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Road trip Nouvelle-Calédonie, Australie et Nouvelle-Zélande English translation pending
salut a tous,
Je m appelle Nicolas, j ai 33 ans et je souhaite faire mon premiers gros voyage en road trip. Je suis quel qu un qui as, je pense une grosse ouverture d esprit. Je cherche des conseils, des astuces de routard, pour mené a bien mon projet, et pourquoi pas des gens qui ont la même envie....
Mon voyage débuterai courant 2015 (aucune date de fixer pour l instant), j aimerais visiter au moins c est trois pays, la Nouvelle Calédonie, l Australie et la Nouvelle Zélande. Mais je suis ouvert a d autres pays limitrophes.
Je part avec un buget de 10000 euros, mais j aimerais au court de mon voyage, trouver du travail sur place pour essayer de depenser le moins possible sur mon budget! je suis électricien de métiers, mais je suis bosseur, n importe quels job me permettant de gagner de l argent fera l affaire...
j ai deja planifier quelque aventure incontournable que j aimerais realiser, plonger en cage avec le grand requin requin blanc (Australie), allez voir la reproduction des grandes baleines a bosses(Nouvelle Calédonie), saut a l élastique, saut en parachute(Nouvelle Zelande)... je compte partir avec une go pro(camera embarquer) pour filmer mes aventures.
Voila en gros mon projet, j aimerais quelque conseil et avis de personnes ayant réaliser se genre de road trip? j attend avec enthousiasme vos conseils, vos avis et pourquoi pas des personnes venant se joindre a moi dans cette aventure..
nico
Je m appelle Nicolas, j ai 33 ans et je souhaite faire mon premiers gros voyage en road trip. Je suis quel qu un qui as, je pense une grosse ouverture d esprit. Je cherche des conseils, des astuces de routard, pour mené a bien mon projet, et pourquoi pas des gens qui ont la même envie....
Mon voyage débuterai courant 2015 (aucune date de fixer pour l instant), j aimerais visiter au moins c est trois pays, la Nouvelle Calédonie, l Australie et la Nouvelle Zélande. Mais je suis ouvert a d autres pays limitrophes.
Je part avec un buget de 10000 euros, mais j aimerais au court de mon voyage, trouver du travail sur place pour essayer de depenser le moins possible sur mon budget! je suis électricien de métiers, mais je suis bosseur, n importe quels job me permettant de gagner de l argent fera l affaire...
j ai deja planifier quelque aventure incontournable que j aimerais realiser, plonger en cage avec le grand requin requin blanc (Australie), allez voir la reproduction des grandes baleines a bosses(Nouvelle Calédonie), saut a l élastique, saut en parachute(Nouvelle Zelande)... je compte partir avec une go pro(camera embarquer) pour filmer mes aventures.
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nico
Isan en voiture, durée et budget English translation pending
Bonjour, j'aimerais connaitre un peu le budget par exemple pour 1 mois dans cette région ( Isan ) l'est de la Thailande en voiture ( essence, location + guest house et nourriture ) pour 1 mois, je cherche des infos concernant cette région.
Si vous avez également des adresses d'agence locale ou guide locale dans des coins intéressent je prend en message privé, idem pour les associations humanitaires dans la région.
Bien à vous
Si vous avez également des adresses d'agence locale ou guide locale dans des coins intéressent je prend en message privé, idem pour les associations humanitaires dans la région.
Bien à vous
Road-trip en Roumanie (6 520 km) English translation pending
Bonjour
Sans aucune prétention, ci-dessous mon récit ( un peu long) au jour le jour de mon road-trip de 6520km en Roumanie.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir
Bonne lecture
Xav
SAMEDI 31 MAI
C'est le grand jour. Direction la Roumanie. Cette 1ère journée devrait normalement me conduire à Zagreb. Je dis normalement car je n'ai pas encore décidé de la route que je vais prendre après Trieste. Mais j'aimerais revoir Zagreb que j'ai eu l'occasion de visiter lors d'un voyage de 3 semaines en Croatie pendant l'été 2013.
Je quitte donc Meribel vers 10h30. Je dois encore acheter un peu de nourriture à Moutiers. Puis je fais le plein d'essence et j'en profite pour vérifier la pression des pneus.
Direction Bourg Saint Maurice et le col du Petit Saint Bernard. Il n'est pas loin de midi je fais un dernier arrêt en France pour me restaurer. Je ne suis pas fan, mais un Mac Do fera bien l'affaire. Je passe la frontière Franco-Italienne. Il y a encore des murs de neige impressionnants. Certains frisent les 4 mètres de haut. La descente sur la vallée d'Aoste est très jolie, très alpine. Pour une fois, je décide de prendre la nationale, au moins jusqu'à Yvrea. Ça n'a pas été un choix très judicieux car je prends beaucoup de retard et Zagreb est encore à 800km. Je vais y arriver tard. Mais c'est aussi ça les voyages, prendre le temps de vivre.
Après un petit cafouillage à Yvrea, me voilà sur l'autoroute . On voit moins de choses mais c'est tout de même plus reposant pour les longs trajets. En un peu moins d'une heure je me retrouve à Milan et allégé de 10,60€ ! Maintenant c'est tout droit jusqu'au territoire Slovène. Trieste enfin, je m'acquitte des 29,30€ de péage et je file en direction de la frontière Italo-Slovène. Il est un peu plus de 20h00 quand je la franchis. Je prends la vignette d'autoroute pour 1 mois, elle me servira pour le trajet du retour ( 30,00€) Maintenant je continue ma route vers Zagreb via Ljubljana. Il me reste environ 220km. Vers 22h00 à la frontière Sloveno- Croate je prends la voie des camions et ça me vaut 800m de marche arrière pour reprendre la bonne file. Pas top sur l'autoroute ! Il est 22h30. Je suis arrivé à bon port et je retrouve vite mes repères dans cette jolie ville. Un petit tour rapide dans le centre de Zagreb et je me couche car demain ce sont 700km qui m'attendent.
DIMANCHE 1 JUIN
Le réveil sonne à 8h00 mais je me réveille à 9h00. Je me plonge dans les cartes et les itinéraires. À Zagreb il y a du wifi gratuit dans tout le centre touristique. Bien utile pour les routards. 9h30, je daigne sortir de mon duvet, m'habiller et j'avale un morceau avant de reprendre la route. Il est 10h00 quand je décolle enfin. À mon grand étonnement, je sors de Zagreb avec beaucoup de facilité. Afin d'éviter de faire du change Euro/Kuna, je prends la nationale jusqu'à la frontière Croato-Hongroise. Il est un peu plus de 12h00 quand j'y arrive. Dans un Algeco de l'autre côté de l'autoroute je prends la vignette d'autoroute pour 1 mois, elle me servira pour le retour ( 19,00€). Vraiment pas chère pour 1400km A/R. J'atteins Budapest en un peu plus de 2h. Je n'ai pas fait de change Euro/Forint et donc je ne peux pas faire le plein en Hongrie. Je vous l'accorde il me passe dans la tête des idées un peu saugrenues parfois. Clairement je n'avais pas envie de me retrouver avec en poche des Euros, des Kunas, des Forints et des Lei. Enfin toujours est-il que je vais être très content de voir la frontière pour faire du change Euros / Lei et faire le plein de gazole. La voilà la Roumanie!! Après 1650km, m'y voici. Une fois la douane passée, je suis rapidement mis dans le bain. À peine arrêté à la 1ère station essence pour changer de l'argent, faire le plein et acheter la rovignieta que déjà 5 ou 6 gamins viennent me réclamer des Euros ou une vignette d'autoroute Hongroise, Autrichienne, Slovène qu'ils revendront, je suppose, à la sauvette. Compte tenu de l'insistance dont il font preuve, je remonte dans la voiture et je vais 1km plus loin. Impossible de trouver un panneau dans Satu Mare qui m'indique la direction de Baia Mare. Je sors la boussole et je me dirige au Nord-Est et je finis par trouver ce que je cherche, la route 19. Après une bonne soixantaine de km de routes défoncées en direction de Sapanta, je rends les armes et je me gare près d'une vieille station essence/ bar/ restaurant. J'y passe là ma 1ère nuit en Roumanie.
LUNDI 2 JUIN
Il est 7h00 quand j'ouvre un œil, 7h30 quand je sors de mon sac de couchage et je décolle en direction de Sighetu Marmatiei vers 8h00. Il fait 14 degrés, le temps est couvert mais il ne pleut pas. Très vite j'arrive à Sapanta pour visiter le cimetière joyeux. Toutes les stèles sont décorées d'une très jolie croix bleue en bois sculptée, représentant la profession du défunt ou les causes de son décès. En bruit de fond, dans l'église attenante, un prêtre récite sur un ton laconique, des prières. Je poursuis ma route vers la vallée de la Marei et du Cosaului, plus précisément dans les villages de Desesti puis Budesti où sont bâties des églises entièrement en bois. L'architecture est vraiment remarquable. Toutes les 2 figurent au patrimoine mondial de l'UNESCO et se dressent au milieu d'un cimetière délabré. L'une est petite et ressemble plus à une chapelle, l'autre est beaucoup plus imposante. L'ambiance qui y règne est à chaque fois particulière. Ironie du sort, en redescendant à pied de l'église de Desesti, je vois un Renault Master où il est marqué " Boulangerie-Pâtisserie". Ces 2 seuls mots me font écarquiller les yeux et je finis de lire le reste " Famille Gandi - Courchevel 1850 ". Un véhicule Français, de la Savoie et de la commune où je vis. Simplement incroyable ! J'essaye de savoir à qui appartient ce véhicule et un homme m'interpelle en Roumain. Je lui dis que je suis Français et là une femme, qui attend son bus et qui m'entend parler Français , vient se mêler à la conversation et sert d'interprète car elle parle un Français très convenable. Lui me dit qu'il fait les 5 mois de saison d'hiver à Courchevel et elle, elle me dit qu'elle a appris le Français à l'école car jusqu'il y a très peu de temps c'était la 1ère langue qu'il fallait apprendre après le Roumain. Bref les échanges se poursuivent... une rencontre et une conversation très intéressante qui se termine par l'arrivée du bus que doit prendre la dame. C'est exactement ce que j'aime dans le voyage, des rencontres inattendues. Sur la route pour revenir à Sighetu Marmariei je croise de nombreux et magnifiques portails en bois massif sculptés. Paradoxalement les maisons sont moins jolies. Un casse croute vite avalé et je file visiter l'ancienne prison et musée des victimes du Communisme et de la Résistance de 1945 à 1989. J'y consacre 2h45 pour bien comprendre les rouages du bulldozer Communiste. Tout y est très bien expliqué, il y a une brochure en Français et une jeune femme à l'accueil parle très bien le Français. Le lieu en lui même mais surtout certaines pièces de la prison font bien ressentir l'atmosphère qui devait y régner. Je reprends ma route en me dirigeant dans la vallée de l'Izei et plus précisément à Barsana où je trouve un endroit pour passer la nuit. Enfin si on ne me déloge pas dans la soirée car je ne sais pas si c'est privé ou public. Il est 21h00, je regarde la carte et le guide du Routard pour la journée de demain, un homme s'approche de la voiture et commence à me parler en Franco-Romano- Italo- Anglais. Il s'appelle Joan et il a 68ans. Nous discutons pendant plus d'une heure sur nos vies respectives et sur les avantages et les inconvénients de la vie en Roumanie, en France et en Italie où il a travaillé en tant que jardinier pendant 5ans. La discussion se ponctue de fou-rires car nous sommes obligés de mimer ou de dessiner les mots que nous ne savons pas dire dans l'une des 4 langues. Il aurait voulu que je rentre ma voiture sur son terrain pour y passer la nuit mais son portail n'a jamais été fini et donc il ne s'ouvre pas. Il s'excuse plusieurs fois et nous nous souhaitons bonne nuit et à demain.

Mardi 3 juin
A 8h15 après une nuit bien froide, je suis réveillé par Joan qui frappe à ma vitre. Il me demande si j'ai bien dormi et il s'en va. Je mange un morceau et 30 minutes plus tard je revois Joan débarquer avec son frère qui parle un peu le Français. Il me dit que j'aurais dû dormir chez lui. S'en suis une discussion sur mon voyage ainsi que quelques fou-rires sur ma prononciation des villages Roumains et je reprends ma route dans la vallée de l'Izei en direction de Poienile Izei vers 9h30. À la sortie de Barsana, je tombe sur un grand monastère entièrement fait en bois. C'est un havre de paix très bien entretenu, très fleuri, où s'activent ça et là quelques bonnes sœur. Ce site est lui aussi au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le guide du Routard indique une route de traverse pour rejoindre Pioenile Izei, évidemment je m'empresse de la prendre pour fuir les sentiers battus. Je ne suis pas déçu du voyage ! La route se transforme en piste puis à certains endroits en chemin 4x4. Trop tard, je suis engagé et il n'y a aucun endroit pour faire demi-tour. J'arrive bon gré malgré à la fameuse église en bois qui elle aussi est au patrimoine de l'UNESCO. La description du guide du Routard fait mention " d'une petite église en bois au milieu d'un cimetière verdoyant ". Je dirais plutôt une petite église en bois au milieu d'une jungle d'où surgissent quelques croix rouillées et stèles en pierre. Elle semble abandonnée là au milieu de rien car au centre du village une grande église plus moderne a été bâtie. Elle a évidemment beaucoup moins de charme. Je ne sais pas pourquoi, je me sens bien dans cet endroit. Dans tous les villages que je traverse, les gens sont occupés à travailler dans les champs. En ce moment c'est la période des foins. Partout où je passe, les gens s'arrêtent de travailler et ils me regardent passer. Je crois que les touristes viennent rarement s'aventurer dans ces endroits. Et pour cause, les routes sont scabreuses mais vraiment il vaut la peine de se perdre dans les petites vallées du Maramures. Puisque ce n'est pas très loin de ma route, je fais un crochet par Botiza. Ce village est connu pour sa fabrication de tapis de laine colorés par des teintes naturelles. Il faut passer sous un énorme portique en bois sculpté pour rentrer dans le village, il doit faire au moins 5m de haut. J'ai remarqué que tous les villageois qui passaient devant une église ( il y en a 3 ! ) se signe de la croix à 1,2 ou 3 reprises. Je pense que c'est partout pareil mais c'est la 1ère fois que je m'en aperçois. Sur les conseils du guide du Routard je vais à Ieud. Mis à part l'église en bois qui date de 1364 et qui est la plus vieille de la région du Maramures, il n'y a rien d'autres d'attrayant. Je passe à travers champs pour rejoindre Viseu de Jos et donc la route principale. Mon dos et mes amortisseurs se réjouissent de retrouver une route digne de ce nom. Je fais le plein à la petite bourgade de Viseu de Sus car ensuite il n'y a plus rien pour les prochains 100km. Petite anecdote amusante, dans la ville de Viseu de Sus, il est indiqué " BORSA 9km ", c'est ma direction donc je continue ma route. Au bout d'une vingtaine de minutes, j'aperçois le panneau d'entrée de Borsa sans jamais être sorti de la ville précédente. En effet, j'ai remarqué que la vie se concentre principalement aux abords de la seule route bitumée qui traverse une ville ou un village. À tel point que des petits villages de 500 habitants peuvent faire 4,5,6km de long et ainsi toucher le village suivant. Ce qui a pour conséquence aussi de devoir toujours rouler à 50km/h ( vitesse maximale autorisée en agglomération). Je commence l'ascension du col de Prislop. À la moitié de la montée, le temps se gâte sérieusement. Des ruisseaux coulent sur la route. Juste avant le sommet je croise un berger avec au moins une centaines de moutons. Il est là, impassible sur le bord de la route alors qu'il pleut des cordes et que la température a chuté à 7 degrés ( elle était de 22 en milieu de journée). Il paraît qu'au col, la vue est imprenable sur les montagnes du parc national du Rodnei. Je n'en distingue que des ombres dans le brouillard. Aussi surprenant que ça puisse paraître, il y a un monastère perché là au milieu de nulle part. Il ressemble plus à un château de conte de fées qu'à un édifice religieux. À noter que le col de Prislop est le carrefour des régions du Maramures, de la Bucovina et de la Transylvannia. Je continue ma route et descend sur Carlibaba. La route est pleine de trous, certains sont si gros que si je n'étais pas vigilant je pourrais y laisser le train avant . L'endroit est sauvage. Pas âme qui vive. Je me régale. Tout le long de la route, il y a des tas gigantesques de grumes devant lesquels sont garés des camions prêts à les emmener. Dans des coins de forêt, il y a des jolies roulottes en bois servant de maisons aux bûcherons travaillant dans le secteur. Ils sont là en exil pour quelques semaines ou mois. J'atteins enfin Carlibaba, les 1ers 500m ressemble à s'y méprendre à un décor de western. Tout y est. Les maisons en planche avec une terrasse couverte sur l'avant, les clôtures en bois autour des maisons, les parcs à vache en rondin fin, les ponts en bois etc... Ici c'est LA matière 1ere pour tout faire ! Je rattrappe la route principale et je file à 100km/h ( ça change des 30 habituels) vers Fundu Moldovei où j'ai repéré un camping sur le guide du Routard. Douche chaude, lessive, internet pour rassurer les proches et du silence. Un bel endroit pour se requinquer.

MERCREDI 4 JUIN
C'est sous un soleil radieux que débute ma 1ère journée en Bucovina. Ce matin le réveil est tardif ( 9h00) les 200km d'hier dont 180km sur routes défoncées ont eu raison de moi. Je consulte la carte et le guide du Routard avant de partir. Tous le monastères du secteur sont au patrimoine mondial de l'UNESCO ( 5 ). Pour le moment je ne fais pas d'overdose d'églises et monastères car chaque édifice est différent par son environnement, sa décoration, son architecture etc... Mon hôte me dit que la route sera bien meilleur que celle d'hier au col de Prislop ( ça me parait difficile de faire pire) ! Je prends la route en direction de Vatra Moldovitei où je visite le Monastère Moldovita. C'est en fait une grosse église recouverte à l'intérieur comme à l'extérieur de fresques religieuses. Ce qui lui donne un aspect très particulier c'est son toit qui déborde d'au moins 2m. Le tout entouré par un mur d'enceinte épais de 4m environ. Je reprends la route en direction de Sucevita. Elle est bordée d'un petit torrent de montagne, d'alpages, de vaches en liberté, de forêts de sapins, de maisons en bois clôturées par des jolies barrières en bois elles aussi. Avec le soleil qui est de la partie, ça donne un avant goût de ce que peut être le paradis ! La forteresse monastique de Sucevita est très imposante, elle renferme une église entièrement peinte comme précédemment. Les lieux sont très bien entretenues et les peintures murales très bien conservées. Je fais une petite pause à Radauti pour changer de l'argent et me restaurer avec des sortes de beignets fourrés, l'un aux champignons et l'autre à la crème pâtissière. Je flâne ensuite dans les rues et sur le marché de cette petite bourgade bien vivante. Au moment de repartir, j'assiste à une procession religieuse en pleine rue, Je m'approche pour prendre des photos et je comprends qu'il s'agit en fait d'un enterrement ( gloups!). Cette petite pause me fait du bien car j'ai encore 3 monastères à visiter et je risque de friser l'overdose. Je reprends la route vers Arbore pour voir un énième édifice mais je suis très déçu et je repars dans les 5 minutes qui suivent. Les remparts sont... En fait il n'y en a plus, les peintures extérieures sont délavées par le soleil, les peintures intérieures tombent par plaque et on ne distingue plus grand chose et le jardin qui entoure l'église est quasi en friche. L'endroit n'avait aucune âme et pourtant il est sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Et dire que j'ai fait 12km de piste pour ça... Je vais maintenant en direction d'un site où se trouve 2 forteresses monastiques ( seulement 10km les séparent). Le monastère d'Humorului et celui de Voronet. L'un a mal vieilli et l'autre et très bien conservé. L'un est désert et l'autre est bondé ( 3 bus et beaucoup de marchands). Les 2 sont entretenus par des religieuses qui s'acharnent à conserver une âme à ces lieux. Les édifices religieux que j'ai vu ces dernières 48h sont tous magnifiques ( excepté Arbore ). Ils ont tous un attrait particulier par le fait qu'ils ont été construits il y a 6 ou 7 siècles et avec des moyens techniques très rudimentaires. Moi qui ne suis pas du tout intéressé par le milieu religieux, j'ai beaucoup apprécié les différentes visites que j'ai pu faire car j'ai été bluffé par les prouesses architecturales et artistiques. Pour finir, ma préférence va tout de même vers les églises en bois du Maramures car elles sont très discrètes ( j'étais toujours seul lors des visites) et je suis resté en admiration devant de si grandes constructions entièrement en bois. Me voilà maintenant dans ma voiture, la tête repue de monastères et d'églises en tout genre. Je choisis la facilité et je retourne donc dans le camping de la veille, 40km en arrière. Il est calme, abordable, propre et les propriétaires, Hollandais, ne sont pas avares en recommandations. Et, cerise sur le gâteau, j'ai eu un verre de schnaps à la poire à mon arrivée. Petit remontant qui est fait par Monsieur avec les poires du camping. Tout juste 55 degrés... Ah il me fallait bien ça !!
JEUDI 5 JUIN
Il est 7h30 quand j'ouvre les yeux, le ciel est couvert, pas d'averses pour le moment. Étant donné qu'aujourd'hui je change de région, je vais surtout rouler et très peu visiter donc je me permets de partir à 10h45. Les montagnes font place aux grandes plaines. Je file à vive allure au beau milieu d'hectares de champs de blé, de maïs, de pommes de terre, de soja et aussi de nombreux vergers. Ici la machine a remplacé l'homme. Fini les fenaisons et les cultures tout à la main comme dans les montagnes du Bucovina et du Maramures. Rien d'intéressant à voir par ici donc je passe Gura Humorului, Falticeni et Targu Neamt et me voilà maintenant dans la région de la Moldavie. Je fais très rapidement les 130km qui me séparent du monastère de Neamt. C'est en réalité une université orthodoxe. Le lieu est particulier car mis à part l'église, tout est moderne. J'ai vraiment l'impression de rentrer dans un campus plus que dans un monastère. Drôle d'endroit. Les peintures qui décorent l'édifice sont en parfait état, il me semble même que ça a été restauré. La vivacité des couleurs donnent de la gaieté à cette église. Il se met à pleuvoir donc je reprends la route vers le 2ème et dernier monastère de la journée, Secu. Juste avant de sortir de l'enceinte, 3 prêtres orthodoxes passent devant ma voiture, je les salue mais ils se dirigent vers un bâtiment et ne tournent pas la tête pour me répondre. Ils sont habillés avec des grandes soutanes noires et un couvre chef plat, propre à cette religion, une bonne partie du visage est enfoui dans une épaisse barbe poivre et sel. Paraît-il qu'il y aurait plus de 50 monastères dans le secteur, pour ma part je me contente des 2 seuls qui sont sur ma route, j'ai eu largement mon compte hier. Perplexe, c'est le mot qui me vient tout de suite à l'esprit pour qualifier mon sentiment à la sortie de Secu. C'est une forteresse monastique massive. Tellement massive que les remparts servent de logement pour les moines qui y vivent. Il y a 2 boutiques de souvenirs et de babioles comme dans les autres endroits mais ici ils ne sont résolument pas tourné vers le tourisme. Un peu partout, des moines prient en tenant un livre à la main mais personne ne me regarde. Histoire d'ajouter un peu d'austérité au lieu, si tant est qu'il en ait besoin, l'intérieur de l'église n'est éclairé que par des bougies si bien que je ne vois pas les peintures au plafond et surtout je ne vois pas les 2 moines à genoux dans un coin entrain de prier. Évidemment j'ai sursauté quand l'un des 2 a tourné une page de son livre. Tant que j'y suis, je vais finir de noircir le tableau, une grande partie du hall d'entrée de l'église est peint par une représentation de l'enfer, beaucoup de flammes, de têtes coupées, de personnages qui brûlent et de diables. Seul sur le parking, seul dans le monastère, qu'est ce que j'ai fait ?! Bin...je suis parti ! Je fais route vers Poiana Largului et j'arrive au lac de Montelui. Le paysage est nettement moins plat, le lieu est très joli, très sauvage, la forêt pousse jusque sur les berges. Il y a très peu d'habitations autour. Je le longe pendant une trentaine de kilomètres en faisant quelques arrêts pour profiter de la vue. Je me mets en quête de trouver un endroit où passer la nuit et quelques kilomètres plus loin j'aperçois un panneau Port Bicaz, je me dis " chouette, je vais passer la nuit au bord de l'eau". Quelle déception en voyant le fameux port... C'est une espèce de complexe touristique avec 2 boutiques de souvenirs, 1 restaurant, 1 "camping" en bungalow, 1 hôtel flottant miteux et 3 pédalos qui se battent en duel. C'est vieillot et certaines choses ne sont pas finies. Il y a aussi quelques habitations flottantes. Le lieu ne m'inspire pas et je continue en direction du lac Rosul où là j'ai la ferme intention de mettre un terme à ma journée. Avant d'y arriver, je passe dans les magnifiques gorges du Bicaz. Elles sont courtes mais le passage est impressionnant. C'est très étroit et au dessus de ma tête, les falaises touchent le ciel. C'est rempli de bus, de touristes et de boutiques à babioles. Impossible de s'arrêter mais l'endroit est vraiment joli et vaut le détour. À peine quelques kilomètres de plus et j'arrive au lac Rosul qui se trouve dans un parc national dont je n'ai jamais pu obtenir le nom. Malgré tout le lieu est dénaturé par 3 complexes hôteliers et une multitude de boutiques à babioles. Je m'achète un Kurto-skalacs, une sorte de pâte à brioche enroulée sur une grosse broche sur laquelle ils y mettent de la cassonade ou de la vergeoise avec des petits éclats de noisettes, le tout cuit au dessus de la braise. Ça donne une délicieuse gourmandise en forme de tube d'une bonne trentaine de cm et qui me fait les yeux doux à chaque fois que je la regarde. C'est bien cuit et croquant à l'extérieur et moelleux à l'intérieur. Maintenant il pleut assez fort et la température est tombée à 11 degrés, je suis en altitude et par expérience je sais que la nuit on peut encore perdre quelques degrés. Je décide donc de descendre un peu et de trouver un petit chemin pour me cacher dans la forêt. Avant de partir, je vois un panneau indiquant la présence d'ours dans le secteur. Mon plan tombe encore à l'eau. Direction Gheorgeni en Transylvanie et j'aviserai sur place. Ce fut vite fait, la ville est délabré, vraiment rien de convenable pour se poser confortablement. Tampis, je poursuis vers Miercurea Ciuac et je m'arrêterai dans dans un chemin en plein champs. Faut-il encore trouver un chemin... Rien de rien, que des pâturages, des champs et des petites forêts. Jusqu'au moment où j'aperçois une piste convenable, je m'y engage, je fais 800m et miracle, une sorte d'élargissement. Parfait ça me convient. En pleine nature et près d'une toute petite colline couverte par une forêt de résineux, je vais être très bien pour la nuit. À peine 5 minutes que je suis là et déjà une 1ère voiture qui passe avec des gens qui me dévisagent ( tsiganes ). Puis une deuxième, puis un tracteur, un vélo un piéton, une autre voiture... Pour la tranquillité c'est loupé. Je remonte en voiture et je vais voir ce qu'il y a derrière cette colline... Un village... Avec des constructions faites de bric et de broc. Ok j'ai compris, ce n'est pas encore l'endroit de rêve où je passerai la nuit. Il me reste 2 solutions, trouver un autre chemin ou faire les 38km restants vers Miercurea Ciuc, il est 20h30et c'est donc la 2ème option que je choisis. La ville en elle même n'a rien d'attirant et je jette mon dévolu sur un Motel très bon marché mais très propre et pas vieillot. Sentiment bizarre dans ma chambre d'hôtel, je repense à tous ces beaux endroits que j'ai traversé dans le Maramures et en Bucovina, ici c'est déjà bien différent, moins authentique.
VENDREDI 6 JUIN
8h00 le réveil sonne mais je fais la sourde oreille. 1ère journée en Transylvanie 10h45 je décolle enfin, direction Rupea, Sighisoara et Bietran. Je vais prendre le temps aujourd'hui car j'ai trop roulé hier. Je vais profiter un peu. Oui mais je sens bien que la route sera la même qu'hier finalement, elle sera bien fade et morne. Toujours les mêmes paysages qui défilent. De la nationale à 100km/h. Non ce n'est pas possible, pas 2 jours de suite, je ne suis pas venu pour ça. Je cherche sur la carte un plan B. Eurêka !!!!! Ça sera un poil plus long mais ça ne pourra pas être pire qu'hier, impossible. Je file donc vers l'Ouest en direction de Vlahita. Il me faut à peine 3km pour sortir de Miercura Ciuc et être déjà en pleine campagne. Je suis maintenant sur des grands plateaux où alternent forêts de résineux, ruisseaux limpides, tourbières et alpages d'herbe rase, je suis au Canada...quelques kilomètres plus loin je croise une charrette remplit de foin, une autre remplit de terre, une Dacia rouillée, des bergers et leurs moutons, en fait non c'est bien en Roumanie que je suis. Maintenant je fais route vers le Sud en direction d'Ocland et le paysage change encore, la route se rétrécie, les trous apparaissent ça et là, le paysage devient beaucoup plus bosselé, par endroits le bitume laisse place à la piste en terre, les champs retrouvent des dimensions humaines. Je me surprends à rouler à 40km/h, même en dehors des villages. Je ne suis plus pressé par une troupe d'excités qui se collent à mon train arrière. Les villages que je traverse sont paisibles, les gens sont assis et discutent devant les maisons, ça sent le fumier, il y a de la bouse de vache sur la route, devant les magasins mix les charrettes sont plus nombreuses que les voitures. Ça me redonne du baume au cœur après les quelques 380km insipides que j'ai fait hier. Cette authenticité c'est exactement pour ça que je suis venu en Roumanie. Je prends même le temps de m'arrêter voir un apiculteur qui me met une combinaison sur le dos pour aller voir ses abeilles. Je lui achète du miel de montagne en partant. Je m'empresse de le goûter puis d'en avaler 5 ou 6 cuillères. Tout ça sent la nature et c'est vivifiant. J'arrive presque à ma 1ère étape quand en pleine campagne je tombe sur un passage à niveau on ne peut plus simpliste, 2 rails et 1 signal lumineux rouge ( presque jamais de barrières en Roumanie). Il y a déjà 3 ou 4 voitures de part et d'autre. Certains ont les portières ouvertes et sont affalés dans leurs sièges et d'autres sont assis dans l'herbe entrain de discuter. En bon occidental que je suis, je laisse le moteur tourner et je vais voir si le train arrive. D'un côté on peut voir à 800m environ et de l'autre à plusieurs kilomètres. Histoire de ne pas paraître con, je coupe quand même mon moteur et j'attends dehors comme tout le monde. L'idée de passer quand même me traverse l'esprit. Au bout de 15 bonnes minutes, un train de marchandises d'un autre âge arrive à la vitesse d'un bon cycliste, 40km/h tout au plus. Tout le monde remonte tranquillement dans sa voiture et reprend son bonhomme de chemin. Je crois qu'aujourd'hui j'ai vraiment fait le bon choix de route. Pour preuve, 80km parcourus pour atteindre Rupea et ma moyenne culmine tout de même à 28km/h !! Rupea c'est une jolie cité féodale fortifiée au pied de laquelle il y a un bourg rural très animé. Il n'y avait aucune information sur le guide du routard mais Daniel ( un français rencontré sur VF qui est marié à une roumaine et qui habite en Roumanie) m'avait conseillé d'y aller. Je ne suis pas déçu, c'est joli, il n'y a aucun touriste et je me fais une balade à l'ombre pour monter jusqu'au fort. Ensuite j'avale les 53km qui me séparent de Sighisoara en une trentaine de minutes. Les paysages traversés sont toujours aussi plaisants. La cité fortifiée de Sighisoara est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Je laisse ma voiture au parking qui se trouve en bas et je monte à pied la ruelle qui permet d'y accéder. C'est relativement grand et on se laisse perdre agréablement dans les ruelles pavées. C'est ici qu'est nait Vlad Dracul, qui inspira l'auteur du légendaire et célèbre personnage de Dracula. Néanmoins le site a perdu de son charme car c'est une succession de bars, de glaciers, de restaurants et d'hôtels 4 étoiles. C'est le rendez-vous de la petite bourgeoisie et c'est archi-blindé de touristes. Bof ! En redescendant, les gardiens des parkings sautent sur les touristes pour les faire payer le temps resté et je n'y échappe pas. Oui mais voilà, je ne me suis pas garé sur leurs parkings, je suis allé un peu plus loin. Incrédules et mécontents, ils me regardent partir et marmonnent des jurons.
( CE QUI SUIT A ETE ECRIT LE LENDEMAIN MATIN, SAMEDI 7 JUIN, AVEC LES IDEES PLUS CLAIRES) La dernière étape me conduit à Bietran, petit village coloré et tranquille où une église fortifiée a été construite au 16ème siècle. Je me gare sur la place du village et je me dis que je vais être au top pour passer la nuit, je ne crois pas si bien dire... Je pars à pied en direction de la fortification qui se trouve sur un petit promontoire. Je suis un peu déçu par l'endroit car le site est en réfection, si bien qu'il n'y a que le tour de l'église et sa visite qui sont faisables. On aperçoit néanmoins les tours de guet. L'intérieur de l'église est quelconque, ça sent le vieux, le renfermé et le bois est vermoulu. Le tout a besoin urgemment d'un coup de jeune. Je termine la visite et je redescends dans le village et reviens à ma voiture. J'installe mes petites affaires pour passer la nuit puis comme je l'avais prévu en arrivant sur place, je vais me poser sur une table à l'extérieur avec une bière pour potasser sur la suite de mon parcours. Le choix est rapide, il y a un magasin mix qui fait aussi bar et où il y a l'air d'y avoir des jeunes d'une vingtaine d'années ou alors il y a un petit chalet en bois sur la place du village avec 4 grandes tables en rondins pouvant accueillir 10 personnes chacune. Mon choix se porte sur le 2ème car il y a du monde ( déjà 3 tables pleines ) et aussi parce qu'il y a une fumée alléchante qui s'y dégage, l'ambiance a l'air bon enfant. J'arrive devant le cabanon, toutes les têtes se tournent vers moi et le niveau sonore baisse. Merde je fais un tel effet !! J'apprendrai plus tard dans la soirée par un jeune qui parle anglais que les touristes viennent voir l'église et se sauvent aussi sec. Je commande donc ma bière et je vais m'asseoir à la dernière table de libre. Ici pas de fioritures, on se lève ou on crie pour commander et quand c'est prêt le gars te l'annonce en criant. Je m'affale sur le banc et je commence à siroter ma bière, je n'ai pratiquement pas le temps d'ouvrir mon bouquin que déjà un groupe d'une douzaine de personnes arrivent puis dans la foulée une dizaine d'autres. Le niveau sonore s'élève immédiatement. Ils me demandent si ils peuvent s'asseoir à ma table et j'accepte volontiers ( en même temps c'est la seule table qui reste). Très vite on m'adresse la parole et je réponds par un petit " sunt francez" ( je suis français). Visiblement ça fait son effet car j'entends dans les phrases "francez" à tout va. Ça parle fort, ça rigole, ça rote, ça blague, ça tape dans le dos et surtout ça boit. La terrasse est exclusivement occupée par des hommes allant de 25 à 65ans. Autant dire que l'ambiance est très joviale. 2 gars de ma table se lèvent et vont vers une voiture et ils en reviennent avec 5 ou 6 bouteille d'eau mais remplis d'une boisson couleur Champagne et d'une autre couleur rosé mais plus soutenue. Les plus âgés s'en servent un verre ou plutôt un baquet ( les verres font tout de même 33cl ) et ils le coupent avec du coca. À moi on m'en sert un verre plein et sans coca. Je lève mon verre et je proclame un " noroc " bien viril qui n'a pas manqué de faire rire ma tablée. C'est légèrement pétillant, sucré, pas trop alcoolisé et avec un goût agréable mais que je n'arrive pas à déterminer. Ne comprenant pas le Roumain, impossible de savoir ce que c'est. Un homme arrive avec son synthétiseur et une enceinte, ce qui a ravivé les plus endormis. On rajoute des tables car d'autres hommes viennent se greffer à ce que l'on peut appeler maintenant une fête. 2 tablées commencent à manger et je tends le cou pour voir ce qu'il y a dans les assiettes. Ce sont les célèbres mititei ( petite saucisse de 10cm à base de viande hachée, aillée et aromatisée puis grillée). Ça me va très très bien car je n'ai pas mangé depuis 11h30 et la boisson locale commence à faire son effet. Je passe commande d'une assiette et d'une autre bière. Assiettes et verres en plastique, ici on mange avec les mains, à la bonne franquette, il y a juste 2 cures-dents plantés dans l'une des 2 saucisses et j'ai aussi une bonne poignée de frites. Un jeune de mon âge vient s'asseoir à côté de moi et il commence à me parler en anglais. Je me sens moins isolé et je peux enfin comprendre pourquoi une telle ambiance. Avant ça, un homme à la voie portante et déjà bien éméché vient me voir avec un petit verre et une bouteille de vodka à la main, il me dit en français et en roulant les R, " jé né pou rien faire pour toi mais jé ta souhaité la bienvénoue " et il me tend un verre de vodka plus que plein. Il me fait signe de boire cul sec, ce que je fais après avoir proclamer mon fameux " noroc ". Je reprends la conversation avec le gars qui est assis à côté de moi, il me dit que ce soir c'est la fête car ils viennent de finir un chantier de gaz. Enfin c'est ce que j'ai compris car après 2 baquets de bières, 1 baquet de pétillant de cerises, 1 baquet de pétillant de raisins et 1 verre de vodka, mon anglais est devenu subitement plus aléatoire. Nous continuons un peu la discussion et je les remercie pour cette bonne soirée. Je pars plein de joie à la voiture pour me coucher. Autant dire que je suis très heureux d'être déjà installé pour la nuit car je ne suis pas du tout en état de prendre le volant et en plus en Roumanie c'est tolérance zéro pour l'alcool. Une bien belle journée qui se termine d'une bien belle manière. Non pas parce que j'ai bu plus que de raison mais parce que ça fait du bien de prendre son temps et de voir des gens avec une âme. Avant de m'endormir, je les entends entonner des chants Roumains à capella. Vers 4h00 du matin, les derniers fêtards quittent les lieux bruyamment... De sacrés gaillards ces Roumains.

SAMEDI 7 JUIN
Le réveil est matinal, entre l'église qui sonne tous les 1/4h et les chevaux au petit trot sur le bitume, je ne traîne pas longtemps pour émerger. Je mange un morceau tranquillement et je mets un peu d'ordre dans mes affaires puis je consulte la carte et le programme du jour. Ma 1ère étape doit me conduire à Prejmer et j'y arrive au bout de 2h45. J'ai choisi de passer par le Sud pour profiter des routes de campagne avant de reprendre les grands axes et de voir la ville. Il y a de fortes chances pour que ce soir ce soit moins champêtre qu'hier. C'est ce qui rend les voyages agréables, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, aucune routine possible. Une fois sur la nationale, je me laisse filer gentiment, créant derrière moi une longe file de voitures. À 10km de Brasov, je contourne la ville par le Nord-Ouest puis j'arrive à Prejmer. La ville en elle même n'a absolument aucun attrait et est plutôt déserte mais l'église fortifiée vaut vraiment le déplacement. Elle est d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est un édifice circulaire massif de 15m de haut sur lequel repose un toit 1 pan incliné vers le centre formant ainsi un début d'entonnoir. Les seules ouvertures donnant vers l'extérieur sont des meurtrières. L'intérieur du cercle est composé de plus de 230 portes numérotées sur 3 niveaux accessibles par un labyrinthe de balcons et d'escaliers. Derrière chaque porte, appartenant à une famille, une pièce plus ou moins grande leurs permettait à l'époque d'y cacher leurs récoltes et de s'y réfugier en cas d'invasion. Il y avait tout le nécessaire pour subsister en étant assiégé, un forgeron, un tisserand, un potier, une école etc... La vie à l'extérieur était installée pour un temps dans cette promiscuité. Au sommet du rempart, sous le toit, une coursive permet de faire le tour complet de l'édifice en ayant une vue par les meurtrières. Certaines pièces sont reliées entre elles créant ainsi plein de passages "secrets". Le centre du cercle est occupé par une imposante église dont les arches sont faites en pierres ou en briques, contrastant ainsi avec le blanc des murs. Vraiment un très bel endroit où il est agréable de flâner et de se perdre d'autant plus si l'on s'y retrouve seul comme j'en ai eu la chance, je le recommande fortement. Je mets maintenant le cap sur Brasov, une ville assez importante de 285 000 habitants, installée au pied d'une montagne sur laquelle dans le dernier tiers il y a BRASOV écrit en grosses lettres blanches, de la même manière qu'HOLLYWOOD aux USA. Un téléphérique permet d'aller au sommet de cette montagne pour contempler la ville et les environs. Rien de particulier à visiter mis à part une église...encore. Là dessus je fais l'impasse. Ici il est plutôt recommandé de battre le pavé tant le centre historique est grand et piéton. C'est LE centre névralgique de la ville. Une très grande place où il y a aujourd'hui un marché et une grande et large rue piétonne où se succèdent des terrasses aux ambiances hétéroclites. Tous les regards sont rivés sur les écrans, finale dame de Roland Garros oblige. Nous sommes samedi et ça grouille de gens mais ça reste tout de même agréable. À 16h00 je m'autorise un petit goûter et je m'achète un placinta cu mere, une spécialité roumaine. De la feuille de brick au dessus et en dessous et au milieu une pomme hachée ( peau, cœur, pépins) aromatisée à la cannelle. Si bien que je me retrouve à cracher discrètement ce que je n'arrive pas à mâcher, élégant ! Une fois avoir fait le centre en long en large et en travers, je me dirige vers ce qui semble être un rallye en pleine ville. Cela fait plus de 3h que j'entends des moteurs pétarader. Il s'agit en fait d'une course de côte où chaque participant part en contre la montre. Je reste là plus d'1h30 à regarder Ferrari, Porsche et autres bolides à 4 roues passer à très vive allure puis je regagne tranquillement ma voiture en passant par des vestiges de ce qu'était avant les remparts de Brasov et je passe également dans un des nombreux parcs de la ville. En allant en direction de ma voiture, je m'aperçois que les autres ont pour la plupart un PV sur le pare brise...ma plaque étrangère les en a visiblement dissuadés et c'est parfait car je n'avait pas pris la peine de prendre un ticket à l'horodateur, je ne m'étais. pas donné ce mal en devinant un peu que je ne craignais pas grand chose. Il se fait tard, je vais quitter la Transylvanie pour y revenir à la fin de mon périple. Il est temps que je me trouve un endroit où dormir aux alentours de Sinaia. La nationale que j'emprunte est agréable et j'arrive rapidement sur place. Nous sommes samedi soir et tout le monde est de sortie et en plus de ça il y a des mariages. Trop d'agitation à mon goût, je reviens sur mes pas et je tente ma chance à Busteni. Là je trouve une petite route sans indication particulière et qui a l'air de partir en forêt. Je crois que ça va me plaire. Je passe devant les dernières maisons et je traverse une petite forêt puis rapidement plus rien et un vaste vallon relativement plat et sans arbres s'ouvre devant moi. C'est encore mieux que ce que j'espérais. La route se transforme vite en piste mais c'est carrossable. Quelle chance ! 1km plus loin, je croise un panneau "attention aux ours", voilà qui finit de me séduire. Soudain, en m'enfonçant dans le vallon, en lisière de forêt, je crie PUTAIN UN OURS !!!! Ça c'est LA bonne surprise du voyage car sans grands espoirs j'avais espéré en voir un mais avec la quasi certitude que ça ne serait pas le cas. J'immortalise l'instant puis il disparaît dans la forêt. Il me faut chercher un endroit où me poser maintenant et je ne vais pas être déçu... 3km plus loin je tombe sur ce que l'on peut appeler le WOODSTOCK du campeur ! Le vallon est désormais plat et les alpages sont envahis de campeurs en tout genre. Ça va du campeur de compétition avec la tente, les chaises, la table, le barbecue à gaz, la glacière électrique...au puriste qui fait griller ces mitetei avec la lame de son couteau et qui dort à la belle étoile. Certains ont mis une clôture électrique autour de leurs tentes pour se protéger des ours. C'est l'anarchie la plus totale, on se pose où on veut et comme on veut. Les barbecues marchent à plein régime. Énormément de campements affichent fièrement leur patriotisme en plantant un drapeau roumain devant leurs tentes. Je trouve tout de même mon coin de verdure et je mange un morceau avant de me glisser dans mon duvet et de m'endormir au son bien désagréable de musiques folkloriques Roumaines crachées par les énormes enceintes de la voiture tuning de mes voisins d'un soir !!

DIMANCHE 8 JUIN
Déjà 1 semaine que j'arpente les routes de Roumanie. Il est 7h30, trop tôt, j'essaye de me rendormir mais le soleil tape et j'ai déjà trop chaud. Et puis surtout, j'ai déjà mon "David Guetta" local ( que j'appelle finalement Dj Carpates) qui s'est remis aux platines de bon matin. Je passe la tête dehors, grand soleil. Mais je rêve ou les hommes aux alentours tournent déjà à la bière !!!! Est ce qu'à un moment ils dorment et s'arrêtent de boire ces Roumains?! Je range mes petites affaires et je prends mon petit déjeuner dans ce que l'on peut appeler une discothèque de plein air. Mon voisin Dj Carpates a un invité, encore un furieux du tuning qui a la bonne idée d'ouvrir les portières et le coffre de sa voiture, de se mettre sur les mêmes ondes radio que Dj Carpates et d'envoyer les watts au maximum. Là clairement c'est tout le vallon qui profite des derniers tubes du moment. Pour le repos je repasserai plus tard, non là ce matin c'est dimanche et il y a une arrivée massive de voitures et je reste juste pour le plaisir de voir ce capharnaüm. On bat des records et je rigole tout seul comme un con dans ma voiture. Tampis je perds ma matinée mais pendant ce temps je potasse mon parcours et je rigole en regardant les gens. C'est bête et méchant, oui mais c'est tellement bon. Comment décrire tout ça sans rien oublier... Sur un vallon plat de 3km environ, vous prenez 500 voitures, 4 fois plus de personnes, des barbecues, des chiens, des tables, des chaises, des tentes, des campeurs, des drapeaux roumains, des randonneurs, des promeneurs, des alpinistes alors qu'il n'y a pas de quoi faire, des gens en maillot de bain, des vétetistes, des mamies avec la canne, des gamins hurlants qui jouent dans l'eau gelée du torrent, de la musique à tous les coins de tentes, de la fumée de barbecue en pagaille, de la poussière soulevée par les voitures et le meilleur pour la fin, du bourgeois en manque d'exotisme alpin dans leurs gros 4x4 de luxe desquels sortent des bécasses à talons qui ont une ceinture en guise de jupe et qui se demandent si c'est le choléra ou la peste qu'elles vont attraper en pique-niquant dans l'herbe, un must, j'adore. Étonnement les lieux sont propres et les gens prennent la peine de mettre leur déchets dans les grosses poubelles prévues à cet effet. Oui mais voilà, l'endroit est peuplé d'ours et une poubelle classique ne résiste pas très longtemps à l'appétit d'un plantigrade. Conséquences, ce qui était propre la veille au soir ne l'est plus le lendemain matin et les ours ont joué les petits Poucet en semant des détritus de la poubelle jusqu'à la lisière de la forêt... Charmant. Un Roumain vient taper causette avec moi mais là ça s'avère compliqué car la seule langue qu'il connait, c'est la sienne. Pas grave, on va trouver une langue commune, le Franmain et le Rouglais. Les 2 lui conviennent et moi aussi. On passe donc 20 minutes à discuter voiture et transport routier, son métier. Bien sympa encore cette rencontre. Depuis le début, je trouve que les gens sont très avenants. Et puis j'ai ai un atout de taille pour engager assez facilement la conversation, ma plaque d'immatriculation. J'ai apposé sur le "F" un stickers de la station de Meribel. Si bien qu'il est impossible de savoir de quel pays je viens, sauf si on connait Meribel évidemment. À 99% c'est l'élément déclencheur pour les rencontres. Déjà 12h30 allez je file à Sinaia pour voir le château de Pelés. Au passage j'arrose copieusement tous mes amis campeurs d'une épaisse poussière ! Paradoxe Roumain, il est marqué à plusieurs reprises "ATTENTION AUX OURS, LAISSEZ LES TRANQUILLES" et " GARDER LES LIEUX PROPRES SOUS PEINE DE POURSUITES" et tout est prévu pour faire le contraire. Ceci dit j'ai quand même beaucoup aimé l'endroit qui, j'ai oublié de le dire, se trouve au pied des monts des Bucegi. 10km plus tard je me retrouve au pied de la longue montée pavée qui mène au château Pelés. Quand je vois l'effervescence dans la ville, je réalise très vite que ça va être blindé. Pas loupé, c'est la queue pour acheter les tickets et pour rentrer dans le château. Une fois mon billet d'entrée en poche, je décide de tenter ma chance pour accéder tout de suite étant donné que je suis seul. Et ça marche, on me colle dans un groupe de Roumains avec un guide et c'est parti. Mais au bout de la 2ème pièces, je les laisse filer car la visite se fait au pas de charge et ça ne me plait pas. Surtout qu'il y a énormément de choses à voir. C'est richement décoré, parfois trop. Les matériaux utilisés sont très nobles voir précieux. C'est vraiment très bien entretenu et on s'imagine aisément comment s'organisait la vie quand tout ça était habité. L'architecture extérieure n'a rien à envier à l'intérieur. Là aussi il y a le souci du détail. Encore un très bel endroit à ne pas louper. Autant j'ai pris mon temps pour monter au château et le visiter, autant là je redescends au pas de course car le ciel est noir et je vois déjà des éclairs au loin. Je regagne vite ma voiture et je démarre en direction de Slanic via Ploeisti. Au bout d'à peine 2 minutes c'est un déluge de pluie et de grêle qui s'abattent sur moi. J'y ai échappé belle sur ce coup là. La route vers Ploeisti est sans intérêt, tout comme la ville d'ailleurs donc je bifurque tout de suite vers Slanic et sa mine de sel que je visiterai demain. Le bourg est petit, sans vie et plutôt tristounet. Il y a là 4 ou 5 immeubles de l'époque communiste, cubiques, gris et sans balcons. Je repère très vite le puits de la mine et je m'installe sur le parking pour la nuit.
LUNDI 9 JUIN
Encore une fois je me fais réveiller par la chaleur qu'il fait déjà à 7h00 du matin dans la voiture. Je me prélasse au soleil, fais un brin de toilette, consulte les cartes et mange un morceau. Encore une fois je prends le temps et je vais même faire un tour dans le village. En réalité ce n'est pas si moche que ça, mis à part ces 5 ou 6 bâtiments de l'époque communiste, le reste est joli. Il y a beaucoup d'arbres et hier soir je n'ai pas vu toutes les petites maisons qui se cachaient. Je reviens à ma voiture et quand je me décide à aller en direction de l'entrée, je prends peur. Il y a déjà beaucoup de voitures et il y a une bonne demi heure de queue à l'entrée. À un jour près j'aurai trouvé porte close car la mine ferme exceptionnellement mardi 10 juin ! Me voilà dans le petit ascenseur où peuvent rentrer 6 personnes bien serrées. La descente dure 90 secondes. Chaque élément en ferraille de la cabine est rongée par le sel. Je suis maintenant à 208m sous terre. Il fait très frais 12 degrés ( toute l'année). Je sors de la cabine et je suis stupéfait, c'est grand, très grand, immense ! Les proportions font peur, je ne m'attendais pas à ça. Il y a environ une dizaine de salles, accessibles au public, reliées par des très larges passages. En tout il y a 8 hectares qu'il est possible d'arpenter et 2,5 hectares fermés au public, les hauteurs sous plafond varie entre 32m et 54m. Les volumes qui ont été extrait de cette mine sont colossaux. Il y a même une croix religieuse lumineuse. Passé cette 1ère impression, je m'avance un peu en pensant qu'il y aurait un guide ou un petit train mais je vois que tout le monde déambule à sa guise alors je fais pareil. Je tombe sur une salle où il y a des structures gonflables pour enfant et des karts à pédales. Ça me surprend un peu mais pourquoi pas. Dans la suivante il y a un bar café et magasin mixt avec tables, chaises etc... Là rien de trop surprenant. Dans une autre, des sculptures avec la pierre de la mine. Nulle part je trouve des informations sur l'extraction du sel, c'est bien dommage car je ne comprends pas où se trouve le sel quand je regarde les murs de cette mine. Ils ressemblent à de la pierre compacte, lissée et où on aperçoit très bien les strates. Ici on y vient en famille, parents, enfants, grands parents, cousins etc... C'est un lieu qui a l'air très apprécié et très fréquenté par les Roumains. Un peu plus loin j'aperçois un petit plan d'eau avec une passerelle qui l'enjambe. Ailleurs un terrain de football. Ici un coin TV avec un grand écran plat. Là un coin repos compartimenté et équipé avec des lits de camps. J'en fais le tour et effectivement des gens se reposent avec une couverture qui les recouvre. C'est déroutant comme endroit. On y fait même son footing ou de la marche sportive. Les gens me regardent l'air interrogatif car ils ne comprennent pas comment je peux tenir avec juste un tee-shirt. Tout le monde sans exception a une veste où au moins un pull. De toute façon, froid ou pas je n'ai pas le choix, mon sweat est dans la voiture. Je me dirige vers l'ascenseur pour repartir et je vois une gravure que j'ai du mal a identifié car la lumière est plutôt faiblarde dans cette mine. Il s'agit en fait d'une représentation d'Usain Bolt, le sprinter, qui fait son fameux geste après chaque course gagnée. Au dessus de lui, il y a "PUMA" inscrit avec le logo de la marque. Je reprends l'ascenseur en étant perplexe sur ce que je viens de voir. Je viens visiter une mine d'extraction de sel et j'ai tout vu sauf ce pour quoi j'étais venu. Revenu à la surface j'aperçois un panneau expliquant brièvement la mine. En fait Slanic est une station balnéaire où l'on vient prendre du bon temps mais aussi soigner des maladies respiratoires. L'air de la mine est , parait-il, très bon pour ça. La pression atmosphérique est constante ( 780 hpa ) et c'est visiblement très bon aussi pour le corps. Il y aussi la possibilité de se baigner dans un lac salé à 1km de là mais je ne l'ai pas testé. Avant de partir je m'achète un kurtos-kalacs. Cette fois ci je vois tout le procédé de fabrication. Délicieux ! Maintenant je mets le cap sur l'extrême Sud de la Moldavie, un endroit peu visité de la Roumanie, Vulcanii- Nairosi, au Nord de Buzau. La route pour y aller est très agréable, je passe dans de nombreux petits villages. Je m'enfonce dans un paysage de collines bien rondes et très verdoyantes et arborées. Difficile de croire qu'ici il y a de l'activité volcanique. Je me gare sur le petit parking et je suis accueilli par le propriétaire, " welcome to muddy land ". Trouvant le cadre vraiment sympa je lui demande tout de suite si jeu peux dormir ici et il accepte sans problème. Ça m'en coûte 5lei et je peux disposer des sanitaires et des tables ombragées mises à disposition. La douche chaude est à 5lei. Parfait tout ça. Maintenant je me dirige vers la zone volcanique par un sentier montant sur une colline. Jusqu'au bout le suspens est entretenu car on ne voit rien, c'est bien vert à des kilomètres à la ronde. Soudain j'aperçois enfin les cônes volcaniques. En fait c'est une zone bien précise qui fait tout au plus 400m de circonférence. Il y a des cônes crachant de la bout à intervalles plus ou moins réguliers ou alors il y a de grosses flaques boueuses glougloutantes ! Ni l'eau ni la boue sont chaudes, ce ne sont que des remontées gazeuses. Les contrastes entre les couleurs sulfurées et le vert des alentours est saisissant. Je suis quasi seul et je profite de l'endroit en me baladant de flaque en flaque et de cône en cône. Déjà 2h30 que je suis ici, je m'y sens vraiment bien tant le calme règne. Je descends au parking et je m'installe pour la nuit. Dommage que demain je doive poursuivre ma route car l'endroit est enchanteur. Pas une seule habitation à des kilomètres à la ronde, une nature préservée, pas de bruit, et tout le nécessaire pour camper confortablement. Il y a même un petit magasin mixt et du wifi gratuit. Je finis cette journée devant un magnifique coucher de soleil et une bonne bière. C'est sûr, ici j'y reviendrai.

MARDI 10 JUIN
J'ai dormi comme un bébé, tellement c'est calme. Je mange un morceau sur l'une des tables ensoleillées puis j'essaye d'organiser via internet mes quelques jours dans le delta. Je me repose au soleil et je me laisse bercer par le son des cigales et des oiseaux. Absolument génial. Je discute avec le propriétaire des lieux, je prends vraiment du bon temps, à tel point que je commence à émettre l'idée de rester une nuit de plus. Il est 12h00 et toujours aucun touriste n'est venu ce matin, je me motive enfin à quitter ce cadre idyllique et je fais route vers Galati via Buzau et Braila, 2 grandes villes sans attraits particuliers. Il y a peu de monde sur la route et les kilomètres défilent dans des paysages de cultures. Au bout de 165km j'arrive à Galati. L'entrée dans la ville est peu accueillante, c'est le moins que l'on puisse dire. Un amas d'usines croulantes crachent de la fumée peu rassurante. Passé cet endroit, ça grouille de vie dans toutes les rues, il faut dire qu'il y énormément de petits commerces. Pour le moment je n'ai toujours pas vu le fameux Danube. Je cherche mais je ne trouve pas quand enfin j'aperçois le haut d'une péniche. Je trouve une place où me garer et je vais vite me promener sur la Malul Dunarii C'est une large piste cyclable et piétonne sur environ 4 ou 5km, le tout bien arboré et à une dizaine de centimètres du Danube. Il y a aussi une quinzaine de grandes sculptures en ferraille qui bordent la promenade. Malgré les 34 degrés affichés, je décide tout de même d'en parcourir l'intégralité. Il y a très peu de monde, juste quelques joggeurs, cyclistes, promeneurs et patineurs. Vers 18h30 quand le soleil joue à cache cache au milieu des immeubles, les gens affluent. C'est LA balade des gens de Galati et je les comprends. Des cabanons , pour manger sur le pouce, commencent à se monter pour la belle saison. En fin de journée je contacte Quentin un français rencontré grâce à VF et qui un spécialiste du delta. Il va pouvoir me rancarder sur l'endroit. Il me dit de me rendre à Mahmudia, un village à une soixantaine de km au Sud de Tulcea. Là un gars et sa femme m'accueilleront et me feront découvrir le delta en bateau. Et peut être même que je pourrais pêcher ! Je m'installe sur un parking au bord du Danube et je passe la nuit ici.


MERCREDI 11 JUIN
Il est 6h30, un bruit me réveille. Je mets du temps à émerger et de nouveau le même bruit. Ça vient d'une de mes roues, on est entrain de me mettre un sabot !!!! Je bondis hors de mon sac de couchage et je regarde dans les rétros, fausse alerte, ce n'est qu'un balayeur municipal qui tape dans mes roues avec son balai. Le réveil est brutal mais passé cette frayeur, je retombe comme une masse avant d'être réveillé par la chaleur déjà étouffante dans l'habitacle. Il est 8h30 et je m'installe sur le bord du Danube pour le petit déjeuner. Joli cadre. Le Danube doit faire pas loin d'un kilomètre de large là où je me trouve. Difficile de se rendre compte mais c'est très large. Il charrie tout un tas de débris et l'eau est marron. Peu engageant. Des péniches de 100m où peut être plus me passent devant le nez, impressionnantes. Je prends la route pour Mahmudia vers 10h30 en prenant le bac pour traverser le Danube. J'attends 1/4h et je monte à bord. Ma plaque d'immatriculation a encore frappé, on m'interpelle pour savoir d'où je viens et j'échange un peu avec le gars dans un Français Roumain Anglais approximatif. La vue sur l'environnement du fleuve n'est pas mal non plus depuis le bac. Je suis maintenant dans la région de la Dobrogea, la route est agréable, peu de monde, beaucoup de cultures, d'étangs, de marais, de villages. 80km plus au Sud je passe rapidement Tulcea et il me reste 30km pour Mahmudia. Sur la route j'appelle Quentin qui a une maison dans Mahmudia mais qui est reparti en France il y a 2 jours, dommage !!! Il m'indique l'adresse de son ami Vassile qui a un endroit pour m'héberger. Ce sera finalement sa femme qui va m'accueillir car il est dans le delta entrain de pêcher avec un ami et son neveu. On communique difficilement car elle ne parle que le Roumain et le Russe. Elle me montre où je vais dormir puis je file me balader dans le village et sur le bord du Danube qui est à 2 pas. Il fait 28 degrés et il y a beaucoup de vent. Je casse la croute devant le Danube et je vois défiler tous types d'embarcations. Des barques, des hors-bord, un traversier, des pinasses, des canoës-kayaks, des bateaux de croisière plus ou moins grands. Devant moi, hors de l'eau, il y a des barques en bois étanchées avec du goudron liquide appliqué de façon rudimentaire. La vie dans le village est paisible. 1 seule route goudronnée et pas moins de 5 magasins mixt !! Une chose est sûre je ne mourrai pas de faim ici. Je rentre tranquillement chez Vassile et je fais une petite sieste de 30 minutes quand j'entends du bruit dans la pièce principale. Je descends et je suis accueilli à bras ouverts par un homme de 57ans, grand, mince, à l'allure sportive. Il parle un très bon Anglais et la communication est très facile. Il comprends aussi très bien le Français mais ne le parle pas. Immédiatement on parle du delta, c'est LE spécialiste du secteur. Il n'est pas avare d'histoires, de conseils et d'anecdotes sur le delta. Il me fait voir sa pêche du jour. J'ecarquille les yeux quand il me fait voir de nombreux brèmes, des brochets, des sandres et même une carpe et un silure. Aujourd'hui comme il dit, c'était une partie de pêche entre amis. Il y a son ami de toujours qui s'appelle lui aussi Vassile mais que tous appellent Colonel en référence à son grade dans l'armée et il y a aussi son neveu Ivan. Si tôt à table, j'ai droit à un verre de tuica, un alcool de prunes Roumain. Ça doit friser avec les 40 degrés quand même. Vassile, Colonel et Ivan ont faim donc dans la foulée, sa femme met sur la table la ciorba du jour, un excellent bouillon de viande, relevé avec du céleri branche, du persil, de la coriandre et d'autres herbes. C'est excellent, vraiment à tomber. Puis j'ai droit ensuite à une autre spécialité Roumaine, les sarmales. Des feuilles de vigne farcies avec de la polenta et un peu de viande et des légumes, le tout cuit dans un bouillon. Une fois dans l'assiette on y met du yaourt nature dessus. Le plat du pauvre paraît-il... Si tous les pauvres pouvaient manger aussi bon, le monde tournerait mieux ! Il est 19h30, s'en suit une longue discussion ponctuée de franches rigolades avec Vassile, son ami Colonel et Ivan son neveu. On aborde tout un tas de sujets aussi intéressants les uns que les autres. Mon image sur les Roumains et la Roumanie change définitivement. Je dois avouer que j'étais venu avec des à priori et ils ont été balayés par tous les gens que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent. Nous allons ensuite voir son jardin et sa vigne. Vassile fait un " red red wine" comme il l'appelle, je comprends qu'il doit décaper. Puis nous revenons chez lui et nous discutons encore jusqu'à minuit. Maintenant il est tant de dormir car la journée va être longue demain.
JEUDI 12 JUIN
Je me réveille à 7h00 et je saute du lit pour rejoindre Colonel et Ivan qui sont déjà debout. Au bout d'une heure, ne voyant pas arriver Vassile, je demande à Ivan si il dort encore, il me répond oui et il va dans la foulée le réveiller. Mauvaise nouvelle, Vassile a mal dormi et il a mal à l'estomac. Pas de pêche pour lui aujourd'hui. Il me rassure en me disant que Vassile et Ivan connaissent très bien le secteur et que nous allons partir tous les 3. Mis à part que les 2 ne parlent pas l'Anglais, je ne suis pas inquiet du tout. Avant de partir nous avalons un morceau, ou plutôt un gros morceau. Christina, la femme de Vassile, nous a préparé une grosse assiette avec 3 œufs au plat, des tomates coupées grossièrement, des concombres qui sont en fait des gros cornichons, de la feta mais au lait de vache et non au lait de brebis comme habituellement, et du pain. Le tout arrosé de thé au citron. Autant dire que ça cale un homme. Surtout qu'après elle amène du icré, une sorte de tarama maison préparé avec des œufs de brochet. Tout ça est très bon mais je n'en peux plus. Place aux choses sérieuses, nous chargeons la voiture de tout le matériel, nombreuses cannes, une bourriche, une grosse épuisette, 2 boîtes à appâts, de l'eau et de la nourriture. Nous allons au port de Mahmudia qui est en réalité une petite péniche amarrée sur laquelle se trouve la capitainerie et où sont stationnées plusieurs embarcations dont celle de Vassile. On charge la barque, on va faire le plein de benzina ( essence) puis on descend le Danube à toute vitesse. Ivan a été initié très tôt par son oncle et il est tout à fait apte à partir seul dans méandres du Danube qui a tissé une véritable toile d'araignée. Le fleuve se sépare en 2 bras en amont de Tulcea puis le bras au Sud de sépare une deuxième fois juste en aval de la même ville. Il y a donc bratul Chilia qui par très au Nord et qui fait aussi office de frontière avec l'Ukraine, bratul Sulina qui est quasi tout droit et qui se termine dans la ville du même nom et il y a enfin bratul Sfantu Gheorghe qui est le plus au Sud et qui zigzague beaucoup avant de rejoindre la mer. Mahmudia se trouve sur ce bras et nous naviguons dessus. Ces 3 bras alimentent tout le delta, les rivières, les canaux, les chenaux, les passes, les lacs, les étangs, les ruisseaux, les marais. Il y en a en quantités indénombrables. Cette quantité d'eau crée une biosphère extrêmement riche, si bien qu'elle fait partie du programme de surveillance de l'UNESCO. L'accès y est donc réglementé. On s'enfonce dans ce labyrinthe végétal jusqu'à arriver au lac de Gorgova où nous prenons différents canaux pour voir la faune et la flore environnantes. Il y a vraiment de tout, des hérons, des aigrettes, des ibis noirs, des pélicans, des cormorans, des cygnes, des foulques, des canards, des goéland, des mouettes, des martins pêcheurs, des aigles pêcheurs, des loutres, des castors, des chevaux sauvages, des serpents, des grenouilles et bien d'autres choses. Sous l'eau c'est pareil, il y a une multitude de sortes de poissons dont certains sont endémiques au delta. Aujourd'hui nous sommes venus pour le brochet et la perche, 2 carnassiers très appréciés pour leur délicate chair. Au niveau de la végétation, c'est très riche aussi. Donnant ainsi une multitude de nuances de verts. Nous passons sur un petit lac qui est entièrement recouvert de nénuphars jaunes et blancs, je n'en ai jamais vu autant, c'est impressionnant. Se balader dans le delta c'est mettre ses 5 sens en éveil, la vue pour la faune et la flore, le toucher avec l'eau et les poissons attrapés, l'odorat avec les nombreuses effluves que dégagent le fleuve, les marais et la flore, l'ouïe pour le concert que nous offrent les oiseaux et enfin le goût quand après une partie de pêche on déguste les poissons si bien préparés par Christina et qu'on arrose tout ça d'un petit vin blanc local. Nous choisissons notre plan d'eau et nous nous mettons à pied d'œuvre pour dénicher des beaux spécimens. Déjà 1h30 que nous taquinons les poissons mais rien de rien. Nous changeons d'endroits à de nombreuses reprises mais nous faisons chou blanc. C'est dans le lac de Potcoava, non loin du grand lac de Gorgova que Colonel fait la 1ère prise. 5 autres se suivront, dont 2 à mettre à mon actif. Entre temps nous faisons échouer notre embarquation sur un véritable champs de nénuphars et nous pique-niquons là au beau milieu d'un concert de coassements de grenouilles. Il est 17h30 quand nous plions bagages. Il nous faut 45min de barque pour rejoindre le port de Mahmudia. Je suis seul devant, Colonel derrière moi et Ivan à la barre. Je profite pleinement de ce moment qu'offre la nature. Nous passons par des canaux peu empruntés et donc nous ne croisons personne à part des oiseaux qui se sauvent à notre passage. Une fois chez Vassile, nous vidons les poissons et nous les mettons au congélateur qui est déjà plein à craquer de toutes sortes de poissons. Après une bonne douche nous nous mettons à table devant un véritable festin. Ce soir tout le repas sera fait avec les poissons du delta. Ciorba aux 6 poissons, beignets de brochet, boulettes de chair de silure frites, icre de carpe ( tarama maison), bref il y en a trop et je m'empiffre tant qu'il m'est possible d'en avaler. Quand Christina amène des crêpes à la confiture de coings, c'est le coup de grâce. Après de longues discussions sur la partie de pêche du jour et sur le programme du lendemain, nous allons nous coucher.

VENDREDI 13 JUIN
Il est à peine 8h00 que déjà j'entends que ça parle dans le salon. Je me lève et me mets â table avec les autres. Christina nous amène le petit déjeuner ou plutôt les mêmes assiettes gargantuesques de la veille. Nous partons ensuite dans le delta mais sans Colonel qui doit regagner Constanta dans la journée. Aujourd'hui nous allons pêcher et visiter le lac d'Uzlina et ses environs. Le temps est couvert est nous subissons plusieurs averses toute la matinée. Comme hier, nous attendons que ça veuille bien mordre. Au bout de 2h c'est Vassile qui attrape le 1er brochet. En tout ce seront 3 brochets et 4 perches que nous remontrons à la surface. Le temps s'améliore en ce début d'après- midi et nous en profitions pour enlever nos cirées et faire une pause pique-nique sur la barque. Nous sommes absolument seuls sur ce plan d'eau attenant au lac principal. Il y a quelques pélicans au loin mais sinon c'est le calme le plus complet. Nous décidons de plier le matériel et de rentrer tranquillement vers Mahmudia en empruntant d'autres canaux. C'est très agréable d'être seuls dans ce cadre de verdure sauvage. Une fois à la maison, Ivan s'attelle comme d'habitude à la corvée du nettoyage de la pêche du jour. Après une bonne douche, nous nous mettons à table pour un festin que Christina a mijoté toute l'après-midi. Cette fois ci je ne me fais pas avoir et je goûte tous les plats mais en moins grande quantité. Mon estomac ne supporterait pas une 2ème goinfrerie. Nous finissons la soirée par une longue discussion autour d'un verre de palinka puis je vais me coucher.
SAMEDI 14 JUIN
7h30, je saute du lit car aujourd'hui j'ai un peu de route et j'aimerais ne pas arriver trop tard. Le temps de charger la voiture, d'avaler un dernier petit déjeuner gargantuesque dont Christina a le secret puis je mets en route pour longer le bord de la mer noire. Mais avant je remercie chaleureusement mes hôtes pour leur accueil et Vassile me donne encore quelques endroits à visiter sur ma route vers Constanta. Christina me donne des boulettes de poissons frites que j'avais adoré la veille. Je met le cap vers l'extrémité Sud du delta accessible en voiture, Murighiol. À la sortie de la ville, Il y a un petit plan d'eau où se trouvent toujours des colonies assez importantes d'oies sauvages, d'échassiers, de pélicans etc... Je fais un stop très court car si il n'y a pas de moustiques en journée, ils sont largement remplacés par les taons. Le temps de prendre quelques photos et je cours en direction de ma voiture. Maintenant je continue vers Babadag, Mamaia et Constanta. Du côté gauche de la route, c'est encore le delta et sur la droite ce sont des champs de blé, de mais, de pommes de terre et d'éoliennes !!! Il y en a des centaines. On ne peut pas dire que ça enjolive le paysage. La route est bonne et il y a peu de monde, j'arrive rapidement à Navodari. Là j'aperçois enfin la Mer Noire. Un vieux rêve qui se réalise enfin. Je vais vite déchanter car Navodari touche Mamaia et le littoral est envahi d'immeubles, de résidences et de complexes hôteliers si bien que la mer on ne peut plus la voir. Et puis c'est samedi, il fait beau et les gens de Bucarest sont venus en masse pour passer le week-end au bord de l'eau. Il ne m'en faut pas plus pour mettre les voiles et fuir tout ça. Je me dirige maintenant vers Constanta, mais tout le long de la route c'est la même chose, du béton, du béton et encore du béton. Je me pose tout un tas de questions. Est ce que je vais quand même à Constata? Est ce que ça en vaut vraiment la peine? Et puis le guide du Routard n'indique rien de mirobolant à visiter. Je me dis aussi que l'on ne vient pas ici tous les jours mais à la vue des 1ères usines de Constanta, je préfère ne pas y aller. Je me console en me disant que j'apprécierai davantage la Mer Noire depuis la côte Turque lors d'un prochain voyage. La côte roumaine est tellement restreinte qu'elle a été prise d'assaut par des promoteurs peu regardant sur l'esthétisme. Il est 13h00 et je me demande si je fais toute la route vers Bucarest dès maintenant. Après une petite pause casse-croute dans un village où visiblement toute l'économie tourne autour de la pomme de terre, je me décide à rallier Bucarest aujourd'hui. Je quitte la région de la Dobrogéa pour rentrer à nouveau dans le Muntenie.La route est parallèle à l'autoroute, rien de particulier à voir et je fais très rapidement les 160km qui me séparent de la capitale. Quand un panneau indique " Bucarest 18km " il est difficile de croire que l'on va arriver dans la capitale. A 8km je vois encore des paysans faire brouter leurs vaches sur le bas côté. La route se transforme en double voie et les 1ères zones commerciales font leur apparition. Vient ensuite un boulevard " fortifié" de 3 ou 4 km d'immeubles résidentiels collés les uns au autres. Alternant les façades délabrées, les façades fraîchement ravalées, les façades grises et parfois colorées. L'ensemble est plutôt terne. Comme une grande partie de la ville d'ailleurs. Il y a peu d'indications et j'ai beaucoup de mal à me repérer. Les gens roulent vite, changent brusquement de direction et finalement je me laisse embarquer par le flux de la circulation en me disant que de toute façon je tomberai bien sur un panneau ou un endroit plus touristique. J'aperçois maintenant des bâtiments plus soignés, quelques bars et une population plus jeune. Je décide donc de trouver une place pour me garer. Il me semble que c'est le bon point de départ pour explorer les lieux. Je ne me suis pas trompé, je suis juste au commencement du quartier de Lipscani. C'est le quartier de Bucarest le plus animé. Dans les rues et ruelles se succèdent une multitude de bars branchés, brasseries, restaurants, magasins de souvenirs etc... J'ouvre mon plan de la ville et je décide de voir tout de suite l'ancien palais de Ceausescu. De là où je suis il y a 1km de marche pour s'y rendre. Je laisse de côté le quartier de Lipscani que j'arpenterai tranquillement demain. Quand j'arrive au croisement du boulevard qui passe devant le palais, je suis stupéfait par ce que je vois. Les platanes qui bordent la route me cachent une bonne partie de la masse du bâtiment mais je peux déjà apercevoir sa démesure. Plus j'avance pour me mettre face à lui et plus je découvre ce mastodonte. Je suis maintenant sur la grande place et je vois l'intégralité du palais. C'est quand même fou de faire une construction aussi gigantesque. De plus l'édifice est construit sur une grosse bute et ça lui donne un aspect encore plus imposant et ça assoit sa supériorité sur toute toute la ville et sur les visiteurs qui le contemplent. En voyant ça, on imagine très bien la mégalomanie du couple Ceausescu. En regagnant ma voiture, je passe devant de nombreux bars et tous ce sont mis à l'heure Brésilienne. Les terrasses sont bondées et il y a même un écran géant pour retransmettre les matchs de la coupe du monde de football. Aujourd'hui j'ai fait beaucoup plus de km que prévu initialement et je ne traîne pas à casser la croûte et à me coucher. De plus demain je vais sillonner la ville à pied donc je dois être en forme.

DIMANCHE 15 JUIN
8h30, réveillé par la pluie qui tombe sur la tôle. Déjà ma 2ème semaine en Roumanie qui s'achève. Pensant au temps qu'il fait dehors, je reste au chaud dans mon duvet. Rien que de savoir que je vais parcourir la ville sous la pluie ne m'enchante pas. Je finis quand même par me lever et je mange un morceau. Armé de mon plan je décide de quadriller le centre ville. J'ai déjà en tête les principales choses à voir et je me balade dans les rues au gré du vent. Il pleut moins fort et maintenant c'est un crachin breton qui tombe sans discontinuer. Je ne suis pas vraiment mouillé mais je sens bien que mes affaires sont moites. Bucarest est une ville très particulière, c'est la ville des paradoxes. Se côtoient les très pauvres et les très riches, les bâtiments en ruine et les petits bijoux d'architecture, le gris et le coloré, des églises séculaires et des tours d'acier et de verre, des gens en habits traditionnels et ceux avec la dernière marque à la mode. Bref ici tous les opposés vivent ensemble et ça donne un mélange plutôt surprenant. Hors du quartier de Lipscani , qui est fréquenté par une population de moins de 40ans, la vie a l'air plus difficile, les bâtiments sont gris et parfois le ferraillage du béton est apparent, les enseignes des commerces sont vieillottes et les devantures demandent à être rafraîchies, les gens sont habillés plus simplement et ils portent la tristesse en eux, les voitures sont moins rutilantes. Les longues années de totalitarisme communiste ont laissé des traces indélébiles. La vie peine à reprendre un court normal. Même dans le quartier de Lipscani, il y a des ruines au beau milieu de bars branchés. Il y a même un bâtiment prêt à tomber, soutenus par une structure en acier qui vient obstruer le passage d'une rue piétonne fréquentée. Une chose très appréciable, c'est qu'une grande majorité des rues du quartier de Lipscani soient piétonnes. Contrairement à ce que j'ai pu lire dans beaucoup de témoignages et récits sur les forums, je n'ai quasiment pas vu de chiens errants, contrairement à des villes comme Sighetu Marmatei et Galati où pullulent des hordes de chiens amochés, crasseux et parfois agressifs. Mis à part les réalisations parfois pharaoniques de Ceausescu et quelques bâtiments ayant survécus à la 1ère et 2ème guerre mondiale puis à 45ans de totalitarisme, il n'y a pas grand chose à voir d'autre. Avec une bonne journée de marche et sans me presser, je pense avoir fait le tour des principaux lieux attrayants. Je cherche maintenant un restaurant où l'on mange des spécialités roumaines. Étant donné que c'est un quartier fréquenté par une population jeune, je n'y trouve que des burgers, pizzas, kebabs etc... Je finis par trouver un restaurant où j'ai du mal à déchiffrer le menu et où les prix sont corrects. Parfait, je m'assois et regarde la carte. Difficile de choisir car tout est marqué en Roumain. Heureusement il y a des photos du plat devant chaque énoncé. Je passe commande d'un plat qui m'a l'air bon et en attendant je regarde dans la rue. En levant la tête je vois marquer sur la devanture le nom du restaurant et à côté en plus petit " restaurant turkish ". Grosse déception. Je mange tout de même un bon petit plat Turc et ensuite je vais sur une place où a été installé un écran géant. Ce soir la France joue contre le Honduras. Je ne suis pas fan de football mais voir un match de l'équipe de France à l'étranger, c'est une expérience que je n'avais jamais vécu. Aujourd'hui qu'il fait froid et pluvieux, il y a plus de monde devant l'écran que pour le match d'hier et où le temps était clément. Je ne suis pas resté assez de longtemps pour voir la réaction des gens lors d'un but de la France mais je sentais beaucoup plus de ferveur que pour le match de la veille. Il y a eu des débuts d'applaudissements et de cris quand la France a failli marquer un but. Depuis le début de ce voyage, je remarque que la France, les Français et la langue Française sont très appréciés par les Roumains. Épuisé par ma longue marche, je file me coucher avant la fin de la 1er mi-temps.
LUNDI 16 JUIN
Il est 7h30 quand j'entends les 1ers Klaxons et la circulation qui s'intensifie. On est lundi et une nouvelle semaine commence. Il y a beaucoup de monde dans Bucarest. Je me mets en route vers 9h00 et à ma grande surprise je sors de la ville très rapidement et en plus sur la bonne route. Malgré la circulation et une pluie battante, tout va bien et je me retrouve sur la nationale 7 pour Pitesti puis Curtea de Arges que j'atteins au bout de 150km de routes plutôt bonnes. Je casse la croûte et je vais me balader dans la ville pour voir notamment 2 jolies églises. Mais cette fois ci je me cantonne à les voir de l'extérieur. Je regarde la carte puis je me remets en piste pour m'attaquer à la Transfagarasan. Une route de montagne paraît-il très jolie qui traverse les Carpates. Sur les conseils de Daniel rencontré sur VF, j'avais inversé mon parcours pour arriver plus tard et être sûr que la route soit ouverte et déneigée. Oui mais en sortant de Curtea de Arges, je vois un panneau indiquant " TRANSFAGARASAN INCHIS KM104 cabana Capra ". Là je suis déçu et je m'arrête pour regarder la carte et trouver un plan B. Une seule route peut me dégager de cette impasse mais puisque je suis là je decide quand même d'aller jusqu'à ce fameux KM104. Au bout de 10km la route rentre dans une gorge et devient très sinueuse. Le plafond nuageux est bas, une bruine tombe et il fait 12 degrés. Le col qui se trouve à 2000m est annoncé à 58km. Je reste un peu perplexe en voyant une telle distance et en sachant que ça va être sinueux et que la route va se dégrader. Quelques kilomètres plus loin j'arrive au barrage Vidraru et au lac du même nom. Je sens que l'on déjà loin de tout. Plus de maisons, presque plus de circulation mis à part les quelques touristes téméraires. Là une tourelle d'une trentaine de mètres permet d'avoir un beau panorama sur l'endroit. Ça se limite à pas grand chose car le brouillard est trop épais. Je traverse le barrage à pied, il y a des cabanons à souvenirs mais ils sont fermés. C'est un peu tristounet ici. Je repars pour le col. Presque tout le monde redescend sauf 6 motos d'Irlandais et 1 voiture de Hongrois. Il se remet à pleuvoir et le temps est peu engageant pour se retrouver perché en altitude. La route reste à plat et serpente en suivant les nombreuses criques du lac. Après 10km j'ai la sensation de ne pas avoir avancé, le barrage est encore juste là à portée de main. Une fois le lac derrière moi, le paysage change, la route s'élève, les alpages et la végétation de montagne apparaissent. Au KM94, encore un panneau " TRANSFAGARASAN INCHIS KM104 cabana Capra ". Bon cette fois ci plus d'espoir pour franchir le col. D'autant plus que je ne croise aucune voiture dans le sens inverse. KM100, toujours pas un brin de neige. Le brouillard est épais et ne me permet pas de voir plus loin que les motos devant moi. D'habitude chez moi je vois les motos monter les cols à plein régime mais là ils sont obligés d'y aller à tâtons tant la visibilité est mauvaise. Je suis un peu démoralisé quand je pense à toute cette route que je vais devoir refaire en sens inverse et sans avoir rien vu au final. Arrivent enfin les fameux KM104 et sa cabana Capra, une sorte de refuge hôtel planté au milieu de rien. C'est fermé apparemment. Les irlandais s'arrêtent, les Hongrois aussi. Il pleut toujours et il ne fait plus que 8,5 degrés, je n'ai pas envie de mettre le nez dehors donc je continue car finalement la route a l'air ouverte. Le paysage est plus minéral, l'herbe commence à laisser place à des pierriers. La route passe désormais à flan de montagne, il n'y a pas de barrières et donc la sortie de route n'est pas autorisée. Je suis dans l'incertitude de pouvoir arriver en haut car la neige fait son apparition sur les bords et je ne croise toujours pas de véhicule qui descendent. Dans une percée dans le brouillard, j'aperçois en contrebas les motos et la voiture qui se sont remis en marche. J'arrive à un tunnel qui doit faire 500m de long, je le traverse et surprise, je suis enfin au col. Malgré les 7 degrés, la pluie et le brouillard il y a 2 courageux qui vendent du fromage séché dans des panses de brebis et du miel. Je ne vois pas l'intérêt de m'y arrêter car on ne voit strictement rien de rien. C'est bien dommage car je pense que l'endroit est joli. De toute façon je n'ai aucun regret car la météo pour les prochaines 48h est exécrable donc inutile que je dorme sur place pour voir le paysage le lendemain. Un peu surprenant de se retrouver ici alors qu'il y a à peine quelques heures j'étais en plein centre de Bucarest. Je commence la descente vers le petit village en bas de la Transfagarasan, Cartisoara. La revêtement de la route est beaucoup mieux de ce côté. Si d'un côté il m'a fallu faire 85km pour arriver en haut du col, de l'autre côté il me faut 35km pour le descendre. À mi-chemin, le brouillard se dissipe et je peux apercevoir une vaste plaine cultivée qui mène jusqu'à Sibiu. Me voilà à nouveau dans la région de la transylvanie. À Cartisoara, je me mets en quête d'un endroit pour dormir et je trouve mon bonheur quelques kilomètres plus loin. La route à été fatiguante et je ne mets pas longtemps à m'endormir.
MARDI 17 JUIN
J'entends déjà de la vie à l'extérieur, il est 7h30, je me lève tranquillement car aujourd'hui je passe toute la journée à Sibiu qui n'est qu'à 25km. Le temps de casser la croûte tranquillement et j'arrive à Sibiu vers 9h30. Sibiu c'est une agglomération de 160 000 habitant qui s'est construite autour d'un gros bourg fortifié. À l'intérieur les rues et ruelles y sont pavées et de nombreux bâtiments sont classés monuments historiques. J'ai dénombré 5 églises dont 1 cathédrale. Tout est très bien entretenu et les couleurs des façades égayent l'endroit. Dans chaque toit, il y a des lucarnes qui font penser à des yeux bridés qui nous observent. La vie du bourg s'axe autour de 3 places, la plus grande étant Piata Mare puis Piata Mica et enfin Piata Huet. Comme à mon habitude, je parcoure les lieux en long en large et en travers. C'est très agréable de flâner dans cet endroit. Puisque je passe devant la cathédrale et je rentre y faire un tour. À l'entrée est affiché un trombinoscope du diocèse de Roumanie, c'est très amusant de voir tous ces barbus. Vers 12h00 je me dirige vers Piata Cibin, une place à l'extrême Nord Ouest où se déroule chaque jour le grand marché. C'est une place carré avec autour des petits cabanons ressemblant à des Algeco et au centre des longues tables en béton couvertes par des plaques ondulées en plastique. Ça grouille de vie. Viandes, poissons et charcuteries sont vendues dans les petits cabanons et fruits, légumes, fleurs, épices sont vendus au centre. Des femmes vendent aussi des fleurs de tilleul et des bourgeons de sapin. Ça grouille de vie. Il y a des tsiganes reconnaissables à leurs grands chapeaux noirs et à leurs barbes mal rasées qui se baladent sur le marché pour vendre les quelques pantalons qu'ils ont à cheval sur le bras. Ils parlent forts et visiblement ne manquent pas d'arguments pour fourguer leur camelote. Ça marchande, ça rigole, ça hèle le passant, j'aime beaucoup les marchés dans tous les pays où je vais. C'est le poumon d'une ville et c'est plein d'authenticité. Je me restaure dans l'un des 5 cabanons abritant un gratar ( grill ) et je mange bien évidemment des mitetei. En guise de dessert je vais dans un autre cabanon qui vend des pâtisseries. Je me prends un Gogosi cu ceruse, une sorte de beignet en forme de demi lune fourré à la cerise. Le guide du routard indique une très bonne adresse pour manger et je vais repérer l'endroit pour ce soir. C'est en dehors des fortifications et c'est facile à trouver car l'intégralité de la façade est en bois sculpté comme en Bucovina. Ensuite je retourne dans ma voiture et je m'allonge à l'arrière pour rédiger mon carnet de voyage. Il ne me faudra pas 5 minutes pour sombrer dans une longue sieste de 2h. Je me réveille au bruit des gamins qui sortent de l'école. Requinqué, je décide d'aller voir le musée ethnographique à Piata Mica. Il pleut des cordes. Ce musée se trouve dans un bâtiment abritant un patio couvert. J'ai le sentiment de rentrer dans un petit immeuble. Il y a des coursives intérieures et sur certaines, il y a des plantes vertes et sur d'autres du linge qui sèche. Un monsieur d'une soixante d'années m'accueille gentiment et m'amène au guichet pour que je m'acquitte des 5 lei. Puis on monte au 1er étage et il m'ouvre une porte et allume les lumières. C'est certain je suis et serai le seul visiteur de la journée. C'est petit, ça prend la moitié du 1er étage. Il y a tout un tas d'objets bien présentés venant principalement d'Afrique noire mais aussi d'Inde et du moyen-orient. Le monsieur reste avec moi et il m'explique en Roumain l'utilité des principaux objets. Il le sait, je lui ai dit, je ne comprends pas un traître mot de ce qu'il me raconte mais il y tient. La visite du 1er étage se termine par une momie Égyptienne dans un sarcophage ouvert. Impressionnant. Je ne pensais pas que ce serait en Roumanie que je verrai ma 1ère momie. Ensuite il m'emmène à la cave où il y a une exposition temporaire sur les vêtements Roumains d'antan. S'ensuit une discussion en Franco-Roumain et en langage des signes. Nicolae me demande d'où je viens et ce que je fais dans la vie, où je vais en Roumanie, si j'aime son pays etc... J'ai remarqué que les Roumains sont soucieux de savoir si l'on aime leur pays. Ils sont très patriotes et ça se voit au quotidien. Je reprends ma balade et je vais m'acheter encore un Gogosi. Quand on en goûte 1, on en reprend forcément un deuxième. Je me pose sur un banc à peu près sec abrité par un arbre puis je regarde passer les gens. J'aime ce voyeurisme discret car il est révélateur de la vie d'un endroit, d'une région, d'un pays. D'ailleurs je remarque qu'ici et plus que partout ailleurs en Roumanie, tous les gens font le signe de croix en passant devant une église, les jeunes comme les vieux. Il est 19h30, il pleut toujours et j'ai froid, je vais donc me réchauffer dans ce fameux restaurant. Tout comme la façade, l'intérieur est en bois. Ça fait vieille taverne Roumaine. Tous les plateaux de tables sont en bois taillés grossièrement au ciseau à bois. La serveuse me laisse choisir ma place et m'amène la carte. Il n'y a que des spécialités roumaines qui tiennent au corps et ça me va très bien. Je me régale avec une assiette de polenta épaisse, de fromage de vache, de saucisses, de côtes de porc fumées et une bonne bière. Pour digérer ce plat généreux et malgré la pluie, je me promène encore dans les rues de Sibiu avant d'aller me coucher.
MERCREDI 18 JUIN
Réveil matinal encore. Le temps de prendre le petit déjeuner et je me remets au volant en direction de Sebes et Alba Iulia où je dois visiter 2 églises et et des ruines. En arrivant sur place, je ne trouve pas les lieux très accueillants et je préfère passer mon chemin. Je n'avais pas prévu ça au programme donc je fais une pause pour voir ce que je fais. Normalement la suite de mon périple doit m'emmener dans 2 grottes dans les monts Apuseni et demain il est prévu que je quitte le pays. Mais je dois avouer qu'il m'est difficile de partir et j'aimerais rallonger de 24 ou 48h mon séjour. Il y a une chose que je n'avais pas pu faire en début de séjour car les jours d'ouverture ne correspondaient pas avec ma présence sur place, c'est le dernier train à vapeur d'Europe à Vaser. Le souci c'est que depuis Alba Iulia ça me fait faire une remontée vers le Nord jusqu' à la frontière Ukrainienne puis une redescente vers l'Ouest à la frontière Hongroise pour sortir du pays. Je préfère continuer mon programme comme je l'avais prévu et je me laisse une journée de plus pour prendre une décision. Cap vers Abrud au Nord-Ouest. Je sors rapidement de la ville et je me retrouve dans la campagne. Au bout d'une dizaine de kilomètres, il y a un grand portique en bois sculpté annonçant l'arrivée dans les Muntii Apusani. C'est un massif calcaire, confidentiel, austère, très boisé et sauvage qui n'excède pas 1300m d'altitude et où on y trouve encore des loups et des ours. Ici plus que dans le Maramures ou la Bucovina, les habitants ont conservé un mode de vie très pastorale. La route longe une petite rivière et je passe de hameau en hameau. Pour l'amoureux de nature que je suis , c'est un petit coin de paradis. Les routes ne sont pas en très bon état et ça m'oblige à rouler à pas plus de 40km/h. Ça n'a pas d'importance car ça me permet d'apprécier les lieux. J'arrive à Abrud, un petit bourg plein de vie et je trouve un hôtel pour pouvoir prendre une bonne douche car les lingettes ça va un moment. Quand je demande le prix on m'annonce 150 lei. Ils ont dû me prendre pour un américain, je trouve ça très cher pour un simple hôtel de campagne et je continue mon chemin vers Campeni. Apres 15km j'arrive dans ce gros village et j'y trouve aussi un hôtel mais je ne sais pas si il est ouvert ou fermé car je ne trouve personne à l'intérieur. Tant pis je me décide à dormir comme d'habitude dans ma voiture. Je trouve du wifi gratuit et je me pose sur la place principale. Il y a pas mal de vie ici aussi. Étonnement il y a un casino qui fait aussi bar. C'est le rdv de toute la jeunesse pour boire un coup. Tout le monde se connaît ici et je ne passe pas inaperçu. Je me balade dans la rue principale puis je mange un morceau avant de consulter les cartes et mon option pour le train à vapeur de Vaser. Grâce à internet je peux consulter la météo qui sera un élément important dans ma décision. Je me couche indécis.
JEUDI 19 JUIN
Il est 7h00 quand j'entends que ça bouge déjà dans le centre de Campeni. Je prends le petit déjeuner en regardant tout ce petit monde s'affairer. Je consulte la carte, je vais avoir une trentaine de kilomètres pour me rendre à la Ghetarul subteran de Scarisoara. La route est toujours aussi mauvaise mais j'oublie vite ce détail face à la beauté du paysage. Je longe une rivière et de l'autre côté je vois de nombreuses maisons coquettes et des fermettes où des poules, des vaches et des cochons paissent en liberté. Ces habitations ne sont accessibles que par des passages à gué ou des vieux ponts qui tiennent encore debout par je ne sais quel miracle. À Girda de Sus un panneau m'indique la grotte est à 10km sur ma droite. Heureusement qu'il n'y a pas de circulation car la route est étroite maintenant. Rapidement je prends de l'altitude sur une pente annoncée à 15%. Pour éviter de faire des virages, la route monte droit dans les champs ! J'ai maintenant un magnifique 360 degrés sur les Muntii Apuseni. Chaque maison, alpage, forêt de sapins et chemin sont délimités par des barrières rustiques en bois. Ça donne beaucoup de cachet au paysage. J'arrive enfin sur le tout petit parking de la grotte, il y a tout au plus 8 voitures. Ici le tourisme est très peu développé et les gens tout comme les paysages sont préservés. Je laisse les quelques maisons derrière moi et je m'enfonce dans la forêt pour 15 minutes de marche. C'est encore une période calme car les quelques tables des vendeurs de souvenirs sont désertes. En haut d'une colline, il y a une guérite en bois pour prendre les tickets et l'entrée de la grotte. Il s'agit en fait d'un trou de 60m de diamètre et de 48m de profondeur qui donne accès à une grotte. On y descend par des escaliers en fer qui tiennent parce qu'il le faut et ça se termine par un escalier très raide en bois et tout de biais. En bas des escaliers, il reste un gros tas de neige de l'hiver qui vient de se terminer, c'est étonnant à cette époque Ayant croisé une bonne quinzaine de personnes sur le chemin, je me retrouve donc seul dans la grotte, c'est très appréciable. Une passerelle en bois permet de faire tout le tour de cette grande salle. A 1ère vue, rien de mirobolant mais quand l'œil s'habitue à l'obscurité, on remarque qu'en fait tout le sol est en glace sale. Et si il faisait 20 degrés à la surface, ici il n'en fait plus que 3 ou 4. À certains endroits l'eau qui ruisselle du plafond forme des très gros cônes de glace de la hauteur de 2 hommes. De part et d'autre de la salle, la glace disparaît dans des cavités sombres. Difficile de comprendre le phénomène car le panneau explicatif à la surface n'est écrit qu'en Roumain. C'est le plus grand glacier souterrain du monde et c'est la seule chose que je sais. En tout cas c'est très surprenant et ça vaut le coup d'oeil. Je regagne ma voiture et finalement 2 femmes se sont installées sur le bord du chemin et vendent des placintha cu branza et du sirop de bourgeons de sapin. Je redescends tranquillement sur Girda de Sus en profitant de la belle vue. Dans le village je vois un restaurant et je m'y arrête. Il y a du monde à l'intérieur malgré la taille du village. Je m'installe donc sur la terrasse et on m'amène la carte que je suis bien incapable de déchiffrer. Apparemment il y a une spécialité maison et ça m'ira très bien. Il faut savoir prendre des risques. Mon plat arrive, aux 1ers abords je suis déçu. Une purée et un "truc" pané. C'est seulement en goûtant que je m'aperçois que la purée est "maison" et que le "truc" pané est en fait une farce avec du choux, du fromage, un peu de champignons, des petits lardons et le blanc d'un œuf dur écrasé, le tout enfermé dans une fine escalope de porc et pané, rien que ça. Un plat de cowboys au prix défiant toute concurrence. Il va sans dire que je déclare forfait pour un dessert. Digestion oblige, une fois au volant, on ne peut pas dire que je sois énervé. Je maintiens mes 40km/h habituels et c'est parfait pour contempler tous les petits hameaux et la nature qui bordent la route pour aller à Stei. Je suis maintenant dans la région de la Crisana. Je suis fatigué, je n'ai plus envie de rouler pour aujourd'hui et je préfère dormir dans ce gros bourg plutôt que dans un hameau près de Pestera Ursilor.
VENDREDI 20 JUIN
Il est encore 7h00 quand j'ouvre les yeux. Décidément ça devient militaire ce voyage. Je mange un morceau et je me dirige vers Chiscau où se trouve Pestera Ursilor ( grotte des ours). Je prends mon temps car je n'ai que 25km à faire et la grotte ouvre à 10h00, je suis largement en avance. Moi qui voulais terminer ce voyage sur une note "rurale", depuis 48h je suis je suis comblé. J'arrive donc sur place, le parking est payant mais au lieu de 5 lei comme annoncé dans le guide du Routard, c'est 10. Jolie majoration. Je vais me garer plus loin dans le village et j'attends l'ouverture. Pour accéder à la grotte, il faut monter pendant 10 minutes sur un chemin bitumé. Les 1ers mètres me font vite comprendre qu'ici c'est l'usine. Il doit y avoir de chaque côté plus d'une cinquantaine de petits vendeurs de babioles. Et ce qui est dommage c'est que tout vient de Chine et 80% n'a rien en rapport avec les lieux. Bon là clairement ça n'aura rien à voir avec ce que j'ai fait hier, en plus un bus vient d'arriver... Une fois mon billet en poche , qui est annoncé à 12lei dans le guide du Routard et qui est en réalité à 20lei ( ici clairement on plume le pigeon! ), je dois attendre dans une salle avec terrasse afin de constituer un groupe assez important pour partir avec un guide. Évidemment on sait faire patienter le client, il y a un bar qui vend des sodas, cafés, chips, bonbons et autres saloperies du genre. Oui je suis un râleur, on est Français ou on ne l'est pas ! Coup de sifflet du guide, on rentre en rang d'oignons dans la grotte en passant un tourniquet. Il fallait s'en douter, je me fais submerger par un tsunami de soixantenaires Roumains. Une fois à l'intérieur, le guide nous fait une petite piqûre de rappel, pas de photos, pas le droit de toucher etc... Tout ce tapage est vite oublié quand on découvre ( enfin) la beauté du site. Sur 50 personnes je suis le seul Français, la visite se fera donc en Roumain. Je me tiens à l'arrière du groupe et j'admire le travail de Dame Nature. Bon pas trop quand même car je n'avais pas vu mais derrière moi il y a un cerbère qui fait le serre file et qui me presse le pas. Eh oui c'est marqué à l'entrée, la visite c'est 45mn et pas une de plus. Parlons un peu de la grotte, après avoir cheminé par un "couloir" d'une quarantaine de mètres dans lequel on aperçoit quelques stalagmites et stalactites et surtout une multitude d'ossements et de crânes d'ours des cavernes, on arrive dans une très grande salle de 8m sous plafond et là c'est un véritable spectacle de formes, de couleurs et de tailles. Le guide explique des choses sûrement intéressantes mais je n'y comprends rien. Voyant que je ne regarde pas l'endroit expliqué par le guide, le serre file s'excite comme une puce avec son laser et le pointe vers une colonne de calcaire. À l'annonce d'un chiffre, tout le groupe fait un "wowww" de stupéfaction. Je me retourne vers le serre file et je lui sors " sunt Francez " ! Là il se détend et comprend mon comportement bizarre. Au bout de 5mn il tente dans un Français très compréhensible de m'expliquer les grandes lignes de l'historique de la grotte et à mon tour de lacher un " wowww" quand il m'annonce que la fameuse colonne s'est faite en 22000 ans environ. La visite continue par une petite salle où en son centre il y a un squelette entier d'ours sur le flanc ( 3m de long et poids estimé à 600kg). Belle bestiole ! La visite terminée, nos vendeurs de babioles sont sur le pied de guerre et nous attendent de pieds fermes. Heureusement j'ai mon pare feu de soixantenaires. Moi je file en douce direction la voiture pour consulter la carte et prendre enfin une décision pour le petit train à vapeur de Vaser. J'essaye de faire un calcul juste et quand apparaît sur ma calculatrice 350km, la décision s'impose d'elle même. La balade en train ce sera pour un prochain séjour en Roumanie. Je savoure ces derniers instants de nature avant de rejoindre Oradea pour ma dernière nuit. Une fois n'est pas coutume je rejoins Oradea, la plus grande ville de Crisana, par une route pleine de nids de poule et d'ornières. Il faut dire que la circulation de camions y est très dense. En arrivant sur place je fais du change pour faire le plein et je me balade dans cette jolie ville qui a un centre doté de très beaux bâtiments et d'une rue piétonne très agréable. Il fait chaud et j'en profite pour me mettre au frais dans une église. 2 prêtres donnent une messe. Je m'assois un bon 1/4h pour écouter leurs jolis chants religieux. Et toujours cette ferveur des Roumains qui à chaque entrée dans une église viennent embrasser un chevalet et un crucifix tout en se signant du signe de croix à plusieurs reprises. Certains prient à genoux, d'autres restent debout et se signent presque frénétiquement, une femme prit à genoux et pleure. Moments intenses et agréables à la fois. J'en ressors apaisé et je continue de flâner en ville. Je cherche désormais un restaurant qui rediffuse le match de la France. Je trouve mon bonheur dans la rue piétonne. Beaucoup se demande qui est ce grand agité qui saute à chaque but et occasion de la France. Ma dernière soirée en Roumanie se termine bien car on a gagné 5-2 contre la Suisse. Maintenant au dodo car demain c'est parti pour 48h sur les routes qui me ramèneront en France.
Sans aucune prétention, ci-dessous mon récit ( un peu long) au jour le jour de mon road-trip de 6520km en Roumanie.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir
Bonne lecture
Xav
SAMEDI 31 MAI
C'est le grand jour. Direction la Roumanie. Cette 1ère journée devrait normalement me conduire à Zagreb. Je dis normalement car je n'ai pas encore décidé de la route que je vais prendre après Trieste. Mais j'aimerais revoir Zagreb que j'ai eu l'occasion de visiter lors d'un voyage de 3 semaines en Croatie pendant l'été 2013.
Je quitte donc Meribel vers 10h30. Je dois encore acheter un peu de nourriture à Moutiers. Puis je fais le plein d'essence et j'en profite pour vérifier la pression des pneus.
Direction Bourg Saint Maurice et le col du Petit Saint Bernard. Il n'est pas loin de midi je fais un dernier arrêt en France pour me restaurer. Je ne suis pas fan, mais un Mac Do fera bien l'affaire. Je passe la frontière Franco-Italienne. Il y a encore des murs de neige impressionnants. Certains frisent les 4 mètres de haut. La descente sur la vallée d'Aoste est très jolie, très alpine. Pour une fois, je décide de prendre la nationale, au moins jusqu'à Yvrea. Ça n'a pas été un choix très judicieux car je prends beaucoup de retard et Zagreb est encore à 800km. Je vais y arriver tard. Mais c'est aussi ça les voyages, prendre le temps de vivre.
Après un petit cafouillage à Yvrea, me voilà sur l'autoroute . On voit moins de choses mais c'est tout de même plus reposant pour les longs trajets. En un peu moins d'une heure je me retrouve à Milan et allégé de 10,60€ ! Maintenant c'est tout droit jusqu'au territoire Slovène. Trieste enfin, je m'acquitte des 29,30€ de péage et je file en direction de la frontière Italo-Slovène. Il est un peu plus de 20h00 quand je la franchis. Je prends la vignette d'autoroute pour 1 mois, elle me servira pour le trajet du retour ( 30,00€) Maintenant je continue ma route vers Zagreb via Ljubljana. Il me reste environ 220km. Vers 22h00 à la frontière Sloveno- Croate je prends la voie des camions et ça me vaut 800m de marche arrière pour reprendre la bonne file. Pas top sur l'autoroute ! Il est 22h30. Je suis arrivé à bon port et je retrouve vite mes repères dans cette jolie ville. Un petit tour rapide dans le centre de Zagreb et je me couche car demain ce sont 700km qui m'attendent.
DIMANCHE 1 JUIN
Le réveil sonne à 8h00 mais je me réveille à 9h00. Je me plonge dans les cartes et les itinéraires. À Zagreb il y a du wifi gratuit dans tout le centre touristique. Bien utile pour les routards. 9h30, je daigne sortir de mon duvet, m'habiller et j'avale un morceau avant de reprendre la route. Il est 10h00 quand je décolle enfin. À mon grand étonnement, je sors de Zagreb avec beaucoup de facilité. Afin d'éviter de faire du change Euro/Kuna, je prends la nationale jusqu'à la frontière Croato-Hongroise. Il est un peu plus de 12h00 quand j'y arrive. Dans un Algeco de l'autre côté de l'autoroute je prends la vignette d'autoroute pour 1 mois, elle me servira pour le retour ( 19,00€). Vraiment pas chère pour 1400km A/R. J'atteins Budapest en un peu plus de 2h. Je n'ai pas fait de change Euro/Forint et donc je ne peux pas faire le plein en Hongrie. Je vous l'accorde il me passe dans la tête des idées un peu saugrenues parfois. Clairement je n'avais pas envie de me retrouver avec en poche des Euros, des Kunas, des Forints et des Lei. Enfin toujours est-il que je vais être très content de voir la frontière pour faire du change Euros / Lei et faire le plein de gazole. La voilà la Roumanie!! Après 1650km, m'y voici. Une fois la douane passée, je suis rapidement mis dans le bain. À peine arrêté à la 1ère station essence pour changer de l'argent, faire le plein et acheter la rovignieta que déjà 5 ou 6 gamins viennent me réclamer des Euros ou une vignette d'autoroute Hongroise, Autrichienne, Slovène qu'ils revendront, je suppose, à la sauvette. Compte tenu de l'insistance dont il font preuve, je remonte dans la voiture et je vais 1km plus loin. Impossible de trouver un panneau dans Satu Mare qui m'indique la direction de Baia Mare. Je sors la boussole et je me dirige au Nord-Est et je finis par trouver ce que je cherche, la route 19. Après une bonne soixantaine de km de routes défoncées en direction de Sapanta, je rends les armes et je me gare près d'une vieille station essence/ bar/ restaurant. J'y passe là ma 1ère nuit en Roumanie.
LUNDI 2 JUIN
Il est 7h00 quand j'ouvre un œil, 7h30 quand je sors de mon sac de couchage et je décolle en direction de Sighetu Marmatiei vers 8h00. Il fait 14 degrés, le temps est couvert mais il ne pleut pas. Très vite j'arrive à Sapanta pour visiter le cimetière joyeux. Toutes les stèles sont décorées d'une très jolie croix bleue en bois sculptée, représentant la profession du défunt ou les causes de son décès. En bruit de fond, dans l'église attenante, un prêtre récite sur un ton laconique, des prières. Je poursuis ma route vers la vallée de la Marei et du Cosaului, plus précisément dans les villages de Desesti puis Budesti où sont bâties des églises entièrement en bois. L'architecture est vraiment remarquable. Toutes les 2 figurent au patrimoine mondial de l'UNESCO et se dressent au milieu d'un cimetière délabré. L'une est petite et ressemble plus à une chapelle, l'autre est beaucoup plus imposante. L'ambiance qui y règne est à chaque fois particulière. Ironie du sort, en redescendant à pied de l'église de Desesti, je vois un Renault Master où il est marqué " Boulangerie-Pâtisserie". Ces 2 seuls mots me font écarquiller les yeux et je finis de lire le reste " Famille Gandi - Courchevel 1850 ". Un véhicule Français, de la Savoie et de la commune où je vis. Simplement incroyable ! J'essaye de savoir à qui appartient ce véhicule et un homme m'interpelle en Roumain. Je lui dis que je suis Français et là une femme, qui attend son bus et qui m'entend parler Français , vient se mêler à la conversation et sert d'interprète car elle parle un Français très convenable. Lui me dit qu'il fait les 5 mois de saison d'hiver à Courchevel et elle, elle me dit qu'elle a appris le Français à l'école car jusqu'il y a très peu de temps c'était la 1ère langue qu'il fallait apprendre après le Roumain. Bref les échanges se poursuivent... une rencontre et une conversation très intéressante qui se termine par l'arrivée du bus que doit prendre la dame. C'est exactement ce que j'aime dans le voyage, des rencontres inattendues. Sur la route pour revenir à Sighetu Marmariei je croise de nombreux et magnifiques portails en bois massif sculptés. Paradoxalement les maisons sont moins jolies. Un casse croute vite avalé et je file visiter l'ancienne prison et musée des victimes du Communisme et de la Résistance de 1945 à 1989. J'y consacre 2h45 pour bien comprendre les rouages du bulldozer Communiste. Tout y est très bien expliqué, il y a une brochure en Français et une jeune femme à l'accueil parle très bien le Français. Le lieu en lui même mais surtout certaines pièces de la prison font bien ressentir l'atmosphère qui devait y régner. Je reprends ma route en me dirigeant dans la vallée de l'Izei et plus précisément à Barsana où je trouve un endroit pour passer la nuit. Enfin si on ne me déloge pas dans la soirée car je ne sais pas si c'est privé ou public. Il est 21h00, je regarde la carte et le guide du Routard pour la journée de demain, un homme s'approche de la voiture et commence à me parler en Franco-Romano- Italo- Anglais. Il s'appelle Joan et il a 68ans. Nous discutons pendant plus d'une heure sur nos vies respectives et sur les avantages et les inconvénients de la vie en Roumanie, en France et en Italie où il a travaillé en tant que jardinier pendant 5ans. La discussion se ponctue de fou-rires car nous sommes obligés de mimer ou de dessiner les mots que nous ne savons pas dire dans l'une des 4 langues. Il aurait voulu que je rentre ma voiture sur son terrain pour y passer la nuit mais son portail n'a jamais été fini et donc il ne s'ouvre pas. Il s'excuse plusieurs fois et nous nous souhaitons bonne nuit et à demain.

Mardi 3 juin
A 8h15 après une nuit bien froide, je suis réveillé par Joan qui frappe à ma vitre. Il me demande si j'ai bien dormi et il s'en va. Je mange un morceau et 30 minutes plus tard je revois Joan débarquer avec son frère qui parle un peu le Français. Il me dit que j'aurais dû dormir chez lui. S'en suis une discussion sur mon voyage ainsi que quelques fou-rires sur ma prononciation des villages Roumains et je reprends ma route dans la vallée de l'Izei en direction de Poienile Izei vers 9h30. À la sortie de Barsana, je tombe sur un grand monastère entièrement fait en bois. C'est un havre de paix très bien entretenu, très fleuri, où s'activent ça et là quelques bonnes sœur. Ce site est lui aussi au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le guide du Routard indique une route de traverse pour rejoindre Pioenile Izei, évidemment je m'empresse de la prendre pour fuir les sentiers battus. Je ne suis pas déçu du voyage ! La route se transforme en piste puis à certains endroits en chemin 4x4. Trop tard, je suis engagé et il n'y a aucun endroit pour faire demi-tour. J'arrive bon gré malgré à la fameuse église en bois qui elle aussi est au patrimoine de l'UNESCO. La description du guide du Routard fait mention " d'une petite église en bois au milieu d'un cimetière verdoyant ". Je dirais plutôt une petite église en bois au milieu d'une jungle d'où surgissent quelques croix rouillées et stèles en pierre. Elle semble abandonnée là au milieu de rien car au centre du village une grande église plus moderne a été bâtie. Elle a évidemment beaucoup moins de charme. Je ne sais pas pourquoi, je me sens bien dans cet endroit. Dans tous les villages que je traverse, les gens sont occupés à travailler dans les champs. En ce moment c'est la période des foins. Partout où je passe, les gens s'arrêtent de travailler et ils me regardent passer. Je crois que les touristes viennent rarement s'aventurer dans ces endroits. Et pour cause, les routes sont scabreuses mais vraiment il vaut la peine de se perdre dans les petites vallées du Maramures. Puisque ce n'est pas très loin de ma route, je fais un crochet par Botiza. Ce village est connu pour sa fabrication de tapis de laine colorés par des teintes naturelles. Il faut passer sous un énorme portique en bois sculpté pour rentrer dans le village, il doit faire au moins 5m de haut. J'ai remarqué que tous les villageois qui passaient devant une église ( il y en a 3 ! ) se signe de la croix à 1,2 ou 3 reprises. Je pense que c'est partout pareil mais c'est la 1ère fois que je m'en aperçois. Sur les conseils du guide du Routard je vais à Ieud. Mis à part l'église en bois qui date de 1364 et qui est la plus vieille de la région du Maramures, il n'y a rien d'autres d'attrayant. Je passe à travers champs pour rejoindre Viseu de Jos et donc la route principale. Mon dos et mes amortisseurs se réjouissent de retrouver une route digne de ce nom. Je fais le plein à la petite bourgade de Viseu de Sus car ensuite il n'y a plus rien pour les prochains 100km. Petite anecdote amusante, dans la ville de Viseu de Sus, il est indiqué " BORSA 9km ", c'est ma direction donc je continue ma route. Au bout d'une vingtaine de minutes, j'aperçois le panneau d'entrée de Borsa sans jamais être sorti de la ville précédente. En effet, j'ai remarqué que la vie se concentre principalement aux abords de la seule route bitumée qui traverse une ville ou un village. À tel point que des petits villages de 500 habitants peuvent faire 4,5,6km de long et ainsi toucher le village suivant. Ce qui a pour conséquence aussi de devoir toujours rouler à 50km/h ( vitesse maximale autorisée en agglomération). Je commence l'ascension du col de Prislop. À la moitié de la montée, le temps se gâte sérieusement. Des ruisseaux coulent sur la route. Juste avant le sommet je croise un berger avec au moins une centaines de moutons. Il est là, impassible sur le bord de la route alors qu'il pleut des cordes et que la température a chuté à 7 degrés ( elle était de 22 en milieu de journée). Il paraît qu'au col, la vue est imprenable sur les montagnes du parc national du Rodnei. Je n'en distingue que des ombres dans le brouillard. Aussi surprenant que ça puisse paraître, il y a un monastère perché là au milieu de nulle part. Il ressemble plus à un château de conte de fées qu'à un édifice religieux. À noter que le col de Prislop est le carrefour des régions du Maramures, de la Bucovina et de la Transylvannia. Je continue ma route et descend sur Carlibaba. La route est pleine de trous, certains sont si gros que si je n'étais pas vigilant je pourrais y laisser le train avant . L'endroit est sauvage. Pas âme qui vive. Je me régale. Tout le long de la route, il y a des tas gigantesques de grumes devant lesquels sont garés des camions prêts à les emmener. Dans des coins de forêt, il y a des jolies roulottes en bois servant de maisons aux bûcherons travaillant dans le secteur. Ils sont là en exil pour quelques semaines ou mois. J'atteins enfin Carlibaba, les 1ers 500m ressemble à s'y méprendre à un décor de western. Tout y est. Les maisons en planche avec une terrasse couverte sur l'avant, les clôtures en bois autour des maisons, les parcs à vache en rondin fin, les ponts en bois etc... Ici c'est LA matière 1ere pour tout faire ! Je rattrappe la route principale et je file à 100km/h ( ça change des 30 habituels) vers Fundu Moldovei où j'ai repéré un camping sur le guide du Routard. Douche chaude, lessive, internet pour rassurer les proches et du silence. Un bel endroit pour se requinquer.

MERCREDI 4 JUIN
C'est sous un soleil radieux que débute ma 1ère journée en Bucovina. Ce matin le réveil est tardif ( 9h00) les 200km d'hier dont 180km sur routes défoncées ont eu raison de moi. Je consulte la carte et le guide du Routard avant de partir. Tous le monastères du secteur sont au patrimoine mondial de l'UNESCO ( 5 ). Pour le moment je ne fais pas d'overdose d'églises et monastères car chaque édifice est différent par son environnement, sa décoration, son architecture etc... Mon hôte me dit que la route sera bien meilleur que celle d'hier au col de Prislop ( ça me parait difficile de faire pire) ! Je prends la route en direction de Vatra Moldovitei où je visite le Monastère Moldovita. C'est en fait une grosse église recouverte à l'intérieur comme à l'extérieur de fresques religieuses. Ce qui lui donne un aspect très particulier c'est son toit qui déborde d'au moins 2m. Le tout entouré par un mur d'enceinte épais de 4m environ. Je reprends la route en direction de Sucevita. Elle est bordée d'un petit torrent de montagne, d'alpages, de vaches en liberté, de forêts de sapins, de maisons en bois clôturées par des jolies barrières en bois elles aussi. Avec le soleil qui est de la partie, ça donne un avant goût de ce que peut être le paradis ! La forteresse monastique de Sucevita est très imposante, elle renferme une église entièrement peinte comme précédemment. Les lieux sont très bien entretenues et les peintures murales très bien conservées. Je fais une petite pause à Radauti pour changer de l'argent et me restaurer avec des sortes de beignets fourrés, l'un aux champignons et l'autre à la crème pâtissière. Je flâne ensuite dans les rues et sur le marché de cette petite bourgade bien vivante. Au moment de repartir, j'assiste à une procession religieuse en pleine rue, Je m'approche pour prendre des photos et je comprends qu'il s'agit en fait d'un enterrement ( gloups!). Cette petite pause me fait du bien car j'ai encore 3 monastères à visiter et je risque de friser l'overdose. Je reprends la route vers Arbore pour voir un énième édifice mais je suis très déçu et je repars dans les 5 minutes qui suivent. Les remparts sont... En fait il n'y en a plus, les peintures extérieures sont délavées par le soleil, les peintures intérieures tombent par plaque et on ne distingue plus grand chose et le jardin qui entoure l'église est quasi en friche. L'endroit n'avait aucune âme et pourtant il est sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Et dire que j'ai fait 12km de piste pour ça... Je vais maintenant en direction d'un site où se trouve 2 forteresses monastiques ( seulement 10km les séparent). Le monastère d'Humorului et celui de Voronet. L'un a mal vieilli et l'autre et très bien conservé. L'un est désert et l'autre est bondé ( 3 bus et beaucoup de marchands). Les 2 sont entretenus par des religieuses qui s'acharnent à conserver une âme à ces lieux. Les édifices religieux que j'ai vu ces dernières 48h sont tous magnifiques ( excepté Arbore ). Ils ont tous un attrait particulier par le fait qu'ils ont été construits il y a 6 ou 7 siècles et avec des moyens techniques très rudimentaires. Moi qui ne suis pas du tout intéressé par le milieu religieux, j'ai beaucoup apprécié les différentes visites que j'ai pu faire car j'ai été bluffé par les prouesses architecturales et artistiques. Pour finir, ma préférence va tout de même vers les églises en bois du Maramures car elles sont très discrètes ( j'étais toujours seul lors des visites) et je suis resté en admiration devant de si grandes constructions entièrement en bois. Me voilà maintenant dans ma voiture, la tête repue de monastères et d'églises en tout genre. Je choisis la facilité et je retourne donc dans le camping de la veille, 40km en arrière. Il est calme, abordable, propre et les propriétaires, Hollandais, ne sont pas avares en recommandations. Et, cerise sur le gâteau, j'ai eu un verre de schnaps à la poire à mon arrivée. Petit remontant qui est fait par Monsieur avec les poires du camping. Tout juste 55 degrés... Ah il me fallait bien ça !!
JEUDI 5 JUIN
Il est 7h30 quand j'ouvre les yeux, le ciel est couvert, pas d'averses pour le moment. Étant donné qu'aujourd'hui je change de région, je vais surtout rouler et très peu visiter donc je me permets de partir à 10h45. Les montagnes font place aux grandes plaines. Je file à vive allure au beau milieu d'hectares de champs de blé, de maïs, de pommes de terre, de soja et aussi de nombreux vergers. Ici la machine a remplacé l'homme. Fini les fenaisons et les cultures tout à la main comme dans les montagnes du Bucovina et du Maramures. Rien d'intéressant à voir par ici donc je passe Gura Humorului, Falticeni et Targu Neamt et me voilà maintenant dans la région de la Moldavie. Je fais très rapidement les 130km qui me séparent du monastère de Neamt. C'est en réalité une université orthodoxe. Le lieu est particulier car mis à part l'église, tout est moderne. J'ai vraiment l'impression de rentrer dans un campus plus que dans un monastère. Drôle d'endroit. Les peintures qui décorent l'édifice sont en parfait état, il me semble même que ça a été restauré. La vivacité des couleurs donnent de la gaieté à cette église. Il se met à pleuvoir donc je reprends la route vers le 2ème et dernier monastère de la journée, Secu. Juste avant de sortir de l'enceinte, 3 prêtres orthodoxes passent devant ma voiture, je les salue mais ils se dirigent vers un bâtiment et ne tournent pas la tête pour me répondre. Ils sont habillés avec des grandes soutanes noires et un couvre chef plat, propre à cette religion, une bonne partie du visage est enfoui dans une épaisse barbe poivre et sel. Paraît-il qu'il y aurait plus de 50 monastères dans le secteur, pour ma part je me contente des 2 seuls qui sont sur ma route, j'ai eu largement mon compte hier. Perplexe, c'est le mot qui me vient tout de suite à l'esprit pour qualifier mon sentiment à la sortie de Secu. C'est une forteresse monastique massive. Tellement massive que les remparts servent de logement pour les moines qui y vivent. Il y a 2 boutiques de souvenirs et de babioles comme dans les autres endroits mais ici ils ne sont résolument pas tourné vers le tourisme. Un peu partout, des moines prient en tenant un livre à la main mais personne ne me regarde. Histoire d'ajouter un peu d'austérité au lieu, si tant est qu'il en ait besoin, l'intérieur de l'église n'est éclairé que par des bougies si bien que je ne vois pas les peintures au plafond et surtout je ne vois pas les 2 moines à genoux dans un coin entrain de prier. Évidemment j'ai sursauté quand l'un des 2 a tourné une page de son livre. Tant que j'y suis, je vais finir de noircir le tableau, une grande partie du hall d'entrée de l'église est peint par une représentation de l'enfer, beaucoup de flammes, de têtes coupées, de personnages qui brûlent et de diables. Seul sur le parking, seul dans le monastère, qu'est ce que j'ai fait ?! Bin...je suis parti ! Je fais route vers Poiana Largului et j'arrive au lac de Montelui. Le paysage est nettement moins plat, le lieu est très joli, très sauvage, la forêt pousse jusque sur les berges. Il y a très peu d'habitations autour. Je le longe pendant une trentaine de kilomètres en faisant quelques arrêts pour profiter de la vue. Je me mets en quête de trouver un endroit où passer la nuit et quelques kilomètres plus loin j'aperçois un panneau Port Bicaz, je me dis " chouette, je vais passer la nuit au bord de l'eau". Quelle déception en voyant le fameux port... C'est une espèce de complexe touristique avec 2 boutiques de souvenirs, 1 restaurant, 1 "camping" en bungalow, 1 hôtel flottant miteux et 3 pédalos qui se battent en duel. C'est vieillot et certaines choses ne sont pas finies. Il y a aussi quelques habitations flottantes. Le lieu ne m'inspire pas et je continue en direction du lac Rosul où là j'ai la ferme intention de mettre un terme à ma journée. Avant d'y arriver, je passe dans les magnifiques gorges du Bicaz. Elles sont courtes mais le passage est impressionnant. C'est très étroit et au dessus de ma tête, les falaises touchent le ciel. C'est rempli de bus, de touristes et de boutiques à babioles. Impossible de s'arrêter mais l'endroit est vraiment joli et vaut le détour. À peine quelques kilomètres de plus et j'arrive au lac Rosul qui se trouve dans un parc national dont je n'ai jamais pu obtenir le nom. Malgré tout le lieu est dénaturé par 3 complexes hôteliers et une multitude de boutiques à babioles. Je m'achète un Kurto-skalacs, une sorte de pâte à brioche enroulée sur une grosse broche sur laquelle ils y mettent de la cassonade ou de la vergeoise avec des petits éclats de noisettes, le tout cuit au dessus de la braise. Ça donne une délicieuse gourmandise en forme de tube d'une bonne trentaine de cm et qui me fait les yeux doux à chaque fois que je la regarde. C'est bien cuit et croquant à l'extérieur et moelleux à l'intérieur. Maintenant il pleut assez fort et la température est tombée à 11 degrés, je suis en altitude et par expérience je sais que la nuit on peut encore perdre quelques degrés. Je décide donc de descendre un peu et de trouver un petit chemin pour me cacher dans la forêt. Avant de partir, je vois un panneau indiquant la présence d'ours dans le secteur. Mon plan tombe encore à l'eau. Direction Gheorgeni en Transylvanie et j'aviserai sur place. Ce fut vite fait, la ville est délabré, vraiment rien de convenable pour se poser confortablement. Tampis, je poursuis vers Miercurea Ciuac et je m'arrêterai dans dans un chemin en plein champs. Faut-il encore trouver un chemin... Rien de rien, que des pâturages, des champs et des petites forêts. Jusqu'au moment où j'aperçois une piste convenable, je m'y engage, je fais 800m et miracle, une sorte d'élargissement. Parfait ça me convient. En pleine nature et près d'une toute petite colline couverte par une forêt de résineux, je vais être très bien pour la nuit. À peine 5 minutes que je suis là et déjà une 1ère voiture qui passe avec des gens qui me dévisagent ( tsiganes ). Puis une deuxième, puis un tracteur, un vélo un piéton, une autre voiture... Pour la tranquillité c'est loupé. Je remonte en voiture et je vais voir ce qu'il y a derrière cette colline... Un village... Avec des constructions faites de bric et de broc. Ok j'ai compris, ce n'est pas encore l'endroit de rêve où je passerai la nuit. Il me reste 2 solutions, trouver un autre chemin ou faire les 38km restants vers Miercurea Ciuc, il est 20h30et c'est donc la 2ème option que je choisis. La ville en elle même n'a rien d'attirant et je jette mon dévolu sur un Motel très bon marché mais très propre et pas vieillot. Sentiment bizarre dans ma chambre d'hôtel, je repense à tous ces beaux endroits que j'ai traversé dans le Maramures et en Bucovina, ici c'est déjà bien différent, moins authentique.
VENDREDI 6 JUIN
8h00 le réveil sonne mais je fais la sourde oreille. 1ère journée en Transylvanie 10h45 je décolle enfin, direction Rupea, Sighisoara et Bietran. Je vais prendre le temps aujourd'hui car j'ai trop roulé hier. Je vais profiter un peu. Oui mais je sens bien que la route sera la même qu'hier finalement, elle sera bien fade et morne. Toujours les mêmes paysages qui défilent. De la nationale à 100km/h. Non ce n'est pas possible, pas 2 jours de suite, je ne suis pas venu pour ça. Je cherche sur la carte un plan B. Eurêka !!!!! Ça sera un poil plus long mais ça ne pourra pas être pire qu'hier, impossible. Je file donc vers l'Ouest en direction de Vlahita. Il me faut à peine 3km pour sortir de Miercura Ciuc et être déjà en pleine campagne. Je suis maintenant sur des grands plateaux où alternent forêts de résineux, ruisseaux limpides, tourbières et alpages d'herbe rase, je suis au Canada...quelques kilomètres plus loin je croise une charrette remplit de foin, une autre remplit de terre, une Dacia rouillée, des bergers et leurs moutons, en fait non c'est bien en Roumanie que je suis. Maintenant je fais route vers le Sud en direction d'Ocland et le paysage change encore, la route se rétrécie, les trous apparaissent ça et là, le paysage devient beaucoup plus bosselé, par endroits le bitume laisse place à la piste en terre, les champs retrouvent des dimensions humaines. Je me surprends à rouler à 40km/h, même en dehors des villages. Je ne suis plus pressé par une troupe d'excités qui se collent à mon train arrière. Les villages que je traverse sont paisibles, les gens sont assis et discutent devant les maisons, ça sent le fumier, il y a de la bouse de vache sur la route, devant les magasins mix les charrettes sont plus nombreuses que les voitures. Ça me redonne du baume au cœur après les quelques 380km insipides que j'ai fait hier. Cette authenticité c'est exactement pour ça que je suis venu en Roumanie. Je prends même le temps de m'arrêter voir un apiculteur qui me met une combinaison sur le dos pour aller voir ses abeilles. Je lui achète du miel de montagne en partant. Je m'empresse de le goûter puis d'en avaler 5 ou 6 cuillères. Tout ça sent la nature et c'est vivifiant. J'arrive presque à ma 1ère étape quand en pleine campagne je tombe sur un passage à niveau on ne peut plus simpliste, 2 rails et 1 signal lumineux rouge ( presque jamais de barrières en Roumanie). Il y a déjà 3 ou 4 voitures de part et d'autre. Certains ont les portières ouvertes et sont affalés dans leurs sièges et d'autres sont assis dans l'herbe entrain de discuter. En bon occidental que je suis, je laisse le moteur tourner et je vais voir si le train arrive. D'un côté on peut voir à 800m environ et de l'autre à plusieurs kilomètres. Histoire de ne pas paraître con, je coupe quand même mon moteur et j'attends dehors comme tout le monde. L'idée de passer quand même me traverse l'esprit. Au bout de 15 bonnes minutes, un train de marchandises d'un autre âge arrive à la vitesse d'un bon cycliste, 40km/h tout au plus. Tout le monde remonte tranquillement dans sa voiture et reprend son bonhomme de chemin. Je crois qu'aujourd'hui j'ai vraiment fait le bon choix de route. Pour preuve, 80km parcourus pour atteindre Rupea et ma moyenne culmine tout de même à 28km/h !! Rupea c'est une jolie cité féodale fortifiée au pied de laquelle il y a un bourg rural très animé. Il n'y avait aucune information sur le guide du routard mais Daniel ( un français rencontré sur VF qui est marié à une roumaine et qui habite en Roumanie) m'avait conseillé d'y aller. Je ne suis pas déçu, c'est joli, il n'y a aucun touriste et je me fais une balade à l'ombre pour monter jusqu'au fort. Ensuite j'avale les 53km qui me séparent de Sighisoara en une trentaine de minutes. Les paysages traversés sont toujours aussi plaisants. La cité fortifiée de Sighisoara est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Je laisse ma voiture au parking qui se trouve en bas et je monte à pied la ruelle qui permet d'y accéder. C'est relativement grand et on se laisse perdre agréablement dans les ruelles pavées. C'est ici qu'est nait Vlad Dracul, qui inspira l'auteur du légendaire et célèbre personnage de Dracula. Néanmoins le site a perdu de son charme car c'est une succession de bars, de glaciers, de restaurants et d'hôtels 4 étoiles. C'est le rendez-vous de la petite bourgeoisie et c'est archi-blindé de touristes. Bof ! En redescendant, les gardiens des parkings sautent sur les touristes pour les faire payer le temps resté et je n'y échappe pas. Oui mais voilà, je ne me suis pas garé sur leurs parkings, je suis allé un peu plus loin. Incrédules et mécontents, ils me regardent partir et marmonnent des jurons.
( CE QUI SUIT A ETE ECRIT LE LENDEMAIN MATIN, SAMEDI 7 JUIN, AVEC LES IDEES PLUS CLAIRES) La dernière étape me conduit à Bietran, petit village coloré et tranquille où une église fortifiée a été construite au 16ème siècle. Je me gare sur la place du village et je me dis que je vais être au top pour passer la nuit, je ne crois pas si bien dire... Je pars à pied en direction de la fortification qui se trouve sur un petit promontoire. Je suis un peu déçu par l'endroit car le site est en réfection, si bien qu'il n'y a que le tour de l'église et sa visite qui sont faisables. On aperçoit néanmoins les tours de guet. L'intérieur de l'église est quelconque, ça sent le vieux, le renfermé et le bois est vermoulu. Le tout a besoin urgemment d'un coup de jeune. Je termine la visite et je redescends dans le village et reviens à ma voiture. J'installe mes petites affaires pour passer la nuit puis comme je l'avais prévu en arrivant sur place, je vais me poser sur une table à l'extérieur avec une bière pour potasser sur la suite de mon parcours. Le choix est rapide, il y a un magasin mix qui fait aussi bar et où il y a l'air d'y avoir des jeunes d'une vingtaine d'années ou alors il y a un petit chalet en bois sur la place du village avec 4 grandes tables en rondins pouvant accueillir 10 personnes chacune. Mon choix se porte sur le 2ème car il y a du monde ( déjà 3 tables pleines ) et aussi parce qu'il y a une fumée alléchante qui s'y dégage, l'ambiance a l'air bon enfant. J'arrive devant le cabanon, toutes les têtes se tournent vers moi et le niveau sonore baisse. Merde je fais un tel effet !! J'apprendrai plus tard dans la soirée par un jeune qui parle anglais que les touristes viennent voir l'église et se sauvent aussi sec. Je commande donc ma bière et je vais m'asseoir à la dernière table de libre. Ici pas de fioritures, on se lève ou on crie pour commander et quand c'est prêt le gars te l'annonce en criant. Je m'affale sur le banc et je commence à siroter ma bière, je n'ai pratiquement pas le temps d'ouvrir mon bouquin que déjà un groupe d'une douzaine de personnes arrivent puis dans la foulée une dizaine d'autres. Le niveau sonore s'élève immédiatement. Ils me demandent si ils peuvent s'asseoir à ma table et j'accepte volontiers ( en même temps c'est la seule table qui reste). Très vite on m'adresse la parole et je réponds par un petit " sunt francez" ( je suis français). Visiblement ça fait son effet car j'entends dans les phrases "francez" à tout va. Ça parle fort, ça rigole, ça rote, ça blague, ça tape dans le dos et surtout ça boit. La terrasse est exclusivement occupée par des hommes allant de 25 à 65ans. Autant dire que l'ambiance est très joviale. 2 gars de ma table se lèvent et vont vers une voiture et ils en reviennent avec 5 ou 6 bouteille d'eau mais remplis d'une boisson couleur Champagne et d'une autre couleur rosé mais plus soutenue. Les plus âgés s'en servent un verre ou plutôt un baquet ( les verres font tout de même 33cl ) et ils le coupent avec du coca. À moi on m'en sert un verre plein et sans coca. Je lève mon verre et je proclame un " noroc " bien viril qui n'a pas manqué de faire rire ma tablée. C'est légèrement pétillant, sucré, pas trop alcoolisé et avec un goût agréable mais que je n'arrive pas à déterminer. Ne comprenant pas le Roumain, impossible de savoir ce que c'est. Un homme arrive avec son synthétiseur et une enceinte, ce qui a ravivé les plus endormis. On rajoute des tables car d'autres hommes viennent se greffer à ce que l'on peut appeler maintenant une fête. 2 tablées commencent à manger et je tends le cou pour voir ce qu'il y a dans les assiettes. Ce sont les célèbres mititei ( petite saucisse de 10cm à base de viande hachée, aillée et aromatisée puis grillée). Ça me va très très bien car je n'ai pas mangé depuis 11h30 et la boisson locale commence à faire son effet. Je passe commande d'une assiette et d'une autre bière. Assiettes et verres en plastique, ici on mange avec les mains, à la bonne franquette, il y a juste 2 cures-dents plantés dans l'une des 2 saucisses et j'ai aussi une bonne poignée de frites. Un jeune de mon âge vient s'asseoir à côté de moi et il commence à me parler en anglais. Je me sens moins isolé et je peux enfin comprendre pourquoi une telle ambiance. Avant ça, un homme à la voie portante et déjà bien éméché vient me voir avec un petit verre et une bouteille de vodka à la main, il me dit en français et en roulant les R, " jé né pou rien faire pour toi mais jé ta souhaité la bienvénoue " et il me tend un verre de vodka plus que plein. Il me fait signe de boire cul sec, ce que je fais après avoir proclamer mon fameux " noroc ". Je reprends la conversation avec le gars qui est assis à côté de moi, il me dit que ce soir c'est la fête car ils viennent de finir un chantier de gaz. Enfin c'est ce que j'ai compris car après 2 baquets de bières, 1 baquet de pétillant de cerises, 1 baquet de pétillant de raisins et 1 verre de vodka, mon anglais est devenu subitement plus aléatoire. Nous continuons un peu la discussion et je les remercie pour cette bonne soirée. Je pars plein de joie à la voiture pour me coucher. Autant dire que je suis très heureux d'être déjà installé pour la nuit car je ne suis pas du tout en état de prendre le volant et en plus en Roumanie c'est tolérance zéro pour l'alcool. Une bien belle journée qui se termine d'une bien belle manière. Non pas parce que j'ai bu plus que de raison mais parce que ça fait du bien de prendre son temps et de voir des gens avec une âme. Avant de m'endormir, je les entends entonner des chants Roumains à capella. Vers 4h00 du matin, les derniers fêtards quittent les lieux bruyamment... De sacrés gaillards ces Roumains.

SAMEDI 7 JUIN
Le réveil est matinal, entre l'église qui sonne tous les 1/4h et les chevaux au petit trot sur le bitume, je ne traîne pas longtemps pour émerger. Je mange un morceau tranquillement et je mets un peu d'ordre dans mes affaires puis je consulte la carte et le programme du jour. Ma 1ère étape doit me conduire à Prejmer et j'y arrive au bout de 2h45. J'ai choisi de passer par le Sud pour profiter des routes de campagne avant de reprendre les grands axes et de voir la ville. Il y a de fortes chances pour que ce soir ce soit moins champêtre qu'hier. C'est ce qui rend les voyages agréables, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, aucune routine possible. Une fois sur la nationale, je me laisse filer gentiment, créant derrière moi une longe file de voitures. À 10km de Brasov, je contourne la ville par le Nord-Ouest puis j'arrive à Prejmer. La ville en elle même n'a absolument aucun attrait et est plutôt déserte mais l'église fortifiée vaut vraiment le déplacement. Elle est d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est un édifice circulaire massif de 15m de haut sur lequel repose un toit 1 pan incliné vers le centre formant ainsi un début d'entonnoir. Les seules ouvertures donnant vers l'extérieur sont des meurtrières. L'intérieur du cercle est composé de plus de 230 portes numérotées sur 3 niveaux accessibles par un labyrinthe de balcons et d'escaliers. Derrière chaque porte, appartenant à une famille, une pièce plus ou moins grande leurs permettait à l'époque d'y cacher leurs récoltes et de s'y réfugier en cas d'invasion. Il y avait tout le nécessaire pour subsister en étant assiégé, un forgeron, un tisserand, un potier, une école etc... La vie à l'extérieur était installée pour un temps dans cette promiscuité. Au sommet du rempart, sous le toit, une coursive permet de faire le tour complet de l'édifice en ayant une vue par les meurtrières. Certaines pièces sont reliées entre elles créant ainsi plein de passages "secrets". Le centre du cercle est occupé par une imposante église dont les arches sont faites en pierres ou en briques, contrastant ainsi avec le blanc des murs. Vraiment un très bel endroit où il est agréable de flâner et de se perdre d'autant plus si l'on s'y retrouve seul comme j'en ai eu la chance, je le recommande fortement. Je mets maintenant le cap sur Brasov, une ville assez importante de 285 000 habitants, installée au pied d'une montagne sur laquelle dans le dernier tiers il y a BRASOV écrit en grosses lettres blanches, de la même manière qu'HOLLYWOOD aux USA. Un téléphérique permet d'aller au sommet de cette montagne pour contempler la ville et les environs. Rien de particulier à visiter mis à part une église...encore. Là dessus je fais l'impasse. Ici il est plutôt recommandé de battre le pavé tant le centre historique est grand et piéton. C'est LE centre névralgique de la ville. Une très grande place où il y a aujourd'hui un marché et une grande et large rue piétonne où se succèdent des terrasses aux ambiances hétéroclites. Tous les regards sont rivés sur les écrans, finale dame de Roland Garros oblige. Nous sommes samedi et ça grouille de gens mais ça reste tout de même agréable. À 16h00 je m'autorise un petit goûter et je m'achète un placinta cu mere, une spécialité roumaine. De la feuille de brick au dessus et en dessous et au milieu une pomme hachée ( peau, cœur, pépins) aromatisée à la cannelle. Si bien que je me retrouve à cracher discrètement ce que je n'arrive pas à mâcher, élégant ! Une fois avoir fait le centre en long en large et en travers, je me dirige vers ce qui semble être un rallye en pleine ville. Cela fait plus de 3h que j'entends des moteurs pétarader. Il s'agit en fait d'une course de côte où chaque participant part en contre la montre. Je reste là plus d'1h30 à regarder Ferrari, Porsche et autres bolides à 4 roues passer à très vive allure puis je regagne tranquillement ma voiture en passant par des vestiges de ce qu'était avant les remparts de Brasov et je passe également dans un des nombreux parcs de la ville. En allant en direction de ma voiture, je m'aperçois que les autres ont pour la plupart un PV sur le pare brise...ma plaque étrangère les en a visiblement dissuadés et c'est parfait car je n'avait pas pris la peine de prendre un ticket à l'horodateur, je ne m'étais. pas donné ce mal en devinant un peu que je ne craignais pas grand chose. Il se fait tard, je vais quitter la Transylvanie pour y revenir à la fin de mon périple. Il est temps que je me trouve un endroit où dormir aux alentours de Sinaia. La nationale que j'emprunte est agréable et j'arrive rapidement sur place. Nous sommes samedi soir et tout le monde est de sortie et en plus de ça il y a des mariages. Trop d'agitation à mon goût, je reviens sur mes pas et je tente ma chance à Busteni. Là je trouve une petite route sans indication particulière et qui a l'air de partir en forêt. Je crois que ça va me plaire. Je passe devant les dernières maisons et je traverse une petite forêt puis rapidement plus rien et un vaste vallon relativement plat et sans arbres s'ouvre devant moi. C'est encore mieux que ce que j'espérais. La route se transforme vite en piste mais c'est carrossable. Quelle chance ! 1km plus loin, je croise un panneau "attention aux ours", voilà qui finit de me séduire. Soudain, en m'enfonçant dans le vallon, en lisière de forêt, je crie PUTAIN UN OURS !!!! Ça c'est LA bonne surprise du voyage car sans grands espoirs j'avais espéré en voir un mais avec la quasi certitude que ça ne serait pas le cas. J'immortalise l'instant puis il disparaît dans la forêt. Il me faut chercher un endroit où me poser maintenant et je ne vais pas être déçu... 3km plus loin je tombe sur ce que l'on peut appeler le WOODSTOCK du campeur ! Le vallon est désormais plat et les alpages sont envahis de campeurs en tout genre. Ça va du campeur de compétition avec la tente, les chaises, la table, le barbecue à gaz, la glacière électrique...au puriste qui fait griller ces mitetei avec la lame de son couteau et qui dort à la belle étoile. Certains ont mis une clôture électrique autour de leurs tentes pour se protéger des ours. C'est l'anarchie la plus totale, on se pose où on veut et comme on veut. Les barbecues marchent à plein régime. Énormément de campements affichent fièrement leur patriotisme en plantant un drapeau roumain devant leurs tentes. Je trouve tout de même mon coin de verdure et je mange un morceau avant de me glisser dans mon duvet et de m'endormir au son bien désagréable de musiques folkloriques Roumaines crachées par les énormes enceintes de la voiture tuning de mes voisins d'un soir !!

DIMANCHE 8 JUIN
Déjà 1 semaine que j'arpente les routes de Roumanie. Il est 7h30, trop tôt, j'essaye de me rendormir mais le soleil tape et j'ai déjà trop chaud. Et puis surtout, j'ai déjà mon "David Guetta" local ( que j'appelle finalement Dj Carpates) qui s'est remis aux platines de bon matin. Je passe la tête dehors, grand soleil. Mais je rêve ou les hommes aux alentours tournent déjà à la bière !!!! Est ce qu'à un moment ils dorment et s'arrêtent de boire ces Roumains?! Je range mes petites affaires et je prends mon petit déjeuner dans ce que l'on peut appeler une discothèque de plein air. Mon voisin Dj Carpates a un invité, encore un furieux du tuning qui a la bonne idée d'ouvrir les portières et le coffre de sa voiture, de se mettre sur les mêmes ondes radio que Dj Carpates et d'envoyer les watts au maximum. Là clairement c'est tout le vallon qui profite des derniers tubes du moment. Pour le repos je repasserai plus tard, non là ce matin c'est dimanche et il y a une arrivée massive de voitures et je reste juste pour le plaisir de voir ce capharnaüm. On bat des records et je rigole tout seul comme un con dans ma voiture. Tampis je perds ma matinée mais pendant ce temps je potasse mon parcours et je rigole en regardant les gens. C'est bête et méchant, oui mais c'est tellement bon. Comment décrire tout ça sans rien oublier... Sur un vallon plat de 3km environ, vous prenez 500 voitures, 4 fois plus de personnes, des barbecues, des chiens, des tables, des chaises, des tentes, des campeurs, des drapeaux roumains, des randonneurs, des promeneurs, des alpinistes alors qu'il n'y a pas de quoi faire, des gens en maillot de bain, des vétetistes, des mamies avec la canne, des gamins hurlants qui jouent dans l'eau gelée du torrent, de la musique à tous les coins de tentes, de la fumée de barbecue en pagaille, de la poussière soulevée par les voitures et le meilleur pour la fin, du bourgeois en manque d'exotisme alpin dans leurs gros 4x4 de luxe desquels sortent des bécasses à talons qui ont une ceinture en guise de jupe et qui se demandent si c'est le choléra ou la peste qu'elles vont attraper en pique-niquant dans l'herbe, un must, j'adore. Étonnement les lieux sont propres et les gens prennent la peine de mettre leur déchets dans les grosses poubelles prévues à cet effet. Oui mais voilà, l'endroit est peuplé d'ours et une poubelle classique ne résiste pas très longtemps à l'appétit d'un plantigrade. Conséquences, ce qui était propre la veille au soir ne l'est plus le lendemain matin et les ours ont joué les petits Poucet en semant des détritus de la poubelle jusqu'à la lisière de la forêt... Charmant. Un Roumain vient taper causette avec moi mais là ça s'avère compliqué car la seule langue qu'il connait, c'est la sienne. Pas grave, on va trouver une langue commune, le Franmain et le Rouglais. Les 2 lui conviennent et moi aussi. On passe donc 20 minutes à discuter voiture et transport routier, son métier. Bien sympa encore cette rencontre. Depuis le début, je trouve que les gens sont très avenants. Et puis j'ai ai un atout de taille pour engager assez facilement la conversation, ma plaque d'immatriculation. J'ai apposé sur le "F" un stickers de la station de Meribel. Si bien qu'il est impossible de savoir de quel pays je viens, sauf si on connait Meribel évidemment. À 99% c'est l'élément déclencheur pour les rencontres. Déjà 12h30 allez je file à Sinaia pour voir le château de Pelés. Au passage j'arrose copieusement tous mes amis campeurs d'une épaisse poussière ! Paradoxe Roumain, il est marqué à plusieurs reprises "ATTENTION AUX OURS, LAISSEZ LES TRANQUILLES" et " GARDER LES LIEUX PROPRES SOUS PEINE DE POURSUITES" et tout est prévu pour faire le contraire. Ceci dit j'ai quand même beaucoup aimé l'endroit qui, j'ai oublié de le dire, se trouve au pied des monts des Bucegi. 10km plus tard je me retrouve au pied de la longue montée pavée qui mène au château Pelés. Quand je vois l'effervescence dans la ville, je réalise très vite que ça va être blindé. Pas loupé, c'est la queue pour acheter les tickets et pour rentrer dans le château. Une fois mon billet d'entrée en poche, je décide de tenter ma chance pour accéder tout de suite étant donné que je suis seul. Et ça marche, on me colle dans un groupe de Roumains avec un guide et c'est parti. Mais au bout de la 2ème pièces, je les laisse filer car la visite se fait au pas de charge et ça ne me plait pas. Surtout qu'il y a énormément de choses à voir. C'est richement décoré, parfois trop. Les matériaux utilisés sont très nobles voir précieux. C'est vraiment très bien entretenu et on s'imagine aisément comment s'organisait la vie quand tout ça était habité. L'architecture extérieure n'a rien à envier à l'intérieur. Là aussi il y a le souci du détail. Encore un très bel endroit à ne pas louper. Autant j'ai pris mon temps pour monter au château et le visiter, autant là je redescends au pas de course car le ciel est noir et je vois déjà des éclairs au loin. Je regagne vite ma voiture et je démarre en direction de Slanic via Ploeisti. Au bout d'à peine 2 minutes c'est un déluge de pluie et de grêle qui s'abattent sur moi. J'y ai échappé belle sur ce coup là. La route vers Ploeisti est sans intérêt, tout comme la ville d'ailleurs donc je bifurque tout de suite vers Slanic et sa mine de sel que je visiterai demain. Le bourg est petit, sans vie et plutôt tristounet. Il y a là 4 ou 5 immeubles de l'époque communiste, cubiques, gris et sans balcons. Je repère très vite le puits de la mine et je m'installe sur le parking pour la nuit.
LUNDI 9 JUIN
Encore une fois je me fais réveiller par la chaleur qu'il fait déjà à 7h00 du matin dans la voiture. Je me prélasse au soleil, fais un brin de toilette, consulte les cartes et mange un morceau. Encore une fois je prends le temps et je vais même faire un tour dans le village. En réalité ce n'est pas si moche que ça, mis à part ces 5 ou 6 bâtiments de l'époque communiste, le reste est joli. Il y a beaucoup d'arbres et hier soir je n'ai pas vu toutes les petites maisons qui se cachaient. Je reviens à ma voiture et quand je me décide à aller en direction de l'entrée, je prends peur. Il y a déjà beaucoup de voitures et il y a une bonne demi heure de queue à l'entrée. À un jour près j'aurai trouvé porte close car la mine ferme exceptionnellement mardi 10 juin ! Me voilà dans le petit ascenseur où peuvent rentrer 6 personnes bien serrées. La descente dure 90 secondes. Chaque élément en ferraille de la cabine est rongée par le sel. Je suis maintenant à 208m sous terre. Il fait très frais 12 degrés ( toute l'année). Je sors de la cabine et je suis stupéfait, c'est grand, très grand, immense ! Les proportions font peur, je ne m'attendais pas à ça. Il y a environ une dizaine de salles, accessibles au public, reliées par des très larges passages. En tout il y a 8 hectares qu'il est possible d'arpenter et 2,5 hectares fermés au public, les hauteurs sous plafond varie entre 32m et 54m. Les volumes qui ont été extrait de cette mine sont colossaux. Il y a même une croix religieuse lumineuse. Passé cette 1ère impression, je m'avance un peu en pensant qu'il y aurait un guide ou un petit train mais je vois que tout le monde déambule à sa guise alors je fais pareil. Je tombe sur une salle où il y a des structures gonflables pour enfant et des karts à pédales. Ça me surprend un peu mais pourquoi pas. Dans la suivante il y a un bar café et magasin mixt avec tables, chaises etc... Là rien de trop surprenant. Dans une autre, des sculptures avec la pierre de la mine. Nulle part je trouve des informations sur l'extraction du sel, c'est bien dommage car je ne comprends pas où se trouve le sel quand je regarde les murs de cette mine. Ils ressemblent à de la pierre compacte, lissée et où on aperçoit très bien les strates. Ici on y vient en famille, parents, enfants, grands parents, cousins etc... C'est un lieu qui a l'air très apprécié et très fréquenté par les Roumains. Un peu plus loin j'aperçois un petit plan d'eau avec une passerelle qui l'enjambe. Ailleurs un terrain de football. Ici un coin TV avec un grand écran plat. Là un coin repos compartimenté et équipé avec des lits de camps. J'en fais le tour et effectivement des gens se reposent avec une couverture qui les recouvre. C'est déroutant comme endroit. On y fait même son footing ou de la marche sportive. Les gens me regardent l'air interrogatif car ils ne comprennent pas comment je peux tenir avec juste un tee-shirt. Tout le monde sans exception a une veste où au moins un pull. De toute façon, froid ou pas je n'ai pas le choix, mon sweat est dans la voiture. Je me dirige vers l'ascenseur pour repartir et je vois une gravure que j'ai du mal a identifié car la lumière est plutôt faiblarde dans cette mine. Il s'agit en fait d'une représentation d'Usain Bolt, le sprinter, qui fait son fameux geste après chaque course gagnée. Au dessus de lui, il y a "PUMA" inscrit avec le logo de la marque. Je reprends l'ascenseur en étant perplexe sur ce que je viens de voir. Je viens visiter une mine d'extraction de sel et j'ai tout vu sauf ce pour quoi j'étais venu. Revenu à la surface j'aperçois un panneau expliquant brièvement la mine. En fait Slanic est une station balnéaire où l'on vient prendre du bon temps mais aussi soigner des maladies respiratoires. L'air de la mine est , parait-il, très bon pour ça. La pression atmosphérique est constante ( 780 hpa ) et c'est visiblement très bon aussi pour le corps. Il y aussi la possibilité de se baigner dans un lac salé à 1km de là mais je ne l'ai pas testé. Avant de partir je m'achète un kurtos-kalacs. Cette fois ci je vois tout le procédé de fabrication. Délicieux ! Maintenant je mets le cap sur l'extrême Sud de la Moldavie, un endroit peu visité de la Roumanie, Vulcanii- Nairosi, au Nord de Buzau. La route pour y aller est très agréable, je passe dans de nombreux petits villages. Je m'enfonce dans un paysage de collines bien rondes et très verdoyantes et arborées. Difficile de croire qu'ici il y a de l'activité volcanique. Je me gare sur le petit parking et je suis accueilli par le propriétaire, " welcome to muddy land ". Trouvant le cadre vraiment sympa je lui demande tout de suite si jeu peux dormir ici et il accepte sans problème. Ça m'en coûte 5lei et je peux disposer des sanitaires et des tables ombragées mises à disposition. La douche chaude est à 5lei. Parfait tout ça. Maintenant je me dirige vers la zone volcanique par un sentier montant sur une colline. Jusqu'au bout le suspens est entretenu car on ne voit rien, c'est bien vert à des kilomètres à la ronde. Soudain j'aperçois enfin les cônes volcaniques. En fait c'est une zone bien précise qui fait tout au plus 400m de circonférence. Il y a des cônes crachant de la bout à intervalles plus ou moins réguliers ou alors il y a de grosses flaques boueuses glougloutantes ! Ni l'eau ni la boue sont chaudes, ce ne sont que des remontées gazeuses. Les contrastes entre les couleurs sulfurées et le vert des alentours est saisissant. Je suis quasi seul et je profite de l'endroit en me baladant de flaque en flaque et de cône en cône. Déjà 2h30 que je suis ici, je m'y sens vraiment bien tant le calme règne. Je descends au parking et je m'installe pour la nuit. Dommage que demain je doive poursuivre ma route car l'endroit est enchanteur. Pas une seule habitation à des kilomètres à la ronde, une nature préservée, pas de bruit, et tout le nécessaire pour camper confortablement. Il y a même un petit magasin mixt et du wifi gratuit. Je finis cette journée devant un magnifique coucher de soleil et une bonne bière. C'est sûr, ici j'y reviendrai.

MARDI 10 JUIN
J'ai dormi comme un bébé, tellement c'est calme. Je mange un morceau sur l'une des tables ensoleillées puis j'essaye d'organiser via internet mes quelques jours dans le delta. Je me repose au soleil et je me laisse bercer par le son des cigales et des oiseaux. Absolument génial. Je discute avec le propriétaire des lieux, je prends vraiment du bon temps, à tel point que je commence à émettre l'idée de rester une nuit de plus. Il est 12h00 et toujours aucun touriste n'est venu ce matin, je me motive enfin à quitter ce cadre idyllique et je fais route vers Galati via Buzau et Braila, 2 grandes villes sans attraits particuliers. Il y a peu de monde sur la route et les kilomètres défilent dans des paysages de cultures. Au bout de 165km j'arrive à Galati. L'entrée dans la ville est peu accueillante, c'est le moins que l'on puisse dire. Un amas d'usines croulantes crachent de la fumée peu rassurante. Passé cet endroit, ça grouille de vie dans toutes les rues, il faut dire qu'il y énormément de petits commerces. Pour le moment je n'ai toujours pas vu le fameux Danube. Je cherche mais je ne trouve pas quand enfin j'aperçois le haut d'une péniche. Je trouve une place où me garer et je vais vite me promener sur la Malul Dunarii C'est une large piste cyclable et piétonne sur environ 4 ou 5km, le tout bien arboré et à une dizaine de centimètres du Danube. Il y a aussi une quinzaine de grandes sculptures en ferraille qui bordent la promenade. Malgré les 34 degrés affichés, je décide tout de même d'en parcourir l'intégralité. Il y a très peu de monde, juste quelques joggeurs, cyclistes, promeneurs et patineurs. Vers 18h30 quand le soleil joue à cache cache au milieu des immeubles, les gens affluent. C'est LA balade des gens de Galati et je les comprends. Des cabanons , pour manger sur le pouce, commencent à se monter pour la belle saison. En fin de journée je contacte Quentin un français rencontré grâce à VF et qui un spécialiste du delta. Il va pouvoir me rancarder sur l'endroit. Il me dit de me rendre à Mahmudia, un village à une soixantaine de km au Sud de Tulcea. Là un gars et sa femme m'accueilleront et me feront découvrir le delta en bateau. Et peut être même que je pourrais pêcher ! Je m'installe sur un parking au bord du Danube et je passe la nuit ici.


MERCREDI 11 JUIN
Il est 6h30, un bruit me réveille. Je mets du temps à émerger et de nouveau le même bruit. Ça vient d'une de mes roues, on est entrain de me mettre un sabot !!!! Je bondis hors de mon sac de couchage et je regarde dans les rétros, fausse alerte, ce n'est qu'un balayeur municipal qui tape dans mes roues avec son balai. Le réveil est brutal mais passé cette frayeur, je retombe comme une masse avant d'être réveillé par la chaleur déjà étouffante dans l'habitacle. Il est 8h30 et je m'installe sur le bord du Danube pour le petit déjeuner. Joli cadre. Le Danube doit faire pas loin d'un kilomètre de large là où je me trouve. Difficile de se rendre compte mais c'est très large. Il charrie tout un tas de débris et l'eau est marron. Peu engageant. Des péniches de 100m où peut être plus me passent devant le nez, impressionnantes. Je prends la route pour Mahmudia vers 10h30 en prenant le bac pour traverser le Danube. J'attends 1/4h et je monte à bord. Ma plaque d'immatriculation a encore frappé, on m'interpelle pour savoir d'où je viens et j'échange un peu avec le gars dans un Français Roumain Anglais approximatif. La vue sur l'environnement du fleuve n'est pas mal non plus depuis le bac. Je suis maintenant dans la région de la Dobrogea, la route est agréable, peu de monde, beaucoup de cultures, d'étangs, de marais, de villages. 80km plus au Sud je passe rapidement Tulcea et il me reste 30km pour Mahmudia. Sur la route j'appelle Quentin qui a une maison dans Mahmudia mais qui est reparti en France il y a 2 jours, dommage !!! Il m'indique l'adresse de son ami Vassile qui a un endroit pour m'héberger. Ce sera finalement sa femme qui va m'accueillir car il est dans le delta entrain de pêcher avec un ami et son neveu. On communique difficilement car elle ne parle que le Roumain et le Russe. Elle me montre où je vais dormir puis je file me balader dans le village et sur le bord du Danube qui est à 2 pas. Il fait 28 degrés et il y a beaucoup de vent. Je casse la croute devant le Danube et je vois défiler tous types d'embarcations. Des barques, des hors-bord, un traversier, des pinasses, des canoës-kayaks, des bateaux de croisière plus ou moins grands. Devant moi, hors de l'eau, il y a des barques en bois étanchées avec du goudron liquide appliqué de façon rudimentaire. La vie dans le village est paisible. 1 seule route goudronnée et pas moins de 5 magasins mixt !! Une chose est sûre je ne mourrai pas de faim ici. Je rentre tranquillement chez Vassile et je fais une petite sieste de 30 minutes quand j'entends du bruit dans la pièce principale. Je descends et je suis accueilli à bras ouverts par un homme de 57ans, grand, mince, à l'allure sportive. Il parle un très bon Anglais et la communication est très facile. Il comprends aussi très bien le Français mais ne le parle pas. Immédiatement on parle du delta, c'est LE spécialiste du secteur. Il n'est pas avare d'histoires, de conseils et d'anecdotes sur le delta. Il me fait voir sa pêche du jour. J'ecarquille les yeux quand il me fait voir de nombreux brèmes, des brochets, des sandres et même une carpe et un silure. Aujourd'hui comme il dit, c'était une partie de pêche entre amis. Il y a son ami de toujours qui s'appelle lui aussi Vassile mais que tous appellent Colonel en référence à son grade dans l'armée et il y a aussi son neveu Ivan. Si tôt à table, j'ai droit à un verre de tuica, un alcool de prunes Roumain. Ça doit friser avec les 40 degrés quand même. Vassile, Colonel et Ivan ont faim donc dans la foulée, sa femme met sur la table la ciorba du jour, un excellent bouillon de viande, relevé avec du céleri branche, du persil, de la coriandre et d'autres herbes. C'est excellent, vraiment à tomber. Puis j'ai droit ensuite à une autre spécialité Roumaine, les sarmales. Des feuilles de vigne farcies avec de la polenta et un peu de viande et des légumes, le tout cuit dans un bouillon. Une fois dans l'assiette on y met du yaourt nature dessus. Le plat du pauvre paraît-il... Si tous les pauvres pouvaient manger aussi bon, le monde tournerait mieux ! Il est 19h30, s'en suit une longue discussion ponctuée de franches rigolades avec Vassile, son ami Colonel et Ivan son neveu. On aborde tout un tas de sujets aussi intéressants les uns que les autres. Mon image sur les Roumains et la Roumanie change définitivement. Je dois avouer que j'étais venu avec des à priori et ils ont été balayés par tous les gens que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent. Nous allons ensuite voir son jardin et sa vigne. Vassile fait un " red red wine" comme il l'appelle, je comprends qu'il doit décaper. Puis nous revenons chez lui et nous discutons encore jusqu'à minuit. Maintenant il est tant de dormir car la journée va être longue demain.
JEUDI 12 JUIN
Je me réveille à 7h00 et je saute du lit pour rejoindre Colonel et Ivan qui sont déjà debout. Au bout d'une heure, ne voyant pas arriver Vassile, je demande à Ivan si il dort encore, il me répond oui et il va dans la foulée le réveiller. Mauvaise nouvelle, Vassile a mal dormi et il a mal à l'estomac. Pas de pêche pour lui aujourd'hui. Il me rassure en me disant que Vassile et Ivan connaissent très bien le secteur et que nous allons partir tous les 3. Mis à part que les 2 ne parlent pas l'Anglais, je ne suis pas inquiet du tout. Avant de partir nous avalons un morceau, ou plutôt un gros morceau. Christina, la femme de Vassile, nous a préparé une grosse assiette avec 3 œufs au plat, des tomates coupées grossièrement, des concombres qui sont en fait des gros cornichons, de la feta mais au lait de vache et non au lait de brebis comme habituellement, et du pain. Le tout arrosé de thé au citron. Autant dire que ça cale un homme. Surtout qu'après elle amène du icré, une sorte de tarama maison préparé avec des œufs de brochet. Tout ça est très bon mais je n'en peux plus. Place aux choses sérieuses, nous chargeons la voiture de tout le matériel, nombreuses cannes, une bourriche, une grosse épuisette, 2 boîtes à appâts, de l'eau et de la nourriture. Nous allons au port de Mahmudia qui est en réalité une petite péniche amarrée sur laquelle se trouve la capitainerie et où sont stationnées plusieurs embarcations dont celle de Vassile. On charge la barque, on va faire le plein de benzina ( essence) puis on descend le Danube à toute vitesse. Ivan a été initié très tôt par son oncle et il est tout à fait apte à partir seul dans méandres du Danube qui a tissé une véritable toile d'araignée. Le fleuve se sépare en 2 bras en amont de Tulcea puis le bras au Sud de sépare une deuxième fois juste en aval de la même ville. Il y a donc bratul Chilia qui par très au Nord et qui fait aussi office de frontière avec l'Ukraine, bratul Sulina qui est quasi tout droit et qui se termine dans la ville du même nom et il y a enfin bratul Sfantu Gheorghe qui est le plus au Sud et qui zigzague beaucoup avant de rejoindre la mer. Mahmudia se trouve sur ce bras et nous naviguons dessus. Ces 3 bras alimentent tout le delta, les rivières, les canaux, les chenaux, les passes, les lacs, les étangs, les ruisseaux, les marais. Il y en a en quantités indénombrables. Cette quantité d'eau crée une biosphère extrêmement riche, si bien qu'elle fait partie du programme de surveillance de l'UNESCO. L'accès y est donc réglementé. On s'enfonce dans ce labyrinthe végétal jusqu'à arriver au lac de Gorgova où nous prenons différents canaux pour voir la faune et la flore environnantes. Il y a vraiment de tout, des hérons, des aigrettes, des ibis noirs, des pélicans, des cormorans, des cygnes, des foulques, des canards, des goéland, des mouettes, des martins pêcheurs, des aigles pêcheurs, des loutres, des castors, des chevaux sauvages, des serpents, des grenouilles et bien d'autres choses. Sous l'eau c'est pareil, il y a une multitude de sortes de poissons dont certains sont endémiques au delta. Aujourd'hui nous sommes venus pour le brochet et la perche, 2 carnassiers très appréciés pour leur délicate chair. Au niveau de la végétation, c'est très riche aussi. Donnant ainsi une multitude de nuances de verts. Nous passons sur un petit lac qui est entièrement recouvert de nénuphars jaunes et blancs, je n'en ai jamais vu autant, c'est impressionnant. Se balader dans le delta c'est mettre ses 5 sens en éveil, la vue pour la faune et la flore, le toucher avec l'eau et les poissons attrapés, l'odorat avec les nombreuses effluves que dégagent le fleuve, les marais et la flore, l'ouïe pour le concert que nous offrent les oiseaux et enfin le goût quand après une partie de pêche on déguste les poissons si bien préparés par Christina et qu'on arrose tout ça d'un petit vin blanc local. Nous choisissons notre plan d'eau et nous nous mettons à pied d'œuvre pour dénicher des beaux spécimens. Déjà 1h30 que nous taquinons les poissons mais rien de rien. Nous changeons d'endroits à de nombreuses reprises mais nous faisons chou blanc. C'est dans le lac de Potcoava, non loin du grand lac de Gorgova que Colonel fait la 1ère prise. 5 autres se suivront, dont 2 à mettre à mon actif. Entre temps nous faisons échouer notre embarquation sur un véritable champs de nénuphars et nous pique-niquons là au beau milieu d'un concert de coassements de grenouilles. Il est 17h30 quand nous plions bagages. Il nous faut 45min de barque pour rejoindre le port de Mahmudia. Je suis seul devant, Colonel derrière moi et Ivan à la barre. Je profite pleinement de ce moment qu'offre la nature. Nous passons par des canaux peu empruntés et donc nous ne croisons personne à part des oiseaux qui se sauvent à notre passage. Une fois chez Vassile, nous vidons les poissons et nous les mettons au congélateur qui est déjà plein à craquer de toutes sortes de poissons. Après une bonne douche nous nous mettons à table devant un véritable festin. Ce soir tout le repas sera fait avec les poissons du delta. Ciorba aux 6 poissons, beignets de brochet, boulettes de chair de silure frites, icre de carpe ( tarama maison), bref il y en a trop et je m'empiffre tant qu'il m'est possible d'en avaler. Quand Christina amène des crêpes à la confiture de coings, c'est le coup de grâce. Après de longues discussions sur la partie de pêche du jour et sur le programme du lendemain, nous allons nous coucher.

VENDREDI 13 JUIN
Il est à peine 8h00 que déjà j'entends que ça parle dans le salon. Je me lève et me mets â table avec les autres. Christina nous amène le petit déjeuner ou plutôt les mêmes assiettes gargantuesques de la veille. Nous partons ensuite dans le delta mais sans Colonel qui doit regagner Constanta dans la journée. Aujourd'hui nous allons pêcher et visiter le lac d'Uzlina et ses environs. Le temps est couvert est nous subissons plusieurs averses toute la matinée. Comme hier, nous attendons que ça veuille bien mordre. Au bout de 2h c'est Vassile qui attrape le 1er brochet. En tout ce seront 3 brochets et 4 perches que nous remontrons à la surface. Le temps s'améliore en ce début d'après- midi et nous en profitions pour enlever nos cirées et faire une pause pique-nique sur la barque. Nous sommes absolument seuls sur ce plan d'eau attenant au lac principal. Il y a quelques pélicans au loin mais sinon c'est le calme le plus complet. Nous décidons de plier le matériel et de rentrer tranquillement vers Mahmudia en empruntant d'autres canaux. C'est très agréable d'être seuls dans ce cadre de verdure sauvage. Une fois à la maison, Ivan s'attelle comme d'habitude à la corvée du nettoyage de la pêche du jour. Après une bonne douche, nous nous mettons à table pour un festin que Christina a mijoté toute l'après-midi. Cette fois ci je ne me fais pas avoir et je goûte tous les plats mais en moins grande quantité. Mon estomac ne supporterait pas une 2ème goinfrerie. Nous finissons la soirée par une longue discussion autour d'un verre de palinka puis je vais me coucher.
SAMEDI 14 JUIN
7h30, je saute du lit car aujourd'hui j'ai un peu de route et j'aimerais ne pas arriver trop tard. Le temps de charger la voiture, d'avaler un dernier petit déjeuner gargantuesque dont Christina a le secret puis je mets en route pour longer le bord de la mer noire. Mais avant je remercie chaleureusement mes hôtes pour leur accueil et Vassile me donne encore quelques endroits à visiter sur ma route vers Constanta. Christina me donne des boulettes de poissons frites que j'avais adoré la veille. Je met le cap vers l'extrémité Sud du delta accessible en voiture, Murighiol. À la sortie de la ville, Il y a un petit plan d'eau où se trouvent toujours des colonies assez importantes d'oies sauvages, d'échassiers, de pélicans etc... Je fais un stop très court car si il n'y a pas de moustiques en journée, ils sont largement remplacés par les taons. Le temps de prendre quelques photos et je cours en direction de ma voiture. Maintenant je continue vers Babadag, Mamaia et Constanta. Du côté gauche de la route, c'est encore le delta et sur la droite ce sont des champs de blé, de mais, de pommes de terre et d'éoliennes !!! Il y en a des centaines. On ne peut pas dire que ça enjolive le paysage. La route est bonne et il y a peu de monde, j'arrive rapidement à Navodari. Là j'aperçois enfin la Mer Noire. Un vieux rêve qui se réalise enfin. Je vais vite déchanter car Navodari touche Mamaia et le littoral est envahi d'immeubles, de résidences et de complexes hôteliers si bien que la mer on ne peut plus la voir. Et puis c'est samedi, il fait beau et les gens de Bucarest sont venus en masse pour passer le week-end au bord de l'eau. Il ne m'en faut pas plus pour mettre les voiles et fuir tout ça. Je me dirige maintenant vers Constanta, mais tout le long de la route c'est la même chose, du béton, du béton et encore du béton. Je me pose tout un tas de questions. Est ce que je vais quand même à Constata? Est ce que ça en vaut vraiment la peine? Et puis le guide du Routard n'indique rien de mirobolant à visiter. Je me dis aussi que l'on ne vient pas ici tous les jours mais à la vue des 1ères usines de Constanta, je préfère ne pas y aller. Je me console en me disant que j'apprécierai davantage la Mer Noire depuis la côte Turque lors d'un prochain voyage. La côte roumaine est tellement restreinte qu'elle a été prise d'assaut par des promoteurs peu regardant sur l'esthétisme. Il est 13h00 et je me demande si je fais toute la route vers Bucarest dès maintenant. Après une petite pause casse-croute dans un village où visiblement toute l'économie tourne autour de la pomme de terre, je me décide à rallier Bucarest aujourd'hui. Je quitte la région de la Dobrogéa pour rentrer à nouveau dans le Muntenie.La route est parallèle à l'autoroute, rien de particulier à voir et je fais très rapidement les 160km qui me séparent de la capitale. Quand un panneau indique " Bucarest 18km " il est difficile de croire que l'on va arriver dans la capitale. A 8km je vois encore des paysans faire brouter leurs vaches sur le bas côté. La route se transforme en double voie et les 1ères zones commerciales font leur apparition. Vient ensuite un boulevard " fortifié" de 3 ou 4 km d'immeubles résidentiels collés les uns au autres. Alternant les façades délabrées, les façades fraîchement ravalées, les façades grises et parfois colorées. L'ensemble est plutôt terne. Comme une grande partie de la ville d'ailleurs. Il y a peu d'indications et j'ai beaucoup de mal à me repérer. Les gens roulent vite, changent brusquement de direction et finalement je me laisse embarquer par le flux de la circulation en me disant que de toute façon je tomberai bien sur un panneau ou un endroit plus touristique. J'aperçois maintenant des bâtiments plus soignés, quelques bars et une population plus jeune. Je décide donc de trouver une place pour me garer. Il me semble que c'est le bon point de départ pour explorer les lieux. Je ne me suis pas trompé, je suis juste au commencement du quartier de Lipscani. C'est le quartier de Bucarest le plus animé. Dans les rues et ruelles se succèdent une multitude de bars branchés, brasseries, restaurants, magasins de souvenirs etc... J'ouvre mon plan de la ville et je décide de voir tout de suite l'ancien palais de Ceausescu. De là où je suis il y a 1km de marche pour s'y rendre. Je laisse de côté le quartier de Lipscani que j'arpenterai tranquillement demain. Quand j'arrive au croisement du boulevard qui passe devant le palais, je suis stupéfait par ce que je vois. Les platanes qui bordent la route me cachent une bonne partie de la masse du bâtiment mais je peux déjà apercevoir sa démesure. Plus j'avance pour me mettre face à lui et plus je découvre ce mastodonte. Je suis maintenant sur la grande place et je vois l'intégralité du palais. C'est quand même fou de faire une construction aussi gigantesque. De plus l'édifice est construit sur une grosse bute et ça lui donne un aspect encore plus imposant et ça assoit sa supériorité sur toute toute la ville et sur les visiteurs qui le contemplent. En voyant ça, on imagine très bien la mégalomanie du couple Ceausescu. En regagnant ma voiture, je passe devant de nombreux bars et tous ce sont mis à l'heure Brésilienne. Les terrasses sont bondées et il y a même un écran géant pour retransmettre les matchs de la coupe du monde de football. Aujourd'hui j'ai fait beaucoup plus de km que prévu initialement et je ne traîne pas à casser la croûte et à me coucher. De plus demain je vais sillonner la ville à pied donc je dois être en forme.

DIMANCHE 15 JUIN
8h30, réveillé par la pluie qui tombe sur la tôle. Déjà ma 2ème semaine en Roumanie qui s'achève. Pensant au temps qu'il fait dehors, je reste au chaud dans mon duvet. Rien que de savoir que je vais parcourir la ville sous la pluie ne m'enchante pas. Je finis quand même par me lever et je mange un morceau. Armé de mon plan je décide de quadriller le centre ville. J'ai déjà en tête les principales choses à voir et je me balade dans les rues au gré du vent. Il pleut moins fort et maintenant c'est un crachin breton qui tombe sans discontinuer. Je ne suis pas vraiment mouillé mais je sens bien que mes affaires sont moites. Bucarest est une ville très particulière, c'est la ville des paradoxes. Se côtoient les très pauvres et les très riches, les bâtiments en ruine et les petits bijoux d'architecture, le gris et le coloré, des églises séculaires et des tours d'acier et de verre, des gens en habits traditionnels et ceux avec la dernière marque à la mode. Bref ici tous les opposés vivent ensemble et ça donne un mélange plutôt surprenant. Hors du quartier de Lipscani , qui est fréquenté par une population de moins de 40ans, la vie a l'air plus difficile, les bâtiments sont gris et parfois le ferraillage du béton est apparent, les enseignes des commerces sont vieillottes et les devantures demandent à être rafraîchies, les gens sont habillés plus simplement et ils portent la tristesse en eux, les voitures sont moins rutilantes. Les longues années de totalitarisme communiste ont laissé des traces indélébiles. La vie peine à reprendre un court normal. Même dans le quartier de Lipscani, il y a des ruines au beau milieu de bars branchés. Il y a même un bâtiment prêt à tomber, soutenus par une structure en acier qui vient obstruer le passage d'une rue piétonne fréquentée. Une chose très appréciable, c'est qu'une grande majorité des rues du quartier de Lipscani soient piétonnes. Contrairement à ce que j'ai pu lire dans beaucoup de témoignages et récits sur les forums, je n'ai quasiment pas vu de chiens errants, contrairement à des villes comme Sighetu Marmatei et Galati où pullulent des hordes de chiens amochés, crasseux et parfois agressifs. Mis à part les réalisations parfois pharaoniques de Ceausescu et quelques bâtiments ayant survécus à la 1ère et 2ème guerre mondiale puis à 45ans de totalitarisme, il n'y a pas grand chose à voir d'autre. Avec une bonne journée de marche et sans me presser, je pense avoir fait le tour des principaux lieux attrayants. Je cherche maintenant un restaurant où l'on mange des spécialités roumaines. Étant donné que c'est un quartier fréquenté par une population jeune, je n'y trouve que des burgers, pizzas, kebabs etc... Je finis par trouver un restaurant où j'ai du mal à déchiffrer le menu et où les prix sont corrects. Parfait, je m'assois et regarde la carte. Difficile de choisir car tout est marqué en Roumain. Heureusement il y a des photos du plat devant chaque énoncé. Je passe commande d'un plat qui m'a l'air bon et en attendant je regarde dans la rue. En levant la tête je vois marquer sur la devanture le nom du restaurant et à côté en plus petit " restaurant turkish ". Grosse déception. Je mange tout de même un bon petit plat Turc et ensuite je vais sur une place où a été installé un écran géant. Ce soir la France joue contre le Honduras. Je ne suis pas fan de football mais voir un match de l'équipe de France à l'étranger, c'est une expérience que je n'avais jamais vécu. Aujourd'hui qu'il fait froid et pluvieux, il y a plus de monde devant l'écran que pour le match d'hier et où le temps était clément. Je ne suis pas resté assez de longtemps pour voir la réaction des gens lors d'un but de la France mais je sentais beaucoup plus de ferveur que pour le match de la veille. Il y a eu des débuts d'applaudissements et de cris quand la France a failli marquer un but. Depuis le début de ce voyage, je remarque que la France, les Français et la langue Française sont très appréciés par les Roumains. Épuisé par ma longue marche, je file me coucher avant la fin de la 1er mi-temps.
LUNDI 16 JUIN
Il est 7h30 quand j'entends les 1ers Klaxons et la circulation qui s'intensifie. On est lundi et une nouvelle semaine commence. Il y a beaucoup de monde dans Bucarest. Je me mets en route vers 9h00 et à ma grande surprise je sors de la ville très rapidement et en plus sur la bonne route. Malgré la circulation et une pluie battante, tout va bien et je me retrouve sur la nationale 7 pour Pitesti puis Curtea de Arges que j'atteins au bout de 150km de routes plutôt bonnes. Je casse la croûte et je vais me balader dans la ville pour voir notamment 2 jolies églises. Mais cette fois ci je me cantonne à les voir de l'extérieur. Je regarde la carte puis je me remets en piste pour m'attaquer à la Transfagarasan. Une route de montagne paraît-il très jolie qui traverse les Carpates. Sur les conseils de Daniel rencontré sur VF, j'avais inversé mon parcours pour arriver plus tard et être sûr que la route soit ouverte et déneigée. Oui mais en sortant de Curtea de Arges, je vois un panneau indiquant " TRANSFAGARASAN INCHIS KM104 cabana Capra ". Là je suis déçu et je m'arrête pour regarder la carte et trouver un plan B. Une seule route peut me dégager de cette impasse mais puisque je suis là je decide quand même d'aller jusqu'à ce fameux KM104. Au bout de 10km la route rentre dans une gorge et devient très sinueuse. Le plafond nuageux est bas, une bruine tombe et il fait 12 degrés. Le col qui se trouve à 2000m est annoncé à 58km. Je reste un peu perplexe en voyant une telle distance et en sachant que ça va être sinueux et que la route va se dégrader. Quelques kilomètres plus loin j'arrive au barrage Vidraru et au lac du même nom. Je sens que l'on déjà loin de tout. Plus de maisons, presque plus de circulation mis à part les quelques touristes téméraires. Là une tourelle d'une trentaine de mètres permet d'avoir un beau panorama sur l'endroit. Ça se limite à pas grand chose car le brouillard est trop épais. Je traverse le barrage à pied, il y a des cabanons à souvenirs mais ils sont fermés. C'est un peu tristounet ici. Je repars pour le col. Presque tout le monde redescend sauf 6 motos d'Irlandais et 1 voiture de Hongrois. Il se remet à pleuvoir et le temps est peu engageant pour se retrouver perché en altitude. La route reste à plat et serpente en suivant les nombreuses criques du lac. Après 10km j'ai la sensation de ne pas avoir avancé, le barrage est encore juste là à portée de main. Une fois le lac derrière moi, le paysage change, la route s'élève, les alpages et la végétation de montagne apparaissent. Au KM94, encore un panneau " TRANSFAGARASAN INCHIS KM104 cabana Capra ". Bon cette fois ci plus d'espoir pour franchir le col. D'autant plus que je ne croise aucune voiture dans le sens inverse. KM100, toujours pas un brin de neige. Le brouillard est épais et ne me permet pas de voir plus loin que les motos devant moi. D'habitude chez moi je vois les motos monter les cols à plein régime mais là ils sont obligés d'y aller à tâtons tant la visibilité est mauvaise. Je suis un peu démoralisé quand je pense à toute cette route que je vais devoir refaire en sens inverse et sans avoir rien vu au final. Arrivent enfin les fameux KM104 et sa cabana Capra, une sorte de refuge hôtel planté au milieu de rien. C'est fermé apparemment. Les irlandais s'arrêtent, les Hongrois aussi. Il pleut toujours et il ne fait plus que 8,5 degrés, je n'ai pas envie de mettre le nez dehors donc je continue car finalement la route a l'air ouverte. Le paysage est plus minéral, l'herbe commence à laisser place à des pierriers. La route passe désormais à flan de montagne, il n'y a pas de barrières et donc la sortie de route n'est pas autorisée. Je suis dans l'incertitude de pouvoir arriver en haut car la neige fait son apparition sur les bords et je ne croise toujours pas de véhicule qui descendent. Dans une percée dans le brouillard, j'aperçois en contrebas les motos et la voiture qui se sont remis en marche. J'arrive à un tunnel qui doit faire 500m de long, je le traverse et surprise, je suis enfin au col. Malgré les 7 degrés, la pluie et le brouillard il y a 2 courageux qui vendent du fromage séché dans des panses de brebis et du miel. Je ne vois pas l'intérêt de m'y arrêter car on ne voit strictement rien de rien. C'est bien dommage car je pense que l'endroit est joli. De toute façon je n'ai aucun regret car la météo pour les prochaines 48h est exécrable donc inutile que je dorme sur place pour voir le paysage le lendemain. Un peu surprenant de se retrouver ici alors qu'il y a à peine quelques heures j'étais en plein centre de Bucarest. Je commence la descente vers le petit village en bas de la Transfagarasan, Cartisoara. La revêtement de la route est beaucoup mieux de ce côté. Si d'un côté il m'a fallu faire 85km pour arriver en haut du col, de l'autre côté il me faut 35km pour le descendre. À mi-chemin, le brouillard se dissipe et je peux apercevoir une vaste plaine cultivée qui mène jusqu'à Sibiu. Me voilà à nouveau dans la région de la transylvanie. À Cartisoara, je me mets en quête d'un endroit pour dormir et je trouve mon bonheur quelques kilomètres plus loin. La route à été fatiguante et je ne mets pas longtemps à m'endormir.
MARDI 17 JUIN
J'entends déjà de la vie à l'extérieur, il est 7h30, je me lève tranquillement car aujourd'hui je passe toute la journée à Sibiu qui n'est qu'à 25km. Le temps de casser la croûte tranquillement et j'arrive à Sibiu vers 9h30. Sibiu c'est une agglomération de 160 000 habitant qui s'est construite autour d'un gros bourg fortifié. À l'intérieur les rues et ruelles y sont pavées et de nombreux bâtiments sont classés monuments historiques. J'ai dénombré 5 églises dont 1 cathédrale. Tout est très bien entretenu et les couleurs des façades égayent l'endroit. Dans chaque toit, il y a des lucarnes qui font penser à des yeux bridés qui nous observent. La vie du bourg s'axe autour de 3 places, la plus grande étant Piata Mare puis Piata Mica et enfin Piata Huet. Comme à mon habitude, je parcoure les lieux en long en large et en travers. C'est très agréable de flâner dans cet endroit. Puisque je passe devant la cathédrale et je rentre y faire un tour. À l'entrée est affiché un trombinoscope du diocèse de Roumanie, c'est très amusant de voir tous ces barbus. Vers 12h00 je me dirige vers Piata Cibin, une place à l'extrême Nord Ouest où se déroule chaque jour le grand marché. C'est une place carré avec autour des petits cabanons ressemblant à des Algeco et au centre des longues tables en béton couvertes par des plaques ondulées en plastique. Ça grouille de vie. Viandes, poissons et charcuteries sont vendues dans les petits cabanons et fruits, légumes, fleurs, épices sont vendus au centre. Des femmes vendent aussi des fleurs de tilleul et des bourgeons de sapin. Ça grouille de vie. Il y a des tsiganes reconnaissables à leurs grands chapeaux noirs et à leurs barbes mal rasées qui se baladent sur le marché pour vendre les quelques pantalons qu'ils ont à cheval sur le bras. Ils parlent forts et visiblement ne manquent pas d'arguments pour fourguer leur camelote. Ça marchande, ça rigole, ça hèle le passant, j'aime beaucoup les marchés dans tous les pays où je vais. C'est le poumon d'une ville et c'est plein d'authenticité. Je me restaure dans l'un des 5 cabanons abritant un gratar ( grill ) et je mange bien évidemment des mitetei. En guise de dessert je vais dans un autre cabanon qui vend des pâtisseries. Je me prends un Gogosi cu ceruse, une sorte de beignet en forme de demi lune fourré à la cerise. Le guide du routard indique une très bonne adresse pour manger et je vais repérer l'endroit pour ce soir. C'est en dehors des fortifications et c'est facile à trouver car l'intégralité de la façade est en bois sculpté comme en Bucovina. Ensuite je retourne dans ma voiture et je m'allonge à l'arrière pour rédiger mon carnet de voyage. Il ne me faudra pas 5 minutes pour sombrer dans une longue sieste de 2h. Je me réveille au bruit des gamins qui sortent de l'école. Requinqué, je décide d'aller voir le musée ethnographique à Piata Mica. Il pleut des cordes. Ce musée se trouve dans un bâtiment abritant un patio couvert. J'ai le sentiment de rentrer dans un petit immeuble. Il y a des coursives intérieures et sur certaines, il y a des plantes vertes et sur d'autres du linge qui sèche. Un monsieur d'une soixante d'années m'accueille gentiment et m'amène au guichet pour que je m'acquitte des 5 lei. Puis on monte au 1er étage et il m'ouvre une porte et allume les lumières. C'est certain je suis et serai le seul visiteur de la journée. C'est petit, ça prend la moitié du 1er étage. Il y a tout un tas d'objets bien présentés venant principalement d'Afrique noire mais aussi d'Inde et du moyen-orient. Le monsieur reste avec moi et il m'explique en Roumain l'utilité des principaux objets. Il le sait, je lui ai dit, je ne comprends pas un traître mot de ce qu'il me raconte mais il y tient. La visite du 1er étage se termine par une momie Égyptienne dans un sarcophage ouvert. Impressionnant. Je ne pensais pas que ce serait en Roumanie que je verrai ma 1ère momie. Ensuite il m'emmène à la cave où il y a une exposition temporaire sur les vêtements Roumains d'antan. S'ensuit une discussion en Franco-Roumain et en langage des signes. Nicolae me demande d'où je viens et ce que je fais dans la vie, où je vais en Roumanie, si j'aime son pays etc... J'ai remarqué que les Roumains sont soucieux de savoir si l'on aime leur pays. Ils sont très patriotes et ça se voit au quotidien. Je reprends ma balade et je vais m'acheter encore un Gogosi. Quand on en goûte 1, on en reprend forcément un deuxième. Je me pose sur un banc à peu près sec abrité par un arbre puis je regarde passer les gens. J'aime ce voyeurisme discret car il est révélateur de la vie d'un endroit, d'une région, d'un pays. D'ailleurs je remarque qu'ici et plus que partout ailleurs en Roumanie, tous les gens font le signe de croix en passant devant une église, les jeunes comme les vieux. Il est 19h30, il pleut toujours et j'ai froid, je vais donc me réchauffer dans ce fameux restaurant. Tout comme la façade, l'intérieur est en bois. Ça fait vieille taverne Roumaine. Tous les plateaux de tables sont en bois taillés grossièrement au ciseau à bois. La serveuse me laisse choisir ma place et m'amène la carte. Il n'y a que des spécialités roumaines qui tiennent au corps et ça me va très bien. Je me régale avec une assiette de polenta épaisse, de fromage de vache, de saucisses, de côtes de porc fumées et une bonne bière. Pour digérer ce plat généreux et malgré la pluie, je me promène encore dans les rues de Sibiu avant d'aller me coucher.
MERCREDI 18 JUIN
Réveil matinal encore. Le temps de prendre le petit déjeuner et je me remets au volant en direction de Sebes et Alba Iulia où je dois visiter 2 églises et et des ruines. En arrivant sur place, je ne trouve pas les lieux très accueillants et je préfère passer mon chemin. Je n'avais pas prévu ça au programme donc je fais une pause pour voir ce que je fais. Normalement la suite de mon périple doit m'emmener dans 2 grottes dans les monts Apuseni et demain il est prévu que je quitte le pays. Mais je dois avouer qu'il m'est difficile de partir et j'aimerais rallonger de 24 ou 48h mon séjour. Il y a une chose que je n'avais pas pu faire en début de séjour car les jours d'ouverture ne correspondaient pas avec ma présence sur place, c'est le dernier train à vapeur d'Europe à Vaser. Le souci c'est que depuis Alba Iulia ça me fait faire une remontée vers le Nord jusqu' à la frontière Ukrainienne puis une redescente vers l'Ouest à la frontière Hongroise pour sortir du pays. Je préfère continuer mon programme comme je l'avais prévu et je me laisse une journée de plus pour prendre une décision. Cap vers Abrud au Nord-Ouest. Je sors rapidement de la ville et je me retrouve dans la campagne. Au bout d'une dizaine de kilomètres, il y a un grand portique en bois sculpté annonçant l'arrivée dans les Muntii Apusani. C'est un massif calcaire, confidentiel, austère, très boisé et sauvage qui n'excède pas 1300m d'altitude et où on y trouve encore des loups et des ours. Ici plus que dans le Maramures ou la Bucovina, les habitants ont conservé un mode de vie très pastorale. La route longe une petite rivière et je passe de hameau en hameau. Pour l'amoureux de nature que je suis , c'est un petit coin de paradis. Les routes ne sont pas en très bon état et ça m'oblige à rouler à pas plus de 40km/h. Ça n'a pas d'importance car ça me permet d'apprécier les lieux. J'arrive à Abrud, un petit bourg plein de vie et je trouve un hôtel pour pouvoir prendre une bonne douche car les lingettes ça va un moment. Quand je demande le prix on m'annonce 150 lei. Ils ont dû me prendre pour un américain, je trouve ça très cher pour un simple hôtel de campagne et je continue mon chemin vers Campeni. Apres 15km j'arrive dans ce gros village et j'y trouve aussi un hôtel mais je ne sais pas si il est ouvert ou fermé car je ne trouve personne à l'intérieur. Tant pis je me décide à dormir comme d'habitude dans ma voiture. Je trouve du wifi gratuit et je me pose sur la place principale. Il y a pas mal de vie ici aussi. Étonnement il y a un casino qui fait aussi bar. C'est le rdv de toute la jeunesse pour boire un coup. Tout le monde se connaît ici et je ne passe pas inaperçu. Je me balade dans la rue principale puis je mange un morceau avant de consulter les cartes et mon option pour le train à vapeur de Vaser. Grâce à internet je peux consulter la météo qui sera un élément important dans ma décision. Je me couche indécis.
JEUDI 19 JUIN
Il est 7h00 quand j'entends que ça bouge déjà dans le centre de Campeni. Je prends le petit déjeuner en regardant tout ce petit monde s'affairer. Je consulte la carte, je vais avoir une trentaine de kilomètres pour me rendre à la Ghetarul subteran de Scarisoara. La route est toujours aussi mauvaise mais j'oublie vite ce détail face à la beauté du paysage. Je longe une rivière et de l'autre côté je vois de nombreuses maisons coquettes et des fermettes où des poules, des vaches et des cochons paissent en liberté. Ces habitations ne sont accessibles que par des passages à gué ou des vieux ponts qui tiennent encore debout par je ne sais quel miracle. À Girda de Sus un panneau m'indique la grotte est à 10km sur ma droite. Heureusement qu'il n'y a pas de circulation car la route est étroite maintenant. Rapidement je prends de l'altitude sur une pente annoncée à 15%. Pour éviter de faire des virages, la route monte droit dans les champs ! J'ai maintenant un magnifique 360 degrés sur les Muntii Apuseni. Chaque maison, alpage, forêt de sapins et chemin sont délimités par des barrières rustiques en bois. Ça donne beaucoup de cachet au paysage. J'arrive enfin sur le tout petit parking de la grotte, il y a tout au plus 8 voitures. Ici le tourisme est très peu développé et les gens tout comme les paysages sont préservés. Je laisse les quelques maisons derrière moi et je m'enfonce dans la forêt pour 15 minutes de marche. C'est encore une période calme car les quelques tables des vendeurs de souvenirs sont désertes. En haut d'une colline, il y a une guérite en bois pour prendre les tickets et l'entrée de la grotte. Il s'agit en fait d'un trou de 60m de diamètre et de 48m de profondeur qui donne accès à une grotte. On y descend par des escaliers en fer qui tiennent parce qu'il le faut et ça se termine par un escalier très raide en bois et tout de biais. En bas des escaliers, il reste un gros tas de neige de l'hiver qui vient de se terminer, c'est étonnant à cette époque Ayant croisé une bonne quinzaine de personnes sur le chemin, je me retrouve donc seul dans la grotte, c'est très appréciable. Une passerelle en bois permet de faire tout le tour de cette grande salle. A 1ère vue, rien de mirobolant mais quand l'œil s'habitue à l'obscurité, on remarque qu'en fait tout le sol est en glace sale. Et si il faisait 20 degrés à la surface, ici il n'en fait plus que 3 ou 4. À certains endroits l'eau qui ruisselle du plafond forme des très gros cônes de glace de la hauteur de 2 hommes. De part et d'autre de la salle, la glace disparaît dans des cavités sombres. Difficile de comprendre le phénomène car le panneau explicatif à la surface n'est écrit qu'en Roumain. C'est le plus grand glacier souterrain du monde et c'est la seule chose que je sais. En tout cas c'est très surprenant et ça vaut le coup d'oeil. Je regagne ma voiture et finalement 2 femmes se sont installées sur le bord du chemin et vendent des placintha cu branza et du sirop de bourgeons de sapin. Je redescends tranquillement sur Girda de Sus en profitant de la belle vue. Dans le village je vois un restaurant et je m'y arrête. Il y a du monde à l'intérieur malgré la taille du village. Je m'installe donc sur la terrasse et on m'amène la carte que je suis bien incapable de déchiffrer. Apparemment il y a une spécialité maison et ça m'ira très bien. Il faut savoir prendre des risques. Mon plat arrive, aux 1ers abords je suis déçu. Une purée et un "truc" pané. C'est seulement en goûtant que je m'aperçois que la purée est "maison" et que le "truc" pané est en fait une farce avec du choux, du fromage, un peu de champignons, des petits lardons et le blanc d'un œuf dur écrasé, le tout enfermé dans une fine escalope de porc et pané, rien que ça. Un plat de cowboys au prix défiant toute concurrence. Il va sans dire que je déclare forfait pour un dessert. Digestion oblige, une fois au volant, on ne peut pas dire que je sois énervé. Je maintiens mes 40km/h habituels et c'est parfait pour contempler tous les petits hameaux et la nature qui bordent la route pour aller à Stei. Je suis maintenant dans la région de la Crisana. Je suis fatigué, je n'ai plus envie de rouler pour aujourd'hui et je préfère dormir dans ce gros bourg plutôt que dans un hameau près de Pestera Ursilor.
VENDREDI 20 JUIN
Il est encore 7h00 quand j'ouvre les yeux. Décidément ça devient militaire ce voyage. Je mange un morceau et je me dirige vers Chiscau où se trouve Pestera Ursilor ( grotte des ours). Je prends mon temps car je n'ai que 25km à faire et la grotte ouvre à 10h00, je suis largement en avance. Moi qui voulais terminer ce voyage sur une note "rurale", depuis 48h je suis je suis comblé. J'arrive donc sur place, le parking est payant mais au lieu de 5 lei comme annoncé dans le guide du Routard, c'est 10. Jolie majoration. Je vais me garer plus loin dans le village et j'attends l'ouverture. Pour accéder à la grotte, il faut monter pendant 10 minutes sur un chemin bitumé. Les 1ers mètres me font vite comprendre qu'ici c'est l'usine. Il doit y avoir de chaque côté plus d'une cinquantaine de petits vendeurs de babioles. Et ce qui est dommage c'est que tout vient de Chine et 80% n'a rien en rapport avec les lieux. Bon là clairement ça n'aura rien à voir avec ce que j'ai fait hier, en plus un bus vient d'arriver... Une fois mon billet en poche , qui est annoncé à 12lei dans le guide du Routard et qui est en réalité à 20lei ( ici clairement on plume le pigeon! ), je dois attendre dans une salle avec terrasse afin de constituer un groupe assez important pour partir avec un guide. Évidemment on sait faire patienter le client, il y a un bar qui vend des sodas, cafés, chips, bonbons et autres saloperies du genre. Oui je suis un râleur, on est Français ou on ne l'est pas ! Coup de sifflet du guide, on rentre en rang d'oignons dans la grotte en passant un tourniquet. Il fallait s'en douter, je me fais submerger par un tsunami de soixantenaires Roumains. Une fois à l'intérieur, le guide nous fait une petite piqûre de rappel, pas de photos, pas le droit de toucher etc... Tout ce tapage est vite oublié quand on découvre ( enfin) la beauté du site. Sur 50 personnes je suis le seul Français, la visite se fera donc en Roumain. Je me tiens à l'arrière du groupe et j'admire le travail de Dame Nature. Bon pas trop quand même car je n'avais pas vu mais derrière moi il y a un cerbère qui fait le serre file et qui me presse le pas. Eh oui c'est marqué à l'entrée, la visite c'est 45mn et pas une de plus. Parlons un peu de la grotte, après avoir cheminé par un "couloir" d'une quarantaine de mètres dans lequel on aperçoit quelques stalagmites et stalactites et surtout une multitude d'ossements et de crânes d'ours des cavernes, on arrive dans une très grande salle de 8m sous plafond et là c'est un véritable spectacle de formes, de couleurs et de tailles. Le guide explique des choses sûrement intéressantes mais je n'y comprends rien. Voyant que je ne regarde pas l'endroit expliqué par le guide, le serre file s'excite comme une puce avec son laser et le pointe vers une colonne de calcaire. À l'annonce d'un chiffre, tout le groupe fait un "wowww" de stupéfaction. Je me retourne vers le serre file et je lui sors " sunt Francez " ! Là il se détend et comprend mon comportement bizarre. Au bout de 5mn il tente dans un Français très compréhensible de m'expliquer les grandes lignes de l'historique de la grotte et à mon tour de lacher un " wowww" quand il m'annonce que la fameuse colonne s'est faite en 22000 ans environ. La visite continue par une petite salle où en son centre il y a un squelette entier d'ours sur le flanc ( 3m de long et poids estimé à 600kg). Belle bestiole ! La visite terminée, nos vendeurs de babioles sont sur le pied de guerre et nous attendent de pieds fermes. Heureusement j'ai mon pare feu de soixantenaires. Moi je file en douce direction la voiture pour consulter la carte et prendre enfin une décision pour le petit train à vapeur de Vaser. J'essaye de faire un calcul juste et quand apparaît sur ma calculatrice 350km, la décision s'impose d'elle même. La balade en train ce sera pour un prochain séjour en Roumanie. Je savoure ces derniers instants de nature avant de rejoindre Oradea pour ma dernière nuit. Une fois n'est pas coutume je rejoins Oradea, la plus grande ville de Crisana, par une route pleine de nids de poule et d'ornières. Il faut dire que la circulation de camions y est très dense. En arrivant sur place je fais du change pour faire le plein et je me balade dans cette jolie ville qui a un centre doté de très beaux bâtiments et d'une rue piétonne très agréable. Il fait chaud et j'en profite pour me mettre au frais dans une église. 2 prêtres donnent une messe. Je m'assois un bon 1/4h pour écouter leurs jolis chants religieux. Et toujours cette ferveur des Roumains qui à chaque entrée dans une église viennent embrasser un chevalet et un crucifix tout en se signant du signe de croix à plusieurs reprises. Certains prient à genoux, d'autres restent debout et se signent presque frénétiquement, une femme prit à genoux et pleure. Moments intenses et agréables à la fois. J'en ressors apaisé et je continue de flâner en ville. Je cherche désormais un restaurant qui rediffuse le match de la France. Je trouve mon bonheur dans la rue piétonne. Beaucoup se demande qui est ce grand agité qui saute à chaque but et occasion de la France. Ma dernière soirée en Roumanie se termine bien car on a gagné 5-2 contre la Suisse. Maintenant au dodo car demain c'est parti pour 48h sur les routes qui me ramèneront en France.
Concours photo avril 2014 "Fragments de rêve, fragments d'ailleurs" English translation pending
Bonjour à tous !
Vous les avez bien vues, vous les avez bien photographiées, mais existent-elles vraiment, ces images? Instants éphémères, entre rêve et réalité, où la poésie s'invite à la surface de la pellicule comme un mirage... Puisque (paraît-il) une image vaut mille mots, je n'en dis pas plus... libre cours à votre imagination!. Il va falloir vous creuser les méninges, fouiller vos disques durs et vos mémoires de voyageurs... Ouverts à l'imprévu, à la surprise et à l'émerveillement, vous avez forcément vécus des instants un peu hors du temps
Voici le règlement du nouveau thème " Fragments de rêve, fragments d'ailleurs" :
Publication des photos jusqu'au dimanche 20 avril 2014 minuit.
Chaque membre peut poster jusqu'à 3 photos numérotées (Photo n°1, Photo n°2, Photo n°3 dans 3 messages différents) accompagnées d’un commentaire (lieu, prise de vue…)
Votes ouverts à tous (participants ou non) du lundi 21 avril au dimanche 27 avril 2014 minuit.
Photo n°1 = 3 pts
Photo n°2 = 2 pts
Photo n°3 = 1 pt
La photo gagnante est celle qui obtiendra le plus de points. Le vainqueur aura l’immense honneur d'organiser le concours du mois de mai. En cas d'égalité le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places.
La discussion autour du concours c'est ici
Pour mémo, l'ensemble des thèmes proposés depuis le début des concours, c'est par ici
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Hôtel Lanta Sunmoon Bungalow à Koh Lanta English translation pending
Bonjour à tous,
je tiens à poster ce message d'alerte concernant l’hôtel Lanta sunmoon Bungalow à Koh lanta, n'y allez surtout pas!!!! Non seulement l'hotel est un vrai désastre (fausses photos, chambre insalubre, salle de bain lamentable avec un filet d'eau froide pour toute douche, hotel situé près d'un marécage remplis de moustiques et des ordures un peu partout autour de l'hotel) mais surtout les propriétaires essayent par tous les moyens de vous extorquer! Notre bungalow a brulé alors que nous étions au restaurant de l'hôtel depuis plus d'une heure et demi, avec toutes nos affaires dedans. le proprio a essayé de nous faire porter le chapeau, a pris les passeports et a voulu nous séquestrer. sans le secours de deux français et le consul nous serions encore là-bas. En cheville avec les flics du coin, le patron a d'abord essayé de nous vendre de la drogue alors que nous étions en train de manger. nous avons refusé, une demi-heure après, notre bungalow était en feu. j'ai su par la suite qu'il disait aux clients que le transfert Bateau hotel était gratuit( ce qu'il a fait avec nous) et qu'il exigeait à la fin du séjour 1000 bath sinon ils laissaient les gens sur place, voire les emmener jusqu'à un distributeur sous la menace.. il faut savoir que cet hotel est situé loin du port de saladan et que vous avez peu de moyens de repartir. de plus, ils fouillent les bungalows quand vous etes absents. un anglais, le lendemain de notre mésaventure s'est fait volé toutes ses affaires dans le bungalow que les voleurs ont fracturés pour leur méfait, c'est lui qui a dû payé pour les dégâts du bungalow. Ces gens sont des mafieux!!!!et je pèse mes mots.Nous avons eu très peur! ne vous fiez pas à leur sourire et à leur prétendue gentillesse!!!!!!!!!!!!!!!
"Ah ces fantasmes de blancs!" English translation pending
j'ai beaucoup aimé cet article plein d'humour, je partage ....
http://www.courrierinternational.com/...n_id=288...
http://www.courrierinternational.com/...n_id=288...
Attention, plus d'ambassade Mauritanie à Rabat! English translation pending
Salut a tous
Bon comme noté dans le titre il n y a plus d'ambassade mauritanie a rabat 🏴☠️🏴☠️🏴☠️
source : http://www.hespress.com/politique/153551.html Crise silencieuse a mis en garde les observateurs depuis un certain temps d'élargir le fossé entre Nouakchott et Rabat flotter à nouveau sur la surface des relations entre les deux pays , bien que le niveau officiel nie l'existence de ce entaché , tel que rapporté par l'agence «Nouvelles» agence de nouvelles privé en Mauritanie , le froid entre les deux pays a atteint la limite des Maires Président Mohamed Ould Abdel Aziz à tirer le chargé d'affaires à l'ambassade du Maroc à Rabat .
La même source a expliqué que la détérioration a connu des relations entre le Maroc et la Mauritanie , dans un développement négatif menace de refuser de briser une approche globale, formulée par un appel à l' ambassade de Mauritanie agissant à Rabat , Mohamed Ould Mukahal , et mis en Mali successeur au maire , Mohammed Lamine Ould Khatri , dont il dit le travail rend l'ambassade mauritanienne à Rabat , le compteur fermé pour le moment.
La décision et les préoccupations qui sont arrivés limite des frais de retrait agence d'affaires , des relations She- marocaines de la Mauritanie que la Mauritanie , qui n'était pas dans sa meilleure période depuis , exacerbé par ce qu'elle déclarations attribuées au roi du Maroc , Mohammed VI , lors de sa visite au Gabon , qui est toujours en cours , après sa visite dans trois pays africains , sans en révéler le contenu , qui peut être gênant à Nouakchott .
Alors qu'il n'est pas venu de Rabat , explique jalonné les relations avec Nouakchott , a été plus d'une fois au cours des dernières années , vient Osagama dans la compréhension entre les deux pays , ainsi que le président Mohamed Ould Abdel Aziz , qui se préparait en 2009 à faire plusieurs visites à l'étranger et la plus dangereuse mise en place au Maroc, n'a pas hésité à voler à l'Algérie comme une destination de premier , après avoir été retardé Rabat pour exprimer la bienvenue.
Deux ans plus tard , sera Nouakchott expulser directeur de l'agence , le temps Maghreb Arabe Presse , Hafeez Bakali , lui Mmhlh 24 heures pour quitter le territoire , dans un mouvement qui a soulevé beaucoup de Alasata à Rabat , qui a vu inapproprié , un an plus tard , va diffuser les nouvelles que le Président de la Mauritanie , refusé de recevoir le secrétaire d'État dans le gouvernement , Benkirane , Abdallah Baha , lors de sa visite à Nouakchott , et a été accueilli par une partie de la suffisance des élus chaque refroidisseur .
Drop it a augmenté de nouveau pour les relations de la coupe - marocain de la Mauritanie , près du centre de l'aggravation de la frontière Ahtajmat Nouadhibou , les conducteurs qui avaient Mauritaniens sur le conflit vient , leur colère , qu'ils considéraient comme de nombreux obstacles auxquels ils font face lorsque la demande de visa du Maroc , avec des pilotes marocains ne reçoivent pas un discours similaire .
Pilotes mauritaniens osèrent protester contre les obstacles de visa marocains , les plates-formes peut fierté mauritanienne , alors , pour le refus de Nouakchott adoption du nouveau consul marocain , sans fournir la justification de la non - acceptation . Ajoutant que le ministre des Affaires étrangères mauritanien , Ahmed Ould Teguedi , a présenté ses excuses à l'ambassadeur du Maroc à Nouakchott , Abdul Rahman bin Omar , tout justifier le rejet Consul nouvelle Mkhtara lui qu'il examinera la présidence de voir le bien-fondé de la décision , ce qui n'était pas transitoire , et a été suivi par plusieurs références à plus tard, est rassurant relations saines Mauritanie marocain , qui a toujours été sujet à des fluctuations .
dsl si y en a des fautes d'ortographe c'est juste google traduction ... sinon les frontiére reste toujours une option pour avoir les visa surplace mais un peux plus cher ... 😠😠😠
La même source a expliqué que la détérioration a connu des relations entre le Maroc et la Mauritanie , dans un développement négatif menace de refuser de briser une approche globale, formulée par un appel à l' ambassade de Mauritanie agissant à Rabat , Mohamed Ould Mukahal , et mis en Mali successeur au maire , Mohammed Lamine Ould Khatri , dont il dit le travail rend l'ambassade mauritanienne à Rabat , le compteur fermé pour le moment.
La décision et les préoccupations qui sont arrivés limite des frais de retrait agence d'affaires , des relations She- marocaines de la Mauritanie que la Mauritanie , qui n'était pas dans sa meilleure période depuis , exacerbé par ce qu'elle déclarations attribuées au roi du Maroc , Mohammed VI , lors de sa visite au Gabon , qui est toujours en cours , après sa visite dans trois pays africains , sans en révéler le contenu , qui peut être gênant à Nouakchott .
Alors qu'il n'est pas venu de Rabat , explique jalonné les relations avec Nouakchott , a été plus d'une fois au cours des dernières années , vient Osagama dans la compréhension entre les deux pays , ainsi que le président Mohamed Ould Abdel Aziz , qui se préparait en 2009 à faire plusieurs visites à l'étranger et la plus dangereuse mise en place au Maroc, n'a pas hésité à voler à l'Algérie comme une destination de premier , après avoir été retardé Rabat pour exprimer la bienvenue.
Deux ans plus tard , sera Nouakchott expulser directeur de l'agence , le temps Maghreb Arabe Presse , Hafeez Bakali , lui Mmhlh 24 heures pour quitter le territoire , dans un mouvement qui a soulevé beaucoup de Alasata à Rabat , qui a vu inapproprié , un an plus tard , va diffuser les nouvelles que le Président de la Mauritanie , refusé de recevoir le secrétaire d'État dans le gouvernement , Benkirane , Abdallah Baha , lors de sa visite à Nouakchott , et a été accueilli par une partie de la suffisance des élus chaque refroidisseur .
Drop it a augmenté de nouveau pour les relations de la coupe - marocain de la Mauritanie , près du centre de l'aggravation de la frontière Ahtajmat Nouadhibou , les conducteurs qui avaient Mauritaniens sur le conflit vient , leur colère , qu'ils considéraient comme de nombreux obstacles auxquels ils font face lorsque la demande de visa du Maroc , avec des pilotes marocains ne reçoivent pas un discours similaire .
Pilotes mauritaniens osèrent protester contre les obstacles de visa marocains , les plates-formes peut fierté mauritanienne , alors , pour le refus de Nouakchott adoption du nouveau consul marocain , sans fournir la justification de la non - acceptation . Ajoutant que le ministre des Affaires étrangères mauritanien , Ahmed Ould Teguedi , a présenté ses excuses à l'ambassadeur du Maroc à Nouakchott , Abdul Rahman bin Omar , tout justifier le rejet Consul nouvelle Mkhtara lui qu'il examinera la présidence de voir le bien-fondé de la décision , ce qui n'était pas transitoire , et a été suivi par plusieurs références à plus tard, est rassurant relations saines Mauritanie marocain , qui a toujours été sujet à des fluctuations .
dsl si y en a des fautes d'ortographe c'est juste google traduction ... sinon les frontiére reste toujours une option pour avoir les visa surplace mais un peux plus cher ... 😠😠😠
Angkor, vestiges du passé et sourires d’aujourd’hui English translation pending
Fin août 2013, après un périple de trois semaines au Vietnam : Vietnam nord-ouest et centre: de l'authentique aux cartes postales de rêve nous séjournons une petite semaine au Cambodge, à Siem Reap.
Si notre souhait principal était de visiter les temples d'Angkor, nous sommes tombés sous le charme de l’hospitalité cambodgienne : Angkor, vestiges du passé et sourires d’aujourd’hui
Pour ce séjour de 6 jours, 6 nuits, nous n'avons fait appel à aucune agence et avons préféré tout organiser à l'avance: rien de plus facile !
Avant tout, je veux remercier Schnacke67 http://voyageforum.com/membres/schnacke67/ passionné par Angkor, dont la contribution sur VF est essentielle : Merci Jacques pour vos retours instructifs et toujours très constructifs.
Aspects pratiques :
Vol quotidien Vietnam Airlines pour l'aéroport de Siem Reap à une dizaine de kilomètres de la ville.
Siddharta Hotel : un hôtel à taille humaine (une vingtaine de chambres) récemment ouvert, à mi-chemin entre le centre colonial de Siem Reap et les temples d’Angkor dans un quartier calme. Les chambres sont spacieuses et organisées autour d'une piscine à débordement dans un jardin fleuri. Attentions et discrétion, sourires et disponibilité sont des qualités certaines du personnel. Nous avons apprécié ce havre de paix.


Transport : durant notre séjour, deux chauffeurs de tuk tuk parlant un peu français étaient à notre disposition. C'est un arrangement que la plupart des hôtels proposent.
Livres :Sur le Cambodge :« Une brève histoire du Cambodge » de François Ponchaud Reconnu comme l’un des spécialistes du Cambodge, François Ponchaud, ordonné prêtre en 1964, arrive au Cambodge en 1965. Il apprend à parler la langue couramment et étudie la culture khmère et la religion bouddhique. En 1975, il est le dernier Français à quitter l’ambassade de France au Cambodge. De 1975 à 1993, il visite et partage la vie des réfugiés cambodgiens, tant en France que dans les camps de Thaïlande. En 1993, il retrouve Phnom Penh. Cet homme qui a consacré sa vie à ce pays et à son peuple fut le premier à alerter le monde sur la tragédie qui commençait. François Ponchaud traduisit la Bible en cambodgien ainsi que de nombreux livrets.
Entretien France 24 avec François Ponchaud sur le procès des khmers rouges et sur le Cambodge actuel : http://www.france24.com/...erdict-khmers-rougesSur Angkor :« Angkor Cité khmère » de Claude Jacques et Michael Freeman aux Editions Olizane. Un ouvrage très bien présenté, accessible à tous, présentant notamment pour chacun des temples, outre ses caractéristiques géographiques et historiques, les points forts de la visite. Ce livre est vendu à l’entrée de chaque temple pour quelques dollars. Il est également disponible sur le web dans un format légèrement plus grand et sur du papier de meilleure qualité. (indisponible aujourd’hui, il l’était en mai 2013).
Personnellement, j’avais fait le choix de me le procurer avant le départ pour mieux m’imprégner de l’Histoire, des styles architecturaux et des lieux.
Pour ceux qui souhaitent, une plus ample documentation, je vous invite à lire le post très détaillé de Schnacke67 : http://voyageforum.com/...ngkorienne-d6305399/
Guide: Nous avons visité les temples en compagnie de Veasna, guide francophone recommandé à plusieurs reprises sur VF et sur d'autres forums. Nous nous sommes félicités d'avoir fait appel à ses services. Veasna parle un français impeccable, sans accent. Avec un grand talent de conteur, il nous narre les légendes bouddhistes ou hindouistes sculptées dans la pierre et nous enseigne les rudiments de ces religions. Outre l'Histoire, il aime parler du Cambodge contemporain converser avec lui est un vrai plaisir. Les visites n'ont rien du parcours chronométré et challengé. Vesnea connaît tellement les temples qu'il nous y emmène à contre courant de la foule : nous faisant pénétrer par les entrées secondaires ou attirant notre attention sur les beautés cachées des temples….. …. La devata qui montre ses dents :

Naturellement calme et posé, Veasna aménage le circuit de sorte à ce que le rythme soit intense en découvertes, tout en restant reposant sous la chaleur de ces journées. Enfin, aux amateurs de photos, il montre les angles insolites et nous emmène sous les bonnes expositions.
Nos activités : J1 – Arrivée en milieu d’après midi. Dîner à l’hôtel J2 – Découverte de Siem Reap – Spectacle du Phare Circus J3 – Journée sur le Tonle Sap J4 – J5 et J6 – Visite des temples J7 - Farniente – Vol du retour en fin d’après midi.
On peut très certainement mieux « rentabiliser » les journées. Nous avions pris délibérément le parti de prendre notre temps et de nous accorder de bonnes pauses récréatives. Au lieu d’un récit chronologique, je vous livre nos informations et impressions sur nos activités. Il ne s’agit bien évidemment que de notre retour. Que vous partagerez … ou pas !
.. A suivre 😉
Si notre souhait principal était de visiter les temples d'Angkor, nous sommes tombés sous le charme de l’hospitalité cambodgienne : Angkor, vestiges du passé et sourires d’aujourd’hui
Pour ce séjour de 6 jours, 6 nuits, nous n'avons fait appel à aucune agence et avons préféré tout organiser à l'avance: rien de plus facile !Avant tout, je veux remercier Schnacke67 http://voyageforum.com/membres/schnacke67/ passionné par Angkor, dont la contribution sur VF est essentielle : Merci Jacques pour vos retours instructifs et toujours très constructifs.
Aspects pratiques :
Vol quotidien Vietnam Airlines pour l'aéroport de Siem Reap à une dizaine de kilomètres de la ville.
Siddharta Hotel : un hôtel à taille humaine (une vingtaine de chambres) récemment ouvert, à mi-chemin entre le centre colonial de Siem Reap et les temples d’Angkor dans un quartier calme. Les chambres sont spacieuses et organisées autour d'une piscine à débordement dans un jardin fleuri. Attentions et discrétion, sourires et disponibilité sont des qualités certaines du personnel. Nous avons apprécié ce havre de paix.


Transport : durant notre séjour, deux chauffeurs de tuk tuk parlant un peu français étaient à notre disposition. C'est un arrangement que la plupart des hôtels proposent.
Livres :Sur le Cambodge :« Une brève histoire du Cambodge » de François Ponchaud Reconnu comme l’un des spécialistes du Cambodge, François Ponchaud, ordonné prêtre en 1964, arrive au Cambodge en 1965. Il apprend à parler la langue couramment et étudie la culture khmère et la religion bouddhique. En 1975, il est le dernier Français à quitter l’ambassade de France au Cambodge. De 1975 à 1993, il visite et partage la vie des réfugiés cambodgiens, tant en France que dans les camps de Thaïlande. En 1993, il retrouve Phnom Penh. Cet homme qui a consacré sa vie à ce pays et à son peuple fut le premier à alerter le monde sur la tragédie qui commençait. François Ponchaud traduisit la Bible en cambodgien ainsi que de nombreux livrets.
Entretien France 24 avec François Ponchaud sur le procès des khmers rouges et sur le Cambodge actuel : http://www.france24.com/...erdict-khmers-rougesSur Angkor :« Angkor Cité khmère » de Claude Jacques et Michael Freeman aux Editions Olizane. Un ouvrage très bien présenté, accessible à tous, présentant notamment pour chacun des temples, outre ses caractéristiques géographiques et historiques, les points forts de la visite. Ce livre est vendu à l’entrée de chaque temple pour quelques dollars. Il est également disponible sur le web dans un format légèrement plus grand et sur du papier de meilleure qualité. (indisponible aujourd’hui, il l’était en mai 2013).
Personnellement, j’avais fait le choix de me le procurer avant le départ pour mieux m’imprégner de l’Histoire, des styles architecturaux et des lieux.
Pour ceux qui souhaitent, une plus ample documentation, je vous invite à lire le post très détaillé de Schnacke67 : http://voyageforum.com/...ngkorienne-d6305399/
Guide: Nous avons visité les temples en compagnie de Veasna, guide francophone recommandé à plusieurs reprises sur VF et sur d'autres forums. Nous nous sommes félicités d'avoir fait appel à ses services. Veasna parle un français impeccable, sans accent. Avec un grand talent de conteur, il nous narre les légendes bouddhistes ou hindouistes sculptées dans la pierre et nous enseigne les rudiments de ces religions. Outre l'Histoire, il aime parler du Cambodge contemporain converser avec lui est un vrai plaisir. Les visites n'ont rien du parcours chronométré et challengé. Vesnea connaît tellement les temples qu'il nous y emmène à contre courant de la foule : nous faisant pénétrer par les entrées secondaires ou attirant notre attention sur les beautés cachées des temples….. …. La devata qui montre ses dents :

Naturellement calme et posé, Veasna aménage le circuit de sorte à ce que le rythme soit intense en découvertes, tout en restant reposant sous la chaleur de ces journées. Enfin, aux amateurs de photos, il montre les angles insolites et nous emmène sous les bonnes expositions.
Nos activités : J1 – Arrivée en milieu d’après midi. Dîner à l’hôtel J2 – Découverte de Siem Reap – Spectacle du Phare Circus J3 – Journée sur le Tonle Sap J4 – J5 et J6 – Visite des temples J7 - Farniente – Vol du retour en fin d’après midi.
On peut très certainement mieux « rentabiliser » les journées. Nous avions pris délibérément le parti de prendre notre temps et de nous accorder de bonnes pauses récréatives. Au lieu d’un récit chronologique, je vous livre nos informations et impressions sur nos activités. Il ne s’agit bien évidemment que de notre retour. Que vous partagerez … ou pas !
.. A suivre 😉15 jours en Ligurie et Toscane English translation pending
Bonjour,
Bon allez je me lance, je vais faire un petit compte-rendu de nos 2 semaines en Italie en Juillet 2013. En gros :GènesPortofinoCinque TerreLucques - Prato - Pistoia5 jours à Florence ( notre déclencheur de ce voyage )SienneLes Crete SenesiPise ... sur le retourVenant de Bordeaux, et désireux de rester mobiles, on prend la tuture pour y aller. Après 1 jour de route avec 1 nuit à Nice, nous arrivons le lendemain à Gènes à 11h30.
On va se débarrasser de suite du fameux ZTL qui enflamme les forums à chaque fois 😛 Ces "Zona Traffico Limitato" sont en place dans à peu près toutes les villes ou villages touristiques ... ou pas. Le centre-ville est donc interdit aux véhicules non autorisés avec un joli PV à la clé puisque tout ceci est surveillé automatiquement par des caméras qui se feront un plaisir de t'envoyer, à ton retour, la douloureuse. Et ça marche très bien aussi avec les voitures de location, pas de souci 😎
Une fois qu'on est au courant, il ne reste plus qu'à gérer le bidule et bien regarder où on roule, en sachant que ce n'est pas très compliqué non plus. C'est clairement indiqué et on sait que le centre-ville est concerné à chaque fois. Pour Gènes par exemple, j'avais pris soin de charger la carte sur Internet avant.

J'ai ainsi pu réserver un hôtel juste à la limite de la zone ... et on fera ainsi pour tout le circuit. Le gagnant est le Bristol Palace à 100€ pour 2 avec PDJ ... Genre vieux palace grand style mais rénové et bien entretenu

L'escalier est magnifique et la chambre iMMMMMMMMMMense !

Alors nous sommes Dimanche ... et à Gènes, on le sent bien : tout est fermé, y compris les restos 🤪 Déjeuner dans un truc indien, pas typique mais ouvert !
Galerie Mazzini :

Via Garibaldi :

Palazzo Reale :

On passe par le port mais on ne fera pas l'aquarium, l'attraction du coin avec la goélette qui a servi au film de Polanski :

La Galleria di Palazzo Spinola

Ce qui est le plus sympa à Gènes, ce sont toutes ces ruelles étroites qui contrastent avec le côté industriel du port et de ses centaines de ferries ou paquebots.

Très sympa pour prendre l'apéro, la Piazza delle Erbe où il est difficile de choper une table à partir de 18h00 :

Porte Soprana pas loin :

Piazza de Ferrari près de l'hôtel :

Retour vers le port pour dîner en passant par la cathédrale et de jolies églises ...



Nous dînons au Eataly, une immense épicerie au 1er étage du bâtiment donnant sur le port. Hormis ces achats, on peut y manger avec des dizaines de plats, fromages, pâtes ou pizzas. Très bien fait et pratique.

Par contre, un peu triste le port le soir. Un malheureux glacier ouvert et peu de monde sur les quais.

Bon allez je me lance, je vais faire un petit compte-rendu de nos 2 semaines en Italie en Juillet 2013. En gros :GènesPortofinoCinque TerreLucques - Prato - Pistoia5 jours à Florence ( notre déclencheur de ce voyage )SienneLes Crete SenesiPise ... sur le retourVenant de Bordeaux, et désireux de rester mobiles, on prend la tuture pour y aller. Après 1 jour de route avec 1 nuit à Nice, nous arrivons le lendemain à Gènes à 11h30.
On va se débarrasser de suite du fameux ZTL qui enflamme les forums à chaque fois 😛 Ces "Zona Traffico Limitato" sont en place dans à peu près toutes les villes ou villages touristiques ... ou pas. Le centre-ville est donc interdit aux véhicules non autorisés avec un joli PV à la clé puisque tout ceci est surveillé automatiquement par des caméras qui se feront un plaisir de t'envoyer, à ton retour, la douloureuse. Et ça marche très bien aussi avec les voitures de location, pas de souci 😎
Une fois qu'on est au courant, il ne reste plus qu'à gérer le bidule et bien regarder où on roule, en sachant que ce n'est pas très compliqué non plus. C'est clairement indiqué et on sait que le centre-ville est concerné à chaque fois. Pour Gènes par exemple, j'avais pris soin de charger la carte sur Internet avant.

J'ai ainsi pu réserver un hôtel juste à la limite de la zone ... et on fera ainsi pour tout le circuit. Le gagnant est le Bristol Palace à 100€ pour 2 avec PDJ ... Genre vieux palace grand style mais rénové et bien entretenu

L'escalier est magnifique et la chambre iMMMMMMMMMMense !

Alors nous sommes Dimanche ... et à Gènes, on le sent bien : tout est fermé, y compris les restos 🤪 Déjeuner dans un truc indien, pas typique mais ouvert !
Galerie Mazzini :

Via Garibaldi :

Palazzo Reale :

On passe par le port mais on ne fera pas l'aquarium, l'attraction du coin avec la goélette qui a servi au film de Polanski :

La Galleria di Palazzo Spinola

Ce qui est le plus sympa à Gènes, ce sont toutes ces ruelles étroites qui contrastent avec le côté industriel du port et de ses centaines de ferries ou paquebots.

Très sympa pour prendre l'apéro, la Piazza delle Erbe où il est difficile de choper une table à partir de 18h00 :

Porte Soprana pas loin :

Piazza de Ferrari près de l'hôtel :

Retour vers le port pour dîner en passant par la cathédrale et de jolies églises ...



Nous dînons au Eataly, une immense épicerie au 1er étage du bâtiment donnant sur le port. Hormis ces achats, on peut y manger avec des dizaines de plats, fromages, pâtes ou pizzas. Très bien fait et pratique.

Par contre, un peu triste le port le soir. Un malheureux glacier ouvert et peu de monde sur les quais.

Voyage à pied de Whitehorse à Fairbanks durant 1 mois (Alaska) English translation pending
Bonjour à tous !
Je me présente je suis jeune, rêveur et j'adore la nature. Je voudrais partir 1 mois au Nord-Ouest du canada , mon périple commencerait à Whitehorse dans le yukon pour poursuivre jusqu'à Fairbanks et rallier le "magic bus", et ensuite faire le retour de nouveau à pied.
Sur la route je voudrais visiter quelques parcs nationaux je ne sais pas encore lesquelles , peut-être que je le ferais au feeling aussi.
J'aimerais avoir des conseils sur les campings , si possibilité de faire du camping sauvage, sur les logements à petit prix. Mon but étant d'éviter un maximum le logement autre que le camping. Il y a 947km entre WhiteHorse et Fairbanks, evidemment je pense faire un peu de d'Autostop et peut etre prendre un bus ou deux pour m'économiser un peu quand même, si quelqu'un a des infos la dessus je suis preneur :)
Le soucis majeur je pense sera la nourriture et de préparer mon sac pour prendre ce qu'il faut tout en minimisant le poids de mon sac. Je suis preneur d'informations de toute sorte !! Etant pêcheur je compte acheter le permis pêche pour 35$ et ainsi me procurer quelques repas lors de mes campings sauvages. Le plus dur sera de prévoir des provisions assez pour quelques jours et assez de place pour vêtements et tente et matos de camping.
Ah oui ! le vol Bruxelles- Whitehorse étant à 1400 euros, j'aimerais à avoir le moin de frais possible sur place, combien penseriez-vous que je dois prévoir tout en prévoient une sécurité en cas de pépin ?
Voila merci d'avance !! 😉
Je me présente je suis jeune, rêveur et j'adore la nature. Je voudrais partir 1 mois au Nord-Ouest du canada , mon périple commencerait à Whitehorse dans le yukon pour poursuivre jusqu'à Fairbanks et rallier le "magic bus", et ensuite faire le retour de nouveau à pied.
Sur la route je voudrais visiter quelques parcs nationaux je ne sais pas encore lesquelles , peut-être que je le ferais au feeling aussi.
J'aimerais avoir des conseils sur les campings , si possibilité de faire du camping sauvage, sur les logements à petit prix. Mon but étant d'éviter un maximum le logement autre que le camping. Il y a 947km entre WhiteHorse et Fairbanks, evidemment je pense faire un peu de d'Autostop et peut etre prendre un bus ou deux pour m'économiser un peu quand même, si quelqu'un a des infos la dessus je suis preneur :)
Le soucis majeur je pense sera la nourriture et de préparer mon sac pour prendre ce qu'il faut tout en minimisant le poids de mon sac. Je suis preneur d'informations de toute sorte !! Etant pêcheur je compte acheter le permis pêche pour 35$ et ainsi me procurer quelques repas lors de mes campings sauvages. Le plus dur sera de prévoir des provisions assez pour quelques jours et assez de place pour vêtements et tente et matos de camping.
Ah oui ! le vol Bruxelles- Whitehorse étant à 1400 euros, j'aimerais à avoir le moin de frais possible sur place, combien penseriez-vous que je dois prévoir tout en prévoient une sécurité en cas de pépin ?
Voila merci d'avance !! 😉
CDF Zénith Sérénissime du 7 juin 2014 English translation pending
Bonjour à tous,
Nous allons effectuer au mois de juin 2014, la croisière sérénissime sur le Zénith (CDF). Nous aimerions faire les excursions intéressantes à notre rythme et à frais raisonnables.
Quelqu'un pourrait-il me donner des tuyaux pour effectuer moi-même (à 2 pers) les excursions à chaque escale, avec si possible les points de visites à ne pas manquer, notamment à Corfou, Malte, Olbia et Venise (découverte des sites naturels, des petites localités, monuments, artisanat local...)
Merci d'avance pour vos suggestions.
Manifestations à Bangkok (part. 2) English translation pending
Bonjour,
Le fil précédent de cette discussion étant arrivé à saturation, nous vous proposons de continuer celle-ci ici.
L'équipe VoyageForum
Le fil précédent de cette discussion étant arrivé à saturation, nous vous proposons de continuer celle-ci ici.
L'équipe VoyageForum
Cow-boys, bisons et geysers Ouest américain 2013, de Rapid City au Yellowstone English translation pending
Allez hop, je me lance, et je contribue à ce forum fabuleux.
Déjà un grand merci à tous ceux qui prennent le temps de poster des carnets ou des réponses, c’est inestimable. Lors de la préparation de ce voyage, j’ai largement profité de cette mine d’informations.
L’idée : le YELLOWSTONE en Camping Car et en prenant notre temps.
Les voyageurs : nous sommes 5, le père (le conducteur du CC, il est aussi maître du feu et fait les vidanges), la mère (la directrice comme ils m’appellent ! Enfin pas trop souvent quand même ! ) et 3 ados :17 ans (une fille, déteste les randonnées, par contre le shopping…), 15 ans (un garçon, déteste le shopping, par contre les randonnées…), 13 ans (un garçon, qui n’est pas chaud bouillant par l’idée de ce voyage ! Les ados sont un mystère !)
La concrétisation : 2 semaines en juillet 2013, après une petite semaine à New York, une boucle entre Rapid City (Dakota du Sud) et le Yellowstone.
Rapid City, ça n’était pas mon idée 1ère, j’avais prévu un départ de Salt Lake City, mais au moment de payer les billets Paris–>NY->SLC->Paris pour 5 personnes : montant de carte dépassé !!! Il nous fallait attendre 3 semaines pour récupérer le montant adéquat ! On était déjà en mars (oui je sais, je n’étais pas en avance !). Du coup j’ai cherché des solutions alternatives et c’est là que Rapid City a émergé : bien moins cher et ça nous permettait de voir le mont Rushmore. Et, ma foi, je ne l’ai pas regretté.
Pour info, j’ai une amie qui a fait le YS au départ de Bozeman(Montana), c’est vraiment tout près du YS et il y a un loueur de CC.
Le CC, nous on aime bien : ça évite de faire et défaire les valises, ça évite aussi 15j de pizzas / hamburger / frites, les campings sont l’occasion de faire des rencontres (humaines et animales), on mange dehors, on grille les chamallows… Mais il faut reconnaitre que les longues distances sont pénibles, ça peut être compliqué à garer sur les sites touristiques, ça consomme énormément et ça revient assez cher. Là, c’était un 25 pieds etj’avoue, j’ai fait boulette : bien trop petit pour nous 5. J’avais assuré les campings du YS, de Cody et de Rapid City pour le dernier jour.
Voilà, le décor est planté, en route vers le YS….

J1 (fin d'après midi) à J3 : le trajet aller 812 km (en route : deadwood, devil’s Tower, Buffalo, Cody). Le détail ci-dessous.
J4 à J10 : le Yellowstone (lac yellowstone, Mud Volcano, Hayden Valley, Canyon, Mont Washburn, West Thumb, Old faithfull, Black sand basin, midway geyser basin, lower geyser basin, Norris, Mammoth Hot spring). Le détail : http://voyageforum.com/v.f?post=6342503#6342503
J10 à J11 : le trajet retour 840 km (en route : Lammar Valley, beartooth highway, red lodge, little Bighorn battelfield). Le détail : http://voyageforum.com/v.f?post=6363462#6363462 (à partir de J10)
J12 à J14 : les Black Hills (Custer, Jewel cave, Sylvan Lake, Mont Rushmore, Keystone). Le détail : http://voyageforum.com/v.f?post=6363506#6363506 (à partir de J12)
J1 : Lever 4h, Vol NY -> Chicago puis Chicago -> RC dans un coucou de 48 pl. (1 hôtesse) : arrivée RC (aéroport régional), rien autour, après NY, le choc, j’adore ! Récupération du CC (pas trop propre), grosses courses, et enfin on roule ! Il est 16h. Le 1er arrêt sera pour Deadwood, 1ercontact avec le far West, sympa, mais grosse chaleur, alors on ne s’attarde pas. Je pensais m’arrêter vers Devil’stower mais il se fait tard, ça fait longtemps que nous sommes levés alors la 1èrenuit se fera à Spearfish au Chris Camp, super agréable, piscine… Les enfants font un plouf, pendant que je fais une toilette du CC (ça n’était pas du luxe !). 1er repas en plein air et dodo bien mérité…


J2 : Arrêt à Devil’s tower. J’avoue, je n’étais pas trop emballée, mais les commentaires sur ce forum m’ont convaincue et franchement merci, toute la famille a apprécié, c’est tellement curieux ! Une petite ballade permet d’en faire le tour et de l’appréhender sous toutes ses coutures. En repartant, nous passons à côté d’un champ plein de chiens de prairie (je savais, toujours grâceau forum, qu’il existait, mais je ne l’avais pas vu à l’aller et j’en étais fort dépitée !). So cute ! Retour sur l’autoroute ! Arrêt à Buffalo. La nuit se fera à 20km après Sheridan, au camping Lazy R, vraiment pas terrible avec une voie ferrée juste à côté et des trains qui klaxonnent toute la nuit !


J3 : La route est longue (surtout en CC) mais la traversée de Bighorn National Forest est superbe, encore une grosse centaine de miles et nous voici à Cody (camping Pondorosa Campground). L’après midi, visite du Buffalo Bill Historical Center (très chouette), repas rapide et le soir, le RODEO (tickets pris à l’accueil du camping)!! Hiha !! Vraiment sympa !


Déjà un grand merci à tous ceux qui prennent le temps de poster des carnets ou des réponses, c’est inestimable. Lors de la préparation de ce voyage, j’ai largement profité de cette mine d’informations.
L’idée : le YELLOWSTONE en Camping Car et en prenant notre temps.
Les voyageurs : nous sommes 5, le père (le conducteur du CC, il est aussi maître du feu et fait les vidanges), la mère (la directrice comme ils m’appellent ! Enfin pas trop souvent quand même ! ) et 3 ados :17 ans (une fille, déteste les randonnées, par contre le shopping…), 15 ans (un garçon, déteste le shopping, par contre les randonnées…), 13 ans (un garçon, qui n’est pas chaud bouillant par l’idée de ce voyage ! Les ados sont un mystère !)
La concrétisation : 2 semaines en juillet 2013, après une petite semaine à New York, une boucle entre Rapid City (Dakota du Sud) et le Yellowstone.
Rapid City, ça n’était pas mon idée 1ère, j’avais prévu un départ de Salt Lake City, mais au moment de payer les billets Paris–>NY->SLC->Paris pour 5 personnes : montant de carte dépassé !!! Il nous fallait attendre 3 semaines pour récupérer le montant adéquat ! On était déjà en mars (oui je sais, je n’étais pas en avance !). Du coup j’ai cherché des solutions alternatives et c’est là que Rapid City a émergé : bien moins cher et ça nous permettait de voir le mont Rushmore. Et, ma foi, je ne l’ai pas regretté.
Pour info, j’ai une amie qui a fait le YS au départ de Bozeman(Montana), c’est vraiment tout près du YS et il y a un loueur de CC.
Le CC, nous on aime bien : ça évite de faire et défaire les valises, ça évite aussi 15j de pizzas / hamburger / frites, les campings sont l’occasion de faire des rencontres (humaines et animales), on mange dehors, on grille les chamallows… Mais il faut reconnaitre que les longues distances sont pénibles, ça peut être compliqué à garer sur les sites touristiques, ça consomme énormément et ça revient assez cher. Là, c’était un 25 pieds etj’avoue, j’ai fait boulette : bien trop petit pour nous 5. J’avais assuré les campings du YS, de Cody et de Rapid City pour le dernier jour.
Voilà, le décor est planté, en route vers le YS….

J1 (fin d'après midi) à J3 : le trajet aller 812 km (en route : deadwood, devil’s Tower, Buffalo, Cody). Le détail ci-dessous.
J4 à J10 : le Yellowstone (lac yellowstone, Mud Volcano, Hayden Valley, Canyon, Mont Washburn, West Thumb, Old faithfull, Black sand basin, midway geyser basin, lower geyser basin, Norris, Mammoth Hot spring). Le détail : http://voyageforum.com/v.f?post=6342503#6342503
J10 à J11 : le trajet retour 840 km (en route : Lammar Valley, beartooth highway, red lodge, little Bighorn battelfield). Le détail : http://voyageforum.com/v.f?post=6363462#6363462 (à partir de J10)
J12 à J14 : les Black Hills (Custer, Jewel cave, Sylvan Lake, Mont Rushmore, Keystone). Le détail : http://voyageforum.com/v.f?post=6363506#6363506 (à partir de J12)
J1 : Lever 4h, Vol NY -> Chicago puis Chicago -> RC dans un coucou de 48 pl. (1 hôtesse) : arrivée RC (aéroport régional), rien autour, après NY, le choc, j’adore ! Récupération du CC (pas trop propre), grosses courses, et enfin on roule ! Il est 16h. Le 1er arrêt sera pour Deadwood, 1ercontact avec le far West, sympa, mais grosse chaleur, alors on ne s’attarde pas. Je pensais m’arrêter vers Devil’stower mais il se fait tard, ça fait longtemps que nous sommes levés alors la 1èrenuit se fera à Spearfish au Chris Camp, super agréable, piscine… Les enfants font un plouf, pendant que je fais une toilette du CC (ça n’était pas du luxe !). 1er repas en plein air et dodo bien mérité…


J2 : Arrêt à Devil’s tower. J’avoue, je n’étais pas trop emballée, mais les commentaires sur ce forum m’ont convaincue et franchement merci, toute la famille a apprécié, c’est tellement curieux ! Une petite ballade permet d’en faire le tour et de l’appréhender sous toutes ses coutures. En repartant, nous passons à côté d’un champ plein de chiens de prairie (je savais, toujours grâceau forum, qu’il existait, mais je ne l’avais pas vu à l’aller et j’en étais fort dépitée !). So cute ! Retour sur l’autoroute ! Arrêt à Buffalo. La nuit se fera à 20km après Sheridan, au camping Lazy R, vraiment pas terrible avec une voie ferrée juste à côté et des trains qui klaxonnent toute la nuit !


J3 : La route est longue (surtout en CC) mais la traversée de Bighorn National Forest est superbe, encore une grosse centaine de miles et nous voici à Cody (camping Pondorosa Campground). L’après midi, visite du Buffalo Bill Historical Center (très chouette), repas rapide et le soir, le RODEO (tickets pris à l’accueil du camping)!! Hiha !! Vraiment sympa !


La ville aux roses en pays Betsileo (Madagascar) English translation pending

Après avoir quitté Antsirabe, ‘la Vichy malgache’ du temps de la colonisation, pour prendre la direction du sud vers Ambositra, il faut empreinter la nationale sept. C’est l’axe routier incontournable permettant les transhumances touristiques en taxi-brousse bondé ou en 4X4 climatisé, pour traverser la région agricole du betsileo jusqu’à celle du grand sud, déshéritée et aride.... Cet axe nord-Sud avait fait l’objet d’un vaste projet ferroviaire éphémère, abandonné à l’aube d’une seconde guerre mondiale, gourmande en hommes et en capitaux ....
On est très vite charmé par une succession des paysages bucoliques s'entremêlant dans un patchwork de rizières en terrasses aux couleurs caméléonnes tirant du vert pomme au moment des repiquages à celui du jaune paille à l'approche des récoltes.... Les maisons en pisé ocre rouge des villages portent dans l'entrebâillement de leurs maigres ouvertures, des traces indélébiles de fumée et de suie provenant du foyer intérieur, sans cheminée existante, par tradition et par superstition….

La route, long serpent bitumeux se faufile, entre champs cultivés de maïs et de manioc, succédant à des parcelles forestières partiellement défigurées.
Les premières l’ont été à la suite d’incendies successifs et pour les autres, ce sont les coups de machettes répétés sur les troncs d’eucalyptus qui donnent ainsi cette vision pathétique d’un milieu forestier, vaste réserve en charbon de bois du pays, programmée pour disparaître progressivement…. La nationale traverse ainsi une immense plaine où les rizières remplissent l'oeil du voyageur d'un exotisme au parfum d’Asie . Cette impression est accentuée par la présence d’habitations aux toits de chaume de riz noyées au beau milieu de cette verdure, mélange de parcelles colorées rappelant les meilleurs spots touristiques .. A cet endroit bucolique, le bas-côté de la chaussée est occupé par des paysans vendant à la sauvette des légumes fraîchement cueillis et rangés méticuleusement sur des étals de fortune en attendant le client de passage … Le voyage est souvent interrompu par des contrôles routiers fréquents, transformés en péage informel. C’est une invitation discrète pour le conducteur local à glisser un billet dans les papiers présentés afin d’assurer un petit plus, au maigre ordinaire de ces vérificateurs nonchalants en uniformes à l'affût de la moindre occasion... Ils savent se montrer plus gourmands et tenaces encore, à l'approche des fêtes dépensières….

Au kilomètre 69, la route passe à côté d’un pont en béton armé, ‘Ilaka’, inauguré en 1953 et détruit en 2OO2 sous les ordres mégalomaniaques d'un ancien président, marin de formation promu amiral rouge des années noires du pays…
Ce geste belliqueux de ses partisans mercenaires à la sauce locale, n'aura servi qu'à détruire un bien collectif pourtant épargné par un climat érosif....avant d'être remplacé par un autre pont, quelques centaines de mètres plus loin, entièrement financé par une généreuse communauté européenne, roue de secours permanente, d'un certain nombre de carences locales….
Juste avant d'arriver à Ambositra, la route slalome au milieu de plantation d'eucalyptus, arbre dominant d'une île de plus en plus chauve, qui distille dans l'air chaud, des odeurs d'huile essentielle provenant d'un feuillage d'un vert cuivré…. La proximité de la ville est marquée par l'implantation des premières boutiques d'artisanat censées séduire le voyageur pressé de rentrer sur la capitale ou de descendre vers un sud lointain….. Une grande ligne droite séparant des grandes rizières en deux parties, annonce l'entrée de la ville où stationnent, dans un désordre coutumier, des taxi-brousses fatigués en partance vers Antsirabe et la capitale… Puis, la route empreinte un raidillon goudronné qui, à l'issue de deux virages successifs débouche sur l'artère principale de la ville.
Cette voie principale peine, à certaines heures de la journée, à supporter un trafic disproportionné au regard de l'étroitesse de la chaussée conçue par un colonisateur constructeur auquel n’a succédé qu’une relève idéologique….La ville est bâtie sur un mamelon dominant les rizières environnantes. Elle est constituée de maisons betsileo datant, pour la plupart, de cette époque coloniale dont certaines, en mauvais état, sont rafistolées de bric et de broc atténuant le charme indéniable qu’il s’en dégageait au temps de leur jeunesse perdue…
En contre-bas de la cité, des nombreux hameaux sont disséminés aux pieds des rizières où réside une majorité de petits artisans travaillant le bois à l’aide d’outils dérisoires, avec pour chacun, sa spécialité comme celle des figurines d’échec ou de la marqueterie à copie multiple voir de la corne de zébu travaillée à chaud…

L’approvisionnement en bois est devenu un véritable problème d’inquiétude pour ces artisans privés de leur matière première, liée à une déforestation des plus inquiétantes... Le bois de rose est devenu rare, extrêmement réglementé et cher, le bois d'ébène a lui quasiment disparu étant remplacé par une couche de cirage noir ou de noir de fumée sur des bois blancs...

Les bois fraîchement abattus sont travaillés sans un séchage, ni stockage préalables ce qui entraine un fendage fréquent des objets sculptés et de la marqueterie vendus..... Le meilleur d'entre ces artisans, étant sans conteste, un couple d'anciens universitaires, formés à l'archéologie, mais qui, par la faute d’une promesse non tenue pour travailler pour l'Unesco, se sont reconvertis dans la marqueterie originale et la lutherie d'une finesse élégante .

Cette agglomération est une cité paysanne tranquille du betsileo, point de passage obligé des transhumances sud et nord vivant essentiellement de ses activités d'artisanat et du travail de la terre…. Le passage de camions chargés de zébus destinés à l’approvisionnement de la capitale est journalier... Les bêtes transportées sont parqués en quinconce à l’arrière des véhicules tout en étant maintenues par des cordes pour éviter des blessures inutiles au cours de leur long transport. La traversée de la ville les contraint à l’obligation d’un arrêt à proximité de la gendarmerie pour être contrôlés afin d’en juguler, sans grande efficacité notoire, un trafic juteux d’animaux volés dans le sud…

Chaque samedi, jour de marché, la ville est prise dans un tourbillon de va-et-vient d'un monde paysan qui déferle tôt le matin en apportant ses productions familiales. Seules, les rues conduisant au commissariat de police sont réservées à cet événement, mais, il faut s'armer de patience pour avancer au milieu de ce flot de badauds bigarrés qui monopolise ces rues devenues, l'espace d'un matin, un immense marché à ciel ouvert ….

Le jour est à peine levé lorsque descendent les premiers vendeurs partis de leurs villages situés dans les montagnes environnantes à plusieurs heures de marche, en majorité des femmes par groupe de quatre ou cinq, échangeant histoires et ragots pour passer le temps d'une marche interminable….
Sur le marché même, c'est l'occasion des rencontres hebdomadaires où chacun discute avec son voisin d'un jour en disposant sa marchandise à même le sol sur des emplacements convenus à l'avance, présentée en petits tas pour les légumes ou dans des sacs de jute pour les pistaches ou le riz avec le fameux kapoka, boîte de lait vide servant d'unité de mesure….

Plus loin, des stands improvisés, sortes d'assemblages improbables en rondins de bois tordus, permettent la vente de marchandises "made in china", sacs à dos, chaussures, appareils de musique ou lunettes contrefaites….sans parler de vieilles fripes chiffonnées, commerce fleurissant issu de collectes européennes vendues au poids à des importateurs insulaires qui plombent à jamais une production locale, hier florissante mais aujourd’hui, réduite à peu…. Le centre ville est délimité à ses extrémités par deux marchés couverts Nord/Sud permettant aux habitants un approvisionnement rapide à quel endroit qu’ils se trouvent....

Un chemin circulaire encercle la ville permettant au promeneur tranquille d'observer le travail ingrat des rizières, du repiquage du riz réservé aux femmes, à celui du sarclage attribué aux hommes poussant une houe entre les plants alignés de riz déjà bien vigoureux…. Sur cette piste giratoire, dans un espace en friche et en broussailles, à quelques encablures du centre, des pauvres filles tapinent à l’affût ... En bordure de route, à proximité d'abris de misère recouverts de plastiques servant occasionnellement de lupanar champêtre, elles attendent de croiser du regard celui d'un passant, client potentiel de ces femmes sans ressources, aux destins de vie tragique, d'une noirceur absolue..
Les hôtels à touristes, au confort simple mais approprié pour un voyageur peu exigeant et pressé, sont disséminés dans la partie haute de la ville.... Avec une attention particulière pour le plus prisé d'entre eux, situé en direction d'un temple protestant, qui propose une dizaine de bungalows en bois.
Les panneaux en palissandre utilisés pour ces bungalows sont sculptés de fresques dans le plus pur style zafimaniry. Ils donnent ainsi aux visiteurs d’un jour, une impression recherchée d'authenticité de plus en plus diluée, aujourd’hui, sous les coups de butoirs d’une mondialisation envahissant même les endroits les plus discrets...
La place de la mairie est un espace goudronné planté d'un terrain de sport équipé, d’un unique côté, d'un panneau de basket fatigué dont il ne subsiste que le cercle métallique du panier… Des jeunes viennent régulièrement y disputer des parties entre copains sous le regard d'un public jeune, oisif, assis sur une tribune en béton. Cette construction domine l'ensemble du site partagé entre cet espace sportif et deux stèles commémorant l'indépendance et l’insurrection de 47, ciment historique d’une unité malgache rebelle à toute ingérence étrangère....
Tous les jours de la semaine, en fin d’après-midi, les pousses-pousse affluent sur cette place située à proximité des écoles en attendant de transporter les élèves jusqu’à leurs domiciles..... Souvent, il n’est pas rare de voir, quatre voir cinq petits écoliers monter dans un même pousse tandis que le tireur amorce le départ en prenant, sous les enthousiasmes communicatifs des enfants, des allures de courses de kermesse en dévalant la pente sous les regards amusés des passants...
Un peu plus loin, lorsqu'on redescend vers la rue circulaire commerçante, on passe devant le bâtiment neuf de l'alliance française. C’est l’unique lieu culturel où la petite bourgeoise locale inscrit ses enfants afin d’y entretenir, tant bien que mal, un bilinguisme en perte de vitesse avec une langue de Molière passée du stade culturel à celui, bien moins prestigieux d’une possible issue de secours d’un avenir insulaire fragile….
Le soir, les aboiements fréquents des chiens rôdeurs, se déplaçant dans la cité endormie au fil des longues heures de la nuit, agacent le dormeur insomniaque car ces bêtes ne mettront un terme à leur concert monotone qu'à l'approche des premières lueurs du jour ... Un panneau de béton en lettres peintes défraîchies indique "tuerie d'Ambositra", mais, il s'agit, en réalité, d'un abattoir municipal dont l’activité atypique mérite d’en comprendre son fonctionnement. A chaque aube de la semaine, d'autres aboiements de chiens très localisés succéderont à ceux de la nuit pour retentir uniquement dans la partie basse de la ville, ce sont les chiens des bouviers, chargés de rabattre les zébus depuis leurs enclos de nuit jusqu'à l'abattoir municipal, pour un ultime voyage ….
Ils s'acquittent de cette tâche avec ardeur, comme d'un jeu méritant une récompense, le droit à quelques morceaux de lambeaux de viandes chaudes lorsque ces bêtes seront égorgées.
Et tout en pataugeant dans les rigoles de l'abattoir qui servent à l'évacuation de tous les liquides, ces chiens lapent le sang des bêtes égorgées pour ressortir au dehors munis de bottines rouges aux pattes et affublés d'une muselière écarlate….
Ce manège coloré dure le temps qu'un quota d'animaux abattus soit atteint tandis qu'au dehors, toute cette petite foule se presse en attendant que les employés terminent leur travail de dépeçage à l'intérieur, sous les derniers beuglements des bêtes saignées à vif….
Dans ce groupe attentiste, chacun repartira avec un bucrane, des pattes ou des sabots ainsi récupérés au profit de l'artisanat local....
Des quartiers entiers de viandes sont ainsi empilés dans les coffres de ces voitures, empêchant leur fermeture, déjà compromise à vide, pour aller approvisionner les boucheries de quartier…
A quelques encablures de là, sur la hauteur perchée, à l'abri des regards, un cimetière, abandonné aux broussailles impénétrables et au mauvais entretien évidant, laisse apparaître de nombreuses tombes de vahaza, modestes colons décédés durant l'occupation française et les premières années d’indépendance….
Avec, dans sa partie basse, une zone bien entretenue, celle d’un carré de tombes alignées au cordeau, surmontées de croix blanches aux cocardes tricolores repeintes des légionnaires français qui ont perdu la vie sur une île où l’état colonisateur s’est fourvoyé et dont certaines sont ornées du croissant musulman attestant du respect du communautarisme de chacun…..
Un ensemble de bâtisses en briques rouges entourés d’un haut mur d’enceinte jouxte ce cimetière en déshérence... Il s’agit du couvent de soeurs bénédictines, bâtiments en brique rouge d’une petite communauté d’environ vingt-cinq religieuses malgaches.. Par une porte d’entrée en tôle peinte en gris, on pénètre dans ce monastère qui tranche avec l’extérieur par un environnement joliment entretenu et une quiétude des lieux invitant à la méditation.... Cette communauté vit en autarcie avec une fabrication notoire de fromages au lait de vache mais aussi avec quelques productions maraichères provenant de leur jardin potager et de leur ferme... Elles logent les visiteurs sans aucun prosélytisme en leur proposant un hébergement simple accompagné d’une cuisine familiale qui mérite un détour pour ceux qui recherchent le calme et le silence du soir dans un lieu d’exception à l’écart d’un tourisme banalisé...

Plus loin, en empruntant une piste en direction de la partie montagneuse qui domine la ville, au pied d’un massif boisé, on peut découvrir une plantation de thé de forêt, unique production de ce type sur île....
L'appellation d'Ambositra ‘la ville des roses’ date du temps de la colonisation où les autorités locales avaient décidé de donner une image plus touristique à la bourgade en plantant des rosiers dans toute la commune…. De cette époque, il ne reste plus que quelques plants rescapés, dégénérés, qui poussent encore à l'état sauvage sur quelques talus.... La ville a abandonné son nom colonial dans les années 7O pour faire table rase d’un passé et d’une époque oubliés et révolus....
Cette ville possède de réels atouts à découvrir qui séduiront le voyageur amateur d'authenticité et de simplicité et cela, malgré sa réputation de capitale de l'artisanat qui pourrait laisser supposer, à tort, devoir supporter une importante fréquentation touristique ...

Elle a su conserver une atmosphère de terroir rizicole aux couleurs harmonieuses et douces en constituant un bel ensemble imprégné d’une ambiance bon enfant de la part de la population locale ... Et lorsqu’on s’échappe du centre ville animé, on peut entendre durant la journée, le bruit des outils sur le bois, maniés par ces artisans dans de modestes ateliers, à proximité des rizières....
Ambositra mériterait plus qu’un simple arrêt souvenir pour convenir à tous ceux qui sont à la recherche d’un bon équilibre entre campagne/ville de province avec un artisanat qui se mêle au dur labeur imposé par la culture hydraulique du riz....

C’est une pause agréable et nécessaire pour bien comprendre ce qui fait le quotidien de cette population betsileo, son charme discret avant d’aborder les paysages du sud ou de la cote est, aux environnements si différents......

La haute route de l'Everest (octobre/novembre 2013) English translation pending
J’ai réalisé ce voyage avec mon père (65 ans) sans porteur ni guide. Niveau équipement, j’avais notamment :
- Un appareil photo numérique Sony RX100 et ses 2 cartes mémoire (64 GB et 32 GB);
- Un GPS GARMIN 550 avec une carte des sentiers du Solukumbu trouvée là : http://www.nepal-trilogy.de/index.php/de/nepal-garmin-karten-everest-annapurna-langtang-gps-etrex.html ;
- Un chargeur solaire Brunton restore : a permis de recharger les 2 accus de mon GPS chaque jour
- 6 accus de rechanges pour l’appareil photo et 4 pour la frontale
- Un sac de couchage Tundra (The North Face)
- Une douille voleuse à baïonnette achetée à Namche Bazaar et qui permet de charger les appareils électroniques au niveau de l’ampoule électrique puisqu’il n’existe pas de prise de courant dans les chambres.
Le problème de l’acclimatation nous a obligé à de courtes étapes les premiers jours car, pour réduire les risque de MAM, il ne faut pas que le dénivelé entre l’endroit où l’on se réveille le matin et celui où l’on se couche le soir soit supérieur à 400 m. Pour ceux qui habitent Paris, il est possible de réaliser un test d’hypoxie à l’hôpital Avicenne où le professeur Richalet dirige le service des explorations fonctionnelles.
Jeudi 24 octobre 2013 : - Départ de Roissy CDG à 22 h (coût : 690 € / pers).
Vendredi 25 octobre 2013 : - Arrivée à Delhi à 9h35 - Décollage à 13h10 pour une arrivée à Katmandou prévue à 14h55 - Change euros en roupies népalaises juste avant la sortie de l’aéroport - Direction en taxi pour le bureau Nepal Tourism Board (11018, Bhrikuti Mandap, Kathmandu) pour obtenir le certificat TIM’S (il faut 2 photos d’identité + copie passeport + 1 975 NPR (20 $)) mais fermé dès 14h le vendredi (fermé le samedi). J’ai donc bien fait de prendre une journée de sécurité à Katmandou pour régler ce problème ! A noter qu’aucune agence de voyage contactée par mail n’a accepté de s’occuper de cette formalité dans la mesure où nous réalisons le trek en individuel. Par contre, il semblerait possible d’obtenir ce certificat sur place à Lukla car j’y ai croisé des individuels qui ne s’étaient pas préoccupés de cette formalité à Katmandou et qui cherchaient à prendre contact avec les services de police locaux pour l’obtenir mais je ne sais pas s’ils l’ont obtenu ; - Direction l’hôtel Khangsar Guest House (coût : 15 $ par pers Thamel tél : +97714260788). Il est possible de confier gratuitement des bagages durant la période de trek. Le propriétaire, très sympathique, est un ancien guide dans la région de l’Everest.
Samedi 26 octobre 2013 : - Visite du Garden of the dream (200 RN) puis direction le bureau TAAN dans le quartier Magalaon pour le certificat TIM’S ; - Direction en taxi (800 RN) Budhanilkantha (statue couchée entrée libre mais il est interdit aux non hindous de descendre au pied de la statue)

- Puis à pied (mais il est possible de prendre un taxi jusqu’à l’entrée du parc) vers le monastère tibétain Nagi gompa (entrée du parc : 250 RS) : la promenade est longue et le monastère ne vaut pas forcément le déplacement. - Vers 15 h, direction la pagode d’Ichangu Narayan en taxi (1 000 RN) : bien mais sans plus. Du coup on ira visiter le site de Swayambhunath (taxi : 200 RN et 200 RN pour le site) qu’on connaît déjà ; - 7h : retour à Thamel et au Khangsar Guest House.
Dimanche 27 octobre 2013 : - Départ de l’hôtel à 6h pour l’aéroport (taxi : 400 RN) - Départ pour Lukla à 7h45 (coût de l’aller retour : 320 $ / pers durée : 30 min) : prendre une place à gauche de l’appareil pour la vue mais les nuages étaient nombreux donc je n’ai pas vu la chaîne himalayenne ; - Etape Lukla (2 850 m)-Namche Bazaar (3 550 m) : 8h (arrêt possible avant à Jorsale ou Monjo (payer le droit d’entrée du parc : 3 000 RN) : la montée finale pour atteindre le village de Namche Bazaar fût difficile !

- Guesthouse : 300 RN / nuit et autant pour la douche chaude : nous avons pris une lodge située sur les hauteurs du village pour éviter d’avoir à affronter la montée des escaliers en pierre le lendemain, au petit matin...
Lundi 28 octobre 2013 : - Etape acclimatation Khunde-Khumjung : levée à 6h30 pour Syangboche avec une belle vue sur le Thamserku.

Nous atteignons le village à 8h pour prendre un mint tea. Surprise : il y a une piste d’atterrissage avec un hélicoptère qui s’apprête à décoller avec des touristes à bord qui vont sauter en parachute.

- Arrivée à Kunde avec la brume dès 9h30 puis descente jusqu’à Khumjung pour voir le fameux scalpe du Yéti à la gompa (en fait, après analyse, il s’agirait d’une peau de chèvre).


- Retour à Namche vers 13h en passant par l’hôtel japonais. J’en profite pour acheter une douille voleuse (280 RN) qui me permettra de recharger les piles de mon GPS.

Le problème de l’acclimatation nous a obligé à de courtes étapes les premiers jours car, pour réduire les risque de MAM, il ne faut pas que le dénivelé entre l’endroit où l’on se réveille le matin et celui où l’on se couche le soir soit supérieur à 400 m. Pour ceux qui habitent Paris, il est possible de réaliser un test d’hypoxie à l’hôpital Avicenne où le professeur Richalet dirige le service des explorations fonctionnelles.
Jeudi 24 octobre 2013 : - Départ de Roissy CDG à 22 h (coût : 690 € / pers).
Vendredi 25 octobre 2013 : - Arrivée à Delhi à 9h35 - Décollage à 13h10 pour une arrivée à Katmandou prévue à 14h55 - Change euros en roupies népalaises juste avant la sortie de l’aéroport - Direction en taxi pour le bureau Nepal Tourism Board (11018, Bhrikuti Mandap, Kathmandu) pour obtenir le certificat TIM’S (il faut 2 photos d’identité + copie passeport + 1 975 NPR (20 $)) mais fermé dès 14h le vendredi (fermé le samedi). J’ai donc bien fait de prendre une journée de sécurité à Katmandou pour régler ce problème ! A noter qu’aucune agence de voyage contactée par mail n’a accepté de s’occuper de cette formalité dans la mesure où nous réalisons le trek en individuel. Par contre, il semblerait possible d’obtenir ce certificat sur place à Lukla car j’y ai croisé des individuels qui ne s’étaient pas préoccupés de cette formalité à Katmandou et qui cherchaient à prendre contact avec les services de police locaux pour l’obtenir mais je ne sais pas s’ils l’ont obtenu ; - Direction l’hôtel Khangsar Guest House (coût : 15 $ par pers Thamel tél : +97714260788). Il est possible de confier gratuitement des bagages durant la période de trek. Le propriétaire, très sympathique, est un ancien guide dans la région de l’Everest.
Samedi 26 octobre 2013 : - Visite du Garden of the dream (200 RN) puis direction le bureau TAAN dans le quartier Magalaon pour le certificat TIM’S ; - Direction en taxi (800 RN) Budhanilkantha (statue couchée entrée libre mais il est interdit aux non hindous de descendre au pied de la statue)

- Puis à pied (mais il est possible de prendre un taxi jusqu’à l’entrée du parc) vers le monastère tibétain Nagi gompa (entrée du parc : 250 RS) : la promenade est longue et le monastère ne vaut pas forcément le déplacement. - Vers 15 h, direction la pagode d’Ichangu Narayan en taxi (1 000 RN) : bien mais sans plus. Du coup on ira visiter le site de Swayambhunath (taxi : 200 RN et 200 RN pour le site) qu’on connaît déjà ; - 7h : retour à Thamel et au Khangsar Guest House.
Dimanche 27 octobre 2013 : - Départ de l’hôtel à 6h pour l’aéroport (taxi : 400 RN) - Départ pour Lukla à 7h45 (coût de l’aller retour : 320 $ / pers durée : 30 min) : prendre une place à gauche de l’appareil pour la vue mais les nuages étaient nombreux donc je n’ai pas vu la chaîne himalayenne ; - Etape Lukla (2 850 m)-Namche Bazaar (3 550 m) : 8h (arrêt possible avant à Jorsale ou Monjo (payer le droit d’entrée du parc : 3 000 RN) : la montée finale pour atteindre le village de Namche Bazaar fût difficile !

- Guesthouse : 300 RN / nuit et autant pour la douche chaude : nous avons pris une lodge située sur les hauteurs du village pour éviter d’avoir à affronter la montée des escaliers en pierre le lendemain, au petit matin...
Lundi 28 octobre 2013 : - Etape acclimatation Khunde-Khumjung : levée à 6h30 pour Syangboche avec une belle vue sur le Thamserku.

Nous atteignons le village à 8h pour prendre un mint tea. Surprise : il y a une piste d’atterrissage avec un hélicoptère qui s’apprête à décoller avec des touristes à bord qui vont sauter en parachute.

- Arrivée à Kunde avec la brume dès 9h30 puis descente jusqu’à Khumjung pour voir le fameux scalpe du Yéti à la gompa (en fait, après analyse, il s’agirait d’une peau de chèvre).


- Retour à Namche vers 13h en passant par l’hôtel japonais. J’en profite pour acheter une douille voleuse (280 RN) qui me permettra de recharger les piles de mon GPS.

La solitude du voyageur English translation pending
Actuellement depuis 1mois solo en Asie j'ai pris le temps de faire le point sur le sentiment de solitude que je ressens régulièrement:
Bilan 06/11/13 - avion pour Semarang -Sentiment prédominant depuis le début: la solitude.Sentiment que je pensais avoir déjà ressenti en France. Mais ici il prend une toute autre dimension. Une dimension bien plus profonde. Je pensais que quand on disait "j'ai mal au cœur" lors d'une séparation ou autre était une expression, mais en fait c'est réel.Lorsque je ressens la solitude ici, je la ressens vraiment dans mon corps, dans mon cœur. Mon cœur se serre et ma gorge se noue. Et si je me fixe dessus, les larmes montent.
Elle est présente plus particulièrement dans certaines situations: - le soir lorsque je ne suis pas fatiguée.- en fin de journée, lorsque je retourne à l'hôtel après une journée d'activité.- dans les transports.- lors des repas lorsque je n'ai pas internet. Contrairement à ce que j'ai pu lire sur les forums concernant la solitude du voyageur, comme quoi c'est une fausse idée puisqu'il est plus facile de rencontrer du monde lorsqu'on est seul... Et on est donc jamais vraiment seul lorsqu'on voyage seul.Je ne suis pas tout à fait d'accord.
Tout d'abord il y a un point déterminant qui est celui de la langue. J'ai de bonnes bases en anglais mais pas assez pour aller au delà des discussions basiques. Ce qui, au bout d'un moment, fatigue, puisque j'aimerais bien avoir des discussions plus profondes avec les gens que je rencontre.
Ensuite, cela dépend de la personnalité de chacun. Parce que aller vers les gens spontanément n'est pas donné à tout le monde. Je ne le fais pas naturellement en France donc à l'étranger !Je ne suis pas fermée mais plutôt du genre à observer, à écouter. Et je n'ai pas besoin d'être entourée de beaucoup de monde pour être bien.Je favorise la qualité à la quantité, donc je mets du temps à me lier d'amitié avec quelqu'un.J'ai du mal à concevoir les rencontres pour 3/4 jours, je n'arrive pas à passer du temps avec quelqu'un que je ne connais pas, bien sûr je pourrais faire connaissance, mais entre en jeu le problème de la barrière de la langue.
Il y a également un autre point concernant la solitude, c'est celui de la réflexion.Parce que quand on est seul on réfléchi, on pense beaucoup... Trop ! Par moment c'est à rendre fou ! Parce que ça angoisse de réfléchir à la vie... De se rendre compte qu'on est seul ! Sur le moment c'est dur.
Néanmoins je reste persuader que ce sera bénéfique après, à la fin du voyage.Je sais que je serais plus forte, plus posée, puisque j'aurais eu le temps de réfléchir ! Je fais le point sur beaucoup de choses, voire sur toute ma vie, et ça c'est plutôt une bonne chose. Réfléchir. Ce que je ne fais jamais en France puisque dans ces moments là il y a un truc magique: la TV.Chose que tu n'as pas non plus en voyage, ça peut paraître ridicule mais parfois j'aimerais qu'elle soit là pour que les journées où j'ai un coup de blues passent plus vite. Ou pouvoir mettre un film avant de dormir me sortirait de mes angoisses. Mais non je dois faire face.
Le temps ! Voilà un autre aspect de la solitude. À l'étranger, pas de TV, pas tjs internet, pas la presse française et autres magazines, pas de livres (une fois qu'on a fini ceux qu'on a emmené), pas de cinémas, de films...Donc mise à part les journées touriste où on visite, les "day off" peuvent vite se transformer en torture lorsqu'on est seul.Je n'ai jamais réalisé à quel point une journée peut être longue.
De plus si tu voyages dans un pays où la vie est bon marché, tu manges au resto, donc, les repas, activité qui pourrait t'occuper (en faisant les courses, en cuisinant, en faisant la vaisselle), se transforme en toi, le menu, les couples à côté. (Je sais je réfléchis beaucoup)
Toujours concernant les repas, dans les pays bon marché, les backpacker ne sont pas équipés de cuisine, donc encore un frein aux rencontres. C'est toujours plus facile de parler au gens dans un endroit convivial tel qu'une cuisine, plutôt qu'assis au resto. Je sais les salons ça existe, sauf que dans les backpacker les salons sont souvent synonymes de "skype/Fb time".
Autre point, pays bon marché+backpacker=vadrouille !Les voyageurs ni reste pas plus de 4 nuits ! Contrairement aux autres pays où les voyageurs restent quelques semaines pour travailler.Donc encore difficile de se lier avec quelqu'un qui arrive dans ton dortoir et qui repart le lendemain... À quoi bon ?
Je suis sans doute un peu fataliste.Il faut sans doute que je m'ouvre plus, c'est ce que va m'apprendre ce voyage. À être moins retissante aux autres.J'en suis encore au stade de la découverte, de l'apprentissage du voyageur solo.Mais parfois j'ai envie de baisser les bras parce que du coup j'ai l'impression de passer à côté de mon voyage, de ne pas profiter.Je fais les choses parce qu'il faut les faire, parce que je suis là pour ça. Mais c'est sans grande conviction.
Je suis pas spécialement triste de ne pas partager avec quelqu'un que j'aime les différentes visites ou activité, c'est plus une présence qui me manque le soir, le matin, un repère, qui rassure. Et bizarrement moi qui prend toujours des tonnes de photos, en étant seule j'en prends beaucoup moins, étant donné que je partage avec personne en direct mon voyage, je ressens pas le besoin de le partager par les photos. Tout ce que je fais, tout ce que je vois, je le garde dans mes souvenirs, dans mon cœur. Après tout c'est mon voyage solo ? Donc c'est mes souvenirs qui comptent.
Pour revenir aux situations qui m'angoissent et qui font apparaître ma copine la solitude, je dois trouver des parades pour les éviter ou les surmonter:Je fais tout mon possible pour être fatiguée le soir (je me lève très tôt même si j'ai envie de trainer au lit), le midi je déjeune dans des endroits sympa entre deux visites donc ça va, le soir j'essaie d'avoir internet lorsque je dine pour regarder des vidéos drôles et ne pas réfléchir.Pour les transports... Je sais pas encore, parfois la musique et à partir de maintenant je vais écrire !
Je penses que ce que je retiendrais de ce voyage c'est plus ce qu'il m'a apporté personnellement, psychologiquement que les paysages et visites en tout genre.(Ouf je viens de me relire... ! J'en avais des choses à dire ! Oui parce que quand on est seul on a tendance à parler tout seul aussi... ! Ahhhh la vie est incroyable)
Je sais maintenant que j'ai besoin des autres pour être heureuse. Ce que j'ignorais jusqu'à présent, puisque je m'attache difficilement voire pas du tout aux gens. Mais je m'en rends compte aujourd'hui que je tiens à certaines personnes, et qu'elles contribuent à mon équilibre, à ma tranquillité, à quiétude, même si je ne les vois constamment, même si je ne partage pas tout avec.(J'ai la chance d'avoir rencontré quelqu'un de très particulier quelques mois avant de partir. Sans cette personne je serais déjà rentrée en France. Il me donne énormément de force, même à distance.Mon padou)Envoyé de mon iPhone
Bilan 06/11/13 - avion pour Semarang -Sentiment prédominant depuis le début: la solitude.Sentiment que je pensais avoir déjà ressenti en France. Mais ici il prend une toute autre dimension. Une dimension bien plus profonde. Je pensais que quand on disait "j'ai mal au cœur" lors d'une séparation ou autre était une expression, mais en fait c'est réel.Lorsque je ressens la solitude ici, je la ressens vraiment dans mon corps, dans mon cœur. Mon cœur se serre et ma gorge se noue. Et si je me fixe dessus, les larmes montent.
Elle est présente plus particulièrement dans certaines situations: - le soir lorsque je ne suis pas fatiguée.- en fin de journée, lorsque je retourne à l'hôtel après une journée d'activité.- dans les transports.- lors des repas lorsque je n'ai pas internet. Contrairement à ce que j'ai pu lire sur les forums concernant la solitude du voyageur, comme quoi c'est une fausse idée puisqu'il est plus facile de rencontrer du monde lorsqu'on est seul... Et on est donc jamais vraiment seul lorsqu'on voyage seul.Je ne suis pas tout à fait d'accord.
Tout d'abord il y a un point déterminant qui est celui de la langue. J'ai de bonnes bases en anglais mais pas assez pour aller au delà des discussions basiques. Ce qui, au bout d'un moment, fatigue, puisque j'aimerais bien avoir des discussions plus profondes avec les gens que je rencontre.
Ensuite, cela dépend de la personnalité de chacun. Parce que aller vers les gens spontanément n'est pas donné à tout le monde. Je ne le fais pas naturellement en France donc à l'étranger !Je ne suis pas fermée mais plutôt du genre à observer, à écouter. Et je n'ai pas besoin d'être entourée de beaucoup de monde pour être bien.Je favorise la qualité à la quantité, donc je mets du temps à me lier d'amitié avec quelqu'un.J'ai du mal à concevoir les rencontres pour 3/4 jours, je n'arrive pas à passer du temps avec quelqu'un que je ne connais pas, bien sûr je pourrais faire connaissance, mais entre en jeu le problème de la barrière de la langue.
Il y a également un autre point concernant la solitude, c'est celui de la réflexion.Parce que quand on est seul on réfléchi, on pense beaucoup... Trop ! Par moment c'est à rendre fou ! Parce que ça angoisse de réfléchir à la vie... De se rendre compte qu'on est seul ! Sur le moment c'est dur.
Néanmoins je reste persuader que ce sera bénéfique après, à la fin du voyage.Je sais que je serais plus forte, plus posée, puisque j'aurais eu le temps de réfléchir ! Je fais le point sur beaucoup de choses, voire sur toute ma vie, et ça c'est plutôt une bonne chose. Réfléchir. Ce que je ne fais jamais en France puisque dans ces moments là il y a un truc magique: la TV.Chose que tu n'as pas non plus en voyage, ça peut paraître ridicule mais parfois j'aimerais qu'elle soit là pour que les journées où j'ai un coup de blues passent plus vite. Ou pouvoir mettre un film avant de dormir me sortirait de mes angoisses. Mais non je dois faire face.
Le temps ! Voilà un autre aspect de la solitude. À l'étranger, pas de TV, pas tjs internet, pas la presse française et autres magazines, pas de livres (une fois qu'on a fini ceux qu'on a emmené), pas de cinémas, de films...Donc mise à part les journées touriste où on visite, les "day off" peuvent vite se transformer en torture lorsqu'on est seul.Je n'ai jamais réalisé à quel point une journée peut être longue.
De plus si tu voyages dans un pays où la vie est bon marché, tu manges au resto, donc, les repas, activité qui pourrait t'occuper (en faisant les courses, en cuisinant, en faisant la vaisselle), se transforme en toi, le menu, les couples à côté. (Je sais je réfléchis beaucoup)
Toujours concernant les repas, dans les pays bon marché, les backpacker ne sont pas équipés de cuisine, donc encore un frein aux rencontres. C'est toujours plus facile de parler au gens dans un endroit convivial tel qu'une cuisine, plutôt qu'assis au resto. Je sais les salons ça existe, sauf que dans les backpacker les salons sont souvent synonymes de "skype/Fb time".
Autre point, pays bon marché+backpacker=vadrouille !Les voyageurs ni reste pas plus de 4 nuits ! Contrairement aux autres pays où les voyageurs restent quelques semaines pour travailler.Donc encore difficile de se lier avec quelqu'un qui arrive dans ton dortoir et qui repart le lendemain... À quoi bon ?
Je suis sans doute un peu fataliste.Il faut sans doute que je m'ouvre plus, c'est ce que va m'apprendre ce voyage. À être moins retissante aux autres.J'en suis encore au stade de la découverte, de l'apprentissage du voyageur solo.Mais parfois j'ai envie de baisser les bras parce que du coup j'ai l'impression de passer à côté de mon voyage, de ne pas profiter.Je fais les choses parce qu'il faut les faire, parce que je suis là pour ça. Mais c'est sans grande conviction.
Je suis pas spécialement triste de ne pas partager avec quelqu'un que j'aime les différentes visites ou activité, c'est plus une présence qui me manque le soir, le matin, un repère, qui rassure. Et bizarrement moi qui prend toujours des tonnes de photos, en étant seule j'en prends beaucoup moins, étant donné que je partage avec personne en direct mon voyage, je ressens pas le besoin de le partager par les photos. Tout ce que je fais, tout ce que je vois, je le garde dans mes souvenirs, dans mon cœur. Après tout c'est mon voyage solo ? Donc c'est mes souvenirs qui comptent.
Pour revenir aux situations qui m'angoissent et qui font apparaître ma copine la solitude, je dois trouver des parades pour les éviter ou les surmonter:Je fais tout mon possible pour être fatiguée le soir (je me lève très tôt même si j'ai envie de trainer au lit), le midi je déjeune dans des endroits sympa entre deux visites donc ça va, le soir j'essaie d'avoir internet lorsque je dine pour regarder des vidéos drôles et ne pas réfléchir.Pour les transports... Je sais pas encore, parfois la musique et à partir de maintenant je vais écrire !
Je penses que ce que je retiendrais de ce voyage c'est plus ce qu'il m'a apporté personnellement, psychologiquement que les paysages et visites en tout genre.(Ouf je viens de me relire... ! J'en avais des choses à dire ! Oui parce que quand on est seul on a tendance à parler tout seul aussi... ! Ahhhh la vie est incroyable)
Je sais maintenant que j'ai besoin des autres pour être heureuse. Ce que j'ignorais jusqu'à présent, puisque je m'attache difficilement voire pas du tout aux gens. Mais je m'en rends compte aujourd'hui que je tiens à certaines personnes, et qu'elles contribuent à mon équilibre, à ma tranquillité, à quiétude, même si je ne les vois constamment, même si je ne partage pas tout avec.(J'ai la chance d'avoir rencontré quelqu'un de très particulier quelques mois avant de partir. Sans cette personne je serais déjà rentrée en France. Il me donne énormément de force, même à distance.Mon padou)Envoyé de mon iPhone
L'Alchimie qui nous construit... English translation pending
L'Alchimie qui nous construit...
Voyage...Un mot étrange pour exprimer un fantasme.Mais seulement voilà, "voyage" c'est trop vague, trop vaste.Le fantasme lui, ne se focalise que sur une pensée, une image, un ressenti...un désir. Le mien est apparut alors qu'un incendie d'un amour mal consumé avait fait place dans mon cœur à un désert fertile prêt-à-être ensemencé.Les premières graines furent:lagons, cocotiers et autres volcans.A ne pas s'y tromper, mon fantasme était né:
L'île!!!
Comment ne pas y voir là la métaphore d'une prison dorée, bien protégée par ses lagons, des bienfaits de ses cocotiers et de la toute puissance de son Saint-Dieu Protecteur:Vulcanus.Ses trois la m'apparaissaient comme parfaits désignés volontaires pour me garantir une fuite idéale, de celles qui font oublier les âpres du passé.
Résumons...
Faire se déplacer le corps pour chercher l'esprit, l'exotisme mental;car c'est de cela dont il s'agit.On à beau gravir les sommets, traverser les rivières et braver les tempêtes, on tourne quand-même autour du pot:
Soi-même.
Alors, faire se déplacer le corps pour chercher l'esprit, oui...mais...pourquoi donc vouloir partir loin?Il suffirait peut-être de seulement changer de ville, aller chez mon frère par exemple.Cela ne s’avéra pourtant pas suffisant, mais pourquoi?Que rechercher à travers le fantasme?Après 10 ans de recul, une petite idée me viens à l’esprit.En effet, depuis, le désert à fait place à une petite forêt, que je veux primaire et subtropicale humide car elle aussi fait partie de mon fantasme.Néanmoins, elle n'est pas encore assez dense pour que je n'aperçoive plus ces satanés grains de sable qui constituaient autrefois le glas de ma première vie. Ainsi je me souviens...
Au commencement, ce que je croyais d'abord être une fuite, c'est rapidement transformé en exutoire.Le Fantasme nous grise, nous brûle, d'aucun eut appelé cela le rêve d'Icare, allégorie que je trouve par ma foi assez bien approprié au Fantasme, ou en tout cas, dans la quête de sa réalisation. Malgré cela, une fois revenu sur terre, et au mot terre, veuillez comprendre "retour au pays", on sent bien que la graine voudrais germer, mais qu'il faut bien s'avouer que la couche de sable était bien plus épaisse que l'on ne l'avait préjugé.Du coup la jouissance cède bien vite sa place à la douleur tout en laissant présager qu'un autre voyage s’avérera, peut-être nécessaire, et autant que faire se peut, le plus rapidement possible! Me voilà donc assujetti à mon Fantasme, qui, et ce dès la première dose, m'avait rendu totalement addicte.
Mais pourquoi?
Beaucoup de gens voyagent, ou se déplacent dirons-nous.En reviennent-ils transformés?Était-ce les lagons, les cocotiers ou bien encore les volcans qui m'ont touché?Je ne crois pas...ou du moins, pas seulement.Non, tout cela est en fait, je le pense, bien plus complexe.
Attendez...
N'y a-t'il pas un terme pour désigner une harmonie, une équation parfaite...
ALCHIMIE!!!!
C'est donc cela!!!Le mot est lâché!!Je cours après une Alchimie!!Cette même dernière qui, et je m'en persuade, me fera pousser dans le cœur la fameuse forêt primaire et subtropicale humide dont je rêve tant!!Mais la quête ne s'annonce pas simple....
Voyons...
Il me faudra alors plusieurs éléments, et purs de surcroit si je veux obtenir une Alchimie de bonne qualité.Mais comment faire, où chercher?Devrai-je décider de tout, ou pourrai-je m'en remettre aux hasards de la Vie?Peut-être choisira-t'on pour moi, ou bien encore des évidences apparaitront?
Comment savoir...
Étrange est le Fantasme...D'autant plus s'il s'agit d'un fantasme d'alchimie.Tout se met en place, s'assemble, se profile comme une route, un chemin dont on ne connait pas forcement la destination mais qui nous méne à quelque chose de concret, antinomique au Fantasme par ailleurs, pour aboutir finalement à ce que l'on avait désiré.
Étrange vous-dis-je....
Des rencontres.Voilà un des premiers élément je crois. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, les rencontres c'est d'abord l'inconnue.Une entité qui nous amène à réfléchir pour peu que l'on veuille bien s'ouvrir.
Arrêtons-nous un instant....Voilà un des facteur clé du voyage.car même si l'on décide de partir seul, c'est soi-même que l'on rencontrera.Serait-ce donc pour cela que l'on voyage?Pour se rencontrer?Certes, mais alors à quoi bon vouloir partir si loin?La question demeure...
Je peux rencontrer mon voisin, même si j'avoue n'avoir rencontré que peu de voisin enclin au partage de mon Fantasme, mais pourquoi pas...Ma famille alors...une course de haie que je n'arriverai pas à finir.Je sais les gens assez frileux lorsqu'il s'agit de fantasmer.Emprisonnés dans des certitudes d'impossibilités, horizons bouchés par un systéme de pensé qui se veut dogmatique et non exotique.Cela n'explique pourtant pas tout. J'ai longtemps réfléchi aux moralisateurs, aux âmes bien-pensantes, aux utopistes;oui aux utopistes qui commencent leurs phrases par cette sempiternelle association de mots qui me révulse au plus profond de moi à chaque fois qu'on la prononce:
" Tu sais, la vie c'est comme ça, tu verras..."
Mais la voilà l'utopie!! Qui définit la Vie?Dans quel espace-temps?Ces esprits là se construisent des excuses toutes désignées, reléguées parfois de génération en génération reprenant d'une voix grave et solennelle, un discours bien entendu:
" Mon fils, toute ta vie sera sous le joug d'un empirisme déprimant.Ainsi moi aussi j'ai fantasmé, mais crois-moi, l'Alchimie est impossible."
A suivre...
Voyage...Un mot étrange pour exprimer un fantasme.Mais seulement voilà, "voyage" c'est trop vague, trop vaste.Le fantasme lui, ne se focalise que sur une pensée, une image, un ressenti...un désir. Le mien est apparut alors qu'un incendie d'un amour mal consumé avait fait place dans mon cœur à un désert fertile prêt-à-être ensemencé.Les premières graines furent:lagons, cocotiers et autres volcans.A ne pas s'y tromper, mon fantasme était né:
L'île!!!
Comment ne pas y voir là la métaphore d'une prison dorée, bien protégée par ses lagons, des bienfaits de ses cocotiers et de la toute puissance de son Saint-Dieu Protecteur:Vulcanus.Ses trois la m'apparaissaient comme parfaits désignés volontaires pour me garantir une fuite idéale, de celles qui font oublier les âpres du passé.
Résumons...
Faire se déplacer le corps pour chercher l'esprit, l'exotisme mental;car c'est de cela dont il s'agit.On à beau gravir les sommets, traverser les rivières et braver les tempêtes, on tourne quand-même autour du pot:
Soi-même.
Alors, faire se déplacer le corps pour chercher l'esprit, oui...mais...pourquoi donc vouloir partir loin?Il suffirait peut-être de seulement changer de ville, aller chez mon frère par exemple.Cela ne s’avéra pourtant pas suffisant, mais pourquoi?Que rechercher à travers le fantasme?Après 10 ans de recul, une petite idée me viens à l’esprit.En effet, depuis, le désert à fait place à une petite forêt, que je veux primaire et subtropicale humide car elle aussi fait partie de mon fantasme.Néanmoins, elle n'est pas encore assez dense pour que je n'aperçoive plus ces satanés grains de sable qui constituaient autrefois le glas de ma première vie. Ainsi je me souviens...
Au commencement, ce que je croyais d'abord être une fuite, c'est rapidement transformé en exutoire.Le Fantasme nous grise, nous brûle, d'aucun eut appelé cela le rêve d'Icare, allégorie que je trouve par ma foi assez bien approprié au Fantasme, ou en tout cas, dans la quête de sa réalisation. Malgré cela, une fois revenu sur terre, et au mot terre, veuillez comprendre "retour au pays", on sent bien que la graine voudrais germer, mais qu'il faut bien s'avouer que la couche de sable était bien plus épaisse que l'on ne l'avait préjugé.Du coup la jouissance cède bien vite sa place à la douleur tout en laissant présager qu'un autre voyage s’avérera, peut-être nécessaire, et autant que faire se peut, le plus rapidement possible! Me voilà donc assujetti à mon Fantasme, qui, et ce dès la première dose, m'avait rendu totalement addicte.
Mais pourquoi?
Beaucoup de gens voyagent, ou se déplacent dirons-nous.En reviennent-ils transformés?Était-ce les lagons, les cocotiers ou bien encore les volcans qui m'ont touché?Je ne crois pas...ou du moins, pas seulement.Non, tout cela est en fait, je le pense, bien plus complexe.
Attendez...
N'y a-t'il pas un terme pour désigner une harmonie, une équation parfaite...
ALCHIMIE!!!!
C'est donc cela!!!Le mot est lâché!!Je cours après une Alchimie!!Cette même dernière qui, et je m'en persuade, me fera pousser dans le cœur la fameuse forêt primaire et subtropicale humide dont je rêve tant!!Mais la quête ne s'annonce pas simple....
Voyons...
Il me faudra alors plusieurs éléments, et purs de surcroit si je veux obtenir une Alchimie de bonne qualité.Mais comment faire, où chercher?Devrai-je décider de tout, ou pourrai-je m'en remettre aux hasards de la Vie?Peut-être choisira-t'on pour moi, ou bien encore des évidences apparaitront?
Comment savoir...
Étrange est le Fantasme...D'autant plus s'il s'agit d'un fantasme d'alchimie.Tout se met en place, s'assemble, se profile comme une route, un chemin dont on ne connait pas forcement la destination mais qui nous méne à quelque chose de concret, antinomique au Fantasme par ailleurs, pour aboutir finalement à ce que l'on avait désiré.
Étrange vous-dis-je....
Des rencontres.Voilà un des premiers élément je crois. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, les rencontres c'est d'abord l'inconnue.Une entité qui nous amène à réfléchir pour peu que l'on veuille bien s'ouvrir.
Arrêtons-nous un instant....Voilà un des facteur clé du voyage.car même si l'on décide de partir seul, c'est soi-même que l'on rencontrera.Serait-ce donc pour cela que l'on voyage?Pour se rencontrer?Certes, mais alors à quoi bon vouloir partir si loin?La question demeure...
Je peux rencontrer mon voisin, même si j'avoue n'avoir rencontré que peu de voisin enclin au partage de mon Fantasme, mais pourquoi pas...Ma famille alors...une course de haie que je n'arriverai pas à finir.Je sais les gens assez frileux lorsqu'il s'agit de fantasmer.Emprisonnés dans des certitudes d'impossibilités, horizons bouchés par un systéme de pensé qui se veut dogmatique et non exotique.Cela n'explique pourtant pas tout. J'ai longtemps réfléchi aux moralisateurs, aux âmes bien-pensantes, aux utopistes;oui aux utopistes qui commencent leurs phrases par cette sempiternelle association de mots qui me révulse au plus profond de moi à chaque fois qu'on la prononce:
" Tu sais, la vie c'est comme ça, tu verras..."
Mais la voilà l'utopie!! Qui définit la Vie?Dans quel espace-temps?Ces esprits là se construisent des excuses toutes désignées, reléguées parfois de génération en génération reprenant d'une voix grave et solennelle, un discours bien entendu:
" Mon fils, toute ta vie sera sous le joug d'un empirisme déprimant.Ainsi moi aussi j'ai fantasmé, mais crois-moi, l'Alchimie est impossible."
A suivre...
Région des 7 lacs en Argentine: combiner avec le Chili entre Villarica et Puerto Montt? English translation pending
Bonjour !
Au cours de notre périple, on sera dans la région des 7 lacs en Argentine, au mois de février 14. On aimerait vivement combiner avec le Chili (entre Pucon-Villarica et Puerto Montt)
Je suis un peu perdue dans les passages de frontière, visiblement très nbx, mais j'imagine pas tous accessibles... http://www.voyage-au-chili.com/chili_passages_frontieres.php
Si vous connaissez, 2 questions pour m'aider thanks : 😉
- Temps à passer dans cette région ? 2 semaines ? - Idée de circuit compte tenu des passages de frontières ? Notamment, nbx parcs, alors pour choisir.... Dur de choisir un parc entre ceux côté chilien et côté argentin !!!
On arrivera de Villarica, donc du chili, et le point de sortie devra être Puerto Montt, au Chili, car de là on prendra un ferry pour descendre en Patagonie Sud. Temuco (parce Conguillo ? ) puis Villarica (parc Herquehue ?) puis descendre vers volcan Lanin et passer côté Argentin ? Ensuite route des 7 lacs, (et parc Nahuel Hapi ?) jusque Bariloche. Intérêt de cette ville en été ? de Bariloche, direction Puerto Montt ?
Du coup on zappe le parc Pueyeh au Chili ? ET je crois qu'il y a un joli passage de frontière, combinant bateau et bus dans le coin, non ?
Merci !
Au cours de notre périple, on sera dans la région des 7 lacs en Argentine, au mois de février 14. On aimerait vivement combiner avec le Chili (entre Pucon-Villarica et Puerto Montt)
Je suis un peu perdue dans les passages de frontière, visiblement très nbx, mais j'imagine pas tous accessibles... http://www.voyage-au-chili.com/chili_passages_frontieres.php
Si vous connaissez, 2 questions pour m'aider thanks : 😉
- Temps à passer dans cette région ? 2 semaines ? - Idée de circuit compte tenu des passages de frontières ? Notamment, nbx parcs, alors pour choisir.... Dur de choisir un parc entre ceux côté chilien et côté argentin !!!
On arrivera de Villarica, donc du chili, et le point de sortie devra être Puerto Montt, au Chili, car de là on prendra un ferry pour descendre en Patagonie Sud. Temuco (parce Conguillo ? ) puis Villarica (parc Herquehue ?) puis descendre vers volcan Lanin et passer côté Argentin ? Ensuite route des 7 lacs, (et parc Nahuel Hapi ?) jusque Bariloche. Intérêt de cette ville en été ? de Bariloche, direction Puerto Montt ?
Du coup on zappe le parc Pueyeh au Chili ? ET je crois qu'il y a un joli passage de frontière, combinant bateau et bus dans le coin, non ?
Merci !
Récit - Yellowstone et Glacier NP English translation pending
Bonjour,
Cette année, nous avons décidé de visiter 2 parcs nationaux des USA : Yellowstone et Glacier National Park. Ce dernier est peu connu (pour cause, nous ne l'avons trouvé dans quasiment aucun guide de voyage français). Ce choix en grande partie motivé par le récit de HOHL qui était partie, comme nous, l'année dernière dans les rocheuses canadiennes et avait fait un crochet par ce parc (les photos nous avaient beaucoup plu) et un récent voyage de mes parents à Yellowstone.
Nous avons été enchantés par ce voyage. Le parc Yellowstone regorge de merveilles !
N'hésitez pas à poser des questions si besoin 🙂
Samedi 24 août : trajet Bruxelles => Amsterdam => Minneapolis => Great Falls (Montana)
Nous avions choisi d'atterrir dans un aéroport proche des 2 parcs plutôt que devoir faire beaucoup de voiture.
Glacier NP est situé dans le Montana, à la frontière avec le Canada.
Nous avons atterri à 19h10 heures. Après avoir récupéré les bagages, nous avons pris la navette de l'hôtel situé en centre ville : le Town House Inn
Dimanche 25 août :
Après un petit déjeuner bien copieux, nous avons repris la navette pour l'aéroport afin de récupérer notre voiture de location. Puis nous sommes allés directement jusqu'au Glacier NP, entrée nord est par la ville de Babb (au nord de l'entrée « St Mary ») (164 miles - 3 heures) Nous avons logé 3 nuits au Swiffcurrent Motel Inn .
Nous sommes allés faire un petit tour dans les environs et notamment au lac Swiffcurrent où se trouve un énorme hôtel juste au bord du lac. Là, nous réservons le bateau pour la rando du Grinell Glacier. Les disponibilités du lendemain ne nous conviennent pas trop (départ tardif) donc nous réservons pour le mardi, 2ème départ de la journée car le 1er était déjà complet). Nous avons également entamé une rando mais avons rebroussé chemin car il n'y avait personne et nous avions vu une pancarte alertant de la présence d'ours...
Quelques mots sur l'hôtel : Le Swiffcurrent Motel Inn a l'avantage d'être situé au cœur du parc et à proximité de points de départ de plusieurs randos et cela se paye ! Nous n'avions plus la possibilité de prendre une petit « cabin » quand nous avions réservé et avons donc pris une chambre avec 2 lits doubles à 128$ la nuit (sans taxes). La chambre était très petite et très sommaire. Pas de frigo ni micro-ondes, pas de TV. Une petite salle d'eau avec WC et douche. C'était propre mais nous étions donc limités pour ce qui est de la nourriture. Il n'y a pas de wifi, uniquement dispo dans le lobby Pour résumer : cher pour ce que c'est mais situation idéale !
L'hôtel dispose d'un petit magasin (souvenirs + nourriture) avec vente de café/thé (pratique pour le matin). Il ouvre à 7h00 et ferme à 21h00. Ce sont des prix de petite épicerie mais encore raisonnables je trouve.
Lundi 26 août :
Pour ce 1er jour dans le parc, le temps est très beau. Nous décidons de faire la randonnée allant jusqu'au Iceberg Lake (7,9 km aller, retour par le même chemin) Nous sommes partis à 8h30 et avons fini à 13h40 pause picnic comprise. C'est une randonnée très sympa, en partie dans la forêt. Dès le début, on a vue sur de très beau panoramas. Au cours du chemin, peu de temps avant le lac, un ours déboule sur le sentier! nous nous stoppons et restons plantés là quelques secondes, l'ours semble nous avoir remarqués mais décide de continuer son chemin en suivant le sentier à notre opposé (ouf!) Nous avions pourtant un grelot attaché au sac à dos mais cela ne l'a pas fait fuir. Après avoir attendu quelques instants pour voir si d'autres randonneurs nous rejoignaient, nous décidons de reprendre la rando tout en faisant un maximum de bruit avec les bâtons de rando. A l'arrivée, un panorama magique, grandiose avec en premier plan de belles fleurs jaunes. Le glacier n'est pas très grand cette année, il y a peu « d'icebergs » dans l'eau mais qu'importe, le paysage est sublime.
Nous avions eu pas mal de vent dans Glacier NP, ce qui était assez agréable pour randonner en plein soleil.
Le soir, nous décidons de manger au restau de l'hôtel. Nous avions lu sur ce forum que l'attente était longue donc y sommes allés tôt vers 18h45 il me semble. En fait, il y a un système de liste d'attente et les serveurs vous appellent dans le lobby de l'hôtel où il y a quelques canapés pour patienter. Le menu est assez simple mais nous avons bien mangé : pizza, hamburger, plat de pâtes... Le prix est plutôt raisonnable, surtout avec un taux de change en notre faveur.
Mardi 27 août :
Nous sommes au rdv du départ du bateau (en bas de l'hôtel Many Glacier) pour un départ à 9h00. Première traversée du lac Swiffcurrent, petite marche de 10 min puis deuxième bateau pour traverser le lac Josephine. Les paysages sont très beaux.
De là, nous partons pour la rando de Grinell Glacier. Bonne montée. Très beaux panoramas. Malheureusement, mon mari ayant le vertige, il stoppe en cours de route. Je décide de continuer un peu mais nous ne savons pas à quel niveau de la rando nous nous situons. Je croise plusieurs personnes très sympathiques notamment un groupe d'américains à qui je demande combien de temps de parcours il reste. J'avais monté une demie heure et on me dit qu'il faut encore une demie heure pour arriver au lac du coup je rebrousse chemin car en tout cela m'aurait pris 2h environ alors que mon mari m'attendait sur le bord du sentier...

Nous redescendons vers notre point de départ et décidons d'aller jusqu'au Grinell Lake. La balade se fait dans les buissons et les arbres. La vue en bas du lac est superbe avec les chutes d'eau.
Retour vers le bateau. Nous pic-niquons à l'ombre et reprenons le bateau de 14h45.
Cette année, nous avons décidé de visiter 2 parcs nationaux des USA : Yellowstone et Glacier National Park. Ce dernier est peu connu (pour cause, nous ne l'avons trouvé dans quasiment aucun guide de voyage français). Ce choix en grande partie motivé par le récit de HOHL qui était partie, comme nous, l'année dernière dans les rocheuses canadiennes et avait fait un crochet par ce parc (les photos nous avaient beaucoup plu) et un récent voyage de mes parents à Yellowstone.
Nous avons été enchantés par ce voyage. Le parc Yellowstone regorge de merveilles !
N'hésitez pas à poser des questions si besoin 🙂
Samedi 24 août : trajet Bruxelles => Amsterdam => Minneapolis => Great Falls (Montana)
Nous avions choisi d'atterrir dans un aéroport proche des 2 parcs plutôt que devoir faire beaucoup de voiture.
Glacier NP est situé dans le Montana, à la frontière avec le Canada.
Nous avons atterri à 19h10 heures. Après avoir récupéré les bagages, nous avons pris la navette de l'hôtel situé en centre ville : le Town House Inn
Dimanche 25 août :
Après un petit déjeuner bien copieux, nous avons repris la navette pour l'aéroport afin de récupérer notre voiture de location. Puis nous sommes allés directement jusqu'au Glacier NP, entrée nord est par la ville de Babb (au nord de l'entrée « St Mary ») (164 miles - 3 heures) Nous avons logé 3 nuits au Swiffcurrent Motel Inn .
Nous sommes allés faire un petit tour dans les environs et notamment au lac Swiffcurrent où se trouve un énorme hôtel juste au bord du lac. Là, nous réservons le bateau pour la rando du Grinell Glacier. Les disponibilités du lendemain ne nous conviennent pas trop (départ tardif) donc nous réservons pour le mardi, 2ème départ de la journée car le 1er était déjà complet). Nous avons également entamé une rando mais avons rebroussé chemin car il n'y avait personne et nous avions vu une pancarte alertant de la présence d'ours...
Quelques mots sur l'hôtel : Le Swiffcurrent Motel Inn a l'avantage d'être situé au cœur du parc et à proximité de points de départ de plusieurs randos et cela se paye ! Nous n'avions plus la possibilité de prendre une petit « cabin » quand nous avions réservé et avons donc pris une chambre avec 2 lits doubles à 128$ la nuit (sans taxes). La chambre était très petite et très sommaire. Pas de frigo ni micro-ondes, pas de TV. Une petite salle d'eau avec WC et douche. C'était propre mais nous étions donc limités pour ce qui est de la nourriture. Il n'y a pas de wifi, uniquement dispo dans le lobby Pour résumer : cher pour ce que c'est mais situation idéale !
L'hôtel dispose d'un petit magasin (souvenirs + nourriture) avec vente de café/thé (pratique pour le matin). Il ouvre à 7h00 et ferme à 21h00. Ce sont des prix de petite épicerie mais encore raisonnables je trouve.
Lundi 26 août :
Pour ce 1er jour dans le parc, le temps est très beau. Nous décidons de faire la randonnée allant jusqu'au Iceberg Lake (7,9 km aller, retour par le même chemin) Nous sommes partis à 8h30 et avons fini à 13h40 pause picnic comprise. C'est une randonnée très sympa, en partie dans la forêt. Dès le début, on a vue sur de très beau panoramas. Au cours du chemin, peu de temps avant le lac, un ours déboule sur le sentier! nous nous stoppons et restons plantés là quelques secondes, l'ours semble nous avoir remarqués mais décide de continuer son chemin en suivant le sentier à notre opposé (ouf!) Nous avions pourtant un grelot attaché au sac à dos mais cela ne l'a pas fait fuir. Après avoir attendu quelques instants pour voir si d'autres randonneurs nous rejoignaient, nous décidons de reprendre la rando tout en faisant un maximum de bruit avec les bâtons de rando. A l'arrivée, un panorama magique, grandiose avec en premier plan de belles fleurs jaunes. Le glacier n'est pas très grand cette année, il y a peu « d'icebergs » dans l'eau mais qu'importe, le paysage est sublime.
Nous avions eu pas mal de vent dans Glacier NP, ce qui était assez agréable pour randonner en plein soleil.Le soir, nous décidons de manger au restau de l'hôtel. Nous avions lu sur ce forum que l'attente était longue donc y sommes allés tôt vers 18h45 il me semble. En fait, il y a un système de liste d'attente et les serveurs vous appellent dans le lobby de l'hôtel où il y a quelques canapés pour patienter. Le menu est assez simple mais nous avons bien mangé : pizza, hamburger, plat de pâtes... Le prix est plutôt raisonnable, surtout avec un taux de change en notre faveur.
Mardi 27 août :
Nous sommes au rdv du départ du bateau (en bas de l'hôtel Many Glacier) pour un départ à 9h00. Première traversée du lac Swiffcurrent, petite marche de 10 min puis deuxième bateau pour traverser le lac Josephine. Les paysages sont très beaux.
De là, nous partons pour la rando de Grinell Glacier. Bonne montée. Très beaux panoramas. Malheureusement, mon mari ayant le vertige, il stoppe en cours de route. Je décide de continuer un peu mais nous ne savons pas à quel niveau de la rando nous nous situons. Je croise plusieurs personnes très sympathiques notamment un groupe d'américains à qui je demande combien de temps de parcours il reste. J'avais monté une demie heure et on me dit qu'il faut encore une demie heure pour arriver au lac du coup je rebrousse chemin car en tout cela m'aurait pris 2h environ alors que mon mari m'attendait sur le bord du sentier...

Nous redescendons vers notre point de départ et décidons d'aller jusqu'au Grinell Lake. La balade se fait dans les buissons et les arbres. La vue en bas du lac est superbe avec les chutes d'eau.
Retour vers le bateau. Nous pic-niquons à l'ombre et reprenons le bateau de 14h45.
Vietnam nord-ouest et centre: de l'authentique aux cartes postales de rêve English translation pending
Du 4 au 23 août 2013, nous avons visité une petite partie du Vietnam. Hanoi, Nghia Lo, Tu Le, Mu Cang Chai, Sapa, Bac Ha, baie d'Halong, Tam Coc et la baie d'Halong terrestre, Hué, Hoi An, telles ont été nos étapes.
Un très beau voyage durant lequel nous avons vécu des moments forts, fait de belles rencontres et vu des paysages splendides: de l'authentique et des cartes postales de rêve.
Ce circuit a été élaboré avec l'agence GP Travel, basée à Hanoi, que je recommande chaudement. Tant durant la préparation que durant le séjour, les échanges ont été cordiaux, nos interlocuteurs se sont en permanence adaptés à nos souhaits, les prestations étaient largement à la hauteur de nos attentes. Vraiment top !

Nous étions accompagnés durant les 13 jours dans la partie nord par Chung, guide francophone, bavard, enjoué et très débrouillard, ayant un excellent contact avec les ethnies minoritaires, et Chin, notre chauffeur, attentif à sa conduite et à nos pauses photos. Dans la partie sud, durant 3 jours par Anh, guide francophone cultivée et Than, notre chauffeur. Tous ont toujours été très soucieux de notre rythme, de nos souhaits. Un vrai plus dans un pays dont la chaleur moite en Août fatigue.
Nous ? Une famille composée de 3 adolescents (17 ans, 16 ans et 13 ans); nous privilégions les étapes courtes aux longues routes, nous aimons mixer les hébergements simples et locaux et d'autres plus confortables. Nous aimons randonner et apprécions également de découvrir une autre culture.
Dimanche 4 – Hanoi
Arrivée à l'aéroport d'Hanoi à 6h35 après un vol direct de 11h25 avec Vietnam Airlines. L'obtention du visa se fait sur présentation d'une lettre d'invitation et contre remise d'une photo d'identité et de 45$. Pas moins de six fonctionnaires sont sollicités pour délivrer le précieux sésame : celui qui réceptionne les documents, l'un qui prépare le visa, l'autre qui contrôle, le suivant qui tamponne, celui qui vérifie et le dernier qui remet les passeports ainsi décorés moyennant finance.... La démarche est donc un peu longue; heureusement nous étions dans les premiers.
Nous arrivons à l'hôtel vers 8h soit 3h du matin, heure française. La curiosité l'emporte sur la fatigue, nous sortons de suite.
Le vieux Hanoi : Quel choc, tous nos sens sont sollicités : la très dense circulation erratique et sonore des vélos et des scooters. Les marchands ambulants dont la bicyclette est chargée pour l'un de fleurs, pour l'autre de fruits, pour certains de produits divers...., la multitude de petites boutiques, ou plutôt d'étals sur le trottoir, les restaurants de rue avec les marmites à même le sol d'où s'échappent de plus ou moins appétissantes effluves.









Si l'animation est à son comble sur le bitume, un autre type de circulation est tout aussi surprenante quelques mètres plus haut ... Celles des fils électriques.

et qui dit animation, dit habitation !!!

Après cette première immersion et un tour du Lac Hoan Kiem (littéralement le Lac de l'épée restituée), la pause s'impose.

Vers midi, nous ressortons pour aller déjeuner dans un restaurant de rue : Le Bun Bo Nam Bo. J'en ai les papilles qui salivent rien que de le citer ! Je me régale avec le plat éponyme, plat du sud du Vietnam, constitué de nouilles séches au bœuf assaisonné de germes de soja, d’ail, citronelle et mangue verte. Une des meilleures expériences gustatives du séjour, les autres plats sont tout aussi appréciés. Délicieux !
Nous poursuivons un peu plus loin jusqu'à la cathédrale puis allons visiter le Musée des Femmes vietnamiennes; un beau musée réouvert en 2010 qui a pour mission de faire connaitre le rôle des femmes vietnamiennes dans l’histoire, dans la famille traditionnelle et de nos jours. On y découvre outre les traditions du mariage ou de la naissance, le rôle des femmes dans la construction et la libération de la nation et l’évolution des vêtements féminins. L’agencement est attrayant, on y passe agréablement une petite heure.
Retour à l'hôtel, les distances sont courtes, mais notre attention est perpétuellement sollicitée : traverser entre le flux de deux roues devient vite un jeu, les commerces du Vieux Hanoi sont organisées par corporation; ici les ferblantiers, là les chaussures, plus loin les soieries,

... et de ci, de là des... « Apple store » !!!

Nous faisons un arrêt au 87 Ma May pour visiter un nha ong typique. Un nha ong ? Qu’est ce ? Il s’agit d’une maison-tunnel, c’est à dire toute étroite en façade et profonde avec plusieurs patios permettant à la lumière de pénétrer dans les différentes pièces. Certaines maisons peuvent ainsi n’avoir que 2 mètres de large pour 70 de long. De telles dimensions visent à réduire les taxes foncières qui tiennent compte de la largeur de la façade étonnant…
Après une petite sieste vespérale à l'hôtel, nous décidons de nous rendre dans un autre restaurant de rue. Nous optons pour le Xôi Yên, spécialisé dans le riz gluant garni d’ingrédients savoureux...., encore une bonne adresse. Assis sur nos petits tabourets en plastique à 40 cm du sol, nous apprécions nos plats et nous ne sommes pas les seuls : familles, jeunes plutôt branchés, ... Le restaurant ne désemplit pas.
La nuit est tombée, on pourrait s'attendre à un peu plus de calme, .... Que nenni ! La circulation est toujours aussi dense, les commerces toujours ouverts, d'autres chalands proposent des ballons de baudruche.




On fait un tour durant une heure en cyclo-pousse. Quel plaisir, on se laisse glisser au milieu de cette animation (ou on se laisse bercer, pour ceux d'entre nous qui n'en peuvent plus de sommeil !). Il semblerait que les autorités de la ville aient décidé de supprimer ce mode de locomotion afin de soulager les encombrements de circulation. De petits trains électriques sont progressivement déployés. Pour nous touristes, quel dommage. Cette petite note d'exotisme est autrement plus agréable que l'anonymat d'un petit convoi. Et j'ai la faiblesse de croire que ce sont plusieurs vaillants et courageux cyclistes qui vont être privés de travail, dans une ville où la misère est tout de même assez prégnante.
Un très beau voyage durant lequel nous avons vécu des moments forts, fait de belles rencontres et vu des paysages splendides: de l'authentique et des cartes postales de rêve.
Ce circuit a été élaboré avec l'agence GP Travel, basée à Hanoi, que je recommande chaudement. Tant durant la préparation que durant le séjour, les échanges ont été cordiaux, nos interlocuteurs se sont en permanence adaptés à nos souhaits, les prestations étaient largement à la hauteur de nos attentes. Vraiment top !

Nous étions accompagnés durant les 13 jours dans la partie nord par Chung, guide francophone, bavard, enjoué et très débrouillard, ayant un excellent contact avec les ethnies minoritaires, et Chin, notre chauffeur, attentif à sa conduite et à nos pauses photos. Dans la partie sud, durant 3 jours par Anh, guide francophone cultivée et Than, notre chauffeur. Tous ont toujours été très soucieux de notre rythme, de nos souhaits. Un vrai plus dans un pays dont la chaleur moite en Août fatigue.
Nous ? Une famille composée de 3 adolescents (17 ans, 16 ans et 13 ans); nous privilégions les étapes courtes aux longues routes, nous aimons mixer les hébergements simples et locaux et d'autres plus confortables. Nous aimons randonner et apprécions également de découvrir une autre culture.
Dimanche 4 – Hanoi
Arrivée à l'aéroport d'Hanoi à 6h35 après un vol direct de 11h25 avec Vietnam Airlines. L'obtention du visa se fait sur présentation d'une lettre d'invitation et contre remise d'une photo d'identité et de 45$. Pas moins de six fonctionnaires sont sollicités pour délivrer le précieux sésame : celui qui réceptionne les documents, l'un qui prépare le visa, l'autre qui contrôle, le suivant qui tamponne, celui qui vérifie et le dernier qui remet les passeports ainsi décorés moyennant finance.... La démarche est donc un peu longue; heureusement nous étions dans les premiers.
Nous arrivons à l'hôtel vers 8h soit 3h du matin, heure française. La curiosité l'emporte sur la fatigue, nous sortons de suite.
Le vieux Hanoi : Quel choc, tous nos sens sont sollicités : la très dense circulation erratique et sonore des vélos et des scooters. Les marchands ambulants dont la bicyclette est chargée pour l'un de fleurs, pour l'autre de fruits, pour certains de produits divers...., la multitude de petites boutiques, ou plutôt d'étals sur le trottoir, les restaurants de rue avec les marmites à même le sol d'où s'échappent de plus ou moins appétissantes effluves.









Si l'animation est à son comble sur le bitume, un autre type de circulation est tout aussi surprenante quelques mètres plus haut ... Celles des fils électriques.

et qui dit animation, dit habitation !!!

Après cette première immersion et un tour du Lac Hoan Kiem (littéralement le Lac de l'épée restituée), la pause s'impose.

Vers midi, nous ressortons pour aller déjeuner dans un restaurant de rue : Le Bun Bo Nam Bo. J'en ai les papilles qui salivent rien que de le citer ! Je me régale avec le plat éponyme, plat du sud du Vietnam, constitué de nouilles séches au bœuf assaisonné de germes de soja, d’ail, citronelle et mangue verte. Une des meilleures expériences gustatives du séjour, les autres plats sont tout aussi appréciés. Délicieux !
Nous poursuivons un peu plus loin jusqu'à la cathédrale puis allons visiter le Musée des Femmes vietnamiennes; un beau musée réouvert en 2010 qui a pour mission de faire connaitre le rôle des femmes vietnamiennes dans l’histoire, dans la famille traditionnelle et de nos jours. On y découvre outre les traditions du mariage ou de la naissance, le rôle des femmes dans la construction et la libération de la nation et l’évolution des vêtements féminins. L’agencement est attrayant, on y passe agréablement une petite heure.
Retour à l'hôtel, les distances sont courtes, mais notre attention est perpétuellement sollicitée : traverser entre le flux de deux roues devient vite un jeu, les commerces du Vieux Hanoi sont organisées par corporation; ici les ferblantiers, là les chaussures, plus loin les soieries,

... et de ci, de là des... « Apple store » !!!

Nous faisons un arrêt au 87 Ma May pour visiter un nha ong typique. Un nha ong ? Qu’est ce ? Il s’agit d’une maison-tunnel, c’est à dire toute étroite en façade et profonde avec plusieurs patios permettant à la lumière de pénétrer dans les différentes pièces. Certaines maisons peuvent ainsi n’avoir que 2 mètres de large pour 70 de long. De telles dimensions visent à réduire les taxes foncières qui tiennent compte de la largeur de la façade étonnant…
Après une petite sieste vespérale à l'hôtel, nous décidons de nous rendre dans un autre restaurant de rue. Nous optons pour le Xôi Yên, spécialisé dans le riz gluant garni d’ingrédients savoureux...., encore une bonne adresse. Assis sur nos petits tabourets en plastique à 40 cm du sol, nous apprécions nos plats et nous ne sommes pas les seuls : familles, jeunes plutôt branchés, ... Le restaurant ne désemplit pas.
La nuit est tombée, on pourrait s'attendre à un peu plus de calme, .... Que nenni ! La circulation est toujours aussi dense, les commerces toujours ouverts, d'autres chalands proposent des ballons de baudruche.




On fait un tour durant une heure en cyclo-pousse. Quel plaisir, on se laisse glisser au milieu de cette animation (ou on se laisse bercer, pour ceux d'entre nous qui n'en peuvent plus de sommeil !). Il semblerait que les autorités de la ville aient décidé de supprimer ce mode de locomotion afin de soulager les encombrements de circulation. De petits trains électriques sont progressivement déployés. Pour nous touristes, quel dommage. Cette petite note d'exotisme est autrement plus agréable que l'anonymat d'un petit convoi. Et j'ai la faiblesse de croire que ce sont plusieurs vaillants et courageux cyclistes qui vont être privés de travail, dans une ville où la misère est tout de même assez prégnante.
Tour du monde austral 2013-2014: les nouvelles English translation pending
Bonjour à tous,
J’ouvre ici une nouvelle discussion pour vous donner quelques nouvelles de temps à autre, comme je vous l’avais annoncé. S’agissant d’un voyage de 4 mois, la déconnection complète avec la vie quotidienne est inévitable. Les communications sont à la merci du positionnement des satellites, et surtout du courage des voyageurs !
Mais si je me ferai rare sur le forum (c’est le seul engagement que je puisse tenir aujourd’hui) il n’en demeure pas moins que je dresserai un compte rendu après ce tour du monde.
Pour commencer je voudrais vous donner mon point de vue sur ce début de tour du monde. Cela n’engage que Mme Chamadou et moi, et je comprend que l’on puisse avoir un avis différent. D’ailleurs il sera facile de l’exprimer sur ce fil, c’est la quintessence même d’un forum.
D’emblée, nous sommes conquis par le neoRomantica: il est magnifique, et cela confirme tous les avis positifs que nous avons pu lire à son sujet. La décoration, et l’aménagement des espaces publics est du meilleur gout.
Sa taille est vraiment à échelle humaine et nous nous y sommes sentis bien immédiatement.
Nous avons déjà rencontré nos amis avec qui nous avions projeté de faire cette croisière, ainsi que beaucoup de passagers «récidivistes» du 1er tour du Monde sur le Deliziosa. Les «anciens» représentent plus de 60% du navire, il est cocasse de rencontrer, jour après jour des personnes que l’on reconnais. Ces retrouvailles sont joviales et chaleureuses.
Nous avons assisté à la première réunion organisée par un certain ... Frédéric Mathieu, notre hôte francophone, dont la compétence, assortie de sa gentillesse, fait l’unanimité des passagers francophones. Nous le connaissons bien puisqu’il nous avait accompagné pendant le 1er tour du monde.
Mais il nous quittera à Valparaiso, car il va être papa, et a décidé de mettre sa carrière chez Costa entre parenthèses, pour assumer son devoir de père.
Nous avons retrouvé avec beaucoup de plaisir notre conférencier Carlo qui a reçu une véritable ovation de notre part, récoltant ainsi le fruit de sa gentillesse et de ses compétences.
Au chapitre des bonne nouvelles notons aussi la présence de Marie-Pierre Gomez responsable de toute la partie pièces d’identité et de la comptabilité, et le responsable des excursions: Mattéo lui aussi un «ancien» du 1er TDM.
Même Paolo Conté, le médecin (enfin je crois...) fait parti de l’expédition, dans ces conditions il vaudra mieux ne pas être malade. Pour commencer voici quelques données statistiques qui caractérisent notre voyage.
Le bateau est parti avec 1080 passagers, nous serons 1330 en comptant ceux qui embarquerons à Buenos Aires et en cours de croisière. C’est dire que le bateau qui peut contenir 1750 passagers est loin d’être rempli. C’est dommage pour l’armateur, mais pour nous je dois avouer que c’est un grand plus.
Les francophones sont les plus nombreux, nous sommes 400 dont 315 français, suivis par: les italiens (277, les allemands (245) les espagnols (86 compris le rédacteur de ces lignes) les argentins (178 ) les suisses (46). Au total ce sont 26 nationalités qui sont présentes à bord.
Autres éléments intéressants les tranches d’âge:
11 jeunes de 2 à 18 ans 24 de 22 à 39 ans 191 de 40 à 60 ans (14%) 1 011 de 61 à 79 ans (76%) 93 de 80 à 91 ans (7%)
Nous avons testé le restaurant Giordano pour le petit déjeuner: cadre agréable, décoration très fraîche comme un jardin de printemps, et puis quel calme pour un self, tout est étudié pour que nous n’ayons pas à nous déplacer plusieurs fois.
Bref on est tellement conquis que ce sera notre lieu privilégié le matin.
Le 23 septembre en début d’après-midi nous nous sommes rencontrés entre les membres de «Voyages Forum» avec beaucoup de plaisir et de convivialité. Nous avons immortalisé l’instant sur l’avant du bateau.
C’est un lieu que peu connaissent (on se demande d’ailleurs pourquoi) mais très agréable et offrant une vue remarquable sur l’avant du navire. Ce sera une situation intéressante pour les navigations panoramiques que nous effectuerons.
Nous faisons route actuellement vers Mindelo au Cap Vert que nous ateindrons samedi. Il fait beau, le soleil est radieux et la mar d’huile. NeoRomantica dans ces conditions ne bouge pas. Je vous rappelle que ce ne sont pas les bateaux qui bougent mais la mer !
Bien cordialement à tous Christian
J’ouvre ici une nouvelle discussion pour vous donner quelques nouvelles de temps à autre, comme je vous l’avais annoncé. S’agissant d’un voyage de 4 mois, la déconnection complète avec la vie quotidienne est inévitable. Les communications sont à la merci du positionnement des satellites, et surtout du courage des voyageurs !
Mais si je me ferai rare sur le forum (c’est le seul engagement que je puisse tenir aujourd’hui) il n’en demeure pas moins que je dresserai un compte rendu après ce tour du monde.
Pour commencer je voudrais vous donner mon point de vue sur ce début de tour du monde. Cela n’engage que Mme Chamadou et moi, et je comprend que l’on puisse avoir un avis différent. D’ailleurs il sera facile de l’exprimer sur ce fil, c’est la quintessence même d’un forum.
D’emblée, nous sommes conquis par le neoRomantica: il est magnifique, et cela confirme tous les avis positifs que nous avons pu lire à son sujet. La décoration, et l’aménagement des espaces publics est du meilleur gout.
Sa taille est vraiment à échelle humaine et nous nous y sommes sentis bien immédiatement.
Nous avons déjà rencontré nos amis avec qui nous avions projeté de faire cette croisière, ainsi que beaucoup de passagers «récidivistes» du 1er tour du Monde sur le Deliziosa. Les «anciens» représentent plus de 60% du navire, il est cocasse de rencontrer, jour après jour des personnes que l’on reconnais. Ces retrouvailles sont joviales et chaleureuses.
Nous avons assisté à la première réunion organisée par un certain ... Frédéric Mathieu, notre hôte francophone, dont la compétence, assortie de sa gentillesse, fait l’unanimité des passagers francophones. Nous le connaissons bien puisqu’il nous avait accompagné pendant le 1er tour du monde.
Mais il nous quittera à Valparaiso, car il va être papa, et a décidé de mettre sa carrière chez Costa entre parenthèses, pour assumer son devoir de père.
Nous avons retrouvé avec beaucoup de plaisir notre conférencier Carlo qui a reçu une véritable ovation de notre part, récoltant ainsi le fruit de sa gentillesse et de ses compétences.
Au chapitre des bonne nouvelles notons aussi la présence de Marie-Pierre Gomez responsable de toute la partie pièces d’identité et de la comptabilité, et le responsable des excursions: Mattéo lui aussi un «ancien» du 1er TDM.
Même Paolo Conté, le médecin (enfin je crois...) fait parti de l’expédition, dans ces conditions il vaudra mieux ne pas être malade. Pour commencer voici quelques données statistiques qui caractérisent notre voyage.
Le bateau est parti avec 1080 passagers, nous serons 1330 en comptant ceux qui embarquerons à Buenos Aires et en cours de croisière. C’est dire que le bateau qui peut contenir 1750 passagers est loin d’être rempli. C’est dommage pour l’armateur, mais pour nous je dois avouer que c’est un grand plus.
Les francophones sont les plus nombreux, nous sommes 400 dont 315 français, suivis par: les italiens (277, les allemands (245) les espagnols (86 compris le rédacteur de ces lignes) les argentins (178 ) les suisses (46). Au total ce sont 26 nationalités qui sont présentes à bord.
Autres éléments intéressants les tranches d’âge:
11 jeunes de 2 à 18 ans 24 de 22 à 39 ans 191 de 40 à 60 ans (14%) 1 011 de 61 à 79 ans (76%) 93 de 80 à 91 ans (7%)
Nous avons testé le restaurant Giordano pour le petit déjeuner: cadre agréable, décoration très fraîche comme un jardin de printemps, et puis quel calme pour un self, tout est étudié pour que nous n’ayons pas à nous déplacer plusieurs fois.
Bref on est tellement conquis que ce sera notre lieu privilégié le matin.
Le 23 septembre en début d’après-midi nous nous sommes rencontrés entre les membres de «Voyages Forum» avec beaucoup de plaisir et de convivialité. Nous avons immortalisé l’instant sur l’avant du bateau.
C’est un lieu que peu connaissent (on se demande d’ailleurs pourquoi) mais très agréable et offrant une vue remarquable sur l’avant du navire. Ce sera une situation intéressante pour les navigations panoramiques que nous effectuerons.
Nous faisons route actuellement vers Mindelo au Cap Vert que nous ateindrons samedi. Il fait beau, le soleil est radieux et la mar d’huile. NeoRomantica dans ces conditions ne bouge pas. Je vous rappelle que ce ne sont pas les bateaux qui bougent mais la mer !
Bien cordialement à tous Christian
Programme pour 7 jours à Tokyo English translation pending
Bonjour à tous,
Nous partons au Japon dans un mois. J'ai préparé un petit programme pour notre semaine à Tokyo. Pour ceux qui ont déjà parcouru cette immense village qu'est Tokyo, merci de me dire ce que vous en pensez, si vous trouvez le temps...
Jour 1 Parc de UenoRue Ameyoko Asakusa (Senso-ji)Tokyo SkyTreeJour 2Tsukiji (marché aux poissons)GinzaJardin palais impérialJour 3RoppongiOmotesandoShibuyaJour 4Yoyogi (Parc)HarajukuShinjukuJour 5Tokyo towerParc HamarikyuOdaibaJour 6Korakuen (Parc)AkihabaraRyogokuJour 7Rikugien (Parc)Ikebukuro
Nous partons au Japon dans un mois. J'ai préparé un petit programme pour notre semaine à Tokyo. Pour ceux qui ont déjà parcouru cette immense village qu'est Tokyo, merci de me dire ce que vous en pensez, si vous trouvez le temps...
Jour 1 Parc de UenoRue Ameyoko Asakusa (Senso-ji)Tokyo SkyTreeJour 2Tsukiji (marché aux poissons)GinzaJardin palais impérialJour 3RoppongiOmotesandoShibuyaJour 4Yoyogi (Parc)HarajukuShinjukuJour 5Tokyo towerParc HamarikyuOdaibaJour 6Korakuen (Parc)AkihabaraRyogokuJour 7Rikugien (Parc)Ikebukuro
20 jours en Birmanie en octobre avec enfant, critique d'itinéraire English translation pending
Bonjour à tous,
Je me permets de vous prendre quelques instants pour avoir votre avis sur le premier jet de notre itinéraire birman.
Pour planter le décors, nous partons mi-octobre pour 20 jours avec notre fille de 3 1/2 (presque 4 en octobre). Inutile de discuter de sa présence avec nous pour ce genre de voyage, on a toujours voyagé avec elle (Népal, Sikkim, Yunnan, Indonésie...), elle adore cela, nous aussi, est en ordre de vaccin et aura son traitement anti-malarique. 😉
Cependant, il faut garder en mémoire qu'il sera nécessaire de prévoir des temps de pause pour elle et éviter les longs trajets en bus (le train est moins un problème). J'ai donc adapté l'itinéraire en essayant de prendre le temps, et ai placé un séjour à Ngapali dire de pouvoir tous se reposer.
Voici mon projet (rien de bien particulier pour un premier voyage je pense, je reste sur l'autoroute touristique et inclut les classiques "big four")
Jour 1: vol Amsterdam BKK (on est belge, et les tarifs avec KLM sont imbattables, TGV Bruxelles Amsterdam inclu, 460 euro A/R) Jour 2: Arrivée BKK, et on y reste jusqu'au lendemain pour s'acclimater. On aime beaucoup cette ville. Jour 3: Vol Bangkok - Mandalay avec Air Asia. Arrivée vers 12h, visite de la ville l'après midi Jour 4 et 5: Mandalay et environ; probablement plus les environs, certainement plus calme; et faire du char à boeuf à Innwa devrait plaire à la petite. Jour 6: trajet vers Bagan. Pas fixé sur le comment. Bus ou bateau? Il semblerait que les vues depuis le bateau soient rapidement lassantes. Combien de temps met le bus, 5-6h? Jour 7 à 9: Bagan. Calèche et location de vélo (on a une sorte de siège enfant que l'on peut facielement adapter en emmener partout: http://www.amazon.co.uk/...d-Seat/dp/B002ANCDV4, donc pas de soucis) Jour 10: Bagan à Kalaw via Mont Popa (à mon avis, on essaiera de louer une voiture avec chauffeur pour plus de confort vu la longueur du trajet. Autre possibilité, on fait une croix sur le Mont Popa et on prend l'avion. Jour 11 et 12: Trek Kalaw au Lac Inle, on louera un cheval/ane/buffle pour la petite, je suis certain que cela doit être possible. Jour 13-14-15: Lac Inle: tour sur le lac, marché flottant, une journée à Kakku (ou plutôt Sankar vu que cela se fait en bateau au lieu du taxi, plus sympa avec la petite je pense), un peu de repos... Jour 16: jour tampon, au cas où l'on serait avancé moins vite que prévu, sinon, transfert vers Ngapali Jour 17: Transfert vers Ngapali via Thandwe Jour 18 - 19: repos à Ngapali Jour 20: transfert sur Rangoon, visite de la ville Jour 21: Rangoon Jour 22: Rangoon Bangkok en fin de journée Jour 23: Bangkok-Amsterdam
Note: durant notre séjour se déroulent deux festivals: celui de la lumière (Thadingyut, nous serons à Bagan) et celui du lac Inle (nous y arriverons l'avant dernier jour l'après midi). Pensez-vous que le timing soit bon, où est-il préférable d'être ailleurs/arriver plus tôt?
J'aurai aimé aller à Mrauk U, le site me semble très prometteur mais le timing sera probablement trop serré. Qu'en pensez-vous?
Pour planter le décors, nous partons mi-octobre pour 20 jours avec notre fille de 3 1/2 (presque 4 en octobre). Inutile de discuter de sa présence avec nous pour ce genre de voyage, on a toujours voyagé avec elle (Népal, Sikkim, Yunnan, Indonésie...), elle adore cela, nous aussi, est en ordre de vaccin et aura son traitement anti-malarique. 😉
Cependant, il faut garder en mémoire qu'il sera nécessaire de prévoir des temps de pause pour elle et éviter les longs trajets en bus (le train est moins un problème). J'ai donc adapté l'itinéraire en essayant de prendre le temps, et ai placé un séjour à Ngapali dire de pouvoir tous se reposer.
Voici mon projet (rien de bien particulier pour un premier voyage je pense, je reste sur l'autoroute touristique et inclut les classiques "big four")
Jour 1: vol Amsterdam BKK (on est belge, et les tarifs avec KLM sont imbattables, TGV Bruxelles Amsterdam inclu, 460 euro A/R) Jour 2: Arrivée BKK, et on y reste jusqu'au lendemain pour s'acclimater. On aime beaucoup cette ville. Jour 3: Vol Bangkok - Mandalay avec Air Asia. Arrivée vers 12h, visite de la ville l'après midi Jour 4 et 5: Mandalay et environ; probablement plus les environs, certainement plus calme; et faire du char à boeuf à Innwa devrait plaire à la petite. Jour 6: trajet vers Bagan. Pas fixé sur le comment. Bus ou bateau? Il semblerait que les vues depuis le bateau soient rapidement lassantes. Combien de temps met le bus, 5-6h? Jour 7 à 9: Bagan. Calèche et location de vélo (on a une sorte de siège enfant que l'on peut facielement adapter en emmener partout: http://www.amazon.co.uk/...d-Seat/dp/B002ANCDV4, donc pas de soucis) Jour 10: Bagan à Kalaw via Mont Popa (à mon avis, on essaiera de louer une voiture avec chauffeur pour plus de confort vu la longueur du trajet. Autre possibilité, on fait une croix sur le Mont Popa et on prend l'avion. Jour 11 et 12: Trek Kalaw au Lac Inle, on louera un cheval/ane/buffle pour la petite, je suis certain que cela doit être possible. Jour 13-14-15: Lac Inle: tour sur le lac, marché flottant, une journée à Kakku (ou plutôt Sankar vu que cela se fait en bateau au lieu du taxi, plus sympa avec la petite je pense), un peu de repos... Jour 16: jour tampon, au cas où l'on serait avancé moins vite que prévu, sinon, transfert vers Ngapali Jour 17: Transfert vers Ngapali via Thandwe Jour 18 - 19: repos à Ngapali Jour 20: transfert sur Rangoon, visite de la ville Jour 21: Rangoon Jour 22: Rangoon Bangkok en fin de journée Jour 23: Bangkok-Amsterdam
Note: durant notre séjour se déroulent deux festivals: celui de la lumière (Thadingyut, nous serons à Bagan) et celui du lac Inle (nous y arriverons l'avant dernier jour l'après midi). Pensez-vous que le timing soit bon, où est-il préférable d'être ailleurs/arriver plus tôt?
J'aurai aimé aller à Mrauk U, le site me semble très prometteur mais le timing sera probablement trop serré. Qu'en pensez-vous?
Chroniques d'un été en Chine (2013) English translation pending
Avant-propos :
Pour ceux qui n’ont pas suivi sur voyageforum mon récit sur mon voyage au Gansu l’année dernière et ma préparation de voyage depuis 3 mois, je me présente rapidement ainsi que mon voyage : j’ai 61 ans, des difficultés dans les escaliers (arthrose aux genoux), je voyage en Chine pour la quatrième fois, seule cette année. Mais je ne parle toujours pas chinois sauf quelques mots. Grâce à un avancement j’ai mis un peu d’argent de côté pour financer ce voyage et j’ai obtenu un visa double entrée : deux fois trente jours, avec sortie à Hong Kong au bout des premiers 30 jours.
Je vais essayer de donner des renseignements pratiques tout au long de mon voyage (hôtels, transports, horaires, prix) mais il ne s’agira pas d’un voyage à prix minimum, je m’en excuse pour les VFistes routards. Quand je peux je prends en général des hôtels aux alentours de 300 yuans la chambre (entre 35 et 40 €), pas un lit en dortoir, sauf à HK malheureusement où les prix sont beaucoup plus élevés. Pour les transports aucun vol intérieur : train, bus et voiture louée ou taxi quand ça permet d’aller facilement dans des endroits peu accessibles autrement, là les dépassements de budget sont vites arrivés. J’aurais aimé ne pas dépasser 100 € par jour en moyenne, mais voyageant seule et avec les augmentations de prix en Chine ça va être difficile je crois.
J’ai déjà réservé sur internet (booking.com ou ctrip.com) une bonne partie de mes hébergements. J’ai préparé à l’avance les trajets en train à l’aide de cnvol.com mais ai découvert récemment que chinahighlights donne aussi la disponibilité de places(attention c’est vite complet sur certaines lignes en été) et j’ai réservé mes places à l’avance pour les trois premiers trajets à l’aide d’une agence australienne (adresse en MP ou adressez-vous à Jackfack qui me l’a communiquée, si j’ai des problèmes d’internet, ce qui est le cas en ce moment).
J’emmène pour la première fois un ordinateur dans ce voyage, car j’ai vraiment eu des difficultés à trouver des cafés internet l’année dernière en Chine et lors de notre voyage sur la route de la soie, une petite minorité de nos hôtels mettaient des ordinateurs à disposition de leurs clients. Quant aux imprimantes, il nous a fallu attendre le 40ème jour de notre voyage environ pour en trouver une en bon état de fonctionnement (pour imprimer les réservations d’hôtels). Mais je ne suis pas au top de la technique, notamment pour me connecter facilement à l’internet de chaque hôtel ou pour passer des photos de mon appareil photo au voyageforum.
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
De Big Apple aux Red Rocks du Southwest (États-Unis) English translation pending
Bonjour à tous les forumeurs et lecteurs de passage 🙂
A la suite de notre quatrième séjour aux USA en juin 2012, nous avons enfin fini le carnet de voyage correspondant, commencé quand même, il faut le dire, le 4 août 2012!!😊
C'est l'occasion pour nous de remercier chaleureusement tous les membres du forum qui rendent si vivante la section Amérique du Nord, particulièrement dynamique!
N'ayant pas vraiment le temps de participer aux nombreuses discussions (et à mon grand regret!), je suis très content de publier ce carnet qui je l'espère, sera une source de plaisir et d'informations utiles à tous les voyageurs et les passionnés des US!!
Encore merci à tous et enjoy!!🙂😉
Dimanche 17 juin 2012, 3h00:
La désagréable et cent mille fois entendue sonnerie du radio réveil nous extirpe du sommeil...Première question: pourquoi un dimanche ?...à moins que...mais bien sûr!!une fraction de seconde plus tard nous sommes debout et du bon pied: c'est aujourd'hui que nous partons pour notre quatrième séjour aux Etats-Unis! L'excitation prend définitivement le pas sur le manque de sommeil dû à la courte nuit. Un rapide petit déjeuner, nous embarquons nos bagages et nous passons prendre notre ami Bernard (encore une fois de corvée!) qui va se charger de ramener notre voiture après nous avoir déposés à l'aéroport de Brest. Après avoir vérifié que nous sommes bien en possession de tous nos papiers (ESTA, passeport, …), nous prenons congé de notre ami pour rejoindre notre salle d'embarquement pour un court vol vers Paris Charles De Gaulle, comme d'habitude.
J'aime ces levers matinaux riches de promesses de découvertes de lieux imaginés, étudiés, et maintenant concrétisés. La pluie qui fouette le hublot de l'A319 sera la dernière vision de la Bretagne que nous quittons à présent après un virage sur l'aile, direction plein Est. L'arrivée à CDG se fait sans encombre, toujours à notre grand étonnement, au sortir de la navette qui nous conduit au terminal 2E, une employée nous ouvre une petite porte et nous voici à l'intérieur du 2E sans avoir subi aucun contrôle depuis Brest !Bon, on ne va pas se plaindre non plus car ces contrôles sont plutôt pénibles. A présent nous entamons une longue attente, car il est seulement 9h et nous décollons pour New York à 14h30, et oui, car nous avons choisi l'A380, on ne peut pas tout avoir !
Enfin nous faisons valider nos cartes à la préposée à l'embarquement, puis nous nous dirigeons vers la passerelle qui conduit au pont supérieur vers nos sièges. Pas de surprise sinon que le volume de la cabine semble plus important que sur un B747.
Nous sommes bien installés lorsque l'avion commence à rouler sur le tarmac, nous le suivons d'ailleurs grâce à la caméra installée sur la dérive. C'est accompagné d'un ronronnement discret provenant des quatre puissants réacteurs que l'appareil se cabre et quitte le sol de l'Ile de France. Nous apprécions maintenant le confort à bord, l'offre de divertissement sur notre écran individuel est pléthorique, je me surprends à regretter les 9h de trajet, me disant que je n'aurai pas le temps de regarder les films que j'avais prévu, tant pis, ce sera pour le retour.
Après un vol agréable, nous approchons de JFK, comme au départ nous suivons en direct l'atterrissage sur notre écran, mais dommage, l'aéroport est éloigné de Manhattan, il n'y a absolument rien d'intéressant à regarder, c'est tout juste si nous devinons la haute silhouette de l'Empire State Building, là-bas vers l'Ouest, dissimulée par la mauvaise lumière de l'après midi. Premier contact avec l'Amérique, la longue file d'attente à l'immigration et le passage obligé devant l'officier, toujours sérieux et solennel, détenant à lui seul le pouvoir de nous accepter ou pas sur le sol de sa patrie .Pour nous c'est sans encombre, et c'est avec le pas léger et rapide que nous nous dirigeons vers le carrousel où nous récupérons nos bagages avec un petit soulagement au vu des soucis de l'an passé à Denver. Bon voilà, maintenant à nous de jouer, c'est ici que commence véritablement notre trip 2012 !!
Il n'y a pas grand monde à JFK en ce dimanche après-midi, nous trouvons tout de suite l'Air Train qui nous conduit à la station de métro de Sutphin Blvd. Là nous mettons un petit moment avant de repérer le guichet d'achat de notre Metrocard trois étages plus bas, au niveau du quai du métro. La dame dans la cabine est plutôt débordée, elle a un débit de parole à la minute impressionnant, et je ne comprends absolument rien à ce qu'elle me répond lorsque je lui demande comment faire pour accéder au quai avec nos bagages sans passer par le tourniquet. Au même instant arrivent un colosse tatoué poussant son vélo et une jeune femme avec une poussette, qui demandent la même chose que nous, l'ouverture de la large porte donnant sur le quai. La dame au guichet commence à s'énerver, parle encore plus vite et nous indique avec force gestes qu'il faut d'abord passer le tourniquet avec sa carte puis ouvrir la porte une fois arrivé derrière, ce que personne ne conçoit car il faut laisser ses « affaires » sans surveillance quelques instants. N'y tenant plus, les longues heures d'avion et de transfert n'y étant sans doute pas étranger, je franchis le tourniquet avec ma metrocard flambant neuve, j'ouvre la porte à la volée, une alarme se déclenche...et les personnes bloquées s'engouffrent dans le passage, nous empoignons rapidement nos bagages et marchons d'un pas vif vers le quai alors que nous apercevons la préposée au guichet sortir de sa cabine comme une furie, elle fait des bonds et des grands gestes vers nous, trop tard nous sommes déjà loin et d'autres voyageurs se présentent au guichet !
Nous descendons à Queens Plaza, il nous reste 15 mn à pied pour atteindre notre hôtel au cœur du Queens, en chemin plusieurs personnes nous proposent leur aide au cas où nous serions égarés, pas de doute nous sommes bien aux Etats-Unis! A l'hôtel nous passons rapidement au check-in, petite déception, nous avions demandé une chambre City View et c'est une chambre ordinaire que nous découvrons, avec un jaccuzzi certes, mais ça ne remplace pas la vue sur Manhattan! Nous sommes tellement fatigués que nous nous couchons de suite sans même avaler quoique ce soit, et sitôt allongés, nous tombons dans un profond sommeil !
Lundi 18 juin 2012:
Le jet lag fait son travail, nous voilà debout à 5h30, et très bien réveillés, ça tombe bien, le programme de la journée est assez chargé! Un rapide petit déjeuner à l'hôtel pour éviter de perdre du temps, et nous voilà partis pour notre premier jour de découverte de la Grosse Pomme. Encore 10 mn de marche sur Crescent Street et voici Queensboro Station, petite station aérienne, où nous empruntons la ligne Q puis la ligne R jusqu'à Court Street, car, oui, nous avons choisi, pour notre premier contact avec Manhattan, une vue célèbre, emblématique et reconnaissable entre toutes, la Skyline depuis Brooklyn Heights Promenade. Nous sortons à l'air libre 40 mn plus tard, le temps est très agréable, beau sans être chaud, nous prenons plaisir à humer l'atmosphère de Brooklyn. Nous descendons Remsen Street et enfin, la vue s'élargit sur l'East River, les grattes-ciels qui font la fierté de la ville sont là, devant nous, tout au bord de l'eau, premier grand moment de ce trip.Quelques instants de contemplation, nous suivons à présent la rambarde, sans quitter des yeux l'autre rive, l'endroit est calme, des bancs sont disposés ça et là pour accueillir les promeneurs et joggeurs matinaux. Maintenant nous dépassons le fameux pont de Brooklyn pour atteindre le petit parc en contrebas qui va nous permettre de prendre LA photo de la Skyline avec le Brooklyn Bridge au premier plan, superbe et mythique, on y est vraiment !


A présent, petite remontée de la rue jusqu'à un escalier discret qui nous mène sur le pont, où nous commençons à marcher d'un bon pas en direction de Manhattan. Il y a là des joggers, des travailleurs à vélo, et des touristes comme nous, qui passent leur temps à multiplier les prises de vues sans dissimuler leur joie d'arpenter ce légendaire ouvrage d'art.Côté Manhattan, nous apercevons à droite le City Hall et à gauche l'original et photogénique Beekman Building. Nous avons décidé de visiter la pointe sud de l'île le lendemain, c'est pourquoi nous reprenons le métro à la station City Hall, en faisant attention à bien choisir l'escalier vers « uptown ».13 mn en broadway local et c'est à Times Square où nous mettons le pied sur un quai bondé, comme un lundi matin à l'heure de l'ouverture des bureaux, en fait! Nous nous frayons un chemin vers la sortie, le dédale de couloirs et l'agitation me font immédiatement penser à la station parisienne de Châtelet aux heures de pointe! Enfin l'air libre, il y a toujours autant de monde, nous levons la tête et notre regard est accroché, presque hypnotisé par les écrans publicitaires immenses apposés sur les façades de tous les immeubles de part et d'autre de la rue, bienvenue à Times Square, le cœur de Manhattan !

Nous flânons un peu le nez en l'air, puis nous décidons d'entrer dans la boutique M&M's:plusieurs étages d'objets délirants à l'effigie des célèbres bonbons colorés, et bien sûr, les personnages géants très couleur locale! Après quelques minutes dans la boutique nous sommes un peu déçus, car elle est un peu vide, celle de Las Vegas que nous connaissons est bien plus animée et achalandée, bon, c'est quand même à voir! Allez, maintenant, direction le Toys'r'us qui abrite une grande roue qui traverse tous les étages, impressionnant, elle embarque des petits passagers à chaque tour moyennant 5$.
A l'heure de midi nous choisissons une roulotte à laquelle nous commandons 2 hot-dogs que nous allons déguster sur une des petites tables rouges en métal, ça tombe bien, il y en une qui se libère.Tiens l'écran devant nous nous renvoie l'image de la rue, peut-être apparaissons-nous dessus...mais oui !!..petit coucou et la photo !

A présent il nous faut continuer notre visite de midtown, et c'est par la 42ème rue que nous nous faufilons à travers la foule, vers Bryant Park:ici l'atmosphère est tout autre, c'est la convivialité et la détente qui règnent, les gens déjeunent tranquillement sur les tables à disposition, un pianiste joue un morceau apaisant et joyeux, le gazon au centre est superbe, et, alors qu'il y a foule autour, il n'y a absolument personne sur la pelouse elle-même !

La New York Public Library jouxte le parc, nous en profitons pour y entrer. Le bâtiment tout en pierre est superbe et l'on se perd dans ses immenses couloirs, nous voulons trouver la fameuse salle de lecture très connue, et c'est une gentille dame, bénévole dévouée à faire découvrir cette bibliothèque qui nous l'indique: c'est au troisième étage, nous la remercions et nous dirigeons de suite vers les escaliers. Nous trouvons de suite la salle, précédées de deux autres, plus petites mais tout aussi belles, elle est parée de superbes boiseries, le plafond, peint, ajoute à la solennité du lieu dans lequel règne un silence à peine troublé par les bruissements du déplacement des nombreux visiteurs et lecteurs. Nous nous imprégnons de l'ambiance, c'est presqu'un recueillement tant l'endroit nous y invite. Détail amusant: en passant près des rangées de tables occupées par des postes informatiques, on s'aperçoit que la plupart des gens surfent sur des sites de jeux, alors qu'on pourrait les croire absorbés par des recherches très pointues, correspondant plus à la somme des connaissances réunies en ce lieu !

Allez, à présent nous marchons plein Est toujours sur la 42ème vers une des gares les plus célèbres du monde: Grand Central Terminal. L'entrée de ce côté nous déçoit un peu, de vulgaires portes battantes assez étroites, mais lorsque nous arrivons au centre du bâtiment, c'est waoooohhh! Le hall est immense et malgré sa taille, très chaleureux de par la couleur de la pierre, blanc crème, ainsi que la présence de balcons tout autour. Nous passons quelques minutes à l'arpenter, observant les gens se croiser dans tous les sens depuis le haut des escaliers.

Toujours sur la 42ème, voici le Chrysler Building, un des plus beaux gratte-ciels de la ville, avec son sommet en feuilles métalliques, très photogénique, nous effectuons un petit tour dans le lobby esprit art déco, à voir mais rien d'extraordinaire, comme la plupart des bâtiments, ils se contemplent de l'extérieur, y entrer n'apporte pas grand-chose de plus.

Tout au bout de la rue, au bord de l'East River, nous atteignons le « palais de verre », le siège mondial de l'ONU. Dans la même enceinte, nous devinons juste à côté le bâtiment qui abrite l'assemblée générale des Nations-Unies, dire que c'est ici que s'écrit (ou pas) une partie de l'histoire contemporaine, les photos de ce building découvertes dans les livres d'histoire, avec sa rangée d'étendards de tous les pays, me reviennent alors en mémoire ainsi que les interventions à la tribune de différents hommes d'état, c'est donc là...

Ces quelques pensées ne nous empêchent pas de marcher, nous voilà à hauteur de la 50ème rue dans laquelle nous nous engageons. Un petit arrêt chez Dunkin Donuts où nous prenons un petit goûter bien mérité mais très calorique: le choix de donuts est difficile, nous nous laissons tenter par ceux au chocolat, hummm, un délice !
Plus loin, la cathédrale St Patrick, église néogothique ne passe pas inaperçue de par sa situation, coincée entre les immeubles modernes et de hauteur bien supérieure. Nous y entrons, elle est très sombre, et l'intérieur ne présente pas grand-chose de particulier, nous en faisons vite le tour.
A présent, c'est le très grand complexe du Rockefeller Center qui s'offre à nous, nous repérons le Top of the Rock, ce sera pour mercredi, puis nous flânons, d'abord à l'intérieur puis au niveau du magasin Lego, là où se dresse à Noël le sapin parmi les plus grands du monde. Oui, à New York et aux Etats-Unis de manière générale, on emploie souvent des termes superlatifs, c'est le pays qui veut ça !
L'après-midi tire maintenant à sa fin, et nous sommes bien fatigués, alors nous décidons d'arrêter là et de rentrer à l'hôtel en métro. Entre Queensboro Plaza et le Ramada, nous faisons une halte à une station-service ouverte 24/7 pour acheter une salade et des yaourts que nous mangerons dans la chambre avant de nous coucher et de nous endormir aussitôt, .
Mardi 19 juin 2012 :
Toujours levés de bonne heure, il est 5h30, le petit-déjeuner de l'hôtel vite avalé, nous sommes à nouveau dans Crescent Street au milieu des gens se rendant à leur travail, des livreurs déjà bien occupés, et des taxis jaunes par dizaines, qui écument toutes les rues de la ville .De Queensboro Plaza, il nous faut juste 30 mn pour arriver à Cortland Street, où nous descendons, car aujourd'hui la journée est consacrée à la visite du sud de Manhattan et du Financial District.
Nous avons rendez-vous à 10h au mémorial du World Trade Center, c'est l'heure d'ouverture, nous avons réservé nos pass gratuits plusieurs mois auparavant, il est 8h30, nous allons donc nous diriger vers Zucotti Park et St Paul Chapel. Ah, dommage, la chapelle n'ouvre qu'à 10h, bon, nous reviendrons !
A deux pas de là, nous continuons par Trinity Church, qui, elle est ouverte. L'intérieur est plutôt banal, c'est sa situation qui l'est moins, enchassée elle aussi au milieu des buildings du financial district, à un jet de pierre de la bourse de New York. En sortant nous décidons d'ailleurs de nous engager dans la fameuse Wall Street pour voir de nos propres yeux, nous aussi, le New York Stock Exchange. Quelques dizaines de mètres et nous y sommes, devant l'immense Spangled Banner fixée aux colonnes façon antique de ce bâtiment massif qui abrite donc les ténors de la finance mondiale. Face à eux, au pied du Federal Hall, la statue de George Washington, dégageant un charisme certain, semble avoir été placée là comme pour indiquer le sens de la mesure aux acteurs d'un système qui les dépasse souvent et sans but humaniste.

Après notre premier contact avec le quartier financier, il est temps pour nous de rejoindre tout près le Memorial du World Trade Center. L'histoire de l'évènement nous rattrape très vite en la personne d'un vendeur de brochures qui nous indique photos à l'appui, près de la statue du Survivor, que le Burger King d'à côté a servi de quartier général de la police et le bâtiment d'en face...de morgue lors du 11septembre 2001.Après cette entrée en matière, nous voici dans la file d'attente qui commence sérieusement à s'allonger, munis de nos pass obtenus sur internet queleques mois plus tôt. Après de nombreux contrôles de sécurité le long d'un labyrinthe de palissades, c'est avec une certaine émotion que nous pénétrons dans le site. Nous approchons du bassin sud tout en nous remémorant la tragédie que nous avions suivi alors devant notre télévision. Alors c'est ici...

Au bord du bassin, nous observons les chutes d'eau en cascade dont les lignes dessinées par l'eau en mouvement, font penser immanquablement à la façade des deux tours jumelles. Devant nous, le rebord en métal noir où sont inscrits les noms de toutes les victimes. Je touche l'épaisse feuille d'acier, elle est froide, les lettres sont gravées à travers toute son épaisseur, les noms sont rangés selon l'endroit où se trouvaient les victimes ce matin-là. Nous entamons le tour du bassin sud pour rejoindre celui du nord, les visiteurs sont respectueux pour la plupart, certains se tiennent dans une posture recueillie devant un nom précis, une jeune fille en décalque un sur une feuille de papier...Le bassin nord est identique en tout point et présente aussi le nom des victimes. Nous jetons un coup d'oeil rapide à travers le verre de la façade du musée (pas encore ouvert) pour apercevoir une relique des tours: un « trident » (énorme pièce d'acier de plusieurs mètres de haut) qui faisait partie de l'ossature d'une des tours, est là, devant nous, oxydé, tordu, mais debout, comme un rescapé de l'attentat. Plus loin, nous passons rendre hommage à l'autre Survivor, un poirier, seul arbre debout sur le site après l'évènement, transféré dans un parc de la ville, victime d'un orage qui l'a déraciné en 2010, et enfin, replanté définitivement sur le site du Memorial, au milieu des jeunes chênes blancs, respect !

Il y a beaucoup de monde à présent sur le site, et après y avoir passé une heure, nous repartons en passant par la boutique du Memorial à la sortie. Cette visite nous a marqué car le Memorial n'est pas un lieu touristique au sens commun du terme, nous y avons ressenti beaucoup d'émotion, engendrée sans doute par l'ampleur, la couverture médiatique et le lieu de la catastrophe, ce jour-là, pour reprendre une expression utilisée alors, nous étions tous Américains...
Nous reprenons notre parcours en traversant Zucotti Park pour arriver sur Broadway, que nous commençons à descendre pour nous retrouver devant Charging Bull qui semble vouloir défendre le quartier contre je ne sais quelle menace! Il a du succès en tout cas, à en juger par le nombre de personnes qui le photographie, ce doit être quelqu'un d'important aussi car il y a une voiture et deux policiers du NYPD à proximité. Nous décidons de flâner dans le quartier, le nez en l'air, à regarder tous les buildings dans Pine Street, Wall Street encore, William Street, ...et nous notons aussi une forte présence policière dans toutes ces rues.
Il est maintenant grand temps de déjeuner, nous avons choisi, après réflexion, d'aller manger un hamburger au Mc Do sur Broadway, tout près de la Bourse: il est bondé mais nous trouvons facilement une place une fois servis, et nous avons la chance de manger tout en écoutant un morceau de piano joué par une jeune dame à l'étage. Très agréable !
Nous voici rassasiés, nous nous dirigeons maintenant vers la pointe sud de Manhattan pour attendre le ferry de Staten Island à Whitehall Terminal. Une volée de marche plus haut et nous nous retrouvons à attendre le bateau avec plusieurs dizaines d'autres passagers. Lorsque celui-ci accoste, nous sommes étonnés de pouvoir y monter sans aucun contrôle, nous pensions qu'il fallait présenter la metrocard...
Dommage, aujourd'hui le temps est un peu couvert, nous en profitons quand même pour mitrailler de photos la Statue de la Liberté et Ellis Island quand le bateau passe à proximité. Une demi-heure plus tard le ferry nous débarque à Staten island, nous n'avons plus qu'à passer devant les petits restaurants pour nous rendre plus loin...dans la salle d'embarquement! Hé oui, le bateau c'était seulement pour la vue, à vrai dire on ne va pas visiter Staten Island, d'ailleurs, beaucoup de gens présents à bord font exactement la même chose que nous! Le chemin du retour nous est maintenant familier, et pour les photos, nous nous concentrons maintenant sur la Skyline qui s'offre à nous alors que le soleil a décidé de nous l'éclairer. Seule une tour à la géométrie régulière s'isole, côté New Jersey, elle est hermétique, massive, mystérieuse, presqu'inquiétante, sa situation particulière pousse à l'interrogation, à l'image de la société qu'elle abrite: c'est le siège de la toute-puissante et sulfureuse banque Goldman Sachs.

La mini-croisière en baie de New York s'achève comme elle a commencé une heure et demie plus tôt, au pied des buildings de Manhattan. Nous remontons à pied par l'East River Drive jusqu'à South Street Seaport, non sans observer le balai incessant des hélicoptères sur la jetée qui sert d'héliport, respirant au passage des vapeurs de kérozène envahissantes. Le Pier 11 présente une concentration importante de boutiques à touristes en tous genres, il y en a même une spécialisée dans la décoration de Noël, qui a du mal à trouver des clients, il faut dire qu'au mois de juin...!!Cet endroit nous fait immédiatement penser au Fisherman's Wharf de San Francisco, c'est très touristique, sympa et animé...à défaut d'être authentique! On retrouve une continuité dans Fulton Street avec les restaurant s dont les terrasses commencent à se remplir, oui, les Américains dînent très tôt, ça on le sait depuis longtemps, mais on ne s'y habitue pas forcément !

Nous tombons par hasard sur un fast food « Prêt a manger » dans le Financial District, c'est le moment de manger une très bonne salade, pour tenter d'équilibrer le Mc Do du midi. Le soleil a baissé dans le ciel, il est temps pour nous de prendre le chemin du Brooklyn Bridge pour pouvoir admirer, de l'autre côté de l'East River, les lumières de la ville s'allumer lentement. Il fait très beau maintenant, alors que nous entamons la traversée à pied.
Arrivés de l'autre côté, sur le ponton de bois de Brooklyn Bridge Park, nous admirons la vue, superbe...avant de nous asseoir lourdement sur un banc, fourbus, les pieds endoloris par les kilomètres effectués depuis deux jours, et ce n'est que le début! Après tout on l'a choisi alors on ne va pas se plaindre surtout en pareil endroit, et puis les vacances, pour nous c'est profiter à fond de chaque instant. Alors que le jour s'efface peu à peu, il y a de plus en plus de monde à contempler la Skyline, devant nous à une vingtaine de mètres, un jeune couple en tenue de soirée se fait photographier devant le Brooklyn Bridge par un photographe professionnel, la séance est très longue mais il devrait y avoir du résultat! Pour nous c'est une autre histoire, nous n'avons pas de trépied, les réglages de notre appareil sont plutôt limités et notre expérience de la photo pas très grande, ce qui fait qu'une grande partie des clichés de cet endroit mythique sont flous et inexploitables, dommage, mais nous nous consolons en passant un très très bon moment, ici, face à Manhattan: la nuit est complètement tombée et la vue qui s'offre à nous est magique avec ces mosaïques de lumière sur les façades des immeubles, le pont éclairé en pointillé et en arrière plan la tour de la liberté sur le site du World Trade Center, dont l'éclairage aux couleurs du drapeau national fait comme un pied-de-nez au destin...

Nous avions prévu de repartir en métro au vu de notre état de fatigue, mais le spectacle de la ville nous regonfle et nous donne des ailes: nous voilà à nouveau sur le Brooklyn Bridge, marchant rapidement vers Manhattan, en route pour 40 mn à pied, tant pis si demain on ne peut plus marcher, mais là, on ne peut pas rater cette promenade! Nous finissons quand même par prendre le métro pas loin du City Hall, pour nous écrouler dans notre lit trois quarts d'heure plus tard dans le Queens, épuisés mais heureux comme chaque jour où nous visitons ce pays.
Mercredi 20 juin 2012 :
Encore levés à 5h30, nous n'avons pas beaucoup dormi mais profondément, les restes du jet-lag et notre motivation à toute épreuve nous font nous lever très rapidement. Lorsque nous prenons le chemin de la station de métro de Queensbridge, nous ne sentons plus nos jambes comme hier soir, nous avons bien récupéré, comme quoi les vacances...!!Quelque chose a changé depuis hier: c'est la température. Comme annoncé à la météo, à 7h30 il fait déjà 25 °, ça promet pour le reste de la journée !Ce matin, direction le Rockefeller Center, nous avons rendez-vous avec New York vue d'en haut, hé oui, nous allons au Top of The Rock. Un court trajet en métro et nous sommes à l'entrée du Top à 8h, comme prévu, il n'y a encore personne et nous passons très vite le guichet pour prendre l'ascenseur qui va nous mener au 67ème étage du fameux GE Building, non sans avoir sacrifié au rituel du montage photo censé nous mettre en scène sur une poutre au-dessus du vide dans l'esprit des célèbres prises de vue d'Ebbets. Instinctivement nous levons la tête à l'intérieur de la cabine, des images animées et sonorisées sont projetées sur le plafond en verre, tandis que nous voyons notre petit vaisseau filer à travers le boyau de béton à une vitesse impressionnante. Le premier contact au sommet est comme toujours, commercial, avec toutes les petites boutiques attendues en pareil lieu. Quelques mètres plus loin, nous poussons les portes vitrées du premier étage de l'observatoire, et là, quel spectacle !!

Nous sommes à plus de 260 mètres au-dessus de la ville, le soleil dépose dans les rues et sur les façades sa belle lumière matinale, à peine voilée par une légère brume de chaleur au loin. Devant nous l'Empire State Building nous fait admirer sa haute silhouette, 443 mètres quand même avec l'antenne, alors que les buildings du Financial District se découpent dans le ciel légèrement brumeux. En faisant le tour de l'étage, c'est maintenant Central Park qui se dessine de l'autre côté, rectangle parfait rempli de végétation qui semble faire respirer la ville, délimité au cordeau par les avenues bordant les Upper West et East Sides. Grâce au plan très bien conçu, nous pouvons identifier tous les bâtiments remarquables ou non aux alentours tel le siège de Vogue et du New Yorker, celui de L'Oréal, ...
Cet étage-ci est entouré de parois de verre, alors nous décidons de monter quatre à quatre l'escalier qui nous mène au toit du GE Building, et là c'est encore plus ...époustouflant, car il n'y a plus rien entre nous et la ville. Les concepteurs du lieu avaient voulu le faire ressembler à un pont de paquebot, c'est exactement ce que nous ressentons ici, on se croirait à la vigie d'un gigantesque navire dont la proue se perd au loin vers la pointe sud de Manhattan, fendant les eaux de la baie. L'absence des vitres nous permet aussi de faire de superbes photos, puis nous nous posons quelques minutes sur un des bancs mis à notre disposition pour admirer certainement l'une des plus belles vues de la ville.

Nous avons d'ailleurs du mal à repartir, tant nous sommes subjugué par le spectacle, mais notre programme nous attend, nous finissons alors par redescendre vers la station de métro la plus proche avec l'idée qu'on a commencé très fort la journée. L'étape suivante, au sortir de la station de Canal Street dans la rue du même nom, va nous faire pénétrer dans un quartier bien connu: Chinatown. Nous avons déjà traversé le quartier chinois de San Francisco les années précédentes, et c'est sans surprise que nous retrouvons ici, sur la côte Est un peu la même chose :une foule d'habitants partout dans les rues, le moindre mètre carré utilisé par des échoppes et étals en tous genres, des maisons très colorées, des restaurants omniprésents, des produits exotiques à la vente parmi lesquels nous ne reconnaissons rien, des odeurs tantôt agréables tantôt douteuses, amplifiées par la chaleur qui se fait de plus en plus sentir.

De Mott Street, nous bifurquons à gauche sur Broome Street, à la rencontre de ce qu'il reste de Little Italy, Chinatown s'étendant de plus en plus vers le nord, le quartier italien n'en a plus que le nom, c'est à peine si nous passons devant une pizzeria, et seuls les drapeaux « welcome to historic Little Italy » nous indiquent où nous nous trouvons. Nous passons rapidement, un peu déçus, et Broome Street nous conduit droit à un quartier tranquille et tendance: Soho, pour South of Houston Street. Ici les immeubles sont à taille humaine, quelques étages, pas plus, les couleurs des façades sont sobres et discrètes, et les escaliers de secours en fer caractéristiques apportent beaucoup au style des habitations, faisant oublier leur vocation purement utilitaire. C'est très calme, nous sommes en milieu de matinée et on ne rencontre presque personne sur les trottoirs, un quartier très agréable en tout cas.

Nous prenons le temps de flâner à travers Greene Street, Bleecker Street, humant l'air de la ville, avant de nous arrêter à l'ombre des arbres de Washington Square...Décidément, cette halte est la bienvenue, il fait vraiment très chaud et il n'y a pas un souffle d'air; Les sprinklers automatiques censés arroser la pelouse débordent un peu, et nous accueillons avec bienveillance cette bruine rafraîchissante, comme d'ailleurs les nombreux promeneurs assis comme nous. Un petit tour pour passer sous la célèbre arche, admirant au passage les jolies maisons de Washington Mews, nous nous engageons dans Greenwich Avenue pour nous diriger vers notre repas de midi prévu au programme depuis longtemps, ce sera un hamburger au Corner Bistro. Au fur et à mesure de notre chemin, les maisons brownstone se font plus basses, la ville devient plus cosy, c'est Greenwich Village, qui porte bien son nom, ici, dans ces petites rues pleines de charme, on oublie la mégalopole tout autour. Enfin le Corner Bistro, nous sommes contents d'y trouver de la fraîcheur et, à peine servis, nous buvons goulûment le grand Coca posé devant nous. Le restaurant est petit, un grand bar en bois occupe la moitié de la première salle, les fenêtres aussi sont minuscules et l'ambiance fait penser à un pub irlandais. Notre hamburger, présenté ouvert, accompagné d'une assiette de frites arrive, le steak à l'intérieur est immense, on nous avait prévenu! La viande est très bonne, moëlleuse et juteuse à souhait, nous ne mettons pas longtemps à l'avaler. Nous décidons de ne pas prendre de dessert, à l'instar d'une famille de Français attablés à côté de nous, c'était vraiment trop copieux.
Allez, il est temps de reprendre le chemin .Nous sommes happés par la chaleur à la sortie du restaurant, l'air est brûlant, pas de vent encore. Nous sommes contents de cheminer à l'ombre des arbres le long des trottoirs, dans ce quartier sympa, mais arrivés en bas de la Highline, notre destination, nous déchantons car celle-ci semble complètement au soleil. Nous empruntons l'escalier métallique pour nous hisser au niveau de l'abri qui marque le début de cette promenade aérienne, véritable voie verte en plein cœur de la ville dans le Meatpacking District. Quelques instants à lire l'histoire de cette ancienne ligne ferroviaire, et nous voilà partis, marchant vers le nord sur le chemin tout tracé. La promenade est très agréable, on passe devant de petits stands de restauration, des résidences très modernes, ouvertes, le passage est bordé d'une multitude de végétaux harmonieusement plantés et les points de vue sur les rues alentours intéressants de par la hauteur du lieu. Ce serait un enchantement...s'il n'y avait pas la chaleur: en ce début d'après-midi, il doit bien faire 35°C, pas un nuage dans le ciel et pas un souffle de vent. Au bout d'un quart d'heure de marche nous souffrons déjà, nous allongeons le pas inconsciemment, et malgré l'environnement superbe, c'est avec soulagement que nous atteignons la fin de la Highline une heure plus tard, exténués.

Nous n'avons qu'une idée en tête: trouver de l'ombre. Chelsea Park n'est qu'à 10 minutes, nous marchons vite pour y arriver. Il y a une fontaine au centre, c'est frais, mais il y a aussi plusieurs personnes qui nous regardent avec insistance, pas très rassurés, nous prenons alors la décision de reprendre le métro pour nous réfugier à Central Park. Arrivés à la station Colombus Circle, nous nous empressons d'acheter une bouteille d'eau fraîche avant d'entrer dans l'immense parc à l'ombre salvatrice et de nous asseoir sur le premier banc venu. Ce n'était pas au programme, mais tant pis, nous restons là une heure et demie à essayer de récupérer, en faisant plusieurs aller retours jusqu'au chariot du vendeur d'eau dont nous passons sur le prix de la bouteille:3$ les 50cl!Enfin nous nous levons, en ressortant nous entrons dans le Time Warner, un grand centre commercial devant Colombus Circle. La climatisation achève de nous retaper, et nous repartons du bon pied par la 59ème rue jusqu'à l'intersection avec la 5ème Avenue où nous passons un petit moment à visiter le grand magasin de jouet Fao Schwartz et l'Apple Store, bien sûr, on ne peut pas le manquer celui-là, devant les fontaines avec sa pomme blanche sur une paroi de verre devant l'entrée. Ce carrefour est très animé, nous y restons quelques instants à regarder la vie du quartier...

L'après-midi étant bien avancée, nous reprenons le métro vers Times Square, déterminés à finir la journée en beauté. C'est toujours la même foule à cet embranchement, qui, pour moi, constitue le cœur vivant de New York. Nous avons du mal à nous frayer un passage sur le trottoir car toute la rue est prise par un immense cours de yoga qui réunit plusieurs centaines de personnes qui font leurs exercices au rythme d'une musique entraînante. Un peu de shopping au magasin Aéropostale, dont l'ambiance sonore n'a rien à envier à une boîte de nuit, et nous retrouvons Times Square de nuit. Enfin, la nuit, façon de parler, tant la lumière artificielle des écrans et autres enseignes est puissante et omniprésente. C'est dans l'obscurité que le caractère de Times Square se révèle, la débauche lumineuse en faisant un endroit à l'atmosphère très particulière et unique. Nous ne sommes vraiment pas déçus et nous passons une très bonne soirée, avant de nous en retourner vers notre hôtel.


Jeudi 21 juin 2012 :
Il fait encore très beau ce matin et nous apprenons en lisant le journal gratuit du métro que le jour précédent la température est montée à 100° F soit 37°C et encore aujourd'hui la météo annonce le même type de temps. Nous nous rendons en métro sur Roosevelt Island pour y prendre... le téléphérique! Oui, un téléphérique Poma au beau milieu de la ville, on ne pouvait pas ne pas l'emprunter! La cabine arrive et nous ne sommes pas nombreux à l'emprunter, ce sera bien pour les photos. En y montant, on est un peu étonné de n'être pas engoncé dans une combinaison et de ne pas tenir de skis à la main, impression sans doute pas partagée par les gens autour de nous .La cabine s'élève et suit un parcours parallèle au Queensboro Bridge au-dessus de l'East River pendant quelques minutes avant de redescendre rapidement vers la station côté Manhattan. Voilà un moyen de transport plutôt original pour se rendre à son travail, en plus le trajet est compris dans le forfait de la Metrocard.

Notre première visite de la journée sera pour le Madison Square Garden, la gare de Penn Station et la General Post Office, où nous entrons pour déposer nos cartes postales dans l'imposant hall garni de multiples guichets. De là nous cheminons dans la 32ème rue qui nous conduit jusqu'à la 5ème avenue que nous descendons jusqu'à la hauteur du célèbre Flatiron Building, figure emblématique de la ville. Nous effectuons un demi-tour vers le nord car aujourd'hui c'est shopping et ici on est servis! Même si l'on achète rien, les magasins en eux-mêmes sont à visiter: il faut se perdre dans les étages du gigantesque Macy's, entrer chez Abercrombie dont les employés se ressemblent tous: les jeunes vendeuses en robe blanche, les jeunes vendeurs au physique façon surfeur californien, être accueilli à la porte par un employé torse nu proposant aux clientes la photo en sa compagnie, puis explorer la boutique plongée dans la pénombre (seuls les vêtements sont éclairés), accompagné d'une musique tendance club branché au volume sonore impressionnant, le tout avec l'attention des mêmes employés hyper-souriants et sympas !

Une petite salade vite avalée chez « Pret a manger » et nous descendons une fois de plus dans le métro car notre shopping continue cette fois sur Broadway où nous prenons tout notre temps. En cours d'après-midi, nous allons prendre un petit en-cas chez Eileen's Cheesecake, paraît-il les meilleurs cheesecakes de la ville. Hum! Allons voir! La boutique est toute petite, il y a seulement quelques places assises. Au mur est accroché une photo dédicacée de Bill et Hilary Clinton en compagnie d'Eileen. Le choix des gâteaux est énorme, nous avons du mal à nous décider, et nous les trouvons effectivement délicieux, et nous ne pouvons nous empêcher d'en manger un deuxième !
C'est notre dernière soirée à New York, alors une fois le shopping terminé, nous choisissons de retourner vers la pointe sud et le Financial district où nous déambulons dans les rues sans but précis sinon celui de « sentir » la ville:Water Street, Broad Street, Fulton Street, Wall Street, ...
Nous rentrons à l'hôtel vers 22h15 par le téléphérique de Roosevelt Island, fatigués mais avec une pointe de regret de quitter cette ville mythique et fascinante.
Vendredi 22 juin 2012 :
Lever à 7h, nous prenons le dernier petit-déjeuner à l'hôtel avec une pointe de mélancolie, puis nous cheminons tranquillement avec tous nos bagages vers Queensboro Station. Nous nous arrêtons à Grand Central, pour attendre le bus de Newark juste derrière la gare, le temps de vérifier une fois de plus la gentillesse des américains, en la personne d'une dame qui, nous voyant un peu perdus dans la station de métro a pris la peine de nous accompagner vers l'ascenseur, le tout avec un grand sourire. Notre bus est à l'heure, nous y prenons place à 10h40, à l'arrêt dans la 41ème rue. Le temps de traverser Manhattan vers l'ouest, puis de rouler une bonne demie-heure dans le New Jersey, et nous voilà arrivés à l'aéroport de Newark 50 mn après avoir quitté Big Apple. Au comptoir Southwest, l'enregistrement est une formalité, comme d'habitude, et en plus, il n'y a pas grand-monde dans l'aéroport. Chouette, chez Dunkin Donuts, nous tombons sur une promo qui nous offre les 6 donuts assortis pour 5,49$, nous ne pouvons pas résister !
Plus tard, le contrôle à l'embarquement par les agents de la TSA est draconien: ils n'ont pas l'air de vouloir rire beaucoup, l'ensemble des passagers passe au scanner corporel, les bagages à main sont fouillés minutieusement, enfin, on nous passe un petit morceau de tissu sur le bout des doigts. Plusieurs passagers sont visiblement agacés par le zèle des « chemises bleues », mais il n'y a pas le choix, il faut s'y plier...
Le Boeing 737 de Southwest décolle à l'heure, nous allons maintenant survoler une bonne partie du territoire américain puisque notre destination est Phoenix, la capitale de l'Arizona, retour dans le Southwest une fois encore. Les cinq heures de vol nous font nous remémorer les quelques jours passés à New York: bien qu'immense, la ville ne nous a jamais parue écrasante ou étouffante, nous nous y sommes sentis parfaitement à l'aise, aidés il est vrai, par le métro qui nous a permis de nous déplacer facilement. Nous n'avons visité que Manhattan, il nous reste donc énormément de choses à faire et à voir pour un éventuel second séjour tant la ville est attirante et dynamique, sa légende n'est pas surfaite.
Devant nous maintenant s'ouvre une autre page de notre voyage, un quatrième road trip dans le Sud-Ouest et sa roche rouge que nous adorons. Lorsque notre avion se pose à Phoenix, la chef de cabine lance au micro une phrase que nous prenons pour un avertissement : »Bienvenue à la surface du soleil » , le ton est donné! Nous sommes invités à descendre les volets des hublots afin que l'appareil conserve un semblant de fraîcheur pour les prochains passagers.
Le discours de l'hôtesse prend tout son sens alors que nous sortons du terminal pour monter dans le bus qui conduit au Car Rental Center: il fait plus que chaud, brûlant je dirais, le vent nous déssèche en un clin d'oeil, il doit faire dans les 40°C...mais c'est cela qu'on est content de retrouver, c'est la promesse de paysages et de routes grandioses, de roche rouge surtout, et puis l'air est tellement sec que la chaleur est supportable, en tout cas bien plus qu'à New York !
Voilà nous avons pris possession en quelques minutes de notre SUV Hyundai Santa Fe, grâce à une employée très compétente et souriante de chez Alamo. Pas de surprise, la voiture est très récente, propre et confortable, nous sortons notre ami Tom Tom de sa housse, impatient qu'il était de nous montrer la route ensoleillée qui nous attend, ça le change du réseau routier parisien sur lequel il évolue le reste de l'année !!
On est vendredi soir, il n'y a pas beaucoup de circulation au sortir de Sky Harbour, l'aéroport de Phoenix et c'est tout tranquillement que nous arrivons à notre hôtel de Scottsdale, jolie banlieue résidentielle de l'agglomération de la capitale de l'Arizona. L'employé nous accueille en nous offrant une bouteille d'eau glacée, délicate attention dans cette contrée où le soleil tape très, très fort, puis après un repas frugal vite avalé dans la chambre, nous nous endormons profondément malgré la climatisation qui se met en route très souvent.
Samedi 23 juin 2012 :
Lever tranquille à 7h, le programme de ce samedi n'est pas très chargé, hormis la route qui nous attend car nous avons prévu de rallier la petite ville de Page à l'extrême nord de l'Arizona, ce qui représente environ 5 h de trajet. Pour l'instant nous savourons l'excellent petit-déjeuner offert par l'hôtel, servi par des employés on ne peut plus souriants et sympathiques, que demander de mieux!!A 8h nous nous engageons sur l'Interstate 17 et nous sortons de la ville sans aucun retard, immédiatement, la route se met à grimper, puis c'est une succession de montées et descentes parfois bien prononcées, comme prévu le soleil est de la partie, et à 9h30, nous ne sommes pas étonnés de voir le thermomètre de bord afficher un bon 96°F(35°C) alors que nous approchons déjà d'un endroit superbe du Southwest: Sedona.Lors de notre dernier passage, une employée d'un commerce de la ville nous avait dit ceci : « Dieu a créé le paradis, mais c'est à Sedona qu'il habite ».Il est vrai que l'endroit ne manque pas de charme: c'est une vallée entourée de roches rouges comme on les aime au fond de laquelle coule une petite rivière, et il y a à contempler partout où se pose notre regard. On y trouve aussi de riches propriétés et Sedona est très connue des amateurs de New Age, de par les vortex d'énergie sensés jaillir d'endroits précis. Malheureusement nous n'avons pas beaucoup de temps, notre visite se résumera seulement à la visite d'un centre artisanal et commercial, copie d'un véritable village mexicain: Tlaquepaque. Nous prenons beaucoup de plaisir à déambuler dans les petites ruelles et passages aménagés, d'autant plus que les boutiques de création présentes sont très belles et proposent des objets originaux et très qualitatifs.

Quittant le village, nous continuons sur la route d'Oak Creek qui suit comme son ombre la rivière en contrebas. De temps à autre, des endroits de baignade sont aménagés ce qui nous tente bien, mais c'est samedi et on dirait bien que tous les locaux se sont donnés rendez-vous ici car les rives sont noires de monde! La route, pittoresque, déroule sereinement son ruban asphalté au milieu d'une végétation méditerranéenne écrasée par le soleil. Ainsi, ce n'est pas vraiment par hasard que des panneaux nous avertissent régulièrement de l'extrême danger d'incendie .Peu avant Flagstaff nous rejoignons l'I17, qui devient rapidement l'US 89 et qui fonce plein nord à travers des plaines arides et inhabitées. Bien que nous la connaissions, nous sommes enchantés de l'emprunter et lorsqu'elle se perd au loin près de l'horizon, c'est comme si elle nous appelait à continuer toujours, toujours...
Bien plus tard, alors que le paysage est devenu franchement inhospitalier, parsemé seulement de quelques habitations navajos, la 89 se met à grimper sérieusement à l'assaut d'un rempart de roche rouge pour finalement se faufiler, victorieuse, à travers une brèche derrière laquelle elle peut se laisser aller tranquillement sur la faible pente qui vient mourir quelques miles plus loin, sur les rives du Lac Powell. Très vite, nous apercevons la petite ville de Page sur la droite, et à quelques minutes avant d'y arriver, nous nous garons sur un parking au bord de la route, c'est en effet là le départ de la petite marche vers une des plus célèbres vues sur le fleuve Colorado: Horseshoe Bend.
Depuis notre dernier passage le parking a été recouvert de bitume, preuve s'il en est de l'intérêt touristique porté à ce lacet du Colorado, de nombreux véhicules sont alignés pour en témoigner. Il est un peu plus de 16h lorsque nous enfilons pour la première fois du séjour nos chaussures de randonnée, remplissons un sac à dos de quelques bouteilles d'eau, avant de nous engager sur le petit raidillon sableux, qui, très rapidement nous amène au sommet d'une petite colline, avant de descendre en zig-zags vers le point de vue. La ballade ne présente aucune difficulté, il y a maintenant un abri pour se reposer, et nous remarquons beaucoup de gens chaussés de simples tongs ou petites chaussures, et rien d'autre qu'un coca ou un ice-tea dans la main pour se désaltérer. C'est vrai qu'il fait quand même 102°F(38°C), le vent souffle faiblement, mais dessèche tout. Nous arrivons à présent au bord de la falaise qui plonge abruptement vers la rivière tout en bas .On a beau connaître l'endroit, on ne se lasse pas de le contempler, la boucle creusée par l'eau dans la roche est parfaitement dessinée, la couleur verte de la rivière tranche avec les couleurs chaudes de la roche environnante, on aperçoit même les embarcations suivant le courant. Quelle joie de se retrouver ici! Nous multiplions les angles de vue tout au long de la rim, la lumière est favorable et le ciel est azur, que demander de mieux !

Sur le chemin du retour, nous croisons encore beaucoup de promeneurs, signe que le point de vue est populaire et vraiment facile d'accès. Quelques minutes après avoir repris la voiture, nous passons devant le Wal-Mart de Page, puis grimpons Lake Powell Boulevard, pour enfin stationner devant la réception du Quality Inn, notre pied-à-terre pour les quatre jours à venir. C'est un hôtel que nous connaissons et apprécions, car d'un excellent rapport qualité-prix, avec une vue imprenable sur le Glen Canyon Dam et le lac. C'est d'ailleurs de ce côté que donne notre chambre, nous sommes ravis de découvrir ce paysage de la petite terrasse attenante, ça promet de superbes couchers de soleil! Il nous faut d'ailleurs repartir rapidement, à peine les bagages posés, car nous avons prévu justement un coucher de soleil, mais de l'autre côté du lac, sur la route de Nipple Bench. Nous reprenons la 89 vers le nord, en direction du barrage sur lequel nous passons à la sortie de la ville. A Big Water nous nous dirigeons à droite vers une piste bien roulante qui, très rapidement, nous fait pénétrer dans un univers proprement lunaire: la végétation est complètement absente, les petites collines alentour s'habillent de couleurs ocres, grises, et le sol de bentonite autour ajoute encore sa surface lisse et sa texture argileuse à l'impression d'ensemble. Pas du tout adepte des théories du complot, je crois quand même que si les expéditions lunaires Apollo étaient une supercherie cinématographique, je pense que c'est ici que la NASA les aurait fait tourné, d'ailleurs il me semble que le film « La planète des singes » le fut !
Pour l'heure nous continuons à rouler relativement vite, une petite inquiétude naissant à propos du timing: en effet, le soleil est déjà bas sur l'horizon, et il nous reste une bonne distance à parcourir, même si nous n'allons pas jusqu'à Alstrom Point. En outre, pour nous, la route longeait les rives du lac, ainsi pensions-nous, nous aurions pu nous arrêter n'importe où pour contempler le sunset, au lieu de cela, au contraire, elle s'éloigne du lac vers on ne sait où, et la trajectoire indiquée par TomTom n'est pas là pour nous rassurer .A l'embranchement de Warm Creek Bay, nous décidons de prendre à droite, vers le lac justement, en suivant un wash qui se rétrécit au fur et à mesure. Redoutant plus que tout de rester bloqués ou enlisés, je décide de continuer à pied, voir si la suite est praticable ou non. Déception, le lac me paraît loin, et rien ne garantit un beau sunset, car le wash est de plus en plus encaissé, et il est sans doute trop tard, le soleil est à présent trop bas sur l'horizon. Je retourne à la voiture, et c'est dépités, que nous décidons de faire demi-tour, inutile de s'acharner, nous sommes partis trop tard de Page. C'est presque dans l'obscurité que nous atteignons Big Water, puis c'est le retour à l'hôtel. Assis sur notre terrasse, en regardant la carte, nous nous apercevons qu'il fallait continuer bien plus loin, puis tourner à droite, mais de toutes façons, nous étions trop juste en temps, tant pis, c'est raté pour le sunset! Déçus et fatigués, nous allons nous coucher, car demain matin nous devons nous lever tôt...
Dimanche 24 juin 2012 :
La sonnerie Marimba de l'iPhone se déclenche: quoi, déjà ?...il est 5h...euh, heure de l'Arizona ou heure de l'Utah? Malgré nos esprits embrumés de sommeil nous savons que c'est l'heure de l'Arizona tout en maudissant les responsables de la fixation de la frontière entre les deux états: une dizaine de miles vers le nord ou vers le sud, et hop, le problème était résolu, tout le monde serait à la même heure. Pourquoi se poser ces questions? Eh bien parce que ce matin nous devons nous rendre à Kanab en Utah, à 1h15 de route de Page, nous perdons donc une heure, tout cela pour y arriver avant 9h heure de l'Utah, il nous faut partir à 7h, heure de l'Arizona, vous suivez ?!
Et pourquoi se lever si tôt un dimanche en vacances? Les habitués de ce forum ont déjà la réponse: nous voulons participer au tirage au sort d'attribution des visites à Coyote Buttes North, dont le joyau s'appelle The Wave! Il n'y a que 10 permis pour 10 personnes attribués chaque jour pour une visite le lendemain, nous avons choisi le dimanche pensant augmenter nos chances, ce jour étant une charnière entre les gens qui partent et ceux qui arrivent. Précisons que nous avons déjà eu la chance de gagner l'an dernier, mais devant la beauté de l'endroit, nous n'avons pas pu nous empêcher de retenter la loterie. Après un excellent petit-déjeuner dans la salle de l'hôtel dont la vue sur le barrage est superbe, nous voilà partis sur l'US 89 North. Nous laissons, 40 mn plus tard, sur notre gauche la Paria Station, c'est là où jusqu'en 2011 se tenait la fameuse loterie, dommage, car cela nous faisait quand même plus près! A moins que ce ne soit une volonté d'éloigner le lieu du tirage du lieu de la rando afin de réduire le nombre de prétendants? Ou bien une volonté de décharger la petite station de Rangers de la lourdeur d'organisation d'un tel tirage tous les jours de l'année, empêchant les employés de faire le reste de leur travail? Toujours est-il que ça ne nous arrange pas, nous, et je pense une grande partie des aspirants à cette rando !
Quelques minutes plus tard, nous passons devant l'embranchement de la House Rock Valley Road, où nous reviendrons tout-à-l'heure, la vraie question étant: serons-nous ici demain matin ?
Enfin à 8h15, nous nous engageons sur le parking du Bureau of Land Management, juste à l'entrée de Kanab. Il y a déjà quelques voitures, mais nous savons d'expérience que les gens arriverons tout au long de la prochaine demi-heure. Nous pénétrons dans le bâtiment en saluant nos futurs concurrents ainsi que les Rangers présents, et nous nous mettons à étudier tous les documents mis à disposition sur les nombreux centres d'intérêt de la région. Nous repérons également la pièce dédiée au tirage, dont l'entrée est ornée de deux pendules aux heures de l'Arizona et de l'Utah. Alors que d'autres personnes arrivent, un Ranger nous indique que la salle de la loterie sera bientôt accessible. Chacun se surprend à compter le nombre de gens présents, puis d'évaluer ses chances par des calculs de probabilité aussi stressants qu'inutiles. Enfin nous pouvons prendre place à 8h50 dans la pièce, celle-ci est spécialement aménagée, avec plusieurs rangées de sièges qui font face à un grand tableau blanc au mur, au pied duquel sont alignées deux ou trois tables offrant aux participants un grand nombre d'écritoires chacun garni d'une feuille d'inscription ainsi que d'un crayon, donnant l'impression d'une très bonne organisation. Les messages d'avertissement à l'attention des fraudeurs éventuels écrits au marqueur rouge au tableau ne font que renforcer ce sentiment: il est en effet stipulé que chaque groupe déclaré ne peut être représenté que par une seule personne et qu'un groupe ne peut comporter plus de 6 membres, tout manquement à ces règles conduira à l'exclusion pure et simple du groupe fraudeur du tirage ou à l'annulation des permis délivrés. Je remplis la feuille A4 rapidement nous inscrivant, Liliane et moi, tous nos voisins faisant de même. A 9h précises le Ranger ferme la porte et indique d'une voix solennelle et forte que personne ne peut plus s'inscrire au tirage du jour. Nous jetons un coup d'oeil autour de nous: il y a bien 50 participants...pour seulement 10 places...c'est pas gagné! Malgré notre visite de l'an dernier, nous nous surprenons à être anxieux alors que le tirage va commencer...Le monsieur devant nous plaisante avec les deux Rangers, quand l'un d'entre eux indique sur un ton professoral : »At the end of the lottery, if you win, you stay, if not...well, you leave... », avec un grand sourire à la fin de la phrase, faisant immédiatement augmenter le stress dans la salle. S'ensuit l'attribution des numéros correspondants aux inscrits, dans l'ordre de dépôt des inscriptions aux billes numérotée d'un jeu de type bingo, nous héritons du numéro 6, espérons qu'il va nous porter chance. Il nous annonce officiellement d'une voix forte la correspondance des noms avec les numéros .Le remplissage de la machine est un grand moment, faisant retomber la tension pour quelques instants, dire que nos permis dépendent de cette vulgaire boule grillagée ! Très vite, le Ranger actionne la manivelle et fait s'agiter dans tous les sens les petites boules, tandis que beaucoup de gens filment ou photographient la scène. Quelques secondes plus tard il en sort la première, suivi par une cinquantaine de paires d'yeux, le couperet tombe : »number 3 ».Immédiatement, une explosion de joie saisit les 3 couples d'Allemands devant nous avec des cris, des tapes dans le dos, des embrassades .C'est alors que nous comprenons qu'ils ont pris le risque, gagnant cette fois, de constituer un groupe de 6 personnes, à cet instant, ce sont donc 6 permis sur 10 qui viennent d'être attribués, ouh !, ça va être chaud! D'ailleurs tout le monde a la même réaction « number 6 » et se rend compte que...hein?! Il a dit « number 6 »!C'est pas vrai! Mais oui, il cherche le groupe number 6 du regard...C'est nous, c'est nous, nous faisons un signe, il note la validation sur sa feuille. Incroyable! Nous avons gagné pour la deuxième année consécutive, nous avons du mal à y croire...Nous n'avions même pas vu qu'il avait recommencé à faire tourner la boule de bingo ! Notre joie n'a d'égale que la déception de beaucoup de participants, qui à cet instant se raccrochent à l'espoir des deux derniers permis, ce qui signifie que les groupes de plus de deux personnes vont devoir soit se séparer, soit abandonner. »Number 11 », ça y est, un grand sourire, mais sans plus, éclaire le visage de deux jeunes touristes asiatiques au fond de la salle, ils ont la victoire discrète, tandis que le monsieur devant nous n' a plus du tout envie de rire et quitte la pièce presqu'en courant, l'air furieux, suivi lentement par les autres, tous déçus forcément. Certains retenteront leur chance le lendemain, d'autres non, c'est le jeu...C'est ainsi que nous nous retrouvons entre gagnants pour écouter les conseils des Rangers et les conditions météo du lendemain, recevoir l'itinéraire très bien réalisé sur papier, et, bien sûr, régler les 14$ de permis. La tension est complètement retombée et c'est avec une joie non dissimulée que nous écoutons distraitement les Rangers, pensant surtout aux merveilles qui nous attendent le lendemain.
Nous quittons maintenant Kanab pour retourner en direction de Page, nous avons prévu une rando justement dans le secteur de The Wave: Edmaïer's Secret.40 minutes plus tard nous tournons sur la House Rock Valley Road, puis continuons pendant plusieurs miles jusqu'au parking de Buckskin Gulch que nous atteignons sans encombre, la piste étant très roulante, nous avions d'ailleurs pris soin de bien vérifier son état, indiqué clairement sur un tableau au BLM de Kanab.
A 9h45, nous glissons les 12$ de permis dans l'urne placée à cet effet, et nous descendons dans le wash, la rando commence, il fait 80°F(27°C), ça va! Nous sommes dans le wilderness et, une fois sorti de ce lit de rivière à sec facile à suivre, le chemin n'est pas du tout balisé, c'est pourquoi nous jettons souvent un coup d'oeil au GPS intégré à l'iPhone, dans lequel j'avais entré les points principaux.
Nous longeons une clôture lorsque je m'aperçois que nous sommes allés trop loin, il nous faut maintenant revenir par la gauche, par une marche pénible dans ce que j'appelle « la mer de sable ».

Enfin, nous arrivons aux chenilles, l'entrée non officielle d'Edmaïer's Secret. Nous commençons à parcourir cette immense zone de brainrock très spectaculaire et insolite, à la recherche des fameuses dentelles de roches que nous trouvons facilement.

Devant leur extrême fragilité, nous nous demandons comment ont-elles pu se constituer et surtout se conserver.



Nous sommes très vigilants et regardons à deux fois avant de poser les pieds n'importe où et de briser ces petits chef-d'oeuvres naturels.

Plus loin en levant le regard, on aperçoit le massif de The Wave. Nous avisons un surplomb rocheux qui va nous servir d'aire de pique-nique, car encore une fois, il fait chaud, très chaud...Continuant l'exploration, nous découvrons une multitude de formes rocheuses à photographier sous tous les angles.



Tout au long de cette rando, nous n'apercevrons absolument personne, nous arpenterons ce lieu en totale liberté, rien n'est délimité ni imposé, c'est ça le wilderness. Après deux bonnes heures à profiter du site, nous prenons le chemin du retour et, ne voulant pas refaire le même chemin, nous nous éloignons un peu, la trace GPS commençant à dévier sérieusement, nous sommes obligés de couper en grimpant une colline sableuse et abrupte, de redescendre l'autre versant escarpé à souhait, pour finalement nous retrouver...devant la clôture barbelée à bétail! Heureusement en la longeant un peu, nous tombons sur un affaissement du grillage qui nous permet de passer au travers pour rejoindre le gulch de départ. Nous arrivons à 15h15 à la voiture assez fatigués, nous décidons alors de couper court à notre programme et de rentrer tranquillement à Page.
Disons-le tout de suite: nous aimons beaucoup la ville de Page, et nous nous y sentons un peu comme chez nous. Ce n'est pas que la ville est belle, non, car elle ne l'est pas, elle n'a pas beaucoup de charme non plus, pas plus qu'elle ne possède une histoire, encore moins une architecture remarquable. C'est sa situation, sans doute qui y fait: perchée au bord d'un plateau rocheux, elle domine le lac Powell et le barrage, offrant au visiteur même de passage un superbe spectacle au lever ou au coucher du soleil. En prenant un peu de recul, on s'aperçoit aussi qu'elle est la seule agglomération à des dizaines de miles à la ronde, une oasis au milieu du désert d'Arizona, c'est déjà plus valorisant. Et lorsque l'on réfléchit aux merveilles qui nous attendent tout autour, alors là...Pensez donc: Coyote Buttes North and South, la Paria River, la Cottonwood Road, le très vaste Grand Staircase, Antelope Canyon, pour ne citer que les plus emblématiques. On voit à ce moment cette petite ville mal aimée sous un autre angle que sa capacité hôtelière, les plages peu avenantes de la marina, l'étape obligée des tour opérateurs dans leur course effrénée, et on en vient à lui pardonner d'être quelconque, voire à admirer la ruse qu'elle utilise pour cacher sous sa banalité l'extraordinaire profusion de sites naturels tous plus beaux les uns que les autres situés à proximité, et qu'on ne peut évidemment pas découvrir en une après midi. Preuve que le stratagème fonctionne car on entend souvent dire : »Page?Ouais, bof!bof !, en trois heures on a fait le tour, baignade comprise dans le LacPowell et une heure à Upper Antelope, c'est largement suffisant, y'a rien d'autre à faire, vivement Bryce ou Monument Valley ! »
En tout cas nous, nous profitons de la soirée, assis sur notre terrasse, une bière bien fraîche devant nous, à contempler le soleil descendant sur la roche rouge, jouant avec toute la palette des couleurs chaudes, la surface azurée et calme du lac Powell apportant l'équilibre nécessaire au tableau. C'est seulement lorsque la nuit sera complètement tombée, quand les lumières du barrage seront allumées, que les joueurs de golf du Marriott seront rentrés que nous nous décideront à aller nous coucher, savourant le bonheur simple de cette jolie soirée, et, par la même occasion, la journée du lendemain...
Lundi 25 juin 2012 :
Levés avant que le réveil ne sonne à 7h00, nous allons enfin pouvoir profiter du petit-déjeuner gargantuesque du Quality inn! En effet, on peut y déguster des pancakes maison, des œufs brouillés, des pommes de terre sautées avec la fameuse sauce gravy, mais aussi des yaourts, plusieurs sortes de pain, des fruits, des pâtisseries, et tout cela est compris dans le prix de la chambre! Bref, de quoi bien démarrer la journée, ça tombe bien on a une randonnée exceptionnelle qui nous attend et en plus le ciel est tout bleu, ça promet de belles photos à The Wave !
Nous quittons l'hôtel sans nous presser à 8h30, car de toutes façons la meilleure lumière pour apprécier l'endroit arrive entre 11h et 13h. Ainsi, après avoir parcouru sans problème l'US 89 et une partie de la House Rock Valley Road, une fois garés sur le parking de Wire Pass, nous glissons un feuillet de notre permis derrière le pare brise de notre Santa Fe, puis j'accroche l'autre partie à mon sac à dos et nous voilà partis, pas tôt, à 9h45, alors qu'il fait un agréable 86°F(30°C). Nous connaissons déjà le parcours, alors cette fois-ci nous sommes bien décidés à en profiter en essayant de garder le nez en l'air sans trop faire attention à l'itinéraire. Il est vrai que la marche d'approche est aussi très belle, avec une multitude de formations rocheuses très photogéniques pour qui sait regarder autour de lui.


A mi-parcours environ, tandis que nous progressons facilement sur du slickrock, nous croisons...le groupe de 6 Allemands qui étaient assis devant nous au tirage, déjà sur le chemin du retour, il est 10h30 à peine !! Bon, c'est comme ils veulent, c'est vrai que c'est fantastique d'effectuer la marche d'approche et de découvrir le site tôt le matin, ça permet aussi d'éviter le cagnard, mais je ne comprends toujours pas pourquoi tant de gens repartent si vite alors que la vague se trouve dans l'ombre et que la meilleure lumière arrive entre 11h et 13h?!Mystère...
Quoiqu'il en soit, nous sommes nous, très contents d'y être à cette heure « tardive » de la matinée, et de façon égoïste, nous pensons en nous-mêmes que nous allons croiser 6 personnes de moins sur le site à la bonne heure, c'est mieux pour les photos !
Le chemin touche maintenant à sa fin, nous sommes au pied du « mur », la fameuse montée sableuse et très raide que la nature a placé sur le chemin des randonneurs conquérants, dans un ultime effort de protection d'un de ses joyaux. Peine perdue, la promesse de la récompense est trop forte et décuple notre motivation, cependant, cette année nous avons choisi d'affronter la pente différemment: au lieu de l'attaquer courageusement de front à coup de un pas en avant deux pas en arrière dans le sable, nous préférons obliquer à gauche, où le chemin bien que fortement incliné est constitué de slickrock, c'est ainsi que nous atteignons le sommet avec un minimum d'efforts !
Encore quelques mètres à parcourir dans le sable et là...les mots me manquent toujours, ma pauvreté de vocabulaire s'impose à mon esprit alors qu'une émotion intense s'empare de nous à la vue de ces incroyables draperies de roches rouges nuancées, nous laissant redécouvrir toute la palette des couleurs chaudes développées par la conjugaison des forces naturelles et du hasard.(qui a dit que le hasard mène au chaos? ce site est la démonstration éclatante du contraire!).




Ici les superlatifs apparaissent bien pâles pour décrire ce lieu extraordinaire, c'est pourquoi je laisserai parler les photos, bien connues maintenant, et je conseille à tout le monde de tenter sa chance pour y venir car c'est plus qu'un must dans le Southwest...
Une fois entrés dans la vague, nous y flânons avec délectation, explorons le moindre recoin, multipliant les angles de prise de vue, car nous, nous y sommes à la bonne heure et le ciel a eu la bonne idée de revêtir sa plus belle parure azur, contrastant à la perfection avec la couleur de la roche. Apercevant deux autres randonneurs, nous demandons à l'un d'entre eux de nous photographier, ce qu'il accepte avec plaisir. Discutant avec lui, il nous apprend qu'il s'appelle Kimi qu'il est Japonais, et qu'avec un ami étudiant comme lui ils ont entamé un road trip de plusieurs mois sur le continent américain qui va les mener jusqu'au Pérou pour finir par l'Alaska, faisant naître en nous une admiration mêlée d'une forte envie à la pensée de réaliser un projet similaire! L'échange est vraiment très sympa, c'est exactement le genre de rencontres que nous apprécions en voyage et qui nous enrichit mutuellement. Nous quittons Kimi non sans lui avoir indiqué où se trouve second wave, dont il n'avait jamais entendu parler. A présent il est temps pour nous de prendre un encas, nous avisons la seule zone d'ombre du site, juste à l'aplomb de la crevasse dans le massif de Top Rock, nous profitons pour nous asseoir et déguster notre salade restée fraîche à l'abri du sac isotherme.
Cette année nous nous étions aussi promis de développer notre exploration des alentours de la vague, et c'est ce que nous entamons en ce début d'après-midi en nous rendant plus loin, vers second wave. Evidemment, celle-ci n'est pas aussi spectaculaire que la première mais elle reste quand même très photogénique.



Pour la suite, nous nous apercevons à notre grande déception, de l'importance de la préparation dans le détail d'une randonnée: je voulais absolument monter à Top Rock, et, par manque de temps, je n'ai pas pu lire les conseils éclairés de Philippe Schuller pour y accéder. C'est donc en visant Melody Arch que nous nous posons la question du comment y aller (et surtout en redescendre!) à travers le slickrock, sans malheureusement trouver la réponse, sauf à risquer une ascension directe qui me paraît aussi hasardeuse que dangereuse pour un résultat aléatoire...Le fait d'être loin des secours en cas de mauvaise chute (ici, dans le wilderness, une simple entorse peut vite faire évoluer la situation vers la catastrophe en raison de la nature du terrain et de la forte chaleur estivale), me fait revenir à la raison et renoncer à Top Rock...tant pis! La déception est d'autant plus forte que nous ne sommes pas sûr d'y revenir, au vu du véritable barrage qu'est le tirage au sort préalable, nous avons eu deux fois de la chance, pas sûr d'avoir une troisième...
Nous continuons malgré tout en lorgnant vers le bas du massif, vers Sand Cove et Fatali's Boneyard, mais là, le parcours nous paraît labyrinthique et nous préférons ne pas nous y aventurer.
En guise de consolation, nous trouvons des formations rocheuses étonnantes, très belles, et c'est avec un grand plaisir que nous retournons encore une fois, arpenter LA Vague.



A présent il est temps pour nous de prendre le chemin du retour, non sans nous retourner une dernière fois vers ce trésor naturel, une pointe de mélancolie à l'esprit car nous ignorons si nous aurons à nouveau l'occasion d'y revenir: ce n'est pas tant la question du tirage au sort, quoiqu’il soit de plus en plus difficile de par le nombre de participants, mais mon intime conviction me dit que, cela n'engage que moi, au vu de l'érosion de la roche par les chaussures des randonneurs, ce fabuleux endroit deviendra probablement interdit d'accès purement et simplement d'ici à quelques années comme dans un autre registre et pour d'autres raisons la grotte de Lascaux en Dordogne...
Au pied de la dernière colline de brainrock, alors que nous progressons peu aisément à cause de la pente, nous apercevons en contrebas deux marcheurs se dirigeant vers The Wave laissant une certaine distance entre eux. Nous nous apprêtons à les saluer d'un geste de la main lorsque, curieusement, ceux-ci se mettent à descendre plus vite tout en nous regardant, s'éloignant clairement de nous pour continuer leur route bien à l'écart du chemin habituel. En les observant plus attentivement nous comprenons rapidement la raison de leur étrange attitude: nulle part sur leur sac à dos ne figure le permis que nous devons attacher de façon visible et qui nous autorise à randonner ici, ces deux personnes sont donc en infraction et n'ont aucune envie de croiser des Rangers ou bien de faire signaler leur présence par d'autres personnes rencontrées, comme nous par exemple, c'est aussi pour cela sans doute qu'ils sont partis l'après-midi. Bien que nous désapprouvons cette façon de faire, nous n'avons aucune intention d'en parler à quiconque, nous ne sommes pas là pour ça, chacun est libre, prend ses responsabilités et fait selon sa conscience...
Nous arrivons au parking de Wire Pass après une dernière partie de parcours un peu pénible dans le wash sablonneux, assaillis de partout par des bugs voraces dont l'appétit est sans doute renforcé par la chaleur suffocante, il fait en effet 101°F(38°C).Nous arrivons au Quality Inn à 17h40 où nous attend une bonne douche bienfaisante. En plus aujourd'hui c'est l'anniversaire de Liliane, nous avons donc décidé d'aller le fêter au Fiesta Mexicana, un restaurant mexicain à 3 minutes à pied. C'est ainsi qu'à 18h30 (hé oui, les Américains dînent très tôt!), nous nous présentons à l'entrée de la salle où l'on nous fait asseoir en attendant qu'une table se libère. Nous savons que ce restaurant est un peu victime de son succès, prisé des locaux et des touristes. Enfin nous sommes placés et nous pouvons commander, tandis qu'on nous apporte deux Corona bien fraîches accompagnées des traditionnelles chips et leur sauce épicée. La décoration est sympa, mais sans originalité, nous avons tout le temps de l'observer car le service est très long. A la table voisine, le jeune couple assis en est à son troisième bol de sauce épicée lorsqu'enfin on leur apporte leur plat. Une minute plus tard c'est à nous: nous avons attendu, certes, mais pas pour rien: les deux assiettes garnies sont d'une taille monstrueuse, bien présentées, elles mettent en valeur une quantité astronomique de nourriture, excellente d'ailleurs. Le serveur nous lance un « bonne appétite », en Français, bien qu'à aucun moment nous ne lui avions indiqué notre nationalité. Nous avions sérieusement faim, mais nous avons beaucoup de mal à finir nos plats et nous ne voulons pas demander de doggy bag. Pour la forme, car j'adore ça, je prends un dessert que je regrette presque car je n'en peux vraiment plus.
De retour à l'hôtel nous ne tardons pas à nous coucher, sans profiter de notre terrasse, dommage, mais demain, une fois de plus, il faut se lever tôt !
Mardi 26 juin 2012 :
4h30, c'est l'heure à laquelle l'iPhone, dévoué réveil, sonne la charge, c'est l'heure de se lever! Faut être fou pour se lever à des heures pareilles en vacances! Oui mais quand on connaît le programme de la journée, on se dit que ça le vaut bien: en effet, aujourd'hui la journée est consacrée à randonner dans Coyote Buttes South, qui plus est, guidés par un passionné de l'endroit: Steve Dodson. Nous avons rendez-vous avec lui à 6h30, heure d'Arizona, alors il ne faut pas traîner. Nous déjeunons sur notre terrasse de tartines garnies de Philadelphia achetés la veille au Wal-Mart avec un gobelet de café rempli à la machine de l'hôtel disponible 24h sur 24. D'ailleurs j'étais tout seul dans les couloirs pour aller les chercher, à cette heure-ci, il n'y a pas grand monde de réveillé, pas même le réceptionniste. Il fait très doux, et le soleil se lève sur le lac Powell faisant tout rougeoyer autour, nous avons l'impression d'être les seuls témoins de l'aube naissante, car tout autour nous n'entendons aucun bruit.
Vite, les tartines avalées il est temps de prendre la route, toujours la 89 vers le nord, c'est à Paria Outpost, le restaurant des Dodson où nous avons rendez-vous, à 40 minutes de Page, tout à côté de la petite Paria Ranger Station, là où se tenait jusqu'en 2011 le tirage au sort pour The Wave. Alors que nous tournons à gauche sur le parking, nous apercevons Steve occupé à nettoyer consciencieusement les vitres de son GMC Suburban. Les présentations faites, il nous indique que nous partirons sitôt les formalités de permis bouclées avec Susan son épouse. Elle nous attend dans le restaurant, désert, nous accueille chaleureusement, et nous explique, carte à l'appui, la géologie du lieu que nous allons explorer aujourd'hui, tout en vérifiant nos permis. Enfin elle nous donne notre pique-nique préparé par ses soins et nous souhaite une très bonne journée toujours avec un immense sourire.
Voilà, nous embarquons à présent dans le 4X4, celui-ci bondit sur la 89, nous voilà partis pour une journée mémorable...Quelques minutes plus tard, Steve calme les ardeurs de son V8 sur la House Rock Valley Road, très roulante mais limitée légalement à 30 mph. Dans la voiture l'ambiance est très sympa, nous écoutons activement notre guide nous parler de la région et des sites que nous allons visiter. Nous sommes partis depuis une bonne demi-heure et nous venons juste de laisser sur notre droite le primitive campground de Wire Pass quand soudain juste devant nous sur la piste apparaissent un jeune homme et une jeune femme faisant de grands signes avec leurs bras pour arrêter notre voiture. Steve stoppe à leur hauteur, ils se précipitent vers nous en demandant de l'eau, l'air exténués presqu'en état de choc. Nous leur donnons des bouteilles qu'ils engloutissent en quelques secondes avant de nous faire part de leur mésaventure. L'eau les requinque de suite et ils nous racontent alors qu'hier en fin d'après-midi ils se sont ensablés avec leur véhicule quelque part sur la piste sableuse de White Pocket, puis ils ont tenté cinq heures durant de dégager leur voiture avec les moyens du bord, c'est-à-dire leurs mains et deux, trois morceaux de bois trouvés alentour, enfin, devant le peu de succès de leurs tentatives, ils se sont décidés à faire le chemin à pied en sens inverse, à la nuit tombée, avec le peu d'eau qu'ils avaient et pour seule nourriture une boîte de fruits secs Planter's (nous avons la même dans la voiture). Inutile de préciser qu'ils ont essayé de composer le 911 sur leur portable, mais qu'il ne captait aucun réseau. Intérieurement je me dis que c'est un peu la folie ce qu'ils ont fait, quand on voit où se trouve White Pocket, ils ont marché toute la nuit presque sans eau, mais quoi faire d'autre? Ils n'étaient même pas sûrs de compter voir un véhicule passer aujourd'hui...
Ils nous demandent alors de les amener à la station-service la plus proche afin de trouver une dépanneuse. Problème:il faut aller jusqu'à Kanab ou Big Water de l'autre côté, ça représente au bas mot 1h30 de route. Steve les fait monter et leur indique, après s'être enquis de leur état physique, qu'on peut les remonter jusqu'à l'embranchement avec la 89 de là où ils pourront trouver une voiture ou bien composer le 911.Nous faisons alors demi-tour, et Steve donne le ton: il écrase la pédale d'accélérateur, le puissant V8 rugit et dans un patinage de pneus nous fait presque décoller alors que nous atteignons la vitesse de 60 mph, soit deux fois la vitesse autorisée, juste avant le premier virage devant lequel il pile pour remettre la gomme au point de corde, et c'est reparti, on se croirait sur un rallye, à ceci près que je n'ai rien d'un Daniel Elena, et assis à la place passager, je me contente de faire confiance au conducteur, sa maîtrise du véhicule me faisant penser que j'ai raison. La suite c'est une succession de virages passés à la limite de l'adhérence des pneus, des accélérations décoiffantes sur les parties roulantes, des pointes à 70 mph, des nuages de poussière jetés sur les deux ou trois voitures croisées, le tout secoués comme dans un shaker, pour enfin arriver seulement 15 minutes plus tard à la sortie de la piste où nous déposerons nos deux infortunés après leur avoir donné encore de l'eau et nous être assurés qu'ils vont aussi bien que possible. En retournant sur la House Rock Valley Road, je vois dans mon rétroviseur qu'ils sont déjà montés à bord d'une voiture qui les déposera à la prochaine station-service. Je le signale à Steve qui paraît rassuré mais qui me répond que cette histoire va leur coûter cher: faire venir une dépanneuse là où est bloquée leur voiture, loin sur une piste de sable profond, va leur revenir à plusieurs milliers de dollars, en effet, ça fait cher les vacances. Cette petite péripétie renforce en nous l'idée de louer les services d'un outfitter plutôt que de chercher à venir sur ces pistes difficiles avec nos belles voitures de location qui n'ont de 4X4 que le nom. Nous continuons sur la HRVR et bifurquons ensuite vers le chemin qui va nous mener à notre premier arrêt de la journée: Cottonwood Cove. En sortant de la voiture, Steve nous donne à chacun...des ombrelles!!Nous sourions, et devant son insistance, nous les prenons, il nous explique très sérieusement que nous en aurons bien besoin! On verra !
Nous commençons à marcher tous les deux derrière lui en file indienne sur un chemin sableux. A force d'être griffés aux mollets par les plantes sur les côtés, nous comprenons pourquoi Steve porte un jean alors que la chaleur se fait déjà bien sentir. Au bout d'un quart d'heure nous sommes arrivés à Cottonwood Cove, que nous commençons tout de suite à arpenter. Ici aussi la nature s'est donné du mal pour nous faire contempler ces trésors minéraux. Encore une fois, je renonce à les décrire et je laisse parler les photos.










Tout au long du chemin Steve nous fait découvrir des formations rocheuses remarquables, dont Third Wave, ainsi qu'une authentique pointe de flèche qu'il cache soigneusement, jusqu'à même des empreintes de dinosaure. Nous sommes ravis, nous allons à notre rythme, Steve sait se faire discret , il ne nous impose rien, il nous répète sans arrêt de prendre notre temps pour faire toutes les photos que l'on veut...Le soleil est toujours avec nous et le ciel a gardé sa belle couleur bleue, tout va bien...
Au retour, Steve nous sort deux chaises pliantes de pique-nique, nous nous installons sous un arbre pour déjeuner, alors qu'il discute avec un jeune outfitter de Kanab qui vient d'arriver avec ses clients.
Nous reprenons ensuite la piste pour nous rendre à White Pocket, et Steve nous révèle qu'il n'a jamais vu une telle profondeur de sable sur cette voie, dûe à l'absence de pluie depuis de longues semaines, et rendant délicat et dangereux un passage par des gens inexpérimentés. C'est alors qu'il nous explique comment conduire dans le sable :le secret c'est de ne JAMAIS s'arrêter (if you stop, you get stuck!), de bien accélérer et enfin de donner de brefs mais énergiques coups de volant alternativement à gauche et à droite, comme pour zigzaguer et ça passe! Et si ça ne passe pas, ben il faut sortir la pelle (si on en a une!) et utiliser le bois qu'on peut trouver sur le bas-côté !Tout le long de la route d'ailleurs, nous verrons des traces de désensablement, jusqu'à celui que nous attendions, la dépanneuse a dû venir chercher la voiture de nos deux malchanceux du matin, il y a des traces de manœuvre partout dont celles d'un gros véhicule.
Il faut à peine 5 minutes de marche une fois garés sur le parking, pour atteindre le site de White Pocket. Comme son nom l'indique c'est un massif de roche très blanche, parsemée ça et là d'étendues plus ou moins vaste de roche rouge. Encore un travail extraordinaire de la nature, nous ne sommes qu'à quelques miles de Cottonwood Cove, pourtant ici le paysage est très différent.



Après une heure passée à arpenter le site dans tous les sens (nous avons fini par utiliser les ombrelles de Steve tant le soleil tape fort, sans un coin d'ombre!), nous repartons par une piste différente. A bord de son 4X4 Steve conduit très cool et nous raconte sa jeunesse au Texas, puis son installation dans l'Utah, passionné de randonnée notamment dans le Grand Staircase, son métier d'outfitter, et même ses opinions politiques car il nous révèle pour qui il va voter en Novembre prochain! Nous passons un très bon moment à échanger avec lui, il est très sympa et très intéressant. Il nous donne également une foule de conseils sur les randos que nous avions prévu de faire et d'autres encore, enfin il nous recommande de parcourir la piste de Old Paria au sunset, les couleurs de la roche sont magnifiques, même si le décor de cinéma qui en constituait l'attraction a été incendié en 2006.
Et c'est ainsi que nous roulons déjà sur la 89 et quelques minutes plus tard, il nous dépose à notre véhicule à Paria Outpost. Nous avons passé une superbe journée en sa compagnie, nous tenons à le remercier chaleureusement.
Après avoir pris congé, nous tenons à visiter, à quelques minutes de là, Catstairs Canyon, petit canyon au bord de la route, où sont inscrits quelques pétroglyphes sur ses parois, ainsi qu'un empilement de vieilles voitures pratiquement sous la route, étonnant !

Enfin vient le moment de rentrer à Page, il est 17h30, et une heure plus tard, nous nous rendons à pied au Taco Bell (ça faisait longtemps!), où nous engloutissons un XXL Burrito accompagné d'un grand gobelet de coca bien frais, en profitant du free-refill offert. Oui, c'est sûr, ce n'est pas de la nourriture fine ni light, mais ça fait partie du trip, et qu'est ce que ça fait du bien après une journée comme celle-là!! Au retour à l'hôtel il fait encore 103°F(39,5°C), alors nous nous installons tranquillement sur notre terrasse, la boîte de cacahuètes à portée de main, tout en nous remémorant les lieux visités aujourd'hui, le bonheur je vous dis !
Mercredi 27 juin 2012 :
C'est aujourd'hui que nous quittons Page, et même si nous allons encore découvrir de belles choses, nous avons du mal à rassembler nos affaires pour aller au check-out, nous nous sentions tellement bien ici. Nous décollons à 10h seulement, dû à un problème de tarif de chambre à régler au lobby, ainsi que quelques courses au Wal-Mart et le plein d'essence. Nous prenons toujours la même route, la 89 North, mais cette fois, après environ 30 minutes de trajet, nous tournons à droite dans la Cottonwood Canyon Road dont nous avions pris soin de regarder à Kanab dimanche son état qui était indiqué praticable pour un véhicule tel que le nôtre. Les premiers miles sont plutôt quelconques, les alentours sont tout gris mais ça roule très bien, et une demi-heure plus tard nous rangeons notre voiture sur le côté, au départ de la rando vers Yellow Rock. Nous devons d'abord traverser un bosquet assez dense de Cottonwood, sans vraiment de repère, ni de sentier balisé, puis c'est le large lit de la rivière, heureusement à sec, pour nous retrouver enfin au pied de la fameuse pente à 100% qu'il faut gravir. Vu d'en bas, on se demande vraiment si c'est raisonnable d'essayer, d'autant que le sentier, qui paraît presque vertical, est constitué de loose rock, en gros, des éboulis instables! Qu'à cela ne tienne on est là pour ça alors on y va, et on a raison, car les apparences sont trompeuses et la progression en lacets est relativement facile, nous prenons rapidement de la hauteur. Arrivés à une sorte de col nous soufflons, un peu désappointés, car nous nous croyions au sommet, mais non, il faut encore monter un peu, mais la pente se fait maintenant moins rude. Voilà nous avons repéré les « plaques de stégosaures » (merci encore OuestUSA.fr!), qu'il nous faudra prendre en repère pour la descente, et levant les yeux vers l'horizon, Yellow Rock s'impose à nous là, tout près. Extraordinaire: alors que notre environnement faisait dans les teintes grises tout au long de la montée, voici maintenant qu'apparaît devant nous cette immense masse d'un jaune franc nuancée quand même par quelques couleurs tirant sur le blanc ou le rose! Il nous faut un petit quart d'heure pour en rejoindre les bords, et encore un autre quart d'heure pour en atteindre le sommet, ralentis par un vent très fort qui nous oblige à nous courber et à bien serrer tout ce que nous avons en main. Tout là-haut, la vue à 360° nous permet d'observer loin vers le sud les massifs des Coyote Buttes, et à l'opposé, Castle Rock, un vrai château-fort naturel. Mais l'intérêt du lieu se révèle vraiment lorsqu'on le parcourt dans tous les sens à la recherche de toutes les variations de couleurs qu'offre cet endroit insolite: ici une zébrure de mauve dans une étendue jaune, là des stries oranges parallèles, etc...C'est un vrai jeu, et ça nous plaît énormément!




Dommage que nous ne puissions pas y rester jusqu'au sunset, car une heure plus tard, nous devons entamer la descente, que nous achevons sans aucun problème, malgré nos craintes de chute dans la pente. Nous repartons vers le nord, nous arrêtant au passage à Candyland, là où le paysage se transforme et fait place à la roche rouge, puis nous nous dirigeons vers Grosvenor Arch, où un parcours est aménagé pour se rendre juste au pied de cette arche particulière, mais ce n'est pas la plus photogénique qu'il nous ait été donné de voir.


Nous savons que nous sommes presque à la fin de la piste et nous sommes en train d'estimer le temps qu'il...tiens, qu'est-ce qu'il y a devant nous en travers de la route?!De l'eau??!!Il y a un wash rempli d'eau qui traverse la piste une centaine de mètres plus loin!!ça, c'était pas prévu! En nous approchant, nous constatons effectivement, que l'eau nous barre la route et qu'il va falloir ou traverser, ou faire demi-tour et refaire tout le trajet en sens inverse plus un immense détour pour rejoindre Escalante. La piste forme une fourche sur quelques mètres à partir de cet endroit, nous allons voir et le passage paraît plus facile de ce côté. Bon, il faut tenter, ça devrait le faire! Guidé par Liliane à l'extérieur, j'engage les roues côté droit sur une petite butte de terre, j'enclenche le système AWD (plus pour me rassurer, d'ailleurs!), et j'y vais, la voiture se retrouve un instant sur trois roues du fait de la déclivité, les roues gauches entrent dans l'eau...et ça passe, facilement, ouf! L'eau était très peu profonde à cet endroit, heureusement, donc, nous voilà sur l'autre rive de ce petit wash, soulagés de ne pas avoir à faire demi-tour !
A peine remontés en voiture, notre enthousiasme se ternit d'un seul coup sur cette réflexion:s'il y a de l'eau ici qui vient de l'Est, sur la Cottonwood, alors qu'en est-il de la Hole in the Rock Road, à notre programme exclusif pour le lendemain!!Catastrophe, c'est toute notre journée qui risque de tomber...à l'eau! Et ça ne nous fait pas trop rire car la HITRR faisait partie de nos highlights avec les slots canyons de Spooky, Peekaboo, Dry Fork, Devil's Garden, Sunset Arch, Dance Hall Rock...Pire, géographiquement, c'est le point le plus au Nord-Est de notre trip, donc nous irions à Escalante pour rien! Vite, nous partons rapidement car nous voulons en avoir le cœur net, les quelques miles jusqu'à Cannonville sont un supplice et en plus lorsque nous y arrivons, le bureau des Rangers vient de fermer. Je cours vers le local et là je tombe juste sur l'employée qui repars, et qui m'accueille malgré tout avec le sourire et un « may I help you » très avenant.J e lui pose alors LA question qui nous torture depuis une demi-heure, désignant notre voiture : "Will our car be able to drive us safely on the HITRR regarding tomorrow's road conditions ? »Immédiatement son regard parle avant sa voix: j'y lis de l'empathie teintée d'une grande déception, sa réponse est tranchante, sans appel :»Oh, no, the HITRR is...miserable, very rough and with a lot of dash boards, I'm sorry » Bouh, le coup de massue! Je reste quelques instants à lui parler, puis je la remercie avant de revenir annoncer la mauvaise nouvelle à Liliane. Que faire maintenant? Après quelques instants de réflexion, nous décidons quand même de rouler vers Escalante, prendre notre chambre d'hôtel au Circle D et d'aviser une fois sur place. Le temps de faire le trajet, nous tournons et retournons la situation dans tous les sens: nous avions prévu deux nuits à Escalante pour visiter la HITRR, et vendredi nous devons être à Zion, c'est-à-dire à l'opposé! Pas question donc de pousser jusqu'à Capitol Reef voire plus loin. Une évidence s'impose alors à nous, nous allons annuler la seconde nuit au Circle D, après on verra. Nous faisons quand même une halte au Visitor Center d'Escalante, où un employé croisé sur le parking nous déconseille vivement de nous aventurer sur la piste surtout avec notre voiture de location, confirmant ainsi les dires de la dame de Cannonville: là il n'y a plus d'espoir !
A la réception de l'hôtel, le préposé accepte sans trop rechigner à nous annuler la seconde nuit sans frais, il va même jusqu'à se faire confirmer l'état de la HITRR auprès d'un outfitter local, troisième avis négatif. Commerçant accompli, il nous propose alors une excursion accompagnée par cet outfitter, que nous refusons poliment.
A peine installé dans la chambre, c'est le branle-bas de combat: nous étalons sur le lit toutes nos cartes, le netbook et l'iPhone connectés au Wifi de l'hôtel, nous recherchons frénétiquement une solution de secours, le fameux plan B! Une demi-heure plus tard, après beaucoup d'impasses et de « ça vaut pas le coup », nous avons trouvé quoi faire et le sourire revient même si le plan B n'est pas idéal: nous allons refaire la randonnée de Cathedral Wash (que j'avais adoré en 2010 et que Liliane avait eu le regret de ne pas finir)! C'est un peu fou quand même car ça fait redescendre vers le nord de l'Arizona, 200 miles et presque 5 heures de route au bas mot, mais c'est ce qu'on a trouvé de mieux. Aussitôt dit aussitôt fait, nous réservons en ligne pour le lendemain soir une chambre au Victorian Inn à Kanab, ce qui nous rapproche en plus de Zion, allons tout s'arrange (ou presque) !
Très fatigués par la tension de la fin de journée, aussi sans doute et par le rythme de notre trip, nous avalons un dîner frugal dans la chambre, fait de sandwichs à la viande et au fromage, puis nous allons nous coucher sans même aller nous balader à l'extérieur.
Jeudi 28 juin 2012 :
Nous voilà debout à 5h heure de l'Arizona, avec la route qu'on a à parcourir, c'était nécessaire! A 6h15 nous déposons la clé dans la boîte prévue à cet effet, et c'est parti, nous roulons à présent en sens inverse de la veille, à la limite voire un peu au-dessus de la vitesse réglementaire, il fait très beau, c'est déjà ça !
La route n'est pas déplaisante, nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur, bien résolus à passer une excellente journée malgré la déception de la veille. A Kanab nous achetons notre pique-nique du midi dans le petit supermarché, nous traçons en direction de Fredonia, revoilà l'Arizona, la température monte sérieusement, enfin, après 4h30 de conduite, nous rangeons sagement notre Santa Fe au bord de la route sur le tout petit parking attenant au trailhead de Cathedral Wash, il fait 103°F(39°C), pas fâchés d'y être !

Il est 10h40, nous chargeons nos sacs à dos, traversons la route pour nous engager dans le wash, très contents et motivés, l'enthousiasme est revenu. La rando se passe à merveille, nous prenons beaucoup de plaisir à monter et descendre les parois pour trouver notre chemin (gardant à l'esprit la mésaventure de Jacqueline et ses enfants, faisant face à un flash flood l'an dernier), et 1h30 plus tard c'est le Colorado et sa fraîcheur bienvenue qui s'offre à nous. Ravis, nous commençons à assembler nos sandwichs les pieds dans l'eau, puis nous mangeons tranquillement tandis que deux immenses rafts passent devant nous dont les occupants nous saluent tous, nous leur rendons, bien sûr, la pareille !


Nous restons là, au bord de l'eau, seuls, nous n'avons pas trop envie de partir. Enfin, il le faut bien, et nous quittons la fraîcheur relative du fleuve pour remonter dans le wash. Le retour est bien plus difficile que l'aller, nous avons un peu de mal, heureusement qu'il y a l'ombre des parois du canyon pour nous faciliter la marche, c'est ainsi qu'à 14h30 nous rejoignons notre voiture, après avoir croisé seulement deux personnes, nous sommes en nage, normal, le thermomètre de notre SUV nous indique 111°F(44°C) après avoir roulé un peu !

Nous avions convenu de repasser par Page pour pouvoir emprunter plus loin la route de Old Paria, et, bien que ce soit la quatrième année où nous séjournions dans la ville, nous n'avons encore jamais rendu visite au Visitor Center du barrage! Aussitôt dit aussitôt fait, après un petit arrêt au Wal-Mart, nous nous rendons au Glen Canyon Dam Visitor Center, où nous prenons connaissance de l'histoire de la construction du barrage, exposition intéressante, au moins autant que la vue est impressionnante sur le barrage lui-même à travers une immense baie vitrée.
Le soleil commence à décliner au moment où nous démarrons sur la 89, une fois de plus. Il nous faut quand même presqu'une heure pour rejoindre l'embranchement de la piste de Old Paria. Nous avons prévu d'y faire un aller-retour, même si les décors de cinéma ne sont plus là. La piste est très roulante, et assez vite elle se met à grimper, c'est alors que le décor se révèle en une incroyable palette de couleurs mises en valeur par la lumière rasante du soleil.




Plus loin, nous sommes surpris de voir au bord de la piste, un petit cimetière de pionniers dont les stèles indiquent que ces gens vivaient ici à la fin du XIXème siècle, un écriteau leur rend d'ailleurs hommage, rappelant au passage l'extrême difficulté pour une communauté à s'installer dans une nature aride et hostile : »They had a hard life but they were harder people », respect...

La fin de la piste ne nous apporte pas grand-chose de plus, à présent c'est du sable sur lequel nous roulons, et nous n'insistons pas car ce n'est pas le moment de rester « stuck » dans un endroit si isolé, nous faisons demi-tour pour repasser devant les splendides collines, éclairées encore différemment maintenant.
Il ne nous reste plus qu'à tracer jusqu'à Kanab, car il ne faut pas oublier que nous allons y perdre 1h de par le décalage horaire existant entre les deux états voisins. C'est donc à 20h15 environ que nous nous présentons au check-in au Victorian Inn, poussiéreux au possible, sales à force de randonner dans la roche rouge, nous avons vraiment l'impression de faire tâche au milieu des boiseries impeccablement entretenues, foulant les tapis moelleux avec nos chaussures de randonnées. Nous sommes accueillis comme d'habitude avec le sourire et un sens du service qui laisse rêveur. Comme son nom l'indique, le Victorian est décoré dans l'esprit victorien, très élégamment dans ce style si particulier qui nous fait sourire et en même temps, forcer l'admiration des propriétaires qui présentent un hôtel extrêmement bien tenu et d'un rapport qualité-prix imbattable.

Devant une petite bière bien fraîche que nous avons eu beaucoup de mal à trouver (nous sommes chez les Mormons ne l'oublions pas!), nous avons disposé quelques fruits secs pour prendre l'apéro tranquillement dans la chambre en faisant le bilan de cette journée bien mal engagée hier soir, et qui, au final nous a enchantés, malgré les 200 miles de ce matin. Nous prenons plaisir à déguster ensuite nos bonnes salades du Wal-Mart, avant d'aller nous coucher, fourbus, car demain il y a encore du pain sur la planche avec une rando extraordinaire au programme.
Vendredi 29 juin 2012 :
Levés à 6h30, nous nous dirigeons rapidement vers la salle, somptueuse, où est servi le petit-déjeuner, très copieux: au menu, omelettes maison, pains, viennoiseries, toutes sortes de confitures, waffles, yaourts, ...excellent pour démarrer la journée. Nous osons à peine nous asseoir tant la table et les meubles alentours paraissent briqués, la moindre poussière chassée impitoyablement. Nous déjeunons tranquillement sous l'oeil bienfaiteur de la propriétaire de l'hôtel qui met un point d'honneur à remplir à nouveau rapidement chaque plat dans lesquels les clients se servent allègrement. Enfin à 8h, un rapide check out et nous sautons en voiture, direction Zion National Park. A quelques miles au nord de Kanab, nous ralentissons prudemment à l'approche du carrefour de Mount Carmel Junction, car hier, le shériff veillait dans sa voiture au bord de la route. Tiens, il est toujours là d'ailleurs... C'est bizarre sa voiture est toute poussiéreuse, il n'a quand même pas passé la nuit sur place...A moins que... Mais oui, c'est ça, au moment où nous passons devant lui, nous scrutons minutieusement l'intérieur de la voiture et nous remarquons alors assis derrière le volant...un mannequin!! Oui, un mannequin habillé de l'uniforme du shériff, avec le chapeau et tout et tout! C'est pour ça qu'il n'a même pas ouvert ses vitres, il n'a pas besoin, un mannequin se moque de la chaleur! Bien joué! ça nous fait bien rire pendant plusieurs miles !
Très vite nous atteignons le panneau puis un peu plus loin, la guérite des Rangers qui indiquent notre entrée dans le parc de Zion. La suite de la route est toujours aussi belle: celle-ci se colore d'abord en un joli bordeaux, comme pour faire honneur à la roche rouge du parc, démarre à Checkboard Mesa, tourne et vire, hésite, contourne un relief, plonge franchement dans des tunnels, enfin elle trouve son rythme et nous amène en lacets, au fil des miles, tout au fond du canyon, où, telle une rivière, elle s'assagit pour nous faire doucement entrer sur les grandes aires de stationnement autour du Visitor Center à l'entrée de Springdale. Nous nous garons alors sans difficulté, et, après avoir chargé les sacs à dos, vérifié la check-list, nous marchons d'un pas décidé vers l'arrêt de la navette, véhicule obligatoire pour se rendre dans Zion Canyon. La route suit la Virgin River, enfin, à l'arrêt indiqué « The Grotto », nous descendons. Oui, car c'est ici le départ de la plus fameuse rando de Zion, celle pour laquelle nous sommes ici cette année: Angel's Landing. D'ailleurs on l'aperçoit tout là-haut, cette « piste de l'ange », on aurait pu l'appeler aussi le nid d'aigle, la fin de cet étroit éperon rocheux aux parois verticales bordé des deux côtés par un abîme de 500 mètres. Allez c'est parti, nous réenfilons nos sacs à dos et nous traversons la rivière à grandes enjambées sur le petit pont de bois. Un panneau avertisseur nous arrête : »Your safety is your responsability ».S'ensuit un texte indiquant les risques de chute non négligeables de cette rando, rappelant que six personnes sont décédées ici depuis 2004. C'est aussi ce que nous apprécions dans ce pays:chacun est libre de ses choix, dans une certaine mesure, il ne faut pas être naïf, et doit les assumer jusqu'au bout en connaissance de cause.

Nous laissons derrière nous le panneau, c'est peu après que le chemin commence à grimper, avec toutefois, un très bon revêtement et une largeur confortable. Nous sommes partis à 9h45, c'est-à-dire pas vraiment tôt, c'est pourquoi nous croisons déjà pas mal de gens qui redescendent du sommet. Il fait déjà chaud et nous apprécions de voir le chemin coller à la paroi du canyon pour nous offrir un peu d'ombre. Nous avons un bon rythme, nous sommes seulement dépassés par un couple de sportifs qui marchent comme s'ils avaient un record à faire tomber! Une demi-heure plus tard le sentier redevient horizontal et s'engage dans une faille perpendiculaire à Zion Canyon: c'est Refrigerator Canyon, le bien-nommé. Il y fait frais, nous sommes complètement à l'ombre et la marche y est vraiment aisée, ce qui constitue un bon intermède avant d'attaquer les « switchbacks » qui nous attendent un peu plus loin. Les lacets arrivent sans prévenir, il faut y aller mais ils sont plus impressionnants que difficiles, c'est ainsi qu'un peu plus d'une heure plus tard nous atteignons Scout Outlook, un confortable point de vue sur le canyon et sur la fameuse crête qui mène au top d''Angel's Landing.


Il y a beaucoup de monde ici, la plupart font une pause avant ou après la dernière partie de la rando, certains descendent du West Rim Trail. Nous en sommes à admirer la vue, magnifique, sur le canyon lorsqu'un groupe d'ados fait halte à côté de nous. Immédiatement, deux jeunes s'en détachent et se mettent à poursuivre d'innocents chipmunks occupés à chercher des restes de pique-nique. N'en ayant sans doute pas assez, l'un deux brandit soudain une pierre et la jette vers le petit rongeur immobile au moment où nous crions : »Nooooooo !! ». Trop tard: le caillou le frappe de côté, il est couché et ne bouge plus. Nous protestons vigoureusement, attirant l'attention de tous les gens présents. Quelqu'un crie : »Why ? »Les sportifs qui nous ont dépassés plus bas ont aussi vu le geste, la dame se met à incendier copieusement le gamin qui ne sait plus quelle attitude adopter devant une réaction violente qu'il n'avait pas prévu. Un jeune homme s'en mêle si bien que nous sommes quatre à essayer de lui faire comprendre sans aucune diplomatie que son geste était celui d'un parfait abruti. Pendant ce temps le compagnon de la dame saisit le chipmunk et lui verse de l'eau sur le corps, celui-ci se met alors à bouger, il n'est peut-être que sonné, car une fois par terre, il se déplace lentement. L'ado a maintenant la mine déconfite et l'air complètement crétin de quelqu'un d'irresponsable, qui commence à prendre conscience de son geste idiot, tandis que son copain tente de donner le change en ricanant discrètement, veillant quand même à ne pas rester près de l'auteur du coup des fois que ça lui rapporte une volée de bois vert. Nous sommes furieux et notre colère ne s'apaise pas: je cherche un responsable parmi le groupe et je n'en trouve pas, je pensais en avertir le Ranger plus loin, j'espérais qu'il les ferait redescendre dans la vallée sans aller jusqu'au bout de la rando, ça leur ferait une bonne leçon. Peine perdue, le groupe est maintenant complètement dispersé et le Ranger très sollicité, dommage! Venir se ballader dans un endroit si beau, en pleine nature, et la première chose qu'il fait c'est de tenter de tuer un petit animal qui ne lui a fait aucun mal.Grrrr! Nous retrouvons notre calme, l'endroit est si propice à la contemplation, en nous disant qu'il a peut-être compris la leçon, du reste.

Il est maintenant temps pour moi d'entamer la dernière partie de la rando, la plus impressionnante sur la fameuse crête, Liliane ayant décidé de m'attendre ici à Scout Outlook. Allez, c'est parti, mes premiers pas se posent sur du slickrock et très vite je me retrouve à m'aider des chaînes placées sur le côté pour aider les marcheurs et leur offrir une certaine sécurité. Pour l'instant ça se passe bien, je veille à ne pas trop regarder l'abîme à ma droite. Au fur et à mesure de ma progression le sentier se fait plus abrupt, il faut grimper rocher après rocher, utiliser les chaînes, attraper les branches des rares arbres établis dans la roche sans oublier de laisser passer les gens qui redescendent, toujours avec le vide à proximité, qui guette le moindre faux pas. Un quart d'heure après le départ, toute appréhension m'a quitté, je prends énormément de plaisir à progresser sur la sente étroite, le parcours n'est pas uniforme il alterne entre raidillons et petites aires planes où l'on profite d'une vue fantastique sur Zion Canyon, je me régale! Un peu plus tard, le chemin se stabilise et continue à plat, cette fois avec le vide de chaque côté. Devant moi un jeune randonneur marche à quatre pattes, l'air peu rassuré. Au moment de le dépasser mon pied dérape de quelques centimètres, cela suffit à mon prédécesseur pour se retourner nerveusement croyant que son suiveur avait chuté! Je laisse maintenant sur ma droite un monticule rocheux qui me fait penser à un chorten tibétain, et devant moi, tout le monde est arrêté, je comprends vite pourquoi: c'est la fin de la rando, l'ultime plateforme, c'est Angel's Landing, on ne peut pas aller plus loin et j'y suis, whaoouuhhh ! La vue sur le Canyon est vertigineuse, comme promis, une petite brise bien agréable nous rafraîchit relativement, nous sommes une quinzaine de randonneurs maintenant en train de profiter de l'instant...

Quelques minutes plus tard, après une bonne séance photo, nous sommes quelques-uns à reprendre le chemin du retour en même temps. Grisé par la montée, je décide de descendre à un rythme assez soutenu et très vite je laisse derrière moi mes corandonneurs qui cheminent plus lentement. C'est ainsi que, camescope dans la main droite (oui, la GoPro aurait été idéale!), ma main gauche pour attraper les chaînes et les aspérités de la roche, j'accélère l'allure, je bondis d'un rocher à l'autre, non sans m'arrêter quand même pour laisser passer les gens qui montent, parfois fébrilement, les encourager, ou pour admirer la vue lorsque c'est possible. Certainement plus confiant qu'à l'aller, je n'éprouve aucune difficulté lors de la descente, je me permets de tutoyer le vide en regardant en bas.


Une demi-heure après avoir quitté le sommet, je rejoins Liliane qui est restée m'attendre à Scout Outlook, enchanté par cette superbe randonnée.
A présent, pour nous c'est l'heure du pique-nique, nous nous installons tranquillement près d'un groupe de lycéens sur un grand rocher à l'ombre pour une pause bienvenue, car le soleil de l'Utah tape toujours fort en ce tout début d'après-midi. Nous apprécions d'autant la fraîcheur de nos salades achetées à Kanab, restées à l'abri du sac isotherme et dégustées avec un grand plaisir, tout en échangeant sur le parcours que je viens de faire: je ne suis pas sûr de savoir ce qu'est le bonheur mais je pense que ça doit ressembler un peu à ça !

Le repas terminé, nous entamons la descente, et, au sortir de Refrigerator Canyon nous retrouvons le soleil qui, maintenant, darde férocement ses rayons sur le versant que nous nous apprêtons à descendre, alors que ce matin il était parfaitement à l'ombre ce qui nous a permis de grimper sans trop de diffficulté. D'ailleurs les visages souffrants des randonneurs qui montent en disent long sur la chaleur éprouvante de cet après-midi, pas de doute, Angel's Landing est une rando à faire à la fraîche! Nous n'avons pas ce problème, nous descendons facilement, et après avoir franchi le petit pont sur la Virgin River, nous retrouvons de l'ombre à l'arrêt de bus The Grotto. Il n'y a plus qu'à attendre la navette dans laquelle nous nous engouffrons. Pendant le temps de trajet jusqu'au parking du visitor center, je me remémore cette rando: dans mon esprit, après tout ce que j'en avais lu, je m'imaginais quelque chose de vraiment vertigineux, à la limite de l'escalade(que je ne pratique pas!) tel la scène dans le film Avatar de Cameron, lorsque le personnage principal pars à la recherche de sa monture ailée sur une crête aiguisée comme une lame de rasoir bordée des deux côtés par un vide abyssal: il n'en est rien, la ballade n'est pas, certes à la portée de tout le monde, mais elle se fait bien il suffit d'être prudent, ne pas se laisser impressionner et l'on y arrive sans problème et avec quel plaisir, c'est simple, je l'ai A-DO-REE !!
Après un bref passage au visitor center bondé, nous montons en voiture et, juste après la sortie du parc, nous marquons un petit arrêt à Springdale j'ai envie en effet d'acheter un tee-shirt avec l'inscription : »I hiked Angel's Landing ».
La température est maintenant de 101°F(38°C) lorsque nous quittons Springdale pour rejoindre l'Interstate 15 South qui déroule son ruban asphalté brûlant en direction de Las Vegas. Nous connaissons bien cette route pour l'avoir déjà empruntée plusieurs fois mais nous ne l'apprécions guère: elle est monotone, viroleuse par moments et elle traverse des paysages d'une aridité qui les rend si inhospitaliers qu'ils pourraient, par comparaison, faire passer la planète Mars pour une oasis de fraîcheur remplie de vie !
Au droit de Mesquite, peu après le panneau indiquant notre entrée dans le Nevada, nous apercevons les premiers hotels-casinos, immenses, qui donnent un petit avant-goût de ce qui nous attend demain dans la capitale de l'état. Pour le moment nous filons à 75mph vers le sud, et assez vite nous quittons l'Interstate pour nous engager sur la route qui mène à la petite ville d'Overton où nous nous garons à 16h30 sur le parking de notre hôtel, le North Shore Inn. Si à Springdale il faisait très chaud, ici c'est la fournaise qui nous accueille dès que nous sortons de notre voiture climatisée: il fait 110°F(43°C), le vent torride du désert nous dessèche instantanément tandis que les rayons du soleil nous brûlent sans pitié. Ouf, le check-in nous permet de nous sentir mieux bien aidé en cela par l'accueil très sympathique et chaleureux des propriétaires de l'hôtel. Le plus incroyable c'est que nous n'en avons pas encore assez: à peine les bagages posés dans la chambre, nous repartons en direction d'un state park dont nous n'avions pas approfondi la visite il y a deux ans: Valley of Fire. Il nous faut rouler environ une demi-heure de plus pour atteindre le poste de self-payment qui marque l'entrée du parc. Il est 17h et déjà le soleil descend sur l'horizon, c'est parfait car c'est pour les superbes couleurs chaudes de la fin d'après-midi que nous sommes ici. Nous nous dirigeons vers le fond du parc, en direction de White Domes dans un large virage nous nous arrêtons près d'un camping car, au départ de la petite marche vers Fire Wave. J'avais prévu d'utiliser le GPS, mais le chemin est maintenant balisé, il y a même un panneau indicateur, et c'est sans difficulté que nous arrivons à la dite vague, après avoir toutefois zigzagué parmi les nombreux juniperus. Bien sûr, cette Fire Wave n'égale pas en beauté ni en taille son homologue des Vermillion Cliffs en Utah, mais elle est quand même très photogénique.

La route n'est qu'à quelques mètres, nous la rejoignons ensuite pour la suivre jusqu'au parking. Alors que le soleil est bas sur l'horizon, les couleurs du paysage ont franchement glissé vers le rouge, nous nous régalons à regarder tout autour tandis que nous nous dirigeons vers la sortie du parc en direction d'Overton.

Il est environ 20h30, nous faisons un saut chez Lynn's, le supermarché de la ville, pas de problème, il est ouvert jusqu'à 23h!Arrivés au North Shore Inn, nous dînons très vite dans la chambre car nous n'avons qu'une envie: sauter dans la petite piscine de l'hôtel! Aussitôt dit aussitôt fait, quelle joie de se baigner la nuit tombée alors que la température de l'air affiche encore 90°F(32°C)
Samedi 30 juin 2012 :
Levés à7h30, nous rencontrons par hasard au petit-déjeuner des Français qui accompagnent un ultra marathonien, Olivier, qui est en train d'établir un véritable exploit à nos yeux: rallier New-York depuis Los Angeles en 3 mois...en courant !!Il est malheureusement blessé et doit se reposer quelques jours avant de reprendre son périple. Nous passons du temps à discuter avec eux, ils sont très sympathiques, et c'est un peu tard que nous prenons la route toujours vers Valley of Fire où nous attend une courte randonnée: White Domes.
Il est 10h30 et il fait déjà 94°F(34°C), nous nous engageons sur le sentier sans la moindre parcelle d'ombre. Heureusement nous cheminons facilement, il n'y a pas de dénivellé, nous traversons vite un ancien décor de cinéma avant de retrouver un peu de fraîcheur dans un petit slot canyon court mais intéressant. La rando n'offre pas de vues spectaculaires, mais plutôt un large éventail de roches aux formes et aux couleurs diverses, avec un remarquable mauve que nous n'avons pas vu ailleurs. En 40 minutes nous avons effectué la boucle sans difficulté et, une fois remontés en voiture, nous décidons d'arpenter le chemin de Rainbow Vista dont l'intérêt est de marcher au beau milieu de la végétation typique du désert de Mojave.



Il est presque midi lorsque nous disons au revoir à Valley of Fire car il est temps pour nous de prendre la route de Las Vegas où nous devons déjà rendre notre voiture de location à l’agence Alamo de l’aéroport Mc Carran. Une heure et demie plus tard, Sin City se profile à la sortie d’une grande courbe de l’Interstate 15, juste après le panneau indiquant une entrée de Nellis Air Force Base. La ville est écrasée par la chaleur, on y distingue seulement, serrés les uns contre les autres, les célèbres hôtels-casinos qui bordent le Strip, et parmi eux quoiqu’un peu à l’écart, la haute silhouette caractéristique du Stratosphere qui permet d’identifier la ville à coup sûr. Encore quelques minutes et le flot de voitures se densifie à l’approche du centre-ville, nous empruntons la sortie vers Flamingo Road pour nous retrouver à l’arrêt complet au niveau de l’imposant Caesar’s Palace, immobilisés par les feux tricolores du carrefour entre Bill’s Gamblin et le Ballys. Nous sommes bloqués, ça nous laisse au moins le temps de prendre la (dé)mesure, une fois de plus, du gigantisme du Caesar’s qui m’étonne toujours. Enfin, nous repartons, juste le temps de parcourir quelques centaines de mètres et nous nous garons sur le parking du La Quinta Inn North Airport, notre hôtel. Nous patientons pour le check-in (il est seulement 14h00) avant de repartir vers Mc Carran, où, comme d’habitude, nous rendons notre Santa Fe en moins d’une minute, rien à signaler. De retour à l’hôtel c’est l’heure de préparer les bagages pour le départ du lendemain matin puis nous prenons le chemin du Strip, à pied cette fois, nous avons envie de découvrir les deux plus récents casinos de Vegas : l’Aria et le Cosmopolitan.

Nous ne sommes pas déçus, leurs parties communes sont très belles, très « aériennes » avec une évidente inspiration asiatique pour l’Aria, dont la statue de Bouddha à l’entrée exhibe avec une certaine fierté les offrandes en billets verts déposées sur son ventre par des joueurs soucieux d’attirer ses bonnes grâces. Nous prenons plaisir à flâner dans ces immenses palais dédiés au jeu, où à chaque couloir nous sommes surpris de ce que nous y voyons.





Après avoir pris tout notre temps, nous décidons de parcourir le centre commercial Miracle Mile Shop du Planet Hollywood, juste de l’autre côté de Las Vegas Boulevard, 170 boutiques en tous genres, principalement les marques de prêt-à-porter à la mode. Quelques achats de dernière minute et nous ne résistons pas à l’envie d’aller avaler un excellent sandwich chaud chez Earl of Sandwich, un restaurant spécialiste du sandwich chaud et préparé à la demande par une armée d’équipiers. Le détail amusant : à la commande on nous donne un buzzer, sorte de boitier de la taille d’un CD, on s’installe à une table, puis il ne reste plus qu’à attendre le signal indiquant qu’il faut aller chercher la commande au comptoir, le buzzer se met alors à vibrer dans tous les sens avec force lumières vives, il est impossible de l’ignorer. Nous dégustons un délicieux et copieux Full Montagu, alors que le Rock Bar d’à côté inonde la galerie d’un « Smells like teen Spirit » puissant et rageur qui fait se déchaîner les jeunes touristes asiatiques à côté de nous qui ne sont visiblement pas là pour s’ennuyer. Encore quelques boutiques au Miracle Mile et nous empruntons la sortie nord pour nous retrouver sur le Strip, accompagnés par la musique du Cabo Wabo Cantina qui crache un « Hell’s Bells » déchaîné à tous les passants.



D’ailleurs c’est samedi soir, le boulevard est noir de monde, il est difficile de se frayer un passage, ça en est même assez pénible. nous traversons la route pour nous retrouver devant le Bellagio, car nous avons envie de revoir les fontaines en action. Pour le moment ce sont des évangélistes qui font le spectacle, haranguant la foule à coup de mégaphone, avec un discours plus que moralisateur, qui contraste fortement avec les deux jeunes filles en tenue légère façon Playboy qui se font photographier en compagnie des touristes et qui semblent n’accorder aucune importance aux prêcheurs qui pourtant, se donnent du mal pour se faire entendre et distribuer leurs prospectus à l’effigie de billets de 100 $, remplis de leur prosélytisme.

Nous prenons place devant le lac artificiel, il fait encore très chaud, probablement 95°F(35°C), bien que la nuit soit presque tombée, et tout de suite, la musique d’Ennio Morricone s’élève et couvre les vociférations amplifiées des évangélistes, tandis qu’à la même seconde les fontaines commencent leurs jeux d’eau : c’est un peu surfait mais c’est très beau !

Nous sommes un peu fatigués, ça fait deux semaines que nous vivons à un rythme soutenu, dans la chaleur, et là ce soir à Vegas, il y a vraiment trop de monde, nous décidons alors de prendre le chemin de notre hôtel à pied via Flamingo Road, soit 30 minutes de marche, rien que ça. Un petit arrêt au Starbucks, c’est le dernier cette année, et nous rentrons nous coucher, c’est aussi notre dernière nuit sur le sol américain.
Dimanche 1er Juillet 2012 :
Le réveil est déjà moins enthousiaste, car le retour est pour aujourd’hui. Après le copieux breakfast du Quinta Inn, la navette de l’hôtel nous prend en charge, direction l’aéroport Mc Carran, non sans avoir déposé un couple de touristes au parking du Harrah’s, ce qui nous permet de repasser sur le Strip. Il n’y a pas grand-monde en ce dimanche au terminal 1, nous nous enregistrons sans encombre sur le vol Southwest de 11 h pour Los Angeles. Les bandits manchots sont partout, jusque dans la salle d’embarquement pour les gens qui veulent miser un dernier dollar avant de quitter Sin City...Le Boeing 737 prend son envol, salué par les silhouettes du Mandalay Bay et du Louxor qui semblent nous demander : « reviendrez-vous ? »
Le vol se poursuit au-dessus de la fournaise du désert de Mojave et une petite heure plus tard nous commençons à apercevoir les premiers quartiers constituant cette gigantesque mosaïque de banlieues semblables les unes aux autres qui forment la ville de L.A, une autre ville mal-aimée et pourtant attachante. Survolant cette mer d’habitations où presque rien n’accroche le regard, exceptées peut-être les collines dénudées à l’Est et au Nord, il me vient à l’esprit, comme à chaque fois, la mélodie et les paroles d’Under the bridge, une célèbre chanson des Red Hot Chili Pepper: I drive through her streets ‘cause she’s my companion, I walk through her hills ‘cause she knows who I am... under the bridge downtown I gave my life away...
Nous atterrissons quelques minutes plus tard au LAX, aéroport plutôt vieillissant, puis nous rejoignons à pied, sans nous presser le terminal international Tom Bradley où nous attend l’A380 d’Air France qui va nous ramener au pays, ça sent la fin...Après un embarquement laborieux (la salle d’embarquement est trop petite pour l’appareil), un long vol confortable, c’est l’arrivée à CDG puis comme à chaque fois, l’horrible attente du vol vers Brest dans le triste terminal 2G. Tiens, il fait à peu près beau, nous décidons alors de faire une petite sieste sur les pelouses, ça fera passer le temps...à tel point que nous devons nous presser pour attraper notre vol pour un retour en douceur en Bretagne où la météo est à peu près la même qu’à Paris et Los Angeles, c’est déjà ça !!
Au moment de clôturer ce carnet le Southwest nous manque encore, mais en septembre 2013, après des choix difficiles, ce sera pour nous une petite escapade en Italie pour visiter Rome et la côte Amalfitaine, mais en 2014...back to USA ??! (c’est presque fait, virus quand tu nous tiens !!)
A la suite de notre quatrième séjour aux USA en juin 2012, nous avons enfin fini le carnet de voyage correspondant, commencé quand même, il faut le dire, le 4 août 2012!!😊
C'est l'occasion pour nous de remercier chaleureusement tous les membres du forum qui rendent si vivante la section Amérique du Nord, particulièrement dynamique!
N'ayant pas vraiment le temps de participer aux nombreuses discussions (et à mon grand regret!), je suis très content de publier ce carnet qui je l'espère, sera une source de plaisir et d'informations utiles à tous les voyageurs et les passionnés des US!!
Encore merci à tous et enjoy!!🙂😉
Dimanche 17 juin 2012, 3h00:
La désagréable et cent mille fois entendue sonnerie du radio réveil nous extirpe du sommeil...Première question: pourquoi un dimanche ?...à moins que...mais bien sûr!!une fraction de seconde plus tard nous sommes debout et du bon pied: c'est aujourd'hui que nous partons pour notre quatrième séjour aux Etats-Unis! L'excitation prend définitivement le pas sur le manque de sommeil dû à la courte nuit. Un rapide petit déjeuner, nous embarquons nos bagages et nous passons prendre notre ami Bernard (encore une fois de corvée!) qui va se charger de ramener notre voiture après nous avoir déposés à l'aéroport de Brest. Après avoir vérifié que nous sommes bien en possession de tous nos papiers (ESTA, passeport, …), nous prenons congé de notre ami pour rejoindre notre salle d'embarquement pour un court vol vers Paris Charles De Gaulle, comme d'habitude.
J'aime ces levers matinaux riches de promesses de découvertes de lieux imaginés, étudiés, et maintenant concrétisés. La pluie qui fouette le hublot de l'A319 sera la dernière vision de la Bretagne que nous quittons à présent après un virage sur l'aile, direction plein Est. L'arrivée à CDG se fait sans encombre, toujours à notre grand étonnement, au sortir de la navette qui nous conduit au terminal 2E, une employée nous ouvre une petite porte et nous voici à l'intérieur du 2E sans avoir subi aucun contrôle depuis Brest !Bon, on ne va pas se plaindre non plus car ces contrôles sont plutôt pénibles. A présent nous entamons une longue attente, car il est seulement 9h et nous décollons pour New York à 14h30, et oui, car nous avons choisi l'A380, on ne peut pas tout avoir !
Enfin nous faisons valider nos cartes à la préposée à l'embarquement, puis nous nous dirigeons vers la passerelle qui conduit au pont supérieur vers nos sièges. Pas de surprise sinon que le volume de la cabine semble plus important que sur un B747.
Nous sommes bien installés lorsque l'avion commence à rouler sur le tarmac, nous le suivons d'ailleurs grâce à la caméra installée sur la dérive. C'est accompagné d'un ronronnement discret provenant des quatre puissants réacteurs que l'appareil se cabre et quitte le sol de l'Ile de France. Nous apprécions maintenant le confort à bord, l'offre de divertissement sur notre écran individuel est pléthorique, je me surprends à regretter les 9h de trajet, me disant que je n'aurai pas le temps de regarder les films que j'avais prévu, tant pis, ce sera pour le retour.
Après un vol agréable, nous approchons de JFK, comme au départ nous suivons en direct l'atterrissage sur notre écran, mais dommage, l'aéroport est éloigné de Manhattan, il n'y a absolument rien d'intéressant à regarder, c'est tout juste si nous devinons la haute silhouette de l'Empire State Building, là-bas vers l'Ouest, dissimulée par la mauvaise lumière de l'après midi. Premier contact avec l'Amérique, la longue file d'attente à l'immigration et le passage obligé devant l'officier, toujours sérieux et solennel, détenant à lui seul le pouvoir de nous accepter ou pas sur le sol de sa patrie .Pour nous c'est sans encombre, et c'est avec le pas léger et rapide que nous nous dirigeons vers le carrousel où nous récupérons nos bagages avec un petit soulagement au vu des soucis de l'an passé à Denver. Bon voilà, maintenant à nous de jouer, c'est ici que commence véritablement notre trip 2012 !!
Il n'y a pas grand monde à JFK en ce dimanche après-midi, nous trouvons tout de suite l'Air Train qui nous conduit à la station de métro de Sutphin Blvd. Là nous mettons un petit moment avant de repérer le guichet d'achat de notre Metrocard trois étages plus bas, au niveau du quai du métro. La dame dans la cabine est plutôt débordée, elle a un débit de parole à la minute impressionnant, et je ne comprends absolument rien à ce qu'elle me répond lorsque je lui demande comment faire pour accéder au quai avec nos bagages sans passer par le tourniquet. Au même instant arrivent un colosse tatoué poussant son vélo et une jeune femme avec une poussette, qui demandent la même chose que nous, l'ouverture de la large porte donnant sur le quai. La dame au guichet commence à s'énerver, parle encore plus vite et nous indique avec force gestes qu'il faut d'abord passer le tourniquet avec sa carte puis ouvrir la porte une fois arrivé derrière, ce que personne ne conçoit car il faut laisser ses « affaires » sans surveillance quelques instants. N'y tenant plus, les longues heures d'avion et de transfert n'y étant sans doute pas étranger, je franchis le tourniquet avec ma metrocard flambant neuve, j'ouvre la porte à la volée, une alarme se déclenche...et les personnes bloquées s'engouffrent dans le passage, nous empoignons rapidement nos bagages et marchons d'un pas vif vers le quai alors que nous apercevons la préposée au guichet sortir de sa cabine comme une furie, elle fait des bonds et des grands gestes vers nous, trop tard nous sommes déjà loin et d'autres voyageurs se présentent au guichet !
Nous descendons à Queens Plaza, il nous reste 15 mn à pied pour atteindre notre hôtel au cœur du Queens, en chemin plusieurs personnes nous proposent leur aide au cas où nous serions égarés, pas de doute nous sommes bien aux Etats-Unis! A l'hôtel nous passons rapidement au check-in, petite déception, nous avions demandé une chambre City View et c'est une chambre ordinaire que nous découvrons, avec un jaccuzzi certes, mais ça ne remplace pas la vue sur Manhattan! Nous sommes tellement fatigués que nous nous couchons de suite sans même avaler quoique ce soit, et sitôt allongés, nous tombons dans un profond sommeil !
Lundi 18 juin 2012:
Le jet lag fait son travail, nous voilà debout à 5h30, et très bien réveillés, ça tombe bien, le programme de la journée est assez chargé! Un rapide petit déjeuner à l'hôtel pour éviter de perdre du temps, et nous voilà partis pour notre premier jour de découverte de la Grosse Pomme. Encore 10 mn de marche sur Crescent Street et voici Queensboro Station, petite station aérienne, où nous empruntons la ligne Q puis la ligne R jusqu'à Court Street, car, oui, nous avons choisi, pour notre premier contact avec Manhattan, une vue célèbre, emblématique et reconnaissable entre toutes, la Skyline depuis Brooklyn Heights Promenade. Nous sortons à l'air libre 40 mn plus tard, le temps est très agréable, beau sans être chaud, nous prenons plaisir à humer l'atmosphère de Brooklyn. Nous descendons Remsen Street et enfin, la vue s'élargit sur l'East River, les grattes-ciels qui font la fierté de la ville sont là, devant nous, tout au bord de l'eau, premier grand moment de ce trip.Quelques instants de contemplation, nous suivons à présent la rambarde, sans quitter des yeux l'autre rive, l'endroit est calme, des bancs sont disposés ça et là pour accueillir les promeneurs et joggeurs matinaux. Maintenant nous dépassons le fameux pont de Brooklyn pour atteindre le petit parc en contrebas qui va nous permettre de prendre LA photo de la Skyline avec le Brooklyn Bridge au premier plan, superbe et mythique, on y est vraiment !


A présent, petite remontée de la rue jusqu'à un escalier discret qui nous mène sur le pont, où nous commençons à marcher d'un bon pas en direction de Manhattan. Il y a là des joggers, des travailleurs à vélo, et des touristes comme nous, qui passent leur temps à multiplier les prises de vues sans dissimuler leur joie d'arpenter ce légendaire ouvrage d'art.Côté Manhattan, nous apercevons à droite le City Hall et à gauche l'original et photogénique Beekman Building. Nous avons décidé de visiter la pointe sud de l'île le lendemain, c'est pourquoi nous reprenons le métro à la station City Hall, en faisant attention à bien choisir l'escalier vers « uptown ».13 mn en broadway local et c'est à Times Square où nous mettons le pied sur un quai bondé, comme un lundi matin à l'heure de l'ouverture des bureaux, en fait! Nous nous frayons un chemin vers la sortie, le dédale de couloirs et l'agitation me font immédiatement penser à la station parisienne de Châtelet aux heures de pointe! Enfin l'air libre, il y a toujours autant de monde, nous levons la tête et notre regard est accroché, presque hypnotisé par les écrans publicitaires immenses apposés sur les façades de tous les immeubles de part et d'autre de la rue, bienvenue à Times Square, le cœur de Manhattan !

Nous flânons un peu le nez en l'air, puis nous décidons d'entrer dans la boutique M&M's:plusieurs étages d'objets délirants à l'effigie des célèbres bonbons colorés, et bien sûr, les personnages géants très couleur locale! Après quelques minutes dans la boutique nous sommes un peu déçus, car elle est un peu vide, celle de Las Vegas que nous connaissons est bien plus animée et achalandée, bon, c'est quand même à voir! Allez, maintenant, direction le Toys'r'us qui abrite une grande roue qui traverse tous les étages, impressionnant, elle embarque des petits passagers à chaque tour moyennant 5$.
A l'heure de midi nous choisissons une roulotte à laquelle nous commandons 2 hot-dogs que nous allons déguster sur une des petites tables rouges en métal, ça tombe bien, il y en une qui se libère.Tiens l'écran devant nous nous renvoie l'image de la rue, peut-être apparaissons-nous dessus...mais oui !!..petit coucou et la photo !

A présent il nous faut continuer notre visite de midtown, et c'est par la 42ème rue que nous nous faufilons à travers la foule, vers Bryant Park:ici l'atmosphère est tout autre, c'est la convivialité et la détente qui règnent, les gens déjeunent tranquillement sur les tables à disposition, un pianiste joue un morceau apaisant et joyeux, le gazon au centre est superbe, et, alors qu'il y a foule autour, il n'y a absolument personne sur la pelouse elle-même !

La New York Public Library jouxte le parc, nous en profitons pour y entrer. Le bâtiment tout en pierre est superbe et l'on se perd dans ses immenses couloirs, nous voulons trouver la fameuse salle de lecture très connue, et c'est une gentille dame, bénévole dévouée à faire découvrir cette bibliothèque qui nous l'indique: c'est au troisième étage, nous la remercions et nous dirigeons de suite vers les escaliers. Nous trouvons de suite la salle, précédées de deux autres, plus petites mais tout aussi belles, elle est parée de superbes boiseries, le plafond, peint, ajoute à la solennité du lieu dans lequel règne un silence à peine troublé par les bruissements du déplacement des nombreux visiteurs et lecteurs. Nous nous imprégnons de l'ambiance, c'est presqu'un recueillement tant l'endroit nous y invite. Détail amusant: en passant près des rangées de tables occupées par des postes informatiques, on s'aperçoit que la plupart des gens surfent sur des sites de jeux, alors qu'on pourrait les croire absorbés par des recherches très pointues, correspondant plus à la somme des connaissances réunies en ce lieu !

Allez, à présent nous marchons plein Est toujours sur la 42ème vers une des gares les plus célèbres du monde: Grand Central Terminal. L'entrée de ce côté nous déçoit un peu, de vulgaires portes battantes assez étroites, mais lorsque nous arrivons au centre du bâtiment, c'est waoooohhh! Le hall est immense et malgré sa taille, très chaleureux de par la couleur de la pierre, blanc crème, ainsi que la présence de balcons tout autour. Nous passons quelques minutes à l'arpenter, observant les gens se croiser dans tous les sens depuis le haut des escaliers.

Toujours sur la 42ème, voici le Chrysler Building, un des plus beaux gratte-ciels de la ville, avec son sommet en feuilles métalliques, très photogénique, nous effectuons un petit tour dans le lobby esprit art déco, à voir mais rien d'extraordinaire, comme la plupart des bâtiments, ils se contemplent de l'extérieur, y entrer n'apporte pas grand-chose de plus.

Tout au bout de la rue, au bord de l'East River, nous atteignons le « palais de verre », le siège mondial de l'ONU. Dans la même enceinte, nous devinons juste à côté le bâtiment qui abrite l'assemblée générale des Nations-Unies, dire que c'est ici que s'écrit (ou pas) une partie de l'histoire contemporaine, les photos de ce building découvertes dans les livres d'histoire, avec sa rangée d'étendards de tous les pays, me reviennent alors en mémoire ainsi que les interventions à la tribune de différents hommes d'état, c'est donc là...

Ces quelques pensées ne nous empêchent pas de marcher, nous voilà à hauteur de la 50ème rue dans laquelle nous nous engageons. Un petit arrêt chez Dunkin Donuts où nous prenons un petit goûter bien mérité mais très calorique: le choix de donuts est difficile, nous nous laissons tenter par ceux au chocolat, hummm, un délice !
Plus loin, la cathédrale St Patrick, église néogothique ne passe pas inaperçue de par sa situation, coincée entre les immeubles modernes et de hauteur bien supérieure. Nous y entrons, elle est très sombre, et l'intérieur ne présente pas grand-chose de particulier, nous en faisons vite le tour.
A présent, c'est le très grand complexe du Rockefeller Center qui s'offre à nous, nous repérons le Top of the Rock, ce sera pour mercredi, puis nous flânons, d'abord à l'intérieur puis au niveau du magasin Lego, là où se dresse à Noël le sapin parmi les plus grands du monde. Oui, à New York et aux Etats-Unis de manière générale, on emploie souvent des termes superlatifs, c'est le pays qui veut ça !
L'après-midi tire maintenant à sa fin, et nous sommes bien fatigués, alors nous décidons d'arrêter là et de rentrer à l'hôtel en métro. Entre Queensboro Plaza et le Ramada, nous faisons une halte à une station-service ouverte 24/7 pour acheter une salade et des yaourts que nous mangerons dans la chambre avant de nous coucher et de nous endormir aussitôt, .
Mardi 19 juin 2012 :
Toujours levés de bonne heure, il est 5h30, le petit-déjeuner de l'hôtel vite avalé, nous sommes à nouveau dans Crescent Street au milieu des gens se rendant à leur travail, des livreurs déjà bien occupés, et des taxis jaunes par dizaines, qui écument toutes les rues de la ville .De Queensboro Plaza, il nous faut juste 30 mn pour arriver à Cortland Street, où nous descendons, car aujourd'hui la journée est consacrée à la visite du sud de Manhattan et du Financial District.
Nous avons rendez-vous à 10h au mémorial du World Trade Center, c'est l'heure d'ouverture, nous avons réservé nos pass gratuits plusieurs mois auparavant, il est 8h30, nous allons donc nous diriger vers Zucotti Park et St Paul Chapel. Ah, dommage, la chapelle n'ouvre qu'à 10h, bon, nous reviendrons !
A deux pas de là, nous continuons par Trinity Church, qui, elle est ouverte. L'intérieur est plutôt banal, c'est sa situation qui l'est moins, enchassée elle aussi au milieu des buildings du financial district, à un jet de pierre de la bourse de New York. En sortant nous décidons d'ailleurs de nous engager dans la fameuse Wall Street pour voir de nos propres yeux, nous aussi, le New York Stock Exchange. Quelques dizaines de mètres et nous y sommes, devant l'immense Spangled Banner fixée aux colonnes façon antique de ce bâtiment massif qui abrite donc les ténors de la finance mondiale. Face à eux, au pied du Federal Hall, la statue de George Washington, dégageant un charisme certain, semble avoir été placée là comme pour indiquer le sens de la mesure aux acteurs d'un système qui les dépasse souvent et sans but humaniste.

Après notre premier contact avec le quartier financier, il est temps pour nous de rejoindre tout près le Memorial du World Trade Center. L'histoire de l'évènement nous rattrape très vite en la personne d'un vendeur de brochures qui nous indique photos à l'appui, près de la statue du Survivor, que le Burger King d'à côté a servi de quartier général de la police et le bâtiment d'en face...de morgue lors du 11septembre 2001.Après cette entrée en matière, nous voici dans la file d'attente qui commence sérieusement à s'allonger, munis de nos pass obtenus sur internet queleques mois plus tôt. Après de nombreux contrôles de sécurité le long d'un labyrinthe de palissades, c'est avec une certaine émotion que nous pénétrons dans le site. Nous approchons du bassin sud tout en nous remémorant la tragédie que nous avions suivi alors devant notre télévision. Alors c'est ici...

Au bord du bassin, nous observons les chutes d'eau en cascade dont les lignes dessinées par l'eau en mouvement, font penser immanquablement à la façade des deux tours jumelles. Devant nous, le rebord en métal noir où sont inscrits les noms de toutes les victimes. Je touche l'épaisse feuille d'acier, elle est froide, les lettres sont gravées à travers toute son épaisseur, les noms sont rangés selon l'endroit où se trouvaient les victimes ce matin-là. Nous entamons le tour du bassin sud pour rejoindre celui du nord, les visiteurs sont respectueux pour la plupart, certains se tiennent dans une posture recueillie devant un nom précis, une jeune fille en décalque un sur une feuille de papier...Le bassin nord est identique en tout point et présente aussi le nom des victimes. Nous jetons un coup d'oeil rapide à travers le verre de la façade du musée (pas encore ouvert) pour apercevoir une relique des tours: un « trident » (énorme pièce d'acier de plusieurs mètres de haut) qui faisait partie de l'ossature d'une des tours, est là, devant nous, oxydé, tordu, mais debout, comme un rescapé de l'attentat. Plus loin, nous passons rendre hommage à l'autre Survivor, un poirier, seul arbre debout sur le site après l'évènement, transféré dans un parc de la ville, victime d'un orage qui l'a déraciné en 2010, et enfin, replanté définitivement sur le site du Memorial, au milieu des jeunes chênes blancs, respect !

Il y a beaucoup de monde à présent sur le site, et après y avoir passé une heure, nous repartons en passant par la boutique du Memorial à la sortie. Cette visite nous a marqué car le Memorial n'est pas un lieu touristique au sens commun du terme, nous y avons ressenti beaucoup d'émotion, engendrée sans doute par l'ampleur, la couverture médiatique et le lieu de la catastrophe, ce jour-là, pour reprendre une expression utilisée alors, nous étions tous Américains...
Nous reprenons notre parcours en traversant Zucotti Park pour arriver sur Broadway, que nous commençons à descendre pour nous retrouver devant Charging Bull qui semble vouloir défendre le quartier contre je ne sais quelle menace! Il a du succès en tout cas, à en juger par le nombre de personnes qui le photographie, ce doit être quelqu'un d'important aussi car il y a une voiture et deux policiers du NYPD à proximité. Nous décidons de flâner dans le quartier, le nez en l'air, à regarder tous les buildings dans Pine Street, Wall Street encore, William Street, ...et nous notons aussi une forte présence policière dans toutes ces rues.
Il est maintenant grand temps de déjeuner, nous avons choisi, après réflexion, d'aller manger un hamburger au Mc Do sur Broadway, tout près de la Bourse: il est bondé mais nous trouvons facilement une place une fois servis, et nous avons la chance de manger tout en écoutant un morceau de piano joué par une jeune dame à l'étage. Très agréable !
Nous voici rassasiés, nous nous dirigeons maintenant vers la pointe sud de Manhattan pour attendre le ferry de Staten Island à Whitehall Terminal. Une volée de marche plus haut et nous nous retrouvons à attendre le bateau avec plusieurs dizaines d'autres passagers. Lorsque celui-ci accoste, nous sommes étonnés de pouvoir y monter sans aucun contrôle, nous pensions qu'il fallait présenter la metrocard...
Dommage, aujourd'hui le temps est un peu couvert, nous en profitons quand même pour mitrailler de photos la Statue de la Liberté et Ellis Island quand le bateau passe à proximité. Une demi-heure plus tard le ferry nous débarque à Staten island, nous n'avons plus qu'à passer devant les petits restaurants pour nous rendre plus loin...dans la salle d'embarquement! Hé oui, le bateau c'était seulement pour la vue, à vrai dire on ne va pas visiter Staten Island, d'ailleurs, beaucoup de gens présents à bord font exactement la même chose que nous! Le chemin du retour nous est maintenant familier, et pour les photos, nous nous concentrons maintenant sur la Skyline qui s'offre à nous alors que le soleil a décidé de nous l'éclairer. Seule une tour à la géométrie régulière s'isole, côté New Jersey, elle est hermétique, massive, mystérieuse, presqu'inquiétante, sa situation particulière pousse à l'interrogation, à l'image de la société qu'elle abrite: c'est le siège de la toute-puissante et sulfureuse banque Goldman Sachs.

La mini-croisière en baie de New York s'achève comme elle a commencé une heure et demie plus tôt, au pied des buildings de Manhattan. Nous remontons à pied par l'East River Drive jusqu'à South Street Seaport, non sans observer le balai incessant des hélicoptères sur la jetée qui sert d'héliport, respirant au passage des vapeurs de kérozène envahissantes. Le Pier 11 présente une concentration importante de boutiques à touristes en tous genres, il y en a même une spécialisée dans la décoration de Noël, qui a du mal à trouver des clients, il faut dire qu'au mois de juin...!!Cet endroit nous fait immédiatement penser au Fisherman's Wharf de San Francisco, c'est très touristique, sympa et animé...à défaut d'être authentique! On retrouve une continuité dans Fulton Street avec les restaurant s dont les terrasses commencent à se remplir, oui, les Américains dînent très tôt, ça on le sait depuis longtemps, mais on ne s'y habitue pas forcément !

Nous tombons par hasard sur un fast food « Prêt a manger » dans le Financial District, c'est le moment de manger une très bonne salade, pour tenter d'équilibrer le Mc Do du midi. Le soleil a baissé dans le ciel, il est temps pour nous de prendre le chemin du Brooklyn Bridge pour pouvoir admirer, de l'autre côté de l'East River, les lumières de la ville s'allumer lentement. Il fait très beau maintenant, alors que nous entamons la traversée à pied.
Arrivés de l'autre côté, sur le ponton de bois de Brooklyn Bridge Park, nous admirons la vue, superbe...avant de nous asseoir lourdement sur un banc, fourbus, les pieds endoloris par les kilomètres effectués depuis deux jours, et ce n'est que le début! Après tout on l'a choisi alors on ne va pas se plaindre surtout en pareil endroit, et puis les vacances, pour nous c'est profiter à fond de chaque instant. Alors que le jour s'efface peu à peu, il y a de plus en plus de monde à contempler la Skyline, devant nous à une vingtaine de mètres, un jeune couple en tenue de soirée se fait photographier devant le Brooklyn Bridge par un photographe professionnel, la séance est très longue mais il devrait y avoir du résultat! Pour nous c'est une autre histoire, nous n'avons pas de trépied, les réglages de notre appareil sont plutôt limités et notre expérience de la photo pas très grande, ce qui fait qu'une grande partie des clichés de cet endroit mythique sont flous et inexploitables, dommage, mais nous nous consolons en passant un très très bon moment, ici, face à Manhattan: la nuit est complètement tombée et la vue qui s'offre à nous est magique avec ces mosaïques de lumière sur les façades des immeubles, le pont éclairé en pointillé et en arrière plan la tour de la liberté sur le site du World Trade Center, dont l'éclairage aux couleurs du drapeau national fait comme un pied-de-nez au destin...

Nous avions prévu de repartir en métro au vu de notre état de fatigue, mais le spectacle de la ville nous regonfle et nous donne des ailes: nous voilà à nouveau sur le Brooklyn Bridge, marchant rapidement vers Manhattan, en route pour 40 mn à pied, tant pis si demain on ne peut plus marcher, mais là, on ne peut pas rater cette promenade! Nous finissons quand même par prendre le métro pas loin du City Hall, pour nous écrouler dans notre lit trois quarts d'heure plus tard dans le Queens, épuisés mais heureux comme chaque jour où nous visitons ce pays.
Mercredi 20 juin 2012 :
Encore levés à 5h30, nous n'avons pas beaucoup dormi mais profondément, les restes du jet-lag et notre motivation à toute épreuve nous font nous lever très rapidement. Lorsque nous prenons le chemin de la station de métro de Queensbridge, nous ne sentons plus nos jambes comme hier soir, nous avons bien récupéré, comme quoi les vacances...!!Quelque chose a changé depuis hier: c'est la température. Comme annoncé à la météo, à 7h30 il fait déjà 25 °, ça promet pour le reste de la journée !Ce matin, direction le Rockefeller Center, nous avons rendez-vous avec New York vue d'en haut, hé oui, nous allons au Top of The Rock. Un court trajet en métro et nous sommes à l'entrée du Top à 8h, comme prévu, il n'y a encore personne et nous passons très vite le guichet pour prendre l'ascenseur qui va nous mener au 67ème étage du fameux GE Building, non sans avoir sacrifié au rituel du montage photo censé nous mettre en scène sur une poutre au-dessus du vide dans l'esprit des célèbres prises de vue d'Ebbets. Instinctivement nous levons la tête à l'intérieur de la cabine, des images animées et sonorisées sont projetées sur le plafond en verre, tandis que nous voyons notre petit vaisseau filer à travers le boyau de béton à une vitesse impressionnante. Le premier contact au sommet est comme toujours, commercial, avec toutes les petites boutiques attendues en pareil lieu. Quelques mètres plus loin, nous poussons les portes vitrées du premier étage de l'observatoire, et là, quel spectacle !!

Nous sommes à plus de 260 mètres au-dessus de la ville, le soleil dépose dans les rues et sur les façades sa belle lumière matinale, à peine voilée par une légère brume de chaleur au loin. Devant nous l'Empire State Building nous fait admirer sa haute silhouette, 443 mètres quand même avec l'antenne, alors que les buildings du Financial District se découpent dans le ciel légèrement brumeux. En faisant le tour de l'étage, c'est maintenant Central Park qui se dessine de l'autre côté, rectangle parfait rempli de végétation qui semble faire respirer la ville, délimité au cordeau par les avenues bordant les Upper West et East Sides. Grâce au plan très bien conçu, nous pouvons identifier tous les bâtiments remarquables ou non aux alentours tel le siège de Vogue et du New Yorker, celui de L'Oréal, ...
Cet étage-ci est entouré de parois de verre, alors nous décidons de monter quatre à quatre l'escalier qui nous mène au toit du GE Building, et là c'est encore plus ...époustouflant, car il n'y a plus rien entre nous et la ville. Les concepteurs du lieu avaient voulu le faire ressembler à un pont de paquebot, c'est exactement ce que nous ressentons ici, on se croirait à la vigie d'un gigantesque navire dont la proue se perd au loin vers la pointe sud de Manhattan, fendant les eaux de la baie. L'absence des vitres nous permet aussi de faire de superbes photos, puis nous nous posons quelques minutes sur un des bancs mis à notre disposition pour admirer certainement l'une des plus belles vues de la ville.

Nous avons d'ailleurs du mal à repartir, tant nous sommes subjugué par le spectacle, mais notre programme nous attend, nous finissons alors par redescendre vers la station de métro la plus proche avec l'idée qu'on a commencé très fort la journée. L'étape suivante, au sortir de la station de Canal Street dans la rue du même nom, va nous faire pénétrer dans un quartier bien connu: Chinatown. Nous avons déjà traversé le quartier chinois de San Francisco les années précédentes, et c'est sans surprise que nous retrouvons ici, sur la côte Est un peu la même chose :une foule d'habitants partout dans les rues, le moindre mètre carré utilisé par des échoppes et étals en tous genres, des maisons très colorées, des restaurants omniprésents, des produits exotiques à la vente parmi lesquels nous ne reconnaissons rien, des odeurs tantôt agréables tantôt douteuses, amplifiées par la chaleur qui se fait de plus en plus sentir.

De Mott Street, nous bifurquons à gauche sur Broome Street, à la rencontre de ce qu'il reste de Little Italy, Chinatown s'étendant de plus en plus vers le nord, le quartier italien n'en a plus que le nom, c'est à peine si nous passons devant une pizzeria, et seuls les drapeaux « welcome to historic Little Italy » nous indiquent où nous nous trouvons. Nous passons rapidement, un peu déçus, et Broome Street nous conduit droit à un quartier tranquille et tendance: Soho, pour South of Houston Street. Ici les immeubles sont à taille humaine, quelques étages, pas plus, les couleurs des façades sont sobres et discrètes, et les escaliers de secours en fer caractéristiques apportent beaucoup au style des habitations, faisant oublier leur vocation purement utilitaire. C'est très calme, nous sommes en milieu de matinée et on ne rencontre presque personne sur les trottoirs, un quartier très agréable en tout cas.

Nous prenons le temps de flâner à travers Greene Street, Bleecker Street, humant l'air de la ville, avant de nous arrêter à l'ombre des arbres de Washington Square...Décidément, cette halte est la bienvenue, il fait vraiment très chaud et il n'y a pas un souffle d'air; Les sprinklers automatiques censés arroser la pelouse débordent un peu, et nous accueillons avec bienveillance cette bruine rafraîchissante, comme d'ailleurs les nombreux promeneurs assis comme nous. Un petit tour pour passer sous la célèbre arche, admirant au passage les jolies maisons de Washington Mews, nous nous engageons dans Greenwich Avenue pour nous diriger vers notre repas de midi prévu au programme depuis longtemps, ce sera un hamburger au Corner Bistro. Au fur et à mesure de notre chemin, les maisons brownstone se font plus basses, la ville devient plus cosy, c'est Greenwich Village, qui porte bien son nom, ici, dans ces petites rues pleines de charme, on oublie la mégalopole tout autour. Enfin le Corner Bistro, nous sommes contents d'y trouver de la fraîcheur et, à peine servis, nous buvons goulûment le grand Coca posé devant nous. Le restaurant est petit, un grand bar en bois occupe la moitié de la première salle, les fenêtres aussi sont minuscules et l'ambiance fait penser à un pub irlandais. Notre hamburger, présenté ouvert, accompagné d'une assiette de frites arrive, le steak à l'intérieur est immense, on nous avait prévenu! La viande est très bonne, moëlleuse et juteuse à souhait, nous ne mettons pas longtemps à l'avaler. Nous décidons de ne pas prendre de dessert, à l'instar d'une famille de Français attablés à côté de nous, c'était vraiment trop copieux.
Allez, il est temps de reprendre le chemin .Nous sommes happés par la chaleur à la sortie du restaurant, l'air est brûlant, pas de vent encore. Nous sommes contents de cheminer à l'ombre des arbres le long des trottoirs, dans ce quartier sympa, mais arrivés en bas de la Highline, notre destination, nous déchantons car celle-ci semble complètement au soleil. Nous empruntons l'escalier métallique pour nous hisser au niveau de l'abri qui marque le début de cette promenade aérienne, véritable voie verte en plein cœur de la ville dans le Meatpacking District. Quelques instants à lire l'histoire de cette ancienne ligne ferroviaire, et nous voilà partis, marchant vers le nord sur le chemin tout tracé. La promenade est très agréable, on passe devant de petits stands de restauration, des résidences très modernes, ouvertes, le passage est bordé d'une multitude de végétaux harmonieusement plantés et les points de vue sur les rues alentours intéressants de par la hauteur du lieu. Ce serait un enchantement...s'il n'y avait pas la chaleur: en ce début d'après-midi, il doit bien faire 35°C, pas un nuage dans le ciel et pas un souffle de vent. Au bout d'un quart d'heure de marche nous souffrons déjà, nous allongeons le pas inconsciemment, et malgré l'environnement superbe, c'est avec soulagement que nous atteignons la fin de la Highline une heure plus tard, exténués.

Nous n'avons qu'une idée en tête: trouver de l'ombre. Chelsea Park n'est qu'à 10 minutes, nous marchons vite pour y arriver. Il y a une fontaine au centre, c'est frais, mais il y a aussi plusieurs personnes qui nous regardent avec insistance, pas très rassurés, nous prenons alors la décision de reprendre le métro pour nous réfugier à Central Park. Arrivés à la station Colombus Circle, nous nous empressons d'acheter une bouteille d'eau fraîche avant d'entrer dans l'immense parc à l'ombre salvatrice et de nous asseoir sur le premier banc venu. Ce n'était pas au programme, mais tant pis, nous restons là une heure et demie à essayer de récupérer, en faisant plusieurs aller retours jusqu'au chariot du vendeur d'eau dont nous passons sur le prix de la bouteille:3$ les 50cl!Enfin nous nous levons, en ressortant nous entrons dans le Time Warner, un grand centre commercial devant Colombus Circle. La climatisation achève de nous retaper, et nous repartons du bon pied par la 59ème rue jusqu'à l'intersection avec la 5ème Avenue où nous passons un petit moment à visiter le grand magasin de jouet Fao Schwartz et l'Apple Store, bien sûr, on ne peut pas le manquer celui-là, devant les fontaines avec sa pomme blanche sur une paroi de verre devant l'entrée. Ce carrefour est très animé, nous y restons quelques instants à regarder la vie du quartier...

L'après-midi étant bien avancée, nous reprenons le métro vers Times Square, déterminés à finir la journée en beauté. C'est toujours la même foule à cet embranchement, qui, pour moi, constitue le cœur vivant de New York. Nous avons du mal à nous frayer un passage sur le trottoir car toute la rue est prise par un immense cours de yoga qui réunit plusieurs centaines de personnes qui font leurs exercices au rythme d'une musique entraînante. Un peu de shopping au magasin Aéropostale, dont l'ambiance sonore n'a rien à envier à une boîte de nuit, et nous retrouvons Times Square de nuit. Enfin, la nuit, façon de parler, tant la lumière artificielle des écrans et autres enseignes est puissante et omniprésente. C'est dans l'obscurité que le caractère de Times Square se révèle, la débauche lumineuse en faisant un endroit à l'atmosphère très particulière et unique. Nous ne sommes vraiment pas déçus et nous passons une très bonne soirée, avant de nous en retourner vers notre hôtel.


Jeudi 21 juin 2012 :
Il fait encore très beau ce matin et nous apprenons en lisant le journal gratuit du métro que le jour précédent la température est montée à 100° F soit 37°C et encore aujourd'hui la météo annonce le même type de temps. Nous nous rendons en métro sur Roosevelt Island pour y prendre... le téléphérique! Oui, un téléphérique Poma au beau milieu de la ville, on ne pouvait pas ne pas l'emprunter! La cabine arrive et nous ne sommes pas nombreux à l'emprunter, ce sera bien pour les photos. En y montant, on est un peu étonné de n'être pas engoncé dans une combinaison et de ne pas tenir de skis à la main, impression sans doute pas partagée par les gens autour de nous .La cabine s'élève et suit un parcours parallèle au Queensboro Bridge au-dessus de l'East River pendant quelques minutes avant de redescendre rapidement vers la station côté Manhattan. Voilà un moyen de transport plutôt original pour se rendre à son travail, en plus le trajet est compris dans le forfait de la Metrocard.

Notre première visite de la journée sera pour le Madison Square Garden, la gare de Penn Station et la General Post Office, où nous entrons pour déposer nos cartes postales dans l'imposant hall garni de multiples guichets. De là nous cheminons dans la 32ème rue qui nous conduit jusqu'à la 5ème avenue que nous descendons jusqu'à la hauteur du célèbre Flatiron Building, figure emblématique de la ville. Nous effectuons un demi-tour vers le nord car aujourd'hui c'est shopping et ici on est servis! Même si l'on achète rien, les magasins en eux-mêmes sont à visiter: il faut se perdre dans les étages du gigantesque Macy's, entrer chez Abercrombie dont les employés se ressemblent tous: les jeunes vendeuses en robe blanche, les jeunes vendeurs au physique façon surfeur californien, être accueilli à la porte par un employé torse nu proposant aux clientes la photo en sa compagnie, puis explorer la boutique plongée dans la pénombre (seuls les vêtements sont éclairés), accompagné d'une musique tendance club branché au volume sonore impressionnant, le tout avec l'attention des mêmes employés hyper-souriants et sympas !

Une petite salade vite avalée chez « Pret a manger » et nous descendons une fois de plus dans le métro car notre shopping continue cette fois sur Broadway où nous prenons tout notre temps. En cours d'après-midi, nous allons prendre un petit en-cas chez Eileen's Cheesecake, paraît-il les meilleurs cheesecakes de la ville. Hum! Allons voir! La boutique est toute petite, il y a seulement quelques places assises. Au mur est accroché une photo dédicacée de Bill et Hilary Clinton en compagnie d'Eileen. Le choix des gâteaux est énorme, nous avons du mal à nous décider, et nous les trouvons effectivement délicieux, et nous ne pouvons nous empêcher d'en manger un deuxième !
C'est notre dernière soirée à New York, alors une fois le shopping terminé, nous choisissons de retourner vers la pointe sud et le Financial district où nous déambulons dans les rues sans but précis sinon celui de « sentir » la ville:Water Street, Broad Street, Fulton Street, Wall Street, ...
Nous rentrons à l'hôtel vers 22h15 par le téléphérique de Roosevelt Island, fatigués mais avec une pointe de regret de quitter cette ville mythique et fascinante.
Vendredi 22 juin 2012 :
Lever à 7h, nous prenons le dernier petit-déjeuner à l'hôtel avec une pointe de mélancolie, puis nous cheminons tranquillement avec tous nos bagages vers Queensboro Station. Nous nous arrêtons à Grand Central, pour attendre le bus de Newark juste derrière la gare, le temps de vérifier une fois de plus la gentillesse des américains, en la personne d'une dame qui, nous voyant un peu perdus dans la station de métro a pris la peine de nous accompagner vers l'ascenseur, le tout avec un grand sourire. Notre bus est à l'heure, nous y prenons place à 10h40, à l'arrêt dans la 41ème rue. Le temps de traverser Manhattan vers l'ouest, puis de rouler une bonne demie-heure dans le New Jersey, et nous voilà arrivés à l'aéroport de Newark 50 mn après avoir quitté Big Apple. Au comptoir Southwest, l'enregistrement est une formalité, comme d'habitude, et en plus, il n'y a pas grand-monde dans l'aéroport. Chouette, chez Dunkin Donuts, nous tombons sur une promo qui nous offre les 6 donuts assortis pour 5,49$, nous ne pouvons pas résister !
Plus tard, le contrôle à l'embarquement par les agents de la TSA est draconien: ils n'ont pas l'air de vouloir rire beaucoup, l'ensemble des passagers passe au scanner corporel, les bagages à main sont fouillés minutieusement, enfin, on nous passe un petit morceau de tissu sur le bout des doigts. Plusieurs passagers sont visiblement agacés par le zèle des « chemises bleues », mais il n'y a pas le choix, il faut s'y plier...
Le Boeing 737 de Southwest décolle à l'heure, nous allons maintenant survoler une bonne partie du territoire américain puisque notre destination est Phoenix, la capitale de l'Arizona, retour dans le Southwest une fois encore. Les cinq heures de vol nous font nous remémorer les quelques jours passés à New York: bien qu'immense, la ville ne nous a jamais parue écrasante ou étouffante, nous nous y sommes sentis parfaitement à l'aise, aidés il est vrai, par le métro qui nous a permis de nous déplacer facilement. Nous n'avons visité que Manhattan, il nous reste donc énormément de choses à faire et à voir pour un éventuel second séjour tant la ville est attirante et dynamique, sa légende n'est pas surfaite.
Devant nous maintenant s'ouvre une autre page de notre voyage, un quatrième road trip dans le Sud-Ouest et sa roche rouge que nous adorons. Lorsque notre avion se pose à Phoenix, la chef de cabine lance au micro une phrase que nous prenons pour un avertissement : »Bienvenue à la surface du soleil » , le ton est donné! Nous sommes invités à descendre les volets des hublots afin que l'appareil conserve un semblant de fraîcheur pour les prochains passagers.
Le discours de l'hôtesse prend tout son sens alors que nous sortons du terminal pour monter dans le bus qui conduit au Car Rental Center: il fait plus que chaud, brûlant je dirais, le vent nous déssèche en un clin d'oeil, il doit faire dans les 40°C...mais c'est cela qu'on est content de retrouver, c'est la promesse de paysages et de routes grandioses, de roche rouge surtout, et puis l'air est tellement sec que la chaleur est supportable, en tout cas bien plus qu'à New York !
Voilà nous avons pris possession en quelques minutes de notre SUV Hyundai Santa Fe, grâce à une employée très compétente et souriante de chez Alamo. Pas de surprise, la voiture est très récente, propre et confortable, nous sortons notre ami Tom Tom de sa housse, impatient qu'il était de nous montrer la route ensoleillée qui nous attend, ça le change du réseau routier parisien sur lequel il évolue le reste de l'année !!
On est vendredi soir, il n'y a pas beaucoup de circulation au sortir de Sky Harbour, l'aéroport de Phoenix et c'est tout tranquillement que nous arrivons à notre hôtel de Scottsdale, jolie banlieue résidentielle de l'agglomération de la capitale de l'Arizona. L'employé nous accueille en nous offrant une bouteille d'eau glacée, délicate attention dans cette contrée où le soleil tape très, très fort, puis après un repas frugal vite avalé dans la chambre, nous nous endormons profondément malgré la climatisation qui se met en route très souvent.
Samedi 23 juin 2012 :
Lever tranquille à 7h, le programme de ce samedi n'est pas très chargé, hormis la route qui nous attend car nous avons prévu de rallier la petite ville de Page à l'extrême nord de l'Arizona, ce qui représente environ 5 h de trajet. Pour l'instant nous savourons l'excellent petit-déjeuner offert par l'hôtel, servi par des employés on ne peut plus souriants et sympathiques, que demander de mieux!!A 8h nous nous engageons sur l'Interstate 17 et nous sortons de la ville sans aucun retard, immédiatement, la route se met à grimper, puis c'est une succession de montées et descentes parfois bien prononcées, comme prévu le soleil est de la partie, et à 9h30, nous ne sommes pas étonnés de voir le thermomètre de bord afficher un bon 96°F(35°C) alors que nous approchons déjà d'un endroit superbe du Southwest: Sedona.Lors de notre dernier passage, une employée d'un commerce de la ville nous avait dit ceci : « Dieu a créé le paradis, mais c'est à Sedona qu'il habite ».Il est vrai que l'endroit ne manque pas de charme: c'est une vallée entourée de roches rouges comme on les aime au fond de laquelle coule une petite rivière, et il y a à contempler partout où se pose notre regard. On y trouve aussi de riches propriétés et Sedona est très connue des amateurs de New Age, de par les vortex d'énergie sensés jaillir d'endroits précis. Malheureusement nous n'avons pas beaucoup de temps, notre visite se résumera seulement à la visite d'un centre artisanal et commercial, copie d'un véritable village mexicain: Tlaquepaque. Nous prenons beaucoup de plaisir à déambuler dans les petites ruelles et passages aménagés, d'autant plus que les boutiques de création présentes sont très belles et proposent des objets originaux et très qualitatifs.

Quittant le village, nous continuons sur la route d'Oak Creek qui suit comme son ombre la rivière en contrebas. De temps à autre, des endroits de baignade sont aménagés ce qui nous tente bien, mais c'est samedi et on dirait bien que tous les locaux se sont donnés rendez-vous ici car les rives sont noires de monde! La route, pittoresque, déroule sereinement son ruban asphalté au milieu d'une végétation méditerranéenne écrasée par le soleil. Ainsi, ce n'est pas vraiment par hasard que des panneaux nous avertissent régulièrement de l'extrême danger d'incendie .Peu avant Flagstaff nous rejoignons l'I17, qui devient rapidement l'US 89 et qui fonce plein nord à travers des plaines arides et inhabitées. Bien que nous la connaissions, nous sommes enchantés de l'emprunter et lorsqu'elle se perd au loin près de l'horizon, c'est comme si elle nous appelait à continuer toujours, toujours...
Bien plus tard, alors que le paysage est devenu franchement inhospitalier, parsemé seulement de quelques habitations navajos, la 89 se met à grimper sérieusement à l'assaut d'un rempart de roche rouge pour finalement se faufiler, victorieuse, à travers une brèche derrière laquelle elle peut se laisser aller tranquillement sur la faible pente qui vient mourir quelques miles plus loin, sur les rives du Lac Powell. Très vite, nous apercevons la petite ville de Page sur la droite, et à quelques minutes avant d'y arriver, nous nous garons sur un parking au bord de la route, c'est en effet là le départ de la petite marche vers une des plus célèbres vues sur le fleuve Colorado: Horseshoe Bend.
Depuis notre dernier passage le parking a été recouvert de bitume, preuve s'il en est de l'intérêt touristique porté à ce lacet du Colorado, de nombreux véhicules sont alignés pour en témoigner. Il est un peu plus de 16h lorsque nous enfilons pour la première fois du séjour nos chaussures de randonnée, remplissons un sac à dos de quelques bouteilles d'eau, avant de nous engager sur le petit raidillon sableux, qui, très rapidement nous amène au sommet d'une petite colline, avant de descendre en zig-zags vers le point de vue. La ballade ne présente aucune difficulté, il y a maintenant un abri pour se reposer, et nous remarquons beaucoup de gens chaussés de simples tongs ou petites chaussures, et rien d'autre qu'un coca ou un ice-tea dans la main pour se désaltérer. C'est vrai qu'il fait quand même 102°F(38°C), le vent souffle faiblement, mais dessèche tout. Nous arrivons à présent au bord de la falaise qui plonge abruptement vers la rivière tout en bas .On a beau connaître l'endroit, on ne se lasse pas de le contempler, la boucle creusée par l'eau dans la roche est parfaitement dessinée, la couleur verte de la rivière tranche avec les couleurs chaudes de la roche environnante, on aperçoit même les embarcations suivant le courant. Quelle joie de se retrouver ici! Nous multiplions les angles de vue tout au long de la rim, la lumière est favorable et le ciel est azur, que demander de mieux !

Sur le chemin du retour, nous croisons encore beaucoup de promeneurs, signe que le point de vue est populaire et vraiment facile d'accès. Quelques minutes après avoir repris la voiture, nous passons devant le Wal-Mart de Page, puis grimpons Lake Powell Boulevard, pour enfin stationner devant la réception du Quality Inn, notre pied-à-terre pour les quatre jours à venir. C'est un hôtel que nous connaissons et apprécions, car d'un excellent rapport qualité-prix, avec une vue imprenable sur le Glen Canyon Dam et le lac. C'est d'ailleurs de ce côté que donne notre chambre, nous sommes ravis de découvrir ce paysage de la petite terrasse attenante, ça promet de superbes couchers de soleil! Il nous faut d'ailleurs repartir rapidement, à peine les bagages posés, car nous avons prévu justement un coucher de soleil, mais de l'autre côté du lac, sur la route de Nipple Bench. Nous reprenons la 89 vers le nord, en direction du barrage sur lequel nous passons à la sortie de la ville. A Big Water nous nous dirigeons à droite vers une piste bien roulante qui, très rapidement, nous fait pénétrer dans un univers proprement lunaire: la végétation est complètement absente, les petites collines alentour s'habillent de couleurs ocres, grises, et le sol de bentonite autour ajoute encore sa surface lisse et sa texture argileuse à l'impression d'ensemble. Pas du tout adepte des théories du complot, je crois quand même que si les expéditions lunaires Apollo étaient une supercherie cinématographique, je pense que c'est ici que la NASA les aurait fait tourné, d'ailleurs il me semble que le film « La planète des singes » le fut !
Pour l'heure nous continuons à rouler relativement vite, une petite inquiétude naissant à propos du timing: en effet, le soleil est déjà bas sur l'horizon, et il nous reste une bonne distance à parcourir, même si nous n'allons pas jusqu'à Alstrom Point. En outre, pour nous, la route longeait les rives du lac, ainsi pensions-nous, nous aurions pu nous arrêter n'importe où pour contempler le sunset, au lieu de cela, au contraire, elle s'éloigne du lac vers on ne sait où, et la trajectoire indiquée par TomTom n'est pas là pour nous rassurer .A l'embranchement de Warm Creek Bay, nous décidons de prendre à droite, vers le lac justement, en suivant un wash qui se rétrécit au fur et à mesure. Redoutant plus que tout de rester bloqués ou enlisés, je décide de continuer à pied, voir si la suite est praticable ou non. Déception, le lac me paraît loin, et rien ne garantit un beau sunset, car le wash est de plus en plus encaissé, et il est sans doute trop tard, le soleil est à présent trop bas sur l'horizon. Je retourne à la voiture, et c'est dépités, que nous décidons de faire demi-tour, inutile de s'acharner, nous sommes partis trop tard de Page. C'est presque dans l'obscurité que nous atteignons Big Water, puis c'est le retour à l'hôtel. Assis sur notre terrasse, en regardant la carte, nous nous apercevons qu'il fallait continuer bien plus loin, puis tourner à droite, mais de toutes façons, nous étions trop juste en temps, tant pis, c'est raté pour le sunset! Déçus et fatigués, nous allons nous coucher, car demain matin nous devons nous lever tôt...
Dimanche 24 juin 2012 :
La sonnerie Marimba de l'iPhone se déclenche: quoi, déjà ?...il est 5h...euh, heure de l'Arizona ou heure de l'Utah? Malgré nos esprits embrumés de sommeil nous savons que c'est l'heure de l'Arizona tout en maudissant les responsables de la fixation de la frontière entre les deux états: une dizaine de miles vers le nord ou vers le sud, et hop, le problème était résolu, tout le monde serait à la même heure. Pourquoi se poser ces questions? Eh bien parce que ce matin nous devons nous rendre à Kanab en Utah, à 1h15 de route de Page, nous perdons donc une heure, tout cela pour y arriver avant 9h heure de l'Utah, il nous faut partir à 7h, heure de l'Arizona, vous suivez ?!
Et pourquoi se lever si tôt un dimanche en vacances? Les habitués de ce forum ont déjà la réponse: nous voulons participer au tirage au sort d'attribution des visites à Coyote Buttes North, dont le joyau s'appelle The Wave! Il n'y a que 10 permis pour 10 personnes attribués chaque jour pour une visite le lendemain, nous avons choisi le dimanche pensant augmenter nos chances, ce jour étant une charnière entre les gens qui partent et ceux qui arrivent. Précisons que nous avons déjà eu la chance de gagner l'an dernier, mais devant la beauté de l'endroit, nous n'avons pas pu nous empêcher de retenter la loterie. Après un excellent petit-déjeuner dans la salle de l'hôtel dont la vue sur le barrage est superbe, nous voilà partis sur l'US 89 North. Nous laissons, 40 mn plus tard, sur notre gauche la Paria Station, c'est là où jusqu'en 2011 se tenait la fameuse loterie, dommage, car cela nous faisait quand même plus près! A moins que ce ne soit une volonté d'éloigner le lieu du tirage du lieu de la rando afin de réduire le nombre de prétendants? Ou bien une volonté de décharger la petite station de Rangers de la lourdeur d'organisation d'un tel tirage tous les jours de l'année, empêchant les employés de faire le reste de leur travail? Toujours est-il que ça ne nous arrange pas, nous, et je pense une grande partie des aspirants à cette rando !
Quelques minutes plus tard, nous passons devant l'embranchement de la House Rock Valley Road, où nous reviendrons tout-à-l'heure, la vraie question étant: serons-nous ici demain matin ?
Enfin à 8h15, nous nous engageons sur le parking du Bureau of Land Management, juste à l'entrée de Kanab. Il y a déjà quelques voitures, mais nous savons d'expérience que les gens arriverons tout au long de la prochaine demi-heure. Nous pénétrons dans le bâtiment en saluant nos futurs concurrents ainsi que les Rangers présents, et nous nous mettons à étudier tous les documents mis à disposition sur les nombreux centres d'intérêt de la région. Nous repérons également la pièce dédiée au tirage, dont l'entrée est ornée de deux pendules aux heures de l'Arizona et de l'Utah. Alors que d'autres personnes arrivent, un Ranger nous indique que la salle de la loterie sera bientôt accessible. Chacun se surprend à compter le nombre de gens présents, puis d'évaluer ses chances par des calculs de probabilité aussi stressants qu'inutiles. Enfin nous pouvons prendre place à 8h50 dans la pièce, celle-ci est spécialement aménagée, avec plusieurs rangées de sièges qui font face à un grand tableau blanc au mur, au pied duquel sont alignées deux ou trois tables offrant aux participants un grand nombre d'écritoires chacun garni d'une feuille d'inscription ainsi que d'un crayon, donnant l'impression d'une très bonne organisation. Les messages d'avertissement à l'attention des fraudeurs éventuels écrits au marqueur rouge au tableau ne font que renforcer ce sentiment: il est en effet stipulé que chaque groupe déclaré ne peut être représenté que par une seule personne et qu'un groupe ne peut comporter plus de 6 membres, tout manquement à ces règles conduira à l'exclusion pure et simple du groupe fraudeur du tirage ou à l'annulation des permis délivrés. Je remplis la feuille A4 rapidement nous inscrivant, Liliane et moi, tous nos voisins faisant de même. A 9h précises le Ranger ferme la porte et indique d'une voix solennelle et forte que personne ne peut plus s'inscrire au tirage du jour. Nous jetons un coup d'oeil autour de nous: il y a bien 50 participants...pour seulement 10 places...c'est pas gagné! Malgré notre visite de l'an dernier, nous nous surprenons à être anxieux alors que le tirage va commencer...Le monsieur devant nous plaisante avec les deux Rangers, quand l'un d'entre eux indique sur un ton professoral : »At the end of the lottery, if you win, you stay, if not...well, you leave... », avec un grand sourire à la fin de la phrase, faisant immédiatement augmenter le stress dans la salle. S'ensuit l'attribution des numéros correspondants aux inscrits, dans l'ordre de dépôt des inscriptions aux billes numérotée d'un jeu de type bingo, nous héritons du numéro 6, espérons qu'il va nous porter chance. Il nous annonce officiellement d'une voix forte la correspondance des noms avec les numéros .Le remplissage de la machine est un grand moment, faisant retomber la tension pour quelques instants, dire que nos permis dépendent de cette vulgaire boule grillagée ! Très vite, le Ranger actionne la manivelle et fait s'agiter dans tous les sens les petites boules, tandis que beaucoup de gens filment ou photographient la scène. Quelques secondes plus tard il en sort la première, suivi par une cinquantaine de paires d'yeux, le couperet tombe : »number 3 ».Immédiatement, une explosion de joie saisit les 3 couples d'Allemands devant nous avec des cris, des tapes dans le dos, des embrassades .C'est alors que nous comprenons qu'ils ont pris le risque, gagnant cette fois, de constituer un groupe de 6 personnes, à cet instant, ce sont donc 6 permis sur 10 qui viennent d'être attribués, ouh !, ça va être chaud! D'ailleurs tout le monde a la même réaction « number 6 » et se rend compte que...hein?! Il a dit « number 6 »!C'est pas vrai! Mais oui, il cherche le groupe number 6 du regard...C'est nous, c'est nous, nous faisons un signe, il note la validation sur sa feuille. Incroyable! Nous avons gagné pour la deuxième année consécutive, nous avons du mal à y croire...Nous n'avions même pas vu qu'il avait recommencé à faire tourner la boule de bingo ! Notre joie n'a d'égale que la déception de beaucoup de participants, qui à cet instant se raccrochent à l'espoir des deux derniers permis, ce qui signifie que les groupes de plus de deux personnes vont devoir soit se séparer, soit abandonner. »Number 11 », ça y est, un grand sourire, mais sans plus, éclaire le visage de deux jeunes touristes asiatiques au fond de la salle, ils ont la victoire discrète, tandis que le monsieur devant nous n' a plus du tout envie de rire et quitte la pièce presqu'en courant, l'air furieux, suivi lentement par les autres, tous déçus forcément. Certains retenteront leur chance le lendemain, d'autres non, c'est le jeu...C'est ainsi que nous nous retrouvons entre gagnants pour écouter les conseils des Rangers et les conditions météo du lendemain, recevoir l'itinéraire très bien réalisé sur papier, et, bien sûr, régler les 14$ de permis. La tension est complètement retombée et c'est avec une joie non dissimulée que nous écoutons distraitement les Rangers, pensant surtout aux merveilles qui nous attendent le lendemain.
Nous quittons maintenant Kanab pour retourner en direction de Page, nous avons prévu une rando justement dans le secteur de The Wave: Edmaïer's Secret.40 minutes plus tard nous tournons sur la House Rock Valley Road, puis continuons pendant plusieurs miles jusqu'au parking de Buckskin Gulch que nous atteignons sans encombre, la piste étant très roulante, nous avions d'ailleurs pris soin de bien vérifier son état, indiqué clairement sur un tableau au BLM de Kanab.
A 9h45, nous glissons les 12$ de permis dans l'urne placée à cet effet, et nous descendons dans le wash, la rando commence, il fait 80°F(27°C), ça va! Nous sommes dans le wilderness et, une fois sorti de ce lit de rivière à sec facile à suivre, le chemin n'est pas du tout balisé, c'est pourquoi nous jettons souvent un coup d'oeil au GPS intégré à l'iPhone, dans lequel j'avais entré les points principaux.
Nous longeons une clôture lorsque je m'aperçois que nous sommes allés trop loin, il nous faut maintenant revenir par la gauche, par une marche pénible dans ce que j'appelle « la mer de sable ».

Enfin, nous arrivons aux chenilles, l'entrée non officielle d'Edmaïer's Secret. Nous commençons à parcourir cette immense zone de brainrock très spectaculaire et insolite, à la recherche des fameuses dentelles de roches que nous trouvons facilement.

Devant leur extrême fragilité, nous nous demandons comment ont-elles pu se constituer et surtout se conserver.



Nous sommes très vigilants et regardons à deux fois avant de poser les pieds n'importe où et de briser ces petits chef-d'oeuvres naturels.

Plus loin en levant le regard, on aperçoit le massif de The Wave. Nous avisons un surplomb rocheux qui va nous servir d'aire de pique-nique, car encore une fois, il fait chaud, très chaud...Continuant l'exploration, nous découvrons une multitude de formes rocheuses à photographier sous tous les angles.



Tout au long de cette rando, nous n'apercevrons absolument personne, nous arpenterons ce lieu en totale liberté, rien n'est délimité ni imposé, c'est ça le wilderness. Après deux bonnes heures à profiter du site, nous prenons le chemin du retour et, ne voulant pas refaire le même chemin, nous nous éloignons un peu, la trace GPS commençant à dévier sérieusement, nous sommes obligés de couper en grimpant une colline sableuse et abrupte, de redescendre l'autre versant escarpé à souhait, pour finalement nous retrouver...devant la clôture barbelée à bétail! Heureusement en la longeant un peu, nous tombons sur un affaissement du grillage qui nous permet de passer au travers pour rejoindre le gulch de départ. Nous arrivons à 15h15 à la voiture assez fatigués, nous décidons alors de couper court à notre programme et de rentrer tranquillement à Page.
Disons-le tout de suite: nous aimons beaucoup la ville de Page, et nous nous y sentons un peu comme chez nous. Ce n'est pas que la ville est belle, non, car elle ne l'est pas, elle n'a pas beaucoup de charme non plus, pas plus qu'elle ne possède une histoire, encore moins une architecture remarquable. C'est sa situation, sans doute qui y fait: perchée au bord d'un plateau rocheux, elle domine le lac Powell et le barrage, offrant au visiteur même de passage un superbe spectacle au lever ou au coucher du soleil. En prenant un peu de recul, on s'aperçoit aussi qu'elle est la seule agglomération à des dizaines de miles à la ronde, une oasis au milieu du désert d'Arizona, c'est déjà plus valorisant. Et lorsque l'on réfléchit aux merveilles qui nous attendent tout autour, alors là...Pensez donc: Coyote Buttes North and South, la Paria River, la Cottonwood Road, le très vaste Grand Staircase, Antelope Canyon, pour ne citer que les plus emblématiques. On voit à ce moment cette petite ville mal aimée sous un autre angle que sa capacité hôtelière, les plages peu avenantes de la marina, l'étape obligée des tour opérateurs dans leur course effrénée, et on en vient à lui pardonner d'être quelconque, voire à admirer la ruse qu'elle utilise pour cacher sous sa banalité l'extraordinaire profusion de sites naturels tous plus beaux les uns que les autres situés à proximité, et qu'on ne peut évidemment pas découvrir en une après midi. Preuve que le stratagème fonctionne car on entend souvent dire : »Page?Ouais, bof!bof !, en trois heures on a fait le tour, baignade comprise dans le LacPowell et une heure à Upper Antelope, c'est largement suffisant, y'a rien d'autre à faire, vivement Bryce ou Monument Valley ! »
En tout cas nous, nous profitons de la soirée, assis sur notre terrasse, une bière bien fraîche devant nous, à contempler le soleil descendant sur la roche rouge, jouant avec toute la palette des couleurs chaudes, la surface azurée et calme du lac Powell apportant l'équilibre nécessaire au tableau. C'est seulement lorsque la nuit sera complètement tombée, quand les lumières du barrage seront allumées, que les joueurs de golf du Marriott seront rentrés que nous nous décideront à aller nous coucher, savourant le bonheur simple de cette jolie soirée, et, par la même occasion, la journée du lendemain...
Lundi 25 juin 2012 :
Levés avant que le réveil ne sonne à 7h00, nous allons enfin pouvoir profiter du petit-déjeuner gargantuesque du Quality inn! En effet, on peut y déguster des pancakes maison, des œufs brouillés, des pommes de terre sautées avec la fameuse sauce gravy, mais aussi des yaourts, plusieurs sortes de pain, des fruits, des pâtisseries, et tout cela est compris dans le prix de la chambre! Bref, de quoi bien démarrer la journée, ça tombe bien on a une randonnée exceptionnelle qui nous attend et en plus le ciel est tout bleu, ça promet de belles photos à The Wave !
Nous quittons l'hôtel sans nous presser à 8h30, car de toutes façons la meilleure lumière pour apprécier l'endroit arrive entre 11h et 13h. Ainsi, après avoir parcouru sans problème l'US 89 et une partie de la House Rock Valley Road, une fois garés sur le parking de Wire Pass, nous glissons un feuillet de notre permis derrière le pare brise de notre Santa Fe, puis j'accroche l'autre partie à mon sac à dos et nous voilà partis, pas tôt, à 9h45, alors qu'il fait un agréable 86°F(30°C). Nous connaissons déjà le parcours, alors cette fois-ci nous sommes bien décidés à en profiter en essayant de garder le nez en l'air sans trop faire attention à l'itinéraire. Il est vrai que la marche d'approche est aussi très belle, avec une multitude de formations rocheuses très photogéniques pour qui sait regarder autour de lui.


A mi-parcours environ, tandis que nous progressons facilement sur du slickrock, nous croisons...le groupe de 6 Allemands qui étaient assis devant nous au tirage, déjà sur le chemin du retour, il est 10h30 à peine !! Bon, c'est comme ils veulent, c'est vrai que c'est fantastique d'effectuer la marche d'approche et de découvrir le site tôt le matin, ça permet aussi d'éviter le cagnard, mais je ne comprends toujours pas pourquoi tant de gens repartent si vite alors que la vague se trouve dans l'ombre et que la meilleure lumière arrive entre 11h et 13h?!Mystère...
Quoiqu'il en soit, nous sommes nous, très contents d'y être à cette heure « tardive » de la matinée, et de façon égoïste, nous pensons en nous-mêmes que nous allons croiser 6 personnes de moins sur le site à la bonne heure, c'est mieux pour les photos !
Le chemin touche maintenant à sa fin, nous sommes au pied du « mur », la fameuse montée sableuse et très raide que la nature a placé sur le chemin des randonneurs conquérants, dans un ultime effort de protection d'un de ses joyaux. Peine perdue, la promesse de la récompense est trop forte et décuple notre motivation, cependant, cette année nous avons choisi d'affronter la pente différemment: au lieu de l'attaquer courageusement de front à coup de un pas en avant deux pas en arrière dans le sable, nous préférons obliquer à gauche, où le chemin bien que fortement incliné est constitué de slickrock, c'est ainsi que nous atteignons le sommet avec un minimum d'efforts !
Encore quelques mètres à parcourir dans le sable et là...les mots me manquent toujours, ma pauvreté de vocabulaire s'impose à mon esprit alors qu'une émotion intense s'empare de nous à la vue de ces incroyables draperies de roches rouges nuancées, nous laissant redécouvrir toute la palette des couleurs chaudes développées par la conjugaison des forces naturelles et du hasard.(qui a dit que le hasard mène au chaos? ce site est la démonstration éclatante du contraire!).




Ici les superlatifs apparaissent bien pâles pour décrire ce lieu extraordinaire, c'est pourquoi je laisserai parler les photos, bien connues maintenant, et je conseille à tout le monde de tenter sa chance pour y venir car c'est plus qu'un must dans le Southwest...
Une fois entrés dans la vague, nous y flânons avec délectation, explorons le moindre recoin, multipliant les angles de prise de vue, car nous, nous y sommes à la bonne heure et le ciel a eu la bonne idée de revêtir sa plus belle parure azur, contrastant à la perfection avec la couleur de la roche. Apercevant deux autres randonneurs, nous demandons à l'un d'entre eux de nous photographier, ce qu'il accepte avec plaisir. Discutant avec lui, il nous apprend qu'il s'appelle Kimi qu'il est Japonais, et qu'avec un ami étudiant comme lui ils ont entamé un road trip de plusieurs mois sur le continent américain qui va les mener jusqu'au Pérou pour finir par l'Alaska, faisant naître en nous une admiration mêlée d'une forte envie à la pensée de réaliser un projet similaire! L'échange est vraiment très sympa, c'est exactement le genre de rencontres que nous apprécions en voyage et qui nous enrichit mutuellement. Nous quittons Kimi non sans lui avoir indiqué où se trouve second wave, dont il n'avait jamais entendu parler. A présent il est temps pour nous de prendre un encas, nous avisons la seule zone d'ombre du site, juste à l'aplomb de la crevasse dans le massif de Top Rock, nous profitons pour nous asseoir et déguster notre salade restée fraîche à l'abri du sac isotherme.
Cette année nous nous étions aussi promis de développer notre exploration des alentours de la vague, et c'est ce que nous entamons en ce début d'après-midi en nous rendant plus loin, vers second wave. Evidemment, celle-ci n'est pas aussi spectaculaire que la première mais elle reste quand même très photogénique.



Pour la suite, nous nous apercevons à notre grande déception, de l'importance de la préparation dans le détail d'une randonnée: je voulais absolument monter à Top Rock, et, par manque de temps, je n'ai pas pu lire les conseils éclairés de Philippe Schuller pour y accéder. C'est donc en visant Melody Arch que nous nous posons la question du comment y aller (et surtout en redescendre!) à travers le slickrock, sans malheureusement trouver la réponse, sauf à risquer une ascension directe qui me paraît aussi hasardeuse que dangereuse pour un résultat aléatoire...Le fait d'être loin des secours en cas de mauvaise chute (ici, dans le wilderness, une simple entorse peut vite faire évoluer la situation vers la catastrophe en raison de la nature du terrain et de la forte chaleur estivale), me fait revenir à la raison et renoncer à Top Rock...tant pis! La déception est d'autant plus forte que nous ne sommes pas sûr d'y revenir, au vu du véritable barrage qu'est le tirage au sort préalable, nous avons eu deux fois de la chance, pas sûr d'avoir une troisième...
Nous continuons malgré tout en lorgnant vers le bas du massif, vers Sand Cove et Fatali's Boneyard, mais là, le parcours nous paraît labyrinthique et nous préférons ne pas nous y aventurer.
En guise de consolation, nous trouvons des formations rocheuses étonnantes, très belles, et c'est avec un grand plaisir que nous retournons encore une fois, arpenter LA Vague.



A présent il est temps pour nous de prendre le chemin du retour, non sans nous retourner une dernière fois vers ce trésor naturel, une pointe de mélancolie à l'esprit car nous ignorons si nous aurons à nouveau l'occasion d'y revenir: ce n'est pas tant la question du tirage au sort, quoiqu’il soit de plus en plus difficile de par le nombre de participants, mais mon intime conviction me dit que, cela n'engage que moi, au vu de l'érosion de la roche par les chaussures des randonneurs, ce fabuleux endroit deviendra probablement interdit d'accès purement et simplement d'ici à quelques années comme dans un autre registre et pour d'autres raisons la grotte de Lascaux en Dordogne...
Au pied de la dernière colline de brainrock, alors que nous progressons peu aisément à cause de la pente, nous apercevons en contrebas deux marcheurs se dirigeant vers The Wave laissant une certaine distance entre eux. Nous nous apprêtons à les saluer d'un geste de la main lorsque, curieusement, ceux-ci se mettent à descendre plus vite tout en nous regardant, s'éloignant clairement de nous pour continuer leur route bien à l'écart du chemin habituel. En les observant plus attentivement nous comprenons rapidement la raison de leur étrange attitude: nulle part sur leur sac à dos ne figure le permis que nous devons attacher de façon visible et qui nous autorise à randonner ici, ces deux personnes sont donc en infraction et n'ont aucune envie de croiser des Rangers ou bien de faire signaler leur présence par d'autres personnes rencontrées, comme nous par exemple, c'est aussi pour cela sans doute qu'ils sont partis l'après-midi. Bien que nous désapprouvons cette façon de faire, nous n'avons aucune intention d'en parler à quiconque, nous ne sommes pas là pour ça, chacun est libre, prend ses responsabilités et fait selon sa conscience...
Nous arrivons au parking de Wire Pass après une dernière partie de parcours un peu pénible dans le wash sablonneux, assaillis de partout par des bugs voraces dont l'appétit est sans doute renforcé par la chaleur suffocante, il fait en effet 101°F(38°C).Nous arrivons au Quality Inn à 17h40 où nous attend une bonne douche bienfaisante. En plus aujourd'hui c'est l'anniversaire de Liliane, nous avons donc décidé d'aller le fêter au Fiesta Mexicana, un restaurant mexicain à 3 minutes à pied. C'est ainsi qu'à 18h30 (hé oui, les Américains dînent très tôt!), nous nous présentons à l'entrée de la salle où l'on nous fait asseoir en attendant qu'une table se libère. Nous savons que ce restaurant est un peu victime de son succès, prisé des locaux et des touristes. Enfin nous sommes placés et nous pouvons commander, tandis qu'on nous apporte deux Corona bien fraîches accompagnées des traditionnelles chips et leur sauce épicée. La décoration est sympa, mais sans originalité, nous avons tout le temps de l'observer car le service est très long. A la table voisine, le jeune couple assis en est à son troisième bol de sauce épicée lorsqu'enfin on leur apporte leur plat. Une minute plus tard c'est à nous: nous avons attendu, certes, mais pas pour rien: les deux assiettes garnies sont d'une taille monstrueuse, bien présentées, elles mettent en valeur une quantité astronomique de nourriture, excellente d'ailleurs. Le serveur nous lance un « bonne appétite », en Français, bien qu'à aucun moment nous ne lui avions indiqué notre nationalité. Nous avions sérieusement faim, mais nous avons beaucoup de mal à finir nos plats et nous ne voulons pas demander de doggy bag. Pour la forme, car j'adore ça, je prends un dessert que je regrette presque car je n'en peux vraiment plus.
De retour à l'hôtel nous ne tardons pas à nous coucher, sans profiter de notre terrasse, dommage, mais demain, une fois de plus, il faut se lever tôt !
Mardi 26 juin 2012 :
4h30, c'est l'heure à laquelle l'iPhone, dévoué réveil, sonne la charge, c'est l'heure de se lever! Faut être fou pour se lever à des heures pareilles en vacances! Oui mais quand on connaît le programme de la journée, on se dit que ça le vaut bien: en effet, aujourd'hui la journée est consacrée à randonner dans Coyote Buttes South, qui plus est, guidés par un passionné de l'endroit: Steve Dodson. Nous avons rendez-vous avec lui à 6h30, heure d'Arizona, alors il ne faut pas traîner. Nous déjeunons sur notre terrasse de tartines garnies de Philadelphia achetés la veille au Wal-Mart avec un gobelet de café rempli à la machine de l'hôtel disponible 24h sur 24. D'ailleurs j'étais tout seul dans les couloirs pour aller les chercher, à cette heure-ci, il n'y a pas grand monde de réveillé, pas même le réceptionniste. Il fait très doux, et le soleil se lève sur le lac Powell faisant tout rougeoyer autour, nous avons l'impression d'être les seuls témoins de l'aube naissante, car tout autour nous n'entendons aucun bruit.
Vite, les tartines avalées il est temps de prendre la route, toujours la 89 vers le nord, c'est à Paria Outpost, le restaurant des Dodson où nous avons rendez-vous, à 40 minutes de Page, tout à côté de la petite Paria Ranger Station, là où se tenait jusqu'en 2011 le tirage au sort pour The Wave. Alors que nous tournons à gauche sur le parking, nous apercevons Steve occupé à nettoyer consciencieusement les vitres de son GMC Suburban. Les présentations faites, il nous indique que nous partirons sitôt les formalités de permis bouclées avec Susan son épouse. Elle nous attend dans le restaurant, désert, nous accueille chaleureusement, et nous explique, carte à l'appui, la géologie du lieu que nous allons explorer aujourd'hui, tout en vérifiant nos permis. Enfin elle nous donne notre pique-nique préparé par ses soins et nous souhaite une très bonne journée toujours avec un immense sourire.
Voilà, nous embarquons à présent dans le 4X4, celui-ci bondit sur la 89, nous voilà partis pour une journée mémorable...Quelques minutes plus tard, Steve calme les ardeurs de son V8 sur la House Rock Valley Road, très roulante mais limitée légalement à 30 mph. Dans la voiture l'ambiance est très sympa, nous écoutons activement notre guide nous parler de la région et des sites que nous allons visiter. Nous sommes partis depuis une bonne demi-heure et nous venons juste de laisser sur notre droite le primitive campground de Wire Pass quand soudain juste devant nous sur la piste apparaissent un jeune homme et une jeune femme faisant de grands signes avec leurs bras pour arrêter notre voiture. Steve stoppe à leur hauteur, ils se précipitent vers nous en demandant de l'eau, l'air exténués presqu'en état de choc. Nous leur donnons des bouteilles qu'ils engloutissent en quelques secondes avant de nous faire part de leur mésaventure. L'eau les requinque de suite et ils nous racontent alors qu'hier en fin d'après-midi ils se sont ensablés avec leur véhicule quelque part sur la piste sableuse de White Pocket, puis ils ont tenté cinq heures durant de dégager leur voiture avec les moyens du bord, c'est-à-dire leurs mains et deux, trois morceaux de bois trouvés alentour, enfin, devant le peu de succès de leurs tentatives, ils se sont décidés à faire le chemin à pied en sens inverse, à la nuit tombée, avec le peu d'eau qu'ils avaient et pour seule nourriture une boîte de fruits secs Planter's (nous avons la même dans la voiture). Inutile de préciser qu'ils ont essayé de composer le 911 sur leur portable, mais qu'il ne captait aucun réseau. Intérieurement je me dis que c'est un peu la folie ce qu'ils ont fait, quand on voit où se trouve White Pocket, ils ont marché toute la nuit presque sans eau, mais quoi faire d'autre? Ils n'étaient même pas sûrs de compter voir un véhicule passer aujourd'hui...
Ils nous demandent alors de les amener à la station-service la plus proche afin de trouver une dépanneuse. Problème:il faut aller jusqu'à Kanab ou Big Water de l'autre côté, ça représente au bas mot 1h30 de route. Steve les fait monter et leur indique, après s'être enquis de leur état physique, qu'on peut les remonter jusqu'à l'embranchement avec la 89 de là où ils pourront trouver une voiture ou bien composer le 911.Nous faisons alors demi-tour, et Steve donne le ton: il écrase la pédale d'accélérateur, le puissant V8 rugit et dans un patinage de pneus nous fait presque décoller alors que nous atteignons la vitesse de 60 mph, soit deux fois la vitesse autorisée, juste avant le premier virage devant lequel il pile pour remettre la gomme au point de corde, et c'est reparti, on se croirait sur un rallye, à ceci près que je n'ai rien d'un Daniel Elena, et assis à la place passager, je me contente de faire confiance au conducteur, sa maîtrise du véhicule me faisant penser que j'ai raison. La suite c'est une succession de virages passés à la limite de l'adhérence des pneus, des accélérations décoiffantes sur les parties roulantes, des pointes à 70 mph, des nuages de poussière jetés sur les deux ou trois voitures croisées, le tout secoués comme dans un shaker, pour enfin arriver seulement 15 minutes plus tard à la sortie de la piste où nous déposerons nos deux infortunés après leur avoir donné encore de l'eau et nous être assurés qu'ils vont aussi bien que possible. En retournant sur la House Rock Valley Road, je vois dans mon rétroviseur qu'ils sont déjà montés à bord d'une voiture qui les déposera à la prochaine station-service. Je le signale à Steve qui paraît rassuré mais qui me répond que cette histoire va leur coûter cher: faire venir une dépanneuse là où est bloquée leur voiture, loin sur une piste de sable profond, va leur revenir à plusieurs milliers de dollars, en effet, ça fait cher les vacances. Cette petite péripétie renforce en nous l'idée de louer les services d'un outfitter plutôt que de chercher à venir sur ces pistes difficiles avec nos belles voitures de location qui n'ont de 4X4 que le nom. Nous continuons sur la HRVR et bifurquons ensuite vers le chemin qui va nous mener à notre premier arrêt de la journée: Cottonwood Cove. En sortant de la voiture, Steve nous donne à chacun...des ombrelles!!Nous sourions, et devant son insistance, nous les prenons, il nous explique très sérieusement que nous en aurons bien besoin! On verra !
Nous commençons à marcher tous les deux derrière lui en file indienne sur un chemin sableux. A force d'être griffés aux mollets par les plantes sur les côtés, nous comprenons pourquoi Steve porte un jean alors que la chaleur se fait déjà bien sentir. Au bout d'un quart d'heure nous sommes arrivés à Cottonwood Cove, que nous commençons tout de suite à arpenter. Ici aussi la nature s'est donné du mal pour nous faire contempler ces trésors minéraux. Encore une fois, je renonce à les décrire et je laisse parler les photos.










Tout au long du chemin Steve nous fait découvrir des formations rocheuses remarquables, dont Third Wave, ainsi qu'une authentique pointe de flèche qu'il cache soigneusement, jusqu'à même des empreintes de dinosaure. Nous sommes ravis, nous allons à notre rythme, Steve sait se faire discret , il ne nous impose rien, il nous répète sans arrêt de prendre notre temps pour faire toutes les photos que l'on veut...Le soleil est toujours avec nous et le ciel a gardé sa belle couleur bleue, tout va bien...
Au retour, Steve nous sort deux chaises pliantes de pique-nique, nous nous installons sous un arbre pour déjeuner, alors qu'il discute avec un jeune outfitter de Kanab qui vient d'arriver avec ses clients.
Nous reprenons ensuite la piste pour nous rendre à White Pocket, et Steve nous révèle qu'il n'a jamais vu une telle profondeur de sable sur cette voie, dûe à l'absence de pluie depuis de longues semaines, et rendant délicat et dangereux un passage par des gens inexpérimentés. C'est alors qu'il nous explique comment conduire dans le sable :le secret c'est de ne JAMAIS s'arrêter (if you stop, you get stuck!), de bien accélérer et enfin de donner de brefs mais énergiques coups de volant alternativement à gauche et à droite, comme pour zigzaguer et ça passe! Et si ça ne passe pas, ben il faut sortir la pelle (si on en a une!) et utiliser le bois qu'on peut trouver sur le bas-côté !Tout le long de la route d'ailleurs, nous verrons des traces de désensablement, jusqu'à celui que nous attendions, la dépanneuse a dû venir chercher la voiture de nos deux malchanceux du matin, il y a des traces de manœuvre partout dont celles d'un gros véhicule.
Il faut à peine 5 minutes de marche une fois garés sur le parking, pour atteindre le site de White Pocket. Comme son nom l'indique c'est un massif de roche très blanche, parsemée ça et là d'étendues plus ou moins vaste de roche rouge. Encore un travail extraordinaire de la nature, nous ne sommes qu'à quelques miles de Cottonwood Cove, pourtant ici le paysage est très différent.



Après une heure passée à arpenter le site dans tous les sens (nous avons fini par utiliser les ombrelles de Steve tant le soleil tape fort, sans un coin d'ombre!), nous repartons par une piste différente. A bord de son 4X4 Steve conduit très cool et nous raconte sa jeunesse au Texas, puis son installation dans l'Utah, passionné de randonnée notamment dans le Grand Staircase, son métier d'outfitter, et même ses opinions politiques car il nous révèle pour qui il va voter en Novembre prochain! Nous passons un très bon moment à échanger avec lui, il est très sympa et très intéressant. Il nous donne également une foule de conseils sur les randos que nous avions prévu de faire et d'autres encore, enfin il nous recommande de parcourir la piste de Old Paria au sunset, les couleurs de la roche sont magnifiques, même si le décor de cinéma qui en constituait l'attraction a été incendié en 2006.
Et c'est ainsi que nous roulons déjà sur la 89 et quelques minutes plus tard, il nous dépose à notre véhicule à Paria Outpost. Nous avons passé une superbe journée en sa compagnie, nous tenons à le remercier chaleureusement.
Après avoir pris congé, nous tenons à visiter, à quelques minutes de là, Catstairs Canyon, petit canyon au bord de la route, où sont inscrits quelques pétroglyphes sur ses parois, ainsi qu'un empilement de vieilles voitures pratiquement sous la route, étonnant !

Enfin vient le moment de rentrer à Page, il est 17h30, et une heure plus tard, nous nous rendons à pied au Taco Bell (ça faisait longtemps!), où nous engloutissons un XXL Burrito accompagné d'un grand gobelet de coca bien frais, en profitant du free-refill offert. Oui, c'est sûr, ce n'est pas de la nourriture fine ni light, mais ça fait partie du trip, et qu'est ce que ça fait du bien après une journée comme celle-là!! Au retour à l'hôtel il fait encore 103°F(39,5°C), alors nous nous installons tranquillement sur notre terrasse, la boîte de cacahuètes à portée de main, tout en nous remémorant les lieux visités aujourd'hui, le bonheur je vous dis !
Mercredi 27 juin 2012 :
C'est aujourd'hui que nous quittons Page, et même si nous allons encore découvrir de belles choses, nous avons du mal à rassembler nos affaires pour aller au check-out, nous nous sentions tellement bien ici. Nous décollons à 10h seulement, dû à un problème de tarif de chambre à régler au lobby, ainsi que quelques courses au Wal-Mart et le plein d'essence. Nous prenons toujours la même route, la 89 North, mais cette fois, après environ 30 minutes de trajet, nous tournons à droite dans la Cottonwood Canyon Road dont nous avions pris soin de regarder à Kanab dimanche son état qui était indiqué praticable pour un véhicule tel que le nôtre. Les premiers miles sont plutôt quelconques, les alentours sont tout gris mais ça roule très bien, et une demi-heure plus tard nous rangeons notre voiture sur le côté, au départ de la rando vers Yellow Rock. Nous devons d'abord traverser un bosquet assez dense de Cottonwood, sans vraiment de repère, ni de sentier balisé, puis c'est le large lit de la rivière, heureusement à sec, pour nous retrouver enfin au pied de la fameuse pente à 100% qu'il faut gravir. Vu d'en bas, on se demande vraiment si c'est raisonnable d'essayer, d'autant que le sentier, qui paraît presque vertical, est constitué de loose rock, en gros, des éboulis instables! Qu'à cela ne tienne on est là pour ça alors on y va, et on a raison, car les apparences sont trompeuses et la progression en lacets est relativement facile, nous prenons rapidement de la hauteur. Arrivés à une sorte de col nous soufflons, un peu désappointés, car nous nous croyions au sommet, mais non, il faut encore monter un peu, mais la pente se fait maintenant moins rude. Voilà nous avons repéré les « plaques de stégosaures » (merci encore OuestUSA.fr!), qu'il nous faudra prendre en repère pour la descente, et levant les yeux vers l'horizon, Yellow Rock s'impose à nous là, tout près. Extraordinaire: alors que notre environnement faisait dans les teintes grises tout au long de la montée, voici maintenant qu'apparaît devant nous cette immense masse d'un jaune franc nuancée quand même par quelques couleurs tirant sur le blanc ou le rose! Il nous faut un petit quart d'heure pour en rejoindre les bords, et encore un autre quart d'heure pour en atteindre le sommet, ralentis par un vent très fort qui nous oblige à nous courber et à bien serrer tout ce que nous avons en main. Tout là-haut, la vue à 360° nous permet d'observer loin vers le sud les massifs des Coyote Buttes, et à l'opposé, Castle Rock, un vrai château-fort naturel. Mais l'intérêt du lieu se révèle vraiment lorsqu'on le parcourt dans tous les sens à la recherche de toutes les variations de couleurs qu'offre cet endroit insolite: ici une zébrure de mauve dans une étendue jaune, là des stries oranges parallèles, etc...C'est un vrai jeu, et ça nous plaît énormément!




Dommage que nous ne puissions pas y rester jusqu'au sunset, car une heure plus tard, nous devons entamer la descente, que nous achevons sans aucun problème, malgré nos craintes de chute dans la pente. Nous repartons vers le nord, nous arrêtant au passage à Candyland, là où le paysage se transforme et fait place à la roche rouge, puis nous nous dirigeons vers Grosvenor Arch, où un parcours est aménagé pour se rendre juste au pied de cette arche particulière, mais ce n'est pas la plus photogénique qu'il nous ait été donné de voir.


Nous savons que nous sommes presque à la fin de la piste et nous sommes en train d'estimer le temps qu'il...tiens, qu'est-ce qu'il y a devant nous en travers de la route?!De l'eau??!!Il y a un wash rempli d'eau qui traverse la piste une centaine de mètres plus loin!!ça, c'était pas prévu! En nous approchant, nous constatons effectivement, que l'eau nous barre la route et qu'il va falloir ou traverser, ou faire demi-tour et refaire tout le trajet en sens inverse plus un immense détour pour rejoindre Escalante. La piste forme une fourche sur quelques mètres à partir de cet endroit, nous allons voir et le passage paraît plus facile de ce côté. Bon, il faut tenter, ça devrait le faire! Guidé par Liliane à l'extérieur, j'engage les roues côté droit sur une petite butte de terre, j'enclenche le système AWD (plus pour me rassurer, d'ailleurs!), et j'y vais, la voiture se retrouve un instant sur trois roues du fait de la déclivité, les roues gauches entrent dans l'eau...et ça passe, facilement, ouf! L'eau était très peu profonde à cet endroit, heureusement, donc, nous voilà sur l'autre rive de ce petit wash, soulagés de ne pas avoir à faire demi-tour !
A peine remontés en voiture, notre enthousiasme se ternit d'un seul coup sur cette réflexion:s'il y a de l'eau ici qui vient de l'Est, sur la Cottonwood, alors qu'en est-il de la Hole in the Rock Road, à notre programme exclusif pour le lendemain!!Catastrophe, c'est toute notre journée qui risque de tomber...à l'eau! Et ça ne nous fait pas trop rire car la HITRR faisait partie de nos highlights avec les slots canyons de Spooky, Peekaboo, Dry Fork, Devil's Garden, Sunset Arch, Dance Hall Rock...Pire, géographiquement, c'est le point le plus au Nord-Est de notre trip, donc nous irions à Escalante pour rien! Vite, nous partons rapidement car nous voulons en avoir le cœur net, les quelques miles jusqu'à Cannonville sont un supplice et en plus lorsque nous y arrivons, le bureau des Rangers vient de fermer. Je cours vers le local et là je tombe juste sur l'employée qui repars, et qui m'accueille malgré tout avec le sourire et un « may I help you » très avenant.J e lui pose alors LA question qui nous torture depuis une demi-heure, désignant notre voiture : "Will our car be able to drive us safely on the HITRR regarding tomorrow's road conditions ? »Immédiatement son regard parle avant sa voix: j'y lis de l'empathie teintée d'une grande déception, sa réponse est tranchante, sans appel :»Oh, no, the HITRR is...miserable, very rough and with a lot of dash boards, I'm sorry » Bouh, le coup de massue! Je reste quelques instants à lui parler, puis je la remercie avant de revenir annoncer la mauvaise nouvelle à Liliane. Que faire maintenant? Après quelques instants de réflexion, nous décidons quand même de rouler vers Escalante, prendre notre chambre d'hôtel au Circle D et d'aviser une fois sur place. Le temps de faire le trajet, nous tournons et retournons la situation dans tous les sens: nous avions prévu deux nuits à Escalante pour visiter la HITRR, et vendredi nous devons être à Zion, c'est-à-dire à l'opposé! Pas question donc de pousser jusqu'à Capitol Reef voire plus loin. Une évidence s'impose alors à nous, nous allons annuler la seconde nuit au Circle D, après on verra. Nous faisons quand même une halte au Visitor Center d'Escalante, où un employé croisé sur le parking nous déconseille vivement de nous aventurer sur la piste surtout avec notre voiture de location, confirmant ainsi les dires de la dame de Cannonville: là il n'y a plus d'espoir !
A la réception de l'hôtel, le préposé accepte sans trop rechigner à nous annuler la seconde nuit sans frais, il va même jusqu'à se faire confirmer l'état de la HITRR auprès d'un outfitter local, troisième avis négatif. Commerçant accompli, il nous propose alors une excursion accompagnée par cet outfitter, que nous refusons poliment.
A peine installé dans la chambre, c'est le branle-bas de combat: nous étalons sur le lit toutes nos cartes, le netbook et l'iPhone connectés au Wifi de l'hôtel, nous recherchons frénétiquement une solution de secours, le fameux plan B! Une demi-heure plus tard, après beaucoup d'impasses et de « ça vaut pas le coup », nous avons trouvé quoi faire et le sourire revient même si le plan B n'est pas idéal: nous allons refaire la randonnée de Cathedral Wash (que j'avais adoré en 2010 et que Liliane avait eu le regret de ne pas finir)! C'est un peu fou quand même car ça fait redescendre vers le nord de l'Arizona, 200 miles et presque 5 heures de route au bas mot, mais c'est ce qu'on a trouvé de mieux. Aussitôt dit aussitôt fait, nous réservons en ligne pour le lendemain soir une chambre au Victorian Inn à Kanab, ce qui nous rapproche en plus de Zion, allons tout s'arrange (ou presque) !
Très fatigués par la tension de la fin de journée, aussi sans doute et par le rythme de notre trip, nous avalons un dîner frugal dans la chambre, fait de sandwichs à la viande et au fromage, puis nous allons nous coucher sans même aller nous balader à l'extérieur.
Jeudi 28 juin 2012 :
Nous voilà debout à 5h heure de l'Arizona, avec la route qu'on a à parcourir, c'était nécessaire! A 6h15 nous déposons la clé dans la boîte prévue à cet effet, et c'est parti, nous roulons à présent en sens inverse de la veille, à la limite voire un peu au-dessus de la vitesse réglementaire, il fait très beau, c'est déjà ça !
La route n'est pas déplaisante, nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur, bien résolus à passer une excellente journée malgré la déception de la veille. A Kanab nous achetons notre pique-nique du midi dans le petit supermarché, nous traçons en direction de Fredonia, revoilà l'Arizona, la température monte sérieusement, enfin, après 4h30 de conduite, nous rangeons sagement notre Santa Fe au bord de la route sur le tout petit parking attenant au trailhead de Cathedral Wash, il fait 103°F(39°C), pas fâchés d'y être !

Il est 10h40, nous chargeons nos sacs à dos, traversons la route pour nous engager dans le wash, très contents et motivés, l'enthousiasme est revenu. La rando se passe à merveille, nous prenons beaucoup de plaisir à monter et descendre les parois pour trouver notre chemin (gardant à l'esprit la mésaventure de Jacqueline et ses enfants, faisant face à un flash flood l'an dernier), et 1h30 plus tard c'est le Colorado et sa fraîcheur bienvenue qui s'offre à nous. Ravis, nous commençons à assembler nos sandwichs les pieds dans l'eau, puis nous mangeons tranquillement tandis que deux immenses rafts passent devant nous dont les occupants nous saluent tous, nous leur rendons, bien sûr, la pareille !


Nous restons là, au bord de l'eau, seuls, nous n'avons pas trop envie de partir. Enfin, il le faut bien, et nous quittons la fraîcheur relative du fleuve pour remonter dans le wash. Le retour est bien plus difficile que l'aller, nous avons un peu de mal, heureusement qu'il y a l'ombre des parois du canyon pour nous faciliter la marche, c'est ainsi qu'à 14h30 nous rejoignons notre voiture, après avoir croisé seulement deux personnes, nous sommes en nage, normal, le thermomètre de notre SUV nous indique 111°F(44°C) après avoir roulé un peu !

Nous avions convenu de repasser par Page pour pouvoir emprunter plus loin la route de Old Paria, et, bien que ce soit la quatrième année où nous séjournions dans la ville, nous n'avons encore jamais rendu visite au Visitor Center du barrage! Aussitôt dit aussitôt fait, après un petit arrêt au Wal-Mart, nous nous rendons au Glen Canyon Dam Visitor Center, où nous prenons connaissance de l'histoire de la construction du barrage, exposition intéressante, au moins autant que la vue est impressionnante sur le barrage lui-même à travers une immense baie vitrée.
Le soleil commence à décliner au moment où nous démarrons sur la 89, une fois de plus. Il nous faut quand même presqu'une heure pour rejoindre l'embranchement de la piste de Old Paria. Nous avons prévu d'y faire un aller-retour, même si les décors de cinéma ne sont plus là. La piste est très roulante, et assez vite elle se met à grimper, c'est alors que le décor se révèle en une incroyable palette de couleurs mises en valeur par la lumière rasante du soleil.




Plus loin, nous sommes surpris de voir au bord de la piste, un petit cimetière de pionniers dont les stèles indiquent que ces gens vivaient ici à la fin du XIXème siècle, un écriteau leur rend d'ailleurs hommage, rappelant au passage l'extrême difficulté pour une communauté à s'installer dans une nature aride et hostile : »They had a hard life but they were harder people », respect...

La fin de la piste ne nous apporte pas grand-chose de plus, à présent c'est du sable sur lequel nous roulons, et nous n'insistons pas car ce n'est pas le moment de rester « stuck » dans un endroit si isolé, nous faisons demi-tour pour repasser devant les splendides collines, éclairées encore différemment maintenant.
Il ne nous reste plus qu'à tracer jusqu'à Kanab, car il ne faut pas oublier que nous allons y perdre 1h de par le décalage horaire existant entre les deux états voisins. C'est donc à 20h15 environ que nous nous présentons au check-in au Victorian Inn, poussiéreux au possible, sales à force de randonner dans la roche rouge, nous avons vraiment l'impression de faire tâche au milieu des boiseries impeccablement entretenues, foulant les tapis moelleux avec nos chaussures de randonnées. Nous sommes accueillis comme d'habitude avec le sourire et un sens du service qui laisse rêveur. Comme son nom l'indique, le Victorian est décoré dans l'esprit victorien, très élégamment dans ce style si particulier qui nous fait sourire et en même temps, forcer l'admiration des propriétaires qui présentent un hôtel extrêmement bien tenu et d'un rapport qualité-prix imbattable.

Devant une petite bière bien fraîche que nous avons eu beaucoup de mal à trouver (nous sommes chez les Mormons ne l'oublions pas!), nous avons disposé quelques fruits secs pour prendre l'apéro tranquillement dans la chambre en faisant le bilan de cette journée bien mal engagée hier soir, et qui, au final nous a enchantés, malgré les 200 miles de ce matin. Nous prenons plaisir à déguster ensuite nos bonnes salades du Wal-Mart, avant d'aller nous coucher, fourbus, car demain il y a encore du pain sur la planche avec une rando extraordinaire au programme.
Vendredi 29 juin 2012 :
Levés à 6h30, nous nous dirigeons rapidement vers la salle, somptueuse, où est servi le petit-déjeuner, très copieux: au menu, omelettes maison, pains, viennoiseries, toutes sortes de confitures, waffles, yaourts, ...excellent pour démarrer la journée. Nous osons à peine nous asseoir tant la table et les meubles alentours paraissent briqués, la moindre poussière chassée impitoyablement. Nous déjeunons tranquillement sous l'oeil bienfaiteur de la propriétaire de l'hôtel qui met un point d'honneur à remplir à nouveau rapidement chaque plat dans lesquels les clients se servent allègrement. Enfin à 8h, un rapide check out et nous sautons en voiture, direction Zion National Park. A quelques miles au nord de Kanab, nous ralentissons prudemment à l'approche du carrefour de Mount Carmel Junction, car hier, le shériff veillait dans sa voiture au bord de la route. Tiens, il est toujours là d'ailleurs... C'est bizarre sa voiture est toute poussiéreuse, il n'a quand même pas passé la nuit sur place...A moins que... Mais oui, c'est ça, au moment où nous passons devant lui, nous scrutons minutieusement l'intérieur de la voiture et nous remarquons alors assis derrière le volant...un mannequin!! Oui, un mannequin habillé de l'uniforme du shériff, avec le chapeau et tout et tout! C'est pour ça qu'il n'a même pas ouvert ses vitres, il n'a pas besoin, un mannequin se moque de la chaleur! Bien joué! ça nous fait bien rire pendant plusieurs miles !
Très vite nous atteignons le panneau puis un peu plus loin, la guérite des Rangers qui indiquent notre entrée dans le parc de Zion. La suite de la route est toujours aussi belle: celle-ci se colore d'abord en un joli bordeaux, comme pour faire honneur à la roche rouge du parc, démarre à Checkboard Mesa, tourne et vire, hésite, contourne un relief, plonge franchement dans des tunnels, enfin elle trouve son rythme et nous amène en lacets, au fil des miles, tout au fond du canyon, où, telle une rivière, elle s'assagit pour nous faire doucement entrer sur les grandes aires de stationnement autour du Visitor Center à l'entrée de Springdale. Nous nous garons alors sans difficulté, et, après avoir chargé les sacs à dos, vérifié la check-list, nous marchons d'un pas décidé vers l'arrêt de la navette, véhicule obligatoire pour se rendre dans Zion Canyon. La route suit la Virgin River, enfin, à l'arrêt indiqué « The Grotto », nous descendons. Oui, car c'est ici le départ de la plus fameuse rando de Zion, celle pour laquelle nous sommes ici cette année: Angel's Landing. D'ailleurs on l'aperçoit tout là-haut, cette « piste de l'ange », on aurait pu l'appeler aussi le nid d'aigle, la fin de cet étroit éperon rocheux aux parois verticales bordé des deux côtés par un abîme de 500 mètres. Allez c'est parti, nous réenfilons nos sacs à dos et nous traversons la rivière à grandes enjambées sur le petit pont de bois. Un panneau avertisseur nous arrête : »Your safety is your responsability ».S'ensuit un texte indiquant les risques de chute non négligeables de cette rando, rappelant que six personnes sont décédées ici depuis 2004. C'est aussi ce que nous apprécions dans ce pays:chacun est libre de ses choix, dans une certaine mesure, il ne faut pas être naïf, et doit les assumer jusqu'au bout en connaissance de cause.

Nous laissons derrière nous le panneau, c'est peu après que le chemin commence à grimper, avec toutefois, un très bon revêtement et une largeur confortable. Nous sommes partis à 9h45, c'est-à-dire pas vraiment tôt, c'est pourquoi nous croisons déjà pas mal de gens qui redescendent du sommet. Il fait déjà chaud et nous apprécions de voir le chemin coller à la paroi du canyon pour nous offrir un peu d'ombre. Nous avons un bon rythme, nous sommes seulement dépassés par un couple de sportifs qui marchent comme s'ils avaient un record à faire tomber! Une demi-heure plus tard le sentier redevient horizontal et s'engage dans une faille perpendiculaire à Zion Canyon: c'est Refrigerator Canyon, le bien-nommé. Il y fait frais, nous sommes complètement à l'ombre et la marche y est vraiment aisée, ce qui constitue un bon intermède avant d'attaquer les « switchbacks » qui nous attendent un peu plus loin. Les lacets arrivent sans prévenir, il faut y aller mais ils sont plus impressionnants que difficiles, c'est ainsi qu'un peu plus d'une heure plus tard nous atteignons Scout Outlook, un confortable point de vue sur le canyon et sur la fameuse crête qui mène au top d''Angel's Landing.


Il y a beaucoup de monde ici, la plupart font une pause avant ou après la dernière partie de la rando, certains descendent du West Rim Trail. Nous en sommes à admirer la vue, magnifique, sur le canyon lorsqu'un groupe d'ados fait halte à côté de nous. Immédiatement, deux jeunes s'en détachent et se mettent à poursuivre d'innocents chipmunks occupés à chercher des restes de pique-nique. N'en ayant sans doute pas assez, l'un deux brandit soudain une pierre et la jette vers le petit rongeur immobile au moment où nous crions : »Nooooooo !! ». Trop tard: le caillou le frappe de côté, il est couché et ne bouge plus. Nous protestons vigoureusement, attirant l'attention de tous les gens présents. Quelqu'un crie : »Why ? »Les sportifs qui nous ont dépassés plus bas ont aussi vu le geste, la dame se met à incendier copieusement le gamin qui ne sait plus quelle attitude adopter devant une réaction violente qu'il n'avait pas prévu. Un jeune homme s'en mêle si bien que nous sommes quatre à essayer de lui faire comprendre sans aucune diplomatie que son geste était celui d'un parfait abruti. Pendant ce temps le compagnon de la dame saisit le chipmunk et lui verse de l'eau sur le corps, celui-ci se met alors à bouger, il n'est peut-être que sonné, car une fois par terre, il se déplace lentement. L'ado a maintenant la mine déconfite et l'air complètement crétin de quelqu'un d'irresponsable, qui commence à prendre conscience de son geste idiot, tandis que son copain tente de donner le change en ricanant discrètement, veillant quand même à ne pas rester près de l'auteur du coup des fois que ça lui rapporte une volée de bois vert. Nous sommes furieux et notre colère ne s'apaise pas: je cherche un responsable parmi le groupe et je n'en trouve pas, je pensais en avertir le Ranger plus loin, j'espérais qu'il les ferait redescendre dans la vallée sans aller jusqu'au bout de la rando, ça leur ferait une bonne leçon. Peine perdue, le groupe est maintenant complètement dispersé et le Ranger très sollicité, dommage! Venir se ballader dans un endroit si beau, en pleine nature, et la première chose qu'il fait c'est de tenter de tuer un petit animal qui ne lui a fait aucun mal.Grrrr! Nous retrouvons notre calme, l'endroit est si propice à la contemplation, en nous disant qu'il a peut-être compris la leçon, du reste.

Il est maintenant temps pour moi d'entamer la dernière partie de la rando, la plus impressionnante sur la fameuse crête, Liliane ayant décidé de m'attendre ici à Scout Outlook. Allez, c'est parti, mes premiers pas se posent sur du slickrock et très vite je me retrouve à m'aider des chaînes placées sur le côté pour aider les marcheurs et leur offrir une certaine sécurité. Pour l'instant ça se passe bien, je veille à ne pas trop regarder l'abîme à ma droite. Au fur et à mesure de ma progression le sentier se fait plus abrupt, il faut grimper rocher après rocher, utiliser les chaînes, attraper les branches des rares arbres établis dans la roche sans oublier de laisser passer les gens qui redescendent, toujours avec le vide à proximité, qui guette le moindre faux pas. Un quart d'heure après le départ, toute appréhension m'a quitté, je prends énormément de plaisir à progresser sur la sente étroite, le parcours n'est pas uniforme il alterne entre raidillons et petites aires planes où l'on profite d'une vue fantastique sur Zion Canyon, je me régale! Un peu plus tard, le chemin se stabilise et continue à plat, cette fois avec le vide de chaque côté. Devant moi un jeune randonneur marche à quatre pattes, l'air peu rassuré. Au moment de le dépasser mon pied dérape de quelques centimètres, cela suffit à mon prédécesseur pour se retourner nerveusement croyant que son suiveur avait chuté! Je laisse maintenant sur ma droite un monticule rocheux qui me fait penser à un chorten tibétain, et devant moi, tout le monde est arrêté, je comprends vite pourquoi: c'est la fin de la rando, l'ultime plateforme, c'est Angel's Landing, on ne peut pas aller plus loin et j'y suis, whaoouuhhh ! La vue sur le Canyon est vertigineuse, comme promis, une petite brise bien agréable nous rafraîchit relativement, nous sommes une quinzaine de randonneurs maintenant en train de profiter de l'instant...

Quelques minutes plus tard, après une bonne séance photo, nous sommes quelques-uns à reprendre le chemin du retour en même temps. Grisé par la montée, je décide de descendre à un rythme assez soutenu et très vite je laisse derrière moi mes corandonneurs qui cheminent plus lentement. C'est ainsi que, camescope dans la main droite (oui, la GoPro aurait été idéale!), ma main gauche pour attraper les chaînes et les aspérités de la roche, j'accélère l'allure, je bondis d'un rocher à l'autre, non sans m'arrêter quand même pour laisser passer les gens qui montent, parfois fébrilement, les encourager, ou pour admirer la vue lorsque c'est possible. Certainement plus confiant qu'à l'aller, je n'éprouve aucune difficulté lors de la descente, je me permets de tutoyer le vide en regardant en bas.


Une demi-heure après avoir quitté le sommet, je rejoins Liliane qui est restée m'attendre à Scout Outlook, enchanté par cette superbe randonnée.
A présent, pour nous c'est l'heure du pique-nique, nous nous installons tranquillement près d'un groupe de lycéens sur un grand rocher à l'ombre pour une pause bienvenue, car le soleil de l'Utah tape toujours fort en ce tout début d'après-midi. Nous apprécions d'autant la fraîcheur de nos salades achetées à Kanab, restées à l'abri du sac isotherme et dégustées avec un grand plaisir, tout en échangeant sur le parcours que je viens de faire: je ne suis pas sûr de savoir ce qu'est le bonheur mais je pense que ça doit ressembler un peu à ça !

Le repas terminé, nous entamons la descente, et, au sortir de Refrigerator Canyon nous retrouvons le soleil qui, maintenant, darde férocement ses rayons sur le versant que nous nous apprêtons à descendre, alors que ce matin il était parfaitement à l'ombre ce qui nous a permis de grimper sans trop de diffficulté. D'ailleurs les visages souffrants des randonneurs qui montent en disent long sur la chaleur éprouvante de cet après-midi, pas de doute, Angel's Landing est une rando à faire à la fraîche! Nous n'avons pas ce problème, nous descendons facilement, et après avoir franchi le petit pont sur la Virgin River, nous retrouvons de l'ombre à l'arrêt de bus The Grotto. Il n'y a plus qu'à attendre la navette dans laquelle nous nous engouffrons. Pendant le temps de trajet jusqu'au parking du visitor center, je me remémore cette rando: dans mon esprit, après tout ce que j'en avais lu, je m'imaginais quelque chose de vraiment vertigineux, à la limite de l'escalade(que je ne pratique pas!) tel la scène dans le film Avatar de Cameron, lorsque le personnage principal pars à la recherche de sa monture ailée sur une crête aiguisée comme une lame de rasoir bordée des deux côtés par un vide abyssal: il n'en est rien, la ballade n'est pas, certes à la portée de tout le monde, mais elle se fait bien il suffit d'être prudent, ne pas se laisser impressionner et l'on y arrive sans problème et avec quel plaisir, c'est simple, je l'ai A-DO-REE !!
Après un bref passage au visitor center bondé, nous montons en voiture et, juste après la sortie du parc, nous marquons un petit arrêt à Springdale j'ai envie en effet d'acheter un tee-shirt avec l'inscription : »I hiked Angel's Landing ».
La température est maintenant de 101°F(38°C) lorsque nous quittons Springdale pour rejoindre l'Interstate 15 South qui déroule son ruban asphalté brûlant en direction de Las Vegas. Nous connaissons bien cette route pour l'avoir déjà empruntée plusieurs fois mais nous ne l'apprécions guère: elle est monotone, viroleuse par moments et elle traverse des paysages d'une aridité qui les rend si inhospitaliers qu'ils pourraient, par comparaison, faire passer la planète Mars pour une oasis de fraîcheur remplie de vie !
Au droit de Mesquite, peu après le panneau indiquant notre entrée dans le Nevada, nous apercevons les premiers hotels-casinos, immenses, qui donnent un petit avant-goût de ce qui nous attend demain dans la capitale de l'état. Pour le moment nous filons à 75mph vers le sud, et assez vite nous quittons l'Interstate pour nous engager sur la route qui mène à la petite ville d'Overton où nous nous garons à 16h30 sur le parking de notre hôtel, le North Shore Inn. Si à Springdale il faisait très chaud, ici c'est la fournaise qui nous accueille dès que nous sortons de notre voiture climatisée: il fait 110°F(43°C), le vent torride du désert nous dessèche instantanément tandis que les rayons du soleil nous brûlent sans pitié. Ouf, le check-in nous permet de nous sentir mieux bien aidé en cela par l'accueil très sympathique et chaleureux des propriétaires de l'hôtel. Le plus incroyable c'est que nous n'en avons pas encore assez: à peine les bagages posés dans la chambre, nous repartons en direction d'un state park dont nous n'avions pas approfondi la visite il y a deux ans: Valley of Fire. Il nous faut rouler environ une demi-heure de plus pour atteindre le poste de self-payment qui marque l'entrée du parc. Il est 17h et déjà le soleil descend sur l'horizon, c'est parfait car c'est pour les superbes couleurs chaudes de la fin d'après-midi que nous sommes ici. Nous nous dirigeons vers le fond du parc, en direction de White Domes dans un large virage nous nous arrêtons près d'un camping car, au départ de la petite marche vers Fire Wave. J'avais prévu d'utiliser le GPS, mais le chemin est maintenant balisé, il y a même un panneau indicateur, et c'est sans difficulté que nous arrivons à la dite vague, après avoir toutefois zigzagué parmi les nombreux juniperus. Bien sûr, cette Fire Wave n'égale pas en beauté ni en taille son homologue des Vermillion Cliffs en Utah, mais elle est quand même très photogénique.

La route n'est qu'à quelques mètres, nous la rejoignons ensuite pour la suivre jusqu'au parking. Alors que le soleil est bas sur l'horizon, les couleurs du paysage ont franchement glissé vers le rouge, nous nous régalons à regarder tout autour tandis que nous nous dirigeons vers la sortie du parc en direction d'Overton.

Il est environ 20h30, nous faisons un saut chez Lynn's, le supermarché de la ville, pas de problème, il est ouvert jusqu'à 23h!Arrivés au North Shore Inn, nous dînons très vite dans la chambre car nous n'avons qu'une envie: sauter dans la petite piscine de l'hôtel! Aussitôt dit aussitôt fait, quelle joie de se baigner la nuit tombée alors que la température de l'air affiche encore 90°F(32°C)
Samedi 30 juin 2012 :
Levés à7h30, nous rencontrons par hasard au petit-déjeuner des Français qui accompagnent un ultra marathonien, Olivier, qui est en train d'établir un véritable exploit à nos yeux: rallier New-York depuis Los Angeles en 3 mois...en courant !!Il est malheureusement blessé et doit se reposer quelques jours avant de reprendre son périple. Nous passons du temps à discuter avec eux, ils sont très sympathiques, et c'est un peu tard que nous prenons la route toujours vers Valley of Fire où nous attend une courte randonnée: White Domes.
Il est 10h30 et il fait déjà 94°F(34°C), nous nous engageons sur le sentier sans la moindre parcelle d'ombre. Heureusement nous cheminons facilement, il n'y a pas de dénivellé, nous traversons vite un ancien décor de cinéma avant de retrouver un peu de fraîcheur dans un petit slot canyon court mais intéressant. La rando n'offre pas de vues spectaculaires, mais plutôt un large éventail de roches aux formes et aux couleurs diverses, avec un remarquable mauve que nous n'avons pas vu ailleurs. En 40 minutes nous avons effectué la boucle sans difficulté et, une fois remontés en voiture, nous décidons d'arpenter le chemin de Rainbow Vista dont l'intérêt est de marcher au beau milieu de la végétation typique du désert de Mojave.



Il est presque midi lorsque nous disons au revoir à Valley of Fire car il est temps pour nous de prendre la route de Las Vegas où nous devons déjà rendre notre voiture de location à l’agence Alamo de l’aéroport Mc Carran. Une heure et demie plus tard, Sin City se profile à la sortie d’une grande courbe de l’Interstate 15, juste après le panneau indiquant une entrée de Nellis Air Force Base. La ville est écrasée par la chaleur, on y distingue seulement, serrés les uns contre les autres, les célèbres hôtels-casinos qui bordent le Strip, et parmi eux quoiqu’un peu à l’écart, la haute silhouette caractéristique du Stratosphere qui permet d’identifier la ville à coup sûr. Encore quelques minutes et le flot de voitures se densifie à l’approche du centre-ville, nous empruntons la sortie vers Flamingo Road pour nous retrouver à l’arrêt complet au niveau de l’imposant Caesar’s Palace, immobilisés par les feux tricolores du carrefour entre Bill’s Gamblin et le Ballys. Nous sommes bloqués, ça nous laisse au moins le temps de prendre la (dé)mesure, une fois de plus, du gigantisme du Caesar’s qui m’étonne toujours. Enfin, nous repartons, juste le temps de parcourir quelques centaines de mètres et nous nous garons sur le parking du La Quinta Inn North Airport, notre hôtel. Nous patientons pour le check-in (il est seulement 14h00) avant de repartir vers Mc Carran, où, comme d’habitude, nous rendons notre Santa Fe en moins d’une minute, rien à signaler. De retour à l’hôtel c’est l’heure de préparer les bagages pour le départ du lendemain matin puis nous prenons le chemin du Strip, à pied cette fois, nous avons envie de découvrir les deux plus récents casinos de Vegas : l’Aria et le Cosmopolitan.

Nous ne sommes pas déçus, leurs parties communes sont très belles, très « aériennes » avec une évidente inspiration asiatique pour l’Aria, dont la statue de Bouddha à l’entrée exhibe avec une certaine fierté les offrandes en billets verts déposées sur son ventre par des joueurs soucieux d’attirer ses bonnes grâces. Nous prenons plaisir à flâner dans ces immenses palais dédiés au jeu, où à chaque couloir nous sommes surpris de ce que nous y voyons.





Après avoir pris tout notre temps, nous décidons de parcourir le centre commercial Miracle Mile Shop du Planet Hollywood, juste de l’autre côté de Las Vegas Boulevard, 170 boutiques en tous genres, principalement les marques de prêt-à-porter à la mode. Quelques achats de dernière minute et nous ne résistons pas à l’envie d’aller avaler un excellent sandwich chaud chez Earl of Sandwich, un restaurant spécialiste du sandwich chaud et préparé à la demande par une armée d’équipiers. Le détail amusant : à la commande on nous donne un buzzer, sorte de boitier de la taille d’un CD, on s’installe à une table, puis il ne reste plus qu’à attendre le signal indiquant qu’il faut aller chercher la commande au comptoir, le buzzer se met alors à vibrer dans tous les sens avec force lumières vives, il est impossible de l’ignorer. Nous dégustons un délicieux et copieux Full Montagu, alors que le Rock Bar d’à côté inonde la galerie d’un « Smells like teen Spirit » puissant et rageur qui fait se déchaîner les jeunes touristes asiatiques à côté de nous qui ne sont visiblement pas là pour s’ennuyer. Encore quelques boutiques au Miracle Mile et nous empruntons la sortie nord pour nous retrouver sur le Strip, accompagnés par la musique du Cabo Wabo Cantina qui crache un « Hell’s Bells » déchaîné à tous les passants.



D’ailleurs c’est samedi soir, le boulevard est noir de monde, il est difficile de se frayer un passage, ça en est même assez pénible. nous traversons la route pour nous retrouver devant le Bellagio, car nous avons envie de revoir les fontaines en action. Pour le moment ce sont des évangélistes qui font le spectacle, haranguant la foule à coup de mégaphone, avec un discours plus que moralisateur, qui contraste fortement avec les deux jeunes filles en tenue légère façon Playboy qui se font photographier en compagnie des touristes et qui semblent n’accorder aucune importance aux prêcheurs qui pourtant, se donnent du mal pour se faire entendre et distribuer leurs prospectus à l’effigie de billets de 100 $, remplis de leur prosélytisme.

Nous prenons place devant le lac artificiel, il fait encore très chaud, probablement 95°F(35°C), bien que la nuit soit presque tombée, et tout de suite, la musique d’Ennio Morricone s’élève et couvre les vociférations amplifiées des évangélistes, tandis qu’à la même seconde les fontaines commencent leurs jeux d’eau : c’est un peu surfait mais c’est très beau !

Nous sommes un peu fatigués, ça fait deux semaines que nous vivons à un rythme soutenu, dans la chaleur, et là ce soir à Vegas, il y a vraiment trop de monde, nous décidons alors de prendre le chemin de notre hôtel à pied via Flamingo Road, soit 30 minutes de marche, rien que ça. Un petit arrêt au Starbucks, c’est le dernier cette année, et nous rentrons nous coucher, c’est aussi notre dernière nuit sur le sol américain.
Dimanche 1er Juillet 2012 :
Le réveil est déjà moins enthousiaste, car le retour est pour aujourd’hui. Après le copieux breakfast du Quinta Inn, la navette de l’hôtel nous prend en charge, direction l’aéroport Mc Carran, non sans avoir déposé un couple de touristes au parking du Harrah’s, ce qui nous permet de repasser sur le Strip. Il n’y a pas grand-monde en ce dimanche au terminal 1, nous nous enregistrons sans encombre sur le vol Southwest de 11 h pour Los Angeles. Les bandits manchots sont partout, jusque dans la salle d’embarquement pour les gens qui veulent miser un dernier dollar avant de quitter Sin City...Le Boeing 737 prend son envol, salué par les silhouettes du Mandalay Bay et du Louxor qui semblent nous demander : « reviendrez-vous ? »
Le vol se poursuit au-dessus de la fournaise du désert de Mojave et une petite heure plus tard nous commençons à apercevoir les premiers quartiers constituant cette gigantesque mosaïque de banlieues semblables les unes aux autres qui forment la ville de L.A, une autre ville mal-aimée et pourtant attachante. Survolant cette mer d’habitations où presque rien n’accroche le regard, exceptées peut-être les collines dénudées à l’Est et au Nord, il me vient à l’esprit, comme à chaque fois, la mélodie et les paroles d’Under the bridge, une célèbre chanson des Red Hot Chili Pepper: I drive through her streets ‘cause she’s my companion, I walk through her hills ‘cause she knows who I am... under the bridge downtown I gave my life away...
Nous atterrissons quelques minutes plus tard au LAX, aéroport plutôt vieillissant, puis nous rejoignons à pied, sans nous presser le terminal international Tom Bradley où nous attend l’A380 d’Air France qui va nous ramener au pays, ça sent la fin...Après un embarquement laborieux (la salle d’embarquement est trop petite pour l’appareil), un long vol confortable, c’est l’arrivée à CDG puis comme à chaque fois, l’horrible attente du vol vers Brest dans le triste terminal 2G. Tiens, il fait à peu près beau, nous décidons alors de faire une petite sieste sur les pelouses, ça fera passer le temps...à tel point que nous devons nous presser pour attraper notre vol pour un retour en douceur en Bretagne où la météo est à peu près la même qu’à Paris et Los Angeles, c’est déjà ça !!
Au moment de clôturer ce carnet le Southwest nous manque encore, mais en septembre 2013, après des choix difficiles, ce sera pour nous une petite escapade en Italie pour visiter Rome et la côte Amalfitaine, mais en 2014...back to USA ??! (c’est presque fait, virus quand tu nous tiens !!)
Vingt jours au Japon: votre avis sur le planning? English translation pending
Bonjour,
Je vais séjourner une vingtaine de jours au Japon, du 22/04 au 12/05. J'ai fait un planning mais j'aimerai avoir des avis sur sa faisabilité et des idées pour compléter les trous. Je sais que c'est en plein dans la GW et que les déplacements en train seront un peu difficile mais c'est trop tard pour changer.
Voilà le planning :
22 avril : Arrivée Narita 21h00 (Hotel entre Ueno et Asakusa)
23 avril : Ueno - Asakusa 24 avril : Shinjuku - Yoyogi Park - Shibuya 25 avril : Ropponghi Hills - Tokyo Tower - Odaiba 26 avril : Mont Takao 27 avril : Tsukiji - Akihabara 28 avril : Kamakura (Début JR-Pass 7 jours) 29 avril : Nagoya ou Matsumoto ou Hakone
30 avril : Tokyo --> Hiroshima 1er mai : Miyajima 2 mai : musée de la paix, dôme (+ Hiroshima castle ?)
3 mai : Hiroshima --> Kyoto 4 mai : Nara (fin JR-Pass)
5 mai : Kyoto (journée à définir) 6 mai : Ginkaku Ji - Chemin des philosophes 7 mai : Kurama 8 mai : Kyomiru-dera, Ninenzaka et Sannenzaka 9 mai : Kinkakuji, Ryoanji 10 mai : Fushimi Inari - Tofukuji
11 mai : Osaka
Merci d'avance :)
Je vais séjourner une vingtaine de jours au Japon, du 22/04 au 12/05. J'ai fait un planning mais j'aimerai avoir des avis sur sa faisabilité et des idées pour compléter les trous. Je sais que c'est en plein dans la GW et que les déplacements en train seront un peu difficile mais c'est trop tard pour changer.
Voilà le planning :
22 avril : Arrivée Narita 21h00 (Hotel entre Ueno et Asakusa)
23 avril : Ueno - Asakusa 24 avril : Shinjuku - Yoyogi Park - Shibuya 25 avril : Ropponghi Hills - Tokyo Tower - Odaiba 26 avril : Mont Takao 27 avril : Tsukiji - Akihabara 28 avril : Kamakura (Début JR-Pass 7 jours) 29 avril : Nagoya ou Matsumoto ou Hakone
30 avril : Tokyo --> Hiroshima 1er mai : Miyajima 2 mai : musée de la paix, dôme (+ Hiroshima castle ?)
3 mai : Hiroshima --> Kyoto 4 mai : Nara (fin JR-Pass)
5 mai : Kyoto (journée à définir) 6 mai : Ginkaku Ji - Chemin des philosophes 7 mai : Kurama 8 mai : Kyomiru-dera, Ninenzaka et Sannenzaka 9 mai : Kinkakuji, Ryoanji 10 mai : Fushimi Inari - Tofukuji
11 mai : Osaka
Merci d'avance :)
Est-il trop tard pour visiter le Machu Picchu? English translation pending
Tout est dans le titre !
Après avoir été à plusieurs reprises en Amérique du Sud, faudra bien que je me décide un jour à me rendre au Pérou ! Et visiter le Pérou sans aller au Machu Picchu, qui dans ce Pays représente l'un de ses plus beaux symboles serait vous en conviendrez, une véritable hérésie, n'est-ce pas ?
Oui mais voilà ! N'est-il pas, au vu de son incroyable fréquentation (même si un nécessaire système de quotas a enfin été instauré) déjà trop tard, pour apprécier sereinement ce lieu magnifique ?
Est-ce que la "magie des lieux" opère toujours à l'heure actuelle ?
Si les voyageuses et les voyageurs qui y ont été récemment (ou qui y sont retournés après plusieurs années) peuvent me donner leur avis, je leur en serais extrêmement reconnaissant !
Après avoir été à plusieurs reprises en Amérique du Sud, faudra bien que je me décide un jour à me rendre au Pérou ! Et visiter le Pérou sans aller au Machu Picchu, qui dans ce Pays représente l'un de ses plus beaux symboles serait vous en conviendrez, une véritable hérésie, n'est-ce pas ?
Oui mais voilà ! N'est-il pas, au vu de son incroyable fréquentation (même si un nécessaire système de quotas a enfin été instauré) déjà trop tard, pour apprécier sereinement ce lieu magnifique ?
Est-ce que la "magie des lieux" opère toujours à l'heure actuelle ?
Si les voyageuses et les voyageurs qui y ont été récemment (ou qui y sont retournés après plusieurs années) peuvent me donner leur avis, je leur en serais extrêmement reconnaissant !
Croisière dans les îles grecques Costa Magica le 15 avril 2013 English translation pending
Bonjour
Nous partons pour la premiere fois en croisière dans un mois avec nos 3 enfants de 11 ans et 2 fois 8 ans.
J ai parcouru le site et trouve plein d infos utiles sur les escales a faire sans passer par costa (beaucoup trop cher pour 5, et laisser constamment les enfants au club me gene un peu, ils sont la aussi pour visiter et decouvrir d autres cultures)
Par contre il y a une question a laquelle je ne trouve pas de reponse : nous embarquons a 13 h (ou 13 h30) et le depart n a lieu qu a 17...est il possible de voir un peu venise? a t on le temps de s y rendre ou le port d a ttache du costa magica est trop loin???
en effet nous connaissons deja venise (et savons qu il est facile de s y déplacer en vaporetto et a pied), et nous voudrions simplement montrer quelques lieux a nos enfants (place st marc, le rialto...)...en gros 2h max 2 h30...mais je n ai aucune info sur la possibilite d une telle visite.
sur un site vendant la croisière, il y a un resume sur venise dans la categorie escale : Venise - Au port Départ: 17:00 Venise, est un véritable musée à ciel ouvert où règne une atmosphère romantique et unique. Vous serez émerveillés par la beauté de ses palais, la multitude de ses ponts et canaux qui jonchent la ville, la place Saint-Marc et ses fameux pigeons. N'hésitez pas à entrer dans les églises et musées de la ville qui regorgent de merveilles picturales. Le centre historique de Venise est formé de 118 îlots unis par plus de 400 ponts qui forment un territoire unique. Ne ratez pas les incontournables comme la Basilique Saint Marc, le Palais des Doges, le Pont du Rialto ou celui des Soupirs. Balladez-vous et découvrez à chaque angle de rue de véritables joyaux architecturaux et artistiques.
Nous partons pour la premiere fois en croisière dans un mois avec nos 3 enfants de 11 ans et 2 fois 8 ans.
J ai parcouru le site et trouve plein d infos utiles sur les escales a faire sans passer par costa (beaucoup trop cher pour 5, et laisser constamment les enfants au club me gene un peu, ils sont la aussi pour visiter et decouvrir d autres cultures)
Par contre il y a une question a laquelle je ne trouve pas de reponse : nous embarquons a 13 h (ou 13 h30) et le depart n a lieu qu a 17...est il possible de voir un peu venise? a t on le temps de s y rendre ou le port d a ttache du costa magica est trop loin???
en effet nous connaissons deja venise (et savons qu il est facile de s y déplacer en vaporetto et a pied), et nous voudrions simplement montrer quelques lieux a nos enfants (place st marc, le rialto...)...en gros 2h max 2 h30...mais je n ai aucune info sur la possibilite d une telle visite.
sur un site vendant la croisière, il y a un resume sur venise dans la categorie escale : Venise - Au port Départ: 17:00 Venise, est un véritable musée à ciel ouvert où règne une atmosphère romantique et unique. Vous serez émerveillés par la beauté de ses palais, la multitude de ses ponts et canaux qui jonchent la ville, la place Saint-Marc et ses fameux pigeons. N'hésitez pas à entrer dans les églises et musées de la ville qui regorgent de merveilles picturales. Le centre historique de Venise est formé de 118 îlots unis par plus de 400 ponts qui forment un territoire unique. Ne ratez pas les incontournables comme la Basilique Saint Marc, le Palais des Doges, le Pont du Rialto ou celui des Soupirs. Balladez-vous et découvrez à chaque angle de rue de véritables joyaux architecturaux et artistiques.
Comment j'ai (pas trop) aimé le Canada: la suite English translation pending
9 : Sur le Iceline trail
Dernier jour à Lake Louise. J'ai bien aimé ce petit séjour. Je choisis d’aller admirer le lac une dernière fois au lever du jour. Quelques canoës glissent déjà sur la surface froide et lisse. C’est la formule « sunrise canoe expérience ». Vous embarquez à 6h30 avec un café, des muffins et un journal pour une heure trente de promenade. Chouette idée, malgré le prix.


La fraîcheur de l’air ambiant autant que la curiosité me pousse à entrer dans le Château Fairmont qui défigure le site. Très prout prout l’ambiance intérieure. C’est officiel, je déteste cet endroit sur toutes ses coutures.


Aujourd'hui, le Iceline trail est au programme. Le ciel est de nouveau parfaitement bleu mais la météo annoncée pour le lendemain est moins enthousiasmante. C'est pourquoi, avant de rejoindre le point de départ du Iceline trail, je décide d'aller faire un détour jusqu'au Belvédère du lac Peyto, à 40 km du début de la promenade des glaciers. Mazette, quel point de vue ! En plus y a personne ce qui est assez rare.


Bon, les choses sérieuses maintenant. L'iceline trail est une longue et difficile ballade (18km) qui conduit jusqu'à la ligne des glaciers (comme l'indique son nom). Le départ se situe au pied des chutes Takakkaw. C'est une boucle, donc il faut décider de quel côté partir. Je choisis le sentier qui s'enfonce vers le fond le la vallée en traversant le camping. A côté de moi, un groupe se prépare lui aussi à partir. Leur guide québecquoise leur résume le début du trail : traverser la route avant de commencer à gravir la montagne en face. Ce qui est l'inverse de ce que j'ai décidé de faire. Je reste sur ma première idée, puis le doute s'installe à mesure que je progresse et je décide de revenir sur mes pas et de suivre l'itinéraire dicté par la cousine.
La pente est rude et longue. Très rude et très longue. On dépasse de très loin le haut des chutes Takakkaw qu'on peut admirer de l'autre côté le la vallée.


Une fois sortis de la forêt, on continue de grimper dans la caillasse. Et on va y rester longtemps dans la caillasse.


Bon, je ne vais pas vous mentir, je suis moyennement emballé. Ce décor de pierraille grise ne me fait pas rêver. Puis quelques petits lac viennent heureusement agrémenter ce décor assez frustre.




La barre montagneuse qui annonce la fin de cette vallée grise est elle aussi assez graphique.


La redescente nous entraîne à nouveau sous les arbres. Et elle est très longue, elle aussi. Les efforts consentis la veille ajoutés à ceux d'aujourd'hui se font douloureusement sentir. La descente est un calvaire à cause de mon genou droit qui refuse de se plier. Je me dis que ce serait une bonne idée de ranger mon Canon dans son sac. Heureuse inspiration : 5 minutes plus tard, je dérape sur une portion glissante de sentier. Et c'est parti pour un superbe gadin en forme de vrille. Je me relève quelques mètres plus bas couvert de boue. La vache, c'est vraiment l'année des chutes ! La suite est assez pénible car je suis loin d'être arrivé. Je me dis que c'est une chance d'avoir pu entendre cette guide avant de partir, car faire cette ballade dans l'autre sens aurait été beaucoup moins intéressant et la descente de l'autre côté bien plus raide.
Une belle rencontre sur le chemin du retour.

Pour ma dernière soirée à Lake Louise, je m'offre un bon repas au Bill Peyto Café. La bière qui l'accompagne et excellente. Le service, par contre, n'est pas très réactif. Ne vous étonnez de devoir attendre de longues minutes au seuil de la salle avant que quelqu’un ne vienne vous proposer de vous installer. Mon inquiétude vient de mon genou droit. Très douloureux et totalement raide. Je ne me vois pas continuer à enchaîner les randos de ce type dans cet état. J’avais très envie de tenter la « Paradise Valley » et ses « Giant steps » mais il ne faut plus y compter dans cet état.
10 août : sur La promenade de glaciers.
Contrairement aux prévisions, le ciel est toujours bleu au dessus de lake Louise. Pour ce qui est du genou, c'est ce à quoi je l'attendais. Impossible de le plier sans ressentir une vive douleur. Ca ne va pas être pratique. Dernier petit déjeuner à la station avec les workers de la transcanadienne. Salut les gars.
Originalement appelée Icefield parkways, la promenade des glaciers est une route de 250 km environ qui conduit de Lake Louise à Jasper en coupant au cœur de la chaine des Rocheuses. Une belle surprise pour commencer. Une file de voitures arrêtée au bord de la route. Ca signifie généralement qu'un animal se trouve à proximité. Et un rare. On a rarement vu une marmotte provoquer un embouteillage. Ici, c'est un ours brun. Depuis le temps que j'espérais en voir un de près ! Bon, les photos prises à travers les vitres de bagnole, c'est pas le top. Du coup, je garderai le cliché pour moi.
Premier arrêt sur les berges du lac Herbert d’où s’élève une jolie brume matinale.


Puis ce sont les bords du lac Bow. Un gigantesque miroir. C’est beau, c’est grandiose. Et c’est le bon moment pour les photos.




Puis c'est le retour au lac Peyto qui mérite bien une seconde visite. D’autant qu’il est un peu plus tard qu’hier et que la lumière est différente. La montagne est moins exposée et le lac moins sensible aux reflets. En redescendant du chemin qui mène au belvédère, je croise un gars qui parcourt la région sur un vélo orné d'énormes sacoches. J'en ai déjà vu un certain nombre comme lui ces derniers jours. Difficile de ne pas être admiratif. Il me demande si ça vaut la peine de monter là haut. Je le lui confirme et il s’engage dans la montée sans descendre de son vélo. Vu la pente, je ne mettrais pas une pièce sur ses chances d’arriver là haut comme ça.




Je repars. Cette première partie de l'Icefield parkway est incroyable. Les lacs se succèdent, plus somptueux les uns que les autres. Les Waterfowl Lakes pour continuer.




J'arrive au glacier Athbasca pour la pause du midi. Pas emballé par le spectacle. Franchement, les glaciers de la vallée de Chamonix ont une autre gueule. Peut-être que la lumière n'est pas bien orientée. En montagne, c'est capital. Le plus beau panorama revient fade et sans charme sous un contre jour aveuglant. C'est sans doute un peu le cas ici.

Le temps d'une pause déjeuner revigorante à la cafète du complexe et je repars. Le ciel s'est dégradé. La montagne au loin est moins visible, recouverte d'une fine couche de brume. Mais les paysages sont aussi moins spectaculaires dans cette seconde moitié de l'Icefield, bien moins étroite. Mes arrêts suivants se font aux chutes Sunwapta et Athabasca. Pas mémorable. Vous ne vous y sentirez pas seuls.




Jasper approche. Je passe devant le camping Wapiti qui affiche complet. Je poursuis jusqu'au camping Whistler qui est immense. Il y a la queue à l'entrée. Une jeune employée remonte la file des voitures et échange quelques mots avec chaque conducteur. Tout ça ne me dit rien qui vaille, comme dirait Han Solo. Elle arrive à mon niveau et confirme mes craintes. Le camping est complet et seuls ceux qui ont une réservation y trouveront une place. Un camping overflow, peut-être ? Non, pas d'overflow, sorry. Je fais comment, alors ? Elle me propose de sortir du parc. Auquel cas, je serais remboursé de mon ticket d'entrée. Sortir du parc, ça signifie 1h30 de route, et autant pour revenir le lendemain. Sans aucune garantie de trouver quelque chose à la sortie. J'enrage. « Le pays où les campings sont toujours complets », je crois que c'est comme ça que je nommerais l'ouest du Canada jusqu'à la fin de mes jours. Je reviens vers le Wapiti que j'avais dépassé un peu plus tôt. Je me gare sur le côté et je vais directement à l'arrière de la petite cabane d'accueil où se trouve une petite blonde qui tape à l'ordinateur. Miracle. Elle pense qu'elle peut trouver une place pour ma petite tente. Pour une nuit seulement. C'est déjà ça. Demain est un autre jour.
Je gagne l'emplacement désigné et plante ma tente. Juste à côté, un groupe de retraités canadiens se reposent sur leurs transats, à l'ombre de leurs RV. Comment je sais que ce sont des canadiens ? Parce que des américains m'auraient déjà souhaité la bienvenue, ou seraient venus m'inviter à prendre un verre. Les canadiens, eux, ne bougeront pas une oreille.
Je file découvrir Jasper. Pas désagréable. Beaucoup moins animé que Banff. Deux rues principales parallèles où défilent les restaurants, souvent chers, et les boutiques pour touristes chinois. Je vous ai déjà parlé des chinois ? Incroyable. Ils sont partout, ici, dans l'ouest. Une colonisation, au vrai sens du terme, c'est à dire un remplacement de population. Paraît que ça agace pas mal les indiens.



Je repère une laverie, puis je passe par le visitor center. Un employé sympa m'indique un camping à une quinzaine de kilomètres au nord de la ville. Il m'assure qu'en m'y pointant de bonne heure le matin, je trouverai une place pour le soir. Y a intérêt que ce soit vrai. Sinon, je reviens planter ma tente dans son jardin.
Je termine l'après midi près de Pyramid Lake. Il y a ici une petite île assez jolie avec de beaux points de vue sur les environs. Je me promets de revenir le lendemain matin pour y déguster mon traditionnel café / muffin, « le petit déjeuner des champions ! ».


11 août : autour du lac Maligne jusqu'à Spirit island.
Comme prévu, je vais déguster mon muffin sur les berges de Pyramid Lake. Une belle surprise m'y attend : un troupeau de Wapiti qui sort de la forêt juste devant moi pour aller s'abreuver au lac. Je m'en approche avec mille précautions.




Mais si les hommes font généralement fuir les animaux, les animaux, eux, attirent inévitablement l'homme. Obéissant à cette loi fondamentale de la nature, une tribu d'italiens forts bruyants qui campaient pas loin débarquent aussitôt à grand renfort d'interjections braillardes. Les cervidés se font la malle.
Je me dirige ensuite vers le Snaring river campground. Je parviens effectivement à y trouver un emplacement pour le soir. J'installe rapidement ma tente avant de filer vers le lac Maligne, distant d'une cinquantaine de kilomètres. La route est assez chouette, on y longe notamment le lac Medecine qui à la caractéristique de se vider en hiver. J'arrive enfin et je me précipite pour réserver une place sur la dernière croisière vers Spirit Island, celle de 17h00.

Nous sommes en milieu de matinée et cela me laisse le temps de faire la randonnée vers les Bald hills, à partir desquelles on peut profiter d'une vue somptueuse sur la plus grande partie du lac Maligne. Rappelons qu'il fait tout de même 25 kilomètres de long. La première partie de la ballade est très facile. Plus qu'un sentier, c'est un chemin large à la pente légère qui nous fait gentiment progresser. Les choses se corsent lorsqu'on bifurque sur un petit sentier de montagne beaucoup plus raide. Il ne faut heureusement pas trop longtemps pour sortir de sous les arbres et gagner une partie plus plane d'où le lac se laisse enfin découvrir. La vue est belle mais encore une fois le ciel s'est couvert. La malheureuse et triste histoire du lac O'Hara sous la pluie s'est reproduite. La pluie en moins, quand même...





Je continue à grimper, puis progresse le long de la corniche qui surplombe l'ensemble du site. J'y croise un couple de retraités savoyards, Marie Claude et Jean Noël, qui échangent avec un couple de jeunes français expatriés à New York. Ils sont en train d'évoquer les grands parcs américains qu'ils ont traversés quelques semaines plus tôt et qui les ont manifestement marqués. Impossible de ne pas me mêler à cette conversation sur mon sujet favori. En plus, ils sont tous très sympas. Marie Claude et Jean Noël ont entrepris un voyage de six mois à travers l'Amérique du Nord. Partis de New York après avoir récupéré leur camping car livré par cargo, ils sont aux deux tiers de leur impressionnant périple. Il ne leur reste qu'à descendre les rocheuses, puis à traverser les grandes plaines pour rejoindre le Québec où ils resteront 2 mois avant de rentrer en France. Il y a pire façon d'occuper sa retraite, non ? Ils m'apprennent que l'accès au mont Edith Cavell, ma destination prévue pour le lendemain, est fermé jusqu'à nouvel ordre à cause de la rupture d'un glacier qui est venu envahir la route et détruire les installations du parking des visiteurs. Super.

La ballade est moins longue qu'annoncée sur le guide et je suis assez vite redescendu sur les berges du lac. L'heure de ma croisière approche et je constate avec une amertume teintée d'agacement - c'est vraiment trop injuste ! - que l'autre extrémité du lac est recouverte de nuages et qu'il va me falloir renoncer à l'idée de bénéficier d'une belle lumière sur Spirit Island et son écrin somptueux de crêtes enneigées. La croisière est assez longue, 45 minutes au moins. Une fois accostés, on nous autorise à peine 10 minutes sur place avant de regagner le bateau. Ca laisse peu de temps pour fignoler ses réglages. Bon, de toute façon, vu la qualité de la lumière...




3 sonneries rythment la mini ballade qui permet de faire le tour du site. La première signifie : « Messieurs dames, il est temps de revenir tranquillement vers le ponton ». La seconde : « J'en vois quelques uns qui traînent. S'ils veulent bien se magner le cul, on n'a pas toute la nuit ! ». La troisième : « Couvrez-vous bien, les nuits sont fraîches par ici, A demain matin, les gars. Enfin, pour ceux qui ne se seront pas fait bouffer par les ours. ». En ce qui me concerne, je suis de retour au bateau dès la seconde. Discipliné, le gars.

Retour au port. Je tombe sur Marie Claude en retournant à ma voiture. Nous restons une bonne heure avec elle et son mari à papoter sur le parking, près de leur camping car. Ils ont affiché la carte géante de leur périple sur le côté du véhicule. Cela leur a valu une belle popularité parmi les américains, souvent intrigués par ce petit véhicule compact si éloigné de leurs standards monumentaux. Agréable conversation en tout cas.
Je suis sur le chemin du retour quand un véhicule garé sur le bord de la route attire mon attention. Comme je l'ai déjà précisé, au canada comme aux usa, véhicules garés en catastrophe sur le bord de la route signifie bel animal à proximité. Je me gare moi aussi et je descends, appareil photo en main. Il y a effectivement un immense cervidé en train de brouter sur le bas côté. Je m'apprête à déclencher quand une nouvelle voiture arrive face à moi. La femme au volant freine et se met à crier : « Bear on the road! ». Je me retourne et je découvre qu'un ours brun est en train de traverser la route à une trentaine de mètres derrière moi (je ne suis pas affirmatif sur la distance : à chaque fois que je raconte l'anecdote, l'ours se rapproche !). Je regagne prudemment mon véhicule et me dirige lentement vers le plantigrade. Mais il est maintenant entré dans les hautes herbes qui bordent la route et n'a manifestement pas l'intention de se laisser tirer le portrait. Il disparaît dans la forêt avant que je n'ai pu l'immortaliser. Fuck !
Je termine la journée en traînassant dans le rues de Jasper. Je me laisse tenter par un resto qui affiche une pizza BBQ chicken au menu. Je suis un inconditionnel de ce plat succulent quoique pas très fin qu'on ne trouve que très rarement en France. Celle ci ne fera pas partie des meilleures que j'ai goûté. La palme, en ce domaine très particulier, reste à « ZAK », pizzeria située sur la main street de Moab, Utah, USA. Avis aux amateurs.
12 août : de Jasper au parc du mont Robson.
Je ne suis pas pressé ce matin. Je replie ma tente malgré les deux nuits déjà réglées. Le mont Edith Cavell n'étant plus au programme, je n'ai plus de raison de m'attarder à Jasper. Et ce satané genou m'oblige à mettre la pédale douce sur les randonnées. Plus question d'enchainer les difficultés comme en début de séjour. Du coup, je réfléchis à l'idée de pousser mon périple jusqu'à Vancouver. Cela n'entrait pas dans mon projet initial mais comme je ne reviendrais probablement jamais dans cette région du monde, l'idée de la quitter sans avoir fait quelques pas dans cette cité mythique m'ennuie un peu.
Revenu à Jasper, je lance une lessive au lavomatic près du visitor center avant de m'y rendre. J'ai la bonne surprise d'y croiser mes retraités savoyards de la veille. J'apprends qu'ils ont passé la nuit en douce dans un coin de mon camping après s'être fait éjecter de l'overflow par des indiens peu accueillants qui l'avaient annexé pour préparer un pow wow. Deux nuits auparavant, ils s'étaient discrètement installés sur un parking, faute de trouver de la place ailleurs, quand un type s'est pointé en voiture et a braqué ses pleins phares sur leur camping car en les menaçant d'appeler la police s'ils ne déguerpissaient pas immédiatement. Sympas les autochtones ! Bref, ils sont venus se renseigner ici sur ce qu'il est possible de faire lorsque tous les campings sont complet. Ils me conseillent une pause au Mont Robson sur la route de Vancouver.
Je quitte Jasper en début d'après midi. Le bilan est maigre. Des campings surchargés, le lac Maligne sous les nuages, l'annulation du mont Edith Cavell et un ours brun qui joue les divas, mon court séjour dans ce parc aura donc été marqué jusqu'au bout du signe de la frustration. Mais comme rien n'est jamais complètement négatif, une rencontre sympathique aura permis d'éclairer un peu ce sombre tableau.

Le route n'est pas très longue jusqu'au mont Robson. Deux heures au grand maximum. Je m'installe au camping – incroyable, il y a de la place ! - et je pars pour une petite ballade jusqu'au lac Kinney qui se trouve au pied de la massive montagne, sur le chemin de la mythique randonnée vers le lac Berg.



Le temps est incertain et la ballade pas désagréable sans pour autant mériter le détour. Pas grand chose à dire sur le reste de cette journée.

13 août : sur la route de Vancouver.
Ma première pause de la journée se fait à Clearwater. Les chutes du parc national de Well's Grey. Bon, pour être franc, les chutes d’eau, ça ne m'émeut pas plus que ça. Je me contente d’une pause rapide aux Spahat falls, puis aux Helmcken falls.



Et puis l'idée, c'est de se rapprocher autant que possible de Vancouver pour y passer la plus grande partie de la journée du lendemain.
Je stoppe pour la nuit à Hope, petite bourgade entourée de montagnes à une centaine de kilomètres de Vancouver. Pour les cinéphiles, c'est là que fut tourné le premier Rambo, excellent film de Georges P. Cosmatos sur les stigmates du Vietnam, bien meilleur que ses suites, à l'exception du dernier qui rééquilibre de justesse une franchise partie en couille dans les années 80. Après 10 jours de camping, j'ai envie d'un lit, un vrai, avec un matelas, des draps propres et des oreillers, et aussi d'une salle de bain pour moi tout seul et d'une télé pour zapper jusqu'à en avoir mal aux yeux.
Au Confort Inn ou je pose ma valise, je croise un jeune Italien très sympa qui doit retrouver des amis à lui de l'autre côté des rocheuses mais qui hésite à s'y rendre. Il semble redouter une hypothétique tempête qu'on lui a annoncée au dessus des montagnes. Curieux...
J'irais bien piquer une tête dans la piscine mais elle a été annexée par une bande de gosses braillards et je choisis d'aller plutôt me balader en ville. Agréable fin de journée avec une belle lumière au dessus des néons qui coiffent la plupart des constructions. Je m'achète un combo burger que je ramène dans ma chambre.
14 août : sur le port de Vancouver.
J'arrive aux abords de Vancouver. Quel bordel ! Des travaux à n'en plus finir et les embouteillages qui vont avec. Je dois trouver le Dogwood campgrounds. Il se trouve à environ 25 kilomètres de la ville mais la sortie d'autoroute qui est censée y mener n'existe plus. Je reviens en arrière pour emprunter la précédente. A force d'approximations successives, je finis par trouver. Pas très cher et il y a de la place. Une bonne adresse. De mon emplacement situé à deux pas du pont de l'autoroute, on profite à fond de la circulation. Avec un peu d'autosuggestion, on doit pouvoir s'imaginer que le torrent de véhicules est en fait celui de la rivière Bow qui coulait près du lake Louise campground.
Je m'installe et je file. Le ciel est d'un bleu immaculé ce qui est, parait-il, assez rare par ici. Il en faut du temps pour gagner le centre. Vancouver semble bien plus étendu que Calgary, ce qui n'était pas évident sur la carte. Je me dirige directement vers le Stanley Park. C'est un parc très réputé qui se trouve à la pointe ouest de la presqu’ile, face à l’océan. Un petit arrière goût de Californie. Je me gare à proximité du Lyon’s Gate bridge et j'achète un ticket de parking valable une heure dans l'ensemble du parc. Le tarif est prohibitif. Comme d'hab.


Je traîne un peu dans le coin, descend jeter un œil sur le pont qui est ici considéré comme le Golden Gate local, mais qui est loin d'en avoir le charme et les proportions, et manque de me faire percuter par un cycliste qui débouche à tombeau ouvert. Et en plus il m'engueule, ce malade !
Je fais le tour de ce très beau parc qui possède une variété d'arbres magnifiques dont certains ont été se percher dans des lieux très inattendus.




Je reviens vers le port et trouve miraculeusement à me garer. Je remarque alors que mon véhicule a laissé sur le sol derrière lui une importante traînée de liquide. Séquence inquiétude. C'est quoi ce truc ? (Ceux qui savent, et ils sont certainement nombreux, sont priés de se taire !) Il faut que je trouve une agence Alamo pour faire vérifier ça. Il y en a justement une dans le centre. Sauf que non. C'est juste un dépôt de véhicules et personne ne s'y trouve. En fait, je vais devoir aller jusqu'à l'aéroport. C'est parti pour une découverte intégrale de Vancouver du nord au sud. Pas passionnant. J'arrive à l'aéroport. Je me dirige vers l'agence Alamo. J'explique en quinze seconde mon problème à un des employés qui le solutionne en deux moins de temps. Tout va bien, man, c'est la clim. Quand il fait chaud dehors, ça dégivre dedans. Et ça coule à l'extérieur. Il y a des moments dans la vie où on se sent très con.
Allez, on retourne sur le port.




Je suis de retour dans la baie. Je trouve un parking qui fait une promo entre 18 et 21 heures et y laisse ma voiture pour aller me balader dans le centre. Pas désagréable. On y retrouve l'habituel château Fairmont qui ne risque pas ici de dégrader grand chose. D'autant que celui-ci a une certaine allure.




Il y a un quartier historique appelé « Gastown », tout petit mais assez charmant. On y trouve une vieille horloge qui expulse toutes les heures des jets de vapeurs. Les japonais adorent.


Il y a aussi cette péninsule artificielle nommée Canada place qui offre une vue imprenable sur la baie. Il est agréable d'y musarder en fin de journée lorsque la lumière dorée du soleil couchant baigne sa promenade. Surtout lorsqu'il n'y a pas foule comme aujourd'hui. Et il est difficile dans ces instants là de ne pas se remémorer la chanson éponyme de Véronique Sanson.







Je repars à la nuit tombée. Chouette soirée, finalement. Je retraverse doucement Vancouver d'ouest en est en observant la vie nocturne qui gagne les rues. Normalement, je devrais mettre une petite vingtaine de minutes à retrouver ma tente, sauf qu'il y a un accident sur l'autoroute et que ça va ma prendre un peu plus du triple.
Pour la suite, CLIQUEZ ci dessous ... http://voyageforum.com/v.f?live=1;post=5841339;#5841339
Dernier jour à Lake Louise. J'ai bien aimé ce petit séjour. Je choisis d’aller admirer le lac une dernière fois au lever du jour. Quelques canoës glissent déjà sur la surface froide et lisse. C’est la formule « sunrise canoe expérience ». Vous embarquez à 6h30 avec un café, des muffins et un journal pour une heure trente de promenade. Chouette idée, malgré le prix.


La fraîcheur de l’air ambiant autant que la curiosité me pousse à entrer dans le Château Fairmont qui défigure le site. Très prout prout l’ambiance intérieure. C’est officiel, je déteste cet endroit sur toutes ses coutures.


Aujourd'hui, le Iceline trail est au programme. Le ciel est de nouveau parfaitement bleu mais la météo annoncée pour le lendemain est moins enthousiasmante. C'est pourquoi, avant de rejoindre le point de départ du Iceline trail, je décide d'aller faire un détour jusqu'au Belvédère du lac Peyto, à 40 km du début de la promenade des glaciers. Mazette, quel point de vue ! En plus y a personne ce qui est assez rare.


Bon, les choses sérieuses maintenant. L'iceline trail est une longue et difficile ballade (18km) qui conduit jusqu'à la ligne des glaciers (comme l'indique son nom). Le départ se situe au pied des chutes Takakkaw. C'est une boucle, donc il faut décider de quel côté partir. Je choisis le sentier qui s'enfonce vers le fond le la vallée en traversant le camping. A côté de moi, un groupe se prépare lui aussi à partir. Leur guide québecquoise leur résume le début du trail : traverser la route avant de commencer à gravir la montagne en face. Ce qui est l'inverse de ce que j'ai décidé de faire. Je reste sur ma première idée, puis le doute s'installe à mesure que je progresse et je décide de revenir sur mes pas et de suivre l'itinéraire dicté par la cousine.
La pente est rude et longue. Très rude et très longue. On dépasse de très loin le haut des chutes Takakkaw qu'on peut admirer de l'autre côté le la vallée.


Une fois sortis de la forêt, on continue de grimper dans la caillasse. Et on va y rester longtemps dans la caillasse.


Bon, je ne vais pas vous mentir, je suis moyennement emballé. Ce décor de pierraille grise ne me fait pas rêver. Puis quelques petits lac viennent heureusement agrémenter ce décor assez frustre.




La barre montagneuse qui annonce la fin de cette vallée grise est elle aussi assez graphique.


La redescente nous entraîne à nouveau sous les arbres. Et elle est très longue, elle aussi. Les efforts consentis la veille ajoutés à ceux d'aujourd'hui se font douloureusement sentir. La descente est un calvaire à cause de mon genou droit qui refuse de se plier. Je me dis que ce serait une bonne idée de ranger mon Canon dans son sac. Heureuse inspiration : 5 minutes plus tard, je dérape sur une portion glissante de sentier. Et c'est parti pour un superbe gadin en forme de vrille. Je me relève quelques mètres plus bas couvert de boue. La vache, c'est vraiment l'année des chutes ! La suite est assez pénible car je suis loin d'être arrivé. Je me dis que c'est une chance d'avoir pu entendre cette guide avant de partir, car faire cette ballade dans l'autre sens aurait été beaucoup moins intéressant et la descente de l'autre côté bien plus raide.
Une belle rencontre sur le chemin du retour.

Pour ma dernière soirée à Lake Louise, je m'offre un bon repas au Bill Peyto Café. La bière qui l'accompagne et excellente. Le service, par contre, n'est pas très réactif. Ne vous étonnez de devoir attendre de longues minutes au seuil de la salle avant que quelqu’un ne vienne vous proposer de vous installer. Mon inquiétude vient de mon genou droit. Très douloureux et totalement raide. Je ne me vois pas continuer à enchaîner les randos de ce type dans cet état. J’avais très envie de tenter la « Paradise Valley » et ses « Giant steps » mais il ne faut plus y compter dans cet état.
10 août : sur La promenade de glaciers.

Contrairement aux prévisions, le ciel est toujours bleu au dessus de lake Louise. Pour ce qui est du genou, c'est ce à quoi je l'attendais. Impossible de le plier sans ressentir une vive douleur. Ca ne va pas être pratique. Dernier petit déjeuner à la station avec les workers de la transcanadienne. Salut les gars.
Originalement appelée Icefield parkways, la promenade des glaciers est une route de 250 km environ qui conduit de Lake Louise à Jasper en coupant au cœur de la chaine des Rocheuses. Une belle surprise pour commencer. Une file de voitures arrêtée au bord de la route. Ca signifie généralement qu'un animal se trouve à proximité. Et un rare. On a rarement vu une marmotte provoquer un embouteillage. Ici, c'est un ours brun. Depuis le temps que j'espérais en voir un de près ! Bon, les photos prises à travers les vitres de bagnole, c'est pas le top. Du coup, je garderai le cliché pour moi.
Premier arrêt sur les berges du lac Herbert d’où s’élève une jolie brume matinale.


Puis ce sont les bords du lac Bow. Un gigantesque miroir. C’est beau, c’est grandiose. Et c’est le bon moment pour les photos.




Puis c'est le retour au lac Peyto qui mérite bien une seconde visite. D’autant qu’il est un peu plus tard qu’hier et que la lumière est différente. La montagne est moins exposée et le lac moins sensible aux reflets. En redescendant du chemin qui mène au belvédère, je croise un gars qui parcourt la région sur un vélo orné d'énormes sacoches. J'en ai déjà vu un certain nombre comme lui ces derniers jours. Difficile de ne pas être admiratif. Il me demande si ça vaut la peine de monter là haut. Je le lui confirme et il s’engage dans la montée sans descendre de son vélo. Vu la pente, je ne mettrais pas une pièce sur ses chances d’arriver là haut comme ça.




Je repars. Cette première partie de l'Icefield parkway est incroyable. Les lacs se succèdent, plus somptueux les uns que les autres. Les Waterfowl Lakes pour continuer.




J'arrive au glacier Athbasca pour la pause du midi. Pas emballé par le spectacle. Franchement, les glaciers de la vallée de Chamonix ont une autre gueule. Peut-être que la lumière n'est pas bien orientée. En montagne, c'est capital. Le plus beau panorama revient fade et sans charme sous un contre jour aveuglant. C'est sans doute un peu le cas ici.

Le temps d'une pause déjeuner revigorante à la cafète du complexe et je repars. Le ciel s'est dégradé. La montagne au loin est moins visible, recouverte d'une fine couche de brume. Mais les paysages sont aussi moins spectaculaires dans cette seconde moitié de l'Icefield, bien moins étroite. Mes arrêts suivants se font aux chutes Sunwapta et Athabasca. Pas mémorable. Vous ne vous y sentirez pas seuls.




Jasper approche. Je passe devant le camping Wapiti qui affiche complet. Je poursuis jusqu'au camping Whistler qui est immense. Il y a la queue à l'entrée. Une jeune employée remonte la file des voitures et échange quelques mots avec chaque conducteur. Tout ça ne me dit rien qui vaille, comme dirait Han Solo. Elle arrive à mon niveau et confirme mes craintes. Le camping est complet et seuls ceux qui ont une réservation y trouveront une place. Un camping overflow, peut-être ? Non, pas d'overflow, sorry. Je fais comment, alors ? Elle me propose de sortir du parc. Auquel cas, je serais remboursé de mon ticket d'entrée. Sortir du parc, ça signifie 1h30 de route, et autant pour revenir le lendemain. Sans aucune garantie de trouver quelque chose à la sortie. J'enrage. « Le pays où les campings sont toujours complets », je crois que c'est comme ça que je nommerais l'ouest du Canada jusqu'à la fin de mes jours. Je reviens vers le Wapiti que j'avais dépassé un peu plus tôt. Je me gare sur le côté et je vais directement à l'arrière de la petite cabane d'accueil où se trouve une petite blonde qui tape à l'ordinateur. Miracle. Elle pense qu'elle peut trouver une place pour ma petite tente. Pour une nuit seulement. C'est déjà ça. Demain est un autre jour.
Je gagne l'emplacement désigné et plante ma tente. Juste à côté, un groupe de retraités canadiens se reposent sur leurs transats, à l'ombre de leurs RV. Comment je sais que ce sont des canadiens ? Parce que des américains m'auraient déjà souhaité la bienvenue, ou seraient venus m'inviter à prendre un verre. Les canadiens, eux, ne bougeront pas une oreille.
Je file découvrir Jasper. Pas désagréable. Beaucoup moins animé que Banff. Deux rues principales parallèles où défilent les restaurants, souvent chers, et les boutiques pour touristes chinois. Je vous ai déjà parlé des chinois ? Incroyable. Ils sont partout, ici, dans l'ouest. Une colonisation, au vrai sens du terme, c'est à dire un remplacement de population. Paraît que ça agace pas mal les indiens.



Je repère une laverie, puis je passe par le visitor center. Un employé sympa m'indique un camping à une quinzaine de kilomètres au nord de la ville. Il m'assure qu'en m'y pointant de bonne heure le matin, je trouverai une place pour le soir. Y a intérêt que ce soit vrai. Sinon, je reviens planter ma tente dans son jardin.
Je termine l'après midi près de Pyramid Lake. Il y a ici une petite île assez jolie avec de beaux points de vue sur les environs. Je me promets de revenir le lendemain matin pour y déguster mon traditionnel café / muffin, « le petit déjeuner des champions ! ».


11 août : autour du lac Maligne jusqu'à Spirit island.
Comme prévu, je vais déguster mon muffin sur les berges de Pyramid Lake. Une belle surprise m'y attend : un troupeau de Wapiti qui sort de la forêt juste devant moi pour aller s'abreuver au lac. Je m'en approche avec mille précautions.




Mais si les hommes font généralement fuir les animaux, les animaux, eux, attirent inévitablement l'homme. Obéissant à cette loi fondamentale de la nature, une tribu d'italiens forts bruyants qui campaient pas loin débarquent aussitôt à grand renfort d'interjections braillardes. Les cervidés se font la malle.
Je me dirige ensuite vers le Snaring river campground. Je parviens effectivement à y trouver un emplacement pour le soir. J'installe rapidement ma tente avant de filer vers le lac Maligne, distant d'une cinquantaine de kilomètres. La route est assez chouette, on y longe notamment le lac Medecine qui à la caractéristique de se vider en hiver. J'arrive enfin et je me précipite pour réserver une place sur la dernière croisière vers Spirit Island, celle de 17h00.

Nous sommes en milieu de matinée et cela me laisse le temps de faire la randonnée vers les Bald hills, à partir desquelles on peut profiter d'une vue somptueuse sur la plus grande partie du lac Maligne. Rappelons qu'il fait tout de même 25 kilomètres de long. La première partie de la ballade est très facile. Plus qu'un sentier, c'est un chemin large à la pente légère qui nous fait gentiment progresser. Les choses se corsent lorsqu'on bifurque sur un petit sentier de montagne beaucoup plus raide. Il ne faut heureusement pas trop longtemps pour sortir de sous les arbres et gagner une partie plus plane d'où le lac se laisse enfin découvrir. La vue est belle mais encore une fois le ciel s'est couvert. La malheureuse et triste histoire du lac O'Hara sous la pluie s'est reproduite. La pluie en moins, quand même...





Je continue à grimper, puis progresse le long de la corniche qui surplombe l'ensemble du site. J'y croise un couple de retraités savoyards, Marie Claude et Jean Noël, qui échangent avec un couple de jeunes français expatriés à New York. Ils sont en train d'évoquer les grands parcs américains qu'ils ont traversés quelques semaines plus tôt et qui les ont manifestement marqués. Impossible de ne pas me mêler à cette conversation sur mon sujet favori. En plus, ils sont tous très sympas. Marie Claude et Jean Noël ont entrepris un voyage de six mois à travers l'Amérique du Nord. Partis de New York après avoir récupéré leur camping car livré par cargo, ils sont aux deux tiers de leur impressionnant périple. Il ne leur reste qu'à descendre les rocheuses, puis à traverser les grandes plaines pour rejoindre le Québec où ils resteront 2 mois avant de rentrer en France. Il y a pire façon d'occuper sa retraite, non ? Ils m'apprennent que l'accès au mont Edith Cavell, ma destination prévue pour le lendemain, est fermé jusqu'à nouvel ordre à cause de la rupture d'un glacier qui est venu envahir la route et détruire les installations du parking des visiteurs. Super.

La ballade est moins longue qu'annoncée sur le guide et je suis assez vite redescendu sur les berges du lac. L'heure de ma croisière approche et je constate avec une amertume teintée d'agacement - c'est vraiment trop injuste ! - que l'autre extrémité du lac est recouverte de nuages et qu'il va me falloir renoncer à l'idée de bénéficier d'une belle lumière sur Spirit Island et son écrin somptueux de crêtes enneigées. La croisière est assez longue, 45 minutes au moins. Une fois accostés, on nous autorise à peine 10 minutes sur place avant de regagner le bateau. Ca laisse peu de temps pour fignoler ses réglages. Bon, de toute façon, vu la qualité de la lumière...




3 sonneries rythment la mini ballade qui permet de faire le tour du site. La première signifie : « Messieurs dames, il est temps de revenir tranquillement vers le ponton ». La seconde : « J'en vois quelques uns qui traînent. S'ils veulent bien se magner le cul, on n'a pas toute la nuit ! ». La troisième : « Couvrez-vous bien, les nuits sont fraîches par ici, A demain matin, les gars. Enfin, pour ceux qui ne se seront pas fait bouffer par les ours. ». En ce qui me concerne, je suis de retour au bateau dès la seconde. Discipliné, le gars.

Retour au port. Je tombe sur Marie Claude en retournant à ma voiture. Nous restons une bonne heure avec elle et son mari à papoter sur le parking, près de leur camping car. Ils ont affiché la carte géante de leur périple sur le côté du véhicule. Cela leur a valu une belle popularité parmi les américains, souvent intrigués par ce petit véhicule compact si éloigné de leurs standards monumentaux. Agréable conversation en tout cas.
Je suis sur le chemin du retour quand un véhicule garé sur le bord de la route attire mon attention. Comme je l'ai déjà précisé, au canada comme aux usa, véhicules garés en catastrophe sur le bord de la route signifie bel animal à proximité. Je me gare moi aussi et je descends, appareil photo en main. Il y a effectivement un immense cervidé en train de brouter sur le bas côté. Je m'apprête à déclencher quand une nouvelle voiture arrive face à moi. La femme au volant freine et se met à crier : « Bear on the road! ». Je me retourne et je découvre qu'un ours brun est en train de traverser la route à une trentaine de mètres derrière moi (je ne suis pas affirmatif sur la distance : à chaque fois que je raconte l'anecdote, l'ours se rapproche !). Je regagne prudemment mon véhicule et me dirige lentement vers le plantigrade. Mais il est maintenant entré dans les hautes herbes qui bordent la route et n'a manifestement pas l'intention de se laisser tirer le portrait. Il disparaît dans la forêt avant que je n'ai pu l'immortaliser. Fuck !
Je termine la journée en traînassant dans le rues de Jasper. Je me laisse tenter par un resto qui affiche une pizza BBQ chicken au menu. Je suis un inconditionnel de ce plat succulent quoique pas très fin qu'on ne trouve que très rarement en France. Celle ci ne fera pas partie des meilleures que j'ai goûté. La palme, en ce domaine très particulier, reste à « ZAK », pizzeria située sur la main street de Moab, Utah, USA. Avis aux amateurs.
12 août : de Jasper au parc du mont Robson.

Je ne suis pas pressé ce matin. Je replie ma tente malgré les deux nuits déjà réglées. Le mont Edith Cavell n'étant plus au programme, je n'ai plus de raison de m'attarder à Jasper. Et ce satané genou m'oblige à mettre la pédale douce sur les randonnées. Plus question d'enchainer les difficultés comme en début de séjour. Du coup, je réfléchis à l'idée de pousser mon périple jusqu'à Vancouver. Cela n'entrait pas dans mon projet initial mais comme je ne reviendrais probablement jamais dans cette région du monde, l'idée de la quitter sans avoir fait quelques pas dans cette cité mythique m'ennuie un peu.
Revenu à Jasper, je lance une lessive au lavomatic près du visitor center avant de m'y rendre. J'ai la bonne surprise d'y croiser mes retraités savoyards de la veille. J'apprends qu'ils ont passé la nuit en douce dans un coin de mon camping après s'être fait éjecter de l'overflow par des indiens peu accueillants qui l'avaient annexé pour préparer un pow wow. Deux nuits auparavant, ils s'étaient discrètement installés sur un parking, faute de trouver de la place ailleurs, quand un type s'est pointé en voiture et a braqué ses pleins phares sur leur camping car en les menaçant d'appeler la police s'ils ne déguerpissaient pas immédiatement. Sympas les autochtones ! Bref, ils sont venus se renseigner ici sur ce qu'il est possible de faire lorsque tous les campings sont complet. Ils me conseillent une pause au Mont Robson sur la route de Vancouver.
Je quitte Jasper en début d'après midi. Le bilan est maigre. Des campings surchargés, le lac Maligne sous les nuages, l'annulation du mont Edith Cavell et un ours brun qui joue les divas, mon court séjour dans ce parc aura donc été marqué jusqu'au bout du signe de la frustration. Mais comme rien n'est jamais complètement négatif, une rencontre sympathique aura permis d'éclairer un peu ce sombre tableau.

Le route n'est pas très longue jusqu'au mont Robson. Deux heures au grand maximum. Je m'installe au camping – incroyable, il y a de la place ! - et je pars pour une petite ballade jusqu'au lac Kinney qui se trouve au pied de la massive montagne, sur le chemin de la mythique randonnée vers le lac Berg.



Le temps est incertain et la ballade pas désagréable sans pour autant mériter le détour. Pas grand chose à dire sur le reste de cette journée.

13 août : sur la route de Vancouver.
Ma première pause de la journée se fait à Clearwater. Les chutes du parc national de Well's Grey. Bon, pour être franc, les chutes d’eau, ça ne m'émeut pas plus que ça. Je me contente d’une pause rapide aux Spahat falls, puis aux Helmcken falls.



Et puis l'idée, c'est de se rapprocher autant que possible de Vancouver pour y passer la plus grande partie de la journée du lendemain.
Je stoppe pour la nuit à Hope, petite bourgade entourée de montagnes à une centaine de kilomètres de Vancouver. Pour les cinéphiles, c'est là que fut tourné le premier Rambo, excellent film de Georges P. Cosmatos sur les stigmates du Vietnam, bien meilleur que ses suites, à l'exception du dernier qui rééquilibre de justesse une franchise partie en couille dans les années 80. Après 10 jours de camping, j'ai envie d'un lit, un vrai, avec un matelas, des draps propres et des oreillers, et aussi d'une salle de bain pour moi tout seul et d'une télé pour zapper jusqu'à en avoir mal aux yeux.
Au Confort Inn ou je pose ma valise, je croise un jeune Italien très sympa qui doit retrouver des amis à lui de l'autre côté des rocheuses mais qui hésite à s'y rendre. Il semble redouter une hypothétique tempête qu'on lui a annoncée au dessus des montagnes. Curieux...
J'irais bien piquer une tête dans la piscine mais elle a été annexée par une bande de gosses braillards et je choisis d'aller plutôt me balader en ville. Agréable fin de journée avec une belle lumière au dessus des néons qui coiffent la plupart des constructions. Je m'achète un combo burger que je ramène dans ma chambre.
14 août : sur le port de Vancouver.

J'arrive aux abords de Vancouver. Quel bordel ! Des travaux à n'en plus finir et les embouteillages qui vont avec. Je dois trouver le Dogwood campgrounds. Il se trouve à environ 25 kilomètres de la ville mais la sortie d'autoroute qui est censée y mener n'existe plus. Je reviens en arrière pour emprunter la précédente. A force d'approximations successives, je finis par trouver. Pas très cher et il y a de la place. Une bonne adresse. De mon emplacement situé à deux pas du pont de l'autoroute, on profite à fond de la circulation. Avec un peu d'autosuggestion, on doit pouvoir s'imaginer que le torrent de véhicules est en fait celui de la rivière Bow qui coulait près du lake Louise campground.
Je m'installe et je file. Le ciel est d'un bleu immaculé ce qui est, parait-il, assez rare par ici. Il en faut du temps pour gagner le centre. Vancouver semble bien plus étendu que Calgary, ce qui n'était pas évident sur la carte. Je me dirige directement vers le Stanley Park. C'est un parc très réputé qui se trouve à la pointe ouest de la presqu’ile, face à l’océan. Un petit arrière goût de Californie. Je me gare à proximité du Lyon’s Gate bridge et j'achète un ticket de parking valable une heure dans l'ensemble du parc. Le tarif est prohibitif. Comme d'hab.


Je traîne un peu dans le coin, descend jeter un œil sur le pont qui est ici considéré comme le Golden Gate local, mais qui est loin d'en avoir le charme et les proportions, et manque de me faire percuter par un cycliste qui débouche à tombeau ouvert. Et en plus il m'engueule, ce malade !
Je fais le tour de ce très beau parc qui possède une variété d'arbres magnifiques dont certains ont été se percher dans des lieux très inattendus.




Je reviens vers le port et trouve miraculeusement à me garer. Je remarque alors que mon véhicule a laissé sur le sol derrière lui une importante traînée de liquide. Séquence inquiétude. C'est quoi ce truc ? (Ceux qui savent, et ils sont certainement nombreux, sont priés de se taire !) Il faut que je trouve une agence Alamo pour faire vérifier ça. Il y en a justement une dans le centre. Sauf que non. C'est juste un dépôt de véhicules et personne ne s'y trouve. En fait, je vais devoir aller jusqu'à l'aéroport. C'est parti pour une découverte intégrale de Vancouver du nord au sud. Pas passionnant. J'arrive à l'aéroport. Je me dirige vers l'agence Alamo. J'explique en quinze seconde mon problème à un des employés qui le solutionne en deux moins de temps. Tout va bien, man, c'est la clim. Quand il fait chaud dehors, ça dégivre dedans. Et ça coule à l'extérieur. Il y a des moments dans la vie où on se sent très con.
Allez, on retourne sur le port.




Je suis de retour dans la baie. Je trouve un parking qui fait une promo entre 18 et 21 heures et y laisse ma voiture pour aller me balader dans le centre. Pas désagréable. On y retrouve l'habituel château Fairmont qui ne risque pas ici de dégrader grand chose. D'autant que celui-ci a une certaine allure.




Il y a un quartier historique appelé « Gastown », tout petit mais assez charmant. On y trouve une vieille horloge qui expulse toutes les heures des jets de vapeurs. Les japonais adorent.


Il y a aussi cette péninsule artificielle nommée Canada place qui offre une vue imprenable sur la baie. Il est agréable d'y musarder en fin de journée lorsque la lumière dorée du soleil couchant baigne sa promenade. Surtout lorsqu'il n'y a pas foule comme aujourd'hui. Et il est difficile dans ces instants là de ne pas se remémorer la chanson éponyme de Véronique Sanson.







Je repars à la nuit tombée. Chouette soirée, finalement. Je retraverse doucement Vancouver d'ouest en est en observant la vie nocturne qui gagne les rues. Normalement, je devrais mettre une petite vingtaine de minutes à retrouver ma tente, sauf qu'il y a un accident sur l'autoroute et que ça va ma prendre un peu plus du triple.
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Kayak et randonnée au Groenland en été 2013 English translation pending
Bonjour à tous !
Voilà cette été ( départ Fin Juillet 2013) je voudrais aller au Groenland faire du Kayak/rando pendant 3 semaines à l'aventure. Mais je suis un peu perdu car j'ai moult question qui me tracasse ! 🙂
- Tout d'abord, ou aller ? J'hésite entre l'Est, L'Ouest ou le sud ( en gros partout... ). Surtout pour faire de la randonnée, et faire quelques jours de kayak si possible. - Pour l'instant je pars seul, est-ce dangereux ? - Faut-il avoir un téléphone satellite, balise, ou une bonne carte et une bonne boussole ? - Quel est le budget une fois sur place ? Surtout pour la nourriture car pour le logement j'aura ma tente. - La météo, faut-il s'habiller chaudement ? ( je suppose qu'il fera pas -30C° en plein été 😛 ). Température de confort du sac de couchage ? ( -15 C°, -5 C°, 0 C° ? ) - Les moustiques, j'ai lu qu'il y avait beaucoup de moustique par endroit, faut-il un moustiquaire de tête ? Ou un très bon répulsif et pantalon, tee-shirt manche long suffit... - L'avion, depuis la France, c'est mieux en passant par l'Islande ou le Danemark ? - Pour le kayak, je passerai par une agence. Faut-il une certaine expérience du kayak ? J'en ai déjà pratiqué un peu ( niveau facile ). Est-il facile d'en louer ? Faut-il un équipement spécial ou les loueurs le fournissent avec le kayak ?
J'ai l'habitude de voyager en mode "routard", mais pour le Groenland c'est vraiment l'aventure ( et tant mieux d'ailleurs ) pour glaner des informations et surtout des retours d'expériences.
Voilà 🙂 Merki d'avance !
Michaël WebRep currentVote noRating noWeight
Voilà cette été ( départ Fin Juillet 2013) je voudrais aller au Groenland faire du Kayak/rando pendant 3 semaines à l'aventure. Mais je suis un peu perdu car j'ai moult question qui me tracasse ! 🙂
- Tout d'abord, ou aller ? J'hésite entre l'Est, L'Ouest ou le sud ( en gros partout... ). Surtout pour faire de la randonnée, et faire quelques jours de kayak si possible. - Pour l'instant je pars seul, est-ce dangereux ? - Faut-il avoir un téléphone satellite, balise, ou une bonne carte et une bonne boussole ? - Quel est le budget une fois sur place ? Surtout pour la nourriture car pour le logement j'aura ma tente. - La météo, faut-il s'habiller chaudement ? ( je suppose qu'il fera pas -30C° en plein été 😛 ). Température de confort du sac de couchage ? ( -15 C°, -5 C°, 0 C° ? ) - Les moustiques, j'ai lu qu'il y avait beaucoup de moustique par endroit, faut-il un moustiquaire de tête ? Ou un très bon répulsif et pantalon, tee-shirt manche long suffit... - L'avion, depuis la France, c'est mieux en passant par l'Islande ou le Danemark ? - Pour le kayak, je passerai par une agence. Faut-il une certaine expérience du kayak ? J'en ai déjà pratiqué un peu ( niveau facile ). Est-il facile d'en louer ? Faut-il un équipement spécial ou les loueurs le fournissent avec le kayak ?
J'ai l'habitude de voyager en mode "routard", mais pour le Groenland c'est vraiment l'aventure ( et tant mieux d'ailleurs ) pour glaner des informations et surtout des retours d'expériences.
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