"Tuez l'humanitaire"
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Bonjour à tous,

Premier message, premières interrogations.

Je souhaite, ici, vous faire partager mon projet, vous expliquer rapidement les tenants et aboutissants pour que vous me faisiez part de vos impressions, conseils et idées.

Actuellement, je me rends compte que lorsque l'on veut partir à l'étranger pour faire autre chose que travailler ou faire du tourisme, peut importe sa forme (roots ou commerciale), il nous reste l'aide et en particulier l'aide humanitaire. Si je veux monter un projet et peut-être trouver un financement ( ceci n'étant pas indispensable car quand je vois des projets écologiques financées par des groupes pharmaceutiques ou chimiques, des projets humanitaires par Danone, j'ai de quoi m'inquiéter. Comment est ce possible de se faire financer par les personnes qui sont les sources du problème?), je dois impérativement rentrer dans un cadre que je vais appeler "cadre humanitaire" c'est à dire que si c'est l'année de l'éducation les fondations et autres corrupteurs vont bien vouloir me financer un projet d'apport de crayons ou de livres et pourquoi pas si je suis prêt à prendre une année sabbatique peut-être construire une école. Je ne dis pas que construire une école ce n'est pas bien, je dis que cela ne résout pas le fond du problème. Pourquoi y-a t'il des pays qui n'ont pas les moyens de construire des écoles, de se nourrir, de vivre décemment ? Peut être que le problème vient des pays qui s'accaparent une trop grande part de ce qui leur revient, du partageable?

J'arrête d'enfoncer les portes ouvertes...

Donc me voilà voulant sortir de ce cadre car je n'ai pas envie de livrer des cahiers, du riz, d'aller gérer des projets (qui suis-je pour dire que je suis apte à gérer, coordonner et pas les autochtones?), de me spécialiser et de faire un master pro management de l'humanitaire ( les ONG sont aujourd'hui construit sur les mêmes principes d'organisation des entreprises, entreprises et organisation capitaliste de la production étant elles-mêmes le noyau du problème), je n'ai pas envie de me manger la queue jusque la tête, je veux couper la queue et la tête du serpent.

La question que je me pose est comment sortir de ce cercle vicieux, je sais que d'autres se la posent aussi. Ce vers quoi je vais me tourner, c'est plutôt un projet qui souhaite remettre en cause la dichotomie Occident("moi je connais")/ Pays en voie de dévollepement ("tu ne sais pas mais je vais t'expliquer"), cette vision occidentalocentrée qui consiste, sous couvert d'une soi-disante bonne volonté patagée, à poser notre culture, nos modes de vie comme les plus viables, les pérenniser parfois (souvent je l'espère?!) inconsciemment, malgré nous car nous ne sortons pas de notre culture inculquée (socialisation, imaginaire, habitus..).

Mon projet consisterai à tenter de mettre sur un même pied d'égalité des cultures différentes ( sans jamais, bien sûr, le réussir parfaitement car l'on ne peut remettre toute notre éducation en cause). Pour cela, je souhaite aller étudier, participer en Amérique du Sud et centrale aux tentatives de chacun de re-prendre le contrôle de sa vie, par exemple étudier le budget participatif, les expériences d'autogestion politique, économique, médiatique. Je ne me leurre pas quand au fait que cela peut revenir à étudier les mouvements sociaux, leur surgissement, développement, pérennisation... à travers les continents. Mais certaines expériences sont déjà en place depuis un petit moment et apparaissent fonctionner correctement. Mais cela nous ne le savons pas réellement, c'est en cela que je souhaite y participer de plus près.

Mon but (si but il y a et il doit y avoir?!) n'est pas seulement d'aller faire ma petite analyse, de revenir et de reprendre une vie de jeune cadre dynamique ayant réaliser son petit voyage qu'il racontera dans 20 ans à ses amis cadres moins dynamiques, mais de revenir et montrer que ces pays que l'on aime qualifier de moins développé sont certainement en avance sur nous sur de nombreux points et que nous avons autant à apprendre d'eux que nous ont à apprendre d'eux.

Et pourquoi les tentatives autogestionnaires, autonomes, de réappropriation de sa vie, de ses institutions... car c'est à mon avis, là que se situe tout le problème de ce besoin d'aide, de mauvais partage des richesses, de destruction de notre planète, j'en passe et des meilleurs, c'est notre incapacité à dire merde aux gens qui exploitent, au système capitaliste vivant grâce à ses inégalités et la fin de nos problèmes se passera par une reprise en main de ce que nous voulons, un changement de système et de société décidé par tous endehors du carcan capitalistique.

Force est de reconnaître que la chose politique (le politique) n'est pas absent de ce projet mais comment évacuer la politique lorsque l'on fait de l'humanitaire alors que le fait même d'être dans tel ou tel pays a rapport immédiat avec le politique? Le leurre, c'est de vouloir évacuer cette question alors que l'on est partie prenante dans sa constitution.

Je vous l'accorde, projet difficile et en même temps faisable. Mon problème principal est lorsque je rencontre les acteurs qui travaillent sur le terrain ou qui y ont travaillé me rigolent délicatement au nez ou refusent de faire partager leurs infos dans la mesure où je viens en 10 minutes de remettre en cause le projet qu'ils ont mis deux ans à monter, leurs 5 dernières années d'existence où ils se représentaient eux-mêmes comme des "gens de bien", toute une existence ou encore réveiler les interrogations qu'ils ou elles avaient enfouies... De surcroît, il va mettre difficile de trouver une quelconque aide financière dans la mesure où ce n'est pas l'année de la remise en cause de ce que l'on fait, de ce que l'on vit!!! Après ce n'est pas le problème principal, je préfère assumer mes idées que les travestir pour une poignée d'euros.

Les supports seront bien sûr, écrit, photos, vidéos (sous réserve) avec une réelle volonté de le faire partager en Occident et pourquoi pas développer un réseau, bref plein de choses qui se tournent vers cette logique.

Je suis preneur de tout conseil, de tout contact si quelqu'un est, a été sur le terrain, a des contacts avec des assoc locales qui tentent de mettre en place le budget participatif, critiquent le système gouvernemental, les FMN qui viennent piller les ressources, pour mettre en place une organisation politique, médiatique, économique locale à échelle humaine et en rupture d'une manière ou d'une autre avec l'ordre capitaliste. Mon projet n'étant pas encore très bien défini, je suis aussi prêt à en débattre, à interroger ses présupposés, les principes qui le soutiennent, à en discuter avec des gens qui connaissent certainement mieux que moi le monde de l'humanitaire, etc

Merci d'avance

ciao
"Politises tes inquiétudes, tu inquièteras les politiciens"
LA Lalouve76 Regular ·
salut, je suis plutot d'accord avec ton raisonnement sur "l'humanitaire" mais je ne comprends pas très bien ce que tu cherches comme "conseils". pourrais tu éventuellemnt poser quelques questions précises? ceci dit je ne te suis pas forcément dans la "classification " que tu fais selon laquelle il y aurai trois types de voyages: tourisme, professionnels et humanitaire. un voyage est un voyage et a celui qui le fait d'en faire ce qu'il en veut. maintenant, tout dépend aussi de ce que l'on met derrière "humanitaire". On peut partir filer un coup de main a une assoc' locale sans pour cela se targuer de faire "de l'humanitaire" avec tout ce que ca sous entend d'arrivisme et de supériorité occidentale sur le reste du monde. !! voila en gros ce que je peux dire pour l'instant en réction a ton post, en tout cas c'est un sujet interessant sur lequel il est important de réfl&chir pour pas faire n'importe quoi!!
PE Petitpanda Veteran ·
Ton message est très bizarre!

Pour répondre à ta question, à ta recherche de projets ou d'idées, le principe du commerce équitable ne serait pas un exemple de ce que tu cherches?

Sinon, pour ce qui est de l'humanitaire, je ne comprend pas bien lorsque tu dis que les humanitaires arrivent avec leurs idées et imposent leur supériorité aux autres. Une telle attitude dans le dvt ne fait que projeter le projet dans le mur, tu ne peux rien faire si ce n'est pas la manière de faire des locaux car sinon ton projet n'aura jamais la moindre perrenité. Il n'y a donc rien a imposer, c'a n'est juste pas possible. tout humanitaire de dvt passe par une comprehension du mode de fonctionnement des locaux, de leur maniere de travailler et de leur facon de penser. Quant a l'humanitaire d'urgence "l'occidental" apporte peut etre son expérience et ses méthodes de travail mais c'est justement dans le cas d'une urgence, c'est a dire lorsque les locaux n'ont plus les moyens de gérer les choses comme ils le font normalement (lors d'une guerre, l'agriculture d'un pays ne marche plus, les ONG apporent donc de la nourriture mais non pas parcequ'elles croivent que les populations ne savent pas faire pousser du riz mais tout simplement parceque temporairement elles ne peuvent pas).

Ton idée serait par contre interresssante si c'était dans le but de faire partager a tous certaines méthodes ou mode de gestion pour les autres pays, dans un sens comme dans l'autre (nord vers sud comme sud vers nord ou sud vers sud). Les pays en dvt ont des choses a apprendre aux pays industrialisés et inversement ca marche aussi, pourquoi ne voir qu'un coté?

Quant à tes problèmes éthiques sur les dossiers de financement, à part quelques cas extremes, selon moi la seule chose qui compte est le résultat: si tu arrives à scolariser durablement des enfants grace à une industrie pharmaceutique qui veut se racheter une conscience, et bien tant mieux pour les enfants et le reste on s'en fout. Ceci n'est que mon opinion et elle est tres contestable, j'en ai bien conscience. Sauf que lorsqu'on voit ce qu'on peut faire avec des sous, autant utiliser les moyens possibles. Ce n'est pas n'utilisant pas leur argent que tu combats les "méchants".

Néanmoins tes réflexions méritent d'être approfondies, je ne m'oppose pas a tout.

Joyeux Noël à toi et à tous!! Astrid
ME Memphre Globetrotter ·
Je vous l'accorde, projet difficile et en même temps faisable. Mon problème principal est lorsque je rencontre les acteurs qui travaillent sur le terrain ou qui y ont travaillé me rigolent délicatement au nez ou refusent de faire partager leurs infos dans la mesure où je viens en 10 minutes de remettre en cause le projet qu'ils ont mis deux ans à monter, leurs 5 dernières années d'existence où ils se représentaient eux-mêmes comme des "gens de bien", toute une existence ou encore réveiler les interrogations qu'ils ou elles avaient enfouies...

....Et ils doivent se poser une question du genre...'''mais pour qui se prend-il.....?

Et moi je t'en pose une...: as-tu déjà eu un marteau en main et enfonceé un clou...????? 😄
On met longtemps à devenir jeune...
MI Milams ·
Salut,

Tout d'abord, il est clair que filer un coup de main a une association locale n'est pas l'humanitaire que je critique, ce que je critique c'est l'institutionnalisation de l'aide humanitaire c'est à dire cette soi-disante indispensabilité de notre aide occidentale alors que c'est un viol permanent (mais toute intrusion dans une autre société, clan, groupe peut s'apparenter à un viol). Aujourd'hui l'humanitaire est un métier, une façon de vivre, de faire de l'argent, nous sommes devant une certaine banalisation des maux que l'ont crés et nous sommes incapables de réfléchir aux racines de ces maux. Ce que je veux faire s'apparente plus justement à filer un coup de main à des assoc' locales pour comprendre ce que justement nous pouvons partager autour de notre reprise en main de nos vies et de nos "destins". Donc, forcément ça s'articule autour du double échange entre le Nord et le Sud et c'est ce que j'ai voulu dire. L'axe principal de mon projet est justement de montrer que nous avons aussi à apprendre du Sud.

Sur l'humanitaire, j'ai justement la sensation qu'il y a une tendance à l'imposition de certains points de nos modes de vie occidentaux, j'ai vu un projet qui développait un complément alimentaire en afrique sub-saharienne et ils osaient appeler cela la solution miracle contre la faim dans le monde. Le complément alimentaire est quelque chose d'hyperoccidentalisé, bien qu'ils l'adoptent car ils crèvent de faim, c'est à mon sens la pire imposition de sens possible. Je ne dis pas que tous les projets sont comme cela mais j'en ai trop vu...

Le financement, l'humanitaire d'urgence sont les deux faces d'une même médaille. Si il y a guerre, que la production est empêchée pour raison guerrière, pose t-on la question d'où viennent les armes? A qui sert cette guerre? A ce que je sache c'est nous (l'Occident) qui fomentons ces guerres, produisons les armes, affamons la population qui ne voit que le fondamentalisme comme réponse à ces problèmes, tentons de s'approprier les ressources par nos grandes multinationales. Si l'on vit en démocratie comme nous le répète les médias à tout bout de champ ( ce qui à mon sens n'est pas vrai, passons) ou le considérons comme tel, c'est nous, vous les propres causes de ces problèmes, non ?

Ce que tu me dis sur le financement ( tu conçois que ce soit très criticable toi-même d'ailleurs) est le même problème, les labos pharmaceutiques refusent de vendre les brevets des médicaments génériques aux pays gangrénés par le sida mais elles créent une fondation pour aider les orphelins!!! comment accepter cet argent du créateur du problème? Ne participe t-on pas d'une manière directe ou indirecte à cette non-distribution de médicaments? Ne revalorisons nous pas cette entreprise qui commençait à s'inquiéter de son comportement?

Quand au commerce équitable ( le micro-crédit c'est la même), ce qui me gêne c'est que je me rends compte que si l'on veut changer quelque chose, nous devrons changer les choses en profondeur et le commerce équitable n'est qu'un ajustement structuel du capitalisme, ça ne le remet pas réellement en cause dans ses fondements (mais ça c'est juste une question de point de vue...).

Et pour finir, c'est vrai que j'avais oublié que pour parler, soulever des interrogations, débattre, discuter, il fallait sortir son CV, on a pas le droit de dire ce que l'on a vu si l'on critique... Alors, mon dernier métier, si l'on peut appeler cela un métier, c'était de pousser des carcasses de cochons dans les camions par 10 ou 20, vous prenez le poids d'un cochon et vous multipliez et vous verrez que plantez un clou c'est beaucoup plus facile, surtout qu'avant je réparais des palettes toute la journée mais là j'avais un marteau pneumatique de temps en temps, c'est bon quand même?

A bientôt
"Politises tes inquiétudes, tu inquièteras les politiciens"
PE Petitpanda Veteran ·
bonjour,

j'ai surtout l'impression que ton message a pour but de critiquer le monde de l'humanitaire et derriere ca notre société. Je vais donc répondre a ca. A propos de ton exemple sur les situations d'urgence qui proviennent de la guerre. Tu poses tres justement la question de savoir d'ou viennent les armes. Tres souvent de l'occident, on est d'accord (la dernière phrase de "Lord of war" est assez expliscite et calmante). Néanmoins, "loccisdent" n'est pas une seule et meme personne, c'est des millions d'individus t certains font des conneries. Peu mporte. Le résultat est que des personnes crevent de faim et autre et que si les ONG ne font rien ca continue. La solution ne ses trouve pas ans l'humanitaire, ce n'est que du sparadra, mais c'est nécessaire!! Je ne comprend pas comment tu peux dire que comme les ONG et les "méchants" vendeurs d'armes viennent des memes sociétés ils sont tous à proscrire.

Quant aux labos pharmaceutiques, fais des manifs, n'achetent plus leur médocs mais prend leur tunes pour aider d'autres gens. Encore une fois ce qui compte est ce que tu fais des sommes récoltées. Crois tu que le clochard dans la rue demande à chaque personne qui lui file 20centimes pourquoi il lui file? veut il se racheter une conscience? a t il fait des choses bien dans sa vie? Ben non, il s'en fout, tout ce qui l'interressse c'est les 20 centimes car il ne peut pas se permettre le luxe de refuser. C'est pareil pour les bénéficiaires de tes labos et c'est normal.

Pardonne moi mais a ce stade la je trouve tes idées un peu simpliste (l'occident est méchant) et naives (la question principale a se poser est que pouvons nous faire? Contrer les marchands d'armes? pas trop. Soutenir les populations avec des programmes alimentaires d'urgence? ben oui, ca c'est faisable alors faisons le.)
GE Geli Veteran ·
Bravo Milams et bienvenue au club des utopistes dont nous sommes, et nous tenons bon depuis 1992. En 1991 notre premier voyage en tourisme solidaire, choix délibéré, pour vivre avec les populations locales plutôt que les bronzés. Et boum, tombés dans la marmite que j'appelle notre potion magique! A la demande de financement d'un moulin à céréales, formulée par un chef de village, nous avons répondu qu'ils avaient de quoi se payer leur moulin en développant des potentiels locaux, pour n'avoir de merci à dire à personne ! Onze mois après, de retour dans ce village, le chef de village nous fait rencontrer les animateurs ruraux locaux, qui organisent des réunions de sensibilisation "à l'auto-développement" et voilà, on était déjà dedans, pour notre plus grand bonheur à l'université de l'école de vie ! En 2002, des partenaires m'ont confié : "tu sais, on n'a pas besoin de personne pour construire nos écoles ou nos puits, on sait faire...par contre, on veut bien faire avec d'autres à condition qu'ils ne fassent pas à notre place" Mais pour éviter un long discours, merci de visiter notre site : http://asso.un.free.fr et de nous rejoindre par mail : asso.un@gmail.com Nous repartons mi janvier pour quelques mois : suivi des travaux avec nos partenaires en terme de mieux-vivre local, durable, voyages d'échanges équitables, santé, formation. 2 jeunes bénévoles partent avec nous, dont l'un sera confié à un groupement d'agriculteurs/éleveurs et l'autre à une structure d'accueil des enfants des rues. 2 stagiaires environnementaux et une "master nutrition" nous rejoindront quelques semaines plus tard. Si possible, ce serait intéressant de se rencontrer avant notre départ. Merci de nous contacter par mail. et heureuse année 2007 Geli
OT Otylia Regular ·
Alors moi, quand je lis ton message, je suis sidérée par autant de bêtise et d'inexpérience !!!

Il est facile de politiser le débat sur l'humanitaire, d'en dénoncer les carrences. Beaucoup de monde l'a déjà fait et continue à le faire. Et ce genre de discours est plus ou moins intéressant, selon que l'auteur s'est investi ou non dans des projets humanitaires... Hélas, le tient me paraît bien pauvre, n'évitant ni les stéréotypes du capitalisme tout puissant, ni de l'acculturation... Et pourquoi ne ferais-tu pas un parallèle avec le colonialisme du XIXème siècle, tant que tu y es ? Le discours intéressant, c'est celui qui donne des solutions en ne dévalorisant personne et en mobilisant le plus grand nombre, celui qui cherche à se rapprocher de l'Homme, quelque soit sa race et son niveau de vie mais pour ça, il te faut acquérir une véritable expérience humanitaire avant d'en parler...

L'Humanitaire n'est pas un pis-aller ; on n'en fait pas parce qu'on veut voyager autrement que pour trouver du travail ou faire du tourisme ; c'est un véritable engagement humaniste. On peut gérer des projets avec les populations locales, en respectant leur culture, leurs us et coutumes ; ça s'appelle du partenariat. Et dans ce cadre, créer une école peut contribuer à résoudre un problème, surtout quand il s'agit d'intégrer des minorités analphabêtes qui ne disposent d'aucun moyen de faire valoir ses droits, dans une société qui l'a exclue.

Moi, je te conseille de te tourner vers une petite association qui ne fait que du micro-projet. Cela permet à l'adhérant actif de s'investir à fond, du début jusqu'à la fin, ce qui garantit une meilleure efficacité et moins de gaspillage, faute de grands moyens. Et je te conseille d'adopter une attitude beaucoup plus positive, ouverte aux desseins des autres car l'humanitaire va de paire avec l'associatif ce qui induit de la tolérance, de la collaboration et de la patience.

Avant de donner des leçons et de faire des procès au monde, donne un peu de toi, tends la main aux nécessiteux et instaure un véritable dialogue avec ceux qui t'entourent. Des gifles, tout le monde peut en donner...
Donner, c'est recevoir deux fois
MI Milams ·
Bonjour,

Tout d'abord petitpanda, je suis foncièrement d'accord sur le fait que la question principale à se poser est celle de ce que nous pouvons faire. Et justement c'est toute la trame de ce que j'ai écrit. C'est en interrogeant ce que nous faisons, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas que j'en suis arrivé à ses conclusions. Conclusion qui, force est de reconnaître, critique la question de l'humanitaire comme elle se pose aujourd'hui et critique le fonctionnement des sociétés capitalistes en ce sens que le sparadra, avec le temps, la pluie, le soleil, ça s'effrite, se détend et disparaît voire tombe et que la plaie est toujours là, plus béante que jamais!!! J'en arrive forcément à critiquer l'occident car j'essaie de réfléchir aux racines des maux et quelles peuvent être des solutions viables. Quand je parle d'Occident, je ne le pose pas en tant qu'instance extra-sociale, loi de l'Histoire, de la Nature ou autre mais en tant que société riche dans laquelle nous vivons et je te répète que si ces sociétés sont des sociétés démocratiques, ce qui veut dire que c'est le peuple qui dirige!!!, c'est nous (toi!!) qui décidons de produire des armes... A mon sens il est bien sûr possible de contrer les marchands d'armes, de nous contrer donc, c'est en cela que mon militantisme se tourne bien plus vers une contestation globale de nos sociétés.

Ah oui, Otylia, excuse moi de ne pas avoir fait d'humanitaire, je n'ai pas le droit de parler: "- Tais toi, toi là bas, t'as fait de l'humanitaire? Non, Alors ta gueule, tu parleras quand ten auras fait. Pardon madame, je voulais juste dire que peut être on allait pas dans le bon sens Tais toi maintenant, je supervise, va plutôt me chercher un café. Oui madame, je suis désolé j'ai voulu outrepasser mon rôle"

Au delà, de cette petite incartade qui m'exaspère, je suis d'accord avec toi sur le principe du micro-associatif qui n'est pas forcément gangréné par l'argent et une lourdeur administrative stérilisante. Quand à mon attitude, elle est on ne peut plus positive, je préfère le terme constructive. C'est sûr, le béatitude ne me connaît pas trop, j'ai pour habitude de regarder les choses d'un oeil critique, pardon.

C'est sûr je n'ai pas fait d'humanitaire mais quant au fait que je ne m'investisse pas, il faut faire attention à ce qu'on dit. C'est toujours pareil, il faut donc réellement sortir son CV, tu ne me connais pas, ni ma vie, ni mes choix. Je te prierais donc d'éviter les jugements à la hâte sur mes engagements et mon implication. Merci.

Geli, jai été voir votre site, je vous contacte par mail, il me sera peut être difficile de vous voir avant que vous partiez si c'est à la mi-janvier, je ne compte pas de toute façon partir avant l'été donc on se croisera à votre retour, je pourrais normalement passer à saint-naz, c'est pas trop loin.

Ciao

merci pour vos conseils...
"Politises tes inquiétudes, tu inquièteras les politiciens"
OT Otylia Regular ·
Quand on tient des propos engagés, il ne faut pas s'étonner de recevoir des réponses qui le sont tout autant. Tu demandais des conseils et je t'en ai donné. Il est dommage de tout critiquer sans accepter de l'être à son tour ; c'est dommage pour toi car je crois que c'est là que réside l'intérêt de ce genre de forum de discussion : affronter les différence d'opinion pour évoluer dans sa propre réflexion. Si j'ai rédigé mon dernier message de cette façon, c'est qu'en lisant tes propos, je m'y suis partiellement retrouvé par rapport à ce que je pensais il y a quelques années. Mais il est vrai que mes expériences dans l'humanitaire m'ont fait évoluer et m'ont permis de réaliser mes erreurs.

Ce n'est pas parce que je m'oppose à tes opinions que je te manque de respect ; par contre toi, en me faisant parler ainsi, c'est ce que tu fais et c'est regrettable. Un peu de tolérance, que diable ! Des jugements, il ne faut pas se leurer, tout le monde en emmet. Mais l'ouverture d'esprit permet malgré tout l'échange. Et je te rassure tout de suite ; ce n'est pas parce que je bénéficie d'un peu d'expérience dans l'humanitaire que je considère que je n'ai plus rien à apprendre des autres...

Enfin, manifestement, nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d'onde
Donner, c'est recevoir deux fois
RO Rogerbarthas Globetrotter ·
"L'arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes" GRAMSCI "Si tu veux changer le monde commence par te changer toi meme" DALAI LAMA

ou la problematique du tres grand ecart intellectuel ... mais les qualites humaines du revolutionnaire ou de l'humanitaire sont les memes: l'optimisme et la patience !
Roger
OT Otylia Regular ·
Voilà, je me suis peut-être embourbée dans mon propre discours mais c'est exactement ce que je voulais dire. Et je réfléchis à votre message. Adopter un discours ouvert et positif, mobilisant toutes les bonnes volontés me paraît en effet bien plus sage...
Donner, c'est recevoir deux fois
RO Rogerbarthas Globetrotter ·
bonjour, oui communiquer n'est pas facile et d'autant plus sur un forum (il manque l'image!) Je comprends aussi Milams car tout comme lui, je ne suis pas satisfait de la marche du monde !Le probleme c'est que sa critique n'est pas discreminente et perds donc toute valeur, rajoute que "convaincre" c'est souvent" irriter", et la discussion s'engage alors tres mal! Je vois plus dans son message une recherche de SENS, là ou il se trompe, c'est de se penser en seul detenteur de veritè;la critique est une phase necessaire à toute action (mais ne doit pas la bloquer), la critique adulte ne doit pas prendre la forme d'un caprice infantile ou d'une revolte immature car c'est tracer un boulevard à tous les reactionnaires du monde qui eux savent se serrer les coudes! aujourd'hui j'ai envie de citer N Mandela:"la lutte contre la misere est une lutte pour la justice"...l'action humanitaire n'est pas à cotè du politique, elle l'est eminamment (et là il y a de tout...) mais au sens premier celui de s'occuper non de la cité mais des Hommes qui l'occupent...par ailleurs, il n'y a pas obligatoirement incompatibilite entre les divers modes d'actions .je te propose d'aller voir le site d'une Association de Solidaritè Internationale que, j'ai cree en 2002 apres le 11 septembre(ce n'est pas un hasard!) :www.elephantblanc.org Bonne annee à tous ! (je ne comprends pas pourquoi le lien ne se fait pas en direct ?)
Roger
MI Milams ·
Bonjour,

Premièrement, je n'ai jamais mal accepté ta critique, je t'ai répondu sur les conseils que tu m'as donné sur le micro-associatif en partageant tes idées. J'ai juste repris une de tes phrases : "il te faut acquérir une véritable expérience humanitaire avant d'en parler... " et l'ai mise sous forme de dialogue...

Je n'ai pas dit que tu me manquais de respect, j'ai juste dit que tu ne me connaissais pas et donc qu'il t'était difficile de juger : ", "Avant de donner des leçons et de faire des procès au monde, donne un peu de toi, tends la main aux nécessiteux " De surcroît je ne me le permettrais pas étant également un ardent défenseur de la tolérance : "je suis sidérée par autant de bêtise et d'inexpérience !!!", "Hélas, le tient me paraît bien pauvre"!!!!!!!!!!!!!!!

Et pour tout te dire, je trouve cela foncièrement inintéressant de débattre de la forme, tu pourras aussi me reprendre ligne par ligne comme je viens de le faire. Ce qui m'intéresse c'est le fond et non pas de savoir qui manque de respect à qui mais qui est capable d'avancer des arguments pertinents qui te portent justement à te remettre en cause.

Merci pour tes conseils...

a bientot
"Politises tes inquiétudes, tu inquièteras les politiciens"
MI Milams ·
Bonjour Roger,

Qu'entends tu par ma critique n'est pas dicréminante ?

Je suis bien sûr en quête de sens car il me paraît clair ( et là je dis bien "je" ) que dans nos sociétés désarticulés autour de l'insignifiance, le sens est à retropuver, le pourquoi faisons nous cela, pourquoi devons nous travailler, consommer, etc. J'ai envie d'interroger nos modes de vie et nos pratiques; c'est en cela que j'interroge l'humanitaire et sa soi-disante indispensablilté.

Après, je n'ai pas la sensation ni la prétention de détenir la Vérité ou l'unique vérité. Par contre, je peux comprendre que lorsque j'écris, il apparaît parfois un petit côté provoc/"j'ai raison" mais là il m'est difficile de le combattre. La vérité ne peut se définir que tous ensemble dans la mesure où un individu isolé n'existe pas, ets une fiction libérale. A t'on jamais vu un individu-substance capable de vivre seul? D'où vient le langage, la socialisation? Du collectif. Nous arrêterons la marche funèbre du monde quand nous le souhaiterons et je ne le ferais pas seul mais avec nombre d'entre nous car seul je ne suis rien. A chacun de se prendre en main, de dire stop et là nous engagerons un processus de transformation de la société (que j'espère radicale) mais je ne peux pas savoir ce qu'il en sera car il sera collectif.

Quant au politique ou à la politique, à mon sens ce n'est certainement pas s'occuper des Hommes qui l'occupent, les Hommes s'occuperont très bien d'eux-mêmes, c'est bien plus l'organisation de la cité par les Hommes pour les hommes. (Je ne rentre pas dans des définitions plus précises cela engendrerait des explications bien plus longues et transversales.) C'est en ce sens que l'humanitaire ne me paraît pas être une solution d'un grand apport. A mon sens, la première chose à faire est de renverser nos propres gouvernants (plus facile à dire qu'à faire car en face ils ont tous les moyens de coercition: policier, médiatique...) et de commencere à décider collectivement de quelle société nous voulons et à mon sens il y a une bonne majorité qui peut se dégager autour del'arrêt de la production des armes, de la fin de la bourse, lieu de tous les abus, d'un partage des richesses beaucoup plus juste qui prennent en compte les pays que le capitalisme appauvrit sans cesse et ça ne changera pas car pour exister il a un besoin sans fin de se développer, de faire du profit ( capitalisme : amasser du capital) forcément au détriment de personnes, j'en passe et des meilleures. Et apres seulement après nous pourrons peut-être aller aider des pays plus pauvres que nous et donner des leçons ou des exemples, gaspiller notre énergie à défaire quelquechose qui continue de grandir et de devenir beaucoup plus fort (dans la mesure où il arrive même à aspirer la critique) à mesure qu'il se reconstruit ne sert pas à grand chose.

La première lutte à mener elle est devant nous et pas à 10000 kms.

ciao

Le lien ne se fait peut être pas en direct car le w est accroché aux deux petits points.
"Politises tes inquiétudes, tu inquièteras les politiciens"
RO Rogerbarthas Globetrotter ·
La première lutte à mener elle est devant nous et pas à 10000 kms

bonjour milams, c'est toujours tres delicat de repondre à des post tres longs ou les idees foisonnent !je choisis donc un point.Qui te dit que creer une ASI en direction du Cambodge exclut d'autres formes de solidaritè ici? qui te dit que le capitalisme et ceux qui en subissent les effets ne se trouvent qu'au pas de notre porte? Pourquoi ne pas mondialiser les solidarites? Pourquoi penses tu que nous exportons TOUS nos modeles ? Que fait tu du role du syndicalime dans nos pays develloppes, des institutions sociales etc (de toutes ces choses "imparfaites " et qui ne sont qu'au plus embryonnaire dans les pays pauvres certes mais qui existent chez nous).Ne sommes nous pas dans un monde qui exige une mondialisation de la conscience! "ma conscience, c'est ce qui m'entoure" Marx 1848 mais aujourd'hui n'est ce pas le monde qui nous entoure? je pourrai continuer dans cette serie de question, chaque reponse critique ou pas devient alors discreminante !😉😉😉

A mon sens, la première chose à faire est de renverser nos propres gouvernants (

Les enfants que j'ai rencontre dans le cours d'un voyage manquaient de tout, je me suis adressé à des ONG pour qu'il y ait une prise en charge... ce n'etait pas leur objectif. Cela m'a revolté et depuis trois ans, j'ai mobilisè des energies pour le faire! Fallait il les laisser crever, laisser vendre les gamines dans des bordels etc etc Pour eux le probleme est quotidien et n'attends pas le grand jour (ou soir)! Ca aussi c'est discreminant ! un jour je suis tome sur une phrase que j'ai fait mienne: penser est facile, agir est difficile, agir slon sa propre pensee est ce qu'il y a de plus difficile au monde (Goeuthe), je veux bien admettre aujourd'hui qu'agir selon la pensee d'autrui est "encore plus difficile"! Cordialement
Roger
OT Otylia Regular ·
Je suis tout à fait d'accord avec vous. C'est en mondialisant les consciences que nous pourront accroître les actions en faveur des plus défavorisés. Nous unir, nous rendra plus fort pour combattre les injustices, où qu'elles se trouvent. Vous avez bien fait de créer une association pour suppléer aux carrences de l'Etat ; tout homme est citoyen du monde et contribue à forger celui-ci. Et laisser la situation se détiorer, sous prétexte que les gouvernants ne font rien, c'est entretenir le système. Une association permet de mobiliser toutes les bonnes volontés et permet un dialogue direct avec les populations locales. En les associant à toute action, l'organisme leur donne les moyens de recouvrer leurs droits et d'accéder à la liberté.
Donner, c'est recevoir deux fois
KO Korea Regular ·
Bonsoir,

Je te conseille de ne pas partir, mais de France de faire de l'éducation au développement et du relai de campagne, qlqs sites www.crid.asso.fr ou oxfam.

Cela te permettra d'être plus au courant des problématiques de développement et de te rendre compte que les gens se posent des questions, et que la plupart du jolie monde des ONG de Solidarité Internationale (humanitaires, développement, éducation au développement) réflechissent et sont conscients de la nécessité de changer les choses aussi ici.

Greg
« Si tu ne sais pas où tu vas, tu n'es pas prés d'y arriver » Proverbe Targui
MI Milams ·
Bonjour,

Il y a une différence entre réfléchir, avoir conscience et agir, mettre en oeuvre, en pratique. L'une des pires tares de nos sociétés contemporaines est de dissocier théorie et pratique, pensée et vie. Aujourd'hui, dès que vous dites que vous voulez changer les choses de manière radicale, transformer ce qui ne va pas et pour cela il faut forcément changer beaucoup car ce n'est pas avec un simple ajustement que l'on peut reprendre des années de dérèglement apathique et de règne de l'insignifiance.

Cette dissociation n'est pas nouvelle, elle trouve ses racines dans Platon et tous les philosophes qui ont parcouru les siècles sans véritablement s'en affranchir mais aujourd'hui c'est particulièrement prégnant, vous etes vite taxé d'utopistes, idéalistes, jeunes plein despoir mais tinquietes pas ca va changer avec l'âge, tu deviendras réaliste"!!! le réalisme c'est etre capable de mettre en oeuvre les moyens de la remise en cause de nos institutions et pas la sclérose généralisée.

De surcroît, je n'ai pas la prétention de faire de "l'éducation au développement" et encore moins des campagnes ( décidées par qui et pour quoi? )

a bientot

si tu sais ou tu vas, tu es déjà arrivé, ça ne sert alors à rien de partir...
"Politises tes inquiétudes, tu inquièteras les politiciens"

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