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Hôtel Cuatro Palmas Varadero English translation pending
je souhaite partir à cuba pour 15 jours à l'hotel cuatro palmas pouvez vous me donner des renseignements sur cet hotel les avis sont tres partages sur les forums alors j'attends vos impressions merci
Peuples de l'Asie (suite) English translation pending
Bonjour aux braves!
Il y a trois mois, j’ai commencé un poste intitulé Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, dont voici le lien ci-dessous :
http://voyageforum.com/...ie_sud_est_D2833480/
Ce poste a gagné une certaine popularité et a maintenant dépassé 500 messages. L’équipe de VF m’a donc demandé de le clore parce que cela n’est plus gérable au point de vue informatique. Sur quoi a porté cette longue discussion qui a fait monter l’aiguille du serveur VF dans le rouge ?
Nous avons tout d’abord passé l’histoire de la Chine en revue, car elle a conditionné en très grande mesure les mouvements de populations de la Chine du Sud vers l’Asie du Sud-Est, et au-delà. Nous avons beaucoup parlé des pressions répétées sur la Chine par divers peuples évoluant au-delà de ses frontières septentrionales, des migrations Malayo-Polynésiennes issues de Taiwan et plus loin dans le temps de la Chine du Sud, des Hmong-Mien, des Khmer etc…. En route, j’ai tenu à introduire des explications concernant les familles linguistiques de ces peuples et leurs filiations génétiques. Nous en étions arrivés aux Thaï.
J’ai beaucoup apprécié les contributions d’un petit groupe de lecteurs que je remercie chaudement pour leur fidélité et la qualité de leurs interventions. À vrai dire, je pense avoir largement couvert le sujet que je m’étais donné au départ et je pourrais m’arrêter là. Cependant, il me reste quelques « fils à remonter », qui probablement ne demanderont pas une autre discussion de 500 messages, mais sait-on jamais ?
Voici donc la suite.
Il y a trois mois, j’ai commencé un poste intitulé Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, dont voici le lien ci-dessous :
http://voyageforum.com/...ie_sud_est_D2833480/
Ce poste a gagné une certaine popularité et a maintenant dépassé 500 messages. L’équipe de VF m’a donc demandé de le clore parce que cela n’est plus gérable au point de vue informatique. Sur quoi a porté cette longue discussion qui a fait monter l’aiguille du serveur VF dans le rouge ?
Nous avons tout d’abord passé l’histoire de la Chine en revue, car elle a conditionné en très grande mesure les mouvements de populations de la Chine du Sud vers l’Asie du Sud-Est, et au-delà. Nous avons beaucoup parlé des pressions répétées sur la Chine par divers peuples évoluant au-delà de ses frontières septentrionales, des migrations Malayo-Polynésiennes issues de Taiwan et plus loin dans le temps de la Chine du Sud, des Hmong-Mien, des Khmer etc…. En route, j’ai tenu à introduire des explications concernant les familles linguistiques de ces peuples et leurs filiations génétiques. Nous en étions arrivés aux Thaï.
J’ai beaucoup apprécié les contributions d’un petit groupe de lecteurs que je remercie chaudement pour leur fidélité et la qualité de leurs interventions. À vrai dire, je pense avoir largement couvert le sujet que je m’étais donné au départ et je pourrais m’arrêter là. Cependant, il me reste quelques « fils à remonter », qui probablement ne demanderont pas une autre discussion de 500 messages, mais sait-on jamais ?
Voici donc la suite.
Une semaine à Istanbul pendant le Ramadan du 8 au 15 septembre 2009 English translation pending
Une semaine à Istanbul pendant le Ramadan du 8 au 15 Septembre 2009
Avec les photos:
http://picasaweb.google.fr/dumouzon/SelectionIstanbul09?authkey=Gv1sRgCKH5vo_Nh7KUcg&feat=directlink
Istanbul est une ville facile à visiter, le tramway est d'accès pratique pour visiter les différents sites touristiques et bon marché, nous prenons des jetons vendus par un commerçant voisin :1.50ytl le trajet, soit 75centimes d'euros, quelque soit la distance. Il y a beaucoup d'hommes dans le tramway, peut-être le travail des femmes n'est-il pas encouragé? Beaucoup d'hommes aussi dans les cafés, et dans la ville, à l'exception des populations plus jeunes. Les femmes ont des tenues longues et portent des foulards colorés, moi qui avais apporté un foulards bleu un peu triste pour ne pas choquer ! Les plus âgées portent un long imperméable, des collants et un foulard, même par une température de 30°, je les plains ! Quelques femmes sont entièrement vêtues de noir, je crois qu'il y en a plus du côté de la mosquée de Fetih. Les habitants d'Istanbul ne paraissent pas fumer, à notre étonnement; quand nous fumions nos « samsun 216 », nous avons été interpellés gentiment par des habitants au moins trois fois pour nous mettre en garde contre les danger du tabac : il doit y avoir une grosse propagande antitabac à Istanbul ! Istanbul est une très belle ville aux magnifiques mosquées; un important travail est fait pour les restaurer. Les habitants sont accueillants, et nous avons fait mon mari et moi un très agréable voyage !
Le soir à Istanbul
Nous sommes en plein Ramadan, et il règne tous les soirs une atmosphère de fête dans le quartier de l'hippodrome qui est très animé le soir; le reste de la journée il est occupé par les touristes venus visiter la Mosquée bleue toute proche. La population se rassemble pour dîner, ou se promener en dégustant les friandises locales vendues dans de nombreux stands installés sous les arcades longeant l'hippodrome ;Rappelons que les musulmans n'ont pas le droit de manger et boire pendant la journée, jusqu'à la tombée du jour. Parmi les friandises proposées, j'ai pu observer : sucettes colorées composées de bâtonnets enroulés alternativement dans différentes confitures, ou préparations sucrées de couleur, un peu molles glaces, les marchands de glaces vêtus de leur bel habit sont très folkloriques et amusent le spectateur, en barattant leur bloc de glace avec une longue cuiller et en le lançant en l'air puis avec la même cuiller font tapent sur les cloches disposées au-dessus de leur stand (peu de gens achètent ces glaces !) gâteaux divers, surtout des baklavas, lokmus, et petites boules, genres de beignets loksemes ou crêpes farcies aux différents fromages, viandes ou légumes sahlep, boisson à base d'orge épaisse brûlante vendue en générale en hiver délicieuse gaufres recouvertes de banane, crème, et toute sorte de confiseries barbes à papa enserrées dans du plastique Certains prennent un repas aux tables installées derrière ces stands, repas parfois accompagné de musique.
Un homme exécute d'une façon de maître des calligraphies, retransmises par écran devant un groupe de spectateurs qui admirent ou attendent leur tour pour obtenir leur calligraphie sur une assiette, une jolie feuille, ou le support qu'ils ont apporté.
De nombreuses tables sont installées au cœur de Sultanahmet et le long de l'hippodrome. Des groupes de femmes ou femmes et enfants, mais aussi des familles complètes , je veux dire homme, femme, enfant et éventuellement poussette , que l'ont voit rarement réunies pendant la journée ont déjà réservé leur emplacement dès 18h, 18h30, et attendent patiemment l'heure autorisée pour commencer leur dîner après l'appel du muezzin, vers 19h10 ; certaines ont apporté leur repas dans des sacs plastique (à Istanbul les sacs plastique noirs sont souvent utilisés comme matériel de transport), les restaurants ont préparé des salades emballées, de l'ayran (yaourt salé) du pain turc et les ont disposés sur les tables. Bien sûr, il n'y a pas d'alcool, d'ailleurs beaucoup de restaurants ne vendent pas de bière, même aux touristes, pendant cette période de Ramadan. La population, bien qu'elle soit nombreuse reste calme; quelques forces de police sont présentes et emmènent dans leur fourgon ceux qui perturbent l'ordre. Plus haut dans la rue Divan Yolu, des tables sont aussi préparées de la même façon et leurs convives attendent. Je crois que certains menus «ramadan» sont proposés.
Un spectacle gratuit de musique et de derviches tourneurs est offert gratuitement, on peut y assister sur les bancs installés devant ou debout derrière.
Nous avons vu des queues importantes, essentiellement d'hommes, (surtout le premier soir en haut de la rue Divan Yolu) attendre la distribution de repas gratuits, l'endroit où se déroulait ces queues semblait changer d'un soir à l'autre. Certains repas étaient offerts par les restaurants.
Notre repas de Ramadan
Nous avons participé par hasard à un menu de Ramadan avec la population locale, nous avions longé les murailles longeant le quartier Cankurtaran depuis la Petite Sainte-Sophie, quand j'ai réalisé que j'avais noté un restaurant, à proximité de la ligne de chemin de fer et de la voie longeant le Bosphore, c'était un restaurant bon marché proposé par le guide du routard, malheureusement il était fermé à midi, car ils organisait un dîner de ramadan le soir même à 7H15, que nous pouvions réserver, pour le prix de 25ytl par personne. Nous nous sommes dits «pourquoi pas»!, mais nous n'avions pas d'argent pour payer ! Les bureaux de change n'étant pas ouverts avant 10H, nous n'avions pu faire le change. Un seul billet de 10ytl en poche qu'ils ont accepté gentiment.
L'organisation du repas a été d'une efficacité remarquable, à la limite trop parfaite! Nous avons du manger à une vitesse très rapide, de manière à suivre l'enchaînement des plats servis. Nous arrivons à 7H et sommes conduits à la table préparée pour nous deux., sur une terrasse dominant le Bosphore. Seules quelques personnes sont déjà présentes. Sur la table recouverte d'une nappe jaune , une belle assiette où sont disposés sur un lit de salade, trois sortes de fromages, un cerneau de noix, deux petites tomates cerise, une datte, un abricot, des olives noires. Au milieu de la table, un plat de crudités, carottes râpées et chou rouge, salade verte. Trois verres d'eau « encapsulés », une grosse assiette de pain turc, et un thermos de thé pour certaines tables. Les familles arrivent, et attendent patiemment sans manger. Un serveur passe avec un chariot de boissons variées, fanta, coca, visne, ce dernier très apprécié(c'est un jus de cerises) ayran, ... pas d'alcool bien sûr. On nous sert aussi du thé dans le petit verre . Le départ est donné à 8H moins le quart, et j'ai l'impression que tout le monde se précipite sur son assiette ! Nous sommes 200 personnes ! Mais les serveurs veilleront toujours à ce que tout le monde soit bien servi. Des serveurs déposent une crêpe en rouleau, au fromage, délicieuse dans notre assiette. Il nous faut manger très vite, car déjà arrive un bon bol de soupe . Expliquons l'organisation du service :des serveurs apportent des plateaux de bols de soupe qu'ils déposent sur les chariots présents dans le couloir longeant les tables des convives, d'autres serveurs déplacent les chariot et servent les bols très rapidement, puis les assiettes sont changées, et les assiettes de poulet arrivent sur notre table, ce sont de délicieux morceaux de poulet, servis avec une purée de légumes. Enfin le chariot de desserts ! Figues à la crème, gulac, pudding de riz...(gulac délicieux aussi) Ce qui nous a surpris le plus outre la rapidité du repas (une heure) c'est le manque d'ambiance des convives, guère de rires ou de bavardages bruyants. Un jeune couple derrière nous fêtait l'anniversaire du mari, et un serveur a apporté un gros gâteau blanc avec trois bougies. Nous payons en fin de repas. D'autres dîners de Ramadan sont peut-être proposés dans d'autres restaurants, je ne le sais pas
Les petits métiers
Le vendeur de simits (petit pain rond recouvert de sésame), certains ont un petit chariot ambulant, ce fut ma première photo à Istanbul, sur les quais, le vendeur accepta gentiment que je le photographie et je goûtai avec gourmandise mon petit pain. D'autres vendeurs portent sur leur tête un plateau de simits bien agencé.
le cireur de chaussures : je connaissais le coup de la brosse qui tombe par terre, pourtant il a été effectué si bien que je n'ai pas pensé que c'était prémédité ! Le vendeur pour vous remercier de lui avoir signalé qu'il avait perdu sa brosse vous propose de cirer vos chaussures; j'ai vécu cette expérience deux fois; et deux autres fois, le coup de «vous n'avez pas une cigarette» que l'on offre la première fois gentiment et refuse à la seconde, pour ne pas avoir à refuser le cirage des chaussures !
le vendeur de maïs grillé ou à cuit à l'eau le vendeur de cartes postales et plans d'Istanbul : j'ai difficilement fait baisser légèrement le prix de cinq groupes de 10 cartes postales, et le vendeur a fait la tête, alors que je me suis aperçue plus tard, que c'était beaucoup plus cher que le prix normal. Pourquoi ?
le marchand de marrons grillés: contrairement à la France où il faut attendre l'hiver, on les trouve déjà en septembre ici, avec leur bonne odeur, ils sont bien rangés alignés devant le badaud.
Quelques commerçants ambulants dans le quartier de la petite Sainte Sophie: - le marchand tirant un gros chariot de cuvettes en plastique et matériel de ménage coloré - le marchand de chaussures ambulant
Des hommes portent des chargements énormes sur leurs épaules, ou un gros fauteuil.
Les commerçants et le touriste
Istanbul est une ville où vous n'êtes pas harcelés par les commerçants, comme dans d'autres pays, ce qui est très agréable; Lorsqu'il arrive que l'on vous propose quelque chose, il est très facile de répondre par une plaisanterie, qui est toujours accueillie avec un sourire et sans insistance.
Petit Bémol, puisqu'il est, je crois, de règle de marchander, je ne comprends pas pourquoi le vendeur paraît faire la tête, lorsqu'une affaire est conclue, cette attitude est très différente de celle des pays d'Asie. J'ai vécu cette expérience deux fois, pour les cartes postales, et pour l'achat de 4 T shirts au bazar Arasta; le prix proposé dans les boutiques était de 7ytl, mais la taille disponible se trouvait dans le magasin, où le prix demandé était de 10ytl, le vendeur a accepté de baisser à 7, mais il n'a pas paru satisfait, ce qui est déplaisant. Plus sympathique le commerçant de services à thé, nous avons décidé de réfléchir et de demander l'horaire d'ouverture, le matin, il nous a répondu simplement et nous avons fait affaire avec lui le lendemain(18ytl pour le service à thé avec les petites cuillers en verre)
En effet, au grand bazar, le prix pour le même service était quatre fois plus cher et atteignait même un prix inimaginable. Le prix des Tshirts était 5 fois plus cher, nous n'avons même pas chercher à marchander ! Nous avons acheté nos céramiques au centre artisanal «cafer Aga Medresesi», elles sont beaucoup plus chères qu'ailleurs, mais il paraît que les motifs des dessous de plats proposés ailleurs ne tiennent pas alors que celles du centre artisanal sont peintes à la main, puis recuites au four.
Vous êtes aussi bien accueillis quand vous vous renseignez sur les bateaux, par exemple, ou dans les restaurants. Les chats d'Istanbul
Nombreux sont les petits chats dans cette ville. Certains serveurs s'en occupent même gentiment. Quelques un sont pelotonnés ensemble. On trouve aussi des oiseaux dont je ne connais pas le nom, ils pourraient ressembler à des corbeaux mais n'en sont pas, ils mangent de grosses graines. Les canards apprivoisés ! Dans une rue de Cankutaran, deux canards blancs barbotaient dans une cuvette devant une maison à côté de leur maîtresse; le lendemain je revois la même femme entrain de faire un câlin à l'un des canards, l'autre se promenait librement dans la maison ! Très peu de chiens, contrairement à Bangkok.
Les jeunes et leur coiffure
Leurs cheveux sont maintenus avec du gel en un ou plusieurs épis au-dessus de leur tête.
Les enfants
On ne rencontre pas beaucoup d'enfants dans les rues ou les bus, je ne sais pas si c'était une période d'école. Ils se font réprimander par les personnes âgées lorsqu'ils ont une attitude irrespectueuse. Certaines petites filles ont les bras couverts et portent des collants. On voit les enfants le soir avec des adultes.
Les Stambouliotes et le jeu
Les habitants d'Istanbul sont très joueurs; plusieurs restaurants laissaient des jeux de société sur les tables -jeux de Backgammon, dominos, jeu avec des chevalets, des tuiles comportant des numéros et des couleurs, je ne connais pas ce jeu. Ils jouent tranquillement tout en buvant du thé.
Programme du séjour :
prix du voyage plus hôtel, pour deux personnes, 7 nuits, par Expedia 1150 euros dont 50 euros d'assurance.
Mardi 8 septembre 2009
Nous prenons l'avion à Roissy (repas et accueil de l'équipage médiocres) et arrivons à 13H, nous n'avons emmené que des « bagages cabine » changeons un peu d'argent, achetons 2 jetons par personne, un pour le métro et un pour le tram.(changement à Zeytinburnu pour prendre le tramway) C'est facile. Nous descendons à la station Sultanahmet, et errons un peu pour trouver l'hôtel, nous y serons à 2h et demies passé. Nous logeons à l'hôtel Angels'home, dans le quartier Cankurtaran, à 10minutes à pied de la Mosquée bleue. Nous avons eu une chambre double avec baldaquin au rez de chaussée, bien présentée (voir photo sur le site de l'hôtel), dans une rue calme , chambre propre (juste quelques cafards dans la salle de bains, mais je pense que c'est indépendant du degré de propreté de l'hôtel). Il avait beaucoup plu à Istanbul et la terrasse était fermée ce jour-là, les jours suivants, elle était accessible, mais il n'y avait personne. Le petit déjeuner se prenait, dans l'annexe de l'hôtel très proche. Le buffet était très impressionnant mais nous avons seulement apprécié les différents sortes de pains. Pas de bon café, mais du thé. Je recommanderai cet hôtel où nous sommes restés une semaine sans problème et avons été bien accueillis.
Une fois installés très rapidement, nous avons repris le tram vers Eminonu pour découvrir les quais longeant la Corne d'or ou Halic, et repérer les embarcadères pour Eyup, la croisière sur le Bosphore et Uskudar, ce qui s'est fait facilement. (un passage souterrain servant aussi de galerie commerciale très animée, permet de rejoindre les quais depuis l'arrêt du tramway) Nous avons goûté notre premier simit (délicieux) et un sandwich au poisson (bof, attention aux petites arêtes). C'est amusant de voir comment les turcs aiment s'asseoir pour déguster ces sandwiches sur une terrasse devant le bateau qui les fait. Les quais sont très bien aménagés, alors que je pensais qu'Istanbul était beaucoup moins moderne. La vue sur le Bosphore est très belle, l'eau est verte, je la pensais grise, puisque polluée (?). D'énormes bateaux de croisière sont amarrés à Beyoglu, en face et dépassent la hauteur des immeubles. Les bateaux circulent dans tous les sens et doivent faire attention en se croisant; il n'y a guère de petites embarcations à cet endroit.
Le pont Galata est pittoresque avec ses alignements de pêcheurs, la pêche est bonne, ils arrivent à attraper quatre petits poissons avec une seule ligne!, et les seaux sont pleins.
Une galerie sous le pont est consacrée à de nombreux restaurants vides à cette heure là, il n'y a pas d'autres commerces. Nous reprenons le tram pour aller visiter la Mosquée Bleue. Elle est sombre à cette heure là. Des hommes se lavent les pieds et la figure dans des.fontaines d'ablutions puis remettent leurs chaussettes avant de pénétrer dans la mosquée.
Il faut enlever ses chaussures avant la limite de l'entrée pour éviter un rappel à l'ordre. Nous avons tous enlevé nos chaussures, (des sacs plastiques sont à disposition, ou bien vous pouvez les déposer dans des cases). Et bien sûr un petit rappel est fait aux femmes de porter un foulard sur la tête, mais ce n'est pas toujours respecté dans cette mosquée. Je viens de lire une autre règle que je n'ai pas respectée, ne la connaissant pas : il ne faut pas non plus toucher l'extérieur de vos pieds nus, mais en fait, j'étais en socquettes, étais-je aussi dans mon tort ? Le sol est couvert par une multitude de tapis, et la coupole centrale a 43m de haut, et elle est entièrement peinte. Les portes et persiennes en bois, incrustées de nacre, d'ivoire et d'écailles de tortue sont très belles, ainsi que les faïences bleues d'Iznik. Cette mosquée est magnifique. Mais l'éclairage situé assez bas est assez gênant.
Nous n'avons pas pas le droit de nous approcher du minbar et du mihrab en marbre blanc, le centre de la mosquée étant réservée à la prière des hommes. Et ils sont très loin de notre vue. Les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes à prier dans les mosquées , je ne sais pas pourquoi ! et les femmes sont tenues de rester dans les galeries situées au fond de la mosquée pour prier. C'est l'heure de la prière, mais nous pouvons y assister. Les hommes sont très nombreux, ils se prosternent agenouillés, se relèvent et recommencent, devant l'imam. C'est impressionnant. Nous retournerons dans cette mosquée à un matin pour mieux l'apprécier.
Il est temps d'aller nous restaurer, nous allons au Yeni Yildiz (adresse : Cankurtaran Meydani 18), restaurant recommandé par le Lonely Planet, et situé pas très loin de notre hôtel pour notre premier dîner à Istanbul, le repas ne fut pas extraordinaire, bonne aubergine coupée en morceaux intercalés par de la viande (patlican), une salade et un ayran (yaourt salé); le service a été très long, nous avons attendu une heure avant d'être servis ! La pluie faisait du bruit sur la tôle qui recouvre la terrasse .
Mercredi 9 septembre
Il a beaucoup plu cette nuit, nous apprendrons dans la soirée, que de graves inondations ont fait plus de 20 victimes à l'ouest de l'agglomération !
Nous prenons notre petit déjeuner à 7h et demie au restaurant de l'hôtel, il n'y a presque personne, à part les serveurs qui font des allers-retours pour remplir leur verre à la fontaine de thé, et remplir une assiette qu'ils mangeront derrière le bar !
Aujourd'hui nous allons visiter le palais de Dolmabahce (entrée : 20ytl par personne) situé de l'autre côté du pont de Galata (attention, il est fermé le jeudi), Nous prenons le tram depuis Sultanahmet jusqu'à Kabatas, et c'est à 10 minutes à pied. Les appareils à photo sont interdits à l'intérieur, nous avons du laisser notre sac à la consigne, alors que nous aurions pu garder les appareils à photo pour prendre des photos de l'extérieur ! Le jardin est agréable. Ce palais de style plus occidental est construit dans le style rococo, il est bordé par un quai en marbre, il a été construit de 1842 à 1853, sous Abdul Mecit qui a abandonné Topkapi. Atartük y est décédé en 1938 à 9h05, en sa mémoire toutes les horloges du palais indiquent l'heure de son décès.
C'est un très beau palais, tout y semble démesuré;le mobilier et les éléments décoratifs sont d'une richesse inouïe. Il est 9H, il n'y a pas beaucoup de monde, les visites sont guidées, et beaucoup trop rapides pour avoir le temps de «s'intégrer»au lieu. On passe en coup de vent. Un petit groupe de soldats défilent devant le palais.
Nous rejoignons Taksim, en prenant le funiculaire. Nous irons déjeuner chez Hala Manti (adresse : büyük Barmak Kapi, 26 curkulu cesme sokak) recommandé par le guide du routard, il était indiqué « convient bien pour un repas léger du midi » ! En fait, nous n'avons pas pu finir les plats copieux, nous avons partagé une gölzeme fourrée à la viande et une autre aux légumes, une femme assise les préparait à côté de nous sur un grand plateau rond, elle étalait la pâte avec dextérité, ces crêpes étaient énormes, mais fines et délicieuses, c'était un vrai régal, pour une somme très modique, notre meilleur repas à Istanbul !c'est une entrée, mais en fait un véritable plat. Nous avions aussi commandé des manti à la viande et aux épinards(raviolis turcs), mais n'avons pu terminé notre assiette, n'ayant plus faim. (38 ytl le repas pour deux avec une boisson)La petite salle décorée de coussins, tapis, kilims, est agréable, et il n'y avait presque personne ! Peut-être était-ce à cause du Ramadan, puisqu'il est interdit de manger avant le soir ?
Nous avons descendu l'Istikkal Caddesi, rue piétonne commerçante très animée, et après un stop chez Ali muhittin haci kebir (83 istikkal caddesi pour acheter ses fameux loukoums (5, 50 ytl pour 250gr de loukoums variés). En fait c'est très difficile de choisir des loukoums, ils sont tous à des prix différents, sinon il faut connaître les noms turcs, et je ne sais pas comment on dit loukoum pistache, loukoum crème de bufflone, loukum résine de pin !! on a pris un paquet de loukoum variés à 23ytl le kg, et le vendeur a tiré de grands tiroirs, et il en a pris deux dans chacun, sinon il existe des boîtes toutes prêtes de 500gr ou 1 kg, mais je ne sais pas s'ils sont aussi frais ?
Nous nous sommes promenés dans le marché aux poissons, « galata balik pazar ». En fait chaque restaurant a son étalage de poissons et le serveur nous invite à venir les consommer. A côté, le passage des fleurs où l'on ne vend plus de fleurs, mais qui est encombré de restaurants déserts. Tous les serveurs des différents restaurants se reposent sur des chaises en attendant l'éventuel client ! Nous passons devant le lycée Galatasaray, Nous visitons l'église St Antoine qui a une belle mosaïque et voulons voir le célèbre Hôtel Péra, mais il est fermé et en grande restauration, il paraît qu'il sera refait à l'identique.
Nous descendons la rue étroite mais sympathique Galip Dede de magasins de musique, en pente et mal pavée, un petit arrêt jus d'orange, et nous rejoignons la tour Galata. Le panorama en haut est superbe, mais la chaleur étouffante, et il n'y a pas beaucoup d'espace pour circuler!
Nous parcourons le quartier de Galata plus au sud, rues étroites encombrées de camions qui viennent chercher des livraisons de matériaux pour les artisans du bâtiment, rues peu intéressantes et impraticables; nous continuons jusqu'aux vieilles fortifications et rebroussons chemin en empruntant la voie rapide qui longe la corne d'or, bordée de magasins de robinetterie, lavabos, pompes...un petit arrêt pour regarder les pêcheurs sur le quai et nous reprenons le tramway à Karakoy
Nous dînons au Karadeniz kebab salonu, une marmitte, une pide, une salade, deux boissons service compris. Nous avons eu du mal à trouver ce restaurant situé emin pasa sokak, donnant dans la rue divanyolu.
Nous nous promenons le long de l'hippodrome pour voir les festivités du Ramadan, et assister à un petit spectacle de derviches tourneurs offert au public très nombreux. (voir la rubrique « le soir à Istanbul »)
Jeudi 10 septembre
Nous faisons une croisière sur le Bosphore, Nous prenons le tram jusqu'à Eminonu, prenons le passage souterrain pour arriver sur les quais jusqu'à l'embarcadère « Bogaz »qui veut dire Bosphore Le bateau part à 10h35, il s'agit de la compagnie publique « IDO », et c'est le Bosphorus Scenic Tour. Nous sommes arrivés trop tôt et allons nous promener sur le pont Galata. A partir de 9h45, les gens arrivent. Le guichet ouvre une heure avant le départ.
Le bateau fait des arrêts à Besiktas, Kanlica, Yenikoy, Sariyer, Rumeli Kavegi et enfin Anadolu Kavegi. Il vaut mieux se mettre en haut, à gauche du bateau, question position du soleil, juste après la première fenêtre, pour pouvoir prendre des photos, et éventuellement apporter des jumelles. Je laisse le soin au Guide Gallimard de vous décrire de manière approfondie le parcours et les sites. A l'arrivée, nous montons en haut des fortifications, une bonne montée d'une bonne vingtaine de minutes pour avoir le droit d'admirer un beau panorama sur l'embouchure du détroit et de la Mer Noire, il y a de nombreux restaurants de poisson, mais il paraît que c'est cher et long, et nous avons préféré emmener un pique-nique.
Ce fut une agréable croisière. Nous avons repris le bateau à 15H, et sommes arrivés à 16H30. Il y a possibilité de faire un arrêt en route et de reprendre le bateau suivant, le dernier part d'Anadolu Kavegi à 18H pour arriver à 19H30.
Mais nous voulions continuer notre journée en visitant le Bazar Egyptien et les deux mosquées la très grande Yeni Camii et Rustem Pasa, plus petite, mais d'une décoration intérieure très riche.
Nous sommes allés dîner au Pahazade restaurant, beaucoup d'apparat pour une qualité moyenne. J'ai détesté mon plat d'agneau bouilli, mais ils ont été sympa, ils m'en apporté un 2°!que je n'ai pas pu manger plus, alors ils m'ont proposé de choisir autre chose, mais j'ai refusé, alors ils ne me l'ont pas fait payé
Vendredi 11 septembre
Aujourd'hui, nous avons visité le palais de Topkapi, nous sommes en avance et avons le temps de parcourir la rue sogup cesme sokagi et ses belles maisons ottomanes restaurées. Nous rejoignons la porte d'entrée au niveau de la fontaine d'Ahmet 3, très belle en haut de cette rue. Nous sommes arrivés les premiers pour l'ouverture de 9H, vous prenez vos billets au guichet à gauche (20 ytl par personne)puis nous avons pris nos billets pour le harem (15 ytl par personne)(à côté de ce dernier)que nous avons pu voir en individuels avec seulement deux, trois personnes en même temps que nous, et nous avons pu prendre tout le temps nécessaire pour le visiter calmement et prendre des photos, c'est très beau ! Pour la suite de la visite du Palais et en particulier le trésor et les costumes (non brodés), cela a été plus difficile, car les groupes étaient arrivés ! Une partie des salles du divan était fermé pour restauration ainsi que les cuisines. J'avais étudié la vie dans le harem à l'aide des guides, notamment le guide Gallimard et le livre d'Albert Bobovius « Topkapi, relation du sérail du Grand Seigneur « (actes sud 1999) que j'avais emprunté à la bibliothèque, livres qui m'ont mieux aidé à imaginer la vie dans le palais à cette époque. Nous n'avons pas pu voir de miniatures malheureusement! Nous avons visité le pavillon des reliques de Mahomet qui est maintenant transformé en musée Cette visite est très intéressante. Il faut compter 3 heures.
Nous avons fait une halte déjeuner au restaurant bien connu «Tahiri Sultanahmet Koftesi » (Divanyolu 12)et nous avons pu nous restaurer agréablement (prix 22ytl par personne. Le service est rapide et c'est bon, nous avons pris des kofte, brochette d'agneau haché, une salade de haricots blancs pour deux et un bon dessert à la semoule, une boisson par personne. Il est noté dans les guides que ce restaurant est fermé le soir, mais c'est inexact. Notons quelques gouttes de pluie cet après-midi. Et nous voilà d'attaque pour visiter Sainte Sophie, (entrée 20 ytl par personne !) visite un peu décevante, l'intérieur est en pleine réparation (un énorme échafaudage avec un ascenseur pour que les ouvriers accèdent à la coupole ! Les mosaïques des tribunes ne sont pas en très bon état. (une heure de visite)
Le hammam situé à proximité est fermé pour réparation également !
Nous allons voir les travaux handmade de la caferaga medresi, où nous achèterons un autre jour de belles poteries, plus chères que dans les boutiques, mais il paraît que les décors des dessous de plat peu chers ne résistent pas à la chaleur. Ici, ils sont peints à la main et recuits. Il y a un petit café où nous prendrons un thé et un délicieux gulac, accueil sympathique
Heureusement la citerne Yerataban sur yerebatan caddesi, était ouverte, et nous avons le temps de la visiter, car ce n'est pas très long. Elle est très impressionnante avec ses nombreuses colonnes.
Nous allons dîner au mavi café (yerebatan cd 54), tout petit self assez nul que je ne vous conseille pas, repas imposé par le serveur(mezze et poulet, pas d'agneau alors que c'est indiqué sur la carte)
Petit tour le long de l'hippodrome, dégustation d'un bon sahlep !
Samedi 12 septembre
Nous prenons le tram à Sultanahmet pour Eminonu et prenons le passage souterrain pour rejoindre les quais. Nous partons prendre le bateau pour Eyup et la Corne d'or ou Halic. (1, 50ytl)Nous devions faire cette excursion le dimanche, mais le bateau part beaucoup plus tard ce jour là, et nous voulions continuer la journée en rejoignant l'église Saint sauveur du chora, aussi nous avons inversé les jours. L'embarcadère se trouve à gauche du pont de Galata, on passe devant un grand parking d'autocars et de voitures, on aperçoit un petit centre commercial « le storks » on arrive à un chemin entre deux grillages, et au bout se trouve le petit kiosque et embarcadère pour Eyup. Nous avons juste à temps pour le bateau de 9H moins le quart et arrivons au terminus de Suttluce à 9H15, il n'y a pas beaucoup de monde sur le bateau. Regardez le paysage du côté gauche du bateau. On aperçoit l'énorme cimetière qui occupe toute la colline, sous les cyprès. A Suttluce, on traverse le pont pour arriver de l'autre côté de la Corne d'or; en effet les bateaux ne s'arrêtent plus à Eyup, car il a trop plu au mois d'août, et le bateau que nous prenons ne peut plus y accéder !
Nous prenons le téléphérique à 100m de l'embarcadère Pierre Loti Le chemin est facile à trouver pour accéder au café Pierre Loti, dont la terrasse offre une vue magnifique sur la Corne d'Or, un petit thé très cher ici; nous montons un peu plus haut, puis redescendons à Eyup en traversant le cimetière, je me demande comment les familles peuvent avoir accès aux tombes situées plus bas sur la pente abrupte de la colline! Les tombes des femmes sont surmontées d'une fleur et celles des hommes d'un turban;, il n'y a pas que des tombes anciennes, des gens y ont été enterrés ces dernières années.
Nous visitons la mosquée Eyup Sultan, le tombeau d'Eyup et les turbe (tombeaux). Il y a beaucoup de groupes de femmes, des familles, un jeune garçon en costume de « circoncision », son père est fier de nous le faire admirer et nous invite à prendre une photo !
Nous avons faim et projetions d'aller au Ensar Lokantasi, mais il est fermé (peut-être à cause du ramadan ?) Heureusement, car nous avons bien déjeuner au self « Simit Sarayi », j'ai vu plus tard qu'il y avait d'autres « succursales » en face de la gare Sirkeci, ou dans le quartier de la mosquée Fetih. Hmm ! Les bons borek aux épinards (1, 50 ytl pièce), les bons borek en forme de rouleau (1, 50 ytl pièce), un ayran et un jus de cerise , une limonade et les bons desserts plus chers dont le bon gâteau au poulet), le tout pour 17, 25ytl soit 4 euros par personne !
Nous pouvons prendre le bus 39 vers la porte d'Erdine Kapi, ou un dolmus beige/jaune (partent du même endroit) (le bus 39 passe sur le boulevard côtier à 100m de l'embarcadère direction Istanbul, mais nous avons pris à l'arrêt suivant le dolmus qui arrivait; (nous payons dans le dolmus)
La mosquée Mihrimah Sultan (aux 100 fenêtres) est fermée pour restauration; Nous continuons à pied vers l'Eglise St-Sauveur du Chora, ou Karyie muzesi richement décorée de mosaïques et fresques anciennes et bien restaurée, elle est plus belle que Sainte-Sophie !, nous ne connaissons le chemin qu' approximativement, mais un groupe de cinq gamins à l'affût d'argent de poche nous propose de nous y conduire ; ils se font réprimander sur leur passage par une personne âgée pour leur conduite. Nous cherchons ensuite le bus 90 qui passe Draman cd, mais c'est un peu plus difficile à trouver (l'arrêt est assez loin du début de la rue). Nous allons visiter la mosquée Fatih, Il est encore tôt.
Nous aurions pu remonter vers la porte d'Erdine Kapi pour reprendre le bus 28 vers Beksitas. Le quartier de Fatih est plein de boutiques de mode, et pourtant, c'est ici que nous voyons le plus de femmes habillées totalement en noir, quel contraste ! Nous allons jeter un coup d'oeil à l'Aqueduc de Valens qui enjambe le boulevard Atatürk. Finalement nous sommes tout près du Grand Bazar , que nous découvrons : quelle surprise de voir un bazar, aux boutiques bien agencées, en fait rien d'un bazar au sens fouillis ou foutoir!
Nous reprenons le tramway jusqu'à Sultanahmet, mais en fait, on aurait pu rentrer à pied, ce n'est pas loin. Le soir nous retournons dîner chez Karadeniz (voir adresse 9 septembre) attention, il y a un 2° karadeniz dans la rue voisine (karadeniz konak) à ne pas confondre:marmitte (plus fromage manquant), ayran, une salade pour deux, ils n'avaient plus de baklavas, et nous ont offert des lokmas (beignet oblong) à éviter. Accueil toujours sympathique, le serveur et le patron nous ont reconnus !
Petite déambulation sur l'hippodrome.
Dimanche 13 septembre
En route pour Uskudar, sur la rive asiatique ! Nous prenons le tram de Sultanahmet jusqu'à Eminonu, passons sous le passage souterrain, et on prend le ferry à droite du pont Galata, c'est un énorme bateau (3 étages), et il n'y a personne. Quand nous arrivons à Uskudar, à 9h15, la ville est encore endormie, il se met à pleuvoir à verse, nous sortons nos capes vietnamiennes! Nous prenons la rue Hakimiyeti Milliye, nous arrivons à un rond-point que nous contournons vers la droite vers la rue Halk pour chercher le marché, il est introuvable, mais nous rencontrons beaucoup de femmes portant le foulard, elles sont venues rendre hommage au défunt du halil Pasa Türbesi, une femme insiste pour que nous y pénétrions, mais nous nous sentons un peu déplacés !
En fait pour aller au marché, il faut prendre la rue opposée à la rue Halk, il est près du Yöre AVM, c'est un petit marché sympa et varié. Vous pouvez y trouver des produits moins chers qu'à Istanbul. Heureusement la pluie s'est arrêtée.
Nous prenons la rue Cavusdere sur 800m, jusqu'à la rue Tekke ar. sk. Nous avions imprimé un plan google maps pour nous y retrouver, mais c'est un peu dur à localiser, enfin, nous arrivons à la mosquée Valid Atik (la rue monte fort) nous prenons la rue Ahmetoglu Musallasi pour revenir sur la rue Cavusdere et rejoindre la mosquée Cinili, très tranquille. Couverte de faïences d'Iznik, elle est très belle.
Nous revenons par le même chemin, cela fait une bonne marche ! Mais nous sommes récompensés par notre déjeuner au Kanaat Lokantasi (9 selmani Park) très apprécié (plat, dessert, boisson pour 11 euros par personne); Il y a énormément de bus à Uskudar devant l'embarcadère, mais le bus 15 une ytl(n'importe lequel sauf le 15F) nous dépose à la mosquée de l'embarcadère de Beyerbeyli. Bonne ambiance de pêcheurs (petits restaurants), nous rejoignons le palais Beyerbeyli. Nous traversons le parc, l'entrée est chère, nous attendons pour la visite guidée obligatoire qui devait être en anglais, mais elle s'est faite en turc, avec quelques phrases traduites en anglais et le tout au pas de course, dommage, car l'intérieur est raffiné, et les photos sont interdites, pas de cartes postales non plus , juste un petit livre aux mauvaises photos. Nous retournons à Uskudar par le premier dolmus qui se présente à l'arrêt de bus, et revenons au Kanaat pour prendre un goûter, nous achetons aussi quelques loukoums plus haut, (10ytl environ au lieu de 20 chez Haci Bekir, très bons
Nous sommes fatigués et souhaitons dîner près de notre hôtel, nous essayons le Kosk café recommandé par le guide du routard(rue Akbiyik, adliye sokak) le serveur apporte sur la table un gros pain soufflé chaud délicieux appelé lavas, mais les plats sont de qualité moyenne, il y a trop de pain dedans., un jeune est très content !
Lundi 14 septembre
Nous montons d'abord à Sultanahmet pour changer de l'argent, mais les bureaux sont fermés jusqu'à 10H! tant pis. Nous retournons voir la belle Mosquée Bleue, tout juste ouverte, et nous pouvons la visiter tranquillement !
Puis nous rejoignons la toute petite mosquée de Sokollu Mehmet Pasa après avoir longé l'hippodrome encore endormi. Elle est fermée à clef mais un gardien nous ouvre, j'ai fait une bêtise, j'ai oublié d'enlever mes chaussures pour aller voir si la porte était ouverte et je me suis fait rappeler gentiment à l'ordre ! Nous n'avons pas le droit de prendre des photos, elle est vraiment très belle avec ses vitraux et ses faïences d'Iznik, et très tranquille, puisque nous sommes les deux seuls à la visiter ! un enchantement ! Le gardien nous propose une enveloppe de 12 belles photos pour 10ytl et nous sommes contents. Nous regardons les maisons en bois du quartier, certaines sont bien restaurées, d'autres très abîmées.
Nous rejoignons la mosquée petite sainte sophie Küçük Aya Sofya Camii.c'est une mosquée très claire et agréable avec une galerie à l'étage. Comme à Sainte Sophie, les murs sont revêtus de marbres veinés et les coupoles de resplendissantes mosaïques. L'entrée est gratuite. C'est l'ancienne église Saints-Serge-et-Bacchus construite vers 530
Nous cherchons les ruines des remparts terrestres et du Palais Boucoléon, il faut passer par un tunnel sous la voie ferrée, il fait très chaud, nous prenons le boulevard à l'extérieur des remparts, c'est très bruyant et il n'y a pour ainsi dire pas de pasage pour accéder de nouveau à l'intérieur de la ville, quant à traverser le « périphérique » c'est quasiment impossible ! Lire la suite dans le paragraphe « notre repas de ramadan »
Nous remontons vers Sultanahmet pour faire le change et faire une pose déjeuner au Tahiri Sultanahmet koftesi (divanyolu 12), où nous nous étions déjà restaurés le vendredi 11 septembre. Bonne pause.
L'après-midi, nous faisons un peu de shopping, des loukoums chez Haci Bekir, près de la gare, ils ne sont pas très aimables, j'ai pris deux boîtes de 500gr emballés pour faciliter les choses. Nous retournons à la Caferaga Medresi, pour ramener des céramiques, puis au Bazar Arasta, beaucoup moins cher que le Grand Bazar, pour trouver des Tshirts (28ytl les quatre). Nous voulons ramener un service à thé pour notre fille et hésitons, mais ne choisirons pas aujourd'hui. 7H moins le quart, Il est temps d'aller découvrir notre dîner de Ramadan (voir le paragraphe au-dessus du programme) pour cette agréable soirée !
Mardi 15 septembre
Il est 9H quand nous arrivons sur la place Sultanahmet, les touristes commencent à arriver. Nous allons à pied jusqu'au Grand Bazar, ce n'est pas très loin, mais les verres à thé sont facilement quatre fois plus chers qu'au Bazar Arasta ! Et j'essaie de voir le prix d'un Tshirt, la différence est aussi énorme ! Nous quittons rapidement le bazar et prenons le tram à Cemberlitas jusqu'à Eminonu pour ensuite aller visiter le complexe de la mosquée de Suleyman; Les rues pour y monter sont très abruptes, il fait très chaud, et en haut, le temps est étouffant : La mosquée est bien fermée et le jardin qui l'entoure est à l'abandon ! Néanmoins les deux turbe de suleyman et surtout de Rolexane, (sa femme) sont accessibles gratuitement, ils sont très beaux, celui de Roxelane est entièrement décoré de faïences d'Iznik.
Nous ne voulons pas rester déjeuner ici, on étouffe, nous redescendons les rues et retournons à Sultanahmet , puis près de la petite Sainte Sophie, où nous respirons beaucoup mieux. Nous ferons une longue halte au Tahiri Cesme Restaurant, de qualité « pas si mal » :hoummous (bof) et aubergines frites (froides, ce n'est pas bon), deux bons kebab, meilleurs qu'au Kosk café, deux sutlac, un lavas (gros pain soufflé chaud)moins bon qu'au Kosk, un fanta et un coca (bière refusée !)deux thés offerts et deux cafés turcs très bons ! pour 49ytl pour deux. Atmosphère paisible sous la treille. Pour donner une idée du coût des repas à Istanbul, nous avons toujours dépensé entre 11 et 12 euros par personne. Nous retournons aller chez nos valises, hélas il faut retourner à Paris, nous n'avons pas eu le temps d'aller aux îles des Princes ! Nous garderons d'Istanbul un merveilleux souvenir ! Nous n'avons pas eu de problème pour emmener les loukoums en cabine.
Avec les photos:
http://picasaweb.google.fr/dumouzon/SelectionIstanbul09?authkey=Gv1sRgCKH5vo_Nh7KUcg&feat=directlink
Istanbul est une ville facile à visiter, le tramway est d'accès pratique pour visiter les différents sites touristiques et bon marché, nous prenons des jetons vendus par un commerçant voisin :1.50ytl le trajet, soit 75centimes d'euros, quelque soit la distance. Il y a beaucoup d'hommes dans le tramway, peut-être le travail des femmes n'est-il pas encouragé? Beaucoup d'hommes aussi dans les cafés, et dans la ville, à l'exception des populations plus jeunes. Les femmes ont des tenues longues et portent des foulards colorés, moi qui avais apporté un foulards bleu un peu triste pour ne pas choquer ! Les plus âgées portent un long imperméable, des collants et un foulard, même par une température de 30°, je les plains ! Quelques femmes sont entièrement vêtues de noir, je crois qu'il y en a plus du côté de la mosquée de Fetih. Les habitants d'Istanbul ne paraissent pas fumer, à notre étonnement; quand nous fumions nos « samsun 216 », nous avons été interpellés gentiment par des habitants au moins trois fois pour nous mettre en garde contre les danger du tabac : il doit y avoir une grosse propagande antitabac à Istanbul ! Istanbul est une très belle ville aux magnifiques mosquées; un important travail est fait pour les restaurer. Les habitants sont accueillants, et nous avons fait mon mari et moi un très agréable voyage !
Le soir à Istanbul
Nous sommes en plein Ramadan, et il règne tous les soirs une atmosphère de fête dans le quartier de l'hippodrome qui est très animé le soir; le reste de la journée il est occupé par les touristes venus visiter la Mosquée bleue toute proche. La population se rassemble pour dîner, ou se promener en dégustant les friandises locales vendues dans de nombreux stands installés sous les arcades longeant l'hippodrome ;Rappelons que les musulmans n'ont pas le droit de manger et boire pendant la journée, jusqu'à la tombée du jour. Parmi les friandises proposées, j'ai pu observer : sucettes colorées composées de bâtonnets enroulés alternativement dans différentes confitures, ou préparations sucrées de couleur, un peu molles glaces, les marchands de glaces vêtus de leur bel habit sont très folkloriques et amusent le spectateur, en barattant leur bloc de glace avec une longue cuiller et en le lançant en l'air puis avec la même cuiller font tapent sur les cloches disposées au-dessus de leur stand (peu de gens achètent ces glaces !) gâteaux divers, surtout des baklavas, lokmus, et petites boules, genres de beignets loksemes ou crêpes farcies aux différents fromages, viandes ou légumes sahlep, boisson à base d'orge épaisse brûlante vendue en générale en hiver délicieuse gaufres recouvertes de banane, crème, et toute sorte de confiseries barbes à papa enserrées dans du plastique Certains prennent un repas aux tables installées derrière ces stands, repas parfois accompagné de musique.
Un homme exécute d'une façon de maître des calligraphies, retransmises par écran devant un groupe de spectateurs qui admirent ou attendent leur tour pour obtenir leur calligraphie sur une assiette, une jolie feuille, ou le support qu'ils ont apporté.
De nombreuses tables sont installées au cœur de Sultanahmet et le long de l'hippodrome. Des groupes de femmes ou femmes et enfants, mais aussi des familles complètes , je veux dire homme, femme, enfant et éventuellement poussette , que l'ont voit rarement réunies pendant la journée ont déjà réservé leur emplacement dès 18h, 18h30, et attendent patiemment l'heure autorisée pour commencer leur dîner après l'appel du muezzin, vers 19h10 ; certaines ont apporté leur repas dans des sacs plastique (à Istanbul les sacs plastique noirs sont souvent utilisés comme matériel de transport), les restaurants ont préparé des salades emballées, de l'ayran (yaourt salé) du pain turc et les ont disposés sur les tables. Bien sûr, il n'y a pas d'alcool, d'ailleurs beaucoup de restaurants ne vendent pas de bière, même aux touristes, pendant cette période de Ramadan. La population, bien qu'elle soit nombreuse reste calme; quelques forces de police sont présentes et emmènent dans leur fourgon ceux qui perturbent l'ordre. Plus haut dans la rue Divan Yolu, des tables sont aussi préparées de la même façon et leurs convives attendent. Je crois que certains menus «ramadan» sont proposés.
Un spectacle gratuit de musique et de derviches tourneurs est offert gratuitement, on peut y assister sur les bancs installés devant ou debout derrière.
Nous avons vu des queues importantes, essentiellement d'hommes, (surtout le premier soir en haut de la rue Divan Yolu) attendre la distribution de repas gratuits, l'endroit où se déroulait ces queues semblait changer d'un soir à l'autre. Certains repas étaient offerts par les restaurants.
Notre repas de Ramadan
Nous avons participé par hasard à un menu de Ramadan avec la population locale, nous avions longé les murailles longeant le quartier Cankurtaran depuis la Petite Sainte-Sophie, quand j'ai réalisé que j'avais noté un restaurant, à proximité de la ligne de chemin de fer et de la voie longeant le Bosphore, c'était un restaurant bon marché proposé par le guide du routard, malheureusement il était fermé à midi, car ils organisait un dîner de ramadan le soir même à 7H15, que nous pouvions réserver, pour le prix de 25ytl par personne. Nous nous sommes dits «pourquoi pas»!, mais nous n'avions pas d'argent pour payer ! Les bureaux de change n'étant pas ouverts avant 10H, nous n'avions pu faire le change. Un seul billet de 10ytl en poche qu'ils ont accepté gentiment.
L'organisation du repas a été d'une efficacité remarquable, à la limite trop parfaite! Nous avons du manger à une vitesse très rapide, de manière à suivre l'enchaînement des plats servis. Nous arrivons à 7H et sommes conduits à la table préparée pour nous deux., sur une terrasse dominant le Bosphore. Seules quelques personnes sont déjà présentes. Sur la table recouverte d'une nappe jaune , une belle assiette où sont disposés sur un lit de salade, trois sortes de fromages, un cerneau de noix, deux petites tomates cerise, une datte, un abricot, des olives noires. Au milieu de la table, un plat de crudités, carottes râpées et chou rouge, salade verte. Trois verres d'eau « encapsulés », une grosse assiette de pain turc, et un thermos de thé pour certaines tables. Les familles arrivent, et attendent patiemment sans manger. Un serveur passe avec un chariot de boissons variées, fanta, coca, visne, ce dernier très apprécié(c'est un jus de cerises) ayran, ... pas d'alcool bien sûr. On nous sert aussi du thé dans le petit verre . Le départ est donné à 8H moins le quart, et j'ai l'impression que tout le monde se précipite sur son assiette ! Nous sommes 200 personnes ! Mais les serveurs veilleront toujours à ce que tout le monde soit bien servi. Des serveurs déposent une crêpe en rouleau, au fromage, délicieuse dans notre assiette. Il nous faut manger très vite, car déjà arrive un bon bol de soupe . Expliquons l'organisation du service :des serveurs apportent des plateaux de bols de soupe qu'ils déposent sur les chariots présents dans le couloir longeant les tables des convives, d'autres serveurs déplacent les chariot et servent les bols très rapidement, puis les assiettes sont changées, et les assiettes de poulet arrivent sur notre table, ce sont de délicieux morceaux de poulet, servis avec une purée de légumes. Enfin le chariot de desserts ! Figues à la crème, gulac, pudding de riz...(gulac délicieux aussi) Ce qui nous a surpris le plus outre la rapidité du repas (une heure) c'est le manque d'ambiance des convives, guère de rires ou de bavardages bruyants. Un jeune couple derrière nous fêtait l'anniversaire du mari, et un serveur a apporté un gros gâteau blanc avec trois bougies. Nous payons en fin de repas. D'autres dîners de Ramadan sont peut-être proposés dans d'autres restaurants, je ne le sais pas
Les petits métiers
Le vendeur de simits (petit pain rond recouvert de sésame), certains ont un petit chariot ambulant, ce fut ma première photo à Istanbul, sur les quais, le vendeur accepta gentiment que je le photographie et je goûtai avec gourmandise mon petit pain. D'autres vendeurs portent sur leur tête un plateau de simits bien agencé.
le cireur de chaussures : je connaissais le coup de la brosse qui tombe par terre, pourtant il a été effectué si bien que je n'ai pas pensé que c'était prémédité ! Le vendeur pour vous remercier de lui avoir signalé qu'il avait perdu sa brosse vous propose de cirer vos chaussures; j'ai vécu cette expérience deux fois; et deux autres fois, le coup de «vous n'avez pas une cigarette» que l'on offre la première fois gentiment et refuse à la seconde, pour ne pas avoir à refuser le cirage des chaussures !
le vendeur de maïs grillé ou à cuit à l'eau le vendeur de cartes postales et plans d'Istanbul : j'ai difficilement fait baisser légèrement le prix de cinq groupes de 10 cartes postales, et le vendeur a fait la tête, alors que je me suis aperçue plus tard, que c'était beaucoup plus cher que le prix normal. Pourquoi ?
le marchand de marrons grillés: contrairement à la France où il faut attendre l'hiver, on les trouve déjà en septembre ici, avec leur bonne odeur, ils sont bien rangés alignés devant le badaud.
Quelques commerçants ambulants dans le quartier de la petite Sainte Sophie: - le marchand tirant un gros chariot de cuvettes en plastique et matériel de ménage coloré - le marchand de chaussures ambulant
Des hommes portent des chargements énormes sur leurs épaules, ou un gros fauteuil.
Les commerçants et le touriste
Istanbul est une ville où vous n'êtes pas harcelés par les commerçants, comme dans d'autres pays, ce qui est très agréable; Lorsqu'il arrive que l'on vous propose quelque chose, il est très facile de répondre par une plaisanterie, qui est toujours accueillie avec un sourire et sans insistance.
Petit Bémol, puisqu'il est, je crois, de règle de marchander, je ne comprends pas pourquoi le vendeur paraît faire la tête, lorsqu'une affaire est conclue, cette attitude est très différente de celle des pays d'Asie. J'ai vécu cette expérience deux fois, pour les cartes postales, et pour l'achat de 4 T shirts au bazar Arasta; le prix proposé dans les boutiques était de 7ytl, mais la taille disponible se trouvait dans le magasin, où le prix demandé était de 10ytl, le vendeur a accepté de baisser à 7, mais il n'a pas paru satisfait, ce qui est déplaisant. Plus sympathique le commerçant de services à thé, nous avons décidé de réfléchir et de demander l'horaire d'ouverture, le matin, il nous a répondu simplement et nous avons fait affaire avec lui le lendemain(18ytl pour le service à thé avec les petites cuillers en verre)
En effet, au grand bazar, le prix pour le même service était quatre fois plus cher et atteignait même un prix inimaginable. Le prix des Tshirts était 5 fois plus cher, nous n'avons même pas chercher à marchander ! Nous avons acheté nos céramiques au centre artisanal «cafer Aga Medresesi», elles sont beaucoup plus chères qu'ailleurs, mais il paraît que les motifs des dessous de plats proposés ailleurs ne tiennent pas alors que celles du centre artisanal sont peintes à la main, puis recuites au four.
Vous êtes aussi bien accueillis quand vous vous renseignez sur les bateaux, par exemple, ou dans les restaurants. Les chats d'Istanbul
Nombreux sont les petits chats dans cette ville. Certains serveurs s'en occupent même gentiment. Quelques un sont pelotonnés ensemble. On trouve aussi des oiseaux dont je ne connais pas le nom, ils pourraient ressembler à des corbeaux mais n'en sont pas, ils mangent de grosses graines. Les canards apprivoisés ! Dans une rue de Cankutaran, deux canards blancs barbotaient dans une cuvette devant une maison à côté de leur maîtresse; le lendemain je revois la même femme entrain de faire un câlin à l'un des canards, l'autre se promenait librement dans la maison ! Très peu de chiens, contrairement à Bangkok.
Les jeunes et leur coiffure
Leurs cheveux sont maintenus avec du gel en un ou plusieurs épis au-dessus de leur tête.
Les enfants
On ne rencontre pas beaucoup d'enfants dans les rues ou les bus, je ne sais pas si c'était une période d'école. Ils se font réprimander par les personnes âgées lorsqu'ils ont une attitude irrespectueuse. Certaines petites filles ont les bras couverts et portent des collants. On voit les enfants le soir avec des adultes.
Les Stambouliotes et le jeu
Les habitants d'Istanbul sont très joueurs; plusieurs restaurants laissaient des jeux de société sur les tables -jeux de Backgammon, dominos, jeu avec des chevalets, des tuiles comportant des numéros et des couleurs, je ne connais pas ce jeu. Ils jouent tranquillement tout en buvant du thé.
Programme du séjour :
prix du voyage plus hôtel, pour deux personnes, 7 nuits, par Expedia 1150 euros dont 50 euros d'assurance.
Mardi 8 septembre 2009
Nous prenons l'avion à Roissy (repas et accueil de l'équipage médiocres) et arrivons à 13H, nous n'avons emmené que des « bagages cabine » changeons un peu d'argent, achetons 2 jetons par personne, un pour le métro et un pour le tram.(changement à Zeytinburnu pour prendre le tramway) C'est facile. Nous descendons à la station Sultanahmet, et errons un peu pour trouver l'hôtel, nous y serons à 2h et demies passé. Nous logeons à l'hôtel Angels'home, dans le quartier Cankurtaran, à 10minutes à pied de la Mosquée bleue. Nous avons eu une chambre double avec baldaquin au rez de chaussée, bien présentée (voir photo sur le site de l'hôtel), dans une rue calme , chambre propre (juste quelques cafards dans la salle de bains, mais je pense que c'est indépendant du degré de propreté de l'hôtel). Il avait beaucoup plu à Istanbul et la terrasse était fermée ce jour-là, les jours suivants, elle était accessible, mais il n'y avait personne. Le petit déjeuner se prenait, dans l'annexe de l'hôtel très proche. Le buffet était très impressionnant mais nous avons seulement apprécié les différents sortes de pains. Pas de bon café, mais du thé. Je recommanderai cet hôtel où nous sommes restés une semaine sans problème et avons été bien accueillis.
Une fois installés très rapidement, nous avons repris le tram vers Eminonu pour découvrir les quais longeant la Corne d'or ou Halic, et repérer les embarcadères pour Eyup, la croisière sur le Bosphore et Uskudar, ce qui s'est fait facilement. (un passage souterrain servant aussi de galerie commerciale très animée, permet de rejoindre les quais depuis l'arrêt du tramway) Nous avons goûté notre premier simit (délicieux) et un sandwich au poisson (bof, attention aux petites arêtes). C'est amusant de voir comment les turcs aiment s'asseoir pour déguster ces sandwiches sur une terrasse devant le bateau qui les fait. Les quais sont très bien aménagés, alors que je pensais qu'Istanbul était beaucoup moins moderne. La vue sur le Bosphore est très belle, l'eau est verte, je la pensais grise, puisque polluée (?). D'énormes bateaux de croisière sont amarrés à Beyoglu, en face et dépassent la hauteur des immeubles. Les bateaux circulent dans tous les sens et doivent faire attention en se croisant; il n'y a guère de petites embarcations à cet endroit.
Le pont Galata est pittoresque avec ses alignements de pêcheurs, la pêche est bonne, ils arrivent à attraper quatre petits poissons avec une seule ligne!, et les seaux sont pleins.
Une galerie sous le pont est consacrée à de nombreux restaurants vides à cette heure là, il n'y a pas d'autres commerces. Nous reprenons le tram pour aller visiter la Mosquée Bleue. Elle est sombre à cette heure là. Des hommes se lavent les pieds et la figure dans des.fontaines d'ablutions puis remettent leurs chaussettes avant de pénétrer dans la mosquée.
Il faut enlever ses chaussures avant la limite de l'entrée pour éviter un rappel à l'ordre. Nous avons tous enlevé nos chaussures, (des sacs plastiques sont à disposition, ou bien vous pouvez les déposer dans des cases). Et bien sûr un petit rappel est fait aux femmes de porter un foulard sur la tête, mais ce n'est pas toujours respecté dans cette mosquée. Je viens de lire une autre règle que je n'ai pas respectée, ne la connaissant pas : il ne faut pas non plus toucher l'extérieur de vos pieds nus, mais en fait, j'étais en socquettes, étais-je aussi dans mon tort ? Le sol est couvert par une multitude de tapis, et la coupole centrale a 43m de haut, et elle est entièrement peinte. Les portes et persiennes en bois, incrustées de nacre, d'ivoire et d'écailles de tortue sont très belles, ainsi que les faïences bleues d'Iznik. Cette mosquée est magnifique. Mais l'éclairage situé assez bas est assez gênant.
Nous n'avons pas pas le droit de nous approcher du minbar et du mihrab en marbre blanc, le centre de la mosquée étant réservée à la prière des hommes. Et ils sont très loin de notre vue. Les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes à prier dans les mosquées , je ne sais pas pourquoi ! et les femmes sont tenues de rester dans les galeries situées au fond de la mosquée pour prier. C'est l'heure de la prière, mais nous pouvons y assister. Les hommes sont très nombreux, ils se prosternent agenouillés, se relèvent et recommencent, devant l'imam. C'est impressionnant. Nous retournerons dans cette mosquée à un matin pour mieux l'apprécier.
Il est temps d'aller nous restaurer, nous allons au Yeni Yildiz (adresse : Cankurtaran Meydani 18), restaurant recommandé par le Lonely Planet, et situé pas très loin de notre hôtel pour notre premier dîner à Istanbul, le repas ne fut pas extraordinaire, bonne aubergine coupée en morceaux intercalés par de la viande (patlican), une salade et un ayran (yaourt salé); le service a été très long, nous avons attendu une heure avant d'être servis ! La pluie faisait du bruit sur la tôle qui recouvre la terrasse .
Mercredi 9 septembre
Il a beaucoup plu cette nuit, nous apprendrons dans la soirée, que de graves inondations ont fait plus de 20 victimes à l'ouest de l'agglomération !
Nous prenons notre petit déjeuner à 7h et demie au restaurant de l'hôtel, il n'y a presque personne, à part les serveurs qui font des allers-retours pour remplir leur verre à la fontaine de thé, et remplir une assiette qu'ils mangeront derrière le bar !
Aujourd'hui nous allons visiter le palais de Dolmabahce (entrée : 20ytl par personne) situé de l'autre côté du pont de Galata (attention, il est fermé le jeudi), Nous prenons le tram depuis Sultanahmet jusqu'à Kabatas, et c'est à 10 minutes à pied. Les appareils à photo sont interdits à l'intérieur, nous avons du laisser notre sac à la consigne, alors que nous aurions pu garder les appareils à photo pour prendre des photos de l'extérieur ! Le jardin est agréable. Ce palais de style plus occidental est construit dans le style rococo, il est bordé par un quai en marbre, il a été construit de 1842 à 1853, sous Abdul Mecit qui a abandonné Topkapi. Atartük y est décédé en 1938 à 9h05, en sa mémoire toutes les horloges du palais indiquent l'heure de son décès.
C'est un très beau palais, tout y semble démesuré;le mobilier et les éléments décoratifs sont d'une richesse inouïe. Il est 9H, il n'y a pas beaucoup de monde, les visites sont guidées, et beaucoup trop rapides pour avoir le temps de «s'intégrer»au lieu. On passe en coup de vent. Un petit groupe de soldats défilent devant le palais.
Nous rejoignons Taksim, en prenant le funiculaire. Nous irons déjeuner chez Hala Manti (adresse : büyük Barmak Kapi, 26 curkulu cesme sokak) recommandé par le guide du routard, il était indiqué « convient bien pour un repas léger du midi » ! En fait, nous n'avons pas pu finir les plats copieux, nous avons partagé une gölzeme fourrée à la viande et une autre aux légumes, une femme assise les préparait à côté de nous sur un grand plateau rond, elle étalait la pâte avec dextérité, ces crêpes étaient énormes, mais fines et délicieuses, c'était un vrai régal, pour une somme très modique, notre meilleur repas à Istanbul !c'est une entrée, mais en fait un véritable plat. Nous avions aussi commandé des manti à la viande et aux épinards(raviolis turcs), mais n'avons pu terminé notre assiette, n'ayant plus faim. (38 ytl le repas pour deux avec une boisson)La petite salle décorée de coussins, tapis, kilims, est agréable, et il n'y avait presque personne ! Peut-être était-ce à cause du Ramadan, puisqu'il est interdit de manger avant le soir ?
Nous avons descendu l'Istikkal Caddesi, rue piétonne commerçante très animée, et après un stop chez Ali muhittin haci kebir (83 istikkal caddesi pour acheter ses fameux loukoums (5, 50 ytl pour 250gr de loukoums variés). En fait c'est très difficile de choisir des loukoums, ils sont tous à des prix différents, sinon il faut connaître les noms turcs, et je ne sais pas comment on dit loukoum pistache, loukoum crème de bufflone, loukum résine de pin !! on a pris un paquet de loukoum variés à 23ytl le kg, et le vendeur a tiré de grands tiroirs, et il en a pris deux dans chacun, sinon il existe des boîtes toutes prêtes de 500gr ou 1 kg, mais je ne sais pas s'ils sont aussi frais ?
Nous nous sommes promenés dans le marché aux poissons, « galata balik pazar ». En fait chaque restaurant a son étalage de poissons et le serveur nous invite à venir les consommer. A côté, le passage des fleurs où l'on ne vend plus de fleurs, mais qui est encombré de restaurants déserts. Tous les serveurs des différents restaurants se reposent sur des chaises en attendant l'éventuel client ! Nous passons devant le lycée Galatasaray, Nous visitons l'église St Antoine qui a une belle mosaïque et voulons voir le célèbre Hôtel Péra, mais il est fermé et en grande restauration, il paraît qu'il sera refait à l'identique.
Nous descendons la rue étroite mais sympathique Galip Dede de magasins de musique, en pente et mal pavée, un petit arrêt jus d'orange, et nous rejoignons la tour Galata. Le panorama en haut est superbe, mais la chaleur étouffante, et il n'y a pas beaucoup d'espace pour circuler!
Nous parcourons le quartier de Galata plus au sud, rues étroites encombrées de camions qui viennent chercher des livraisons de matériaux pour les artisans du bâtiment, rues peu intéressantes et impraticables; nous continuons jusqu'aux vieilles fortifications et rebroussons chemin en empruntant la voie rapide qui longe la corne d'or, bordée de magasins de robinetterie, lavabos, pompes...un petit arrêt pour regarder les pêcheurs sur le quai et nous reprenons le tramway à Karakoy
Nous dînons au Karadeniz kebab salonu, une marmitte, une pide, une salade, deux boissons service compris. Nous avons eu du mal à trouver ce restaurant situé emin pasa sokak, donnant dans la rue divanyolu.
Nous nous promenons le long de l'hippodrome pour voir les festivités du Ramadan, et assister à un petit spectacle de derviches tourneurs offert au public très nombreux. (voir la rubrique « le soir à Istanbul »)
Jeudi 10 septembre
Nous faisons une croisière sur le Bosphore, Nous prenons le tram jusqu'à Eminonu, prenons le passage souterrain pour arriver sur les quais jusqu'à l'embarcadère « Bogaz »qui veut dire Bosphore Le bateau part à 10h35, il s'agit de la compagnie publique « IDO », et c'est le Bosphorus Scenic Tour. Nous sommes arrivés trop tôt et allons nous promener sur le pont Galata. A partir de 9h45, les gens arrivent. Le guichet ouvre une heure avant le départ.
Le bateau fait des arrêts à Besiktas, Kanlica, Yenikoy, Sariyer, Rumeli Kavegi et enfin Anadolu Kavegi. Il vaut mieux se mettre en haut, à gauche du bateau, question position du soleil, juste après la première fenêtre, pour pouvoir prendre des photos, et éventuellement apporter des jumelles. Je laisse le soin au Guide Gallimard de vous décrire de manière approfondie le parcours et les sites. A l'arrivée, nous montons en haut des fortifications, une bonne montée d'une bonne vingtaine de minutes pour avoir le droit d'admirer un beau panorama sur l'embouchure du détroit et de la Mer Noire, il y a de nombreux restaurants de poisson, mais il paraît que c'est cher et long, et nous avons préféré emmener un pique-nique.
Ce fut une agréable croisière. Nous avons repris le bateau à 15H, et sommes arrivés à 16H30. Il y a possibilité de faire un arrêt en route et de reprendre le bateau suivant, le dernier part d'Anadolu Kavegi à 18H pour arriver à 19H30.
Mais nous voulions continuer notre journée en visitant le Bazar Egyptien et les deux mosquées la très grande Yeni Camii et Rustem Pasa, plus petite, mais d'une décoration intérieure très riche.
Nous sommes allés dîner au Pahazade restaurant, beaucoup d'apparat pour une qualité moyenne. J'ai détesté mon plat d'agneau bouilli, mais ils ont été sympa, ils m'en apporté un 2°!que je n'ai pas pu manger plus, alors ils m'ont proposé de choisir autre chose, mais j'ai refusé, alors ils ne me l'ont pas fait payé
Vendredi 11 septembre
Aujourd'hui, nous avons visité le palais de Topkapi, nous sommes en avance et avons le temps de parcourir la rue sogup cesme sokagi et ses belles maisons ottomanes restaurées. Nous rejoignons la porte d'entrée au niveau de la fontaine d'Ahmet 3, très belle en haut de cette rue. Nous sommes arrivés les premiers pour l'ouverture de 9H, vous prenez vos billets au guichet à gauche (20 ytl par personne)puis nous avons pris nos billets pour le harem (15 ytl par personne)(à côté de ce dernier)que nous avons pu voir en individuels avec seulement deux, trois personnes en même temps que nous, et nous avons pu prendre tout le temps nécessaire pour le visiter calmement et prendre des photos, c'est très beau ! Pour la suite de la visite du Palais et en particulier le trésor et les costumes (non brodés), cela a été plus difficile, car les groupes étaient arrivés ! Une partie des salles du divan était fermé pour restauration ainsi que les cuisines. J'avais étudié la vie dans le harem à l'aide des guides, notamment le guide Gallimard et le livre d'Albert Bobovius « Topkapi, relation du sérail du Grand Seigneur « (actes sud 1999) que j'avais emprunté à la bibliothèque, livres qui m'ont mieux aidé à imaginer la vie dans le palais à cette époque. Nous n'avons pas pu voir de miniatures malheureusement! Nous avons visité le pavillon des reliques de Mahomet qui est maintenant transformé en musée Cette visite est très intéressante. Il faut compter 3 heures.
Nous avons fait une halte déjeuner au restaurant bien connu «Tahiri Sultanahmet Koftesi » (Divanyolu 12)et nous avons pu nous restaurer agréablement (prix 22ytl par personne. Le service est rapide et c'est bon, nous avons pris des kofte, brochette d'agneau haché, une salade de haricots blancs pour deux et un bon dessert à la semoule, une boisson par personne. Il est noté dans les guides que ce restaurant est fermé le soir, mais c'est inexact. Notons quelques gouttes de pluie cet après-midi. Et nous voilà d'attaque pour visiter Sainte Sophie, (entrée 20 ytl par personne !) visite un peu décevante, l'intérieur est en pleine réparation (un énorme échafaudage avec un ascenseur pour que les ouvriers accèdent à la coupole ! Les mosaïques des tribunes ne sont pas en très bon état. (une heure de visite)
Le hammam situé à proximité est fermé pour réparation également !
Nous allons voir les travaux handmade de la caferaga medresi, où nous achèterons un autre jour de belles poteries, plus chères que dans les boutiques, mais il paraît que les décors des dessous de plat peu chers ne résistent pas à la chaleur. Ici, ils sont peints à la main et recuits. Il y a un petit café où nous prendrons un thé et un délicieux gulac, accueil sympathique
Heureusement la citerne Yerataban sur yerebatan caddesi, était ouverte, et nous avons le temps de la visiter, car ce n'est pas très long. Elle est très impressionnante avec ses nombreuses colonnes.
Nous allons dîner au mavi café (yerebatan cd 54), tout petit self assez nul que je ne vous conseille pas, repas imposé par le serveur(mezze et poulet, pas d'agneau alors que c'est indiqué sur la carte)
Petit tour le long de l'hippodrome, dégustation d'un bon sahlep !
Samedi 12 septembre
Nous prenons le tram à Sultanahmet pour Eminonu et prenons le passage souterrain pour rejoindre les quais. Nous partons prendre le bateau pour Eyup et la Corne d'or ou Halic. (1, 50ytl)Nous devions faire cette excursion le dimanche, mais le bateau part beaucoup plus tard ce jour là, et nous voulions continuer la journée en rejoignant l'église Saint sauveur du chora, aussi nous avons inversé les jours. L'embarcadère se trouve à gauche du pont de Galata, on passe devant un grand parking d'autocars et de voitures, on aperçoit un petit centre commercial « le storks » on arrive à un chemin entre deux grillages, et au bout se trouve le petit kiosque et embarcadère pour Eyup. Nous avons juste à temps pour le bateau de 9H moins le quart et arrivons au terminus de Suttluce à 9H15, il n'y a pas beaucoup de monde sur le bateau. Regardez le paysage du côté gauche du bateau. On aperçoit l'énorme cimetière qui occupe toute la colline, sous les cyprès. A Suttluce, on traverse le pont pour arriver de l'autre côté de la Corne d'or; en effet les bateaux ne s'arrêtent plus à Eyup, car il a trop plu au mois d'août, et le bateau que nous prenons ne peut plus y accéder !
Nous prenons le téléphérique à 100m de l'embarcadère Pierre Loti Le chemin est facile à trouver pour accéder au café Pierre Loti, dont la terrasse offre une vue magnifique sur la Corne d'Or, un petit thé très cher ici; nous montons un peu plus haut, puis redescendons à Eyup en traversant le cimetière, je me demande comment les familles peuvent avoir accès aux tombes situées plus bas sur la pente abrupte de la colline! Les tombes des femmes sont surmontées d'une fleur et celles des hommes d'un turban;, il n'y a pas que des tombes anciennes, des gens y ont été enterrés ces dernières années.
Nous visitons la mosquée Eyup Sultan, le tombeau d'Eyup et les turbe (tombeaux). Il y a beaucoup de groupes de femmes, des familles, un jeune garçon en costume de « circoncision », son père est fier de nous le faire admirer et nous invite à prendre une photo !
Nous avons faim et projetions d'aller au Ensar Lokantasi, mais il est fermé (peut-être à cause du ramadan ?) Heureusement, car nous avons bien déjeuner au self « Simit Sarayi », j'ai vu plus tard qu'il y avait d'autres « succursales » en face de la gare Sirkeci, ou dans le quartier de la mosquée Fetih. Hmm ! Les bons borek aux épinards (1, 50 ytl pièce), les bons borek en forme de rouleau (1, 50 ytl pièce), un ayran et un jus de cerise , une limonade et les bons desserts plus chers dont le bon gâteau au poulet), le tout pour 17, 25ytl soit 4 euros par personne !
Nous pouvons prendre le bus 39 vers la porte d'Erdine Kapi, ou un dolmus beige/jaune (partent du même endroit) (le bus 39 passe sur le boulevard côtier à 100m de l'embarcadère direction Istanbul, mais nous avons pris à l'arrêt suivant le dolmus qui arrivait; (nous payons dans le dolmus)
La mosquée Mihrimah Sultan (aux 100 fenêtres) est fermée pour restauration; Nous continuons à pied vers l'Eglise St-Sauveur du Chora, ou Karyie muzesi richement décorée de mosaïques et fresques anciennes et bien restaurée, elle est plus belle que Sainte-Sophie !, nous ne connaissons le chemin qu' approximativement, mais un groupe de cinq gamins à l'affût d'argent de poche nous propose de nous y conduire ; ils se font réprimander sur leur passage par une personne âgée pour leur conduite. Nous cherchons ensuite le bus 90 qui passe Draman cd, mais c'est un peu plus difficile à trouver (l'arrêt est assez loin du début de la rue). Nous allons visiter la mosquée Fatih, Il est encore tôt.
Nous aurions pu remonter vers la porte d'Erdine Kapi pour reprendre le bus 28 vers Beksitas. Le quartier de Fatih est plein de boutiques de mode, et pourtant, c'est ici que nous voyons le plus de femmes habillées totalement en noir, quel contraste ! Nous allons jeter un coup d'oeil à l'Aqueduc de Valens qui enjambe le boulevard Atatürk. Finalement nous sommes tout près du Grand Bazar , que nous découvrons : quelle surprise de voir un bazar, aux boutiques bien agencées, en fait rien d'un bazar au sens fouillis ou foutoir!
Nous reprenons le tramway jusqu'à Sultanahmet, mais en fait, on aurait pu rentrer à pied, ce n'est pas loin. Le soir nous retournons dîner chez Karadeniz (voir adresse 9 septembre) attention, il y a un 2° karadeniz dans la rue voisine (karadeniz konak) à ne pas confondre:marmitte (plus fromage manquant), ayran, une salade pour deux, ils n'avaient plus de baklavas, et nous ont offert des lokmas (beignet oblong) à éviter. Accueil toujours sympathique, le serveur et le patron nous ont reconnus !
Petite déambulation sur l'hippodrome.
Dimanche 13 septembre
En route pour Uskudar, sur la rive asiatique ! Nous prenons le tram de Sultanahmet jusqu'à Eminonu, passons sous le passage souterrain, et on prend le ferry à droite du pont Galata, c'est un énorme bateau (3 étages), et il n'y a personne. Quand nous arrivons à Uskudar, à 9h15, la ville est encore endormie, il se met à pleuvoir à verse, nous sortons nos capes vietnamiennes! Nous prenons la rue Hakimiyeti Milliye, nous arrivons à un rond-point que nous contournons vers la droite vers la rue Halk pour chercher le marché, il est introuvable, mais nous rencontrons beaucoup de femmes portant le foulard, elles sont venues rendre hommage au défunt du halil Pasa Türbesi, une femme insiste pour que nous y pénétrions, mais nous nous sentons un peu déplacés !
En fait pour aller au marché, il faut prendre la rue opposée à la rue Halk, il est près du Yöre AVM, c'est un petit marché sympa et varié. Vous pouvez y trouver des produits moins chers qu'à Istanbul. Heureusement la pluie s'est arrêtée.
Nous prenons la rue Cavusdere sur 800m, jusqu'à la rue Tekke ar. sk. Nous avions imprimé un plan google maps pour nous y retrouver, mais c'est un peu dur à localiser, enfin, nous arrivons à la mosquée Valid Atik (la rue monte fort) nous prenons la rue Ahmetoglu Musallasi pour revenir sur la rue Cavusdere et rejoindre la mosquée Cinili, très tranquille. Couverte de faïences d'Iznik, elle est très belle.
Nous revenons par le même chemin, cela fait une bonne marche ! Mais nous sommes récompensés par notre déjeuner au Kanaat Lokantasi (9 selmani Park) très apprécié (plat, dessert, boisson pour 11 euros par personne); Il y a énormément de bus à Uskudar devant l'embarcadère, mais le bus 15 une ytl(n'importe lequel sauf le 15F) nous dépose à la mosquée de l'embarcadère de Beyerbeyli. Bonne ambiance de pêcheurs (petits restaurants), nous rejoignons le palais Beyerbeyli. Nous traversons le parc, l'entrée est chère, nous attendons pour la visite guidée obligatoire qui devait être en anglais, mais elle s'est faite en turc, avec quelques phrases traduites en anglais et le tout au pas de course, dommage, car l'intérieur est raffiné, et les photos sont interdites, pas de cartes postales non plus , juste un petit livre aux mauvaises photos. Nous retournons à Uskudar par le premier dolmus qui se présente à l'arrêt de bus, et revenons au Kanaat pour prendre un goûter, nous achetons aussi quelques loukoums plus haut, (10ytl environ au lieu de 20 chez Haci Bekir, très bons
Nous sommes fatigués et souhaitons dîner près de notre hôtel, nous essayons le Kosk café recommandé par le guide du routard(rue Akbiyik, adliye sokak) le serveur apporte sur la table un gros pain soufflé chaud délicieux appelé lavas, mais les plats sont de qualité moyenne, il y a trop de pain dedans., un jeune est très content !
Lundi 14 septembre
Nous montons d'abord à Sultanahmet pour changer de l'argent, mais les bureaux sont fermés jusqu'à 10H! tant pis. Nous retournons voir la belle Mosquée Bleue, tout juste ouverte, et nous pouvons la visiter tranquillement !
Puis nous rejoignons la toute petite mosquée de Sokollu Mehmet Pasa après avoir longé l'hippodrome encore endormi. Elle est fermée à clef mais un gardien nous ouvre, j'ai fait une bêtise, j'ai oublié d'enlever mes chaussures pour aller voir si la porte était ouverte et je me suis fait rappeler gentiment à l'ordre ! Nous n'avons pas le droit de prendre des photos, elle est vraiment très belle avec ses vitraux et ses faïences d'Iznik, et très tranquille, puisque nous sommes les deux seuls à la visiter ! un enchantement ! Le gardien nous propose une enveloppe de 12 belles photos pour 10ytl et nous sommes contents. Nous regardons les maisons en bois du quartier, certaines sont bien restaurées, d'autres très abîmées.
Nous rejoignons la mosquée petite sainte sophie Küçük Aya Sofya Camii.c'est une mosquée très claire et agréable avec une galerie à l'étage. Comme à Sainte Sophie, les murs sont revêtus de marbres veinés et les coupoles de resplendissantes mosaïques. L'entrée est gratuite. C'est l'ancienne église Saints-Serge-et-Bacchus construite vers 530
Nous cherchons les ruines des remparts terrestres et du Palais Boucoléon, il faut passer par un tunnel sous la voie ferrée, il fait très chaud, nous prenons le boulevard à l'extérieur des remparts, c'est très bruyant et il n'y a pour ainsi dire pas de pasage pour accéder de nouveau à l'intérieur de la ville, quant à traverser le « périphérique » c'est quasiment impossible ! Lire la suite dans le paragraphe « notre repas de ramadan »
Nous remontons vers Sultanahmet pour faire le change et faire une pose déjeuner au Tahiri Sultanahmet koftesi (divanyolu 12), où nous nous étions déjà restaurés le vendredi 11 septembre. Bonne pause.
L'après-midi, nous faisons un peu de shopping, des loukoums chez Haci Bekir, près de la gare, ils ne sont pas très aimables, j'ai pris deux boîtes de 500gr emballés pour faciliter les choses. Nous retournons à la Caferaga Medresi, pour ramener des céramiques, puis au Bazar Arasta, beaucoup moins cher que le Grand Bazar, pour trouver des Tshirts (28ytl les quatre). Nous voulons ramener un service à thé pour notre fille et hésitons, mais ne choisirons pas aujourd'hui. 7H moins le quart, Il est temps d'aller découvrir notre dîner de Ramadan (voir le paragraphe au-dessus du programme) pour cette agréable soirée !
Mardi 15 septembre
Il est 9H quand nous arrivons sur la place Sultanahmet, les touristes commencent à arriver. Nous allons à pied jusqu'au Grand Bazar, ce n'est pas très loin, mais les verres à thé sont facilement quatre fois plus chers qu'au Bazar Arasta ! Et j'essaie de voir le prix d'un Tshirt, la différence est aussi énorme ! Nous quittons rapidement le bazar et prenons le tram à Cemberlitas jusqu'à Eminonu pour ensuite aller visiter le complexe de la mosquée de Suleyman; Les rues pour y monter sont très abruptes, il fait très chaud, et en haut, le temps est étouffant : La mosquée est bien fermée et le jardin qui l'entoure est à l'abandon ! Néanmoins les deux turbe de suleyman et surtout de Rolexane, (sa femme) sont accessibles gratuitement, ils sont très beaux, celui de Roxelane est entièrement décoré de faïences d'Iznik.
Nous ne voulons pas rester déjeuner ici, on étouffe, nous redescendons les rues et retournons à Sultanahmet , puis près de la petite Sainte Sophie, où nous respirons beaucoup mieux. Nous ferons une longue halte au Tahiri Cesme Restaurant, de qualité « pas si mal » :hoummous (bof) et aubergines frites (froides, ce n'est pas bon), deux bons kebab, meilleurs qu'au Kosk café, deux sutlac, un lavas (gros pain soufflé chaud)moins bon qu'au Kosk, un fanta et un coca (bière refusée !)deux thés offerts et deux cafés turcs très bons ! pour 49ytl pour deux. Atmosphère paisible sous la treille. Pour donner une idée du coût des repas à Istanbul, nous avons toujours dépensé entre 11 et 12 euros par personne. Nous retournons aller chez nos valises, hélas il faut retourner à Paris, nous n'avons pas eu le temps d'aller aux îles des Princes ! Nous garderons d'Istanbul un merveilleux souvenir ! Nous n'avons pas eu de problème pour emmener les loukoums en cabine.
Vers l'Orient dans les années 1970 English translation pending
Beaucoup de gens traversent la vie à un rythme pépère marqué par une succession de petits événements d’une tranquillité relative. D’autres, une minorité peut-être, passent par des étapes bouleversantes qui les marquent à tout jamais. J’appartiens à cette deuxième catégorie. L’une des expériences les plus marquantes de ma vie s’est déroulée dans les années 1970 et quelques, au Pakistan. Si j’ai pensé à plusieurs reprises qu’il vaudrait la peine de la « coucher sur papier », je ne l’ai pas fait jusqu’ici. C’est à peine si j’en ai raconté quelques fragments à mes meilleurs amis. La raison en est que bien des aspects de cette histoire sont très personnels, et aussi que la disponibilité des autres, même proches, est souvent limitée. De plus, une vie très active ne m’a pas laissé beaucoup de temps libre pour me mettre à écrire.
C’est une évidence que le « net », du fait qu’on peut y garder son anonymat, ouvre des portes nouvelles à la communication. Un forum de voyage est le site idéal pour raconter mon aventure: elle a été aussi bien un voyage dans une contrée exotique qu’un voyage psychologique. Je pourrais écrire pour ma propre satisfaction, celle de replonger dans mes souvenirs, et pourquoi aurais-je besoin d’en faire part à d’autres, surtout à des inconnus ? Mais écrire pour un public force à la concentration, et on devient plus exigeant avec soi-même. C’est pour cela donc que je vais maintenant tenter de pêcher dans les eaux profondes de ma mémoire, et offrir mes prises sur les étals de VF.
Quelques amis autour de moi avaient été en Inde, au Népal ou dans d’autres pays de cette région, et en parlaient avec émerveillement. Je brûlais de rejoindre le club de ces voyageurs et de moi aussi partir à la découverte. J’avais fait un premier voyage de France vers l’Inde, ou pour être plus exact dans la direction de l’Inde, que j’avais poussé jusqu’en Afghanistan. C’était pendant les vacances d’été, entre mes études. L’Afghanistan m’avait tellement plu que, de retour en France, je n’avais qu’une idée en tête : repartir et pousser plus loin le plus tôt possible. Ayant économisé au maximum pendant toute une année, sur mes très faibles rentrées d’argent, je pouvais me payer un aller-retour Paris-Kaboul avec Aryana Afghan Airlines, pour reprendre ma route là où j’avais dû l’interrompre l’année d’avant.
Bien que mon aventure se soit déroulée au Pakistan, il faut que je commence par mon premier voyage vers l’est, une mise en scène, disons. Cela intéressera peut-être ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, et cela rappellera sans aucun doute bien des choses à ceux qui comme moi y ont été.
En Grèce J’avais fait de l’auto-stop à partir de Strasbourg. Allemagne du sud, Autriche, Yougoslavie. J’avais trouvé ce pays plutôt misérable, surtout après avoir passé Belgrade. Des images tirées de Tintin chez les Soviets me revenaient à l’esprit. Je marchais dans les faubourgs de Nis, qui est maintenant je crois la capitale de la Macédoine, où il n’y avait qu’un trafic léger de quelques bagnoles et de carrioles tirées par des chevaux. La nuit tombait et il n’y avait que quelques maigres loupiotes pour éclairer la route. J’avais acheté un pain dans une boulangerie, qui était loin d’avoir le pimpant d’une boulangerie française. Les hommes qui faisaient la queue ne m’avaient pas jeté un coup d’œil, je n’étais probablement qu’un va-nu-pieds comme tant d’autres et ne dépareillais pas trop. Le pain était infâme, dur et avec du gravillon mélangé à la farine. Mais j’avais, pour quelques sous, quelque chose dans le ventre.
Après une semaine de voyage, j’arrivais à la frontière de la Grèce. Il n’y avait qu’une douzaine de véhicules sortant de Yougoslavie pour entrer en Grèce, contre des centaines dans le sens contraire. La guerre entre la Turquie et la Grèce avait été déclarée le jour-même. Peu importe, j’avais été pris par des Français qui tenaient absolument à aller en Grèce, qu’ils connaissaient bien et qu’ils aimaient. Deux jours plus tard, je m’étais retrouvé à Athènes, et je ne me rappelle plus comment mais ayant fait la connaissance d’un Américain qui allait retrouver des amis de famille (pas des grecs), je l’avais accompagné et j’avais passé deux jours dans leur villa aux abords de la ville, à me la couler douce, jouer aux échecs etc. Une fois, j’avais cherché sur le poste radio et trouvé de la musique un peu plus intéressante, on m’avait immédiatement reproché d’avoir mis la radio sur un poste turc ! Je pensais « payer » mon accueil par la bonne compagnie que j’offrais, mais il était clair que je n’étais en fait qu’un pique-assiette et que je n’allais pas rester longtemps le bienvenu. De plus, je commençais à m’ennuyer, je trouvais ces gens trop bourgeois à mon goût. J’étais donc prêt à repartir. La route vers l’est était bien sûr fermée, du coup je m’étais dit que peut-être je pouvais aller dans les îles grecques et de là passer en Turquie quand cette vilaine affaire se serait tassée.
Je m’étais retrouvé à camper sur l’île de Chios, dans la mer Égée, sur le terrain derrière un petit hôtel familial. Les gens étaient d’une très grande gentillesse et avaient le cœur sur la main. Ils m’avaient pris en affection, s’amusaient de mon installation précaire au milieu des cailloux et des buissons, m’offraient le matin un grand bol de lait de chèvre chaud, pouah !, mais au moins j’avais quelque chose dans le ventre et gratis. Plus tard dans la journée, quand je revenais de ballade, il y avait toujours quelques hommes et femmes attablés sur la terrasse devant l’hôtel, et on m’invitait régulièrement à boire un petit ouzo avec eux: « Ouzo ennaki ! », ou était-ce « Enno ouzaki » ?, disaient-ils en rigolant, le verre porté haut en l’air. Un vieil homme qui vivait dans une masure au bord de la plage m’avait aussi invité à boire un coup et j’avais eu beaucoup de mal à le dissuader de tuer un poulet pour me faire à manger. Je ne connaissais pas un mot de Grec, mais j’essayais de baragouiner un peu. Je me rappelle quelques mots seulement : « nero », « krassi », « kannavi », « evkharisto poli », « parakallo ». Je trouvais cette langue tout à fait splendide. J’ai lu, bien plus tard, quelques très bons livres sur les anciens grecs, qui me fascinent et dont on ne dit pas assez à quel point ils ont transmis des éléments fondamentaux de la civilisation occidentale. On dit que le Grec est une langue indo-européenne, mais il est très probable qu’il y a dans cette langue, ancienne aussi bien que moderne, des sous-strates linguistiques qui précèdent la surface indo-européenne. Mais assez dit sur le sujet, que d’autres connaîtront bien mieux que moi. Je serai heureux, bien sûr, d’entamer une discussion sur la Grèce antique. Une chose dont je me souviens, c’est que Chios passe pour être le pays d’origine de Homère.
La nuit, on voyait les lumières de Çesme, en Turquie (prononcer « Tcheshmé »). Ce n’était vraiment pas loin, à quelques kilomètres, mais il était bien sûr impossible d’y aller. Les gens de l’île étaient effrayés par les Turcs si proches. Ils disaient « plus jamais, nous ne parlerons à ces gens ! ». Il n’y avait presque aucun touriste sur l’île, peut-être à cause de son éloignement, au nord, par rapport aux autres îles grecques, ou à cause de la guerre. Au bout de quelques jours, comme il était évident que ma route vers l’est n’allait pas passer par Çesme, j’étais revenu à Athènes. C’est peut-être sur le bateau ou sur le port que j’avais rencontré un Suisse Allemand avec lequel j’allais faire quelques jours de route, et que je vais appeler Peter pour faute de mieux. Si je me rappelle bien, il travaillait pour une organisation internationale, peut-être pour une branche de l’ONU. En tout cas, il connaissait très bien la région et se débrouillait assez bien en Grec, et comme j’avais pu m’en rendre compte par la suite, en Turc également. Il était plein de son expérience récente à Chypres, dont il revenait, où le gros du conflit entre les Grecs et les Turcs avait fait rage. C’est avec lui et peut-être un autre compagnon de fortune que j’avais pris le train pour remonter vers le nord de la Grèce, car on venait d’annoncer un armistice et nous avions eu écho que la frontière avec la Turquie était maintenant ouverte.
Sur des tronçons entiers de l’autoroute qui longeait la voie ferrée, les pylônes avaient été coupés ras, pour paraît-il permettre aux avions d’atterrir. Le soir, nous étions aux abords de la frontière, et nous pouvions entrevoir dans la pénombre des concentrations de troupes dans la campagne. Le train n’avait alors plus que deux fourgons, car il n’y avait que quelques voyageurs, une vingtaine au plus pour continuer vers la Turquie dans ce premier train qui passait la frontière depuis le commencement des combats. Immédiatement après avoir passé la frontière, des soldats turcs bien armés étaient montés et passaient le train au peigne fin. Plus intéressant, deux ou trois Turcs en civil, costume-cravatte, venaient s’asseoir pour bavarder avec les voyageurs. Celui qui s’installa dans mon compartiment nous offrit des cigarettes, passa de l’anglais à l’allemand quand il apprit de Peter qu’il était Suisse Allemand, puis échangea quelques mots en français assez correct avec moi. Il avait l’air très à l’aise, et je n’aurais pas été étonné, si un de nos compagnons avait été Hongrois ou Espagnol, qu’il passât facilement à leurs langues respectives. Il nous demanda si nous avions vu des mouvements de troupes du côté grec. Bien sûr, nous ne dirent pas un mot, allégeant d’avoir dormi à la tombée de la nuit. La conversation était polie et plaisante, mais il était hors de question que nous entrions dans le jeu des services de renseignements turcs.
« Suite au prochain numéro ! »
C’est une évidence que le « net », du fait qu’on peut y garder son anonymat, ouvre des portes nouvelles à la communication. Un forum de voyage est le site idéal pour raconter mon aventure: elle a été aussi bien un voyage dans une contrée exotique qu’un voyage psychologique. Je pourrais écrire pour ma propre satisfaction, celle de replonger dans mes souvenirs, et pourquoi aurais-je besoin d’en faire part à d’autres, surtout à des inconnus ? Mais écrire pour un public force à la concentration, et on devient plus exigeant avec soi-même. C’est pour cela donc que je vais maintenant tenter de pêcher dans les eaux profondes de ma mémoire, et offrir mes prises sur les étals de VF.
Quelques amis autour de moi avaient été en Inde, au Népal ou dans d’autres pays de cette région, et en parlaient avec émerveillement. Je brûlais de rejoindre le club de ces voyageurs et de moi aussi partir à la découverte. J’avais fait un premier voyage de France vers l’Inde, ou pour être plus exact dans la direction de l’Inde, que j’avais poussé jusqu’en Afghanistan. C’était pendant les vacances d’été, entre mes études. L’Afghanistan m’avait tellement plu que, de retour en France, je n’avais qu’une idée en tête : repartir et pousser plus loin le plus tôt possible. Ayant économisé au maximum pendant toute une année, sur mes très faibles rentrées d’argent, je pouvais me payer un aller-retour Paris-Kaboul avec Aryana Afghan Airlines, pour reprendre ma route là où j’avais dû l’interrompre l’année d’avant.
Bien que mon aventure se soit déroulée au Pakistan, il faut que je commence par mon premier voyage vers l’est, une mise en scène, disons. Cela intéressera peut-être ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, et cela rappellera sans aucun doute bien des choses à ceux qui comme moi y ont été.
En Grèce J’avais fait de l’auto-stop à partir de Strasbourg. Allemagne du sud, Autriche, Yougoslavie. J’avais trouvé ce pays plutôt misérable, surtout après avoir passé Belgrade. Des images tirées de Tintin chez les Soviets me revenaient à l’esprit. Je marchais dans les faubourgs de Nis, qui est maintenant je crois la capitale de la Macédoine, où il n’y avait qu’un trafic léger de quelques bagnoles et de carrioles tirées par des chevaux. La nuit tombait et il n’y avait que quelques maigres loupiotes pour éclairer la route. J’avais acheté un pain dans une boulangerie, qui était loin d’avoir le pimpant d’une boulangerie française. Les hommes qui faisaient la queue ne m’avaient pas jeté un coup d’œil, je n’étais probablement qu’un va-nu-pieds comme tant d’autres et ne dépareillais pas trop. Le pain était infâme, dur et avec du gravillon mélangé à la farine. Mais j’avais, pour quelques sous, quelque chose dans le ventre.
Après une semaine de voyage, j’arrivais à la frontière de la Grèce. Il n’y avait qu’une douzaine de véhicules sortant de Yougoslavie pour entrer en Grèce, contre des centaines dans le sens contraire. La guerre entre la Turquie et la Grèce avait été déclarée le jour-même. Peu importe, j’avais été pris par des Français qui tenaient absolument à aller en Grèce, qu’ils connaissaient bien et qu’ils aimaient. Deux jours plus tard, je m’étais retrouvé à Athènes, et je ne me rappelle plus comment mais ayant fait la connaissance d’un Américain qui allait retrouver des amis de famille (pas des grecs), je l’avais accompagné et j’avais passé deux jours dans leur villa aux abords de la ville, à me la couler douce, jouer aux échecs etc. Une fois, j’avais cherché sur le poste radio et trouvé de la musique un peu plus intéressante, on m’avait immédiatement reproché d’avoir mis la radio sur un poste turc ! Je pensais « payer » mon accueil par la bonne compagnie que j’offrais, mais il était clair que je n’étais en fait qu’un pique-assiette et que je n’allais pas rester longtemps le bienvenu. De plus, je commençais à m’ennuyer, je trouvais ces gens trop bourgeois à mon goût. J’étais donc prêt à repartir. La route vers l’est était bien sûr fermée, du coup je m’étais dit que peut-être je pouvais aller dans les îles grecques et de là passer en Turquie quand cette vilaine affaire se serait tassée.
Je m’étais retrouvé à camper sur l’île de Chios, dans la mer Égée, sur le terrain derrière un petit hôtel familial. Les gens étaient d’une très grande gentillesse et avaient le cœur sur la main. Ils m’avaient pris en affection, s’amusaient de mon installation précaire au milieu des cailloux et des buissons, m’offraient le matin un grand bol de lait de chèvre chaud, pouah !, mais au moins j’avais quelque chose dans le ventre et gratis. Plus tard dans la journée, quand je revenais de ballade, il y avait toujours quelques hommes et femmes attablés sur la terrasse devant l’hôtel, et on m’invitait régulièrement à boire un petit ouzo avec eux: « Ouzo ennaki ! », ou était-ce « Enno ouzaki » ?, disaient-ils en rigolant, le verre porté haut en l’air. Un vieil homme qui vivait dans une masure au bord de la plage m’avait aussi invité à boire un coup et j’avais eu beaucoup de mal à le dissuader de tuer un poulet pour me faire à manger. Je ne connaissais pas un mot de Grec, mais j’essayais de baragouiner un peu. Je me rappelle quelques mots seulement : « nero », « krassi », « kannavi », « evkharisto poli », « parakallo ». Je trouvais cette langue tout à fait splendide. J’ai lu, bien plus tard, quelques très bons livres sur les anciens grecs, qui me fascinent et dont on ne dit pas assez à quel point ils ont transmis des éléments fondamentaux de la civilisation occidentale. On dit que le Grec est une langue indo-européenne, mais il est très probable qu’il y a dans cette langue, ancienne aussi bien que moderne, des sous-strates linguistiques qui précèdent la surface indo-européenne. Mais assez dit sur le sujet, que d’autres connaîtront bien mieux que moi. Je serai heureux, bien sûr, d’entamer une discussion sur la Grèce antique. Une chose dont je me souviens, c’est que Chios passe pour être le pays d’origine de Homère.
La nuit, on voyait les lumières de Çesme, en Turquie (prononcer « Tcheshmé »). Ce n’était vraiment pas loin, à quelques kilomètres, mais il était bien sûr impossible d’y aller. Les gens de l’île étaient effrayés par les Turcs si proches. Ils disaient « plus jamais, nous ne parlerons à ces gens ! ». Il n’y avait presque aucun touriste sur l’île, peut-être à cause de son éloignement, au nord, par rapport aux autres îles grecques, ou à cause de la guerre. Au bout de quelques jours, comme il était évident que ma route vers l’est n’allait pas passer par Çesme, j’étais revenu à Athènes. C’est peut-être sur le bateau ou sur le port que j’avais rencontré un Suisse Allemand avec lequel j’allais faire quelques jours de route, et que je vais appeler Peter pour faute de mieux. Si je me rappelle bien, il travaillait pour une organisation internationale, peut-être pour une branche de l’ONU. En tout cas, il connaissait très bien la région et se débrouillait assez bien en Grec, et comme j’avais pu m’en rendre compte par la suite, en Turc également. Il était plein de son expérience récente à Chypres, dont il revenait, où le gros du conflit entre les Grecs et les Turcs avait fait rage. C’est avec lui et peut-être un autre compagnon de fortune que j’avais pris le train pour remonter vers le nord de la Grèce, car on venait d’annoncer un armistice et nous avions eu écho que la frontière avec la Turquie était maintenant ouverte.
Sur des tronçons entiers de l’autoroute qui longeait la voie ferrée, les pylônes avaient été coupés ras, pour paraît-il permettre aux avions d’atterrir. Le soir, nous étions aux abords de la frontière, et nous pouvions entrevoir dans la pénombre des concentrations de troupes dans la campagne. Le train n’avait alors plus que deux fourgons, car il n’y avait que quelques voyageurs, une vingtaine au plus pour continuer vers la Turquie dans ce premier train qui passait la frontière depuis le commencement des combats. Immédiatement après avoir passé la frontière, des soldats turcs bien armés étaient montés et passaient le train au peigne fin. Plus intéressant, deux ou trois Turcs en civil, costume-cravatte, venaient s’asseoir pour bavarder avec les voyageurs. Celui qui s’installa dans mon compartiment nous offrit des cigarettes, passa de l’anglais à l’allemand quand il apprit de Peter qu’il était Suisse Allemand, puis échangea quelques mots en français assez correct avec moi. Il avait l’air très à l’aise, et je n’aurais pas été étonné, si un de nos compagnons avait été Hongrois ou Espagnol, qu’il passât facilement à leurs langues respectives. Il nous demanda si nous avions vu des mouvements de troupes du côté grec. Bien sûr, nous ne dirent pas un mot, allégeant d’avoir dormi à la tombée de la nuit. La conversation était polie et plaisante, mais il était hors de question que nous entrions dans le jeu des services de renseignements turcs.
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Rajasthan 2008 English translation pending
Ce n'est qu'un carnet de plus sur cette région, juste une expérience, un ressenti, un petit partage en échange de toutes les infos que j'ai pu avoir ici.
Passer du Ladakh au Radjasthan est une drôle d'expérience. C'est peut-être pour cela que j'avais autant de mal à me mettre à ce carnet. On ne passe pas de frontière entre les deux, on reste dans le même pays ... mais on change de monde.
Le survol de Delhi à bord de ce petit avion est impressionnant. On voit une ville gigantesque, avec des quartiers qui semblent extrêmement différents. Parfois de larges avenues, puis des quartiers très resserrés sur eux-mêmes, des hautes tours, des maisons basses et d’autres abris difficiles à caractériser. L’arrivée est fidèle à ce qu’on imaginait. Une chaleur humide et étouffante, beaucoup de monde … la transition avec le Ladakh est immédiate. Un taxi prépaid nous emmène à travers la ville par de grands boulevards de verdure et des embouteillages dignes du périph à 18h. Faut dire qu’il est 8h30 du matin et que bon nombre d’indiens partent au boulot. De superbes voitures climatisées côtoient des vélos de fortune, spectacle habituel dans ces villes. On finit par arriver au quartier des réfugiés tibétains tout au nord de Delhi. Le taxi nous dépose au bord d’une immense avenue et on s’enfonce dans un dédale de ruelles en demandant 25 fois notre chemin. Curieuse impression, on se sent revenu au Ladakh. Moulins à prières, bonzes … ces visages nous semblent familiers.
La GH enfin trouvée, on gagne notre chambre qui possède une minuscule fenêtre donnant sur un mur à 1 m de distance. C’est calme (croit-on), c’est propre … c’est parfait. Petit mail de notre cadette qui se trouve aussi à Delhi et qu’on est sensé retrouver. Elle vient d’arriver, mais on n’en sait guère plus. Elle nous tiendra au courant dans la journée. Ne reste plus qu’à repartir à l’assaut de la ville. On nous dit que le métro est à 5mn à pied, c’est parti. Soit leurs jambes sont deux fois plus longues que les notre, soit ils y vont en courant. C’est 30mn après, le visage dégoulinant sous un soleil écrasant qu’on arrive à la station. Rarement vu un métro aussi propre et reluisant. Spacieux, presque désert. Il faudra s’habituer à la fouille systématique à l’entrée du métro, les filles d’un côté, les garçons de l’autre, et ce quel que soit le monde. Les policiers, armes sous le bras, sont vigilants.
Station Shandi Chowk, le choc. Bruit, business, crasses, trottoirs à pièges … on nous regarde curieusement. On se trouve au milieu d’un quartier très populaire. Pas un touriste en vue, mais finalement, ce n’est pas plus mal, on finit par se fondre au milieu de la foule. Déjeuner rapide à l’étage d’un algéco. Un pauvre ventilateur brasse de l’air chaud, au menu, plat unique qui nous mettra le feu à la bouche. Le premier contact avec cette Inde est tonique. Même pays que le Ladakh, et pourtant … on n’avait pas vu dans le nord autant d’handicapés sur le trottoirs ou de sollicitations de rickshaws, on pouvait marcher longtemps sans que personne ne nous adresse la parole. Petit tour au Fort Rouge érigé par les Moghols, jolies perspectives des fastes du 17ème siècle. Avant de rentrer, on finira par s’y habituer, fouille des sacs, passage aux détecteurs à métaux, les mains glissent sur le corps rapidement mais efficacement. Ce qui reste des jardins est décevant. Bien qu’ayant gardé leur forme symétrique démontrant un esprit rigoureux, les bassins et les canaux vides leur donnent un air triste, la variété des végétaux en place est maigre. On peut imaginer l’importance du budget accordé à la rénovation des bâtiments, et la verdure reste sans doute secondaire. A l’intérieur des bâtiments, tout ce qui était précieux a disparu, mais on peut imaginer facilement l’extrême richesse des lieux il y a quelques siècles. Beaucoup de visiteurs indiens, et comme pour eux l’entrée est faible, ce lieu est manifestement devenu un but de balade, surtout que les petites échoppes sous les arcades blanches contrastant avec l’ocre du reste qui mènent à Lahore Gate ne laissent pas insensible.
On retrouve un Internet en sortant. Message rapide de Camille qui nous dit juste : RDV ce soir compliqué, M. est à l’hôpital, je suis à la GH Namaskar au Main Bazard. Plus qu’une chose à faire, essayer de les retrouver. Rickchaw rapidement négocié, et le chauffeur doit lire notre inquiétude dans nos yeux, sa conduite est digne de celle d’un rallye et sans aucun accrochage. Impensable de mettre la main hors du véhicule, on se la ferait arracher aussitôt par un autre rikchaw, une voiture, un vélo, un cyclo-pousse ou une moto. On se frôle, on s’évite, on se passe devant, on se faufile … 100 fois on pense que la collision sera inévitable … les bruit des klaxonnes est intense … la conduite indienne. Arrivée à l’entrée du quartier, le conducteur ne veut pas y aller, il n’aime pas cet endroit. C’est vrai que c’est assez crasseux, ça grouille de partout, l’odeur est parfois insoutenable … mais une ambiance particulière qu’on aime bien s’en dégage. Pour repérer la petite rue qui donne sur la GH, c’est simple, un geste réflexe et inconscient qui fait se boucher les narines se met en place. Il faut tourner à droite, juste devant les latrines. Les effluves sont épouvantables. Arrivés au Namaskar, le gérant nous dit seulement que les deux filles sont absentes, et que l’une d’entre semble être vraiment mal en point. Il nous indique l’endroit où se trouve en fait non pas l’hôpital, mais le dispensaire. Trois rues plus loin, on se retrouve devant l’entrée d’une bâtisse qui n’est plus de toute fraîcheur. A l’intérieur, le Dr Pantchouli nous accueille avec un grand sourire. C’est un homme chaleureux, bienveillant qui donne confiance. Il nous explique que M. est totalement déshydratée. Après analyse de sang, il l’a mise sous perfusion en la dopant au maximum et pense que d’ici le lendemain, elle devrait aller mieux. On lui fait une petite visite. Elle est toute palote, la perf dans le bras, dans cette petite pièce où on peut voir toutes les couleurs des différentes couches de peintures étalées au fil des ans sur les murs. L’endroit est vieillot, mais nickel. Camille est partie se balader dans le quartier et elle reviendra vers 20h. Impatients de la voir, on part à sa recherche. Drôle d’impression que de chercher notre fille au milieu de cette foule colorée. On yeute, on observe, on regarde … on pense la voir parfois, mais non. Et tout d’un coup, derrière nous, une voix familière s’écrie : « Mes chouchous ». Yaooouuuu !!!! Notre Camille. Toute amaigrie, les yeux fatigués … mais heureuse. Difficile d’imaginer l’émotion qu’on a eu, dans cette ville à l’autre bout du monde où rien de nous est familier, de retrouver celle qui était encore il y a peu de temps notre petite.
Elle nous raconte leur périple en bus pour aller à Katmandou, les barrages sur la route, les backshishs à tout va, les émeutes dans les villages … et en même temps l’atmosphère calme et paisible du Népal, les gens adorables et accueillants. Elle nous raconte surtout leur dernière nuit dans ce train bourré de monde, ou M. était malade comme tout, chaque goutte d’eau absorbée repartait aussitôt, la fièvre montait … et l’inquiétude aussi. Mais Camille nous raconte tout ça comme si elle avait déjà pris un certain recul, comme si cela faisait partie de toute façon des risques du voyage et que rien n’est vraiment grave. Je vous dis pas la fierté qu’on avait à voir notre « petite routarde » se débrouiller aussi bien. On passera le reste de la soirée à papoter un long moment au dispensaire avec M. qui en est à sa 6ème perfusion et Camille sous le ventilo qui tourne à fond … et dans le métro qui nous ramenait au quartier Tibétain, sûre que les gens se demandaient pourquoi nos yeux brillaient autant.






Passer du Ladakh au Radjasthan est une drôle d'expérience. C'est peut-être pour cela que j'avais autant de mal à me mettre à ce carnet. On ne passe pas de frontière entre les deux, on reste dans le même pays ... mais on change de monde.
Le survol de Delhi à bord de ce petit avion est impressionnant. On voit une ville gigantesque, avec des quartiers qui semblent extrêmement différents. Parfois de larges avenues, puis des quartiers très resserrés sur eux-mêmes, des hautes tours, des maisons basses et d’autres abris difficiles à caractériser. L’arrivée est fidèle à ce qu’on imaginait. Une chaleur humide et étouffante, beaucoup de monde … la transition avec le Ladakh est immédiate. Un taxi prépaid nous emmène à travers la ville par de grands boulevards de verdure et des embouteillages dignes du périph à 18h. Faut dire qu’il est 8h30 du matin et que bon nombre d’indiens partent au boulot. De superbes voitures climatisées côtoient des vélos de fortune, spectacle habituel dans ces villes. On finit par arriver au quartier des réfugiés tibétains tout au nord de Delhi. Le taxi nous dépose au bord d’une immense avenue et on s’enfonce dans un dédale de ruelles en demandant 25 fois notre chemin. Curieuse impression, on se sent revenu au Ladakh. Moulins à prières, bonzes … ces visages nous semblent familiers.
La GH enfin trouvée, on gagne notre chambre qui possède une minuscule fenêtre donnant sur un mur à 1 m de distance. C’est calme (croit-on), c’est propre … c’est parfait. Petit mail de notre cadette qui se trouve aussi à Delhi et qu’on est sensé retrouver. Elle vient d’arriver, mais on n’en sait guère plus. Elle nous tiendra au courant dans la journée. Ne reste plus qu’à repartir à l’assaut de la ville. On nous dit que le métro est à 5mn à pied, c’est parti. Soit leurs jambes sont deux fois plus longues que les notre, soit ils y vont en courant. C’est 30mn après, le visage dégoulinant sous un soleil écrasant qu’on arrive à la station. Rarement vu un métro aussi propre et reluisant. Spacieux, presque désert. Il faudra s’habituer à la fouille systématique à l’entrée du métro, les filles d’un côté, les garçons de l’autre, et ce quel que soit le monde. Les policiers, armes sous le bras, sont vigilants.
Station Shandi Chowk, le choc. Bruit, business, crasses, trottoirs à pièges … on nous regarde curieusement. On se trouve au milieu d’un quartier très populaire. Pas un touriste en vue, mais finalement, ce n’est pas plus mal, on finit par se fondre au milieu de la foule. Déjeuner rapide à l’étage d’un algéco. Un pauvre ventilateur brasse de l’air chaud, au menu, plat unique qui nous mettra le feu à la bouche. Le premier contact avec cette Inde est tonique. Même pays que le Ladakh, et pourtant … on n’avait pas vu dans le nord autant d’handicapés sur le trottoirs ou de sollicitations de rickshaws, on pouvait marcher longtemps sans que personne ne nous adresse la parole. Petit tour au Fort Rouge érigé par les Moghols, jolies perspectives des fastes du 17ème siècle. Avant de rentrer, on finira par s’y habituer, fouille des sacs, passage aux détecteurs à métaux, les mains glissent sur le corps rapidement mais efficacement. Ce qui reste des jardins est décevant. Bien qu’ayant gardé leur forme symétrique démontrant un esprit rigoureux, les bassins et les canaux vides leur donnent un air triste, la variété des végétaux en place est maigre. On peut imaginer l’importance du budget accordé à la rénovation des bâtiments, et la verdure reste sans doute secondaire. A l’intérieur des bâtiments, tout ce qui était précieux a disparu, mais on peut imaginer facilement l’extrême richesse des lieux il y a quelques siècles. Beaucoup de visiteurs indiens, et comme pour eux l’entrée est faible, ce lieu est manifestement devenu un but de balade, surtout que les petites échoppes sous les arcades blanches contrastant avec l’ocre du reste qui mènent à Lahore Gate ne laissent pas insensible.
On retrouve un Internet en sortant. Message rapide de Camille qui nous dit juste : RDV ce soir compliqué, M. est à l’hôpital, je suis à la GH Namaskar au Main Bazard. Plus qu’une chose à faire, essayer de les retrouver. Rickchaw rapidement négocié, et le chauffeur doit lire notre inquiétude dans nos yeux, sa conduite est digne de celle d’un rallye et sans aucun accrochage. Impensable de mettre la main hors du véhicule, on se la ferait arracher aussitôt par un autre rikchaw, une voiture, un vélo, un cyclo-pousse ou une moto. On se frôle, on s’évite, on se passe devant, on se faufile … 100 fois on pense que la collision sera inévitable … les bruit des klaxonnes est intense … la conduite indienne. Arrivée à l’entrée du quartier, le conducteur ne veut pas y aller, il n’aime pas cet endroit. C’est vrai que c’est assez crasseux, ça grouille de partout, l’odeur est parfois insoutenable … mais une ambiance particulière qu’on aime bien s’en dégage. Pour repérer la petite rue qui donne sur la GH, c’est simple, un geste réflexe et inconscient qui fait se boucher les narines se met en place. Il faut tourner à droite, juste devant les latrines. Les effluves sont épouvantables. Arrivés au Namaskar, le gérant nous dit seulement que les deux filles sont absentes, et que l’une d’entre semble être vraiment mal en point. Il nous indique l’endroit où se trouve en fait non pas l’hôpital, mais le dispensaire. Trois rues plus loin, on se retrouve devant l’entrée d’une bâtisse qui n’est plus de toute fraîcheur. A l’intérieur, le Dr Pantchouli nous accueille avec un grand sourire. C’est un homme chaleureux, bienveillant qui donne confiance. Il nous explique que M. est totalement déshydratée. Après analyse de sang, il l’a mise sous perfusion en la dopant au maximum et pense que d’ici le lendemain, elle devrait aller mieux. On lui fait une petite visite. Elle est toute palote, la perf dans le bras, dans cette petite pièce où on peut voir toutes les couleurs des différentes couches de peintures étalées au fil des ans sur les murs. L’endroit est vieillot, mais nickel. Camille est partie se balader dans le quartier et elle reviendra vers 20h. Impatients de la voir, on part à sa recherche. Drôle d’impression que de chercher notre fille au milieu de cette foule colorée. On yeute, on observe, on regarde … on pense la voir parfois, mais non. Et tout d’un coup, derrière nous, une voix familière s’écrie : « Mes chouchous ». Yaooouuuu !!!! Notre Camille. Toute amaigrie, les yeux fatigués … mais heureuse. Difficile d’imaginer l’émotion qu’on a eu, dans cette ville à l’autre bout du monde où rien de nous est familier, de retrouver celle qui était encore il y a peu de temps notre petite.
Elle nous raconte leur périple en bus pour aller à Katmandou, les barrages sur la route, les backshishs à tout va, les émeutes dans les villages … et en même temps l’atmosphère calme et paisible du Népal, les gens adorables et accueillants. Elle nous raconte surtout leur dernière nuit dans ce train bourré de monde, ou M. était malade comme tout, chaque goutte d’eau absorbée repartait aussitôt, la fièvre montait … et l’inquiétude aussi. Mais Camille nous raconte tout ça comme si elle avait déjà pris un certain recul, comme si cela faisait partie de toute façon des risques du voyage et que rien n’est vraiment grave. Je vous dis pas la fierté qu’on avait à voir notre « petite routarde » se débrouiller aussi bien. On passera le reste de la soirée à papoter un long moment au dispensaire avec M. qui en est à sa 6ème perfusion et Camille sous le ventilo qui tourne à fond … et dans le métro qui nous ramenait au quartier Tibétain, sûre que les gens se demandaient pourquoi nos yeux brillaient autant.






De retour du Sirenis La Salina le 30 janvier! English translation pending
Bonjour,
Je suis fraichement revenu de mon trop court séjour à Varadero, donc comme promis je vous donne mes commentaires sur cette hotel.
Accueil: C'est la premiere fois que je vis un accueil comme celui-ci, habituellement ont passe directement au lobby mais la on s'est retrouvé toute la gang dans une petite salle, pour remplir un papier (ca c'est correct car on a pas besoin de laisser notre passeport) par la suite on doit attendre que la femme donne ses explications en francais et en anglais (la parcontre j'ai trouvé ca long, car attendre dans l'avion, attendre à l'aéroport, attendre d'avoir nos valises.......bref j'en pourvais plus d'attendre, je me sentais comme un petite fille qui avait hâte d'aller me promener sur le site) et une chance que nous avions une amie qui était venu quelque semaine avant car on se sentais un peu déboussoler, on devait laisser nos valise à l'extérieur, on savais pas trop après qui on attendait...... donc je me sentais un peu impatiente de toute cette attente!! Donc arrivé à midi et comme d'habitude les chambres sont pas prète, mais ca c'est correct car c'est comme ca dans tout les hotels en haute saison!!!
Chambre: Très propre, très grande et tres bien décoré. tous ont un petit balcon, nous avions toujours de l'eau de la bière et des liqueurs dans le frigo. Le séchoir fonctionne très bien jai pas eu à me servir du mien!!! Les femmes de ménages passe tôt et sont très gentille. C'est soit un trrrrrrrès grand lit ou deux lits 3/4.......
Site: BEAUCOUP trop grand pour moi.........mettons du lobby à la plage c'est 15 minutes de marche.......wow........et oui c'est vrai qu'il offre un service de voiturette mais la pour moi c'était inutile.....car soit qu'elles étaient pleine, soit qu'elles était jamais dans le bons sens, et on passait notre temps à devoir se tasser et marcher dans le gazon pour laisser passer les voiturettes.....vraiment très déplaisant pour moi........il aurait dû faire un sentier pour les voiturettes et un pour les gens qui marche.....ça c'est mon plus gros point négatif, d'avoir constamment les voiturettes dans le derrière!!!! Par contre tout est propre, et tout est beau....les scupltures, les fontaines, le piano bar, les jolis sentier.....donc ca je peux donner 4/5 pour la propreter du site, mais 2/5 pour le côté pratique!
Piscine: Ce sont de loin les plus belles piscines que j'ai vu, la tranquille avec son bar et ses chaises avec des gros coussins et celle ou il y a l'animation, les glissades d'eau (attention au plus de 160 lbs vous risque de rester pris dedans!!!), la grotte avec son bar en dessous et son snack bar avec vue sur la piscine.....selon moi 5/5!!
Plage: Ce n'est pas la plus belle plage de Varadeo mais pas la pire non plus........le sable est moins fin et moins blanc que ceux du coté du Iberostar Varadero, mais l'eau est aussi turquoise, et la plage est large, j'en ai vu on ils ont été completement mangé par les vagues.....comme ceux près du Paradius ou l'Arenas Doradas, la plage est beacoup moins belle, des roches sur le sable et pas très large.
Buffet : Pour moi un autre point un peu négatif, c'est arrivé qu'il manquait d'assiette le soir, le matin arrivé tôt, car vous allez manquer de bacon, de jus et de verre.....une chance qu'on peut déjeuner et diner au resto près de la plage, plus petit mais on moins on manquait pas de grand chose comme au buffet. Je sentais la pression d'aller déjeuner et souper tôt car je ne voulais pas me retrouver en manque de stock. C'est pour moi beaucoup trop grand et beaucoup trop de monde, "line up" assuré pour les pates, le poisson et le poulet!
Resto à la carte: Moi j'ai fait le cubain et le français. Le Cubain était très bon, assiette bien remplit, choix variés, moi j'ai pris le poulet mariné, mais faites attention je m'attendais à une poitrine de poulet mariné mais c'est en fait une poitrine de poulet frit..........mais quand même très excellente!!! J'avais pas oser prendre les soupe mais j'aurais dû, alors j'ai profiter que quelqu'un se lève dans mon groupe pour lui voler son assiette et j'avoue qu'elle était très bonne!!!! hihih...Pour le resto francais, apporter votre polar, l'air climatiser est au max, alors il fait trrès froid, comme entrée j'ai pris les vol au vent au champignon et j'ai pas aimé, car c'est pas des vol au vent mais un gros morceau de pain mou!! Mais ceux qui ont pris le saumon fumé comme entrée c'était très bon!! Ensuite j'ai pris le saumon comme plat principal....excellent, mais qu'elle déception pour nos amis qui ont réservé après nous il n'y en avait pu pour eux autres!!! Mais je suis resté sur mon appétit en sortant.....portion trop petite...
Spectacle La salle est immense, je me croyais au TVT à Terrebonne...je ne peux vous apporter mes vrais commentaire car j'en ai vu que deux, le cirque était très bon parcontre le romantique très ennuyant, les gens se levait un après l'autre pour partir. Les animateurs sont très discrets, donc on les voit pas beaucuop.
Température en janvier? Nous sommes arrivé avec un front froid, mais apres 2 jours nous avons retrouvé la chaleur, et le soleil que j'aime tant à Varadero. Samedi il a fait un maigre 16 (mais à Québec -32!!) parcontre à partir de dimanche nous avons grimpé à 29 beau degré et ce pour le reste de la semaine!!!!
En conclusion, si vous aimé les gros resorts rempli de monde vous avez votre hotel, mais par contre si vous êtes comme moi et aimé les petit resort plus intime ou c'est plus facile de vous faire des amis ce n'est pas l'hotel pour vous ou si vous n'aimez pas marché c'est pas l'hotel pour vous non plus!! Mais à tout ceux qui aime ca gros, vous avez trouvé votre hotel avec les 1000 chambres, ca fait facilement 2000 personnes sur le site!!!! Moi je pense bien retourné à mon Iberostar Tainos à mon prochain voyage!! Mais j'ai voyagé avec la famille de ma meilleure amie et grâce à eux j'ai eu beaucup de plaisir à faire partie de cette adorable famille qui sont les Tremblay!!! Merci pour ces beaux moment passé avec vous!!😏
Donc voilà si vous avez des questions n'hésiter pas!!
P.S. un beau bonjour à Ghislain et Linda et U2U2 qui était au Tainos et que j'ai rencontrer car j'en ai profiter pour aller voir mes amis animateur là-bas!!!
Je suis fraichement revenu de mon trop court séjour à Varadero, donc comme promis je vous donne mes commentaires sur cette hotel.
Accueil: C'est la premiere fois que je vis un accueil comme celui-ci, habituellement ont passe directement au lobby mais la on s'est retrouvé toute la gang dans une petite salle, pour remplir un papier (ca c'est correct car on a pas besoin de laisser notre passeport) par la suite on doit attendre que la femme donne ses explications en francais et en anglais (la parcontre j'ai trouvé ca long, car attendre dans l'avion, attendre à l'aéroport, attendre d'avoir nos valises.......bref j'en pourvais plus d'attendre, je me sentais comme un petite fille qui avait hâte d'aller me promener sur le site) et une chance que nous avions une amie qui était venu quelque semaine avant car on se sentais un peu déboussoler, on devait laisser nos valise à l'extérieur, on savais pas trop après qui on attendait...... donc je me sentais un peu impatiente de toute cette attente!! Donc arrivé à midi et comme d'habitude les chambres sont pas prète, mais ca c'est correct car c'est comme ca dans tout les hotels en haute saison!!!
Chambre: Très propre, très grande et tres bien décoré. tous ont un petit balcon, nous avions toujours de l'eau de la bière et des liqueurs dans le frigo. Le séchoir fonctionne très bien jai pas eu à me servir du mien!!! Les femmes de ménages passe tôt et sont très gentille. C'est soit un trrrrrrrès grand lit ou deux lits 3/4.......
Site: BEAUCOUP trop grand pour moi.........mettons du lobby à la plage c'est 15 minutes de marche.......wow........et oui c'est vrai qu'il offre un service de voiturette mais la pour moi c'était inutile.....car soit qu'elles étaient pleine, soit qu'elles était jamais dans le bons sens, et on passait notre temps à devoir se tasser et marcher dans le gazon pour laisser passer les voiturettes.....vraiment très déplaisant pour moi........il aurait dû faire un sentier pour les voiturettes et un pour les gens qui marche.....ça c'est mon plus gros point négatif, d'avoir constamment les voiturettes dans le derrière!!!! Par contre tout est propre, et tout est beau....les scupltures, les fontaines, le piano bar, les jolis sentier.....donc ca je peux donner 4/5 pour la propreter du site, mais 2/5 pour le côté pratique!
Piscine: Ce sont de loin les plus belles piscines que j'ai vu, la tranquille avec son bar et ses chaises avec des gros coussins et celle ou il y a l'animation, les glissades d'eau (attention au plus de 160 lbs vous risque de rester pris dedans!!!), la grotte avec son bar en dessous et son snack bar avec vue sur la piscine.....selon moi 5/5!!
Plage: Ce n'est pas la plus belle plage de Varadeo mais pas la pire non plus........le sable est moins fin et moins blanc que ceux du coté du Iberostar Varadero, mais l'eau est aussi turquoise, et la plage est large, j'en ai vu on ils ont été completement mangé par les vagues.....comme ceux près du Paradius ou l'Arenas Doradas, la plage est beacoup moins belle, des roches sur le sable et pas très large.
Buffet : Pour moi un autre point un peu négatif, c'est arrivé qu'il manquait d'assiette le soir, le matin arrivé tôt, car vous allez manquer de bacon, de jus et de verre.....une chance qu'on peut déjeuner et diner au resto près de la plage, plus petit mais on moins on manquait pas de grand chose comme au buffet. Je sentais la pression d'aller déjeuner et souper tôt car je ne voulais pas me retrouver en manque de stock. C'est pour moi beaucoup trop grand et beaucoup trop de monde, "line up" assuré pour les pates, le poisson et le poulet!
Resto à la carte: Moi j'ai fait le cubain et le français. Le Cubain était très bon, assiette bien remplit, choix variés, moi j'ai pris le poulet mariné, mais faites attention je m'attendais à une poitrine de poulet mariné mais c'est en fait une poitrine de poulet frit..........mais quand même très excellente!!! J'avais pas oser prendre les soupe mais j'aurais dû, alors j'ai profiter que quelqu'un se lève dans mon groupe pour lui voler son assiette et j'avoue qu'elle était très bonne!!!! hihih...Pour le resto francais, apporter votre polar, l'air climatiser est au max, alors il fait trrès froid, comme entrée j'ai pris les vol au vent au champignon et j'ai pas aimé, car c'est pas des vol au vent mais un gros morceau de pain mou!! Mais ceux qui ont pris le saumon fumé comme entrée c'était très bon!! Ensuite j'ai pris le saumon comme plat principal....excellent, mais qu'elle déception pour nos amis qui ont réservé après nous il n'y en avait pu pour eux autres!!! Mais je suis resté sur mon appétit en sortant.....portion trop petite...
Spectacle La salle est immense, je me croyais au TVT à Terrebonne...je ne peux vous apporter mes vrais commentaire car j'en ai vu que deux, le cirque était très bon parcontre le romantique très ennuyant, les gens se levait un après l'autre pour partir. Les animateurs sont très discrets, donc on les voit pas beaucuop.
Température en janvier? Nous sommes arrivé avec un front froid, mais apres 2 jours nous avons retrouvé la chaleur, et le soleil que j'aime tant à Varadero. Samedi il a fait un maigre 16 (mais à Québec -32!!) parcontre à partir de dimanche nous avons grimpé à 29 beau degré et ce pour le reste de la semaine!!!!
En conclusion, si vous aimé les gros resorts rempli de monde vous avez votre hotel, mais par contre si vous êtes comme moi et aimé les petit resort plus intime ou c'est plus facile de vous faire des amis ce n'est pas l'hotel pour vous ou si vous n'aimez pas marché c'est pas l'hotel pour vous non plus!! Mais à tout ceux qui aime ca gros, vous avez trouvé votre hotel avec les 1000 chambres, ca fait facilement 2000 personnes sur le site!!!! Moi je pense bien retourné à mon Iberostar Tainos à mon prochain voyage!! Mais j'ai voyagé avec la famille de ma meilleure amie et grâce à eux j'ai eu beaucup de plaisir à faire partie de cette adorable famille qui sont les Tremblay!!! Merci pour ces beaux moment passé avec vous!!😏
Donc voilà si vous avez des questions n'hésiter pas!!
P.S. un beau bonjour à Ghislain et Linda et U2U2 qui était au Tainos et que j'ai rencontrer car j'en ai profiter pour aller voir mes amis animateur là-bas!!!
De Nice à Phnom Penh en traction et caravane de 1953 English translation pending
De Nice à Phnom Penh par la route de la soie sur les traces de Marco Polo
Un raid de Solidarité et d’Espoir du 30 aout 2009 au 09 novembre 2009
Ce raid est organisé par l’Association Avenir Soleil qui intervient au Cambodge auprès des enfants les plus démunis et de leurs familles depuis 2002. Le programme de l’Association a comme fondement la définition qu’en donne l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé - : Gîte ; Couvert ; Culture ; c’est-à-dire les éléments constitutifs d’une action et d’une politique de santé.
Pour ses actions de solidarité cette Association a été plusieurs fois honorée. Norbert Pallier, son président/ fondateur a reçu en 2003 le Grand Prix du Bénévolat Social et Humanitaire de la ville de Nice ainsi que les Palmes d’Argent Nationale du Bénévolat en Juillet 2008.
Cette aventure au service de la solidarité est également un défi contre le diabète et le cancer dont ont été atteints l’organisateur et le coordinateur technique de l’expédition.
Nous avons choisi des véhicules de 1953, année de l’indépendance du Cambodge afin de ne pas oublier que ce pays fut un ancien protectorat intégré à l’Indochine Française du 11 août 1863 au 09 novembre 1953.
Venez découvrir cette aventure et y participer en achetant des kilomètres sur : http://www.everyoneweb.fr/FranceCambodge/
Ce raid est organisé par l’Association Avenir Soleil qui intervient au Cambodge auprès des enfants les plus démunis et de leurs familles depuis 2002. Le programme de l’Association a comme fondement la définition qu’en donne l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé - : Gîte ; Couvert ; Culture ; c’est-à-dire les éléments constitutifs d’une action et d’une politique de santé.
Pour ses actions de solidarité cette Association a été plusieurs fois honorée. Norbert Pallier, son président/ fondateur a reçu en 2003 le Grand Prix du Bénévolat Social et Humanitaire de la ville de Nice ainsi que les Palmes d’Argent Nationale du Bénévolat en Juillet 2008.
Cette aventure au service de la solidarité est également un défi contre le diabète et le cancer dont ont été atteints l’organisateur et le coordinateur technique de l’expédition.
Nous avons choisi des véhicules de 1953, année de l’indépendance du Cambodge afin de ne pas oublier que ce pays fut un ancien protectorat intégré à l’Indochine Française du 11 août 1863 au 09 novembre 1953.
Venez découvrir cette aventure et y participer en achetant des kilomètres sur : http://www.everyoneweb.fr/FranceCambodge/
Burkina-Faso, le pays des hommes intègres English translation pending
Nous y voilà!
Cela faisait plusieurs années que cette idée de voyage humanitaire à l'étranger me trottait dans la tête. En effet, ce monde de l'humanitaire m'a toujours attiré mais, sans doute, par peur de l'inconnu, je n'osais ''sortir de ma bulle''. Et puis, finalement, je me suis lancé. Pour cette première expérience, mon choix s'est porté en faveur de l'association "Tout Le Monde Doit Bouger", au Burkina-Faso, pour une mission de trois semaines pendant laquelle je donnerai d'une part, des cours de soutien scolaire à des collégiens et d'autre part, je participerai à un programme de sensibilisation des populations locales, sur le Sida et l'hygiène. Depuis quelques mois maintenant, je prépare donc cette aventure: billets d'avion, passeport, visa, vaccins et autres précautions à prendre... Et puisque j'ai droit à 40 kg de bagages, j'emmène avec moi: - une bonne vingtaine de livres de cours et diverses fournitures scolaires gracieusement offerts par des amis et ma famille, - plus d'une centaine de plaquettes d'information et quelques 300 préservatifs masculins et féminins fournis par l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie, - des seringues, des compresses, des médicaments, du désinfectant et autres produits pharmaceutiques que m'a donnés Coralie, une amie infirmière. Et donc, nous y voilà! C'est la première fois que je pars comme ça, dans un pays aussi lointain à la rencontre d'une culture aussi différente de la mienne donc, j'appréhende un peu, forcément. Mais, en même temps, je suis très enthousiaste pour partir vivre cette aventure humaine. J'espère que tout se passera bien.
Arrivée au Burkina Mardi 5 août, 3h du matin: arrivée à l'aéroport d'Ouagadougou. Après avoir réglé les quelques formalités administratives, je gagne la sortie de l'aéroport où m'attendent deux ''blacks'' grands et costauds, l'un tenant une pancarte ''Tout Le Monde Doit Bouger''. - Bonsoir! Moi, c'est Olivier, leur dis-je en m'approchant d'eux. - Bonsoir! Moi, c'est Jacob et voici Soum. Bonne arrivée! - Merci! - Le taximan qui habituellement nous dépanne quand on reçoit des bénévoles nous a fait faux-bond alors on a dû improviser et venir en moto, m'informe Jacob. - Ok, lui répondis-je, quoi qu'un peu dubitatif sur les possibilités de transporter mes 40 kg de bagages, sur une moto. Nous traversons alors un petit groupe de jeunes gens quémandant quelque argent en échange de cartes téléphoniques et nous rejoignons nos deux motos. En regardant Soum en train d'harnacher mes valises, sur le porte-bagages d'une des motos, une soudaine angoisse d'homme blanc méfiant me submerge: - Mon Dieu! Et si je m'étais fait avoir? Me voilà, en plein milieu de la nuit, dans un pays totalement inconnu, avec deux types pas spécialement antipathiques au premier abord, mais tout autant étrangers! Où vont-ils m'emmener? Dans quelle galère me suis-je lancé? Et puis, chemin faisant, moi assis sur le siège passager derrière Jacob, le président de l'association, celui-ci me présente l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', leurs actions passées, leurs missions actuelles et leurs projets à venir. Ce discours passionné a alors pour effet de me rassurer totalement sur leurs intentions. Ce soulagement s'accompagne d'un bien-être avec cet air frais qui, en cette chaude nuit, me caresse le visage. Nous circulons dans des rues désertes, d'abord goudronnées, puis ce sont des pistes qui prennent le relais. Le long de notre chemin, les petits immeubles du centre-ville ont progressivement laissé la place aux maisons plus ou moins entretenues et finalement, nous pénétrons dans le quartier de Tanghin, un des quartiers les plus pauvres de la capitale. A ce que je peux en juger grâce à la faible lumière émise par le phare de la moto, nous semblons longer des sortes de cabanes aux briques grossièrement montées et il nous faut slalomer parfois entre quelques tas d'immondices qui jonchent le sol de notre piste défoncée par le ruissellement des eaux de pluie. L'obscurité ne me permet que de deviner la misère qui m'entoure et le choc est tout de même brutal. Tant bien que mal, nous arrivons au local de l'association où m'accueille Christian avec qui j'avais échangé quelques mails avant de venir. Il est très tard et sans épiloguer plus longtemps, il me montre le matelas sur lequel je vais dormir. Je m'allonge et malgré la chaleur, le sommeil me gagne rapidement. Demain, il fera jour...
Nassara, bonyour! La toute première fois que je me suis promené dans les rues de notre quartier, je fus très agréablement surpris par le côté ouvert et spontané des enfants. En effet, à peine sommes-nous sortis du local de l'association que, déjà, des ''gnomes'' de 5 à 10 ans s'approchent de nous pour nous serrer la main. - Nassara, bonyour! nous disent-il, avec un large sourire. Etonné par ce genre de familiarité somme toute naturelle, on m'informe que ''nassara'' veut dire ''homme blanc'', en Mooré, et que pour eux, saluer un blanc, c'est peut-être une marque de respect mais aussi et surtout une forme de jeu. Et ainsi, à chaque coin de rue, des « nassara, bonyour! » à gauche, des « nassara, bonyour! », à droite, des « nassara, bonyour! », même de loin. Parfois, pour rigoler, on s'amuse à ne pas leur répondre tout de suite. Alors, ils se mettent à nous poursuivre en criant de plus en plus fort, en s'énervant presque même à la fin, jusqu'à ce que l'on daigne répondre à leurs salutations insistantes. Et si on a le malheur (ou le bonheur!) de les croiser deux fois, trois fois, cinq fois, dans la même journée, à chaque fois, ils ne peuvent s'empêcher de crier « nassara, bonyour! » encore et encore, en nous voyant. Ils sont marrants.
Mama Africa Pour ce premier week-end au Burkina, nous décidons, Damien, Madi et moi, d'aller visiter Dori, petite ville du nord, jumelée avec Annecy-le-Vieux, cela dit en passant. Pour cela, nous devons nous lever à 5h30 du matin, et c'est à bord d'un taxi bringuebalant, une vieille Toyota verte au pare-brise fendu sur toute sa largeur, aux rétroviseurs sans miroir, aux sièges déchirés et au moteur poussif que nous rejoignons dans un premier temps, la gare d'Ouaga. Nos billets pour Dori achetés, nous embarquons alors dans un petit autocar bleu et blanc, sur le toit duquel les plus gros bagages, les vélos et parfois même des chèvres sont solidement attachés. 7H30 arrive et c'est alors parti pour 270 km et quelques 5h de route. À l'intérieur du car bondé, nous côtoyons plusieurs ''nissa-blaga'' (''africains'', en Mooré) issus apparemment de diverses classes sociales, et également deux jeunes bretonnes, Violaine et Solène, avec qui nous sympathisons facilement. La route est longue. Sous nos yeux, s'alternent des paysages faits de rocailles rouges et de prairies vertes. Nous traversons plusieurs villages dans lesquels règne toujours le même misère. Nos médias occidentaux ne nous montrent qu'une version aseptisée de cette pauvreté et il faut donc venir ici, pour se rendre compte réellement des choses. Bien sûr que je m'attendais à rencontrer un peuple vivant dans des conditions très difficiles mais je ne pouvais pas imaginer que c'était à ce point. En voyant tous ces hommes, ces femmes et ces enfants aux vêtements usés vivant à côté d'égouts à ciel ouvert et d'ordures disséminées ici ou là (pour quelqu'un qui travaille dans l'environnement comme moi, cette vision m'est parfois difficilement supportable), vous vous dites que les oiseaux préfèreraient peut-être voler sur le dos pour ne pas voir toute cette misère. Eh bien, c'est ce que font les médias occidentaux. Non, ils ne volent pas sur le dos mais ils préfèrent tout de même regarder ailleurs, sans doute, parce qu'ils pensent que le public souhaite ne pas avoir conscience de cette détresse humaine. Moi, je pense qu'au contraire, il faudrait montrer tout cela pour que chacun en acquiert une vision moins matérialiste et plus solidaire de la vie. Je me souviens de cet homme aux habits usés et crasseux assis sur le bord de la route et il m'était venu à l'esprit cette métaphore selon laquelle le Burkina Faso ne serait condamné qu'à regarder passer devant lui le car du développement et du progrès, sans pouvoir y prétendre. Et puis non! Un jour que je discutais avec Jacob de cette misère dans son pays, il me disais qu'en fait, au Burkina, il n'y a pas vraiment de classe moyenne: il existe une petite classe dirigeante très aisée et une classe sociale aux revenus beaucoup, beaucoup plus modestes. Toutefois, parmi cette classe ''inférieure'', il existe des personnes qui essaient tout de même de s'en sortir tant bien que mal, et ces personnes, ce sont essentiellement les femmes. C'est vrai qu'elles se sentent souvent plus concernées que les hommes par le sort de leurs enfants et qu'elles sont alors les plus motivées pour tenter de leur assurer un avenir plus décent. Ainsi, par exemple, à chaque arrêt de notre car, ce sont plusieurs femmes qui se jettent sur nos fenêtres ouvertes dans l'espoir de vendre aux ''riches'' voyageurs des poissons grillés, des gâteaux secs, des fruits mûrs et des boissons fraîches. Non, le Burkina n'est pas mort, et il refusera la fatalité tant qu'il y aura des mères de famille courageuses et protectrices. Il est 12h30 et nous arrivons enfin à Dori. Youssouf, notre contact, est là pour nous accueillir. Nous nous rendons tout d'abord dans une auberge pour manger un morceau et nous proposons alors à nos deux touristes bretonnes de nous accompagner dans notre visite. Pour la suite, en effet, Youssouf nous a concocté un programme pour les prochaines 24h que nous allons passer à Dori. Après donc ce repas, nous commençons par un petit passage sur le marché où nous rencontrons notamment Mohamed, un habile forgeron proposant à la vente ses colliers et bracelets finement ciselés. Et puis, histoire de nous mêler un peu plus facilement à la population locale, nous nous achetons chacun un turban. Le mien sera bleu, celui de Damien, vert, et ceux de Violaine et Solène, violet, couleur qui aura malheureusement le fâcheux inconvénient de déteindre sur la peau. Je suis sûr que vous n'avez jamais vu des bretonnes à la peau violette. Il faut aller au Burkina pour voir cela. Dans les guides touristiques, la ville de Dori est décrite comme étant l'une des ''portes du Sahel''. Pour cette raison, nous ne pouvions donc pas échapper à la traditionnelle promenade à dos de dromadaire, première expérience pour moi, avec ce genre de monture. Et j'ai adoré. Les fesses de Damien peut-être un peu moins! Fiers comme des Touaregs sur nos fidèles destriers, nous rejoignons donc sans gros souci une dune, la ''dune de Mama Africa'', comme l'appelle notre guide, Amar. Depuis le sommet de cette petite bosse de sable, nous pouvons alors admirer le spectacle que nous offre le soleil se couchant. Difficile de résister à la tentation de ne pas prendre en photo ce moment magique où l'astre solaire rejoint la terre dans une explosion de couleurs flamboyantes. Au repas du soir, couscous et ensuite, le fameux rituel du thé: - le premier est très fort, c'est celui de la mort, - le deuxième est doux, c'est celui de l'amitié, - le troisième est sucré, c'est celui de l'amour. Nous nous endormons finalement, sous le ciel étoilé, en écoutant les contes africains que nous narre Amar. Au petit matin, nous allons, tout d'abord, visiter un charmant village peul avec ses petites huttes rondes au mur de terre séchée et au toit en paille et, ensuite, nous rejoignons une toute aussi jolie oasis entourée d'énormes baobabs et de palmiers filiformes. Le retour sur Dori se fait également à dos de dromadaire et finalement, à 13h, nous sommes dans le car qui nous ramène à Ouaga, un retour tout aussi long qu'à l'aller. C'est donc bien fatigués mais satisfaits de notre escapade du week-end qu'à 19h environ, nous arrivons au local de l'association. Soutien scolaire Nous sommes quatre bénévoles, Rémi, Damien, Madi et moi, accompagnés de trois professeurs pour assurer chaque matin, le soutien scolaire en français, anglais, math et physique-chimie, à des élèves allant de la 6ème à la 3ème. C'est donc sur les coups de 8h que nous traversons une partie du quartier, au milieu des « nassara, bonyour! », pour rejoindre l'école. Alors que rien ne les oblige à venir, plusieurs élèves attendent déjà notre arrivée. Certains doivent même marcher plus d'une demi-heure, sous un soleil qui tape déjà très fort, pour être présent à 8h, à l'école. Ces cours de soutien scolaire ont en réalité pour but de les préparer à ce qu'ils vont devoir apprendre durant la prochaine année scolaire. Toutefois, nous prenons rapidement conscience de leurs lacunes par rapport à la compréhension de certaines bases essentielles. S'ils ont relativement assimilé ces bases, ils ont souvent du mal à comprendre dans quelles conditions les mettre en application et comment les utiliser. Moi, je suis chargé des cours de math et de physique-chimique, pour les 4èmes. En mathématiques, je leur explique tout d'abord la théorie, les règles de calcul à respecter, les formules à connaître que j'illustre ensuite, avec des exemples simples. Enfin, je les fais passer au tableau pour résoudre des exercices de calculs (calculs avec des fractions, des puissances) et d'algèbre (développement - factorisation, identités remarquables). Pour ce qui est de la physique-chimie, étant donné qu'ils n'en n'ont jamais fait, il s'agit donc pour moi de simplement les initier à une matière qui leur est totalement inconnue. Par exemple, à partir d'une étiquette d'eau minérale que je leur ai amenée, je leur explique ce que sont les ions, ou encore, en démontant devant eux ma lampe-torche, je les inite un tant soit peu à l'électricité. Même si parfois, je dois faire preuve de beaucoup de patience pour qu'ils assimilent certaines choses, ils sont très intéressés, enthousiastes et souvent volontaires pour passer au tableau. Dommage que, par manque de moyens, le système éducatif burkinabé ne puisse que difficilement accompagner cette volonté de réussite! 14 km à vélo, avec le pallu Après avoir ''exploré'' le nord, à dos de dromadaire, nous partons, cette fois, en ce deuxième week-end au Burkina, vers le sud, direction le petit village de Tiébélé, près de la ville de Pô. Le jeudi précédent, ce sont deux bordelaises, Marion et Célia, qui nous ont rejoints au sein de l'association et c'est donc avec elles que Damien et moi, nous embarquons dans notre car bleu et blanc, le vendredi après-midi. Je ne me sens pas très bien, plutôt fatigué avec de la fièvre, mais j'espère que ça va passer. En quittant Ouagadougou, nous pouvons apercevoir de loin, Ouaga 2000, un immense quartier résidentiel très chic pour Burkinabés aisés, quartier déservi par un gigantesque échangeur. Mon voisin m'informe que tout ce projet de grande envergure a suscité de très nombreuses polémiques. En effet, après avoir octroyé les fonds pour cette lubie, peut-être à des fins électoralistes, le gouvernement s'est retrouvé ensuite à cours de moyens financiers pour l'université, se voyant alors contraint de la fermer purement et simplement. Et ce n'est même pas certain qu'elle puisse rouvrir ses portes, à la prochaine rentrée universitaire. Quel gâchis! Déjà qu'ils n'ont pas beaucoup de moyens, si en plus, ils se mettent à mal gérer le peu qu'ils ont, où vont-ils? Il nous faut 3h pour parcourir les 170 km qui nous séparent de la ville de Pô. Tout comme lors de notre voyage à Dori, à chaque arrêt de notre car, celui-ci est comme attaqué par une horde de personnes proposant diverses victuailles en échange de quelque monnaie sonnante et trébuchante. Le paysage est de plus en plus vert, les forêts de feuillus et les champs de maïs témoignant d'un climat plus humide qu'à Dori. C'est vrai qu'en descendant vers le sud, on se rapproche de l'équateur et donc, forcément, les pluies sont plus nombreuses qu'aux portes de Sahel. Nous arrivons finalement à Pô, vers 19h30. Problème: il fait déjà nuit depuis 1h; comment faire les 50 derniers km jusqu'à Tiébélé, notre réel objectif, en pleine nuit, à travers la brousse sauvage? Il va falloir négocier dur pour qu'un taxi daigne nous emmener, pour un bon prix, à destination. Finalement, un brave type accepte nos conditions et nous embarquons à bord de sa vieille fourgonnette. C'est vers 21h que nous arrivons enfin, à Tiébélé où nous accueille Franck. Moi, je suis encore plus fatigué qu'au départ, et, après avoir mangé un petit quelque chose, je vais me coucher sans me faire prier. Samedi matin, la fièvre est toujours là. La journée qui s'annonce promet d'être longue et particulièrement éprouvante. Franck, notre guide, a, en effet, prévu de nous faire visiter, en vélo, tous les jolis villages alentour. Qu'à cela ne tienne! Je ne suis quand même pas venu jusqu'ici pour rester couché. Nous voilà donc partis sur nos vélos, à travers le territoire des Kassénas: ''On y trouve des exemples superbes de l'architecture de ce peuple avec trois types de cases: - les cases en forme de 8, habitées par les grands-mères et les petits-enfants de 5 à 18 ans, - les maisons rectangulaires qui constituent la demeure d'un couple, - les cases rondes où seules vivent les célibataires. Les habitations sont pour la plupart ornées de signes qui relèvent de la cosmogonie des Kassénas. La tradition veut que ce soit la grand-mère qui transmette la symbolique de ceux-ci à ses descendants, tandis que les hommes contruisent les concessions et que les femmes en assurent la décoration dans les règles de l'art.'' Ces explications sont tirées, je l'avoue, des pages du ''Petit Futé'' car il m'a été quelque peu difficile de suivre toutes celles distillées savamment par Franck. Lors de notre passage au bord du lac aux crocodiles, je suis obligé de m'assoir et chez les potières, je dois carrément m'allonger. Je sens que j'ai de plus en plus de fièvre et une lourde fatigue me demande un important effort à chaque coup de pédales. Encore heureux qu'il n'y ait pas de trop grosses montées et que le soleil accepte de rester caché derrière les nuages! Mais à 17h, je n'en peux vraiment plus: il faut que je voie un médecin. Franck et Célia m'accompagnent alors jusqu'à un dispensaire et c'est là que l'on m'annonce l'inéluctable verdict: avec plus de 39° de fièvre, j'ai le pallu. Néanmoins, maintenant que je sais ce que j'ai et que je vais pouvoir me soigner, je me sens tout de même déjà un peu soulagé. C'est Célia qui ira chercher mes médicaments dans une sorte de pharmacie locale, et moi, je resterai couché toute la soirée. Le lendemain matin, je me sens déjà un peu mieux: les premiers médicaments pris la veille au soir ont commencé à faire leurs effets et la fièvre est presque tombée. La journée de ce dimanche ne sera exclusivement consacrée qu'au retour sur Ouaga, retour au cours duquel je ne ferai que dormir. Le pallu est une maladie très éprouvante avec comme symptômes une grosse fatigue générale et de la fièvre. Mais le traitement est tout autant difficile à supporter: pas de réelles douleurs physiques mais plutôt une certaine lassitude dépressive avec perte de l'appétit et un manque d'envie, d'enthousiasme... Il me faudra encore quatre ou cinq jours de repos forcé pour recouvrer toute mon énergie. Sensibilisation sur le Sida et l'hygiène En plus du soutien scolaire qui se déroulait chaque matin, l'autre mission qui nous avait été confiée consistait en la sensibilisation des populations locales sur l'hygiène ainsi que sur le Sida, terrible maladie qui a causé la mort de plus de 12 millions de personnes, en Afrique, depuis son apparition dans le début des années 1980. Pour cela, nous avions fait le choix de monter deux petites pièces de théâtre, aidés en cela par l'enthousiasme d'une douzaine de nos élèves de 3ème. Ainsi, à peu près un après-midi sur deux, nous recevions donc au local de l'association, cette petite troupe d'acteurs en herbe et ensemble, nous mettions en scène puis répétions, dans la joie et la bonne humeur, ces deux pièces. Puis, une fois rôdée, nous avons commencé à présenter notre petit spectacle dans les quartiers aux alentours du local, à grand renfort de tambours, histoire d'attirer un maximum de personnes. Enfin, en ce dernier week-end au Burkina pour moi, c'est à l'école, devant de nombreux enfants parfois dissipés, souvent attentifs, que nous présentons notre spectacle. Déjà, depuis le début de l'après-midi, nous avons tout d'abord essayé d'animer avec eux des activités diverses telles que foot, volley et ballon-prisonnier. Puis, vers 17h, après avoir installé quelques bancs pour nos jeunes spectateurs, la première pièce de théâtre débute. Celle-ci porte sur l'hygiène et elle met en parallèle les conditions de vie de deux familles, l'une propre et disciplinée, l'autre beaucoup plus sale, n'accordant aucune importance aux mesures d'hygiène. La première famille, bien portante, montre ainsi ce qu'il faut faire en terme d'hygiène, comme se laver régulièrement les mains, en particulier avant les repas, laver la vaisselle et tenir propre la maison en commençant par ne pas jeter les eaux de vaisselle ou les ordures au milieu de la cour. La seconde famille, plus indifférente à tous ces principes de base, vit dans des conditions de salubrité plus que douteuse, forcément. Et ce qui devait arriver, arriva! Ils tombent tous malades: le père souffre de la gale, la mère, de diarrhée et le fils, du pallu. Résignés, ils doivent alors faire appel au médecin qui les soigne bien sûr, mais qui aussi et surtout, en respectable donneur de leçons, leur explique, à la famille sale et du même coup, au public, quelles sont les mesures d'hygiène à respecter si on veut éviter toutes ces maladies. Fin de la première pièce de théâtre. En guise d'entracte, Jacob anime une petite discussion avec l'assistance pour s'assurer qu'ils ont bien compris les choses, et puis, nous abordons ensuite la pièce sur la sensibilisation au Sida et autres maladies sexuellement transmissibles. - 1ère scène: Omar, un père de famille rejette sa fille Gwladys de la maison quand il découvre qu'elle est séropositive; il a peur de cette maladie et il n'en veut pas sous son toit; - 2ème scène: Gwladys rencontre son amie Noëlie dans la rue; elles parlent du test de dépistage et Noëlie voudrait inciter son compagnon à passer ce test avant de vivre ensemble; - 3ème scène: Noëlie arrive chez Roland, son compagnon; après une discussion, elle réussit à le convaincre de passer ce test en le menaçant, s'il refuse, d'arrêter tout rapport sexuel avec lui; - 4ème scène: à la rue, Gwladys est devenue prostituée et elle accepte des rapports sans protection, contribuant ainsi à la propagation de la maladie; - 5ème scène: Gwladys est prise à partie par d'autres prostituées qui la frappent; - 6ème scène: Gwladys est recueillie par Abdulai, le voisin d'Omar; ce voisin est médecin; celui-ci la soigne de ses blessures puis, il décide d'aller discuter avec le père de la jeune fille; - 7ème scène: le médecin explique à Omar les moyens de transmission du Sida et le rassure ainsi sur le fait que sa fille, même malade, peut très bien vivre sous son toit; Omar accueille alors à bras ouvert sa fille, de retour à la maison; - 8ème scène: Noëlie et Roland sont à l'hôpital pour passer le test de dépistage; celui-ci révèle que Roland est positif à l'hépatite B; toutefois, le médecin les rassure en leur disant que cette maladie peut heureusement se soigner; - 9ème scène: en sortant de l'hôpital, Roland et Noëlie rencontre Gwladys et sa famille; Noëlie annonce à son amie la maladie de Roland et Gwladys lui raconte que son père a finalement accepté sa situation; c'est d'ailleurs pour lui montrer son soutien qu'il l'accompagne à l'hôpital; - 10ème scène: Gwladys et sa famille sont à l'hôpital pour s'informer sur les traitements pour mieux supporter le Sida; le médecin leur explique le traitement et leur donne des plaquettes pédagogiques sur cette maladie. Fin du spectacle. Là encore, petit échange avec le public, avec en prime, comme à la fin de chacune de nos représentations, distribution de plaquettes pédagogiques sur le Sida et les IST et de préservatifs, pour les adultes présents. Et c'est finalement au son des tambours, sous le soleil couchant, que nous regagnons joyeusement le local de l'association pour terminer cette belle journée. Escale à Casablanca Casablanca, au Maroc, le 28 août, 10h30. Avec un peu de tristesse, j'ai quitté le Burkina-Faso, il y a 7h et il me reste encore 6h à tuer avant de prendre mon avion pour Genève. Ce voyage humanitaire touche à sa fin et le moment est venu pour moi d'en dresser le bilan, un bilan, somme toute, très positif. Certes, je suis tombé malade et pendant presqu'une semaine, je n'ai pas pu apprécier pleinement mon séjour. Mais je reste tout de même très satisfait de cette expérience particulièrement enrichissante. Le pays a son charme et j'ai surtout apprécié la chaleur humaine des personnes que j'ai rencontré. On appelle le Burkina-Faso, le pays des hommes intègres. Eh bien, c'est vrai qu'ils le sont, en plus d'être accueillants et généreux. Assurément, ils vivent dans des conditions difficiles et ils ont souvent très peu de moyens mais la plupart sont volontaires et le fait de jouïr d'une certaine stabilité politique, sans conflit inter-éthnique qui gangrène d'autres pays d'Afrique, cet atout devrait leur permettre de passer au-dessus de leurs handicaps, ensemble, et ainsi entrevoir un possible développement serein et profitable à tous. La plus grande richesse de ce pays, ce sont donc ses habitants et je suis heureux de les avoir rencontrés et côtoyés pendant plus de trois semaines. Je pense que je resterai nécessairement en contact avec les membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'': Jacob, Jonas, Madi, Kader, Soum, Evelyne, je ne vous oublierai pas. Avant de venir, Christian me disait: « tu verras, Olivier, il y aura un ''avant Burkina'' et un ''après''. » Effectivement, cette première expérience dans le monde de l'humanitaire m'a profondément enrichi humainement et je pense que je ferai certainement d'autres missions, ici ou là. Cela me paraît inévitable. Il y a tant de besoins à satisfaire, de peuples à rencontrer, d'endroits à découvrir... A bientôt donc pour de nouvelles aventures!
PS: si vous souhaitez parler autour de vous de cette association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', une association déclarée d'utilité publique (voir le site http://tlmdba.org/ ou encore le blog http://tlmdb-france.over-blog.com/), ne vous génez pas! Remerciements Merci à tous ceux qui m'ont aidé à faire en sorte que cette aventure soit une réussite!
Merci en particulier à: - Lise-Anne pour ses conseils sur les démarches administratives, les vaccins et autres précautions à prendre; - Dominique, le président de l'association ''Les Trois Puits'' (voir le site http://troispuits.over-blog.com/) pour nos discussions sur le monde de l'humanitaire; - l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie qui m'a généreusement offert les 300 préservatifs masculins et féminins et les nombreuses plaquettes pédagogiques que nous avons distribués aux populations locales; - à Coralie pour tout le matériel médical; le personnel du centre hospitalier universitaire d'Ouagadougou t'en est très reconnaissant (je te remettrai leur lettre de remerciement); - à Anne et Michèle du Polyèdre de Seynod ainsi qu'à mes parents et à Marie pour les livres et autres fournitures scolaires; - à Christian, à Jacob, à tous les autres membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'' ainsi qu'aux élèves que j'ai pu côtoyer ces trois dernières semaines; on restera en contact. Enfin et surtout, un grand MERCI à toi, très chère Laëtitia, qui m'a incité à concrétiser cette idée d'aventure humanitaire qui me trottait dans la tête, depuis plusieurs années; tu pourras toujours compter sur moi.
Merci à tous donc et prenez soin de vous!
Cela faisait plusieurs années que cette idée de voyage humanitaire à l'étranger me trottait dans la tête. En effet, ce monde de l'humanitaire m'a toujours attiré mais, sans doute, par peur de l'inconnu, je n'osais ''sortir de ma bulle''. Et puis, finalement, je me suis lancé. Pour cette première expérience, mon choix s'est porté en faveur de l'association "Tout Le Monde Doit Bouger", au Burkina-Faso, pour une mission de trois semaines pendant laquelle je donnerai d'une part, des cours de soutien scolaire à des collégiens et d'autre part, je participerai à un programme de sensibilisation des populations locales, sur le Sida et l'hygiène. Depuis quelques mois maintenant, je prépare donc cette aventure: billets d'avion, passeport, visa, vaccins et autres précautions à prendre... Et puisque j'ai droit à 40 kg de bagages, j'emmène avec moi: - une bonne vingtaine de livres de cours et diverses fournitures scolaires gracieusement offerts par des amis et ma famille, - plus d'une centaine de plaquettes d'information et quelques 300 préservatifs masculins et féminins fournis par l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie, - des seringues, des compresses, des médicaments, du désinfectant et autres produits pharmaceutiques que m'a donnés Coralie, une amie infirmière. Et donc, nous y voilà! C'est la première fois que je pars comme ça, dans un pays aussi lointain à la rencontre d'une culture aussi différente de la mienne donc, j'appréhende un peu, forcément. Mais, en même temps, je suis très enthousiaste pour partir vivre cette aventure humaine. J'espère que tout se passera bien.
Arrivée au Burkina Mardi 5 août, 3h du matin: arrivée à l'aéroport d'Ouagadougou. Après avoir réglé les quelques formalités administratives, je gagne la sortie de l'aéroport où m'attendent deux ''blacks'' grands et costauds, l'un tenant une pancarte ''Tout Le Monde Doit Bouger''. - Bonsoir! Moi, c'est Olivier, leur dis-je en m'approchant d'eux. - Bonsoir! Moi, c'est Jacob et voici Soum. Bonne arrivée! - Merci! - Le taximan qui habituellement nous dépanne quand on reçoit des bénévoles nous a fait faux-bond alors on a dû improviser et venir en moto, m'informe Jacob. - Ok, lui répondis-je, quoi qu'un peu dubitatif sur les possibilités de transporter mes 40 kg de bagages, sur une moto. Nous traversons alors un petit groupe de jeunes gens quémandant quelque argent en échange de cartes téléphoniques et nous rejoignons nos deux motos. En regardant Soum en train d'harnacher mes valises, sur le porte-bagages d'une des motos, une soudaine angoisse d'homme blanc méfiant me submerge: - Mon Dieu! Et si je m'étais fait avoir? Me voilà, en plein milieu de la nuit, dans un pays totalement inconnu, avec deux types pas spécialement antipathiques au premier abord, mais tout autant étrangers! Où vont-ils m'emmener? Dans quelle galère me suis-je lancé? Et puis, chemin faisant, moi assis sur le siège passager derrière Jacob, le président de l'association, celui-ci me présente l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', leurs actions passées, leurs missions actuelles et leurs projets à venir. Ce discours passionné a alors pour effet de me rassurer totalement sur leurs intentions. Ce soulagement s'accompagne d'un bien-être avec cet air frais qui, en cette chaude nuit, me caresse le visage. Nous circulons dans des rues désertes, d'abord goudronnées, puis ce sont des pistes qui prennent le relais. Le long de notre chemin, les petits immeubles du centre-ville ont progressivement laissé la place aux maisons plus ou moins entretenues et finalement, nous pénétrons dans le quartier de Tanghin, un des quartiers les plus pauvres de la capitale. A ce que je peux en juger grâce à la faible lumière émise par le phare de la moto, nous semblons longer des sortes de cabanes aux briques grossièrement montées et il nous faut slalomer parfois entre quelques tas d'immondices qui jonchent le sol de notre piste défoncée par le ruissellement des eaux de pluie. L'obscurité ne me permet que de deviner la misère qui m'entoure et le choc est tout de même brutal. Tant bien que mal, nous arrivons au local de l'association où m'accueille Christian avec qui j'avais échangé quelques mails avant de venir. Il est très tard et sans épiloguer plus longtemps, il me montre le matelas sur lequel je vais dormir. Je m'allonge et malgré la chaleur, le sommeil me gagne rapidement. Demain, il fera jour...
Nassara, bonyour! La toute première fois que je me suis promené dans les rues de notre quartier, je fus très agréablement surpris par le côté ouvert et spontané des enfants. En effet, à peine sommes-nous sortis du local de l'association que, déjà, des ''gnomes'' de 5 à 10 ans s'approchent de nous pour nous serrer la main. - Nassara, bonyour! nous disent-il, avec un large sourire. Etonné par ce genre de familiarité somme toute naturelle, on m'informe que ''nassara'' veut dire ''homme blanc'', en Mooré, et que pour eux, saluer un blanc, c'est peut-être une marque de respect mais aussi et surtout une forme de jeu. Et ainsi, à chaque coin de rue, des « nassara, bonyour! » à gauche, des « nassara, bonyour! », à droite, des « nassara, bonyour! », même de loin. Parfois, pour rigoler, on s'amuse à ne pas leur répondre tout de suite. Alors, ils se mettent à nous poursuivre en criant de plus en plus fort, en s'énervant presque même à la fin, jusqu'à ce que l'on daigne répondre à leurs salutations insistantes. Et si on a le malheur (ou le bonheur!) de les croiser deux fois, trois fois, cinq fois, dans la même journée, à chaque fois, ils ne peuvent s'empêcher de crier « nassara, bonyour! » encore et encore, en nous voyant. Ils sont marrants.
Mama Africa Pour ce premier week-end au Burkina, nous décidons, Damien, Madi et moi, d'aller visiter Dori, petite ville du nord, jumelée avec Annecy-le-Vieux, cela dit en passant. Pour cela, nous devons nous lever à 5h30 du matin, et c'est à bord d'un taxi bringuebalant, une vieille Toyota verte au pare-brise fendu sur toute sa largeur, aux rétroviseurs sans miroir, aux sièges déchirés et au moteur poussif que nous rejoignons dans un premier temps, la gare d'Ouaga. Nos billets pour Dori achetés, nous embarquons alors dans un petit autocar bleu et blanc, sur le toit duquel les plus gros bagages, les vélos et parfois même des chèvres sont solidement attachés. 7H30 arrive et c'est alors parti pour 270 km et quelques 5h de route. À l'intérieur du car bondé, nous côtoyons plusieurs ''nissa-blaga'' (''africains'', en Mooré) issus apparemment de diverses classes sociales, et également deux jeunes bretonnes, Violaine et Solène, avec qui nous sympathisons facilement. La route est longue. Sous nos yeux, s'alternent des paysages faits de rocailles rouges et de prairies vertes. Nous traversons plusieurs villages dans lesquels règne toujours le même misère. Nos médias occidentaux ne nous montrent qu'une version aseptisée de cette pauvreté et il faut donc venir ici, pour se rendre compte réellement des choses. Bien sûr que je m'attendais à rencontrer un peuple vivant dans des conditions très difficiles mais je ne pouvais pas imaginer que c'était à ce point. En voyant tous ces hommes, ces femmes et ces enfants aux vêtements usés vivant à côté d'égouts à ciel ouvert et d'ordures disséminées ici ou là (pour quelqu'un qui travaille dans l'environnement comme moi, cette vision m'est parfois difficilement supportable), vous vous dites que les oiseaux préfèreraient peut-être voler sur le dos pour ne pas voir toute cette misère. Eh bien, c'est ce que font les médias occidentaux. Non, ils ne volent pas sur le dos mais ils préfèrent tout de même regarder ailleurs, sans doute, parce qu'ils pensent que le public souhaite ne pas avoir conscience de cette détresse humaine. Moi, je pense qu'au contraire, il faudrait montrer tout cela pour que chacun en acquiert une vision moins matérialiste et plus solidaire de la vie. Je me souviens de cet homme aux habits usés et crasseux assis sur le bord de la route et il m'était venu à l'esprit cette métaphore selon laquelle le Burkina Faso ne serait condamné qu'à regarder passer devant lui le car du développement et du progrès, sans pouvoir y prétendre. Et puis non! Un jour que je discutais avec Jacob de cette misère dans son pays, il me disais qu'en fait, au Burkina, il n'y a pas vraiment de classe moyenne: il existe une petite classe dirigeante très aisée et une classe sociale aux revenus beaucoup, beaucoup plus modestes. Toutefois, parmi cette classe ''inférieure'', il existe des personnes qui essaient tout de même de s'en sortir tant bien que mal, et ces personnes, ce sont essentiellement les femmes. C'est vrai qu'elles se sentent souvent plus concernées que les hommes par le sort de leurs enfants et qu'elles sont alors les plus motivées pour tenter de leur assurer un avenir plus décent. Ainsi, par exemple, à chaque arrêt de notre car, ce sont plusieurs femmes qui se jettent sur nos fenêtres ouvertes dans l'espoir de vendre aux ''riches'' voyageurs des poissons grillés, des gâteaux secs, des fruits mûrs et des boissons fraîches. Non, le Burkina n'est pas mort, et il refusera la fatalité tant qu'il y aura des mères de famille courageuses et protectrices. Il est 12h30 et nous arrivons enfin à Dori. Youssouf, notre contact, est là pour nous accueillir. Nous nous rendons tout d'abord dans une auberge pour manger un morceau et nous proposons alors à nos deux touristes bretonnes de nous accompagner dans notre visite. Pour la suite, en effet, Youssouf nous a concocté un programme pour les prochaines 24h que nous allons passer à Dori. Après donc ce repas, nous commençons par un petit passage sur le marché où nous rencontrons notamment Mohamed, un habile forgeron proposant à la vente ses colliers et bracelets finement ciselés. Et puis, histoire de nous mêler un peu plus facilement à la population locale, nous nous achetons chacun un turban. Le mien sera bleu, celui de Damien, vert, et ceux de Violaine et Solène, violet, couleur qui aura malheureusement le fâcheux inconvénient de déteindre sur la peau. Je suis sûr que vous n'avez jamais vu des bretonnes à la peau violette. Il faut aller au Burkina pour voir cela. Dans les guides touristiques, la ville de Dori est décrite comme étant l'une des ''portes du Sahel''. Pour cette raison, nous ne pouvions donc pas échapper à la traditionnelle promenade à dos de dromadaire, première expérience pour moi, avec ce genre de monture. Et j'ai adoré. Les fesses de Damien peut-être un peu moins! Fiers comme des Touaregs sur nos fidèles destriers, nous rejoignons donc sans gros souci une dune, la ''dune de Mama Africa'', comme l'appelle notre guide, Amar. Depuis le sommet de cette petite bosse de sable, nous pouvons alors admirer le spectacle que nous offre le soleil se couchant. Difficile de résister à la tentation de ne pas prendre en photo ce moment magique où l'astre solaire rejoint la terre dans une explosion de couleurs flamboyantes. Au repas du soir, couscous et ensuite, le fameux rituel du thé: - le premier est très fort, c'est celui de la mort, - le deuxième est doux, c'est celui de l'amitié, - le troisième est sucré, c'est celui de l'amour. Nous nous endormons finalement, sous le ciel étoilé, en écoutant les contes africains que nous narre Amar. Au petit matin, nous allons, tout d'abord, visiter un charmant village peul avec ses petites huttes rondes au mur de terre séchée et au toit en paille et, ensuite, nous rejoignons une toute aussi jolie oasis entourée d'énormes baobabs et de palmiers filiformes. Le retour sur Dori se fait également à dos de dromadaire et finalement, à 13h, nous sommes dans le car qui nous ramène à Ouaga, un retour tout aussi long qu'à l'aller. C'est donc bien fatigués mais satisfaits de notre escapade du week-end qu'à 19h environ, nous arrivons au local de l'association. Soutien scolaire Nous sommes quatre bénévoles, Rémi, Damien, Madi et moi, accompagnés de trois professeurs pour assurer chaque matin, le soutien scolaire en français, anglais, math et physique-chimie, à des élèves allant de la 6ème à la 3ème. C'est donc sur les coups de 8h que nous traversons une partie du quartier, au milieu des « nassara, bonyour! », pour rejoindre l'école. Alors que rien ne les oblige à venir, plusieurs élèves attendent déjà notre arrivée. Certains doivent même marcher plus d'une demi-heure, sous un soleil qui tape déjà très fort, pour être présent à 8h, à l'école. Ces cours de soutien scolaire ont en réalité pour but de les préparer à ce qu'ils vont devoir apprendre durant la prochaine année scolaire. Toutefois, nous prenons rapidement conscience de leurs lacunes par rapport à la compréhension de certaines bases essentielles. S'ils ont relativement assimilé ces bases, ils ont souvent du mal à comprendre dans quelles conditions les mettre en application et comment les utiliser. Moi, je suis chargé des cours de math et de physique-chimique, pour les 4èmes. En mathématiques, je leur explique tout d'abord la théorie, les règles de calcul à respecter, les formules à connaître que j'illustre ensuite, avec des exemples simples. Enfin, je les fais passer au tableau pour résoudre des exercices de calculs (calculs avec des fractions, des puissances) et d'algèbre (développement - factorisation, identités remarquables). Pour ce qui est de la physique-chimie, étant donné qu'ils n'en n'ont jamais fait, il s'agit donc pour moi de simplement les initier à une matière qui leur est totalement inconnue. Par exemple, à partir d'une étiquette d'eau minérale que je leur ai amenée, je leur explique ce que sont les ions, ou encore, en démontant devant eux ma lampe-torche, je les inite un tant soit peu à l'électricité. Même si parfois, je dois faire preuve de beaucoup de patience pour qu'ils assimilent certaines choses, ils sont très intéressés, enthousiastes et souvent volontaires pour passer au tableau. Dommage que, par manque de moyens, le système éducatif burkinabé ne puisse que difficilement accompagner cette volonté de réussite! 14 km à vélo, avec le pallu Après avoir ''exploré'' le nord, à dos de dromadaire, nous partons, cette fois, en ce deuxième week-end au Burkina, vers le sud, direction le petit village de Tiébélé, près de la ville de Pô. Le jeudi précédent, ce sont deux bordelaises, Marion et Célia, qui nous ont rejoints au sein de l'association et c'est donc avec elles que Damien et moi, nous embarquons dans notre car bleu et blanc, le vendredi après-midi. Je ne me sens pas très bien, plutôt fatigué avec de la fièvre, mais j'espère que ça va passer. En quittant Ouagadougou, nous pouvons apercevoir de loin, Ouaga 2000, un immense quartier résidentiel très chic pour Burkinabés aisés, quartier déservi par un gigantesque échangeur. Mon voisin m'informe que tout ce projet de grande envergure a suscité de très nombreuses polémiques. En effet, après avoir octroyé les fonds pour cette lubie, peut-être à des fins électoralistes, le gouvernement s'est retrouvé ensuite à cours de moyens financiers pour l'université, se voyant alors contraint de la fermer purement et simplement. Et ce n'est même pas certain qu'elle puisse rouvrir ses portes, à la prochaine rentrée universitaire. Quel gâchis! Déjà qu'ils n'ont pas beaucoup de moyens, si en plus, ils se mettent à mal gérer le peu qu'ils ont, où vont-ils? Il nous faut 3h pour parcourir les 170 km qui nous séparent de la ville de Pô. Tout comme lors de notre voyage à Dori, à chaque arrêt de notre car, celui-ci est comme attaqué par une horde de personnes proposant diverses victuailles en échange de quelque monnaie sonnante et trébuchante. Le paysage est de plus en plus vert, les forêts de feuillus et les champs de maïs témoignant d'un climat plus humide qu'à Dori. C'est vrai qu'en descendant vers le sud, on se rapproche de l'équateur et donc, forcément, les pluies sont plus nombreuses qu'aux portes de Sahel. Nous arrivons finalement à Pô, vers 19h30. Problème: il fait déjà nuit depuis 1h; comment faire les 50 derniers km jusqu'à Tiébélé, notre réel objectif, en pleine nuit, à travers la brousse sauvage? Il va falloir négocier dur pour qu'un taxi daigne nous emmener, pour un bon prix, à destination. Finalement, un brave type accepte nos conditions et nous embarquons à bord de sa vieille fourgonnette. C'est vers 21h que nous arrivons enfin, à Tiébélé où nous accueille Franck. Moi, je suis encore plus fatigué qu'au départ, et, après avoir mangé un petit quelque chose, je vais me coucher sans me faire prier. Samedi matin, la fièvre est toujours là. La journée qui s'annonce promet d'être longue et particulièrement éprouvante. Franck, notre guide, a, en effet, prévu de nous faire visiter, en vélo, tous les jolis villages alentour. Qu'à cela ne tienne! Je ne suis quand même pas venu jusqu'ici pour rester couché. Nous voilà donc partis sur nos vélos, à travers le territoire des Kassénas: ''On y trouve des exemples superbes de l'architecture de ce peuple avec trois types de cases: - les cases en forme de 8, habitées par les grands-mères et les petits-enfants de 5 à 18 ans, - les maisons rectangulaires qui constituent la demeure d'un couple, - les cases rondes où seules vivent les célibataires. Les habitations sont pour la plupart ornées de signes qui relèvent de la cosmogonie des Kassénas. La tradition veut que ce soit la grand-mère qui transmette la symbolique de ceux-ci à ses descendants, tandis que les hommes contruisent les concessions et que les femmes en assurent la décoration dans les règles de l'art.'' Ces explications sont tirées, je l'avoue, des pages du ''Petit Futé'' car il m'a été quelque peu difficile de suivre toutes celles distillées savamment par Franck. Lors de notre passage au bord du lac aux crocodiles, je suis obligé de m'assoir et chez les potières, je dois carrément m'allonger. Je sens que j'ai de plus en plus de fièvre et une lourde fatigue me demande un important effort à chaque coup de pédales. Encore heureux qu'il n'y ait pas de trop grosses montées et que le soleil accepte de rester caché derrière les nuages! Mais à 17h, je n'en peux vraiment plus: il faut que je voie un médecin. Franck et Célia m'accompagnent alors jusqu'à un dispensaire et c'est là que l'on m'annonce l'inéluctable verdict: avec plus de 39° de fièvre, j'ai le pallu. Néanmoins, maintenant que je sais ce que j'ai et que je vais pouvoir me soigner, je me sens tout de même déjà un peu soulagé. C'est Célia qui ira chercher mes médicaments dans une sorte de pharmacie locale, et moi, je resterai couché toute la soirée. Le lendemain matin, je me sens déjà un peu mieux: les premiers médicaments pris la veille au soir ont commencé à faire leurs effets et la fièvre est presque tombée. La journée de ce dimanche ne sera exclusivement consacrée qu'au retour sur Ouaga, retour au cours duquel je ne ferai que dormir. Le pallu est une maladie très éprouvante avec comme symptômes une grosse fatigue générale et de la fièvre. Mais le traitement est tout autant difficile à supporter: pas de réelles douleurs physiques mais plutôt une certaine lassitude dépressive avec perte de l'appétit et un manque d'envie, d'enthousiasme... Il me faudra encore quatre ou cinq jours de repos forcé pour recouvrer toute mon énergie. Sensibilisation sur le Sida et l'hygiène En plus du soutien scolaire qui se déroulait chaque matin, l'autre mission qui nous avait été confiée consistait en la sensibilisation des populations locales sur l'hygiène ainsi que sur le Sida, terrible maladie qui a causé la mort de plus de 12 millions de personnes, en Afrique, depuis son apparition dans le début des années 1980. Pour cela, nous avions fait le choix de monter deux petites pièces de théâtre, aidés en cela par l'enthousiasme d'une douzaine de nos élèves de 3ème. Ainsi, à peu près un après-midi sur deux, nous recevions donc au local de l'association, cette petite troupe d'acteurs en herbe et ensemble, nous mettions en scène puis répétions, dans la joie et la bonne humeur, ces deux pièces. Puis, une fois rôdée, nous avons commencé à présenter notre petit spectacle dans les quartiers aux alentours du local, à grand renfort de tambours, histoire d'attirer un maximum de personnes. Enfin, en ce dernier week-end au Burkina pour moi, c'est à l'école, devant de nombreux enfants parfois dissipés, souvent attentifs, que nous présentons notre spectacle. Déjà, depuis le début de l'après-midi, nous avons tout d'abord essayé d'animer avec eux des activités diverses telles que foot, volley et ballon-prisonnier. Puis, vers 17h, après avoir installé quelques bancs pour nos jeunes spectateurs, la première pièce de théâtre débute. Celle-ci porte sur l'hygiène et elle met en parallèle les conditions de vie de deux familles, l'une propre et disciplinée, l'autre beaucoup plus sale, n'accordant aucune importance aux mesures d'hygiène. La première famille, bien portante, montre ainsi ce qu'il faut faire en terme d'hygiène, comme se laver régulièrement les mains, en particulier avant les repas, laver la vaisselle et tenir propre la maison en commençant par ne pas jeter les eaux de vaisselle ou les ordures au milieu de la cour. La seconde famille, plus indifférente à tous ces principes de base, vit dans des conditions de salubrité plus que douteuse, forcément. Et ce qui devait arriver, arriva! Ils tombent tous malades: le père souffre de la gale, la mère, de diarrhée et le fils, du pallu. Résignés, ils doivent alors faire appel au médecin qui les soigne bien sûr, mais qui aussi et surtout, en respectable donneur de leçons, leur explique, à la famille sale et du même coup, au public, quelles sont les mesures d'hygiène à respecter si on veut éviter toutes ces maladies. Fin de la première pièce de théâtre. En guise d'entracte, Jacob anime une petite discussion avec l'assistance pour s'assurer qu'ils ont bien compris les choses, et puis, nous abordons ensuite la pièce sur la sensibilisation au Sida et autres maladies sexuellement transmissibles. - 1ère scène: Omar, un père de famille rejette sa fille Gwladys de la maison quand il découvre qu'elle est séropositive; il a peur de cette maladie et il n'en veut pas sous son toit; - 2ème scène: Gwladys rencontre son amie Noëlie dans la rue; elles parlent du test de dépistage et Noëlie voudrait inciter son compagnon à passer ce test avant de vivre ensemble; - 3ème scène: Noëlie arrive chez Roland, son compagnon; après une discussion, elle réussit à le convaincre de passer ce test en le menaçant, s'il refuse, d'arrêter tout rapport sexuel avec lui; - 4ème scène: à la rue, Gwladys est devenue prostituée et elle accepte des rapports sans protection, contribuant ainsi à la propagation de la maladie; - 5ème scène: Gwladys est prise à partie par d'autres prostituées qui la frappent; - 6ème scène: Gwladys est recueillie par Abdulai, le voisin d'Omar; ce voisin est médecin; celui-ci la soigne de ses blessures puis, il décide d'aller discuter avec le père de la jeune fille; - 7ème scène: le médecin explique à Omar les moyens de transmission du Sida et le rassure ainsi sur le fait que sa fille, même malade, peut très bien vivre sous son toit; Omar accueille alors à bras ouvert sa fille, de retour à la maison; - 8ème scène: Noëlie et Roland sont à l'hôpital pour passer le test de dépistage; celui-ci révèle que Roland est positif à l'hépatite B; toutefois, le médecin les rassure en leur disant que cette maladie peut heureusement se soigner; - 9ème scène: en sortant de l'hôpital, Roland et Noëlie rencontre Gwladys et sa famille; Noëlie annonce à son amie la maladie de Roland et Gwladys lui raconte que son père a finalement accepté sa situation; c'est d'ailleurs pour lui montrer son soutien qu'il l'accompagne à l'hôpital; - 10ème scène: Gwladys et sa famille sont à l'hôpital pour s'informer sur les traitements pour mieux supporter le Sida; le médecin leur explique le traitement et leur donne des plaquettes pédagogiques sur cette maladie. Fin du spectacle. Là encore, petit échange avec le public, avec en prime, comme à la fin de chacune de nos représentations, distribution de plaquettes pédagogiques sur le Sida et les IST et de préservatifs, pour les adultes présents. Et c'est finalement au son des tambours, sous le soleil couchant, que nous regagnons joyeusement le local de l'association pour terminer cette belle journée. Escale à Casablanca Casablanca, au Maroc, le 28 août, 10h30. Avec un peu de tristesse, j'ai quitté le Burkina-Faso, il y a 7h et il me reste encore 6h à tuer avant de prendre mon avion pour Genève. Ce voyage humanitaire touche à sa fin et le moment est venu pour moi d'en dresser le bilan, un bilan, somme toute, très positif. Certes, je suis tombé malade et pendant presqu'une semaine, je n'ai pas pu apprécier pleinement mon séjour. Mais je reste tout de même très satisfait de cette expérience particulièrement enrichissante. Le pays a son charme et j'ai surtout apprécié la chaleur humaine des personnes que j'ai rencontré. On appelle le Burkina-Faso, le pays des hommes intègres. Eh bien, c'est vrai qu'ils le sont, en plus d'être accueillants et généreux. Assurément, ils vivent dans des conditions difficiles et ils ont souvent très peu de moyens mais la plupart sont volontaires et le fait de jouïr d'une certaine stabilité politique, sans conflit inter-éthnique qui gangrène d'autres pays d'Afrique, cet atout devrait leur permettre de passer au-dessus de leurs handicaps, ensemble, et ainsi entrevoir un possible développement serein et profitable à tous. La plus grande richesse de ce pays, ce sont donc ses habitants et je suis heureux de les avoir rencontrés et côtoyés pendant plus de trois semaines. Je pense que je resterai nécessairement en contact avec les membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'': Jacob, Jonas, Madi, Kader, Soum, Evelyne, je ne vous oublierai pas. Avant de venir, Christian me disait: « tu verras, Olivier, il y aura un ''avant Burkina'' et un ''après''. » Effectivement, cette première expérience dans le monde de l'humanitaire m'a profondément enrichi humainement et je pense que je ferai certainement d'autres missions, ici ou là. Cela me paraît inévitable. Il y a tant de besoins à satisfaire, de peuples à rencontrer, d'endroits à découvrir... A bientôt donc pour de nouvelles aventures!
PS: si vous souhaitez parler autour de vous de cette association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', une association déclarée d'utilité publique (voir le site http://tlmdba.org/ ou encore le blog http://tlmdb-france.over-blog.com/), ne vous génez pas! Remerciements Merci à tous ceux qui m'ont aidé à faire en sorte que cette aventure soit une réussite!
Merci en particulier à: - Lise-Anne pour ses conseils sur les démarches administratives, les vaccins et autres précautions à prendre; - Dominique, le président de l'association ''Les Trois Puits'' (voir le site http://troispuits.over-blog.com/) pour nos discussions sur le monde de l'humanitaire; - l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie qui m'a généreusement offert les 300 préservatifs masculins et féminins et les nombreuses plaquettes pédagogiques que nous avons distribués aux populations locales; - à Coralie pour tout le matériel médical; le personnel du centre hospitalier universitaire d'Ouagadougou t'en est très reconnaissant (je te remettrai leur lettre de remerciement); - à Anne et Michèle du Polyèdre de Seynod ainsi qu'à mes parents et à Marie pour les livres et autres fournitures scolaires; - à Christian, à Jacob, à tous les autres membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'' ainsi qu'aux élèves que j'ai pu côtoyer ces trois dernières semaines; on restera en contact. Enfin et surtout, un grand MERCI à toi, très chère Laëtitia, qui m'a incité à concrétiser cette idée d'aventure humanitaire qui me trottait dans la tête, depuis plusieurs années; tu pourras toujours compter sur moi.
Merci à tous donc et prenez soin de vous!
Retour d'une visite de 40 hôtels à Cancun et Riviera Maya English translation pending
Bonjour tout le monde!
Peut être que vous avez déjà vu un de mes post dans la rubrique Tout inclus en Jamaique disant que j'avais fait la visite de plusieurs hotels...et bien me revoila, mais ce coup-ci, c'est pour Cancun/Riviera Maya. J'ai visité 40 hôtels en 6 jours en novembre 2007 encore avec TMR. Oufff!! C'est du travail quand même, mais j'ai quand même profité de la belle température! :)))
Voilà, donc simplement pour vous dire que si vous avez des questions sur certains hôtels concernant cette destination, hé bien, ca va me faire très plaisir d'y répondre. Bon, on s'entend que je ne pourrais répondre à toutes les questions car il y a tellement un paquet d'hôtels à cet endroit, je ne les ai, bien sur, pas tous visités!
Au plaisir de répondre à vos questions!
Oceane
Peut être que vous avez déjà vu un de mes post dans la rubrique Tout inclus en Jamaique disant que j'avais fait la visite de plusieurs hotels...et bien me revoila, mais ce coup-ci, c'est pour Cancun/Riviera Maya. J'ai visité 40 hôtels en 6 jours en novembre 2007 encore avec TMR. Oufff!! C'est du travail quand même, mais j'ai quand même profité de la belle température! :)))
Voilà, donc simplement pour vous dire que si vous avez des questions sur certains hôtels concernant cette destination, hé bien, ca va me faire très plaisir d'y répondre. Bon, on s'entend que je ne pourrais répondre à toutes les questions car il y a tellement un paquet d'hôtels à cet endroit, je ne les ai, bien sur, pas tous visités!
Au plaisir de répondre à vos questions!
Oceane
Shanti India... Bombay, Jaisalmer, Benares... English translation pending
Mercredi 5 septembre: Jour J!!! Toutoubidou!!!!!!
Enfin il est arrivé ce fameux jour J...
Je monte dans l'avion, un tout nouveau boeing 777 avec télé privée et service nickel. Vol sans escale (jet airways Bruxelles Bombay et Delhi Bruxelles = 530€) 2h du mat', je sors rapidement de l'aéroport de Bombay... Je cherche Padmini des yeux, je connais Padmini via un site web: couchsurfing.com, elle m'accueille chez elle deux nuits gracieusement. Une jeune femme arrive, là voilà! Elle est accompagnée d'un ami ayant une voiture, et nous traversons la banlieue pour arriver chez elle, un joli appartement avec ses deux chats. On papote gaiement, je lui offre les pralines belges et je m'endors comme un bébé, reçue comme si j'étais une amie de longue date!!! C'est quand même incroyable de venir chercher à 2h du mat' à l'aéroport, qqun qu'on ne connait que d'un site web!
Jeudi 6/9 Je sors et vais me balader, faire qques courses, regarder la rue, les gens, j'en prends plein les sens... Je visite le vieux Shitala temple tout près de chez elle, et je rentre. On papote beaucoup, on se raconte, on s'apprecie
Vendredi 7/9 J'ai quitté Padmini le coeur lourd, son accueil fut formidable... En passant devant un net café j'imprime qques photos que j'ai faites hier au temple d'une femme et de sa fille, et vais les lui donner. Qu'est ce qu'elle est heureuse! Moi aussi!
Je prends un taxi (le sagouin qui m'arnaque...) et vais au Léopold café ou j'ai rendez vous avec Djoh, de Vf. Djoh est expat' ici, et en échange des bières blanche de Hoegaarden, il me donne mon ticket de train pour partir ce soir. Il arrive avec son pote Armand, bien sympas tous les deux. Je me bois un café glacé, et on se quitte déjà. Dans la rue les échoppes débordent sur les trottoirs, si bien qu'il est plus facile de marcher sur la rue. Les mendiants pululent dans ce quartier touristique... Je cherche à vendre un vieux argentique, je n'obtiens qu'une carte mémoire de 2GB en échange. J'ai 5Gb pour 9 semaines, ca devrait aller...
Je vais à la gare, VT station, en passant devant beaucoup de monument style anglais, dans le tumulte de la ville et de la circulation indienne, ca flashe. Dieu que j'ai chaud, mais hors de question que je me plaigne, trop heureuse d'être ici J'achète mon ticket de train pour la gare de Lokmanyatilak, d'ou part mon train pour Khandwa. Je monte dans le wagon de queue réservé aux femmes... Il y a du monde... Pas de place assise, je reste près de la porte pour avoir de l'air. (les portes des trains sont toujours ouvertes en Inde, c'est normal...) Des femmes continuent à monter... Le train démarre et je suis aussi coincée qu'une sardine dans une boite 100x trop petite... Bien sur je suis la seule touriste, on me regarde, on me sourit, je souris en retour, sachant à peine respirer au milieu de ces belles indiennes... Je les trouve vraiment toutes belles! En sari, salwar kemiz ou en jeans. Je suis d'ailleurs étonnée d'avoir vu autant de femmes habillées à l'occidentale à Bombay, bien plus que lors de mon dernier passage dans cette ville en 2003. Enfin j'arrive à Lokmanyatilak station, je parviens à sortir du wagon et je me retrouve saine et sauve sur le quai. Le trajet fut bien plus rapide que ce qu'on m'avait dit, me voilà arrivée 10x trop tôt. C'est pas grave, j'ai faim, et vais à la cantine de la gare. Je choisis un riz biryani aux légumes. Délicieux malgré plein d'épices bien hot... Une femme m'invite à sa table, elle parle bien l'anglais. Mariée (par amour, on est à Bombay, ca se fait plus qu'ailleurs) recemment, elle va dire bonjour à sa belle famille. Son gentil mari arrive, et comme nous prennons le même train, nous nous dirigeons sur le quai et continuons à papoter... Chouette, le train arrive et j'ai une couchette du dessus. J'aime celles du dessus, car ca ne me force pas à faire la conversation et je peux m'allonger de suite. Par contre j'ai les ventilo à 20 cm de ma tronche, et ils ne sont pas silencieux... J'essaie de dormir sans beaucoup de succès...
Enfin me voilà à Khandwa d'ou je vais prendre le bus pour Omkareshwar, mais d'abord, la consigne. Je dépose mon sac à dos au trois quart vide, et je prends un rickshaw pour le temple. Comment s'appelle-t-il? Dada Ji? Oki, allons au dada ji temple... 20 roupies, ca roule. (35cent)
La ville est toute petite, et si tôt le matin, toute calme, toute tranquille. Le temple n'est pas incroyable de beauté, mais il est très sacré. Je suis gentiment invitée à prier devant la tombe du saint homme. Comme je veux partir, une puja commence, (la puja est un rituel d'adoration, plus d'infos ici: http://www.elishams.org/Puja.html) Dans un gigantesque brazier, se consume des centaines de noix de coco, le prête chante, les fidèles l'accompagnent et frappent dans leurs mains aux rythmes dingues de deux gros tambours. La mantra (prière) qu'ils chantent est très belle... Quelle différence que d'écouter des mantras chez soi à la maison et dans l'ambiance d'un temple en Inde... Et comme la Parvat est très émotive, j'ai du mal à refreiner des sanglots... Les yeux mouillés de bonheur... Je suis en Inde, l'Inde profonde des villages, l'Inde que j'Aime et qui m'a tant manqué... Deux ans que je ne t'avais plus vue... Je remercie Dada Ji, Ganesh et tous ses potes, de me permettre d'être à nouveau dans ce pays adoré, et de connaître un moment de bonheur d'une telle intensité...
http://www.dailymotion.com/video/x3spg1_puja-au-dada-ji-temple_travel
En sortant, deux vieilles femmes ne me disent pas Namasté, mais "Hare Om", je leur répond de même "Hare Om" avec un grand sourire. Elles viennent vers moi, et je continue à sourire, rayonne de bonheur et elles le voient bien Malheureusement je ne parle pas hindi, alors après ces bonnes vibrations partagées, je m'en vais rejoindre le rickshaw wallah (conducteur de rickshaw) qui me ramène à la gare lentement, à travers le gros et bien tranquille village de Khandwa, vers la gare. Je reprends mon sac, et monte dans un bus pour Omkareshwar... Installée à une fenêtre (ouf) je regarde une mère dire aurevoir à son fils. Comme elle est belle... La peau marquée par l'âge et les cheveux grisonnants mais un regard tellement doux, tellement rempli d'amour... Après deux heures dans ce bus d'un autre âge, roulant sur des routes plus défoncées que ca, ca ne doit pas exister, j'arrive à ... Ah ben non, je ne suis pas à Omkareshwar, je dois encore prendre un tempo... Genre de rickshaw allongé de partout... Datant d'au moins 1950 si pas avant... 😏 Pour le faire démarrer, je vois un indien au volan, l'autre qui tire sur une corde sous le capot, pour lancer le moteur... Apparemment c'est normal, j'en vois un autre démarrer comme ca aussi
Bien serrée contre 15 autres personnes, on me regarde comme si j'avais une excroissance monumentale sur la figure... Enfin non, on me regarde normalement, je suis juste blanche aux yeux clairs... On m'offre des cacahouettes grillées, ca ne fait qu'accentuer mon impression d'être un bonobo dans une cage, mais non, c'est normal, tout le monde dans ce vieux tempo, mange des cacahouettes grillées... La route est tout aussi défoncée que tout à l'heure. On fait la conversation... Country? Belgium.... Maried? 😏 etc... Et 3/4 d'heure après, on arrive à destination: Omkareshwar.
Omkareshwar, je cherche la rue principale, n'ayant pas envie de demander à qqun ou sont les hotels... je monte une rue de terre seche bordée de petites gargottes... J'ai chaud, j'ai l'impression que mes 6 kilos de bagage en font 20... J'ai faim... Pas de pancake à l'horizon, je m'arrête et grignotte des samosas... Purée c'est hot!!!! Sont malades ces zouaves!!! Mais comment peuvent ils aimer ca??? En tout cas, ca dégage... Je me mouche dans les mains et me les lave... On me regarde en souriant comme pour dire... "C'est presque bien, encore un peu de pratique et ca ira" j'attrape mon petit sac et reprends la route... Je vois un guest house, le visite, mais quoi? 8€??? Non non non, c'est trop cher pour moi, j'veux pas l'air con, ni la télé... Plus loin je vois un panneau "Ganesh guest house", allons voir... Mon guide est vieux, donc pour les hotels, je me débrouille autrement... Il est mignon ce guest house, un autre voyageur est attablé. Je visite une chambre, assez grande, 150 roupettes, salle de bain nickel, vue sur la rivière Narmada super. En m'inscrivant dans le registre, je vois que Eli était là il y a 10 jours!!! Vivement que je la revoie!
Je m'installe, papote avec l'autre voyageur, et allons regarder le jeu qui se déroule sur la Narmada aujourd'hui... Une corde est tendue au dessus du fleuve, les candidats doivent s'accrocher et parcourir un bon 50 mètres, jusqu'a une gerbe de fleurs attachée à la corde, et ce sans utiliser leurs jambes. Le gagant recoit 2500 roupies, (45€), un mois de salaire pour beaucoup d'ouvriers. C'est marrant à voir tous ceux qui se casse la figure et qui tombe dans l'eau. Beaucoup ne savent pas nager, donc d'autres, installés dans des pneus(chambres à air plutôt) de camions, flottant sur la Narmada, regardent la scène et aident ceux qui en ont besoin.
Je ne fais pas grand chose ce pemier jour... Je pars sur l'île en forme de Om, entre la Khaderi et la Narmada, toutes deux rivières très sacrées, mais il commence à pleuvoir... Je me réfugie dans un chai chop, et reçois mes premières leçon d'hindi! Il n'y a pas grand monde qui parle l'anglais dans les environs... L'est chouette ce chai chop, et il pleut longtemps sans arrêt à fond la caisse. J'y reste donc longtemps, j'observe la tête des gens dont tout un groupe de brahmines habillés de blanc, ils rigolent a mon accent dans mes tentatives d'hindi, je rigole aussi Bien sur, j'ai toujours deux grands enfants, mariée depuis 20 ans mon mari n'aime pas l'Inde, et me laisse y aller seule régulièrement... Bien sur, si lui ou moi allons voir ailleurs, c'est le divorce, on se fait confiance. Yes
i'm a good woman!
C'est ce que je raconterai tout le long du voyage quand au pourquoi je suis seule...
Ce voyage ci m'aura fait prendre conscience d'une chose... Je prends de l'âge... Ce n'est plus des "hello sister" auxquels j'ai droit, mais des "hello mama" (vous verrez les djeunes! ca viendra + vite que vous ne le pensez héhéhé, pardon, shanti Parvat...)../...
Je monte dans l'avion, un tout nouveau boeing 777 avec télé privée et service nickel. Vol sans escale (jet airways Bruxelles Bombay et Delhi Bruxelles = 530€) 2h du mat', je sors rapidement de l'aéroport de Bombay... Je cherche Padmini des yeux, je connais Padmini via un site web: couchsurfing.com, elle m'accueille chez elle deux nuits gracieusement. Une jeune femme arrive, là voilà! Elle est accompagnée d'un ami ayant une voiture, et nous traversons la banlieue pour arriver chez elle, un joli appartement avec ses deux chats. On papote gaiement, je lui offre les pralines belges et je m'endors comme un bébé, reçue comme si j'étais une amie de longue date!!! C'est quand même incroyable de venir chercher à 2h du mat' à l'aéroport, qqun qu'on ne connait que d'un site web!
Jeudi 6/9 Je sors et vais me balader, faire qques courses, regarder la rue, les gens, j'en prends plein les sens... Je visite le vieux Shitala temple tout près de chez elle, et je rentre. On papote beaucoup, on se raconte, on s'apprecie
Vendredi 7/9 J'ai quitté Padmini le coeur lourd, son accueil fut formidable... En passant devant un net café j'imprime qques photos que j'ai faites hier au temple d'une femme et de sa fille, et vais les lui donner. Qu'est ce qu'elle est heureuse! Moi aussi!
Je prends un taxi (le sagouin qui m'arnaque...) et vais au Léopold café ou j'ai rendez vous avec Djoh, de Vf. Djoh est expat' ici, et en échange des bières blanche de Hoegaarden, il me donne mon ticket de train pour partir ce soir. Il arrive avec son pote Armand, bien sympas tous les deux. Je me bois un café glacé, et on se quitte déjà. Dans la rue les échoppes débordent sur les trottoirs, si bien qu'il est plus facile de marcher sur la rue. Les mendiants pululent dans ce quartier touristique... Je cherche à vendre un vieux argentique, je n'obtiens qu'une carte mémoire de 2GB en échange. J'ai 5Gb pour 9 semaines, ca devrait aller...
Je vais à la gare, VT station, en passant devant beaucoup de monument style anglais, dans le tumulte de la ville et de la circulation indienne, ca flashe. Dieu que j'ai chaud, mais hors de question que je me plaigne, trop heureuse d'être ici J'achète mon ticket de train pour la gare de Lokmanyatilak, d'ou part mon train pour Khandwa. Je monte dans le wagon de queue réservé aux femmes... Il y a du monde... Pas de place assise, je reste près de la porte pour avoir de l'air. (les portes des trains sont toujours ouvertes en Inde, c'est normal...) Des femmes continuent à monter... Le train démarre et je suis aussi coincée qu'une sardine dans une boite 100x trop petite... Bien sur je suis la seule touriste, on me regarde, on me sourit, je souris en retour, sachant à peine respirer au milieu de ces belles indiennes... Je les trouve vraiment toutes belles! En sari, salwar kemiz ou en jeans. Je suis d'ailleurs étonnée d'avoir vu autant de femmes habillées à l'occidentale à Bombay, bien plus que lors de mon dernier passage dans cette ville en 2003. Enfin j'arrive à Lokmanyatilak station, je parviens à sortir du wagon et je me retrouve saine et sauve sur le quai. Le trajet fut bien plus rapide que ce qu'on m'avait dit, me voilà arrivée 10x trop tôt. C'est pas grave, j'ai faim, et vais à la cantine de la gare. Je choisis un riz biryani aux légumes. Délicieux malgré plein d'épices bien hot... Une femme m'invite à sa table, elle parle bien l'anglais. Mariée (par amour, on est à Bombay, ca se fait plus qu'ailleurs) recemment, elle va dire bonjour à sa belle famille. Son gentil mari arrive, et comme nous prennons le même train, nous nous dirigeons sur le quai et continuons à papoter... Chouette, le train arrive et j'ai une couchette du dessus. J'aime celles du dessus, car ca ne me force pas à faire la conversation et je peux m'allonger de suite. Par contre j'ai les ventilo à 20 cm de ma tronche, et ils ne sont pas silencieux... J'essaie de dormir sans beaucoup de succès...
Enfin me voilà à Khandwa d'ou je vais prendre le bus pour Omkareshwar, mais d'abord, la consigne. Je dépose mon sac à dos au trois quart vide, et je prends un rickshaw pour le temple. Comment s'appelle-t-il? Dada Ji? Oki, allons au dada ji temple... 20 roupies, ca roule. (35cent)
La ville est toute petite, et si tôt le matin, toute calme, toute tranquille. Le temple n'est pas incroyable de beauté, mais il est très sacré. Je suis gentiment invitée à prier devant la tombe du saint homme. Comme je veux partir, une puja commence, (la puja est un rituel d'adoration, plus d'infos ici: http://www.elishams.org/Puja.html) Dans un gigantesque brazier, se consume des centaines de noix de coco, le prête chante, les fidèles l'accompagnent et frappent dans leurs mains aux rythmes dingues de deux gros tambours. La mantra (prière) qu'ils chantent est très belle... Quelle différence que d'écouter des mantras chez soi à la maison et dans l'ambiance d'un temple en Inde... Et comme la Parvat est très émotive, j'ai du mal à refreiner des sanglots... Les yeux mouillés de bonheur... Je suis en Inde, l'Inde profonde des villages, l'Inde que j'Aime et qui m'a tant manqué... Deux ans que je ne t'avais plus vue... Je remercie Dada Ji, Ganesh et tous ses potes, de me permettre d'être à nouveau dans ce pays adoré, et de connaître un moment de bonheur d'une telle intensité...
http://www.dailymotion.com/video/x3spg1_puja-au-dada-ji-temple_travel
En sortant, deux vieilles femmes ne me disent pas Namasté, mais "Hare Om", je leur répond de même "Hare Om" avec un grand sourire. Elles viennent vers moi, et je continue à sourire, rayonne de bonheur et elles le voient bien Malheureusement je ne parle pas hindi, alors après ces bonnes vibrations partagées, je m'en vais rejoindre le rickshaw wallah (conducteur de rickshaw) qui me ramène à la gare lentement, à travers le gros et bien tranquille village de Khandwa, vers la gare. Je reprends mon sac, et monte dans un bus pour Omkareshwar... Installée à une fenêtre (ouf) je regarde une mère dire aurevoir à son fils. Comme elle est belle... La peau marquée par l'âge et les cheveux grisonnants mais un regard tellement doux, tellement rempli d'amour... Après deux heures dans ce bus d'un autre âge, roulant sur des routes plus défoncées que ca, ca ne doit pas exister, j'arrive à ... Ah ben non, je ne suis pas à Omkareshwar, je dois encore prendre un tempo... Genre de rickshaw allongé de partout... Datant d'au moins 1950 si pas avant... 😏 Pour le faire démarrer, je vois un indien au volan, l'autre qui tire sur une corde sous le capot, pour lancer le moteur... Apparemment c'est normal, j'en vois un autre démarrer comme ca aussi
Bien serrée contre 15 autres personnes, on me regarde comme si j'avais une excroissance monumentale sur la figure... Enfin non, on me regarde normalement, je suis juste blanche aux yeux clairs... On m'offre des cacahouettes grillées, ca ne fait qu'accentuer mon impression d'être un bonobo dans une cage, mais non, c'est normal, tout le monde dans ce vieux tempo, mange des cacahouettes grillées... La route est tout aussi défoncée que tout à l'heure. On fait la conversation... Country? Belgium.... Maried? 😏 etc... Et 3/4 d'heure après, on arrive à destination: Omkareshwar.
Omkareshwar, je cherche la rue principale, n'ayant pas envie de demander à qqun ou sont les hotels... je monte une rue de terre seche bordée de petites gargottes... J'ai chaud, j'ai l'impression que mes 6 kilos de bagage en font 20... J'ai faim... Pas de pancake à l'horizon, je m'arrête et grignotte des samosas... Purée c'est hot!!!! Sont malades ces zouaves!!! Mais comment peuvent ils aimer ca??? En tout cas, ca dégage... Je me mouche dans les mains et me les lave... On me regarde en souriant comme pour dire... "C'est presque bien, encore un peu de pratique et ca ira" j'attrape mon petit sac et reprends la route... Je vois un guest house, le visite, mais quoi? 8€??? Non non non, c'est trop cher pour moi, j'veux pas l'air con, ni la télé... Plus loin je vois un panneau "Ganesh guest house", allons voir... Mon guide est vieux, donc pour les hotels, je me débrouille autrement... Il est mignon ce guest house, un autre voyageur est attablé. Je visite une chambre, assez grande, 150 roupettes, salle de bain nickel, vue sur la rivière Narmada super. En m'inscrivant dans le registre, je vois que Eli était là il y a 10 jours!!! Vivement que je la revoie!
Je m'installe, papote avec l'autre voyageur, et allons regarder le jeu qui se déroule sur la Narmada aujourd'hui... Une corde est tendue au dessus du fleuve, les candidats doivent s'accrocher et parcourir un bon 50 mètres, jusqu'a une gerbe de fleurs attachée à la corde, et ce sans utiliser leurs jambes. Le gagant recoit 2500 roupies, (45€), un mois de salaire pour beaucoup d'ouvriers. C'est marrant à voir tous ceux qui se casse la figure et qui tombe dans l'eau. Beaucoup ne savent pas nager, donc d'autres, installés dans des pneus(chambres à air plutôt) de camions, flottant sur la Narmada, regardent la scène et aident ceux qui en ont besoin.
Je ne fais pas grand chose ce pemier jour... Je pars sur l'île en forme de Om, entre la Khaderi et la Narmada, toutes deux rivières très sacrées, mais il commence à pleuvoir... Je me réfugie dans un chai chop, et reçois mes premières leçon d'hindi! Il n'y a pas grand monde qui parle l'anglais dans les environs... L'est chouette ce chai chop, et il pleut longtemps sans arrêt à fond la caisse. J'y reste donc longtemps, j'observe la tête des gens dont tout un groupe de brahmines habillés de blanc, ils rigolent a mon accent dans mes tentatives d'hindi, je rigole aussi Bien sur, j'ai toujours deux grands enfants, mariée depuis 20 ans mon mari n'aime pas l'Inde, et me laisse y aller seule régulièrement... Bien sur, si lui ou moi allons voir ailleurs, c'est le divorce, on se fait confiance. Yes
i'm a good woman!
C'est ce que je raconterai tout le long du voyage quand au pourquoi je suis seule...Ce voyage ci m'aura fait prendre conscience d'une chose... Je prends de l'âge... Ce n'est plus des "hello sister" auxquels j'ai droit, mais des "hello mama" (vous verrez les djeunes! ca viendra + vite que vous ne le pensez héhéhé, pardon, shanti Parvat...)../...
Fragments de voyage I/II: d'Istanbul à Jakarta par la route English translation pending
J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos
SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎
Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction KilyosSUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Rencontre VF le 15 juillet 2007 à Chalon-sur-Saône sur le thème des déserts English translation pending
...
Amis des déserts, bonjour !
Les déserts sont vastes et nombreux. Bien sûr, nous pensons tous aux immensités sablonneuses des déserts tropicaux. Mais désert n'est pas dépourvu de toute vie. Le dictionnaire dit qu'est désert tout espace dépourvu d'habitants humains. Alors... amoureux des steppes mongoles, des océans, de la banquise, du Sahara, des déserts de pierre, de sable, de sel, de glace, d'eau, etc...
Soyez les bienvenus le dimanche 15 juillet prochain à partager un pique-nique et un week end ensoleillé sur les coteaux bourguignons.
Comme on dit au Sahara, il n'y a pas de lieu si désert qu'il ne recèle quelque convive pour le thé. 😎
Martine, dite Tillelli sur VF, s'associe à moi pour vous proposer cette rencontre, puisque son jardin semble déjà tout disposé à vous accueillir. Et vous n'aurez pas d'excuse pour ne pas venir. Chalon-sur-Saône est situé à un endroit hautement stratégique... Sur l'autoroute A6, plus proche de Lyon que de Paris, donc pas si loin que ça de Marseille non plus !
Au plaisir de vous rencontrer prochainement ! Sam 😉
Amis des déserts, bonjour !
Les déserts sont vastes et nombreux. Bien sûr, nous pensons tous aux immensités sablonneuses des déserts tropicaux. Mais désert n'est pas dépourvu de toute vie. Le dictionnaire dit qu'est désert tout espace dépourvu d'habitants humains. Alors... amoureux des steppes mongoles, des océans, de la banquise, du Sahara, des déserts de pierre, de sable, de sel, de glace, d'eau, etc...
Soyez les bienvenus le dimanche 15 juillet prochain à partager un pique-nique et un week end ensoleillé sur les coteaux bourguignons.
Comme on dit au Sahara, il n'y a pas de lieu si désert qu'il ne recèle quelque convive pour le thé. 😎
Martine, dite Tillelli sur VF, s'associe à moi pour vous proposer cette rencontre, puisque son jardin semble déjà tout disposé à vous accueillir. Et vous n'aurez pas d'excuse pour ne pas venir. Chalon-sur-Saône est situé à un endroit hautement stratégique... Sur l'autoroute A6, plus proche de Lyon que de Paris, donc pas si loin que ça de Marseille non plus !
Au plaisir de vous rencontrer prochainement ! Sam 😉
Journal d'une Parisienne: seule avec son sac à dos en Inde du Nord English translation pending
3 Mars 05 DELHI
Une vraie souris vient de me passer sous le nez, alors que j'allumais l'ordinateur .... Elle doit faire partie du processus de connection.
J'ai donc mis le pied en Inde comme d'autres ont mis le pied sur Mars. Tout devait être différent et pourtant, je ne me sens pas aussi étranger que ça (aurais je des origines martiennes?). A peine une vague sensation d'apesanteur due à la fatigue. ?Le voyage fut un étrange mélange initiatique. Je n'ai jamais eu autant de correspondances (Paris, Behaim, Abu-Dhabi, Muscat, Delhi...enfin). Tous à vos atlas, BANDE DE FLEMMARDS! Comble de malchance, je fut poursuivie pendant tout ce périple par un groupe de touristes quadra franchouillards qui (comme le veut le règlement du beauf à l'étranger) n'ont pas cessés de faire des commentaires douteux, râler… bref, se faire remarquer. Passons, peut être qu'un jour, l'âge aidant, j'en serais réduite à voyager avec leurs semblables... ?Par contre je recommande vivement la compagne Gulf Air. Leurs hôtesses portent un voile qui tombe gracieusement de leur petit chapeau sur leurs épaules. On dirait un mixe entre la Fée Bleue et Shéhérazade.??Comme le vol est long, les passagers tentent tant bien que mal de se dégourdir les jambes. Il en résulte une imitation presque parfaite du bagnard dans sa coure de récréation, l'uniforme en moins. A pas comptés, ils tentent de faire circuler le sang dans leurs jambes engourdies et comme l'avion est petit, ils tournent vite sur eux mêmes. ?Enfin Delhi, j'enlève mon pull avec bonheur (promis, j'ai eu une pensée pour vous), je dégaine mes lunettes de soleil et en route pour l'aventure! ?J'ai bien fait de demander qu'on vienne me chercher. A l'extérieur de l'aéroport, une foule de chauffeurs de tout poils sont à l'affût du touriste. Par contre, il devient rapidement évident que la conduite ici est une affaire de Karma. De toute façon, notre fin sur terre est déjà écrite, alors autant foncer et s'en remettre aux divinités locales. Les voitures slaloment dangereusement, ne laissant que peu de chance aux piétons. Pas de refuge possible pour eux, les trottoirs servant ont tout sauf à marcher dessus. Traverser relève du suicide collectif. Les rues sont toutes à double sens, même les plus étroites. On roulera au besoin sur ces fameux trottoirs. Enfin, pour ceux qui poussent le masochisme à l'extrême, nous proposons la moto. Tout sert de casque pourvu que ce ne soit pas homologué (casque de chantier, de football américain, je m'attends même à croiser un saladier pourvu que ce soit la bonne taille) ?Me voici arrivé à mon hôtel après, deux accrochages, trois dérapages et une bonne dizaine de grosses frayeurs (la routine quoi). La rue est sordide, nous sommes en plein Old Delhi, j'adore.
Un drôle d'escalier en marbre aux marches surdimensionnées m'amène jusqu'a la terrasse sur laquelle donne ma chambre. Là aussi, le faux marbre du sol contraste avec l'étroitesse et le kitsch du décors. ?C'est sur cette terrasse que je fais la connaissance de Penina, une française. Elle est sur la fin de son voyage, c'est elle qui m'initiera aux joies du négoce. ?C'est tout un art. Il faut avant tout avoir le temps. On se pose, on boit un thé avec le vendeur. Il invoque sa famille à nourrir, on montre notre portefeuille que crie famine. Petit sourire échangé, personne n'est dupe. On regarde d'autres objets. "special price". Il faut savoir doser. Parfois j'ai honte mais à la fin de la transaction, quand Penina ressort en ayant payé un prix dérisoire, le vendeur lui glissera: "you are clever " (tu es maline). C'est de bonne guerre. ?J'ai le sentiment que dans cette ville, on a concentré un maximum d'échoppes, de voitures, de passants dans un minimum de place. On a vite l'impression que le ciel est tout juste au dessus de nos têtes à cause de la toile que forment les câbles électriques. Ils sont emmêles, dérives, coupés, je n'ose imagine le boulot de l'EDF locale... ?Il est tard maintenant et la rue grouille encore. Beaucoup de klaxon, des chiens qui se battent, on se hèle d'un balcon à l'autre. ?Penina est partie aujourd'hui, à moi de mettre en pratique son enseignement. ?Ben voila le premier de la série. Je vous embrasse tous. Je m'amuse comme une folle et mon système digestif tient le coup.
4 Mars DELHI J'ai trouvé un ange gardien! Mr Singh. Il est sikh (religion) et chauffeur de taxi (profession).?La première fois que je l'ai rencontré, j'étais avec Penina. Il était tard, nous avions eu une mauvaise expérience avec un chauffeur un peu agressif à cause du faible taux de sang qui flottait dans l'alcool de ses veines. Et là, on a croise ce type au turban impeccable. La moustache digne du baron de Munchausen. J'AVAIS TROUVE MON MARAJAH !! Il sera mon guide sur Delhi. ?Le sikhisme est une religion qui regroupe deux pour cent de la population indienne. Malgré ce faible nombre, il s'agit d'une minorité religieuse (et non ethnique) solidaire, entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie. Le sikhisme qui prescrit l'honnêteté et le service de la société, en fait des interlocuteurs surs. ?Malgré leur longue barbe, ils sont loin d'être des hippies attardés, bien au contraire.?Leur religion suit les préceptes de Guru Nanak (né en 1469) qui déclara: " il n'y a pas d'indous, il n'y a pas de musulmans, il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême". Ce bricoleur des religions rejeta les castes de l'indouisme tout en conservant la croyance en la réincarnation. De l'islam, il retint la simplicité, l'absence de représentation divine, la prière et le dogme du Dieu unique. Il butina même chez les zoroastriens et les juifs. ?Les puristes suivent la loi des cinq K: Ils doivent laisser pousser leur barbe et leurs cheveux (kesh en Indien).Ils gardent donc leurs cheveux sous un magnifique turban plié au centimètre prés et protégent leur barbe dans une résille nouée sur la tête quand ils se déplacent en moto par exemple. Ils placent un peigne d'ivoire ou de bois dans leur chignon (konga). Ils portent un bracelet en argent au poignet droit pour se souvenir que leurs mains ne doivent pas tricher ou faire de mal (kara). Kacca désigne le caleçon court que certains portent encore. Enfin, ils portent parfois un poignard à la ceinture (kirpan). ?Outre ces percepts, les siks ne doivent pas boire d'alcool ou fumer ce qui m'arrange particulièrement pour le cas de mon chauffeur de taxi.
Ce matin, j'ai continué mon voyage initiatique à la gare centrale pour acheter, à l'avance, mes billets pour les étapes suivantes. Mon chevalier ne m'a quitté qu'une fois devant la porte même de l'International Tourist Bureau, m'évitant ainsi de tomber entre les griffes des nombreux rabatteurs, faux guides et autres types louches. ?Me voici donc dans le temple du transport ferroviaire (un temple de plus ou de moins, on n'est plus a ça prés dans ce pays). Petit coup d'oeil à mes confrères touristes. Il en vient de toutes part; Japon, Australien, Allemagne.... Par contre, pour ce qui est de cette brochette, ils ont tous un point en commun: ce sont de véritables épaves!! (J’exclue tout de suite nos amis asiatiques qui sont comme d'hab, tirés à quatre épingles). ?Ici, tout est fait pour vous faciliter la vie mais dans une logique toute locale. Après donc une heure de queue, j'accède au guichet..... Perdu!! Vous devez reculer de trois cases pour aller chercher le nom exacte du train que vous voulez (ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt mille francs) ..... Par contre, si vous voulez les trains en partance pour d'autres gares, reculez de trois cases et soyez heureux de ne pas avoir de gage. ?Enfin, je sors victorieuse. Ca vaut bien un thé massala à l'hôtel devant une série TV indienne. Lors de mon séjour au Burundi, mon amie indienne Shiwa m'a fait découvrir ces deux piliers de la culture indienne. J'en use et abuse avec délice depuis mon arrivée ici. Quand je vais revenir en France je serais incollable sur les dernières nouveautés!! ?Faisant fi des guides touristiques j'ai résolument tourné le dos aux monuments locaux pour suivre, à son invitation, mon marajah jusqu’a son temple. Ce n'est pas tant les musées que je veux voir. Quoi de mieux que d'entrer dans un temple sikh par la porte de service. Pendant le trajet, je regarde les yeux de chat de mon chauffeur dans le rétroviseur. Il a l'air particulièrement fier de m'emmener là-bas. C'est en partageant les cultures qu'on arrive à mieux se comprendre. ?Avant d'entrer, je me couvre la tête avec mon étole. Le temple est immense, tout en marbre. En passant déposer nos chaussures, on se fait offrir un thé et des petits gâteaux par le gardien. Pendant que Mr Singh papotte avec ses amis, je me fais toute petite, c'est le vestiaire des hommes après tout!! (jalouses hein??). Des chaussures s'alignent sur toute la hauteur du mur. ?Dans le temple, l'ambiance est recueillie. Ca fait du bien après la folie des rues de Delhi. Un prêtre psalmodie accompagné par une musique entêtante. ?Le temple a été construit sur une source miraculeuse. Le matin, beaucoup de personnes viennent se baigner dans le grand bassin. Sur le côté, des "moines" armés de bouilloires, proposent de boire l'eau bénie. J’avoue avoir essayé. Peut être retrouverais je quelques neurones grâce à elle (sinon ce sera juste une bonne diarrhée). ?Un peu plus loin, sous un préau, le temple offre un repas simple aux nécessiteux mais aussi à qui veut. Tout provient de généreux donateurs. Cette religion me semble pleine de sens, à l'échelle humaine.
Mon voyage commence bien.
5 Mars AGRA On vit tellement plus de choses quand on voyage seul! On a peut être l'air plus abordable et on va plus vers les autres. Quand on voyage à deux, on a un interlocuteur privilégie, pas besoin d'aller voir ailleurs. De plus le binôme peut vite être ressentit comme un cercle fermé. Depuis mon arrivée en Inde j'ai fait beaucoup de rencontres intéressantes. Je dois avouer que mon coté ours est aussi en cause; j'aime bien disposer de mon temps et de mon espace. Ca fait du bien de choisir les moments ou on veut de la compagnie et ceux ou on préfère se replier dans ses pénates. ?Je viens d'arriver à Agra après deux heures de train. J'ai le dos en compote et pourtant, je retrouve toute mon énergie en arrivant à l'hôtel. Les chambres entourent un petit jardin ou on peut manger sur le pouce et, contrairement à Delhi, ON EST AU CALME!! ?Très vite, je prends possession des lieux. Mon pyjama sous l'oreiller, je sors mes sachets de thé et quelques pommes sur la table de nuit, je brûle un bâton d'encens. Cette fois, ma chambre a la couleur d'un chamalow. Au plafond, un ventilateur suspendu par des fils électriques qui ne lui transmettront jamais l'énergie vitale faute de branchement. Plutôt étonnant comme déco. Dans la salle de bain je tends ma corde a linge et je fais bouillir de l'eau dans le seau (merci la résistance chauffante burundaise) pour me doucher. Je veux bien jouer les routardes mais pas question de se négliger. Mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche. Sur ma table de nuit trônent ma crème de jour et ma crème de nuit (que j'utilise à bon escient, comprenne qui pourra). Détail intéressant de ma salle de bain: l'eau usée du lavabo s'écoule .... sur mes pieds. Le siphon ayant été coupé, tout va directement dans la grille d'évacuation de la douche située par terre, juste à côté. ?Au resto de l'hôtel je rencontre Beckie, infirmière vétérinaire australienne. Ce soir, elle part en direction du Nepal. On passera l'après midi ensemble. Mon alliance l'a bien fait rire. Elle utilise le même subterfuge. ?Paradoxe du voyageur solitaire, on n'est jamais seul
6 Mars AGRA Ce matin, je me suis levée avant le soleil pour aller visiter le Taj Mahal.
L'histoire raconte que l'empereur Shah Jahan l'aurait fait construire pour recevoir le corps de sa femme Mumtaz Mahal, morte alors qu'elle accouchait de son quatorzième enfant. Sa mort laissa le souverain fou de chagrin. Il fit alors la promesse de construire, en sa mémoire, un monument qui n’a pas son pareil dans le monde. Comme aucun architecte du royaume n'était capable de concevoir projet à la dimension de la douleur de l'empereur, celui-ci aurait alors convoqué l'architecte Perse le plus célèbre et tué sa fiancée. Comprenant enfin toute la peine du sultan, il créa le Taj Mahal. S'en suivirent vingt années de labeur (1631-1653) pour des milliers d'artisans venus pour certains du Moyen Orient ou d'Europe. Certains furent ensuite amputés des mains ou des pouces pour qu'ils ne puissent plus jamais reproduire une telle perfection. ?Une autre version tendrait à montrer le souverain sous un jour moins poétique. En effet, l'agencement du jardin en quatre parties sépares par des bassins symboliserait le paradis ou coule des rivières d'eau fraîche, de lait, de miel et de vin. Ces bassins se rejoignent en un point central qui représenterait le bassin céleste de l'abondance. Certaines calligraphies de la porte principale citent un des deux seuls passages du Coran ou Dieu s'adresse directement aux hommes: "Entrez dans mon paradis". Le Taj serait ils alors la représentation du paradis? ?Jusque là, me direz vous, tout va bien... Le problème c'est que la tombe n'est pas située au centre du jardin comme le voudrait la tradition mais au fond de celui ci. On sait depuis peu que le père de Shah Jahan possédait dans sa bibliothèque, un texte Sufi décrivant le plan de l'assemblée du jugement dernier. Celui-ci correspond exactement aux plans du Taj Mahal. Le Taj serait alors une symbolisation du trône de Dieu. Notre empereur ne serait il alors qu'un mégalo bouffit de vanité?? ?Même chose pour sa mort. La version la plus répandue dit que l'empereur serait resté inconsolable après la mort de sa belle. Il fut emprisonné par un de ses fils dans le fort d'Agra d'ou il contempla le Taj jusqu'a sa mort en 1666. Une autre version indique qu'il serait mort d'une over dose d'opium et d'aphrodisiaque. Moins poétique tout d'un coup... ?Alors, doit on croire en l'amour ou n'est ce qu'un miroir aux alouettes? Pour ma part, fidèle à mon cynisme légendaire, je retire une conclusion de tout ça. Il n'est pas d'amour parfait. Les années érodent la pierre, les sentiments se révèlent parfois moins nobles, se fatiguent avec le temps. ?Mais revenons à nos moutons. Je ne tenterais pas de décrire le Taj. Nombreux sont ceux qui se sont essayés à cet exercice et je ne me mesurerais pas à eux. Par contre, face à tant de beauté, je réalise à quel point les hommes sont capables de rejoindre Dieu et faire des miracles quand ils veulent bien s'en donner la peine. ?Le soleil commence à se lever. Les touristes pressent le pas pour voir le Taj s'illuminer et se refléter dans son miroir minéral. Il n'y a pas que les touristes d'ailleurs. Une nuée de moustiques me fait rapidement une auréole. ?Personne ne parle, on n'entend que les cris des singes, quelques oiseaux et le bruit étouffé de la ville qui se réveille. ?Derrière le Taj, en toile de fond, il n'y a rien que le ciel comme une porte vers l'éternité. Un pur moment de beauté. ?L’Inde est un pays où cohabitent la grâce la plus divine et la misère la plus infernale.
7 Mars AGRA Mon hôtel est décidément plein de surprises. L'électricité est coupée dans la journée, ce qui, en soi, n'est pas un réel problème, sauf si on cumule, le fait que mes toilettes ne sont équipés d'aucune autre source de lumière et que la corde sur laquelle je viens d'étendre mon linge passe au dessus des toilettes. Je me retrouve donc sur le trône, ma lampe frontale sur la tête, mes chaussettes me dégoulinant dans le cou! J'avais prévu de passer une après midi au calme, recluse à l'hôtel, me refusant de faire du shopping dans cette ville attrappe touriste, mais mes voisins américains ont su me convaincre. Je ne regrette pas. Ils avaient dégotés pour le dîner, une terrasse qui surplombait la ville. Vue imprenable sur le Taj, des guirlandes qui clignotent, le tout sur un air de Bob Marley. Tables sur une surface à peine plus grande que ma chambre d'hôtel. De là, je voyais la ville labyrinthe sous un autre oeil. Loin des rabatteurs, je pouvais voir la vraie Agra. Sur une terrasse, des gamines qui jouent, un peu plus loin une ribambelle de singes qui se chamaille. Le muezzin du coin commence à rappeler ses fidèles à l'ordre. Je respire. Le retour fut nettement moins calme. Il faisait nuit noire quand nous sommes montés à bord de l'auto rickshaw. J'avais quelques réticences, quelque chose clochait mais impossible de savoir quoi. Après quelques minutes de route, j'ai réalisé que le véhicule n'avait tout simplement pas de phare. Nous roulions à l'aveugle. On a bien tente de tenir ma lampe de poche à bout de bras mais les tressautements incessants dus au mauvais état de la chaussée nous faisaient passer, aux yeux des autres chauffeurs, pour un véhicule en proie à quelques démons. De plus, cerise sur le gâteau, vu que les rickshaw n'ont de toute façon pas de clignotant (décidément, à part une banquette et des roues c'est plutôt minimaliste) son fils de sept ans assis à ses cotés, était chargé de tendre la main si d'aventure il lui prenait l'idée saugrenue de tourner. Nous étions d'ailleurs tellement rassurés qu'à chaque virage nous agitions nous aussi les bras comme les naufragés de la méduse.... Nous sommes tout de même arrivés à l'hôtel sains et saufs (ce n'était pas notre heure de mourir)
8 Mars FATEHPUR SIKRI Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les plafonniers diffusent une lumière jaunâtre. On se croirait dans un aquarium mal entretenu. J'ai passé la journée à Fatehpur Sikri et pourtant ce fut trop court. Bâtie par l'empereur Akbar en 1572 (donc quelques centaines d'années avant notre copain Shah Jahan le mégalo en amoure) pour y installer se cour, elle fut abandonnée quinze ans plus tard suite à une baisse du niveau de la nappe phréatique. A vingt six ans, Akbar avait tout ce qu'un monarque pouvait désirer: le pouvoir absolu, un harem (cinq cent femmes, quelle santé!).... mais pas d'héritier. Il vint sur la colline de Sikri consulter un hermite renommé. La bénédiction du saint homme lui apporta trois fils l'année suivante (rentable). Plein de gratitude Akbar décida d'élever sa nouvelle capitale à Sikri. Le temple de marbre blanc dans lequel repose le corps de l'hermite sert de " Darty local". On fait un voeu en achetant des offrandes. Pas plus de trois (ça lui fait déjà pas mal de boulot à notre copain l'hermite, vu le nombre de visiteurs! Pas de répit même pour les défunts) On accroche un bout de ficelle rouge à l'un des magnifiques panneaux ajourés (fait d'un seul bloc de marbre. Imaginez, deux mètres sur deux) et là, c'est garantit sur facture... votre voeu se réalisera (en vingt quatre heures chrono?). J'avoue avoir craqué. J'ai mis mon bout de ficelle. En règle générale je ne crois pas à ce genre d'histoire mais ici, je me laisse porter, je pense que j'aime croire un peu à la magie de l'Inde.?Akbar semble avoir été un homme plein de sagesse tout en gardant un côté enfantin. En plus de son harem, il avait trois femmes: une indoue, une musulmane et une chrétienne. Pour chacune il fit bâtir un pavillon. Chaque pavillon est orné de peintures, de détails architecturaux s'inspirant de leur culture.?Dans la grande cour, un trône très simple, au milieu d'un jeu inscrit sur le sol. Il s'agit d'une sorte d'échiquier géant dont les pions étaient des esclaves et des femmes nues que le souverain déplaçait à son gré (ça va en faire revers plus d'un). Un peu plus loin, sur une plate-forme entourée de bassins, une scène sur laquelle les plus célèbres musiciens venaient faire concert. A certaines grandes occasions, Akbar faisait remplir ce bassin de pièces d'or et d'argent qui étaient ensuite distribuées aux pauvres. J'ai même visité les restes d'un hôpital. Plutôt sommaire mais les entrelacs qui ornent les piliers m'ont fait rêver. Vers la fin de ma visite, je me suis assise pour dessiner un peu. Il est tard, les touristes ont déjà regagnés leur bus climatisé. Le palais respire enfin. Le soleil fait flamboyer les murs de grés rouge. J'ai paye mon guide et pourtant il reste assis à coté de moi. Lui qui n'a cessé de m'abreuver de détails historiques, architecturaux, est devenu soudain muet. Je suis fascinée par cet endroit. Le moindre piller, la moindre poutre est richement décorée. Les linteaux ondulent gracieusement comme des trompes d'éléphant. Art Jain, mongol, indou, persan, turc, boubhique, chinois, il a su prendre le meilleur de chacun. Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les enfants de ma voisine se sont endormis sur ses genoux. Dehors, les grenouilles se sont réveillées et sifflent cachées par les herbes hautes. Ca sent la terre humide. L'air est frais. Après une heure de route à travers la campagne, on arrive aux portes d'Agra. Les échoppes, les maisons sont éclairées par des bougies faisant apparaître la route en pointillés. Leur lumière chaude et vacillante transforme le moindre étal en caverne d'Ali Baba. Les guirlandes de sachets de bonbons brillent comme des bijoux. Les plats d'alu deviennent de riches plateaux d'argent. La nuit a effacé la misère, laissant place au rêve.
10 Mars vers KHAJURAHO Désolée pour le retard (vous commencez à prendre de mauvaises habitudes !!!) mais la connection locale est des plus aléatoires...
Les trajets en Inde sont toujours une rude épreuve. Je me disais qu'avec mon entraînement étant jeune, ça ne devrait pas trop poser de problème (à cinq dans une Renault 14 pour passer des vacances dans le sud de la France). Ben je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.?Au Burundi, je regardais d'un oeil amusé les minibus ou la capacité de l'homme à se comprimer était utilisée à son maximum. Une fois dedans ça ne m'amuse plus du tout. J'avais de la chance (!!), j'étais collée contre la fenêtre, les genoux encastrés dans le fauteuil de devant. Par contre, au bout de la banquette, ma voisine avait l'entre jambes des passagers debout dans l'allée qui s'imposaient a elle à chaque secousse (Y'en a qui ont fait le voyage debout… si, si).?Juste avant d'atterrir dans cette boite à sardine sur roulettes, j'ai du prendre la train d'Agra à Jhansi. Trente cinq minutes de retard, la routine. J'étais assise à coté d'un ponte de l'assurance vie indienne, qui ne s'est pas fait prier pour dégainer son lap top dernier cris et me montrer les centaines de photos de ses collaborateurs, sa famille, le mariage de l'oncle Alphonse... Je m'extasie, pousse des "ah" des "oh" aux moments appropriés. Là ou ça s'est complique, c'est quand il a embrayé sur le mariage en France, les relations avant mariage et là je le voyais venir avec ses grosses babouches! Je tente bien de défendre notre moralité mais sans grande conviction. Pas évident. On doit passer pour de sérieux débauchés à leurs yeux! Les ados sortent à tour de bras les uns avec les autres, on vit ensemble hors mariage, on divorce au moindre petit problème. Je suis très mal placée pour défendre la vertu, par contre je pense qu'on se passerait bien de tout ce petit manège si seulement on trouvait le bon.?Eh ! Oh! pendant que vous êtes tranquillement en train de lire ces lignes, au fond de votre canapé douillet, je vous signale que je suis toujours dans le car! On a quitte Jhansi à treize heures trente. Dans le guide du routard ils disaient cinq à six heures de route. Je ne sais plus comment me mettre. Remarquez, je n'ai pas beaucoup le choix. On s'arrête, pause pipi. Ouf! je déplie enfin mes jambes. Pas la moindre toilette recommandable aux yeux des services d'hygiène. Ma vessie attendra. Le bus est pris d'assaut par des gamins qui vendent des légumes dans des assiettes en feuille de bananier. Pour la dernière partie du calvaire, le chauffeur m'achèvera en mettant sa cassette préférée de musique locale. Je vous vois rigoler d'ici. Oui! J’adore toujours la musique indienne, mais perclue de rhumatismes, dans un bus glauque, la vessie comme un ballon de football, j'avoue que mes sens étaient quelque peu altérés. Et puis vu la qualité de la chaîne et le niveau sonore, j'aurais plus penché pour un cochon qu'on égorge que pour une douce mélopée a l'eau de rose. Je n'ai pas vu la tête de l'hôtel dans lequel j’atterrissais. Une douche, une soupe et extinction des feux. O joie!
?11 Mars KHAJURAHO Je me réveille sur un air de musique transcendantale. Dans quel Eden ai-je atterris ? Un petit bassin ou une statue de Buddha fait trempette au milieu des nénuphars, des fleurs fraîches sur chaque table du resto... j'ai complètement oublie la journée d'hier. L'hôtel est tenu par un swami à la longue barbe. Possibilité de cours de yoga le matin pour les lève tôt (donc pas moi). Je retrouve mes voisines de bus. Deux minettes belges. On sympathise autour d'un tchai et nous voila parties à la découverte des alentours. On est rapidement entourées par une horde de gamins. Un peu paumées, on les suit. Du haut de leurs quinze ans ils se révéleront des guides fort intéressants. La ville est surtout connue pour les sculptures érotiques qui ornent certains de ses temples. Les touristes se jettent dessus avec l'avidité de l'ado boutonneux sur le porno du samedi soir. En fait, elles ne représentent que cinq pour cent de l'ensemble de la surface sculptée. Le reste décrivant des scènes de vie pleines de grâce (une jeune femme ôtant une épine de son pied, une autre se maquillant). En fait, on a plus été marquées par une petite école ou un des gamins a absolument tenu à nous emmener. C'est son école. Il semble tellement fier. En fait, il y a deux pièces de plein pied qui donnent sur une courette. L'une sert de bureau, l'autre de salle de classe. Les murs sont en torchis. Le professeur nous fait signe d'entrer. Ils doivent être une dizaine de gamins, dépenaillés, assis par terre, une ardoise sur les genoux. Ils se lèvent tous à notre entrée pour nous saluer. Je suis un peu gène de troubler ainsi la classe. Le village est divisé en quatre "arrondissements" en rapport avec les différentes castes. Chacun ayant ses propres temples, ses propres centres de soins. Par contre, cette école ne fait aucune différence. Six instituteurs ont décide de la monter en dépit de tout. La plupart des élevés n'ont pas de quoi se payer les cahiers ou même l'uniforme. On a été touches par cette initiative. C'est pas tout, mais je suis en Inde depuis plus d'une semaine et je n'ai pas achète le moindre vêtement.... pas normal ça... mes hormones féminines en auraient elles pris un coup dans l'aile? Prince saura remédier à tout ça. Prince tient un magasin de vêtements, de tissus, de saris en tout genres (your sexy mother f...). C'est un commerçant mais surtout, je le sens passionné par ce qu'il vend. Voyant mon intérêt, il me sort ses plus beaux brocards. Il en dessine lui même les motifs, s'inspirant de certaines fleurs, de motifs vu sur les temples. Tout est filé, brodé à la main. Je tombe sous le charme. Au bout de dix minutes, son comptoir est recouvert de tissus multicolores. Si je m'écoutais, je ferais des folies. Dans ce pays les vêtements féminins sont tellement gracieux! Par contre ma peau couleur lavabo me déprime. J'ai l'air maladive. Finalement, je me laisse tenter par un punjabi en coton (tunique longue fendue + pantalon + châle) simple mais aux broderies travaillées. Mais pour mon prince aux yeux de velours, même le vêtement le plus simple doit être parfait. Son tailleur prendra mes mesures et fera les retouches pendant que nous conversons de choses et d'autres autour d'un thé comme deux vieux amis. Et les aventures continuent! En ce moment, à Khajuraho, se déroule le festival de Shivaratri. Il réunit tous les adeptes de Shiva pour fêter sa naissance. A cette occasion, une grande foire est organisée. Nous nous y rendons à la nuit tombée. On y trouve des étals de bijoux, des saris, des ustensiles de vaisselle et puis il y a ... la fête foraine avec ses deux grandes roues! On a fait un tour avec un de nos petits guides, il était ravi. En rentrant à l'hôtel, on s'est arrête pour regarder un vieux film indien projeté sur la place. Il y avait la une trentaine de personnes assises par terre. Du plus jeune au plus vieux, tous vibraient devant les roucoulements d'un héros grassouillet sortit tout droit d'une gravure pieuse. On touche le fond quand notre demi Dieu s'entiche d'une belle paysanne (fondu enchaîne pendant dix minutes sur les deux visages illumines d'amour) On hulule de plaisir.!!
14 mars KHAJURAHO Ce matin, j'ai vécu un véritable film indien, avec la musique et tout... Nous voici, Prince et moi, filant sur la route, chevauchant son fidèle tonnerre mécanique (pour le coup, c'est pas Jolly Jumper, ce sera Honda). Plan large. Prince chante (ça fera la musique de fond). La route est déserte, il fait encore nuit. Il est six heures du matin. Lui, mal rasé, porte un col roulé, un jean. Renforcer le côté "on the road again". Elle: treillis, cheveux au vent (prévoir de toute urgence une coiffeuse à l'arrivée pour récupérer tout ça!) Mais qui m'a foutu des cheveux aussi paillasson!! On fait du remplissage pendant les dix huit kilomètres de route avec des flash back en tout genre: Elle entre pour la première fois dans son magasin. Il lui fait essayer un punjabi. Rires autour d'un verre de Tchai. Petit signer de la main quand elle passe devant son magasin en allant au temple (pas mal l'idée de radinner un petit coup de religion). ??STOP la musique ! Retour à nos deux amis sur leur moto. Arrivée sur les falaises qui surplombent les chutes d'eau de Khajuraho. Plan fixe d'eux sur la moto genre poster d'ado pré pubère. Note pour plus tard: penser à dégotter un hélico pour un plan tournant plongeant. Sensation de liberté. "je suis le maître du monde" et tout le tintouin. Passage obligé par un petit chemin escarpé où elle se tordra la cheville (un peu mais pas trop, faut encore qu'elle puisse se trémousser la grognasse). Il lui tend la main pour l'aider (gros plan de cinq minutes). Le soleil se lève. Timing parfait. On caille ici. Penser à voir avec le syndicat d'initiative si on ne peut pas monter le thermostat de quelques degrés. Des acteurs nus sous les pull-overs, c' est pas du tout vendeur! De retour à Khajuraho, chacun reprendra sa place. Lui derrière son comptoir, elle dans son hôtel de luxe. C'était leur dernière journée ensemble. Renforcer le côté dramatique, la fracture culturelle par un retour, pour elle, aux vêtements européens alors qu’elle portait des punjabis avant. Dernier acte: Musique déchirante, violons à fonds les ballons. Sur le marchepied du bus qui l'emmène à Varanasi. Il arrive au dernier moment. Mèche rebelle mais pas trop, on dose le gel poupée, on dose le gel... Il lui tend un paquet qu'elle ouvrira pendant le trajet. TADAAAM: super sari rouge et or. Merci la fée clochette. LARME obligatoire. Genre le truc discret que tu ne peux pas louper tellement c'est gros. Plan final. De retour en France, pour le mariage de son amie, la belle héroïne porte le fameux sari. Retour de la musique utilisée sur la route au début, genre elle se souvient, enfin bref tu vois le truc Coco. Bon, le making-off est nettement moins beau: Je n'ai pas arrête de renifler et de larmoyer pendant tout le trajet sauf quand un moucheron a eu la bonne idée de venir se coincer dans mon oeil!.?Le paysage était magnifique, lunaire mais vu la saison, la chute d'eau tenait plus du Mannkenpiss que des chutes du Niagara. Pas grave, J'ai vu la ville se réveiller. Un peu de calme avant la foire.?Le dernier acte n'est que pure fiction mais comment arrêter le génie créateur une fois lancé? Je m'y voyais déjà, je vous jure que j'entendais même la musique de fonds.... Je n'ai peut être pas joué dans une super production Bollywoodienne mais en tout cas j'ai réellement rencontre un ami à KHAJURAHO. Ce midi, il m'a (pour de vrai, je vous dit!) invité à venir manger dans sa famille qui habite une grande maison un peu plus loin. Les quatre frères habitent ensembles avec leurs femmes et tous les marmots. Première fois que je mangeais vraiment à l'indienne, j'avais intérêt à assurer. Du coin de l'oeil je guettais Prince et reproduisais ses gestes. Il faut manger de la main droite, pas facile au début mais c'est marrant, et puis il y a le joker (y'a toujours une cuillère qui traîne). On s'est assis sur une natte devant la TV. Les femmes nous ont préparées un thali du tonnerre et les enfants faisaient le service veillant à ce que je ne manque pas de chapatti (galette de pain). Le thali c'est un peu comme un plateau TV. Sur une assiette compartimentée on met du Dhal (lentilles en sauce), des légumes, de la chutney, du choux macéré aigre doux, un bol avec du raisin, un autre avec de la papaye et du riz. Le contenu peut varier mais c'est souvent un mixe entre le chaud et le froid, le salé et le sucré, l'acide et le doux. On pioche sans ordre. J'adore. Toute la famille fut adorable. Je regrette de devoir repartir demain et de ne pouvoir les connaître plus. J'aurais bien voulu parler avec les filles. Insatisfaite. C'est déjà un premier pas.
15 Mars KHAJURAHO J'ai passé presque tout mon séjour à Khjuraho avec Prince et j'ai dépense tout mon budget prévu pour cette ville dans son magasin. C'est de bonne guerre. Je l'ai chargé, lui et ses couturiers de me confectionner une tenue indienne spéciale. Alors je passe régulièrement voir l'avancée des travaux. Après, je me mets dans un coin du magasin pour observer les femmes qui viennent choisir leur sari, la pièce de coton qui ira avec pour le débardeur (il a des centaines de tissus de nuances différentes, on se croirait "au bonheur des dames"), le châle. On prend le temps, on cherche au détail près. Et puis, entre deux clientes, Prince me raconte sa vie. Il est Jain. C'est une religion minoritaire en Inde. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont très respectés par les indiens. L'origine du Jainisme remonte au VI éme siècle av JC. Les Jains doivent respecter cinq règles majeures: Ne pas voler (mouaich, mouaich, je doute encore de la justesse des prix qu'il m'a proposé), se détacher des bien matériels, rester chaste, ne tuer aucun être vivant et ne pas manger la nuit (au cas ou une bestiole se serait noyée dans la soupe). Ceux qui respectent ces principes à la lettre se baladent avec un foulard sur le visage comme les cow-boy pour ne pas avaler d'insecte en respirant. De même, les moines ne prennent jamais le bus (le pare brise est un véritable cimetière a moucheron). Mon Prince est loin de tout ça mais il tente de conserver une âme pure pour atteindre petit à petit la délivrance via la réincarnation. Il faut aussi savoir que leur éloignement de tout ce qui est matériel n'est pas du tout contradictoire avec un possible enrichissement (ouf! on avait eu peur). Comme il leur est interdit de tromper leur prochain, cela en fait des personnes dignes de confiance, très présents dans le domaine des affaires, du commerce ou de la joaillerie. Un jour, les parents de Prince, lui trouveront une jolie petite Jain, ils se marieront et auront pleins d'enfants. Ca fait longtemps que je m'interroge sur ce concept du mariage arrangé, à première vue choquant pour une européenne comme moi, qui a brûlé son sous-tif depuis longtemps. Pourtant, la vie aidant, je me demande si ce n'est pas plus réaliste. Je refuse l'idée d'imposer quelqu'un, par contre si on voit le mariage comme une sorte d'association et non comme une union ultra romantique de deux coeurs.. et tout le blabla, on se détache alors des sentiments encombrants et éphémères. En gros, il faut qu'elle trouve un type pas trop moche (on ne va pas non plus ramener du boulot humanitaire à la maison!!), qui gagne sa vie, qui semble sérieux... et l'affaire est dans le sac. Pas d'amour donc pas de dépendance, pas de douleur. On prend soin l'un de l'autre mais le bonheur de l'une dépendra pas des "preuves d'amour" de l'autre. Ils sont partenaires. Bon, le hic, c'est que vu à travers les yeux de Prince, la femme vaut quatre vingt cinq pour cent de l'homme et là je tique. C'est cinquante, cinquante ou rien. Je ne suis pas Jain mais les affaires sont les affaires. Et puis, vu que les filles indiennes sont nourries de films à l'eau de rose, depuis leur plus tendre enfance, comment se fait-il qu'elles ne nous rejoignent pas dans cette quête absurde du prince charmant?? Contradictoire. En fait, je pense qu'un mariage arrangé a autant de chance de réussir qu'un mariage basé sur les sentiments.
16 Mars VARANASI J'écris à la lumière d'une chandelle. L'électricité vient d'être coupée, mon ventilateur s'est mis en grève, j'ai juste eu le temps de faire chauffer l'eau de mon thé. Il fait noir dans la ville. Il n'y a que les ghâts (les marches qui donnent sur le fleuve) qui brillent. C'est l'heure de la prière, l'heure de faire Puja. Des centaines de petites bougies brillent comme autant de prières entre les bras de la Mère Gange. Bienvenue donc dans le plus grand bénitier du monde. Je suis arrivée ce matin par le train de nuit. Mon hôtel a presque les pieds dans l'eau.?Vue imprenable sur le Gange. Un petit dej me remettra vite sur pieds. Me voici face à un des plus beaux vestiges de la colonisation britannique; j'ai nomme le porridge. Si on y ajoute des bananes, on a de quoi faire un mastic qui bétonnera tous les systèmes digestifs, même les plus expressifs. La cérémonie de Puja a lieu vers dix neuf heures. C'est une sorte de prière universelle pendant laquelle a lieu l'offrande de la lumière au fleuve. En bordure du ghât, trois petites avancées sur pilotis. Les fidèles s'asseyent sur les marches en bordure du Gange. Sur le coté, les musiciens. Les cloches rythment la prière de façon entêtante. Pendant toute la cérémonie, des femmes proposent des petites coupelles fleuries. On allume la bougie en son centre et on la laisse dériver au fil de l'eau. Les fleurs sont fraîches, leur parfum se mélange à celui de l'encens et participe à l'enivrement collectif.?Ca commence avec les chants. D'une voix grave, les Brahmanes psalmodient en frappant dans leurs mains. Puis, trois d'entre eux s'avancent sur les jetées. Ils sont jeunes, vêtus d'un Tshirt d'un blanc immaculé et d'un pantalon bouffant brode d'or. Leur peau brille à la lumière des bougies. D'une main, ils agitent une cloche et de l'autre ils tiennent des bâtons d'encens avec lesquels ils ponctuent des demi cercles de fumé qui se dissolvent dans l'air à peine formés. Avec une parfaite synchronisation, ils vont bénir les quatre points cardinaux. Leur poignet est souple, gracieux. Ils feront de même avec des éventails, des torches. La chorégraphie est simple et pleine de recueillement. Sur une petite table, face à eux, sont disposés les accessoires pour la cérémonie. Des pétales de fleur fushia et orange jonchent le sol autour de leur tapis de prière. Les voici soufflant dans un gros coquillage. Ils se tiennent parfaitement droits, le visage tourné vers le ciel. Plus personne ne bouge, les cloches se sont tues, on n'entend plus que le son grave de ces cornes de brume qui résonne dans la nuit. Les barques se sont amassées autour du ghât. Leurs coques s'entrechoquent et craquent. Tiens, un groupe qui débarque.... mais ce sont mes franchouillards quadra que j'avais croise dans l'avion!! Y'a vraiment qu'eux pour avoir le culot de se balader aussi nonchalamment en plein milieu d'une cérémonie religieuse. Fidèles à eux même. Que diraient-ils si un car de touriste japonais se déversait en pleine messe dominicale pour prendre des photos??
17 Mars Je viens de passer sous le rouleau compresseur local. Traduction: je viens de découvrir les joies du massage Ayurvédique. Certains disent que c'est énergisant. Je veux bien le croire. A force de me faire pétrir, pincer et tordre dans tous les sens, je suis ressortie aussi rouge qu'un homard. Toutes mes articulations y sont passées. Il a même fait craquer le bout de mon petit orteil!. Sur le ventre, j'avais l'impression qu'un chat de cinquante kilos me malaxait le dos de ses grosses pattes (vous savez, ils font ça avant de se coucher en boule). Sur le ventre, il a été surpris par mon piercing au nombril. Moi, je dis que face à tous les yogis locaux, je suis une petite joueuse. Chochotte va!. Les jambes en l'air. Mieux que des bas à varice. Il fait remonter tout le sang jusqu'aux orteils, en exerçant des pressions de la cuisse jusqu'au pied. J'avais la jambe exsangue et le pied comme une tomate trop mure. Le massage des paupières fut surprenant. Et vas y que je te pincouille la aussi (bof, bof).?Comme dirait Ma Grand Meren, ce fut.... intéressant. Je ne sais pas si mon énergie vitale en fut renforcée mais en tout cas, j'arrive maintenant à me gratter l'oreille avec le pied! En poussant ma ballade du soir, je suis arrivée au ghât de crémation. Ce matin, j'étais censée être au paradis (..), j'approche maintenant les portes de la mort. Face au temple de Shiva, on trouve une plate forme pour chaque caste. Les brahmanes sont les plus proches de temple. Plus on descend dans les castes, plus on s'éloigne du temple. Lors d'un décès, le corps est sortit de la maison, sur le dos (il ne doit pas rester dans une pièce close). Puis il sera embaumé. Par les hommes si le défunt est un homme, par les femmes si c'est une femme. On l'enveloppe les jeunes et les adultes d'un tissu blanc, le orange pour les vieillards, le fuschia pour les femmes mariées. Le ghât est interdit aux femmes, trop expressives, elles pourraient troubler l'ascension de l'esprit du défunt vers le Nirvana. Ce sont donc les hommes qui portent le corps sur un brancard de bambous. Ils entrent avec dans le fleuve pour lui faire prendre son dernier bain. Puis le fils ainé va se faire raser la tête (sur le sol, près de la jetée, il reste encore des mèches). Vêtu d'un pagne blanc, c'est lui qui mettra le feu au bûcher. Depuis quelques temps, l'Inde connaît une pénurie de bois, ça coûte très cher. Les familles les plus riches ajoutent des rondins de santal, les autres se contenteront de sachets de copeaux. ?Le corps mettra près de trois heures à brûler. Chez les hommes, c'est le torse qui met le plus de temps (symbole de leur force) et les hanches pour la femme (siège de leur fertilité). Personne ne pleure pendant la cérémonie. Il faut être heureux, le défunt arrive à l'étape finale (mourir a Varanasi, c'est l'assurance d'un aller simple pour le paradis). C'est là que brûle jour et nuit le feu sacré laissé par shiva. Entretenu par des prêtres, il est le seul à pouvoir mettre le feu aux bûchers. Après quelques temps, le fils aîné toucher la tête du défunt à travers les flammes avec un bambou, la faisant éclater. Il versera alors du beurre dessus. Une fois le corps réduit en cendres, elles seront dispersées dans le Gange. Un peu plus loin, les orpailleurs passent inlassablement l'eau au tamis à la recherche de bijoux, de dents en or, voir même de prothèse totale de hanche... Le soir sera l'occasion d'une fête en famille. Les larmes seront pour plus tard quand chacun se retrouve seul chez soi. C'est étonnant de voir ces bûchers. Des centaines de corps sont brûlés chaque jour. Jour et nuit, ils arrivent de l'Inde entière pour passer cette dernière étape. Il y a même un hospice ou les personnes en fin de vie viennent attendre la mort. La mort est vécue au grand jour, à ciel ouvert. Elle fait partie de la vie. J'entend des cloches, quelques mètres plus loin, on célèbre Puja. La vie continue. Les indous ne regardent pas en arrière.
18 Mars Le Gange est un fleuve pur, c'est un fait, par contre il est tellement sale qu’aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille. C'est pas de moi c'est Mark Twain qui l'a dit. On y fait sa toilette le matin, on y lave son linge, on y jette des cadavres mal incinères et les usines du coin y déversent leurs produits chimiques. Si on résiste à un bain dans un tel bouillon de culture, alors on doit être effectivement béni des Dieux. Une ballade sur les Ghâts n'est pas de tout repos ou pleine de spiritualité comme on pourrait le penser. Ca relève plus du parcours du combattant. On commence par un slalom géant entre les étrons qui jonchent le sol. Singes, buffles, vaches, chiens, humains, chacun y va de son petit paquet. Ce serait ridicule de devoir être rapatriée pour cause de " Triple looping incontrôlé sur bouse de vache sacrée" . Petit assouplissement du cou et des poignets avec une série de hochements de la tête et de rotations de la main pour décourager les rabatteurs en tout genre. Le tout en marchant, le scanner anti-étron en alerte et avec le sourire s'il vous plait. Superbe. Pause buvette sur le coin d'une marche. Il y a toujours des gamins qui arpentent le Ghât avec une bouilloire remplie de tchai. Ils me le versent dans un petit godet en terre cuite. Je me brûle les lèvres mais ça fait du bien. Puis viens l'épreuve d'escalade car comme le niveau du Gange est au plus bas, je dois gravir une trentaine de marches de hauteur inégales avant d’atteindre mon hôtel (sans compter celles pour passer d'un Ghât à l'autre ou celles pour monter à ma chambre nichée au quatrième étage). Dur, dur d'être un touriste à Varanasi. Nous sommes en terre Sainte, un petit catéchisme local s'impose. Le premier qui déserte le cours, je lui fais une tête au carré!. Selon les écritures locales, plus de trois cent trente millions de divinités formeraient le panthéon indou. On va donc essayer de faire simple sinon on n'est pas rendu. G.... Generator.... Brahmâ?O.... Organiser.... Vishnou?D.... Destroyer.... Shiva Brahmâ est le créateur de l'univers. Une fois qu'on a dit ça on comprend qu'il soit un peu loin des préoccupations des pauvres humains. Vishnou a pour rôle de protéger l'univers. Shiva est le destructeur sans qui aucune création ne serait possible. Marié à Parvati, il eut un fils qui naquit en son absence. Ganesh. Celui-ci grandit sans connaître son père (pas d'appareil photo à l'époque). A son retour, Shiva demanda à voir sa femme mais son fils lui fit obstacle, refusant à cet intrus le droit d'entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir qu'il avait levé la main sur son propre fils. Il décida alors de remplacer sa tête par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et ce fut... un éléphant. Jovial, dodu, Ganesh est le dieu de la chance et le patron des scribes. Je l'aime bien. Il a l'air un peu moins sérieux et moins intimidant que les autres. Varanasi est dédie à Shiva. Les adorateurs de Shiva se reconnaissent aux trois traits blancs horizontaux traces sur le front. Les sectateurs de Vishnou portent un "U" jaune entre les sourcils avec une ligne rouge au centre. Voila, voila, méditez maintenant pauvres mortels.
20 Mars Je sens que je suis en train de m'accomplir totalement. Pas à pas, expérience après expérience, je m'approche chaque jour un peu plus de la perfection. Ce soir je crois que je frise le Nirvana...... JE VAIS VOIR UN FILM INDIEN DANS UN CINEMA INDIEN!!!! (Raaaaaa lovely). J'y vais avec Lucky. Un gamin des rues que j'ai rencontre à mon arrive, un petit caïd. Dans le rickshaw, du haut de ses vingt ans, il fusillait du regard quiconque me dévisageait un peu trop. Le cul entre deux chaises, il joue les mauvais garçons devant ses copains et les touristes mais, en véritable gentleman, il ne manquera pas de me raccompagner jusqu'au bout de ma rue une fois le soir tombé. Ses phrases sont ponctuées de "m'dam", impossible de lui faire prononcer mon prénom. Les seuls mot de français qu'il connaisse sont "lâche moi les baskets". Le cinéma est à l'autre bout de la ville, un véritable monument de béton. La salle est gigantesque, bétonnée elle aussi. On a pris des billets premiers classe pour être au balcon. Il y a même des ventilateurs au plafond pour rafraîchir un peu l'air (souvenez vous qu'un film dure en moyenne quatre heures). On se prend un coca, on se cale dans les vieux fauteuils et c'est partit! Le film fut un régal de musiques, de paillettes, de larmes et de rebondissements. Au début, on a l'impression que la pellicule a été recolorée (un peu comme dans les films de J. Tati) mais on oublie vite. Pas de sous titre mais mon voisin me traduisait les passages clef. Il faut dire que l'intrigue est souvent prévisible (un mélange de tous les soaps connus sur le petit écran avec une grosse touche de morale indienne). On ajoute du piment avec des coupures de courant aux moments cruciaux. Et pour couronner le tout, encore mieux que le cinéma 3D, nous avons ici le cinéma inter-actif. Dans la salle, certains chantent, d'autres s'esclaffent. Quelques rangs plus bas, un bébé pleure (pas question de louper le film du samedi soir a cause du dernier né, on radine toute la marmaille). Je peux mourir en paix, j'ai vu mon film et je suis à Varanasi. Que demande le peuple??
22 Mars VARANASI ( ben si...) Grosse trouille ce matin. La ville, tout comme l'Inde d'ailleurs, est peuple de singes. Il doit y avoir une famille qui loge pas loin de ma chambre. Jusque là, je gère. Chacun fait sa vie. Là ou ça pose un problème c'est quand, alors que je tente de me réveiller sur mon balcon, je me retrouve nez a nez avec un gros mâle grimaçant et sifflant. J'ai vite battu en retraite, lui claquant la porte au nez. Il n'avait pas l'air commode du tout et ses dents étaient bien affûtées (quoique j'ai cru entrevoir un reste de salade coince entre ses canines). Je n'ai aucune envie de me faire refaire le visage par ce type de chirurgien plastique. Ils sont tellement habitués aux humains qu'ils ne sont même pas effrayés quand on les chasse du bras. Bien au contraire, ils contre attaquent et c'est moi qui doit fuir. Ou va le monde, ma brave dame. J'en viens même à regretter mes bons gros pigeons parisiens Comme faune locale, c'est tout de même plus rassurant. Heureusement que j'ai des grillages à mes fenêtres. Lors de leur ascension de la façade, ils ne manquent pas de pousser ma fenêtre entre ouverte pour voir si il n'y a rien à chiper. Changements de plans donc. J'ai décide de rester à Varanasi pour fêter Holi (la fête des couleurs) il parait que c'est particulièrement animé dans cette ville. J'avais mon sac sur le dos, mon billet de train en poche mais j'ai changé d'idée au dernier moment. Grisant. Pas d'obligation de suivre le plan de route, il faut saisir les occasions quand elles se présentent. La ville vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des indiens qui payeraient cher pour être à ma place. Et puis, je n'ai pas trop envie de retrouver le bruit de Delhi. Je partirais d'ici à la fin mois pour aller vers le Rajastan. Je verrais Richikech et Amritsar une autre fois.
23 Mars Impossible pour les indiens de prononcer mon prénom, me voici donc rebaptisée Imli (c'est le mot en hindi pour designer le tamarin). Ca fait près d'une semaine que je suis immergée dans la vie indienne. J'ai quitte le monde des touristes pour partager la vie d'une famille, celle de Lucky. Il n'y a que lui qui parle anglais mais on arrive à se comprendre un peu. Chaque jour, il m'invite à déjeuner chez lui et sa maman me prépare un bon thali. Après avoir passé un rideau de linge qui sèche, je me retrouve dans une petite pièce aux murs noirs de suie. La lumière vient d'une petite lucarne. On me fait prendre place sur une des nattes au sol. Les seuls meubles sont des étagères couvertes d'ustensiles divers et un petit hôtel avec des images pieuses et des statues. Seules touches de couleur au tableau. C'est petit, sombre et pourtant, tout doucement, j'ai senti la chaleur du foyer. Pas besoin de décoration hi tech. Lucky taquine son petit cousin, ses soeurs me regardent manger, rigolant de mes débuts laborieux. Pas facile de manger du yaourt avec les doigts. Puis, après s'être bien lavé les mains, la plus jeune me coiffe, me passe de l'huile sur les cheveux et me les remonte en chignon. Avec mon punjabi, mon bindi (point sur le front) et mes bracelets, elles disent que je ressemble à une véritable indienne. Si seulement ça pouvait être vrai. Je suis frustrée de ne pas pouvoir parler plus avec elles. Foutue barrière de la langue! Parfois, j'ai l'impression que notre culture a trop aplanit les relations. Ici, on touche les pieds de quelqu'un pour marquer son profond respect. C'est un geste très important. Et nous, que nous reste- t- il pour signifier la hiérarchie? Peut être avons nous oublié certaines valeurs...
24 Mars Quelle image ont-ils de la femme blanche? J'ai souvent l'impression qu'ils nous voient comme des filles faciles. C'est certain, on ne colle pas beaucoup avec le cliché de la femme soumise, un tantinet neuneu et homo-dépendante de la version indienne. Mais quand je vois une affiche de film "hot" avec que des blanches comme actrices, je ne peux pas non plus l'accepter. Difficile pour eux de nous comprendre. Pourtant on est loin du temps ou le summum du sensuel était représente par une pauvre pucelle se dandinant sous la mousson avec le sari qui lui colle aux mollets. Tout ce que je vois dans les films indiens relève plutôt du nombril à l'air, du décolleté plongeant et de l'image suggestive... Par contre, bobonne, à la maison, c'est sari ou punjabi obligatoire. Intéressant. Quelle hypocrisie.
27 Mars VARANASI ( toujours...) Aujourd'hui c'est la fête de Holi (personne n'a été foutu de me dire la signification, je vous ferais donc grâce de mes explications dignes d'un guide touristique). Quelques jours avant la date fatidique, on a vu apparaître des marchands de poudre de couleur, de pistolets à eau, de chapeaux de carnaval. Petites montagnes de pigments rouges ou verts. Les yeux des gamins brillent déjà. On fait ses réserves, choisissant avec soin la couleur de ses munitions. Le jour J arrive enfin! Ca commence très tôt. A sept heurs les hostilités sont déclarées. Les particuliers font hurler leur chaîne hi-fi et les premières bombes à eau sont lancées. Bataille rangée d'un toit à l'autre. Impossible de circuler dans les rues sans être bombardé. Les vaches et les singes ne sont pas oubliés (la vache Milka n'a qu'a bien se tenir). On sort l'alcool, les cigarettes, aujourd'hui tout est permis. Les forces de police ferment les yeux. Pendant six heures ce ne seront que des cris, des rires, des courses poursuite. Même les couloirs de mon hôtel sont le siège d'une lutte Touristes/ Indiens. Des rivières de couleur dégringolent dans les escaliers. Les hommes poussent des cris guerriers, les enfants hurlent de joie. On se barbouille le visage, les vêtements prennent les couleurs d'arlequin. Les murs sont mouchetés. Toute la ville est repeinte de fushia, d'ocre et de bleu. C'est féerique, on se croirait dans un tableau de Kandinsky. Je croise un gamin hilare, son visage est pourpre et ses yeux brillent comme des billes, on dirait un diablotin. Un gros bonhomme moustachu passe en vélo. Il a un petit chapeau doré comiquement posé sur le haut de son crâne. Son marcel est repeint aux couleurs de l'arc en ciel et sa moustache s'est transformée en un buisson d'un vert éclatant. Vers quatorze heures tout se calme. On écope, on nettoie à grandes eaux, on essuie. Tout Varanasi va se laver dans le Gange qui prend alors des reflets irréels. Un peu comme une immense tache d'huile. L'après midi se passe en famille ou avec des amis. On sort ses plus beaux vêtements. La maman de Lucky nous a fait un thali spécial avec du poulet (ne croyez pas qu'en Inde, on soit végétarien par goût du bio).
31 Mars stand by Juste un petit message pour dire que je suis toujours en vie, toujours à Varanasi et ....... peut être en Indonésie. A suivre.
3 Avril vers JAIPUR (enfin...) Je décolle enfin de Varanasi. A croire que la ville m'avait ensorcelée. La quitter semble relever de l'exploit. A force de suivre Lucky dans le labyrinthe du Chowk (vieux quartier qui borde le Ghat principal), on a fini par devenir inséparables. Il travaille chez un détaillent en soieries. On y passait des heures entières, affalés sur les tapis, à boire du thé avec ses amis. Tous les commerces se pressentent de la même façon. On enlève les chaussures à l'entrée avant de passer sur un matelas qui recouvre tout le sol de la pièce. Là, assis en tailleur, un thé à la main, on peut commencer les affaires. J'étais même devenue l'interlocutrice spécial touriste français. A chaque client, c'était un festival de couleurs. Le sol était vite recouvert de dizaines de châles, de couvres lits brodes d'or, de brocards. On me "remerciait" en m'offrant une étole ou une pashmina de temps en temps. Le midi, on allait manger chez Lucky, bref, la routine a commence à s'installer. On a écume tous les cinémas de la ville, sillonné toutes les ruelles en moto. A la fin, Luckyse se prenait presque pour mon mari, refusant que je parle aux étrangers, que je sorte seule, veillant à ce que je ne dévoile pas trop de ma personne. Il s'est presque battu avec un policier qui me regardait d'un peu trop près. Je veux bien jouer le jeu cinq minutes, mais à la fin ça devient insupportable Il était grand temps de partir. Le temps de troquer mon punjabi contre le treillis, je saute dans le premier train qui passe direction le Rajasthan!.... Je crois que les dieux de Varanasi ont du bien rigoler! Dix huit heures de train!!! Coincée sur une couchette à peine plus large que mon derrière, le nez colle au plafond avec, en guise d'air conditionné, des ventilateurs brassant l'air chaud et la poussière ambiante. Mon coté aventurier en a pris un coup. A la sortie du train je ressemblais plus à un mix entre un épouvantail et une sorcière.
8 Avril JAIPUR Jaipur est une ville très structurée. Grandes artères, rues bien perpendiculaires. Il semble y avoir un véritable projet d'urbanisme. C'est la première fois que je croise des feux de signalisation! Ca fait tout drôle après les rues sinueuses de Varanasi. C'est même un peu trop. Trop bruyant, trop carré, trop urbain. En fait il semble y avoir tous les défauts de la ville sans les avantages. Heureusement, mon hôtel est un paradis de calme et de verdure. C'est un ancien petit palais. Le soir, je me prélasse dans un des transats sous un bougainvillier. L'air sent bon le jasmin et l'herbe fraîche. Il y a même un paon qui se dandine dans l'allée. L'hôtel est un ensemble de petites courres intérieures, de patios, d'escaliers secrets, cachés par une façade recouverte de buissons fleuris. Je n'ai pas beaucoup vu la ville. Juste ce qu'il faut. Ça fait du bien de se couper un instant de la réalité indienne. Une petite parenthèse dans la parenthèse, le matin j'oublie presque que je suis en transit. J'ai l'impression de me réveiller dans ma maison de campagne...
9 AVRIL PUSHKAR Arrgghhh! Je suis maudite! Ce matin, j'ai levé le camp de Jaipur. Adieu veaux, vaches, cochons, le fugitif repart vers de nouvelles aventures. Jusque là, la routine. Ca se complique quand, arrivée à mon nouvel hôtel, je réalise que pour des raisons obscures, ma bouche est bloquée. Impossible d'avoir un écart de plus d'un centimètre entre les deux mâchoires sous peine de voir mon dentier me dégringoler sur les genoux! Vais je devoir me mettre au régime calibré avant l'age fatidique? Je clôture mon stade oral de façon plutôt rédhibitoire. Je suis trop jeune pour boire mes biscottes noyées dans mon Nesquick avec le beurre qui surnage! Et puis, ou vais-je trouver un presse purée dans ce bled pourris? Je n'en suis pas encore au trismus mais quel est l'imbécile qui a trifouille ma poupée vaudou en lui plantant des aiguilles dans la bouche? Qu'il se montre, je n'en ferais qu'une bouchée... enfin, presque. Je ne vais quand même pas aller voir le rebouteux du coin. Même ma copine infirmière Caro, qui fait du rapatriement sanitaire, m'a laisse tomber comme une vieille chaussette. Pas assez grave pour envisager un retour au bercail aux frais de la princesse! Dix neuf heures, Hourra! Je suis décoince (vous en doutiez?) Apres avoir brûle maint et maint bâtons d'encens (doit bien y avoir un dieu spécial problèmes dentaires dans le coin), massé, farfouillé, mastiqué au risque de me faire prendre pour une nouvelle race de ruminant, ma mâchoire à enfin recouvré la raison. Ouf! pas besoin de mettre un gant en latex et passer par "l'autre voie". Comprenne qui pourra (merci mon ostéopathe). Et vive la grenouille à grande gueule ! (ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire n'ont qu'a se manifester, je me ferais un plaisir de leur raconter.) L'Inde, pays aux mille dieux et aux mille prières. Jour et nuit, elles montent vers le ciel telles les volutes de fumée d'une gitane maïs. Et c'est justement le problème. Il est trois heures du mat et le vieux d'en face a décide de tenter sa chance, des fois qu'un dieu serait encore à l'écoute. Le voila qui tambourine avec conviction sur sa plus belle casserole en guise de banjo et braille à s'en faire péter les plombages. On dirait un mélange de sirène de pompiers et de fado chanté par un asthmatique. N'y a t il personne qui veuille abréger ses souffrances? Le seul effet kiss-cool observé c'est une accélération bruyante du transit de mon voisin de chambre et une reprise en choeurs par tous les canidés du coin. Puis, une fois qu'il a bien massacré son ustensile de cuisine, il retourne se coucher (Seb c'est bien?).?ET MOI ALORS? A cause de lui j'ai les yeux en position plein phare, impossible de retrouver le fil mon rêve qui semblait pourtant des plus philosophiques. Demain, c'est décidé, je vais danser la macaréna sous ses fenêtres à deux heures du mat!!
11 Avril PUSHKAR C'est la tanshumance! Je descends de mon village bleu à flanc de colline pour me perdre dans le quartier musulman d'Ajmer, la grande ville dans la plaine. J'ai passé toute la matinée dans la mosquée, il faut dire que les alentours sont un mixe entre la foire et la coure des miracles qui ne donne pas envie de prolonger le stationnement. Un type coincé en position grand écart fait le crabe dans la rue, un autre se déplace en se roulant par terre, il y a même un chien qui avance en équilibre sur ses pattes avant, les pattes arrière difformes. Mieux vaut battre en retraite. Avant d'entrer dans le lieu saint, je confie mes chaussures au portier et je me couvre la tête. Dans l’enceinte, une milice est chargée de faire respecter les bonnes manières. Portant une étole genre miss monde et un bâton de guignol, ils traquent tout écart de conduite. Ce serait de mauvais goût de se prendre une prune pour outrage à divinité. Je me pose dans un coin de la coure dallée de marbre et je regarde. C'est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Un petit bonhomme s'approche de moi en gazouillant. Il a les yeux soulignés au crayon noir et une ficelle autour de son proéminent bidon. Une fillette me demande de poser avec elle pour une photo (il est important de savoir que tout bon indien se doit de tirer une tronche de six pieds de long lors de cet exercice... pas le moindre petit rictus). C'est une procession incessante de visiteurs. Les hommes portent des djellabas blanches magnifiquement brodées. Ce soir, à Pushkar, c'est mégateuf!. C'est le nouvel an indien, on sort les dieux des temples et de la naphtaline pour leur faire faire un petit tour de la ville. Chaque soir c'est la permission de minuit pour un dieu différent, et ça va durer dix jours!. Les familles ont dessinées des fleurs, des motifs géométriques avec de la poudre de couleur devant leur perron pour accueillir la procession. La rue est parée d'un tapis aux couleurs flamboyantes. Les femmes accrochent des fleurs dans leurs cheveux.?Les chars sont précèdes par une fanfare dominée par le son du Bontempy sur lequel s'acharne un des musiciens. Puis vient... un énorme moteur monte sur roulettes qui servira à alimenter les lustres portés par des dizaines de gamins des rues pour faire une haie d'honneur. Enfin, le char, entouré de brahmanes distribuant des copeaux de noix de coco et autres sucreries. On en reçoit une poignée, on partage avec son voisin. Tous les sens sont à la fête. La foule se presse pour recevoir la bénédiction, toucher le char. Les sâdhus en tous genres sont aussi de la partie. A la base, le sâdhu est un mendiant religieux. Ils sont reconnaissables à leur allure souvent excentrique. Vêtus d'orange, le corps couvert de cendres, le cou chargé d'amulettes et le crâne recouvert d'une forêt vierge qui ferait rêver nos amis rasta symbole de leur puissance. Le sâdhu devient siddha, soit hermite soit ascète après de dures pénitences et diverses formes de mortifications. Certains ont décidé de passer leur vie sur un pied, d'autres se coupent un bras, tout ça pour atteindre la délivrance du cycle infernal des renaissances.?Ca c'est la version locale, mais on a aussi le Western sâdhu, race particulièrement endémique si on considère qu'elle possède la faculté de troquer ses fripes contre un costume trois pièces une fois revenu sur leur pays d'origine. Leur but est encore obscur mais il semble que pour y parvenir, ils doivent porter les vêtements les plus miteux, traîner la savate et afficher une pilosité amazonienne...
18 Avril JAISALMER Mon voyage aura été marqué par de nombreuses rencontres. Chaque ville que je traverse m'apporte une nouvelle histoire. Il faut être patient, laisser les choses venir. L' Inde ne s'apprivoise pas en deux jours. Apres un certain temps, une fois que vous faites bien partie du décor, le miracle s'opère. Je crois qu'ici, j'ai atteint la perfection. Jaisalmer est une ville fortifiée au milieu du dessert du Tahr. Son épaisse muraille ocre renferme un trésor. C'est ici que se trouvent les plus beaux have lis de toute l'Inde. Ce sont des palais construits au XVIII ème siècle par de riches marchands. Certains sont officiellement visitables mais je me rends vite compte que presque toutes les façades de la ville sont richement ouvragées. On dirait de la dentelle, mais en plus beau, avec une variété incroyable de motifs. Je ne m'en lasse pas. Mon hôtel est à l'intérieur du fort. Le soir, assise sur la terrasse, je me prends pour une maharani attendant son Lawrence d'Arabie (ouaich, un peu anachronique, mais Peter O'Toole avait de si beaux yeux bleus...). Les habitations couvrent encore quelques kilomètres autour des remparts et puis...c'est le désert. Pas les dunes de sable comme dans le désert des tartares, mais une plaine aride ou ne poussent que des buissons hirsutes et des éoliennes à perte de vue. Et puis, il y a eu la rencontre avec ces deux soeurs. Deux gitanes qui alpaguent le touriste à la sortie du fort pour leur vendre quelques breloques. Comme elles sont parées de leurs plus beaux atours, je joue le jeu du "bakchich contre photo". Jusque là, relations professionnelles. Le lendemain, je les retrouve pour leur offrir quelques T shirts que je dois jeter par dessus bord de mon sac à dos sous peine de surpoids fatal pour la suite du périple. Elles semblent ravies. Ce soir, elles m'ont invitées à boire un thé chez elles et écouter de la musique. Je les suis en dehors de la ville et me voici assise dans la courette d'une maison en torchis, un gamin dans les bras. Les hommes jouent du violon pendant que les deux soeurs dansent et chantent. Pour l'occasion, elles m'ont décorées de leurs bijoux traditionnels. On pose pour la photo. Une fillette aux cheveux ébouriffés danse devant moi. Sa robe est mocharde mais ses yeux brillent comme ceux d'un chat et ses hanches ondulent gracieusement. Petit moment de pur bonheur. C'est simple et beau comme un Kinder-Surprise.
26 Avril BOMBAY Dernière étape du voyage:Bombay. Retour à la civilisation mais ce n'est pas pour autant la fin des aventure, bien au contraire. Coup de chance, un de mes amis indien que j'ai connu au Burundi est lui aussi de passage dans le coin. Il insiste pour que je loge dans un des studios qui appartiennent à sa famille. Jusque là, plutôt idyllique comme tableau surtout vu le prix d'une chambre d'hôtel ici et vu l'état de mes finances... Mais c'est sous estimer l'esprit farceur qui plane constamment au dessus de mon crâne gracile! En fait, l’appart est parfait, mais c'est comme acheter une robe chez un grand couturier et se rendre compte qu'on ne peut même pas monter les escaliers avec. Beau mais pas pratique. Canapés dans le plus pur style post néo gréco romain, sol en marbre, la classe. Mais quand il s'agit de passer aux choses concrètes genre: qu'est ce qu'on mange ce soir? C’est une autre paire de bretelles. Les placards de la cuisine sont remplis ...... de cahiers, de cirages, de bouteilles de fly-tox. Ah, quelques bouteilles d'alcool, (on avance petit à petit vers le rayon alimentaire) et une cinquantaine de bouillons Knorr. Ce soir, donc, on révise Maïté version Koh-Lanta. Faute de casserole, j'ai du faire bouillir mes nouilles dans une poêle tellement petite qu'on pourrait la qualifier de HLM pour omelette! Me voici en train d'égorger une boite de concentré de tomate (la seule dont la date d'expiration n'avoisine pas le néolithique). Le plan de travail porte encore les traces de notre lute acharnée. Papa, tu aurais été fier de moi! Deuxième épreuve: Bombay est la seule ville d'Inde ou il est presque mal vu pour une jeune (si, si, j suis encore jeune) femme de porter le punjabi. Pas de chance, je n'ai plus que ça dans ma garde robe. A cela il faut ajouter le fait que Vinod (mon ami indien) ne fréquente que des gens super branchouillés et j'avoue qu'après deux mois de voyage je ne me sens pas trop dans ce trip. Panique à bord, donc, comment ressembler à quelque chose de correct quand on n'a plus que des tongs, un sac à patate en guise de robe et .....Pas le moindre sac à main coordonné! Je fonce dans le premier magasin du coin et fait péter ma carte bleue. J'en ressors habillée dans le plus pur style minette rose bonbon, un régal. Il fallait au moins ça pour tenir la route face à la jeunesse dorée locale. En trois jours, avec Vinod et sa bande, on a écumé tous les bars fashion de la ville. Ca fait tout drôle, mais j'avoue que ça m'a fait du bien de retrouver tout ça! J'ai presque fait une over-dose de crevettes et autres produits de mer (ras le bol du poulet et du régime végétarien). Ce soir, Vinod retourne au Burundi, moi je reste encore quelques jours. Je vais tenter de survivre dans cet univers.
La suite au prochain épisode.
J'ai donc mis le pied en Inde comme d'autres ont mis le pied sur Mars. Tout devait être différent et pourtant, je ne me sens pas aussi étranger que ça (aurais je des origines martiennes?). A peine une vague sensation d'apesanteur due à la fatigue. ?Le voyage fut un étrange mélange initiatique. Je n'ai jamais eu autant de correspondances (Paris, Behaim, Abu-Dhabi, Muscat, Delhi...enfin). Tous à vos atlas, BANDE DE FLEMMARDS! Comble de malchance, je fut poursuivie pendant tout ce périple par un groupe de touristes quadra franchouillards qui (comme le veut le règlement du beauf à l'étranger) n'ont pas cessés de faire des commentaires douteux, râler… bref, se faire remarquer. Passons, peut être qu'un jour, l'âge aidant, j'en serais réduite à voyager avec leurs semblables... ?Par contre je recommande vivement la compagne Gulf Air. Leurs hôtesses portent un voile qui tombe gracieusement de leur petit chapeau sur leurs épaules. On dirait un mixe entre la Fée Bleue et Shéhérazade.??Comme le vol est long, les passagers tentent tant bien que mal de se dégourdir les jambes. Il en résulte une imitation presque parfaite du bagnard dans sa coure de récréation, l'uniforme en moins. A pas comptés, ils tentent de faire circuler le sang dans leurs jambes engourdies et comme l'avion est petit, ils tournent vite sur eux mêmes. ?Enfin Delhi, j'enlève mon pull avec bonheur (promis, j'ai eu une pensée pour vous), je dégaine mes lunettes de soleil et en route pour l'aventure! ?J'ai bien fait de demander qu'on vienne me chercher. A l'extérieur de l'aéroport, une foule de chauffeurs de tout poils sont à l'affût du touriste. Par contre, il devient rapidement évident que la conduite ici est une affaire de Karma. De toute façon, notre fin sur terre est déjà écrite, alors autant foncer et s'en remettre aux divinités locales. Les voitures slaloment dangereusement, ne laissant que peu de chance aux piétons. Pas de refuge possible pour eux, les trottoirs servant ont tout sauf à marcher dessus. Traverser relève du suicide collectif. Les rues sont toutes à double sens, même les plus étroites. On roulera au besoin sur ces fameux trottoirs. Enfin, pour ceux qui poussent le masochisme à l'extrême, nous proposons la moto. Tout sert de casque pourvu que ce ne soit pas homologué (casque de chantier, de football américain, je m'attends même à croiser un saladier pourvu que ce soit la bonne taille) ?Me voici arrivé à mon hôtel après, deux accrochages, trois dérapages et une bonne dizaine de grosses frayeurs (la routine quoi). La rue est sordide, nous sommes en plein Old Delhi, j'adore.
Un drôle d'escalier en marbre aux marches surdimensionnées m'amène jusqu'a la terrasse sur laquelle donne ma chambre. Là aussi, le faux marbre du sol contraste avec l'étroitesse et le kitsch du décors. ?C'est sur cette terrasse que je fais la connaissance de Penina, une française. Elle est sur la fin de son voyage, c'est elle qui m'initiera aux joies du négoce. ?C'est tout un art. Il faut avant tout avoir le temps. On se pose, on boit un thé avec le vendeur. Il invoque sa famille à nourrir, on montre notre portefeuille que crie famine. Petit sourire échangé, personne n'est dupe. On regarde d'autres objets. "special price". Il faut savoir doser. Parfois j'ai honte mais à la fin de la transaction, quand Penina ressort en ayant payé un prix dérisoire, le vendeur lui glissera: "you are clever " (tu es maline). C'est de bonne guerre. ?J'ai le sentiment que dans cette ville, on a concentré un maximum d'échoppes, de voitures, de passants dans un minimum de place. On a vite l'impression que le ciel est tout juste au dessus de nos têtes à cause de la toile que forment les câbles électriques. Ils sont emmêles, dérives, coupés, je n'ose imagine le boulot de l'EDF locale... ?Il est tard maintenant et la rue grouille encore. Beaucoup de klaxon, des chiens qui se battent, on se hèle d'un balcon à l'autre. ?Penina est partie aujourd'hui, à moi de mettre en pratique son enseignement. ?Ben voila le premier de la série. Je vous embrasse tous. Je m'amuse comme une folle et mon système digestif tient le coup.
4 Mars DELHI J'ai trouvé un ange gardien! Mr Singh. Il est sikh (religion) et chauffeur de taxi (profession).?La première fois que je l'ai rencontré, j'étais avec Penina. Il était tard, nous avions eu une mauvaise expérience avec un chauffeur un peu agressif à cause du faible taux de sang qui flottait dans l'alcool de ses veines. Et là, on a croise ce type au turban impeccable. La moustache digne du baron de Munchausen. J'AVAIS TROUVE MON MARAJAH !! Il sera mon guide sur Delhi. ?Le sikhisme est une religion qui regroupe deux pour cent de la population indienne. Malgré ce faible nombre, il s'agit d'une minorité religieuse (et non ethnique) solidaire, entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie. Le sikhisme qui prescrit l'honnêteté et le service de la société, en fait des interlocuteurs surs. ?Malgré leur longue barbe, ils sont loin d'être des hippies attardés, bien au contraire.?Leur religion suit les préceptes de Guru Nanak (né en 1469) qui déclara: " il n'y a pas d'indous, il n'y a pas de musulmans, il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême". Ce bricoleur des religions rejeta les castes de l'indouisme tout en conservant la croyance en la réincarnation. De l'islam, il retint la simplicité, l'absence de représentation divine, la prière et le dogme du Dieu unique. Il butina même chez les zoroastriens et les juifs. ?Les puristes suivent la loi des cinq K: Ils doivent laisser pousser leur barbe et leurs cheveux (kesh en Indien).Ils gardent donc leurs cheveux sous un magnifique turban plié au centimètre prés et protégent leur barbe dans une résille nouée sur la tête quand ils se déplacent en moto par exemple. Ils placent un peigne d'ivoire ou de bois dans leur chignon (konga). Ils portent un bracelet en argent au poignet droit pour se souvenir que leurs mains ne doivent pas tricher ou faire de mal (kara). Kacca désigne le caleçon court que certains portent encore. Enfin, ils portent parfois un poignard à la ceinture (kirpan). ?Outre ces percepts, les siks ne doivent pas boire d'alcool ou fumer ce qui m'arrange particulièrement pour le cas de mon chauffeur de taxi.
Ce matin, j'ai continué mon voyage initiatique à la gare centrale pour acheter, à l'avance, mes billets pour les étapes suivantes. Mon chevalier ne m'a quitté qu'une fois devant la porte même de l'International Tourist Bureau, m'évitant ainsi de tomber entre les griffes des nombreux rabatteurs, faux guides et autres types louches. ?Me voici donc dans le temple du transport ferroviaire (un temple de plus ou de moins, on n'est plus a ça prés dans ce pays). Petit coup d'oeil à mes confrères touristes. Il en vient de toutes part; Japon, Australien, Allemagne.... Par contre, pour ce qui est de cette brochette, ils ont tous un point en commun: ce sont de véritables épaves!! (J’exclue tout de suite nos amis asiatiques qui sont comme d'hab, tirés à quatre épingles). ?Ici, tout est fait pour vous faciliter la vie mais dans une logique toute locale. Après donc une heure de queue, j'accède au guichet..... Perdu!! Vous devez reculer de trois cases pour aller chercher le nom exacte du train que vous voulez (ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt mille francs) ..... Par contre, si vous voulez les trains en partance pour d'autres gares, reculez de trois cases et soyez heureux de ne pas avoir de gage. ?Enfin, je sors victorieuse. Ca vaut bien un thé massala à l'hôtel devant une série TV indienne. Lors de mon séjour au Burundi, mon amie indienne Shiwa m'a fait découvrir ces deux piliers de la culture indienne. J'en use et abuse avec délice depuis mon arrivée ici. Quand je vais revenir en France je serais incollable sur les dernières nouveautés!! ?Faisant fi des guides touristiques j'ai résolument tourné le dos aux monuments locaux pour suivre, à son invitation, mon marajah jusqu’a son temple. Ce n'est pas tant les musées que je veux voir. Quoi de mieux que d'entrer dans un temple sikh par la porte de service. Pendant le trajet, je regarde les yeux de chat de mon chauffeur dans le rétroviseur. Il a l'air particulièrement fier de m'emmener là-bas. C'est en partageant les cultures qu'on arrive à mieux se comprendre. ?Avant d'entrer, je me couvre la tête avec mon étole. Le temple est immense, tout en marbre. En passant déposer nos chaussures, on se fait offrir un thé et des petits gâteaux par le gardien. Pendant que Mr Singh papotte avec ses amis, je me fais toute petite, c'est le vestiaire des hommes après tout!! (jalouses hein??). Des chaussures s'alignent sur toute la hauteur du mur. ?Dans le temple, l'ambiance est recueillie. Ca fait du bien après la folie des rues de Delhi. Un prêtre psalmodie accompagné par une musique entêtante. ?Le temple a été construit sur une source miraculeuse. Le matin, beaucoup de personnes viennent se baigner dans le grand bassin. Sur le côté, des "moines" armés de bouilloires, proposent de boire l'eau bénie. J’avoue avoir essayé. Peut être retrouverais je quelques neurones grâce à elle (sinon ce sera juste une bonne diarrhée). ?Un peu plus loin, sous un préau, le temple offre un repas simple aux nécessiteux mais aussi à qui veut. Tout provient de généreux donateurs. Cette religion me semble pleine de sens, à l'échelle humaine.
Mon voyage commence bien.
5 Mars AGRA On vit tellement plus de choses quand on voyage seul! On a peut être l'air plus abordable et on va plus vers les autres. Quand on voyage à deux, on a un interlocuteur privilégie, pas besoin d'aller voir ailleurs. De plus le binôme peut vite être ressentit comme un cercle fermé. Depuis mon arrivée en Inde j'ai fait beaucoup de rencontres intéressantes. Je dois avouer que mon coté ours est aussi en cause; j'aime bien disposer de mon temps et de mon espace. Ca fait du bien de choisir les moments ou on veut de la compagnie et ceux ou on préfère se replier dans ses pénates. ?Je viens d'arriver à Agra après deux heures de train. J'ai le dos en compote et pourtant, je retrouve toute mon énergie en arrivant à l'hôtel. Les chambres entourent un petit jardin ou on peut manger sur le pouce et, contrairement à Delhi, ON EST AU CALME!! ?Très vite, je prends possession des lieux. Mon pyjama sous l'oreiller, je sors mes sachets de thé et quelques pommes sur la table de nuit, je brûle un bâton d'encens. Cette fois, ma chambre a la couleur d'un chamalow. Au plafond, un ventilateur suspendu par des fils électriques qui ne lui transmettront jamais l'énergie vitale faute de branchement. Plutôt étonnant comme déco. Dans la salle de bain je tends ma corde a linge et je fais bouillir de l'eau dans le seau (merci la résistance chauffante burundaise) pour me doucher. Je veux bien jouer les routardes mais pas question de se négliger. Mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche. Sur ma table de nuit trônent ma crème de jour et ma crème de nuit (que j'utilise à bon escient, comprenne qui pourra). Détail intéressant de ma salle de bain: l'eau usée du lavabo s'écoule .... sur mes pieds. Le siphon ayant été coupé, tout va directement dans la grille d'évacuation de la douche située par terre, juste à côté. ?Au resto de l'hôtel je rencontre Beckie, infirmière vétérinaire australienne. Ce soir, elle part en direction du Nepal. On passera l'après midi ensemble. Mon alliance l'a bien fait rire. Elle utilise le même subterfuge. ?Paradoxe du voyageur solitaire, on n'est jamais seul
6 Mars AGRA Ce matin, je me suis levée avant le soleil pour aller visiter le Taj Mahal.
L'histoire raconte que l'empereur Shah Jahan l'aurait fait construire pour recevoir le corps de sa femme Mumtaz Mahal, morte alors qu'elle accouchait de son quatorzième enfant. Sa mort laissa le souverain fou de chagrin. Il fit alors la promesse de construire, en sa mémoire, un monument qui n’a pas son pareil dans le monde. Comme aucun architecte du royaume n'était capable de concevoir projet à la dimension de la douleur de l'empereur, celui-ci aurait alors convoqué l'architecte Perse le plus célèbre et tué sa fiancée. Comprenant enfin toute la peine du sultan, il créa le Taj Mahal. S'en suivirent vingt années de labeur (1631-1653) pour des milliers d'artisans venus pour certains du Moyen Orient ou d'Europe. Certains furent ensuite amputés des mains ou des pouces pour qu'ils ne puissent plus jamais reproduire une telle perfection. ?Une autre version tendrait à montrer le souverain sous un jour moins poétique. En effet, l'agencement du jardin en quatre parties sépares par des bassins symboliserait le paradis ou coule des rivières d'eau fraîche, de lait, de miel et de vin. Ces bassins se rejoignent en un point central qui représenterait le bassin céleste de l'abondance. Certaines calligraphies de la porte principale citent un des deux seuls passages du Coran ou Dieu s'adresse directement aux hommes: "Entrez dans mon paradis". Le Taj serait ils alors la représentation du paradis? ?Jusque là, me direz vous, tout va bien... Le problème c'est que la tombe n'est pas située au centre du jardin comme le voudrait la tradition mais au fond de celui ci. On sait depuis peu que le père de Shah Jahan possédait dans sa bibliothèque, un texte Sufi décrivant le plan de l'assemblée du jugement dernier. Celui-ci correspond exactement aux plans du Taj Mahal. Le Taj serait alors une symbolisation du trône de Dieu. Notre empereur ne serait il alors qu'un mégalo bouffit de vanité?? ?Même chose pour sa mort. La version la plus répandue dit que l'empereur serait resté inconsolable après la mort de sa belle. Il fut emprisonné par un de ses fils dans le fort d'Agra d'ou il contempla le Taj jusqu'a sa mort en 1666. Une autre version indique qu'il serait mort d'une over dose d'opium et d'aphrodisiaque. Moins poétique tout d'un coup... ?Alors, doit on croire en l'amour ou n'est ce qu'un miroir aux alouettes? Pour ma part, fidèle à mon cynisme légendaire, je retire une conclusion de tout ça. Il n'est pas d'amour parfait. Les années érodent la pierre, les sentiments se révèlent parfois moins nobles, se fatiguent avec le temps. ?Mais revenons à nos moutons. Je ne tenterais pas de décrire le Taj. Nombreux sont ceux qui se sont essayés à cet exercice et je ne me mesurerais pas à eux. Par contre, face à tant de beauté, je réalise à quel point les hommes sont capables de rejoindre Dieu et faire des miracles quand ils veulent bien s'en donner la peine. ?Le soleil commence à se lever. Les touristes pressent le pas pour voir le Taj s'illuminer et se refléter dans son miroir minéral. Il n'y a pas que les touristes d'ailleurs. Une nuée de moustiques me fait rapidement une auréole. ?Personne ne parle, on n'entend que les cris des singes, quelques oiseaux et le bruit étouffé de la ville qui se réveille. ?Derrière le Taj, en toile de fond, il n'y a rien que le ciel comme une porte vers l'éternité. Un pur moment de beauté. ?L’Inde est un pays où cohabitent la grâce la plus divine et la misère la plus infernale.
7 Mars AGRA Mon hôtel est décidément plein de surprises. L'électricité est coupée dans la journée, ce qui, en soi, n'est pas un réel problème, sauf si on cumule, le fait que mes toilettes ne sont équipés d'aucune autre source de lumière et que la corde sur laquelle je viens d'étendre mon linge passe au dessus des toilettes. Je me retrouve donc sur le trône, ma lampe frontale sur la tête, mes chaussettes me dégoulinant dans le cou! J'avais prévu de passer une après midi au calme, recluse à l'hôtel, me refusant de faire du shopping dans cette ville attrappe touriste, mais mes voisins américains ont su me convaincre. Je ne regrette pas. Ils avaient dégotés pour le dîner, une terrasse qui surplombait la ville. Vue imprenable sur le Taj, des guirlandes qui clignotent, le tout sur un air de Bob Marley. Tables sur une surface à peine plus grande que ma chambre d'hôtel. De là, je voyais la ville labyrinthe sous un autre oeil. Loin des rabatteurs, je pouvais voir la vraie Agra. Sur une terrasse, des gamines qui jouent, un peu plus loin une ribambelle de singes qui se chamaille. Le muezzin du coin commence à rappeler ses fidèles à l'ordre. Je respire. Le retour fut nettement moins calme. Il faisait nuit noire quand nous sommes montés à bord de l'auto rickshaw. J'avais quelques réticences, quelque chose clochait mais impossible de savoir quoi. Après quelques minutes de route, j'ai réalisé que le véhicule n'avait tout simplement pas de phare. Nous roulions à l'aveugle. On a bien tente de tenir ma lampe de poche à bout de bras mais les tressautements incessants dus au mauvais état de la chaussée nous faisaient passer, aux yeux des autres chauffeurs, pour un véhicule en proie à quelques démons. De plus, cerise sur le gâteau, vu que les rickshaw n'ont de toute façon pas de clignotant (décidément, à part une banquette et des roues c'est plutôt minimaliste) son fils de sept ans assis à ses cotés, était chargé de tendre la main si d'aventure il lui prenait l'idée saugrenue de tourner. Nous étions d'ailleurs tellement rassurés qu'à chaque virage nous agitions nous aussi les bras comme les naufragés de la méduse.... Nous sommes tout de même arrivés à l'hôtel sains et saufs (ce n'était pas notre heure de mourir)
8 Mars FATEHPUR SIKRI Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les plafonniers diffusent une lumière jaunâtre. On se croirait dans un aquarium mal entretenu. J'ai passé la journée à Fatehpur Sikri et pourtant ce fut trop court. Bâtie par l'empereur Akbar en 1572 (donc quelques centaines d'années avant notre copain Shah Jahan le mégalo en amoure) pour y installer se cour, elle fut abandonnée quinze ans plus tard suite à une baisse du niveau de la nappe phréatique. A vingt six ans, Akbar avait tout ce qu'un monarque pouvait désirer: le pouvoir absolu, un harem (cinq cent femmes, quelle santé!).... mais pas d'héritier. Il vint sur la colline de Sikri consulter un hermite renommé. La bénédiction du saint homme lui apporta trois fils l'année suivante (rentable). Plein de gratitude Akbar décida d'élever sa nouvelle capitale à Sikri. Le temple de marbre blanc dans lequel repose le corps de l'hermite sert de " Darty local". On fait un voeu en achetant des offrandes. Pas plus de trois (ça lui fait déjà pas mal de boulot à notre copain l'hermite, vu le nombre de visiteurs! Pas de répit même pour les défunts) On accroche un bout de ficelle rouge à l'un des magnifiques panneaux ajourés (fait d'un seul bloc de marbre. Imaginez, deux mètres sur deux) et là, c'est garantit sur facture... votre voeu se réalisera (en vingt quatre heures chrono?). J'avoue avoir craqué. J'ai mis mon bout de ficelle. En règle générale je ne crois pas à ce genre d'histoire mais ici, je me laisse porter, je pense que j'aime croire un peu à la magie de l'Inde.?Akbar semble avoir été un homme plein de sagesse tout en gardant un côté enfantin. En plus de son harem, il avait trois femmes: une indoue, une musulmane et une chrétienne. Pour chacune il fit bâtir un pavillon. Chaque pavillon est orné de peintures, de détails architecturaux s'inspirant de leur culture.?Dans la grande cour, un trône très simple, au milieu d'un jeu inscrit sur le sol. Il s'agit d'une sorte d'échiquier géant dont les pions étaient des esclaves et des femmes nues que le souverain déplaçait à son gré (ça va en faire revers plus d'un). Un peu plus loin, sur une plate-forme entourée de bassins, une scène sur laquelle les plus célèbres musiciens venaient faire concert. A certaines grandes occasions, Akbar faisait remplir ce bassin de pièces d'or et d'argent qui étaient ensuite distribuées aux pauvres. J'ai même visité les restes d'un hôpital. Plutôt sommaire mais les entrelacs qui ornent les piliers m'ont fait rêver. Vers la fin de ma visite, je me suis assise pour dessiner un peu. Il est tard, les touristes ont déjà regagnés leur bus climatisé. Le palais respire enfin. Le soleil fait flamboyer les murs de grés rouge. J'ai paye mon guide et pourtant il reste assis à coté de moi. Lui qui n'a cessé de m'abreuver de détails historiques, architecturaux, est devenu soudain muet. Je suis fascinée par cet endroit. Le moindre piller, la moindre poutre est richement décorée. Les linteaux ondulent gracieusement comme des trompes d'éléphant. Art Jain, mongol, indou, persan, turc, boubhique, chinois, il a su prendre le meilleur de chacun. Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les enfants de ma voisine se sont endormis sur ses genoux. Dehors, les grenouilles se sont réveillées et sifflent cachées par les herbes hautes. Ca sent la terre humide. L'air est frais. Après une heure de route à travers la campagne, on arrive aux portes d'Agra. Les échoppes, les maisons sont éclairées par des bougies faisant apparaître la route en pointillés. Leur lumière chaude et vacillante transforme le moindre étal en caverne d'Ali Baba. Les guirlandes de sachets de bonbons brillent comme des bijoux. Les plats d'alu deviennent de riches plateaux d'argent. La nuit a effacé la misère, laissant place au rêve.
10 Mars vers KHAJURAHO Désolée pour le retard (vous commencez à prendre de mauvaises habitudes !!!) mais la connection locale est des plus aléatoires...
Les trajets en Inde sont toujours une rude épreuve. Je me disais qu'avec mon entraînement étant jeune, ça ne devrait pas trop poser de problème (à cinq dans une Renault 14 pour passer des vacances dans le sud de la France). Ben je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.?Au Burundi, je regardais d'un oeil amusé les minibus ou la capacité de l'homme à se comprimer était utilisée à son maximum. Une fois dedans ça ne m'amuse plus du tout. J'avais de la chance (!!), j'étais collée contre la fenêtre, les genoux encastrés dans le fauteuil de devant. Par contre, au bout de la banquette, ma voisine avait l'entre jambes des passagers debout dans l'allée qui s'imposaient a elle à chaque secousse (Y'en a qui ont fait le voyage debout… si, si).?Juste avant d'atterrir dans cette boite à sardine sur roulettes, j'ai du prendre la train d'Agra à Jhansi. Trente cinq minutes de retard, la routine. J'étais assise à coté d'un ponte de l'assurance vie indienne, qui ne s'est pas fait prier pour dégainer son lap top dernier cris et me montrer les centaines de photos de ses collaborateurs, sa famille, le mariage de l'oncle Alphonse... Je m'extasie, pousse des "ah" des "oh" aux moments appropriés. Là ou ça s'est complique, c'est quand il a embrayé sur le mariage en France, les relations avant mariage et là je le voyais venir avec ses grosses babouches! Je tente bien de défendre notre moralité mais sans grande conviction. Pas évident. On doit passer pour de sérieux débauchés à leurs yeux! Les ados sortent à tour de bras les uns avec les autres, on vit ensemble hors mariage, on divorce au moindre petit problème. Je suis très mal placée pour défendre la vertu, par contre je pense qu'on se passerait bien de tout ce petit manège si seulement on trouvait le bon.?Eh ! Oh! pendant que vous êtes tranquillement en train de lire ces lignes, au fond de votre canapé douillet, je vous signale que je suis toujours dans le car! On a quitte Jhansi à treize heures trente. Dans le guide du routard ils disaient cinq à six heures de route. Je ne sais plus comment me mettre. Remarquez, je n'ai pas beaucoup le choix. On s'arrête, pause pipi. Ouf! je déplie enfin mes jambes. Pas la moindre toilette recommandable aux yeux des services d'hygiène. Ma vessie attendra. Le bus est pris d'assaut par des gamins qui vendent des légumes dans des assiettes en feuille de bananier. Pour la dernière partie du calvaire, le chauffeur m'achèvera en mettant sa cassette préférée de musique locale. Je vous vois rigoler d'ici. Oui! J’adore toujours la musique indienne, mais perclue de rhumatismes, dans un bus glauque, la vessie comme un ballon de football, j'avoue que mes sens étaient quelque peu altérés. Et puis vu la qualité de la chaîne et le niveau sonore, j'aurais plus penché pour un cochon qu'on égorge que pour une douce mélopée a l'eau de rose. Je n'ai pas vu la tête de l'hôtel dans lequel j’atterrissais. Une douche, une soupe et extinction des feux. O joie!
?11 Mars KHAJURAHO Je me réveille sur un air de musique transcendantale. Dans quel Eden ai-je atterris ? Un petit bassin ou une statue de Buddha fait trempette au milieu des nénuphars, des fleurs fraîches sur chaque table du resto... j'ai complètement oublie la journée d'hier. L'hôtel est tenu par un swami à la longue barbe. Possibilité de cours de yoga le matin pour les lève tôt (donc pas moi). Je retrouve mes voisines de bus. Deux minettes belges. On sympathise autour d'un tchai et nous voila parties à la découverte des alentours. On est rapidement entourées par une horde de gamins. Un peu paumées, on les suit. Du haut de leurs quinze ans ils se révéleront des guides fort intéressants. La ville est surtout connue pour les sculptures érotiques qui ornent certains de ses temples. Les touristes se jettent dessus avec l'avidité de l'ado boutonneux sur le porno du samedi soir. En fait, elles ne représentent que cinq pour cent de l'ensemble de la surface sculptée. Le reste décrivant des scènes de vie pleines de grâce (une jeune femme ôtant une épine de son pied, une autre se maquillant). En fait, on a plus été marquées par une petite école ou un des gamins a absolument tenu à nous emmener. C'est son école. Il semble tellement fier. En fait, il y a deux pièces de plein pied qui donnent sur une courette. L'une sert de bureau, l'autre de salle de classe. Les murs sont en torchis. Le professeur nous fait signe d'entrer. Ils doivent être une dizaine de gamins, dépenaillés, assis par terre, une ardoise sur les genoux. Ils se lèvent tous à notre entrée pour nous saluer. Je suis un peu gène de troubler ainsi la classe. Le village est divisé en quatre "arrondissements" en rapport avec les différentes castes. Chacun ayant ses propres temples, ses propres centres de soins. Par contre, cette école ne fait aucune différence. Six instituteurs ont décide de la monter en dépit de tout. La plupart des élevés n'ont pas de quoi se payer les cahiers ou même l'uniforme. On a été touches par cette initiative. C'est pas tout, mais je suis en Inde depuis plus d'une semaine et je n'ai pas achète le moindre vêtement.... pas normal ça... mes hormones féminines en auraient elles pris un coup dans l'aile? Prince saura remédier à tout ça. Prince tient un magasin de vêtements, de tissus, de saris en tout genres (your sexy mother f...). C'est un commerçant mais surtout, je le sens passionné par ce qu'il vend. Voyant mon intérêt, il me sort ses plus beaux brocards. Il en dessine lui même les motifs, s'inspirant de certaines fleurs, de motifs vu sur les temples. Tout est filé, brodé à la main. Je tombe sous le charme. Au bout de dix minutes, son comptoir est recouvert de tissus multicolores. Si je m'écoutais, je ferais des folies. Dans ce pays les vêtements féminins sont tellement gracieux! Par contre ma peau couleur lavabo me déprime. J'ai l'air maladive. Finalement, je me laisse tenter par un punjabi en coton (tunique longue fendue + pantalon + châle) simple mais aux broderies travaillées. Mais pour mon prince aux yeux de velours, même le vêtement le plus simple doit être parfait. Son tailleur prendra mes mesures et fera les retouches pendant que nous conversons de choses et d'autres autour d'un thé comme deux vieux amis. Et les aventures continuent! En ce moment, à Khajuraho, se déroule le festival de Shivaratri. Il réunit tous les adeptes de Shiva pour fêter sa naissance. A cette occasion, une grande foire est organisée. Nous nous y rendons à la nuit tombée. On y trouve des étals de bijoux, des saris, des ustensiles de vaisselle et puis il y a ... la fête foraine avec ses deux grandes roues! On a fait un tour avec un de nos petits guides, il était ravi. En rentrant à l'hôtel, on s'est arrête pour regarder un vieux film indien projeté sur la place. Il y avait la une trentaine de personnes assises par terre. Du plus jeune au plus vieux, tous vibraient devant les roucoulements d'un héros grassouillet sortit tout droit d'une gravure pieuse. On touche le fond quand notre demi Dieu s'entiche d'une belle paysanne (fondu enchaîne pendant dix minutes sur les deux visages illumines d'amour) On hulule de plaisir.!!
14 mars KHAJURAHO Ce matin, j'ai vécu un véritable film indien, avec la musique et tout... Nous voici, Prince et moi, filant sur la route, chevauchant son fidèle tonnerre mécanique (pour le coup, c'est pas Jolly Jumper, ce sera Honda). Plan large. Prince chante (ça fera la musique de fond). La route est déserte, il fait encore nuit. Il est six heures du matin. Lui, mal rasé, porte un col roulé, un jean. Renforcer le côté "on the road again". Elle: treillis, cheveux au vent (prévoir de toute urgence une coiffeuse à l'arrivée pour récupérer tout ça!) Mais qui m'a foutu des cheveux aussi paillasson!! On fait du remplissage pendant les dix huit kilomètres de route avec des flash back en tout genre: Elle entre pour la première fois dans son magasin. Il lui fait essayer un punjabi. Rires autour d'un verre de Tchai. Petit signer de la main quand elle passe devant son magasin en allant au temple (pas mal l'idée de radinner un petit coup de religion). ??STOP la musique ! Retour à nos deux amis sur leur moto. Arrivée sur les falaises qui surplombent les chutes d'eau de Khajuraho. Plan fixe d'eux sur la moto genre poster d'ado pré pubère. Note pour plus tard: penser à dégotter un hélico pour un plan tournant plongeant. Sensation de liberté. "je suis le maître du monde" et tout le tintouin. Passage obligé par un petit chemin escarpé où elle se tordra la cheville (un peu mais pas trop, faut encore qu'elle puisse se trémousser la grognasse). Il lui tend la main pour l'aider (gros plan de cinq minutes). Le soleil se lève. Timing parfait. On caille ici. Penser à voir avec le syndicat d'initiative si on ne peut pas monter le thermostat de quelques degrés. Des acteurs nus sous les pull-overs, c' est pas du tout vendeur! De retour à Khajuraho, chacun reprendra sa place. Lui derrière son comptoir, elle dans son hôtel de luxe. C'était leur dernière journée ensemble. Renforcer le côté dramatique, la fracture culturelle par un retour, pour elle, aux vêtements européens alors qu’elle portait des punjabis avant. Dernier acte: Musique déchirante, violons à fonds les ballons. Sur le marchepied du bus qui l'emmène à Varanasi. Il arrive au dernier moment. Mèche rebelle mais pas trop, on dose le gel poupée, on dose le gel... Il lui tend un paquet qu'elle ouvrira pendant le trajet. TADAAAM: super sari rouge et or. Merci la fée clochette. LARME obligatoire. Genre le truc discret que tu ne peux pas louper tellement c'est gros. Plan final. De retour en France, pour le mariage de son amie, la belle héroïne porte le fameux sari. Retour de la musique utilisée sur la route au début, genre elle se souvient, enfin bref tu vois le truc Coco. Bon, le making-off est nettement moins beau: Je n'ai pas arrête de renifler et de larmoyer pendant tout le trajet sauf quand un moucheron a eu la bonne idée de venir se coincer dans mon oeil!.?Le paysage était magnifique, lunaire mais vu la saison, la chute d'eau tenait plus du Mannkenpiss que des chutes du Niagara. Pas grave, J'ai vu la ville se réveiller. Un peu de calme avant la foire.?Le dernier acte n'est que pure fiction mais comment arrêter le génie créateur une fois lancé? Je m'y voyais déjà, je vous jure que j'entendais même la musique de fonds.... Je n'ai peut être pas joué dans une super production Bollywoodienne mais en tout cas j'ai réellement rencontre un ami à KHAJURAHO. Ce midi, il m'a (pour de vrai, je vous dit!) invité à venir manger dans sa famille qui habite une grande maison un peu plus loin. Les quatre frères habitent ensembles avec leurs femmes et tous les marmots. Première fois que je mangeais vraiment à l'indienne, j'avais intérêt à assurer. Du coin de l'oeil je guettais Prince et reproduisais ses gestes. Il faut manger de la main droite, pas facile au début mais c'est marrant, et puis il y a le joker (y'a toujours une cuillère qui traîne). On s'est assis sur une natte devant la TV. Les femmes nous ont préparées un thali du tonnerre et les enfants faisaient le service veillant à ce que je ne manque pas de chapatti (galette de pain). Le thali c'est un peu comme un plateau TV. Sur une assiette compartimentée on met du Dhal (lentilles en sauce), des légumes, de la chutney, du choux macéré aigre doux, un bol avec du raisin, un autre avec de la papaye et du riz. Le contenu peut varier mais c'est souvent un mixe entre le chaud et le froid, le salé et le sucré, l'acide et le doux. On pioche sans ordre. J'adore. Toute la famille fut adorable. Je regrette de devoir repartir demain et de ne pouvoir les connaître plus. J'aurais bien voulu parler avec les filles. Insatisfaite. C'est déjà un premier pas.
15 Mars KHAJURAHO J'ai passé presque tout mon séjour à Khjuraho avec Prince et j'ai dépense tout mon budget prévu pour cette ville dans son magasin. C'est de bonne guerre. Je l'ai chargé, lui et ses couturiers de me confectionner une tenue indienne spéciale. Alors je passe régulièrement voir l'avancée des travaux. Après, je me mets dans un coin du magasin pour observer les femmes qui viennent choisir leur sari, la pièce de coton qui ira avec pour le débardeur (il a des centaines de tissus de nuances différentes, on se croirait "au bonheur des dames"), le châle. On prend le temps, on cherche au détail près. Et puis, entre deux clientes, Prince me raconte sa vie. Il est Jain. C'est une religion minoritaire en Inde. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont très respectés par les indiens. L'origine du Jainisme remonte au VI éme siècle av JC. Les Jains doivent respecter cinq règles majeures: Ne pas voler (mouaich, mouaich, je doute encore de la justesse des prix qu'il m'a proposé), se détacher des bien matériels, rester chaste, ne tuer aucun être vivant et ne pas manger la nuit (au cas ou une bestiole se serait noyée dans la soupe). Ceux qui respectent ces principes à la lettre se baladent avec un foulard sur le visage comme les cow-boy pour ne pas avaler d'insecte en respirant. De même, les moines ne prennent jamais le bus (le pare brise est un véritable cimetière a moucheron). Mon Prince est loin de tout ça mais il tente de conserver une âme pure pour atteindre petit à petit la délivrance via la réincarnation. Il faut aussi savoir que leur éloignement de tout ce qui est matériel n'est pas du tout contradictoire avec un possible enrichissement (ouf! on avait eu peur). Comme il leur est interdit de tromper leur prochain, cela en fait des personnes dignes de confiance, très présents dans le domaine des affaires, du commerce ou de la joaillerie. Un jour, les parents de Prince, lui trouveront une jolie petite Jain, ils se marieront et auront pleins d'enfants. Ca fait longtemps que je m'interroge sur ce concept du mariage arrangé, à première vue choquant pour une européenne comme moi, qui a brûlé son sous-tif depuis longtemps. Pourtant, la vie aidant, je me demande si ce n'est pas plus réaliste. Je refuse l'idée d'imposer quelqu'un, par contre si on voit le mariage comme une sorte d'association et non comme une union ultra romantique de deux coeurs.. et tout le blabla, on se détache alors des sentiments encombrants et éphémères. En gros, il faut qu'elle trouve un type pas trop moche (on ne va pas non plus ramener du boulot humanitaire à la maison!!), qui gagne sa vie, qui semble sérieux... et l'affaire est dans le sac. Pas d'amour donc pas de dépendance, pas de douleur. On prend soin l'un de l'autre mais le bonheur de l'une dépendra pas des "preuves d'amour" de l'autre. Ils sont partenaires. Bon, le hic, c'est que vu à travers les yeux de Prince, la femme vaut quatre vingt cinq pour cent de l'homme et là je tique. C'est cinquante, cinquante ou rien. Je ne suis pas Jain mais les affaires sont les affaires. Et puis, vu que les filles indiennes sont nourries de films à l'eau de rose, depuis leur plus tendre enfance, comment se fait-il qu'elles ne nous rejoignent pas dans cette quête absurde du prince charmant?? Contradictoire. En fait, je pense qu'un mariage arrangé a autant de chance de réussir qu'un mariage basé sur les sentiments.
16 Mars VARANASI J'écris à la lumière d'une chandelle. L'électricité vient d'être coupée, mon ventilateur s'est mis en grève, j'ai juste eu le temps de faire chauffer l'eau de mon thé. Il fait noir dans la ville. Il n'y a que les ghâts (les marches qui donnent sur le fleuve) qui brillent. C'est l'heure de la prière, l'heure de faire Puja. Des centaines de petites bougies brillent comme autant de prières entre les bras de la Mère Gange. Bienvenue donc dans le plus grand bénitier du monde. Je suis arrivée ce matin par le train de nuit. Mon hôtel a presque les pieds dans l'eau.?Vue imprenable sur le Gange. Un petit dej me remettra vite sur pieds. Me voici face à un des plus beaux vestiges de la colonisation britannique; j'ai nomme le porridge. Si on y ajoute des bananes, on a de quoi faire un mastic qui bétonnera tous les systèmes digestifs, même les plus expressifs. La cérémonie de Puja a lieu vers dix neuf heures. C'est une sorte de prière universelle pendant laquelle a lieu l'offrande de la lumière au fleuve. En bordure du ghât, trois petites avancées sur pilotis. Les fidèles s'asseyent sur les marches en bordure du Gange. Sur le coté, les musiciens. Les cloches rythment la prière de façon entêtante. Pendant toute la cérémonie, des femmes proposent des petites coupelles fleuries. On allume la bougie en son centre et on la laisse dériver au fil de l'eau. Les fleurs sont fraîches, leur parfum se mélange à celui de l'encens et participe à l'enivrement collectif.?Ca commence avec les chants. D'une voix grave, les Brahmanes psalmodient en frappant dans leurs mains. Puis, trois d'entre eux s'avancent sur les jetées. Ils sont jeunes, vêtus d'un Tshirt d'un blanc immaculé et d'un pantalon bouffant brode d'or. Leur peau brille à la lumière des bougies. D'une main, ils agitent une cloche et de l'autre ils tiennent des bâtons d'encens avec lesquels ils ponctuent des demi cercles de fumé qui se dissolvent dans l'air à peine formés. Avec une parfaite synchronisation, ils vont bénir les quatre points cardinaux. Leur poignet est souple, gracieux. Ils feront de même avec des éventails, des torches. La chorégraphie est simple et pleine de recueillement. Sur une petite table, face à eux, sont disposés les accessoires pour la cérémonie. Des pétales de fleur fushia et orange jonchent le sol autour de leur tapis de prière. Les voici soufflant dans un gros coquillage. Ils se tiennent parfaitement droits, le visage tourné vers le ciel. Plus personne ne bouge, les cloches se sont tues, on n'entend plus que le son grave de ces cornes de brume qui résonne dans la nuit. Les barques se sont amassées autour du ghât. Leurs coques s'entrechoquent et craquent. Tiens, un groupe qui débarque.... mais ce sont mes franchouillards quadra que j'avais croise dans l'avion!! Y'a vraiment qu'eux pour avoir le culot de se balader aussi nonchalamment en plein milieu d'une cérémonie religieuse. Fidèles à eux même. Que diraient-ils si un car de touriste japonais se déversait en pleine messe dominicale pour prendre des photos??
17 Mars Je viens de passer sous le rouleau compresseur local. Traduction: je viens de découvrir les joies du massage Ayurvédique. Certains disent que c'est énergisant. Je veux bien le croire. A force de me faire pétrir, pincer et tordre dans tous les sens, je suis ressortie aussi rouge qu'un homard. Toutes mes articulations y sont passées. Il a même fait craquer le bout de mon petit orteil!. Sur le ventre, j'avais l'impression qu'un chat de cinquante kilos me malaxait le dos de ses grosses pattes (vous savez, ils font ça avant de se coucher en boule). Sur le ventre, il a été surpris par mon piercing au nombril. Moi, je dis que face à tous les yogis locaux, je suis une petite joueuse. Chochotte va!. Les jambes en l'air. Mieux que des bas à varice. Il fait remonter tout le sang jusqu'aux orteils, en exerçant des pressions de la cuisse jusqu'au pied. J'avais la jambe exsangue et le pied comme une tomate trop mure. Le massage des paupières fut surprenant. Et vas y que je te pincouille la aussi (bof, bof).?Comme dirait Ma Grand Meren, ce fut.... intéressant. Je ne sais pas si mon énergie vitale en fut renforcée mais en tout cas, j'arrive maintenant à me gratter l'oreille avec le pied! En poussant ma ballade du soir, je suis arrivée au ghât de crémation. Ce matin, j'étais censée être au paradis (..), j'approche maintenant les portes de la mort. Face au temple de Shiva, on trouve une plate forme pour chaque caste. Les brahmanes sont les plus proches de temple. Plus on descend dans les castes, plus on s'éloigne du temple. Lors d'un décès, le corps est sortit de la maison, sur le dos (il ne doit pas rester dans une pièce close). Puis il sera embaumé. Par les hommes si le défunt est un homme, par les femmes si c'est une femme. On l'enveloppe les jeunes et les adultes d'un tissu blanc, le orange pour les vieillards, le fuschia pour les femmes mariées. Le ghât est interdit aux femmes, trop expressives, elles pourraient troubler l'ascension de l'esprit du défunt vers le Nirvana. Ce sont donc les hommes qui portent le corps sur un brancard de bambous. Ils entrent avec dans le fleuve pour lui faire prendre son dernier bain. Puis le fils ainé va se faire raser la tête (sur le sol, près de la jetée, il reste encore des mèches). Vêtu d'un pagne blanc, c'est lui qui mettra le feu au bûcher. Depuis quelques temps, l'Inde connaît une pénurie de bois, ça coûte très cher. Les familles les plus riches ajoutent des rondins de santal, les autres se contenteront de sachets de copeaux. ?Le corps mettra près de trois heures à brûler. Chez les hommes, c'est le torse qui met le plus de temps (symbole de leur force) et les hanches pour la femme (siège de leur fertilité). Personne ne pleure pendant la cérémonie. Il faut être heureux, le défunt arrive à l'étape finale (mourir a Varanasi, c'est l'assurance d'un aller simple pour le paradis). C'est là que brûle jour et nuit le feu sacré laissé par shiva. Entretenu par des prêtres, il est le seul à pouvoir mettre le feu aux bûchers. Après quelques temps, le fils aîné toucher la tête du défunt à travers les flammes avec un bambou, la faisant éclater. Il versera alors du beurre dessus. Une fois le corps réduit en cendres, elles seront dispersées dans le Gange. Un peu plus loin, les orpailleurs passent inlassablement l'eau au tamis à la recherche de bijoux, de dents en or, voir même de prothèse totale de hanche... Le soir sera l'occasion d'une fête en famille. Les larmes seront pour plus tard quand chacun se retrouve seul chez soi. C'est étonnant de voir ces bûchers. Des centaines de corps sont brûlés chaque jour. Jour et nuit, ils arrivent de l'Inde entière pour passer cette dernière étape. Il y a même un hospice ou les personnes en fin de vie viennent attendre la mort. La mort est vécue au grand jour, à ciel ouvert. Elle fait partie de la vie. J'entend des cloches, quelques mètres plus loin, on célèbre Puja. La vie continue. Les indous ne regardent pas en arrière.
18 Mars Le Gange est un fleuve pur, c'est un fait, par contre il est tellement sale qu’aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille. C'est pas de moi c'est Mark Twain qui l'a dit. On y fait sa toilette le matin, on y lave son linge, on y jette des cadavres mal incinères et les usines du coin y déversent leurs produits chimiques. Si on résiste à un bain dans un tel bouillon de culture, alors on doit être effectivement béni des Dieux. Une ballade sur les Ghâts n'est pas de tout repos ou pleine de spiritualité comme on pourrait le penser. Ca relève plus du parcours du combattant. On commence par un slalom géant entre les étrons qui jonchent le sol. Singes, buffles, vaches, chiens, humains, chacun y va de son petit paquet. Ce serait ridicule de devoir être rapatriée pour cause de " Triple looping incontrôlé sur bouse de vache sacrée" . Petit assouplissement du cou et des poignets avec une série de hochements de la tête et de rotations de la main pour décourager les rabatteurs en tout genre. Le tout en marchant, le scanner anti-étron en alerte et avec le sourire s'il vous plait. Superbe. Pause buvette sur le coin d'une marche. Il y a toujours des gamins qui arpentent le Ghât avec une bouilloire remplie de tchai. Ils me le versent dans un petit godet en terre cuite. Je me brûle les lèvres mais ça fait du bien. Puis viens l'épreuve d'escalade car comme le niveau du Gange est au plus bas, je dois gravir une trentaine de marches de hauteur inégales avant d’atteindre mon hôtel (sans compter celles pour passer d'un Ghât à l'autre ou celles pour monter à ma chambre nichée au quatrième étage). Dur, dur d'être un touriste à Varanasi. Nous sommes en terre Sainte, un petit catéchisme local s'impose. Le premier qui déserte le cours, je lui fais une tête au carré!. Selon les écritures locales, plus de trois cent trente millions de divinités formeraient le panthéon indou. On va donc essayer de faire simple sinon on n'est pas rendu. G.... Generator.... Brahmâ?O.... Organiser.... Vishnou?D.... Destroyer.... Shiva Brahmâ est le créateur de l'univers. Une fois qu'on a dit ça on comprend qu'il soit un peu loin des préoccupations des pauvres humains. Vishnou a pour rôle de protéger l'univers. Shiva est le destructeur sans qui aucune création ne serait possible. Marié à Parvati, il eut un fils qui naquit en son absence. Ganesh. Celui-ci grandit sans connaître son père (pas d'appareil photo à l'époque). A son retour, Shiva demanda à voir sa femme mais son fils lui fit obstacle, refusant à cet intrus le droit d'entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir qu'il avait levé la main sur son propre fils. Il décida alors de remplacer sa tête par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et ce fut... un éléphant. Jovial, dodu, Ganesh est le dieu de la chance et le patron des scribes. Je l'aime bien. Il a l'air un peu moins sérieux et moins intimidant que les autres. Varanasi est dédie à Shiva. Les adorateurs de Shiva se reconnaissent aux trois traits blancs horizontaux traces sur le front. Les sectateurs de Vishnou portent un "U" jaune entre les sourcils avec une ligne rouge au centre. Voila, voila, méditez maintenant pauvres mortels.
20 Mars Je sens que je suis en train de m'accomplir totalement. Pas à pas, expérience après expérience, je m'approche chaque jour un peu plus de la perfection. Ce soir je crois que je frise le Nirvana...... JE VAIS VOIR UN FILM INDIEN DANS UN CINEMA INDIEN!!!! (Raaaaaa lovely). J'y vais avec Lucky. Un gamin des rues que j'ai rencontre à mon arrive, un petit caïd. Dans le rickshaw, du haut de ses vingt ans, il fusillait du regard quiconque me dévisageait un peu trop. Le cul entre deux chaises, il joue les mauvais garçons devant ses copains et les touristes mais, en véritable gentleman, il ne manquera pas de me raccompagner jusqu'au bout de ma rue une fois le soir tombé. Ses phrases sont ponctuées de "m'dam", impossible de lui faire prononcer mon prénom. Les seuls mot de français qu'il connaisse sont "lâche moi les baskets". Le cinéma est à l'autre bout de la ville, un véritable monument de béton. La salle est gigantesque, bétonnée elle aussi. On a pris des billets premiers classe pour être au balcon. Il y a même des ventilateurs au plafond pour rafraîchir un peu l'air (souvenez vous qu'un film dure en moyenne quatre heures). On se prend un coca, on se cale dans les vieux fauteuils et c'est partit! Le film fut un régal de musiques, de paillettes, de larmes et de rebondissements. Au début, on a l'impression que la pellicule a été recolorée (un peu comme dans les films de J. Tati) mais on oublie vite. Pas de sous titre mais mon voisin me traduisait les passages clef. Il faut dire que l'intrigue est souvent prévisible (un mélange de tous les soaps connus sur le petit écran avec une grosse touche de morale indienne). On ajoute du piment avec des coupures de courant aux moments cruciaux. Et pour couronner le tout, encore mieux que le cinéma 3D, nous avons ici le cinéma inter-actif. Dans la salle, certains chantent, d'autres s'esclaffent. Quelques rangs plus bas, un bébé pleure (pas question de louper le film du samedi soir a cause du dernier né, on radine toute la marmaille). Je peux mourir en paix, j'ai vu mon film et je suis à Varanasi. Que demande le peuple??
22 Mars VARANASI ( ben si...) Grosse trouille ce matin. La ville, tout comme l'Inde d'ailleurs, est peuple de singes. Il doit y avoir une famille qui loge pas loin de ma chambre. Jusque là, je gère. Chacun fait sa vie. Là ou ça pose un problème c'est quand, alors que je tente de me réveiller sur mon balcon, je me retrouve nez a nez avec un gros mâle grimaçant et sifflant. J'ai vite battu en retraite, lui claquant la porte au nez. Il n'avait pas l'air commode du tout et ses dents étaient bien affûtées (quoique j'ai cru entrevoir un reste de salade coince entre ses canines). Je n'ai aucune envie de me faire refaire le visage par ce type de chirurgien plastique. Ils sont tellement habitués aux humains qu'ils ne sont même pas effrayés quand on les chasse du bras. Bien au contraire, ils contre attaquent et c'est moi qui doit fuir. Ou va le monde, ma brave dame. J'en viens même à regretter mes bons gros pigeons parisiens Comme faune locale, c'est tout de même plus rassurant. Heureusement que j'ai des grillages à mes fenêtres. Lors de leur ascension de la façade, ils ne manquent pas de pousser ma fenêtre entre ouverte pour voir si il n'y a rien à chiper. Changements de plans donc. J'ai décide de rester à Varanasi pour fêter Holi (la fête des couleurs) il parait que c'est particulièrement animé dans cette ville. J'avais mon sac sur le dos, mon billet de train en poche mais j'ai changé d'idée au dernier moment. Grisant. Pas d'obligation de suivre le plan de route, il faut saisir les occasions quand elles se présentent. La ville vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des indiens qui payeraient cher pour être à ma place. Et puis, je n'ai pas trop envie de retrouver le bruit de Delhi. Je partirais d'ici à la fin mois pour aller vers le Rajastan. Je verrais Richikech et Amritsar une autre fois.
23 Mars Impossible pour les indiens de prononcer mon prénom, me voici donc rebaptisée Imli (c'est le mot en hindi pour designer le tamarin). Ca fait près d'une semaine que je suis immergée dans la vie indienne. J'ai quitte le monde des touristes pour partager la vie d'une famille, celle de Lucky. Il n'y a que lui qui parle anglais mais on arrive à se comprendre un peu. Chaque jour, il m'invite à déjeuner chez lui et sa maman me prépare un bon thali. Après avoir passé un rideau de linge qui sèche, je me retrouve dans une petite pièce aux murs noirs de suie. La lumière vient d'une petite lucarne. On me fait prendre place sur une des nattes au sol. Les seuls meubles sont des étagères couvertes d'ustensiles divers et un petit hôtel avec des images pieuses et des statues. Seules touches de couleur au tableau. C'est petit, sombre et pourtant, tout doucement, j'ai senti la chaleur du foyer. Pas besoin de décoration hi tech. Lucky taquine son petit cousin, ses soeurs me regardent manger, rigolant de mes débuts laborieux. Pas facile de manger du yaourt avec les doigts. Puis, après s'être bien lavé les mains, la plus jeune me coiffe, me passe de l'huile sur les cheveux et me les remonte en chignon. Avec mon punjabi, mon bindi (point sur le front) et mes bracelets, elles disent que je ressemble à une véritable indienne. Si seulement ça pouvait être vrai. Je suis frustrée de ne pas pouvoir parler plus avec elles. Foutue barrière de la langue! Parfois, j'ai l'impression que notre culture a trop aplanit les relations. Ici, on touche les pieds de quelqu'un pour marquer son profond respect. C'est un geste très important. Et nous, que nous reste- t- il pour signifier la hiérarchie? Peut être avons nous oublié certaines valeurs...
24 Mars Quelle image ont-ils de la femme blanche? J'ai souvent l'impression qu'ils nous voient comme des filles faciles. C'est certain, on ne colle pas beaucoup avec le cliché de la femme soumise, un tantinet neuneu et homo-dépendante de la version indienne. Mais quand je vois une affiche de film "hot" avec que des blanches comme actrices, je ne peux pas non plus l'accepter. Difficile pour eux de nous comprendre. Pourtant on est loin du temps ou le summum du sensuel était représente par une pauvre pucelle se dandinant sous la mousson avec le sari qui lui colle aux mollets. Tout ce que je vois dans les films indiens relève plutôt du nombril à l'air, du décolleté plongeant et de l'image suggestive... Par contre, bobonne, à la maison, c'est sari ou punjabi obligatoire. Intéressant. Quelle hypocrisie.
27 Mars VARANASI ( toujours...) Aujourd'hui c'est la fête de Holi (personne n'a été foutu de me dire la signification, je vous ferais donc grâce de mes explications dignes d'un guide touristique). Quelques jours avant la date fatidique, on a vu apparaître des marchands de poudre de couleur, de pistolets à eau, de chapeaux de carnaval. Petites montagnes de pigments rouges ou verts. Les yeux des gamins brillent déjà. On fait ses réserves, choisissant avec soin la couleur de ses munitions. Le jour J arrive enfin! Ca commence très tôt. A sept heurs les hostilités sont déclarées. Les particuliers font hurler leur chaîne hi-fi et les premières bombes à eau sont lancées. Bataille rangée d'un toit à l'autre. Impossible de circuler dans les rues sans être bombardé. Les vaches et les singes ne sont pas oubliés (la vache Milka n'a qu'a bien se tenir). On sort l'alcool, les cigarettes, aujourd'hui tout est permis. Les forces de police ferment les yeux. Pendant six heures ce ne seront que des cris, des rires, des courses poursuite. Même les couloirs de mon hôtel sont le siège d'une lutte Touristes/ Indiens. Des rivières de couleur dégringolent dans les escaliers. Les hommes poussent des cris guerriers, les enfants hurlent de joie. On se barbouille le visage, les vêtements prennent les couleurs d'arlequin. Les murs sont mouchetés. Toute la ville est repeinte de fushia, d'ocre et de bleu. C'est féerique, on se croirait dans un tableau de Kandinsky. Je croise un gamin hilare, son visage est pourpre et ses yeux brillent comme des billes, on dirait un diablotin. Un gros bonhomme moustachu passe en vélo. Il a un petit chapeau doré comiquement posé sur le haut de son crâne. Son marcel est repeint aux couleurs de l'arc en ciel et sa moustache s'est transformée en un buisson d'un vert éclatant. Vers quatorze heures tout se calme. On écope, on nettoie à grandes eaux, on essuie. Tout Varanasi va se laver dans le Gange qui prend alors des reflets irréels. Un peu comme une immense tache d'huile. L'après midi se passe en famille ou avec des amis. On sort ses plus beaux vêtements. La maman de Lucky nous a fait un thali spécial avec du poulet (ne croyez pas qu'en Inde, on soit végétarien par goût du bio).
31 Mars stand by Juste un petit message pour dire que je suis toujours en vie, toujours à Varanasi et ....... peut être en Indonésie. A suivre.
3 Avril vers JAIPUR (enfin...) Je décolle enfin de Varanasi. A croire que la ville m'avait ensorcelée. La quitter semble relever de l'exploit. A force de suivre Lucky dans le labyrinthe du Chowk (vieux quartier qui borde le Ghat principal), on a fini par devenir inséparables. Il travaille chez un détaillent en soieries. On y passait des heures entières, affalés sur les tapis, à boire du thé avec ses amis. Tous les commerces se pressentent de la même façon. On enlève les chaussures à l'entrée avant de passer sur un matelas qui recouvre tout le sol de la pièce. Là, assis en tailleur, un thé à la main, on peut commencer les affaires. J'étais même devenue l'interlocutrice spécial touriste français. A chaque client, c'était un festival de couleurs. Le sol était vite recouvert de dizaines de châles, de couvres lits brodes d'or, de brocards. On me "remerciait" en m'offrant une étole ou une pashmina de temps en temps. Le midi, on allait manger chez Lucky, bref, la routine a commence à s'installer. On a écume tous les cinémas de la ville, sillonné toutes les ruelles en moto. A la fin, Luckyse se prenait presque pour mon mari, refusant que je parle aux étrangers, que je sorte seule, veillant à ce que je ne dévoile pas trop de ma personne. Il s'est presque battu avec un policier qui me regardait d'un peu trop près. Je veux bien jouer le jeu cinq minutes, mais à la fin ça devient insupportable Il était grand temps de partir. Le temps de troquer mon punjabi contre le treillis, je saute dans le premier train qui passe direction le Rajasthan!.... Je crois que les dieux de Varanasi ont du bien rigoler! Dix huit heures de train!!! Coincée sur une couchette à peine plus large que mon derrière, le nez colle au plafond avec, en guise d'air conditionné, des ventilateurs brassant l'air chaud et la poussière ambiante. Mon coté aventurier en a pris un coup. A la sortie du train je ressemblais plus à un mix entre un épouvantail et une sorcière.
8 Avril JAIPUR Jaipur est une ville très structurée. Grandes artères, rues bien perpendiculaires. Il semble y avoir un véritable projet d'urbanisme. C'est la première fois que je croise des feux de signalisation! Ca fait tout drôle après les rues sinueuses de Varanasi. C'est même un peu trop. Trop bruyant, trop carré, trop urbain. En fait il semble y avoir tous les défauts de la ville sans les avantages. Heureusement, mon hôtel est un paradis de calme et de verdure. C'est un ancien petit palais. Le soir, je me prélasse dans un des transats sous un bougainvillier. L'air sent bon le jasmin et l'herbe fraîche. Il y a même un paon qui se dandine dans l'allée. L'hôtel est un ensemble de petites courres intérieures, de patios, d'escaliers secrets, cachés par une façade recouverte de buissons fleuris. Je n'ai pas beaucoup vu la ville. Juste ce qu'il faut. Ça fait du bien de se couper un instant de la réalité indienne. Une petite parenthèse dans la parenthèse, le matin j'oublie presque que je suis en transit. J'ai l'impression de me réveiller dans ma maison de campagne...
9 AVRIL PUSHKAR Arrgghhh! Je suis maudite! Ce matin, j'ai levé le camp de Jaipur. Adieu veaux, vaches, cochons, le fugitif repart vers de nouvelles aventures. Jusque là, la routine. Ca se complique quand, arrivée à mon nouvel hôtel, je réalise que pour des raisons obscures, ma bouche est bloquée. Impossible d'avoir un écart de plus d'un centimètre entre les deux mâchoires sous peine de voir mon dentier me dégringoler sur les genoux! Vais je devoir me mettre au régime calibré avant l'age fatidique? Je clôture mon stade oral de façon plutôt rédhibitoire. Je suis trop jeune pour boire mes biscottes noyées dans mon Nesquick avec le beurre qui surnage! Et puis, ou vais-je trouver un presse purée dans ce bled pourris? Je n'en suis pas encore au trismus mais quel est l'imbécile qui a trifouille ma poupée vaudou en lui plantant des aiguilles dans la bouche? Qu'il se montre, je n'en ferais qu'une bouchée... enfin, presque. Je ne vais quand même pas aller voir le rebouteux du coin. Même ma copine infirmière Caro, qui fait du rapatriement sanitaire, m'a laisse tomber comme une vieille chaussette. Pas assez grave pour envisager un retour au bercail aux frais de la princesse! Dix neuf heures, Hourra! Je suis décoince (vous en doutiez?) Apres avoir brûle maint et maint bâtons d'encens (doit bien y avoir un dieu spécial problèmes dentaires dans le coin), massé, farfouillé, mastiqué au risque de me faire prendre pour une nouvelle race de ruminant, ma mâchoire à enfin recouvré la raison. Ouf! pas besoin de mettre un gant en latex et passer par "l'autre voie". Comprenne qui pourra (merci mon ostéopathe). Et vive la grenouille à grande gueule ! (ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire n'ont qu'a se manifester, je me ferais un plaisir de leur raconter.) L'Inde, pays aux mille dieux et aux mille prières. Jour et nuit, elles montent vers le ciel telles les volutes de fumée d'une gitane maïs. Et c'est justement le problème. Il est trois heures du mat et le vieux d'en face a décide de tenter sa chance, des fois qu'un dieu serait encore à l'écoute. Le voila qui tambourine avec conviction sur sa plus belle casserole en guise de banjo et braille à s'en faire péter les plombages. On dirait un mélange de sirène de pompiers et de fado chanté par un asthmatique. N'y a t il personne qui veuille abréger ses souffrances? Le seul effet kiss-cool observé c'est une accélération bruyante du transit de mon voisin de chambre et une reprise en choeurs par tous les canidés du coin. Puis, une fois qu'il a bien massacré son ustensile de cuisine, il retourne se coucher (Seb c'est bien?).?ET MOI ALORS? A cause de lui j'ai les yeux en position plein phare, impossible de retrouver le fil mon rêve qui semblait pourtant des plus philosophiques. Demain, c'est décidé, je vais danser la macaréna sous ses fenêtres à deux heures du mat!!
11 Avril PUSHKAR C'est la tanshumance! Je descends de mon village bleu à flanc de colline pour me perdre dans le quartier musulman d'Ajmer, la grande ville dans la plaine. J'ai passé toute la matinée dans la mosquée, il faut dire que les alentours sont un mixe entre la foire et la coure des miracles qui ne donne pas envie de prolonger le stationnement. Un type coincé en position grand écart fait le crabe dans la rue, un autre se déplace en se roulant par terre, il y a même un chien qui avance en équilibre sur ses pattes avant, les pattes arrière difformes. Mieux vaut battre en retraite. Avant d'entrer dans le lieu saint, je confie mes chaussures au portier et je me couvre la tête. Dans l’enceinte, une milice est chargée de faire respecter les bonnes manières. Portant une étole genre miss monde et un bâton de guignol, ils traquent tout écart de conduite. Ce serait de mauvais goût de se prendre une prune pour outrage à divinité. Je me pose dans un coin de la coure dallée de marbre et je regarde. C'est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Un petit bonhomme s'approche de moi en gazouillant. Il a les yeux soulignés au crayon noir et une ficelle autour de son proéminent bidon. Une fillette me demande de poser avec elle pour une photo (il est important de savoir que tout bon indien se doit de tirer une tronche de six pieds de long lors de cet exercice... pas le moindre petit rictus). C'est une procession incessante de visiteurs. Les hommes portent des djellabas blanches magnifiquement brodées. Ce soir, à Pushkar, c'est mégateuf!. C'est le nouvel an indien, on sort les dieux des temples et de la naphtaline pour leur faire faire un petit tour de la ville. Chaque soir c'est la permission de minuit pour un dieu différent, et ça va durer dix jours!. Les familles ont dessinées des fleurs, des motifs géométriques avec de la poudre de couleur devant leur perron pour accueillir la procession. La rue est parée d'un tapis aux couleurs flamboyantes. Les femmes accrochent des fleurs dans leurs cheveux.?Les chars sont précèdes par une fanfare dominée par le son du Bontempy sur lequel s'acharne un des musiciens. Puis vient... un énorme moteur monte sur roulettes qui servira à alimenter les lustres portés par des dizaines de gamins des rues pour faire une haie d'honneur. Enfin, le char, entouré de brahmanes distribuant des copeaux de noix de coco et autres sucreries. On en reçoit une poignée, on partage avec son voisin. Tous les sens sont à la fête. La foule se presse pour recevoir la bénédiction, toucher le char. Les sâdhus en tous genres sont aussi de la partie. A la base, le sâdhu est un mendiant religieux. Ils sont reconnaissables à leur allure souvent excentrique. Vêtus d'orange, le corps couvert de cendres, le cou chargé d'amulettes et le crâne recouvert d'une forêt vierge qui ferait rêver nos amis rasta symbole de leur puissance. Le sâdhu devient siddha, soit hermite soit ascète après de dures pénitences et diverses formes de mortifications. Certains ont décidé de passer leur vie sur un pied, d'autres se coupent un bras, tout ça pour atteindre la délivrance du cycle infernal des renaissances.?Ca c'est la version locale, mais on a aussi le Western sâdhu, race particulièrement endémique si on considère qu'elle possède la faculté de troquer ses fripes contre un costume trois pièces une fois revenu sur leur pays d'origine. Leur but est encore obscur mais il semble que pour y parvenir, ils doivent porter les vêtements les plus miteux, traîner la savate et afficher une pilosité amazonienne...
18 Avril JAISALMER Mon voyage aura été marqué par de nombreuses rencontres. Chaque ville que je traverse m'apporte une nouvelle histoire. Il faut être patient, laisser les choses venir. L' Inde ne s'apprivoise pas en deux jours. Apres un certain temps, une fois que vous faites bien partie du décor, le miracle s'opère. Je crois qu'ici, j'ai atteint la perfection. Jaisalmer est une ville fortifiée au milieu du dessert du Tahr. Son épaisse muraille ocre renferme un trésor. C'est ici que se trouvent les plus beaux have lis de toute l'Inde. Ce sont des palais construits au XVIII ème siècle par de riches marchands. Certains sont officiellement visitables mais je me rends vite compte que presque toutes les façades de la ville sont richement ouvragées. On dirait de la dentelle, mais en plus beau, avec une variété incroyable de motifs. Je ne m'en lasse pas. Mon hôtel est à l'intérieur du fort. Le soir, assise sur la terrasse, je me prends pour une maharani attendant son Lawrence d'Arabie (ouaich, un peu anachronique, mais Peter O'Toole avait de si beaux yeux bleus...). Les habitations couvrent encore quelques kilomètres autour des remparts et puis...c'est le désert. Pas les dunes de sable comme dans le désert des tartares, mais une plaine aride ou ne poussent que des buissons hirsutes et des éoliennes à perte de vue. Et puis, il y a eu la rencontre avec ces deux soeurs. Deux gitanes qui alpaguent le touriste à la sortie du fort pour leur vendre quelques breloques. Comme elles sont parées de leurs plus beaux atours, je joue le jeu du "bakchich contre photo". Jusque là, relations professionnelles. Le lendemain, je les retrouve pour leur offrir quelques T shirts que je dois jeter par dessus bord de mon sac à dos sous peine de surpoids fatal pour la suite du périple. Elles semblent ravies. Ce soir, elles m'ont invitées à boire un thé chez elles et écouter de la musique. Je les suis en dehors de la ville et me voici assise dans la courette d'une maison en torchis, un gamin dans les bras. Les hommes jouent du violon pendant que les deux soeurs dansent et chantent. Pour l'occasion, elles m'ont décorées de leurs bijoux traditionnels. On pose pour la photo. Une fillette aux cheveux ébouriffés danse devant moi. Sa robe est mocharde mais ses yeux brillent comme ceux d'un chat et ses hanches ondulent gracieusement. Petit moment de pur bonheur. C'est simple et beau comme un Kinder-Surprise.
26 Avril BOMBAY Dernière étape du voyage:Bombay. Retour à la civilisation mais ce n'est pas pour autant la fin des aventure, bien au contraire. Coup de chance, un de mes amis indien que j'ai connu au Burundi est lui aussi de passage dans le coin. Il insiste pour que je loge dans un des studios qui appartiennent à sa famille. Jusque là, plutôt idyllique comme tableau surtout vu le prix d'une chambre d'hôtel ici et vu l'état de mes finances... Mais c'est sous estimer l'esprit farceur qui plane constamment au dessus de mon crâne gracile! En fait, l’appart est parfait, mais c'est comme acheter une robe chez un grand couturier et se rendre compte qu'on ne peut même pas monter les escaliers avec. Beau mais pas pratique. Canapés dans le plus pur style post néo gréco romain, sol en marbre, la classe. Mais quand il s'agit de passer aux choses concrètes genre: qu'est ce qu'on mange ce soir? C’est une autre paire de bretelles. Les placards de la cuisine sont remplis ...... de cahiers, de cirages, de bouteilles de fly-tox. Ah, quelques bouteilles d'alcool, (on avance petit à petit vers le rayon alimentaire) et une cinquantaine de bouillons Knorr. Ce soir, donc, on révise Maïté version Koh-Lanta. Faute de casserole, j'ai du faire bouillir mes nouilles dans une poêle tellement petite qu'on pourrait la qualifier de HLM pour omelette! Me voici en train d'égorger une boite de concentré de tomate (la seule dont la date d'expiration n'avoisine pas le néolithique). Le plan de travail porte encore les traces de notre lute acharnée. Papa, tu aurais été fier de moi! Deuxième épreuve: Bombay est la seule ville d'Inde ou il est presque mal vu pour une jeune (si, si, j suis encore jeune) femme de porter le punjabi. Pas de chance, je n'ai plus que ça dans ma garde robe. A cela il faut ajouter le fait que Vinod (mon ami indien) ne fréquente que des gens super branchouillés et j'avoue qu'après deux mois de voyage je ne me sens pas trop dans ce trip. Panique à bord, donc, comment ressembler à quelque chose de correct quand on n'a plus que des tongs, un sac à patate en guise de robe et .....Pas le moindre sac à main coordonné! Je fonce dans le premier magasin du coin et fait péter ma carte bleue. J'en ressors habillée dans le plus pur style minette rose bonbon, un régal. Il fallait au moins ça pour tenir la route face à la jeunesse dorée locale. En trois jours, avec Vinod et sa bande, on a écumé tous les bars fashion de la ville. Ca fait tout drôle, mais j'avoue que ça m'a fait du bien de retrouver tout ça! J'ai presque fait une over-dose de crevettes et autres produits de mer (ras le bol du poulet et du régime végétarien). Ce soir, Vinod retourne au Burundi, moi je reste encore quelques jours. Je vais tenter de survivre dans cet univers.
La suite au prochain épisode.
Hôtel à Varadero pour 14 avril? English translation pending
Bonjour, je veux partir à Varadero vers le 14 avril. J'attend parler de plusieurs hotels mais il ya toujours beaucoup de critiques négatives. Je voudrais pas mettre plus de $1500.00 par forfait. On m'a parlé du Ìberostar varadero, mais il est cher.., le tryp, nouriture plus mauvaise que les autres et peu de place.
Je chercher tout simplement un endroit propre, longue plage belle piscine et nourritures bonne pour la région de Cuba.......et partir de Québec....
J'attend vos conseilles car les agences de Québec n'on jamais les mêmes commentaires.......
P.S le choix d'une bonne agence serait apprécié....
Merci.............
Je chercher tout simplement un endroit propre, longue plage belle piscine et nourritures bonne pour la région de Cuba.......et partir de Québec....
J'attend vos conseilles car les agences de Québec n'on jamais les mêmes commentaires.......
P.S le choix d'une bonne agence serait apprécié....
Merci.............
Itinéraire au Maroc en juillet English translation pending
Bonjour!!
Nous sommes belge. Nous désirons nous rendre au maroc durant le moi de juillet.Nous partons avec 1 voiture et 1 camionnette (9places).On se demandait si c'était plus intéressant de faire l'itinéraire 1) belgique - france - espagne (bateau)-maroc 2) belgique - france (bateau) - maroc
A oui la camionnette louée ne peut normalement pas ce rendre au maroc, ya-t-il une douane avec controle approfondit des véhicules?
Merci a tousssss
Nous sommes belge. Nous désirons nous rendre au maroc durant le moi de juillet.Nous partons avec 1 voiture et 1 camionnette (9places).On se demandait si c'était plus intéressant de faire l'itinéraire 1) belgique - france - espagne (bateau)-maroc 2) belgique - france (bateau) - maroc
A oui la camionnette louée ne peut normalement pas ce rendre au maroc, ya-t-il une douane avec controle approfondit des véhicules?
Merci a tousssss
Ouzbékistan - Juin 2006 English translation pending
Samarcande … Qui n’a pas les yeux qui s’agrandissent, la gorge qui se noue et les doigts qui tremblent d’envie au nom évocateur de Samarcande ?...
Depuis toute jeune et plus encore depuis la lecture du roman éponyme d’Amin Maalouf, Samarcande était pour moi une cité tellement lointaine, tellement magique, tellement fascinante qu’elle en était devenue un mythe inaccessible.
Les années ont passé, j’ai grandi, j’ai voyagé … Samarcande brillait toujours au loin de son aura même si, avec nos voyages, le monde s’est rétréci et que la Cité s’est rapprochée. Pas une année sans qu’on parle d’Elle et qu’on organise … un autre voyage ! Et plus on voyageait et plus le mythe grandissait … Jusqu’à cette année …
Maintenant, il vous est facile d’imaginer mon émotion en arrivant à Samarcande !
Pourquoi avoir tant tardé ? Sans doute à cause du paradoxe des rêves : l’envie de les réaliser tout en sachant qu’alors on les perd … Faire durer le plaisir au maximum !
Aujourd’hui, le souvenir a remplacé le rêve. Avec bonheur, puisqu’au-delà de Samarcande, Khiva et Boukhara rivalisent de charme.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
On a vraiment pris notre temps. Principe de base de nos voyages : en voir moins, mais le voir bien. En cela, cet itinéraire n’a rien d’un modèle, c’est juste un témoignage. On s’est concentrés uniquement sur les 3 grandes cités. Et on n’a pas été jusqu’à Noukous, ni à Chakhrisabz, ni dans la vallée du Ferghana … On a fait nos choix qui étaient d’imprimer à fond nos émotions, choix définis à partir des guides et surtout des nombreux posts de VF, en particulier l’excellent carnet de Maxicool. Ces 2 semaines nous ont permis de voir et de revoir certains monuments, sous différentes lumières, et surtout de laisser notre œil s’habituer à cette architecture pour d’abord la comprendre, ensuite l’apprécier et finir envoûtés. Nous avons quitté chaque ville avec le sentiment d’en avoir fait le tour, en lui ayant consacré le temps qu’elle méritait. Avec nostalgie mais sans regret.
Ven 16 Juin - Vols Uzbekistan Airways Paris/Tashkent Sam - Vol Tashkent/Urgench – 3 nuits à Khiva Dim - Khiva Lun - Khiva Mar -Transfert vers Boukhara – 5 nuits à Boukhara Mer - Boukhara Jeu- Boukhara Ven - Boukhara Sam - Boukhara Dim - Transfert vers Samarcande – 4 nuits à Samarcande Lun - Samarcande Mar - Samarcande Mer - Samarcande Jeu - Transfert vers Tashkent – 1 nuit à Tashkent Ven 30 Juin - Vol Tashkent/Paris
BUDGET :
Le soum, sum, som (CYM en cyrillique) 1 € = 1 550 soms. Cours officiel dans tous les bureaux de change (notamment à l’aéroport) 1 $ = 1 220 soms. 1 $ = 0, 8 € Pour connaître le cours actuel du som, cliquer ici.
Visa : suffisamment cher pour que j’en parle ici. 70 € par personne pour un visa de 15 jours avec 1 seule entrée. Dépôt du dossier (formulaire avec photo, passeport et un chèque) à l’ambassade, récupération 1 semaine plus tard. Joignez l’utile à l’agréable : l’ambassade est située à côté de la maison du whisky 😛. Pour télécharger le formulaire depuis le site de l’ambassade, cliquer ici. Aucune difficulté rencontrée.
Vols réguliers Uzbekistan Airways : 622 € (international) + 49 € (national) par personne = 1 342 € au total pour nous 2.
Sur place (pour nous 2) : 520 € soit 40 € / jour pour nous 2 (hors achat souvenirs) Nous n’avons utilisé ni carte bancaire, ni travellers cheques, ni $. Que des €, changés principalement à l’aéroport à l’arrivée puis quelques compléments à Samarcande. Nécessité d’avoir des coupures en très bon état. La moindre encoche d’un ½ millimètre suffit à ce qu’ils vous soient refusés. Attention au bureau de change à l’intérieur de la médersa Tilia Kari à Samarcande, recomptez bien vos billets ... 100 € changés au noir à 1500 soms par un vendeur de souvenirs sur le Reghistan de Samarcande. Pour le coup, il ne manquait pas un seul billet. Et après avoir recompté et l’avoir chaleureusement remercié (car il nous évitait ainsi de courir dans toute la ville), je partais d’un pas tranquille sans lui avoir donné mes 100 €. Il me les a réclamés gentiment, sans s’énerver … euh … j’étais un peu gênée
…. Lui, riait ! Cool !
Répartition des dépenses :
270 € d’hôtels
150 € de nourriture, boissons et petits transports …
50 € de transferts en taxis collectifs
50 € environ d’entrées de sites
En aucun cas, ce budget n’est une référence ; c’est un témoignage parmi d’autres, à prendre comme tel. Nous avons choisi des hôtels simples mais confortables (AC, sdb), des transferts en taxi collectifs (plus chers que le bus) et ne nous sommes jamais privés d’une bière le soir … Vous pourrez sans difficulté faire ce même voyage avec un budget bien plus serré … ou bien plus large.
GUIDES :
Lonely Planet Asie Centrale - version française 1è édition – Novembre 2004 – découpé pour n’emporter que la petite partie sur l’Ouzbékistan (une erreur, il a fini en pages volantes !) … Les prix ont beaucoup augmenté en 2 ans. Les plans sont approximatifs. Guide Olizane – Complément indispensable du LP pour l’aspect culturel - Très bien fait, très détaillé – Pas mal d’infos pratiques aussi. Et puis bien sûr, les nombreux posts de VF, en particulier l’incontournable carnet de Maxicool bourré d’informations très précises (cliquer ici).
TRANSPORTS :
1 - Vols
Vols internationaux - Seul Uzbekistan Airways propose des vols directs. 3 par semaine (mardi, jeudi et vendredi) - Achetés sur internet via Go Voyage mi mai ; billets récupérés à leur agence. 616 € l’A/R (+ 12 € de frais de dossier). Horaires de vol confortables : départ à 21h30, arrivée à 7h00 ce qui nous a permis d’enchaîner facilement avec le vol intérieur. Et au retour, départ à 15h45, arrivée à Paris à 20h00. Avion au 2/3 vide, à l’aller comme au retour. Boeing 767, prestations de qualité. Rien à redire. Pendant le vol de Paris, les hôtesses nous ont remis un formulaire d’immigration en anglais. A l’arrivée, il faut en remplir un second, identique, mais tout en russe (il suffit de recopier dans les bonnes cases). Les douaniers vont en conserver un et vous rendre l’autre. Conservez-le bien. Il faudra leur remettre, pour repartir, accompagné de 2 nouveaux formulaires en russe (toujours les mêmes). Plusieurs bureaux de change dans l’aéroport. On peut reconfirmer le vol international de retour dans un bureau à l’extrême droite de l’étage des départs internationaux. Nous l’avons fait dès notre arrivée (nous avions quelques heures à perdre en attendant notre vol pour Urgench et ce n’est pas les boutiques qui nous ont beaucoup occupés !) Pas de taxe d’aéroport. Vous pouvez arriver à l’aéroport sans plus aucun som.Vols intérieurs - Achetés directement auprès d’Uzbekistan Airways - 4, passage Saint Roch – Paris 1er – Tel 01 42 96 10 10 – 49 € /p tout inclus. Suzanna n’est pas particulièrement chaleureuse …. Dommage. Départ de Tashkent à 12h30, arrivée à Urgench à 15h00. Ca secoue moins que je le craignais … L’aéroport des vols domestiques se situe à 100 mètres de l’international : prenez à droite en sortant et passez les grilles. Vous y êtes. Aucune indication. Pas de panique, ce n’est pas Singapour !… c’est minuscule. C’est la lecture des posts sur VF qui nous a incités à quitter Tashkent le plus vite possible. On ne regrette pas.2 - Transfert entre les grandes villes
Par confort et parce qu’il faisait très chaud, nous avons choisi la solution taxi collectif (vous demandez "Nexia", ils comprennent). Il s’agit de bonnes voitures (des Nexia donc généralement) qui chargent 4 personnes. On partage la course. Pas de clim, fenêtres grandes ouvertes … Les routes sont bonnes, ils roulent vite. Nombreux radars et autres contrôles de police. En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais été contrôlés. Fait du hasard, nous avons toujours voyagé avec le même couple de touristes anglais qu’on recroisait la veille de nos départs.
Khiva/Boukhara : 15 000 soms X 4 1 – prendre un marshrout à la porte Nord de Khiva pour aller jusqu’à Ourgench (25km) : 500 soms. Ils partent quand ils sont pleins. A 8h00, nous n’avons pas attendu 2 – au terminus, sur la même route, arrêter le marshrout n° 19 pour aller jusqu’à la station de taxi collectif (200 soms pour qq minutes). Gare routière à gauche, Nexias à droite. 3 – compléter une Nexia (ou attendre) pour quitter Ourgench. Expliquez bien que vous voulez partager sinon, vous risquez de partir à 2 … et de payer à 2 … 5 heures de route en plein désert, il fait très chaud. Une pause d’1/2 h. Déposés sur la Lyabi Haus, à 2 pas du Fatima B&B.
Boukhara/Samarcande : 10 000 soms X 4 Organisé par Fatima pour nous 4 le matin même. Porte à porte. Il nous a emmenés au B&B Timur the Great (complet) puis au Zarina. Sans pb. 3h30 de route
Samarcande/Tashkent : 12 000 soms X 4 Trouvé la veille sur le Reghistan. Porte à porte également. 3h30 de route
Ce n’est pas la solution la plus économique, par rapport aux bus, c’est beaucoup plus cher mais ça reste encore abordable, c’est vraiment plus rapide et c’est pratique puisqu’ils nous ont toujours déposés à 2 pas de l’hôtel de notre choix, ce qui ne plombait pas pour autant notre négociation de prix de la chambre (vérifié après coup avec d’autres clients de l’hôtel). Par contre, c’est moins local. Moi qui adore les transports locaux, c’est très frustrant.
3 - A l'intérieur des villes Aéroport d’Ourgench/Khiva (25km) : 6 000 soms pour nous 2 en taxi Marshrout (petit minibus) en ville : 100 à 300 soms/p Demandez le prix plutôt à un client qu’au chauffeur. "Nitcha som ?". Ils nous ont toujours compris. Métro dans Tashkent : 160 soms le jeton. Ne ratez pas cette expérience, les stations sont magnifiques quoiqu’un peu … soviétiques. Hôtel Orzu / Aéroport de Tashkent (3 km) : 1 000 soms pour nous 2 en taxi
HEBERGEMENT :
Nous avons choisi nos hôtels dans la catégorie moyenne (ref LP). Les prix indiqués sont pour la chambre (toujours après petite négociation) avec le petit déjeuner. Aucun de ces hôtels n’avait vraiment de charme …Confort simple, sdb privée, AC (indispensable à cette époque, pour la première fois de notre vie de voyageurs, nous dormions avec l’AC en marche). A propos des petits papiers pour l’OVIR : nous n’avons eu aucun contrôle. A Boukhara, Fatima a même oublié de me le donner … Dans cette catégorie, les prix sont indiqués et négociés en $. Par contre, sauf pour le Fatima B&B, j’ai toujours payé en soms (1 $ = 1 220 soms).
Khiva : hôtel Zafarbek(20 $ (30 au départ) - 24 400 soms) Chambres réparties sur 2 étages autour d’une cour. Spacieuse mais vétuste. Juste propre. Filet d’eau à la sdb.
Boukhara : Fatima B&B (25 $ (30 au départ) - 20 € - seul hôtel où j’ai payé mes 5 nuits directement en €. Fatima a vérifié attentivement que les 2 billets de 50 étaient parfaitement intacts.) Notre préféré sans pour autant être un coup de cœur. Sdb toute neuve, très propre, bonne literie. Là encore, filet d’eau, voire rien du tout pendant parfois de longues heures (il suffit alors d’aller leur réclamer la mise en route du moteur). Petit déjeuner extraordinaire ! Là, un vrai coup de cœur. Excellent dîner maison sur demande (3 500 soms) - Accueil très chaleureux – Une jeune fille (la fille de Fatima ?) y parle très bien français.
Samarcande : hôtel Zarina (30 $ (40 au départ) - 36 600 soms) Chambre spacieuse, confortable, claire et propre. Beaucoup d’eau cette fois mais chaude en permanence. Petit frigo pratique dans la chambre. Petit dej buffet très agréable. Piscine minuscule et un peu trop en vue à notre goût mais certains ont semblé l’apprécier. Accueil pas très chaleureux. Très bien situé entre Reghistan et Gour Emir.
Tashkent : hôtel Orzu (30 $ (45 au départ) - 36 600 soms) 🙁 L’erreur ! Glauque, literie épouvantable. Pour le même prix (on est allé voir), préférez-lui le Grand hôtel Orzu, très mignon. Oui, je sais, après relecture des posts de VF, c’est bien lui, le Grand, qui était conseillé. Bon, on s’est planté 😕 et pour une nuit, on a laissé couler. Cela dit cette fois, nous avions de l’eau en quantité, chaude et froide. Petit déjeuner dégueu, dans une salle couloir horrible. Fuyez !
REPAS :
La nourriture n’est pas ce que l’Ouzbékistan a de mieux à offrir … D’abord, on retrouve toujours les mêmes choses, ensuite c’est assez gras, enfin il est parfois difficile de trouver des légumes cuits. Néanmoins, on ne meurt pas de faim non plus ! Nous avons commencé par le traditionnel plov (plat de riz agrémenté de carottes, pois chiches, raisins et quelques petits morceaux de viande), les chachliks (brochettes) et l’habituelle salade tomates/concombre/oignons. Ca nourrit.
Plusieurs fois, nous nous sommes contentés de fruits achetés au marché en guise de repas de midi. A cette époque, grand choix : cerises, abricots (à la peau lisse), pêches, raisin (absolument extraordinaire !), fraises, poires, pommes, melons, pastèques. La pastèque est une véritable institution. Elle nourrit tout en désaltérant. Ces repas de fruits, assis sous le portique d’une médersa furent de vrais moments de bonheur !
Le matin au petit déjeuner, goûtez les laitages. Ils sont très bons. Attention toutefois aux abus ; entre les laitages, les crudités, les jus de fruits maison (goûtez la cerise) … on n’a pas échappé tous les 2 à une bonne tourista …. Comme d’hab, imodium, ercefuryl et coca ont réglé le problème en peu de temps.
Quelques prix : Bouteille d’eau 1, 5l non gazeuse (attention, on trouve presque plus facilement de l’eau gazeuse que non gazeuse. Vérifiez bien avant d’ouvrir) : 400 en supermarché, 500 dans la rue, 600 ou 700 sur les sites. Le budget eau n’est pas totalement négligeable. Nous buvions au moins 5 bouteilles à nous 2 par 24h (on boit aussi la nuit !) 5 X 13 jours X 500 soms = 32 500 soms soit 20 € ... Coca cola 25cl : 300 à 500 – 1 000 au Farruh à Khiva ! Bière 50 cl : Baltika (russe) 3 000 soms, pression ouzbek 1 000 soms. La Baltika est bien meilleure… Glace : 300 à 500 soms (il y a partout des vendeurs de glaces et sorbets). On n’a goûté que les glaces, pas les sorbets.. Chachlik : 800 soms au Labi Gor de Samarcande 1 repas : entre 2 000 et 4 500 soms (pain, salade, chachliks, fruits, boisson)
Pas de coup de cœur ni de grands souvenirs en terme de restaurants.
A Khiva : Le Farruh : très agréable mais très cher (bouteille 25 cl de coca à 1000 soms !) La Bir Gumbaz chaïkhana : quelques tables sur une petite place face au minaret court. Bon et prix raisonnables (8 500 soms pour 2 brochettes, 1 samsa, 2 salades, 1 bière Baltika, 1 bouteille d’eau) Jamais trouvé le restau conseillé par Maxicool à la sortie Nord. On a reconnu le jardin, les jets d’eau, mais tout semblait tristement fermé ... Un peu étonnamment, on a trouvé le pain à Khiva bien moins bon qu’ailleurs (en fait, il était toujours rassis …)
A Boukhara : Repas chez Fatima excellent (menu maison), copieux et très goûteux qui se termine par une énorme assiette de fruits frais divins. 3 500 soms le repas complet. Les petits restau sur la Lyabi Haus ne sont pas tous de qualité égale.
A Samarcande : On a fait du Labi Gor notre cantine. La cuisine est faite dans la rue (brochettes, soupe, manty, plov …). C’est facile : on choisit en montrant ce qu’on veut. On a trouvé ici le moyen de goûter une cuisine plus variée et très bonne. La soupe ouzbek (sorte de pot au feu cuit dans un petit pot en terre), les poivrons ou les choux farcis, les chachliks, le pain parfumé et moelleux, tout ici est délicieux. Bière pression locale, un peu forte à mon goût. Environ 3 500 soms le repas.
A Tashkent : 2 repas pris au Caravan (à 2 pas du Grand hôtel Orzu, c’est comme ça qu’on a compris notre erreur). Restaurant décoré avec soin et goût, grande carte originale (les goûts sont adaptés à nos palais) c’est beaucoup plus cher que partout ailleurs, mais ça vaut le coup. Le thé glacé maison (avec de la menthe et des fruits rouges) est un délice. Comptez au moins 12 000 soms à 2 (ah oui, on change de registre). Très fréquenté par les Ouzbeks aisés de Tashkent.
SITES CULTURELS :
Vous l’avez compris … hébergement et nourriture ne sont pas des grands moments de fête. Par contre, les sites sont fabuleux ! Nous voila bien payés de nos efforts … Encore faut-il aimer les vieux bâtiments, l’art arabe, les mosaïques et ne pas avoir une aversion pour le bleu ! Khiva, Boukhara et Samarcande sont très différentes. Les monuments y sont de plus en plus grandioses, les mosaïques de plus en plus fines. On passe de la brique vernissée et céramique peinte de Khiva à la mosaïque de Boukhara pour finir en apothéose avec la mosaïque ajourée et les dômes cannelés de Samarcande. Par contre, l’ambiance est de plus en plus urbaine. D’une magnifique petite bourgade aux ruelles pavées, totalement préservée, à Khiva, on passe à une petite ville à Boukhara dont certaines rues sont asphaltées mais avec encore une grande partie de ruelles, pour finir dans une ville moderne à Samarcande. Ainsi on perd en ambiance ce qu’on gagne en finesse dans les édifices. 3 villes très différentes qui n’apportent pas la même chose. Même après 2 semaines, nous n’étions pas lassés (mais vous savez à quel point on aime les vieilles pierres 😛….). Par choix, on a même éliminé Chakhrisabz pour profiter encore et encore de Samarcande. C’est dire …
Un regret : les monuments ferment leurs portes tôt, vers 18 ou 19h, bien avant le coucher du soleil. Dommage qu’on ne puisse pas visiter quand enfin la température est plus douce … Non, ils n’ouvrent pas non plus très tôt …
Le budget visite finit par chiffrer … Il y a tellement à voir … près de 50 € pour nous 2. Les billets sont généralement valables pour une journée. Ainsi est-il toujours possible de sortir pour manger ou se reposer et revenir plus tard.
1 – Khiva (2 jours pleins)
Notre ville préférée, toute petite, enfermée dans des murailles crénelées épaisses, totalement préservée, tout en brique. Un mélange de sobriété voire d’austérité, et d’exubérance. C’est la ville aux nœuds papillon, ces petites briques vernissées bleues ou vertes, incrustées dans les murs bruns des palais, des mosquées, des médersas. Magnifique. On y flânerait des heures et des heures s’il n’y faisait pas si chaud … Perdez-vous dans cette petite ville, c’est le meilleur moyen d’en profiter.
Pass à 7 000 soms/p + 2 500 de droit photo. Ce qui n’empêche pas quelques suppléments … A acheter à la porte Ouest.
Nos avis sur quelques endroits (c’est loin d’être exhaustif) :
La mosquée du vendredi A ne pas rater, tellement sobre avec sa forêt de piliers en bois sculpté.
Kukhna Ark Même s’il faut rajouter 1 500 soms de supplément, je vous conseille la vue depuis la terrasse du Kukhna Ark. Nous y sommes montés vers 11h, la lumière n’était pas bonne. Nous sommes revenus vers 17h, nettement plus beau. Vraiment une jolie vue qui embrasse bien cette petite bourgade moyenâgeuse.
Le coin du minaret court On y rencontrera d’ailleurs, dès notre premier soir à Khiva, 3 compères aux yeux rougis par autre chose que la fatigue … Ils nous appellent, nous invitent à leur table, nous prennent en photo, et finissent par nous offrir le fameux verre de l’amitié entre les peuples, sorte de vodka coupée d’eau, vraiment pas forte qu’on boira avec plaisir. On réussit à s’en tenir là, le 2ème verre ayant été servi dès notre verre vide reposé. Pendant 10 minutes, ils essaieront en vain de nous faire comprendre … je ne sais pas quoi. Le fait qu’ils ne parlaient qu’ouzbek n’était pas la seule raison au fait qu’on ne les comprenait pas. Ils avaient pris beaucoup d’avance … Bref, des sourires, des accolades, des photos, des gestes amicaux, tout ça, c’est du langage international et la rencontre, si elle fut un peu stérile, fut bien agréable et donnait le ton de ce voyage. Hips 🤪 …. Belles lumières le soir (avec ou sans vodka).
Le palais Isfandiyar Hors forfait : 1 000/p En dehors de la vieille ville. Palais vide, mais pas cher … Seulement si vous êtes épris d’exhaustivité …
2 – Boukhara (4, 5 jours)
Arrivés vers 14h30, nous commençons par une bonne douche, enfin, disons une douche … trop peu de pression pour qu’elle soit vraiment bonne. Qu’importe, nous voila propres. Nous décidons de partir flâner dans les ruelles si vantées de Boukhara. On part vers le Sud, le plan dans une main, la boussole dans l’autre. Très vite, on range les 2 …. A la différence de Khiva, Boukhara n’est pas à proprement parler jolie, mais plus vivante, plus authentique, moins ville-musée. Elle perd en charme ce qu’elle gagne en activité. Signe de cette activité : les tuyaux (eau, gaz ?) qui défigurent les façades, les tas de gravats qui encombrent tous les coins de rues, le sol défoncé de la moindre ruelle … Dès lors, le charme n’opère pas comme à Khiva. En tous cas, pas immédiatement … Au fur et à mesure de nos pérégrinations, on a trouvé ce qu’elle avait d’attachant : des monuments qui se cachent et s’offrent moins facilement qu’à Khiva, des petits bijoux coincés, englués dans des rues délabrées, une ambiance animée, vivante. Voila pourquoi, même si nous avons été déçus �� notre arrivée, nous sommes restés 1 journée de plus que prévu initialement. Comme toujours : laisser du temps au temps, laisser l’œil s’habituer et dans ce cas précis, laisser l’esprit oublier ce qu’il attendait pour profiter de ce qu’on lui offre. Boukhara n’est pas Khiva, elle se fait désirer, elle se mérite. Laissez-vous porter.
Nos avis sur quelques endroits :
Le minaret et la mosquée Kalon, la médersa Miri-Arab 1 000/p + 1 000/APN 3 000/p de supplément pour grimper dans le minaret Prenez du temps, venez la revoir à différentes heures de la journée. Je vous conseille la grimpette dans le minaret. On arrive d’abord sur le toit de la mosquée, bosselé de dizaines de petits dômes (qu’on n’imagine pas d’en bas). Dirigez-vous à l’opposé, vers le grand dôme beige et bleu. Vous aurez la surprise de voir qu’on peut y grimper. C’est magique d’être tout au bord de ce dôme majestueux. De là on embrasse toute la cour de la mosquée. L’ascension du minaret apporte une jolie vue sur la médersa Miri-Arab en face. On peut également accéder aux 2 petites niches au dessus du portail de la mosquée et avoir une vue frontale sur la médersa, à quelques mètres de hauteur, ce qui pour les photos fait parfois la différence … La médersa est en activité et ne se visite pas.
L’Ark 3 600/p Autant l’extérieur peut impressionner, autant l’intérieur avec ses quelques musées poussiéreux, n’a aucun intérêt.
La mosquée Bolo Hauz Un petit coup d’œil à son portique en bois peint. Les vieillards à longue barbe blanche qui s’y reposent ne refusent pas les photos. Même 2 jours de suite !
Le mausolée Ismaïl Samani 200/p + 25/p pour l’entrée du parc L’intérieur a assez peu d’intérêt mais cette construction cubique est surprenante. Pas de mosaïques ici. A l’intérieur d’un parc fleuri agréable avec petits manèges. Animation locale très sympa.
Le marché Juste à côté du mausolée. Nous y rencontrons 2 jeunes, dont l’un en train d’essayer un costume et un turban tout en paillettes et strass. J’en ai encore mal aux yeux 😎 ! L’autre jeune nous expliquera dans un parfait anglais que son frère est en train de louer son costume de mariage. Longue discussion sur la coutume du mariage … Moment sympa. Je lui ai envoyé la photo par internet ...
Le tchor minor 400/p pour grimper dans la tour 4 colonnes sur un petit édifice (qui n’est pas une mosquée). Tout petit, tout mignon, perdu dans des ruelles plus jolies qu’au sud de la ville.
Le palais de l’Emir (Sitoraï Makhi Khosa) 3 600/p – On a décliné le droit photo et on n’a pas regretté Pour nous qui avions le temps … Faites l’impasse si vous êtes plus pressé. A défaut d’un marshrout n°70 tous bondés, nous avons pris le bus n° 21 (100 soms/p). On descend juste au moment où il fait demi-tour. Le palais est au fond de l’impasse à droite, 500 mètres. C’est le terminus des marshrout n°70. Pour le retour, c’est donc plus simple …
Le Zindan 1 500/p La prison. Intéressant. D’autant que les sévices infligés ici parce qu’on a dit du mal d’un homme riche ou parce qu’on n’a pas respecté le ramadan ne datent pas de si longtemps …
3 – Samarcande(3, 5 jours)
Vous avez lu mon introduction. L’arrivée à Samarcande a eu lieu dans la fébrilité, c’est le moins qu’on puisse dire, et le départ avec la gorge bien nouée. Au-delà de ces émotions toutes personnelles, et tout à fait objectivement (si, si, je vais y arriver !) cette cité est fabuleuse par les monuments qu’elle recèle. Mais c’est une ville, avec ses grandes rues, sa circulation (ce n’est pas Paris non plus !). Cette fois, la vieille ville est vraiment très réduite et le moderne l’emporte sur l’ancien, le soviétique sur l'arabe. Et pourtant, les monuments atteignent ici un paroxysme de finesse, je pense surtout à l’époustouflante nécropole Chah i Zinda. Le marché est très animé, très authentique, très sympa. Nous y passerons des heures et des heures, à manger les fruits offerts, à photographier les gamins qui le réclament, à faire des portraits qui ont un peu de mal à être naturels tellement ils se font un devoir, un honneur de poser, à discuter à droite à gauche (oh, ça ne va pas bien loin, mais que c’est sympa !). C’est aussi ici que nous ferons notre plus belle rencontre avec un jeune, Akmal, étudiant en français qui, nous voyant en pleine méditation sous un porche du Reghistan a osé s’approcher (pourtant, qu’il hésitait ! Le pauvre, s’il comptait sur moi pour faire le premier pas, c’était mal connaître mon côté sauvage). Il parlait très bien français et la discussion a été agréable, ouverte et intéressante (et désintéressée). Sans se donner rendez-vous (pas notre truc à nous, les lecteurs de mes carnets le savent, on est des vrais ours) on s’est retrouvés plusieurs fois et les échanges furent spontanés, amicaux et enrichissants à chaque fois. Enfin, nous pouvions parler d’autre chose que du talent de Zidane. Religion, vie courante, mariage, école … bien des sujets abordés sans retenue ni tabou. Le premier soir, sur le Reghistan, nous le retrouvons. Nous étions alors un peu dépités de n’y voir aucune illumination (bon, je n’attendais pas non plus les scintillements de la Tour Eiffel, mais enfin quand même). Bref, rien … Akmal nous conseille d’aller à Gour Emir. Quel bon conseil ! Tous les soirs, ce fut notre promenade digestive. Eclairage un peu à la Disney, mais quelle magie ! Seuls, allongés à plat dos dans la cour, la tête soutenue exactement comme il faut par un petit rebord pile poil au bon endroit, on restait des heures (non, là j’exagère un peu) à admirer le dôme cannelé de Gour Emir, tout illuminé (en bleu bien sûr) se détacher sur le ciel noir piqué d’étoiles. Magique, merci Akmal.
En 3 jours pleins, nous avons fait toutes nos visites à pied hormis l’observatoire d’Ouloug Beg et le musée Afrosyob.
Nos avis sur quelques endroits :
Le Reghistan 3 500/p – Billet valable une journée. Il faut du temps. On a vu des groupes faire cette visite en 2 heures. A mon sens, c’est une aberration. Il faut s’imprégner, laisser agir, décanter, maturer, imprimer. Nous y avons passé 3 demi-journées. Nous avons d’ailleurs réussi à ne pas payer la première car on ne voulait pas rentrer dans les médersas mais juste profiter de la place et se poser sous les portiques. La guichetière nous a crus (à juste titre, nous étions parfaitement honnêtes et avons respecté notre engagement). 2 autres visites nous ont paru nécessaires pour bien profiter. Les 3 médersas sont envahies par des boutiques d’artisanat, comme à Angkor ou à Bagan. C’est à la fois un peu invasif, moi j’ai toujours un peu de mal, mais d’un autre côté, ça redonne de la vie à ces édifices qui ne devaient pas en manquer à l’époque de leur activité. Alors, ma foi ….. Par contre, ce qui est idiot, c’est que si vous voulez aller acheter un truc qui vous a plu la veille, il faut payer pour y aller …. Pensez-y … On n’est pas monté en haut du minaret.
Le Gour Emir 2 400/p + supplément 2 000/p pour descendre dans la crypte L’intérieur du mausolée est richement décoré et vaut la visite. La cryte est jolie et émouvante, c’est là que repose ce coupeur de têtes qu’était Tamerlan devenu maintenant la grande figure de l’unité nationale ouzbek, mais bon … on peut faire l’impasse (de la crypte). C’est assez petit, 2 heures peuvent largement suffire. Ne ratez pas les éclairages de nuit. C’est kitsch mais sympa.
La Nécropole Chah-i-Zinda 2 400/p La cerise sur le gâteau ! Je ne veux pas en dire plus, c’est merveilleux.
Bibi Khanoum Par contre, on n’a pas trop aimé la mosquée de Bibi Khanoum (2 400/p) et son mausolée (1 150/p) La mosquée est en fort mauvais état quant au mausolée, il n’y a strictement rien à y voir (limite arnaque). L’extérieur suffit dans les 2 cas …
Le marché A côté de Bibi Khanoum, juste avant Chah-I-Zinda. Les fruits sont bons, les gens souriants et avenants, les photos faciles. Incontournable. Attention, une fois à l’intérieur du marché, on a eu du mal à trouver de l’eau …
L’observatoire d’Ouloug Beg 2 400/p Les plus préssés passeront leur chemin. C’est bien cher pour les vestiges du sextant d’Ouloug Beg et un petit musée. Pour y aller, on a pris un marshrout au Nord du marché. En fait, le 45 indiqué par le LP ne circulait pas (route fermée), on a demandé "Ouloug Beg", et on s’est retrouvé dans le marshrout n°100 et 10 minutes plus tard à pied d’œuvre.
Le musée Afrosyob 2 400/p Bôf, bôf …que pour les passionnés, et encore … Seules les fresques sont intéressantes mais bien dégradées … La route principale y menant était coupée à la circulation, aucun marshrout n’y allait. L’un d’eux moyennant un petit supplément a fait un détour pour nous y déposer. Nous sommes redescendus au marché à pied. 1km : à droite en sortant, on passe devant la grande mosquée moderne genre grosse pâtisserie. Le marché est en contre bas.
4 – Tashkent (0, 5 jour)
On a suivi les conseils avisés des VFistes. On a consacré le minimum de ce qu’on pouvait à Tashkent. On a même hésité à rejoindre l’aéroport directement de Samarcande. Un peu risqué quand même … allez, on ne joue pas … De fait, c’est une capitale. Des avenues énormes, des bâtiments soviétiques écrasants et ridicules de mégalomanie, et des femmes ici plus voilées qu’ailleurs … Cela dit, cela dit … l’après midi qu’on y a passée n’était pas désagréable du tout. D’abord, il faut prendre le métro (160 soms le jeton). C’est propre, sûr, et les stations sont … soviétiques. Ca vaut le détour, vraiment. C’est beau dans la démesure. Marché Chorsu, médersa en activité qu’on peut visiter, opéra (on a voulu suivre les conseils de bertrand31 mais on a raté la séance de 30 minutes. Ca commençait à 19h avec un programme différent tous les jours. Vu ce qu’on entendait de dehors ce jour-là, je ne suis pas sûre de le regretter 😏) et restaurant Caravan. C’était sympa, court et suffisant à notre goût.
MARCHES :
Celui de Samarcande est mon préféré.
DIVERS :
L’accueil : qu’ils sont agréables, souriants et chaleureux ! De belles rencontres pendant ce voyage. Facile. Ils s’approchent et vous demandent en anglais ou en français la permission, oui oui, la permission, de discuter avec vous. Avec plaisir ! C’est sincère et désintéressé, ça ne se termine pas par "viens voir ma boutique à côté". Des gamins aussi qui cherchent à reconnaître les photos du guide sur l’Ouzbékistan, le frère d’un marié qui louait son costume au marché de Boukhara (on sait tout sur les mariages maintenant), et puis Akmal, ce jeune étudiant en français qui, je l’espère, aura retenu le seul mot que je lui ai appris : boussole. Comment ça, pas très utile pour la conversation courante ?.... Bref, pas de doute, ils sont plus liants que les Islandais 😉 … La police : très présente mais nous n’avons jamais eu affaire avec elle. On n’a pas fait les malins non plus … Logistique : cybercafés à Boukhara et Samarcande. Je ne me souviens pas en avoir vu à Khiva. Débit affreusement lent. La carte bancaire : pas utilisée une seule fois. Le climat : si on devait refaire ce voyage, on partirait plus tôt, c’est sûr. Il a fait vraiment très chaud. 35° 40° … Par contre, l’air est très sec, du coup c’est beaucoup plus supportable que la chaleur humide du Cambodge par exemple. On boit beaucoup (pas de panique, les toilettes sont inutiles), on transpire beaucoup, ça sèche aussitôt, on n’est pas trempé … Tout pull est totalement superflu (merci Maxicool !). Même les nuits sont chaudes. Premier voyage de notre vie de voyageurs où on dort avec l’AC et où on fait la sieste. La chaleur nous épuisait. Inutile également de prévoir beaucoup de vêtements de rechange, c’est tellement sec que tout sèche très vite. Ca permet de voyager léger. Longue journée : il faisait jour vers 5h et nuit vers 21h. L’affluence touristique : beaucoup de groupes (de Français notamment) qui ne nous ont jamais gênés car on n’a pas le même rythme. Peu de touristes individuels. Tellement peu, qu’on finit par se reconnaître (car là par contre, généralement on se croise plusieurs fois lors du voyage ….) et engager la conversation. Les Français rencontrés (salut Hélène et Olivier 😉) connaissaient VF et avaient eux aussi imprimé le carnet de Maxicool. L’itinéraire : affaire de goût … si vous avez eu la patience de tout lire, vous aurez compris que 2 semaines pour ces seules 3 villes, c’est bien … Nous, ce rythme lent nous a plu. N’oubliez pas, à cette époque, il fait chaud. Les photos : encore un pays où il fait bon aimer faire des portraits. Ils s’y prêtent, voire les réclament. Bien sûr, ils attendent en retour qu’on leur montre le résultat sur l’appareil. Que ceux qui sont encore en argentique soient prêts à gérer leur frustration ! Comme d’habitude, je n’ai jamais payé mes photos, il n’en a d’ailleurs jamais été question. N’hésitez pas : demandez. C’est la première demande qui coûte. Quand vous verrez comme ils sont heureux et flattés d’être photographiés, vous n’arrêterez plus. Pour des photos plus naturelles, j’ai fini par ne plus demander. Je leur montrais le résultat, ils m’ont toujours reçue avec un grand sourire. Certains vous demanderont de la leur envoyer en griffonnant leur adresse sur un morceau de papier ou en donnant une adresse internet et là ça devient vraiment plus facile. L’air est pur et sec, les couleurs claquent et les ciels sont bleus. Attention néanmoins à la surexposition sur les tuiles vernissées des dômes. On n’y pense pas forcément …. Evidemment, lumières divines en fin d’après midi. Prises électriques : compatibles. Ne vous encombrez pas d’un adaptateur. Merci VF ! L'artisanat : bôf … là encore affaire de goût. On n’aime pas du tout leurs broderies (les suzannee), ça limite les achats. Par contre, on a trouvé de très jolies miniatures sur papier de mûrier (ce qu’ils appellent par extension le papier soie et parfois par abus surprenant papyrus). Qualité très très variable d’un artiste à un autre. Attention, négociation de rigueur ; le prix d’annonce est exagérément haut et quand on a l’habitude des prix d’Inde ou de l’Asie du SE, ça perturbe. On peut diviser facilement par 3, par 4 ou par 5. Marchandage agréable et sans agressivité. Pensez au marché si vous voulez acheter des objets usuels (les calots, les tampons à pain …). J’ai payé 1 000 soms un tampon à pain au marché de Boukhara, vendu 8$ dans une échoppe … Vraiment, ils flambent.
On a beaucoup aimé : 🙂 Evidemment, ces 3 perles bleues sur fond bleu. La vraie découverte, le vrai coup de cœur c’est la nécropole Chah-i-Zinda à Samarcande L’accueil, la gentillesse, les sourires et les portraits faciles Les fruits et les crudités La pureté de l’atmosphère Les échoppes qui donnent de la vie aux médersas
On a moins aimé : 😕 Les "first price" prohibitifs de tout l’artisanat. Même plus envie de marchander parfois … La nourriture assez grasse en général La trop grosse chaleur à cette époque (mais ça, c’est de notre faute) Les échoppes qui dénaturent les médersas
En conclusion … C’est un voyage culturel et un voyage de rencontres. Il faut s’attendre à manquer de ces petits moments festifs que j’appelle "les vacances au sein du voyage" (hôtels et restaurants sans charme, nourriture … qui nourrit, pas d’artisanat à faire péter les valises …). Pas de petits plaisirs, non, mais de grands moments de bonheur dans la contemplation émerveillée des monuments et lors des discussions franches et ouvertes avec les Ouzbeks. Samarcande n’est plus un rêve, l’Ouzbékistan est devenu un merveilleux souvenir … tout bleu ….
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
On a vraiment pris notre temps. Principe de base de nos voyages : en voir moins, mais le voir bien. En cela, cet itinéraire n’a rien d’un modèle, c’est juste un témoignage. On s’est concentrés uniquement sur les 3 grandes cités. Et on n’a pas été jusqu’à Noukous, ni à Chakhrisabz, ni dans la vallée du Ferghana … On a fait nos choix qui étaient d’imprimer à fond nos émotions, choix définis à partir des guides et surtout des nombreux posts de VF, en particulier l’excellent carnet de Maxicool. Ces 2 semaines nous ont permis de voir et de revoir certains monuments, sous différentes lumières, et surtout de laisser notre œil s’habituer à cette architecture pour d’abord la comprendre, ensuite l’apprécier et finir envoûtés. Nous avons quitté chaque ville avec le sentiment d’en avoir fait le tour, en lui ayant consacré le temps qu’elle méritait. Avec nostalgie mais sans regret.
Ven 16 Juin - Vols Uzbekistan Airways Paris/Tashkent Sam - Vol Tashkent/Urgench – 3 nuits à Khiva Dim - Khiva Lun - Khiva Mar -Transfert vers Boukhara – 5 nuits à Boukhara Mer - Boukhara Jeu- Boukhara Ven - Boukhara Sam - Boukhara Dim - Transfert vers Samarcande – 4 nuits à Samarcande Lun - Samarcande Mar - Samarcande Mer - Samarcande Jeu - Transfert vers Tashkent – 1 nuit à Tashkent Ven 30 Juin - Vol Tashkent/Paris
BUDGET :
Le soum, sum, som (CYM en cyrillique) 1 € = 1 550 soms. Cours officiel dans tous les bureaux de change (notamment à l’aéroport) 1 $ = 1 220 soms. 1 $ = 0, 8 € Pour connaître le cours actuel du som, cliquer ici.
Visa : suffisamment cher pour que j’en parle ici. 70 € par personne pour un visa de 15 jours avec 1 seule entrée. Dépôt du dossier (formulaire avec photo, passeport et un chèque) à l’ambassade, récupération 1 semaine plus tard. Joignez l’utile à l’agréable : l’ambassade est située à côté de la maison du whisky 😛. Pour télécharger le formulaire depuis le site de l’ambassade, cliquer ici. Aucune difficulté rencontrée.
Vols réguliers Uzbekistan Airways : 622 € (international) + 49 € (national) par personne = 1 342 € au total pour nous 2.
Sur place (pour nous 2) : 520 € soit 40 € / jour pour nous 2 (hors achat souvenirs) Nous n’avons utilisé ni carte bancaire, ni travellers cheques, ni $. Que des €, changés principalement à l’aéroport à l’arrivée puis quelques compléments à Samarcande. Nécessité d’avoir des coupures en très bon état. La moindre encoche d’un ½ millimètre suffit à ce qu’ils vous soient refusés. Attention au bureau de change à l’intérieur de la médersa Tilia Kari à Samarcande, recomptez bien vos billets ... 100 € changés au noir à 1500 soms par un vendeur de souvenirs sur le Reghistan de Samarcande. Pour le coup, il ne manquait pas un seul billet. Et après avoir recompté et l’avoir chaleureusement remercié (car il nous évitait ainsi de courir dans toute la ville), je partais d’un pas tranquille sans lui avoir donné mes 100 €. Il me les a réclamés gentiment, sans s’énerver … euh … j’étais un peu gênée
…. Lui, riait ! Cool !
Répartition des dépenses :
270 € d’hôtels
150 € de nourriture, boissons et petits transports …
50 € de transferts en taxis collectifs
50 € environ d’entrées de sitesEn aucun cas, ce budget n’est une référence ; c’est un témoignage parmi d’autres, à prendre comme tel. Nous avons choisi des hôtels simples mais confortables (AC, sdb), des transferts en taxi collectifs (plus chers que le bus) et ne nous sommes jamais privés d’une bière le soir … Vous pourrez sans difficulté faire ce même voyage avec un budget bien plus serré … ou bien plus large.
GUIDES :
Lonely Planet Asie Centrale - version française 1è édition – Novembre 2004 – découpé pour n’emporter que la petite partie sur l’Ouzbékistan (une erreur, il a fini en pages volantes !) … Les prix ont beaucoup augmenté en 2 ans. Les plans sont approximatifs. Guide Olizane – Complément indispensable du LP pour l’aspect culturel - Très bien fait, très détaillé – Pas mal d’infos pratiques aussi. Et puis bien sûr, les nombreux posts de VF, en particulier l’incontournable carnet de Maxicool bourré d’informations très précises (cliquer ici).
TRANSPORTS :
1 - Vols
Vols internationaux - Seul Uzbekistan Airways propose des vols directs. 3 par semaine (mardi, jeudi et vendredi) - Achetés sur internet via Go Voyage mi mai ; billets récupérés à leur agence. 616 € l’A/R (+ 12 € de frais de dossier). Horaires de vol confortables : départ à 21h30, arrivée à 7h00 ce qui nous a permis d’enchaîner facilement avec le vol intérieur. Et au retour, départ à 15h45, arrivée à Paris à 20h00. Avion au 2/3 vide, à l’aller comme au retour. Boeing 767, prestations de qualité. Rien à redire. Pendant le vol de Paris, les hôtesses nous ont remis un formulaire d’immigration en anglais. A l’arrivée, il faut en remplir un second, identique, mais tout en russe (il suffit de recopier dans les bonnes cases). Les douaniers vont en conserver un et vous rendre l’autre. Conservez-le bien. Il faudra leur remettre, pour repartir, accompagné de 2 nouveaux formulaires en russe (toujours les mêmes). Plusieurs bureaux de change dans l’aéroport. On peut reconfirmer le vol international de retour dans un bureau à l’extrême droite de l’étage des départs internationaux. Nous l’avons fait dès notre arrivée (nous avions quelques heures à perdre en attendant notre vol pour Urgench et ce n’est pas les boutiques qui nous ont beaucoup occupés !) Pas de taxe d’aéroport. Vous pouvez arriver à l’aéroport sans plus aucun som.Vols intérieurs - Achetés directement auprès d’Uzbekistan Airways - 4, passage Saint Roch – Paris 1er – Tel 01 42 96 10 10 – 49 € /p tout inclus. Suzanna n’est pas particulièrement chaleureuse …. Dommage. Départ de Tashkent à 12h30, arrivée à Urgench à 15h00. Ca secoue moins que je le craignais … L’aéroport des vols domestiques se situe à 100 mètres de l’international : prenez à droite en sortant et passez les grilles. Vous y êtes. Aucune indication. Pas de panique, ce n’est pas Singapour !… c’est minuscule. C’est la lecture des posts sur VF qui nous a incités à quitter Tashkent le plus vite possible. On ne regrette pas.2 - Transfert entre les grandes villes
Par confort et parce qu’il faisait très chaud, nous avons choisi la solution taxi collectif (vous demandez "Nexia", ils comprennent). Il s’agit de bonnes voitures (des Nexia donc généralement) qui chargent 4 personnes. On partage la course. Pas de clim, fenêtres grandes ouvertes … Les routes sont bonnes, ils roulent vite. Nombreux radars et autres contrôles de police. En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais été contrôlés. Fait du hasard, nous avons toujours voyagé avec le même couple de touristes anglais qu’on recroisait la veille de nos départs.
Khiva/Boukhara : 15 000 soms X 4 1 – prendre un marshrout à la porte Nord de Khiva pour aller jusqu’à Ourgench (25km) : 500 soms. Ils partent quand ils sont pleins. A 8h00, nous n’avons pas attendu 2 – au terminus, sur la même route, arrêter le marshrout n° 19 pour aller jusqu’à la station de taxi collectif (200 soms pour qq minutes). Gare routière à gauche, Nexias à droite. 3 – compléter une Nexia (ou attendre) pour quitter Ourgench. Expliquez bien que vous voulez partager sinon, vous risquez de partir à 2 … et de payer à 2 … 5 heures de route en plein désert, il fait très chaud. Une pause d’1/2 h. Déposés sur la Lyabi Haus, à 2 pas du Fatima B&B.
Boukhara/Samarcande : 10 000 soms X 4 Organisé par Fatima pour nous 4 le matin même. Porte à porte. Il nous a emmenés au B&B Timur the Great (complet) puis au Zarina. Sans pb. 3h30 de route
Samarcande/Tashkent : 12 000 soms X 4 Trouvé la veille sur le Reghistan. Porte à porte également. 3h30 de route
Ce n’est pas la solution la plus économique, par rapport aux bus, c’est beaucoup plus cher mais ça reste encore abordable, c’est vraiment plus rapide et c’est pratique puisqu’ils nous ont toujours déposés à 2 pas de l’hôtel de notre choix, ce qui ne plombait pas pour autant notre négociation de prix de la chambre (vérifié après coup avec d’autres clients de l’hôtel). Par contre, c’est moins local. Moi qui adore les transports locaux, c’est très frustrant.
3 - A l'intérieur des villes Aéroport d’Ourgench/Khiva (25km) : 6 000 soms pour nous 2 en taxi Marshrout (petit minibus) en ville : 100 à 300 soms/p Demandez le prix plutôt à un client qu’au chauffeur. "Nitcha som ?". Ils nous ont toujours compris. Métro dans Tashkent : 160 soms le jeton. Ne ratez pas cette expérience, les stations sont magnifiques quoiqu’un peu … soviétiques. Hôtel Orzu / Aéroport de Tashkent (3 km) : 1 000 soms pour nous 2 en taxi
HEBERGEMENT :
Nous avons choisi nos hôtels dans la catégorie moyenne (ref LP). Les prix indiqués sont pour la chambre (toujours après petite négociation) avec le petit déjeuner. Aucun de ces hôtels n’avait vraiment de charme …Confort simple, sdb privée, AC (indispensable à cette époque, pour la première fois de notre vie de voyageurs, nous dormions avec l’AC en marche). A propos des petits papiers pour l’OVIR : nous n’avons eu aucun contrôle. A Boukhara, Fatima a même oublié de me le donner … Dans cette catégorie, les prix sont indiqués et négociés en $. Par contre, sauf pour le Fatima B&B, j’ai toujours payé en soms (1 $ = 1 220 soms).
Khiva : hôtel Zafarbek(20 $ (30 au départ) - 24 400 soms) Chambres réparties sur 2 étages autour d’une cour. Spacieuse mais vétuste. Juste propre. Filet d’eau à la sdb.
Boukhara : Fatima B&B (25 $ (30 au départ) - 20 € - seul hôtel où j’ai payé mes 5 nuits directement en €. Fatima a vérifié attentivement que les 2 billets de 50 étaient parfaitement intacts.) Notre préféré sans pour autant être un coup de cœur. Sdb toute neuve, très propre, bonne literie. Là encore, filet d’eau, voire rien du tout pendant parfois de longues heures (il suffit alors d’aller leur réclamer la mise en route du moteur). Petit déjeuner extraordinaire ! Là, un vrai coup de cœur. Excellent dîner maison sur demande (3 500 soms) - Accueil très chaleureux – Une jeune fille (la fille de Fatima ?) y parle très bien français.
Samarcande : hôtel Zarina (30 $ (40 au départ) - 36 600 soms) Chambre spacieuse, confortable, claire et propre. Beaucoup d’eau cette fois mais chaude en permanence. Petit frigo pratique dans la chambre. Petit dej buffet très agréable. Piscine minuscule et un peu trop en vue à notre goût mais certains ont semblé l’apprécier. Accueil pas très chaleureux. Très bien situé entre Reghistan et Gour Emir.
Tashkent : hôtel Orzu (30 $ (45 au départ) - 36 600 soms) 🙁 L’erreur ! Glauque, literie épouvantable. Pour le même prix (on est allé voir), préférez-lui le Grand hôtel Orzu, très mignon. Oui, je sais, après relecture des posts de VF, c’est bien lui, le Grand, qui était conseillé. Bon, on s’est planté 😕 et pour une nuit, on a laissé couler. Cela dit cette fois, nous avions de l’eau en quantité, chaude et froide. Petit déjeuner dégueu, dans une salle couloir horrible. Fuyez !
REPAS :
La nourriture n’est pas ce que l’Ouzbékistan a de mieux à offrir … D’abord, on retrouve toujours les mêmes choses, ensuite c’est assez gras, enfin il est parfois difficile de trouver des légumes cuits. Néanmoins, on ne meurt pas de faim non plus ! Nous avons commencé par le traditionnel plov (plat de riz agrémenté de carottes, pois chiches, raisins et quelques petits morceaux de viande), les chachliks (brochettes) et l’habituelle salade tomates/concombre/oignons. Ca nourrit.
Plusieurs fois, nous nous sommes contentés de fruits achetés au marché en guise de repas de midi. A cette époque, grand choix : cerises, abricots (à la peau lisse), pêches, raisin (absolument extraordinaire !), fraises, poires, pommes, melons, pastèques. La pastèque est une véritable institution. Elle nourrit tout en désaltérant. Ces repas de fruits, assis sous le portique d’une médersa furent de vrais moments de bonheur !
Le matin au petit déjeuner, goûtez les laitages. Ils sont très bons. Attention toutefois aux abus ; entre les laitages, les crudités, les jus de fruits maison (goûtez la cerise) … on n’a pas échappé tous les 2 à une bonne tourista …. Comme d’hab, imodium, ercefuryl et coca ont réglé le problème en peu de temps.
Quelques prix : Bouteille d’eau 1, 5l non gazeuse (attention, on trouve presque plus facilement de l’eau gazeuse que non gazeuse. Vérifiez bien avant d’ouvrir) : 400 en supermarché, 500 dans la rue, 600 ou 700 sur les sites. Le budget eau n’est pas totalement négligeable. Nous buvions au moins 5 bouteilles à nous 2 par 24h (on boit aussi la nuit !) 5 X 13 jours X 500 soms = 32 500 soms soit 20 € ... Coca cola 25cl : 300 à 500 – 1 000 au Farruh à Khiva ! Bière 50 cl : Baltika (russe) 3 000 soms, pression ouzbek 1 000 soms. La Baltika est bien meilleure… Glace : 300 à 500 soms (il y a partout des vendeurs de glaces et sorbets). On n’a goûté que les glaces, pas les sorbets.. Chachlik : 800 soms au Labi Gor de Samarcande 1 repas : entre 2 000 et 4 500 soms (pain, salade, chachliks, fruits, boisson)
Pas de coup de cœur ni de grands souvenirs en terme de restaurants.
A Khiva : Le Farruh : très agréable mais très cher (bouteille 25 cl de coca à 1000 soms !) La Bir Gumbaz chaïkhana : quelques tables sur une petite place face au minaret court. Bon et prix raisonnables (8 500 soms pour 2 brochettes, 1 samsa, 2 salades, 1 bière Baltika, 1 bouteille d’eau) Jamais trouvé le restau conseillé par Maxicool à la sortie Nord. On a reconnu le jardin, les jets d’eau, mais tout semblait tristement fermé ... Un peu étonnamment, on a trouvé le pain à Khiva bien moins bon qu’ailleurs (en fait, il était toujours rassis …)
A Boukhara : Repas chez Fatima excellent (menu maison), copieux et très goûteux qui se termine par une énorme assiette de fruits frais divins. 3 500 soms le repas complet. Les petits restau sur la Lyabi Haus ne sont pas tous de qualité égale.
A Samarcande : On a fait du Labi Gor notre cantine. La cuisine est faite dans la rue (brochettes, soupe, manty, plov …). C’est facile : on choisit en montrant ce qu’on veut. On a trouvé ici le moyen de goûter une cuisine plus variée et très bonne. La soupe ouzbek (sorte de pot au feu cuit dans un petit pot en terre), les poivrons ou les choux farcis, les chachliks, le pain parfumé et moelleux, tout ici est délicieux. Bière pression locale, un peu forte à mon goût. Environ 3 500 soms le repas.
A Tashkent : 2 repas pris au Caravan (à 2 pas du Grand hôtel Orzu, c’est comme ça qu’on a compris notre erreur). Restaurant décoré avec soin et goût, grande carte originale (les goûts sont adaptés à nos palais) c’est beaucoup plus cher que partout ailleurs, mais ça vaut le coup. Le thé glacé maison (avec de la menthe et des fruits rouges) est un délice. Comptez au moins 12 000 soms à 2 (ah oui, on change de registre). Très fréquenté par les Ouzbeks aisés de Tashkent.
SITES CULTURELS :
Vous l’avez compris … hébergement et nourriture ne sont pas des grands moments de fête. Par contre, les sites sont fabuleux ! Nous voila bien payés de nos efforts … Encore faut-il aimer les vieux bâtiments, l’art arabe, les mosaïques et ne pas avoir une aversion pour le bleu ! Khiva, Boukhara et Samarcande sont très différentes. Les monuments y sont de plus en plus grandioses, les mosaïques de plus en plus fines. On passe de la brique vernissée et céramique peinte de Khiva à la mosaïque de Boukhara pour finir en apothéose avec la mosaïque ajourée et les dômes cannelés de Samarcande. Par contre, l’ambiance est de plus en plus urbaine. D’une magnifique petite bourgade aux ruelles pavées, totalement préservée, à Khiva, on passe à une petite ville à Boukhara dont certaines rues sont asphaltées mais avec encore une grande partie de ruelles, pour finir dans une ville moderne à Samarcande. Ainsi on perd en ambiance ce qu’on gagne en finesse dans les édifices. 3 villes très différentes qui n’apportent pas la même chose. Même après 2 semaines, nous n’étions pas lassés (mais vous savez à quel point on aime les vieilles pierres 😛….). Par choix, on a même éliminé Chakhrisabz pour profiter encore et encore de Samarcande. C’est dire …
Un regret : les monuments ferment leurs portes tôt, vers 18 ou 19h, bien avant le coucher du soleil. Dommage qu’on ne puisse pas visiter quand enfin la température est plus douce … Non, ils n’ouvrent pas non plus très tôt …
Le budget visite finit par chiffrer … Il y a tellement à voir … près de 50 € pour nous 2. Les billets sont généralement valables pour une journée. Ainsi est-il toujours possible de sortir pour manger ou se reposer et revenir plus tard.
1 – Khiva (2 jours pleins)
Notre ville préférée, toute petite, enfermée dans des murailles crénelées épaisses, totalement préservée, tout en brique. Un mélange de sobriété voire d’austérité, et d’exubérance. C’est la ville aux nœuds papillon, ces petites briques vernissées bleues ou vertes, incrustées dans les murs bruns des palais, des mosquées, des médersas. Magnifique. On y flânerait des heures et des heures s’il n’y faisait pas si chaud … Perdez-vous dans cette petite ville, c’est le meilleur moyen d’en profiter.
Pass à 7 000 soms/p + 2 500 de droit photo. Ce qui n’empêche pas quelques suppléments … A acheter à la porte Ouest.
Nos avis sur quelques endroits (c’est loin d’être exhaustif) :
La mosquée du vendredi A ne pas rater, tellement sobre avec sa forêt de piliers en bois sculpté.
Kukhna Ark Même s’il faut rajouter 1 500 soms de supplément, je vous conseille la vue depuis la terrasse du Kukhna Ark. Nous y sommes montés vers 11h, la lumière n’était pas bonne. Nous sommes revenus vers 17h, nettement plus beau. Vraiment une jolie vue qui embrasse bien cette petite bourgade moyenâgeuse.
Le coin du minaret court On y rencontrera d’ailleurs, dès notre premier soir à Khiva, 3 compères aux yeux rougis par autre chose que la fatigue … Ils nous appellent, nous invitent à leur table, nous prennent en photo, et finissent par nous offrir le fameux verre de l’amitié entre les peuples, sorte de vodka coupée d’eau, vraiment pas forte qu’on boira avec plaisir. On réussit à s’en tenir là, le 2ème verre ayant été servi dès notre verre vide reposé. Pendant 10 minutes, ils essaieront en vain de nous faire comprendre … je ne sais pas quoi. Le fait qu’ils ne parlaient qu’ouzbek n’était pas la seule raison au fait qu’on ne les comprenait pas. Ils avaient pris beaucoup d’avance … Bref, des sourires, des accolades, des photos, des gestes amicaux, tout ça, c’est du langage international et la rencontre, si elle fut un peu stérile, fut bien agréable et donnait le ton de ce voyage. Hips 🤪 …. Belles lumières le soir (avec ou sans vodka).
Le palais Isfandiyar Hors forfait : 1 000/p En dehors de la vieille ville. Palais vide, mais pas cher … Seulement si vous êtes épris d’exhaustivité …
2 – Boukhara (4, 5 jours)
Arrivés vers 14h30, nous commençons par une bonne douche, enfin, disons une douche … trop peu de pression pour qu’elle soit vraiment bonne. Qu’importe, nous voila propres. Nous décidons de partir flâner dans les ruelles si vantées de Boukhara. On part vers le Sud, le plan dans une main, la boussole dans l’autre. Très vite, on range les 2 …. A la différence de Khiva, Boukhara n’est pas à proprement parler jolie, mais plus vivante, plus authentique, moins ville-musée. Elle perd en charme ce qu’elle gagne en activité. Signe de cette activité : les tuyaux (eau, gaz ?) qui défigurent les façades, les tas de gravats qui encombrent tous les coins de rues, le sol défoncé de la moindre ruelle … Dès lors, le charme n’opère pas comme à Khiva. En tous cas, pas immédiatement … Au fur et à mesure de nos pérégrinations, on a trouvé ce qu’elle avait d’attachant : des monuments qui se cachent et s’offrent moins facilement qu’à Khiva, des petits bijoux coincés, englués dans des rues délabrées, une ambiance animée, vivante. Voila pourquoi, même si nous avons été déçus �� notre arrivée, nous sommes restés 1 journée de plus que prévu initialement. Comme toujours : laisser du temps au temps, laisser l’œil s’habituer et dans ce cas précis, laisser l’esprit oublier ce qu’il attendait pour profiter de ce qu’on lui offre. Boukhara n’est pas Khiva, elle se fait désirer, elle se mérite. Laissez-vous porter.
Nos avis sur quelques endroits :
Le minaret et la mosquée Kalon, la médersa Miri-Arab 1 000/p + 1 000/APN 3 000/p de supplément pour grimper dans le minaret Prenez du temps, venez la revoir à différentes heures de la journée. Je vous conseille la grimpette dans le minaret. On arrive d’abord sur le toit de la mosquée, bosselé de dizaines de petits dômes (qu’on n’imagine pas d’en bas). Dirigez-vous à l’opposé, vers le grand dôme beige et bleu. Vous aurez la surprise de voir qu’on peut y grimper. C’est magique d’être tout au bord de ce dôme majestueux. De là on embrasse toute la cour de la mosquée. L’ascension du minaret apporte une jolie vue sur la médersa Miri-Arab en face. On peut également accéder aux 2 petites niches au dessus du portail de la mosquée et avoir une vue frontale sur la médersa, à quelques mètres de hauteur, ce qui pour les photos fait parfois la différence … La médersa est en activité et ne se visite pas.
L’Ark 3 600/p Autant l’extérieur peut impressionner, autant l’intérieur avec ses quelques musées poussiéreux, n’a aucun intérêt.
La mosquée Bolo Hauz Un petit coup d’œil à son portique en bois peint. Les vieillards à longue barbe blanche qui s’y reposent ne refusent pas les photos. Même 2 jours de suite !
Le mausolée Ismaïl Samani 200/p + 25/p pour l’entrée du parc L’intérieur a assez peu d’intérêt mais cette construction cubique est surprenante. Pas de mosaïques ici. A l’intérieur d’un parc fleuri agréable avec petits manèges. Animation locale très sympa.
Le marché Juste à côté du mausolée. Nous y rencontrons 2 jeunes, dont l’un en train d’essayer un costume et un turban tout en paillettes et strass. J’en ai encore mal aux yeux 😎 ! L’autre jeune nous expliquera dans un parfait anglais que son frère est en train de louer son costume de mariage. Longue discussion sur la coutume du mariage … Moment sympa. Je lui ai envoyé la photo par internet ...
Le tchor minor 400/p pour grimper dans la tour 4 colonnes sur un petit édifice (qui n’est pas une mosquée). Tout petit, tout mignon, perdu dans des ruelles plus jolies qu’au sud de la ville.
Le palais de l’Emir (Sitoraï Makhi Khosa) 3 600/p – On a décliné le droit photo et on n’a pas regretté Pour nous qui avions le temps … Faites l’impasse si vous êtes plus pressé. A défaut d’un marshrout n°70 tous bondés, nous avons pris le bus n° 21 (100 soms/p). On descend juste au moment où il fait demi-tour. Le palais est au fond de l’impasse à droite, 500 mètres. C’est le terminus des marshrout n°70. Pour le retour, c’est donc plus simple …
Le Zindan 1 500/p La prison. Intéressant. D’autant que les sévices infligés ici parce qu’on a dit du mal d’un homme riche ou parce qu’on n’a pas respecté le ramadan ne datent pas de si longtemps …
3 – Samarcande(3, 5 jours)
Vous avez lu mon introduction. L’arrivée à Samarcande a eu lieu dans la fébrilité, c’est le moins qu’on puisse dire, et le départ avec la gorge bien nouée. Au-delà de ces émotions toutes personnelles, et tout à fait objectivement (si, si, je vais y arriver !) cette cité est fabuleuse par les monuments qu’elle recèle. Mais c’est une ville, avec ses grandes rues, sa circulation (ce n’est pas Paris non plus !). Cette fois, la vieille ville est vraiment très réduite et le moderne l’emporte sur l’ancien, le soviétique sur l'arabe. Et pourtant, les monuments atteignent ici un paroxysme de finesse, je pense surtout à l’époustouflante nécropole Chah i Zinda. Le marché est très animé, très authentique, très sympa. Nous y passerons des heures et des heures, à manger les fruits offerts, à photographier les gamins qui le réclament, à faire des portraits qui ont un peu de mal à être naturels tellement ils se font un devoir, un honneur de poser, à discuter à droite à gauche (oh, ça ne va pas bien loin, mais que c’est sympa !). C’est aussi ici que nous ferons notre plus belle rencontre avec un jeune, Akmal, étudiant en français qui, nous voyant en pleine méditation sous un porche du Reghistan a osé s’approcher (pourtant, qu’il hésitait ! Le pauvre, s’il comptait sur moi pour faire le premier pas, c’était mal connaître mon côté sauvage). Il parlait très bien français et la discussion a été agréable, ouverte et intéressante (et désintéressée). Sans se donner rendez-vous (pas notre truc à nous, les lecteurs de mes carnets le savent, on est des vrais ours) on s’est retrouvés plusieurs fois et les échanges furent spontanés, amicaux et enrichissants à chaque fois. Enfin, nous pouvions parler d’autre chose que du talent de Zidane. Religion, vie courante, mariage, école … bien des sujets abordés sans retenue ni tabou. Le premier soir, sur le Reghistan, nous le retrouvons. Nous étions alors un peu dépités de n’y voir aucune illumination (bon, je n’attendais pas non plus les scintillements de la Tour Eiffel, mais enfin quand même). Bref, rien … Akmal nous conseille d’aller à Gour Emir. Quel bon conseil ! Tous les soirs, ce fut notre promenade digestive. Eclairage un peu à la Disney, mais quelle magie ! Seuls, allongés à plat dos dans la cour, la tête soutenue exactement comme il faut par un petit rebord pile poil au bon endroit, on restait des heures (non, là j’exagère un peu) à admirer le dôme cannelé de Gour Emir, tout illuminé (en bleu bien sûr) se détacher sur le ciel noir piqué d’étoiles. Magique, merci Akmal.
En 3 jours pleins, nous avons fait toutes nos visites à pied hormis l’observatoire d’Ouloug Beg et le musée Afrosyob.
Nos avis sur quelques endroits :
Le Reghistan 3 500/p – Billet valable une journée. Il faut du temps. On a vu des groupes faire cette visite en 2 heures. A mon sens, c’est une aberration. Il faut s’imprégner, laisser agir, décanter, maturer, imprimer. Nous y avons passé 3 demi-journées. Nous avons d’ailleurs réussi à ne pas payer la première car on ne voulait pas rentrer dans les médersas mais juste profiter de la place et se poser sous les portiques. La guichetière nous a crus (à juste titre, nous étions parfaitement honnêtes et avons respecté notre engagement). 2 autres visites nous ont paru nécessaires pour bien profiter. Les 3 médersas sont envahies par des boutiques d’artisanat, comme à Angkor ou à Bagan. C’est à la fois un peu invasif, moi j’ai toujours un peu de mal, mais d’un autre côté, ça redonne de la vie à ces édifices qui ne devaient pas en manquer à l’époque de leur activité. Alors, ma foi ….. Par contre, ce qui est idiot, c’est que si vous voulez aller acheter un truc qui vous a plu la veille, il faut payer pour y aller …. Pensez-y … On n’est pas monté en haut du minaret.
Le Gour Emir 2 400/p + supplément 2 000/p pour descendre dans la crypte L’intérieur du mausolée est richement décoré et vaut la visite. La cryte est jolie et émouvante, c’est là que repose ce coupeur de têtes qu’était Tamerlan devenu maintenant la grande figure de l’unité nationale ouzbek, mais bon … on peut faire l’impasse (de la crypte). C’est assez petit, 2 heures peuvent largement suffire. Ne ratez pas les éclairages de nuit. C’est kitsch mais sympa.
La Nécropole Chah-i-Zinda 2 400/p La cerise sur le gâteau ! Je ne veux pas en dire plus, c’est merveilleux.
Bibi Khanoum Par contre, on n’a pas trop aimé la mosquée de Bibi Khanoum (2 400/p) et son mausolée (1 150/p) La mosquée est en fort mauvais état quant au mausolée, il n’y a strictement rien à y voir (limite arnaque). L’extérieur suffit dans les 2 cas …
Le marché A côté de Bibi Khanoum, juste avant Chah-I-Zinda. Les fruits sont bons, les gens souriants et avenants, les photos faciles. Incontournable. Attention, une fois à l’intérieur du marché, on a eu du mal à trouver de l’eau …
L’observatoire d’Ouloug Beg 2 400/p Les plus préssés passeront leur chemin. C’est bien cher pour les vestiges du sextant d’Ouloug Beg et un petit musée. Pour y aller, on a pris un marshrout au Nord du marché. En fait, le 45 indiqué par le LP ne circulait pas (route fermée), on a demandé "Ouloug Beg", et on s’est retrouvé dans le marshrout n°100 et 10 minutes plus tard à pied d’œuvre.
Le musée Afrosyob 2 400/p Bôf, bôf …que pour les passionnés, et encore … Seules les fresques sont intéressantes mais bien dégradées … La route principale y menant était coupée à la circulation, aucun marshrout n’y allait. L’un d’eux moyennant un petit supplément a fait un détour pour nous y déposer. Nous sommes redescendus au marché à pied. 1km : à droite en sortant, on passe devant la grande mosquée moderne genre grosse pâtisserie. Le marché est en contre bas.
4 – Tashkent (0, 5 jour)
On a suivi les conseils avisés des VFistes. On a consacré le minimum de ce qu’on pouvait à Tashkent. On a même hésité à rejoindre l’aéroport directement de Samarcande. Un peu risqué quand même … allez, on ne joue pas … De fait, c’est une capitale. Des avenues énormes, des bâtiments soviétiques écrasants et ridicules de mégalomanie, et des femmes ici plus voilées qu’ailleurs … Cela dit, cela dit … l’après midi qu’on y a passée n’était pas désagréable du tout. D’abord, il faut prendre le métro (160 soms le jeton). C’est propre, sûr, et les stations sont … soviétiques. Ca vaut le détour, vraiment. C’est beau dans la démesure. Marché Chorsu, médersa en activité qu’on peut visiter, opéra (on a voulu suivre les conseils de bertrand31 mais on a raté la séance de 30 minutes. Ca commençait à 19h avec un programme différent tous les jours. Vu ce qu’on entendait de dehors ce jour-là, je ne suis pas sûre de le regretter 😏) et restaurant Caravan. C’était sympa, court et suffisant à notre goût.
MARCHES :
Celui de Samarcande est mon préféré.
DIVERS :
L’accueil : qu’ils sont agréables, souriants et chaleureux ! De belles rencontres pendant ce voyage. Facile. Ils s’approchent et vous demandent en anglais ou en français la permission, oui oui, la permission, de discuter avec vous. Avec plaisir ! C’est sincère et désintéressé, ça ne se termine pas par "viens voir ma boutique à côté". Des gamins aussi qui cherchent à reconnaître les photos du guide sur l’Ouzbékistan, le frère d’un marié qui louait son costume au marché de Boukhara (on sait tout sur les mariages maintenant), et puis Akmal, ce jeune étudiant en français qui, je l’espère, aura retenu le seul mot que je lui ai appris : boussole. Comment ça, pas très utile pour la conversation courante ?.... Bref, pas de doute, ils sont plus liants que les Islandais 😉 … La police : très présente mais nous n’avons jamais eu affaire avec elle. On n’a pas fait les malins non plus … Logistique : cybercafés à Boukhara et Samarcande. Je ne me souviens pas en avoir vu à Khiva. Débit affreusement lent. La carte bancaire : pas utilisée une seule fois. Le climat : si on devait refaire ce voyage, on partirait plus tôt, c’est sûr. Il a fait vraiment très chaud. 35° 40° … Par contre, l’air est très sec, du coup c’est beaucoup plus supportable que la chaleur humide du Cambodge par exemple. On boit beaucoup (pas de panique, les toilettes sont inutiles), on transpire beaucoup, ça sèche aussitôt, on n’est pas trempé … Tout pull est totalement superflu (merci Maxicool !). Même les nuits sont chaudes. Premier voyage de notre vie de voyageurs où on dort avec l’AC et où on fait la sieste. La chaleur nous épuisait. Inutile également de prévoir beaucoup de vêtements de rechange, c’est tellement sec que tout sèche très vite. Ca permet de voyager léger. Longue journée : il faisait jour vers 5h et nuit vers 21h. L’affluence touristique : beaucoup de groupes (de Français notamment) qui ne nous ont jamais gênés car on n’a pas le même rythme. Peu de touristes individuels. Tellement peu, qu’on finit par se reconnaître (car là par contre, généralement on se croise plusieurs fois lors du voyage ….) et engager la conversation. Les Français rencontrés (salut Hélène et Olivier 😉) connaissaient VF et avaient eux aussi imprimé le carnet de Maxicool. L’itinéraire : affaire de goût … si vous avez eu la patience de tout lire, vous aurez compris que 2 semaines pour ces seules 3 villes, c’est bien … Nous, ce rythme lent nous a plu. N’oubliez pas, à cette époque, il fait chaud. Les photos : encore un pays où il fait bon aimer faire des portraits. Ils s’y prêtent, voire les réclament. Bien sûr, ils attendent en retour qu’on leur montre le résultat sur l’appareil. Que ceux qui sont encore en argentique soient prêts à gérer leur frustration ! Comme d’habitude, je n’ai jamais payé mes photos, il n’en a d’ailleurs jamais été question. N’hésitez pas : demandez. C’est la première demande qui coûte. Quand vous verrez comme ils sont heureux et flattés d’être photographiés, vous n’arrêterez plus. Pour des photos plus naturelles, j’ai fini par ne plus demander. Je leur montrais le résultat, ils m’ont toujours reçue avec un grand sourire. Certains vous demanderont de la leur envoyer en griffonnant leur adresse sur un morceau de papier ou en donnant une adresse internet et là ça devient vraiment plus facile. L’air est pur et sec, les couleurs claquent et les ciels sont bleus. Attention néanmoins à la surexposition sur les tuiles vernissées des dômes. On n’y pense pas forcément …. Evidemment, lumières divines en fin d’après midi. Prises électriques : compatibles. Ne vous encombrez pas d’un adaptateur. Merci VF ! L'artisanat : bôf … là encore affaire de goût. On n’aime pas du tout leurs broderies (les suzannee), ça limite les achats. Par contre, on a trouvé de très jolies miniatures sur papier de mûrier (ce qu’ils appellent par extension le papier soie et parfois par abus surprenant papyrus). Qualité très très variable d’un artiste à un autre. Attention, négociation de rigueur ; le prix d’annonce est exagérément haut et quand on a l’habitude des prix d’Inde ou de l’Asie du SE, ça perturbe. On peut diviser facilement par 3, par 4 ou par 5. Marchandage agréable et sans agressivité. Pensez au marché si vous voulez acheter des objets usuels (les calots, les tampons à pain …). J’ai payé 1 000 soms un tampon à pain au marché de Boukhara, vendu 8$ dans une échoppe … Vraiment, ils flambent.
On a beaucoup aimé : 🙂 Evidemment, ces 3 perles bleues sur fond bleu. La vraie découverte, le vrai coup de cœur c’est la nécropole Chah-i-Zinda à Samarcande L’accueil, la gentillesse, les sourires et les portraits faciles Les fruits et les crudités La pureté de l’atmosphère Les échoppes qui donnent de la vie aux médersas
On a moins aimé : 😕 Les "first price" prohibitifs de tout l’artisanat. Même plus envie de marchander parfois … La nourriture assez grasse en général La trop grosse chaleur à cette époque (mais ça, c’est de notre faute) Les échoppes qui dénaturent les médersas
En conclusion … C’est un voyage culturel et un voyage de rencontres. Il faut s’attendre à manquer de ces petits moments festifs que j’appelle "les vacances au sein du voyage" (hôtels et restaurants sans charme, nourriture … qui nourrit, pas d’artisanat à faire péter les valises …). Pas de petits plaisirs, non, mais de grands moments de bonheur dans la contemplation émerveillée des monuments et lors des discussions franches et ouvertes avec les Ouzbeks. Samarcande n’est plus un rêve, l’Ouzbékistan est devenu un merveilleux souvenir … tout bleu ….
Apprendre le mandarin English translation pending
re bonjour!
Avant de me rendre en Chine, je voudrais apprendre quelques rudiments de la langue (Mandarin). Je vais donner des cours de Français à des enfants et j'aimerais avoir un bon contact avec eux en "me débrouillant un peu". Il est nécessaire que je comprenne comment fontionne leur langue pour mieux l'adapter à la langue Française que je dois leur apprendre.
Quelqu'un pourrait-il m'indiquer : * un site valable pour cet apprentissage * un logiciel à télécharger pour apprendre la calligraphie
merci d'avance
Avant de me rendre en Chine, je voudrais apprendre quelques rudiments de la langue (Mandarin). Je vais donner des cours de Français à des enfants et j'aimerais avoir un bon contact avec eux en "me débrouillant un peu". Il est nécessaire que je comprenne comment fontionne leur langue pour mieux l'adapter à la langue Française que je dois leur apprendre.
Quelqu'un pourrait-il m'indiquer : * un site valable pour cet apprentissage * un logiciel à télécharger pour apprendre la calligraphie
merci d'avance
Retour de croisière à bord du Coral English translation pending
Bonjour a tous,
Depuis hier je suis de retour d'une belle croisiere Iberique a bord du Coral, personne ne semblait connaitre ce bateau qui bien qu'assez ancien, est tres bien entretenu, les cabines sont spacieuses celle que j'avais devais faire environ 12M2, les salons retros sont confortables, les animations et les spectacles tres attractifs. Je n'ai eu qu'un regret c'est le souper le soir a 21H qui pour moi etait trop tardif, ne pouvant ensuite profiter des distractions et spectacles jusqu'a la fin car le ledemain les excursions debutaient de bonne heure vers 8H. Autrement rapport qualité prix rien a redire, la nourriture y est copieuse et bonne, petit dejeuner (tres copieux et varié, dejeuner, the avec gateaux et sandwiches et souper) le personnel est tres gentil, les annonces sont toutes faites en anglais, francais, allemand, italien, espagnol. Il s'agissait de ma premiere croisiere et je ne suis en rien decue, si bien que je suis a la recherche d'une autre croisiere pour septembre octobre. - Amitiés a tous - desbell83
ps- je tiens egalement a preciser l'ambiance tres conviviale qui régne sur ce bateau.
Depuis hier je suis de retour d'une belle croisiere Iberique a bord du Coral, personne ne semblait connaitre ce bateau qui bien qu'assez ancien, est tres bien entretenu, les cabines sont spacieuses celle que j'avais devais faire environ 12M2, les salons retros sont confortables, les animations et les spectacles tres attractifs. Je n'ai eu qu'un regret c'est le souper le soir a 21H qui pour moi etait trop tardif, ne pouvant ensuite profiter des distractions et spectacles jusqu'a la fin car le ledemain les excursions debutaient de bonne heure vers 8H. Autrement rapport qualité prix rien a redire, la nourriture y est copieuse et bonne, petit dejeuner (tres copieux et varié, dejeuner, the avec gateaux et sandwiches et souper) le personnel est tres gentil, les annonces sont toutes faites en anglais, francais, allemand, italien, espagnol. Il s'agissait de ma premiere croisiere et je ne suis en rien decue, si bien que je suis a la recherche d'une autre croisiere pour septembre octobre. - Amitiés a tous - desbell83
ps- je tiens egalement a preciser l'ambiance tres conviviale qui régne sur ce bateau.
Inde: vos conseils sur itinéraire de 3 semaines au Rajasthan English translation pending
Bonjour,
J'ai concocté un circuit sur lequel j'aimerais avoir vos avis... Forcément lié aux questions de temps de transport et temps et quantité de visites. Merci à vous !
Deedou-- 15 Août Delhi (Arrivée 7h20) NUIT
16 Août Delhi => Agra => Fatehpur Sikri => Delhi Train + Taxi Train NUIT pour Nawalgar
17 Août Nawalgar => Mandawa => Fatehpur (Shekawati) Taxi 1 NUIT
18 Août Shekawati => Deshnoke ( => Bikaner si besoin pause) Taxi 1 NUIT
19 Août (Bikaner) => Jaisalmer Taxi 1 NUIT
20 Août Jaisalmer Taxi si besoin NUIT
21 Août Jaisalmer NUIT
22 Août Jaisalmer Train NUIT pour Jodhpur
23 Août Jodhpur NUIT
24 Août Jodhpur => Ranakpur Taxi 2 NUIT
25 Août Ranakpur => Khumphalgarh => Udaipur Taxi 2 NUIT
26 Août Udaipur NUIT
27 Août Udaipur Train NUIT pour Jaipur
28 Août Jaipur Taxi si besoin NUIT
29 Août Jaipur NUIT
30 Août Jaipur =>Amber => Sariska Sanctuary Taxi 3 NUIT
31 Août Sariska Sanctuary => Delhi Taxi 3 NUIT
1er / 2 Sept. Delhi Départ 3 Sept.
J'ai concocté un circuit sur lequel j'aimerais avoir vos avis... Forcément lié aux questions de temps de transport et temps et quantité de visites. Merci à vous !
Deedou-- 15 Août Delhi (Arrivée 7h20) NUIT
16 Août Delhi => Agra => Fatehpur Sikri => Delhi Train + Taxi Train NUIT pour Nawalgar
17 Août Nawalgar => Mandawa => Fatehpur (Shekawati) Taxi 1 NUIT
18 Août Shekawati => Deshnoke ( => Bikaner si besoin pause) Taxi 1 NUIT
19 Août (Bikaner) => Jaisalmer Taxi 1 NUIT
20 Août Jaisalmer Taxi si besoin NUIT
21 Août Jaisalmer NUIT
22 Août Jaisalmer Train NUIT pour Jodhpur
23 Août Jodhpur NUIT
24 Août Jodhpur => Ranakpur Taxi 2 NUIT
25 Août Ranakpur => Khumphalgarh => Udaipur Taxi 2 NUIT
26 Août Udaipur NUIT
27 Août Udaipur Train NUIT pour Jaipur
28 Août Jaipur Taxi si besoin NUIT
29 Août Jaipur NUIT
30 Août Jaipur =>Amber => Sariska Sanctuary Taxi 3 NUIT
31 Août Sariska Sanctuary => Delhi Taxi 3 NUIT
1er / 2 Sept. Delhi Départ 3 Sept.
Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 English translation pending
ci-dessous le début de mon carnet de route que je commence à mettre au propre ; c'est long et je sais pas bien pourquoi je fais ça... pour bien "digérer" ce voyage peut-être ?
Mardi 19 avril 2005 A 3800 m, à l’extérieur de l’avion, à 10h du soir, il fait déjà 2°C. Première crainte, celle d’avoir chaud. Ma première vision de l’Inde, la silhouette de deux hommes enturbannés assis en tailleur à côté d’un avion sur la piste d’atterrissage. Une ringuette de chauffeurs de taxi commissionnés par les hôtels nous font une haie d’honneur pour notre arrivée en Inde. A l’extérieur, la première bouffée d’air est suffocante : chaud, lourd avec une odeur qui fait penser à celles des marrons grillés. J’ai l’impression que l’air est « épais », que je respire un mélange d’air et de « solide ». Le taxi nous amène directement à l’hôtel. Par la fenêtre, j’entraperçois dans la nuit les premiers rickshaws, les premières vaches et puis la misère à la quelle je m’attendais sans trop savoir sous quelle forme elle se matérialiserait. Des familles entières qui vivent sous des bâches sur les trottoirs, des ruelles défoncées, des gargotes éclairées d’une ampoule qui sert en même temps d’éclairage public, des détritus entassés ça et là. Du monde partout. Le taxi nous dépose dans Main Bazar. Je n’ai qu’une hâte, me mettre « à l’abri » à l’hôtel Namaskar. Difficile de s’endormir avec l’appréhension de ce qu’on va découvrir le lendemain et les jours suivants ; dans la rue, les bruits ne cessent qu’entre 1h et 5h du matin nous laissant peu de temps pour reprendre des forces.
Mercredi 20 avril 2005 Impossible de dormir, on se dirige vers la gare et le tourist office. Nous retrouvons nos réflexes de voyageurs, curieux et débrouillards. Ca nous rassure de voir qu’on est capable d’acheter notre billet de train comme tout le monde. Pourtant je ne réalise pas vraiment ce que je vois, comme si je n’étais pas vraiment là. Il y a du monde partout. A peine rentrés à l’hôtel, fatigués par la « balade » (on a du faire 500 m !) nous nous endormons comme des masses ! Un petit mail pour rassurer les parents et nous voilà parti pour notre premier voyage en train. La gare est sale et j’hésite à poser mon sac par terre. Le train devait relier Delhi à Agra en 3h, on part avec une heure de retard pour n’arriver que 6h plus tard… La découverte des sleepers ! Les autres passagers sont souriants et sympas. On m’offre à boire, une banane. Le sourire, le calme et la grâce des femmes autour de moi me séduisent, m’apaisent ; je me sens bien, en Inde pour de bon ! On nous explique qu’un train a déraillé. Tout le monde semble trouver ça normal. Par la fenêtre, la campagne est bien sèche ; par endroits de jolies cases en paille ou en roseau servent de réserve de grain. Et des petites cahutes abritent des galettes de bouse (mélangée à de la paille). Un peu effrayés d’arriver à Agra à 20h30 (au lieu de 17h) sans réservation d’hôtel, nous prenons notre premier autorickshaw imaginant déjà les pires embrouilles. Mais on se retrouve sans encombre et plus vite que prévu dans une chambre d’hôtel agréable au Camal Hôtel.
Jeudi 21 avril 2005 Difficile de dormir avec cette chaleur. J’ai l’impression d’être dans un « bain d’air chaud » et de ne pas pouvoir sortir la tête pour respirer. On prends des douches tout habillé et on se couche au frais le temps que nos vêtements sèchent grâce au ventilateur. Mais je n’ai jamais l’impression de dormir longtemps ! On se lève à 5h, il fait frais dehors (et bien chaud dans la chambre !). Nous sommes les premiers à faire la queue pour visiter le Taj Mahal. Et Olivier est le premier à « le » voir « pour faire une photo sans personne ». De toute façon il n’y a pas grand monde. Le Taj Mahal a été construit par Shah Jahan (en 1600 et des bananes) pour sa deuxième épouse morte en couches. Il a fallu 22 ans et 20 000 personnes pour construire ce « tombeau ». Le plus magique pour moi, restera le moment où j’ai franchi le grand porche rouge alors qu’on ne voit encore qu’un bout de mur blanc dans l’embrasure de la porte. On essaye de deviner à quel morceau du Taj Mahal ça correspond. Et d’un coup, on le voit en entier. Magique ! Une jolie lumière éclaire le Taj Mahal ; il fait frais et tout est calme. Nous partons à pied vers le Fort Rouge. Finalement on ne rentre pas : nous visiterons celui de Delhi. Sentiment mitigé en prenant notre premier rickshaw (vélo-rickshaw) : j’ai des scrupules avec mes kilos en trop. On réalisera le lendemain qu’en fait il nous a fait payé deux fois le prix normal... Ca me déculpabilise un peu. Petit aller-retour à la gare pour réserver un billet de train. Sur la route nous croisons des attelages hallucinants : dromadaire, rickshaw bondé, tracteur sous un ballot énorme qui le cache complètement de tous les côtés jusqu’au sol… On va tester le resto Joneys : c’est bon et on est enfin au frais et au calme. L’accueil est simple et sympa. Sieste pour éviter la grosse chaleur jusqu’à 16h. On fait un petit tour du quartier, des petites échoppes, des ruelles pleine de vie, des sourires et des regards intrigués. Je ne suis pas mal à l’aise devant tant de pauvreté comme je le craignais. Je ne sais pas pourquoi, je me sens à l’aise. Peut être parce que du plus pauvre au moins pauvre chacun semble à sa place.
Vendredi 22 avril 2005 On se lève à 6h pour prendre un train pour Jaipur. Encore une fois les horaires ne sont pas respectés. On regarde le « spectacle » dans la gare d’Agra de 7h30 à 9h30 : des familles dorment encore par terre, parfois sous des bouts de tissu, à côté des familles aisées pimpantes lisent le journal pendant qu’on livre des gros pains de glace qui laissent des traînés d’eau sur le sol. Des vendeurs courent d’un train à l’autre. Les marchands de thé accrochent directement leur « thermos » aux barreaux des fenêtres des trains. Je n’arrive pas à détacher mes yeux des femmes qui passent devant moi : que de couleurs ! Nous montons enfin dans le train pour partager un compartiment avec un « bon père de famille », sa femme et leur fille. Il fait la police pour que personne ne vienne s’installer là (et surtout pas des personnes pauvres). Il fait vraiment très chaud. Tout le monde s’étale sur les sièges et les couchettes en attendant que les heures passent. On a une bouteille d’eau (non traitée) pour s’asperger le visage, la nuque. En 30 secondes nous sommes secs ! Notre bouteille reste sur la banquette à l’ombre : au bout de deux heures l’eau est vraiment chaude !! Impossible de savoir la température réelle, mais il fait vraiment très chaud. Je n’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Je devine pourquoi les Indiens savent si bien s’avachir, avec grâce, tout en douceur : une adaptation à la chaleur ! Dehors en plein soleil, il y a pourtant des gens qui s’activent : un berger et son troupeau de chèvres, des femmes qui portent des ballots, des cruches ou des fagots de bois sur la tête, gracieuses silhouettes multicolores. Nous arrivons un peu fatigués à Jaipur. Les rickshaws nous assaillent. La police les fait fuir à coups de bâton. Un peu impressionnant ; on n’a pourtant pas l’impression que ce soit nécessaire et qu’on soit réellement en danger. Au bureau d’information touristique, on nous dit de ne surtout pas prendre de rickshaw. « Ok ! On va y aller à pieds ! » Le premier hôtel sera le bon même si c’est un peu plus cher et un peu trop « propret pour touristes branchés frickés » à notre goût (Pearl Palace Hôtel). Le réceptionniste est sympa mais nous regarde un peu comme si on débarquait d’une autre planète : on s’inquiète pour des détails alors qu’il y a toujours une solution moyennant finance et on est riche, alors pourquoi ces questions…Nous tentons d’aller à pieds voir le palais des vents (soit disant pas loin… mon œil !). On repère un peu les lieux, les remparts et les jolies portes roses. Mais quelle agitation ! Là plus de doute, nous sommes en Inde ! Comment font-ils pour cohabiter, ces très pauvres pouilleux et crasseux qui dorment à même le sol sur les trottoirs et ces femmes si élégantes, ces indiens tirés à quatre épingles ? Des vaches un peu partout, de grands arbres (banian) au pied desquels des petites chapelles ont été aménagées. Les bâtiments sont très beaux, tout en rose, mais délabrés. Le moderne s’est installé tant bien que mal dans l’ancien. Des petites échoppes sous des arcades agréables. Mais que de monde ! Le palais des vents est fermé. Nous croisons par hasard une procession pour une divinité hindoue. Des éléphants, des dromadaires, des fanfares, des danseurs qui font une sorte de ronde en faisant semblant de se battre avec des bâtons. On rentre un peu fatigué par l’agitation soudaine de fin de journée. La circulation (et donc la pollution) est à son comble. Nous prenons des forces avec des samosas (beignet triangulaire fourré à la pomme de terre et aux petits pois, bien épicés), vraiment bons et nourrissants. Un lassi à la banane, un régal ! Après avoir réalisé qu’il y a des glaçons pilés dedans et du yaourt plus ou moins frais, on se dit qu’on sera peut être malade le lendemain. Un petit tour sur la terrasse très chic mais vraiment sympa de l’hôtel : la décoration est originale et il y a un écran géant où nous regardons un petit bout d’un film indien (des belles femmes, des histoires d’amour et des meurtres).
Mardi 19 avril 2005 A 3800 m, à l’extérieur de l’avion, à 10h du soir, il fait déjà 2°C. Première crainte, celle d’avoir chaud. Ma première vision de l’Inde, la silhouette de deux hommes enturbannés assis en tailleur à côté d’un avion sur la piste d’atterrissage. Une ringuette de chauffeurs de taxi commissionnés par les hôtels nous font une haie d’honneur pour notre arrivée en Inde. A l’extérieur, la première bouffée d’air est suffocante : chaud, lourd avec une odeur qui fait penser à celles des marrons grillés. J’ai l’impression que l’air est « épais », que je respire un mélange d’air et de « solide ». Le taxi nous amène directement à l’hôtel. Par la fenêtre, j’entraperçois dans la nuit les premiers rickshaws, les premières vaches et puis la misère à la quelle je m’attendais sans trop savoir sous quelle forme elle se matérialiserait. Des familles entières qui vivent sous des bâches sur les trottoirs, des ruelles défoncées, des gargotes éclairées d’une ampoule qui sert en même temps d’éclairage public, des détritus entassés ça et là. Du monde partout. Le taxi nous dépose dans Main Bazar. Je n’ai qu’une hâte, me mettre « à l’abri » à l’hôtel Namaskar. Difficile de s’endormir avec l’appréhension de ce qu’on va découvrir le lendemain et les jours suivants ; dans la rue, les bruits ne cessent qu’entre 1h et 5h du matin nous laissant peu de temps pour reprendre des forces.
Mercredi 20 avril 2005 Impossible de dormir, on se dirige vers la gare et le tourist office. Nous retrouvons nos réflexes de voyageurs, curieux et débrouillards. Ca nous rassure de voir qu’on est capable d’acheter notre billet de train comme tout le monde. Pourtant je ne réalise pas vraiment ce que je vois, comme si je n’étais pas vraiment là. Il y a du monde partout. A peine rentrés à l’hôtel, fatigués par la « balade » (on a du faire 500 m !) nous nous endormons comme des masses ! Un petit mail pour rassurer les parents et nous voilà parti pour notre premier voyage en train. La gare est sale et j’hésite à poser mon sac par terre. Le train devait relier Delhi à Agra en 3h, on part avec une heure de retard pour n’arriver que 6h plus tard… La découverte des sleepers ! Les autres passagers sont souriants et sympas. On m’offre à boire, une banane. Le sourire, le calme et la grâce des femmes autour de moi me séduisent, m’apaisent ; je me sens bien, en Inde pour de bon ! On nous explique qu’un train a déraillé. Tout le monde semble trouver ça normal. Par la fenêtre, la campagne est bien sèche ; par endroits de jolies cases en paille ou en roseau servent de réserve de grain. Et des petites cahutes abritent des galettes de bouse (mélangée à de la paille). Un peu effrayés d’arriver à Agra à 20h30 (au lieu de 17h) sans réservation d’hôtel, nous prenons notre premier autorickshaw imaginant déjà les pires embrouilles. Mais on se retrouve sans encombre et plus vite que prévu dans une chambre d’hôtel agréable au Camal Hôtel.
Jeudi 21 avril 2005 Difficile de dormir avec cette chaleur. J’ai l’impression d’être dans un « bain d’air chaud » et de ne pas pouvoir sortir la tête pour respirer. On prends des douches tout habillé et on se couche au frais le temps que nos vêtements sèchent grâce au ventilateur. Mais je n’ai jamais l’impression de dormir longtemps ! On se lève à 5h, il fait frais dehors (et bien chaud dans la chambre !). Nous sommes les premiers à faire la queue pour visiter le Taj Mahal. Et Olivier est le premier à « le » voir « pour faire une photo sans personne ». De toute façon il n’y a pas grand monde. Le Taj Mahal a été construit par Shah Jahan (en 1600 et des bananes) pour sa deuxième épouse morte en couches. Il a fallu 22 ans et 20 000 personnes pour construire ce « tombeau ». Le plus magique pour moi, restera le moment où j’ai franchi le grand porche rouge alors qu’on ne voit encore qu’un bout de mur blanc dans l’embrasure de la porte. On essaye de deviner à quel morceau du Taj Mahal ça correspond. Et d’un coup, on le voit en entier. Magique ! Une jolie lumière éclaire le Taj Mahal ; il fait frais et tout est calme. Nous partons à pied vers le Fort Rouge. Finalement on ne rentre pas : nous visiterons celui de Delhi. Sentiment mitigé en prenant notre premier rickshaw (vélo-rickshaw) : j’ai des scrupules avec mes kilos en trop. On réalisera le lendemain qu’en fait il nous a fait payé deux fois le prix normal... Ca me déculpabilise un peu. Petit aller-retour à la gare pour réserver un billet de train. Sur la route nous croisons des attelages hallucinants : dromadaire, rickshaw bondé, tracteur sous un ballot énorme qui le cache complètement de tous les côtés jusqu’au sol… On va tester le resto Joneys : c’est bon et on est enfin au frais et au calme. L’accueil est simple et sympa. Sieste pour éviter la grosse chaleur jusqu’à 16h. On fait un petit tour du quartier, des petites échoppes, des ruelles pleine de vie, des sourires et des regards intrigués. Je ne suis pas mal à l’aise devant tant de pauvreté comme je le craignais. Je ne sais pas pourquoi, je me sens à l’aise. Peut être parce que du plus pauvre au moins pauvre chacun semble à sa place.
Vendredi 22 avril 2005 On se lève à 6h pour prendre un train pour Jaipur. Encore une fois les horaires ne sont pas respectés. On regarde le « spectacle » dans la gare d’Agra de 7h30 à 9h30 : des familles dorment encore par terre, parfois sous des bouts de tissu, à côté des familles aisées pimpantes lisent le journal pendant qu’on livre des gros pains de glace qui laissent des traînés d’eau sur le sol. Des vendeurs courent d’un train à l’autre. Les marchands de thé accrochent directement leur « thermos » aux barreaux des fenêtres des trains. Je n’arrive pas à détacher mes yeux des femmes qui passent devant moi : que de couleurs ! Nous montons enfin dans le train pour partager un compartiment avec un « bon père de famille », sa femme et leur fille. Il fait la police pour que personne ne vienne s’installer là (et surtout pas des personnes pauvres). Il fait vraiment très chaud. Tout le monde s’étale sur les sièges et les couchettes en attendant que les heures passent. On a une bouteille d’eau (non traitée) pour s’asperger le visage, la nuque. En 30 secondes nous sommes secs ! Notre bouteille reste sur la banquette à l’ombre : au bout de deux heures l’eau est vraiment chaude !! Impossible de savoir la température réelle, mais il fait vraiment très chaud. Je n’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Je devine pourquoi les Indiens savent si bien s’avachir, avec grâce, tout en douceur : une adaptation à la chaleur ! Dehors en plein soleil, il y a pourtant des gens qui s’activent : un berger et son troupeau de chèvres, des femmes qui portent des ballots, des cruches ou des fagots de bois sur la tête, gracieuses silhouettes multicolores. Nous arrivons un peu fatigués à Jaipur. Les rickshaws nous assaillent. La police les fait fuir à coups de bâton. Un peu impressionnant ; on n’a pourtant pas l’impression que ce soit nécessaire et qu’on soit réellement en danger. Au bureau d’information touristique, on nous dit de ne surtout pas prendre de rickshaw. « Ok ! On va y aller à pieds ! » Le premier hôtel sera le bon même si c’est un peu plus cher et un peu trop « propret pour touristes branchés frickés » à notre goût (Pearl Palace Hôtel). Le réceptionniste est sympa mais nous regarde un peu comme si on débarquait d’une autre planète : on s’inquiète pour des détails alors qu’il y a toujours une solution moyennant finance et on est riche, alors pourquoi ces questions…Nous tentons d’aller à pieds voir le palais des vents (soit disant pas loin… mon œil !). On repère un peu les lieux, les remparts et les jolies portes roses. Mais quelle agitation ! Là plus de doute, nous sommes en Inde ! Comment font-ils pour cohabiter, ces très pauvres pouilleux et crasseux qui dorment à même le sol sur les trottoirs et ces femmes si élégantes, ces indiens tirés à quatre épingles ? Des vaches un peu partout, de grands arbres (banian) au pied desquels des petites chapelles ont été aménagées. Les bâtiments sont très beaux, tout en rose, mais délabrés. Le moderne s’est installé tant bien que mal dans l’ancien. Des petites échoppes sous des arcades agréables. Mais que de monde ! Le palais des vents est fermé. Nous croisons par hasard une procession pour une divinité hindoue. Des éléphants, des dromadaires, des fanfares, des danseurs qui font une sorte de ronde en faisant semblant de se battre avec des bâtons. On rentre un peu fatigué par l’agitation soudaine de fin de journée. La circulation (et donc la pollution) est à son comble. Nous prenons des forces avec des samosas (beignet triangulaire fourré à la pomme de terre et aux petits pois, bien épicés), vraiment bons et nourrissants. Un lassi à la banane, un régal ! Après avoir réalisé qu’il y a des glaçons pilés dedans et du yaourt plus ou moins frais, on se dit qu’on sera peut être malade le lendemain. Un petit tour sur la terrasse très chic mais vraiment sympa de l’hôtel : la décoration est originale et il y a un écran géant où nous regardons un petit bout d’un film indien (des belles femmes, des histoires d’amour et des meurtres).
Gotraveldirect recommandable? English translation pending
Bonjour,
Je suis jouveau ici.
Je cherche des billets pour un voyave et quand je vais sur le site de Gotraveldirect ça a l'ait trop beau...
Dois-je m'attendre a une surprise si je réserve chez eux??
Des choses a faire attention?
Merci
Jean-Marc
Je suis jouveau ici.
Je cherche des billets pour un voyave et quand je vais sur le site de Gotraveldirect ça a l'ait trop beau...
Dois-je m'attendre a une surprise si je réserve chez eux??
Des choses a faire attention?
Merci
Jean-Marc
Croisière sur le Nil: notre bilan English translation pending
Croisière sur le Nil : Louxor, Edfou, Kom Ombo, Assouan.
Quelques mots en guise de bilan de notre croisière du 14 au 21 août 2004, qui pourront aussi servir de conseils en pêle-mêle.
Cette croisière est proposée tout au long de l’année par la plupart des tours-opérateurs du Net (les prix sont quasi-identiques pour les mêmes dates), mais souvent déclinée en quatre formules vol A/R Paris-Louxor + croisière + pension complète : 4* sans visite (la moins chère), 4* avec visites, 5* sans visite et 5* avec visites (la plus chère). Nous avons choisi la première formule, nous ne regrettons pas ce choix et tout ce que nous allons écrire ici tendra à expliquer pourquoi.
La différence entre la croisière 4* et la croisière 5* est ainsi présentée sur les sites des TO : « dans les navires 5*, le personnel offre un service plus attentionné »… Ce n’est bien sûr pas forcément toujours la seule différence dans les formules proposées, mais dans notre cas, c’était une véritable tromperie pour ceux qui avaient payé un supplément pour un peu plus d’attention à leur égard. À l’aéroport, deux groupes ont été constitués, selon les étoiles : les « Papyrus » (4*) et les « Famille Royale » – sic – (5*). Les deux groupes sont montés dans deux cars différents mais équivalents et on s’est tous retrouvés dans le même hall d’accueil du bateau. Il y avait un guide pour chaque groupe, mais les plannings de visites étaient les mêmes (avec parfois un décalage de trente minutes sur les départs, mais pour les mêmes destinations). Nous mangions dans le même restaurant (mais attention ! pas aux mêmes tables…) et nous servions aux mêmes buffets. Le même personnel s’est occupé des personnes des deux groupes à bord tout au long de cette semaine et je n’ai bien sûr pas senti une baisse d’attention particulière de sa part quand il s’agissait de servir un 4* (le savait-il seulement ?). Au retour pour l’aéroport, il n’était plus question de nous répartir dans les cars selon notre groupe, ce qui attestait encore de la fumisterie dont les 5* avaient fait l’objet.
Attention, tout n’est pas forcément du même acabit dans les croisières sur le Nil : d’autres croisières 5* sont proposées par les TO et correspondent à des bateaux différents, vraiment plus luxueux. Il y en avait de nombreux amarrés aux ports de Louxor et d’Assouan et bien souvent, pour sortir de notre bateau pour rejoindre la rive, il fallait traverser les halls des bateaux accostés les uns près des autres : c’était l’occasion de découvrir d’autres niveaux de prestation (le seul niveau de clim’ dans le hall d’entrée est assez révélateur…). On a pu apercevoir par exemple de « vraies » piscines, voire des jacuzzi sur les ponts supérieurs de nos voisins, alors que l’eau de notre pataugeoire noircissait de jour en jour (elle a été changée une fois pendant la semaine). À part ça, le confort de notre bateau 4/5* était correct, mais l’hygiène de la chambre et de la salle de bain laissait un peu à désirer. Le ménage était fait plusieurs fois par jour, mais les serviettes et les draps n’étaient pas d’une extrême fraîcheur une fois remplacés. Je pense que c’est plus un défaut de lessive que de nettoyage. Dans certaines cabines (pas dans la nôtre, ouf !), on a quand même trouvé des cafards… Les figures poétiques (chameau, singe, fleur, etc.) dessinées ou « sculptées » avec les linges à notre retour en cabine étaient toujours surprenantes et agréables.
Au restaurant du navire, nous n’avons pas été déçus : la nourriture était correcte et nous n’avons pas connu les affres de la tourista, même après avoir tenté le diable (à partir du troisième jour, histoire de ne pas se jeter à l’eau les premiers) des glaçons, fruits et crudités. Les plats étaient assez variés, sauf peut-être pour les desserts (des fruits la plupart du temps), mais la cuisine dépend largement de l’équipage du bateau. C’était une croisière pension complète ; comme souvent dans cette formule, les boissons ne sont pas comprises : comptez 7 Livres Égyptiennes (LE) à bord pour une bouteille d’eau de source glacée, 7 LE pour un soda ou un jus de fruit, 18 LE pour une bière locale de 50 cl et… 80 LE pour une bouteille de vin rouge ou blanc ! L’Obelisk n’est certes pas mauvais, mais si on en prend tous les jours, on paye largement sa pension. Le premier soir, tout le monde prend du vin et dès le deuxième jour, les bouteilles de Baraka, l’eau de source locale, trônent sur toutes les tables !… Les gérants usent alors de stratagèmes pour pousser à la consommation : on vous demande une heure avant le repas si vous préférez en général le vin frais ou à température et vous vous retrouvez avec une bouteille ouverte dans un seau à glace sur votre table, repas aux chandelles, sur le pont, etc. histoire de créer un mini-événement qui vous décidera à ouvrir une bouteille. Un désagrément lié à l’organisation : les places occupées dans le restaurant devaient rester les mêmes pendant toute la semaine… Soi-disant pour optimiser le service (pour repérer les buveurs de vin à 80 balles, surtout), mais c’est au final un gros handicap pour la convivialité : mieux vaut être en bonne compagnie le premier jour, et même si c’est le cas, les nouvelles rencontres ne sont pas favorisées, certains groupes se formant très vite et se refermant aussi très vite sur eux-mêmes… Mais ce sont là des inconvénients propres aux voyages organisés, on n’est donc pas tombé des nues.
Justement, notre deuxième choix, c’était de ne pas prendre le « kit visites accompagnées ». Avant de développer les deux avantages qui sautent aux yeux (le prix et la liberté), il faut citer une gène du style de celle dont on vient juste de parler. Elle est tout à fait relative, mais pour certains, elle peut gâcher une partie du séjour, c’est que justement, étant probablement minoritaire à ne pas choisir le parcours guidé, on se marginalise du groupe de vacanciers et on risque de passer de longues après-midi (quand il fait trop chaud pour sortir ou quand on passe d’une ville à l’autre) un peu isolé sur le pont… Si c’est ce que vous recherchez, pas de problème ! Si vous êtes seul, en couple et que vous souhaitiez vous faire de nouveaux amis, ça peut être difficile… Surtout quand vous leur expliquez que le forfait visites qu’ils ont choisi est dix à quinze fois plus cher que le parcours libre que vous avez choisi ! Vous vous ferez mal voir de l’organisateur, beaucoup vous snoberont par dépit et les autres seront dégoûtés « à cause de vous » de comprendre qu’ils ont été les dindons de la farce…
Les deux avantages du parcours libre sont liés, ça va de soi, au fait qu’il soit libre (vous n’êtes pas obligé de suivre le groupe entier dans une fabrique de papyrus, de bijoux ou de vases d’albâtre, soi-disant toujours intéressante, mais en réalité hors de prix car alimentée en clients fortunés par les guides soudoyés) et bien sûr, aux prix.
Pour voir ça en détails, voici un comparatif des prix proposés par les organisateurs et les prix pratiqués sur place (incluant le transport A/R et les entrées de sites payants, par personne ; pour info ou rappel, 1 LE = 0, 13 €) :
* Visite des temples de Karnak et de Louxor : les guides des TO font payer 64 € le transport et leurs commentaires, que j’imagine très « riches » à ce prix-là, car le trajet ne se paye pas plus de 10 LE (en taxi ou calèche) pour les deux temples (en fonction de l’emplacement de votre bateau, vous pourrez certainement rejoindre un des deux temples à pied, les deux sont distants de trois km seulement), et l’entrée de chacun est à 20 LE, soit un total de 30 LE/pers, l’équivalent d’à peine 4 €. Si vous en avez la possibilité, préférez une visite du temple de Louxor en soirée, à la tombée de la nuit, car les lumières sont très belles. Le temple de Karnak ferme quant à lui beaucoup plus tôt, vers 18h.
* Visite de la Nécropole Thébaine (colosses de Memnon, vallée des Rois, vallée des Reines, Temple d’Hatchepsout) : le TO vend le circuit à 74 €, alors qu’il y en a à tout casser pour 40 LE de taxi (qui vous accompagne toute la matinée) et 56 LE d’accès aux sites (30 pour les tombes des Rois, 12 pour celles des Reines, et 12 pour le temple ; comptez 2 LE pour prendre les deux petits trains qui vous rapprochent des entrées des sites après avoir pris votre ticket ; les colosses sont près de la route et donc accessibles à tous gratuitement). Si vous n’êtes pas dans un groupe, vous pouvez vous payer en plus le luxe de visiter les tombes de Toutankhamon et de Nefertari (respectivement 40 LE et 100 LE), si toutefois cette dernière est ouverte – elle l’est rarement. Faîtes vos comptes : on en est au grand maximum à 236 LE, soit 30 €, avec deux visites exceptionnelles en plus.
* Visite du temple d’Edfou dédié à Horus : facturé 20 € par le TO, il revient en tout et pour tout à 5 LE de calèche (et encore, on peut y aller à pied) et 10 LE d’entrée… C’est un temple beaucoup plus récent (3ème siècle avant JC), dont l’architecture et la conservation sont très différents des autres vus à Louxor.
* Visite du temple ptolémaïque de Kom Ombo : 20 € pour l’opérateur, mais 10 LE, soit 1, 3 € pour le visiteur libre : le temple est sur le bord du Nil (splendide à son approche à bord du bateau) et ne nécessite aucun moyen de transport. Sur le chemin qui y mène, vous trouverez peut-être un charmeur de cobra : pas évident de s’attarder auprès de lui si vous êtes dans le groupe qui suit le guide… Ne manquez pas le coucher de soleil sur le Nil si vous êtes dans le temple vers 19h !
* Visite du Haut Barrage et du Temple de Philae : 64 € avec le guide, mais 80 LE tout compris pour le routard : 40 LE pour le taxi, 20 LE pour le bateau qui mène à l’île où se trouve le temple et 20 LE pour l’entrée. Personnellement, puisque chaque déplacement sur le temple, qui est assez excentré par rapport au centre d’Assouan, est soumis aux frais de taxi et de bateau, j’ai préféré à la visite le spectacle son et lumières (voir ci-dessous), vraiment splendide et suffisant pour tout voir du temple.
* Promenade en felouque autour de l’île Éléphantine : 64 € pour le TO, mais une cinquantaine de LE (à négocier en fonction du temps passé sur la felouque : 15 LE/h/pers., temps d’arrêt à vous attendre entre deux visites inclus).
Cet ensemble de visites pouvait être acheté dans le cadre d’un forfait à 130 € : bel effort, mais on est encore loin du compte.
Quelques « options », non incluses dans le forfait, que donc presque personne dans les groupes du bateau n’a fait :
* Son & lumières de Karnak : 28 €/pers. pour le TO, mais 45 LE l’entrée et 10 LE pour y aller et en revenir en taxi ou en calèche. La séance en français est tardive (23h45), mieux ne pas être trop fatigué sinon vous terminerez le show vous-même dans vos rêves… Ce spectacle n’est à mon avis pas indispensable si on a bien visité le temple dans la journée. Les éclairages de l’incroyable hypostyle de 134 colonnes sont impressionnants, mais c’est à peu près tout ; les commentaires sont assez « éparpillés » et se perdent dans la dernière demi-heure dans une longue narration de toute l’histoire de la vallée du Nil : à ce moment-là, nos regards se sont perdus dans le lac artificiel qui nous faisait face car les éclairages n’avaient plus aucun rapport avec le texte. Le temple de Karnak est si vaste et regorge de tant de recoins surprenants qu’il nécessite à mon avis une visite intégrale pour être réellement découvert : au cours du son et lumières, on se promène dans le temple selon un parcours prédéfini, mais on ne voit qu’une partie du temple – mais reconnaissons que c’est la plus importante.
* Son & lumières de Philae : 31 €/pers., contre 55 LE l’entrée quand on se présente au guichet (comptez davantage pour vous y rendre, voir ci-dessus). Vraiment très réussi, les effets d’éclairage sont magnifiques et mettent en lumière (c’est le cas de le dire) des détails des bas-reliefs invisibles lors d’une visite diurne. Même l’approche par bateau du temple illuminé est splendide. Pour les commentaires et dialogues fictifs, la diction de Suzanne Frot est autrement plus appropriée que le ton grandiloquent adopté à Karnak.
* Visite d'Abou Simbel : le clou du spectacle, à tout point de vue ! L’ambiance s’étant quelque peu décrispée à bord, on nous a demandé si nous avions apprécié notre visite et si « ça valait le coup ». Six heures de route A/R, départ à 4h du mat’… il fallait le désirer très fort, effectivement. À 76 € par personne demandés par le TO, difficile même de dire si ça vaut la dépense, sachant qu’on reste juste deux heures sur place. Mais le « vrai » tarif est tout autre et rend l’occasion réellement immanquable : 70 LE par personne A/R pour le trajet, plus 30 LE pour l’entrée… Rien à voir pour le prix et tout à voir une fois sur place car le prix d’entrée inclut le commentaire d’un guide. L’idéal est de se présenter à la réception d’un hôtel sur le bord du Nil à Assouan, en tout petit groupe, car les organisateurs des hôtels préfèrent ne pas se fâcher avec les TO en leur faisant une concurrence directe et presque… déloyale (même si dans ce cas, il faut bien admettre que la loyauté n’est pas dans le camp des TO). Les conditions du transport étaient tout à fait correctes : mini-bus climatisé, dont le confort des sièges n’avait rien à envier à ceux des gros cars.
Tous ces tarifs ne sont pas vraiment négociables (pour une fois) ou disons plutôt qu’ils ont déjà été âprement négociés pour la partie des transports. Sachez tout de même que des tarifs encore plus avantageux sont proposés aux titulaires d’une carte internationale d’étudiant, pour les transports et pour les entrées. Pour Abou Simbel, on nous a pris pour un couple d’étudiants et nous avons eu l’A/R à 50 LE (on ne nous l’a dit qu’après). Les tarifs d’entrée pour les différents sites ne sont pas négociables (au moins, vous êtes sûr de payer le juste prix, c’est imprimé sur le ticket), mais on peut toujours trouver quelqu’un qui revend des entrées sous le manteau, surtout pour les spectacles son et lumières.
À titre indicatif, voici quelques prix « égyptiens » (par opposition aux prix touristiques) courants :
1 bouteille d’eau de source glacée d’1, 5 l : 2 LE
1 soda glacé de 33 cl : 3 LE
1 bière glacée de 50 cl : 4 LE
1 repas simple : 10 LE
1 petit sachet d’épices : 2 à 5 LE
1 bracelet « scarabée » : 1 LE
1 djellaba de faible qualité : 5 LE
1 djellaba de bonne qualité : 30 LE
1 turban (« cheich ») : 5 LE
1 tenue complète de danseuse du ventre : pas moins de 150 LE si la qualité est bonne (pour cet article, consultez une boutique en ville plutôt qu’un « souk pour touristes » en bordure d’un temple)
1 vase en albâtre (non manufacturé) : 10 LE
1 petit vase en albâtre fait main : 50 LE (ça dépend de la taille du vase, bien sûr)
1 rababa (sorte de violon typique à deux cordes) : 20 LE maximum pour un modèle solide et décoré
1 req (tambourin) : 10 à 20 LE selon la taille
1 tatouage nubien, fait dans de bonnes conditions par un(e) nubien(ne) : 20 LE
1 tatouage nubien, fait à la va-vite sur une peau non nettoyée : refusez !
1 promenade en dromadaire d’une petite demi-heure : 20 LE par personne
1 papyrus peint de la taille d’une feuille A4 : 5 LE s’il est vendu « à la sauvette », 30 LE si sa fabrication artisanale est authentifiée
1 trajet (aller simple par personne) par taxi ou calèche à l’intérieur d’une ville : 5 LE
1 trajet en felouque : 15 LE/heure/personne
Pour les trajets en taxi ou en felouque qui s’écoulent sur une demi-journée ou sur une journée, le principe est de payer pour le temps total passé avec le chauffeur, même s’il passe deux heures à vous attendre pendant que vous visitez – c’est normal, pendant ce temps-là, il ne prend pas d’autre clients (enfin, le plus souvent). Dans certains cas, il peut être plus avantageux de ne prendre qu’un aller simple si vous comptez rester longtemps et prendre une autre personne pour revenir ; insistez pour cette solution si elle vous arrange car elle n’arrange pas les égyptiens : la concurrence est si rude qu’ils préfèrent de loin suivre un client plusieurs heures qu’en suivre deux ou trois pour de petits trajets sur le même temps.
Attention : le simple fait de connaître ces tarifs et donc de se les voir appliqués n’est pas automatique. Si vous avez « une bonne tête de touriste », on ne vous fera pas de cadeau, même si vous dîtes connaître les « vrais prix », il faudra pas mal insister. Il n’est pas question ici de grappiller la moindre piastre au détriment du commerçant (la pauvreté apparente de la plupart des égyptiens devrait normalement vous en dissuader), mais de payer le « juste prix ». Ce qui ne doit pas empêcher, au contraire, d’avoir un geste de reconnaissance pour avoir été ainsi traité (si vous y êtes parvenus) « comme un égyptien ». Pensez au stylos, ils font toujours plaisir, surtout les petits Bic à l’encre colorée et parfumée pour les enfants. Acceptez de temps à autre de changer les pièces d’Euros (que les autochtones auront collectées en pourboires) en LE, ou en billets d’Euros si vous en avez : ça ne coûte rien (si vous vérifiez le taux de change : 1 € = 7, 75 LE) et ça leur rend bien service.
Quelques derniers petits trucs pour la route : pensez à un chapeau qui couvre bien la tête et la nuque, c’est très efficace contre la chaleur, un petit éventail dans les petites salles non ventilées des temples où il est impossible de tenir plus de quelques minutes s’il y a du monde (et c’est bien dommage – les plus belles mais aussi les plus pénibles sur ce plan sont les salles latérales des temples d’Abou Simbel) et un sac thermos qui peut tenir une bouteille d’1, 5 l en bandoulière, vous apprécierez d’en avoir toujours une avec vous, puisqu’on peut aussi en acheter presque partout. Et… chose appréciable : les prises et puissances de courant sont les mêmes qu’en France, aucun problème donc pour brancher votre chargeur de mobile, d’appareil photos, votre rasoir ou votre sèche-cheveux.
Bon, tout ça fait un peu inventaire d’infos et de souvenirs froids… Il nous faut donc préciser, si ça n’était pas assez clair, qu’on a vraiment adoré notre séjour, qu’en une semaine, on a vécu cent mille choses différentes, qu’on a autant été éblouis par les sites grandioses qu’on y a découvert qu’on a été marqués par les formidables rencontres qu’on y a faites ! Nous rentrons le cœur léger, avec la certitude d’y retourner un jour, car désormais, des images et des hommes de la belle Égypte habitent notre esprit. C’est sûr, la vie d’ici nous rattrapera… Nous relirons alors ce texte avec plaisir.
Bonnes vacances, bons rêves !!
Quelques mots en guise de bilan de notre croisière du 14 au 21 août 2004, qui pourront aussi servir de conseils en pêle-mêle.
Cette croisière est proposée tout au long de l’année par la plupart des tours-opérateurs du Net (les prix sont quasi-identiques pour les mêmes dates), mais souvent déclinée en quatre formules vol A/R Paris-Louxor + croisière + pension complète : 4* sans visite (la moins chère), 4* avec visites, 5* sans visite et 5* avec visites (la plus chère). Nous avons choisi la première formule, nous ne regrettons pas ce choix et tout ce que nous allons écrire ici tendra à expliquer pourquoi.
La différence entre la croisière 4* et la croisière 5* est ainsi présentée sur les sites des TO : « dans les navires 5*, le personnel offre un service plus attentionné »… Ce n’est bien sûr pas forcément toujours la seule différence dans les formules proposées, mais dans notre cas, c’était une véritable tromperie pour ceux qui avaient payé un supplément pour un peu plus d’attention à leur égard. À l’aéroport, deux groupes ont été constitués, selon les étoiles : les « Papyrus » (4*) et les « Famille Royale » – sic – (5*). Les deux groupes sont montés dans deux cars différents mais équivalents et on s’est tous retrouvés dans le même hall d’accueil du bateau. Il y avait un guide pour chaque groupe, mais les plannings de visites étaient les mêmes (avec parfois un décalage de trente minutes sur les départs, mais pour les mêmes destinations). Nous mangions dans le même restaurant (mais attention ! pas aux mêmes tables…) et nous servions aux mêmes buffets. Le même personnel s’est occupé des personnes des deux groupes à bord tout au long de cette semaine et je n’ai bien sûr pas senti une baisse d’attention particulière de sa part quand il s’agissait de servir un 4* (le savait-il seulement ?). Au retour pour l’aéroport, il n’était plus question de nous répartir dans les cars selon notre groupe, ce qui attestait encore de la fumisterie dont les 5* avaient fait l’objet.
Attention, tout n’est pas forcément du même acabit dans les croisières sur le Nil : d’autres croisières 5* sont proposées par les TO et correspondent à des bateaux différents, vraiment plus luxueux. Il y en avait de nombreux amarrés aux ports de Louxor et d’Assouan et bien souvent, pour sortir de notre bateau pour rejoindre la rive, il fallait traverser les halls des bateaux accostés les uns près des autres : c’était l’occasion de découvrir d’autres niveaux de prestation (le seul niveau de clim’ dans le hall d’entrée est assez révélateur…). On a pu apercevoir par exemple de « vraies » piscines, voire des jacuzzi sur les ponts supérieurs de nos voisins, alors que l’eau de notre pataugeoire noircissait de jour en jour (elle a été changée une fois pendant la semaine). À part ça, le confort de notre bateau 4/5* était correct, mais l’hygiène de la chambre et de la salle de bain laissait un peu à désirer. Le ménage était fait plusieurs fois par jour, mais les serviettes et les draps n’étaient pas d’une extrême fraîcheur une fois remplacés. Je pense que c’est plus un défaut de lessive que de nettoyage. Dans certaines cabines (pas dans la nôtre, ouf !), on a quand même trouvé des cafards… Les figures poétiques (chameau, singe, fleur, etc.) dessinées ou « sculptées » avec les linges à notre retour en cabine étaient toujours surprenantes et agréables.
Au restaurant du navire, nous n’avons pas été déçus : la nourriture était correcte et nous n’avons pas connu les affres de la tourista, même après avoir tenté le diable (à partir du troisième jour, histoire de ne pas se jeter à l’eau les premiers) des glaçons, fruits et crudités. Les plats étaient assez variés, sauf peut-être pour les desserts (des fruits la plupart du temps), mais la cuisine dépend largement de l’équipage du bateau. C’était une croisière pension complète ; comme souvent dans cette formule, les boissons ne sont pas comprises : comptez 7 Livres Égyptiennes (LE) à bord pour une bouteille d’eau de source glacée, 7 LE pour un soda ou un jus de fruit, 18 LE pour une bière locale de 50 cl et… 80 LE pour une bouteille de vin rouge ou blanc ! L’Obelisk n’est certes pas mauvais, mais si on en prend tous les jours, on paye largement sa pension. Le premier soir, tout le monde prend du vin et dès le deuxième jour, les bouteilles de Baraka, l’eau de source locale, trônent sur toutes les tables !… Les gérants usent alors de stratagèmes pour pousser à la consommation : on vous demande une heure avant le repas si vous préférez en général le vin frais ou à température et vous vous retrouvez avec une bouteille ouverte dans un seau à glace sur votre table, repas aux chandelles, sur le pont, etc. histoire de créer un mini-événement qui vous décidera à ouvrir une bouteille. Un désagrément lié à l’organisation : les places occupées dans le restaurant devaient rester les mêmes pendant toute la semaine… Soi-disant pour optimiser le service (pour repérer les buveurs de vin à 80 balles, surtout), mais c’est au final un gros handicap pour la convivialité : mieux vaut être en bonne compagnie le premier jour, et même si c’est le cas, les nouvelles rencontres ne sont pas favorisées, certains groupes se formant très vite et se refermant aussi très vite sur eux-mêmes… Mais ce sont là des inconvénients propres aux voyages organisés, on n’est donc pas tombé des nues.
Justement, notre deuxième choix, c’était de ne pas prendre le « kit visites accompagnées ». Avant de développer les deux avantages qui sautent aux yeux (le prix et la liberté), il faut citer une gène du style de celle dont on vient juste de parler. Elle est tout à fait relative, mais pour certains, elle peut gâcher une partie du séjour, c’est que justement, étant probablement minoritaire à ne pas choisir le parcours guidé, on se marginalise du groupe de vacanciers et on risque de passer de longues après-midi (quand il fait trop chaud pour sortir ou quand on passe d’une ville à l’autre) un peu isolé sur le pont… Si c’est ce que vous recherchez, pas de problème ! Si vous êtes seul, en couple et que vous souhaitiez vous faire de nouveaux amis, ça peut être difficile… Surtout quand vous leur expliquez que le forfait visites qu’ils ont choisi est dix à quinze fois plus cher que le parcours libre que vous avez choisi ! Vous vous ferez mal voir de l’organisateur, beaucoup vous snoberont par dépit et les autres seront dégoûtés « à cause de vous » de comprendre qu’ils ont été les dindons de la farce…
Les deux avantages du parcours libre sont liés, ça va de soi, au fait qu’il soit libre (vous n’êtes pas obligé de suivre le groupe entier dans une fabrique de papyrus, de bijoux ou de vases d’albâtre, soi-disant toujours intéressante, mais en réalité hors de prix car alimentée en clients fortunés par les guides soudoyés) et bien sûr, aux prix.
Pour voir ça en détails, voici un comparatif des prix proposés par les organisateurs et les prix pratiqués sur place (incluant le transport A/R et les entrées de sites payants, par personne ; pour info ou rappel, 1 LE = 0, 13 €) :
* Visite des temples de Karnak et de Louxor : les guides des TO font payer 64 € le transport et leurs commentaires, que j’imagine très « riches » à ce prix-là, car le trajet ne se paye pas plus de 10 LE (en taxi ou calèche) pour les deux temples (en fonction de l’emplacement de votre bateau, vous pourrez certainement rejoindre un des deux temples à pied, les deux sont distants de trois km seulement), et l’entrée de chacun est à 20 LE, soit un total de 30 LE/pers, l’équivalent d’à peine 4 €. Si vous en avez la possibilité, préférez une visite du temple de Louxor en soirée, à la tombée de la nuit, car les lumières sont très belles. Le temple de Karnak ferme quant à lui beaucoup plus tôt, vers 18h.
* Visite de la Nécropole Thébaine (colosses de Memnon, vallée des Rois, vallée des Reines, Temple d’Hatchepsout) : le TO vend le circuit à 74 €, alors qu’il y en a à tout casser pour 40 LE de taxi (qui vous accompagne toute la matinée) et 56 LE d’accès aux sites (30 pour les tombes des Rois, 12 pour celles des Reines, et 12 pour le temple ; comptez 2 LE pour prendre les deux petits trains qui vous rapprochent des entrées des sites après avoir pris votre ticket ; les colosses sont près de la route et donc accessibles à tous gratuitement). Si vous n’êtes pas dans un groupe, vous pouvez vous payer en plus le luxe de visiter les tombes de Toutankhamon et de Nefertari (respectivement 40 LE et 100 LE), si toutefois cette dernière est ouverte – elle l’est rarement. Faîtes vos comptes : on en est au grand maximum à 236 LE, soit 30 €, avec deux visites exceptionnelles en plus.
* Visite du temple d’Edfou dédié à Horus : facturé 20 € par le TO, il revient en tout et pour tout à 5 LE de calèche (et encore, on peut y aller à pied) et 10 LE d’entrée… C’est un temple beaucoup plus récent (3ème siècle avant JC), dont l’architecture et la conservation sont très différents des autres vus à Louxor.
* Visite du temple ptolémaïque de Kom Ombo : 20 € pour l’opérateur, mais 10 LE, soit 1, 3 € pour le visiteur libre : le temple est sur le bord du Nil (splendide à son approche à bord du bateau) et ne nécessite aucun moyen de transport. Sur le chemin qui y mène, vous trouverez peut-être un charmeur de cobra : pas évident de s’attarder auprès de lui si vous êtes dans le groupe qui suit le guide… Ne manquez pas le coucher de soleil sur le Nil si vous êtes dans le temple vers 19h !
* Visite du Haut Barrage et du Temple de Philae : 64 € avec le guide, mais 80 LE tout compris pour le routard : 40 LE pour le taxi, 20 LE pour le bateau qui mène à l’île où se trouve le temple et 20 LE pour l’entrée. Personnellement, puisque chaque déplacement sur le temple, qui est assez excentré par rapport au centre d’Assouan, est soumis aux frais de taxi et de bateau, j’ai préféré à la visite le spectacle son et lumières (voir ci-dessous), vraiment splendide et suffisant pour tout voir du temple.
* Promenade en felouque autour de l’île Éléphantine : 64 € pour le TO, mais une cinquantaine de LE (à négocier en fonction du temps passé sur la felouque : 15 LE/h/pers., temps d’arrêt à vous attendre entre deux visites inclus).
Cet ensemble de visites pouvait être acheté dans le cadre d’un forfait à 130 € : bel effort, mais on est encore loin du compte.
Quelques « options », non incluses dans le forfait, que donc presque personne dans les groupes du bateau n’a fait :
* Son & lumières de Karnak : 28 €/pers. pour le TO, mais 45 LE l’entrée et 10 LE pour y aller et en revenir en taxi ou en calèche. La séance en français est tardive (23h45), mieux ne pas être trop fatigué sinon vous terminerez le show vous-même dans vos rêves… Ce spectacle n’est à mon avis pas indispensable si on a bien visité le temple dans la journée. Les éclairages de l’incroyable hypostyle de 134 colonnes sont impressionnants, mais c’est à peu près tout ; les commentaires sont assez « éparpillés » et se perdent dans la dernière demi-heure dans une longue narration de toute l’histoire de la vallée du Nil : à ce moment-là, nos regards se sont perdus dans le lac artificiel qui nous faisait face car les éclairages n’avaient plus aucun rapport avec le texte. Le temple de Karnak est si vaste et regorge de tant de recoins surprenants qu’il nécessite à mon avis une visite intégrale pour être réellement découvert : au cours du son et lumières, on se promène dans le temple selon un parcours prédéfini, mais on ne voit qu’une partie du temple – mais reconnaissons que c’est la plus importante.
* Son & lumières de Philae : 31 €/pers., contre 55 LE l’entrée quand on se présente au guichet (comptez davantage pour vous y rendre, voir ci-dessus). Vraiment très réussi, les effets d’éclairage sont magnifiques et mettent en lumière (c’est le cas de le dire) des détails des bas-reliefs invisibles lors d’une visite diurne. Même l’approche par bateau du temple illuminé est splendide. Pour les commentaires et dialogues fictifs, la diction de Suzanne Frot est autrement plus appropriée que le ton grandiloquent adopté à Karnak.
* Visite d'Abou Simbel : le clou du spectacle, à tout point de vue ! L’ambiance s’étant quelque peu décrispée à bord, on nous a demandé si nous avions apprécié notre visite et si « ça valait le coup ». Six heures de route A/R, départ à 4h du mat’… il fallait le désirer très fort, effectivement. À 76 € par personne demandés par le TO, difficile même de dire si ça vaut la dépense, sachant qu’on reste juste deux heures sur place. Mais le « vrai » tarif est tout autre et rend l’occasion réellement immanquable : 70 LE par personne A/R pour le trajet, plus 30 LE pour l’entrée… Rien à voir pour le prix et tout à voir une fois sur place car le prix d’entrée inclut le commentaire d’un guide. L’idéal est de se présenter à la réception d’un hôtel sur le bord du Nil à Assouan, en tout petit groupe, car les organisateurs des hôtels préfèrent ne pas se fâcher avec les TO en leur faisant une concurrence directe et presque… déloyale (même si dans ce cas, il faut bien admettre que la loyauté n’est pas dans le camp des TO). Les conditions du transport étaient tout à fait correctes : mini-bus climatisé, dont le confort des sièges n’avait rien à envier à ceux des gros cars.
Tous ces tarifs ne sont pas vraiment négociables (pour une fois) ou disons plutôt qu’ils ont déjà été âprement négociés pour la partie des transports. Sachez tout de même que des tarifs encore plus avantageux sont proposés aux titulaires d’une carte internationale d’étudiant, pour les transports et pour les entrées. Pour Abou Simbel, on nous a pris pour un couple d’étudiants et nous avons eu l’A/R à 50 LE (on ne nous l’a dit qu’après). Les tarifs d’entrée pour les différents sites ne sont pas négociables (au moins, vous êtes sûr de payer le juste prix, c’est imprimé sur le ticket), mais on peut toujours trouver quelqu’un qui revend des entrées sous le manteau, surtout pour les spectacles son et lumières.
À titre indicatif, voici quelques prix « égyptiens » (par opposition aux prix touristiques) courants :
1 bouteille d’eau de source glacée d’1, 5 l : 2 LE
1 soda glacé de 33 cl : 3 LE
1 bière glacée de 50 cl : 4 LE
1 repas simple : 10 LE
1 petit sachet d’épices : 2 à 5 LE
1 bracelet « scarabée » : 1 LE
1 djellaba de faible qualité : 5 LE
1 djellaba de bonne qualité : 30 LE
1 turban (« cheich ») : 5 LE
1 tenue complète de danseuse du ventre : pas moins de 150 LE si la qualité est bonne (pour cet article, consultez une boutique en ville plutôt qu’un « souk pour touristes » en bordure d’un temple)
1 vase en albâtre (non manufacturé) : 10 LE
1 petit vase en albâtre fait main : 50 LE (ça dépend de la taille du vase, bien sûr)
1 rababa (sorte de violon typique à deux cordes) : 20 LE maximum pour un modèle solide et décoré
1 req (tambourin) : 10 à 20 LE selon la taille
1 tatouage nubien, fait dans de bonnes conditions par un(e) nubien(ne) : 20 LE
1 tatouage nubien, fait à la va-vite sur une peau non nettoyée : refusez !
1 promenade en dromadaire d’une petite demi-heure : 20 LE par personne
1 papyrus peint de la taille d’une feuille A4 : 5 LE s’il est vendu « à la sauvette », 30 LE si sa fabrication artisanale est authentifiée
1 trajet (aller simple par personne) par taxi ou calèche à l’intérieur d’une ville : 5 LE
1 trajet en felouque : 15 LE/heure/personne
Pour les trajets en taxi ou en felouque qui s’écoulent sur une demi-journée ou sur une journée, le principe est de payer pour le temps total passé avec le chauffeur, même s’il passe deux heures à vous attendre pendant que vous visitez – c’est normal, pendant ce temps-là, il ne prend pas d’autre clients (enfin, le plus souvent). Dans certains cas, il peut être plus avantageux de ne prendre qu’un aller simple si vous comptez rester longtemps et prendre une autre personne pour revenir ; insistez pour cette solution si elle vous arrange car elle n’arrange pas les égyptiens : la concurrence est si rude qu’ils préfèrent de loin suivre un client plusieurs heures qu’en suivre deux ou trois pour de petits trajets sur le même temps.
Attention : le simple fait de connaître ces tarifs et donc de se les voir appliqués n’est pas automatique. Si vous avez « une bonne tête de touriste », on ne vous fera pas de cadeau, même si vous dîtes connaître les « vrais prix », il faudra pas mal insister. Il n’est pas question ici de grappiller la moindre piastre au détriment du commerçant (la pauvreté apparente de la plupart des égyptiens devrait normalement vous en dissuader), mais de payer le « juste prix ». Ce qui ne doit pas empêcher, au contraire, d’avoir un geste de reconnaissance pour avoir été ainsi traité (si vous y êtes parvenus) « comme un égyptien ». Pensez au stylos, ils font toujours plaisir, surtout les petits Bic à l’encre colorée et parfumée pour les enfants. Acceptez de temps à autre de changer les pièces d’Euros (que les autochtones auront collectées en pourboires) en LE, ou en billets d’Euros si vous en avez : ça ne coûte rien (si vous vérifiez le taux de change : 1 € = 7, 75 LE) et ça leur rend bien service.
Quelques derniers petits trucs pour la route : pensez à un chapeau qui couvre bien la tête et la nuque, c’est très efficace contre la chaleur, un petit éventail dans les petites salles non ventilées des temples où il est impossible de tenir plus de quelques minutes s’il y a du monde (et c’est bien dommage – les plus belles mais aussi les plus pénibles sur ce plan sont les salles latérales des temples d’Abou Simbel) et un sac thermos qui peut tenir une bouteille d’1, 5 l en bandoulière, vous apprécierez d’en avoir toujours une avec vous, puisqu’on peut aussi en acheter presque partout. Et… chose appréciable : les prises et puissances de courant sont les mêmes qu’en France, aucun problème donc pour brancher votre chargeur de mobile, d’appareil photos, votre rasoir ou votre sèche-cheveux.
Bon, tout ça fait un peu inventaire d’infos et de souvenirs froids… Il nous faut donc préciser, si ça n’était pas assez clair, qu’on a vraiment adoré notre séjour, qu’en une semaine, on a vécu cent mille choses différentes, qu’on a autant été éblouis par les sites grandioses qu’on y a découvert qu’on a été marqués par les formidables rencontres qu’on y a faites ! Nous rentrons le cœur léger, avec la certitude d’y retourner un jour, car désormais, des images et des hommes de la belle Égypte habitent notre esprit. C’est sûr, la vie d’ici nous rattrapera… Nous relirons alors ce texte avec plaisir.
Bonnes vacances, bons rêves !!
En direct d'Inde - Acte I (Rajasthan & Delhi) English translation pending
Namaste,
Ca y est me voila a Delhi... je vais faire bref pour profiter au maximum de tout ca...
juste une impression : arrivee tardive hier soir, toutes ces vaches sur la route vu du taxi, et encore plus nombreux, les rickshaws wallahs qui dorment dans leur gagne pain... Et la ce matin, decouvrir la vie grouillante des rues de Delhi.... le pied !
Bisous a vous tous, A bientot
Modification de Novembre 2005 : J'ai rajouté à la fin de la discussion, l'intégrale du récit, avec accents, après correction des fautes et suppression des codes diverses apparus dans les cyber-cafés indiens... cela perd de son charme mais pour ceux qui le découvre maintenant c'est plus agréable à lire... Pour ceux qui seraient interressés, je viens de publier l'intégrale de mon carnet de route illustré des croquis & aquarelles faits sur le vif... (visible ici)
Ca y est me voila a Delhi... je vais faire bref pour profiter au maximum de tout ca...
juste une impression : arrivee tardive hier soir, toutes ces vaches sur la route vu du taxi, et encore plus nombreux, les rickshaws wallahs qui dorment dans leur gagne pain... Et la ce matin, decouvrir la vie grouillante des rues de Delhi.... le pied !
Bisous a vous tous, A bientot
Modification de Novembre 2005 : J'ai rajouté à la fin de la discussion, l'intégrale du récit, avec accents, après correction des fautes et suppression des codes diverses apparus dans les cyber-cafés indiens... cela perd de son charme mais pour ceux qui le découvre maintenant c'est plus agréable à lire... Pour ceux qui seraient interressés, je viens de publier l'intégrale de mon carnet de route illustré des croquis & aquarelles faits sur le vif... (visible ici)
Vos plus beaux portraits English translation pending
Vos plus beaux portraits ...
Je commence ...
Pak. = Pakistanais photographiés au nord Pakistan
Xin = Hommes et femmes Ouïghours du Xin-Jiang
Je commence ...
Pak. = Pakistanais photographiés au nord Pakistan
Xin = Hommes et femmes Ouïghours du Xin-Jiang
Inde du Nord (Rajasthan) - Novembre 2000 English translation pending
Voici quelques infos pratiques concernant un voyage de 4 semaines au Rajasthan en Novembre 2000 (ça date un peu ...). Voyage en couple, en individuel et en itinérant. Sauf pour les hôtels, les prix indiqués sont toujours par personne.
Je répondrai avec plaisir à toutes vos questions complémentaires.
NOTRE PERIPLE EN 4 SEMAINES : (nous avons couvert ce programme sans jamais courir)
Mer 1er/11/2000 : vol Paris --> New Dehli (avion - 3 900 F l'A/R) - Nuit à New Dehli Jeu : New Dehli (prise de contact - résa du train Shatabdi Express pour Agra - Main Bazar) - Nuit à New Dehli Ven : Train pour Agra (2h - 10$ - voir § transport) - Fathepur Skiri (1h de bus = 17 Rs) - Taj Mahal (gratuit le vendredi - profitons-en !) au coucher du soleil - Nuit à Agra Sam : Taj Mahal - Tombeau d'Akbar à Sikandara - Fort Rouge - Journée coûteuse mais inoubliable - Nuit à Agra Dim : Bus pour Jaipur (5h - 117 Rs) - Palais des Vents (Hawa Mahal) - Nuit à Jaipur Lun : Rickshaw à la journée (300 Rs) pour les environs de Jaipur : Cénotaphes de Gaïtor - Amber Palace - Fort de Jaigarh - Temple de Shiromani - Nuit à Jaipur Mar : Jaipur : City Palace - Observatoire - Nuit à Jaipur Mer : Bus pour Ajmer (3h - 66 Rs) - Bus pour Pushkar (1/2 h - 7 Rs) - Foire de Puskar - Nuit à Pushkar Jeu : Pushkar : la foire et la ville - Nuit à Pushkar Ven : Bus pour Udaipur (7h30- 150 Rs) - Nuit à Udaipur Sam : Udaipur : City Palace - Marché tibétain - Nuit à Udaipur Dim : Bus A/R pour Chittorgarh (2X 2h - 45 Rs par voyage) - Nuit à Udaipur Lun : En voiture avec chauffeur (3, 75 Rs/km - je n'ai pas noté le coût total ... dommage ...- voir § transport) : Ranakpur - Kumbhalgarh - Eklingji - Nuit à Udaipur Mar : Bus pour Abu Road (6h - 62 Rs) - Bus pour Mount Abu (1h - 13 Rs) - nuit à Mount Abu Mer : Mount Abu : temples jaïns de Delwara - Nuit à Mount Abu Jeu : Bus pour Jodhpur (6h30 - 130 Rs) - Nuit à Jodhpur Ven : Jodhpur : Fort Mehrangarh - Clock Tower - Marché - Nuit à Jodhpur Sam : En jeep (1/2 journée - 400 Rs - voir § transport) : villages bishnois - Nuit à Jodhpur Dim : Bus pour Jaisalmer (5h prévues - 7h30 avec la panne ... - 100 Rs) - Nuit à Jaisalmer Lun : Jaisalmer : Citadelle - Ville haute - Temples jaïns - Ville basse - Havelis - Nuit à Jaisalmer Mar : En jeep (1/2 journée - 750 Rs - voir § transport) - Safari dans le désert : Cénotaphes - temples jaïns, village médiéval - Dunes de Khuri et tour à dos de chameau ... - Nuit à Jaisalmer Mer : Bus pour Bikaner (10h - 150 Rs) - Beaux paysages en route - Nuit à Bikaner Jeu : Bus A/R pour Deshnoke (2X1h - 13 Rs par voyage) - Bikaner : Junagarth Fort - Vieille ville - Temples jaïns - Nuit à Bikaner Ven : En voiture privée (nous profitons d'une opportunité - 4h - voir § transport) pour Mandawa - Nuit à Mandawa Sam : En jeep (1/2 journée - 300 Rs) : Shekhawati - Nuit à Mandawa Dim : Jeep-taxi pour Junjunhu (1h - 10 Rs) - Bus pour Dehli (6h - 100 Rs) - Nuit à New Dehli Lun : New Dehli : Tombeaux de Nizamuddin - Nuit à New Dehli Mar 28/11/2000 : Avion pour Paris ....... les meilleures choses ont une fin .......
BUDGET :
L'Euro n'était pas encore d'actualité. En Novembre 2000, 1F = 6 Roupies ; 10 Rs = 1, 74 F Niveau de vie très peu élevé.
TRANSPORT :
1. Vols Billets achetés auprès de Voyageurs du Monde (Jagmohan SHARMA 01.42.86.17.33) : http://www.vdm.com/vdm/index.asp - 3, 5 mois à l'avance. Vol Air France/Air India - direct - arrivée à New Dehli à 23h - Prix : 3900 F l'AR
2. Sur place New Dehli - Agra : train Shatabdi Express - 10$ via une agence locale - Je pense qu'on s'est fait arnaquer 😕 comme des bleus ! Quand on a demandé au rickshaw de nous déposer à la gare, il a pretexté qu'il n'y avait plus de train pour Agra et nous a déposé dans une agence qui nous a vendu un billet de train pour le surlendemain ... Soyez plus méfiants que nous ....😉 Départ à 6h00 - durée : 2 heures -
Pour tout le reste, nous avons privilégié le bus au train ... sans vraiment de raison, ça s'est fait comme ça ... Les bus sont fréquents, facile d'utilisation, et partent à l'heure. Deluxe (siège individuel) ou express (banquette), nous avons toujours voyagé assis - confort simple - Nous achetions nos billets le jour même, au guichet ou directement dans le bus. Les trajets sont longs et épuisants mais donnent l'occasion d'approcher les locaux, de s'arrêter dans les villages de campagne, de manger au coin d'une route ... Ces transferts restent parmi mes plus forts souvenirs 🙂 ! Pour les grands transferts, il est prudent d'y consacrer la journée sans espérer visiter quoi que ce soit à l'arrivée. Nous avons souffert de 2 pannes : tout le monde descend sur le bas côté et attend le prochain bus qui ne tarde généralement pas à arriver ... seul ennui : on est alors 2 fois plus nombreux dans le même espace 🤪 !!
Autour d'Udaipur : location d'une voiture avec chauffeur - Ambassador non A/C pour 1 journée, négociée à 3, 75 Rs/km - apporte souplesse et confort lors de l'excursion : possibilité de s'arrêter en pleine campagne pour faire des photos notamment ...
Jeep avec chauffeur : villages bishnois - 1/2 journée - Agence Poly Travel à Jodhpur - 400 Rs / p
Jeep avec chauffeur : safari dans le désert aux environs de Jaisalmer -1/2 journée + camel ride - Agence Satyam Tours - 750 Rs / p
Voiture privée ... le transfert Bikaner-Mandawa s'est fait avec un Indien qui rentrait à Dehli et nous a proposé de nous déposer, pour le prix du bus ....
Rickshaws : de 10 à 40 Rs la course.
HEBERGEMENT :
Les prix indiqués sont par nuit (pour nous 2), généralement hors petit déjeuner. A la descente du bus, des auto rickshaws attendent le touriste. Ils sont nombreux, les touristes rares .... d'où une certaine frénésie ... Il vaut donc mieux savoir où l'on veut aller avant d'arriver et réclamer fermement d'y être emmenés même si le rickshaw wallah vous assure que c'est fermé, que c'est trop cher, qu'il connait qqchose de mieux .... Cela dit, la fermeté et la gentillesse paient : il n'y a jamais d'embrouille après s'être mis d'accord (sur la destination et le prix).
Nous recherchons toujours des hôtels de petite taille, typique, avec du charme ; à défaut, on veut au minimum avoir des sanitaires privés, draps et couvertures (nous voyageons sans sac de couchage). Nous n'avons jamais eu de problèmes pour trouver. Généralement, on faisait notre sélection dans le bus avant d'arriver (Lonely Planet et Guide du Routard).
New Dehli : nuit du 1er nov réservée auprès de Voyageurs du Monde : Connaught Palace - 820 F - Petit déj buffet inclus - Super mais ... cher.
nuit du 2 : Sun Star Residency - 2400 Rs (CB) - un certain charme mais bruyant et sentant la fumée (dans les rideaux ou par le clim ...?)
nuit des 26 et 27 : Hotel Marina (ref LP et GR) - 3100 Rs (CB) - sur Connaught Circus - simple - petit dej inclus - bonne adresse -
Agra : Hotel Atithi (ref LP) - 2000 Rs (CB) - bien situé à 1km du Taj - chambre spacieuse mais sanitaires très vieillots - bonne adresse
Jaipur : Hotel Meghniwas (ref LP et GR) - 1100 Rs (CB) - calme, jardin, piscine propre - loin de la ville - sans charme - sombre
Pushkar : JP's Village Resort (ref LP) - 117 $ (n'accepte pas la CB) - réservé par mail depuis la France - Une véritable arnaque !!! Très loin du centre (et pas de rickshaw - taxi obligatoire qui réclame 100 Rs !!) - pas du tout au niveau du prix ! piscine boueuse impratiquable (à mon avis depuis des années, vu son état !) - sanitaires privés très sommaires - volonté de décoration typique mais effet raté - A FUIR
😠 !!! Cela dit, attention en période de foire, il vaut mieux réserver. Mais pas chez JP !
Udaipur : Hotel Caravanserai (ref LP) - 800 Rs (n'accepte pas la CB) - très bien situé - superbe vue sur le lac - propre et spacieux - accueil convivial - une EXCELLENTE ADRESSE 🙂. Notre meilleur rapport qualité/prix.
Mount Abu : Hotel Hilltone (ref LP) - 1675 Rs (CB) - calme, sympa - chambre très agréable et bon restau - vraie belle piscine
Jodhpur : Ajit Bhawan (ref LP et GR) - 3000 Rs (CB) - le COUP de COEUR 🙂🙂 du voyage - superbe grande chambre, décorée avec soin et originalité, salle de bain impeccable - grand jardin - piscine avec noria et arcades - beaucoup de charme - petit dej buffet à 200 Rs
Jaisalmer : Rang Mahal (ref LP) - 2900 Rs (CB) - manque d'ambiance - moderne et froid - à l'écart de la ville - belle piscine -
Bikaner : Hotel Sagar (ref LP et GR) - 1200 Rs (CB) - patron charmant et restau EXCELLENT mais chambre décrépie ...
Mandawa : The Desert Resort (ref LP et GR) - 3000 Rs (CB) - superbe complexe 🙂 de petits bungalows en terre battue - propre, soigné, bien entretenu et décoré avec beaucoup de goût - au milieu du désert, calme - excentré -
REPAS :
dans la rue : 1 coca = 10 Rs - 1 l d'eau (Bisleri) = 13 Rs ; 2 litres = 17 Rs - 1 samossa = 3 Rs - 1 kg de bananes = 10 à 12 Rs (1 Rs la banane) - 1 lassi au Lassiwala de Jaipur (ref GR) : 10 Rs le petit, 20 le grand ! délicieux et inouliable !
au restau : 1 chapati = 3 Rs - 1 nan = 10 Rs - 1 dal fry = 25 Rs - 1 plain rice = 18 Rs - 1 repas (1 plat + 1 raïta + 1 nan + 1 coca et du riz bien sûr) = moins de 90 Rs, 40 à 45 Rs pour 1 repas végétarien - 1 repas dans un restau "chic" = envciron 250 Rs
SITES :
Fathepur Skiri - Mosquée : gratuite - Palais : 10$ - superbe site où nous avons passé plus de 3 heures - belle couleur rouge
Agra - Taj Mahal (gratuit le vendredi sinon 20$, évidemment c'est très cher mais ça les mérite) - y aller tôt pour profiter du site à la fraîche et au calme -à partir de 8h30, beaucoup de touristes indiens - les saris colorés ressortent sur le marbre blanc - effet superbe ! nous y avons passé 5 heures.
Agra - Fort Rouge (10$) Grandiose - 1 après-midi pour Sikandara et Fort Rouge
Sikandara - Tombeau d'Akbar (5$) - Belles mosaïques -
Jaipur - Hawa Mahal (2Rs + 30/app photos) - nous retrouvons des prix raisonnables - l'appareil photo est toujours taxé (20 à 30 Rs généralement), le caméscope également (100 Rs généralement) - très beau palais qui se visite assez rapidement.
Gaïtor - Cénotaphes (10 Rs/app ph) - Superbement sculptés - visite à ne pas rater !
Jaipur - Amber Palace (50 Rs + 25/app ph) - Vieillit : la pierre noircit - après les merveilles précédentes, on est un peu déçu par ce palais
Fort de Jaigarh (20 Rs + 20/app ph) - peu d'intérêt ...
Jaipur - Shiromani Temple - à côté de l'Amber Palace - Superbe temple hindou qui nous a beaucoup plu (d'autant que c'était le premier que l'on voyait).
Pushkar : foire bruyante, poussiéreuse, colorée et chaleureuse. Beaucoup de touristes. Beaucoup d'Indiens aussi et beaucoup de chameaux - Amateurs de photos, c'est le lieu idéal pour les portraits ! Les turbans sont colorés, les visages tanés et expressifs, l'environnement est magnifique ... - Par ailleurs, en dehors de la foire, la ville aussi vaut la visite : ville sainte près d'un lac très agréable où il fait bon flâner - Ghats (escaliers descendant vers l'eau) impressionnants (photo interdite). C'est une journée hors du temps ...
Udaipur - City Palace (40 Rs + 75 Rs/app ph) - ràs -
Chittorgarh : nous avons fait cette excursion en bus dans la journée. Nous sommes partis à 6h00. Arrivés à Chittorgarh à 8h00 - Rickshaw pour la visite complète négocié à 150 Rs - 4 heures de visite (+ 50 Rs l'entrée du site) - Vestiges extraordinaires - sculptures très fines - temples superbes - un des plus beaux sites du voyage.
Ranakpur (40 Rs/app ph) - Extraordinaire ! A ne surtout pas rater - Temples jaïns - Forêt de piliers de marbre blanc finement ciselé.
Kumbhalgarh : 36 km de remparts à travers les monts Arawelli - Après Ranakpur, on passe de la finesse au gigantisme ! Ranakpur et Kumbhalgarh justifient une petite journée depuis Udaipur.
Eklingji : temple en activité près d'Udaipur - bôf ... on peut s'en passer ....
Mount Abu : petite ville autour d'un lac - ambiance quasi balnéaire ... - Temples de Delwara : gratuit, photo interdite - plus petit que Ranakpur mais d'une plus grande finesse encore.
Jodhpur - Fort Mehrangarh (50 Rs + 50 Rs/App ph) : absolument superbe, domine la ville bleue de Jodhpur - le plus beau palais qu'on ait vu, agréablement transformé en musée.
Jodhpur - le marché : authentique, peu de touristes, haut en couleurs et vivant.
Environs de Jodhpur - villages bishnois : visite sympa (1 après midi) d'une communauté végétarienne qui respecte 29 principes (dont celui de respecter encore plus qu'ailleurs les animaux) - Intéressant certes, mais rien de vraiment différent de ce que l'on voit en prenant le bus tous les 2-3 jours .... A mon avis, cette excursion s'adresse davantage aux tours organisés qui n'approchent pas la campagne autrement ... Pour ceux qui ont des contraintes de temps ou de budget, je conseille l'impasse ....
Jaisalmer : ma ville préférée, calme, paisible, aux couleurs chaudes et douces du désert, propre, moins polluée que d'autres ... Temples jaïns coincés dans la ville. Jolis mais après Ranakpur et Mount Abu, on devient exigeant ... Jolies havelis (anciennes maisons de riches marchands, aux balcons ciselés et aux façades couvertes de décorations peintes)
Jaisalmer : safari dans le désert - Vraiment sympa, le désert est magnifique, les sites visités sont intéressants (surtout de par leur situation) - Le tour à dos de chameau nous a bien amusés ... bon, d'accord, c'est un peu tourisitique ... On avait chacun son chameau et son guide (sur le chameau), ce qui a permis un peu d'allure (amis cavaliers, c'est le moment de montrer que vous avez de l'assiette !) et même de faire la course !! On termine cette balade aux dunes de Khuri pour y attendre le coucher de soleil ... On n'y est pas seuls .... Un après-midi agréable et ludique. On a décliné le diner foklorique avec danses et musiques indiennes (ça nous a paru trop touristique et d'une qualité moyenne). Nous avons préféré retourner diner au restaurant très agréable The Trio de Jaisalmer.
Environs de Bikaner - temple de Deshnoke où les rats sont vénérés (phobiques, abstenez-vous !). Comme tous les temples, celui-ci se visite pieds nus ... pensez donc à apporter une paire de chaussettes si vous redoutez de voir les rats vous grimper sur les orteils ... ils sont hardis ! Ce temple n'a d'intérêt que ces rats. Si vous les supportez, c'est incroyable et ça mérite les 2 heures de bus ! Cette excursion prend 1 matinée.
Bikaner - Fort Junagarth (50 Rs) : bonne surprise à l'intérieur, plafond de bois sculpté, murs peints. Ambiance chaude. Belles havelis en ville
Mandawa : petit village du Shekhawati, pas de rickshaws ... à visiter à pied (1/2 journée) pour ses havelis
Shekhawati : Fort-hôtel de Mukundgarh (50 Rs) : on paie -cher, en plus !- pour visiter un hôtel totalement décrépi sans aucun intérêt ! Dundlod Castle (10 Rs), pas mal - Nawalgarh et ses havelis - Cette matinée de visite, qui nécessite la location d'une jeep, n'est pas indispensable ... on peut se contenter de la visite de Mandawa, par soi-même, ce que nous avons fait l'après-midi. Le Shekhawati présente un visage de l'Inde moins touristique, désertique, rural et rustique. Chameaux et ânes omniprésents, pas de voiture, routes en terre battue parfois complètement ensablées ...
New Dehli : la fin proche du voyage, une bonne turista pour moi, la pluie, la fatigue après 1 mois de pérégrinations et le prix exhorbitant des monuments de New Dehli nous ont amenés à limiter nos visites ... Tombeaux de Nizamuddin (je n'ai plus le prix), pieds nus sous la pluie, drôle d'ambiance ...
Quelques remarques :
Les Indiens ont le sens du service ... rémunéré. Tout est sujet à pourboire. Il faut donc avoir en permanence dans sa poche quelques roupies à distribuer ... il faut comprendre et accepter ce principe pour bien le vivre.
A propos des ennuis de santé : rien de méchant. Seule précaution à laquelle on ne déroge jamais : l'eau en bouteille. Pour le reste, on ne s'est privé de rien ... mais progressivement ... ni de se laver les dents à l'eau du robinet, ni des fruits, ni des glaçons, ni de manger n'importe quoi n'importe où ... Un Coca (potion magique du voyageur) par jour pour désinfecter. Cela dit, nous n'y avons pas échappé : Philippe a eu un petit coup de fatigue au milieu du voyage et j'ai eu une bonne tourista à la fin. Ercefuryl et Imodium ont tout réglé aussitôt.
Transports locaux ou voiture avec chauffeur ? : nous avions beaucoup hésité lors de la préparation du voyage, pour finalement choisir les transports locaux. Sur place, nous avons utilisé une voiture avec chauffeur pour une excursion. Certes, c'est plus confortable, plus souple, plus facile, ... mais ce n'est plus le même voyage. On devient spectateur, alors qu'en bus, on partage, on fait partie de la pièce ... Je ne regrette vraiment pas mon choix. Les souvenirs rapportés valent bien un peu d'inconfort.
Le climat en Novembre était ensoleillé, chaud sans être caniculaire, sec. Un peu plus frais en fin de mois. L'équivalent chez nous d'un 15 Août - 15 Septembre (quand la saison est belle !).
Pour nous aider dans notre voyage, nous avions 3 guides. Pour assurer la logistique : Guide du Routard et Lonely Planet (sur place, nous avons, cette fois, préféré le GR) ; pour les commentaires plus culturels sur les sites, le Guide Bleu. Nécessaire et suffisant.
On a beaucoup aimé : 🙂
Les balades en ville sont assez fatigantes en raison des longues distances, de la chaleur, des rickshaws qui raccolent, de la pollution, du bruit ...Néanmoins, le spectacle de la rue est inoubliable et en fait oublier toutes ces difficultés ! Jaisalmer et Jodhpur sont les villes les plus agréables.
Les voyages en bus qui nous permettaient, le temps d'un transfert, de partager totalement la vie des locaux.
La gentillesse des Indiens, leur sourire, la variété des couleurs des saris, tous plus beaux et plus éclatants les uns que les autres, les photos faciles ... Les Indiens et les Indiennes adorent se faire photographier. Nous n'avons essuyé aucun refus et n'avons jamais eu à payer la photo (pratique que, par principe, je refuse). Quelques-uns nous ont demandé de leur envoyer la photo, ce qu'on a fait bien volontiers !...
Les vaches dans les rues et d'une façon générale, le respect des Indiens envers les animaux.
La nourriture, végétarienne la plupart du temps, variée, épicée sans être trop pimentée.
Au niveau des sites, les temples jaïns de Ranakpur et Mount Abu ont eu ma préférence ... Le Taj Mahal est hors compétition.
On a moins aimé ... : 😕
La nuée de rabatteurs en rickshaws qui vous assaille à l'arrivée du bus (parfois après 10 h de voyage) ... cela dit, il y a de l'effervescence mais jamais d'agressivité.
En ville, les rickshaws raccolent énormément et resteront à vos côtés si vous avez décidé de vous balader à pied dans la ville ... jusqu'à ce que vous cédiez ... Ca rend les balades parfois lourdes ...
Les Sikhs (on les reconnait facilement à leur turban savamment enroulé). Les seuls à ne pas sourire ...
Après les monuments spectaculaires du sud, nous avons été un peu déçus par les havélis du Shekhawati. Mais ça, c'est affaire de goût ...
Conclusion : 🙂🙂🙂
L'Inde est un merveilleux voyage qui mérite, peut-être plus que tout autre, qu'on lui consacre du temps. Le temps de perdre ses repères d'Occidentaux, le temps d'en trouver d'autres, le temps de se laisser imprégner des ambiances, le temps de voyager en individuel ....Le voyage organisé n'apporte absolument pas la même vision du pays que le voyage individuel. Ici, le partage, ou tout au moins l'approche du mode de vie local est tout aussi (certains diraient même plus) important que l'aspect culturel, lui même très riche. Je suis venue en Inde pour voir des temples, j'ai maintenant envie d'y retourner pour retrouver les Indiens !
Même si l'Inde a depuis toujours fait partie de nos rêves de voyage, nous avons attendu d'être prêts et aguerris avant de l'entreprendre ... C'est un voyage fort où l'on perd totalement ses marques. On y côtoie une misère qu'il faut être prêt à supporter ...
C'est, à ce jour, le voyage qui m'a le plus marquée, qui m'a laissé le plus grand nombre d'impressions fortes. J'y retournerai. 🙂
NOTRE PERIPLE EN 4 SEMAINES : (nous avons couvert ce programme sans jamais courir)
Mer 1er/11/2000 : vol Paris --> New Dehli (avion - 3 900 F l'A/R) - Nuit à New Dehli Jeu : New Dehli (prise de contact - résa du train Shatabdi Express pour Agra - Main Bazar) - Nuit à New Dehli Ven : Train pour Agra (2h - 10$ - voir § transport) - Fathepur Skiri (1h de bus = 17 Rs) - Taj Mahal (gratuit le vendredi - profitons-en !) au coucher du soleil - Nuit à Agra Sam : Taj Mahal - Tombeau d'Akbar à Sikandara - Fort Rouge - Journée coûteuse mais inoubliable - Nuit à Agra Dim : Bus pour Jaipur (5h - 117 Rs) - Palais des Vents (Hawa Mahal) - Nuit à Jaipur Lun : Rickshaw à la journée (300 Rs) pour les environs de Jaipur : Cénotaphes de Gaïtor - Amber Palace - Fort de Jaigarh - Temple de Shiromani - Nuit à Jaipur Mar : Jaipur : City Palace - Observatoire - Nuit à Jaipur Mer : Bus pour Ajmer (3h - 66 Rs) - Bus pour Pushkar (1/2 h - 7 Rs) - Foire de Puskar - Nuit à Pushkar Jeu : Pushkar : la foire et la ville - Nuit à Pushkar Ven : Bus pour Udaipur (7h30- 150 Rs) - Nuit à Udaipur Sam : Udaipur : City Palace - Marché tibétain - Nuit à Udaipur Dim : Bus A/R pour Chittorgarh (2X 2h - 45 Rs par voyage) - Nuit à Udaipur Lun : En voiture avec chauffeur (3, 75 Rs/km - je n'ai pas noté le coût total ... dommage ...- voir § transport) : Ranakpur - Kumbhalgarh - Eklingji - Nuit à Udaipur Mar : Bus pour Abu Road (6h - 62 Rs) - Bus pour Mount Abu (1h - 13 Rs) - nuit à Mount Abu Mer : Mount Abu : temples jaïns de Delwara - Nuit à Mount Abu Jeu : Bus pour Jodhpur (6h30 - 130 Rs) - Nuit à Jodhpur Ven : Jodhpur : Fort Mehrangarh - Clock Tower - Marché - Nuit à Jodhpur Sam : En jeep (1/2 journée - 400 Rs - voir § transport) : villages bishnois - Nuit à Jodhpur Dim : Bus pour Jaisalmer (5h prévues - 7h30 avec la panne ... - 100 Rs) - Nuit à Jaisalmer Lun : Jaisalmer : Citadelle - Ville haute - Temples jaïns - Ville basse - Havelis - Nuit à Jaisalmer Mar : En jeep (1/2 journée - 750 Rs - voir § transport) - Safari dans le désert : Cénotaphes - temples jaïns, village médiéval - Dunes de Khuri et tour à dos de chameau ... - Nuit à Jaisalmer Mer : Bus pour Bikaner (10h - 150 Rs) - Beaux paysages en route - Nuit à Bikaner Jeu : Bus A/R pour Deshnoke (2X1h - 13 Rs par voyage) - Bikaner : Junagarth Fort - Vieille ville - Temples jaïns - Nuit à Bikaner Ven : En voiture privée (nous profitons d'une opportunité - 4h - voir § transport) pour Mandawa - Nuit à Mandawa Sam : En jeep (1/2 journée - 300 Rs) : Shekhawati - Nuit à Mandawa Dim : Jeep-taxi pour Junjunhu (1h - 10 Rs) - Bus pour Dehli (6h - 100 Rs) - Nuit à New Dehli Lun : New Dehli : Tombeaux de Nizamuddin - Nuit à New Dehli Mar 28/11/2000 : Avion pour Paris ....... les meilleures choses ont une fin .......
BUDGET :
L'Euro n'était pas encore d'actualité. En Novembre 2000, 1F = 6 Roupies ; 10 Rs = 1, 74 F Niveau de vie très peu élevé.
TRANSPORT :
1. Vols Billets achetés auprès de Voyageurs du Monde (Jagmohan SHARMA 01.42.86.17.33) : http://www.vdm.com/vdm/index.asp - 3, 5 mois à l'avance. Vol Air France/Air India - direct - arrivée à New Dehli à 23h - Prix : 3900 F l'AR
2. Sur place New Dehli - Agra : train Shatabdi Express - 10$ via une agence locale - Je pense qu'on s'est fait arnaquer 😕 comme des bleus ! Quand on a demandé au rickshaw de nous déposer à la gare, il a pretexté qu'il n'y avait plus de train pour Agra et nous a déposé dans une agence qui nous a vendu un billet de train pour le surlendemain ... Soyez plus méfiants que nous ....😉 Départ à 6h00 - durée : 2 heures -
Pour tout le reste, nous avons privilégié le bus au train ... sans vraiment de raison, ça s'est fait comme ça ... Les bus sont fréquents, facile d'utilisation, et partent à l'heure. Deluxe (siège individuel) ou express (banquette), nous avons toujours voyagé assis - confort simple - Nous achetions nos billets le jour même, au guichet ou directement dans le bus. Les trajets sont longs et épuisants mais donnent l'occasion d'approcher les locaux, de s'arrêter dans les villages de campagne, de manger au coin d'une route ... Ces transferts restent parmi mes plus forts souvenirs 🙂 ! Pour les grands transferts, il est prudent d'y consacrer la journée sans espérer visiter quoi que ce soit à l'arrivée. Nous avons souffert de 2 pannes : tout le monde descend sur le bas côté et attend le prochain bus qui ne tarde généralement pas à arriver ... seul ennui : on est alors 2 fois plus nombreux dans le même espace 🤪 !!
Autour d'Udaipur : location d'une voiture avec chauffeur - Ambassador non A/C pour 1 journée, négociée à 3, 75 Rs/km - apporte souplesse et confort lors de l'excursion : possibilité de s'arrêter en pleine campagne pour faire des photos notamment ...
Jeep avec chauffeur : villages bishnois - 1/2 journée - Agence Poly Travel à Jodhpur - 400 Rs / p
Jeep avec chauffeur : safari dans le désert aux environs de Jaisalmer -1/2 journée + camel ride - Agence Satyam Tours - 750 Rs / p
Voiture privée ... le transfert Bikaner-Mandawa s'est fait avec un Indien qui rentrait à Dehli et nous a proposé de nous déposer, pour le prix du bus ....
Rickshaws : de 10 à 40 Rs la course.
HEBERGEMENT :
Les prix indiqués sont par nuit (pour nous 2), généralement hors petit déjeuner. A la descente du bus, des auto rickshaws attendent le touriste. Ils sont nombreux, les touristes rares .... d'où une certaine frénésie ... Il vaut donc mieux savoir où l'on veut aller avant d'arriver et réclamer fermement d'y être emmenés même si le rickshaw wallah vous assure que c'est fermé, que c'est trop cher, qu'il connait qqchose de mieux .... Cela dit, la fermeté et la gentillesse paient : il n'y a jamais d'embrouille après s'être mis d'accord (sur la destination et le prix).
Nous recherchons toujours des hôtels de petite taille, typique, avec du charme ; à défaut, on veut au minimum avoir des sanitaires privés, draps et couvertures (nous voyageons sans sac de couchage). Nous n'avons jamais eu de problèmes pour trouver. Généralement, on faisait notre sélection dans le bus avant d'arriver (Lonely Planet et Guide du Routard).
New Dehli : nuit du 1er nov réservée auprès de Voyageurs du Monde : Connaught Palace - 820 F - Petit déj buffet inclus - Super mais ... cher.
nuit du 2 : Sun Star Residency - 2400 Rs (CB) - un certain charme mais bruyant et sentant la fumée (dans les rideaux ou par le clim ...?)
nuit des 26 et 27 : Hotel Marina (ref LP et GR) - 3100 Rs (CB) - sur Connaught Circus - simple - petit dej inclus - bonne adresse -
Agra : Hotel Atithi (ref LP) - 2000 Rs (CB) - bien situé à 1km du Taj - chambre spacieuse mais sanitaires très vieillots - bonne adresse
Jaipur : Hotel Meghniwas (ref LP et GR) - 1100 Rs (CB) - calme, jardin, piscine propre - loin de la ville - sans charme - sombre
Pushkar : JP's Village Resort (ref LP) - 117 $ (n'accepte pas la CB) - réservé par mail depuis la France - Une véritable arnaque !!! Très loin du centre (et pas de rickshaw - taxi obligatoire qui réclame 100 Rs !!) - pas du tout au niveau du prix ! piscine boueuse impratiquable (à mon avis depuis des années, vu son état !) - sanitaires privés très sommaires - volonté de décoration typique mais effet raté - A FUIR
😠 !!! Cela dit, attention en période de foire, il vaut mieux réserver. Mais pas chez JP ! Udaipur : Hotel Caravanserai (ref LP) - 800 Rs (n'accepte pas la CB) - très bien situé - superbe vue sur le lac - propre et spacieux - accueil convivial - une EXCELLENTE ADRESSE 🙂. Notre meilleur rapport qualité/prix.
Mount Abu : Hotel Hilltone (ref LP) - 1675 Rs (CB) - calme, sympa - chambre très agréable et bon restau - vraie belle piscine
Jodhpur : Ajit Bhawan (ref LP et GR) - 3000 Rs (CB) - le COUP de COEUR 🙂🙂 du voyage - superbe grande chambre, décorée avec soin et originalité, salle de bain impeccable - grand jardin - piscine avec noria et arcades - beaucoup de charme - petit dej buffet à 200 Rs
Jaisalmer : Rang Mahal (ref LP) - 2900 Rs (CB) - manque d'ambiance - moderne et froid - à l'écart de la ville - belle piscine -
Bikaner : Hotel Sagar (ref LP et GR) - 1200 Rs (CB) - patron charmant et restau EXCELLENT mais chambre décrépie ...
Mandawa : The Desert Resort (ref LP et GR) - 3000 Rs (CB) - superbe complexe 🙂 de petits bungalows en terre battue - propre, soigné, bien entretenu et décoré avec beaucoup de goût - au milieu du désert, calme - excentré -
REPAS :
dans la rue : 1 coca = 10 Rs - 1 l d'eau (Bisleri) = 13 Rs ; 2 litres = 17 Rs - 1 samossa = 3 Rs - 1 kg de bananes = 10 à 12 Rs (1 Rs la banane) - 1 lassi au Lassiwala de Jaipur (ref GR) : 10 Rs le petit, 20 le grand ! délicieux et inouliable !
au restau : 1 chapati = 3 Rs - 1 nan = 10 Rs - 1 dal fry = 25 Rs - 1 plain rice = 18 Rs - 1 repas (1 plat + 1 raïta + 1 nan + 1 coca et du riz bien sûr) = moins de 90 Rs, 40 à 45 Rs pour 1 repas végétarien - 1 repas dans un restau "chic" = envciron 250 Rs
SITES :
Fathepur Skiri - Mosquée : gratuite - Palais : 10$ - superbe site où nous avons passé plus de 3 heures - belle couleur rouge
Agra - Taj Mahal (gratuit le vendredi sinon 20$, évidemment c'est très cher mais ça les mérite) - y aller tôt pour profiter du site à la fraîche et au calme -à partir de 8h30, beaucoup de touristes indiens - les saris colorés ressortent sur le marbre blanc - effet superbe ! nous y avons passé 5 heures.
Agra - Fort Rouge (10$) Grandiose - 1 après-midi pour Sikandara et Fort Rouge
Sikandara - Tombeau d'Akbar (5$) - Belles mosaïques -
Jaipur - Hawa Mahal (2Rs + 30/app photos) - nous retrouvons des prix raisonnables - l'appareil photo est toujours taxé (20 à 30 Rs généralement), le caméscope également (100 Rs généralement) - très beau palais qui se visite assez rapidement.
Gaïtor - Cénotaphes (10 Rs/app ph) - Superbement sculptés - visite à ne pas rater !
Jaipur - Amber Palace (50 Rs + 25/app ph) - Vieillit : la pierre noircit - après les merveilles précédentes, on est un peu déçu par ce palais
Fort de Jaigarh (20 Rs + 20/app ph) - peu d'intérêt ...
Jaipur - Shiromani Temple - à côté de l'Amber Palace - Superbe temple hindou qui nous a beaucoup plu (d'autant que c'était le premier que l'on voyait).
Pushkar : foire bruyante, poussiéreuse, colorée et chaleureuse. Beaucoup de touristes. Beaucoup d'Indiens aussi et beaucoup de chameaux - Amateurs de photos, c'est le lieu idéal pour les portraits ! Les turbans sont colorés, les visages tanés et expressifs, l'environnement est magnifique ... - Par ailleurs, en dehors de la foire, la ville aussi vaut la visite : ville sainte près d'un lac très agréable où il fait bon flâner - Ghats (escaliers descendant vers l'eau) impressionnants (photo interdite). C'est une journée hors du temps ...
Udaipur - City Palace (40 Rs + 75 Rs/app ph) - ràs -
Chittorgarh : nous avons fait cette excursion en bus dans la journée. Nous sommes partis à 6h00. Arrivés à Chittorgarh à 8h00 - Rickshaw pour la visite complète négocié à 150 Rs - 4 heures de visite (+ 50 Rs l'entrée du site) - Vestiges extraordinaires - sculptures très fines - temples superbes - un des plus beaux sites du voyage.
Ranakpur (40 Rs/app ph) - Extraordinaire ! A ne surtout pas rater - Temples jaïns - Forêt de piliers de marbre blanc finement ciselé.
Kumbhalgarh : 36 km de remparts à travers les monts Arawelli - Après Ranakpur, on passe de la finesse au gigantisme ! Ranakpur et Kumbhalgarh justifient une petite journée depuis Udaipur.
Eklingji : temple en activité près d'Udaipur - bôf ... on peut s'en passer ....
Mount Abu : petite ville autour d'un lac - ambiance quasi balnéaire ... - Temples de Delwara : gratuit, photo interdite - plus petit que Ranakpur mais d'une plus grande finesse encore.
Jodhpur - Fort Mehrangarh (50 Rs + 50 Rs/App ph) : absolument superbe, domine la ville bleue de Jodhpur - le plus beau palais qu'on ait vu, agréablement transformé en musée.
Jodhpur - le marché : authentique, peu de touristes, haut en couleurs et vivant.
Environs de Jodhpur - villages bishnois : visite sympa (1 après midi) d'une communauté végétarienne qui respecte 29 principes (dont celui de respecter encore plus qu'ailleurs les animaux) - Intéressant certes, mais rien de vraiment différent de ce que l'on voit en prenant le bus tous les 2-3 jours .... A mon avis, cette excursion s'adresse davantage aux tours organisés qui n'approchent pas la campagne autrement ... Pour ceux qui ont des contraintes de temps ou de budget, je conseille l'impasse ....
Jaisalmer : ma ville préférée, calme, paisible, aux couleurs chaudes et douces du désert, propre, moins polluée que d'autres ... Temples jaïns coincés dans la ville. Jolis mais après Ranakpur et Mount Abu, on devient exigeant ... Jolies havelis (anciennes maisons de riches marchands, aux balcons ciselés et aux façades couvertes de décorations peintes)
Jaisalmer : safari dans le désert - Vraiment sympa, le désert est magnifique, les sites visités sont intéressants (surtout de par leur situation) - Le tour à dos de chameau nous a bien amusés ... bon, d'accord, c'est un peu tourisitique ... On avait chacun son chameau et son guide (sur le chameau), ce qui a permis un peu d'allure (amis cavaliers, c'est le moment de montrer que vous avez de l'assiette !) et même de faire la course !! On termine cette balade aux dunes de Khuri pour y attendre le coucher de soleil ... On n'y est pas seuls .... Un après-midi agréable et ludique. On a décliné le diner foklorique avec danses et musiques indiennes (ça nous a paru trop touristique et d'une qualité moyenne). Nous avons préféré retourner diner au restaurant très agréable The Trio de Jaisalmer.
Environs de Bikaner - temple de Deshnoke où les rats sont vénérés (phobiques, abstenez-vous !). Comme tous les temples, celui-ci se visite pieds nus ... pensez donc à apporter une paire de chaussettes si vous redoutez de voir les rats vous grimper sur les orteils ... ils sont hardis ! Ce temple n'a d'intérêt que ces rats. Si vous les supportez, c'est incroyable et ça mérite les 2 heures de bus ! Cette excursion prend 1 matinée.
Bikaner - Fort Junagarth (50 Rs) : bonne surprise à l'intérieur, plafond de bois sculpté, murs peints. Ambiance chaude. Belles havelis en ville
Mandawa : petit village du Shekhawati, pas de rickshaws ... à visiter à pied (1/2 journée) pour ses havelis
Shekhawati : Fort-hôtel de Mukundgarh (50 Rs) : on paie -cher, en plus !- pour visiter un hôtel totalement décrépi sans aucun intérêt ! Dundlod Castle (10 Rs), pas mal - Nawalgarh et ses havelis - Cette matinée de visite, qui nécessite la location d'une jeep, n'est pas indispensable ... on peut se contenter de la visite de Mandawa, par soi-même, ce que nous avons fait l'après-midi. Le Shekhawati présente un visage de l'Inde moins touristique, désertique, rural et rustique. Chameaux et ânes omniprésents, pas de voiture, routes en terre battue parfois complètement ensablées ...
New Dehli : la fin proche du voyage, une bonne turista pour moi, la pluie, la fatigue après 1 mois de pérégrinations et le prix exhorbitant des monuments de New Dehli nous ont amenés à limiter nos visites ... Tombeaux de Nizamuddin (je n'ai plus le prix), pieds nus sous la pluie, drôle d'ambiance ...
Quelques remarques :
Les Indiens ont le sens du service ... rémunéré. Tout est sujet à pourboire. Il faut donc avoir en permanence dans sa poche quelques roupies à distribuer ... il faut comprendre et accepter ce principe pour bien le vivre.
A propos des ennuis de santé : rien de méchant. Seule précaution à laquelle on ne déroge jamais : l'eau en bouteille. Pour le reste, on ne s'est privé de rien ... mais progressivement ... ni de se laver les dents à l'eau du robinet, ni des fruits, ni des glaçons, ni de manger n'importe quoi n'importe où ... Un Coca (potion magique du voyageur) par jour pour désinfecter. Cela dit, nous n'y avons pas échappé : Philippe a eu un petit coup de fatigue au milieu du voyage et j'ai eu une bonne tourista à la fin. Ercefuryl et Imodium ont tout réglé aussitôt.
Transports locaux ou voiture avec chauffeur ? : nous avions beaucoup hésité lors de la préparation du voyage, pour finalement choisir les transports locaux. Sur place, nous avons utilisé une voiture avec chauffeur pour une excursion. Certes, c'est plus confortable, plus souple, plus facile, ... mais ce n'est plus le même voyage. On devient spectateur, alors qu'en bus, on partage, on fait partie de la pièce ... Je ne regrette vraiment pas mon choix. Les souvenirs rapportés valent bien un peu d'inconfort.
Le climat en Novembre était ensoleillé, chaud sans être caniculaire, sec. Un peu plus frais en fin de mois. L'équivalent chez nous d'un 15 Août - 15 Septembre (quand la saison est belle !).
Pour nous aider dans notre voyage, nous avions 3 guides. Pour assurer la logistique : Guide du Routard et Lonely Planet (sur place, nous avons, cette fois, préféré le GR) ; pour les commentaires plus culturels sur les sites, le Guide Bleu. Nécessaire et suffisant.
On a beaucoup aimé : 🙂
Les balades en ville sont assez fatigantes en raison des longues distances, de la chaleur, des rickshaws qui raccolent, de la pollution, du bruit ...Néanmoins, le spectacle de la rue est inoubliable et en fait oublier toutes ces difficultés ! Jaisalmer et Jodhpur sont les villes les plus agréables.
Les voyages en bus qui nous permettaient, le temps d'un transfert, de partager totalement la vie des locaux.
La gentillesse des Indiens, leur sourire, la variété des couleurs des saris, tous plus beaux et plus éclatants les uns que les autres, les photos faciles ... Les Indiens et les Indiennes adorent se faire photographier. Nous n'avons essuyé aucun refus et n'avons jamais eu à payer la photo (pratique que, par principe, je refuse). Quelques-uns nous ont demandé de leur envoyer la photo, ce qu'on a fait bien volontiers !...
Les vaches dans les rues et d'une façon générale, le respect des Indiens envers les animaux.
La nourriture, végétarienne la plupart du temps, variée, épicée sans être trop pimentée.
Au niveau des sites, les temples jaïns de Ranakpur et Mount Abu ont eu ma préférence ... Le Taj Mahal est hors compétition.
On a moins aimé ... : 😕
La nuée de rabatteurs en rickshaws qui vous assaille à l'arrivée du bus (parfois après 10 h de voyage) ... cela dit, il y a de l'effervescence mais jamais d'agressivité.
En ville, les rickshaws raccolent énormément et resteront à vos côtés si vous avez décidé de vous balader à pied dans la ville ... jusqu'à ce que vous cédiez ... Ca rend les balades parfois lourdes ...
Les Sikhs (on les reconnait facilement à leur turban savamment enroulé). Les seuls à ne pas sourire ...
Après les monuments spectaculaires du sud, nous avons été un peu déçus par les havélis du Shekhawati. Mais ça, c'est affaire de goût ...
Conclusion : 🙂🙂🙂
L'Inde est un merveilleux voyage qui mérite, peut-être plus que tout autre, qu'on lui consacre du temps. Le temps de perdre ses repères d'Occidentaux, le temps d'en trouver d'autres, le temps de se laisser imprégner des ambiances, le temps de voyager en individuel ....Le voyage organisé n'apporte absolument pas la même vision du pays que le voyage individuel. Ici, le partage, ou tout au moins l'approche du mode de vie local est tout aussi (certains diraient même plus) important que l'aspect culturel, lui même très riche. Je suis venue en Inde pour voir des temples, j'ai maintenant envie d'y retourner pour retrouver les Indiens !
Même si l'Inde a depuis toujours fait partie de nos rêves de voyage, nous avons attendu d'être prêts et aguerris avant de l'entreprendre ... C'est un voyage fort où l'on perd totalement ses marques. On y côtoie une misère qu'il faut être prêt à supporter ...
C'est, à ce jour, le voyage qui m'a le plus marquée, qui m'a laissé le plus grand nombre d'impressions fortes. J'y retournerai. 🙂
Voyage de trois/quatre semaines en Iran, juillet-août English translation pending
Bonsoir bonsoir!
Bon, après avoir lu, réfléchi, cogité, je pense que je vais bien me laisser tenter par un voyage de 3 semaines-1 mois cet été en iran.
Quelques grandes questions néanmoins:
- des élections sont prévues en juin. Ceux qui connaissent bien le pays: pensez-vous qu'il soit, disons.... un peu téméraire d'acheter les billets dès maintenant?
- qui des températures en juillet-août? (je n'ai de toute façon pas le choix si je veux pouvoir partir plus de deux semaines!)
- je partirais avec une copine, pas de soucis particulier pour voyager toutes les deux, en transports en commun et guesthouse? (j'ai bien noté la question vestimentaire, je pense trouver ce qu'il faut à Beyrouth! 😉)
- dans l'idéal, je ferais une partie du voyage avec mon copain, libanais.... Sont-ils particulièrement regardant là bas sur les papiers de mariage et autres officialités?
Merci d'avance aux connaisseurs!
Retour de mon séjour en Égypte English translation pending
Bonjour à tous ! Voici un petit contre-rendu de mon séjour en Egypte…Tout d’abord, je tiens à remercier les Vfistes qui m’ont aidé…
1er Jour :Vol à 14h30 de Genève pour le Caire par la compagnie Egyptair. Arrivés 19h30, pas de retard cool. Nous prenons nos visas (15$) avant les douanes, et récupérons nos valises. Ca y est, on y est : « Taxi ? Taxi ? Where do you from ? …» Nous engageons la conversation avec un homme très sympathique qui nous fait venir un taxi, nous lui fournissons l’adresse de l’hôtel et c’est parti : lorsqu’on m’a parlé de la façon de conduire au Caire, j’imaginais, mais en réel c’est fou, on se croirait dans un jeu vidéo !! avec un concert de klaxon en fond sonore…mais comment font-ils pour ne pas avoir d’accident ?? J De là, le taxi a du mal à trouver notre hôtel, au point de demander aux passants, nous, nous apprécions ces premiers pas au Caire. Nous y voilà enfin au Pharaeon Palace, qui, se trouve dans un quartier dédié aux commerces en tout genre, il y a un monde fou, de la musique de partout…Quant à l’hôtel, il est situé dans une rue piétonne, ce n’est pas un palace, 15 euros la nuit faut pas exagérer mais très propre, et un personnel jeune et très sympa. On ressort pour aller manger, un bain de foule s’offre à nous, dans les ruelles, des cafés, des fumeurs de narguilé…Retour à l’hôtel, le gérant nous indique qu’ils font des excursions…je lui dit qu’il me faut juste un taxi pour après demain pour nous rendre à Saqqara et Giza, le RDV est alors pris il s’en charge..bien !
2eme Jour : Après une nuit un peu agitée à cause des klaxons, nous prenons un léger petit déjeuner, et partons à pied à la gare pour réserver nos billets « sleeping train ». Nous rencontrons en cours de chemin des taxis, mais aussi des personnes agréables qui nous indiquent le chemin, forcément sans plan dur, dur !! Une fois les billets en poche, direction le musée mais cette fois-ci par le métro (1LEG) : nous étions les seuls touristes, et les gens nous regardais un peu étonnés mais souriant. Le musée (60LEG) superbe, en effet à voir absolument ! Nous ne faisons pas la salle des momies car il faut payer un supplément. Pause déjeuner, très rapide. On reprend le métro, direction le quartier copte : j’ai beaucoup aimé cet atmosphère qu’il y règne, indescriptible…nous faisons l’Eglise El-Moallaqua, ste-Barbara, sts-Serge et Bacchus, la Synagogue Ben-Ezra et le monastère St-Georges et promenade dans le cimetière…De là, nous prenons un taxi direction la citadelle de Salah Al-Din(50LEG), nous ne pourrons visiter que la mosquée Mohammed Ali car les musées des armées et de la police fermaient leurs portes ! Dommage ! Par contre, très belle vue sur tout le Caire avec le madrassa du Sultan Hassan et les pyramides au loin, superbe ! Nous décidons de rejoindre Khan-El-Khalili à pied, flânant dans les ruelles, lancant des « hello » de temps à autre, en passant devant un étalage de pains en tout genre et de viennoiseries ont a succombé, un vrai délice celles au cœur de figue ! Nous arrivons devant la mosquée El-Azhar, la prière doit se terminer dans 10 minutes, on regarde notre plan et décidons de continuer notre chemin en attendant la fin de la prière…un peu plus loin on photographie la mosquée El-Ashraf, on entre à l’intérieur et là on nous propose de monter sur le toit…Super nous acceptons, trop génial, une superbe vue du Caire, devant notre enthousiasme, notre accompagnant nous propose de monter en haut du mausolée !!!OUI !!Après avoir monté les innombrables petites marches nous arrivons tout en haut : Epoustouflant ! Par contre, la suite moins, on entend un « boum », des gens crier et courir : c’était quoi ? Il n’y a pas de fumée, rien…on décide de redescendre, les ambulances, les voitures de police, les policiers qui sortent du Khan en civil avec les talkies en mains : quelque chose de grave vient de se passer, nous restons scotchés sans bouger, on nous apprend qu’il s’agit d’une bombe ! Toujours à la même place, notre accompagnant n’en revient pas lui-même. Après être resté immobile un bon bout de temps, coupé dans notre élan, nous décidons de prendre un taxi direction l’hôtel, on apprendra via les infos le triste sort de la jeune française…
3ème jour : Comme prévu, le taxi de l’hôtel nous attend pour notre excursion d’une journée, nous avons une bonne voiture et un très bon chauffeur, il double avec son clignotant et n’a pas le tic du klaxon ! Il nous emmène à Dashour (30LEG), nos premières pyramides se dressent devant nous, dont celle rhomboïdale, superbe, elle est magnifique…Puis Menphis avec la statue colossale de Ramsès…Puis Saqqara(60LEG), magnifique site, avec sa pyramide à degrés, et ses mastabas dont celle de Ti et Mérérouka, et ses chameliers …Et enfin Giza (60LEG), site touristique par excellence, jusque là nous avons été tranquille mais là forcément beaucoup de touristes, notre taxi nous a déposé à l’entrée du bas, en entrant sur le site, le Sphinx se dresse majestueusement devant nous avec ses pyramides, c’est superbe comme tableau. Nous décidons de faire la pyramide de Chéops(35LEG) pour son couloir ascendant, impressionnant, ainsi que le musée de la barque solaire(50LEG). Le taxi nous dépose directement à la gare de Giza pour prendre notre sleeping train à 20h30. On rêve d’une bonne douche après cette journée, sauf que ce n’est qu’un rêve, nous avons dans notre cabine un lavabo et en plus sans eau chaude, dur, dur, on se débarbouille quand même, le plateau repas par contre vraiment pas terrible…La nuit fut bonne, bien dormi, le réveil lui dur : 6h.
4ème jour : Nous voilà devant la gare, je savoure ma cigarette, alors qu’on nous demande si l’on désir un taxi, quel hôtel on va…on refuse de prendre un taxi, on va marcher jusqu’à l’hôtel qui selon le plan ne doit pas être loin. Nous voilà parti, valises en mains…devant nous des montgolfières qui doivent survoler la vallée thébaine, c’est calme à cette heure-ci, des taxis nous klaxonnent, ils doivent pas être habitué de voir des touristes se balader à pied, nous cela nous fait du bien de marcher, surtout après une soirée dans une cabine…En effet, l’hôtel n’est pas loin 15 minutes de la gare environ…l’Iberhotel, on ne le sait pas encore mais cet hôtel je vous le recommande, le personnel est super sympa, on y mange très bien et il est proche du temple, de l’embarcadère et de la ville, et ils ont une piscine chauffée sur le Nil, vraiment super bien !!Donc on arrive en espérant avoir une chambre avant midi et prendre notre douche !! Il est 7h quand même…Un verre de carcadeh en guise de bienvenu, nous prenons un café en plus, et là notre chambre est prête !! Merci ! Après une bonne douche, nous voilà fin prêt pour partir sur Karnac, dès notre sortie de l’hôtel, tous sont réveillés et nous appellent. J’avais lu que c’était la ville aux calèches, donc pour nous y rendre nous décidons d’y aller avec. Nous longeons la corniche, le temple et nous arrivons sur le site…les calèches sont toutes alignées comme des voitures sur un parking…Le temple de Karnak est magnifique (65LEG), nous y flânerons plus de 3h…Retour à l’hôtel, on a bien mérité un après midi de repos à la piscine, surtout que le lendemain sera sportif. En fin d’après-midi, un épais nuage de fumée s’élève sur l’autre côté de la rive, tout de suite on s’imagine à un autre attentat, en fait, c’est une usine de papyrus qui prend feu… Le soir, nous mangeons à l’hôtel, très bon buffet, on s’est régalé, puis promenade le long de la corniche, avec le temple de Luxor tout illuminé, superbe.
5eme jour : Direction la vallée thébaine… Mohammed nous propose la traversée au même prix que le ferry, on accepte, nous voilà sur le « Bob Marley », il est très sympa, c’est pour cela que je lui demande s’il connait quelqu’un pour la location de vélo…quelle question, bien sur qu’il connait !! On louera les 2 vélos, 4 grandes bouteilles d’eau et les traversées aller-retour pour 60LEG par jour, cela nous parait correct. Et nous voilà parti sur nos petits vélos style hollandais. De ce côté du Nil, plein de champs de canne à sucre et de betterave. On traverse Gourna El-Gedida, les gens nous saluent à notre passage, très sympa. 1er arrêt aux colosses de Memnon, à côté, un site en reconstruction, comme dans l’ancien temps, les briques sont 100% biologiques, pas de machines, que des mains, chapeau messieurs, on admire et les saluent pour leur travail. A l’entrée des guichets, nous prenons tous les tickets pour cette première journée : vallée des reines (35LEG) avec ses 3 tombes, Deir-el-Medineh (30LEG) avec le temple d’Hathor, et la tombe d’Inherkhau, nous n’avons pas fait celle de Pashedu, puis route vers Deir-el-Bahari, nous apprécions le paysage s’offrant à nous, en vélo c’est un régal, quelques petites pentes mais rien de fatiguant, surtout que qui dit pentes dit descentes !!Nous bifurquons pour voir les vestiges du palais d’Aménophis III. Nous voilà à Deir-el-Bahari pour visiter le temple d’Hatchepsout(30LEG), magnifique. Maintenant, Cheikh Abd El-Gourna, pour visiter la tombe de Rekhmirê, de Sennéfer, et de Menna, Nakht étant fermée(25LEG). De là, nous avons une vue superbe sur la vallée. Celle belle journée s’achève, le reste pour demain. Sur le chemin du retour, on voit un train transportant les cannes à sucre. Quel plaisir de se baigner dans la piscine de l’hôtel. Le soir, nous nous rendons chez Omar pour manger et visiter la ville.
6eme jour : Mohammed est là pour nous emmener sur l’autre rive, nous reprenons nos vélos. Aujourd’hui, direction la vallée des Rois (80LEG), là déception, car nous voulions faire la tombe de Ramsès VI qui est devenue payante, et celle de Ramsès III qui était en rénovation…du coup, nous avons fait celle de Thoutmosis III, à faire c’est sur, celle de Ramsès IV et celle de Ramsès IX. Si vous faite comme nous la vallée à vélo, je vous conseille d’y aller le matin, car la route est un peu plus longue, par contre, pas la peine de prendre le petit train qui vous emmène sur le site car à pied, on met 5 minutes ! Maintenant, nous allons au temple de Séthi (30LEG), presque personne et pourtant je vous conseille d’y aller ! Nous avons fait la promenade sur les murailles, aussi à faire, pour le panorama qu’elle nous offre. Nous reprenons nos vélos, en route, on rencontre un vieil homme avec une charrette rempli de sucre de canne, on s’arrête pour lui demander si l’on peut lui en acheter une branche…il nous l’offre avec un grand sourire…délicieux ! Maintenant, Ramesseum (30LEG), qui pour être passé plusieurs fois devant à l’air d’être superbe…et en effet !!Remarquez les oiseaux aux vives couleurs. En repartant pour notre dernier temple, nous nous arretons au petit village situé au croisement de la route de la vallée des reines et de Médinet-habou. Là, nous marchons tranquillement lorsqu’un petit garçon nous indique une maison, une femme en sort et nous invite à rentrer chez elle, boire le thé et discuter…magnifique rencontre !! Elle nous a présenté sa famille, dont sa sœur ainée et son frère qui travaille dans un hôtel à Luxor, sa maman, la voisine venue boire du thé, un autre frère et le petit garçon qui s’avère être un voisin. J’ai offert un stylo au petit, seule chose qu’on avait sur nous malheureusement, ils nous ont offert un collier et un bracelet, en plus du thé !!!!Et en plus, ils refusaient une sorte de bakchich qu’on voulait leur donner, Gens merveilleux !!! Après avoir fait une photo de groupe et nos adieux, nous reprenons nos vélos pour le Temple de Ramsès III à Médinet-Habou (30LEG) : exceptionnel, on termine cette vallée que sur des bons souvenirs et des belles rencontres. En rentrant, on croise Mohammed à Gourna El-Gedida, j’avais presque oublié mais il nous faut un taxi pour demain, pour aller à Dendera et Abydos= « pas de soucis je m’en occupe ! ». RDV pris pour le lendemain. Le « bob marley » nous attendait, tu es génial Mohammed, nous étions des princes ! Le soir, nous avons dîné dans un restaurant au bas de la corniche, en face du Winter Palace, m’en rappelle plus du nom, mais c’est simple, il y a sur la devanture des photos du patron avec le couple Sarkozy. Très bien mangé, serveurs très sympas et cocktails délicieux. Aussi, je suis allée chez le coiffeur, le salon était rempli de jeunes mariées, les époux venant à tour de rôle chercher leurs princesses, avec un caméraman filmant le tout, c’était amusant à voir ! Après le repas, direction Souk Street pour faire quelques achats.
7eme jour : Mohammed n’a pas faillit, il est là avec un mini espace, confortable et son cousin comme chauffeur, Mansour. Direction Abydos (30LEG) et Dendera (35LEG) pour 250LEG. Les temples sont superbes et Mansour très bon conducteur, il conduit également des limousines sur Sharm, et très sympa, c’est pourquoi on lui demande s’il peut nous emmener le lendemain pour Assouan, pas de soucis(350LEG il me semble). Sur cette journée, on aura fait la « course » avec un petit camion rempli de messieurs avec un turban sur la tête, ce qui les rendaient sérieux, mais en fait, tout le contraire, on n’arrêtaient pas de se faire des signes…c’était très sympa. Aussi, à chaque check point, nous étions marqués, Mansour disait « Ce sont les 2 français » et nous « c’est nous !! »Les policiers souriaient, en nous demandant si l’ont parlé égyptien. On a traversé une ville, Mansour l’appelle Chinatown, car plein de Tok-Tok. Bref, journée délicieuse. Le soir, nous sommes retournés au restaurant où sont venu manger le couple Sarko, le patron y est très fier !
8eme jour : Mansour est devant l’hôtel à l’heure, je suis contente que cela soit lui qui nous emmène. Sur la route, nous nous arrêtons à Edfou(50LEG) et Kom Ombo(30LEG) avec ses crocodiles momifiés. Ces deux temples sont magnifiques !!A voir ! On arrive à Assouan en début d’après-midi. Mansour nous dit qu’il a un ami qui vit ici et qu’on pourra lui demander des conseils…ok, son ami nous attend et mets nos bagages dans son bateau direction l’hôtel, le pyramisa isis island, qui est situé sur une petite ile à côté de l’ile Eléphantine. L’hôtel est superbe, mais déception, sur les 2 piscines, une était en rénovation et l’autre où l’eau était complètement gelée. Du coup, bronzette l’après midi, un peu fatigué par ce voyage. Le soir, nous restons manger à l’hôtel, beau buffet mais un peu cher. Le lendemain, on a rdv avec l’ami de Mansour à 11h pour nous emmener au musée de la Nubie(50LEG). J’ai bien aimé ce musée surtout la fin qui reconstitue la vie quotidienne des nubiens. 3 momies y sont exposées. Le jardin est très joli. Puis, nous flânons dans les rues d’Assouan. En retournant à l’hôtel, nous ferons le tour de l’ile Eléphantine, de l’ile aux fleurs, en voyant le mausolée de l’Aga Khan et le monastère St Simeon avec les chameliers qui attendent les touristes. Plein de felouque ici. Je demande à notre guide, combien cela coute pour nous rendre à Abu Simbel, il m’indique 100 euros pour nous 2 avec un arrêt au barrage, à Philae et à l’obélisque. Pas prévu aussi cher dans notre budget. Je laisse tomber mais lui non, il téléphone et là nous indique 60 euros ! Ok, c’est bon on y va. Il nous demande de faire une avance pour payer le convoi, et nous donne rdv le lendemain à l’embarcadère de l’hôtel avec un certain Amna, notre chauffeur à 3h15, convoi oblige.
9eme jour : levé de bonne heure, nos box de petit déjeuner en main, nous voilà parti. Amna est là. Ne seront 15 dans le mini bus. J’arrive à m’endormir dans le bus et me réveille au levé du soleil, quel paysage désertique magnifique ! On arrive enfin aux temples d’ Abu Simbel(100LEG), super nous arrivons dans les premiers, pas beaucoup de monde. On ne regrette pas d’avoir fait tout ce chemin !!! On reprend le bus direction Philae, avant certains voudront visiter le barrage, nous non, cela nous permet de nous dégourdir les jambes, et en plus ils en reviennent déçus. Arrivé à Philae, Amna nous indique qu’on doit payer le bateau 5LEG par personne, on en paiera 6 l’aller-retour. Le temple (50LEG) est beau et sa situation lui donne un autre caractère mais ce n’est pas celui que je préfère. Arrêt devant l’obélisque inachevée et retour à l’hôtel. Journée assez fatiguante mais à faire !
10eme jour : Nous partons à Sharm’. Nous prenons le vol de 9h10 pour arriver à 10h35 au Caire, puis repartir à 11h15 pour Sharm’. A l’aéroport d’Assouan, nous choisissons d’acheminer nos bagages directement à Sharm’. Arriver au Caire avec un léger retard de 5 minutes, on arrive à sortir du terminal 1 à 10h50 environ. Là, nous rencontrons un problème, notre vol pour Sharm’ ne pars pas du terminal 1, mais du 3 ou 4 je sais même plus. Et pour s’y rendre, nous devons prendre une navette sauf que celle-ci était déjà partie. Résultat, nous loupons notre vol et nous prendrons le prochain soit à 14h. Le représentant d’Egyptair était désolé pour nous et à bien assuré concernant nos bagages qui eux n’ont pas loupé le vol !!! J. Arrivé à Sharm’, nous nous rendons à notre hôtel, le Domina Bay, superbe resort, une ville en fait, on y trouve plein de restaurant, un mini souk, location de vélo…Le plus de l’hôtel, des piscines chauffées partout, plusieurs plages avec une mer accessible facilement grâce à des pontons aménagés, pratique pour le snorkelling, des navettes au sein du resort pour se rendre aux différents endroits…Le moins, une clientèle russe, italienne et espagnol, nous étions les seuls français, et leur restaurant buffet, esprit cantine assuré. Et, l’hôtel est un peu loin de Naama, donc il faut y aller en taxi.
Nous resterons à Sharm’ 5 jours, durant lesquels, nous ferons une sortie quad décevante, du snorkelling, et surtout de la bronzette. On repartira au Caire, le samedi soir, juste pour dormir, car le lendemain notre vol pour Genève est à 9h30. Voilà, fin de l’histoire, j'ai pas mal abrégé car j'en ferais un livre sinon, n’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez des infos, ou des photos.😉😎
Saison mousson (Inde) English translation pending
Saison mousson - Delhi
(complètement anecdotique et forcément narcissique mais ça donnera une petite idée à ceux qui ne sont pas encore partis, la suite est moins drôle je préviens à l’avance)
Arrivée à Delhi le 3 juillet au soir après un vol bondé mais sans histoire, sauf que je me souviens vaguement avoir été coincée sur un siège couloir vers les toilettes, ce qui n'est pas très agréable. « Tout le monde réserve son fauteuil à l’avance sur internet maintenant », dixit l’employée à l’embarquement. Ah oui, sauf aussi qu'à Roissy le terminal de départ venait de changer le jour même et ne correspondait plus bien sûr à celui indiqué sur mon dossier. Après avoir attendu près de 40 min sans voir personne ni aucun vol affiché, j'ai fini par me renseigner puis attendre dehors la navette et enfin j'avais gagné le droit de faire la queue pour embarquer. Ça commence bien me suis-je dit, oh prémonition quand tu nous tiens !
Arrivée à Delhi le soir donc, je récupère mes bagages dans les premiers voyageurs et triomphante, je passe la première la sortie… Imaginez de chaque côté une foule de gens pressée, chacun brandissant un petit panneau avec le nom de son hôtel. Prévoyante j'avais demandé un transfert. Le sourire aux lèvres, je m'approche et m'empresse de déchiffrer les noms sur les petits panneaux. En vain ! Ce n'est pas grave me dis-je, il reste l'autre côté. Me voilà de l'autre côté puis une nouvelle fois, je recommence, de chaque côté. Rien, que dalle, Shivam international, ni vu ni connu ! D'ailleurs, repérant l'écriteau du Yes cottage je demande au chauffeur s'il a aperçu celui du Shivam. Il fait semblant de ne pas comprendre. Entre temps un bel hindou m'accoste et m'explique qu'il peut m'aider, qu'il y a des taxis dehors, etc. Oui, oui lui rétorqué-je mais je dois d'abord téléphoner. J'appelle l'hôtel en ville, il me restait heureusement plein de monnaie du dernier voyage, et celui-ci me répond "ok, on vous envoie un taxi". Ah mais non, leur fais-je, il devait y avoir un taxi, il n'y en a pas, je ne vais pas attendre une heure qu'un autre arrive ! Je vais prendre un pre-paid. Très bien me disent-ils, on vous attend". Je sors donc, le bel hindou à mes basques, du coup je ne prends pas la sortie qu'il faut (je prends celle de gauche alors qu'il faut sortir à droite). Et le voilà à m'entraîner vers des taxis blancs et lorsque je lui demande le prix il dit 500 rs. Heureusement j'ai lu VF et lui rétorque que je vais à la station officielle. J'ai un peu de mal à le décrocher mais je harponne un hindou en voyage, qui lui, m'aiguille vers la bonne sortie, je suis sauvée ! J'hésite un peu quand mon taxi s'arrête dans une drôle de cahute à peine sorti de l’aéroport mais ouf, c'est pour changer un pneu. Je peux enfin sourire, écouter la musique, qui bien sûr me plaît, et m'abandonner tout entière au plaisir de retrouver l'Inde. Une heure plus tard, nous sommes arrivés à Paharganj et cherchons le Shivam. C'est clairement mission impossible, mon chauffeur est complètement perdu et j'ai beau répéter le nom de la rue, celui des repères, rien n'y fait. Pour couronner le tout, il pleut d'une pluie fine mais pénétrante et bien sûr la chaleur de juillet est étouffante. Enfin après avoir demandé à au moins 3 personnes différentes, je comprends qu'il me faut descendre de voiture et marcher à pied jusqu'à une enseigne un peu lointaine. Je m'exécute et donne son congé au chauffeur. J'arrive au Shivam. Du fait de l'absence du taxi à l'aéroport, je me sens tout à fait dédouanée de mes engagements (j'avais réservé pour une nuit). À peine arrivée, ils me disent "le taxi a appelé, il vous attendu " ah bon, leur fais-je "il a appelé il y a combien de temps ? "oh pas longtemps, à peine une demie-heure" "et bien il était vraiment en retard votre taxi…" lls font mine de monter ma valise à l'étage. Non, non, je préfère voir la chambre d'abord. En haut la chambre est délabrée et on me réclame 600 rs, plus pour la clim. Je ne suis pas contente et redescends malgré leurs protestations. Et me voilà de nuit, à pied dans les ruelles de Paharganj, traînant ma valise sous la pluie. Heureusement ma mère ne me voit pas, pensé-je, le sourire aux lèvres à cause du petit côté surréaliste, je ne m'en fais pas vraiment… je marche sous la pluie, je suis heureuse. Je vois au loin une autre enseigne "Ganga Inn", je vais y jeter un œil. Une ruelle crasseuse qui ne présage rien de bon, mais ô miracle au détour du tournant, un hall d'accueil tout en verre et marbre, lumineux et accueillant, il y a même des plantes vertes et un petit canapé, des fauteuils et un ascenseur ! Ils sont très surpris de me voir ainsi débarquer seule et en pleine nuit et m’assaillent de questions pour savoir comment j’ai trouvé leur hôtel. « J’ai marché », je demande le prix des chambres, on m'annonce 750 rs pour l'aircooler et 900 rs pour la clim. Je demande à voir et laisse bien sûr la valise en bas. La chambre est vaste, d'une jolie peinture parme, les sanitaires impeccables, Je suis séduite mais ne le montre pas et demande à voir l'autre. Là c'est luxe, marbre et tentures et tiens les mêmes couvertures qu'à Munnar ! Mais peu importe, l'air cooler me suffit amplement, je redescends négocier. C'est combien votre meilleur prix "mousson" ? demandé-je avec un regard vers la pluie qui tombe… le prix descend un peu mais pas assez à mon goût. "500" dis-je alors. Le réceptionniste m'explique qu'il faut ajouter les taxes. J'ai lu le GR et rétorque, "mais pas pour un hôtel de cette catégorie, non, non c'est 500" je fais mine de reprendre ma valise et me dirige vers la sortie. Au passage j'ai bien vu sur le registre qu'il n'y avait pas grand monde. Ils m'arrêtent (ouf, j'ai eu chaud) et c'est parti pour 500 rs, il faut à présent remplir les registres. Je réalise au passage qu'il n'est pas loin d'1h du mat, que la fatigue commence à se faire sentir et que mon ami qui attend de mes nouvelles et qui ne sait pas que j'ai changé d'hôtel doit être mort d'inquiétude. Bref je marque un temps d'arrêt, mon esprit s'embrouille, assez pour que mes 500 rs disparaissent. Je regarde le réceptionniste et lui dit "mais si, je viens de vous les donner" et lui "oui, mais vous les avez repris". Le ton monte, c'est tout juste si je ne fonds pas en larmes, d'abord le taxi, ensuite négocier à bâtons rompus, tout ça pour se faire voler 500 rs comme ça ! Je désespère, enfin je sors mon porte-monnaie, je compte et re-compte, et oui, j'avais oublié les 350 rs du taxi, un billet est bel et bien déjà parti, c'est moi qui me suis trompée et qui machinalement ai du ranger ledit billet. Et me voilà à m'excuser auprès du réceptionniste, direction un repos bien mérité.
End of part 1
(complètement anecdotique et forcément narcissique mais ça donnera une petite idée à ceux qui ne sont pas encore partis, la suite est moins drôle je préviens à l’avance)
Arrivée à Delhi le 3 juillet au soir après un vol bondé mais sans histoire, sauf que je me souviens vaguement avoir été coincée sur un siège couloir vers les toilettes, ce qui n'est pas très agréable. « Tout le monde réserve son fauteuil à l’avance sur internet maintenant », dixit l’employée à l’embarquement. Ah oui, sauf aussi qu'à Roissy le terminal de départ venait de changer le jour même et ne correspondait plus bien sûr à celui indiqué sur mon dossier. Après avoir attendu près de 40 min sans voir personne ni aucun vol affiché, j'ai fini par me renseigner puis attendre dehors la navette et enfin j'avais gagné le droit de faire la queue pour embarquer. Ça commence bien me suis-je dit, oh prémonition quand tu nous tiens !
Arrivée à Delhi le soir donc, je récupère mes bagages dans les premiers voyageurs et triomphante, je passe la première la sortie… Imaginez de chaque côté une foule de gens pressée, chacun brandissant un petit panneau avec le nom de son hôtel. Prévoyante j'avais demandé un transfert. Le sourire aux lèvres, je m'approche et m'empresse de déchiffrer les noms sur les petits panneaux. En vain ! Ce n'est pas grave me dis-je, il reste l'autre côté. Me voilà de l'autre côté puis une nouvelle fois, je recommence, de chaque côté. Rien, que dalle, Shivam international, ni vu ni connu ! D'ailleurs, repérant l'écriteau du Yes cottage je demande au chauffeur s'il a aperçu celui du Shivam. Il fait semblant de ne pas comprendre. Entre temps un bel hindou m'accoste et m'explique qu'il peut m'aider, qu'il y a des taxis dehors, etc. Oui, oui lui rétorqué-je mais je dois d'abord téléphoner. J'appelle l'hôtel en ville, il me restait heureusement plein de monnaie du dernier voyage, et celui-ci me répond "ok, on vous envoie un taxi". Ah mais non, leur fais-je, il devait y avoir un taxi, il n'y en a pas, je ne vais pas attendre une heure qu'un autre arrive ! Je vais prendre un pre-paid. Très bien me disent-ils, on vous attend". Je sors donc, le bel hindou à mes basques, du coup je ne prends pas la sortie qu'il faut (je prends celle de gauche alors qu'il faut sortir à droite). Et le voilà à m'entraîner vers des taxis blancs et lorsque je lui demande le prix il dit 500 rs. Heureusement j'ai lu VF et lui rétorque que je vais à la station officielle. J'ai un peu de mal à le décrocher mais je harponne un hindou en voyage, qui lui, m'aiguille vers la bonne sortie, je suis sauvée ! J'hésite un peu quand mon taxi s'arrête dans une drôle de cahute à peine sorti de l’aéroport mais ouf, c'est pour changer un pneu. Je peux enfin sourire, écouter la musique, qui bien sûr me plaît, et m'abandonner tout entière au plaisir de retrouver l'Inde. Une heure plus tard, nous sommes arrivés à Paharganj et cherchons le Shivam. C'est clairement mission impossible, mon chauffeur est complètement perdu et j'ai beau répéter le nom de la rue, celui des repères, rien n'y fait. Pour couronner le tout, il pleut d'une pluie fine mais pénétrante et bien sûr la chaleur de juillet est étouffante. Enfin après avoir demandé à au moins 3 personnes différentes, je comprends qu'il me faut descendre de voiture et marcher à pied jusqu'à une enseigne un peu lointaine. Je m'exécute et donne son congé au chauffeur. J'arrive au Shivam. Du fait de l'absence du taxi à l'aéroport, je me sens tout à fait dédouanée de mes engagements (j'avais réservé pour une nuit). À peine arrivée, ils me disent "le taxi a appelé, il vous attendu " ah bon, leur fais-je "il a appelé il y a combien de temps ? "oh pas longtemps, à peine une demie-heure" "et bien il était vraiment en retard votre taxi…" lls font mine de monter ma valise à l'étage. Non, non, je préfère voir la chambre d'abord. En haut la chambre est délabrée et on me réclame 600 rs, plus pour la clim. Je ne suis pas contente et redescends malgré leurs protestations. Et me voilà de nuit, à pied dans les ruelles de Paharganj, traînant ma valise sous la pluie. Heureusement ma mère ne me voit pas, pensé-je, le sourire aux lèvres à cause du petit côté surréaliste, je ne m'en fais pas vraiment… je marche sous la pluie, je suis heureuse. Je vois au loin une autre enseigne "Ganga Inn", je vais y jeter un œil. Une ruelle crasseuse qui ne présage rien de bon, mais ô miracle au détour du tournant, un hall d'accueil tout en verre et marbre, lumineux et accueillant, il y a même des plantes vertes et un petit canapé, des fauteuils et un ascenseur ! Ils sont très surpris de me voir ainsi débarquer seule et en pleine nuit et m’assaillent de questions pour savoir comment j’ai trouvé leur hôtel. « J’ai marché », je demande le prix des chambres, on m'annonce 750 rs pour l'aircooler et 900 rs pour la clim. Je demande à voir et laisse bien sûr la valise en bas. La chambre est vaste, d'une jolie peinture parme, les sanitaires impeccables, Je suis séduite mais ne le montre pas et demande à voir l'autre. Là c'est luxe, marbre et tentures et tiens les mêmes couvertures qu'à Munnar ! Mais peu importe, l'air cooler me suffit amplement, je redescends négocier. C'est combien votre meilleur prix "mousson" ? demandé-je avec un regard vers la pluie qui tombe… le prix descend un peu mais pas assez à mon goût. "500" dis-je alors. Le réceptionniste m'explique qu'il faut ajouter les taxes. J'ai lu le GR et rétorque, "mais pas pour un hôtel de cette catégorie, non, non c'est 500" je fais mine de reprendre ma valise et me dirige vers la sortie. Au passage j'ai bien vu sur le registre qu'il n'y avait pas grand monde. Ils m'arrêtent (ouf, j'ai eu chaud) et c'est parti pour 500 rs, il faut à présent remplir les registres. Je réalise au passage qu'il n'est pas loin d'1h du mat, que la fatigue commence à se faire sentir et que mon ami qui attend de mes nouvelles et qui ne sait pas que j'ai changé d'hôtel doit être mort d'inquiétude. Bref je marque un temps d'arrêt, mon esprit s'embrouille, assez pour que mes 500 rs disparaissent. Je regarde le réceptionniste et lui dit "mais si, je viens de vous les donner" et lui "oui, mais vous les avez repris". Le ton monte, c'est tout juste si je ne fonds pas en larmes, d'abord le taxi, ensuite négocier à bâtons rompus, tout ça pour se faire voler 500 rs comme ça ! Je désespère, enfin je sors mon porte-monnaie, je compte et re-compte, et oui, j'avais oublié les 350 rs du taxi, un billet est bel et bien déjà parti, c'est moi qui me suis trompée et qui machinalement ai du ranger ledit billet. Et me voilà à m'excuser auprès du réceptionniste, direction un repos bien mérité.
End of part 1
Live from India - Act III (on the way to the Himalayas)
Namaste!
Here I am live from Delhi, past midnight, at least 30 degrees....
I wanted to post the start of this France travel journal but couldn’t find the time, so here it is live!
Off we go for a third trip, but this time for double the duration—6 weeks with the goal of discovering Ladakh and Spiti, starting with a detour to Varanasi to meet up with Babeli and her family.
Phir milenge for the rest of the adventures...
Phir milenge for the rest of the adventures...
Xinjiang: rejoindre Kashgar à partir de Turpan English translation pending
Dans le cadre d'un circuit sur la route de la soie, nou serons une dizaine de jours au Xinjiang entre Urumqi et Kashgar.
Je recherche des info sur les moyens de rejoindre Kashgar à partir de Turpan, de préférence par la route transdésert. bus : long et ne s'arrête pas train : prend le trajet par l'ouest, difficulté de s'arrêter et surtout de garder ses places réservées à Urumqi lorsque l'on interrompt le trajet à Turpan (après 1 heure, apparemment les billets sont revendus et ne parlant pas chinois il est certainement compliqué de récupérer sa place alors qu'elle a été relouée)
Donc une préférence certaine pour le taxi qui s'arrête à la demande.
Quelqu'un peut il me donner des informations à ce sujet et notamment le prix demandé entre Turpan et Kashgar par la transdésert. J'ai reçu une offre pour 650 $ pour un véhicule pour 3 personnes pendant 5 jours. Tout détour est en supplément. Qu'en pensez vous ?
Merci d'avance
Je recherche des info sur les moyens de rejoindre Kashgar à partir de Turpan, de préférence par la route transdésert. bus : long et ne s'arrête pas train : prend le trajet par l'ouest, difficulté de s'arrêter et surtout de garder ses places réservées à Urumqi lorsque l'on interrompt le trajet à Turpan (après 1 heure, apparemment les billets sont revendus et ne parlant pas chinois il est certainement compliqué de récupérer sa place alors qu'elle a été relouée)
Donc une préférence certaine pour le taxi qui s'arrête à la demande.
Quelqu'un peut il me donner des informations à ce sujet et notamment le prix demandé entre Turpan et Kashgar par la transdésert. J'ai reçu une offre pour 650 $ pour un véhicule pour 3 personnes pendant 5 jours. Tout détour est en supplément. Qu'en pensez vous ?
Merci d'avance