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Les "GP" d'Air France passent avant et sont surclassés English translation pending
Bonjour à tous,
je vois que certaines discussions ont pour theme les "gp" ou le surclassement sur notre compagnie nationale....
Voici une petite anecdote triste mais aussi révalatrice du grand "sens client" d'Air France.
j'arrive à Cdg pour enregistrer sur un vol européen. Une personne pousse tout le monde. " Je suis GP! laissez-moi passer" Ce comportement ne choque pas du tout les agents AF qui observent la scene et lui réserve un accueuil délicieux. ..entre gens biens élevés, on se comprend !! Ils lui disent simplement qu'elle doit un p patienter.le vol est annoncé comme surbooké et des passagers sont sur liste d'attente Le personnel veut trouver des volontaires au débarquement et insiste sur une personne qui check juste aprés moi...mais cettte personne a payé son billet 5OO euos et veut partir!! Quelle ambiance A l'embarquement, tout le monde part et il reste même deux places en éco!!. les volontaires ont du être trouvés!!
Mais nous avons la joie de retrouver note GP dans le car qui nous mene à l'avion et qui râle et qui part s'installer en BUSINESS......
c'EST SUR LE BUT DE NOTRE COMPAGNIE, C'est DE COMBLER SES GP!! .... PAS SES CLIENTS
j'arrive à Cdg pour enregistrer sur un vol européen. Une personne pousse tout le monde. " Je suis GP! laissez-moi passer" Ce comportement ne choque pas du tout les agents AF qui observent la scene et lui réserve un accueuil délicieux. ..entre gens biens élevés, on se comprend !! Ils lui disent simplement qu'elle doit un p patienter.le vol est annoncé comme surbooké et des passagers sont sur liste d'attente Le personnel veut trouver des volontaires au débarquement et insiste sur une personne qui check juste aprés moi...mais cettte personne a payé son billet 5OO euos et veut partir!! Quelle ambiance A l'embarquement, tout le monde part et il reste même deux places en éco!!. les volontaires ont du être trouvés!!
Mais nous avons la joie de retrouver note GP dans le car qui nous mene à l'avion et qui râle et qui part s'installer en BUSINESS......
c'EST SUR LE BUT DE NOTRE COMPAGNIE, C'est DE COMBLER SES GP!! .... PAS SES CLIENTS
Dissidents au Vietnam English translation pending
Juste pour info !
Dans le Vietnam du nord, je trouvais sur place que l'on sentait bien la présence du parti unique... même l'adhésion à l'OMC ne semble pas faire changer les choses, à suivre...
M
VIETNAM • Pas question de laisser les dissidents s’exprimer ( Courrier international, 20/04/2007) Depuis un an, les autorités de Hanoi se sont montrées plutôt clémentes envers les mouvements démocratiques. Mais, une fois acquise l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce, la chasse aux opposants a vite repris.
Le dissident Nguyen Van Ly
AFP C’est la plus importante répression engagée contre la dissidence politique au Vietnam depuis plus de vingt ans, disent les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Le harcèlement et le nombre croissant de détentions sont en train de vider de sa substance le mouvement pour les réformes démocratiques, balbutiant mais audacieux, qui bénéficie du soutien tacite de Washington. En février, la police a arrêté le prêtre catholique dissident Nguyen Van Ly. Il est accusé d’avoir tenté de nuire au gouvernement en mettant sur pied une organisation politique indépendante. Ly est l’un des membres fondateurs du Bloc 8406, un mouvement lancé en avril 2006, qui réclame plus de démocratie et de droits civiques. Lui et deux autres membres du Bloc 8406 n’ont eu droit qu’à l’assistance d’un avocat commis d’office lors de leur procès, fin mars.
La police interpelle les opposants à tour de bras
Le 6 mars, la police a jeté en prison deux avocats spécialisés dans les droits de l’homme, Nguyen Van Dai et Le Thi Cong Nhan, accusés de propagande antigouvernementale. Début mars, les autorités ont également interpellé Dang Thang Tien, porte-parole du Parti pour le progrès du Vietnam, l’une des formations d’opposition qui ont vu le jour depuis un an. Le 3 février, l’ingénieur et militant prodémocratie Bach Ngoc Duong a été arrêté, battu et même étranglé durant les interrogatoires, selon les milieux dissidents. Tous encourent des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à vingt ans s’ils sont reconnus coupables de conspiration contre l’Etat. Ces actions musclées surviennent au lendemain de l’adhésion du Vietnam à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont le pays est devenu officiellement membre le 11 janvier. De toute évidence, les nouveaux dirigeants communistes qui ont pris la relève l’année dernière n’ont aucunement l’intention d’associer des changements politiques à leur impressionnant programme de réformes économiques. En outre, la répression de plus en plus brutale représente un camouflet diplomatique pour les Etats-Unis, qui ont joué un rôle déterminant dans l’admission à l’OMC tant convoitée par Hanoi. Le soutien apporté par Washington à la candidature vietnamienne était conditionné à l’amélioration de la situation des droits de l’homme. Durant les négociations de l’année dernière, il a été convenu que le gouvernement vietnamien libérerait une poignée de prisonniers politiques célèbres, désignés par Washington. Mais il a emprisonné au même moment des dizaines d’autres militants démocrates, de journalistes, de cyberdissidents et d’activistes chrétiens. Cela n’a pas empêché le gouvernement de George W. Bush, soucieux avant tout des relations commerciales, de retirer le Vietnam de sa liste des “pays particulièrement préoccupants” en matière de liberté religieuse. Une fois acquise son adhésion à l’OMC, Hanoi a ouvertement rompu le contrat diplomatique. Les organisations en faveur de la démocratie représentent en effet une menace certaine pour le pouvoir exclusif qu’exerce le Parti communiste . Le vice-ministre de la Sécurité, le général Nguyen Van Huong, a ainsi expliqué à un diplomate américain en poste à Hanoi qu’il était “illégal” pour des citoyens vietnamiens de former des partis politiques et que certaines organisations politiques récentes visaient à “renverser” le gouvernement. Justifiant la répression, il a avancé l’argument juridique selon lequel, en vertu de l’actuelle Constitution, le Vietnam est doté d’un régime à parti unique. A l’évidence, le PC craint qu’une nouvelle prise de conscience politique ne vienne compliquer son programme de réformes économiques fondé sur l’investissement étranger. Début 2006, une série de grèves pour de meilleures conditions de travail et des hausses de salaires a secoué les usines à capitaux étrangers, en particulier dans le Sud. Face à cette agitation, le gouvernement a cédé aux revendications en augmentant le salaire minimum de 40 %, une première depuis 1999. Hanoi n’apprécie guère l’appui tacite et sélectif de Washington apporté à diverses associations d’exilés vietnamiens aux Etats-Unis, notamment des groupes clandestins connus pour leur soutien logistique au Bloc 8406 et à d’autres organisations locales accusées par les autorités vietnamiennes de comploter contre l’Etat. Ces mouvements sont souvent généreusement financés et dirigés par des enfants très instruits de familles vietnamiennes qui avaient fui le pays après la prise de pouvoir par les communistes, en 1975. En avril 2006, le Bloc 8406 a osé promulguer publiquement son “Manifeste pour la liberté et la démocratie au Vietnam”, qui réclame une transition politique vers une démocratie pluraliste et retranscrit une section de la Déclaration d’indépendance américaine de 1776 : “Tous les hommes naissent égaux… avec certains droits inaliénables, parmi lesquels le droit de vivre, la liberté et la recherche du bonheur.” La publication du document a coïncidé avec la tenue du Xe Congrès national du Parti communiste. Depuis, il a recueilli des dizaines de milliers de signatures dans tout le pays : des noms et des adresses que les dissidents en exil craignent de voir désormais figurer sur la liste noire du gouvernement. Shawn W. Crispin
Le dissident Nguyen Van Ly
AFP C’est la plus importante répression engagée contre la dissidence politique au Vietnam depuis plus de vingt ans, disent les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Le harcèlement et le nombre croissant de détentions sont en train de vider de sa substance le mouvement pour les réformes démocratiques, balbutiant mais audacieux, qui bénéficie du soutien tacite de Washington. En février, la police a arrêté le prêtre catholique dissident Nguyen Van Ly. Il est accusé d’avoir tenté de nuire au gouvernement en mettant sur pied une organisation politique indépendante. Ly est l’un des membres fondateurs du Bloc 8406, un mouvement lancé en avril 2006, qui réclame plus de démocratie et de droits civiques. Lui et deux autres membres du Bloc 8406 n’ont eu droit qu’à l’assistance d’un avocat commis d’office lors de leur procès, fin mars. La police interpelle les opposants à tour de bras
Le 6 mars, la police a jeté en prison deux avocats spécialisés dans les droits de l’homme, Nguyen Van Dai et Le Thi Cong Nhan, accusés de propagande antigouvernementale. Début mars, les autorités ont également interpellé Dang Thang Tien, porte-parole du Parti pour le progrès du Vietnam, l’une des formations d’opposition qui ont vu le jour depuis un an. Le 3 février, l’ingénieur et militant prodémocratie Bach Ngoc Duong a été arrêté, battu et même étranglé durant les interrogatoires, selon les milieux dissidents. Tous encourent des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à vingt ans s’ils sont reconnus coupables de conspiration contre l’Etat. Ces actions musclées surviennent au lendemain de l’adhésion du Vietnam à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont le pays est devenu officiellement membre le 11 janvier. De toute évidence, les nouveaux dirigeants communistes qui ont pris la relève l’année dernière n’ont aucunement l’intention d’associer des changements politiques à leur impressionnant programme de réformes économiques. En outre, la répression de plus en plus brutale représente un camouflet diplomatique pour les Etats-Unis, qui ont joué un rôle déterminant dans l’admission à l’OMC tant convoitée par Hanoi. Le soutien apporté par Washington à la candidature vietnamienne était conditionné à l’amélioration de la situation des droits de l’homme. Durant les négociations de l’année dernière, il a été convenu que le gouvernement vietnamien libérerait une poignée de prisonniers politiques célèbres, désignés par Washington. Mais il a emprisonné au même moment des dizaines d’autres militants démocrates, de journalistes, de cyberdissidents et d’activistes chrétiens. Cela n’a pas empêché le gouvernement de George W. Bush, soucieux avant tout des relations commerciales, de retirer le Vietnam de sa liste des “pays particulièrement préoccupants” en matière de liberté religieuse. Une fois acquise son adhésion à l’OMC, Hanoi a ouvertement rompu le contrat diplomatique. Les organisations en faveur de la démocratie représentent en effet une menace certaine pour le pouvoir exclusif qu’exerce le Parti communiste . Le vice-ministre de la Sécurité, le général Nguyen Van Huong, a ainsi expliqué à un diplomate américain en poste à Hanoi qu’il était “illégal” pour des citoyens vietnamiens de former des partis politiques et que certaines organisations politiques récentes visaient à “renverser” le gouvernement. Justifiant la répression, il a avancé l’argument juridique selon lequel, en vertu de l’actuelle Constitution, le Vietnam est doté d’un régime à parti unique. A l’évidence, le PC craint qu’une nouvelle prise de conscience politique ne vienne compliquer son programme de réformes économiques fondé sur l’investissement étranger. Début 2006, une série de grèves pour de meilleures conditions de travail et des hausses de salaires a secoué les usines à capitaux étrangers, en particulier dans le Sud. Face à cette agitation, le gouvernement a cédé aux revendications en augmentant le salaire minimum de 40 %, une première depuis 1999. Hanoi n’apprécie guère l’appui tacite et sélectif de Washington apporté à diverses associations d’exilés vietnamiens aux Etats-Unis, notamment des groupes clandestins connus pour leur soutien logistique au Bloc 8406 et à d’autres organisations locales accusées par les autorités vietnamiennes de comploter contre l’Etat. Ces mouvements sont souvent généreusement financés et dirigés par des enfants très instruits de familles vietnamiennes qui avaient fui le pays après la prise de pouvoir par les communistes, en 1975. En avril 2006, le Bloc 8406 a osé promulguer publiquement son “Manifeste pour la liberté et la démocratie au Vietnam”, qui réclame une transition politique vers une démocratie pluraliste et retranscrit une section de la Déclaration d’indépendance américaine de 1776 : “Tous les hommes naissent égaux… avec certains droits inaliénables, parmi lesquels le droit de vivre, la liberté et la recherche du bonheur.” La publication du document a coïncidé avec la tenue du Xe Congrès national du Parti communiste. Depuis, il a recueilli des dizaines de milliers de signatures dans tout le pays : des noms et des adresses que les dissidents en exil craignent de voir désormais figurer sur la liste noire du gouvernement. Shawn W. Crispin
Thaïlande: remerciements et conseils English translation pending
Bonjour à tous,
je suis toujours à samui mais j'ai eu l'occasion de me promener un peu partout. Comme vf est un lieu d'échange, je me permet de partager mon expérience: d'abord un grand merci à barbot pour les infos sur phuket sur le forum et en mp. Justement phuket: île vraiment très jolie et sa taille permet d'y trouver ce que vous venez y prendre. J'aime beaucoup phuket town, très bonne bouffe, parcs, collines pour sunset, pas tellement de touristes. Je conseille thalang guesthouse, demandez la chambre avec balcon, environ 300 baths je crois mais pas de clim(j'aime pas la clim!!).
Le prix de la liberté: 150 baths par jour pour une location de mobylette, se promener au hasard des routes qui s'offrent à vous, tester toutes les plages, profitez des points de vue, ...
Les plages: patong, je m'y suis arrêté 2 minutes mais je n'aime pas de toute façon, c'est comme chaweng à samui mais en pire(j'y suis resté 4 jours lors de mon 1 er séjour en thailande).Par contre, les plages proche de l'aéroport sont excellentes, très calmes, resto pas loin des plages(mais pas assez, on y reviendra...), eau magnifique, beaucoup plus de thais qu'ailleurs et peu de constructions.
kamala est bien aussi, surin pas mal mais karon j'ai moins aimé.
N'oubliez pas que c'est un point de vue de quelqu'un qui a comme critère numéro un le calme et qui n'est guère festif...
Pour manger du seafood, allez absolument à rawai beach et allez à un des restaurants en bord de mer où l'on s'assied sur des nattes et où les prix sont très raisonnables(d'ailleurs il n'y avait que des thais à part moi). Pour quitter phuket, conseil valable partout mais qu'il est bon de répéter: allez à la station de bus gouvernementale!!!! Elle est presque au centre ville, ce qui est bien pratique. En plus vous voyagerez avec des thais.
Habitant samui(qui jouit d'une mauvaise réputation) je dirais que phuket à une eau plus claire, des plages plus belles mais un peu trop grandes et manquant peut être de caractère. Et il manque les restaurants sur la plage que l'on trouve à samui, sans parler des bungalows en bois à flanc de colline qui font de koh phagnan mon île favorite. Mais phuket reste du tout bon!!!! Ensuite parlons de ce qui fâche: koh phi phi, plus connue pour être un des endroits où le film la plage à été tourné. Je le dis directement: je n'ai pas du tout aimé. Non pas que l'île soit moche, bien au contraire. Mais elle est victime d'un développement anarchique et une surexploitation malheureuse: sur toute l'île on est entouré par les déchets, les sites de construction, les odeurs d'égout(sur tonsai), ... Et autant sur samui, que l'on dit vendue au tourisme, je suis entouré d'une vraie vie thaie, autant sur phi phi c'est impossible: je n'ai jamais vu une telle proportion de farangs par rapport aux thais!!!! Je puisse comprendre que si l'on apprécie la fête, phiphi puisse être une étape intéressante mais sinon...
On M'avait parlé du snorkelling autour de l'île mais les coraux sont morts, les zones de natations sont délimitées car il y a tellement de long tails boats qu'il ont mis des balises pour les nageurs...
Le rapport qualité prix de l'hébergement est mauvaise, la nourriture chère et moyenne, ...
Alors oui l'eau est assez claire, les plages hors de tonsai sont sympas(mais rarement vides...) mais à part cela... Sans parler du monde présent: tous les ferrys sont dangeureusement bondés, aucun sentiment de solitude, ...
Heureusement que le sunset trip avec la compagnie phi phi sunset était très sympa: pas trop de monde, personnel sympa et phi phi ley est très très jolie et étant un parc national, protégé d'un développement similaire à phi pi don...
Bref une île à oublier pour ma part... KRABI: je précise que je m'y suis rendu que pour une journée et une nuit et que du à une énorme averse je n'ai pas pu aller à ao nang.
Je trouve que krabi town a beaucoup plus de farangs qu'à phuket town mais qu'après phi phi c'est très agréable. 150 baths la chambre avec toilettes et douches à chao fa guesthouse, c'est bien plus raisonnable que mes 500 baths pour une boîte en bambou sans toilettes ou douches à phiphi.
Je conseille que chose que j'ai eu le temps de faire à krabi: le wat tham seua (temple de la grotte du tigre) à 5 kms de la ville où l'on peut grimper 1237 marches très pentues pour jouir d'une vue extraordinaire au sommet de la colline, le tout en traversant une colonie de singes. Ma montée d'escaliers la plus mémorable!!! Surtout pas de shorts et évitez le torse nu, c'est un temple, ne faites pas comme 90% des farangs que j'ai vu...
Je vais finir avec chiang rai et sa region: J'ai pris chiang rai comme point de départ et d'hébergement. Ville assez calme avec peu de choses à voir mais un marché de nuit très sympa. Je conseille chat house pour l'hébergement. L'accueil est fantastique et la chambre spacieuse pour 300 baths. Comme d'hab, location de mobylette(attention ca caille e matin en mob!!!) et exloration des alentours: Ne surtout pas manquer le temple blanc, déja décrit sur ce forum, au sud de chiang rai. Création contemporaine magnifique. Ville frontière de mae sai: rien d'extraordianaire mais produits birmans et belle vue, si l'on escalade une colline, sur la pays voisin. Promenade dans le triangle d'or: sop ruak n'a rien d'exceptionnel en lui même mais les alentours sont sympas en mob et sutout promenade au bord du mékong et arrêt à la ville de chiang saen, ville très très calme mais un petit som tam sur les rives du mékong ca ne se refuse pas... Le clou de ma semaine: visite du village chinois mae salong, à 60 kms au nors ouest de chiang rai. route somptueuse de montagne pour atteindre un village à 1400 mètres d'altitude avec thé en terrasse, champs, maisons chinoises, ...
J'ai même vu des chambres à 50 baths, quel endroit extraordinaire et calme pour se reposer!!!! p
Petit musée des martyrs chinois très intéressants qui explique leur intégration en thailande et leur parcours et la lutte contre les communistes.
Un endroit à ne pas rater!!!! une merveille!!!! J'ai fini avec le doitung, montagne trs jolie avec jardin botanique et maison de la mère du roi, décédée aujourd'hui. On l'appelle la suisse de la thailande.
C'est une région très jolie où l'on voit finalement peu de touristes si l'on a son propre véhicule. Malheureusement, la pollution m'a ruinée mes photos.
J'ai failli oublier ayuthaya que je conseille à tous, ancienne capitale du siam, on a un bon aperçu de ce que devait être cette ville. Je conseille particulièrement d'arriver au lever du soleil et de se promener, seul, au milleu de ruines magnifiques.Je l'ai fait à pied avec quelques dplacements en moto taxis. Mais je dois retourner ce que je n'ai pas eu le temps de faire
Un moment émouvant...
Voilà mes impressions brutes qui j'espère, serviront à quelqu'un qui aura le courage de me lire.
je suis toujours à samui mais j'ai eu l'occasion de me promener un peu partout. Comme vf est un lieu d'échange, je me permet de partager mon expérience: d'abord un grand merci à barbot pour les infos sur phuket sur le forum et en mp. Justement phuket: île vraiment très jolie et sa taille permet d'y trouver ce que vous venez y prendre. J'aime beaucoup phuket town, très bonne bouffe, parcs, collines pour sunset, pas tellement de touristes. Je conseille thalang guesthouse, demandez la chambre avec balcon, environ 300 baths je crois mais pas de clim(j'aime pas la clim!!).
Le prix de la liberté: 150 baths par jour pour une location de mobylette, se promener au hasard des routes qui s'offrent à vous, tester toutes les plages, profitez des points de vue, ...
Les plages: patong, je m'y suis arrêté 2 minutes mais je n'aime pas de toute façon, c'est comme chaweng à samui mais en pire(j'y suis resté 4 jours lors de mon 1 er séjour en thailande).Par contre, les plages proche de l'aéroport sont excellentes, très calmes, resto pas loin des plages(mais pas assez, on y reviendra...), eau magnifique, beaucoup plus de thais qu'ailleurs et peu de constructions.
kamala est bien aussi, surin pas mal mais karon j'ai moins aimé.
N'oubliez pas que c'est un point de vue de quelqu'un qui a comme critère numéro un le calme et qui n'est guère festif...
Pour manger du seafood, allez absolument à rawai beach et allez à un des restaurants en bord de mer où l'on s'assied sur des nattes et où les prix sont très raisonnables(d'ailleurs il n'y avait que des thais à part moi). Pour quitter phuket, conseil valable partout mais qu'il est bon de répéter: allez à la station de bus gouvernementale!!!! Elle est presque au centre ville, ce qui est bien pratique. En plus vous voyagerez avec des thais.
Habitant samui(qui jouit d'une mauvaise réputation) je dirais que phuket à une eau plus claire, des plages plus belles mais un peu trop grandes et manquant peut être de caractère. Et il manque les restaurants sur la plage que l'on trouve à samui, sans parler des bungalows en bois à flanc de colline qui font de koh phagnan mon île favorite. Mais phuket reste du tout bon!!!! Ensuite parlons de ce qui fâche: koh phi phi, plus connue pour être un des endroits où le film la plage à été tourné. Je le dis directement: je n'ai pas du tout aimé. Non pas que l'île soit moche, bien au contraire. Mais elle est victime d'un développement anarchique et une surexploitation malheureuse: sur toute l'île on est entouré par les déchets, les sites de construction, les odeurs d'égout(sur tonsai), ... Et autant sur samui, que l'on dit vendue au tourisme, je suis entouré d'une vraie vie thaie, autant sur phi phi c'est impossible: je n'ai jamais vu une telle proportion de farangs par rapport aux thais!!!! Je puisse comprendre que si l'on apprécie la fête, phiphi puisse être une étape intéressante mais sinon...
On M'avait parlé du snorkelling autour de l'île mais les coraux sont morts, les zones de natations sont délimitées car il y a tellement de long tails boats qu'il ont mis des balises pour les nageurs...
Le rapport qualité prix de l'hébergement est mauvaise, la nourriture chère et moyenne, ...
Alors oui l'eau est assez claire, les plages hors de tonsai sont sympas(mais rarement vides...) mais à part cela... Sans parler du monde présent: tous les ferrys sont dangeureusement bondés, aucun sentiment de solitude, ...
Heureusement que le sunset trip avec la compagnie phi phi sunset était très sympa: pas trop de monde, personnel sympa et phi phi ley est très très jolie et étant un parc national, protégé d'un développement similaire à phi pi don...
Bref une île à oublier pour ma part... KRABI: je précise que je m'y suis rendu que pour une journée et une nuit et que du à une énorme averse je n'ai pas pu aller à ao nang.
Je trouve que krabi town a beaucoup plus de farangs qu'à phuket town mais qu'après phi phi c'est très agréable. 150 baths la chambre avec toilettes et douches à chao fa guesthouse, c'est bien plus raisonnable que mes 500 baths pour une boîte en bambou sans toilettes ou douches à phiphi.
Je conseille que chose que j'ai eu le temps de faire à krabi: le wat tham seua (temple de la grotte du tigre) à 5 kms de la ville où l'on peut grimper 1237 marches très pentues pour jouir d'une vue extraordinaire au sommet de la colline, le tout en traversant une colonie de singes. Ma montée d'escaliers la plus mémorable!!! Surtout pas de shorts et évitez le torse nu, c'est un temple, ne faites pas comme 90% des farangs que j'ai vu...
Je vais finir avec chiang rai et sa region: J'ai pris chiang rai comme point de départ et d'hébergement. Ville assez calme avec peu de choses à voir mais un marché de nuit très sympa. Je conseille chat house pour l'hébergement. L'accueil est fantastique et la chambre spacieuse pour 300 baths. Comme d'hab, location de mobylette(attention ca caille e matin en mob!!!) et exloration des alentours: Ne surtout pas manquer le temple blanc, déja décrit sur ce forum, au sud de chiang rai. Création contemporaine magnifique. Ville frontière de mae sai: rien d'extraordianaire mais produits birmans et belle vue, si l'on escalade une colline, sur la pays voisin. Promenade dans le triangle d'or: sop ruak n'a rien d'exceptionnel en lui même mais les alentours sont sympas en mob et sutout promenade au bord du mékong et arrêt à la ville de chiang saen, ville très très calme mais un petit som tam sur les rives du mékong ca ne se refuse pas... Le clou de ma semaine: visite du village chinois mae salong, à 60 kms au nors ouest de chiang rai. route somptueuse de montagne pour atteindre un village à 1400 mètres d'altitude avec thé en terrasse, champs, maisons chinoises, ...
J'ai même vu des chambres à 50 baths, quel endroit extraordinaire et calme pour se reposer!!!! p
Petit musée des martyrs chinois très intéressants qui explique leur intégration en thailande et leur parcours et la lutte contre les communistes.
Un endroit à ne pas rater!!!! une merveille!!!! J'ai fini avec le doitung, montagne trs jolie avec jardin botanique et maison de la mère du roi, décédée aujourd'hui. On l'appelle la suisse de la thailande.
C'est une région très jolie où l'on voit finalement peu de touristes si l'on a son propre véhicule. Malheureusement, la pollution m'a ruinée mes photos.
J'ai failli oublier ayuthaya que je conseille à tous, ancienne capitale du siam, on a un bon aperçu de ce que devait être cette ville. Je conseille particulièrement d'arriver au lever du soleil et de se promener, seul, au milleu de ruines magnifiques.Je l'ai fait à pied avec quelques dplacements en moto taxis. Mais je dois retourner ce que je n'ai pas eu le temps de faire
Un moment émouvant...
Voilà mes impressions brutes qui j'espère, serviront à quelqu'un qui aura le courage de me lire.
Roi de Thaïlande et famille royale English translation pending
Pendant une réunion d’affaire entre une majorité de Thaïs et quelques étrangers, la stabilité politique du pays à été remis en question par un des étrangers.
Le sujet n’a été abordé que pendant 2 minutes (vraiment pas plus et seulement pour expliquer que des entreprises étrangères hésitaient un peu plus à venir investir en Thaïlande). Il a été question de la corruption lié au nouvel aéroport, du roi garant de la stabilité, mais très âgé et pas immortel, des doutes concernant sa succession. Au fond, rien de très méchant, mais j’ai bien vu que les visages se sont assombris.
Apres la réunion, j’ai essayé d’expliquer à une des Thaïes que son intervention n’était pas méchante et qu’il n’avait pas dit de mal du roi (ce qui était vrai), mais elle m’a répondu qu’elle n’aime pas quand des étrangers critique son pays et la famille royale.
Il ne faut surtout pas dire ou même sous-entendre quoi que ce soit de négatif concernant la famille royale. Même la succession du roi n’est pas un sujet à aborder.
Si les français (et je pense qu’on peut généraliser aux Farangs) aiment à discuter, critiquer, s’engeuler, sur la politique de leur pays ou des autres pays, on a tout intérêt à ne pas en faire autant en présence de Thaïs (et ne pas oublier que certains parlent aussi anglais, voir français (si, si, j’en connais)).
Apres la réunion, j’ai essayé d’expliquer à une des Thaïes que son intervention n’était pas méchante et qu’il n’avait pas dit de mal du roi (ce qui était vrai), mais elle m’a répondu qu’elle n’aime pas quand des étrangers critique son pays et la famille royale.
Il ne faut surtout pas dire ou même sous-entendre quoi que ce soit de négatif concernant la famille royale. Même la succession du roi n’est pas un sujet à aborder.
Si les français (et je pense qu’on peut généraliser aux Farangs) aiment à discuter, critiquer, s’engeuler, sur la politique de leur pays ou des autres pays, on a tout intérêt à ne pas en faire autant en présence de Thaïs (et ne pas oublier que certains parlent aussi anglais, voir français (si, si, j’en connais)).
Ça chauffe en Afghanistan! English translation pending
vous devez probablement etre au courrant que deja depuis un moment les talibans se sont reveilles et que ca tire pas mal de coups de feu dans le coin.
mais la un pote vient de me dire qu il n est plus possible d avoir de visas pour l afghanistan car pour raisons de securite ils n en delivrent plus.
il est actuellement dans les stans et ce st ce qu on lui a dit aux ambassades et ca lui a ete confirme par un pote a lui en belgique qui est alle se renseigner a l ambassade afghane.
qu en est il vraiment?
est ce seulement de la mauvaise volonte de certaines ambassades ou est ce que reellement c est fini?
je comptais y retourner et donc j aimerais bien savoir, merci d avance pour vos reponses...
Colombie: transports Popayan-Bogota-Cartagena de jour? English translation pending
Bonjour à tous!
Je suis pour le moment en Equateur et vais passer d'ici quelques jours/semaines en Colombie. Ma première étape serait Popayan pour remonter ensuite sur Bogota puis Cartagena. Mon "problème" est que les distances/durées des trajets en bus entre ces trois villes sont importantes (autour de 15h) et je cherche donc des "étapes-intermédiaires" sympathiques, à la fois pour éviter de voyager de nuit (ce qui n'est pas forcément recommandé) et pour pouvoir profiter des paysages... Je ne suis pas vraiment attiré par les grandes villes, c'est pourquoi j'évite Medellin et Cali. Tous vos conseils/avis/remarques sont les bienvenus!
Merci.
Je suis pour le moment en Equateur et vais passer d'ici quelques jours/semaines en Colombie. Ma première étape serait Popayan pour remonter ensuite sur Bogota puis Cartagena. Mon "problème" est que les distances/durées des trajets en bus entre ces trois villes sont importantes (autour de 15h) et je cherche donc des "étapes-intermédiaires" sympathiques, à la fois pour éviter de voyager de nuit (ce qui n'est pas forcément recommandé) et pour pouvoir profiter des paysages... Je ne suis pas vraiment attiré par les grandes villes, c'est pourquoi j'évite Medellin et Cali. Tous vos conseils/avis/remarques sont les bienvenus!
Merci.
Tour d'Europe à cheval English translation pending
bonjour,
Moi j'ai un projet qui est de faire le tour d'Europe à cheval. Toute aide peu m'être précieuse. Car je n'ai que 16 ans et que le voyage et prévu dans 4 ans. Et si il y a des personnes intéresser par se voyage envoyer moi un message (personne non serieuse sabstenir) Merci d'avance.
Huxley04
Laos, la guerre oubliée (livre) English translation pending
Bonjour à tous
Je viens de lire le livre de Cyril Payen (correspondant du Nouvel Obs, entre autres, pour l'Asie du sud-est) sur le sort des Hmong au Laos. Le livre s'appelle "Laos, la guerre oubliée" (ed. Robert Laffont). Le reportage sur les Hmong toujours pourchassés au fin fond de la jungle par les armées laotienne et vietnamienne, et abandonnés des Américains et des Français qu'ils avaient pourtant servis, vous tord les tripes. Pour voir le Laos, que j'aime pourtant, autrement.
Vos plus beaux souvenirs de Thaïlande... English translation pending
2 ème avis a tous les forumistes...
Racontez-moi vos plus beaux moments thailandais.....(drôle, ...triste...euphorique...incroyable...émouvant...)
Val34
😉🙁😠🏴☠️
Racontez-moi vos plus beaux moments thailandais.....(drôle, ...triste...euphorique...incroyable...émouvant...)
Val34
😉🙁😠🏴☠️
Journal d'une Parisienne: seule avec son sac à dos en Inde du Nord English translation pending
3 Mars 05 DELHI
Une vraie souris vient de me passer sous le nez, alors que j'allumais l'ordinateur .... Elle doit faire partie du processus de connection.
J'ai donc mis le pied en Inde comme d'autres ont mis le pied sur Mars. Tout devait être différent et pourtant, je ne me sens pas aussi étranger que ça (aurais je des origines martiennes?). A peine une vague sensation d'apesanteur due à la fatigue. ?Le voyage fut un étrange mélange initiatique. Je n'ai jamais eu autant de correspondances (Paris, Behaim, Abu-Dhabi, Muscat, Delhi...enfin). Tous à vos atlas, BANDE DE FLEMMARDS! Comble de malchance, je fut poursuivie pendant tout ce périple par un groupe de touristes quadra franchouillards qui (comme le veut le règlement du beauf à l'étranger) n'ont pas cessés de faire des commentaires douteux, râler… bref, se faire remarquer. Passons, peut être qu'un jour, l'âge aidant, j'en serais réduite à voyager avec leurs semblables... ?Par contre je recommande vivement la compagne Gulf Air. Leurs hôtesses portent un voile qui tombe gracieusement de leur petit chapeau sur leurs épaules. On dirait un mixe entre la Fée Bleue et Shéhérazade.??Comme le vol est long, les passagers tentent tant bien que mal de se dégourdir les jambes. Il en résulte une imitation presque parfaite du bagnard dans sa coure de récréation, l'uniforme en moins. A pas comptés, ils tentent de faire circuler le sang dans leurs jambes engourdies et comme l'avion est petit, ils tournent vite sur eux mêmes. ?Enfin Delhi, j'enlève mon pull avec bonheur (promis, j'ai eu une pensée pour vous), je dégaine mes lunettes de soleil et en route pour l'aventure! ?J'ai bien fait de demander qu'on vienne me chercher. A l'extérieur de l'aéroport, une foule de chauffeurs de tout poils sont à l'affût du touriste. Par contre, il devient rapidement évident que la conduite ici est une affaire de Karma. De toute façon, notre fin sur terre est déjà écrite, alors autant foncer et s'en remettre aux divinités locales. Les voitures slaloment dangereusement, ne laissant que peu de chance aux piétons. Pas de refuge possible pour eux, les trottoirs servant ont tout sauf à marcher dessus. Traverser relève du suicide collectif. Les rues sont toutes à double sens, même les plus étroites. On roulera au besoin sur ces fameux trottoirs. Enfin, pour ceux qui poussent le masochisme à l'extrême, nous proposons la moto. Tout sert de casque pourvu que ce ne soit pas homologué (casque de chantier, de football américain, je m'attends même à croiser un saladier pourvu que ce soit la bonne taille) ?Me voici arrivé à mon hôtel après, deux accrochages, trois dérapages et une bonne dizaine de grosses frayeurs (la routine quoi). La rue est sordide, nous sommes en plein Old Delhi, j'adore.
Un drôle d'escalier en marbre aux marches surdimensionnées m'amène jusqu'a la terrasse sur laquelle donne ma chambre. Là aussi, le faux marbre du sol contraste avec l'étroitesse et le kitsch du décors. ?C'est sur cette terrasse que je fais la connaissance de Penina, une française. Elle est sur la fin de son voyage, c'est elle qui m'initiera aux joies du négoce. ?C'est tout un art. Il faut avant tout avoir le temps. On se pose, on boit un thé avec le vendeur. Il invoque sa famille à nourrir, on montre notre portefeuille que crie famine. Petit sourire échangé, personne n'est dupe. On regarde d'autres objets. "special price". Il faut savoir doser. Parfois j'ai honte mais à la fin de la transaction, quand Penina ressort en ayant payé un prix dérisoire, le vendeur lui glissera: "you are clever " (tu es maline). C'est de bonne guerre. ?J'ai le sentiment que dans cette ville, on a concentré un maximum d'échoppes, de voitures, de passants dans un minimum de place. On a vite l'impression que le ciel est tout juste au dessus de nos têtes à cause de la toile que forment les câbles électriques. Ils sont emmêles, dérives, coupés, je n'ose imagine le boulot de l'EDF locale... ?Il est tard maintenant et la rue grouille encore. Beaucoup de klaxon, des chiens qui se battent, on se hèle d'un balcon à l'autre. ?Penina est partie aujourd'hui, à moi de mettre en pratique son enseignement. ?Ben voila le premier de la série. Je vous embrasse tous. Je m'amuse comme une folle et mon système digestif tient le coup.
4 Mars DELHI J'ai trouvé un ange gardien! Mr Singh. Il est sikh (religion) et chauffeur de taxi (profession).?La première fois que je l'ai rencontré, j'étais avec Penina. Il était tard, nous avions eu une mauvaise expérience avec un chauffeur un peu agressif à cause du faible taux de sang qui flottait dans l'alcool de ses veines. Et là, on a croise ce type au turban impeccable. La moustache digne du baron de Munchausen. J'AVAIS TROUVE MON MARAJAH !! Il sera mon guide sur Delhi. ?Le sikhisme est une religion qui regroupe deux pour cent de la population indienne. Malgré ce faible nombre, il s'agit d'une minorité religieuse (et non ethnique) solidaire, entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie. Le sikhisme qui prescrit l'honnêteté et le service de la société, en fait des interlocuteurs surs. ?Malgré leur longue barbe, ils sont loin d'être des hippies attardés, bien au contraire.?Leur religion suit les préceptes de Guru Nanak (né en 1469) qui déclara: " il n'y a pas d'indous, il n'y a pas de musulmans, il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême". Ce bricoleur des religions rejeta les castes de l'indouisme tout en conservant la croyance en la réincarnation. De l'islam, il retint la simplicité, l'absence de représentation divine, la prière et le dogme du Dieu unique. Il butina même chez les zoroastriens et les juifs. ?Les puristes suivent la loi des cinq K: Ils doivent laisser pousser leur barbe et leurs cheveux (kesh en Indien).Ils gardent donc leurs cheveux sous un magnifique turban plié au centimètre prés et protégent leur barbe dans une résille nouée sur la tête quand ils se déplacent en moto par exemple. Ils placent un peigne d'ivoire ou de bois dans leur chignon (konga). Ils portent un bracelet en argent au poignet droit pour se souvenir que leurs mains ne doivent pas tricher ou faire de mal (kara). Kacca désigne le caleçon court que certains portent encore. Enfin, ils portent parfois un poignard à la ceinture (kirpan). ?Outre ces percepts, les siks ne doivent pas boire d'alcool ou fumer ce qui m'arrange particulièrement pour le cas de mon chauffeur de taxi.
Ce matin, j'ai continué mon voyage initiatique à la gare centrale pour acheter, à l'avance, mes billets pour les étapes suivantes. Mon chevalier ne m'a quitté qu'une fois devant la porte même de l'International Tourist Bureau, m'évitant ainsi de tomber entre les griffes des nombreux rabatteurs, faux guides et autres types louches. ?Me voici donc dans le temple du transport ferroviaire (un temple de plus ou de moins, on n'est plus a ça prés dans ce pays). Petit coup d'oeil à mes confrères touristes. Il en vient de toutes part; Japon, Australien, Allemagne.... Par contre, pour ce qui est de cette brochette, ils ont tous un point en commun: ce sont de véritables épaves!! (J’exclue tout de suite nos amis asiatiques qui sont comme d'hab, tirés à quatre épingles). ?Ici, tout est fait pour vous faciliter la vie mais dans une logique toute locale. Après donc une heure de queue, j'accède au guichet..... Perdu!! Vous devez reculer de trois cases pour aller chercher le nom exacte du train que vous voulez (ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt mille francs) ..... Par contre, si vous voulez les trains en partance pour d'autres gares, reculez de trois cases et soyez heureux de ne pas avoir de gage. ?Enfin, je sors victorieuse. Ca vaut bien un thé massala à l'hôtel devant une série TV indienne. Lors de mon séjour au Burundi, mon amie indienne Shiwa m'a fait découvrir ces deux piliers de la culture indienne. J'en use et abuse avec délice depuis mon arrivée ici. Quand je vais revenir en France je serais incollable sur les dernières nouveautés!! ?Faisant fi des guides touristiques j'ai résolument tourné le dos aux monuments locaux pour suivre, à son invitation, mon marajah jusqu’a son temple. Ce n'est pas tant les musées que je veux voir. Quoi de mieux que d'entrer dans un temple sikh par la porte de service. Pendant le trajet, je regarde les yeux de chat de mon chauffeur dans le rétroviseur. Il a l'air particulièrement fier de m'emmener là-bas. C'est en partageant les cultures qu'on arrive à mieux se comprendre. ?Avant d'entrer, je me couvre la tête avec mon étole. Le temple est immense, tout en marbre. En passant déposer nos chaussures, on se fait offrir un thé et des petits gâteaux par le gardien. Pendant que Mr Singh papotte avec ses amis, je me fais toute petite, c'est le vestiaire des hommes après tout!! (jalouses hein??). Des chaussures s'alignent sur toute la hauteur du mur. ?Dans le temple, l'ambiance est recueillie. Ca fait du bien après la folie des rues de Delhi. Un prêtre psalmodie accompagné par une musique entêtante. ?Le temple a été construit sur une source miraculeuse. Le matin, beaucoup de personnes viennent se baigner dans le grand bassin. Sur le côté, des "moines" armés de bouilloires, proposent de boire l'eau bénie. J’avoue avoir essayé. Peut être retrouverais je quelques neurones grâce à elle (sinon ce sera juste une bonne diarrhée). ?Un peu plus loin, sous un préau, le temple offre un repas simple aux nécessiteux mais aussi à qui veut. Tout provient de généreux donateurs. Cette religion me semble pleine de sens, à l'échelle humaine.
Mon voyage commence bien.
5 Mars AGRA On vit tellement plus de choses quand on voyage seul! On a peut être l'air plus abordable et on va plus vers les autres. Quand on voyage à deux, on a un interlocuteur privilégie, pas besoin d'aller voir ailleurs. De plus le binôme peut vite être ressentit comme un cercle fermé. Depuis mon arrivée en Inde j'ai fait beaucoup de rencontres intéressantes. Je dois avouer que mon coté ours est aussi en cause; j'aime bien disposer de mon temps et de mon espace. Ca fait du bien de choisir les moments ou on veut de la compagnie et ceux ou on préfère se replier dans ses pénates. ?Je viens d'arriver à Agra après deux heures de train. J'ai le dos en compote et pourtant, je retrouve toute mon énergie en arrivant à l'hôtel. Les chambres entourent un petit jardin ou on peut manger sur le pouce et, contrairement à Delhi, ON EST AU CALME!! ?Très vite, je prends possession des lieux. Mon pyjama sous l'oreiller, je sors mes sachets de thé et quelques pommes sur la table de nuit, je brûle un bâton d'encens. Cette fois, ma chambre a la couleur d'un chamalow. Au plafond, un ventilateur suspendu par des fils électriques qui ne lui transmettront jamais l'énergie vitale faute de branchement. Plutôt étonnant comme déco. Dans la salle de bain je tends ma corde a linge et je fais bouillir de l'eau dans le seau (merci la résistance chauffante burundaise) pour me doucher. Je veux bien jouer les routardes mais pas question de se négliger. Mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche. Sur ma table de nuit trônent ma crème de jour et ma crème de nuit (que j'utilise à bon escient, comprenne qui pourra). Détail intéressant de ma salle de bain: l'eau usée du lavabo s'écoule .... sur mes pieds. Le siphon ayant été coupé, tout va directement dans la grille d'évacuation de la douche située par terre, juste à côté. ?Au resto de l'hôtel je rencontre Beckie, infirmière vétérinaire australienne. Ce soir, elle part en direction du Nepal. On passera l'après midi ensemble. Mon alliance l'a bien fait rire. Elle utilise le même subterfuge. ?Paradoxe du voyageur solitaire, on n'est jamais seul
6 Mars AGRA Ce matin, je me suis levée avant le soleil pour aller visiter le Taj Mahal.
L'histoire raconte que l'empereur Shah Jahan l'aurait fait construire pour recevoir le corps de sa femme Mumtaz Mahal, morte alors qu'elle accouchait de son quatorzième enfant. Sa mort laissa le souverain fou de chagrin. Il fit alors la promesse de construire, en sa mémoire, un monument qui n’a pas son pareil dans le monde. Comme aucun architecte du royaume n'était capable de concevoir projet à la dimension de la douleur de l'empereur, celui-ci aurait alors convoqué l'architecte Perse le plus célèbre et tué sa fiancée. Comprenant enfin toute la peine du sultan, il créa le Taj Mahal. S'en suivirent vingt années de labeur (1631-1653) pour des milliers d'artisans venus pour certains du Moyen Orient ou d'Europe. Certains furent ensuite amputés des mains ou des pouces pour qu'ils ne puissent plus jamais reproduire une telle perfection. ?Une autre version tendrait à montrer le souverain sous un jour moins poétique. En effet, l'agencement du jardin en quatre parties sépares par des bassins symboliserait le paradis ou coule des rivières d'eau fraîche, de lait, de miel et de vin. Ces bassins se rejoignent en un point central qui représenterait le bassin céleste de l'abondance. Certaines calligraphies de la porte principale citent un des deux seuls passages du Coran ou Dieu s'adresse directement aux hommes: "Entrez dans mon paradis". Le Taj serait ils alors la représentation du paradis? ?Jusque là, me direz vous, tout va bien... Le problème c'est que la tombe n'est pas située au centre du jardin comme le voudrait la tradition mais au fond de celui ci. On sait depuis peu que le père de Shah Jahan possédait dans sa bibliothèque, un texte Sufi décrivant le plan de l'assemblée du jugement dernier. Celui-ci correspond exactement aux plans du Taj Mahal. Le Taj serait alors une symbolisation du trône de Dieu. Notre empereur ne serait il alors qu'un mégalo bouffit de vanité?? ?Même chose pour sa mort. La version la plus répandue dit que l'empereur serait resté inconsolable après la mort de sa belle. Il fut emprisonné par un de ses fils dans le fort d'Agra d'ou il contempla le Taj jusqu'a sa mort en 1666. Une autre version indique qu'il serait mort d'une over dose d'opium et d'aphrodisiaque. Moins poétique tout d'un coup... ?Alors, doit on croire en l'amour ou n'est ce qu'un miroir aux alouettes? Pour ma part, fidèle à mon cynisme légendaire, je retire une conclusion de tout ça. Il n'est pas d'amour parfait. Les années érodent la pierre, les sentiments se révèlent parfois moins nobles, se fatiguent avec le temps. ?Mais revenons à nos moutons. Je ne tenterais pas de décrire le Taj. Nombreux sont ceux qui se sont essayés à cet exercice et je ne me mesurerais pas à eux. Par contre, face à tant de beauté, je réalise à quel point les hommes sont capables de rejoindre Dieu et faire des miracles quand ils veulent bien s'en donner la peine. ?Le soleil commence à se lever. Les touristes pressent le pas pour voir le Taj s'illuminer et se refléter dans son miroir minéral. Il n'y a pas que les touristes d'ailleurs. Une nuée de moustiques me fait rapidement une auréole. ?Personne ne parle, on n'entend que les cris des singes, quelques oiseaux et le bruit étouffé de la ville qui se réveille. ?Derrière le Taj, en toile de fond, il n'y a rien que le ciel comme une porte vers l'éternité. Un pur moment de beauté. ?L’Inde est un pays où cohabitent la grâce la plus divine et la misère la plus infernale.
7 Mars AGRA Mon hôtel est décidément plein de surprises. L'électricité est coupée dans la journée, ce qui, en soi, n'est pas un réel problème, sauf si on cumule, le fait que mes toilettes ne sont équipés d'aucune autre source de lumière et que la corde sur laquelle je viens d'étendre mon linge passe au dessus des toilettes. Je me retrouve donc sur le trône, ma lampe frontale sur la tête, mes chaussettes me dégoulinant dans le cou! J'avais prévu de passer une après midi au calme, recluse à l'hôtel, me refusant de faire du shopping dans cette ville attrappe touriste, mais mes voisins américains ont su me convaincre. Je ne regrette pas. Ils avaient dégotés pour le dîner, une terrasse qui surplombait la ville. Vue imprenable sur le Taj, des guirlandes qui clignotent, le tout sur un air de Bob Marley. Tables sur une surface à peine plus grande que ma chambre d'hôtel. De là, je voyais la ville labyrinthe sous un autre oeil. Loin des rabatteurs, je pouvais voir la vraie Agra. Sur une terrasse, des gamines qui jouent, un peu plus loin une ribambelle de singes qui se chamaille. Le muezzin du coin commence à rappeler ses fidèles à l'ordre. Je respire. Le retour fut nettement moins calme. Il faisait nuit noire quand nous sommes montés à bord de l'auto rickshaw. J'avais quelques réticences, quelque chose clochait mais impossible de savoir quoi. Après quelques minutes de route, j'ai réalisé que le véhicule n'avait tout simplement pas de phare. Nous roulions à l'aveugle. On a bien tente de tenir ma lampe de poche à bout de bras mais les tressautements incessants dus au mauvais état de la chaussée nous faisaient passer, aux yeux des autres chauffeurs, pour un véhicule en proie à quelques démons. De plus, cerise sur le gâteau, vu que les rickshaw n'ont de toute façon pas de clignotant (décidément, à part une banquette et des roues c'est plutôt minimaliste) son fils de sept ans assis à ses cotés, était chargé de tendre la main si d'aventure il lui prenait l'idée saugrenue de tourner. Nous étions d'ailleurs tellement rassurés qu'à chaque virage nous agitions nous aussi les bras comme les naufragés de la méduse.... Nous sommes tout de même arrivés à l'hôtel sains et saufs (ce n'était pas notre heure de mourir)
8 Mars FATEHPUR SIKRI Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les plafonniers diffusent une lumière jaunâtre. On se croirait dans un aquarium mal entretenu. J'ai passé la journée à Fatehpur Sikri et pourtant ce fut trop court. Bâtie par l'empereur Akbar en 1572 (donc quelques centaines d'années avant notre copain Shah Jahan le mégalo en amoure) pour y installer se cour, elle fut abandonnée quinze ans plus tard suite à une baisse du niveau de la nappe phréatique. A vingt six ans, Akbar avait tout ce qu'un monarque pouvait désirer: le pouvoir absolu, un harem (cinq cent femmes, quelle santé!).... mais pas d'héritier. Il vint sur la colline de Sikri consulter un hermite renommé. La bénédiction du saint homme lui apporta trois fils l'année suivante (rentable). Plein de gratitude Akbar décida d'élever sa nouvelle capitale à Sikri. Le temple de marbre blanc dans lequel repose le corps de l'hermite sert de " Darty local". On fait un voeu en achetant des offrandes. Pas plus de trois (ça lui fait déjà pas mal de boulot à notre copain l'hermite, vu le nombre de visiteurs! Pas de répit même pour les défunts) On accroche un bout de ficelle rouge à l'un des magnifiques panneaux ajourés (fait d'un seul bloc de marbre. Imaginez, deux mètres sur deux) et là, c'est garantit sur facture... votre voeu se réalisera (en vingt quatre heures chrono?). J'avoue avoir craqué. J'ai mis mon bout de ficelle. En règle générale je ne crois pas à ce genre d'histoire mais ici, je me laisse porter, je pense que j'aime croire un peu à la magie de l'Inde.?Akbar semble avoir été un homme plein de sagesse tout en gardant un côté enfantin. En plus de son harem, il avait trois femmes: une indoue, une musulmane et une chrétienne. Pour chacune il fit bâtir un pavillon. Chaque pavillon est orné de peintures, de détails architecturaux s'inspirant de leur culture.?Dans la grande cour, un trône très simple, au milieu d'un jeu inscrit sur le sol. Il s'agit d'une sorte d'échiquier géant dont les pions étaient des esclaves et des femmes nues que le souverain déplaçait à son gré (ça va en faire revers plus d'un). Un peu plus loin, sur une plate-forme entourée de bassins, une scène sur laquelle les plus célèbres musiciens venaient faire concert. A certaines grandes occasions, Akbar faisait remplir ce bassin de pièces d'or et d'argent qui étaient ensuite distribuées aux pauvres. J'ai même visité les restes d'un hôpital. Plutôt sommaire mais les entrelacs qui ornent les piliers m'ont fait rêver. Vers la fin de ma visite, je me suis assise pour dessiner un peu. Il est tard, les touristes ont déjà regagnés leur bus climatisé. Le palais respire enfin. Le soleil fait flamboyer les murs de grés rouge. J'ai paye mon guide et pourtant il reste assis à coté de moi. Lui qui n'a cessé de m'abreuver de détails historiques, architecturaux, est devenu soudain muet. Je suis fascinée par cet endroit. Le moindre piller, la moindre poutre est richement décorée. Les linteaux ondulent gracieusement comme des trompes d'éléphant. Art Jain, mongol, indou, persan, turc, boubhique, chinois, il a su prendre le meilleur de chacun. Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les enfants de ma voisine se sont endormis sur ses genoux. Dehors, les grenouilles se sont réveillées et sifflent cachées par les herbes hautes. Ca sent la terre humide. L'air est frais. Après une heure de route à travers la campagne, on arrive aux portes d'Agra. Les échoppes, les maisons sont éclairées par des bougies faisant apparaître la route en pointillés. Leur lumière chaude et vacillante transforme le moindre étal en caverne d'Ali Baba. Les guirlandes de sachets de bonbons brillent comme des bijoux. Les plats d'alu deviennent de riches plateaux d'argent. La nuit a effacé la misère, laissant place au rêve.
10 Mars vers KHAJURAHO Désolée pour le retard (vous commencez à prendre de mauvaises habitudes !!!) mais la connection locale est des plus aléatoires...
Les trajets en Inde sont toujours une rude épreuve. Je me disais qu'avec mon entraînement étant jeune, ça ne devrait pas trop poser de problème (à cinq dans une Renault 14 pour passer des vacances dans le sud de la France). Ben je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.?Au Burundi, je regardais d'un oeil amusé les minibus ou la capacité de l'homme à se comprimer était utilisée à son maximum. Une fois dedans ça ne m'amuse plus du tout. J'avais de la chance (!!), j'étais collée contre la fenêtre, les genoux encastrés dans le fauteuil de devant. Par contre, au bout de la banquette, ma voisine avait l'entre jambes des passagers debout dans l'allée qui s'imposaient a elle à chaque secousse (Y'en a qui ont fait le voyage debout… si, si).?Juste avant d'atterrir dans cette boite à sardine sur roulettes, j'ai du prendre la train d'Agra à Jhansi. Trente cinq minutes de retard, la routine. J'étais assise à coté d'un ponte de l'assurance vie indienne, qui ne s'est pas fait prier pour dégainer son lap top dernier cris et me montrer les centaines de photos de ses collaborateurs, sa famille, le mariage de l'oncle Alphonse... Je m'extasie, pousse des "ah" des "oh" aux moments appropriés. Là ou ça s'est complique, c'est quand il a embrayé sur le mariage en France, les relations avant mariage et là je le voyais venir avec ses grosses babouches! Je tente bien de défendre notre moralité mais sans grande conviction. Pas évident. On doit passer pour de sérieux débauchés à leurs yeux! Les ados sortent à tour de bras les uns avec les autres, on vit ensemble hors mariage, on divorce au moindre petit problème. Je suis très mal placée pour défendre la vertu, par contre je pense qu'on se passerait bien de tout ce petit manège si seulement on trouvait le bon.?Eh ! Oh! pendant que vous êtes tranquillement en train de lire ces lignes, au fond de votre canapé douillet, je vous signale que je suis toujours dans le car! On a quitte Jhansi à treize heures trente. Dans le guide du routard ils disaient cinq à six heures de route. Je ne sais plus comment me mettre. Remarquez, je n'ai pas beaucoup le choix. On s'arrête, pause pipi. Ouf! je déplie enfin mes jambes. Pas la moindre toilette recommandable aux yeux des services d'hygiène. Ma vessie attendra. Le bus est pris d'assaut par des gamins qui vendent des légumes dans des assiettes en feuille de bananier. Pour la dernière partie du calvaire, le chauffeur m'achèvera en mettant sa cassette préférée de musique locale. Je vous vois rigoler d'ici. Oui! J’adore toujours la musique indienne, mais perclue de rhumatismes, dans un bus glauque, la vessie comme un ballon de football, j'avoue que mes sens étaient quelque peu altérés. Et puis vu la qualité de la chaîne et le niveau sonore, j'aurais plus penché pour un cochon qu'on égorge que pour une douce mélopée a l'eau de rose. Je n'ai pas vu la tête de l'hôtel dans lequel j’atterrissais. Une douche, une soupe et extinction des feux. O joie!
?11 Mars KHAJURAHO Je me réveille sur un air de musique transcendantale. Dans quel Eden ai-je atterris ? Un petit bassin ou une statue de Buddha fait trempette au milieu des nénuphars, des fleurs fraîches sur chaque table du resto... j'ai complètement oublie la journée d'hier. L'hôtel est tenu par un swami à la longue barbe. Possibilité de cours de yoga le matin pour les lève tôt (donc pas moi). Je retrouve mes voisines de bus. Deux minettes belges. On sympathise autour d'un tchai et nous voila parties à la découverte des alentours. On est rapidement entourées par une horde de gamins. Un peu paumées, on les suit. Du haut de leurs quinze ans ils se révéleront des guides fort intéressants. La ville est surtout connue pour les sculptures érotiques qui ornent certains de ses temples. Les touristes se jettent dessus avec l'avidité de l'ado boutonneux sur le porno du samedi soir. En fait, elles ne représentent que cinq pour cent de l'ensemble de la surface sculptée. Le reste décrivant des scènes de vie pleines de grâce (une jeune femme ôtant une épine de son pied, une autre se maquillant). En fait, on a plus été marquées par une petite école ou un des gamins a absolument tenu à nous emmener. C'est son école. Il semble tellement fier. En fait, il y a deux pièces de plein pied qui donnent sur une courette. L'une sert de bureau, l'autre de salle de classe. Les murs sont en torchis. Le professeur nous fait signe d'entrer. Ils doivent être une dizaine de gamins, dépenaillés, assis par terre, une ardoise sur les genoux. Ils se lèvent tous à notre entrée pour nous saluer. Je suis un peu gène de troubler ainsi la classe. Le village est divisé en quatre "arrondissements" en rapport avec les différentes castes. Chacun ayant ses propres temples, ses propres centres de soins. Par contre, cette école ne fait aucune différence. Six instituteurs ont décide de la monter en dépit de tout. La plupart des élevés n'ont pas de quoi se payer les cahiers ou même l'uniforme. On a été touches par cette initiative. C'est pas tout, mais je suis en Inde depuis plus d'une semaine et je n'ai pas achète le moindre vêtement.... pas normal ça... mes hormones féminines en auraient elles pris un coup dans l'aile? Prince saura remédier à tout ça. Prince tient un magasin de vêtements, de tissus, de saris en tout genres (your sexy mother f...). C'est un commerçant mais surtout, je le sens passionné par ce qu'il vend. Voyant mon intérêt, il me sort ses plus beaux brocards. Il en dessine lui même les motifs, s'inspirant de certaines fleurs, de motifs vu sur les temples. Tout est filé, brodé à la main. Je tombe sous le charme. Au bout de dix minutes, son comptoir est recouvert de tissus multicolores. Si je m'écoutais, je ferais des folies. Dans ce pays les vêtements féminins sont tellement gracieux! Par contre ma peau couleur lavabo me déprime. J'ai l'air maladive. Finalement, je me laisse tenter par un punjabi en coton (tunique longue fendue + pantalon + châle) simple mais aux broderies travaillées. Mais pour mon prince aux yeux de velours, même le vêtement le plus simple doit être parfait. Son tailleur prendra mes mesures et fera les retouches pendant que nous conversons de choses et d'autres autour d'un thé comme deux vieux amis. Et les aventures continuent! En ce moment, à Khajuraho, se déroule le festival de Shivaratri. Il réunit tous les adeptes de Shiva pour fêter sa naissance. A cette occasion, une grande foire est organisée. Nous nous y rendons à la nuit tombée. On y trouve des étals de bijoux, des saris, des ustensiles de vaisselle et puis il y a ... la fête foraine avec ses deux grandes roues! On a fait un tour avec un de nos petits guides, il était ravi. En rentrant à l'hôtel, on s'est arrête pour regarder un vieux film indien projeté sur la place. Il y avait la une trentaine de personnes assises par terre. Du plus jeune au plus vieux, tous vibraient devant les roucoulements d'un héros grassouillet sortit tout droit d'une gravure pieuse. On touche le fond quand notre demi Dieu s'entiche d'une belle paysanne (fondu enchaîne pendant dix minutes sur les deux visages illumines d'amour) On hulule de plaisir.!!
14 mars KHAJURAHO Ce matin, j'ai vécu un véritable film indien, avec la musique et tout... Nous voici, Prince et moi, filant sur la route, chevauchant son fidèle tonnerre mécanique (pour le coup, c'est pas Jolly Jumper, ce sera Honda). Plan large. Prince chante (ça fera la musique de fond). La route est déserte, il fait encore nuit. Il est six heures du matin. Lui, mal rasé, porte un col roulé, un jean. Renforcer le côté "on the road again". Elle: treillis, cheveux au vent (prévoir de toute urgence une coiffeuse à l'arrivée pour récupérer tout ça!) Mais qui m'a foutu des cheveux aussi paillasson!! On fait du remplissage pendant les dix huit kilomètres de route avec des flash back en tout genre: Elle entre pour la première fois dans son magasin. Il lui fait essayer un punjabi. Rires autour d'un verre de Tchai. Petit signer de la main quand elle passe devant son magasin en allant au temple (pas mal l'idée de radinner un petit coup de religion). ??STOP la musique ! Retour à nos deux amis sur leur moto. Arrivée sur les falaises qui surplombent les chutes d'eau de Khajuraho. Plan fixe d'eux sur la moto genre poster d'ado pré pubère. Note pour plus tard: penser à dégotter un hélico pour un plan tournant plongeant. Sensation de liberté. "je suis le maître du monde" et tout le tintouin. Passage obligé par un petit chemin escarpé où elle se tordra la cheville (un peu mais pas trop, faut encore qu'elle puisse se trémousser la grognasse). Il lui tend la main pour l'aider (gros plan de cinq minutes). Le soleil se lève. Timing parfait. On caille ici. Penser à voir avec le syndicat d'initiative si on ne peut pas monter le thermostat de quelques degrés. Des acteurs nus sous les pull-overs, c' est pas du tout vendeur! De retour à Khajuraho, chacun reprendra sa place. Lui derrière son comptoir, elle dans son hôtel de luxe. C'était leur dernière journée ensemble. Renforcer le côté dramatique, la fracture culturelle par un retour, pour elle, aux vêtements européens alors qu’elle portait des punjabis avant. Dernier acte: Musique déchirante, violons à fonds les ballons. Sur le marchepied du bus qui l'emmène à Varanasi. Il arrive au dernier moment. Mèche rebelle mais pas trop, on dose le gel poupée, on dose le gel... Il lui tend un paquet qu'elle ouvrira pendant le trajet. TADAAAM: super sari rouge et or. Merci la fée clochette. LARME obligatoire. Genre le truc discret que tu ne peux pas louper tellement c'est gros. Plan final. De retour en France, pour le mariage de son amie, la belle héroïne porte le fameux sari. Retour de la musique utilisée sur la route au début, genre elle se souvient, enfin bref tu vois le truc Coco. Bon, le making-off est nettement moins beau: Je n'ai pas arrête de renifler et de larmoyer pendant tout le trajet sauf quand un moucheron a eu la bonne idée de venir se coincer dans mon oeil!.?Le paysage était magnifique, lunaire mais vu la saison, la chute d'eau tenait plus du Mannkenpiss que des chutes du Niagara. Pas grave, J'ai vu la ville se réveiller. Un peu de calme avant la foire.?Le dernier acte n'est que pure fiction mais comment arrêter le génie créateur une fois lancé? Je m'y voyais déjà, je vous jure que j'entendais même la musique de fonds.... Je n'ai peut être pas joué dans une super production Bollywoodienne mais en tout cas j'ai réellement rencontre un ami à KHAJURAHO. Ce midi, il m'a (pour de vrai, je vous dit!) invité à venir manger dans sa famille qui habite une grande maison un peu plus loin. Les quatre frères habitent ensembles avec leurs femmes et tous les marmots. Première fois que je mangeais vraiment à l'indienne, j'avais intérêt à assurer. Du coin de l'oeil je guettais Prince et reproduisais ses gestes. Il faut manger de la main droite, pas facile au début mais c'est marrant, et puis il y a le joker (y'a toujours une cuillère qui traîne). On s'est assis sur une natte devant la TV. Les femmes nous ont préparées un thali du tonnerre et les enfants faisaient le service veillant à ce que je ne manque pas de chapatti (galette de pain). Le thali c'est un peu comme un plateau TV. Sur une assiette compartimentée on met du Dhal (lentilles en sauce), des légumes, de la chutney, du choux macéré aigre doux, un bol avec du raisin, un autre avec de la papaye et du riz. Le contenu peut varier mais c'est souvent un mixe entre le chaud et le froid, le salé et le sucré, l'acide et le doux. On pioche sans ordre. J'adore. Toute la famille fut adorable. Je regrette de devoir repartir demain et de ne pouvoir les connaître plus. J'aurais bien voulu parler avec les filles. Insatisfaite. C'est déjà un premier pas.
15 Mars KHAJURAHO J'ai passé presque tout mon séjour à Khjuraho avec Prince et j'ai dépense tout mon budget prévu pour cette ville dans son magasin. C'est de bonne guerre. Je l'ai chargé, lui et ses couturiers de me confectionner une tenue indienne spéciale. Alors je passe régulièrement voir l'avancée des travaux. Après, je me mets dans un coin du magasin pour observer les femmes qui viennent choisir leur sari, la pièce de coton qui ira avec pour le débardeur (il a des centaines de tissus de nuances différentes, on se croirait "au bonheur des dames"), le châle. On prend le temps, on cherche au détail près. Et puis, entre deux clientes, Prince me raconte sa vie. Il est Jain. C'est une religion minoritaire en Inde. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont très respectés par les indiens. L'origine du Jainisme remonte au VI éme siècle av JC. Les Jains doivent respecter cinq règles majeures: Ne pas voler (mouaich, mouaich, je doute encore de la justesse des prix qu'il m'a proposé), se détacher des bien matériels, rester chaste, ne tuer aucun être vivant et ne pas manger la nuit (au cas ou une bestiole se serait noyée dans la soupe). Ceux qui respectent ces principes à la lettre se baladent avec un foulard sur le visage comme les cow-boy pour ne pas avaler d'insecte en respirant. De même, les moines ne prennent jamais le bus (le pare brise est un véritable cimetière a moucheron). Mon Prince est loin de tout ça mais il tente de conserver une âme pure pour atteindre petit à petit la délivrance via la réincarnation. Il faut aussi savoir que leur éloignement de tout ce qui est matériel n'est pas du tout contradictoire avec un possible enrichissement (ouf! on avait eu peur). Comme il leur est interdit de tromper leur prochain, cela en fait des personnes dignes de confiance, très présents dans le domaine des affaires, du commerce ou de la joaillerie. Un jour, les parents de Prince, lui trouveront une jolie petite Jain, ils se marieront et auront pleins d'enfants. Ca fait longtemps que je m'interroge sur ce concept du mariage arrangé, à première vue choquant pour une européenne comme moi, qui a brûlé son sous-tif depuis longtemps. Pourtant, la vie aidant, je me demande si ce n'est pas plus réaliste. Je refuse l'idée d'imposer quelqu'un, par contre si on voit le mariage comme une sorte d'association et non comme une union ultra romantique de deux coeurs.. et tout le blabla, on se détache alors des sentiments encombrants et éphémères. En gros, il faut qu'elle trouve un type pas trop moche (on ne va pas non plus ramener du boulot humanitaire à la maison!!), qui gagne sa vie, qui semble sérieux... et l'affaire est dans le sac. Pas d'amour donc pas de dépendance, pas de douleur. On prend soin l'un de l'autre mais le bonheur de l'une dépendra pas des "preuves d'amour" de l'autre. Ils sont partenaires. Bon, le hic, c'est que vu à travers les yeux de Prince, la femme vaut quatre vingt cinq pour cent de l'homme et là je tique. C'est cinquante, cinquante ou rien. Je ne suis pas Jain mais les affaires sont les affaires. Et puis, vu que les filles indiennes sont nourries de films à l'eau de rose, depuis leur plus tendre enfance, comment se fait-il qu'elles ne nous rejoignent pas dans cette quête absurde du prince charmant?? Contradictoire. En fait, je pense qu'un mariage arrangé a autant de chance de réussir qu'un mariage basé sur les sentiments.
16 Mars VARANASI J'écris à la lumière d'une chandelle. L'électricité vient d'être coupée, mon ventilateur s'est mis en grève, j'ai juste eu le temps de faire chauffer l'eau de mon thé. Il fait noir dans la ville. Il n'y a que les ghâts (les marches qui donnent sur le fleuve) qui brillent. C'est l'heure de la prière, l'heure de faire Puja. Des centaines de petites bougies brillent comme autant de prières entre les bras de la Mère Gange. Bienvenue donc dans le plus grand bénitier du monde. Je suis arrivée ce matin par le train de nuit. Mon hôtel a presque les pieds dans l'eau.?Vue imprenable sur le Gange. Un petit dej me remettra vite sur pieds. Me voici face à un des plus beaux vestiges de la colonisation britannique; j'ai nomme le porridge. Si on y ajoute des bananes, on a de quoi faire un mastic qui bétonnera tous les systèmes digestifs, même les plus expressifs. La cérémonie de Puja a lieu vers dix neuf heures. C'est une sorte de prière universelle pendant laquelle a lieu l'offrande de la lumière au fleuve. En bordure du ghât, trois petites avancées sur pilotis. Les fidèles s'asseyent sur les marches en bordure du Gange. Sur le coté, les musiciens. Les cloches rythment la prière de façon entêtante. Pendant toute la cérémonie, des femmes proposent des petites coupelles fleuries. On allume la bougie en son centre et on la laisse dériver au fil de l'eau. Les fleurs sont fraîches, leur parfum se mélange à celui de l'encens et participe à l'enivrement collectif.?Ca commence avec les chants. D'une voix grave, les Brahmanes psalmodient en frappant dans leurs mains. Puis, trois d'entre eux s'avancent sur les jetées. Ils sont jeunes, vêtus d'un Tshirt d'un blanc immaculé et d'un pantalon bouffant brode d'or. Leur peau brille à la lumière des bougies. D'une main, ils agitent une cloche et de l'autre ils tiennent des bâtons d'encens avec lesquels ils ponctuent des demi cercles de fumé qui se dissolvent dans l'air à peine formés. Avec une parfaite synchronisation, ils vont bénir les quatre points cardinaux. Leur poignet est souple, gracieux. Ils feront de même avec des éventails, des torches. La chorégraphie est simple et pleine de recueillement. Sur une petite table, face à eux, sont disposés les accessoires pour la cérémonie. Des pétales de fleur fushia et orange jonchent le sol autour de leur tapis de prière. Les voici soufflant dans un gros coquillage. Ils se tiennent parfaitement droits, le visage tourné vers le ciel. Plus personne ne bouge, les cloches se sont tues, on n'entend plus que le son grave de ces cornes de brume qui résonne dans la nuit. Les barques se sont amassées autour du ghât. Leurs coques s'entrechoquent et craquent. Tiens, un groupe qui débarque.... mais ce sont mes franchouillards quadra que j'avais croise dans l'avion!! Y'a vraiment qu'eux pour avoir le culot de se balader aussi nonchalamment en plein milieu d'une cérémonie religieuse. Fidèles à eux même. Que diraient-ils si un car de touriste japonais se déversait en pleine messe dominicale pour prendre des photos??
17 Mars Je viens de passer sous le rouleau compresseur local. Traduction: je viens de découvrir les joies du massage Ayurvédique. Certains disent que c'est énergisant. Je veux bien le croire. A force de me faire pétrir, pincer et tordre dans tous les sens, je suis ressortie aussi rouge qu'un homard. Toutes mes articulations y sont passées. Il a même fait craquer le bout de mon petit orteil!. Sur le ventre, j'avais l'impression qu'un chat de cinquante kilos me malaxait le dos de ses grosses pattes (vous savez, ils font ça avant de se coucher en boule). Sur le ventre, il a été surpris par mon piercing au nombril. Moi, je dis que face à tous les yogis locaux, je suis une petite joueuse. Chochotte va!. Les jambes en l'air. Mieux que des bas à varice. Il fait remonter tout le sang jusqu'aux orteils, en exerçant des pressions de la cuisse jusqu'au pied. J'avais la jambe exsangue et le pied comme une tomate trop mure. Le massage des paupières fut surprenant. Et vas y que je te pincouille la aussi (bof, bof).?Comme dirait Ma Grand Meren, ce fut.... intéressant. Je ne sais pas si mon énergie vitale en fut renforcée mais en tout cas, j'arrive maintenant à me gratter l'oreille avec le pied! En poussant ma ballade du soir, je suis arrivée au ghât de crémation. Ce matin, j'étais censée être au paradis (..), j'approche maintenant les portes de la mort. Face au temple de Shiva, on trouve une plate forme pour chaque caste. Les brahmanes sont les plus proches de temple. Plus on descend dans les castes, plus on s'éloigne du temple. Lors d'un décès, le corps est sortit de la maison, sur le dos (il ne doit pas rester dans une pièce close). Puis il sera embaumé. Par les hommes si le défunt est un homme, par les femmes si c'est une femme. On l'enveloppe les jeunes et les adultes d'un tissu blanc, le orange pour les vieillards, le fuschia pour les femmes mariées. Le ghât est interdit aux femmes, trop expressives, elles pourraient troubler l'ascension de l'esprit du défunt vers le Nirvana. Ce sont donc les hommes qui portent le corps sur un brancard de bambous. Ils entrent avec dans le fleuve pour lui faire prendre son dernier bain. Puis le fils ainé va se faire raser la tête (sur le sol, près de la jetée, il reste encore des mèches). Vêtu d'un pagne blanc, c'est lui qui mettra le feu au bûcher. Depuis quelques temps, l'Inde connaît une pénurie de bois, ça coûte très cher. Les familles les plus riches ajoutent des rondins de santal, les autres se contenteront de sachets de copeaux. ?Le corps mettra près de trois heures à brûler. Chez les hommes, c'est le torse qui met le plus de temps (symbole de leur force) et les hanches pour la femme (siège de leur fertilité). Personne ne pleure pendant la cérémonie. Il faut être heureux, le défunt arrive à l'étape finale (mourir a Varanasi, c'est l'assurance d'un aller simple pour le paradis). C'est là que brûle jour et nuit le feu sacré laissé par shiva. Entretenu par des prêtres, il est le seul à pouvoir mettre le feu aux bûchers. Après quelques temps, le fils aîné toucher la tête du défunt à travers les flammes avec un bambou, la faisant éclater. Il versera alors du beurre dessus. Une fois le corps réduit en cendres, elles seront dispersées dans le Gange. Un peu plus loin, les orpailleurs passent inlassablement l'eau au tamis à la recherche de bijoux, de dents en or, voir même de prothèse totale de hanche... Le soir sera l'occasion d'une fête en famille. Les larmes seront pour plus tard quand chacun se retrouve seul chez soi. C'est étonnant de voir ces bûchers. Des centaines de corps sont brûlés chaque jour. Jour et nuit, ils arrivent de l'Inde entière pour passer cette dernière étape. Il y a même un hospice ou les personnes en fin de vie viennent attendre la mort. La mort est vécue au grand jour, à ciel ouvert. Elle fait partie de la vie. J'entend des cloches, quelques mètres plus loin, on célèbre Puja. La vie continue. Les indous ne regardent pas en arrière.
18 Mars Le Gange est un fleuve pur, c'est un fait, par contre il est tellement sale qu’aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille. C'est pas de moi c'est Mark Twain qui l'a dit. On y fait sa toilette le matin, on y lave son linge, on y jette des cadavres mal incinères et les usines du coin y déversent leurs produits chimiques. Si on résiste à un bain dans un tel bouillon de culture, alors on doit être effectivement béni des Dieux. Une ballade sur les Ghâts n'est pas de tout repos ou pleine de spiritualité comme on pourrait le penser. Ca relève plus du parcours du combattant. On commence par un slalom géant entre les étrons qui jonchent le sol. Singes, buffles, vaches, chiens, humains, chacun y va de son petit paquet. Ce serait ridicule de devoir être rapatriée pour cause de " Triple looping incontrôlé sur bouse de vache sacrée" . Petit assouplissement du cou et des poignets avec une série de hochements de la tête et de rotations de la main pour décourager les rabatteurs en tout genre. Le tout en marchant, le scanner anti-étron en alerte et avec le sourire s'il vous plait. Superbe. Pause buvette sur le coin d'une marche. Il y a toujours des gamins qui arpentent le Ghât avec une bouilloire remplie de tchai. Ils me le versent dans un petit godet en terre cuite. Je me brûle les lèvres mais ça fait du bien. Puis viens l'épreuve d'escalade car comme le niveau du Gange est au plus bas, je dois gravir une trentaine de marches de hauteur inégales avant d’atteindre mon hôtel (sans compter celles pour passer d'un Ghât à l'autre ou celles pour monter à ma chambre nichée au quatrième étage). Dur, dur d'être un touriste à Varanasi. Nous sommes en terre Sainte, un petit catéchisme local s'impose. Le premier qui déserte le cours, je lui fais une tête au carré!. Selon les écritures locales, plus de trois cent trente millions de divinités formeraient le panthéon indou. On va donc essayer de faire simple sinon on n'est pas rendu. G.... Generator.... Brahmâ?O.... Organiser.... Vishnou?D.... Destroyer.... Shiva Brahmâ est le créateur de l'univers. Une fois qu'on a dit ça on comprend qu'il soit un peu loin des préoccupations des pauvres humains. Vishnou a pour rôle de protéger l'univers. Shiva est le destructeur sans qui aucune création ne serait possible. Marié à Parvati, il eut un fils qui naquit en son absence. Ganesh. Celui-ci grandit sans connaître son père (pas d'appareil photo à l'époque). A son retour, Shiva demanda à voir sa femme mais son fils lui fit obstacle, refusant à cet intrus le droit d'entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir qu'il avait levé la main sur son propre fils. Il décida alors de remplacer sa tête par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et ce fut... un éléphant. Jovial, dodu, Ganesh est le dieu de la chance et le patron des scribes. Je l'aime bien. Il a l'air un peu moins sérieux et moins intimidant que les autres. Varanasi est dédie à Shiva. Les adorateurs de Shiva se reconnaissent aux trois traits blancs horizontaux traces sur le front. Les sectateurs de Vishnou portent un "U" jaune entre les sourcils avec une ligne rouge au centre. Voila, voila, méditez maintenant pauvres mortels.
20 Mars Je sens que je suis en train de m'accomplir totalement. Pas à pas, expérience après expérience, je m'approche chaque jour un peu plus de la perfection. Ce soir je crois que je frise le Nirvana...... JE VAIS VOIR UN FILM INDIEN DANS UN CINEMA INDIEN!!!! (Raaaaaa lovely). J'y vais avec Lucky. Un gamin des rues que j'ai rencontre à mon arrive, un petit caïd. Dans le rickshaw, du haut de ses vingt ans, il fusillait du regard quiconque me dévisageait un peu trop. Le cul entre deux chaises, il joue les mauvais garçons devant ses copains et les touristes mais, en véritable gentleman, il ne manquera pas de me raccompagner jusqu'au bout de ma rue une fois le soir tombé. Ses phrases sont ponctuées de "m'dam", impossible de lui faire prononcer mon prénom. Les seuls mot de français qu'il connaisse sont "lâche moi les baskets". Le cinéma est à l'autre bout de la ville, un véritable monument de béton. La salle est gigantesque, bétonnée elle aussi. On a pris des billets premiers classe pour être au balcon. Il y a même des ventilateurs au plafond pour rafraîchir un peu l'air (souvenez vous qu'un film dure en moyenne quatre heures). On se prend un coca, on se cale dans les vieux fauteuils et c'est partit! Le film fut un régal de musiques, de paillettes, de larmes et de rebondissements. Au début, on a l'impression que la pellicule a été recolorée (un peu comme dans les films de J. Tati) mais on oublie vite. Pas de sous titre mais mon voisin me traduisait les passages clef. Il faut dire que l'intrigue est souvent prévisible (un mélange de tous les soaps connus sur le petit écran avec une grosse touche de morale indienne). On ajoute du piment avec des coupures de courant aux moments cruciaux. Et pour couronner le tout, encore mieux que le cinéma 3D, nous avons ici le cinéma inter-actif. Dans la salle, certains chantent, d'autres s'esclaffent. Quelques rangs plus bas, un bébé pleure (pas question de louper le film du samedi soir a cause du dernier né, on radine toute la marmaille). Je peux mourir en paix, j'ai vu mon film et je suis à Varanasi. Que demande le peuple??
22 Mars VARANASI ( ben si...) Grosse trouille ce matin. La ville, tout comme l'Inde d'ailleurs, est peuple de singes. Il doit y avoir une famille qui loge pas loin de ma chambre. Jusque là, je gère. Chacun fait sa vie. Là ou ça pose un problème c'est quand, alors que je tente de me réveiller sur mon balcon, je me retrouve nez a nez avec un gros mâle grimaçant et sifflant. J'ai vite battu en retraite, lui claquant la porte au nez. Il n'avait pas l'air commode du tout et ses dents étaient bien affûtées (quoique j'ai cru entrevoir un reste de salade coince entre ses canines). Je n'ai aucune envie de me faire refaire le visage par ce type de chirurgien plastique. Ils sont tellement habitués aux humains qu'ils ne sont même pas effrayés quand on les chasse du bras. Bien au contraire, ils contre attaquent et c'est moi qui doit fuir. Ou va le monde, ma brave dame. J'en viens même à regretter mes bons gros pigeons parisiens Comme faune locale, c'est tout de même plus rassurant. Heureusement que j'ai des grillages à mes fenêtres. Lors de leur ascension de la façade, ils ne manquent pas de pousser ma fenêtre entre ouverte pour voir si il n'y a rien à chiper. Changements de plans donc. J'ai décide de rester à Varanasi pour fêter Holi (la fête des couleurs) il parait que c'est particulièrement animé dans cette ville. J'avais mon sac sur le dos, mon billet de train en poche mais j'ai changé d'idée au dernier moment. Grisant. Pas d'obligation de suivre le plan de route, il faut saisir les occasions quand elles se présentent. La ville vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des indiens qui payeraient cher pour être à ma place. Et puis, je n'ai pas trop envie de retrouver le bruit de Delhi. Je partirais d'ici à la fin mois pour aller vers le Rajastan. Je verrais Richikech et Amritsar une autre fois.
23 Mars Impossible pour les indiens de prononcer mon prénom, me voici donc rebaptisée Imli (c'est le mot en hindi pour designer le tamarin). Ca fait près d'une semaine que je suis immergée dans la vie indienne. J'ai quitte le monde des touristes pour partager la vie d'une famille, celle de Lucky. Il n'y a que lui qui parle anglais mais on arrive à se comprendre un peu. Chaque jour, il m'invite à déjeuner chez lui et sa maman me prépare un bon thali. Après avoir passé un rideau de linge qui sèche, je me retrouve dans une petite pièce aux murs noirs de suie. La lumière vient d'une petite lucarne. On me fait prendre place sur une des nattes au sol. Les seuls meubles sont des étagères couvertes d'ustensiles divers et un petit hôtel avec des images pieuses et des statues. Seules touches de couleur au tableau. C'est petit, sombre et pourtant, tout doucement, j'ai senti la chaleur du foyer. Pas besoin de décoration hi tech. Lucky taquine son petit cousin, ses soeurs me regardent manger, rigolant de mes débuts laborieux. Pas facile de manger du yaourt avec les doigts. Puis, après s'être bien lavé les mains, la plus jeune me coiffe, me passe de l'huile sur les cheveux et me les remonte en chignon. Avec mon punjabi, mon bindi (point sur le front) et mes bracelets, elles disent que je ressemble à une véritable indienne. Si seulement ça pouvait être vrai. Je suis frustrée de ne pas pouvoir parler plus avec elles. Foutue barrière de la langue! Parfois, j'ai l'impression que notre culture a trop aplanit les relations. Ici, on touche les pieds de quelqu'un pour marquer son profond respect. C'est un geste très important. Et nous, que nous reste- t- il pour signifier la hiérarchie? Peut être avons nous oublié certaines valeurs...
24 Mars Quelle image ont-ils de la femme blanche? J'ai souvent l'impression qu'ils nous voient comme des filles faciles. C'est certain, on ne colle pas beaucoup avec le cliché de la femme soumise, un tantinet neuneu et homo-dépendante de la version indienne. Mais quand je vois une affiche de film "hot" avec que des blanches comme actrices, je ne peux pas non plus l'accepter. Difficile pour eux de nous comprendre. Pourtant on est loin du temps ou le summum du sensuel était représente par une pauvre pucelle se dandinant sous la mousson avec le sari qui lui colle aux mollets. Tout ce que je vois dans les films indiens relève plutôt du nombril à l'air, du décolleté plongeant et de l'image suggestive... Par contre, bobonne, à la maison, c'est sari ou punjabi obligatoire. Intéressant. Quelle hypocrisie.
27 Mars VARANASI ( toujours...) Aujourd'hui c'est la fête de Holi (personne n'a été foutu de me dire la signification, je vous ferais donc grâce de mes explications dignes d'un guide touristique). Quelques jours avant la date fatidique, on a vu apparaître des marchands de poudre de couleur, de pistolets à eau, de chapeaux de carnaval. Petites montagnes de pigments rouges ou verts. Les yeux des gamins brillent déjà. On fait ses réserves, choisissant avec soin la couleur de ses munitions. Le jour J arrive enfin! Ca commence très tôt. A sept heurs les hostilités sont déclarées. Les particuliers font hurler leur chaîne hi-fi et les premières bombes à eau sont lancées. Bataille rangée d'un toit à l'autre. Impossible de circuler dans les rues sans être bombardé. Les vaches et les singes ne sont pas oubliés (la vache Milka n'a qu'a bien se tenir). On sort l'alcool, les cigarettes, aujourd'hui tout est permis. Les forces de police ferment les yeux. Pendant six heures ce ne seront que des cris, des rires, des courses poursuite. Même les couloirs de mon hôtel sont le siège d'une lutte Touristes/ Indiens. Des rivières de couleur dégringolent dans les escaliers. Les hommes poussent des cris guerriers, les enfants hurlent de joie. On se barbouille le visage, les vêtements prennent les couleurs d'arlequin. Les murs sont mouchetés. Toute la ville est repeinte de fushia, d'ocre et de bleu. C'est féerique, on se croirait dans un tableau de Kandinsky. Je croise un gamin hilare, son visage est pourpre et ses yeux brillent comme des billes, on dirait un diablotin. Un gros bonhomme moustachu passe en vélo. Il a un petit chapeau doré comiquement posé sur le haut de son crâne. Son marcel est repeint aux couleurs de l'arc en ciel et sa moustache s'est transformée en un buisson d'un vert éclatant. Vers quatorze heures tout se calme. On écope, on nettoie à grandes eaux, on essuie. Tout Varanasi va se laver dans le Gange qui prend alors des reflets irréels. Un peu comme une immense tache d'huile. L'après midi se passe en famille ou avec des amis. On sort ses plus beaux vêtements. La maman de Lucky nous a fait un thali spécial avec du poulet (ne croyez pas qu'en Inde, on soit végétarien par goût du bio).
31 Mars stand by Juste un petit message pour dire que je suis toujours en vie, toujours à Varanasi et ....... peut être en Indonésie. A suivre.
3 Avril vers JAIPUR (enfin...) Je décolle enfin de Varanasi. A croire que la ville m'avait ensorcelée. La quitter semble relever de l'exploit. A force de suivre Lucky dans le labyrinthe du Chowk (vieux quartier qui borde le Ghat principal), on a fini par devenir inséparables. Il travaille chez un détaillent en soieries. On y passait des heures entières, affalés sur les tapis, à boire du thé avec ses amis. Tous les commerces se pressentent de la même façon. On enlève les chaussures à l'entrée avant de passer sur un matelas qui recouvre tout le sol de la pièce. Là, assis en tailleur, un thé à la main, on peut commencer les affaires. J'étais même devenue l'interlocutrice spécial touriste français. A chaque client, c'était un festival de couleurs. Le sol était vite recouvert de dizaines de châles, de couvres lits brodes d'or, de brocards. On me "remerciait" en m'offrant une étole ou une pashmina de temps en temps. Le midi, on allait manger chez Lucky, bref, la routine a commence à s'installer. On a écume tous les cinémas de la ville, sillonné toutes les ruelles en moto. A la fin, Luckyse se prenait presque pour mon mari, refusant que je parle aux étrangers, que je sorte seule, veillant à ce que je ne dévoile pas trop de ma personne. Il s'est presque battu avec un policier qui me regardait d'un peu trop près. Je veux bien jouer le jeu cinq minutes, mais à la fin ça devient insupportable Il était grand temps de partir. Le temps de troquer mon punjabi contre le treillis, je saute dans le premier train qui passe direction le Rajasthan!.... Je crois que les dieux de Varanasi ont du bien rigoler! Dix huit heures de train!!! Coincée sur une couchette à peine plus large que mon derrière, le nez colle au plafond avec, en guise d'air conditionné, des ventilateurs brassant l'air chaud et la poussière ambiante. Mon coté aventurier en a pris un coup. A la sortie du train je ressemblais plus à un mix entre un épouvantail et une sorcière.
8 Avril JAIPUR Jaipur est une ville très structurée. Grandes artères, rues bien perpendiculaires. Il semble y avoir un véritable projet d'urbanisme. C'est la première fois que je croise des feux de signalisation! Ca fait tout drôle après les rues sinueuses de Varanasi. C'est même un peu trop. Trop bruyant, trop carré, trop urbain. En fait il semble y avoir tous les défauts de la ville sans les avantages. Heureusement, mon hôtel est un paradis de calme et de verdure. C'est un ancien petit palais. Le soir, je me prélasse dans un des transats sous un bougainvillier. L'air sent bon le jasmin et l'herbe fraîche. Il y a même un paon qui se dandine dans l'allée. L'hôtel est un ensemble de petites courres intérieures, de patios, d'escaliers secrets, cachés par une façade recouverte de buissons fleuris. Je n'ai pas beaucoup vu la ville. Juste ce qu'il faut. Ça fait du bien de se couper un instant de la réalité indienne. Une petite parenthèse dans la parenthèse, le matin j'oublie presque que je suis en transit. J'ai l'impression de me réveiller dans ma maison de campagne...
9 AVRIL PUSHKAR Arrgghhh! Je suis maudite! Ce matin, j'ai levé le camp de Jaipur. Adieu veaux, vaches, cochons, le fugitif repart vers de nouvelles aventures. Jusque là, la routine. Ca se complique quand, arrivée à mon nouvel hôtel, je réalise que pour des raisons obscures, ma bouche est bloquée. Impossible d'avoir un écart de plus d'un centimètre entre les deux mâchoires sous peine de voir mon dentier me dégringoler sur les genoux! Vais je devoir me mettre au régime calibré avant l'age fatidique? Je clôture mon stade oral de façon plutôt rédhibitoire. Je suis trop jeune pour boire mes biscottes noyées dans mon Nesquick avec le beurre qui surnage! Et puis, ou vais-je trouver un presse purée dans ce bled pourris? Je n'en suis pas encore au trismus mais quel est l'imbécile qui a trifouille ma poupée vaudou en lui plantant des aiguilles dans la bouche? Qu'il se montre, je n'en ferais qu'une bouchée... enfin, presque. Je ne vais quand même pas aller voir le rebouteux du coin. Même ma copine infirmière Caro, qui fait du rapatriement sanitaire, m'a laisse tomber comme une vieille chaussette. Pas assez grave pour envisager un retour au bercail aux frais de la princesse! Dix neuf heures, Hourra! Je suis décoince (vous en doutiez?) Apres avoir brûle maint et maint bâtons d'encens (doit bien y avoir un dieu spécial problèmes dentaires dans le coin), massé, farfouillé, mastiqué au risque de me faire prendre pour une nouvelle race de ruminant, ma mâchoire à enfin recouvré la raison. Ouf! pas besoin de mettre un gant en latex et passer par "l'autre voie". Comprenne qui pourra (merci mon ostéopathe). Et vive la grenouille à grande gueule ! (ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire n'ont qu'a se manifester, je me ferais un plaisir de leur raconter.) L'Inde, pays aux mille dieux et aux mille prières. Jour et nuit, elles montent vers le ciel telles les volutes de fumée d'une gitane maïs. Et c'est justement le problème. Il est trois heures du mat et le vieux d'en face a décide de tenter sa chance, des fois qu'un dieu serait encore à l'écoute. Le voila qui tambourine avec conviction sur sa plus belle casserole en guise de banjo et braille à s'en faire péter les plombages. On dirait un mélange de sirène de pompiers et de fado chanté par un asthmatique. N'y a t il personne qui veuille abréger ses souffrances? Le seul effet kiss-cool observé c'est une accélération bruyante du transit de mon voisin de chambre et une reprise en choeurs par tous les canidés du coin. Puis, une fois qu'il a bien massacré son ustensile de cuisine, il retourne se coucher (Seb c'est bien?).?ET MOI ALORS? A cause de lui j'ai les yeux en position plein phare, impossible de retrouver le fil mon rêve qui semblait pourtant des plus philosophiques. Demain, c'est décidé, je vais danser la macaréna sous ses fenêtres à deux heures du mat!!
11 Avril PUSHKAR C'est la tanshumance! Je descends de mon village bleu à flanc de colline pour me perdre dans le quartier musulman d'Ajmer, la grande ville dans la plaine. J'ai passé toute la matinée dans la mosquée, il faut dire que les alentours sont un mixe entre la foire et la coure des miracles qui ne donne pas envie de prolonger le stationnement. Un type coincé en position grand écart fait le crabe dans la rue, un autre se déplace en se roulant par terre, il y a même un chien qui avance en équilibre sur ses pattes avant, les pattes arrière difformes. Mieux vaut battre en retraite. Avant d'entrer dans le lieu saint, je confie mes chaussures au portier et je me couvre la tête. Dans l’enceinte, une milice est chargée de faire respecter les bonnes manières. Portant une étole genre miss monde et un bâton de guignol, ils traquent tout écart de conduite. Ce serait de mauvais goût de se prendre une prune pour outrage à divinité. Je me pose dans un coin de la coure dallée de marbre et je regarde. C'est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Un petit bonhomme s'approche de moi en gazouillant. Il a les yeux soulignés au crayon noir et une ficelle autour de son proéminent bidon. Une fillette me demande de poser avec elle pour une photo (il est important de savoir que tout bon indien se doit de tirer une tronche de six pieds de long lors de cet exercice... pas le moindre petit rictus). C'est une procession incessante de visiteurs. Les hommes portent des djellabas blanches magnifiquement brodées. Ce soir, à Pushkar, c'est mégateuf!. C'est le nouvel an indien, on sort les dieux des temples et de la naphtaline pour leur faire faire un petit tour de la ville. Chaque soir c'est la permission de minuit pour un dieu différent, et ça va durer dix jours!. Les familles ont dessinées des fleurs, des motifs géométriques avec de la poudre de couleur devant leur perron pour accueillir la procession. La rue est parée d'un tapis aux couleurs flamboyantes. Les femmes accrochent des fleurs dans leurs cheveux.?Les chars sont précèdes par une fanfare dominée par le son du Bontempy sur lequel s'acharne un des musiciens. Puis vient... un énorme moteur monte sur roulettes qui servira à alimenter les lustres portés par des dizaines de gamins des rues pour faire une haie d'honneur. Enfin, le char, entouré de brahmanes distribuant des copeaux de noix de coco et autres sucreries. On en reçoit une poignée, on partage avec son voisin. Tous les sens sont à la fête. La foule se presse pour recevoir la bénédiction, toucher le char. Les sâdhus en tous genres sont aussi de la partie. A la base, le sâdhu est un mendiant religieux. Ils sont reconnaissables à leur allure souvent excentrique. Vêtus d'orange, le corps couvert de cendres, le cou chargé d'amulettes et le crâne recouvert d'une forêt vierge qui ferait rêver nos amis rasta symbole de leur puissance. Le sâdhu devient siddha, soit hermite soit ascète après de dures pénitences et diverses formes de mortifications. Certains ont décidé de passer leur vie sur un pied, d'autres se coupent un bras, tout ça pour atteindre la délivrance du cycle infernal des renaissances.?Ca c'est la version locale, mais on a aussi le Western sâdhu, race particulièrement endémique si on considère qu'elle possède la faculté de troquer ses fripes contre un costume trois pièces une fois revenu sur leur pays d'origine. Leur but est encore obscur mais il semble que pour y parvenir, ils doivent porter les vêtements les plus miteux, traîner la savate et afficher une pilosité amazonienne...
18 Avril JAISALMER Mon voyage aura été marqué par de nombreuses rencontres. Chaque ville que je traverse m'apporte une nouvelle histoire. Il faut être patient, laisser les choses venir. L' Inde ne s'apprivoise pas en deux jours. Apres un certain temps, une fois que vous faites bien partie du décor, le miracle s'opère. Je crois qu'ici, j'ai atteint la perfection. Jaisalmer est une ville fortifiée au milieu du dessert du Tahr. Son épaisse muraille ocre renferme un trésor. C'est ici que se trouvent les plus beaux have lis de toute l'Inde. Ce sont des palais construits au XVIII ème siècle par de riches marchands. Certains sont officiellement visitables mais je me rends vite compte que presque toutes les façades de la ville sont richement ouvragées. On dirait de la dentelle, mais en plus beau, avec une variété incroyable de motifs. Je ne m'en lasse pas. Mon hôtel est à l'intérieur du fort. Le soir, assise sur la terrasse, je me prends pour une maharani attendant son Lawrence d'Arabie (ouaich, un peu anachronique, mais Peter O'Toole avait de si beaux yeux bleus...). Les habitations couvrent encore quelques kilomètres autour des remparts et puis...c'est le désert. Pas les dunes de sable comme dans le désert des tartares, mais une plaine aride ou ne poussent que des buissons hirsutes et des éoliennes à perte de vue. Et puis, il y a eu la rencontre avec ces deux soeurs. Deux gitanes qui alpaguent le touriste à la sortie du fort pour leur vendre quelques breloques. Comme elles sont parées de leurs plus beaux atours, je joue le jeu du "bakchich contre photo". Jusque là, relations professionnelles. Le lendemain, je les retrouve pour leur offrir quelques T shirts que je dois jeter par dessus bord de mon sac à dos sous peine de surpoids fatal pour la suite du périple. Elles semblent ravies. Ce soir, elles m'ont invitées à boire un thé chez elles et écouter de la musique. Je les suis en dehors de la ville et me voici assise dans la courette d'une maison en torchis, un gamin dans les bras. Les hommes jouent du violon pendant que les deux soeurs dansent et chantent. Pour l'occasion, elles m'ont décorées de leurs bijoux traditionnels. On pose pour la photo. Une fillette aux cheveux ébouriffés danse devant moi. Sa robe est mocharde mais ses yeux brillent comme ceux d'un chat et ses hanches ondulent gracieusement. Petit moment de pur bonheur. C'est simple et beau comme un Kinder-Surprise.
26 Avril BOMBAY Dernière étape du voyage:Bombay. Retour à la civilisation mais ce n'est pas pour autant la fin des aventure, bien au contraire. Coup de chance, un de mes amis indien que j'ai connu au Burundi est lui aussi de passage dans le coin. Il insiste pour que je loge dans un des studios qui appartiennent à sa famille. Jusque là, plutôt idyllique comme tableau surtout vu le prix d'une chambre d'hôtel ici et vu l'état de mes finances... Mais c'est sous estimer l'esprit farceur qui plane constamment au dessus de mon crâne gracile! En fait, l’appart est parfait, mais c'est comme acheter une robe chez un grand couturier et se rendre compte qu'on ne peut même pas monter les escaliers avec. Beau mais pas pratique. Canapés dans le plus pur style post néo gréco romain, sol en marbre, la classe. Mais quand il s'agit de passer aux choses concrètes genre: qu'est ce qu'on mange ce soir? C’est une autre paire de bretelles. Les placards de la cuisine sont remplis ...... de cahiers, de cirages, de bouteilles de fly-tox. Ah, quelques bouteilles d'alcool, (on avance petit à petit vers le rayon alimentaire) et une cinquantaine de bouillons Knorr. Ce soir, donc, on révise Maïté version Koh-Lanta. Faute de casserole, j'ai du faire bouillir mes nouilles dans une poêle tellement petite qu'on pourrait la qualifier de HLM pour omelette! Me voici en train d'égorger une boite de concentré de tomate (la seule dont la date d'expiration n'avoisine pas le néolithique). Le plan de travail porte encore les traces de notre lute acharnée. Papa, tu aurais été fier de moi! Deuxième épreuve: Bombay est la seule ville d'Inde ou il est presque mal vu pour une jeune (si, si, j suis encore jeune) femme de porter le punjabi. Pas de chance, je n'ai plus que ça dans ma garde robe. A cela il faut ajouter le fait que Vinod (mon ami indien) ne fréquente que des gens super branchouillés et j'avoue qu'après deux mois de voyage je ne me sens pas trop dans ce trip. Panique à bord, donc, comment ressembler à quelque chose de correct quand on n'a plus que des tongs, un sac à patate en guise de robe et .....Pas le moindre sac à main coordonné! Je fonce dans le premier magasin du coin et fait péter ma carte bleue. J'en ressors habillée dans le plus pur style minette rose bonbon, un régal. Il fallait au moins ça pour tenir la route face à la jeunesse dorée locale. En trois jours, avec Vinod et sa bande, on a écumé tous les bars fashion de la ville. Ca fait tout drôle, mais j'avoue que ça m'a fait du bien de retrouver tout ça! J'ai presque fait une over-dose de crevettes et autres produits de mer (ras le bol du poulet et du régime végétarien). Ce soir, Vinod retourne au Burundi, moi je reste encore quelques jours. Je vais tenter de survivre dans cet univers.
La suite au prochain épisode.
J'ai donc mis le pied en Inde comme d'autres ont mis le pied sur Mars. Tout devait être différent et pourtant, je ne me sens pas aussi étranger que ça (aurais je des origines martiennes?). A peine une vague sensation d'apesanteur due à la fatigue. ?Le voyage fut un étrange mélange initiatique. Je n'ai jamais eu autant de correspondances (Paris, Behaim, Abu-Dhabi, Muscat, Delhi...enfin). Tous à vos atlas, BANDE DE FLEMMARDS! Comble de malchance, je fut poursuivie pendant tout ce périple par un groupe de touristes quadra franchouillards qui (comme le veut le règlement du beauf à l'étranger) n'ont pas cessés de faire des commentaires douteux, râler… bref, se faire remarquer. Passons, peut être qu'un jour, l'âge aidant, j'en serais réduite à voyager avec leurs semblables... ?Par contre je recommande vivement la compagne Gulf Air. Leurs hôtesses portent un voile qui tombe gracieusement de leur petit chapeau sur leurs épaules. On dirait un mixe entre la Fée Bleue et Shéhérazade.??Comme le vol est long, les passagers tentent tant bien que mal de se dégourdir les jambes. Il en résulte une imitation presque parfaite du bagnard dans sa coure de récréation, l'uniforme en moins. A pas comptés, ils tentent de faire circuler le sang dans leurs jambes engourdies et comme l'avion est petit, ils tournent vite sur eux mêmes. ?Enfin Delhi, j'enlève mon pull avec bonheur (promis, j'ai eu une pensée pour vous), je dégaine mes lunettes de soleil et en route pour l'aventure! ?J'ai bien fait de demander qu'on vienne me chercher. A l'extérieur de l'aéroport, une foule de chauffeurs de tout poils sont à l'affût du touriste. Par contre, il devient rapidement évident que la conduite ici est une affaire de Karma. De toute façon, notre fin sur terre est déjà écrite, alors autant foncer et s'en remettre aux divinités locales. Les voitures slaloment dangereusement, ne laissant que peu de chance aux piétons. Pas de refuge possible pour eux, les trottoirs servant ont tout sauf à marcher dessus. Traverser relève du suicide collectif. Les rues sont toutes à double sens, même les plus étroites. On roulera au besoin sur ces fameux trottoirs. Enfin, pour ceux qui poussent le masochisme à l'extrême, nous proposons la moto. Tout sert de casque pourvu que ce ne soit pas homologué (casque de chantier, de football américain, je m'attends même à croiser un saladier pourvu que ce soit la bonne taille) ?Me voici arrivé à mon hôtel après, deux accrochages, trois dérapages et une bonne dizaine de grosses frayeurs (la routine quoi). La rue est sordide, nous sommes en plein Old Delhi, j'adore.
Un drôle d'escalier en marbre aux marches surdimensionnées m'amène jusqu'a la terrasse sur laquelle donne ma chambre. Là aussi, le faux marbre du sol contraste avec l'étroitesse et le kitsch du décors. ?C'est sur cette terrasse que je fais la connaissance de Penina, une française. Elle est sur la fin de son voyage, c'est elle qui m'initiera aux joies du négoce. ?C'est tout un art. Il faut avant tout avoir le temps. On se pose, on boit un thé avec le vendeur. Il invoque sa famille à nourrir, on montre notre portefeuille que crie famine. Petit sourire échangé, personne n'est dupe. On regarde d'autres objets. "special price". Il faut savoir doser. Parfois j'ai honte mais à la fin de la transaction, quand Penina ressort en ayant payé un prix dérisoire, le vendeur lui glissera: "you are clever " (tu es maline). C'est de bonne guerre. ?J'ai le sentiment que dans cette ville, on a concentré un maximum d'échoppes, de voitures, de passants dans un minimum de place. On a vite l'impression que le ciel est tout juste au dessus de nos têtes à cause de la toile que forment les câbles électriques. Ils sont emmêles, dérives, coupés, je n'ose imagine le boulot de l'EDF locale... ?Il est tard maintenant et la rue grouille encore. Beaucoup de klaxon, des chiens qui se battent, on se hèle d'un balcon à l'autre. ?Penina est partie aujourd'hui, à moi de mettre en pratique son enseignement. ?Ben voila le premier de la série. Je vous embrasse tous. Je m'amuse comme une folle et mon système digestif tient le coup.
4 Mars DELHI J'ai trouvé un ange gardien! Mr Singh. Il est sikh (religion) et chauffeur de taxi (profession).?La première fois que je l'ai rencontré, j'étais avec Penina. Il était tard, nous avions eu une mauvaise expérience avec un chauffeur un peu agressif à cause du faible taux de sang qui flottait dans l'alcool de ses veines. Et là, on a croise ce type au turban impeccable. La moustache digne du baron de Munchausen. J'AVAIS TROUVE MON MARAJAH !! Il sera mon guide sur Delhi. ?Le sikhisme est une religion qui regroupe deux pour cent de la population indienne. Malgré ce faible nombre, il s'agit d'une minorité religieuse (et non ethnique) solidaire, entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie. Le sikhisme qui prescrit l'honnêteté et le service de la société, en fait des interlocuteurs surs. ?Malgré leur longue barbe, ils sont loin d'être des hippies attardés, bien au contraire.?Leur religion suit les préceptes de Guru Nanak (né en 1469) qui déclara: " il n'y a pas d'indous, il n'y a pas de musulmans, il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême". Ce bricoleur des religions rejeta les castes de l'indouisme tout en conservant la croyance en la réincarnation. De l'islam, il retint la simplicité, l'absence de représentation divine, la prière et le dogme du Dieu unique. Il butina même chez les zoroastriens et les juifs. ?Les puristes suivent la loi des cinq K: Ils doivent laisser pousser leur barbe et leurs cheveux (kesh en Indien).Ils gardent donc leurs cheveux sous un magnifique turban plié au centimètre prés et protégent leur barbe dans une résille nouée sur la tête quand ils se déplacent en moto par exemple. Ils placent un peigne d'ivoire ou de bois dans leur chignon (konga). Ils portent un bracelet en argent au poignet droit pour se souvenir que leurs mains ne doivent pas tricher ou faire de mal (kara). Kacca désigne le caleçon court que certains portent encore. Enfin, ils portent parfois un poignard à la ceinture (kirpan). ?Outre ces percepts, les siks ne doivent pas boire d'alcool ou fumer ce qui m'arrange particulièrement pour le cas de mon chauffeur de taxi.
Ce matin, j'ai continué mon voyage initiatique à la gare centrale pour acheter, à l'avance, mes billets pour les étapes suivantes. Mon chevalier ne m'a quitté qu'une fois devant la porte même de l'International Tourist Bureau, m'évitant ainsi de tomber entre les griffes des nombreux rabatteurs, faux guides et autres types louches. ?Me voici donc dans le temple du transport ferroviaire (un temple de plus ou de moins, on n'est plus a ça prés dans ce pays). Petit coup d'oeil à mes confrères touristes. Il en vient de toutes part; Japon, Australien, Allemagne.... Par contre, pour ce qui est de cette brochette, ils ont tous un point en commun: ce sont de véritables épaves!! (J’exclue tout de suite nos amis asiatiques qui sont comme d'hab, tirés à quatre épingles). ?Ici, tout est fait pour vous faciliter la vie mais dans une logique toute locale. Après donc une heure de queue, j'accède au guichet..... Perdu!! Vous devez reculer de trois cases pour aller chercher le nom exacte du train que vous voulez (ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt mille francs) ..... Par contre, si vous voulez les trains en partance pour d'autres gares, reculez de trois cases et soyez heureux de ne pas avoir de gage. ?Enfin, je sors victorieuse. Ca vaut bien un thé massala à l'hôtel devant une série TV indienne. Lors de mon séjour au Burundi, mon amie indienne Shiwa m'a fait découvrir ces deux piliers de la culture indienne. J'en use et abuse avec délice depuis mon arrivée ici. Quand je vais revenir en France je serais incollable sur les dernières nouveautés!! ?Faisant fi des guides touristiques j'ai résolument tourné le dos aux monuments locaux pour suivre, à son invitation, mon marajah jusqu’a son temple. Ce n'est pas tant les musées que je veux voir. Quoi de mieux que d'entrer dans un temple sikh par la porte de service. Pendant le trajet, je regarde les yeux de chat de mon chauffeur dans le rétroviseur. Il a l'air particulièrement fier de m'emmener là-bas. C'est en partageant les cultures qu'on arrive à mieux se comprendre. ?Avant d'entrer, je me couvre la tête avec mon étole. Le temple est immense, tout en marbre. En passant déposer nos chaussures, on se fait offrir un thé et des petits gâteaux par le gardien. Pendant que Mr Singh papotte avec ses amis, je me fais toute petite, c'est le vestiaire des hommes après tout!! (jalouses hein??). Des chaussures s'alignent sur toute la hauteur du mur. ?Dans le temple, l'ambiance est recueillie. Ca fait du bien après la folie des rues de Delhi. Un prêtre psalmodie accompagné par une musique entêtante. ?Le temple a été construit sur une source miraculeuse. Le matin, beaucoup de personnes viennent se baigner dans le grand bassin. Sur le côté, des "moines" armés de bouilloires, proposent de boire l'eau bénie. J’avoue avoir essayé. Peut être retrouverais je quelques neurones grâce à elle (sinon ce sera juste une bonne diarrhée). ?Un peu plus loin, sous un préau, le temple offre un repas simple aux nécessiteux mais aussi à qui veut. Tout provient de généreux donateurs. Cette religion me semble pleine de sens, à l'échelle humaine.
Mon voyage commence bien.
5 Mars AGRA On vit tellement plus de choses quand on voyage seul! On a peut être l'air plus abordable et on va plus vers les autres. Quand on voyage à deux, on a un interlocuteur privilégie, pas besoin d'aller voir ailleurs. De plus le binôme peut vite être ressentit comme un cercle fermé. Depuis mon arrivée en Inde j'ai fait beaucoup de rencontres intéressantes. Je dois avouer que mon coté ours est aussi en cause; j'aime bien disposer de mon temps et de mon espace. Ca fait du bien de choisir les moments ou on veut de la compagnie et ceux ou on préfère se replier dans ses pénates. ?Je viens d'arriver à Agra après deux heures de train. J'ai le dos en compote et pourtant, je retrouve toute mon énergie en arrivant à l'hôtel. Les chambres entourent un petit jardin ou on peut manger sur le pouce et, contrairement à Delhi, ON EST AU CALME!! ?Très vite, je prends possession des lieux. Mon pyjama sous l'oreiller, je sors mes sachets de thé et quelques pommes sur la table de nuit, je brûle un bâton d'encens. Cette fois, ma chambre a la couleur d'un chamalow. Au plafond, un ventilateur suspendu par des fils électriques qui ne lui transmettront jamais l'énergie vitale faute de branchement. Plutôt étonnant comme déco. Dans la salle de bain je tends ma corde a linge et je fais bouillir de l'eau dans le seau (merci la résistance chauffante burundaise) pour me doucher. Je veux bien jouer les routardes mais pas question de se négliger. Mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche. Sur ma table de nuit trônent ma crème de jour et ma crème de nuit (que j'utilise à bon escient, comprenne qui pourra). Détail intéressant de ma salle de bain: l'eau usée du lavabo s'écoule .... sur mes pieds. Le siphon ayant été coupé, tout va directement dans la grille d'évacuation de la douche située par terre, juste à côté. ?Au resto de l'hôtel je rencontre Beckie, infirmière vétérinaire australienne. Ce soir, elle part en direction du Nepal. On passera l'après midi ensemble. Mon alliance l'a bien fait rire. Elle utilise le même subterfuge. ?Paradoxe du voyageur solitaire, on n'est jamais seul
6 Mars AGRA Ce matin, je me suis levée avant le soleil pour aller visiter le Taj Mahal.
L'histoire raconte que l'empereur Shah Jahan l'aurait fait construire pour recevoir le corps de sa femme Mumtaz Mahal, morte alors qu'elle accouchait de son quatorzième enfant. Sa mort laissa le souverain fou de chagrin. Il fit alors la promesse de construire, en sa mémoire, un monument qui n’a pas son pareil dans le monde. Comme aucun architecte du royaume n'était capable de concevoir projet à la dimension de la douleur de l'empereur, celui-ci aurait alors convoqué l'architecte Perse le plus célèbre et tué sa fiancée. Comprenant enfin toute la peine du sultan, il créa le Taj Mahal. S'en suivirent vingt années de labeur (1631-1653) pour des milliers d'artisans venus pour certains du Moyen Orient ou d'Europe. Certains furent ensuite amputés des mains ou des pouces pour qu'ils ne puissent plus jamais reproduire une telle perfection. ?Une autre version tendrait à montrer le souverain sous un jour moins poétique. En effet, l'agencement du jardin en quatre parties sépares par des bassins symboliserait le paradis ou coule des rivières d'eau fraîche, de lait, de miel et de vin. Ces bassins se rejoignent en un point central qui représenterait le bassin céleste de l'abondance. Certaines calligraphies de la porte principale citent un des deux seuls passages du Coran ou Dieu s'adresse directement aux hommes: "Entrez dans mon paradis". Le Taj serait ils alors la représentation du paradis? ?Jusque là, me direz vous, tout va bien... Le problème c'est que la tombe n'est pas située au centre du jardin comme le voudrait la tradition mais au fond de celui ci. On sait depuis peu que le père de Shah Jahan possédait dans sa bibliothèque, un texte Sufi décrivant le plan de l'assemblée du jugement dernier. Celui-ci correspond exactement aux plans du Taj Mahal. Le Taj serait alors une symbolisation du trône de Dieu. Notre empereur ne serait il alors qu'un mégalo bouffit de vanité?? ?Même chose pour sa mort. La version la plus répandue dit que l'empereur serait resté inconsolable après la mort de sa belle. Il fut emprisonné par un de ses fils dans le fort d'Agra d'ou il contempla le Taj jusqu'a sa mort en 1666. Une autre version indique qu'il serait mort d'une over dose d'opium et d'aphrodisiaque. Moins poétique tout d'un coup... ?Alors, doit on croire en l'amour ou n'est ce qu'un miroir aux alouettes? Pour ma part, fidèle à mon cynisme légendaire, je retire une conclusion de tout ça. Il n'est pas d'amour parfait. Les années érodent la pierre, les sentiments se révèlent parfois moins nobles, se fatiguent avec le temps. ?Mais revenons à nos moutons. Je ne tenterais pas de décrire le Taj. Nombreux sont ceux qui se sont essayés à cet exercice et je ne me mesurerais pas à eux. Par contre, face à tant de beauté, je réalise à quel point les hommes sont capables de rejoindre Dieu et faire des miracles quand ils veulent bien s'en donner la peine. ?Le soleil commence à se lever. Les touristes pressent le pas pour voir le Taj s'illuminer et se refléter dans son miroir minéral. Il n'y a pas que les touristes d'ailleurs. Une nuée de moustiques me fait rapidement une auréole. ?Personne ne parle, on n'entend que les cris des singes, quelques oiseaux et le bruit étouffé de la ville qui se réveille. ?Derrière le Taj, en toile de fond, il n'y a rien que le ciel comme une porte vers l'éternité. Un pur moment de beauté. ?L’Inde est un pays où cohabitent la grâce la plus divine et la misère la plus infernale.
7 Mars AGRA Mon hôtel est décidément plein de surprises. L'électricité est coupée dans la journée, ce qui, en soi, n'est pas un réel problème, sauf si on cumule, le fait que mes toilettes ne sont équipés d'aucune autre source de lumière et que la corde sur laquelle je viens d'étendre mon linge passe au dessus des toilettes. Je me retrouve donc sur le trône, ma lampe frontale sur la tête, mes chaussettes me dégoulinant dans le cou! J'avais prévu de passer une après midi au calme, recluse à l'hôtel, me refusant de faire du shopping dans cette ville attrappe touriste, mais mes voisins américains ont su me convaincre. Je ne regrette pas. Ils avaient dégotés pour le dîner, une terrasse qui surplombait la ville. Vue imprenable sur le Taj, des guirlandes qui clignotent, le tout sur un air de Bob Marley. Tables sur une surface à peine plus grande que ma chambre d'hôtel. De là, je voyais la ville labyrinthe sous un autre oeil. Loin des rabatteurs, je pouvais voir la vraie Agra. Sur une terrasse, des gamines qui jouent, un peu plus loin une ribambelle de singes qui se chamaille. Le muezzin du coin commence à rappeler ses fidèles à l'ordre. Je respire. Le retour fut nettement moins calme. Il faisait nuit noire quand nous sommes montés à bord de l'auto rickshaw. J'avais quelques réticences, quelque chose clochait mais impossible de savoir quoi. Après quelques minutes de route, j'ai réalisé que le véhicule n'avait tout simplement pas de phare. Nous roulions à l'aveugle. On a bien tente de tenir ma lampe de poche à bout de bras mais les tressautements incessants dus au mauvais état de la chaussée nous faisaient passer, aux yeux des autres chauffeurs, pour un véhicule en proie à quelques démons. De plus, cerise sur le gâteau, vu que les rickshaw n'ont de toute façon pas de clignotant (décidément, à part une banquette et des roues c'est plutôt minimaliste) son fils de sept ans assis à ses cotés, était chargé de tendre la main si d'aventure il lui prenait l'idée saugrenue de tourner. Nous étions d'ailleurs tellement rassurés qu'à chaque virage nous agitions nous aussi les bras comme les naufragés de la méduse.... Nous sommes tout de même arrivés à l'hôtel sains et saufs (ce n'était pas notre heure de mourir)
8 Mars FATEHPUR SIKRI Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les plafonniers diffusent une lumière jaunâtre. On se croirait dans un aquarium mal entretenu. J'ai passé la journée à Fatehpur Sikri et pourtant ce fut trop court. Bâtie par l'empereur Akbar en 1572 (donc quelques centaines d'années avant notre copain Shah Jahan le mégalo en amoure) pour y installer se cour, elle fut abandonnée quinze ans plus tard suite à une baisse du niveau de la nappe phréatique. A vingt six ans, Akbar avait tout ce qu'un monarque pouvait désirer: le pouvoir absolu, un harem (cinq cent femmes, quelle santé!).... mais pas d'héritier. Il vint sur la colline de Sikri consulter un hermite renommé. La bénédiction du saint homme lui apporta trois fils l'année suivante (rentable). Plein de gratitude Akbar décida d'élever sa nouvelle capitale à Sikri. Le temple de marbre blanc dans lequel repose le corps de l'hermite sert de " Darty local". On fait un voeu en achetant des offrandes. Pas plus de trois (ça lui fait déjà pas mal de boulot à notre copain l'hermite, vu le nombre de visiteurs! Pas de répit même pour les défunts) On accroche un bout de ficelle rouge à l'un des magnifiques panneaux ajourés (fait d'un seul bloc de marbre. Imaginez, deux mètres sur deux) et là, c'est garantit sur facture... votre voeu se réalisera (en vingt quatre heures chrono?). J'avoue avoir craqué. J'ai mis mon bout de ficelle. En règle générale je ne crois pas à ce genre d'histoire mais ici, je me laisse porter, je pense que j'aime croire un peu à la magie de l'Inde.?Akbar semble avoir été un homme plein de sagesse tout en gardant un côté enfantin. En plus de son harem, il avait trois femmes: une indoue, une musulmane et une chrétienne. Pour chacune il fit bâtir un pavillon. Chaque pavillon est orné de peintures, de détails architecturaux s'inspirant de leur culture.?Dans la grande cour, un trône très simple, au milieu d'un jeu inscrit sur le sol. Il s'agit d'une sorte d'échiquier géant dont les pions étaient des esclaves et des femmes nues que le souverain déplaçait à son gré (ça va en faire revers plus d'un). Un peu plus loin, sur une plate-forme entourée de bassins, une scène sur laquelle les plus célèbres musiciens venaient faire concert. A certaines grandes occasions, Akbar faisait remplir ce bassin de pièces d'or et d'argent qui étaient ensuite distribuées aux pauvres. J'ai même visité les restes d'un hôpital. Plutôt sommaire mais les entrelacs qui ornent les piliers m'ont fait rêver. Vers la fin de ma visite, je me suis assise pour dessiner un peu. Il est tard, les touristes ont déjà regagnés leur bus climatisé. Le palais respire enfin. Le soleil fait flamboyer les murs de grés rouge. J'ai paye mon guide et pourtant il reste assis à coté de moi. Lui qui n'a cessé de m'abreuver de détails historiques, architecturaux, est devenu soudain muet. Je suis fascinée par cet endroit. Le moindre piller, la moindre poutre est richement décorée. Les linteaux ondulent gracieusement comme des trompes d'éléphant. Art Jain, mongol, indou, persan, turc, boubhique, chinois, il a su prendre le meilleur de chacun. Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les enfants de ma voisine se sont endormis sur ses genoux. Dehors, les grenouilles se sont réveillées et sifflent cachées par les herbes hautes. Ca sent la terre humide. L'air est frais. Après une heure de route à travers la campagne, on arrive aux portes d'Agra. Les échoppes, les maisons sont éclairées par des bougies faisant apparaître la route en pointillés. Leur lumière chaude et vacillante transforme le moindre étal en caverne d'Ali Baba. Les guirlandes de sachets de bonbons brillent comme des bijoux. Les plats d'alu deviennent de riches plateaux d'argent. La nuit a effacé la misère, laissant place au rêve.
10 Mars vers KHAJURAHO Désolée pour le retard (vous commencez à prendre de mauvaises habitudes !!!) mais la connection locale est des plus aléatoires...
Les trajets en Inde sont toujours une rude épreuve. Je me disais qu'avec mon entraînement étant jeune, ça ne devrait pas trop poser de problème (à cinq dans une Renault 14 pour passer des vacances dans le sud de la France). Ben je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.?Au Burundi, je regardais d'un oeil amusé les minibus ou la capacité de l'homme à se comprimer était utilisée à son maximum. Une fois dedans ça ne m'amuse plus du tout. J'avais de la chance (!!), j'étais collée contre la fenêtre, les genoux encastrés dans le fauteuil de devant. Par contre, au bout de la banquette, ma voisine avait l'entre jambes des passagers debout dans l'allée qui s'imposaient a elle à chaque secousse (Y'en a qui ont fait le voyage debout… si, si).?Juste avant d'atterrir dans cette boite à sardine sur roulettes, j'ai du prendre la train d'Agra à Jhansi. Trente cinq minutes de retard, la routine. J'étais assise à coté d'un ponte de l'assurance vie indienne, qui ne s'est pas fait prier pour dégainer son lap top dernier cris et me montrer les centaines de photos de ses collaborateurs, sa famille, le mariage de l'oncle Alphonse... Je m'extasie, pousse des "ah" des "oh" aux moments appropriés. Là ou ça s'est complique, c'est quand il a embrayé sur le mariage en France, les relations avant mariage et là je le voyais venir avec ses grosses babouches! Je tente bien de défendre notre moralité mais sans grande conviction. Pas évident. On doit passer pour de sérieux débauchés à leurs yeux! Les ados sortent à tour de bras les uns avec les autres, on vit ensemble hors mariage, on divorce au moindre petit problème. Je suis très mal placée pour défendre la vertu, par contre je pense qu'on se passerait bien de tout ce petit manège si seulement on trouvait le bon.?Eh ! Oh! pendant que vous êtes tranquillement en train de lire ces lignes, au fond de votre canapé douillet, je vous signale que je suis toujours dans le car! On a quitte Jhansi à treize heures trente. Dans le guide du routard ils disaient cinq à six heures de route. Je ne sais plus comment me mettre. Remarquez, je n'ai pas beaucoup le choix. On s'arrête, pause pipi. Ouf! je déplie enfin mes jambes. Pas la moindre toilette recommandable aux yeux des services d'hygiène. Ma vessie attendra. Le bus est pris d'assaut par des gamins qui vendent des légumes dans des assiettes en feuille de bananier. Pour la dernière partie du calvaire, le chauffeur m'achèvera en mettant sa cassette préférée de musique locale. Je vous vois rigoler d'ici. Oui! J’adore toujours la musique indienne, mais perclue de rhumatismes, dans un bus glauque, la vessie comme un ballon de football, j'avoue que mes sens étaient quelque peu altérés. Et puis vu la qualité de la chaîne et le niveau sonore, j'aurais plus penché pour un cochon qu'on égorge que pour une douce mélopée a l'eau de rose. Je n'ai pas vu la tête de l'hôtel dans lequel j’atterrissais. Une douche, une soupe et extinction des feux. O joie!
?11 Mars KHAJURAHO Je me réveille sur un air de musique transcendantale. Dans quel Eden ai-je atterris ? Un petit bassin ou une statue de Buddha fait trempette au milieu des nénuphars, des fleurs fraîches sur chaque table du resto... j'ai complètement oublie la journée d'hier. L'hôtel est tenu par un swami à la longue barbe. Possibilité de cours de yoga le matin pour les lève tôt (donc pas moi). Je retrouve mes voisines de bus. Deux minettes belges. On sympathise autour d'un tchai et nous voila parties à la découverte des alentours. On est rapidement entourées par une horde de gamins. Un peu paumées, on les suit. Du haut de leurs quinze ans ils se révéleront des guides fort intéressants. La ville est surtout connue pour les sculptures érotiques qui ornent certains de ses temples. Les touristes se jettent dessus avec l'avidité de l'ado boutonneux sur le porno du samedi soir. En fait, elles ne représentent que cinq pour cent de l'ensemble de la surface sculptée. Le reste décrivant des scènes de vie pleines de grâce (une jeune femme ôtant une épine de son pied, une autre se maquillant). En fait, on a plus été marquées par une petite école ou un des gamins a absolument tenu à nous emmener. C'est son école. Il semble tellement fier. En fait, il y a deux pièces de plein pied qui donnent sur une courette. L'une sert de bureau, l'autre de salle de classe. Les murs sont en torchis. Le professeur nous fait signe d'entrer. Ils doivent être une dizaine de gamins, dépenaillés, assis par terre, une ardoise sur les genoux. Ils se lèvent tous à notre entrée pour nous saluer. Je suis un peu gène de troubler ainsi la classe. Le village est divisé en quatre "arrondissements" en rapport avec les différentes castes. Chacun ayant ses propres temples, ses propres centres de soins. Par contre, cette école ne fait aucune différence. Six instituteurs ont décide de la monter en dépit de tout. La plupart des élevés n'ont pas de quoi se payer les cahiers ou même l'uniforme. On a été touches par cette initiative. C'est pas tout, mais je suis en Inde depuis plus d'une semaine et je n'ai pas achète le moindre vêtement.... pas normal ça... mes hormones féminines en auraient elles pris un coup dans l'aile? Prince saura remédier à tout ça. Prince tient un magasin de vêtements, de tissus, de saris en tout genres (your sexy mother f...). C'est un commerçant mais surtout, je le sens passionné par ce qu'il vend. Voyant mon intérêt, il me sort ses plus beaux brocards. Il en dessine lui même les motifs, s'inspirant de certaines fleurs, de motifs vu sur les temples. Tout est filé, brodé à la main. Je tombe sous le charme. Au bout de dix minutes, son comptoir est recouvert de tissus multicolores. Si je m'écoutais, je ferais des folies. Dans ce pays les vêtements féminins sont tellement gracieux! Par contre ma peau couleur lavabo me déprime. J'ai l'air maladive. Finalement, je me laisse tenter par un punjabi en coton (tunique longue fendue + pantalon + châle) simple mais aux broderies travaillées. Mais pour mon prince aux yeux de velours, même le vêtement le plus simple doit être parfait. Son tailleur prendra mes mesures et fera les retouches pendant que nous conversons de choses et d'autres autour d'un thé comme deux vieux amis. Et les aventures continuent! En ce moment, à Khajuraho, se déroule le festival de Shivaratri. Il réunit tous les adeptes de Shiva pour fêter sa naissance. A cette occasion, une grande foire est organisée. Nous nous y rendons à la nuit tombée. On y trouve des étals de bijoux, des saris, des ustensiles de vaisselle et puis il y a ... la fête foraine avec ses deux grandes roues! On a fait un tour avec un de nos petits guides, il était ravi. En rentrant à l'hôtel, on s'est arrête pour regarder un vieux film indien projeté sur la place. Il y avait la une trentaine de personnes assises par terre. Du plus jeune au plus vieux, tous vibraient devant les roucoulements d'un héros grassouillet sortit tout droit d'une gravure pieuse. On touche le fond quand notre demi Dieu s'entiche d'une belle paysanne (fondu enchaîne pendant dix minutes sur les deux visages illumines d'amour) On hulule de plaisir.!!
14 mars KHAJURAHO Ce matin, j'ai vécu un véritable film indien, avec la musique et tout... Nous voici, Prince et moi, filant sur la route, chevauchant son fidèle tonnerre mécanique (pour le coup, c'est pas Jolly Jumper, ce sera Honda). Plan large. Prince chante (ça fera la musique de fond). La route est déserte, il fait encore nuit. Il est six heures du matin. Lui, mal rasé, porte un col roulé, un jean. Renforcer le côté "on the road again". Elle: treillis, cheveux au vent (prévoir de toute urgence une coiffeuse à l'arrivée pour récupérer tout ça!) Mais qui m'a foutu des cheveux aussi paillasson!! On fait du remplissage pendant les dix huit kilomètres de route avec des flash back en tout genre: Elle entre pour la première fois dans son magasin. Il lui fait essayer un punjabi. Rires autour d'un verre de Tchai. Petit signer de la main quand elle passe devant son magasin en allant au temple (pas mal l'idée de radinner un petit coup de religion). ??STOP la musique ! Retour à nos deux amis sur leur moto. Arrivée sur les falaises qui surplombent les chutes d'eau de Khajuraho. Plan fixe d'eux sur la moto genre poster d'ado pré pubère. Note pour plus tard: penser à dégotter un hélico pour un plan tournant plongeant. Sensation de liberté. "je suis le maître du monde" et tout le tintouin. Passage obligé par un petit chemin escarpé où elle se tordra la cheville (un peu mais pas trop, faut encore qu'elle puisse se trémousser la grognasse). Il lui tend la main pour l'aider (gros plan de cinq minutes). Le soleil se lève. Timing parfait. On caille ici. Penser à voir avec le syndicat d'initiative si on ne peut pas monter le thermostat de quelques degrés. Des acteurs nus sous les pull-overs, c' est pas du tout vendeur! De retour à Khajuraho, chacun reprendra sa place. Lui derrière son comptoir, elle dans son hôtel de luxe. C'était leur dernière journée ensemble. Renforcer le côté dramatique, la fracture culturelle par un retour, pour elle, aux vêtements européens alors qu’elle portait des punjabis avant. Dernier acte: Musique déchirante, violons à fonds les ballons. Sur le marchepied du bus qui l'emmène à Varanasi. Il arrive au dernier moment. Mèche rebelle mais pas trop, on dose le gel poupée, on dose le gel... Il lui tend un paquet qu'elle ouvrira pendant le trajet. TADAAAM: super sari rouge et or. Merci la fée clochette. LARME obligatoire. Genre le truc discret que tu ne peux pas louper tellement c'est gros. Plan final. De retour en France, pour le mariage de son amie, la belle héroïne porte le fameux sari. Retour de la musique utilisée sur la route au début, genre elle se souvient, enfin bref tu vois le truc Coco. Bon, le making-off est nettement moins beau: Je n'ai pas arrête de renifler et de larmoyer pendant tout le trajet sauf quand un moucheron a eu la bonne idée de venir se coincer dans mon oeil!.?Le paysage était magnifique, lunaire mais vu la saison, la chute d'eau tenait plus du Mannkenpiss que des chutes du Niagara. Pas grave, J'ai vu la ville se réveiller. Un peu de calme avant la foire.?Le dernier acte n'est que pure fiction mais comment arrêter le génie créateur une fois lancé? Je m'y voyais déjà, je vous jure que j'entendais même la musique de fonds.... Je n'ai peut être pas joué dans une super production Bollywoodienne mais en tout cas j'ai réellement rencontre un ami à KHAJURAHO. Ce midi, il m'a (pour de vrai, je vous dit!) invité à venir manger dans sa famille qui habite une grande maison un peu plus loin. Les quatre frères habitent ensembles avec leurs femmes et tous les marmots. Première fois que je mangeais vraiment à l'indienne, j'avais intérêt à assurer. Du coin de l'oeil je guettais Prince et reproduisais ses gestes. Il faut manger de la main droite, pas facile au début mais c'est marrant, et puis il y a le joker (y'a toujours une cuillère qui traîne). On s'est assis sur une natte devant la TV. Les femmes nous ont préparées un thali du tonnerre et les enfants faisaient le service veillant à ce que je ne manque pas de chapatti (galette de pain). Le thali c'est un peu comme un plateau TV. Sur une assiette compartimentée on met du Dhal (lentilles en sauce), des légumes, de la chutney, du choux macéré aigre doux, un bol avec du raisin, un autre avec de la papaye et du riz. Le contenu peut varier mais c'est souvent un mixe entre le chaud et le froid, le salé et le sucré, l'acide et le doux. On pioche sans ordre. J'adore. Toute la famille fut adorable. Je regrette de devoir repartir demain et de ne pouvoir les connaître plus. J'aurais bien voulu parler avec les filles. Insatisfaite. C'est déjà un premier pas.
15 Mars KHAJURAHO J'ai passé presque tout mon séjour à Khjuraho avec Prince et j'ai dépense tout mon budget prévu pour cette ville dans son magasin. C'est de bonne guerre. Je l'ai chargé, lui et ses couturiers de me confectionner une tenue indienne spéciale. Alors je passe régulièrement voir l'avancée des travaux. Après, je me mets dans un coin du magasin pour observer les femmes qui viennent choisir leur sari, la pièce de coton qui ira avec pour le débardeur (il a des centaines de tissus de nuances différentes, on se croirait "au bonheur des dames"), le châle. On prend le temps, on cherche au détail près. Et puis, entre deux clientes, Prince me raconte sa vie. Il est Jain. C'est une religion minoritaire en Inde. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont très respectés par les indiens. L'origine du Jainisme remonte au VI éme siècle av JC. Les Jains doivent respecter cinq règles majeures: Ne pas voler (mouaich, mouaich, je doute encore de la justesse des prix qu'il m'a proposé), se détacher des bien matériels, rester chaste, ne tuer aucun être vivant et ne pas manger la nuit (au cas ou une bestiole se serait noyée dans la soupe). Ceux qui respectent ces principes à la lettre se baladent avec un foulard sur le visage comme les cow-boy pour ne pas avaler d'insecte en respirant. De même, les moines ne prennent jamais le bus (le pare brise est un véritable cimetière a moucheron). Mon Prince est loin de tout ça mais il tente de conserver une âme pure pour atteindre petit à petit la délivrance via la réincarnation. Il faut aussi savoir que leur éloignement de tout ce qui est matériel n'est pas du tout contradictoire avec un possible enrichissement (ouf! on avait eu peur). Comme il leur est interdit de tromper leur prochain, cela en fait des personnes dignes de confiance, très présents dans le domaine des affaires, du commerce ou de la joaillerie. Un jour, les parents de Prince, lui trouveront une jolie petite Jain, ils se marieront et auront pleins d'enfants. Ca fait longtemps que je m'interroge sur ce concept du mariage arrangé, à première vue choquant pour une européenne comme moi, qui a brûlé son sous-tif depuis longtemps. Pourtant, la vie aidant, je me demande si ce n'est pas plus réaliste. Je refuse l'idée d'imposer quelqu'un, par contre si on voit le mariage comme une sorte d'association et non comme une union ultra romantique de deux coeurs.. et tout le blabla, on se détache alors des sentiments encombrants et éphémères. En gros, il faut qu'elle trouve un type pas trop moche (on ne va pas non plus ramener du boulot humanitaire à la maison!!), qui gagne sa vie, qui semble sérieux... et l'affaire est dans le sac. Pas d'amour donc pas de dépendance, pas de douleur. On prend soin l'un de l'autre mais le bonheur de l'une dépendra pas des "preuves d'amour" de l'autre. Ils sont partenaires. Bon, le hic, c'est que vu à travers les yeux de Prince, la femme vaut quatre vingt cinq pour cent de l'homme et là je tique. C'est cinquante, cinquante ou rien. Je ne suis pas Jain mais les affaires sont les affaires. Et puis, vu que les filles indiennes sont nourries de films à l'eau de rose, depuis leur plus tendre enfance, comment se fait-il qu'elles ne nous rejoignent pas dans cette quête absurde du prince charmant?? Contradictoire. En fait, je pense qu'un mariage arrangé a autant de chance de réussir qu'un mariage basé sur les sentiments.
16 Mars VARANASI J'écris à la lumière d'une chandelle. L'électricité vient d'être coupée, mon ventilateur s'est mis en grève, j'ai juste eu le temps de faire chauffer l'eau de mon thé. Il fait noir dans la ville. Il n'y a que les ghâts (les marches qui donnent sur le fleuve) qui brillent. C'est l'heure de la prière, l'heure de faire Puja. Des centaines de petites bougies brillent comme autant de prières entre les bras de la Mère Gange. Bienvenue donc dans le plus grand bénitier du monde. Je suis arrivée ce matin par le train de nuit. Mon hôtel a presque les pieds dans l'eau.?Vue imprenable sur le Gange. Un petit dej me remettra vite sur pieds. Me voici face à un des plus beaux vestiges de la colonisation britannique; j'ai nomme le porridge. Si on y ajoute des bananes, on a de quoi faire un mastic qui bétonnera tous les systèmes digestifs, même les plus expressifs. La cérémonie de Puja a lieu vers dix neuf heures. C'est une sorte de prière universelle pendant laquelle a lieu l'offrande de la lumière au fleuve. En bordure du ghât, trois petites avancées sur pilotis. Les fidèles s'asseyent sur les marches en bordure du Gange. Sur le coté, les musiciens. Les cloches rythment la prière de façon entêtante. Pendant toute la cérémonie, des femmes proposent des petites coupelles fleuries. On allume la bougie en son centre et on la laisse dériver au fil de l'eau. Les fleurs sont fraîches, leur parfum se mélange à celui de l'encens et participe à l'enivrement collectif.?Ca commence avec les chants. D'une voix grave, les Brahmanes psalmodient en frappant dans leurs mains. Puis, trois d'entre eux s'avancent sur les jetées. Ils sont jeunes, vêtus d'un Tshirt d'un blanc immaculé et d'un pantalon bouffant brode d'or. Leur peau brille à la lumière des bougies. D'une main, ils agitent une cloche et de l'autre ils tiennent des bâtons d'encens avec lesquels ils ponctuent des demi cercles de fumé qui se dissolvent dans l'air à peine formés. Avec une parfaite synchronisation, ils vont bénir les quatre points cardinaux. Leur poignet est souple, gracieux. Ils feront de même avec des éventails, des torches. La chorégraphie est simple et pleine de recueillement. Sur une petite table, face à eux, sont disposés les accessoires pour la cérémonie. Des pétales de fleur fushia et orange jonchent le sol autour de leur tapis de prière. Les voici soufflant dans un gros coquillage. Ils se tiennent parfaitement droits, le visage tourné vers le ciel. Plus personne ne bouge, les cloches se sont tues, on n'entend plus que le son grave de ces cornes de brume qui résonne dans la nuit. Les barques se sont amassées autour du ghât. Leurs coques s'entrechoquent et craquent. Tiens, un groupe qui débarque.... mais ce sont mes franchouillards quadra que j'avais croise dans l'avion!! Y'a vraiment qu'eux pour avoir le culot de se balader aussi nonchalamment en plein milieu d'une cérémonie religieuse. Fidèles à eux même. Que diraient-ils si un car de touriste japonais se déversait en pleine messe dominicale pour prendre des photos??
17 Mars Je viens de passer sous le rouleau compresseur local. Traduction: je viens de découvrir les joies du massage Ayurvédique. Certains disent que c'est énergisant. Je veux bien le croire. A force de me faire pétrir, pincer et tordre dans tous les sens, je suis ressortie aussi rouge qu'un homard. Toutes mes articulations y sont passées. Il a même fait craquer le bout de mon petit orteil!. Sur le ventre, j'avais l'impression qu'un chat de cinquante kilos me malaxait le dos de ses grosses pattes (vous savez, ils font ça avant de se coucher en boule). Sur le ventre, il a été surpris par mon piercing au nombril. Moi, je dis que face à tous les yogis locaux, je suis une petite joueuse. Chochotte va!. Les jambes en l'air. Mieux que des bas à varice. Il fait remonter tout le sang jusqu'aux orteils, en exerçant des pressions de la cuisse jusqu'au pied. J'avais la jambe exsangue et le pied comme une tomate trop mure. Le massage des paupières fut surprenant. Et vas y que je te pincouille la aussi (bof, bof).?Comme dirait Ma Grand Meren, ce fut.... intéressant. Je ne sais pas si mon énergie vitale en fut renforcée mais en tout cas, j'arrive maintenant à me gratter l'oreille avec le pied! En poussant ma ballade du soir, je suis arrivée au ghât de crémation. Ce matin, j'étais censée être au paradis (..), j'approche maintenant les portes de la mort. Face au temple de Shiva, on trouve une plate forme pour chaque caste. Les brahmanes sont les plus proches de temple. Plus on descend dans les castes, plus on s'éloigne du temple. Lors d'un décès, le corps est sortit de la maison, sur le dos (il ne doit pas rester dans une pièce close). Puis il sera embaumé. Par les hommes si le défunt est un homme, par les femmes si c'est une femme. On l'enveloppe les jeunes et les adultes d'un tissu blanc, le orange pour les vieillards, le fuschia pour les femmes mariées. Le ghât est interdit aux femmes, trop expressives, elles pourraient troubler l'ascension de l'esprit du défunt vers le Nirvana. Ce sont donc les hommes qui portent le corps sur un brancard de bambous. Ils entrent avec dans le fleuve pour lui faire prendre son dernier bain. Puis le fils ainé va se faire raser la tête (sur le sol, près de la jetée, il reste encore des mèches). Vêtu d'un pagne blanc, c'est lui qui mettra le feu au bûcher. Depuis quelques temps, l'Inde connaît une pénurie de bois, ça coûte très cher. Les familles les plus riches ajoutent des rondins de santal, les autres se contenteront de sachets de copeaux. ?Le corps mettra près de trois heures à brûler. Chez les hommes, c'est le torse qui met le plus de temps (symbole de leur force) et les hanches pour la femme (siège de leur fertilité). Personne ne pleure pendant la cérémonie. Il faut être heureux, le défunt arrive à l'étape finale (mourir a Varanasi, c'est l'assurance d'un aller simple pour le paradis). C'est là que brûle jour et nuit le feu sacré laissé par shiva. Entretenu par des prêtres, il est le seul à pouvoir mettre le feu aux bûchers. Après quelques temps, le fils aîné toucher la tête du défunt à travers les flammes avec un bambou, la faisant éclater. Il versera alors du beurre dessus. Une fois le corps réduit en cendres, elles seront dispersées dans le Gange. Un peu plus loin, les orpailleurs passent inlassablement l'eau au tamis à la recherche de bijoux, de dents en or, voir même de prothèse totale de hanche... Le soir sera l'occasion d'une fête en famille. Les larmes seront pour plus tard quand chacun se retrouve seul chez soi. C'est étonnant de voir ces bûchers. Des centaines de corps sont brûlés chaque jour. Jour et nuit, ils arrivent de l'Inde entière pour passer cette dernière étape. Il y a même un hospice ou les personnes en fin de vie viennent attendre la mort. La mort est vécue au grand jour, à ciel ouvert. Elle fait partie de la vie. J'entend des cloches, quelques mètres plus loin, on célèbre Puja. La vie continue. Les indous ne regardent pas en arrière.
18 Mars Le Gange est un fleuve pur, c'est un fait, par contre il est tellement sale qu’aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille. C'est pas de moi c'est Mark Twain qui l'a dit. On y fait sa toilette le matin, on y lave son linge, on y jette des cadavres mal incinères et les usines du coin y déversent leurs produits chimiques. Si on résiste à un bain dans un tel bouillon de culture, alors on doit être effectivement béni des Dieux. Une ballade sur les Ghâts n'est pas de tout repos ou pleine de spiritualité comme on pourrait le penser. Ca relève plus du parcours du combattant. On commence par un slalom géant entre les étrons qui jonchent le sol. Singes, buffles, vaches, chiens, humains, chacun y va de son petit paquet. Ce serait ridicule de devoir être rapatriée pour cause de " Triple looping incontrôlé sur bouse de vache sacrée" . Petit assouplissement du cou et des poignets avec une série de hochements de la tête et de rotations de la main pour décourager les rabatteurs en tout genre. Le tout en marchant, le scanner anti-étron en alerte et avec le sourire s'il vous plait. Superbe. Pause buvette sur le coin d'une marche. Il y a toujours des gamins qui arpentent le Ghât avec une bouilloire remplie de tchai. Ils me le versent dans un petit godet en terre cuite. Je me brûle les lèvres mais ça fait du bien. Puis viens l'épreuve d'escalade car comme le niveau du Gange est au plus bas, je dois gravir une trentaine de marches de hauteur inégales avant d’atteindre mon hôtel (sans compter celles pour passer d'un Ghât à l'autre ou celles pour monter à ma chambre nichée au quatrième étage). Dur, dur d'être un touriste à Varanasi. Nous sommes en terre Sainte, un petit catéchisme local s'impose. Le premier qui déserte le cours, je lui fais une tête au carré!. Selon les écritures locales, plus de trois cent trente millions de divinités formeraient le panthéon indou. On va donc essayer de faire simple sinon on n'est pas rendu. G.... Generator.... Brahmâ?O.... Organiser.... Vishnou?D.... Destroyer.... Shiva Brahmâ est le créateur de l'univers. Une fois qu'on a dit ça on comprend qu'il soit un peu loin des préoccupations des pauvres humains. Vishnou a pour rôle de protéger l'univers. Shiva est le destructeur sans qui aucune création ne serait possible. Marié à Parvati, il eut un fils qui naquit en son absence. Ganesh. Celui-ci grandit sans connaître son père (pas d'appareil photo à l'époque). A son retour, Shiva demanda à voir sa femme mais son fils lui fit obstacle, refusant à cet intrus le droit d'entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir qu'il avait levé la main sur son propre fils. Il décida alors de remplacer sa tête par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et ce fut... un éléphant. Jovial, dodu, Ganesh est le dieu de la chance et le patron des scribes. Je l'aime bien. Il a l'air un peu moins sérieux et moins intimidant que les autres. Varanasi est dédie à Shiva. Les adorateurs de Shiva se reconnaissent aux trois traits blancs horizontaux traces sur le front. Les sectateurs de Vishnou portent un "U" jaune entre les sourcils avec une ligne rouge au centre. Voila, voila, méditez maintenant pauvres mortels.
20 Mars Je sens que je suis en train de m'accomplir totalement. Pas à pas, expérience après expérience, je m'approche chaque jour un peu plus de la perfection. Ce soir je crois que je frise le Nirvana...... JE VAIS VOIR UN FILM INDIEN DANS UN CINEMA INDIEN!!!! (Raaaaaa lovely). J'y vais avec Lucky. Un gamin des rues que j'ai rencontre à mon arrive, un petit caïd. Dans le rickshaw, du haut de ses vingt ans, il fusillait du regard quiconque me dévisageait un peu trop. Le cul entre deux chaises, il joue les mauvais garçons devant ses copains et les touristes mais, en véritable gentleman, il ne manquera pas de me raccompagner jusqu'au bout de ma rue une fois le soir tombé. Ses phrases sont ponctuées de "m'dam", impossible de lui faire prononcer mon prénom. Les seuls mot de français qu'il connaisse sont "lâche moi les baskets". Le cinéma est à l'autre bout de la ville, un véritable monument de béton. La salle est gigantesque, bétonnée elle aussi. On a pris des billets premiers classe pour être au balcon. Il y a même des ventilateurs au plafond pour rafraîchir un peu l'air (souvenez vous qu'un film dure en moyenne quatre heures). On se prend un coca, on se cale dans les vieux fauteuils et c'est partit! Le film fut un régal de musiques, de paillettes, de larmes et de rebondissements. Au début, on a l'impression que la pellicule a été recolorée (un peu comme dans les films de J. Tati) mais on oublie vite. Pas de sous titre mais mon voisin me traduisait les passages clef. Il faut dire que l'intrigue est souvent prévisible (un mélange de tous les soaps connus sur le petit écran avec une grosse touche de morale indienne). On ajoute du piment avec des coupures de courant aux moments cruciaux. Et pour couronner le tout, encore mieux que le cinéma 3D, nous avons ici le cinéma inter-actif. Dans la salle, certains chantent, d'autres s'esclaffent. Quelques rangs plus bas, un bébé pleure (pas question de louper le film du samedi soir a cause du dernier né, on radine toute la marmaille). Je peux mourir en paix, j'ai vu mon film et je suis à Varanasi. Que demande le peuple??
22 Mars VARANASI ( ben si...) Grosse trouille ce matin. La ville, tout comme l'Inde d'ailleurs, est peuple de singes. Il doit y avoir une famille qui loge pas loin de ma chambre. Jusque là, je gère. Chacun fait sa vie. Là ou ça pose un problème c'est quand, alors que je tente de me réveiller sur mon balcon, je me retrouve nez a nez avec un gros mâle grimaçant et sifflant. J'ai vite battu en retraite, lui claquant la porte au nez. Il n'avait pas l'air commode du tout et ses dents étaient bien affûtées (quoique j'ai cru entrevoir un reste de salade coince entre ses canines). Je n'ai aucune envie de me faire refaire le visage par ce type de chirurgien plastique. Ils sont tellement habitués aux humains qu'ils ne sont même pas effrayés quand on les chasse du bras. Bien au contraire, ils contre attaquent et c'est moi qui doit fuir. Ou va le monde, ma brave dame. J'en viens même à regretter mes bons gros pigeons parisiens Comme faune locale, c'est tout de même plus rassurant. Heureusement que j'ai des grillages à mes fenêtres. Lors de leur ascension de la façade, ils ne manquent pas de pousser ma fenêtre entre ouverte pour voir si il n'y a rien à chiper. Changements de plans donc. J'ai décide de rester à Varanasi pour fêter Holi (la fête des couleurs) il parait que c'est particulièrement animé dans cette ville. J'avais mon sac sur le dos, mon billet de train en poche mais j'ai changé d'idée au dernier moment. Grisant. Pas d'obligation de suivre le plan de route, il faut saisir les occasions quand elles se présentent. La ville vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des indiens qui payeraient cher pour être à ma place. Et puis, je n'ai pas trop envie de retrouver le bruit de Delhi. Je partirais d'ici à la fin mois pour aller vers le Rajastan. Je verrais Richikech et Amritsar une autre fois.
23 Mars Impossible pour les indiens de prononcer mon prénom, me voici donc rebaptisée Imli (c'est le mot en hindi pour designer le tamarin). Ca fait près d'une semaine que je suis immergée dans la vie indienne. J'ai quitte le monde des touristes pour partager la vie d'une famille, celle de Lucky. Il n'y a que lui qui parle anglais mais on arrive à se comprendre un peu. Chaque jour, il m'invite à déjeuner chez lui et sa maman me prépare un bon thali. Après avoir passé un rideau de linge qui sèche, je me retrouve dans une petite pièce aux murs noirs de suie. La lumière vient d'une petite lucarne. On me fait prendre place sur une des nattes au sol. Les seuls meubles sont des étagères couvertes d'ustensiles divers et un petit hôtel avec des images pieuses et des statues. Seules touches de couleur au tableau. C'est petit, sombre et pourtant, tout doucement, j'ai senti la chaleur du foyer. Pas besoin de décoration hi tech. Lucky taquine son petit cousin, ses soeurs me regardent manger, rigolant de mes débuts laborieux. Pas facile de manger du yaourt avec les doigts. Puis, après s'être bien lavé les mains, la plus jeune me coiffe, me passe de l'huile sur les cheveux et me les remonte en chignon. Avec mon punjabi, mon bindi (point sur le front) et mes bracelets, elles disent que je ressemble à une véritable indienne. Si seulement ça pouvait être vrai. Je suis frustrée de ne pas pouvoir parler plus avec elles. Foutue barrière de la langue! Parfois, j'ai l'impression que notre culture a trop aplanit les relations. Ici, on touche les pieds de quelqu'un pour marquer son profond respect. C'est un geste très important. Et nous, que nous reste- t- il pour signifier la hiérarchie? Peut être avons nous oublié certaines valeurs...
24 Mars Quelle image ont-ils de la femme blanche? J'ai souvent l'impression qu'ils nous voient comme des filles faciles. C'est certain, on ne colle pas beaucoup avec le cliché de la femme soumise, un tantinet neuneu et homo-dépendante de la version indienne. Mais quand je vois une affiche de film "hot" avec que des blanches comme actrices, je ne peux pas non plus l'accepter. Difficile pour eux de nous comprendre. Pourtant on est loin du temps ou le summum du sensuel était représente par une pauvre pucelle se dandinant sous la mousson avec le sari qui lui colle aux mollets. Tout ce que je vois dans les films indiens relève plutôt du nombril à l'air, du décolleté plongeant et de l'image suggestive... Par contre, bobonne, à la maison, c'est sari ou punjabi obligatoire. Intéressant. Quelle hypocrisie.
27 Mars VARANASI ( toujours...) Aujourd'hui c'est la fête de Holi (personne n'a été foutu de me dire la signification, je vous ferais donc grâce de mes explications dignes d'un guide touristique). Quelques jours avant la date fatidique, on a vu apparaître des marchands de poudre de couleur, de pistolets à eau, de chapeaux de carnaval. Petites montagnes de pigments rouges ou verts. Les yeux des gamins brillent déjà. On fait ses réserves, choisissant avec soin la couleur de ses munitions. Le jour J arrive enfin! Ca commence très tôt. A sept heurs les hostilités sont déclarées. Les particuliers font hurler leur chaîne hi-fi et les premières bombes à eau sont lancées. Bataille rangée d'un toit à l'autre. Impossible de circuler dans les rues sans être bombardé. Les vaches et les singes ne sont pas oubliés (la vache Milka n'a qu'a bien se tenir). On sort l'alcool, les cigarettes, aujourd'hui tout est permis. Les forces de police ferment les yeux. Pendant six heures ce ne seront que des cris, des rires, des courses poursuite. Même les couloirs de mon hôtel sont le siège d'une lutte Touristes/ Indiens. Des rivières de couleur dégringolent dans les escaliers. Les hommes poussent des cris guerriers, les enfants hurlent de joie. On se barbouille le visage, les vêtements prennent les couleurs d'arlequin. Les murs sont mouchetés. Toute la ville est repeinte de fushia, d'ocre et de bleu. C'est féerique, on se croirait dans un tableau de Kandinsky. Je croise un gamin hilare, son visage est pourpre et ses yeux brillent comme des billes, on dirait un diablotin. Un gros bonhomme moustachu passe en vélo. Il a un petit chapeau doré comiquement posé sur le haut de son crâne. Son marcel est repeint aux couleurs de l'arc en ciel et sa moustache s'est transformée en un buisson d'un vert éclatant. Vers quatorze heures tout se calme. On écope, on nettoie à grandes eaux, on essuie. Tout Varanasi va se laver dans le Gange qui prend alors des reflets irréels. Un peu comme une immense tache d'huile. L'après midi se passe en famille ou avec des amis. On sort ses plus beaux vêtements. La maman de Lucky nous a fait un thali spécial avec du poulet (ne croyez pas qu'en Inde, on soit végétarien par goût du bio).
31 Mars stand by Juste un petit message pour dire que je suis toujours en vie, toujours à Varanasi et ....... peut être en Indonésie. A suivre.
3 Avril vers JAIPUR (enfin...) Je décolle enfin de Varanasi. A croire que la ville m'avait ensorcelée. La quitter semble relever de l'exploit. A force de suivre Lucky dans le labyrinthe du Chowk (vieux quartier qui borde le Ghat principal), on a fini par devenir inséparables. Il travaille chez un détaillent en soieries. On y passait des heures entières, affalés sur les tapis, à boire du thé avec ses amis. Tous les commerces se pressentent de la même façon. On enlève les chaussures à l'entrée avant de passer sur un matelas qui recouvre tout le sol de la pièce. Là, assis en tailleur, un thé à la main, on peut commencer les affaires. J'étais même devenue l'interlocutrice spécial touriste français. A chaque client, c'était un festival de couleurs. Le sol était vite recouvert de dizaines de châles, de couvres lits brodes d'or, de brocards. On me "remerciait" en m'offrant une étole ou une pashmina de temps en temps. Le midi, on allait manger chez Lucky, bref, la routine a commence à s'installer. On a écume tous les cinémas de la ville, sillonné toutes les ruelles en moto. A la fin, Luckyse se prenait presque pour mon mari, refusant que je parle aux étrangers, que je sorte seule, veillant à ce que je ne dévoile pas trop de ma personne. Il s'est presque battu avec un policier qui me regardait d'un peu trop près. Je veux bien jouer le jeu cinq minutes, mais à la fin ça devient insupportable Il était grand temps de partir. Le temps de troquer mon punjabi contre le treillis, je saute dans le premier train qui passe direction le Rajasthan!.... Je crois que les dieux de Varanasi ont du bien rigoler! Dix huit heures de train!!! Coincée sur une couchette à peine plus large que mon derrière, le nez colle au plafond avec, en guise d'air conditionné, des ventilateurs brassant l'air chaud et la poussière ambiante. Mon coté aventurier en a pris un coup. A la sortie du train je ressemblais plus à un mix entre un épouvantail et une sorcière.
8 Avril JAIPUR Jaipur est une ville très structurée. Grandes artères, rues bien perpendiculaires. Il semble y avoir un véritable projet d'urbanisme. C'est la première fois que je croise des feux de signalisation! Ca fait tout drôle après les rues sinueuses de Varanasi. C'est même un peu trop. Trop bruyant, trop carré, trop urbain. En fait il semble y avoir tous les défauts de la ville sans les avantages. Heureusement, mon hôtel est un paradis de calme et de verdure. C'est un ancien petit palais. Le soir, je me prélasse dans un des transats sous un bougainvillier. L'air sent bon le jasmin et l'herbe fraîche. Il y a même un paon qui se dandine dans l'allée. L'hôtel est un ensemble de petites courres intérieures, de patios, d'escaliers secrets, cachés par une façade recouverte de buissons fleuris. Je n'ai pas beaucoup vu la ville. Juste ce qu'il faut. Ça fait du bien de se couper un instant de la réalité indienne. Une petite parenthèse dans la parenthèse, le matin j'oublie presque que je suis en transit. J'ai l'impression de me réveiller dans ma maison de campagne...
9 AVRIL PUSHKAR Arrgghhh! Je suis maudite! Ce matin, j'ai levé le camp de Jaipur. Adieu veaux, vaches, cochons, le fugitif repart vers de nouvelles aventures. Jusque là, la routine. Ca se complique quand, arrivée à mon nouvel hôtel, je réalise que pour des raisons obscures, ma bouche est bloquée. Impossible d'avoir un écart de plus d'un centimètre entre les deux mâchoires sous peine de voir mon dentier me dégringoler sur les genoux! Vais je devoir me mettre au régime calibré avant l'age fatidique? Je clôture mon stade oral de façon plutôt rédhibitoire. Je suis trop jeune pour boire mes biscottes noyées dans mon Nesquick avec le beurre qui surnage! Et puis, ou vais-je trouver un presse purée dans ce bled pourris? Je n'en suis pas encore au trismus mais quel est l'imbécile qui a trifouille ma poupée vaudou en lui plantant des aiguilles dans la bouche? Qu'il se montre, je n'en ferais qu'une bouchée... enfin, presque. Je ne vais quand même pas aller voir le rebouteux du coin. Même ma copine infirmière Caro, qui fait du rapatriement sanitaire, m'a laisse tomber comme une vieille chaussette. Pas assez grave pour envisager un retour au bercail aux frais de la princesse! Dix neuf heures, Hourra! Je suis décoince (vous en doutiez?) Apres avoir brûle maint et maint bâtons d'encens (doit bien y avoir un dieu spécial problèmes dentaires dans le coin), massé, farfouillé, mastiqué au risque de me faire prendre pour une nouvelle race de ruminant, ma mâchoire à enfin recouvré la raison. Ouf! pas besoin de mettre un gant en latex et passer par "l'autre voie". Comprenne qui pourra (merci mon ostéopathe). Et vive la grenouille à grande gueule ! (ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire n'ont qu'a se manifester, je me ferais un plaisir de leur raconter.) L'Inde, pays aux mille dieux et aux mille prières. Jour et nuit, elles montent vers le ciel telles les volutes de fumée d'une gitane maïs. Et c'est justement le problème. Il est trois heures du mat et le vieux d'en face a décide de tenter sa chance, des fois qu'un dieu serait encore à l'écoute. Le voila qui tambourine avec conviction sur sa plus belle casserole en guise de banjo et braille à s'en faire péter les plombages. On dirait un mélange de sirène de pompiers et de fado chanté par un asthmatique. N'y a t il personne qui veuille abréger ses souffrances? Le seul effet kiss-cool observé c'est une accélération bruyante du transit de mon voisin de chambre et une reprise en choeurs par tous les canidés du coin. Puis, une fois qu'il a bien massacré son ustensile de cuisine, il retourne se coucher (Seb c'est bien?).?ET MOI ALORS? A cause de lui j'ai les yeux en position plein phare, impossible de retrouver le fil mon rêve qui semblait pourtant des plus philosophiques. Demain, c'est décidé, je vais danser la macaréna sous ses fenêtres à deux heures du mat!!
11 Avril PUSHKAR C'est la tanshumance! Je descends de mon village bleu à flanc de colline pour me perdre dans le quartier musulman d'Ajmer, la grande ville dans la plaine. J'ai passé toute la matinée dans la mosquée, il faut dire que les alentours sont un mixe entre la foire et la coure des miracles qui ne donne pas envie de prolonger le stationnement. Un type coincé en position grand écart fait le crabe dans la rue, un autre se déplace en se roulant par terre, il y a même un chien qui avance en équilibre sur ses pattes avant, les pattes arrière difformes. Mieux vaut battre en retraite. Avant d'entrer dans le lieu saint, je confie mes chaussures au portier et je me couvre la tête. Dans l’enceinte, une milice est chargée de faire respecter les bonnes manières. Portant une étole genre miss monde et un bâton de guignol, ils traquent tout écart de conduite. Ce serait de mauvais goût de se prendre une prune pour outrage à divinité. Je me pose dans un coin de la coure dallée de marbre et je regarde. C'est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Un petit bonhomme s'approche de moi en gazouillant. Il a les yeux soulignés au crayon noir et une ficelle autour de son proéminent bidon. Une fillette me demande de poser avec elle pour une photo (il est important de savoir que tout bon indien se doit de tirer une tronche de six pieds de long lors de cet exercice... pas le moindre petit rictus). C'est une procession incessante de visiteurs. Les hommes portent des djellabas blanches magnifiquement brodées. Ce soir, à Pushkar, c'est mégateuf!. C'est le nouvel an indien, on sort les dieux des temples et de la naphtaline pour leur faire faire un petit tour de la ville. Chaque soir c'est la permission de minuit pour un dieu différent, et ça va durer dix jours!. Les familles ont dessinées des fleurs, des motifs géométriques avec de la poudre de couleur devant leur perron pour accueillir la procession. La rue est parée d'un tapis aux couleurs flamboyantes. Les femmes accrochent des fleurs dans leurs cheveux.?Les chars sont précèdes par une fanfare dominée par le son du Bontempy sur lequel s'acharne un des musiciens. Puis vient... un énorme moteur monte sur roulettes qui servira à alimenter les lustres portés par des dizaines de gamins des rues pour faire une haie d'honneur. Enfin, le char, entouré de brahmanes distribuant des copeaux de noix de coco et autres sucreries. On en reçoit une poignée, on partage avec son voisin. Tous les sens sont à la fête. La foule se presse pour recevoir la bénédiction, toucher le char. Les sâdhus en tous genres sont aussi de la partie. A la base, le sâdhu est un mendiant religieux. Ils sont reconnaissables à leur allure souvent excentrique. Vêtus d'orange, le corps couvert de cendres, le cou chargé d'amulettes et le crâne recouvert d'une forêt vierge qui ferait rêver nos amis rasta symbole de leur puissance. Le sâdhu devient siddha, soit hermite soit ascète après de dures pénitences et diverses formes de mortifications. Certains ont décidé de passer leur vie sur un pied, d'autres se coupent un bras, tout ça pour atteindre la délivrance du cycle infernal des renaissances.?Ca c'est la version locale, mais on a aussi le Western sâdhu, race particulièrement endémique si on considère qu'elle possède la faculté de troquer ses fripes contre un costume trois pièces une fois revenu sur leur pays d'origine. Leur but est encore obscur mais il semble que pour y parvenir, ils doivent porter les vêtements les plus miteux, traîner la savate et afficher une pilosité amazonienne...
18 Avril JAISALMER Mon voyage aura été marqué par de nombreuses rencontres. Chaque ville que je traverse m'apporte une nouvelle histoire. Il faut être patient, laisser les choses venir. L' Inde ne s'apprivoise pas en deux jours. Apres un certain temps, une fois que vous faites bien partie du décor, le miracle s'opère. Je crois qu'ici, j'ai atteint la perfection. Jaisalmer est une ville fortifiée au milieu du dessert du Tahr. Son épaisse muraille ocre renferme un trésor. C'est ici que se trouvent les plus beaux have lis de toute l'Inde. Ce sont des palais construits au XVIII ème siècle par de riches marchands. Certains sont officiellement visitables mais je me rends vite compte que presque toutes les façades de la ville sont richement ouvragées. On dirait de la dentelle, mais en plus beau, avec une variété incroyable de motifs. Je ne m'en lasse pas. Mon hôtel est à l'intérieur du fort. Le soir, assise sur la terrasse, je me prends pour une maharani attendant son Lawrence d'Arabie (ouaich, un peu anachronique, mais Peter O'Toole avait de si beaux yeux bleus...). Les habitations couvrent encore quelques kilomètres autour des remparts et puis...c'est le désert. Pas les dunes de sable comme dans le désert des tartares, mais une plaine aride ou ne poussent que des buissons hirsutes et des éoliennes à perte de vue. Et puis, il y a eu la rencontre avec ces deux soeurs. Deux gitanes qui alpaguent le touriste à la sortie du fort pour leur vendre quelques breloques. Comme elles sont parées de leurs plus beaux atours, je joue le jeu du "bakchich contre photo". Jusque là, relations professionnelles. Le lendemain, je les retrouve pour leur offrir quelques T shirts que je dois jeter par dessus bord de mon sac à dos sous peine de surpoids fatal pour la suite du périple. Elles semblent ravies. Ce soir, elles m'ont invitées à boire un thé chez elles et écouter de la musique. Je les suis en dehors de la ville et me voici assise dans la courette d'une maison en torchis, un gamin dans les bras. Les hommes jouent du violon pendant que les deux soeurs dansent et chantent. Pour l'occasion, elles m'ont décorées de leurs bijoux traditionnels. On pose pour la photo. Une fillette aux cheveux ébouriffés danse devant moi. Sa robe est mocharde mais ses yeux brillent comme ceux d'un chat et ses hanches ondulent gracieusement. Petit moment de pur bonheur. C'est simple et beau comme un Kinder-Surprise.
26 Avril BOMBAY Dernière étape du voyage:Bombay. Retour à la civilisation mais ce n'est pas pour autant la fin des aventure, bien au contraire. Coup de chance, un de mes amis indien que j'ai connu au Burundi est lui aussi de passage dans le coin. Il insiste pour que je loge dans un des studios qui appartiennent à sa famille. Jusque là, plutôt idyllique comme tableau surtout vu le prix d'une chambre d'hôtel ici et vu l'état de mes finances... Mais c'est sous estimer l'esprit farceur qui plane constamment au dessus de mon crâne gracile! En fait, l’appart est parfait, mais c'est comme acheter une robe chez un grand couturier et se rendre compte qu'on ne peut même pas monter les escaliers avec. Beau mais pas pratique. Canapés dans le plus pur style post néo gréco romain, sol en marbre, la classe. Mais quand il s'agit de passer aux choses concrètes genre: qu'est ce qu'on mange ce soir? C’est une autre paire de bretelles. Les placards de la cuisine sont remplis ...... de cahiers, de cirages, de bouteilles de fly-tox. Ah, quelques bouteilles d'alcool, (on avance petit à petit vers le rayon alimentaire) et une cinquantaine de bouillons Knorr. Ce soir, donc, on révise Maïté version Koh-Lanta. Faute de casserole, j'ai du faire bouillir mes nouilles dans une poêle tellement petite qu'on pourrait la qualifier de HLM pour omelette! Me voici en train d'égorger une boite de concentré de tomate (la seule dont la date d'expiration n'avoisine pas le néolithique). Le plan de travail porte encore les traces de notre lute acharnée. Papa, tu aurais été fier de moi! Deuxième épreuve: Bombay est la seule ville d'Inde ou il est presque mal vu pour une jeune (si, si, j suis encore jeune) femme de porter le punjabi. Pas de chance, je n'ai plus que ça dans ma garde robe. A cela il faut ajouter le fait que Vinod (mon ami indien) ne fréquente que des gens super branchouillés et j'avoue qu'après deux mois de voyage je ne me sens pas trop dans ce trip. Panique à bord, donc, comment ressembler à quelque chose de correct quand on n'a plus que des tongs, un sac à patate en guise de robe et .....Pas le moindre sac à main coordonné! Je fonce dans le premier magasin du coin et fait péter ma carte bleue. J'en ressors habillée dans le plus pur style minette rose bonbon, un régal. Il fallait au moins ça pour tenir la route face à la jeunesse dorée locale. En trois jours, avec Vinod et sa bande, on a écumé tous les bars fashion de la ville. Ca fait tout drôle, mais j'avoue que ça m'a fait du bien de retrouver tout ça! J'ai presque fait une over-dose de crevettes et autres produits de mer (ras le bol du poulet et du régime végétarien). Ce soir, Vinod retourne au Burundi, moi je reste encore quelques jours. Je vais tenter de survivre dans cet univers.
La suite au prochain épisode.
Agression à Phnom Penh English translation pending
Je suis actuellement a Phnom Penh et j ai appris qu un
ressortissant belge avait ete agresse pour 15 dollars et son telephone portable, au niveau de la rue 108 non loin du Quai, alors qu il se deplacait a pied. Malgre qu il n ait exerce aucune resistance, il a subi quatre coups de couteau au ventre et un a la cuisse, heureusement ses jours ne sont pas en danger.
Je signale ce fait, non pas pour faire croire que Phnom Penh est une ville dangereuse mais qu il faut rester vigilant et se mefier la nuit, lors des deplacements.
Interdiction de fumer dans les lieux publics English translation pending
bonsoir!
que pensez -vous de l'interdiction de fumer dans les lieux publics, notamment dans les aeroports puisque nous sommes sur un forum de voyages!😛
alors ça sera pas trop dur?
plus d'endroit pour les fumeurs? comme ces petites pieces non ventilees, ou l'on vient fumer une cigarette pour passer le temps! et l'on repart completement asphixie?🏴☠️
Birmanie: problème éthique English translation pending
Bonjour,
Nous souhaitons repartir en Asie du sud est cette été et la Birmanie nous fait vraiment envie mais j'ai un problème éthique, ci joint un lien interessant qui contient ma réponse malheureusement :
http://www.info-birmanie.org/content/view/18/32/
Nous souhaitons repartir en Asie du sud est cette été et la Birmanie nous fait vraiment envie mais j'ai un problème éthique, ci joint un lien interessant qui contient ma réponse malheureusement :
http://www.info-birmanie.org/content/view/18/32/
Où est l'embargo à Cuba? English translation pending
je tiens à signaler que l'embargo tel que nous l'imaginons n'existe pas à Cuba, je tiens à rappeller que Cuba achète directement des denrées alimentaires dans 30 états américains et que Castro paie cash...
A propos d'Israël durant de nombres années jusqu'en 2005, l'électricité de l'Ile de la Juventud était fournie par l'état hébreux.
L'industrie cubaine est à l'abandon du fait de son économie planifiée et de la corruption qui sévissent à tous les "étages".
Il est plus facile de critiquer la "mafia de Miami", les USA, Israël, que la mafia de "Miramar" de Lahavane.
Il est vrai que l'embargo est complet sur l'information : les kiosques à journaux sont limités...dû sans doute à l'embargo sur la pâte à papier...
un autre exemple parmi tant d'autres : pourquoi ne trouvent
on pas de lecteur dvd, magnétoscopes, paraboles en magasin à Cuba, sans doute que Fidel n'aime pas les films autres que les siens...
Missionnaires: quel impact selon vous? English translation pending
Bonjour,
suite à quelques voyages, quelques rencontres surprenantes dans des coins dit reculés et des lectures d'articles et de bouquins, je me pose bien des questions sur les missionnaires.
Ces hommes et ces femmes parcourent la terre avec comme seul élément dans leur sac à dos, la Bible ou certainement le Coran, (pour ma part, je n'en pas rencontré) et autres livres religieux. Ceux-là, ces itinérants ont tendance à me faire "rire", j'avoue...en même temps, cela m'intrigue d'avoir un tel but dans son voyage. Amener à des inconnus sa vérité et tenter de faire accepter celle-ci plutôt que d'en découvrir d'autres.
Ou bien, plus encore, ils se posent, famille réunie, avec l'accord d'un chef auprès d'une minorité, d'une ethnie ou autre appelation d'autochtones. Et là, il s'agit d'un travail en profondeur, en ce sens que le blanc fait un travail d'acceptation pour tenter de devenir lui-même, de part son attitude, un exemple auprès de minorités de culture ancestrale...jusqu'à ce qu'ils se penchent sur le fameux livre.
Evangéliser, christianniser...ça me gène...en même temps, on va me dire, c'est pour revaloriser la place de la femme, leur donner des notions d'hygiène etc...
Oui, une femme des Témoins de Géovah avait tout laché en France avec son mec pour d'après ces dires, "alphabétiser" les plus démunis dans un village de la brousse béninoise via...leur "livre". Je n'avais pas assez de temps pour rester avec eux voir comment cela se passait, et me faire un avis sur des réalités plus concrêtes que ces dires. D'un côté, il y avait quelque chose de reconnaissant, d'un autre il y a le profit de la vulnérabilité etc...il y a ce côté intérressé. Comme un appat.
Une famille entière a quitté sa grande ville californienne et tout le confort qui va avec, ainsi que la situation, pour attérir avec les 2 jeunes enfants dans un village Samburu au Kenya. Les photos dévoilent leur chemise plus que blanche à col rond, la raie sur le côté. Eux ont bien du mal à imposé leur livre, du coup, ils veulent l'adapter, faire des cours sous l'accacia par exemple pour plus d'impact. Et la fille de 13 ans qui signe de son "le message de Dieu ne m'a jamais dit d'être missionnaire" puisqu'elle a du mal ici, et subit le choix de ses parents.
Une autre famille s'installant chez les Fayou oblige les enfants à s'habiller et se laver pour aller dans l'école créé par la mère, et donnée en indonésien (alors que linguistes, les missionnaires avaient appris parfaitement leur langue, habitant depuis 10 ans à leurs côtés). Là, évidemment, leur présence a permis de préserver leur communauté, dans le sens où se faisant la guerre continuellement par rapport à la terre, aux femmes ou au cochon, les fayou vivaient dans la terreur et souvent peu de temps.
Au Soudan, ce sont les missionnaires qui tentent de convaincre le gournement de Bush de mettre des moyens ...
Il y a un sentiment colonisateur dans leurs missions que je garde dans la tête, un pas de plus vers la mondialisation...
Bon, je vais m'arrêter là, mais je voulais savoir quel est votre sentiment sur ce sujet, s'il vous interresse ou interpelle. Si vous aviez rencontré des missionnaires, et quels ont été vos sentiments sur leur impact, leur place etc.
Merci.
(je précise que je suis agnostique)
suite à quelques voyages, quelques rencontres surprenantes dans des coins dit reculés et des lectures d'articles et de bouquins, je me pose bien des questions sur les missionnaires.
Ces hommes et ces femmes parcourent la terre avec comme seul élément dans leur sac à dos, la Bible ou certainement le Coran, (pour ma part, je n'en pas rencontré) et autres livres religieux. Ceux-là, ces itinérants ont tendance à me faire "rire", j'avoue...en même temps, cela m'intrigue d'avoir un tel but dans son voyage. Amener à des inconnus sa vérité et tenter de faire accepter celle-ci plutôt que d'en découvrir d'autres.
Ou bien, plus encore, ils se posent, famille réunie, avec l'accord d'un chef auprès d'une minorité, d'une ethnie ou autre appelation d'autochtones. Et là, il s'agit d'un travail en profondeur, en ce sens que le blanc fait un travail d'acceptation pour tenter de devenir lui-même, de part son attitude, un exemple auprès de minorités de culture ancestrale...jusqu'à ce qu'ils se penchent sur le fameux livre.
Evangéliser, christianniser...ça me gène...en même temps, on va me dire, c'est pour revaloriser la place de la femme, leur donner des notions d'hygiène etc...
Oui, une femme des Témoins de Géovah avait tout laché en France avec son mec pour d'après ces dires, "alphabétiser" les plus démunis dans un village de la brousse béninoise via...leur "livre". Je n'avais pas assez de temps pour rester avec eux voir comment cela se passait, et me faire un avis sur des réalités plus concrêtes que ces dires. D'un côté, il y avait quelque chose de reconnaissant, d'un autre il y a le profit de la vulnérabilité etc...il y a ce côté intérressé. Comme un appat.
Une famille entière a quitté sa grande ville californienne et tout le confort qui va avec, ainsi que la situation, pour attérir avec les 2 jeunes enfants dans un village Samburu au Kenya. Les photos dévoilent leur chemise plus que blanche à col rond, la raie sur le côté. Eux ont bien du mal à imposé leur livre, du coup, ils veulent l'adapter, faire des cours sous l'accacia par exemple pour plus d'impact. Et la fille de 13 ans qui signe de son "le message de Dieu ne m'a jamais dit d'être missionnaire" puisqu'elle a du mal ici, et subit le choix de ses parents.
Une autre famille s'installant chez les Fayou oblige les enfants à s'habiller et se laver pour aller dans l'école créé par la mère, et donnée en indonésien (alors que linguistes, les missionnaires avaient appris parfaitement leur langue, habitant depuis 10 ans à leurs côtés). Là, évidemment, leur présence a permis de préserver leur communauté, dans le sens où se faisant la guerre continuellement par rapport à la terre, aux femmes ou au cochon, les fayou vivaient dans la terreur et souvent peu de temps.
Au Soudan, ce sont les missionnaires qui tentent de convaincre le gournement de Bush de mettre des moyens ...
Il y a un sentiment colonisateur dans leurs missions que je garde dans la tête, un pas de plus vers la mondialisation...
Bon, je vais m'arrêter là, mais je voulais savoir quel est votre sentiment sur ce sujet, s'il vous interresse ou interpelle. Si vous aviez rencontré des missionnaires, et quels ont été vos sentiments sur leur impact, leur place etc.
Merci.
(je précise que je suis agnostique)
La Chine sept ans plus tôt English translation pending
Sept ans c'est bien peu de chose, c'est juste un septennat, ce n'est même pas un dixième de l'espérance de vie moyenne d'un mâle français. Et pourtant c'est énorme dans ma courte vie de voyageur. Il y a sept ans, ce n'était pas mon premier voyage, ce n'était pas non plus mon premier voyage seul, ce n'était pas non plus mon premier voyage seul en Chine, et ce n'était pas non plus mon premier voyage seul en Chine où je sois tombé amoureux de ce pays. Mais pour des raisons que je m'explique mal, c'est probablement le voyage qui m'aura le plus marqué, n'ayant jamais ressenti autant de bonheur à visiter une terre étrangère, et ne pensant pas connaître à nouveau un bonheur aussi intense, hélas. C'est donc un souvenir heureux dont j'entretiens méticuleusement la mémoire, me rappelant souvent de tel ou tel visage ou anecdote au détour d'une rue de Shanghai, ou à l'écoute de certaines musiques.
C'était aussi mon plus long voyage: 5 semaines en tout. Pour certains ça peut paraître peu, mais à cette époque où j'étais étudiant, je pouvais me permettre un voyage que je considère aujourd'hui comme d'une longueur à faire rêver. Il y a sept ans jour pour jour, j'étais encore dedans, et à l'approche du cinquième anniversaire de mon immigration en Chine, je me dis qu'il est peut-être enfin temps de coucher cette expérience par écrit, chose que je ne faisais jamais à cette époque où VF n'existait pas.
J'ai longtemps hésité sur le style à adopter. Il est évident qu'avec sept ans de recul et une expérience chinoise beaucoup plus solide, je ne vois plus les choses de la même façon. Mais je vais malgré tout essayer de faire transparaître l'état d'esprit qui était alors le mien. Je pense aussi me souvenir assez précisément de la plupart des détails de ce voyage, ainsi que de leur chronologie approximative, exploit dont je suis parfaitement incapable pour mes autres voyages de la même époque, où je ne prenais pas non plus de notes. Mais puisque je me suis payé le luxe d'attendre sept ans avant d'écrire tout ça, je vais quand même aussi m'offrir le petit plaisir de l'autocritique et du regard neuf. Il serait dommage de ne pas en profiter!
C'était aussi mon plus long voyage: 5 semaines en tout. Pour certains ça peut paraître peu, mais à cette époque où j'étais étudiant, je pouvais me permettre un voyage que je considère aujourd'hui comme d'une longueur à faire rêver. Il y a sept ans jour pour jour, j'étais encore dedans, et à l'approche du cinquième anniversaire de mon immigration en Chine, je me dis qu'il est peut-être enfin temps de coucher cette expérience par écrit, chose que je ne faisais jamais à cette époque où VF n'existait pas.
J'ai longtemps hésité sur le style à adopter. Il est évident qu'avec sept ans de recul et une expérience chinoise beaucoup plus solide, je ne vois plus les choses de la même façon. Mais je vais malgré tout essayer de faire transparaître l'état d'esprit qui était alors le mien. Je pense aussi me souvenir assez précisément de la plupart des détails de ce voyage, ainsi que de leur chronologie approximative, exploit dont je suis parfaitement incapable pour mes autres voyages de la même époque, où je ne prenais pas non plus de notes. Mais puisque je me suis payé le luxe d'attendre sept ans avant d'écrire tout ça, je vais quand même aussi m'offrir le petit plaisir de l'autocritique et du regard neuf. Il serait dommage de ne pas en profiter!
"50000 cuc" contre la sortie des professions médicales à Cuba English translation pending
un nouveau projet en gestation;contre le paiement d'une somme de 50000 cuc, toute personne travaillant dans le secteur medical pourra sortir aprés son mariage avec un etrranger(contre 5 années aujourd'hui).........dommage que l'activiste americaine Sheehan viennent à cuba pour dénoncer les conditions inhumaines à guantanamo(ce qui est vrai) mais ne s'interesse point aux milliuons de cubains emprisonnés dans la isla.
Donne informations sur les îles Andaman English translation pending
Salut, j'ai ouie dire que des personnes cherchaient des infos sur les Andaman, comme nous en revenons, je suis à leur disposition, à +
"Tuez l'humanitaire" English translation pending
Bonjour à tous,
Premier message, premières interrogations.
Je souhaite, ici, vous faire partager mon projet, vous expliquer rapidement les tenants et aboutissants pour que vous me faisiez part de vos impressions, conseils et idées.
Actuellement, je me rends compte que lorsque l'on veut partir à l'étranger pour faire autre chose que travailler ou faire du tourisme, peut importe sa forme (roots ou commerciale), il nous reste l'aide et en particulier l'aide humanitaire. Si je veux monter un projet et peut-être trouver un financement ( ceci n'étant pas indispensable car quand je vois des projets écologiques financées par des groupes pharmaceutiques ou chimiques, des projets humanitaires par Danone, j'ai de quoi m'inquiéter. Comment est ce possible de se faire financer par les personnes qui sont les sources du problème?), je dois impérativement rentrer dans un cadre que je vais appeler "cadre humanitaire" c'est à dire que si c'est l'année de l'éducation les fondations et autres corrupteurs vont bien vouloir me financer un projet d'apport de crayons ou de livres et pourquoi pas si je suis prêt à prendre une année sabbatique peut-être construire une école. Je ne dis pas que construire une école ce n'est pas bien, je dis que cela ne résout pas le fond du problème. Pourquoi y-a t'il des pays qui n'ont pas les moyens de construire des écoles, de se nourrir, de vivre décemment ? Peut être que le problème vient des pays qui s'accaparent une trop grande part de ce qui leur revient, du partageable?
J'arrête d'enfoncer les portes ouvertes...
Donc me voilà voulant sortir de ce cadre car je n'ai pas envie de livrer des cahiers, du riz, d'aller gérer des projets (qui suis-je pour dire que je suis apte à gérer, coordonner et pas les autochtones?), de me spécialiser et de faire un master pro management de l'humanitaire ( les ONG sont aujourd'hui construit sur les mêmes principes d'organisation des entreprises, entreprises et organisation capitaliste de la production étant elles-mêmes le noyau du problème), je n'ai pas envie de me manger la queue jusque la tête, je veux couper la queue et la tête du serpent.
La question que je me pose est comment sortir de ce cercle vicieux, je sais que d'autres se la posent aussi. Ce vers quoi je vais me tourner, c'est plutôt un projet qui souhaite remettre en cause la dichotomie Occident("moi je connais")/ Pays en voie de dévollepement ("tu ne sais pas mais je vais t'expliquer"), cette vision occidentalocentrée qui consiste, sous couvert d'une soi-disante bonne volonté patagée, à poser notre culture, nos modes de vie comme les plus viables, les pérenniser parfois (souvent je l'espère?!) inconsciemment, malgré nous car nous ne sortons pas de notre culture inculquée (socialisation, imaginaire, habitus..).
Mon projet consisterai à tenter de mettre sur un même pied d'égalité des cultures différentes ( sans jamais, bien sûr, le réussir parfaitement car l'on ne peut remettre toute notre éducation en cause). Pour cela, je souhaite aller étudier, participer en Amérique du Sud et centrale aux tentatives de chacun de re-prendre le contrôle de sa vie, par exemple étudier le budget participatif, les expériences d'autogestion politique, économique, médiatique. Je ne me leurre pas quand au fait que cela peut revenir à étudier les mouvements sociaux, leur surgissement, développement, pérennisation... à travers les continents. Mais certaines expériences sont déjà en place depuis un petit moment et apparaissent fonctionner correctement. Mais cela nous ne le savons pas réellement, c'est en cela que je souhaite y participer de plus près.
Mon but (si but il y a et il doit y avoir?!) n'est pas seulement d'aller faire ma petite analyse, de revenir et de reprendre une vie de jeune cadre dynamique ayant réaliser son petit voyage qu'il racontera dans 20 ans à ses amis cadres moins dynamiques, mais de revenir et montrer que ces pays que l'on aime qualifier de moins développé sont certainement en avance sur nous sur de nombreux points et que nous avons autant à apprendre d'eux que nous ont à apprendre d'eux.
Et pourquoi les tentatives autogestionnaires, autonomes, de réappropriation de sa vie, de ses institutions... car c'est à mon avis, là que se situe tout le problème de ce besoin d'aide, de mauvais partage des richesses, de destruction de notre planète, j'en passe et des meilleurs, c'est notre incapacité à dire merde aux gens qui exploitent, au système capitaliste vivant grâce à ses inégalités et la fin de nos problèmes se passera par une reprise en main de ce que nous voulons, un changement de système et de société décidé par tous endehors du carcan capitalistique.
Force est de reconnaître que la chose politique (le politique) n'est pas absent de ce projet mais comment évacuer la politique lorsque l'on fait de l'humanitaire alors que le fait même d'être dans tel ou tel pays a rapport immédiat avec le politique? Le leurre, c'est de vouloir évacuer cette question alors que l'on est partie prenante dans sa constitution.
Je vous l'accorde, projet difficile et en même temps faisable. Mon problème principal est lorsque je rencontre les acteurs qui travaillent sur le terrain ou qui y ont travaillé me rigolent délicatement au nez ou refusent de faire partager leurs infos dans la mesure où je viens en 10 minutes de remettre en cause le projet qu'ils ont mis deux ans à monter, leurs 5 dernières années d'existence où ils se représentaient eux-mêmes comme des "gens de bien", toute une existence ou encore réveiler les interrogations qu'ils ou elles avaient enfouies... De surcroît, il va mettre difficile de trouver une quelconque aide financière dans la mesure où ce n'est pas l'année de la remise en cause de ce que l'on fait, de ce que l'on vit!!! Après ce n'est pas le problème principal, je préfère assumer mes idées que les travestir pour une poignée d'euros.
Les supports seront bien sûr, écrit, photos, vidéos (sous réserve) avec une réelle volonté de le faire partager en Occident et pourquoi pas développer un réseau, bref plein de choses qui se tournent vers cette logique.
Je suis preneur de tout conseil, de tout contact si quelqu'un est, a été sur le terrain, a des contacts avec des assoc locales qui tentent de mettre en place le budget participatif, critiquent le système gouvernemental, les FMN qui viennent piller les ressources, pour mettre en place une organisation politique, médiatique, économique locale à échelle humaine et en rupture d'une manière ou d'une autre avec l'ordre capitaliste. Mon projet n'étant pas encore très bien défini, je suis aussi prêt à en débattre, à interroger ses présupposés, les principes qui le soutiennent, à en discuter avec des gens qui connaissent certainement mieux que moi le monde de l'humanitaire, etc
Merci d'avance
ciao
Premier message, premières interrogations.
Je souhaite, ici, vous faire partager mon projet, vous expliquer rapidement les tenants et aboutissants pour que vous me faisiez part de vos impressions, conseils et idées.
Actuellement, je me rends compte que lorsque l'on veut partir à l'étranger pour faire autre chose que travailler ou faire du tourisme, peut importe sa forme (roots ou commerciale), il nous reste l'aide et en particulier l'aide humanitaire. Si je veux monter un projet et peut-être trouver un financement ( ceci n'étant pas indispensable car quand je vois des projets écologiques financées par des groupes pharmaceutiques ou chimiques, des projets humanitaires par Danone, j'ai de quoi m'inquiéter. Comment est ce possible de se faire financer par les personnes qui sont les sources du problème?), je dois impérativement rentrer dans un cadre que je vais appeler "cadre humanitaire" c'est à dire que si c'est l'année de l'éducation les fondations et autres corrupteurs vont bien vouloir me financer un projet d'apport de crayons ou de livres et pourquoi pas si je suis prêt à prendre une année sabbatique peut-être construire une école. Je ne dis pas que construire une école ce n'est pas bien, je dis que cela ne résout pas le fond du problème. Pourquoi y-a t'il des pays qui n'ont pas les moyens de construire des écoles, de se nourrir, de vivre décemment ? Peut être que le problème vient des pays qui s'accaparent une trop grande part de ce qui leur revient, du partageable?
J'arrête d'enfoncer les portes ouvertes...
Donc me voilà voulant sortir de ce cadre car je n'ai pas envie de livrer des cahiers, du riz, d'aller gérer des projets (qui suis-je pour dire que je suis apte à gérer, coordonner et pas les autochtones?), de me spécialiser et de faire un master pro management de l'humanitaire ( les ONG sont aujourd'hui construit sur les mêmes principes d'organisation des entreprises, entreprises et organisation capitaliste de la production étant elles-mêmes le noyau du problème), je n'ai pas envie de me manger la queue jusque la tête, je veux couper la queue et la tête du serpent.
La question que je me pose est comment sortir de ce cercle vicieux, je sais que d'autres se la posent aussi. Ce vers quoi je vais me tourner, c'est plutôt un projet qui souhaite remettre en cause la dichotomie Occident("moi je connais")/ Pays en voie de dévollepement ("tu ne sais pas mais je vais t'expliquer"), cette vision occidentalocentrée qui consiste, sous couvert d'une soi-disante bonne volonté patagée, à poser notre culture, nos modes de vie comme les plus viables, les pérenniser parfois (souvent je l'espère?!) inconsciemment, malgré nous car nous ne sortons pas de notre culture inculquée (socialisation, imaginaire, habitus..).
Mon projet consisterai à tenter de mettre sur un même pied d'égalité des cultures différentes ( sans jamais, bien sûr, le réussir parfaitement car l'on ne peut remettre toute notre éducation en cause). Pour cela, je souhaite aller étudier, participer en Amérique du Sud et centrale aux tentatives de chacun de re-prendre le contrôle de sa vie, par exemple étudier le budget participatif, les expériences d'autogestion politique, économique, médiatique. Je ne me leurre pas quand au fait que cela peut revenir à étudier les mouvements sociaux, leur surgissement, développement, pérennisation... à travers les continents. Mais certaines expériences sont déjà en place depuis un petit moment et apparaissent fonctionner correctement. Mais cela nous ne le savons pas réellement, c'est en cela que je souhaite y participer de plus près.
Mon but (si but il y a et il doit y avoir?!) n'est pas seulement d'aller faire ma petite analyse, de revenir et de reprendre une vie de jeune cadre dynamique ayant réaliser son petit voyage qu'il racontera dans 20 ans à ses amis cadres moins dynamiques, mais de revenir et montrer que ces pays que l'on aime qualifier de moins développé sont certainement en avance sur nous sur de nombreux points et que nous avons autant à apprendre d'eux que nous ont à apprendre d'eux.
Et pourquoi les tentatives autogestionnaires, autonomes, de réappropriation de sa vie, de ses institutions... car c'est à mon avis, là que se situe tout le problème de ce besoin d'aide, de mauvais partage des richesses, de destruction de notre planète, j'en passe et des meilleurs, c'est notre incapacité à dire merde aux gens qui exploitent, au système capitaliste vivant grâce à ses inégalités et la fin de nos problèmes se passera par une reprise en main de ce que nous voulons, un changement de système et de société décidé par tous endehors du carcan capitalistique.
Force est de reconnaître que la chose politique (le politique) n'est pas absent de ce projet mais comment évacuer la politique lorsque l'on fait de l'humanitaire alors que le fait même d'être dans tel ou tel pays a rapport immédiat avec le politique? Le leurre, c'est de vouloir évacuer cette question alors que l'on est partie prenante dans sa constitution.
Je vous l'accorde, projet difficile et en même temps faisable. Mon problème principal est lorsque je rencontre les acteurs qui travaillent sur le terrain ou qui y ont travaillé me rigolent délicatement au nez ou refusent de faire partager leurs infos dans la mesure où je viens en 10 minutes de remettre en cause le projet qu'ils ont mis deux ans à monter, leurs 5 dernières années d'existence où ils se représentaient eux-mêmes comme des "gens de bien", toute une existence ou encore réveiler les interrogations qu'ils ou elles avaient enfouies... De surcroît, il va mettre difficile de trouver une quelconque aide financière dans la mesure où ce n'est pas l'année de la remise en cause de ce que l'on fait, de ce que l'on vit!!! Après ce n'est pas le problème principal, je préfère assumer mes idées que les travestir pour une poignée d'euros.
Les supports seront bien sûr, écrit, photos, vidéos (sous réserve) avec une réelle volonté de le faire partager en Occident et pourquoi pas développer un réseau, bref plein de choses qui se tournent vers cette logique.
Je suis preneur de tout conseil, de tout contact si quelqu'un est, a été sur le terrain, a des contacts avec des assoc locales qui tentent de mettre en place le budget participatif, critiquent le système gouvernemental, les FMN qui viennent piller les ressources, pour mettre en place une organisation politique, médiatique, économique locale à échelle humaine et en rupture d'une manière ou d'une autre avec l'ordre capitaliste. Mon projet n'étant pas encore très bien défini, je suis aussi prêt à en débattre, à interroger ses présupposés, les principes qui le soutiennent, à en discuter avec des gens qui connaissent certainement mieux que moi le monde de l'humanitaire, etc
Merci d'avance
ciao
Myanmar "sacré": Pagode, Paya? English translation pending
Bien que situé entre la Thaïlande et le Laos à l’est, le Bangladesh à l’ouest, et la Chine et l’Inde au nord, avec une population aux origines très diverses, le Myanmar donne le sentiment d’être isolé et mystérieux. Malgré l’essor plus ou moins rapide de ses voisins, nous avons eu l’impression de nous retrouver en Chine, celle que nous avons connue lors d’un premier voyage, il y a 25 ans.
Nous avons rencontré une population qui tente de survivre à l’oppression du régime militaire actuel dans des villes dont l’essor vers le modernisme est encore timide et dans des campagnes où les conditions de vie nous ramènent quelques siècles en arrière.
S’il est courant de parler de contrastes au travers de notre prisme occidental, nous avons plutôt été frappés par une certaine constance mêlant à la fois la pauvreté (pas la misère) et la spiritualité inspirée par les somptueux vestiges d’un passé glorieux. Les Birmans sont très religieux (plus de 85% de Bouddhistes) et pratiquent de nombreuses croyances mêlées de superstitions variant selon les contrées traversées. C’est un peuple qui nous est apparu courageux et d’une hospitalité à toute épreuve.
Faut-il aller au Myanmar ? La question se pose. Mais boycotter le Myanmar revient surtout à punir le peuple birman. C’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés à la lecture des nombreux témoignages reçus. Le tourisme demeure l’une des rares ressources supplémentaires à laquelle le simple citoyen peut accéder. C’est une possibilité pour lui d’augmenter son revenu, à condition de pratiquer un tourisme « non-gouvernemental » Nous avons donc évité les tour-opérateurs, les réservations par le MTT (agence touristique gouvernementale), les avions de la compagnie Myanmar Airways, et nous sommes restés dans des hôtels et guest-house privés. Nous n’avons utilisé que les transports des compagnies privées en privilégiant les petits taxis (à part notre trajet en ferry) Et nous n’avons pas eu à le regretter ! Les témoignages de nos interlocuteurs, guides et chauffeurs nous l’ont bien démontré : ils attendent les touristes, leur font éviter les pièges gouvernementaux et démontrent sans cesse leur reconnaissance en ne sachant que faire pour les aider et leur rendre leur séjour inoubliable.
Le départ : Premier bug ! Le retard de l’avion de Bangkok à Yangon (3 heures) nous oblige à passer une nuit dans la capitale avant notre départ pour Mandalay. Dès la sortie de l’aéroport en pleine reconstruction, nous ressentons les trépidations de la grande ville : l’insistance des porteurs à prendre nos sacs, les taxis qui se proposent avec des tarifs variables selon la durée de notre silence, et le meilleur taux de change des dollars ! Bien que le centre des affaires du pays se déplace aujourd’hui vers Mandalay, Yangon reste la grande ville, la capitale (plus de 6 millions d’habitants). Un mélange de ruelles populaires, le Little Delhi des Indiens downtown, les grandes avenues du centre héritées de la colonisation britannique, et quelques gratte-ciel au milieu des immenses espaces verts et des pagodes. Une importante population d’Indiens et de Chinois, qui transforment les trottoirs en une multitude de petites cuisines proposant des nourritures variées et des marchands qui vendent de tout, du ventilateur auquel il manque une pale à la boîte à outils rouillés ! Grignoter dans la rue ? Bien que friands de ce type de repas au contact direct avec la population, nous avons rapidement su que nous aurions quelques difficultés ! Rien à voir avec les soupes de rue en Thailande, au Laos ou au Vietnam ! Resto chinois du premier soir : en guise d’accueil un énorme cafard qui se ballade au milieu de la salle ! Je ferme les yeux ! Petite promenade avant le dîner, Daniel ne me lâche pas d’une semelle. Non pas à cause de la sécurité (aucun ressenti à ce propos malgré l’obscurité et les nombreux passants qui nous sourient tous) mais plutôt à cause de l’état des trottoirs : à Bangkok j’ai fait deux vols planés dans les petites ruelles défoncées, et c’est couverte de bleues, que je m’accroche à son bras ! D ‘ailleurs, comme tous les autochtones, il vaut mieux marcher sur la route. Tout se passe sur la route, même un match de foot, pied nus et dans le noir sur la place de la pagode Sule. Les buts sont installés entre quelques passages de bus et pick up. Imperturbables ! A propos, quand on parle de la France (from where are you, semble la première phrase en anglais qu’apprennent les enfants birmans) personne ne connaît Chirac, mais tout le monde encense Zidane !
Dès notre arrivée nous avons ressenti la gentillesse, la politesse et de la douceur des Birmans. Habitués à cette attitude en Asie, nous n’avons rencontré l’équivalent à ce point qu’au Laos (en un peu plus speed !). A 8 heures du soir, la propriétaire de l’hôtel s’est démenée pour nous procurer un billet d’avion pour Mandalay pour le lendemain, économie de 3$ par billet par rapport au prix annoncé à l’aéroport. Et à 5 heures du matin, elle nous attendait au pas de la porte pour nous faire « winky, winky », good bye.
Mandalay, ville poussiéreuse, sur les de rives de l’Ayerarwaddy ne nous a pas vraiment emballé. Bicyclettes, trishaws, taxis bleus (tuktuks) circulent partout de la ville moderne, de paya en paya, à la colline de Mandalay en passant par les cités anciennes. Quatre jours bien remplis mais nous sommes contents de partir ! Comme la plupart des touristes, nous avons entrepris l’ascension de la colline, pieds nus bien sur, parmi les nombreux autels dédiés à Bouddha, et au sommet, kitch au possible, fontaines, décors en morceaux de glaces brisées, et beaucoup de moines qui profitent de ce lieu touristique pour mettre en pratique leur anglais approximatif mais toujours souriant et enjoué. Panorama sur la ville, rien de spectaculaire. Sommes-nous blasés ou est-ce la perspective de devoir redescendre à pied ? Peut être, tout simplement, la fatigue de cette première journée qui m’empêche d’apprécier le coucher de soleil. Je ne peux plus mettre un pied devant l’autre, nous négocions avec le chauffeur d’un pick-up pour nous ramener au pied de la colline. Il m’a sauvé d’une grosse déprime !
Visite classique de la ville, entre paya et bouddha, monastère et moine, artisanat de toutes sortes, le plus célèbre site bouddhique du Myanmar se trouve sur la route vers Amarapura : la paya Mahamuni. La statue très vénérée, de quatre mètres de haut est en bronze et des milliers de pèlerins viennent couvrir le corps du Bouddha de minuscules feuilles d’or. L’accumulation depuis des années de cette pratique a finit par complètement transformer le corps de la statue qui fait maintenant le double de son volume initial. Nous avons de la chance : nous sommes accueillis par une fête, une initiation semble-t-il. L’animation est intense, les costumes magnifiques, et une foule de fidèles, enfants, jeunes et moins jeunes, tous heureux et inspirés s’inclinent devant le Bouddha Mayamuni. Couleurs flamboyantes, costumes couverts de fils d’or, maquillages intenses, de belles images en perspectives ! Un jeune moine ne nous lâche plus ! Il est très content de nous donner un tas d’explication (que nous avons un mal fou à comprendre !) Il nous ballade dans tous les coins et les recoins du temple, entre les ivoires, les jades, les écritures, et les tableaux peints de l’histoire de Amarapura. Comme je suis naïve ! Je suis persuadée qu’il fait cela par plaisir et j’insiste auprès de Daniel pour ne pas lui donner d’argent à la fin de la visite guidée. De lui-même il nous demande de l’argent, et un billet ne suffit pas… One more please ! Selon lui, cela sert à remplir sa tirelire personnelle pour pouvoir se lancer dans une nouvelle vie lorsqu’il choisira de quitter le monastère. Cette explication nous sera confirmée plus tard par un autre de nos chauffeurs. Comme nous l’avons vu, la religion bouddhiste est pratiquée par la grande majorité de la population. Les Birmans tentent de gagner une vie meilleure en nourrissant les moines, en faisant des offrandes aux temples et en pratiquant leur dévotion, en accumulant les mérites grâce aux bonnes actions. Sur toutes les routes on peut trouver des stands avec de la musique et des discours pour réclamer des offrandes. Les moines agitent de grandes bassines dans lesquelles ils font sonner la monnaie. Une famille acquiert un mérite important lorsque l’un de leur fils prend la robe. Les femmes vouées à la vie monastique, comme chez nous, sont appelées nonnes. Elles se rasent la tête, portent des robes roses et prononcent leurs vœux, mais ont moins de prestiges que les moines. Deux retraites monastiques s’imposent à tout homme birman : le moine novice entre l’age de 10 et 20 ans et le moine à part entière après 20 ans. Souvent des jeunes de la campagne, attirés par la vie citadine viennent chercher du travail. Sans éducation, sans ressource et ayant du mal à s’habituer à la ville, ils rentrent au monastère ou… au gouvernement.
J’ai adoré notre visite du Kyaung Maha Ganayon en fin d’après midi. Un endroit calme où chacun vaque simplement à ses occupations. A l’entrée du monastère, les commandements pour atteindre un état de parfaite sagesse, d’absence de désir coupable et le véritable bonheur. Parmi toutes les étapes morales quelques valeurs universelles : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas consommer de substance toxique et rester chaste. Parmi des valeurs moins fréquentes : le respect des croyances des autres. Heure de la prière, heure de la leçon, balayage de la cour, lessive ou toilette, nous étions des bienvenus, accueillis avec le sourire en nous promenant dans cet espace de calme et de sérénité.
Le lac de Taungthaman, traversé par le pont de U Bein, le plus long pont en teck dans le monde. Photographié sous toutes ses coutures, il nous a enchanté au crépuscule. Nous avons navigué sur le lac en pirogue, pour admirer le pont d’en dessous, observer les nombreux pêcheurs à la ligne, le corps dans l’eau, le passage des piétons d’un village à un autre sur le pont, à pied ou en vélo. Paysage d’une sérénité totale et cette quiétude, sans bruits et des couleurs magnifiques qui changent de minutes en minutes en cette fin d’après midi. Le dernier quart d’heure avant la nuit… la course des pirogues pour trouver la meilleure place sur le lac et faire les meilleures photographies avec cette luminosité exceptionnelle qu’offre le soleil au couchant.
Nous avons visité Sagaing et sa colline, Inwa en carriole à cheval, nous avons raté Mingun avec sa cloche et son village (Daniel a passé sa journée malade au lit !)
Nous avons fait le voyage AR dans la journée pour Monywa, les grottes de Hpo Win Daung et la Paya Thanboddhay. Aux grottes un jeune homme nous guide avec son anglais approximatif et nous offre ses commentaires appris par cœur. Et c’est tant mieux car les grottes sont nombreuses et éparpillées, et il nous montre les plus importantes et les plus intéressantes. Mais une personne ne suffit pas ! J’ai droit à ma « dame de compagnie », elle me tient la main, m’aide à grimper les marches : Watch your head, be careful, slowly…. Elle agite un éventail pour me rafraîchir et court pour me remettre mes sandales à chaque sortie d’une grotte. Tout un coup, je réalise que j’ai pris un sacré coup de vieux !
Partout, même dans les endroits moins touristiques où nous ne verrons aucun car de touristes allemands, italiens ou français, cette sollicitation constante est présente. Quelquefois trop pesante ! Entre les colliers, bracelets, chapeaux, clochettes, vraies (fausses) pierres et autres, cartes postales et des demandes insistantes pour du shampooing, du parfum, du rouge à lèvres, des savons et des stylos, difficile de donner à l’un sans en donner à l’autre. Il faut donner pour un échange, une photo, une gentillesse, un beau sourire : le plaisir est alors partagé et apprécié. Un exemple parmi d’autres : au temple Dhammayangyi à Bagan, notre parcours est dirigé par une horde d’enfants (on avait enfin réussi à se débarrasser d’un groupe d’Italiens bruyants !) et ils nous ont fait bénéficié de tout le répertoire des mots français enseigné par d’autres touristes : attention, murs fermés, bouddhas cachés, cloisons en briques, attention à la tête, attention à la marche, va mollo, c’est parti mon kiki !!! Malgré un certain agacement, je me suis tout de même laissée prendre au jeu et nous avons finalement trouve cela très drôle. La chef de la bande, une jeune fille de 15 ans, belle comme un cœur et une personnalité d’enfer ! Et cette autre jeune fille : « I remember you from Sulamani » Elle me sourit et me présente ses frères et sœurs, une famille de 10 enfants, elle du haut de ses 12 ans joue à la maman pour ses frères et sœurs plus jeunes qu’elle. Sa grâce, sa gentillesse, sa douceur, je craque et me voilà en possession de mon énième petite boite en laque ! Sur le pont du U Bein un garçon d’une douzaine d’années nous harcèle avec ses colliers, il insiste : c’est local ! Ah, c’est toi qui les fabriques ? Non, répond-il, je ne suis que le commercial ! Très drôle !
Si vous n’êtes pas passionnés de temples, ni de bouddhas, la Birmanie n’est pas pour vous ! Vous êtes dans le pays des stupas : pas une hauteur, pas une colline sans édifice religieux, le long d’une rivière, le sommet d’une montagne, sur l’immensité d’une plaine, on aperçoit toujours une pagode. Durant ce voyage, nous avons réussi à surmonter nos angoisses. Daniel et ses vertiges et terreur des hauteurs : il n’y a pas un sommet qu’il n’a pas franchi, certes avec les jambes flageolantes, des sueurs et le cœur qui batte la chamade. Monter, ça va mais la descente, une autre épreuve, souvent à l’envers (vague souvenir d’Angkor Vat au Cambodge). Pour moi, la preuve que je peux encore monter les escaliers, dure, dure mais je l’ai fait ! (private « joke » de la famille !!!)
Tous ces édifices religieux, couverts d’or et d’argent, ces statues en fer, en bronze, cuivre ou laiton, en bois, en teck, brillent et se jouent des lumières en nous offrant de multiples couleurs changeantes : un délice !
La paya Thanboddhay à Monywa est un exemple de temple délirant, grandiose, kitch et coloré. Tout dépasse la mesure : plus de 600.000 statues de Bouddha de toutes tailles (de plusieurs mètres à un centimètre), des guirlandes de lumières qui clignotent comme dans une vitrine de Noël, et même un bassin où l’on nourrit d’énormes poissons chats…Disneyland ou un énorme gâteau d’anniversaire !
Et un peu plus loin sur la colline de Po Khuang, un gigantesque Bouddha, debout de 167m de hauteur, qui n’est pas encore terminé. Allongé à ses pieds, un autre Bouddha couché de 90m de long. Nous arrivons le matin même du décès du chef des moines. Tous les fidèles viennent prier et lui rendre hommage, une foule dense.
Les Birmans se couchent tôt et se lèvent très tôt. A 5h30, la ville se réveille, les rues s’animent, les fours s’allument, les marchands s’installent et tout le monde s’active. Marche, gymnastique, exercices, emmitouflés avec les bonnets en laine, chaussettes et blousons, la vie trépidante prémices d’une journée bien remplie.
Le ferry de Mandalay à Bagan quitte le port à 6 heures et ce matin là, la brume nous enveloppe au moment de traverser la ville une dernière fois. Nous avons aimé ce voyage malgré sa durée (8heures) Un voyage pittoresque. La vie sur le fleuve bien que peu intense nous offre des points de vue intéressants. Nous apercevons quelques scènes de travaux des champs, très impressionnant le travail des buffles. Un arrêt dans un village : les femmes nous attendent sur l’embarcadère. Elles nous proposent des soieries, des bananes, des oranges et autres victuailles, le tout posé sur leurs têtes. Elles entrent carrément dans le fleuve et c’est avec de l’eau jusqu’au cou qu’elles nous appellent pour leur acheter quelque chose. Il faut faire très vite, le bateau ne reste que quelques minutes à quai. Un spectacle pittoresque bien qu’un peu pathétique.
Bagan, Certainement le site le plus étonnant du Myanmar. Au bord du fleuve, se dressent des milliers de stupas, de vestiges, et de temples imposants qui s’élèvent vers le ciel. C’est ici que notre coup de foudre birman se déclenche ! Toute cette beauté, ce charme, ces plaines qui s’étendent à l’infini, et cette magie de l’architecture, cette émotion inoubliable. Nous nous imprégnons de cette extraordinaire plénitude, nous sommes éblouis par tant de beauté et nous sommes sous le charme. C’est le début de la saison sèche, tout est vert et riche en couleurs. Et dès les premiers instants, nous savons que nous prolongerons notre séjour à Bagan
Nos coups de cœur : - La Pagode Dhammayazika, peut être parce-que c’est notre première vue depuis sa terrasse supérieure et qu’elle est si belle. - La Paya Pyathada pour sa tranquillité, sa grande plate forme ouverte et sa vue magnifique à l’infini sur la plaine de Bagan. Nous étions seuls, vraiment tout seuls et nous avons apprécié… en silence. - La Paya Shwezigon pour sa forme de cloche, la petite cavité circulaire creusée dans un bloc de pierre, remplie d’eau qui permet d’admirer le reflet du couronnement du stupa et son zedi doré. - Le temple Ananda pour ces énormes portes en teck sculpté, et une visite spéciale à la statue qui se trouve face à l’est. Il tient entre le pouce et le majeur, une boulette en forme de noix qui ressemble à une plante médicinale. Elle symbolise le Bouddha offrant le dharma, comme remède pour soigner la souffrance. Daniel avait mal aux pieds, et en touchant le bouddha, en lui adressant les mots doux…. bobo parti ! Un petit clin d’œil à mes copines superstitieuses !
Et puis il y a eu notre journée de vélo autour de Bagan ! J’ai insisté pour convaincre Daniel à monter sur un vélo. On dit que rouler à bicyclette ne s’oublie jamais, mais reprendre dans des conditions aussi spéciales est une gageure ! Routes défoncées sur lesquelles les voitures foncent en nous évitant au dernier moment, chemins de terre aux ornières profondes et sablonneuses, couper à travers champ pour retrouver une hypothétique route, et, heureusement, quelques bonnes âmes toujours disponibles pour nous aider ! J’avais si envie de prendre le temps, de parcourir à notre rythme, ce lieu féerique, respirer ce bonheur, cette quiétude et cette liberté d’être loin du monde et d’écouter le silence. J’adore cette brique rouge qui illumine les champs d’une coloration soutenue contrastant avec le bleu du ciel. J’adore cette atmosphère sereine qu’imposent le calme et le silence. J’adore l’enchantement de tous les temples, éparpillés dans l’horizon sans fin et que l’on découvre au tournant d’un chemin.
Nous avons fait connaissance de Aung Min, gardien des temples Nagayon et Abeyadana qui nous a ouvert les portes de ces merveilleux sanctuaires, récemment nettoyés par une équipe de l’Unesco. Avec sa torche il nous fait découvrir des fresques d’origine (XI siècle) de la vie de Bouddha. Sa famille, tous tailleurs de pierre, travaillent et vivent sur les lieux. Ils travaillent pour le gouvernement en créant des reproductions des statues de Bouddhas, des nats etc. pour décorer le palais qui devrait s’ouvrir au public dans peu de temps. Un travail de précision.
Nous avons beaucoup aimé Salay, son musée et son immense monastère en bois, situé à 36 kms de Bagan et loin des cars de touristes. La salle d’assemblée du monastère Kyuang Youkson est actuellement recouverte d’une toiture en tôle ondulée afin de protéger les magnifiques sculptures en bois des intempéries, vieilles de 120 ans et qui représentent la vie à la cour, les épisodes de la vie de Bouddha et des récits de l’épopée indienne. La salle renferme des objets religieux de la région, statuettes, statues et têtes en bois du Bouddha, poteries, le tout fait l’objet des soins tout particuliers des moines. Portes, murs, plafonds sculptés et tous les objets exposés sont superbes.
La découverte du Mont Popa nous a plutôt laissés indifférents. Rien de très excitant ! Mais la route et la plaine environnante, d’une grande fertilité et recouverte de palmiers à sucre est magnifique. Tout au long de la longue route, des échoppes, des plantations d’hévéas pour la récolte du caoutchouc et des fabriques de sucre de palme. Nous rencontrons un groupe important de prisonniers qui récoltent la sève du caoutchoutier sous l’étroite surveillance de leurs gardiens. Tout s’utilise sur le palmier : les feuilles pour faire les toits des maisons, les troncs pour construire tables et tabourets, l’écorce pour faire les cloisons et les abreuvoirs et le fruit pour son jus. Sur une immense échelle placée jusqu’au sommet de l’arbre, on coupe le fruit à la base inférieure en accrochant un pot pour recueillir le jus pendant plusieurs heures. A consommer de différentes manières : filtré tel que, mélangé avec la pulpe pilée par le moulin actionné par un zébu et fermenté lentement pendant 3 jours pour obtenir une sorte de bière sucrée ou distillé pour obtenir un alcool fort. Nous sommes partis avec notre bouteille. Servi en digestif dès notre retour à des amis venus dîner, la bouteille est passée directement à la poubelle !!! Imbuvable !
Surtout, ne pas rater le charme et la frénésie des marchés. Dans tous les pays du monde que nous avons visité à ce jour, les marchés nous donnent toujours la mesure de la vraie vie, la vie des couleurs, des parfums et des odeurs ! Les paysans vendant quelques légumes, des épices ou des poissons séchés (plus difficile au niveau des odeurs!), les vendeurs de souvenirs, d’étoffes, de longhis et les marchands qui troquent leurs articles entre eux. On trouve tout ce qui se fabrique ou qui pousse dans le pays. Des objets en laque, les pierres précieuses, (attention à l’arnaque), des tapisseries, des textiles et les antiquités (vraies ou fausses) remplissent les étals. A même le sol, les femmes discutent les prix, choisissent avec soin leurs fruits, piments ou autres, pèsent et comptent les piles de billets de banque. Elles vendent le traditionnel thanaka, cette écorce broyée qui forme une pâte et qui leur sert de crème hydratante, protection solaire, maquillage et parfum. Je n’y ai pas échappé ! Les hommes mâchent et crachent le betel, la noix d’arec qui enivre et colore les dents… et les trottoirs de rouge. Un autre monde, un monde à part.
Pour négocier les trésors de Birmanie que l’on aime exposer dans nos vitrines, emmenez avec vous, tout ce que vous n’utilisez plus dans vos placards : tee shirts, montres, chaussures de randonnées, parfums, rouge à lèvres. Quel regret : en pensant à tout ce qui traîne dans mes tiroirs à Paris, j’ai abandonné mon couple de Bouddha qui dépassait mon budget !
Le marché noir, présent partout, nous rappelle que le pays est corrompu par la junte militaire, prête à tout pour garder le pouvoir et l’argent. Ne vous promenez jamais sans votre passeport: nous sommes régulièrement contrôlés sur les routes par la police d’immigration qui nous demandent nos passeports et remplissent soigneusement de grands cahiers. Soigneusement et lentement car la plupart d’entre eux ne savent pas lire ni écrire et se contentent de recopier nos noms comme un dessin. Un jour Daniel s’est appelé Roger parce que le chauffeur chargé d’aider le policier avait oublié ses lunettes !
Malgré ces réalités quotidiennes peu plaisantes, nous sommes émerveillés par la gentillesse et l’hospitalité des Birmans, leur envie de communiquer avec nous, leur sourire et leur désir de nous être agréables. Le revenu par habitant est l’un des plus faibles au monde, et tout se paye. L’achat de l’essence est rationné et dépasser les 20 gallons par mois, (au prix de 1500 Kyats le gallon) oblige à s’approvisionner aux pompes de marché noir sur le bord de la route. L’essence y plus ou moins pure et servie avec des jerricans de fortune au prix de 4500 Kyats le gallon. Le plus révoltant est que ce marché noir est, en fait, totalement sous le contrôle du gouvernement qui augmente ainsi ses revenus sur la vente de carburant. Sur les routes, au milieu de nulle part, des petits frais d’un autre genre : les péages demandés à l’entrée des villes, des villages, soit disant pour financer la réparation des routes ! Mais vu leur état, on se demande ou va l’argent ! Les chauffeurs birmans sont devenus experts dans l’art de tendre leur billet en ralentissant à peine ! Peu de routes sont goudronnées, la plupart sont complètement défoncées, en terre ou couvertes de gravillons et de poussière. Dans leur voiture âgée de 25 ans avec plus de 500.000 kilomètres au compteur, il vaut mieux bien s’accrocher ! Certains chauffeurs roulent avec prudence et lentement comme s’ils voulaient préserver le peu de fiable de leur véhicule, d’autres foncent comme s’ils conduisaient leur voiture pour la dernière fois ! Il n’est pas rare de voir des cantonniers sur les bas-côtés des routes, très souvent des femmes ou des enfants, creusant des fossés, piochant et déplaçant les roches, à la main et dans des conditions de travail lamentable. On le sait, le gouvernement pratique ce genre de travaux forcés pour des salaires de misère de 1 à 2 dollars par journée de 8 heures. Les femmes laissent leur bébé sur le bas côté de la route dans la poussière et la fumée pendant qu’elle s’affairent sur la chaussée. Les Birmans ne possèdent ni papier ni passeport. Pour obtenir un visa de sortie (très rare) afin de faire des études à l’étranger, ils doivent payer 2500 dollars pour une durée maximale de 3 ans…. Beaucoup ne reviennent pas. Un téléphone portable s’achète pour des sommes astronomiques (3000 dollars) et la puce pour autant. Inutile de dire qu’on n’en voit pas très souvent, et les nôtres ne fonctionnent pas. L’état réprimande très sévèrement tous les jeux de hasard et impose une interdiction de parier autrement que par la loterie gouvernementale. Jamais, les Birmans ne se réunissent pour faire une partie de carte, même chez eux, de peur d’être dénoncés. Mais par Internet, via un site en Thaïlande, ils jouent à la loterie. Impossible pour le touriste d’échapper à certaines taxes et dépenses qui reviennent au gouvernement. Si certains droits d’entrée sont vérifiés systématiquement, et par 2 ou 3 personnes à la suite, à d’autres endroits (Bagan, par exemple) on ne nous a jamais réclamé notre passe. Autre moyen pour alimenter la cagnotte, des taxes pour prendre des photos et films.
Départ de Bagan pour Inlé en taxi, un voyage inoubliable. Je sens encore les secousses, j’avale encore la poussière ! Ce voyage est dur, très dur, une route longue, très longue et en très mauvais état. Dès le départ, un détour de plus d’une heure due aux inondations terribles de la dernière mousson. Un pont s’est écroulé et nous empruntons des chemins de terre avec d’énormes pierres au milieu de la chaussée, des voies où une voiture passe à peine, et des camions, des bus et des pick-up chargés au-delà du maximum. Vu le temps qu’il nous faut, nous décidons de passer la nuit à Kalaw pour repartir le lendemain en passant par Pindaya. En réfléchissant après coup, et pour seulement quelques dollars de plus, nous aurions pu prendre l’avion. Ce voyage qui était annoncé pour 8 à 9 heures de trajet, prend facilement 14 à 15 heures. Mais cette route nous a permis d’admirer des paysages grandioses, de traverser des villages isolés et des petites villes animées par les marchés, d’observer les paysans dans leur champ et déguster une ambiance loin de nos propres valeurs. Une route d’une véritable beauté qui traverse une terre riche et fertile. Les montagnes surplombent les champs et les cours d’eau, le matin le brouillard et le froid réveille la campagne mais dès l’apparition du soleil, l’air est réchauffé et la vie intense reprend. Bains dans les rivières, chargement de légumes sur les camions, labour dans les champs. Une grande partie de la population vit directement de l’agriculture. Grâce aux plaines fertiles de l’Irrawaddy et l’eau qui tombe en abondance pendant la mousson, le pays bénéficie d’une grande variété de cultures : riz, coton, maïs, canne à sucre, sésame, blé, arachides, caoutchouc, haricots, noix de cajou et bien sûr le teck. Le Myanmar possède également des richesses naturelles comme le plomb, l’étain, le cuivre, du gaz et même du pétrole. N’oublions pas les gisements de pierres précieuses dans lesquels travaillent les ouvriers dans des conditions misérables et qui sont, évidemment totalement fermés au tourisme. Donc un pays riche qui reste pauvre mais non misérable.
Journée délicieuse sur le lac Inlé au milieu des jardins flottants, parmi des masses de végétaux et une population de pêcheurs, forgerons, tisserands, joailliers, potiers, agriculteurs et commerçants. Nous sommes descendus dans le sud du lac et avons apprécié la solitude des ballades dans quelques villages loin des foules. Départ tôt le matin : nous croisons les habitants des villages qui viennent vendre leur production sur les marchés, salades, pomme de terre, haricots mais surtout la tomate qui représente la plus importante production. Il fait très froid sur le lac au petit matin et les Inthas avec les bonnets de laine, pull-overs et grosses couvertures s’entassent dans les bateaux à moteur hors-bord avec leur marchandise. L’originalité des Inthas reste leur technique de navigation dans leurs bateaux à fond plat : ils se tiennent à l’arrière sur une jambe et, enserrant la pagaie dans l’autre, ils rament avec leur pied ce qui permet de reposer les bras et de profiter de la hauteur pour mieux apercevoir les poissons (unique au monde !). A l’aide de filets coniques les pêcheurs remontent principalement la carpe et d’autres espèces de poisson d’eau douce. Les paysages grandioses parcourus en barque, dégagent un charme irrésistible et une grande poésie. Des deux cotés du lac s’élèvent de hautes collines et sur les rives et les îles, les villages sur pilotis se dressent au détour d’une rive. Les villageois cultivent sur des îles fixées au fond du lac au moyen de piquets en bambou. Certaines cultures, comme les tomates, se font sur des mousses accumulées artificiellement en surface et qui flottent sur le lac. Les bateaux circulent dans ce réseau de canaux au milieu des jacinthes d’eau. La vie sauvage du lac et des marais est riche en oiseaux aquatiques, et sur terre des payas et des boutiques de souvenirs artisanaux très rustiques qui sont des grandes attractions de la promenade. Frayeur de la journée, un serpent noir nous a surpris en sifflant sur les escaliers d’un temple dans un des villages reculés. Un bon mètre cinquante, et certainement dangereux vu la réaction de notre batelier. De retour à Yangon Point fort de la visite à Yangon, la pagode Shewedagon que Kipling appelait « un mystère doré…une superbe merveille étincelante» C’est en effet un spectacle féerique. Au plus fort de la chaleur de la journée l’or de la stupa étincelle de mille feux et au soleil couchant les derniers rayons embrasent le dôme d’une belle couleur jaune orangé. Il règne une atmosphère étonnante, parfois sereine, parfois d’une ferveur joyeuse. C’est un des lieux les plus importants du bouddhisme aussi bien dans la vie religieuse que dans la vie sociale. On vient pour prier, on vient en famille avec son pique-nique, les enfants jouent. Dans certains coins, tranquille et invitant à la contemplation ou ailleurs bruyante et animée, la paya est un lieu envoûtant.
Le Rocher d’Or Nous sommes partis faire notre pèlerinage au Rocher d’Or, lieu sacré pour les Birmans et un sacré lieu pour nous !!! Une véritable « expédition » A partir de 5 heures du matin appel par haut-parleurs pour la prière et départ du camp de Kinpun à 6 heures dans ces grands camions avec les lattes de bois en guise de sièges où s’entassent pas moins de 50 personnes, pressurées et bien secouées. Trois changements de camion avant de partir et à chaque fois nous sommes l’attraction principale, seuls touristes parmi les Birmans. Départ de la colonie de vacances, ambiance bon enfant, on s’amuse, on crie, on rit sur la route vertigineuse en épingles à cheveux, avec un arrêt à mi-chemin pour laisser passer les camions qui viennent en sens inverse, pour payer sa place et surtout pour récolter des dons. Arrivés à la gare routière au pied du mont du rocher d’or, nous attaquons le sentier qui monte en pente raide vers le sommet distant d’encore une heure de marche. Notre forme physique de fin de séjour (!) nous oblige à faire des pauses pour reprendre notre souffle et repartir en restant sourd aux sollicitations de plus en plus pressantes des porteurs de chaises qui au fur à mesure de notre ascension diminuent leur tarif. Le chemin est très abrupt, la montée très difficile et l’atmosphère mélange étrangement une ambiance de dévotion et de prière et les sollicitations des vendeurs dans les échoppes de nourritures et de souvenirs qui longent toute la route jusqu’à l’entrée du temple. Daniel échappe de justesse à la dégustation de scolopendres grillées dont on suce l’estomac avec une paille avant de déguster la cervelle après avoir écrasé la tête entre ses doigts. Une vue magnifique et certainement le rocher, lui-même magnifiquement perché sur la montagne en équilibre instable, valent toute cette peine. Mais en arrivant au sommet on découvre le rocher entouré d’échafaudages : en restauration !
Au bout de notre voyage, nos sentiments sont partagés. Nous sommes ravis et enchantés, mais la fatigue et les conditions difficiles nous pèsent. Un véritable coup de cœur pour ce peuple accueillant, souriant et gentil et un espoir pour que très vite ils puissent aspirer à une vie plus facile et plus libre. Espérons que notre petit guide de la Paya Shewedagon réalise un jour son vœu le plus cher : « Je rêve de prendre le métro à Paris. » Novembre/Décembre 2006
Faut-il aller au Myanmar ? La question se pose. Mais boycotter le Myanmar revient surtout à punir le peuple birman. C’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés à la lecture des nombreux témoignages reçus. Le tourisme demeure l’une des rares ressources supplémentaires à laquelle le simple citoyen peut accéder. C’est une possibilité pour lui d’augmenter son revenu, à condition de pratiquer un tourisme « non-gouvernemental » Nous avons donc évité les tour-opérateurs, les réservations par le MTT (agence touristique gouvernementale), les avions de la compagnie Myanmar Airways, et nous sommes restés dans des hôtels et guest-house privés. Nous n’avons utilisé que les transports des compagnies privées en privilégiant les petits taxis (à part notre trajet en ferry) Et nous n’avons pas eu à le regretter ! Les témoignages de nos interlocuteurs, guides et chauffeurs nous l’ont bien démontré : ils attendent les touristes, leur font éviter les pièges gouvernementaux et démontrent sans cesse leur reconnaissance en ne sachant que faire pour les aider et leur rendre leur séjour inoubliable.
Le départ : Premier bug ! Le retard de l’avion de Bangkok à Yangon (3 heures) nous oblige à passer une nuit dans la capitale avant notre départ pour Mandalay. Dès la sortie de l’aéroport en pleine reconstruction, nous ressentons les trépidations de la grande ville : l’insistance des porteurs à prendre nos sacs, les taxis qui se proposent avec des tarifs variables selon la durée de notre silence, et le meilleur taux de change des dollars ! Bien que le centre des affaires du pays se déplace aujourd’hui vers Mandalay, Yangon reste la grande ville, la capitale (plus de 6 millions d’habitants). Un mélange de ruelles populaires, le Little Delhi des Indiens downtown, les grandes avenues du centre héritées de la colonisation britannique, et quelques gratte-ciel au milieu des immenses espaces verts et des pagodes. Une importante population d’Indiens et de Chinois, qui transforment les trottoirs en une multitude de petites cuisines proposant des nourritures variées et des marchands qui vendent de tout, du ventilateur auquel il manque une pale à la boîte à outils rouillés ! Grignoter dans la rue ? Bien que friands de ce type de repas au contact direct avec la population, nous avons rapidement su que nous aurions quelques difficultés ! Rien à voir avec les soupes de rue en Thailande, au Laos ou au Vietnam ! Resto chinois du premier soir : en guise d’accueil un énorme cafard qui se ballade au milieu de la salle ! Je ferme les yeux ! Petite promenade avant le dîner, Daniel ne me lâche pas d’une semelle. Non pas à cause de la sécurité (aucun ressenti à ce propos malgré l’obscurité et les nombreux passants qui nous sourient tous) mais plutôt à cause de l’état des trottoirs : à Bangkok j’ai fait deux vols planés dans les petites ruelles défoncées, et c’est couverte de bleues, que je m’accroche à son bras ! D ‘ailleurs, comme tous les autochtones, il vaut mieux marcher sur la route. Tout se passe sur la route, même un match de foot, pied nus et dans le noir sur la place de la pagode Sule. Les buts sont installés entre quelques passages de bus et pick up. Imperturbables ! A propos, quand on parle de la France (from where are you, semble la première phrase en anglais qu’apprennent les enfants birmans) personne ne connaît Chirac, mais tout le monde encense Zidane !
Dès notre arrivée nous avons ressenti la gentillesse, la politesse et de la douceur des Birmans. Habitués à cette attitude en Asie, nous n’avons rencontré l’équivalent à ce point qu’au Laos (en un peu plus speed !). A 8 heures du soir, la propriétaire de l’hôtel s’est démenée pour nous procurer un billet d’avion pour Mandalay pour le lendemain, économie de 3$ par billet par rapport au prix annoncé à l’aéroport. Et à 5 heures du matin, elle nous attendait au pas de la porte pour nous faire « winky, winky », good bye.
Mandalay, ville poussiéreuse, sur les de rives de l’Ayerarwaddy ne nous a pas vraiment emballé. Bicyclettes, trishaws, taxis bleus (tuktuks) circulent partout de la ville moderne, de paya en paya, à la colline de Mandalay en passant par les cités anciennes. Quatre jours bien remplis mais nous sommes contents de partir ! Comme la plupart des touristes, nous avons entrepris l’ascension de la colline, pieds nus bien sur, parmi les nombreux autels dédiés à Bouddha, et au sommet, kitch au possible, fontaines, décors en morceaux de glaces brisées, et beaucoup de moines qui profitent de ce lieu touristique pour mettre en pratique leur anglais approximatif mais toujours souriant et enjoué. Panorama sur la ville, rien de spectaculaire. Sommes-nous blasés ou est-ce la perspective de devoir redescendre à pied ? Peut être, tout simplement, la fatigue de cette première journée qui m’empêche d’apprécier le coucher de soleil. Je ne peux plus mettre un pied devant l’autre, nous négocions avec le chauffeur d’un pick-up pour nous ramener au pied de la colline. Il m’a sauvé d’une grosse déprime !
Visite classique de la ville, entre paya et bouddha, monastère et moine, artisanat de toutes sortes, le plus célèbre site bouddhique du Myanmar se trouve sur la route vers Amarapura : la paya Mahamuni. La statue très vénérée, de quatre mètres de haut est en bronze et des milliers de pèlerins viennent couvrir le corps du Bouddha de minuscules feuilles d’or. L’accumulation depuis des années de cette pratique a finit par complètement transformer le corps de la statue qui fait maintenant le double de son volume initial. Nous avons de la chance : nous sommes accueillis par une fête, une initiation semble-t-il. L’animation est intense, les costumes magnifiques, et une foule de fidèles, enfants, jeunes et moins jeunes, tous heureux et inspirés s’inclinent devant le Bouddha Mayamuni. Couleurs flamboyantes, costumes couverts de fils d’or, maquillages intenses, de belles images en perspectives ! Un jeune moine ne nous lâche plus ! Il est très content de nous donner un tas d’explication (que nous avons un mal fou à comprendre !) Il nous ballade dans tous les coins et les recoins du temple, entre les ivoires, les jades, les écritures, et les tableaux peints de l’histoire de Amarapura. Comme je suis naïve ! Je suis persuadée qu’il fait cela par plaisir et j’insiste auprès de Daniel pour ne pas lui donner d’argent à la fin de la visite guidée. De lui-même il nous demande de l’argent, et un billet ne suffit pas… One more please ! Selon lui, cela sert à remplir sa tirelire personnelle pour pouvoir se lancer dans une nouvelle vie lorsqu’il choisira de quitter le monastère. Cette explication nous sera confirmée plus tard par un autre de nos chauffeurs. Comme nous l’avons vu, la religion bouddhiste est pratiquée par la grande majorité de la population. Les Birmans tentent de gagner une vie meilleure en nourrissant les moines, en faisant des offrandes aux temples et en pratiquant leur dévotion, en accumulant les mérites grâce aux bonnes actions. Sur toutes les routes on peut trouver des stands avec de la musique et des discours pour réclamer des offrandes. Les moines agitent de grandes bassines dans lesquelles ils font sonner la monnaie. Une famille acquiert un mérite important lorsque l’un de leur fils prend la robe. Les femmes vouées à la vie monastique, comme chez nous, sont appelées nonnes. Elles se rasent la tête, portent des robes roses et prononcent leurs vœux, mais ont moins de prestiges que les moines. Deux retraites monastiques s’imposent à tout homme birman : le moine novice entre l’age de 10 et 20 ans et le moine à part entière après 20 ans. Souvent des jeunes de la campagne, attirés par la vie citadine viennent chercher du travail. Sans éducation, sans ressource et ayant du mal à s’habituer à la ville, ils rentrent au monastère ou… au gouvernement.
J’ai adoré notre visite du Kyaung Maha Ganayon en fin d’après midi. Un endroit calme où chacun vaque simplement à ses occupations. A l’entrée du monastère, les commandements pour atteindre un état de parfaite sagesse, d’absence de désir coupable et le véritable bonheur. Parmi toutes les étapes morales quelques valeurs universelles : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas consommer de substance toxique et rester chaste. Parmi des valeurs moins fréquentes : le respect des croyances des autres. Heure de la prière, heure de la leçon, balayage de la cour, lessive ou toilette, nous étions des bienvenus, accueillis avec le sourire en nous promenant dans cet espace de calme et de sérénité.
Le lac de Taungthaman, traversé par le pont de U Bein, le plus long pont en teck dans le monde. Photographié sous toutes ses coutures, il nous a enchanté au crépuscule. Nous avons navigué sur le lac en pirogue, pour admirer le pont d’en dessous, observer les nombreux pêcheurs à la ligne, le corps dans l’eau, le passage des piétons d’un village à un autre sur le pont, à pied ou en vélo. Paysage d’une sérénité totale et cette quiétude, sans bruits et des couleurs magnifiques qui changent de minutes en minutes en cette fin d’après midi. Le dernier quart d’heure avant la nuit… la course des pirogues pour trouver la meilleure place sur le lac et faire les meilleures photographies avec cette luminosité exceptionnelle qu’offre le soleil au couchant.
Nous avons visité Sagaing et sa colline, Inwa en carriole à cheval, nous avons raté Mingun avec sa cloche et son village (Daniel a passé sa journée malade au lit !)
Nous avons fait le voyage AR dans la journée pour Monywa, les grottes de Hpo Win Daung et la Paya Thanboddhay. Aux grottes un jeune homme nous guide avec son anglais approximatif et nous offre ses commentaires appris par cœur. Et c’est tant mieux car les grottes sont nombreuses et éparpillées, et il nous montre les plus importantes et les plus intéressantes. Mais une personne ne suffit pas ! J’ai droit à ma « dame de compagnie », elle me tient la main, m’aide à grimper les marches : Watch your head, be careful, slowly…. Elle agite un éventail pour me rafraîchir et court pour me remettre mes sandales à chaque sortie d’une grotte. Tout un coup, je réalise que j’ai pris un sacré coup de vieux !
Partout, même dans les endroits moins touristiques où nous ne verrons aucun car de touristes allemands, italiens ou français, cette sollicitation constante est présente. Quelquefois trop pesante ! Entre les colliers, bracelets, chapeaux, clochettes, vraies (fausses) pierres et autres, cartes postales et des demandes insistantes pour du shampooing, du parfum, du rouge à lèvres, des savons et des stylos, difficile de donner à l’un sans en donner à l’autre. Il faut donner pour un échange, une photo, une gentillesse, un beau sourire : le plaisir est alors partagé et apprécié. Un exemple parmi d’autres : au temple Dhammayangyi à Bagan, notre parcours est dirigé par une horde d’enfants (on avait enfin réussi à se débarrasser d’un groupe d’Italiens bruyants !) et ils nous ont fait bénéficié de tout le répertoire des mots français enseigné par d’autres touristes : attention, murs fermés, bouddhas cachés, cloisons en briques, attention à la tête, attention à la marche, va mollo, c’est parti mon kiki !!! Malgré un certain agacement, je me suis tout de même laissée prendre au jeu et nous avons finalement trouve cela très drôle. La chef de la bande, une jeune fille de 15 ans, belle comme un cœur et une personnalité d’enfer ! Et cette autre jeune fille : « I remember you from Sulamani » Elle me sourit et me présente ses frères et sœurs, une famille de 10 enfants, elle du haut de ses 12 ans joue à la maman pour ses frères et sœurs plus jeunes qu’elle. Sa grâce, sa gentillesse, sa douceur, je craque et me voilà en possession de mon énième petite boite en laque ! Sur le pont du U Bein un garçon d’une douzaine d’années nous harcèle avec ses colliers, il insiste : c’est local ! Ah, c’est toi qui les fabriques ? Non, répond-il, je ne suis que le commercial ! Très drôle !
Si vous n’êtes pas passionnés de temples, ni de bouddhas, la Birmanie n’est pas pour vous ! Vous êtes dans le pays des stupas : pas une hauteur, pas une colline sans édifice religieux, le long d’une rivière, le sommet d’une montagne, sur l’immensité d’une plaine, on aperçoit toujours une pagode. Durant ce voyage, nous avons réussi à surmonter nos angoisses. Daniel et ses vertiges et terreur des hauteurs : il n’y a pas un sommet qu’il n’a pas franchi, certes avec les jambes flageolantes, des sueurs et le cœur qui batte la chamade. Monter, ça va mais la descente, une autre épreuve, souvent à l’envers (vague souvenir d’Angkor Vat au Cambodge). Pour moi, la preuve que je peux encore monter les escaliers, dure, dure mais je l’ai fait ! (private « joke » de la famille !!!)
Tous ces édifices religieux, couverts d’or et d’argent, ces statues en fer, en bronze, cuivre ou laiton, en bois, en teck, brillent et se jouent des lumières en nous offrant de multiples couleurs changeantes : un délice !
La paya Thanboddhay à Monywa est un exemple de temple délirant, grandiose, kitch et coloré. Tout dépasse la mesure : plus de 600.000 statues de Bouddha de toutes tailles (de plusieurs mètres à un centimètre), des guirlandes de lumières qui clignotent comme dans une vitrine de Noël, et même un bassin où l’on nourrit d’énormes poissons chats…Disneyland ou un énorme gâteau d’anniversaire !
Et un peu plus loin sur la colline de Po Khuang, un gigantesque Bouddha, debout de 167m de hauteur, qui n’est pas encore terminé. Allongé à ses pieds, un autre Bouddha couché de 90m de long. Nous arrivons le matin même du décès du chef des moines. Tous les fidèles viennent prier et lui rendre hommage, une foule dense.
Les Birmans se couchent tôt et se lèvent très tôt. A 5h30, la ville se réveille, les rues s’animent, les fours s’allument, les marchands s’installent et tout le monde s’active. Marche, gymnastique, exercices, emmitouflés avec les bonnets en laine, chaussettes et blousons, la vie trépidante prémices d’une journée bien remplie.
Le ferry de Mandalay à Bagan quitte le port à 6 heures et ce matin là, la brume nous enveloppe au moment de traverser la ville une dernière fois. Nous avons aimé ce voyage malgré sa durée (8heures) Un voyage pittoresque. La vie sur le fleuve bien que peu intense nous offre des points de vue intéressants. Nous apercevons quelques scènes de travaux des champs, très impressionnant le travail des buffles. Un arrêt dans un village : les femmes nous attendent sur l’embarcadère. Elles nous proposent des soieries, des bananes, des oranges et autres victuailles, le tout posé sur leurs têtes. Elles entrent carrément dans le fleuve et c’est avec de l’eau jusqu’au cou qu’elles nous appellent pour leur acheter quelque chose. Il faut faire très vite, le bateau ne reste que quelques minutes à quai. Un spectacle pittoresque bien qu’un peu pathétique.
Bagan, Certainement le site le plus étonnant du Myanmar. Au bord du fleuve, se dressent des milliers de stupas, de vestiges, et de temples imposants qui s’élèvent vers le ciel. C’est ici que notre coup de foudre birman se déclenche ! Toute cette beauté, ce charme, ces plaines qui s’étendent à l’infini, et cette magie de l’architecture, cette émotion inoubliable. Nous nous imprégnons de cette extraordinaire plénitude, nous sommes éblouis par tant de beauté et nous sommes sous le charme. C’est le début de la saison sèche, tout est vert et riche en couleurs. Et dès les premiers instants, nous savons que nous prolongerons notre séjour à Bagan
Nos coups de cœur : - La Pagode Dhammayazika, peut être parce-que c’est notre première vue depuis sa terrasse supérieure et qu’elle est si belle. - La Paya Pyathada pour sa tranquillité, sa grande plate forme ouverte et sa vue magnifique à l’infini sur la plaine de Bagan. Nous étions seuls, vraiment tout seuls et nous avons apprécié… en silence. - La Paya Shwezigon pour sa forme de cloche, la petite cavité circulaire creusée dans un bloc de pierre, remplie d’eau qui permet d’admirer le reflet du couronnement du stupa et son zedi doré. - Le temple Ananda pour ces énormes portes en teck sculpté, et une visite spéciale à la statue qui se trouve face à l’est. Il tient entre le pouce et le majeur, une boulette en forme de noix qui ressemble à une plante médicinale. Elle symbolise le Bouddha offrant le dharma, comme remède pour soigner la souffrance. Daniel avait mal aux pieds, et en touchant le bouddha, en lui adressant les mots doux…. bobo parti ! Un petit clin d’œil à mes copines superstitieuses !
Et puis il y a eu notre journée de vélo autour de Bagan ! J’ai insisté pour convaincre Daniel à monter sur un vélo. On dit que rouler à bicyclette ne s’oublie jamais, mais reprendre dans des conditions aussi spéciales est une gageure ! Routes défoncées sur lesquelles les voitures foncent en nous évitant au dernier moment, chemins de terre aux ornières profondes et sablonneuses, couper à travers champ pour retrouver une hypothétique route, et, heureusement, quelques bonnes âmes toujours disponibles pour nous aider ! J’avais si envie de prendre le temps, de parcourir à notre rythme, ce lieu féerique, respirer ce bonheur, cette quiétude et cette liberté d’être loin du monde et d’écouter le silence. J’adore cette brique rouge qui illumine les champs d’une coloration soutenue contrastant avec le bleu du ciel. J’adore cette atmosphère sereine qu’imposent le calme et le silence. J’adore l’enchantement de tous les temples, éparpillés dans l’horizon sans fin et que l’on découvre au tournant d’un chemin.
Nous avons fait connaissance de Aung Min, gardien des temples Nagayon et Abeyadana qui nous a ouvert les portes de ces merveilleux sanctuaires, récemment nettoyés par une équipe de l’Unesco. Avec sa torche il nous fait découvrir des fresques d’origine (XI siècle) de la vie de Bouddha. Sa famille, tous tailleurs de pierre, travaillent et vivent sur les lieux. Ils travaillent pour le gouvernement en créant des reproductions des statues de Bouddhas, des nats etc. pour décorer le palais qui devrait s’ouvrir au public dans peu de temps. Un travail de précision.
Nous avons beaucoup aimé Salay, son musée et son immense monastère en bois, situé à 36 kms de Bagan et loin des cars de touristes. La salle d’assemblée du monastère Kyuang Youkson est actuellement recouverte d’une toiture en tôle ondulée afin de protéger les magnifiques sculptures en bois des intempéries, vieilles de 120 ans et qui représentent la vie à la cour, les épisodes de la vie de Bouddha et des récits de l’épopée indienne. La salle renferme des objets religieux de la région, statuettes, statues et têtes en bois du Bouddha, poteries, le tout fait l’objet des soins tout particuliers des moines. Portes, murs, plafonds sculptés et tous les objets exposés sont superbes.
La découverte du Mont Popa nous a plutôt laissés indifférents. Rien de très excitant ! Mais la route et la plaine environnante, d’une grande fertilité et recouverte de palmiers à sucre est magnifique. Tout au long de la longue route, des échoppes, des plantations d’hévéas pour la récolte du caoutchouc et des fabriques de sucre de palme. Nous rencontrons un groupe important de prisonniers qui récoltent la sève du caoutchoutier sous l’étroite surveillance de leurs gardiens. Tout s’utilise sur le palmier : les feuilles pour faire les toits des maisons, les troncs pour construire tables et tabourets, l’écorce pour faire les cloisons et les abreuvoirs et le fruit pour son jus. Sur une immense échelle placée jusqu’au sommet de l’arbre, on coupe le fruit à la base inférieure en accrochant un pot pour recueillir le jus pendant plusieurs heures. A consommer de différentes manières : filtré tel que, mélangé avec la pulpe pilée par le moulin actionné par un zébu et fermenté lentement pendant 3 jours pour obtenir une sorte de bière sucrée ou distillé pour obtenir un alcool fort. Nous sommes partis avec notre bouteille. Servi en digestif dès notre retour à des amis venus dîner, la bouteille est passée directement à la poubelle !!! Imbuvable !
Surtout, ne pas rater le charme et la frénésie des marchés. Dans tous les pays du monde que nous avons visité à ce jour, les marchés nous donnent toujours la mesure de la vraie vie, la vie des couleurs, des parfums et des odeurs ! Les paysans vendant quelques légumes, des épices ou des poissons séchés (plus difficile au niveau des odeurs!), les vendeurs de souvenirs, d’étoffes, de longhis et les marchands qui troquent leurs articles entre eux. On trouve tout ce qui se fabrique ou qui pousse dans le pays. Des objets en laque, les pierres précieuses, (attention à l’arnaque), des tapisseries, des textiles et les antiquités (vraies ou fausses) remplissent les étals. A même le sol, les femmes discutent les prix, choisissent avec soin leurs fruits, piments ou autres, pèsent et comptent les piles de billets de banque. Elles vendent le traditionnel thanaka, cette écorce broyée qui forme une pâte et qui leur sert de crème hydratante, protection solaire, maquillage et parfum. Je n’y ai pas échappé ! Les hommes mâchent et crachent le betel, la noix d’arec qui enivre et colore les dents… et les trottoirs de rouge. Un autre monde, un monde à part.
Pour négocier les trésors de Birmanie que l’on aime exposer dans nos vitrines, emmenez avec vous, tout ce que vous n’utilisez plus dans vos placards : tee shirts, montres, chaussures de randonnées, parfums, rouge à lèvres. Quel regret : en pensant à tout ce qui traîne dans mes tiroirs à Paris, j’ai abandonné mon couple de Bouddha qui dépassait mon budget !
Le marché noir, présent partout, nous rappelle que le pays est corrompu par la junte militaire, prête à tout pour garder le pouvoir et l’argent. Ne vous promenez jamais sans votre passeport: nous sommes régulièrement contrôlés sur les routes par la police d’immigration qui nous demandent nos passeports et remplissent soigneusement de grands cahiers. Soigneusement et lentement car la plupart d’entre eux ne savent pas lire ni écrire et se contentent de recopier nos noms comme un dessin. Un jour Daniel s’est appelé Roger parce que le chauffeur chargé d’aider le policier avait oublié ses lunettes !
Malgré ces réalités quotidiennes peu plaisantes, nous sommes émerveillés par la gentillesse et l’hospitalité des Birmans, leur envie de communiquer avec nous, leur sourire et leur désir de nous être agréables. Le revenu par habitant est l’un des plus faibles au monde, et tout se paye. L’achat de l’essence est rationné et dépasser les 20 gallons par mois, (au prix de 1500 Kyats le gallon) oblige à s’approvisionner aux pompes de marché noir sur le bord de la route. L’essence y plus ou moins pure et servie avec des jerricans de fortune au prix de 4500 Kyats le gallon. Le plus révoltant est que ce marché noir est, en fait, totalement sous le contrôle du gouvernement qui augmente ainsi ses revenus sur la vente de carburant. Sur les routes, au milieu de nulle part, des petits frais d’un autre genre : les péages demandés à l’entrée des villes, des villages, soit disant pour financer la réparation des routes ! Mais vu leur état, on se demande ou va l’argent ! Les chauffeurs birmans sont devenus experts dans l’art de tendre leur billet en ralentissant à peine ! Peu de routes sont goudronnées, la plupart sont complètement défoncées, en terre ou couvertes de gravillons et de poussière. Dans leur voiture âgée de 25 ans avec plus de 500.000 kilomètres au compteur, il vaut mieux bien s’accrocher ! Certains chauffeurs roulent avec prudence et lentement comme s’ils voulaient préserver le peu de fiable de leur véhicule, d’autres foncent comme s’ils conduisaient leur voiture pour la dernière fois ! Il n’est pas rare de voir des cantonniers sur les bas-côtés des routes, très souvent des femmes ou des enfants, creusant des fossés, piochant et déplaçant les roches, à la main et dans des conditions de travail lamentable. On le sait, le gouvernement pratique ce genre de travaux forcés pour des salaires de misère de 1 à 2 dollars par journée de 8 heures. Les femmes laissent leur bébé sur le bas côté de la route dans la poussière et la fumée pendant qu’elle s’affairent sur la chaussée. Les Birmans ne possèdent ni papier ni passeport. Pour obtenir un visa de sortie (très rare) afin de faire des études à l’étranger, ils doivent payer 2500 dollars pour une durée maximale de 3 ans…. Beaucoup ne reviennent pas. Un téléphone portable s’achète pour des sommes astronomiques (3000 dollars) et la puce pour autant. Inutile de dire qu’on n’en voit pas très souvent, et les nôtres ne fonctionnent pas. L’état réprimande très sévèrement tous les jeux de hasard et impose une interdiction de parier autrement que par la loterie gouvernementale. Jamais, les Birmans ne se réunissent pour faire une partie de carte, même chez eux, de peur d’être dénoncés. Mais par Internet, via un site en Thaïlande, ils jouent à la loterie. Impossible pour le touriste d’échapper à certaines taxes et dépenses qui reviennent au gouvernement. Si certains droits d’entrée sont vérifiés systématiquement, et par 2 ou 3 personnes à la suite, à d’autres endroits (Bagan, par exemple) on ne nous a jamais réclamé notre passe. Autre moyen pour alimenter la cagnotte, des taxes pour prendre des photos et films.
Départ de Bagan pour Inlé en taxi, un voyage inoubliable. Je sens encore les secousses, j’avale encore la poussière ! Ce voyage est dur, très dur, une route longue, très longue et en très mauvais état. Dès le départ, un détour de plus d’une heure due aux inondations terribles de la dernière mousson. Un pont s’est écroulé et nous empruntons des chemins de terre avec d’énormes pierres au milieu de la chaussée, des voies où une voiture passe à peine, et des camions, des bus et des pick-up chargés au-delà du maximum. Vu le temps qu’il nous faut, nous décidons de passer la nuit à Kalaw pour repartir le lendemain en passant par Pindaya. En réfléchissant après coup, et pour seulement quelques dollars de plus, nous aurions pu prendre l’avion. Ce voyage qui était annoncé pour 8 à 9 heures de trajet, prend facilement 14 à 15 heures. Mais cette route nous a permis d’admirer des paysages grandioses, de traverser des villages isolés et des petites villes animées par les marchés, d’observer les paysans dans leur champ et déguster une ambiance loin de nos propres valeurs. Une route d’une véritable beauté qui traverse une terre riche et fertile. Les montagnes surplombent les champs et les cours d’eau, le matin le brouillard et le froid réveille la campagne mais dès l’apparition du soleil, l’air est réchauffé et la vie intense reprend. Bains dans les rivières, chargement de légumes sur les camions, labour dans les champs. Une grande partie de la population vit directement de l’agriculture. Grâce aux plaines fertiles de l’Irrawaddy et l’eau qui tombe en abondance pendant la mousson, le pays bénéficie d’une grande variété de cultures : riz, coton, maïs, canne à sucre, sésame, blé, arachides, caoutchouc, haricots, noix de cajou et bien sûr le teck. Le Myanmar possède également des richesses naturelles comme le plomb, l’étain, le cuivre, du gaz et même du pétrole. N’oublions pas les gisements de pierres précieuses dans lesquels travaillent les ouvriers dans des conditions misérables et qui sont, évidemment totalement fermés au tourisme. Donc un pays riche qui reste pauvre mais non misérable.
Journée délicieuse sur le lac Inlé au milieu des jardins flottants, parmi des masses de végétaux et une population de pêcheurs, forgerons, tisserands, joailliers, potiers, agriculteurs et commerçants. Nous sommes descendus dans le sud du lac et avons apprécié la solitude des ballades dans quelques villages loin des foules. Départ tôt le matin : nous croisons les habitants des villages qui viennent vendre leur production sur les marchés, salades, pomme de terre, haricots mais surtout la tomate qui représente la plus importante production. Il fait très froid sur le lac au petit matin et les Inthas avec les bonnets de laine, pull-overs et grosses couvertures s’entassent dans les bateaux à moteur hors-bord avec leur marchandise. L’originalité des Inthas reste leur technique de navigation dans leurs bateaux à fond plat : ils se tiennent à l’arrière sur une jambe et, enserrant la pagaie dans l’autre, ils rament avec leur pied ce qui permet de reposer les bras et de profiter de la hauteur pour mieux apercevoir les poissons (unique au monde !). A l’aide de filets coniques les pêcheurs remontent principalement la carpe et d’autres espèces de poisson d’eau douce. Les paysages grandioses parcourus en barque, dégagent un charme irrésistible et une grande poésie. Des deux cotés du lac s’élèvent de hautes collines et sur les rives et les îles, les villages sur pilotis se dressent au détour d’une rive. Les villageois cultivent sur des îles fixées au fond du lac au moyen de piquets en bambou. Certaines cultures, comme les tomates, se font sur des mousses accumulées artificiellement en surface et qui flottent sur le lac. Les bateaux circulent dans ce réseau de canaux au milieu des jacinthes d’eau. La vie sauvage du lac et des marais est riche en oiseaux aquatiques, et sur terre des payas et des boutiques de souvenirs artisanaux très rustiques qui sont des grandes attractions de la promenade. Frayeur de la journée, un serpent noir nous a surpris en sifflant sur les escaliers d’un temple dans un des villages reculés. Un bon mètre cinquante, et certainement dangereux vu la réaction de notre batelier. De retour à Yangon Point fort de la visite à Yangon, la pagode Shewedagon que Kipling appelait « un mystère doré…une superbe merveille étincelante» C’est en effet un spectacle féerique. Au plus fort de la chaleur de la journée l’or de la stupa étincelle de mille feux et au soleil couchant les derniers rayons embrasent le dôme d’une belle couleur jaune orangé. Il règne une atmosphère étonnante, parfois sereine, parfois d’une ferveur joyeuse. C’est un des lieux les plus importants du bouddhisme aussi bien dans la vie religieuse que dans la vie sociale. On vient pour prier, on vient en famille avec son pique-nique, les enfants jouent. Dans certains coins, tranquille et invitant à la contemplation ou ailleurs bruyante et animée, la paya est un lieu envoûtant.
Le Rocher d’Or Nous sommes partis faire notre pèlerinage au Rocher d’Or, lieu sacré pour les Birmans et un sacré lieu pour nous !!! Une véritable « expédition » A partir de 5 heures du matin appel par haut-parleurs pour la prière et départ du camp de Kinpun à 6 heures dans ces grands camions avec les lattes de bois en guise de sièges où s’entassent pas moins de 50 personnes, pressurées et bien secouées. Trois changements de camion avant de partir et à chaque fois nous sommes l’attraction principale, seuls touristes parmi les Birmans. Départ de la colonie de vacances, ambiance bon enfant, on s’amuse, on crie, on rit sur la route vertigineuse en épingles à cheveux, avec un arrêt à mi-chemin pour laisser passer les camions qui viennent en sens inverse, pour payer sa place et surtout pour récolter des dons. Arrivés à la gare routière au pied du mont du rocher d’or, nous attaquons le sentier qui monte en pente raide vers le sommet distant d’encore une heure de marche. Notre forme physique de fin de séjour (!) nous oblige à faire des pauses pour reprendre notre souffle et repartir en restant sourd aux sollicitations de plus en plus pressantes des porteurs de chaises qui au fur à mesure de notre ascension diminuent leur tarif. Le chemin est très abrupt, la montée très difficile et l’atmosphère mélange étrangement une ambiance de dévotion et de prière et les sollicitations des vendeurs dans les échoppes de nourritures et de souvenirs qui longent toute la route jusqu’à l’entrée du temple. Daniel échappe de justesse à la dégustation de scolopendres grillées dont on suce l’estomac avec une paille avant de déguster la cervelle après avoir écrasé la tête entre ses doigts. Une vue magnifique et certainement le rocher, lui-même magnifiquement perché sur la montagne en équilibre instable, valent toute cette peine. Mais en arrivant au sommet on découvre le rocher entouré d’échafaudages : en restauration !
Au bout de notre voyage, nos sentiments sont partagés. Nous sommes ravis et enchantés, mais la fatigue et les conditions difficiles nous pèsent. Un véritable coup de cœur pour ce peuple accueillant, souriant et gentil et un espoir pour que très vite ils puissent aspirer à une vie plus facile et plus libre. Espérons que notre petit guide de la Paya Shewedagon réalise un jour son vœu le plus cher : « Je rêve de prendre le métro à Paris. » Novembre/Décembre 2006
Thaïlande, Inde et réciproquement English translation pending
Avec les voyageurs que je rencontre en Inde, qu'ils arrivent de Thailande ou qu'ils s't rendent, nous ne pouvons nous empecher de faires des remarques a propos de ces deux pays.
Par exemple sur les transports par la route. Le reseau Thai est tellement dense, qu'il est rarement necessaire de se renseigner sur les horaires, il suffit d'arriver a la gare routiere ou il y aura toujours quelqu'un qui vous demandera votre ville et, selon si votre bus s'apprete a partir ou si vous avez encore le temps, il vous prendra derechef votre bagage pour le mettre dans le coffre, ou il vous indiquera le guichet de votre destination.
En Inde, il vaut mieux s'assurer qu'il y a bien un bus !
La rue en Inde est beaucoup plus coloree, odorifante - ah ca !-, et beaucoup de gens se baladent encore dans leur tenue traditionnelle, ce qui met de l'attrait dans vos cadrages. Voir ces vaches se balader dans les rues et ruelles, a la recherche d'un depotoir, ca laisse dubatatif le voyageur qui arrive la 1 ere fois en Inde.
Quant aux monuments et sites archeologiques, qui parlent d'un pays qui n'existe plus, c'est sans conteste l'INde qui remporte la palme.
En ce qui concerne les plages, je vote pour la Thailande ( tant qu'il y aura la guerre dans la region de Tricomalee -Sri-Lanka-). Ce n'est pas pour rien que 90 100 des visiteurs de la Thailande se precipitent a Phuket, dans les iles -oui, oui, continuez !- et tres peu s'arretent a Ban Sapang -oui, oui, ne vous arretez pas!
Pour la nourriture, ceux qui bougent, voyagent sans assistanat d'une agence touristique, qui ne descendent pas dans les "resorts", etre en thailande s'avere un plaisir. Il suffit de trouver le marche de nuit de la ville ou vous etes, choisir votre stand, les produits que vous desirez manger, et on cuisinera cela devant vous, rapidement : meme le plat le plus simple sera succulent !
Dans les rapports que nous sommes amenes a avoir, au quotidien, les societes impregnees par le bouddhisme sont d'un commerce plus reposant qu'en Inde. Et parler avec des moines bouddhistes, quelquefois, nous apportent une serenite, une quietude, une joie calme -un sentiment, pas une emotion-, tant certains semblent illumines par ce qu'ils professent. Par contre, les pretres des cultes indiens, ventripotents, vulgaires, apres aux gains, nous avons plutot envie de leur administrer des coups de batons !
Bon, a chacun sa voie !
Soutenir un enfant du monde grâce au parrainage English translation pending
Bonjour,
J'écris ce message pour tous ceux qui parrainent un enfant ou à ceux qui y pensent. Ceci dans le but de : donner des infos (pourquoi, comment, combien…), conseiller des associations sérieuses, mettre en contact les parrains du forum pour confronter leurs expériences, organiser des voyages communs pour aller rendre visite à nos filleul(e)s. donner des nouvelles du "terrain" et des enfants grâce à ceux qui auront eu la chance de rencontrer leur filleul(e), ou grâce aux voyageurs ou expatriés qui connaissent bien les régions de nos filleul(e)s.
Cela faisait longtemps que je réfléchissais à parrainer un enfant, sans jamais oser m’engager. Et puis mon voyage au Pérou m’a convaincue de… ne plus attendre ! J’ai obtenu sur le forum des infos et des adresses puis j’ai pris contact avec Plan. Après avoir échangé plusieurs mails et appels téléphoniques, je me suis inscrite. Quelques jours plus tard j’ai reçu un dossier très complet et découvert avec beaucoup d’émotion ma filleule.
Elle s’appelle Milagros, elle a 9 ans et elle est très mignonne. Elle vit au nord du Pérou avec ses parents, ses 4 sœurs et son frère. En versant seulement 8, 50 €/mois (après déduction fiscale), Plan s’assure que Milagros est soignée et scolarisée. Une partie de l’argent sert aussi à sa communauté pour améliorer leurs conditions de vie et leur donner accès au micro-crédit.
J’aimerai savoir ce qu’ont ressenti les parrains en recevant le dossier de leur filleul(e), savoir comment ça se passe pour vous, et pour ceux qui ont eu la chance de rencontrer leur filleul(e), savoir comment ils ont vécu la rencontre.
J’attends vos commentaires, vos expériences, vos conseils. Et j’invite tous ceux qui hésitent encore, à écouter leur coeur et à soutenir sans plus attendre un enfant du bout du monde.
A bientôt.
J'écris ce message pour tous ceux qui parrainent un enfant ou à ceux qui y pensent. Ceci dans le but de : donner des infos (pourquoi, comment, combien…), conseiller des associations sérieuses, mettre en contact les parrains du forum pour confronter leurs expériences, organiser des voyages communs pour aller rendre visite à nos filleul(e)s. donner des nouvelles du "terrain" et des enfants grâce à ceux qui auront eu la chance de rencontrer leur filleul(e), ou grâce aux voyageurs ou expatriés qui connaissent bien les régions de nos filleul(e)s.
Cela faisait longtemps que je réfléchissais à parrainer un enfant, sans jamais oser m’engager. Et puis mon voyage au Pérou m’a convaincue de… ne plus attendre ! J’ai obtenu sur le forum des infos et des adresses puis j’ai pris contact avec Plan. Après avoir échangé plusieurs mails et appels téléphoniques, je me suis inscrite. Quelques jours plus tard j’ai reçu un dossier très complet et découvert avec beaucoup d’émotion ma filleule.
Elle s’appelle Milagros, elle a 9 ans et elle est très mignonne. Elle vit au nord du Pérou avec ses parents, ses 4 sœurs et son frère. En versant seulement 8, 50 €/mois (après déduction fiscale), Plan s’assure que Milagros est soignée et scolarisée. Une partie de l’argent sert aussi à sa communauté pour améliorer leurs conditions de vie et leur donner accès au micro-crédit.
J’aimerai savoir ce qu’ont ressenti les parrains en recevant le dossier de leur filleul(e), savoir comment ça se passe pour vous, et pour ceux qui ont eu la chance de rencontrer leur filleul(e), savoir comment ils ont vécu la rencontre.
J’attends vos commentaires, vos expériences, vos conseils. Et j’invite tous ceux qui hésitent encore, à écouter leur coeur et à soutenir sans plus attendre un enfant du bout du monde.
A bientôt.
Situation générale en Chine: totalitaire? dictature? dictature totalitaire? autres? English translation pending
Faisant suite à une conversation qui n’avait pas sa place dans un autre topic, je crée donc ce topic pour continuer la conversation ici.
Voici le dernier post de Yangguizi et le mien. C’est donc à toi de réagir Yangguizi et à ceux qui désirent alimenter le débat évidemment et je serais ravis qu’il y en ai beaucoup d’autres qui se joignent à ces réflexions…
yangguizi : Tiens, le vouvoiement est de rigueur maintenant? Malgré la démonstration faite plus haut à notingtong, je partirai du principe que le "vous" s'adresse uniquement à moi et non pas à l'ensemble des intervenants.
Bien que mes propos aient infiniment moins de légitimité que ceux d'un aussi éminent sinologue que... "vous", et n'ayant pas moi eu l'honneur de fréquenter les geôles chinoises, je me permettrais tout de même de vous rappeler que je n'ai jamais dit que la Chine était un modèle de démocratie et de respect des droits de l'homme. Mais puisque vous avez commencé à jouer sur les mots et à disserter sur le sens le plus strict des mots (ex: xénophobie), je me suis permis de faire de même avec le totalitarisme. Et pourquoi d'ailleurs me serais-je gêné? Non, bien sûr que non la Chine n'est plus totalitaire, elle n'a absolument aucun dogme à faire passer à son peuple, si ce n'est peut-être l'hilarante théorie des trois représentations.
Oui, bien sûr que oui il se commet en Chine de graves atteintes aux droits de l'homme. Mais la répression anti-dissidents n'en constitue qu'une infime partie. L'immense majorité des violations concerne de simples citoyens ayant eu la malchance de mettre le doigt - volontairement ou non - dans l'engrenage judiciaire chinois, qui est hors d'âge sur la plupart du territoire. D'autres ont eu la malchance d'être la victime de collusions d'intérêt politico-économiques et se sont vu spoliés de leurs maigres biens, sans possibilité sérieuse de recours. Les cas sont innombrables, et le récent scandale politico-financier qui a ébranlé les structures du pouvoir à Shanghai est une démonstration éclatante que "la vitrine" n'est pas épargnée.
Dans toute cette masse, la répression des délits d'opinion semble bien silencieuse, bien qu'on ne puisse la nier. Mais la plupart des chinois sont ainsi faits qu'ils n'ont absolument aucune opinion sur la gestion et la conduite du pays, et qu'ils n'ont absolument rien à foutre des dogmes ou des non-dogmes qu'on veut ou qu'on ne veut pas leur inculquer aujourd'hui. Le seul dogme c'est celui de l'ascension sociale... et surtout économique. Devenir membre du Parti n'est qu'une formalité pour qui veut progresser au-delà des limites de sa propre ascension. Mais nous parlons là des hautes sphères, ou tout du moins des sphères qui ne concernent pas le péquin moyen. Pour la plupart des gens, l'ascension sociale existe et est massive, et n'a absolument rien à voir avec le Parti. La plupart des gens qui font aujourd'hui partie de la classe moyenne ont un sort infiniment plus enviable que leurs parents ou grands-parents. Vous allez sans doute me rétorquer que le fait de vivre à Shanghai, contrairement à vous qui êtes allé récemment à Tianjin, enlève toute légitimité à mes propos. Et bien je vais vous apprendre quelque chose d'incroyable: j'ai déjà mis les pieds hors de Shanghai!
Et ce que j'y ai vu ne m'a vraiment pas donné l'impression de voir un pays totalitaire. Moins développé et plus conservateur que Shanghai, oui, mais les signes de modernisation économique et sociale sont maintenant presque partout.
Ma réponse On est bien d'accord sur les lignes générales mais pas le détail
Je ne suis pas d’accord sur ton analyse de l'ascension sociale. Si pour pouvoir monter sur le plus petit échelon de la "hiérarchie" sociale, il faut être membre du Parti, c’est une acceptation du dogme. Que cette acceptation soit une formalité faite avec plus ou moins (souvent moins) de réelle adhésion au dogme, cela n’en est pas moins un « contrat » dogmatique que tu signe avec le pouvoir. Si pour pouvoir continuer dans ton ascension sociale ou même y rester, il t’es strictement interdit de condamner le régime (donc le dogme), il t’es strictement interdit de communiquer avec l’étranger des « secrets d’état » comme ils les nomment (secret d’état étant par exemple l’histoire de la minorité ouïghour) sous peine de perdre ton statut social et te retrouver en taule pour 15 ans, alors OUI la Chine est totalitaire puisque pour faire quoi que se soit il FAUT être d’accord, du moins en apparence, avec le dogme.
Les chinois sont les spécialistes de la façade, tu le sais, donc ils détournent. Mais à mes yeux, et aux yeux de beaucoup d’analystes, la Chine reste une dictature totalitaire. J’ai du mal à dire la « Chine » alors que je devrais dire « le pouvoir chinois » ou « le Parti » parce que les chinois eux, ce qu’ils veulent majoritairement comme tout le monde, c’est plus de libertés, plus dans la gamelle, etc.
Alors concernant le développement social de la Chine je ne suis du tout pas d’accord avec toi. Heureusement que le sort des chinois est plus enviable aujourd’hui qu’il y a 30 ans… Je suis encore moins d'accord avec toi sur répressions des "délits" (hum hum) d'opinion, ... Mais mais mais… Je te propose de continuer cette conversation enrichissante dans un topic sur la Chine, ou dans un autre sur un « réflexion » parce qu’on s’éloigne vachement du topic de départ. Qu’en dis-tu ?
Tu as raison, je t'ai vouvoyé, par réflexe, mais c’est bien à toi que je parlais.
Voici le dernier post de Yangguizi et le mien. C’est donc à toi de réagir Yangguizi et à ceux qui désirent alimenter le débat évidemment et je serais ravis qu’il y en ai beaucoup d’autres qui se joignent à ces réflexions…
yangguizi : Tiens, le vouvoiement est de rigueur maintenant? Malgré la démonstration faite plus haut à notingtong, je partirai du principe que le "vous" s'adresse uniquement à moi et non pas à l'ensemble des intervenants.
Bien que mes propos aient infiniment moins de légitimité que ceux d'un aussi éminent sinologue que... "vous", et n'ayant pas moi eu l'honneur de fréquenter les geôles chinoises, je me permettrais tout de même de vous rappeler que je n'ai jamais dit que la Chine était un modèle de démocratie et de respect des droits de l'homme. Mais puisque vous avez commencé à jouer sur les mots et à disserter sur le sens le plus strict des mots (ex: xénophobie), je me suis permis de faire de même avec le totalitarisme. Et pourquoi d'ailleurs me serais-je gêné? Non, bien sûr que non la Chine n'est plus totalitaire, elle n'a absolument aucun dogme à faire passer à son peuple, si ce n'est peut-être l'hilarante théorie des trois représentations.
Oui, bien sûr que oui il se commet en Chine de graves atteintes aux droits de l'homme. Mais la répression anti-dissidents n'en constitue qu'une infime partie. L'immense majorité des violations concerne de simples citoyens ayant eu la malchance de mettre le doigt - volontairement ou non - dans l'engrenage judiciaire chinois, qui est hors d'âge sur la plupart du territoire. D'autres ont eu la malchance d'être la victime de collusions d'intérêt politico-économiques et se sont vu spoliés de leurs maigres biens, sans possibilité sérieuse de recours. Les cas sont innombrables, et le récent scandale politico-financier qui a ébranlé les structures du pouvoir à Shanghai est une démonstration éclatante que "la vitrine" n'est pas épargnée.
Dans toute cette masse, la répression des délits d'opinion semble bien silencieuse, bien qu'on ne puisse la nier. Mais la plupart des chinois sont ainsi faits qu'ils n'ont absolument aucune opinion sur la gestion et la conduite du pays, et qu'ils n'ont absolument rien à foutre des dogmes ou des non-dogmes qu'on veut ou qu'on ne veut pas leur inculquer aujourd'hui. Le seul dogme c'est celui de l'ascension sociale... et surtout économique. Devenir membre du Parti n'est qu'une formalité pour qui veut progresser au-delà des limites de sa propre ascension. Mais nous parlons là des hautes sphères, ou tout du moins des sphères qui ne concernent pas le péquin moyen. Pour la plupart des gens, l'ascension sociale existe et est massive, et n'a absolument rien à voir avec le Parti. La plupart des gens qui font aujourd'hui partie de la classe moyenne ont un sort infiniment plus enviable que leurs parents ou grands-parents. Vous allez sans doute me rétorquer que le fait de vivre à Shanghai, contrairement à vous qui êtes allé récemment à Tianjin, enlève toute légitimité à mes propos. Et bien je vais vous apprendre quelque chose d'incroyable: j'ai déjà mis les pieds hors de Shanghai!
Et ce que j'y ai vu ne m'a vraiment pas donné l'impression de voir un pays totalitaire. Moins développé et plus conservateur que Shanghai, oui, mais les signes de modernisation économique et sociale sont maintenant presque partout.
Ma réponse On est bien d'accord sur les lignes générales mais pas le détail
Je ne suis pas d’accord sur ton analyse de l'ascension sociale. Si pour pouvoir monter sur le plus petit échelon de la "hiérarchie" sociale, il faut être membre du Parti, c’est une acceptation du dogme. Que cette acceptation soit une formalité faite avec plus ou moins (souvent moins) de réelle adhésion au dogme, cela n’en est pas moins un « contrat » dogmatique que tu signe avec le pouvoir. Si pour pouvoir continuer dans ton ascension sociale ou même y rester, il t’es strictement interdit de condamner le régime (donc le dogme), il t’es strictement interdit de communiquer avec l’étranger des « secrets d’état » comme ils les nomment (secret d’état étant par exemple l’histoire de la minorité ouïghour) sous peine de perdre ton statut social et te retrouver en taule pour 15 ans, alors OUI la Chine est totalitaire puisque pour faire quoi que se soit il FAUT être d’accord, du moins en apparence, avec le dogme.
Les chinois sont les spécialistes de la façade, tu le sais, donc ils détournent. Mais à mes yeux, et aux yeux de beaucoup d’analystes, la Chine reste une dictature totalitaire. J’ai du mal à dire la « Chine » alors que je devrais dire « le pouvoir chinois » ou « le Parti » parce que les chinois eux, ce qu’ils veulent majoritairement comme tout le monde, c’est plus de libertés, plus dans la gamelle, etc.
Alors concernant le développement social de la Chine je ne suis du tout pas d’accord avec toi. Heureusement que le sort des chinois est plus enviable aujourd’hui qu’il y a 30 ans… Je suis encore moins d'accord avec toi sur répressions des "délits" (hum hum) d'opinion, ... Mais mais mais… Je te propose de continuer cette conversation enrichissante dans un topic sur la Chine, ou dans un autre sur un « réflexion » parce qu’on s’éloigne vachement du topic de départ. Qu’en dis-tu ?
Tu as raison, je t'ai vouvoyé, par réflexe, mais c’est bien à toi que je parlais.
Thaïlande: le gouvernement lance un guide de bonnes manières pour les touristes English translation pending
Société : Le gouvernement lance un guide de bonnes manières pour les touristes.-
Le ministère de la Culture devrait prochainement distribuer aux touristes étrangers un manuel de poche sur les 10 choses à faire et à ne pas faire en Thaïlande. Les autorités espèrent ainsi sensibiliser les visiteurs du royaume sur les tabous siamois afin d’éviter certaines situations inappropriées voire choquantes pour les Thaïs provoquées par des vacanciers peu avertis. Parmi les nombreuses plaintes déposées beaucoup concerneraient l’utilisation des représentations du Bouddha ou encore la tenue vestimentaire et le comportement dans les temples. Le manuel devrait être distribué dans les ambassades, les hôtels, l’aéroport de Suvarnabhumi et à bord des vols internationaux de la Thai Airways. Le petit journal de Bangkok . mercredi 6 décembre 2006
Le ministère de la Culture devrait prochainement distribuer aux touristes étrangers un manuel de poche sur les 10 choses à faire et à ne pas faire en Thaïlande. Les autorités espèrent ainsi sensibiliser les visiteurs du royaume sur les tabous siamois afin d’éviter certaines situations inappropriées voire choquantes pour les Thaïs provoquées par des vacanciers peu avertis. Parmi les nombreuses plaintes déposées beaucoup concerneraient l’utilisation des représentations du Bouddha ou encore la tenue vestimentaire et le comportement dans les temples. Le manuel devrait être distribué dans les ambassades, les hôtels, l’aéroport de Suvarnabhumi et à bord des vols internationaux de la Thai Airways. Le petit journal de Bangkok . mercredi 6 décembre 2006
Vos plats favoris de cuisine thai English translation pending
il y en a trop, , mais je commence par le paht pou kary ( crabe au curry fait avec des oeuf battu
je sais ou on le fait très bien a bangkok


Skyteam English translation pending
Afin de ne pas égarer les commentaires sur SKYTEAM chez MEA LIBAN, je propose d'ouvrir une rubrique dédiée et recentrée ici sous le nom SKYTEAM.
A vos commentaires chez forumeurs.
1er décembre: journée mondiale contre le sida au Cambodge English translation pending
Comprendre le dilemme du Cambodge, c'est se pencher au travers des barreaux d'un lit, dans le service pédiatrique de l'hôpital national de Phnom Penh, sur une petite fille de 5 ans décharnée qui se meut avec la lenteur des rescapés des camps.Voilà des mois qu'elle est séropositive, avec un sida clinique, et huit semaines qu'elle est devenue éligible pour les médicaments antirétroviraux, comme un millier des 12 000 enfants cambodgiens infectés par le virus.
Le Pr Chhour Y Meng, qui dirige cet hôpital de cent cinquante lits, explique : « Les parents sont très pauvres, ils ont cinq enfants. Quand cette fillette est tombée malade, ils ont acheté quelques comprimés de médicaments vietnamiens. Bien entendu, sans résultat. Mais avec cette mince dépense, comment nourrir les autres enfants ? Les parents sont devant des choix très cruels. »
Le père a fini par amener sa fille très tard à l'hôpital et l'équipe médicale ne lui accorde pas de grandes chances de survie.
Le Cambodge est parvenu, après un pic de contamination par le virus du sida de 3 % de sa population en 1997, à faire chuter durablement depuis huit ans le pourcentage de cas positifs : il est descendu à 1, 9 % de la population en 2005. L'épidémie a également reculé parmi les prostituées. Mais de nouveaux groupes à risque, toxicomanes et homosexuels, ont surgi. Les statistiques récentes comptabilisent 57 000 femmes et 65 000 hommes infectés. De plus en plus, ce sont les épouses qui sont contaminées par leurs maris qui entretiennent des liaisons hors mariage. Douze mille enfants cambodgiens vivent avec le virus. EXtrait du Figaro le 16/112006
Le Cambodge est parvenu, après un pic de contamination par le virus du sida de 3 % de sa population en 1997, à faire chuter durablement depuis huit ans le pourcentage de cas positifs : il est descendu à 1, 9 % de la population en 2005. L'épidémie a également reculé parmi les prostituées. Mais de nouveaux groupes à risque, toxicomanes et homosexuels, ont surgi. Les statistiques récentes comptabilisent 57 000 femmes et 65 000 hommes infectés. De plus en plus, ce sont les épouses qui sont contaminées par leurs maris qui entretiennent des liaisons hors mariage. Douze mille enfants cambodgiens vivent avec le virus. EXtrait du Figaro le 16/112006
Laos, au cœur de la province de Phongsaly, trente-cinq jours d'itinérance à pied English translation pending
Laos, au cœur de la province de Phongsaly, trente-cinq jours d'itinérance à pied
Aux côtés des minorités ethniques montagnardes, les Akha, les Moutchi, les Poussang, les Khamu, les Hmong, les Yao et les Taï Lue
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« C'est en leur accordant notre attention que nous faisons apparaître des endroits merveilleux, et non en trouvant des endroits "vierges" qui nous émerveillent. » D. G. Haskell
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Lors de précédentes pérégrinations dans cette région du monde, après d'innombrables randonnées effectuées à la journée, j'entrepris finalement trois traversées un peu plus ambitieuses. D'abord un trajet d'une durée de cinq jours entre Vieng Phuka et Muang Long, un autre d'un peu plus d'une semaine entre Muang Long et Muang Sing - accédant à cette occasion à des villages des ethnies Khui, Akha et Hmong, via la montagne et à une époque où aucune piste ne reliait encore les deux premiers de ces bourgs de la province de Luang Nam Tha - puis un itinéraire en boucle de quatre ou cinq journées en amont de la ville de Phongsaly, dans la province du même nom, en direction des premiers groupes de villages Akha localisés dans le secteur.
J'égarai malheureusement assez rapidement les notes que je rapportai de ces premières expériences mais, au delà de ce regret, celles-ci confortèrent mon envie d'entreprendre désormais des périples plus engagés, tant au regard de leurs durées que des étendues de territoires parcourus. Le texte qui suit se présente donc, chronologiquement, comme le premier que je propose. Il résume un séjour de quarante-deux journées au Laos, dont trente-cinq de marche, seul, à pied et sans guide, au cœur des montagnes de la fascinante province septentrionale de Phongsaly, à la rencontre des innombrables minorités ethniques qui y résident, parmi lesquelles les divers groupes Akha - Nuqui, Nutchi, Eupa, Djepiah, Luma, Oma, Pouli Noy, etc. - ainsi que les Moutchi, les Poussang, les Khamu, les Hmong, les Yao et les Taï Lue. La totalité des nuits se déroulèrent en compagnie de ces villageois.
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TABLE - 18 & 19 septembre - Vientiane - La capitale - 20 & 21 septembre - Luang Prabang - La route - 22 septembre - Ban Phanasa - Les tuniques - 23 septembre - Ban Khouansi - Les foyers - 24 septembre - Ban Loupha - Les sentiers - 25 septembre - Ban Shika - L'alcool - 26 septembre - Ban Kioukhan Khao - Les ethnies - 27 septembre - Ban Souphsoy Khao - La fête - 28 septembre - Ban Likna - L'étape - 29 septembre - Ban Silé - Le chamanisme - 30 septembre - Ban Xiang - La hutte - 1er octobre - Ban Sakhan - L'opiomanie (1) - 2 octobre - Ban Lahang - L'opiomanie (2) - 3 octobre - Ban Khaoso - Le ya-baa - 4 octobre - Ban Likna - La police - 5 octobre - Phongsaly - Le commerce - 6 octobre - Ban Mohan Taï - La nature - 7 octobre - Ban Vanaïkho - La boue - 8 octobre - Ban Sumpoy Neu - Le massage - 9 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les animaux - 10 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les trafiquants - 11 octobre - Ban Poutcha Khao - Les crétins - 12 octobre - Ban Poutcha Khao - L'intimité - 13 octobre - Ban Pamlan Khao - Les vautours - 14 octobre - Ban Ouychoun - Les aigrettes - 15 octobre - Ban Soulane Noy - La rivière - 16 octobre - Ban Poukhoua Khao - L'argent - 17 octobre - Ban Nanoy - Le retour - 18 octobre - Ban Nanoy - La cabane - 19 octobre - Ban Nongfeu - Les bêtes - 20 octobre - Ban Moukhang - L'eau - 21 octobre - Ban Moukhang - Le coton - 22 octobre - Ban Moukhang - L'habitat - 23 octobre - Ban Kioukho - La riziculture - 24 octobre - Ban Nangoy Kho - La veillée funèbre - 25 octobre - Boun Neua - Les obsèques - 26 octobre - Oudomxaï - Le bordel - 27 octobre - Luang Prabang - La mixité - 28 octobre - Vientiane - Le transport - 29 octobre - Vientiane - La fin
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« C'est en leur accordant notre attention que nous faisons apparaître des endroits merveilleux, et non en trouvant des endroits "vierges" qui nous émerveillent. » D. G. Haskell
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Lors de précédentes pérégrinations dans cette région du monde, après d'innombrables randonnées effectuées à la journée, j'entrepris finalement trois traversées un peu plus ambitieuses. D'abord un trajet d'une durée de cinq jours entre Vieng Phuka et Muang Long, un autre d'un peu plus d'une semaine entre Muang Long et Muang Sing - accédant à cette occasion à des villages des ethnies Khui, Akha et Hmong, via la montagne et à une époque où aucune piste ne reliait encore les deux premiers de ces bourgs de la province de Luang Nam Tha - puis un itinéraire en boucle de quatre ou cinq journées en amont de la ville de Phongsaly, dans la province du même nom, en direction des premiers groupes de villages Akha localisés dans le secteur.
J'égarai malheureusement assez rapidement les notes que je rapportai de ces premières expériences mais, au delà de ce regret, celles-ci confortèrent mon envie d'entreprendre désormais des périples plus engagés, tant au regard de leurs durées que des étendues de territoires parcourus. Le texte qui suit se présente donc, chronologiquement, comme le premier que je propose. Il résume un séjour de quarante-deux journées au Laos, dont trente-cinq de marche, seul, à pied et sans guide, au cœur des montagnes de la fascinante province septentrionale de Phongsaly, à la rencontre des innombrables minorités ethniques qui y résident, parmi lesquelles les divers groupes Akha - Nuqui, Nutchi, Eupa, Djepiah, Luma, Oma, Pouli Noy, etc. - ainsi que les Moutchi, les Poussang, les Khamu, les Hmong, les Yao et les Taï Lue. La totalité des nuits se déroulèrent en compagnie de ces villageois.
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TABLE - 18 & 19 septembre - Vientiane - La capitale - 20 & 21 septembre - Luang Prabang - La route - 22 septembre - Ban Phanasa - Les tuniques - 23 septembre - Ban Khouansi - Les foyers - 24 septembre - Ban Loupha - Les sentiers - 25 septembre - Ban Shika - L'alcool - 26 septembre - Ban Kioukhan Khao - Les ethnies - 27 septembre - Ban Souphsoy Khao - La fête - 28 septembre - Ban Likna - L'étape - 29 septembre - Ban Silé - Le chamanisme - 30 septembre - Ban Xiang - La hutte - 1er octobre - Ban Sakhan - L'opiomanie (1) - 2 octobre - Ban Lahang - L'opiomanie (2) - 3 octobre - Ban Khaoso - Le ya-baa - 4 octobre - Ban Likna - La police - 5 octobre - Phongsaly - Le commerce - 6 octobre - Ban Mohan Taï - La nature - 7 octobre - Ban Vanaïkho - La boue - 8 octobre - Ban Sumpoy Neu - Le massage - 9 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les animaux - 10 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les trafiquants - 11 octobre - Ban Poutcha Khao - Les crétins - 12 octobre - Ban Poutcha Khao - L'intimité - 13 octobre - Ban Pamlan Khao - Les vautours - 14 octobre - Ban Ouychoun - Les aigrettes - 15 octobre - Ban Soulane Noy - La rivière - 16 octobre - Ban Poukhoua Khao - L'argent - 17 octobre - Ban Nanoy - Le retour - 18 octobre - Ban Nanoy - La cabane - 19 octobre - Ban Nongfeu - Les bêtes - 20 octobre - Ban Moukhang - L'eau - 21 octobre - Ban Moukhang - Le coton - 22 octobre - Ban Moukhang - L'habitat - 23 octobre - Ban Kioukho - La riziculture - 24 octobre - Ban Nangoy Kho - La veillée funèbre - 25 octobre - Boun Neua - Les obsèques - 26 octobre - Oudomxaï - Le bordel - 27 octobre - Luang Prabang - La mixité - 28 octobre - Vientiane - Le transport - 29 octobre - Vientiane - La fin
Humour Aérien English translation pending
De nombreux forums sur VF traitent des salons, des sièges, des repas ou de l'accueil à bord et certaines de ces discussions dévient avec beaucoup d'humour ! Je propose cette page pour traiter des videos idiotes, droles, humour potache sur notre passion ! En voilà quelques unes pour commencer.
Avoir autant de temps pour voyager? English translation pending
Bonjour,
Oui, c'est un post juste histoire de ... 😎 Car je lis pas mal de bouquins sur des "nomades" et eux n'ont pas de travaille fixe, mais voyage enormement, et comme ils disent tous, c'est ca la Liberté. Et je suis carrement d'accord... J'aimerais juste savoir ce que vous en pensez...
Pour ma part j'ai 21 ans je suis "militaire" (a que je deteste l'armée en plus...) et j'essaie de partir 2 mois dans l'année...
Oui, c'est un post juste histoire de ... 😎 Car je lis pas mal de bouquins sur des "nomades" et eux n'ont pas de travaille fixe, mais voyage enormement, et comme ils disent tous, c'est ca la Liberté. Et je suis carrement d'accord... J'aimerais juste savoir ce que vous en pensez...
Pour ma part j'ai 21 ans je suis "militaire" (a que je deteste l'armée en plus...) et j'essaie de partir 2 mois dans l'année...