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Amérique Latine: Expats et voyageurs de passage ont-ils la même vision des choses? English translation pending
by Jcamericasur · 2011-09-13 · 286 replies
S’installer de manière durable en Amérique latine ne détruit-il pas le mythe ? C'est un long et vaste sujet, je pense que les deux opinions sont totalement complémentaires : - L'expat met le doigt sur des choses que le voyageur n'a pas le temps de voir - Le voyageur rappelle en permanence à l'expat qu'il doit réviser en permanence les perceptions qu'il a de son pays d'adoption

Afin de ne pas perturber une discussion consacrée à la mort des deux Françaises en Argentine http://voyageforum.com/v.f?post=4508642&idl=621915&idl2=1452325&idl3=8222623238&;#4508642 nous dérivons sur une nouvelle discussion qui ne sera finalement qu'une ouverture plus large de la précédente.

Ma première contribution sera de répondre à Jean-François, mais tout le monde est invité évidemment
L'autre version sur le meurtre de deux Françaises en Argentine English translation pending
by Suizo75 · 2011-09-03 · 242 replies
grâce à un des membres de ce forum, j'ai lu un article qui me paraît plus plausible sur le meurtre des 2 françaises en Argentine. En fait, elles enquêtaient sur le détournement d'argent provenant de l'unesco destiné aux populations indigènes du nord argentin, également il y a des soupçons d'extermination de cette même population pour s'approprier de leur terre afin de cultiver du soja. Cassandra était prof d'uni et non étudiante.

La façon du meurtre m'interpelle: enlèvement- torture ( viol)- exécution( tir dans la tête). c'est le même mode opératoire que durant la dictature argentine. C'est un travail de pro et je doute que de jeunes gens aient pu commettre ce genre de crime. De plus, sur les corps, on trouve plusieurs pistes ( cheveux dans la main) comme s'ils étaient là pour faire une mise en scène afin de nous diriger vers un viol. Si vous regardez deux films de Fernando Solanas " memoire d'un saccage" et la "dignité des pauvres" vous apprendrez plus sur la façon de tuer les personnes gênantes. on parle de la violence policière , les enfants ayant aidé la police qui deviennent gênantes finissent par être tués par un tir dans la tête. J'ai le sentiment que dans cette affaire, on a mis des gens innocents en prison et que les vrais coupables sont toujours en liberté.

Pour finir, si vous voyagez en Amérique latine, je ne voudrais pas que vous ayez cette réflexion: " pourvu qu'il ne m'arrive pas la même chose qu'aux 2 françaises tuées en Argentine" et que vous évitiez tout contact avec les gens locaux. Au contraire, je pense que les 2 françaises aimaient beaucoup les locaux et elles ont donné leur vie pour eux. En vous éloignant d'eux ( ou en ayant peur d'eux), vous faites ce que les commanditaires du meurtre veulent: à savoir " avoir peur des autochtones et ne pas sentir leur souffrance"
Bolivie-Chili-Argentine: entre lagunes, salars, geysers et volcans English translation pending
by Krikri6792 · 2011-06-15 · 175 replies
Ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en mai 2011 au départ de La Paz à travers le sud-ouest de la Bolivie, le nord du Chili et le nord-ouest de l'Argentine... en 4X4 et en self-drive !

Le récit accompagné de photos est ici :

https://sites.google.com/...uleuxvoyagesbolivie/



Présentation

En 2005, il y avait eu l’Equateur… et depuis, l’envie de retrouver les paysages andins ne nous a pas quittés. Mais l’Amérique du Sud, c’est vaste… alors quel(s) pays choisir pour ce deuxième séjour ?

C’est le Nord du Chili et notamment le désert d’Atacama qui nous ont attirés en premier (Ah, la vallée de la Lune) et puisque la frontière argentine n’était pas si éloignée, autant la traverser pour découvrir le Nord-Ouest argentin, réputé pour sa belle quebrada classée au patrimoine mondial.

Mais quand nous avons commencé à lorgner sur les paysages du sud de la Bolivie, le coup de foudre fut immédiat. A partir de ce moment-là, nous ne pouvions plus imaginer un voyage dans cette région sans y inclure le Sud bolivien avec ses lagunes colorées, ses geysers bouillonnants, ses volcans aux sommets enneigés et le fameux Salar d’Uyuni… mais c’est là que le projet se corsa !

En effet, la quasi-totalité des voyageurs parcourt le Sud bolivien dans des 4X4 de tours opérateurs. Seuls quelques irréductibles se lancent dans un parcours en solo… et fidèles à nos valeurs, nous voulions le tenter seuls !

Merci aux membres de VoyageForum qui nous ont précédés dans cette aventure et qui nous ont confirmé que c’était bien possible : Misele, Paratte, Quai67, Tichodrome, Tsarang974.

La seule contrainte : commencer et finir le voyage à La Paz car c’est là que nous pouvions louer un 4X4 chez Petita qui rend possible le passage dans les pays voisins.

Nous imaginons alors le parcours suivant en cinq semaines, du 28 avril au 3 juin 2011.

Même si c’est le début de l’hiver, c’est en principe la saison sèche et pas encore la période la plus froide. Restait à déterminer le sens… horaire ou antihoraire. Nous avions préparé notre itinéraire dans le sens des aiguilles d’une montre mais c’est finalement la météo qui décidera pour nous car, en raison de pluies importantes fin mars début avril, le Salar d’Uyuni est recouvert de vingt à cinquante centimètres d’eau et sa traversée toujours impossible quelques jours avant notre départ.

Par conséquent, nous nous dirigerons d'abord vers la frontière chilienne via le parc national de Sajama, traverserons ensuite le Nord du Chili et le Nord-Ouest de l'Argentine avant de finir par le Sud-Ouest de la Bolivie et le Salar d'Uyuni, qui aura eu le temps, on l'espère, de s'assécher d'ici là…

Partant hors saison, nous avons uniquement réservé notre première nuit à La Paz ainsi que notre séjour de cinq jours à San Pedro de Atacama. Nous espérons trouver facilement des hébergements sur notre parcours. Dans le cas contraire, notre véhicule (châssis long) est équipé à l’arrière d’un couchage pour deux personnes qui pourrait nous servir ponctuellement.

Enfin, pour me mettre dans le bain linguistique, je décidais de m’initier à l’espagnol. C’est ainsi que pendant toute l’année scolaire j’ai suivi deux heures de cours tous les lundis qui m’ont permis de bien progresser : une petite pensée pour Gabriela et mes collègues du cours.

Alors, prêts à suivre nos aventures ?

Notre parcours



La Paz ou le mal des montagnes

J1 et 2 : Jeu 28 et Ven 29 /04/11

Alors que le monde a les yeux tournés vers le mariage de Kate et du prince William, nous embarquons pour vingt-quatre heures de voyage… via Madrid et Lima. Rien de particulier à signaler : c’est long certes, mais moins que pour l’Australie… ça aide à supporter !

Avant de quitter Lima, nous prenons nos premiers comprimés de Diamox en prévention d’éventuels troubles liés à l’altitude mais deux heures plus tard, alors que nous atterrissons à 4100 mètres à La Paz, nous sommes tout étonnés de ne rien ressentir de particulier… en tout cas, pas pour l’instant !

A l’aéroport, le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. A bord de son taxi, nous découvrons avec enthousiasme la banlieue d’El Alto dans un dédale de maisons en pisé et briques orange, de boutiques, d’usines et de marchés sous un ciel parfaitement bleu et un soleil radieux.

Le dépaysement est total ! Il l’est plus encore quand le taxi s’arrête à un point de vue. La ville se dévoile à nos pieds, grouillante et trépidante, entourée de quelques sommets prestigieux dont l’Illimani (6462 m) et le Huayna Potosi. (6094 m). Nous restons bouche bée !

Quatre-cents mètres plus bas, à l’hôtel « A la Maison » dans le quartier résidentiel de Sopocachi, Ludo nous accueille en français. Il nous a réservé un appartement très douillet de 120 m2 au troisième et dernier étage… sans ascenseur. C’est à ce moment-là que nous ressentons véritablement que nous ne sommes pas au niveau de la mer ! La montée des trois niveaux est éreintante !

Pourtant, aussitôt nos valises déposées, nous repartons, toujours en taxi, chez notre loueur de 4X4. Aldo, propriétaire suisse de l’agence Petita, nous présente notre véhicule… et tous ses petits secrets. Il reprend ensuite avec nous tous les détails de notre itinéraire. Tout l’après-midi y passe.

La réception définitive du 4X4 ne se faisant que demain, le retour à notre hôtel se fait à pied… ça descend… ouf… car on commence à se sentir un peu bizarres… comme dans le coton… surtout moi !

Nous décidons malgré tout d’aller dîner même si je sais par avance que je ne pourrai sans doute pas manger grand-chose. A la Comédie, Hervé se régale d’une soupe à l’oignon et d’un filet de lama. Je mange du bout des lèvres quelques cuillerées de soupe au potiron.

Au retour, les trois étages de la Maison ont définitivement raison de moi. Je m’affale épuisée et nauséeuse sur le canapé, gagnée par le mal des montagnes.

La nuit est difficile. J’ai d’importants vertiges et toujours des nausées. Au fond de mon lit, je me dis que jamais je ne pourrai me lever demain matin, encore moins faire de la route. Il faudra certainement décaler le départ… à moins qu’il faille songer à me rapatrier ! Mais demain est un autre jour…

Deux jours à Tomarapi au pied du volcan Sajama

J3 : Sam 30/04/11

Après cette nuit chaotique, j’appréhende le lever. Je commence par m’asseoir sur le lit… ça a l’air d’aller ! Je me lève… ça va ! Je me dirige vers la salle de bains… je suis étonnée que ça aille ! Hervé a préparé le petit-déjeuner, je m’attable et je peux manger… un peu !

Certes ce n’est pas le grand appétit ni la grande forme mais je vais bien mieux qu’hier soir. On décide donc de ne rien changer à nos projets et de prévoir les courses, la prise de la voiture et notre première étape.

Aldo nous a conseillé de faire les courses en taxi car à La Paz, circuler et stationner dans le centre relève de la gageure. Ici, le taxi est très bon marché, 7 bolivianos = 0,70 euros pour une course, autant ne pas s’en priver !

Une fois les provisions et les bagages chargés, notre 4X4 est prêt pour le départ. Quelques mots sur son pedigree.

C’est un Nissan Patrol, 149 000 km au compteur. Affectueusement, nous le baptiserons « El Coche ». Le voilà, photographié au cours du voyage.

Ses équipements : sur la galerie, un réservoir supplémentaire de 100 litres pour accroître l’autonomie à 800 km espérés, deux roues de secours, une pelle, un couchage pour deux personnes, de la vaisselle, un réchaud et une lampe à gaz, une table et deux chaises pliantes. Nous avons des autorisations (actes rédigés par notaire) pour sortir le véhicule de Bolivie et le rentrer en Argentine et au Chili. Dans nos bagages, nous avons prévu des sacs de couchage pour une température jusqu’à -10°, des chaussures de marche, des vêtements chauds dont anoraks, bonnets et gants. Nous avons également téléchargé sur notre GPS les cartes des trois pays prévus et enregistré plus de cent points. Bref, nous sommes parés !

Aldo nous guide sur les premiers kilomètres… puis nous lâche sur les hauteurs d’El Alto où nous ne tardons pas à trouver la route à péage en direction du sud. Première destination : Patacamaya à un peu moins de 100 km.

Mais avant tout, il faut faire le plein du réservoir supplémentaire, de préférence avant Patacamaya nous a recommandé Aldo, car dans cette localité à 200 km de la frontière chilienne, on est vite soupçonné de vouloir faire de la contrebande d’essence.

Mais à force de voir défiler le paysage, nous laissons passer les stations-service une à une avant de réaliser que la suivante est déjà celle de Patacamaya. Alors arriverons-nous à faire le plein comme prévu ?

Quand je vois le monde à la station, j’ai des doutes. Il y a là une bonne vingtaine de véhicules qui attendent et surtout plein de Boliviens et de Boliviennes, chacun avec son jerricane, tous agglutinés autour de la pompe.

Quand arrive enfin notre tour et que nous annonçons vouloir plus de cent litres, le pompiste nous dit niet. A force d’insister, il accepte de mettre 20 litres dans notre réservoir principal et 20 autres litres dans le réservoir supplémentaire. C’est tout mais ça a l’avantage de ne pas être cher : 40 litres pour 150 Bolivianos = 15 euros, le rêve pour nous Européens ! Nous sommes tout de même un peu contrariés car la prochaine pompe se trouve à la frontière bolivo-chilienne… en espérant qu’elle soit approvisionnée !

Cap à l’ouest vers le Chili, sur une route parfaitement asphaltée ! La piste, ce sera pour plus tard !

Sur notre trajet, quelques curiosités retiennent notre attention. D’abord, ces chullpas… des tours funéraires en pierre ou en adobe, très nombreuses dans la région. Elles étaient construites par divers groupes aymaras (Indiens de Bolivie) pour abriter les restes momifiés d’ancêtres notables ou hautement estimés.

Plus loin, ce sont des paysages de mesas, nous rappelant un peu le Nouveau-Mexique, notamment cet ensemble de roches aux formes évocatrices… les sommets enneigés, en plus ! A gauche, c’est le Sajama, point culminant de Bolivie avec ses 6542 m. A droite, le Parinacota (6348 m) et le Pomerape (6240 m)… au Chili !

De plus près, on y verrait bien une tête de puma, non ?

C’est au pied du Sajama que nous avons prévu de faire étape. Nous quittons par conséquent l’asphalte au kilomètre 145 pour une piste cahoteuse qui mène au village de Tomarapi à la lisière nord du parc national de Sajama.

A côté de l’église typique de l’altiplano, l’Ecolodge Tomarapi, tenu par la communauté villageoise, offre l’hébergement le plus confortable : des chambres simples mais équipées de chauffage et de salle de bains avec eau chaude. Pour cette région, c’est le grand luxe car si en arrivant, nous n’avons pas tout de suite l’utilité du chauffage, nous serons très contents d’en bénéficier un peu plus tard car, dès que le soleil se couche, la température chute terriblement.

Au restaurant du lodge, nous goûtons au quinoa et à la viande d'alpaga… enfin, surtout Hervé, car moi, je picore… je n’ai pas encore retrouvé l’appétit ! L’altitude, c’est éprouvant !

Ce soir, nous dormons à 4200 mètres d’altitude !

J4 : Dim 01/05/11

La température est descendue bien au-dessous de zéro cette nuit et ce matin, au petit-déjeuner, bonnets et manteaux ne sont pas de trop.Mais déjà, au dehors, le soleil brille et invite à la découverte des sites du parc national voisin.

A peine sortis du village, nous apercevons les vedettes du parc... Le volcan bolivien Sajama qui a donné son nom au parc !

Et les jumeaux chiliens Pomerape et Parinacota…

… à moins que ce ne soient les lamas et alpagas qui jouent les stars… avec leurs pompons colorés.

Après un arrêt au bord de la lagune Huaña Cota dont les bords sont encore gelés,

… direction les sources d’eau chaude… si, si… on a bien l’intention de se baigner même si pour l’instant on apprécie de porter une grosse polaire !

Voici notre accompagnatrice, elle fait partie de la communauté de Manasaya qui gère cette activité dans le parc. Dans son cabas, elle porte son carnet à souches sur lequel elle nous enregistre. Pour deux, nous payons 60 Bol = 6 euros, serviettes fournies.

Elle nous guide au milieu des bodefales, végétation de tourbe et d’herbe rase typique de l’altiplano… où paissent nombre de lamas pas effarouchés du tout.

Ici c’est déjà très sympa… mais c’est le bassin suivant, idéal pour deux, que notre cholita nous a réservé !

Là, c’est tout simplement divin… l’eau est chaude (33°) et le cadre unique…

On a un peu de mal à s’extraire de ce spa naturel bienfaisant… mais d’autres découvertes nous attendent.

D’abord le village de Sajama… plutôt quelconque… sauf sa jolie petite église au toit de chaume !

Dans le parc, les guides mentionnent également un site de geysers… pour y accéder, il y a bien un petit pont blanc par dessus le rio pour les piétons, mais pour les voitures, le passage à gué est inévitable.

La photo a été prise au retour ! Impressionnant mais facile !

Sept kilomètres à l’ouest du village, voilà cet étonnant champ de geysers !

Ici ni barrière ni balisage, on se promène en toute liberté au milieu des résurgences… mais pas sans précaution, car ça glougloute, ça fait des bulles, ça crache, ça bouillonne, pas de doute, il y a une certaine activité sous nos pieds !

Nous y découvrons aussi nos premiers spécimens de « llareta »(Azorella Yareta), une plante à fleurs qui pousse en Amérique du Sud entre 3200 et 5000 mètres. Elle servait de combustible par le passé mais elle est aujourd’hui protégée.

Enfin, le queñua (Polylepis tarapacana), le seul arbuste au monde à pousser à de telles altitudes.

Pour clore la journée, nous suivons une piste vers une forêt de queñuas à 4500 mètres et finissons à pied les 50 derniers mètres dans les rochers. Cinquante mètres de dénivelé, cela paraît très peu mais à cette altitude, c’est déjà un petit exploit… ça correspond tout de même à 15 étages ! Là-haut, nos efforts sont récompensés, la vue est tout simplement grandiose ! On devine au loin le village de Sajama et en face de nous, majestueux, les deux jumeaux chiliens.

Excellente journée ! En plus, je commence à me sentir vraiment bien et au dîner, je peux enfin apprécier la bonne cuisine andine.

Deuxième nuit à Tomarapi !

Une journée de galère pour passer la frontière

J5 : Lun 02/05/11

Dès 8 heures du matin, nous quittons l’auberge de Tomarapi avec comme objectif de rallier le Chili après une dernière excursion en Bolivie vers les chullpas colorées du Rio Lauca, un détour d’une cinquantaine de kilomètres tout de même.

La piste d’accès se trouve à gauche tout juste avant Tambo Quemado, le poste frontière bolivien où se trouve aussi la seule station d’essence avant longtemps. Hervé a la bonne idée de vouloir s’assurer de l’approvisionnement de cette pompe avant de décider du détour. Grand bien lui en a pris car à la station, on nous décrète : « No gasolina ! No hay antes Arica ! »… Ai-je besoin de vous traduire ? Il n’y a pas d’essence avant Arica, la grande ville du bord de mer à 160 km !

Bon, il reste dans notre réservoir environ de quoi faire une petite centaine de kilomètres, guère plus. Dans ces conditions, le détour vers les chullpas est compromis…

Voici ce qu’on a loupé !

Il nous reste un petit espoir, celui de trouver de l’essence (en bidon) à Putre au Chili, à 60 kilomètres.

En attendant, nous voici sur le point de traverser la frontière. Hervé se gare sur le côté pour se renseigner sur les démarches à faire pour la sortie de la voiture du territoire bolivien. Un douanier nous fait signe de passer… OK, on passe mais à peine passés, le doute nous assaille ! Ne devions-nous pas régler les formalités ici ????

Une dizaine de kilomètres plus loin, nous voilà à Chungara, le poste chilien. C’est bien ici qu’on doit valider la sortie de Bolivie, du moins en ce qui concerne les personnes. Pour le véhicule, on nous envoie dans une cahute voisine et là, catastrophe, après avoir fait la queue pendant une demi-heure, Hervé s’entend dire qu’il manque LE document que nous devions faire établir à Tambo Quemado.

Alors retour à la case départ… au poste bolivien dix kilomètres derrière nous. Après moultes explications plus ou moins compréhensibles, le douanier, par ailleurs fort sympathique, finit par nous délivrer le fameux sésame puis nous envoie le photocopier dans une boutique voisine tout en nous répétant plusieurs fois « Numero de memorizad, si ?…» Nous répondons bêtement « Si, si ». Mais c’est quoi, ce fichu numéro ? Et où l’obtient-on ??

Heureusement, la dame au photocopieur nous rend attentive au numéro manquant et nous emmène à côté, dans une agence, où en quelques clics sur un ordinateur et pour quelques bolivianos, le gars fait le nécessaire et reporte sur le document initial ce fichu numéro.

Ouf, après un dernier passage auprès de notre sympathique douanier, nous voilà enfin en règle, prêts à retourner au poste chilien. Entretemps, la file d’attente s’est considérablement allongée. Après avoir tout validé pour la sortie de Bolivie, pour nous et pour notre « Coche », il nous reste à refaire les mêmes démarches pour l’entrée au Chili.

Pas de chance, nous tombons derrière les occupants d’un bus… je vous laisse imaginer la queue ! Quelques tampons plus tard et après être passés part trois ou quatre bureaux et guichets différents, il ne reste plus que la fouille du véhicule.

En effet, aucun fruit ni légume provenant de Bolivie n’a le droit de pénétrer au Chili et les douaniers ont l’œil. Tout y passe, les valises bien sûr… mais aussi la boîte à gants et autres petites caches. Heureusement qu’on avait mangé toutes les bonnes choses contenues dans la glacière pendant toutes ces heures d’attente.

Quand nous sommes enfin libérés, il est 12 h 15 heure bolivienne, 13 h 15 au Chili… soit plus de quatre heures passées en formalités !

Il est temps de jeter un œil au paysage environnant car il en vaut la peine ! Nous sommes à présent au bord du lac Chungara (4500 m), l’un des lacs les plus hauts du monde, dominé par le Parinacota (celui qu’on voyait déjà hier, mais de loin !).

Zoom sur son sommet !

Une petite balade sur les rives du lac nous permet de mieux apprécier la couleur vert émeraude de ses eaux et d’y observer une foulque en train de construire son nid.

Un peu plus loin, c’est notre première rencontre avec les vigognes (Vicugna vicugna), ces camélidés sauvages qui vivent à plus de quatre mille mètres.

Mais nous n’avons pas la tête à faire du tourisme tant que le problème de l’essence n’est pas résolu. Alors tant pis pour les autres merveilles du Lauca NP (on y reviendra peut-être demain ?), on décide de filer directement vers Putre.

La route internationale habituellement bitumée est en cours de réfection. Sur plus de 50 kilomètres, le revêtement a été retiré sans être remplacé. Je vous laisse imaginer la poussière ! Ajoutons à cela la perte de mille mètres de dénivelé et vous comprendrez que notre attention se focalise davantage sur le ruban de terre !

Enfin, après un dernier tronçon vertigineux avant Putre, nous voilà dans le centre du village… à la recherche d’essence. On nous indique qu’il y en a dans la maison rouge… en fait, une épicerie qu’on appelle ici supermarché… et qui en vend en bidons de vingt litres.

C’est le coup de massue ! Le prix du litre frôle les mille pesos soit 1,50 euro, rien à voir avec le prix bolivien. Mais nous n’avons pas le choix car, dans les prochains jours, nous avons programmé plus de quatre-cents kilomètres sans station d’essence sur le trajet.

Maintenant que nous avons réglé nos questions d’intendance, nous pouvons songer à trouver un hébergement. J’avais repéré le Terrace Lodge. Une chambre douillette et claire, décorée avec beaucoup de goût, une belle vue sur la falaise, un accueil très chaleureux par les propriétaires italiens et un prix très raisonnable : c’est parfait, on prend sans hésitation !

Nous nous y sentons si bien que nous n’avons pas envie de quitter la chambre et y improvisons une petite dînette. Nous dormons ce soir à 3500 mètres. Ah ! On se sent revivre !

A travers 4 parcs nationaux chiliens : Lauca, Vicuñas, Surire, Isluga

J6 : Mar 03/05/11

C’est parti pour plus de quatre cent kilomètres… mais pas en une seule journée, nous prévoyons au moins deux jours (voire trois) pour en profiter pleinement et tranquillement, d’autant qu’après une nuit de relâche, nous rejoignons à nouveau la haute altitude.

Pour ce soir, nous avons réservé, auprès de la CONAF, l’administration des parcs nationaux chiliens, deux lits dans le refuge du Salar de Surire à 4200 mètres.

Ce sera, par conséquent, une toute petite étape de 120 kilomètres… ponctuée de plusieurs arrêts.

Comme nous avons zappé quelques points d’intérêt du Lauca NP hier, c’est le moment de nous rattraper. Mais en raison du mauvais état de la route, nous nous contenterons de ceux qui se trouvent sur notre trajet sans retourner à la hauteur du lac Chungara.

A l’entrée du parc, les rochers de las Cuevas sont réputés abriter des viscaches (Lagidium viscacia), des rongeurs de la famille des Chinchillas ressemblant à des lapins avec une queue d’écureuil. En empruntant le petit sentier, nous ne tardons pas à en apercevoir.

Cherchez l’animal !

En y regardant mieux, il y en a partout… certains se dorent au soleil, d’autres préfèrent l’ombre !

En tout cas, la vue de ce bodefal sur fond de volcans vaut le détour. C’est magnifique !

Immédiatement après cette zone humide bien verte, une piste nous fait traverser des paysages plus désertiques vers le site archéologique « El Chacu ».

Il s’agit d’un site utilisé par les Incas et les Aymaras pour capturer les vigognes et autres camélidés. D’une longueur maximale de 100 mètres et d’une largeur de 30/40 mètres, il se situait sur la pente descendante d’un petit canyon, ce qui évitait qu’il soit visible des animaux arrivant de la pampa voisine. Chacu

Pour Lauca, ce sera tout ! Deux kilomètres après la maison des rangers de Las Cuevas, nous quittons la route internationale et tournons à droite vers Guallatire sur une bonne piste entretenue.

Guallatire, c’est à la fois ce sommet à 6060 mètres et un petit village où nous faisons notre arrêt du midi. Le volcan est actif. Voyez les fumeroles qui s’en échappent !

Guallatire, l’église du village et le petit kiosque idéal pour notre pique-nique.

Hervé en profite pour explorer le campanile.

Si le village a l’air dépeuplé, en revanche, le bodefal voisin est fréquenté par une multitude de lamas et d’alpagas ! Ils ont la belle vie dans ce cadre somptueux !

Bientôt un panneau nous indique l’entrée dans la Reserva Nacional Las Vicuñas… et comme son nom l’indique, ces camélidés graciles aux grands yeux sombres sont légion dans ce parc aux badlands colorés.

Le Salar de Surire n’est alors plus très loin… plus que quelques virages sur cette piste !

Au refuge, il n’y a personne pour l’instant. Le ranger devrait arriver dans la soirée… en tout cas, nous l’espérons. D’ici là, nous en profitons pour explorer les environs tout en scrutant l’horizon dans l’attente d’un éventuel panache de poussière.

Derrière le refuge, des viscaches en nombre posent pour la photo ! C’est l’occasion de les approcher de très, très près !

Puis en prenant de la hauteur (une centaine de mètres de dénivelé cette fois, on progresse, on progresse !), nous découvrons l’étendue du salar en dégradés de rose, gris et bleu !

Avant l’arrivée du ranger, nous voyons arriver deux autres véhicules dont descendent de l’un, deux couples suisses et leur accompagnateur, de l’autre 3 vététistes et leur guide. Manifestement, il va falloir partager les lieux.

Enfin, peu après 18 heures, le garde arrive en compagnie de deux de ses acolytes. Nous sommes par conséquent 14 personnes à vouloir loger ici cette nuit. Je me demande comment tout ce petit monde va pouvoir cohabiter mais le refuge, composé d’un bâtiment principal et d’un préfabriqué, est plus grand que je ne le pensais et chacun y trouve aisément sa place. On nous octroie une chambre à deux lits, rien que pour nous, super ! Les sanitaires sont partagés et limités au strict minimum : eau froide, pas d’eau courante au WC mais un broc, pas de douche ni de chauffage.

Dans la cuisine commune, Enrique, le guide des Suisses, prend rapidement les choses en main et mitonne des pâtes au thon pour son groupe. Pour nous deux, ce sera plus frugalement soupe, petits pois et pomme, le tout arrosé d’un verre de Merlot généreusement servi par Enrique.

Toutes les langues se mêlent pendant le dîner, de l’allemand à l’espagnol en passant par l’anglais, et le français. Alors qu’un bon feu crépite dans le poêle, manteaux et polaires restent cependant de rigueur.

Au moment de faire notre petite vaisselle, il n’y a plus d’eau au robinet de la cuisine, signe que les tuyaux ont déjà gelé. Température attendue dans la nuit : -10° ! Nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage pour une nuit très froide à 4200 m.

Vigognes dans le PN Las Vicuñas



La suite dans les parcs chiliens : Surire et Isluga

J7 : Mer 04/05/11

Au réveil, la vitre de la fenêtre de notre chambre est recouverte d’une fine couche de givre… à l’intérieur !

A 7 h 30, nous sommes pourtant les premiers levés et une heure plus tard déjà sur la route (pardon, la piste !) alors que nos compagnons de nuit émergent à peine de leur sac de couchage.

Notre destination de fin de journée est encore indéterminée : Colchane à 90 km ou Iquique à 315 km. Nous déciderons le moment venu.

Pour l’instant, direction les thermes et geysers de Polloquere en longeant la rive du salar. Surire n’a rien à voir avec notre humeur (sourire !) mais provient du nom « suri » donné au nandou, cet oiseau voisin de l’autruche présent sur l’Altiplano.

D’ailleurs, l’endroit mérite bien son nom, déjà les volatiles sont en vue. Mais à peine le photographe a-t-il dégainé qu’ils prennent leurs pattes à leur cou et détalent à vitesse grand V. Nous aurons l'occasion d'en revoir quelques jours plus tard, j'y reviendrai !

Les colonnes de vapeur s’échappant des piscines naturelles de Polloquere se devinent de loin et témoignent de l’intense activité volcanique.

Nous n’avons pas l‘intention de nous baigner à cette heure-ci mais un visiteur insolite occupe déjà l’un des bassins. Il se réchauffe sans doute les pattes !

C’est un flamant andin !

Après ce détour, nous retrouvons sur la piste principale nos compagnons suisses dans leur minibus jaune. Nous n’arrêterons pas de les doubler ou de les rattraper à différents points d'intérêt du parcours et… notamment devant le tableau de ce couple de viscaches en pleine bouderie.

Ils nous rejoignent ensuite au passage de ce col ! Comparaison des données de nos GPS respectifs, ils affichent bien tous les deux 4730 mètres… le point culminant de la journée ! Maintenant place à la descente !

Place à des paysages plus verdoyants, à de vastes prairies spongieuses où les eaux ont modelé des milliers de petits îlots aux formes douces et rondes où la gelée matinale a déposé un bel ourlet blanc.

Depuis le mirador voisin, nous contemplons cette zone humide géante et profitons de l’endroit pour déjeuner au « balcon ».

Après le repas, nous ne tardons pas à franchir l’entrée du parc national du volcan Isluga. C’est maintenant le sommet du même nom (5530 m) qui règne en maître !

A ses pieds, les bords de la lagune Arabilla voient les Ouettes des Andes (Guallata andina) cohabiter harmonieusement avec les lamas.

Après un bain aux thermes d’Enquelga (toujours seuls !), nous débouchons sur la route asphaltée reliant Colchane à Iquique vers 15 heures et décidons de rejoindre la ville du bord de mer dès ce soir.

Après une nuit rustique et plusieurs jours de piste poussiéreuse, nous avions envie d’un bel hôtel pour nous coucouner et d’un bon repas pour nous remettre d’aplomb… je salivais déjà à l’idée d’un bon poisson ! Mais pour l’instant, nous sommes encore à plus de 300 km… et à près de 4000 mètres d’altitude !

Alors que la route était censée nous mener au niveau de la mer, la voilà qui continue encore à grimper jusqu’à 4300 mètres avant d’ enchaîner des montées et descentes incessantes sur des dizaines de kilomètres. On se croirait sur des montagnes russes… ou plutôt chiliennes, en l’occurrence !

Notre tacot a un peu de mal dans les côtes. Alors qu’il assume parfaitement sur les pistes, sur l’asphalte, ce n’est pas une flèche et on a l’impression de ne pas avancer. A cette allure, on n’est pas prêts d’arriver à Iquique…

Heureusement, un petit arrêt du côté de « Los Penitentes » va nous permettre de souffler et nous détendre un peu au milieu de ces curieuses silhouettes de pierre… qui nous en rappellent d’autres, quelque part dans l’Ouest américain ou australien ! On adore !

Ils ont tous une bonne bouille, ces Pénitents !

Après cet intermède, la route commence véritablement à amorcer sa descente dans un décor de montagnes colorées.

Puis la végétation change au fur et à mesure de la perte d’altitude et se fait de plus en plus rare jusqu’à devenir sable et poussière à l’étage inférieur. C’est dans ce paysage désolé à 100 km de la ville d’Iquique que l’on peut apercevoir un géoglyphe, visible du sol, le Gigante d’Atacama que nous ne voulons bien sûr pas louper. Hervé se dévoue pour se rendre à ses pieds !

Aux portes d’Iquique nous sommes toujours à 800 mètres d’altitude. C’est dire combien la descente finale va s’avérer impressionnante. Des lacets en épingle à cheveux, heureusement en sens unique, vont nous faire "tomber" au pied de la dune.

La nuit, elle aussi, est tombée quand nous nous arrêtons devant le Terrado Suites, un hôtel de classe internationale où nous demandons en chœur une chambre avec vue sur mer.

"Une chambre ? Mais l’hôtel est complet", nous répond-on ! On a du mal à croire qu'un hôtel de cette taille, avec près de 100 chambres, soit complet en semaine, au mois de mai. Eh bien oui, car fréquenté +++ par des hommes d’affaires en costume cravate ! On avait oublié que dans les hôtels des grandes villes il n’y avait pas uniquement que des touristes ! La déception est grande !

Commence alors la tournée des autres hôtels que j’avais notés, mais au Holiday Inn, au Radisson, au Gavina… la réponse est toujours la même. Completo !

Dans ce dernier, un réceptionniste compatissant accepte de passer quelques coups de fil pour nous tout en nous faisant comprendre que seuls les hébergements de catégorie inférieure auraient des disponibilités. Il nous trouve alors une cabine à l’autre bout de la ville… basique… très basique… loin de nos rêves de confort cosy… mais à moins de dormir dans notre carrosse, nous n’avons guère d’autre choix, vu l’heure !

Au final, en guise de dîner à base de poisson, nous nous préparerons, vite fait, une salade composée au thon… en boîte… Sans commentaire !

Iquique - Tocopilla... au bord de la mer !

J8 : Jeu 05/05/11

Nous avons bien envie de passer une journée et une nuit supplémentaire à Iquique mais pas dans cette cabine. Le premier objectif de la matinée est donc de trouver un hébergement plus sympa !

L’office du tourisme nous conseille le Divasto Hôtel mais, après une rapide visite, c’est finalement en face, à l’Hosteria Cavancha Beach en front de mer, que nous nous posons.

La salle de bains aurait certes besoin d’un petit coup de rafraîchissement mais la chambre est vaste et ses deux grandes baies vitrées donnent sur une agréable terrasse surplombant la plus belle plage d’Iquique, Cavancha Beach.

Le comble est qu’il est immédiatement voisin du Terrado, celui où on a fait chou blanc hier… Ah ! Si on avait su !

Après un bain de soleil fort apprécié sur la terrasse, nous consacrons le reste de la journée à la découverte de la ville.

Si Iquique est avant tout le plus grand port du nord du pays, elle garde encore quelques avenues bordées de maisons coloniales témoignant du passé florissant dans l’industrie du salpêtre. Elle possède également quelques plages agréables.

Promenade sur les planches de long de la plage. On se croirait presque à Deauville !

En passant, quelques belles fresques de street art !

A l’extrémité de la plage, nous quittons le bord de mer pour rejoindre le centre-ville.

Passage par la calle Baquedano avec ses demeures en pin d’Oregon aux façades et vérandas aux tons pastel. S’il y en a autant à Iquique, c’est que les bateaux, lourdement chargés de salpêtre pour les Etats-Unis, rentabilisaient toujours leur voyage retour avec du fret, comme le pin d’Oregon, qui se revendait ici à un bon prix dans la construction.

Dans cette rue, le guide du Routard recommande de jeter un œil au Palacio Astoreca, la demeure d'une riche famille d’aristocrates, bâtie en 1904, entièrement en pin d’Oregon, justement.

Il se trouve que ce palais abrite à partir d’aujourd’hui une exposition itinérante de tableaux de peintres chiliens (musée des Beaux-Arts de Santiago) : Coleccion in viaje … collection en voyage, joli nom ! Au moment où nous nous présentons, on s’empresse de nous ouvrir les portes des différentes salles d’exposition. Serions-nous les premiers visiteurs ? Tout laisse à le penser. En tout cas, l’inauguration n’aura lieu qu’en soirée.

Voici une des œuvres exposées !

Après cette parenthèse culturelle, nous arrivons dans le cœur de la ville sur la plaza Arturo Prat où trône la pittoresque « Clock Tower ». Derrière la tour de l’horloge, on aperçoit le théâtre !

Au retour, nous ne résistons pas à tremper les pieds dans l’eau, elle est aussi froide qu’en Bretagne ! En revanche, l’air est doux et ensoleillé. Température autour de 25°. Ça fait du bien !

Fin d’après-midi sur notre terrasse à regarder les lions de mer batifoler dans les flots et les pélicans s’ébrouer sur la jetée.

La vue depuis notre terrasse !

La soirée se poursuit au restaurant de l’hôtel, tout seuls, sur la terrasse (c’est dire qu’il fait bon !) à profiter de la baie et à nous régaler d’un excellent filet de sébaste dont on rêvait depuis la veille... puis s'achève au casino à claquer quelques milliers de pesos !!!

J9 : Vend 06/05/11

En raison de la courte étape qui nous attend, pas la peine de partir aux aurores, autant profiter encore un peu de la vue sur la plage de Cavancha. Au moment de charger la voiture, la couche de poussière amassée pendant cette première semaine sur les pistes se rappelle à nous : elle s’est incrustée partout ! Si on a le malheur de frôler les portières même intérieures, nos habits se transforment en serpillères. C’est une horreur !

Pour 8000 pesos (12 €), le garage voisin nous propose un lavage intérieur/extérieur. En fait, avec un seul seau d’eau, le gars va nettoyer tout le véhicule… (économie d'eau oblige ?) Mais notre Coche va sortir de là astiqué comme un sou neuf ! Quel plaisir alors de reprendre place à son bord !

Maintenant, route vers Tocopilla ,225 km par la Ruta 1… un air de désert du Sinaï avec la montagne désolée et poussiéreuse tombant dans la mer… et une route rectiligne… à l'infini !

Sur notre trajet, à 150 km d'Iquique, nous sommes très surpris de trouver un poste de douane… pourtant, on est bien au Chili… peut-être en raison d'un changement de région ? En tout cas, les douaniers n'ont pas voulu voir nos passeports, uniquement le document de douane du 4X4. Un petit coup de tampon et hop ! C'est reparti !

Quelques kilomètres avant Tocopilla, plus exactement tout juste avant le tunnel, nous nous arrêtons à la Caleta de la Cuchara qu'Aldo nous avait recommandée.

Effectivement, l'endroit est sympa et nettement plus accueillant que la ville industrielle voisine. Nous décidons par conséquent d'y rester pour la nuit et d'inaugurer le couchage dans le véhicule.

Nous partageons la crique avec quelques condors !

La soirée est douce et agréable. Après le dîner et une petite balade vespérale à la lumière de nos lampes frontales, nous nous endormons vite les yeux rivés sur les étoiles, bercés par les vagues du Pacifique !

Vers le désert d'Atacama : Chiu-Chiu, Caspana et les geysers de Tatio

J10 : Sam 07/05/11

Après deux jours au niveau de la mer, nous prévoyons aujourd'hui un retour dans l'Altiplano. A l'origine, nous pensions dormir dans le 4X4 sur le site des geysers de Tatio à 4300 mètres d'altitude. Mais finalement passer de 0 à 4300 mètres en une journée n'était pas raisonnable. On nous avait parlé d'une auberge à Caspana (3200 m) à environ une heure de route des geysers (en réalité un peu plus !)… Alors OK, direction Caspana à 230 km dont 80 km de piste.

Nous quittons donc notre petite crique du côté de Tocopilla à l'assaut des montagnes à travers un paysage gris et aride le long d'une route flanquée d'une double ligne à haute tension… pas vraiment glamour ce début de parcours !

Ici c'est une région propice à l'extraction de nombreux minerais. D'ailleurs, à proximité de Calama, nous entrevoyons la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde. Mais elle ne se visite pas le week-end alors ce n'est pas la peine de s'attarder à Calama.

Nous cherchons vainement un endroit pour pique-niquer mais jusque ici (150 km et un peu plus de trois heures), nous n'avons pas vu un seul brin d'herbe. Nous attendrons encore 40 km de plus avant de trouver notre bonheur dans l'oasis de Chiu-Chiu.

Sur la place du village, un arbre aux baies roses (un faux poivrier) nous prodigue son ombre bienfaisante et nous pouvons enfin nous attabler.

Il fait chaud, presque orageux et les sommets des Andes sont couverts de nuages. Espérons que le temps ne se gâte pas là-haut !

En attendant, profitons-en pour faire un tour dans le village, visiter son église, l'une des plus anciennes du Chili, à l'architecture coloniale typique, d'aspect massif avec d'épais murs en adobe et une menuiserie en bois de cactus.

Aux alentours, j'avais noté un site de pétroglyphes, plus précisément à mi-chemin entre Chiu-Chiu et Lasana. Nous ne tardons pas à les repérer mais certains sont difficiles d'accès car situés sur la pente pierreuse de ce canyon.

Le lama est très présent dans ces représentations de scènes pastorales.

Ici le berger avec sa crosse nous rappelle un peu le Kokopelli des Indiens pueblos d'Amérique du Nord.

Avant de rejoindre les montagnes, nous faisons un dernier arrêt prêt d'une drôle de lagune parfaitement circulaire dite sans fond !

Puis nous attaquons les 80 kilomètres de piste, plutôt bonne dans l'ensemble, à destination du joli village de Caspana, adossé au pied d'une falaise et entouré de nombreuses terrasses cultivées.

Nous y trouvons bien une auberge mais elle est fermée. Tant pis, nous sommes maintenant rodés, nous prévoyons donc une nouvelle nuit dans notre Coche et installons notre campement devant le bâtiment.

Après un tour dans le village et une visite du petit musée, c'est l'heure de la tambouille… puis coucher de bonne heure… car demain, il faut se lever aux aurores si nous voulons être aux geysers du Tatio pour le lever du soleil car c'est le matin très tôt que les geysers sont les plus impressionnants.

Eglise de Chiu Chiu



J11 : Dim 08/05/11

Réveil à 4 h 30… Les affaires sont rapidement rangées et le départ aussitôt donné. Soixante-cinq kilomètres de pistes à effectuer de nuit nous attendent jusqu'au Tatio.

On commence par louper le premier carrefour… ça commence mal ! Il faut être particulièrement concentré, à la fois sur le GPS pour suivre précisément l'itinéraire prévu, et sur l'état de la piste.

Il n'y a personne d'autre sur ce trajet sauf… tout d'un coup, une torche est braquée sur nos yeux. En fait des carabineros qui nous arrêtent au beau milieu de nulle part, en pleine nuit. Ils nous réclament les documents du véhicule et le permis de conduire d'Hervé, pas même nos passeports… puis nous adressent un franc "Adelante" !… En avant !

En avant, en avant… mais ça n'avance pas vite ! La piste est pentue, très pentue, notre tacot s'essouffle, Hervé est obligé de monter en première. La route nous apparaît également étroite, nous roulons probablement à flanc de montagne.

Ouf, ça va mieux quand nous passons le col, 4500 mètres… ce n'est pas rien !

Peu après, la piste rejoint celle venant de San Pedro de Atacama. On pensait qu'à partir de là nous rencontrerions la caravane des véhicules des tours opérateurs mais personne encore pour l'instant.

Entre 6 heures et 6 H 30, nous arrivons sur les lieux et il fait toujours nuit… nous sommes la deuxième voiture à pénétrer sur le site. L'entrée est payante comme tous les sites de la région. Ici, 5000 pesos = 7,50 € par personne.

En sortant de la voiture, le froid nous surprend, il fait -5/-10°. Polaire, doudoune, bonnet et gants sont bienvenus.

Le jour commence tout doucement à se lever dans une ambiance un peu irréelle. Les geysers se mettent à cracher leurs jets bouillonnants et nous commençons à distinguer les panaches de fumerolles s'étirant vers le ciel !

Dès que le soleil darde ses rayons, l'activité des geysers diminue mais celle des tours opérateurs est alors à son maximum. Pour tous, c'est l'heure du petit-déjeuner…pour les touristes, les œufs sont cuits dans les sources bouillantes. Pour nous, ce sera tout simplement un café au lait bien chaud accompagné de tartines.

Ensuite, pour échapper au monde, nous grimpons sur la corniche surplombant le parking pour nous retrouver seuls, absolument seuls sur les hauteurs de l'Altiplano. De là, nous dominons tout le site et apprécions la balade au milieu des rochers !

C'est aussi l'endroit idéal pour surveiller la fréquentation des lieux car les touristes ont tous rendez-vous dans la piscine naturelle après la visite des geysers. Si nous ne voulons pas partager le bain avec cinquante personnes, il est utile de garder un œil sur les parcs de stationnement. Quand il ne reste plus que notre voiture sur le parking, nous redescendons de la montagne.

Sous un ciel d'azur et un soleil radieux, les geysers ont maintenant une toute autre tête !

Certaines sources chaudes révèlent encore des merveilles insoupçonnées. Admirez celle-ci, entourée d'un joli jardin suspendu et installée dans une prairie fumante !

Avec le départ des touristes, les vigognes reprennent possession des lieux. Ces deux-là sont amusantes !

Près des thermes, il n'y a maintenant plus grand monde… c'est le moment de nous délasser dans le bassin d'eau chaude en compagnie de quelques baigneurs chiliens.

Il est midi quand nous quittons le Tatio en direction de San Pedro de Atacama par la piste qui passe par Machuca.

Nous n'arrêtons pas de nous extasier devant le panorama de ce haut plateau désertique aux couleurs mordorées, dominé par les sommets enneigés d'une ribambelle de volcans prestigieux.

Ce nandou ne s'y est d'ailleurs pas trompé... il se plaît bien dans ce décor.

Ce n'est sans doute pas pour rien que le village de Machuca s'est implanté ici, le site est magnifique.

En bonus, une belle lagune aux eaux miroitantes finit de parfaire l'image idyllique de carte postale.

Après Machuca (encore à 4000 mètres), la piste commence à perdre tout doucement de l'altitude jusqu'à San Pedro (2500 m). Nous passons les thermes de Puritama (payants)… le bain, c'est déjà fait… ainsi que le canyon de Guatin… impatients d'arriver à destination après deux nuits de bivouac et un lever matinal.

Mais avant de rejoindre l'Atacama Lodge que nous avons réservé pour cinq nuits, il est essentiel de faire un ravitaillement général dans le village de San Pedro.

Ne cherchez pas de supérette, encore moins de supermarché, à notre grande surprise, il n'y en a pas… uniquement de petites boutiques à l'ancienne ayant chacune sa spécialité. En revanche, si vous cherchez la station d'essence, il vous faudra bien chercher car elle est cachée au fin fond d'un cul de sac. Ajoutez à cela des rues non pavées et encore moins asphaltées, des piétons, des cyclistes, des 4X4… une poussière monstre… et une chaleur à laquelle on n'était plus habitués. C'est ainsi que nous est apparu ce village touristique qu'on nous avait vanté comme étant "un splendide petit village d'adobe". Bon, avec un petit peu de recul, c'est vrai que le village est sympa, surtout quand on laisse son véhicule à l'extérieur, mais nous sommes tout de même contents de ne pas y loger.

A 6 kilomètres au sud de San Pedro, l'Atacama Lodge est un véritable havre de paix. Propriétés de Alain Maury, astronome français et organisateur de séances d'observation du ciel, les lodges accueillent essentiellement des astronomes amateurs souhaitant observer le ciel parmi les plus clairs du monde dans des télescopes performants mais aussi des individuels ou groupes qui veulent tout simplement profiter d'un séjour au grand calme.

C'est notre cas et nous sommes ravis de notre choix. Nous héritons d'un lodge en adobe et toit de paille d'une quarantaine de mètres carrés comprenant une cuisine équipée, une salle de bains avec hydromassage (!) et une chambre avec… vue sur le volcan Licancabur. A cela s'ajoute une terrasse d'une surface équivalente à partager avec le lodge mitoyen… mais comme nous sommes les seuls occupants… Promis, on vous mettra des photos plus loin !

Atacama : la vallée de la Lune en long en large et en travers

J12 : Lun 09/05/11

A 8 h 45, nous sommes déjà devant la guérite d'entrée de la vallée de la Lune censée ouvrir à 8 h 30. Personne ! Tant pis, nous paierons plus tard, déplaçons la barrière et entrons… (Deux jours plus tard, nous réaliserons que, dans la région, l'heure n'est pas la même que dans le nord du pays… il devait être par conséquent 7 h 45).

Située à 10 km à l'ouest de San Pedro et à 2500 mètres d'altitude, la vallée, formée il y a 22 millions d'années, présente d'étranges paysages aux allures lunaires. L'absence de vie animale et végétale en fait un des endroits les plus inhospitaliers au monde.

Le premier site sur notre route, c'est la Quebrada de Kari… un canyon aux parois couvertes de cheminées et de flèches pétrifiées, saupoudrées d'une fine pellicule de sel. Si vous prêtez l'oreille, vous entendrez craquer le sel qui se dilate sous le soleil !

Une randonnée agréable de 4 km A/R jusqu'au pied de la Cordillère… de Sal ! Deux heures d'exploration tranquille !

Du sel, encore du sel, cette fois dans les Cavernas… de Sal ! Mais d'abord, on nous réclame notre droit d'entrée au contrôle intermédiaire, juste au niveau des cavernes. Nous nous mettons en règle : 2000 pesos par personne, valable pour la journée… avec en prime, un plan sommaire du site et quelques indications dans un anglais… sommaire aussi !

Bon, nous voilà documentés pour découvrir les deux curiosités suivantes : les Cavernas de Sal et le Cañon. Les deux itinéraires peuvent être enchaînés en boucle en une heure environ.

Equipés d'une torche, nous nous glissons, parfois au ras du sol, dans les cavernes successives. C'est fatigant mais amusant ! Contorsions obligatoires surtout avec un sac à dos !

Heureusement, la balade se poursuit ensuite à l'air libre entre dunes et mesas…

… sous l'œil attentif de ce hoodoo à l'expression humaine.

Sur une si bonne lancée, enchaînons avec El Cañon, immédiatement voisin… qui, en cette fin de matinée, a drapé son entrée de rouge !

Le sentier, d'abord coincé entre deux parois, s'élève bientôt vers un plateau torturé d'où dépasse la chaîne des volcans environnants.

La descente n'est pas évidente à trouver, un balisage confus nous conduit dans une pente périlleuse... nous obligeant à revenir sur nos pas pour choisir une voie plus sûre : la route toute proche, tout simplement !

La matinée a filé à toute vitesse et nous n'avons exploré que la moitié de la vallée. Néanmoins, nous préférons reporter le reste en fin d'après-midi afin de profiter par la même occasion du coucher du soleil.

En attendant, le meilleur endroit de repli est assurément la terrasse du lodge.

Vers 16 heures, retour dans la vallée de la Lune pour la suite de la visite. Premier objectif : la grande Dune !

Depuis peu, l'accès direct à la Dune est interdit… un nouveau sentier, plus discret, mène sur une crête voisine. Mais quelle crête ! Des vues époustouflantes… de part et d'autre, des creux, des pointes, des vagues, des pics, des arêtes, des croûtes… de sel, de sable et de pierre sculptées par l'érosion.

On a vraiment du mal à détacher notre regard de ce paysage !

Mais la dune nous attend. Zut, au moment où on approche, le soleil joue à cache-cache avec un nuage ! On décide d'attendre… un ange passe !

Le soleil revient timidement !

Allez, en passant, un dernier panorama sur le Licancabur et ses voisins. Immédiatement à sa droite, le Juriques et encore plus à droite, le Cerro Toco que nous aurons l'occasion d'évoquer prochainement.

Au moment où nous quittons la dune pour rejoindre les Tres Marias, nous voyons arriver les premiers minibus des agences de San Pedro. Houla, devant les trois statues de pierre, il y a foule !

Après deux, trois clichés, nous nous enfuyons par une piste défoncée vers d'anciennes mines de sel.

Et à notre retour devant les trois Marie, nous avons les lieux pour nous tout seuls. Nous décidons d'assister au coucher du soleil ici plutôt que sur LE lieu habituellement dédié qu'est la grande dune. Nous nous postons sur une crête et attendons !

Les derniers rayons du soleil inondent la vallée de leur lumière douce et chaude !

Le ciel rosit maintenant derrière les trois statues !

Puis c'est tout le désert qui se met à rougeoyer au soleil couchant !

La vallée de la Lune se serait-elle transformée en planète rouge… Décidément, elle n'en finit pas de nous étonner ! Nous l'avons explorée en long, en large et en travers mais bien sûr, il y aurait encore tant à voir ! Pour une autre fois, peut-être ! Pour l'instant, les gardes surveillent le départ de tous les véhicules, il est interdit de passer la nuit sur le site.

Deuxième nuit à l'Atacama Lodge.

Dans la Vallée de la Lune



Atacama : de la vallée de la Mort à la vallée de l'Arc-en-ciel

J13 : 10/05/11

Dans une région réputée pour son ciel très clair, il fait ce matin bien gris. Nous prenons tout de même la route en espérant une amélioration en cours de journée. Au programme : deux autres vallées et un site de pétroglyphes.

A 4 km à l'ouest de San Pedro, sur la route de Calama, une piste très rugueuse nous conduit dans la vallée de la Muerte dont le nom est en fait une déformation de "Valle de la Marte" (Mars). Nous espérions la parcourir d'une extrémité à l'autre afin de pouvoir rattraper plus loin la route vers Calama jusqu'à notre point d'intérêt suivant.

Mais bientôt, la piste devient sableuse. Enclenchement du 4X4… ça passe… puis le sable devient de plus en plus profond et la pente de plus en plus importante. Il faut se faire une raison, renoncer au trajet "one way" et continuer un peu à pied. Pourtant des traces témoignent du passage de véhicules : en réalité, l'astuce consiste à faire le parcours dans le sens inverse pour bénéficier de la descente. Avis aux amateurs !

Nous longeons alors le champ de dunes à pied (c'est ici que se pratique le snowboard) avant de grimper sur un escarpement rocheux d'où notre regard embrasse toute la vallée. Malheureusement, de gros nuages s'accrochent toujours aux sommets et les conditions ne sont pas parfaites !

Retour sur la route de Calama que nous suivons jusqu'au km 55 après avoir franchi un col à 3500 mètres. Là, nous prenons, à droite, la piste vers Rio Grande.

Youpi, le soleil fait une percée alors que nous approchons de notre destination !

A 23 km du carrefour précédent se trouve un site d'art rupestre : Hierbas Buenas. Nous pensions devoir chercher les pétroglyphes, pas du tout, ils nous sont quasiment servis sur un plateau.

Un cabanon pour le gardien, un abri pour le pique-nique, des poubelles, des toilettes, des emplacements de parking, des sentiers délimités par plein de petits cailloux… tout est parfaitement signalés et aménagés aussi bien que dans les parcs américains ou australiens. Dans ces conditions, l'accès coûte 2000 pesos (3 €) par personne comprenant aussi les droits pour la vallée de l'Arc-en-ciel (Arcoiris).

Il n'y a plus qu'à aller contempler… et il y a matière ! Le site à lui seul vaut le coup d'œil : un ensemble de roches, couleur vanille, chapeautées d'une couche chocolat… très esthétique !

A l'époque préhispanique, le site servait d'étape aux caravaniers qui faisaient du troc. Les habitants de l'Atacama auraient gravé des messages sur les pierres à destination de ces voyageurs.

Les motifs sont nombreux et représentent principalement des animaux tels que lamas, renards et flamants.

Après avoir observé les différentes gravures sous tous les angles, en route pour la vallée de l'Arc-en-ciel… quelques kilomètres plus loin !

A l'entrée dans ce large canyon… premières impressions ! Waouh ! Que de couleurs !

Nous décidons d'aller jusqu'au fond de la vallée en voiture avant de revenir petit à petit en explorant à pied les secteurs qui nous paraissent particulièrement intéressants.

Nous commençons par remarquer ce massif de hoodoos. Et si nous allions y faire un tour ?

Nous nous y faufilons aussitôt.

Depuis l'entrée de ce massif, les teintes de la vallée sont encore plus flagrantes !

Nous poursuivons notre balade dans la palette de couleurs…

… en nous attardant sur quelques tableaux !

Celui-ci est tout simplement fascinant !

Bien que les nuages aient à nouveau pris le dessus, nous faisons une dernière incursion dans la vallée voisine, parallèle, très colorée aussi et dont les parois sont couvertes de quelques cactus remarquables. Un cactus de sexe féminin ?

Puis c'est le retour à San Pedro sous un ciel de plus en plus chargé qui va même donner quelques gouttes de pluie ici dans le désert. Sur les sommets, il doit pleuvoir… ou peut-être même neiger !

La séance d'observation du ciel que nous avons prévue depuis notre arrivée n'est pas encore pour ce soir !

Atacama : à l'assaut du cerro Toco, à 5604 mètres

J14 : Mer 11/05/11

Il a fait très mauvais hier soir et neigé en altitude. En regardant par la fenêtre, on distingue une fine couche de neige fraîchement tombée sur les sommets et sur l'Altiplano. La température matinale s'en ressent aussi.

Dans ces conditions, tenter l'ascension du Cerro Toco (5604 mètres) tombe à l'eau.

En revanche, c'est un temps idéal pour faire du vélo. Nous laissons "El coche" sur le parking municipal de San Pedro et arpentons dès 8 h 30 les rues du village à la recherche d'un loueur. Nous en repérons un, au joli nom de "Km Zero", qui devrait ouvrir à 9 heures. En attendant, capucino et expresso au salon de thé O2 en face nous font patienter. 9 h 15, toujours personne dans la "tienda de bicicletas". Le patron du café que nous sollicitons s'empresse de se renseigner par téléphone. Le loueur est à Calama et ne comptait pas ouvrir sa boutique mais il nous envoie son père. Dix minutes plus tard, notre homme est sur place et à 9 h45, nous enfourchons enfin nos montures pour une demi-journée (5 heures) ou plus.

Le soleil a fini par triompher des nuages. Il fait très beau et déjà chaud.

Au programme, une boucle par la vallée de Quitor et le tunnel de l'ancienne route de Calama puis retour par l'actuelle route de Calama jusqu'au point de départ.

Dès la sortie du village, le ton est donné. Avec tout ce qu'il a plu en montagne, le rio est bien alimenté et s'étale sur toute la largeur de la vallée de Quitor. On a beau zigzaguer entre les petits îlots en évitant de poser le pied par terre, on finit inévitablement par se tremper les extrémités après plusieurs gués consécutifs.

La Quebrada del Diablo est la première curiosité au programme de cette sortie mais un rio encore plus profond que les précédents va faire capoter le projet.

Nous revenons sur nos pas dans cette vallée verdoyante parsemée d'herbes de la pampa ondulant sous le souffle du vent… pour nous diriger vers le fameux tunnel

Commence alors une rude montée dans une gorge aux roches rouges. Altitude de la vallée 2480 m, altitude du tunnel 2640 m, dénivelé 160 mètres. Jusqu'à 100 mètres de dénivelé, je résiste, je serre les dents et je reste en selle. Au-delà, je triche un peu en poussant mon destrier.

Encore quelques tours de roue et place à un beau panorama sur les crêtes environnantes, tout juste avant le tunnel !

La traversée se fait dans la pénombre (on a oublié de prendre nos lampes frontales) à peine percée par un filet de lumière venant de l'extrémité opposée.

C'est maintenant la descente tout en douceur mais par endroit dans du sable mou, ce qui oblige à pédaler même en descendant. Le pique-nique permet heureusement de recharger les batteries. Hervé annonce qu'il reste quatre kilomètres jusqu'au carrefour avec la route asphaltée mais j'ai l'impression que plus je pédale, plus la route s'éloigne.

Le parcours devient vraiment inconfortable avec une alternance de caillasse et de sable mou. Par moment, il faut carrément s'écarter de la piste, trop mauvaise, pour pédaler hors trace. Les kilomètres s'accumulent… Ça use, ça use !

Enfin la route ! A ce point du parcours, il reste 15 km à couvrir jusqu'à San Pedro… que j'espérais en descente. Pas du tout, la descente finale n'est pas pour tout de suite. D'abord 10 km de montée… de quoi me mettre le moral à plat. Heureusement une bonne orange bien juteuse va nous prodiguer l'énergie nécessaire pour les juguler. Après cet ultime effort, c'est la descente libératrice, 5 km qu'Hervé dévale à tombeau ouvert pendant que je reste loin derrière, agrippée à mes freins.

Nous posons le pied à terre au "Km zéro" à 14 h 45 après 5 heures soit une demi-journée de location (12 euros pour deux) et avec 35 km au compteur dont 20 de piste défoncée… un sacré périple !

Nous sommes fourbus mais contents. Un entraînement bénéfique, dans la perspective d'une prochaine ascension de sommet.

Fin d'après-midi cool à la terrasse d'un café à San Pedro puis retour au lodge pour un repos bien mérité.

En cours de soirée, Hervé entend un craquement en se baissant. Une fermeture Eclair qui a cédé ? Non, plus grave… il sort de sa poche la carte bleue… cassée en deux (c'est la seule en notre possession !). La puce électronique est intacte mais ici c'est la bande magnétique qui importe. Nous avons bien encore quelques devises mais pas de quoi terminer le voyage. Alors sommes-nous condamnés à finir clochards ? A suivre…

J15 : Jeu 12/05/11

Ciel très dégagé ce matin ! C'est l'occasion ou jamais de tenter l'ascension du Cerro Toco que nous contemplons depuis notre fenêtre depuis quatre jours maintenant.

Le voici photographié la veille depuis notre lodge… les Chiliens le qualifient de montagne à vaches… mais il culmine tout de même à plus de 5600 mètres…

Entre les différents sommets qui nous entourent, celui-ci a l'avantage de pouvoir être tenté sans guide et sans équipement technique. En outre, une piste menant vers un ancien camp minier permet de monter en véhicule jusqu'à 5200 mètres et des poussières… réduisant à moins de 400 mètres le dénivelé à gravir.

Certes nous étions déjà montés à 4810 mètres au refuge du volcan Cotopaxi en Equateur… mais jamais davantage ! Comment allions-nous réagir et pourrions-nous même y arriver ? That is the question !

C'est donc un peu fébriles que nous prenons, dès 8 heures, la direction du Toco par la route internationale du Paso de Jama. C'est la route reliant le Chili à l'Argentine et elle est largement empruntée par les poids lourds. Leur vitesse témoigne de l'extrême difficulté de la pente … on dirait qu'ils sont arrêtés tant ils ont du mal à monter. Derrière eux, "el Coche" est à peine plus vaillant, la plupart du temps en seconde. De surcroît, la route est jonchée de grosses pierres ayant servi aux chauffeurs à bloquer leurs camions en panne pour éviter de reculer.

Régulièrement, on se concerte : ça va? Oui, moi ça va, et toi ? Pour l'instant tout est OK.

A 4200 mètres d'altitude et à une quarantaine de kilomètres de SPA, nous quittons la route internationale pour une piste caillouteuse et pour 1000 mètres de plus à grimper. Nous dépassons le véhicule d'une agence, à l'arrêt pour une pause.

4800 mètres : ça y est, nous sommes à la hauteur du Mont Blanc et à celle du refuge du Cotopaxi.

5000 mètres, la piste devient de plus en plus étroite et pentue.

5260 mètres : fin de la piste près de l'ancien camp minier. Il fait très beau… et moins froid qu'on ne le craignait. Nous nous équipons cependant sérieusement : chaussures de marche, pantalons épais, polaires, doudounes, bonnets, gants, bâtons de marche, sacs à dos avec boisson chaude et en-cas… et bien sûr l'appareil photo. Le véhicule croisé précédemment nous rejoint.

La consigne que nous nous sommes fixés est la suivante : marcher très lentement et surtout redescendre au moindre signe de mal des montagnes. 9 h 45 : c'est parti sur un sentier bien tracé, légèrement verglacé par une fine pellicule de neige. Nous avançons tout doucement, en veillant à bien ventiler à chaque pas. Les gars conduits par l'agence entament leur montée derrière nous.

10 heures, 5309 mètres : déjà une première pause et une belle vue !

Une pause plus loin, des "jeunes", un Français et un Russe conduits par un guide chilien… nous rattrapent ! Ils viennent d'abandonner leur coéquipier brésilien déjà gagné par le mal des montagnes. Ils nous invitent à les suivre mais nous n'avons pas ni le même âge ni le même rythme. Nous avons besoin de prolonger notre halte car chaque mètre gagné demande un gros effort. Quand nous nous mettons enfin debout, ils sont déjà loin !

11 heures, 5440 mètres : nous arrivons dans un secteur de plus en plus enneigé. Le sentier, au début très visible, disparaît entre les pierres et sous la neige.

Ni cairn, ni balisage… alors par où passer ? On a beau scruter la montagne, les gars devant nous ne sont plus en vue ! Nous avons aussi perdu leur trace. Heureusement, Hervé, rusé comme un Sioux, finit par retrouver quelques traces de pas ténues lui paraissant fraiches… nous voilà tirés d'affaire et prêts à reprendre la lente ascension.

12 heures, 5545 mètres et un arrêt de plus ! Côté souffle, tout va bien mais la fatigue est réelle. A chaque halte, je ne peux m'empêcher de m'affaler sur un rocher et ai toutes les peines du monde à me relever. Pendant que je m'attarde, Hervé en profite pour explorer le large plateau devant nous à la recherche du meilleur panorama.

Il cherche en outre un indice pour valider la suite de l'itinéraire car, à nouveau, nous sommes dans l'interrogation. Par où passer ? Pas l'ombre d'une silhouette en vue ! Mais où sont passés les gars ? Hervé m'affirme être sûr de son itinéraire mais moi, je commence vraiment à douter. Et si nous n'étions pas sur la bonne trace ? Franchement, parmi les sommets qui nous entourent, lequel est celui que nous cherchons ?

Hervé, confiant, décide de suivre son intuition et moi, je n'ai pas d'autre choix que de le suivre tout en continuant à douter à voix haute… quand soudain, du haut de la montagne, dévalent à toute vitesse les trois gars de tout à l'heure. Nous sommes bien sur la bonne voie et cette bonne nouvelle nous donne des ailes pour vaincre les dernières difficultés.

12 h 30, 5600 mètres… et enfin la vue sur l'autre versant vers les lagunes Verde et Blanca en Bolivie. ! Extraordinaire ! Dire que nous serons à leur pied dans quelques semaines.

Sur le chemin de crête… l'arrivée est imminente !

12 h 35 : ça y est, Hervé est le premier à poser devant le mât du sommet !

Le GPS affiche 5622 mètres… on a du mal à le croire… mais nous avons vaincu le Cerro Toco !

Nous nous accordons quelques minutes pour savourer notre performance et… contempler le panorama. De gauche à droite, le Licancabur, le Juriques et les lagunes boliviennes.

Mais déjà il faut se dépêcher de descendre pour éviter le mal de montagne qui tente de nous envahir. Nous essayons de limiter les arrêts mais je me sens curieusement moins bien dans la descente que dans la montée… un peu comme si j'étais saoule. Au bout d'une heure dix, nous atteignons néanmoins la voiture... fatigués mais ravis de notre "exploit".

A 5000 mètres, nous obliquons vers le plateau du Chantajor afin de voir à quoi ressemblent les radiotélescopes en construction. Avec la mise en service en 2012 du plus grand observatoire de radioastronomie jamais construit au monde (projet regroupant Américains, Européens et Japonais), la région est en passe de devenir une plate-forme scientifique incontournable sur la planète.

Un bel alignement !

Retour à San Pedro par la route internationale, encore plus impressionnante et dangereuse dans la descente, pourvue de nombreuses voies de freinage d'urgence tous les kilomètres, pour les poids lourds en détresse. "El coche" qui se traînait à l'aller a maintenant besoin d'un sérieux coup de bride pour être ralenti.

Arrêt au village pour tester notre carte bancaire que nous avons pris soin de réparer à la bande adhésive. Mais les terminaux informatiques sont en panne dans tous les commerces, aussi bien le distributeur automatique que la station d'essence. Nous ne serons donc pas encore fixés sur notre sort et réglons nos dépenses en devises… tant qu'il nous en reste !

La fin de l'après-midi est consacrée à la préparation des bagages (départ demain matin pour l'Argentine) et accessoirement à un peu de repos car la journée n'est pas finie. Ce soir, nous avons rendez-vous avec la lune…

A 21 heures, nous rejoignons un groupe d'une vingtaine de Francophones dans le jardin d'Alain Maury pour une séance d'observation du ciel, d'abord à l'œil nu puis grâce à des télescopes performants. Etoiles, planètes, nébuleuses, galaxies, tout y passe et bientôt, grâce aux explications passionnées de l'astronome et de son épouse chilienne Alejandra, la Croix du Sud, la Mouche, Alpha du Centaure ou Saturne n'ont plus de secrets pour nous ! Enfin, la vedette du spectacle est incontestablement … la lune !

Une belle soirée qui nous a permis d'améliorer nos connaissances du ciel tout en passant un agréable moment ! A recommander ! Dernière nuit à l'Atacama Lodge.

Au cours de la montée du Cerro Toco

Vers l'Argentine par le désert de Tara

J16 : Ven 13/05/11

Notre séjour à San Pedro de Atacama s'achève. Nous avons volontairement zappé toutes les lagunes aux alentours : Cejas, Tebenquiche, Miscanti, Miniques… car nous devrions en voir d'autres, encore plus belles, dans le Sud-Ouest bolivien.

Nous prenons donc la route vers l'Argentine… oups, pas immédiatement … heureusement que nous avons pensé à demander confirmation car nous allions filer directement vers le Paso de Jama. En effet, les formalités douanières relatives à la sortie du Chili doivent se faire ici au poste de douane à l'entrée de San Pedro, 120km avant la frontière réelle !

Il y a un peu d'attente mais au final, en une demi-heure, tout est réglé.

Cap sur le Paso de Jama, comme hier, par cette incroyable route internationale. Sur les quarante premiers kilomètres, nous sommes en terrain connu… après, place à la nouveauté !

Le point de chute, ce soir, est prévu dans le village argentin de Susques à 300 kilomètres de San Pedro mais avec le détour dans le désert de Tara, il faut compter une cinquantaine de kilomètres de plus. Ni village, ni station-service sur cette route avant la frontière argentine, il faut le savoir aussi !

Rien que des volcans… aux flancs marbrés… à perte de vue !

… et quelques lagunes aussi ! Celle de Pujsa à 80 km de SPA mérite un arrêt !

A l'approche du Salar de Tara, à 4500 mètres d'altitude, les imposants monolithes des Monjes de la Pacana montent la garde à proximité de la nationale.

Mais les paysages autour de ces colosses ne constituent qu'une mise en bouche. Il faut s'aventurer au cœur du désert pour découvrir ses trésors cachés. Pour les atteindre, il faut impérativement un 4X4 car le risque d'ensablement est sérieux.

Aucune piste n'y mène! Après le sable mou, on a le choix, sur cette grande ligne droite, entre des centaines de traces. Il vaut donc mieux avoir préparé son itinéraire !

Seul repère dans cette immensité : ce cactus en forme de coussin… Cumulopuntia boliviana ignescens.

Suivre les cailloux du Petit Poucet risque aussi de vous conduire sur une fausse piste ;-)

Au milieu de cette étendue désertique surgissent alors des formations rocheuses tout en rondeur, dont les couleurs et les formes nous font penser à celles du désert Blanc en Egypte ou encore aux Coyote Buttes en Arizona.

Comme pour leurs "cousines", la nature y a dessiné des anneaux, des courbes et des vagues.

Mais ces doigts pointés vers le ciel annoncent d'autres formations encore plus singulières !

Quand apparaît devant nous cette immense falaise, nous savons que nous avons atteint les "Cathédrales de Tara".

Cette mesa s'interrompt brusquement pour laisser place à une lagune… le "Salar de Tara" ! Nous sommes à 4300 mètres d'altitude.

Sur ses rives, un petit abri tombe à pic pour le déjeuner. Le banc est déjà prévu, nous n'avons qu'à installer notre table et à déballer nos victuailles.

Un décor de rêve !

A 15 heures, nous sommes de retour sur la route internationale et une heure plus tard, à la frontière argentine. Quelle chance, il n'y a aucune attente, les formalités sont accomplies dans la foulée, le véhicule à peine fouillé… tout se passe comme sur des roulettes. Nous réglons nos montres, il y a une heure de décalage entre les deux pays.

Encore deux bonnes heures jusqu'à Susques… en passant de 4200 à 3600 mètres.

Le premier hôtel sur notre trajet est le Pastos Chicos… un complexe touristique comprenant une station-service, un restaurant et un hôtel. Nous demandons à visiter… la décoration est chaleureuse… mais la chambre sent très fort la peinture fraiche et la fenêtre ne s'ouvre pas. Nous laissons tomber avec regret !

Dans le virage suivant, Unquillar Hotel a l'air fermé mais en frappant à la porte, une jeune femme se précipite pour nous ouvrir. L'endroit est accueillant, joliment décoré également, la chambre mignonne, équipée de chauffage pour un prix bien inférieur que le précédent. Nous prenons sans regret !

La patronne du Pastos Chicos aura la bonne surprise de nous revoir un peu plus tard dans la soirée… pour le dîner. Au menu, une bonne viande d'Argentine accompagnée d'un excellent Malbec.

Nous n'avons toujours pas pu tester notre carte bancaire rafistolée (pas de banque aux alentours) et continuons à payer en devises. Pour combien de temps encore ?

Monjes de la Pacana



De Susques à Salta par la Ruta 40

J17 : Sam 14/05/11

Aujourd'hui, route vers Salta, plus de 300 km, par la R 40… hum, "route" est un peu prétentieux car il s'agit d'une piste... du moins jusqu'à mi-parcours, ce qui devrait bien faire une journée de trajet, entrecoupée de quelques sites remarquables.

L'accès de cette Ruta 40 se prend juste avant l'hôtel Pastos Chicos. Au début, la piste se présente bien, large et lisse, avec de temps en temps un peu de tôle ondulée. Elle grimpe doucement vers la Puna - l'altiplano argentin à 4200 m - dans un paysage mamelonné ponctué de quelques villages perdus.

Au loin on commence à distinguer la silhouette massive du volcan Tuzgle. Il compte, autour de sa base, quelques merveilles qui vont tour à tour nous occuper toute la matinée.

Tout d'abord, sur ses contreforts apparaît une falaise rocheuse et à ses pieds, le site d'escalade qui nous intéresse.

A vrai dire, nous n'avons aucune intention de pratiquer cette activité mais simplement d'explorer de long en large ce site de boulders, l'un des plus beau d'Amérique du Sud aux dires des connaisseurs de ce sport.

Nous l'avons découvert en regardant le film d'un groupe de grimpeurs, une Suissesse et neuf Grenoblois qui, fin 2010, ont été les premiers à y ouvrir des voies.

L'endroit est tout simplement fascinant, avec ses amas rocheux éparpillés sur toute la pente comme si un géant les avait fait dégringoler de la montagne.

Je sers à donner l'échelle… ou à retenir le caillou ?

Toujours au pied du Tuzgle, mais un peu plus loin, voilà une ancienne mine de soufre désaffectée… et une nouvelle occasion d'explorer ses moindres recoins. Seuls quelques murs restent encore debout !

Le camp était situé dans un environnement naturel exceptionnel au milieu d'une belle prairie marécageuse dominée par le cône veiné du volcan.

Enfin, pour finir, nous suivons la piste derrière la mine jusqu'au bout…

Quelle ne fut notre surprise de trouver là, si loin de tout, et surtout si loin de la R40, une maison… habitée… un peu comme celle-ci !

Après toutes ces flâneries, il est déjà 14 heures et grand temps d'avancer vers Salta. Allez, un dernier coup d'œil au Tuzgle, omniprésent !

Mais, à peine repartis, nous voilà à nouveau arrêtés, bouche bée, à l'entrée de cette vallée colorée où prédomine soudain le rouge carmin.

La piste continue à serpenter entre les collines en direction du viaduc de la Polvorilla.

Son état se dégrade nettement à cet endroit, et si on avait dû commencer par là, on aurait sans doute hésité à poursuivre tant la trace se perd dans le lit de la rivière !

Le viaduc est vraiment un bel ouvrage… apparemment on peut y monter, mais nous, on s'est contenté de l'admirer d'en bas.

Il est 14 heures, nous sommes à peine à moitié route de Salta, nous sommes samedi, nous n'avons pas réservé d'hébergement et nous craignons que le scénario d'Iquique ne se répète.

Nous décidons par conséquent de limiter les arrêts et de tracer jusqu'à la ville. Nous comptons sur le retour de l'asphalte pour augmenter notre vitesse moyenne mais ce n'est qu'après San Antonio de los Cobres que nous retrouvons le bitume.

A partir de ce village, une interminables série de lacets va nous faire perdre 2500 mètres d'altitude (Salta est à 1200 mètres) et alors qu'on croyait en avoir fini avec la piste, voilà que, cinquante kilomètres avant Salta, une nouvelle portion largement fréquentée par des camions nous inflige encore une fin de parcours dans une poussière infernale.

Quand enfin Salta se profile, nous sommes soulagés ! Il n'y plus qu'à se diriger vers le centre pour trouver un hébergement. J'avais repéré le Convento Antiguo qui m'avait fait bonne impression sur Internet. Malheureusement, ce que nous craignions, est arrivé : il est complet. Un plan en main, nous passons en revue tous les hôtels des rues Caseros et España mais quand ils ne sont pas complets, ils sont soit bruyants, soit moches, soit trop excentrés. Finalement, quand le Wilson Hotel nous propose sa dernière chambre, une grande suite avec parking, Wifi et petit déjeuner, nous n'hésitons plus… et posons nos valises dans cet hôtel moderne en plein centre.

Mais avant tout, il devient urgent de retirer des liquidités. Notre carte bleue raccommodée voudra-t-elle bien fonctionner ? Suspense… Hervé s'applique à l'introduire fermement dans le distributeur automatique. La machine hoquette, crachote… nous retenons notre souffle… et finalement accepte de nous délivrer nos billets ! Nous voilà tranquillisés sur la poursuite de notre voyage… du moins jusqu'au prochain retrait !

La bourse bien remplie et le cœur léger, nous partons visiter le centre-ville : la Cathédrale richement décorée, les abords de la Plaza 9 de Julio entourée de beaux bâtiments coloniaux admirablement préservés.

Il fait doux bien qu'un peu nuageux. Salta est très animée en ce samedi soir : beaucoup de monde dans les rues, aux terrasses des cafés, de la musique … et pour nous, l'envie de prolonger la soirée dans un restaurant près de la place centrale (dont j'ai oublié le nom).

Dans le désert de Tara

Dans la Quebrada de Humahuaca : Purmarcara et Tilcara

J18 : Dim 15/05/11

Déception au réveil, le ciel est désespérément gris ! On espérait approfondir la visite de Salta ce matin et admirer la ville depuis le mirador du Cerro Bernardo mais vu l'état du ciel, cette prolongation ne se justifie plus. Après quelques courses dans le supermarché du quartier, nous quittons la ville après le check-out à 11 heures.

Nous assurons néanmoins notre gîte de ce soir à Tilcara par une réservation téléphonique. Le village de Tilcara se situe dans la Quebrada de Humahuaca à environ 200 km au nord de Salta. Pour rejoindre la région, deux possibilités jusqu'à Jujuy : l'autoroute ou la Ruta 9 dite de la "Cornisa" (de la corniche).

Cette dernière est bien plus pittoresque et c'est pour cela que nous l'avons choisie. Etroite et sinueuse, elle traverse une forêt humide (oui, oui, humide !) où les lianes et les fougères rivalisent avec les eucalyptus… dans une ambiance très brumeuse. Parfois réduite à quatre mètres de largeur à peine, elle enchaîne les virages dans lesquels on ne peut se croiser et qu'il faut négocier "uno por vez", chacun son tour. Heureusement qu'il y a très peu de monde ! A ce rythme, trois heures pour parcourir les 90 km est une bonne moyenne.

Pour corser le tout, voilà que la pluie s'en mêle alors que nous espérions nous arrêter près du lac de la Cienega. Tant pis, on continue et ce n'est que bien plus au nord que le ciel laisse apparaître l'espoir d'une amélioration.

Ce n'est finalement qu'à l'approche de Purmamarca que le temps s'améliore réellement, nous sommes à plus de 2000 mètres d'altitude à l'entrée de la Quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Alors finis les nuages et la végétation luxuriante, place à un univers à nouveau plus minéral, presque sans herbe, avec comme seules silhouettes celles des cactus, en suivant le lit du rio Grande… presque complètement asséché.

Avec le retour du soleil, le petit détour jusqu'à Purmamarca vaut vraiment le coup, afin d'approcher une des curiosités géologiques de la Quebrada de Humahuaca : la montagne aux Sept Couleurs !

Vue sur Purmarcara depuis le mirador.

Le "Paseo de los Colorados", un sentier de 3 km, permet d'être aux premières loges pour admirer la montagne colorée et ses replis. Il y a un vent terrible… j'ai du mal à tenir debout au passage de ce ressaut !

Du beige au violet en passant par le rouge orangé et le vert, la montagne aux Sept Couleurs exhibe la richesse minérale de la quebrada.

Poursuivons maintenant vers Tilcara. Après la montagne colorée, voici les outils du peintre… de grandes plaques rocheuses, aux reflets rouge, ocre, vert-de-gris ou ardoise, alignées les unes à côté des autres, telles des dizaines de palettes. Nous sommes en face de la "Paleta del Pintor" (la Palette du Peintre).

Plus que quelques kilomètres et nous voici à Tilcara. Nous avons réservé une "cabaña" au "Cerro Chico, lo del francés…" à l'écart du village, tout au bout d'une piste chaotique.

Sur les flancs du Cerro Negro, Nourredine, un ancien ingénieur français, a construit sept bungalows au milieu de verdoyantes terrasses en culture, de vergers et d'un parc boisé, réalisant ainsi son rêve d'enfant : créer un petit village dans la montagne.

Il nous réserve un accueil sympathique et chaleureux, nous laissant le choix entre deux cabañas. Elles sont toutes décorés dans un style rustique traditionnel, équipées de salle de bains avec eau chaude 24 h/24 et d'un poêle à bois… et offrent une vue panoramique exceptionnelle sur la Quebrada,

Nous choisissons la plus grande avec la meilleure vue, tant pis s'il faut monter les bagages un peu plus haut ! Conquis, nous réservons immédiatement une deuxième nuit.

Pour plus de photos du Cerro Chico, c'est ICI. Nous profitons de ce cadre exceptionnel jusqu'à la tombée de la nuit avant de nous retirer à l'intérieur, près du poêle bien chaud pour un dîner improvisé. Première nuit au Cerro Chico.

J19 : Lun 16/05/11

Réveil avec le soleil levant, inondant la quebrada. Excellent petit déjeuner avec les meilleurs croissants de tout le séjour ! Nous sommes si bien au Cerro Chico que nous avons envie de profiter pleinement des lieux, du moins ce matin. Nourredine nous a indiqué une balade en boucle sur les hauteurs de la propriété alors… vamos !

Une petite sente raide s'élève derrière notre cabine. Du point de vue, au premier plan, les bungalows et la piscine, au centre le lit du rio Grande et parallèle à la rivière, la route qui mène plus au nord vers la Quiaca et la frontière bolivo-argentine.

Tout le flanc de montagne au-dessus de la propriété a été aménagé en terrasses, avec des cactus et toute une variété de plantes grasses. On se croirait dans un jardin botanique !

En poursuivant la promenade, une nouvelle vue sur la propriété : au fond à gauche, on distingue maintenant le village de Tilcara et, au milieu, un petit étang : la laguna de los patos (le lac aux canards).

Alors que nous nous rapprochons à nouveau des habitations, nous tombons nez à nez avec un renard, "el zorro" en espagnol ! Il nous regarde droit dans les yeux !

Enfin, le tour ne serait pas complet sans un saut jusqu'à l'enclos des lamas. N'est-il pas mignon celui-ci, avec sa tresse ?

Après un déjeuner sur la terrasse, il est temps de découvrir les autres attractions touristiques de Tilcara et, en premier lieu, la Pucara de Tilcara. Il s'agit d'une forteresse de l'époque précolombienne construite il y a environ 900 ans par les Indiens Tilcaras, et qui a été restaurée à l'identique par des archéologues de l'université de Buenos Aires. Nous sommes lundi, ça tombe bien, l'entrée est gratuite avec donation.

Vue générale du site.

On peut y voir un ensemble d'habitations labyrinthiques de pierre, soigneusement reconstituées… au milieu d'un jardin de cactus.

Les poutres des maisons sont en bois de cactus, les murs et les toits en pierre.

A son apogée, le site hébergeait plus de 2000 habitants. Vu la hauteur des plafonds, on peut aisément imaginer qu'ils étaient de petite taille. Quant aux habitantes, probablement ressemblaient-elles à cela ?

En tout cas, ils jouissaient d'une vue imprenable sur toute la quebrada, ce qui facilitait beaucoup la protection des lieux.

Après cette agréable balade dans le temps, en route vers une autre attraction vantée dans les guides : la Garganta del Diablo. Pour y accéder, une piste de 8 km pour les véhicules ou un sentier à pied de 4km pour les piétons. Nous sommes un peu fainéants aujourd'hui alors nous optons pour la première solution. Nous imaginions une belle chute d'eau, en fait la Garganta, une cascade artificielle créée par un canal d'irrigation, n'a rien d'exceptionnel.

De retour au village, comme l'hôtel n'accepte pas la carte bancaire, nous passons une fois de plus au distributeur. Confiant, Hervé introduit la carte (la fameuse carte cassée et recollée), la machine hésite… hésite encore et… ô stupeur, avale la carte. La banque attenante est fermée, ouverture demain matin ! Nous voilà dans de beaux draps ! Affolés, nous nous précipitons dans le centre téléphonique voisin pour appeler un numéro d'urgence. Mais impossible ni de comprendre ni de se faire comprendre vraiment ! Finalement, la meilleure solution n'est-elle d'attendre tout simplement demain matin et l'ouverture de la banque pour qu'on nous rende la carte ? Mais qu'allons-nous devenir si nous ne pouvons obtenir de retrait ?

En attendant, avec les derniers pesos et pour nous remonter le moral, nous nous offrons un bon dîner à "El Patio" sur les conseils de Nourredine. Brochettes de lama pour Hervé et lama à l'orange pour moi accompagnés d'une bonne bouteille de Cabernet Sauvignon !

Deuxième nuit au Cerro Chico !

De Humahuaca à Iruya : Cerro Hornocal, San Isidro

J20 : Mar 17/05/11

Dès 9 heures, nous attendons de pied ferme l'ouverture de la banque. Avec mon espagnol sommaire, j'explique à l'employé que "nuestra tarjeta Visa esta bloqueada en la machina". Il se dirige aussitôt vers le cagibi renfermant le distributeur. Il revient avec la carte dans un triste état et décrète qu'elle n'est plus bonne à rien. Mais alors que faire ?

Après un moment de réflexion, nous lui demandons une seconde chance. Si nous retentions un deuxième essai après avoir réparé la carte une nouvelle fois ? Nous ne risquons pas grand chose maintenant que la banque est ouverte.

Aussitôt dit, aussitôt fait … la machine hoquette, crachote… et... et… et… Hourra ! les billets apparaissent. Nous sommes sauvés… pour l'instant… jusqu'au prochain retrait en Bolivie !

Après une pause café et un petit tour au marché, nous prenons la route vers Humahuaca, 45 km au nord de Tilcara. Au bout de trois semaines, nous découvrons enfin que "el Coche" possède une antenne (rétractable), ce qui nous permet d'écouter de la musique… enfin détendus !

Le village d'Humahuaca (où nous arrivons à 11 heures) ne nous inspire guère mais, aux alentours, un point de vue remarquable ne nous a pas échappé lors de la préparation du voyage. Sa localisation a été tout particulièrement difficile à établir.

La Ruta 73 (en réalité, une piste) s'éloigne de Humahuaca (2950 m). En ligne de mire, un sommet garni d'antennes, et pour l'atteindre une série de lacets serrés. Ici, la vue à la descente !

Au bout de 25 km et à 4200 mètres, un replat offre un point de vue idéal vers la montagne en face… sur les arches multicolores du Cerro Hornocal. Un tableau grandeur nature !

En réalité, ce cordon montagneux est issu d'une formation géologique particulière appelée "Yacoraite", composée principalement de schistes plus ou moins plissés, recouverts de grès tendre, rouge foncé, mais aussi bleu, jaune, vert, violet, ce qui donne cet effet de couleurs absolument incroyable !

Nous espérions y rester un moment et pique-niquer en face de ce chef-d'œuvre de la nature. Mais un vent violent nous en dissuade aussitôt le nez dehors. Malgré le froid, nous grimpons néanmoins sur le haut de la colline pour un point de vue encore plus grandiose. Nous avons le souffle coupé à la fois par l'altitude, le vent et… le panorama !

Quant à notre coin de pique-nique, nous l'installons, un étage plus bas, à l'abri du vent derrière les murs d'une masure abandonnée… en veillant à ne pas se faire piquer par ces cactus, des figuiers de Barbarie.

Nous retrouvons la route nationale vers 14 h 30, pas pour très longtemps, car une quinzaine de kilomètres plus loin, nous tournons à nouveau à droite vers Iruya à 60 km.

Une piste caillouteuse, où circulent malgré tout bus et camions, nous emmène d'abord à un col à 4000 mètres en passant par quelques hameaux aux noms insolites : Iturbe, Chaupi Rodeo et même… New-York… heu, pardon, Muyoc !

A partir de là s'enchaînent de belles vallées et gorges encaissées puis, soudain au détour d'un virage, une nouvelle œuvre de la nature : une montagne colorée aux larges marbrures roses… à ne pas manquer !

Alors que nous nous apprêtons à photographier ce sommet remarquable, une bergère bien audacieuse vient nous réclamer un droit pour avoir pris ses moutons en photo. Mais alors que nous acceptons bien volontiers de la dédommager de quelques pesos, elle en exige davantage. Alors nous la laissons à… ses moutons et reprenons la route !

Les paysages qui nous attendent à partir du col sont encore plus étonnants ! D'abord, une chaîne montagneuse aux flancs lisses et doux comme drapés de velours !

Une piste serpentant en mille lacets dans une descente vertigineuse. On ose à peine imaginer qu'on va passer par là ! Mais quand on sait que le col culmine à 4000 m et que le village d'Iruya est situé à 2500 m, on comprend mieux !

Puis des à-pics impressionnants !

Enfin… après plus de deux heures, une église et quelques maisons accrochées à une falaise : Iruya, un village… au bout du monde, vraiment !

Nous nous mettons tout de suite à la recherche d'un hébergement (pour deux nuits) et nous n'aurons pas à chercher longtemps… à l'hosteria Federico III, il y a tout ce qu'il nous faut : une petite chambre au mur de galets chaulés, avec chauffage, eau chaude, petit déjeuner, donnant sur une terrasse proprette avec vue sur la falaise, pour un prix certes presque équivalent à celui de la cabaña de la veille mais ici, on est loin de tout…

Une fois installés, allons voir le village ! Une belle église restaurée, de petites venelles pavées très pentues… Iruya ne manque pas de charme !

Mais alors que le village est vraiment isolé, il n'en est pas moins vivant et résonne en permanence des jeux et des rires d'un grand nombre d'enfants et de jeunes.

Le Federico III fait aussi restaurant. Nous n'avons alors qu'à traverser la cour pour mettre les pieds sous la table devant des "brisas norteñas" (sorte de tourte) pour Hervé et un "Federico III pastel" (sorte de crêpe au fromage et oignons) pour moi. En dessert, nous nous partageons une crêpe au caramel… si bonne que nous ne résistons pas à en commander immédiatement une seconde.

J21 : Mer 18/05/11

Aujourd'hui à priori "el coche" devrait rester au repos et nous, randonner à pied jusqu'à Isidro soit une quinzaine de km A/R. Cet itinéraire est un classique souvent évoqué sur notre forum préféré. Il suffit de suivre la piste qui, elle, remonte le rio.

Le départ est donné de bonne heure et le pas rapide au début… forcément on commence par descendre… mais dès que le sens de la pente s'inverse, bouh ! on ressent immédiatement la différence… c'est comme si quelqu'un nous retenait par les épaules !

Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est qu'à cette saison, le rio est bien plus profond qu'en pleine saison sèche et sauf à se mouiller les mollets, nous ne voyons pas de moyen de traverser. Alors quand les occupants d'un 4X4 passant à ce moment-là nous préviennent que ce ne sera pas la seule fois où nous devrions franchir la rivière, nous changeons nos plans et rebroussons chemin jusqu'au village.

"El coche" va donc reprendre du service immédiatement. En réalité, il y a une bonne quinzaine de gués (nous les avons comptés), certains doubles et le torrent coule très fort. 4X4 obligatoire !

La piste s'arrête au pied du village de San Isidro, perché sur une falaise 30 à 40 mètres plus haut. Un autre village du bout du monde !

Un petit sentier y grimpe directement mais Hervé, qui aime bien les variantes, décide de partir dans le sens opposé par le lit de la rivière. Quelle idée saugrenue ! Je le suis en grognant ! Au bout de quelques centaines de mètres, il finit par admettre son mauvais choix. Mais maintenant qu'on a fait tout ce chemin pourquoi ne pas tenter une boucle nous ramenant vers le village plutôt que de revenir sur nos pas ? Pas si facile ! Après avoir trouvé un canyon latéral, Hervé persévère puis aperçoit un homme sur un sentier, un peu plus haut ! Un peu d'escalade et nous voilà tirés d'affaire, sur la bonne voie pour atteindre San Isidro… hum, d'une façon très peu conventionnelle !

Ça y est, le village est en vue !

Comme son voisin Iruya et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le village est habité et animé. D'ailleurs, en le traversant, nous rencontrons à cette heure-ci (12/13h) beaucoup d'écoliers.

Pour survivre, les habitants ont sans doute besoin d'être autosuffisants, ceci expliquant sans doute la scène suivante : de la viande de lama séchant sur un fil… à côté du linge !

Sur le chemin du retour à Iruya, nous faisons une pause pour admirer les étonnantes couleurs du canyon en dégradés de roses et gris.

Les nombreux passages dans la rivière nous donnent une idée, d'autant que nous bénéficions d'un peu de temps : et si on faisait une toilette approfondie à notre "coche" ?A l'aide d'une petite bassine et d'une bouteille plastique, nous l'aspergeons abondamment avant de le frotter à l'intérieur comme à l'extérieur. Le voilà pimpant et rutilant… mais pour combien de temps ?

De retour à l'hôtel, la fin de l'après-midi passe à buller sur la terrasse. Nous ne sommes pas les seuls, lui aussi apprécie le farniente !

Mais dès que le soleil décline, il fait vite frisquet. C'est le moment de bouger et de courir le village à la recherche d'un comedor où dîner ce soir. Nous en repérons plusieurs mais à l'heure du dîner, leurs portes sont étonnamment fermées. Alors il n'y a plus qu'à retourner manger au Federico, le seul à être ouvert. Des escalopes milanaises au menu de ce soir et pour le dessert, une valeur sûre : comme hier, des crêpes au caramel !

Deuxième nuit au Federico III.

Cerro Hornocal

De la Quebrada de Chulin à Yavi : des pétroglyphes à gogo

J22 : Jeu 19/05/11

A 9 h 30, nous quittons Iruya par la même piste qu'à l'aller, celle aux mille lacets. Nous avons de la chance car, jusqu'au col, nous ne croisons aucun véhicule et finalement, nous mettons moins de 2 heures pour rejoindre la nationale.

Nous poursuivons vers le nord et la frontière bolivienne. Ce soir, nous avons prévu d'être à Yavi, toujours en Argentine, soit un trajet de près de 250 km depuis Iruya, mais pas d'une traite… nous avons quelques projets pour la journée.

Près de Tres Cruces, voilà déjà le premier arrêt avec, comme objectif, celui de rejoindre un canyon du nom de Quebrada de Chulin où se trouve une caverne (Inca Cueva) où a été découverte en 1937 une momie vieille de 6000 ans.

Plus que la caverne, c'est la quebrada qui nous intéresse. D'après notre documentation, ce serait un beau canyon aux roches rouges renfermant en outre une belle collection de pétroglyphes.

Le site se trouve à environ deux heures de marche du Rio Grande et le point de départ se situe près du carrefour de Tres Cruces, au niveau d'un pont ferroviaire abandonné. Altitude 3560 m.

Aucun panneau, ni balisage ni cairn. A part les coordonnées GPS de la grotte aux momies, pas d'autre indication en notre possession !

Nous laissons "el coche" (avec toutes nos affaires) garé sur le bord de la route, certes avec un brin d'appréhension, et suivons le lit asséché de la rivière en direction d'une paroi rouge, visible de loin. Il est presque midi.

Au bout d'une heure, nous approchons du point GPS programmé mais, à part deux petites maisons abandonnées, rien qui ne puisse évoquer la grotte en question. Peut-être est-ce l'ancien camp des chercheurs de momies ?

Sans aucune indication supplémentaire, nous étions sur le point d'abandonner quand Hervé propose de continuer encore un peu, à gauche des masures, pendant un quart d'heure au maximum… n'oublions pas qu'on a laissé le 4X4 sur le bord de la nationale !

Quinze minutes plus tard, voilà les premières parois rouges annonçant l'entrée dans la Quebrada de Chulin. Nous sommes à présent à 3700 mètres.

Alors plus question de renoncer, explorons davantage ! Des rochers rouges et lisses… agrémentés de bouquets d'herbes de la pampa ! Un filet d'eau stagnant dans des potholes ! Ça nous rappelle quelque chose.

Des falaises rouges percées d'une arche naturelle auxquelles s'accrochent quelques arbustes ! Du slickrock ! Assurément on a déjà vu ça ailleurs !

Ma parole ! On se croirait dans un "red canyon" de l'Utah !

Et par-dessus le marché, comme là-bas, un site de pétroglyphes, caché sous une voûte !

Vraiment, ce canyon est un petit bijou et on aurait aimé y passer l'après-midi. Peut-être aurions nous fini par trouver la grotte aux momies, cachée quelque part dans les hauteurs ! Mais nous ne sommes pas totalement rassurés d'avoir laissé la voiture sans surveillance aussi longtemps. Avec quelques regrets, nous décidons de ne pas poursuivre.

Quarante cinq minutes plus tard, nous sommes de retour auprès d'el coche qui se porte comme un charme. Sans doute ne risquait-il pas plus ici que sur un parking dans la forêt de Fontainebleau !

Cap au nord : Abra Pampa, bourgade triste balayée par les vents où nous pique-niquons sur un banc de la place centrale, puis encore plus au nord vers la ville frontière de La Quiaca, tout aussi déprimante.

Entre les deux, un immense plateau à 3500 mètres clôturé des deux côtés de la route et consacré à l'élevage de vaches, de moutons et de lamas. A l'entrée de la Quiaca, nous prenons immédiatement à droite la direction de Yavi.

Mais avant notre destination finale, un dernier détour… vers la Laguna Colorada (pas celle de Bolivie, mais celle de Yavi !) où l'on peut observer là aussi un grand nombre de pétroglyphes.

En approchant de la lagune, ils ne sont pas visibles d'emblée. Mais des amas de pierre érigés en murets attirent mon attention. Bingo… j'ai trouvé. Chaque enceinte abrite bien un site de pétroglyphes, il ne reste plus qu'à visiter chaque cachette. Certaines sont néanmoins condamnées par un portail cadenassé.

Pour rejoindre Yavi, Hervé décide d'essayer une piste non indiquée sur la carte du GPS mais semblant aller dans la bonne direction. Encore une de ses lubies ! Rapidement il faut nous rendre à l'évidence : pas moyen d'arriver sur la piste principale par cette variante. La trace se perd dans le décor… et nous avec ! Nous avançons hors piste, au rythme des creux et des bosses au beau milieu du plateau. Impasse totale !

Finalement, le chauffeur fantaisiste au volant d'un 4X4 efficace finit par nous tirer de là avec quelques suées avant de reprendre sagement la piste classique jusqu'à Yavi.

Yavi : des maisons en adobe et toit de chaume alignées le long de la rue principale et tout au bout, à la sortie du village, l'Hostal & Cabañas de Yavi où nous espérions trouver un hébergement. Personne…

La voisine nous indique que la propriétaire ne vit pas en permanence sur place mais habite quelque part dans le village. Il va bientôt faire nuit et nous n'avons pas trop envie de chercher alors quand la jeune femme nous propose une chambre chez elle, nous sommes intéressés.

Intérieur kitsch mais chaleureux ! Certes l'eau de la douche est à peine tiède, la pression faible, il n'y a pas de chauffage mais le petit déjeuner est compris et le prix imbattable : 80 ARS soit 16 €. Nous acceptons illico ! Son nom : Posada "Aires de Yavi".

Après un petit tour dans le village (église, musée), nous papotons avec la propriétaire et ses deux petites filles autour d'un bon feu de cheminée avant de sortir dîner. Le seul restaurant de Yavi est en panne de gaz, la soirée se poursuit dans notre chambre autour d'une soupe, vite préparée sur notre réchaud. C'est un jour de chance pour notre hôtelière : peu après, elle louera sa deuxième chambre à cinq touristes argentins !

Retour en Bolivie : Tupiza et ses canyons

J 23 : Ven 20/05/11

Après le petit déjeuner à la Posada, direction la frontière argentine avec un peu d'appréhension devant les formalités qui nous attendent.

Quelques véhicules argentins sont déjà arrêtés devant le poste et leurs conducteurs en train de faire la queue devant l'un des bureaux. Après nous être brièvement renseignés, en précisant bien que nous étions français et notre véhicule bolivien, on nous indique de patienter derrière les autres, manifestement tous argentins, propriétaires de leur véhicule. L'attente s'éternise. Apparemment dans le bureau, le douanier a l'air de gérer un cas litigieux. Nous piétinons dans le froid et les courants d'air, passablement énervés. Quand enfin vient notre tour, nous apprenons avec quelque agacement que notre cas relève du bureau voisin. Dire qu'on a fait attendu tout de temps pour rien ! Mais, à côté, la douanière très embarrassée ne sait pas trop quoi faire de nos papiers. Après un coup de fil prolongé, elle finit par conserver tous nos documents et nous dit que c'est OK.

Mais ce n'est pas fini pour autant, il reste à passer l'immigration (pour les personnes). Pas de chance, nous tombons là encore derrière les occupants d'un bus !

Finalement nous sommes libérés au bout de deux heures… pour l'instant… car il reste à valider l'entrée en Bolivie et la file d'attente déborde là aussi du trottoir. Heureusement, tout se règle en cinq minutes car on nous indique immédiatement le bon guichet pour lequel il n'y a pas de queue. Ouf !

Nous ne nous attardons pas dans la ville frontière de Villazon sauf pour acheter quelques fruits au marché. Nous comprenons au vu des centaines de boutiques et de vendeurs ambulants pourquoi tant d'Argentins traversent la frontière, notamment à pied : pas besoin de passer l'immigration pour une simple escapade de quelques heures, il suffit de franchir le pont. Le prix des marchandises en Bolivie permet sans doute de faire de bonnes affaires.

Très vite nous prenons la route pour Tupiza à 90 km, une route encore en construction, asphaltée presque en totalité sauf les ouvrages (ponts). Nous avons donc droit régulièrement à quelques déviations poussiéreuses jusqu'à notre arrivée.

Nichée à 2950 m d'altitude dans la vallée du rio Tupiza, entourée d'un paysage déchiqueté et bénéficiant d'un climat doux toute l'année, cette petite ville (22 000 habitants tout de même) est, paraît-il, le lieu idéal pour se reposer quelques jours.

Ça tombe bien, telle est notre intention pour les deux prochaines journées avant d'entamer l'expédition tant attendue vers le Sud Lipez et ses lagunes.

Pour notre hébergement, nous avons en tête d'aller au Mitru Hotel situé en plein centre, qui, selon le guide LP, est le meilleur de la ville. Une chambre très propre équipée de mobilier en bois de cactus, une bonne couette bien chaude car il n'y a pas de chauffage, une salle de bains privée avec eau chaude 24h/24, la télé, le petit déjeuner et la Wifi. En sus, un petit coin de gazon autour d'une belle piscine, un environnement fleuri, une place dans un parking fermé pour "el coche"… tout cela pour 260 Bolivianos = 26 €. Pas d'hésitation, nous prenons sur le champ !

Après un déjeuner rapide sur la terrasse, nous nous empressons de régler quelques questions d'intendance : passage à la banque (ouf, la carte après quelques balbutiements a bien voulu fonctionner), courses au marché, laverie… avant de nous octroyer quelques heures de détente.

Comme annoncé, le centre-ville dégage une atmosphère provinciale très appréciable. Beaucoup de petites boutiques (ne cherchez pas de supermarché !), des restaurants, des cafés, des agences touristiques, un marché… et le spectacle des Boliviennes pour beaucoup encore en tenue traditionnelle… dépaysement garanti !

La cathédrale

Une "tienda de bicicletas"

Bref, à la fois un rythme de vie paisible et une joyeuse animation ! Une ville très agréable !

Fin de journée sur une chaise longue tout en prenant le soleil, si, si… à l'abri du vent près de la piscine, il fait très chaud. Bikini et crème solaire sont d'ailleurs les accessoires indispensables pour la plupart des jeunes touristes de l'hôtel. Mais dès le coucher de soleil, petite laine de rigueur !

A Tupiza, difficile d'échapper à la soirée "tout" pizza ! Plus qu'un jeu de mot, c'est devenu une institution et les pizzerias fleurissent à tous les coins de rue ! Alors nous nous laissons tenter, d'autant qu'à deux pas de l'hôtel, nous avions repéré le restaurant "Italiana" au cadre à la fois rustique et stylé. La cuisine est à la hauteur du décor… délicieuse et goûteuse. On y reviendra.

J24 : Sam 21/05/11

C'est à nouveau jour de repos pour "el coche" et pour nous, jour de rando, en l'occurrence dans le "Cañon del Inca", soit une quinzaine de km. Départ à pied en direction… de la décharge ! Dommage pour cette pollution visuelle car au second plan, on commence déjà à entrevoir les rochers rouges de la quebrada.

C'est par la "Puerta del Diablo" que nous pénétrons dans le canyon.

Plus loin, ces pics élancés nous confirment que nous arrivons maintenant dans la "Valle de los Penes" ou "los Machos" !

Mais bientôt le sentier s'arrête au pied d'une grande paroi où coule un petit filet d'eau, nous sommes dans le canyon de l'Inca !

Serait-ce lui, l'Inca ?

Au fond de cette vallée, nous essayons de repérer une trace qui nous permettrait de rejoindre Tupiza en faisant une boucle. La petite carte sommaire distribuée par les agences de la ville laisse à penser que celle-ci existe, d'autant que la carte de Google Earth laissait également deviner une trace ténue. Ceci dit, la carte locale n'est pas à l'échelle et entre la carte satellite et la réalité du terrain, il y a un abîme !

Voici la carte en question, en vert fluo l'itinéraire qu'on espère pouvoir suivre !

Ayant remarqué des marques de pas et/ou de pattes d'animal (chien ?) à l'entrée d'une ravine, nous pensons être sur la bonne voie et commençons à grimper dans un amas rocheux !

50 m, 100 m, 150 m de dénivelé : nous progressons régulièrement, de rocher en rocher, en espérant ne pas avoir à faire demi-tour car plus que la montée, c'est la descente dans ces éboulis de pierres instables que je crains.

200 mètres de dénivelé : stop, Hervé annonce qu' il faut renoncer, la pente devient vraiment trop scabreuse. Nous sommes manifestement sur une fausse piste… impossible de franchir ces parois !

Retour chez l'Inca pour profiter d'un déjeuner à l'ombre.

Mais pas question de rester sur notre faim ! Immédiatement après la pause du midi, nous repartons musarder dans les canyons, non pas pour tenter de retrouver une quelconque trace, nous avons fait une croix dessus, mais pour découvrir toutes les facettes de ces paysages. X heures à aller et venir !

Des vallées envahies de cactus… un petit air de Nouveau-Mexique !

Et une armée de pénitents ?

A force d'arpenter ainsi tous les canyons latéraux, on en a plein les bottes et en arrivant à Tupiza à 15 heures, nous ne rêvons que d'une chose, tremper nos pieds surchauffés dans la piscine !

La trempette va être rapide car glaciale. En revanche, comme hier, un peu de bronzette ne fait pas de mal ! Profitons, profitons… car demain débute notre expédition dans la région de Los Lipez et nous nous attendons à des conditions plus rustiques.

Dernières courses afin de faire le plein de provisions pour 5 à 7 jours puis dîner au restaurant italien, cette fois-ci en compagnie de Marie Josée, une jeune Québécoise avec laquelle nous parlons de… voyages, bien sûr !

Dans les canyons de Tupiza

Sur les pistes du Sud Lipez : des hauts et des bas

J25 : Dim 22/05/11

Après différents réaménagements du parcours, nous avons à cette date deux journées d'avance sur notre planning initial, une marge confortable au moment d'aborder la partie cruciale de notre voyage, celle dont beaucoup prétendaient qu'elle ne pouvait pas se faire sans tour-opérateur.

Alors que le circuit classique proposé par les agences se déroule en 3 jours/2 nuits au départ d'Uyuni ou 4 jours/3 nuits depuis Tupiza, nous pensons le faire en 5 à 7 jours en alternant des hébergements 5 étoiles (boliviennes !) et d'autres… plutôt 5 cactus !

Notre première étape doit nous amener à San Pablo de Lipez où nous devrions passer la nuit à l'hôtel Tayka Los Volcanos, classé confortable, mais nous n'avons fait aucune réservation et espérons qu'il sera ouvert en ce tout début de saison malgré sa situation excentrée. Tout ceci va nous réserver bien des surprises !

Déjà le début de matinée commence par quelques coups de sang ! Sortir "el coche" du garage n'est pas une mince affaire. Réveiller les propriétaires garés derrière nous, trouver les clés, déplacer tous les véhicules, tout ça prend du temps ! Enfin, ça y est, nous voilà dans la rue mais pas encore partis pour autant. En effet, le marché du dimanche étale ses stands sur toute la rue principale, sans aucune déviation mise en place ! Nous tournons en rond ! C'est finalement en suivant par hasard une voiture locale que nous finissons par sortir de ce labyrinthe.

Ça y est, cette fois-ci, les formations en ailerons de la quebrada de Palala, à la sortie de Tupiza, confirment que nous sommes bien sur le début de la piste vers le Sud Lipez. Nous voilà vraiment partis !

La route commence alors à escalader une quebrada abrupte et étroite pendant une dizaine de kilomètres jusqu'à une crête, prise en étau entre deux pics et deux vallées : el Sillar = la Selle ! Vous remarquerez les veines bleutées provoquées par la présence de plomb dans la roche !

Les flancs de la montagne sont recouverts d'une forêt d'aiguilles pétrifiées.

J'avais lu qu'il pouvait y avoir jusqu'à 60 véhicules de tours-opérateurs au départ d'Uyuni, chaque jour. De Tupiza ils sont en général moins nombreux. En tout cas, pour l'instant, nous apercevons un seul véhicule devant nous au Sillar et un autre loin derrière, ce n'est pas pour nous déplaire et plutôt rassurant.

Voilà le 4X4 loin devant nous !

De crête en crête, de versant en versant, la surprise est de tous les instants avec l'impression de contempler ces paysages depuis le hublot d'un avion !

Petit à petit, nous avalons les dénivelés, doucement, parfois péniblement jusqu'à franchir le point culminant de la journée à 4390 mètres. Jamais guère plus de 20 à 25 km à l'heure et parfois beaucoup moins ! Le déplacement risque d'être plus long que prévu !

En outre, pas ou peu de panneaux et quand les noms des localités sont indiqués, ils sont parfois différents de ceux mentionnées sur les cartes. A chaque carrefour, nous sommes obligés de nous arrêter pour vérifier notre direction.

Pour corser le tout, un vent terrible… à en ébouriffer le pelage des lamas et le plumage des nandous !

A la mi-journée, après plus de trois heures de route, une pause est bienvenue mais pas n'importe où, nous cherchons de préférence un coin abrité. Après avoir repéré un escarpement coupe-vent, Hervé s'écarte de la piste et s'engage… dans le sable mou !

Zut, zut, zut, nous sommes immédiatement ensablés ! Il me garantit que nous sortirions de là d'un coup de 4X4 mais il a beau faire, nous nous enfonçons de plus belle.

Bon, rien ne sert de s'acharner, il faut retrousser nos manches. Hervé commence à manier la pelle pendant que je vais ramasser un maximum de grosses pierres. A plus de 4000 mètres d'altitude, le souffle est court et la tâche éreintante.

Vautré dans le sable, Hervé rehausse el coche à l'aide du cric et remplit le trou avec les pierres amassées. Déjà une heure que nous trimons comme des fous et je ne vois pas très bien comment nous allons nous en sortir. Il y avait bien un 4X4 derrière nous au départ mais je trouve qu'il aurait déjà dû nous rattraper… à moins qu'il n'ait pris une direction différente. Dans ce cas-là, serons-nous obligés d'attendre ici jusqu'à demain ?

Juste à ce moment-là, je vois le 4X4 arriver. Je me poste en plein milieu de la piste en faisant de grands signes au conducteur. Le véhicule s'arrête et j'explique au chauffeur avec mes rudiments d'espagnol que "nuestro coche esta bloqueado aqui". "Por que ?", me demande-t-il. Porque, porque… le vocabulaire me manque, qu'il vienne plutôt voir !

Quatre touristes (parlant parfaitement l'anglais et l'espagnol), le chauffeur et un jeune guide descendent de voiture. Hervé expose brièvement la situation et demande qu'on nous remorque.

Le chauffeur est perplexe : avec un 4X4, nous n'aurions pas dû avoir de problème. Il propose que tout le monde pousse, cela devrait suffire. Hervé se met au volant : à la une, à la deux, tout le monde pousse et… rien ne se passe !

Le Bolivien se gratte la tête : hum, il y a bien une touffe de "paja brava" coincée sous le châssis mais avec un 4X4… "Etes-vous sûr d'avoir enclenché le 4X4 ?" interroge-t-il. Hervé persuadé que oui vérifie pour la bonne cause et là, honte à nous, honte à lui, dans l'énervement il avait bien enclenché le 4X4 dans la voiture mais pas sur les roues.

Il se remet au volant, tout le monde pousse d'une chiquenaude, "el coche" bondit hors du sable sous les applaudissements. Une des touristes a photographié la scène. Dommage, nous ne l'avons pas revue par la suite mais qui sait, peut-être l'image traîne-t-elle quelque part sur un blog.

En tout cas, ils ont bien dû se moquer de nous !

Nous nous étions arrêtés pour déjeuner mais l'incident nous a pour l'instant coupé l'appétit. Il est 14 heures, nous repartons pour une heure et demi de plus en traversant des villages isolés : Cerrilos, Pululu… avant de manger un morceau, vite fait, debout à côté de la voiture.

El coche avance comme une tortue et le soleil commence déjà à décliner quand nous arrivons près d'un village au pied du Cerro Lipez. Il est 17 heures.

Nous pensions notre destination finale proche quand tout d'un coup, en regardant attentivement le GPS, je me rends compte que nous n'avons pas invoqué le bon saint. Ici c'est San Antonio et non San Pablo. Décidément, ce n'est pas notre jour !

Nous aurions pu dormir dans le carrosse ou chercher un logement chez l'habitant à San Antonio. Mais comme il nous reste une heure avant la tombée de la nuit, nous rebroussons chemin jusqu'au carrefour manqué pour prendre la direction de San Pablo afin de trouver plus de confort après toutes ces péripéties… à condition que l'hôtel soit ouvert.

Une vingtaine de kilomètres à peine mais une bonne heure de conduite sur une mauvaise piste… nous arrivons épuisés devant l'hôtel Los Volcanes. Ce que nous redoutions est arrivé : sans réservation, il n'y a personne !

En plus, les conditions de piste difficiles ont fortement entamé nos réserves de carburant et la jauge d'huile clignote. Au village de San Pablo, alors que la nuit vient de tomber, deux jeunes nous indiquent où trouver du carburant (certains habitants ont des réserves) et où trouver la personne possédant les clés de l'hôtel.

Pendant qu'Hervé complète le réservoir et fait l'appoint d'huile, les garçons m'amènent à l'autre bout du village frapper à une porte. Le fils de la maison m'assure qu'il y a un gardien dans l'hôtel, mais en m'accompagnant à nouveau sur place, il est forcé d'admettre qu'il n'y a personne.

En discutant avec lui, je finis par saisir le mot "alojamento" et la possibilité de dormir chez l'habitant. Le garçon nous accompagne alors chez Doña Flora. La vieille dame nous propose pour 20 Bol (2 euros) une chambre spartiate mais propre avec trois lits. Vu notre état de fatigue et l'heure, nous la trouvons "muy bien". Bien sûr à ce prix, les toilettes (avec chasse d'eau !) sont dans la cour, il n'y pas de douche, tout juste un lavabo avec de l'eau froide et le petit déjeuner n'est pas prévu. Après la journée qu'on vient de passer, c'est mieux que de dormir dans le 4X4.

Nous avons finalement parcouru 230 km en 9 heures (dont 1 h 30 d'arrêt), soit une moyenne de 20 km/h à peine. Les pistes du Sud Lipez sont vraiment difficiles, nous le confirmons, bien davantage que celles que nous avons expérimentées jusque là dans l'Ouest américain ou en Australie.

Après ça, dodo illico sans même dîner. Nous sommes KO.

J26 : Lun 23/05/11

J'ai eu du mal à m'endormir et ce matin au réveil, je me sens un peu vaseuse. Est-ce en raison de l'altitude (plus de 4100 m) ou simplement parce que je n'ai pas mangé grand chose hier ? Pour me remettre sur pied, Hervé me sert le petit déjeuner : eau chaude + café et lait en poudre + tartines déjà un peu rassies. Ça fait du bien !

Avant 8 heures, nous prenons congé de Doña Flora et de son mari en les remerciant pour leur accueil. Comme nous avons dormi dans nos sacs de couchage, la chambre va être vite remise en ordre !

Un coup d'œil au village de San Pablo de Lipez avant de partir !

L'étape prévue est deux fois plus courte que celle de la veille, soit 120 km environ jusqu'à Quetena Chico où nous devrions trouver une auberge où passer la nuit. Nous espérons par conséquent faire un trajet moins fatigant et surtout moins long… mais rien n'est moins sûr !

Le clou de la journée devrait être le passage d'un col à près de 5000 mètres ! Waouh !

Pour atteindre cette altitude, la montée se fera par palier. Il nous faut d'abord retourner à l'endroit où nous nous sommes aperçus de notre erreur hier : San Antonio de Lipez, au pied du Cerro du même nom.

Après San Antonio, la piste se met à chevaucher les monts environnants… pour s'envoler vers les sommets.

Un peu avant 10 heures, un premier col est atteint : 4790 mètres nous annonce un panneau à l'entrée de ce village fantôme. Ici c'est San Antonio Viejo… Emouvant, ce grand pueblo abandonné, au pied du Cerro Nuevo Mundo… pour une sombre histoire de diable, paraît-il. Superbe site pourtant !

Mais ce n'est pas fini : après une courte descente, la piste repart vers des hauteurs extrêmes au prix de secousses incessantes. Je ne suis pas en grande forme et lors de certains arrêts, je n'ai même pas le courage de sortir de la voiture. Heureusement Hervé assure côté conduite et côté photos car les paysages sont fabuleux !

Il est 11 heures. Pourtant, l'eau qui stagne dans cette prairie marécageuse est toujours gelée, preuve qu'il fait très, très froid. Ça n'a pourtant pas l'air de gêner les lamas !

Un quart d'heure plus tard, nous approchons du col !

4904 mètres : c'est le point le plus élevé de tout le parcours dans le Sud Lipez. Ça mérite que je sorte de la voiture malgré ma petite forme et pour marquer l'avènement, nous laissons El Coche pour parcourir les derniers mètres à pied.

Juste après le col, voici qu'apparaît la lagune Morejon aux reflets gris-bleu, ourlée de sel, à 4855 mètres d'altitude dominée par le volcan Uturuncu !

Il est maintenant 13 heures mais impossible d'envisager de manger en plein air, il y a beaucoup trop de vent. Alors quand à l'entrée du parc national Eduardo Avaroa les rangers nous proposent leur coin-salon, nous sommes soulagés après ces cinq heures de piste éprouvante. C'est aussi ici que nous réglons les droits pour le parc : 150 BOL/personne, entrée valable trois jours.

Requinqués par un bon casse-croûte, nous repartons plein d'entrain, d'autant que nous savons notre destination finale proche. Il ne reste qu'une quinzaine de kilomètres jusqu'à Quetena Chico.

Après un dernier passage de gué large et boueux, nous arrivons au village un peu après 14 heures, heureux d'avoir fini notre journée de route. Nous pénétrons dans la cour de ce qui semble être une auberge. En attendant la gérante, nous visitons les chambres toutes inoccupées à cette heure de la journée et destinées à des groupes de 2 à 6 personnes.

En demandant une chambre pour deux, la propriétaire annonce qu'il n'y a pas de chambre pour ce nombre. Nous insistons en nous disant prêts à louer une chambre plus grande (30 BOL par lit soit 120 BOL pour une chambre de 4 lits, ce qui ferait 12 euros). Mais rien n'y fait, elle veut absolument nous envoyer ailleurs, dans une autre auberge du village ou dans un village voisin. Mais nous ne voulons pas faire un kilomètre de plus et insistons encore. Elle finit par accepter à contrecœur.

Elle nous installe alors dans une chambre pour quatre. Les toilettes sont partagées, il y a un lavabo avec de l'eau froide, pas de chauffage mais, bonne surprise, une douche !

Nous nous empressons de nous renseigner sur son fonctionnement et tombons sur une aimable jeune femme qui nous affirme que dans une heure, l'eau sera chaude. Parfait !

Peu après, celle qui nous a si froidement accueillis vient nous prévenir que pour la douche, ce sera 10 BOL (1€) de plus. Que ne donnerait-on pas pour prendre une douche alors soit !

L'aimable jeune fille revient finalement toute gênée pour nous avertir que les tuyaux avaient gelé, donc pas de douche ! Info ou intox ? Bref, il faudra se contenter aujourd'hui encore d'une toilette de chat.

Nous passons tout l'après-midi à bouquiner, à préparer l'itinéraire des jours suivants, à nous détendre… jusqu'à l'arrivée d'un autre 4X4. Tiens, comme el coche, il a un réservoir d'essence sur le toit ! En y regardant de plus près, nous découvrons l'autocollant de Petita, celui de notre loueur, apposé sur sa lunette arrière.

Ses occupants : un couple d'Allemands voyageant comme nous en individuels. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls baroudeurs à se frotter aux pistes du Sud Lipez ! Ils font le parcours dans le sens d'inverse, ce qui nous donne l'occasion de profiter de nos bons et mauvais plans réciproques.

Pour le dîner, nous nous concoctons une marmite de spaghettis à la sauce tomate… de quoi nous requinquer définitivement.

Alors qu'il fait nuit depuis belle lurette, un dernier groupe arrive : trois jeunes Russes en compagnie de leur chauffeur et de leur cuisinière. Nous craignons une ambiance bruyante mais non, très rapidement, c'est l'extinction des feux pour tous ! Nous dormons à 4100 mètres d'altitude.

Verde et Blanca, des lagunes hautes en couleurs

J27 : Mar 24/05/11

Réveil aux premières lueurs du jour. Les trois Russes sont déjà dans les starting blocks, prêts à faire l'ascension du volcan Uturuncu (6006 mètres). Un peu comme au Cerro Toco au Chili, la piste ici monte jusqu'à 5750 mètres. Nous avions envisagé cette ascension, mais après l'expérience du Toco, nous préférons rester sur une réussite, d'autant qu'aujourd'hui la météo n'est pas vraiment clémente.

En effet, le ciel est très chargé et la voisine de l'auberge (à qui nous achetons un peu d'essence) nous annonce pluie et neige dans la direction que nous allons prendre.

Une étape équivalente à celle d'hier (120 km) doit nous conduire au pied du volcan Licancabur, à proximité des lagunes Blanca et Verde où se trouve un refuge offrant une prestation équivalente à celle des hébergements précédents.

Aux dires du couple allemand rencontré à l'auberge, la piste serait meilleure à partir de maintenant mais à peine sortis de Quetena, les cahots reprennent. Cela ne nous empêche pas de pousser jusqu'à Barrancas, un détour de 6 km pour admirer le village abandonné blotti au pied d'une falaise déchiquetée. Les ruines laissent apparaître quelques dates repères : 1925 pour l'église, 1993 pour l'école, preuves que les lieux n'ont été désertés que récemment.

Sans doute la faute au rio : aujourd'hui nous le franchissons à gué mais qu'en est-il quand il est en crue ? Les habitants devaient être piégés !

Le bodefal voisin du village fantôme !

Après le village de Quetena Grande qui en dépit de son nom compte moins de maisons que son homonyme Chico, nous nous apprêtons à traverser des zones désertiques et reculées qui, sous les nuages, paraissent encore plus hostiles !

La voisine de l'auberge avait raison : à l'approche des lagunes Hedionda et Kollpa, les intempéries se précisent.

Mais les averses sont très localisées. Au fil de notre progression, nous sommes les témoins privilégiés de la transformation des paysages sous des cieux changeants.

Ici, le plateau saupoudré de neige se plaît à se refléter à la surface de la lagune Hedionda sous un ciel parfaitement bleu.

Là, le soleil perce timidement en dépit d'une grande traîne nuageuse.

Mais en prenant à l'ouest du salar de Chalviri la direction de Hijo Hiton vers la frontière bolivo-chilienne, le ciel s'obscurcit vraiment dans une atmosphère dramatique.

L'aspect de la piste est aussi hostile que celle du ciel et depuis ce matin, nous n'avons croisé qu'un seul véhicule.

Il est bientôt midi, nous approchons de la mine Orsu après avoir franchi à 4800 mètres le point culminant de la journée. A cette altitude, la piste est truffée de petites plaques de neige et de glace. Prudence !

Les lagunes Verde et Blanca ne sont alors plus très loin. Devant nous, le Juriques en robe carmin et caché derrière son dos, le Licancabur, les deux sommets que nous observions depuis la fenêtre de notre lodge à San Pedro de Atacama. A droite, on devine les prémices de la lagune Blanca.

Nous avons couvert les 120 km de notre étape en 4 heures environ, notre vitesse moyenne est donc légèrement en hausse. Les Allemands avaient raison : la piste est un peu meilleure.

Il est 13 heures quand nous franchissons le seuil du refuge de la Laguna Blanca. Plusieurs groupes sont venus y déjeuner à l'abri car plus encore que les jours précédents, un vent fou balaie les abords de la lagune et s'engouffre dans le refuge, faisant claquer les portes et trembler le toit. Espérons qu'il ne va pas s'envoler !

On nous propose une chambre pour deux avec "baño privado" certes, mais comme le froid intense empêche toute installation sanitaire de fonctionner correctement, il n'y a pas d'eau courante ni au lavabo ni au WC et la douche n'est là que pour le décor. Pas de chauffage non plus, ni d'électricité permanente. C'est le système D : un fût rempli d'eau plus un broc et l'électricité entre 18 et 20 heures seulement. Le prix : 120 BOL pour deux (12 $). Le refuge peut aussi servir le dîner et le petit déjeuner pour quelques bolivianos supplémentaires. Nous prenons tout le package.

En attendant, pour le midi, nous puisons dans nos provisions pour notre salade au thon journalière.

Nous aurions tellement aimé nous promener à pied autour du refuge au bord des lagunes blanche et verte mais impossible avec ce vent. : 60? 80? 100 km/h ? Alors c'est à bord de notre tacot que nous allons les découvrir mais pas sans penser à glisser dans notre sac maillot de bain et serviette !!!

Entre les deux lagunes se dresse un petit abri en pierre et à ses pieds, un bassin d'eau chaude. Les chauffeurs se gardent bien d'y amener leurs clients, ils se réservent, dit-on, ce petit bain pour eux tout seuls après leur journée de conduite. A cette heure-ci, ils sont encore tous au volant alors à nous, la baignade !

Bien que la température extérieure ressentie avoisine les -5°, nous n'avons aucun mal à nous plonger avec délice dans ce bain à plus de 30 degrés. Pendant plus d'une demi-heure, nous profitons de la douce chaleur de l'eau dans ce décor de sable, de sel et de pierre, repoussant sans cesse le moment crucial d'en sortir.

Pour s'en extraire, c'est une autre affaire ! Affronter mouillé les rafales de vent glacial, c'est pire que de se tremper l'été dans un torrent corse, au bout de quelques secondes, vous êtes anesthésié. Une expérience inoubliable ! Dire qu'il y a quelques instants, j'étais en maillot de bain !

Après avoir fait le tour complet du couple de lagunes, retour au chaud au refuge. Chaud, chaud… tout est relatif. En fait, la température à l'intérieur du refuge reste très correcte en journée tant que le soleil chauffe à travers le toit en polycarbonate (pour éviter la casse). Mais en soirée, dès qu'il se couche, il y fait très froid. Sous-vêtements longs, pantalon de ski, petite et grosse polaire, doudoune avec capuche, bonnet et gants : c'est dans cette tenue que nous nous présentons au dîner. Heureusement, une bonne soupe aux légumes nous prodigue un peu de réconfort. Nous n'en laissons pas une goutte !

Mais la chaleur, nous ne la trouverons réellement que sous la couette… plus exactement dans notre sac de couchage prévu pour supporter une température jusqu'à -10°. Cette nuit, c'est indispensable ! Altitude 4350 mètres

Colorada, la plus colorée des lagunes

J28 : Mer 25/05/11

- 13° à 8 heures : el coche fait son premier caprice en refusant de démarrer. Hervé desserre le frein pour le faire reculer au soleil et capot ouvert, nous attendons une bonne demi-heure qu'il se réchauffe. J'ai les doigts qui m'en tombent tellement il fait froid. Quand la température remonte à -8, nous démarrons enfin.

Alors que jusqu'à présent nous n'avons croisé que très peu de véhicules, nous sommes soudain très surpris de les voir arriver en nombre. En effet, à 8 heures, à la Laguna Verde, c'est l'heure de pointe des tours-operateurs. Entre ceux qui sont vides et qui rejoignent la frontière pour chercher des touristes en provenance du Chili et ceux qui ont démarré très tôt avec leurs clients, c'est le défilé incessant. Il vaut mieux être prudents, ils foncent à tombeau ouvert à travers le désert : plusieurs morts chaque année.

Précisons que la piste est maintenant large et bonne, une vraie autoroute. Peu après ce rush matinal, c'est à nouveau l'accalmie (ouf!) et nous pouvons profiter tranquillement des merveilleuses couleurs des montagnes environnantes.

Ce soir, nous espérons pouvoir bénéficier d'un hébergement de qualité à l'hôtel Tayka del Desierto. Avec un peu de chance, il est ouvert car situé sur le circuit classique du Sud Lipez, à proximité de la Laguna Colorada et de l'Arbol de Piedra. Alors croisons les doigts ! Cent cinquante kilomètres nous en séparent.

En attendant, nous progressons vers le nord, longeons le désert de Dali, encore à l'ombre, boudons les thermes de Polques archibondés et roulons vers Sol de Mañana, un champ de geysers à 4850 mètres d'altitude !

Sol de Mañana… seuls sur les lieux, dans un froid polaire alors que sous nos pieds, la terre bouillonne !

A l'approche de la Laguna Colorada, les 4X4 des tours-opérateurs reviennent en force et leurs panaches de poussière gâchent un peu la vue. Mais alors qu'ils s'engagent tous à l'est, notre route passe à l'ouest de la lagune. Nous voilà à nouveau au calme et aux premières loges pour admirer un flamant andin isolé sur la lagune colorée. Quelle merveille… cette couleur allant du rouge au rose et au mauve !

Il est midi et le refuge de la lagune Colorada tombe à point pour déjeuner à l'abri du vent (moins violent qu'hier malgré tout) en compagnie de cinq jeunes filles et leur guide. Ils nous donnent les dernières nouvelles sur l'état du salar d'Uyuni : praticable mais pas encore sec en totalité. A méditer !

Après le repas, nous prenons le petit sentier longeant la rive et amenant au mirador Aguas Calientes où l'on peut observer lamas et flamants.

Mais c'est surtout l'occasion de contempler cette incroyable palette de couleurs… en bleu-blanc-rouge… tiens, tiens !

En retournant à la voiture, le vent se lève à nouveau et comme nous l'avons dans le nez, nous avançons péniblement. N'oublions pas que nous sommes à plus de 4300 mètres.

La Laguna Colorada marque le limite de la Réserve Nationale. Immédiatement après, la piste se dégrade, laissant place à de longues distances de tôle ondulée.

Dix-huit kilomètres plus au nord, encore une autre attraction : le fameux Arbol de Piedra, magnifique sculpture naturelle.

Puis, dernière ligne droite jusqu'à l'hôtel Tayka, harmonieusement intégré au paysage ocre du désert de Siloli !

Yes, il est ouvert :-) Un lit confortable, une couette douillette, du chauffage, de l'eau chauffée à l'énergie solaire… au bout de quatre jours, quel bonheur ! En prime, un excellent repas… elle n'est pas belle, la vie !

Laguna Colorada

On a roulé sur le salar d'Uyuni encore inondé

J29 : Jeu 26/05/11

- 5° ce matin : el Coche, garé à l'ombre, fait encore des siennes. Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, le chauffeur d'un tour-opérateur vole à notre secours et le fait démarrer en insistant sur le démarreur. Ils ont la main, les gars !

Notre projet pour les jours suivants a été un peu revu à la baisse. A l'origine, nous avions prévu de contourner le salar par l'ouest, de rejoindre ensuite l'île Incahuasi puis le village de Coquesa au nord. Nous pensions zapper Uyuni.

Aldo, notre loueur, nous avait indiqué que le contournement du salar par l'ouest était certes un projet très intéressant mais que sur certaines portions de piste nous ne dépasserions pas les 5 km/h. Or on a déjà eu notre compte de mauvaises pistes alors on préfère laisser tomber, d'autant qu'on manque d'infos précises sur l'état du salar dans cette partie.

Nous nous dirigerons par conséquent d'abord vers Uyuni. De là, nous pourrons rallier l'île Incahuasi puis éventuellement, si toutes les conditions sont réunies, le nord du salar.

Pour rejoindre Uyuni, nous choisissons de passer par Villa Alota, la Valle de Rocas, San Agustin et San Juan, un itinéraire à l'écart du circuit des TO.

Si nous sommes endurants, nous pourrons être à Uyuni (plus de 300 km) dès ce soir. Sinon, nous nous arrêterons à mi-chemin à San Juan.

Cette journée commence alors par la route des Joyaux Andins, cinq lagunes (Ramaditas, Honda, Char Khota, Hedionda, Cañapa), posées comme autant d'émeraudes au pied d'un des plus prestigieux sommets andins, l'Ollagüe (5863 mètres).

La lagune Hedionda est réputée pour ses rassemblements de flamants roses. Aujourd'hui pas un seul à l'horizon. En revanche, partout de curieux petits tas de terre dûs à ces drôles de petits rongeurs. En voici un qui pointe son nez !

En prenant à l'est après la dernière des cinq lagunes vers Villa Alota, nous nous écartons du tour classique et du flot des 4 x 4 en provenance d'Uyuni. Mais pas question pour l'instant d'augmenter notre vitesse moyenne. Piste caillouteuse, gués boueux et arrêts photos vont nous occuper une bonne partie de la matinée.

Bientôt, nous distinguons au loin une large voie. Un gazoduc ? Une autoroute ? Presque… en réalité, une piste très large et bien entretenue que nous ne tardons pas à rejoindre et qui va nous permettre d'augmenter enfin notre vitesse de croisière. 70 km/h à l'aise, d'ailleurs les véhicules que nous croisons font largement du 100. Poussière garantie L

Dire qu'il n'y en a pas un seul qui s'arrête dans cette magnifique Valle de Rocas qui s'étend à présent devant nos yeux, sauf nous.

Une heure d'exploration dans ces ravines aux formes insolites.

Wings, mushroom, balanced rocks… et autres formes rocheuses stimulant l'imagination !

Un étrange labyrinthe et une lointaine parenté avec un certain Maze en Utah.

Après cette incursion dans la vallée des roches, un peu avant Villa Alota, nous délaissons à nouveau la grande route pour un itinéraire plus confidentiel en direction de San Agustin, une piste coincée entre une haute falaise et un rio où paissent nombre de lamas.

Après un col à 4200 mètres, la vallée s'élargit, laissant bientôt place aux champs de quinoa.

Pique-nique sur la place du village de San Agustin, puis descente vers San Juan sur une piste sablonneuse et du coup poussiéreuse comme jamais. On a l'impression de rouler sur de la farine, la poussière pénètre partout. A chaque cahot, celle accumulée dans la voiture se soulève en un voile brumeux. Je suis au bord de l'asphyxie.

En traversant la voie ferrée, un avant-goût de salar : c'est l'extrémité de celui de Chiguana.

Le village de San Juan n'a rien d'attrayant. Il est 15 heures. Plus de cent cinquante kilomètres nous séparent d'Uyuni, il reste trois heures avant la tombée de la nuit. Ça va être juste mais tentons quand même !

Car Uyuni, ce n'est pas la porte à côté, le salar n'est pas accessible partout, il faut rejoindre une rampe d'accès, le trajet nous parait interminable et l'heure tourne.

Quand nous atteignons enfin la rampe de Colcha K, c'est pour nous apercevoir qu'il reste jusqu'à une trentaine de centimètres d'eau sur la surface du salar. Je me renseigne auprès d'un gars dans un engin de chantier, il m'assure qu'on peut traverser "sin problema". D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls.

On espère tout de même trouver du sec plus loin car sinon atteindre Uyuni avant la nuit est tout bonnement mission impossible.

Hervé règle la boussole sur son GPS et c'est parti à 5 km/h dans 30 centimètres d'eau.

Quelle impression étrange alors que tout autour de nous, la terre se confond avec le ciel.

Ouf, au bout de 5 kilomètres, nous arrivons sur la surface sèche, ce qui permet d'appuyer sur le champignon pour atteindre les 70 à 90 km/h ! C'est alors aussi facile que de rouler sur une autoroute !

Nous retrouvons à nouveau un peu d'eau à la hauteur de Colchani, au moment de sortir du salar.

Entre-temps, le soleil s'est couché, teintant le ciel d'un voile mauve. Mais nous n'avons pas le courage de faire des photos, ne songeant qu'à une chose, vite, vite rejoindre la ville et trouver un toit, sans réservation, mais pas n'importe où.

Depuis plusieurs mois, nous étions en contact avec Christophe, propriétaire de la maison d'hôtes "La petite porte". C'est là que nous aimerions loger mais il n'a que deux chambres alors…les chances sont minces.

Il est 18 h 30 et il fait nuit quand nous arrivons sur place. Un coup de sonnette, personne ! Un deuxième coup… toujours personne… quand soudain, la porte s'ouvre et Janette l'épouse bolivienne de Christophe, nous accueille en confirmant la disponibilité de la chambre. Ouf, ouf, ouf !

Derrière une façade quelconque dans une rue triste et poussiéreuse, nous découvrons alors un paradis et c'est couverts de poussière, les valises pleines de linge sale que nous passons la porte.

Séduits par les lieux, nous décidons immédiatement d'y rester deux nuits, histoire de récupérer.

Une fois bien installés, nous finissons la soirée à la Loco autour d'un délicieux filet de lama au roquefort pour Hervé, au poivre vert pour moi accompagné de quinoa aux légumes et suivi d'une part de tarte aux noix et chocolat du Brésil ! Un des meilleurs repas de notre voyage.

J30 : Ven 27/05/11 Après son passage dans le salar, el Coche, en plus de la poussière dont il était déjà garni, est maintenant recouvert d'une belle couche de cristaux de sel allant jusqu'à former de petits stalactites sous le bas de caisse. Mais pour l'instant pas question de le passer au lavage, nous comptons lui infliger le même sort aujourd'hui en retournant dans le désert de sel jusqu'à l'île Incahuasi.

Plus vaste réserve de sel et de lithium au monde, le salar d'Uyuni s'étend sur plus 1 200 000 km2 à 3653 mètres d'altitude.

En accédant au salar à Colchani, la progression se fait d'abord les roues dans l'eau ! A la vue de ces îlots de sel encerclés d'eau, on pourrait presque se croire au bord d'un océan à marée basse !

Puis, un peu plus loin, nous ne tardons pas à trouver une surface presque sèche… une vaste étendue désolée d'un blanc aveuglant et d'une incomparable pureté. Juste le ciel, le sel et nous !

Une mer blanche et plane de plaques de sel de forme hexagonale ! Leurs contours moins nets qu'en plein hiver trahissent leur assèchement récent.

Quel bonheur de faire notre propre trace dans cette immensité avec comme seul repère le relief à l'horizon mais… en évitant ces grandes auréoles grisâtres dans lesquelles, raconte-t-on, on peut s'enfoncer dangereusement.

Bientôt l'île émerge au loin. Appelée Incahuasi ou la maison de l'Inca, elle est également connue sous le nom de lsla del Pescado. En la voyant ainsi posée sur cet océan de sel, son allure de poisson se confirme.

Mais on pourrait aussi l'appeler l'île aux cactus car elle est entièrement recouverte de Trichoreceus.

Très appréciée des touristes, elle est souvent envahie de monde, surtout à l'heure du midi où tous les groupes s'y arrêtent pour la pause déjeuner. Mais aujourd'hui la fréquentation se limite à quatre ou cinq véhicules et pas plus d'une dizaine de touristes. La balade vers les hauteurs de l'île est très agréable et la vue magnifique sur le salar.

Pour nous aussi, le cadre de l'île est idéal à l'heure du déjeuner. Pas besoin de déballer notre matériel : des tables constituées d'une plaque de sel et des tabourets de sel sont immédiatement disponibles… avec vue sur le désert blanc. Parfait pour tirer le repas du sac.

Mais déjà une autre île se profile au loin, qu'on aimerait bien atteindre. C'est parti pour une vingtaine de kilomètres de plus sur cet océan de sel.

D'après notre carte, ce serait celle-ci l'île Pescado mais elle est parfois aussi nommée Isla Pescador ou Isla Grande. Bref, comme souvent en Bolivie, d'un document à l'autre, les noms varient. En tout cas, elle est beaucoup plus grande que la précédente, également recouverte de cactus mais beaucoup plus sauvage et non aménagée. D'ailleurs, aucun autre véhicule n'a poussé jusque là… est-ce mauvais signe ?

Cela doit nous inciter à la prudence. Pas question d'y accoster, l'état de la couche de sel ne nous assure pas confiance. Ce n'est pas le moment de s'embourber ! Nous nous contenterons de la contempler à distance.

Puis retour à Uyuni non sans aller tâter un peu de surface inondée, histoire de voir les sommets andins s'y refléter et les cristaux de sel y briller.

Après la magie de ce désert de sel et d'eau, retour à la réalité car el Coche est dans un sale état. Heureusement, à l'entrée d'Uyuni, une station de nettoyage quasi professionnelle tombe à point nommé pour un décapage au "Karcher".

De retour à "la petite porte", il est temps de penser à l'organisation des prochains jours.

Nous avons en effet décidé d'abandonner définitivement l'idée de rejoindre Coquesa au nord du salar, cette zone étant en général la dernière à s'assécher.

Après avoir rapidement potassé nos guides pour trouver une nouvelle destination, nous consacrerons donc les trois jours prochains à une escapade à Sucre via Potosi, avant de passer les deux derniers jours de notre voyage à La Paz.

Afin de ne pas faire chou blanc à Sucre un week-end, nous assurons une réservation d'hôtel pour les deux prochaines nuits dans cette ville.

Voiture décrassée, linge lavé, courses faites, valises préparées… tout est prêt pour cette dernière phase du voyage. Il ne reste plus qu'à aller dîner et puisque la Loco nous a fait une si bonne impression pourquoi changer ? Le filet de lama au poivre vert ravit une fois de plus nos papilles.

Deuxième nuit à la Petite Porte.

Potosi la rude et Sucre la douce

J31 : Sam 28/05/11

Nous quittons le doux cocon de la Petite Porte à 7 h 30 car la journée risque d'être longue : 208 km mais 5 heures de route jusqu'à Potosi puis 160 km et 3 heures de plus jusqu'à Sucre. Entre Potosi et Sucre, la route est asphaltée mais celle entre Uyuni et Potosi est encore en construction, uniquement bitumée aux trois quarts.

Allons, courage… car pour commencer, c'est de la piste pendant les 20 premiers kilomètres jusqu'à Pulacayo. Après cette petite localité, nous accueillons le bitume comme une libération. Après des jours et des jours de piste poussiéreuse, enfin une belle route, fraîchement terminée, comme en témoigne encore l'absence de marquage au sol. Cerise sur le gâteau, elle nous fait aussi traverser de somptueux paysages.

Ce beau ruban asphalté nous amènerait-il à Potosi en moins de temps que prévu ? Hélas, non ! Déjà au loin, on distingue des panaches de poussière, signes que les véhicules circulent sur une piste de terre. Effectivement, nous ne tardons pas à arriver au cœur d'un vaste chantier. Partout ouvriers et engins s'activent à la construction de la route. Au fil des kilomètres, nous assistons, intéressés et amusés, aux différentes étapes : du tas de terre prêt à être étalé… à la route déjà lissée sur le point d'être recouverte.

Jusqu'à Potosi se succèdent alors des portions bitumées et d'autres non. Le plus étonnant des ouvrages est sans aucun doute ce superbe pont à arche en cours de construction. Une très belle œuvre !

De chantier en déviation, nous arrivons finalement à Potosi vers midi. Notre estimation était bonne. Après avoir cherché en vain un parking gardé pour el Coche, nous finissons par le laisser près de la plaza Estudiante afin de faire un petit tour à pied dans la ville. N'ayant pas vraiment potassé les curiosités à y voir, nous errons sans véritable but dans le centre historique et au hasard des rues, admirons l'une ou l'autre des 80 églises héritées de l'époque coloniale ainsi la vue sur le Cerro Rico qui a fait la richesse de la ville avec ses mines d'argent.

Mais la foule grouillante en ce samedi et l'altitude (4000 mètres) deviennent vite oppressantes et je ne suis pas mécontente de poursuivre vers Sucre. Les paysages changent rapidement, les montagnes s'arrondissent, des eucalyptus apparaissent au bord de la route ainsi que des champs de céréales et de nombreux villages.

A mi-chemin, la route plonge de 1000 mètres dans un canyon, Sucre n'est alors plus très loin. Il est 16 heures quand, soudain, au détour d'un virage… un gros encombrement… tous les véhicules sont arrêtés, engorgeant les deux voies de circulation. Mais que se passe-t-il ? La route serait-elle barrée par un bloqueo (grève)? Je me renseigne auprès des occupants de la voiture voisine. Je ne comprends pas toute la réponse de la dame, simplement qu'il faudra patienter au moins une heure et comme elle mime un volant de voiture, je conclus qu'il doit s'agir d'un accident.

En fait, pas du tout, la circulation a été interrompue en raison d'une course automobile sans qu'aucune déviation ne soit prévue. D'ailleurs en prêtant l'oreille, on entend le crissement des pneus des bolides et en tournant le bouton de la radio, on assiste aux commentaires en direct. Ambiance locale assurée !

Quand à 17 h 30 le convoi s'ébranle enfin, nous avons tout juste le temps de rejoindre notre hôtel avant la tombée de la nuit. El Parador Santa Maria la Real… encore un paradis !

Élégant et raffiné, cet hôtel historique possède une cour à arcades, des meubles anciens, une terrasse avec vue et une étrange partie historique. Nous nous y sentons comme des coqs en pâte !

Nichée à 2750 mètres d'altitude dans une vallée entourée de basses montagnes, Sucre jouit d'un climat doux et agréable. C'est effectivement le cas en cette belle soirée de mai qui se prête fort bien à un dîner au balcon au "Los Balcones Restaurant" sur la plazza 25 de Mayo. Un assortiment de viandes pour Hervé et une brochette pour moi… des portions énormes pour un prix lui aussi très doux ! Je sens que Sucre va nous plaire !

Dim 29/05/11

Un petit déjeuner digne des plus grands hôtels dans une salle à manger au décor ancien… voilà de quoi bien démarrer la journée.

Après avoir visité la partie souterraine historique de l'hôtel, la journée est consacrée à la visite de la ville, réputée être la plus belle de Bolivie et qui est aussi la capitale constitutionnelle du pays.

La course automobile s'est installée aujourd'hui au cœur de la cité et sur la plaza 25 de Mayo, les bolides sont, ce matin, sur la ligne de départ. Devant la cathédrale

Tous les Sucrites sont au rendez-vous et bien sûr, les vendeurs de barbe à papa, de bonbons, de sandwichs et de boissons. Une grande fête populaire !

La rue principale, théâtre de la course, est barrée mais nous finissons par trouver un moyen de contourner les barrières afin de pouvoir poursuivre notre visite.

Sucre conserve de belles églises et un magnifique ensemble de bâtiments chaulés hérités de l'époque coloniale et très bien conservés grâce notamment à son inscription depuis 1991 au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Nous poursuivons notre balade jusqu'au parc Bolivar où trône une réplique miniature de la tour Eiffel réalisée par l'auteur de l'original en 1906.

Le marché fait aussi partie des incontournable de la ville : un véritable festival de couleurs et de senteurs… et des fruits et légumes à profusion !

Pour le déjeuner, ce sera au Patio, c'est une salteñeria… qui sert (mais on peut aussi emporter) de délicieux salteñas, sorte de chaussons fourrés de viande, petits pois, raisins secs et olives, le tout légèrement pimenté…

Installé dans le patio d'une demeure ancienne, le lieu est très agréable et très apprécié des locaux. D'ailleurs, on y fait la queue en ce dimanche midi.

Sucre est aussi la capitale bolivienne du chocolat, nous ne résistons pas à en goûter quelques-uns mais ils n'arrivent pas à la cheville des chocolats belges. En revanche, chez Para Ti Chocolates, celui au quinoa est très original.

Chocolat et chaussons fourrés nous ayant bien plombés, le retour pour quelques heures à l'hôtel est bienvenu. C'est alors l'occasion de découvrir la vue depuis la terrasse, par-dessus les toits.

En fin d'après-midi, nous grimpons par d'étroites rues pentues vers le jardin de la Recoleta.

Pendant ce temps, sur la plaza 25 de Mayo, les vainqueurs de la course se voient remettre leur prix alors que nous allons finir la soirée par un excellent dîner à la Taverne, le restaurant de l'Alliance française.

Une très belle journée à Sucre et un véritable coup de cœur pour cette ville !

J33 : Lun 30/05/11

Impossible de rejoindre La Paz (à 700 km) en une journée, il faut scinder le trajet en deux, c'est donc une étape de transition qui nous attend jusqu'à Oruro.

Le départ est à nouveau matinal. Jusqu'à Potosi (150 km, 3 heures) nous reprenons exactement la même route qu'à l'aller.

Cent cinquante kilomètres nous attendent ensuite jusqu'à Chalapatta à travers des canyons impressionnants, des cols à plus de 4000 mètres, des montées et descentes terribles. El coche se traîne et la route nous semble interminable.

A Chalapatta, nous rattrapons la route venant d'Uyuni. Il reste encore 117 km jusqu'à Oruro mais heureusement là, c'est en ligne quasi droite sur un haut plateau jusqu'à notre destination finale.

Oruro, une ville horrible que nous nous hâtons de quitter ! A 15 km au nord-est, j'avais repéré les thermes d'Obrajes, un "complexe touristique" comprenant une sorte de piscine d'eau thermale chaude et un hostal familial. Je ne m'attendais pas à monts et merveilles et effectivement il valait mieux. L'accueil peu aimable et la chambre glaciale ne nous paraissent même pas valoir les 220 BOL (22 €) demandés.

Finalement, pour cette dernière nuit avant La Paz, nous serons aussi bien à dormir dans el Coche sur le parking, tout simplement.

Salar d'Uyuni inondé !

Derniers jours à La Paz

J34 : Mar 31/05/11

Nous avons si bien dormi dans notre 4 x 4 sur le parking des thermes d'Obrajes que nous sommes tout surpris de trouver un second véhicule garé à côté du nôtre et encore plus étonnés de constater qu'il remorque une des voitures ayant participé à la course automobile de Sucre.

Nous replions vite fait nos affaires, ça caille, et après un rapide petit déjeuner debout à côté d'el Coche, nous prenons la direction de La Paz. Le trajet est rapide bien que la circulation sur ce tronçon soit bien plus chargée que sur les autres routes boliviennes. De nombreux chantiers sont également en cours afin de doubler à terme cet axe de circulation, l'un des plus empruntés du pays.

A 11heures, nous rendons le véhicule chez Petita (rien à signaler) et une heure plus tard, le taxi nous dépose à la Loge. Au moment de préparer ce voyage, nous avions hésité entre la Maison et la Loge, tous les deux proposant un hébergement sous forme d'appart'hôtel. Pour couper la poire en deux, nous avions passé la nuit de l'arrivée dans le premier et réservé le deuxième pour le retour.

Dans le quartier résidentiel de Sopocachi, dans une petite rue qui ne paie pas de mine, un bâtiment en forme de bateau ! Nous y sommes !

Au rez-de-chaussée, le restaurant la Comédie. Dans les étages, cinq appartements. Bernardo nous a réservé celui du deuxième étage, un deux-pièces clair et moderne aux tons brique, ocre chaud et bois sombre, avec télé et ordinateur connecté à Internet. Formule petit déjeuner à domicile avec tous les ingrédients prévus dans le frigo et le pain frais accroché à la porte le matin à 7 heures. En plus du ménage quotidien, le lavage, séchage et repassage du linge est inclus (ça, c'est inespéré). Tout cela (pour moins de 50 €) promet une fin de voyage très agréable.

Après quelques heures de repos, il est temps d'explorer à pied le quartier. Le centre, ce sera pour demain.

La ville la plus haute du monde se laisse encore mieux apprécier depuis les quelques belvédères qui l'entourent. Le plus proche de notre appartement est celui du parc Monticulo. C'est donc là que nous nous rendons en cette fin d'après-midi.

A La Paz, les quartiers les plus riches se situent dans le fond du canyon alors que les plus pauvres se concentrent sur les hauteurs. C'est particulièrement visible ici :

De beaux immeubles modernes côtoient des petites bicoques rudimentaires, le tout dominé par une impressionnante chaîne montagneuse.

Au fil de notre balade, deux détails ont retenu notre attention. Impossible d'échapper aux rues en pente !

Et partout, des enchevêtrements de fils électriques

Après avoir arpenté le quartier de bas en haut et de haut en bas, nous n'avons heureusement pas de kilomètres à faire pour trouver une bonne adresse pour le dîner. Il nous suffit de descendre d'un étage et de nous attabler à la Comédie et si Hervé se laisse une nouvelle fois tenter par une viande, moi je choisis une truite du lac Titicaca. Cuisine excellente et service impeccable. Nous y reviendrons !

J35 : Mer 01/06/2011

A 7 heures, comme prévu, le pain frais est déposé devant la porte de notre appartement et une heure plus tard, nous sommes déjà dehors, avec comme but de rallier le centre à pied… 2,5 km… en montée.

Ce qui est curieux, c'est qu'on commence par descendre… forcément, nous partons dans la mauvaise direction, ce qui nous donne l'occasion de jeter un œil sur le quartier des ambassades et des grandes entreprises.

De grands immeubles de bureaux… on pourrait se croire dans une ville comme Calgary, par ex.

Mais cette erreur matinale va nous coûter beaucoup d'énergie car la montée sera d'autant plus longue et la traversée du quartier du Prado interminable.

Nous en avons plein les bottes en arrivant à la plaza San Francisco et sommes heureux de pouvoir trouver quelques instants de paix et de repos dans l'église du même nom.

La place est en complète rénovation et une armée d'ouvriers s'y active déjà de bon matin.

Mais si nous sommes venus jusque là, c'est pour découvrir l'un des marchés les plus curieux de La Paz, celui des Sorcières.

Entre les boutiques d'artisanat pour touristes, quelques marchandes vendent des ingrédients bien étranges : des ongles de camélidés et des fœtus de lamas momifiés, destinés à influencer ou à amadouer les esprits bienveillants ou malveillants de l'univers aymara.

Une balade agréable dans ces petites rues pavées… au fil des boutiques hautes en couleurs !

Une balade entre tradition et modernité car ici, on croise aussi bien des cholitas aux longues tresses, chapeau melon, jupe traditionnelle et châle aux couleurs vives que leurs filles en jeans et tee-shirt moulant.

En milieu de matinée, la ville grouille d'activité et les vendeurs et vendeuses sont tous à leur poste. Car ce qui frappe par-dessus tout, c'est que tout se vend et s'achète dans la rue. Beaucoup ont investi dans un petit kiosque, en fait plutôt un minuscule placard renfermant toutes sortes de marchandises, de la friandise à la boisson en passant par des jouets ou des billets de loterie. Mais la plupart vendent à la sauvette à un coin de rue.

Les plus étonnants : un vendeur de loupes, un autre vendant des pochettes et porte-documents en plastique, un troisième des casquettes usagées… bref, ce spectacle donne lieu à une intense activité, chacun criant et attirant le badaud.

Sans compter une cohorte de cireurs de chaussures, disponibles à chaque coin de rue. Vous n'avez aucune excuse de ne pas avoir vos chaussures parfaitement cirées. Ces lustrabotas portent souvent une cagoule ou une casquette enfoncée jusqu'aux yeux pour, dit-on, éviter l'opprobre sociale.

En cette fin de matinée, la circulation atteint son maximum, les rues principales sont engorgées de véhicules, essentiellement des taxis, des bus et surtout une flopée de microbus. A la fenêtre de chacun d'eux, un gars débite en permanence et en criant les noms de toutes les rues desservies… au milieu de klaxons incessants.

Traverser les grandes artères dans ces conditions relève alors du parcours du combattant. Personne ne respecte rien, les Boliviens sont aussi mauvais conducteurs que les Egyptiens ou les Equatoriens et même aux passages pour piétons, on n'est pas complètement en sécurité. Depuis quelque temps pourtant, une campagne de sensibilisation a été mise en place et des "zèbres" régulent le trafic à proximité de certains carrefours. Une approche ludique mais pas toujours prise aux sérieux par les conducteurs. J'ai bien failli me faire renverser.

Ajoutez à cela la pollution et l'altitude ! Dans ce contexte pas étonnant que nous ayons un peu la tête qui tourne au bout d'une matinée dans cette ville grouillante, surotu après cinq semaines dans la solitude des déserts. J'avais listé bien d'autres points d'intérêt mais pour aujourd'hui dans le centre, on s'arrête là. Alors le retour, en taxi ou à pied ? Bon, ça descend… alors à pied !

S'il n'est pas question de retourner dans le centre, nous promener dans un parc pour profiter d'une belle vue n'est pas exclu Après le mirador du Monticulo hier, c'est donc le point de vue du Laikakota qui nous attend cet après-midi. Et toujours à pied !

Bien que le parc soit visible de loin, nous nous perdons dans le dédale des rues et des escaliers des alentours. Pensant y arriver par un raccourci, nous débouchons finalement sur la terrasse d'une propriété privée. Une belle vue mais une impasse !

En arrivant là-haut, force est de constater que le parc est actuellement fermé pour travaux. D'ailleurs c'est tout le site qui est en restructuration. La ville y a créé une passerelle piétonne et une piste cyclable reliant le parc Laikakota au parc Roosevelt, une promenade très agréable dans des espaces verts joliment aménagés et une très belle vue en prime… depuis la "via Balcon".

Finalement, à notre compteur, largement plus d'une dizaine de kilomètres aujourd'hui. A 4000 mètres d'altitude, ça creuse, alors nous sommes encore bien contents, ce soir, de pouvoir mettre les pieds sous la table à la Comédie.

Reste la corvée des valises mais avec tout le linge déjà lavé et repassé à la Loge, cela devient une simple formalité ! Merci Bernardo de proposer ce service inclus qui va drôlement me faciliter la vie au retour ! Merci aussi pour tous les cafés si gentiment offerts. Un accueil vraiment top !

J36 : Jeu 02/06/2011

Comme notre vol est prévu à 17 h 30 ce soir, il nous reste toute la matinée pour finir la découverte de la ville. Les points à voir absolument sont alors cochés sur un plan et c'est parti, une nouvelle fois à pied.

De bon matin, nous reprenons la passerelle de la via Balcon en appréciant une fois encore le panorama.

Ensuite, direction le Museo del Aire Libre où l'on peut voir des répliques de statues trouvées sur le site de Tiwanaku, un grand centre cérémoniel pré-inca. Il est sans doute plus intéressant de voir les originales sur le site archéologique mais à défaut, on s'en contentera.

J'arrive finalement à persuader Hervé que le centre-ville n'est pas si éloigné alors nous mettons le cap sur le quartier de la cathédrale. La cathédrale

A l'intérieur, un des ses principaux attraits, ses vitraux !

La plaza Murillo devant la cathédrale

La Calle Jaén, la plus jolie rue coloniale

Cette ville grouillante, que nous trouvions hier presque hostile, se présente aujourd'hui sous une facette plus sereine et alors que nous déambulons à nouveau sur le Prado pour revenir à Sopocachi, nous supportons beaucoup mieux son agitation. A croire qu'en deux jours, elle a su nous apprivoiser.

En tout cas, même si elle n'a pas la beauté et la douceur d'une ville comme Sucre, elle dégage, grâce à sa situation exceptionnelle, quelque chose de fascinant.

C'est sur cette impression que se termine notre voyage de cinq semaines… dans des contrées à l'image de sa capitale… parfois hostiles mais toujours fascinantes. Bref, un fabuleux voyage !

Marché de la Paz



En conclusion

Un parcours de 5300 km, un kilométrage très proche de notre estimation initiale mais un itinéraire revu et adapté sur place et finalement bien équilibré. Des étapes parfois courtes en distance mais pas forcément en temps en raison de l'état du réseau routier, surtout en Bolivie. Des conditions climatiques parfois rudes mais jamais extrêmes, des altitudes toujours élevées. Des paysages à couper le souffle et un dépaysement total ! Un voyage qui nous a enchantés !

Commençons par ce que nous n'avons pas aimé : — la poussière… omniprésente ! — le passage des frontières… long, très long. Prévoir une demi-journée pour le passage depuis ou vers la Bolivie. Entre le Chili et l'Argentine, les formalités sont un peu plus rapides. Sinon, la solution est de consacrer un voyage à chaque pays. Ce que nous avons aimé : — Tout le reste… et particulièrement les paysages extraordinaires du Sud Lipez mais aussi ceux des parcs nationaux le long de la frontière bolivo-chilienne, du désert d'Atacama et notamment du salar de Tara sans oublier le parc national de Sajama. — après tant de beauté sauvage, la Quebrada de Humahuaca nous a fait un peu moins d'impression même si nous avons beaucoup aimé les arches du Cerro Hornocal ou la piste menant à Iruya. — enfin, un coup de cœur pour la ville de Sucre !

Sur le mode de déplacement Le Nissan Patrol, loué chez Petita, très bien équipé et entretenu par Aldo et son mécanicien, était parfaitement adapté aux conditions de piste difficiles de ces régions isolées. Pas une seule crevaison malgré le mauvais traitement infligé par le terrain. Il était malgré loin d'être étanche à la poussière. Très efficace pour le franchissement, un peu moins sur la route, il est néanmoins gourmand en carburant (25 l au 100 en moyenne). Heureusement, l'essence en Bolivie a l'avantage d'être très bon marché. Au Chili et en Argentine, le prix est proche de celui de l'Europe. La location d'un tel véhicule reste cependant une pratique marginale, la plupart des voyageurs utilisant les bus (parfois de nuit) pour les grands déplacements et les tour-opérateurs pour faire des excursions d'un ou plusieurs jours. Il donne assurément une très grande sensation de liberté. La conduite sur les pistes particulièrement en Bolivie n'est toutefois pas à prendre à la légère et exige un peu d'expérience. Il est également primordial de préparer minutieusement son itinéraire en raison de l'inexistence totale d'indications routières. Contrairement à que prétendent certains, circuler en indépendants dans la région de los Lipez est alors tout à fait faisable dans ces conditions.

Sur le mode d'hébergement Nous avons volontairement mixé des hébergements de type refuge certes rudimentaires mais permettant d'être au plus près des sites naturels et des hôtels plus confortables quand c'était possible. Dans les hôtels, le petit déjeuner est toujours inclus. Nos hébergements préférés : l'Atacama Lodge à SPA, le Cerro Chico à Tilcara, le Parador Santa Maria à Sucre et la Loge à La Paz. Les hébergements sont dans l'ensemble bon marché en Bolivie. Au Chili et en Argentine, ils sont plus proches du standard européen.

Sur la sécurité A aucun moment, nous n'avons ressenti un quelconque sentiment d'insécurité. Comme partout, il s'agit d'être vigilant et de ne pas exhiber de signe ostentatoire de richesse. Dans les villages, il n'y a aucun problème. En ville, notre véhicule était toujours garé dans un parking fermé, la nuit (toujours compris dans le prix des hôtels). Les habitants de l'altiplano andin sont des gens discrets, nous n'avons jamais été sollicités, pas même par les enfants.

Quelques données bibliographiques Pour la Bolivie, j'ai investi dans le guide Lonely Planet. Pour le Chili et l'Argentine, je me suis contentée de consulter le Routard et le LP à la bibliothèque municipale. En fait, nous avons surtout utilisé Google Earth pour visualiser et préparer l'itinéraire et Internet en général pour diverses informations. Ci-dessous, les coordonnées de quelques internautes dont les récits et/ou les témoignages m'ont aidés dans la préparation de ce voyage : http://www.namast.com/pag.php?pag=chi10 http://sites.google.com/...aterreargentine/Home http://www.enroutepourlemonde.fr/...Argentine/in... http://www.bourlingueurs.com/ Voilà vous savez tout, ou presque… en tout cas, si ce récit vous a donné envie de suivre nos traces, si vous avez besoin de renseignements complémentaires, n'hésitez pas, nous nous ferons une joie de vous répondre. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire de notre forum préféré ou de notre livre d'or. Christine (récit) et Hervé (photos)

FIN...

Cerro Hornocal... encore !
Croisière "Îles et terres du soleil" du 2 mars 2012 English translation pending
by Roquebrunois · 2011-04-12 · 446 replies
Ouverture d'une discutions concernant la croisière "Iles et terres du soleil" du 02 Mars 2012 croisière déjà effectuée en 2009
L'archipel des îles du Cap-Vert: entre sobrados et écolodges English translation pending
by Tomas3 · 2011-02-15 · 101 replies
L’archipel des îles du Cap-Vert : entre « sobrados « et éco-Lodge …(1)

Il faisait -7° à Nancy et -3° à Roissy-CDG terminal 1 quand le Boeing 750 de la TACV(Compagnie aérienne du Cap-Vert) a décollé… Il aurait fallu prévoir de changer de vêtements dans les toilettes de l’avion presque vide avant d’atterrir à PRAIA (capitale) île de Santiago…

(A quatre cent cinquante kilomètres de Dakar, par 13° de latitude Nord et 23° de longitude Ouest…)

Le Boeing sort des brumes du Maroc et, après avoir parcouru 1800 kms depuis la plus au Sud des Iles canaries, atterrit à PRAIA: il fait 24°…

On aura eu soin de survoler les îles de SAL, de MAIO, avant de trouver la piste du nouvel aéroport international, piste sous le vent de l’alizé du Nord-est, Praia, capitale de ces 4400 km2 répartis sur dix îles au cœur de l’Océan Atlantique, à 3000 kms à peine du Nordeste brésilien…

Il est temps de planquer polaires, gants, k-way au plus profond du sac…on est en janvier en Europe, l’Europe gèle sous l’anticyclone des Acores…Viva le Brésil !

Pour un européen, le peuplement métissé de l’archipel donne au Cap-Vert une allure à la Garcia Marquez: on retrouve très vite l’ambiance du « funana » de Salvador de Bahia à 5 h 30 de Paris…

Avec le « criolo » vendu en plus…bom dia, obrigaga, boa noite…quanto cuesta?…

Les métisses sont toutes plus belles les unes que les autres et elles le savent: il va falloir s’éloigner de la capitale et des boites à « musica » pour ne pas tomber sous le charme de ces filles des îles: de vieux messieurs en short y ont déjà perdu tout repère…

Mais comme dirait Christine Angot: "pourquoi pas le Brésil?"

http://www.youtube.com/watch?v=qQNaOh_rgOc
Bébé de mère canadienne et de père cubain: protégé à Cuba? English translation pending
by Starfish2 · 2011-01-20 · 85 replies
Bonjour,

J'habite à Québec. J'ai un bébé (il a deux mois) dont la papa est un cubain qui habite à Santa Clara, à Cuba. Je l'ai connu l'an dernier lors d'un voyage et j'ai décidé de garder le bébé. Moi je suis canadienne et mon bébé est né ici en novembre. Je n'ai pas déclaré le père à l'état civil et le nom de ce dernier ne figure pas sur le certificat de naissance, ni dans son passeport. Je voudrais tout de même retourner en voyage pour lui présenter son fils, de même qu'à sa famille. Je ne suis pas mariée avec lui, mais nous échangeons quelques courriels et il aimerait que je revienne le voir à Cuba.

Toutefois, je ne sais pas quels sont ses droits en tant que père (vu que je ne l'ai pas déclaré et que je ne suis pas mariée avec lui) et quels seront les miens une fois à Cuba. Donc, ma question est: est-ce que mon bébé sera protégé en tant que citoyen canadien si le père veut faire valoir ses droits de père? J'aimerais aller lui présenter son fils, mais avec la certitude que je vais pouvoir revenir au Québec avec mon fils. Je sais que dans les pays musulmans, les droits de la mère ne comptent plus une fois dans ces pays. Qu'en est-il avec Cuba, est-ce la même chose ou je suis protégée avec mon fils?

Le ministère des affaires étrangères ne savait pas quoi me répondre si le père demande un test de paternité et que celle-ci est confirmée. A-t-il droit de demander ce test ? Si oui, devrais-je rester plus longtemps à Cuba ? Qui en assumera les frais ? Et après, qu'arrivera-t-il, une fois que sa paternité sera prouvée ?

Merci de me répondre, car je suis très soucieuse de prendre la meilleure décision pour mon fils.
Jeu des photos, nouvel épisode (49ème) 5ème année English translation pending
by Colysee · 2010-10-21 · 576 replies
Bonsoir à tous,

Conformément à la tradition Vfiste, le post précédent ayant atteint le seuil de près de 5OO discussions a été clos.

Je me permets donc d' en ouvrir un autre.

Le choix d' une image n' est pas toujours simple. Le lieu doit être connu , ne pas être trop confidentiel et "mériter" un travail de recherche.

Pour inaugurer ce post, je vous propose le cliché suivant avec les classiques questions: Quel est le nom de cet endroit? Où peut on le trouver? Que peut il nous révéler?
Itinéraire de trois semaines au Maroc English translation pending
by Tim034 · 2010-06-14 · 118 replies
Bonsoir à tous,

Après m'être pas mal promené sur ce forum et avoir bien décortiqué un célèbre guide, j'ai concocté un itinéraire pour 3 semaines au maroc.

Nous serons 2, nous resterons 3 semaines (arrivée et départ de casa) fin septembre.

Est ce que cet itinéraire vous semble faisable (on n'a pas envie de courir comme de fous, mais pas non plus envie de trop se trainer), est ce qu'on passe à coté de choses incontournable? est ce que vous avez des idées de choses sympa/insolites à voir ou à faire sur ce parcours? un hotel (on est étudiants donc low budget, on se contrefout pas mal du confort) ou un resto qui vous à marqué? est ce qu'on s'arrête trop longtemps ou pas assez longtemps à tel ou tel endroit? d'autres remarques/suggestions?(be

Jour 1 : arrivée à Casa dans l'aprèm, nuit sur place. On aimerait bien juste réserver cet hotel la, est ce que quelqu'un connait une bonne adresse?

Jour 2 : Train vers Marrakech (est ce mieux de prendre nos billets la veille?) après midi à Marrakech

Jour 3 : On loue une voiture (réserver à l'avance ou on fait notre shopping la veille?) et on part vers ouarzazate. on s'arrètera bien à ait ben haddou et dans un petit village dont j'ai oublié le nom un peu après le col dont j'ai oublié le nom aussi. Nuit à Ouarzazate

Jour 4 : Oasis de Fint, Ouarzazate, ait ben haddou si on l'a pas fait la veille nuit à Ouarzazate

Jour 5 : Route vers Zagora, je pense bien qu'on peut y passer la journée, il y a l'air d'avoir pas mal de choses à voir. Nuit à Zagora.

Jour 6 : Zagora -> Merzouga (ca passe en voiture de tourisme?) via Nkob et Alnif. Nuit à Merzouga (y a-t-il des hotels bon marchés la bas, ca a l'air d'être beaucoup de trucs de standing?)

Jour 7 : On essaye de se dégoter un petit tour dans les dunes, avec nuit en bivouac si possible. Est ce qu'il y a des agences où on ne se retrouve pas à 50 dans un bivouac permanent?

Jour 8 : Route vers les gorges du Todra. Ballade dans les gorges l'après midi (besoin d'un guide?).Dans quel ville/village nous conseilleriez vous de dormir?

Jour 9 : Ballade matinale si on n'en a pas vu assez la veille puis quand on est satisfaits, route vers Les gorges du dades. Nuit à Boulmane (ou ailleurs?)

Jour 10 : Ballades dans les gorges du dades (besoin d'un guide?), est ce que ca vaut la peine de voir todra et dades ou est ce que c'est un peu pareil? Nuit à Boulmane

Jour 11 : Route vers ouarzazate. arrets à Kelaa m'gouna (est ce que la vallée des roses est intéressantes quand c'est pas du tout la saison des roses?) et skoura. Nuit à Ouarzazate.

Jour 12 : Route vers Marrakech. Ne serait il pas plus intelligent de fusionner les jours 11 et 12?

Jour 13 : On rend la voiture on profite un peu de marrakech

Jour 14 : Bus vers Essaouira (matin ou après midi selon qu'on aie envie d'encore un peu rester à Marrakech ou pas)

Jours 15-16-17-18 : On remonte la côte (les bus sont ils fréquents?), quelles sont les plus belles/sympas étapes (essaouira/safi/ouladia/el jadida/autre)?

Jour 19 : On aimerait arriver à Casa au plus tard le jour 19 à midi car la mosquée Hassan 2 est fermée le jour 20. Nuit à Casa

Jour 20 : Casa ou Rabat? que conseillez vous? Nuit à Casa

Jour 21 : On reprend l'avion le matin

Sinon niveau budget je me dis :

Hotels : 10€*21 nuits = 210€, est ce trop optimiste? cela vaut il la peine de prendre une tente? on aura de toutes facons nos duvets Nourriture 15€*21 jours = 315€ (pour deux), est ce suffisant en se disant qu'on fait un repas par jour dans un petit resto et l'autre où on mange dans la rue/marché/picnic Transports publics = 100€ pour deux (environ 1000km en transports publics) 10 jours de location de voiture = 250€. Combien prévoir pour l'essence sachant qu'on roulera environ 1300 bornes? Par contre niveau visites, excursions, ... j'ai du mal à me faire une idée...

Cela vous semble-t-il raisonnable, surestimé, sous-estimé?

1000 fois merci d'avance à ceux qui lisent encore et qui sont prêt à partager leurs expériences

Tim
Cuba: bonne nouvelle ou non? English translation pending
by Amenophis · 2010-03-30 · 72 replies
Les Américains envahiront peut-être Cuba bientôt

À partir d'aujourd'hui (24 mars) et jusqu'au 26 mars, Cancún au Mexique sera le théâtre de rencontres entre différentes autorités américaines et cubaines du secteur du tourisme qui tenteront d'en venir à un accord afin de permettre aux Américains de visiter Cuba, privilège qui leur est refusé depuis l'embargo américain décrété dans les années 1960.

Selon Kirby Jones, président d'Alomar Associates, une firme de consultants qui aide certains Américains à faire des affaires avec Cuba, il est primordial que les Américains puissent voyager librement, comme c'est écrit dans la Constitution.

Du côté cubain, Miguel Figueras, un conseiller de premier plan du ministère du Tourisme, croît que si les Américains pouvaient visiter librement le pays qui est situé tout juste au sud de la Floride, plus de 850 000 touristes supplémentaires fouleraient le sol cubain chaque année. Le président Obama avait fait des relations américaines avec Cuba l'un de ses enjeux politiques lors des dernières élections qui l'ont mené au pouvoir.

Source : CANOE.CA
Personnes âgées et Maroc English translation pending
by Maiss · 2010-01-03 · 35 replies
Suite à différents séjours au Maroc, il m'apparait que la prise en charge des personnes âgées marocaines est une nouvelle donnée à prendre en considération. Quelqu'un connait-il ce qui se pratique en terme d'accompagnement et/ou d'hebergement des personnes âgées ? Dans le secteur public ? dans le secteur privé ?. Y-a-t-il des projets à venir et dans quelles régions du Maroc ? Je recherche plûtot des données sur Agadir et Essaouira. Dans cette même région existe-t-il aussi des projets pour les personnes âgées non marocaines ? Merci
Projet de partir vivre en décroissance sur un voilier aux Antilles English translation pending
by Marcomarc · 2009-09-20 · 57 replies
Notre projet est de partir vivre en décroissance et en autarcie quasi complète sur un voilier avec toute ma famille aux Antilles. Je sais cela peut paraître fou, mais très bien réfléchit pour notre part. Certain ne traite d'inconscient d'autre nous félicite pour notre courage les derniers nous envies mais n'osent pas franchir le pas. Je vous rassure, la préparation vient enfin de commencer et doit s'achever d'ici 3 ans. Achat de matériel indispensable et minimisée, cours et stage de survie en milieu équatoriale, achat du bateau, achat de livre et documentation d'auto suffisance et auto nutrition.

La raison est simple, si nous voulons continuez a vivre sur cette terre nous devons le faire de matière plus simple et plus naturel Beaucoup de choses nous ont fait prendre conscience de la dérive du monde: la nature qui nous entour, le gouvernement, la mondialisation, les films et documentaires...

Si vous désirez réagir ou nous soutenir n'hésitez pas, nous avons 3 ans pour faire connaissance
Plateau du Colorado, juillet 2009 English translation pending
by Mlefevre · 2009-08-02 · 95 replies
Bonjour à tous,

Pas encore vraiment remise du décalage horaire, j'ai commencé à mettre en ligne notre carnet de voyage. 3 semaines en juillet 2009 (on est rentré il y a 1 semaine) dont 2 avec les Grisemote

Le récit en images ici

Après un premier voyage formidable dans l'ouest américain en 2006, la décision est enfin prise : on (Caroline 16 ans, Arnaud 14 ans, Marion 13 ans, Fred et moi) y retourne! C'est après moult hésitations et tergiversations que Fred, toujours pragmatique, fait définitivement pencher la balance vers l'ouest : profitons du dollar tant qu'il en est encore temps (pas très romantique je l'avoue mais efficace quand on voyage en famille avec 3 zados de 13, 14 et 16 ans)!

Pourquoi tant d'hésitations pour retourner dans une région qui nous avait tellement enthousiasmés 3 ans auparavant? La peur d'être déçus car il n'y aurait plus le « sel de la première fois » tout simplement. On avait eu beaucoup de chance avec la météo et pu visiter plein d'endroits extraordinaires dans des conditions presque idéales (chaleur caniculaire mise à part mais quasi inévitable en juillet). C'est d'ailleurs cette appréhension qui fait que nous retournons rarement 2 fois dans la même région. Et puis il y a tant de choses à découvrir sur la planète Terre!

Bref, nous décidons pour limiter les risques de « déception » de privilégier la découverte d'endroits qui nous sont inconnus avec quelques rares exceptions pour des coins que nous avions perçus comme exceptionnels.

Je me replonge avec délices dans toute la doc dont je dispose : différents sites français, allemands et américains, Photographing the Southwest (3 tomes)de L. Martrès (également rédigé avec l'aide de Philippe Schuler), Canyonlands NP Favorite Jeep Roads and Hiking Trails de D Day, Canyon Hiking Guide to the Colorado plateau de M.R.Kelsey et Hiking and Exploring the Paria River du même auteur, le tout saupoudré de quelques cartes de la série Trails Illustrated Map du National Geographic, avec une bonne dose de sauce Google Earth et de cartes GPS Garmin. Je révise aussi les carnets de voyage des uns et des autres sur VF (merci à vous tous!) Enfin, special thanks to Philippe Schuler, grand ambassadeur de l'ouest américain sur VF, pour sa disponibilité sur le net et au téléphone!

Eplucher tout ça prend un temps fou mais.... j'adooore me promener du fond de mon canapé dans des canyons torrides au milieu des serpents à sonnettes. Depuis ma Lorraine hivernale, j'essaie de rester réaliste dans le choix des rando : la chaleur est un élément à ne surtout pas négliger, la dernière fois nous étions tous les jours aux environs de 40°C voire beaucoup plus, du moins dans les régions de Page et de Moab.

Après une dizaine (!!) de versions le parcours est enfin prêt : nous ferons une boucle à partir de Denver. Afin d'aciduler le voyage, je repère quelques endroits un peu « perdus » ou pas très faciles d'accès. C'est plus fort que moi, je profite vraiment d'un endroit quand il faut au moins un peu « le mériter ».

Coup de théâtre en fin d'automne, Sylvie (grisemote sur VF) m'annonce qu'ils (Sylvie et Gilles et leurs enfants : Thibaut 14 ans, Lucas 13 ans et Robin 8 ans) retournent aussi dans l'ouest!! Départ le 03 juillet comme nous! Eux atterrirons à Phoenix, nous à Denver. Très vite, nous décidons de faire une partie du voyage ensemble : plus on est de fous... J'ai quelques pistes au programme où le fait d'être à 2 voitures ne serait pas une mauvaise idée.

A propos de voiture, nous avons toutes les 2 quelques inquiétudes car les échos concernant « les cheptels » des loueurs ne sont pas formidables : de moins en moins de vrais 4X4, de plus en plus de SUV 2X4. En plus il nous faut une voiture capable d'accueillir chacune 5 personnes avec le matériel de camping, la bouffe et l'eau. Sans vrai gros 4X4, tous nos plans ou presque tombent à l'eau : on croise les doigts et on se ronge un peu les ongles!

Trêve de présentation, voici le récit :

Vend 03/07 Après une bonne nuit de sommeil chez Marie Laure, Achille et leurs enfants (cameroun sur VF, qui nous a gentiment laissé leur maison pendant qu'ils batifolaient en Islande. Merci encore!!) le taxi nous dépose vers 9h avec nos 130 kg de bagages (sans compter les bagages à main) à l'aéroport de Bruxelles Vols sans histoire jusque Denver (via Londres) où nous atterrissons vers 18H30. Nous récupérons tous (ouf!) nos bagages (pas mal pour British Airways parait-il...), passons laborieusement la douane (1h30!) et prenons la navette jusque Dollar où nous avons réservé un 4X4 catégorie Grand Cherokee en comptant avoir un Dodge Durango comme la dernière fois. Coup de stress sur le parking, il n'y a que 2 petits SUV et sinon que des berlines ou minivans... On repère dans un coin un énorme 4X4 dans lequel faisant abstraction du fourbi qui traîne (la voiture n'est visiblement pas destinée à être louée de suite) je repère THE bouton : 2X4 /4X4 (merci Philippe pour tes explications) Coup d'adrénaline, c'est ce truc là qu'il nous faut, il est grand, haut sur pattes et vraiment 4X4. On se doute bien qu'il ne doit pas être dans la même catégorie que ce qu'on a réservé... J'espère être surclassée gratuitement vu qu'il n'y a sur le parking que des SUV microscopiques mais le manager de l'agence fait venir un SUV plus grand (Jeep Commander) correspondant à la catégorie réservée mais 2X4 et un peu juste comme taille (j'avais pris une galerie mais cette voiture n'avait pas de barres longitudinales permettant de l'adapter facilement) Bref, on explique que c'est trop petit (impossible de dire qu'on veut faire de la piste, l'assurance ne couvrant pas ce genre d'activité) et nous voilà obligés d'aligner 680 $ de plus pour avoir le gros bestiau (prix initial de la loc pour 22 jours : 745 euro, soit en tout 1225 euro!) Glups! Finalement on est soulagé d'avoir trouvé un véhicule adapté à nos projets, il s'en est fallu de peu que tout tombe à l'eau. Ce Chevrolet Suburban, le véhicule perso de la manager est suréquipé : toit ouvrant, caméra de recul, lecteur de DVD, coffre électrique, bip bip à gogo. Tout ça ne sert pas à grand chose mais ça nous console... On a même des portes-skis qu'on démonte rapidement, la bête consomme déjà assez comme ça (en moyenne 16l/100 km!) Les pneus (neige!) sont neufs à l'avant et en bon état à l'arrière. On est paré! Morale de l'histoire : la prochaine fois je ne passe plus par un grossiste (en l'occurrence Airlines Network) mais essaie (je ne sais pas si c'est possible) de louer un modèle précis de véhicule... En route vers notre motel de Castle Rock, 50 km au sud de Denver et au lit! Ouf!

Sam 04/07 Après un ravitaillement à Colorado Springs nous filons vers le sud et l'est en direction de Great Sand Dunes NP. Nous voulons y entrer par la piste de Medano Pass (à l'est du parc) et faisons un arrêt sympathique à Westcliffe, CO où se tient un rassemblement de vieilles voitures. Nous voilà déjà dans l'Amérique rurale et le dépaysement est total. Les paysages sont grandioses et le charme des grands espaces américains agit à nouveau : on est tout émus! Finalement nous quittons la 69 pour la piste de Medano Pass, réputée pour son sable profond dans sa dernière partie, la plus à l'ouest. On traverse un paysage de montagne boisée avec quelques biches : à l'occasion d'un arrêt photo, je suggère à Fred d'appuyer sur cette grande pédale à G que nous n'avions pas remarquée. A quoi peut-elle bien servir? Docile, Fred s'éxécute, l'enfonce un peu, beaucoup, à fond. Rien ne se passe... Boaf, encore un truc inutile sur cette bagnole suréquipée, allons-y... Zut! C'est un frein à main « à pied ». Bah 'y a qu'à l'enlever...La honte! Il a fallu arrêter un américain pour lui demander comment faire (pour les ignares comme nous : il y a un levier invisible soigneusement caché sous le volant à G) La piste traversant une dizaine de gués (faciles ce jour-là) est assez caillouteuse et demande quelques précautions. Soudain au détour d'un virage apparaissent les dunes . Voir tout ce sable là où il n'y avait que forêts, prairies et cimes rocheuses enneigées a quelque chose de magique. La piste devient sableuse, finie la caillasse, nous soufflons un peu. Hélas, un de nos pneus également! La pression diminue régulièrement et dans un dernier soupir pneumatique nous arrivons au terme de la piste. Il nous a fallu ½ h pour trouver le cric (bravo Caroline) avant de pouvoir changer la roue. Elle est crevée sur le flanc et (d'expérience, hum...) nous savons qu'elle n'est pas raisonnablement réparable. Bon on verra ça demain... Nous achetons notre Annual Pass en sortant du parc et roulons juqu'au Great Sand Dunes Lodge (tout près du parc), réservé bien à l'avance sur internet car l'endroit est très prisé en raison de sa vue époustouflante sur les dunes. La soirée se passe tranquillement à observer les effets de lumière sur les dunes et les montagnes qui les encerclent. Nous sortons notre « vaisselle »-en plastique certes- mais faisons tout de même l'objet d'une certaine curiosité amusée des américains qui regardent Fred nous préparer un vrai repas alors qu'eux « s'enfilent » qq hamburgers et des chips, ce qui -soyons juste- leur évitera la corvée de vaisselle. Les chambres du motel sont vraiment les unes sur les autres et j'ai quelques inquiétudes car nos voisines sont un peu bourrées en ce samedi jour de fête nationale mais finalement à 21h30 tout le monde est au lit!

Dim 05/07 Impossible d'ouvrir la voiture avec la télécommande ce matin! La batterie est à plat... Avec ce coffre électrique, tous ces trucs qui sonnent, les lumières qui s'allument pendant 10 minutes à chaque fois qu'on ouvre une porte et toutes les allées et venues d'hier soir à la voiture, encore mal organisés, nous avons vidé la batterie. Ah! l'électronique j'vous jure! Bon avouons que le frigo électrique, laissé branché toute la nuit n'est sans doute pas innocent. Pourtant il y a 3 ans nous le faisions sans problème mais le Durango avait une batterie moins ridicule. Notre voisin de motel nous dépanne en 2 mn et avec le sourire. Le premier marchand de pneu se trouve à Alamosa à 1h de route et rien ne dit qu'il aura la bonne taille. Profitons donc d'abord du parc ! Nous reprenons la piste sableuse sur quelques centaines de mètres et faisons une petite balade dans les dunes après avoir traversé Medano Creek. Puis nous allons un peu en aval, là où je craignais qu'il n'y ait la foule en ce WE du 04 juillet mais c'est très raisonnable. La rivière s'élargit et n'est plus profonde que de quelques centimètres. Ce paysage est vraiment unique au monde et nous a complètement séduits. Quel régal de marcher dans cette eau fraîche, tout droit descendue des montagnes, entre dunes et forêts!

Sur la route du Nouveau Mexique et de ses badlands, nous passons au Wall Mart d'Alamosa qui nous confirme que le pneu n'est pas réparable mais ils n'ont pas la bonne taille. Nous choisissons de continuer, confiants dans l'espoir de pouvoir faire nous même une réparation au moins provisoire, au cas où nous crèverions à nouveau.

En traversant les San Juan Mountains, nous tombons par hasard sur le Cumbres et Toltec Scenic Railway, joli train à vapeur qui serpente dans une verte vallée. Arrivés à Bloomfield (toujours pas de pneu, tout -c'est à dire pas grand-chose- est fermé) nous prenons la 550 vers le sud et décidons d'aller camper à Angel Peak NRA. Un vent chaud peine à donner une vague sensation de fraîcheur alors que nous installons les tentes dans le campground (gratuit, WC, pas d'eau) situé juste au bord d'une falaise qui se prolonge sur des km en surplombant des badlands à perte de vue. Nous avons pour voisins quelques américains et envions leurs tentes uniquement constituées de moustiquaires, bien que le ciel soit un peu menaçant. Le paysage est vraiment étonnant et nous nous arrachons difficilement à sa contemplation pour réparer (avec succès!) notre pneu crevé (on ne s'est pas trimballé pour rien le kit de réparation et le compresseur 12V!) Durant la nuit, le vent tombe et nous parviennent alors le bruit des stations de pompage (sans doute de gaz?). Il y en a un peu partout dans ce coin et sans vent pour les masquer, c'est assez gênant...

Lun 06/07 Ragaillardis par notre succès caoutchoutesque, nous planifions les 2 jours à venir. Après une petite randonnée matinale sur la rim en face d'Angel Peak, nous filons vers le sud voir à quoi ressemblent les badlands de Lybrook, découverts sur le site internet d'un passionné. On reste un peu sur notre faim car du haut de l'amphithéâtre on n'a qu'un aperçu superficiel de l'endroit. J'avais repéré sur Google Earth une piste permettant de descendre au fond de l'amphithéâtre mais celle-ci est interdite, dommage car c'est à mon avis par ce bout-là qu'on peut vraiment apprécier le site. Nous filons donc vers A Shi Sle Pah, autres badlands situés un peu plus au nord qui eux non plus ne se découvrent pas par hasard : GPS absolument indispensable. Là, bien que la lumière soit au zénith et qu'il fasse une chaleur atroce (94°F, finalement on aura plus par la suite mais on n'est pas encore habitué), nous sommes emballés par le site : la piste pour y accéder chemine sur un grand plateau vaguement herbeux et s'arrête enfin « en rase campagne » C'est le « parking » En faisant quelques pas vers le nord, on « tombe » sur un effondrement jonché de hoodoos sculptés dans une bentonite grisâtre totalement infranchissable tant elle est sculptée par l'érosion. C'est un dédale incroyable et, abrutis de chaleur, nous avons eu bien du mal à trouver une issue pour remonter sur le plateau. Nous n'avons visité qu'une infime partie du site et y retournerions volontiers dans des conditions moins extrêmes. Nous sommes tout excités à l'idée de découvrir demain les Bisti Badlands dont Philippe nous a dit qu'ils étaient encore plus beaux qu' A Shi Sle pah. En route (ou plutôt « en piste) vers les Bisti : en chemin, nous rencontrons une svelte éolienne qui tournoie dans le ciel d'azur. Elle brille de mille feux sous les rayons du soleil et semble en pleine forme à côté d'une énorme citerne ronde aux allures de piscine. Y aurait-il de l'eau au milieu de ce désert brûlant? Fébrilement, Fred escalade la citerne pour constater avec délices qu'elle est pleine à ras-bord mais avec déception que ses bords sont coupants.... C'est alors que Caroline avise un gros robinet juché au-dessus d'un abreuvoir attenant. Sans trop d'espoir, elle le tourne et miracle, l'onde jaillit! Youpi! On va pouvoir se laver! C'est inespéré, d'autant qu'on envisage de camper (sauvagement) ce soir aux Bisti. Tout beaux tout propres, nous arrivons finalement sur le parking des Bisti où le sol anthracite dégage une chaleur au moins équivalente à celle dardée par les rayons du soleil : une fournaise! Si on allait jusqu'à Farmington chercher un pneu et … un motel?! Pas de pneu en stock, ils l'auront demain ce qui est parfait puisque nous repasserons dans cette ville. Pour 66 $, petit déjeuner pour 5 inclus, nous passons une (relative) bonne nuit au Rodeway Inn (j'ai du mal avec le bruit des clim...)

La suite bientôt.... Marie
Père et fils au Pérou! English translation pending
by PiscoSour · 2009-07-30 · 5 replies
Père et fils au Pérou – du 28 septembre au 18 octobre 2008

Comme j'ai souvent consulté ce site pour préparer mon voyage, je tiens à partager mon expérience du Pérou avec les autres membres. Bonne lecture !

Infos générales (septembre 2008)

Taux de change : 1$ US = 2, 9 PEN (Nuevo Sol) ou 6, 90 Bolivianos

Vols Vol aller-retour Montréal Lima : 1035, 00$ par personne Vol Lima-Arequipa (LAN) : 182, 00$ par personne Vol Cuzco-Lima (LAN) : 174, 00 par personne

Hôtels Lima : San Antonio Abad, Miraflores, 55, 00$ la double avec transfert de l’aéroport et petit-déjeuner. Arequipa : Posada Nueva España, 90 soles la double avec transfert de l’aéroport et petit-déjeuner. Puno : Tambo Real, 90 soles, négociée à 81 soles la double avec transfert du terminus d’autobus et petit-déjeuner.

Guide de voyage utilisé : Lonely Planet, édition 2007

28/09/2008 dimanche : Montréal – Mexico – Lima Réveil à 4h00. Départ de Montréal pour le Pérou à 8h00 (avec transfert de cinq heures à Mexico). Vol avec Air Canada. Le vol s’est bien passé, mais nous avons été déçus du service offert par Air Canada. En effet, il n’y avait aucun repas sur un vol de plus de cinq heures! Nous avons été mieux servis avec LAN Peru qui offrait même une collation sur un vol de une heure. Arrivée à Mexico à 12h00. Comme nous avions un transfert de 5h00 à Mexico, nous nous sommes rendus jusqu’au Zocalo en métro. Le métro de Mexico est vraiment très abordable et très sécuritaire. Le passage revient à environ 0, 20$ pour un passage. Le réseau de métro est très développé et très efficace. Il y a même une station juste à côté de l’aéroport. Nous avons fait deux transferts avant d’arriver au Zocalo, une place immense entourée d’édifices coloniaux et d’une impressionnante cathédrale avec au centre un grand drapeau mexicain. Nous sommes restés sur la place environ une heure avant de repartir vers 15h00 pour l’aéroport, car notre vol pour Lima partait à 17h50. Nous avons eu un peu de difficulté à prendre notre vol pour Lima, car le vol avec LAN avait été annulé et remplacé par un vol sur Aéro Mexico. Très bon service et repas fourni par Aéro Mexico. Arrivée à Lima vers 23h50 (1 heure de moins qu’à Montréal). Il est préférable d’avoir un chauffeur qui vous attend lorsque vous arrivez à Lima la nuit et il est déconseillé de choisir un taxi au hasard lorsque vous arrivez à cet aéroport (risque de vol et d’agression). Je ne conseillerais pas non plus de louer une voiture et de quitter l’aéroport, car la ville est immense et le risque de se perdre est très élevé (surtout la nuit). Le transfert de l’aéroport vers Miraflores dure environ 25 minutes au cours desquelles le chauffeur passe par des quartiers plus ou moins sûrs. Les Péruviens conduisent d’une façon assez particulière. Aucune règle du code routier (ou presque) n’est respectée et les chauffeurs ne laissent de chance à personne, pas même aux piétons. Soyez donc prudents lorsque vous traversez une intersection! Arrivée à l’hôtel vers 1h00 du matin. Hôtel très correct et abordable pour le quartier. Draps et salle de bains propres. Bon petit déjeuner avec jus d’orange frais, pain, œufs, café et fruits. Pour la première nuit, il n’y a pas vraiment d’autre choix que d’aller à Miraflores ou dans le Centro de Lima. En effet, il n’y a aucun hôtel près de l’aéroport qui est situé près de quartiers assez pauvres.

29/09/2008 lundi : Lima-Arequipa Réveil à 7h00. Déjeuner ver 8h00. Nous avons quitté l’hôtel vers 9h00 pour retourner à l’aéroport prendre notre vol vers Arequipa (vol réservé avant le départ sur le site Internet de LAN). Conduite assez folle dans Lima et beaucoup de circulation! Environ 30 min ou un peu plus pour retourner à l’aéroport. Prix du taxi vers l’aéroport : 40 soles. Départ pour Arequipa à 11h20. Arrivée à 12h45. Paysage magnifique du haut des airs. Très désertique et beaucoup de montagnes. Le chauffeur de notre hôtel, la Posada Nueva España, nous attendait à l’aéroport d’Arequipa. Arrivée à l’hôtel 10 minutes plus tard (la ville est beaucoup plus petite que Lima et il y a moins de circulation). L’hôtel n’est pas directement situé dans le centre-ville, mais de l’autre côté de la rivière. Il faut environ 10 minutes de marche pour atteindre la Plaza de Armas où se trouve la cathédrale. La promenade est sympathique, nous passons le Puente Bolognesi d’où nous avons une très belle vue sur la ville, le Misti et le Chachani. Nous avons pris un repas très correct dans une polleria de la calle Bolognesi. Soupe, salade, poulet, frites et bière (Arequipeña) pour environ 15 soles par personne. Nous nous sommes ensuite dirigés vers la Plaza de Armas, une place magnifique avec fontaine, palmiers, cathédrale et immeubles construits en sillar (pierre volcanique blanche). Visite du Monasterio de Santa Catalina (le plus grand couvent du monde) avec guide francophone. Visite très intéressante de ce complexe immense datant du 16e siècle. Souper à la crêperie Zig Zag (consillé dans le Lonely Planet). Attention, l’enseigne du restaurant n’est pas très visible de la rue, nous l’avons cherchée durant plus d’une demi-heure et personne dans la rue ne savait où le restaurant se trouvait. La crêperie est située juste en face du Monasterio Santa Catalina, à côté de l’Alliance française d’Arequipa. Retour à notre chambre vers 21h00 et coucher vers 22h00.

30/09/2008 mardi : Arequipa : Mansion del Fundador, Molino de Sabandia, museo Santury et mirador de Yanahuara Réveil vers 7h00 et déjeuner vers 8h00 sur la terrasse de Posada Nueva España (terrasse très fleurie et très jolie). Petit-déjeuner compris constitué de pain, d’œufs, de café et d’un jus de fruit. Départ vers 9h00 pour une visite des alentours de la ville en compagnie du très sympathique Joseph et de son fils qui travaillent tous deux à la Posada Nueva España. Nous nous sommes rendus tout d’abord à la Mansion del Fundador, nommée ainsi en l’honneur du fondateur d’Arequipa, Don Garci Manuel de Carbajal. Une belle demeure avec meubles d’époque. Très peu de touristes et pas de visite guidée. Nous étions toutefois avec notre ami Joseph qui, avec son réel talent de conteur, s’est fait un grand plaisir de nous raconter l’histoire de la ville. Si vous passez par cet hôtel, que je vous recommande vivement, vous saluerez Joseph de ma part et de la part de mon père Gilles qu’il appelait « mi hermano ». Joseph a rendu notre séjour vraiment très agréable. Il nous a fait visité la ville, il nous a parlé en détail du Canyon del Colca, il nous a conseillé les meilleures compagnies de bus pour s’y rendre (Andalucia et Reina), a acheté pour nous nos billets de bus pour Puno et nous a même réservé une chambre à Puno dans l’hôtel de l’un de ses amis. Je recommande donc vivement cet hôtel. Les chambres sont simples, mais très propres. La salle de bain est entièrement rénovée et les chambres sont toutes situées autour d’un magnifique patio où le déjeuner est servi chaque matin. Les hôtes sont très accueillants et l’un d’eux est Français d’origine (Chrisitan). Ils sont très aimables et faciliteront votre séjour au Pérou. Après avoir visité la Mansion del Fundador, nous sommes partis vers le Molino de Sabandia, un ancien moulin situé aux alentours d’Arequipa. Je vous conseille de vous y rendre seulement si vous êtes à Arequipa pour quelques jours. Le site est enchanteur, mais il n’y a pas grand chose à voir. Il est possible de faire de l’équitation, car un petit ranch se trouve juste à côté du moulin. Nous sommes ensuite repartis pour Arequipa où nous nous sommes arrêtés au mirador de Yanahuara qui offre une superbe vue sur la ville et sur le Misti. La visite de ce mirador peut se faire très rapidement et vaut réellement le détour. Par la suite, Joseph nous a proposé de faire un arrêt à la Picanteria La Capitaña, son restaurant préféré. Si vous passez à Arequipa, je vous conseille de vous y arrêter. Il s’agit d’une cafeteria où l’on mange des mets typiques d’Arequipa sur des tables de bois en compagnie de Péruviens. La nourriture est très bonne et vraiment économique. Joseph a commandé presque tous les plats offerts par le restaurant ainsi que de la Chicha et cela n’a pas coûté plus de 30 soles pour trois personnes (tous les plats, beaucoup de Chicha ainsi qu’un digestif à l’anis). Ce fut vraiment une expérience intéressante de pouvoir échanger avec des Péruviens durant le repas et de goûter à la nourriture traditionnelle d’Arequipa. J’ai particulièrement aimé le Rocotto Relleno, un piment rouge farci servi avec un Pastel de patata (Gâteau aux pommes de terre). En après-midi, nous sommes partis visiter le Museo Santury où l’on peut voir la Juanita, la momie d’une jeune Inca retrouvée su sommet du volcan Ampato. La momie est très bien conservée et la visite guidée vaut vraiment la peine (environ 1 heure avec le film et la visite). Après, nous avons bu une Cuzqueña sur une terrasse devant la cathédrale. Nous avons assisté à un magnifique couché de soleil en dégustant notre bière. L’ambiance était vraiment agréable et le sillar blanc des édifices prenait des teintes mauves et orangées avec le coucher du soleil. Arequipa est une ville où il fait assez chaud durant la journée, mais dès que le soleil se couche, il faut bien se couvrir, car la température chute rapidement. Après l’apéritif, nous avons mangé du Pollo a la plancha (poulet et frites) dans un petit resto de la calle Bolognesi avant de retourner à l’hôtel.

01/10/2008 Mercredi : Arequipa – Cabanaconde (Canyon del Colca) Réveil à 4h30 du matin pour partir vers le Canyon del Colca. Un taxi est passé nous chercher à l’hôtel vers 5h30, car notre bus (de la compagnie Andalucia) partait à 6h00. Nous avions laissé nos sacs à dos à l’hôtel pour partir avec de petits sacs de jour contenant le strict minimum. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait pour nos sorties vers Copacabana et Machu Picchu. En effet, lorsqu’on part seulement pour un jour ou deux, il est beaucoup plus simple d’avoir un petit sac à dos plutôt que de porter un sac lourd et encombrant. Le trajet vers Cabanaconde est assez long. Cela prend de cinq à six heures, mais les paysages sont magnifiques. Il ne faut pas avoir peur de la vitesse et des hauteurs, car les chauffeurs de bus péruviens conduisent comme des dingues et passent à quelques centimètres de précipices profonds de plusieurs centaines de mètres. Le bus d’Arequipa à Cabanaconde fait environ trois arrêts. Le premier en banlieue d’Arequipa, le deuxième à Chivay et le troisième à la Cruz del Condor (site trop touristique). De plus, il s’arrête à de nombreuses reprises entre Chivay et Cabanaconde pour prendre de nouveaux passagers ou pour les laisser débarquer. Une fois arrivés à Cabanaconde, nous avons commencé à chercher un hôtel. Nous nous sommes dirigés vers l’hôtel La Posada del Conde que nous avions trouvé dans le Lonely Planet (60 soles avec petit-déjeuner pour 2 personnes, très propre, très correct). Bien sûr, il y a moins cher, mais le choix est assez limité dans ce petit village. Nous avons ensuite mangé quelque chose au petit restaurant de l’hôtel et discuté avec le serveur, Eduardo, qui a été très sympathique et nous a donné plusieurs conseils pour effectuer des randonnées dans le Canyon et aux alentours. Il a même pris la peine de nous dessiner une carte géographique de la région ! Comme nous avions prévu passer seulement une nuit dans le Canyon, nous n’avions pas le temps de descendre à l’oasis de Sangalle (ce que nous n’avons pas regretté, car cela nous a laissé le temps d’aller faire un tour en Bolivie, à Copacabana). Nous avons donc décidé de faire une randonnée dans le haut du canyon et de nous diriger vers les deux miradors situés près du village : Achachiua et San Miguel. Les deux miradors sont situés dans des directions opposées. Achachiua se trouve à environ 20 minutes du centre du village. De là, on a une magnifique vue sur le Canyon et sur l’oasis situé au fond. Toutefois, si vous disposez de peu de temps, je vous suggère de vous rendre directement au Mirador de San Miguel (tournez à gauche au cimetière qui se trouve au milieu de nulle part et marchez vers le canyon. Vous trouverez le sentier assez facilement). Ce mirador est un peu plus loin, mais les paysages sont splendides! Un long sentier longe le canyon et la vue est vraiment incroyable. À cet endroit, on peut également voir l’oasis au fond du canyon. On peut faire une longue randonnée à partir de ce mirador. On peut descendre dans le Canyon ou marcher jusqu’à la Cruz del Condor. Comme il était déjà assez tard, nous avons seulement fait une randonnée (environ 3 heures de marche aller-retour) dans le haut du Canyon et nous sommes revenus à la tombée de la nuit vers 19h00. Il est important de faire de bonnes réserves d’eau, car on se déshydrate rapidement à cette altitude et sous ce soleil (nous avons d’ailleurs manqué de liquide). Au mirador de San Miguel, nous avons vu les deux seuls condors du voyage. Il était à peu près 17h00 et nous avons vu les deux grands volatiles planer près de nous juste au-dessus du canyon. Le spectacle a été vraiment impressionnant ! Il y a peu, voire pas de restaurants à Cabanaconde. Vous mangerez probablement dans le restaurant de votre hôtel et c’est ce que nous avons fait au retour de notre randonnée dans le haut du canyon.

Note : À Chivay, à Cruz del Condor et à Cabanaconde, vous serez harcelés par des agents touristiques qui vous demanderont de payer environ 70 soles pour vous procurer le billet touristique vous donnant le droit d’accès aux attraits du canyon. Pour l’achat du billet, c’est à vous de voir, mais vous aurez deux choix : payer le billet pour qu’on vous laisse tranquille ou refuser. Si vous décidez de refuser, je vous avertis tout de suite : vous aurez droit à une longue discussion avec l’agent qui voudra vous obliger à payer le droit d’entrée. Vous devrez vous expliquer longuement avec lui pour éviter de payer. Cela peut être assez pénible, mais c’est tout à fait possible. Si vous décidez de ne pas payer, et c’est ce que j’ai fait, on vous laissera tranquille après dix longues minutes de discussion. La même chose se reproduira à la Cruz del Condor et à la sortie du bus à Cabanaconde. Pour ma part, je ne suis pas débarqué du bus à Cruz del Condor (trop de touristes) et j’ai réussi à m’échapper de l’agent de Cabanaconde en suivant l’employée d’un petit hôtel qui voulait me faire visiter une chambre. Une fois le bus reparti, plus aucun agent n’est présent pour vous harceler et vous pouvez randonner à votre guise dans le Canyon. La plupart des touristes ne sont pas intéressés à payer près de 25 $ US pour accéder à un site naturel et à de simples villages… D’ailleurs, la plupart des touristes que j’ai rencontrés ont fait comme moi et n’ont pas payé le droit d’entrée. J’imagine que d’ici quelques années, il sera impossible de dépasser Chivay sans billet.

02/10/2008 jeudi : Cabanaconde (Canyon del Colca) – Chivay – Arequipa Réveil vers 6h00. Nous avons fait une autre randonnée rapide vers le mirador de San Miguel (environ 2 heures aller-retour). Puis nous avons repris le bus vers Chivay. Je vous conseille d’acheter votre billet de bus assez tôt le matin, car je crois qu’il n’y a que trois bus par jour (7h00, 9h00 et 11h00 si je me souviens bien). Les billets peuvent être achetés sur la petite place centrale de Cabanaconde, près de l’église. Le prix du billet est de 15 soles jusqu’à Arequipa, mais vous pouvez descendre à Chivay et reprendre un bus plus tard dans la journée avec le même billet. Le dernier bus pour Arequipa est à 16h00.

Nous avons donc pris le bus de 9h00 et, après trois heures de trajet, nous sommes arrivés à Chivay vers midi. Après avoir mangé, nous sommes partis en taxi vers les sources thermales de La Caleta (environ 10 soles). Le site compte environ cinq ou six piscines d’eau chaude, mais ce jour là, seulement deux piscines étaient ouvertes. L’eau est très chaude et la vue sur le Canyon est superbe ! Nous avons apprécié cette pause qui a été l’un des seuls moments de vraie détente de tout notre voyage ! Nous y sommes restés entre deux et trois heures et nous sommes partis vers 15h00 pour prendre le bus de 16h00 pour Arequipa. Arrivée à Arequipa vers 19h00 et retour à la Posada Nueva España pour une dernière nuit.

03/10/2008 vendredi : Arequipa – Puno - Sillustani Réveil vers 6h00 et déjeuner sur la terrasse de notre hôtel. Départ d’Arequipa vers 8h30 avec Cruz del Sur (billet acheté par Joseph de la Posada Nueva España durant notre visite du Canyon au prix de 51 soles par personne). Arrivée à Puno vers 13h30. À mon arrivée à Puno, j’ai été atteint du mal d’altitude. Maux de tête, nausée et manque de coordination, etc. Joseph, de la Posada Nueva España nous avait réservé un hôtel à Puno (Tambo Real, 90 soles la nuit, négocié à 81 pour deux personnes avec petit déjeuner, très propre, très correct.) En arrivant, j’ai immédiatement bu un maté de coca et j’ai pris des médicaments contre le mal d’altitude (Diamox) qui m’avaient été prescrits par la Clinique du voyageur à Montréal. Je vous conseille d’en apporter à titre préventif, car les symptômes du mal d’altitude sont vraiment désagréables. En après-midi, nous nous sommes rendus en taxi vers Sillustani. Il était déjà tard, nous avons donc été obligés d’y aller en taxi. Comme le site est assez loin du centre de Puno, le coût du trajet aller-retour est assez cher (environ 70 soles), mais il vaut la peine. Le site, constitué d’anciennes tours funéraires circulaires, est situé sur un promontoire sur les rives du Lago Umayo. Là-haut, le vent est glacial. Je vous suggère donc de vous munir d’une bonne veste pour profiter de la visite. Aussi, la visite est assez difficile en raison de l’altitude. Un long escalier taillé dans la pierre donne accès au site et, avec l’altitude, il est assez long et pénible à gravir. Si cela est possible, je vous suggère donc de vous acclimater à l’altitude avant d’entreprendre sa visite (ce que je n’ai pas fait, faute de temps!). Il est possible de louer les services d’un guide sur place, mais comme il était déjà tard, nous avons fait le tour du site sans guide (environ une heure). Notre chauffeur de taxi nous attendait et, sur la route menant à Puno, il a fait un arrêt dans l’une des nombreuses petites maisons « traditionnelles » ou des familles de paysans vous accueillent pour vous faire visiter leur maison et vous apprendre davantage sur leur mode de vie. Il s’agit bien sûr de lieux touristiques, mais les familles qui vivent dans ces petites maisons sont authentiques et très sympathiques. Pour quelques sols, ils vous feront visiter leurs maisons et vous montreront de quelle façon ils cultivent la terre et répondront à toutes vos questions sur le tissage de la laine d’alpaca. Nous sommes ensuite revenus à l’hôtel vers 18h00 où un employé avait acheté pour nous des billets d’autobus pour Copacabana (15 soles par personne).

04/10/2008 samedi : Puno – Copacabana – Isla del Sol Réveil à 5h45, déjeuner et départ en taxi vers le terminal d’autobus. Départ pour Copacabana à 7h30. Attention : comme à Arequipa, il y a deux terminaux d’autobus à Puno. Il est donc important d’indiquer à votre chauffeur de taxi quelle est la destination de votre autobus. Sinon, il risque de vous déposer au mauvais terminal… Arrivée à Copacabana vers 11h30 (il faut reculer sa montre de une heure en Bolivie). À votre arrivée, il est important d’acheter tout de suite votre billet d’autobus de retour pour Puno (ou autre destination). Les autobus se remplissent vite et il sera peut-être difficile de trouver un billet à la dernière minute. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait. Dès que nous sommes arrivés, nous avons acheté notre billet de retour pour le lendemain (une journée est suffisante pour la visite de l’Isla del Sol). L’homme qui nous a vendu le billet nous a également proposé un forfait pour la visite de l’Isla del Sol. Nous avons négocié à 55$ un forfait comprenant une nuit pour deux personnes dans un hôtel de l’île avec petit-déjeuner (Hotel Inti Kala à Yumami), l’aller-retour en bateau et le billet de bus de retour pour Puno. Nous n’avons pas regretté l’achat de ce forfait, mais je crois qu’il est possible de visiter l’Isla del Sol pour beaucoup moins. En effet, le coût du transport en bateau depuis Copacabana vers l’Isla del Sol coûte moins de 2$. De plus, il y a un grand choix d’hébergement sur l’île et les prix sont vraiment très abordables (moins de 20 $ avec petit-déjeuner). Il est donc plus économique d’y aller sans forfait et de négocier les prix de la chambre directement sur l’île. Pour ce qui est de l’hôtel Inti Kala, je vous le recommande fortement. Il est situé au sommet de l’île à Yumami. De là-haut, la vue sur le lac Titicaca est magnifique et les couchers de soleil sont à couper le souffle! Les chambres ne sont pas chauffées, mais il y a de très épaisses couvertures de laine d’alpaca dans tous les lits (comme dans tous les hôtels du Pérou). De plus, il n’y a pas vraiment d’eau chaude. Alors, oubliez la douche chaude en arrivant le soir… Malgré ces détails, le détour par la Bolivie et l’Isla del Sol vaut vraiment la peine. Les paysages sont incroyables et la vue sur la cordillère bolivienne est magnifique. Je vous conseille donc fortement de faire un détour par cette île qui m’a beaucoup plus impressionné que Taquile.

Une fois arrivés sur l’île (départ de Copacabana vers 13h30, arrivée sur l’île à 15h30), la montée d’un long escalier nous attendait. La montée dure plus d’une heure et avec l’altitude, elle est parfois assez ardue! À notre arrivée au sommet, nous nous sommes dirigés vers notre hôtel et nous avons ensuite entrepris une promenade vers le petit site archéologique situé au sud de l’île, le Templo del Sol. Le site n’est pas très difficile à trouver, mais malgré cela nous nous sommes égarés ! Nous avons rencontré des paysans qui nous ont indiqué le mauvais chemin et nous nous sommes finalement rendus jusqu’à la pointe sud de l’île et au retour, la nuit commençait déjà à tomber. Nous avons assisté à un magnifique coucher de soleil sur les sommets enneigés de la Cordillère bolivienne et nous avons même fini par trouver le Templo sel Sol. Toutefois, comme il était déjà tard, nous ne l’avons pas visité. Nous sommes revenus à l’hôtel et nous avons mangé de la truite pour le souper. La truite est vraiment la spécialité culinaire des villages situés sur les rives du lac Titicaca. Elle est toujours excellente et le coût d’un repas est toujours très abordable.

05/10/2008 dimanche : Isla del Sol – Copacabana Réveil vers 6h00. Déjeuner vers 7h00 et départ pour le nord de l’Isla del sol vers 8h00. Nous avons entamé une randonnée qui dure entre quatre et cinq heures vers l’extrémité nord de l’île. La marche en altitude est assez difficile et il y a quelques montées. Toutefois, les paysages sont vraiment incroyables. L’île est assez étroite de sorte que l’on a une vue magnifique sur le lac, et ce, peu importe le côté où se pose notre regard. À cet endroit, l’eau du lac est d’un bleu profond et au loin, on peut apercevoir différentes chaînes de montagnes. Sur la route, on croise quelques bergers avec leurs troupeaux de moutons, des chiens errants et peu de touristes. C’est vraiment une très jolie promenade ! Un moment fort de notre voyage ! C’est, je crois, l’un de mes meilleurs souvenirs du Pérou avec le Canyon del Colca et le Machu Picchu. Je vous conseille donc de faire un détour vers la Bolivie et l’Isla del Sol si vous passez dans la région du Lac Titicaca. À mi chemin, des paysans de la Communauté Challa vous demanderont de payer votre droit d’entrée à la partie nord de l’île. C’est un peu ridicule, car vous avez déjà payé votre entrée sur l’île à la sortie du bateau devant le grand escalier. Mais il y a deux communautés sur l’Isla del Sol : Yumami et Challa. Vous devez donc payer un droit d’entrée aux deux… Mais, le prix n’étant pas trop élevé (10 Bolivianos) nous avons payé et nous avons poursuivi notre chemin vers le petit site archéologique situé près de la pointe nord (Chinkana, Roca Sagrada et Mesa de Sacrificios). Vers midi, nous sommes arrivés au port du nord ou l’on trouve un joli village pittoresque devant lequel il y a une très belle petite plage (pas de baignade, car l’eau est trop froide!). Nous avons mangé dans un petit restaurant (encore de la truite!) puis nous avons pris le bateau pour retourner au port du sud vers 13h30. Nous sommes arrivés au port du sud vers 14h00 et nous avons dû attendre jusqu’à 16h30 pour reprendre le bateau vers Copacabana vers 17h30. Nous avons trouvé un bel hôtel très propre mais encore équipé d’une douche électrique (Wendy Mar, Av. 16 de Julio Esq. Potosi) vraiment pas cher (nous l’avons négocié pour environ 12 $ la nuit). Nous sommes partis manger et nous sommes revenus à l’hôtel pour nous coucher assez tôt.

06/10/2008 lundi : Copacabana – Puno Réveil vers 6h30. Comme notre autobus de retour vers Puno était seulement à 13h30, nous avons eu le temps de faire la montée du Calvario, une petite montagne qui domine Copacabana et le lac Titicaca sur laquelle se trouve un chemin de croix avec, au sommet un monument dédié à la Vierge de Copacabana. La montagne ne semble pas très haute, mais attention, car la montée, à 4 000 m d’altitude est assez éprouvante! Pour une personne en bonne forme physique, il faut compter environ une heure de montée. La vue qu’on a du sommet vaut cependant la peine. D’un côté, on peut voir toute la ville de Copacabana et de l’autre, le lac Titicaca avec au loin l’Isla del Sol et l’Isla de la Luna. Pour redescendre, c’est une autre histoire… Cela prend entre 15 et 20 minutes! Après avoir fait cette montée, nous avons eu le temps de nous balader dans la ville pour faire quelques achats dans les nombreuses boutiques de souvenirs. Nous avons visité la basilique de Nuestra Señora de Copacabana. Nous avons mangé dans l’un des petits restaurants situés face au lac. Les restaurants ne servent que de la truite, mais la nourriture est excellente et pas très coûteuse. Environ 8 Bolivianos pour un repas complet constitué d’une truite, de frites, de salade et d’une grosse bière bolivienne. Vers 13h30, nous avons repris l’autobus pour revenir sur nos pas à Puno. Arrivée vers 15h30, heure péruvienne. Nous sommes allés au marché d’artisanat de Puno qui est situé près du quai d’embarquement pour les îles Uros. Nous avons fait quelques achats et nous avons réservé un billet d’embarquement pour la visite des Uros et de Taquile le lendemain. Nous avons négocié le billet de bateau aller-retour, l’entrée sur les Uros et sur Taquile, le transport aller-retour du port à l’hôtel pour environ 30 soles par personne, ce qui doit revenir environ au même prix que de s’organiser soi-même.

07/10/2008 mardi : Puno – Islas Uros – Isla Taquile – Puno Réveil vers 5h30, déjeuner et départ vers 7h00 pour les îles Uros et Taquile. Départ sous la pluie et par une température glaciale (il fait froid à Puno !). Il fallait absolument être habillé chaudement (tuque et gants) et porter un imperméable. De plus, nous avions un parapluie qui a été très utile et qui nous a souvent évité d’être détrempés. Même s’il a plu rarement durant notre voyage, je vous suggère quand même d’apporter un mini-parapluie lors de votre voyage au Pérou. Il faut compter environ 20 minutes de bateau pour se rendre jusqu’aux Uros. En chemin, le capitaine s’arrête pour nous montrer le Yavari, l’ancien bateau à vapeur qui naviguait autrefois sur le lac. À l’arrivée sur les Uros, les habitants nous attendaient pour nous accueillir très chaleureusement. Les Uros sont des îles TRÈS touristiques, mais il s’agit tout de même d’une expérience inoubliable qu’il ne faut pas rater. Il s’agit d’un lieu unique au monde, et ce sera sans doute de la seule fois où vous marcherez sur des îles entièrement faites de roseaux. Le seul fait de marcher sur ces îles est une expérience en soi. Nous y sommes restés environ une heure. Nous avons eu droit à une petite présentation faite par le chef de l’île où nous nous trouvions et qui était traduite par notre guide, car le chef ne parlait que l’Aymara, je crois. Il nous a expliqué de quelle façon les îles étaient fabriquées et les principaux produits à la base de leur alimentation (poisson, pain et roseaux). Nous avons même pu goûter aux roseaux ! Après la présentation, nous sommes partis faire une promenade vers une autre île à bord d’un bateau fait de roseaux. Sur la deuxième île, plusieurs habitants nous attendaient pour nous vendre des produits d’artisanat. Notre bateau est ensuite reparti pour un trajet d’environ 2h30 pour l’île de Taquile. À notre arrivée, une montée d’environ une heure nous attendait. Comme nous étions déjà habitués à l’altitude, elle ne fut pas trop pénible. À l’arrivée au sommet de l’île, on peut visiter le petit village et voir les habitants en costumes traditionnels (ceintures tressées, tuques rouges pour les hommes mariés, tuques rouges et blanches pour les célibataires, robes noires pour les femmes mariées). J’ai été un peu déçu par Taquile, car j’ai trouvé l’endroit trop touristique. En effet, il y avait plus de touristes que d’habitants. Si vous devez choisir une île du lac Titicaca, je vous suggère plutôt de vous rendre à l’Isla del Sol en Bolivie et de ne visiter que les Uros du côté péruvien. Il y a également l’île d’Amantani, mais je ne peux rien dire à son sujet, car je ne l’ai pas visitée. Après être resté une demie heure sur la place principale du village, nous sommes partis manger de la truite dans un restaurant où notre guide nous fait une petite présentation sur les coutumes et costumes des habitants de l’île. Après être redescendus du l’autre côté de l’île par un escalier comptant plus de 500 marches, nous sommes repartis vers Puno à 15h00. Il faisait très froid, il pleuvait et le lac était très agité. La traversée a duré plus de trois heures et fut assez pénible pour ceux qui souffraient du mal de mer… Retour à Puno vers 18h30.

08/10/2008 mercredi : Puno – Cuzco Réveil vers 6h30. Petit-déjeuner et taxi jusqu’au terminal de bus de Puno. Bus Puno-Cuzco avec Cruz del Sur (41 soles). Départ à 8h30 et arrivée à 15h00. À notre arrivée au terminal de bus de Cuzco, plusieurs représentants nous attendaient pour nous faire visiter des chambres d’hôtel. Comme le transport en taxi vers l’hôtel était payé, nous sommes partis avec un représentant pour visiter une chambre de L’Hostal Huyanapata situé derrière la cathédrale (75 soles la nuit avec petit déjeuner). Nous avons finalement choisi une chambre dans cet hôtel qui était très correct et situé à quelques minutes à pieds de la Plaza de Armas. Soirée pluvieuse et froide. Nous avons mangé dans un restaurant situé face à la cathédrale le menu suivant qui vous donnera une petite idée du prix moyen d’un repas complet à Cuzco :

Pisco sour, soupe et pain, Rocotto Relleno, dessert et thé : 25 soles. Pisco sour, soupe et pain, Alpaca a la plancha, dessert et thé : 25 soles.

09/10/2008 jeudi : Cuzco – Pisaq – Cuzco Réveil vers 6h00. Petit-déjeuner et départ pour l’achat du billet de train pour Aguas Calientes (Machu Picchu Pueblo) et du Boleto Turistico. C’est la première chose que je vous conseille de faire à votre arrivée à Cuzco, car les places de train se vendent très rapidement. Nous avons donc acheté directement au bureau de Peru Rail le billet de train au prix de 180$ pour deux personnes (aller : Ollantaytambo/Aguas Calientes, Vista Dome) – retour : Aguas Calientes/Cuzco, Backpacker) Nous sommes également passés au bureau du tourisme pour l’achat du Boleto Turistico au coût de 120 soles par personnes. Nous nous sommes ensuite redu au petit terminal d’autobus pour prendre le bus vers Pisaq. Environ 4 soles par personne pour 45 minutes de trajet. À Cuzco, plusieurs chauffeurs de taxi vous proposeront de vous faire visiter plusieurs sites de la région pour environ 100 soles. Toutefois, il est beaucoup plus économique et très facile d’y aller soi-même. À Pisaq, nous avons pris un taxi qui nous a amenés au sommet de la montagne où se trouvent les ruines. Environ 20 soles pour 15 minutes de trajet. Comme le site de Pisaq est très vaste, je vous conseille vraiment d’y monter en taxi et de conserver votre énergie pour la visite du site qui dure environ trois heures avec la descente à pied jusqu’au village. La visite de ce site est très impressionnante. C’est d’ailleurs le site le plus impressionnant après le Machu Picchu, selon moi. Un long sentier à flanc de montagne traverse plusieurs ruines et la descente permet d’admirer la Cordillère des Andes et de voir le village de Pisaq à vol d’oiseau. Retour à Cuzco vers la fin de la journée.

10/10/2008 vendredi : Cuzco – Tambomachay – Puka Pukara – Qenko – Saqsaqwaman – Cuzco Réveil vers 6h00. Il y a plusieurs façons de faire la visite des sites de Tambomachay, Puka Pukara, Qenko et Saqsaqwaman, mais la plus simple et la moins onéreuse consiste à prendre le bus en direction de Pisaq et de demander au chauffeur d’arrêter à Tambomachay. À partir de ce site, vous pouvez revenir à pied par la route et visiter les autres sites au passage. Le Boleto Turistico est nécessaire pour l’entrée sur chacun de ces sites. La route menant de Cuzco à Pisaq sur laquelle vous marcherez pour visiter tous ces sites est toutefois très passante. En effet, de nombreux autobus touristiques effectuent le trajet entre Cuzco et Pisaq et la balade à pied est plus ou moins agréable. Les paysages sont très beaux, mais la circulation automobile rend le trajet un peu dangereux. Pour ce qui est des sites eux mêmes, nous avons préféré Tambomachay pour ses fontaines qui sont encore en fonction et Saqsaqwaman pour l’immensité des blocs qui composent ses fortifications. Un guide (qui parlait uniquement espagnol) nous a accompagné tout au long de notre visite pour environ 30 soles. La visite fut donc très intéressante et nous en avons appris beaucoup sur le peuple Inca. Saqsaqwaman .est à mon avis l’un des sites les plus impressionnants avec Machu Picchu et Pisaq. Pour faire la visite de tous ces sites, comptez un peu plus d’une demie journée (de 8h00 à 14h00) et n’oubliez pas d’avoir avec vous de l’eau et de la nourriture, car on ne peut pas faire de provisions sur les sites.

11/10/2008 samedi : Cuzco – Moray – Salinas de Maras – Ollantaytambo Départ vers 7h00 pour Moray. Pour nous y rendre, nous avons pris le bus en direction d’Urubamba et nous avons demandé au chauffeur de nous déposer à l’embranchement de la route de Maras (tel que conseillé dans le Lonely Planet). À cet endroit, quelques chauffeurs de taxi attendent pour se rendre sur les sites archéologiques avec des touristes. Nous avons conclu une entente avec un chauffeur pour un trajet (aller seulement) vers Maras et les Salinas pour environ 45 soles. Il faut environ compter une heure pour visiter Moray (Boleto Turistico nécessaire). Le site n’est pas un incontournable, mais la visite est tout de même assez impressionnante. Il s’agit essentiellement de cultures en terrasses de forme concentrique qui étaient utilisées par les Incas pour mener diverses expériences d’agriculture. Après une heure de visite, nous sommes partis pour les Salinas de Maras. Ce site est vraiment impressionnant et vaut le détour. Il en coûte 5 soles par personne pour le visiter et la visite dure environ une heure. Après avoir visité le site, nous sommes descendus à pied jusqu’à la route qui mène d’Urubamba à Ollantaytambo (environ une heure de marche). De là, il est possible de prendre un autobus pour quelques soles en direction d’Ollantaytambo. Ollantaytambo est un petit village qui vaut la peine d’être visité. Il s’agit en fait de la seule ville qui a conservé le plan de la ville Inca d’origine avec des rues très étroites et des canaux qui amènent l’eau. La ville est entourée par les montagnes et, de chaque côté, on peut voir les deux forteresses d’Ollantaytambo. Pour visiter la plus importante des deux forteresses, il est nécessaire d’avoir le Boleto Turistico, mais l’entrée est libre pour la visite de la seconde. La vue sur la Olantaytambo et sur les montagnes environnantes est vraiment incroyable du haut des deux forteresses. Ollantaytambo étant la dernière gare avant d’arriver à Aguas Calientes, c’est une ville où il y a beaucoup de touristes et où il peut être difficile de trouver un hôtel, même en basse saison. De fait, tous les hôtels mentionnés dans le Lonely Planet étaient complets lorsque nous sommes arrivés. Nous avons trouvé un hôtel situé près de la gare (El Bosque, 20 $ petit déjeuner inclus). Toutefois, comme l’hôtel est situé près de la gare, il y a beaucoup de va et vient et de bruit lorsque les trains arrivent. Toutefois, pour dormir une nuit avant de prendre le train, c’était tout à fait correct.

12/10/2008 dimanche : Ollantaytambo – Aguas Calientes Réveil à 6h00 et départ pour une marche vers la seconde forteresse d’Ollantaytambo. Nous avons gravi environ la moitié de la montagne pour nous rendre à la seconde forteresse (entrée gratuite) où nous avons mangé en admirant le paysage et le village. Il paraît qu’on peut monter jusqu’au sommet de la montagne (c’est ce que des Péruviens rencontrés la veille nous avaient affirmé), mais comme le train pour Aguas Caliente partait à 10h30 nous n’avons pas eu le temps de nous y rendre. Vers 9h00, nous sommes revenus à l’hôtel pour prendre le petit-déjeuner avant de partir pour la gare qui est située tout près. Le trajet vers Aguas Calientes dure environ deux heures et les paysages sont magnifiques (Vista Dome non nécessaire selon moi). Tout le long du trajet, on peut voir la rivière et on aperçoit même le Chemin de l’Inca et des randonneurs. Plus le train avance et plus la végétation est dense. Arrivée à Aguas Calientes vers 12h30. La ville est vraiment minuscule et il n’est pas nécessaire de prendre un taxi pour se rendre au centre. Il suffit de marcher, de suivre la foule de touristes, de traverser le marché d’artisanat et la rivière. On arrive ensuite au centre constitué essentiellement d’une seule artère principale où se trouvent tous les hôtels et les restaurants. Dès notre arrivée, un serveur péruvien nous a abordés pour nous demander si nous cherchions un hôtel. Au départ, j’étais assez méfiant et je ne voulais pas de son aide. Toutefois, je me suis rapidement rendu compte qu’il était très sympathique et très serviable. Il voulait évidemment un pourboire, mais pour l’obtenir, il nous a réellement aidés. Nous avons visité avec lui trois ou quatre hôtels et aucun n’avait de chambre disponible. Je vous conseille donc de réserver votre chambre à l’avance si vous y allez en haute saison. Après plusieurs tentatives infructueuses, nous avons trouvé un hôtel (Hostal El Tumi, esq. Pachacutec y Tupac Inca Yupanqui) très convenable pour environ 20$ la nuit sans petit-déjeuner (je ne suis plus certain du prix). Nous sommes ensuite partis manger sur la rue principale d’Aguas Calientes et, pour remercier notre ami péruvien, nous avons choisi de manger dans son restaurant. Nous avons discuté avec lui et nous lui avons demandé où nous pouvions acheter nos billets pour le Machu Picchu. Il est venu avec nous jusqu’à la billetterie qui se trouve sur la rue principale d’Aguas Calientes où nous avons acheté deux billets pour le lendemain pour 122 soles par personne. Il nous a ensuite conduits à la station de bus où nous avons aussi acheté deux billets pour le premier départ (5h00 du matin) au coût de 12 $. (Si vous souhaitez vous rendre tôt au site de Machu Picchu, il est impératif d’acheter votre billet la veille, car il est impossible de se procurer un billet sur le site. Les billets ne sont vendus qu’à Cuzco et à Aguas Caliente.) Après avoir mangé et acheté nos billets, nous disposions de l’après-midi et de la soirée. Nous avons décidé de tenter l’ascension du Putucusi, une montagne située près d’Aguas Calientes. Je conseille vraiment aux amateurs de randonnée de gravir cette montagne. La montée dure environ trois heures et il faut être en bonne condition physique (en raison de l’altitude) et être équipé de bons souliers de marche. Il faut apporter avec soi de bonnes réserves d’eau et surtout ne pas avoir le vertige, car il est nécessaire de gravir plusieurs très longues échelles faites de bois. Soyez très prudents, car les échelles sont très longues, assez rudimentaires et peuvent parfois être très glissantes. Vous serez toutefois rapidement récompensés, car, vers la moitié du trajet, le paysage se révèle et on peut voir le petit village d’Aguas Calientes situé au bas de la montagne. Ensuite, un très long escalier taillé dans la pierre permet d’accéder au sommet où l’on peut voir le Machu Picchu situé juste en face. La vue sur le site est vraiment spectaculaire et il est intéressant de voir le site sous un nouvel angle. Nous nous sommes reposés environ 30 minutes au sommet du Putucusi avant de redescendre. À l’arrivée, nous étions épuisés, couverts de sueur et assoiffés. Nous nous sommes arrêtés dans le premier restaurant pour boire une Cuzqueña bien fraîche et manger. Nous n’avons pas eu le temps d’aller nous baigner dans les sources thermales, car il était trop tard. Nous sommes donc retournés à l’hôtel, mais avant, nous avons fait quelques provisions (jus, eau, sandwich, etc.) pour la journée du lendemain. Nous nous sommes couchés vers 21h00, car il fallait se lever tôt. Nous avons toutefois très mal dormi en raison du bruit. Comme tous les hôtels sont situés sur la rue principale, près des bars et les restaurants, il y a vraiment beaucoup de bruit la nuit. J’ai eu droit à tous les succès du groupe The Police à partir de minuit, et ce jusqu'à 3h00 du matin…

13/10/2008 lundi : Aguas Calientes – Machu Picchu – Cuzco Réveil vers 4h00 du matin pour la journée la plus importante de tout voyage au Pérou : la visite du Machu Picchu ! 🙂 Aussitôt levés du lit, nous nous sommes dirigés vers l’arrêt d’autobus. À cette heure, nous pensions être les premiers arrivés. Toutefois, environ une quarantaine de touristes nous avaient déjà devancés ! Nous avons ainsi attendu jusqu’à l’arrivée du premier bus vers 5h00 du matin. Comme il y avait déjà 40 personnes devant nous, nous n’avons pas pu monter dans le premier bus. Nous sommes donc montés à bord du deuxième bus qui suivait immédiatement derrière. À 5h00 du matin, il y avait au moins 300 touristes qui attendaient en ligne derrière nous ! Ainsi, si vous souhaitez être les premiers arrivés sur le site, il vaut mieux arriver à l’arrêt du bus vers 4h00 du matin. Le bus met environ une demi-heure avant de grimper jusqu’au site et il faut environ 15 minutes avant de passer le guichet. Une fois sur le site, le spectacle est grandiose ! L’ensemble est vraiment vaste et d’une beauté incroyable. Aucune photo ou film ne peut rivaliser avec l’expérience de la visite. Je pensais être déçu, car j’avais souvent vu le Machu Picchu à la télé ou en photo. Aussi, le fait de me retrouver sur le site le plus touristique du Pérou ne m’enchantait pas. Toutefois, je n’ai vraiment pas été déçu. De 6h45 à 10h00, j’ai pu profiter du site et m’y promener sans rencontrer une masse de touristes. J’ai pu prendre plusieurs photos sans touristes, ce qui devient impossible vers 12h00. Ainsi, si vous souhaitez profiter du site en paix, mieux vaut arriver tôt ! Par ailleurs, la visite ne saurait être complète sans l’ascension du Wayna Picchu. Toutefois, seulement 400 touristes sont autorisés à y grimper à chaque jour. Pour pouvoir y monter, il faut se procurer un billet auprès d’un gardien qui se trouve près de l’entrée Wayna Picchu. C’est d’ailleurs la première chose que nous avons fait en arrivant. Nous nous sommes dirigés vers l’entrée et nous avons attendu en file pendant environ 45 minutes. Nous avions le choix de commencer l’ascension à 7h00 ou à 10h00. Nous avons décidé de prendre un billet pour 10h00. Ainsi entre 6h45 et 10h00, nous avons pu faire le tour du site de Machu Picchu en toute tranquillité. À 10h00, nous avons commencé l’ascension du Wayna Picchu. Pour gravir la montagne, il faut monter un long escalier taillé à même la pierre. La montée dure environ 1h30 et il ne faut pas avoir le vertige, surtout au sommet du site où de petits escaliers incas permettent d’accéder aux temples. La vue sur la région et sur le site est vraiment incroyable ! Nous sommes restés au sommet durant environ 1h00 et nous sommes redescendus vers 13h00. Nous avons fait un autre petit tour sur le site qui était envahi par les touristes. Nous sommes ensuite repartis en autobus vers 14h00 pour ne pas rater le train pour Cuzco qui partait à 17h00.

14/10/2008 mardi : Cuzco Journée plutôt tranquille pour faire quelques achats au marché d’artisanat. Comme il nous restait encore du temps, nous en avons profité pour visiter quelques sites inclus dans le Boleto Turistico : le monument à Pachacuteq, le Museo historico Regional, le museo del sitio Qoricnacha et le Qoricancha (non inclus avec le Boleto). Le Qoricancha n’étant pas inclus dans le Boleto Turistico, vous devrez payer quelques soles pour le visiter. Même s’il a été en grande partie démoli par les Espagnols, ce site est incontournable. Comme il s’agissait du temple le plus important de l’empire Inca, sa visite est essentielle et vous permettra d’admirer des pierres finement ciselées et des murs construits à la perfection.

15/10/2008 mercredi : Cuzco – Lima – Miraflores Réveil vers 7h00 et départ vers 8h00 en taxi vers l’aéroport pour notre vol de retour à Lima à 10h00 (vol réservé avant le voyage sur le site Internet de LAN.) Arrivée à Lima vers 11h00 où le même chauffeur qu’à l’arrivée nous attendait pour nous conduire à l’hôtel San Antonio Abad de Miraflores. Nous avons profité de cette journée pour visiter Miraflores : le centre commercial Larcomar avec vue sur l’océan Pacifique, les casinos, le Parque El Amor, la cathédrale de Miraflores, le Parque Kennedy, etc. Nous avons pu voir les nombreux parapentistes qui pratiquent leur sport près de l’océan et nous sommes descendus sur la plage pour voir les nombreux surfeurs qui nous ont proposé leurs services pour des cours de surf. Nous avons pris un verre au très beau restaurant La Rosa Nautica, qui se trouve sur une jetée d’où on peut admirer l’océan, les surfeurs, les falaises et les parapentistes.

16/10/2008 jeudi : Lima – Centro et souper avec Christian au Cordon Bleu Réveil vers 7h00 pour une journée réservée à la visite du Centro de Lima. Nous avons pris le petit déjeuner à l’hôtel et nous sommes partis en taxi (30 soles) pour rejoindre le Centro qui est assez loin de Miraflores (compter 20 minutes en taxi). Arrivée à la Plaza de Armas où nous avons pu admirer la cathédrale et le Palacio de Gobierno. Nous avons attendu qu’il soit midi pour assister au changement de garde qui s’effectue sous haute surveillance policière devant le Palacio de Gobierno. Le « spectacle » dure environ une heure. Des musiciens, vêtus d’uniformes militaires traditionnels interprètent plusieurs des hymnes péruviens tandis que des gardes défilent d’un pas saccadé et selon un protocole très précis pour prendre la relève de ceux qui surveillaient l’entrée. Après avoir assisté au changement de garde, nous nous sommes dirigés vers le Monasterio de San Franciso, un monastère franciscain célèbre pour ses catacombes et sa bibliothèque. La visite guidée, en espagnol, vaut vraiment la peine et permet de mieux comprendre l’origine de cet endroit qui est l’un des premiers cimetières de Lima. Les catacombes, où sont regroupés des milliers d’ossements, sont vraiment impressionnantes. Après cette visite, nous avons visité rapidement le Parque de la Muralla qui présente les ruines de l’ancienne muraille qui ceinturait autrefois Lima. Nous sommes ensuite revenus à l’hôtel pour nous préparer pour le souper. À 19h00 nous avions rendez-vous avec mon ami péruvien Chrisitan que j’ai connu à Montréal, mais qui est retourné vivre au Pérou. Nous l’avons rencontré à l’école d’hôtellerie où il étudie, Le Cordon Bleu de Miraflores, où nous avons mangé le repas le plus gastronomique de notre voyage.

17/10/2008 vendredi : Lima – Pachacamac et spectacle au Brisas del Titicaca Aujourd’hui, pour notre derrière journée complète à Lima, nous sommes partis très tôt pour visiter le site de Pachacamac, situé en banlieue de Lima. Le site est intéressant, mais ce n’est pas un incontournable. Les pyramides sont situées dans un cadre très désertique et sont en mauvais état de conservation. De la plus haute pyramide, la vue est très belle et on peut apercevoir le Pacifique. L’entrée au site n’est pas très chère (environ 10 soles) et il est facile de s’y rendre avec les transports publics. Vous n’avez qu’à vous rendre à l’intersection d’Angamos et de la route Panaméricaine. De là de nombreux minibus partent en direction de Pachacamac. Le coût du trajet est très abordable (1.20 soles) et le trajet dure environ 20 minutes. Il faut environ 2 heures pour faire le tour du site à pieds. Apportez de l’eau, car il fait beaucoup plus chaud qu’à Lima. Vers l’heure du midi, nous sommes revenus à Miraflores. Dans l’après-midi, nous avons fait quelques achats au Mercado Indio de Miraflores. Nous sommes ensuite revenus nous reposer à l’hôtel, car nous avions rendez-vous en soirée avec mon ami Christian pour une soirée à Las Brisas del Titicaca, une extraordinaire salle de spectacle. Nous l’avons tout d’abord rencontré dans son appartement situé près du Centro. Nous avons mangé du Pollo a la brasa et nous avons discuté avec sa sœur et son ami. Vers 21h30, nous sommes partis voir le spectacle. Je vous conseille vraiment d’aller faire un tour dans cette « peña » si vous voulez avoir un aperçu de la grande richesse des danses et de la musique péruvienne. De 22h00 à 3h00, les danseurs se sont succédés sans arrêt! Nous avons assisté à des marineras, à des sayas, des morenadas, etc. Les danseurs étaient exceptionnels et ils étaient accompagnés d’un orchestre « live ». Le coût du spectacle est un peu cher (je crois que c’était quelque chose comme 45 soles) et il faut réserver, car c’est toujours complet. Mais je vous le conseille vivement! Après le spectacle, nous sommes revenus à la chambre vers 3h30. Une courte nuit nous attendait, car il nous devions nous lever vers 5h30 pour prendre l’avion de retour…

18/10/2008 samedi : Lima –Montréal Après avoir dormi seulement 2 heures, nous nous sommes réveillés vers 5h30. Nous avons terminé de préparer nos bagages, nous avons pris le petit déjeuner et nous avons quitté l’hôtel en taxi vers 7h30. Départ de l’avion à 10h40. Transfert à Miami vers 17h00. Arrivée à Montréal à 23h15. Conclusion : un magnifique voyage !
Madagascar (14 mars 2009) English translation pending
by Rasoa · 2009-03-14 · 584 replies
Mada, c'est cuit, je rentre !..... Le danger guette, les Ratsiraka's sont de retour !

Adieu Mada et son avenir, retour à la merde !...
Manifestations à Madagascar ce jour 26 janvier 2009 English translation pending
by Jipi · 2009-01-26 · 1094 replies
manifestations a mada la radio d etat en feu, barrages routiers le president rentre d urgence veut retablir l ordre apr la force attention aux futur partant a mada a plus
Itinéraire pour visiter Bali, Java et Lombok en quatre semaines? English translation pending
by Pablo67 · 2008-12-15 · 22 replies
Bonjour à tous,

Nous partons pour Bali en aout 2009 pour 4 semaines. Les billets d'avion ne sont pas encore pris. Notre principal but est de visiter/flaner à BALI.

Mais nous volons aussi découvir autre chose: JAVA et/ou LOMBOK

D'après mes infos, jakarta et environ est sans interet. Est-ce exact? et Bandung? Nous hésitions à prendre un vol PARIS/JAKARTA, c'est meilleur marché (environ 900 euros). Sur java, il parrait que YOGYAKARTA vaut le détour. Mais est-ce que ca vaut la peine de faire le trajet depuis bali?Quoi voir?

Pour lombok, plutot oui? Combien de temps et que faire? Qui peut me donner des infos récentes et précises sur le ferry (ports, cout, compagnie, durée) bali/lombok?

Merci bcp!
Circuit pour le sud du Pérou l'été prochain English translation pending
by Amarion · 2008-10-19 · 142 replies
Bonjour à tous, Je prévois de partir l'été prochain (2009) en circuit pour le Sud du Pérou (du genre 23/07-18/08). J'aimerais avoir des renseignements sur l'avion, le circuit...

1) Je vois actuellement des billets à 1150€ via Madrid (Lan). Question : Est-ce que je peux espérer trouver moins cher?? So oui à quelle période (Décembre, janvier, Avril?) J'ai cru comprendre qu'au mieux ce serait 1000€ pour cette période...

2) Après beaucoup de lectures, nous prévoyons un itinéraire assez classique: Lima (visite de ville) Paracas et îles Ballestas Pisco (Atelier, distilleries?) puis Nasca (cimetière de Chauchillas) Arequipa (visite de ville) Canyon de la Colca (Altiplano, Aguada Blanca?, Chivay) Puno (site de Pukara, viracocha, Andahuaylilas, lac Titicaca Taquile Uros?) Cusco (visite de ville, Tambomachay, Puka Pukara, vallée des incas Pisaq Ollantaytambo, Machu Picchu) Le lien Cusco-Machu Picchu via la vallée sacrée est à décider. L'économique bus+5h de marche paraît fatiguant en AR... mais le tout train est cher et ne m'inspire guère... Peut-être Puerto Maldonado... Retour vers Lima par avion

Questions : 3 semaines et demi sont-elles suffisantes? trop longues? (dans ce cas, est-ce que ça vaut le coup d'aller en Bolivie?) Puerto Maldonado vaut-il le coup? Il semble qu'Iquitos soit + sympa mais aussi plus loin et donc trop court sur la durée du séjour? Je me suis basé sur un circuit de Pérou insolite. Ils proposent un circuit de base 15j (sans l'amazonie) transport-logement seuls à 550€ environ et un autre à 1400€ de 20j (le même plus amazonie avec toutes les excursions comprises). Ca me paraît de bonne qualité mais plutôt cher pour nous. J'ai également vu des chose sur Arvel voyages, Adeo, Nomades mais c'est du pareil au même (2600€ avec avion).

Est-il envisageable de se débrouiller seuls? Trouve-t-on des hôtels facilement? Les transports sont-ils bien organisés (gare simples à trouver, horaires pas trop tordus)? Est-il possible de trouver sur place des excursions style canyon du Colca? Tout ça en plein été (Français bien sûr). Faut-il réserver avant de partir l'avion (Lima Cusco) ou ce n'est pas nécessaire? L'objectif n'est pas d'être en galère et de ne pas pouvoir faire ce qu'on veut par manque de réservertion/organisation préalable.

Désolé pour la longueur et les questions qui recouvrent certaines déjà posées. Merci d'avance pour tous vos renseignements/réponses/avis.

Adrien
Vivre en complète autonomie dans la nature, les bases à connaitre? English translation pending
by Thunderbolt · 2008-09-30 · 254 replies
Bonjour,

J'aimerai un peu couper les ponts avec cette société ( bonne ou mauvaise peu importe... ) et vivre ailleurs dans un environnement plus "sauvage" et acquérir une totale indépendance vis à vis de tout ce qui nous permet d'avoir un confort et une sécurité quotidienne tout en acquérant un style de vie qui ne s'apparente pas à PAPILLON à Cayenne dans le film éponyme, ma démarche est un tantinet un peu originale mais elle est pensée et réfléchie.

Donc je m'en réfère à ceux qui ont eu une expérience du genre pour m'éclairer dans cette aventure en sachant que je vais mettre tous les atouts de mon coté pour éviter un échec cuisant.

Mon souhait serait d'aller en Océanie, Exemple Papouasie-nouvelle Guinée, iles Salomon etc, mais je ne connais pas du tout cette région, son biotope, ses ressources, climat, religion, régime politique en place, législation etc, en fait je suis preneur de toutes informations.

Je tente de réunir le maximum de renseignements et de connaissances pour se nourrir, se soigner etc...

Mais il y a, je pense, bien des aspects que j'ai pu oublier, c'est pour cela que je fais appel à vos bienveillantes lumières.

Si mon message se trouve dans une partie non adéquate du forum, n'hésitez pas à le déplacer 🙂

Merci !
Passer une semaine en Andalousie en famille English translation pending
by Meandtheboyz · 2008-09-21 · 35 replies
Hello, Nous voudrions passer une grosse semaine avec 2 garnements de 7 et 2 ans, pendant les vacances de la Toussaint, en Andalousie. Nous pensons attérir à Malaga et une étape certaine est Grenade. Sachant que nous préférons des ballades en nature aux découvertes architecturales et que nous nous passerons de gouter à la trépidante vie nocturne, j'hésite entre 2 types de circuits. Le premier du genre malaga - Séville - Cordoue - Grenade, et le second vers lequel je pencherais actuellement, faire une boucle Malaga - Grenade - Tabernas - Cabo de Gata et autour puis retour (en + on est assez fans de déserts). Auriez vous des conseils? Pour l'hébergement, plutot petit budget, ça ne nous ennuit pas de changer de lieu tous les jours, mais je pencherais plutot vers quelque chose comme des gîtes ruraux. Mais à vrai dire, je n'y connais rien à l'offre locale... Merci d'avance.
Train Rome-La Spezia English translation pending
by Zoty · 2008-07-05 · 29 replies
Bonjour,

je vais arriver à Rome et voudrais prendre le train jusqu'à la Spezia dans le but de commencer la visite de la Toscane par les Cinques Terres. J'arrive à Rome le 11 sept 08. Savez-vous s'il est préférable de réserver le train avant d'arriver à Rome, ou si sur place il n'y a pas de problème? Ca coute combien d'Euro? ca dure combien de temps? Je suis aller sur le site de Trainitalia, mais tout est en italien et je ne comprends pas tout. Est-ce qu'il y a une "passe de train" pour l'italie pour les touristes (ou pour tout le monde) qu'on paye une seule fois pour usage multiple? Y a t'il un site internet où l'on voit le réseau de train en Italie?? Le prix et les heures? J'en demande beaucoup... mais j'aime être bien informée!! et j'ai toujours eu de bonnes réponses sur le forum.

Bon été à tous!!

Nathalie
Costa Rica: saison des pluies (août 2007) English translation pending
by Darkette · 2007-08-27 · 35 replies
Vendredi 3 Août : Me voilà bien arrivée au Costa Rica. Je suis arrivée a mon Hôtel a 2h du mat heure française (ya 8h de décalage). Quand on sait que je me suis levée a 5h du mat et ben oui ça fait presque 24h que je suis partie de la maison pour arriver à mon Hôtel a San José ! Faut dire que j’ai eu 3h de transit à Madrid et j’ai aussi eu droit aux heures de pointe sur San José avec bouchon dès sortie de l’aéroport. Faut être motivée ! Mais j’ai pu discuter avec le chauffeur ce qui a bien fait passer le temps.

L’hôtel bon alors il est bien placé mais c’est franchement vieux ! tout est vieux : les chambres, l’équipement, même le réceptionniste est vieux !! et c’est aussi bruyant...mais bon on est vraiment dans le centre, près de tous les commerces, avec une belle zone piétonne.

Une fois avoir pris une bonne douche, je sors faire le tour du quartier histoire de me repérer un peu. Mais je ne sors pas bien tard vu que je suis bien crevée. Samedi 4 : Visite du Volcan Irazua 54km de la Capitale. Faut 1h30 de bus pour y accéder. Le trajet me paraîtra pas long vu que je fais la connaissance au départ d'une québécoise, Dominique, environ 25ans (contact que j’ai eu au préalable grâce a VF). On parle tout le long bien sur et le trajet on l’a pas vu passé !

A l’arrivée nous sommes au plus haut point culminant du Costa Rica 3432m. Le Volcan est composé de 2 cratères dont un ou il y a un lac mais on le voit plutôt de loin.

La chance est qu il n’y avait pas trop de nuage quand nous sommes arrivées ce qui nous a permis vraiment de profiter du site. 1 heure après c’était fini, les nuages se sont engouffrés dans le cratère où il y a un petit lac et on ne voyait plus cette magnifique couleur d un vert si spécial.

Nous avons un peu marché autour et on a bien senti qu’on était en altitude. Un gars du Bus se faisant appelé Jasper et soit disant bénévole dans le Parc nous a servi d une manière tout a fait sympathique de guide draguant tantôt Dominique, tantôt moi ! Il était pas mal faut bien le dire mais de toute évidence il cherche à se caser avec une étrangère pour les papiers... Enfin on a ressenti ça comme ça. Malgré tout, on a quand même bien rigolé avec lui !

Bref, le bus redescend vers 12h30 et on s’arrête dans une petite ville du nom de Cartago, ancienne Capitale du Costa Rica jusqu’en 1823 mais connue dans tout le pays pour sa Basilique du nom de Basilica de Nuestra Señora de los Angeles et sa Vierge noire. C’est le lieu le plus saint de tout le pays.

Nous avons déjeuné dans ce qu’ils appellent un SODA, restaurant bon marché. On y a très bien mangé.

Nous avons repris le bus à 16h30, arrivée a San José environ 1h après...entre temps il avait commencé à pleuvoir et oui c’est la saison des pluies…

Dimanche 5 : Au petit déjeuner, je tombe pas sur un jeune couple français fraîchement arrivés Tiphaine et Guillaume. Ils me demandent quelques renseignements et, n’ayant rien prévu de bien précis, décident de venir avec moi au Volcan Poas qui est à 2H30 de bus de San José. Je retrouve aussi Dominique. Nous partons donc a 4. Arrivés au Volcan, grosse désillusion car on voit avec difficulté le cratère principal vu que les nuages sont déjà dessus et il commence a pleuvoir grave. On se dit que c’est une simple averse mais ça tombe toujours et encore. On décide de ne pas rester statique et on se dirige vers un lac à 30mn à pied. Mais ça nous paraît bien long car ça monte et la pluie ne cesse de tomber même très fort. On se retrouve tremper ! On arrive tout de même au Lac. Il en va de même, les nuages stagnent dessus et on y voit rien ! Bon en ayant un peu de patience ça se dégage mais se recouvre puis de dégage etc.... Bref, on arrive tout de même à voir le Lac en entier mais quant au cratère on l’aura à peine vu en tout cas pas d’une manière bien dégagé !

Quand on reprend le bus on est carrément trempé jusqu’aux os ! On ne rêve que d’une chose c’est vite de retrouver notre chambre et de prendre une douche brulante !

A l Hôtel on fait la connaissance de Marceau qui vient à peine d’arriver de Quebec (il est aussi du Forum et ça fait plusieurs semaines que je tchate avec lui sur le Costa Rica).

Nous voilà donc à 5 pour diner dans un très bon restau du reste qui se nomme Le Patio et qui se trouve dans l'Avenida Central. Voilà voilà le lendemain on part chacun de notre côté dans un endroit différent mais il est fort probable qu’on se revoit quelque part dans le pays. Pour ma part, je pars pour Cahuita, sur la côte des Caraïbes. Ca promet !
Où en est la sécurité en Argentine? English translation pending
by Herge · 2006-11-29 · 25 replies
Ou en est la sécurité en Argentine ? Vaste question, mais aussi plusieurs manières d'y répondre. Tout d'abord que disent les chiffres ? D'une maniere generale, j ai plutot envie de dire que l'Argentine est un pays plus dangereux que la France ou que tout autre pays d'Europe. Pourquoi ? Parce que les derniers chiffres en matiere d homicide par exemple montre que pour 100.000 hab il y a 5 fois plus de meurtre en Argentine qu'en France. Alors faut il en penser pour autant qu'il est plus "dangereux" de se promener dans les rues de Buenos Aires que dans celle de Paris ? J'ai repondrai en disant que la delinquance y est differente. ici, le "delinquant" est, si je peux dire, "professionel", en gros, il n'a pas le luxe de perdre son temps à rouler des mecaniques ou a faire de la provocation. Donc avant tout rapidité, efficacité et professionalisme, il est bien souvent "specialiste" : - Montage d'arnaque, pickpocket touriste, voleur de voiture, cambrioleur, vendeur de drogue, monteur de reseau de prostitution, enlevement de personne, attaque a main armée ( la aussi on se specialise : station service, banque, mais aussi les plus jeunes commence dans les locutorios, les restaurants ou tout simplements les boulangeries, les kioscos..etc.. ) . Bref a chacun son emploi et a chacun sa specialité. Celui qui attaque les station-services le fait toujours à deux et le plus souvent a moto. Celui qui attaque les banques sont habilles en costard cravatte (méthode cameleon ), celui qui arnaque les touristes est deguisé en touriste. etc...bref, on a donc des faux plombiers, des faux concierges, mais aussi des faux policers, des faux avocats, des faux notaires etc.....chacun si je peux dire travaille honnetement dans sa branche ! Ce qui change enormement par rapport a l'Europe comme je l ai dit au tout debut, c'est qu'il n y a pas de " glandeurs" dans la profession, donc vous ne verrez pas de bande de "jeunes" au bas des immeubles, ou des bandes de banlieusards descendre en ville pour "s'amuser" à faire peur aux "bourgeois". Ici le RMI n'existe pas, les allocations familles ou autres sont presques inexistentes, le chomeur ne touche rien, donc le delinquant doit "bosser" dans sa profession pour "s'en sortir". Il sort de chez lui le matin pour bosser et bien souvent meme sa propre famille ignore tout de sa rellee activité. Il est habillé proprement ( sinon comme faire pour "s'approcher" de ses proies ), part le matin et revient le soir chez lui. De toute facon la meilleure heure pour lui est celle ou il y a un maximum de monde dans la rue. A Buenos Aires, les heures les plus "risquées" de 15h à 18h, fin d apres midi, les gens sont fatigués, la vigilence s'est relachée, c'est donc le meilleur moment pour la "cueillette". Le profil du voleur : Toujours propre sur lui, jamais mal habillé, travaille souvent à 2 ( voir 3 ), rarement seul. Plus il est vieux, plus il est dangereux, car ils ont tous commencé jeunes et comme l'espérence de vie est assez courte (metier tout de meme risqué), ceux qui ont plus de 40 ans sont donc des champions en la matiere. La palme d'Or sans conteste est decerné aux couples de petits vieux ( en general plus de 60 ans ), qui jouent les pépé et mémé mere poule aupres des touristes, mais aussi escroque d'autres argentins avec un "cuento del tio" ( histoire de l'oncle, traduc : histoire à dormir debout ) .... il faut dire qu'ils ont plus de 40 ans de professionalisme derriere et meme Copperfield ne connait pas tous leurs tours ! Les lieux de cueillette : La ou il y a de l'argent ( logique non ?), et ou se trouve l'argent ?, en general dans les beaux quartiers. Si en plus, les beaux quartier sont "touristiques" c'est re-banco ! Donc la calle Florida dans le micro centre est la "Mecque" de tout voleur, Plaza San Martin, Plaza de Mayo, Avenida de Mayo, le quartier de San Telmo mais aussi Recoleta, et maintenant bien sur Palermo ( le predateur suit toujours son garde manger sur patte ), il ne faut pas oublier les aeroports et la Terminal de bus de Retiro. Les heures de chasse : En semaine : le micro centre car bondé de belles proies plein de billets surtout entre 11h et 16h apres moins interressant car les banques sont fermés et on se promene avec moins d'argent, ou alors pres des casas de cambio à partir de 15h quand elles ferment si arrive une personne voulant changer de l'argent ... le predateur sera la pour lui changer surement a un taux "personnel". Le soir : les restos ( surtout Palermo, car beaucoup de resto, clientele bo bo donc riche ), c est la methode "une en deux", en une attaque ( toujours a mains armés ) on fait a la fois la caisse du resto et les porte feuilles des clients. Le Week end : plutot les endroits à neuneus, autour de midi San Telmo et sa calle Defensa, la Boca, et la zone de Recoleta, dans le cimetiere, ou sur l'avenida Alvear ou Quintana. Aeroport d'Ezeiza, surtout le matin. Terminal de bus de Retiro plutot le soir ( et le meilleur moment est le vendredi soir ). D'autres sont specialisés dans les passages pieton sur les avenues, a savoir Florida x Corrientes, ou Florida x Diagonal Norte, lorsque le pigeon pieton s'arrete au bord du trottoir pour attendre le feu rouge pour traverser, le voleur vous trouve. Le Sentiment d'insecurité : ZERO, il n y a jamais de sentiment d insecurité, car si il y en avait on le verrait et dans ce cas, le touriste se mefierait, le gerant de la station d'essence prendrait les devant, et le responsable du resto ferait barrage a l'entree de son etablissement. Il y en a meme qui viennent avant tout diner puis à la fin du repas sortent les flingues pour faire la caisse et les clients. ( et ils sont toujours tres bien habillés et tres courtois ). Dangereux ? : OUI, car souvent un flic dinait dans le resto avec sa famille a ce moment la, et n'hésite pas à sortir son arme pour tirer sur les "voleurs", en general il vaut mieux plonger par terre et attendre que ca se passe, mais on ramasse toujours des balles perdues. Pour les attaques de bus ( colectivo ) ca dégenere aussi souvent car les délinquants montent, tiennent en respect le chauffeur pendant que l'autre fait le tour des passagers et bien souvent un flic en civil revenant du boulot ou y allant n'hésite pas à tirer sur les "méchants" et ceux ci n'hesitent jamais à repliquer. Dans mon cas personnel, je me souviens que pendant la periode 2003-2004 j ai subit une suite de hold up ( locutorio, stations service, boutique etc.... ) ou je me trouvais au mauvais moment au mauvais endroit avec un fréquence d'au moins une attaque tous les 6 mois. Pour ce qui est d'arnaque en tout genre ou de pickpocket, pendant mes premieres années à Buenos Aires, maintenant j'arrive a les reperer. L'Argentine par rapport aux autres pays de la zone : Pour ce qui est des homicides : Au niveau des dernieres statistiques ( 10 premiers mois de 2006 ) : Pour les jeunes ( entre 15 et 24 ans ) le taux de mort par armes à feu pour 100.000 hab est de 10, 4 ( l'Argentine est en 7eme pósition ), 1er Bresil : 43, 1. 2ème Venezuela : 38, 3. Pour les meurtres ( toutes armes ou technique confondues ) le taux pour l'Argentine est de 12, 4 ( meme niveau que les Etats Unis aussi avec 12, 4 ), 1er Colombie : 95, 6. 2eme : Venezuela 65, 3 En 2005, dans toute l'Argentine sont morts de maniere violente et non naturelle 9.163 personnes ( officiel ) ( accident de la route compris ) - 37, 58 % d'accident de transport - 30 % par suicide - 23 % par meurtres ( 2.115 meurtres ) : Taux de 5, 86 pour la totalité des argentins ( toute classe d'age ) ........ Capital Federal : 4, 68 Provincia de Chubut : 9, 68 En 2004, il est mort sur Capital Federal ( Bsas intramuros) 233 personnes par armes a feu et 217 d'accident de transport. Conclusion : L'Argentine est elle dangereuse ? Tout dépend d'où vous venez ........ pour un bresilien ou un venezuelien, on repondra que NON. Pour un francais ou un canadien : OUI, car on se fixe sur le pays de provenance du visiteur et sur ce qu'il connait et vit chez lui. Tout dépend du nombre de jour ou vous resterez, les statts sont sur un an, vous restez 1 ou 5 jours ou meme deux semaines les chiffres deviennent ridiculement bas. Tout dépend des type de risques............. il est encore plus probable de se faire tuer en traversant une rue a Buenos Aires que de se trouver sur le passage d'une balle. Tout dépend de votre comportement............... non pas pour les homicides ( extremement faibles en comparaison avec les vols et les agressions ), mais pour tout vol à la tire et escroquerie. En ce moment 15 denonciations de vol de passeport par jour au consulat de France . Aucune statistique pour les vols d'argents ou d'objet. Une chose est sure, les voleurs se déguisent en touriste ou en homme d'affaire pour passer innapercu. Faites de meme, laissez votre deguisement de touriste au vestiaire et deguisez vous en argentin de classe moyenne, vous diminuerez de fait les risques.

A bientot à tous !

Herge !
Pérou: récits de treks en photos English translation pending
by Sbecker · 2006-10-14 · 51 replies
De retour du Pérou, j'entame un récit des quelques treks & ascensions que j'y ai effectué.

Tour de l'Alpamayo

Pendant ce voyage, j'avais envie de faire un grand trek seul et en autonomie. L'avantage est une totale liberté d'itinéraire, de durée, de rythme de marche, de lieu de campement ... le bonheur. Je m'oriente vers le tour de l'Alpamayo dans la cordilliere blanche. Ce choix est guidé par le fait qu'il s'agit d'une des trois plus belles cordillieres du Pérou (les trois plus belles - du moins plus connues: C.Blanche, C.Huayshuah, C.Vilcanota) et aussi par le fait que la navigation y est rendue tres facile grâce à la carte 1/100 000 du club Alpin allemand.

Il s'agit grosso modo de la concaténation de treks classiques de cette région: le classissime trek de Santa Cruz qui longe l'Alpamayo par le sud le trek de Los Cedros qui rejoint Cashapampa à Pomabamba par le nord

Il peut s'effectuer dans un sens ou dans l'autre, le sens retenu ici étant de commencer par l'itinéraire de Santa Cruz pour permettre une meilleure acclimatation à l'altitude. L'itinéraire est inspiré d'un petit topo vu dans le numéro 44 de trek magazine. Il est donné en 9 jours mais j'ai bien l'intention de le "raccourcir" en 8 jours tout en le "prolongeant" de quelques détours :)

Etape 1: Cashampampa (2900m) - Laguna Ichiccocha (3800m) L'etape commence avec les transports en collectivos de Huaraz jusqu'à Caraz (2 heures environ) et de Caraz jusqu'à Cashapampa (2 heures aussi). J'adore ce type de transport, économique, souvent efficace et qui permet d'être au contact (parfois très rapproché vu le nombre de personnes qui montent 😉 !) de la population. Les collectivos jusqu'à Caraz sont les petits vans traditionnels tandis que ceux qui montent à Cashampampa sont des voitures classiques. C'est ici que j'ai constaté qu'on pouvait monter à 7 dans une voiture "standard": le conducteur, deux personnes sur le siège avant et quatre à l'arrière ! A l'arrière avec moi, il y'a deux allemands Max & Bernd que j'avais croisé le matin à l'hotel et que je recroiserai régulièrement pendant mon voyage, à commencer pendant ce trek puisqu'ils prévoient de faire le trek de Los Cedros.

A Cashapampa, il n'est pas difficile de trouver le chemin du trek de Santa Cruz puisque les conducteurs de collectivos - qui comprennent bien que les gringos sont venus faire un peu de marche à pied - s'arrêtent au pied du sentier marqué par un panneau. Seule difficulté d'orientation du parcours: savoir qu'après 100m, il faut tourner à gauche et pas à droite .



Au début du sentier, je croise pas mal de personnes qui s'étonnent de la taille de mon sac dont le poids doit dépasser les quelques 20 kg. Le sentier est bien tracé et très fréquenté (c'est l'autoroute !) par les touristes en agence et par quelques insectes qui viendront bien gentiment transformer la peau de mes bras en bronzé à poids rouge. Il fait plutôt beau - même si ça se gate -, ça monte gentiment et c'est tant mieux. Avec mon sac et mon acclimatation à deux balles, je marche avec le frein à main, ce qui ne m'empêche pas de doubler tout le monde - super condition physique oblige.

J'arrive au très grand campement de Llammacoral, halte systématique des groupes. Mouais, il est pas tard, et ça sert à rien que je plante ma tente ici histoire de papoter avec les voisins: il y'a tellement de monde et personne ne se parle qu'on se croirait dans le métro parisien 🤪. Autant poursuivre jusqu'à la laguna Illicocha où je devrais trouver de la place pour ma tente d'après un de mes topos. D'ici au campement m'arrive une petite mésaventure dont je rigole aujourd'hui : je me fais attaquer par une vache ! Non non, je n'hallucine pas: le bovidé - vraissemblablement excité par la rougeur de mes coups de soleils - me charge cornes baissées ! Je le chope par les cornes mais la bestiole à de la force et je tombe en arrière sur le sac à dos. Sa corne se prend dans une bretelle de mon sac et me secoue gentiment au sol. Ouf, le proprio vient à mon secours. Bilan de l'opération: quelques éraflures et plaies aux bras mais surtout le sac à dos bien amoché et la trouille des bêtes à cornes pendant tout le parcours !!

Etape 2: Laguna Ichiccocha (3800m) - Taullipampa (4200m) Ce matin, le ciel est d'un bleu magnifique. Je peux donc admirer les quelques sommets qui dépasse la falaise en face du campement (Pucaraju et Quitaraju). Après la lagune JatunCocha, la vue sur le Quitaraju se dégage.



Aujourd'hui encore, le chemin est tranquille. Partit tot, je ne croise personne. Arrivé au lieu dit "Quishuar", je dois bifurquer à droite pour faire un "side trip" au camp sud de l'Alpamayo. Avec mon gros sac et mon acclimatation baclée, j'ai peur de me choper un MAM. Une petite forêt au pied de la montée m'apporte la solution: je vais planquer mon sac ici. Ce petit détour (3 heures aller/retour environ) vaut le coup: l'Alpamayo coté sud est pas vilain quoique pas transcendant mais surtout le Pucajirca est pas dégueu avec ses ice flutes. Comme hier, le temps se gâte - dommage - mais ne m'empêche pas d'admirer le Taulliraju depuis le campement de Taullipampa.



Etape 3: Taullipampa (4200m) - Q.Tuctubamba (3800m)

Après deux nuits à 3000, une à 3800 et à 4200 et tres peu de maux de tetes, je me considère comme suffisamment acclimaté pour lâcher le frein à main. Je décide donc de me faire un petit plaisir: je vais me faire deux étapes de 6h théoriques en une seule journée... enfin de l'action. 12h de marche théorique sans compter les arrêts et un lever/coucher du soleil à 6h/18h environ: s'agit de pas trainer. Lever et préparation matinal du sac à dos sans prendre le temps de faire sécher la tente: ca sera pour le déjeuner.

La météo est pas top top et ça ne s'arrangera pas une fois passé le Punta Union.

Le Punta Union représente un dénivellé assez faible: 550m et l'altitude reste raisonnable (4700m environ). Pourtant, j'en chie un sacré coup....mais pourquoi donc ? Alimentation et acclimatation limitées ? Sac à dos chargé ? Sans doute un peu de tout ça.

La descente s'effectue dans la purée de poids et le sentier est mal tracé. Qu'à cela ne tienne, les crottes d'anes servent de balises. En prenant la direction du col de Pucaraju, je quitte l'itinéraire de Santa Cruz pour aborder une zone peu fréquentée. D'une difficulté identique au Punta Union, le Pucaraju m'en fait baver aussi. Heureusement quand je regarde la montre et mon avancement sur la carte, je constate que j'ai explosé les temps de marche du topo trekmag. Le "lâchage de frein à main" a été efficace même si les sensations ne sont pas au rendez vous.

La météo maussage gâche cette étape et tout particulièrement la vue depuis le Pucaraju qui devrait être tout à fait sympathique par beau temps. De l'autre coté du col, les paysages ne sont pas terribles et la descente assez inintéressante. Bien fatigué, j'arrive tant bien que mal à la Q.Tuctubamba où les paysans ne parlent pas un mot d'espagnol. Zut, j'ai pas trouvé de petit Quechua illustré à la FNAC. Qu'à cela ne tienne, signes de la main et sourires sont universels chez les êtres humains. Reste à trouver un campement ce qui est loin d'être facile. Planter la tente dans la pampa ne me paraît pas raisonnable: trop humide; j'opte donc pour un terrain en pente pas terrible au niveau du chemin. Je suis bien naze et décide de fêter ça avec un boeuf Strogonnoff Travellunch... un régal !

Etape 4: Q.Tuctubamba (3800m) - Pomabamba (2900m) D'après mon topo, l'itinéraire normal devrait me mener à Jacapampa en environ 7 à 8h de marche. Assez court et puis je me verrai bien faire un petit détour par le village de Pomabamba, ne serait ce que pour m'offrir un bon diner et une nuit dans un lit. Décision prise d'aller à Pomabamba sauf s'il est tard arrivé vers Jacapampa. Avant d'en arriver là, il faut arriver à trouver où se trouve le col de Tupapa. Il n'y a plus de chemin depuis l'entrée dans la Quebrada et deux options se présentent pour le col. C'est bien la seule difficulté de navigation que j'ai rencontrée de tout le parcours. Inutile de sortir la boussole: la carte est excellente et si j'avoue avoir tergiversé, mon choix final penche vers la bonne option: "à droite". Du col, la vue aurait pu être magnifique sur le Taulliraju si la météo était du rendez vous. A Pishgopampa, il n'est vraiment pas tard et je demande le chemin pour Pomabamba. En consultant la carte, ça ne semble pas très loin et il semblerait que ce soit assez plat. En fait, c'est beaucoup plus loin que prévu et le chemin est valloné (sic). Trois heures de marche me seront nécessaires sur ce chemin interminable. Heureusement, il est assez sympathique mais bien moins que la population locale que je croise en nombre et qui me gratifie de grands sourires et de grands "hola gringo !".

Pomabamba est un petit village où il ne faut pas s'attendre au grand confort. Les hospedaje sont très sommaires et réservés aux voyageurs routards. Après 4 jours en montagne, j'enchaîne les petits bonheures: pouvoir boire un jus de pêche, une douche bien chaude aux banos termales, naviguer sur internet (si si...enfin avec une connexion 20Mb/s où "M" signifie "Milli" 😏) et un super Lomo Saltado dans mon diner à 3.5 soles.
Vivre au Pérou English translation pending
by Alex41 · 2006-08-23 · 25 replies
salut à tous!!! je m'appelle alexa et mon mari et moi aimerions vivre au perou mais nous aimerions savoir le niveau de vie et quelques exemples ( resto, loisirs achat maison, voiture, salaires moyens, etc ....). Si quelqu'un peut nous aider alors HELP !!! merci d'avance
Vol de sac à Barcelone English translation pending
by Steppeur · 2006-05-10 · 28 replies
Bonjour, Je voudrais relater ici un "incident " qu'il nous est arrivé ce lundi 8 mai a Barcelone(Espagne). Nous roulions en plein centre sur "Parallel", il y avait plusieurs scooters qui roulaient a coté de moi, a gauche et a droite...J 'avais de la difficulté a les dépasser, ils me gênaient, et a chaque nouveau feu je les retrouvais avec moi...Aprés un feu, j'ai bien vu que qq chose n'allait pas a la conduite du véhicule, et le bruit du pneu dégonflé m'a confirmé dans mes premières sensations... D'ailleurs les gars en scooter me klaxonaient en me montrant vers le pneu en question....Je m'arrêtes et je sors du véhicule pour constater que le pneu arrière droit était complètement dégonflé."Bon j'ai crevé me dis-je!" Je cherche des yeux un garage proche car je savais que j'avais une gallette en dépannage, et je me disais que si j'avais la chance d'avoir un garage a proximité ce serait bien...D'autre part il faudrait quand même faire réparer, et je savais ne pas pouvoir rouler longtemps avec la galette...Je laisse mon épouse dans le véhicule et je pars a la recherche d'un renseignement par les commerçants du quartier.J'ai du faire quelques 100 mètres et je suis entré chez un concessionnaire automobile pour lui demander s'il ne faisait pas les réparations... Quand je suis revenu(5 minutes aprés...) j'ai vu mon épouse hors du véhicule qui parlait avec un mec sur un scooter, tout ça de loin.... Puis quand j'arrive elle me dit :" Il y a un garage a 3 rues plus loin..." "Oui mais moi on m'a indiqué la direction en sens inverse, qui t'a dit ça?" "-Ben le gars a scooter là..."C'est toi qui l'a appelé?Ben non, il est trés gentil il a vu qu'on avait crevé et il est venu me renseigner sur le garage! Moi je change mon pneu, je m'énerve un peu car ça ne marchait pas comme je voulais ...Et pendant ce temps j'entends ma femme qui cherchait son sac et elle me demande si je le lui ai mis qq part!....Non je l'ai pas touchéEt dans la malle?La malle je l'ai vidé pour attraper la gallette! Je lui dis qu'en ouvrant la portière elle a du le faire tomber....Non il était coté console!Bon on verra ça tout a l'heure quand on aura réparé le pneu, on remettra tout en place et on cherchera plus en détail!... Je trouve un Euromaster a 1Km de là a peu prés ou m'avait indiqué le concessionnaire automobile, et là le gars met le pneu sur sa machine le rempli d'air et déclare vu la fuite et vu l'entaille"Lo han pinchado"(traduisez: Ils l'ont percé!) Alors tout a coup tout s'illumine dans ma tête: les mecs qui me suivaient en scooter, le gars qui revient seul donner "gentiment"le renseignement a mon épouse, (pendant que son collègue lui tire le sac dans la voiture) Je demande des précisions, et elle me dit que le gars l'a "attirée" a quelques mètrtes de la voiture pour lui montrer ou était le garage, pendant ce temps la portière était ouverte, le moteur du scooter est resté en marche et le gars est resté casqué....Elle n'a donc pas pu se rendre compte de ce qui arrivait: son attention était captée par le gars, le bruit du scooter l'empêchait d'entendre un bruit suspect derrière elle(car bien sûr le gars est arrivé par l'arrière du véhicule sur le trottoir....) Bref voilà, d'aprés les flics ça arrive souvent a Barcelone, au centre en particulier, mais en fait partout... Les gars ont un objet métallique ytrés pointu qu'ils fixent au bout de leur chaussure et avec ça ils crèvent le pneu a un feu rouge d'"un seul coup de pied, certains flics en ont eu l'amère démonstration en voulant arrêter des individus porteurs de ces "armes".La bande sévit depuis un certain temps sans étre apréhendée car personne peut fournir de signalement précis sur ces individus(le casque) et la technique est astucieuse et trés espagnole: la bandérille d'abord et l'estocade ensuite! Si on vous dit que vous avez crevé, méfiez-vous a Barcelone!
Acheter une maison ou un terrain en République Dominicaine English translation pending
by Vincent2006 · 2006-04-08 · 119 replies
Bonjour, Qui n'a pas un jour lors d'un voyage eu envie de poser ces valises et de ce dire: On est trop bien ici! Un coin de terre, une petite maison, pourquoi pas? C'est ce qui m'est arrivé récemment à Saint Domingue. J'aimerais bien partagé avec d'autres leurs expériences sur ce sujet, que ce soit à l'état de projet, ou déjà réalisé. Merci Vincent
Agressions à Las Terrenas en République Dominicaine English translation pending
by Bream · 2006-02-20 · 48 replies
A toutes personnes se rendant à Las Terrenas, en bungalow ou en séjour hôtel, attention aux agressions avec armes (à feu ou blanche) se pratiquant la nuit ou en début de soirée en votre absence ou encore plus sympas pendant votre sommeil. Et ce malgré la surveillance via des vigiles armés de la plupart des hôtels ou gîtes votre sécurité n'est absolument pas garantie. Entre le 5/02 et le 17/02 au moins 10 agressions de ce genre dont la notre (ma femme et mon fils de 3 ans braqué par un homme cagoulé armé d'un pistolet et d'une lampe flash et idem pour moi pour une remise des cles du coffre). De plus, ne comptez pas sur la politur pour vous aider dans vos démarches, car à part le Major de Las Terrenas et 2 ou 3 autres le reste et une bande d'incompétent, analphabete et corrompus. Vous devrez vous rendre à Samana pour faire établir une attestation d'agression, et avant tout payer votre taxi, puis un timbre fiscal ainsi qu'un formulaire faisant office de papier officiel pour votre assurance. Prévoir une journée. Quand au vice Consul de l'hotel Atlantis, visiblement débordé par la situation et son business, idem, ne comptez pas sur lui. Voila c'est du vécu, tout frais, tout chaud… Il n'empêche, des rencontres Dominicains ou Européens qui ont une vision différente de certains venus ou parvenus sur cette île magnifique. Faite passer le message, à votre dispo pour des adresss ou autres. CDLT. Fred.
Le Brésil: ma passion English translation pending
by Jcender · 2006-02-12 · 115 replies
bonjour a tous et a toutes,

je m'appel JC je suis français originaire de Grenoble, je suis tombé par hasard sur ce site que je trouve très bien fait. Un lien entre tous les travelers du monde, j'ai visité de nombreux pays pour raison professionel ou en tourisme mais pas le tourisme club med 😉 les voyageurs backpackers me comprennent..... De tous les pays un m'a vraiment marqué, certainement à vie, O pais continente, O Braaaaasillllll. J'ai du passé environ un an au Brésil principalement à Campinas, et également Curitiba, Rio, San Paulo, et le Minais Gerais........ J'ai appris le portugais et j'arrive à tenir une discussion aisément meme si je ne veux prétendre etre bilingue, cependant j'ai accroché sur la langue car j'ai trouvé les brésiliens d'une gentilesse et d'une ouverture extréme, et j'adore également leur sens de l'humour.... Certe le brésil a de mauvais coté c'est dangereux dans certaines villes (j'ai pu voir deux personnes ce faire descendre), les politiques et les flics sao filhos da putas, mais cela n'enlévera jamais la chaleur do povo brasileiro.... Les heures passés au churrasco barbecue, a jogar o futbol, a ficar com algumas brasileiras gostosa ( la je vais me prendre des baffes si certaines lisent ça), ou juste passear o bater papo.... Ca s'oublie pas c'est gravé dans le coeur... J'aime ce pays, et j'espère grâce à ce site rencontrer d'autres passionés et peu etre aider des voyageurs pour certaines informations, j'ai toujours de bon contact au brésil, donc si il vous faut des infos let me know..... Um grande abraço e boa sorte pra todos.... JC
Insécurité à Las Terrenas en République Dominicaine? English translation pending
by Fanny49 · 2006-01-25 · 42 replies
Depuis quelques semaines nous lisons sur différents forums des infos très alarmistes sur la sécurité à Las Terrenas (péninsule de Samana - Rép Dominicaine). Avez-vous des infos récentes sur le sujet. Il semblerait que des vols, des attaques à main armée se répètent depuis 6 mois. Nous envisageons de partir pour cette destination d'ici un mois, d'où notre inquiétude. Nous avons également du mal à imaginer cette dégradation car nous sommes déjà allés 3 fois dans le Nord de la Rép Dom en 2 ans, et nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité, bien au contraire. Merci pour vos infos

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