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Changement d'argent pour Prague? English translation pending
Bonjour nous partons 3jours à Prague en amoureux ce mois-ci !
Le pb c'est que je me suis déjà renseignée à propos du change de la monnaie de l'euro à la couronne (je sais que 1€ = environ 24.40czk c'est ça ?) mais je n'y comprends pas grand chose ! Est-il mieux de changer ses euros en couronne à l'aéroport en France ou bien dans un bureau de change à Prague ???? D'autre part, est-il préférable de payer en espèce ou par carte bancaire à cause des commissions ???
Je vous prie de bien vouloir m'aider svp !!!
Marine
Le pb c'est que je me suis déjà renseignée à propos du change de la monnaie de l'euro à la couronne (je sais que 1€ = environ 24.40czk c'est ça ?) mais je n'y comprends pas grand chose ! Est-il mieux de changer ses euros en couronne à l'aéroport en France ou bien dans un bureau de change à Prague ???? D'autre part, est-il préférable de payer en espèce ou par carte bancaire à cause des commissions ???
Je vous prie de bien vouloir m'aider svp !!!
Marine
Sécurité à Buenos Aires English translation pending
Bonjour,
Partant dans quelque semaine en Argentine pour plusieurs moi. J'ai fait quelque recherche sur la sécurité de Buenos Aires. Sur le forum et également sur le site du ministère des affaires étrangères.
Ma conclusion ne jamais mettre un pied a la Boca. Ne jamais sortir avec :passeportcarte bleubijouxiphone faire attention au faux taxiAvoir toujours 100 pesos pour donner en cas d'agression.
Changer mon reflex par un tit compact plus discret
J'ai oubliqué qqch ?
Sinon ma grande question du jours. LE métro est safe ? Je dois aller au bureau avec mon portable. Je vais donc devoir me déplacer.
l'adresse du bureau MALABIA 1720, PALERMO SOHO, BUENOS AIRES
L'adresse de mon appart
San telmo calle peru y chili
Est ce que c'est safe ?
Voila j'ai l'habitude de voyager mais ca ma première fois en amérique latine.
Je veux pas faire l'idiote en passant que tout le monde il est beau tout le monde il est gentil
Autre question :
Au niveau de la langue mon espagnol est inexistant, mais je me soigne car j'irais dans une ecole 4 fois par semaine pour apprendre l'espagnol. Pourrais je utiliser un peu l'anglais pour le premier. J'espère que au bout d'un mois j'arrive a dire 2 mots
Je vous remercie d'avance
Partant dans quelque semaine en Argentine pour plusieurs moi. J'ai fait quelque recherche sur la sécurité de Buenos Aires. Sur le forum et également sur le site du ministère des affaires étrangères.
Ma conclusion ne jamais mettre un pied a la Boca. Ne jamais sortir avec :passeportcarte bleubijouxiphone faire attention au faux taxiAvoir toujours 100 pesos pour donner en cas d'agression.
Changer mon reflex par un tit compact plus discret
J'ai oubliqué qqch ?
Sinon ma grande question du jours. LE métro est safe ? Je dois aller au bureau avec mon portable. Je vais donc devoir me déplacer.
l'adresse du bureau MALABIA 1720, PALERMO SOHO, BUENOS AIRES
L'adresse de mon appart
San telmo calle peru y chili
Est ce que c'est safe ?
Voila j'ai l'habitude de voyager mais ca ma première fois en amérique latine.
Je veux pas faire l'idiote en passant que tout le monde il est beau tout le monde il est gentil
Autre question :
Au niveau de la langue mon espagnol est inexistant, mais je me soigne car j'irais dans une ecole 4 fois par semaine pour apprendre l'espagnol. Pourrais je utiliser un peu l'anglais pour le premier. J'espère que au bout d'un mois j'arrive a dire 2 mots
Je vous remercie d'avance
Hôtel Playa Costa Verde à Holguin English translation pending
Allo à tous les forumistes,
Je pars du 20 au 27 novembre prochain pour Playa Costa Verde. C'est grâce aux commentaires de plusieurs personnes ici, dont DolcevitaX0X et Latornade, que j'ai décidé de choisir cet hotel. Vos commentaires sont tellement encourageants que je n'ai pas hésité à choisir cette place. Ce sera mon 8e voyage dont mon 5e à Cuba et j'ai tellement hâte car en plus ce sera mon 1er voyage entre filles seulement.
J'ai retenu plusieurs commentaires dont Dunia qui est très gentille au buffet et qui est dans la section du fond, une autre Dunia avec qui on fait les réservations pour les restos....
Bref j'ai quelques petites questions encore. Y a-t-il un séchoir et un fer à repasser dans les chambres? Je les apporte toujours mais j'aimerais bien savoir quand même.
Y a-t-il des chambres communicantes? On a réservé 2 filles vendredi soir et une 3e vient de se joindre à nous et comme on ne peut pas être dans la même chambre car elle a décidé trop tard on se demandait s'il y avait des chambres communicates?
Y a-t-il un mini-bar rempli à chaque jour dans les chambres?
Dernière question pour l'instant 😉 Je ne sais jamais trop quoi apporter comme cadeaux pour le personnel et j'ai l'impression de toujours apporter la même chose et que ce sont des choses qui ne leur serviront pas vraiment. Avez-vous des suggestions à me faire.
Merci à l'avance de votre aide
X0X0X0X0X0X0
Je pars du 20 au 27 novembre prochain pour Playa Costa Verde. C'est grâce aux commentaires de plusieurs personnes ici, dont DolcevitaX0X et Latornade, que j'ai décidé de choisir cet hotel. Vos commentaires sont tellement encourageants que je n'ai pas hésité à choisir cette place. Ce sera mon 8e voyage dont mon 5e à Cuba et j'ai tellement hâte car en plus ce sera mon 1er voyage entre filles seulement.
J'ai retenu plusieurs commentaires dont Dunia qui est très gentille au buffet et qui est dans la section du fond, une autre Dunia avec qui on fait les réservations pour les restos....
Bref j'ai quelques petites questions encore. Y a-t-il un séchoir et un fer à repasser dans les chambres? Je les apporte toujours mais j'aimerais bien savoir quand même.
Y a-t-il des chambres communicantes? On a réservé 2 filles vendredi soir et une 3e vient de se joindre à nous et comme on ne peut pas être dans la même chambre car elle a décidé trop tard on se demandait s'il y avait des chambres communicates?
Y a-t-il un mini-bar rempli à chaque jour dans les chambres?
Dernière question pour l'instant 😉 Je ne sais jamais trop quoi apporter comme cadeaux pour le personnel et j'ai l'impression de toujours apporter la même chose et que ce sont des choses qui ne leur serviront pas vraiment. Avez-vous des suggestions à me faire.
Merci à l'avance de votre aide
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Quel hôtel à San Andres? English translation pending
Bonjour à tous
Nous sommes un couple de 56 ans. Nous prévoyons aller à San Andres (notre première fois à cette destination) pour deux semaines (du 7 au 21 février 2011).
Nous lisons les rubriques sur les différents hotels de l'ile et n'arrivons pas à nous décider. Nous partons pour nous reposer et déconnecter de notre quotidien.
Nous aimons lézarder sur la plage le matin et au bord de la piscine l'après-midi.
Nous adorons faire de l'apnée et nous prévoyons faire quelques excursions pendant notre séjour.
Nous promener dans les magasins n'est pas une priorité et nous n'allons pas dans les discothèques.
Alors, pour ceux qui connaissent San Andres et ses hotels. Que nous conseillez-vous???
Merci
France et Claude
Avis aux utopistes: obtention d'un visa pour faire venir en France une Philippine English translation pending
Bonjour à tous !
Ce petit post pour définitivement clore la discussion qui souvent part dans tous les sens a propos d'un eventuel retour en France d'une filipina.
J'ai reçu pas mal de mail en direct et rencontré ici aux Philippines de nombreux candidats au rapatriement de leur douce en France.
Alors qu'il soit dit une fois pour toute :
Il n'y a aucun autre moyen de faire venir votre douce Filipina en France que par le mariage sur place !
Aucun visa touriste longue ou courte durée n'est delivré.
Le seul Visa délivré est celui de Long sejour - apres mariage
Tous les "oui mais" en tentant ceci ou cela ne sont que pures betises.
Ne comptez pas faire comme les quelques fameux français qui ont fait venir leur douces à coup de tres gros compte en banques.
Ne vous faites pas avoir par les agences ( que je nomme passeurs ) qui vous demande 10 000 euros voir plus pour les faire venir en France, des pièges à gogo.
Nombreux se sont mariés ou ont reussi a avoir des visa il y a plus de 10 ans, le process était plus simple, mais maintenant ce n'est plus le cas.
La première des démarches est de contacter l'ambassade de France aux Philippines pour qu'il vous fournissent le listing complet des papiers a réunir et a remplir. Un processus de mariage prend au bas mot 6 mois en moyenne, et il vous faudra être sur place durant plusieurs phases.
Bon courage à vous tous.
Ne vous compliquez pas la vie, ni torturez l'esprit pour trouver des solutions, il n'y en a qu'une.
(Post valable pour la France)
Ce petit post pour définitivement clore la discussion qui souvent part dans tous les sens a propos d'un eventuel retour en France d'une filipina.
J'ai reçu pas mal de mail en direct et rencontré ici aux Philippines de nombreux candidats au rapatriement de leur douce en France.
Alors qu'il soit dit une fois pour toute :
Il n'y a aucun autre moyen de faire venir votre douce Filipina en France que par le mariage sur place !
Aucun visa touriste longue ou courte durée n'est delivré.
Le seul Visa délivré est celui de Long sejour - apres mariage
Tous les "oui mais" en tentant ceci ou cela ne sont que pures betises.
Ne comptez pas faire comme les quelques fameux français qui ont fait venir leur douces à coup de tres gros compte en banques.
Ne vous faites pas avoir par les agences ( que je nomme passeurs ) qui vous demande 10 000 euros voir plus pour les faire venir en France, des pièges à gogo.
Nombreux se sont mariés ou ont reussi a avoir des visa il y a plus de 10 ans, le process était plus simple, mais maintenant ce n'est plus le cas.
La première des démarches est de contacter l'ambassade de France aux Philippines pour qu'il vous fournissent le listing complet des papiers a réunir et a remplir. Un processus de mariage prend au bas mot 6 mois en moyenne, et il vous faudra être sur place durant plusieurs phases.
Bon courage à vous tous.
Ne vous compliquez pas la vie, ni torturez l'esprit pour trouver des solutions, il n'y en a qu'une.
(Post valable pour la France)
Mon périple Bali - Lombok - Sumbawa - Florès en... 2007... English translation pending
Euh mais on est en 2009... effectivement... j'avais promis à "LolodesIles" de le faire à mon retour, mais comme j'ai jamais été doué pour raconté mes périples, et que je cours toujours après le temps, je ne l'ait pas fait, honte à moi... et Lolo m'a relancé dernièrement dans un post, je me devais donc de réagir, car il le vaut bien...
Je me lance,
Commençons par le début, je suis parti seul pour la 1ére fois en Indonésie du 12 oct au 26 nov 2007.
J'ai jamais été accro aux voyages trop bien planifiés, et comme là je partais seul, je pouvais me laisser aller et suivre mes envies.
Arrivée à Jakarta, direct avion pour Bali.
BALI
Arrivée à Bali, taxi direction Kuta, je voulais voir par moi même ce fameux ou infâme endroit... Un trafic monstre, j'ai failli fuir et donc faire parti des "+1 Kuta trop touristique", j'y suis resté quelques jours, et c'est en m'y perdant que j'ai appris à apprécier Kuta...
Après direction Ubud, j'ai adoré ! J'pourrai y rester des semaines, l'art, l'artisanat, les paysages...
Je suis tombé sur le récit de Lolo en cherchant des infos sur les îles de l'Est... c'est bien c'que j'pensai, c'est là où il faut aller ! Je le contact, il me file les coordonnés de Mr Subhi (loueur de scooter) et des conseils (achètes des cartes détaillées au Mall de Mataram...)...
LOMBOK
Je n'y suis pas aller direct, avant petit arrêt d'1 semaine à Gili Trawagan... quoi... 1 semaine... il faut 3heures pour faire le tour complet de l'île, et en moonwalk avec un vent contraire... mais quand on aime on ne compte pas ! Sur place j'ai sympathisé avec plusieurs locaux et je suis parti avec l'un d'eux visiter Lombok. Comme il avait des amis sur Mataram j'ai pu découvrir le coté "underground" de Mataram... lors de ces visites plusieurs personnes m'ont conseillés de partir rapidement vers l'est car la mousson y commencerait plutôt. Donc j'ai suivi leurs conseils et filer direct de Mataram à Labuhan Lombok (le port du ferry pour Sumbawa).
SUMBAWA
Me voila à Poto Tano, de là direction Sumbawa Besar. Je ne sais pas où je l'avait lu, la route est vraiment sympa, peu de circulation, bon revêtement, Yepa... j'vais pouvoir "tester" le potentiel du 110cc de Mr Subhi... ahhhh... pas pour longtemps, grosse averse, je m'arrête dans un petit warung sur pilotis. Là 1er vrais contact avec un population pas trop habitués aux touristes ; donc curiosité, naturel, gentillesse mais aussi problèmes de communication, distance de certains ; mais heureusement un motard qui s'est arrêté parle un peu anglais et s'improvise interprète. La pluie ne s'arrêtant pas et la nuit tombant on me conseil d'aller dans un losmen à 5min, voyant que ça me contrarie Irwan (le motard interprète) me propose de le suivre jusqu'à Sumbawa Besar, cool, lest go. Allez suivre de nuit, sous la pluie (on voyait rien à plus de 5m), un Indonésien en Tiger 250, c'est compliqué, surtout quand on traverse des flaques d'eau qui vous arrivent jusqu'aux pédales et qui font caler le moteur, encore plus quand on n'a conduit que des scooter automatique et qu'on veut redémarrer en première, bref je le perds... Bon y'a qu'à rester sur la bonne route... A un moment une moto fait demi-tour à ma hauteur et me rattrape c'est Irwan, qui m'expliquera plus tard qu'il ne s'était pas aperçu tout de suite que je ne le suivait plus (pour ceux qui on fait ou qui vont faire ce trajet, en plein jour c'est vraiment de la rigolade !). Donc on arrive enfin à Sumbawa Besar, nikel y'a un hôtel à l'entrée de la ville, Irwan négocie la chambre pour moi, j'insiste pour l'inviter à manger, et pour commencer : dua the "panas panas" manis (2 thés très très chauds sucrés), chacun, car on est trempés ! Après le repas la pluie s'arrêtant enfin, on fait un tour de la ville by night. Irwan est d'un autre village mais a de la famille ici et m'invite chez eux, accueil simple mais chaleureux ! J'aurai bien passé plus de temps ici mais je voulais arrivé le plus vite possible à Komodo afin de prendre des photos des grosses bébêtes mais sans pluie...
Le lendemain direction Sape pour le ferry. Sumbawa est une ile qu'on est trop nombreux à traverser en coup de vent et s'est bien dommage car elle mérite bien plusieurs jours de découverte. Une journée de route, ponctuée d'arrêts, pluie mais rien de méchant, miam-miam et surtout photo. Au centre de Sumbawa on croisse souvent des singes qui vivent en bordure de la route, mais impossible de les voir de près, j'ai eu beau essayer cacahuète, gâteau, fruits (rien à voir avec leurs potes de la Monkey Forest d'Ubud) Arrivé à Sapé je vais direct au ferry pour acheter le billet et connaitre l'horaire, mais vas faire comprendre cela au préposé qui ne parle pas anglais, et qui te réponds en indonésien (Cf Bourvil dans Le Corniaud) mais heureusement un voyageur qui est là parle anglais et s'improvise interprète (et 1 de plus). Il me donne les infos nécessaire me conseille d'aller au losmen à l'entrée du port et en profite pour me dire que si je veux faire une excursion à Komodo il peu me l'organiser.
Le lendemain matin ferry pour Labuhanbajo. J'avais lu dans le routard que les Balinais étaient très curieux et n'hésitaient pas à regarder par dessus vos épaules pour voir ce que vous lisez, je ne suis pas assez resté à Bali pour voir cela, mais c'est exactement ce qui s'est passé lors de cette traversé. J'avais apportez un hors série de Geo spécial Indiens d'Amérique et plusieurs voyageurs m'ont demandés de quoi ça parlait et mon même emprunter la revue.
FLORES
J'ai finalement accepter l'excursion Komodo de Lee (l'interprète de la veille) car il n'a jamais été insistant et le contact passait bien, j'ai même pas chercher à négocier le prix 1 200 000Idr pour 2 jours en bateau Komodo + Rinca tout inclus dont les entrées. Je ne m'attarde pas sur Komodo car Google en sait bien plus que moi, mais j'ai pu approcher les varans de près et faire pleins de photos. Le voyage en bateau était agréable et je ne me suis pas ennuyé malgré que le capitaine et le matelot ne parlaient pas anglais. Snorkeling, baignade, pèche bref le classique de ce type d'excursion Komodo...
Le plus cool c'est que Lee m'a invité quelques jours chez lui, dans une petite île village Pulau Misa (1000 habitants) au large de Labuhanbajo. C'est une toute petite île peuplée de Bugis venu de Sulawesi (sauf Lee l'immigré qui lui vient de Sumbawa mais qui est marié à une locale et qui ont 3 enfants), île sans eau courante, ni électricité (sauf quelques voisins qui ont des groupes électrogène... frimeurs... et qui la revende... capitalistes) ni téléphone filaire (les mobiles eux passent sans problèmes), ni internet... Super contacts ! Malgré que personne ne parle anglais ni moi Indonésien on arrive à se comprendre, par exemple pour se faire prendre en photo (ils adorent ça, enfants comme adultes) ils m'interpellaient "Miss Miss photo"... euh... Miss... j'ai les cheveux courts... pas un look ni un physique qui pourrait prêter à confusion... bon l'essentiel étend de se faire comprendre !
Un couple célébrant sont pèlerinage à la Mecque (1200$ pax) ont organisés une cérémonie où toute l'île était invité (moi aussi, et j'ai même eu droit a mon lot de gâteaux en partant) ; ça m'a interpellé ; entre les billets d'avion la nourriture et les boissons, ça doit représenter un très gros budget (même si tout les habitants ne viennent pas). Lee m'a expliqué l'importance du pèlerinage pour de nombreux habitants, qui aident soit financièrement, soit nourriture/boisson, soit logistique, car c'est une chance et un honneur d'y aller et/ou d'aider d'autre musulmans à y aller !
Ces quelques jours passer ici, et les discussions que j'ai pu avoir avec Lee, mon appris à relativiser !
Comme tout bon français, je me plains et critique constamment (c'est des fois nécessaire et ça permet de faire avancer), donc me voila un soir à critiquer notre système médical et scolaire (surtout études supérieurs), en faisant cette éternelle comparaison Public/Privé... y'en a que pour les riches... à cela Lee me répond : regard mon fils (le plus âgé de ses enfants) sera bientôt trop âgé pour continué à être scolarisé sur l'île, donc il devra aller à Labuhanbajo, soit il fera l'aller retour chaque jours donc bateau à payer, soit être hébergé là-bas, dans tous les cas ça va nous demander de l'argent, d'autant plus que sa sœur elle aussi devra bientôt faire de même, financièrement ça deviendra très compliqué. Je trouve le niveau à Labuhanbajo pas très haut donc je voudrai les envoyer chez ma famille à Sumbawa, où ils enseignent l'anglais, nais c'est encore plus cher, je pourrais malheureusement pas y envoyer tout mes enfants, et je ne te parle pas des études niveau lycée ou université... ...la claque... Ma dernière a des problèmes d'allergies, j'ai été voir plusieurs médecins dont le plus compétent de Labuhanbajo, qui facture 150 000idr piqure et consultation, mais les problèmes sont encore là malgré la piqure, le traitement et les contres-indications alimentaire, donc là je reviens de Sumbawa où j'ai vu un autre médecin. 150 000idr c'est rien pour nous, mais là-bas la sécu n'existe pas et le salaire de base et de 1 000 000idr... ...la claque...
J'ai bien fait de ne pas négocier le forfait Komodo de Lee, je pense qu'il fera bon usage du bénéfice. Contrairement à beaucoup de "vendeurs" qui utilisent leurs difficultés ; vraies ou fausses ; comme arguments commercial, Lee ne m'en n'avait jamais parlé. Du coup je voulais donner un peu plus, mais j'ai un principe, quand on invite quelqu'un chez soi on n'attend pas d'argent en retour, et le fait de donner de l'argent directement à son hôte peu dénaturer les rapports voir même vexer, une invitation n'est pas un acte commercial ! J'ai finalement trouvé comment contribuer, à plusieurs reprises Lee m'avait demandé si j'avais du linge à laver, j'ai donc fini par accepter, lorsqu'il me le ramène, je lui demande combien je dois... rien... j'insiste... si tu veux donner quelque chose va voir ma femme c'est elle qui a tout fait... donc j'ai pu lui donner en ayant une bonne excuse avec mes quelques mots d'indonésien (elle ne parle pas anglais). A y repenser je pense que c'était la bonne manière, car je suis parti en excursion sur une île voisine Pulau Kanawa (superbe petite ile, avec quelques bungalow et un restaurant, idéal pour snorkeling et s'isoler) et c'est sa femme, les enfants et leurs copains qui sont venus me rechercher, et j'ai eu beau insister elle n'a pas voulue manger ou boire quoique se soit et il m'a fallu persévérer pour offrir des boissons aux enfants (et encore 2 canettes pour 4 enfants). Je serai bien resté plus longtemps, mais toute bonne chose a une fin !
Lee me raccompagne récupérer mon scooter à Labuhanbajo et me recommande de conduire prudemment car "t'es comme un petit frère maintenant"... touchant... et conseil perspicace car Flores est une île montagneuse donc routes sinueuses, pas toujours en bonnes état, surtout celles du nord qui ne sont que partiellement goudronnées !
Je roule en direction de Bajawa que je veux atteindre avant la nuit. Je m'arrête pour faire le plein chez un des innombrables particuliers qui vendent de l'essence au bord des routes. Selamat siang... dua liter... berapa harga... je paie... la femme qui me sert ne parle pas anglais, et tente de me faire comprendre autre chose, on utilise alors le langage des signes... mes 2 mains ouvertes vers le ciel, bras légèrement tendues vers l'avant et paupières mi-fermées (quoi ?)... sa main droite entièrement ouverte paume vers le bas (attends attends)... elle se dirige vers sa maison qui se trouve en hauteur et appel quelqu'un... un homme arrive ; lui parle anglais : - il te faut autre chose ? - non, - tu vas où ? - Bajawa, - viens boire un café chez moi, - merci mais je bois pas de café, - un thé alors, - ok, il faut combien de temps pour arriver à Bajawa ? - 1h maybee 2h... tu es d'où ? - Prancis, - really ?, j'ai bossé pendant plusieurs années à Bali pour un patron français très sympa. Il me fait visiter sa plantation ; en fait celle de ses beaux-parents car il habite chez eux avec sa femme (qui m'a servi l'essence) et leur fils ; ils déforestent légalement afin de cultiver. - t'aime les ananas ? - oui, Il se baisse, prends ça machette et en coupe un au sol. - viens on va le manger chez ma famille qui habite plus haut. En partant rapidement tu pourras être à Bajawa avant la nuit, mais si tu veux tu peux passer la nuit chez moi. - why not ? Cette nuit à durée 2 semaines ! Car après quelques jours passer chez lui on est parti avec un de ses jeune voisin (Rusmin) visité Flores.
Ces quelques jours mon aussi fait réfléchir.
Chez Helldy qui habite entre Wairana et Aimere ; comme chez Lee ; pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de téléphone fixe et les mobiles ne passent pas ! Flores ne manquant pas d'eau, ils s'approvisionnent facilement, et utilisent la bonne vielle méthode de la faire bouillir avant de la consommée, s'est relativement simple, mais ça demande du temps et quand on est impatient ou intrépide comme moi, on est vite rappelé à l'ordre par son petit estomac occidentalisé. Rien de bien méchant mais assez pour me montrer l'extrême importance des deux robinets d'eau POTABLE que j'ai toujours connus !
Sans électricité pas de télé, mais s'est pas si mal, car comme il n'y a pas non plus de téléphone, les gens sont obligés de se voir constamment ! Je n'avais pas perçu ça chez Lee, mais ici c'est flagrant ! Un soir où on étaient chez les parents de Rusmin (ses voisins les plus proches) j'ai questionné Helldy, pour savoir si c'était habituel... il leur traduit ma question, et tous me répondent : - bien oui, pourquoi en France c'est différent ? - bien oui, c'était le cas avant, mais maintenant toutes les maisons sont barricadées, les animaux clôturés, et de moins en moins de personnes se soucient de leurs voisins. En France c'est même un sport national que d'être en mauvais termes avec ses voisins, y'a même une émission télé sur le sujet. Chaque jour des personnes âgées décèdent seul chez elle sans que personne sans aperçoivent, il y à même eut 10 000 décès pendant un été caniculaire, - bien ici c'est impossible, on vit en famille dans la même maison ou sur le même terrain. On s'entraide entre voisin et même sans se connaitre.
Après ces quelques jours passer ici à visiter les alentour et les nombreux amis et la grande famille de Helldy, on est partis direction Bajawa, où on à visiter le village traditionnel de Bena. Puis les sources d'eau très chaudes de Soa. En rentant des sources Rusmin se loupe à un carrefour et se fait une grosse frayeur avec le scoot de Mr Subhi, aucunes égratignures au pilote ni à la machine, mais séance de fou rire entre Helldy et moi qui le suivions et qui avons vu en direct live ce louper, là une moto s'arrête, c'est quelqu'un de la famille d'Helldy (quand je vous disais grande famille) qui habite à coté et qui insiste pour nous inviter. On accepte, ce sont des gens aux faibles moyens, mais qui se plient en quatre pour vous recevoir dans les meilleurs conditions, ne buvant pas de café il n'ont pas d'autre chose à me proposer, et sont gênés, je comprends qu'ils vont envoyer quelqu'un pour acheter thé ou jus, maintenant c'est moi qui suis gêné, j'insiste pour avoir un café en expliquant que je ne suis pas allergique donc que je peux en boire et que s'est plus convivial de boire tous la même chose.
Après Bajawa direction Riung pour voir les 7 îles. La route est sinueuse partiellement goudronnée, il faut donc rouler prudemment et doucement, comme on est 3 chauffeurs pour 2 scooters, on se relaye, et c'est plutôt bien car en plus de l'état des routes il fait très chaud, et ils savent comment conduire dans de telle conditions et se transformer en TomTom pour trouver la bonne route ou un raccourci.
C'est cool de voyager avec des Indonésiens, qui eux aussi sont en touriste, (Helldy et Rusmin ne sont jamais venus ici) comme Flores compte beaucoup de dialectes ils Bahasa Indonesia, donc les locaux comprennent tout de suite qu'ils viennent d'un autre endroit, et on donc droit aux même questions que moi. Ça les flattent ! Helldy m'explique alors, que lorsqu'il vivait à Bali, ça l'énervait que lorsqu'il saluait un touriste celui-ci ne lui répondait pas toujours. Je lui explique que c'est un peu normal car en tant que touriste on est constamment questionnés... ok je comprends mais ça vous empêchent pas d'être poli, quand quelqu'un te demande si ça va, tu peut être un minimum poli et lui répondre et surtout lui demandé si lui aussi va bien !... Ça m'a donné à réfléchir et depuis je réponds même aux vendeurs des magasins de tailleurs qui vous accostent dans toutes les langues... Un soir dans un warung de Riung, on croise un groupe de 3 Français, Helldy me demande pourquoi je vais pas leurs parler, je lui explique qu'à écouter leurs discussions il ne me sentait pas opportun de les interrompre et que je trouvai plus logique ; surtout quand on fait autant de kilomètres ; de parler avec des locaux. Riung étant petit on les recroissent le lendemain sur une des île, Helldy passant à coté d'eux les saluts en français, il revient vers moi : t'avais raison, quand je leurs ai demandés : et vous ça va ? Je pensais qu'ils allaient me répondre oui et toi ? Que je puis leur répondre : comme-ci comme-ça (il adorait la sonorité de cette formule), mais ils m'ont pas répondus, ça m'énerve... C'est vrais qu'on est programmé comme ça, et c'est dommage qu'à 10 sur une petite île on ne prennent même pas le peine de se dire bonjour.
Après Riung direction Moni via Nangapande, où Rusmin nous abandonne pour rentrer chez lui. C'était la première fois qu'il voyageait en "touriste" et avec des "grands" (il avait 17ans) et c'était sympa de voir ces réactions ! Il nous a laissé en nous promettant de téléphoner le soir une fois arrivé, afin de nous rassurer et d'avoir des nouvelles du village, ce qu'il à fait 24 heures plus tard, normal : il n'a pas de réseau par chez lui et Indonesian Time oblige ! Indonesian Time : c'est une expression que nous avions avec Helldy pour illustrer le décalage horaire, pas celui des faisceaux horaire, mais celui de la perception de l'heure en fonction des pays. On a tous connus : - le ferry de 10h00 qui part à 13h15 = Indonesian time; - l'avion de 10h00 qui part à l'heure = French time ; - le train de 10h00 qui part l'heure mais dont les portes ferment 1min avant = Germain time...
A Moni on croise Brian un ami à Helldy (quand je vous disais nombreux amis), il aimerait nous inviter mais là il est occupé et ça maison est en travaux, on lui propose de venir ce soir à notre hôtel qui fait aussi restaurant et qui est à 2 pas de chez lui, ça a pas l'air de le motiver, finalement on décide de se retrouver chez un de leur ami commun. Helldy me demande : - c'est possible que tu achètes le poulet pour ce soir ? - bien oui. On suit Brian qui s'arrête dans 2, 3 maisons, à un moment ou je prenais des photos, ils me demandent de rentrer : - celui là il te semble bien ? - heu.... c'est vous les spécialistes... quand je choisi des poulets ils sont dans une barquette sous cellophane... pas en train de courir au milieu du poulailler... Soirée avec Arak (alcool local a base de palme) et karaoké chez un voisin qui a équipé son salon avec synthétiseur, micro, Tv et grosse sono à faire trembler les murs, il a un orchestre et anime des mariages. J'ai filmé Helldy chantant un classic romantique Indonésien, sa femme à bien appréciée. Ils m'ont fait part de leurs projets d'avenir, Brian fait construire des bungalows, un autre passionné de moto rêve d'avoir une affaire de location de scooter, mais comme l'investissement est important il envisage plutôt de faire "bureau de change" (ou webcafe quand il y internet à Moni). Helldy lui aussi envisage de construire quelques bungalows en bord de plage vers Aimere. J'espère que leurs projets vont aboutir mais qu'ils n'y perdent pas leur gentillesse ! En rentrant à l'hôtel, Helldy m'expliqua : Brian est musulman donc il mange Hallal, c'est pour cela qu'on a achetés et fait préparer le poulet, ça ne nous déranges pas de manger Halal, et il boit de l'alcool avec nous, on vit ensemble malgré les tensions entre communautés au niveau national !
Lors de la visite des lacs du Kilimuntu on à croisés un jeune couple Espagnol qu'on avait rencontré a Bena (village traditionnel prés de Bajawa) ; le monde est petit ; ou ce son les touristes qui vont tous aux mêmes endroits; c'est plutôt ça, car c'est pas la première foi que ça arrive.
Après Moni, on est rentrés chez Helldy. Rusmin avait raconté le périple qu'il avait vécu et était impatient de connaitre la suite. J'ai pris congés de mes hôtes le lendemain sans oublié de faire le plein d'essence, c'était quand même pour ça que je m'étais arrêté !
Il était malheureusement temps de rentrer vers l'Ouest !
Donc retour à Labuhanbajo, pour passer la nuit, là j'ai consulté le même docteur que le fille à Lee. J'avais choppé une allergie à quelque chose, j'ai jamais pu savoir a quoi, rien de grave, juste quelques plaque de boutons sur les bras et dans le dos, qui persistaient depuis une semaine et qui me démangeaient la nuit... et j'ai horreur qu'on me dérange pendant mon sommeil... donc j'ai aussi eu droit à la piqure et aux mêmes contre-indications alimentaire et au même tarif 150 000idr... Après une bonne nuit grâce à la piqure, ferry pour Sapé.
SUMBAWA
Comme je suis quelqu'un de prévoyant et d'extrêmement organisé (avec la piqure comme excuse), je n'avais pas retiré d'argent à Labuhanbajo : un dés seul endroit avec Ende, où j'ai trouvé ; et c'est pas faute d'avoir cherché; un DAB acceptant les cartes international ! (Pour internet c'est encore plus simple un seul et unique accès trouvé à Ende avec une connexion n'affichant que les 10 premiers messages de Gmail ). Je savais qu'il n'y avait pas de DAB à Sapé car j'en avait déjà cherché à l'aller, pas de soucis j'en trouverai un à Bima (la deuxième plus grosses villes de Sumbawa) où je passe la nuit... hé bien non, j'ai eu beau quadriller la ville et essayer tout ce qui ressemblait à un DAB ou à une banque... j'ai dû racler le fond de mes poches cette nuit là... J'ai finalement trouvé un DAB le lendemain sur ma route; à Dompu; de toute façon je savais qu'il y en avait UN à Sumbawa Besar. J'exagère un peu, il me restait de quoi tenir plusieurs jours, mais c'est bizarre cette impression de manquer d'argent alors qu'avec la même somme des locaux vivent 1 semaine voir plus !
A Sumbawa Besar j'ai re-séjourné 2 nuits dans l'hôtel où Irwan m'avait accompagné, je l'ai contacté mais malheureusement on n'a pas pu se revoir. De toute façons, on ne reste jamais seul longtemps en Indonésie ! Ce soir là je me suis fait invité par un groupe de travailleur qui séjournaient à l'hôtel, malgré qu'ils ne parlaient pas anglais, et que je bahasa Indonesia comme une vache Française, on a réussi à se comprendre, aidé il est vrais par les photos et les vidéos que j'avais prises lors de ce voyage ou d'autres qui sont stockées sur mon gsm, et aidé aussi par du Arak...
Le lendemain je suis parti en excursion snorkeling improvisée ! J'avais vu sur ma carte qu'il y avait une ile proche de Sumbawa Besar avec un plongeur en légende, ni une ni deux je suis partir au village le plus proche où on m'a directement dirigé vers un habitant qui possède un "speed boat" (en fait c'est un vieux petit Zodiac, qui est le plus rapide du village). Ils m'ont organisé cette excursion comme des pros, non pas comme des pros, mais comme les simples pécheurs qu'ils sont et qui se font un honneur de vous recevoir ! Combien d'excursions organisées par des "pros" ne correspondent pas aux belles promesses annoncées et affichées ? Beaucoup trop ! Ici le capitaine a fait ce qu'il a annoncé, avec envie, quand je lui ai demandé si il était possible de voir des requins, il m'a dit que c'était rare mais il m'a quand même emmené dans 2 lieux où on pouvait en apercevoir et il a même snorkeler avec moi pour me guider. On n'a pas vu de requins, mais les fonds et la vie sous-marine sont plutôt sympa.
Le lendemain direction Poto Tano, je m'arrêtes au petit warung sur pilotis du trajet aller où j'avais rencontré Irwan. La serveuse me reconnait, M'OFFRE à boire et a manger, me présente à ses amis, elle vient de Lombok et est ici depuis quelques mois pour travailler. A un moment je me retourne: - C'est possible d'aller en excursion dans une des petites iles là-bas ? - Je sais pas, vas te renseigner dans le village à coté. Aussitôt dit aussitôt fait, me voila dans le village où on me dirige vers le seul habitant qui parle anglais, avec qui je négocie l'excursion pour le lendemain. Là par-contre les fonds marin sont plutôt dégradés donc moins de vie sous-marine, le bateau étant équipé d'un compresseur permettant de plongé en profondeur, on me propose d'essayer.. bien oui... Là aussi "l'anglais du village" (j'ai oublié sont nom) snorkel avec moi. La veille j'avais discuter avec lui, il m'avait invité à boire un thé chez lui, c'est un musulman pratiquant, portant djellaba barbe, on était dans la pièce où il fait ces prières, on parlait de religion, il me questionnait sur le nombre de musulmans en France, comment ils pratiquaient, comment on les percevaient... à un moment il me dit : - je suis contre les terroristes et les extrémistes, ce ne sont pas de vrais pratiquants car on est tous frères : Musulman, Chrétien et Juif ! J'aimerai entendre ça plus souvent !
Après ces bonnes paroles, ferry pour Lombok, arrêt snorkeling à Perama Island, puis à Mataram pour rendre le scooter à Mr Subhi et ferry de nuit pour Bali.
Quelques jours à Ubud pour faire mes emplettes, et retour à Paris...
Voila j'espère ne pas avoir été trop long ou anecdotique, et que ce récit vous donnera envie de découvrir ce super pays !
@+ Jr
Je me lance,
Commençons par le début, je suis parti seul pour la 1ére fois en Indonésie du 12 oct au 26 nov 2007.
J'ai jamais été accro aux voyages trop bien planifiés, et comme là je partais seul, je pouvais me laisser aller et suivre mes envies.
Arrivée à Jakarta, direct avion pour Bali.
BALI
Arrivée à Bali, taxi direction Kuta, je voulais voir par moi même ce fameux ou infâme endroit... Un trafic monstre, j'ai failli fuir et donc faire parti des "+1 Kuta trop touristique", j'y suis resté quelques jours, et c'est en m'y perdant que j'ai appris à apprécier Kuta...
Après direction Ubud, j'ai adoré ! J'pourrai y rester des semaines, l'art, l'artisanat, les paysages...
Je suis tombé sur le récit de Lolo en cherchant des infos sur les îles de l'Est... c'est bien c'que j'pensai, c'est là où il faut aller ! Je le contact, il me file les coordonnés de Mr Subhi (loueur de scooter) et des conseils (achètes des cartes détaillées au Mall de Mataram...)...
LOMBOK
Je n'y suis pas aller direct, avant petit arrêt d'1 semaine à Gili Trawagan... quoi... 1 semaine... il faut 3heures pour faire le tour complet de l'île, et en moonwalk avec un vent contraire... mais quand on aime on ne compte pas ! Sur place j'ai sympathisé avec plusieurs locaux et je suis parti avec l'un d'eux visiter Lombok. Comme il avait des amis sur Mataram j'ai pu découvrir le coté "underground" de Mataram... lors de ces visites plusieurs personnes m'ont conseillés de partir rapidement vers l'est car la mousson y commencerait plutôt. Donc j'ai suivi leurs conseils et filer direct de Mataram à Labuhan Lombok (le port du ferry pour Sumbawa).
SUMBAWA
Me voila à Poto Tano, de là direction Sumbawa Besar. Je ne sais pas où je l'avait lu, la route est vraiment sympa, peu de circulation, bon revêtement, Yepa... j'vais pouvoir "tester" le potentiel du 110cc de Mr Subhi... ahhhh... pas pour longtemps, grosse averse, je m'arrête dans un petit warung sur pilotis. Là 1er vrais contact avec un population pas trop habitués aux touristes ; donc curiosité, naturel, gentillesse mais aussi problèmes de communication, distance de certains ; mais heureusement un motard qui s'est arrêté parle un peu anglais et s'improvise interprète. La pluie ne s'arrêtant pas et la nuit tombant on me conseil d'aller dans un losmen à 5min, voyant que ça me contrarie Irwan (le motard interprète) me propose de le suivre jusqu'à Sumbawa Besar, cool, lest go. Allez suivre de nuit, sous la pluie (on voyait rien à plus de 5m), un Indonésien en Tiger 250, c'est compliqué, surtout quand on traverse des flaques d'eau qui vous arrivent jusqu'aux pédales et qui font caler le moteur, encore plus quand on n'a conduit que des scooter automatique et qu'on veut redémarrer en première, bref je le perds... Bon y'a qu'à rester sur la bonne route... A un moment une moto fait demi-tour à ma hauteur et me rattrape c'est Irwan, qui m'expliquera plus tard qu'il ne s'était pas aperçu tout de suite que je ne le suivait plus (pour ceux qui on fait ou qui vont faire ce trajet, en plein jour c'est vraiment de la rigolade !). Donc on arrive enfin à Sumbawa Besar, nikel y'a un hôtel à l'entrée de la ville, Irwan négocie la chambre pour moi, j'insiste pour l'inviter à manger, et pour commencer : dua the "panas panas" manis (2 thés très très chauds sucrés), chacun, car on est trempés ! Après le repas la pluie s'arrêtant enfin, on fait un tour de la ville by night. Irwan est d'un autre village mais a de la famille ici et m'invite chez eux, accueil simple mais chaleureux ! J'aurai bien passé plus de temps ici mais je voulais arrivé le plus vite possible à Komodo afin de prendre des photos des grosses bébêtes mais sans pluie...
Le lendemain direction Sape pour le ferry. Sumbawa est une ile qu'on est trop nombreux à traverser en coup de vent et s'est bien dommage car elle mérite bien plusieurs jours de découverte. Une journée de route, ponctuée d'arrêts, pluie mais rien de méchant, miam-miam et surtout photo. Au centre de Sumbawa on croisse souvent des singes qui vivent en bordure de la route, mais impossible de les voir de près, j'ai eu beau essayer cacahuète, gâteau, fruits (rien à voir avec leurs potes de la Monkey Forest d'Ubud) Arrivé à Sapé je vais direct au ferry pour acheter le billet et connaitre l'horaire, mais vas faire comprendre cela au préposé qui ne parle pas anglais, et qui te réponds en indonésien (Cf Bourvil dans Le Corniaud) mais heureusement un voyageur qui est là parle anglais et s'improvise interprète (et 1 de plus). Il me donne les infos nécessaire me conseille d'aller au losmen à l'entrée du port et en profite pour me dire que si je veux faire une excursion à Komodo il peu me l'organiser.
Le lendemain matin ferry pour Labuhanbajo. J'avais lu dans le routard que les Balinais étaient très curieux et n'hésitaient pas à regarder par dessus vos épaules pour voir ce que vous lisez, je ne suis pas assez resté à Bali pour voir cela, mais c'est exactement ce qui s'est passé lors de cette traversé. J'avais apportez un hors série de Geo spécial Indiens d'Amérique et plusieurs voyageurs m'ont demandés de quoi ça parlait et mon même emprunter la revue.
FLORES
J'ai finalement accepter l'excursion Komodo de Lee (l'interprète de la veille) car il n'a jamais été insistant et le contact passait bien, j'ai même pas chercher à négocier le prix 1 200 000Idr pour 2 jours en bateau Komodo + Rinca tout inclus dont les entrées. Je ne m'attarde pas sur Komodo car Google en sait bien plus que moi, mais j'ai pu approcher les varans de près et faire pleins de photos. Le voyage en bateau était agréable et je ne me suis pas ennuyé malgré que le capitaine et le matelot ne parlaient pas anglais. Snorkeling, baignade, pèche bref le classique de ce type d'excursion Komodo...
Le plus cool c'est que Lee m'a invité quelques jours chez lui, dans une petite île village Pulau Misa (1000 habitants) au large de Labuhanbajo. C'est une toute petite île peuplée de Bugis venu de Sulawesi (sauf Lee l'immigré qui lui vient de Sumbawa mais qui est marié à une locale et qui ont 3 enfants), île sans eau courante, ni électricité (sauf quelques voisins qui ont des groupes électrogène... frimeurs... et qui la revende... capitalistes) ni téléphone filaire (les mobiles eux passent sans problèmes), ni internet... Super contacts ! Malgré que personne ne parle anglais ni moi Indonésien on arrive à se comprendre, par exemple pour se faire prendre en photo (ils adorent ça, enfants comme adultes) ils m'interpellaient "Miss Miss photo"... euh... Miss... j'ai les cheveux courts... pas un look ni un physique qui pourrait prêter à confusion... bon l'essentiel étend de se faire comprendre !
Un couple célébrant sont pèlerinage à la Mecque (1200$ pax) ont organisés une cérémonie où toute l'île était invité (moi aussi, et j'ai même eu droit a mon lot de gâteaux en partant) ; ça m'a interpellé ; entre les billets d'avion la nourriture et les boissons, ça doit représenter un très gros budget (même si tout les habitants ne viennent pas). Lee m'a expliqué l'importance du pèlerinage pour de nombreux habitants, qui aident soit financièrement, soit nourriture/boisson, soit logistique, car c'est une chance et un honneur d'y aller et/ou d'aider d'autre musulmans à y aller !
Ces quelques jours passer ici, et les discussions que j'ai pu avoir avec Lee, mon appris à relativiser !
Comme tout bon français, je me plains et critique constamment (c'est des fois nécessaire et ça permet de faire avancer), donc me voila un soir à critiquer notre système médical et scolaire (surtout études supérieurs), en faisant cette éternelle comparaison Public/Privé... y'en a que pour les riches... à cela Lee me répond : regard mon fils (le plus âgé de ses enfants) sera bientôt trop âgé pour continué à être scolarisé sur l'île, donc il devra aller à Labuhanbajo, soit il fera l'aller retour chaque jours donc bateau à payer, soit être hébergé là-bas, dans tous les cas ça va nous demander de l'argent, d'autant plus que sa sœur elle aussi devra bientôt faire de même, financièrement ça deviendra très compliqué. Je trouve le niveau à Labuhanbajo pas très haut donc je voudrai les envoyer chez ma famille à Sumbawa, où ils enseignent l'anglais, nais c'est encore plus cher, je pourrais malheureusement pas y envoyer tout mes enfants, et je ne te parle pas des études niveau lycée ou université... ...la claque... Ma dernière a des problèmes d'allergies, j'ai été voir plusieurs médecins dont le plus compétent de Labuhanbajo, qui facture 150 000idr piqure et consultation, mais les problèmes sont encore là malgré la piqure, le traitement et les contres-indications alimentaire, donc là je reviens de Sumbawa où j'ai vu un autre médecin. 150 000idr c'est rien pour nous, mais là-bas la sécu n'existe pas et le salaire de base et de 1 000 000idr... ...la claque...
J'ai bien fait de ne pas négocier le forfait Komodo de Lee, je pense qu'il fera bon usage du bénéfice. Contrairement à beaucoup de "vendeurs" qui utilisent leurs difficultés ; vraies ou fausses ; comme arguments commercial, Lee ne m'en n'avait jamais parlé. Du coup je voulais donner un peu plus, mais j'ai un principe, quand on invite quelqu'un chez soi on n'attend pas d'argent en retour, et le fait de donner de l'argent directement à son hôte peu dénaturer les rapports voir même vexer, une invitation n'est pas un acte commercial ! J'ai finalement trouvé comment contribuer, à plusieurs reprises Lee m'avait demandé si j'avais du linge à laver, j'ai donc fini par accepter, lorsqu'il me le ramène, je lui demande combien je dois... rien... j'insiste... si tu veux donner quelque chose va voir ma femme c'est elle qui a tout fait... donc j'ai pu lui donner en ayant une bonne excuse avec mes quelques mots d'indonésien (elle ne parle pas anglais). A y repenser je pense que c'était la bonne manière, car je suis parti en excursion sur une île voisine Pulau Kanawa (superbe petite ile, avec quelques bungalow et un restaurant, idéal pour snorkeling et s'isoler) et c'est sa femme, les enfants et leurs copains qui sont venus me rechercher, et j'ai eu beau insister elle n'a pas voulue manger ou boire quoique se soit et il m'a fallu persévérer pour offrir des boissons aux enfants (et encore 2 canettes pour 4 enfants). Je serai bien resté plus longtemps, mais toute bonne chose a une fin !
Lee me raccompagne récupérer mon scooter à Labuhanbajo et me recommande de conduire prudemment car "t'es comme un petit frère maintenant"... touchant... et conseil perspicace car Flores est une île montagneuse donc routes sinueuses, pas toujours en bonnes état, surtout celles du nord qui ne sont que partiellement goudronnées !
Je roule en direction de Bajawa que je veux atteindre avant la nuit. Je m'arrête pour faire le plein chez un des innombrables particuliers qui vendent de l'essence au bord des routes. Selamat siang... dua liter... berapa harga... je paie... la femme qui me sert ne parle pas anglais, et tente de me faire comprendre autre chose, on utilise alors le langage des signes... mes 2 mains ouvertes vers le ciel, bras légèrement tendues vers l'avant et paupières mi-fermées (quoi ?)... sa main droite entièrement ouverte paume vers le bas (attends attends)... elle se dirige vers sa maison qui se trouve en hauteur et appel quelqu'un... un homme arrive ; lui parle anglais : - il te faut autre chose ? - non, - tu vas où ? - Bajawa, - viens boire un café chez moi, - merci mais je bois pas de café, - un thé alors, - ok, il faut combien de temps pour arriver à Bajawa ? - 1h maybee 2h... tu es d'où ? - Prancis, - really ?, j'ai bossé pendant plusieurs années à Bali pour un patron français très sympa. Il me fait visiter sa plantation ; en fait celle de ses beaux-parents car il habite chez eux avec sa femme (qui m'a servi l'essence) et leur fils ; ils déforestent légalement afin de cultiver. - t'aime les ananas ? - oui, Il se baisse, prends ça machette et en coupe un au sol. - viens on va le manger chez ma famille qui habite plus haut. En partant rapidement tu pourras être à Bajawa avant la nuit, mais si tu veux tu peux passer la nuit chez moi. - why not ? Cette nuit à durée 2 semaines ! Car après quelques jours passer chez lui on est parti avec un de ses jeune voisin (Rusmin) visité Flores.
Ces quelques jours mon aussi fait réfléchir.
Chez Helldy qui habite entre Wairana et Aimere ; comme chez Lee ; pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de téléphone fixe et les mobiles ne passent pas ! Flores ne manquant pas d'eau, ils s'approvisionnent facilement, et utilisent la bonne vielle méthode de la faire bouillir avant de la consommée, s'est relativement simple, mais ça demande du temps et quand on est impatient ou intrépide comme moi, on est vite rappelé à l'ordre par son petit estomac occidentalisé. Rien de bien méchant mais assez pour me montrer l'extrême importance des deux robinets d'eau POTABLE que j'ai toujours connus !
Sans électricité pas de télé, mais s'est pas si mal, car comme il n'y a pas non plus de téléphone, les gens sont obligés de se voir constamment ! Je n'avais pas perçu ça chez Lee, mais ici c'est flagrant ! Un soir où on étaient chez les parents de Rusmin (ses voisins les plus proches) j'ai questionné Helldy, pour savoir si c'était habituel... il leur traduit ma question, et tous me répondent : - bien oui, pourquoi en France c'est différent ? - bien oui, c'était le cas avant, mais maintenant toutes les maisons sont barricadées, les animaux clôturés, et de moins en moins de personnes se soucient de leurs voisins. En France c'est même un sport national que d'être en mauvais termes avec ses voisins, y'a même une émission télé sur le sujet. Chaque jour des personnes âgées décèdent seul chez elle sans que personne sans aperçoivent, il y à même eut 10 000 décès pendant un été caniculaire, - bien ici c'est impossible, on vit en famille dans la même maison ou sur le même terrain. On s'entraide entre voisin et même sans se connaitre.
Après ces quelques jours passer ici à visiter les alentour et les nombreux amis et la grande famille de Helldy, on est partis direction Bajawa, où on à visiter le village traditionnel de Bena. Puis les sources d'eau très chaudes de Soa. En rentant des sources Rusmin se loupe à un carrefour et se fait une grosse frayeur avec le scoot de Mr Subhi, aucunes égratignures au pilote ni à la machine, mais séance de fou rire entre Helldy et moi qui le suivions et qui avons vu en direct live ce louper, là une moto s'arrête, c'est quelqu'un de la famille d'Helldy (quand je vous disais grande famille) qui habite à coté et qui insiste pour nous inviter. On accepte, ce sont des gens aux faibles moyens, mais qui se plient en quatre pour vous recevoir dans les meilleurs conditions, ne buvant pas de café il n'ont pas d'autre chose à me proposer, et sont gênés, je comprends qu'ils vont envoyer quelqu'un pour acheter thé ou jus, maintenant c'est moi qui suis gêné, j'insiste pour avoir un café en expliquant que je ne suis pas allergique donc que je peux en boire et que s'est plus convivial de boire tous la même chose.
Après Bajawa direction Riung pour voir les 7 îles. La route est sinueuse partiellement goudronnée, il faut donc rouler prudemment et doucement, comme on est 3 chauffeurs pour 2 scooters, on se relaye, et c'est plutôt bien car en plus de l'état des routes il fait très chaud, et ils savent comment conduire dans de telle conditions et se transformer en TomTom pour trouver la bonne route ou un raccourci.
C'est cool de voyager avec des Indonésiens, qui eux aussi sont en touriste, (Helldy et Rusmin ne sont jamais venus ici) comme Flores compte beaucoup de dialectes ils Bahasa Indonesia, donc les locaux comprennent tout de suite qu'ils viennent d'un autre endroit, et on donc droit aux même questions que moi. Ça les flattent ! Helldy m'explique alors, que lorsqu'il vivait à Bali, ça l'énervait que lorsqu'il saluait un touriste celui-ci ne lui répondait pas toujours. Je lui explique que c'est un peu normal car en tant que touriste on est constamment questionnés... ok je comprends mais ça vous empêchent pas d'être poli, quand quelqu'un te demande si ça va, tu peut être un minimum poli et lui répondre et surtout lui demandé si lui aussi va bien !... Ça m'a donné à réfléchir et depuis je réponds même aux vendeurs des magasins de tailleurs qui vous accostent dans toutes les langues... Un soir dans un warung de Riung, on croise un groupe de 3 Français, Helldy me demande pourquoi je vais pas leurs parler, je lui explique qu'à écouter leurs discussions il ne me sentait pas opportun de les interrompre et que je trouvai plus logique ; surtout quand on fait autant de kilomètres ; de parler avec des locaux. Riung étant petit on les recroissent le lendemain sur une des île, Helldy passant à coté d'eux les saluts en français, il revient vers moi : t'avais raison, quand je leurs ai demandés : et vous ça va ? Je pensais qu'ils allaient me répondre oui et toi ? Que je puis leur répondre : comme-ci comme-ça (il adorait la sonorité de cette formule), mais ils m'ont pas répondus, ça m'énerve... C'est vrais qu'on est programmé comme ça, et c'est dommage qu'à 10 sur une petite île on ne prennent même pas le peine de se dire bonjour.
Après Riung direction Moni via Nangapande, où Rusmin nous abandonne pour rentrer chez lui. C'était la première fois qu'il voyageait en "touriste" et avec des "grands" (il avait 17ans) et c'était sympa de voir ces réactions ! Il nous a laissé en nous promettant de téléphoner le soir une fois arrivé, afin de nous rassurer et d'avoir des nouvelles du village, ce qu'il à fait 24 heures plus tard, normal : il n'a pas de réseau par chez lui et Indonesian Time oblige ! Indonesian Time : c'est une expression que nous avions avec Helldy pour illustrer le décalage horaire, pas celui des faisceaux horaire, mais celui de la perception de l'heure en fonction des pays. On a tous connus : - le ferry de 10h00 qui part à 13h15 = Indonesian time; - l'avion de 10h00 qui part à l'heure = French time ; - le train de 10h00 qui part l'heure mais dont les portes ferment 1min avant = Germain time...
A Moni on croise Brian un ami à Helldy (quand je vous disais nombreux amis), il aimerait nous inviter mais là il est occupé et ça maison est en travaux, on lui propose de venir ce soir à notre hôtel qui fait aussi restaurant et qui est à 2 pas de chez lui, ça a pas l'air de le motiver, finalement on décide de se retrouver chez un de leur ami commun. Helldy me demande : - c'est possible que tu achètes le poulet pour ce soir ? - bien oui. On suit Brian qui s'arrête dans 2, 3 maisons, à un moment ou je prenais des photos, ils me demandent de rentrer : - celui là il te semble bien ? - heu.... c'est vous les spécialistes... quand je choisi des poulets ils sont dans une barquette sous cellophane... pas en train de courir au milieu du poulailler... Soirée avec Arak (alcool local a base de palme) et karaoké chez un voisin qui a équipé son salon avec synthétiseur, micro, Tv et grosse sono à faire trembler les murs, il a un orchestre et anime des mariages. J'ai filmé Helldy chantant un classic romantique Indonésien, sa femme à bien appréciée. Ils m'ont fait part de leurs projets d'avenir, Brian fait construire des bungalows, un autre passionné de moto rêve d'avoir une affaire de location de scooter, mais comme l'investissement est important il envisage plutôt de faire "bureau de change" (ou webcafe quand il y internet à Moni). Helldy lui aussi envisage de construire quelques bungalows en bord de plage vers Aimere. J'espère que leurs projets vont aboutir mais qu'ils n'y perdent pas leur gentillesse ! En rentrant à l'hôtel, Helldy m'expliqua : Brian est musulman donc il mange Hallal, c'est pour cela qu'on a achetés et fait préparer le poulet, ça ne nous déranges pas de manger Halal, et il boit de l'alcool avec nous, on vit ensemble malgré les tensions entre communautés au niveau national !
Lors de la visite des lacs du Kilimuntu on à croisés un jeune couple Espagnol qu'on avait rencontré a Bena (village traditionnel prés de Bajawa) ; le monde est petit ; ou ce son les touristes qui vont tous aux mêmes endroits; c'est plutôt ça, car c'est pas la première foi que ça arrive.
Après Moni, on est rentrés chez Helldy. Rusmin avait raconté le périple qu'il avait vécu et était impatient de connaitre la suite. J'ai pris congés de mes hôtes le lendemain sans oublié de faire le plein d'essence, c'était quand même pour ça que je m'étais arrêté !
Il était malheureusement temps de rentrer vers l'Ouest !
Donc retour à Labuhanbajo, pour passer la nuit, là j'ai consulté le même docteur que le fille à Lee. J'avais choppé une allergie à quelque chose, j'ai jamais pu savoir a quoi, rien de grave, juste quelques plaque de boutons sur les bras et dans le dos, qui persistaient depuis une semaine et qui me démangeaient la nuit... et j'ai horreur qu'on me dérange pendant mon sommeil... donc j'ai aussi eu droit à la piqure et aux mêmes contre-indications alimentaire et au même tarif 150 000idr... Après une bonne nuit grâce à la piqure, ferry pour Sapé.
SUMBAWA
Comme je suis quelqu'un de prévoyant et d'extrêmement organisé (avec la piqure comme excuse), je n'avais pas retiré d'argent à Labuhanbajo : un dés seul endroit avec Ende, où j'ai trouvé ; et c'est pas faute d'avoir cherché; un DAB acceptant les cartes international ! (Pour internet c'est encore plus simple un seul et unique accès trouvé à Ende avec une connexion n'affichant que les 10 premiers messages de Gmail ). Je savais qu'il n'y avait pas de DAB à Sapé car j'en avait déjà cherché à l'aller, pas de soucis j'en trouverai un à Bima (la deuxième plus grosses villes de Sumbawa) où je passe la nuit... hé bien non, j'ai eu beau quadriller la ville et essayer tout ce qui ressemblait à un DAB ou à une banque... j'ai dû racler le fond de mes poches cette nuit là... J'ai finalement trouvé un DAB le lendemain sur ma route; à Dompu; de toute façon je savais qu'il y en avait UN à Sumbawa Besar. J'exagère un peu, il me restait de quoi tenir plusieurs jours, mais c'est bizarre cette impression de manquer d'argent alors qu'avec la même somme des locaux vivent 1 semaine voir plus !
A Sumbawa Besar j'ai re-séjourné 2 nuits dans l'hôtel où Irwan m'avait accompagné, je l'ai contacté mais malheureusement on n'a pas pu se revoir. De toute façons, on ne reste jamais seul longtemps en Indonésie ! Ce soir là je me suis fait invité par un groupe de travailleur qui séjournaient à l'hôtel, malgré qu'ils ne parlaient pas anglais, et que je bahasa Indonesia comme une vache Française, on a réussi à se comprendre, aidé il est vrais par les photos et les vidéos que j'avais prises lors de ce voyage ou d'autres qui sont stockées sur mon gsm, et aidé aussi par du Arak...
Le lendemain je suis parti en excursion snorkeling improvisée ! J'avais vu sur ma carte qu'il y avait une ile proche de Sumbawa Besar avec un plongeur en légende, ni une ni deux je suis partir au village le plus proche où on m'a directement dirigé vers un habitant qui possède un "speed boat" (en fait c'est un vieux petit Zodiac, qui est le plus rapide du village). Ils m'ont organisé cette excursion comme des pros, non pas comme des pros, mais comme les simples pécheurs qu'ils sont et qui se font un honneur de vous recevoir ! Combien d'excursions organisées par des "pros" ne correspondent pas aux belles promesses annoncées et affichées ? Beaucoup trop ! Ici le capitaine a fait ce qu'il a annoncé, avec envie, quand je lui ai demandé si il était possible de voir des requins, il m'a dit que c'était rare mais il m'a quand même emmené dans 2 lieux où on pouvait en apercevoir et il a même snorkeler avec moi pour me guider. On n'a pas vu de requins, mais les fonds et la vie sous-marine sont plutôt sympa.
Le lendemain direction Poto Tano, je m'arrêtes au petit warung sur pilotis du trajet aller où j'avais rencontré Irwan. La serveuse me reconnait, M'OFFRE à boire et a manger, me présente à ses amis, elle vient de Lombok et est ici depuis quelques mois pour travailler. A un moment je me retourne: - C'est possible d'aller en excursion dans une des petites iles là-bas ? - Je sais pas, vas te renseigner dans le village à coté. Aussitôt dit aussitôt fait, me voila dans le village où on me dirige vers le seul habitant qui parle anglais, avec qui je négocie l'excursion pour le lendemain. Là par-contre les fonds marin sont plutôt dégradés donc moins de vie sous-marine, le bateau étant équipé d'un compresseur permettant de plongé en profondeur, on me propose d'essayer.. bien oui... Là aussi "l'anglais du village" (j'ai oublié sont nom) snorkel avec moi. La veille j'avais discuter avec lui, il m'avait invité à boire un thé chez lui, c'est un musulman pratiquant, portant djellaba barbe, on était dans la pièce où il fait ces prières, on parlait de religion, il me questionnait sur le nombre de musulmans en France, comment ils pratiquaient, comment on les percevaient... à un moment il me dit : - je suis contre les terroristes et les extrémistes, ce ne sont pas de vrais pratiquants car on est tous frères : Musulman, Chrétien et Juif ! J'aimerai entendre ça plus souvent !
Après ces bonnes paroles, ferry pour Lombok, arrêt snorkeling à Perama Island, puis à Mataram pour rendre le scooter à Mr Subhi et ferry de nuit pour Bali.
Quelques jours à Ubud pour faire mes emplettes, et retour à Paris...
Voila j'espère ne pas avoir été trop long ou anecdotique, et que ce récit vous donnera envie de découvrir ce super pays !
@+ Jr
Bolivie: nouvelle route évitant la route de la mort? English translation pending
Hello,
Dans quelques jours nous nous envolerons pour la Bolivie. Nous souhaiterions faire le trek el Choro jusqu'à Coroico. J'aurais aimé faire le retour vers La Paz en prenant un bus empruntant la route de la mort mais quelqu'un m'a dit que maintenant qu'il exitait une nouvelle route, il est impossible de prendre un bus passant pas la route de la mort. Cela est-il vrai?
Bye,
M
Dans quelques jours nous nous envolerons pour la Bolivie. Nous souhaiterions faire le trek el Choro jusqu'à Coroico. J'aurais aimé faire le retour vers La Paz en prenant un bus empruntant la route de la mort mais quelqu'un m'a dit que maintenant qu'il exitait une nouvelle route, il est impossible de prendre un bus passant pas la route de la mort. Cela est-il vrai?
Bye,
M
Traversée des Pyrénées à pied, seul English translation pending
Traversée des Pyrénées juin 2006
Je vais avec plus de deux ans de recul relater ma traversée des Pyrénées effectuée sur 22 jours, essentiellement au mois de juin, commencée à Banyuls et terminée début juillet à Cambo-les-Bains.
Comme souvent cette aventure a commencé par un trajet en train au départ de Lyon. Pour me laisser le temps, tout en prévoyant un programme très ambitieux, j'avais dit à ma famille que je partais pour deux mois. N'ayant pas essuyé de reproches directs quant à cette durée somme toute longue surtout en été, j'ai cependant bien vu dans certains regards de l'étonnement et peut-être aussi un peu de peur. Pourquoi grand dieu a-t-il besoin de partir seul dans les montagnes? L'absence de question évite toute justification. D'ailleurs quelle est la justification au fait de partir seul? Y en a-t-il une ou plusieurs? Je ne saurais donner de réponse certaine car les idées restent assez confuses dans mon cerveau. Peut-être à la cinquantaine se prouver que le corps est encore jeune, vivre une aventure tout en restant dans des normes connues, n'avoir à s'occuper que de soi, une recherche relative de solitude? Probablement un mélange de tout cela. Bien sûr avant de partir, j'éprouve des doutes et aussi des remords, car je sais que certaines personnes ressentent ces moments du départ avec douleur, à la manière d'un abandon. Mais inexorablement j'essaie de durcir ma carapace et de ne pas trop réfléchir. Puis le premier pas étant effectué, le cœur devient plus léger.
Le trajet en train, direction le sud, permet de m'absorber d'une part dans une lecture intéressante en espagnol, car le gros de ma traversée je compte la faire dans le pays de Don Quichotte, et d'autre part dans la contemplation du paysage et tout spécialement du Rhône. Ce fleuve exerce sur moi une véritable attirance. De grands écrivains, comme Bosco ou Clavel, en ont fait des descriptions époustouflantes et y ont situé certains de leurs romans. Je me souviens aussi des parties de pêche effrénées avec mon frère dans notre jeunesse, où nous attrapions toutes sortes de poissons en particulier de gros brochets, pêchés de façon tout à fait irrégulière. En effet dans le port Edouard Herriot à Lyon pendant les grandes chaleurs de l'été de gros poissons s'immobilisaient à la surface. Traîtreusement, avec des cannes au lancer équipées de gros hameçons triples, après avoir bien visé nous les crochetions en travers du corps, pas très académique comme procédé mais très efficace. Heureusement ces poissons avaient pratiquement toujours la vie sauve, car leur chair sentait horriblement le pétrole. Il nous arrivait parfois de les ramener à la maison et de squatter la baignoire où durant quelques jours ces habitants du Rhône se trouvaient emprisonnés à la grande colère de notre mère et dans la joie dissimulée de notre père. Puis un jour les bornes ont été dépassées, le nombre de gros brochets et autres carnassiers attrapés étant tel, que nous sommes allés dérober mon frère et moi un fût de deux cents litres vide, qui se trouvait sur le chantier dans la rue au pied de notre appartement. Nous l'avons installé au milieu de ma chambre, rempli d'eau et y avons mis nos gros poissons. Sans doute attiré par nos exclamations de joie, notre père est entré dans la chambre et a marqué l'arrêt devant ce gros bidon rouge pour le moins pas très propre. Puis rapidement reprenant ses esprits, contrairement à la baignoire qui le faisait rire, dans le cas présent son visage exprimait plutôt de la colère et de la consternation devant la stupidité de ses enfants. Nous eûmes l'ordre impératif et exécutoire dans les plus brefs délais de rapporter notre aquarium sur son chantier et de nettoyer par la même occasion la grosse tache de goudron ou d'hydrocarbure qui marquait le centre de la chambre. Tous ces souvenirs de lecture ou d'histoires vécues me permettent de m'éloigner par la pensée des miens et d'oublier ma culpabilité en les abandonnant.
Contrairement à l'année dernière le trajet se passe sans problème. En effet au cours du mois de septembre 2005, j'avais accompli une randonnée d'une semaine à partir de ce joli petit port méditerranéen. J'avais loupé la correspondance en gare de Béziers, à cause de ce que l'on appelle pudiquement un accident de personne. Deux heures d'attente, que j'avais mises à profit pour me promener dans la ville. Il est étrange de penser que l'on profite d'une opportunité de découvrir un lieu parce qu'une personne qui n'avait plus la force ou l'envie de vivre s'est jetée sous un train. Me voilà donc vers les 13 heures en gare de Banyuls. Bien que la première étape soit longue pour un après-midi, je prends mon temps. Je descends sur la plage et vais au contact de l'eau. J'y trempe la main et les pieds mais n'ai pas le courage de me baigner. On ressent toujours une impression étrange, mélange d'appréhension de doute et d'excitation, au moment de partir seul dans un projet d'une certaine ampleur. Surtout, comme je l'ai, dit mon plan est assez ambitieux. Je compte suivre la HRP jusque vers Puigcerda, puis mettre le cap sur la Serra des Cadi et musarder par la suite dans certains massifs espagnols comme le Cotiella, puis rattraper la HRP du côté de Gavarnie et je projette même de remonter la plage de la frontière jusqu'à Arcachon. Mais rapidement, ce que je n'avais pas anticipé, c'est que pour le moral, indépendamment du temps qui souvent n'a pas été de la partie, j'ai besoin de voir sur ma carte la distance se creuser derrière moi et diminuer en direction de l'Atlantique. Toute ma vie j'ai été conditionné pour ne pas prendre le temps et on ne change pas facilement. J'ai presque honte de dire que durant cette traversée, ma plus grande joie bien souvent consistait à visualiser sur ma carte routière au 1 000 000 le trajet de la journée et de constater que cela représentait un espace très significatif à cette échelle d'un pays. Donc progressivement, me trouvant un certain nombre d'excuses, le temps, la famille, mes parents, mon fils qui commençait un stage à Lyon vers le 10 juillet, ce fut la ligne droite ou presque qui dicta mon itinéraire. Ce mode de pensée ne s'est pas imposé immédiatement mais s'est insinué lentement au cours de la première semaine.
Premier jour GR 10 de Banyuls au refuge au pied du Pic Neulos
Vers les 14 heures je démarre. Cet après-midi je compte rejoindre le refuge au pied du Pic Neulos en suivant le GR 10. Je connais l'itinéraire pour l'avoir suivi l'an dernier. Aujourd'hui le temps est beau et stable alors que la fois précédente rapidement je fus pris dans le brouillard et la pluie. J'avais trouvé la cabane à la nuit tombante, alors que se déclenchait un orage d'une violence extrême. J'apprendrai plus tard que cette nuit de septembre 2005, les départements environnants avaient été mis en vigilance rouge. Un grand arbre avait été fracassé par la foudre à proximité de l'abri. Dire qu'il s'en était fallu de peu que je le trouve, alors que j'errais dans le brouillard, la nuit et la pluie. Cette étape est longue, plus de mille mètres de dénivelé et il me faut 6 heures à un bon rythme pour y parvenir. A part un couple doublé, que je reverrai trois jours plus tard sur le Canigou, je ne rencontre personne. Une fois arrivé, croyant que le couple me rejoindrait pour la nuit je m'installe dans un coin. Personne ne vient. Je suis et resterai seul, avec une vue magnifique sur la Méditerranée qui s'étale à l'infini. Au cours de cette traversée ce sera la seule nuit où je n'aurai pas de compagnie. Bien souvent, lors de grandes étapes les journées se dérouleront dans la solitude mais le soir il y aura toujours une âme qui vive avec qui discuter, sauf pour cette première étape. La fois précédente, la nuit de l'orage, il y avait cinq personnes, quatre jeunes Hollandais et un saltimbanque qui terminait la traversée des Pyrénées par le GR 10. Son périple avait duré deux mois avec un sac de 20 kilogrammes. Il s'arrêtait dans les villages pour présenter des spectacles et se faire quelque argent pour continuer son voyage. Nous avions passé une nuit merveilleuse à se raconter une multitude d'histoires vécues, et le matin chacun était reparti sur son chemin, de brouillard et de pluie pour une semaine en ce qui me concernait. Maintenant un an plus tard, la nuit est paisible, troublée par nul bruit.
Deuxième Jour GR 10 du refuge au pied du Pic Neulos aux Illas
Lever matinal, temps superbe, l'étape du jour me conduira aux Illas. L'humeur est au beau fixe, s'éveiller dans cette cabane aux quatre vents sans un bruit, seul avec le soleil distillant déjà sa chaleur bienfaisante. Je contourne le Pic Neulos par une trace plus qu'une sente. Seules quelques vaches paissent tranquillement dans ce terrain raide et broussailleux. Une fois sur la crête comme l'année précédente je me fais entraîner sur ce qui me semble un détournement de GR pour passer devant un gîte. A six heures du soir le détour qui invite à l'arrêt très bien, mais à sept heures du matin c'est moins agréable. En effet cet itinéraire détourné me force à suivre sur plusieurs kilomètres une route goudronnée. Heureusement il est possible par endroits de couper directement à travers la forêt. Donc me voilà pour une bonne distance sur la route, comme consolation cela permet d'étalonner le podomètre. Le mien est pas mal, à vingt mètres près il correspond aux bornes kilométriques, et cela sur presque dix kilomètres. Seul agrément je passe deux sources bien fraîches auxquelles je me désaltère avec bonheur. Arrivée au col du Perthus, que de monde!!! De véritables files d'autobus s'entassent sur les parkings, desquels se déverse une multitude se ruant sur cigarettes et alcools. Dans un gigantesque supermarché je m'achète deux petites boîtes et quelques fruits pour mon repas de midi. En effet, ce soir aux Illas je compte aller au restaurant du bourg dont je garde un très bon souvenir. Vite je reprends mon chemin, ça grimpe dur dans les ruelles. Enfin je suis sorti et emprunte une petite route qui passe au pied du fort de Bellegarde. Un petit cimetière m'interpelle, j'y entre par un portillon qui grince. Comme il est étrange! Les tombes, toutes très vieilles, sont alignées le long du mur d'enceinte, laissant de ce fait un immense espace libre, comme si le lieu n'avait pas encore servi ou presque. Les tombes sont presque toutes surmontées de hautes et maigres croix auxquelles sont accrochées des cocardes tricolores. Mon étonnement est grand lorsque je constate que les dates indiquées remontent à la révolution et manifestement la plupart des défunts sont des militaires. Quelques tombes sont minuscules et dévoilent la présence d'enfants. Que ce lieu est étrange et calme, si proche cependant de la folie consommatrice. Je quitte l'endroit quelque peu songeur. Un peu plus loin j'aperçois des ruines. Il s'agit de la voie romaine qui allait en Espagne. De nombreux vestiges sont visibles, très bien conservés pour certains. Le plus impressionnant, ce sont les traces de roues de char encore bien visibles sur le rocher. En moins d'un kilomètre deux sites exceptionnels méritent une visite. Je m'arrête, mange mes boîtes de sardines et mes fruits. Le chemin pour aller jusqu'aux Illas n'est pas très agréable, large piste serpentant à flanc, succession de montées dans la poussière. L'arrivée au village se fait par une grande descente en lacets, cela semble interminable. Le gîte est loué à un groupe, donc ce sera camping sur un petit terrain communal, où je serai seul. La douche je la prendrai sous le pont du village, là où la rivière fait une petite mare. Le lieu est assez discret, de plus il n'y a pas grand monde. Cette traversée des Pyrénées qui va me prendre vingt deux jours, je ne pensais pas y rencontrer si peu de monde. En effet à part quelques sites connus comme le Canigou, les Aiguilles Tortes ou la vallée d'Ordesa, les étapes seront très souvent solitaires, et si elles ne le sont pas complètement, les humains rencontrés se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui me marqueront, ce sont les marcheurs solitaires. J'en croiserai cinq, quatre qui traversent les Pyrénées dans l'autre sens, trois Anglais et un Français, et le cinquième un vieil Allemand qui emprunte la voie du Somport vers Saint Jacques de Compostelle. Ces rencontres sont toujours des moments de grande émotion. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il est étonnant comme ces trajets, seul, à travers les montagnes laissent une marque profonde en soi. En effet cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai effectué ce périple, et bien, le fait de le dérouler en l'écrivant, une multitude de sensations et de détails me reviennent à l'esprit. Je suis stupéfait de voir que malgré le recul du temps, le fil ténu et éphémère mais de plus de sept cents kilomètres, de ma trace dans ces montagnes s'est incrusté à ce point en mon esprit. L'exercice d'écriture est d'autant plus difficile, que je n'ai pratiquement pas fait de photos. En effet, ces dernières sont un outil prodigieux pour la narration d'un récit. Mais c'est peut-être un peu tricher, car longtemps après, écrit-on par rapport aux sensations que ces photos évoquent à l'instant où on les regarde, ou bien font-elles réellement remonter le vécu et la perception au moment de leur prise? Sans doute un peu des deux. Mais si on n'en possède pas, le fil d'Ariane de la piste fait ressurgir les émotions du moment de l'action, le récit en est sans doute plus véridique. Donc comme prévu, petit repas gastronomique aux Illas dans une auberge à la salle grande et bien aménagée, une ancienne grange restaurée de main de maître. Après cet agréable moment, je fais un tour pour localiser le chemin du lendemain. Je repère un monument à la mémoire des personnes qui rejoignaient l'Angleterre via l'Espagne durant la deuxième guerre mondiale, car le village était l'un des lieux de passage, cela me remémore de nombreux livres et films.
Troisième jour Les Illas, frontière espagnole, Pic de France, Arles-sur-Tech
L'étape sera longue, je compte remonter la belle forêt qui domine le village, passer en Espagne, rejoindre le Roc de France par l'ermitage de la Salinas puis terminer l'étape à Arles-sur- Tech. La montée en sous-bois est magnifique tôt le matin lorsque les rayons du soleil sont encore obliques. Début juin, les feuilles sont encore toutes jeunes et présentent un joli vert tendre. Je ne peux m'empêcher de scruter les touffes de mousse, car je verrais bien des giroles s'y cacher. Une fois en Espagne, une piste large et de bonne inclinaison conduit à l'ermitage. Il est désert mais plus embêtant, la source est tarie et moi qui comptais m'y ravitailler … Tant pis, direction le Rocher de France. Après quelques petites hésitations dans les broussailles, je n'ai pour le moment que la carte au cent millième de l'IGN, je tombe sur un bon chemin qui me conduit sur le petit sommet à 1450 mètres. J'en profite pour me restaurer en contemplant le versant qui doit me conduire à l'étape du soir. Il a l'air immense et plein de replis. En effet cette descente jusqu'à la petite rivière, le Tech, est interminable. Heureusement en pleine chaleur de l'après-midi je rencontre une source qui suinte d'un rocher, que cette eau fraîche est agréable. Cela donne un bon coup de fouet au moral. J'arrive dans la ville d'Amélie-les-bains. Ce fond de vallée est très chaud, le goudron fond. Je commence par suivre la route, mais rapidement du fait de la chaleur et du trafic important je rejoins le lit de la rivière et continue à même les galets. Le rivage par endroits présente de véritables murs de végétation, il me faut donc marcher dans l'eau heureusement peu profonde. Cela procure une sensation étrange de se dire que l'on est en train de traverser les Pyrénées à pied et de se traîner à un rythme d'escargot à glisser sur des pierres moussues en essayant de ne pas piquer une tête. Je finis par abandonner et pars à la perpendiculaire à travers les fourrés à la recherche d'un chemin. Rapidement je tombe sur une multitude de traces praticables. A l'entrée de Arles-sur-Tech je retrouve le GR 10. Cette petite cité est superbe, le chemin se faufile dans des lieux pittoresques, en particulier des petits jardins potagers. Halte dans un camping dans le haut du village, il n'y a presque personne. Le mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Je mets mes sandales et retourne me promener dans le village. J'y fais quelques emplettes et vais m'installer à la terrasse d'un restaurant à l'architecture superbe, une ancienne bâtisse en pierre rénovée. La soirée sera nostalgique, car durant l'après-midi mon maudit portable m'a appris la mort d'une personne qui m'était chère. Il y a des moments dont on se souvient toute sa vie eh bien je me souviendrai toujours exactement du lieu et de l'instant où cette triste nouvelle m'a atteint. Je mange cependant avec appétit une gigantesque pizza suivie d'une grosse glace. Je remonte à mon camping sous l'orage qui menace et rapidement m'endors.
Quatrième jour GR 10 de Arles au refuge de Bonne-Aigue
Lever matinal, pas un bruit, petit déjeuner froid englouti rapidement et tout de suite l'immense dénivelé de la journée commence. J'ai l'intention de rejoindre la HRP en passant par le Serra del Roc Nègre à 2714 mètres alors que mon point de départ se situe juste à 300 mètres. Je chemine par des chemins qui se faufilent parmi les restes de vieilles mines, excavations et charpentes métalliques en ruines. Rapidement la chaleur est suffocante, le temps est à l'orage. Je dénivelle rapidement mais je souffre. Le sac me semble pesant, les crêtes apparaissent lointaines, et cela d'autant plus que l'air est saturé d'humidité et prend un aspect laiteux qui augmente l'impression d'éloignement. Le sentiment d'avoir vu trop grand pour la journée commence à m'effleurer. Cependant le rythme rapide me permet de garder le moral. Toujours cette horrible habitude d'avoir les yeux rivés sur la montre et l'altimètre et en déduire des dénivelés horaires. Au moins cela a la vertu d'occuper l'esprit. J'envie ce garçon qui lorsqu'il part pour de grands périples ne s'encombre d'aucun instrument même pas d'une montre, quelle liberté il doit éprouver! Mais pourquoi je n'arrive pas à en faire autant ? La végétation change, des prairies parsemées de jolies fleurs remplacent la garrigue. Un petit ruisseau que je longe, et hop! une jolie truite détale. J'atteins la route qui conduit au col de Cirière. Au gîte en réfection un peu en-dessous je me ravitaille en eau et me renseigne sur l'évolution du temps pour l'après-midi. Rien de rassurant, mais rien d'étonnant, des orages violents sont attendus. S'engager sur les crêtes ne serait pas raisonnable. Je décide donc de rester sur le GR10 et me lancer dans le contournement du Canigou. Le col est rapidement rejoint. Ensuite le chemin s'accroche au versant nord-est de la montagne. Que le lieu est impressionnant ! Le Canigou est vraiment la sentinelle des Pyrénées bien avancée dans les plaines. Les flancs sont très raides et travaillés. Par endroits je traverse de petites gorges au fond desquelles coulent des ruisseaux. Par temps de grosse pluie le passage ne doit plus être praticable sans risque. J'arrive à une petite bâtisse devant laquelle se trouve une magnifique fontaine. J'aurais pu éviter de transporter mes deux ou trois litres d'eau. Un peu plus loin je rejoins le couple vu la première journée, je ne les avais pas reconnus, eux par contre me remettent bien. Il y a quelques promeneurs sur ce magnifique sentier. Je double deux femmes qui me cèdent leur énorme chien blanc, genre Patou, pas méchant mais très collant. Bivouaquer en se serrant dans son poil volumineux doit être agréable, mais je n'en ai pas l'intention. Arrive un croisement de chemins, où le refuge des Cortalets est indiqué par deux itinéraires. Je choisis le plus haut. Alors que je remonte une crête vers les 2300 mètres, un orage violent s'abat. Je dépasse un couple de Belges qui s'abrite dans une petite anfractuosité et mon gros Patou décide de rester avec eux. Une très violente averse de grêle me force à m'arrêter sous le premier sapin et à mettre mon sac à dos sur ma tête. Le tonnerre gronde autour de moi, quelques arbres foudroyés montrent que l'endroit est malsain. Mais la grosseur des grêlons est telle que je n'ose bouger malgré le risque lié à la foudre. L'averse est si violente que mon arbre ne me protège pas vraiment et les morceaux de glace rebondissent dans tous les sens et m'attaquent par le bas. Très rapidement, n'étant pas très habillé la déperdition de chaleur est importante et je commence à me sentir en danger si cela devait durer. Je décide malgré la tourmente de repartir en courant au mieux, car au moins je produirai un peu de chaleur. Heureusement quelques minutes plus tard aussi rapidement qu'elle était apparue la grêle s'arrête. Il était temps, cela a duré une vingtaine de minutes. La montagne est magnifique dans son hostilité, sur les sommets environnants le tonnerre roule en faisant vibrer jusqu'au sol. Après la traversée de quelques pierriers instables et glissants j'arrive au refuge. Une foule immense s'y trouve. En effet c'est la fête des feux de la Saint Jean. Demain tout ce beau monde montera son bois au sommet du Canigou pour faire un immense feu de joie. Les Catalans sont comme les Basques, le bois ils aiment ça, et ils se mettent à plusieurs pour monter des bûches énormes. Très vite je me rends compte que je n'ai pas du tout envie de passer la nuit ici. Il n'est que quatre ou cinq heures, je continue donc jusqu'au refuge de Bonne-Aigue petite cabane qui doit être moins peuplée. On me conseille cependant de prendre de l'eau car la source de Bonne-Aigue, contrairement à son nom, n'est pas toujours bonne fille et peut se montrer avare, ce qui sera le cas. Encore une ou deux heures de chemin escarpé, durant lesquelles je chemine presque accroché au ciel en dominant la plaine, située très loin en-dessous. Enfin au détour d'un pli du terrain le petit abri se dévoile sur son éperon. J'y suis seul. Une vue magnifique sur le sommet du Canigou s'offre au regard. Heureux d'arriver, ce sera l'une des plus longues étapes de ma traversée et la plus éprouvante, à cause du temps d'abord étouffant et puis cet orage très impressionnant. Je cherche la source et la découvre enfin juste devant le refuge, mais elle est à sec. J'ai été bien inspiré de prendre trois litres d'eau au refuge précédent. Je m'installe, fais un feu dans le fourneau et me cuisine une grosse purée et bien au chaud dans mon duvet je poursuis la lecture de Croisières et Caravanes d'Ella Maillard. C'était quand même autre chose quand elle traversait dans les années trente l'Asie à pied en dormant deux semaines durant dehors en hiver dans l'Himalaya, en ayant pour tout refuge le flanc de son chameau. Je me dis que mes petites souffrances c'est de la rigolade. Alors qu'il fait encore bien jour, j'entends du bruit. Je ne serai pas seul cette nuit. Un couple de jeunes gens arrive. Voyant l'exiguïté des lieux, ils décident d'aller planter leur tente sur un replat à proximité. Après s'être installés ils viennent me chercher et m'invitent à partager une bouteille de blanquette de Limoux. Assis dans l'herbe à côté de leur tente nous avons une discussion animée. Incroyable, lui vient de faire une thèse sur les mafias albanaises. Je ne dirais pas que je suis très fort sur ce sujet mais j'ai habité trois ans en Albanie et donc le thème m'intéresse. Cette soirée mémorable et très sympathique me revigore et me laissera un souvenir impérissable. La nuit tombée depuis un bon moment, nous rejoignons chacun notre sac de couchage.
Cinquième jour GR 10 du refuge de Bonne-Aigue au hameau du Mantet
Après une bonne nuit, je me sens en pleine forme, la longue marche d'hier n'a laissé aucune trace. Mes amis dorment toujours, je laisse un petit mot de remerciements sur l'un de leurs sacs et leur souhaite une bonne montée au Canigou. Comme toujours lorsque je suis un GR, je pars bille en tête sans rien regarder, sauf dans le cas présent, un dernier regard à ce minuscule refuge agrémenté d'une petite tente. Rapidement je traverse un éboulis et fais détaler toute une harde d'isards. Le chemin pénètre en forêt. Il semble peu utilisé, bizarre pour un GR. Mais l'ambiance est tellement extraordinaire et mystérieuse que pris par l'envoûtement du lieu je m'y enfonce toujours plus profondément. De plus en plus de branches obstruent la sente de plus en plus étroite. Je finis par perdre toute trace. De toute évidence je ne suis plus sur le chemin. Cependant ma carte au 100 000 ne me dit pas si je me situe au-dessus ou au-dessous de mon itinéraire . Le plus simple, faire marche arrière jusqu'à ce que je retrouve la sacro-sainte trace rouge et blanche. En effet je n'aurais pas dû traverser la zone d'éboulis. Le chemin à cet endroit monte une petite crête très raide et poursuit en pente très soutenue. Mais comme souvent, cette erreur m'a permis d'abord de voir de très près ces beaux animaux que sont les isards et de passer une heure dans une forêt mystérieuse très peu fréquentée. J'atteins un collet haut perché que je distinguais très bien du refuge, et je bascule sur un autre versant de la montagne, toujours aussi joli et aérien. Rapidement je rejoins l'un des itinéraires qui conduisent au point culminant. De ce fait je croise de nombreuses personnes qui s'y rendent. Le refuge de Mariailles apparait. Je suis un peu déçu, il a l'air d'être jeté à même le bord du chemin. J'en avais une idée magnifique, ayant lu un article particulièrement élogieux sur sa gardienne, ce qui tout naturellement me rendait le lieu très sympathique. Je ne m'y arrête pas et descends à un bon rythme jusqu'à Farga. Que ce petit hameau est accueillant, des fleurs partout, des champs remplis d'immenses herbes bien vertes, et une fontaine. Une eau fraîche agréable à boire, mais il serait préférable qu'elle soit plus chaude, car on en absorbe plus facilement une grande quantité, et lorsqu'on fait des efforts c'est par litre qu'il faut s'hydrater. Ensuite par une grosse chaleur je remonte au col de Mantet. 900 mètres de dénivelé en zigzaguant avec la route goudronnée par des petits raidillons. Le col fait très pelé, le village du même nom est blotti quelques centaines de mètres plus bas. Un gîte très agréable m'accueille. La soirée est particulièrement exquise. L'hôtesse cuisine très bien, et à quatre, un couple étant présent, nous refaisons le monde jusque tard dans la nuit. Je rejoins un lit moelleux et je tombe sur un livre de Troyat, dont je ne me souviens plus du titre, mais il me passionne tellement que j'en lis les trois quart avant de m'endormir.
Sixième jour GR 10 du Mantet aux Planes
Le temps semble beau, après un petit déjeuner copieux me voilà parti à travers les alpages. Le paysage est très différent de ce que j'ai vu sur le tour du Canigou. On retrouve la moyenne montagne que je qualifierai de classique. Rapidement je passe le col del Pal, qui domine le village de 900 mètres. Je redescends au refuge de la Carança. Il est au confluent de plusieurs vallées, et les vaches innombrables l'assaillissent littéralement. On m'avait prévenu que la source pouvait être contaminée du fait du grand nombre de bovins. Je constate que j'ai perdu l'une de mes superbes sandales, achetées 70 euros au Vieux Campeur. Je suis très mécontent, je les ai attachées sur mon sac. Alors s'est-elle décrochée ou dans la précipitation du départ l'ai-je oubliée au gîte? Cela me perturbe, comme quoi il ne faut pas grand chose. Alors dans ma colère à partir du refuge j'accélère et remonte un joli vallon. Je ne croise pas grand monde puis viennent face à moi des pêcheurs. Tiens c'est bizarre! Mon itinéraire de la journée ne comporte pas de lac. Je leur demande d'où ils arrivent. Bien évidemment de l'étang de la Carança. C'est le bouquet, je n'ai pas pris la bonne vallée. Il faudrait bien que je finisse par prendre l'habitude de regarder la carte de temps en temps de façon plus rigoureuse. En effet je suis juste sous le lac j'ai bien dû faire quatre cents mètres de dénivelé. Pas de panique, c'était très joli. Je m'arrête donc et commence à casser la croûte. Au moment de reprendre le chemin du refuge un autre pêcheur descend. Nous engageons la conversation et j'aurai droit à un superbe cours sur la truite fario de souche pyrénéenne. Il m'explique tout sur sa reproduction et sa pêche. Encore une fois l'erreur est très bénéfique. De retour au refuge je reprends mon chemin qui est franchement très évident. Le col se situe 600 mètres plus haut. Son accès est raide, coupant en permanence une piste qui fait de grands détours. Une fois arrivé, un vent froid et désagréable m'enlève toute envie de faire une pause. Ce temps pour le moins pas très agréable, je vais le subir quasiment jusqu'à l'Atlantique. Je prends cependant le temps de regarder ma carte et de constater que le Gr fait une immense boucle en fond de vallée. Je décide de traverser directement et de rejoindre le chemin sur le mouvement de terrain suivant. Je visualise l'itinéraire que je veux suivre et c'est parti. Arrivé en fond de vallon, j'attaque directement la pente en face et après une bonne suée je retrouve les traces rouges et blanches. Il ne me reste plus qu'à me laisser conduire au village de Planes. Le gîte est ouvert. Je bois une bière en compagnie d'un habitué de la région. Il me raconte une histoire étonnante qui corrobore ce que j'ai vécu trois jours auparavant. Il me fait part de son expérience des chutes de pression très brutales du côté du Pic de Costabonne. Effectivement lorsque j'étais près du Pic de France, mon altimètre affichait des variations d'altitude très brusques et importantes. J'ai tout de suite pensé qu'il ne fonctionnait plus. Eh bien non, il s'agissait du phénomène que l'on me décrit. Pas étonnant, m'a-t-il dit, que j'ai subi un orage aussi violent sur le Canigou. Le repas du soir sera moins raffiné que celui de la veille. Je me trouve avec un Canadien qui finit ses vacances et qui repart le lendemain. Il éclate de rire quand il constate que je n'ai qu'une sandale et un pied nu. Nous passons la soirée devant la télévision, coupe du monde oblige. La France va gagner, et ce n'est pas le dernier match que je regarderai.
Septième jour Les Planes à Puigcerda et village de Ger par chemins et route (N260)
L'étape du jour doit me conduire en Espagne, pays dans lequel je resterai jusqu'au pays Basque. L'itinéraire remonte le vallée de Mont Louis jusqu'à la frontière. Manifestement j'ai une baisse de moral, pourtant tout va bien physiquement. Le chemin parcouru jusqu'à présent était très beau, la marche agréable, les haltes du soir toujours bonnes et souvent pleines de surprises. Eh bien non, malgré ces 6 jours prometteurs d'une belle traversée je suis envahi par un coup de blues. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas pourquoi. Allez, ne pas se poser de question et marcher, on verra après. J'abandonne le GR 10 à partir d'aujourd'hui pour ne le retrouver que vers Saint-Jean-Pied-de-Port. La marche en forêt est plaisante. De l'autre côté de la vallée j'aperçois le fameux four solaire d'Odeillo. Ayant coupé mon téléphone portable depuis hier matin, je l'ouvre, des fois que ma famille s'inquiète en ne pouvant me contacter. J'ai effectivement un message d'un camarade qui me propose des activités professionnelles à Lyon et Paris. De toute évidence cela attendra mon retour. Je savoure l'immense privilège que cela représente de ne plus être soumis au dictat de devoir gagner sa vie et de vivre sans peur excessive du lendemain. Après tout, cela dépend aussi de ses envies et du niveau auquel on fixe ses besoins. Mais la contrepartie de ne plus se sentir tendu vers un but professionnel, c'est peut-être de devoir occuper son temps libre. C'est sans doute là que se niche une partie de mon vague à l'âme. L'allure n'est pas très rapide. Je fais une halte à même le tapis d'aiguilles de pins et engage une longue conversation téléphonique avec une personne qui m'est chère et qui me connait bien. Sans doute suis-je à la recherche d'un appui dans la signification de la traversée que je fais? En tout cas la discussion porte ses fruits. Je trouve une interlocutrice qui est un avocat sans concession de la poursuite de l'entreprise. Plus de doute, debout et marche. Je m'arrête dans le village de Eyne et mange la boîte de thon que je traîne depuis Tech. C'est pénible car on se met de l'huile partout et ensuite il faut trouver une poubelle, car pas question de remettre dans le sac cette boîte de conserve toute dégoulinante. N'en voyant pas dans les environs, je mets le tout dans un sac plastique que j'accroche sur le sac à dos. Dans ce village, l'année précédente, j' avais pris le fameux train jaune, expérience très intéressante. J'étais le seul voyageur sur le quai, le train est arrivé à faible allure et s'arrêta. Le chauffeur sortit la tête et me demanda si je voulais monter. Je lui répondis par l'affirmative et il m'enguirlanda presque en me faisant remarquer que normalement le train ne marque l'arrêt en gare que si on lui fait signe, et qu'il n'est pas devin et ne peut connaître mes intentions. Je devais donc m'estimer heureux qu'il se soit arrêté car de plus c'était le dernier de la journée. Après ce rappel de mes souvenirs, je repars. Avec la journée qui avance, la chaleur augmente. Après m'être perdu dans des champs cultivés, qui de toute évidence se sont appropriés le chemin, n'osant pas couper directement parmi les épis de blé, je fais moult détours. J'arrive enfin à Bourg Madame et passe la frontière. Manifestement les douaniers regardent les gens, est-ce dû au contrôle de l'immigration clandestine en Europe ? A Piugcerda je m'arrête et me mets à l'ombre dans un café. Pour ce sacro-saint moral à retrouver et à consolider, je sens qu'il faut que j'avance un grand coup, comme cela je serai irrémédiablement lancé dans l'aventure. Donc première décision, je laisse tomber le long détour par la Serra de Cadi et je file directement sur La Seu d'Urgel, en partie sur la route et en partie par des chemins qui traversent de petites villes un peu désaxées. L'important c'est qu'il n'y ait pas trop de montées et que le mouvement vers l'ouest soit significatif. A la sortie de l'agglomération, je distingue très nettement à une vingtaine de kilomètres au sud la barre impressionnante de la Serra des Cadi, sur une trentaine de kilomètres elle se lève d'est en ouest en une vague toujours au-dessus des 2000 mètres, et même pour sa moitié ouest toujours au-dessus des 2500 mètres. Résolument je m'engage sur la route à grande circulation, je vois un panneau qui indique 60 km alors que ma carte en indique un peu plus de 50 pour la ville de La Seu D'Urgel. Un super marché, j'achète une bouteille de banga de deux litres que je descends presque d'un coup, cela fait repas et boisson. Sur le goudron c'est une véritable canicule, avec la réverbération de la chaleur, les 35 degrés sont à mon avis atteints. Un grand magasin de chaussures dans une zone commerciale, j'en profite pour m'acheter des tongs pour remplacer mes sandales. Il y a des soldes, j'ai deux paires pour 7 euros mais je n'en veux qu'une. Dans mon espagnol hésitant j'explique qu'une seule suffit et que je ne désire pas en porter deux jusqu'à l'Atlantique. La charmante vendeuse finit par m'en vendre une paire pour 4 euros. Je retourne dans la fournaise avec l'intention de bien avancer avant le soir. Après une dizaine de kilomètres je me laisse tenter par le joli village de Ger qui domine la route, et pars à la recherche d'un logement. Le bistrot, dans lequel j'entre, loue des chambres certes à des prix non-modiques, mais de qualité. Pour une journée sans moral l'étape a été cependant importante. Je me promène dans cette petite cité toute en pente et termine dans un petit estanco. On est bien en Espagne et l'ambiance est très sympathique.
Huitième jour Principalement route de Ger N260 direction ouest
Au réveil, il fait presque nuit, cela ne provient pas de l'heure matinale mais de l'épaisseur des nuages. Je reprends la route à grande circulation sur une dizaine de kilomètres et me dirige vers la petite ville de Bellver de Cerdanya. Jolie agglomération à l'architecture de cachet avec ses belles maisons en pierre, ses magasins bien achalandés et sa foule qui se presse dans les rues. Une brume épaisse tombe, assortie d'une bruine tenace. Une route très peu fréquentée me permet de gagner dix kilomètres loin du raffut de la circulation. Cela me donne l'occasion de découvrir la belle église de Santà Eugènia de Nerellà. Vers les treize heures, retour sur la grand route à l'entrée de la ville de Martinet. Dans un bistrot comme on en trouve dans toutes les grandes cités européennes je profite d'une accélération des précipitations pour faire une pause. Sensation étonnante que de faire de longues distances à pied le long de grands axes routiers. Je pense à tous ces récits de voyage où durant des semaines voire plus l'itinéraire se déroule dans le souffle et les aspersions des camions lancés à toute allure. Je me remémore en particulier un pèlerin parti de Lyon pour Jérusalem et qui avait traversé une bonne partie de l'Italie dans ces conditions, ou encore Bernard Ollivier qui au cours de sa longue marche appréhendait la traversée des tunnels non éclairés quelque part au fond de l'Asie. Ma carte au 50 000 me permet de voir qu'un petit chemin se faufile entre la montagne et la rivière sur la rive opposée à la route, encore quelques kilomètres de gagnés loin des monstres d'acier puants et bruyants. Ensuite, après un bref retour sur cette N260 apparaît un camping à même le bord de la route. Bien qu'il ne soit pas tard je décide de m'y arrêter. Le temps s'est amélioré et rapidement la chaleur sèche le sol. Manifestement il n'y a pas grand monde, à tel point qu'il est impossible d'acheter quoique ce soit, le restaurant et l'épicerie étant fermés, donc ce soir mon réchaud me servira pour chauffer ma purée soupe, habituelle dans ces circonstances. C'est très simple à faire, c'est comestible, ça cale sérieusement, que demander de plus? Je m'installe au bord de la rivière sous un rayon de soleil et je m'y trouve très bien. J'observe les petits verrons qui farfouillent les gravillons dans quelques centimètres d'eau un peu à l'écart du courant principal du cours d'eau. Soudain, sortant des profondeurs agitées par le courant, une belle truite fait un passage rapide mais ne réussit pas à attraper une proie. Être le témoin d'une scène de ce type, somme toute banale dans la nature, me remplit de joie, et c'est très bon pour le moral.
Neuvième jour N260 jusqu'à la Seu D'Urgel puis GR7 jusqu'à la Farga des Moles
L'étape de ce jour doit me conduire au moins à La Seu D'Urgel. Afin de continuer à bien avancer tout se fera par la route. D'ailleurs, vu l'endroit où je me trouve, il n'y a pas d'autre choix. La vallée est encaissée, la route domine d'assez haut, aucune possibilité de progression près de la rivière et le versant raide ne permet pas de prendre des chemins en amont. Donc je me lance sur le bitume, tôt le matin peu de circulation et température clémente. Surprenant je trouve du plaisir à avancer comme cela sur une route nationale. D'ailleurs par endroits les points de vue sont magnifiques. Un seul tunnel se présente, évitable par l'ancienne route. Par endroits l'espace derrière le rail de sécurité ne permet pas de marcher, car il y a presque directement le vide. J'avance donc sur la route bien collé au bord métallique, m'immobilisant lorsque un camion arrive, ou même j'enjambe le rail et attends qu'il soit passé pour revenir sur le goudron. A un moment, marchant sur la chaussée, je vois arriver face à moi un cycliste et derrière lui à vive allure un camion survient. Vu l'étroitesse des lieux je réalise que si le vélo fait un écart pour m'éviter, il court un grand risque de se faire écraser par le bolide lancé à 100 à l'heure. Je saute précipitamment le rail, le cycliste y reste collé et le camion le frôle dans un grondement. Vers les onze heures j'atteins la petite ville désirée depuis avant-hier. L'entrée se fait le long de belles allées verdoyantes qui longent le cours d'eau. Je traverse cette agglomération qui s'étale sur un bon kilomètre, puis près de la sortie je fais une halte dans un restaurant. Il se situe à un carrefour particulièrement passant, en effet l'une des routes remonte directement au Pas de la Case. Bien qu'ayant bu deux bières et mangé comme un boa, je repars sous le cagnard. J'emprunte le GR7 sur une dizaine de kilomètres. Bien que remontant la vallée qui conduit au Pas de la Case, le trafic n'est pas gênant, le chemin étant souvent à bonne distance de l'asphalte. Un embranchement de vallées apparaît, et là se niche la Farga de Moles et son camping. Site agréable dans un décor verdoyant. Le mois de juin est une période propice à la balade car les fonds de vallées ne sont pas encore brûlés par les chaleurs et les sécheresses de l'été. Ce soir, encore un match de foot, je ne me souviens plus quelles étaient les équipes en compétition.
Dixième jour petite route et hors chemin balisé jusqu'au village de Tirvia
Aujourd'hui l'aventure reprend. En effet je vais essayer de rejoindre au mieux le Val D'aran en dehors de tout itinéraire balisé. Pour corser la chose, il me manque un bout de carte sur une bonne distance. Mais de la fin de ma première carte je devrais voir une montagne caractéristique qui se trouve sur la seconde. Tout commence par une petite route qui serpente dans une vallée étroite. Un gros chien décide de m'accompagner, il me suivra deux bonnes heures. Passé un premier village, j'arrive à Civis et prends une sente qui monte raide. Alors je dis à mon compagnon à quatre pattes de retourner chez lui. Il n'en fallait pas plus pour qu'il fasse demi-tour, à moins que de lui-même il ait décidé de s'arrêter à la fin du goudron. Le chemin suit des flancs arides et escarpés, la solitude est vraiment présente. Le col de Confluent est atteint, un peu plus de 2000 mètres d'altitude, et je suis en bout de carte. Très bien, est-ce que mon pronostic s'avère exact ? Effectivement, une vallée se présente avec un large débouché vers la gauche et une montagne sur la droite avec un petit col, qui doit correspondre à celui que je compte rejoindre. Dans la partie manquante je rencontre même un hameau désert, mais équipé d'une belle fontaine, qui est la bienvenue car je manque d'eau depuis plusieurs heures. Une fois près d'une rivière je repars à l'assaut du versant opposé vers le col identifié. Étant dans la forêt sur le flanc de la montagne, évidemment mon lieu de passage désiré disparaît du champ de vision. Il me faut partir à l'estime, dans un immense versant encombré d'arbres abattus à enjamber. J'ai le sentiment que je ne vais pas y arriver. Je me traîne de tronc en tronc en essayant de les escalader le plus rapidement possible sans dépenser trop d'énergie et sans me blesser. Après un moment qui me semble une éternité, les troncs s'espacent et je pressens la fin du calvaire. J'atteins une prairie encaissée dans un vallon, au fond duquel court un ruisseau. Je décide de le suivre, en effet il monte c'est bien et de plus le cheminement est dégagé. Ce sont déjà des éléments très favorables. Mais est-ce que de plus ce vallon aura le bon goût de conduire là où je veux aller ? En tout cas après le supplice que je viens de vivre, avancer à bonne vitesse sur une herbe souple procure un grand plaisir. Certes la pente est raide et irrégulière d'où un champ de vision très restreint. La direction me semble bonne, et de fait après une petite heure de montée je tombe pile sur un collet qui se découvre au tout dernier moment. Je sors ma nouvelle carte et miracle, ce que je vois devant moi correspond exactement à ce qui est décrit. Dans la vallée tout en bas deux villages Burg et Tirvia. Ce dernier aux environs des 900 mètres, donc quelques 1400 mètres en aval. A vol d'oiseau la distance est de l'ordre de huit kilomètres. Ma carte n'indique qu'une vague piste en pointillé, que je ne trouve pas. Mais la descente se fait à travers prés et broussailles. Toujours un passage se découvre au dernier moment, un vrai bonheur, une petite trace de ci delà laissée par des animaux sauvages ou domestiques et hop quelques mètres de gagnés. Au détour d'une ruine noyée dans de grandes herbes, une grosse couleuvre me détale dans les pieds. L'après-midi est beau, quelques petits nuages épars signe de stabilité, pas d'orage à craindre, le vent froid qui m'accompagne un jour sur deux est absent. Cette étape avec son caractère particulier est l'une de celles qui me laissera un des meilleurs souvenirs. Sur la trentaine de kilomètres, voire plus, parcourus, je n'ai rencontré qu'une femme le matin en passant un premier village. Nos montagnes européennes, dès que l'on sort des grands axes de randonnée à la mode, sont presque désertes. J'aurai l'occasion de le constater encore au cours d'étapes à venir dans des variantes du GR 11. Arrivée au village de Tirvia, écrasé sous la chaleur de milieu d'après-midi. Euréka!! Il y a un petit hôtel à la façade sympathique qui donne sur la place centrale. Je commence par boire une bonne bière, car l'eau a été rare aujourd'hui. En effet, j'ai évité de faire le plein à la rivière, n'utilisant les cachets qu'à la dernière extrémité. L'eau en montagne, je la bois sans traitement lorsqu'elle sort de terre ou de la roche, considérant que le passage dans le sol est un filtre. De même je la bois à l'air libre lorsqu'elle court au-dessus de la zone de végétation si elle ne provient pas d'un lac. Soirée agréable, menu de qualité, il faut dire qu'après un effort comme celui d'aujourd'hui tout aliment a la saveur de ce que Bocuse vous propose. Le propriétaire est tout étonné de ma réponse lorsqu'il me demande où je vais. De toute évidence je suis en dehors des routes habituelles de la traversée des Pyrénées.
Onzième jour de Tirvia hors chemin puis route et chemin jusqu'à Espot
De l'hôtel, je distingue très bien en face, de l'autre côté de la vallée le début de mon étape. Ma carte m'indique qu'une sente conduit au petit pic qui nous domine fièrement. D'abord rejoindre le fond de la vallée. Soit suivre la route qui fait un détour ou couper directement dans la pente qui donne directement sur la rivière. Je m'avance au bout du plateau sur lequel se trouve le village pour me faire une idée de la praticabilité d'un passage direct. Une grosse centaine de mètres dans une pente très raide, mais de nombreux arbres. L'affaire semble jouable. En effet la végétation et le sol meuble me permettent de rejoindre le lit de la rivière facilement. Une fois en bas pas d'autre possibilité que de traverser, heureusement la profondeur et le courant sont faibles. La petite zone à la confluence de quatre vallées est prestement traversée et je m'engage dans la forêt qui doit me conduire au Pic de l'Orri, quelques six cents mètres plus haut. De toute évidence ce sentier n'attire pas les foules. De temps à autre une vague trace, mais le plus souvent la progression est conduite par les zones de moindre résistance végétale. Je débouche à un collet, j'y laisse mon sac et continue. J'ai un peu l'impression d'être le premier à fouler ce sommet modeste qui culmine à 1444 mètres. Je découvre un vaste panorama. Mon belvédère est de tout premier ordre pour visualiser le reste de mon étape du jour. Cela commence par plusieurs kilomètres à flanc parmi buissons et épines sans cheminement bien établi. Au gré des zones aérées je zigzague avec par endroits de petits soucis, car ça pique vite et fort. Pourvu que je ne soit pas obligé de rebrousser chemin. En effet je distingue bien une route dans la vallée bien plus bas, mais la descente directe me semble particulièrement exposée sur des terrains raides où la chute serait sans doute mortelle. Donc persévérer sur cet immense pente de montagne. J'aperçois un reste de chemin creusé à même la roche. Je l'atteins en me hissant à travers piquants et ronces. Je le suis quelques dizaines de mètres et soudain au niveau d'une gorge, il n'est plus praticable et toute progression est interdite. Demi-tour dans cette jungle. Je sens que le village aperçu du sommet n'est plus très loin, il y a forcément un passage, car je constate de nombreuses traces d'ovins et de bovins. En effet, une rupture de pente de quelques mètres me donne accès au fond de cette petite gorge escarpée, et rapidement sur l'autre versant un bon chemin s'amorce et me conduit en quelques centaines de mètres au centre d'un joli bourg bien restauré. Je fais une pause au lavoir, bien au frais. Mon horizon s'éclaircit. Une route aérienne descend lentement vers la grande vallée que je dois remonter quelque temps avant de rejoindre sur le versant opposé la station estivale d'Espot, l'un des points d'entrée dans ce magnifique parc national d'Aigüestortes. Encore quelques heures de marche sans histoire mais fort agréables avant d'arriver à Espot. J'en profite pour m'acheter un bâton, qui malheureusement n'est pas très solide malgré son prix, et qui ne durera que le temps d'une étape un tiers. Je le garderai cependant bien qu'ayant perdu le quart inférieur. A la sortie du village, un camping accueillant presque désert, même dans des endroits touristiques comme celui-là au mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Avec la majorité des quinquas européens à la retraite je m'attendais à trouver plus de monde. Le camping dans ces conditions de faible affluence est une activité très supportable même agréable. Seul petit ennui, ma tente est mono-paroi et la condensation est importante même toute ouverte, donc cela nécessite durant la journée de guetter un rayon de soleil pour faire sécher le tout. En été cela ne pose généralement pas de problème.
Douzième jour GR 11 de Espot au refuge du Montardo (Restanca)
Quelques gouttes durant la nuit ont claqué sur la toile, mais rien de grave. Ce matin le temps est correct. Départ matinal. Deux gentilles dames me proposent de me déposer au bout de la route, avec le sourire je refuse. Il faut bien reconnaître que cette piste de 4 ou 5 kilomètres qui conduit au parking de départ de randonnées magnifiques n'est pas des plus intéressantes, mais la traversée doit se faire intégralement à pied. Enfin arrive la barrière d'interdiction de passage des véhicules. Peu de distance après, le premier lac, il est de belle taille. Je le longe par la droite et vers le fond le chemin s'élève dans des escarpements. Ces zones granitiques où gros blocs et sapins alternent sont magnifiques. En une succession de montées et descentes je passe de nombreux lacs de toutes formes. Les petits cols que je franchis, sont à chaque fois de magnifiques points d'observation de cette région exceptionnelle. Au bord d'une étendue d'eau perchée je fais une halte, le site est vraiment extraordinaire, de toutes parts des lacs s'étalent. La zone est si vaste qu'il est facile de s'éloigner du chemin balisé et de se déplacer sur de larges plaques granitiques qui offrent un cheminement généralement aisé et qui permettent des vues plongeantes sur les plans d'eau. Une dernière montée raide avant de descendre sur le refuge de la Restanca, situé juste au pied du Montarto, magnifique montagne du sommet de laquelle on peut apercevoir jusqu'à 80 lacs. Il y a bien longtemps, j'y étais monté en hiver, tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, je ne peux donc pas confirmer que l'on peut vraiment en compter 80. Le refuge est bondé, étant seul je suis accepté, par contre généralement en groupe l'hébergement demande de l'anticipation. Si j'étais courageux je me contenterais d'y manger et repartirais dormir plus haut sur un replat de la HRP. Mais le temps qui se couvre et la pluie qui s'annonce m'enlèvent tout courage et je vais choisir la nuit dans un petit dortoir bondé.
Treizième jour HRP puis GR 11 jusqu'à la cabane de Coronas (pied de l'Aneto)
Nuit difficile entre bruit de pluie violente et raclements de gorges multiples, au matin les désagréments de la surpopulation, malgré une envie pressante pas moyen de trouver des toilettes libres, donc courir à l'extérieur se cacher au moins mal et si possible au plus loin du refuge. Je fuis rapidement une fois le petit déjeuner pris. Sur cette portion de la HRP je suis seul car le temps n'est pas beau, il pleut mais la visibilité reste correcte. Une demi-heure après être parti je tombe sur mon premier solitaire en sens inverse. Il s'agit d'un Anglais qui vient de se faire saucer toute la nuit pratiquement sans matériel. Il est tellement trempé qu'il est en short et tee-shirt, mais ça le fait rigoler et sa volonté d'atteindre la Méditerranée n'est pas entamée. Nous discutons une dizaine de minutes et reprenons chacun notre chemin. Je suis plein d'admiration pour ces British que rien n'émeut. Le parcours de la HRP, c'est souvent magnifique. J'en connais quelques passages en particulier ceux d'Ariège vers le Mont Rouch, grandiose. Aujourd'hui ce tronçon par temps hostile fait ressortir toute la beauté de ce monde de pierre et d'eau. Les cairns sont assez nombreux et il n'y a aucun problème de cheminement, il faut dire que le fait de longer des lacs facilite l'orientation. Passage raide pour arriver à un col à 2510 mètres, la pluie s'intensifie. La descente est glissante, attention de ne pas aller trop vite. Encore des lacs et retour sur le Gr 11, où de nouveau je croise quelques groupes de randonneurs sous leur cape. Je constate que mon bâton est tordu et qu'il me manque la partie inférieure, tant pis il m'est toujours possible de m'y appuyer. Je longe le lac de Rius et m'engage dans une longue descente sous une forte pluie. Le fond de la vallée est atteint, le chemin débouche à proximité de l'entrée du tunnel de Viehla. Il n'est que midi ou un peu plus, vais-je rester dans cet endroit en attendant des conditions meilleures? Par ce temps il est exclu de continuer par la HRP, et le GR11 passe deux cols dont le plus haut est à 2720, ce qui fait pour l'après-midi un dénivelé cumulé de plus de 1800 mètres. J'hésite, vais visiter le refuge, et l'impatience me dominant, je décide de partir, il sera toujours temps de redescendre ou de m'arrêter dans le petit refuge d'Anglos perdu quelque part entre deux lacs à 2300 mètres. C'est parti, je descends la grand route jusqu'à un lac de barrage. A droite l'itinéraire escalade une forêt raide. Les nuages accrochent tous les reliefs, cependant la pluie cesse. Je quitte le goudron à treize heures trente, ce qui laisse de la marge avant la nuit. Immédiatement j'adopte un bon rythme sur ce sentier qui monte droit. Je me sens bien, l'air est frais, le cadre est grandiose et un peu mystérieux. En une heure j'abats plus de 600 mètres de dénivelé sans vraiment forcer, je commence à croire que je peux basculer ce soir du côté de Benasque. Sans que mon allure ne se modifie j'atteins le premier lac et je vois la petite cabane d'Anglos. Effectivement par temps de brouillard elle doit être difficile à trouver, mais cet après-midi on s'oriente vers une embellie. Je croise un couple de Hollandais. Ils viennent de faire une étape épuisante et espèrent rejoindre le fond de la vallée ce soir. Les lacs se succèdent, vu du haut ils ont des reflets lugubres à cause des nuages, et comme la pierre les entourant est sombre et mouillée l'ambiance est particulièrement austère. J'aborde la zone où seule la caillasse survit. Le premier col se présente. De ce lieu, je vois très nettement le second, pente de cailloux raide. Pour le rejoindre il me faut redescendre à un petit lac qui apparaît comme un trou noir. Que la montagne est belle dans ces conditions. Au niveau du lac une abondante source sourd de sous de grosses pierres, je m'abreuve longuement. La remontée pour atteindre le col de Ballibierna à 2720 mètres me demande presque une heure, la fatigue commençant à se faire sentir. La vue s'étend à un immense vallon dominé par l'Aneto. Les Pyrénées de toute évidence sont de hautes montagnes. Ce coin est très sauvage. Une pause bien méritée me permet de m'imprégner de l'esprit du lieu. Il n'y a rien de tel qu'un peu de stress engendré par des conditions douteuses pour déclencher le turbo. Maintenant retour au calme, pas de doute je dormirai dans la vallée qui conduit à Benasque. La descente promet d'être longue. Elle commence par un incroyable chaos de gros blocs qui obligent à de nombreux sauts. Attention de ne pas glisser sur la pierre détrempée car la chute est souvent très mauvaise et une fracture de la jambe ici risque d'être particulièrement inconfortable. Je contourne un lac toujours au milieu de ce chaos de blocs, presque de l'escalade au-dessus de l'eau. Avec un peu de neige le passage doit être scabreux. Enfin j'arrive sur un terrain un peu plus conforme à la randonnée, une immense descente commence. Ce versant sud de l'Aneto est très vaste et l'on ne prend pas bien conscience des distances. Je rentre dans une forêt de pins clairsemés. Sur le bord du chemin un couple de jeunes est assis, je leur demande si le refuge de Coronas est encore loin, ils me disent que j'y suis presque. Cependant il me faut encore un temps que je trouve interminable pour le rejoindre. Enfin, le voilà, il s'agit d'une cabane carrée sans aménagement aucun, mais au moins elle est propre. Souvent je passe de petits abris dans un état de saleté repoussant, encombrés d'une multitude d'objets hétéroclites, et il ne me viendrait pas à l'idée d'y dormir, à moins d'être confronté à des conditions apocalyptiques. Dans le cas présent rien de tel, le lieu est accueillant, deux Espagnols y sont déjà installés. Après les avoir salués, un petit tour à la rivière pour me laver et par chance juste sous un rayon de soleil réapparu. Un peu plus tard une bande de jeunes Français arrive. Demain ils veulent faire l'Aneto. La soirée sera agréable à discuter de choses et d'autres, en particulier d'études et de métiers. Je suis frappé par les remarques et la désillusion d'une fille d'une vingtaine d'années qui est sûre que ses études ne lui donneront aucun débouché dans la vie. Pourquoi avoir choisi cette filière et y persévérer ? Mystère !!!
Quatorzième jour GR 11 de la cabane de Coronas au gîte de Biados
Les Français partent très tôt pour leur ascension, un peu plus tard les Espagnols suivent le Gr11 en direction de l'est. Je me retrouve seul, vers les sept heures je reprends mon chemin. Tout d'abord une piste en fond de vallée me conduit jusqu'au Rio Esera. Un peu au-dessus de Benasque, arrêt dans un camping où il est possible de se ravitailler. Le chemin contourne par l'est et le nord l'impressionnant massif des Posets qui culmine à 3369 mètres. L'air est froid et le vent âpre. Quelques rares randonneurs croisés, la montagne a décidé d'être sinon hostile tout au moins désagréable. Apparaît le refuge d'Estos, j'y bois un coca-cola à l'abri du froid puis en avant direction le Puerto de Gistain. Les dernières centaines de mètres sont enneigées, mais la portance est bonne et l'allure n'est pas ralentie. Ce col perdu à plus de 2600 mètres a un petit air de lointain, mais les courants d'air ne me donnent aucune envie de m'attarder. Je me hâte de descendre au refuge de Biados. La carte présente une imprécision, en effet le chemin est indiqué rive gauche, alors je m'entête à progresser de ce côté mais la marche devient difficile et dangereuse, alors que de l'autre côté se trouve un beau sentier. Après avoir joué les funambules sur des roulements à billes pentus, je retourne traverser la rivière en amont et rejoins après quelques kilomètres le refuge de Biados. Il est temps d'arriver, un orage se déclenche. En face dans ces nuées, les Posets sont très impressionnants. L'accueil est sympathique le repas copieux et au diable la tempérance, je bois entièrement ma superbe bouteille de Rioja. Donc évidemment pour plusieurs raisons la nuit sera excellente, de plus je suis seul dans le dortoir.
Quinzième jour GR 11 de Biados à Bielsa puis route jusqu'à la vallée de Pineta
Départ de bonne heure par beau temps, l'air est frais et toujours cette bise désagréable. Je reste sur le GR11, le seul col de la journée se trouve 800 mètres au-dessus. Après avoir cheminé dans une forêt à l'abri du vent je me trouve de nouveau confronté à ses assauts. Le seul avantage, on n'a pas trop chaud, dans le fond le rythme doit en être amélioré. Au cours de la montée deux jeunes sont arrêtés pour se faire chauffer du thé. Ils sont en train de galérer sur la HRP, affublés de sacs énormes, et la nuit qu'ils viennent de vivre n'a pas été très confortable. Je leur souhaite bon courage pour la suite et me remets en route. A proximité du col je rencontre mon deuxième solitaire. Il s'agit d'un pur et dur. Bien qu'ayant dépassé la soixantaine il porte un sac de 20 kilogrammes et met un point d'honneur à passer toutes les nuits sous tente. Cette dernière est d'ailleurs particulièrement robuste et pèse dans les trois kilos. Nous entamons la conversation, ayant eu des métiers assez proches, nous nous découvrons des connaissances communes, le monde est petit. Il me met en garde concernant la variante qui passe dans le flanc sud-est du Mont Perdu. C'est justement là que j'espère passer. Il s'avérera que son évaluation était un peu alarmiste, tout du moins par temps correct. Nous envisageons même de casser la croûte ensemble, mais la fraîcheur ambiante nous rappelle vite à l'ordre. Nous reprenons donc chacun notre chemin. Le col, qui domine un petit lac, est vite atteint. Le lieu est austère. Je croise deux personnes et me dépêche dans la descente pour me réchauffer. 1000 mètres de dénivelé me mènent à la route de Bielsa pas très loin du tunnel frontière. En fond de vallée la température est plus clémente. Ne comptant pas faire tous les détours du GR, je prends la route jusqu'à Bielsa afin de rejoindre directement la vallée de Pineta. Durant cette dernière partie un automobiliste s'arrête et me propose de monter, je lui explique ma démarche, et le gratifie d'un grand merci. Même si je refuse cela fait toujours plaisir. Au milieu de cette magnifique vallée je m'arrête dans un camping. Après m'être installé et avoir pris une douche chaude, la première depuis quatre jours, je vais m'installer dans la grande salle de restauration. Là, rapidement, je comprends la raison de l'excitation générale, ce soir il y a Espagne France. Je constate que je suis le seul Français. Après avoir mangé, tout le monde se retrouve devant le poste de télévision. Je sens que ça va être chaud. Le match commence. Les Espagnols marquent le premier but, déclenchement de hurlements. Ça se calme, le match continue. Les Français égalisent, je marque ma joie en levant les bras. Une vingtaine de têtes à la mine sombre me regarde d'un air réprobateur, presque hostile. J'abandonne immédiatement mon sourire. Le match continue, les Français marquent une deuxième fois, toutes les têtes se tournent à nouveau vers moi, je fais bien attention de ne manifester aucun signe de joie. Le match continue, les Français mettent un troisième but, je fais comme si je ne l'avais pas vu, par contre tous les Espagnols s'en vont, il est vrai que nous sommes pratiquement en fin de partie. Lorsque presque tout le monde a déserté la pièce et que la partie s'achève effectivement, une vieille dame s'approche et me dit avec un fort accent belge «ah! c'est bien ils ont gagné». Il y avait donc au moins deux supporters dans la salle. Je rejoins ma tente tout joyeux, mais c'est sous une averse que je m'endors. Cela est un peu inquiétant, car l'étape de demain par mauvais temps cela risque d'être scabreux.
Seizième jour GR11 jusqu'au col de Niscles, variante pied Mont Perdu, vallée d'Ordesa
Je me lève avec le jour, ayant bien l'intention de profiter de la plus petite fenêtre de beau temps. Tout est calme, mais à l'humidité dans l'air on sent bien que cela n'est que provisoire. Le décor est fantastique, ces trois vallées que sont Pineta, Ordessa et la Niscle représentent pour moi parmi les sites de montagne les plus beaux que j'ai vus dans ma vie. Et justement l'étape de ce jour me permettra de les côtoyer toutes les trois, si la visibilité se maintient. Les cinq ou six kilomètres de goudron sont rapidement avalés, presque au pas de course. Au niveau du refuge de Pineta, 90 degrés gauche et direction l'immense paroi à remonter pour accéder au col de Niscle, 1300 mètres plus haut. Il me faut d'abord traverser le rio Cinca en enlevant mes chaussures, et la montée débute. Le sentier est époustouflant, la pente démarre raide pour ne faiblir qu'au col. Immense moment de bonheur que de parcourir ce chemin aérien avec le soleil qui apparaît à l'horizon, tout baigné de teintes rouges qui ne sont pas annonciatrices de beau temps. Je suis seul, depuis le réveil je n'ai vu personne, même sur les kilomètres de route pas une voiture. Heureusement d'ailleurs car je crois bien que je me serais laissé tenté, tant je suis pressé de passer avant la pluie, au moins arriver au refuge de Goriz. Le plaisir prend le dessus, par endroits il est obligatoire de mettre les mains pour progresser. Parfois en regardant au-dessus on reste perplexe quant à l'itinéraire tellement le flanc de la montagne est escarpé. Mais au fur et à mesure de la progression un chemin toujours tracé se dévoile. La montée est rapide et le panorama s'élargissant à vue d'œil procure une sensation très agréable. Arrivée au col vers les huit ou neuf heures du matin. Le décor d'un côté sur Pineta et de l'autre sur la Niscle est très impressionnant. Malgré le temps qui évolue, je marque un arrêt pour profiter de ce spectacle rare. Le Gr11 plonge directement, tandis que mon itinéraire part sur la droite pour aller se faufiler entre des barres rocheuses sur les flancs du Mont Perdu. D'ici cela semble vertigineux, mais je sais que l'équipement facilitera grandement la tâche. Un peu avant le câble je croise trois personnes, dont l'une de toute évidence a été très impressionnée. Je me hâte car le temps se couvre et par temps de brouillard sur le versant sud du Mont Perdu ça devient ''paumatoire''. J'arrive au fameux passage contre lequel mon solitaire d'hier m'avait mis en garde. J'y croise un groupe de Français, originaires du Puy-En-Velay, la veille ils ont gravi le Mont Perdu. Bien évidemment il n'est question que du match de foot d'hier, car au refuge ils se sont sentis très frustrés sans télévision. On en profite pour rigoler un grand coup, puis avec empressement nous reprenons notre chemin. J'aborde de grandes zones de pierriers dans lesquelles il est facile de perdre le sentier tout en gardant la bonne direction, lorsque la visibilité est bonne. Plus j'avance, pratiquement à niveau en tournant autour du Mont Perdu, plus la grande faille comme coupée d'un grand coup de sabre d'Ordesa prend de l'ampleur. Il me semble distinguer sur le versant droit de cette gorge grandiose la fameuse ''fara des flores'' sur laquelle je ne souviens avoir bivouaqué à côté d'un isard à moins que ce ne soit un bouquetin, en effet je garde le souvenir d'un animal de belle taille. Manifestement j'étais à un endroit qu'il affectionnait, car il ne voulait pas partir, à son corps défendant l'herbe était douce malgré l'altitude et le sol plat. Je me souviens aussi que dans ces grands à pics par endroits la densité d'édelweiss était telle qu'il n'était pas toujours possible d'éviter de les fouler. La pluie qui commence à marteler le sol me tire de ma rêverie. Me hâter d'arriver au refuge, pour le moment la visibilité est toujours bonne. Je prends réellement conscience que dans le brouillard dans ces parages, il faut coller à l'altimètre en espérant buter sur le refuge. Heureusement je ne suis pas acculé à ces extrémités. Enfin je l'aperçois. Je m'y engouffre, il est bondé. Il n'est pas loin de midi, je déjeune avec appétit, la matinée a été bien remplie. Le mauvais temps s'installe franchement, mais plus rien à craindre, un très bon chemin sans risque d'erreur va me permettre de descendre. J'espère ce soir être sorti de ce lieu magnifique mais très touristique. Je parcours une quinzaine de kilomètres entre cascades et parois géantes, le tout dans une foule presque compacte et sous des cataractes avec de temps en temps le tonnerre qui se répercute entre les montagnes. Enfin j'arrive au parking, incroyable, il y a des centaines de voitures et de cars. Il faut bien reconnaître que le site est époustouflant par son gigantisme. Malgré la pluie je n'ai pu m'empêcher de scruter sous tous ses angles ce miracle de la nature. Heureusement que le brouillard ne s'est pas mis de la partie, le spectacle en aurait été vraiment affecté, et j'en aurais ressenti une grande frustration. Une fois les aires de stationnement dépassées, vite m'éloigner, d'après ma carte un chemin se faufile sous la route. Je ne le trouve pas, donc encore 4 ou 5 kilomètres de goudron dans un trafic important. Une conductrice s'arrête pour me prendre et dans mon espagnol hésitant je lui répète que je veux aller de la Méditerranée à l'Atlantique uniquement à pied. Je la remercie et elle me gratifie d'un joli sourire. Une fois arrivé à la naissance de la vallée d'Ordesa, je tourne à droite direction le nord, et j'abandonne le gros du flot de touristes qui prend la direction opposée. D'un pas alerte je remonte une gorge encaissée. Et là je tombe sur mon troisième arpenteur solitaire. Il s'agit d'un Anglais plus très jeune, élégamment habillé à la langue parfaite d'Oxford ou de Cambridge. En tous cas il parle très distinctement et la langue de Shakespeare dans ces conditions c'est un vrai plaisir. Il a une connaissance encyclopédique des montagnes françaises, et il agrémente sa conversation de petits éclats de rire francs et sonores. Il ne fait pas vraiment dans le flegme. A regret je reprends ma route, j'aurais bien passé la soirée avec lui à l'écouter me conter ses aventures alpestres. Quelques kilomètres plus haut je tombe sur un petit camping très accueillant. Manifestement l'endroit a aussi eu sa ration d'eau aujourd'hui. Trouver une place pas complètement mouillée pour installer ma tente relève de la gageure. Pas grave, ma tente est bien étanche, trop d'ailleurs. Le restaurant est une merveille, le cadre et le menu ainsi que la gentillesse du personnel me ravissent. Quand je pense aux deux premiers solitaires rencontrés, je me rends compte que contrairement à eux je ne voyage pas à la dure et me laisse vite tenter par les petits plaisirs mis sur ma route. J'en aurai une autre preuve encore plus éclatante dans deux jours, en croisant un vieil Allemand. Je comprendrai toute la signification du mot Sparsamkeit (économie). Pour le moment sans complexe je m'empiffre de mets délicieux, charcuterie fine, légumes cuits juste ce qu'il faut, une magnifique côte bien épaisse et saignante, le tout arrosé d'un Rioja capiteux et fruité d'une belle longueur en bouche. Une fois le repas terminé, baigné d'une douce torpeur, j'essaie de me glisser dans ma tente sans trop me mouiller. Je m'endors sans doute vite, car je n'ai plus aucun souvenir de cette nuit.
Dix-septième jour variante GR 11 Sierras Turbon et Tendegnera, ville de Escarrill
Je me réveille bien reposé mais passablement humide, l'air étant tellement saturé en humidité que par capillarité ou autre phénomène physique il a imprégné tous les tissus. Pas de panique, ce n'est pas ce matin que je peux faire sécher mes affaires. Deux possibilités, soit vers midi je me trouve à un endroit bien ensoleillé et au cours d'une sieste d'une heure j'étale le tout, à moins d'arriver relativement tôt cet après-midi et tout aérer à ce moment. Le temps est très beau, le ciel limpide, il fait frais, de bons critères de beau temps. L'étape de ce jour va être particulière sauvage. Je vais longer par le nord les sierras Turbon et Tendegnera ( j'écris gn à la place de n avec tilde, car mon clavier ne comporte pas ce signe). Je ne vais pas voir une seule personne de toute la journée. A vrai dire pour être précis j'apercevrai dans le lointain deux personnes en train d'atteindre le pic de Tendegnera. Je commence par remonter la route une petite heure et je bifurque à gauche dans un magnifique vallon à l'herbe grasse et aux fleurs nombreuses. La fleur qui va m'accompagner tout au long de cette traversée c'est l'iris des Pyrénées au bleu mauve profond, sans oublier quelques exemplaires jaunes. Je suis encadré de belles faces rocheuses éclatantes parfois aux teintes très claires. Je distingue bien sur le bord droit du vallon le col que je veux atteindre. Je rejoins le petit refuge d'Otal, qui est un véritable taudis et à partir de là le chemin disparaît. Peu de temps auparavant j'ai bien vu quelques vagues traces rouges et blanches certes bien abimées mais bien réelles. Devant moi une pente raide de 500 mètres de dénivelé au-dessus de laquelle un replat semble conduire au col. J'attaque directement, l'herbe se met à glisser. Par endroits je rejoins de petites zones rocheuses qui me permettent de mieux me stabiliser, mais ce n'est jamais difficile bien que les cent derniers mètres deviennent très raides. Comme par miracle je débouche sur un petit replat où une sente mène au col. Un fois arrivé à ce lieu de passage, j'embrasse du regard toute la Sierra Tendegnera. Immenses parois calcaires sombres presque noires couvertes de stries horizontales, quelle austérité cette chaîne dégage ! Comme tout grimpeur j'essaie d'imaginer des itinéraires dans ces murs lugubres, rarement montagnes m'ont inspiré cette sorte d'effroi. Il fait bon, j'ai bien avancé je m'octroie une pause dans cet endroit enchanté entouré de roches de toutes les couleurs, cela me rappelle un lieu magique côtoyé comme dans un rêve en Afghanistan. Par un temps qui se maintient au beau fixe, j'entreprends la descente d'un immense vallon, d'abord à travers pierriers puis par une sente qui serpente dans l'herbe et les cailloux. Au-dessus de moi en permanence les grandes faces sombres striées en forme de pelles de la Sierra Tendegnera jettent un regard froid. Une petite stèle adossée à un rocher rappelle la mémoire d'un jeune Anglais qui a voulu dompter ses murs froids. Et toujours pas âme qui vive dans cette nature grandiose. Un petit refuge en bord de chemin montre le même état de saleté que ceux croisés jusqu'à maintenant. L'altitude diminue et la chaleur augmente. Vers les quatorze heures je quitte le royaume désert de la montagne pour me trouver subitement précipité dans le monde bruyant des hommes. Sans transition ou presque je passe des prairies fleuries à une grande carrière surchauffée dans laquelle de nombreux camions soulèvent des nuages de poussière. Me voilà sur le bitume et en quelques kilomètres sous une chaleur torride je rejoins la petite ville d'Escarrill. A l'entrée de l'agglomération je m'assois à l'abri dans le premier bistrot. Je commande une grande bière. Le serveur est un grand noir avenant, et bien évidemment la conversation s'engage au sujet du prochain match, France Brésil. Il est sceptique sur la capacité des Français à triompher de cette équipe mythique, bien qu'ils aient déjà joliment réussi cet exploit en 1998 par 3-0 en finale. On verra bien, l'épreuve se déroule dans deux jours. Pour le moment je reprends la marche et traverse cette petite ville endormie sous la chaleur d'un soleil vertical. A l'extrémité nord de cette cité, un grand camping étale sa multitude de mobilhomes et de grandes tentes. Une place m'est indiquée, j'y déploie mes affaires, qui vont sécher rapidement. Ma tente montée ressemble à un microbe au milieu de mastodontes.
Dix-huitième jour hors chemin balisé jusqu'au col de Escarra puis GR 11 vers Somport
Très bonne nuit, aucun bruit, le camping est presque désert, pourtant le mois de juillet n'est pas loin et vu les infrastructures nous sommes dans une région touristique. Peut-être cette ville sert-elle de dortoir au profit de la petite station de ski traversée hier ? Ce matin tout est très sec, ayant dormi tente grande ouverte la condensation est faible. Temps superbe, il me faudra vite quitter ce fond de vallée avant la chaleur. Le temps moyen et froid que j'ai eu jusqu'à présent m'a rendu l'entreprise plus facile. En effet, souvent au cours de narrations concernant le versant sud des Pyrénées ce qui ressort c'est la chaleur présentée comme un facteur de souffrance. Au moins je ne peux pas dire la même chose. Sac rapidement bouclé j'abandonne le camping encore endormi. En quelques centaines de mètres une piste matérialisée sur ma carte est atteinte. Elle suit une petite rivière au pied d'une barre rocheuse. Plein d'espoir sur la beauté des kilomètres à venir, à l'idée que le chemin passe en plein dans cette jolie falaise. Je traverse le cours d'eau sur un barrage. La sente devient minuscule et puis elle disparaît complètement. J'insiste, et commence à escalader des rochers moussus dans une forêt d'arbustes agressifs. Après une demi-heure de bagarre, trempé de sueur et constellé d'épines de toutes sortes je fais demi-tour. De toute évidence pas de chemin. En regardant la falaise qui me domine, je me dit que si un itinéraire s'y faufilait j'en verrais bien quelques traces. Quand on ne sent vraiment pas la chose il ne faut pas s'entêter et avoir le courage de tout reprendre à zéro. Donc je rebrousse chemin et me retrouve devant mon camping une heure plus tard. Une route étroite et tortueuse part à l'ouest et me permet d'avancer dans le flanc de montagne qui doit me donner accès à un grand lac. Donc pas de panique, en faisant un azimut brutal plein ouest je tombe forcément sur ce plan d'eau de belle dimension. La route bifurque au sud, je pars plein champs dans des pentes raides. Je rejoins le lit aride d'un petit torrent qui me permet de déniveler rapidement malgré l'instabilité du sol. J'atteins un collet, duquel un vaste panorama se découvre. Ouf! mon lac est bien là. Mais au fond presque à l'infini je distingue le col par lequel je compte passer. La distance m'apparait énorme, un instant de doute me saisit, d'autant plus que je dois commencer par faire le tour du lac, qui fait quelques kilomètres. Comme toujours dans ces moments de doute, en écartant les doigts sur la carte, je me rassure en constatant que mon col est à moins de dix kilomètres topo. Ce serait bien le diable si en trois heures de marche rapide je n'y arrivais pas. Le calvaire du contournement commence, pas trop mal, même plutôt bien jusqu'au barrage, où je m'arrête pour contempler quelques poissons. Mais une fois de l'autre côté une sente boueuse inclinée vers le lac et complètement défoncée par les troupeaux de vaches va me donner le plaisir d'une bonne partie de glissades et de ''tordages'' de chevilles, toujours avec le risque de piquer au mieux une tête dans la boue et au pire la bouse. Enfin le supplice prend fin. Le collado de Escarra du haut de ses deux mille trois cent et quelques mètres semble déjà plus près. En deux petites heures avec parfois des doutes sur l'itinéraire, j'y suis. La dernière demi-heure est interminable à me casser les mollets sur de grosses mottes de terre. Ces Sierras espagnoles sont absolument magnifiques, jaillissements minéraux sauvages. Aujourd'hui encore je n'ai pas aperçu un être humain, seulement de loin de nombreuses vaches, mais à part cela pas un être vivant mis à part quelques grands oiseaux. Des rochers aux formes étranges ornent les crêtes qui m'entourent. Le contraste entre les fonds de vallons verts et fleuris et ces crêtes arides et déchiquetées est frappant. La rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à l'autre est aussi source d'étonnement. Encore une immense vallée se présente à moi. Quelques deux kilomètres plus bas je retrouve le GR 11, mais pas plus de monde. La gorge se resserre en ondulant, ce qui est du meilleur effet esthétique. La grande vallée perpendiculaire conduisant au Somport n'est plus très loin. Un peu avant de la rejoindre, le Gr 11 d'après ma carte tourne à droite en restant en hauteur. J'en perds la trace et me dirige vers un petit fort gardé par des militaires en armes, afin de me renseigner. Ils n'ont pas l'intention de me parler et me signifient sans ambigüité de m'arrêter à distance. Assurent-ils la protection d'explosifs, me prennent-ils pour un représentant de l'ETA prêt à remplir mon sac de pains de dynamite? Le problème du terrorisme est bien réel en Espagne, j'obtempère immédiatement et m'éloigne. Mais alors où passer? Une route part plein sud rejoindre la vallée mais quel détour pour moi qui remonte au nord. Le fort est sur un terre-plein duquel en contre-bas je vois le Rio Aragon. En piquant directement, je peux le rejoindre en une centaine de mètres. Mais c'est raide et instable. Dans ma jeunesse j'étais champion de course sur pierriers pentus, c'est le moment de voir si j'ai perdu le sens de l'équilibre au milieu d'un flot de caillasses dégoulinantes. C'est parti, je reste debout et j'y mets tout mon honneur, car du haut de leurs remparts les militaires m'observent, donc il n'est pas question de m'étaler. Ça se maîtrise bien, de plus la taille des cailloux augmente, ce qui améliore les appuis et hop je me récupère en-bas, et les têtes sont toujours là-haut. Je leur tirerais bien la langue tout heureux de ne pas leur avoir donné la joie de m'étaler tout au long de cette pente sévère. Un sentier comme je les aime en bord de rivière, protégé du soleil me remet en direction du col du Somport. De temps à autre des raidillons en caillasses raides et brûlantes me font suer. Et là, dans un passage en plein soleil je rencontre mon quatrième solitaire. Il ne s'agit pas d'un ''traverseur'' de Pyrénées, mais d'un pèlerin vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie du Somport. Il est d'âge avancé, à mon sens au moins soixante dix ans et de nationalité allemande. Son matériel semble dater de Mathusalem, et de toute évidence il peine sous la charge et la chaleur. Nous engageons la conversation, il m'explique sa démarche. Je perçois toute la force des mots Sparsamkeit et Armut (économie et pauvreté), lorsqu'elles sont subies volontairement. Cet homme dégageait une force et une sérénité dans son adversité, j'en suis resté tout chaviré. Manifestement nous ne faisons pas tous les mêmes voyages! Au contact de tels êtres j'ai presque honte de ce que je fais. Faut-il pratiquer le voyage en faisant vœu de pauvreté pour toucher au sublime, peut-être ? Cela demande-t-il beaucoup de courage ou une grande foi ? Peut-être les deux ? Ce contact restera gravé en moi de façon indélébile, pourtant nous n'avons pas parlé plus de cinq minutes. De la vertu des chemins que l'on ne trouve pas. Moi, le touriste pressé à la démarche stakhanoviste je repars un peu ébranlé. Plongé dans mes pensées, j'arrive devant un ouvrage de captation qui laisse couler un grand jet frais. Je m'en arrose et bois à satiété. Peu après, en faisant un court détour j'arrive à un petit camping perché, il est adorable et, comble de bonheur, je suis le seul client. Je m'installe dans l'herbe constellée de fleurs, que demander de plus ? Je rejoins le petit bistrot et le patron me raconte une multitude de choses, que j'écoute religieusement en descendant quelques bières. J'essaie de ne pas trop penser au vieil Allemand pour ne pas avoir mauvaise conscience, mais la bière fraîche c'est quand même bon. Dans la conversation, je lui demande s'il fait à manger. Il me répond par la négative mais il me vante la qualité du Parador qui se trouve un ou deux kilomètres plus bas. Entre ma purée soupe et une petite marche à pied, mon cœur ne balance pas longtemps, en avant. Ce monumental bâtiment de l'époque franquiste me fait penser à certains pays ex-communistes. L'accueil est très correct, le personnel stylé, le menu offre un large choix et la nourriture est de qualité et le Rioja toujours aussi facile à boire, le tout pour un rapport qualité-prix imbattable et sans doute introuvable en France, qui n'est pourtant pas loin. Donc une fois encore je m'en mets plein la lampe et, la nuit bien avancée, tout guilleret, je rejoins ma tente.
Dix-neuvième jour GR 11 du Somport à Zuriza
Les montagnes qui dominent le camping sur le versant opposé sont extraordinaires. Hier du fait du contre-jour, je ne les avais pas vraiment vues telles qu'elles sont. Aujourd'hui toutes éclairées par le soleil du matin, elles montrent une multitude de recoins, et leurs formes tourmentées et acérées montent à l'assaut du ciel. Jusqu'au col du Somport, c'est à dire durant une petite heure je suis sur le sentier de Compostelle en sens inverse. Je croise donc quelques pèlerins, dont un, un peu excentrique, qui commence à me questionner et à noter mes réponses. Aïe aïe aïe ! je suis loin de mon vieil Allemand économe entre autre de ses paroles. Les installations du col sont vastes, je les traverse et poursuis plein ouest par le Gr11. La marche est agréable. Le chemin fait un immense détour au fond d'une gorge boisée. Un peu avant le lac d'Estanes, je rencontre mon dernier solitaire. Encore un Anglais qui suit la HRP. La traversée du pays basque avec vingt mètres de visibilité dans un terrain sans point vraiment caractéristique lui a laissé un souvenir profond. Le contournement du lac est pittoresque et très agréable. Je débouche à un petit collet et pris par le rythme, mon attention focalise une trace qui va m'éloigner de l'itinéraire. Je traverse un pierrier sous une barre rocheuse. Il semble qu'une vire la parcoure une cinquantaine de mètres plus haut. Des fois on prend ses désirs pour des réalités. Le chemin doit être sur cette vire. Je remonte une pente caillouteuse raide et attaque la paroi. Les pieds sont en adhérence et il faut me tracter avec les bras, mais je continue. Une pierre siffle. Je lève la tête et vois une harde d'isards sur une pente à ma verticale qui me lance des pierres. Je reprends mes esprits. Mais qu'est-ce que je fais en train de faire de l'escalade à la recherche du GR ? Je fatigue !!! Je redescends en faisant attention. De toute évidence au collet j'ai loupé l'itinéraire qui devait plonger devant la grosse pierre que j'ai contournée. Mais je ne fais pas demi-tour. Je continue sur le pierrier précité et j'oblique vers la falaise au-dessus de laquelle je me trouve pour essayer d'y trouver un passage. Une gorge profonde et très pentue donne accès à la large plaine que je dois suivre. Les premiers mètres presque verticaux sont en terre avec quelques végétaux, puis j'aborde des rochers très raides mais d'excellente qualité, encore de l'escalade mais les prises sont franches. Un petit passage vertical et un dernier pas nécessitant de s'étirer au maximum, et pour moi qui ne suis pas souple c'est le calvaire, et enfin je prends pied au fond de cette gorge austère et rejoins l'herbe. Il serait temps que je fasse un peu plus attention, ne pas être capable de suivre un chemin somme toute bien balisé, il y a du souci à se faire. Là encore l'erreur m'a fait parcourir des recoins très jolis. Je descends cette large vallée, orientée au nord, peuplée de vaches s'égayant au milieu de zones marécageuses. Je croise de nombreux promeneurs. Coude à 90 degrés gauche vers l'ouest, un petit à pic et au-dessous une piste au terminus de laquelle de nombreuses voitures s'entassent. Durant cinq ou six kilomètres je la suis. Elle est poussiéreuse et exposée en plein soleil. Le rendement baisse et je fais un sérieux effort pour avancer. Arrivé au bout de cette vallée, le chemin part plein ouest. Je suis la route, orientée au sud, qui descend trois kilomètres plus bas à un camping. Un peu avant d'y arriver une source jaillit d'un rocher. Je me mouille la tête et bois largement. Une fois au camping, le coin est délabré et à l'abandon. Une très mauvaise sensation me submerge, ce lieu m'est très hostile. Bien qu'il soit seize ou dix-sept heures, marche arrière et je retourne chercher le chemin et pars directement sur l'étape suivante. Incroyable, l'esprit mobilisé par l'étape nouvelle, la fatigue disparaît et je me sens comme neuf. Une fois de plus je perds mon itinéraire, attiré dans le vallon qui conduit aux aiguilles d'Ansabère. Un berger me confirme l'erreur. En tirant directement dans la pente plein sud et en gardant le cap parfois à la boussole tellement ce vallon à tendance à me ramener trop à droite, je finis par retrouver le bon vallon et le col de Petraficha. La lumière est extraordinaire, le temps change, un orage se prépare, que la montagne est belle dans ces conditions, surtout lorsqu'on est seul. Du col, la Sierra d'Alano se dévoile dans toute la splendeur de ses multiples faces blanches. Je vis un grand dépaysement sur ce chemin. Je passe un petit refuge dans lequel un jeune couple se prépare à passer la nuit. Il est sordide et son état lamentable me dissuade de m'y arrêter. La pluie arrive, je presse le pas. Le village de Zuriza n'est plus qu'à quelques kilomètres. Je fonce tant que je peux sur la piste. La pluie s'accélère et à nouveau de véritables trombes. Je vais faire quelque chose à ne pas faire. Un petit pont, je m'abrite dessous. J'enlève mon sac mais je guette en amont si le flux d'eau n'augmente pas brusquement, ayant repéré une petite pente pour fuir à la première alerte. Effectivement le niveau monte mais de quelques centimètres seulement, enfin le déluge s'interrompt. Je reprends la piste et arrive dans le village. Je m'imaginais au bout du monde et bien non, une foule compacte se presse au camping. Mais d'où sortent-ils? En trois heures de marche je n'ai vu que quatre personnes en comptant le berger. De toute évidence c'est un lieu prisé des Espagnols. Une fois encore je m'installe sur un terrain complètement détrempé. Mais que la région est jolie, des près bien verts couverts de fleurs, et le tout entouré de magnifiques montagnes bien rangées en ligne, toutes brillantes de pluie sous le soleil du soir. Vite une télé, c'est France Brésil! Un chahut incroyable dans une immense salle, la plupart n'étant plus intéressés depuis l'élimination de l'Espagne, mais tout le monde passe et repasse les bras chargés de nourriture et de gros bocks de bière. Dans le fond j'aime bien ces foules bruyantes secouées de gros rires. Il n'est pas toujours facile de suivre dans ce mouvement permanent le déroulement de la partie.
Vingtième jour route, chemin non balisé et GR 11 de Zuriza à Ochagavia
Une journée magnifique s'annonce. Vite sur pied, c'est parti pour la journée. Mais d'où sortent tous ces gens. Au collet où je dois quitter la route à quelque distance du camping, de nombreuses voitures stationnent. Le chemin commence à grouiller de randonneurs. Bien que cette partie de l'itinéraire semble très jolie, une petite route à l'allure plus calme la contourne. Je n'hésite pas longtemps, et c'est comme cela que je parcours quelques kilomètres de goudron avant de plonger dans une jolie gorge en sous-bois, qui me conduit à la charmante petite ville d'Izaba. J'effectue un arrêt sur la place centrale, où des enfants s'amusent. La fontaine est la bienvenue. A la sortie de l'agglomération un sentier pentu mène à l'église ''Nusestra Senora de Idoia''. Nous sommes le premier dimanche de juillet, et c'est le jour de la procession annuelle. De nombreux croyants en habits traditionnels montent à la petite église. J'y pénètre et dépose mon obole. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ma pièce provoque le déclenchement de la lumière, qui éclaire vivement l'espace qui sans cela reste sombre. Moi qui voulais passer inaperçu, c'est loupé. Je ne m'attarde pas. Dès que le mur d'enceinte est dépassé, comme par enchantement je retrouve la solitude qui m'a accompagné sur la majeure partie de ma traversée. Le chemin parcourt une magnifique forêt escarpée, composée d'arbres à feuilles caduques. Le col de Kakueta est atteint. Là, plus de doute le pays basque commence. D'un coup la fin me semble approcher. Les crêtes s'arrondissent et s'adoucissent. La vue se dégage presque jusqu'à l'infini. Le Pic d'Orhy, pyramide culminant à 2017 mètres, marque l'entrée dans la dernière ligne droite, signe psychologique fort que j'attends depuis le départ de Banyuls. Pour le moment il se situe au nord-ouest par rapport à ma position. Au cours d'une marche enthousiaste orientée à l'ouest le long d'une piste entourée de pinèdes, il va se positionner plein nord puis il se déplace vers l'est. Ce mouvement apparent du Pic d'Orhy que je dépasse me procure un immense plaisir, la vie dans le fond c'est pas trop compliqué! Une grande descente donne accès au village d'Ochagavia. Petite bourgade à l'architecture carrée. Les maisons sont magnifiques, massives et bien entretenues. Les portes souvent ouvertes laissent voir des intérieurs raffinés, de jolis meubles en bois et de magnifiques plafonds à la française, dont les poutres bien entretenues donnent un réel cachet à l'ensemble. Je demande si un magasin d'alimentation est ouvert, il m'est répondu «hoy domingo». J'avais oublié. De plus, pas de camping, alors c'est forcé et contraint (tout du moins ma conscience est sauve en pensant au vieil Allemand) que je me dirige vers un charmant petit hôtel au bord de la rivière près du centre. Il est bien dans le style des intérieurs aperçus, cossu et de très bon goût. Toutes les prestations sont de qualité et le prix modique. Un groupe d'Anglais lancés dans la traversée des Pyrénées à vélo y séjourne aussi.
Vingt-et-unième jour GR 11 de Ochagavia à la frontière, jonction et GR10 jusqu'à Estérençuby
Un petit jour triste et brouillardeux se lève. Je n'y couperai pas à la navigation au radar. De plus à partir d'aujourd'hui j'abandonne mes cartes confortables au 50 000 pour passer à la 100 000 de l'IGN numéro 69. Après un copieux petit déjeuner je m'enfonce dans les brumes. Tout relief a disparu. Sans difficulté je rejoins le monastère qui domine sur une petite crête. Puis en avant vers la Sierra de Abodi, vaste croupe orientée est ouest. Un large chemin non mentionné sur ma carte coupe cette montagne à mi-pente. Le Gr le suit. Mais après une bonne heure de marche cela me semble bizarre, j'aurais dû commencer à monter vers le sommet. De toute évidence je l'ai encore perdu. Je fais marche arrière jusqu'à un petit bois et là, la progression à la boussole commence. Les joies du pays basque. Je ne devrais pas tarder à intercepter la crête et en la suivant je devrais couper le chemin. Je n'aurai pas la peine d'atteindre le sommet, je tombe sur un piquet peint aux sacro-saintes couleurs rouge et blanche. Mais une fois de plus l'erreur m'aura été bénéfique. En effet dans un champ, je suis tombé sur des vautours. Au sol ils ressemblent à de gros dindons à long cou. Mais dès qu'ils déploient les ailes et prennent leur envol le spectacle est de toute beauté. Une fois au sommet de cette sierra, le brouillard se déchire par intermittence, ce qui me permet de voir l'immense pan de forêt à descendre. A nouveau le balisage m'échappe, ce n'est pas grave car une rivière et un grand lac doivent me servir de barrière d'arrêt. Dans mon sac, toutes mes affaires sont réparties dans des sachets de congélation de différentes tailles, je dois même pouvoir traverser une rivière à la nage sans mouiller grand chose, mais enfin si possible éviter et localiser le pont. Je retrouve la petite route qui conduit au point de franchissement. Je tombe dans une clairière sur une belle poussée de cèpes de Bordeaux, oui des vrais boletus edulis. Malheur, que faire ! Je ne peux les ramasser, durant la vingtaine de kilomètres que je compte encore parcourir ils seront réduits en bouillie. Il paraît que cru c'est bon, c'est l'occasion d'essayer. J'en repère un joli bien ferme et je le croque à pleines dents. Au début on sent bien ce fumet subtil et fort du cèpe, mais rapidement la consistance en bouche donne une sensation de mélasse un peu cartonneuse difficile à mâcher. Je n'aurais peut-être pas dû en engouffrer un si gros morceau. Mais j'arrive au bout de mon champignon, et en attaque un second. Là par contre, je vais déclarer forfait avant de l'avoir terminé. La mort dans l'âme j'abandonne le reste de la petite troupe à gros pieds. Je me dis qu'ils feront peut-être la joie d'un chercheur, s'il ne tarde pas trop. J'arrive au pont, traverse et longe la rivière jusqu'au lac. Je croise quelques promeneurs. Le brouillard retombe de plus belle. Le chemin suit un bras du plan d'eau, qui vient tangenter la frontière. Cinquante mètres de visibilité c'est rigolo, mais pas trop longtemps. Soit je reste sur le GR 11 et ses mille mètres d'altitude dans la purée de pois, soit je pique sur la France et rejoins le village d'Estérençuby dans la vallée. Option France, je passe par dessus une clôture à vaches et me retrouve sur un petit parking. Plusieurs voitures stationnent. Toutes les plaques d'immatriculation sont françaises, c'est le seul indice qui me confirme que j'ai changé de pays. Le brouillard, lui il s'en fout de la frontière. Par une petite route, encombrée de belles grosses vaches blanches, qui serpente au fond d'une petite dépression je progresse vers le nord. La visibilité baisse de plus en plus. Des points de repère caractéristiques de la carte à proximité de la route restent invisibles. Avec la multitude de courbes je ne me situe plus exactement et pourtant je voudrais bien intercepter le Gr10. Enfin je le vois. Sans encombre il me conduit au village. Par beau temps ce parcours sur de grosses bosses doit être sublime, mais cet après-midi les yeux rivés sur de l'herbe mouillée et glissante dans un paysage fantomatique, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ne nous plaignons pas, l'ambiance n'en est pas moins superbe avec son petit côté mystérieux qui cache tout au regard. Imaginer sans voir laisse libre cours à tous les phantasmes. Arrivée dans le village, il fait sombre, les maisons serrées dans le brouillard sont presque lugubres. Un petit hôtel, je m'y précipite. Un pur et dur, qui commence une traversée s'est installé au bord de la route, je suis bien content de ne pas faire de même. Ce soir encore, une équipe de cyclistes, français cette fois, est engagée dans la traversée des Pyrénées. Ils espèrent mettre une semaine.
Vingt-deuxième jour route de Estérençuby à Cambo-les-Bains
La météo ne prévoit aucun changement pour les jours à venir, brouillard à partir de 600 mètres d'altitude. Pas de problème j'ai toujours rêvé longer la Nive, car cette rivière comme l'Adour m'a toujours intrigué. Donc je rejoins Saint-Jean-Pied-de-Port et de là je longe la rivière. Déception, pas de chemin, je suis acculé à rester sur la route jusqu'à Cambo-les-Bains. Et là, première semaine de juillet le flot des touristes a commencé. Dans un vacarme permanent je vais rejoindre cette station thermale et d'un coup l'envie s'en va pour de bon. J'ai vraiment quitté les Pyrénées. Rejoindre les plages, et les remonter au milieu des baigneurs avec mon piolet dans le dos, c'est une histoire à me faire mettre la camisole de force et terminer chez les fous. Dans le fond j'ai bien fait de ne pas ''gâcher'' cette superbe balade Biarritz Arcachon par le bord de mer, car je la ferai avec un camarade en février 2008 et nous passerons cinq jours superbes, le jour le long de plages désertes et la nuit durant des bivouacs sous la gelée blanche. L'étape jusqu'à Cambo est longue, le goudron ça finit par casser les pattes. Pour la première fois en trois semaines j'ai des courbatures. La fin du parcours se fait sous la pluie. Cette nuit encore l'hôtel, monter la tente sous des trombes je n'en ai pas envie. Un coup de téléphone pour consulter les horaires de train, et demain en trois changements je rentre chez moi.
En conclusion je dirai qu'en écrivant ce récit avec deux ans et demi de recul, je suis étonné de la fraîcheur des souvenirs que j'en conserve. Sans doute le fait d'être seul y est pour quelque chose. En effet en montagne sans compagnon, on est plus exposé aux aléas et l'accident peut être beaucoup plus lourd de conséquences. Instinctivement on intègre cette situation et les sens sont plus en éveil. Cette concentration accrue favorise un meilleur contact avec la nature, et nous imprègne au delà de ce que l'on pense. Bien sûr je ne ferai pas l'apologie de ce genre de pratiques, qui présentent leurs inconvénients, et qui sont souvent réprouvées, normes de sécurité obligent. Cependant ces grandes balades en solitaire en montagne apportent beaucoup. Partir seul et durant trois semaines, n'avoir à s'occuper que de soi et focaliser toute son attention au point de vue matériel uniquement autour de la dizaine de sacs de congélation que l'on transporte dans son sac à dos, représente un immense repos de l'esprit. Pas de voiture, pas de papiers envahissants, personne avec qui négocier, pas de perte de temps à retourner une masse d'affaires. On ne possède que le strict nécessaire, les déballages et les rangements ne prennent pas de temps. On se sent comme affranchi d'une dimension matérielle, tout en se sachant autonome. Si j'aime partager des joies en montagne devant des paysages fantastiques et faire découvrir les lieux que j'aime, m'y trouver seul m'apporte une émotion qui m'est vitale.
Je vais avec plus de deux ans de recul relater ma traversée des Pyrénées effectuée sur 22 jours, essentiellement au mois de juin, commencée à Banyuls et terminée début juillet à Cambo-les-Bains.
Comme souvent cette aventure a commencé par un trajet en train au départ de Lyon. Pour me laisser le temps, tout en prévoyant un programme très ambitieux, j'avais dit à ma famille que je partais pour deux mois. N'ayant pas essuyé de reproches directs quant à cette durée somme toute longue surtout en été, j'ai cependant bien vu dans certains regards de l'étonnement et peut-être aussi un peu de peur. Pourquoi grand dieu a-t-il besoin de partir seul dans les montagnes? L'absence de question évite toute justification. D'ailleurs quelle est la justification au fait de partir seul? Y en a-t-il une ou plusieurs? Je ne saurais donner de réponse certaine car les idées restent assez confuses dans mon cerveau. Peut-être à la cinquantaine se prouver que le corps est encore jeune, vivre une aventure tout en restant dans des normes connues, n'avoir à s'occuper que de soi, une recherche relative de solitude? Probablement un mélange de tout cela. Bien sûr avant de partir, j'éprouve des doutes et aussi des remords, car je sais que certaines personnes ressentent ces moments du départ avec douleur, à la manière d'un abandon. Mais inexorablement j'essaie de durcir ma carapace et de ne pas trop réfléchir. Puis le premier pas étant effectué, le cœur devient plus léger.
Le trajet en train, direction le sud, permet de m'absorber d'une part dans une lecture intéressante en espagnol, car le gros de ma traversée je compte la faire dans le pays de Don Quichotte, et d'autre part dans la contemplation du paysage et tout spécialement du Rhône. Ce fleuve exerce sur moi une véritable attirance. De grands écrivains, comme Bosco ou Clavel, en ont fait des descriptions époustouflantes et y ont situé certains de leurs romans. Je me souviens aussi des parties de pêche effrénées avec mon frère dans notre jeunesse, où nous attrapions toutes sortes de poissons en particulier de gros brochets, pêchés de façon tout à fait irrégulière. En effet dans le port Edouard Herriot à Lyon pendant les grandes chaleurs de l'été de gros poissons s'immobilisaient à la surface. Traîtreusement, avec des cannes au lancer équipées de gros hameçons triples, après avoir bien visé nous les crochetions en travers du corps, pas très académique comme procédé mais très efficace. Heureusement ces poissons avaient pratiquement toujours la vie sauve, car leur chair sentait horriblement le pétrole. Il nous arrivait parfois de les ramener à la maison et de squatter la baignoire où durant quelques jours ces habitants du Rhône se trouvaient emprisonnés à la grande colère de notre mère et dans la joie dissimulée de notre père. Puis un jour les bornes ont été dépassées, le nombre de gros brochets et autres carnassiers attrapés étant tel, que nous sommes allés dérober mon frère et moi un fût de deux cents litres vide, qui se trouvait sur le chantier dans la rue au pied de notre appartement. Nous l'avons installé au milieu de ma chambre, rempli d'eau et y avons mis nos gros poissons. Sans doute attiré par nos exclamations de joie, notre père est entré dans la chambre et a marqué l'arrêt devant ce gros bidon rouge pour le moins pas très propre. Puis rapidement reprenant ses esprits, contrairement à la baignoire qui le faisait rire, dans le cas présent son visage exprimait plutôt de la colère et de la consternation devant la stupidité de ses enfants. Nous eûmes l'ordre impératif et exécutoire dans les plus brefs délais de rapporter notre aquarium sur son chantier et de nettoyer par la même occasion la grosse tache de goudron ou d'hydrocarbure qui marquait le centre de la chambre. Tous ces souvenirs de lecture ou d'histoires vécues me permettent de m'éloigner par la pensée des miens et d'oublier ma culpabilité en les abandonnant.
Contrairement à l'année dernière le trajet se passe sans problème. En effet au cours du mois de septembre 2005, j'avais accompli une randonnée d'une semaine à partir de ce joli petit port méditerranéen. J'avais loupé la correspondance en gare de Béziers, à cause de ce que l'on appelle pudiquement un accident de personne. Deux heures d'attente, que j'avais mises à profit pour me promener dans la ville. Il est étrange de penser que l'on profite d'une opportunité de découvrir un lieu parce qu'une personne qui n'avait plus la force ou l'envie de vivre s'est jetée sous un train. Me voilà donc vers les 13 heures en gare de Banyuls. Bien que la première étape soit longue pour un après-midi, je prends mon temps. Je descends sur la plage et vais au contact de l'eau. J'y trempe la main et les pieds mais n'ai pas le courage de me baigner. On ressent toujours une impression étrange, mélange d'appréhension de doute et d'excitation, au moment de partir seul dans un projet d'une certaine ampleur. Surtout, comme je l'ai, dit mon plan est assez ambitieux. Je compte suivre la HRP jusque vers Puigcerda, puis mettre le cap sur la Serra des Cadi et musarder par la suite dans certains massifs espagnols comme le Cotiella, puis rattraper la HRP du côté de Gavarnie et je projette même de remonter la plage de la frontière jusqu'à Arcachon. Mais rapidement, ce que je n'avais pas anticipé, c'est que pour le moral, indépendamment du temps qui souvent n'a pas été de la partie, j'ai besoin de voir sur ma carte la distance se creuser derrière moi et diminuer en direction de l'Atlantique. Toute ma vie j'ai été conditionné pour ne pas prendre le temps et on ne change pas facilement. J'ai presque honte de dire que durant cette traversée, ma plus grande joie bien souvent consistait à visualiser sur ma carte routière au 1 000 000 le trajet de la journée et de constater que cela représentait un espace très significatif à cette échelle d'un pays. Donc progressivement, me trouvant un certain nombre d'excuses, le temps, la famille, mes parents, mon fils qui commençait un stage à Lyon vers le 10 juillet, ce fut la ligne droite ou presque qui dicta mon itinéraire. Ce mode de pensée ne s'est pas imposé immédiatement mais s'est insinué lentement au cours de la première semaine.
Premier jour GR 10 de Banyuls au refuge au pied du Pic Neulos
Vers les 14 heures je démarre. Cet après-midi je compte rejoindre le refuge au pied du Pic Neulos en suivant le GR 10. Je connais l'itinéraire pour l'avoir suivi l'an dernier. Aujourd'hui le temps est beau et stable alors que la fois précédente rapidement je fus pris dans le brouillard et la pluie. J'avais trouvé la cabane à la nuit tombante, alors que se déclenchait un orage d'une violence extrême. J'apprendrai plus tard que cette nuit de septembre 2005, les départements environnants avaient été mis en vigilance rouge. Un grand arbre avait été fracassé par la foudre à proximité de l'abri. Dire qu'il s'en était fallu de peu que je le trouve, alors que j'errais dans le brouillard, la nuit et la pluie. Cette étape est longue, plus de mille mètres de dénivelé et il me faut 6 heures à un bon rythme pour y parvenir. A part un couple doublé, que je reverrai trois jours plus tard sur le Canigou, je ne rencontre personne. Une fois arrivé, croyant que le couple me rejoindrait pour la nuit je m'installe dans un coin. Personne ne vient. Je suis et resterai seul, avec une vue magnifique sur la Méditerranée qui s'étale à l'infini. Au cours de cette traversée ce sera la seule nuit où je n'aurai pas de compagnie. Bien souvent, lors de grandes étapes les journées se dérouleront dans la solitude mais le soir il y aura toujours une âme qui vive avec qui discuter, sauf pour cette première étape. La fois précédente, la nuit de l'orage, il y avait cinq personnes, quatre jeunes Hollandais et un saltimbanque qui terminait la traversée des Pyrénées par le GR 10. Son périple avait duré deux mois avec un sac de 20 kilogrammes. Il s'arrêtait dans les villages pour présenter des spectacles et se faire quelque argent pour continuer son voyage. Nous avions passé une nuit merveilleuse à se raconter une multitude d'histoires vécues, et le matin chacun était reparti sur son chemin, de brouillard et de pluie pour une semaine en ce qui me concernait. Maintenant un an plus tard, la nuit est paisible, troublée par nul bruit.
Deuxième Jour GR 10 du refuge au pied du Pic Neulos aux Illas
Lever matinal, temps superbe, l'étape du jour me conduira aux Illas. L'humeur est au beau fixe, s'éveiller dans cette cabane aux quatre vents sans un bruit, seul avec le soleil distillant déjà sa chaleur bienfaisante. Je contourne le Pic Neulos par une trace plus qu'une sente. Seules quelques vaches paissent tranquillement dans ce terrain raide et broussailleux. Une fois sur la crête comme l'année précédente je me fais entraîner sur ce qui me semble un détournement de GR pour passer devant un gîte. A six heures du soir le détour qui invite à l'arrêt très bien, mais à sept heures du matin c'est moins agréable. En effet cet itinéraire détourné me force à suivre sur plusieurs kilomètres une route goudronnée. Heureusement il est possible par endroits de couper directement à travers la forêt. Donc me voilà pour une bonne distance sur la route, comme consolation cela permet d'étalonner le podomètre. Le mien est pas mal, à vingt mètres près il correspond aux bornes kilométriques, et cela sur presque dix kilomètres. Seul agrément je passe deux sources bien fraîches auxquelles je me désaltère avec bonheur. Arrivée au col du Perthus, que de monde!!! De véritables files d'autobus s'entassent sur les parkings, desquels se déverse une multitude se ruant sur cigarettes et alcools. Dans un gigantesque supermarché je m'achète deux petites boîtes et quelques fruits pour mon repas de midi. En effet, ce soir aux Illas je compte aller au restaurant du bourg dont je garde un très bon souvenir. Vite je reprends mon chemin, ça grimpe dur dans les ruelles. Enfin je suis sorti et emprunte une petite route qui passe au pied du fort de Bellegarde. Un petit cimetière m'interpelle, j'y entre par un portillon qui grince. Comme il est étrange! Les tombes, toutes très vieilles, sont alignées le long du mur d'enceinte, laissant de ce fait un immense espace libre, comme si le lieu n'avait pas encore servi ou presque. Les tombes sont presque toutes surmontées de hautes et maigres croix auxquelles sont accrochées des cocardes tricolores. Mon étonnement est grand lorsque je constate que les dates indiquées remontent à la révolution et manifestement la plupart des défunts sont des militaires. Quelques tombes sont minuscules et dévoilent la présence d'enfants. Que ce lieu est étrange et calme, si proche cependant de la folie consommatrice. Je quitte l'endroit quelque peu songeur. Un peu plus loin j'aperçois des ruines. Il s'agit de la voie romaine qui allait en Espagne. De nombreux vestiges sont visibles, très bien conservés pour certains. Le plus impressionnant, ce sont les traces de roues de char encore bien visibles sur le rocher. En moins d'un kilomètre deux sites exceptionnels méritent une visite. Je m'arrête, mange mes boîtes de sardines et mes fruits. Le chemin pour aller jusqu'aux Illas n'est pas très agréable, large piste serpentant à flanc, succession de montées dans la poussière. L'arrivée au village se fait par une grande descente en lacets, cela semble interminable. Le gîte est loué à un groupe, donc ce sera camping sur un petit terrain communal, où je serai seul. La douche je la prendrai sous le pont du village, là où la rivière fait une petite mare. Le lieu est assez discret, de plus il n'y a pas grand monde. Cette traversée des Pyrénées qui va me prendre vingt deux jours, je ne pensais pas y rencontrer si peu de monde. En effet à part quelques sites connus comme le Canigou, les Aiguilles Tortes ou la vallée d'Ordesa, les étapes seront très souvent solitaires, et si elles ne le sont pas complètement, les humains rencontrés se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui me marqueront, ce sont les marcheurs solitaires. J'en croiserai cinq, quatre qui traversent les Pyrénées dans l'autre sens, trois Anglais et un Français, et le cinquième un vieil Allemand qui emprunte la voie du Somport vers Saint Jacques de Compostelle. Ces rencontres sont toujours des moments de grande émotion. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il est étonnant comme ces trajets, seul, à travers les montagnes laissent une marque profonde en soi. En effet cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai effectué ce périple, et bien, le fait de le dérouler en l'écrivant, une multitude de sensations et de détails me reviennent à l'esprit. Je suis stupéfait de voir que malgré le recul du temps, le fil ténu et éphémère mais de plus de sept cents kilomètres, de ma trace dans ces montagnes s'est incrusté à ce point en mon esprit. L'exercice d'écriture est d'autant plus difficile, que je n'ai pratiquement pas fait de photos. En effet, ces dernières sont un outil prodigieux pour la narration d'un récit. Mais c'est peut-être un peu tricher, car longtemps après, écrit-on par rapport aux sensations que ces photos évoquent à l'instant où on les regarde, ou bien font-elles réellement remonter le vécu et la perception au moment de leur prise? Sans doute un peu des deux. Mais si on n'en possède pas, le fil d'Ariane de la piste fait ressurgir les émotions du moment de l'action, le récit en est sans doute plus véridique. Donc comme prévu, petit repas gastronomique aux Illas dans une auberge à la salle grande et bien aménagée, une ancienne grange restaurée de main de maître. Après cet agréable moment, je fais un tour pour localiser le chemin du lendemain. Je repère un monument à la mémoire des personnes qui rejoignaient l'Angleterre via l'Espagne durant la deuxième guerre mondiale, car le village était l'un des lieux de passage, cela me remémore de nombreux livres et films.
Troisième jour Les Illas, frontière espagnole, Pic de France, Arles-sur-Tech
L'étape sera longue, je compte remonter la belle forêt qui domine le village, passer en Espagne, rejoindre le Roc de France par l'ermitage de la Salinas puis terminer l'étape à Arles-sur- Tech. La montée en sous-bois est magnifique tôt le matin lorsque les rayons du soleil sont encore obliques. Début juin, les feuilles sont encore toutes jeunes et présentent un joli vert tendre. Je ne peux m'empêcher de scruter les touffes de mousse, car je verrais bien des giroles s'y cacher. Une fois en Espagne, une piste large et de bonne inclinaison conduit à l'ermitage. Il est désert mais plus embêtant, la source est tarie et moi qui comptais m'y ravitailler … Tant pis, direction le Rocher de France. Après quelques petites hésitations dans les broussailles, je n'ai pour le moment que la carte au cent millième de l'IGN, je tombe sur un bon chemin qui me conduit sur le petit sommet à 1450 mètres. J'en profite pour me restaurer en contemplant le versant qui doit me conduire à l'étape du soir. Il a l'air immense et plein de replis. En effet cette descente jusqu'à la petite rivière, le Tech, est interminable. Heureusement en pleine chaleur de l'après-midi je rencontre une source qui suinte d'un rocher, que cette eau fraîche est agréable. Cela donne un bon coup de fouet au moral. J'arrive dans la ville d'Amélie-les-bains. Ce fond de vallée est très chaud, le goudron fond. Je commence par suivre la route, mais rapidement du fait de la chaleur et du trafic important je rejoins le lit de la rivière et continue à même les galets. Le rivage par endroits présente de véritables murs de végétation, il me faut donc marcher dans l'eau heureusement peu profonde. Cela procure une sensation étrange de se dire que l'on est en train de traverser les Pyrénées à pied et de se traîner à un rythme d'escargot à glisser sur des pierres moussues en essayant de ne pas piquer une tête. Je finis par abandonner et pars à la perpendiculaire à travers les fourrés à la recherche d'un chemin. Rapidement je tombe sur une multitude de traces praticables. A l'entrée de Arles-sur-Tech je retrouve le GR 10. Cette petite cité est superbe, le chemin se faufile dans des lieux pittoresques, en particulier des petits jardins potagers. Halte dans un camping dans le haut du village, il n'y a presque personne. Le mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Je mets mes sandales et retourne me promener dans le village. J'y fais quelques emplettes et vais m'installer à la terrasse d'un restaurant à l'architecture superbe, une ancienne bâtisse en pierre rénovée. La soirée sera nostalgique, car durant l'après-midi mon maudit portable m'a appris la mort d'une personne qui m'était chère. Il y a des moments dont on se souvient toute sa vie eh bien je me souviendrai toujours exactement du lieu et de l'instant où cette triste nouvelle m'a atteint. Je mange cependant avec appétit une gigantesque pizza suivie d'une grosse glace. Je remonte à mon camping sous l'orage qui menace et rapidement m'endors.
Quatrième jour GR 10 de Arles au refuge de Bonne-Aigue
Lever matinal, pas un bruit, petit déjeuner froid englouti rapidement et tout de suite l'immense dénivelé de la journée commence. J'ai l'intention de rejoindre la HRP en passant par le Serra del Roc Nègre à 2714 mètres alors que mon point de départ se situe juste à 300 mètres. Je chemine par des chemins qui se faufilent parmi les restes de vieilles mines, excavations et charpentes métalliques en ruines. Rapidement la chaleur est suffocante, le temps est à l'orage. Je dénivelle rapidement mais je souffre. Le sac me semble pesant, les crêtes apparaissent lointaines, et cela d'autant plus que l'air est saturé d'humidité et prend un aspect laiteux qui augmente l'impression d'éloignement. Le sentiment d'avoir vu trop grand pour la journée commence à m'effleurer. Cependant le rythme rapide me permet de garder le moral. Toujours cette horrible habitude d'avoir les yeux rivés sur la montre et l'altimètre et en déduire des dénivelés horaires. Au moins cela a la vertu d'occuper l'esprit. J'envie ce garçon qui lorsqu'il part pour de grands périples ne s'encombre d'aucun instrument même pas d'une montre, quelle liberté il doit éprouver! Mais pourquoi je n'arrive pas à en faire autant ? La végétation change, des prairies parsemées de jolies fleurs remplacent la garrigue. Un petit ruisseau que je longe, et hop! une jolie truite détale. J'atteins la route qui conduit au col de Cirière. Au gîte en réfection un peu en-dessous je me ravitaille en eau et me renseigne sur l'évolution du temps pour l'après-midi. Rien de rassurant, mais rien d'étonnant, des orages violents sont attendus. S'engager sur les crêtes ne serait pas raisonnable. Je décide donc de rester sur le GR10 et me lancer dans le contournement du Canigou. Le col est rapidement rejoint. Ensuite le chemin s'accroche au versant nord-est de la montagne. Que le lieu est impressionnant ! Le Canigou est vraiment la sentinelle des Pyrénées bien avancée dans les plaines. Les flancs sont très raides et travaillés. Par endroits je traverse de petites gorges au fond desquelles coulent des ruisseaux. Par temps de grosse pluie le passage ne doit plus être praticable sans risque. J'arrive à une petite bâtisse devant laquelle se trouve une magnifique fontaine. J'aurais pu éviter de transporter mes deux ou trois litres d'eau. Un peu plus loin je rejoins le couple vu la première journée, je ne les avais pas reconnus, eux par contre me remettent bien. Il y a quelques promeneurs sur ce magnifique sentier. Je double deux femmes qui me cèdent leur énorme chien blanc, genre Patou, pas méchant mais très collant. Bivouaquer en se serrant dans son poil volumineux doit être agréable, mais je n'en ai pas l'intention. Arrive un croisement de chemins, où le refuge des Cortalets est indiqué par deux itinéraires. Je choisis le plus haut. Alors que je remonte une crête vers les 2300 mètres, un orage violent s'abat. Je dépasse un couple de Belges qui s'abrite dans une petite anfractuosité et mon gros Patou décide de rester avec eux. Une très violente averse de grêle me force à m'arrêter sous le premier sapin et à mettre mon sac à dos sur ma tête. Le tonnerre gronde autour de moi, quelques arbres foudroyés montrent que l'endroit est malsain. Mais la grosseur des grêlons est telle que je n'ose bouger malgré le risque lié à la foudre. L'averse est si violente que mon arbre ne me protège pas vraiment et les morceaux de glace rebondissent dans tous les sens et m'attaquent par le bas. Très rapidement, n'étant pas très habillé la déperdition de chaleur est importante et je commence à me sentir en danger si cela devait durer. Je décide malgré la tourmente de repartir en courant au mieux, car au moins je produirai un peu de chaleur. Heureusement quelques minutes plus tard aussi rapidement qu'elle était apparue la grêle s'arrête. Il était temps, cela a duré une vingtaine de minutes. La montagne est magnifique dans son hostilité, sur les sommets environnants le tonnerre roule en faisant vibrer jusqu'au sol. Après la traversée de quelques pierriers instables et glissants j'arrive au refuge. Une foule immense s'y trouve. En effet c'est la fête des feux de la Saint Jean. Demain tout ce beau monde montera son bois au sommet du Canigou pour faire un immense feu de joie. Les Catalans sont comme les Basques, le bois ils aiment ça, et ils se mettent à plusieurs pour monter des bûches énormes. Très vite je me rends compte que je n'ai pas du tout envie de passer la nuit ici. Il n'est que quatre ou cinq heures, je continue donc jusqu'au refuge de Bonne-Aigue petite cabane qui doit être moins peuplée. On me conseille cependant de prendre de l'eau car la source de Bonne-Aigue, contrairement à son nom, n'est pas toujours bonne fille et peut se montrer avare, ce qui sera le cas. Encore une ou deux heures de chemin escarpé, durant lesquelles je chemine presque accroché au ciel en dominant la plaine, située très loin en-dessous. Enfin au détour d'un pli du terrain le petit abri se dévoile sur son éperon. J'y suis seul. Une vue magnifique sur le sommet du Canigou s'offre au regard. Heureux d'arriver, ce sera l'une des plus longues étapes de ma traversée et la plus éprouvante, à cause du temps d'abord étouffant et puis cet orage très impressionnant. Je cherche la source et la découvre enfin juste devant le refuge, mais elle est à sec. J'ai été bien inspiré de prendre trois litres d'eau au refuge précédent. Je m'installe, fais un feu dans le fourneau et me cuisine une grosse purée et bien au chaud dans mon duvet je poursuis la lecture de Croisières et Caravanes d'Ella Maillard. C'était quand même autre chose quand elle traversait dans les années trente l'Asie à pied en dormant deux semaines durant dehors en hiver dans l'Himalaya, en ayant pour tout refuge le flanc de son chameau. Je me dis que mes petites souffrances c'est de la rigolade. Alors qu'il fait encore bien jour, j'entends du bruit. Je ne serai pas seul cette nuit. Un couple de jeunes gens arrive. Voyant l'exiguïté des lieux, ils décident d'aller planter leur tente sur un replat à proximité. Après s'être installés ils viennent me chercher et m'invitent à partager une bouteille de blanquette de Limoux. Assis dans l'herbe à côté de leur tente nous avons une discussion animée. Incroyable, lui vient de faire une thèse sur les mafias albanaises. Je ne dirais pas que je suis très fort sur ce sujet mais j'ai habité trois ans en Albanie et donc le thème m'intéresse. Cette soirée mémorable et très sympathique me revigore et me laissera un souvenir impérissable. La nuit tombée depuis un bon moment, nous rejoignons chacun notre sac de couchage.
Cinquième jour GR 10 du refuge de Bonne-Aigue au hameau du Mantet
Après une bonne nuit, je me sens en pleine forme, la longue marche d'hier n'a laissé aucune trace. Mes amis dorment toujours, je laisse un petit mot de remerciements sur l'un de leurs sacs et leur souhaite une bonne montée au Canigou. Comme toujours lorsque je suis un GR, je pars bille en tête sans rien regarder, sauf dans le cas présent, un dernier regard à ce minuscule refuge agrémenté d'une petite tente. Rapidement je traverse un éboulis et fais détaler toute une harde d'isards. Le chemin pénètre en forêt. Il semble peu utilisé, bizarre pour un GR. Mais l'ambiance est tellement extraordinaire et mystérieuse que pris par l'envoûtement du lieu je m'y enfonce toujours plus profondément. De plus en plus de branches obstruent la sente de plus en plus étroite. Je finis par perdre toute trace. De toute évidence je ne suis plus sur le chemin. Cependant ma carte au 100 000 ne me dit pas si je me situe au-dessus ou au-dessous de mon itinéraire . Le plus simple, faire marche arrière jusqu'à ce que je retrouve la sacro-sainte trace rouge et blanche. En effet je n'aurais pas dû traverser la zone d'éboulis. Le chemin à cet endroit monte une petite crête très raide et poursuit en pente très soutenue. Mais comme souvent, cette erreur m'a permis d'abord de voir de très près ces beaux animaux que sont les isards et de passer une heure dans une forêt mystérieuse très peu fréquentée. J'atteins un collet haut perché que je distinguais très bien du refuge, et je bascule sur un autre versant de la montagne, toujours aussi joli et aérien. Rapidement je rejoins l'un des itinéraires qui conduisent au point culminant. De ce fait je croise de nombreuses personnes qui s'y rendent. Le refuge de Mariailles apparait. Je suis un peu déçu, il a l'air d'être jeté à même le bord du chemin. J'en avais une idée magnifique, ayant lu un article particulièrement élogieux sur sa gardienne, ce qui tout naturellement me rendait le lieu très sympathique. Je ne m'y arrête pas et descends à un bon rythme jusqu'à Farga. Que ce petit hameau est accueillant, des fleurs partout, des champs remplis d'immenses herbes bien vertes, et une fontaine. Une eau fraîche agréable à boire, mais il serait préférable qu'elle soit plus chaude, car on en absorbe plus facilement une grande quantité, et lorsqu'on fait des efforts c'est par litre qu'il faut s'hydrater. Ensuite par une grosse chaleur je remonte au col de Mantet. 900 mètres de dénivelé en zigzaguant avec la route goudronnée par des petits raidillons. Le col fait très pelé, le village du même nom est blotti quelques centaines de mètres plus bas. Un gîte très agréable m'accueille. La soirée est particulièrement exquise. L'hôtesse cuisine très bien, et à quatre, un couple étant présent, nous refaisons le monde jusque tard dans la nuit. Je rejoins un lit moelleux et je tombe sur un livre de Troyat, dont je ne me souviens plus du titre, mais il me passionne tellement que j'en lis les trois quart avant de m'endormir.
Sixième jour GR 10 du Mantet aux Planes
Le temps semble beau, après un petit déjeuner copieux me voilà parti à travers les alpages. Le paysage est très différent de ce que j'ai vu sur le tour du Canigou. On retrouve la moyenne montagne que je qualifierai de classique. Rapidement je passe le col del Pal, qui domine le village de 900 mètres. Je redescends au refuge de la Carança. Il est au confluent de plusieurs vallées, et les vaches innombrables l'assaillissent littéralement. On m'avait prévenu que la source pouvait être contaminée du fait du grand nombre de bovins. Je constate que j'ai perdu l'une de mes superbes sandales, achetées 70 euros au Vieux Campeur. Je suis très mécontent, je les ai attachées sur mon sac. Alors s'est-elle décrochée ou dans la précipitation du départ l'ai-je oubliée au gîte? Cela me perturbe, comme quoi il ne faut pas grand chose. Alors dans ma colère à partir du refuge j'accélère et remonte un joli vallon. Je ne croise pas grand monde puis viennent face à moi des pêcheurs. Tiens c'est bizarre! Mon itinéraire de la journée ne comporte pas de lac. Je leur demande d'où ils arrivent. Bien évidemment de l'étang de la Carança. C'est le bouquet, je n'ai pas pris la bonne vallée. Il faudrait bien que je finisse par prendre l'habitude de regarder la carte de temps en temps de façon plus rigoureuse. En effet je suis juste sous le lac j'ai bien dû faire quatre cents mètres de dénivelé. Pas de panique, c'était très joli. Je m'arrête donc et commence à casser la croûte. Au moment de reprendre le chemin du refuge un autre pêcheur descend. Nous engageons la conversation et j'aurai droit à un superbe cours sur la truite fario de souche pyrénéenne. Il m'explique tout sur sa reproduction et sa pêche. Encore une fois l'erreur est très bénéfique. De retour au refuge je reprends mon chemin qui est franchement très évident. Le col se situe 600 mètres plus haut. Son accès est raide, coupant en permanence une piste qui fait de grands détours. Une fois arrivé, un vent froid et désagréable m'enlève toute envie de faire une pause. Ce temps pour le moins pas très agréable, je vais le subir quasiment jusqu'à l'Atlantique. Je prends cependant le temps de regarder ma carte et de constater que le Gr fait une immense boucle en fond de vallée. Je décide de traverser directement et de rejoindre le chemin sur le mouvement de terrain suivant. Je visualise l'itinéraire que je veux suivre et c'est parti. Arrivé en fond de vallon, j'attaque directement la pente en face et après une bonne suée je retrouve les traces rouges et blanches. Il ne me reste plus qu'à me laisser conduire au village de Planes. Le gîte est ouvert. Je bois une bière en compagnie d'un habitué de la région. Il me raconte une histoire étonnante qui corrobore ce que j'ai vécu trois jours auparavant. Il me fait part de son expérience des chutes de pression très brutales du côté du Pic de Costabonne. Effectivement lorsque j'étais près du Pic de France, mon altimètre affichait des variations d'altitude très brusques et importantes. J'ai tout de suite pensé qu'il ne fonctionnait plus. Eh bien non, il s'agissait du phénomène que l'on me décrit. Pas étonnant, m'a-t-il dit, que j'ai subi un orage aussi violent sur le Canigou. Le repas du soir sera moins raffiné que celui de la veille. Je me trouve avec un Canadien qui finit ses vacances et qui repart le lendemain. Il éclate de rire quand il constate que je n'ai qu'une sandale et un pied nu. Nous passons la soirée devant la télévision, coupe du monde oblige. La France va gagner, et ce n'est pas le dernier match que je regarderai.
Septième jour Les Planes à Puigcerda et village de Ger par chemins et route (N260)
L'étape du jour doit me conduire en Espagne, pays dans lequel je resterai jusqu'au pays Basque. L'itinéraire remonte le vallée de Mont Louis jusqu'à la frontière. Manifestement j'ai une baisse de moral, pourtant tout va bien physiquement. Le chemin parcouru jusqu'à présent était très beau, la marche agréable, les haltes du soir toujours bonnes et souvent pleines de surprises. Eh bien non, malgré ces 6 jours prometteurs d'une belle traversée je suis envahi par un coup de blues. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas pourquoi. Allez, ne pas se poser de question et marcher, on verra après. J'abandonne le GR 10 à partir d'aujourd'hui pour ne le retrouver que vers Saint-Jean-Pied-de-Port. La marche en forêt est plaisante. De l'autre côté de la vallée j'aperçois le fameux four solaire d'Odeillo. Ayant coupé mon téléphone portable depuis hier matin, je l'ouvre, des fois que ma famille s'inquiète en ne pouvant me contacter. J'ai effectivement un message d'un camarade qui me propose des activités professionnelles à Lyon et Paris. De toute évidence cela attendra mon retour. Je savoure l'immense privilège que cela représente de ne plus être soumis au dictat de devoir gagner sa vie et de vivre sans peur excessive du lendemain. Après tout, cela dépend aussi de ses envies et du niveau auquel on fixe ses besoins. Mais la contrepartie de ne plus se sentir tendu vers un but professionnel, c'est peut-être de devoir occuper son temps libre. C'est sans doute là que se niche une partie de mon vague à l'âme. L'allure n'est pas très rapide. Je fais une halte à même le tapis d'aiguilles de pins et engage une longue conversation téléphonique avec une personne qui m'est chère et qui me connait bien. Sans doute suis-je à la recherche d'un appui dans la signification de la traversée que je fais? En tout cas la discussion porte ses fruits. Je trouve une interlocutrice qui est un avocat sans concession de la poursuite de l'entreprise. Plus de doute, debout et marche. Je m'arrête dans le village de Eyne et mange la boîte de thon que je traîne depuis Tech. C'est pénible car on se met de l'huile partout et ensuite il faut trouver une poubelle, car pas question de remettre dans le sac cette boîte de conserve toute dégoulinante. N'en voyant pas dans les environs, je mets le tout dans un sac plastique que j'accroche sur le sac à dos. Dans ce village, l'année précédente, j' avais pris le fameux train jaune, expérience très intéressante. J'étais le seul voyageur sur le quai, le train est arrivé à faible allure et s'arrêta. Le chauffeur sortit la tête et me demanda si je voulais monter. Je lui répondis par l'affirmative et il m'enguirlanda presque en me faisant remarquer que normalement le train ne marque l'arrêt en gare que si on lui fait signe, et qu'il n'est pas devin et ne peut connaître mes intentions. Je devais donc m'estimer heureux qu'il se soit arrêté car de plus c'était le dernier de la journée. Après ce rappel de mes souvenirs, je repars. Avec la journée qui avance, la chaleur augmente. Après m'être perdu dans des champs cultivés, qui de toute évidence se sont appropriés le chemin, n'osant pas couper directement parmi les épis de blé, je fais moult détours. J'arrive enfin à Bourg Madame et passe la frontière. Manifestement les douaniers regardent les gens, est-ce dû au contrôle de l'immigration clandestine en Europe ? A Piugcerda je m'arrête et me mets à l'ombre dans un café. Pour ce sacro-saint moral à retrouver et à consolider, je sens qu'il faut que j'avance un grand coup, comme cela je serai irrémédiablement lancé dans l'aventure. Donc première décision, je laisse tomber le long détour par la Serra de Cadi et je file directement sur La Seu d'Urgel, en partie sur la route et en partie par des chemins qui traversent de petites villes un peu désaxées. L'important c'est qu'il n'y ait pas trop de montées et que le mouvement vers l'ouest soit significatif. A la sortie de l'agglomération, je distingue très nettement à une vingtaine de kilomètres au sud la barre impressionnante de la Serra des Cadi, sur une trentaine de kilomètres elle se lève d'est en ouest en une vague toujours au-dessus des 2000 mètres, et même pour sa moitié ouest toujours au-dessus des 2500 mètres. Résolument je m'engage sur la route à grande circulation, je vois un panneau qui indique 60 km alors que ma carte en indique un peu plus de 50 pour la ville de La Seu D'Urgel. Un super marché, j'achète une bouteille de banga de deux litres que je descends presque d'un coup, cela fait repas et boisson. Sur le goudron c'est une véritable canicule, avec la réverbération de la chaleur, les 35 degrés sont à mon avis atteints. Un grand magasin de chaussures dans une zone commerciale, j'en profite pour m'acheter des tongs pour remplacer mes sandales. Il y a des soldes, j'ai deux paires pour 7 euros mais je n'en veux qu'une. Dans mon espagnol hésitant j'explique qu'une seule suffit et que je ne désire pas en porter deux jusqu'à l'Atlantique. La charmante vendeuse finit par m'en vendre une paire pour 4 euros. Je retourne dans la fournaise avec l'intention de bien avancer avant le soir. Après une dizaine de kilomètres je me laisse tenter par le joli village de Ger qui domine la route, et pars à la recherche d'un logement. Le bistrot, dans lequel j'entre, loue des chambres certes à des prix non-modiques, mais de qualité. Pour une journée sans moral l'étape a été cependant importante. Je me promène dans cette petite cité toute en pente et termine dans un petit estanco. On est bien en Espagne et l'ambiance est très sympathique.
Huitième jour Principalement route de Ger N260 direction ouest
Au réveil, il fait presque nuit, cela ne provient pas de l'heure matinale mais de l'épaisseur des nuages. Je reprends la route à grande circulation sur une dizaine de kilomètres et me dirige vers la petite ville de Bellver de Cerdanya. Jolie agglomération à l'architecture de cachet avec ses belles maisons en pierre, ses magasins bien achalandés et sa foule qui se presse dans les rues. Une brume épaisse tombe, assortie d'une bruine tenace. Une route très peu fréquentée me permet de gagner dix kilomètres loin du raffut de la circulation. Cela me donne l'occasion de découvrir la belle église de Santà Eugènia de Nerellà. Vers les treize heures, retour sur la grand route à l'entrée de la ville de Martinet. Dans un bistrot comme on en trouve dans toutes les grandes cités européennes je profite d'une accélération des précipitations pour faire une pause. Sensation étonnante que de faire de longues distances à pied le long de grands axes routiers. Je pense à tous ces récits de voyage où durant des semaines voire plus l'itinéraire se déroule dans le souffle et les aspersions des camions lancés à toute allure. Je me remémore en particulier un pèlerin parti de Lyon pour Jérusalem et qui avait traversé une bonne partie de l'Italie dans ces conditions, ou encore Bernard Ollivier qui au cours de sa longue marche appréhendait la traversée des tunnels non éclairés quelque part au fond de l'Asie. Ma carte au 50 000 me permet de voir qu'un petit chemin se faufile entre la montagne et la rivière sur la rive opposée à la route, encore quelques kilomètres de gagnés loin des monstres d'acier puants et bruyants. Ensuite, après un bref retour sur cette N260 apparaît un camping à même le bord de la route. Bien qu'il ne soit pas tard je décide de m'y arrêter. Le temps s'est amélioré et rapidement la chaleur sèche le sol. Manifestement il n'y a pas grand monde, à tel point qu'il est impossible d'acheter quoique ce soit, le restaurant et l'épicerie étant fermés, donc ce soir mon réchaud me servira pour chauffer ma purée soupe, habituelle dans ces circonstances. C'est très simple à faire, c'est comestible, ça cale sérieusement, que demander de plus? Je m'installe au bord de la rivière sous un rayon de soleil et je m'y trouve très bien. J'observe les petits verrons qui farfouillent les gravillons dans quelques centimètres d'eau un peu à l'écart du courant principal du cours d'eau. Soudain, sortant des profondeurs agitées par le courant, une belle truite fait un passage rapide mais ne réussit pas à attraper une proie. Être le témoin d'une scène de ce type, somme toute banale dans la nature, me remplit de joie, et c'est très bon pour le moral.
Neuvième jour N260 jusqu'à la Seu D'Urgel puis GR7 jusqu'à la Farga des Moles
L'étape de ce jour doit me conduire au moins à La Seu D'Urgel. Afin de continuer à bien avancer tout se fera par la route. D'ailleurs, vu l'endroit où je me trouve, il n'y a pas d'autre choix. La vallée est encaissée, la route domine d'assez haut, aucune possibilité de progression près de la rivière et le versant raide ne permet pas de prendre des chemins en amont. Donc je me lance sur le bitume, tôt le matin peu de circulation et température clémente. Surprenant je trouve du plaisir à avancer comme cela sur une route nationale. D'ailleurs par endroits les points de vue sont magnifiques. Un seul tunnel se présente, évitable par l'ancienne route. Par endroits l'espace derrière le rail de sécurité ne permet pas de marcher, car il y a presque directement le vide. J'avance donc sur la route bien collé au bord métallique, m'immobilisant lorsque un camion arrive, ou même j'enjambe le rail et attends qu'il soit passé pour revenir sur le goudron. A un moment, marchant sur la chaussée, je vois arriver face à moi un cycliste et derrière lui à vive allure un camion survient. Vu l'étroitesse des lieux je réalise que si le vélo fait un écart pour m'éviter, il court un grand risque de se faire écraser par le bolide lancé à 100 à l'heure. Je saute précipitamment le rail, le cycliste y reste collé et le camion le frôle dans un grondement. Vers les onze heures j'atteins la petite ville désirée depuis avant-hier. L'entrée se fait le long de belles allées verdoyantes qui longent le cours d'eau. Je traverse cette agglomération qui s'étale sur un bon kilomètre, puis près de la sortie je fais une halte dans un restaurant. Il se situe à un carrefour particulièrement passant, en effet l'une des routes remonte directement au Pas de la Case. Bien qu'ayant bu deux bières et mangé comme un boa, je repars sous le cagnard. J'emprunte le GR7 sur une dizaine de kilomètres. Bien que remontant la vallée qui conduit au Pas de la Case, le trafic n'est pas gênant, le chemin étant souvent à bonne distance de l'asphalte. Un embranchement de vallées apparaît, et là se niche la Farga de Moles et son camping. Site agréable dans un décor verdoyant. Le mois de juin est une période propice à la balade car les fonds de vallées ne sont pas encore brûlés par les chaleurs et les sécheresses de l'été. Ce soir, encore un match de foot, je ne me souviens plus quelles étaient les équipes en compétition.
Dixième jour petite route et hors chemin balisé jusqu'au village de Tirvia
Aujourd'hui l'aventure reprend. En effet je vais essayer de rejoindre au mieux le Val D'aran en dehors de tout itinéraire balisé. Pour corser la chose, il me manque un bout de carte sur une bonne distance. Mais de la fin de ma première carte je devrais voir une montagne caractéristique qui se trouve sur la seconde. Tout commence par une petite route qui serpente dans une vallée étroite. Un gros chien décide de m'accompagner, il me suivra deux bonnes heures. Passé un premier village, j'arrive à Civis et prends une sente qui monte raide. Alors je dis à mon compagnon à quatre pattes de retourner chez lui. Il n'en fallait pas plus pour qu'il fasse demi-tour, à moins que de lui-même il ait décidé de s'arrêter à la fin du goudron. Le chemin suit des flancs arides et escarpés, la solitude est vraiment présente. Le col de Confluent est atteint, un peu plus de 2000 mètres d'altitude, et je suis en bout de carte. Très bien, est-ce que mon pronostic s'avère exact ? Effectivement, une vallée se présente avec un large débouché vers la gauche et une montagne sur la droite avec un petit col, qui doit correspondre à celui que je compte rejoindre. Dans la partie manquante je rencontre même un hameau désert, mais équipé d'une belle fontaine, qui est la bienvenue car je manque d'eau depuis plusieurs heures. Une fois près d'une rivière je repars à l'assaut du versant opposé vers le col identifié. Étant dans la forêt sur le flanc de la montagne, évidemment mon lieu de passage désiré disparaît du champ de vision. Il me faut partir à l'estime, dans un immense versant encombré d'arbres abattus à enjamber. J'ai le sentiment que je ne vais pas y arriver. Je me traîne de tronc en tronc en essayant de les escalader le plus rapidement possible sans dépenser trop d'énergie et sans me blesser. Après un moment qui me semble une éternité, les troncs s'espacent et je pressens la fin du calvaire. J'atteins une prairie encaissée dans un vallon, au fond duquel court un ruisseau. Je décide de le suivre, en effet il monte c'est bien et de plus le cheminement est dégagé. Ce sont déjà des éléments très favorables. Mais est-ce que de plus ce vallon aura le bon goût de conduire là où je veux aller ? En tout cas après le supplice que je viens de vivre, avancer à bonne vitesse sur une herbe souple procure un grand plaisir. Certes la pente est raide et irrégulière d'où un champ de vision très restreint. La direction me semble bonne, et de fait après une petite heure de montée je tombe pile sur un collet qui se découvre au tout dernier moment. Je sors ma nouvelle carte et miracle, ce que je vois devant moi correspond exactement à ce qui est décrit. Dans la vallée tout en bas deux villages Burg et Tirvia. Ce dernier aux environs des 900 mètres, donc quelques 1400 mètres en aval. A vol d'oiseau la distance est de l'ordre de huit kilomètres. Ma carte n'indique qu'une vague piste en pointillé, que je ne trouve pas. Mais la descente se fait à travers prés et broussailles. Toujours un passage se découvre au dernier moment, un vrai bonheur, une petite trace de ci delà laissée par des animaux sauvages ou domestiques et hop quelques mètres de gagnés. Au détour d'une ruine noyée dans de grandes herbes, une grosse couleuvre me détale dans les pieds. L'après-midi est beau, quelques petits nuages épars signe de stabilité, pas d'orage à craindre, le vent froid qui m'accompagne un jour sur deux est absent. Cette étape avec son caractère particulier est l'une de celles qui me laissera un des meilleurs souvenirs. Sur la trentaine de kilomètres, voire plus, parcourus, je n'ai rencontré qu'une femme le matin en passant un premier village. Nos montagnes européennes, dès que l'on sort des grands axes de randonnée à la mode, sont presque désertes. J'aurai l'occasion de le constater encore au cours d'étapes à venir dans des variantes du GR 11. Arrivée au village de Tirvia, écrasé sous la chaleur de milieu d'après-midi. Euréka!! Il y a un petit hôtel à la façade sympathique qui donne sur la place centrale. Je commence par boire une bonne bière, car l'eau a été rare aujourd'hui. En effet, j'ai évité de faire le plein à la rivière, n'utilisant les cachets qu'à la dernière extrémité. L'eau en montagne, je la bois sans traitement lorsqu'elle sort de terre ou de la roche, considérant que le passage dans le sol est un filtre. De même je la bois à l'air libre lorsqu'elle court au-dessus de la zone de végétation si elle ne provient pas d'un lac. Soirée agréable, menu de qualité, il faut dire qu'après un effort comme celui d'aujourd'hui tout aliment a la saveur de ce que Bocuse vous propose. Le propriétaire est tout étonné de ma réponse lorsqu'il me demande où je vais. De toute évidence je suis en dehors des routes habituelles de la traversée des Pyrénées.
Onzième jour de Tirvia hors chemin puis route et chemin jusqu'à Espot
De l'hôtel, je distingue très bien en face, de l'autre côté de la vallée le début de mon étape. Ma carte m'indique qu'une sente conduit au petit pic qui nous domine fièrement. D'abord rejoindre le fond de la vallée. Soit suivre la route qui fait un détour ou couper directement dans la pente qui donne directement sur la rivière. Je m'avance au bout du plateau sur lequel se trouve le village pour me faire une idée de la praticabilité d'un passage direct. Une grosse centaine de mètres dans une pente très raide, mais de nombreux arbres. L'affaire semble jouable. En effet la végétation et le sol meuble me permettent de rejoindre le lit de la rivière facilement. Une fois en bas pas d'autre possibilité que de traverser, heureusement la profondeur et le courant sont faibles. La petite zone à la confluence de quatre vallées est prestement traversée et je m'engage dans la forêt qui doit me conduire au Pic de l'Orri, quelques six cents mètres plus haut. De toute évidence ce sentier n'attire pas les foules. De temps à autre une vague trace, mais le plus souvent la progression est conduite par les zones de moindre résistance végétale. Je débouche à un collet, j'y laisse mon sac et continue. J'ai un peu l'impression d'être le premier à fouler ce sommet modeste qui culmine à 1444 mètres. Je découvre un vaste panorama. Mon belvédère est de tout premier ordre pour visualiser le reste de mon étape du jour. Cela commence par plusieurs kilomètres à flanc parmi buissons et épines sans cheminement bien établi. Au gré des zones aérées je zigzague avec par endroits de petits soucis, car ça pique vite et fort. Pourvu que je ne soit pas obligé de rebrousser chemin. En effet je distingue bien une route dans la vallée bien plus bas, mais la descente directe me semble particulièrement exposée sur des terrains raides où la chute serait sans doute mortelle. Donc persévérer sur cet immense pente de montagne. J'aperçois un reste de chemin creusé à même la roche. Je l'atteins en me hissant à travers piquants et ronces. Je le suis quelques dizaines de mètres et soudain au niveau d'une gorge, il n'est plus praticable et toute progression est interdite. Demi-tour dans cette jungle. Je sens que le village aperçu du sommet n'est plus très loin, il y a forcément un passage, car je constate de nombreuses traces d'ovins et de bovins. En effet, une rupture de pente de quelques mètres me donne accès au fond de cette petite gorge escarpée, et rapidement sur l'autre versant un bon chemin s'amorce et me conduit en quelques centaines de mètres au centre d'un joli bourg bien restauré. Je fais une pause au lavoir, bien au frais. Mon horizon s'éclaircit. Une route aérienne descend lentement vers la grande vallée que je dois remonter quelque temps avant de rejoindre sur le versant opposé la station estivale d'Espot, l'un des points d'entrée dans ce magnifique parc national d'Aigüestortes. Encore quelques heures de marche sans histoire mais fort agréables avant d'arriver à Espot. J'en profite pour m'acheter un bâton, qui malheureusement n'est pas très solide malgré son prix, et qui ne durera que le temps d'une étape un tiers. Je le garderai cependant bien qu'ayant perdu le quart inférieur. A la sortie du village, un camping accueillant presque désert, même dans des endroits touristiques comme celui-là au mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Avec la majorité des quinquas européens à la retraite je m'attendais à trouver plus de monde. Le camping dans ces conditions de faible affluence est une activité très supportable même agréable. Seul petit ennui, ma tente est mono-paroi et la condensation est importante même toute ouverte, donc cela nécessite durant la journée de guetter un rayon de soleil pour faire sécher le tout. En été cela ne pose généralement pas de problème.
Douzième jour GR 11 de Espot au refuge du Montardo (Restanca)
Quelques gouttes durant la nuit ont claqué sur la toile, mais rien de grave. Ce matin le temps est correct. Départ matinal. Deux gentilles dames me proposent de me déposer au bout de la route, avec le sourire je refuse. Il faut bien reconnaître que cette piste de 4 ou 5 kilomètres qui conduit au parking de départ de randonnées magnifiques n'est pas des plus intéressantes, mais la traversée doit se faire intégralement à pied. Enfin arrive la barrière d'interdiction de passage des véhicules. Peu de distance après, le premier lac, il est de belle taille. Je le longe par la droite et vers le fond le chemin s'élève dans des escarpements. Ces zones granitiques où gros blocs et sapins alternent sont magnifiques. En une succession de montées et descentes je passe de nombreux lacs de toutes formes. Les petits cols que je franchis, sont à chaque fois de magnifiques points d'observation de cette région exceptionnelle. Au bord d'une étendue d'eau perchée je fais une halte, le site est vraiment extraordinaire, de toutes parts des lacs s'étalent. La zone est si vaste qu'il est facile de s'éloigner du chemin balisé et de se déplacer sur de larges plaques granitiques qui offrent un cheminement généralement aisé et qui permettent des vues plongeantes sur les plans d'eau. Une dernière montée raide avant de descendre sur le refuge de la Restanca, situé juste au pied du Montarto, magnifique montagne du sommet de laquelle on peut apercevoir jusqu'à 80 lacs. Il y a bien longtemps, j'y étais monté en hiver, tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, je ne peux donc pas confirmer que l'on peut vraiment en compter 80. Le refuge est bondé, étant seul je suis accepté, par contre généralement en groupe l'hébergement demande de l'anticipation. Si j'étais courageux je me contenterais d'y manger et repartirais dormir plus haut sur un replat de la HRP. Mais le temps qui se couvre et la pluie qui s'annonce m'enlèvent tout courage et je vais choisir la nuit dans un petit dortoir bondé.
Treizième jour HRP puis GR 11 jusqu'à la cabane de Coronas (pied de l'Aneto)
Nuit difficile entre bruit de pluie violente et raclements de gorges multiples, au matin les désagréments de la surpopulation, malgré une envie pressante pas moyen de trouver des toilettes libres, donc courir à l'extérieur se cacher au moins mal et si possible au plus loin du refuge. Je fuis rapidement une fois le petit déjeuner pris. Sur cette portion de la HRP je suis seul car le temps n'est pas beau, il pleut mais la visibilité reste correcte. Une demi-heure après être parti je tombe sur mon premier solitaire en sens inverse. Il s'agit d'un Anglais qui vient de se faire saucer toute la nuit pratiquement sans matériel. Il est tellement trempé qu'il est en short et tee-shirt, mais ça le fait rigoler et sa volonté d'atteindre la Méditerranée n'est pas entamée. Nous discutons une dizaine de minutes et reprenons chacun notre chemin. Je suis plein d'admiration pour ces British que rien n'émeut. Le parcours de la HRP, c'est souvent magnifique. J'en connais quelques passages en particulier ceux d'Ariège vers le Mont Rouch, grandiose. Aujourd'hui ce tronçon par temps hostile fait ressortir toute la beauté de ce monde de pierre et d'eau. Les cairns sont assez nombreux et il n'y a aucun problème de cheminement, il faut dire que le fait de longer des lacs facilite l'orientation. Passage raide pour arriver à un col à 2510 mètres, la pluie s'intensifie. La descente est glissante, attention de ne pas aller trop vite. Encore des lacs et retour sur le Gr 11, où de nouveau je croise quelques groupes de randonneurs sous leur cape. Je constate que mon bâton est tordu et qu'il me manque la partie inférieure, tant pis il m'est toujours possible de m'y appuyer. Je longe le lac de Rius et m'engage dans une longue descente sous une forte pluie. Le fond de la vallée est atteint, le chemin débouche à proximité de l'entrée du tunnel de Viehla. Il n'est que midi ou un peu plus, vais-je rester dans cet endroit en attendant des conditions meilleures? Par ce temps il est exclu de continuer par la HRP, et le GR11 passe deux cols dont le plus haut est à 2720, ce qui fait pour l'après-midi un dénivelé cumulé de plus de 1800 mètres. J'hésite, vais visiter le refuge, et l'impatience me dominant, je décide de partir, il sera toujours temps de redescendre ou de m'arrêter dans le petit refuge d'Anglos perdu quelque part entre deux lacs à 2300 mètres. C'est parti, je descends la grand route jusqu'à un lac de barrage. A droite l'itinéraire escalade une forêt raide. Les nuages accrochent tous les reliefs, cependant la pluie cesse. Je quitte le goudron à treize heures trente, ce qui laisse de la marge avant la nuit. Immédiatement j'adopte un bon rythme sur ce sentier qui monte droit. Je me sens bien, l'air est frais, le cadre est grandiose et un peu mystérieux. En une heure j'abats plus de 600 mètres de dénivelé sans vraiment forcer, je commence à croire que je peux basculer ce soir du côté de Benasque. Sans que mon allure ne se modifie j'atteins le premier lac et je vois la petite cabane d'Anglos. Effectivement par temps de brouillard elle doit être difficile à trouver, mais cet après-midi on s'oriente vers une embellie. Je croise un couple de Hollandais. Ils viennent de faire une étape épuisante et espèrent rejoindre le fond de la vallée ce soir. Les lacs se succèdent, vu du haut ils ont des reflets lugubres à cause des nuages, et comme la pierre les entourant est sombre et mouillée l'ambiance est particulièrement austère. J'aborde la zone où seule la caillasse survit. Le premier col se présente. De ce lieu, je vois très nettement le second, pente de cailloux raide. Pour le rejoindre il me faut redescendre à un petit lac qui apparaît comme un trou noir. Que la montagne est belle dans ces conditions. Au niveau du lac une abondante source sourd de sous de grosses pierres, je m'abreuve longuement. La remontée pour atteindre le col de Ballibierna à 2720 mètres me demande presque une heure, la fatigue commençant à se faire sentir. La vue s'étend à un immense vallon dominé par l'Aneto. Les Pyrénées de toute évidence sont de hautes montagnes. Ce coin est très sauvage. Une pause bien méritée me permet de m'imprégner de l'esprit du lieu. Il n'y a rien de tel qu'un peu de stress engendré par des conditions douteuses pour déclencher le turbo. Maintenant retour au calme, pas de doute je dormirai dans la vallée qui conduit à Benasque. La descente promet d'être longue. Elle commence par un incroyable chaos de gros blocs qui obligent à de nombreux sauts. Attention de ne pas glisser sur la pierre détrempée car la chute est souvent très mauvaise et une fracture de la jambe ici risque d'être particulièrement inconfortable. Je contourne un lac toujours au milieu de ce chaos de blocs, presque de l'escalade au-dessus de l'eau. Avec un peu de neige le passage doit être scabreux. Enfin j'arrive sur un terrain un peu plus conforme à la randonnée, une immense descente commence. Ce versant sud de l'Aneto est très vaste et l'on ne prend pas bien conscience des distances. Je rentre dans une forêt de pins clairsemés. Sur le bord du chemin un couple de jeunes est assis, je leur demande si le refuge de Coronas est encore loin, ils me disent que j'y suis presque. Cependant il me faut encore un temps que je trouve interminable pour le rejoindre. Enfin, le voilà, il s'agit d'une cabane carrée sans aménagement aucun, mais au moins elle est propre. Souvent je passe de petits abris dans un état de saleté repoussant, encombrés d'une multitude d'objets hétéroclites, et il ne me viendrait pas à l'idée d'y dormir, à moins d'être confronté à des conditions apocalyptiques. Dans le cas présent rien de tel, le lieu est accueillant, deux Espagnols y sont déjà installés. Après les avoir salués, un petit tour à la rivière pour me laver et par chance juste sous un rayon de soleil réapparu. Un peu plus tard une bande de jeunes Français arrive. Demain ils veulent faire l'Aneto. La soirée sera agréable à discuter de choses et d'autres, en particulier d'études et de métiers. Je suis frappé par les remarques et la désillusion d'une fille d'une vingtaine d'années qui est sûre que ses études ne lui donneront aucun débouché dans la vie. Pourquoi avoir choisi cette filière et y persévérer ? Mystère !!!
Quatorzième jour GR 11 de la cabane de Coronas au gîte de Biados
Les Français partent très tôt pour leur ascension, un peu plus tard les Espagnols suivent le Gr11 en direction de l'est. Je me retrouve seul, vers les sept heures je reprends mon chemin. Tout d'abord une piste en fond de vallée me conduit jusqu'au Rio Esera. Un peu au-dessus de Benasque, arrêt dans un camping où il est possible de se ravitailler. Le chemin contourne par l'est et le nord l'impressionnant massif des Posets qui culmine à 3369 mètres. L'air est froid et le vent âpre. Quelques rares randonneurs croisés, la montagne a décidé d'être sinon hostile tout au moins désagréable. Apparaît le refuge d'Estos, j'y bois un coca-cola à l'abri du froid puis en avant direction le Puerto de Gistain. Les dernières centaines de mètres sont enneigées, mais la portance est bonne et l'allure n'est pas ralentie. Ce col perdu à plus de 2600 mètres a un petit air de lointain, mais les courants d'air ne me donnent aucune envie de m'attarder. Je me hâte de descendre au refuge de Biados. La carte présente une imprécision, en effet le chemin est indiqué rive gauche, alors je m'entête à progresser de ce côté mais la marche devient difficile et dangereuse, alors que de l'autre côté se trouve un beau sentier. Après avoir joué les funambules sur des roulements à billes pentus, je retourne traverser la rivière en amont et rejoins après quelques kilomètres le refuge de Biados. Il est temps d'arriver, un orage se déclenche. En face dans ces nuées, les Posets sont très impressionnants. L'accueil est sympathique le repas copieux et au diable la tempérance, je bois entièrement ma superbe bouteille de Rioja. Donc évidemment pour plusieurs raisons la nuit sera excellente, de plus je suis seul dans le dortoir.
Quinzième jour GR 11 de Biados à Bielsa puis route jusqu'à la vallée de Pineta
Départ de bonne heure par beau temps, l'air est frais et toujours cette bise désagréable. Je reste sur le GR11, le seul col de la journée se trouve 800 mètres au-dessus. Après avoir cheminé dans une forêt à l'abri du vent je me trouve de nouveau confronté à ses assauts. Le seul avantage, on n'a pas trop chaud, dans le fond le rythme doit en être amélioré. Au cours de la montée deux jeunes sont arrêtés pour se faire chauffer du thé. Ils sont en train de galérer sur la HRP, affublés de sacs énormes, et la nuit qu'ils viennent de vivre n'a pas été très confortable. Je leur souhaite bon courage pour la suite et me remets en route. A proximité du col je rencontre mon deuxième solitaire. Il s'agit d'un pur et dur. Bien qu'ayant dépassé la soixantaine il porte un sac de 20 kilogrammes et met un point d'honneur à passer toutes les nuits sous tente. Cette dernière est d'ailleurs particulièrement robuste et pèse dans les trois kilos. Nous entamons la conversation, ayant eu des métiers assez proches, nous nous découvrons des connaissances communes, le monde est petit. Il me met en garde concernant la variante qui passe dans le flanc sud-est du Mont Perdu. C'est justement là que j'espère passer. Il s'avérera que son évaluation était un peu alarmiste, tout du moins par temps correct. Nous envisageons même de casser la croûte ensemble, mais la fraîcheur ambiante nous rappelle vite à l'ordre. Nous reprenons donc chacun notre chemin. Le col, qui domine un petit lac, est vite atteint. Le lieu est austère. Je croise deux personnes et me dépêche dans la descente pour me réchauffer. 1000 mètres de dénivelé me mènent à la route de Bielsa pas très loin du tunnel frontière. En fond de vallée la température est plus clémente. Ne comptant pas faire tous les détours du GR, je prends la route jusqu'à Bielsa afin de rejoindre directement la vallée de Pineta. Durant cette dernière partie un automobiliste s'arrête et me propose de monter, je lui explique ma démarche, et le gratifie d'un grand merci. Même si je refuse cela fait toujours plaisir. Au milieu de cette magnifique vallée je m'arrête dans un camping. Après m'être installé et avoir pris une douche chaude, la première depuis quatre jours, je vais m'installer dans la grande salle de restauration. Là, rapidement, je comprends la raison de l'excitation générale, ce soir il y a Espagne France. Je constate que je suis le seul Français. Après avoir mangé, tout le monde se retrouve devant le poste de télévision. Je sens que ça va être chaud. Le match commence. Les Espagnols marquent le premier but, déclenchement de hurlements. Ça se calme, le match continue. Les Français égalisent, je marque ma joie en levant les bras. Une vingtaine de têtes à la mine sombre me regarde d'un air réprobateur, presque hostile. J'abandonne immédiatement mon sourire. Le match continue, les Français marquent une deuxième fois, toutes les têtes se tournent à nouveau vers moi, je fais bien attention de ne manifester aucun signe de joie. Le match continue, les Français mettent un troisième but, je fais comme si je ne l'avais pas vu, par contre tous les Espagnols s'en vont, il est vrai que nous sommes pratiquement en fin de partie. Lorsque presque tout le monde a déserté la pièce et que la partie s'achève effectivement, une vieille dame s'approche et me dit avec un fort accent belge «ah! c'est bien ils ont gagné». Il y avait donc au moins deux supporters dans la salle. Je rejoins ma tente tout joyeux, mais c'est sous une averse que je m'endors. Cela est un peu inquiétant, car l'étape de demain par mauvais temps cela risque d'être scabreux.
Seizième jour GR11 jusqu'au col de Niscles, variante pied Mont Perdu, vallée d'Ordesa
Je me lève avec le jour, ayant bien l'intention de profiter de la plus petite fenêtre de beau temps. Tout est calme, mais à l'humidité dans l'air on sent bien que cela n'est que provisoire. Le décor est fantastique, ces trois vallées que sont Pineta, Ordessa et la Niscle représentent pour moi parmi les sites de montagne les plus beaux que j'ai vus dans ma vie. Et justement l'étape de ce jour me permettra de les côtoyer toutes les trois, si la visibilité se maintient. Les cinq ou six kilomètres de goudron sont rapidement avalés, presque au pas de course. Au niveau du refuge de Pineta, 90 degrés gauche et direction l'immense paroi à remonter pour accéder au col de Niscle, 1300 mètres plus haut. Il me faut d'abord traverser le rio Cinca en enlevant mes chaussures, et la montée débute. Le sentier est époustouflant, la pente démarre raide pour ne faiblir qu'au col. Immense moment de bonheur que de parcourir ce chemin aérien avec le soleil qui apparaît à l'horizon, tout baigné de teintes rouges qui ne sont pas annonciatrices de beau temps. Je suis seul, depuis le réveil je n'ai vu personne, même sur les kilomètres de route pas une voiture. Heureusement d'ailleurs car je crois bien que je me serais laissé tenté, tant je suis pressé de passer avant la pluie, au moins arriver au refuge de Goriz. Le plaisir prend le dessus, par endroits il est obligatoire de mettre les mains pour progresser. Parfois en regardant au-dessus on reste perplexe quant à l'itinéraire tellement le flanc de la montagne est escarpé. Mais au fur et à mesure de la progression un chemin toujours tracé se dévoile. La montée est rapide et le panorama s'élargissant à vue d'œil procure une sensation très agréable. Arrivée au col vers les huit ou neuf heures du matin. Le décor d'un côté sur Pineta et de l'autre sur la Niscle est très impressionnant. Malgré le temps qui évolue, je marque un arrêt pour profiter de ce spectacle rare. Le Gr11 plonge directement, tandis que mon itinéraire part sur la droite pour aller se faufiler entre des barres rocheuses sur les flancs du Mont Perdu. D'ici cela semble vertigineux, mais je sais que l'équipement facilitera grandement la tâche. Un peu avant le câble je croise trois personnes, dont l'une de toute évidence a été très impressionnée. Je me hâte car le temps se couvre et par temps de brouillard sur le versant sud du Mont Perdu ça devient ''paumatoire''. J'arrive au fameux passage contre lequel mon solitaire d'hier m'avait mis en garde. J'y croise un groupe de Français, originaires du Puy-En-Velay, la veille ils ont gravi le Mont Perdu. Bien évidemment il n'est question que du match de foot d'hier, car au refuge ils se sont sentis très frustrés sans télévision. On en profite pour rigoler un grand coup, puis avec empressement nous reprenons notre chemin. J'aborde de grandes zones de pierriers dans lesquelles il est facile de perdre le sentier tout en gardant la bonne direction, lorsque la visibilité est bonne. Plus j'avance, pratiquement à niveau en tournant autour du Mont Perdu, plus la grande faille comme coupée d'un grand coup de sabre d'Ordesa prend de l'ampleur. Il me semble distinguer sur le versant droit de cette gorge grandiose la fameuse ''fara des flores'' sur laquelle je ne souviens avoir bivouaqué à côté d'un isard à moins que ce ne soit un bouquetin, en effet je garde le souvenir d'un animal de belle taille. Manifestement j'étais à un endroit qu'il affectionnait, car il ne voulait pas partir, à son corps défendant l'herbe était douce malgré l'altitude et le sol plat. Je me souviens aussi que dans ces grands à pics par endroits la densité d'édelweiss était telle qu'il n'était pas toujours possible d'éviter de les fouler. La pluie qui commence à marteler le sol me tire de ma rêverie. Me hâter d'arriver au refuge, pour le moment la visibilité est toujours bonne. Je prends réellement conscience que dans le brouillard dans ces parages, il faut coller à l'altimètre en espérant buter sur le refuge. Heureusement je ne suis pas acculé à ces extrémités. Enfin je l'aperçois. Je m'y engouffre, il est bondé. Il n'est pas loin de midi, je déjeune avec appétit, la matinée a été bien remplie. Le mauvais temps s'installe franchement, mais plus rien à craindre, un très bon chemin sans risque d'erreur va me permettre de descendre. J'espère ce soir être sorti de ce lieu magnifique mais très touristique. Je parcours une quinzaine de kilomètres entre cascades et parois géantes, le tout dans une foule presque compacte et sous des cataractes avec de temps en temps le tonnerre qui se répercute entre les montagnes. Enfin j'arrive au parking, incroyable, il y a des centaines de voitures et de cars. Il faut bien reconnaître que le site est époustouflant par son gigantisme. Malgré la pluie je n'ai pu m'empêcher de scruter sous tous ses angles ce miracle de la nature. Heureusement que le brouillard ne s'est pas mis de la partie, le spectacle en aurait été vraiment affecté, et j'en aurais ressenti une grande frustration. Une fois les aires de stationnement dépassées, vite m'éloigner, d'après ma carte un chemin se faufile sous la route. Je ne le trouve pas, donc encore 4 ou 5 kilomètres de goudron dans un trafic important. Une conductrice s'arrête pour me prendre et dans mon espagnol hésitant je lui répète que je veux aller de la Méditerranée à l'Atlantique uniquement à pied. Je la remercie et elle me gratifie d'un joli sourire. Une fois arrivé à la naissance de la vallée d'Ordesa, je tourne à droite direction le nord, et j'abandonne le gros du flot de touristes qui prend la direction opposée. D'un pas alerte je remonte une gorge encaissée. Et là je tombe sur mon troisième arpenteur solitaire. Il s'agit d'un Anglais plus très jeune, élégamment habillé à la langue parfaite d'Oxford ou de Cambridge. En tous cas il parle très distinctement et la langue de Shakespeare dans ces conditions c'est un vrai plaisir. Il a une connaissance encyclopédique des montagnes françaises, et il agrémente sa conversation de petits éclats de rire francs et sonores. Il ne fait pas vraiment dans le flegme. A regret je reprends ma route, j'aurais bien passé la soirée avec lui à l'écouter me conter ses aventures alpestres. Quelques kilomètres plus haut je tombe sur un petit camping très accueillant. Manifestement l'endroit a aussi eu sa ration d'eau aujourd'hui. Trouver une place pas complètement mouillée pour installer ma tente relève de la gageure. Pas grave, ma tente est bien étanche, trop d'ailleurs. Le restaurant est une merveille, le cadre et le menu ainsi que la gentillesse du personnel me ravissent. Quand je pense aux deux premiers solitaires rencontrés, je me rends compte que contrairement à eux je ne voyage pas à la dure et me laisse vite tenter par les petits plaisirs mis sur ma route. J'en aurai une autre preuve encore plus éclatante dans deux jours, en croisant un vieil Allemand. Je comprendrai toute la signification du mot Sparsamkeit (économie). Pour le moment sans complexe je m'empiffre de mets délicieux, charcuterie fine, légumes cuits juste ce qu'il faut, une magnifique côte bien épaisse et saignante, le tout arrosé d'un Rioja capiteux et fruité d'une belle longueur en bouche. Une fois le repas terminé, baigné d'une douce torpeur, j'essaie de me glisser dans ma tente sans trop me mouiller. Je m'endors sans doute vite, car je n'ai plus aucun souvenir de cette nuit.
Dix-septième jour variante GR 11 Sierras Turbon et Tendegnera, ville de Escarrill
Je me réveille bien reposé mais passablement humide, l'air étant tellement saturé en humidité que par capillarité ou autre phénomène physique il a imprégné tous les tissus. Pas de panique, ce n'est pas ce matin que je peux faire sécher mes affaires. Deux possibilités, soit vers midi je me trouve à un endroit bien ensoleillé et au cours d'une sieste d'une heure j'étale le tout, à moins d'arriver relativement tôt cet après-midi et tout aérer à ce moment. Le temps est très beau, le ciel limpide, il fait frais, de bons critères de beau temps. L'étape de ce jour va être particulière sauvage. Je vais longer par le nord les sierras Turbon et Tendegnera ( j'écris gn à la place de n avec tilde, car mon clavier ne comporte pas ce signe). Je ne vais pas voir une seule personne de toute la journée. A vrai dire pour être précis j'apercevrai dans le lointain deux personnes en train d'atteindre le pic de Tendegnera. Je commence par remonter la route une petite heure et je bifurque à gauche dans un magnifique vallon à l'herbe grasse et aux fleurs nombreuses. La fleur qui va m'accompagner tout au long de cette traversée c'est l'iris des Pyrénées au bleu mauve profond, sans oublier quelques exemplaires jaunes. Je suis encadré de belles faces rocheuses éclatantes parfois aux teintes très claires. Je distingue bien sur le bord droit du vallon le col que je veux atteindre. Je rejoins le petit refuge d'Otal, qui est un véritable taudis et à partir de là le chemin disparaît. Peu de temps auparavant j'ai bien vu quelques vagues traces rouges et blanches certes bien abimées mais bien réelles. Devant moi une pente raide de 500 mètres de dénivelé au-dessus de laquelle un replat semble conduire au col. J'attaque directement, l'herbe se met à glisser. Par endroits je rejoins de petites zones rocheuses qui me permettent de mieux me stabiliser, mais ce n'est jamais difficile bien que les cent derniers mètres deviennent très raides. Comme par miracle je débouche sur un petit replat où une sente mène au col. Un fois arrivé à ce lieu de passage, j'embrasse du regard toute la Sierra Tendegnera. Immenses parois calcaires sombres presque noires couvertes de stries horizontales, quelle austérité cette chaîne dégage ! Comme tout grimpeur j'essaie d'imaginer des itinéraires dans ces murs lugubres, rarement montagnes m'ont inspiré cette sorte d'effroi. Il fait bon, j'ai bien avancé je m'octroie une pause dans cet endroit enchanté entouré de roches de toutes les couleurs, cela me rappelle un lieu magique côtoyé comme dans un rêve en Afghanistan. Par un temps qui se maintient au beau fixe, j'entreprends la descente d'un immense vallon, d'abord à travers pierriers puis par une sente qui serpente dans l'herbe et les cailloux. Au-dessus de moi en permanence les grandes faces sombres striées en forme de pelles de la Sierra Tendegnera jettent un regard froid. Une petite stèle adossée à un rocher rappelle la mémoire d'un jeune Anglais qui a voulu dompter ses murs froids. Et toujours pas âme qui vive dans cette nature grandiose. Un petit refuge en bord de chemin montre le même état de saleté que ceux croisés jusqu'à maintenant. L'altitude diminue et la chaleur augmente. Vers les quatorze heures je quitte le royaume désert de la montagne pour me trouver subitement précipité dans le monde bruyant des hommes. Sans transition ou presque je passe des prairies fleuries à une grande carrière surchauffée dans laquelle de nombreux camions soulèvent des nuages de poussière. Me voilà sur le bitume et en quelques kilomètres sous une chaleur torride je rejoins la petite ville d'Escarrill. A l'entrée de l'agglomération je m'assois à l'abri dans le premier bistrot. Je commande une grande bière. Le serveur est un grand noir avenant, et bien évidemment la conversation s'engage au sujet du prochain match, France Brésil. Il est sceptique sur la capacité des Français à triompher de cette équipe mythique, bien qu'ils aient déjà joliment réussi cet exploit en 1998 par 3-0 en finale. On verra bien, l'épreuve se déroule dans deux jours. Pour le moment je reprends la marche et traverse cette petite ville endormie sous la chaleur d'un soleil vertical. A l'extrémité nord de cette cité, un grand camping étale sa multitude de mobilhomes et de grandes tentes. Une place m'est indiquée, j'y déploie mes affaires, qui vont sécher rapidement. Ma tente montée ressemble à un microbe au milieu de mastodontes.
Dix-huitième jour hors chemin balisé jusqu'au col de Escarra puis GR 11 vers Somport
Très bonne nuit, aucun bruit, le camping est presque désert, pourtant le mois de juillet n'est pas loin et vu les infrastructures nous sommes dans une région touristique. Peut-être cette ville sert-elle de dortoir au profit de la petite station de ski traversée hier ? Ce matin tout est très sec, ayant dormi tente grande ouverte la condensation est faible. Temps superbe, il me faudra vite quitter ce fond de vallée avant la chaleur. Le temps moyen et froid que j'ai eu jusqu'à présent m'a rendu l'entreprise plus facile. En effet, souvent au cours de narrations concernant le versant sud des Pyrénées ce qui ressort c'est la chaleur présentée comme un facteur de souffrance. Au moins je ne peux pas dire la même chose. Sac rapidement bouclé j'abandonne le camping encore endormi. En quelques centaines de mètres une piste matérialisée sur ma carte est atteinte. Elle suit une petite rivière au pied d'une barre rocheuse. Plein d'espoir sur la beauté des kilomètres à venir, à l'idée que le chemin passe en plein dans cette jolie falaise. Je traverse le cours d'eau sur un barrage. La sente devient minuscule et puis elle disparaît complètement. J'insiste, et commence à escalader des rochers moussus dans une forêt d'arbustes agressifs. Après une demi-heure de bagarre, trempé de sueur et constellé d'épines de toutes sortes je fais demi-tour. De toute évidence pas de chemin. En regardant la falaise qui me domine, je me dit que si un itinéraire s'y faufilait j'en verrais bien quelques traces. Quand on ne sent vraiment pas la chose il ne faut pas s'entêter et avoir le courage de tout reprendre à zéro. Donc je rebrousse chemin et me retrouve devant mon camping une heure plus tard. Une route étroite et tortueuse part à l'ouest et me permet d'avancer dans le flanc de montagne qui doit me donner accès à un grand lac. Donc pas de panique, en faisant un azimut brutal plein ouest je tombe forcément sur ce plan d'eau de belle dimension. La route bifurque au sud, je pars plein champs dans des pentes raides. Je rejoins le lit aride d'un petit torrent qui me permet de déniveler rapidement malgré l'instabilité du sol. J'atteins un collet, duquel un vaste panorama se découvre. Ouf! mon lac est bien là. Mais au fond presque à l'infini je distingue le col par lequel je compte passer. La distance m'apparait énorme, un instant de doute me saisit, d'autant plus que je dois commencer par faire le tour du lac, qui fait quelques kilomètres. Comme toujours dans ces moments de doute, en écartant les doigts sur la carte, je me rassure en constatant que mon col est à moins de dix kilomètres topo. Ce serait bien le diable si en trois heures de marche rapide je n'y arrivais pas. Le calvaire du contournement commence, pas trop mal, même plutôt bien jusqu'au barrage, où je m'arrête pour contempler quelques poissons. Mais une fois de l'autre côté une sente boueuse inclinée vers le lac et complètement défoncée par les troupeaux de vaches va me donner le plaisir d'une bonne partie de glissades et de ''tordages'' de chevilles, toujours avec le risque de piquer au mieux une tête dans la boue et au pire la bouse. Enfin le supplice prend fin. Le collado de Escarra du haut de ses deux mille trois cent et quelques mètres semble déjà plus près. En deux petites heures avec parfois des doutes sur l'itinéraire, j'y suis. La dernière demi-heure est interminable à me casser les mollets sur de grosses mottes de terre. Ces Sierras espagnoles sont absolument magnifiques, jaillissements minéraux sauvages. Aujourd'hui encore je n'ai pas aperçu un être humain, seulement de loin de nombreuses vaches, mais à part cela pas un être vivant mis à part quelques grands oiseaux. Des rochers aux formes étranges ornent les crêtes qui m'entourent. Le contraste entre les fonds de vallons verts et fleuris et ces crêtes arides et déchiquetées est frappant. La rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à l'autre est aussi source d'étonnement. Encore une immense vallée se présente à moi. Quelques deux kilomètres plus bas je retrouve le GR 11, mais pas plus de monde. La gorge se resserre en ondulant, ce qui est du meilleur effet esthétique. La grande vallée perpendiculaire conduisant au Somport n'est plus très loin. Un peu avant de la rejoindre, le Gr 11 d'après ma carte tourne à droite en restant en hauteur. J'en perds la trace et me dirige vers un petit fort gardé par des militaires en armes, afin de me renseigner. Ils n'ont pas l'intention de me parler et me signifient sans ambigüité de m'arrêter à distance. Assurent-ils la protection d'explosifs, me prennent-ils pour un représentant de l'ETA prêt à remplir mon sac de pains de dynamite? Le problème du terrorisme est bien réel en Espagne, j'obtempère immédiatement et m'éloigne. Mais alors où passer? Une route part plein sud rejoindre la vallée mais quel détour pour moi qui remonte au nord. Le fort est sur un terre-plein duquel en contre-bas je vois le Rio Aragon. En piquant directement, je peux le rejoindre en une centaine de mètres. Mais c'est raide et instable. Dans ma jeunesse j'étais champion de course sur pierriers pentus, c'est le moment de voir si j'ai perdu le sens de l'équilibre au milieu d'un flot de caillasses dégoulinantes. C'est parti, je reste debout et j'y mets tout mon honneur, car du haut de leurs remparts les militaires m'observent, donc il n'est pas question de m'étaler. Ça se maîtrise bien, de plus la taille des cailloux augmente, ce qui améliore les appuis et hop je me récupère en-bas, et les têtes sont toujours là-haut. Je leur tirerais bien la langue tout heureux de ne pas leur avoir donné la joie de m'étaler tout au long de cette pente sévère. Un sentier comme je les aime en bord de rivière, protégé du soleil me remet en direction du col du Somport. De temps à autre des raidillons en caillasses raides et brûlantes me font suer. Et là, dans un passage en plein soleil je rencontre mon quatrième solitaire. Il ne s'agit pas d'un ''traverseur'' de Pyrénées, mais d'un pèlerin vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie du Somport. Il est d'âge avancé, à mon sens au moins soixante dix ans et de nationalité allemande. Son matériel semble dater de Mathusalem, et de toute évidence il peine sous la charge et la chaleur. Nous engageons la conversation, il m'explique sa démarche. Je perçois toute la force des mots Sparsamkeit et Armut (économie et pauvreté), lorsqu'elles sont subies volontairement. Cet homme dégageait une force et une sérénité dans son adversité, j'en suis resté tout chaviré. Manifestement nous ne faisons pas tous les mêmes voyages! Au contact de tels êtres j'ai presque honte de ce que je fais. Faut-il pratiquer le voyage en faisant vœu de pauvreté pour toucher au sublime, peut-être ? Cela demande-t-il beaucoup de courage ou une grande foi ? Peut-être les deux ? Ce contact restera gravé en moi de façon indélébile, pourtant nous n'avons pas parlé plus de cinq minutes. De la vertu des chemins que l'on ne trouve pas. Moi, le touriste pressé à la démarche stakhanoviste je repars un peu ébranlé. Plongé dans mes pensées, j'arrive devant un ouvrage de captation qui laisse couler un grand jet frais. Je m'en arrose et bois à satiété. Peu après, en faisant un court détour j'arrive à un petit camping perché, il est adorable et, comble de bonheur, je suis le seul client. Je m'installe dans l'herbe constellée de fleurs, que demander de plus ? Je rejoins le petit bistrot et le patron me raconte une multitude de choses, que j'écoute religieusement en descendant quelques bières. J'essaie de ne pas trop penser au vieil Allemand pour ne pas avoir mauvaise conscience, mais la bière fraîche c'est quand même bon. Dans la conversation, je lui demande s'il fait à manger. Il me répond par la négative mais il me vante la qualité du Parador qui se trouve un ou deux kilomètres plus bas. Entre ma purée soupe et une petite marche à pied, mon cœur ne balance pas longtemps, en avant. Ce monumental bâtiment de l'époque franquiste me fait penser à certains pays ex-communistes. L'accueil est très correct, le personnel stylé, le menu offre un large choix et la nourriture est de qualité et le Rioja toujours aussi facile à boire, le tout pour un rapport qualité-prix imbattable et sans doute introuvable en France, qui n'est pourtant pas loin. Donc une fois encore je m'en mets plein la lampe et, la nuit bien avancée, tout guilleret, je rejoins ma tente.
Dix-neuvième jour GR 11 du Somport à Zuriza
Les montagnes qui dominent le camping sur le versant opposé sont extraordinaires. Hier du fait du contre-jour, je ne les avais pas vraiment vues telles qu'elles sont. Aujourd'hui toutes éclairées par le soleil du matin, elles montrent une multitude de recoins, et leurs formes tourmentées et acérées montent à l'assaut du ciel. Jusqu'au col du Somport, c'est à dire durant une petite heure je suis sur le sentier de Compostelle en sens inverse. Je croise donc quelques pèlerins, dont un, un peu excentrique, qui commence à me questionner et à noter mes réponses. Aïe aïe aïe ! je suis loin de mon vieil Allemand économe entre autre de ses paroles. Les installations du col sont vastes, je les traverse et poursuis plein ouest par le Gr11. La marche est agréable. Le chemin fait un immense détour au fond d'une gorge boisée. Un peu avant le lac d'Estanes, je rencontre mon dernier solitaire. Encore un Anglais qui suit la HRP. La traversée du pays basque avec vingt mètres de visibilité dans un terrain sans point vraiment caractéristique lui a laissé un souvenir profond. Le contournement du lac est pittoresque et très agréable. Je débouche à un petit collet et pris par le rythme, mon attention focalise une trace qui va m'éloigner de l'itinéraire. Je traverse un pierrier sous une barre rocheuse. Il semble qu'une vire la parcoure une cinquantaine de mètres plus haut. Des fois on prend ses désirs pour des réalités. Le chemin doit être sur cette vire. Je remonte une pente caillouteuse raide et attaque la paroi. Les pieds sont en adhérence et il faut me tracter avec les bras, mais je continue. Une pierre siffle. Je lève la tête et vois une harde d'isards sur une pente à ma verticale qui me lance des pierres. Je reprends mes esprits. Mais qu'est-ce que je fais en train de faire de l'escalade à la recherche du GR ? Je fatigue !!! Je redescends en faisant attention. De toute évidence au collet j'ai loupé l'itinéraire qui devait plonger devant la grosse pierre que j'ai contournée. Mais je ne fais pas demi-tour. Je continue sur le pierrier précité et j'oblique vers la falaise au-dessus de laquelle je me trouve pour essayer d'y trouver un passage. Une gorge profonde et très pentue donne accès à la large plaine que je dois suivre. Les premiers mètres presque verticaux sont en terre avec quelques végétaux, puis j'aborde des rochers très raides mais d'excellente qualité, encore de l'escalade mais les prises sont franches. Un petit passage vertical et un dernier pas nécessitant de s'étirer au maximum, et pour moi qui ne suis pas souple c'est le calvaire, et enfin je prends pied au fond de cette gorge austère et rejoins l'herbe. Il serait temps que je fasse un peu plus attention, ne pas être capable de suivre un chemin somme toute bien balisé, il y a du souci à se faire. Là encore l'erreur m'a fait parcourir des recoins très jolis. Je descends cette large vallée, orientée au nord, peuplée de vaches s'égayant au milieu de zones marécageuses. Je croise de nombreux promeneurs. Coude à 90 degrés gauche vers l'ouest, un petit à pic et au-dessous une piste au terminus de laquelle de nombreuses voitures s'entassent. Durant cinq ou six kilomètres je la suis. Elle est poussiéreuse et exposée en plein soleil. Le rendement baisse et je fais un sérieux effort pour avancer. Arrivé au bout de cette vallée, le chemin part plein ouest. Je suis la route, orientée au sud, qui descend trois kilomètres plus bas à un camping. Un peu avant d'y arriver une source jaillit d'un rocher. Je me mouille la tête et bois largement. Une fois au camping, le coin est délabré et à l'abandon. Une très mauvaise sensation me submerge, ce lieu m'est très hostile. Bien qu'il soit seize ou dix-sept heures, marche arrière et je retourne chercher le chemin et pars directement sur l'étape suivante. Incroyable, l'esprit mobilisé par l'étape nouvelle, la fatigue disparaît et je me sens comme neuf. Une fois de plus je perds mon itinéraire, attiré dans le vallon qui conduit aux aiguilles d'Ansabère. Un berger me confirme l'erreur. En tirant directement dans la pente plein sud et en gardant le cap parfois à la boussole tellement ce vallon à tendance à me ramener trop à droite, je finis par retrouver le bon vallon et le col de Petraficha. La lumière est extraordinaire, le temps change, un orage se prépare, que la montagne est belle dans ces conditions, surtout lorsqu'on est seul. Du col, la Sierra d'Alano se dévoile dans toute la splendeur de ses multiples faces blanches. Je vis un grand dépaysement sur ce chemin. Je passe un petit refuge dans lequel un jeune couple se prépare à passer la nuit. Il est sordide et son état lamentable me dissuade de m'y arrêter. La pluie arrive, je presse le pas. Le village de Zuriza n'est plus qu'à quelques kilomètres. Je fonce tant que je peux sur la piste. La pluie s'accélère et à nouveau de véritables trombes. Je vais faire quelque chose à ne pas faire. Un petit pont, je m'abrite dessous. J'enlève mon sac mais je guette en amont si le flux d'eau n'augmente pas brusquement, ayant repéré une petite pente pour fuir à la première alerte. Effectivement le niveau monte mais de quelques centimètres seulement, enfin le déluge s'interrompt. Je reprends la piste et arrive dans le village. Je m'imaginais au bout du monde et bien non, une foule compacte se presse au camping. Mais d'où sortent-ils? En trois heures de marche je n'ai vu que quatre personnes en comptant le berger. De toute évidence c'est un lieu prisé des Espagnols. Une fois encore je m'installe sur un terrain complètement détrempé. Mais que la région est jolie, des près bien verts couverts de fleurs, et le tout entouré de magnifiques montagnes bien rangées en ligne, toutes brillantes de pluie sous le soleil du soir. Vite une télé, c'est France Brésil! Un chahut incroyable dans une immense salle, la plupart n'étant plus intéressés depuis l'élimination de l'Espagne, mais tout le monde passe et repasse les bras chargés de nourriture et de gros bocks de bière. Dans le fond j'aime bien ces foules bruyantes secouées de gros rires. Il n'est pas toujours facile de suivre dans ce mouvement permanent le déroulement de la partie.
Vingtième jour route, chemin non balisé et GR 11 de Zuriza à Ochagavia
Une journée magnifique s'annonce. Vite sur pied, c'est parti pour la journée. Mais d'où sortent tous ces gens. Au collet où je dois quitter la route à quelque distance du camping, de nombreuses voitures stationnent. Le chemin commence à grouiller de randonneurs. Bien que cette partie de l'itinéraire semble très jolie, une petite route à l'allure plus calme la contourne. Je n'hésite pas longtemps, et c'est comme cela que je parcours quelques kilomètres de goudron avant de plonger dans une jolie gorge en sous-bois, qui me conduit à la charmante petite ville d'Izaba. J'effectue un arrêt sur la place centrale, où des enfants s'amusent. La fontaine est la bienvenue. A la sortie de l'agglomération un sentier pentu mène à l'église ''Nusestra Senora de Idoia''. Nous sommes le premier dimanche de juillet, et c'est le jour de la procession annuelle. De nombreux croyants en habits traditionnels montent à la petite église. J'y pénètre et dépose mon obole. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ma pièce provoque le déclenchement de la lumière, qui éclaire vivement l'espace qui sans cela reste sombre. Moi qui voulais passer inaperçu, c'est loupé. Je ne m'attarde pas. Dès que le mur d'enceinte est dépassé, comme par enchantement je retrouve la solitude qui m'a accompagné sur la majeure partie de ma traversée. Le chemin parcourt une magnifique forêt escarpée, composée d'arbres à feuilles caduques. Le col de Kakueta est atteint. Là, plus de doute le pays basque commence. D'un coup la fin me semble approcher. Les crêtes s'arrondissent et s'adoucissent. La vue se dégage presque jusqu'à l'infini. Le Pic d'Orhy, pyramide culminant à 2017 mètres, marque l'entrée dans la dernière ligne droite, signe psychologique fort que j'attends depuis le départ de Banyuls. Pour le moment il se situe au nord-ouest par rapport à ma position. Au cours d'une marche enthousiaste orientée à l'ouest le long d'une piste entourée de pinèdes, il va se positionner plein nord puis il se déplace vers l'est. Ce mouvement apparent du Pic d'Orhy que je dépasse me procure un immense plaisir, la vie dans le fond c'est pas trop compliqué! Une grande descente donne accès au village d'Ochagavia. Petite bourgade à l'architecture carrée. Les maisons sont magnifiques, massives et bien entretenues. Les portes souvent ouvertes laissent voir des intérieurs raffinés, de jolis meubles en bois et de magnifiques plafonds à la française, dont les poutres bien entretenues donnent un réel cachet à l'ensemble. Je demande si un magasin d'alimentation est ouvert, il m'est répondu «hoy domingo». J'avais oublié. De plus, pas de camping, alors c'est forcé et contraint (tout du moins ma conscience est sauve en pensant au vieil Allemand) que je me dirige vers un charmant petit hôtel au bord de la rivière près du centre. Il est bien dans le style des intérieurs aperçus, cossu et de très bon goût. Toutes les prestations sont de qualité et le prix modique. Un groupe d'Anglais lancés dans la traversée des Pyrénées à vélo y séjourne aussi.
Vingt-et-unième jour GR 11 de Ochagavia à la frontière, jonction et GR10 jusqu'à Estérençuby
Un petit jour triste et brouillardeux se lève. Je n'y couperai pas à la navigation au radar. De plus à partir d'aujourd'hui j'abandonne mes cartes confortables au 50 000 pour passer à la 100 000 de l'IGN numéro 69. Après un copieux petit déjeuner je m'enfonce dans les brumes. Tout relief a disparu. Sans difficulté je rejoins le monastère qui domine sur une petite crête. Puis en avant vers la Sierra de Abodi, vaste croupe orientée est ouest. Un large chemin non mentionné sur ma carte coupe cette montagne à mi-pente. Le Gr le suit. Mais après une bonne heure de marche cela me semble bizarre, j'aurais dû commencer à monter vers le sommet. De toute évidence je l'ai encore perdu. Je fais marche arrière jusqu'à un petit bois et là, la progression à la boussole commence. Les joies du pays basque. Je ne devrais pas tarder à intercepter la crête et en la suivant je devrais couper le chemin. Je n'aurai pas la peine d'atteindre le sommet, je tombe sur un piquet peint aux sacro-saintes couleurs rouge et blanche. Mais une fois de plus l'erreur m'aura été bénéfique. En effet dans un champ, je suis tombé sur des vautours. Au sol ils ressemblent à de gros dindons à long cou. Mais dès qu'ils déploient les ailes et prennent leur envol le spectacle est de toute beauté. Une fois au sommet de cette sierra, le brouillard se déchire par intermittence, ce qui me permet de voir l'immense pan de forêt à descendre. A nouveau le balisage m'échappe, ce n'est pas grave car une rivière et un grand lac doivent me servir de barrière d'arrêt. Dans mon sac, toutes mes affaires sont réparties dans des sachets de congélation de différentes tailles, je dois même pouvoir traverser une rivière à la nage sans mouiller grand chose, mais enfin si possible éviter et localiser le pont. Je retrouve la petite route qui conduit au point de franchissement. Je tombe dans une clairière sur une belle poussée de cèpes de Bordeaux, oui des vrais boletus edulis. Malheur, que faire ! Je ne peux les ramasser, durant la vingtaine de kilomètres que je compte encore parcourir ils seront réduits en bouillie. Il paraît que cru c'est bon, c'est l'occasion d'essayer. J'en repère un joli bien ferme et je le croque à pleines dents. Au début on sent bien ce fumet subtil et fort du cèpe, mais rapidement la consistance en bouche donne une sensation de mélasse un peu cartonneuse difficile à mâcher. Je n'aurais peut-être pas dû en engouffrer un si gros morceau. Mais j'arrive au bout de mon champignon, et en attaque un second. Là par contre, je vais déclarer forfait avant de l'avoir terminé. La mort dans l'âme j'abandonne le reste de la petite troupe à gros pieds. Je me dis qu'ils feront peut-être la joie d'un chercheur, s'il ne tarde pas trop. J'arrive au pont, traverse et longe la rivière jusqu'au lac. Je croise quelques promeneurs. Le brouillard retombe de plus belle. Le chemin suit un bras du plan d'eau, qui vient tangenter la frontière. Cinquante mètres de visibilité c'est rigolo, mais pas trop longtemps. Soit je reste sur le GR 11 et ses mille mètres d'altitude dans la purée de pois, soit je pique sur la France et rejoins le village d'Estérençuby dans la vallée. Option France, je passe par dessus une clôture à vaches et me retrouve sur un petit parking. Plusieurs voitures stationnent. Toutes les plaques d'immatriculation sont françaises, c'est le seul indice qui me confirme que j'ai changé de pays. Le brouillard, lui il s'en fout de la frontière. Par une petite route, encombrée de belles grosses vaches blanches, qui serpente au fond d'une petite dépression je progresse vers le nord. La visibilité baisse de plus en plus. Des points de repère caractéristiques de la carte à proximité de la route restent invisibles. Avec la multitude de courbes je ne me situe plus exactement et pourtant je voudrais bien intercepter le Gr10. Enfin je le vois. Sans encombre il me conduit au village. Par beau temps ce parcours sur de grosses bosses doit être sublime, mais cet après-midi les yeux rivés sur de l'herbe mouillée et glissante dans un paysage fantomatique, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ne nous plaignons pas, l'ambiance n'en est pas moins superbe avec son petit côté mystérieux qui cache tout au regard. Imaginer sans voir laisse libre cours à tous les phantasmes. Arrivée dans le village, il fait sombre, les maisons serrées dans le brouillard sont presque lugubres. Un petit hôtel, je m'y précipite. Un pur et dur, qui commence une traversée s'est installé au bord de la route, je suis bien content de ne pas faire de même. Ce soir encore, une équipe de cyclistes, français cette fois, est engagée dans la traversée des Pyrénées. Ils espèrent mettre une semaine.
Vingt-deuxième jour route de Estérençuby à Cambo-les-Bains
La météo ne prévoit aucun changement pour les jours à venir, brouillard à partir de 600 mètres d'altitude. Pas de problème j'ai toujours rêvé longer la Nive, car cette rivière comme l'Adour m'a toujours intrigué. Donc je rejoins Saint-Jean-Pied-de-Port et de là je longe la rivière. Déception, pas de chemin, je suis acculé à rester sur la route jusqu'à Cambo-les-Bains. Et là, première semaine de juillet le flot des touristes a commencé. Dans un vacarme permanent je vais rejoindre cette station thermale et d'un coup l'envie s'en va pour de bon. J'ai vraiment quitté les Pyrénées. Rejoindre les plages, et les remonter au milieu des baigneurs avec mon piolet dans le dos, c'est une histoire à me faire mettre la camisole de force et terminer chez les fous. Dans le fond j'ai bien fait de ne pas ''gâcher'' cette superbe balade Biarritz Arcachon par le bord de mer, car je la ferai avec un camarade en février 2008 et nous passerons cinq jours superbes, le jour le long de plages désertes et la nuit durant des bivouacs sous la gelée blanche. L'étape jusqu'à Cambo est longue, le goudron ça finit par casser les pattes. Pour la première fois en trois semaines j'ai des courbatures. La fin du parcours se fait sous la pluie. Cette nuit encore l'hôtel, monter la tente sous des trombes je n'en ai pas envie. Un coup de téléphone pour consulter les horaires de train, et demain en trois changements je rentre chez moi.
En conclusion je dirai qu'en écrivant ce récit avec deux ans et demi de recul, je suis étonné de la fraîcheur des souvenirs que j'en conserve. Sans doute le fait d'être seul y est pour quelque chose. En effet en montagne sans compagnon, on est plus exposé aux aléas et l'accident peut être beaucoup plus lourd de conséquences. Instinctivement on intègre cette situation et les sens sont plus en éveil. Cette concentration accrue favorise un meilleur contact avec la nature, et nous imprègne au delà de ce que l'on pense. Bien sûr je ne ferai pas l'apologie de ce genre de pratiques, qui présentent leurs inconvénients, et qui sont souvent réprouvées, normes de sécurité obligent. Cependant ces grandes balades en solitaire en montagne apportent beaucoup. Partir seul et durant trois semaines, n'avoir à s'occuper que de soi et focaliser toute son attention au point de vue matériel uniquement autour de la dizaine de sacs de congélation que l'on transporte dans son sac à dos, représente un immense repos de l'esprit. Pas de voiture, pas de papiers envahissants, personne avec qui négocier, pas de perte de temps à retourner une masse d'affaires. On ne possède que le strict nécessaire, les déballages et les rangements ne prennent pas de temps. On se sent comme affranchi d'une dimension matérielle, tout en se sachant autonome. Si j'aime partager des joies en montagne devant des paysages fantastiques et faire découvrir les lieux que j'aime, m'y trouver seul m'apporte une émotion qui m'est vitale.
Lesotho entièrement à pied English translation pending
Hello
est ce que quelq'un a deja traversé le lesotho entierement a pied ?
je n'est jamais fait ce genre de truc mais je pense que c'est faisaible, les gens ont la reputation d'etre vraiment acceuillant pour peux que ca soit un contact naturelle et desinteressé, c'est un asser petit pays mais vraiment beau
a votre avis vous grand marcheur lol combien de semaine pour traver ce pays du sud au nord ?par ex en partant de la riviere Caledon, bifurquant sur le fleuve orange ensuite la chaine de montagne, la reserve nationale, ...
j'ai vraiment pas encore d'itineraire car ca reste encore du reve mais je comte bien traverser un coin d'Afrique entierement a pied facon africa trek lol az la fin de mes etudes...
Merci beaucoup de m'eclairer
Thaïlande: [long] résumé de tout ce que j'ai lu ici English translation pending
Salut à tous.
D’entrée, je vous demande de m’excuser de faire loooooong mais j'ai toujours trouyvé impoli les posts sur le ton « Salut, z’avez une adresse d’hotel à Bangkok ? » donc je vous met dans l'ambiance !
: J’ai une vraie interogation sur les différences entre les hotel et les guest houses. J’ai un peu l’impression que les GH c’est low budget mais aussi low confort … et pourtant je pense qu’il doit y avoir plusieurs niveaux de GH, non ? Si on veut une chambre pour 3, confort normal ( de toutes façon on fera qu’y passer pour dormir ! ) mais propre et avec une SdBains ( enfin une douche quoi !) et wc dans la chambre faut que je regarde quoi ?
Bangkok le tourisme : Si on t’aborde : avec un anglais impec’ bien fringués pour te proposer l’affaire du siècle pour te dire que c’est fermé en disant qu'on LE français de Lyon ( ou d'une autre ville il va bien finir par changer ! ) en étant une femme et en prétendant avoir tout paumé On fait un sourire ( faut TOUJOURS sourire !) et on laisse tomber y’a début de tentative de pigeonnage Remarque perso : De toutes façons je vais pas à l’autre bout du monde pour acheter de la jonquaille ou faire des affaires ( hey, vous croyiez really que les Thais attendaient les touristes pour faires des affaires ??? ) ou quoi que ce soit du même genre donc il suffit d’appliquer le bon sens de grand maman … Par contre on a, à priori pas l’intention de mettre un pied dans un grand magasin genre MBK, on a tort ?
Manger : Partout et tout le temps ! dés que tu as faim, y’aura tjs un « resto boui-boui » pour te rassasier Perso : y’a des vrais bon restos qui méritent le détour ( et dans le coin du quartier de l’hotel) ou pas ?
La suite du trip Y’a des « agences » partout qui t’organiseront ton séjour de A à Z ( si tu veux ) elles se valent plus ou moins ( mais attention les vraies TAT ne dispensent QUE des conseils/idées/renseignements, s'il ya un panneau TAT avec des excursions a vendre c'est juste que l'agence est agrée TAT c'est a dire en règle ...) et forcément elles auront tendance à proposer les trucs classiques, donc faut savoir a peu près ce que tu veux avant sinon tu risque de retrouver les mêmes groupes tout le long du circuit puisque de toutes façons ces TO européens ne font qu’acheter les circuit aux organisateurs locaux. Perso : Je sais, Noel c’est haute saison, mais j’vais pas laissez ma fille attachée a un arbre pdt qu’on va en vacances !! J En plus il se trouve que nos boite ferment a cette époque donc c’est comme ça on part a cette époque, on s’excuse !
Tiens ça c'est peut être mon interogation la plus grave : me recommandez vous de booker le plus de choses possibles (trajets / hotes ou GH) de France grâce a internet ou pensez vous qu, même à cette époque on arrivera tjs à trouver qqchose. Attention je suis pas fan de la piaule pourrave remplie de cafards avec les toilettes dehors derrière l’arbre, même si elle ne coute pas cher du tout !
Quitter BKK : L’avion c’est rapide mais tu vois rien. Perso : Pour les avions : c’est embétant parce qu’atterissage et décollage c’est pas ce que j’aime le plus ... Sinon c’est simple de prendre un avion la bas ou c’est aussi compliqué qu’à Roissy ? Trouver la bonne aérogare, le bon guichet, le bon comptoir d’enregistrement et surtout perdre des heures ( 2 heures avant le départ au mini+ eventuels retard+ temps de déchargement des bagages ).
Le train c’est plus long mais ça le train de nuit ça fait partie du trip et tu vois le paysage. Perso :Y’a des première avec 3 couchettes ? Paske mes femmes si elles dorment trop mal elles sont toutes ronchon après !!

Sinon on connaît qqun qui a pris ces trains, pour aller a chiang Rai et elle s’est gelé toute la nuit cause clim’ a fond et inréglable. C’est tjs comme ça ou c’était pas de chances ?
Le car c’est plus long et plus fatiguant par contre c’est moins cher. Dans les soutes des cars, gaffe il y a des fois du dépouillage des sacs Perso je peux même pas croire qu’il y en ai pour laisser leurs papiers et objets de valeurs hors de portée …Sinon ça m’a l’air un poil compliqué ces cars avec les 15000 niveaux de confort et le fait que dés fois on te vende un super truc sur photos alors qu’en fait tu te retrouve avec un coucou tout pourri.
Quoi voir ?
Le sud : ce sont les iles donc le balnéaire avec de moins en moins d’iles paradisiaques « simples » et de plus en plus d’iles dévolues au tourisme de masse pour ne dire pudiquement que ça. Perso : je ferais un autre post la dessus
L’Est de BKK : Rivière Kwai et tutti quanti en résumé : Bôf !
Ayutaya, Sukhotai : Pas mal mais il faut savoir que c'est le parcours classic des cars des TO
Lopburi : des singes limite pas drôle partout … Y’a mieux
Chiang mai LE endroit du Nord ou tout le monde va. Forcément légèrement surfait. La principal activité y est le trek (qui sont en fait des promenades avec les différents moyen de locomotion du coin ) a la pelle.
L’ouest : Une des régions les moins fréquentée par les touristes et pourtant la région est loin d’être sans interet avec notament des temples pré-angkorien
Bon, je m’arrête là … Pour l’instant je ne vois plus grand chose a ajouter ..Vous êtes tous partis ou bien y’a des survivants ?
Merci de m’avoir lu 😏😏
: J’ai une vraie interogation sur les différences entre les hotel et les guest houses. J’ai un peu l’impression que les GH c’est low budget mais aussi low confort … et pourtant je pense qu’il doit y avoir plusieurs niveaux de GH, non ? Si on veut une chambre pour 3, confort normal ( de toutes façon on fera qu’y passer pour dormir ! ) mais propre et avec une SdBains ( enfin une douche quoi !) et wc dans la chambre faut que je regarde quoi ?Bangkok le tourisme : Si on t’aborde : avec un anglais impec’ bien fringués pour te proposer l’affaire du siècle pour te dire que c’est fermé en disant qu'on LE français de Lyon ( ou d'une autre ville il va bien finir par changer ! ) en étant une femme et en prétendant avoir tout paumé On fait un sourire ( faut TOUJOURS sourire !) et on laisse tomber y’a début de tentative de pigeonnage Remarque perso : De toutes façons je vais pas à l’autre bout du monde pour acheter de la jonquaille ou faire des affaires ( hey, vous croyiez really que les Thais attendaient les touristes pour faires des affaires ??? ) ou quoi que ce soit du même genre donc il suffit d’appliquer le bon sens de grand maman … Par contre on a, à priori pas l’intention de mettre un pied dans un grand magasin genre MBK, on a tort ?
Manger : Partout et tout le temps ! dés que tu as faim, y’aura tjs un « resto boui-boui » pour te rassasier Perso : y’a des vrais bon restos qui méritent le détour ( et dans le coin du quartier de l’hotel) ou pas ?
La suite du trip Y’a des « agences » partout qui t’organiseront ton séjour de A à Z ( si tu veux ) elles se valent plus ou moins ( mais attention les vraies TAT ne dispensent QUE des conseils/idées/renseignements, s'il ya un panneau TAT avec des excursions a vendre c'est juste que l'agence est agrée TAT c'est a dire en règle ...) et forcément elles auront tendance à proposer les trucs classiques, donc faut savoir a peu près ce que tu veux avant sinon tu risque de retrouver les mêmes groupes tout le long du circuit puisque de toutes façons ces TO européens ne font qu’acheter les circuit aux organisateurs locaux. Perso : Je sais, Noel c’est haute saison, mais j’vais pas laissez ma fille attachée a un arbre pdt qu’on va en vacances !! J En plus il se trouve que nos boite ferment a cette époque donc c’est comme ça on part a cette époque, on s’excuse !

Tiens ça c'est peut être mon interogation la plus grave : me recommandez vous de booker le plus de choses possibles (trajets / hotes ou GH) de France grâce a internet ou pensez vous qu, même à cette époque on arrivera tjs à trouver qqchose. Attention je suis pas fan de la piaule pourrave remplie de cafards avec les toilettes dehors derrière l’arbre, même si elle ne coute pas cher du tout !
Quitter BKK : L’avion c’est rapide mais tu vois rien. Perso : Pour les avions : c’est embétant parce qu’atterissage et décollage c’est pas ce que j’aime le plus ... Sinon c’est simple de prendre un avion la bas ou c’est aussi compliqué qu’à Roissy ? Trouver la bonne aérogare, le bon guichet, le bon comptoir d’enregistrement et surtout perdre des heures ( 2 heures avant le départ au mini+ eventuels retard+ temps de déchargement des bagages ).
Le train c’est plus long mais ça le train de nuit ça fait partie du trip et tu vois le paysage. Perso :Y’a des première avec 3 couchettes ? Paske mes femmes si elles dorment trop mal elles sont toutes ronchon après !!


Sinon on connaît qqun qui a pris ces trains, pour aller a chiang Rai et elle s’est gelé toute la nuit cause clim’ a fond et inréglable. C’est tjs comme ça ou c’était pas de chances ?Le car c’est plus long et plus fatiguant par contre c’est moins cher. Dans les soutes des cars, gaffe il y a des fois du dépouillage des sacs Perso je peux même pas croire qu’il y en ai pour laisser leurs papiers et objets de valeurs hors de portée …Sinon ça m’a l’air un poil compliqué ces cars avec les 15000 niveaux de confort et le fait que dés fois on te vende un super truc sur photos alors qu’en fait tu te retrouve avec un coucou tout pourri.
Quoi voir ?
Le sud : ce sont les iles donc le balnéaire avec de moins en moins d’iles paradisiaques « simples » et de plus en plus d’iles dévolues au tourisme de masse pour ne dire pudiquement que ça. Perso : je ferais un autre post la dessus
L’Est de BKK : Rivière Kwai et tutti quanti en résumé : Bôf !
Ayutaya, Sukhotai : Pas mal mais il faut savoir que c'est le parcours classic des cars des TO
Lopburi : des singes limite pas drôle partout … Y’a mieux
Chiang mai LE endroit du Nord ou tout le monde va. Forcément légèrement surfait. La principal activité y est le trek (qui sont en fait des promenades avec les différents moyen de locomotion du coin ) a la pelle.
L’ouest : Une des régions les moins fréquentée par les touristes et pourtant la région est loin d’être sans interet avec notament des temples pré-angkorien
Bon, je m’arrête là … Pour l’instant je ne vois plus grand chose a ajouter ..Vous êtes tous partis ou bien y’a des survivants ?
Merci de m’avoir lu 😏😏
Cuba: sécurité à Varadero? English translation pending
Bonjour, je vais enfin réaliser mon premier voyage. Je suis beaucoup les discussions sur le forum, très utile mais aussi mêlant des fois. Nous partons 2 filles pour Cuba à Varadero début février et le seul hic, j'ai lu de faire attention à ma caméra numérique. Je veux prendre des photos moi je suis manique. Alors comment je fais ? 😕
Aussi on m'a dis que pour mon visas je ne dois pas le laisser dans le coffre de l'hôtel ! Je ne veux pas le traîner partout même à la plage !
Si vous pouvez aussi me dire ou 2 filles peuvent aller sans risque dans Vaderos si on veut visiter.
Merci de vos réponses
Aussi on m'a dis que pour mon visas je ne dois pas le laisser dans le coffre de l'hôtel ! Je ne veux pas le traîner partout même à la plage !
Si vous pouvez aussi me dire ou 2 filles peuvent aller sans risque dans Vaderos si on veut visiter.
Merci de vos réponses
Pourquoi vous voulez faire de l'humanitaire? English translation pending
Voila, c'est une question qui me travaille, non pas que j'ai qlque chose à reprocher à tout ça, bien au contraire. Mais tout le monde (presque ...) à un moment ou un autre semble avoir envie d'aider son prochain, de preference à l'etranger, avec toutes les convictions et motivations que cela implique. Qu'est ce c'est pour vous l'humanitaire, comment vous voyez ça, pour ceux qui l'ont vécu, pour ceux qui souhaitent le vivre ... allez, faisons tourner le moulin.
Zimbabwe: Escapade aux Chutes Victoria English translation pending
Considéré comme un des sites parmi les plus spectaculaires de toute l'Afrique australe, il est particulièrement tentant lorsqu'on fait un périple à travers l'Afrique du Sud de prolonger le voyage jusqu'aux célèbres Chutes Victoria elles sont situées sur le cours du fleuve Zambèze, au sud du Zimbabwe.
Du souhait à la réalisation … c'est cette escapade aux Victoria Falls (VF) que je me propose de partager dans ce récit sur VF (Voyage Forum).
Ouvrez grand les yeux, même vu seulement en photos le spectacle s'avère captivant ...
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Nous avons décollé de Johannesburg depuis déjà une bonne heure. Sous nos yeux défile indéfiniment une terre ocre, aride dont le sol semble particulièrement sec … Inévitablement cette impression de sécheresse me fait penser à notre destination, celle plus humide des abondantes eaux du grand Zambèze. Mais nous sommes prévenus, en ce mois de Novembre, c'est là-bas la fin de la saison sèche et on y attend toujours les fortes précipitations. Alors ... pourvu que la scène des chutes soient à la hauteur de sa fameuse renommée !

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Le Zambèze, un long fleuve tranquille
Avec ses 2750 kilomètres de parcours à travers l'Afrique australe depuis sa source en Zambie jusqu'au Mozambique où il se déverse dans l'Océan indien, le Zambèze est assurément un immense fleuve, d'ailleurs son nom signifie bien « long fleuve » en dialecte local. Tranquille ce grand fleuve ? Pas vraiment au niveau des puissantes chutes Victoria mais pourtant au cours si paisible à seulement quelques kilomètres en amont. Justement, c'est là que nous embarquons pour une croisière sur ses eaux. La fin de l'après-midi est un moment privilégié pour y apprécier sa majestueuse beauté baignée par les chaudes lumières du couchant.

Le bateau navigue lentement sur des eaux presque lisses, un vrai miroir où se reflète un ciel, certes un peu voilé mais à la fois très lumineux. Une allure idéale qui nous laisse tout loisir pour contempler le paysage. Le large fleuve est parsemé d'îles et d'îlots joliment coiffés de palmiers et par endroits, il est bordé de bancs de sable blond.


Pour un peu, on serait tenté de faire une halte sur une de ces plages paradisiaques, y poser sa serviette puis y prendre un bain pour se rafraîchir de la chaleur ambiante. Cependant, en observant les berges on oublie très vite de telles envies de farniente sur le sable …

Ici, c'est un jeune crocodile qui dort d'un œil sur le lit sablonneux. Voilà qu'il prend peur et file se réfugier entre deux eaux. Et dire que j'évoquai précédemment des désirs de baignades ! Ce crocodile est donc le premier représentant observé parmi la foisonnante faune qui peuple les rives du Zambèze, il sera suivi par la vue de nombreuses autres espèces sauvages.

Maintenant, apparaît un éléphant qui marche le long de la berge. Drôle d'allure avec ce contraste de teintes : le haut du corps gris clair et le bas beaucoup plus foncé. Ce pachyderme vient à l'instant de sortir de l'eau d'où cet aspect bicolore.
Durant cette navigation, on se plaît aussi à lever le nez. En effet des oiseaux solitaires nous observent, et nous ? On fait de même avec un plus, presque chaque visiteur embarqué tente de leur tirer le portrait en les photographiant.

Un ibis d'Afrique avec son plumage sombre et son bec incurvé sur la photo de gauche et un rapace en silhouette, à droite posé sur une branche d'un arbre mort, semble à l'affût. Et au centre, c'est un cormoran. Une espèce locale au plumage noir mais aussi blanc. Va-t-il déployer ces ailes comme le font souvent les cormorans (noirs) de nos côtes ? Eh bien non ! Il est statique, idéal pour la prise photo.

Un peu plus loin, on remarque quelques minuscules îlots recouverts de végétation et à bien observer on devine devant eux quelques paires d'oreilles, elles dépassent à peine au-dessus de l'eau. C'est un œil, un bout de tête puis deux et même trois que l'on distingue à présent … voici une famille hippopotames qui rôdent dans les parages. Il nous faut bien regarder car les hippopotames c'est un peu comme les icebergs, la partie immergée est bien plus imposante que celle émergée, mais la comparaison s'arrête là ! Ces gros animaux (parfois près de 2 tonnes! ) vivent en famille et sont très présents dans les eaux du Zambèze. Sans doute l'espèce que l'on voit le plus dans cette portion du fleuve. Les hippopotames passent leur journée dans l'eau, un des seuls moyens qui leur permet de réguler leur température interne et d'éviter en quelque sorte la surchauffe. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit qu'ils quittent le bain pour s'aventurer sur terre et brouter, brouter sans fin et avec gros appétit. Ces herbivores engloutissent ainsi quelques 40 kilos de végétaux par nuit.

Régulièrement, ils baillent, la bouche grande ouverte. Comme on peut le constater, les canines inférieures ont de quoi impressionner, certaines peuvent atteindre chez les mâles plus de 25 centimètres de longueur ! Et quand on apprend que ces animaux à l'apparence si paisibles ont un comportement imprévisibles surtout si on les croise sur terre, mieux vaut éviter de se trouver sur leur chemin … et de plus lorsqu'ils chargent, il paraît qu'ils peuvent courir à plus 40 km/h !

Tiens ! sur la gauche, une famille d'hippopotames s'agite. Des grognements, des éclaboussures et un souffle projetant des gouttelettes comme un jet d'eau ou plutôt celui d'une baleine !

Dans cette région, le cours du fleuve fait office de frontière entre deux pays : ainsi à bâbord ce sont les rivages de la Zambie qui défilent sous nos yeux et sur tribord ceux du Zimbabwe. La progression sur le large Zambèze se poursuit. Les rayons obliques du soleil percent le voile de nuages nous offrant une splendide luminosité inondant le panorama. Sur le bateau, dans l'attente du soleil couchant, c'est maintenant le moment de l'apéritif … avec un « Open bar ». Ainsi, un (ou plusieurs !) verre a la faculté de rendre ces moments encore plus plaisants …

D'autres oiseaux entre maintenant en scène. Sur la berge, côté Zimbabwe, une colonie de guêpiers a établi son camp. Des trous creusés dans la terre des berges constituent un espace parfait pour la nidification. La colonie est animée, certains oiseaux virevoltent, d'autres restent accrochés et alignés au bord de cette paroi pendant que d'autres encore sont blottis à l'entrée de leur nid. Et tous, d'arborer un joli plumage vert et rouge.

Ici, c'est un échassier qui fouille à l'aide de son long bec une vase peu ragoûtante, là, un palmipède guette les intrus et placé au centre de l'image, c'est un oiseau à la belle moustache jaune, sans doute un attribut de séduction.

A proximité, un crocodile est bien placide mais avec un œil aux aguets. En le regardant, il me donne l'impression de presque sourire, mais d'un sourire sadique avec ses crocs pointus qui dépassent de sa gueule. Certains spécimens peuvent atteindre 7 mètres de long, mieux vaut se tenir à distance.

La luminosité baisse rapidement sous ces latitudes mais on distingue encore quelques animaux sauvages, des babouins qui courent sur la berge et deux éléphants marchants parmi les broussailles.


A présent, c'est le ciel qui attire nos regards éblouis par ces teintes lumineuses comme également par ces reflets dorés à la surface du fleuve. Des nuances éphémères rehaussées pendants quelques minutes par un soleil couchant qui se joue des nuages.

La balade fluviale s'achève alors que le crépuscule ne laisse apparaître plus qu'un serpent de lumière dans le sillage de notre embarcation.

Suite du récit --> message suivant : les Chutes Victoria vues d'en-haut
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Nous avons décollé de Johannesburg depuis déjà une bonne heure. Sous nos yeux défile indéfiniment une terre ocre, aride dont le sol semble particulièrement sec … Inévitablement cette impression de sécheresse me fait penser à notre destination, celle plus humide des abondantes eaux du grand Zambèze. Mais nous sommes prévenus, en ce mois de Novembre, c'est là-bas la fin de la saison sèche et on y attend toujours les fortes précipitations. Alors ... pourvu que la scène des chutes soient à la hauteur de sa fameuse renommée !

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Le Zambèze, un long fleuve tranquille
Avec ses 2750 kilomètres de parcours à travers l'Afrique australe depuis sa source en Zambie jusqu'au Mozambique où il se déverse dans l'Océan indien, le Zambèze est assurément un immense fleuve, d'ailleurs son nom signifie bien « long fleuve » en dialecte local. Tranquille ce grand fleuve ? Pas vraiment au niveau des puissantes chutes Victoria mais pourtant au cours si paisible à seulement quelques kilomètres en amont. Justement, c'est là que nous embarquons pour une croisière sur ses eaux. La fin de l'après-midi est un moment privilégié pour y apprécier sa majestueuse beauté baignée par les chaudes lumières du couchant.

Le bateau navigue lentement sur des eaux presque lisses, un vrai miroir où se reflète un ciel, certes un peu voilé mais à la fois très lumineux. Une allure idéale qui nous laisse tout loisir pour contempler le paysage. Le large fleuve est parsemé d'îles et d'îlots joliment coiffés de palmiers et par endroits, il est bordé de bancs de sable blond.


Pour un peu, on serait tenté de faire une halte sur une de ces plages paradisiaques, y poser sa serviette puis y prendre un bain pour se rafraîchir de la chaleur ambiante. Cependant, en observant les berges on oublie très vite de telles envies de farniente sur le sable …

Ici, c'est un jeune crocodile qui dort d'un œil sur le lit sablonneux. Voilà qu'il prend peur et file se réfugier entre deux eaux. Et dire que j'évoquai précédemment des désirs de baignades ! Ce crocodile est donc le premier représentant observé parmi la foisonnante faune qui peuple les rives du Zambèze, il sera suivi par la vue de nombreuses autres espèces sauvages.

Maintenant, apparaît un éléphant qui marche le long de la berge. Drôle d'allure avec ce contraste de teintes : le haut du corps gris clair et le bas beaucoup plus foncé. Ce pachyderme vient à l'instant de sortir de l'eau d'où cet aspect bicolore.
Durant cette navigation, on se plaît aussi à lever le nez. En effet des oiseaux solitaires nous observent, et nous ? On fait de même avec un plus, presque chaque visiteur embarqué tente de leur tirer le portrait en les photographiant.

Un ibis d'Afrique avec son plumage sombre et son bec incurvé sur la photo de gauche et un rapace en silhouette, à droite posé sur une branche d'un arbre mort, semble à l'affût. Et au centre, c'est un cormoran. Une espèce locale au plumage noir mais aussi blanc. Va-t-il déployer ces ailes comme le font souvent les cormorans (noirs) de nos côtes ? Eh bien non ! Il est statique, idéal pour la prise photo.

Un peu plus loin, on remarque quelques minuscules îlots recouverts de végétation et à bien observer on devine devant eux quelques paires d'oreilles, elles dépassent à peine au-dessus de l'eau. C'est un œil, un bout de tête puis deux et même trois que l'on distingue à présent … voici une famille hippopotames qui rôdent dans les parages. Il nous faut bien regarder car les hippopotames c'est un peu comme les icebergs, la partie immergée est bien plus imposante que celle émergée, mais la comparaison s'arrête là ! Ces gros animaux (parfois près de 2 tonnes! ) vivent en famille et sont très présents dans les eaux du Zambèze. Sans doute l'espèce que l'on voit le plus dans cette portion du fleuve. Les hippopotames passent leur journée dans l'eau, un des seuls moyens qui leur permet de réguler leur température interne et d'éviter en quelque sorte la surchauffe. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit qu'ils quittent le bain pour s'aventurer sur terre et brouter, brouter sans fin et avec gros appétit. Ces herbivores engloutissent ainsi quelques 40 kilos de végétaux par nuit.

Régulièrement, ils baillent, la bouche grande ouverte. Comme on peut le constater, les canines inférieures ont de quoi impressionner, certaines peuvent atteindre chez les mâles plus de 25 centimètres de longueur ! Et quand on apprend que ces animaux à l'apparence si paisibles ont un comportement imprévisibles surtout si on les croise sur terre, mieux vaut éviter de se trouver sur leur chemin … et de plus lorsqu'ils chargent, il paraît qu'ils peuvent courir à plus 40 km/h !

Tiens ! sur la gauche, une famille d'hippopotames s'agite. Des grognements, des éclaboussures et un souffle projetant des gouttelettes comme un jet d'eau ou plutôt celui d'une baleine !

Dans cette région, le cours du fleuve fait office de frontière entre deux pays : ainsi à bâbord ce sont les rivages de la Zambie qui défilent sous nos yeux et sur tribord ceux du Zimbabwe. La progression sur le large Zambèze se poursuit. Les rayons obliques du soleil percent le voile de nuages nous offrant une splendide luminosité inondant le panorama. Sur le bateau, dans l'attente du soleil couchant, c'est maintenant le moment de l'apéritif … avec un « Open bar ». Ainsi, un (ou plusieurs !) verre a la faculté de rendre ces moments encore plus plaisants …

D'autres oiseaux entre maintenant en scène. Sur la berge, côté Zimbabwe, une colonie de guêpiers a établi son camp. Des trous creusés dans la terre des berges constituent un espace parfait pour la nidification. La colonie est animée, certains oiseaux virevoltent, d'autres restent accrochés et alignés au bord de cette paroi pendant que d'autres encore sont blottis à l'entrée de leur nid. Et tous, d'arborer un joli plumage vert et rouge.

Ici, c'est un échassier qui fouille à l'aide de son long bec une vase peu ragoûtante, là, un palmipède guette les intrus et placé au centre de l'image, c'est un oiseau à la belle moustache jaune, sans doute un attribut de séduction.

A proximité, un crocodile est bien placide mais avec un œil aux aguets. En le regardant, il me donne l'impression de presque sourire, mais d'un sourire sadique avec ses crocs pointus qui dépassent de sa gueule. Certains spécimens peuvent atteindre 7 mètres de long, mieux vaut se tenir à distance.

La luminosité baisse rapidement sous ces latitudes mais on distingue encore quelques animaux sauvages, des babouins qui courent sur la berge et deux éléphants marchants parmi les broussailles.


A présent, c'est le ciel qui attire nos regards éblouis par ces teintes lumineuses comme également par ces reflets dorés à la surface du fleuve. Des nuances éphémères rehaussées pendants quelques minutes par un soleil couchant qui se joue des nuages.

La balade fluviale s'achève alors que le crépuscule ne laisse apparaître plus qu'un serpent de lumière dans le sillage de notre embarcation.

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Voyage 15 jours à Cuba avec notre fille de 3 ans English translation pending
Bonjour, nous partons 15 jours à Cuba en février 2018
Nous sommes en train de préparer le voyage.
Voici mes questions :
Quel parcours nous conseillez vous avec un enfant en bas âge ?
Quel mode de transport ? Bus, taxi ou location de voiture (pas donnée au passage) au niveau sécurité routière, ça donne quoi ? Nous hésitons à partir avec son siège auto à condition de pouvoir l'attacher à l'arrière du taxi ou de la voiture
Si bus, devons nous réserver en avance ?
Avez vous des cases particulares à nous conseiller à la Havane ? Vinales?
Quelles sont les plages les plus sympa pour voir des poissons ?
Merci d'avance
Cynthia
Voyage 4 mois Laos - Cambodge - Vietnam en famille (5) English translation pending
Bonjour, nous preparons notre voyage pour un depart debut janvier 2018. Nous sommes une famille avec 3 enfants de 18 ans, 14ans, 8ans.
Nous arrivons a bkk nous partons dans le sud (10 jours) puis dans le nord (10 jours) nous repartons de bkk pour pakse en avion (2jours) ensuite nous allons au 4000 iles ( don khone) (1semaine) puis direction la frontiere du cambodge a nakasang pour prendre le bus pour siem reap (1semaine) battambang, kompong chnang, phnom penh, sihanoukville, kampot, phnom penh pour prendre un bus direction ho chi minh ville si c est possible...nous pensons faire le sud du vietnam pendant 2semaines et ensuite en bus remonter a notre aise vers le nord a hanoi.
Pouvez vous me dire ce que vous pensez de notre circuit ?
Les conseils sont les bienvenus !!
Merci
Merci
Compte-rendu de notre voyage en Polynésie English translation pending
Je tiens à remercier tous ceux qui, avant moi, ont rapporté sur ce forum leur expérience. Je vous recommande la lecture cette discussion http://voyageforum.com/discussion/retour-experience-voyage-en-polynesie-organisation-budget-sejour-d6172611/.
Je vais raconter notre expérience, l’organisation de notre voyage, nos impressions, nos coup de cœur, les déceptions…. Mais sans jamais comparer ce que je n’ai pas testé. Il s’agit de mon expérience, de mon ressentit…comme tout avis, ça reste subjectif, même si je tiens à rester objectif.
Notre voyage était prévu pour concilier la découverte de la Polynésie sur terre (population, faune, flore, paysage..) et sous mer (plongée sous-marine). Mon épouse ne plongeant pas, la plongée n’a pas était le point principal de notre voyage, mais vous verrez que cela a pesé dans le choix des iles.
J’ai organisé ce voyage de bout en bout depuis la métropole. Cela demande du temps, de penser à beaucoup de chose pour que tout soit parfait, mais c’est tout à fait réalisable avec un peu de patience. Il n’y a pas de barrière de la langue, tous les hôtels, pensions, locations…ont un site internet.
A l’origine ce voyage devait se dérouler en Août 2015, mais après une rapide comparaison, il a été avancé au mois de mai. L’écart sur les billets est significatif entre ces deux périodes, de plus avec tous les ponts du mois de mai, l’impact sur mon activité professionnelle a été limité.
LES VOLS INTERNATIONNAUX : J’ai choisi Air France (à la place d’Air Tahiti Nui). Les prix des billets sont quasiment identiques, par contre avec les milles acquis j’ai pu voyager en « Prémium Economy » sans surplus au niveau des billets http://www.airfrance.fr/FR/fr/common/guideeconomy/classeetconfort/premium_economy_a_bord.htm?WT.srch=1&WT.mc_id=C_FR_SEA_Google_Brandname_null_null_null&gclid=CNXH7c6_gMYCFQrJtAodNlsA7g). L’avantage de cette catégorie est d’avoir plus de place durant le vol. Je mesure 1m87. Effectivement, il y a plus de place en largeur, et aussi devant pour les genoux. Mais les sièges ne s’allongent pas, ils basculent très légèrement, donc au final le vol est très long… Cette catégorie permet de bénéficier du « Sky Priority ». C’est bien pratique dans les aéroports pour les contrôles, les transits mais aussi pour l’entrée dans l’avion. La différence de confort est indéniable, mais je ne suis pas certain que la somme à débourser soit au niveau des prestations supplémentaires…Le personnel navigant d’Air France sur cette ligne, basé à Papeete, est très sympathique. N’oubliez pas d’acheter votre ESTA (validité de 2 ans). A Los Angeles, il vous sera obligatoirement demandé, et indispensable pour la suite du voyage.
VOLS INTER ILES : La compagnie Air Tahiti assure les vols entre la plupart des iles polynésiennes. Il faut savoir que la Polynésie française s’étend sur une superficie aussi grande que l’Europe ! Air Tahiti propose des pass inter iles. Compte tenu des conditions d’utilisation de ces pass, organiser un séjour avec plusieurs iles devient vite un casse-tête. Il m’a fallu une journée pour déterminer l’ordre de visite des iles de notre voyage. Depuis le 1° janvier 2015, la limite de poids des bagages en soute a été augmenté à 23kgs ; bien pratique lorsqu’on vient d’un vol international (ou même pour amener du matériel de plongée). Sur présentation de sa licence de plongée, on peut même bénéficier de 5kgs supplémentaires. Sur cette compagnie le poids est une vraie préoccupation. Dans certaine ile, la piste d’atterrissage est courte, donc il faut maitriser le poids de l’ensemble de l’appareil. D’ailleurs en rentrant (par l’arrière) de l’appareil, vous verrez des places « réservées » : elles restent inoccupées pour limiter le poids (sur certaines iles, la compagnie pèse les passagers…les polynésiens se portent bien..).
NOTRE PARCOUR : Tahiti (1 nuit), Moorea (3 nuits), Tahaa (3 nuits), Bora Bora (3 nuits), Tikéhau (3nuits), Rangiroa (3 nuits), Fakarava (5 nuits), Tahiti (2 nuits) : 26 jours (trajet compris) et 23 nuits. Il s’agissait de notre premier (et peut être dernier) voyage en Polynésie. On est donc tenté de voir le plus possible d’ile. J’ai lu sur ce forum qu’il fallait rester au minimum 3 nuits par ile. Ces 3 nuits correspondent à 2 jours plein sur place (c’est bien, plus serait mieux…). Généralement, le vol arrive fin de matinée ou début d’après-midi, ce qui laisse ½ journée pour prendre ses repères, se reposer, et 2 jours plein pour les activités. Il faut savoir qu’à ce rythme, les valises ne sont pas beaucoup défaites, le rythme de visite est soutenu, et le temps pour se reposer bien calculé… Toutes ces iles sont différentes, il est difficile de les comparer entre elles. Notre souhait initial était de partir de Fakarava, faire juste un arrêt à l’aéroport de Papeete pour repartir directement vers la métropole. Nous avions un impératif : être de retour le samedi 23 mai pour bénéficier du dimanche et lundi de Pentecôte pour récupérer du décalage horaire avant de reprendre le travail. Donc, n’ayant pas la possibilité de faire un retour comme nous le souhaitions, nous avons dû faire 2 nuits sur Tahiti au retour.
HEBERGEMENT : Une fois que vous avez tous vos vols, l’ordre et les dates de séjour sur les différentes iles, il vous reste à choisir votre mode d’hébergement. Nous avons le choix entre hôtel ou pension (le camping existe en Polynésie mais je ne peux en parler car pas testé). Nous avons privilégié les pensions de famille, pour des raisons de coût, mais aussi pour pouvoir être au plus près de la vie polynésienne. Au contact des polynésiens vous apprendrez beaucoup sur eux. Les seuls hôtels ont été réservés à Papeete et Bora Bora. Le choix a été fait grâce à Tripadvisor. Ce n’est pas le seul site, mais nous y avons nos habitudes, et je trouve que c’est assez efficace. Toutes ces réservations ont été faites sept mois à l’avance. Je m’y suis pris tôt surtout pour les vols, parce c’est ce qui détermine les dates du voyage. Dans la foulée, j’ai réservé les pensions. J’ai eu de la place partout et ainsi certaine considérations ont été prise en compte (ex : à Rangiroa, je voulais un bungalow en face de la passe de Tiputa, bungalow bord de plage ailleurs…). Une fois que vous avez les vols et les pensions, il vous reste du temps pour vous renseigner sur les activités dans chaque ile. N’oubliez pas de réserver les transferts entre les aéroports et les pensions. J’en parlerai plus loin en détaillant chaque ile. C’est aussi le temps de se documenter, et commencer à rêver…
ACTIVITE : Voici quelques sites qui m’ont permis d’élaborer le voyage et où vous trouverez une multitude de renseignements : Tout d’abord les guides à télécharger en pdf : http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html ; vous retrouverez ces guides gratuits un peu partout chez les commençants. Ils sont pratiques pour élaborer des excursions, retrouver des adresses, téléphone… Pour les activités : http://www.etahititravel.pf/?gclid=CKG1j7jEgsYCFafJtAods3wADg regardez l’onglet « activités ». Excursion sur Tahiti : http://www.tropicalement-votre.com/produits/1525/doc/excursions-tahiti.pdf Trouver les professionnels pour des activités : http://www.tahiti-excursions.com/fr/9-moorea Pour Bora : http://www.borabora-tourisme.com/informations/activites/activites-nautiques http://www.tahiti.com/island/bora-bora Des pass pour des réductions sur certaines activités : http://www.tahitifunpass.com/en/
A PREVOIR AVANT DE PARTIR : Je vous invite à nouveau à lire le compte rendu de « Cemoatoto » (http://voyageforum.com/discussion/retour-experience-voyage-en-polynesie-organisation-budget-sejour-d6172611/). N’oubliez pas la rallonge électrique (2m) car parfois dans les pensions, vous n’aurez qu’une prise de courant à votre disposition (où est branché le ventilateur en général, et donc plus de possibilité de recharger les divers batteries de vos appareils). Tout aussi important des chaussures de nage pour ne pas abimer les coraux (ni vous blesser les pieds).
QUELQUES IMPRESSIONS : Les moustiques : ça était notre premier achat en Polynésie : du « Off ». Vous le trouverez en superette/supermarché. Nous en avons utilisé 3 en trois semaines (pour 2 personnes). Soit il n’y a pas de moustiques en Polynésie, soit c’est très efficace : pas une seule piqure ! L’épidémie de chikungunya est finie. Les coqs : Il y en a partout (même à Bora Bora). Ils « chantent » entre minuit et midi (même un peu plus pour certain). Ils sont sauvages. Ils vont partout, et mangent les « 100 pieds ». Ils ne sont pas comestibles (d’après les polynésiens). Les chiens : pas agressifs sauf à Bora. Si vous avez un doute, faites semblant de ramasser une pierre tout en les regardant méchamment : ça marche !! Les Geckos et autres lézards : inoffensifs, ils ont leur rôle dans la chaine alimentaire. Laissez-les en paix, vous n’aurez pas de problèmes.
Les polynésiens vivent avec le soleil. Ils se lèvent tôt (5-6 h du matin) et se couchent tôt. Le soleil se couche à 18h. Dans un restaurant vous n’aurez pas de réservation après 21h… Le samedi après-midi, dimanche et jours fériés la plupart des commerces sont fermés. Il faut boire beaucoup ! de l’eau !! Avec la forte chaleur, la déshydratation est rapide, même s’il y a toujours un peu de vent qui donne une impression de fraicheur (…parfois !).
LES POLYNESIENS : J’ai rarement vu des gens aussi sympathiques. Le tutoiement est de rigueur en Polynésie (moins vrai à Papeete), ce n’est pas un manque de respect, mais simplement une autre façon de concevoir les rapports humains. C’est un peu déroutant le premier jour, lorsque vous entrez dans une banque pour faire du change, et que la jeune femme en face de vous, vous tutoie…mais tellement plus sympathique ! Dans la rue, tout le monde vous saluera, vous fera un signe de la main ou de la tête. Même s’ils ne vous connaissent pas… Arrêtez-vous dans la rue et parler avec eux : on peut parler de tout, avec tout le monde, et surtout si vous avez un peu d’humour, vous serez adopté. Il faut savoir que les polynésiens ne connaissent pas le « passé, le présent et le futur ». Ils connaissent le réel et l’irréel. Le réel est représenté par le passé (les coutumes, les ancêtres..) et le présent. L’irréel est le futur…le futur est difficile à concevoir pour eux. C’est pour cela que beaucoup se contentent de ce qu’ils ont sans chercher à gagner plus.
LA NOURRITURE : Tout est très bon là-bas…La nourriture est à base de poisson (grillé, cru, en tartare..) même si comme moi vous « n’êtes pas poisson », vous adorerez (j’en ai mangé tous les jours midi et soir !). Le cochon et le poulet sont très bons, le « barbeuk » est une institution. Les fruits exotiques sont merveilleux, vous en trouverez partout sauf dans les Tuamotu (où seules les noix de coco poussent). Arrêtez-vous au bord de la route (quel que soit l’ile), pour en achetez. Ils sont vendu par lot à 500XPf (environ 4,20€), ils viennent du jardin et tout est « bio »…un polynésien m’a dit « comment voulez-vous mourir de faim, entre le lagon et ici ?» et me montrant autour de nous la vanille, les mangues, les papayes, la canne à sucre…En effet la nature leur donne beaucoup, mais ils la respectent aussi. Notre regret est de ne pas avoir eu l’occasion de manger un ahi ma’a (four tahitien). C’est Le repas de fête, qui réunit toute la famille. Donc à moins d’avoir de la famille, c’est compliqué d’en manger. La nourriture dans les hôtels est souvent internationale : peu de plats tahitiens, peu de jus frais exotiques, même pas de confiture locales…il est vrai que la clientèle est internationale (les asiatiques mangent asiatiques ; les américains, viande hamburger voir pâtes).
LES BOISSONS : En générale l’eau n’est pas potable, mais vous pourrez vous rincer la bouche après le brossage des dents. Vous trouverez des bouteilles de 1,5 litre un peu partout pour 100 à 150 XPF (0,80 à 1,25€). Pour varier un peu, vous dégusterez une Hinano. C’est la bière locale. Elle existe en blonde ou brune. Vous la reconnaitrez car son emblème est la fameuse tahitienne assise. Il faut savoir que les tahitiens ne savent pas se limiter en alcool. Les ventes sont interdites le samedi après-midi, les dimanches et jours fériés.
NOTRE PARCOUR :
Nous sommes parti de Nice le mardi 28/04. Après un changement de terminal à Paris CDG, nous montons à 19h25 à bord de notre Boeing, direction Papeete via L.A. Pour essayer de lutter contre le « jetlag » il faut, dès le décollage se mettre à l’heure polynésienne : facile c’est 12 heures de moins. Il est donc 7h25...donc petite sieste vers 12h (minuit en métropole), puis nuit après l’escale de L.A. A Los Angeles, vous quitterez l’avion avec toutes vos affaires (sauf les bagages en soute). L’avion est nettoyé, ravitaillé, le personnel navigant change. Vous êtes en transit, mais vous passez devant l’immigration (présentation de son ESTA), puis direction la zone de transit pour repasser les contrôles de sécurité avant d’arriver en zone d’embarquement où vous trouverez le Duty Free. Ce parcours vous laisse environ 20 à 30 minutes pour faire vos achats (si vous le souhaitez).
Mercredi 29/04 : Nous atterrissons à l’aéroport de Faa’a à 5h le matin. L’aéroport n’est pas très grand. Si vous souhaitez acheter de l’alcool en Polynésie, il vaut mieux le faire ici, et surtout à la boutique qui se trouve à côté (environ 5m) des tapis à bagage. Mon attention a été attirée par le fait que tous les polynésiens sortant de l’avion rentraient dans cette boutique pour acheter alcool et surtout du champagne. J’ai appris plus tard que TOUT ce qui est importé, est taxé à 100% ! (même au Carrefour pas de champagne à moins de 80€…). Dans l’aéroport, vous avez une consigne à bagage, un distributeur d’argent, des boutiques souvenir et une boutique média où j’ai acheté une carte Vini (pour pouvoir appeler les responsables des activités, les centres de plongée…). Si vous souhaitez faire un accueil polynésien à votre épouse, alors que personne vous attend ; vous trouverez sur le parking de l’aéroport une boutique vendant des colliers de fleur. A notre arrivée, le représentant d’ECOCAR nous attendait (http://www.ecocar-tahiti.com/). Il a pris nos bagages et nous a amené à l’agence juste à côté de l’aéroport (à 500m). Les voiture sont récentes, bien entretenues, le personnel est sympa, et les tarifs sans comparaison avec Avis ou Europcar. Depuis Faa’a, une voie rapide/autoroute (gratuite) permet de rejoindre Papeete, pour nous rendre à notre hôtel : hôtel Tahiti Nui. Pour la première nuit, après 23 heures de vols nous souhaitions dormir dans un vrai lit… Cet établissement est très bien situé, à 300m de la mairie, 400m du marché et 400m du port. Il possède un parking. Il peut organiser votre transfert depuis l’aéroport. Vous pouvez faire un « early check in ». A votre arrivée, si votre chambre n’est pas disponible, vous pouvez prendre un douche au spa de l’établissement (fourniture de gel douche et serviettes). Par contre les couloirs de l’hôtel sont peu ou pas éclairés, le WiFi n’est disponible que dans le hall (mais gratuit). Après le dépôt des valises, direction à pieds vers la mairie, le marché, la cathédrale et quelques rues marchandes. Puis reprise de la voiture pour faire le tour de l’ile. Le tour a été fait en suivant le guide téléchargeable http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html Vous pourrez faire dans la journée l’ensemble de la route côtière de Tahiti Nui et Iti, en vous arrêtant à tous les sites à visiter (seul le musée Gauguin et son jardin n’ont pas été visités). La fin du tour de l’ile est assez dure, la fatigue et le manque de sommeil commencent à se faire sentir. Retour à l’hôtel. A côté de l’hôtel, une station-service permet de faire le plein (un ticket de caisse vous sera demandé par la location auto pour prouver que vous avez mis de l’essence). Puis direction la piscine (pas super bien entretenue, il manque de nombreux carreaux, le deck est sale..). Le soir repas dans une des roulottes, place Vaiete. C’est pittoresque, une curiosité à voir mais le meilleur côtoie le pire…Un conseil, allez vers une roulotte où les places sont toutes prises (les connaisseurs vont vers elles, et la nourriture ne stagne pas), elles ne servent que de l’eau (la vente d’alcool y est interdite) mais vous pouvez venir avec votre Hinano…
MOOREA : Départ de l’hôtel, pour l’agence ECOCAR, où nous restituons la voiture (et présentons le ticket d’essence). On nous raccompagne à l’aéroport. Le vol pour Moorea dure 10 minutes. Je vous conseille de vous installer à gauche dans l’avion, vous verrez Tahiti puis Moorea du ciel : beau spectacle. L’aéroport de Moorea est tout petit. Un représentant d’Albert location ( http://www.albert-transport.net/location_vehicule_moorea.php ) est présent pour nous accompagner (avec nos bagages) à leur agence un peu plus loin. La voiture est récente, quelques petites rayures, mais en bon état. Nous nous dirigeons vers la pension Vaihere, qui se trouve dans la baie d’Opunohu. Nous sommes accueillis par Philippe et Corine les propriétaires. Ils possèdent 1 bungalow face à la mer et 2 jardin et un Faré Poté et leur habitation. Les bungalows de style polynésiens sont pas très grand (mais suffisant), propre (ménage tous les jours). Vous aurez les serviettes changées tous les 2 jours. Le Wifi est gratuit et dans les bungalows. On peut vous prêter les serviettes de plage, masque tuba et palmes. Philippe est moniteur de plongée. Il n’y a pas de plage à la pension mais un ponton. On y mange très bien, les petits déjeuners sont copieux. Philippe peut se charger de faire des réservations pour vous, et vous expliquera la vie de l’ile, de la Polynésie. Apres l’installation, direction la plage d’Ta'ahiamanu (ou Mareto) en bord de la route côtière. Les plages sont bien indiquées, et aménagées (WC, douche). Il n’y a que 2 plages à Moorea, l’autre plage publique prolonge celle du Sofitel : en venant de la baie de Cook, vous longez le Golf et juste après l’aéroport, avant de monter vers le point de vue Temae vous avez sur la gauche un grand panneau marron signalant l’entrée. Le chemin d’accès (environ 800m) est large, mais truffé de trou. La plage est très belle, votre baignade sera protégée par la barrière de corail et vous verrez devant vous Tahiti. Le lendemain, nous allons au Lagoonarium (http://lagoonarium.e-monsite.com/ ) . En venant de l’aéroport, vous longez la gare maritime de Vaiare à gauche, puis vous continuez environ 2 à 3 kms. Sur votre gauche vous trouverez un petit parking avec un faré. L’entrée est de 30€/pers pour la journée. Le transfert vers le motu Ahi se fait en pirogue à moteur, et dure moins de 10 minutes. Sur le motu il y a 7 farés, une construction en forme de bateau (restaurant) et 2 farés privés. En arrivant tôt, on vous attribuera un faré pour la journée ; c’est bien agréable vous pourrez laisser vos affaires, faire une sieste…). Vous aurez une magnifique vue sur Tahiti. Toute l’équipe (polynésienne) est vraiment sympathique, souriant…. Les raies et les requins sont nourris à 11h30 et 14. Vous pourrez toucher les raies (pas les requins !) Cette pratique (feeding) est courante en Polynésie…discutable, mais pratiquée et permet de les approcher. Le soir, nous allons au TIKI village (https://www.tikivillage.pf/). Ne logeant pas dans les hôtels, c’est notre seul occasion de voir des danses et chants traditionnels. Sur la côte Ouest, quelques kilomètres avant Haapiti, un vrai village traditionnel est aménagé : marae, four polynésien, confection de paréo, de bijoux...une hôtesse nous explique la signification des Tikis, des maraes. Le repas est sous forme de buffet. Une partie du buffet provient du four polynésien. Pendant ce buffet, démonstration des différentes façons de nouer le paréo (femme et homme). Puis vient le temps du spectacle. Une histoire est contée et rythmée par les danses ; la danse du feu clôture la soirée (non présentée dans les hôtels pour des raisons de sécurité). La troupe est moins nombreuse que par le passé (faute de budget) mais ça reste une bonne expérience. Le repas est bon, le spectacle convivial, pas trop long ni répétitif. Le lendemain, tour en quads avec Dammon (http://www.tripadvisor.fr/ShowUserReviews-g309685-d2460517-r190179929-Magic_Mountain-Moorea_Society_Islands.html). Il se situe à Maharepa en face du Moorea beach café. C’est un polynésien de père américain. On vous fournira une bouteille d’eau, une charlotte, et après une prise en main dans le jardin derrière la boutique, vous partez…pour la route des Ananas au cœur de l’ancien cratère, puis le Belvédère (240m d’altitude) avec sa vue sur le mont Rotui (899m) et les deux baies (Cook et Opunohu). En redescendant, arrêt au lycée agricole pour boire un jus d’ananas frais, puis ascension de la montagne magique (la vue y est magnifique). Au retour, dégustation de fruits dans la boutique. Dammon et Alex (un narbonnais) sont vraiment très gentils. Il a plaisir à parler de la Polynésie, de son ile de sa culture et surtout de nourriture… A voir également « le Tropical garden » si vous êtes fan de plantes, fruits et légumes tropicaux (http://tgardenmoorea.centerblog.net/). Situé 50m après la pension Vaihere à gauche, vous devrez monter une cote assez raide (faisable à pieds, préférable en voiture). Vous aurez une belle vue sur la baie d’Opunohu. Vous pourrez visite le petit jardin et ses vanilles, déguster des jus de fruits, acheter des confitures maison. La propriétaire est adorable (elle nous a même donné des vanilles…). Le vendredi elle propose une assiette Polynésien (un conseil, prenez 1 assiette pour 2, c’est TRES copieux). Moorea ressemble un plus à l’idée que l’on se fait de la Polynésie. Assez urbanisée avec des zones concentrées de boutiques, puis des zones moins habités mais de très beau paysage de montagne, de végétation luxuriante, de lagon, de cocotier. On a rencontré beaucoup d’occidentaux, mais la vie y est douce.
TAHAA On ne va pas à Tahaa par hasard. Il faut 40 minutes de vol depuis Moorea pour rejoindre Raiatea, puis ensuite 30 minutes de bateau. Raiatea et Tahaa partage le même lagon. Tahaa (ile vanille) est complétement différente des autres iles : plus rurale, plus simple, plus authentique. On y perd un peu la notion du temps. L’ile vit au rythme des compétitions de pirogues (V6) et des danses traditionnelles.
Dans l’avion mettez-vous côté gauche, car l’avion, avant d’atterrir survole Raiatea, fait un demi-tour et se pose avec Tahaa sous vos yeux. L’aéroport possède son quai pour faire les transferts vers Tahaa. Une navette ou un Taxiboat feront la traversée (attention à réserver si comme nous vous arrivez un dimanche) Nous sommes attendus au quai par René de la pension « Au phil du temps ». La pension est composée de 2 bungalows polynésiens et une chambre. Les repas sont communs. Les bungalows sont simples et auraient besoin d’un coup de neuf, mais vous oublierez cela si vous tombez sous le charme de Tahaa. Les serviettes de plage sont prêtées. Le Wifi est gratuit et dans le bungalow. Il n’y a pas de plage à Tahaa (sauf la plage Joe Dassin difficile d’accès), mais la pension possède un deck (pour le bronzage) et un ponton donnant sur des patates de corail avec une jolie faune. Nous avons fait toutes nos excursions avec René le propriétaire de la pension. A l’origine, je voulais faire les excursions avec des polynésiens. Mais la communication par mail avec eux est compliquée : soit il n’y a pas de réponses, soit elles sont très sporadiques. Mais nous ne regrettons pas notre guide. Nous avons fait le tour de l’ile, avec visite de la ferme perlière (prix affichés très chers, mais au bout de 5 minutes on les divise par 2, juste « parce que c’est toi ». Nous n’aimons pas trop de genre de pratique, et même divisé par 2 cela restait onéreux), visite de la ferme de Vanille (avec verre de jus de fruit, dégustation de différentes bananes, explications toutes les étapes de la vanille depuis l’orchidée jusque dans l’assiette en passant par la pollinisation, la récolte, le séchage…). Tout au long de la route vous verrez des séchoirs à coprah. La route côtière permet de très beau point de vue. Essayer de monter jusqu’à la mairie d’Apu : la vue est féerique, le bleu turquoise du lagon, le bleu de l’océan et Raiatea en toile de fond… Notre autre excursion fut le jardin de corail. Certainement le plus beau que j’ai rencontré avec seulement masque et tuba ! Le site se situe sur le motu du « Tahaa private Island and spa » : entre ce motu et le suivant. La visite se fait en dérivant avec le courant depuis la barrière de corail vers le lagon. Entre 1 et 2 m d’eau vous verrez presque tous les poissons tropicaux, c’est un vrai aquarium multicolore. Entre deux descente vous pouvez vous restaurer « chez Annette » d’un repas polynésien (poisson cru lait de coco, riz blanc, poulet rôti caramélisé, pain coco et en dessert fruits et po’e banane, le tout avec eau et café) au bord du lagon. Ce lieu est une vraie carte postale de la Polynésie.
BORA BORA Certainement l’ile qui correspondait le moins à l’idée que je m’en faisais. Cette ile présente de forts contrastes. D’un côté des motus et une partie de l’ile avec de grand hôtels, et de l’autre une ruralité presque pauvre. Je m’attendais à une ile principale très urbanisée, avec beaucoup de boutiques, restaurants, d’animation…il n’y a rien de tout cela. Une seule station essence pour toute l’ile. Il est vrai qu’on fait le tour en 2 heures en roulant à 30kms/h et en faisant des arrêts… Encore une fois mettez-vous à gauche dans l’avion pour voir Bora et son magnifique lagon avant l’atterrissage. L’aéroport situé sur un motu est petit. Un port jouxte les pistes où accostent les bateaux vous amenant vers votre hôtel. Cette piste fut la première piste construite en Polynésie. Elle l’a été par les américains pendant la 2° guerre mondiale. Bora fut leur base pour contrôler le Pacifique (une seule passe facilement contrôlable où pouvaient passer les gros cargos). Nous avions choisi le Sofitel (sur l’ile principale, pas sur le motu privé. Pour ne pas être tributaire des navettes). Les chambres sont grandes, avec tous les services d’un hôtel, mais le personnel est moyennement aimable. La restauration quelconque avec peu de plats polynésiens (même pas de fruits ou confitures locaux au petit déjeuner). Vous pourrez voir des vestiges des défenses anti aériennes si vous faites un tour en quad. J’ai choisi Matira ATV (http://www.matirajettours.com/ ). Il passe vous cherchez à l’hôtel, les quads sont neufs, très sympathique. Le tour dure 1h30. Vous monterez sur les points culminants où vous aurez des vues sur le lagon turquoise, l’ancien cratère, la passe du lagon… Nous avions prévu de passer une journée dans le lagon en louant un bateau sans permis (http://www.laplage-borabora.com/FR/information.html). Il faut savoir qu’on ne peut pas accoster où l’on veut sur un motu. La loi « littoral » est en vigueur en Polynésie, mais les hôtels se réservent le droit de limiter le passage. De plus la plupart des motus sont privés (sur toutes les iles). Mais la pluie nous a fait renoncer à cette activité. Nous avons loué une voiture (Avis) pour la journée, pour faire le tour de l’ile principale.
TIKEHAU Nous quittons les iles de la société pour les Tuamotus. Fini les iles volcaniques, les montagnes, la végétation luxuriante, les fruits en quantité. Ici ce n’est qu’un anneau corallien plat avec d’un côté l’océan et de l’autre le lagon. Les seuls « fruitiers » à pousser sont les cocotiers. Là nous trouvons les images/cartes postales qu’on s’imagine pour la Polynésie (plage de sable blanc, cocotier, le bleu turquoise du lagon et le bleu ciel du…ciel). L’avion passe par Rangiroa (et fait une escale) avant de rejoindre Tikéhau. SI vous vous placez du côté droit de l’avion, vous pourrez voir « le lagon bleu » de Rangiroa (un lagon dans le lagon). L’aéroport de Tikéhau est minuscule (comme partout dans les Tuamotus). La pension « Tikéhau Village » nous attend à la descente de l’avion avec un collier de fleur (http://www.tikehauvillage.com/ )(nous repartirons avec un collier de coquillage). C’est la seule pension qui ne m’a pas demandé de verser un acompte pour réserver ! (confiance absolue). L’entrée de la pension est à 50m de l’entrée de l’aéroport ! mais il n’y a pas de bruit car les avions sont rares. La pension est nichée entre la plage est une cocoteraie. Les bungalows de style polynésiens donnent directement sur la plage. Ils ont un grand lit, et un autre en mezzanine. La partie sanitaire est le point faible, elle commence à être vraiment vétuste…A noter que les photos ne correspondent plus à la réalité : le ponton a disparu, il semblerait que les bungalows à côté du faré poté soient en meilleur état (le notre était le plus éloigné). Le Wifi est disponible (gratuitement) à côté du faré poté. Sur la plage vous pourrez croiser des raies, des requins pointe noire…Vous avez à disposition, vélo, kayaks…et avec supplément le club de plongée « Raie Manta club ». Le village est à un petit kilomètre de la pension. Vous y trouverez une petite supérette pour les repas du midi, ainsi qu’une boulangerie. A l’entrée du village, sur la gauche vous trouverez le centre de plongée « Tikéhau plongée ». Ici il n’y a pas de banque, pas de distributeur. Cependant, vous pouvez payer la pension par carte bancaire. A Tikéhau vous n’avez rien à faire, à part la plage, la plongée, le snorkeling et les excursions (nous n’avons pas fait l’excursion à la journée sur « l’ile aux oiseaux » ). Tikéhau restera une de nos meilleures expériences, justement pour cette sensation d’être au bout du bout du monde, mais aussi pour les rencontres que nous avons faites. On a vraiment l’impression de partager la vie des polynésiens. D’abord Paea et Caro les propriétaires, mais aussi Serge dit « l’indien ». Je vous recommande l’excursion à la journée faite par la pension. Après une nage avec une (les) raie(s) Manta, vous irez péchez le poisson du repas, puis Serge vous emmènera à son « bureau » : dans un décor de carte postale, vous prendrez votre repas polynésien au milieu des poissons requins…on est plus très loin du paradis…
Au niveau plongé sous-marine, Tikéhau a la particularité de ne posséder qu’une seule passe. Donc à ce niveau que se font la majeure partie des plongées. A l’intérieur du lagon, il y a une ancienne ferme perlière qui abrite une station de nettoyage des rais manta. Mais depuis la tempête tropicale de janvier 2015, ces dernières se font très rares.
RANGIROA Second atoll corallien de notre séjour. Rangiroa est une destination purement plongée. Il n’y a pas de plage (sauf au niveau de l’hôtel Kia Ora). Donc si on ne plonge pas, on va trouver le temps assez long. Les habitations sont réparties entre les deux passes (Avatoru et Tiputa) avec une concentration plus forte vers Avatoru. Quelques pensions, petits hôtels, restaurants, snack, artisans parsemés tout au long de la route unique… Nous étions logés à la pension « les relais de Joséphine ». Le transfert est assuré par la pension qui se trouve à environ 10Kms de l’aéroport. Cet éloignement ne permet pas de visiter l’ile sans un véhicule à moins d’être disposé à faire 2Okms aller (et autant au retour), en vélo sous le soleil pour rejoindre la passe d’Avatoru et visiter la partie la plus habitée de l’atoll. La pension est très jolie, les bungalows sont de belle taille (au moins 40m2), belle décoration, beau sanitaires, bien entretenus. Une belle terrasse où on prend ses repas juste au bord de la passe où parfois, viennent les dauphins. L’endroit est connu pour cela, et l’établissement reçoit la visite de personnes extérieures venant voir le spectacle. Cette proximité de la passe (environ 5mètres) fait que les nuits sont bruyantes (nous avons utilisé les bouchons d’oreille fournis dans l’avion pour ces nuits à Rangiroa !). J’ai plongé avec le club « The 6 passengers » : très pro, bien installés sur une plage en bord de lagon. Les moniteurs sont très sympas, l’ambiance est très familiale et détendue. J’étais venu pour voir (et nager avec) les dauphins : déception (je les ai vu seulement 2 minutes en plongée), mais on ne commande pas des animaux sauvages. Suivant les conseils des forums, nous sommes allés chez « Ikimasho » (http://www.tahitigemfair.com/ ) pour choisir des perles. La boutique pas très grande, et se trouve juste à côté de leur concurrent : « Gauguin’s pearl ». Lui est bijoutier-joaillier (de Perpignan et d’allure rasta), elle (coco) est japonaise. Il y a des perles à tous les prix. Il peut les percer pour les faire monter en métropole. Nous avons également fait une excursion à la journée au « lagon bleu ». La pension a fait la réservation. L’équipe est venue nous chercher à la pension pour rejoindre le port d’Avatoru. Il faut 1h30 de bateau pour rejoindre le « lagon bleu » (lagon dans le lagon). Dès l’arrivée, les requins pointe noire sont là pour nous accueillir. Installation sur le motu, visite d’un motu voisin uniquement habité par les oiseaux, snorkeling, repas polynésien, sieste à l’ombre des cocotiers (attention aux chutes des noix de coco !), apprentissage de tressage des feuilles de palmier sont les activités de la journée. Au retour, snorkeling avec les pointes noires, et quelques requins citron. Avant d’arriver au port d’Avatoru, juste devant la passe, snorkeling dans « l’aquarium ». Il existe une autre excursion à la journée, « l’ile aux récifs » que nous n’avons pas eu le temps de faire. D’après les gens rencontrés cela vaut bien une visite, le spectacle est inattendu et étonnant. Rangiroa restera une déception, car la partie habitée (celle que nous avons vue) n’est pas très belle, pas mise en valeur…
FAKARAVA : Dans l’avion nous longeons Rangiroa puis survolons d’autres atolls avant d’arriver à Fakarava (45 minutes de vol). Nous sommes accueillis par les fils des propriétaires de la pension « Hawaiki Pearl » (http://www.havaiki.com/ ), qui remettent aux femmes un collier de fleur et aux hommes une fleur de Tiaré. Nous sommes logés dans un bungalow plage de style polynésien, pratiquement neufs, avec tout le confort (climatisation ventilateur, sèche-cheveux, coffre-fort…). Le ménage est fait tous les jours (sauf le dimanche), les serviettes de toilettes sont changées tous les deux jours, les serviettes de plage sont prêtées. Il s’agit plus d’une petite hôtellerie, où la décoration est joliment et simplement pensée. Il y a un snack sur la plage pour les repas du midi. Les kayaks et vélos sont à disposition. La pension se trouve à 2 Kms du village. Au niveau du ponton se trouve une petite ferme perlière. Les lundis et mercredi, Hugo vous explique les détails de la fabrication de la perle. Cette explication très complète est clôturée par une tombola. La configuration de Fakarava est identique aux autres atolls ; un grand motu où se trouve l’aérodrome, avec un village Rotoava, qui concentre tous les habitants. Mais à Fakarava on s’y sent bien…c’est le sentiment que l’on ressent lorsque le mini bus nous emmène de l’aérodrome à la pension. Les maisons sont joliment décorées, les gens très sympathiques…il y règne une atmosphère de détente, de quiétude particulière…Ce sera notre coup de cœur ! Fakarava est une destination purement plongée, mais les non plongeurs peuvent bénéficier de plages ou par endroit de récifs de coraux pour faire du snorkeling. Nos journées se déroulent ainsi : plongées le matin (avec Mathias de « Dive Spirit ») et promenade l’après-midi. En dépassant l’aéroport vous roulerez sur un chemin qui amène au bord de la passe Nord (Garuae). Là vous aurez de belles plages isolées, de sable blanc. Coté océan vous pourrez récolter des coquillages (ainsi que des mues de petits crabes). Si vous avez la possibilité, faites une sortie vers le village Tetamunu, situé sur la passe Sud de l’atoll. Le déco y est encore différent. La passe Sud Tumakohua est plus petite, toujours abritée des vents. Des bungalows, les pieds dans l’eau vous donneront l’impression d’être dans une carte postale. Ces bungalows sont à louer, mais le confort y est rudimentaire (d’après les forums et voyageurs croisés). Cependant vous pourrez nager à 1 mètre du bord aves de gros Napoléons peu farouches. Vraiment un bel endroit. De retour vous pourrez voir les plages de sable roses : spectacle étonnant. Nous laisserons à regret Fakarava. Si nous retournons un jour en Polynésie, nous viendrons à nouveau à Fakarava.
TAHITI Ne pouvant faire un retour direct en métropole depuis Fakarava, nous serons obligés d’y dormir 2 nuits. Nous arrivons à 16h en direct de Fakarava, après un vol de 1h05. Nous profitons de la fin de d‘après-midi pour faire les derniers achats. Puis allons diner dans un restaurant: »le grillardin ». C’est un restaurant semi gastronomique, faisant une excellente cuisine pour un tarif raisonnable. Le lendemain nous partons avec « Tahiti Safari Expédition » (http://www.tahiti-safari.com/ ) depuis l’hôtel vers la vallée de Papanaoo. C’est Loana sera notre guide et conductrice. Cette journée permet de voir une autre facette de Tahiti. On remonte la vallée, où on peut se baigner. D’une végétation côtière « tropicale » vous aller vous enfoncer vers la montagne et sa végétation dense et humide dominée par les fougères. Le repas au « relais de la Maroto » est agréable. De retour à Papeete, nous retournerons aux roulottes pour le dernier repas polynésien. Nous choisirons « l’estanco ». Cela va être un excellent choix, je vous la recommande.
Voici qui clôture ce compte rendu de notre tout ressent voyage en Polynésie. J’ai peut-être oublié certain détails : excusez-moi… Si vous souhaitez de précisions, n’hésitez pas à laisser des messages. Encore une fois, ce récit n’est pas exhaustif, il n’est le reflet que de notre voyage. Je n’ai parlé que de ce que j’ai vu, ressentit. Je vous invite tous à aller voir nos amis polynésiens, vous recevrez un accueil comme nulle part.
LES VOLS INTERNATIONNAUX : J’ai choisi Air France (à la place d’Air Tahiti Nui). Les prix des billets sont quasiment identiques, par contre avec les milles acquis j’ai pu voyager en « Prémium Economy » sans surplus au niveau des billets http://www.airfrance.fr/FR/fr/common/guideeconomy/classeetconfort/premium_economy_a_bord.htm?WT.srch=1&WT.mc_id=C_FR_SEA_Google_Brandname_null_null_null&gclid=CNXH7c6_gMYCFQrJtAodNlsA7g). L’avantage de cette catégorie est d’avoir plus de place durant le vol. Je mesure 1m87. Effectivement, il y a plus de place en largeur, et aussi devant pour les genoux. Mais les sièges ne s’allongent pas, ils basculent très légèrement, donc au final le vol est très long… Cette catégorie permet de bénéficier du « Sky Priority ». C’est bien pratique dans les aéroports pour les contrôles, les transits mais aussi pour l’entrée dans l’avion. La différence de confort est indéniable, mais je ne suis pas certain que la somme à débourser soit au niveau des prestations supplémentaires…Le personnel navigant d’Air France sur cette ligne, basé à Papeete, est très sympathique. N’oubliez pas d’acheter votre ESTA (validité de 2 ans). A Los Angeles, il vous sera obligatoirement demandé, et indispensable pour la suite du voyage.
VOLS INTER ILES : La compagnie Air Tahiti assure les vols entre la plupart des iles polynésiennes. Il faut savoir que la Polynésie française s’étend sur une superficie aussi grande que l’Europe ! Air Tahiti propose des pass inter iles. Compte tenu des conditions d’utilisation de ces pass, organiser un séjour avec plusieurs iles devient vite un casse-tête. Il m’a fallu une journée pour déterminer l’ordre de visite des iles de notre voyage. Depuis le 1° janvier 2015, la limite de poids des bagages en soute a été augmenté à 23kgs ; bien pratique lorsqu’on vient d’un vol international (ou même pour amener du matériel de plongée). Sur présentation de sa licence de plongée, on peut même bénéficier de 5kgs supplémentaires. Sur cette compagnie le poids est une vraie préoccupation. Dans certaine ile, la piste d’atterrissage est courte, donc il faut maitriser le poids de l’ensemble de l’appareil. D’ailleurs en rentrant (par l’arrière) de l’appareil, vous verrez des places « réservées » : elles restent inoccupées pour limiter le poids (sur certaines iles, la compagnie pèse les passagers…les polynésiens se portent bien..).
NOTRE PARCOUR : Tahiti (1 nuit), Moorea (3 nuits), Tahaa (3 nuits), Bora Bora (3 nuits), Tikéhau (3nuits), Rangiroa (3 nuits), Fakarava (5 nuits), Tahiti (2 nuits) : 26 jours (trajet compris) et 23 nuits. Il s’agissait de notre premier (et peut être dernier) voyage en Polynésie. On est donc tenté de voir le plus possible d’ile. J’ai lu sur ce forum qu’il fallait rester au minimum 3 nuits par ile. Ces 3 nuits correspondent à 2 jours plein sur place (c’est bien, plus serait mieux…). Généralement, le vol arrive fin de matinée ou début d’après-midi, ce qui laisse ½ journée pour prendre ses repères, se reposer, et 2 jours plein pour les activités. Il faut savoir qu’à ce rythme, les valises ne sont pas beaucoup défaites, le rythme de visite est soutenu, et le temps pour se reposer bien calculé… Toutes ces iles sont différentes, il est difficile de les comparer entre elles. Notre souhait initial était de partir de Fakarava, faire juste un arrêt à l’aéroport de Papeete pour repartir directement vers la métropole. Nous avions un impératif : être de retour le samedi 23 mai pour bénéficier du dimanche et lundi de Pentecôte pour récupérer du décalage horaire avant de reprendre le travail. Donc, n’ayant pas la possibilité de faire un retour comme nous le souhaitions, nous avons dû faire 2 nuits sur Tahiti au retour.
HEBERGEMENT : Une fois que vous avez tous vos vols, l’ordre et les dates de séjour sur les différentes iles, il vous reste à choisir votre mode d’hébergement. Nous avons le choix entre hôtel ou pension (le camping existe en Polynésie mais je ne peux en parler car pas testé). Nous avons privilégié les pensions de famille, pour des raisons de coût, mais aussi pour pouvoir être au plus près de la vie polynésienne. Au contact des polynésiens vous apprendrez beaucoup sur eux. Les seuls hôtels ont été réservés à Papeete et Bora Bora. Le choix a été fait grâce à Tripadvisor. Ce n’est pas le seul site, mais nous y avons nos habitudes, et je trouve que c’est assez efficace. Toutes ces réservations ont été faites sept mois à l’avance. Je m’y suis pris tôt surtout pour les vols, parce c’est ce qui détermine les dates du voyage. Dans la foulée, j’ai réservé les pensions. J’ai eu de la place partout et ainsi certaine considérations ont été prise en compte (ex : à Rangiroa, je voulais un bungalow en face de la passe de Tiputa, bungalow bord de plage ailleurs…). Une fois que vous avez les vols et les pensions, il vous reste du temps pour vous renseigner sur les activités dans chaque ile. N’oubliez pas de réserver les transferts entre les aéroports et les pensions. J’en parlerai plus loin en détaillant chaque ile. C’est aussi le temps de se documenter, et commencer à rêver…
ACTIVITE : Voici quelques sites qui m’ont permis d’élaborer le voyage et où vous trouverez une multitude de renseignements : Tout d’abord les guides à télécharger en pdf : http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html ; vous retrouverez ces guides gratuits un peu partout chez les commençants. Ils sont pratiques pour élaborer des excursions, retrouver des adresses, téléphone… Pour les activités : http://www.etahititravel.pf/?gclid=CKG1j7jEgsYCFafJtAods3wADg regardez l’onglet « activités ». Excursion sur Tahiti : http://www.tropicalement-votre.com/produits/1525/doc/excursions-tahiti.pdf Trouver les professionnels pour des activités : http://www.tahiti-excursions.com/fr/9-moorea Pour Bora : http://www.borabora-tourisme.com/informations/activites/activites-nautiques http://www.tahiti.com/island/bora-bora Des pass pour des réductions sur certaines activités : http://www.tahitifunpass.com/en/
A PREVOIR AVANT DE PARTIR : Je vous invite à nouveau à lire le compte rendu de « Cemoatoto » (http://voyageforum.com/discussion/retour-experience-voyage-en-polynesie-organisation-budget-sejour-d6172611/). N’oubliez pas la rallonge électrique (2m) car parfois dans les pensions, vous n’aurez qu’une prise de courant à votre disposition (où est branché le ventilateur en général, et donc plus de possibilité de recharger les divers batteries de vos appareils). Tout aussi important des chaussures de nage pour ne pas abimer les coraux (ni vous blesser les pieds).
QUELQUES IMPRESSIONS : Les moustiques : ça était notre premier achat en Polynésie : du « Off ». Vous le trouverez en superette/supermarché. Nous en avons utilisé 3 en trois semaines (pour 2 personnes). Soit il n’y a pas de moustiques en Polynésie, soit c’est très efficace : pas une seule piqure ! L’épidémie de chikungunya est finie. Les coqs : Il y en a partout (même à Bora Bora). Ils « chantent » entre minuit et midi (même un peu plus pour certain). Ils sont sauvages. Ils vont partout, et mangent les « 100 pieds ». Ils ne sont pas comestibles (d’après les polynésiens). Les chiens : pas agressifs sauf à Bora. Si vous avez un doute, faites semblant de ramasser une pierre tout en les regardant méchamment : ça marche !! Les Geckos et autres lézards : inoffensifs, ils ont leur rôle dans la chaine alimentaire. Laissez-les en paix, vous n’aurez pas de problèmes.
Les polynésiens vivent avec le soleil. Ils se lèvent tôt (5-6 h du matin) et se couchent tôt. Le soleil se couche à 18h. Dans un restaurant vous n’aurez pas de réservation après 21h… Le samedi après-midi, dimanche et jours fériés la plupart des commerces sont fermés. Il faut boire beaucoup ! de l’eau !! Avec la forte chaleur, la déshydratation est rapide, même s’il y a toujours un peu de vent qui donne une impression de fraicheur (…parfois !).
LES POLYNESIENS : J’ai rarement vu des gens aussi sympathiques. Le tutoiement est de rigueur en Polynésie (moins vrai à Papeete), ce n’est pas un manque de respect, mais simplement une autre façon de concevoir les rapports humains. C’est un peu déroutant le premier jour, lorsque vous entrez dans une banque pour faire du change, et que la jeune femme en face de vous, vous tutoie…mais tellement plus sympathique ! Dans la rue, tout le monde vous saluera, vous fera un signe de la main ou de la tête. Même s’ils ne vous connaissent pas… Arrêtez-vous dans la rue et parler avec eux : on peut parler de tout, avec tout le monde, et surtout si vous avez un peu d’humour, vous serez adopté. Il faut savoir que les polynésiens ne connaissent pas le « passé, le présent et le futur ». Ils connaissent le réel et l’irréel. Le réel est représenté par le passé (les coutumes, les ancêtres..) et le présent. L’irréel est le futur…le futur est difficile à concevoir pour eux. C’est pour cela que beaucoup se contentent de ce qu’ils ont sans chercher à gagner plus.
LA NOURRITURE : Tout est très bon là-bas…La nourriture est à base de poisson (grillé, cru, en tartare..) même si comme moi vous « n’êtes pas poisson », vous adorerez (j’en ai mangé tous les jours midi et soir !). Le cochon et le poulet sont très bons, le « barbeuk » est une institution. Les fruits exotiques sont merveilleux, vous en trouverez partout sauf dans les Tuamotu (où seules les noix de coco poussent). Arrêtez-vous au bord de la route (quel que soit l’ile), pour en achetez. Ils sont vendu par lot à 500XPf (environ 4,20€), ils viennent du jardin et tout est « bio »…un polynésien m’a dit « comment voulez-vous mourir de faim, entre le lagon et ici ?» et me montrant autour de nous la vanille, les mangues, les papayes, la canne à sucre…En effet la nature leur donne beaucoup, mais ils la respectent aussi. Notre regret est de ne pas avoir eu l’occasion de manger un ahi ma’a (four tahitien). C’est Le repas de fête, qui réunit toute la famille. Donc à moins d’avoir de la famille, c’est compliqué d’en manger. La nourriture dans les hôtels est souvent internationale : peu de plats tahitiens, peu de jus frais exotiques, même pas de confiture locales…il est vrai que la clientèle est internationale (les asiatiques mangent asiatiques ; les américains, viande hamburger voir pâtes).
LES BOISSONS : En générale l’eau n’est pas potable, mais vous pourrez vous rincer la bouche après le brossage des dents. Vous trouverez des bouteilles de 1,5 litre un peu partout pour 100 à 150 XPF (0,80 à 1,25€). Pour varier un peu, vous dégusterez une Hinano. C’est la bière locale. Elle existe en blonde ou brune. Vous la reconnaitrez car son emblème est la fameuse tahitienne assise. Il faut savoir que les tahitiens ne savent pas se limiter en alcool. Les ventes sont interdites le samedi après-midi, les dimanches et jours fériés.
NOTRE PARCOUR :
Nous sommes parti de Nice le mardi 28/04. Après un changement de terminal à Paris CDG, nous montons à 19h25 à bord de notre Boeing, direction Papeete via L.A. Pour essayer de lutter contre le « jetlag » il faut, dès le décollage se mettre à l’heure polynésienne : facile c’est 12 heures de moins. Il est donc 7h25...donc petite sieste vers 12h (minuit en métropole), puis nuit après l’escale de L.A. A Los Angeles, vous quitterez l’avion avec toutes vos affaires (sauf les bagages en soute). L’avion est nettoyé, ravitaillé, le personnel navigant change. Vous êtes en transit, mais vous passez devant l’immigration (présentation de son ESTA), puis direction la zone de transit pour repasser les contrôles de sécurité avant d’arriver en zone d’embarquement où vous trouverez le Duty Free. Ce parcours vous laisse environ 20 à 30 minutes pour faire vos achats (si vous le souhaitez).
Mercredi 29/04 : Nous atterrissons à l’aéroport de Faa’a à 5h le matin. L’aéroport n’est pas très grand. Si vous souhaitez acheter de l’alcool en Polynésie, il vaut mieux le faire ici, et surtout à la boutique qui se trouve à côté (environ 5m) des tapis à bagage. Mon attention a été attirée par le fait que tous les polynésiens sortant de l’avion rentraient dans cette boutique pour acheter alcool et surtout du champagne. J’ai appris plus tard que TOUT ce qui est importé, est taxé à 100% ! (même au Carrefour pas de champagne à moins de 80€…). Dans l’aéroport, vous avez une consigne à bagage, un distributeur d’argent, des boutiques souvenir et une boutique média où j’ai acheté une carte Vini (pour pouvoir appeler les responsables des activités, les centres de plongée…). Si vous souhaitez faire un accueil polynésien à votre épouse, alors que personne vous attend ; vous trouverez sur le parking de l’aéroport une boutique vendant des colliers de fleur. A notre arrivée, le représentant d’ECOCAR nous attendait (http://www.ecocar-tahiti.com/). Il a pris nos bagages et nous a amené à l’agence juste à côté de l’aéroport (à 500m). Les voiture sont récentes, bien entretenues, le personnel est sympa, et les tarifs sans comparaison avec Avis ou Europcar. Depuis Faa’a, une voie rapide/autoroute (gratuite) permet de rejoindre Papeete, pour nous rendre à notre hôtel : hôtel Tahiti Nui. Pour la première nuit, après 23 heures de vols nous souhaitions dormir dans un vrai lit… Cet établissement est très bien situé, à 300m de la mairie, 400m du marché et 400m du port. Il possède un parking. Il peut organiser votre transfert depuis l’aéroport. Vous pouvez faire un « early check in ». A votre arrivée, si votre chambre n’est pas disponible, vous pouvez prendre un douche au spa de l’établissement (fourniture de gel douche et serviettes). Par contre les couloirs de l’hôtel sont peu ou pas éclairés, le WiFi n’est disponible que dans le hall (mais gratuit). Après le dépôt des valises, direction à pieds vers la mairie, le marché, la cathédrale et quelques rues marchandes. Puis reprise de la voiture pour faire le tour de l’ile. Le tour a été fait en suivant le guide téléchargeable http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html Vous pourrez faire dans la journée l’ensemble de la route côtière de Tahiti Nui et Iti, en vous arrêtant à tous les sites à visiter (seul le musée Gauguin et son jardin n’ont pas été visités). La fin du tour de l’ile est assez dure, la fatigue et le manque de sommeil commencent à se faire sentir. Retour à l’hôtel. A côté de l’hôtel, une station-service permet de faire le plein (un ticket de caisse vous sera demandé par la location auto pour prouver que vous avez mis de l’essence). Puis direction la piscine (pas super bien entretenue, il manque de nombreux carreaux, le deck est sale..). Le soir repas dans une des roulottes, place Vaiete. C’est pittoresque, une curiosité à voir mais le meilleur côtoie le pire…Un conseil, allez vers une roulotte où les places sont toutes prises (les connaisseurs vont vers elles, et la nourriture ne stagne pas), elles ne servent que de l’eau (la vente d’alcool y est interdite) mais vous pouvez venir avec votre Hinano…
MOOREA : Départ de l’hôtel, pour l’agence ECOCAR, où nous restituons la voiture (et présentons le ticket d’essence). On nous raccompagne à l’aéroport. Le vol pour Moorea dure 10 minutes. Je vous conseille de vous installer à gauche dans l’avion, vous verrez Tahiti puis Moorea du ciel : beau spectacle. L’aéroport de Moorea est tout petit. Un représentant d’Albert location ( http://www.albert-transport.net/location_vehicule_moorea.php ) est présent pour nous accompagner (avec nos bagages) à leur agence un peu plus loin. La voiture est récente, quelques petites rayures, mais en bon état. Nous nous dirigeons vers la pension Vaihere, qui se trouve dans la baie d’Opunohu. Nous sommes accueillis par Philippe et Corine les propriétaires. Ils possèdent 1 bungalow face à la mer et 2 jardin et un Faré Poté et leur habitation. Les bungalows de style polynésiens sont pas très grand (mais suffisant), propre (ménage tous les jours). Vous aurez les serviettes changées tous les 2 jours. Le Wifi est gratuit et dans les bungalows. On peut vous prêter les serviettes de plage, masque tuba et palmes. Philippe est moniteur de plongée. Il n’y a pas de plage à la pension mais un ponton. On y mange très bien, les petits déjeuners sont copieux. Philippe peut se charger de faire des réservations pour vous, et vous expliquera la vie de l’ile, de la Polynésie. Apres l’installation, direction la plage d’Ta'ahiamanu (ou Mareto) en bord de la route côtière. Les plages sont bien indiquées, et aménagées (WC, douche). Il n’y a que 2 plages à Moorea, l’autre plage publique prolonge celle du Sofitel : en venant de la baie de Cook, vous longez le Golf et juste après l’aéroport, avant de monter vers le point de vue Temae vous avez sur la gauche un grand panneau marron signalant l’entrée. Le chemin d’accès (environ 800m) est large, mais truffé de trou. La plage est très belle, votre baignade sera protégée par la barrière de corail et vous verrez devant vous Tahiti. Le lendemain, nous allons au Lagoonarium (http://lagoonarium.e-monsite.com/ ) . En venant de l’aéroport, vous longez la gare maritime de Vaiare à gauche, puis vous continuez environ 2 à 3 kms. Sur votre gauche vous trouverez un petit parking avec un faré. L’entrée est de 30€/pers pour la journée. Le transfert vers le motu Ahi se fait en pirogue à moteur, et dure moins de 10 minutes. Sur le motu il y a 7 farés, une construction en forme de bateau (restaurant) et 2 farés privés. En arrivant tôt, on vous attribuera un faré pour la journée ; c’est bien agréable vous pourrez laisser vos affaires, faire une sieste…). Vous aurez une magnifique vue sur Tahiti. Toute l’équipe (polynésienne) est vraiment sympathique, souriant…. Les raies et les requins sont nourris à 11h30 et 14. Vous pourrez toucher les raies (pas les requins !) Cette pratique (feeding) est courante en Polynésie…discutable, mais pratiquée et permet de les approcher. Le soir, nous allons au TIKI village (https://www.tikivillage.pf/). Ne logeant pas dans les hôtels, c’est notre seul occasion de voir des danses et chants traditionnels. Sur la côte Ouest, quelques kilomètres avant Haapiti, un vrai village traditionnel est aménagé : marae, four polynésien, confection de paréo, de bijoux...une hôtesse nous explique la signification des Tikis, des maraes. Le repas est sous forme de buffet. Une partie du buffet provient du four polynésien. Pendant ce buffet, démonstration des différentes façons de nouer le paréo (femme et homme). Puis vient le temps du spectacle. Une histoire est contée et rythmée par les danses ; la danse du feu clôture la soirée (non présentée dans les hôtels pour des raisons de sécurité). La troupe est moins nombreuse que par le passé (faute de budget) mais ça reste une bonne expérience. Le repas est bon, le spectacle convivial, pas trop long ni répétitif. Le lendemain, tour en quads avec Dammon (http://www.tripadvisor.fr/ShowUserReviews-g309685-d2460517-r190179929-Magic_Mountain-Moorea_Society_Islands.html). Il se situe à Maharepa en face du Moorea beach café. C’est un polynésien de père américain. On vous fournira une bouteille d’eau, une charlotte, et après une prise en main dans le jardin derrière la boutique, vous partez…pour la route des Ananas au cœur de l’ancien cratère, puis le Belvédère (240m d’altitude) avec sa vue sur le mont Rotui (899m) et les deux baies (Cook et Opunohu). En redescendant, arrêt au lycée agricole pour boire un jus d’ananas frais, puis ascension de la montagne magique (la vue y est magnifique). Au retour, dégustation de fruits dans la boutique. Dammon et Alex (un narbonnais) sont vraiment très gentils. Il a plaisir à parler de la Polynésie, de son ile de sa culture et surtout de nourriture… A voir également « le Tropical garden » si vous êtes fan de plantes, fruits et légumes tropicaux (http://tgardenmoorea.centerblog.net/). Situé 50m après la pension Vaihere à gauche, vous devrez monter une cote assez raide (faisable à pieds, préférable en voiture). Vous aurez une belle vue sur la baie d’Opunohu. Vous pourrez visite le petit jardin et ses vanilles, déguster des jus de fruits, acheter des confitures maison. La propriétaire est adorable (elle nous a même donné des vanilles…). Le vendredi elle propose une assiette Polynésien (un conseil, prenez 1 assiette pour 2, c’est TRES copieux). Moorea ressemble un plus à l’idée que l’on se fait de la Polynésie. Assez urbanisée avec des zones concentrées de boutiques, puis des zones moins habités mais de très beau paysage de montagne, de végétation luxuriante, de lagon, de cocotier. On a rencontré beaucoup d’occidentaux, mais la vie y est douce.
TAHAA On ne va pas à Tahaa par hasard. Il faut 40 minutes de vol depuis Moorea pour rejoindre Raiatea, puis ensuite 30 minutes de bateau. Raiatea et Tahaa partage le même lagon. Tahaa (ile vanille) est complétement différente des autres iles : plus rurale, plus simple, plus authentique. On y perd un peu la notion du temps. L’ile vit au rythme des compétitions de pirogues (V6) et des danses traditionnelles.
Dans l’avion mettez-vous côté gauche, car l’avion, avant d’atterrir survole Raiatea, fait un demi-tour et se pose avec Tahaa sous vos yeux. L’aéroport possède son quai pour faire les transferts vers Tahaa. Une navette ou un Taxiboat feront la traversée (attention à réserver si comme nous vous arrivez un dimanche) Nous sommes attendus au quai par René de la pension « Au phil du temps ». La pension est composée de 2 bungalows polynésiens et une chambre. Les repas sont communs. Les bungalows sont simples et auraient besoin d’un coup de neuf, mais vous oublierez cela si vous tombez sous le charme de Tahaa. Les serviettes de plage sont prêtées. Le Wifi est gratuit et dans le bungalow. Il n’y a pas de plage à Tahaa (sauf la plage Joe Dassin difficile d’accès), mais la pension possède un deck (pour le bronzage) et un ponton donnant sur des patates de corail avec une jolie faune. Nous avons fait toutes nos excursions avec René le propriétaire de la pension. A l’origine, je voulais faire les excursions avec des polynésiens. Mais la communication par mail avec eux est compliquée : soit il n’y a pas de réponses, soit elles sont très sporadiques. Mais nous ne regrettons pas notre guide. Nous avons fait le tour de l’ile, avec visite de la ferme perlière (prix affichés très chers, mais au bout de 5 minutes on les divise par 2, juste « parce que c’est toi ». Nous n’aimons pas trop de genre de pratique, et même divisé par 2 cela restait onéreux), visite de la ferme de Vanille (avec verre de jus de fruit, dégustation de différentes bananes, explications toutes les étapes de la vanille depuis l’orchidée jusque dans l’assiette en passant par la pollinisation, la récolte, le séchage…). Tout au long de la route vous verrez des séchoirs à coprah. La route côtière permet de très beau point de vue. Essayer de monter jusqu’à la mairie d’Apu : la vue est féerique, le bleu turquoise du lagon, le bleu de l’océan et Raiatea en toile de fond… Notre autre excursion fut le jardin de corail. Certainement le plus beau que j’ai rencontré avec seulement masque et tuba ! Le site se situe sur le motu du « Tahaa private Island and spa » : entre ce motu et le suivant. La visite se fait en dérivant avec le courant depuis la barrière de corail vers le lagon. Entre 1 et 2 m d’eau vous verrez presque tous les poissons tropicaux, c’est un vrai aquarium multicolore. Entre deux descente vous pouvez vous restaurer « chez Annette » d’un repas polynésien (poisson cru lait de coco, riz blanc, poulet rôti caramélisé, pain coco et en dessert fruits et po’e banane, le tout avec eau et café) au bord du lagon. Ce lieu est une vraie carte postale de la Polynésie.
BORA BORA Certainement l’ile qui correspondait le moins à l’idée que je m’en faisais. Cette ile présente de forts contrastes. D’un côté des motus et une partie de l’ile avec de grand hôtels, et de l’autre une ruralité presque pauvre. Je m’attendais à une ile principale très urbanisée, avec beaucoup de boutiques, restaurants, d’animation…il n’y a rien de tout cela. Une seule station essence pour toute l’ile. Il est vrai qu’on fait le tour en 2 heures en roulant à 30kms/h et en faisant des arrêts… Encore une fois mettez-vous à gauche dans l’avion pour voir Bora et son magnifique lagon avant l’atterrissage. L’aéroport situé sur un motu est petit. Un port jouxte les pistes où accostent les bateaux vous amenant vers votre hôtel. Cette piste fut la première piste construite en Polynésie. Elle l’a été par les américains pendant la 2° guerre mondiale. Bora fut leur base pour contrôler le Pacifique (une seule passe facilement contrôlable où pouvaient passer les gros cargos). Nous avions choisi le Sofitel (sur l’ile principale, pas sur le motu privé. Pour ne pas être tributaire des navettes). Les chambres sont grandes, avec tous les services d’un hôtel, mais le personnel est moyennement aimable. La restauration quelconque avec peu de plats polynésiens (même pas de fruits ou confitures locaux au petit déjeuner). Vous pourrez voir des vestiges des défenses anti aériennes si vous faites un tour en quad. J’ai choisi Matira ATV (http://www.matirajettours.com/ ). Il passe vous cherchez à l’hôtel, les quads sont neufs, très sympathique. Le tour dure 1h30. Vous monterez sur les points culminants où vous aurez des vues sur le lagon turquoise, l’ancien cratère, la passe du lagon… Nous avions prévu de passer une journée dans le lagon en louant un bateau sans permis (http://www.laplage-borabora.com/FR/information.html). Il faut savoir qu’on ne peut pas accoster où l’on veut sur un motu. La loi « littoral » est en vigueur en Polynésie, mais les hôtels se réservent le droit de limiter le passage. De plus la plupart des motus sont privés (sur toutes les iles). Mais la pluie nous a fait renoncer à cette activité. Nous avons loué une voiture (Avis) pour la journée, pour faire le tour de l’ile principale.
TIKEHAU Nous quittons les iles de la société pour les Tuamotus. Fini les iles volcaniques, les montagnes, la végétation luxuriante, les fruits en quantité. Ici ce n’est qu’un anneau corallien plat avec d’un côté l’océan et de l’autre le lagon. Les seuls « fruitiers » à pousser sont les cocotiers. Là nous trouvons les images/cartes postales qu’on s’imagine pour la Polynésie (plage de sable blanc, cocotier, le bleu turquoise du lagon et le bleu ciel du…ciel). L’avion passe par Rangiroa (et fait une escale) avant de rejoindre Tikéhau. SI vous vous placez du côté droit de l’avion, vous pourrez voir « le lagon bleu » de Rangiroa (un lagon dans le lagon). L’aéroport de Tikéhau est minuscule (comme partout dans les Tuamotus). La pension « Tikéhau Village » nous attend à la descente de l’avion avec un collier de fleur (http://www.tikehauvillage.com/ )(nous repartirons avec un collier de coquillage). C’est la seule pension qui ne m’a pas demandé de verser un acompte pour réserver ! (confiance absolue). L’entrée de la pension est à 50m de l’entrée de l’aéroport ! mais il n’y a pas de bruit car les avions sont rares. La pension est nichée entre la plage est une cocoteraie. Les bungalows de style polynésiens donnent directement sur la plage. Ils ont un grand lit, et un autre en mezzanine. La partie sanitaire est le point faible, elle commence à être vraiment vétuste…A noter que les photos ne correspondent plus à la réalité : le ponton a disparu, il semblerait que les bungalows à côté du faré poté soient en meilleur état (le notre était le plus éloigné). Le Wifi est disponible (gratuitement) à côté du faré poté. Sur la plage vous pourrez croiser des raies, des requins pointe noire…Vous avez à disposition, vélo, kayaks…et avec supplément le club de plongée « Raie Manta club ». Le village est à un petit kilomètre de la pension. Vous y trouverez une petite supérette pour les repas du midi, ainsi qu’une boulangerie. A l’entrée du village, sur la gauche vous trouverez le centre de plongée « Tikéhau plongée ». Ici il n’y a pas de banque, pas de distributeur. Cependant, vous pouvez payer la pension par carte bancaire. A Tikéhau vous n’avez rien à faire, à part la plage, la plongée, le snorkeling et les excursions (nous n’avons pas fait l’excursion à la journée sur « l’ile aux oiseaux » ). Tikéhau restera une de nos meilleures expériences, justement pour cette sensation d’être au bout du bout du monde, mais aussi pour les rencontres que nous avons faites. On a vraiment l’impression de partager la vie des polynésiens. D’abord Paea et Caro les propriétaires, mais aussi Serge dit « l’indien ». Je vous recommande l’excursion à la journée faite par la pension. Après une nage avec une (les) raie(s) Manta, vous irez péchez le poisson du repas, puis Serge vous emmènera à son « bureau » : dans un décor de carte postale, vous prendrez votre repas polynésien au milieu des poissons requins…on est plus très loin du paradis…
Au niveau plongé sous-marine, Tikéhau a la particularité de ne posséder qu’une seule passe. Donc à ce niveau que se font la majeure partie des plongées. A l’intérieur du lagon, il y a une ancienne ferme perlière qui abrite une station de nettoyage des rais manta. Mais depuis la tempête tropicale de janvier 2015, ces dernières se font très rares.
RANGIROA Second atoll corallien de notre séjour. Rangiroa est une destination purement plongée. Il n’y a pas de plage (sauf au niveau de l’hôtel Kia Ora). Donc si on ne plonge pas, on va trouver le temps assez long. Les habitations sont réparties entre les deux passes (Avatoru et Tiputa) avec une concentration plus forte vers Avatoru. Quelques pensions, petits hôtels, restaurants, snack, artisans parsemés tout au long de la route unique… Nous étions logés à la pension « les relais de Joséphine ». Le transfert est assuré par la pension qui se trouve à environ 10Kms de l’aéroport. Cet éloignement ne permet pas de visiter l’ile sans un véhicule à moins d’être disposé à faire 2Okms aller (et autant au retour), en vélo sous le soleil pour rejoindre la passe d’Avatoru et visiter la partie la plus habitée de l’atoll. La pension est très jolie, les bungalows sont de belle taille (au moins 40m2), belle décoration, beau sanitaires, bien entretenus. Une belle terrasse où on prend ses repas juste au bord de la passe où parfois, viennent les dauphins. L’endroit est connu pour cela, et l’établissement reçoit la visite de personnes extérieures venant voir le spectacle. Cette proximité de la passe (environ 5mètres) fait que les nuits sont bruyantes (nous avons utilisé les bouchons d’oreille fournis dans l’avion pour ces nuits à Rangiroa !). J’ai plongé avec le club « The 6 passengers » : très pro, bien installés sur une plage en bord de lagon. Les moniteurs sont très sympas, l’ambiance est très familiale et détendue. J’étais venu pour voir (et nager avec) les dauphins : déception (je les ai vu seulement 2 minutes en plongée), mais on ne commande pas des animaux sauvages. Suivant les conseils des forums, nous sommes allés chez « Ikimasho » (http://www.tahitigemfair.com/ ) pour choisir des perles. La boutique pas très grande, et se trouve juste à côté de leur concurrent : « Gauguin’s pearl ». Lui est bijoutier-joaillier (de Perpignan et d’allure rasta), elle (coco) est japonaise. Il y a des perles à tous les prix. Il peut les percer pour les faire monter en métropole. Nous avons également fait une excursion à la journée au « lagon bleu ». La pension a fait la réservation. L’équipe est venue nous chercher à la pension pour rejoindre le port d’Avatoru. Il faut 1h30 de bateau pour rejoindre le « lagon bleu » (lagon dans le lagon). Dès l’arrivée, les requins pointe noire sont là pour nous accueillir. Installation sur le motu, visite d’un motu voisin uniquement habité par les oiseaux, snorkeling, repas polynésien, sieste à l’ombre des cocotiers (attention aux chutes des noix de coco !), apprentissage de tressage des feuilles de palmier sont les activités de la journée. Au retour, snorkeling avec les pointes noires, et quelques requins citron. Avant d’arriver au port d’Avatoru, juste devant la passe, snorkeling dans « l’aquarium ». Il existe une autre excursion à la journée, « l’ile aux récifs » que nous n’avons pas eu le temps de faire. D’après les gens rencontrés cela vaut bien une visite, le spectacle est inattendu et étonnant. Rangiroa restera une déception, car la partie habitée (celle que nous avons vue) n’est pas très belle, pas mise en valeur…
FAKARAVA : Dans l’avion nous longeons Rangiroa puis survolons d’autres atolls avant d’arriver à Fakarava (45 minutes de vol). Nous sommes accueillis par les fils des propriétaires de la pension « Hawaiki Pearl » (http://www.havaiki.com/ ), qui remettent aux femmes un collier de fleur et aux hommes une fleur de Tiaré. Nous sommes logés dans un bungalow plage de style polynésien, pratiquement neufs, avec tout le confort (climatisation ventilateur, sèche-cheveux, coffre-fort…). Le ménage est fait tous les jours (sauf le dimanche), les serviettes de toilettes sont changées tous les deux jours, les serviettes de plage sont prêtées. Il s’agit plus d’une petite hôtellerie, où la décoration est joliment et simplement pensée. Il y a un snack sur la plage pour les repas du midi. Les kayaks et vélos sont à disposition. La pension se trouve à 2 Kms du village. Au niveau du ponton se trouve une petite ferme perlière. Les lundis et mercredi, Hugo vous explique les détails de la fabrication de la perle. Cette explication très complète est clôturée par une tombola. La configuration de Fakarava est identique aux autres atolls ; un grand motu où se trouve l’aérodrome, avec un village Rotoava, qui concentre tous les habitants. Mais à Fakarava on s’y sent bien…c’est le sentiment que l’on ressent lorsque le mini bus nous emmène de l’aérodrome à la pension. Les maisons sont joliment décorées, les gens très sympathiques…il y règne une atmosphère de détente, de quiétude particulière…Ce sera notre coup de cœur ! Fakarava est une destination purement plongée, mais les non plongeurs peuvent bénéficier de plages ou par endroit de récifs de coraux pour faire du snorkeling. Nos journées se déroulent ainsi : plongées le matin (avec Mathias de « Dive Spirit ») et promenade l’après-midi. En dépassant l’aéroport vous roulerez sur un chemin qui amène au bord de la passe Nord (Garuae). Là vous aurez de belles plages isolées, de sable blanc. Coté océan vous pourrez récolter des coquillages (ainsi que des mues de petits crabes). Si vous avez la possibilité, faites une sortie vers le village Tetamunu, situé sur la passe Sud de l’atoll. Le déco y est encore différent. La passe Sud Tumakohua est plus petite, toujours abritée des vents. Des bungalows, les pieds dans l’eau vous donneront l’impression d’être dans une carte postale. Ces bungalows sont à louer, mais le confort y est rudimentaire (d’après les forums et voyageurs croisés). Cependant vous pourrez nager à 1 mètre du bord aves de gros Napoléons peu farouches. Vraiment un bel endroit. De retour vous pourrez voir les plages de sable roses : spectacle étonnant. Nous laisserons à regret Fakarava. Si nous retournons un jour en Polynésie, nous viendrons à nouveau à Fakarava.
TAHITI Ne pouvant faire un retour direct en métropole depuis Fakarava, nous serons obligés d’y dormir 2 nuits. Nous arrivons à 16h en direct de Fakarava, après un vol de 1h05. Nous profitons de la fin de d‘après-midi pour faire les derniers achats. Puis allons diner dans un restaurant: »le grillardin ». C’est un restaurant semi gastronomique, faisant une excellente cuisine pour un tarif raisonnable. Le lendemain nous partons avec « Tahiti Safari Expédition » (http://www.tahiti-safari.com/ ) depuis l’hôtel vers la vallée de Papanaoo. C’est Loana sera notre guide et conductrice. Cette journée permet de voir une autre facette de Tahiti. On remonte la vallée, où on peut se baigner. D’une végétation côtière « tropicale » vous aller vous enfoncer vers la montagne et sa végétation dense et humide dominée par les fougères. Le repas au « relais de la Maroto » est agréable. De retour à Papeete, nous retournerons aux roulottes pour le dernier repas polynésien. Nous choisirons « l’estanco ». Cela va être un excellent choix, je vous la recommande.
Voici qui clôture ce compte rendu de notre tout ressent voyage en Polynésie. J’ai peut-être oublié certain détails : excusez-moi… Si vous souhaitez de précisions, n’hésitez pas à laisser des messages. Encore une fois, ce récit n’est pas exhaustif, il n’est le reflet que de notre voyage. Je n’ai parlé que de ce que j’ai vu, ressentit. Je vous invite tous à aller voir nos amis polynésiens, vous recevrez un accueil comme nulle part.
Croisière "Soleil de minuit" CDF English translation pending
Bonjour,
Je pars dimanche 13 juillet pour la croisière SOLEIL DE MINUIT, je ne trouve aucun avis sur les forums. y a t il des personnes qui ont effectué cette croisière?
Quels vêtements emporter? Quelles excursions peut on faire par nous meme?
Merci d'avance pour vos avis😎😎
Questions pratiques + sécurité dans les casas à Cuba English translation pending
Bonjour ...
Dites-moi ...
Les casas sont sûres ?
Je vais me loger dans pas mal de casas probablement ... La journée, je vais y laisser mon sac à dos ...
Est-il possible de laisser l'original de son passeport dans son sac à dos ? Peut-on y laisser quelques trucs, quelque argent ou pas ? Y a t-il un risque qu'il soit visité ?
Je pensais garder tout mon argent sur moi, en permanence, dans une ceinture double-fond mais je ne sais pas ce que vous feriez vous ?
J'ai vu certains conseils qui disaient d'utiliser un cadena mais ... sur un sac à dos qui a plusieurs fermetures éclair, cela me semble difficile.
Par ailleurs, comment est-il possible de faire pour laver son linge ? Il faut se débrouiller soi-même ou il y a t-il d'autres options faciles ?
merci ...
Fred
Dites-moi ...
Les casas sont sûres ?
Je vais me loger dans pas mal de casas probablement ... La journée, je vais y laisser mon sac à dos ...
Est-il possible de laisser l'original de son passeport dans son sac à dos ? Peut-on y laisser quelques trucs, quelque argent ou pas ? Y a t-il un risque qu'il soit visité ?
Je pensais garder tout mon argent sur moi, en permanence, dans une ceinture double-fond mais je ne sais pas ce que vous feriez vous ?
J'ai vu certains conseils qui disaient d'utiliser un cadena mais ... sur un sac à dos qui a plusieurs fermetures éclair, cela me semble difficile.
Par ailleurs, comment est-il possible de faire pour laver son linge ? Il faut se débrouiller soi-même ou il y a t-il d'autres options faciles ?
merci ...
Fred
Voyageurs japonais en Inde English translation pending
Bonjour a tous!
J'aimerai savoir si vous avez déjà rencontre ou entendu parler de voyageurs Japonais en Inde. Il y a quelques années je suis tombe par hasard sur une série Japonaise qui retraçait les péripéties d'une routarde Japonaise en Inde du Nord, alors je me demande si c'est un mythe ou une réalité.
Merci pour votre aide!!!
J'aimerai savoir si vous avez déjà rencontre ou entendu parler de voyageurs Japonais en Inde. Il y a quelques années je suis tombe par hasard sur une série Japonaise qui retraçait les péripéties d'une routarde Japonaise en Inde du Nord, alors je me demande si c'est un mythe ou une réalité.
Merci pour votre aide!!!
De Hanoï à Sapa, l'anti-moto-école English translation pending
Pas facile de se remettre à l'écriture, d'autant plus que je sors de 39 de fièvre...
Heureusement que je te parles d'un temps où tout allait comme on mange des Ovomaltines sous le soleil du Vietnam, enfin quand il brille...
C'est un jour à marquer d'une pierre blanche que je n'espère pas tombale, jour à se mettre sur son 31 si on était pas sûr qu'il soit déjà tout sale au coucher du soleil. Aujourd'hui, comme il était prévu déjà la veille, on part en mission motorisée vers le nord vietnamien le coeur bien accroché et la confiance un brin douteuse. C'est mon baptème de conduite en mode vitesses et embrayage et à voir mon passé de voltigeur en mode automatique, ça promets déjà!! Gare à vous 'tites nenfants, veaux, vaches, cochons, le cavalier boiteux arrive!! Tous aux abris!!
Mais avant ça, il va falloir se lancer. Nous sommes toujours quatre à Hanoï, Marius est parti la veille et c'est aujourd'hui le tour de Nat de nous dire au revoir. C'est à 7h que la journée commence, les coqs ont déjà poussé leur premier râle ce à quoi on est déjà habitué. Ce qui sort plus de l'ordinaire, c'est que de l'autre côté du mur de notre chambre, le mur le plus prêt de nos têtes bien sûr, c'est un concert de marteau et de perceuse qui débute. C'est assez assourdissant pour qu'on se demande tous si les ouvriers ne vont pas passer à travers le mur pour nous apporter un petit déjeuner garni de pépites de ciment. Moi perso, c'est seulement à 8h que je me fais cette réflexion car c'est seulement à ce moment que la case "ils en font un boucan!" se coche dans ma tête. Avant je dormais au grand étonnement du reste de la chambrée... Ils devraient déjà s'être rendus compte depuis le temps mais bref... On a tous les yeux ouverts pour ce qui devrait être pour Dani, Jo et moi, notre dernier réveil à Hanoï avant le prochain, une grosse dizaine de jours plus tard. Et quand on dit réveil à Hanoï, qu'est ce qu'on dit aussi? Mau? Mauso? Mausolée d'Ho Chi Minh bien sur!! Après tous nos rendez-vous manqués, ce salHo n'a plus le choix, il devra nous ouvrir la porte étant donné qu'on connait toutes règles entravant une éventuelle visite. En plus, on lui fait le privilège de lui dédier la première étape de notre parcours moto, alors si avec tout ça il est pas content!!!
Il faut d'abord s'occuper d'aller chercher les motos... Retenant de nos erreurs passées à se perdre dans un verre d'eau, on s'équipe chacun d'une carte de visite contenant le nom de l'hotel et son adresse afin d'être vraiment sur de ne pas passer la journée à retomber sur nos pattes. Une petite collation plus tard, nous voilà rendus au garage et comme tout est déjà règlé, il n'y a plus qu'à enfourcher et fendre la bise! Fendre la bise? T'en a de bonnes toi!! Notre première obligation, en plus de respecter le code de la route et de ne pas se foutre en l'air, est d'aller remplir nos réservoir d'essence. On tente donc de partir en formation serrée dans cette fourmillière qu'on appelle la rue. C'est déjà peine perdue. Aujourd'hui pour Bibi, passer la première est plus difficile que de botter le cul des allemands en 39, c'est mission impossible! Une fois, deux fois, trois fois, les autres sont déjà loins que je m'énerve déjà. Et puis je transpire aussi dans ce cocktail de coups de talon matinés d'énervement. Stressssssss!!!!!!!! Voyant le tableau, un des garagistes vient me sortir de là et démarre la moto lui même. Je lui propose de nous suivre sur tout le périple pour me prêter assistance à chaque arrêt contraint et forcé, et lui, ça le fait bien marrer d'un rire ni contraint ni forcé! Je suis donc finalement en première, en route mauvaise troupe! Il va maintenant s'agir de retrouver les deux compères, direction la station service. Passage de seconde. Surréaliste!! Du premier coup!!! Champagne! Ou pas... Je conduis, je peux pas tout faire et puis on est au Vietnam, pas confortablement blotti à vos côté avec un Nicolas en bas de la rue.
J'arrive à la station service. Les deux gars sont en train de tenter de faire le plein. Je dis bien tenté car il faut faire comprendre à l'employé local que la mécanique russe de nos machines a besoin d'un mélange d'huile et d'essence pour fonctionner. Bon courage!! Après moultes tentatives d'explications doublés de mîme, c'est quand même fait. Ne reste plus qu'à rejoindre l'hotel, prendre nos sacs et faire nos adieux à Nat qui nous y attend déjà, depuis le temps que je galère. La liaison est une nouvelle fois pavée de bonnes intentions mais y'a pas à dire, sur une échelle de pilotage de zéro à dix, je pars des zones négatives!! En gros, c'est la merde pour passer les vitesses, pour rétrograder, pour ne pas caler, pour tout ce qui fait de la conduite une activité dont il faut un permis pour la pratiquer. Les autres sont donc constamment en train de m'attendre étant donné qu'en plus, j'arriverais à me perdre dans mon propre chez-moi si ce n'était pas un 20m².
On arrive quand même à l'hotel. Et on est encore à peu près dans les temps pour l'oncle Ho, c'est donc qu'on avance quand même. Nat est là toute triste, il faut dire que ça fait plusieurs mois qu'elle voyage avec Jo et qu'elle va redécouvrir le voyage en solo jusqu'à son retour en France prévu peu de temps après. On commence donc les embrassades quand, exactement au même moment, le tonnerre déchire la quiétude toute relative des environs. Les embrassades continuent les yeux un peu plus tournés vers le ciel, quand une première goutte s'abat sur le sol. Il est en fait impossible de déterminer laquelle est la première goutte tant c'est une purge qui tombe sur la ville sans coup férir. Nos motos sont là, garées à l'extérieur, Ho Chi Minh un peu plus loin à rire de nous, et nous, on se demande ce qu'on a fait pour mériter ça. Innimaginable de prendre la route dans ces conditions dantesques, on se retrouve suspendu au bon vouloir de Dame Nature.
Après une heure, c'est toujours le même cirque. Ho chi Minh m'a tuer... Après une heure trente enfin, c'est l'accalmie et le retour des embrassades, cette fois-ci c'est la bonne, pas question de rater cette fenêtre d'éclaircies. Chacun se promet de ne pas se perdre de vue, on récupère nos sacs et on se visse les fesses sur la selle. Finies les répétitions, place au road-trip dans toute sa démesure, "A la Che" comme dit Jo. On part donc à la traversée d'Hanoï de part en part. Notre itinéraire urbain se fait sur de larges avenues ponctuées de feux tricolores. Une fois sur cinq, je calle car ma moto ne supporte pas que je lache les commandes au point mort comme elle le devrait pourtant. Ca pourrait ne pas être gênant outre mesure mais lorsque cela se produit au passage au feu vert et qu'ils sont plusieurs centaines derrière à klaxonner, c'est la zénitude qui se fait la malle. Revers de la médaille, quand tout tourne rond parce que ça arrive plus de fois que tu ne dois le penser, c'est un bonheur de se laisser porter par le flot des deux roues qui fourmillent. On trouve facilement notre bon de sortie d'Hanoï, il ne pleut plus et comme la route est asphaltée, même si c'est mouillé, c'est encore pas trop gênant.
Enfin, vers 13h, on quitte enfin le centre-ville même si le traffic ne se clarsème pas pour autant. Il n'y a plus de feux, plus de raisons de s'arrêter tous les cinq cents mètres. Mais pour les remplacer, un autre challenge se profile, tous les camions qu'on ne voit pas en ville, on les voit ici; et les camions au Vietnam, c'est ce qui se fait de plus rapide et de plus irresponsable entre tous les véhicules. Ca double même quand il y a du monde en face, à toi de trouver une place où passer. Ca conduit à gauche même s'il faut conduire à droite. Ca accélère dans les flaques même si tu passes à côté. C'est le mastodonte dans toute sa splendeur au milieu des frêles mobylettes qui continuent de pulluler de partout.
Après quatre heures de conduite, on s'est enfin extrait du bordel principal, ça sent bon, c'est plus vert que gris, c'est enfin la campagne. On en profite donc pour faire un premier arrêt pour débrieffer ces premiers tours de roues et que chacun raconte là où il a failli se prendre un bus, un camion ou un chien. C'est aussi l'occasion de faire retomber la concentration parce que quatre heures consécutives de slalom entre les accidents potentiels, ça vous froisse un cerveau!
Ensuite, on repart pour trois nouvelles heures. C'est à mon tour de me créer des histoires à raconter quand le soir sera venu avec un veau sans doute bercé trop près du mur qui n'a rien trouvé d'autre à faire que de passer d'une position couchée à une position course effreinée quasimment sous mes roues. Il s'en est fallu d'un museau que je l'entrecote!!
A mesure que la journée défile, le paysage change passant des plaines, aux plateaux, aux montagnes. La configuration de la route change aussi parallèlement en étant maintenant à flanc de montagne jusqu'à dominer les nuages. Il fait même un peu frisquet. Les virages se suivent à rythme modéré, la conduite s'effectue à rythme soutenu.
Enfin, on arrive à Mai Chau, notre étape pour la nuit avant qu'on y voit plus rien. C'est l'occasion de prendre une énorme claque car Mai chau, c'est enorme de beauté. C'est niché au beau milieu des rizières d'un vert transcendant, entouré de sublimes montagnes. Ca vaut le déplacement qui se valait déjà de lui-même. L'occasion est trop belle de profiter du moment en buvant un coup en laissant reposer nos derrières meurtris par sept heures de selle rebondissante. On s'attèle à la tache jusqu'à ce qu'on y voit plus rien, puis on part à la recherche de la meilleure option couchette possible. C'est à nouveau l'occasion pour Jo et Dani d'hésiter et de faire jouer la concurrence à tout va pendant une heure mais je m'en fous, je suis VIVANT et la moto INTACTE!! Les "que choisir" finissent par se mettre d'accord et on se retrouve à trois, à l'étage sans cloisons intérieurs, d'une grande maison sur pilotis, où la famille finit d'installer nos paillasses et notre dîner. Celui-ci nous sera livré "en chambre" peu de temps après. C'est copieux, goutus, parfait pour nos corps et nos esprits fourbus.
Et puis comme on en a jamais assez, on est ressorti boire un bière et faire quelques parties de billard sur une table qui passe sa vie dehors à la merci des intempéries. Jamais vu une table pareille, même au Népal pendant le trek à 2800m, c'était plus praticable malgré un tapis fendu sur un demi-mètre de long! La table est même tellement ravagée que c'est la raison pour laquelle on finit nos boissons rapidement et qu'on va se mettre au lit. Et j'ai beau être d'un naturel nocturne, comme je suis VIVANT, je m'en contente largement!!!
Le lendemain, c'est la pluie qui sonne le réveil. Il est 9h et il pleut averse. Comme c'est toujours inconcevable de conduire dans ces circonstances où, même si on a pas d'accident on attrape quand même une pneumonie, on remet le départ à la fin de la mousson. Ca nous laisse tout loisir de déguster le petit déjeuner fait exclusivement de pain et d'oeuf et de se dire que la douche est en option puisqu'elle est de toute façon dehors sous les trombes d'eau qui s'abattent de manière anarchique et qu'elle est froide.
A 10h30 enfin, on peut se mettre tous cylindres dehors. Pour Dani et moi, ça prend dix minutes sans raisons valables hormi le fait que nos bécanes ne veulent rien savoir, les feignasses! On serpente ensuite au milieu des rizières un peu au petit bonheur la chance à la recherche des meilleurs points de vue en essayant au maximum d'éviter les chemins boueux. Une fois quand même, il faut qu'on franchisse un courte côte mais une côte abrupte. Jo se lance avec succès. Dani s'élance à son tour, c'est cahun-caha mais ça passe. Pour moi, bien sur, c'est la tuile, je reste bloqué au milieu. Comme la moto est quand même bien lourde et la pente bien pentue, je ne m'imagine pas la descendre en marche arrière sans la prendre sur la figure. Et pour la finir en marche avant, il faudrait déjà que j'apprennes à faire un démarrage en côte!! Je suis donc super mal barré quand une vieille femme sort de sa maison à quelques mètres de là sans doute alerté par les rires des zouaves germano-belges. Je la vois retrousser ses manches alors qu'elle se tient debout derrière moi en équilibre précaire. Tout en gestes, elle me fait signe que tout va bien se passer, qu'il suffit que j'enclenche et qu'elle s'occupe du reste. Et en effet, ce petit bout de force de la nature m'a littéralement issé hors de mon misérabilisme. Dans un sourire emprunt de respect, je lui fais ma plus belle révérance avant de filer dans un nuage de fumée.
Jusqu'à la fin de la matinée, on reste donc autour de Mai Chau à profiter, à glisser. Je suis content chaque fois qu'une difficulté est derrière nous. C'est l'expérience qui rentre et le souvenir des chutes laossiennes qui s'éloignent... Puis on finit par retrouver la route goudronnée, toujours entre montagnes et rizières. A l'heure du déjeuner, on traverse un village où on convient de s'arrêter pour reprendre des forces. Seulement, c'est vraiment rural, extrèmement difficile de se faire comprendre, quasiment impossible de trouver à manger. On déniche quand même d'abord une petite boutique où on ne vend, bizarrement, que des yahourts. Difficile de se satisfaire de ça même si c'est bon. On déniche alors encore un nouvel endroit qui ne mérite même pas de porter le nom de gargotte. La seule chose qu'on arrive à se faire proposer, c'est de la peau de poulet et du gras de poulet, heureusement avec du riz pour aider à faire descendre le tout. Espérons que pour le dîner, on parviennent à trouver quelque chose d'un peu plus digeste...
Toute l'après-midi ou presque se fait sous un soleil radieux. La route est faite de larges courbes qu'on peut prendre à vive allure au milieu d'un traffic nul. C'est le paradis de la conduite! Au final, on passe six nouvelles heures sur nos chevaux mécaniques jusqu'à l'arrivée à Son La qui se fait sur une cinq voie complètement déserte, ridicule, à fond de quatrième pour finir de tester la mécanique. Nos fesses auraient, comme la veille, bien besoin d'un massage. Nos estomacs auraient bien envie d'être maintenant remplis de belle manière. On part donc depuis notre nouvel hotel à la découverte de la ville et à la recherche d'un énième restaurant. Seulement, là où se situe notre GH, il n'y a rien autour et comme des idiots, on a tellement faim et on pense tellement trouver de quoi festoyer dans un court rayon, qu'on en oublie de prendre nos bécanes. Après 20 minutes de marche, on passe devant un premier établissement. C'est un restaurant, à n'en pas douter. Il est ouvert pour sûr. On entre. On demande à voir le menu. C'est peine perdue, il n'y a rien à manger, et quand je dis rien, c'est nada, peau d'balle, nib, que dalle, zéro, quéquette... Les gens qui se trouvent là à ne rien faire nous disent quand même qu'on peut s'adresser de l'autre côté de la rue. On traverse. - Vous avez à manger? Manger? Non? Quoi en face? Qu'on aille demander en face? Sûr? On passe alors 5 minutes à traverser la rue, les vietnamiens à se refourguer la responsabilité de nourrir nos estomacs affamés, sans compter que un kilomètre à pieds, ça use, ça use... Peine perdue, on poursuit. Peine perdue, on désèspère. Vingt nouvelles minutes pendant lesquelles on s'éloigne encore de l'hotel. Puis à l'horizon, de la lumière. Quoi? Une superette!!!! On fait donc le plein comme si le scénario devait se reproduire pendant dix jours!! Gateaux, noisettes, pain, vache qui rit, tout le paquetage du parfait Troupe de Marine en campagne!! On est donc supers contents, même si on se dit quand même que Son La est au moins dix fois plus grand que Mai Chau et qu'il est inconcevable qu'on y trouve que du paté pour chien! On continue donc à marcher, j'en ai pleins les pattes. ET ENFIN, après plus d'une heure d'atermoiments, l'oasis au milieu du désert, le centre ville autour duquel on a finalement fait que tourner!! Et qui dit centre-ville, dit restaurant. Et qui dit restorant, dit double ration de spaguettis bolognaises pour tout le monde, ça devrait nous calmer!! Et oui, c'est vrai! Ca calme!! On est tellement calmé qu'on rentre à l'hotel en taxi pour s'éviter une nouvelle transumance, avec sous le bras, notre trésor de guerre, des cocheneries à grignotter jusqu'à plus soif. Il est minuit quand on ferme les écoutilles en n'oubliant pas que ça fait maintenant deux jours qu'on est parti et qu'on est toujours VIVANT!!
Mets pas tes roues en canard, c'est la chenille qui redémarre, on avance bien et tant mieux, j'apprécie quand j'me fais pas d'bleus!!
Ca fait deux jours que je m'initie aux joies et aux frissons de la conduite avec boite manuelle sur deux roues. On a laissé les embouteillages à Hanoï. Devant nous, ce ne sont que routes désertes qui s'offrent comme des sirènes à Ulysse. Mais gare à la tentation d'aller trop vite, la sirène est une sacrée traitresse!!
Je commence enfin à maîtriser mon sujet. Les problèmes liés à l'apprentissage s'évaporent comme Brice au soleil. Les 164 kilomètres qui s'annoncent pour cette journée placée sous le signe du beau temps devraient n'être qu'une partie de plaisir; une de plus. Attention tout de même à ne pas baisser la garde, on a levé le camp à Sonla depuis moins d'une heure que je manque de me manger un cochonnot suicidaire. C'est la loi de la route au Vietnam comme il en va dans les autres pays d'Asie du Sud-Est, la route appartient avant toute chose au bestiaire qui peuple champs et maisons. Les cochons sont des rois, les vaches des reines et les volailles des ducs de Bourgogne, ou pas.
Ici, la chaussée est plutôt bonne et lisse mais à mesure qu'on progresse, on rencontre de plus en plus chantiers en tous genres. Apparemment, tout le réseau routier vietnamien est en réfection ce qui est une bonne chose pour les motards qui passeront par là dans quelques mois, mais pour nous par moments, il faut traverser des kilomètres de terrains vagues où la seule possibilité pour s'en sortir si on ne veut pas se vautrer dans les grandes largeurs ou s'enfoncer les pieds dans des flaques sans fonds, c'est de suivre les sillons laissés par les pneus des voitures. Je n'en emmène pas large car il n'y a pas beaucoup de place. Chaque fois qu'on dévie ne serait-ce que d'un pouce du sillon, ce sont les glissades qui reviennent au galop. Autre changement également dans la configuration de la route, plus on avance vers le nord, plus les montagnes nous entourent, plus les courbes laissent la place à des virages en épingles dans lesquels il est bien difficile de s'amuser tant il faut les aborder avec prudence.
A midi, c'est le moment idéal pour attraper un bon coup de soleil en s'arrêtant au beau milieu des rizières sachant que c'est bien difficile de se protéger derrière une pousse de riz haute comme trois pommes. Et puis, de toute façon, au diable le soleil!! L'endroit est réellement magnifique et mérite largement qu'on y attrape un bonne suée! Pendant cette pause, pleins de vietnamiens passent à côté de nous à vélo, et à chaque fois, c'est l'interrogation qui se lit sur leur visage autant que la joie se lit dans leur sourire et leur façon de nous saluer sans exceptions.
L'après-midi s'effectue au même rythme, peinard. Les virages sont toujours aussi traitres et je me garde bien de faire la course voire même d'essayer de suivre Jo et Dani qui s'en donnent à coeur joie en flirtant avec les lois de la gravité, s'inclinant autant que possible dans les virages pour garder une allure de pilote. Tous les dix kilomètres environs, ils sont obligés de m'attendre pour savoir si je suis seulement en retard ou si je n'ai pas une une relation suivie avec un gouffre. Ce petit manège se poursuit jusqu'au soir mise à part les vingt derniers kilomètres qui sont une longue descente continue vers Muong Lai où on compte bien trouver un hotel pour la nuit. L'ultime descente s'entame comme une course contre la nuit et étant donn�� mon rythme de sénateur, il est dors et déjà dit que je vais finir à la lanterne. Dès les premiers tournants, les furieux sont déjà loins. Je suis semé comme le bon grain. Je les rejoins en bas quarante minutes plus tard dans la nuit d'encre. Ils sont là à bailler aux corneilles, ils ont déjà fumé une voire deux cigarettes. Je me fais traiter de grand-père. Voilà pour l'esprit... Mais comme je suis vivant avec toutes mes mains, tous mes coudes et toutes mes fesses, je me garde bien de leur en tenir rigueur à ces garnements...
Arrivés à Muong Laï, on fait tout le tour du bled pour comparer les hotels. On tourne, on tourne et on tourne encore. En fin de compte, il faut se rendre à l'évidence, la ville n'en compte qu'un qu'on a d'abord visité un première fois avant d'aller voir ailleurs étant donné les prix pratiqués. On a bien essayé d'aller dormir chez l'habitant mais on s'est fait proposer une étable où les cafards sont plus nombreux que les brins de paille donc on est retourné la queue entre les jambes à l'hotel à proprement parler dans lequel on partage un lit double pour trois avec les pieds qui dépassent puisqu'on est obligé pour tous tenir dans le sens de la largeur. Qu'à cela ne tienne, on est crevé et ma propension à dormir dans toutes les circonstances ne s'est jamais aussi bien portée donc... Banco, on fait banquette.
Le jour suivant, on continue notre progression vers le nord. Aujourd'hui doit être une journée pépère car on a que dans les cents kilomètres à rugir. Enfin pépère, c'est vite dit car comme la route est à nouveau plus en courbes qu'en virages, comme on voit qui vient en face des centaines de mètres à l'avance et que de toute façon il n'y a personne, c'est à fond de quatrième qu'on fait défiler le paysage. Comme tout se prête à la confiance, j'ouvre la route la poignée dans l'angle, c'est à mes lascars d'essayer de me suivre!! On vient à bout du parcours en trois heures et quelques, c'est la première fois depuis qu'on est parti qu'on ne lutte pas pour finir avant la disparition du soleil. Ce n'est pas tant que ça fasse une différence majeure en terme d'occupation de la fin d'après-midi puisqu'on en fait rien de spécial, mais c'est toujours plaisir quand on peut minimiser les heures passées sur la selle tant, à force, on finit par avoir des culs rouges et durs comme ceux des babouins.
En chemin, le moment de frayeur quotidien est la traversée d'un nouveau chantier. Alors qu'il fallait passer à côté d'un tractopelle, je m'engage. C'est pile-poil le moment également choisi par le conducteur pour faire pivoter son engin. Je manque de me retrouver les quatre fers en l'air car la pelle me frole à quelques centimètres sans que ça ne choque qui que ce soit. Or, un Braïce, c'est 62-63kg. Un tractopelle, c'est X tonnes!!! Différence notable et vision effrayante!!!
Ce jour également, on reste bloqué pas loin d'une heure devant une barrière car ils sont en train de refaire le goudron sur toute la largeur de la route!! Ils ne pourraient pas commencer par un côté, laisser sècher, et passer ensuite à l'autre côté; non, tout en même temps, c'est nettement plus simple, d'autant plus quand il faut rouler ensuite lorsque la barrière se lève, sur l'asphalte encore chaud et à moitié liquide!
Enfin bon... On est arrivé à Lai Chau et c'est ça qui compte. On est dans un hotel qui n'a rien à voir avec celui de la veille : on a une salle de bain avec de l'eau chaude, chacun un lit, pour un peu, on aurait presque l'impression que c'est du luxe!
A l'heure du dîner, comme on a pas envie de faire comme deux jours auparavent, c'est à dire errer pendant plus d'une heure avant de trouver une table, et comme on a pas non plus envie de faire comme la veille, c'est à dire donner nos dollars à des hoteliers aux factures oligarques, on fait confiance au LP qui nous promet la gargotte la plus accueuillante de la ville. Et en effet, Le patron nous donne l'accolade malgré le fait qu'il lui manque les deux bras, c'est vous dire. Les gens parlent un anglais approximatif mais un anglais quand même. Et, top du top, il y a un menu, c'est Bizance!! Donc résultat, on a beau mangé local, c'est bon, pas 100% graisseux, en portions de vikings, et le tout pour pas plus cher qu'une canette dans le métro parisien. Après le repas, on se sent tellement bien qu'on discute de longues longues minutes avec le patron et comble de chance, on rentre chez nous juste avant que se déclenche l'orage qui durera jusqu'au matin. Dans la chambre, on passe près d'une heure à rire sur les programmes qui passent à la télévision vietnamienne. Pour vous donner, tous les programmes étrangers sont doublés par une seule et même personne!!! Et, si dans une même scène, vous avez des hommes et des femmes, ça ne fait pas de différence, une seule voix!! A mourir de rire!! Jusqu'à l'heure du dodo.
Le lendemain, c'est le départ ultime vers notre destination finale : "Sapa" où on pourra enfin s'alanguir puisqu'on devrait y passer au moins trois nuits. Ca va faire du bien d'avoir un quartier général au lieu de toujours avancer et recommencer chaque soir la quète d'une couche, d'un couvert, etc... En plus, comme on a que 65km à faire, on a le temps de partir la fleur au fusil. Le rythme est tranquille, personne n'est pressé. Il ne vaut pour eux ne pas l'être car ma moto commence à montrer des signes de fatigue évidents. J'ai par exemple toutes les peines du monde à changer les vitesses ce qui est pourtant bien pratique quand on doit sans cesse enchaîner courtes lignes droites et virages serrés. Ca pourrait aller mais comme aujourd'hui on doit franchir le plus haut col d'Asie du sud-est en partant de la vallée, j'aimerais autant que possible que ça se passe sans heurts... Jo et Dani ont donc repris leurs bonnes vieilles habitudes, à savoir rouler devant. Et chaque fois qu'on s'arrête, je leur fais part de mes mésaventures. A tel point que, alors qu'on est aux pieds de l'ascension, je les rejoints et les entends me brailler : - T'arrêtes pas! De toutes façons on te rejoint!!! Il n'en fallait pas plus pour m'échauder et transcender l'esprit de compétition qui parfois me caractérise. "On te rejoint"... On va bien voir... J'entame alors la montée avec la même rengaine qu'Attila : si la route était faite d'herbe, pas moyen qu'elle ne repousse après mon passage! Je me cale donc en troisième sachant que la quatrième n'offre aucune sorte de reprise étant donné l'angle de la pente, et je suis parti tel un diable quasiment alongé sur mon guidon. Je double camions, voitures, motos, rien ne me résiste, c'est comme si j'étais sur un tapis volant. Parfois, je peux voir en contrebas la route que j'ai parcourue quelques minutes auparavant afin de repérer les provocateurs. Mais comme jamais je ne les aperçois, je suis toujours à me dire qu'ils sont juste derrière et j'en remets une couche. Les bornes kilométriques qui affichent les kilomètres me séparant de Sapa défilent : 35, 30, 25km, et toujours pas une grande gueule dans ma roue. C'est d'autant plus plaisant que j'ai beau être pleine bourre, je suis en controle total, pas une frayeur sur toute la montée. Peut-être une petite quand en arrivant proche du sommet je remarque les nuages qui gravissent eux aussi la pente. Ils faut dire qu'ils sont poussés pas un vent d'enfer qui les fait avancer encore plus vite que moi. Les salauds... Suréaliste!! Mais impossible de lutter... J'ai juste besoin de passer en plein phare alors qu'il est 13h et de continuer la maestria!! Vroum!!
Pas la peine que je me fatigue à vous dire que je coupe la ligne le premier en arrivant au sommet, merde, je viens de le faire, ne reste plus qu'à attendre mes petits camarades fanfarons. J'en profite pour enfiler mon coupe vent ainsi qu'une polaire pour la première fois depuis l'hiver népalais, ça fait bizarre mais c'est nécessaire. Avec le vent qui souffle, il ne fait que dans les 12°. Toujours personne? J'en profite pour aller poser ma pêche dans les fourrés. Toujours personne? Pause cigarette, pause photo. Toujours personne? Mais qu'est ce qu'ils foutent? Une demie heure que je suis là!! Je me remets donc en selle et fais demi tour. En fait, les bougres sont une centaine de mètre derrière le cul posé sous une tente où une jeune femme fait des brochettes et sert le thé chaud. Les salauds! Ils ont cru que j'allais jusqu'à Sapa le nez dans le guidon et ils en profitent pour faire un gueuleton!! Heureusement qu'il reste des brochettes pour moi!! On se fait donc un mini déjeuner iconoclaste en se demandant parfois si la tente ne va pas s'envoler à cause du vent qui souffle en rafales bretonnes ou si on va pouvoir retrouver les bécanes à dix mètres de là tant les nuages nous entourent.
A l'issue de ce frichti au milieu de rien, il est temps d'achever cette mi-boucle commencée il y a cinq jours. On est tous équipé de quasiment tous les vêtements qu'on transporte quand on prend la route de la descente. On convient de se suivre à allure modeste pour faire une entrée triomphale et groupée dans les rues du village tant désiré. Et donc, quand on arrive à ses portes, le sentiment d'accomplissement est immense. Les croisés ont atteint Jérusalem, tant mieux pour eux. Nous ont a fait Hanoï - Sapa, et c'est pas mal non plus!! A Sapa justement, on entre dans le village à côté du lac. La vue est idyllique, c'est sûr que ça va nous plaire. Et puis on a pas longtemps à attendre avant de trouver notre GH. Alors qu'on est en train d'effectuer le tour du lac, une femme en scooter se met à notre hauteur et nous propose de la suivre jusqu'à son hotel. En même pas cinq minutes, nos sacs sont posés, nos corps à l'horizontal la tête sur l'oreiller et nos esprits en paix. Enfin pas longtemps car on est pas venu jusqu'ici pour dormir instantanément. Au lieu de ça, on préfère faire le tour du bled à pieds pour mieux en apprécier les attraits. Et ils ne manquent pas. Il y a partout des restos au dessus de notre moyenne personnelle, des bars sympathiques avec musiques de qualité et tables de billard, des marchés en plein air pleins de couleurs. Il y a quand même un revers à cette médaille. Qui dit bars et restos dit touristes à gogo. Dans les rues, la moitié des gens a quelques souvenirs à acheter et l'autre moitié a quelques souvenirs à vendre. en fait, on ne peut quasiment pas faire un pas sans qu'une vieille femme ou qu'une gamine ne vienne et vous suive sur quelques mètres pour vous proposer bracelets, chapeaux, etc... Ca pourrait être pesant mais comme tout se fait dans des sourires, c'est courtois et bon enfant. On a tôt fait d'oublier tout ce cirque pour apprécier l'endroit à sa juste valeur. C'est charmant encore et plus.
On s'en délecte donc jusqu'au soir en enchainant en trois heures déjeuner et dîner. Ensuite, on s'en retrouve à boire quelques coups dans un bar dont la politique est de fermer quand le dernier client quitte les lieux ce qui est bien urbain!! Dans le bar, on rencontre Antoine, un français qui vit à Sapa depuis six mois et travaille dans un hotel. Les deux jours suivants sont ses jours de repos et comme il est autant content de nous rencontrer que l'inverse, il propose d'être notre guide motorisé pour les deux journées qui viennent. Vous avez dit hospitalité? On se quitte vers 2h après quelques parties de billard contre des filles des tribus locales à la langue bien pendue et à la répartie humoristiquement assérée. Demain, c'est plus de chemins de traverse, de rizières, de cascades. Elle est pas belle la vie??
Pour t'en convaincre, jète un oeil aux photos, j'en reviens toujours pas que c'est moi qui les prends!!
C'est un jour à marquer d'une pierre blanche que je n'espère pas tombale, jour à se mettre sur son 31 si on était pas sûr qu'il soit déjà tout sale au coucher du soleil. Aujourd'hui, comme il était prévu déjà la veille, on part en mission motorisée vers le nord vietnamien le coeur bien accroché et la confiance un brin douteuse. C'est mon baptème de conduite en mode vitesses et embrayage et à voir mon passé de voltigeur en mode automatique, ça promets déjà!! Gare à vous 'tites nenfants, veaux, vaches, cochons, le cavalier boiteux arrive!! Tous aux abris!!
Mais avant ça, il va falloir se lancer. Nous sommes toujours quatre à Hanoï, Marius est parti la veille et c'est aujourd'hui le tour de Nat de nous dire au revoir. C'est à 7h que la journée commence, les coqs ont déjà poussé leur premier râle ce à quoi on est déjà habitué. Ce qui sort plus de l'ordinaire, c'est que de l'autre côté du mur de notre chambre, le mur le plus prêt de nos têtes bien sûr, c'est un concert de marteau et de perceuse qui débute. C'est assez assourdissant pour qu'on se demande tous si les ouvriers ne vont pas passer à travers le mur pour nous apporter un petit déjeuner garni de pépites de ciment. Moi perso, c'est seulement à 8h que je me fais cette réflexion car c'est seulement à ce moment que la case "ils en font un boucan!" se coche dans ma tête. Avant je dormais au grand étonnement du reste de la chambrée... Ils devraient déjà s'être rendus compte depuis le temps mais bref... On a tous les yeux ouverts pour ce qui devrait être pour Dani, Jo et moi, notre dernier réveil à Hanoï avant le prochain, une grosse dizaine de jours plus tard. Et quand on dit réveil à Hanoï, qu'est ce qu'on dit aussi? Mau? Mauso? Mausolée d'Ho Chi Minh bien sur!! Après tous nos rendez-vous manqués, ce salHo n'a plus le choix, il devra nous ouvrir la porte étant donné qu'on connait toutes règles entravant une éventuelle visite. En plus, on lui fait le privilège de lui dédier la première étape de notre parcours moto, alors si avec tout ça il est pas content!!!
Il faut d'abord s'occuper d'aller chercher les motos... Retenant de nos erreurs passées à se perdre dans un verre d'eau, on s'équipe chacun d'une carte de visite contenant le nom de l'hotel et son adresse afin d'être vraiment sur de ne pas passer la journée à retomber sur nos pattes. Une petite collation plus tard, nous voilà rendus au garage et comme tout est déjà règlé, il n'y a plus qu'à enfourcher et fendre la bise! Fendre la bise? T'en a de bonnes toi!! Notre première obligation, en plus de respecter le code de la route et de ne pas se foutre en l'air, est d'aller remplir nos réservoir d'essence. On tente donc de partir en formation serrée dans cette fourmillière qu'on appelle la rue. C'est déjà peine perdue. Aujourd'hui pour Bibi, passer la première est plus difficile que de botter le cul des allemands en 39, c'est mission impossible! Une fois, deux fois, trois fois, les autres sont déjà loins que je m'énerve déjà. Et puis je transpire aussi dans ce cocktail de coups de talon matinés d'énervement. Stressssssss!!!!!!!! Voyant le tableau, un des garagistes vient me sortir de là et démarre la moto lui même. Je lui propose de nous suivre sur tout le périple pour me prêter assistance à chaque arrêt contraint et forcé, et lui, ça le fait bien marrer d'un rire ni contraint ni forcé! Je suis donc finalement en première, en route mauvaise troupe! Il va maintenant s'agir de retrouver les deux compères, direction la station service. Passage de seconde. Surréaliste!! Du premier coup!!! Champagne! Ou pas... Je conduis, je peux pas tout faire et puis on est au Vietnam, pas confortablement blotti à vos côté avec un Nicolas en bas de la rue.
J'arrive à la station service. Les deux gars sont en train de tenter de faire le plein. Je dis bien tenté car il faut faire comprendre à l'employé local que la mécanique russe de nos machines a besoin d'un mélange d'huile et d'essence pour fonctionner. Bon courage!! Après moultes tentatives d'explications doublés de mîme, c'est quand même fait. Ne reste plus qu'à rejoindre l'hotel, prendre nos sacs et faire nos adieux à Nat qui nous y attend déjà, depuis le temps que je galère. La liaison est une nouvelle fois pavée de bonnes intentions mais y'a pas à dire, sur une échelle de pilotage de zéro à dix, je pars des zones négatives!! En gros, c'est la merde pour passer les vitesses, pour rétrograder, pour ne pas caler, pour tout ce qui fait de la conduite une activité dont il faut un permis pour la pratiquer. Les autres sont donc constamment en train de m'attendre étant donné qu'en plus, j'arriverais à me perdre dans mon propre chez-moi si ce n'était pas un 20m².
On arrive quand même à l'hotel. Et on est encore à peu près dans les temps pour l'oncle Ho, c'est donc qu'on avance quand même. Nat est là toute triste, il faut dire que ça fait plusieurs mois qu'elle voyage avec Jo et qu'elle va redécouvrir le voyage en solo jusqu'à son retour en France prévu peu de temps après. On commence donc les embrassades quand, exactement au même moment, le tonnerre déchire la quiétude toute relative des environs. Les embrassades continuent les yeux un peu plus tournés vers le ciel, quand une première goutte s'abat sur le sol. Il est en fait impossible de déterminer laquelle est la première goutte tant c'est une purge qui tombe sur la ville sans coup férir. Nos motos sont là, garées à l'extérieur, Ho Chi Minh un peu plus loin à rire de nous, et nous, on se demande ce qu'on a fait pour mériter ça. Innimaginable de prendre la route dans ces conditions dantesques, on se retrouve suspendu au bon vouloir de Dame Nature.
Après une heure, c'est toujours le même cirque. Ho chi Minh m'a tuer... Après une heure trente enfin, c'est l'accalmie et le retour des embrassades, cette fois-ci c'est la bonne, pas question de rater cette fenêtre d'éclaircies. Chacun se promet de ne pas se perdre de vue, on récupère nos sacs et on se visse les fesses sur la selle. Finies les répétitions, place au road-trip dans toute sa démesure, "A la Che" comme dit Jo. On part donc à la traversée d'Hanoï de part en part. Notre itinéraire urbain se fait sur de larges avenues ponctuées de feux tricolores. Une fois sur cinq, je calle car ma moto ne supporte pas que je lache les commandes au point mort comme elle le devrait pourtant. Ca pourrait ne pas être gênant outre mesure mais lorsque cela se produit au passage au feu vert et qu'ils sont plusieurs centaines derrière à klaxonner, c'est la zénitude qui se fait la malle. Revers de la médaille, quand tout tourne rond parce que ça arrive plus de fois que tu ne dois le penser, c'est un bonheur de se laisser porter par le flot des deux roues qui fourmillent. On trouve facilement notre bon de sortie d'Hanoï, il ne pleut plus et comme la route est asphaltée, même si c'est mouillé, c'est encore pas trop gênant.
Enfin, vers 13h, on quitte enfin le centre-ville même si le traffic ne se clarsème pas pour autant. Il n'y a plus de feux, plus de raisons de s'arrêter tous les cinq cents mètres. Mais pour les remplacer, un autre challenge se profile, tous les camions qu'on ne voit pas en ville, on les voit ici; et les camions au Vietnam, c'est ce qui se fait de plus rapide et de plus irresponsable entre tous les véhicules. Ca double même quand il y a du monde en face, à toi de trouver une place où passer. Ca conduit à gauche même s'il faut conduire à droite. Ca accélère dans les flaques même si tu passes à côté. C'est le mastodonte dans toute sa splendeur au milieu des frêles mobylettes qui continuent de pulluler de partout.
Après quatre heures de conduite, on s'est enfin extrait du bordel principal, ça sent bon, c'est plus vert que gris, c'est enfin la campagne. On en profite donc pour faire un premier arrêt pour débrieffer ces premiers tours de roues et que chacun raconte là où il a failli se prendre un bus, un camion ou un chien. C'est aussi l'occasion de faire retomber la concentration parce que quatre heures consécutives de slalom entre les accidents potentiels, ça vous froisse un cerveau!
Ensuite, on repart pour trois nouvelles heures. C'est à mon tour de me créer des histoires à raconter quand le soir sera venu avec un veau sans doute bercé trop près du mur qui n'a rien trouvé d'autre à faire que de passer d'une position couchée à une position course effreinée quasimment sous mes roues. Il s'en est fallu d'un museau que je l'entrecote!!
A mesure que la journée défile, le paysage change passant des plaines, aux plateaux, aux montagnes. La configuration de la route change aussi parallèlement en étant maintenant à flanc de montagne jusqu'à dominer les nuages. Il fait même un peu frisquet. Les virages se suivent à rythme modéré, la conduite s'effectue à rythme soutenu.
Enfin, on arrive à Mai Chau, notre étape pour la nuit avant qu'on y voit plus rien. C'est l'occasion de prendre une énorme claque car Mai chau, c'est enorme de beauté. C'est niché au beau milieu des rizières d'un vert transcendant, entouré de sublimes montagnes. Ca vaut le déplacement qui se valait déjà de lui-même. L'occasion est trop belle de profiter du moment en buvant un coup en laissant reposer nos derrières meurtris par sept heures de selle rebondissante. On s'attèle à la tache jusqu'à ce qu'on y voit plus rien, puis on part à la recherche de la meilleure option couchette possible. C'est à nouveau l'occasion pour Jo et Dani d'hésiter et de faire jouer la concurrence à tout va pendant une heure mais je m'en fous, je suis VIVANT et la moto INTACTE!! Les "que choisir" finissent par se mettre d'accord et on se retrouve à trois, à l'étage sans cloisons intérieurs, d'une grande maison sur pilotis, où la famille finit d'installer nos paillasses et notre dîner. Celui-ci nous sera livré "en chambre" peu de temps après. C'est copieux, goutus, parfait pour nos corps et nos esprits fourbus.
Et puis comme on en a jamais assez, on est ressorti boire un bière et faire quelques parties de billard sur une table qui passe sa vie dehors à la merci des intempéries. Jamais vu une table pareille, même au Népal pendant le trek à 2800m, c'était plus praticable malgré un tapis fendu sur un demi-mètre de long! La table est même tellement ravagée que c'est la raison pour laquelle on finit nos boissons rapidement et qu'on va se mettre au lit. Et j'ai beau être d'un naturel nocturne, comme je suis VIVANT, je m'en contente largement!!!
Le lendemain, c'est la pluie qui sonne le réveil. Il est 9h et il pleut averse. Comme c'est toujours inconcevable de conduire dans ces circonstances où, même si on a pas d'accident on attrape quand même une pneumonie, on remet le départ à la fin de la mousson. Ca nous laisse tout loisir de déguster le petit déjeuner fait exclusivement de pain et d'oeuf et de se dire que la douche est en option puisqu'elle est de toute façon dehors sous les trombes d'eau qui s'abattent de manière anarchique et qu'elle est froide.
A 10h30 enfin, on peut se mettre tous cylindres dehors. Pour Dani et moi, ça prend dix minutes sans raisons valables hormi le fait que nos bécanes ne veulent rien savoir, les feignasses! On serpente ensuite au milieu des rizières un peu au petit bonheur la chance à la recherche des meilleurs points de vue en essayant au maximum d'éviter les chemins boueux. Une fois quand même, il faut qu'on franchisse un courte côte mais une côte abrupte. Jo se lance avec succès. Dani s'élance à son tour, c'est cahun-caha mais ça passe. Pour moi, bien sur, c'est la tuile, je reste bloqué au milieu. Comme la moto est quand même bien lourde et la pente bien pentue, je ne m'imagine pas la descendre en marche arrière sans la prendre sur la figure. Et pour la finir en marche avant, il faudrait déjà que j'apprennes à faire un démarrage en côte!! Je suis donc super mal barré quand une vieille femme sort de sa maison à quelques mètres de là sans doute alerté par les rires des zouaves germano-belges. Je la vois retrousser ses manches alors qu'elle se tient debout derrière moi en équilibre précaire. Tout en gestes, elle me fait signe que tout va bien se passer, qu'il suffit que j'enclenche et qu'elle s'occupe du reste. Et en effet, ce petit bout de force de la nature m'a littéralement issé hors de mon misérabilisme. Dans un sourire emprunt de respect, je lui fais ma plus belle révérance avant de filer dans un nuage de fumée.
Jusqu'à la fin de la matinée, on reste donc autour de Mai Chau à profiter, à glisser. Je suis content chaque fois qu'une difficulté est derrière nous. C'est l'expérience qui rentre et le souvenir des chutes laossiennes qui s'éloignent... Puis on finit par retrouver la route goudronnée, toujours entre montagnes et rizières. A l'heure du déjeuner, on traverse un village où on convient de s'arrêter pour reprendre des forces. Seulement, c'est vraiment rural, extrèmement difficile de se faire comprendre, quasiment impossible de trouver à manger. On déniche quand même d'abord une petite boutique où on ne vend, bizarrement, que des yahourts. Difficile de se satisfaire de ça même si c'est bon. On déniche alors encore un nouvel endroit qui ne mérite même pas de porter le nom de gargotte. La seule chose qu'on arrive à se faire proposer, c'est de la peau de poulet et du gras de poulet, heureusement avec du riz pour aider à faire descendre le tout. Espérons que pour le dîner, on parviennent à trouver quelque chose d'un peu plus digeste...
Toute l'après-midi ou presque se fait sous un soleil radieux. La route est faite de larges courbes qu'on peut prendre à vive allure au milieu d'un traffic nul. C'est le paradis de la conduite! Au final, on passe six nouvelles heures sur nos chevaux mécaniques jusqu'à l'arrivée à Son La qui se fait sur une cinq voie complètement déserte, ridicule, à fond de quatrième pour finir de tester la mécanique. Nos fesses auraient, comme la veille, bien besoin d'un massage. Nos estomacs auraient bien envie d'être maintenant remplis de belle manière. On part donc depuis notre nouvel hotel à la découverte de la ville et à la recherche d'un énième restaurant. Seulement, là où se situe notre GH, il n'y a rien autour et comme des idiots, on a tellement faim et on pense tellement trouver de quoi festoyer dans un court rayon, qu'on en oublie de prendre nos bécanes. Après 20 minutes de marche, on passe devant un premier établissement. C'est un restaurant, à n'en pas douter. Il est ouvert pour sûr. On entre. On demande à voir le menu. C'est peine perdue, il n'y a rien à manger, et quand je dis rien, c'est nada, peau d'balle, nib, que dalle, zéro, quéquette... Les gens qui se trouvent là à ne rien faire nous disent quand même qu'on peut s'adresser de l'autre côté de la rue. On traverse. - Vous avez à manger? Manger? Non? Quoi en face? Qu'on aille demander en face? Sûr? On passe alors 5 minutes à traverser la rue, les vietnamiens à se refourguer la responsabilité de nourrir nos estomacs affamés, sans compter que un kilomètre à pieds, ça use, ça use... Peine perdue, on poursuit. Peine perdue, on désèspère. Vingt nouvelles minutes pendant lesquelles on s'éloigne encore de l'hotel. Puis à l'horizon, de la lumière. Quoi? Une superette!!!! On fait donc le plein comme si le scénario devait se reproduire pendant dix jours!! Gateaux, noisettes, pain, vache qui rit, tout le paquetage du parfait Troupe de Marine en campagne!! On est donc supers contents, même si on se dit quand même que Son La est au moins dix fois plus grand que Mai Chau et qu'il est inconcevable qu'on y trouve que du paté pour chien! On continue donc à marcher, j'en ai pleins les pattes. ET ENFIN, après plus d'une heure d'atermoiments, l'oasis au milieu du désert, le centre ville autour duquel on a finalement fait que tourner!! Et qui dit centre-ville, dit restaurant. Et qui dit restorant, dit double ration de spaguettis bolognaises pour tout le monde, ça devrait nous calmer!! Et oui, c'est vrai! Ca calme!! On est tellement calmé qu'on rentre à l'hotel en taxi pour s'éviter une nouvelle transumance, avec sous le bras, notre trésor de guerre, des cocheneries à grignotter jusqu'à plus soif. Il est minuit quand on ferme les écoutilles en n'oubliant pas que ça fait maintenant deux jours qu'on est parti et qu'on est toujours VIVANT!!
Mets pas tes roues en canard, c'est la chenille qui redémarre, on avance bien et tant mieux, j'apprécie quand j'me fais pas d'bleus!!
Ca fait deux jours que je m'initie aux joies et aux frissons de la conduite avec boite manuelle sur deux roues. On a laissé les embouteillages à Hanoï. Devant nous, ce ne sont que routes désertes qui s'offrent comme des sirènes à Ulysse. Mais gare à la tentation d'aller trop vite, la sirène est une sacrée traitresse!!
Je commence enfin à maîtriser mon sujet. Les problèmes liés à l'apprentissage s'évaporent comme Brice au soleil. Les 164 kilomètres qui s'annoncent pour cette journée placée sous le signe du beau temps devraient n'être qu'une partie de plaisir; une de plus. Attention tout de même à ne pas baisser la garde, on a levé le camp à Sonla depuis moins d'une heure que je manque de me manger un cochonnot suicidaire. C'est la loi de la route au Vietnam comme il en va dans les autres pays d'Asie du Sud-Est, la route appartient avant toute chose au bestiaire qui peuple champs et maisons. Les cochons sont des rois, les vaches des reines et les volailles des ducs de Bourgogne, ou pas.
Ici, la chaussée est plutôt bonne et lisse mais à mesure qu'on progresse, on rencontre de plus en plus chantiers en tous genres. Apparemment, tout le réseau routier vietnamien est en réfection ce qui est une bonne chose pour les motards qui passeront par là dans quelques mois, mais pour nous par moments, il faut traverser des kilomètres de terrains vagues où la seule possibilité pour s'en sortir si on ne veut pas se vautrer dans les grandes largeurs ou s'enfoncer les pieds dans des flaques sans fonds, c'est de suivre les sillons laissés par les pneus des voitures. Je n'en emmène pas large car il n'y a pas beaucoup de place. Chaque fois qu'on dévie ne serait-ce que d'un pouce du sillon, ce sont les glissades qui reviennent au galop. Autre changement également dans la configuration de la route, plus on avance vers le nord, plus les montagnes nous entourent, plus les courbes laissent la place à des virages en épingles dans lesquels il est bien difficile de s'amuser tant il faut les aborder avec prudence.
A midi, c'est le moment idéal pour attraper un bon coup de soleil en s'arrêtant au beau milieu des rizières sachant que c'est bien difficile de se protéger derrière une pousse de riz haute comme trois pommes. Et puis, de toute façon, au diable le soleil!! L'endroit est réellement magnifique et mérite largement qu'on y attrape un bonne suée! Pendant cette pause, pleins de vietnamiens passent à côté de nous à vélo, et à chaque fois, c'est l'interrogation qui se lit sur leur visage autant que la joie se lit dans leur sourire et leur façon de nous saluer sans exceptions.
L'après-midi s'effectue au même rythme, peinard. Les virages sont toujours aussi traitres et je me garde bien de faire la course voire même d'essayer de suivre Jo et Dani qui s'en donnent à coeur joie en flirtant avec les lois de la gravité, s'inclinant autant que possible dans les virages pour garder une allure de pilote. Tous les dix kilomètres environs, ils sont obligés de m'attendre pour savoir si je suis seulement en retard ou si je n'ai pas une une relation suivie avec un gouffre. Ce petit manège se poursuit jusqu'au soir mise à part les vingt derniers kilomètres qui sont une longue descente continue vers Muong Lai où on compte bien trouver un hotel pour la nuit. L'ultime descente s'entame comme une course contre la nuit et étant donn�� mon rythme de sénateur, il est dors et déjà dit que je vais finir à la lanterne. Dès les premiers tournants, les furieux sont déjà loins. Je suis semé comme le bon grain. Je les rejoins en bas quarante minutes plus tard dans la nuit d'encre. Ils sont là à bailler aux corneilles, ils ont déjà fumé une voire deux cigarettes. Je me fais traiter de grand-père. Voilà pour l'esprit... Mais comme je suis vivant avec toutes mes mains, tous mes coudes et toutes mes fesses, je me garde bien de leur en tenir rigueur à ces garnements...
Arrivés à Muong Laï, on fait tout le tour du bled pour comparer les hotels. On tourne, on tourne et on tourne encore. En fin de compte, il faut se rendre à l'évidence, la ville n'en compte qu'un qu'on a d'abord visité un première fois avant d'aller voir ailleurs étant donné les prix pratiqués. On a bien essayé d'aller dormir chez l'habitant mais on s'est fait proposer une étable où les cafards sont plus nombreux que les brins de paille donc on est retourné la queue entre les jambes à l'hotel à proprement parler dans lequel on partage un lit double pour trois avec les pieds qui dépassent puisqu'on est obligé pour tous tenir dans le sens de la largeur. Qu'à cela ne tienne, on est crevé et ma propension à dormir dans toutes les circonstances ne s'est jamais aussi bien portée donc... Banco, on fait banquette.
Le jour suivant, on continue notre progression vers le nord. Aujourd'hui doit être une journée pépère car on a que dans les cents kilomètres à rugir. Enfin pépère, c'est vite dit car comme la route est à nouveau plus en courbes qu'en virages, comme on voit qui vient en face des centaines de mètres à l'avance et que de toute façon il n'y a personne, c'est à fond de quatrième qu'on fait défiler le paysage. Comme tout se prête à la confiance, j'ouvre la route la poignée dans l'angle, c'est à mes lascars d'essayer de me suivre!! On vient à bout du parcours en trois heures et quelques, c'est la première fois depuis qu'on est parti qu'on ne lutte pas pour finir avant la disparition du soleil. Ce n'est pas tant que ça fasse une différence majeure en terme d'occupation de la fin d'après-midi puisqu'on en fait rien de spécial, mais c'est toujours plaisir quand on peut minimiser les heures passées sur la selle tant, à force, on finit par avoir des culs rouges et durs comme ceux des babouins.
En chemin, le moment de frayeur quotidien est la traversée d'un nouveau chantier. Alors qu'il fallait passer à côté d'un tractopelle, je m'engage. C'est pile-poil le moment également choisi par le conducteur pour faire pivoter son engin. Je manque de me retrouver les quatre fers en l'air car la pelle me frole à quelques centimètres sans que ça ne choque qui que ce soit. Or, un Braïce, c'est 62-63kg. Un tractopelle, c'est X tonnes!!! Différence notable et vision effrayante!!!
Ce jour également, on reste bloqué pas loin d'une heure devant une barrière car ils sont en train de refaire le goudron sur toute la largeur de la route!! Ils ne pourraient pas commencer par un côté, laisser sècher, et passer ensuite à l'autre côté; non, tout en même temps, c'est nettement plus simple, d'autant plus quand il faut rouler ensuite lorsque la barrière se lève, sur l'asphalte encore chaud et à moitié liquide!
Enfin bon... On est arrivé à Lai Chau et c'est ça qui compte. On est dans un hotel qui n'a rien à voir avec celui de la veille : on a une salle de bain avec de l'eau chaude, chacun un lit, pour un peu, on aurait presque l'impression que c'est du luxe!
A l'heure du dîner, comme on a pas envie de faire comme deux jours auparavent, c'est à dire errer pendant plus d'une heure avant de trouver une table, et comme on a pas non plus envie de faire comme la veille, c'est à dire donner nos dollars à des hoteliers aux factures oligarques, on fait confiance au LP qui nous promet la gargotte la plus accueuillante de la ville. Et en effet, Le patron nous donne l'accolade malgré le fait qu'il lui manque les deux bras, c'est vous dire. Les gens parlent un anglais approximatif mais un anglais quand même. Et, top du top, il y a un menu, c'est Bizance!! Donc résultat, on a beau mangé local, c'est bon, pas 100% graisseux, en portions de vikings, et le tout pour pas plus cher qu'une canette dans le métro parisien. Après le repas, on se sent tellement bien qu'on discute de longues longues minutes avec le patron et comble de chance, on rentre chez nous juste avant que se déclenche l'orage qui durera jusqu'au matin. Dans la chambre, on passe près d'une heure à rire sur les programmes qui passent à la télévision vietnamienne. Pour vous donner, tous les programmes étrangers sont doublés par une seule et même personne!!! Et, si dans une même scène, vous avez des hommes et des femmes, ça ne fait pas de différence, une seule voix!! A mourir de rire!! Jusqu'à l'heure du dodo.
Le lendemain, c'est le départ ultime vers notre destination finale : "Sapa" où on pourra enfin s'alanguir puisqu'on devrait y passer au moins trois nuits. Ca va faire du bien d'avoir un quartier général au lieu de toujours avancer et recommencer chaque soir la quète d'une couche, d'un couvert, etc... En plus, comme on a que 65km à faire, on a le temps de partir la fleur au fusil. Le rythme est tranquille, personne n'est pressé. Il ne vaut pour eux ne pas l'être car ma moto commence à montrer des signes de fatigue évidents. J'ai par exemple toutes les peines du monde à changer les vitesses ce qui est pourtant bien pratique quand on doit sans cesse enchaîner courtes lignes droites et virages serrés. Ca pourrait aller mais comme aujourd'hui on doit franchir le plus haut col d'Asie du sud-est en partant de la vallée, j'aimerais autant que possible que ça se passe sans heurts... Jo et Dani ont donc repris leurs bonnes vieilles habitudes, à savoir rouler devant. Et chaque fois qu'on s'arrête, je leur fais part de mes mésaventures. A tel point que, alors qu'on est aux pieds de l'ascension, je les rejoints et les entends me brailler : - T'arrêtes pas! De toutes façons on te rejoint!!! Il n'en fallait pas plus pour m'échauder et transcender l'esprit de compétition qui parfois me caractérise. "On te rejoint"... On va bien voir... J'entame alors la montée avec la même rengaine qu'Attila : si la route était faite d'herbe, pas moyen qu'elle ne repousse après mon passage! Je me cale donc en troisième sachant que la quatrième n'offre aucune sorte de reprise étant donné l'angle de la pente, et je suis parti tel un diable quasiment alongé sur mon guidon. Je double camions, voitures, motos, rien ne me résiste, c'est comme si j'étais sur un tapis volant. Parfois, je peux voir en contrebas la route que j'ai parcourue quelques minutes auparavant afin de repérer les provocateurs. Mais comme jamais je ne les aperçois, je suis toujours à me dire qu'ils sont juste derrière et j'en remets une couche. Les bornes kilométriques qui affichent les kilomètres me séparant de Sapa défilent : 35, 30, 25km, et toujours pas une grande gueule dans ma roue. C'est d'autant plus plaisant que j'ai beau être pleine bourre, je suis en controle total, pas une frayeur sur toute la montée. Peut-être une petite quand en arrivant proche du sommet je remarque les nuages qui gravissent eux aussi la pente. Ils faut dire qu'ils sont poussés pas un vent d'enfer qui les fait avancer encore plus vite que moi. Les salauds... Suréaliste!! Mais impossible de lutter... J'ai juste besoin de passer en plein phare alors qu'il est 13h et de continuer la maestria!! Vroum!!
Pas la peine que je me fatigue à vous dire que je coupe la ligne le premier en arrivant au sommet, merde, je viens de le faire, ne reste plus qu'à attendre mes petits camarades fanfarons. J'en profite pour enfiler mon coupe vent ainsi qu'une polaire pour la première fois depuis l'hiver népalais, ça fait bizarre mais c'est nécessaire. Avec le vent qui souffle, il ne fait que dans les 12°. Toujours personne? J'en profite pour aller poser ma pêche dans les fourrés. Toujours personne? Pause cigarette, pause photo. Toujours personne? Mais qu'est ce qu'ils foutent? Une demie heure que je suis là!! Je me remets donc en selle et fais demi tour. En fait, les bougres sont une centaine de mètre derrière le cul posé sous une tente où une jeune femme fait des brochettes et sert le thé chaud. Les salauds! Ils ont cru que j'allais jusqu'à Sapa le nez dans le guidon et ils en profitent pour faire un gueuleton!! Heureusement qu'il reste des brochettes pour moi!! On se fait donc un mini déjeuner iconoclaste en se demandant parfois si la tente ne va pas s'envoler à cause du vent qui souffle en rafales bretonnes ou si on va pouvoir retrouver les bécanes à dix mètres de là tant les nuages nous entourent.
A l'issue de ce frichti au milieu de rien, il est temps d'achever cette mi-boucle commencée il y a cinq jours. On est tous équipé de quasiment tous les vêtements qu'on transporte quand on prend la route de la descente. On convient de se suivre à allure modeste pour faire une entrée triomphale et groupée dans les rues du village tant désiré. Et donc, quand on arrive à ses portes, le sentiment d'accomplissement est immense. Les croisés ont atteint Jérusalem, tant mieux pour eux. Nous ont a fait Hanoï - Sapa, et c'est pas mal non plus!! A Sapa justement, on entre dans le village à côté du lac. La vue est idyllique, c'est sûr que ça va nous plaire. Et puis on a pas longtemps à attendre avant de trouver notre GH. Alors qu'on est en train d'effectuer le tour du lac, une femme en scooter se met à notre hauteur et nous propose de la suivre jusqu'à son hotel. En même pas cinq minutes, nos sacs sont posés, nos corps à l'horizontal la tête sur l'oreiller et nos esprits en paix. Enfin pas longtemps car on est pas venu jusqu'ici pour dormir instantanément. Au lieu de ça, on préfère faire le tour du bled à pieds pour mieux en apprécier les attraits. Et ils ne manquent pas. Il y a partout des restos au dessus de notre moyenne personnelle, des bars sympathiques avec musiques de qualité et tables de billard, des marchés en plein air pleins de couleurs. Il y a quand même un revers à cette médaille. Qui dit bars et restos dit touristes à gogo. Dans les rues, la moitié des gens a quelques souvenirs à acheter et l'autre moitié a quelques souvenirs à vendre. en fait, on ne peut quasiment pas faire un pas sans qu'une vieille femme ou qu'une gamine ne vienne et vous suive sur quelques mètres pour vous proposer bracelets, chapeaux, etc... Ca pourrait être pesant mais comme tout se fait dans des sourires, c'est courtois et bon enfant. On a tôt fait d'oublier tout ce cirque pour apprécier l'endroit à sa juste valeur. C'est charmant encore et plus.
On s'en délecte donc jusqu'au soir en enchainant en trois heures déjeuner et dîner. Ensuite, on s'en retrouve à boire quelques coups dans un bar dont la politique est de fermer quand le dernier client quitte les lieux ce qui est bien urbain!! Dans le bar, on rencontre Antoine, un français qui vit à Sapa depuis six mois et travaille dans un hotel. Les deux jours suivants sont ses jours de repos et comme il est autant content de nous rencontrer que l'inverse, il propose d'être notre guide motorisé pour les deux journées qui viennent. Vous avez dit hospitalité? On se quitte vers 2h après quelques parties de billard contre des filles des tribus locales à la langue bien pendue et à la répartie humoristiquement assérée. Demain, c'est plus de chemins de traverse, de rizières, de cascades. Elle est pas belle la vie??
Pour t'en convaincre, jète un oeil aux photos, j'en reviens toujours pas que c'est moi qui les prends!!
C'était mieux avant English translation pending
Bonjour
Je viens dans cette rubrique pour vous faire part d'un petit coup de gueule;
Voilà, en tant que "jeune" voyageur inexpérimenté (seulement deux au compteur, un troisième pour l'année 2009/2010) il m'est arrivé des dizaines de fois de rester ébahi, époustouflé, impressionné, choqué, amusé, ému, touché par les ambiances, les gens, l'architecture, la culture, les gouts, les couleurs, les odeurs, etc...des lieux ou j'arrivais, que cela fut des grandes villes aussi bien que des petits villages.
Mon regard était neuf, forcément, peut être un peu "corrompu" par des lectures préalables, ne serait-ce que celle des guides papiers, mais quand meme neuf...le regard de celui qui rencontre l'Autre pour la première fois
Or il se trouve qu'à chaque fois, sys-té-ma-ti-que-ment, et surtout dans les petits villages peu touristiqués, je suis tombé sur de "vieux" routards; pas forcément des papies, mais des voyageurs qui avaient "fait" tel pays x fois, tel autre x fois..aussi enrichissantes que purent être ces rencontres, il arrivait toujours un stade dans la conversation ou j'entendais cette phrase (avec si possible un peu de condescendance)
"tu sais fiston, aujourdhui ça n'a plus rien à voir...il y a 20 ans, là c'était quelquechose, oui, mais aujourdhui...pfff... c'était mieux avant"
Ah le choc! mon regard neuf, mon ébahissement, epoustouflement, etc...réduit en miettes par les déclarations d'un vieux français-anglais-espagnol-(peu importe) aigri d'avoir perdu les repères de sa jeunesse! ah mon enthousiasme, pourquoi vouloir le démolir de cette façon? non, je n'ai pas connu telle ou telle époque, et alors? je n'y peux rien! je suis de la génération qui a grandi avec la télévision et les jeux vidéos, alors quand bien meme tel ou tel village aurait (un peu) changé, cela reste quand meme une découverte pour moi!.
pourquoi ces Anciens, vieux sages de la route, se rencontrent de partout et prennent un malin plaisir à casser l'enthousiasme des ptits jeunes! bien sur que j'aurais voulu connaitre -- quand personne n'y allait, hé bé c'est trop tard! et je ne peux que le déplorer, regretter, et me dire: "oui c'est vrai, ce coin est pas mal..mais c'est trop tard, j'ai raté le bon moment"
aargh (voilà c'est tout, fallait que ça sorte...des bibis à tous)
Voilà, en tant que "jeune" voyageur inexpérimenté (seulement deux au compteur, un troisième pour l'année 2009/2010) il m'est arrivé des dizaines de fois de rester ébahi, époustouflé, impressionné, choqué, amusé, ému, touché par les ambiances, les gens, l'architecture, la culture, les gouts, les couleurs, les odeurs, etc...des lieux ou j'arrivais, que cela fut des grandes villes aussi bien que des petits villages.
Mon regard était neuf, forcément, peut être un peu "corrompu" par des lectures préalables, ne serait-ce que celle des guides papiers, mais quand meme neuf...le regard de celui qui rencontre l'Autre pour la première fois
Or il se trouve qu'à chaque fois, sys-té-ma-ti-que-ment, et surtout dans les petits villages peu touristiqués, je suis tombé sur de "vieux" routards; pas forcément des papies, mais des voyageurs qui avaient "fait" tel pays x fois, tel autre x fois..aussi enrichissantes que purent être ces rencontres, il arrivait toujours un stade dans la conversation ou j'entendais cette phrase (avec si possible un peu de condescendance)
"tu sais fiston, aujourdhui ça n'a plus rien à voir...il y a 20 ans, là c'était quelquechose, oui, mais aujourdhui...pfff... c'était mieux avant"
Ah le choc! mon regard neuf, mon ébahissement, epoustouflement, etc...réduit en miettes par les déclarations d'un vieux français-anglais-espagnol-(peu importe) aigri d'avoir perdu les repères de sa jeunesse! ah mon enthousiasme, pourquoi vouloir le démolir de cette façon? non, je n'ai pas connu telle ou telle époque, et alors? je n'y peux rien! je suis de la génération qui a grandi avec la télévision et les jeux vidéos, alors quand bien meme tel ou tel village aurait (un peu) changé, cela reste quand meme une découverte pour moi!.
pourquoi ces Anciens, vieux sages de la route, se rencontrent de partout et prennent un malin plaisir à casser l'enthousiasme des ptits jeunes! bien sur que j'aurais voulu connaitre -- quand personne n'y allait, hé bé c'est trop tard! et je ne peux que le déplorer, regretter, et me dire: "oui c'est vrai, ce coin est pas mal..mais c'est trop tard, j'ai raté le bon moment"
aargh (voilà c'est tout, fallait que ça sorte...des bibis à tous)
Croisière "Parfums des îles grecques" sur l'Orient Queen English translation pending
Bonjour
qui sera sur l'Orient Queen du 25 Juillet au 5 Aout ? Nous embarquons à Gênes le 26, à bientot.
Maiki
qui sera sur l'Orient Queen du 25 Juillet au 5 Aout ? Nous embarquons à Gênes le 26, à bientot.
Maiki
Karthago el ksar (Sousse) English translation pending
karthago el ksar QUELQU'UN CONNAIT CET HOTEL ? je ne trouve aucune infos prière de me renseigner SVP !!!
Retour de l'Iberostar Hacienda Dominicus Bayahibe English translation pending
😎Bonjour,
Je reviens juste de mon séjour à l'Iberostar Bayahibe. FORMIDABLE !!!
Hôtel magnifique, nourriture, excellente, plage superbe, personnel agréable, chambre très spacieuse, Spa sympathique, excursions cool... Si vous avez des questions n'hésitez pas ! si vous désirez des photos n'hésitez pas à me donner votre adresse e-mail...
Fabienne
Je reviens juste de mon séjour à l'Iberostar Bayahibe. FORMIDABLE !!!
Hôtel magnifique, nourriture, excellente, plage superbe, personnel agréable, chambre très spacieuse, Spa sympathique, excursions cool... Si vous avez des questions n'hésitez pas ! si vous désirez des photos n'hésitez pas à me donner votre adresse e-mail...
Fabienne
Shanti India, welcome on board:) English translation pending
Les portes de l'avion s'ouvrent, je respire, hume l'air, mais Goa n'est pas une grande ville aux milles odeurs pas toujours les meilleures.
Il est encore tôt, le temps est délicieux. Après quelques pas sur le bitume de la piste, brûlant de soleil déjà écrasant, me voilà dans la queue pour l'immigration. Bien quatre douaniers vérifient les passeports, le visa, la carte d'arrivée. Je demande à d'autres voyageurs pour partager un taxi vers des plages du sud ou j'ai rendez-vous avec un VFiste et un ami à lui. Sans succès. Le prepaid taxi revient à 357 roupies ( 7 euros) je l'obtiens à 200 rps :)
Me voilà dehors. Je regarde les gens, certains me sourient, je leur en envoie un à mon tour, et ... Waouh, en une fois, les bonnes vibrations, les bonnes énergies reçues de précédents voyages remontent à la surface, comme l'effet d'un massage et me revoilà dans une bulle de bien être, de bonheur total...
Une ambassador blanche arrive, le chauffeur me regarde, je le regarde, hop, direction Benaulim que je ne connais pas.
Je passe les descriptions de villages traversés pour plus tard, j'arrive à la plage, cherche le guest house ou ils se trouvent, et je m'installe à la terrasse.
Cherche après deux suisses, en trouve un! 😎
Commande un banana pineapple milk-shake et un lemon honey pancake, et me voilà à rêver et papoter devant l'Océan. Une heure à peine après être descendue de l'avion... 😎
Le temps de m'installer, retrouver un matelas bossu, une moustiquaire à seulement deux petits trous, une douche "à seau", enfiler mon maillot, et hop! Dans les vagues!!! YIIIIYOUUUUU!!!!!!!! Le bonheur... l'eau est absolument divine...
Je suis restée trois jours sur cette plage, j'étais bien impatiente de repartir sur les routes à l'intérieur du pays. Car la plage cocotier c'est bien beau, mais c'est pas vraiment l'Inde. Donc hop! Ed, un bel hollandais me dépose sur son Enfield toute blanche à la gare des bus de Margao, et me voilà inconfortable dans ce bus bondé. "Which country?" Me demande mon voisin "Belgium" "Atchaa" fait-il en dodelinant la tête. Me voilà en Inde. Le bus saute sur toutes les bosses qu'il voit comme pour s'amuser, et fonce à toute allure bien évidemment. Les banquettes sont dures comme du bois, les deux cm de mousses les recouvrant sont devenus deux mm... Mes fesses n'ont plus l'habitude... Heureusement que je voyage jusqu'a Mangalore en plusieurs étapes, le bus direct ne partant qu'a 16h, je n'avais pas envie de l'attendre, et après 3h dans ce vieux bus pourri, j'arrive à Kumta. Kumta est un petit village tout mignon, sans aucun touriste, tout le monde se concentrent à Gokarna à côté. J'ai trois ou quatre heures d'attente pour le bus de Mangalore, je les passe à déguster, avec plaisir retrouvé, un thali. Ce plat national fait de plusieurs petits pots de différents curry en sauce, riz et chapatis, petit yoghourt ensuite pour apaiser le feu des épices... Mmmh waouh. Je me lèche les doigts. Après un petit chai je passe à la caisse, 17 roupies… : Je me balade dans les chemins du village qui ne mènent nulle part, regarde une vieille femme cueillir des jack fruits dans l'arbre de son petit jardin. Respire le ciel bleu sans nuages, écoute les sons de la nature, oiseaux, criquets, et je ne sais quoi d’autre. A la gare des bus, une musulmane à qui on ne voit que ses yeux et moi nous nous regardons. "Not too hot ?" "No no" me répond elle, les yeux souriants.🙂 Et le bus arrive, je continue la jolie route jusque Mangalore, Hassan et enfin Belur, célèbre pour son joli temple. La route entre Mangalore et Hassan et extraordinaire...(voir j'tiens plus en place http://voyageforum.com/v.f?do=post_view_flat;post=44023;page=1;mh=-1;guest=2897325;sb=post_latest_reply;so=ASC posts du 6 avril)
A bientôt 😄
Je suis restée trois jours sur cette plage, j'étais bien impatiente de repartir sur les routes à l'intérieur du pays. Car la plage cocotier c'est bien beau, mais c'est pas vraiment l'Inde. Donc hop! Ed, un bel hollandais me dépose sur son Enfield toute blanche à la gare des bus de Margao, et me voilà inconfortable dans ce bus bondé. "Which country?" Me demande mon voisin "Belgium" "Atchaa" fait-il en dodelinant la tête. Me voilà en Inde. Le bus saute sur toutes les bosses qu'il voit comme pour s'amuser, et fonce à toute allure bien évidemment. Les banquettes sont dures comme du bois, les deux cm de mousses les recouvrant sont devenus deux mm... Mes fesses n'ont plus l'habitude... Heureusement que je voyage jusqu'a Mangalore en plusieurs étapes, le bus direct ne partant qu'a 16h, je n'avais pas envie de l'attendre, et après 3h dans ce vieux bus pourri, j'arrive à Kumta. Kumta est un petit village tout mignon, sans aucun touriste, tout le monde se concentrent à Gokarna à côté. J'ai trois ou quatre heures d'attente pour le bus de Mangalore, je les passe à déguster, avec plaisir retrouvé, un thali. Ce plat national fait de plusieurs petits pots de différents curry en sauce, riz et chapatis, petit yoghourt ensuite pour apaiser le feu des épices... Mmmh waouh. Je me lèche les doigts. Après un petit chai je passe à la caisse, 17 roupies… : Je me balade dans les chemins du village qui ne mènent nulle part, regarde une vieille femme cueillir des jack fruits dans l'arbre de son petit jardin. Respire le ciel bleu sans nuages, écoute les sons de la nature, oiseaux, criquets, et je ne sais quoi d’autre. A la gare des bus, une musulmane à qui on ne voit que ses yeux et moi nous nous regardons. "Not too hot ?" "No no" me répond elle, les yeux souriants.🙂 Et le bus arrive, je continue la jolie route jusque Mangalore, Hassan et enfin Belur, célèbre pour son joli temple. La route entre Mangalore et Hassan et extraordinaire...(voir j'tiens plus en place http://voyageforum.com/v.f?do=post_view_flat;post=44023;page=1;mh=-1;guest=2897325;sb=post_latest_reply;so=ASC posts du 6 avril)
A bientôt 😄
Yellowstone - Septembre 2018 English translation pending
Mise en garde habituelle pour éviter toute déconvenue : le récit qui suit est bien davantage un recueil d’infos pratiques qu’un carnet de voyage.
Le but premier de ce voyage était la découverte approfondie du parc Yellowstone. Nous lui consacrons 11 jours pleins. Le reste, que nous pensions n’être qu’habillage conjoncturel sympathique, s’est finalement avéré des plus intéressants.
NOTRE PERIPLE EN 2,5 SEMAINES :
Mer 29 Août – Vol Delta Airlines – Paris/Rapid City, SD – 2 nuits à Rapid City Jeu – Badlands NP –Mount Rushmore Ven – Devils Tower – 2 nuits à Cody Sam – Cody : Buffalo Bill Center West – Old Trail Town – Rodeo * Du Dim 2 au Mer 12 – 11 nuits à Yellowstone NP * Jeu – Grand Teton NP– 2 nuits à Jackson Hole Ven – Grand Teton NP Sam 15 Sept – Vol Delta Airlines – Jackson Hole, WY/Paris
BUDGET : Cours du $ : 0,88 €
Dépenses préalables : Vols Delta Airlines : 1200 €/p l’A/R. Location voiture ALAMO : 670 € ESTA : 14 $/p – Il est valable 2 ans à partir de la date de réception. Demande en ligne : esta.cbp.dhs.gov/esta/ - Attention, beaucoup de sites arnaques.
Dépenses sur place : Hébergement : 2605 € pour 17 nuits dont 11 à l’intérieur du parc Yellowstone Autre : 1200 €
Budget total tout compris (hors achats perso) : Notre budget total : 6900€ Ce budget est très largement plombé par nos choix d’hébergement. Une nuit sous tente vous reviendra 10 fois moins cher mais vous devrez vous lever tôt : 1er arrivé, 1er servi. Cela étant dit, il n’en reste pas moins que c’est un voyage coûteux.
GUIDES, CARTES et APPLIS : Pour préparer ce voyage, j’ai utilisé :
A - Support papier : Guide Randos dans Yellowstone A Ranger’s Guide to Yellowstone Day Hikes by Roger Anderson and Carol Shively Anderson En Anglais – 29 randonnées décrites – Très utile pour préparer son programme et/ou trouver rapidement un plan B une fois sur place. Carte National Geographic Yellowstone National Park - Au 1/125 000 Indispensable, à la fois pour faciliter la préparation en donnant une vue d’ensemble et, sur place, pour repérer les Scenic Drive, les aires de pique-nique, les têtes de sentiers de randonnées (Trail Head) … Elle nous a beaucoup servi. Lonely Planet Uniquement le chapitre numérique sur les Rocheuses. Pour un programme nature aussi ciblé, totalement inutile. Carte IGN Etats-Unis Ouest – Au 1/2 000 000 Juste pour repérer les routes pittoresques (comme la Beartooth Highway)
B - Sites internet : www.nps.gov/yell/index.htm et aussi, entre autres : www.roadtrippin.fr/...tone/yellowstone.php www.roadtrippin.fr/wyoming/grand-teton/grand-te... www.roadtrippin.fr/dakota-du-sud/badlands/badla... west-usa-dream.blogspot.com/...e-national-park.... www.sunsetbld.com/...ricains/yellowstone/ www.tetonhikingtrails.com/...on-national-park.htm www.alltrails.com/
C - Applications Android : Maps.me Application GPS gratuite qui fonctionne hors connexion après avoir téléchargé les cartes nécessaires. Vraiment ultra pratique, notamment pour se repérer dans les villes, en voiture ou à pied, trouver des sites un peu à l’écart, vérifier son parcours sur les sentiers de randonnée, retrouver sa voiture sur un grand parking … Je suis devenue une inconditionnelle et je laisse désormais mon vieux TomTom à la maison. La carte routière papier n’en reste pas moins utile, ne serait-ce que pour choisir son itinéraire (Scenic Drive …). Et puis, elle permet une vue d’ensemble bien utile parfois.
TRANSPORTS :
1 – Vols Réservés sur le site d’Air France. Vols réguliers opérés par Delta Airlines avec escale à Minneapolis. 1200 € l’AR/p bagage (23kg/p) inclus. Attention, à l’aller nous avons dû récupérer nos bagages à Minneapolis et les réenregistrer pour Rapid City. Pas au retour. Question de douane a priori (pas bien compris …). Wifi gratuit à l’aéroport de Jackson Hole ainsi que dans les avions de Delta. Je dois dire que c’est la 1ère fois que j’envoie un WhatsApp en vol.
2 – Voiture Catégorie intermédiaire, réservée et payée en ligne un mois à l’avance auprès d’ALAMO. www.alamo.fr/usa/ 670 € pour 17 jours en km illimités, assurances et drop charge inclus, chauffeur additionnel gratuit. Le permis national suffit. Nous avons parcouru 1815 km, 125 € d’essence. Excellente voiture de moins de 6 mois, aucun problème, aucune mauvaise surprise. Rendue à Jackson Hole en 2 minutes. La carte Visa ne passe pas dans les stations-service Sinclair. Il suffit de passer à l’accueil, d’y laisser sa carte pour qu’ils débloquent la pompe. Ils ont l’habitude.
3 – Les routes On est aux USA, les routes sont larges, en bon état. Ne laissez pas votre GPS décider pour vous, ce serait dommage, soyez maître de votre parcours. Utilisez une carte routière pour choisir les routes pittoresques quitte à faire un petit détour. Vous ne le regretterez pas. Ne ratez pas la magnifique Beartooth Highway (212) si vous devez entrer à Yellowstone par le Nord-Est (Silver Gate).
HEBERGEMENTS : J’indique le prix par nuit, TTC.
Rapid City Town House Motel 210 Saint Joseph Street 77,50 $ petit déjeuner inclus (seule fois) Motel sans charme – Chambre spacieuse, petit dej buffet industriel.
Cody Cody Motor Lodge 1455 Sheridan Avenue 141,70 $ Motel bien situé sur la rue principale.
Yellowstone Nous voulions absolument dormir à l’intérieur du parc. Réservation indispensable très longtemps à l’avance. Vraiment longtemps ! en Juin 2017 pour Septembre 2018 ! Et même là, je n’ai pas eu exactement ce que j’aurais voulu. Réservations effectuées sur le site Xanterra : www.yellowstonenationalparklodges.com/stay/summ... Déposit d’une nuit pour assurer la réservation. Aucune mauvaise surprise ni au check in ni au check out. * 4 nuits à Canyon Village : Standard lodge room with bath : 198 $ * 2 nuits à Mammoth : Cabin without bath : 120 $ * 5 nuits à Old Faithful : 2 à OF Inn - Old house rom without bath : 160 $ 3 à OF Lodge - Frontier cabin with bath :177 $
* Canyon Village a bien peu de charme. Ce n’est pas un village mais juste quelques bâtiments de service : un Visitor Center, un magasin (General Store, je vais en reparler), une station-service, un restaurant et un grand complexe hôtelier. C’est propre et pratique, certes, mais sans aucune âme, assez déprimant pour un premier contact. La chambre était confortable malgré un coin douche bien petit.
* Mammoth est beaucoup plus agréable. Quelques "vieux bâtiments" plus ou moins historiques apportent une vraie chaleur. Station bien plus vivante que Canyon. En soirée, les pelouses devant le Visitor Center sont squattées par des wapitis. Nous avons adoré notre petit bungalow, spacieux et lumineux. Les sanitaires communs sont très propres. Gardiner n’est pas très loin de Mammoth, à 34 kms au nord, juste après la sortie du parc. C’est un petit bourg très animé et qui peut être une belle alternative en termes de logement si on ne veut pas être dans le parc.
* Old Faithful est le cœur historique (si tant est que …) de Yellowstone et tourne autour de OF Inn, magnifique et immense hôtel tout en bois. Pour mieux en profiter, on a voulu y dormir. Charmante chambre tout en rondins mais vraiment petite. Au final, ça ne me parait pas nécessaire. Y prendre le petit dej buffet peut suffire (15$ ttc), on profite alors de la superbe salle de restaurant. On y a dîné aussi (réservation conseillée), cher bien sûr (100$ à nous 2 pour 2 plats et 1 bouteille de vin) mais ça permet de profiter pleinement du lieu. Nous avons finalement préféré nos 3 nuits à OF Lodge. Petit bungalow, confortable, bien agencé, avec sdb. Ce fut de loin notre hébergement préféré à Yellowstone et si c’était à refaire, j’y passerais mes 5 nuits. D’autant que la réception de OF Lodge n’a rien à envier à OF Inn. C’est également magnifique ! Mon conseil : logez à OF Lodge et allez simplement prendre le petit déj à OF Inn. Old Faithful est aussi (et avant tout !) le nom du magnifique geyser qui jaillit très régulièrement. Il est tout aussi proche de OF Inn que de OF Lodge.
Jackson Hole Anvil Hotel 215 North Cache, Jackson 344 $ ! Oui, par nuit ! Mon coup de gueule 😠 Certes, Jackson Hole est une station réputée, huppée, friquée … Et tout est hors de prix. On le savait. Mais à ce prix-là, on attendait quand même mieux ! Loin d’être un hôtel de charme, c’est un bête motel, bien décoré certes mais un motel ! Chambre minuscule et très sombre, fenêtre plus petite que l’écran télé (!), confort minimal, ni bureau, ni chaise. Mon conseil : réservez très tôt pour avoir du choix et n’hésitez pas à réserver en dehors du centre-ville. On circule vite et bien. Et pourquoi pas à l’intérieur même du parc de Grand Teton (je n’y avais pas pensé), je doute que ce soit plus cher et on est tout aussi prêt de l’aéroport. En tout cas, évitez Anvil Hotel.
REPAS :
En arrivant dans Yellowstone et en découvrant les snacks du General Store, on a vite compris que la seule échappatoire était de pique-niquer. Ce qui nous va très bien, d’autant que le parc s’y prête à merveille avec de nombreuses aires de pique-nique, agréables, bien aménagées et très propres. On a juste regretté de ne pas l’avoir prévu, en effet, on aurait pu apporter une glacière pliable, une thermos, pourquoi pas une vieille nappe à jeter sur les tables en bois … juste de quoi être un peu plus à l’aise. Mais on s’en est sorti et nos pique-niques font partie de nos meilleurs souvenirs (parmi tant d’autres) !
A "midi", nous nous sommes gavés de sandwiches nutella/bananes. Simple à transporter dans le sac à dos (ça ne casse pas et ça ne craint pas la chaleur), c’est nourrissant et c’est super bon ! Et chaque soir, nous repartions "dîner dehors", après avoir acheté quelques produits frais à un General Store. Au coucher du soleil, entre 18 et 20h.
Quelques prix en superette : 1 bouteille d’eau : 1,99 $ (mais qu’on remplira gratuitement ensuite) 1 paquet de pain de mie aux céréales (20 tranches – 10 sandwiches) : 5,19 $ 1 pot de nutella : 5,69 $ 1 fruit (orange, pomme ou banane) : 0,49 $ 1 yaourt : 1,19 $ 1 paquet d’Oreo : 2,69 $ 1 petit paquet de jambon : 1,39 $ (= 4 sandwiches) 1 petite tranche de "fromage": 1,39 $ (= 2 sandwiches) 1 paquet de tomates cerise : 2,99 $
Des refill stations sont à disposition dans toutes les superettes ainsi qu’aux Visitor Center pour remplir ses bouteilles d’eau fraîche. Super pratique !
Au restaurant, pensez bien que les prix affichés sont HT. On n’a pas l’habitude en France … Si vous commandez un soda (autour de 2,50$), ce sera la plupart du temps un "fountain soda" en "free refill". Profitez-en ! Dans les snacks, vous pourrez même faire re-rempir votre verre en carton en partant. Vous le finirez en voiture. Comme eux ! Yeah ! Et puis, pensez bien à compléter ou à rayer la ligne TIP sur votre facturette. Un restaurant indélicat (à Jackson Hole) a profité de mon oubli et a rajouté 18% de service … Pas très cool mais ça aurait pu être pire. Soyez vigilants.
Quelques adresses sympas (ou pas) :
- Restaurant de l’Irma Hotel – Cody 1192 Sheridan Ave Très bon petit dej buffet dans la magnifique salle du restaurant de Buffalo Bill. Bourré de charme. 14$ ttc.
- Restaurant Cowboys Lodge and Grille – Gardiner 303 2nd Street South Joli restaurant tout en bois, couvert de trophées de chasse. Excellente cuisine maison. Accueil chaleureux. Prix raisonnables. Une très belle pause à la frontière Nord du Parc. Notre meilleur repas pour 30$ pour nous 2 (sans vin).
- Old Faithful Inn – Dining Room Même en réservant 1 mois à l’avance, il ne restait de la place que pour le dernier service (20h45). La cuisine est bonne, sans plus, et un peu chère. 100 $ ttc pour nous 2 pour un plat de viande (chacun) et une bouteille de vin (pour nous 2). Mais la salle est magnifique ! Comme dit plus haut, s’il s’agit principalement de profiter du lieu, optez pour le petit déjeuner (demandez bien à être dans la partie ancienne). Le rapport qualité prix est bien meilleur (petit dej buffet 15$/p ttc).
- The Bunnery – Jackson 130 North Cache Street Bakery & Restaurant. Restaurant cosy et large choix pour un breakfast 100% américain : les pancakes sont très moelleux.
- Restaurant Smokin’ Iron – Jackson 135 North Cache Street Jackson Hole est une pompe à fric ! Méfiez-vous, vérifiez votre addition. Barrez bien le tip sur votre facturette (ils se sont servis 😠 !) et vérifiez qu’ils ne vous imposent pas le gratuity d’office sur la note. À part ça, le restau, tout extérieur, est super sympa avec ses feux partout.
NOS VISITES : Nous avons acheté le pass America the Beautiful à l’entrée des Badlands. 80$ pour la voiture (l’acheteur doit toujours être présent dans la voiture). A l’entrée des autres parcs, il suffit de présenter le pass et une pièce d’identité (le permis de conduire français convient). Il est valable 1 an.
Badlands NP Impressionnant par ses formations rocheuses mais assez fade en termes de couleurs. A visiter impérativement AVANT Yellowstone. Nous avons démarré au Ben Reifel Visitor Center. Ne ratez pas les petites randos Door Trail, Window Trail et surtout Notch Trail en allant jusqu’à l’entaille (notch) tout au bout du sentier … La suite de la visite du parc se fait en voiture en suivant la Badlands Loop Road et en s’arrêtant à différents points de vue. Un des plus beaux endroits et des plus colorés est le Yellow Mounds Overlook. Nous sortons du parc en passant par la belle piste Sage Creek Rim Road qui offre de beaux paysages. 1 belle journée (9h-18h) nous a suffi en faisant une pause déjeuner agréable au Cedar Pass Lodge. N’oubliez pas d’apporter de l’eau. Beaucoup d’eau. Le soleil est réfléchi par la roche claire et ça chauffe bien.
Mount Rushmore Puisqu’il est ouvert jusque tard, nous décidons de le rejoindre à notre sortie des Badlands. Nous y arrivons à 19h. 10$ de parking, valable 1 an (tu parles d’un intérêt !). Le soleil se couche derrière le monument, mauvaise lumière pour les photos. Vers 20h, dans un grand amphithéâtre extérieur, face aux sculptures, il y a ce qu’on pensait être un spectacle sons et lumières et qui s’avère être une "cérémonie" très patriotique et très barbante (pour nous). Nous partons assez déçus et contrairement à ce que nous avions prévu, nous n’y reviendrons pas le lendemain matin. Nous avons totalement raté notre visite, on aurait dû faire une visite classique, en journée, avec les écouteurs en Français. Tant pis. Un conseil si vous êtes pressés : un peu avant d’arriver au Mont, on a, sur la route, une très belle vue sur les 4 présidents. Ça peut suffire … En tous cas, n’y venez pas en soirée.
Devils Tower 1h30 suffit pour faire le tour au plus près de cette curiosité très impressionnante par un beau sentier ombragé. Une belle halte sur la route de Cody.
Cody En quittant Devils Tower vers 11h30, nous sommes arrivés à Cody vers 19h. Une longue route mais très belle car nous avons choisi les plus jolies routes (notamment la très jolie 14 Alt). Buffalo Bill Center of the West (19$/p) Nous allons passer plus de 4 heures dans ce grand complexe composé de 5 musées très bien faits (Indiens des Plaines, Buffalo Bill, Histoire naturelle (superbe !), Art, Armes à feu). Nous en avons vu 4 sur 5, je vous laisse deviner celui qu’on a zappé. Old Trail Town (9$/p) Un musée en plein air, une rue de western reconstituée. Sympa mais ça manque cruellement d’animation. C’est surprenant, les Américains savent tellement bien faire ça. Rodéo (21$/p) Cody s’est auto-proclamée capitale du rodéo. On retrouve d’ailleurs ce symbole sur les plaques minéralogiques du Wyoming. C’était le dernier show de l’année. Nous avons acheté nos places directement à l’entrée de l’arène. Comme conseillés, nous nous installons du côté du Buzzards Roost pour avoir une meilleure vue sur la préparation des cowboys. Le show commence par une prière et par l’hymne, main sur le cœur, et ce n’est pas un show comme nous le pensions mais véritablement une compétition qui va durer 2 heures. Différentes épreuves : rodéo sur cheval, sur taureau, lasso, rapidité et agilité à cheval. Une belle soirée, très authentique, vivante, énergique et passionnée. Le spectacle de cowboys joué devant l’hôtel Irma n’a pas grand intérêt (selon nous).
Yellowstone NP Chaque "station" dispose d’un Visitor Center, toujours différent, toujours intéressant. Vous y récupèrerez les brochures indispensables à votre visite ainsi que la liste des petites randos à la journée, infos que vous pouvez aussi trouver sur le site NPS si vous voulez préparer votre visite à l’avance. Au Visitor Center de Old Faithful vous trouverez aussi la fenêtre de la prochaine éruption des 5 ou 6 geysers les plus prévisibles notamment Old Faithful qui jaillit toutes les 80-90 minutes. Enfin, vous y trouverez toujours des présentations passionnantes sur le parc (les phénomènes géothermiques, la vie sauvage, la flore …). Ne manquez pas ces visites culturelles.
Vous trouverez aussi un General Store où on trouve toujours un peu la même chose, des fringues, des souvenirs, une petite superette et un ou plusieurs snacks, plus ou moins sympas (à ne pas confondre avec les quelques "grands" restaurants où il est préférable de réserver). Les snacks des General Stores ferment tôt, à 17 ou 18h, peut-être pour inciter justement les visiteurs à dîner dans les restaurants. Peu de produit frais en superette, en revanche un large choix de chips ! On peut y remplir gratuitement ses bouteilles d’eau (refill station). La superette de Canyon Village ferme à 21h30 (un bonheur). Ailleurs, c’est plutôt 18h.
Attention, le seul endroit où il y a du free wifi à Yellowstone est au Visitor Center de Mammoth, porche inclus (donc, même s’il est fermé, ça marche toujours). Ailleurs, c’est 5$ / heure consécutive. Mieux vaut le savoir pour prévénir famille et amis du blackout … Et puis, après tout, il y a mieux à faire que passer son temps sur son smartphone.
J’avais préparé assez soigneusement notre programme, jour par jour, avec des randos courtes et beaucoup d’options alternatives. Cette préparation nous a permis de nous approprier le parc avant même d’y être, de gagner du temps et de pouvoir rebondir rapidement en cas d’imprévu.
Voici le programme que nous avons finalement suivi :
Dim 2 Sept – Route vers Yellowstone (entrée NE Silver Gate) via la Beartooth Highway 212 panoramique – Lamar Valley – 4 nuits à Canyon Village Lun – Canyon : North Rim - Ice Lake Trail (2h) - Norris : Porcelain Basin Mar – Hayden Valley – Sulphur Caldron – Mud Volcano - Fishing Bridge : Storm Point Trail (1h) - Canyon : Artist Point Mer – Canyon : Artist Point - Bay Bridge : Natural Bridge Trail (1h30) – Canyon : Artist Point - Tower Falls – Yellowstone River Picninc Area Trail (2h15) - Lamar Valley Jeu – Tower : Calcite Springs, Petrified Tree, Lost Lake Trail (1h20) - Mammoth : Upper Terraces, Lower Terraces – 2 nuits à Mammoth Hot Springs Ven – Mammoth : Beaver Ponds Trail (3h30) - Gardiner : Roosevelt’s Arch - Blacktail Plateau Drive (piste entre Mammoth et Tower) – Calcite Springs Sam – Roaring Mountains - Norris (suite et fin) - Artist’s Paintpots – Gibbon Falls - Firehole Canyon Drive - Grand Prismatic depuis le belvédère du Fairy Falls Trail - 5 nuits à Old Faithful Dim – Upper Geyser Basin Lun– Grand Prismatic - Firehole Lake Drive – Fountain Paintpot - Grand Prismatic - West Thumb - Riddle Lake Trail (2h) Mar – Fairy Falls Trail jusque Imperial Geyser (5h) - Upper Geyser Basin (suite et fin) Mer 12 Sept – Monument Geyser Basin Trail (1h30) – Route à l’Ouest de Madison – Canyon : Artist Point - Route à l’Est de Fishing Bridge
South Rim of the Canyon et Uncle Tom’s Trail étaient fermés pour travaux. Uncle Tom’s Trail devrait bientôt ré-ouvrir. Ils en étaient à goudronner la route d’accès à notre dernier passage … A ce propos, pensez à bien vérifier les travaux et les fermetures en cours (sur le site NPS). Une fois de plus, un peu de préparation vous évitera déception et perte de temps.
Nous avons visité certains endroits plusieurs fois (Artist Point 4 fois !, Calcite Springs, Grand Prismatic …). Pour profiter d’une lumière différente ou simplement par gourmandise. C’est l’intérêt d’avoir du temps devant soi.
Les grands sites sont : Canyon, Mammoth Hot Springs, Norris et Old Faithful. Je n’ai pas l’intention de les décrire par le menu, je n’aurais aucune valeur ajoutée, Internet regorge d’infos. Consultez les sites que j’ai indiqués plus haut (entre autres !).
Je me contenterai juste de quelques remarques plus personnelles.
Les aires de pique-niques. Ce fut un vrai bonheur de manger dehors, toujours dans un joli cadre, un peu emmitouflés dans nos gilets en soirée, souvent entourés de chipmunks, de corbeaux et parfois même de wapitis … Les aires sont nombreuses, très agréables, très propres, bien aménagées. C’était devenu un jeu de choisir où aller. Quelques belles rencontres notamment une harde de wapitis au nord de Mammoth (sur l’aire de pique-nique du 45th Paralell, frontière entre le Wyoming et le Montana). Il y en a souvent … En face de cette aire, le Lava Creek Trail démarre et offre, au bout de quelques centaines de mètres, la possibilité de se baigner dans le ruisseau, réchauffé à cet endroit par une source chaude. Nous y allions quand nous avons rencontré un magnifique wapiti mâle, aux bois immenses, avec femelles et petits. On a rangé la serviette et sorti l’appareil photo. Nous avons aussi quelquefois fait une pause dans un snack d’un General Store. Celui de Grant Village a eu notre préférence.
Les routes. Au-delà des sites par eux-mêmes, rouler dans ce parc est un plaisir ! Les visiteurs roulent sagement, occupés à admirer les paysages. Et lorsqu’un bison indolent et facétieux crée un bouchon, personne ne s’énerve, ne klaxonne, ne double … Ici, les animaux sont rois et chacun sait en profiter. On est tous là pour la même chose et c’est reposant. Toutes les routes sont belles, les vallées, les montagnes, les rivières … tout est sujet à émerveillement ! L’essence n’est pas très chère, nous ne nous sommes pas privés. Le dernier jour, nous avons poussé jusqu’aux limites du parc qu’on ne connaissait pas. Juste pour le plaisir des yeux.
Les vallées. Lamar, Hayden, Gibbon … elles sont souvent envahies de bisons. Prévoyez du temps pour les photos ! Même sans bison, ces vallées sont magnifiques. Elles sont couvertes de buissons gris-argentés d’armoise tridentée ou d’herbes hautes, aux teintes dorées de l’automne. Les ruisseaux qui y serpentent ont une eau limpide bleu nuit métallisé. Paysage incroyable, sublime ! J’ai mitraillé à chaque passage !
Les geysers. Old Faithful, face aux OF Inn et OF Lodge, est d’une régularité de métronome. L’horaire de la prochaine éruption est affiché au Visitor Center. Ne boudez pas votre plaisir même si vous ne serez pas seuls à venir profiter du spectacle. En fin de journée, si le temps est clair, vous aurez une très belle lumière rose en toile de fond. On a beaucoup aimé Clepsydra Geyser (Fountain Paint Pot) ainsi que Artesia Geyser (Firehole Lake Drive), tous 2 en éruption quasi continuelle. Et puis Imperial Geyser, au bout du Fairy Falls Trail (mention spéciale, j’y reviens plus bas).
Les sources et les pools. Évidemment, le Grand Prismatic est incontournable ! L’icône du parc. C’est unique, un miracle de la Nature. Son cœur bleu profond a quelque chose de mystérieux, d’envoutant, l’envie morbide d’y plonger … Attention cependant : tôt le matin, il est totalement occulté, couvert de vapeur. J’ai beaucoup plaint les Chinois qui étaient là, dépités, qui n’auraient sans doute pas l’opportunité de revenir. La vue depuis le belvédère (suivre le Fairy Falls Trail-20 minutes) est un superbe complément à la visite au sol. Incontournable d’après moi (et s’il faut choisir, optez pour le belvédère). Ne manquez pas Morning Glory Pool (Upper Geyser Basin) qui mériterait d’être rebaptisé Little Prismatic. Et tant d’autres, plus colorées les unes que les autres ! À vos appareils ! Que c’est photogénique !
Les animaux. Nous n’avons pas vu d’ours. Tant pis, tant mieux … Des bisons, partout. Parfois de très près quand vous avez la chance d’en avoir un qui traverse nonchalammant la route devant votre voiture. Des wapitis (elk), assez facilement et assez souvent, surtout du côté de Mammoth. De temps en temps, des petites antilopes (pronghorn) ou des cerfs (mule deer). Un couple d’élans (moose), à la Moose Pond de Grand Teton (j’y reviens plus bas). Et puis bien sûr des écureuils (squirrel)et des chipmunks (les Tic et Tac de notre enfance pour ceux qui étaient abonnés au Journal de Mickey). Les animaux ne craignent pas l’homme qui, ici, n’est pas un prédateur. Ils ne s’enfuient pas et sont parfois bien curieux. Qui observe qui ?... Un chipmunk a fini sur ma cuisse ! Sans que je l’attire avec une quelconque friandise. J’ai toujours respecté la consigne justifiée et répétée de ne pas nourrir les animaux.
Les randonnées. * Ice Lake Trail (2h) – entre Canyon et Norris – Tour d’un lac * Storm Point Trail (1h) – à l’Est de Fishing Bridge – Jolies vues sur le Lac Yellowstone * Natural Bridge Trail (1h30) – Bridge Bay – Arche, formation naturelle * Yellowstone River Picninc Area Trail (2h15) – Tower Roosevelt – Vues panoramiques sur Calcite Springs et les orgues basaltiques que nous avons tant aimées. * Lost Lake Trail (1h20) – Tower Roosevelt – Magnifique lac couvert de nénuphars et bordé de roseaux. * Beaver Ponds Trail (3h30) - Mammoth – Lacs et barrages de castors (malheureusement, nous n’avons pas vu les architectes) * Riddle Lake Trail (2h) - au Sud de West Thumb – Encore un lac … * Fairy Falls Trail jusque Imperial Geyser (5h) – Midway Geyser Basin – Ah ! Quelle merveille ! * Monument Geyser Basin Trail (1h30) – Entre Norris et Madison – Gros effort pour arriver sur un plateau de geysers.
Les durées indiquées comprennent les pauses.
Elles sont faciles à trouver. Le Trail Head est indiqué sur la carte National Geographic et sur les brochures Day Hikes des Visitor Centers. Sur place, un parking plus ou moins grand et un panneau en bois affichant carte et recommandations marquent le départ. Nous n’avons jamais galéré, ni pour trouver le départ, ni pour nous garer, ni pour suivre le sentier. Les chemins sont nets, damés, bien entretenus, parfois balisés par une petite plaque de métal orange vissée sur le tronc d’un arbre. Et en cas de doute, Maps.me peut vous aider. Nous avons croisé bien peu de monde sur ces sentiers (quelques couples tout au plus et un groupe de cavaliers autour d’Ice Lake). Seul le Fairy Falls Trail est plus fréquenté, jusqu’aux chutes.
Justement, je reviens sur le Fairy Falls Trail. Il passe par le belvédère du Grand Prismatic. Excusez du peu ! Encore que, c’est un petit diverticule, le sentier redescend ensuite et vous pouvez éviter cette grimpette (mais ne serait-il pas dommage de s’en priver ?). Le sentier, tout plat, mène ensuite à la chute d’eau. Belle mais ne vous arrêtez surtout pas là ! Traversez le petit ruisseau et poursuivez votre chemin. Imperial Geyser vous attend, en éruption permanente, sur une mare multicolore, dans un cadre de folie avec quelques bisons pour animer l’ensemble. Grimpez en haut de la colline, c’est raide, très raide, mais court, et quelle récompense !!! Nous y avons passé 5 heures, chemin, pique-nique et pause photos compris. Et on s’est vraiment fait violence pour partir ! Un merveilleux endroit.
Yellowstone River Picninc Area Trail est également une très belle rando qui part de l’aire de pique-nique et grimpe dans la colline pour offrir des vues splendides sur le canyon de la Yellowstone River, les colonnes basaltiques et Calcite Springs. Retour par une prairie couverte d’armoise tridentée et colonisée par les marmottes au vu des terriers.
Monument Geyser Basin Trail ne nous a pas trop plu : un gros dénivelé pour arriver sur un plateau de petits geysers, sources chaudes, mare de boue, pas très spectaculaires (il faut dire qu’on devient exigeant à force !) et qui ne justifient pas vraiment l’effort fourni. Mais au moins on y est vraiment tout seul ! Personne, pas de promenade en bois, aucune barrière.
Si vous ne devez n’en faire qu’une seule, sans hésiter : Fairy Falls jusqu’à Imperial Geyser. Comptez 3 heures mini.
Quelques réserves : A l’Est de Fishing Bridge, ce n’est pas très beau, la forêt ne s’est pas remise du tout du grand incendie de 1988. Le site de West Thumb est un peu moins spectaculaire que les autres.
Quelle durée minimale faut-il prévoir à Yellowstone ? Je dirais 4-5 jours : 1 jour bien plein pour le Canyon, 1 jour pour Mammoth, 1 jour pour Norris et Lower Geyser Basin et enfin 2 jours pour Midway et Upper Geyser Basin autour de Old Faithful. La visite devra se limiter alors aux seuls sites, sans randos complémentaires. Ce qui est déjà très intéressant. Ce serait dommage et frustrant de prévoir moins. Je conseillerais aussi de faire Norris avant Old Faithful. Norris est magnifique mais le secteur d’Old Faithful est encore plus spectaculaire ! Et commencez toujours par un petit passage au Visitor Center, au minimum pour récupérer la brochure du secteur.
Grand Teton NP Ce parc est au Sud de Yellowstone. Tout proche. Je n’en attendais pas grand-chose. A tort !! Le lieu est grandiose et très différent de Yellowstone. C’est un parc de hautes montagnes, ici pas de phénomènes géothermiques.
Notre programme de randos : Jeu – Colter Bay : Lakeshore Trail (1h), Swan Lake and Heron Pond Trail(2h) – Sud : Taggart and Bradley Lakes Trail (2h40) Ven – Jenny Lake : Jenny Lake Trail (2-3h), String Lake Trail (2h)
Comme toujours, nous commençons par nous arrêter au Visitor Center de Colter Bay où je récupère quelques infos. Par ailleurs, la brochure détaillée des randos est mise à disposition des randonneurs au départ des randos principales (Lakeshore, Taggart, Jenny Lake …) dans une boite en bois, à côté du panneau d’informations habituel. Je me suis demandée pourquoi ils ne les avaient pas au Visitor Center. Peut-être par économie, pour s’assurer que seuls les randonneurs intéressés les prendront.
Les sentiers sont très beaux, dans une forêt peut-être un poil plus jolie que celle de Yellowstone. Des bouleaux aux troncs blancs et aux feuilles jaunes comme des doublons et surtout un sous-bois très coloré (buissons aux petites feuilles rouges, myrtilles (huckleberry) violettes, fleurs de rocailles blanches …) nous ont donné parfois l’impression d’être dans un jardin botanique. Les montagnes enneigées environnantes, les lacs limpides et le ciel bleu pétant apportent la touche finale. C’est un parc de montagne, qui, à cette époque de l’année, s’illumine de mille feux. Ambiance très différente de Yellowstone. Ici, les randonneurs sont beaucoup plus nombreux puisqu’il n'y a "que ça" à faire.
Beaucoup de monde sur Jenny Lake Trail ! Le parking, pourtant très grand déborde. A 10h, nous avons encore trouvé une place mais de justesse. Pensez ici à enregistrer la localisation de votre voiture sur Maps.me (on l’a un peu cherchée à notre retour … c’est idiot, non ?!). Nous démarrons à l’embarcadère Est (East Boat Dock), nous irons jusque Hidden Falls et Inspiration Point et nous rentrerons par la navette au West Boat Dock. 9$/p pour traverser le lac. Pas d’attente, elles sont fréquentes. De nombreuses personnes prennent la navette en A/R et se contentent d’aller à Hidden Falls et Inspiration Point. Beaucoup de monde dans ces 2 endroits. Sur le sentier, c’est beaucoup plus calme. Magnifiques vues sur Jenny Lake. Par ailleurs, nous avons fait un petit crochet par Moose Pond (au Sud Ouest du sentier) où nous avons eu la chance d’admirer, dans un décor extraordinaire, un couple d’élans. Le mâle, reflété par l’eau, broutait dans la mare. En arrière-plan, la montagne enneigée se détachait sur un ciel bleu pétant. Magnifique ! Nous étions une dizaine à profiter religieusement de ce spectacle, sans un bruit, tous très émus par cette rencontre magique !
Nous sommes passés au Visitor Center du Sud (Craig Thomas Discovery and Visitor Center). Une belle exposition sur la vie sauvage dans le parc nous a occupés une petite heure.
Tout comme à Yellowstone, on trouve des General Stores pour organiser ses pique-niques.
Le vendredi soir, avant de rentrer à Jackson Hole, nous décidons de repousser l’ultime départ en faisant la boucle par la route de l’Est (la 191). Belle idée puisque nous allons ainsi découvrir un canyon et la Snake River qui y serpente avec la chaîne de montagnes en toile de fond. Evidemment, c’est superbe ! On ne voyait pas et on n’imaginait pas ça depuis la route de l’Ouest, la Teton Park Road. Seul regret, nous avions le soleil en pleine poire, photos impossibles. Il faut parcourir cette route de l’Est le matin.
SI C’ETAIT A REFAIRE : Aucun regret sur le programme, la période, la durée des étapes. Le seul regret est de ne pas avoir pensé et prévu que nous allions pique-niquer. On aurait pu emmener quelques ustensiles qui aurait faciliter notre logistique. Nous ne dormirions pas à Jackson Hole mais dans le parc de Grand Teton dans l’idéal, ou, à défaut dans le parc de Yellowstone, tout proche. Ca n’aurait pas été plus cher !
DIVERS : L’accueil : toujours un mot gentil, un sourire. Ils sont aimables, serviables et polis, à nous faire honte. La langue : ils pensent tous qu’on parle couramment. La carte bancaire : acceptée partout et pour toute somme. Y compris l’Amex. Le climat à cette époque : nous avons eu beaucoup de chance : il a fait très beau et très bon (entre 22 et 30°C) même si certains matins une épaisse couche de givre recouvrait le pare-brise et le ponton qui entoure le Grand Prismatic. Et pas une goutte de pluie. Pas du tout ce qu’on attendait … Et puis, c’était le début de l’automne, avec l’embrasement des végétaux. Les grandes prairies (Lamar, Hayden, Gibbon) et les sous-bois des forêts s’étaient parés d’un sublime camaieu de couleurs parfois flamboyantes. Un énorme avantage qu’on n’avait pas prévu ! Vêtements : on avait emmené les gants, le bonnet, l’écharpe et le gros anorak. Tout est resté dans le coffre, bien plié, pendant tout notre séjour. Un bon gilet pour les matinées et les soirées nous a suffi. T-shirt manches courtes le reste de la journée. Je n’en avais prévu qu’un seul … Vous imaginez 🤪 … L’affluence touristique à cette époque : la rentrée scolaire US a lieu début septembre (raison majeure de notre choix) donc, du monde certes, mais rien à voir avec juillet à en croire certaines photos que j’ai pu voir. Surtout des seniors. Les photos : je ne sais pas s’il existe un endroit plus spectaculaire et plus photogénique que Yellowstone ! Prévoyez de grosses cartes mémoire !! Les problèmes de santé : ràs Les moustiques : ràs Internet : partout, gratuit, sauf … à Yellowstone. Seul le Visitor Center de Mammoth offre du wifi gratuit. Electricité : adaptateur à prévoir. Les achats perso : bôf.
On a beaucoup aimé : 🙂 La liste serait trop longue … Une remarque générale : on a beaucoup apprécié la grande propreté de tous les lieux, que ce soit les sentiers de randonnées, les promenades en bois sur les différents sites géothermiques, les aires de pique-nique, les WC publics … Tout est très bien entretenu et respecté par les visiteurs. C’est très agréable.
On a moins aimé : 😕 La fermeture à 18h des superettes des General Stores. Parfois un peu trop tôt pour nous. Les robinets de douche qui obligent à passer par le froid pour arriver au chaud. Argh !
En conclusion : "Voilà l’endroit où le centre de la Terre a trouvé une sortie et nous montre son âme". J’ai lu cette formule dans un Visitor Center et l’ai trouvée parfaitement adéquate. Voyage qui demande un peu d’anticipation et de préparation mais quelle récompense ! Jamais nous n’avons vu une telle concentration de paysages et de sites aussi variés, aussi spectaculaires, aussi magiques. Et Grand Teton n’est pas en reste. Un splendide voyage nature.
Le but premier de ce voyage était la découverte approfondie du parc Yellowstone. Nous lui consacrons 11 jours pleins. Le reste, que nous pensions n’être qu’habillage conjoncturel sympathique, s’est finalement avéré des plus intéressants.
NOTRE PERIPLE EN 2,5 SEMAINES :
Mer 29 Août – Vol Delta Airlines – Paris/Rapid City, SD – 2 nuits à Rapid City Jeu – Badlands NP –Mount Rushmore Ven – Devils Tower – 2 nuits à Cody Sam – Cody : Buffalo Bill Center West – Old Trail Town – Rodeo * Du Dim 2 au Mer 12 – 11 nuits à Yellowstone NP * Jeu – Grand Teton NP– 2 nuits à Jackson Hole Ven – Grand Teton NP Sam 15 Sept – Vol Delta Airlines – Jackson Hole, WY/Paris
BUDGET : Cours du $ : 0,88 €
Dépenses préalables : Vols Delta Airlines : 1200 €/p l’A/R. Location voiture ALAMO : 670 € ESTA : 14 $/p – Il est valable 2 ans à partir de la date de réception. Demande en ligne : esta.cbp.dhs.gov/esta/ - Attention, beaucoup de sites arnaques.
Dépenses sur place : Hébergement : 2605 € pour 17 nuits dont 11 à l’intérieur du parc Yellowstone Autre : 1200 €
Budget total tout compris (hors achats perso) : Notre budget total : 6900€ Ce budget est très largement plombé par nos choix d’hébergement. Une nuit sous tente vous reviendra 10 fois moins cher mais vous devrez vous lever tôt : 1er arrivé, 1er servi. Cela étant dit, il n’en reste pas moins que c’est un voyage coûteux.
GUIDES, CARTES et APPLIS : Pour préparer ce voyage, j’ai utilisé :
A - Support papier : Guide Randos dans Yellowstone A Ranger’s Guide to Yellowstone Day Hikes by Roger Anderson and Carol Shively Anderson En Anglais – 29 randonnées décrites – Très utile pour préparer son programme et/ou trouver rapidement un plan B une fois sur place. Carte National Geographic Yellowstone National Park - Au 1/125 000 Indispensable, à la fois pour faciliter la préparation en donnant une vue d’ensemble et, sur place, pour repérer les Scenic Drive, les aires de pique-nique, les têtes de sentiers de randonnées (Trail Head) … Elle nous a beaucoup servi. Lonely Planet Uniquement le chapitre numérique sur les Rocheuses. Pour un programme nature aussi ciblé, totalement inutile. Carte IGN Etats-Unis Ouest – Au 1/2 000 000 Juste pour repérer les routes pittoresques (comme la Beartooth Highway)
B - Sites internet : www.nps.gov/yell/index.htm et aussi, entre autres : www.roadtrippin.fr/...tone/yellowstone.php www.roadtrippin.fr/wyoming/grand-teton/grand-te... www.roadtrippin.fr/dakota-du-sud/badlands/badla... west-usa-dream.blogspot.com/...e-national-park.... www.sunsetbld.com/...ricains/yellowstone/ www.tetonhikingtrails.com/...on-national-park.htm www.alltrails.com/
C - Applications Android : Maps.me Application GPS gratuite qui fonctionne hors connexion après avoir téléchargé les cartes nécessaires. Vraiment ultra pratique, notamment pour se repérer dans les villes, en voiture ou à pied, trouver des sites un peu à l’écart, vérifier son parcours sur les sentiers de randonnée, retrouver sa voiture sur un grand parking … Je suis devenue une inconditionnelle et je laisse désormais mon vieux TomTom à la maison. La carte routière papier n’en reste pas moins utile, ne serait-ce que pour choisir son itinéraire (Scenic Drive …). Et puis, elle permet une vue d’ensemble bien utile parfois.
TRANSPORTS :
1 – Vols Réservés sur le site d’Air France. Vols réguliers opérés par Delta Airlines avec escale à Minneapolis. 1200 € l’AR/p bagage (23kg/p) inclus. Attention, à l’aller nous avons dû récupérer nos bagages à Minneapolis et les réenregistrer pour Rapid City. Pas au retour. Question de douane a priori (pas bien compris …). Wifi gratuit à l’aéroport de Jackson Hole ainsi que dans les avions de Delta. Je dois dire que c’est la 1ère fois que j’envoie un WhatsApp en vol.
2 – Voiture Catégorie intermédiaire, réservée et payée en ligne un mois à l’avance auprès d’ALAMO. www.alamo.fr/usa/ 670 € pour 17 jours en km illimités, assurances et drop charge inclus, chauffeur additionnel gratuit. Le permis national suffit. Nous avons parcouru 1815 km, 125 € d’essence. Excellente voiture de moins de 6 mois, aucun problème, aucune mauvaise surprise. Rendue à Jackson Hole en 2 minutes. La carte Visa ne passe pas dans les stations-service Sinclair. Il suffit de passer à l’accueil, d’y laisser sa carte pour qu’ils débloquent la pompe. Ils ont l’habitude.
3 – Les routes On est aux USA, les routes sont larges, en bon état. Ne laissez pas votre GPS décider pour vous, ce serait dommage, soyez maître de votre parcours. Utilisez une carte routière pour choisir les routes pittoresques quitte à faire un petit détour. Vous ne le regretterez pas. Ne ratez pas la magnifique Beartooth Highway (212) si vous devez entrer à Yellowstone par le Nord-Est (Silver Gate).
HEBERGEMENTS : J’indique le prix par nuit, TTC.
Rapid City Town House Motel 210 Saint Joseph Street 77,50 $ petit déjeuner inclus (seule fois) Motel sans charme – Chambre spacieuse, petit dej buffet industriel.
Cody Cody Motor Lodge 1455 Sheridan Avenue 141,70 $ Motel bien situé sur la rue principale.
Yellowstone Nous voulions absolument dormir à l’intérieur du parc. Réservation indispensable très longtemps à l’avance. Vraiment longtemps ! en Juin 2017 pour Septembre 2018 ! Et même là, je n’ai pas eu exactement ce que j’aurais voulu. Réservations effectuées sur le site Xanterra : www.yellowstonenationalparklodges.com/stay/summ... Déposit d’une nuit pour assurer la réservation. Aucune mauvaise surprise ni au check in ni au check out. * 4 nuits à Canyon Village : Standard lodge room with bath : 198 $ * 2 nuits à Mammoth : Cabin without bath : 120 $ * 5 nuits à Old Faithful : 2 à OF Inn - Old house rom without bath : 160 $ 3 à OF Lodge - Frontier cabin with bath :177 $
* Canyon Village a bien peu de charme. Ce n’est pas un village mais juste quelques bâtiments de service : un Visitor Center, un magasin (General Store, je vais en reparler), une station-service, un restaurant et un grand complexe hôtelier. C’est propre et pratique, certes, mais sans aucune âme, assez déprimant pour un premier contact. La chambre était confortable malgré un coin douche bien petit.
* Mammoth est beaucoup plus agréable. Quelques "vieux bâtiments" plus ou moins historiques apportent une vraie chaleur. Station bien plus vivante que Canyon. En soirée, les pelouses devant le Visitor Center sont squattées par des wapitis. Nous avons adoré notre petit bungalow, spacieux et lumineux. Les sanitaires communs sont très propres. Gardiner n’est pas très loin de Mammoth, à 34 kms au nord, juste après la sortie du parc. C’est un petit bourg très animé et qui peut être une belle alternative en termes de logement si on ne veut pas être dans le parc.
* Old Faithful est le cœur historique (si tant est que …) de Yellowstone et tourne autour de OF Inn, magnifique et immense hôtel tout en bois. Pour mieux en profiter, on a voulu y dormir. Charmante chambre tout en rondins mais vraiment petite. Au final, ça ne me parait pas nécessaire. Y prendre le petit dej buffet peut suffire (15$ ttc), on profite alors de la superbe salle de restaurant. On y a dîné aussi (réservation conseillée), cher bien sûr (100$ à nous 2 pour 2 plats et 1 bouteille de vin) mais ça permet de profiter pleinement du lieu. Nous avons finalement préféré nos 3 nuits à OF Lodge. Petit bungalow, confortable, bien agencé, avec sdb. Ce fut de loin notre hébergement préféré à Yellowstone et si c’était à refaire, j’y passerais mes 5 nuits. D’autant que la réception de OF Lodge n’a rien à envier à OF Inn. C’est également magnifique ! Mon conseil : logez à OF Lodge et allez simplement prendre le petit déj à OF Inn. Old Faithful est aussi (et avant tout !) le nom du magnifique geyser qui jaillit très régulièrement. Il est tout aussi proche de OF Inn que de OF Lodge.
Jackson Hole Anvil Hotel 215 North Cache, Jackson 344 $ ! Oui, par nuit ! Mon coup de gueule 😠 Certes, Jackson Hole est une station réputée, huppée, friquée … Et tout est hors de prix. On le savait. Mais à ce prix-là, on attendait quand même mieux ! Loin d’être un hôtel de charme, c’est un bête motel, bien décoré certes mais un motel ! Chambre minuscule et très sombre, fenêtre plus petite que l’écran télé (!), confort minimal, ni bureau, ni chaise. Mon conseil : réservez très tôt pour avoir du choix et n’hésitez pas à réserver en dehors du centre-ville. On circule vite et bien. Et pourquoi pas à l’intérieur même du parc de Grand Teton (je n’y avais pas pensé), je doute que ce soit plus cher et on est tout aussi prêt de l’aéroport. En tout cas, évitez Anvil Hotel.
REPAS :
En arrivant dans Yellowstone et en découvrant les snacks du General Store, on a vite compris que la seule échappatoire était de pique-niquer. Ce qui nous va très bien, d’autant que le parc s’y prête à merveille avec de nombreuses aires de pique-nique, agréables, bien aménagées et très propres. On a juste regretté de ne pas l’avoir prévu, en effet, on aurait pu apporter une glacière pliable, une thermos, pourquoi pas une vieille nappe à jeter sur les tables en bois … juste de quoi être un peu plus à l’aise. Mais on s’en est sorti et nos pique-niques font partie de nos meilleurs souvenirs (parmi tant d’autres) !
A "midi", nous nous sommes gavés de sandwiches nutella/bananes. Simple à transporter dans le sac à dos (ça ne casse pas et ça ne craint pas la chaleur), c’est nourrissant et c’est super bon ! Et chaque soir, nous repartions "dîner dehors", après avoir acheté quelques produits frais à un General Store. Au coucher du soleil, entre 18 et 20h.
Quelques prix en superette : 1 bouteille d’eau : 1,99 $ (mais qu’on remplira gratuitement ensuite) 1 paquet de pain de mie aux céréales (20 tranches – 10 sandwiches) : 5,19 $ 1 pot de nutella : 5,69 $ 1 fruit (orange, pomme ou banane) : 0,49 $ 1 yaourt : 1,19 $ 1 paquet d’Oreo : 2,69 $ 1 petit paquet de jambon : 1,39 $ (= 4 sandwiches) 1 petite tranche de "fromage": 1,39 $ (= 2 sandwiches) 1 paquet de tomates cerise : 2,99 $
Des refill stations sont à disposition dans toutes les superettes ainsi qu’aux Visitor Center pour remplir ses bouteilles d’eau fraîche. Super pratique !
Au restaurant, pensez bien que les prix affichés sont HT. On n’a pas l’habitude en France … Si vous commandez un soda (autour de 2,50$), ce sera la plupart du temps un "fountain soda" en "free refill". Profitez-en ! Dans les snacks, vous pourrez même faire re-rempir votre verre en carton en partant. Vous le finirez en voiture. Comme eux ! Yeah ! Et puis, pensez bien à compléter ou à rayer la ligne TIP sur votre facturette. Un restaurant indélicat (à Jackson Hole) a profité de mon oubli et a rajouté 18% de service … Pas très cool mais ça aurait pu être pire. Soyez vigilants.
Quelques adresses sympas (ou pas) :
- Restaurant de l’Irma Hotel – Cody 1192 Sheridan Ave Très bon petit dej buffet dans la magnifique salle du restaurant de Buffalo Bill. Bourré de charme. 14$ ttc.
- Restaurant Cowboys Lodge and Grille – Gardiner 303 2nd Street South Joli restaurant tout en bois, couvert de trophées de chasse. Excellente cuisine maison. Accueil chaleureux. Prix raisonnables. Une très belle pause à la frontière Nord du Parc. Notre meilleur repas pour 30$ pour nous 2 (sans vin).
- Old Faithful Inn – Dining Room Même en réservant 1 mois à l’avance, il ne restait de la place que pour le dernier service (20h45). La cuisine est bonne, sans plus, et un peu chère. 100 $ ttc pour nous 2 pour un plat de viande (chacun) et une bouteille de vin (pour nous 2). Mais la salle est magnifique ! Comme dit plus haut, s’il s’agit principalement de profiter du lieu, optez pour le petit déjeuner (demandez bien à être dans la partie ancienne). Le rapport qualité prix est bien meilleur (petit dej buffet 15$/p ttc).
- The Bunnery – Jackson 130 North Cache Street Bakery & Restaurant. Restaurant cosy et large choix pour un breakfast 100% américain : les pancakes sont très moelleux.
- Restaurant Smokin’ Iron – Jackson 135 North Cache Street Jackson Hole est une pompe à fric ! Méfiez-vous, vérifiez votre addition. Barrez bien le tip sur votre facturette (ils se sont servis 😠 !) et vérifiez qu’ils ne vous imposent pas le gratuity d’office sur la note. À part ça, le restau, tout extérieur, est super sympa avec ses feux partout.
NOS VISITES : Nous avons acheté le pass America the Beautiful à l’entrée des Badlands. 80$ pour la voiture (l’acheteur doit toujours être présent dans la voiture). A l’entrée des autres parcs, il suffit de présenter le pass et une pièce d’identité (le permis de conduire français convient). Il est valable 1 an.
Badlands NP Impressionnant par ses formations rocheuses mais assez fade en termes de couleurs. A visiter impérativement AVANT Yellowstone. Nous avons démarré au Ben Reifel Visitor Center. Ne ratez pas les petites randos Door Trail, Window Trail et surtout Notch Trail en allant jusqu’à l’entaille (notch) tout au bout du sentier … La suite de la visite du parc se fait en voiture en suivant la Badlands Loop Road et en s’arrêtant à différents points de vue. Un des plus beaux endroits et des plus colorés est le Yellow Mounds Overlook. Nous sortons du parc en passant par la belle piste Sage Creek Rim Road qui offre de beaux paysages. 1 belle journée (9h-18h) nous a suffi en faisant une pause déjeuner agréable au Cedar Pass Lodge. N’oubliez pas d’apporter de l’eau. Beaucoup d’eau. Le soleil est réfléchi par la roche claire et ça chauffe bien.
Mount Rushmore Puisqu’il est ouvert jusque tard, nous décidons de le rejoindre à notre sortie des Badlands. Nous y arrivons à 19h. 10$ de parking, valable 1 an (tu parles d’un intérêt !). Le soleil se couche derrière le monument, mauvaise lumière pour les photos. Vers 20h, dans un grand amphithéâtre extérieur, face aux sculptures, il y a ce qu’on pensait être un spectacle sons et lumières et qui s’avère être une "cérémonie" très patriotique et très barbante (pour nous). Nous partons assez déçus et contrairement à ce que nous avions prévu, nous n’y reviendrons pas le lendemain matin. Nous avons totalement raté notre visite, on aurait dû faire une visite classique, en journée, avec les écouteurs en Français. Tant pis. Un conseil si vous êtes pressés : un peu avant d’arriver au Mont, on a, sur la route, une très belle vue sur les 4 présidents. Ça peut suffire … En tous cas, n’y venez pas en soirée.
Devils Tower 1h30 suffit pour faire le tour au plus près de cette curiosité très impressionnante par un beau sentier ombragé. Une belle halte sur la route de Cody.
Cody En quittant Devils Tower vers 11h30, nous sommes arrivés à Cody vers 19h. Une longue route mais très belle car nous avons choisi les plus jolies routes (notamment la très jolie 14 Alt). Buffalo Bill Center of the West (19$/p) Nous allons passer plus de 4 heures dans ce grand complexe composé de 5 musées très bien faits (Indiens des Plaines, Buffalo Bill, Histoire naturelle (superbe !), Art, Armes à feu). Nous en avons vu 4 sur 5, je vous laisse deviner celui qu’on a zappé. Old Trail Town (9$/p) Un musée en plein air, une rue de western reconstituée. Sympa mais ça manque cruellement d’animation. C’est surprenant, les Américains savent tellement bien faire ça. Rodéo (21$/p) Cody s’est auto-proclamée capitale du rodéo. On retrouve d’ailleurs ce symbole sur les plaques minéralogiques du Wyoming. C’était le dernier show de l’année. Nous avons acheté nos places directement à l’entrée de l’arène. Comme conseillés, nous nous installons du côté du Buzzards Roost pour avoir une meilleure vue sur la préparation des cowboys. Le show commence par une prière et par l’hymne, main sur le cœur, et ce n’est pas un show comme nous le pensions mais véritablement une compétition qui va durer 2 heures. Différentes épreuves : rodéo sur cheval, sur taureau, lasso, rapidité et agilité à cheval. Une belle soirée, très authentique, vivante, énergique et passionnée. Le spectacle de cowboys joué devant l’hôtel Irma n’a pas grand intérêt (selon nous).
Yellowstone NP Chaque "station" dispose d’un Visitor Center, toujours différent, toujours intéressant. Vous y récupèrerez les brochures indispensables à votre visite ainsi que la liste des petites randos à la journée, infos que vous pouvez aussi trouver sur le site NPS si vous voulez préparer votre visite à l’avance. Au Visitor Center de Old Faithful vous trouverez aussi la fenêtre de la prochaine éruption des 5 ou 6 geysers les plus prévisibles notamment Old Faithful qui jaillit toutes les 80-90 minutes. Enfin, vous y trouverez toujours des présentations passionnantes sur le parc (les phénomènes géothermiques, la vie sauvage, la flore …). Ne manquez pas ces visites culturelles.
Vous trouverez aussi un General Store où on trouve toujours un peu la même chose, des fringues, des souvenirs, une petite superette et un ou plusieurs snacks, plus ou moins sympas (à ne pas confondre avec les quelques "grands" restaurants où il est préférable de réserver). Les snacks des General Stores ferment tôt, à 17 ou 18h, peut-être pour inciter justement les visiteurs à dîner dans les restaurants. Peu de produit frais en superette, en revanche un large choix de chips ! On peut y remplir gratuitement ses bouteilles d’eau (refill station). La superette de Canyon Village ferme à 21h30 (un bonheur). Ailleurs, c’est plutôt 18h.
Attention, le seul endroit où il y a du free wifi à Yellowstone est au Visitor Center de Mammoth, porche inclus (donc, même s’il est fermé, ça marche toujours). Ailleurs, c’est 5$ / heure consécutive. Mieux vaut le savoir pour prévénir famille et amis du blackout … Et puis, après tout, il y a mieux à faire que passer son temps sur son smartphone.
J’avais préparé assez soigneusement notre programme, jour par jour, avec des randos courtes et beaucoup d’options alternatives. Cette préparation nous a permis de nous approprier le parc avant même d’y être, de gagner du temps et de pouvoir rebondir rapidement en cas d’imprévu.
Voici le programme que nous avons finalement suivi :
Dim 2 Sept – Route vers Yellowstone (entrée NE Silver Gate) via la Beartooth Highway 212 panoramique – Lamar Valley – 4 nuits à Canyon Village Lun – Canyon : North Rim - Ice Lake Trail (2h) - Norris : Porcelain Basin Mar – Hayden Valley – Sulphur Caldron – Mud Volcano - Fishing Bridge : Storm Point Trail (1h) - Canyon : Artist Point Mer – Canyon : Artist Point - Bay Bridge : Natural Bridge Trail (1h30) – Canyon : Artist Point - Tower Falls – Yellowstone River Picninc Area Trail (2h15) - Lamar Valley Jeu – Tower : Calcite Springs, Petrified Tree, Lost Lake Trail (1h20) - Mammoth : Upper Terraces, Lower Terraces – 2 nuits à Mammoth Hot Springs Ven – Mammoth : Beaver Ponds Trail (3h30) - Gardiner : Roosevelt’s Arch - Blacktail Plateau Drive (piste entre Mammoth et Tower) – Calcite Springs Sam – Roaring Mountains - Norris (suite et fin) - Artist’s Paintpots – Gibbon Falls - Firehole Canyon Drive - Grand Prismatic depuis le belvédère du Fairy Falls Trail - 5 nuits à Old Faithful Dim – Upper Geyser Basin Lun– Grand Prismatic - Firehole Lake Drive – Fountain Paintpot - Grand Prismatic - West Thumb - Riddle Lake Trail (2h) Mar – Fairy Falls Trail jusque Imperial Geyser (5h) - Upper Geyser Basin (suite et fin) Mer 12 Sept – Monument Geyser Basin Trail (1h30) – Route à l’Ouest de Madison – Canyon : Artist Point - Route à l’Est de Fishing Bridge
South Rim of the Canyon et Uncle Tom’s Trail étaient fermés pour travaux. Uncle Tom’s Trail devrait bientôt ré-ouvrir. Ils en étaient à goudronner la route d’accès à notre dernier passage … A ce propos, pensez à bien vérifier les travaux et les fermetures en cours (sur le site NPS). Une fois de plus, un peu de préparation vous évitera déception et perte de temps.
Nous avons visité certains endroits plusieurs fois (Artist Point 4 fois !, Calcite Springs, Grand Prismatic …). Pour profiter d’une lumière différente ou simplement par gourmandise. C’est l’intérêt d’avoir du temps devant soi.
Les grands sites sont : Canyon, Mammoth Hot Springs, Norris et Old Faithful. Je n’ai pas l’intention de les décrire par le menu, je n’aurais aucune valeur ajoutée, Internet regorge d’infos. Consultez les sites que j’ai indiqués plus haut (entre autres !).
Je me contenterai juste de quelques remarques plus personnelles.
Les aires de pique-niques. Ce fut un vrai bonheur de manger dehors, toujours dans un joli cadre, un peu emmitouflés dans nos gilets en soirée, souvent entourés de chipmunks, de corbeaux et parfois même de wapitis … Les aires sont nombreuses, très agréables, très propres, bien aménagées. C’était devenu un jeu de choisir où aller. Quelques belles rencontres notamment une harde de wapitis au nord de Mammoth (sur l’aire de pique-nique du 45th Paralell, frontière entre le Wyoming et le Montana). Il y en a souvent … En face de cette aire, le Lava Creek Trail démarre et offre, au bout de quelques centaines de mètres, la possibilité de se baigner dans le ruisseau, réchauffé à cet endroit par une source chaude. Nous y allions quand nous avons rencontré un magnifique wapiti mâle, aux bois immenses, avec femelles et petits. On a rangé la serviette et sorti l’appareil photo. Nous avons aussi quelquefois fait une pause dans un snack d’un General Store. Celui de Grant Village a eu notre préférence.
Les routes. Au-delà des sites par eux-mêmes, rouler dans ce parc est un plaisir ! Les visiteurs roulent sagement, occupés à admirer les paysages. Et lorsqu’un bison indolent et facétieux crée un bouchon, personne ne s’énerve, ne klaxonne, ne double … Ici, les animaux sont rois et chacun sait en profiter. On est tous là pour la même chose et c’est reposant. Toutes les routes sont belles, les vallées, les montagnes, les rivières … tout est sujet à émerveillement ! L’essence n’est pas très chère, nous ne nous sommes pas privés. Le dernier jour, nous avons poussé jusqu’aux limites du parc qu’on ne connaissait pas. Juste pour le plaisir des yeux.
Les vallées. Lamar, Hayden, Gibbon … elles sont souvent envahies de bisons. Prévoyez du temps pour les photos ! Même sans bison, ces vallées sont magnifiques. Elles sont couvertes de buissons gris-argentés d’armoise tridentée ou d’herbes hautes, aux teintes dorées de l’automne. Les ruisseaux qui y serpentent ont une eau limpide bleu nuit métallisé. Paysage incroyable, sublime ! J’ai mitraillé à chaque passage !
Les geysers. Old Faithful, face aux OF Inn et OF Lodge, est d’une régularité de métronome. L’horaire de la prochaine éruption est affiché au Visitor Center. Ne boudez pas votre plaisir même si vous ne serez pas seuls à venir profiter du spectacle. En fin de journée, si le temps est clair, vous aurez une très belle lumière rose en toile de fond. On a beaucoup aimé Clepsydra Geyser (Fountain Paint Pot) ainsi que Artesia Geyser (Firehole Lake Drive), tous 2 en éruption quasi continuelle. Et puis Imperial Geyser, au bout du Fairy Falls Trail (mention spéciale, j’y reviens plus bas).
Les sources et les pools. Évidemment, le Grand Prismatic est incontournable ! L’icône du parc. C’est unique, un miracle de la Nature. Son cœur bleu profond a quelque chose de mystérieux, d’envoutant, l’envie morbide d’y plonger … Attention cependant : tôt le matin, il est totalement occulté, couvert de vapeur. J’ai beaucoup plaint les Chinois qui étaient là, dépités, qui n’auraient sans doute pas l’opportunité de revenir. La vue depuis le belvédère (suivre le Fairy Falls Trail-20 minutes) est un superbe complément à la visite au sol. Incontournable d’après moi (et s’il faut choisir, optez pour le belvédère). Ne manquez pas Morning Glory Pool (Upper Geyser Basin) qui mériterait d’être rebaptisé Little Prismatic. Et tant d’autres, plus colorées les unes que les autres ! À vos appareils ! Que c’est photogénique !
Les animaux. Nous n’avons pas vu d’ours. Tant pis, tant mieux … Des bisons, partout. Parfois de très près quand vous avez la chance d’en avoir un qui traverse nonchalammant la route devant votre voiture. Des wapitis (elk), assez facilement et assez souvent, surtout du côté de Mammoth. De temps en temps, des petites antilopes (pronghorn) ou des cerfs (mule deer). Un couple d’élans (moose), à la Moose Pond de Grand Teton (j’y reviens plus bas). Et puis bien sûr des écureuils (squirrel)et des chipmunks (les Tic et Tac de notre enfance pour ceux qui étaient abonnés au Journal de Mickey). Les animaux ne craignent pas l’homme qui, ici, n’est pas un prédateur. Ils ne s’enfuient pas et sont parfois bien curieux. Qui observe qui ?... Un chipmunk a fini sur ma cuisse ! Sans que je l’attire avec une quelconque friandise. J’ai toujours respecté la consigne justifiée et répétée de ne pas nourrir les animaux.
Les randonnées. * Ice Lake Trail (2h) – entre Canyon et Norris – Tour d’un lac * Storm Point Trail (1h) – à l’Est de Fishing Bridge – Jolies vues sur le Lac Yellowstone * Natural Bridge Trail (1h30) – Bridge Bay – Arche, formation naturelle * Yellowstone River Picninc Area Trail (2h15) – Tower Roosevelt – Vues panoramiques sur Calcite Springs et les orgues basaltiques que nous avons tant aimées. * Lost Lake Trail (1h20) – Tower Roosevelt – Magnifique lac couvert de nénuphars et bordé de roseaux. * Beaver Ponds Trail (3h30) - Mammoth – Lacs et barrages de castors (malheureusement, nous n’avons pas vu les architectes) * Riddle Lake Trail (2h) - au Sud de West Thumb – Encore un lac … * Fairy Falls Trail jusque Imperial Geyser (5h) – Midway Geyser Basin – Ah ! Quelle merveille ! * Monument Geyser Basin Trail (1h30) – Entre Norris et Madison – Gros effort pour arriver sur un plateau de geysers.
Les durées indiquées comprennent les pauses.
Elles sont faciles à trouver. Le Trail Head est indiqué sur la carte National Geographic et sur les brochures Day Hikes des Visitor Centers. Sur place, un parking plus ou moins grand et un panneau en bois affichant carte et recommandations marquent le départ. Nous n’avons jamais galéré, ni pour trouver le départ, ni pour nous garer, ni pour suivre le sentier. Les chemins sont nets, damés, bien entretenus, parfois balisés par une petite plaque de métal orange vissée sur le tronc d’un arbre. Et en cas de doute, Maps.me peut vous aider. Nous avons croisé bien peu de monde sur ces sentiers (quelques couples tout au plus et un groupe de cavaliers autour d’Ice Lake). Seul le Fairy Falls Trail est plus fréquenté, jusqu’aux chutes.
Justement, je reviens sur le Fairy Falls Trail. Il passe par le belvédère du Grand Prismatic. Excusez du peu ! Encore que, c’est un petit diverticule, le sentier redescend ensuite et vous pouvez éviter cette grimpette (mais ne serait-il pas dommage de s’en priver ?). Le sentier, tout plat, mène ensuite à la chute d’eau. Belle mais ne vous arrêtez surtout pas là ! Traversez le petit ruisseau et poursuivez votre chemin. Imperial Geyser vous attend, en éruption permanente, sur une mare multicolore, dans un cadre de folie avec quelques bisons pour animer l’ensemble. Grimpez en haut de la colline, c’est raide, très raide, mais court, et quelle récompense !!! Nous y avons passé 5 heures, chemin, pique-nique et pause photos compris. Et on s’est vraiment fait violence pour partir ! Un merveilleux endroit.
Yellowstone River Picninc Area Trail est également une très belle rando qui part de l’aire de pique-nique et grimpe dans la colline pour offrir des vues splendides sur le canyon de la Yellowstone River, les colonnes basaltiques et Calcite Springs. Retour par une prairie couverte d’armoise tridentée et colonisée par les marmottes au vu des terriers.
Monument Geyser Basin Trail ne nous a pas trop plu : un gros dénivelé pour arriver sur un plateau de petits geysers, sources chaudes, mare de boue, pas très spectaculaires (il faut dire qu’on devient exigeant à force !) et qui ne justifient pas vraiment l’effort fourni. Mais au moins on y est vraiment tout seul ! Personne, pas de promenade en bois, aucune barrière.
Si vous ne devez n’en faire qu’une seule, sans hésiter : Fairy Falls jusqu’à Imperial Geyser. Comptez 3 heures mini.
Quelques réserves : A l’Est de Fishing Bridge, ce n’est pas très beau, la forêt ne s’est pas remise du tout du grand incendie de 1988. Le site de West Thumb est un peu moins spectaculaire que les autres.
Quelle durée minimale faut-il prévoir à Yellowstone ? Je dirais 4-5 jours : 1 jour bien plein pour le Canyon, 1 jour pour Mammoth, 1 jour pour Norris et Lower Geyser Basin et enfin 2 jours pour Midway et Upper Geyser Basin autour de Old Faithful. La visite devra se limiter alors aux seuls sites, sans randos complémentaires. Ce qui est déjà très intéressant. Ce serait dommage et frustrant de prévoir moins. Je conseillerais aussi de faire Norris avant Old Faithful. Norris est magnifique mais le secteur d’Old Faithful est encore plus spectaculaire ! Et commencez toujours par un petit passage au Visitor Center, au minimum pour récupérer la brochure du secteur.
Grand Teton NP Ce parc est au Sud de Yellowstone. Tout proche. Je n’en attendais pas grand-chose. A tort !! Le lieu est grandiose et très différent de Yellowstone. C’est un parc de hautes montagnes, ici pas de phénomènes géothermiques.
Notre programme de randos : Jeu – Colter Bay : Lakeshore Trail (1h), Swan Lake and Heron Pond Trail(2h) – Sud : Taggart and Bradley Lakes Trail (2h40) Ven – Jenny Lake : Jenny Lake Trail (2-3h), String Lake Trail (2h)
Comme toujours, nous commençons par nous arrêter au Visitor Center de Colter Bay où je récupère quelques infos. Par ailleurs, la brochure détaillée des randos est mise à disposition des randonneurs au départ des randos principales (Lakeshore, Taggart, Jenny Lake …) dans une boite en bois, à côté du panneau d’informations habituel. Je me suis demandée pourquoi ils ne les avaient pas au Visitor Center. Peut-être par économie, pour s’assurer que seuls les randonneurs intéressés les prendront.
Les sentiers sont très beaux, dans une forêt peut-être un poil plus jolie que celle de Yellowstone. Des bouleaux aux troncs blancs et aux feuilles jaunes comme des doublons et surtout un sous-bois très coloré (buissons aux petites feuilles rouges, myrtilles (huckleberry) violettes, fleurs de rocailles blanches …) nous ont donné parfois l’impression d’être dans un jardin botanique. Les montagnes enneigées environnantes, les lacs limpides et le ciel bleu pétant apportent la touche finale. C’est un parc de montagne, qui, à cette époque de l’année, s’illumine de mille feux. Ambiance très différente de Yellowstone. Ici, les randonneurs sont beaucoup plus nombreux puisqu’il n'y a "que ça" à faire.
Beaucoup de monde sur Jenny Lake Trail ! Le parking, pourtant très grand déborde. A 10h, nous avons encore trouvé une place mais de justesse. Pensez ici à enregistrer la localisation de votre voiture sur Maps.me (on l’a un peu cherchée à notre retour … c’est idiot, non ?!). Nous démarrons à l’embarcadère Est (East Boat Dock), nous irons jusque Hidden Falls et Inspiration Point et nous rentrerons par la navette au West Boat Dock. 9$/p pour traverser le lac. Pas d’attente, elles sont fréquentes. De nombreuses personnes prennent la navette en A/R et se contentent d’aller à Hidden Falls et Inspiration Point. Beaucoup de monde dans ces 2 endroits. Sur le sentier, c’est beaucoup plus calme. Magnifiques vues sur Jenny Lake. Par ailleurs, nous avons fait un petit crochet par Moose Pond (au Sud Ouest du sentier) où nous avons eu la chance d’admirer, dans un décor extraordinaire, un couple d’élans. Le mâle, reflété par l’eau, broutait dans la mare. En arrière-plan, la montagne enneigée se détachait sur un ciel bleu pétant. Magnifique ! Nous étions une dizaine à profiter religieusement de ce spectacle, sans un bruit, tous très émus par cette rencontre magique !
Nous sommes passés au Visitor Center du Sud (Craig Thomas Discovery and Visitor Center). Une belle exposition sur la vie sauvage dans le parc nous a occupés une petite heure.
Tout comme à Yellowstone, on trouve des General Stores pour organiser ses pique-niques.
Le vendredi soir, avant de rentrer à Jackson Hole, nous décidons de repousser l’ultime départ en faisant la boucle par la route de l’Est (la 191). Belle idée puisque nous allons ainsi découvrir un canyon et la Snake River qui y serpente avec la chaîne de montagnes en toile de fond. Evidemment, c’est superbe ! On ne voyait pas et on n’imaginait pas ça depuis la route de l’Ouest, la Teton Park Road. Seul regret, nous avions le soleil en pleine poire, photos impossibles. Il faut parcourir cette route de l’Est le matin.
SI C’ETAIT A REFAIRE : Aucun regret sur le programme, la période, la durée des étapes. Le seul regret est de ne pas avoir pensé et prévu que nous allions pique-niquer. On aurait pu emmener quelques ustensiles qui aurait faciliter notre logistique. Nous ne dormirions pas à Jackson Hole mais dans le parc de Grand Teton dans l’idéal, ou, à défaut dans le parc de Yellowstone, tout proche. Ca n’aurait pas été plus cher !
DIVERS : L’accueil : toujours un mot gentil, un sourire. Ils sont aimables, serviables et polis, à nous faire honte. La langue : ils pensent tous qu’on parle couramment. La carte bancaire : acceptée partout et pour toute somme. Y compris l’Amex. Le climat à cette époque : nous avons eu beaucoup de chance : il a fait très beau et très bon (entre 22 et 30°C) même si certains matins une épaisse couche de givre recouvrait le pare-brise et le ponton qui entoure le Grand Prismatic. Et pas une goutte de pluie. Pas du tout ce qu’on attendait … Et puis, c’était le début de l’automne, avec l’embrasement des végétaux. Les grandes prairies (Lamar, Hayden, Gibbon) et les sous-bois des forêts s’étaient parés d’un sublime camaieu de couleurs parfois flamboyantes. Un énorme avantage qu’on n’avait pas prévu ! Vêtements : on avait emmené les gants, le bonnet, l’écharpe et le gros anorak. Tout est resté dans le coffre, bien plié, pendant tout notre séjour. Un bon gilet pour les matinées et les soirées nous a suffi. T-shirt manches courtes le reste de la journée. Je n’en avais prévu qu’un seul … Vous imaginez 🤪 … L’affluence touristique à cette époque : la rentrée scolaire US a lieu début septembre (raison majeure de notre choix) donc, du monde certes, mais rien à voir avec juillet à en croire certaines photos que j’ai pu voir. Surtout des seniors. Les photos : je ne sais pas s’il existe un endroit plus spectaculaire et plus photogénique que Yellowstone ! Prévoyez de grosses cartes mémoire !! Les problèmes de santé : ràs Les moustiques : ràs Internet : partout, gratuit, sauf … à Yellowstone. Seul le Visitor Center de Mammoth offre du wifi gratuit. Electricité : adaptateur à prévoir. Les achats perso : bôf.
On a beaucoup aimé : 🙂 La liste serait trop longue … Une remarque générale : on a beaucoup apprécié la grande propreté de tous les lieux, que ce soit les sentiers de randonnées, les promenades en bois sur les différents sites géothermiques, les aires de pique-nique, les WC publics … Tout est très bien entretenu et respecté par les visiteurs. C’est très agréable.
On a moins aimé : 😕 La fermeture à 18h des superettes des General Stores. Parfois un peu trop tôt pour nous. Les robinets de douche qui obligent à passer par le froid pour arriver au chaud. Argh !
En conclusion : "Voilà l’endroit où le centre de la Terre a trouvé une sortie et nous montre son âme". J’ai lu cette formule dans un Visitor Center et l’ai trouvée parfaitement adéquate. Voyage qui demande un peu d’anticipation et de préparation mais quelle récompense ! Jamais nous n’avons vu une telle concentration de paysages et de sites aussi variés, aussi spectaculaires, aussi magiques. Et Grand Teton n’est pas en reste. Un splendide voyage nature.
Taxi, tuk tuk ou location voiture à Phuket? English translation pending
bonjour
je pars dimanche pour phuket je me demandais si il est plus avantageux de louer une voiture ou de prendre les taxis ou tuktuk car dans les differents forum que j ai lu je me suis aperçu que le prix de la course n'est plus si bon marché que ca a phuket un j'ai vu qu'un A/R pour vous deplacer de quelques km vous coute vite 1000 bath (vu sur forum) a moin qu au mois de juin ca soit moin cher vu qu on est en basse saison donc en rajoutant un peu je me dis qu une petite voiture de location on peu vite l'amortir meme si les deplacements ne vont pas etre ma principale activité dan l'ile mais pour sortir le soir ou aller faire les magasins j'ai peur de faire le mauvais choix au niveau rentabilité transport 😕
J'aurais voulu avoir des avis sur le prix des tuktuk ou taxis sur l'ile de phuket
merci a vous 🙂
depart dimanche 13h05 roissy 😎
je pars dimanche pour phuket je me demandais si il est plus avantageux de louer une voiture ou de prendre les taxis ou tuktuk car dans les differents forum que j ai lu je me suis aperçu que le prix de la course n'est plus si bon marché que ca a phuket un j'ai vu qu'un A/R pour vous deplacer de quelques km vous coute vite 1000 bath (vu sur forum) a moin qu au mois de juin ca soit moin cher vu qu on est en basse saison donc en rajoutant un peu je me dis qu une petite voiture de location on peu vite l'amortir meme si les deplacements ne vont pas etre ma principale activité dan l'ile mais pour sortir le soir ou aller faire les magasins j'ai peur de faire le mauvais choix au niveau rentabilité transport 😕
J'aurais voulu avoir des avis sur le prix des tuktuk ou taxis sur l'ile de phuket
merci a vous 🙂
depart dimanche 13h05 roissy 😎
Acheter un restaurant à New York English translation pending
Bonjour
Nous souhaiterions nous installer à New York et ouvrir un restaurant. Nous sommes français et nous aimerions connaître les démarches à suivre pour ce type d'expatriation merci de vos conseils
Nous souhaiterions nous installer à New York et ouvrir un restaurant. Nous sommes français et nous aimerions connaître les démarches à suivre pour ce type d'expatriation merci de vos conseils
Restaurants thaï à Bangkok English translation pending
Bonjour,
Pourriez vous me communiquer des adresses de restos bons et pas chers (exclusivement thais) a bangkok et si possible a samui.
D'avance merci
Bons restaurants en Guadeloupe? English translation pending
Bonjour,
Je pars en Guadeloupe vendredi : je serai une semaine à Bouillante, une semaine à Saint François.
Quels restaurants (cuisine locale) conseillez-vous dans ces deux coins ?
Merci