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Voyage en Californie avec trois enfants pour août 2010 English translation pending
by Mjflarcanche · 2009-10-12 · 16 replies
nous souhaiterions partir dans l'ouest usa en famille avec nos 3 enfants qui auront 12, 7 et 3 ans 1/2. ce serait pour aout 2010 et pour environs 15 jours. ( pas plus de 18 jours.) j'ai beau lire les discussions du forum. je me perds . Plus je les lis, plus je me perds. j'avais envie de voir les deserts (monument valley, death valley...) mais je pense que ce n'ai pas résonnable avec notre dernier enfant. Mes enfants sont attirés par walt disney, seaworld, wild animal.. bref les parcs à loisir. Ma femme et moi, les parcs nature, et quelques villes comme L.A., san francisco, Las vegas.Je me demande si cette dernière est interressante avec nos enfants. nous nous demandons s'il serait préférable de prévoir ce voyage en voiture + hotel ou camping car Pourriez vous nous aider à préparer un parcours "idéal" pour la famille merci d'éclaircir ou de debrouiller mon cerveau enfumé..
Le low-cost, vous l'imaginiez comme cela? (humour) English translation pending
by Viajecuba · 2009-10-06 · 157 replies
vu sur Lepost.fr , " Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les principales compagnies aériennes à coût serré."

Easy Fric

Le réseau Les escales d’Easy Fric se calent sur les mouvements migratoires de deux catégories de population : les étudiants d’Erasmus et les retraités ouest-européens, en les mélangeant parfois. Quitte à inventer des chemins aériens aussi innovants qu'improbables comme Bergerac-Cambridge ou Maastricht-Rimini.

La philosophie Aussi appelé Air Supplément, c’est la seule compagnie au moooonde à proposer des Paris Berlin à 5 € à longueur d’année et de 4x3. Naturellement hors taxe d’aéroport. Et hors taxe de bagage en soute. Et hors taxe de bagage à main. Et hors taxe de CB. Et hors taxe de fauteuil, d’accoudoir, d’appui-tête, de ceintures …etc. En outre, Easy fric est la seule compagnie au moooonde à proposer à bord de ses avions des jambon-beurres et des Paris-Brest pour le prix d’un Paris-New-York. Toutes taxes comprises naturellement.

Le moment fort Cet instant délicieux où une hôtesse stagiaire de 62 ans vous explique en Volapük que votre I Pod est bien soumis lui aussi à la taxe de 60 € sur les bagages à main.

Air Inch Allah

Le réseau Soyez les bienvenus sur Air Inch Allah, la compagnie des vacances, des congés payés et de la rive sud de la Méditerranée. Une compagnie qui aime tellement le soleil et l’eau salée que toute la navigation s’effectue au sextant rouillé.

La philosophie Avec Air Inch Allah, vous êtes déjà là-bas. De la carlingue aux réacteurs, tout respire le sable chaud et l’artisanat local au meilleur prix. Quand au service client, ici tout se négocie âprement. Notamment le décollage et l’atterrissage.

Le moment fort Ah ! Cet enregistrement au T9 (pardon à Roissy 3) à 4 du mat’ avec les nouveaux passagers sur la ligne qui semblent découvrir l’existence de l’expression « pièce d’identité » et les habitués qui semblent découvrir l’existence de l’expression « excédent de bagages ». Un must.

O’Rabay Airlines

Le réseau Toutes les dessertes aériennes bénéficiant d’un vent arrière avec un aller-retour à Dublin tous les 5 ans pour la révision.

La philosophie Ici le maitre mot c’est Economie. Du pilote borgne au steward en liberté conditionnelle en passant par les fauteuils en bois rachetés à l’armée bulgare, tout a été obtenu au meilleur prix. Il se murmure qu’une navette circulaire Strasbourg – Nice – Toulouse – Brest serait à l’étude afin de pouvoir rogner 50 cm de l’aile droite.

Le moment fort Le moment où l’hôtesse va filtrer l’eau du réservoir du lavabo avant d’y plonger votre infusette de thé.

Air Baand’Eskrov

Le réseau Absolument toutes celles dont vous rêvez.

La philosophie Beaucoup d’attention portée à l’hébergement. C’est très important l’hébergement. Dans un pays exotique de préférence et avec un serveur parfaitement sécurisé et inviolable évidemment.

Le moment fort La veille du départ. Notamment le moment où, relevé de carte bleue en main, vous parvenez enfin à traduire du letton sur Babelfish cette annonce vocale : « Numéro telephone vous demander pas du tout affecter depuis longtemps ».
Treck des condors au Chili (20 octobre - mi-décembre 2009) English translation pending
by Denali12 · 2009-09-08 · 8 replies
Bonjour à toutes et à tous, je pars vers le 20 octobre et reviens mi décembre en France et je voyagerais de manière autonome (tente , sac à dos et tout le barda) j'ai très très envie d'aller faire cette rando , je voudrais juste savoir: primo si c'est envisageable seul ( à priori cela me semble parfaitement envisageable mais je préfère avoir comfirmation), et secondo, pour faire le sommet du Descabezado Grande, est il impératif d'avoir piolet /crampons ou simplement bâtons de rando et bonnes chaussures ( pour avoir vu des photos, je n'ai pas l'impression que les pentes enneigées du volcan soient d'une raideur extrême, mais ce ne sont que des photos), d'autre part cela m'arrangerait bien de ne pas avoir à prendre piolet/ crampons en plus des bâtons de rando.Je fais tout pour limiter le poids du sac à 15 kg max ( bouffe et flotte comprise), je n'ai plus 20 ans et qui veut voyager loin, ménage sa monture!!! Merci par avance de vos conseils avisés

d'autres ballades dans le sud sont prévues et il n'y a que l'embarras du choix

bien cordialement
Choix d'un camping-car pour faire le tour du monde? English translation pending
by Solevann · 2009-09-02 · 56 replies
Bonjour; Voici mon premier post sur ce forum que je lis depuis très longtemps. Pourriez vous m'aider? Nous préparons un tdm en cc avec 2 enfants. notre choix pour l'achat du cc se porterait sur un cc capucine de marque Vilamobil (Rimor) modèle Cario 7.5, sur porteur Ford 140 cv, roues jumelées, propulsion. De 2007 avec 60 000 km, clim, régul vitesse...Quelqu'un connait-il cette marque, peut-il me donner son avis? Ou à défaut sur le porteur, la motoriastion, etc... Merci beaucoup par avance.

Coralie et Alain
Parcs de Zambie et du Zimbabwe English translation pending
by Mango12 · 2009-08-04 · 31 replies
Salut,

Mon mari et moi revenons de trois semaines passées au Botswana et en Zambie (South Luangwa) et nous n'avons qu'une envie: repartir au plus vite! Nous envisageons cette fois de faire le Zimbabwe (Hwange, Matusadona et Mana Pools) et de finir par le parc du Lower Zambezi en Zambie (jute en face de celui de Mana Pools). La question est la suivante: est-ce possible de passer la frontière (le Zambèze) à cet endroit? Merci d'avance pour vos réponses et conseils.
Condensé de notre périple: vingt-quatre jours dans l’Ouest américain English translation pending
by Brihen · 2009-07-29 · 46 replies
Bonjour,

Après avoir écumé le forum et ses précieux conseils pendant de longs mois, nous sommes enfin partis pour ce merveilleux voyage. Merveilleux…. il le fût. Nous avons découvert des paysages à se pâmer, des couleurs indescriptibles, des décors incroyablement variés et des américains super sympa et accueillants.

Ceci n’est pas un récit complet et journalier de notre périple, mais juste un petit compte rendu de nos impressions sur ce fabuleux voyage.

Avant tout propos, un super grand Merci :

- aux co-auteurs (Thierry Lagarde et Philippe Schuler) du site OuestUSA (ma bible) :
http://ouestusa.fr/

et plus particulièrement à Philippe (alias Sedonax) pour sa grande disponibilité, ses connaissances sans faille et tous les judicieux conseils qu’il m’a prodigués.

- aux forumeurs : Aissia et André, Alexvanille, Dommm63, Fred XIII, Frisoulette, Grisemote, Itat, Kathsin, Krikri6792, Laurence49b, Lespartiate, leTigre, Mlefevre, Monkiwi, PSI31, Virginath, Vnoa, , Vasyvite (à l’humour parfois un peu grinçant ! 😛) pour leur site, leur récit, leur aide très appréciés.

- et à tous les autres que je ne peux nommer, qui, par leurs récits, leurs questions ou leurs réponses, m’ont aussi grandement aidé.

Les présentations : Petit groupe de ch’tis composé : d’un couple d’amis (JM et N), de notre fille (Isa) et de nous-mêmes (Bribri et Riri) – C’est le 1er voyage aux USA pour tous, sauf Isa.

Circuit effectué du 21 mai au 14 juin 2009 : San Francisco – Monterey – Los Angeles – Grand Canyon – Page – Monument Valley – Moab – Torrey – Bryce –Zion – Las Vegas – Death Valley - Yosemite – San Francisco.

Kilométrage parcourus : 6000 km environ

Préparation du voyage : une bonne année !! Et oui, j’suis pas rapide !

Documentation :

- Guide « National géographic » : San Francisco

- Guide du routard

- Guide Michelin : l’Ouest Américain

- Guide bleu « Hachette » : les grands parcs

- divers sites et récits « Internet »

- le forum et ses « gentils » forumeurs

Je pense que vous comprendrez mieux maintenant pourquoi plus d’un an de préparatif a été nécessaire, il a fallu le temps de les dévorer ces guides !

Réservations :

1/ Le vol : billets d’avion achetés sur Internet environ 10 mois avant le départ et sièges réservés dès que cela fût possible.

Aller : vol direct Roissy/San Francisco – Air France

Retour : vol avec escale à Minneapolis – Northwest Airlines.

2/L’hébergement :

Hôtels, bungalows et B and B réservés sur Internet au moins 6 mois avant le départ (et presque 1 an avant pour ceux situés dans les parcs) - J’ai noté, in fine, quelques appréciations à ce sujet.

3/ Véhicule de location:

Beaucoup d’hésitation quant au choix du véhicule : 4/4 ? pas 4/4 ?....Vu le peu de pistes empruntées pour ce 1er voyage, l’idée du 4/4 a été abandonnée (merci forum). Aucun regret. Vu les Km à parcourir dans un laps de temps assez court, ’il n’aurait pas été possible de sortir des sentiers battus : sniff sniff

Notre demande : Van 7 places - réservé par le biais de elocationde voiture. A recommander - Prix très intéressant par rapport aux offres des 7 ou 8 concurrents sélectionnés. Plein d’essence inclus + 5 conducteurs + toutes assurances comprises (dont bien sur SLI Ø1.000.000 $) sauf pneus/bris de glaces et sans la PAI que nous avons pris en sus,

Agence ALAMO – Bush Street à San Francisco : Aucun problème– En moins d’1/4 d’heure tout était bouclé à mon grand étonnement ! (J’avais lu pas mal d’appréciations négatives à leur encontre.)

Véhicule obtenu : van 7 places, « KIA » en excellent état pour ne pas dire neuf et super confortable (un peu gourmand peut être…. Mai vu le coût de l’essence le budget n’en a pas trop souffert)

4/ Activités : bookées un peu avant le départ pour quelques unes, le reste réservé sur place

Coût/personne en euros:

Billets d’avion : 760, 86

Shuttle Aéroport/hôtel : 14, 41

Location van : 171, 53 + Assurance PAI : 23, 04

Hôtels 702, 72

Essence + nourriture + pass/park + entrées diverses : 664, 91

Soit un total de : 2337, 47 euros/personne

Auxquels s’ajoutent quelques « extra »:

- Visite d’Alcatraz

- Los Angeles, visite de la ville

- Hélicoptère grand canyon

- Survol Lac Powell

- Croisière Lac Powell

- Antélope Canyon (upper)

- Survol Canyonland

- 4/4 dans Canyonland (Tag a Long)

Nous avions changé nos euros par l’intermédiaire de « Yes Change » et effectué des retraits aux distributeurs

Les repas :

- Les petits-déjeuners étaient parfois compris, sinon toujours moyen de manger à prix raisonnable dans les environs

- Pour les déjeuners, la plupart du temps : pique nique sinon petits restaurants très simples (genre Eklectica à Moab – pour ceux qui connaissent (on a aimé)

- Quant au repas du soir, sans faire de grand tralala, on s’est parfois offert de bons petits restau. (Avec prix raisonnables !)

Petite parenthèse : On mange mal aux USA ? -Dans la plupart des restaus fréquentés les repas étaient légers et savoureux, mais certes, copieux ; il faut juste (merci forum) ne commander qu’un seul plat !

Petit condensé du voyage :

- San francisco : on n’a, hélas pas tout découvert mais on a adoré et on y retournera Petite mention* pour la messe gospel du dimanche. (merci Sédonax) - Dégustation de thé au jardin japonais (tout petit jardin mais très beau) - pique nique de crabes sur Fisherman’s, - petite bière au 52ème étage : whouaaaa .. et tout et tout et tout…..





- La Rte n° 1 de MONTEREY à LOS ANGELES : côte sauvage, très agréable et joliment fleurie, (découverte sans le soleil hélas) avec ses lions de mer, ses roches, ses oiseaux, …..un petit air de Bretagne, beaucoup de Km, mais décor aidant, cela n’a pas paru long.







- Grand Canyon (rim Sud) et ses divers points de vue. Epoustouflant. En prime nous nous sommes offert le survol en hélico : à couper le souffle (le prix aussi d'ailleurs ! 😕)







- La croisière sur le Lac Powell « antélope canyon » : on a trouvé ça bien, malgré les avis négatifs glanés par ci par là. L’alliance de la roche et de l’eau était du plus bel effet.



- Le survol du Lac Powell : superbe le lac vu du ciel, avec des dégradés de bleus whouaaaa ! !







- La petite virée dans Antélope canyon (upper) sur le coup de midi : une petite merveille.

- Horseshoes Bend : whouaaaaaaaaa : un petit bijou, un éblouissement, ceci dit sans exagération. Pourquoi est-ce si peu connu ? (en dehors du forum bien sûr)



- Les toadstool hoodoo : on a adoré ces champignons, tantôt d’un blanc pur, tantôt rouges, le site est vraiment très beau, charmante balade et très facile de surcroît.





- Cathédral wash : sympa : on s’est amusé comme des petits fous, un peu casse g….. parfois ! on n’a plus 20 ans.



- Monument Valley : quelle immensité et quelle quiétude (on était presque seuls) : c’est Quand Qu’ils nous repassent un western à la télé ?



- Goosenecks : même si le site nous est apparu en noir et blanc (toujours pas de soleil) on a bien aimé, dommage, impossible de fixer le tout sur une photo, il va falloir faire « un petit montage »

- Canyonland : the needles, hélas nous n'avons pu en découvrir qu'une infime partie, faute de temps.....



Canyonland : Island in the sky et la virée en 4/4 (Shaffer trail etc…) 4 h dans un petit paradis avec chauffeur/guide Apache : trop trop bien !





- Le survol de Canyonland : quel spectacle ! et là aussi des couleurs vanille/chocolat/caramel : on en mangerait











- Arches : superbe parc, vaut le détour, hélas nous n’avons pas pu tout voir c’est immense et nous avons perdu pas mal de temps avec la petite « folie » de nos hommes : ils sont montés là haut….. sur double arche !! et impossible de redescendre, j’ai bien cru qu’on allait dormir là. Inutile de vous dire que c’était l’attraction du coin.





Pour avoir une idée de la grandeur, cherchez le "petit bonhomme" en bas au milieu de la photo......

- Mill creek : petit coin de fraîcheur, un peu de détente les pieds dans l’eau, sympa.



- Le rodéo de Moab : un vrai rodéo (pas le truc à touristes). On a aimé le spectacle comme l’ambiance et « chapeau » les américains pour le respect pendant l’hymne national !

- Les paysages de la scenic drive n° 12 : là, changement de décor, paysage lunaire, on ne compte plus les arrêts photos !





- Capitol Reef (partie sud) : encore quelques roches rouges..... petite virée dans Capitol Gorge, puis arrêt pique nique à Fruita « le repos des yeux » après toutes ces couleurs flamboyantes. Décor bucolique, prairies, vergers, quelques animaux, une ancienne maison de pionnier……Petite pause bien agréable….







- Le Burr trail (partiellement parcouru) à ne pas manquer non plus……avec ses roches taillées au couteau



- Devil's garden : un autre petit détour bien agréable



- Bryce oh bryce : notre coup de cœur, surtout la balade Queen garden/Navajo trail: whouaaaaaaa, des formes extravagantes et quelles couleurs ! des dégradés de crème, de jaune, d’orange, du blanc, tout celà ponctué de vert (les pins). Encore un miracle de la nature, un ravissement.













- Kodakrome basin : un petit bémol pour ce parc. Serait-on blasé ! ou peut être le temps, très couvert et orageux ne nous a pas permis d’apprécier ?





- Zion : ici plus de verdure, plus de fraîcheur (relative) on ne peut que vibrer en le parcourant, rivière, écureuils, végétation, petite trempette dans les Narrows. A découvrir car ce parc ne ressemble ni aux Alpes, ni aux Pyrénées : c’est Zion,



- Valley of Fire : là aussi des couleurs magnifiques, des roches rougeoyant sous le soleil (il avait daigné faire son apparition) Nous avons bien apprécié. Avons fait une petite rencontre avec la famille « scorpion » sur la white dôme. Brrrrrrrr : ce genre de bébête on n’aime pas trop. !









- Las Vegas : On est bien content de l’avoir vue, ………..enfin une partie, mais c’est suffisant pour nous.







- Death Valley : Dante view : dantesque : (elle facile celle là) là aussi autres paysages, autres curiosités, un régal pour les yeux







- Mono Lake : Extra ces concrétions qui se reflètent dans le lac, ça donne un effet particulier, ’irréel, un peu fantomatique ! –très beau –

- Bodie : Nous avons adoré cette petite « ghost town » enfin, ce qu’il en reste. Au vu des intérieurs : maison, hôtel, saloons, école, notre imagination a bien gambadé. – à voir absolument.









- Yosemite : verdoyant, apaisant, relaxant – belles cascades – et cerise sur le gâteau : rencontre avec les ours (pas trop près quand même, mais pas si loin que ça, si si, vrai de vrai, whououaaaaaa ! extra





Climat : Le temps ne fût pas toujours très ensoleillé, au moins on n’a pas souffert de la chaleur, même à Death Valley !! Faut le faire. Nous avions acheté une glacière, mais elle a peu servi. Par ailleurs, nous avons même eu très froid à San Francisco, (J’ai cherché des gants, mais n’en ai pas trouvés – bon j’en rajoute, mais c’est pas loin de la vérité – 12° maxi !) Enfin, bref pas de pluie même si parfois l’orage grondait au loin, c’est le principal.

Les points forts :

- San Francisco - les survols – Horseshoes – Antélope C. - Bryce –Valley of fire - les ours à Yosemite…. Etc... (Je ne vais pas tout re-citer)

- L’extrême gentillesse des américains, leur grande disponibilité……..chapeau : on a du pain sur la planche pour arriver à leur cheville….. J’avais quelques idées préconçues avant le départ, honte à moi !

- - La possibilité de rouler « cool » et pas d’incivilités sur la route ! ça change

En fait pourquoi perdre du temps à essayer d’extraire les points forts : TOUT LE VOYAGE FUT UN ENCHANTEMENT

Les regrets :

Nous n’avons pu voir :

- Havasupai : je ne sais si le site à retrouvé sa splendeur ?– De toute façon même sans ce flash flood nous n’aurions pas pu y aller (plus de chambre disponible un an avant !!)

- la cottonwood : pas possible ce jour là avec notre véhicule (dixit rangers)

The wave : Nous avons été tiré au sort mais pour les 3 dernières places…… nous étions 5 ! Quel regret. Une très vilaine pensée m’est passée par la tête : « et si on y allait quand même à 3 »….. Mais, bien vite j’ai retrouvé la raison : nous sommes 5, c’est 5 ou rien. Inutile de vous dire que notre refus a fait des heureux

- CBS et white pockets : grand regret aussi, nous n’avons pu le faire pour d’autres raisons

- Wahweap hoodoos : il aurait fallu louer un 4/4 mais de toute façon : nous n'avions pas suffisamment de temps disponible

- Pas rencontré Lolo (Laurence49b) ni leSpartiate et sa jupette à Moab Brewery : sniff sniff….Quel dommage !

-

Une seule chose me console : nous y retournerons.

J’espère pouvoir mettre en ligne un rendre compte un peu plus étoffé de notre voyage, mais je ne peux le promettre, d’autant qu’il va falloir préparer le prochain

Brigitte

Appréciations Hôtel :

San Francisco : Hôtel Grant - 753 Bush st (merci forum)

Hôtel simple mais très correct et propre - super bien situé.

Très bon accueil – Petit déjeuner : bon et copieux. (J’ai lu le contraire quelque part ! pas compris)

Monterey : Howard Johnson Express – 1240 Munras Avenue

Rien à redire en ce qui concerne l’hôtel - Pour le petit déj : on avait l’impression d’être constamment surveillé comme si nous dévorions comme des ogres … : désagréable.

Los Angeles : Hollywood city – 1215 N western Avenue

Nous étions dans le bâtiment annexe – Petit problème : la minceur des cloisons.(ou était-ce seulement un voisin très bruyant ?)

Petit déjeuner correct - Emplacement : bof

Grand Canyon : Bright Angel Lodge

On a adoré – chambres et literie confortables – Emplacement : le rêve, chambres le long de la rim

Petit déjeuner non compris

Page : Day inn and suites – 961 N – Hwy 89

Rien à redire, tout était parfait. Accueil peut être un peu impersonnel mais ce ne fût pas un problème

Très bon petit déjeuner.

Monument Valley : Cabins in campground (Goulding’s Lodge) (merci Monkiwi)

Très agréable bungalow doté de tout le confort avec » presque » la vue sur Monument Valley

Rien à redire –on a beaucoup aimé le cadre -Petit déjeuner non compris



Moab : La quinta Inn – 815 S Main St

Rien à redire – tout était parfait – Très bon petit déjeuner

Torrey : Formely Wonderland Inn

Très bon accueil – Motel confortable – Petit déjeuner non compris

Tropic : Bed ans Breakfast « Bryce trails B and B – 1001 W Bryce way

Superbes chambres - grand confort – calme - Accueil chaleureux – petits déjeuners pantagruéliques.



Overton : BW the north shore inn at lake mead –

Nous devions loger à Zion, mais avons changé pour ce “trou” afin d’être plus près de Valley of Fire le lendemain matin - L’hôtel était très correct – bon petit déjeuner –

Quant à l’emplacement : Bof, difficile de trouver un restaurant : il y avait juste un Mac Do – (ou alors on a mal cherché !

Las Vegas : Bill’s gamblin hall and saloon – 3595 Las Vegas Bd S

Très bon rapport qualité/prix - et hôtel très bien situé - Rien à redire – Petit déjeuner non compris

Death valley : Furnace creek ranch

Motel très confortable face golf - Petit déjeuner non compris

Yosemite « est » hôtel Virginia Creek Settlement – 70847 Hwy 395

Petit motel très confortable situé dans un cadre bucolique – très bon accueil - Rien à redire – bon repas le soir

Petit déjeuner non compris



Yosemite « sud » OaKhurst - BW yosemite Gateway Inn – 40530 N hway 41

Très bon hôtel – chambres confortables – coin kitch – Petit déjeuner non compris

San Francisco (Airport) Millbrae : Millwood inn and suites

Motel correct – navettes pour aéroport - Petit déjeuner compris mais comme notre avion décollait tôt…… pas de petit dej.
Itinéraire d'un mois en France English translation pending
by Marianne589 · 2009-07-27 · 17 replies
Bonjour à tous et à toutes !

Je suis une Québécoise de 18 ans qui part en voyage sac à dos en France, pendant un mois l'été prochain. Je voudrais vous faire pars de mon itinéraire et avoir vos conseils si jamais je dois éliminer certaines villes pour en remplacer par d'autres ou alors passer moins de temps dans certaines ou le contraire etc !

Donc le voici: Paris-5 jours Nantes-3 jours Bordeaux-3 jours Toulouse-3 jours Marseille-3 jours Nice-5 jours Lyon-3 jours Strasbourg-3 jours

Et je reviens à Paris pour mon vol de retour ! Mon but, si vous ne l'aviez pas remarqué est de faire le tour des plus belles et grandes villes de France, alors je vous remercie grandement et j'attends vos conseils avec impatience !

Marianne
Agence de voyages à Göreme pour un trek de trois jours? (Turquie) English translation pending
by Prahabuda · 2009-07-26 · 17 replies
Bonjour,

Savez vous s'il y a des agences de voyages sur Goreme qui pourraient me proposer un trekking de 3 jours à peu près dans la Cappadocce ? Avez vous des noms ? Des adresses de sites Internet ?

Ou bien j'achète cela dans une agence d'Istanbul mais le tarif risque d'être nettement plus cher

Merci de vos futures réponses
Des vacanciers marocains agressés sur les aires d'autoroutes espagnoles (23 juillet 2009) English translation pending
by Christalblue · 2009-07-23 · 56 replies
Des vacanciers Marocains agressés sur les aires d’autoroutes espagnoles RABAT | Les victimes ont été attaquées par des ressortissants d’Europe de l’Est à l’arme blanche et parfois à balles réelles.

AFP | 23.07.2009 | 16:20

Des familles de Marocains résidant à l’étranger et en route pour le Maroc à l’occasion des vacances d’été sont victimes d’agressions sur les aires d’autoroutes espagnoles, selon une source associative. "Plusieurs familles de résidents marocains en Europe ont été attaquées sur les aires de repos par des ressortissants d’Europe de l’Est à l’arme blanche et parfois à balles réelles, obligeant les vacanciers à remettre leur argent et leurs affaires personnelles", a affirmé jeudi le président de la Plate-forme intercontinentale des Marocains résidant à l’étranger, Jamal Rayan. "La police espagnole ne fait rien malgré les dépôts de plaintes. Je ne sais pas si c’est par laxisme ou à cause de la barrière de la langue", a ajouté M. Rayan, qui réside aux Pays-Bas. "Nous sommes conscients de ce problème, a réagi auprès de l’AFP le ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger (MRE), Mohamed Ameur. "Les autorités marocaines chargées de la sécurité se coordonnent avec leurs homologues en Espagne sur ce sujet", a-t-il ajouté. "Bien évidemment, a-t-il poursuivi, toutes les aires de repos en Espagne ne peuvent pas être gardées jour et nuit". Les MRE représentent 12% de la population totale du Maroc, soit environ 4 millions de personnes. Chaque année à la même époque, la grande transhumance des vacances les ramène au pays. Cet été, les autorités marocaines estiment que plus de 2, 7 millions de MRE devraient transiter dans les ports et aéroports marocains. La grande majorité d’entre eux (70%) prennent le bateau, les autres l’avion.
L'Algérie adopte le week-end semi-universel! English translation pending
by Sidaho · 2009-07-21 · 99 replies
Désormais, le week-end en Algérie sera le vendredi et le samedi. Le Conseil des ministres qui s’est réuni, cet après-midi, a annoncé, en effet, que «le repos hebdomadaires sera organisé le vendredi et le samedi, avec maintien de la possibilité pour les entreprises économiques d’organiser ce repos au niveau du travail posté, selon leur plan de production». Ces nouvelles dispositions, précise le document, entrent en vigueur à partir du 14 août prochain.

Vous en pensez quoi ?!
Les carnets d'Ulysse (suite): le grand tour du Larzac English translation pending
by Tomas3 · 2009-07-15 · 82 replies
A Soupente, dans les Montagnes bleues, la canicule frappait fort...Pénélope continuait de filer le lin de sa boutique, tandis qu'Ulysse préparait activement sa traversée de juillet...

Son sac le démangeait...il l'avait fait et refait plusieurs fois...(symptôme déclencheur chez le marcheur au long cours...)

L'horizon des Montagnes bleues le narguait chaque matin et bien qu'il ait épuisé les sentiers de moyenne altitude environnants, il sentait son addiction le démanger: il fallait qu'il reprenne la route.

Le compostelle passait à huit kilomètres de soupente, il eût été facile de remettre ses pas dans ses traces, mais il n'avait pas l'habitude de répéter deux fois le même itinéraire...

D'autres arguments le faisaient réfléchir: Juillet-Août est l'époque où les sentiers sont surpeuplés: il lui fallait dénicher un GR suffisamment austère et rébarbatif pour éloigner le vacancier, suffisamment désertique et "grands espaces" pour lui rappeler l'Afrique et ses paysages désolés, suffisamment de moyenne altitude pour que la canicule ne l'atteigne pas...

Il profitait de la fraîcheur des matinées pour parcourir son kilomètre de bassins et entretenir ses muscles longs...mais il fallait toute la fraîcheur enfouie derrière les volets clos pour supporter les 34 degrés de ce juillet torride.

Grand Tour du Mercantour ou Grand Tour du Larzac ? il avait encore deux jours pour mûrir sa décision, la liste des refuges et des gîtes d'étape était prête, il fallait qu'il décide de l'orientation de ses réservations. Autant il craignait le surbooking dans le Champsaur, autant il semblait rassuré de rêver de La Couvertoirade et de la Cavalerie...
Première randonnée: Irlande en solitaire English translation pending
by Aryamehr · 2009-07-11 · 11 replies
Bien le bonjour à vous tous 😉

Voilà je compte partir pour la première fois en randonnée et en solitaire (en voyage en solitaire tout court d'ailleurs) dans ce pays qui m'attire tant et qui me semble assez prudent pour une première expérience, l'Irlande.

Je n'ai pas d'initnéraire ou de desseines particuliers et ai du temps. Je pars de Suisse jusqu'à Liverpool-Birkenhead en avion et de là le ferry jusqu'à Dublin.

Je compte déambuler 2/3 jours dans la ville et m'enfiler dans quelques pubs fievreux de jigs et de reels, crêchant dans des auberges de jeunesses. Puis je pense descendre vers Limerick là d'où j'irai "partir à l'aventure" et effectuer mon dépucelage de randonnée.

En effet je n'ai jamais pratiqué de vrais randonnées avec campement sauvage et autonomie de quelques jours. Je me documente et ne compte pas être téméraire pour la première fois, d'ailleurs j'aimerais tomber aussi souvent que possible sur de petits villages côtiers. Côtiers car en gros mon itinéraire sera de remonter Limerick en me déportant sur la côte jusqu'à la baie de Galway où je m'arrêterai, je relongerai en gros la côte jusqu'à arriver aux Twelve Bens du Connemara et enfin pourquoi pas le Fjord de Killary.

J'aurais voulu votre aide pour m'aider à compléter le matériel à emporter et si vous en avez des modèles d'habits qui conviendraient. Et aussi si vous connaîtriez un bon ouvrage sur la randonnée.

Le matériel:

Marche: - De bonnes chaussures de marche, quelle marque ? Je pourrais avoir des Meindl pour pas trop cher mais si vous auriez quelque chose de bien confortable pour moins de 100 € je suis content. - Chaussettes de randonnée - Sac à dos, j'ai déjà commandé celui-ci
http://www.outdoorkit.co.uk/....php?product_id=4183

Vêtements: - Coupe vent (gore-tex utile ?) - Pull polaire - 1, 2 T-shirts moulant - 2, 3 Chemises - Pantalon sèchant vite - Pancho - Bob/chapeau imperméable

Campement: - On m'a conseillé cette tente qui semble bien convenir à mon utilisation http://www.asmc.de/...leman-Kraz-X1-p.html - Sac de couchage température de confort 7 degrés - Une Bache ? Vu que ma tente est un petit bivouac une bâche accrochée à l'entrée pourrait m'être utile pour abriter un feu, sècher du linge ou m'assoir sans avoir le dos courbé.

Orientation: - Boussole recta - Carte régionale pédestre achetée sur place

Alimentation/hydratation/cuisine

- Gourde avec housse et gobelet comme ceci http://www.asmc.de/...let-et-housse-p.html - eau (combien de litres environ pour 2-3 jours d'autonomie) - soupes/petits plats en sachet, flocons d'avoine, lait en poudre, fruits secs, biscuits bien nutrifs - petite casserole Y a-t-il de quoi allumer un feu de bois dans l'ouest de l'Irlande ou faut-il emporter un réchau ? Au pire je peux me passer de nourriture chaude.

Divers/sécurité:

- Guide du Routard - Bâche de secours - Trousse de secours - anti-moustique - crème solaire - lunettes de soleil - briquet à essence/ allume-feu fire-steel - couteau - corde 3mm - scotch solide - linge pour me sècher (utile ?) - lampe torche - sacs étanches - papier toilette - sifflet - téléphone portable (j'espère que le réseau est étendu en Irlande)

Voilà si vous voyez d'autres imperatifs ou des conseils particuliers je suis tout ouï !!!

Merci beaucoup de votre aide

Amicalement, Colin
Grenoble - Bratislava par les Alpes: envie de partager mes photos! English translation pending
by StanleyH · 2009-06-23 · 27 replies
Je reviens d'un voyage que j'ai improvisé au jour le jour... je viens de publier mes photos en vrac sur cette page: http://atla.over-blog.com/article-32952627.html (n'hésitez pas à me laisser des petits commentaires). C'était vraiment génial, il m'est arrivé plein de péripéties, je rajouterai du texte... Bien envie de recommencer de telles aventures avec pourquoi pas des compagnons de route... Je suis passé par des endroits magiques, notamment par le Gottardpass: un col entièrement pavé! Tous ces lacs, ces marmottes, et Salzburg! Ah, ça va être difficile de pas déprimer maintenant...
Tour du monde à vélo: itinéraire, moyens, durée...? English translation pending
by Bonabab · 2009-06-21 · 17 replies
Bonjour, bonjour...

Y'a vraiment un sacré paquet d'informations intéressantes sur ce forum, et tant mieux ! Cela dit, c'est toujours assez difficile d'en retenir l'essentiel pour son propre projet.🤪 C'est pourquoi j'me permets de m'installer ici pour tout mettre à plat avec ceux qui veulent/peuvent m'aider.

Pour vous situer, j'ai 25 ans, un CDI dans un boulot qui m'enchante pas spécialement, une lassitude des faux problèmes qu'on a tendance à se poser quotidiennement et du stress que ça engendre. Donc je cherche à aller voir comment les gens vivent ailleurs, dans des conditions de vie complètement différentes. Cela fait environ un an que j'ai envie de voyager, mais l'idée de partir pour revenir après un, 2, 3 ou 12 mois ne m'intéresse pas, du moins pour l'instant !

J'ai été voir un ami à Lyon pour lui proposer de partir avec moi, faire le tour du monde. C'est vraiment avec ce mec là que j'voulais partir mais, malgré le fait qu'on ait le même ressenti sur notre situation actuelle, je ne savais pas du tout quelle serait sa réponse... Hé bien, il s'est montré très enthousiaste le pote :) , à croire qu'il n'attendait qu'une proposition comme celle là !

On a donc chacun réfléchit dans notre coin : combien de temps ? quel itinéraire ? par quel moyen ? etc... Un jour, je reçois un mail de sa part, m'indiquant que pour lui, la date de retour n'a pas d'importance, et qu'il aimerait vraiment faire ce tour du monde à vélo ( et tente ). L'idée de partir en prenant notre temps, un pied total ! Sur le coup j'étais surpris, mais ça m'a bien plu :)

De là s'enchainent les questions : par quels pays passer, quel (type de) vélo, quel équipement, comment gérer la durée des visas sachant qu'à vélo on passera beaucoup de temps dans chaque pays, quel budget pour un voyage à la durée élastique, comment ne pas se retrouver coincés par le climat, est-ce possible d'éviter complètement l'avion en n'empruntant que le bâteau, l'assurance ...etc....

J'ajouterai à mon envie de voyager une énorme envie de filmer notre périple, car c'est pour moi le moyen le plus parlant de partager avec ma famille (qui au passage est mon unique véritable attache en France). Cette envie là, elle date d'à peu près aussi longtemps que mon envie de partir. Bien sûr, plein de questions en ressortent... quel caméscope, quels accessoires, quel moyen de sauvegarde, comment envoyer ça en France, quel rapport a-t-on avec les différentes populations, etc....

J'oublie probablement pas mal de trucs, mais j'aimerai déjà avoir vos avis sur ce projet, quelques conseils, pour m'aider à y voir plus clair 🙂

Merci !

Ben.
Comment trouver des personnes dans sa région pour voyager à vélo? English translation pending
by Yyoupi · 2009-06-13 · 13 replies
Bonjour,

Je n'ai jamais fait de voyage en vélo et je connais personne dans mon entourage qui pourrai s'y intéresser.😠

Ma question: Comment avez vous trouvé des personnes pour partager vos voyages et votre passion? Et comment trouver ces personnes?

Merci d'avance😄
Premier voyage à vélo, tour de Corse et Sardaigne English translation pending
by Lucbertrand · 2009-06-12 · 2 replies
Corse Sardaigne à vélo

Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.

C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.

Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!

26 avril

Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.

L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.

27 avril

Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ��a doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.

28 avril

Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.

A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.

29 avril

Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.

Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.

30 avril

Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.

Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.

1 mai

Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.

2 mai

Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.

Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.

Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.

Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!

Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un plâtre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.

Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.

3 mai

Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.

En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.

4 mai

Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...

Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.

5 mai

Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.

Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!

6 mai

Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.

Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.

7 mai

Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.

Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.

Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.

Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!

8 mai

Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!

Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.

Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.

L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.

Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.

9 mai

Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.

La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.

L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.

10 mai

Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!

Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.

Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.

11 mai

Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.

12 mai

Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.

Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.

Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!

13 mai

Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubliées par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.

Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.

14 mai

Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!

Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.

Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.

15 mai

Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?

Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!

Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.

16 mai

Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.

Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.

Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.

De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.

La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!

17 mai

Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!

En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.

La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.

Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.

Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.

Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.

18 mai

Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.

Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.

19 mai

Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la traversée de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.

20 mai

La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.

Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.

La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.

21 mai

A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.

Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.

Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.

Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.

22 mai

La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.

Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.

23 mai

Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.

Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.

Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.

Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.
Préparation d'un long voyage à vélo: l'alimentation sur la route English translation pending
by Charlesf · 2009-06-09 · 16 replies
Hello tout le monde,

Je prépare un long voyage à vélo, et je commence à m'interroger sur l'alimentation sur la route.

Qu'est-ce que vous mangez quand vous êtes à vélo sur de longues distances ? Comment se passe la cuisine ? Est-ce que vous êtes plutôt feu de bois récolté sur la route ou bien réchaud à gaz ? De quoi est composé votre matériel de cusine ? Quelques recettes à partager ? La vaisselle, c'est à l'eau de gourde ou un ruisseau peu suffire ? Est-ce que vous êtes du genre à vous cuisiner de vrais plats ou bien est-ce plutôt soupes de nouilles et sachets lyophilisés ?

Merci beaucoup pour vos appétissantes réponses !
Visites incontournables dans la région de Provence, Alpes ou Côte d'Azur? English translation pending
by Nathan6210 · 2009-06-07 · 30 replies
Bonjour à tous,

Je vais passer une dizaine de jours mi-août en région PACA. Ne connaissant pas du tout la région, j'ai peur de manquer quelques visites incontournable sur cette région même si je pense qu'il y en a enormement 🙂

Pourriez vous me conseillez????

Merci d'avance 😉
La Roumanie à vélo cet été English translation pending
by Gudruneve · 2009-06-06 · 27 replies
quoi de mieux, par ce jour froid et venteux, que de préparer ses prochaines vacances ?

Je voyage seule avec un vélo chargé, (trop) lourd et n'aime pas plus que ça, pour ne pas dire pas du tout, les montées. La moindre petite pente me voit ahaner en poussant (à pied, je précise) les 37 kg de mon équipier. J'exagère, mais à peine. L'année dernière, j'ai roulé de Chalon/saône à Regensburg en suivant les divers cours d'eau : que du plat, ou presque, que du bonheur !

je prévois 4 semaines en Roumanie cet été à partir du 20 juillet, à travers les Maramures et/ou la Bucovine.  Quel est le relief de ces 2 régions ? Passerai-je mes journées à côté de mon vélo pour le pousser ? Je ne parle pas des grands cols qui eux seront franchis par train ou tout autre moyen de locomotion. Aurai-je le temps de voir ces 2 régions ? Je ne suis pas une fana des distances parcourues, rouler seulement 20km dans une journée ne m'est pas une honte, je prends mon temps, j'aime m'arrêter, c'est le meilleur de la randonnée. Donc, si je devais choisir entre les 2, laquelle me conseilleriez-vous ?  Et comment y accéder depuis Grenoble : avion (sans démonter mon vélo), train (sans trop de changements, toujours les 37kg), car ? Où arriver : est-il indispensable que ce soit à Budapest ? Si oui, où aller après et comment ? Est-il conseillé de préparer son itinéraire pour éviter les axes empruntés par les véhicules motorisés ou peut-on s'en remettre au hasard et à la chance ? Est-il possible de trouver un gîte ou de planter sa tente dans n'importe quel village rencontré ? Où peut-on renouveler ses provisions ? Et qu'en est-il pour les retraits bancaires ? Quel est le coût de la vie ? Pour une première approche, cela me semble suffisant, mais je suis sûre que vos réponses alimenteront mon réservoir de questions.

Merci à celles et ceux qui me répondrons.

 
Très beau site à Ninh Binh (Vietnam) English translation pending
by Larsay · 2009-06-06 · 23 replies
Aujourd'hui, j'aimerais vs parler d'une tres beau site ou je ne vois jamais un touriste, et c'est bien dommage car, non seulement le panorama du haut du piton est magnifique, mais il fait partie de l'Histoire de France. Le lieu s'appelle Non Nuoc et est situé en plein milieu de Ninh Binh, la ville où passer pour aller au célèbre Tam Coc. C'est un piton qui domine la vallée de la rivière Van et le delta du Fleuve Rouge; d'un côté, ssuperbe panorama sur la rivière et le delta, de l'autre, sur Ninh Binh et la Baie d'Along terrestre, le tout pour 2000 dong d'entrée.

Pour ceux que l'histoire interresse, vu son emplacement, ce piton etait occupé par l'Armée française, qui y avait construit 2 blockhaus. C'est là que Bernard de Lattre de Tassigny, fils du maréchal, résistant à l'âge de 15 ans et soldat de l'Armée de Libération à 16 sur dispense de de Gaulle -il a fait toute la Campagne de France- a été tué le 30 mai 1951 lors d'une attaque surprise de nuit du Vietminh; il avait 23 ans. Cela fait partie de l'histoire non parce qu'il a été tué au Vietnam, comme 150 000 autres, mais parce que le gouvernement lui a organisé des funérailles nationales très émouvantes, qui ont fait prendre conscience aux français, jusqu'ici peu informés, qu'une guerre terrible se déroulait à 12 000 km de chez eux, tout comme le répugnant massacre de My Lai par les américains a enfin ouvert les yeux de la masse sur les horreurs de la Guerre du Vietnam.

A gauche des marches, statue d'un jeune étudiant viet qui a planté un drapeau vietnamien sur un édifice public de Hanoi dans les années 30 et a été guillotinné; à gauche, le blockhaus, encore intact, contrôlant le passage sur la rivière, à droite, celui, détruit, surveillant la ville: entre les deux, un petit pagodon au pied duquel Bernard de Lattre a été retrouvé couvert de 80 blessures. Soyez gentils, brûlez des bâtons d'encens à la mémoire de Bernard de Lattre; sans des garçons comme lui, nous serions encore sous la botte des nazis !

Il est très simple d'y aller, c'est au bout de l'avenue sur le côté de laquelle se trouvent les gares routières et ferroviaire.
Rencontre VF à deux mille mètres d'altitude, dans un refuge des Alpes, près de Grenoble les 19 et 20 septembre 2009 English translation pending
by Lolodesiles · 2009-05-30 · 408 replies
bonjour VF

Que diriez vous d'une rencontre de VF-istes à 2100m d'altitude, au refuge de la Pra, les 19 et 20 septembre?

photo
http://www.altituderando.com

Ce refuge a de multiples avantages pour une rencontre: on peut soit camper, soit dormir au refuge il est facile d'accès, proche de Grenoble 2h30 de montée depuis Freydière, refuge facile à trouver donc on n'est pas obligés d'y aller en "troupeau", les retardataires peuvent nous rejoindre...

-- AU PROGRAMME

Montée au refuge le samedi, ceux qui seront montés au refuge le matin auront tout l'après-midi pour causer voyages ou profiter d'être "à la montagne" pour aller voir les lacs autour, y'en a un paquet: http://www.refuge-pra.com/taxonomy/term/30

Repas du samedi soir tous ensemble au refuge (qu'on soit sous tente ou en refuge) - ATTENTION TOUT LE MONDE DOIT ETRE ARRIVE POUR 18h30 MAXI - dans un refuge les repas sont servis tôt, ce n'est pas un resto !!

Idem dimanche, avec pour ceux qui veulent montée à la Grande Lance de Domène (alt. 2800m)

2 FORMULES DE PARTICIPATION - TENTE OU REFUGE

Soit vous venez avec votre tente, l'aire de camping étant dans une prairie en contrebas du refuge. Prévoir 15€ pour le repas du soir au refuge. Soit vous préférez un hébergement dans le refuge, ça coûte 41, 30€ (comprenant nuitée + repas du soir + petit déjeuner), auquel cas il faut réserver auprès des gardiens du refuge 04 76 89 94 60 / 06 16 59 33 86 (il faudra alors keur envoyer un acompte de 10€ par personne - coordonnées http://www.refuge-pra.com/taxonomy/term/22)

Dans les 2 cas, prévoir des pique-nique pour le midi (+ petit dej pour les campeurs).

POUR S'INSCRIRE

Les personnes en formule hébergement refuge s'inscrivent aussi dans le discussion, mais après avoir réservé AU NOM DU GROUPE VOYAGEFORUM auprès des gardiens. Il est bien entendu conseillé de ne pas s'y prendre à la dernière minute. (La réservation du refuge est à faire vous-même, je ne veux plus m'occuper des réservations de groupe comme par le passé, afin d'éviter d'avoir à gérer les désistements, c'est pas bon pour mes p'tits nerfs )

Les campeurs s'inscrivent en répondant tout simplement dans le fil de la discussion, date limite 10 septembre, ce qui me permettra de communiquer au gardien le nombre de repas à préparer (sachant que les ingrédients sont montés quelques jours avant à dos d'homme par le gardien, là aussi les désistements de dernière minute ça fout les boules ).

NB: pour faciliter les covoiturages, bien me préciser (quand vous le saurez) à combien vous venez, votre moyen de locomotion (si vous avez des places à proposer ou si au contraire vous recherchez un moyen de locomotion), et d'où vous venez.

Réservez votre week end... et vos billets de train... 19-20 septembre prochains !

PS: et le restant de l'année ça se passe sur Randos-Alpes

Le lac Claret devant le refuge de La Pra et La Grande Lauzière (http://montagne.plisson.org)
Projet de parcours de la France à pied English translation pending
by Lofoloco · 2009-05-28 · 27 replies
Salut à tous !

J'ai ce projet qui me tient à coeur depuis maintenant quelques années, j'ai 21 ans et je viens de rentrer dans la vie active, désirant vivre autre chose avant de me lancer dans le fameux train-train tant redouté, je m'apprete donc à entreprendre mon périple, je compte partir 3 mois environ. Je compte partir de Rouen, pour ensuite me diriger vers les Vosges, redescendre vers les Alpes, longer la cote d'azur, puis finir mon voyage du côté du sud-ouest, désolé pour l'inexactitude du parcours, car je suis en ce moment même en train de mettre au point mon itinéraire.

Je dispose du matériel suivant: Tente bivouac Ferrino Lightent Sac de couchage Sac à dois 60 litres Cartes et Atlas IGN + boussole Téléphone avec fonction GPS (que je vais utiliser le moins possible pour garder le charme des ballades sauvages) Budget de 2500€ environ J'ai bien sur un petit réchaud et une gamelle pour me faire à manger.

Je compte bien faire du camping sauvage là ou mes pieds me porteront, avec évidemment quelques passages au camping pour prendre une bonne douche chaude

Je devrais normalement partir aux alentours du 15 juin...

J'ai déjà lu pas mal de récits sur le site et je me permets donc de vous demander si vous avez des conseils à me donner. Merci de partager vos expériences, conseils.
Choisir un tandem Hase de modèle "Pino" ou "Trets" pour faire des petits raids avec enfant? English translation pending
by Ladhuy · 2009-05-27 · 25 replies
Bonjour,

Actuellement équipés en vélo route + remorque enfant Chariot Cabriolet, nous sommes en réflexion pour passer à l'étape suivante lorsque notre petit garçon de 4 ans 1/2 n'ira plus dans la remorque.

L'objectif est de continuer à faire de petits raids itinérants en cyclo-camping, de 1 à 2 semaines pour l'instant, peut-être plus par la suite.

Les solutions de type trailer monoroue attaché au vélo remorqueur ne me paraissent pas envisageables pour un petit enfant sur plusieurs heures d'affilée, du fait qu'il ne peut pas se reposer et risque de tomber s'il se tient mal ou en cas de secousse un peu forte (écart ou trou/bosse).

J'ai repéré le tandem Pino de Hase, mais ma femme trouve que l'enfant est trop exposé à l'avant (notamment quand on arrive à un carrefour), avis que je partage aussi un peu. Le prix est aussi un pb, mais on peut penser que la revente d'occasion est facile.

Une autre solution serait le tricycle Trets de Hase aussi, qui parait pas mal du tout, d'autant qu'il peut être soit remorqué soit autonome en démontant/remontant la roue et le bras de liaison.

Est-ce que quelqu'un a l'expérience de ce tricycle ? Où peut-on l'essayer ?

Merci
Massif Central à vélo: Oui? Non? English translation pending
by DamienGroo · 2009-05-24 · 20 replies
Bonjour à tous,

Je souhaite effectuer une randonnée à vélo courant printemps 2010. Au départ des environs de Forbach - Metz, je voudrais arriver sur la côte atlantique, tout en passant par les massifs montagneux. Pour ce faire j'ai pensé au massif central, région que j'ai toujours voulu visiter, cependant, ce voyage serait pour moi le premier.

Effectuer ce voyage en solo ou à deux ? A la base je voulais voyager seul, mais je me demande si il serait pas présomptueux de vouloir joindre à l'itinéraire ce massif montagneux. Je fais du VTT une à deux fois par semaine (sortie d'environ 30 - 60 km selon les jours) et 2 entraitements de badminton de 2h. Je tiens aussi à signaler un léger détail sur ma santée, je suis légèrement asthmatique à l'effort, et j'ai fait il y a 2 ans et demi, 9 pneumothorax complet du poumon gauche et m'en suis remis après 3 opérations. Cela fait donc réellement que 1 an que j'ai repris une activité sportive régulière et relativement intense puisque mes sorties en VTT sont assez fréquente et sportive. J'ai consulté mon médecin, qui m'as dit que si je suivais une préparation physique plus importante avant ce voyage, mes anciens problème de poumon ne poseront pas de soucis.

J'aimerais si vous pouvez, que vous me conseiller un peu, et si pour certains d'entre vous qui connaissent ces montagnes, si il est possible d'y passer sans forcément se tapper des cols pharaonïques.

Merci à tous !
Location de voiture à Carcassonne? English translation pending
by Elkan · 2009-05-20 · 3 replies
Bonjour à tous,

J'aimerai partir à carcassonne en septembre en avion. je resterai principalement sur place mais aimerais aussi visiter quelques villages et autres lieux danbs les environs. Sur place, je compte louer une voiture (pour 3 personnes). Connaissez-vous une bonne astuce pour que cela me revienne le moins cher possible ?? J'ai regarder via les compagnies très connues mais cela reste cher. Par exemple, est-il plus intéressant de louer la voiture à l'aéroport ou dans la ville ? merci à tous ceux qui prêteront un peu d'attention à mon message.
Avis divergents sur le Vietnam English translation pending
by Nhaqué · 2009-05-14 · 81 replies
Je reviens sur ce forum après une longue absence, et je constate qu’il y a de l’ambiance ! Difficile de prendre le train en marche dans les discussions animées sur des sujets aussi divers, alors je me permets de donner mon point de vue sur deux thèmes qui me paraissent « sensibles », compte tenu de la quantité des réponses et de la passion qui les agitent. Sylvie n’a pas aimé le Vietnam, et elle le dit. Son avis est respectable, et je ne le mettrais pas en cause. Par contre, ce qui m’intéresse c’est de prendre un peu de hauteur par rapport aux critiques formulées, en essayant de comprendre comment le Vietnam peut donner une telle image de lui, alors que nous somme si nombreux à ne pas le voir ainsi ! Au fond, je pense que tout est question de perception culturelle et touristique. Dans les reproches émis par Sylvie je retrouve ceux des étrangers vis-à-vis des français, dont je le rappelle leur pays accueille le plus de tourisme au monde ! Dans les dernières enquêtes d’opinion réalisées à ce sujet, çà donne à peu près ceci : « la France est un des pays les moins accueillants du monde ! » J’imagine bien ce qu’un touriste venu visiter la France peut exprimer comme critiques dans un forum ! Je pourrais citer d’autres désillusions de touristes ayant voyagé dans de nombreux pays dans le monde : être touriste c’est courir le risque de la déconvenue, parce que on emporte dans ses bagages des rêves qui souvent ne correspondent pas à la réalité. Et ce n’est pas la lecture de guides, de conseils ou de reportages qui peuvent y faire quelque chose… Effectivement, rien ne pouvait préparer Sylvie au harcèlement incessant des loueurs de motos, de taxis, de vendeurs, de circuits, etc… Il faut être du pays, y vivre totalement pour comprendre le mode de fonctionnement des gens, surtout vis-à-vis des touristes. C’est vrai que tout étranger est à priori considéré comme riche. La faute à qui ? Sans doute aux premiers touristes qui se sont laissés aller à payer, sans discuter, cent fois les prix, considérant que de toute façon, même à ce prix là, ils payaient cent fois moins que chez eux…Sans doute à la propagande qui incite les autochtones à investir dans l’industrie sans fumée, en faisant miroiter des bénéfices mirobolant…Sans doute à la télévision qui ne montre de l’occident que les ors et les fastes… Songez que le moindre des vêtements que vous portez vaut près de la moitié du salaire d’un ouvrier, même si vous l’avez acheté dans une friperie ! Et que dire de votre montre, de votre téléphone portable, de vos bijoux, de vos valises, … ? Tous ce que nous montrons, même à notre corps défendant, confirme ce que pense les gens ici : nous avons plus d’argent qu’eux. Il est alors juste, dans la mentalité confucianisme, que l’équilibre soit assuré, en s’enrichissant aussi. D’où une démarche volontariste sur le plan commercial, que nous ne connaissons pas en occident. Petits conseils à tous les forumistes qui veulent comprendre le pays, avant, pendant et après : lire le livre de Tran Ngoc Them « Recherche sur l’identité de la culture vietnamienne » Bon, faut s’accrocher, car il y en a pour plus de 800 pages ! Lire aussi les Tranches de vie du Dimanche, dans le Courrier du Vietnam, dans la rubrique Société. Des anecdotes sur la vie au Vietnam vu par un français qui s’est installé là-bas. Sylvie, merci d’avoir remuées nos admirations béates, ce qui n’entament en rien les convictions des uns et des autres !

La discussion sur la prostitution au Vietnam m’agace un peu plus ! On peut dire tout et son contraire sur ce qu’on appelle le plus vieux métier du monde. Surtout quand on ne le connaît que comme voyeur ou comme client ! Mes premiers pas au Vietnam, je les ai fait en 1993, dans le cadre d’une mission de lutte contre le tourisme sexuel, notamment contre la pédophilie. Pendant 10 ans j’ai aidé des gosses, des femmes, à sortir de cette galère. Aujourd’hui encore, dans mes consultations de villages de montagnes, je trouve des gamines d’à peine vingt ans atteintes du Sida, que je vois mourir faute de moyens suffisants pour les soigner. Parmi mes étudiantes à Ha Noï, j’en ai plusieurs qui m’ont dit se livrer à la prostitution occasionnelle pour payer leurs études. Salons de massage, hôtels, karaoké, racolage, nha ngi, …je peux affirmer qu’aucune de celles que j’ai eu l’occasion de rencontrer ne fait çà par gaieté de cœur et par « amour du métier ! ». Seulement voilà, il y a les clients, qu’ils soient autochtones ou étrangers ! Un jour je me souviens avoir émis, lors d’une conférence pour la lutte contre la prostitution au Vietnam, une idée complètement hérétique : multiplier par vingt le tarif des « prestations ». Je suis certain que cela ralentirait brusquement le flux de clientèle, et pour continuer dans le cynisme, çà permettrait au moins aux victimes de ce commerce de gagner plus en risquant moins et en se fatiguant moins !!! J’en ai un peu assez des tartuffes qui jouent les pères la pudeur en plein jour et qui se précipitent dans les endroits ad hoc, la nuit venue. L’analyse d’Abalone sur la tradition de la prostitution est en partie juste, mais m’amène à y apporter quelques corrections. Le besoin hormonal du mâle, n’est pas unique au vietnamien, et je souligne que la femme à les mêmes besoins, simplement ils sont liés à des rythmes différents, plus mensuels que journaliers. Bizarre d’ailleurs qu’il n’y ait pas autant de bordels pour femmes que de bordels pour hommes !!! Ne parlons pas d’hypocrisie, car s’il y a bien hypocrisie, c’est plutôt dans un pays comme la France, où on se cache pour aller dans des endroits dont vous trouverez toutes les adresses en lisant les dernières pages de Pariscope, livre destiné je le souligne, aux touristes qui ont envie de sortir à Paris !! Au Vietnam la fréquentation des « claques » se fait presque au grand jour. Les gens y vont, entre copains, pour boire et pour tirer un coup. Sans doute une réminiscence de la polygamie vietnamienne, abolie il y a à peine un siècle. Qu’en pensent les femmes légitimes ? Elles en souffrent, mais le cachent … ou se vengent en trouvant des amants. Certes la fidélité de l’épouse vietnamienne est encore très forte, par rapport à ce que nous connaissons en Occident. Surtout par peur du voisinage. Mais les temps changent, et les mœurs évoluent. Quand à la virginité avant le mariage, je peux vous dire, en tant que médecin, qu’aujourd’hui, les fleurs s’envolent au vent comme au printemps ! Ce qui pose d’autres problèmes pour les mariages, surtout à la campagne… Tout çà pour dire, arrêtons de faire semblant de nous offusquer si des jeunes femmes nous abordent dans la rue, et pensons plutôt à tous les drames humains et les détresses que cachent les maquillages et les minijupes, et que nous alimentons à chaque fois que nous profitons de la misère de ces femmes pour payer leurs charmes ! Un jour, peut-être, je posterai un message qui recensera tout ce que ces femmes pensent de leurs clients, y compris des étrangers frimeurs qui s’imaginent que c’est grâce à « leurs talents » qu’elles poussent des cris d’extase ! Ca risque d’être la débandade…Et puis on pourrait aussi parler d’une prostitution légale : celle qui fait que des laissés pour compte dans leurs pays viennent au Vietnam « acheter » des gamines de 30 ou 40 plus jeunes qu’eux, pour se marier avec elles. Je suis peut-être un peu caustique dans ce post, mais c’est vrai que j’ai vu beaucoup de choses pas trop belles ces dernières semaines, là-haut dans les montagnes du Nord, tellement prisées par les touristes … et qui n’imaginent pas ce qu’ils laissent derrière eux apres leurs departs. Sans rancune !
Quel modèle de tente choisir pour une randonnée de plusieurs semaines? English translation pending
by Milan84 · 2009-05-06 · 31 replies
Je recherche une tente pour cet été. Je vais randonner plusieurs semaines dans le sud de la France et en italie. J'ai un modèle de tente classique qui me prend toute la place dans le sac (forclaz symbium 60 litres de chez decathlon). Donc je cherche depuis plusieurs mois un modèle plus adapté. Mon choix se penche naturellement vers les tentes bivouacs. J'ai trouvé un modèle intéréssant chez décathlon toujours, mais un peu chère pour moi. Si vous pouviez me donner des conseils pour une tente adapté à mon projet, qui pourrait trouver sa place dans le sac. Et à moins de 90 euros si possible. Si vous connaissez des sites, ou des modèles qui pourraient convenir. Pareil pour le sac de couchage, il m'en faudrait un qui supportera les nuits d'été du sud (en montagne parfois) et qui ne prend pas trop de place. Merci d'avance.
Organiser soi-même une randonnée au Népal English translation pending
by Marclamarre · 2009-04-28 · 6 replies
Puisqu’il m’a été difficile de réunir des renseignements sur l’organisation de randonnées au Népal par mes propres moyens, je me propose de vous raconter comment j’ai fait pour mettre sur pied une (plutôt trois, en fait) randonnée dans ce magnifique pays.

Tout d’abord, les guides touristiques généraux achetés avant le départ ne m’ont été d’aucune utilité, car les conseils du genre :

… » contactez une des nombreuses agences de voyage fiables qui apparaissent dans le paragraphe suivant… »

m’ont laissé sur mon appétit.

Nous avons épluchés 4 guides généraux ainsi que 4 livres de randonnées au Népal, et je ne peux écrire ici tout le bien que je pense du livre de Stan Armington : Trekking in the Nepal Himalaya.

Puisque nous voulions partir hors groupe, nous avons commencés les démarches près de 4 mois avant le départ. Nous ne voulions pas de guide, seulement un guide-porteur, et un porteur.

Personnellement, je crois qu’il n’y a que des avantages à utiliser des porteurs. : tous parlent la langue nationale (le népali). Ils connaissent les sentiers ou alors peuvent aisément demander le chemin à suivre. Ils en connaissent un bout sur le mal aigu des montagnes, et vous indiqueront quand il est sage de faire pauses ou arrêts prolongés.

Ceci étant dit, on peut très bien faire des randonnées au Népal seul en portant son sac.

Avantages : solution très peu coûteuse. On est maître du trajet et du déroulement de la randonnée même dans ses plus simples détails. On peut facilement fraterniser et faire un bout de chemin avec d’autres randonneurs, si besoin est.

Désavantages : Les Népalais sont pauvres. On peut faire sa part pour améliorer leurs conditions de vie en engageant un porteur. Le salaire reçu fera vivre plusieurs personnes pendant plusieurs semaines. Transporter TOUS LES JOURS un sac à dos de plusieurs kilos n’est pas une sinécure. Personne pour jeter un p’tit coup d’œil sur vous.

Selon ce que j’ai vu et entendu en 55 jours de trek, les guides (sidhars) ont tendance à se comporter en prima dona envers les porteurs/cuistots/kitchen boys etc… les regardant de très haut. Ils font preuve d’une obséquiosité envers leurs clients qui n’a aucune raison d’être mais ce faisant, ils veulent sans doute justifier leur salaire.

On peut très bien faire sans eux, et ce pour plusieurs raisons.

Les sentiers de randonnées népalais sont empruntés depuis des temps immémoriaux et sont littéralement « gravés » dans le sol et c’est passablement difficile de se perdre. Si vous négociez un mauvais embranchement: n’ayez crainte votre porteur vous indiquera la bonne direction. C’est lorsqu’on quitte un village qu’on risque le plus de s’égarer quand on voyage seul, un guide-porteur saura vous indiquer la bonne voie…

Accessoirement, si vous voyagez seul, les Népalais vous indiquerons le bon chemin à suivre avant même que vous ne leur posiez la question…

Les cartes géographiques et guides de randonnées avec itinéraires proposés sont légion. Elles/ils indiquent le dénivelé, les distances, l’emplacement des villages et hameaux etc… Dans le genre, le livre d’Armington est difficile à battre.

Le nombre de randonneurs (j’allais écrire : le troupeau humain) est si important sur les ¾ des treks népalais que si vous vous retrouvez isolé plus de 20 minutes, vous allez sûrement remercier le ciel plutôt que vous plaindre…

Mon copain et moi voulions passer 3 mois au Népal, et nous avons préférés préparer les randonnées AVANT de quitter le Canada plutôt que d’attendre d’être là-bas pour les organiser.

Je vous conseille d’en faire autant. L’offre des agences de Katmandou est ahurissante, et l’éventail des prix tout aussi. De plus, l’acharnement des employés des agences envers les étrangers susceptibles d’acheter un forfait frôle l’harcèlement, la vente sous pression…

Nous avons emportés nos propres équipements dont : tente, sacs de couchage, matelas de sol etc… Ceci étant dit, nous aurions pu trouver tout ce qu’il nous fallait là-bas, neuf ou usagé, mais avons préférés emporter nos équipements très fiables et déjà testés. Les cartouches de butane sont par contre difficile à trouver, particulièrement celles de 200g.

Puisque le sujet est abordé, il est vrai que l’on peut trouver au Népal, du moins à Katmandou et Pokhara, une multitude d’équipements de plein air. Soyez avisés qu’il ne faut pas s’attendre à trouver des aubaines en ce qui concerne le matériel et les marques connues internationalement.

Il y a tellement de copies d’équipements/vêtements connus comme North Face, Columbia, Arc'teryx et j’en passe que le prix devrait vous guider : si c’est trop abordable, alors c’est une copie, aussi bien faite soit-elle…

Les marques locales sont adéquates, mais sans plus. Gare aux vestes/pantalons de « Gortex » a 20$ qui n’en sont pas malgré les étiquettes qui semblent plus vraies que vraies… Les exemples sont si nombreux que je ne peux tous les énumérer…

Les seuls vêtements qui peuvent être achetés sans être scrupuleusement examinés avant l’achat sont les vêtements de polar… Donc, si vous désirez acheter un sac de couchage réputé -20 degrés achetez-le hors Népal, c’est mon avis.

L’Internet reste un moyen facile et très adéquat pour trouver toute sorte d’information. J’ai donc « googlelé » avec des mots comme : Népal, porteur, trek, organisation etc… et suis tombé sur plusieurs sites dont deux m’ont interpellé :
http://www.portersprogress.org et http://www.careporternepal.org

Deux organismes à but non lucratif. La 1ième association est fermée, mais la seconde, non. Après de multiples, longs, et très détaillés échanges de courriels (en anglais) avec monsieur Furwa Sherpa, mon copain et moi en sommes venus à la conclusion que nous pouvions leur faire confiance. Nous n’avons pas été déçus. Prenez note cependant d’un possible conflit d’intérêt, car M. Furwa Sherpa est aussi propriétaire d’une agence…

Voici quelques unes des questions posées à monsieur Furwa :

Le porteur et le guide-porteur avaient-ils déjà effectué des randonnées? Lesquelles? Avaient-ils déjà randonnés les 3 treks qui nous intéressaient plus particulièrement? Leurs âges? (nous voulions qu’ils soient âgés d’au moins 25 ans). Avaient-ils des vêtements adéquats, et particulièrement des lunettes de soleil, gants et bonnets de laine? Simples godasse ou bottes de randonnées?

De plus, soyez certain de poser la question qui tue: le porteur ou porteur-guide peut-il s’exprimer dans un anglais compréhensible? Il faut questionner celui-ci en anglais dès la première minute de la première rencontre ou alors les carottes sont cuites…

Nous étions intéressés par la Vallée du Langtang, mais compte tenu du fait que cette vallée se termine dans une impasse et qu’il faut rebrousser chemin, nous voulions tenter une boucle Dunche-Dunche en franchissant le Ganga La et en passant par Gosainkunda . Avec de la chance, nous avons réussis à faire le trajet désiré. Avons également faits le Tour des Annapurna ainsi que son « sanctuaire ».

Le guide-porteur et le porteur (dont je conserve les noms et coordonnées) étaient des hommes d’expérience, d’une force physique et d’une endurance incroyable. Ils parlaient peu, mais agissaient beaucoup.

Ainsi, si vous avez pu emprunter un pont primitif fait de 2 planches et situé à environs 2 heures de marche à l’est de Kyangjin Gompa (la toponomie népalaise constitue un mélo-mélo incroyable, car les différentes calligraphies sont légion), eh ! bien c’est grâce à eux…

A notre arrivée près de la rivière, nous avons cru devoir rebrousser chemin, car le « pont » s’était effondré et la traversée de la tumultueuse rivière était impossible… mais c’était sans compter sur Sanjee et Ongchhu.

Ils n’ont pas hésité à se déchausser, à pénétrer dans la rivière dont la température devait être de 4 degrés, à empoigner les troncs d’arbres tombés dans la rivières, à les hisser sur les berges, à les installer de nouveau sur les poutres de soutènement, et à répandre du gravier sur ceux-ci pour les rendre la traversée moins glissante. Un café, avec ça?

Avant le départ, nous avons insistés pour savoir s’ils avaient des lunettes de soleil (pas négociable, en ce qui nous concerne), des bonnets de laine ainsi que des gants. Ils avaient les vêtements approprié, même si Ongchhu n’avait pas de bottes pour marcher sur la neige, mais ses souliers de course ont résistés (et pas d’engelures grâce à des chaussons de laine). En passant, nous vivons à l’année longue à 29 mètres au dessus du niveau de la mer, et n’avions strictement aucune expérience de la « haute » montagne ou même des montagnes tout court…

Quand nous avons atteints le Ganja La, l’expertise de Sanjee fut appréciée, car après avoir installé une corde reliant deux gros rochers, nous avons traversés de « l’autre côté » avec appréhension car ça reste néanmoins vertigineux. Sa sollicitude conjugée à son expérience ont été vivement appréciées.…

Il y a quand même un détail(?) qui nous a échappé… et nous avons payés le prix pour l’avoir ignoré…

Nous pensions faire en 2 nuits le trajet post Ganja La vers Tarke Gyang, c’était ce que les guide/cartes indiquaient comme de plus vraisemblable. Sans savoir trop pourquoi, nous avons fait ce trajet en une nuit, et la deuxième journée fut donc une interminable marche d’au moins 20/25 Km. Épuisement total, mais putain, quels paysages !!!

Sommes arrivés dans les hauteurs de Tarke Gyang vers 16h00. Après un court repos chez l’habitant, nous nous sommes remis en marche. Il commença à pleuvoir. Voulant arriver à destination au plus vite, Sanjee prit la décision de prendre un supposé raccourci. Erreur fatale. Rapidement, nous nous sommes perdus en forêt, la noirceur tombait, et nos amis les sangsues s’en donnaient à cœur joie sur nos anatomies.

Vers 21h00, Sanjee s’arrête et doit admettre que l’on est perdus (en pleine jungle, en plus…). Ils sont trempés comme des lavettes et nous très « humides ». Ils ramassent des branches, trouvent un arbre creux, et utilisent les brûleurs pour faire un feu. Le temps passe, et le feu ne prend pas, puis ô miracle après 30 minutes de ce régime, le feu commence à pétiller.

Sanjee et Ongchhu décident d’aller à l’aveuglette pour trouver le village. Il est 22h00. Denis et moi passons le temps en compagnie des sangsues qui nous vampirisent à qui mieux mieux, car mes pantalons n’avaient pas d’élastique aux chevilles, et je les sentait fourrager jusqu’à des endroits privés de mon anatomie…

Vers minuit, le feu menace de s’éteindre. Vite, on part à la recherche de branches. Vers 01h30, il ne reste que des braises, mais on caille pas vraiment… Si au moins on étaient sur un terrain plat plutôt qu’en pente… Vers 02h00, nos amis reviennent enfin. Bonne nouvelle, ils ont localisé le village.

On prend tous les bagages et on arrive finalement au village vers 04h50, après avoir chuté (parfois douloureusement) dans la boue au moins 2/3 fois chacun…

La morale de l’histoire? N’oubliez pas de demander à vos guides-porteurs et porteurs s’ils ont un horaire flexible… Si oui, vous aurez alors le luxe de prendre votre temps (pour admirer des paysages époustouflants) pour arriver à votre destination. Dans la situation inverse, vous serez obligés de les suivrent à LEUR rythme (d’enfer)…

Si seulement Sanjee nous avait dit qu’il devait absolument être à Tarke Gyang telle journée pour ensuite se diriger vers un village pour ultimement prendre un bus pour la capitale pour guider un autre groupe qui l’attendait, eh! bien on aurait pas frolâtrés 6 jours dans les environs de Kyangin Gompa !!!

Je termine sur des observations bien personnelles

Le prérequis de la bonne forme physique AVANT de faire une randonnée en haute montagne est à prendre avec une bonne dose de sel…

Nous demeurons à 29 mètres au dessus du niveau de la mer et n’avions AUCUNE expérience préalable de la moyenne/haute montagne avant de partir…

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un mythe, mais si vous n’avez pas l’intention de transporter un lourd sac à dos alors c’est vraiment pas la peine de s’entraîner à outrance…

Par contre, prendre avec soi quelques comprimés de Diamox au cas ou… et on en trouve pour quelques sous dans les pharmacies de la capitale et ce sans ordonnance, n’est pas exagéré.

Je n’ai pas à réfléchir un long moment pour vous dire que l’élément le plus important d’un séjour en haute montagne reste le « mal aigu des montagne ». Lisez B-E-A-U-C-O-U-P et attentivement sur le sujet.

Ça pourrait être d’une douloureuse actualité si vous décidez de voyager en groupe, car celui-ci ne fera pas faire demi-tour juste pour vous, et ne pourra attendre 24 heures que votre condition physique s’améliore. Soyez-en conscient.

Pour la période de septembre 2008 à novembre 2008, nous avons payés le porteur-guide 14$ us/jour et 12$ us/jour pour le porteur. Après chacune des randonnées, nous avons ajoutés 5$ us/jour (même pour les jours de congé) comme pourboire.

Ils ont fort probablement reversé une partie de ce salaire à l’agence, mais je reste persuadé que l’essentiel du fric leur fut versé. Les nouvelles fringues d’Ongchhu en faisant foi…

La solution la plus agréable et facile de planifier une randonnée au Népal reste le bouche à oreille. Contacter des porteurs ou guide-porteurs est facile… Vous pouvez aussi lire et demander des noms/adresses postales/courriels sur ce site.

Il y a aussi beaucoup de noms de guides, guides-porteurs et porteurs qui circulent et émaillent les textes et comptes rendus de randonnées au Népal sur ce site et ailleurs sur le WEB.

On peut aussi contacter une agence de voyages népalaise (le choix est très large) mais on risque de payer plus cher une prestation décidée à l’avance.

Je pense avoir expérimentée une solution mitoyenne : des porteurs expérimentés, bien habillés, avec l’expérience souhaitée et soutenus par un organisme/agence mais avec toute la latitude voulue pour entreprendre une randonnée à mon goût!

Sur ce, il me fera plaisir de répondre à vos questions.

Marc Lamarre, Montréal
Itinéraire pour un mois au Pérou et en Bolivie English translation pending
by Blandinee · 2009-04-18 · 16 replies
Bonjour, après avoir surfé des heures sur VF et disséqué plusieurs guides de voyage, je soumets mon itinéraire du mois d'aout à vos remarques, conseils et suggestions avisés😉

Ven 31 juillet : 23h20 vol Paris-Santiago Sam 1er aout : arrivée à Santiago du Chili 7h30 - trajet Santiago-Arica (30h de bus, compagnie turbus) Dim 2 aout : trajet Santiago-Arica, suite - nuit à Arica Lun 3 aout : visite Arica le matin - trajet Arica-Arequipa : d’abord Arica-Tacna en taxi ou collectivo pour passer la frontière, puis Tacna-Arequipa (3-4h de bus) Ma 4 aout : visite Arequipa - réservation excursion cañon de Colca - réservation lignes de Nazca si possible ?? - réservation bus Arequipa-Nazca (à faire avant départ??) Mer 5 et jeu 6 aout : excursion cañon de Colca Ven 7 aout : Arequipa - trajet de nuit Arequipa-Nazca (14h de bus) avec Cruz del Sur Sam 8 aout : survol des lignes de Nazca, visite du cimetière - bus de nuit Nazca-Cuzco (15h de bus) avec Cruz del Sur Dim 9 aout : visite de Cuzco Lun 10 et ma 11 aout : rafting et visite des sites de Pisac, vallée sacrée Mer 12, jeu 13, ven 14, sam 15 aout : trek Machu Picchu (déjà réservé) - retour à Cuzco le 15 vers 21h. Dim 16 aout : trajet Cuzco-Puno (départ tôt le matin) - trajet Puno-Copacabana (passage de la frontière) Lun 17 aout : visite de La Isla del Sol - nuit sur l’ile Ma 18 aout : bus pour La Paz, visite La Paz Me 19 aout : bus pour Tiwanaku, visite de Tiwanaku Jeu 20 aout : La Paz Ven 21 aout : La Paz Sam 22 aout : tôt le matin : avion La Paz-Sucre, visite Sucre Dim 23 aout : trajet Sucre-Potosi (3h de bus), visite des mines de Potosi Lun 24 aout : partir de Potosi vers midi, arrivée à Uyuni vers 18hréserver excursion Salar Ma 25, mer 26, jeu 27, ven 28 : excursion Salar de Uyuni, Sud Lipez - arrivée à la mi-journée à la frontière Chilienne le 28 - prendre un bus pour Santiago (24h de bus, compagnie turbus) Sam 29 aout : arrivée en fin de journée Dim 30 aout : journée à Santiago/journée de marge si retard de bus Lun 31 aout : vol Santiago-Paris 15h45

Pensez-vous ce trajet réalisable compte tenu des imprévus possibles?? Sachant que nous sommes 3 : Faut-il que je réserve l'avion La Paz-Sucre avant de partir ou sur place?? Sur le site d'Aerosur les billets sont à 80USD, sont-ils vraiment moins cher sur place?? Idem pour les long trajets en bus : Arequipa-Nazca, Nazca-Cuzco et Cuzco-Copacabanna, faut-il les réserver à l'avance ou sommes nous sûrs d'avoir des places en réservant la veille ou l'avant veille?? Pour les lignes de Nazca, est-il possible de réserver depuis Arequipa car les guides indiquent que c'est possible depuis lima mais ne parlent pas d'Arequipa. Combien de temps faut-il les réserver à l'avance sachant que nous ne passons qu'une journée à Nazca?

Nota : nous arrivons à Santiago car nous avons des réductions sur les trajets en avion pour le Chili et pas vers le Pérou ou la Bolivie.

Merci d'avance pour vos réponses!!!

Blandine
Relier Lyon et Grenoble à pied English translation pending
by Frouck · 2009-04-16 · 19 replies
Bonjour ! Je m'appelle Franck j'ai 20 ans et j'aimerai savoir si vous aviez des idées pour relier Lyon et Grenoble à pied. Je pense que le voyage pourrait vraiment être très beau. J'ai essayé de voir des itinéraires avec des GR et autres mais malheureusement mes recherches sont pour le moment peu fructueuses :( ...

Merci beaucoup pour toutes les informations que vous pourriez m'apporter !

Franck

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