Search VoyageForum
FR
Temps difficiles, réflexion après un mois de voyage English translation pending
by Lliouba · 2009-09-17 · 232 replies
On ne peux pas être toujours d'accord avec les analyses d'Anselm jappe mais là, on contresigne des deux mains.  Pour que les amis du continent africain et d’ailleurs savent à quoi ressemble notre pays qui est la France. Pour qu' on ne se trompe pas de combat. Cet article, assez court et criant de vérité, est extrêmement bien écrit. http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Laviolencemaispourquoifaire_parAnselmJappe.pdf  Je reviens d’un périple d’un mois sur les routes d’Italie, de Sicile et de Grèce , à la nomade, avec trois fois rien....Oubliant la ceinture de sécurité (en France, l’automobiliste est constamment menacé du moindre écart).

Arrivant à Paris, le sac sur le dos, à la gare de Lyon même, j’ai vu, sans exagération, plus de ces inquiétants guignols qu’en un mois d’août entier en ces trois lieux. L’espace d’un mois, j’avais oublié leur lourde présence, celle de leurs armes et de leur regard dédaigneux. Un regard de flic, est déjà un jugement. Fut un temps “Les guignols” d’Audiard, dans la bouche de Noel Roquevert, ça sonnaient bien. Nous n’avons hélas plus le loisir de la gouaille maintenant, les guignols nous font froid dans le dos. Chaque matin, des personnes allant travailler, ou en revenant , pour nourrir leur famille, se font harceler parce qu’ils n’ont pas le teint aussi clair que le mien, ou qu’il ne rentre pas dans le “moule” social. Il nous est imposé, chaque matin, dans toutes les gares de la région parisienne, la sale ambiance des contrôles d’identité, de suspicion . Chaque matin, une petite main dans la mienne, nous traversons ce paysage, celui de notre pays, celui de son pays. Partout, dans ce paysage, la tension se fait sentir. Le coeur triste et plein de colère, on ne peut que sentir la chape de plomb qui pèse sur les gens susceptibles d’être suspecté, à qui, non content d’imposer des conditions de vie et de travail parfois au de-là de la limite, le gouvernement ajoute un harcèlement supplémentaire. L’occulter est impossible. Le supporter est récurant, et tenter de faire de ce trajet un moment baladeur de partage avec ma petite main dans la mienne est le petit combat de mère. Souvenez-vous, nous avions été marqués par la présence de l’autorité dans notre pays, lors du premier plan Vigipirate il y a quelques années, j’aurais alors à l’époque difficilement imaginé qu’elle aille encore plus au de-là....Vigipirate, outil de première nécessité, outil bien utilisé....

Question d’un petit bonhomme de cinq ans: “ maman, ça existe une police qui contrôle la police?” Bonne question, mon fils.

Mais que l’on ne s’y trompe pas, même si la présence de la police dans les pays que je viens de parcourir se fait sentir légèrement, voir prête à sourire ( j’en ai vu de la police italienne, décontractée, lunette noire, discutant au téléphone portable ou avec le vieux du coin en plein milieu d’un beau bordel automobile, encore un autre de Thessalonique, avachit à la Symposium sur sa moto en pleine lecture nocturne qui aurait tout aussi bien pu accrocher ”Ne pas déranger” sur l’un de ses guidons...), toutes les villes que nous avons traversé sont filmées. Généva, Pisa, Napoli, Syracusa, Thessaloniki, Bologna, ...et même des moins conséquentes, pour ne parler que des plus grandes. J’étais curieuse de palper l’ambiance actuelle d’autres pays d’Europe.

On nous a raconté, à Thessalonique, que des groupes extrêmement bien organisés, il y a peu, ont déboulonné soigneusement en quelques heures les caméras de plusieurs quartiers, pour la plus part bien perchées en hauteur. Ou encore que dans les rues des villes soulevées de colère cet hiver dernier, que ce soit Thessalonique, ou des agglomérations plus petites comme Trikala par exemple, la police Grecque, dépassée, rebroussait chemin... Les termes plus exacts étaient “ont détalé”. Etonnant. Bien sûr, que cela “impressionne” le gouvernement français.

Pour en revenir à l’article d’Anselm Jappe ci-joint, on peut ajouter une autre forme de harcèlement, autre que policier ou psychologique ( dont la culpabilisation du citoyen, responsable lui-même de tout disfonctionnement, placardée sous ses yeux de façon omniprésente), qui est celle du spectre de la maladie, de la mort par la maladie. Denis Duclos en expose très bien le mécanisme dans le Monde Diplomatique. Le retour de la Pandémie. Nul doute que la vie de nos enfants en seront certainement ponctuée, ici et là, de temps à autre. Il va leur falloir grandir avec le SIDA, les pandémies, et quoi d’autres déjà ?

-  Je ne peux m’empêcher de penser ici aux populations véritablement abandonnés, exterminés par le Paludisme, le Sida et autres maladies. On vient de découvrir une nouvelle maladie “bananière”  dans les régions d’Afrique du Sud et de l’Est ( http://www.afriquejet.com/actualites/sante/alerte-contre-une-nouvelle-maladie-des-bananiers-en-afrique-de-l'est-2009042826446.html ), la "Banana Xanthomonas Wilt" (BXW) . A croire que l’écumage  de la population mondiale ne va pas assez vite aux yeux de certains. - Voilà le choix qui s’impose à nous, vivre entre doute et paranoïa. Devoir choisir bientôt pour nos enfants, entre peur de la grippe A et la peur des effets secondaires d’un vaccin.

 Amputés des subventions et des moyens aux piliers de la société ( santé, éducation, initiatives citoyennes, ...). Muselés par la peur d’être exclus de la société. Muselés par la convoitise et les crédits. Régit par  de “l’économie personnelle”. Mues par la peur, le doute et la paranoïa.

“ils n’auront pas ma fleur.....ma fleur de coeur”.

On sait ce que les temps à venir vont être, sans en être capable de l’imaginer exactement. Car c’est au de là de notre Formation.Peut-être que quand le capitalisme libéral aura fini de dévorer ses enfants, si il y a fin un jour à sa faim, il devra bien se régénérer et pour cela absorbera ce qui se sera inventé à sa marge, chez ses opposants (éternelle récupération). Le balancier repartira dans un autre sens, et encore jusqu'à l'excès. Qui peut savoir?

Je suis consciente que le fléau de la balance ne sera jamais à l’équilibre. Il ne s’agit pas de se leurrer. Ainsi que nos enfants apprendront à nager dans le fleuve de leur temps, et que bien entendu, ils savent voir au de-là des apparences. D’autres générations l’ont fait, et dans des temps bien sombres de l’histoire. Mais ici et maintenant? Les grands enfants grandissent sans connaître une feue liberté de baiser, et dans l’appréhension de l’autre? L’imaginaire social se débat avec le virtuel, ça, c’est une des autres nouveautés.

Alors, je persiste à espérer qu’en l’absence d’utopie ( on peut comprendre la peur qu’en ont les occidentaux), l’absence de “projet alternatif” cohérent, unifié et solide, et la manifestation grandissante d’actes isolés (de différentes natures) réside peut-être une faille à creuser, cependant que Chronos continu de dévorer ses enfants. (Bien sûr, on ne reste pas très longtemps sans “chef”, n’est-ce pas ?) Mais que peut on créer, qu’un autre chaos, au sens heuristique du terme, au stade historique où nous nous trouvons.... Je ne sais pas. Et comme le dis si bien une amie, je me sens perdue, au milieu des débats, des triturations intellectuelles, et des nombrilismes des bons mots engagés.

Alors, oui, ne pas céder à la folie, ne pas céder à la consommation, ne pas céder à l’instrumentalisation de l’autre, ne pas céder aux moindres petites choses, ne pas céder, ne pas céder, ne pas céder, ne pas céder, ne pas céder, ....

 Et j’envois des sourires pour chaque fleur de coeur.

 Pour épilogue, une Dame Serbe de la génération précédente, m’a reprocher récemment de ne pas laisser l’enfance à l’enfance, de ne pas laisser couler la rivière.... Pour avoir discuter longuement avec elle de sa vie, je ne pouvait que comprendre son point de vue. Cependant notre dialogue sur l’éducation était impossible. On ne peut pas dire certaines choses à un enfant de cinq ans. Oui, mais on ne peut pas mentir sur le monde qui attend l’ enfant de cette génération. La rivière coule, de toutes façons. Et on peut lui apprendre aussi que l’on est soi-même créateur et moteur de la joie, d’un p’tit bonheur. Lui souffler un peu d’imagination et de résistance comme on souffle doucement sur une fleur de pissenlit.

Et quand il dort, il arrive que l’on pleure.
Jeu des photos ça repart English translation pending
by RRR · 2009-09-13 · 499 replies
Salut,

bon ba voila, vu que certains se plaignent de la panne du jeu😛, je me dévoue avec une petite photo facile pour s'échauffer un peu!!!

Alors ou c'est??? La ville suffira!!!



A+
Sumatra 2009: entre mer et jungle English translation pending
by Hialle · 2009-09-09 · 35 replies
Le trajet :

Quatre jours pour faire Pau/Rubiah !!! On l’a mérité, notre île déserte !

Il y a quelques mois, je fais part à Louloute de l’envie démangeante d’aller faire un petit tour en Indonésie et de commencer par une petite virée sur une île. Mon homme n’est pas du tout démangé par cette même envie, mais alors pas du tout. Sur une île ? lui qui est plus à l’aise dans un champs de maïs ou sur les pentes d’une montagne ne voit pas très bien la chose. Mais je lui vend l’affaire en lui vantant les mérites de la jungle, des volcans… et Ok, l’année prochaine, on ira où il veut. En attendant, il pourra préparer ses chaussures de marche, mais aussi les palmes, masque et tuba.

Le voyage commence le 17 juillet au matin avec les infos sur France Inter « Attentat dans deux hôtels de luxe à Jakarta ». Histoire de se rassurer, on se dit que les choses ne sont jamais aussi calmes que le lendemain d’un attentat, et que de toutes façon, ce n’est pas dans les Guest House où l’on va que les terroristes vont perdre du temps. On boucle les sacs (avec masque et palmes) et on part donc tranquillou. Premier décollage : Paris CDG.

Arrivé la bas, merci Air France pour les horaires qu’il a fallu modifier en dernière minute, on a juste 10h30 d’attente à Roissy, génial !!!

En fait, ça passe vite. On est déjà en voyage, dans un aéroport. Il suffit d’aller aux départs des lignes pour le Sénégal ou le Mali. Quelques touristes, quelques hommes avec des mallettes, mais surtout des familles qui retournent au pays, des femmes de toute beauté en boubous colorés, leurs gamins sur leur « 31 ». Elles discutent, elles rient, se fâchent après les gamins surexcités. Leurs hommes ne sont pas loin, tout beaux aussi, dans leur costume.

Au bout d’un bon moment, passage de la douane et de la fouille, et on rejoint le salon Air France, privilège qu’on a la chance d’avoir. Je ne suis pas vraiment pour les privilèges, mais de temps en temps, ma foi, c’est pas mal. On ne se refuse pas une petite coupe de champagne, c’est pas sur Aceh qu’on prendra souvent l’apéro. Le temps passe très vite et vient l’heure d’embarquer.

Surprise ! Dans sa grande bonté et surtout parce que le vol est surbooké, Air France nous surclasse en première, et ce jusqu’à Jakarta via Canton. Deuxième décollage.

Ne me demandez pas pourquoi on est allé jusqu’à Jakarta pour aller sur Sumatra au lieu de passer comme tout le monde par Kuala Lumpur : on s’est planté, c’est tout.

Bref, une nuit en première classe, faut essayer, ça vaut le coup. Service à la carte, petits chaussons, nappe blanche, des vrais petits pots de confitures pour le petit déj, et surtout dormir allongé !

L’arrivée à Canton est assez spéciale. L’enregistrement n’étant pas fait jusqu’au bout, il faudrait aller à un comptoir, mais évidemment, on n’a pas de visa. Un homme de l’aéroport récupère les passeports d’une trentaine de personnes en transit et on nous fait attendre dans le grand hall après le service de douane. Longtemps après, l’homme revient. Il n’arrive pas à prononcer les noms, c’est donc avec les photos qu’on récupérera nos précieux documents et les cartes d’enregistrement.

Finalement, on embarque pour Jakarta, toujours en première (on s’habitue au confort), et troisième décollage après avoir attendu que l’orage soit passé. Un ciel d’une rare noirceur.

Il fait presque nuit et on a du mal à se rendre compte si c’est le matin ou le soir… avec le décalage, on ne sait plus ; ça fait bizarre, on a juste passé une nuit dans un avion et c’est déjà le soir. Où est passée la journée du 18 juillet ?

On arrive à Jakarta, du brouillard dans les yeux. Il fait chaud et moite. Un taxi, une douche, un lit. Avant de fermer les yeux, vérification : oui, l’eau tourne bien à l’envers quand on vide le lavabo, ou en tout cas, on a bien voulu le voir, Coriolis n’avait pas tord. Retour à l’aéroport le lendemain matin un peu plus frais (pas la météo, nos têtes !).

Le hall des départs ressemble davantage à un hall de gare qu’à celui d’un d’aéroport. Normal, avec toutes ces îles, le réseau aérien est assez développé et ça grouille de partout. Des cartons, des valises, des sacs… On est très en avance et on s’est habitué aux privilèges. Les salons VIP ne nous sont normalement pas accessibles. Le premier nous est refusé sur présentation de notre carte. Mais le deuxième est plus facile, on y rentre comme si de rien n’était, la tête haute, on ne montre rien et on ne nous demande rien.

Quatrième décollage avec la « Garuda » black listée en Europe. L’avion est nickel, les stewards parfaits, le vol se fait en douceur. On a même pu voir le lac Toba avec son île de Samosir au milieu. Impressionnant. Petite escale à Medan, et cinquième décollage. Le paysage vu d’avion est plein de promesses. De la forêt, de la forêt et encore de la forêt. Par endroit, au milieu de rien, une fumée monte vers le ciel. Qui est en train de faire du feu perdu au milieu de rien ?

De temps en temps, près de quelques villages, de grands carrés très rectilignes qui se succèdent et d’un vert différent, des plantations de palmiers à huile. La forêt semble grignotée par ces hectares d’arbres de même nature.

Les reliefs s’estompent, la forêt s’éclaircie pour laisser place aux rizières, un vert vif presque fluo apparaît, d’autres carrés sont du brun de la terre ou du jaune de la paille de riz. La mer n’est pas loin. On comprend les dégâts du Tsunami. La montagne, puis une grande plaine, presque dénuée d’arbres ou autre volume, au même niveau que la mer. La vague a vite fait d’envahir l’espace, rien pour l’arrêter.

Atterrissage en douceur, ça y est, c’en est fini pour l’avion.

Direction hôtel Prapat.

Jamais en 2004 j’aurais cru mettre un jour les pieds dans cette ville. Banda Aceh… un nom de ville à la résonance tellement terrible. Entre les conflits et le tsunami, rien ne leur a été épargné. Pourtant, l’atmosphère y est paisible et sereine. Les femmes bien que presque toutes voilées, semblent jouir d’une liberté identique à la notre, les couples se promènent main dans la main, les jeunes sont au café en bandes mixtes, le marché regorge de poissons et de fruits de toutes couleurs… la vie comme partout ailleurs.

Le lendemain, direction l’aéroport en becek, ces sortes de side-car d’une autre époque, pétaradant et fumant comme pas deux, nos sacs accrochés de part et d’autres.

L’avion des copains que l’on doit retrouver est presque à l’heure, juste une petite demie heure de retard. Avec impatience, on guette les têtes… ça y est, le crâne visible de loin du père… puis sa femme puis enfin les enfants. Cela fait tout drôle de se retrouver ensemble, là bas au bout du monde. On est un peu tous sur les rotules, mais heureux. Ils sont partis de France en même temps que nous, mais nettement plus futés, sont passés par Kuala Lumpur.

Un taxi nous emmène à l’embarcadère au nouveau port de Banda Aceh pour Pulau Weh. Le bateau est là, dernier trajet pense t’on. La mer est d’un bleu superbe, plus sombre que celui du ciel, le soleil tape fort, la brise maritime fait du bien. L’île s’approche rapidement.

Un autre copain, Pierre, qui devait nous retrouver à l’arrivée n’est pas là, pas grave, encore une petite heure de taxi pour Iboï. A 7 personnes plus les sacs dans la voiture, on se sent très proches les uns des autres. Et enfin, ¾ d’heure après, je regarde ma copine : « on y est ! » Enfin presque. Pierre nous avait donné RDV chez Yulia. C’est pas compliqué, c’est au bout du chemin. On charge les sacs sur le dos sous un soleil torride, et on commence les 200m qui nous séparent de la GH. Au bout de 200m, un autre panneau Yulia : 150 m. On monte, on descend, on fatigue, on ruisselle. Un autre panneau : encore 200m et ainsi de suite pendant ce qui nous semble représenter des Km.

Le bout du chemin, le fin de l’enfer, la fin du trajet enfin : « Isa, on est arrivé ». Personne. Juste un Indo qui vient nous voir. « Vous cherchez Pierre ? Il est en face, sur l’île. Je vous y emmène en bateau». Effectivement, en face de nous, une autre petite île. Il nous a bien mené en bateau, d’ailleurs. Notre copain lui avait demandé de nous dire de l’attendre.

On recharge les sacs, montons dans le bateau et franchissons les 200m qui nous séparent de la petite île de Rubiah. « Isa, je crois que ce coup ci, c’est le bon ». Effectivement, un bateau s’approche de nous, Pierre agite les bras. Il était venu nous chercher à l’embarcadère mais nous avait loupés de peu.

Cinq avions, deux bateaux, un becek, trois taxis… et nous voilà arrivés au paradis. Des copains, une famille indonésienne qui habite sur l’île, quelques bungalows et la toilette au puit, des petites plages de sable, une mer avec tous les tons de bleus outremer, des cocotiers qui se penchent au dessus de l’eau. Si c’est pas le bonheur, ça y ressemble fortement !

Arrivée sur Banda Aceh





Rubiah... enfin au loin !
Une véritable tentative en Nouvelle-Calédonie! English translation pending
by Glopglop333 · 2009-09-07 · 129 replies
Bonjour a tous ; je m'apelle cedric j'ai 37 ans , marié, deux enfants (5et 8 ans ) Je suis artisan dans les milieux de l'eau (puissatier, pompage, arrosage, bassin...) Mon affaire marche bien ...mais j'arrive a une periode de ma vie ou je recherche de l'authenticité....et toute cette vie folle et cette course au fric m'indispose de plus en plus.... Bref j'ai decidé de venir voir chez vous comment cela se passait .... Pas pour repartir a travailler comme un fou a noumea ...non ...mais plutot d'essayer de couper ....d'apprendre des caldoches...leur mode de vie leur culture....etc... Alors es-ce possible de se faire un minimum integré en faisant de gros effort ? Je pars debut novembre pour minimum un mois .....seul sans mes enfants ni ma femme ....(sans ma famille ce seras le plus dur !!!!) Je ne suis jamais sorti de france, je n'ai jamais pris l'avion... Je pars contre l'avis de ma famille , mes amis qui me traite de fou.... J'ai peur aussi de l'eventuel solitude ...si quelq'un pars sur la meme periode pourquoi pas un rapprochement .... Si quelqu'un veut m'acceuillir en toute simplicité pour une courte periode afin d'echanger...je suis preneur (je suis courageux, je partage les frais, bref pas profiteur reglo quoi...) Alors vous qui etes la bas ....suis-je fou ....ou l'aventure vaut le coup d'etre tenté ????
Voyager en Inde et impression de se sentir "lavé" English translation pending
by Duppyconquer · 2009-09-03 · 77 replies
Bonjour à tous,

Je serai curieux de savoir si vous etes un peu comme moi a ce niveau 😛

Est ce que certains d'entre vous, ressente comme un besoin de se rendre en Inde pour se "purifier" ou se "remettre en question"?

Autrement, avez vous l'impression d'etre comme "lavé" à un retour d'Inde ou de "mieux profiter de votre vie la bas"?

Merci d'avance pour vos réactions,

Amitié,

David.
Reconduite du visa vietnamien (septembre 2009) English translation pending
by Satoli · 2009-09-02 · 53 replies
Bonjour,

Je m'adresse a tous les expatries du Vietnam. Je me trouve actuellement sur Hanoi pour refaire mon visa B3 six mois. Voila deja 4 fois que je les ai refait sans encombre. Surprise ce matin, pas une seule agence ne repond positivement a la demande. Apparemment il n'y a pas moyen de le faire pour plus d'un mois. Certains s'avancent meme a me dire que dans un mois tout sera revenu a la normale. Ils me causent de police-police??? mais personne ne me donne vraiment d'infos. Que se passe-t-il??? Si quelqu'un a des infos fiables merci d'en faire part. Quant a moi, je me rends a present a mon ambassade pour avoir plus de precisions.

Merci
Investir au Costa Rica? English translation pending
by Poissoncoq · 2009-08-25 · 19 replies
Salut à tous j' ai un collégue Costaricain qui est marié avec une française il est chez nous depuis env 3ans et il compte rester encorre 2 ans , puis repartir dans son pays pour monter son business (location de bungalow + repas + circuit touristique , cote pacifique . ) Il a déja acheté le terrain et une partie du materiel pour la construction des bungalows . On s'entend bien et il m'a proposé de m'associer à eux , il est vrai que j' arrive à 40 ans et j'aimerai bien changer de cap ! J'aimerai en plus avoir quand meme une petite affaire à moi .Il est vrai que sa pourrai drolement me simplifier les choses car il a une maitrise parfaite de son pays (langue , administratif, contacts etc...) Pensez que je puisse faire confiance ou bien je vais droit dans le mur ? Ciao .
Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est English translation pending
by GeorgesOZ · 2009-08-23 · 520 replies
On trouve en Asie une grande quantité de peuples dont les origines et les liens de parenté ne sont souvent pas évidents. La confusion est d’autant plus grande qu’ils ont une variété de noms aux sonorités assez semblables à premier abord, et qu’un groupe donné se voit attribuer des noms différents suivant le pays où on le rencontre, la date à laquelle on en parle, l’auteur etc…. Meo, Miao, Yao, Hmong, Lao, Taï, Thaï, Qiang, Jurchen, Mandchous, Khitai etc…. la liste et longue ! Comment s’y retrouver ? D’où viennent-ils et comment sont-ils reliés les uns aux autres?

Je ne suis pas ethnologue, mais c’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Au fil de mes lectures, je me suis rendu compte que pratiquement tous les peuples qui se trouvent maintenant en Asie du sud-est sont originaires de la Chine. La plupart des experts, par exemple, font remonter à Taiwan les langues austronésiennes, c.-à-d. malais, langues cham du sud du Vietnam, langues parlées dans le monde Malayo-Polynésien, qui s’étend de Madagascar jusqu’à Hawaï mais dont on trouve encore aujourd’hui quelques traces en Asie du sud-est. Comme référence, il suffit de citer l’excellent « Cambridge History of South-Est Asia », Vol. 1, Part One, « From early times to c. 1500 », 1999 ; page 112 (je traduis):

« Pendant l’étape linguistique proto-Austro-Tai (vers 4500 av. JC ?), il semblerait que des colonisateurs possédant une culture agraire franchirent le détroit de Formose pour atteindre Taiwan. Ils y établirent les langues initiales du groupe Austronésien. Leur population augmenta et se répandit à travers l’île, jusqu’à ce que, un millénaire plus tard peut-être (vers 3500 av. JC ?), leurs descendants linguistiques firent leurs premiers mouvements vers Luzon. » Etc……

Curieusement, je n’étais pas trop porté sur la Chine au départ, mais j’ai fini par me rendre à l’évidence : un minimum de connaissances sur la Chine est essentiel pour comprendre les populations de l’Asie du sud-est et même au-delà. Que s’est-il passé en Chine qui aurait poussé tous ces peuples à se déplacer vers le sud ?

Permettez-moi une plaisanterie ! On peut apporter une réponse simple et rapide à cette question : « Les Chinois sont des casse-pieds qui bousculent les gens autour d’eux. Les habitants non-Chinois de la Chine en ont eu marre, ont ramassé leurs cliques et leurs claques et se sont cassés ».

Il y a du vrai dans cette réponse, mais nous sommes entre gens un peu moins simplistes que ça, j’en suis sûr, et il doit y avoir plus à dire sur le sujet ! Je me propose de prendre autant de raccourcis que possible sur l’histoire de la Chine, pour en distiller ce qui m’intéresse ici, c.-à-d. les mouvements des peuples dans la sphère géographique chinoise. Ma référence principale (il faut bien commencer quelque part, comme je l’ai dit, ce n’est que récemment que « j’aborde la Chine ») est un livre publié en 2008: « China, A History » (« Chine, Une Histoire ») de John Keay. Ce journaliste britannique a dénoncé le « consensus international, pour ne pas dire la conspiration, de faire de l’histoire de la Chine un sujet aussi rébarbatif et incompréhensible que possible ». Je recommande vivement de le lire (je ne sais pas s’il a été traduit en français).

On me reprochera peut-être ma préférence à (souvent, sauf pour les termes déjà bien acceptés en français) ne pas utiliser les formes féminine ou plurielle pour les noms d’ethnies et de cultures de la Chine et de l’Asie en général. Ces formes n’existent ni en chinois ni dans d’autres langues locales. Je préfère donc dire « les Xia » plutôt que « les Xias ». Le comble, il me semble, est le terme « Laos », introduit il semblerait par des missionnaires Portugais, le « s » final en faisant un nom en portugais. Le problème, à mon avis, c’est que tout le monde prononce se « s » final, qui n’existe pas dans la langue Lao. Que ceux que ma petite manie dérange ajoutent les « s », les « e » et les « es » où ils veulent !

Alors allons-y! Premier chapitre:

Les débuts - Xia

La première dynastie chinoise reconnue, suivant la période des « cinq empereurs » mythiques, fut celle des Xia (2070-1600 av. JC ; chinois traditionnel: 華夏 ; chinois simplifié : 华夏; pinyin: Huáxià). On n’est pas absolument sûr que les Xia aient vraiment existé. La dynastie suivante, celle des Shang, est mieux corroborée. L’évidence archéologique ferait correspondre les Xia à un ensemble de cultures néolithiques et de l’âge du bronze du bassin inférieur du Fleuve Jaune (Huang He), c.-à-d. de la Plaine Centrale de la Chine du nord qui s’étend de la province de Shandong à la province du Shaanxi.

L’histoire de la Chine, presque toujours un produit « officiel » par des gens qui avaient un « agenda », a tendance à idéaliser et à simplifier. En fait, il ne semble pas que le nord de la Chine ait été contrôlé d’une façon uniforme et centralisée par les premières dynasties. Et les développements qui résultèrent en une « culture chinoise » se déroulèrent plutôt sur des territoires plus vastes que ceux des Xia, et auraient impliqué des peuples qui n’étaient probablement pas uniformes d’un point de vue ethnique. En fait, le concept d’ethnies bien séparées ne semble pas « tenir la route », une constatation qui n’est pas unique à l’Asie d’ailleurs. On devrait plutôt parler de culture et d’héritage linguistique. De la même façon, le mot «Han », désignant au départ une dynastie (202 av. JC – 189 après JC), en passa à être utilisé comme une étiquette ethnique et se trouve maintenant être la dénomination officielle de la majorité du peuple chinois, supposée être d’une seule et même ethnie.

Toujours est-il que les peuples de la Plaine Centrale, constituant le noyau des futurs Han, en fait les ancêtres de l'ethnie Han, se désignaient aux derniers siècles av. JC comme « Xia » pour se différencier des peuples « moins Chinois » considérés comme barbares, pour lesquels on usait de termes tels que « Di » ou « Rong ». Les Di ou Rong auraient été assimilés au fil de la très longue dynastie des Zhou (1050 – 256 av. JC). Cela résultait peut-être du sentiment d’avoir une identité privilégiée en tant qu’héritiers du royaume Xia, par des gens qui ont fini par se désigner comme « Xia ». Pour une première fois, avant l’usage du terme « Han », on avait abusé d’un terme désignant une culture pour désigner une population qui n’était pas ethniquement homogène.

Le terme « Xia » était encore utilisé pour désigner la culture « Chinoise », celle du nord, à l’époque ou les Qin (d’un «état » du nord qui correspondait plus ou moins au Shaanxi d’aujourd’hui) commencèrent à unifier le territoire chinois dans un sens moderne. En particulier, le roi Hui de la dynastie Qin conquit le Sichuan (le pays « des quatre rivières », connu jusque là sous les termes de Shu et Ba) au IV-ème siècle av. J-C (on cite la date de 316 av. JC). Le Sichuan tomba donc sous l’influence culturelle Xia, et fut intégré dans l’empire chinois.

Cette consolidation intégra d’autres territoires « non-Xia » : le reste du bassin du Yang Tse, une grande partie de la Chine du sud et la Mongolie Intérieure. L’apogée fut Huangdi, le premier empereur historique, rendu fameux entre autres par l’ armée de terre cuite de sa tombe (dont la chambre centrale n’a pas encore été excavée), et qui régna au III-ème siècle av. J-C. La dynastie Qin ne dura pas longtemps, mais donna la base à partir de laquelle l’empire suivant, celui des Han, se reforma à partir de la fin du III-ème siècle av. J-C.

Voilà donc ma première fournée. J’espère que cela intéressera quelques forumistes, et comme je l’ai dit, je ne suis pas un spécialiste du sujet, donc j’espère bien en apprendre plus de la part de ceux dont la lanterne est plus éclairée que la mienne !
Retour d'une mauvaise expérience à Bali English translation pending
by Bonjourciao · 2009-08-22 · 38 replies
J'avais cherché un guide francophone avant d'aller à Bali sur le forum. A moi maintenant de faire part de mon expérience... malheureuse avec ce pseudo-guide. Précision : je voyageais seule avec mes deux enfants de 5 ans 1/2 et quasi 10 ans.

Nous avions convenu de passer entre 5 et 7 jours ensemble, et avions convenu du rythme : 2 jours avec lui, 1 jour sans, etc, et je comptais sur son expérience et sa connaissance de Bali pour m'éviter les guet-apens à touristes pour certains endroits.

Commençons par le 1er jour. Il vient nous chercher à l'hôtel à l'heure prévue, et nous emmène à Tanah Lot, où nous arrivons vers la fin de matinée. Petit anecdote : il me conseille d'acheter pour goûter des pâtisseries balinaises à une dame sur le site. Je lui demande à quel prix je peux les acheter sans trop me faire avoir... et je les achète à ce prix, en l'occurence 3000 RP les 4 petites boules. J'apprendrais par la suite que cela ne coûte que 500 RP... et pour le principe, je n'ai pas apprécié... même si en € c'est des centimes, c'est par principe. Ensuite nous allons à Jatiluwith pour voir les rizières en terrasses. Journée terminée.

Tout au long de cette journée, il m'a donné l'impression de quelqu'un de très pantouflard, qui n'aime pas trop se fatiguer, mais ce n'était qu'une première impression.

Nous allions nous mettre d'accord pour l'heure de sa venue à l'hôtel le lendemain, mais il me dit qu'avant de venir, il fera la vidange de sa voiture. Pardon, j'ai bien entendu ? Oui, oui, la vidange de sa voiture, et qu'il ne sera pas là avant 10h00...

Alors là, je dis : ce n'est pas correct. D'abord, il aurait pu le faire avant. Ensuite le surlendemain il ne le passera pas avec nous alors il peut quant même attendre. En effet, je lui dis qu'à Bali (il le sait pourtant), la journée se terminant très tôt, il fait nuit à 18h00, et il faut donc la commencer pas trop tard, surtout si on va loin.

Il rit et me dit : oh là là, j'essairai d'être là à 9h30...

2ème jour : il n'arrivera qu'à 10h10.

Sur ce, nous allons jusqu'à Munduk... une longue route. Au cours du chemin, je réaborde un sujet entamé la veille : un jardin botanique à Bali. Il me propose de m'y emmener, et je lui dis qu'en effet, il paraît qu'on peut nourrir des plantes carnivores, ce qui serait sympa pour les enfants. Je me rends compte qu'il ne connait pas le jardin dont je parle, mais qu'il en connait un autre. Je lui fais comprendre que je ne veux aller qu'à celui qu'il y a dans le guide LP, près d'UBUD, et pas un autre. En fait, il avait beau être guide, il ne le connaissait pas ! alors je lui ai sorti LE guide LP, et lui ai expliqué que l'édition datant de 2007, il existait bien depuis un petit moment...

Et devinez quoi ? Pour me "faire plaisir", il m'a emmené :dans un espèce de marché "plus-attrape-touristes-tu-meurs", où les commerçants demandaient à être payés, tenez-vous bien, en dollars ! dans un endroit où ils cultivaient des fraises : où on a même pas pû en ceuillir, c'était interdit, on pouvait juste voir les quelques plans de fraises derrière des grillages, tout ce qu'on pouvait faire, c'était acheter des fraises à 40 000 RP le kg, soit presque plus cher qu'à Paris...dans le jardin botanique que LUI connaissait, et alors là, j'ai pété un plomb, pardonnez-moi l'expression. Je m'explique : j'aurai dû m'en douter, il m'avait demandé si les enfants apprécieraient de faire de la tyrolliène, car ils pouvaient en faire dans ce jardin... tu m'étonnes : il m'a emmené faire de l'accro-branches dans ce jardin, à 20 $ par enfant, en plus il fallait compter entre 1h et 2h de temps !! Cerise sur le gâteau : le jardin était tellememt propre, tellement clean, les pelouses ressemblaient à des green de golf que j'osais même pas y poser le bout de ma chaussure... tellement pas BALI, quoi.... là je lui ai dit que trop c'est trop. Je lui ai aussi dit que je n'étais pas venue de France pour me retrouver dans des endroits comme ça, que j'avais compté sur lui pour sortir des sentiers battus et connaître le vrai Bali, et que si c'était pour m'emmener dans des endroits attrapes-touristes, je pouvais m'y emmener moi-même. Bref je lui ai dit que ce serait le dernier jour avec lui.

Au cas où vous vous poseriez la question : on s'était mis d'accord sur 35 € par jour, pour 8 h par jour, et je payais tous les repas, parkings, etc.

J'ajouterai encore une chose, importante à mes yeux : le lendemain, j'ai pris une voiture avec chauffeur, les "taxis" quoi. Le chauffeur ne parlait pas un mot de français, mais anglais et balinais. Et vous savez ce que ma fille m'a dit à un moment donné (nous avions passé la journée avec ce chauffeur) ? : "tu as vu maman, on a plus joué et rigolé avec lui qu'avec l'autre qui ne nous a pas parlé alors qu'il parlait français".

Alors voilà, je voulais raconter ma petite mauvaise expérience, mais qui me permit de me jeter dans l'arène, et j'ai découvert le vrai Bali par moi-même. Et ce fût fantastique.

Peut-être que d'autres auront vécu une bonne expérience avec ce guide : moi non, et je ne fais part que de ma propre expérience.

Cela veut aussi dire que peut-être n'a-t-on pas vraiment besoin d'un guide là-bas. Les voitures avec chauffeurs et un bon guide papier suffisent amplement.
Tour de la Bretagne: endroits à visiter? English translation pending
by Amelie04 · 2009-08-21 · 37 replies
Bonjour, Je part un week-end en Bretagne afin d'un découvrir cette région que je ne connais pas du tout. Quelqu'un pourrait il m'indiquer les endroit à visiter absolument ? afin que je passe un super week-end de découverte!!

:)
Etre "blanche" en Inde... problème? (relation possible avec un indien?) English translation pending
by Jeunefille22 · 2009-08-11 · 60 replies
Je rêve depuis des années de me rendre en Inde, encore plus depuis que j'ai rencontré un garçon qui vient de là-bas, et ce projet devrait pouvoir se concrétiser d'ici fin 2010 mais voilà... la conversation que j'ai eu avec mon "ami" il y a quelques jours m'a vraiment refroidie et je voudrais savoir ce que des personnes qui connaissent bien le pays et sa culture en pensent...

En fait je connais ce garçon depuis quelques mois et on s'est tout de suite super bien entendus, malgré les énormes différences culturelles on a vraiment plein de points communs mais il ne s'est encore vraiment rien passé entre nous... Il vient d'une famille hindue apparemment très conservatrice, il n'a jamais eu de copine, dit que sa mère commence à lui chercher une femme là bas... bref. :/  On s'est quand même beaucoup rapprochés mais ça vient super lentement, il a plein d'à prioris et de blocages sur les contacts physiques, pour lui c'est "impur", contraire à l'amour véritable et je parle même pas de relations sexuelles, ne serait-ce qu'embrasser sur la joue ou me prendre dans ses bras au début était assez difficile pour lui malgré les heures et les heures passées à parler ensemble, la grande complicité qu'on avait... J'ai toujours essayé de comprendre sa culture et au début je trouvais ça "mignon" mais bon, au bout d'un moment... :/ 

Depuis quelques jours il m'a demandé à plusieurs reprises de me comporter comme "a good hindu girl", il ne veut pas que je porte des vêtements trop découverts (pourtant c'est loin d'être le cas mais monsieur veut que je sois toujours bien couverte :/ ) , il me dit que je devrais lui demander avant de sortir (en rigolant mais à moitié..:P) mais pourtant on n'est pas ensemble!!!!! Alors que moi je ne demanderais que ça. =( Un jour il est super affectueux (tu me manques 50 fois par jour, il me prend dans ses bras... ) , le lendemain il me fait ses grands discours sur la moralité indienne, pourquoi les indiens aiment vraiment du fond du coeur et pas les occidentaux, pourquoi le sexe avant le mariage c'est vraiment horriblement nul et contraire à l'amour avec un grand A.  Mais à côté de ça c'est quelqu'un de très doux, drôle, très instruit, protecteur avec moi, j'aime trop passer du temps avec lui mais de plus en plus je me demande si je peux espérer quelque chose ou pas quoi... parce que là notre relation commence à stagner, et puis surtout ce qui me fait douter c'est la discussion qu'on a eue avant hier.

On parlait de mon futur voyage en Inde... Jusqu'à présent il me disait qu'il me présenterait à sa famille, on parlait de ce qu'on ferait ds sa ville etc... (en tant qu'amis seulement) et cette fois il m'a fait comprendre que ce serait difficile de me présenter à sa famille, qu'il le ferait mais j'ai vraiment eu l'impression qu'il en avait déjà honte rien qu'en y pensant!!! Puis il m'a dit que quand ses amis sauraient qu'il passe du temps avec une européenne, ils lui demanderaient tous si on couche ensemble (horreur!!!! :p ) et qu'il aurait du mal à leur faire comprendre que non, que je suis une "good girl".... mais qu'il allait tout faire pour. Et quand je lui ai demandé en rigolant s'il aurait honte de sortir avec moi en public (en tant qu'amis toujours) il m'a dit qu'il ne savait pas trop s'il pourrait, que ce serait super mal vu par sa famille... et il a fini par "You know my dear, it's India" :/ (pourtant je suis loin d'être une "débauchée", je suis une fille super simple, plutôt réservée... donc vraiment, ça ne vient pas de moi)

Franchement ça m'a fait trop mal tout ça!!!! D'abord parce que je me faisais une joie d'aller en Inde, et encore plus en étant pendant une partie du voyage avec quelqu'un que je connais bien et que j'apprécie, et je me disais que c'était l'occasion rêvée pour rencontrer du monde rapidement (famille, amis...) , me fondre dans la culture... Et aussi parce que j'ai vraiment des sentiments pour lui... Mais après ce qu'il m'a dit j'ai l'impression que non seulement il ne tient pas vraiment à moi, mais en plus que ça doit être super dur d'être une fille blanche, en Inde, parce que même si un mec que je connais très bien qui m'apprécie beaucoup aussi (ça je le sais) a honte de se montrer avec moi parce qu'il pense que ses propres amis vont forcément me considérer comme une débauchée malsaine lol... mais alors comment ça sera avec gens que je rencontrerai là bas??? Comment pourrai-je lier des liens avec les gens dans ces conditions... :(

Enfin voilà, je sais plus trop qu'en penser.... Je viens de recevoir un texto de lui dans lequel il me dit que je lui manque trop qu'il faut qu'on passe du temps ensemble cet aprèm. Mais du coup je me sens super mal maintenant... je pensais qu'on pourrait peut-être être ensemble un jour, mais là franchement je doute maintenant. Je sais pas si je peux encore espérer quelque chose ou si je ferais mieux de laisser tomber... mais en même temps ce serait tellement ridicule et dommage de passer à côté d'une histoire qui pourrait être belle pour ces raisons là...  =(

Y aurait-il parmi vous des connaisseurs de l'Inde et des indiens pour me conseiller ? 🙂
Madagascar: quels documents fournir pour un visa transformable long séjour? English translation pending
by Jeanjos · 2009-08-10 · 27 replies
Marié à une malgache ayant le double nationalité, je voudrais savoir quels documents fournir et ou m'adresser pour obtenir la natinalité malgache car j'ai construis une maison là bas et je désires m'y installer définitivement
Vivre sans travailler English translation pending
by Blvlr · 2009-08-09 · 205 replies
Bonjour,

vaste sujet!😉 Bien sûr ce sujet est destiné aux personnes "hors normes" comme moi. Et non aux personnes qui se créeent des besoins..🤪

Ce site est pas mal pour en discuter, car je considère les personnes qui voyagent avoir des atouts supplémentaires. Et un bel état d'esprit concernant la vie; le vécu; riches d'expériences..

Si des personnes se reconnaissent pour parler de leur expérience; c'est avec plaisir.😉 Voyages...Tout plaquer.... Bon été.

Les raisonnables ont duré; les passionnés ont vécu!
Quelques vérités à rétablir à propos de Madagascar English translation pending
by OcéanI · 2009-08-08 · 117 replies
Bien que nouveau sur ce forum, je voudrais réagir à certains posts qui tendent à vouloir faire passer Gabian2 " - c.f. Témoinage sur une situation actuelle à Madagascar" -, pour un négligent qui, somme toute, n'a récolté sur les routes malgaches, que ce qu'il était imprudemment allé y chercher.

Je suis né à Madagascar et j'y ai passé, à ce jour, à peu près la moitié de ma vie. J'ai toujours pris le parti de parler de ce pays sans faux-fuyants, avec passion et respect certes, mais aussi avec objectivité et réalisme, les seuls sujets sur lesquels je répugne à m'exprimer étant la politique et la conduite des affaires de l'État.

Il apparaît qu'il existe, à propos de Madagascar, une forme "d'angélisme" qui consiste souvent à minimiser ou à excuser certains des "côtés" les moins engageants du pays du style "ce genre de mésaventures et de désagréments n'arrive pas qu'à Madagascar" ou "s'il avait été plus prudent, cela ne lui serait pas arrivé".

Il est d'ailleurs paradoxal de constater que cette tendance semble animée par des personnes qui connaissent peu ou mal le pays, si ce n'est par "clavier interposé".

Donc, oui, Madagascar est un pays compliqué. Oui, l'insécurité - qu'elle soit physique ou qu'elle concerne les biens et les intérêts privés - y a parfois cours. Oui, la crise politique de ce début d'année 2009 a accentué encore un peu plus la paupérisation de la population. Oui, on n'y voit, en ce moment, guère de touristes et cela se comprend - le fait que les statistiques officielles, généralement "gonflées", annoncent, pour 2009, 150.000 touristes, veut tout dire -.

On sent bien, ne serait-ce qu'à la lecture de certains posts qu'il y a, aujourd'hui, un engouement assez prononcé pour Madagascar. Certains projettent de s'y établir et d'y travailler, d'autres d'y passer leur retraite.

Mon propos n'est pas de les dissuader, simplement de leur faire prendre conscience que leur projet ne sera pas un simple "havre de paix".
Entrer au Tibet sans permis: information English translation pending
by Aixoise13 · 2009-08-07 · 47 replies
Bonjour,

je pense que cette info est importante, Nous sommes depuis hier soir a Lhassa nous avons voyage en train (48h) et nous n'avions aucun permis pour aller sur Lhassa nous voyageons en individuel, on a trouve un hotel et nous n'avons toujours pas de permis tout se passe bien meme tres bien ! On a tente, c'est un succes!!! Quel bonheur d'etre a Lhassa Ca y est nous sommes a Lhassa depuis hier soir 18h, le voyage est assez fatiguant, le faire obligatoirement en couchette possibilite d'acheter billet fauteuil a la gare car on ne peut pas acheter de billet couchette (il y a un trafic au black) et de changer dans la salle d'attente en demandant de l'aide pour traduction en chinois car pratiquement personne parle anglais choisir de preference un jeune "etudiant" pour ca (traduction chinois-anglais avec le vendeur) il faut arriver 2 heures avant le depart aucune formalite pour acheter le billet, aucun controle pour prendre le train juste verification a l'entree de la salle d'attente des tickets de train, essayer de pas les faire poinconner pour conserver leur validite pour l'echange, les montrer dans son portefeuille en les faisant apparaitre tous les 2, passer au moment ou il y a plein de gens , tenter meme avant d'aller a la salle d'attente en disant que vous avez des amis a voir... la debrouille quoi! Si debrouillard aucun probleme ! Un formulaire de sante a remplir a la fin du voyage juste pour l'altitude, 2 heures avant l'arrivee. S'acheter a manger et a boire pas trop se charger possibilite dans le train et aux differents arrets de boire et se restaurer. Pas de controle de passeport ni avant , ni pendant ni apres ni meme a l'arrivee, noyez vous dans la masse rester au centre du flux... Pas de stress!!! Ca peut servir a d'autres voyageurs motives, et c'est un info en temps reel !!!

Aixoise.
Deux mois à Cuba English translation pending
by Shiver26 · 2009-08-07 · 130 replies
Bonjour ! Je m'en vais pour 2 mois à Cuba en mars/avril l'année prochaine. J'aimerais bien avoir quelques conseils et savoir si certains ont des casas particular à me recommender. J'ai l'intention d'aller à la Havana, Cienfuegos, peut-être Trinidad... Peut importe l'information que vous avez à me donner, je prends tout !! Merci à l'avance !
Retour de notre voyage très nature dans l'Ouest américain English translation pending
by Nani16 · 2009-08-04 · 35 replies
Bonjour à tous, nous(moi 21 ans et mon chéri 22ans) sommes revenus le 18 juillet de notre périple aux Etats-Unis😎: boucle à partir de Salt lake city comprenant antelope island, craters of the moon, grand teton, yellowstone, cody, bighorn canyon, devil's tower, badlands, custer park, flaming gorge, dinosaur park, arches, dead horse point et canyonlands.

C'était notre premier voyage, autant dire qu'on revient plus que conquis et qu'on à qu'une envie y retourner!! Ce fut un voyage extraordinaire le retour à la "réalité" a donc été difficile, nous avons eu un temps splendide, les paysages étaient grandioses et les animaux etaient plus qu'au rendez-vous, ça tombe bien moi qui suis une vrai passionnée!!Mention spéciale aux americains pour leur acceuil si chaleureux, on est pas habitué à ça ici, c'est dommage!!On revient donc avec des souvenirs plein la tête et très satisfait de s'être lançé dans cette aventure(1an de préparation quand même).

Etant donné l'aide que m'a apporté tous les carnets de voyage que j'ai consulté, je vais essayer de faire le mien aussi! D'abord je tiens à remercier tous ceux qui ont eu la gentillesse de répondre à mes questions sur ce site ainsi que les differents sites internet tel que: roadtrippin, ouestusa... Petite dédicace particulière au carnet de voyage qui a été le déclencheur de ce voyage, celui de mlefevre:"Petites aventures en famille dans l'Ouest américain en juillet 2006 ".Merci🙂

Le voyage en chiffres: - 11h de vol🤪 - 8h de décalage horaire - 2bagages cabines + 2bagages en soute(3 au retour) - 26jours - 7700km parcourus - 4 états traversés - et 3560 photos + 6h de film.

Les dépenses, environ 5000 euros pour deux: - les billets d'avion 1677 euros - la voiture 890 euros - les parcs 90 euros - les campings 424 euros - la nourriture 410 euros - l'essence 400 euros - le reste c'est tout ce qu'on a acheté pour le voyage(tente, sac de couchages, camescope etc...)et les souvenirs.

L'avion: billets réservés sur opodo 6 mois à l'avance.Compagnie air france mais vol avec delta air lines.Vol direct de 11h.Aucun soucis, pas de retard.

La voiture: une chevrolet cobalt 4 portes on avait pourtant reservé une deux portes(pas que l'on préfere mais à cause du budget vu le montant de la taxe jeune conducteur!😠), on est d'ailleurs très content d'avoir eu une 4 portes, sinon bonjour le bazar avec nos sacs!!Nous avons été très très satisfait de la voiture(confortable et spacieuse) pour deux c'est amplement suffisant à mon goût!Conso entre 8-8.5l/100km.

Sinon réservation faite avec elocations, à ce sujet pour les moins de 25ans n'attendait rien d'autoescape, on a été très déçu:service clients mauvais, ils ne nous ont jamais recontacté bien qu'ils devaient le faire, impossible de marchander le prix(avec eux la même voiture était à 1200euros!!!). Par contre elocation tout l'inverse, aimable, on a pu descendre de plus de 200euros le prix initial, pack jeune avec un plein d'essence offert etc...

Prise de la voiture à Salt lake city au guichet d'Alamo, aucun soucis durant le voyage.

Logement:Camping tous les soirs sauf à Moab où nous avions réservé une cabin pour les 4jours(on a bien fait vu la chaleur) et à salt lake city pour la dernière nuit dans un motel reservé lui aussi à l'avance. Pour les campings, aucune réservation excepté deux campings celui d'antelope island et de flaming gorge(d'ailleurs inutile il y avait plein de sites libres). A noter, j'ai été impressionné par la propreté des sanitaires!

La nourriture:Nous n'avons quasiment jamais mangé dans des restaurants excepté à keystone dans une très bonne pizzeria et 2 à 3 fois au Mac do ou Burger king.Sinon c'était sandwichs ou boite de conserves au camping(d'ailleurs on a été impressionné par la quantité de sauce dans les boites)!!On a acheté une glacière(15$) et un réchaud(30$).

Mode de paiement: On avait pris pour 300euros de travellers chèques et 250 euros d'espèces , sinon mon copain avait pris une carte gold et par chance avec sa banque il n'y avait aucun frais de commission(que se soit pour les retraits ou pour payer).

LE VOYAGE:

- 1er jour(22/06):Départ de Paris vers 11h30, n'ayant jamais pris l'avion on a été un peu stréssés par les controles à l'aéroport.Vol tranquille mais très long, j'ai adoré le passage au dessus du groenland c'est splendide!Arrivée vers 15h à Salt lake city(utah), j'ai trouvé les contrôles plus simpas là-bas.Prise de la voiture et route pour antelope island, c'est une île magnifique. Le camping est génial les sites sont très espacés(en plus il n'y avait pas grand monde) et la vue est très belle. Groenland



- 2e jour(23/06): Route pour craters of the moon(idaho), parc simpa(1/2 journée suffit amplement).A retenir très beau panorama en haut du volcan inferno cone.Camping à Arco au mountain view, simpa et sanitaires impeccables à recommander!

- 3e jour(24/06):Route pour Grand Téton, on ne s'arrête pas à Jackson Hole, on a envi de se poser au camping et definitivement on est pas du tout attiré par les villes.Il fait super beau les tétons sont splendides on voit des pronghorn comme à antelope island et nos premiers chipmunks(trops mignons).On cherche un emplacement au camping de gros ventre, il y a le choix!! J'ai beaucoup aimé ce camping dans les bois, de notre site on aperçevait les tétons.Les emplacements sont grands et espacés les uns des autres!Les sanitaires sont assez loin, on doit traverser les bois c'est simpa(on fait pas ça tous les jours!!). Ensuite on a continué la route de gros ventre, arrêt à kelly warm spring qui est effectivement assez chaude!!Puis on a pris une route de gravier jusqu'à two ocean lake très belle endroit, on a juste fait le début de la rando.Retour par la John d.rockfeller.C'est très beau.

Conseil:dès notre arrivée à Antelope island jusqu'à ce qu'on quitte yellowstone on a été en permanence attaqué par les moustiques, ce qui est épuisant.Impossible de manger tranquille dehors etc.Heureusement que l'on avait acheté de bons répulsifs sinon c'était vraiment intenable.Donc pensez-y pour ceux qui partiront vers grand teton, yellowstone.

- 4ejour(25/06):On va faire la rando jusqu'à inspiration point, à l'aller on prend le shuttle mais le retour se fera à pied en longeant le jenny lake très agréable(2h). La vue d'inspiration point est très belle, en plus il y a plein de chipmunks gourmands(j'arriverais à en toucher un) et des marmottes très grasses. Puis on va reserver le camping de lizard creek, il y a plein de places.Au niveau du premier emplacement il y a des cerfs qui mangent on choisit donc celui ci, j'ai adoré ce camping perdu dans les bois et toujours des emplacements très espacés. Puis on va faire la rando jusqu'au swan lake(courte et facile), on est seul le paysage est très beau et en arrivant c'est la surprise le lac est recouvert de nénuphars jaune c'est splendide!

swan lake

-5e jour(26/06):Ce matin j'ai eu l'agréable surprise de decouvrir les mêmes cerfs q'hier à ras de notre tente!! Moment tant attendu, route pour Yellowstone!!En fait ce parc était la base de notre voyage, j'étais très impatiente de le decouvrir.Il pleut à notre arrivée, on en profite pour aller faire des courses à west yellowstone.En revenant la pluie s'est arrété on en profite pour visiter fountain pot, c'est très beau. Ensuite on prend la firehole lake drive, j'ai adoré cette petite route avec tous les arrêts pour voir les différents phénomènes volcaniques.

On va reserver le camping de grant village, j'ai pas du tout aimé ce camping:d'abord on ne choisit pas l'emplacement(c'est surement parce qu'il fait parti des campings pouvant être réservé d'avance), ensuite les sites sont très proches les uns des autres et se sera le camping le plus cher du voyage!! Puis visite de whest thumb, on a adoré surtout mon chéri!!C'est magnifique avec le lac Yellowstone à côté et le soleil couchant.

Pratique:A chaque endroits à visiter du parc, il y a des petites brochures(50cents) avec un plan et des infos, j'ai trouvé ça super pratique(et ça fait de bons souvenirs en plus). Whest thumb

-6e jour(27/06):Ce matin on va faire midway geyser basin, il fait beau et la route de whest thumb à midway est très belle:la rivière avec toute cette fumée partout c'est magique surtout qu'en plus il y a de beaux troupeaux de bisons.

Midway geyser basin est un bel endroit, j'étais très impatiente de voir grand prismatic mais il y a trop de fumée c'est pas grave on va escalader la coline en face:pour cela il faut reprendre la voiture jusqu'à fairy falls puis commencer la rando, 15min de marche et on arrive au pied de la colline. La vue d'en haut est magnifique, c'est un spectacle merveilleux d'autant que la fumée se dégage peu à peu et on le voit en entier. Je suis comblée en plus on est quasi seul, je trouve vraiment dommage de ne pas monter sur la colline(la rando est très courte et facile) c'est quelque chose à ne pas rater selon moi.

Ensuite on va réserver le camping à norris, les beaux emplacements sont déjà tous pris on prend ce qui reste, c'est un site agréable quand même. Puis on visite artist point et on attaque la rando de monument geyser basin, rando la plus dure du voyage pour moi 45 min de montée c'est très long.Mais en haut c'est très beau, on est seul et on profite des phènomènes géologiques.

On finira la journée par la visite de norris geyser basin, j'ai eu un coup de coeur pour porcelain basin(peut être est ce du au paysage avec le soleil couchant et au fait qu'on soit quasi-seul!)

Astuce:N'étant pas trop foule on s'est débrouillé pour visiter les lieux populaires quand il y avait le moins de monde, c'est à dire tôt le matin ou tard le soir. Sinon on visitait dans le sens inverse des gens et je peux vous assurer que ça marche, la visite est plus agréable.Nous n'avons donc pas du tout était dérangé par la foule(nous y étions fin juin!). un pika (que j'ai renommé les "petites mignonnes"!)

-7e jour(28/06):Ce matin mon chéri a été voir si un des beaux emplacements était libre, par chance une americaine très simpa(comme d'hab, d'ailleurs elle nous a laissé plein de bois ce qui nous permis de nous régaler en barbecue durant tout le voyage!) à proposer de mettre notre papier en partant.

Ensuite route pour le canyon de yellowstone et là surprise c'est somptueux, on reste sans voix😊.C'est le plus beau paysage qu'on ai vu durant tout le voyage, c'est magnifique ces dégradés de couleur et la chute d'eau. On a fait tout les points de vus(excepté uncle tom fermé pour cause d'éboulements).On a adoré artist point à contempler sans modération. Puis visite de mamoth hot springs ça change de tout ce qu'on a pu voir mais c'est splendide aussi, surtout canary spring et palette spring et il y a plein de wapitis aux alentours.

Conseil:On a passé 4 nuits fabuleuses à norris, pour ceux voulant y camper arriver tôt le matin et dès l'entrée du camping prendre à droite, il y a des sites superbes(mais peu nombreux) avec vue sur la prairie et les animaux qui viennent vous rendre visite(bisons, wapitis et un coyote pour nous.).

-8e jour(29/06):Visite de upper geyser basin fantastique, en particulier sunset lake et emerald pool. Puis direction old faithful, il y a du monde mais on est assis tout devant on profite donc pleinement du spectacle(surtout qu'un bison se roule pas loin du geyser). Puis route vers le lac yellowstone, on décide de faire un tour de barque simpa bien qu'on ne puisse pas sortir de la marina ce qui est un peu dommage. Ensuite on va faire la rando de pelican creek(très facile et courte 30min), on ne voit pas d'ours mais on tombe nez à nez avec une femelle wapiti pas du tout apeurée et qui nous suit sur quelques mètres.

On continu avec la visite de mud vulcano, l'odeur ici est très forte. On décide de retourner voir artist point en passant par la hayden valley, qu'est ce que c'est beau, la route est fantastique.On a adoré cette vallée, il y a plein d'animaux(colonies d'oies et toujours les bisons) et le paysage est grandiose. Ce soir on a eu une visite des bisons au camping(pour le plaisir des campeurs mais moins pour les rangers), ils y on d'ailleurs passé leur nuit. sunset lake emerald pool colonies d'oies

-9ejour:Rando de south rim au bord du canyon, rando très simpa avec une superbe vue.On ira jusqu'à upper falls puis demi-tour(1h30). Puis on va faire la portion canyon village-tower roosevelt et la Lamar valley , arrêt à calcite spring overlook c'est un point de vu magnifique(on vera nos premières mountain goats), à ne pas rater.On découvre en fin la lamar valley splendide elle aussi tout comme la hayden, il y a beaucoup de pronghorns. On a cherché en vain à voir un ours mais rien puis sur le retour on voit 2-3 personnes arrétés on y va et c'est la récompense un black bear, on le regarde descendre tranquillement une butte en direction de la route(il y a de plus en plus de monde, un ranger intervient donc).On a du l'observer une bonne demi heure sous l'assaut des moustiques😠! Avec tous ces arrêts animaux notre retour se fait dans la nuit, on apercoit quand même un grizzli.

Conseil:dès que vous voyez des gens arrêtés sur la route c'est qu'il y a des animaux, c'est un bon repère car parfois on serait passé à côté sans les voir. calcite spring overlook

-10e jour(1/07):Notre dernier jour à Yellowstone, on est triste.Ayant visiter tous les lieux principaux on décide de faire une rando.On découvre la mary mountain(rando de 33km qui traverse le plateau de yellowstone, reliant la zone de midway geyser basin à la hayden valley). Même si on ne peut pas la faire en entier on decide d'en faire un bout, c'est génial au milieu d'une vaste prairie complétement seul, on se sent vraiment plongé en pleine nature(on trouvera des os de bisons), 1h30 aller-retour. Puis on retourne dans la hayden valley et on fait l'autre bout de la mary mountain, dans un champ très spongieux avec les bisons au loin et un coyote.Malheureusement un ciel menacant nous fera faire demi tour, 1h aller-retour. On s'est promis de la faire en entier le jour où on reviendra , tellement on a été séduit par le peu qu'on a aperçu. On fini la journée en retournant voir porcelain basin.

-11e jour(2/07):On quitte Yellowstone avec un pincement au coeur, on passe par mamoth pour revoir ce qui nous avait plu et on sort par l'entrée nort-est.Une dernière surprise s'offre à nous en passant la lamar valley:un black bear encore plus près que le premier.Puis route pour Cody en passant par la chef joseph scenic road. La route est très belle et donne un sentiment de liberté tant les espaces sont grands et les voitures rares. On se perd un peu dans cody et on va réserver un camping se sera le gateway, bien sur les emplacements n'ont rien à voir avec ceux du parc, mais les sanitaires sont corrects. Puis visite de old trail town, très simpa (on a bien aimé le saloon).En plus le couple qui s'en occupe est extrêment simpatiques. Quelques courses et on se rend au rodéo, on a pas compris mais la vendeuse ne nous a pas fait payer les tickets!! Spectacle de 2h30, c'est quelque chose à voir autant pour le rodéo(il faut être un peu fou, vu les gamelles que certain se sont pris) que pour le public(ils ont tous des chapeaux), l'ambiance est géniale.J'ai été impressionné par les jeunes vendeurs de boissons et pop corn qui passe toutes les 5min!! bisons et pronghorns, amis? chef joseph

-12e jour(3/07):Route pour bighorn canyon, voilà un endroit qui s'est révélé être là bonne surprise du voyage.J'ai adoré le paysage, la pyror mountain est magnifique(terre rouge) et le point de vu sur le canyon(devil's canyon overlook) est super beau, ajouté à cela qu'on était seul. Puis route pour la Devil's tower, malgrès notre arrivé vers 16h30 il reste pas mal de place dans le camping belle fourche.On a un très bel emplacement et spacieux, encore un super camping. On va faire le tour de la devil's tower(1h), lieu sacré pour les indiens(on verra plein de tissus de toute couleurs acrochés aux arbres). Puis on s'est rendu au champ des chiens de prairie qui se trouve à ras du camping.C'est impressionnant la quantité de chiens de prairie qui y vit en plus ils ne sont pas trop sauvages et très grassouillets!! Le soir tard on fait la rando qui traverse le champ des prairies dogs et qui continue dans le bois d'en face(30min), génial surtout si vous voulez voir plein de chiens de prairie. pyror mountain celle là c'est parce que je la trouve trop mignonne, un gros bisou!!!😊

-13e jour(4/07):Route pour les Badlands(sud dakota) encore un très beau parc très lunaire.On s'installe au camping cedar pass qui est loin d'être plein, site encore superbe avec vu sur les badlands et très espacés. Puis on fait les courtes randos de door trail, windows trail, cliff shell et fossil exhibit(toutes de 10-15min). Le soir on va faire la rando de north trail, on a regretté d'y être allé trop tard (la nuit nous a fait faire demi-tour) car c'est une ballade géniale, il faut grimper à une haute échelle(ceux qui ont le vertige s'abstenir car la descente est raide) puis après on se retrouve dans un décor magnifique(voir photo) avec des passages au ras du bord. Côté faune encore plein de chiens de prairie, des chevreuils et beaucoup de lapins. rando de north trail.

-14e jour(5/07):Aujourd'hui route pour le Custer state park en passant par les badlands pour faire tous les points de vu. Avant d'arriver on passe devant le mont rushmore(très beau) puis on prend la route des needles très étroite et amusante. On va réserver le seul camping du parc sur la base du premier arrivé-premier servi:le center lake.Site sympa au milieu des arbres et espacès.En plus étant près d'un lac on peut se servir des douches aménagées pour les baigneurs.

Puis on prend la wildlife loop road, elle porte son nom à merveille!!Route fantastique au milieu des prairies et des animaux🙂(bisons, pronghorns, biches et cerfs, burros, chiens de prairie, lapins et une dinde sauvage).A mi-chemin de la route on fait la rando prairie trail(1h30, facile à modérée et seul), très jolie on voit plein de fleurs en particulier des cactus en fleur! Puis retour au camping par l'autre portion de la wildlife loop road, moment très agréable lorsque les burros(ânes sauvages) passent leur têtes dans la voiture à la recherche de nourriture pour la majorité et de calins pour d'autres(on a passé 10min à en caresser un)!!

-15e jour(6/07):Ce matin visite du Mont Rushmore, sympa mais il y a vraiment beaucoup de monde.On fait le president trail(pas mal de marches à grimper) et on arrive sous les têtes des présidents.C'est très impressionnant quand on s'imagine le travail que ça a été!! Puis on va à Keysone, j'ai bien aimé cette petite ville, il y a pas mal de boutiques de souvenirs(on a fait quasi tous les notres pour la famille ici) et on mange à une pizzeria. Les pizzas sont énormes et délicieuses, on ramenera les restes pour le diner.

Puis on va faire la rando de grace coolidge, le départ se trouvant au camping.Rando très sympa et surtout très amusante(on coisera une seule personne), on traverse 16 ruisseaux exactement tantôt sur des troncs, pierres et autres constructions instables.Plus d'une fois on a failli finir à l'eau.Au bout de la rando on arrive à un autre camping celui de grace coolidge , puis il faut faire demi-tour et repasser nos 16 ruisseaux!!!Durée 2h30 sur du plat uniquement.

-16e jour(7/07):Aujourd'hui on prend un peu de temps pour nous, puis on file voir Crazy Horse on est pas rentré on s'est contenté de la vue avant l'entrée. Ensuite pique-nique près du bismarck lake très agréable puis route vers le Sylvan lake. On avait prévu une rando mais étant annoncée difficile et étant fatigués on s'est rabattu sur le pédalo.Très sympa le tour en pédalo de 30min sur le sylvan lake!! Après on a fait le tour du lac à pied ce coup-ci (1mile) et retour au camping.

Après le diner sachant que demain on s'en va, on a envi de refaire la wildlife loop road, cela s'avère être une idée excellente.Faire cette route avec le soleil couchant restera un de mes meilleurs souvenirs:tout d'abord il y a quasiment personne, le paysage est magnifique avec la nuit tombante, la route n'est pas trop large( c'est plus intime) et les animaux sont tous à ras de la route. On se croirait entrain de faire un safari😊!!Très bon moment de rire quand on a du passer à travers un troupeau de bisons. Le retour se fait donc dans la nuit en étant très prudent car il y a plein de chevreuils qui traversent. Sylvan lake

-17e jour(8/07):Ce matin départ à 8h pour rejoindre Flaming gorge(utah), 9h de route!! On a été surpris car les 9h ne nous ont pas semblés si longs, on est arrivé vers 18h30 au camping red canyon. Nous l'avions réservé comme on savait qu'on arriverait tard, c'était inutile car au final dans ce camping d'environ 12 emplacements nous ne serons que trois à y passer la nuit. A propos de ce camping, il est tout simplement fantastique😊!Les emplacements sont perdus dans les bois, très très espacés et trés grands et surtout quel silence!!En plus à deux pas de notre site on avait la vue sur flaming gorge, c'est celui qu'on a préféré(on aurait bien aimé y rester plus longtemps!!).

On a donc diné sur un rocher près du bord pour contempler la vue, c'est sublime. Puis on est allé au visitor center faire le sentier qui ammène aux differents point de vues.J'ai adoré cet endroit, c'est superbe. Tout comme bighorn, flaming gorge a été une très bonne surprise!! La vue du camping!!

-18e jour(9/07):Aujourd'hui on doit rejoindre le parc de Dinosaur mais avant on refait le point de vu de red canyon, puis on fait ceux partant du camping de canyon rim, c'est très beau là aussi!! Côté faune on a vu des chevreuils, écureuils(comme partout) et pas mal de marmottes ainsi que des vautours à tête de dinde🤪!! On quitte Flaming gorge avec un pincement au coeur de laisser le camping.

On arrive à Dinosaur, le paysage change c'est très beau!On réserve le camping green river(celui de signal mountain est beaucoup mieux mais réservé au groupe l'été.) Après avoir tourné un bon moment on trouve un site ombragé(il fait très chaud) et assez grand.On passe à table un peu nostalgique de notre site d'hier soir et là comme pour nous consoler un petit chipmunk très gourmand vient nous demander à manger.Puis prenant de l'assurance il saute sur notre table et tente de nous voler notre pain de mie, très bon souvenir!! Ensuite route pour Harper corner, la route est très belle(pas mal de beaux points de vues) arrivé au bout on prend le sentier qui nous conduit en 30min à un point de vu spectaculaire!!La vue est grandiose, c'est peut être pour ça que perdue dans mes pensées je m'assome à une branche😏.Heureusement plus de peur que de mal. Sur le retour on s'arrête voir quelques pétroglyphs.

-19e jour(10/07):On se lève très tôt pour faire la rando de sound of silence, mais il n'y a plus de brochures au départ de la rando et le visitor center ouvre tard on décide donc d'aller faire la rando de Jones hole.Après 1h30 de route on arrive enfin il n'y a personne.La rando est dans un super paysage, on suit un agréable cours d'eau pendant la quasi totalité du chemin et on est dans un canyon c'est très beau!!

Le hic c'est les serpents on traverse souvent de hautes herbes et ce qui devait arriver arriva:un serpent traverse devant nous.Je n'ai pas particulièrement peur des serpents mais mon chéri lui c'est une autre histoire.Il appréciera la rando moins que moi à cause de la peur( c'est donc moi qui ai fait toute la rando en tête avec la tâche d'éloigner les eventuels serpents!!😄) Au bout de 2h on arrive au bord de la green river(nous voyons pas mal de groupes de rafting), c'est vraiment beau!!Là on croise un cerf pas du tout appeuré et encore un serpent, la flore est varié aussi(des cactus de différentes sortes). Si l'aller n'a pas été trop éprouvant car nous étions à l'ombre presque tout le temps, le retour sera très dur. Il fait très chaud et nous sommes un peu fatigués, heureusement c'est une rando sur du plat et surtout il y a le cours d'eau qui nous a permis de nous rafraichir!! Au final j'ai adoré cette rando, le paysage est vraiment très beau et différent, de plus il n' y a pas grand monde.Je la conseille vivement mais si possible essayer de la faire très tôt le matin pour profiter de l'ombre à l'aller et au retour! Au retour arrêt à Vernal pour tenter de se connecter à internet en se collant au motel, parfois ça marche et d'autres non!! A l'arrivée de la rando.

-20e jour(11/07):Ce matin on se lève très tôt à 5h (le début d'une longue liste de réveil aux aurores!!) car nous ne voulions pas quitter dinosaur sans faire la rando de sound of silence, nous avons bien fait!!

Rando de 2h30 à faire avec le petit guide qui nous a bien occupé, on a adoré répondre aux petites questions!!Cette balade a été ma préférée du voyage, je ne serais pas vraiment l'expliquer! Le paysage est splendide avec toutes ces couleurs chaudes, la rando est variée (passage étroit, sur les roches etc..) et surtout un tel Silence c'est extraordinaire!! Bref je ne peux que la conseiller mais je pense que pour bien l'apprécier il faut la faire très tôt pour deux raisons, tout d'abord il n'y a pas d'ombre et le soleil doit vraiment y taper fort et en plus vous aurez surement la chance tout comme nous d'être seul(on a vu strictement personne à l'exception.... d'un coyotte!!). Alors que nous allions partir pour Arches mon chéri a réussi à faire ce que je redoutais fermer les clés dans le coffre!!Heureusement on a pu ouvrir un des sièges arrières et le responsable(lol) s'est glissé dans le coffre pour les retrouver!😉

Ensuite route pour le parc d'Arches, on s'arrête d'abord au archview où nous avons réservé une cabin basic pour les 4jours à venir. On a été agréablement surpris la cabin est assez grande et agréable, les sanitaires ne sont pas loin et propres.Au final on est plus que ravi d'avoir réservé la cabin car on se serait mal vu faire du camping dans cette chaleur!! Puis on a été voir le parc d'arches malheureusement il pleuvait un peu, on a fait quasiment tous les points de vues puis on est rentré.

-21e jour(12/07):Réveil à 5h pour aller attaquer la rando de Devil's garden à Arches. Il n'y a que 6 voitures sur le parking, on sera donc tranquille durant la rando, au retour de la rando le parking était plein!!

Le début jusqu'à landscape arch(très jolie) est simple puis ça se complique, on doit escalader des rochers pour continuer, on prend notre temps et on arrive au bout de 3h à double O arch.Sur le chemin, allez voir partition arch qui est magnifique!! Ensuite on décide de revenir par le primitive trail, c'est là qu'on se fera une très grosse frayeur.C'est un trail où il y a pas mal de passages sur les roches et justement en descendant l'une d'elle j'ai paniqué et j'ai eu l'excellente idée de m'asseoir🤪!! Me voilà coincée entrain de glisser, heureusement que mon superchéri est venu m'aider, on étaient pas fiers!! Sinon à part ce passage nous n'avons pas trouvé le trail trop difficile, il y a juste la montée avant de rejoindre le sentier principal qui a été dure mais il faut dire que le soleil ne nous a pas aidé!! La rando était sympa et nous a permis de voir beaucoup d'arches ainsi que de nombreux cactus, lézards, lapins et un chevreuil toujours aussi décontracté!!Durée 4h30.

Retour à la cabin où on en profite pour prendre une bonne douche froide(qu'est ce que c'est agréable) et on fait une sieste. landscape arch partition arch Ensuite on va faire la route 128 jusqu'au Fisher towers c'est très beau, puis on revient en arrière et on prend la sal mountain loop road. Très beau paysage en particulier la castle valley et puis ça fait du bien de retrouver un peu de fraicheur en montagne(par contre pour le conducteur beaucoup de stress du aux petits colorado chipmunks qui se font un plaisir de traverser!!) Croyant prendre un raccourci on s'engage sur une route de gravier(la sand flats), au final la route est très longue et on doit rouler doucement. On fini par arriver à Sand flats avec le soleil couchant, on ne s'arrête pas la fatigue ayant eu raison de nous même si c'est joli!! Le soir on se régale des magnifiques ciels étoilés de la région! -22e jour(13/07):Ce matin réveil à 5h30 et route pour canyonlands(island in the sky).On arrive vers 7h30 et on attaque la rando de aztec ruins, rando très sympa et après avoir escaladé la butte(par endroits assez difficile) superbe panorama sur un canyon!! On longe le bord pour voir les ruines aztèques et on redescend sur la roche, je ne suis pas trop rassurée depuis mon aventure lors du primitive trail!!Durée 1h.

Puis on va faire la rando grand view, 1h aller-retour, facile et surtout grandiose.Le paysage s'étend à l'infini et comme souvent nous sommes seuls ce qui nous permet de profiter pleinement du spectacle. Ensuite route pour le parc de Dead horse, la vue là aussi est splendide.Mon chéri a eu un coup de coeur pour ce parc si bien qu' après le diner à notre cabin on décide d'y retourner pour voir le coucher de soleil. Très bon moment, c'est d'ailleurs ici que l'on verra le plus de français et certain ne sont pas vraiment discret et se fichent pas mal du spectacle(à ne pas généraliser, car ils y en avaient qui étaient très discret). Au retour de nuit on se fait de grosses frayeur à cause des lapins et bien sur des chipmunks!!

-23e jour(14/07):Réveil très tôt à 3h15(très dur) pour aller voir le levé de soleil à Mesa arch! Finalement on est arrivé trop tôt à 4h45, on a attendu puis à 5h on a commencé la très courte rando(15min) menant à l'arche(qui surplombe un très beau panorama), dans la nuit avec nos lampes torches! Sur place il y avait déjà un couple, on a ensuite patiemment attendu le soleil. C'est un très beau spectacle(surtout quand l'arche devient rouge), petit hic deux americaines photographes se sont collés devant l'arche sans voir que ça génait!! Mon chéri a quand même osé leur demander de se pousser un petit moment qu'on puisse faire des photos ce qu'elles ont fait et l'autre couple nous a bien remercié!lol! On a beaucoup apprecié ce début de matinée!

Ensuite nous sommes allés faire la rando de White rim qui part du point de vue(1h aller-retour).A l'arrivé c'est tout simplemnt spectaculaire, immense et surtout un silence extraordinaire😊. Vu l'heure très matinale nous étions seul(eh oui encore une fois) et nous avons donc profité pleinement de cet endroit en y restant une bonne demi-heure.

Puis retour à la cabin pour le déjeuner et sieste, vers 18h15 on prend la route direction arches pour faire la rando de Delicate arch.A 18h45 on attaque cette rando pas facile du tout, surtout qu'au bout de 10 min de montée un certain garçon 😉s'aperçoit qu'il a oublié son porte-feuille en apparence dans la voiture.Il fait donc demi-tour et je l'attends en essayant de trouver un peu d'ombre!

La rando a été dure pour moi, ça monte beaucoup et le soleil tape encore assez fort! Mais au bout de 40min on arrive enfin et là on oublie tout c'est somptueux😊!! On se prend vite fait en photo sous l'arche et on s'asseoit pour contempler le coucher du soleil, moment magique(l'appareil a bien fonctionné). On a vraiment adoré cette arche même si pour le coup on était loin d'être seul. C'est la première fois que dans une même journée nous assistons au lever et au coucher du soleil, les deux devant une arche!!

-24e jour(15/07):Ce matin on se lève un peu plus tard 6h😉.Puis on retourne à Arches faire windows section, sand dune arch et le point de vu de delicate arch.C'est vraiment un très beau parc, les couleurs sont formidables! turret arch sand dune arch

Ensuite on retourne au archview pour récuperer nos affaires et à 10h30 on prend la route direction Canyonlands the Needles.
Témoignage sur une situation actuelle à Madagascar (2 août 2009) English translation pending
by Gabian2 · 2009-08-02 · 103 replies
Madame, monsieur

Cette lettre est un bref témoignage sur la situation actuelle à Madagascar. Elle n’a pour but que de vous informer. Voici mon histoire. Je m’appelle Gabriel Ribet et je suis parti à Madagascar deux mois dans le but de faire du tourisme, du reboisement et de la photo botanique. J’ai 28 ans je suis photographe, botaniste, diplômé d’écologie et de biodiversité et passionné d’aventure. Passons sur les premières étapes de mon voyage qui furent assez pénibles mais sans tragédie notable. Disons qu’il était assez difficile de travailler sur mes photos puisque la crise politique fait qu’on se fait « harceler » en permanence en raison du manque de touristes, tout simplement. Là ou ca a été dramatique c’est quand j’ai voulu rejoindre Masoala (la où je devais faire du reboisement)… j’avais pris le taxi brousse reliant Diego à Sambava pour aller à Antalaha. Après deux nuits et un jour de route cabossée, je suis arrivé à Sambava, en pleine nuit. Puis j’ai pris taxi brousse pour Antalaha à 4 heure du matin, un minibus de la CTVA immatriculé 2513de. Je m’y suis endormi et à mon réveil à 8 heure j’ai constaté avec horreur que mes bagages contenants tout mon argent, matériel photo, vêtements, médicaments, etc… avaient disparu. L’aide chauffeur les avait donnés à une personne à qui j’avais payé le voyage en plus ! Et ce à Sambava alors que je venais de m’endormir !!! Ce criminel d’aide chauffeur a donné tout ce que j’avais a une voleuse ! Incompréhensible. Et je me suis retrouvé avec 2 euros en poche à 9000 km de chez moi, 1000 km de la capitale, me rendant compte peu à peu que l’ensemble de mon voyage est gâché. Plus de photo, plus rien… que de la peine et souffrance. Une perte estimée entre 2500 et 3000 euro sans compter le temps perdu, deux mois de ma vie que j’aurais pu passer ailleurs qu’à trainer dans des bidonvilles. L’affaire semble simple. Je connais l’identité de la voleuse, du complice et de la société responsable. Et pourtant il n’en est rien. Je n’étais qu’au début de mon cauchemar. En résumé j’ai passé 3 semaines à écumer les postes de police, commissariats, gendarmeries, tribunaux, gares routière, et même les journaux quand je suis rentré à Tananarive. C’est un jeune pécheur malgache du nom de Landrot Zuma qui ma recueilli et m’a aidé pendant tout ce temps. On a déterminé la complicité du manœuvre en constatant devant gendarme qu’il avait contacté la voleuse le jour même du vol. À partir de là, on pouvait logiquement espérer remonter jusqu'à mes affaires et condamner les coupables. Il a fallu 3 jours à la police de Sambava rien que pour prendre ma déposition ! Et même avec cette déposition ils n’arrêtaient pas le complice, parce que selon eux il fallait d’abord arrêter la voleuse ! On a décidé de changer d’institution et de passer par la gendarmerie. Ils l’ont bien arrêté mais l’on relâché 4 heures plus tard pour vice de forme officiellement (et certainement pour bakchich officieusement bien sur). Nous l’avons fait arrêter une semaine après par la police d’Antalaha et là on y a presque cru. Il a été déferré au tribunal 2 jours plus tard pour finalement être relâché sur parole. Mon procès a eu lieu 2 semaines après mon retour en France. Je ne sais toujours pas ce qu’il en est puisque mon ami Landrot a du retourner pécher à Ambilobe de l’autre coté de l’ile. La voleuse a été arrêtée le jour où je prenais l’avion. D’après ce que j’en sais elle a été relâchée, et mes affaires n’ont toujours pas été retrouvées. J’ai perdu une année de travail, je sombre dans une profonde dépression due à un désespoir immense, et la coupable n’a même pas été en prison, ni même payé quoi que ce soit, le complice non plus et la société responsable ne m’a évidemment pas non plus versé le moindre dédommagement. Pour une somme semblable en France les peines seraient déjà très sévères. Mais pour l’équivalent de plus de 80 smic malgache on est quand même surpris de constater l’extrême clémence du système judiciaire à l’encontre des coupables… du moins dans les affaires les opposant aux étrangers… Inversement si j’avais tenté de me faire justice en punissant l’aide chauffeur par exemple, il y a fort a parier que je serais encore en prison a l’heure actuelle, et que ma « rançon » serait de plusieurs milliers d’euro. Des exemples de ce type de situation j’en ai des dizaines. La partialité de la justice malgache justifierait largement selon moi un boycott de cette destination. Mais il n’y a pas que ça… J’ai pu finalement reboiser un jour et demi… mais j’ai tout de même réussi à faire progresser les méthodes de l’association en matière de germination et de repeuplement. Il est juste regrettable que je n’ai pu travailler plus longtemps. Très regrettable. Je ne sais même pas si j’aurais un jour les moyens ou même le temps d’y retourner. Mais comment aider ce payer si corrompu, ce chien qui mord la main qui le nourri… la question qui me vient maintenant c’est même pourquoi l’aider ? J’ai pu constater que le régime actuel (Haute Autorité de Transition) est une véritable tyrannie au sens philosophique du terme, c'est-à-dire qu’un individu agissant pour un groupuscule d’intérêts s’est auto proclamé chef de l’état, en l’occurrence à l’issue de manipulations de la foule et des média plus que douteuses. A Madagascar à l’heure actuelle il n’y a plus vraiment de gouvernement, de justice, de police, de loi ou d’armée. Ces institutions ne sont plus efficaces. Les droits de chacun et le respect des lois ne sont absolument pas garantis, surtout en ce qui concerne les étrangers. Mais tout ca est maintenu par le ciment de la propagande et de la corruption… en effet on ne se tarit pas d’éloges au nouveau président et sa nouvelle politique dans les journaux… et c’est vrai il y a certains progrès dans certains secteurs. Par contre on ne parle que du bout des lèvres des vrais scandales (électricité, essence, inflation, destruction écologiques), on les recouvre par du Michael Jackson ou les horreurs commises ou à commettre de l’ancien président, par exemple. Ce système chaotique permet l’existence de trafics qui n’avaient jamais atteint une telle importance, tel que l’exploitation du bois de rose par exemple qui s’exporte par tonnes en Chine, au prix mirobolant de 4 euro le kg !!! Le parc de Masoala patrimoine de l’humanité (Unesco) est mis en grand danger par ces décisions politiques qui permettent a de nombreux riches malgaches de collectionner les 4x4 et au président de s’en mettre plein les poches avant son départ annoncé. Tout cela au détriment de l’environnement, du peuple et même de l’humanité. Je vais m’arrêter là pour cette description de la situation malgache. En ce qui me concerne cela va très mal. Je me sens aussi foutu que le pays. Je ne me relève pas de l’échec total de cette mission : j’ai travaillé des mois pour réunir des fonds pour mes photos botanique et mes projets de reboisement (puisque seuls les étrangers se préoccupent un tant soit peu de la conservation de la forêt malgache. Ils sont aussi les seuls à être bloqué et escroqués par les organismes censés protéger l’environnement). J’ai perdu tout ce que j’ai. J’ai beaucoup de mal à reprendre pied. Je ne sais plus vraiment quoi faire pour la suite ni même si je veux encore aider ou même retourner à Madagascar, l’ile à laquelle je suis si lié. Ce pays n’a de justice ou d’ordre qu’en apparence et la corruption le ronge au fur et a mesure qu’il s’enfonce dans la pauvreté. Et ce ne sont pas les subventions que le FMI (ou autre) lui accordent qui vont l’en sortir puisque cela ne fait qu’entretenir la corruption. Je pourrais discourir des heures sur le sujet avec faits à l’appui mais ce n’est pas l’objet de ma lettre. Ce serait aux journalistes de le faire… Ce pays est riche. Très riche mais établi sur de mauvaises bases. C’est un peu le cas de tous les pays, et surtout en Afrique, mais ici c’est à un point inexplicable. Comment un pays aussi riche de tout peut il être parmi les plus pauvres du monde ? C’est la question régulière des étrangers, et même des malgaches. Cela m’a couté 3000 euro pour le comprendre. A vrai dire la question qu’il faut se poser c’est comment un pays qui ne possède pas les fondements que sont la justice et l’ordre peut il tenir debout ? C’est un peu comme de construire une maison sans fondation… Comment construire une économie saine et équitable si l’injustice et la corruption sont omniprésentes ? Ou comment peut on faire venir des touristes alors qu’on les laisse se faire dépouiller en toute impunité…quand ce n’est pas encore pire ! Comment faire pour rétablir l’ordre et repartir un minimum les richesses si la police, l’armée et la justice sont rendues inefficaces par la corruption généralisée, si les politiques bradent les ressources naturelles au lieu de les préserver, utilisent les aides à leur fins personnelles au lieu de faire des infrastructures nécessaires profitant a tous, si le riche abuse du pauvre sans aucune limite dans le seul but de s’acheter un 4x4 (un ouvrier coute 26 euro par mois !!! A Tana une fois payé le loyer et l’electricité il ne reste que 6 euro environ au smicard pour vivre !!! Et pourtant les 4x4 a 30000 euros fourmillent, j’ai même vu un hummer.). Je pourrais remplir au moins deux ou trois page de ces incohérences et de ces injustices insupportables… mais je conclurais sur ces mots : j’en appelle au boycott de cette ile, ou du moins a plus de clairvoyance, de transparence, de prévention et de fermenté. Ce n’est pas aider un pays que de le perfuser d’argent, d’aide ou d’emprunts en tous genres. Le pays est de plus en plus endetté, les projets restent des projets. Tout se perd en corruption, la population est de plus en plus pauvre. Même des vêtements que vous donneriez finiraient en vente sur les marchés. Eviter d’y faire du tourisme. Malheureusement cela ne profite pas au plus pauvres, et surtout cela habitue toute une partie de la population à l’argent facile, pendant que le reste continue de trimer dur pour quelques centimes Le pire en ce qui concerne le tourisme c’est que les droits des étrangers sont loin d’y être respecté. Ils sont bafoués. Et par certains égard, la justice la bas ressemble a de l’extorsion, à de la séquestration pour rançonnement, sur fond de xénophobie palpable, ou de préférence nationale (si vous préférez). Et ca n’a rien à voir avec la couleur de peau : les africains sont presque aussi maltraités que les blancs par la « justice » malgache. En général ces gens sont tellement malhonnêtes que quand on porte plainte contre eux, ils font une contre plainte, et c’est l’étranger qui se retrouve souvent en prison !!! Je pense que compte tenu du nombre d’histoires similaire à la mienne voir bien pire il faut faire quelques chose. Cela ne veux pas dire que je ne souhaite pas retourner la bas, j’aime ce pays probablement 100 fois plus que la plupart des malgaches, qui quelque soit leurs niveau de vie se contrefichent en général de leur terre et de leur concitoyens. Mais comment protéger vos droits ? Comment faire en sorte que ca ne se reproduise plus ? Comment protester face aux injustices inacceptables et aux destructions volontaires qui ronge ce pays pour des clopinettes ? La réponse n’est pas évidente. Que faire ? Moi je pense savoir ce qu’il ne faut surtout plus faire. S’ils ne sont pas capables de garantir les droits et la sécurité des étrangers pourquoi continuer à y faire du tourisme de masse ? S’ils sont incapables de développer le pays correctement pourquoi continuer de subventionner la construction de routes qui ne ferons jamais ? Pourquoi continuer à subventionner et aider des parcs naturels qui se font dépouiller par décision politique (et dont le personnel participe même au trafic parfois) ? C’est à chacun de prendre ses responsabilités. En tout cas cette ile est très difficile à cerner. La première fois que j’y ai séjourné je n’aurais jamais pensé avoir un jour une opinion aussi négative à son sujet. Il a fallu qu’il m’arrive cet « incident » douloureux pour que je comprenne un peu mieux ce qu’il se passe la bas, et comment ça se passe. Pour que j’ai un regard un peu plus objectif et moins « émerveillé » sur les choses. J’ai pu profiter pleinement de la corruption et de l’inefficacité régissant toutes les administrations. J’ai connu l’injustice et l’impuissance, et le désespoir total m’a complètement ravagé en un mois. J’ai connu aussi la solidarité. Mais elle n’est jamais venue des plus aisés ou même de mes pairs. Elle est venue de braves gens travailleurs et honnêtes, qui ne constituent qu’une part très faibles de la population (du moins celle qu’on voit), malheureusement prise en otage dans le nid de vipères malgache. Finalement c’est pour ceux-la que ca me fait le plus mal : j’ai rencontré des gens extraordinairement civils, civiques, intéressants, accueillants et passionnés par autre chose que l’argent. Mais ils sont peu et plongent avec le reste…sans que je ne puisse rien faire pour eux. Et certains sont des amis chers. Merci de votre écoute. J’espère vous avoir fourni des informations utiles, objectives et sincères au sujet de Madagascar. Cordialement Gabriel Ribet
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-30 · 14 replies
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (10) Iran et fin English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-30 · 1 reply
Le grand Iwan Frontière iranienne.

Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.

Route de Kermân

L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…

Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?

Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.

Dans la rue

La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l’occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…

Le bazar de Kermân

Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se refl��te aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…

Voyage organisé Flicasseries.

Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi

Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…

Chiraz

La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.

Persépolis.

Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.

Mélancolie Pasdaranes

Route d’Ispahan.

Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.

Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…

Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.

Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !

Téhéran.

À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Voyager en VR classe B au Mexique en famille, marques et modèles recommandés? English translation pending
by Djief · 2009-07-08 · 31 replies
Bonsoir,

Nous planifions un voyage pour l'hiver 2010 en vr classe B au mexique en partance du Québec. Ce sera d'une durée de 4 à 6 mois en famille (2 adultes, 2 enfants (5 et 7 ans)). Nous sommes présentement à l'étape de la recherche du motorisé pouvant convenir au style boondocking avec arrêt peu fréquents en camping bref plutôt aventure. Ma question est la suivante, quel serait le vr le plus recommandé pour cette expédition en tenant compte de l'autonomie, la consommation d'essence (plus de moteur ou plus économique?), la fiabilité, le délai en cas de réparation (disponibilité des pièces et connaissance de la mécanique), la solidité versus les routes du mexiques... Nous recherchons dans les années 90-96.

Merci à l'avance de vos réponses! Djief
Vers l'Orient dans les années 1970 English translation pending
by GeorgesOZ · 2009-06-20 · 259 replies
Beaucoup de gens traversent la vie à un rythme pépère marqué par une succession de petits événements d’une tranquillité relative. D’autres, une minorité peut-être, passent par des étapes bouleversantes qui les marquent à tout jamais. J’appartiens à cette deuxième catégorie. L’une des expériences les plus marquantes de ma vie s’est déroulée dans les années 1970 et quelques, au Pakistan. Si j’ai pensé à plusieurs reprises qu’il vaudrait la peine de la « coucher sur papier », je ne l’ai pas fait jusqu’ici. C’est à peine si j’en ai raconté quelques fragments à mes meilleurs amis. La raison en est que bien des aspects de cette histoire sont très personnels, et aussi que la disponibilité des autres, même proches, est souvent limitée. De plus, une vie très active ne m’a pas laissé beaucoup de temps libre pour me mettre à écrire.

C’est une évidence que le « net », du fait qu’on peut y garder son anonymat, ouvre des portes nouvelles à la communication. Un forum de voyage est le site idéal pour raconter mon aventure: elle a été aussi bien un voyage dans une contrée exotique qu’un voyage psychologique. Je pourrais écrire pour ma propre satisfaction, celle de replonger dans mes souvenirs, et pourquoi aurais-je besoin d’en faire part à d’autres, surtout à des inconnus ? Mais écrire pour un public force à la concentration, et on devient plus exigeant avec soi-même. C’est pour cela donc que je vais maintenant tenter de pêcher dans les eaux profondes de ma mémoire, et offrir mes prises sur les étals de VF.

Quelques amis autour de moi avaient été en Inde, au Népal ou dans d’autres pays de cette région, et en parlaient avec émerveillement. Je brûlais de rejoindre le club de ces voyageurs et de moi aussi partir à la découverte. J’avais fait un premier voyage de France vers l’Inde, ou pour être plus exact dans la direction de l’Inde, que j’avais poussé jusqu’en Afghanistan. C’était pendant les vacances d’été, entre mes études. L’Afghanistan m’avait tellement plu que, de retour en France, je n’avais qu’une idée en tête : repartir et pousser plus loin le plus tôt possible. Ayant économisé au maximum pendant toute une année, sur mes très faibles rentrées d’argent, je pouvais me payer un aller-retour Paris-Kaboul avec Aryana Afghan Airlines, pour reprendre ma route là où j’avais dû l’interrompre l’année d’avant.

Bien que mon aventure se soit déroulée au Pakistan, il faut que je commence par mon premier voyage vers l’est, une mise en scène, disons. Cela intéressera peut-être ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, et cela rappellera sans aucun doute bien des choses à ceux qui comme moi y ont été.

En Grèce J’avais fait de l’auto-stop à partir de Strasbourg. Allemagne du sud, Autriche, Yougoslavie. J’avais trouvé ce pays plutôt misérable, surtout après avoir passé Belgrade. Des images tirées de Tintin chez les Soviets me revenaient à l’esprit. Je marchais dans les faubourgs de Nis, qui est maintenant je crois la capitale de la Macédoine, où il n’y avait qu’un trafic léger de quelques bagnoles et de carrioles tirées par des chevaux. La nuit tombait et il n’y avait que quelques maigres loupiotes pour éclairer la route. J’avais acheté un pain dans une boulangerie, qui était loin d’avoir le pimpant d’une boulangerie française. Les hommes qui faisaient la queue ne m’avaient pas jeté un coup d’œil, je n’étais probablement qu’un va-nu-pieds comme tant d’autres et ne dépareillais pas trop. Le pain était infâme, dur et avec du gravillon mélangé à la farine. Mais j’avais, pour quelques sous, quelque chose dans le ventre.

Après une semaine de voyage, j’arrivais à la frontière de la Grèce. Il n’y avait qu’une douzaine de véhicules sortant de Yougoslavie pour entrer en Grèce, contre des centaines dans le sens contraire. La guerre entre la Turquie et la Grèce avait été déclarée le jour-même. Peu importe, j’avais été pris par des Français qui tenaient absolument à aller en Grèce, qu’ils connaissaient bien et qu’ils aimaient. Deux jours plus tard, je m’étais retrouvé à Athènes, et je ne me rappelle plus comment mais ayant fait la connaissance d’un Américain qui allait retrouver des amis de famille (pas des grecs), je l’avais accompagné et j’avais passé deux jours dans leur villa aux abords de la ville, à me la couler douce, jouer aux échecs etc. Une fois, j’avais cherché sur le poste radio et trouvé de la musique un peu plus intéressante, on m’avait immédiatement reproché d’avoir mis la radio sur un poste turc ! Je pensais « payer » mon accueil par la bonne compagnie que j’offrais, mais il était clair que je n’étais en fait qu’un pique-assiette et que je n’allais pas rester longtemps le bienvenu. De plus, je commençais à m’ennuyer, je trouvais ces gens trop bourgeois à mon goût. J’étais donc prêt à repartir. La route vers l’est était bien sûr fermée, du coup je m’étais dit que peut-être je pouvais aller dans les îles grecques et de là passer en Turquie quand cette vilaine affaire se serait tassée.

Je m’étais retrouvé à camper sur l’île de Chios, dans la mer Égée, sur le terrain derrière un petit hôtel familial. Les gens étaient d’une très grande gentillesse et avaient le cœur sur la main. Ils m’avaient pris en affection, s’amusaient de mon installation précaire au milieu des cailloux et des buissons, m’offraient le matin un grand bol de lait de chèvre chaud, pouah !, mais au moins j’avais quelque chose dans le ventre et gratis. Plus tard dans la journée, quand je revenais de ballade, il y avait toujours quelques hommes et femmes attablés sur la terrasse devant l’hôtel, et on m’invitait régulièrement à boire un petit ouzo avec eux: « Ouzo ennaki ! », ou était-ce « Enno ouzaki » ?, disaient-ils en rigolant, le verre porté haut en l’air. Un vieil homme qui vivait dans une masure au bord de la plage m’avait aussi invité à boire un coup et j’avais eu beaucoup de mal à le dissuader de tuer un poulet pour me faire à manger. Je ne connaissais pas un mot de Grec, mais j’essayais de baragouiner un peu. Je me rappelle quelques mots seulement : « nero », « krassi », « kannavi », « evkharisto poli », « parakallo ». Je trouvais cette langue tout à fait splendide. J’ai lu, bien plus tard, quelques très bons livres sur les anciens grecs, qui me fascinent et dont on ne dit pas assez à quel point ils ont transmis des éléments fondamentaux de la civilisation occidentale. On dit que le Grec est une langue indo-européenne, mais il est très probable qu’il y a dans cette langue, ancienne aussi bien que moderne, des sous-strates linguistiques qui précèdent la surface indo-européenne. Mais assez dit sur le sujet, que d’autres connaîtront bien mieux que moi. Je serai heureux, bien sûr, d’entamer une discussion sur la Grèce antique. Une chose dont je me souviens, c’est que Chios passe pour être le pays d’origine de Homère.

La nuit, on voyait les lumières de Çesme, en Turquie (prononcer « Tcheshmé »). Ce n’était vraiment pas loin, à quelques kilomètres, mais il était bien sûr impossible d’y aller. Les gens de l’île étaient effrayés par les Turcs si proches. Ils disaient « plus jamais, nous ne parlerons à ces gens ! ». Il n’y avait presque aucun touriste sur l’île, peut-être à cause de son éloignement, au nord, par rapport aux autres îles grecques, ou à cause de la guerre. Au bout de quelques jours, comme il était évident que ma route vers l’est n’allait pas passer par Çesme, j’étais revenu à Athènes. C’est peut-être sur le bateau ou sur le port que j’avais rencontré un Suisse Allemand avec lequel j’allais faire quelques jours de route, et que je vais appeler Peter pour faute de mieux. Si je me rappelle bien, il travaillait pour une organisation internationale, peut-être pour une branche de l’ONU. En tout cas, il connaissait très bien la région et se débrouillait assez bien en Grec, et comme j’avais pu m’en rendre compte par la suite, en Turc également. Il était plein de son expérience récente à Chypres, dont il revenait, où le gros du conflit entre les Grecs et les Turcs avait fait rage. C’est avec lui et peut-être un autre compagnon de fortune que j’avais pris le train pour remonter vers le nord de la Grèce, car on venait d’annoncer un armistice et nous avions eu écho que la frontière avec la Turquie était maintenant ouverte.

Sur des tronçons entiers de l’autoroute qui longeait la voie ferrée, les pylônes avaient été coupés ras, pour paraît-il permettre aux avions d’atterrir. Le soir, nous étions aux abords de la frontière, et nous pouvions entrevoir dans la pénombre des concentrations de troupes dans la campagne. Le train n’avait alors plus que deux fourgons, car il n’y avait que quelques voyageurs, une vingtaine au plus pour continuer vers la Turquie dans ce premier train qui passait la frontière depuis le commencement des combats. Immédiatement après avoir passé la frontière, des soldats turcs bien armés étaient montés et passaient le train au peigne fin. Plus intéressant, deux ou trois Turcs en civil, costume-cravatte, venaient s’asseoir pour bavarder avec les voyageurs. Celui qui s’installa dans mon compartiment nous offrit des cigarettes, passa de l’anglais à l’allemand quand il apprit de Peter qu’il était Suisse Allemand, puis échangea quelques mots en français assez correct avec moi. Il avait l’air très à l’aise, et je n’aurais pas été étonné, si un de nos compagnons avait été Hongrois ou Espagnol, qu’il passât facilement à leurs langues respectives. Il nous demanda si nous avions vu des mouvements de troupes du côté grec. Bien sûr, nous ne dirent pas un mot, allégeant d’avoir dormi à la tombée de la nuit. La conversation était polie et plaisante, mais il était hors de question que nous entrions dans le jeu des services de renseignements turcs.

« Suite au prochain numéro ! »
Développement de la grippe H1N1 en Thaïlande English translation pending
by Erwan92 · 2009-06-18 · 148 replies
Bonjours à tous, j'ai cherché sur google et je ne vois pas si la thailande est passé au niveau 6 ou non. j'aurais aimé savoir si vous aviez plus d'informations que google ^^

PS : Je pars tous le mois de juillet ( donc bientot ) a bkk
Se rendre de Tananarive à Sainte-Marie: transport, coût et temps de trajet? English translation pending
by OuiOui75 · 2009-06-02 · 29 replies
Bonjour à tous,

Nous partons à 2 à Madagascar pour un mois, nous avons prévu d'aller de sainte marie à Manakara (en passant par le canal des pangalanes) puis de prendre le train jusqu'à Fianaranstoa et de remonter par la RN7 jusqu'à tana.

Nous nous posons une question de départ, en arrivant à tana quelle est la meilleure solution pour se rendre à l'ile de sainte marie? Nous avons un budget assez limité, sachant qu'un billet d'avion vaut environ 160€ pour cette distance, est-il possible facilement de se rendre à sainte marie par la route?

Combien de temps nous faut-il? et combien cela nous coutera (environ?)?

Merci bien de vos réponses et si vous avez des conseils à nous donner ou des choses à nous recommander sur notre trajet n'hésitez pas!
Votre image de la Corée du Sud? English translation pending
by Somuchtosee · 2009-05-30 · 62 replies
Salut a tous,

Ca fait plusieurs fois que je lis, sur ce forum ou sur d'autres, et que j'entend des personnes, dans des situations de tous les jours, parler de la Coree (du Sud) comme si c'etait quasiment un pays du tiers-monde. C'est a y croire que certaines personnes qui prevoient y faire un tour se demandent des questions aussi stupides et ignorantes tels que "est-ce qu'il y a de l'eau courante" en Coree (du Sud).

Je ne sais pas d'ou provient une telle image de ce pays (de la part des "blancs", europeens et nord-americains principalement) et je ne sais pas pourquoi tant de personnes sont si ignorantes, mais c'est assez frustrant. Pour ceux qui ne le savent pas, la Coree du Sud est un des pays les plus "avances" au monde. C'est un des pays les plus eduques au monde, incontestablement, et chaque famille, en moyenne, depense plus d'argent pour l'education de leur enfants que n'importe ou ailleurs au monde.

Le systeme medical est aussi un des meilleurs qui se trouve, avec la fine pointe de la technologie et des docteurs et chirurgiens en demande internationale.

L'economie de la Coree se base entre autres, mais principalement, sur le secteur tertiaire, avec une production de haute technologie surpassee nulle part ailleurs. L'internet est le plus rapide au monde, et d'ici 2012 ils prevoient d'augmenter la vitesse a 1Gbps, une veritable innovation technologique, alors que bien des pays ("industrialises") sont toujours a 50kbps, faites le compte. Sans compter la nano technologie, la production d'automobiles (Hyundai, Kia, daewoo, Ssang-yong, Samsung), la production de milliers d'appareils electroniques par des marques reconnues internationalement (Samsung, LG, etc), et parmi les meilleurs compagnies de constructions au monde. Ils ont construits, juste pour donner un example, les tours petronas en Malaisie qui etaient jusqu'a recemment les tours jumelles les plus hautes au monde.

La Coree est parti de virtuellement rien, ils ont eu a subir un demi-siecle de domination et de torture japonaise et des annees de guerres, mais avec leur intelligence, leur passion et leur perseverance ils sont devenus un pays incroyable, alors que la plupart des pays europeens doivent leur presante richesse par leurs crimes passes, donc leur imperialisme, etablissement de colonies, esclavage, et jen passe.

La Coree est aussi un pays tres "sur", sans danger. Les drogues et les armes a feux sont, pour dire, quasiment inexistantes.

Desole si je semble rude, mais je suis tout simplement fatigue d'entendre des commentaires condescendants face a la Coree, ou aux autres pays asiatiques en general, la plupart du temps bien sur par des blancs. Si vous avez dans les projets d'aller en Coree, essayez d'en apprendre le plus que vous pouvez sur ce pays, sur leur culture, leur merveilles culinaires, leur musique, etc. C'est certes, un pays a decouvrir et a connaitre.

Il est tres triste que les deux superpuissances, USA et USSR aient separe et dechire ce pays en deux lors de la guerre de Coree en 1950... dois-je dire la guerre froide. Si jamais vous voyez aux nouvelles des grand titres sur la Coree du Nord, rappelez-vous aussi que tout cela est entierement la faute des Etats-Unis et de la Russie, encore une fois des criminels internationaux.

J'espere que vous aurez trouvez mon message interessant, et je suis ouvert aux commentaires et discussions.

Bien a vous
Fraichement installée en Guyane English translation pending
by Versets · 2009-05-24 · 33 replies
Après plusieurs mois d'hésitation du côté de mon conjoint, mon envie de changement et de découverte ont su avoir raison de ses derniers doutes. Nous avons finalement sauté le pas et j'ai demandé ma mutation pour ce département lointain. Je suis titulaire et j'ai été mutée à l'hôpital de Cayenne. Mon conjoint a démissionné pour me suivre. Originaire du Sud, après avoir passé 5 ans sur Paris, nous étions au bord de la crise de nerf !! 🏴‍☠️ Voilà pas tout à fait 1 mois que nous sommes sur place et ne regrettons absolument pas notre choix ! La vie change du tout au tout ici ! Parfois je vais travailler et au volant de ma voiture je m'hallucine toute seule d'être là, avec la chaleur, les palmiers, la plage qui m'attend après le travail, le bon poisson....ça c'est juste la vie quotidienne, après il ya toute les possibilités de sortie le week end pour qui aime la Nature....bon je crois que ça se voit que la Guyane m'a tapé dans l'oeil on va dire 😉 Nous sommes là depuis peu de temps mais avons déjà fait quelques sorties sympa. Je mettrais les photos sur mon site de voyage prochainement, je vous ferais signe, si ça peut aider à décider quelques uns dans leur choix de venir en Guyane. En tout cas, étant passé par de nombreuses étapes avant de parvenir à une installation définitive (choix pour ou contre, niveau administrative pour la mutation, déménagement à gérer, voiture à amener ou pas, lieu de vie à choisir, une fois sur place......etc bref, je vous laisse imaginer toutes les questions qu'on peut se poser), je suis parfaitement en mesure de comprendre et/ou de répondre à certaines de vos intérrogations. Donc si vous utilisez ce fil, je me ferais un plaisir de vous répondre 😄
Dates du ramadan en 2009? English translation pending
by Tinoue16 · 2009-05-19 · 102 replies
bonjour a tous est-ce que quelqu'un peut me dire quand sera le ramadan ? car je pense aller au maroc fin aout debut sept., et je ne voudrais pas tomber au moment du ramadan car tout est ferme dans la journèe.merci
Organisation de vos voyages...dans votre vie English translation pending
by Saphoe · 2009-05-15 · 92 replies
Bonjour à tous !

Ca fait un long moment que je suis les conversations diverses et variées qui peuplent ce merveilleux forum... C'est rassurant et vraiment sympa de voir que le virus du voyage contamine un nombre si impressionnant de personnes. Pour ma part, j'ai choisi le vélo comme moyen de transport principal, aussi bien dans ma vie quotidienne que dans mes déplacements plus longs.

Bon, je ne suis encore qu'une débutante, et mes plus longs trajets en vélos ont été de 200 km environ chacun, sur un week-end à chaque fois. Je suis en train de mettre au point un voyage avec une amie pour cet été, de La Rochelle à Perpignan, en suivant la côte Atlantique puis le canal du midi. J'ai pu trouver un plein d'informations non négligeable sur ce forum, et je remercie tous ceux qui prennent le temps de partager leurs conseils et témoignages.

La question que je tenais à vous poser est sans doute sans réelle utilité mais elle m'intrigue énormément. Je suppose que la plupart d'entre vous êtes déjà lancés dans la vie professionnelle depuis un certain temps. Pour ma part, je suis encore étudiante, en cinéma d'animation, ce qui me demande une énorme part de mon temps et ne me laisse pratiquement aucun réel temps libre en dehors des vacances scolaires. Or, pour organiser des voyages, il faut du temps. Et pour certains, beaucoup de temps, qui peut se compter sur plusieurs mois.

Qu'on soit étudiant ou professionnel, le problème est le même. Comment faites-vous pour pouvoir partir par exemple tout un hiver quelque part, un printemps dans un certain endroit, etc ? ... Attendez-vous longtemps après un voyage pour en organiser un nouveau ? Votre activité professionnelle vous le permet ? Ma meilleure amie et moi prévoyons plusieurs voyages suite à celui de cet été, dont certains beaucoup plus longs (partir jusqu'à Istanbul en vélo, organiser un tour du monde en stop ou vélo selon notre disponibilité...), mais le fait qu'il faille bien commencer à travailler un jour se rappelle toujours à nous. Et puis c'est dur d'attendre plusieurs années entre chaque voyage...

Comment celà se présente-t-il pour vous ? Comment parvenez-vous à concilier tout à la fois ? Beaucoup de concessions ? Ou alors vous foncez comme ça se présente ? 🙂

Bien à vous, et à bientôt !
Avis sur circuit de vingt et un jours en Floride et à New York English translation pending
by Cri24 · 2009-05-11 · 5 replies
Bonjour à tous, je suis nouvelle sur ce forum qui est vraiment formidable 🙂 J'aurais besoin de votre aide pour réaliser mon circuit qui se fera probablement vers le mois de mars ou avril 2010 est-ce une bonne période à votre avis surtout concernant la Floride ? Voici mon itinéraire Jour 1 Départ Jour 2 Visite de Miami South Beach, le quartier Art déco, Ocean drive, Lincoln road et Washington. Ocean DRive. Coral Gables Croisière dans la baie de Miami Jour 3 Visite de Miami Fort Lauderdale, Miami Beach, … Jour 4 : Départ pour Shark Valley (Everglade) 49, 9 mi – environ 1 heure 16 minutes Il faut compter 2 à 3 heures, en petit train ou en vélo de location Ensuite Everglades City visite en hydroglisseur Nuit à Everglades City Jour 5 : Départ pour Key west 160 mi – environ 3 heures 52 minutes Nuit à Key west Jour 6 Key West Fin d’après midi départ pour Homestead afin d’y passer la nuit 130 mi – environ 2 heures 59 minutes Jour 7 Fort Myers Sur le trajet arrêt à Naples 130 mi – environ 2 heures 59 minutes Visite de la ville Nuit à Fort Myers à 40 minutes de routes Jour 8 Journée promenade à Fort Myers Après midi départ pour Tampa 157 mi – environ 2 heures 36 minutes Jour 9 sam 3 : Tampa Visite de Tampa Nuit à Lakeland afin de se rapprocher de Orlando 33, 2 mi – environ 39 minutes Jour 10 Orlando 55, 2 mi – environ 59 minutes Cap canaveral visite de la Nasa Jour 11 Orlando Nous ne souhaitons pas visiter d’autre parc Y a-t-il quelque chose à voir à Orlando ou devrais je rajouter un jour ailleurs ? Jour 12 Orlanda / Jacksonville 139 mi – environ 2 heures 13 minutes Nuit à Savannha 139 mi – environ 2 heures 13 minutes Jour 13 Savannah /Richmond Matinée visite de Savannah 467 mi – environ 7 heures 5 minutes Très longue étape avez-vous une idée pour une étape ? Je rajouterai un jour de plus

Jour 14 Richmond /Washington 108 mi – environ 1 heure 49 minutes Visite Washington Jour 15 Visite Washington En soirée départ pour Trento pour y passer la nuit pour se rapprocher de New york 173 mi – environ 3 heures 8 minutes Jour 16 New York Ny Jour 17 samd 10 : NY Jour 18 dim 11 : NY Jour 19 lund 12 : NY Jour 20 mard 13 : NY Jour 21 merd 14 : Départ

D'avance merci 🙂 J'ai hâte de consulter votre avis 😉 Christel
Etudier à Montréal English translation pending
by Dyke · 2009-05-09 · 15 replies
Bonjour,

Je suis étudiante et j'ai été accepté à l'université de l'UQAM de Montréal pour continuer ma maîtrise d'histoire au sujet des peuples Autochtones. Mon sujet d'étude sera très certainement "les mutations socioculturelles des Mohawk au 19e s.", bien que je sois passionnée par l'histoire des peuples natifs nord-américain de manière générale, au-delà de leurs diversités culturelles.

Bref, je pars avec un petit capital et j'aimerais savoir à combien s'élève environ le salaire pour un travail étudiant afin de me faire une idée du coût de la vie (si je pourrais m'en sortir aisément en payant un loyer d'environ 600 dollars, pour manger et avoir du temps pour mes études). De plus, j'aurais aimé avoir des renseignements concernant les animaux domestiques car j'ai constaté que beaucoup de propriétaires d'immeubles n'acceptaient pas les chiens. En outre, je sais qu'il faut avoir un permis à Montréal mais je n'ai pas trouvé à combien s'élevait celui-ci : ce serait pour un chien de type labrador. J'aimerais vraiment ne pas me séparer de mon chien et je crains d'y être contrainte pour raisons financières ou parce que je ne trouverais pas de propriétaires acceptant les animaux domestiques.

Dans l'attente de vos réponses et dans l'espoir, pourquoi pas, de nouer mes premiers contacts avec des montréalais sympatiques,

Amicalement,

Sophie

Advanced search

Your search

More filters

Filters

By member

Display