers et de la mer. Nous sommes seuls et en profitons pleinement face à ces énormes diamants de taille, forme et couleur différentes.
Ici le monstre du loch ness émerge des eaux :

Là, un reflet parfait nous fait tourner la tête :

Quelle taille !

Un peu de "vie", juste pour l'échelle :

De retour sur le parking, nous traversons le pont pour vérifier la taille des glaçons entraînés sur la plage par la marée. Ils sont bien plus impressionnants que la veille et les reflets du soleil intensifient leur transparence. Une fois de plus, la carte mémoire de l’appareil photo est saturée en un instant !




Vous l'aurez deviné, j'aime beaucoup la glace !
Il est plus de 11 heures quand nous quittons le site à regret pour une longue journée de transition. 350 km et 5 heures de route nous séparent de notre prochaine destination, Mjoifjordur, dans les fjords de l’Est.
Première étape à Höfn, petit port de pêche charmant dominé au loin par le Vatnajökull. Petit tour de ville, ravitaillement et déjeuner au Kaffi Hornið. Service très lent mais les spécialités locales à base de langoustines nous ravissent le palais ! Nous poursuivons notre route et longeons les côtes découpées de fjord en fjord. Les montagnes elles-aussi découpées par les glaces présentes il y a quelques millions d’années forment d’autres beaux diamants.




De petits ports en petits ports, nous arrivons à Fáskrúðsfjörður où des marins français avaient élu domicile à la fin du XIXème siècle à la suite de campagnes de pêche. Un ancien hôpital, un musée, des panneaux de rues bilingues et un cimetière leur rend hommage.




Après avoir longé toutes ces montagnes et ces fjords nous pensons nous rapprocher de notre destination. C’était sans compter une dernière piste, la 953, qui au bout d’une trentaine de kilomètres et près d’une heure, nous mène enfin au minuscule hameau de Mjoifjordur. Cette piste est dans un premier temps très roulante, puis franchit un col à 600 mètres d’altitude avant de plonger sur le fjord en virage à lacets. Puis encore une dizaine de kilomètres jusqu’au hameau. C’est trèèèès long, mais quelle route ! Une fois au sommet du col, le fjord, les ruisseaux, les névés et les moutons se découvrent peu à peu.

Au bord du chemin, cette épave de péniche se corrode lentement au gré des intempéries

Arrivés à Mjoifjordur, nous trouvons facilement les jolis chalets de Solbrekka, mais avons du mal à trouver l’accueil. J’avais lu que c’était à l’école, mais elle est fermée. Nous sonnons donc à côté où une fillette et sa maman nous accueillent tout sourire. Elle nous indique où nous rendre et prévient la propriétaire de notre arrivée par téléphone. Encore une démonstration de la gentillesse des islandais. Nous prenons possession de notre hébergement, une superbe cabane où nous avons prévu 2 nuits. Dîner et au lit, cette journée était épuisante.
De magnifiques icebergs, des fjords qui n'ont rien à envier à ses cousins norvégiens, des jolis phares, une cabane au bout du monde, le tout sous un soleil radieux…c’est sûr la nuit sera bonne !
27/08 – J9 : Mjóifjörður – Seyðisfjörður – Egilsstaðir – Litlanesfoss – Hengifoss- Mjóifjörður Cascades d'eau-rores
Hier soir Johanna, la propriétaire des cottages, nous a demandé de passer ce matin à l’école régler notre séjour. L’école, inoccupée en été, fait office de camping, café et guesthouse du 15 juin au 15 août et dispose d’un terminal de paiement pour CB. Nous sommes fin août et les cours ont déjà repris. Nous y entrons vers 10 h, accueilli par sa fille institutrice et son mari qui lui prête main forte.
Il y a dans une salle 3 enfants en chaussettes (ah oui, c’est une des particularités de l’Islande qui veut que l’on se déchausse avant d’entrer dans une maison), très détendus, bayant aux corneilles et dans la cuisine (oui, c’est étrange), deux autres enfants un peu plus concentrés. Cela donne l’impression que ce sont les enfants qui organisent le programme et non l’équipe enseignante. Nous sommes amusés car on est loin de l’apprentissage à la française. Je discute un peu avec l’institutrice qui m’apprend que seules 20 personnes, dont 5 enfants vivent ici à l’année et qu’en hiver, l’accès au fjord ne peut se faire qu’en bateau !
Aucun programme n’est établi pour cette journée, il fait plutôt beau et comme tous les jours, il vente. Ma proposition de rando dans les environs ne remportant pas un grand succès auprès de Monsieur, nous décidons de visiter les fjords alentours et surtout Seyðisfjörður.
Les deux cottages :

Nous remontons lentement le fjord et la piste à 15 % en marquant quelques poses photographiques tout au long du col.
Mjóifjörður :

Klifbrekkufossar :

Mes fleurettes préférées, les linaigrettes :

Puis sur la 93 menant à Seyðisfjörður, arrêt à Mulafoss et Gufufoss.


Arrivés dans ce petit village de 700 âmes, le Norröna est à quai, prêt à rembarquer les passagers pour le Danemark, via les îles Féroé.

C’est un long et charmant fjord, encaissé entre de hautes montagnes où les maisons traditionnelles en bois apportent une jolie touche de couleur.



Comme il est plus de midi et que nous sommes gourmands, on se laisse tenter par le Skaftfell Bistró et ses bonnes pizzas. L’ambiance et l’accueil y sont chaleureux. Une grande table accueille beaux livres, l’étage fait office de galerie d’art et le WiFi est disponible gratuitement.
On repart le ventre plein vers une nouvelle cascade que nous avons repéré à l’aller, Fardagafoss.

Une petite demi-heure à travers myrtilles et herbes grasses est nécessaire pour rejoindre la cascade. Le passage est ensuite un peu difficile, mais l’accès se fait en toute sécurité à l’aide d’une chaîne.
Petit tour à Egilsstaðir, la plus grande ville de l’Est pour faire quelques courses, mais nous n’y trouvons pas un grand intérêt.
Nous longeons ensuite le lac Lagarfljót par la 931, traversons une partie de la forêt d’Hallormsstaður, et partons pour 2 heures de marche à la rencontre de deux autres cascades, Litlanesfoss et Hengifoss.

Elles sont totalement différentes. La première est entourée de colonnes de basalte et la seconde, d’une hauteur de 118 m, est une succession de strates d’argile rouge, emprisonnées entre des couches de laves basaltiques noires. C’est très différent des autres cascades que nous avons vues jusqu’ici.




Ces strates ne sont pas sans rappeler d’autres formations rocheuses bien connues.

L’Est et notamment la région d’Egilsstaðir est connue pour être peuplée par de nombreux rennes. Confiants, nous quittons donc le parking des chutes par la rive ouest du Lagarfljót. Ce sont de vastes plaines vallonnées couvertes de lichen, terrain idéal pour ces animaux. Autant vous le dire tout de suite, nous n’en verrons pas le moindre. Seuls ces moutons nous observerons fièrement regagner notre fjord et notre cottage.

Alors que l’on s’apprête à se coucher, quelque chose attire mon regard à l’extérieur. Il pleut ! Mais pas n’importe quelle pluie, c’est une majestueuse pluie de particules magnétiques, une AURORE BOREALE. Incroyable, indescriptible, bouleversant, MAGIQUE, les mots me manquent encore aujourd'hui. Je suis aussi excitée que les électrons qui s’entrechoquent et dansent dans le ciel, passant d’un côté à l’autre du chalet, au mépris du froid mordant. J’admirerai longuement ce ballet nocturne, alors que Monsieur s’est endormi depuis belle lurette.
Evidemment, avec un APN compact, le rendu est minable. Mais les images sont gravées dans mes souvenirs et les étoiles elles, sont toujours dans mes yeux.


Ces deux jours dans les fjords de l’Est auront été l’occasion de découvrir un joli coin d’Islande, bordé de montagnes sauvages, de côtes déchirées, de fjords s’enfonçant dans les terres et… d’aurores polaires. La côte Est s’achève pour nous ici, nous offrant, comme pour nous saluer, la plus belle danse d’adieu.
28/08 – J10 : Mjóifjörður – Dettifoss – Hverir – Mývatn Forces de la nature
Nous quittons Mjóifjörður avec le soleil. C'est le troisième jour d'affilée sans pluie. Dernier passage sur la 953 (nous y avons tout de même passé 4 heures en 2 allers/retours) puis en route pour la région de Mývatn. Il était initialement prévu de faire étape à Askja, une zone volcanique dont la dernière éruption remonte à 1961, mais nous décidons de faire l’impasse. Trop loin, trop de pistes et surtout trop de gués…Nous empruntons bien sagement la route 1 où après des dizaines de kilomètres de paysages sauvages, secs et désolés surgissent des déserts de dunes noires, rouges ou brunes. C’est ce que je préfère !




La région de Mývatn est l’une des plus actives d’Islande. C’est ici que l’on se rend réellement compte de la toute puissance de la nature. Volcans, solfatares, marmites de boue, coulées de lave à peine refroidie : un petit concentré d’Islande.
Souhaitant marquer une pause à Dettifoss, la chute la plus puissante d’Islande, nous laissons de côté la 864 permettant de s’y rendre par la rive Est, pour emprunter quelques kilomètres plus loin la 862.
Cette belle route nouvellement créée mène à un immense parking et à de petites guérites, signe d’une prochaine exploitation touristique du site. En effet, tout comme Geysir et Kerið, il faudra bientôt verser quelques couronnes pour saluer Dettifoss.
Le sentier menant à la chute en une trentaine de minutes louvoie entre désert lunaire et formations basaltiques.

Au détour d’un virage, une haute et large brume annonce la bête. La voici : 100 mètres de large, 45 de haut et près de 500 m3 de débit par seconde, quel gigantisme ! Le Vatnajökull crache toute sa puissance dans la Jökulsá á Fjöllum, les eaux grisâtres chargées en sédiments glaciaires sont déchaînées, c’est assourdissant.


Ça mouille ! Voyez la taille des personnes à droite, cela donne une idée des dimensions.
En amont, les anfractuosités de la Jökulsá á Fjöllum ont donné naissance à Selfoss, de multiples petites chutes hautes d’une dizaine de mètres qui s’étendent pour former un arc de cercle (la rive ouest n'est pas le meilleur côté pour les observer).

En aval, au bout de la 862 non pavée, se trouvent Hafragilsfoss, les gorges de Jökulsárgljúfur et le canyon d’Ásbyrgi.
De retour sur la route 1 et intrigués par le regroupement de voitures, motos, chevaux et quads, on bifurque à droite en direction des panaches de poussières. Nous sommes fin août, la neige est annoncée pour ce week-end et c’est l’heure du réttir, c'est-à-dire le rassemblement des moutons. Nous nous permettons de nous joindre aux fermiers qui rabattent les animaux depuis les hautes terres. C’est un super moment pour nous d’assister à cette tradition islandaise qui réunit toutes les générations. Des milliers de moutons arrivent en files sans fin dans un concert de bêêê. En moins d’une demi-heure les ovins sont rassemblés et parqués dans leur enclos, prêts à être triés et réattribués à leurs propriétaires. D’après l’un des fermiers, le tri aura lieu demain matin à 6 h.


Habituellement les corrals sont en forme de camembert facilitant le tri, comme celui-ci aperçu plus loin :

La visite se poursuit par le champ hydrothermal de Hverir, au pied de la colline de Námafjall. Une zone de solfatares et de marmites de boues aux couleurs variées, envahie par des vapeurs de sulfure d’hydrogène, mais aussi par des hordes de petites mouches noires (d’où le nom de Mývatn – le lac des mouches).

Pschhhhh
Bloup, bloup

De l’autre de côté de Námafjall, le jarðböðin við Mývatn – petit frère du célèbre blue lagoon de Reykjavik – est planté au milieu d’un désert de lave noire acérée contrastant avec le bleu turquoise de l’eau, chauffée à 40° par l'usine géothermique toute proche.

Cette zone très active est un festival de couleurs.


Arrivés à Reykjahlíð, le village bordant le lac Mývatn, nous dînons au Gamli Bærinn avant de se trouver un nouveau bivouac tranquille pour la nuit. Nous ne le savons pas encore à cet instant, mais ce sera notre dernière nuit en « camping » sauvage.
Encore une belle journée en tête à tête avec les puissances de la nature, nous sommes toujours émerveillés par ce pays. Demain, nous parcourrons le tour du lac, à la découverte d’autres beautés.
29/08 – J11 : Mývatn et alentours On a marché sur la lune
Le ciel est couvert ce matin, sans pluie. Le temps est idéal pour approfondir les visites de cette région riche en curiosités géologiques situées autour du lac de Mývatn. Il n’est pas encore 8 heures et nous sommes déjà sur le parking de Grjótagjá, un ensemble de grottes remplies d’eau chaude (trop chaude pour un bain !), espérant une belle lumière matinale. Mais il n’en est rien. Nous y repasserons le lendemain dans le même but…en vain. La grotte est en outre obstruée par un éboulis de roches, signe d’une récente activité sismique ou volcanique, rendant l’approche dangereuse. En revanche la faille qui la surplombe courant sur des kilomètres est de toute beauté.

Deuxième étape aux « châteaux sombres » de Dimmuborgir, formations de lave aux formes accidentées, succession de roches percées, de cavités ou d’imposantes colonnes envahies de petits arbustes.

Plusieurs sentiers de randonnées sillonnent le site et nous nous lançons sur le Church Circle long de 3 km, à la recherche de Kirkjan, une roche rappelant la voûte d’une cathédrale. Il n’y a pas âme qui vive en cette heure matinale et, dans cette noirceur, seuls les esprits des trolls semblent hanter les lieux. Au bout d’une heure, nous sommes de retour au parking et nous installons sur la terrasse du café encore fermé, pour petit-déjeuner à l’abri du vent.

Cap sur Hverfjall, un cratère d’explosion formé il y a 2 500 ans qui du haut de ses 250 mètres et 1 000 mètres de diamètre, domine toute la région. Arrivés sur le parking nous entreprenons son ascension par son versant Nord, parait-il plus aisé. Le sentier est plutôt raide et la progression n’est pas facile compte tenu de la nature du terrain composé de cendres. Le vent souffle fort ce qui n’arrange pas nos affaires. Au sommet, la vue se dégage sur un cône parfait trônant au centre du volcan, sur le lac à l’Ouest et sur les mamelons orange de Namaskard et du Krafla au Nord-Est. Nous faisons le tour du cratère en prenant le vent en pleine face puis regagnons la voiture.

Nous poursuivons notre tour du lac par Skútustaðir, une zone de pseudo-cratères située au sud du lac, puis laissons de côté le Vindbelgjarfjall pour retourner à notre point de départ et continuer vers la zone volcanique du Krafla. Le volcan, l’un des plus actifs d’Islande et dont la dernière éruption s’est produite en septembre 1984, abrite au sein de sa large caldeira une zone géothermale ainsi qu’une usine géothermique. De gros tuyaux argentés serpentent le long du relief contrastant avec les ocres du volcan ponctués de fumerolles.
Skútustaðir :

La zone du Krafla :

Au bout de la route, le cratère Viti, signifiant « enfer » enserre un lac aux eaux siliceuses bleu turquoise.

A proximité, les panaches de fumées remontant des entrailles de la Terre s’échappent des cheminées dans un boucan d’enfer, un simple cordage en gage de sécurité. Plus loin, un second cratère plus petit ainsi que solfatares, névés et marmites de boue complètent la visite.


Un dernier site reste à explorer dans cette zone de fractures, le mont Leirhnjúkur, encore fumant. Petit en-cas et c’est parti pour une rando d’une heure et demie à travers cet immense champ de lave tourmenté à souhait. Des coulées cordées, dégoulinantes, qu’on croirait de la veille. Des croûtes, des plaques, des gaz, des cratères à la gueule béante : c’est un vrai décor lunaire.




Et puis, de l’autre côté de la colline, un peu de vie. Ici des plantes grasses, là des lichens, marquant bien la frontière entre coulées récentes et anciennes.


Rapide visite de l’usine géothermique, puis nous repassons à Hverir afin de gravir Námafjall, une autre montagne faisant également partie du système volcanique du Krafla. Le sentier est assez escarpé et traverse de magnifiques rubans de soufres rythmés par des colonnes de fumées odorantes. Le panorama sur Hverir et les sommets environnants n’est pas en reste.



La descente est tout aussi abrupte que la montée et le retour sur le sol sablonneux est périlleux. Heureusement qu’il y a quelques prêles auxquelles se cramponner !


Il est maintenant l’heure de rejoindre notre guesthouse sur la rive ouest du lac, la ferme Stong, où nous avons réservé pour 2 nuits. Nous sommes chaleureusement accueillis par Svala, la propriétaire qui nous conduit à notre chambre sous les combles. La ferme en activité dispose d’une vingtaine de chambres, de 4 ou 5 cottages, de 2 hot pots, d’une grande salle à manger et offre une très belle vue sur la campagne. Comme il est possible de dîner sur place, nous réservons notre menu auprès de Svala et partons en attendant, à la découverte de la ferme. L’heure du repas est arrivée. Nous voici face à une énorme soupière garnie d’un excellent velouté de champignons, suivi d’un rôti d’agneau pour Monsieur et d’une truite pour Madame accompagnés de petits légumes, avant de conclure par une mémorable Skyrterta (sorte de cheesecake surmonté de myrtilles). Un vrai régal ! Cela restera notre meilleur repas en Islande.
La région de Mývatn nous a bien plu. Toutes les forces y sont réunies et s’expriment au travers de paysages variés ; les couleurs explosent, magnifiées par les camaïeux de gris du ciel.
30/08 – J12 : Mývatn – Húsavík – Mývatn Au pays des baleines…
Les prévisions météo ne mentaient pas : cette nuit il a neigé. Les sommets sont joliment saupoudrés d’une fine pellicule blanche. La température a chuté et comme tous les jours, il vente. Après le petit-déjeuner, nous partons pour Húsavik, petite ville portuaire du nord, connue pour être la capitale de l’observation des baleines en Europe. Plus on s’approche de la côte et plus le temps se dégrade. Arrivés au port, il pleut à verse et nous restons deux bonnes heures dans la voiture à observer l’activité des pêcheurs et à surfer sur le net à la recherche de nos prochains hébergements. Pas question de sortir en mer sous cette pluie. Profitant d’une petite accalmie, nous pouvons enfin arpenter la ville qui abrite une belle église en bois blanc.


Sur le port, tout rappelle la pêche, ici d’anciens cotres reconvertis en embarcation pour l’observation des cétacés, là quelques bouées de mouillage colorées et têtes de poissons séchées, plus loin des pêcheurs préparant leurs palangres dans des seaux et au fond la fabrique de glace. Au loin les sommets enneigés dominent majestueusement la baie.



Sur le port également, l’ancien abattoir transformé en musée de la baleine, nous offre une pause culturelle bienvenue. Au rez-de-chaussée l’on retrouve toutes les explications sur le cycle de vie des baleines, leur alimentation, leur migration et leur chasse. L’étage est réservé aux immenses squelettes de baleine à bosse, orque et autres cétacés. Une visite intéressante qu’apprécieront petits et grands.

Orque :
Baleine à bosse :
Il est près de 17 h et nous dévorons quelques fish and chips un peu trop gras avant de reprendre la route vers Mývatn.
L'Hverfjall, gravi hier :
Dernier passage à Grjótagjá pour la lumière du soir…qu’il n’y eût pas.
De retour à la ferme, nous apprenons qu’ici, il n’a plu qu’en début de matinée !
Stong :
Petite journée aujourd’hui, pas de montagnes colorées, pas de fumerolles, pas de sortie aux baleines non plus, juste une petite pause dans une coquette ville portuaire en proie aux averses. Cela nous aura au moins permis d’étudier les prévisions météo et d’établir la suite du programme.
31/08 – J13 : Mývatn – Goðafoss – Akureyri – Grundarfjörður De la Lune à Mars
Il fait plutôt beau ce matin, mais froid. Notre itinéraire devait nous mener par la F35 aux Kerlingarfjöll, de magnifiques montagnes de rhyolite dans le centre du pays, mais c’est à plus de 1000 mètres d’altitude et la neige est annoncée pour ces 2 prochains jours. Pas question de s’aventurer sur la F35 et encore moins aux Kerlingarfjöll dans ces conditions. Prenant un peu d’avance sur le programme établi, nous traverserons donc une bonne partie de l’île pour rallier directement la péninsule de Snæfellsnes, à l’Ouest. C’est parti pour 5 à 6 heures de route. Peu après Mývatn, premier arrêt à la chute des dieux, Goðafoss, composée de chutes en fer à cheval d’une hauteur de 12 mètres.

Nous traversons ensuite de vertes vallées agricoles avant de pénétrer dans l’Eyjafjörður, entouré de montagnes culminant à 1500 m et abritant la deuxième ville du pays Akureyri.


Nous parcourons le centre ville, désespérément vide en ce samedi matin. De jolies maisons colorées ainsi qu’une cathédrale dont l’architecture rappelle les orgues basaltiques, animent la cité portuaire.


Reprenant la route, nous voici au sommet d’un col enneigé. Pourvu qu’il n’y ait pas plus de neige sur la chaussée ! Comme dans la plupart des pays scandinaves, l’imagination des architectes donne naissance aux constructions les plus improbables.

Nous marquons une pause pique-nique à Blönduós, près de la piscine, où des enfants s’amusent dans les toboggans extérieurs alors qu’il ne fait que 2° C. On n’a manifestement pas la même résistance au froid.
Direction plein Ouest vers la péninsule de Snæfellsnes avec, à son extrémité, le volcan et glacier Snæfellsjökull, qui serait la porte d’entrée du « Voyage au centre de la Terre » de Jules Verne. Nous y arrivons vers 16 heures et passons devant l’Eldborg, un beau cratère d’une centaine de mètres.

De belles collines rouges dignes de la planète Mars nous font de l’œil avant d’atteindre Gerðuberg, un ensemble de colonnes de basalte s’étirant sur une centaine de mètres et enfin notre destination, Grundarfjördur où nous avons réservé 2 nuits à l’auberge de jeunesse.



Petite visite sur le port et au cœur du village, pizzas au Ruben et au lit.
Une grosse journée de transition qui nous a une nouvelle fois permis de découvrir des paysages totalement différents au fil des kilomètres.
01/09 – J14 : Tour de la péninsule de Snaefellsnes Que d’eau, que d’eau
La pluie est de retour et l’horizon est bouché par une épaisse brume. Nous prenons tout notre temps pour prendre le petit-déjeuner dans la cuisine commune de l’auberge de jeunesse, face à l’océan où des épaulards ont été aperçus ce printemps. Cette AJ est la plus moderne et la mieux équipée que nous ayons vue. Elle comporte deux bâtiments, l’un plus ancien en ville et l’autre situé sur le port, abrite une dizaine de chambres double ou familiale avec salle de bains privative. Une bonne adresse, même si les tarifs sont un peu élevés pour une AJ.
Nous débutons notre tour de la péninsule par Ytri-Tunga sur la côte Sud. La côte est sauvage et parsemée de roches sur lesquelles se prélassent phoques et cormorans. Nous parcourons la plage sur quelques centaines de mètres pour bien les observer, mais le terrain est glissant en raison des nombreuses algues accrochées aux rochers, ce qui nous empêche de les approcher davantage. Ils n’ont nullement l’air dérangés par notre présence et continuent leur sieste.


Plus loin, la magnifique église noire de Búðir perdue dans la brume confère au lieu une atmosphère mystérieuse. C’est étrange cette petite église au milieu de nulle part.

A quelques kilomètres, la statue en pierre du gardien des lieux, Barður, marque l’entrée du petit port d’Arnarstapi.

L’activité volcanique a donné ici naissance à d’impressionnants reliefs de basalte, parfois grignotés par la mer, formant ainsi cavités et arches où nichent plusieurs colonies d’oiseaux.



Un sentier permet de longer la côte et de rejoindre le petit port d’Hellnar. Au bout de quelques kilomètres sous cette pluie battante, nos vêtements techniques ne suffisent plus. Ça mouille et plus drôle, ça mousse !

De retour à la voiture, le chauffage ainsi que les sièges chauffants sont poussés à fond jusqu’à la prochaine étape. Justement, nous voici sur la plage de Malariff dominée par son phare où la mer et le vent forment d’énormes rouleaux bleu turquoise.



Plus loin, la plage de Djúpalón couronne la visite de la côte Sud. Le sentier y menant louvoie à travers de nouvelles sculptures volcaniques laissant place aux galets noirs et aux débris rouillés d’un chalutier anglais échoué ici en 1948. L’on y trouve également 4 pierres-étalons de 23 à 154 kg que les apprentis matelots du port de Dritvik devaient soulever pour mesurer leur force et espérer trouver une place à bord d’un bateau de pêche.



Arrivés à Hellisandur, le bout de la péninsule, nous n’avons toujours pas vu le Snæfellsjökull et nous ne le verrons jamais, tant le plafond restera définitivement bas. Il y a bien une piste qui y mène, mais avec cette purée de pois, pas la peine de s’y aventurer. Nous basculons sur la côte Nord en passant par Ólafsvík, qui n’a pas un grand intérêt si ce n’est sa splendide église contemporaine. Différentes figures triangulaires s’emboîtent harmonieusement pour enserrer de très beaux vitraux. L’intérieur est tout aussi original, mais chut, l’office est en cours.


La boucle est bouclée, nous voila de retour à Grundarfjördur. Nous terminons la soirée sur les plages de galets faisant face à l’AJ, puis au restaurant de l’hôtel Framnes.
Encore une journée bien arrosée, la fadeur des photos en témoigne. Il est bien dommage que la brume ne nous ait pas permis d’apprécier toutes les beautés de la péninsule et notamment son relief. Il aurait été préférable de prolonger les visites le jour de notre arrivée, seule journée ensoleillée. Mais c’est l’Islande, le temps change en 5 minutes…ou pas !

Demain, nous nous rapprochons de la Capitale où d’autres sites historiques et incontournables nous attendent.
02/09 – J15 : Grundarfjörður – Stykkishólmur – þingvellir – Reykholt Grisaille générale
Nous quittons la partie ouest de la péninsule de Snaefellsnes pour Stykkishólmur, petit port agréable et lieu d’embarquement pour les fjords de l’Ouest, dominé par un petit phare orange et une nouvelle église à l’architecture insolite. Petite marche sur le port, grimpette jusqu’au phare et ravitaillement.


En route pour le Sud par la route 1 puis la 522 pour rejoindre Deildartunguhver, des sources d’eau chaude à 100° C au débit le plus élevé d’Europe (180 litres par seconde) qui alimentent le chauffage des maisons d’Akranes et de Borgarnes et les nombreuses serres de cette région agricole. L’on trouve d’ailleurs à proximité plusieurs étals de fruits et légumes en libre service. Le principe est simple : déposez la somme indiquée dans la caissette, faites la monnaie s’il y a lieu et servez-vous. Imaginez la même chose en France…il ne se passerait pas 5 minutes avant disparition complète de la production, des recettes, voire de la roulotte 😛. Nous ne sommes pas très surpris, car nous avions déjà vu cela en Norvège. Quelle confiance tout de même !

On retrouve ces maisonnettes sur quelques kilomètres en bordure de la route 50.


Nous faisons le plein de légumes frais et poursuivons vers le Sud par la 52 et la 550 afin de rallier þingvellir. Cette route, que nous n’avions pas prévu d’emprunter se transforme vite en piste. A l’approche de la 550, le temps se gâte sérieusement et le ciel, subitement aussi noir que la piste de cendres sur laquelle nous évoluons, nous plonge instantanément dans l’univers de Tolkien. Les ténèbres du Mordor ne sont pas loin. Nous ne sommes pas tranquilles, d’ailleurs je n’ai pris aucune photo pendant le trajet, cela prouve bien notre état d’anxiété. L’arrivée à þingvellir se fait sous la pluie.
Þingvellir est un lieu mythique pour les islandais, où s’étend la plaine du premier parlement de la première démocratie (fondé en 930), mais c’est surtout le seul endroit avec l’Ethiopie où l’on peut observer la dorsale médio-atlantique en surface. La faille Almannagjá, orientée Sud-Ouest/Nord-Est s’écarte de 2 cm par an et sépare deux continents, avec d’un côté la plaque nord américaine et de l’autre, la plaque eurasienne.

Les nombreux sentiers sillonnant le parc nous mènent à Öxarárfoss puis à différents points de vue surplombant l’immense lac Þingvallavatn.

Nous repartons par les routes 365, 37 et enfin la 35 pour rallier notre hébergement, la guesthouse Husið dans laquelle nous avions séjourné le soir de notre arrivée en Islande. Comme nous souhaitions nous rapprocher de Reykjavik et que la maison d’hôtes est bien située, nous y avons réservé une chambre pour 2 nuits depuis Grundarfjörður. Nous y avons nos marques et y sommes presque comme à la maison. On se prépare donc notre petit dîner et au lit.
Journée un peu tristounette, d’abord en raison du temps, puis parce que l’on n’a pas vraiment été emballé par la région d’Akranes, ni réellement par Þingvellir. C’était une visite agréable avec de beaux sentiers, mais sans plus. Peu de couleur aujourd’hui…ça manque !
03/09 – J16 : Reykholt – Geysir – Gullfoss – Hveragerði –Reykholt A la recherche des eaux…bleues
Comme il fait plutôt beau ce matin, nous retournons à Geysir et à Gullfoss. Comparé à il y a quinze jours, l’affluence est nettement supérieure en journée, surtout à Gullfoss. Des cars entiers déversent leurs touristes, asiatiques pour la plupart, qui se pressent autour du site et dans l’immense boutique/cafétéria dès les premières gouttes de pluie. Nous prenons également un peu le temps de flâner dans la boutique et nous réchauffons autour d’un bon bol de soupe servie à volonté.
Sur le parking, David et Goliath :

A côté du 4x4 islandais, notre Grand Vitara a l’air d’une voiturette ! On ne joue pas dans la même cour pour traverser une rivière.
Nous partons ensuite à la recherche d’une chute bien cachée et peu connue : Bruárfoss, à proximité de la route 355. La chute n’est pas des plus sensationnelles, mais c’est la rivière toute entière, qui coupée en deux par une faille, forme des dizaines de petites chutes aux eaux d’un incroyable bleu turquoise. L’accès se fait au bout d’un dédale de ruelles au sein d’une zone de maisons de vacances. Nous parcourons le sentier et traversons un petit pont en bois et nous retrouvons très vite dans une zone marécageuse. Nous voilà avec 10 cm de boue collée à nos chaussures, ne sachant pas vraiment où se trouve la chute. On entend bien le bruit de la rivière, là pas très loin, mais le terrain est entièrement inondé. Tant pis, nous rebroussons chemin tout près du but !
Direction le Sud, vers Hveragerði, pour découvrir un autre site géothermique. La particularité des lieux est que la zone de géothermie, autrefois située au cœur de la ville, s’est déplacée à la suite d’un séisme en mai 2008. La zone d’activités se trouve désormais sur les hauteurs de la ville. Une forte odeur de soufre embaume les lieux. Canalisations rouillées et à l’abandon jalonnent le parcours.


Plus loin sur les hauteurs, un sentier de 3 kilomètres vous mène à l’une des rivières chaudes les plus connues d’Islande, Reykjadalur (la vallée des fumées).
Sur le chemin du retour, dernier arrêt à Kerið, un cratère volcanique vieux d’environ 6500 ans situé en bordure de la route 35. Ce cratère aux parois rouges, de 270 mètres de long sur 170 mètres de large et profond de 55 mètres, abrite un petit lac dont le niveau peut varier de 7 à 14 mètres. L’accès y est payant depuis juin 2013 (300 ISK, soit environ 2 €).

Comme la veille, dîner « à la maison » et au lit.
Aujourd’hui, nous avons renoué avec les cascades, geyser, fumerolles, volcan et vapeur de soufre : toutes ces couleurs qui caractérisent l’Islande et que nous aimons beaucoup.
04/09 – J17 : Reykholt – Reykjavik A la capitale
Voilà, nous quittons les terres pour la capitale, dernière étape de ce voyage.
100 kilomètres à peine nous séparent de Reykjavik, nous y arrivons en milieu de matinée et commençons par la visite du Perlan situé en périphérie. Le bâtiment, qui n’est autre qu’un grand réservoir géothermique qui alimentait autrefois la ville, ne représente pas un grand intérêt, si ce n’est sa terrasse panoramique circulaire offrant une vue remarquable sur toute la baie de Reykjavik. Un des réservoirs abrite le saga museum qui retrace les moments clés de l’histoire islandaise.

Nous prenons la direction du centre de Reykjavik afin de nous installer pour 2 nuits à la Guesthouse Sunna. La maison d’hôtes comprend de nombreuses chambres bien tenues (avec ou sans salle de bain) et une cuisine à chaque étage. L’adresse est très centrale, à deux pas de l’avenue commerçante (Laugavegur) et juste en face de Hallgrímskirkja, l’église luthérienne de Reykjavik, dont l’architecture en béton rappelle une fois de plus les orgues basaltiques. A l’intérieur, l’on peut y découvrir un gigantesque orgue de plus de 5200 tuyaux.

Nous arpentons les rues en direction du port. La ville est à taille humaine, facilement parcourable à pied en une demi-journée. De jolies maisons d’un à deux étages en bois ou en tôle ondulée, parfois colorées et typiques des pays scandinaves, bordent les rues. Parfois quelques gratte-ciel tutoient les nuages, mais ils restent peu fréquents. Le bâtiment le plus emblématique de la ville est sans aucun doute Harpa, la salle de concert et centre des congrès, entièrement revêtue de panneaux de verre de différentes couleurs. Située sur le vieux-port, les reflets de l’eau et des bateaux dansent avec la lumière. Restaurant et boutique occupent le rez-de-chaussée. Quel bel ensemble.



Plus loin, l’on découvre installée sur le front de mer, Sólfarið, une belle sculpture en inox rappelant sans aucun doute les drakkars vikings.
Nous remontons le port et arrivons au Seabaron, une adresse bien connue pour ses brochettes de poissons et sa soupe de homard (plutôt de la langoustine). Le local est petit et simple, chaleureusement décoré et tenu par un ancien pêcheur. Pour les brochettes, on peut choisir entre plusieurs poissons, St Jacques et même de la baleine. Nous nous sommes contentés de la soupe qui était excellente. Une bonne adresse sympathique où l’on se sent chez soi.
Nous sommes à présent dans le centre historique où se trouvent les plus anciennes maisons mais aussi le lac Tjörnin, occupé par de nombreux oiseaux. Au ras de l’eau, le hall de l’hôtel de ville, enferme une belle maquette en relief du pays, nous permettant de mieux visualiser notre parcours.


La journée se termine en déambulant au hasard des rues.
Belle journée à Reykjavik qui ne parait pas très grande, mais qui doit certainement receler des petits trésors cachés, que nous touristes pressés ne prenons pas le temps de découvrir. En tout cas il semble y avoir une vie culturelle assez intense, avec une population jeune et dynamique le tout, au cœur d’un cadre naturel unique.
05/09 – J18 : Reykjavik – Reykjanes - Reykjavik A la recherche des eaux…chaudes
Pour notre dernier jour entier en Islande…il fait très beau.
Direction la péninsule de Reykjanes, pour un dernier aperçu des trésors naturels de l’île. Cette péninsule est un petit condensé d’Islande, mêlant des champs de lave moussues, des sources d’eau chaude, des solfatares, des lacs et des petits ports. Premier arrêt à Hafnarfjörður, la 3ème ville du pays, sans grand intérêt. Puis nous empruntons la route 42, puis la 427, à travers un paysage volcanique de toute beauté, menant au lac Kleifarvatn, entouré de formations rocheuses et de plages de sable noir.



Un peu plus loin, le site géothermique de Seltun, équipé de passerelles en bois louvoyant au cœur des marmites de boue et des évents de vapeur, nous rappelle les autres aires géothermiques déjà rencontrées plus au Nord.

A proximité se trouve Skatalaug, une source chaude dans laquelle il est possible de se baigner. Munis de ses coordonnées GPS, nous partons à sa recherche. Autant vous dire que nous ne la trouverons pas. Soit les coordonnées n’étaient pas exactes, soit Skatalaug n’existe plus. La nature nous récompensera tout de même par la présence d’un cœur de verdure au milieu des sables volcaniques.

Nous poursuivons sur la route 427 jusqu’à Grindavik, minuscule port situé au sud de la péninsule avant d’emprunter la 426 pour Bláa Lónið (blue lagoon). Ce site thermal hautement touristique est construit à côté d’une centrale géothermique plantée au milieu d’un champ de lave. Ses eaux chaudes légèrement salées et riches en silice sont d’un bleu laiteux irréel. Nous pénétrons dans le hall d’accueil pour voir les bassins sans avoir l’intention de se baigner (à 40 € par personne la baignade, alors que le pays compte d’innombrables sources chaudes naturelles -encore faut-il les trouver-, pourquoi pas, mais là il y a beaucoup trop de monde).

Nous ressortons et nous promenons autour des autres bassins non aménagés, puis plus loin, aux abords de la centrale où les dépôts de silice sont bien visibles.


On peut se tartiner le visage avec cette pâte blanche, c’est même conseillé pour soigner certaines affections cutanées. Même si l’on a déjà vu les bains de Myvátn, cela vaut tout de même le déplacement.
Nous reprenons la route au milieu des champs de lave, nous arrêtons pour un nettoyage complet du véhicule et regagnons la capitale pour terminer la soirée sur le port et dîner à l’Icelandic Fish & Chips. Les beignets de poissons (morue, haddock, loup, plie…), réalisés à base de farine d’épeautre et plongés dans une friture légère sont accompagnés de pommes de terre persillées cuites au four et de différentes sauces au choix.
Voilà, l’aventure prend fin petit à petit, pas après pas dans les rues animées de Reykjavik. S’achève ici un voyage d’exception, sur les terres tourmentées d’une île de glace et de feu.

06/09 – J19 : Reykjavik – Francfort - Alsace Retour à la civilisation
Notre vol n’étant qu’à 16h05, nous profitons de la matinée pour les derniers achats souvenirs sur Laugavegur.

Nous quittons la ville pour Keflavik vers 12 heures, rendons le véhicule chez Blue Car et attendons notre vol avec une pointe de nostalgie.
Dernières couleurs au dessus des nuages avant d’atterrir à Francfort.

Changement de température : il fait 27°C à 22 heures et immersion brutale dans le bruit et le trafic routier : nous sommes vendredi soir et la circulation sur les autoroutes allemandes est infernale. On est loin des quelques voitures croisées en Islande, on avait oublié cette foule avec délectation.
Nos impressions :
L’Islande c’est d’abord la fusion des forces de la nature. Le vent, la pluie, le feu, la glace : toutes les manifestations terrestres qui nous font nous sentir petits ; C’est des volcans, des déserts, des montagnes, des glaciers, des rivières et des cascades ; C’est enfin une multitude de couleurs : le blanc des moutons, de la neige, de la glace et des panaches de fumées s’échappant des évents de vapeur ; le jaune du soufre, des déserts et des prairies asséchées par le vent ; le noir de l’obsidienne, de la lave et de la cendre rejetées par les volcans ; le vert tendre des toitures, des pâturages où paissent moutons et chevaux islandais ; le vert fluo des lits de mousses et des aurores boréales ; le rouge des cratères, des scories basaltiques et de l’oxyde de fer recouvrant les montagnes du Landmannalaugar ; l’ocre des plages et des montagnes de rhyolite ; le bleu des lacs, des fjords et des glaces de Jokülsarlón ; et pour finir le gris des rivières glaciaires tumultueuses, des colonnes de basalte et des ciels irréels déchirés par les nuages.
L’Islande est tout cela à la fois, mystérieuse et envoûtante, sublimée par une luminosité magique.
Nous avons adoré : Tout
- Les volcans, déserts, montagnes, glaciers, rivières, cascades, fjords - Les hautes terres et leurs pistes pour l’extrême beauté des paysages - Les moutons, chevaux, innombrables oiseaux, canards et surtout les incroyables clowns des mers : les macareux - La magie d’une aurore boréale aux confins des montagnes et des fjords
Nous avons moins aimé : Les gués et la longueur de certaines pistes (mais cela en valait bien la peine)
Hébergement / Restauration :
Tous les hébergements réservés ont été à la hauteur de nos attentes, avec une mention spéciale pour l'isolement et la vue à Mjoifjörður (Solbrekka), pour la table d’hôtes à Myvátn (Guesthouse Stong) et pour le confort à Grundarfjörður (Hostel).
Idem pour la restauration et/ou les ravitaillements en supermarché où nous n’avons manqué de rien.
Notre péché mignon islandais le Skyr (sorte de fromage blanc nature ou aromatisé) et les Hraun Bitar (gauffrette chocolatée aux petits morceaux croustillants de maïs soufflé ) -un peu de publicité islandaise- :


Infos pratiques :
- 3 800 km parcourus, 8 pleins, 365 litres d’essence - livres de route : guide du routard, bibliothèque du voyageur Gallimard, guide de randonnées Rother - infos complémentaires recueillies sur les forums de Voyage Forum, www.voyage-islande.fr et www.france-islande.com et sur les sites de Mlefevre, Grisemote, Aliza, Chris51 et d’International Photographer sans oublier celui de krikri et de Beregond
Remerciements :
Merci à Mlefevre pour ses différents récits qui m’ont fait découvrir toutes les beautés de ce pays et notamment les hautes terres.
Merci à Beregond, Pitimerguez, Pierre77N, Aliza, Timouss, Tidalo, Toopil, ArbreMojo, JeanMichel54, Clarée006 et Esethi pour votre contribution, votre aide précieuse à l’élaboration de l’itinéraire et vos réponses toujours détaillées.
Bonne lecture et, à ceux qui franchiront le pas, bon voyage en Islande.

Octobre 2012 : notre destination 2013 est arrêtée, l’an prochain, ce sera l’Islande. Oui, oui, avec un « s », j’ai bien dit ISLANDE. On nous faisait souvent répéter : « Où cela, en Irlande ? » « Non, en Islande. » Vu l’air ébahi de nos amis, c’est comme si nous partions sur la Lune. Dans un sens, ce n’est pas tout à fait faux, vu les paysages traversés !
Commence une longue et agréable période de recherches et de lectures diverses. Les grandes lignes de l’itinéraire sont vite dessinées et les vols sont réservés dès janvier. Le parcours sera classique, dans le sens antihoraire, avec quelques incursions dans les hautes terres. Au vu des paysages tantôt montagneux tantôt désertiques des hautes terres, il est clair que nous ne voulons pas manquer cela. Cela nécessite donc la location d’un 4X4 pour emprunter certaines pistes interdites aux véhicules de tourisme et franchir les nombreuses rivières à gué. Notre choix se porte sur un Grand Vitara, loué chez Blue Car Rental.
Itinéraire prévu : J1 : Francfort - Kefkavik (arrivée à 15h35) - Geysir - Gulfoss - Reykholt J2 : Reykholt - Landmannalaugar J3 : Landmannalaugar J4 : Landmannalaugar - Vik J5 : Vik - Kirkjubaejarklaustur (ou se rapprocher du Laki) J6 : Kirkjubaejarklaustur - Laki - Svinafell J7 : Svinafell - Skaftafell - Jokulsarlon J8 : Jokulsarlon – Fjords de l’Est - Mjoifjordur J9 : Mjoifjordur J10 : Mjoifjordur- Askja (ou route vers Myvatn) J11 : Askja - Myvatn - Dettifoss - Selfoss - Hafragilfoss – Hljodaklettar –Asbyrgi – Myvatn J12 : Krafla - Viti - Leirhnjukur - Namafjall – Grjotagja – Skutustadir –Vindbelgjarfjall - Myvatn J13 : Myvatn – Husavik – Akureyri, Skagafjordur ou Varmalid J14 : Varmalid – Hveravellir - Kerlingarfjöll J15 : Kerlingarfjöll - Snaefellsnes J16 : Snaefellsnes J17 : Snaefellsnes - Reykjavik J18 : Reykjavik J19 : Reykjavik – Keflavik (départ à 16h05) - Francfort
Itinéraire suivi : J1 : Francfort - Kefkavik (arrivée à 15h35) - Geysir - Gulfoss - Reykholt J2 : Reykholt - Landmannalaugar J3 : Landmannalaugar - Vik J4 : Vik J5 : Vik - Kirkjubaejarklaustur J6 : Kirkjubaejarklaustur - Laki - Svinafell J7 : Svinafell - Skaftafell - Jokulsarlon J8 : Jokulsarlon – Fjords de l’Est - Mjoifjordur J9 : Mjoifjordur - Seydisfjordur - Litlanesfoss - Hengifoss - Mjoifjordur J10 : Mjoifjordur - Dettifoss - Selfoss - Hverir - Myvatn J11 : Myvatn - Grjotagja –Dimmuborgir - Hverfjall - Skutustadir - Krafla - Viti - Leirhnjukur - Namafjall- Myvatn J12 : Myvatn - Husavik - Myvatn J13 : Myvatn – Godafoss – Akureyri - Grundarfjordur J14 : Grundarfjordur - Péninsule de Snaefellsnes - Grundarfjordur J15 : Grundarfjordur - Stykkisholmur - Thingvellir - Reykholt J16 : Reykholt - Hveragerdi - Grindavik - Kerid - Reykholt J17 : Reykholt - Reykjavik J18 : Reykjavik - Péninsule de Reykjanes - Reykjavik J19 : Reykjavik – Keflavik (départ à 16h05) - Francfort

Pour plus de souplesse, nous faisons le choix de ne réserver qu’une partie des hébergements, quitte à dormir dans la voiture. Ainsi, nous pourrons aviser sur place, en fonction de nos envies et surtout des conditions climatiques. Nous savons qu’elles y sont rudes et sommes donc prêts à affronter tous les éléments.
19/08 - J1 :Francfort – Keflavik – Reykholt Jour J : Départ de Francfort à 14 h 05
Trois heures trente plus tard, nous survolons les côtes islandaises flanquées de falaises, de failles et d’un dédale de rivières glaciaires. Il fait beau, la température est de 12° et premier constat…ça décoiffe ! On nous avait prévenus que le vent islandais n’était pas à prendre à la légère et bien cela se vérifie.
Pas de temps à perdre, RDV en face du terminal dans les bureaux de Blue Car Rental pour la prise en charge de notre véhicule. Après avoir accepté l’assurance SAAP (protection contre les tempêtes de cendres et de sable - nous en étions informés et l’avions prévu), nous faisons une vérification rapide du Grand Vitara. Une fois n’est pas coutume (cf. voyage au Canada), les pneus arrières sont lisses et de surcroit pas du tout adaptés à la conduite sur pistes, (ce sont des pneus « route ») alors que nous avions bien précisé lors de la réservation que nous nous rendions dans les Highlands. L’agent, lui, nous assure qu’il n’y a aucun problème. Bah, on verra bien se dit-on…
Premiers contacts avec la terre islandaise et ses étendues de lave peu après l’aéroport. Le moins que l’on puisse dire c’est que le paysage est ici très tourmenté. Cela verdit et s’assagit petit à petit en direction de la capitale et de Reykholt où nous avons réservé une chambre à la guesthouse Husid. C’est même très champêtre : des ruisseaux, des fermes, des moutons… Arrivés à la guesthouse, nous découvrons une maison typique, au cœur d’un petit lotissement. Le rez-de-chaussée est entièrement consacré aux hôtes où 8 chambres se partagent 3 salles d’eau, une cuisine commune bien équipée et le WiFi. Accueil très sympathique de la propriétaire puis, en route pour Gullfoss et Geysir. Il n’est pas loin de 21h et il y a très peu de monde aux abords de la cascade qui nous impressionne par sa forme et son débit.


Nous avons la chance d’y observer le fameux arc en ciel qui a donné son nom à la chute (la chute d’or). Nous restons un moment à la photographier sous tous les angles avant de prendre la route pour le site géothermique très touristique de Geysir, qui a donné son nom au terme de geyser. Ce dernier n’est plus actif. Il y a peu de monde, mais tous attendent avec impatience la prochaine projection d’eau de Strokkur, le seul geyser encore actif. Nous avons vu que Litli Geysir l’était aussi, mais dans de moindres proportions (peut-être 4/5 mètres). Ce sont les premières zones géothermiques et sources chaudes que nous voyons (nous ne sommes pas encore allés à Yellowstone) et c’est assez divertissant. Autour de nous, ça fume, ça bouillonne, ça glougloute de partout et enfin, sans prévenir Strokkur se réveille et atteint une hauteur de 20/30 mètres. Parfois 3 fois de suite, puis plus rien pendant près de 10 minutes, mais c’est tout de même assez régulier. Pas évident de capturer l’instant avec un modeste appareil compact (désolée les photos sont floues).


Retour à Reykholt. Premier contact avec l’eau soufrée de la douche…c’est un peu déroutant mais on s’y fait vite. Du fait de sa position géographique et géologique, l’Islande regorge de ressources naturelles. Ainsi le chauffage, l’eau chaude et une grande partie de l’électricité sont d’origine géothermique, d’où l’odeur omniprésente de soufre.
Première journée et déjà ce pays nous séduit !
20/08 - J2 : Reykholt -Landmannalaugar Des vertes prairies aux hautes terres noires et arides
Avec le décalage horaire, je suis réveillée tôt et le soleil s’amuse à me narguer au travers de rideaux peu occultants. Le ciel est bleu azur et il n’y a pas un seul nuage : la journée s’annonce des plus belles. Je trépigne donc d’impatience au fond du lit en attendant le petit déjeuner qui n’est servi qu’à 8 h. Après le copieux petit déjeuner, départ vers Fludir pour retirer des couronnes et faire le plein de provisions. En chemin, nous nous arrêtons à la monumentale église de Skálholt et à une très belle petite chapelle couverte d’herbe trônant à ses côtés. Le cadre est bucolique et très verdoyant, à l’arrière plan 2 volcans, l’Hekla et l’Eyjafjallajökull, dont l’éruption le 14 avril 2010 a perturbé l’espace aérien international pendant quelques semaines.




Avant de nous rendre au Landmannalaugar, plusieurs détours sont prévus pour admirer quelques chutes. Nous prenons la route 32 en direction de l’Est pour un arrêt à Hjalparfoss, formée de deux chutes entourées de colonnes de basalte.

Puis la 327 vers l’Ouest, piste très caillouteuse, pour atteindre les gorges de Gjain. Les alentours sont très minéral et l’on se demande où peut bien se trouver cette oasis. Nous y parvenons enfin. Nous sommes seuls dans cet écrin de verdure, le soleil brille et il est près de midi. C’est l’endroit idéal pour la pause déjeuner.

Une fois les estomacs pleins, c’est le moment de secouer tout cela en reprenant la tôle ondulée de la 327 en sens inverse, puis la 332 pour Háifoss et Granni, deux autres cascades (122 mètres de haut), situées plus en amont.

Cette fois plus de détour, nous reprenons la 32, puis la 26 et enfin la F225 menant au Landmannalaugar. Cette piste, exclusivement réservée aux 4x4 est magnifique. Nous traversons un paysage lunaire, passant d’un désert noir à des montagnes aux couleurs irréelles. Nous ne savons plus où regarder et apprécions l’instant.




La piste est assez roulante, mais voilà qu’arrive le premier gué. Nous sommes novices en conduite de 4x4 et encore plus en traversée de gués. D’autant plus que la fonte des neiges a été assez tardive cette année et que le niveau des rivières est globalement plus élevé que d’ordinaire. On s’approche à pied, le niveau ne semble pas bien haut, on voit bien les traces des autres véhicules, mais nous hésitons tout de même. Et comme il l’est indiqué sur le panneau de prévention « les traces ne racontent pas toute l’histoire ». Quand on voit les 4x4 islandais préparés et surélevés, mieux vaut en effet ne pas suivre toutes les traces ! Heureusement la F225 est très fréquentée et un bus, suivi d’un véhicule du même type que le nôtre s’engagent dans la rivière. Ben maintenant, y’a plus qu’à. Enclenchement des vitesses courtes et c’est parti. Signalons que le véhicule n’est pas couvert en cas de « plantage » au milieu du gué. Oups, comment, je ne te l’avais pas dit chéri ? 🤪 C’est d’ailleurs assez sournois de la part des agences qui louent leurs 4x4 au prix fort, tout en connaissant les risques.
Ouf, ça passe pour cette fois. Plus loin, deuxième gué beaucoup plus large, nous attendons à nouveau le passage d’autres véhicules. Un Défender arrive et s’engage sur la mauvaise voie. Aucun problème pour lui, demi-tour et nouvelle traversée sur la bonne rive cette fois. Nous lui emboîtons le pas. L’autocollant qu’arbore à juste titre le Déf’ en dit long : « You can go fast but I can go anywhere – Vous pouvez aller vite mais moi je peux aller partout » 😛 Le panorama est toujours aussi beau et les montagnes de plus en plus majestueuses.


Nous arrivons bientôt à la hauteur du Frostastadavatn, puis à proximité du site de Landmannalaugar. Il y a avant le camp, deux gués dont la traversée peut s’avérer difficile. Nous observons attentivement les véhicules qui nous précèdent et audacieusement, mon conducteur de mari n’hésite même plus et va de l’avant. On a l’impression d’être des enfants qui sautent dans une mare.
Il est plus de 17 h, un instant pour souffler, un petit en-cas et c’est parti pour l’ascension du Mont Bláhnúkur (la montagne bleue) qui culmine à 940 m. Profitons-en tant qu’il y a encore quelques rayons de soleil. Le sentier est assez raide mais en vaut la peine. Les vues depuis le sommet sont époustouflantes. Le camp au pied du champ de lave et des massifs à perte de vue…


Retour au camp après environ 2 heures de rando. Après tous ces kilomètres de pistes, que c’est agréable de se dégourdir les jambes. Mais le plus appréciable, ce sont les sources chaudes qui se trouvent au fond du site. Rapide déshabillage à température ambiante brrr et baignade dans une eau à 40° dans laquelle nous restons bien 1h30. Nous sommes étonnés du nombre élevé de touristes français présents sur le camp (et dans tout le pays, comme nous le constaterons plus tard).

Nous sommes sur un camping au milieu de nulle part, sans réservation au refuge, ni tente. Notre véhicule sera donc notre abri pour cette nuit. S’en suit une séance de pliage des sièges arrière et passage des bagages à l’avant. Le Grand Vitara n’est pas très spacieux, mais ça va, les quelques différences de niveaux sont comblés avec vestes et serviettes, les sacs de couchage et couvertures sont déployés et notre cocon est prêt pour la nuit. Il reste encore à faire fonctionner le réchaud tout neuf sensé faire bouillir 1l d’eau en 3 minutes. Mouais, avec les bourrasques de vent ce n’est pas gagné. Il faudra en réalité plus de 3 minutes, mais les nouilles chinoises, ça cuit vite ! Coucher de soleil et au lit.
Première vraie journée en Islande, nous sommes toujours sous le charme. Cascades, paysages lunaires, montagnes multicolores, nous avons déjà eu un bel aperçu du pays.
21/08 - J3 : Landmannalaugar- Vik On en voit de toutes les couleurs
La nuit fut bonne quoique un peu fraîche. Ce matin le ciel est gris, il ne doit pas faire plus de 5° et la pluie est annoncée pour plusieurs jours. Par prudence et dans l’idée de repartir dès aujourd’hui, nous déplaçons le véhicule au-delà des 2 gués du camp et partons pour une rando de 3h à travers le champ de lave Laugahraun, le Mont Brennisteinsalda et la vallée de Grænagil.
C’est un festival de couleurs entre obsidienne et massifs rhyolitiques. Il y a là le jaune du sulfure, le bleu et le noir de la lave, le rouge du fer…c’est sublime. Plus loin de la mousse, ici des fumées, là des névés, plus loin des roches aux formes étranges.



Nous croisons plusieurs marcheurs solitaires arrivant du fameux trek Skogar-Þórsmörk-Landmannalaugar. Ils nous confient que les conditions climatiques ont été rudes et qu’ils sont heureux d’être parvenus au bout de leur rêve. On compatit, cela doit être éprouvant ! Nous contemplons le paysage depuis le sommet de Brennisteinsalda et retournons au camp par la vallée de Grænagil en longeant la rivière.

Le bus-épicerie est bienvenu pour nous réchauffer et déjeuner à l’abri du vent et de la pluie qui tombe par intermittence. Les prévisions météo ne sont pas bonnes et comme pressenti le matin, nous décidons de plier bagages et de prendre la direction de Vik, par la F208 Sud.
Cette piste réputée remarquable, comporte une dizaine de gués et n’est pas très roulante. D’autant qu’après une vingtaine de kilomètres, en plus de la pluie, c’est le brouillard qui s’abat sur nous. Les sommets environnants sont noyés dans la brume. Quel dommage !

Avec nos pneus « route », nous ne prenons aucun risque et progressons très lentement. La piste fait environ 80 km jusqu’à son embranchement avec la route 1 et nous ne croisons aucun véhicule si ce n’est une ou deux supers jeeps locales dont les occupants nous regardent étrangement. Serait-ce impraticable plus loin avec notre modeste véhicule ? Nous n’en menons pas large et la traversée de gués n’est plus aussi amusante que la veille. La piste qui traverse maintenant un col sans aucune visibilité, finit par miner notre moral. Il ne manquerait plus que la neige ! Pourtant plus le choix, il est tard et il nous faut avancer. Nous renonçons à la faille d’Eldgjá et la cascade d’Ófærufoss, tant pis aucun regret, dans ces conditions, nous n’aurions rien vu.
L’arrivée tardive à Vik ne nous permet plus de faire la tournée des guesthouses (ah si, on a été voir à l’AJ, mais c’était complet), ce sera donc une nouvelle nuit dans la voiture. Après un excellent dîner au Halldorskaffi situé à côté du centre d’information et quelques courses au supermarché, nous bivouaquons sur une plage de sable noir, au pied de Reynisfjall. Nouvelle technique : Monsieur occupe tout l’espace arrière et moi les sièges avant. Bonne méthode !
Pour ce troisième soir, l’ambiance est comme le ciel, plombée ! On a tellement stressé sur cette fichue F208 qu’il ne faut plus nous parler de piste pour l’instant. Mais les images du Landmannalaugar et de ses montagnes colorées sont là pour nous rappeler que cela en valait bien la peine. C’est un lieu surprenant à ne pas manquer !
22/08 - J4 : Vik – Reynisfjara– Dyrhólaey – Sólheilmajökull – Skogafoss – Seljalandfoss - Vik Noir c’est noir
Comme la nuit porte conseil, ce matin le moral est revenu. C’est déjà ça, car le temps lui n’est pas au beau fixe : aucun changement, le plafond est très bas, brume et tempête sont de la partie. C’est dingue, il pleut à l’horizontal. Le vent est tellement puissant qu’il soulève l’eau au sol. C’est très désagréable. Equipement coupe-vent et imperméable obligatoire ! Nous parcourons la belle plage de sable noir jouxtant notre bivouac et dans un camaïeu de gris, entrevoyons les roches de Reynisdrangar, qui seraient en réalité 3 trolls pétrifiés.


Nous empruntons une petite piste assez raide menant au sommet de la falaise de Reynisfjall, espérant une accalmie, mais le brouillard est toujours présent. J’aperçois tout de même un macareux à quelques mètres. C’est donc qu’ils sont encore là. Nous n’espérions plus en observer au-delà du 20 août.
Cap vers la plage de sable noir de Reynisfjara, sa petite église, ses colonnes basaltiques et ses grottes.



Ces formations rocheuses sont le résultat de coulées de lave figée qui une fois refroidie se contracte en colonnes régulières souvent hexagonales et ressemblant à des orgues. Dame Nature est vraiment fascinante. Le contraste entre l’écume et le sable volcanique noir est lui aussi saisissant.

Un peu plus loin, des falaises et ô miracle, des oiseaux par centaines dont les fameux macareux moine. Nous sommes venus pour eux et nous sommes comblés : ils sont trop mignons avec leur bec et pattes orange et encore plus drôles en vol. Nous restons bien une heure à observer le ballet de ces oiseaux-pêcheurs. La carte mémoire de l’appareil photo en prend un coup !
Nous poursuivons les visites par Dyrhólaey et nous approchons des falaises où nichent d’autres milliers d’oiseaux. Les macareux sont à nouveau présents et l’on peut ici les approcher d’assez près. Mais le vent est tellement fort qu’il serait imprudent de s’avancer davantage.



De timides rayons de soleil font leur apparition et nous en profitons pour parcourir les plages en contrebas, puis le sommet de la falaise surmonté d’un phare d’où l’on peut observer l’arche qui a donné son nom au site (l'île haute avec le trou de porte), ainsi qu’au Sud, l’étendue noire du Sólheilmasandur.


En route pour Skógar, nous repérons notre guesthouse pour cette nuit, la guesthouse Steig, puis nous dirigeons vers la piste 221 conduisant au Sólheilmajökull, une langue glaciaire du Mýrdalsjökull. Le vent s’est calmé, il fait relativement bon. Une petite marche nous mène jusqu’au front du glacier où quelques touristes s’initient à la marche sur glacier accompagnés de guides. C’est une alliance de pics noirs et blancs, fusion entre la glace et les cendres volcaniques.


Nous reprenons la route quand se déroule devant nous la très photogénique Skógáfoss, entourée de verdure. Petite marche jusqu’au sommet où d’autres chutes se succèdent sur ce sentier qui n’est autre que le départ du trek Skógar-Landmannalaugar.

Plus loin encore sur la route n°1, Seljalandsfoss et Glufrafoss.

A proximité, le centre d’information du volcan Eyjafjallajökull est sur le point de fermer, nous prévoyons d’y revenir le lendemain.
Le vent et la pluie reprennent de plus belle, le véhicule fait de dangereux écarts. Si, si, 1.5 tonnes et ça bouge ! Le vent formé par l’air froid des glaciers suit le relief et descend s’abattre sur la côte. Il peut passer de la force d’un ouragan au calme plat en moins d’une minute. C’est ce que l’on appelle un vent catabatique. C’est très impressionnant, je ne suis pas rassurée du tout.
Arrivée vers 18h30 à la ferme Steig sous des trombes d’eau. L’accueil est courtois et la chambre est spacieuse (ce qui est rarement le cas en Islande) et confortable. L’annexe à la ferme comprend une vingtaine de chambres, des salles de bain privées ou communes, une cuisine commune et un personnel composé, en partie, d’étudiants étrangers. Cela relève presque de l’hôtellerie. Il est possible de dîner sur place mais nous préférons retourner dans le même restaurant que la veille : agneau pour Monsieur, poisson pour Madame. Très bon ! Retour à la ferme, WiFi et au lit.
Malgré le temps maussade, les macareux et les côtes islandaises ont su nous réchauffer le cœur.
23/08 - J5 : Vik -Kirkjubaerjarklaustur Toute la pluie tombe sur...nous
Dehors, c’est toujours la tempête et nous traînons un peu. Après un solide petit déjeuner, nous emmenons au passage de petits sachets de cendres de l’Eyjafjallajökull, gracieusement mis à notre disposition par la ferme. Puis pour en savoir plus sur ce fameux volcan, direction le centre d’information repéré la veille. Le visitor center est en fait exploité par la famille de la ferme Þorvaldseyri installée au pied du volcan.

Le centre a été ouvert le 14 avril 2011, soit exactement un an après le début de l’éruption. Une petite exposition met en scène divers roches, objets et panneaux explicatifs liés au volcanisme, mais le clou du spectacle se trouve derrière le rideau. Une vidéo d’une vingtaine de minutes (nous avons pu voir la version française en compagnie d’un autre couple) nous présente la vie du volcan et de la ferme avant et après l’éruption. Ce n’est donc pas un simple film documentaire, mais l’histoire authentique et peu banale de cette famille. L’on y apprend notamment que les semences effectuées peu après l’éruption ont poussé un mois après et que la récolte n’en fut que meilleure ! Le film est bien réalisé et de très bonne qualité.
En route à présent pour une rencontre insolite dans le désert noir de Sólheimasandur. Il suffit d’entrer les coordonnées GPS trouvées sur le net et voilà où cela nous mène :
Ce DC3 de la Navy américaine s'est écrasé ici le 24 novembre 1973 suite à un atterrissage d'urgence dans le Sólheimasandur, où il a été abandonné.(sources : http://en.wikipedia.org/...ing_the_DC-3_in_1973)
La mer est à quelques centaines de mètres et le vent souffle si fort qu’il nous est impossible d’ouvrir les portes et de sortir du véhicule sans quelques acrobaties. Certaines pièces de l’avion branlent dangereusement. Il pleut encore à l’horizontal. Nous ne sommes à l’abri qu’une fois dans les restes de la carlingue. Le vent, la brume, la pluie, le désert noir et cette unique épave blanche pour décor…c’est assez apocalyptique !
Direction Kirkjubæjarklaustur (ou Klaustur), à 70 km au Nord-Est. Des champs de lave moussue de l’Eldhraun en provenance du Laki s’étendent à perte de vue.

La météo s’est considérablement détériorée et la pluie redouble d’intensité. Passage obligé par le visitor center pour « tuer le temps » et pour prendre quelques renseignements concernant l’accès au Laki, où nous souhaitons nous rendre demain. Bonne nouvelle, pas de pluie avant 15 h, suivie d’une moins bonne, le niveau des rivières est trop élevé pour un Grand Vitara. Il semblerait même que le bus ait dû renoncer aujourd’hui au niveau du 2ème gué. Gloups ! Le circuit en bus se déroule tous les jours de 9 h à 18h/19h, c’est certes beaucoup plus long qu’en 4x4, mais notre véhicule n’est pas amphibie… Nous hésitons : retour tardif, 1h de route jusqu’à Svinafell où nous sommes attendus le lendemain avant 18 h, aïe, que faire ? Pas de problème, la charmante hôtesse du visitor center nous propose de prévenir la guesthouse de notre arrivée tardive. Un bel exemple de la serviabilité islandaise ! Nous prendrons donc le bus demain.
Que faire maintenant ? D’abord manger puis, pourquoi ne pas aller à la piscine. Mais malheureusement, comme la plupart des piscines en Islande, celle-ci est en plein air et avec cette pluie, c’est exclu. Il y a bien quelques courageux (islandais sans doute), mais nous ne souhaitons pas nous refroidir. Nous reprenons la voiture en direction du nord pour explorer tout ce que Klaustur et ses abords ont à nous offrir. D’accord il pleut, mais ce n’est pas une raison pour ne pas visiter, il suffit de bien s’équiper.
Systrafoss (cascade des 2 sœurs) et Dverghamrar (ensemble d’orgues basaltique très ancien) :

Le sol est détrempé, il vente terriblement et Monsieur préfère rester dans la voiture. J'affronte seule le vent qui manque de me jeter au sol à chaque pas.

Des champs de lave plus hauts les uns que les autres se succèdent, suivi du hameau de Nupstaður, dont l’accès est entravé par une barrière. Nous le rejoignons donc à pied depuis la route 1. Ces petites maisons traditionnelles au toit de tourbe ont été occupées jusqu’en 2011.

En chemin vers Klaustur, les eaux fougueuses des rivières glaciaires prenant leur source dans le Síðujökull viennent gonfler les ruisseaux situés en aval et les transforment en puissant fleuve. Le débit est impressionnant. Passage devant Foss a Síðu, Stjornarfoss et Kirkjugolf, ces jolis pavés de basalte érodés par les années.


Retour à Klaustur pour un dîner bien sympathique au Systrakaffi avant une nouvelle nuit dans la voiture sur le parking de l’école.
24/08 - J6 : Kirkjubæjarklaustur– Laki – Svinafell Mousses extraterrestres et cendres noires
Nous sommes prêts dès 8 h. Il ne pleut plus, les nuages vont et viennent mais les sommets sont dégagés. RDV à la station service, point de départ du bus pour Lakagigar. Le chauffeur me confirme qu’il a dû faire demi-tour hier et que rien n’est sûr pour aujourd’hui. Nous sommes cinq, un jeune couple allemand, une suissesse et nous. Un 4x4 à la mode islandaise dont les clients se rendent également au Laki nous précédera pour la traversée de gués.
9 heures tapantes, c’est parti pour la découverte de la plus grande chaîne de volcans. Il y a même un accès gratuit à internet dans le bus (et jusqu’au fin fond du Laki, incroyable !)
Le Lakagigar (ou Laki du nom du volcan principal) est une succession d’une centaine de cratères sur plus de 25 km, formés en 1783 lors de la plus importante éruption du millénaire. Les coulées de laves ont recouvert une surface de plus de 500 km2. Ses conséquences furent désastreuses en Islande et dans toute l’Europe, provoquant perturbations climatiques et entrainant sécheresse et famine. L’éruption du Laki serait dit-on, à l’origine de la Révolution française de 1789 !
Les premiers kilomètres de la F206 traversent une verte vallée enchâssée entre des falaises à droite et des coulées de lave à gauche.
Au 1er gué, un couple disposant d’un pickup surmonté d’une cellule, sonde courageusement la profondeur de l’eau en short (glagla) à l’aide de bâtons. L’eau leur arrive au niveau des genoux. Ils semblent perplexes. Le chauffeur du 4X4 rehaussé islandais se lance sans même les regarder. Le bus le suit très lentement, aucun problème. Le couple, lui, ne semble pas nous suivre.
Dix minutes plus tard, 2ème gué, le niveau parait bien haut et c’est ici que le bus a fait demi-tour hier. Allons-nous en faire de même ? Le 4x4 a pris de l’avance et revient de la rive opposée !!??. Le conducteur fait tout simplement l’article à ses clients en franchissant la rivière à vive allure, dans un sens puis dans l’autre. C’est tout de même sacrément haut. L’eau atteint pratiquement le haut de ses roues. Le bus emprunte une autre voie un peu moins profonde et ça passe. Ouf, si tout va bien, on devrait voir le Laki aujourd’hui.
10h15, arrivée à Fagrifoss. « 30 mn d’arrêt» nous lance notre chauffeur. C’est une belle cascade, ressemblant un brin à Skogafoss.

Petite marche vers le canyon et cueillette de baies sauvages, sortes de petites myrtilles, dont les feuilles sont en forme d’aiguilles. Ce sont en fait des camarines noires (empetrum nigrum). Elles sont beaucoup moins sucrées que les myrtilles de nos montagnes vosgiennes.

Nous repartons. Les prairies ont disparu et laissent place à un tableau bicolore teinté de noir et de vert fluorescent d’une autre planète. C’est magnifique et le gris du ciel y apporte une ambiance particulière. La lave est partout. Nous arrivons sur le parking du Laki vers 11 h 45. Un grand Vitara et un Jimny sont déjà là. Comment ont-ils fait ? Vu le niveau des gués, cela me semble impossible avec ce type de véhicule, il fallait oser…
Le départ est fixé vers 13h30, ce qui nous laisse largement le temps de gravir le Laki et de découvrir les lieux. Pas une minute à perdre, le temps est changeant et le ciel ne va tarder à se couvrir.
Nous arrivons les premiers au sommet culminant à 812 mètres, ce qui nous permet d’apercevoir la fissure Nord avant qu’elle ne disparaisse totalement dans le brouillard. Patience, cela va s’éclaircir. Ne dit-on pas en Islande « si tu n’es pas satisfait du temps qu’il fait, attend 5 minutes ». Oui, ben ça ne marche pas à tous les coups ! Tiens voilà le pick-up de tout à l’heure qui arrive au parking, je suis contente qu’ils aient réussi à arriver jusqu’ici.

Nous avons un peu plus de chance avec l’alignement Sud. Nous patientions et profitons encore de ces instants en compagnie de nos compagnons de route, puis gagnons une zone de cratères située en contrebas. Nous sommes dans l’antre de la bête !

Retour dans le bus où nous pique-niquons bien au chaud en compagnie du ranger du refuge de Blagil. Après 1 ou 2 semaines passées ici, il rentre « en ville » ce soir et nous accompagnera avec son véhicule. Nous repartons par la F207 en longeant les cratères. Nouvel arrêt au lac volcanique Tjarnargigur où un sentier nous mène à travers fissures, cratères, fleurettes et champignons.

Noir et vert, encore et toujours. Nous adorons :



Sur le retour, le canyon de Fjaðrárgljúfur, profond d’une centaine de mètres débouche sur les coulées de lave de l’Eldhraun.

Après avoir regagné Kirkjubaejarklaustur, nous repartons aussitôt par la route 1 pour le parc national de Skaftafell où nous avons réservé une chambre en « sleeping bag» au camping Flosi de Svinafell.
Sur le parking de la station essence :
Elle est pas belle la bête ? Nous recroiserons Isak à plusieurs reprises tout au long de notre parcours.Après les mousses vertes de l’Eldhraun, les volcans, les étendues de sable noir du Skeidararsandur et les restes d’un pont emporté lors de la dernière grande crue (jökulhlaup), le paysage tourmenté laisse peu à peu place à de belles vallées glaciaires. Le sommet du glacier est dans la brume, mais que c’est beau.
Nous arrivons à Svinafell où le camping et les cottages sont répartis autour d’un immense bâtiment abritant les sanitaires et la cuisine commune. Notre espace privatif se situe au bout du bâtiment et comprend 3 chambres se partageant une cuisine et une salle de bains. Excellent rapport qualité/prix et situation idéale, à 6 km de Skaftafell. Notre cuisine privée est monopolisée par trois jeunes allemands qui n’ont pas l’intention de nous laisser un peu de place. Aucune importance, nous passons dîner dans la grande salle commune d’à côté, occupée elle, par de nombreux français. Il y a ce soir un grand feu d’artifice sur le Jökulsárlón qu’il faut parait-il, ne pas manquer selon l’employé de la station service. Ce doit être grandiose, mais c’est à 45 minutes de route et le show débute à 23 heures.
Nous nous sommes endormis bien avant… songeant sans doute à cette belle journée et à cette superbe balade au cœur des volcans.
25/08 - J7 : Svinafell – Skaftafell – Fjallsarlon – Jokulsarlon Into the ice
Le ciel est encore couvert ce matin. Direction Skaftafell et les langues glaciaires du plus grand glacier d’Islande et d’Europe, le Vatnajökull. Il est aussi étendu que la Corse et son épaisseur atteint plus de 1000 mètres. Nous avons prévu une marche d’initiation sur le glacier. Deux compagnies de guides se partagent le marché, Icelandic Mountain Guides et Glacier Guides qui proposent des prestations et tarifs identiques. Nous commençons par IMG, mais il n’y a plus de possibilité avant 13h. Nous tentons notre chance à côté et nous inscrivons pour le prochain départ prévu à 11h30.
Notre guide, Thor quelque chose, attribue à chacun une paire de crampons et un piolet et fournit quelques explications. Départ en school bus jaune vers le Falljökull. Chaque compagnie se voit attribuer une zone par les instances dirigeantes du parc national du Vatnajökull et pour Glacier Guides, c’est CE glacier et pas un autre.
Une fois sur place, nous marchons une bonne demi-heure au milieu d’eau de fonte et de glaces anciennes recouvertes de cendres volcaniques, avant d’arriver au pied du glacier où nous nous équipons sous l’œil attentif de Thor.

Le groupe, composé d’une dizaine de personnes, progresse à bonne allure sous l’égide d’un guide passionné et passionnant, pas avare en commentaires. Crevasses, trous béants, formation et couleur de la glace n’ont aucun secret pour lui. Il pleut maintenant des cordes, mais peu importe, nous sommes bien, là, au milieu de cette immensité blanche, bleue et noire. Les strates de cendres volcaniques emprisonnées dans la glace sont du plus bel effet.

Formation de moulins sous l’effet des eaux de fonte :
Le plus grand atteint une profondeur de 40 mètres (si j'ai bien tout compris).Dégustation d’eau de bédières : un grand cru château Lafonte !

Ce n’est qu’un au revoir…

Après environ 1h30 sur le glacier, nous regagnons le bus puis Skaftafell vers 15h. Le ciel laisse entrevoir quelques trouées bleues, bon présage pour la suite.
Petit en-cas et nous partons pour environ 2 heures de marche dans le parc national de Skaftafell. C’est un beau sentier courant le long d’un cours d’eau,

menant à la superbe chute de Svartifoss, ceinturée de colonnes de basalte noir.

Nous poursuivons un peu plus haut, vers Sjónarsker pour admirer le point de vue puis continuons la boucle en direction d’anciennes bergeries bâties au début du XXème siècle.


De retour au parking, le soleil est au rendez-vous et l’on se surprend à retirer plusieurs épaisseurs de vêtements… Profitons-en et c’est reparti pour 1 petite heure de marche vers une des langues du Skaftafelljökull.

Remarquez les roches fendues par le gel.

Reprenant la route 1, c’est maintenant le départ pour le lieu tant attendu, Jökulsárlón, le plus grand lac glaciaire d’Islande. Petit détour en route par son petit frère, le Fjallsárlón, déjà très photogénique. Nous sommes quasiment seuls face à ce panorama, nous sommes comblés ! La couleur des icebergs varie en fonction de la lumière passant du blanc au bleu et de l’opaque au transparent. Leurs formes ne sont pas en reste et évoquent poissons ou pièces de cristallerie.



Enfin, quelques kilomètres plus loin, en bordure de route, d’un côté la mer, de l’autre Jökulsárlón. De magnifiques icebergs, détachés du glacier, dérivent sur le lac avant de regagner la mer ou de s’échouer sur la plage de sable noir de l’autre côté du pont. Mais pour l’heure, côté plage, ce ne sont hélas plus que de gros glaçons…


Nous jouissons en cette fin d’après-midi ensoleillée d’une excellente lumière et les lueurs rougeâtres du soleil couchant embrasent l’horizon. Nous marchons une bonne heure entre lagune et mer et apercevons quelques phoques. Nouvelle nuit en mode bivouac face au plus beau des panoramas.


Encore une très belle journée à la rencontre de la glace. Le ciel est clair et dégagé offrant pourquoi pas une ouverture aux aurores boréales. Je scrute un bon moment l’horizon, avant que le sommeil ne me rattrape et diffère mes attentes à plus tard.
26/08 - J8 : Jökulsárlón– Fjords de l’Est – Mjoifjordur Diamants blancs et bout du monde
Les rayons du soleil inondent l’habitacle du Grand Vitara et nous invitent à l’extérieur. Nous déjeunons sur la terrasse de la petite boutique et partons à la découverte du lagon en direction du front du glacier.


Le lac est vraiment grand car le glacier ne semble pas vraiment se rapprocher au fur et à mesure de nos pas. Des pans entiers se détachent du glacier. Ça se déchire, ça craque, ça gronde tout autour. D’autres icebergs se retournent par la force du courant. Quel spectacle ! Et dire que cette glace a des milliers, voire des millions d’années, c’en est presque triste d’assister à cette inexorable fonte. Ce qui est le plus étonnant à ces latitudes, c’est la proximité des glaciers et de la mer. Nous sommes seuls et en profitons pleinement face à ces énormes diamants de taille, forme et couleur différentes.
Ici le monstre du loch ness émerge des eaux :

Là, un reflet parfait nous fait tourner la tête :

Quelle taille !

Un peu de "vie", juste pour l'échelle :

De retour sur le parking, nous traversons le pont pour vérifier la taille des glaçons entraînés sur la plage par la marée. Ils sont bien plus impressionnants que la veille et les reflets du soleil intensifient leur transparence. Une fois de plus, la carte mémoire de l’appareil photo est saturée en un instant !




Vous l'aurez deviné, j'aime beaucoup la glace !
Il est plus de 11 heures quand nous quittons le site à regret pour une longue journée de transition. 350 km et 5 heures de route nous séparent de notre prochaine destination, Mjoifjordur, dans les fjords de l’Est.
Première étape à Höfn, petit port de pêche charmant dominé au loin par le Vatnajökull. Petit tour de ville, ravitaillement et déjeuner au Kaffi Hornið. Service très lent mais les spécialités locales à base de langoustines nous ravissent le palais ! Nous poursuivons notre route et longeons les côtes découpées de fjord en fjord. Les montagnes elles-aussi découpées par les glaces présentes il y a quelques millions d’années forment d’autres beaux diamants.




De petits ports en petits ports, nous arrivons à Fáskrúðsfjörður où des marins français avaient élu domicile à la fin du XIXème siècle à la suite de campagnes de pêche. Un ancien hôpital, un musée, des panneaux de rues bilingues et un cimetière leur rend hommage.




Après avoir longé toutes ces montagnes et ces fjords nous pensons nous rapprocher de notre destination. C’était sans compter une dernière piste, la 953, qui au bout d’une trentaine de kilomètres et près d’une heure, nous mène enfin au minuscule hameau de Mjoifjordur. Cette piste est dans un premier temps très roulante, puis franchit un col à 600 mètres d’altitude avant de plonger sur le fjord en virage à lacets. Puis encore une dizaine de kilomètres jusqu’au hameau. C’est trèèèès long, mais quelle route ! Une fois au sommet du col, le fjord, les ruisseaux, les névés et les moutons se découvrent peu à peu.

Au bord du chemin, cette épave de péniche se corrode lentement au gré des intempéries

Arrivés à Mjoifjordur, nous trouvons facilement les jolis chalets de Solbrekka, mais avons du mal à trouver l’accueil. J’avais lu que c’était à l’école, mais elle est fermée. Nous sonnons donc à côté où une fillette et sa maman nous accueillent tout sourire. Elle nous indique où nous rendre et prévient la propriétaire de notre arrivée par téléphone. Encore une démonstration de la gentillesse des islandais. Nous prenons possession de notre hébergement, une superbe cabane où nous avons prévu 2 nuits. Dîner et au lit, cette journée était épuisante.
De magnifiques icebergs, des fjords qui n'ont rien à envier à ses cousins norvégiens, des jolis phares, une cabane au bout du monde, le tout sous un soleil radieux…c’est sûr la nuit sera bonne !
27/08 – J9 : Mjóifjörður – Seyðisfjörður – Egilsstaðir – Litlanesfoss – Hengifoss- Mjóifjörður Cascades d'eau-rores
Hier soir Johanna, la propriétaire des cottages, nous a demandé de passer ce matin à l’école régler notre séjour. L’école, inoccupée en été, fait office de camping, café et guesthouse du 15 juin au 15 août et dispose d’un terminal de paiement pour CB. Nous sommes fin août et les cours ont déjà repris. Nous y entrons vers 10 h, accueilli par sa fille institutrice et son mari qui lui prête main forte.
Il y a dans une salle 3 enfants en chaussettes (ah oui, c’est une des particularités de l’Islande qui veut que l’on se déchausse avant d’entrer dans une maison), très détendus, bayant aux corneilles et dans la cuisine (oui, c’est étrange), deux autres enfants un peu plus concentrés. Cela donne l’impression que ce sont les enfants qui organisent le programme et non l’équipe enseignante. Nous sommes amusés car on est loin de l’apprentissage à la française. Je discute un peu avec l’institutrice qui m’apprend que seules 20 personnes, dont 5 enfants vivent ici à l’année et qu’en hiver, l’accès au fjord ne peut se faire qu’en bateau !
Aucun programme n’est établi pour cette journée, il fait plutôt beau et comme tous les jours, il vente. Ma proposition de rando dans les environs ne remportant pas un grand succès auprès de Monsieur, nous décidons de visiter les fjords alentours et surtout Seyðisfjörður.
Les deux cottages :

Nous remontons lentement le fjord et la piste à 15 % en marquant quelques poses photographiques tout au long du col.
Mjóifjörður :

Klifbrekkufossar :

Mes fleurettes préférées, les linaigrettes :

Puis sur la 93 menant à Seyðisfjörður, arrêt à Mulafoss et Gufufoss.


Arrivés dans ce petit village de 700 âmes, le Norröna est à quai, prêt à rembarquer les passagers pour le Danemark, via les îles Féroé.

C’est un long et charmant fjord, encaissé entre de hautes montagnes où les maisons traditionnelles en bois apportent une jolie touche de couleur.



Comme il est plus de midi et que nous sommes gourmands, on se laisse tenter par le Skaftfell Bistró et ses bonnes pizzas. L’ambiance et l’accueil y sont chaleureux. Une grande table accueille beaux livres, l’étage fait office de galerie d’art et le WiFi est disponible gratuitement.
On repart le ventre plein vers une nouvelle cascade que nous avons repéré à l’aller, Fardagafoss.

Une petite demi-heure à travers myrtilles et herbes grasses est nécessaire pour rejoindre la cascade. Le passage est ensuite un peu difficile, mais l’accès se fait en toute sécurité à l’aide d’une chaîne.
Petit tour à Egilsstaðir, la plus grande ville de l’Est pour faire quelques courses, mais nous n’y trouvons pas un grand intérêt.
Nous longeons ensuite le lac Lagarfljót par la 931, traversons une partie de la forêt d’Hallormsstaður, et partons pour 2 heures de marche à la rencontre de deux autres cascades, Litlanesfoss et Hengifoss.

Elles sont totalement différentes. La première est entourée de colonnes de basalte et la seconde, d’une hauteur de 118 m, est une succession de strates d’argile rouge, emprisonnées entre des couches de laves basaltiques noires. C’est très différent des autres cascades que nous avons vues jusqu’ici.




Ces strates ne sont pas sans rappeler d’autres formations rocheuses bien connues.

L’Est et notamment la région d’Egilsstaðir est connue pour être peuplée par de nombreux rennes. Confiants, nous quittons donc le parking des chutes par la rive ouest du Lagarfljót. Ce sont de vastes plaines vallonnées couvertes de lichen, terrain idéal pour ces animaux. Autant vous le dire tout de suite, nous n’en verrons pas le moindre. Seuls ces moutons nous observerons fièrement regagner notre fjord et notre cottage.

Alors que l’on s’apprête à se coucher, quelque chose attire mon regard à l’extérieur. Il pleut ! Mais pas n’importe quelle pluie, c’est une majestueuse pluie de particules magnétiques, une AURORE BOREALE. Incroyable, indescriptible, bouleversant, MAGIQUE, les mots me manquent encore aujourd'hui. Je suis aussi excitée que les électrons qui s’entrechoquent et dansent dans le ciel, passant d’un côté à l’autre du chalet, au mépris du froid mordant. J’admirerai longuement ce ballet nocturne, alors que Monsieur s’est endormi depuis belle lurette.
Evidemment, avec un APN compact, le rendu est minable. Mais les images sont gravées dans mes souvenirs et les étoiles elles, sont toujours dans mes yeux.


Ces deux jours dans les fjords de l’Est auront été l’occasion de découvrir un joli coin d’Islande, bordé de montagnes sauvages, de côtes déchirées, de fjords s’enfonçant dans les terres et… d’aurores polaires. La côte Est s’achève pour nous ici, nous offrant, comme pour nous saluer, la plus belle danse d’adieu.
28/08 – J10 : Mjóifjörður – Dettifoss – Hverir – Mývatn Forces de la nature
Nous quittons Mjóifjörður avec le soleil. C'est le troisième jour d'affilée sans pluie. Dernier passage sur la 953 (nous y avons tout de même passé 4 heures en 2 allers/retours) puis en route pour la région de Mývatn. Il était initialement prévu de faire étape à Askja, une zone volcanique dont la dernière éruption remonte à 1961, mais nous décidons de faire l’impasse. Trop loin, trop de pistes et surtout trop de gués…Nous empruntons bien sagement la route 1 où après des dizaines de kilomètres de paysages sauvages, secs et désolés surgissent des déserts de dunes noires, rouges ou brunes. C’est ce que je préfère !




La région de Mývatn est l’une des plus actives d’Islande. C’est ici que l’on se rend réellement compte de la toute puissance de la nature. Volcans, solfatares, marmites de boue, coulées de lave à peine refroidie : un petit concentré d’Islande.
Souhaitant marquer une pause à Dettifoss, la chute la plus puissante d’Islande, nous laissons de côté la 864 permettant de s’y rendre par la rive Est, pour emprunter quelques kilomètres plus loin la 862.
Cette belle route nouvellement créée mène à un immense parking et à de petites guérites, signe d’une prochaine exploitation touristique du site. En effet, tout comme Geysir et Kerið, il faudra bientôt verser quelques couronnes pour saluer Dettifoss.
Le sentier menant à la chute en une trentaine de minutes louvoie entre désert lunaire et formations basaltiques.

Au détour d’un virage, une haute et large brume annonce la bête. La voici : 100 mètres de large, 45 de haut et près de 500 m3 de débit par seconde, quel gigantisme ! Le Vatnajökull crache toute sa puissance dans la Jökulsá á Fjöllum, les eaux grisâtres chargées en sédiments glaciaires sont déchaînées, c’est assourdissant.


Ça mouille ! Voyez la taille des personnes à droite, cela donne une idée des dimensions.

En amont, les anfractuosités de la Jökulsá á Fjöllum ont donné naissance à Selfoss, de multiples petites chutes hautes d’une dizaine de mètres qui s’étendent pour former un arc de cercle (la rive ouest n'est pas le meilleur côté pour les observer).

En aval, au bout de la 862 non pavée, se trouvent Hafragilsfoss, les gorges de Jökulsárgljúfur et le canyon d’Ásbyrgi.
De retour sur la route 1 et intrigués par le regroupement de voitures, motos, chevaux et quads, on bifurque à droite en direction des panaches de poussières. Nous sommes fin août, la neige est annoncée pour ce week-end et c’est l’heure du réttir, c'est-à-dire le rassemblement des moutons. Nous nous permettons de nous joindre aux fermiers qui rabattent les animaux depuis les hautes terres. C’est un super moment pour nous d’assister à cette tradition islandaise qui réunit toutes les générations. Des milliers de moutons arrivent en files sans fin dans un concert de bêêê. En moins d’une demi-heure les ovins sont rassemblés et parqués dans leur enclos, prêts à être triés et réattribués à leurs propriétaires. D’après l’un des fermiers, le tri aura lieu demain matin à 6 h.


Habituellement les corrals sont en forme de camembert facilitant le tri, comme celui-ci aperçu plus loin :

La visite se poursuit par le champ hydrothermal de Hverir, au pied de la colline de Námafjall. Une zone de solfatares et de marmites de boues aux couleurs variées, envahie par des vapeurs de sulfure d’hydrogène, mais aussi par des hordes de petites mouches noires (d’où le nom de Mývatn – le lac des mouches).

Pschhhhh

Bloup, bloup


De l’autre de côté de Námafjall, le jarðböðin við Mývatn – petit frère du célèbre blue lagoon de Reykjavik – est planté au milieu d’un désert de lave noire acérée contrastant avec le bleu turquoise de l’eau, chauffée à 40° par l'usine géothermique toute proche.

Cette zone très active est un festival de couleurs.


Arrivés à Reykjahlíð, le village bordant le lac Mývatn, nous dînons au Gamli Bærinn avant de se trouver un nouveau bivouac tranquille pour la nuit. Nous ne le savons pas encore à cet instant, mais ce sera notre dernière nuit en « camping » sauvage.
Encore une belle journée en tête à tête avec les puissances de la nature, nous sommes toujours émerveillés par ce pays. Demain, nous parcourrons le tour du lac, à la découverte d’autres beautés.
29/08 – J11 : Mývatn et alentours On a marché sur la lune
Le ciel est couvert ce matin, sans pluie. Le temps est idéal pour approfondir les visites de cette région riche en curiosités géologiques situées autour du lac de Mývatn. Il n’est pas encore 8 heures et nous sommes déjà sur le parking de Grjótagjá, un ensemble de grottes remplies d’eau chaude (trop chaude pour un bain !), espérant une belle lumière matinale. Mais il n’en est rien. Nous y repasserons le lendemain dans le même but…en vain. La grotte est en outre obstruée par un éboulis de roches, signe d’une récente activité sismique ou volcanique, rendant l’approche dangereuse. En revanche la faille qui la surplombe courant sur des kilomètres est de toute beauté.

Deuxième étape aux « châteaux sombres » de Dimmuborgir, formations de lave aux formes accidentées, succession de roches percées, de cavités ou d’imposantes colonnes envahies de petits arbustes.

Plusieurs sentiers de randonnées sillonnent le site et nous nous lançons sur le Church Circle long de 3 km, à la recherche de Kirkjan, une roche rappelant la voûte d’une cathédrale. Il n’y a pas âme qui vive en cette heure matinale et, dans cette noirceur, seuls les esprits des trolls semblent hanter les lieux. Au bout d’une heure, nous sommes de retour au parking et nous installons sur la terrasse du café encore fermé, pour petit-déjeuner à l’abri du vent.

Cap sur Hverfjall, un cratère d’explosion formé il y a 2 500 ans qui du haut de ses 250 mètres et 1 000 mètres de diamètre, domine toute la région. Arrivés sur le parking nous entreprenons son ascension par son versant Nord, parait-il plus aisé. Le sentier est plutôt raide et la progression n’est pas facile compte tenu de la nature du terrain composé de cendres. Le vent souffle fort ce qui n’arrange pas nos affaires. Au sommet, la vue se dégage sur un cône parfait trônant au centre du volcan, sur le lac à l’Ouest et sur les mamelons orange de Namaskard et du Krafla au Nord-Est. Nous faisons le tour du cratère en prenant le vent en pleine face puis regagnons la voiture.

Nous poursuivons notre tour du lac par Skútustaðir, une zone de pseudo-cratères située au sud du lac, puis laissons de côté le Vindbelgjarfjall pour retourner à notre point de départ et continuer vers la zone volcanique du Krafla. Le volcan, l’un des plus actifs d’Islande et dont la dernière éruption s’est produite en septembre 1984, abrite au sein de sa large caldeira une zone géothermale ainsi qu’une usine géothermique. De gros tuyaux argentés serpentent le long du relief contrastant avec les ocres du volcan ponctués de fumerolles.
Skútustaðir :

La zone du Krafla :

Au bout de la route, le cratère Viti, signifiant « enfer » enserre un lac aux eaux siliceuses bleu turquoise.

A proximité, les panaches de fumées remontant des entrailles de la Terre s’échappent des cheminées dans un boucan d’enfer, un simple cordage en gage de sécurité. Plus loin, un second cratère plus petit ainsi que solfatares, névés et marmites de boue complètent la visite.


Un dernier site reste à explorer dans cette zone de fractures, le mont Leirhnjúkur, encore fumant. Petit en-cas et c’est parti pour une rando d’une heure et demie à travers cet immense champ de lave tourmenté à souhait. Des coulées cordées, dégoulinantes, qu’on croirait de la veille. Des croûtes, des plaques, des gaz, des cratères à la gueule béante : c’est un vrai décor lunaire.




Et puis, de l’autre côté de la colline, un peu de vie. Ici des plantes grasses, là des lichens, marquant bien la frontière entre coulées récentes et anciennes.


Rapide visite de l’usine géothermique, puis nous repassons à Hverir afin de gravir Námafjall, une autre montagne faisant également partie du système volcanique du Krafla. Le sentier est assez escarpé et traverse de magnifiques rubans de soufres rythmés par des colonnes de fumées odorantes. Le panorama sur Hverir et les sommets environnants n’est pas en reste.



La descente est tout aussi abrupte que la montée et le retour sur le sol sablonneux est périlleux. Heureusement qu’il y a quelques prêles auxquelles se cramponner !


Il est maintenant l’heure de rejoindre notre guesthouse sur la rive ouest du lac, la ferme Stong, où nous avons réservé pour 2 nuits. Nous sommes chaleureusement accueillis par Svala, la propriétaire qui nous conduit à notre chambre sous les combles. La ferme en activité dispose d’une vingtaine de chambres, de 4 ou 5 cottages, de 2 hot pots, d’une grande salle à manger et offre une très belle vue sur la campagne. Comme il est possible de dîner sur place, nous réservons notre menu auprès de Svala et partons en attendant, à la découverte de la ferme. L’heure du repas est arrivée. Nous voici face à une énorme soupière garnie d’un excellent velouté de champignons, suivi d’un rôti d’agneau pour Monsieur et d’une truite pour Madame accompagnés de petits légumes, avant de conclure par une mémorable Skyrterta (sorte de cheesecake surmonté de myrtilles). Un vrai régal ! Cela restera notre meilleur repas en Islande.
La région de Mývatn nous a bien plu. Toutes les forces y sont réunies et s’expriment au travers de paysages variés ; les couleurs explosent, magnifiées par les camaïeux de gris du ciel.
30/08 – J12 : Mývatn – Húsavík – Mývatn Au pays des baleines…
Les prévisions météo ne mentaient pas : cette nuit il a neigé. Les sommets sont joliment saupoudrés d’une fine pellicule blanche. La température a chuté et comme tous les jours, il vente. Après le petit-déjeuner, nous partons pour Húsavik, petite ville portuaire du nord, connue pour être la capitale de l’observation des baleines en Europe. Plus on s’approche de la côte et plus le temps se dégrade. Arrivés au port, il pleut à verse et nous restons deux bonnes heures dans la voiture à observer l’activité des pêcheurs et à surfer sur le net à la recherche de nos prochains hébergements. Pas question de sortir en mer sous cette pluie. Profitant d’une petite accalmie, nous pouvons enfin arpenter la ville qui abrite une belle église en bois blanc.


Sur le port, tout rappelle la pêche, ici d’anciens cotres reconvertis en embarcation pour l’observation des cétacés, là quelques bouées de mouillage colorées et têtes de poissons séchées, plus loin des pêcheurs préparant leurs palangres dans des seaux et au fond la fabrique de glace. Au loin les sommets enneigés dominent majestueusement la baie.



Sur le port également, l’ancien abattoir transformé en musée de la baleine, nous offre une pause culturelle bienvenue. Au rez-de-chaussée l’on retrouve toutes les explications sur le cycle de vie des baleines, leur alimentation, leur migration et leur chasse. L’étage est réservé aux immenses squelettes de baleine à bosse, orque et autres cétacés. Une visite intéressante qu’apprécieront petits et grands.

Orque :

Baleine à bosse :

Il est près de 17 h et nous dévorons quelques fish and chips un peu trop gras avant de reprendre la route vers Mývatn.
L'Hverfjall, gravi hier :

Dernier passage à Grjótagjá pour la lumière du soir…qu’il n’y eût pas.
De retour à la ferme, nous apprenons qu’ici, il n’a plu qu’en début de matinée !
Stong :

Petite journée aujourd’hui, pas de montagnes colorées, pas de fumerolles, pas de sortie aux baleines non plus, juste une petite pause dans une coquette ville portuaire en proie aux averses. Cela nous aura au moins permis d’étudier les prévisions météo et d’établir la suite du programme.
31/08 – J13 : Mývatn – Goðafoss – Akureyri – Grundarfjörður De la Lune à Mars
Il fait plutôt beau ce matin, mais froid. Notre itinéraire devait nous mener par la F35 aux Kerlingarfjöll, de magnifiques montagnes de rhyolite dans le centre du pays, mais c’est à plus de 1000 mètres d’altitude et la neige est annoncée pour ces 2 prochains jours. Pas question de s’aventurer sur la F35 et encore moins aux Kerlingarfjöll dans ces conditions. Prenant un peu d’avance sur le programme établi, nous traverserons donc une bonne partie de l’île pour rallier directement la péninsule de Snæfellsnes, à l’Ouest. C’est parti pour 5 à 6 heures de route. Peu après Mývatn, premier arrêt à la chute des dieux, Goðafoss, composée de chutes en fer à cheval d’une hauteur de 12 mètres.

Nous traversons ensuite de vertes vallées agricoles avant de pénétrer dans l’Eyjafjörður, entouré de montagnes culminant à 1500 m et abritant la deuxième ville du pays Akureyri.


Nous parcourons le centre ville, désespérément vide en ce samedi matin. De jolies maisons colorées ainsi qu’une cathédrale dont l’architecture rappelle les orgues basaltiques, animent la cité portuaire.


Reprenant la route, nous voici au sommet d’un col enneigé. Pourvu qu’il n’y ait pas plus de neige sur la chaussée ! Comme dans la plupart des pays scandinaves, l’imagination des architectes donne naissance aux constructions les plus improbables.

Nous marquons une pause pique-nique à Blönduós, près de la piscine, où des enfants s’amusent dans les toboggans extérieurs alors qu’il ne fait que 2° C. On n’a manifestement pas la même résistance au froid.
Direction plein Ouest vers la péninsule de Snæfellsnes avec, à son extrémité, le volcan et glacier Snæfellsjökull, qui serait la porte d’entrée du « Voyage au centre de la Terre » de Jules Verne. Nous y arrivons vers 16 heures et passons devant l’Eldborg, un beau cratère d’une centaine de mètres.

De belles collines rouges dignes de la planète Mars nous font de l’œil avant d’atteindre Gerðuberg, un ensemble de colonnes de basalte s’étirant sur une centaine de mètres et enfin notre destination, Grundarfjördur où nous avons réservé 2 nuits à l’auberge de jeunesse.



Petite visite sur le port et au cœur du village, pizzas au Ruben et au lit.
Une grosse journée de transition qui nous a une nouvelle fois permis de découvrir des paysages totalement différents au fil des kilomètres.
01/09 – J14 : Tour de la péninsule de Snaefellsnes Que d’eau, que d’eau
La pluie est de retour et l’horizon est bouché par une épaisse brume. Nous prenons tout notre temps pour prendre le petit-déjeuner dans la cuisine commune de l’auberge de jeunesse, face à l’océan où des épaulards ont été aperçus ce printemps. Cette AJ est la plus moderne et la mieux équipée que nous ayons vue. Elle comporte deux bâtiments, l’un plus ancien en ville et l’autre situé sur le port, abrite une dizaine de chambres double ou familiale avec salle de bains privative. Une bonne adresse, même si les tarifs sont un peu élevés pour une AJ.
Nous débutons notre tour de la péninsule par Ytri-Tunga sur la côte Sud. La côte est sauvage et parsemée de roches sur lesquelles se prélassent phoques et cormorans. Nous parcourons la plage sur quelques centaines de mètres pour bien les observer, mais le terrain est glissant en raison des nombreuses algues accrochées aux rochers, ce qui nous empêche de les approcher davantage. Ils n’ont nullement l’air dérangés par notre présence et continuent leur sieste.


Plus loin, la magnifique église noire de Búðir perdue dans la brume confère au lieu une atmosphère mystérieuse. C’est étrange cette petite église au milieu de nulle part.

A quelques kilomètres, la statue en pierre du gardien des lieux, Barður, marque l’entrée du petit port d’Arnarstapi.

L’activité volcanique a donné ici naissance à d’impressionnants reliefs de basalte, parfois grignotés par la mer, formant ainsi cavités et arches où nichent plusieurs colonies d’oiseaux.



Un sentier permet de longer la côte et de rejoindre le petit port d’Hellnar. Au bout de quelques kilomètres sous cette pluie battante, nos vêtements techniques ne suffisent plus. Ça mouille et plus drôle, ça mousse !

De retour à la voiture, le chauffage ainsi que les sièges chauffants sont poussés à fond jusqu’à la prochaine étape. Justement, nous voici sur la plage de Malariff dominée par son phare où la mer et le vent forment d’énormes rouleaux bleu turquoise.



Plus loin, la plage de Djúpalón couronne la visite de la côte Sud. Le sentier y menant louvoie à travers de nouvelles sculptures volcaniques laissant place aux galets noirs et aux débris rouillés d’un chalutier anglais échoué ici en 1948. L’on y trouve également 4 pierres-étalons de 23 à 154 kg que les apprentis matelots du port de Dritvik devaient soulever pour mesurer leur force et espérer trouver une place à bord d’un bateau de pêche.



Arrivés à Hellisandur, le bout de la péninsule, nous n’avons toujours pas vu le Snæfellsjökull et nous ne le verrons jamais, tant le plafond restera définitivement bas. Il y a bien une piste qui y mène, mais avec cette purée de pois, pas la peine de s’y aventurer. Nous basculons sur la côte Nord en passant par Ólafsvík, qui n’a pas un grand intérêt si ce n’est sa splendide église contemporaine. Différentes figures triangulaires s’emboîtent harmonieusement pour enserrer de très beaux vitraux. L’intérieur est tout aussi original, mais chut, l’office est en cours.


La boucle est bouclée, nous voila de retour à Grundarfjördur. Nous terminons la soirée sur les plages de galets faisant face à l’AJ, puis au restaurant de l’hôtel Framnes.
Encore une journée bien arrosée, la fadeur des photos en témoigne. Il est bien dommage que la brume ne nous ait pas permis d’apprécier toutes les beautés de la péninsule et notamment son relief. Il aurait été préférable de prolonger les visites le jour de notre arrivée, seule journée ensoleillée. Mais c’est l’Islande, le temps change en 5 minutes…ou pas !

Demain, nous nous rapprochons de la Capitale où d’autres sites historiques et incontournables nous attendent.
02/09 – J15 : Grundarfjörður – Stykkishólmur – þingvellir – Reykholt Grisaille générale
Nous quittons la partie ouest de la péninsule de Snaefellsnes pour Stykkishólmur, petit port agréable et lieu d’embarquement pour les fjords de l’Ouest, dominé par un petit phare orange et une nouvelle église à l’architecture insolite. Petite marche sur le port, grimpette jusqu’au phare et ravitaillement.


En route pour le Sud par la route 1 puis la 522 pour rejoindre Deildartunguhver, des sources d’eau chaude à 100° C au débit le plus élevé d’Europe (180 litres par seconde) qui alimentent le chauffage des maisons d’Akranes et de Borgarnes et les nombreuses serres de cette région agricole. L’on trouve d’ailleurs à proximité plusieurs étals de fruits et légumes en libre service. Le principe est simple : déposez la somme indiquée dans la caissette, faites la monnaie s’il y a lieu et servez-vous. Imaginez la même chose en France…il ne se passerait pas 5 minutes avant disparition complète de la production, des recettes, voire de la roulotte 😛. Nous ne sommes pas très surpris, car nous avions déjà vu cela en Norvège. Quelle confiance tout de même !

On retrouve ces maisonnettes sur quelques kilomètres en bordure de la route 50.


Nous faisons le plein de légumes frais et poursuivons vers le Sud par la 52 et la 550 afin de rallier þingvellir. Cette route, que nous n’avions pas prévu d’emprunter se transforme vite en piste. A l’approche de la 550, le temps se gâte sérieusement et le ciel, subitement aussi noir que la piste de cendres sur laquelle nous évoluons, nous plonge instantanément dans l’univers de Tolkien. Les ténèbres du Mordor ne sont pas loin. Nous ne sommes pas tranquilles, d’ailleurs je n’ai pris aucune photo pendant le trajet, cela prouve bien notre état d’anxiété. L’arrivée à þingvellir se fait sous la pluie.
Þingvellir est un lieu mythique pour les islandais, où s’étend la plaine du premier parlement de la première démocratie (fondé en 930), mais c’est surtout le seul endroit avec l’Ethiopie où l’on peut observer la dorsale médio-atlantique en surface. La faille Almannagjá, orientée Sud-Ouest/Nord-Est s’écarte de 2 cm par an et sépare deux continents, avec d’un côté la plaque nord américaine et de l’autre, la plaque eurasienne.

Les nombreux sentiers sillonnant le parc nous mènent à Öxarárfoss puis à différents points de vue surplombant l’immense lac Þingvallavatn.


Nous repartons par les routes 365, 37 et enfin la 35 pour rallier notre hébergement, la guesthouse Husið dans laquelle nous avions séjourné le soir de notre arrivée en Islande. Comme nous souhaitions nous rapprocher de Reykjavik et que la maison d’hôtes est bien située, nous y avons réservé une chambre pour 2 nuits depuis Grundarfjörður. Nous y avons nos marques et y sommes presque comme à la maison. On se prépare donc notre petit dîner et au lit.
Journée un peu tristounette, d’abord en raison du temps, puis parce que l’on n’a pas vraiment été emballé par la région d’Akranes, ni réellement par Þingvellir. C’était une visite agréable avec de beaux sentiers, mais sans plus. Peu de couleur aujourd’hui…ça manque !
03/09 – J16 : Reykholt – Geysir – Gullfoss – Hveragerði –Reykholt A la recherche des eaux…bleues
Comme il fait plutôt beau ce matin, nous retournons à Geysir et à Gullfoss. Comparé à il y a quinze jours, l’affluence est nettement supérieure en journée, surtout à Gullfoss. Des cars entiers déversent leurs touristes, asiatiques pour la plupart, qui se pressent autour du site et dans l’immense boutique/cafétéria dès les premières gouttes de pluie. Nous prenons également un peu le temps de flâner dans la boutique et nous réchauffons autour d’un bon bol de soupe servie à volonté.
Sur le parking, David et Goliath :

A côté du 4x4 islandais, notre Grand Vitara a l’air d’une voiturette ! On ne joue pas dans la même cour pour traverser une rivière.
Nous partons ensuite à la recherche d’une chute bien cachée et peu connue : Bruárfoss, à proximité de la route 355. La chute n’est pas des plus sensationnelles, mais c’est la rivière toute entière, qui coupée en deux par une faille, forme des dizaines de petites chutes aux eaux d’un incroyable bleu turquoise. L’accès se fait au bout d’un dédale de ruelles au sein d’une zone de maisons de vacances. Nous parcourons le sentier et traversons un petit pont en bois et nous retrouvons très vite dans une zone marécageuse. Nous voilà avec 10 cm de boue collée à nos chaussures, ne sachant pas vraiment où se trouve la chute. On entend bien le bruit de la rivière, là pas très loin, mais le terrain est entièrement inondé. Tant pis, nous rebroussons chemin tout près du but !
Direction le Sud, vers Hveragerði, pour découvrir un autre site géothermique. La particularité des lieux est que la zone de géothermie, autrefois située au cœur de la ville, s’est déplacée à la suite d’un séisme en mai 2008. La zone d’activités se trouve désormais sur les hauteurs de la ville. Une forte odeur de soufre embaume les lieux. Canalisations rouillées et à l’abandon jalonnent le parcours.


Plus loin sur les hauteurs, un sentier de 3 kilomètres vous mène à l’une des rivières chaudes les plus connues d’Islande, Reykjadalur (la vallée des fumées).
Sur le chemin du retour, dernier arrêt à Kerið, un cratère volcanique vieux d’environ 6500 ans situé en bordure de la route 35. Ce cratère aux parois rouges, de 270 mètres de long sur 170 mètres de large et profond de 55 mètres, abrite un petit lac dont le niveau peut varier de 7 à 14 mètres. L’accès y est payant depuis juin 2013 (300 ISK, soit environ 2 €).

Comme la veille, dîner « à la maison » et au lit.
Aujourd’hui, nous avons renoué avec les cascades, geyser, fumerolles, volcan et vapeur de soufre : toutes ces couleurs qui caractérisent l’Islande et que nous aimons beaucoup.
04/09 – J17 : Reykholt – Reykjavik A la capitale
Voilà, nous quittons les terres pour la capitale, dernière étape de ce voyage.
100 kilomètres à peine nous séparent de Reykjavik, nous y arrivons en milieu de matinée et commençons par la visite du Perlan situé en périphérie. Le bâtiment, qui n’est autre qu’un grand réservoir géothermique qui alimentait autrefois la ville, ne représente pas un grand intérêt, si ce n’est sa terrasse panoramique circulaire offrant une vue remarquable sur toute la baie de Reykjavik. Un des réservoirs abrite le saga museum qui retrace les moments clés de l’histoire islandaise.

Nous prenons la direction du centre de Reykjavik afin de nous installer pour 2 nuits à la Guesthouse Sunna. La maison d’hôtes comprend de nombreuses chambres bien tenues (avec ou sans salle de bain) et une cuisine à chaque étage. L’adresse est très centrale, à deux pas de l’avenue commerçante (Laugavegur) et juste en face de Hallgrímskirkja, l’église luthérienne de Reykjavik, dont l’architecture en béton rappelle une fois de plus les orgues basaltiques. A l’intérieur, l’on peut y découvrir un gigantesque orgue de plus de 5200 tuyaux.

Nous arpentons les rues en direction du port. La ville est à taille humaine, facilement parcourable à pied en une demi-journée. De jolies maisons d’un à deux étages en bois ou en tôle ondulée, parfois colorées et typiques des pays scandinaves, bordent les rues. Parfois quelques gratte-ciel tutoient les nuages, mais ils restent peu fréquents. Le bâtiment le plus emblématique de la ville est sans aucun doute Harpa, la salle de concert et centre des congrès, entièrement revêtue de panneaux de verre de différentes couleurs. Située sur le vieux-port, les reflets de l’eau et des bateaux dansent avec la lumière. Restaurant et boutique occupent le rez-de-chaussée. Quel bel ensemble.



Plus loin, l’on découvre installée sur le front de mer, Sólfarið, une belle sculpture en inox rappelant sans aucun doute les drakkars vikings.

Nous remontons le port et arrivons au Seabaron, une adresse bien connue pour ses brochettes de poissons et sa soupe de homard (plutôt de la langoustine). Le local est petit et simple, chaleureusement décoré et tenu par un ancien pêcheur. Pour les brochettes, on peut choisir entre plusieurs poissons, St Jacques et même de la baleine. Nous nous sommes contentés de la soupe qui était excellente. Une bonne adresse sympathique où l’on se sent chez soi.
Nous sommes à présent dans le centre historique où se trouvent les plus anciennes maisons mais aussi le lac Tjörnin, occupé par de nombreux oiseaux. Au ras de l’eau, le hall de l’hôtel de ville, enferme une belle maquette en relief du pays, nous permettant de mieux visualiser notre parcours.


La journée se termine en déambulant au hasard des rues.
Belle journée à Reykjavik qui ne parait pas très grande, mais qui doit certainement receler des petits trésors cachés, que nous touristes pressés ne prenons pas le temps de découvrir. En tout cas il semble y avoir une vie culturelle assez intense, avec une population jeune et dynamique le tout, au cœur d’un cadre naturel unique.
05/09 – J18 : Reykjavik – Reykjanes - Reykjavik A la recherche des eaux…chaudes
Pour notre dernier jour entier en Islande…il fait très beau.
Direction la péninsule de Reykjanes, pour un dernier aperçu des trésors naturels de l’île. Cette péninsule est un petit condensé d’Islande, mêlant des champs de lave moussues, des sources d’eau chaude, des solfatares, des lacs et des petits ports. Premier arrêt à Hafnarfjörður, la 3ème ville du pays, sans grand intérêt. Puis nous empruntons la route 42, puis la 427, à travers un paysage volcanique de toute beauté, menant au lac Kleifarvatn, entouré de formations rocheuses et de plages de sable noir.



Un peu plus loin, le site géothermique de Seltun, équipé de passerelles en bois louvoyant au cœur des marmites de boue et des évents de vapeur, nous rappelle les autres aires géothermiques déjà rencontrées plus au Nord.

A proximité se trouve Skatalaug, une source chaude dans laquelle il est possible de se baigner. Munis de ses coordonnées GPS, nous partons à sa recherche. Autant vous dire que nous ne la trouverons pas. Soit les coordonnées n’étaient pas exactes, soit Skatalaug n’existe plus. La nature nous récompensera tout de même par la présence d’un cœur de verdure au milieu des sables volcaniques.

Nous poursuivons sur la route 427 jusqu’à Grindavik, minuscule port situé au sud de la péninsule avant d’emprunter la 426 pour Bláa Lónið (blue lagoon). Ce site thermal hautement touristique est construit à côté d’une centrale géothermique plantée au milieu d’un champ de lave. Ses eaux chaudes légèrement salées et riches en silice sont d’un bleu laiteux irréel. Nous pénétrons dans le hall d’accueil pour voir les bassins sans avoir l’intention de se baigner (à 40 € par personne la baignade, alors que le pays compte d’innombrables sources chaudes naturelles -encore faut-il les trouver-, pourquoi pas, mais là il y a beaucoup trop de monde).

Nous ressortons et nous promenons autour des autres bassins non aménagés, puis plus loin, aux abords de la centrale où les dépôts de silice sont bien visibles.


On peut se tartiner le visage avec cette pâte blanche, c’est même conseillé pour soigner certaines affections cutanées. Même si l’on a déjà vu les bains de Myvátn, cela vaut tout de même le déplacement.
Nous reprenons la route au milieu des champs de lave, nous arrêtons pour un nettoyage complet du véhicule et regagnons la capitale pour terminer la soirée sur le port et dîner à l’Icelandic Fish & Chips. Les beignets de poissons (morue, haddock, loup, plie…), réalisés à base de farine d’épeautre et plongés dans une friture légère sont accompagnés de pommes de terre persillées cuites au four et de différentes sauces au choix.
Voilà, l’aventure prend fin petit à petit, pas après pas dans les rues animées de Reykjavik. S’achève ici un voyage d’exception, sur les terres tourmentées d’une île de glace et de feu.

06/09 – J19 : Reykjavik – Francfort - Alsace Retour à la civilisation
Notre vol n’étant qu’à 16h05, nous profitons de la matinée pour les derniers achats souvenirs sur Laugavegur.

Nous quittons la ville pour Keflavik vers 12 heures, rendons le véhicule chez Blue Car et attendons notre vol avec une pointe de nostalgie.
Dernières couleurs au dessus des nuages avant d’atterrir à Francfort.

Changement de température : il fait 27°C à 22 heures et immersion brutale dans le bruit et le trafic routier : nous sommes vendredi soir et la circulation sur les autoroutes allemandes est infernale. On est loin des quelques voitures croisées en Islande, on avait oublié cette foule avec délectation.
Nos impressions :
L’Islande c’est d’abord la fusion des forces de la nature. Le vent, la pluie, le feu, la glace : toutes les manifestations terrestres qui nous font nous sentir petits ; C’est des volcans, des déserts, des montagnes, des glaciers, des rivières et des cascades ; C’est enfin une multitude de couleurs : le blanc des moutons, de la neige, de la glace et des panaches de fumées s’échappant des évents de vapeur ; le jaune du soufre, des déserts et des prairies asséchées par le vent ; le noir de l’obsidienne, de la lave et de la cendre rejetées par les volcans ; le vert tendre des toitures, des pâturages où paissent moutons et chevaux islandais ; le vert fluo des lits de mousses et des aurores boréales ; le rouge des cratères, des scories basaltiques et de l’oxyde de fer recouvrant les montagnes du Landmannalaugar ; l’ocre des plages et des montagnes de rhyolite ; le bleu des lacs, des fjords et des glaces de Jokülsarlón ; et pour finir le gris des rivières glaciaires tumultueuses, des colonnes de basalte et des ciels irréels déchirés par les nuages.
L’Islande est tout cela à la fois, mystérieuse et envoûtante, sublimée par une luminosité magique.
Nous avons adoré : Tout
- Les volcans, déserts, montagnes, glaciers, rivières, cascades, fjords - Les hautes terres et leurs pistes pour l’extrême beauté des paysages - Les moutons, chevaux, innombrables oiseaux, canards et surtout les incroyables clowns des mers : les macareux - La magie d’une aurore boréale aux confins des montagnes et des fjords
Nous avons moins aimé : Les gués et la longueur de certaines pistes (mais cela en valait bien la peine)
Hébergement / Restauration :
Tous les hébergements réservés ont été à la hauteur de nos attentes, avec une mention spéciale pour l'isolement et la vue à Mjoifjörður (Solbrekka), pour la table d’hôtes à Myvátn (Guesthouse Stong) et pour le confort à Grundarfjörður (Hostel).
Idem pour la restauration et/ou les ravitaillements en supermarché où nous n’avons manqué de rien.
Notre péché mignon islandais le Skyr (sorte de fromage blanc nature ou aromatisé) et les Hraun Bitar (gauffrette chocolatée aux petits morceaux croustillants de maïs soufflé ) -un peu de publicité islandaise- :


Infos pratiques :
- 3 800 km parcourus, 8 pleins, 365 litres d’essence - livres de route : guide du routard, bibliothèque du voyageur Gallimard, guide de randonnées Rother - infos complémentaires recueillies sur les forums de Voyage Forum, www.voyage-islande.fr et www.france-islande.com et sur les sites de Mlefevre, Grisemote, Aliza, Chris51 et d’International Photographer sans oublier celui de krikri et de Beregond
Remerciements :
Merci à Mlefevre pour ses différents récits qui m’ont fait découvrir toutes les beautés de ce pays et notamment les hautes terres.
Merci à Beregond, Pitimerguez, Pierre77N, Aliza, Timouss, Tidalo, Toopil, ArbreMojo, JeanMichel54, Clarée006 et Esethi pour votre contribution, votre aide précieuse à l’élaboration de l’itinéraire et vos réponses toujours détaillées.
Bonne lecture et, à ceux qui franchiront le pas, bon voyage en Islande.

Afrique du Sud, Swaziland et Lesotho avec 4 enfants, notre périple complètement à l'est... ou presque English translation pending
Nous nourrissant depuis des mois des carnets sur l’Afrique du sud, je vous propose à mon tour notre compte-rendu.
Nous sommes partis trois semaines, du jeudi 26 septembre au jeudi 17 octobre 2013.
N’ayant pas eu la possibilité de louer un camping-car, nous avons choisi l’option mini-van, nuits en hébergements divers (b and b, chalets self catering, selon ce que nous avons trouvé).
Et nous avons eu l’impression (peut-être à tort?) qu’il n’y avait pas tant de campings que ça en Afrique du Sud.
Nous avions tout réservé à l’avance pour deux raisons : le parc Kruger dont les logements se remplissent très très vite et la difficulté d’héberger 6 personnes dont 4 enfants. Par contre, je pense que pour 1 ou 2 personnes, l’Afrique du Sud peut s’improviser facilement, en effet, il y a des logements absolument partout et en quantité. Notre voyage a consisté en une boucle Johannesburg/ Johannesburg, nous avons fait le choix de nous concentrer plutôt sur l’est, réservant l’ouest à un prochain voyage ! Voici notre parcours en image, désolée pour les deux cartes mais il semble que Google Map sature au bout de 15 destinations, je n’ai donc pas pu tout caser sur une seule capture d’écran.


Jeudi 26 septembre
Au mois d’août, Air Austral nous a fait une sale blague, le vol du soir du départ est devenu un vol du matin et le vol du soir du retour est devenu un vol du midi …. Conclusion, une après midi à Johannesburg en plus et une course contre la montre pour le jour du retour. Nous partons donc de la maison à 6h, le vol part à 9h.Nous profitons d’un magnifique survol de la Réunion puis après 4h30 de vol, il est 12h et nous sommes à Johannesburg. 1.La vue de la Réunion

Nous avons loué une voiture pour cette après-midi supplémentaire mais elle est trop petite pour nos bagages, nous avons donc quand même besoin de la navette de l’Emerald Guest House. Le chauffeur est très sympa, il attend Raphaël pour qu’il puisse le suivre et retrouver la route. On est hébergé un peu moins bien que l’an dernier, c’est plus petit et surtout, on a des voisins russes qui vont passer des heures à boire, fumer et s’engueuler (?) sur la terrasse au sujet d’un contrat…. Heureusement, ils ne se coucheront pas trop tard. Une fois les bagages vidés, nous partons à la recherche d’un centre commercial pour faire une première fournée de courses et manger. On s’approvisionne dans un Spar, on trouve l’élément essentiel qui nous manquait : la glacière électrique. Le centre commercial est un grand mall avec une patinoire à l’intérieur. On mange sur le pouce dans un Wimpy, pas top mais on le savait. Ensuite, c’est retour à l’hébergement pour ranger logiquement les valises. Les enfants jouent sur l’aire de jeux (la piscine est trop froide) et pendant ce temps là, j’organise : une valise salle de bain, une valise cuisine et le reste pour les vêtements. Le soir on mange sur place, c’est moyen mais pas cher.
Vendredi 27 septembre
Après le petit-dèj, on prend la navette de 8h et nous retournons à l’aéroport récupérer notre vraie voiture, un Toyota Quantum….. Ahhh, que c’est gros! Il y a 10 places, on est 6, les bagages entrent sans problème. Nous passons un certain temps à attendre la précieuse lettre pour traverser les frontières, le personnel de Hertz est moyennement sympathique, la voiture n’a pas le plein prévu… tant pis, on est parti ! Nous roulons plein nord. L’autoroute est monotone, ponctuée de très nombreux péages. De temps en temps, quelque chose à voir comme le stade de Polokwane, construit pour la coupe du monde.
2.Le stade de foot de Polokwane

Vers Louis Trichard, la région devient magnifique avec une végétation luxuriante, on voit enfin nos premiers babouins.
3.Babouins traversant la route

Nous continuons notre route vers le fleuve Limpopo. Si vous avez lu Kipling "Histoires comme ça", vous le connaissez, extrait : “Alors l'Oiseau Kolokolo dit, avec un cri lugubre : — Va sur les rives du grand Fleuve Limpopo, aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, bordé d'arbres à fièvre. Et tu le découvriras. “
C'est la région des baobabs d'Afrique du Sud.
A l'entrée de la ville de Mussina, un parc réputé pour ses baobabs mais dont seulement une petite partie de la piste est carrossable pour nous. On fait quand même un petit tour.
4.Baobab

5.Piste dans le parc

6.notre énorme voiture

7.

8. Dans la Musina Nature Reserve

Ensuite nous traversons Musina et à quelques kilomètres à l’ouest, découvrons notre logement pour deux nuits, à l’ Ilala Country Lodge. Nous sommes les seuls clients et même les premiers depuis la semaine précédente. Nous avons les deux étages d’une maison, bien ��quipée, avec une vue sur la vallée du Limpopo et au loin (15km), la frontière avec le Zimbabwe. Il y a une piscine et elle est bienvenue car il fait vraiment très chaud (sûrement plus de 35° mais la voiture n’a pas de thermomètre).
9.Notre maison à l'Ilala Country lodge

10.La vue sur la vallée du Limpopo depuis l'étage

La région souffre de la sécheresse, comme me dit la propriétaire, "c’est le printemps et on se croirait en automne avec toutes ces feuilles mortes".
Nous avions tout réservé à l’avance pour deux raisons : le parc Kruger dont les logements se remplissent très très vite et la difficulté d’héberger 6 personnes dont 4 enfants. Par contre, je pense que pour 1 ou 2 personnes, l’Afrique du Sud peut s’improviser facilement, en effet, il y a des logements absolument partout et en quantité. Notre voyage a consisté en une boucle Johannesburg/ Johannesburg, nous avons fait le choix de nous concentrer plutôt sur l’est, réservant l’ouest à un prochain voyage ! Voici notre parcours en image, désolée pour les deux cartes mais il semble que Google Map sature au bout de 15 destinations, je n’ai donc pas pu tout caser sur une seule capture d’écran.


Jeudi 26 septembre
Au mois d’août, Air Austral nous a fait une sale blague, le vol du soir du départ est devenu un vol du matin et le vol du soir du retour est devenu un vol du midi …. Conclusion, une après midi à Johannesburg en plus et une course contre la montre pour le jour du retour. Nous partons donc de la maison à 6h, le vol part à 9h.Nous profitons d’un magnifique survol de la Réunion puis après 4h30 de vol, il est 12h et nous sommes à Johannesburg. 1.La vue de la Réunion

Nous avons loué une voiture pour cette après-midi supplémentaire mais elle est trop petite pour nos bagages, nous avons donc quand même besoin de la navette de l’Emerald Guest House. Le chauffeur est très sympa, il attend Raphaël pour qu’il puisse le suivre et retrouver la route. On est hébergé un peu moins bien que l’an dernier, c’est plus petit et surtout, on a des voisins russes qui vont passer des heures à boire, fumer et s’engueuler (?) sur la terrasse au sujet d’un contrat…. Heureusement, ils ne se coucheront pas trop tard. Une fois les bagages vidés, nous partons à la recherche d’un centre commercial pour faire une première fournée de courses et manger. On s’approvisionne dans un Spar, on trouve l’élément essentiel qui nous manquait : la glacière électrique. Le centre commercial est un grand mall avec une patinoire à l’intérieur. On mange sur le pouce dans un Wimpy, pas top mais on le savait. Ensuite, c’est retour à l’hébergement pour ranger logiquement les valises. Les enfants jouent sur l’aire de jeux (la piscine est trop froide) et pendant ce temps là, j’organise : une valise salle de bain, une valise cuisine et le reste pour les vêtements. Le soir on mange sur place, c’est moyen mais pas cher.
Vendredi 27 septembre
Après le petit-dèj, on prend la navette de 8h et nous retournons à l’aéroport récupérer notre vraie voiture, un Toyota Quantum….. Ahhh, que c’est gros! Il y a 10 places, on est 6, les bagages entrent sans problème. Nous passons un certain temps à attendre la précieuse lettre pour traverser les frontières, le personnel de Hertz est moyennement sympathique, la voiture n’a pas le plein prévu… tant pis, on est parti ! Nous roulons plein nord. L’autoroute est monotone, ponctuée de très nombreux péages. De temps en temps, quelque chose à voir comme le stade de Polokwane, construit pour la coupe du monde.
2.Le stade de foot de Polokwane

Vers Louis Trichard, la région devient magnifique avec une végétation luxuriante, on voit enfin nos premiers babouins.
3.Babouins traversant la route

Nous continuons notre route vers le fleuve Limpopo. Si vous avez lu Kipling "Histoires comme ça", vous le connaissez, extrait : “Alors l'Oiseau Kolokolo dit, avec un cri lugubre : — Va sur les rives du grand Fleuve Limpopo, aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, bordé d'arbres à fièvre. Et tu le découvriras. “
C'est la région des baobabs d'Afrique du Sud.
A l'entrée de la ville de Mussina, un parc réputé pour ses baobabs mais dont seulement une petite partie de la piste est carrossable pour nous. On fait quand même un petit tour.
4.Baobab

5.Piste dans le parc

6.notre énorme voiture

7.

8. Dans la Musina Nature Reserve

Ensuite nous traversons Musina et à quelques kilomètres à l’ouest, découvrons notre logement pour deux nuits, à l’ Ilala Country Lodge. Nous sommes les seuls clients et même les premiers depuis la semaine précédente. Nous avons les deux étages d’une maison, bien ��quipée, avec une vue sur la vallée du Limpopo et au loin (15km), la frontière avec le Zimbabwe. Il y a une piscine et elle est bienvenue car il fait vraiment très chaud (sûrement plus de 35° mais la voiture n’a pas de thermomètre).
9.Notre maison à l'Ilala Country lodge

10.La vue sur la vallée du Limpopo depuis l'étage

La région souffre de la sécheresse, comme me dit la propriétaire, "c’est le printemps et on se croirait en automne avec toutes ces feuilles mortes".
Lalee au Japon: les découvertes d'une gaijin entre gastronomie, technologie et traditions English translation pending
Il y a 10 ans, mon frère est parti vivre et travailler au Japon. Au fil des ans, de ses récits et photos, de ses courts retours au pays et de nos longues discussions sur Skype, j'ai appris à mieux connaître son pays d'accueil.
J'ai toujours eu envie de découvrir son Japon, de comprendre son attachement à ce pays, de voir le décor de ses récits pour de vrai. L'âge de mes enfants me permettant enfin de les laisser pour plus de 2 semaines tirer leur plan, je décide de réaliser ce projet cette année.
J'ai acheté mon vol BXL - Tokyo en avril, compagnie Aeroflot (625€). Départ 1 octobre, retour 18 octobre.
Point de vue organisation, pour une fois, je ne me suis occupée de rien! Et j'avoue que cela m'a bien plu pour ce voyage. Relax à 100%, je me suis laissée guider par mes 2 'experts - guides - interprètes' sur place: mon frère (surnom: Fan) et Keiko, son amie japonaise. Quel bonheur aussi que de recevoir toutes les explications sur les moeurs et coutumes de ce beau pays. Tout au long du voyage, mon frère et son amie ont été une source intarissable d'informations et de bons plans qui ont rendu mon voyage 10x plus authentique, intense et intéressant que si j'avais voyagé avec un guide papier. Une vraie réussite à tous points de vue!!
Mon expérience personnelle m'a appris qu'on ne va pas au Japon pour les paysages grandioses même si le pays a beaucoup à offrir. On y va pour un certain choc culturel et technologique, pour l’originalité nippone, pour toutes les surprises que la vie japonaise de tous les jours nous réserve et les 1001 petites découvertes que l'on y fera durant son séjour. On y va pour la gastronomie, pour la très grande hospitalité, amabilité et gentillesse des japonais. On y va pour le raffinement omniprésent et la culture kawaii (mignon). On y va pour l'incroyable beauté des jardins zen et l'ambiance des temples. On y goûtera un certain luxe, l'art de se faire plaisir et de prendre du bon temps. Sans oublier le bien-être prodigué par les onsens...moi qui n'ai jamais été adepte des bains chauds, j'ai bien été obligée de changer d'avis et d’avouer qu’ils savent vivre ces japonais! Oui, le Japon m'a séduite lors de ces vacances ! De retour à la maison, en regardant mes photos, c’est la première fois que j’ai l’impression qu’elles ne reflètent pas exactement ce que j’ai vécu lors de mon voyage. De même que je n’ai jamais vraiment été attirée par le Japon en voyant les photos des autres, je ne peux que conclure : ce n’est qu’en se rendant sur place qu’on comprend vraiment ce qu’est le Japon et que l’on peut pleinement en profiter.
1er octobre. Bruxelles - Moscou - Tokyo
Bien que nous embarquions à l'heure à Zaventem, l'avion ne décollera qu'avec une heure de retard. La cause: l'expulsion d'un pauvre réfugié afghan arrivé dans notre pays à l'âge de 15 ans, parfaitement adapté après 6 ans de vie ici, travaillant comme plombier...enfin une triste histoire. Et il est transporté dans notre avion. Courte escale à Moscou vu le retard pris. Et de nouveau, on part avec du retard pour je ne sais quel prétexte. Sinon, pas de critique vis à vis d'Aeroflot. Très bons avions entre Moscou et Tokyo avec des écrans individuels et pleins de films récents à visionner.
2 octobre - L'arrivée au Japon
C'est avec 30 min de retard que l'on se pose sur le sol de Tokyo. Il fait un temps épouvantable. Ciel blanc gris complètement bouché et rafales de pluie. Mais il fait 23°, on se console comme on peut... Le passage à l'immigration me fait rire, on a reçu 2 petits formulaires à remplir dans l'avion avec les questions d'usage (identité, but du voyage, nombre de jours que l'on passera au Japon...) c'est assez incroyable de voir le nombre de gens qui ne savent pas remplir correctement ces formulaires et qui se font sortir de la file. D'autres russes essayent de passer devant les autres et se font remettre à leur place. L'indélicatesse russe face à la discipline japonaise 😉 Après avoir récupé ma valise, je choisi un douanier qui a une bonne tête (pas passer chez une femme m'a dit Fan), je mets bien mon sac sur le comptoir sous son nez, lui prouvant que je n'ai rien à cacher, je lui explique que je viens en visite chez mon frère ce qui apparement lui plaît beaucoup, il me sourit et me fait passer sans même ouvrir mon sac. Voilà, je viens de passer des denrées interdites (viande et fromage): 4 saucisons pur porc, un bloc de fromage Maredsous, un petit fromage Chimay rond, 1 bloc de Beaufort, 1 bloc de Gouda et 10 tranches de jambon cru italien. Des cadeaux extrêmement apprécié non seulement par mon frère et sa copine mais aussi par mes futurs hôtes. J'ai aussi des denrées autorisées dans mes valises: chocolats et pralines belges. Suivant les indications précises de mon frère, j'achète mon billet de bus, lui téléphone mon heure d'arrivée, change mes Euros en Yens et prends mon bus à 12:05. Ensuite, j'ai 2h d'autoroute jusqu'à Tamaplaza où il m'attend avec un taxi qui nous mène dans son petit quartier tranquille. La petite maison qu'il loue depuis 2 ans, est veillotte, elle fait penser à une cabane des bois mais il y tout ce qu'il faut pour vivre. Et surtout, il vit entouré de verdure sans être loin de Tokyo, au calme, avec le chant des oiseaux et les cric-cric des sauterelles. Il me sert un petit lunch sur la terrasse: délicieux rouleaux de printemps et petits pains de riz vapeur fourrés à la viande. Le temps s'est éclairci, on aura même du soleil. Voici, la petite maison.


Puis, on va se balader dans son quartier, dans les petites ruelles calmes où jouent des enfants.

Ici la majorité des gens ont un potager parfaitement entretenu. Certains taille leur haie en forme de Totoro 😉

On va jusqu'au petit supermarché pour le repas ce soir...Fan nous cuisinera un délicieux repas fait de divers petits plats de poissons super frais: sashimi (poisson cru), tartare de thon rouge, saumon légèrement grillé mais cru au centre, coquillages, salade avec des aubergines cuites de son potager, fèves de soja bouillies de son potager. Keiko termine sa dernière journée de boulot et viens nous rejoindre vers 20h. On se régale ensemble, le séjour gastronomique peut commencer!

A noter, que Keiko a pris 2 semaines de vacances pour voyager avec nous, chose assez mal vue au Japon (en général on prend au maximum 5 jours) et donc elle n'a pas eu sa promotion à cause de cela. Voici ma petite chambre, on a empilé quelques futons pour me faire un nid douillet. J'y dormirai très bien.
J'ai acheté mon vol BXL - Tokyo en avril, compagnie Aeroflot (625€). Départ 1 octobre, retour 18 octobre.
Point de vue organisation, pour une fois, je ne me suis occupée de rien! Et j'avoue que cela m'a bien plu pour ce voyage. Relax à 100%, je me suis laissée guider par mes 2 'experts - guides - interprètes' sur place: mon frère (surnom: Fan) et Keiko, son amie japonaise. Quel bonheur aussi que de recevoir toutes les explications sur les moeurs et coutumes de ce beau pays. Tout au long du voyage, mon frère et son amie ont été une source intarissable d'informations et de bons plans qui ont rendu mon voyage 10x plus authentique, intense et intéressant que si j'avais voyagé avec un guide papier. Une vraie réussite à tous points de vue!!
Mon expérience personnelle m'a appris qu'on ne va pas au Japon pour les paysages grandioses même si le pays a beaucoup à offrir. On y va pour un certain choc culturel et technologique, pour l’originalité nippone, pour toutes les surprises que la vie japonaise de tous les jours nous réserve et les 1001 petites découvertes que l'on y fera durant son séjour. On y va pour la gastronomie, pour la très grande hospitalité, amabilité et gentillesse des japonais. On y va pour le raffinement omniprésent et la culture kawaii (mignon). On y va pour l'incroyable beauté des jardins zen et l'ambiance des temples. On y goûtera un certain luxe, l'art de se faire plaisir et de prendre du bon temps. Sans oublier le bien-être prodigué par les onsens...moi qui n'ai jamais été adepte des bains chauds, j'ai bien été obligée de changer d'avis et d’avouer qu’ils savent vivre ces japonais! Oui, le Japon m'a séduite lors de ces vacances ! De retour à la maison, en regardant mes photos, c’est la première fois que j’ai l’impression qu’elles ne reflètent pas exactement ce que j’ai vécu lors de mon voyage. De même que je n’ai jamais vraiment été attirée par le Japon en voyant les photos des autres, je ne peux que conclure : ce n’est qu’en se rendant sur place qu’on comprend vraiment ce qu’est le Japon et que l’on peut pleinement en profiter.
1er octobre. Bruxelles - Moscou - Tokyo
Bien que nous embarquions à l'heure à Zaventem, l'avion ne décollera qu'avec une heure de retard. La cause: l'expulsion d'un pauvre réfugié afghan arrivé dans notre pays à l'âge de 15 ans, parfaitement adapté après 6 ans de vie ici, travaillant comme plombier...enfin une triste histoire. Et il est transporté dans notre avion. Courte escale à Moscou vu le retard pris. Et de nouveau, on part avec du retard pour je ne sais quel prétexte. Sinon, pas de critique vis à vis d'Aeroflot. Très bons avions entre Moscou et Tokyo avec des écrans individuels et pleins de films récents à visionner.
2 octobre - L'arrivée au Japon
C'est avec 30 min de retard que l'on se pose sur le sol de Tokyo. Il fait un temps épouvantable. Ciel blanc gris complètement bouché et rafales de pluie. Mais il fait 23°, on se console comme on peut... Le passage à l'immigration me fait rire, on a reçu 2 petits formulaires à remplir dans l'avion avec les questions d'usage (identité, but du voyage, nombre de jours que l'on passera au Japon...) c'est assez incroyable de voir le nombre de gens qui ne savent pas remplir correctement ces formulaires et qui se font sortir de la file. D'autres russes essayent de passer devant les autres et se font remettre à leur place. L'indélicatesse russe face à la discipline japonaise 😉 Après avoir récupé ma valise, je choisi un douanier qui a une bonne tête (pas passer chez une femme m'a dit Fan), je mets bien mon sac sur le comptoir sous son nez, lui prouvant que je n'ai rien à cacher, je lui explique que je viens en visite chez mon frère ce qui apparement lui plaît beaucoup, il me sourit et me fait passer sans même ouvrir mon sac. Voilà, je viens de passer des denrées interdites (viande et fromage): 4 saucisons pur porc, un bloc de fromage Maredsous, un petit fromage Chimay rond, 1 bloc de Beaufort, 1 bloc de Gouda et 10 tranches de jambon cru italien. Des cadeaux extrêmement apprécié non seulement par mon frère et sa copine mais aussi par mes futurs hôtes. J'ai aussi des denrées autorisées dans mes valises: chocolats et pralines belges. Suivant les indications précises de mon frère, j'achète mon billet de bus, lui téléphone mon heure d'arrivée, change mes Euros en Yens et prends mon bus à 12:05. Ensuite, j'ai 2h d'autoroute jusqu'à Tamaplaza où il m'attend avec un taxi qui nous mène dans son petit quartier tranquille. La petite maison qu'il loue depuis 2 ans, est veillotte, elle fait penser à une cabane des bois mais il y tout ce qu'il faut pour vivre. Et surtout, il vit entouré de verdure sans être loin de Tokyo, au calme, avec le chant des oiseaux et les cric-cric des sauterelles. Il me sert un petit lunch sur la terrasse: délicieux rouleaux de printemps et petits pains de riz vapeur fourrés à la viande. Le temps s'est éclairci, on aura même du soleil. Voici, la petite maison.


Puis, on va se balader dans son quartier, dans les petites ruelles calmes où jouent des enfants.

Ici la majorité des gens ont un potager parfaitement entretenu. Certains taille leur haie en forme de Totoro 😉

On va jusqu'au petit supermarché pour le repas ce soir...Fan nous cuisinera un délicieux repas fait de divers petits plats de poissons super frais: sashimi (poisson cru), tartare de thon rouge, saumon légèrement grillé mais cru au centre, coquillages, salade avec des aubergines cuites de son potager, fèves de soja bouillies de son potager. Keiko termine sa dernière journée de boulot et viens nous rejoindre vers 20h. On se régale ensemble, le séjour gastronomique peut commencer!

A noter, que Keiko a pris 2 semaines de vacances pour voyager avec nous, chose assez mal vue au Japon (en général on prend au maximum 5 jours) et donc elle n'a pas eu sa promotion à cause de cela. Voici ma petite chambre, on a empilé quelques futons pour me faire un nid douillet. J'y dormirai très bien.
Rando à Madère: avis sur un itinéraire d'une semaine English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis en train de me concocter un petit trek à Madère le mois prochain, et voici l'itinéraire auquel j'ai pensé en trifouillant sur le net:
J1. Arrivée à Madère, nuit à Machico J2. Machico-Porto da Cruz en passant par Sao Lourenço J3. Porto da Cruz - Caldeirao Verde - Caldeirao do Inferno - Nuit je sais pas où (Santana? Ilha? Porto da Cruz?) J4. Pico do Areiro – Piro Ruivo – Encumeada
J5. Encumeada - Pico grande - Encumeada
J6. Encumeada - Paul da Sera – Porto Moniz
J7. Retour à Funchal J.8. Départ pour Paris
D'habitude je ne suis pas aussi tarée de l'organisation, mais là comme il y a un camping et demi à Madère et que je n'aime pas bivouaquer seule, je vais être obligée de réserver des hôtels à l'avance, il faut donc que mon planning soit bien calibré...
Qu'en pensez-vous? Est-ce trop? (sachant que je marche 9-10h par jour sans problème) Est-ce réaliste? Pas du tout?
Bref, si vous avez des conseils je suis preneuse!
Merci!!!
Mélanie
Je suis en train de me concocter un petit trek à Madère le mois prochain, et voici l'itinéraire auquel j'ai pensé en trifouillant sur le net:
J1. Arrivée à Madère, nuit à Machico J2. Machico-Porto da Cruz en passant par Sao Lourenço J3. Porto da Cruz - Caldeirao Verde - Caldeirao do Inferno - Nuit je sais pas où (Santana? Ilha? Porto da Cruz?) J4. Pico do Areiro – Piro Ruivo – Encumeada
J5. Encumeada - Pico grande - Encumeada
J6. Encumeada - Paul da Sera – Porto Moniz
J7. Retour à Funchal J.8. Départ pour Paris
D'habitude je ne suis pas aussi tarée de l'organisation, mais là comme il y a un camping et demi à Madère et que je n'aime pas bivouaquer seule, je vais être obligée de réserver des hôtels à l'avance, il faut donc que mon planning soit bien calibré...
Qu'en pensez-vous? Est-ce trop? (sachant que je marche 9-10h par jour sans problème) Est-ce réaliste? Pas du tout?
Bref, si vous avez des conseils je suis preneuse!
Merci!!!
Mélanie
Marcher au Groenland - The Artic Circle Trail English translation pending
PETIT RETOUR SUR LE North Artic Trail au Groenland
Ce post vise juste à motiver les gens qui comme moi se questionnait sur comment aller au Groenland ou plutôt, suis-je apte ? Nous sommes partis en Aout 2011 à deux avec un pote. L’itinéraire de base va de Kangerlussuaq à Sissimiut. Pour notre part, aimant être plutôt seul, on a préféré faire Sissimiut Kangerlussaq
AVION: Paris Copenhague Copenhague Kangerlussuaq
Et après Kangerlussuaq Sissimiut sur place
Il semble qu’on puisse faire Paris Reykjavik (Islande) puis Groenland Prix 1100E avec le vol intérieur Détail : prendre ses aises car le climat fait que les vols sont fréquemment annulés (à100km près, cela peut être la purée de poix supère opaque.. cela nous a coûté un jour de rando donc ne prévoyez pas votre retour trop court
GUIDE Ultra complet : étape, conseil, zoom topographique étape par étape, situation des huttes de chasse : Trekking in Greenland, The Artic Circle Trail, ed. Cicerone, Paddy Dillon. Un seul défaut : trop complet pour les puristes qui ne veulent pas trop d’infos avant de voyager
MATERIEL : Après avoir fait pas mal de voyage (surtout à vélo) dans les pays nordiques, nous ne faisons pas de l’ultra léger mais de l’ultra confort : c’est notre choix : résultat : 30kg au départ chacun Je dirai qu’en faisant attention, on tombe à 20kg, et si on connaît le parcours ou que l’on fait de l’ultra léger : 10 12kg doivent être jouable
MAIS ATTENTION : une fois dans le bain, plus de téléphone (sauf peut-être satellite). Si problème de bouffe ou de blessure, et bien, c’est dans votre pomme…
FREQUENTATION : nous le faisions dans l’autre sens, donc nous avons croisé les gens qui faisaient le parcours usuel : environ 2 personnes par jour. Donc dans le bon sens, vous devriez ne croiser personne
DODO : camping sauvage, et éventuellement les huttes de chasse espacées d’environ 20km : le souci est qu’il y a environ 3 planches en bois pour dormir et je crois que pas mal de personnes mises là-dessus, donc si vous arrivez trop tard, vous dormez par terre ou dehors (donc sans tente)
CLIMAT Le guide recommande en Aout, nous de même : 20 jours dont les 15 premiers ciel bleu et soleil. T shirt pour marcher, par contre polaire dès la pause voire bonnet. La fraicheur de l’air alliée au soleil qui réchauffe juste comme il faut constitue le plus grand des bonheurs LA zone de Kangerlussuaq se situe dans un micro climat très positif : c’est pour cela que l’aéroport se situe là, au milieu de nulle part, et que ce trail devrait se faire sous un temps correct. Attention, on a lu qu’en Juin, les lacs sont glacés
RAVITAILLEMENT Nourriture : rien, sauf pêche pour les connaisseurs (petits lacs et rivières permanents) : apparemment, ca pêche bien, mais nous, ce fut un échec. Et des bais un peu partout Pour l’eau, nous nous sommes embêtée avec gourde et camel back : a posteriori, inutile, les randonneurs croisés avaient une petite bouteille d’eau vide dans la main. On peut boire dans tous les cours d’eau sans micropur, même els petits lacs stagnants… c’est sérieux. Ca fait déjà trois kilos de moins !!
DANGER Pas d’ours ou autres bêtes curieuses, vous êtes trop au Sud Eventuellement les Mux Oxen, sorte de bœuf musqués, assez gros : pas méchant mais s’ils se mettent cul à cul en cercle, c’est mauvais signe : il s’agit de leur position de défense, donc éventuellement d’attaque… passez votre chemin en vous éloignant L’orientation, je pense est le pire des problèmes : les cartes sont light, ou plutôt, en étant au Groenland, vous avez peu de repères : les monts, rivières, lacs se succèdent, et on n’est rarement sûr à 100% d’où on est : il faut bien vérifier sa route, et ne pas hésiter à faire demi tour pour vérifier. Sinon, vous vous enfoncez dans des méandres infinis… Le chemin est rarement net (passage dans des marécages, de la toundra), les cairns peuvent être loin de votre chemin actuel ou invisible pendant un certain temps… Pour notre part, l’altimètre nous a sauvés à deux reprises pour passer au bon endroit Si vous vous blessez sérieusement : ben… il ne faut pas vous blessez, puisque pas de téléphone…
ARGENT Il faut emmener sa nourriture depuis la France vu le prix de tout (un exemple : 10E la pinte de bière) On peut dormir n’importe où en camping sauvage, même aux abords des « villes ». Les logements bon marché n’existent pas
BILAN N’hésitez pas, allez-y, c’est énorme. Pas de photo ni de lien sur les paysage… c’est à vous de voir sur place. C’est pas dur comme rando : peu de dénivelé. Après, à vous de voir ce que vous mettez dans votre sac. Il faut juste être mûr sur sa capacité à randonner en milieu extrême, même si on a rien vu d’extrême. Le seul pb, c’est l’orientation et le fait d’être totaalement seul pour gérer ses soucis
PS : Le must !! A mi parcours, vous avez des canoës à disposition : ca fait bizarre mais pas de loueur, c’est gratuit. A vous de vérifier l’état des bateaux et des pagaies. Il s’agit d’une étape de 20km qui longe une rivière. Soit à pied donc, soit en bateau. Pas de danger : c’est énoooooooooorme !! Le souci, c’est qu’une fois la traversée effectuée, le bateau reste à l’arrivée… donc vous comprendrez bien l’utilité de faire la marche en sens inverse… on a de grandes chances d’avoir un canoë amené par les randonneurs qui la font dans l’autre sens….
J’espère que vous n’hésiterez pas !! C’est pas plus violent qu’une rando dans les Alpes
Ce post vise juste à motiver les gens qui comme moi se questionnait sur comment aller au Groenland ou plutôt, suis-je apte ? Nous sommes partis en Aout 2011 à deux avec un pote. L’itinéraire de base va de Kangerlussuaq à Sissimiut. Pour notre part, aimant être plutôt seul, on a préféré faire Sissimiut Kangerlussaq
AVION: Paris Copenhague Copenhague Kangerlussuaq
Et après Kangerlussuaq Sissimiut sur place
Il semble qu’on puisse faire Paris Reykjavik (Islande) puis Groenland Prix 1100E avec le vol intérieur Détail : prendre ses aises car le climat fait que les vols sont fréquemment annulés (à100km près, cela peut être la purée de poix supère opaque.. cela nous a coûté un jour de rando donc ne prévoyez pas votre retour trop court
GUIDE Ultra complet : étape, conseil, zoom topographique étape par étape, situation des huttes de chasse : Trekking in Greenland, The Artic Circle Trail, ed. Cicerone, Paddy Dillon. Un seul défaut : trop complet pour les puristes qui ne veulent pas trop d’infos avant de voyager
MATERIEL : Après avoir fait pas mal de voyage (surtout à vélo) dans les pays nordiques, nous ne faisons pas de l’ultra léger mais de l’ultra confort : c’est notre choix : résultat : 30kg au départ chacun Je dirai qu’en faisant attention, on tombe à 20kg, et si on connaît le parcours ou que l’on fait de l’ultra léger : 10 12kg doivent être jouable
MAIS ATTENTION : une fois dans le bain, plus de téléphone (sauf peut-être satellite). Si problème de bouffe ou de blessure, et bien, c’est dans votre pomme…
FREQUENTATION : nous le faisions dans l’autre sens, donc nous avons croisé les gens qui faisaient le parcours usuel : environ 2 personnes par jour. Donc dans le bon sens, vous devriez ne croiser personne
DODO : camping sauvage, et éventuellement les huttes de chasse espacées d’environ 20km : le souci est qu’il y a environ 3 planches en bois pour dormir et je crois que pas mal de personnes mises là-dessus, donc si vous arrivez trop tard, vous dormez par terre ou dehors (donc sans tente)
CLIMAT Le guide recommande en Aout, nous de même : 20 jours dont les 15 premiers ciel bleu et soleil. T shirt pour marcher, par contre polaire dès la pause voire bonnet. La fraicheur de l’air alliée au soleil qui réchauffe juste comme il faut constitue le plus grand des bonheurs LA zone de Kangerlussuaq se situe dans un micro climat très positif : c’est pour cela que l’aéroport se situe là, au milieu de nulle part, et que ce trail devrait se faire sous un temps correct. Attention, on a lu qu’en Juin, les lacs sont glacés
RAVITAILLEMENT Nourriture : rien, sauf pêche pour les connaisseurs (petits lacs et rivières permanents) : apparemment, ca pêche bien, mais nous, ce fut un échec. Et des bais un peu partout Pour l’eau, nous nous sommes embêtée avec gourde et camel back : a posteriori, inutile, les randonneurs croisés avaient une petite bouteille d’eau vide dans la main. On peut boire dans tous les cours d’eau sans micropur, même els petits lacs stagnants… c’est sérieux. Ca fait déjà trois kilos de moins !!
DANGER Pas d’ours ou autres bêtes curieuses, vous êtes trop au Sud Eventuellement les Mux Oxen, sorte de bœuf musqués, assez gros : pas méchant mais s’ils se mettent cul à cul en cercle, c’est mauvais signe : il s’agit de leur position de défense, donc éventuellement d’attaque… passez votre chemin en vous éloignant L’orientation, je pense est le pire des problèmes : les cartes sont light, ou plutôt, en étant au Groenland, vous avez peu de repères : les monts, rivières, lacs se succèdent, et on n’est rarement sûr à 100% d’où on est : il faut bien vérifier sa route, et ne pas hésiter à faire demi tour pour vérifier. Sinon, vous vous enfoncez dans des méandres infinis… Le chemin est rarement net (passage dans des marécages, de la toundra), les cairns peuvent être loin de votre chemin actuel ou invisible pendant un certain temps… Pour notre part, l’altimètre nous a sauvés à deux reprises pour passer au bon endroit Si vous vous blessez sérieusement : ben… il ne faut pas vous blessez, puisque pas de téléphone…
ARGENT Il faut emmener sa nourriture depuis la France vu le prix de tout (un exemple : 10E la pinte de bière) On peut dormir n’importe où en camping sauvage, même aux abords des « villes ». Les logements bon marché n’existent pas
BILAN N’hésitez pas, allez-y, c’est énorme. Pas de photo ni de lien sur les paysage… c’est à vous de voir sur place. C’est pas dur comme rando : peu de dénivelé. Après, à vous de voir ce que vous mettez dans votre sac. Il faut juste être mûr sur sa capacité à randonner en milieu extrême, même si on a rien vu d’extrême. Le seul pb, c’est l’orientation et le fait d’être totaalement seul pour gérer ses soucis
PS : Le must !! A mi parcours, vous avez des canoës à disposition : ca fait bizarre mais pas de loueur, c’est gratuit. A vous de vérifier l’état des bateaux et des pagaies. Il s’agit d’une étape de 20km qui longe une rivière. Soit à pied donc, soit en bateau. Pas de danger : c’est énoooooooooorme !! Le souci, c’est qu’une fois la traversée effectuée, le bateau reste à l’arrivée… donc vous comprendrez bien l’utilité de faire la marche en sens inverse… on a de grandes chances d’avoir un canoë amené par les randonneurs qui la font dans l’autre sens….
J’espère que vous n’hésiterez pas !! C’est pas plus violent qu’une rando dans les Alpes
18 jours en Californie entre montagnes et océan English translation pending
Ayant eu de l'aide pour la préparation de mon voyage de votre part je me dis qu'il serait bon de vous faire partager le déroulement de celui-ci. Ça me permettra de me remémorer aussi ce voyage encore très frais. Bon face à tous les comptes rendus de voyage dans l'ouest je doute que celui-ci ait un intérêt phénoménal mais il aura peut être la seule originalité de ne se concentrer que sur la Californie pour un premier voyage dans cette partie des États-Unis.
Le but était de profiter de la côte, des parcs californiens, de découvrir un peu des endroits au calme et de finir tranquillement à San Francisco. Voici le programme prévu avant de partir :
Journée 0 Atterrissage à SF, SF -> Inverness Journée 1 Point Reyes : Rando Tomales Point at Point Reyes National Seashore 16km (dans le meilleur des cas 09h-13h) Point Reyes -> Little River Journée 2 Mendocino -> Humboldt Redwoods SP Petits trails : Homestead Big Tree Loop, Big Tree Area, Rockfeller Loop Nuit en camping Albee Campground ou un Environmental Camp Journée 3 Encore quelques petits trails (1, 2 miles) pas le temps pour une grande rando. Avenue of The Giants. Humboldt Redwoods SP -> Sonoma Journée 4 Sonoma -> Yosemite Valley Petits trails dans la vallée Nuit au backpackers camp Journée 5 Rando : montée du Panorama trail, Glacier Point, Sentinel Dome, Taft Point (~16km) Bivouac aux alentours de Taft Point Journée 6 Descendre par Pohono Trail jusqu'à Tunnel View (~14km) Vallée -> Porcupine Flat Campground Journée 7 Rando : Cathedral lakes (~12km) Cathedral Lakes -> Bodie Visite Bodie Bodie -> Mono Lake Mono Lake -> Alentours de Mammoth Lakes Journée 8 Rando : un bout de Little Lake Valley Rock Creek Lake -> Big Pine Ancient Bristlecone Pine Forest Big Pine -> Death Valley par Death Valley Rd, Eureka Dunes Eureka Dunes Nuit à Eureka Dunes Dry Camp Journée 9 Eureka Dunes -> Ubehebe Crater Ubehebe Crater -> Badwater Scotty's Castle, Badwater, Artist Drive, Devil Gulf Course, Golden Canyon, Zabriskie Point, Dantes View ? Salt Creek ? Nuit à Furnace Creek Journée 10 Des choses pas vues la veille Alabama Hills Furnace Creek -> Mojave Petites balades à Red Rock Canyon SP Journée 11 Mojave -> Sequoia NP Big Trees Trail enchaîné du Wolverton Cutoff Loop (~15km). Camping à Grant Grove Journée 12 Petit tour à Kings Canyon Zumwalt Meadow, un bout du Copper Creek Trail Kings Canyon -> San Simeon Journée 13 San Siemon -> Monterey Journée 14 Monterey -> SF Drop off de la voiture Journée 15, 16, 17 SF Départ le J18 à 15h
Nous sommes partis du 25 Septembre au 14 Octobre en couple et voici le récit de notre voyage :
Jour 1 (25/09/13)
Atterrissage à San Francisco à 13h après un vol sans problème. Ici commence la partie la moins fun du voyage, mais bon elle se place juste au début c'est un moindre mal. Près d'une heure de queue pour l'immigration, une queue énorme pour récupérer la voiture chez Dollar, bon au final environ une heure également.
15h on décolle avec notre Jeep Liberty toute blanche. Passage à San Bruno pour aller au Sears et faire quelques achats, glacière, oreillers... On décide de s'arrêter à Twin Peaks dès à présent pour avoir un aperçu de SF. C'est plutôt mignon, on n'est pas tout seul tout seul et il y a pas mal de vent mais c'est un premier coup d'oeil agréable. Il fait beau.


Direction Point Reyes, on traverse SF pour prendre le pont, là c'est moins rigolo, ça bouchonne sévèrement après le pont. Je me disais qu'on aurait pu faire un stop dans le Golden Gate National Recreation Area mais j'ai aucune idée de comment y aller et on perd déjà beaucoup de temps dans les bouchons donc on va aller directement à Inverness.
On bifurque donc sur la 1, les paysages sont sympas, il n'y a personne sur la route, ce n'est pas désagréable comme arrivée en Californie. La route nous prend pas mal de temps et il n'est pas tôt mais ça nous permet d'observer le coucher de soleil sur l'océan.

Ce qui est très agréable mais par contre ça veut dire qu'il va faire nuit dans peu de temps, ce qui induit deux choses : 1. le paysage on ne le verra plus et 2. il sera plus complexe de rallier notre destination perdue dans les hauteurs du petit village d'Inverness. Et en effet on est à l'affut du moindre panneau de nom de rue mais ça ne s'avère pas si compliqué, on arrive donc dans une petite rue perdue dans la forêt, l'éclairage public est quasi inexistant. Nous sommes accueilli par un couple de séniors, Mary et Jim qui nous font nous sentir comme chez nos grands parents. "Vous devez avoir faim, venez à table" à peine arrivé. Nous goûtons le vin que Jim produit lui même, il n'a pas de vignobles mais se fournit dans la région. Premier contact avec le vin californien, ce n'est pas si mal. Ce sont réellement des gens très sympathiques et très chaleureux. Le passage est rapide, le dodo pas très tard nous devons repartir le lendemain pour se balader à Tomales Point. Un diner, des conversations sympas, un petit déjeuner voila ce que nous avons partagé avec nos hôtes qui nous disent encore que nous pouvons repasser après notre balade, nous faire un sandwich ou autre. Des gens gentils avant tout.
Jour 2 (26/09/13)
Bizarrement on ne se lève pas tôt, le décalage a l'air d'être assimilé dès la première nuit. Bon c'est peut être parce qu'on s'est réveillé au milieu de la nuit à cause de Merckx l'un des deux gros chiens qui s'est dit qu'il était grand temps d'aboyer à la mort. Allez savoir. Toujours est-il que je m'attendais à commencer mes journées bien plus tôt, bon pas grave j'ai bien dormi. Après une douche, un petit déjeuner et nos adieux à nos hôtes direction la pointe nord ouest de Point Reyes. Au passage on croise des ranchs historiques et plein de grosses vaches. Les paysages qui nous entourent sont très secs, végétation brûlée, un dégradé de jaune et de marron. C'est nouveau pour nous et plutôt joli. Rien comparé à ce qui nous attendra plus tard.
10h on se gare au parking en face du Pierce Point Ranch, il n'y a pas grand monde, une ou deux voitures. C'est parti pour 8km pour aller jusqu'à la pointe sur un terrain relativement plat, aucune difficultés donc. La première partie du chemin suit bien la côte, on voit la plage en contrebas. Après environ deux kilomètres première rencontre avec les elks, les cervidés qui se rapprochent un peu des rennes, on est content, ils sont quatre et peureux. Mais en fait on va en croiser des dizaines un peu partout et moins peureux, c'était prévu puisqu'ils ne bougent pas de cet endroit mais bon on ne sait jamais. Ils sont donc bien là, en effet.

La balade est agréable mais pas non plus inoubliable, de jolis cyprès vers la moitié de la randonnée. Le bon point est que l'on ne croise personne, une personne à vrai dire.

On arrive au bout de la rando en à peu près une heure et demie et là et bien c'est la fin de la terre, falaises, oiseaux, c'est mignon.


On en profite une demie heure et on repart en sens inverse pour 8km. Cette fois-ci on croise pas mal de monde, étonnement. Des randonneurs, jeunes et vieux, des joggeurs par petite dizaine. Bizarrement en général les randos où il faut se retaper le même chemin au retour sont un peu monotone en sens inverse, là j'apprécie encore plus le décor. C'est une autre vision de la même randonnée, donc plutôt sympa. On s'arrête au Pierce Point Ranch pour regarder un peu les vieilles bâtisses et on prend la direction de Point Reyes Station pour faire quelques courses et pique niquer sur place. On ne voit pas grand chose de ce petit village mais c'est agréable de le traverser rapidement néanmoins.

Il doit être pas loin de 15h lorsque l'on reprend la route. Au programme remontée de la côte jusqu'à Little River. Il va sans dire que l'on n'a pas le temps de faire de longs arrêts dans un state park ou autres sur la route, la nuit arrivera vite. Mais on a tout de même le temps de profiter de ce paysage côtier merveilleux, de faire quelques petits arrêts contemplatifs ainsi que photographiques. C'est venteux, l'océan est puissant, la côte écharpée, ça monte, ça descends, pas grand monde sur la route, pas de villes sur la route. Simplement une très belle route.


On a encore droit à un coucher de soleil sur l'océan et on arrive vers 19h30 dans le noir le plus complet dans le fin fond de Little River.

Pas facile de trouver le bon numéro sans éclairage public et avec ces chiffres à rallonge... "Ah c'était là", "Là ici celui que l'on vient de passer ?", "Oui". On se fait klaxonner, la voiture se met à nos côtés, on baisse la fenêtre, "Vous êtes les couchsurfers de Paris ?" "C'est ici". Cool, c'est bien là. On se gare et notre jeune hôte nous accueille avec un gros hug. Il nous fait faire un petit tour de la propriété, du potager avec énormément de légumes. Nous voila dans un endroit totalement déconcertant tout en restant plus qu'agréable parmi des gens que certains pourraient qualifier de hippies (un peu mais pas trop), ici vit une petite communauté de 6-7 personnes dans 3 bâtiments différents mais chacun vaque à ses occupations. En tous les cas le rapport à la terre et à la nature est très fort d'après les échanges que nous avons avec Carson notre hôte. Il nous explique que bon ils vivent un peu à leur rythme, qu'il s'est retrouvé ici via un site de mise en relation d'"organic farmers" (ça doit être WWOOF). La petite maison est juste fantastique, une belle pièce à vivre, comprenant une grande cuisine salle à manger, un salon avec tonnes d'instruments de musique, très chaleureux comme ambiance.
Le début de soirée servira à faire connaissance autour d'un bon repas organique, à part le riz tout provient du jardin, le tout accompagné de bonne musique. Un moment sympa en somme, ces gens sont très ouvert malgré un mode de vie totalement différent du notre. Steven, le propriétaire de la maison arrive vers la fin du repas, il mange à son tour, on discute de chose et d'autres. De la Californie, de notre voyage, de sa maison... Au cours de cette discussion il en vient à nous conseiller de ne pas tirer jusqu'à Humboldt mais plutôt d'aller à Montgomery Woods ce qui nous fera gagner pas mal de temps si notre but n'était que de voir des arbres. Il nous vend l'endroit comme pas mal reclus, agréable à visiter pas comme les parcs plus au nord. Je me dis que ce n'est peut être pas une mauvaise idée, il faut juste changer un peu le programme mais en soit c'est une idée à prendre en compte. J'envoie donc un message aux personnes chez qui nous devions rester à Sonoma pour voir si nous pouvons venir un jour en avance.
Après diner nous regardons tous ensemble un documentaire un peu perché sur télescope Hubble, Steven et Carson se crame un joint, probablement organique. On va au lit content de ces rencontres.
Le but était de profiter de la côte, des parcs californiens, de découvrir un peu des endroits au calme et de finir tranquillement à San Francisco. Voici le programme prévu avant de partir :
Journée 0 Atterrissage à SF, SF -> Inverness Journée 1 Point Reyes : Rando Tomales Point at Point Reyes National Seashore 16km (dans le meilleur des cas 09h-13h) Point Reyes -> Little River Journée 2 Mendocino -> Humboldt Redwoods SP Petits trails : Homestead Big Tree Loop, Big Tree Area, Rockfeller Loop Nuit en camping Albee Campground ou un Environmental Camp Journée 3 Encore quelques petits trails (1, 2 miles) pas le temps pour une grande rando. Avenue of The Giants. Humboldt Redwoods SP -> Sonoma Journée 4 Sonoma -> Yosemite Valley Petits trails dans la vallée Nuit au backpackers camp Journée 5 Rando : montée du Panorama trail, Glacier Point, Sentinel Dome, Taft Point (~16km) Bivouac aux alentours de Taft Point Journée 6 Descendre par Pohono Trail jusqu'à Tunnel View (~14km) Vallée -> Porcupine Flat Campground Journée 7 Rando : Cathedral lakes (~12km) Cathedral Lakes -> Bodie Visite Bodie Bodie -> Mono Lake Mono Lake -> Alentours de Mammoth Lakes Journée 8 Rando : un bout de Little Lake Valley Rock Creek Lake -> Big Pine Ancient Bristlecone Pine Forest Big Pine -> Death Valley par Death Valley Rd, Eureka Dunes Eureka Dunes Nuit à Eureka Dunes Dry Camp Journée 9 Eureka Dunes -> Ubehebe Crater Ubehebe Crater -> Badwater Scotty's Castle, Badwater, Artist Drive, Devil Gulf Course, Golden Canyon, Zabriskie Point, Dantes View ? Salt Creek ? Nuit à Furnace Creek Journée 10 Des choses pas vues la veille Alabama Hills Furnace Creek -> Mojave Petites balades à Red Rock Canyon SP Journée 11 Mojave -> Sequoia NP Big Trees Trail enchaîné du Wolverton Cutoff Loop (~15km). Camping à Grant Grove Journée 12 Petit tour à Kings Canyon Zumwalt Meadow, un bout du Copper Creek Trail Kings Canyon -> San Simeon Journée 13 San Siemon -> Monterey Journée 14 Monterey -> SF Drop off de la voiture Journée 15, 16, 17 SF Départ le J18 à 15h
Nous sommes partis du 25 Septembre au 14 Octobre en couple et voici le récit de notre voyage :
Jour 1 (25/09/13)
Atterrissage à San Francisco à 13h après un vol sans problème. Ici commence la partie la moins fun du voyage, mais bon elle se place juste au début c'est un moindre mal. Près d'une heure de queue pour l'immigration, une queue énorme pour récupérer la voiture chez Dollar, bon au final environ une heure également.
15h on décolle avec notre Jeep Liberty toute blanche. Passage à San Bruno pour aller au Sears et faire quelques achats, glacière, oreillers... On décide de s'arrêter à Twin Peaks dès à présent pour avoir un aperçu de SF. C'est plutôt mignon, on n'est pas tout seul tout seul et il y a pas mal de vent mais c'est un premier coup d'oeil agréable. Il fait beau.


Direction Point Reyes, on traverse SF pour prendre le pont, là c'est moins rigolo, ça bouchonne sévèrement après le pont. Je me disais qu'on aurait pu faire un stop dans le Golden Gate National Recreation Area mais j'ai aucune idée de comment y aller et on perd déjà beaucoup de temps dans les bouchons donc on va aller directement à Inverness.
On bifurque donc sur la 1, les paysages sont sympas, il n'y a personne sur la route, ce n'est pas désagréable comme arrivée en Californie. La route nous prend pas mal de temps et il n'est pas tôt mais ça nous permet d'observer le coucher de soleil sur l'océan.

Ce qui est très agréable mais par contre ça veut dire qu'il va faire nuit dans peu de temps, ce qui induit deux choses : 1. le paysage on ne le verra plus et 2. il sera plus complexe de rallier notre destination perdue dans les hauteurs du petit village d'Inverness. Et en effet on est à l'affut du moindre panneau de nom de rue mais ça ne s'avère pas si compliqué, on arrive donc dans une petite rue perdue dans la forêt, l'éclairage public est quasi inexistant. Nous sommes accueilli par un couple de séniors, Mary et Jim qui nous font nous sentir comme chez nos grands parents. "Vous devez avoir faim, venez à table" à peine arrivé. Nous goûtons le vin que Jim produit lui même, il n'a pas de vignobles mais se fournit dans la région. Premier contact avec le vin californien, ce n'est pas si mal. Ce sont réellement des gens très sympathiques et très chaleureux. Le passage est rapide, le dodo pas très tard nous devons repartir le lendemain pour se balader à Tomales Point. Un diner, des conversations sympas, un petit déjeuner voila ce que nous avons partagé avec nos hôtes qui nous disent encore que nous pouvons repasser après notre balade, nous faire un sandwich ou autre. Des gens gentils avant tout.
Jour 2 (26/09/13)
Bizarrement on ne se lève pas tôt, le décalage a l'air d'être assimilé dès la première nuit. Bon c'est peut être parce qu'on s'est réveillé au milieu de la nuit à cause de Merckx l'un des deux gros chiens qui s'est dit qu'il était grand temps d'aboyer à la mort. Allez savoir. Toujours est-il que je m'attendais à commencer mes journées bien plus tôt, bon pas grave j'ai bien dormi. Après une douche, un petit déjeuner et nos adieux à nos hôtes direction la pointe nord ouest de Point Reyes. Au passage on croise des ranchs historiques et plein de grosses vaches. Les paysages qui nous entourent sont très secs, végétation brûlée, un dégradé de jaune et de marron. C'est nouveau pour nous et plutôt joli. Rien comparé à ce qui nous attendra plus tard.
10h on se gare au parking en face du Pierce Point Ranch, il n'y a pas grand monde, une ou deux voitures. C'est parti pour 8km pour aller jusqu'à la pointe sur un terrain relativement plat, aucune difficultés donc. La première partie du chemin suit bien la côte, on voit la plage en contrebas. Après environ deux kilomètres première rencontre avec les elks, les cervidés qui se rapprochent un peu des rennes, on est content, ils sont quatre et peureux. Mais en fait on va en croiser des dizaines un peu partout et moins peureux, c'était prévu puisqu'ils ne bougent pas de cet endroit mais bon on ne sait jamais. Ils sont donc bien là, en effet.

La balade est agréable mais pas non plus inoubliable, de jolis cyprès vers la moitié de la randonnée. Le bon point est que l'on ne croise personne, une personne à vrai dire.

On arrive au bout de la rando en à peu près une heure et demie et là et bien c'est la fin de la terre, falaises, oiseaux, c'est mignon.


On en profite une demie heure et on repart en sens inverse pour 8km. Cette fois-ci on croise pas mal de monde, étonnement. Des randonneurs, jeunes et vieux, des joggeurs par petite dizaine. Bizarrement en général les randos où il faut se retaper le même chemin au retour sont un peu monotone en sens inverse, là j'apprécie encore plus le décor. C'est une autre vision de la même randonnée, donc plutôt sympa. On s'arrête au Pierce Point Ranch pour regarder un peu les vieilles bâtisses et on prend la direction de Point Reyes Station pour faire quelques courses et pique niquer sur place. On ne voit pas grand chose de ce petit village mais c'est agréable de le traverser rapidement néanmoins.

Il doit être pas loin de 15h lorsque l'on reprend la route. Au programme remontée de la côte jusqu'à Little River. Il va sans dire que l'on n'a pas le temps de faire de longs arrêts dans un state park ou autres sur la route, la nuit arrivera vite. Mais on a tout de même le temps de profiter de ce paysage côtier merveilleux, de faire quelques petits arrêts contemplatifs ainsi que photographiques. C'est venteux, l'océan est puissant, la côte écharpée, ça monte, ça descends, pas grand monde sur la route, pas de villes sur la route. Simplement une très belle route.


On a encore droit à un coucher de soleil sur l'océan et on arrive vers 19h30 dans le noir le plus complet dans le fin fond de Little River.

Pas facile de trouver le bon numéro sans éclairage public et avec ces chiffres à rallonge... "Ah c'était là", "Là ici celui que l'on vient de passer ?", "Oui". On se fait klaxonner, la voiture se met à nos côtés, on baisse la fenêtre, "Vous êtes les couchsurfers de Paris ?" "C'est ici". Cool, c'est bien là. On se gare et notre jeune hôte nous accueille avec un gros hug. Il nous fait faire un petit tour de la propriété, du potager avec énormément de légumes. Nous voila dans un endroit totalement déconcertant tout en restant plus qu'agréable parmi des gens que certains pourraient qualifier de hippies (un peu mais pas trop), ici vit une petite communauté de 6-7 personnes dans 3 bâtiments différents mais chacun vaque à ses occupations. En tous les cas le rapport à la terre et à la nature est très fort d'après les échanges que nous avons avec Carson notre hôte. Il nous explique que bon ils vivent un peu à leur rythme, qu'il s'est retrouvé ici via un site de mise en relation d'"organic farmers" (ça doit être WWOOF). La petite maison est juste fantastique, une belle pièce à vivre, comprenant une grande cuisine salle à manger, un salon avec tonnes d'instruments de musique, très chaleureux comme ambiance.
Le début de soirée servira à faire connaissance autour d'un bon repas organique, à part le riz tout provient du jardin, le tout accompagné de bonne musique. Un moment sympa en somme, ces gens sont très ouvert malgré un mode de vie totalement différent du notre. Steven, le propriétaire de la maison arrive vers la fin du repas, il mange à son tour, on discute de chose et d'autres. De la Californie, de notre voyage, de sa maison... Au cours de cette discussion il en vient à nous conseiller de ne pas tirer jusqu'à Humboldt mais plutôt d'aller à Montgomery Woods ce qui nous fera gagner pas mal de temps si notre but n'était que de voir des arbres. Il nous vend l'endroit comme pas mal reclus, agréable à visiter pas comme les parcs plus au nord. Je me dis que ce n'est peut être pas une mauvaise idée, il faut juste changer un peu le programme mais en soit c'est une idée à prendre en compte. J'envoie donc un message aux personnes chez qui nous devions rester à Sonoma pour voir si nous pouvons venir un jour en avance.
Après diner nous regardons tous ensemble un documentaire un peu perché sur télescope Hubble, Steven et Carson se crame un joint, probablement organique. On va au lit content de ces rencontres.
Four-Week Journey Through Southern Thailand and Angkor
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people. So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom. That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver. Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.

At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.

That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people. So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom. That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver. Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.

At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.

That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Amazonie sur 4 jours: Bolivie ou Pérou English translation pending
Bonjour à tous !
Découverte de l'Amazonie sur 4 jours : Bolivie ou Pérou ?
Env 500$/p, voir plein d'animaux (mais pas que des oiseaux) : caïmans, dauphins roses, serpents, également pirogue... Rurrenabaque en Bolivie me paraît bien, car au Pérou, ça a l'air moins accessible, plutôt 1 semaine que 4 jours, et bcp plus cher !
Qu'en pensez vous ?
je n'ai aucune idée de ce qui vaudrait le + le coup, le meilleur rapport qualité prix, relativement accessible car 1 semaine est un peu long.
Merci encore !!
Découverte de l'Amazonie sur 4 jours : Bolivie ou Pérou ?
Env 500$/p, voir plein d'animaux (mais pas que des oiseaux) : caïmans, dauphins roses, serpents, également pirogue... Rurrenabaque en Bolivie me paraît bien, car au Pérou, ça a l'air moins accessible, plutôt 1 semaine que 4 jours, et bcp plus cher !
Qu'en pensez vous ?
je n'ai aucune idée de ce qui vaudrait le + le coup, le meilleur rapport qualité prix, relativement accessible car 1 semaine est un peu long.
Merci encore !!
Quel président pour Madagascar? English translation pending
Qui voyez vous comme président Malgache .
Donner vos avis
Dans la chaleur de l'Ouest américain 2013 English translation pending
Dans un premier temps je pensais pouvoir faire un retour sur le forum presque en direct mais le manque de wifi, le temps que cela prenait en plus du blog que je tenais et la modification de l’insertion des photos sur le forum ont eu raison de ma volonté.
Je vais donc reprendre depuis le début mon récit et surtout le terminer.
En 2010 avec mes parents nous avons réalisé un périple de 28 jours, pour 2013 le choix peut paraitre étonnant mais nous avons choisis de refaire le même parcours en ajoutant d’autres lieux aux endroits que nous avons aimés. Ce sera donc un trip de 35 jours qui débute à San Francisco et se termine à Los Angeles en passant par le lointain Yellowstone.
J’ai débuté mes recherches en 2011 pour faire évoluer le parcours et surtout trouver de nouveaux lieux grâce aux carnets de voyages En septembre 2012 j’ai commencé à réserver les hôtels et j’ai acheté les billets d’avion fin décembre comme en 2010. J’ai suivi l’évolution des prix de septembre jusqu’en mai et nous avons eu le prix le plus bas possible soit 780€ par personne. La voiture a aussi été réservé en décembre sur le site locationdevoiture chez autoeurope. Un SUV standard pour 34 jours au prix de 1040€. https://v1.alamo.com/index.do?action=/hotDealsTemplate&msg=alamo-intlSaveTime
J’ai réservé tous les hôtels assez à l’avance car à certains endroits tout est plein rapidement ( yellowstone, grand canyon, monument valley bryce canyon…)
J'ai aussi réalisé un petit montage vidéo qui regroupe les bons moments https://www.youtube.com/watch?v=kZl6CLTqUKg
16 juin 2013 : La nuit est très courte à cause de l’excitation et de notre vol à 6h00. Nous partons vers l’aéroport à 4H30, l’enregistrement se passe bien et nous décollons en direction d’Amsterdam, nous embarquons ensuite à bord d'un 747 vers San Francisco, le repas est très bon comme en 2010 et nous atterrissons à 11h45.
Le passage de l’immigration et des douanes n’est qu’une formalité, nous récupérons nos bagages et allons chez Alamo pour prendre notre véhicule. Afin de gagner du temps et d’éviter de me faire refiler des options payantes j’avais fais le check in sur le site alamo


Nous avons choisi comme môtel le coventry motor inn qui a un parking gratuit et se trouve sur lombard street. Après avoir jeté nos valises dans la chambre nous reprenons notre véhicule en direction de twin peaks en passant tout d’abord par cette petite maison bleue que ma mère voulait voir.

Quel plaisir de se retrouver dans cette agréable ville. Nous rentrons assez tôt poussés par la fatigue.
Je vais donc reprendre depuis le début mon récit et surtout le terminer.
En 2010 avec mes parents nous avons réalisé un périple de 28 jours, pour 2013 le choix peut paraitre étonnant mais nous avons choisis de refaire le même parcours en ajoutant d’autres lieux aux endroits que nous avons aimés. Ce sera donc un trip de 35 jours qui débute à San Francisco et se termine à Los Angeles en passant par le lointain Yellowstone.
J’ai débuté mes recherches en 2011 pour faire évoluer le parcours et surtout trouver de nouveaux lieux grâce aux carnets de voyages En septembre 2012 j’ai commencé à réserver les hôtels et j’ai acheté les billets d’avion fin décembre comme en 2010. J’ai suivi l’évolution des prix de septembre jusqu’en mai et nous avons eu le prix le plus bas possible soit 780€ par personne. La voiture a aussi été réservé en décembre sur le site locationdevoiture chez autoeurope. Un SUV standard pour 34 jours au prix de 1040€. https://v1.alamo.com/index.do?action=/hotDealsTemplate&msg=alamo-intlSaveTime
J’ai réservé tous les hôtels assez à l’avance car à certains endroits tout est plein rapidement ( yellowstone, grand canyon, monument valley bryce canyon…)
J'ai aussi réalisé un petit montage vidéo qui regroupe les bons moments https://www.youtube.com/watch?v=kZl6CLTqUKg
16 juin 2013 : La nuit est très courte à cause de l’excitation et de notre vol à 6h00. Nous partons vers l’aéroport à 4H30, l’enregistrement se passe bien et nous décollons en direction d’Amsterdam, nous embarquons ensuite à bord d'un 747 vers San Francisco, le repas est très bon comme en 2010 et nous atterrissons à 11h45.
Le passage de l’immigration et des douanes n’est qu’une formalité, nous récupérons nos bagages et allons chez Alamo pour prendre notre véhicule. Afin de gagner du temps et d’éviter de me faire refiler des options payantes j’avais fais le check in sur le site alamo



Nous avons choisi comme môtel le coventry motor inn qui a un parking gratuit et se trouve sur lombard street. Après avoir jeté nos valises dans la chambre nous reprenons notre véhicule en direction de twin peaks en passant tout d’abord par cette petite maison bleue que ma mère voulait voir.

Quel plaisir de se retrouver dans cette agréable ville. Nous rentrons assez tôt poussés par la fatigue.

Far West 2013: récit, impressions et suggestions English translation pending
Bonjour à tous !
Permettez-moi premièrement une pensée à tous ceux qui sont présentement en voyage aux États-Unis et qui sont aux prises avec le damné «shutdown». Quelle tristesse que de préparer un voyage, de l'anticiper et de se retrouver ainsi le bec à l'eau à conconter des plans B, sinon des plans C et D.
Cela dit, le présent texte relate le voyage que j’ai effectué avec ma copine dans l’Ouest américain du 7 au 28 septembre dernier. En fait, il ne s’agit pas véritablement d’un récit, mais plutôt un amalgame d’impressions, d’opinions, de conseils et de suggestions sur les sites visités, les activités à y pratiquer et la qualité des différents hébergements et restos. J’espère que le tout saura servir à ceux qui envisagent de visiter prochainement ces contrées mythiques.
Quelques infos pratiques pour commencer:
- Voyage en boucle: Arrivée et départ de Salt Lake City
- Les parcs et principaux sites visités (dans l’ordre) :
Grand Teton, Yellowstone, Dinosaur National Monument, Moab (Arches, Dead Horse Point, Canyonlands (Island in the Sky et The Needles), Route 128, Fisher Towers), Goosenecks State Park, Monument Valley, Grand Canyon, Page (Horseshoe Bend et Lake Powell), Zion, Bryce Canyon, Route 12 et CapitolReef
Hébergement en dur, dans les parcs lorsque c’était possible. Le plan initial était de faire du camping pour 6 ou 7 nuits. Nous avons laissé tombé cette idée, qui se serait avérée plus économique, puisque le budget le permettait et parce que nous avons trouvé de la place partout. Pas fâché après coup, considérant la fraîcheur des nuits de septembre dans certains parcs (mentions spéciales à Grand Teton, Yellowstone, Grand Canyon et Bryce)!
Location de voiture via HotWire, prise de possession et retour à l’aéroport de SLC. Les prix proposés par ce site se révèlent, et de loin, les moins élevés (dans mon cas 530$ pour 21 jours). Seul hic : vous ne connaîtrez la compagnie de location avec qui vous ferez affaire qu’une fois la réservation, non-remboursable, complétée. Nous sommes tombés sur Hertz. J’ai été un peu choqué du fait que j’avais réservé un modèle «standard» (Toyota Corolla ou équivalent selon HotWire) et qu’on m’a refilé une Nissan Versa (une «compacte» selon HotWire, mais «Standard» aux dires de Hertz). Parlez-vous les amis! Mais bon, la bagnole était pratiquement neuve (une 2014), alors je n’ai pas fait de chichi… Assez pépère comme voiture (accélération nulle), mais elle nous a trimbalé sur 4500 km sans pépin.
Côté bouffe maintenant. Pour le déjeuner : Fruits, yogourt et tartines préparées dans la chambre d’hôtel, sauf lorsque le petit dèj inclus dans le prix. Dîner : Des sandwichs préparés le matin, crudités, hummus. Souper : Resto, sauf à Moab où nous avions une cuisine complète (le paradis!)
Faire des courses pour le déjeuner / dîner permet de sauver temps et argent et, surtout, de manger plus sainement qu’au resto. Pour le souper, tout dépend si vous disposez d’un semblant de cuisine ou non. En terminant, sachez qu'on ne visite pas l'Ouest américain pour sa gastronomie… Dans les bleds, le fast-food est à l'honneur. Nous sommes toutefois tombé sur de bonnes adresses dont je ferai état plus loin.
JOUR 1 : Salt Lake City / Logan
Arrivés à Salt Lake City à 17h, l’objectif de dormir à Logan était seulement d’entamer un peu la route vers Grand Teton (via la route 89 plutôt que par l’autoroute) et de faire quelques courses en prévision des 3 semaines à venir. Aucun activité particulière donc, si ce n’est qu’il y a Logan un WalMartSupercenter. Bon plan pour faire des provisions et s’équiper à bon prix de trucs utiles pour piqueniquer ou camper (glacière, couverts réutilisables, serviettes, etc.).
Logan, nichée aux pieds des montagnes, n’a aucun attrait particulier. Une «ville-étape» respectable, sans plus.
Dodo au Crystal Inn, réservé via Expedia. Belle grande chambre bien tenue à prix raisonnable (lit king, petit salon, clim), petit dèj très copieux inclus.
JOUR 2 et 3: Grand Teton National Park
Avant-midi de voiture, direction Grand Teton par la route 89. Joli parcours via un canyon à la sortie de Logan, quelques forêts et la campagne de l’Idaho et du Wyoming.
Arrêt à Jackson pour une pause bouffe au Silver Dollar Bar & Grill. Nourriture correcte et bonne carte de bières locales. Ambiance «saloon rencontre bar sportif». La ville est charmante avec son look de Far West d’antan, mais l’ensemble m’est apparu quelque peu artificiel et destiné au tourisme de masse.
Ensuite, direction le parc national de Grand Teton. On ne peut que s’émerveiller devant cette rangée serrée de pitons rocheux déchiquetés qui jaillit littéralement de la plaine environnante. Un détour par la Gros Ventre Road s’impose, pour un cliché de la fameuse grange avec les montagnes en arrière plan et pour observer la faune locale. Nous avons eu droit à un troupeau de bisons et à une harde d’antilopes.
Nous empruntons ensuite la spectaculaire Teton Park Road jusqu’à ColterBay Village où nous avons réservé une «cabin». Confort assez sommaire pour le prix (l’hébergement est relativement cher à Grand Teton), mais le tout est rustique, propre et agréable au final. Oubliez l’insonorisation par contre et espérez ne pas tomber sur un voisin ronfleur…
Côté activités, impossible de s’ennuyer à Grand Teton. Les coups de cœur :
- La randonnée en montagne dans Cascade Canyon (au départ de Jenny Lake, à pieds ou en bateau)
- Le panorama au sommet de Signal Mountain (accessible à pieds ou en voiture)
- Le coucher du soleil à Willow Flats Overlook
- La Teton Park Road au grand complet… spectaculaire
Quelques infos utiles sur Grand Teton :
- Le prix de l’essence peur varier considérablement d’un endroit à l’autre dans le parc, alors gardez l’œil ouvert pour payer moins cher
- Pour les emplettes, les épiceries de Dornan et de ColterBay sont les mieux nanties. Mention spéciale aux délicieux sandwichs préparés sur demande à celle de Dornan
JOUR 4, 5, 6, 7 et 8 : Yellowstone National Park
L’arrivée dans le célèbre parc par l’entrée sud n’a rien de bien spectaculaire, surtout après les époustouflants paysages de Grand Teton. N’ayez crainte, la déception n’est que passagère. Yellowstone se révèle être un monde à part, un endroit unique sur Terre.
Puisque beaucoup de choses ont déjà été écrites et dites sur ce qu’il y a à voir et à faire Yellowstone, je me contenterai d’y aller de quelques conseils, opinions et suggestions qui m’apparaissent utiles.
En ce qui concerne l’hébergement dans le parc :
- Il est vrai qu’il est préférable de réserver tôt, tant la demande est forte. Sachez toutefois que les annulations sont fréquentes, car sans frais jusqu’à 2 jours avant la date prévue d’arrivée. En consultant régulièrement le site internet de Xanterra, vous verrez de nombreuses chambres se libérer comme par magie ! À force de persévérance, j’ai ainsi réussi à réserver des nuitées dans chaque «village» du parc (certaines dans la semaine précédant mon arrivée… j'ai vivre dangereusement)
- Le parc est immense et les distances entre les principaux points d’intérêt sont grandes. Si possible, mieux vaut réserver ses nuitées à différents endroits dans le parc, plutôt que d’opter pour le «camp de base»
L’hébergement testé :
- Lake Lodge & Cabins (1 nuit): Très jolie cabine, mais petite (1 lit double). Pas vraiment de points d’intérêts majeurs dans le secteur du lac, si ce n’est le lac lui-même (splendide miroir multicolore au coucher de soleil). Pour une épicerie digne de ce nom, il faut aller à Fishing Bridge, 2 miles plus loin. Celle du lodge offre un bien pauvre choix de victuailles
- Old Faithful Lodge (2 nuits): Une petite cabine, mais légèrement plus grande que celle de Lake. Par chance nous avons eu droit à l’une des seules (la 114) qui permet d’apercevoir Old Faithful par la fenêtre ! La bouffe de la cafétéria du Lodge est d’une tristesse sans nom. Autres options «resto» au Snow Lodge et au Old Faithful Inn (bonne chance toutefois si pas de réservation). Pour un endroit aussi fréquenté, les 2 épiceries n’offrent pas grand chose à se mettre sous la dent
- Mammoth Hotel & Cabins(1 nuit): La plus belle cabine de toutes, spacieuse (lit king) et relativement moderne. Malheureusement, j’en ai réservé une, sans le savoir, sans salle de bain privée… Ceux qui veulent éviter d’avoir à s’habiller en pleine nuit pour aller se soulager aux toilettes communes ont intérêt à bien vérifier la description de la chambre avant de la réserver ! Souper au fast-food adjacent à l’hôtel. Une prestation encore une fois plus qu’ordinaire…
- Canyon Lodge (1 nuit) : Cabines regroupées en îlots de 4. Correct, de type motel, sauf que l’insonorisation est inexistante. Nous avons mangé à la cafétéria, qui se passe encore une fois de commentaires…
Les activités coup de cœur maintenant :
- Upper Geyser Basin : Un site incontournable qui se résume à beaucoup plus que l’Old Faithful, à sillonner à pieds pour faire la course aux éruptions (les heures d’éruption des geysers «prévisibles» sont disponibles au Visitor Center et dans les lobbys des lodges). Allez marcher le soir, après le coucher du soleil. Vous y serez quasiment seul et l’ambiance est fantomatique !
- Grand PrismaticSpring : Le plus spectaculaire bassin multicolore de Yellowstone se trouve au Midway Geyser Basin. Pour avoir une vue d’ensemble, stationnez-vous au parking du sentier de FairyFalls, situé entre Biscuit Basin et Midway. Empruntez le sentier et après 10 - 15 minutes vous apercevrez un sentier forestier à votre droite. En grimpant la montagne parmi les arbres et les souches, on découvre Grand Prismatic dans toute sa splendeur. Continuez ensuite jusqu’à FairyFalls. Joli sentier facile avec une magnifique chute d’eau à la clé (1h – 1h30 aller-retour).
- Norris Geyser Basin : En particulier le Porcelain Basin, où l'on se croirait littéralement sur une autre planète… Nous n'avons pas eu droit à une éruption (rarissime) du Steam Boat Geyser;
- Mammoth Hot Springs: Pour beaucoup, cet endroit n'est pas des plus spectaculaires. En effet, sauf que l'ensemble du site demeure de toute beauté, avec sa végétation tordue et ses terrasses sculptées par l'eau et le carbonate de calcium;
- Lamar Valley : L'endroit où aller pour faire un «safari» nord-américain. Troupeaux de bisons et de cerfs garantis. Nous avons même pu observer un grizzly étalé de tout son long sur une carcasse de bison. Il la protégeait de la meute de loups tapie dans les bois;
- Grand Canyon de Yellowstone : La démesure. Un canyon profond, vertigineux, multicolore et une chute d'eau parmi les plus belles au monde (Lower Falls, 90 m de haut). Nous avons emprunté la Uncle Tom Trail (un escalier qui descend dans le canyon et à un point de vue sur Lower Falls d'en bas) et ensuite la South Rim Trail jusqu'à Artist Point. La pluie nous a empêché de faire la North Rim Trail, mais nous avons fait les points de vue en voiture en soirée. Bon plan, beaucoup moins de gens!
Jour 9 : Yellowstone / Vernal
Journée sur la route essentiellement, en direction de Moab par la route 191. Rien de bien spectaculaire, une route bien droite qui traverse les bleds et les étendues semi-arides du Wyoming. L’Amérique très «profonde», amusant ! Les paysages deviennent un peu plus spectaculaires du côté de l’Utah, où la route prend de la hauteur. Paysages très jolis du côté de Flaming Gorge.
Arrêt dodo à Vernal donc, une ville pas très jolie. Essentiellement une grosse rue principale bordée de motels / hôtels, de fast-foods et de stations-service. Mais bon, comme il s’agit d’une ville-étape nous ne ferons pas les difficiles !
Hébergement. Comme il s’agissait justement d’une ville-étape, j’ai décidé d’y aller pour pas cher. Le Super 8. La grosse gaffe à 60$. Je sais qu’on ne doit pas s’attendre à la lune d’un Super 8, mais il y a quand même des limites ! La chambre était répugnante… Poussière et crasse sur toutes les surfaces, plancher et tapis crottés, pisse colée sur le plancher et derrière la cuvette des toilettes et j’en passe. À éviter, même mal pris. Payez quelques dollars de plus ailleurs, ce n’est pas les choix qui manquent en ville.
Souper au Café Rico, un des restos coups cœur du voyage (il y en a peu!). De la bonne bouffe mexicaine, à bon prix, préparée devant vous avec des ingrédients frais.
Jour 10 : Vernal / Moab, avec détour au Dinosaur National Monument
Arrêt en matinée au Dinosaur National Monument, situé à deux pas de Vernal. Sympathique exposition sur les dinosaures et nombreux fossiles. Il s’agit également de notre premier aperçu du désert qui nous attend pour les prochaines semaines. Je ne vous dirais pas de faire un détour expressément pour faire cette visite, mais si vous êtes dans le coin, pourquoi pas !
Ensuite, direction Moab, toujours par la 191. Rien qui vaut la peine d'être signalé.
Arrivée à Moab en fin de journée. La ville est fort sympathique et se donne des airs «hippie». Épicerie bio, café équitable, microbrasserie et restos qui offrent des mets qui sortent de l'ordinaire. Tout le monde y trouvera son compte.
Hébergement. Nous avons réservé une maisonnette au Kokopelli Inn Towner (146$ la nuit). Fantastique. Il s'agit d'une petite maison de ville toute équipée: salon, chambre avec lit king et 2 lits double et cuisine complète. Petite terrasse extérieure, spa et BBQ. Le grand luxe quoi! Je conseille vivement.
Voilà donc, la suite bientôt!
Permettez-moi premièrement une pensée à tous ceux qui sont présentement en voyage aux États-Unis et qui sont aux prises avec le damné «shutdown». Quelle tristesse que de préparer un voyage, de l'anticiper et de se retrouver ainsi le bec à l'eau à conconter des plans B, sinon des plans C et D.
Cela dit, le présent texte relate le voyage que j’ai effectué avec ma copine dans l’Ouest américain du 7 au 28 septembre dernier. En fait, il ne s’agit pas véritablement d’un récit, mais plutôt un amalgame d’impressions, d’opinions, de conseils et de suggestions sur les sites visités, les activités à y pratiquer et la qualité des différents hébergements et restos. J’espère que le tout saura servir à ceux qui envisagent de visiter prochainement ces contrées mythiques.
Quelques infos pratiques pour commencer:
- Voyage en boucle: Arrivée et départ de Salt Lake City
- Les parcs et principaux sites visités (dans l’ordre) :
Grand Teton, Yellowstone, Dinosaur National Monument, Moab (Arches, Dead Horse Point, Canyonlands (Island in the Sky et The Needles), Route 128, Fisher Towers), Goosenecks State Park, Monument Valley, Grand Canyon, Page (Horseshoe Bend et Lake Powell), Zion, Bryce Canyon, Route 12 et CapitolReef
Hébergement en dur, dans les parcs lorsque c’était possible. Le plan initial était de faire du camping pour 6 ou 7 nuits. Nous avons laissé tombé cette idée, qui se serait avérée plus économique, puisque le budget le permettait et parce que nous avons trouvé de la place partout. Pas fâché après coup, considérant la fraîcheur des nuits de septembre dans certains parcs (mentions spéciales à Grand Teton, Yellowstone, Grand Canyon et Bryce)!
Location de voiture via HotWire, prise de possession et retour à l’aéroport de SLC. Les prix proposés par ce site se révèlent, et de loin, les moins élevés (dans mon cas 530$ pour 21 jours). Seul hic : vous ne connaîtrez la compagnie de location avec qui vous ferez affaire qu’une fois la réservation, non-remboursable, complétée. Nous sommes tombés sur Hertz. J’ai été un peu choqué du fait que j’avais réservé un modèle «standard» (Toyota Corolla ou équivalent selon HotWire) et qu’on m’a refilé une Nissan Versa (une «compacte» selon HotWire, mais «Standard» aux dires de Hertz). Parlez-vous les amis! Mais bon, la bagnole était pratiquement neuve (une 2014), alors je n’ai pas fait de chichi… Assez pépère comme voiture (accélération nulle), mais elle nous a trimbalé sur 4500 km sans pépin.
Côté bouffe maintenant. Pour le déjeuner : Fruits, yogourt et tartines préparées dans la chambre d’hôtel, sauf lorsque le petit dèj inclus dans le prix. Dîner : Des sandwichs préparés le matin, crudités, hummus. Souper : Resto, sauf à Moab où nous avions une cuisine complète (le paradis!)
Faire des courses pour le déjeuner / dîner permet de sauver temps et argent et, surtout, de manger plus sainement qu’au resto. Pour le souper, tout dépend si vous disposez d’un semblant de cuisine ou non. En terminant, sachez qu'on ne visite pas l'Ouest américain pour sa gastronomie… Dans les bleds, le fast-food est à l'honneur. Nous sommes toutefois tombé sur de bonnes adresses dont je ferai état plus loin.
JOUR 1 : Salt Lake City / Logan
Arrivés à Salt Lake City à 17h, l’objectif de dormir à Logan était seulement d’entamer un peu la route vers Grand Teton (via la route 89 plutôt que par l’autoroute) et de faire quelques courses en prévision des 3 semaines à venir. Aucun activité particulière donc, si ce n’est qu’il y a Logan un WalMartSupercenter. Bon plan pour faire des provisions et s’équiper à bon prix de trucs utiles pour piqueniquer ou camper (glacière, couverts réutilisables, serviettes, etc.).
Logan, nichée aux pieds des montagnes, n’a aucun attrait particulier. Une «ville-étape» respectable, sans plus.
Dodo au Crystal Inn, réservé via Expedia. Belle grande chambre bien tenue à prix raisonnable (lit king, petit salon, clim), petit dèj très copieux inclus.
JOUR 2 et 3: Grand Teton National Park
Avant-midi de voiture, direction Grand Teton par la route 89. Joli parcours via un canyon à la sortie de Logan, quelques forêts et la campagne de l’Idaho et du Wyoming.
Arrêt à Jackson pour une pause bouffe au Silver Dollar Bar & Grill. Nourriture correcte et bonne carte de bières locales. Ambiance «saloon rencontre bar sportif». La ville est charmante avec son look de Far West d’antan, mais l’ensemble m’est apparu quelque peu artificiel et destiné au tourisme de masse.
Ensuite, direction le parc national de Grand Teton. On ne peut que s’émerveiller devant cette rangée serrée de pitons rocheux déchiquetés qui jaillit littéralement de la plaine environnante. Un détour par la Gros Ventre Road s’impose, pour un cliché de la fameuse grange avec les montagnes en arrière plan et pour observer la faune locale. Nous avons eu droit à un troupeau de bisons et à une harde d’antilopes.
Nous empruntons ensuite la spectaculaire Teton Park Road jusqu’à ColterBay Village où nous avons réservé une «cabin». Confort assez sommaire pour le prix (l’hébergement est relativement cher à Grand Teton), mais le tout est rustique, propre et agréable au final. Oubliez l’insonorisation par contre et espérez ne pas tomber sur un voisin ronfleur…
Côté activités, impossible de s’ennuyer à Grand Teton. Les coups de cœur :
- La randonnée en montagne dans Cascade Canyon (au départ de Jenny Lake, à pieds ou en bateau)
- Le panorama au sommet de Signal Mountain (accessible à pieds ou en voiture)
- Le coucher du soleil à Willow Flats Overlook
- La Teton Park Road au grand complet… spectaculaire
Quelques infos utiles sur Grand Teton :
- Le prix de l’essence peur varier considérablement d’un endroit à l’autre dans le parc, alors gardez l’œil ouvert pour payer moins cher
- Pour les emplettes, les épiceries de Dornan et de ColterBay sont les mieux nanties. Mention spéciale aux délicieux sandwichs préparés sur demande à celle de Dornan
JOUR 4, 5, 6, 7 et 8 : Yellowstone National Park
L’arrivée dans le célèbre parc par l’entrée sud n’a rien de bien spectaculaire, surtout après les époustouflants paysages de Grand Teton. N’ayez crainte, la déception n’est que passagère. Yellowstone se révèle être un monde à part, un endroit unique sur Terre.
Puisque beaucoup de choses ont déjà été écrites et dites sur ce qu’il y a à voir et à faire Yellowstone, je me contenterai d’y aller de quelques conseils, opinions et suggestions qui m’apparaissent utiles.
En ce qui concerne l’hébergement dans le parc :
- Il est vrai qu’il est préférable de réserver tôt, tant la demande est forte. Sachez toutefois que les annulations sont fréquentes, car sans frais jusqu’à 2 jours avant la date prévue d’arrivée. En consultant régulièrement le site internet de Xanterra, vous verrez de nombreuses chambres se libérer comme par magie ! À force de persévérance, j’ai ainsi réussi à réserver des nuitées dans chaque «village» du parc (certaines dans la semaine précédant mon arrivée… j'ai vivre dangereusement)
- Le parc est immense et les distances entre les principaux points d’intérêt sont grandes. Si possible, mieux vaut réserver ses nuitées à différents endroits dans le parc, plutôt que d’opter pour le «camp de base»
L’hébergement testé :
- Lake Lodge & Cabins (1 nuit): Très jolie cabine, mais petite (1 lit double). Pas vraiment de points d’intérêts majeurs dans le secteur du lac, si ce n’est le lac lui-même (splendide miroir multicolore au coucher de soleil). Pour une épicerie digne de ce nom, il faut aller à Fishing Bridge, 2 miles plus loin. Celle du lodge offre un bien pauvre choix de victuailles
- Old Faithful Lodge (2 nuits): Une petite cabine, mais légèrement plus grande que celle de Lake. Par chance nous avons eu droit à l’une des seules (la 114) qui permet d’apercevoir Old Faithful par la fenêtre ! La bouffe de la cafétéria du Lodge est d’une tristesse sans nom. Autres options «resto» au Snow Lodge et au Old Faithful Inn (bonne chance toutefois si pas de réservation). Pour un endroit aussi fréquenté, les 2 épiceries n’offrent pas grand chose à se mettre sous la dent
- Mammoth Hotel & Cabins(1 nuit): La plus belle cabine de toutes, spacieuse (lit king) et relativement moderne. Malheureusement, j’en ai réservé une, sans le savoir, sans salle de bain privée… Ceux qui veulent éviter d’avoir à s’habiller en pleine nuit pour aller se soulager aux toilettes communes ont intérêt à bien vérifier la description de la chambre avant de la réserver ! Souper au fast-food adjacent à l’hôtel. Une prestation encore une fois plus qu’ordinaire…
- Canyon Lodge (1 nuit) : Cabines regroupées en îlots de 4. Correct, de type motel, sauf que l’insonorisation est inexistante. Nous avons mangé à la cafétéria, qui se passe encore une fois de commentaires…
Les activités coup de cœur maintenant :
- Upper Geyser Basin : Un site incontournable qui se résume à beaucoup plus que l’Old Faithful, à sillonner à pieds pour faire la course aux éruptions (les heures d’éruption des geysers «prévisibles» sont disponibles au Visitor Center et dans les lobbys des lodges). Allez marcher le soir, après le coucher du soleil. Vous y serez quasiment seul et l’ambiance est fantomatique !
- Grand PrismaticSpring : Le plus spectaculaire bassin multicolore de Yellowstone se trouve au Midway Geyser Basin. Pour avoir une vue d’ensemble, stationnez-vous au parking du sentier de FairyFalls, situé entre Biscuit Basin et Midway. Empruntez le sentier et après 10 - 15 minutes vous apercevrez un sentier forestier à votre droite. En grimpant la montagne parmi les arbres et les souches, on découvre Grand Prismatic dans toute sa splendeur. Continuez ensuite jusqu’à FairyFalls. Joli sentier facile avec une magnifique chute d’eau à la clé (1h – 1h30 aller-retour).
- Norris Geyser Basin : En particulier le Porcelain Basin, où l'on se croirait littéralement sur une autre planète… Nous n'avons pas eu droit à une éruption (rarissime) du Steam Boat Geyser;
- Mammoth Hot Springs: Pour beaucoup, cet endroit n'est pas des plus spectaculaires. En effet, sauf que l'ensemble du site demeure de toute beauté, avec sa végétation tordue et ses terrasses sculptées par l'eau et le carbonate de calcium;
- Lamar Valley : L'endroit où aller pour faire un «safari» nord-américain. Troupeaux de bisons et de cerfs garantis. Nous avons même pu observer un grizzly étalé de tout son long sur une carcasse de bison. Il la protégeait de la meute de loups tapie dans les bois;
- Grand Canyon de Yellowstone : La démesure. Un canyon profond, vertigineux, multicolore et une chute d'eau parmi les plus belles au monde (Lower Falls, 90 m de haut). Nous avons emprunté la Uncle Tom Trail (un escalier qui descend dans le canyon et à un point de vue sur Lower Falls d'en bas) et ensuite la South Rim Trail jusqu'à Artist Point. La pluie nous a empêché de faire la North Rim Trail, mais nous avons fait les points de vue en voiture en soirée. Bon plan, beaucoup moins de gens!
Jour 9 : Yellowstone / Vernal
Journée sur la route essentiellement, en direction de Moab par la route 191. Rien de bien spectaculaire, une route bien droite qui traverse les bleds et les étendues semi-arides du Wyoming. L’Amérique très «profonde», amusant ! Les paysages deviennent un peu plus spectaculaires du côté de l’Utah, où la route prend de la hauteur. Paysages très jolis du côté de Flaming Gorge.
Arrêt dodo à Vernal donc, une ville pas très jolie. Essentiellement une grosse rue principale bordée de motels / hôtels, de fast-foods et de stations-service. Mais bon, comme il s’agit d’une ville-étape nous ne ferons pas les difficiles !
Hébergement. Comme il s’agissait justement d’une ville-étape, j’ai décidé d’y aller pour pas cher. Le Super 8. La grosse gaffe à 60$. Je sais qu’on ne doit pas s’attendre à la lune d’un Super 8, mais il y a quand même des limites ! La chambre était répugnante… Poussière et crasse sur toutes les surfaces, plancher et tapis crottés, pisse colée sur le plancher et derrière la cuvette des toilettes et j’en passe. À éviter, même mal pris. Payez quelques dollars de plus ailleurs, ce n’est pas les choix qui manquent en ville.
Souper au Café Rico, un des restos coups cœur du voyage (il y en a peu!). De la bonne bouffe mexicaine, à bon prix, préparée devant vous avec des ingrédients frais.
Jour 10 : Vernal / Moab, avec détour au Dinosaur National Monument
Arrêt en matinée au Dinosaur National Monument, situé à deux pas de Vernal. Sympathique exposition sur les dinosaures et nombreux fossiles. Il s’agit également de notre premier aperçu du désert qui nous attend pour les prochaines semaines. Je ne vous dirais pas de faire un détour expressément pour faire cette visite, mais si vous êtes dans le coin, pourquoi pas !
Ensuite, direction Moab, toujours par la 191. Rien qui vaut la peine d'être signalé.
Arrivée à Moab en fin de journée. La ville est fort sympathique et se donne des airs «hippie». Épicerie bio, café équitable, microbrasserie et restos qui offrent des mets qui sortent de l'ordinaire. Tout le monde y trouvera son compte.
Hébergement. Nous avons réservé une maisonnette au Kokopelli Inn Towner (146$ la nuit). Fantastique. Il s'agit d'une petite maison de ville toute équipée: salon, chambre avec lit king et 2 lits double et cuisine complète. Petite terrasse extérieure, spa et BBQ. Le grand luxe quoi! Je conseille vivement.
Voilà donc, la suite bientôt!
De Montréal à San Diego en passant par les grands parcs English translation pending
Bon voilà, je me lance. Voici le récit du voyage d’un couple de Québécois. 29 jours, 16 500 km et 15 états. Et non, nous ne sommes pas fous, quoique téméraires. Il s’agit de notre itinéraire le plus long à venir jusqu’ici, mais au niveau kilométrage par jour, il ressemblait à nos derniers voyages (Mtl-Vancouver, Mtl-Terre-Neuve)
Je sais que je vais peut-être en choquer plusieurs, puisque je n’ai pas respecté plusieurs règles qui semblent élémentaires pour plusieurs (seulement 2 jours à Yellowstone et à Moab, une nuit à LV, aucun arrêt à Valley of fire…) De plus, vous remarquerez que certains endroits ont été choisis comme point d’arrêt (Niagara, Salt Lake, Cody…) , alors nous n’avons pas pu tout visiter et nous en étions conscients. Ceci dit, nous ne regrettons absolument rien, nous avons ADORÉ et nous nous considérons chanceux d’avoir vu une aussi belle diversité. De plus, notre trajet peut vous sembler non-optimal (et il l’est) mais il répond à mon désir de couper les canyons en deux parties.
Autre point, nous ne nous passionnons pas pour les Western et les films hollywoodiens. Alors, vous comprendrez peut-être mieux certains de nos choix.
Nous avons choisi de prendre notre voiture pour plusieurs raisons, beaucoup moins dispendieux qu’une location, nous sommes habitués à sa conduite et nous avons pu transporter notre matériel de camping. Par contre, cela ne nous permettait pas de faire de vol intérieur et nous avons dû nous taper des coins absolument inintéressants et passer des journées entières dans la voiture.
Voilà, je n’écris pas pour créer une polémique, mais bien parce que je crois que mes impressions pourront aider des personnes, entre autres des Québécois désireux de faire le même trajet que nous. En plus ou moins de temps!
Jour 1 : Joliette-Niagara Falls
Départ un peu trop tard de Joliette, mais nous avons pu ainsi éviter le trafic. Nous avons choisi de passer par les États-Unis puisque la 401 le vendredi PM, n’est pas vraiment recommandée point de vue trafic. Ce fut un bon choix, car la route a été facile et agréable. Donc, nous sommes arrivés vers 16hrs à Niagara côté américain pour se rendre très vite compte que c’est de l’autre côté que ça se passe. Alors, on retourne au Canada, juste à temps pour voir l’arc-en-ciel des chutes avant que le ciel se couvre.


Nous avons mangé le lunch préparé dans la voiture, car il pleuvait. Par la suite, il eut une petite accalmie qui nous a donné tout un spectacle! J’ai même pu photographier mon premier éclair. On a choisi de passer outre la rue principale (on n’avait pas vraiment d’intérêt) pour prendre des photos. Vers 21hrs, un orage extrêmement violent a éclaté. Pour les Canadiens, nous sommes le 19 juillet, le soir il y eut plusieurs pannes d’électricité au Qc et en Ontario. La visibilité sur la route n’était quasi nulle et nous sommes arrivés à l’hôtel à Hamilton vers 23hrs brûlés.

Nous étions au Sheraton. Très bel hôtel qui ne semble à priori pas dispendieux, mais on doit rajouter les frais de stationnement (très rare au Canada)??? et le coût du déjeuner absolument infect.
Jour 2 : Hamilton-Chicago Une autre grosse journée de route. On repasse les douanes vers Detroit. Nous nous sommes arrêtés dans le quartier des affaires (pour faire quelques achats) et nous avons trouvé la ville charmante, malgré le fait qu’elle soit en faillite. Nous n’avons pas vu les quartiers plus pauvres. Direction lac Michigan, St-Joseph Pier. Nous avons été surpris de voir à quel point, il y avait une différence entre les riches et les pauvres. La ville semblait extrêmement pauvre et pourtant, sur le bord de l’eau, on pouvait trouver des immenses maisons!

On repart direction Chicago, pour enter dans un trafic monstre. Les Cubs jouaient ce soir-là et plusieurs rues étaient barrées parce que c’était le marathon le lendemain. Notre courte soirée nous a donnés le goût de revenir passer quelques jours à Chicago, après tout c’est seulement 16hrs de voiture!


Nous avions loué une chambre au Residence Inn Chicago Lombard. WOW!!! Nous avons une suite avec une cuisinette très bien équipée. La chambre est propre et le personnel très aimable. http://www.booking.com/...b2847deba7417;dcid=2
Jour 3 : Chicago-Chamberlain Journée de route exclusivement très anticipée. 1 100 km. Aucun pépin, nous en sommes même surpris. Arrivée à l’hôtel vers 19h30 (AmericInn® Lodge & Suites Chamberlain), souper dans la chambre puisqu’il est possédait un micro-onde.
Jour 4 : Chamberlain-Buffalo
Un moment que j’attendais avec impatience les Badlands! Nous avions visité les Badlands d’Alberta (Dinosaure park à Brook) et je m’étais fait dire qu’elles n’étaient en rien comparables à celles-ci. Pourtant, j’avais été très impressionnée. J’ai adoré les paysages, mais je n’ai pas retrouvé l’immensité et l’infini du belvédère de l’Alberta. Nous avons passé quelques heures à faire la route touristique et nous avons marché jusqu’à la Saddle Pass.



On quitte vers midi, pour se rendre au Mont Rushmore. Sérieusement, c’est ce que j’enlèverais du voyage. Pour notre part, c’est sans intérêt. Mais tant qu’à y être. Je suis extrêmement surpris qu’il y ait même des villes construites exclusivement pour les touristes. C’est fou!
Nous sommes repartis assez vite en jetant un coup d’œil à Indian Head vers Buffalo. La route était magnifique! Par malchance, mon conjoint a loupé une indication de vitesse et nous nous sommes faits arrêtés! Mais le gentil policier, qui a dû trouver que donner une contravention à des Canadiens étaient beaucoup trop compliqué, nous a laissés une chance! Ouf!!!
Souper à l’hôtel dans la chambre au Hampton Inn & Suites Buffalo. Belle grande chambre, propre. Magnifique emplacement et piscine très accueillante.
http://fr.hotels.com/...-buffalo-etats-unis/
Jour 1 : Joliette-Niagara Falls
Départ un peu trop tard de Joliette, mais nous avons pu ainsi éviter le trafic. Nous avons choisi de passer par les États-Unis puisque la 401 le vendredi PM, n’est pas vraiment recommandée point de vue trafic. Ce fut un bon choix, car la route a été facile et agréable. Donc, nous sommes arrivés vers 16hrs à Niagara côté américain pour se rendre très vite compte que c’est de l’autre côté que ça se passe. Alors, on retourne au Canada, juste à temps pour voir l’arc-en-ciel des chutes avant que le ciel se couvre.


Nous avons mangé le lunch préparé dans la voiture, car il pleuvait. Par la suite, il eut une petite accalmie qui nous a donné tout un spectacle! J’ai même pu photographier mon premier éclair. On a choisi de passer outre la rue principale (on n’avait pas vraiment d’intérêt) pour prendre des photos. Vers 21hrs, un orage extrêmement violent a éclaté. Pour les Canadiens, nous sommes le 19 juillet, le soir il y eut plusieurs pannes d’électricité au Qc et en Ontario. La visibilité sur la route n’était quasi nulle et nous sommes arrivés à l’hôtel à Hamilton vers 23hrs brûlés.


Nous étions au Sheraton. Très bel hôtel qui ne semble à priori pas dispendieux, mais on doit rajouter les frais de stationnement (très rare au Canada)??? et le coût du déjeuner absolument infect.
Jour 2 : Hamilton-Chicago Une autre grosse journée de route. On repasse les douanes vers Detroit. Nous nous sommes arrêtés dans le quartier des affaires (pour faire quelques achats) et nous avons trouvé la ville charmante, malgré le fait qu’elle soit en faillite. Nous n’avons pas vu les quartiers plus pauvres. Direction lac Michigan, St-Joseph Pier. Nous avons été surpris de voir à quel point, il y avait une différence entre les riches et les pauvres. La ville semblait extrêmement pauvre et pourtant, sur le bord de l’eau, on pouvait trouver des immenses maisons!

On repart direction Chicago, pour enter dans un trafic monstre. Les Cubs jouaient ce soir-là et plusieurs rues étaient barrées parce que c’était le marathon le lendemain. Notre courte soirée nous a donnés le goût de revenir passer quelques jours à Chicago, après tout c’est seulement 16hrs de voiture!



Nous avions loué une chambre au Residence Inn Chicago Lombard. WOW!!! Nous avons une suite avec une cuisinette très bien équipée. La chambre est propre et le personnel très aimable. http://www.booking.com/...b2847deba7417;dcid=2
Jour 3 : Chicago-Chamberlain Journée de route exclusivement très anticipée. 1 100 km. Aucun pépin, nous en sommes même surpris. Arrivée à l’hôtel vers 19h30 (AmericInn® Lodge & Suites Chamberlain), souper dans la chambre puisqu’il est possédait un micro-onde.

Jour 4 : Chamberlain-Buffalo
Un moment que j’attendais avec impatience les Badlands! Nous avions visité les Badlands d’Alberta (Dinosaure park à Brook) et je m’étais fait dire qu’elles n’étaient en rien comparables à celles-ci. Pourtant, j’avais été très impressionnée. J’ai adoré les paysages, mais je n’ai pas retrouvé l’immensité et l’infini du belvédère de l’Alberta. Nous avons passé quelques heures à faire la route touristique et nous avons marché jusqu’à la Saddle Pass.



On quitte vers midi, pour se rendre au Mont Rushmore. Sérieusement, c’est ce que j’enlèverais du voyage. Pour notre part, c’est sans intérêt. Mais tant qu’à y être. Je suis extrêmement surpris qu’il y ait même des villes construites exclusivement pour les touristes. C’est fou!
Nous sommes repartis assez vite en jetant un coup d’œil à Indian Head vers Buffalo. La route était magnifique! Par malchance, mon conjoint a loupé une indication de vitesse et nous nous sommes faits arrêtés! Mais le gentil policier, qui a dû trouver que donner une contravention à des Canadiens étaient beaucoup trop compliqué, nous a laissés une chance! Ouf!!!
Souper à l’hôtel dans la chambre au Hampton Inn & Suites Buffalo. Belle grande chambre, propre. Magnifique emplacement et piscine très accueillante.
http://fr.hotels.com/...-buffalo-etats-unis/La ViaRhôna à vélo English translation pending
Bonjour,
Connaissez vous viaRhôna
Ayant l'intention de le faire cet été je cherche des infos
Merci
Discussions pour le Concours photo "Intérieurs" d'octobre 2013 English translation pending
Pour discussions et commentaires supplémentaires, répondez directement à ce message.
Cordialement,
Cordialement,
Concours photo octobre 2013: "Intérieurs" English translation pending
Amis voyageurs-photographes, bonjour, c'est le lancement du Concours photo d'octobre 2013!
Après avoir regardé la liste des thèmes des concours précédents (voir ce lien: http://herikles.free.fr/.VF/VFconcours.html merci Herikles!),
je me suis demandé quels étaient en ce moment mes défis, mes satisfactions, mes plaisirs en tant que voyageur-photographe, ou amateur de photos de voyage... Ce qui correspond le mieux:
"Intérieurs"
tant dans le sens concret d'un lieu, que dans celui plus abstrait d'intimité.
Chambres, ruines, palais, cuisines, cases, tentes, je pense d'abord à des domiciles, mais on peut inclure d'autres intérieurs évocateurs, théâtres fantômes, bureaux administratifs interdits, salles communes inusitées. Je suggère des témoignages visuels de vos rencontres, découvertes, lieux inédits, au-delà du spectacle de la rue. Évidemment halls et chambres d'hôtels, musées, lieux d'expositions publiques et autres endroits infiniment faciles d'accès ne devraient pas figurer à notre concours, en principe. Allons vers l'intime, le caché, voire le secret!
Le règlement du Concours est identique aux précédents :
- 3 photos (maximum) par participant, postées chacune dans un message différent. - N’oubliez pas de numéroter vos photos. - Même si les images doivent parler d’elles même, une légende (localisation, contexte, courte présentation …) est toujours appréciable. - On imagine et on souhaite que vous soyez bien l’auteur des photos présentées.
Dépôt des photos jusqu’au jeudi 24 octobre 2013, 16h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (directement en réponse à ce message)
Début des votes à partir du vendredi 25 jusqu’au mercredi 30 octobre, 18h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (toujours directement en réponse au présent message).
Pour le vote, pensez à bien indiquer :
- Le Pseudo et le numéro de la photo … et votre classement ! - 1ère photo = 3 points, 2ème = 2 pts, 3ème = 1 pt - Tous les membres de VF peuvent voter (même ceux qui n’ont pas déposé de photos). - En cas d’égalité de points pour deux photos, la photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus grand nombre de 1ère places sur le podium ! - Le talentueux gagnant aura le privilège d’organiser le prochain concours photo VF de novembre 2013.
Pour les échanges, les discussions ou les polémiques … utilisez cet espace en suivant ce lien : http://voyageforum.com/v.f?post=6197851;live=1;
Diaporama des photos : (Grand merci à Herikles pour sa contribution et son aide précieuse pour la réalisation du diaporama!): https://picasaweb.google.com/...Gv1sRgCJuukqSqxu...
Au plaisir!
Après avoir regardé la liste des thèmes des concours précédents (voir ce lien: http://herikles.free.fr/.VF/VFconcours.html merci Herikles!),
je me suis demandé quels étaient en ce moment mes défis, mes satisfactions, mes plaisirs en tant que voyageur-photographe, ou amateur de photos de voyage... Ce qui correspond le mieux:
"Intérieurs"
tant dans le sens concret d'un lieu, que dans celui plus abstrait d'intimité.
Chambres, ruines, palais, cuisines, cases, tentes, je pense d'abord à des domiciles, mais on peut inclure d'autres intérieurs évocateurs, théâtres fantômes, bureaux administratifs interdits, salles communes inusitées. Je suggère des témoignages visuels de vos rencontres, découvertes, lieux inédits, au-delà du spectacle de la rue. Évidemment halls et chambres d'hôtels, musées, lieux d'expositions publiques et autres endroits infiniment faciles d'accès ne devraient pas figurer à notre concours, en principe. Allons vers l'intime, le caché, voire le secret!
Le règlement du Concours est identique aux précédents :
- 3 photos (maximum) par participant, postées chacune dans un message différent. - N’oubliez pas de numéroter vos photos. - Même si les images doivent parler d’elles même, une légende (localisation, contexte, courte présentation …) est toujours appréciable. - On imagine et on souhaite que vous soyez bien l’auteur des photos présentées.
Dépôt des photos jusqu’au jeudi 24 octobre 2013, 16h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (directement en réponse à ce message)
Début des votes à partir du vendredi 25 jusqu’au mercredi 30 octobre, 18h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (toujours directement en réponse au présent message).
Pour le vote, pensez à bien indiquer :
- Le Pseudo et le numéro de la photo … et votre classement ! - 1ère photo = 3 points, 2ème = 2 pts, 3ème = 1 pt - Tous les membres de VF peuvent voter (même ceux qui n’ont pas déposé de photos). - En cas d’égalité de points pour deux photos, la photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus grand nombre de 1ère places sur le podium ! - Le talentueux gagnant aura le privilège d’organiser le prochain concours photo VF de novembre 2013.
Pour les échanges, les discussions ou les polémiques … utilisez cet espace en suivant ce lien : http://voyageforum.com/v.f?post=6197851;live=1;
Diaporama des photos : (Grand merci à Herikles pour sa contribution et son aide précieuse pour la réalisation du diaporama!): https://picasaweb.google.com/...Gv1sRgCJuukqSqxu...
Au plaisir!
Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) English translation pending
Je souhaiterais partager avec vous un bref compte rendu de mon expérience lors de mon voyage au Tibet en novembre de 2011. Pourquoi si tard? Je ne suis pas adepte de comptes rendus de voyage, mais il me semble nécessaire de prendre du temps de faire profiter à d'autres voyageurs de mon expérience, mes conseils, mes recommandations, du fait des nombreuses interrogations suscitées par la complexité de voyager au "Pays des Neiges." J'ai eu moi même beaucoup de mal à trouver une agence fiable, bon marché, basée au Tibet et administrée 100% par des tibétains. Je n'ai d'ailleurs pas trouvé d'information très fiable sur le forum pour construire mon voyage, il me semble donc juste de pouvoir faire profiter même très tardivement au forumistes qui souhaitent découvrir cette merveilleuse région du globe.
Le plateau tibétain, situation géographique et géopolitiques
Le plateau tibétain est un immense plateau qui s'étend entre les Monts Kunlun, au Nord, le Karakoram, à l'Ouest, et l'Himalaya au Sud. L'est du Tibet est constitué de nombreuses chaînes chaotiques entre lesquelles s’engouffrent les plus grand fleuves d'Asie de l'Est et du Sud-Est: Mékong, Yang Tse Kiang, Salouen, Irrawady. Il est s'est formé par la collision de la plaque Indienne et de la plaque eurasienne. Son altitude varie considérablement selon la région: les vallées du Tsang sont situées à moins de 4000 mètres d'altitude, alors que les grandes étendues de l'Est et du Nord (Ngari, Chang Tang) s'élèvent à plus de 4500 mètres. Le plateau Aksai Chin aujourd'hui sous dominion chinois atteint même des altitudes de plus de 5500 mètres. La zone du canyon de la Sutlej ou Zanda - Tsamda, dans lequel s'est développé le mythique royaume de Gugé, est pour sa part située un peu plus bas que les hauts plateaux au pied du Kailash (3700 mètres), tout comme les grands espaces de l'Amdo, connus pour ses grandes plaines verdoyantes l'été (3000 mètres).

Le Tibet est littéralement le château d'eau de l'Asie, nécessaire à la survie de plus de 2 milliards d'êtres humains. Outre les fleuves cités plus haut, qui s'écoulent tous vers le Sud de la Chine et l'Asie du Sud-Est, l'Indus, la Sutlej et le Bhramapoutre prennent tous leurs sources dans les plaines situées au Nord de la chaîne de l'Himalaya, traversent parfois des centaines de kilomètres le long des failles géologiques, avant de franchir les plus hautes chaînes montagneuses du monde à travers des gorges vertigineuses avant de rejoindre les grandes plaines du sous continent indien.

L'immensité du haut plateau fait que le Tibet comprend des paysages et des climats très diversifiés. Les plateaux de l'Amdo connaissent une saison de pluies abondantes l'été et des précipitations fréquentes hors de la saison, transformant ces hautes plaines en de grands pâturages où paissent de grands troupeaux de yaks notamment autour de Labrang, et s'étendant en partie sur le Gansu, le Nord du Sichuan et la partie Nord-Est de l'immense Qinghai. La région Ü-Tsang est constituée de massifs et de chaînes arrondies et entrecoupées par de vastes vallées arrosées durant l'été, la mousson traversant l'Himalaya jusqu'au début de l'automne (octobre, même si les "queues" de mousson se produisent maintenant parfois encore plus tard dans la saison). L'automne est une superbe saison pour la lumière, les températures n'ayant pas encore chuté, et le ciel souvent bien bleu pour le plus grand plaisir des photographes. Au contraire, l'été est très pluvieux, et connaît souvent de grandes crues dans la vallée du Yarlung Tsangpo connu comme le Bhramapoutre lorsqu'il arrive dans l'état indien de l'Assam après avoir franchi l'Himalaya au pied de la Namcha Barwa. Du fait de sa latitude très méridionale, Lhasa est une ville aux températures plutôt chaudes l'été, ayant même des températures plus clémentes que la glaciale Pékin en hiver, bien loin des clichés. En revanche, les grandes étendues du Ngari, du Chang Tang et la région des lacs est une terre inhospitalière qui connaît des températures glaciales durant une grande partie de l'année. Le Chang Tang et le Nord-Ouest du Qinghai sont traversés par un grand plateau désertique enneigé une grande partie de l'année et abritant de grandes populations d'antilopes et de gazelles tibétaines, et même les derniers yaks sauvages. Il n'est pas rare d'observer des loups tibétains lors du voyage en train entre Xining et Naqchu, suivant la grand migration des antilopes vers la réserve de Kekexili. La cuvette de Gugé est un monde minéral bien particulier qui connaît également la moisson en été et des températures plus chaudes l'automne et l'hiver. Le pays Podpa est très arrosé l'été et connaît même un climat subtropicale, abritant de grandes forêts malheureusement surexploitées par les chinois, juste au Nord de la Grande Boucle du Yarlung Tsangpo, au fond de la plus haute gorge au monde. Enfin, le Kham qui est entièrement situé dans la région administrative du Sichuan, est la partie la plus pluvieuse du Tibet, entrecoupée de larges vallées partiellement boisé par de belles forêts de conifères, et des forêts subtropicales de bambous dans les piémonts à son extrême Est.
Il faut d'ailleurs bien distinguer l'entité culturelle et géographique du Tibet de la Province administrative du Tibet ou TAR (acronyme pour Tibet Autonomous Region), cœur de la civilisation tibétaine dans laquelle se trouvent les grandes villes Lhasa, Gyantse ou encore Shigatse en rapide processus de sinisation. Siège de grandes transformations culturelles, c'est aussi une zone de grandes ressources minières dont l'exploitation devrait s’accélérer avec le développement de la voie ferrée. Elle est le lieu de grands changement démographiques et culturels, avec la colonisation des peuples Han ou sinisation, et oubli de la culture monastique et plus globalement tibétaine sous l'effet de programmes de sinisation massifs orchestrés par le Gouvernement central de Pékin. Autour, les parties tibétaines des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Gansu ont pour le moment réussi à préserver leur culture et traditions millénaires, c'est à mon sens le but de tout voyageur désirant découvrir le vrai Tibet aux traditions souvent encore intactes, Lhasa étant la destination de voyageurs souhaitant plutôt connaître le patrimoine et la richesse exceptionnelle du Tibet historique qui ont fleuri durant la main-mise des ordres Sakyapas puis surtout Gelugpa.

Je souhaiterais d'ailleurs rappeler à tous voyageurs que si les zones tibétaines du Sichuan, Qinghai et Gansu souffrent parfois de fermetures au tourisme sans préavis de l’administration chinoise, ce sont pas des zones à l'accès limité au contraire de la province administrative du Tibet ou TAR, où sévissent les contraintes sous forme de permis contraignants. Il est donc tout à fait possible de visiter les vastes régions tibétaines du Kham et de l'Amdo depuis Kunming, Chengdu ou encore Lanzhou ou Xining, sans devoir incorporer un groupe de même nationalité et autres formalités décourageantes pour le touriste désireux de se rendre au Tibet.
Voici quelques photos des différentes régions culturelles du Tibet:
L'Amdo (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)




Je vous invite à découvrir également l'album de mon ami David Ducoin, guide conférencier spécialiste du Tibet et de l'Himalaya, qui accompagne de nombreux voyages chez l'agence de trekking Allibert: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157622933215210/ David cherche chaque année à construire de nouveaux itinéraires innovants, dans des régions en dehors des sentiers battus.
Le Kham (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)



Les albums de David son éloquents, le Kham est une région authentique, aux traditions bien vivantes, au contraire du Tibet Central ou Ü-Tsang en fort procesus de sinisation: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157633185430516/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634500911919/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634864963193/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157625651289151/
Le Far Ouest Tibétain (photos personnelles)






Il faut également jeter un œil sur l'album de David sur la Kora du Kailash durant la Saga Dawa: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157630318582852/
Je ne poste pas de photos du Tibet Central ici, étant donné que vous pourrez observer de nombreuses photos de cette région au cours de la lecture de ce récit.
Voici les liens d'images des cartes utilisées dans ce post: http://image.chinatour360.com/map/tibet.jpg http://www.yowangdu.com/...Orgplateaumap_lg.jpg http://tibetantrekking.com/.../Tibet-Map-Large.jpg
Le plateau tibétain, situation géographique et géopolitiques
Le plateau tibétain est un immense plateau qui s'étend entre les Monts Kunlun, au Nord, le Karakoram, à l'Ouest, et l'Himalaya au Sud. L'est du Tibet est constitué de nombreuses chaînes chaotiques entre lesquelles s’engouffrent les plus grand fleuves d'Asie de l'Est et du Sud-Est: Mékong, Yang Tse Kiang, Salouen, Irrawady. Il est s'est formé par la collision de la plaque Indienne et de la plaque eurasienne. Son altitude varie considérablement selon la région: les vallées du Tsang sont situées à moins de 4000 mètres d'altitude, alors que les grandes étendues de l'Est et du Nord (Ngari, Chang Tang) s'élèvent à plus de 4500 mètres. Le plateau Aksai Chin aujourd'hui sous dominion chinois atteint même des altitudes de plus de 5500 mètres. La zone du canyon de la Sutlej ou Zanda - Tsamda, dans lequel s'est développé le mythique royaume de Gugé, est pour sa part située un peu plus bas que les hauts plateaux au pied du Kailash (3700 mètres), tout comme les grands espaces de l'Amdo, connus pour ses grandes plaines verdoyantes l'été (3000 mètres).

Le Tibet est littéralement le château d'eau de l'Asie, nécessaire à la survie de plus de 2 milliards d'êtres humains. Outre les fleuves cités plus haut, qui s'écoulent tous vers le Sud de la Chine et l'Asie du Sud-Est, l'Indus, la Sutlej et le Bhramapoutre prennent tous leurs sources dans les plaines situées au Nord de la chaîne de l'Himalaya, traversent parfois des centaines de kilomètres le long des failles géologiques, avant de franchir les plus hautes chaînes montagneuses du monde à travers des gorges vertigineuses avant de rejoindre les grandes plaines du sous continent indien.

L'immensité du haut plateau fait que le Tibet comprend des paysages et des climats très diversifiés. Les plateaux de l'Amdo connaissent une saison de pluies abondantes l'été et des précipitations fréquentes hors de la saison, transformant ces hautes plaines en de grands pâturages où paissent de grands troupeaux de yaks notamment autour de Labrang, et s'étendant en partie sur le Gansu, le Nord du Sichuan et la partie Nord-Est de l'immense Qinghai. La région Ü-Tsang est constituée de massifs et de chaînes arrondies et entrecoupées par de vastes vallées arrosées durant l'été, la mousson traversant l'Himalaya jusqu'au début de l'automne (octobre, même si les "queues" de mousson se produisent maintenant parfois encore plus tard dans la saison). L'automne est une superbe saison pour la lumière, les températures n'ayant pas encore chuté, et le ciel souvent bien bleu pour le plus grand plaisir des photographes. Au contraire, l'été est très pluvieux, et connaît souvent de grandes crues dans la vallée du Yarlung Tsangpo connu comme le Bhramapoutre lorsqu'il arrive dans l'état indien de l'Assam après avoir franchi l'Himalaya au pied de la Namcha Barwa. Du fait de sa latitude très méridionale, Lhasa est une ville aux températures plutôt chaudes l'été, ayant même des températures plus clémentes que la glaciale Pékin en hiver, bien loin des clichés. En revanche, les grandes étendues du Ngari, du Chang Tang et la région des lacs est une terre inhospitalière qui connaît des températures glaciales durant une grande partie de l'année. Le Chang Tang et le Nord-Ouest du Qinghai sont traversés par un grand plateau désertique enneigé une grande partie de l'année et abritant de grandes populations d'antilopes et de gazelles tibétaines, et même les derniers yaks sauvages. Il n'est pas rare d'observer des loups tibétains lors du voyage en train entre Xining et Naqchu, suivant la grand migration des antilopes vers la réserve de Kekexili. La cuvette de Gugé est un monde minéral bien particulier qui connaît également la moisson en été et des températures plus chaudes l'automne et l'hiver. Le pays Podpa est très arrosé l'été et connaît même un climat subtropicale, abritant de grandes forêts malheureusement surexploitées par les chinois, juste au Nord de la Grande Boucle du Yarlung Tsangpo, au fond de la plus haute gorge au monde. Enfin, le Kham qui est entièrement situé dans la région administrative du Sichuan, est la partie la plus pluvieuse du Tibet, entrecoupée de larges vallées partiellement boisé par de belles forêts de conifères, et des forêts subtropicales de bambous dans les piémonts à son extrême Est.
Il faut d'ailleurs bien distinguer l'entité culturelle et géographique du Tibet de la Province administrative du Tibet ou TAR (acronyme pour Tibet Autonomous Region), cœur de la civilisation tibétaine dans laquelle se trouvent les grandes villes Lhasa, Gyantse ou encore Shigatse en rapide processus de sinisation. Siège de grandes transformations culturelles, c'est aussi une zone de grandes ressources minières dont l'exploitation devrait s’accélérer avec le développement de la voie ferrée. Elle est le lieu de grands changement démographiques et culturels, avec la colonisation des peuples Han ou sinisation, et oubli de la culture monastique et plus globalement tibétaine sous l'effet de programmes de sinisation massifs orchestrés par le Gouvernement central de Pékin. Autour, les parties tibétaines des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Gansu ont pour le moment réussi à préserver leur culture et traditions millénaires, c'est à mon sens le but de tout voyageur désirant découvrir le vrai Tibet aux traditions souvent encore intactes, Lhasa étant la destination de voyageurs souhaitant plutôt connaître le patrimoine et la richesse exceptionnelle du Tibet historique qui ont fleuri durant la main-mise des ordres Sakyapas puis surtout Gelugpa.

Je souhaiterais d'ailleurs rappeler à tous voyageurs que si les zones tibétaines du Sichuan, Qinghai et Gansu souffrent parfois de fermetures au tourisme sans préavis de l’administration chinoise, ce sont pas des zones à l'accès limité au contraire de la province administrative du Tibet ou TAR, où sévissent les contraintes sous forme de permis contraignants. Il est donc tout à fait possible de visiter les vastes régions tibétaines du Kham et de l'Amdo depuis Kunming, Chengdu ou encore Lanzhou ou Xining, sans devoir incorporer un groupe de même nationalité et autres formalités décourageantes pour le touriste désireux de se rendre au Tibet.
Voici quelques photos des différentes régions culturelles du Tibet:
L'Amdo (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)




Je vous invite à découvrir également l'album de mon ami David Ducoin, guide conférencier spécialiste du Tibet et de l'Himalaya, qui accompagne de nombreux voyages chez l'agence de trekking Allibert: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157622933215210/ David cherche chaque année à construire de nouveaux itinéraires innovants, dans des régions en dehors des sentiers battus.
Le Kham (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)



Les albums de David son éloquents, le Kham est une région authentique, aux traditions bien vivantes, au contraire du Tibet Central ou Ü-Tsang en fort procesus de sinisation: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157633185430516/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634500911919/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634864963193/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157625651289151/
Le Far Ouest Tibétain (photos personnelles)






Il faut également jeter un œil sur l'album de David sur la Kora du Kailash durant la Saga Dawa: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157630318582852/
Je ne poste pas de photos du Tibet Central ici, étant donné que vous pourrez observer de nombreuses photos de cette région au cours de la lecture de ce récit.
Voici les liens d'images des cartes utilisées dans ce post: http://image.chinatour360.com/map/tibet.jpg http://www.yowangdu.com/...Orgplateaumap_lg.jpg http://tibetantrekking.com/.../Tibet-Map-Large.jpg
Balade sur 15 jours au Québec à moto English translation pending
bonjour
actuellement sur le projet d'un voyage au quebec en moto pour 2014, je récupère toutes les infos possibles.
mon soucis premier est la date réelle du départ
suivant les discutions sur plusieurs forums septembre est froid mais est aussi la période ou les feuilles des arbres sont les jolies donc ma question est la suivante si je programme mon voyage dernière semaine aout et première semaine de septembre quel temps je risque d'avoir
je planifie mon voyage grâce au livret fourni par Québec moto (carnet moto) avec 23 troncons de repérés quelqu'un a t'il déjas effectué ses tronçons
qu'elle est la chaine d’hôtel la plus courante au Québec pour un ordre de prix de 50euros à 90euros max
Merci d'avance au réponse que vous aurez la gentillesse de m'envoyer
suivant les discutions sur plusieurs forums septembre est froid mais est aussi la période ou les feuilles des arbres sont les jolies donc ma question est la suivante si je programme mon voyage dernière semaine aout et première semaine de septembre quel temps je risque d'avoir
je planifie mon voyage grâce au livret fourni par Québec moto (carnet moto) avec 23 troncons de repérés quelqu'un a t'il déjas effectué ses tronçons
qu'elle est la chaine d’hôtel la plus courante au Québec pour un ordre de prix de 50euros à 90euros max
Merci d'avance au réponse que vous aurez la gentillesse de m'envoyer
Itinéraire de 3 semaines en Afrique du Sud English translation pending

Bonjour à tous !Nous sommes un couple et souhaitons partir mi-avril 2014 et pour 3 semaines en Afrique du Sud, principal intérêt parcs animaliers et plongée, région Joburg et Durban.
Perso, j'ai déjà séjourné 15 jours en ADS (région du Cap et de Durban) et au Mozambique, mais uniquement pour la plongée.
Nous louerons un petit véhicule. Logement en tente (Hut) dans les camps.
Nous souhaiterions soit :
Faire une boucle Joburg-Joburg (Joburg Airport, Kruger, Blyde River, Hluhluwe, plongée Sodwana Bay à Durban, St Lucia, Mozambique-Pounta do Oro pour la plongée, Drakensberg, Joburg airport)
soit un itinéraire Joburg-Durban (ou inversement...) : avec les mêmes centres d'intérêt.
Nous attendons impatiemment vos conseils quand à nos choix de destination, la durée à consacrer à chacun et les lieux d'hébergement à privilégier. Toutes vos remarques sont les bienvenues !
Un grand Merci par avance, Fred.
Vietnam nord-ouest et centre: de l'authentique aux cartes postales de rêve English translation pending
Du 4 au 23 août 2013, nous avons visité une petite partie du Vietnam. Hanoi, Nghia Lo, Tu Le, Mu Cang Chai, Sapa, Bac Ha, baie d'Halong, Tam Coc et la baie d'Halong terrestre, Hué, Hoi An, telles ont été nos étapes.
Un très beau voyage durant lequel nous avons vécu des moments forts, fait de belles rencontres et vu des paysages splendides: de l'authentique et des cartes postales de rêve.
Ce circuit a été élaboré avec l'agence GP Travel, basée à Hanoi, que je recommande chaudement. Tant durant la préparation que durant le séjour, les échanges ont été cordiaux, nos interlocuteurs se sont en permanence adaptés à nos souhaits, les prestations étaient largement à la hauteur de nos attentes. Vraiment top !

Nous étions accompagnés durant les 13 jours dans la partie nord par Chung, guide francophone, bavard, enjoué et très débrouillard, ayant un excellent contact avec les ethnies minoritaires, et Chin, notre chauffeur, attentif à sa conduite et à nos pauses photos. Dans la partie sud, durant 3 jours par Anh, guide francophone cultivée et Than, notre chauffeur. Tous ont toujours été très soucieux de notre rythme, de nos souhaits. Un vrai plus dans un pays dont la chaleur moite en Août fatigue.
Nous ? Une famille composée de 3 adolescents (17 ans, 16 ans et 13 ans); nous privilégions les étapes courtes aux longues routes, nous aimons mixer les hébergements simples et locaux et d'autres plus confortables. Nous aimons randonner et apprécions également de découvrir une autre culture.
Dimanche 4 – Hanoi
Arrivée à l'aéroport d'Hanoi à 6h35 après un vol direct de 11h25 avec Vietnam Airlines. L'obtention du visa se fait sur présentation d'une lettre d'invitation et contre remise d'une photo d'identité et de 45$. Pas moins de six fonctionnaires sont sollicités pour délivrer le précieux sésame : celui qui réceptionne les documents, l'un qui prépare le visa, l'autre qui contrôle, le suivant qui tamponne, celui qui vérifie et le dernier qui remet les passeports ainsi décorés moyennant finance.... La démarche est donc un peu longue; heureusement nous étions dans les premiers.
Nous arrivons à l'hôtel vers 8h soit 3h du matin, heure française. La curiosité l'emporte sur la fatigue, nous sortons de suite.
Le vieux Hanoi : Quel choc, tous nos sens sont sollicités : la très dense circulation erratique et sonore des vélos et des scooters. Les marchands ambulants dont la bicyclette est chargée pour l'un de fleurs, pour l'autre de fruits, pour certains de produits divers...., la multitude de petites boutiques, ou plutôt d'étals sur le trottoir, les restaurants de rue avec les marmites à même le sol d'où s'échappent de plus ou moins appétissantes effluves.









Si l'animation est à son comble sur le bitume, un autre type de circulation est tout aussi surprenante quelques mètres plus haut ... Celles des fils électriques.

et qui dit animation, dit habitation !!!

Après cette première immersion et un tour du Lac Hoan Kiem (littéralement le Lac de l'épée restituée), la pause s'impose.

Vers midi, nous ressortons pour aller déjeuner dans un restaurant de rue : Le Bun Bo Nam Bo. J'en ai les papilles qui salivent rien que de le citer ! Je me régale avec le plat éponyme, plat du sud du Vietnam, constitué de nouilles séches au bœuf assaisonné de germes de soja, d’ail, citronelle et mangue verte. Une des meilleures expériences gustatives du séjour, les autres plats sont tout aussi appréciés. Délicieux !
Nous poursuivons un peu plus loin jusqu'à la cathédrale puis allons visiter le Musée des Femmes vietnamiennes; un beau musée réouvert en 2010 qui a pour mission de faire connaitre le rôle des femmes vietnamiennes dans l’histoire, dans la famille traditionnelle et de nos jours. On y découvre outre les traditions du mariage ou de la naissance, le rôle des femmes dans la construction et la libération de la nation et l’évolution des vêtements féminins. L’agencement est attrayant, on y passe agréablement une petite heure.
Retour à l'hôtel, les distances sont courtes, mais notre attention est perpétuellement sollicitée : traverser entre le flux de deux roues devient vite un jeu, les commerces du Vieux Hanoi sont organisées par corporation; ici les ferblantiers, là les chaussures, plus loin les soieries,

... et de ci, de là des... « Apple store » !!!

Nous faisons un arrêt au 87 Ma May pour visiter un nha ong typique. Un nha ong ? Qu’est ce ? Il s’agit d’une maison-tunnel, c’est à dire toute étroite en façade et profonde avec plusieurs patios permettant à la lumière de pénétrer dans les différentes pièces. Certaines maisons peuvent ainsi n’avoir que 2 mètres de large pour 70 de long. De telles dimensions visent à réduire les taxes foncières qui tiennent compte de la largeur de la façade étonnant…
Après une petite sieste vespérale à l'hôtel, nous décidons de nous rendre dans un autre restaurant de rue. Nous optons pour le Xôi Yên, spécialisé dans le riz gluant garni d’ingrédients savoureux...., encore une bonne adresse. Assis sur nos petits tabourets en plastique à 40 cm du sol, nous apprécions nos plats et nous ne sommes pas les seuls : familles, jeunes plutôt branchés, ... Le restaurant ne désemplit pas.
La nuit est tombée, on pourrait s'attendre à un peu plus de calme, .... Que nenni ! La circulation est toujours aussi dense, les commerces toujours ouverts, d'autres chalands proposent des ballons de baudruche.




On fait un tour durant une heure en cyclo-pousse. Quel plaisir, on se laisse glisser au milieu de cette animation (ou on se laisse bercer, pour ceux d'entre nous qui n'en peuvent plus de sommeil !). Il semblerait que les autorités de la ville aient décidé de supprimer ce mode de locomotion afin de soulager les encombrements de circulation. De petits trains électriques sont progressivement déployés. Pour nous touristes, quel dommage. Cette petite note d'exotisme est autrement plus agréable que l'anonymat d'un petit convoi. Et j'ai la faiblesse de croire que ce sont plusieurs vaillants et courageux cyclistes qui vont être privés de travail, dans une ville où la misère est tout de même assez prégnante.
Un très beau voyage durant lequel nous avons vécu des moments forts, fait de belles rencontres et vu des paysages splendides: de l'authentique et des cartes postales de rêve.
Ce circuit a été élaboré avec l'agence GP Travel, basée à Hanoi, que je recommande chaudement. Tant durant la préparation que durant le séjour, les échanges ont été cordiaux, nos interlocuteurs se sont en permanence adaptés à nos souhaits, les prestations étaient largement à la hauteur de nos attentes. Vraiment top !

Nous étions accompagnés durant les 13 jours dans la partie nord par Chung, guide francophone, bavard, enjoué et très débrouillard, ayant un excellent contact avec les ethnies minoritaires, et Chin, notre chauffeur, attentif à sa conduite et à nos pauses photos. Dans la partie sud, durant 3 jours par Anh, guide francophone cultivée et Than, notre chauffeur. Tous ont toujours été très soucieux de notre rythme, de nos souhaits. Un vrai plus dans un pays dont la chaleur moite en Août fatigue.
Nous ? Une famille composée de 3 adolescents (17 ans, 16 ans et 13 ans); nous privilégions les étapes courtes aux longues routes, nous aimons mixer les hébergements simples et locaux et d'autres plus confortables. Nous aimons randonner et apprécions également de découvrir une autre culture.
Dimanche 4 – Hanoi
Arrivée à l'aéroport d'Hanoi à 6h35 après un vol direct de 11h25 avec Vietnam Airlines. L'obtention du visa se fait sur présentation d'une lettre d'invitation et contre remise d'une photo d'identité et de 45$. Pas moins de six fonctionnaires sont sollicités pour délivrer le précieux sésame : celui qui réceptionne les documents, l'un qui prépare le visa, l'autre qui contrôle, le suivant qui tamponne, celui qui vérifie et le dernier qui remet les passeports ainsi décorés moyennant finance.... La démarche est donc un peu longue; heureusement nous étions dans les premiers.
Nous arrivons à l'hôtel vers 8h soit 3h du matin, heure française. La curiosité l'emporte sur la fatigue, nous sortons de suite.
Le vieux Hanoi : Quel choc, tous nos sens sont sollicités : la très dense circulation erratique et sonore des vélos et des scooters. Les marchands ambulants dont la bicyclette est chargée pour l'un de fleurs, pour l'autre de fruits, pour certains de produits divers...., la multitude de petites boutiques, ou plutôt d'étals sur le trottoir, les restaurants de rue avec les marmites à même le sol d'où s'échappent de plus ou moins appétissantes effluves.









Si l'animation est à son comble sur le bitume, un autre type de circulation est tout aussi surprenante quelques mètres plus haut ... Celles des fils électriques.

et qui dit animation, dit habitation !!!

Après cette première immersion et un tour du Lac Hoan Kiem (littéralement le Lac de l'épée restituée), la pause s'impose.

Vers midi, nous ressortons pour aller déjeuner dans un restaurant de rue : Le Bun Bo Nam Bo. J'en ai les papilles qui salivent rien que de le citer ! Je me régale avec le plat éponyme, plat du sud du Vietnam, constitué de nouilles séches au bœuf assaisonné de germes de soja, d’ail, citronelle et mangue verte. Une des meilleures expériences gustatives du séjour, les autres plats sont tout aussi appréciés. Délicieux !
Nous poursuivons un peu plus loin jusqu'à la cathédrale puis allons visiter le Musée des Femmes vietnamiennes; un beau musée réouvert en 2010 qui a pour mission de faire connaitre le rôle des femmes vietnamiennes dans l’histoire, dans la famille traditionnelle et de nos jours. On y découvre outre les traditions du mariage ou de la naissance, le rôle des femmes dans la construction et la libération de la nation et l’évolution des vêtements féminins. L’agencement est attrayant, on y passe agréablement une petite heure.
Retour à l'hôtel, les distances sont courtes, mais notre attention est perpétuellement sollicitée : traverser entre le flux de deux roues devient vite un jeu, les commerces du Vieux Hanoi sont organisées par corporation; ici les ferblantiers, là les chaussures, plus loin les soieries,

... et de ci, de là des... « Apple store » !!!

Nous faisons un arrêt au 87 Ma May pour visiter un nha ong typique. Un nha ong ? Qu’est ce ? Il s’agit d’une maison-tunnel, c’est à dire toute étroite en façade et profonde avec plusieurs patios permettant à la lumière de pénétrer dans les différentes pièces. Certaines maisons peuvent ainsi n’avoir que 2 mètres de large pour 70 de long. De telles dimensions visent à réduire les taxes foncières qui tiennent compte de la largeur de la façade étonnant…
Après une petite sieste vespérale à l'hôtel, nous décidons de nous rendre dans un autre restaurant de rue. Nous optons pour le Xôi Yên, spécialisé dans le riz gluant garni d’ingrédients savoureux...., encore une bonne adresse. Assis sur nos petits tabourets en plastique à 40 cm du sol, nous apprécions nos plats et nous ne sommes pas les seuls : familles, jeunes plutôt branchés, ... Le restaurant ne désemplit pas.
La nuit est tombée, on pourrait s'attendre à un peu plus de calme, .... Que nenni ! La circulation est toujours aussi dense, les commerces toujours ouverts, d'autres chalands proposent des ballons de baudruche.




On fait un tour durant une heure en cyclo-pousse. Quel plaisir, on se laisse glisser au milieu de cette animation (ou on se laisse bercer, pour ceux d'entre nous qui n'en peuvent plus de sommeil !). Il semblerait que les autorités de la ville aient décidé de supprimer ce mode de locomotion afin de soulager les encombrements de circulation. De petits trains électriques sont progressivement déployés. Pour nous touristes, quel dommage. Cette petite note d'exotisme est autrement plus agréable que l'anonymat d'un petit convoi. Et j'ai la faiblesse de croire que ce sont plusieurs vaillants et courageux cyclistes qui vont être privés de travail, dans une ville où la misère est tout de même assez prégnante.
Carnet de voyage Trekking Shimshal Pakistan English translation pending
Je souhaiterais partager avec les membres de voyageforum un bref compte rendu de voyage d'un trekking réalisé avec Pierre Neyret à Shimshal, dans le Gojal Pakistanais en octobre 2011. Pourquoi si tard? Je ne suis pas adepte de comptes rendus de voyage, mais il me semble nécessaire de prendre du temps de vanter la beauté des paysages du Karakoram, de l'hospitalité légendaire des pakistanais et de l'ouverture d'esprit exceptionnelle des Ismaéliens, au vu de la tournure géopolitique actuelle. Disons que les évènements du Nanga Parbat ne font qu'empirer la situation médiatique déjà ô combien compliquée.
Pour ma part, je souffre pour mes amis Hunzakuts et Shimshalis qui essayent tant bien que mal de vivre du tourisme. Un peuple passionnant, incroyable, et si isolé. Non pas seulement géographiquement, mais également sans droit de vote du fait du triste conflit sur le Cachemire.
Attirance pour les hautes vallées du Pakistan
Bref, j'ai toujours été attiré par les montagnes du Karakoram, un monde sauvage aux vallées mythiques reculées, au pied de grands sommets inhospitaliers au pied duquel se déverse les plus grands glaciers de montagne du monde. Parmi les coins les plus attractif, le fameux Snow Lake, un haut plateau glaciaire dans un massif de haut sommets de 7000 mètres, qui permet de réjoindre les vallées d'Askole (par le glacier de Biafo), porte d'accès du Baltoro, la fameuse oasis de Hunza, en descendant le long glacier d'Hispar au pied de la spectaculaire chaîne de l'Hispar Sar, et la vallée aride de Wusum, en descendant le le glacier de Braldu, tout proche de la frontière avec le Turkestan chinois, et ses vallées perdues de Sarpo Laggo et de Saksgam, autrefois propriété des Shimshalis. Autres motif d'intérêt: le fameux Baltoro pour découvrir les plus hauts sommets du Karakoram et la Mecque de l'Himalayisme: le K2, second plus haut sommet du globe. L'envers du décor, avec les coins de Hushe et Kaphlu, au pied du col du Gondogoro, et du K12. Il y a aussi la région du Nanga Parbat avec la merveilleuse vallée de Fairy Meadows, le versant Diamir et l’impressionnant versant Rupal. Les vallées Kalashes et le massif de l'Hindu Kush qui s'étire jusqu'au Tirch Mir. La vallée du glacier de Batura, zone de pâturage et point de vue sublime sur les chaîne des Batura, au dessus du village de Passu. Les vallées autour de Hunza, avec des treks courts vers le camp de base du Rakaposhi, vers Ultar Meadows, vers Rash Lake. La vallée de Chapursan proche du corridor de Wakkhan, autre coin mythique. Et le massif du Khunjerab, entre Pamir et Karakoram, dans lequel s'insère la vallée reculée de Shimshal, but de mon voyage. La liste est bien sur non exhaustive, ce sont en tout cas les sites qui m'attirent inexorablement, qui me font rêver. Des projets de voyage futurs, sans nul doutes...
Origine du Voyage
Depuis plusieurs mois en 2010-2011, je passais du temps sur les sites francophones des hautes vallées pakistanaises: Blank on the Map, Trekking au Pakistan, Karakoram Ski Expedition, le site de Pierre Neyret, dernier guide amoureux des hautes vallées, qui continue années après années d'organiser des voyages pour démontrer la factibilité de voyager en sécurité en ces temps troubles pour la nation pakistanaise, post 09-11. http://blankonthemap.free.fr/ http://www.trekking-au-pakistan.com/ http://www.karakoram-ski-expedition.com/
Je vous propose également de consulter le site magnifique de Matthieu Paley, avec de très beaux clichés du petit Pamir Afghan, juste de l'autre côté de la frontière, dans la région de Wakkhan, en compagnie des familles de berges kirghizes. http://www.pamirbook.com/LeLivre.html
Mathieu Paley est aussi l'auteur du site Pamir Knot et de guides descriptifs de divers endroits du Gojal: http://www.pamirknot.com/
http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_hussaini.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_khunjerab_1.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_khyber.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_passu.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_gulkin_ghul.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_chapursan_1.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_misgar.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_shimshal.pdf
Le fond Snow Leopard Trust développe des projets actuellement dans la vallée de Chapursan et dans le Parc National de Chitral Gol au Pakistan, ainsi que depuis peu dans le Wakkhan Afghan. Le fond espère qu'il ne perdra pas tout son travail à la fin du projet, avec le départ des forces américaines synonyme de fin des finnancements. http://www.snowleopard.org/...-e072cc97ce-92736429
Il y a aussi des travaux de conservation importants dans le Gojal Pakistanais, que ce soit sur Shimshal ou aupres de la Khunjerab Village Organization, rassemblants les villages limitrophes du parc national de Khunjerab: http://snowleopardconservancy.org/conservation-gojal/
Les terres ancestrales et en particulier les pâturages de Shimshal étant situées a l'intérieur des frontieres du Parc National dont le plan de management et les limites furent définies sans concertation avec la communauté, les Shimshalis rejettent catégoriquement le Parc et ont développé le Shimshal Nature Trust, qui a pour but de concilier développement économique de la communauté et conservation. http://www.snt.org.pk/ http://www.brocku.ca/webfm_send/13297
Et des sites d'expé et de trekkings à Wakkhan: http://www.noshaq.com/equipe-noshaq.php http://www.juldu.com/index.html
J'avais toujours pensé - à tort - qu'il me serait impossible de visiter les magnifiques paysages, pour ne pas dire mythiques, de la KKH. Mais un voyage proposé par Pierre Neyret m'a mis la puce à l'oreille, un voyage unique: suivre le Kutch des Shimshalis. Pierre Neyret a pendant longtemps accompagné des voyages pour le compte d'allibert au Pakistan, et organisé de grandes traversées glaciaires au caractère partiellement exploratoire sur le Snow Lake depuis plus d'une quinzaine d'années. En ce sens il est un précurseur de cet itinéraire devenu mythique, et est à la fois un moteur pour le tourisme dans la zone. Il faut bien essayer de sauver les meubles après tant de propagande erronée, globalisant le problème taliban à l'ensemble d'un pays hétéroclite dont les frontière furent édifiées seulement par des enjeux géopolitiques, durant la percée Russe en Asie Centrale à la fin du XIXème siècle. Heureusement que Pierre est encore là pour montrer la face réelle du Pakistan, l'hospitalité des peuples dardes, rappeler la beauté des vallées, et la sauvagerie de ces paysages du bout du monde, pour qu'ils ne tombent pas dans l'oublie.
Je me suis convaincu petit à petit de la nécessité de participer à cette aventure, en raison de son caractère unique, et bien sur de connaître ces paysages qui m’attiraient tant.
Contexte
Le village de Shimshal se trouve dans le Gojal Pakistanais, à 3 heures en jeep depuis Passu en remontant la vallée éponyme de Shimshal, le long des gorges autrefois inaccessibles de la Shimshal River. La rivière se faufile tant bien que mal entre le massif du Khunjerab et du sommet Karun Koh (7164mètres), au Nord, et la chaîne impressionnante de l'Hispar Muztagh, culminant à plus de 7885 mètres avec le Distaghil Sar, au Sud. Au bout de la vallée, après avoir traversé le glacier de Malanguti et ses sources chaudes au pied duquel se distinguent les plus haut sommet de la chaîne, se trouve le village reculé de Shimshal, un village Wakhi peuplé d’ismaéliens. Aujourd'hui relié par une route impressionnante, creusée à la main au prix de la sueur des Shimshalis durant 18 années de pénibles efforts, le village était autrefois à 3 jours de marche de Passu, avec le franchissement du col Qarun reliant la haute vallée de Shimshal de la vallée de Boibar, évitant ainsi les gorges infranchissables.
Les Shimshalis se sont installés dans une vallée aride, que seule l'irrigation à permis de rendre quelques terres fertiles, qui ne permettent pas d'assurer pour autant l'autarcie du village. D'origine nomades comme le sont leur voisins de Chapursan ou de Wakkhan, ils possèdent le plus grand cheptel d'ovins, de caprins et de yaks du Karakoram, qu'ils emmènent chaque été paître sur les pâturages verdoyants et fleuris du Shimshal Pass. Ce col marque exactement la ligne de partage des eaux: un goutte de pluie tombée côté ouest se déversera vers le Golfe d'Oman, une autre tombé un peu plus à l'Est arrivera dans la dépression du Lob Nord, après avoir traversée le désert du Taklamakan. Le but du voyage est justement de découvrir les paysages de "pamirs" du col, et la vie quotidienne des bergères qui gardent les troupeaux jusqu'à l'arrivée des premières neiges, puis de les accompagner dans leur grande transhumance d'automne - le Kutch - pour suivre les 7000 animaux revenir au village à travers de magnifiques gorges et de hauts cols face à la chaîne de l'Hispar Muztagh.
Sécurité
Je ne peux vous cacher que jusque dans le vol Paris-Islamabad, je me demandais encore ce que je "foutais" là! La réflexion fut longue, mais les faits statistiques, historiques, montrent qu'il est plus sûr de voyager dans les hautes vallées du Pakistan qu'en France même. Les faits sont bien là: aucun attentat à l'encontre de touristes dans les Northern Areas depuis 2001, aucun problème à l'encontre des membres des expéditions depuis cette même date. Seul point de doute: le passage d'Islamabad, où je considère important d'éviter de résider dans les quartiers ministériels et de représentation du pouvoir de l'armée, qui sont malheureusement des cibles d’attentats terroristes. Il n'y a aucune possibilité d'attentat dans la région du Baltistan et de Hunza-Gojal, étant peuplée très majoritairement par des peuples ismaéliens ou soufis, qui développent une haine profonde pour les fanatiques talibans qui ont ruiné toute perspective de développement du tourisme dans leurs vallées bénies par la nature. Gilgit en elle même est très sure, même si on ne peu négliger les possibles conflits ethniques. Quant à la région Chilasi, c'est belle et bien devenue un problème suite à l'attentat du Nanga Parbat perpétré par des terroristes talibanais, sans doutes soutenus par quelques membres des communautés les plus fanatiques de la vallée.
Plus aucun doute: je peux partir tranquillement dans le Karakoram!
Récit d'un voyage incroyable
Après un vol très scénique au dessus du Pir Panjal, de l'Himalaya et du Karakoram, nous arrivons à Gilgit comme prévu. Pas de retard sur le programme, du tout bon pour nous! Il est vrai que les aléas du climat oblige quelques réserves en cas qu'il soit nécessaire de se rendre par bus à Gilgit, à travers les magnifiques gorges de l'Indus dans le Kohistan et les vallées Chilasies. Nous avons pu admirer les sommets nord du Pir Panjal au niveau des vertes vallées Kaghan, les beaux lacs glaciaires et les sommets enneigées du Saran et Malika Parbat. Une fois passé le Babusar Pass, voici le géant Nanga Parbat, Pilier Ouest de la chaîne de l'Himalaya, un sommet de 8000 mètres véritablement imposant. C'est aussi la plus grande différence de dénivelé au monde: on passe de 1250 mètres au niveau de la KKH à 8125 mètres au sommet de la "Montagne Nue". On aperçoit rapidement nos premier grands 7000 du Karakoram, les Haramosh Peaks, et nous arrivons dans la vaste plaine bien verte de l'oasis de Gilgit, un point de convergence de nombreuses ethnies dardes qui parlent les langues khowar, Shinas, Baltis, Wakkhi et Burushaski. Petit arrêt dans le jardin de notre hôtel, déjeuner et départ pour la KKH vers le Nord, le long de la rivière Hunza à destination de Karimabad. Les gorges contournent le massif du géant des lieux, l'immense Rakaposhi qui écrase littéralement le paysage de la vallée.
Nous prenons le temps de découvrir la luxuriante vallée le lendemain matin, avec tout d'abord la visite du fort de Baltit à l'architecture intéressante, très proche des palais Laddhakis. La forteresse récemment restaurée par la fondation de l'Aga Khan, domine le village en terrasse de Karimabad, où poussent de très nombreux arbres fruitiers - abricotiers et pommiers étant les principaux produits d'exportation vers le Punjab et assurant l'économie de la vallée. Nous visitons aussi les canaux du village depuis le Eagle Nest ou nous déjeunons, perché sur un éperon dominant la vallée. Nous pouvons y apercevoir les sommets du Spantik et du Diran au Sud, et la flèche du Lady Finger et l'Hunza Peak au Nord, deux très belles montagnes dont les glaciers sont la source d'eau du village nécessaire pour l'irrigation des cultures.
Départ vers Passu le lendemain matin, après quelques heures de plus à glaner au village. Nous passons au pied du fort d'Altit. Je suis frappé par le bleu électrique de la rivière Hunza. Nous croisons le fantastique lac Attabad, résultat de l'effondrement d'un pan entier de la montagne au niveau du village éponyme, qui a submergé complètement ou partiellement plusieurs villages dont Gulmit, préfecture du district du Gojal. Les lumières sont magnifiques, le bleu du lac irréel, on distingue le sommet du Shispar à l'Ouest juste avant l'arrivée à l'embarcadère. L'activité y est frénétique, mais moindre que du côté aval du lac où se bousculent des dizaines de tracteurs et de camions pour décharger les provisions en provenance de la Chine. Il est encore tant d'en profiter. D'ici un mois tout au plus, le col du Khunjerab sera fermé, et le Gojal sera coupé du monde, le lac Attabad en aval étant gelé durant les longs mois d'hiver.
Nous arrivons juste pour le coucher de soleil sur les très esthétiques flèches du Passu Peak ou Tupopdan Sar sur les berges de la rivière Khunjerab, après avoir croisé en chemin de magnifiques points de vue sur la rivière a Hussaini et le glacier Passu dévalant plus de 4500 mètres de dénivelée. La matinée suivante, nous partirons vers Shimshal!
La traversée des gorges est vraiment impressionnante, il faut penser qu'il y a plus de 5500 mètres au dessus de nos tête. La route a souvent été creusé dans la roche, coupé dans les falaises ua pied du Karun Koh. La vallée s'élargit ensuite, nous découvrons le Col de Karun, traversons la rivière sur un pont suspendu au dessus de 150 mètres, puis continuons sur une route perchée jusqu'au glacier de Malanguti, descendant des sommets de 7000 mètres de l'Hispar. Il y a des sources tièdes au dénommé Kuh dans lesquels nous nous baignerons au retour, et beaucoup de menthe sauvage donnant une ambiance rafraichissante.
Nous visitons le village de Shimshal dans l'après-midi: visite des classes de l'école, des champs, et des plantations de boulots pour le bois de construction et d'épineux que les habitants entretiennent pour le feu de la cuisine. Les enfants jouent au cerf-volant. Le village est constitué de quatre hameaux où les maisons sont réparties au milieu des parcelles cultivées. Le blé vient juste d'être moissonné, il reste quelques fardeaux de paille pour les animaux l'hiver ci et là, et les derniers fruits séchés (des pommes) pour passer l'hiver. Nous passons encore du temps dans le village le lendemain matin, puis c'est le départ pour un trekking d'une dizaine de jours vers les pamirs de Shimshal, à travers les gorges sauvages de la Pamir-i-Tang sur des chemins acrobatiques. Les "pamirs" sont des plaines d'altitude caractéristiques du massif situé un peu plus au Nord. Le Khunjerab fait toujours géographiquement parti de la chaîne du Karakoram, mais il s'agit bien d'une zone de transition dans lequel vivent les rares moutons de Marco Polo, très menacés, des bharals, des ibex, des ours, des loups (ces deux derniers étant rares dans la région et passagers, venant sans doute depuis la vallée de Sarpo Laggo), et des léopards des neiges. Concernant ces derniers, un groupe de scientifiques pakistanais nous montrera a notre retour de magnifiques clichés d'un couple dans le secteur de Yazghil photographiés avec des pièges photographiques.
Nous campons le premier jour après seulement 2 heures de marche en bas des gorges, en face du glacier de Yazghil. Comme tous les soirs, je pars marcher durant 2 heures dans les alentours pour découvrir des points de vue et m'isoler un peu pour profiter du silence et de l'immensité des montagnes, de la beauté des paysages. Seconde journée jusqu'au lieu Furzeen (qui veut dire genévrier si mes souvenirs sont bons). Nous marchons maintenant sur les sentiers très aériens de la Tang, 1000 mètres au dessus du vide, à travers des gorges époustouflantes. Les paysages sont très minéraux, les sommets s'arrondissent un peu, nous arrivons petit à petit dans le Pamir. Troisième journée de trek, jusqu'à Ardab Purien, un site au roches mauves rougeâtres très esthétiques, avec une vue splendide sur un petit 6000, le Chart Pirt. il y a quelques yaks blancs qui paissent dans les rares épineux en fleurs. Dernière journée pour atteindre les estives d'été de Shimshal de Shujerab, un magnifique petit village saisonnier de pierre très rude mais très charmant, au pied du col de Shimshal. Des femmes de chaque familles passent l'été dans les estives avec les bêtes pour la confection du fromage et du beurre, et protéger les bêtes des possibles prédateurs. Il n'y a généralement pas d'hommes dans les estives l'été, ils sont occupés dans les champs au village. Mais pas de machisme pour autant, puisque quelques uns d'entre eux ont la dure tâche de passer l'hiver coupés du monde, de l'autre côté du col enneigé dans les pâturages de Sherelik, en compagnie des yaks les plus forts dans les vallées de Wusum et de Sarpo Laggo, très proche de la frontière chinoise. Des provisions de blé sont déposées durant l'été dans les refuges pour assurer la substance des hommes pour les 7 longs mois d'hiver. En effet, côté Shimshal, il n'y a pas de pâturages suffisant pour les yaks, seuls les jeunes yaks et les femelles steriles y sont descendus puisque trop faibles, ils ne survivrait pas l'hiver en altitude. Cette situation difficile est également le résultat de la redéfinition des frontières chino-pakistanaise, qui a privé Shimshal de ses grands territoires de la Shaksgam et de la Sarpo Laggo.
Nous passons les trois prochains jours dans les estives, pour connaître la vie de bergers et partager un petit bout de chemin avec les Shimshalies, assister à la traite des 9000 bêtes, du gardiennage des jeunes yaks, de la confection des fromages. C'est aussi l'occasion pour moi de visiter les alentours. Une première journée est consacrée à la visite du col où il ne reste plus d'herbe. Nous sommes au pied du Minglik Sar, un sommet de 6000 mètres glaciaires facile, très bel objectif pour les alpinistes modestes qui souhaitent réaliser une ascension dans des paysages magnifiques et découvrir la réalité d'un village Wakkhi. Nous atteignons l'autre estive de Shuwart, de l'autre côté du col, ou les bergères vivent une partie de l'été, afin d'assurer la rénovation des pâturages versant Shujerab. Les 1000 yaks sont tous localisés sur le col, il y a des grands mâles peu commodes et très intimidants, sur les berges des lacs certainement d'origine glaciaire. une chute de neige au retour assurent une ambiance agréable. Nous revenons tout juste pour assister au retour des bêtes dans l'enclot de pierre, qui franchissent un petit pont sur la rivière, et assister à la traite fastidieuse que les femmes réalisent à l'aube et au crépuscule. Pour la deuxième journée, nous nous rendons de nouveau sur le col, pour tenter l’ascension d'un sommet de 5500 mètres au dessus du village sans crampons. Nous terminons sur un petit glacier puis sur l'arrête trop enneigée, qui nous empêche de continuer jusqu'au sommet pour cette fois. Très beau point du vue sur l'ensemble du massif du Khunjerab et la destination de demain. Retour au village pour partager un moment avec les Shimshalis et manger un délicieux ragout de mouton préparé par la sœur d'Imtiaz, mon guide Shimshali. Pour la dernière journée aux estives, nous allons au fond de la vallée, jusqu'à un glacier présentant des très belles stalactites de glaces. Paysages désolés et glaciers suspendus sur les sommets des alentours. Le départ du Kutch a été décidé pour le lendemain matin, pour trois jours de descente jusqu'à Shimshal, empruntant un chemin différent que celui emprunté à l'aller avec le franchissement successifs des cols de Shashmirk et Ulzeen, deux très beaux balcons sur la chaîne des Hispar.
Malheureusement, le programme devra être changé aux aurores suite à un incident malheureux survenu dans notre groupe. Les Shimshalis nous montrent leur soutiens les plus exemplaires, leur générosité et leur ouverture d'esprit spectaculaire pour nous aider à surmonter un tragique accident pour l'un des membres de notre groupe.
Le retour s'effectuera donc par le même chemin qu'à l'aller, sur la "Parmir Highway". Retour à Shimshal en trois jours, puis sur Passu après une longue discussion avec Doulat Amin, un homme extraordinaire, premier professeur de l'école de Shimshal, d'une extrême sagesse. Nous rentrons ensuite à Passu puis Hunza où nous restons une journée pour profiter de la douceur des lieux. Nous en profitons pour visiter les champs, et tenter de monter aux pâturages de l'Ultar. Bien dommage car nous ne trouvons pas le chemin, alors que nous pensions suivre les canaux taillés dans la falaises, ceux-ci semblent bien trop dangereux à notre goût. Les couleurs d'automne se sont installées, la vallée s'est parée de magnifiques couleurs jaunes et rouges, c'est un spectacle fantastique.
Le retour à Islamabad en avion ne sera finalement pas possible du fait du mauvais temps, nous décidons donc d'emprunter la Karakoram Highway pour une longue descente de deux jours des gorges de l'Indus jusqu'aux plaines du Punjab. Nous quittons donc l'oasis de Gilgit et nous enfonçons dans le désert de Chilas, une vallée très aride sur les berges de l'Indus, mais parée de forêts d'altitudes sur ses hauteurs surement plus arrosées. Nous passons au pied du Nanga Parbat, tout aussi imposant depuis le sol que depuis les airs vingt jours plus tôt. Les femmes se font de plus en plus absentes lors de la descente, les chilasis étant plus conservateurs que les autres peuples dardes des hautes vallées. C'est d'ailleurs d'ici que furent entraîner les moudjahidines pour envahir le Cachemire sous la dictature du général Zia, sans nuls doutes une des raisons pour essayer de comprendre aujourd'hui l'appui de quelques Chilasis aux talibans qui ont lâchement exécuté les alpinistes au camp de base du Diamir un peu plus tôt cette année. Le Pakistan souffre aujourd'hui du fait de décision géopolitiques attisant les extrémismes. Nous passons auparavant à la confluence de la Hunza River et de l'Indus, qui marque surtout le point de suture des plaques indienne et eurasienne. Elle délimite également la chaîne de l'Himalaya (Est - Sud), des chaînes du Karakoram (Nord) et de l'Hindu raj (Oest), contrefort de l'Hindu Kuch. La végétation fait petit à petit son apparition, nous trouvons maintenant des arbres, sur les hauteurs, très loin, de grandes forêts de cèdres de l’Himalaya, nous arrivons au Kohistan, terre des Pastounes. L'activité économiques y est quasiment inexistante, seule ressource exploitée à outrance, l'activité forestière. Nous découvrons des troncs de cèdres sur les bords des routes et dans de nombreux camions à destination de la fournaise du Punjab. La région montre encore les séquelles des tremblements de terre dévastateurs qui frappent souvent la région, le dernier ayant survenu en 2009 il me semble. Les gorges sont maintenant très profondes, les routes aériennes, la vallée beaucoup plus verte, de nombreuses cascades dévalent les pentes des contreforts du Pir Panjal (l’Himalaya étant situé un peu plus à l'Est, de l'autre côté du Babusar Pass). De grands villages sont disposés sur les pentes, au milieu de champs en terrasse. Nous arrivons dans la nuit à Besham, après avoir traversé Dassu puis Pathan. Le lendemain matin, nous traversons un dernière fois l'Indus peu après Takhot et remontons dans les piémonts à travers les rizières. Le buffle fait également son apparition. Nous traversons bientôt des forêts de pins de l'Himalaya, les troupeaux des bergers Gujars sont nombreux sur les bords de la route. Le température est fraiche, nous sommes sur un plateau. Il faut encore traverser Mansehra puis Abbotabad où nous déjeunerons, une ville où l'élite militaire a installé ses meilleurs académies pour certainement chercher la douceur du climat (et où se cachait Ben Laden surement sous l'auspice de l'ISI voire de l'armée elle-même), avant de plonger vers la plaine du Punjab. Nous dormons sur Islamabad. Demain, je prends un vol au dessus du Karakoram pour des Monts Célestes pour Urumqi puis Pékin avant d'entreprendre un voyage d'un mois et demi au Tibet.
Un très beau voyage, un groupe génial, une paire de guides pakistanais très pros et vraiment sympas, une super organisation pour des projets toujours aussi incroyable du côté de Pierre Neyret, mais surtout une expérience mémorable, et un grande leçon de vie de connaître les particularités de cette partie du Pakistan, au peuple si hospitalier, si ouvert, si généreux. Un grande rétrospection sur notre propre société ignorante et hautaine.
Et une envie folle d'y retourner pour visiter de très nombreux coins tout aussi magnifiques.
Je vous invite à visiter le Pakistan en compagnie de Pierre que vous pouvez contacter sur: http://www.karakoram-ski-expedition.com/
Ou bien directement Jahangeer qui organisera à merveille la logistique de votre voyage encadré au Pakistan: http://www.visitagp.com/
Pour ma part, je vous propose de consulter quelques clichés du voyage sur mon site flickr, en cliquant sur le lien ci-dessous: http://www.flickr.com/...s/40746420@N03/sets/
N'hésitez pas à me demander des conseils en MP si vous souhaitez recevoir des retours sur ce voyage, sur la sécurité au Pakistan. Je ne peux que vous inciter a visitez mes amis Hunzakuts et Shimshalis et les paysages des vallées qu'ils habitent, ils vous recevront de la meilleure des façons, selon les traditions de l'hospitalité légendaire propre à la région!
A bientôt !
Jérémie
Pour ma part, je souffre pour mes amis Hunzakuts et Shimshalis qui essayent tant bien que mal de vivre du tourisme. Un peuple passionnant, incroyable, et si isolé. Non pas seulement géographiquement, mais également sans droit de vote du fait du triste conflit sur le Cachemire.
Attirance pour les hautes vallées du Pakistan
Bref, j'ai toujours été attiré par les montagnes du Karakoram, un monde sauvage aux vallées mythiques reculées, au pied de grands sommets inhospitaliers au pied duquel se déverse les plus grands glaciers de montagne du monde. Parmi les coins les plus attractif, le fameux Snow Lake, un haut plateau glaciaire dans un massif de haut sommets de 7000 mètres, qui permet de réjoindre les vallées d'Askole (par le glacier de Biafo), porte d'accès du Baltoro, la fameuse oasis de Hunza, en descendant le long glacier d'Hispar au pied de la spectaculaire chaîne de l'Hispar Sar, et la vallée aride de Wusum, en descendant le le glacier de Braldu, tout proche de la frontière avec le Turkestan chinois, et ses vallées perdues de Sarpo Laggo et de Saksgam, autrefois propriété des Shimshalis. Autres motif d'intérêt: le fameux Baltoro pour découvrir les plus hauts sommets du Karakoram et la Mecque de l'Himalayisme: le K2, second plus haut sommet du globe. L'envers du décor, avec les coins de Hushe et Kaphlu, au pied du col du Gondogoro, et du K12. Il y a aussi la région du Nanga Parbat avec la merveilleuse vallée de Fairy Meadows, le versant Diamir et l’impressionnant versant Rupal. Les vallées Kalashes et le massif de l'Hindu Kush qui s'étire jusqu'au Tirch Mir. La vallée du glacier de Batura, zone de pâturage et point de vue sublime sur les chaîne des Batura, au dessus du village de Passu. Les vallées autour de Hunza, avec des treks courts vers le camp de base du Rakaposhi, vers Ultar Meadows, vers Rash Lake. La vallée de Chapursan proche du corridor de Wakkhan, autre coin mythique. Et le massif du Khunjerab, entre Pamir et Karakoram, dans lequel s'insère la vallée reculée de Shimshal, but de mon voyage. La liste est bien sur non exhaustive, ce sont en tout cas les sites qui m'attirent inexorablement, qui me font rêver. Des projets de voyage futurs, sans nul doutes...
Origine du Voyage
Depuis plusieurs mois en 2010-2011, je passais du temps sur les sites francophones des hautes vallées pakistanaises: Blank on the Map, Trekking au Pakistan, Karakoram Ski Expedition, le site de Pierre Neyret, dernier guide amoureux des hautes vallées, qui continue années après années d'organiser des voyages pour démontrer la factibilité de voyager en sécurité en ces temps troubles pour la nation pakistanaise, post 09-11. http://blankonthemap.free.fr/ http://www.trekking-au-pakistan.com/ http://www.karakoram-ski-expedition.com/
Je vous propose également de consulter le site magnifique de Matthieu Paley, avec de très beaux clichés du petit Pamir Afghan, juste de l'autre côté de la frontière, dans la région de Wakkhan, en compagnie des familles de berges kirghizes. http://www.pamirbook.com/LeLivre.html
Mathieu Paley est aussi l'auteur du site Pamir Knot et de guides descriptifs de divers endroits du Gojal: http://www.pamirknot.com/
http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_hussaini.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_khunjerab_1.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_khyber.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_passu.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_gulkin_ghul.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_chapursan_1.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_misgar.pdf http://cmsdata.iucn.org/downloads/pk_macp_bro_shimshal.pdf
Le fond Snow Leopard Trust développe des projets actuellement dans la vallée de Chapursan et dans le Parc National de Chitral Gol au Pakistan, ainsi que depuis peu dans le Wakkhan Afghan. Le fond espère qu'il ne perdra pas tout son travail à la fin du projet, avec le départ des forces américaines synonyme de fin des finnancements. http://www.snowleopard.org/...-e072cc97ce-92736429
Il y a aussi des travaux de conservation importants dans le Gojal Pakistanais, que ce soit sur Shimshal ou aupres de la Khunjerab Village Organization, rassemblants les villages limitrophes du parc national de Khunjerab: http://snowleopardconservancy.org/conservation-gojal/
Les terres ancestrales et en particulier les pâturages de Shimshal étant situées a l'intérieur des frontieres du Parc National dont le plan de management et les limites furent définies sans concertation avec la communauté, les Shimshalis rejettent catégoriquement le Parc et ont développé le Shimshal Nature Trust, qui a pour but de concilier développement économique de la communauté et conservation. http://www.snt.org.pk/ http://www.brocku.ca/webfm_send/13297
Et des sites d'expé et de trekkings à Wakkhan: http://www.noshaq.com/equipe-noshaq.php http://www.juldu.com/index.html
J'avais toujours pensé - à tort - qu'il me serait impossible de visiter les magnifiques paysages, pour ne pas dire mythiques, de la KKH. Mais un voyage proposé par Pierre Neyret m'a mis la puce à l'oreille, un voyage unique: suivre le Kutch des Shimshalis. Pierre Neyret a pendant longtemps accompagné des voyages pour le compte d'allibert au Pakistan, et organisé de grandes traversées glaciaires au caractère partiellement exploratoire sur le Snow Lake depuis plus d'une quinzaine d'années. En ce sens il est un précurseur de cet itinéraire devenu mythique, et est à la fois un moteur pour le tourisme dans la zone. Il faut bien essayer de sauver les meubles après tant de propagande erronée, globalisant le problème taliban à l'ensemble d'un pays hétéroclite dont les frontière furent édifiées seulement par des enjeux géopolitiques, durant la percée Russe en Asie Centrale à la fin du XIXème siècle. Heureusement que Pierre est encore là pour montrer la face réelle du Pakistan, l'hospitalité des peuples dardes, rappeler la beauté des vallées, et la sauvagerie de ces paysages du bout du monde, pour qu'ils ne tombent pas dans l'oublie.
Je me suis convaincu petit à petit de la nécessité de participer à cette aventure, en raison de son caractère unique, et bien sur de connaître ces paysages qui m’attiraient tant.
Contexte
Le village de Shimshal se trouve dans le Gojal Pakistanais, à 3 heures en jeep depuis Passu en remontant la vallée éponyme de Shimshal, le long des gorges autrefois inaccessibles de la Shimshal River. La rivière se faufile tant bien que mal entre le massif du Khunjerab et du sommet Karun Koh (7164mètres), au Nord, et la chaîne impressionnante de l'Hispar Muztagh, culminant à plus de 7885 mètres avec le Distaghil Sar, au Sud. Au bout de la vallée, après avoir traversé le glacier de Malanguti et ses sources chaudes au pied duquel se distinguent les plus haut sommet de la chaîne, se trouve le village reculé de Shimshal, un village Wakhi peuplé d’ismaéliens. Aujourd'hui relié par une route impressionnante, creusée à la main au prix de la sueur des Shimshalis durant 18 années de pénibles efforts, le village était autrefois à 3 jours de marche de Passu, avec le franchissement du col Qarun reliant la haute vallée de Shimshal de la vallée de Boibar, évitant ainsi les gorges infranchissables.
Les Shimshalis se sont installés dans une vallée aride, que seule l'irrigation à permis de rendre quelques terres fertiles, qui ne permettent pas d'assurer pour autant l'autarcie du village. D'origine nomades comme le sont leur voisins de Chapursan ou de Wakkhan, ils possèdent le plus grand cheptel d'ovins, de caprins et de yaks du Karakoram, qu'ils emmènent chaque été paître sur les pâturages verdoyants et fleuris du Shimshal Pass. Ce col marque exactement la ligne de partage des eaux: un goutte de pluie tombée côté ouest se déversera vers le Golfe d'Oman, une autre tombé un peu plus à l'Est arrivera dans la dépression du Lob Nord, après avoir traversée le désert du Taklamakan. Le but du voyage est justement de découvrir les paysages de "pamirs" du col, et la vie quotidienne des bergères qui gardent les troupeaux jusqu'à l'arrivée des premières neiges, puis de les accompagner dans leur grande transhumance d'automne - le Kutch - pour suivre les 7000 animaux revenir au village à travers de magnifiques gorges et de hauts cols face à la chaîne de l'Hispar Muztagh.
Sécurité
Je ne peux vous cacher que jusque dans le vol Paris-Islamabad, je me demandais encore ce que je "foutais" là! La réflexion fut longue, mais les faits statistiques, historiques, montrent qu'il est plus sûr de voyager dans les hautes vallées du Pakistan qu'en France même. Les faits sont bien là: aucun attentat à l'encontre de touristes dans les Northern Areas depuis 2001, aucun problème à l'encontre des membres des expéditions depuis cette même date. Seul point de doute: le passage d'Islamabad, où je considère important d'éviter de résider dans les quartiers ministériels et de représentation du pouvoir de l'armée, qui sont malheureusement des cibles d’attentats terroristes. Il n'y a aucune possibilité d'attentat dans la région du Baltistan et de Hunza-Gojal, étant peuplée très majoritairement par des peuples ismaéliens ou soufis, qui développent une haine profonde pour les fanatiques talibans qui ont ruiné toute perspective de développement du tourisme dans leurs vallées bénies par la nature. Gilgit en elle même est très sure, même si on ne peu négliger les possibles conflits ethniques. Quant à la région Chilasi, c'est belle et bien devenue un problème suite à l'attentat du Nanga Parbat perpétré par des terroristes talibanais, sans doutes soutenus par quelques membres des communautés les plus fanatiques de la vallée.
Plus aucun doute: je peux partir tranquillement dans le Karakoram!
Récit d'un voyage incroyable
Après un vol très scénique au dessus du Pir Panjal, de l'Himalaya et du Karakoram, nous arrivons à Gilgit comme prévu. Pas de retard sur le programme, du tout bon pour nous! Il est vrai que les aléas du climat oblige quelques réserves en cas qu'il soit nécessaire de se rendre par bus à Gilgit, à travers les magnifiques gorges de l'Indus dans le Kohistan et les vallées Chilasies. Nous avons pu admirer les sommets nord du Pir Panjal au niveau des vertes vallées Kaghan, les beaux lacs glaciaires et les sommets enneigées du Saran et Malika Parbat. Une fois passé le Babusar Pass, voici le géant Nanga Parbat, Pilier Ouest de la chaîne de l'Himalaya, un sommet de 8000 mètres véritablement imposant. C'est aussi la plus grande différence de dénivelé au monde: on passe de 1250 mètres au niveau de la KKH à 8125 mètres au sommet de la "Montagne Nue". On aperçoit rapidement nos premier grands 7000 du Karakoram, les Haramosh Peaks, et nous arrivons dans la vaste plaine bien verte de l'oasis de Gilgit, un point de convergence de nombreuses ethnies dardes qui parlent les langues khowar, Shinas, Baltis, Wakkhi et Burushaski. Petit arrêt dans le jardin de notre hôtel, déjeuner et départ pour la KKH vers le Nord, le long de la rivière Hunza à destination de Karimabad. Les gorges contournent le massif du géant des lieux, l'immense Rakaposhi qui écrase littéralement le paysage de la vallée.
Nous prenons le temps de découvrir la luxuriante vallée le lendemain matin, avec tout d'abord la visite du fort de Baltit à l'architecture intéressante, très proche des palais Laddhakis. La forteresse récemment restaurée par la fondation de l'Aga Khan, domine le village en terrasse de Karimabad, où poussent de très nombreux arbres fruitiers - abricotiers et pommiers étant les principaux produits d'exportation vers le Punjab et assurant l'économie de la vallée. Nous visitons aussi les canaux du village depuis le Eagle Nest ou nous déjeunons, perché sur un éperon dominant la vallée. Nous pouvons y apercevoir les sommets du Spantik et du Diran au Sud, et la flèche du Lady Finger et l'Hunza Peak au Nord, deux très belles montagnes dont les glaciers sont la source d'eau du village nécessaire pour l'irrigation des cultures.
Départ vers Passu le lendemain matin, après quelques heures de plus à glaner au village. Nous passons au pied du fort d'Altit. Je suis frappé par le bleu électrique de la rivière Hunza. Nous croisons le fantastique lac Attabad, résultat de l'effondrement d'un pan entier de la montagne au niveau du village éponyme, qui a submergé complètement ou partiellement plusieurs villages dont Gulmit, préfecture du district du Gojal. Les lumières sont magnifiques, le bleu du lac irréel, on distingue le sommet du Shispar à l'Ouest juste avant l'arrivée à l'embarcadère. L'activité y est frénétique, mais moindre que du côté aval du lac où se bousculent des dizaines de tracteurs et de camions pour décharger les provisions en provenance de la Chine. Il est encore tant d'en profiter. D'ici un mois tout au plus, le col du Khunjerab sera fermé, et le Gojal sera coupé du monde, le lac Attabad en aval étant gelé durant les longs mois d'hiver.
Nous arrivons juste pour le coucher de soleil sur les très esthétiques flèches du Passu Peak ou Tupopdan Sar sur les berges de la rivière Khunjerab, après avoir croisé en chemin de magnifiques points de vue sur la rivière a Hussaini et le glacier Passu dévalant plus de 4500 mètres de dénivelée. La matinée suivante, nous partirons vers Shimshal!
La traversée des gorges est vraiment impressionnante, il faut penser qu'il y a plus de 5500 mètres au dessus de nos tête. La route a souvent été creusé dans la roche, coupé dans les falaises ua pied du Karun Koh. La vallée s'élargit ensuite, nous découvrons le Col de Karun, traversons la rivière sur un pont suspendu au dessus de 150 mètres, puis continuons sur une route perchée jusqu'au glacier de Malanguti, descendant des sommets de 7000 mètres de l'Hispar. Il y a des sources tièdes au dénommé Kuh dans lesquels nous nous baignerons au retour, et beaucoup de menthe sauvage donnant une ambiance rafraichissante.
Nous visitons le village de Shimshal dans l'après-midi: visite des classes de l'école, des champs, et des plantations de boulots pour le bois de construction et d'épineux que les habitants entretiennent pour le feu de la cuisine. Les enfants jouent au cerf-volant. Le village est constitué de quatre hameaux où les maisons sont réparties au milieu des parcelles cultivées. Le blé vient juste d'être moissonné, il reste quelques fardeaux de paille pour les animaux l'hiver ci et là, et les derniers fruits séchés (des pommes) pour passer l'hiver. Nous passons encore du temps dans le village le lendemain matin, puis c'est le départ pour un trekking d'une dizaine de jours vers les pamirs de Shimshal, à travers les gorges sauvages de la Pamir-i-Tang sur des chemins acrobatiques. Les "pamirs" sont des plaines d'altitude caractéristiques du massif situé un peu plus au Nord. Le Khunjerab fait toujours géographiquement parti de la chaîne du Karakoram, mais il s'agit bien d'une zone de transition dans lequel vivent les rares moutons de Marco Polo, très menacés, des bharals, des ibex, des ours, des loups (ces deux derniers étant rares dans la région et passagers, venant sans doute depuis la vallée de Sarpo Laggo), et des léopards des neiges. Concernant ces derniers, un groupe de scientifiques pakistanais nous montrera a notre retour de magnifiques clichés d'un couple dans le secteur de Yazghil photographiés avec des pièges photographiques.
Nous campons le premier jour après seulement 2 heures de marche en bas des gorges, en face du glacier de Yazghil. Comme tous les soirs, je pars marcher durant 2 heures dans les alentours pour découvrir des points de vue et m'isoler un peu pour profiter du silence et de l'immensité des montagnes, de la beauté des paysages. Seconde journée jusqu'au lieu Furzeen (qui veut dire genévrier si mes souvenirs sont bons). Nous marchons maintenant sur les sentiers très aériens de la Tang, 1000 mètres au dessus du vide, à travers des gorges époustouflantes. Les paysages sont très minéraux, les sommets s'arrondissent un peu, nous arrivons petit à petit dans le Pamir. Troisième journée de trek, jusqu'à Ardab Purien, un site au roches mauves rougeâtres très esthétiques, avec une vue splendide sur un petit 6000, le Chart Pirt. il y a quelques yaks blancs qui paissent dans les rares épineux en fleurs. Dernière journée pour atteindre les estives d'été de Shimshal de Shujerab, un magnifique petit village saisonnier de pierre très rude mais très charmant, au pied du col de Shimshal. Des femmes de chaque familles passent l'été dans les estives avec les bêtes pour la confection du fromage et du beurre, et protéger les bêtes des possibles prédateurs. Il n'y a généralement pas d'hommes dans les estives l'été, ils sont occupés dans les champs au village. Mais pas de machisme pour autant, puisque quelques uns d'entre eux ont la dure tâche de passer l'hiver coupés du monde, de l'autre côté du col enneigé dans les pâturages de Sherelik, en compagnie des yaks les plus forts dans les vallées de Wusum et de Sarpo Laggo, très proche de la frontière chinoise. Des provisions de blé sont déposées durant l'été dans les refuges pour assurer la substance des hommes pour les 7 longs mois d'hiver. En effet, côté Shimshal, il n'y a pas de pâturages suffisant pour les yaks, seuls les jeunes yaks et les femelles steriles y sont descendus puisque trop faibles, ils ne survivrait pas l'hiver en altitude. Cette situation difficile est également le résultat de la redéfinition des frontières chino-pakistanaise, qui a privé Shimshal de ses grands territoires de la Shaksgam et de la Sarpo Laggo.
Nous passons les trois prochains jours dans les estives, pour connaître la vie de bergers et partager un petit bout de chemin avec les Shimshalies, assister à la traite des 9000 bêtes, du gardiennage des jeunes yaks, de la confection des fromages. C'est aussi l'occasion pour moi de visiter les alentours. Une première journée est consacrée à la visite du col où il ne reste plus d'herbe. Nous sommes au pied du Minglik Sar, un sommet de 6000 mètres glaciaires facile, très bel objectif pour les alpinistes modestes qui souhaitent réaliser une ascension dans des paysages magnifiques et découvrir la réalité d'un village Wakkhi. Nous atteignons l'autre estive de Shuwart, de l'autre côté du col, ou les bergères vivent une partie de l'été, afin d'assurer la rénovation des pâturages versant Shujerab. Les 1000 yaks sont tous localisés sur le col, il y a des grands mâles peu commodes et très intimidants, sur les berges des lacs certainement d'origine glaciaire. une chute de neige au retour assurent une ambiance agréable. Nous revenons tout juste pour assister au retour des bêtes dans l'enclot de pierre, qui franchissent un petit pont sur la rivière, et assister à la traite fastidieuse que les femmes réalisent à l'aube et au crépuscule. Pour la deuxième journée, nous nous rendons de nouveau sur le col, pour tenter l’ascension d'un sommet de 5500 mètres au dessus du village sans crampons. Nous terminons sur un petit glacier puis sur l'arrête trop enneigée, qui nous empêche de continuer jusqu'au sommet pour cette fois. Très beau point du vue sur l'ensemble du massif du Khunjerab et la destination de demain. Retour au village pour partager un moment avec les Shimshalis et manger un délicieux ragout de mouton préparé par la sœur d'Imtiaz, mon guide Shimshali. Pour la dernière journée aux estives, nous allons au fond de la vallée, jusqu'à un glacier présentant des très belles stalactites de glaces. Paysages désolés et glaciers suspendus sur les sommets des alentours. Le départ du Kutch a été décidé pour le lendemain matin, pour trois jours de descente jusqu'à Shimshal, empruntant un chemin différent que celui emprunté à l'aller avec le franchissement successifs des cols de Shashmirk et Ulzeen, deux très beaux balcons sur la chaîne des Hispar.
Malheureusement, le programme devra être changé aux aurores suite à un incident malheureux survenu dans notre groupe. Les Shimshalis nous montrent leur soutiens les plus exemplaires, leur générosité et leur ouverture d'esprit spectaculaire pour nous aider à surmonter un tragique accident pour l'un des membres de notre groupe.
Le retour s'effectuera donc par le même chemin qu'à l'aller, sur la "Parmir Highway". Retour à Shimshal en trois jours, puis sur Passu après une longue discussion avec Doulat Amin, un homme extraordinaire, premier professeur de l'école de Shimshal, d'une extrême sagesse. Nous rentrons ensuite à Passu puis Hunza où nous restons une journée pour profiter de la douceur des lieux. Nous en profitons pour visiter les champs, et tenter de monter aux pâturages de l'Ultar. Bien dommage car nous ne trouvons pas le chemin, alors que nous pensions suivre les canaux taillés dans la falaises, ceux-ci semblent bien trop dangereux à notre goût. Les couleurs d'automne se sont installées, la vallée s'est parée de magnifiques couleurs jaunes et rouges, c'est un spectacle fantastique.
Le retour à Islamabad en avion ne sera finalement pas possible du fait du mauvais temps, nous décidons donc d'emprunter la Karakoram Highway pour une longue descente de deux jours des gorges de l'Indus jusqu'aux plaines du Punjab. Nous quittons donc l'oasis de Gilgit et nous enfonçons dans le désert de Chilas, une vallée très aride sur les berges de l'Indus, mais parée de forêts d'altitudes sur ses hauteurs surement plus arrosées. Nous passons au pied du Nanga Parbat, tout aussi imposant depuis le sol que depuis les airs vingt jours plus tôt. Les femmes se font de plus en plus absentes lors de la descente, les chilasis étant plus conservateurs que les autres peuples dardes des hautes vallées. C'est d'ailleurs d'ici que furent entraîner les moudjahidines pour envahir le Cachemire sous la dictature du général Zia, sans nuls doutes une des raisons pour essayer de comprendre aujourd'hui l'appui de quelques Chilasis aux talibans qui ont lâchement exécuté les alpinistes au camp de base du Diamir un peu plus tôt cette année. Le Pakistan souffre aujourd'hui du fait de décision géopolitiques attisant les extrémismes. Nous passons auparavant à la confluence de la Hunza River et de l'Indus, qui marque surtout le point de suture des plaques indienne et eurasienne. Elle délimite également la chaîne de l'Himalaya (Est - Sud), des chaînes du Karakoram (Nord) et de l'Hindu raj (Oest), contrefort de l'Hindu Kuch. La végétation fait petit à petit son apparition, nous trouvons maintenant des arbres, sur les hauteurs, très loin, de grandes forêts de cèdres de l’Himalaya, nous arrivons au Kohistan, terre des Pastounes. L'activité économiques y est quasiment inexistante, seule ressource exploitée à outrance, l'activité forestière. Nous découvrons des troncs de cèdres sur les bords des routes et dans de nombreux camions à destination de la fournaise du Punjab. La région montre encore les séquelles des tremblements de terre dévastateurs qui frappent souvent la région, le dernier ayant survenu en 2009 il me semble. Les gorges sont maintenant très profondes, les routes aériennes, la vallée beaucoup plus verte, de nombreuses cascades dévalent les pentes des contreforts du Pir Panjal (l’Himalaya étant situé un peu plus à l'Est, de l'autre côté du Babusar Pass). De grands villages sont disposés sur les pentes, au milieu de champs en terrasse. Nous arrivons dans la nuit à Besham, après avoir traversé Dassu puis Pathan. Le lendemain matin, nous traversons un dernière fois l'Indus peu après Takhot et remontons dans les piémonts à travers les rizières. Le buffle fait également son apparition. Nous traversons bientôt des forêts de pins de l'Himalaya, les troupeaux des bergers Gujars sont nombreux sur les bords de la route. Le température est fraiche, nous sommes sur un plateau. Il faut encore traverser Mansehra puis Abbotabad où nous déjeunerons, une ville où l'élite militaire a installé ses meilleurs académies pour certainement chercher la douceur du climat (et où se cachait Ben Laden surement sous l'auspice de l'ISI voire de l'armée elle-même), avant de plonger vers la plaine du Punjab. Nous dormons sur Islamabad. Demain, je prends un vol au dessus du Karakoram pour des Monts Célestes pour Urumqi puis Pékin avant d'entreprendre un voyage d'un mois et demi au Tibet.
Un très beau voyage, un groupe génial, une paire de guides pakistanais très pros et vraiment sympas, une super organisation pour des projets toujours aussi incroyable du côté de Pierre Neyret, mais surtout une expérience mémorable, et un grande leçon de vie de connaître les particularités de cette partie du Pakistan, au peuple si hospitalier, si ouvert, si généreux. Un grande rétrospection sur notre propre société ignorante et hautaine.
Et une envie folle d'y retourner pour visiter de très nombreux coins tout aussi magnifiques.
Je vous invite à visiter le Pakistan en compagnie de Pierre que vous pouvez contacter sur: http://www.karakoram-ski-expedition.com/
Ou bien directement Jahangeer qui organisera à merveille la logistique de votre voyage encadré au Pakistan: http://www.visitagp.com/
Pour ma part, je vous propose de consulter quelques clichés du voyage sur mon site flickr, en cliquant sur le lien ci-dessous: http://www.flickr.com/...s/40746420@N03/sets/
N'hésitez pas à me demander des conseils en MP si vous souhaitez recevoir des retours sur ce voyage, sur la sécurité au Pakistan. Je ne peux que vous inciter a visitez mes amis Hunzakuts et Shimshalis et les paysages des vallées qu'ils habitent, ils vous recevront de la meilleure des façons, selon les traditions de l'hospitalité légendaire propre à la région!
A bientôt !
Jérémie
Beaucoup d'araignées en Thaïlande? English translation pending
Bonjour,
je serai en Thailande en décembre et janvier prochain. J'ai peur seulement de poser la question, mais je le fais : y a-t-il beaucoup d'araignées en Thailande, car je suis arachnophobe (vous n'imaginez même pas à quel point) ... Quelques personnes ont déjà posé la question sur ce forum ou sur d'autres, mais les réponses ne sont pas évidentes. Beaucoup disent qu'ils n'en ont jamais vu, d'autres qu'il y en a absolument PARTOUT ! C'est ce qui me fait un peu peur en fait ... Pouvez-vous me dire quelle est votre expérience par rapport à cela ? Et où les retrouve-t-on généralement ? Y-a-t-il des endroits spécifiques à éviter ?
Merciiii
je serai en Thailande en décembre et janvier prochain. J'ai peur seulement de poser la question, mais je le fais : y a-t-il beaucoup d'araignées en Thailande, car je suis arachnophobe (vous n'imaginez même pas à quel point) ... Quelques personnes ont déjà posé la question sur ce forum ou sur d'autres, mais les réponses ne sont pas évidentes. Beaucoup disent qu'ils n'en ont jamais vu, d'autres qu'il y en a absolument PARTOUT ! C'est ce qui me fait un peu peur en fait ... Pouvez-vous me dire quelle est votre expérience par rapport à cela ? Et où les retrouve-t-on généralement ? Y-a-t-il des endroits spécifiques à éviter ?
Merciiii
5ème voyage dans l'ouest américain... et certainement pas le dernier English translation pending
Hello à tous,
Comme promis, voici le compte-rendu de notre 5ème voyage ds l'ouest américain. Il s'est déroulé du 7 au 22 septembre. Je suis accompagnée de mes 3 grands enfants (29, 26 et 22 ans... enfin, ma fille fêtera son anniversaire à Supai... elle aurait qd même préféré Vegas pour avoir droit à un gâteau d'anniversaire... ) Et le programme comporte des pistes pour (presque) chaque jour:
J1: samedi 7 septembre: départ de Bruxelles à 14h00, arrivée à Las Vegas à 19h00 (escale à Londres) http://voyageforum.com/v.f?post=6187193#6187193
J2: di 8: Las Vegas (matin: achat glacière, nourriture, boissons…diner à Las Vegas) – Valley of Fire – (Lost City Museum >16h30) – nuit à Overton http://voyageforum.com/v.f?post=6188127#6188127
J3: lu 9: Overton – Valley of Fire – Lake Mead (Northshore Summit Trail ou/et Anniversary Narrows et/ou Bowl of Fire Southwest) – Henderson ? (achat au Galleria Mall) – Chloride ghost town Nuit à Kingman http://voyageforum.com/v.f?post=6189597#6189597
J4: ma 10: Kingman – descente à pied > Havasupai ou Kingman – Williams – Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6192029#6192029
J5: me 11: Havasupai ou Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6194416#6194416
J6 : je 12 : remontée en hélico – Wiiliams – Coal Mine Canyon + Alstrom Point/Wiregrass Canyon Trail ? – nuit à Page ou Sedona – Page http://voyageforum.com/v.f?post=6194810#6194810
J7: ve 13: Page: jet ski sur le lac Powell – sunset à Stud Horse Point ? – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6196310#6196310
J8: sa 14: Page: CBS/White Pocket (sans outfitter) – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6214668#6214668
J9: di 15: Lower Antelope Canyon – Buckskin Gulch (Edmaïers’Secret) – Toadstool Hoodoos? – sunset à Old Paria Nuit à Kanab http://voyageforum.com/v.f?post=6222790#6222790
J10: lu 16: Cedar Breaks NM en matinée + les Narrows ou Hidden Canyon (Zion NP) l’après-midi – Nuit à Springdale http://voyageforum.com/v.f?post=6227662#6227662
J11: ma 17: Progeny Peak (Zion NP) – ghost town Grafton (à Rockville) – Red Cliffs ? – Little Finland au sunset – Nuit à Las Vegas ou Yant Flat en matinée et Little Finland au sunset http://voyageforum.com/v.f?post=6230147#6230147
J12: me 18: Las Vegas (tte la journée et soirée-spectacle) http://voyageforum.com/v.f?post=6232698;#6232698
J13: je 19: Las Vegas – Rhyolite – Titus Canyon– Stovepipes Wells (Mosaic Canyon) – Golden Canyon – nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6238566#6238566
J14: ve 20: Death Valley (loc 4x4 chez Farabee) Ubehebe Crater – Racetrack Playa – Hidden Valley –Hunter Mountain Rd – Panamint Valley – Nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6242512#6242512
J15: sa 21 septembre : Death Valley (sunrise ds les dunes de Stovepipes Wells ) – Lone Pine (Alabama Hills) – Red Rock Canyon SP – Los Angeles : vol retour à 19h50 http://voyageforum.com/v.f?post=6250594#6250594
Région visitée (Nord Arizona - Extrême Sud Utah - Extrême Sud Nevada - Sud Californie)
Circuit de 3500 km
Il faut savoir que 1 mois 1/2 avant la date du départ je fais une vilaine chute, me retrouvant avec d'importants hématomes internes au niveau des 2 jambes. Malgré les soins appropriés (ponction du sang, kiné, etc...) et l'optimisme des médecins, à une semaine du départ, il faut se rendre à l'évidence: je ne serai pas complètement rétablie ... et les 2 longues randos prévues au programme ( Havasupai et Buckskin Gulch) me font un peu peur... De plus, la météo qui règne à ce moment ds l'ouest américain est catastrophique (je suis de près le carnet en live de Annie Molinet/Aiassa)... et les prévisions n'annoncent rien de bon pour les 5 premiers jours de notre séjour😕.... Je vois fondre comme neige au soleil notre rêve d'aller à Havasupai et de voir enfin CBS/White Pocket (après une 1ère tentative infructueuse en 2011 pour cause de mauvais temps). Du coup, je pense profiter de de ma chute et de mes problèmes aux jambes pour annuler gratuitement notre voyage, via l'assurance.... mais les enfants ne sont pas d'accord et veulent qd même tenter l'aventure....
Je me procure donc des bas de contention qui selon le médecin me permettront de pouvoir randonner sans trop de douleurs (reste à savoir si je pourrai les supporter ds la chaleur de l'ouest américain)... et ma fille apprend les rudiments d'un massage drainant efficace ... il faudra qu'elle joue à l'infirmière chaque soir...
En vitesse, je ressors mon fichier sur Sedona (région déjà visitée sommairement en avril 2010) pour préparer un plan B car je pressens qu'on va en avoir besoin... (alors que les enfants bcp plus optimistes se voient déjà se baignant ds les bassins turquoises d'Havasupai) Et j'ajoute à mon RB ttes les infos dont je dispose sur la région de Page, au cas où notre séjour ds cette ville devrait se prolonger...
Une chose est certaine: vu la météo et le programme prévu, il va falloir obtenir un très bon 4x4 chez Alamo à notre arrivée à Las Vegas.
Récit du jour 1 voir http://voyageforum.com/...post=6187193#6187193
Comme promis, voici le compte-rendu de notre 5ème voyage ds l'ouest américain. Il s'est déroulé du 7 au 22 septembre. Je suis accompagnée de mes 3 grands enfants (29, 26 et 22 ans... enfin, ma fille fêtera son anniversaire à Supai... elle aurait qd même préféré Vegas pour avoir droit à un gâteau d'anniversaire... ) Et le programme comporte des pistes pour (presque) chaque jour:
J1: samedi 7 septembre: départ de Bruxelles à 14h00, arrivée à Las Vegas à 19h00 (escale à Londres) http://voyageforum.com/v.f?post=6187193#6187193
J2: di 8: Las Vegas (matin: achat glacière, nourriture, boissons…diner à Las Vegas) – Valley of Fire – (Lost City Museum >16h30) – nuit à Overton http://voyageforum.com/v.f?post=6188127#6188127
J3: lu 9: Overton – Valley of Fire – Lake Mead (Northshore Summit Trail ou/et Anniversary Narrows et/ou Bowl of Fire Southwest) – Henderson ? (achat au Galleria Mall) – Chloride ghost town Nuit à Kingman http://voyageforum.com/v.f?post=6189597#6189597
J4: ma 10: Kingman – descente à pied > Havasupai ou Kingman – Williams – Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6192029#6192029
J5: me 11: Havasupai ou Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6194416#6194416
J6 : je 12 : remontée en hélico – Wiiliams – Coal Mine Canyon + Alstrom Point/Wiregrass Canyon Trail ? – nuit à Page ou Sedona – Page http://voyageforum.com/v.f?post=6194810#6194810
J7: ve 13: Page: jet ski sur le lac Powell – sunset à Stud Horse Point ? – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6196310#6196310
J8: sa 14: Page: CBS/White Pocket (sans outfitter) – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6214668#6214668
J9: di 15: Lower Antelope Canyon – Buckskin Gulch (Edmaïers’Secret) – Toadstool Hoodoos? – sunset à Old Paria Nuit à Kanab http://voyageforum.com/v.f?post=6222790#6222790
J10: lu 16: Cedar Breaks NM en matinée + les Narrows ou Hidden Canyon (Zion NP) l’après-midi – Nuit à Springdale http://voyageforum.com/v.f?post=6227662#6227662
J11: ma 17: Progeny Peak (Zion NP) – ghost town Grafton (à Rockville) – Red Cliffs ? – Little Finland au sunset – Nuit à Las Vegas ou Yant Flat en matinée et Little Finland au sunset http://voyageforum.com/v.f?post=6230147#6230147
J12: me 18: Las Vegas (tte la journée et soirée-spectacle) http://voyageforum.com/v.f?post=6232698;#6232698
J13: je 19: Las Vegas – Rhyolite – Titus Canyon– Stovepipes Wells (Mosaic Canyon) – Golden Canyon – nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6238566#6238566
J14: ve 20: Death Valley (loc 4x4 chez Farabee) Ubehebe Crater – Racetrack Playa – Hidden Valley –Hunter Mountain Rd – Panamint Valley – Nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6242512#6242512
J15: sa 21 septembre : Death Valley (sunrise ds les dunes de Stovepipes Wells ) – Lone Pine (Alabama Hills) – Red Rock Canyon SP – Los Angeles : vol retour à 19h50 http://voyageforum.com/v.f?post=6250594#6250594
Région visitée (Nord Arizona - Extrême Sud Utah - Extrême Sud Nevada - Sud Californie)

Circuit de 3500 km

Il faut savoir que 1 mois 1/2 avant la date du départ je fais une vilaine chute, me retrouvant avec d'importants hématomes internes au niveau des 2 jambes. Malgré les soins appropriés (ponction du sang, kiné, etc...) et l'optimisme des médecins, à une semaine du départ, il faut se rendre à l'évidence: je ne serai pas complètement rétablie ... et les 2 longues randos prévues au programme ( Havasupai et Buckskin Gulch) me font un peu peur... De plus, la météo qui règne à ce moment ds l'ouest américain est catastrophique (je suis de près le carnet en live de Annie Molinet/Aiassa)... et les prévisions n'annoncent rien de bon pour les 5 premiers jours de notre séjour😕.... Je vois fondre comme neige au soleil notre rêve d'aller à Havasupai et de voir enfin CBS/White Pocket (après une 1ère tentative infructueuse en 2011 pour cause de mauvais temps). Du coup, je pense profiter de de ma chute et de mes problèmes aux jambes pour annuler gratuitement notre voyage, via l'assurance.... mais les enfants ne sont pas d'accord et veulent qd même tenter l'aventure....
Je me procure donc des bas de contention qui selon le médecin me permettront de pouvoir randonner sans trop de douleurs (reste à savoir si je pourrai les supporter ds la chaleur de l'ouest américain)... et ma fille apprend les rudiments d'un massage drainant efficace ... il faudra qu'elle joue à l'infirmière chaque soir...
En vitesse, je ressors mon fichier sur Sedona (région déjà visitée sommairement en avril 2010) pour préparer un plan B car je pressens qu'on va en avoir besoin... (alors que les enfants bcp plus optimistes se voient déjà se baignant ds les bassins turquoises d'Havasupai) Et j'ajoute à mon RB ttes les infos dont je dispose sur la région de Page, au cas où notre séjour ds cette ville devrait se prolonger...
Une chose est certaine: vu la météo et le programme prévu, il va falloir obtenir un très bon 4x4 chez Alamo à notre arrivée à Las Vegas.
Récit du jour 1 voir http://voyageforum.com/...post=6187193#6187193
Islande... le tour de l'île et plus encore! English translation pending
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.
Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !
La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :
sites.google.com/site/fabuleuxvoya...
Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.
Bonne découverte et à + 🙂
_
Table des matières :
Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _
Présentation
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.
Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.
Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.
Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.
Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.
Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.
Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.
Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !
J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !
J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie
J0 : Mercredi 27 juin 2013
Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.
Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !
Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?
A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.
Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.
A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !
Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !
J1 : Jeudi 28 juin 2013
Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !
Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !
A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.
Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !
Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.
La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.
Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !
Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !
C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.
Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.
A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !
C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)
Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.
Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !
Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !
Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !
Distance parcourue dans la journée : 220 km

Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013
Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !
Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !
Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.
Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.
En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.
Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.
Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.
Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.
Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.
En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.
Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.
Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.
Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.
Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.
Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.
C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.
En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)
En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.
Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !
Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.
Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.
En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208
J3 : Samedi 30 juin 2013
Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !
Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.
Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.
Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.
Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.
Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.
Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !
Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.
Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419
La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.
En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.
Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.
L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)
De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.
Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.
En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !
Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.
Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.
Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !
Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.
Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.
En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km

Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013
Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.
Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.
Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.
Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.
La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.
A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.
Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.
Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.
Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !
Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !
Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !
Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.
Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.
Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.
Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.
Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !
Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.
Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.
Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.
Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.
A retenir : première journée sans pluie !
Distance parcourue dans la journée : 150 km

Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013
Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.
Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.
800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.
C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.
En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.
Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.
Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !
Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.
Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).
Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !
En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.
Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années
Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.
Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.
Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.
Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.
Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !
Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !
L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.
Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !
Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !
Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.
Distance parcourue dans la journée :

Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013
Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.
En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.
Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.
Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.
Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !
Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.
Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.
Altitude de départ : 180 mètres
Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.
Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée
Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !
Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.
Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.
A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.
Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.
Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !
Altitude d'arrivée : 740 mètres
La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.
Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037
La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !
Fin d'après-midi à Vik.
D'abord sur la plage de Reynisdrangur.
Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.
Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !
Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).
Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.
Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.
A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.
Distance parcourue dans la journée : 215 km

Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013
Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !
En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.
Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".
Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.
Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres
Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.
En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !
Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.
En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.
Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.
La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !
Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.
Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !
Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).
La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.
Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.
Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.
Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !
En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.
Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.
Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !
Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !
Distance parcourue dans la journée : 100 km.

Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013
Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.
Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.
Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?
En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.
Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.
A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres
La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.
11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.
Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.
Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.
A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?
En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.
Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.
Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.
Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.
Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !
De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.
Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)
Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.
En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.
L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.
Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.
Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !
Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !
Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.
Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.
Encore plus abstraite… à la Dali !
Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.
Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.
Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.
Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.
Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.
Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.
On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !
Distance parcourue dans la journée : 240 km.

Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013
Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.
Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.
La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.
Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).
Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !
Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.
Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.
On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.
Ici des eiders à duvet.
Là un arlequin plongeur.
Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.
La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !
Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.
Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.
Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.
Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.
Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.
Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km.
J10 : Samedi 6 juillet 2013
Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !
En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.
Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !
Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.
Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !
A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !
A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !
A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.
Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.
La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.
Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."
Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.
D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.
Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.
Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.
A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.
Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.
Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.
Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.
En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.
Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.
Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.
Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.
Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"
Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.
Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !
Distance parcourue dans la journée : 195 km

Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013
85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !
Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)
Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.
Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.
A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?
C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.
Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.
Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.
Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.
Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.
Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.
Altitude : un peu plus de 300 mètres.
Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.
C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !
Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.
Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)
Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…
En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !
Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !
Distance parcourue dans la journée : 30 km
J12 : Lundi 8 juillet 2013
Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.
En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.
Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.
La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !
Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.
Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.
Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.
Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse où nous trouvons notre bonheur.
Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".
Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.
D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.
Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.
En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.
Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.
Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.
Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !
Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !
Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.
Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.
La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…
Distance parcourue dans la journée : 140 km

Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013
100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.
Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.
A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.
Au début, il y encore un peu de vert !
Mais bientôt tout n'est plus que cendre…
Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.
Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.
Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.
Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !
Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.
Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.
Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !
Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.
Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.
Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.
A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).
Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.
Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.
Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.
A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.
La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.
Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.
Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.
Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.
Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.
Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.
Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.
Distance parcourue dans la journée : 335 km

Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013
Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).
Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !
Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.
En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.
Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.
Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.
Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.
Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.
Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !
Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.
Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).
Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.
En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.
Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.
En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.
En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.
Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !
Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.
Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !
Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.
Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !
Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !
Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.
Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.
Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !
Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !
Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.

Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013
Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !
Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.
Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.
Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.
Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !
Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !
Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.
Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !
Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.
Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.
Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !
15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.
Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.
Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.
Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)
Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique
En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.
Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.
Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.
En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.
D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.
Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !
Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.
La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.
Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.
Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…
Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.

Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013
9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.
A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.
En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…
Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !
Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.
J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !
Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.
Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !
Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !
Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.
Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.
A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.
Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.
Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.
Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.
Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !
Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.
Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.
Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres
J17 : Samedi 13 juillet 2013
Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.
Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.
Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.
Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)
Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.
Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.
Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !
C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !
Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.
Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !
Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.
Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.
C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plong��e. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !
Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.
C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.
Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !
Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.

Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013
Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.
Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.
Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.
Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.
Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.
Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !
Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.
Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.
Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !
Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?
Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?
Je lui laisse la parole :
Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.
La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.
L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement g��rable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.
Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.
Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.
Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.
Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.
Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.
Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.
Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !
Finalement nous annulons la deuxième plongée.
Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.
Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.
Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.
Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.
Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres
J19 : Lundi 15 juillet 2013
Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.
Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.
Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.
A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !
Alors, raconte…
Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.
Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.
L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.
Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement
Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.
Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !
Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.
Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.
Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !
Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.
Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.
Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :
… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.
Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.
Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.
Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !
Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.
Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.
Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.
A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.
Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !
Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !
Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres

Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013
Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…
En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.
On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.
A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.
Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.
Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.
Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.
A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.
Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.
Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.
Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.
Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.
Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.
C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.
Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".
Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.
Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.
Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".
Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.
Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.
Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.
Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !
On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.
En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !
La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !
Distance parcourue dans la journée : 185 km.

De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013
Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !
Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?
En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.
Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?
Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.
Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.
C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".
C'est indiscutablement notre cascade préférée !
Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.
Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.
Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.
Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.
Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !
Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.
A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !
Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.
Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.
Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.
Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).
La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.
Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.
Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !
Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)
Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.
Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.
On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet
Distance parcourue dans la journée : 285 km

Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013
"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !
Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.
280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.
Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.
Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.
Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.
La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.
Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !
A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.
Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.
La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.
"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !
Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.
Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.
Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.
Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.
Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.
Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.
Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.
En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.
Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !
Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres
J23 : Vendredi 19 juillet 2013
Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.
A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.
Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.
Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.
Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.
La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.
Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !
Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.
Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !
Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.
Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.
Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.
C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.
Une juste récompense après une journée difficile !
Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.
Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !
Tout est bien qui finit bien !
Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !

Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013
Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.
Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.
Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.
Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.
Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.
Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.
Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.
En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.
Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".
Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !
Bref, pas vraiment de chance, cette fois !
Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.
En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !
Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres
J25 : Dimanche 21 juillet 2013
Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.
A ce propos…
Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.
Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !
Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.
Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.
Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.
Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.
Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.
Ils surgissent bien de terre en bord de mer !
Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.
A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.
Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J
Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !
Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.
Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.
La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.
La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.
Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !
Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.
L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !
Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.
Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013
Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !
Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.
Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !
Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.
A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.
A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.
A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.
Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.
En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.
La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.
En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !
Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.
Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !
Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !
A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.
Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.
Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.
Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.
Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.
Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.
Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.
Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".
Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.
Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !
A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.
Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.
Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.

De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013
Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !
Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.
Je le laisse commenter sa matinée :
"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.
Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.
Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.
Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !
L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.
Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.
Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.
La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.
Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.
Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.
Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.
L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.
Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.
Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.
C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.
Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.
Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.
Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.
Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.
Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…
… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)
… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande
… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville
… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie
… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.
Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.
A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !

Le mot de la fin
Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.
Alors, qu'en est-il ?
A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.
Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.
Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.
En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.
Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.
Nos coups de cœur !
C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.
- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.
- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.
- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.
- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.
- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.
- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.
- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.
Ce qu'on a moins aimé :
- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.
- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.
Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !
A propos de l'itinéraire
Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.
Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.
En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.
A propos du véhicule
Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.
Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.
A propos des hébergements et des réservations
Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.
Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.
Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.
Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.
Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.
Faut-il réserver ou pas ?
La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.
Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).
Ouvrages et sites Internet utiles
Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000
Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :
* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/
* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677
* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home
* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...
* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/
* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...
* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/
* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/
* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html
Un dernier mot…
Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.
Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !
C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.
A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !
La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :
sites.google.com/site/fabuleuxvoya...
Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.
Bonne découverte et à + 🙂
_Table des matières :
Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _
Présentation
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.
Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.
Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.
Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.
Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.
Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.
Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.
Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !
J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !
J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie
J0 : Mercredi 27 juin 2013
Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.
Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !
Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?
A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.
Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.
A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !
Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !
J1 : Jeudi 28 juin 2013
Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !
Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !
A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.
Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !
Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.
La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.
Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !
Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !
C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.
Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.
A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !
C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)
Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.
Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !
Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !
Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !
Distance parcourue dans la journée : 220 km

Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013
Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !
Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !
Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.
Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.
En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.
Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.
Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.
Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.
Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.
En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.
Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.
Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.
Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.
Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.
Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.
C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.
En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)
En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.
Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !
Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.
Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.
En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208
J3 : Samedi 30 juin 2013
Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !
Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.
Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.
Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.
Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.
Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.
Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !
Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.
Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419
La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.
En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.
Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.
L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)
De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.
Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.
En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !
Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.
Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.
Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !
Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.
Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.
En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km

Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013
Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.
Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.
Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.
Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.
La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.
A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.
Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.
Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.
Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !
Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !
Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !
Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.
Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.
Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.
Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.
Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !
Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.
Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.
Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.
Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.
A retenir : première journée sans pluie !
Distance parcourue dans la journée : 150 km

Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013
Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.
Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.
800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.
C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.
En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.
Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.
Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !
Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.
Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).
Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !
En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.
Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années
Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.
Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.
Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.
Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.
Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !
Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !
L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.
Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !
Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !
Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.
Distance parcourue dans la journée :

Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013
Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.
En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.
Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.
Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.
Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !
Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.
Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.
Altitude de départ : 180 mètres
Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.
Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée
Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !
Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.
Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.
A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.
Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.
Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !
Altitude d'arrivée : 740 mètres
La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.
Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037
La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !
Fin d'après-midi à Vik.
D'abord sur la plage de Reynisdrangur.
Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.
Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !
Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).
Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.
Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.
A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.
Distance parcourue dans la journée : 215 km

Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013
Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !
En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.
Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".
Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.
Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres
Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.
En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !
Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.
En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.
Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.
La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !
Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.
Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !
Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).
La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.
Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.
Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.
Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !
En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.
Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.
Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !
Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !
Distance parcourue dans la journée : 100 km.

Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013
Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.
Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.
Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?
En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.
Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.
A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres
La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.
11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.
Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.
Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.
A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?
En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.
Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.
Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.
Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.
Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !
De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.
Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)
Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.
En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.
L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.
Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.
Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !
Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !
Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.
Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.
Encore plus abstraite… à la Dali !
Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.
Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.
Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.
Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.
Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.
Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.
On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !
Distance parcourue dans la journée : 240 km.

Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013
Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.
Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.
La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.
Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).
Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !
Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.
Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.
On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.
Ici des eiders à duvet.
Là un arlequin plongeur.
Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.
La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !
Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.
Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.
Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.
Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.
Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.
Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km.
J10 : Samedi 6 juillet 2013
Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !
En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.
Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !
Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.
Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !
A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !
A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !
A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.
Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.
La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.
Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."
Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.
D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.
Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.
Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.
A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.
Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.
Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.
Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.
En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.
Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.
Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.
Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.
Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"
Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.
Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !
Distance parcourue dans la journée : 195 km

Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013
85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !
Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)
Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.
Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.
A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?
C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.
Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.
Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.
Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.
Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.
Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.
Altitude : un peu plus de 300 mètres.
Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.
C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !
Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.
Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)
Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…
En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !
Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !
Distance parcourue dans la journée : 30 km
J12 : Lundi 8 juillet 2013
Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.
En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.
Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.
La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !
Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.
Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.
Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.
Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse où nous trouvons notre bonheur.
Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".
Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.
D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.
Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.
En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.
Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.
Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.
Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !
Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !
Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.
Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.
La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…
Distance parcourue dans la journée : 140 km

Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013
100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.
Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.
A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.
Au début, il y encore un peu de vert !
Mais bientôt tout n'est plus que cendre…
Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.
Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.
Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.
Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !
Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.
Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.
Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !
Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.
Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.
Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.
A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).
Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.
Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.
Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.
A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.
La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.
Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.
Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.
Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.
Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.
Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.
Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.
Distance parcourue dans la journée : 335 km

Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013
Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).
Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !
Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.
En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.
Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.
Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.
Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.
Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.
Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !
Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.
Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).
Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.
En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.
Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.
En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.
En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.
Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !
Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.
Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !
Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.
Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !
Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !
Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.
Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.
Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !
Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !
Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.

Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013
Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !
Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.
Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.
Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.
Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !
Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !
Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.
Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !
Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.
Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.
Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !
15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.
Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.
Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.
Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)
Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique
En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.
Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.
Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.
En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.
D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.
Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !
Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.
La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.
Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.
Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…
Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.

Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013
9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.
A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.
En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…
Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !
Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.
J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !
Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.
Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !
Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !
Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.
Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.
A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.
Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.
Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.
Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.
Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !
Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.
Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.
Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres
J17 : Samedi 13 juillet 2013
Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.
Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.
Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.
Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)
Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.
Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.
Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !
C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !
Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.
Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !
Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.
Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.
C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plong��e. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !
Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.
C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.
Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !
Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.

Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013
Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.
Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.
Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.
Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.
Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.
Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !
Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.
Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.
Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !
Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?
Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?
Je lui laisse la parole :
Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.
La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.
L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement g��rable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.
Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.
Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.
Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.
Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.
Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.
Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.
Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !
Finalement nous annulons la deuxième plongée.
Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.
Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.
Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.
Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.
Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres
J19 : Lundi 15 juillet 2013
Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.
Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.
Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.
A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !
Alors, raconte…
Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.
Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.
L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.
Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement
Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.
Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !
Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.
Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.
Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !
Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.
Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.
Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :
… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.
Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.
Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.
Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !
Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.
Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.
Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.
A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.
Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !
Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !
Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres

Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013
Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…
En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.
On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.
A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.
Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.
Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.
Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.
A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.
Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.
Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.
Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.
Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.
Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.
C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.
Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".
Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.
Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.
Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".
Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.
Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.
Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.
Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !
On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.
En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !
La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !
Distance parcourue dans la journée : 185 km.

De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013
Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !
Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?
En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.
Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?
Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.
Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.
C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".
C'est indiscutablement notre cascade préférée !
Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.
Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.
Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.
Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.
Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !
Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.
A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !
Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.
Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.
Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.
Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).
La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.
Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.
Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !
Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)
Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.
Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.
On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet
Distance parcourue dans la journée : 285 km

Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013
"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !
Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.
280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.
Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.
Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.
Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.
La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.
Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !
A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.
Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.
La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.
"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !
Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.
Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.
Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.
Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.
Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.
Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.
Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.
En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.
Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !
Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres
J23 : Vendredi 19 juillet 2013
Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.
A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.
Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.
Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.
Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.
La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.
Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !
Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.
Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !
Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.
Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.
Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.
C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.
Une juste récompense après une journée difficile !
Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.
Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !
Tout est bien qui finit bien !
Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !

Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013
Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.
Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.
Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.
Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.
Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.
Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.
Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.
En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.
Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".
Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !
Bref, pas vraiment de chance, cette fois !
Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.
En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !
Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres
J25 : Dimanche 21 juillet 2013
Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.
A ce propos…
Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.
Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !
Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.
Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.
Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.
Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.
Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.
Ils surgissent bien de terre en bord de mer !
Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.
A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.
Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J
Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !
Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.
Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.
La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.
La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.
Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !
Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.
L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !
Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.
Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013
Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !
Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.
Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !
Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.
A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.
A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.
A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.
Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.
En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.
La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.
En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !
Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.
Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !
Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !
A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.
Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.
Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.
Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.
Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.
Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.
Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.
Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".
Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.
Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !
A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.
Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.
Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.

De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013
Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !
Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.
Je le laisse commenter sa matinée :
"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.
Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.
Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.
Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !
L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.
Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.
Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.
La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.
Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.
Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.
Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.
L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.
Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.
Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.
C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.
Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.
Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.
Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.
Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.
Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…
… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)
… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande
… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville
… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie
… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.
Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.
A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !

Le mot de la fin
Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.
Alors, qu'en est-il ?
A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.
Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.
Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.
En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.
Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.
Nos coups de cœur !
C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.
- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.
- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.
- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.
- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.
- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.
- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.
- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.
Ce qu'on a moins aimé :
- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.
- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.
Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !
A propos de l'itinéraire
Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.
Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.
En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.
A propos du véhicule
Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.
Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.
A propos des hébergements et des réservations
Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.
Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.
Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.
Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.
Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.
Faut-il réserver ou pas ?
La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.
Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).
Ouvrages et sites Internet utiles
Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000
Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :
* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/
* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677
* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home
* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...
* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/
* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...
* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/
* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/
* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html
Un dernier mot…
Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.
Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !
C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.
A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

La région du GSENM English translation pending
"la région du GSENM"
Qu'est-ce que c'est ?
Grand Staircase Escalante-National Monument (GSENM).
Quel est votre top 10 dans cette région ?
...et comment s'est passé ton séjour Batinj ? Bon retour parmi nous !! 😉 Remets-toi vite du décalage horaire... 🙂
...et comment s'est passé ton séjour Batinj ? Bon retour parmi nous !! 😉 Remets-toi vite du décalage horaire... 🙂
18 jours en solitaire aux Etats-Unis English translation pending
Bonjour à tous !
Une semaine plus tôt j'ai présenté une courte vidéo de 2 minutes regroupant essentiellement les time-lapses que j'ai capturés durant mon périple en solitaire aux Etats-Unis; vous pouvez la visionner sur YouTube via ce lien: http://www.youtube.com/watch?v=-1aQD1Ja_3s
Après en avoir discuté sur le topic associé (http://voyageforum.com/...etats-unis-d6173621/), j'ai choisi de publier chaque semaine le récit illustré d'une journée de cet incroyable voyage !
Pour les personnes qui ne sont pas passées par ce topic, je me présente en quelques points:Matthieu20 ans, 4 moisEtudiant en Prépa au Lycée Faidherbe de Lille, filière MPPassionné de voitures, d'aéronautique et de nouvelles technologies Je vous joins préalablement mon Roadbook qui vous donnera une bonne idée de mon trajet: https//skydrive.live.com/redir?resid=79AB5337927...
Ceci étant fait, je vous souhaite une bonne lecture ! Notez que le premier jour est très peu illustré; il en sera tout autre pour les suivants.
SOMMAIREJour 1 en page 1: De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu'à Minneapolis...Jour 2 en page 1: San Francisco et de la compote de piedsJour 3 en page 2: Deux sommets, un musée plein de mange-fric, et des transports publiques atypiques Jour 4 en page 3: Un gros caprice chez HertzJour 5 en page 3: Course contre le SoleilJour 6 en page 4: Sur les lacs salés de Bonneville Jour 7 en page 4: Au bord du gouffre Jour 8 en page 4: Un fer à chevalJour 9 en page 5: Une journée au Grand Canyon Jour 10 en page 6: Une ville pas comme les autresJour 11 en page 7: 120°FJour 12 en page 7: La boucle est bouclée Jours 13 à 15 en page 8: Retrouvailles Jour 16 en page 8: ChicagoJours 17 et 18 en page 9: Dernière journée Les Etats-Unis ne me sont pas totalement inconnus; j'ai eu deux occasions d'y aller: une fois en 2009 avec les parents sur la côte Est (NYC, DC, Chicago) et une autre fois en 2010 dans le cadre d'un échange scolaire, dans le Wisconsin.
On m'a souvent reproché d'avoir l'esprit manuel d'une otarie, ce que je veux bien concevoir. En particulier, retenez que "l'ouverture facile" d'un paquet de gruyère râpé suffit à me dégouter de la vie...
Par ce voyage en solo, j'ai donc décidé de montrer que je pouvais me débrouiller seul. En fait j'aime me dire que ça fera office de service militaire, en plus cool bien sûr, bien que mon père ne soit pas trop de mon avis bizarrement !
Pour l'occasion, j'ai également prévu un matériel vidéo complet pour conserver le meilleur souvenir de cette expérience atypique. Un petit diagramme pour illustrer:

Bref, après une longue préparation, c'est le grand départ, le mercredi 7 août 2013.

JOUR 1 (7 août 2013): De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu’à Minneapolis…
Il est 4:20. Réveil, douche, déjeuner, dents, dernières vérifications : passeport, billet, tête etc. Voilà ça c’est fait ! Départ pour la gare Lille Europe où je prends mon TGV en direction de CDG à 6:02. Un dernier au revoir à Maman qui s’inquiète déjà alors que je trépigne intérieurement d’impatience à l’idée de partir vers l’inconnu; me voilà livré à moi-même !
Arrivé à CDG, je suis accueilli par un premier afficheur géant avec la liste des avions. Je cherche AF9300…. AF9300. Je trouve rien, je commence à paniquer, je vois un paquet de gruyère râpé dans ma tête, et puis je finis par me rendre compte du problème : « Et m*rde c’est écrit des deux côtés de l’afficheur ». Bref, je trouve finalement mon vol, Terminal 2E.

A la zone d’enregistrement, je remarque que tous les comptoirs Air France sont encore fermés tandis que Delta fait déjà circuler du monde. J’attends 15 minutes, 30 minutes… eh mais attendez : mon vol Air France est effectué par Delta ? Qu’est-ce que je fiche devant les comptoirs vides d’Air France ?!
Au moins j’arrive à prendre le train automatique sans me tromper de direction (facile en partant du terminus me direz-vous). Me voilà donc rapidement devant ma porte d’embarquement, deux heures avant l’embarquement prévu à 10:35. Mon avion est un Airbus A330-200. J’aurais préféré un B777 qui fait un peu plus « badass » avec ses deux énormes moteurs GE, mais après tout, l’A330 est mieux réputé pour sa fiabilité : je vais aux Etats-Unis, pas au sud du Groenland…

Ça n’empêche pas mon vol de partir presqu’une heure en retard faute de cabine pas prête. Cela promet pour l’escale à Minneapolis ! Le décollage se fait sans encombres. Je comprends toujours pas POURQUOI « all your electronic devices must be turned off » . Enfin bon, je savoure toujours autant le décollage; ah l’avion, quelle incroyable machine !
Plus tard j’apprends en discutant avec mon passager que celui-ci est un ancien policier de Los Angeles – dès lors je suis content d’avoir obéi aux ordres concernant les appareils électroniques… On discute un peu de nos voyages respectifs: lui revenait d’un périple en Europe et vantait le vin français !
Le service de Delta est correct sans plus; AirFrance fait mieux à mon gout. Surtout, on arrive une heure en retard à Minneapolis et juste APRES un avion chinois à l’immigration. Heureusement j’avais déjà parcouru VoyageForum donc aucun stress de mon côté. Pas le cas de tout le monde. J’essaye de rassurer quelques français ou bien je leur traduis les messages des agents Delta lorsqu’ils ne les comprennent pas. Je décide de rester avec un couple de français très sympa qui allait aussi à SFO.
A l’immigration j’ai eu beaucoup plus de questions que d’habitude !! « Why are you coming to the US? », « why are you traveling alone? », « do you have friends in the area? », « how are you renting a car? » etc.
Bref, je finis par passer, je récupère ma valise et j’attends le couple de français. Malheureusement Madame avait emporté du pâté de France, donc à la douane ça passe pas (d'où le titre du jour 1) ! Le couple m'incite à ne pas les attendre et je poursuis donc seul jusqu’au dépose bagage suivant. Au contrôle de sécurité je crois halluciner en voyant les énormes scanners corporels ! A la sortie du scanner, un agent me lance « You did a high score ! ». Peu importe la signification, j’étais surtout préoccupé par ma correspondance. Je réenfile tout à vitesse V puis sur les écrans, je lis à côté de ma correspondance : « departed ».
Reste donc à trouver le comptoir Delta pour transférer mon vol. Au début je demande sans le savoir au comptoir du lounge privé de Delta. On me répond gentiment: « If you do it here you’ll have to pay ». Je trouve finalement le comptoir pour les AUTRES gens, et on me transfert sur un vol pour SFO à 18:00… alors que ma correspondance était normalement prévue à 14:00. Je contacte donc l’hôtel pour prévenir de mon arrivée tardive et j’attends. Heureusement j’ai internet sur mon porta… j’ai rien dit. Bref j’attends.
Le couple de Français qui avait été bloqué à la douane me retrouve finalement. Un peu de compagnie c’est toujours plaisant ! On embarque finalement sur un Boeing 767-300 vieillissant. Fait amusant, je me retrouve en classe bétaillère côté hublot tandis que le couple de Français est placé en Business ! Durant le vol, j'aperçois au sol les grandes zones désertiques du Nevada que j'allais traverser quelques jours plus tard...

Après quatre heures de vol j’arrive ENFIN à San Francisco. Je trouve l’aéroport super ! Visiblement pas trop grand et très pratique; je trouve le BART facilement, quoique je me gratte un instant la tête en voulant prendre un ticket. $8.25 plus tard je pars pour le centre de SF. En sortant du BART vers 22:00 je dégaine ma GoPro et tandis que je filme, un passant me lance « Welcome to California ». C’est à croire que j’ai l’air d’un touriste avec mon backpack, ma grosse valise et ma caméra à la main !!
Je trouve aisément le Grant Plaza Hotel et je suis déjà surpris par le degré de la pente pour y accéder. Premier check-in de ma vie sans soucis, j’ai plus qu’à m’écrouler sur le lit. Ce que je ne sais pas encore, c'est que la vue me réserve une surprise...
Une semaine plus tôt j'ai présenté une courte vidéo de 2 minutes regroupant essentiellement les time-lapses que j'ai capturés durant mon périple en solitaire aux Etats-Unis; vous pouvez la visionner sur YouTube via ce lien: http://www.youtube.com/watch?v=-1aQD1Ja_3s
Après en avoir discuté sur le topic associé (http://voyageforum.com/...etats-unis-d6173621/), j'ai choisi de publier chaque semaine le récit illustré d'une journée de cet incroyable voyage !
Pour les personnes qui ne sont pas passées par ce topic, je me présente en quelques points:Matthieu20 ans, 4 moisEtudiant en Prépa au Lycée Faidherbe de Lille, filière MPPassionné de voitures, d'aéronautique et de nouvelles technologies Je vous joins préalablement mon Roadbook qui vous donnera une bonne idée de mon trajet: https//skydrive.live.com/redir?resid=79AB5337927...
Ceci étant fait, je vous souhaite une bonne lecture ! Notez que le premier jour est très peu illustré; il en sera tout autre pour les suivants.
SOMMAIREJour 1 en page 1: De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu'à Minneapolis...Jour 2 en page 1: San Francisco et de la compote de piedsJour 3 en page 2: Deux sommets, un musée plein de mange-fric, et des transports publiques atypiques Jour 4 en page 3: Un gros caprice chez HertzJour 5 en page 3: Course contre le SoleilJour 6 en page 4: Sur les lacs salés de Bonneville Jour 7 en page 4: Au bord du gouffre Jour 8 en page 4: Un fer à chevalJour 9 en page 5: Une journée au Grand Canyon Jour 10 en page 6: Une ville pas comme les autresJour 11 en page 7: 120°FJour 12 en page 7: La boucle est bouclée Jours 13 à 15 en page 8: Retrouvailles Jour 16 en page 8: ChicagoJours 17 et 18 en page 9: Dernière journée Les Etats-Unis ne me sont pas totalement inconnus; j'ai eu deux occasions d'y aller: une fois en 2009 avec les parents sur la côte Est (NYC, DC, Chicago) et une autre fois en 2010 dans le cadre d'un échange scolaire, dans le Wisconsin.
On m'a souvent reproché d'avoir l'esprit manuel d'une otarie, ce que je veux bien concevoir. En particulier, retenez que "l'ouverture facile" d'un paquet de gruyère râpé suffit à me dégouter de la vie...
Par ce voyage en solo, j'ai donc décidé de montrer que je pouvais me débrouiller seul. En fait j'aime me dire que ça fera office de service militaire, en plus cool bien sûr, bien que mon père ne soit pas trop de mon avis bizarrement !
Pour l'occasion, j'ai également prévu un matériel vidéo complet pour conserver le meilleur souvenir de cette expérience atypique. Un petit diagramme pour illustrer:

Bref, après une longue préparation, c'est le grand départ, le mercredi 7 août 2013.

JOUR 1 (7 août 2013): De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu’à Minneapolis…
Il est 4:20. Réveil, douche, déjeuner, dents, dernières vérifications : passeport, billet, tête etc. Voilà ça c’est fait ! Départ pour la gare Lille Europe où je prends mon TGV en direction de CDG à 6:02. Un dernier au revoir à Maman qui s’inquiète déjà alors que je trépigne intérieurement d’impatience à l’idée de partir vers l’inconnu; me voilà livré à moi-même !
Arrivé à CDG, je suis accueilli par un premier afficheur géant avec la liste des avions. Je cherche AF9300…. AF9300. Je trouve rien, je commence à paniquer, je vois un paquet de gruyère râpé dans ma tête, et puis je finis par me rendre compte du problème : « Et m*rde c’est écrit des deux côtés de l’afficheur ». Bref, je trouve finalement mon vol, Terminal 2E.

A la zone d’enregistrement, je remarque que tous les comptoirs Air France sont encore fermés tandis que Delta fait déjà circuler du monde. J’attends 15 minutes, 30 minutes… eh mais attendez : mon vol Air France est effectué par Delta ? Qu’est-ce que je fiche devant les comptoirs vides d’Air France ?!
Au moins j’arrive à prendre le train automatique sans me tromper de direction (facile en partant du terminus me direz-vous). Me voilà donc rapidement devant ma porte d’embarquement, deux heures avant l’embarquement prévu à 10:35. Mon avion est un Airbus A330-200. J’aurais préféré un B777 qui fait un peu plus « badass » avec ses deux énormes moteurs GE, mais après tout, l’A330 est mieux réputé pour sa fiabilité : je vais aux Etats-Unis, pas au sud du Groenland…

Ça n’empêche pas mon vol de partir presqu’une heure en retard faute de cabine pas prête. Cela promet pour l’escale à Minneapolis ! Le décollage se fait sans encombres. Je comprends toujours pas POURQUOI « all your electronic devices must be turned off » . Enfin bon, je savoure toujours autant le décollage; ah l’avion, quelle incroyable machine !
Plus tard j’apprends en discutant avec mon passager que celui-ci est un ancien policier de Los Angeles – dès lors je suis content d’avoir obéi aux ordres concernant les appareils électroniques… On discute un peu de nos voyages respectifs: lui revenait d’un périple en Europe et vantait le vin français !
Le service de Delta est correct sans plus; AirFrance fait mieux à mon gout. Surtout, on arrive une heure en retard à Minneapolis et juste APRES un avion chinois à l’immigration. Heureusement j’avais déjà parcouru VoyageForum donc aucun stress de mon côté. Pas le cas de tout le monde. J’essaye de rassurer quelques français ou bien je leur traduis les messages des agents Delta lorsqu’ils ne les comprennent pas. Je décide de rester avec un couple de français très sympa qui allait aussi à SFO.
A l’immigration j’ai eu beaucoup plus de questions que d’habitude !! « Why are you coming to the US? », « why are you traveling alone? », « do you have friends in the area? », « how are you renting a car? » etc.
Bref, je finis par passer, je récupère ma valise et j’attends le couple de français. Malheureusement Madame avait emporté du pâté de France, donc à la douane ça passe pas (d'où le titre du jour 1) ! Le couple m'incite à ne pas les attendre et je poursuis donc seul jusqu’au dépose bagage suivant. Au contrôle de sécurité je crois halluciner en voyant les énormes scanners corporels ! A la sortie du scanner, un agent me lance « You did a high score ! ». Peu importe la signification, j’étais surtout préoccupé par ma correspondance. Je réenfile tout à vitesse V puis sur les écrans, je lis à côté de ma correspondance : « departed ».
Reste donc à trouver le comptoir Delta pour transférer mon vol. Au début je demande sans le savoir au comptoir du lounge privé de Delta. On me répond gentiment: « If you do it here you’ll have to pay ». Je trouve finalement le comptoir pour les AUTRES gens, et on me transfert sur un vol pour SFO à 18:00… alors que ma correspondance était normalement prévue à 14:00. Je contacte donc l’hôtel pour prévenir de mon arrivée tardive et j’attends. Heureusement j’ai internet sur mon porta… j’ai rien dit. Bref j’attends.
Le couple de Français qui avait été bloqué à la douane me retrouve finalement. Un peu de compagnie c’est toujours plaisant ! On embarque finalement sur un Boeing 767-300 vieillissant. Fait amusant, je me retrouve en classe bétaillère côté hublot tandis que le couple de Français est placé en Business ! Durant le vol, j'aperçois au sol les grandes zones désertiques du Nevada que j'allais traverser quelques jours plus tard...

Après quatre heures de vol j’arrive ENFIN à San Francisco. Je trouve l’aéroport super ! Visiblement pas trop grand et très pratique; je trouve le BART facilement, quoique je me gratte un instant la tête en voulant prendre un ticket. $8.25 plus tard je pars pour le centre de SF. En sortant du BART vers 22:00 je dégaine ma GoPro et tandis que je filme, un passant me lance « Welcome to California ». C’est à croire que j’ai l’air d’un touriste avec mon backpack, ma grosse valise et ma caméra à la main !!
Je trouve aisément le Grant Plaza Hotel et je suis déjà surpris par le degré de la pente pour y accéder. Premier check-in de ma vie sans soucis, j’ai plus qu’à m’écrouler sur le lit. Ce que je ne sais pas encore, c'est que la vue me réserve une surprise...
Havasupai en hélicoptère English translation pending
Bonjour, j'aimerai bcp visiter les chutes d'havasupai. Mais ayant un enfant de 9 ans, faire la randonnee de 5 heure est impossible. Je comptais donc me rabattre sur l'helicoptere. Or je viens de voir que la seule compagnie qui gere havasupai est ouverte seulement de 10h a 13 hrs !!!!! Donc le retour se fera forcement avant 13 hrs !!!! Est-ce que j'ai bien compris ou qq chose m'echape-t-il ? Si certain y sont deja aller, merci de m'eclairer ....
Açores pour les randonneurs English translation pending
Bonjour,
Compte-rendu pour ceux qui sont intéressés par l’archipel des Açores :
- Le 24/08/2013 à 7h55 départ d’Orly vers Lisbonne. Départ de Lisbonne vers Horta (île du Faial) prévu à 13h25. L’avion a eu 2 heures de retard, donc une journée de congés gâchée dans les transports. 🤪
A l’aéroport de Lisbonne, il ne faut pas se fier aux numéros des portes d’embarquement indiquées sur votre billet d’avion. Il est important de vérifier la porte d’embarquement sur les écrans d’information.
De l’aéroport de Horta (il est plutôt situé à Castelo Branco) à la praia do Almoxarife, j’ai pris un taxi 16 € pour la course.
Le camping d’Almoxarife est situé face à la plage. 5,4€/jour pour une personne et une petite tente.
La température de l’eau de la mer est agréable
Le Pico, à l’aube, vu depuis la plage d’Almoxarife.
L’église d’Almoxarife
Pour faire les courses, il y a une superette à 3 km environ du camping. En sortant du camping, il faut tourner à gauche, passer à côté de l’église et aller jusqu’au bar qui fait l’angle de la rue où vous marchez. Tourner à gauche, et monter la rue qui est en face.
Compte-rendu pour ceux qui sont intéressés par l’archipel des Açores :
- Le 24/08/2013 à 7h55 départ d’Orly vers Lisbonne. Départ de Lisbonne vers Horta (île du Faial) prévu à 13h25. L’avion a eu 2 heures de retard, donc une journée de congés gâchée dans les transports. 🤪
A l’aéroport de Lisbonne, il ne faut pas se fier aux numéros des portes d’embarquement indiquées sur votre billet d’avion. Il est important de vérifier la porte d’embarquement sur les écrans d’information.
De l’aéroport de Horta (il est plutôt situé à Castelo Branco) à la praia do Almoxarife, j’ai pris un taxi 16 € pour la course.
Le camping d’Almoxarife est situé face à la plage. 5,4€/jour pour une personne et une petite tente.
La température de l’eau de la mer est agréable
Le Pico, à l’aube, vu depuis la plage d’Almoxarife.

L’église d’Almoxarife

Pour faire les courses, il y a une superette à 3 km environ du camping. En sortant du camping, il faut tourner à gauche, passer à côté de l’église et aller jusqu’au bar qui fait l’angle de la rue où vous marchez. Tourner à gauche, et monter la rue qui est en face.
Retour d'expérience d'un voyage en Polynésie: organisation, budget, séjour... English translation pending
Je reviens d’un séjour de 3 semaines en Polynésie cet été.
J’ai passé pas mal de temps ici à lire les commentaires afin de préparer ce voyage.
J’ai donc pensé qu’il serait juste en retour d’apporter quelques conseils à ceux qui préparent leur voyage.
Préparer son voyage soi-même ou passer par une agence : Je n’ai pas souhaité passer par une agence pour ce type de voyage. Ce n’est pas un pays à risque, il n’y a pas la barrière de la langue, on reste en France, toutes les réservations sont simples à faire par Internet.… Bref si vous êtes un peu organisé et que vous avez envie de faire un voyage qui corresponde 100% à vos goûts, la meilleure solution est je pense de gérer cela vous-même.
Choisir ses îles : L’avantage de préparer son voyage c’est également de choisir ses îles en fonction de ce qu’on recherche. La Polynésie est composée de grands groupes d’îles : les îles de la société, les Tuamotu, les Marquises, les Gambiers et les Australes. Vous ne pourrez pas tout faire, il faut donc choisir en fonction de la durée de votre séjour et de vos goûts. Pour notre part, nous nous sommes limités aux îles de la société et aux Tuamotu. C’est ce qui correspondait le plus à l’idée que je me faisais de la Polynésie et c’est ce qui nous attirait le plus. On conseille en général de passer 2 à 4 (ou plus) nuits par île. Sachant que 2 nuits reste juste puisque vous n’aurez alors qu’une seule journée pleine sur une île. Bref, la difficulté est de voir tout ce qu’on aimerait voir sans pour autant passer trop de temps dans les aéroports.
Il y a beaucoup d’informations sur le Web. Si besoin, le Lonely Planet sur la Polynésie est également un excellent guide touristique.
Voici un rapide tour des principales îles :
- Tahiti : Pas vraiment de plages magnifiques à Tahiti. Il y a toutefois beaucoup de choses à voir puisque l’île est grande. Il peut être intéressant d’y passer un peu de temps au retour (une, deux nuits ou plus), cela permet de s’assurer qu’on ne ratera pas son vol retour mais également de découvrir l’île. - Moorea : A 30mn en bateau de Tahiti. Les Tahitiens vont souvent y passer leur week-end. On est loin de l’idée qu’on peut se faire des îles désertes. Mais on est également très très loin du tourisme de masse. A noter qu’à partir de Juillet, on peut y voir des baleines. Intérieur luxuriant et très découpé avec de belles montagnes. De belles plages et des couleurs idylliques. Une agréable surprise pour nous et un de nos coups de cœur. - Huahine : On dit que c’est l’île préférée des Tahitiens et ce n’est pas pour rien. Plus sauvage que Moorea, c’est une île au relief érodé et luxuriante. - Raiatea : Pas/peu de plage ici. Raiatea est assez grande, c’est un centre administratif. C’est l’occasion d’en profiter pour en savoir plus sur la culture polynésienne. L’intérieur de l’île est également très beau. Si vous aimez les randonnées, il y a de quoi faire. On peut y voir des cascades, des rivières (ce qui est rare en Polynésie), des montagnes, … - Tahaa : Voisine de Raiatea aux eaux limpides. Ressemble un peu à Huahine. - Bora Bora : Changement de décor avec un lagon féérique. Toutefois l’île est très (trop?) touristique. Donc moins authentique. - Maupiti : Très petit (on peut faire le tour de l'île à pieds en 2h), peu touristique, magnifique lagon que l’on dit aussi beau que celui de Bora. On la compare un peu à Bora avant l'invasion des grands hôtels.
Les îles Tuamotu : Changement de décor, on va voir ici des atolls. Donc, pas de montagnes, ce sont des îles qui ne sont guère plus hautes que le niveau de la mer. L’atoll forme un anneau étroit qui entoure un immense lagon. Dépaysement garanti et paysages de cartes postales. - Rangiroa : Temple de la plongée. Pas / peu de plages. Immense lagon intérieur. - Tikehau : Atoll paradisiaque : on peut passer de motu en motu à la nage ou à pieds dans de petites passes. Ici, on est vraiment au bout du monde. Très peu de touristes, le paradis. Le village se trouve sur un bout de l’atoll assez réduit dont on peut faire le tour en vélo en moins d’une heure. Le coup de cœur de notre voyage. - Fakarava : Réserve Biosphére. L’île est tout de même un peu plus développée que Tikehau (plus de monde, plus d’infrastructures). Fakarava est bien plus grand que Tikehau (ici pas de tour en vélo ou alors il faut être sportif). - Manihi : Un autre petit atoll peu touristique.
Il y a bien d’autres îles, je n’ai cité que les plus connues. Chacune a son charme et nous n’avons jamais été déçus même si nous avons eu des coups de cœurs.
L’hébergement : Les principales formules sont les pensions de famille et les hôtels. Il y a des campings mais j’avoue ne pas m’y être intéressé (plus assez jeune pour ça J ). La pension reste un bon rapport qualité prix. J’avais pensé faire une ou deux nuits dans un grand hôtel pour voir ça une fois dans ma vie. Mais une nuit dans un grand hôtel coute à peu près le même prix que 4 nuits en pension voir parfois beaucoup plus… Le choix était donc vite fait, j’ai préféré rallonger mon séjour d’autant. Au final, aucun regret. Les pensions sont souvent tenues par des locaux et permettent de faire de belles rencontres. L’ambiance est familiale et moins impersonnelle que dans un grand hôtel.
Formalités : Pour votre escale à Los Angeles, vous devrez passer la douane. Même si vous faites un simple transit, c’est la même chose que si vous rentriez aux USA. Bref, il vous faudra nécessairement un passeport biométrique ou électronique en cours de validité ou un passeport individuel à lecture optique en cours de validité émis avant le 26 octobre 2005. Dans tous les cas, vous devrez impérativement demander une sorte de visa électronique en ligne : l’Esta. Les formalités payantes mais pas très chères se font ici . C’est assez rapide à obtenir (quelques jours en général) mais mieux vaut s’y prendre en avance. Le passage de la douane dans les deux sens (sortie de l’avion puis embarquement) prend beaucoup de temps et laisse peu de temps libre. Par contre, vous n’aurez pas à gérer vos valises.
Les réservations : J’ai réservé les vols 10 mois avant le départ et un de vols intérieurs était déjà complet. Donc, prévoyez votre voyage le plus tôt possible. Pour les pensions, en réservant 10 mois avant, vous n’aurez aucun souci. Pensez même à confirmer vos réservations 2 ou 3 mois avant votre départ. Un simple mail suffira pour demander confirmation. Ca permet de vérifier que les pensions n’ont pas oublié votre réservation (ça m’est arrivé). Vous en profiterez pour confirmer vos horaires d’arrivée puisque Air Tahiti change ses horaires deux fois par an et qu’ils auront donc peut-être été modifiés par rapport à votre réservation initiale. La plupart des pensions demandent des arrhes (à régler via Paypal ou par virement ou via des chèques de caution non encaissés). La plupart du temps tout se fait en ligne très simplement. Toutes les réservations se font sans problème par mail. Pour les avions, j’ai tout fait en ligne. J’ai simplement contacté une fois Air Tahiti par téléphone pour changer un vol mais vous pouvez aussi le faire par mail. Prévoyez large pour vos escales si vous en avez. On a eu une heure de retard sur le vol international retour. On a également eu 2h de retard sur un des vols intérieurs.
Les vols intérieurs de Air Tahiti : En fonction du nombre d’îles visitées, si vous réservez indépendamment tous vos vols, vous risquez d’avoir une addition salée. Air Tahiti propose donc une formule très intéressante d’un point de vue économique : Le Pass inter-îles. Vous pourrez faire autant de vols que vous le souhaitez (dans la limite d’un séjour de 28 jours). Mais il y a des conditions. Les principales sont : - vous ne devez pas revenir à Tahiti ou dans une île déjà visitée - vous ne pouvez pas revenir dans un archipel déjà visité. Pas possible par exemple de visiter Huahine (archipel de la société), puis Tikehau (archipel des Tuamotu), puis d’aller à Bora Bora puisque Bora est dans l’archipel de la société où vous êtes déjà allé.
Le prix du pass dépend du nombre d’archipels que vous allez visiter et de la saison. Pour vous donner une idée, en pleine saison et pour deux archipels (société et Tuamotu) nous avons payé env. 500 euros par personne. Pour 8 vols, cela nous a paru être une formule très intéressante. La réservation des vols se fait facîlement en ligne.
La seule difficulté ici, est d’arriver à composer votre itinéraire tout en respectant les règles du pass. C’est la seule chose qui a été la plus compliquée dans la préparation de ce voyage. J’ai d’ailleurs pas mal galéré pour faire un tour qui correspondait aux îles que je souhaitais visiter et j’ai dû faire quelques concessions. On trouve sur le site de Air Tahiti un fichier Excel avec tous les vols existants (jour de la semaine et heure). Cela m’a donné une idée. J’ai développé un petit logiciel qui m’a permis de pourvoir paramétrer les îles que je souhaitais visiter, le nombre de nuits mini et maxi souhaitées par île ainsi que les différentes dates possibles d’arrivée à Tahiti. Le logiciel calcule alors toutes les possibilités existantes et les affiche. Ca m’a permis de déterminer parmi les parcours possible celui qui correspondait le plus à mes attentes. J’avais fait un post dans ce topic qui décrivait le fonctionnement de ce programme. Ca n’a rien d’exceptionnel mais c’est assez pratique. Si besoin, m’envoyez moi un mp avec votre adresse mail et je vous le ferai suivre.
Les voitures : on peut réserver en ligne sans problème chez les grands loueurs. A noter que les sites ne sont pas forcément à jour sur l’emplacement des agences. Donc, n’hésitez pas à contacter votre pension par mail pour vous faire indiquer le loueur le plus pratique à partir de la pension.
Pour les excursions, inutîle de réserver très tôt. J’ai réservé un à deux mois à l’avance, ça suffisait largement.
Pour les plongées, je n’ai rien réservé et j’ai pu plonger à chaque fois que je le souhaitais sans problème.
Le voyage : Il y a 12 heures de vol jusqu’à Los Angeles, 2 heures d’escale puis 8 heures de vol jusqu’à Papeete.
En réservant vos vols, vous pourrez choisir vos places dès la réservation chez Air France. Pensez qu’un changement d’horaire (même de quelques minutes) vous fera perdre votre réservation de siège. Je m’en suis aperçu tardivement et Air France a même maintenu que je n’avais jamais réservé de sièges. Bref, vérifiez de temps en temps sur leur site qu’ils n’ont pas « oublié » vos numéros de sièges.
Je n’ai pas comparé les tarifs des autres compagnies vu que je n’ai pas payé mes billets (réservation avec des Mîles). Donc n’hésitez pas regarder ce qui existe d’autre et à quel prix.
En classe éco, on est quand même assez à l’étroit et le vol est très long. Evitez les places trop près des toîlettes (trop de passage) ou au premier rang (moins pratiques). Il y a de petits écrans incrustés dans les sièges devant vous et vous pourrez choisir parmi de jouer (c’est pas une Playstation quand même), voir des séries, des documentaires ou des films assez récents.
En comptant les escales, de chez nous (en province) à Moorea on a fait un voyage de 35h à l’aller. Au retour, de Papeete à chez nous, 30 heures de voyage. Bref compte tenu de la longueur du voyage, j’ai fait le choix d’un séjour long (3 semaines). A mon avis, partir 5 à 10 jours est trop court. Mieux vaut faire quelques économies, repousser son voyage d’un an et partir plus longtemps. A aller si loin, mieux vaut rentabiliser les heures perdues durant le voyage et le prix du billet. Sur une durée courte, il existe d’autres coins paradisiaques à visiter dans le monde . Le voyage est long, pensez à mettre des chaussettes de contention, vous arriverez en meilleur forme. Décalage horaire : en été, il est 12h de moins en Polynésie (11h en hiver). Le mieux est de s’appliquer le décalage horaire dès le départ. Par exemple, si vous décollez le soir à 19h de Paris, il est 7h du matin en Polynésie. Donc, il ne faut pas dormir avant Los Angeles. Ensuite, vous devrez impérativement dormir de LA à Papeete. Vous arrivez le matin à 5h heure locale il faudra alors tenir jusqu’au soir 20h/21h (surtout de ne pas faire de sieste). Si vous appliquez cette stratégie, le décalage horaire sera vite absorbé.
Le Budget : Je fais ici un calcul moyen sur la base de 2 personnes et 21 nuits en haute saison. Je prévois quelques plongées, quelques excursions, de la location de voiture. Je prends un hébergement dans des pensions assez confortables sans pour autant être exceptionnelles (notre critère de base était d’avoir sanitaires et sdb dans le bungalow). Cela vous permettra permet d’avoir un ordre d’idée de budget. C’est à vous d’adapter en fonction de la durée de votre séjour, de vos activités, de votre formule d’hébergement, …
- Vol A/R Paris Papeete : 2700 euros par personne => 5400 euros. - Pass Air Tahiti : 530 euros par personne => 1060 euros - Repas : 20 euros par repas et par personne => 1680 euros. A noter que si vous mangez local, vous serez plutôt à 13/15 euros par personne. Si vous avez une cuisine dans votre bungalow ce sera encore moins cher. J’ai donc pris un peu de marge ici. - Excursions : 80 euros par personne. 6 excursions sur le séjour => 960 euros. Cela peut comprendre : locations de bateau, sorties en mer, … - Plongées : comptez 50 à 60 euros par plongée par personne. Je pars sur 6 plongées par personne sur le séjour => 600 euros. Essayez de passer votre niveau 1 avant de partir si vous ne l’avez pas déjà. Sinon vous ne pourrez faire que des baptêmes. Toutefois, si vous passez 4 nuits dans une île, il reste jouable d’en profiter pour passer votre niveau 1. A noter qu’avec un niveau 1 vous pourrez aller jusqu’à 29m de profondeur en Polynésie. La Polynésie est aussi belle sur l’eau que sous l’eau. Il serait dommage de passer au travers d’un de ces deux aspects. De la même manière, j’ai croisé des gens qui ne venaient que pour plonger. Je trouve ça un peu dommage de faire autant de kilomètres pour ne s’intéresser qu’à un seul aspect de ce pays. J’ai compté dans le budget 6 plongées en 21 jours ce qui laisse du temps pour autre chose sachant que les sorties se font généralement par demi-journées (le plus souvent le matin) incluant deux plongées. Pensez qu’il ne faut pas prendre l'avion tout de suite APRES avoir fait une plongée bouteille. Il faut attendre 24h de préférence. On conseille le plus souvent d'attendre 12h avant de prendre l'avion pour les vols inter îles et 24h pour les vols internationaux. - Locations de voiture : Je pars sur un total de 4 jours de location à 85 euros par jour => 340 Cela dépendra des îles que vous visiterez et des excursions que vous avez prévues. Mais sur les grandes îles (Moorea, Huahine, Raiatea, Tahiti) il est quand même sympa de pouvoir se déplacer facîlement ou au moins de prendre un jour ou deux pour faire le tour de l’île. - Pensions : 94 euros * 21 nuits => 1974 euros Notre pension la moins chère était à 70 euros la nuit. J’ai fait une moyenne de nos différentes pensions et je suis arrivé à 94 euros. Bien entendu, ce sera variable en fonction de chaque pension et de la saison. - Divers (dépenses diverses, souvenirs, ….) : 600 euros
Total pour 2 pers et 21 nuits : 5400 (vols internationaux) + 1060 (Pass air Tahiti) + 1680 (repas) + 960 (excursions) + 600 (plongées) + 340 (location voitures) + 1974 (pensions) + 600 (divers) = 12614 Euros.
C’est clairement un gros budget. Mais ce n’est pas le genre de voyage qu’on fait tous les jours….
Quand partir Juillet, aout et septembre sont les meilleurs mois (voir ici). C’est l’hiver sur place. Cela correspond à un climat plus sec (peu/pas de pluies). L’eau est entre 25 et 26 degrés. Il fait environ 26-28 dans la journée. Le soir on doit être à 20/21 degrés. On a quand même eu de la pluie en Juillet. Sur place on nous a indiqué que le climat avait tendance à se décaler et que Juillet était un peu tôt pour partir. A noter que de Juillet à Octobre vous pourrez également voir les baleines (Juillet est le tout début de la saison, là encore, mieux vaut partir en août). Il fait nuit noire vers 18h en Polynésie. Donc on se lève tôt et on se couche tôt.
Pharmacie / santé Quelques idées pour préparer votre pharmacie ici. A noter que sur certaines îles comme Tikehau, il n’y a ni médecin ni pharmacie. D’où l’intérêt de prévoir pas mal de choses (comme des antibiotiques). J’ai une forte tendance à faire une tourista à chaque voyage. Ici, je n’ai eu aucun problème en 3 semaines et je n’ai vraiment pas fait attention (crudités, glaçons, eau du robinet lorsqu’elle était potable, glaces, …). Bref, c’est plutôt tranquille à ce niveau- là.
Coté assurances, s’il vous arrive un problème sur un atoll loin de tout pensez qu’un rapatriement sanitaire peut couter très très cher. J’ai trouvé les assurances de type Mondial Assistance beaucoup trop onéreuses. J’ai donc simplement utilisé l’assurance d’une carte bancaire. Les cartes Gold/Premier proposent généralement des contrats assez complets pour peu que vous réserviez votre voyage avec la dite carte. Cela vaut donc le coup de prendre ce type de carte même si vous ne la gardez qu’un an.
Bien que vous soyez en France, votre carte Vital et votre mutuelle ne pourront pas servir. Il existe en Polynésie un équivalent à notre sécu mais ce n’est pas la même chose que la nôtre. Vous devrez donc faire l’avance et vous faire rembourser en rentrant.
La faune : Pas / peu d’animaux en Polynésie. On regrette d’ailleurs l’absence d’oiseaux multicolores, … Même dans la forêt il n’y a pas de chants ou de cris d’animaux comme on peut en trouver ailleurs. Mais du coup, rien de dangereux. Pas de serpents ou d’araignées. Les seules bestioles notables sont : - les requins : on en voit beaucoup de petits… et des plus gros. Mais ici, il n’y a pas d’accidents dès lors qu’on ne fait pas n’importe quoi avec eux (genre essayer de les nourrir à la main), il n’y a pas de danger spécifique. - les scolopendres. Sorte de mille-pattes donc les piqûres peuvent être ennuyeuse. Mais on a exactement les mêmes dans le sud de la France donc rien de bien effrayant. - Les moustiques : Sur place, vous pourrez acheter du Off qui est un répulsif efficace. On en trouve dès l’arrivée au magasin de souvenirs de l’aéroport de Faa'a. Les spirales permettent également de prendre l’apéro tranquille sur la terrasse de son bungalow. Les diffuseurs électriques avec des recharges liquides sont très efficaces pour l’intérieur. A noter que vous trouverez sur place du Tamanu : une huîle naturelle faite avec une noix locale. C’est efficace pour tous les problèmes de peau (brulures, piqures, acné, ….). On a suivi les conseils locaux et on a effectivement trouvé ça vraiment très bien pour les piqures de moustiques. Un peu moins rapide à agir que les crèmes à base de cortisone mais mieux sur la durée (plus de trace des boutons) et plus naturel. On a définitivement adopté le produit. Je regrette de ne pas en avoir ramené plus, je viens d’en commander deux nouveaux flacons en ligne (bien plus chers que ceux l’achetés là-bas). - Les nonos : sortes de petits moucherons qui mordent. La morsure est très douloureuse et peut démanger plusieurs semaines. Le nono attaque surtout en fin d’après-midi mais pas la nuit. Il donne une plaque rouge boursoufflée d'environ 5 ou 6 cm. Les répulsifs moustiques n’ont aucun effet. La seule solution est de s’enduire de monoï dans lequel ils s’engluent. Ne surtout pas gratter les piqures de nonos même si la démangeaison est parfois limite supportable. Si le nono attaque sur une plage, fuir dans l’eau à plusieurs mètres du rivage. Nous n’en n’avons pas vu un seul durant notre voyage. - Les poulets ! C’est la plaie. Il y a des poulets sauvages partout. Les bestioles sont coriaces, on les voit parfois voler à plusieurs mètres de hauteur. Si-si, je vous jure, c’est des poulets de compet’. Mais surtout, les coqs chantent tout le temps (même en pleine nuit). Bref, pensez à prendre des boules quies. - Les chiens : il y a de nombreux chiens sauvages. Ils sont rarement agressifs mais ça arrive (en tous cas ça nous est arrivé). Généralement, il suffit de se baisser et de faire semblant de ramasser une pierre pour les faire fuir. Ils étaient vraiment nombreux à Huahine et à Raiatea. - Les poissons pierres. C’est la seule bestiole vraiment dangereuse. Il ne faut pas marcher dessus. Le plus simple reste donc d’avoir des chaussures d’eau (on en trouve à Décath) lorsqu’on marche dans la mer sur des rochers.
Téléphonie : N’utilisez pas votre forfait mobîle, cela pourrait vous couter très cher. Pensez à désactiver les données si vous l’allumez. Sur place, vous pourrez prendre une sim rechargeable chez l’opérateur local Vini. En arrivant à l’aéroport de Papeete, allez à la Poste qui est dans l’aéroport et achetez votre Sim. Ensuite, vous pourrez recharger directement en ligne sur Internet votre forfait si vous avez apporté une tablette ou un smartphone et que vous avez le wifi dans votre pension. Lorsque vous aurez votre numéro Vini sur place, pensez à le communiquer à Air Tahiti pour être informé des éventuels retards d’avion. J’avais également préparé des mails pour toutes les pensions et excursions. Je n’ai eu qu’à insérer mon numéro de Vini dans les mails quand je l’ai eu et à les envoyer. Ca permet de pouvoir être contacté en cas de problème. Vous aurez besoin d’un mobîle débloqué pour votre Vini card. Si vous ne souhaitez pas emporter votre Smartphone préféré, vous pouvez acheter un mobîle. Il y a des modèles types baroudeurs (étanches, incassables, qui tiennent la charge pendant une semaine, …). Par exemple le Samsung B 2710.
Argent / Carte bleue : La monnaie est le franc Pacific. 1 Euro = 119 FCP. Une méthode pratique pour passer des FCP en euro consiste à diviser par 100 puis à enlever 20%. Venez avec du liquide (1000 ou 1500 euros) puis utilisez au maximum votre CB pur retirer en FCP. En arrivant, juste à la sortie après les douanes, légèrement sur la gauche, un guichet automatique vous permettra de changer vos euros. A noter qu’il n’y aura aucun frais (de change ou autre) pour les retraits sur place avec votre CB puisque vous êtes en France. Toutefois, on atteint très vite son plafond de retrait et il n’y a pas des distributeurs dans toutes les îles. Voyez donc votre banque pour essayer de faire provisoirement augmenter votre plafond. Au retour, j’ai changé mes FCP en euros à Los Angeles après avoir repassé la douane.
Duty Free : Au retour, pour faire des emplettes sans taxes, choisissez Los Angeles. A titre d’exemple, une crème pour le visage achetée 33 euros à l’aéroport de Papeete était à 18 euros à Los Angeles.
Sécurité : Nous n’avons eu aucun sentiment d’insécurité. A aucun moment. C’est même un plaisir par rapport à la métropole de ne pas avoir à penser à ce genre de choses. On nous a conseillé de nous méfier sur certaines îles (Moorea, Rangiroa et surtout Tahiti) mais on n’a eu aucun problème. On nous y a expliqué qu’il fallait fermer le bungalow, qu’il n’y avait pas de vols avec effraction mais que si une porte ou une fenêtre était ouverte, il y avait des risques. Quoi qu’il en soit, prenez garde à votre passeport. Pensez que si vous le perdez ou qu’on vous le vole vous ne pourrez pas rentrer par Los Angeles avec un passeport provisoire. Il vous faudra donc essayer par Tokyo et c’est sans garantie.
Tout est prêt, il ne vous reste plus qu’à boucler vos valises : Voici donc quelques idées pour les remplir. - Pour les habits, prenez du léger. Une petite laine pour le soir (je ne l’ai utilisée qu’un seul soir). Sinon, des bermudas (pas besoin de pantalon sauf éventuellement pour le vol international vu qu’il fait froid dans les avions). Une paire de basquets pour la marche avec quelques chaussettes. Pour le reste, des tongs / sandalettes. Emportez des chaussures d’eau pour ne pas risquer de poser les pieds sur un poisson pierre. Pensez à prendre un chapeau et des lunettes de soleil. - Plein de crème solaire et de crème contre les coups de soleil. - Liseuse électronique (pour éviter de transporter de gros bouquins) - Palmes masque et Tuba - Un masque adapté à votre vue si vous avez des lunettes (on peut en faire directement en ligne moins cher que chez les opticiens). J’ai fait faire le mien ici. - Appareil photo étanche : par exemple un Olympus TG-820 (étanche 10m) ou un Olympus TG-1 (étanche 12m). Un conseil, configurez tous vos appareils photos à la même heure en arrivant. Vous verrez, ça facilitera fortement le tri de vos photos après votre retour J. - Un étui pour appareil photo pratique pour le snorkeling (ici par exemple). - Un caisson étanche pour vos plongées bouteille. - Un pèse valise électronique si vous prévoyez de faire pas mal d’achats sur place - Une multiprise de voyage. Très pratique puisqu’il n’y aura pas forcément beaucoup de prises électriques dans les pensions. Si vous devez brancher les diffuseurs anti-moustiques, recharger vos différents appareils, cela peut être bien utîle. - Des diffuseurs anti-moustique électriques (en emmener deux est une bonne idée pour couvrir les différentes pièces) avec des recharges liquides pour avoir de quoi dès les premiers soirs. Pour la suite, on a trouvé des recharges sur place sans problème. Idem pour les spirales, il y en a partout. - Une petite rallonge électrique qui ne tient pas de place : pratique pour disposer vos diffuseurs dans des pièces différentes comme vous le souhaitez. - Une ceinture avec doublure pour y mettre vos billets. Par exemple ici. - Une housse de protection pour vos liseuses et autres tablettes. Cela permet de les utiliser même à l’intérieur la housse. Pratique pour protéger vos appareils pendant une sortie bateau par exemple. - Des sachets de sel dessicant (vous en trouverez sur eBay pour quelques euros). Tout est très humide. Vous pourrez ainsi protéger vos appareils électroniques dans des sachets étanches avec un petit sachet de sel dessicant. En plus, c’est réutilisable, il suffit de les passer au four à micro-onde. - Des sacs de congélation de type ZipLoc. C’est étanche, pas cher et cela permet d’y mettre vos objets à l’abri de l’eau. - Une petite lampe électrique. Il fait nuit à 18h et l’extérieur des pensions n’est pas toujours éclairé, cela peut donc servir. - Un certificat médical d’aptitude à la plongée. - Votre permis bateau si vous l’avez. - Votre carnet de plongée si vous en avez un. - Des chaussettes de contention de classe 2. A mon avis, c’est vraiment un plus pour le voyage en avion compte tenu de sa durée. Cela évite les accidents de type phlébite. Ca vous permettra aussi d’arriver en pleine forme sans avoir les pieds gonflés et les jambes lourdes. - Du champoing solide (sous forme de savon) pour gagner de la place dans les valises (il y en a chez Lush, on a testé et on a adoré). - Une brosse à dent de voyage histoire de ne pas rester 24h sans se brosser les dents (pratique le dentifrice de Lush (non, je n’ai pas d’actions) qu’on trouve sous forme de petites pastilles solides à croquer). - Valises : Sur Air Tahiti : 1 bagage cabine/pers. Max : 10 kg. Dimensions maxi : 56cm x 36cm x 23cm. 1 Bagage soute/pers maxi 23Kg et 158cm max (hauteur + longueur + largeur). Prenez des valises solides (vu le nombre de vols et les escales sur les vols internationaux, il vaut mieux que ce soit un minimum costaud). Si possible, prenez les avec une serrure tsa (qui permet à la douane américaines de pouvoir ouvrir votre valise sans pour autant casser la serrure) - Un couteau Suisse
Préparer son voyage soi-même ou passer par une agence : Je n’ai pas souhaité passer par une agence pour ce type de voyage. Ce n’est pas un pays à risque, il n’y a pas la barrière de la langue, on reste en France, toutes les réservations sont simples à faire par Internet.… Bref si vous êtes un peu organisé et que vous avez envie de faire un voyage qui corresponde 100% à vos goûts, la meilleure solution est je pense de gérer cela vous-même.
Choisir ses îles : L’avantage de préparer son voyage c’est également de choisir ses îles en fonction de ce qu’on recherche. La Polynésie est composée de grands groupes d’îles : les îles de la société, les Tuamotu, les Marquises, les Gambiers et les Australes. Vous ne pourrez pas tout faire, il faut donc choisir en fonction de la durée de votre séjour et de vos goûts. Pour notre part, nous nous sommes limités aux îles de la société et aux Tuamotu. C’est ce qui correspondait le plus à l’idée que je me faisais de la Polynésie et c’est ce qui nous attirait le plus. On conseille en général de passer 2 à 4 (ou plus) nuits par île. Sachant que 2 nuits reste juste puisque vous n’aurez alors qu’une seule journée pleine sur une île. Bref, la difficulté est de voir tout ce qu’on aimerait voir sans pour autant passer trop de temps dans les aéroports.
Il y a beaucoup d’informations sur le Web. Si besoin, le Lonely Planet sur la Polynésie est également un excellent guide touristique.
Voici un rapide tour des principales îles :
- Tahiti : Pas vraiment de plages magnifiques à Tahiti. Il y a toutefois beaucoup de choses à voir puisque l’île est grande. Il peut être intéressant d’y passer un peu de temps au retour (une, deux nuits ou plus), cela permet de s’assurer qu’on ne ratera pas son vol retour mais également de découvrir l’île. - Moorea : A 30mn en bateau de Tahiti. Les Tahitiens vont souvent y passer leur week-end. On est loin de l’idée qu’on peut se faire des îles désertes. Mais on est également très très loin du tourisme de masse. A noter qu’à partir de Juillet, on peut y voir des baleines. Intérieur luxuriant et très découpé avec de belles montagnes. De belles plages et des couleurs idylliques. Une agréable surprise pour nous et un de nos coups de cœur. - Huahine : On dit que c’est l’île préférée des Tahitiens et ce n’est pas pour rien. Plus sauvage que Moorea, c’est une île au relief érodé et luxuriante. - Raiatea : Pas/peu de plage ici. Raiatea est assez grande, c’est un centre administratif. C’est l’occasion d’en profiter pour en savoir plus sur la culture polynésienne. L’intérieur de l’île est également très beau. Si vous aimez les randonnées, il y a de quoi faire. On peut y voir des cascades, des rivières (ce qui est rare en Polynésie), des montagnes, … - Tahaa : Voisine de Raiatea aux eaux limpides. Ressemble un peu à Huahine. - Bora Bora : Changement de décor avec un lagon féérique. Toutefois l’île est très (trop?) touristique. Donc moins authentique. - Maupiti : Très petit (on peut faire le tour de l'île à pieds en 2h), peu touristique, magnifique lagon que l’on dit aussi beau que celui de Bora. On la compare un peu à Bora avant l'invasion des grands hôtels.
Les îles Tuamotu : Changement de décor, on va voir ici des atolls. Donc, pas de montagnes, ce sont des îles qui ne sont guère plus hautes que le niveau de la mer. L’atoll forme un anneau étroit qui entoure un immense lagon. Dépaysement garanti et paysages de cartes postales. - Rangiroa : Temple de la plongée. Pas / peu de plages. Immense lagon intérieur. - Tikehau : Atoll paradisiaque : on peut passer de motu en motu à la nage ou à pieds dans de petites passes. Ici, on est vraiment au bout du monde. Très peu de touristes, le paradis. Le village se trouve sur un bout de l’atoll assez réduit dont on peut faire le tour en vélo en moins d’une heure. Le coup de cœur de notre voyage. - Fakarava : Réserve Biosphére. L’île est tout de même un peu plus développée que Tikehau (plus de monde, plus d’infrastructures). Fakarava est bien plus grand que Tikehau (ici pas de tour en vélo ou alors il faut être sportif). - Manihi : Un autre petit atoll peu touristique.
Il y a bien d’autres îles, je n’ai cité que les plus connues. Chacune a son charme et nous n’avons jamais été déçus même si nous avons eu des coups de cœurs.
L’hébergement : Les principales formules sont les pensions de famille et les hôtels. Il y a des campings mais j’avoue ne pas m’y être intéressé (plus assez jeune pour ça J ). La pension reste un bon rapport qualité prix. J’avais pensé faire une ou deux nuits dans un grand hôtel pour voir ça une fois dans ma vie. Mais une nuit dans un grand hôtel coute à peu près le même prix que 4 nuits en pension voir parfois beaucoup plus… Le choix était donc vite fait, j’ai préféré rallonger mon séjour d’autant. Au final, aucun regret. Les pensions sont souvent tenues par des locaux et permettent de faire de belles rencontres. L’ambiance est familiale et moins impersonnelle que dans un grand hôtel.
Formalités : Pour votre escale à Los Angeles, vous devrez passer la douane. Même si vous faites un simple transit, c’est la même chose que si vous rentriez aux USA. Bref, il vous faudra nécessairement un passeport biométrique ou électronique en cours de validité ou un passeport individuel à lecture optique en cours de validité émis avant le 26 octobre 2005. Dans tous les cas, vous devrez impérativement demander une sorte de visa électronique en ligne : l’Esta. Les formalités payantes mais pas très chères se font ici . C’est assez rapide à obtenir (quelques jours en général) mais mieux vaut s’y prendre en avance. Le passage de la douane dans les deux sens (sortie de l’avion puis embarquement) prend beaucoup de temps et laisse peu de temps libre. Par contre, vous n’aurez pas à gérer vos valises.
Les réservations : J’ai réservé les vols 10 mois avant le départ et un de vols intérieurs était déjà complet. Donc, prévoyez votre voyage le plus tôt possible. Pour les pensions, en réservant 10 mois avant, vous n’aurez aucun souci. Pensez même à confirmer vos réservations 2 ou 3 mois avant votre départ. Un simple mail suffira pour demander confirmation. Ca permet de vérifier que les pensions n’ont pas oublié votre réservation (ça m’est arrivé). Vous en profiterez pour confirmer vos horaires d’arrivée puisque Air Tahiti change ses horaires deux fois par an et qu’ils auront donc peut-être été modifiés par rapport à votre réservation initiale. La plupart des pensions demandent des arrhes (à régler via Paypal ou par virement ou via des chèques de caution non encaissés). La plupart du temps tout se fait en ligne très simplement. Toutes les réservations se font sans problème par mail. Pour les avions, j’ai tout fait en ligne. J’ai simplement contacté une fois Air Tahiti par téléphone pour changer un vol mais vous pouvez aussi le faire par mail. Prévoyez large pour vos escales si vous en avez. On a eu une heure de retard sur le vol international retour. On a également eu 2h de retard sur un des vols intérieurs.
Les vols intérieurs de Air Tahiti : En fonction du nombre d’îles visitées, si vous réservez indépendamment tous vos vols, vous risquez d’avoir une addition salée. Air Tahiti propose donc une formule très intéressante d’un point de vue économique : Le Pass inter-îles. Vous pourrez faire autant de vols que vous le souhaitez (dans la limite d’un séjour de 28 jours). Mais il y a des conditions. Les principales sont : - vous ne devez pas revenir à Tahiti ou dans une île déjà visitée - vous ne pouvez pas revenir dans un archipel déjà visité. Pas possible par exemple de visiter Huahine (archipel de la société), puis Tikehau (archipel des Tuamotu), puis d’aller à Bora Bora puisque Bora est dans l’archipel de la société où vous êtes déjà allé.
Le prix du pass dépend du nombre d’archipels que vous allez visiter et de la saison. Pour vous donner une idée, en pleine saison et pour deux archipels (société et Tuamotu) nous avons payé env. 500 euros par personne. Pour 8 vols, cela nous a paru être une formule très intéressante. La réservation des vols se fait facîlement en ligne.
La seule difficulté ici, est d’arriver à composer votre itinéraire tout en respectant les règles du pass. C’est la seule chose qui a été la plus compliquée dans la préparation de ce voyage. J’ai d’ailleurs pas mal galéré pour faire un tour qui correspondait aux îles que je souhaitais visiter et j’ai dû faire quelques concessions. On trouve sur le site de Air Tahiti un fichier Excel avec tous les vols existants (jour de la semaine et heure). Cela m’a donné une idée. J’ai développé un petit logiciel qui m’a permis de pourvoir paramétrer les îles que je souhaitais visiter, le nombre de nuits mini et maxi souhaitées par île ainsi que les différentes dates possibles d’arrivée à Tahiti. Le logiciel calcule alors toutes les possibilités existantes et les affiche. Ca m’a permis de déterminer parmi les parcours possible celui qui correspondait le plus à mes attentes. J’avais fait un post dans ce topic qui décrivait le fonctionnement de ce programme. Ca n’a rien d’exceptionnel mais c’est assez pratique. Si besoin, m’envoyez moi un mp avec votre adresse mail et je vous le ferai suivre.
Les voitures : on peut réserver en ligne sans problème chez les grands loueurs. A noter que les sites ne sont pas forcément à jour sur l’emplacement des agences. Donc, n’hésitez pas à contacter votre pension par mail pour vous faire indiquer le loueur le plus pratique à partir de la pension.
Pour les excursions, inutîle de réserver très tôt. J’ai réservé un à deux mois à l’avance, ça suffisait largement.
Pour les plongées, je n’ai rien réservé et j’ai pu plonger à chaque fois que je le souhaitais sans problème.
Le voyage : Il y a 12 heures de vol jusqu’à Los Angeles, 2 heures d’escale puis 8 heures de vol jusqu’à Papeete.
En réservant vos vols, vous pourrez choisir vos places dès la réservation chez Air France. Pensez qu’un changement d’horaire (même de quelques minutes) vous fera perdre votre réservation de siège. Je m’en suis aperçu tardivement et Air France a même maintenu que je n’avais jamais réservé de sièges. Bref, vérifiez de temps en temps sur leur site qu’ils n’ont pas « oublié » vos numéros de sièges.
Je n’ai pas comparé les tarifs des autres compagnies vu que je n’ai pas payé mes billets (réservation avec des Mîles). Donc n’hésitez pas regarder ce qui existe d’autre et à quel prix.
En classe éco, on est quand même assez à l’étroit et le vol est très long. Evitez les places trop près des toîlettes (trop de passage) ou au premier rang (moins pratiques). Il y a de petits écrans incrustés dans les sièges devant vous et vous pourrez choisir parmi de jouer (c’est pas une Playstation quand même), voir des séries, des documentaires ou des films assez récents.
En comptant les escales, de chez nous (en province) à Moorea on a fait un voyage de 35h à l’aller. Au retour, de Papeete à chez nous, 30 heures de voyage. Bref compte tenu de la longueur du voyage, j’ai fait le choix d’un séjour long (3 semaines). A mon avis, partir 5 à 10 jours est trop court. Mieux vaut faire quelques économies, repousser son voyage d’un an et partir plus longtemps. A aller si loin, mieux vaut rentabiliser les heures perdues durant le voyage et le prix du billet. Sur une durée courte, il existe d’autres coins paradisiaques à visiter dans le monde . Le voyage est long, pensez à mettre des chaussettes de contention, vous arriverez en meilleur forme. Décalage horaire : en été, il est 12h de moins en Polynésie (11h en hiver). Le mieux est de s’appliquer le décalage horaire dès le départ. Par exemple, si vous décollez le soir à 19h de Paris, il est 7h du matin en Polynésie. Donc, il ne faut pas dormir avant Los Angeles. Ensuite, vous devrez impérativement dormir de LA à Papeete. Vous arrivez le matin à 5h heure locale il faudra alors tenir jusqu’au soir 20h/21h (surtout de ne pas faire de sieste). Si vous appliquez cette stratégie, le décalage horaire sera vite absorbé.
Le Budget : Je fais ici un calcul moyen sur la base de 2 personnes et 21 nuits en haute saison. Je prévois quelques plongées, quelques excursions, de la location de voiture. Je prends un hébergement dans des pensions assez confortables sans pour autant être exceptionnelles (notre critère de base était d’avoir sanitaires et sdb dans le bungalow). Cela vous permettra permet d’avoir un ordre d’idée de budget. C’est à vous d’adapter en fonction de la durée de votre séjour, de vos activités, de votre formule d’hébergement, …
- Vol A/R Paris Papeete : 2700 euros par personne => 5400 euros. - Pass Air Tahiti : 530 euros par personne => 1060 euros - Repas : 20 euros par repas et par personne => 1680 euros. A noter que si vous mangez local, vous serez plutôt à 13/15 euros par personne. Si vous avez une cuisine dans votre bungalow ce sera encore moins cher. J’ai donc pris un peu de marge ici. - Excursions : 80 euros par personne. 6 excursions sur le séjour => 960 euros. Cela peut comprendre : locations de bateau, sorties en mer, … - Plongées : comptez 50 à 60 euros par plongée par personne. Je pars sur 6 plongées par personne sur le séjour => 600 euros. Essayez de passer votre niveau 1 avant de partir si vous ne l’avez pas déjà. Sinon vous ne pourrez faire que des baptêmes. Toutefois, si vous passez 4 nuits dans une île, il reste jouable d’en profiter pour passer votre niveau 1. A noter qu’avec un niveau 1 vous pourrez aller jusqu’à 29m de profondeur en Polynésie. La Polynésie est aussi belle sur l’eau que sous l’eau. Il serait dommage de passer au travers d’un de ces deux aspects. De la même manière, j’ai croisé des gens qui ne venaient que pour plonger. Je trouve ça un peu dommage de faire autant de kilomètres pour ne s’intéresser qu’à un seul aspect de ce pays. J’ai compté dans le budget 6 plongées en 21 jours ce qui laisse du temps pour autre chose sachant que les sorties se font généralement par demi-journées (le plus souvent le matin) incluant deux plongées. Pensez qu’il ne faut pas prendre l'avion tout de suite APRES avoir fait une plongée bouteille. Il faut attendre 24h de préférence. On conseille le plus souvent d'attendre 12h avant de prendre l'avion pour les vols inter îles et 24h pour les vols internationaux. - Locations de voiture : Je pars sur un total de 4 jours de location à 85 euros par jour => 340 Cela dépendra des îles que vous visiterez et des excursions que vous avez prévues. Mais sur les grandes îles (Moorea, Huahine, Raiatea, Tahiti) il est quand même sympa de pouvoir se déplacer facîlement ou au moins de prendre un jour ou deux pour faire le tour de l’île. - Pensions : 94 euros * 21 nuits => 1974 euros Notre pension la moins chère était à 70 euros la nuit. J’ai fait une moyenne de nos différentes pensions et je suis arrivé à 94 euros. Bien entendu, ce sera variable en fonction de chaque pension et de la saison. - Divers (dépenses diverses, souvenirs, ….) : 600 euros
Total pour 2 pers et 21 nuits : 5400 (vols internationaux) + 1060 (Pass air Tahiti) + 1680 (repas) + 960 (excursions) + 600 (plongées) + 340 (location voitures) + 1974 (pensions) + 600 (divers) = 12614 Euros.
C’est clairement un gros budget. Mais ce n’est pas le genre de voyage qu’on fait tous les jours….
Quand partir Juillet, aout et septembre sont les meilleurs mois (voir ici). C’est l’hiver sur place. Cela correspond à un climat plus sec (peu/pas de pluies). L’eau est entre 25 et 26 degrés. Il fait environ 26-28 dans la journée. Le soir on doit être à 20/21 degrés. On a quand même eu de la pluie en Juillet. Sur place on nous a indiqué que le climat avait tendance à se décaler et que Juillet était un peu tôt pour partir. A noter que de Juillet à Octobre vous pourrez également voir les baleines (Juillet est le tout début de la saison, là encore, mieux vaut partir en août). Il fait nuit noire vers 18h en Polynésie. Donc on se lève tôt et on se couche tôt.
Pharmacie / santé Quelques idées pour préparer votre pharmacie ici. A noter que sur certaines îles comme Tikehau, il n’y a ni médecin ni pharmacie. D’où l’intérêt de prévoir pas mal de choses (comme des antibiotiques). J’ai une forte tendance à faire une tourista à chaque voyage. Ici, je n’ai eu aucun problème en 3 semaines et je n’ai vraiment pas fait attention (crudités, glaçons, eau du robinet lorsqu’elle était potable, glaces, …). Bref, c’est plutôt tranquille à ce niveau- là.
Coté assurances, s’il vous arrive un problème sur un atoll loin de tout pensez qu’un rapatriement sanitaire peut couter très très cher. J’ai trouvé les assurances de type Mondial Assistance beaucoup trop onéreuses. J’ai donc simplement utilisé l’assurance d’une carte bancaire. Les cartes Gold/Premier proposent généralement des contrats assez complets pour peu que vous réserviez votre voyage avec la dite carte. Cela vaut donc le coup de prendre ce type de carte même si vous ne la gardez qu’un an.
Bien que vous soyez en France, votre carte Vital et votre mutuelle ne pourront pas servir. Il existe en Polynésie un équivalent à notre sécu mais ce n’est pas la même chose que la nôtre. Vous devrez donc faire l’avance et vous faire rembourser en rentrant.
La faune : Pas / peu d’animaux en Polynésie. On regrette d’ailleurs l’absence d’oiseaux multicolores, … Même dans la forêt il n’y a pas de chants ou de cris d’animaux comme on peut en trouver ailleurs. Mais du coup, rien de dangereux. Pas de serpents ou d’araignées. Les seules bestioles notables sont : - les requins : on en voit beaucoup de petits… et des plus gros. Mais ici, il n’y a pas d’accidents dès lors qu’on ne fait pas n’importe quoi avec eux (genre essayer de les nourrir à la main), il n’y a pas de danger spécifique. - les scolopendres. Sorte de mille-pattes donc les piqûres peuvent être ennuyeuse. Mais on a exactement les mêmes dans le sud de la France donc rien de bien effrayant. - Les moustiques : Sur place, vous pourrez acheter du Off qui est un répulsif efficace. On en trouve dès l’arrivée au magasin de souvenirs de l’aéroport de Faa'a. Les spirales permettent également de prendre l’apéro tranquille sur la terrasse de son bungalow. Les diffuseurs électriques avec des recharges liquides sont très efficaces pour l’intérieur. A noter que vous trouverez sur place du Tamanu : une huîle naturelle faite avec une noix locale. C’est efficace pour tous les problèmes de peau (brulures, piqures, acné, ….). On a suivi les conseils locaux et on a effectivement trouvé ça vraiment très bien pour les piqures de moustiques. Un peu moins rapide à agir que les crèmes à base de cortisone mais mieux sur la durée (plus de trace des boutons) et plus naturel. On a définitivement adopté le produit. Je regrette de ne pas en avoir ramené plus, je viens d’en commander deux nouveaux flacons en ligne (bien plus chers que ceux l’achetés là-bas). - Les nonos : sortes de petits moucherons qui mordent. La morsure est très douloureuse et peut démanger plusieurs semaines. Le nono attaque surtout en fin d’après-midi mais pas la nuit. Il donne une plaque rouge boursoufflée d'environ 5 ou 6 cm. Les répulsifs moustiques n’ont aucun effet. La seule solution est de s’enduire de monoï dans lequel ils s’engluent. Ne surtout pas gratter les piqures de nonos même si la démangeaison est parfois limite supportable. Si le nono attaque sur une plage, fuir dans l’eau à plusieurs mètres du rivage. Nous n’en n’avons pas vu un seul durant notre voyage. - Les poulets ! C’est la plaie. Il y a des poulets sauvages partout. Les bestioles sont coriaces, on les voit parfois voler à plusieurs mètres de hauteur. Si-si, je vous jure, c’est des poulets de compet’. Mais surtout, les coqs chantent tout le temps (même en pleine nuit). Bref, pensez à prendre des boules quies. - Les chiens : il y a de nombreux chiens sauvages. Ils sont rarement agressifs mais ça arrive (en tous cas ça nous est arrivé). Généralement, il suffit de se baisser et de faire semblant de ramasser une pierre pour les faire fuir. Ils étaient vraiment nombreux à Huahine et à Raiatea. - Les poissons pierres. C’est la seule bestiole vraiment dangereuse. Il ne faut pas marcher dessus. Le plus simple reste donc d’avoir des chaussures d’eau (on en trouve à Décath) lorsqu’on marche dans la mer sur des rochers.
Téléphonie : N’utilisez pas votre forfait mobîle, cela pourrait vous couter très cher. Pensez à désactiver les données si vous l’allumez. Sur place, vous pourrez prendre une sim rechargeable chez l’opérateur local Vini. En arrivant à l’aéroport de Papeete, allez à la Poste qui est dans l’aéroport et achetez votre Sim. Ensuite, vous pourrez recharger directement en ligne sur Internet votre forfait si vous avez apporté une tablette ou un smartphone et que vous avez le wifi dans votre pension. Lorsque vous aurez votre numéro Vini sur place, pensez à le communiquer à Air Tahiti pour être informé des éventuels retards d’avion. J’avais également préparé des mails pour toutes les pensions et excursions. Je n’ai eu qu’à insérer mon numéro de Vini dans les mails quand je l’ai eu et à les envoyer. Ca permet de pouvoir être contacté en cas de problème. Vous aurez besoin d’un mobîle débloqué pour votre Vini card. Si vous ne souhaitez pas emporter votre Smartphone préféré, vous pouvez acheter un mobîle. Il y a des modèles types baroudeurs (étanches, incassables, qui tiennent la charge pendant une semaine, …). Par exemple le Samsung B 2710.
Argent / Carte bleue : La monnaie est le franc Pacific. 1 Euro = 119 FCP. Une méthode pratique pour passer des FCP en euro consiste à diviser par 100 puis à enlever 20%. Venez avec du liquide (1000 ou 1500 euros) puis utilisez au maximum votre CB pur retirer en FCP. En arrivant, juste à la sortie après les douanes, légèrement sur la gauche, un guichet automatique vous permettra de changer vos euros. A noter qu’il n’y aura aucun frais (de change ou autre) pour les retraits sur place avec votre CB puisque vous êtes en France. Toutefois, on atteint très vite son plafond de retrait et il n’y a pas des distributeurs dans toutes les îles. Voyez donc votre banque pour essayer de faire provisoirement augmenter votre plafond. Au retour, j’ai changé mes FCP en euros à Los Angeles après avoir repassé la douane.
Duty Free : Au retour, pour faire des emplettes sans taxes, choisissez Los Angeles. A titre d’exemple, une crème pour le visage achetée 33 euros à l’aéroport de Papeete était à 18 euros à Los Angeles.
Sécurité : Nous n’avons eu aucun sentiment d’insécurité. A aucun moment. C’est même un plaisir par rapport à la métropole de ne pas avoir à penser à ce genre de choses. On nous a conseillé de nous méfier sur certaines îles (Moorea, Rangiroa et surtout Tahiti) mais on n’a eu aucun problème. On nous y a expliqué qu’il fallait fermer le bungalow, qu’il n’y avait pas de vols avec effraction mais que si une porte ou une fenêtre était ouverte, il y avait des risques. Quoi qu’il en soit, prenez garde à votre passeport. Pensez que si vous le perdez ou qu’on vous le vole vous ne pourrez pas rentrer par Los Angeles avec un passeport provisoire. Il vous faudra donc essayer par Tokyo et c’est sans garantie.
Tout est prêt, il ne vous reste plus qu’à boucler vos valises : Voici donc quelques idées pour les remplir. - Pour les habits, prenez du léger. Une petite laine pour le soir (je ne l’ai utilisée qu’un seul soir). Sinon, des bermudas (pas besoin de pantalon sauf éventuellement pour le vol international vu qu’il fait froid dans les avions). Une paire de basquets pour la marche avec quelques chaussettes. Pour le reste, des tongs / sandalettes. Emportez des chaussures d’eau pour ne pas risquer de poser les pieds sur un poisson pierre. Pensez à prendre un chapeau et des lunettes de soleil. - Plein de crème solaire et de crème contre les coups de soleil. - Liseuse électronique (pour éviter de transporter de gros bouquins) - Palmes masque et Tuba - Un masque adapté à votre vue si vous avez des lunettes (on peut en faire directement en ligne moins cher que chez les opticiens). J’ai fait faire le mien ici. - Appareil photo étanche : par exemple un Olympus TG-820 (étanche 10m) ou un Olympus TG-1 (étanche 12m). Un conseil, configurez tous vos appareils photos à la même heure en arrivant. Vous verrez, ça facilitera fortement le tri de vos photos après votre retour J. - Un étui pour appareil photo pratique pour le snorkeling (ici par exemple). - Un caisson étanche pour vos plongées bouteille. - Un pèse valise électronique si vous prévoyez de faire pas mal d’achats sur place - Une multiprise de voyage. Très pratique puisqu’il n’y aura pas forcément beaucoup de prises électriques dans les pensions. Si vous devez brancher les diffuseurs anti-moustiques, recharger vos différents appareils, cela peut être bien utîle. - Des diffuseurs anti-moustique électriques (en emmener deux est une bonne idée pour couvrir les différentes pièces) avec des recharges liquides pour avoir de quoi dès les premiers soirs. Pour la suite, on a trouvé des recharges sur place sans problème. Idem pour les spirales, il y en a partout. - Une petite rallonge électrique qui ne tient pas de place : pratique pour disposer vos diffuseurs dans des pièces différentes comme vous le souhaitez. - Une ceinture avec doublure pour y mettre vos billets. Par exemple ici. - Une housse de protection pour vos liseuses et autres tablettes. Cela permet de les utiliser même à l’intérieur la housse. Pratique pour protéger vos appareils pendant une sortie bateau par exemple. - Des sachets de sel dessicant (vous en trouverez sur eBay pour quelques euros). Tout est très humide. Vous pourrez ainsi protéger vos appareils électroniques dans des sachets étanches avec un petit sachet de sel dessicant. En plus, c’est réutilisable, il suffit de les passer au four à micro-onde. - Des sacs de congélation de type ZipLoc. C’est étanche, pas cher et cela permet d’y mettre vos objets à l’abri de l’eau. - Une petite lampe électrique. Il fait nuit à 18h et l’extérieur des pensions n’est pas toujours éclairé, cela peut donc servir. - Un certificat médical d’aptitude à la plongée. - Votre permis bateau si vous l’avez. - Votre carnet de plongée si vous en avez un. - Des chaussettes de contention de classe 2. A mon avis, c’est vraiment un plus pour le voyage en avion compte tenu de sa durée. Cela évite les accidents de type phlébite. Ca vous permettra aussi d’arriver en pleine forme sans avoir les pieds gonflés et les jambes lourdes. - Du champoing solide (sous forme de savon) pour gagner de la place dans les valises (il y en a chez Lush, on a testé et on a adoré). - Une brosse à dent de voyage histoire de ne pas rester 24h sans se brosser les dents (pratique le dentifrice de Lush (non, je n’ai pas d’actions) qu’on trouve sous forme de petites pastilles solides à croquer). - Valises : Sur Air Tahiti : 1 bagage cabine/pers. Max : 10 kg. Dimensions maxi : 56cm x 36cm x 23cm. 1 Bagage soute/pers maxi 23Kg et 158cm max (hauteur + longueur + largeur). Prenez des valises solides (vu le nombre de vols et les escales sur les vols internationaux, il vaut mieux que ce soit un minimum costaud). Si possible, prenez les avec une serrure tsa (qui permet à la douane américaines de pouvoir ouvrir votre valise sans pour autant casser la serrure) - Un couteau Suisse
Mon Road Trip aux Etats-Unis avec 3 cotravellers! English translation pending
Bonjour à tous,
J'ai fait un road trip aux Etats Unis du 29 Juillet au 31 août 2013. Comme j'ai eu plein d'astuces et de conseils en lisant vos anecdotes et expériences, je tiens à vous faire le carnet de mon voyage, en remerciement 🙂. Nous étions 4, 3 garçons et une fille (moi), qui nous sommes rencontrés par le site cotravel.org, et nous nous sommes retrouvés à Chicago. J'ai passé 5 jours avant à New York avec 1 des cotravellers. Je rêvais de ce voyage depuis des années, je n'ai jamais osé sauter le pas, par peur de l'avion (eh oui..). Je me suis décidée en allant sur le site de cotravel, et en m'engageant auprès de plusieurs personnes, je pouvais moins facilement faire marche arrière! Voila pour le contexte, place au récit!
29 Juillet
Départ de Paris CDG, arrivés à l'aéroport, on voit "vol retardé" d'une heure et demi...! Le vol se passe bien, l'avion est plus petit que ce que j'imaginais. Nous voyageons avec American Airlines. Nous avons une escale à Boston.
Sauf que, comme on a 1h30 de retard et qu'on a 3h pour la correspondance, on doit speeder pour avoir vol pour New York! On doit: • Sortir de l'avion (je suis bien sûr au dernier rang..), • Passer l'immigration (tamponner passeport, pourquoi on vient aux États Unis - ne pas répondre "pour un attentat", donner les empreintes, faire une photo, etc, ) • Récupérer nos bagages • Passer la douane en leur disant qu'on transporte que du pain.., • Déposer nos bagages pour l'avion vers New York, • Prendre la navette pour changer de terminal, • Repasser la sécurité (chaussures à enlever, controle sac etc) • Et enfin, trouver la porte d'embarquement.. On a atteri à 16h45, et notre avion décollait a 18h25.. On est arrivé a ..18h20 devant la porte d'embarquement..FERMÉE. "You missed your flight, 3minutes later.." Aaaaahhhhh!!!! Bon, on a loupé l'avion, heureusement, on nous place dans celui de 20h45.. Mais avec une autre compagnie et sans nos bagages!!! Arrivés à JFK, chacune des compagnies se renvoie la responsabilité, mais, après quelques allers retours d'un terminal à un autre, on arrive finalement à revoir nos bagages saines et sauves! Il est quand même plus de minuit et on est à 1h de chez notre "host" (trouvé sur le site couchsurfing). On tente le coup, en espérant qu'on nous ouvre la porte mais sorti du train, on ne trouve pas le bus, on tourne, on visite le Chinatown du Queens, Flushing, et on decide de ne pas deranger notre host et d'aller à l'auberge de jeunesse de New York. Il est 4h du matin, heure locale, 10h en France, on est légèrement exténués..!! Vivement demain!
J'ai fait un road trip aux Etats Unis du 29 Juillet au 31 août 2013. Comme j'ai eu plein d'astuces et de conseils en lisant vos anecdotes et expériences, je tiens à vous faire le carnet de mon voyage, en remerciement 🙂. Nous étions 4, 3 garçons et une fille (moi), qui nous sommes rencontrés par le site cotravel.org, et nous nous sommes retrouvés à Chicago. J'ai passé 5 jours avant à New York avec 1 des cotravellers. Je rêvais de ce voyage depuis des années, je n'ai jamais osé sauter le pas, par peur de l'avion (eh oui..). Je me suis décidée en allant sur le site de cotravel, et en m'engageant auprès de plusieurs personnes, je pouvais moins facilement faire marche arrière! Voila pour le contexte, place au récit!
29 Juillet
Départ de Paris CDG, arrivés à l'aéroport, on voit "vol retardé" d'une heure et demi...! Le vol se passe bien, l'avion est plus petit que ce que j'imaginais. Nous voyageons avec American Airlines. Nous avons une escale à Boston.
Sauf que, comme on a 1h30 de retard et qu'on a 3h pour la correspondance, on doit speeder pour avoir vol pour New York! On doit: • Sortir de l'avion (je suis bien sûr au dernier rang..), • Passer l'immigration (tamponner passeport, pourquoi on vient aux États Unis - ne pas répondre "pour un attentat", donner les empreintes, faire une photo, etc, ) • Récupérer nos bagages • Passer la douane en leur disant qu'on transporte que du pain.., • Déposer nos bagages pour l'avion vers New York, • Prendre la navette pour changer de terminal, • Repasser la sécurité (chaussures à enlever, controle sac etc) • Et enfin, trouver la porte d'embarquement.. On a atteri à 16h45, et notre avion décollait a 18h25.. On est arrivé a ..18h20 devant la porte d'embarquement..FERMÉE. "You missed your flight, 3minutes later.." Aaaaahhhhh!!!! Bon, on a loupé l'avion, heureusement, on nous place dans celui de 20h45.. Mais avec une autre compagnie et sans nos bagages!!! Arrivés à JFK, chacune des compagnies se renvoie la responsabilité, mais, après quelques allers retours d'un terminal à un autre, on arrive finalement à revoir nos bagages saines et sauves! Il est quand même plus de minuit et on est à 1h de chez notre "host" (trouvé sur le site couchsurfing). On tente le coup, en espérant qu'on nous ouvre la porte mais sorti du train, on ne trouve pas le bus, on tourne, on visite le Chinatown du Queens, Flushing, et on decide de ne pas deranger notre host et d'aller à l'auberge de jeunesse de New York. Il est 4h du matin, heure locale, 10h en France, on est légèrement exténués..!! Vivement demain!