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Portraits d'Ouzbékistan English translation pending
by Yangguizi · 2007-05-17 · 78 replies
1. Un consul pas comme les autres

S'il est un voyage dont je rêvais depuis très longtemps, et que je n'avais eu de cesse de toujours remettre à plus tard, c'était bien celui-là. Ce rêve était encore plus ancien que mon attrait pour ma Chine, et ce dernier ne lui était d'ailleurs pas tellement étranger. Ca doit en fait remonter au superbe documentaire télévisé d'Haroun Tazieff "retour à Samarcande" qui doit dater du début des années 90. En m'intéressant à Samarcade, j'ai finalement été obligé de me documenter sur l'histoire de l'Asie Centrale, et, inévitablement, d'aborder celle des Mongols. C'est plus tard en visitant la biographie de Gengis Khan et l'histoire de son empire que j'ai été forcé de m'intéresser à la Chine et d'enfin de m'imprégner de ce milieu qui est aujourd'hui le mien. Il n'était donc que justice que je fasse physiquement le trajet inverse, et que de Chine, je rejoigne les villes mythiques de la jeune République d'Ouzbékistan.

La première étape fut de demander un visa ouzbèke. J'ai tout d'abord été étonné lorsque l'Ambassade de Pékin m'a donné un numéro de téléphone portable lorsque j'ai demandé comment joindre le consulat de Shanghai. J'ai appelé ledit numéro, et suis tombé sur un homme très accueillant qui m'a clairement expliqué les pièces à produire et la marche à suivre. Il m'a également suggéré de lui passer un coup de fil avant d'aller à son bureau, car il y est seul et est parfois en déplacement. Ce fut notamment un peu plus tard lorsque je l'ai appelé quannd il était en déplacement à Pékin. Lorsqu'il eut fini de me réexpliquer la marche à suivre à distance, il se laissa aller à un "merci de venir visiter notre pays", avec une voix émue qui traduisait autre chose qu'une simple formule de politesse. Charmante entrée en matière!

Je me suis rendu la semaine suivante à son bureau, situé dans une tour de bureau voisine du Bund et toute proche du consulat russe, et qui n'est en fait pas un consulat mais l'agence d'Ouzbekistan Airways qui a cessé d'opérer à Shanghai. La décoration n'a cependant pas changé, et le grand bureau vide et joliment décoré était toujours aux couleurs de la compagnie nationale. Tandis que j'entendais le consul s'entretenir en ouzbèke au téléphone, la secrétaire m'a invité à m'asseoir dans un confortable fauteuil d'où j'ai fauché quelques brochures touristiques et une carte du pays qui trainaient sur les étagères. Une fois sa conversation terminée, un grand gaillard au faciès centre-asiatique est venu m'accueillir et m'a fait rentrer dans la salle de réunion en me proposant du thé ou du café.

Il allait m'assister lors du remplissage du formulaire en commentant chaque case malgré la simplicité des questions posées. En fait il en profitait pour faire la conversation car, manifestment, il n'était pas débordé par son activité. Nous avons discuté un bon moment. Ca faisait un an qu'il était à Shanghai et c'est lui qui a ouvert ce bureau. La conversation était donc plutôt celle entre deux expatriés qu'entre un employé consulaire et un demandeur de visa. Puis nous avons discuté un petit moment des possibilités touristiques du pays, cartes et photos à l'appui, et c'est avec plaisir que j'ai répondu à ses questions sur la France.

En début de semaine suivante, sa secrétaire m'a téléphoné pour me dire que le visa était prêt et que je pouvais passer le prendre. Je suis donc retourné à son bureau le lendemain, et cette fois c'est en langue française que Monsieur le Consul est venu m'accueillir, en s'excusant du fait que je doive attendre une dizaine de minutes supplémentaires le temps qu'il prépare le visa et qu'il le colle sur mon passeport. Des excuses??? On croit rêver! Pendant ce temps-là, des ouzbeks déambulaient dans la salle d'accueil, en me saluant d'un geste de la main portée sur le coeur, à la manière des iraniens.

Le consul m'a finalement tendu mon passeport agrémenté d'un visa bleu et vert aux couleurs du pays, et en me demandant de lui téléphoner à mon retour d'Ouzbékistan pour que je lui raconte mon voyage!

Cette entrée en matière spectaculaire - tous les demandeurs de visa de par le monde savent à quel point l'arrogance et l'impolitesse du personnel consulaire de tous les postes diplomatiques de tous les pays peut atteindre des sommets - était un prélude au formidable accueil que ses compatriotes allaient me réserver un peu plus tard.

Quelques temps plus tard, j'ai reçu mes billets d'avion, et ai ressenti une émotion certaine en voyant le dernier arriver: Samarcande et mon nom figuraient dessus.
Hôtel Joy Kiris World English translation pending
by Sandram · 2007-05-15 · 40 replies
🙂 Bonjour,

Nous partons en famille (2 adultes + 1 enfant de 8 ans) au Paladien Kiris Wordl NF également appelé JOY kIRIS WORLD sur d'autres TO en Août. L'hôtel étant vendu en France depuis cette année, certains ont-ils séjourné ds cet hôtel et si oui quelles sont vos impressions ? Les commentaires que j'ai pu lire sur ce forum ont l'air encourageants mais j'aimerai avoir des infos "fraiches", comment sont les animations, la nourriture et les chambres ?

Le cadre a en tt cas l'air paradisiaque.

Merci de vos impressions.
Vivre en dictature... English translation pending
by Opai · 2007-05-14 · 610 replies
Lors de voyages j'ai eu l'occasion de rencontrer des personnes vivantes sous des régimes très durs. En Birmanie, en Syrie, en Egypte, en Iran, j'ai rencontré des personnes qui semblaient vivre malgré tout, n'ayant sans doute pas le choix ou n'ayant peut-être jamais rien connu d'autre. Il souffraient souvent plus de problèmes matériels que de problèmes politiques.

Les libertés réduites, un état policier, la presse contrôllée, internet filtré... Dans quelle mesure cela induit-il sur la qualité de vie des gens ?

En Egypte, un homme me disait que la démocratie, il s'en foutait. Pourvu qu'il ait à manger. En Syrie, un jeune me confiait qu'il comprenait les condamnations arbitraires de prisonniers politiques (même s'il s'agissait de son frère a-t-il dit), car c'était pour son bien, pour protéger son pays et donc, le protéger lui. Il n'y a qu'en Birmanie que j'ai senti tout le poids d'une junte à bout de souffle, prête à tout pour se maintenir.

En France un lorsque je racontais la situation que m'avais rapportée une bibliothéquaire de la ville d'Orange, une dame m'a dit : " Retirer certains livres d'une bibliothèque? Mais ce n'est pas si grave, je ne lis pas...". Si cela pouvait apporter une illusion d'ordre ou de sécurité...pas de problème!

Je suis malheureux de ne pouvoir me coucher sur les pelouses des parcs parisiens sans entendre immédiatement le sifflet d'un gardien, je suis choqué de ne pouvoir, si je le veux, rouler sans boucler ma ceinture et en assumer les conséquences, je me sens frustrer de ne pouvoir dire que l'Iran est un beau pays, plein de gens raffinés et éduqués sans qu'on m'accuse de complicité de terrorisme!!

En Iran, je peux me coucher dans l'herbe, en Syrie, si j'étais fumeur, je pourrai fumer partout... Des libertés bien petites par apport à la liberté d'expression, j'en ai conscience!

Je me pose donc ces questions, sans provocation aucune, en éspérant que vous m'aiderez dans ma réflexion :

Etre dans une dictature ne peut il pas apporter pour certains un mieux être? Se sentir protéger? Avoir un chef paternaliste qui s'occupe de tout? Etre doucement bercé, endormi par des discours populistes. Et tant pis si ça coûte quelques libertés ou si les autres trinquent (les opposants, les artistes non officiels, les étrangers...) .

L'homme peut il vivre sans étouffer, sans trop de frustration voir même être épanoui et heureux dans un régime non-démocratique?

Qui sait... Peut-être aurons nous une réponse empirique bientôt : la presse française cède à des pressions, les libertés se restreignent et mis à part mon agacement, je suis encore vivant, juste un peu énervé...

à suivre...
Jeu des photos (suite) English translation pending
by Anàssa · 2007-05-13 · 546 replies
Bonjour à tous,

Personne n'ayant eu la bonne idée de poster une photo, voici celle que je propose à votre sagacité.

Où est-ce ?
Traduction français-hindi English translation pending
by Ouglouk · 2007-05-11 · 53 replies
Bonjour à tous, nous partons ma femme et moi un petit mois au Rajasthan en aout et j'aimerai avoir la traduction d'une ou 2 petites phrases en hindi, notamment concernant la photo car j'ai remarqué que demander la permission de photographier dans la langue locale permettait une chouette prise de contact et était souvent apprécié. quelqu'un pourrait-il me traduire: "est-ce que je peux vous prendre en photo, s'il vous plait?" merci d'avance au traducteurs ;-) (en hindi et avec une phonétique française en + SVP) sinon dans un registre beaucoup plus pragmatique, des petites phrases comme: où peut on trouver :-un hotel -la station de train et également que dire pour refuser poliment toute offre commerciale, touristique lorsqu'on est solicité dans la rue, avec une formulation vraiment indienne (j'ai constaté qu'en chine, il était plus efficace d'utliser le vocabulaire de nos amis chinois plutot que de se perdre en confusion pour repousser toutes les offres, cela sonne un peu moins pigeon...(d'ailleurs comment on appelle un touriste pigeon en inde???)) Bon, je sais que le forum n'est pas un site de traduction, mais considerez au moins la 1ère (pour photographier), j'y tiens beaucoup, merci d'avance PS: la mousson en aout au Rajasthan...on y survit bien?? j'ai lu des choses si contradictoires sur le forum ou dans les guides...
Picnic à Lyon et randonnée dans les Alpes les 22, 23 et 24 juin 2007 English translation pending
by Lolodesiles · 2007-05-10 · 357 replies
Que diriez-vous de nous retrouver, le vendredi 22 juin au soir, autour d'un pique-nique dans Lyon, puis, pour ceux qui le souhaitent, de poursuivre le samedi et le dimanche par une rando en montagne, au dessus de Grenoble? 🙂

Vendredi 22 juin à partir de 19h Rendez-vous au Parc Naturel de la Feyssine, au dessus du campus de la Doua. Amenez votre pique-nique et tout ce que vous voulez: photos, dessins, projets, musique, ... et n'oubliez pas de vous inscrire par message public à la suite de cette discussion (ainsi on sait qui vient!).

Accès facile depuis le centre de Lyon: tramway: arrêt IUT Feyssine vélo: plusieurs bornes Velov autour du campus voiture: stationnement facile à l'entrée du parc ou dans le campus. train: gare Part Dieu puis tramway direct direction IUT Feyssine

Lieu de Rendez-vous au bord de l'eau, à côté de l'Ile aux Castors:



(plan univ-lyon1.fr)

Samedi 23 juin et dimanche 24 juin

Prenez votre tente (tente de rando, donc légère, si vous en avez une), vos chaussures de rando, votre duvet, votre bouffe pour le samedi midi, samedi soir, dimanche matin et dimanche midi, direction le massif de Belledonne. Nous monterons samedi après-midi au Lac de la Coche (600m de dénivelé, voir le topo de la rando) et nous camperons au bord du lac le soir.

(photo montagne.plisson.org)

Le lendemain, certains pourront causer au bord du lac, d'autres rayonner autour (plusieurs randos possibles dans le coin, suggestions bienvenues), puis redescendre dans l'après-midi.

Vu qu'on se sera certainement couchés un peu tard le vendredi 😉 RDV le samedi à 9h45 sur le parking de Décathlon St Priest. Pour ceux qui ne partiraient pas de Lyon, RDV à Prabert (38) en fin de matinée. Je pense qu'on prendra le repas de midi avant de s'attaquer à la montée.

Pour s'inscrire, il suffit d'envoyer un message public à la suite de cette discussion, en précisant le cas échéant si vous avez une tente de rando (combien de places) et une voiture (combien de places).

Espérons que nous ayons le même temps que l'an dernier à Dieulefit, même sans piscine... mais y'a le lac 😛
Conseils pour recherche de logement à Bangkok English translation pending
by Totoro86 · 2007-05-07 · 40 replies
Bonjour a tous,

je suis en fin de negociation pour un stage a Bangkok pour les mois d'Aout-septembre. Je recherche donc un studio a bangkok pas trop cher. Qqqun pourrait me donner des conseils? Comment trouver un logement? Je vis a Paris et je ne suis jamais aller en Thailande. Je suis une fille donc je ne veux aps de quartier glauque.

Merci d'avance
Flashback: Shivaratri en 2006 (Inde) English translation pending
by Mahadeva45 · 2007-04-23 · 5 replies
Omkareswar, 2006 Cette ile me fascine..Apres un mois à découvrir le Gujarat et redécouvrir le Rajasthan, la Shivaratri approche.. Et pour vivre cette fête, quel meilleur endroit que ce village sacré? C'est une petite île en forme de OM, située sur la Narmada, une rivière sacrée; non seulement elle est en forme de OM, mais en plus se trouve sur cette île un des douze "jotirlingams", les douze lingams naturels.. le lingam étant la représentation physique de l'énergie de Shiva, ce lieu est donc deux fois sacré.. Om shanti shanti shanti.. Comme un signe du ciel, ce Ganesh offert par un pèlerin sur la route d'Omkar, dans le bus..et une fois arrivé, la Ganesh Guesthouse.. Tres tranquille..

Une bonne douche, une sieste (apres 9 heures de bus, j'ai le dos légèrement en compote); et le soir tombe sur Omkar, au son des mantras diffusés par haut parleurs du haut des toits des temple, et le village tellement animé! La Shivaratri a commencé, de ce soir a demain soir, j'ai pu voir le lingam, faire la puja, beaucoup moins aggressive qu'à Pushkar- mais je crois plutot que cette fois c'etait moi qui étais pret à la faire, je me suis laissé alpaguer tellement docilement.. C'était fou, le temple s'étale sur trois étages, on a l'impression que la rue rentre dans le temple tellement il est grand; des autels partouts, et le fameux lingam..à peine le temps de verser du lait dessus, des fleurs, de la toucher, et au suivant! faut dire qu'il y a beaucoup de monde!

Les pèlerins dorment partout Sur les ghats, par terre, sur les toits des dharamsalas; sur des nattes, trois bouts de toile pour toit; ils viennent des alentours, Indore principalement, mais il y a aussi des gens de Bombay, Delhi, Calcutta..des feux s'allument un peu partout, les femmes chantent, les enfants jouent dans une atmosphère détendue mais ou se laisse percevoir une légère électricité..Tout le village n'est plus qu'un immense campement.. La musique s'accélère, le mantra "om namah Shivaya" est répété en boucle pendant des heures, des chants de louanges également.. Ce soir je ne dormirais pas, c'est tellement beau! Vraiment ce village dégage quelquechose de mystique; plus petit que ce à quoi je m'attendai, mais plus joli aussi, et les maisons sur l'île peintes de couleurs bleues et vertes pastels Ici, les gamins ne m'abordent pas du "Hello" ou "Namastey" habituel; tous saluent du "Hari Om"..

le lendemain

Attention! il va falloir penser à ne pas manger aujourdhui!

-en direct de la Shivratri, Omkareswar, Madhya Pradesh -et bien oui Sita, il semblerait que la ville soit restée éveillée toute la nuit au son des chants dévotionnels, cloches, conques, tambours.. inutile de rappeler que c'est l'un des lieux qui, proportionnellement à sa taille, acceuille le plus de pèlerins à cette occasion.. -Tout à fait Ramesh; rappelons que cette île en forme de OM abrite l'un des douze Jyotirlingams, énergie matérialisée de Shiva, aussi n'est-ce pas étonnant de voir débarquer autant de monde.. des milliers de gens affluent depuis trois jours, et ça continue; -soulignons, Sita, que tout a été mis en place pour acceuillir ce flot: un dispositif de barrières pour canaliser l'accès au pont, et diriger la foule; les toits des dharamsalas ouverts à tous, quant aux policiers, malgré une tension compréhensible (200 000 pèlerins pour un village de 5000 habitants) et quelques claques à droite à gauche, on ne peut leur reprocher que leur zèle.. -Et oui Ramesh, le village se prépae depuis un mois pour cet évènement; c'est compréhensible lorsqu'on sait que la moitié des profits annuels de ce village sont réalisés en cette seule journée...marchands de fleurs, de prasads, colliers, lingams, statues, tatoueurs, tchai-wallah, dhaba-wallah, tout le monde y trouve son compte.. -Sans oublier les brahmanes, Sita; dans le temple principal, ils sont au minimum deux par autel (des autels il y en a des dizaines: pour Ganesh, Nandi, Kali, Parvati, Hanuman, Narmada...)et ce matin pour la première puja, leurs assiettes débordaient déjà de roupies, en pièces et en billet..aujourdhui on ne compte pas! -On ne compte pas, Ramesh, car c'est le jour consacré au Seigneur; mais je voudrais soulever une question sur un phénomène culturel que je ne comprends pas: on vient des quatres coins du pays pour faire ses offrandes au lingam naturel, expression physique de l'unité sexuelle masculin/féminin (Shiva/Shakti) de Shiva, et par extension, de toute chose; ce qui m'amène à poser cette question: comment se fait-il que le sexe soit autant tabou dans un pays ou le lingam est vénéré partout? -Hé bien, Sita, de la part d'une femme cette question pourrait paraitre déplacée; toutefois elle n'est pas illégitime; je pense qu'il serait bon d'obtenir un éclairage extérieur en demandant leur avis aux nombreux occidentaux venus pour l'occasion: "Excuse me sir, what do you think of relation between lingam symbolism and sexuality in India? -"I don't care, i'm from Israel" -Peut importe, Ramesh; pour ma part je pense que les gens ne font pas attention au symbole sexuel, mais plutot à la presence divine; dont l'union du féminin et du masculin n'est qu'un des aspects..mais nous n'avons plus le temps pour cette question, nous l'aborderons la prochaine fois. en direct de la shivaratri mela, Omkareswar

LA RELIGION EST UNE FETE une fete immense, l'amour déborde de chaque coeur, exubérant chant de liberté; dans la dévotion à son dieu, le fidèle remplit la coupe de l'Union. Les enfants crient de tout les cotés, courent, rient, se baignent et se rejouissent; les parents se font beaux, parfois solennellement, parfois plus "souples" ; les femmes mettent leurs plus beaux saris, et des fillettes de trois quatre ans, pieds nus, incarnations de Shiva shankar, déambulent avec à la main une assiette d'argent et une bougie et s'arretent devant moi, les yeux grands ouverts, "Hari OM" de leur petite voix.. je reste bouche bée devant ces apparitions; un indien passe, leur touche les pieds, passe ses mains au dessus de la flamme avant de les ramener à son visage, et laisse une roupie en repartant.. Sur les ghats, les familles s'amusent; on y mange, on y prie, on fait la lessive et on joue; la diversité de l'Inde est là, jusqu'à ces gujarati de Dwarka avec leurs anneaux-toupies dans le nez; des rajpoutes et leurs turbans colorés; bombay, Hyderabad, Calcutta, Delhi, Bhopal, Indore.. 200 000 personnes qui se pressent dans un débordement de couleurs.. LA RELIGION EST UN BUSINESS Plus tard dans la hutte d'un sadhu, un vieil hommes aux lunettes épaisses Sa hutte: une dalle de pierre, un toit de chaume, lisse et propre, 10 m2, rien par terre mais le nécessaire pour la cuisine ainsi qu'une natte accroché au mur; dehors, une terrasse naturelle qui donne sur la Narmada et le barrage démoniaque qui veut l'assécher.. Apres un tchai et une conversation a batons rompus sur ce barrage arrive un pandit; il se met a sortir de son vetement des liasses de billets, deux, trois, quatre! Si c'est ça sa reçette du jour, c'est bon plan d'etre pandit! arrivent alors d'autres gens; je ne parle pas hindi, donc je me retire; mais le sadhu me retient, et me donne une noix de coco; je descendrai la casser sur les ghats en offrande à la Narmada; sur le chemin du retour, je me retourne, je le vois debout, au dessus de moi, sur le surplomb; il lève ses mains et me lançe un puissant "hari OM!" En haut des escaliers qui mènent au sommet de l'île, un tres vieux temples, sur trois étages lui aussi, un lingam par étage, des cabanes de sadhus et de pelerins partout, un chemin-du-pays-d'oz qui mène à la sangam (la ou la riviere se retrouve), des mendiants, juste une image de shiva et un plateau, des singes, des anes, des babas, des ashrams..et tout ça dans une foret hivernale, sous un soleil de plomb! Des gens super surpris de voir un blanc; Les regards fiers des femmes... Des israeliens, dont certains que je n'ai jamais vus quitter la guesthouse, fumant shilom sur shilom dans l'hotel; une jeune qui sort tout les matins en minishorts sous les regards choqués de la maitresse de maison, et ceux, lubriques, du personnel ravi de l'aubaine;* un vieux baba français un peu perdu, habillé en violet, qui ne parle pas un mot d'hindi et ne fait que cracher sur les indiens; un autre baba indien, un "natbaba", tres posé, humble, qui sort avec une française déjantée; une allumée mystique belge sur le point de craquer nerveusement et une anglaise qui doit etre rapatriée apres une crise d'hystérie panique face à la foule..(ben oui c'est pas goa..)

Bah, il faut apprendre à ne pas se laisser déborder; j'avoue que la première fois, deux ans auparavant, le début a été difficile; meme là, tout le monde veut savoir qui c'est ce blanc, d'ou il vient, comment il s'appelle, quel est son métier, s'il est marié, pourquoi il est pas marié (loll), s'il a une petite amie, s'il aime le tchai, pourquoi il vient à Omkar, s'il connait quelquechose ou si c'est juste un bouffon? s'il veut manger quelquechose, boire quelquechose, visiter la maison, voir les enfants d'untel ou le village d'untel, et combien ça fait un euro en roupies?

Apres une journée éprouvante, la nuit retour au temple dans une procession dense, animée, surexcitée..tout le monde est mouillé car pour cette visite, il faut y aller avec de l'eau de la Narmada..deux heures pour faire deux cents metres, deux heures pour revenir au fameux lingams; les chants et mantras reprennent, plus entetants que jamais, et une légère sensation d'engourdissement, d'hypnoser.. Une nuit à écouter les chants, a rencontrer des dizaines de gens, et au matin la tete qui tourne...

quelques heures apres, je me reveille de ma courte nuit pour m'apercevoir que le village est vide... tout le monde est parti, aussi vite qu'ils sont arrivés..sur l'ile des bulldozers ont détruits l'artere menant au temple, pour l'élargir en vue des projets de développements de l'état MP; le rythme langoureux de l'Inde rurale reprend ses droits..

Omkar, L'ile aux mysteres, l'île de Shiva maitre des illusions; Maya est nue, les arbres sont morts Mais Shakti n'attends qu'un signe de son amant pour se reveiller; Et peu importe ce putain de barrage de merde (qui risque de faire perdre son caractere sacré à l"ile) ce que je cherchais en Inde, je l'ai un peu trouvé ce jour saint.. Tout existe dans OM..

Tout existe, meme ces culs de jattes, ces éclopés, ces vieilles mendiantes alignées l'une apres l'autre sur deux cents metres, mendiant des poignées de lentilles; ces familles qui vivent dans des trous sous le pont, ces fillettes-puja; Tout existe, des regards noirs, crasseux, ignorants et souriants, aux regards clairs et propres, cultivés mais méprisants; Tout existe, et les pauvres donnent aux pauvres...

et la belge allumée, lors d'une baignade dans la Narmada en compagnie d'un pote japonais: "qu'est-ce que tu penses de Shiva?" je n'ai pas su lui répondre, et je trouvais la question trop personnelle; le soir je connaissais ma réponse:

"Shiva, c'est cette rivière qui rejoint la mer, le cycle sans fin de l'eau Shiva, c'est le soleil qui provoque la secheresse Mais fait croitre les plantes; Le mouvement des saisons, du jour et de la nuit; Shiva, c'est soudain le chant d'un oiseau qui interromps le cours de tes pensées; Le rocher sur lequel tu trébuches, te rendant attentif Shiva le grand destructeur, n'a de but que de détruire l'égo Nataraja par sa danse cosmique distrait Maya, et l'illusion s'efface"
Rencontre à Paris sur le thème de la Russie samedi midi 21 avril 2007 English translation pending
by Tortuegeante · 2007-03-30 · 52 replies
🙂 Bonjour a tous,

pour les passionnés de Russie et ceux qui veulent découvrir ce pays fascinant, j organise une réunion au resto le samedi 21 avril à 12H00 à PARIS.

Je projete de reserver dans un resto russe chaleureux et très abordable "la gaite cosaque" dans le 17 metro place de clichy. Ce resto est ouvert de 12 à 15h le samedi, les premiers menus sont à 9.5 11 euros et la capacité est de 50 places. La patronne m a demande de reserver une semaine à l avance.

Si vous souhaitez vous joindre à nous, merci de me préciser avant le lundi 16 AVRIL si vous venez: sur/PEUT ETRE/accompagne+nombre de personnes.

Au plaisir de vous rencontrer 😎 Sophie
Pèlerinage épique à Parasnath, Jharkhand (Inde) English translation pending
by ValeTudo · 2007-03-26 · 4 replies
Je quitte Gaya aux aurores pour me rendre a Parasnath, une destination un peu mysterieuse, hors des sentiers battus, a propos de laquelle le Lonely Planet ne fournit que des informations extremement succintes (a peine une demi-colonne), mais tres allechantes. C’est ici que 23 des 24 divinites (trithankar) du pantheon jain ont atteint le nirvana, dont Parasnath, a l’age de 100 ans. Voila qui en fait le plus grand lieu de pelerinage jain « au monde » (comme les jains aiment formuler la chose). La ville se trouve dans l’etat du Jharkhand, qui est tres peu frequente des touristes et parfois agite par des troubles lies aux mouvements naxalistes ou maoistes. Meme si le guide met un peu en garde (pour eviter toute critique j’imagine), a priori rien a craindre pour moi puisque les attaques armees et actes de violence ne visent que le pouvoir (police, armee, etc). Pas grand chose sur Internet, hormis la meme soupe redigee dans un anglais approximatif, et aucune mention dans les grands forums consacres au voyage que sont ceux du Routard, de Lonely Planet ou de Voyage Forum. Bref, un petit-gout d’aventure qui me plait bien, avec a la cle une jolie petite randonnee, des temples et un panorama apparemment sublime au point culminant de l’etat, Parasnath Hill (1 355 metres). Je quitte donc Bodhgaya aux aurores, et rejoindrai la gare de Gaya au terme d’un trajet en tempo encore plus intense qu’a l’aller, puisque nous serons pas moins de 17 a y trouver place, ce qui depasse les limites de la science fiction la plus delirante. C’est folklo, evidemment, et encore une fois, c’est incroyable comme ca tape dur dans les rues defoncees de Gaya. Une fois a la gare, je prends un billet « wagon a bestiaux » (prosaiquement appele general compartment) pour 48 roupies. Prevu a 9h05, le train arrive avec une heure de retard, ce qui reste raisonnable. C’est evidemment une lutte de haut vol pour monter a bord et trouver un semblant d’espace ou me planter (s’asseoir etant un luxe impensable, les bancs en fer et bois prevus pour 3-4 personnes accueillant deja tous 6 ou 7 passagers). Les aller-et-venues incessantes des vendeurs ambulants ne font que compliquer les choses, vu comme le wagon est deja plein a craquer. Mais je reste zen, j’ai choisi d’etre la, apres tout, moi le nanti qui ai les moyens de voyager en premiere classe. J’observe longuement les passagers, les vendeurs. Quelles vies ils ont...Je suis toujours sidere de les voir reussir a dormir comme des masses dans le vacarme, l’inconfort, entasses, la tete appuyee contre des montants en acier, les fesses et le dos contre du bois dur. Un vendeur passe, avec dans sa corbeille un aliment inconnu. Des boules marron, de la taille d’une balle de golf, recouvertes de quelques graines de sesame. Sucre ? Sale ? Bah, a quatre roupies les deux, je ne vais pas risquer grand chose ! Le premier contact est deplaisant, avec un gout ecoeurant de vieille friture mal egouttee. Et puis, viens la pate, encore un peu tiede, avec en plus le sesame...humm...ce bon p’tit gout de miel ! C’est sacrement bon ! Et je ne suis pas le seul a le penser, puisque tout le compartiment, la bouche encore pleine, en redemande. C’est presque l’emeute a bord ! De partout, des billets et des pieces sont tendus. Donne-moi en deux de plus ! J’en prends un kilo ! Des billets de 10 et de 50 roupies dans une main, sa vieille balance dans l’autre, notre pauvre vendeur est deborde, et en seulement trois compartiment – meme pas un wagon – il ecoulera le contenu d’un grand panier pourtant dodu. « Nassa », ou un truc comme ca, que ca s’appelait. Vers 12h30, j’arrive enfin a la petite gare de Parasnath, soulage de pouvoir enfin bouger mes gambettes. Je dois a present me rendre a Madhuban, point de depart pour l’ascension de la colline sacree, ou je souhaite loger. A la gare, zero bus. Ah ben, ca commence bien. Personne ne parle vraiment anglais. A la gare ferroviaire, on m’explique qu’il n’y a effectivement aucun bus aujourd’hui, et depuis 3-4 jours apparemment. Et puis on me parle du gouvernement de l’etat (communiste). Gloups, la communication est difficile. Un type me propose de me conduire a Madhuban, moyennant 300 roupies. A ce prix-la, je peux surement me loger ici et decouvrir la ville, alors autant faire contre mauvaise fortune bon coeur, d’autant que ce n’est pas aujourd’hui que je pourrai gravir la montagne. En fait, la station s’appelle Parasnath, mais je suis a Izri, aussi appelee Izri Bazar. Parasnath se trouve semble-t-il sur la colline eponyme, au pied de laquelle est nichee Madhuban, le point de depart des pelerins jains. Je descends la rue de la gare a la recherche d’un hotel, et demande tout de meme confirmation a un pharmacien quant a cette histoire de bus. Il ne parle pas non plus anglais, et me dit de m’adresser dans la ruelle juste en face. Un homme se tient a la grille. Difficilement, il me confirme qu’il n’y a pas de bus, et me fait rentrer dans la cour. Vous allez dormir ici, me dit-il, et prendrez le bus demain aux aurores. Je suis en fait dans une dharamsala, une auberge pour pelerins. La chambre est a 100 roupies, mais je dois faire un don. Il me dit de lui donner 200. Je m’execute, car je me doute bien que l’hebergement est une denree rare dans le coin (effectivement, je n’ai pas vu d’hotel par la suite). Une chambre basique, mais spacieuse. Ca ne vaut certainement pas 200 roupies, mais ca fera l’affaire pour la nuit. Je prends une douche et m’allonge pour une sieste. C’est un delice, et je suis sur le point de m’endormir quand on tambourine a ma porte. C’est Nirmal Kumar Jain, le gerant qui m’avait accueilli. Il s’inscruste, et je ne comprends pas bien ce qu’il veut. Au bout d’un moment, je realise qu’il me parle de sous-vetements. Quel type je porte ? Ben, euh, des slips, la. Il veut voir. Refus polis, il insiste, et je lui montre un bout, pudique que je suis. Je ne sais comment, je me retrouve a lui deballer mon maigre stock de slips. Il est tres interesse. Elastic band ! Oh, verrry good, verrry comforrrtable ! Euh, oui, c’est ca, mon vieux. Bon, ca suffit, tu me rends mes slips, maintenant. Avec quelques difficultes, je reussis a m’en debarasser. Je pars en balade. C’est tres calme, ici. Personne ne m’aborde, ne cherche a me vendre quelque chose, ne vient mendier. Pas d’auto-rickshaws, juste quelques rares rickshaws assoupis. Les gens ont l’air un peu sideres de me voir. Je descends la rue de la gare, qui rejoint une nationale. Hop, je parcours quelques centaines de metres sur la droite, reviens sur mes pas, puis file ensuite longuement vers l’est. Ce sont principalement des camions de marchandises qui empruntent cette route, et donc autant de boutiques qui leur sont consacrees, ainsi qu’aux accessoires auto. Bref, rien de passionnant a voir ou a faire, mais il fait tres bon, la lumiere est superbe, et le traffic etant fluide, je profite des oiseaux et de l’ambiance un peu rurale. Je sirote un Pepsi dans une petite boutique, mange quelques samossas a l’ombre d’un arbre, tandis que l’on m’observe longuement depuis les echoppes de l’autre cote de la route. A la sortie de la ville, au terme d’un long faux-plat, la vue est degagee, et je decouvre au loin, noyee dans la brume de chaleur, Parasnath Hill. On apercoit meme le temple principal, petite tache blanche au sommet de la crete. Je rentre a deux a l’heure, et fais mon marche : concombres, tomates et un petit paquet de pain de mie, pour un pique-nique en chambre ce soir. J’occuperai ma soiree a ecrire, lire, et a preparer mon repas dans ma cuisine improvisee, une chaise de camping. Accessoirement, je m’occupe en chassant des dizaines de moustiques, et attends parfois que le courant revienne. A 21h30, on tocque a ma porte. Et merde, c’est Nirmal Kumar qui s’incruste. Il me reparle des slips. Un peu plus loin dans la conversation, voyant que j’ai des poils sous les bras, il m’apprend qu’ici on se rase, idem pour le pubis. Je lui explique que chez moi ce n’est pas le cas. Il veut voir…Je commence a le trouver louche…Un peu plus loin, il me relance. Bon, je manœuvre pour le mettre dehors, il me dit qu’il va me donner son adresse pour que je puisse lui envoyer un colis avec deux slips ! Hein, euh, oui, c’est ca, d’accord (bon, allez, degage maintenant).Et la, notre ami, debordant d’affection, me serre la main, me prend dans ses bras…et commence a m’embrasser les joues bizarrement en me serrant contre lui ! Je le repousse poliment, quoique difficilement, plutot gene. Allez, au revoir. Et voilà qu’il remet ca ! Et il a cherche a m’embrasser pour de vrai, j’en suis quasiment sur ! Et moi qui tournais sans cesse la tete de droite a gauche, ne sachant pas comment gerer la situation, vous auriez du me voir ! J’ai ete totalement pris au depourvu ! La porte fermee, je m’asseois sur le lit, totalement abasourdi par ce qui vient de se passer. Et dix minutes plus tard, voilà qu’il revient. Et il tambourine, en plus ! Je lui laisse juste le temps de me laisser sa carte de visite pour faire bonne figure, et lui souhaite bonne nuit. Vlan, je ferme la porte a double tour. Hallucinant… Le reveil, a 5h10, est plutot violent le lendemain matin. Je souhaite en effet ne prendre aucun risque et ne pas rater le bus de 6 heures. Je prevois large, et sors dans la rue a 5h45. Il fait presque jour, et quelques personnes attendent deja.Un homme m’aborde et me demande ou je vais. Il me repond que lui aussi veut aller a Madhuban, ou il travaille, mais qu’il n’y a pas de bus, seulement des vehicules prives (des mini-vans en general), que l’on doit partager. Vu comment il marmonne avec certains chauffeurs, je sens encore l’arnaque. Je me rends a la gare routiere/ferroviaire. On me confirme qu’il n’y a pas de bus, et on me propose de me conduire pour 300 roupies. Seul un gars me baragouine qu’un bus part a 8h direction Madhuban. J’ai un peu les boules, et il n’est que 6h15…Personne ne parle anglais, pas moyen d’avoir des informations fiables et coherentes, et les vautours planent autour de moi avec leurs taxis. Un peu stressant. Je decide d’attendre, voir ce qui se passe, jusqu'à 8h s’il le faut. Il y a plein de jeeps et de voitures avec chauffeur garees juste devant moi, ca doit bien etre pour quelque chose ! A chaque train qui s’arrete en gare, c’est l’espoir que des passagers arrivent et constituent un equipage, pour reduire le cout de la jeep. En vain. Les gens s’entassent a 15 dans un vehicule, mais toujours direction Giridih. J’attends, en me disant qu’au pire, je peux chopper le train de 9h ou de 11h direction Calcutta. Je me pose pour boire un chai, et 5 minutes plus tard un mini-van quasiment plein s’arrete a ma hauteur. Et hop, pour 50 roupettes, je file sur Madhuban. C’est le double du bus, mais serait-il jamais passe ? Je suis installe a l’avant, le levier de vitesse entre les jambes. A chaque changement de rapport – entre mes cuisses – je ne peux m’empecher de de repenser a l’incident de la veille. La route est tres jolie. Un paysage rural, bucolique, calme. C’est pauvre, evidemment, mais pas cette misere noire, crasseuse, brutale comme on peut voir partout ailleurs, surtout dans les villes. La lenteur du vehicule rend la balade encore plus plaisante. Arrivee a Madhuban vers 8h15 environ. Je demande au chauffeur ou se trouve la tourist lodge qu’evoque le Lonely Planet. Il me dit de laisser tomber, et de loger dans l’etablissement devant lequel nous venons de nous garer. Une dharamsala jaine, allons jeter un coup d’œil. On accepte de m’accueillir pour une nuit, apparemment gratuitement. Ma chambre est sinistre. Une grande piece haute de plafond, aux murs noircis, qui sent l’humidite. Plein de moustiques, evidemment, les volets de bois restant toujours clos. Bon, ben ca ira pour la nuit, hein. Je remonte la rue principale de cette tranquille bourgade et reserve un billet de train pour le lendemain, un bureau d’Indian Railways etant installe en haut de la rue. Vu le logement, je me vois mal rester tres longtemps. A Izri Bazar, j’avais eu du mal a trouver de l’eau minerale, alors je charge lourdement mon sac. Pas question de refaire la meme erreur qu’a Girnar Hill (Junagadh, Gujarat). Je debute l’ascension vers 9h30. La montee est douce, sur un chemin de beton qui serpente a travers une foret luxuriante. De beaux arbres, quelques lianes. Quel silence ! Rien que le chant des oiseaux, parfois les cris de quelques singes. Je suis seul, c’est un delice. De temps en temps, quelques huttes ou l’on peut se reposer. Certaines sont habitees, et l’on y vend boissons et biscuits, parfois du chai. Au detour d’un espece de hameau de huttes sans eau ni electricite, un gros arbre, sous lequel des ecoliers, mains jointes, chantent ce qui ressemble a un hymne. Une ecole du bout du monde. Je croise quelques pelerins qui redescendent, mais tres peu. Il commence a faire chaud. Heureusement, le chemin offre une majorite de passages ombrages. Sur les versants opposes des collines alentours, des arbres en fleur ornent les massifs de quelques jolies touches de blanc et de violet. Ce sont a present des marches qu’il faut gravir, pendant les trois derniers kilometres. Je commence a fatiguer. Tout du long, le calme, et pas du tout de harcelement, de la part d’aucun des rares vendeurs ou mendiants installes le long du chemin. Juste des regards un peu meduses. Non loin du sommet, je rejoins le chemin qui dessert les 23 autres temples. Je passe devant une bonne partie d’entre eux, sortes de mini-chapelles ou autels sans interet notable sur le plan architectural ou artistique. A cet endroit, debouche l’autre voie d’acces, qui vient du sud, celle-ci. Soudain, du monde. Des porteurs, de nombreux pelerins. Ca fait drole, de voir du monde, apres quelque deux heures tout seul dans la foret ! Mais la encore, personne pour vous sauter dessus, vous vendre quelque chose, vous harceler de questions. A peine une ou deux personnes, tres gentilles, qui se contenteront de dire bonjour et de demander d’ou je viens. C’est tres agreable, et si rare, ici. Je suis alors une sorte de crete, depourvue de vegetation, mais constellee de superbes roches. Une courte descente, et me voilà au pied de la derniere montee, 200 metres a peine. Dans cette cuvette, une atmosphere sympathique, quelques gargottes installees sous des cabanes en bois et baches, ou les familles se desalterent en avalant quelques pakoras (beignets de legumes). Je me dechausse, et gravis les dernieres marches qui menent au temple de Parasnath. La encore, c’est bien plus l’ascension et le superbe panorama qui retiennent l’attention, que le temple en lui-meme, tres sobre et depouille a l’exterieur comme a l’interieur. Apres presque 3 heures d’ascension, me voila arrive. Je m’installe dans un coin, parmi les fideles, et ecris mon journal, en observant de temps en temps. Un brouhaha continu s’eleve et resonne sous la coupole. Priere declamees a haute voix se melangent aux chants enjoues d’un groupe d’adolescentes installees dans le fond. Les gens sont assis en tailleur, face a de petits pupitres. Ils prient, lisent des textes sacres, manipulent noix de coco et petits tas de riz avec lesquels ils realisent des motifs. D’autres se succedent devant un petit autel de marbre decore de guirlandes et coiffe d’un petit drapeau safran frappe d’une swastika. Dans la niche principale, une plaque de pierre noire, rectangulaire, comportant deux empreintes de pieds, en bas relief. Un pretre depose une goutte de liquide sur mon front. Un jeune etudiant rencontre peu avant depose quant a lui quelques gouttes d’eau benite sur mes doigts (car mes mains sont sales), et m’invite a m’humecter les paupieres et la nuque. Il m’avait auparavant donne une poignee de riz et une petite pierre, que j’avais deposees dans une grande coupelle devant l’autel. Nous descendons sous le temple, dans une sorte de chapelle etroite et sombre. Nous prenons place sur des nattes, face a un roc dans lequel est taille un autel. Le plafond est bas et noirci, mais comme eclaire par une douzaine de plaques dorees, devant lesquelles l’autel est place. Mon ami saisit l’un des exemplaires du livre saint jain, recite quelques prieres, et medite quelques minutes. Je file vers d’autres temples, sur la crete. Contraitement aux temples de Palitana, aucun d’entre eux ne comporte de statue, c’est pourquoi il est permis de photographier j’imagine. Tous comportent par contre ces plaques de pierre blanche ou noire dans laquelle est taillee l’empreinte de deux pas. Il est 15h30. Apres avoir profite une derniere fois du splendide panorama (et de l’apic parfois vertigineux), je commence la descente vers Madhuban, loin, tres loin tout en bas. Il fait tres bon, une legere brise me rafraichit, et la lumiere est splendide sur les massifs boises. Le calme absolu. La terre est rouge chaud, parfois noire et grasse. Je dis au revoir aux gros rochers noirs et rentre dans la foret. Les arbres ont une couleur splendide, un beau marron qui se fond avec celui de la terre. Je me pose a l’ombre sur un banc artisanal, un tronc fendu dans le sens de la longueur. Tout le long du chemin, de nombreux mendiants, probablement les habitants de la foret, les occupants de ces cabanes de bois et de toile. Certains sont atteints de malformations, d’autres semblent avoir la lepre. Tous vivent dans des conditions moyenageuses, sans electricite ni eau courante. Dans leurs gamelles posees a leurs pieds nus et uses, ravages par les crevasses, un peu de riz et quelques piecettes donnees par les pelerins. Vers la fin de la descente, j’entends des voix, et apercois de nombreux pelerins arrivant d’un chemin a gauche. La descente plus « classique », alors que je me suis contente de prendre le meme chemin qu’a l’aller, pour ne pas prendre de risques et etre sur d’atterir a Madhuban. Ca me va tres bien, car c’est si beau qu’on ne se lasse pas, et j’ai vraiment ete tranquille, seul avec la nature. Au terme d’une heure cinquante d’une descente qui m’aura meurtri les orteils et les genoux, j’arrive enfin au village. Je suis epuise, apres ces quelques 22 kilometres dans la montagne (9 kilometres pour monter, 9 pour descendre, plus quelques aller-et-venues). Je ne peux qu’etre admiratif devant les pelerins, qui font la boucle complete, soit 27 km, et tout ca pieds nus sur le beton brulant, irregulier et constelle de petits cailloux, brindilles ou autres bricoles desagreables. Beaucoup de temples jains ici, evidemment, ainsi que deux musees. Des la sortie de la foret, en rentrant dans le village, deux temples au style plus contemporain, grosses structures de beton assez hideuses, il faut reconnaître. Totalement ereinte, je regagne ma cellule, apres avoir decline une invitation a me rendre au refectoire. J’ai vraiment besoin d’une douche, la ! Et elle sera delicieuse…(je precise qu’on se lave au seau, puisque comme souvent il n’y a pas a proprement parler de « douche », juste un robinet et un seau). Propre comme un sou neuf, je sors me balader en ville. Ou plutot dans l’artere principale, les quelques rues laterales ne semblant pas etre interessantes et etant surtout tres mal eclairees. La encore, je peux me balader comme un indien lambda, tranquille. Je fais vite le tour : des boutiques de saris a profusion, quelques points telephone, une poignee de boutiques de souvenirs, et une demie-douzaine d’epiceries. Mais pas de restaurant, a l’exception de quelques trucs a cote desquels une dhaba passe pour un resto cinq etoiles. Je me resouds a me nourrir d’un paquet de crackers sales, apres avoir seulement avale un minuscule paquet de gateaux dans la matinee. Plus tot, en regagnant ma chambre pour me doucher, j’avais trouve ma porte dotee d’un second cadenas, en plus du mien ! Trois jeunes qui logaient la m’etaient venu en aide, et apres dix minutes d’attente, j’avais pu regagner mes quartiers et me recurer enfin. Je tombe sur eux en me promenant, et nous passerons la soiree ensemble a discuter dans la rue ou sur l’un des nombreux bancs de la dharamsala, au pied d’un grand palmier, sous le ciel etoile. Coucher a 21 heures petantes, sous ma couverture poussiereuse, ventilo a fond pour eloigner les vampires ailes. J’ai evidemment dormi comme une masse, et me reveille a sept heures pour prendre le bus, prevu une heure plus tard. Une forte odeur d’urine, d’egout et d’humidite flotte dans ma chambre. Peu avant, j’avais entendu la foudre, enorme, et des trombes d’eau. Heureusement, le temps de me preparer, le temps se degage. Je remercie mes genereux hotes, et rejoins la dharamsala voisine, ou attend deja le bus direction la gare de Parasnath. Tout le monde me confirme qu’il part a 8 heures, ce qui est parfait car mon train part a 9h00. A 8h20, personne a bord, meme pas de chauffeur. Je redescends, inquiet, et demande ce qui se passe : il part a 8h30, mais ce n’est pas fixe, ca peut etre 8h45, aussi bien… Putain, c’est pas vrai, ca ! Je me resouds a prendre un taxi, un vehicule prive. Pas envie de rater l’unique train et rester bloque a Izri Bazar…Les tarifs sont prohibitifs. Je reussis a negocier la course a 150 roupies. C’est cher, mais je n’ai pas le choix et ai ete loge gratuitement la veille, alors ca compense. Comme il fallait s’y attendre, le chauffeur embarquera d’autres passagers et refusera pour autant de reduire le prix de ma course. J’ai beau savoir que les trains indiens sont toujours en retard, je passe mon temps a regarder ma montre. Heureusement, nous arrivons a la gare a 9h pile. Je me rends au guichet pour connaître mon numero de siege, car j’etais en liste d’attente. Je n’en crois pas mes oreilles quand j’apprends que mon train a purement et simplement ete annule ! Et aucun autre avant demain ! Encore sous le « choc » de l’annulation de mon train et d’avoir claque 150 roupies pour rien, voilà que je vois debouler le bus de la dharamsala. Si, si, celui qui ne prend que 20 roupies pour venir ! Bon, y’a pas moyen de rester ici, faut que je file quelque part. Aucun train pour Calcutta, soit, alors retournons a Bodhgaya, mon etape precedente ! Pas de train…Bon, ben allons a Varanasi, alors, puisque c’est egalement sympa et pas cher. Pas de train non plus…Je suis ecoeure. Tout du long, je n’aurai eu que des merdes, ici. C’est vraiment pas facile de voyager au Jharkhand, hors de circuits touristiques. Arrive Nem Kumar Jain, jeune etudiant jain avec qui j’avais sympathise dans la jeep. Heureusement, il parle un peu anglais. Je lui explique mon souci. Adorable, il se renseigne pour moi au guichet, et me trouve une solution : prendre le meme train local que son oncle et lui jusqu'à Dhanbad, attendre 4-5 heures, et prendre le « Black Diamond » jusqu'à Calcutta. Je prends un billet a 11 roupies, et nous rejoignons le quai, ou nous attendrons le train, qui aura une heure de retard. Evidemment, c’est l’attroupement autour de nous. C’est mon premier train local, et forcement, il est tres…couleur locale. Une version plus aeree de la classe 2 des trains express, que j’appelle « wagons a bestiaux ». Pas de compartiments ou de sieges en hauteur, juste des boxes ouverts avec des bancs de bois dur qui se font face. Beaucoup plus d’espace visuel, on respire plus, et heureusement pour moi, il y a peu de monde aujourd’hui. Enfin, pour l’Inde…Les 48 kilometres sont parcourus en un peu plus d’une heure, et me permettent de decouvrir une campagne verdoyante et un relief aux douces ondulations. Avec les pluies du petit matin, les rizieres et les forets ont vire au vert fluo, et la terre au rouge chaud. A Dhanbad, Nem Kumar et son oncle se plient en quatre pour moi, allant de guichet en guichet pour avoir des informations ou tenter d’effectuer une reservation en mon nom. Pas de reservation possible, et je dois attendre 5 heures mon « diamant noir ». Je decide d’aller dejeuner, seul, car Nem Kumar declinera malheureusement mon invitation. Ca fait deux jours et demi que je n’ai pas pris de vrai repas, chaud, et j’ai envie de manger dans un resto sympa. Lourdement charge, je marche sous un soleil de plomb, dans un environnement poussiereux, crasseux et moche. Ce que j’ai vu de Dhanbad ne m’a pas vraiment convaincu. Apres environ un kilometre, je trouve un hotel possedant un restaurant. Ca fait du bien de manger, d’etre au frais, et d’avoir les fesses sur un truc confortable ! Vers 14h, je suis de retour a la gare, et patiente de longues heures dans une chaleur suffocante. Je prends place a bord du train, qui, o miracle, part a l’heure. La meme version que celui pris dans la matinee, mais un peu plus confortable. Au plafond, 31 ventilateurs, rien que ca ; pas de trop pour brasser ce feu. Le train est a moitie plein quand nous partons, et j’ai la chance d’etre assis. La campagne est tres jolie. Des arbres, des cultures, du vert partout, des buffles qui paissent dans les rizieres. A Asansol, le train est pris d’assaut, et restera blinde jusqu’a l’arrivee. Nous sommes entasses sur des banquettes en skai qui font horriblement transpirer, la chaleur moite est intenable. Je serre les fesses. Le nombre de vendeurs qui se succedent est impressionnant, bien superieur a ce que j’ai pu voir en deuxieme classe couchettes (sleeper). Boissons, cacahuettes, beignets, snacks locaux, fruits, concombres, jouets pour les enfants, coupes-ongles, tabac a chiquer, stylos, cadenas... « Clap clap clap ». Tiens, un claquement de mains caracteristique. Voila trois travestis qui arrivent, et qui comme souvent mendient avec insistance et un air un peu menacant. Au bout du wagon, une voix chevrottante qui se rapproche tout doucement, rythmee par le « clong » lourd et mat d’un baton. Il ne chante pas tres bien, mais je lui donnerai tout de meme la piece, a ce chanteur aveugle, dont la chemise montre qu’il a rate quelques cuillerees de curry lors de ses precedents repas. Je ne compte plus les mendiants, dont certains sont infirmes ou souffrent de difformites et rampent sur le sol crasseux du couloir, pourtant etroit et tres encomnbre. A une petite gare, monte une jeune femme energique accompagnee d’une femme plus agee, qui tient dans ses bras un bebe, probablement son petit-fils. Avec une force impressionnante pour son gabarit ridicule, la jeune femme charge une demie-douzaine de lourds sacs de charbon, qu’elle range sous les banquettes en s’allongeant dans la poussiere. Des haillons sales et dechires, pas de chaussures, des pieds d’un noir inimaginable, les cheveux en bataille et du charbon plein les mains et le visage. Et pourtant, elle est belle, feminine, et c’est avec grace qu’elle se debarbouille rapidement le visage au petit lavabo du bout du wagon. Je suis touche par sa force et son energie, problablement celle de ceux qui n’ont pas le choix. Malgre le spectacle permanent, le voyage est interminable, et il nous faudra 5h15 pour rallier Calcutta (pardon : Kolkata), dont 30 horribles minutes pour faire les 800 derniers metres. Je suis casse, gluant et incroyablement poussiereux. Je monte dans un de ces taxis jaunes au style retro, une jolie Ambassador, qui pour 50 roupies me conduit dans la rue des routards, Sudder Street. C’est un chaos sans nom autour de la gare. Un ocean de taxis, colles au millimetre, completement en vrac dans tous les sens. Les carrosseries portent les stigmates de cette arene mecanique ou tous les coups sont permis. Les conducteurs font preuve d’une audace et d’une agilite surprenantes, meme si la vitesse reste reduite du fait du traffic. Nous empruntons Howrah Bridge, le pont le plus frequente au monde (un delire), traversons de larges avenues a vive allure, et arrivons a Sudder St. A part de chambres « hors de prix » (300 roupies la nuit), tout est complet. Je prends donc un lit au dortoir de l’Hotel Maria, pour seulement 70 roupies, soit 1, 30 euros. Pas le grand luxe, evidemment, mais je suis rode maintenant, et c’est plus dans mon budget. A 23 heures, soit 15 heures apres avoir quitte la dharamsala de Madhuban a 350 kilometres de la, je peux enfin dire « ouf », prendre une douche liberatrice, et m’ecrouler, sourire aux levres, sur ma planche. Quelle aventure, quelle journee de folie, une fois de plus ! Que de bons souvenirs, finalement !
Retour d'une semaine en Syrie English translation pending
by Patriccia · 2007-03-22 · 4 replies
🙂 Bonjour,

nous venons de rentrer d'une semaine en Syrie et on y serait bien restés plus longtemps !! tout d'abord c'est un pays passionnant, dense et d'une richesse archéologique et historique !! aucun problème d'insécurité. On c'est servi des photocopies du routard, du petit futé et du guide bleu pour le patrimoine et de blogs.

Arriver bien 2h avant à l'aéroport de Roissy car nouveau système de filtrage qui prend beaucoup de temps sans parler des détecteurs qui sonnent sans arrêt. On est parti avec AIR FRANCE, vol direct car une semaine, pas de temps à perdre avec les transits. Aucun problème avec la compagnie mais bouffe pas bonne, aseptisée comme partout hélas, donc prévoir ses propres provisions. Au retour on nous a fait le coup de l'insecticide dans l'avion après le décollage, en prévenant 5 min avant ( en mars, pourtant aucun problème avec les insectes en Syrie....)

Avait été réservé en France les hôtels et une voiture avec chauffeur pour aller de site en site. A Damas, on était à l'hôtel carlton, excentré ( près de l'université), bon buffet du matin mais accueil-réception excrécrable. Le prix de la course pour le vieux centre: 100 livres, on a jamais pu descendre le tarif. Comme tous les taxis du monde, demander avant le prix de la course ou le compteur.

La vieille ville de Damas est un enchantement: on a débuté par la citadelle rénovée mais pas ouverte au public, le long de la Barada ( rivière) et ses charmantes maisons, le jardin suisse neuf présentant les plantes de la région, puis on est rentrés dans le réseau dense de ruelles, en découvrant les gens, les détails architecturaux, la mosquée de Roukaja qui vient de se refaire une beauté, pour arriver au mausolée de Baibars décoré de mosaiques puis à la mosquée des Omeyyades ( un havre de paix). Je vous conseille de faire dans la matinée le palais Azem (incontournable) et de chercher dans le même secteur les autres palais cachés en dépassant le souk des épices:la beit nizam, la beit sibah et son bassin aux tortues, et d'autres surprises comme le plafond exquis de l'école du tourisme dans la même rue que la beit nizam. Puis on a fait un tour dans les souks et le quartier chrétien.

On a mangé au Jabri House, bon rapport qualité-prix, toilettes impeccables, dommage qu'ils servent ( comme dans tous les restos sauf à Palmyre) du thé lipton et du café turc pas assez fort. Le soir on a voulu faire l'Elissar mais la carte ne nous disait rien et personnel bof, avec le recul on se dit que dans tous les restos on devrait demander s'il y a un plat du jour et demander conseil aux syriens eux même mais comme on mangeait tôt, il y avait jamais de monde dans les restos qu'on a pu faire ( et peu de touristes de manière générale).

Le lendemain on est parti vers Seydana et Maaloula, beaux paysages, émouvants témoignages, la route est neuve ( ont élargi la voie) qui passe par le Mont Quassioun et traverse les collines. Faites le défilé de Sainte Thècle à Maaloula c'est adorable et en mars, la rivière n'est pas à sec.

On a poursuivi vers Palmyre, paysage de steppes, bédoins, moutons sur la route, on a ouvert grand nos yeux et admiré tout ce qui s'offrait à nos sens. Arrêt au Bagdad Café 66, accueil très sympa, pas étouffant du tout, le meilleur thé de tout le séjour, adorable décoration même si endroit très touristique.

Arrivée à Palmyre à l'Héliopolis hôtel, problème de résa non confirmée, finalement après discussions, on nous trouve de la place. Visite du site dans l'après-midi: quasiment pas de touristes, seuls sur ce site grandiose, c'est magique !! C'est le seul endroit ou vraiment vous êtes sans cesse hélés pour le tour de dromadaire, les magasins............. mais cela reste toujours gérable et il suffit de dire non fermement avec le sourire.

On a mangé au Traditional Palmyra Restaurant, et on en a profité pour faire le plein de légumes avec les plats délicieux de légumes farcis, légèrement épicés et le khawaj, légumes cuits dans un plat en argile le meilleur café à la cardamome qu'on ait trouvé !!

le lendemain visite des tombeaux et là beaucoup de groupes à 9h du matin car un seul gardien qui les ouvre au fur et à mesure: c'était un mardi donc contrairement à ce qui est écrit on peut bien les visiter ce jour-là ( tant mieux). Puis visite du musée, complétant la compréhension de la cité. petite ballade dans la palmeraie mais il faut vraiment s'éloigner de la ville, pour faire des rencontres et voir les murets étroits, les jardins ( dommage qu'il y ait tant de déchets plastiques comme partout en Syrie, dans les villages, rues, bords de route)

retour dans l'après-midi sur le site antioque, que du bonheur et jusqu'à la vallée des tombeaux pour ceux qui aiment la botanique, en ce printemps, plein de plantes intéressantes et colorées.

Le soir, achat de bijoux "bédoins" ? ou afghans-indiens, bref je sais pas, diverses influences et problème de savoir si c'est vraiment de l'argent ou pas. Vraiment négociez, nous on aurait dû le faire plus beau moment de parlotte, thé, café bédoin, infusion de fleurs, recettes médicinales échangées au Venus magasin.

On a mangé au Spring Restaurant, au rez de chaussée car la pluie avait un peu mouillée la tente bédouine du premier étage, ambiance très sympa mais mensaf le meilleur d'après les guides, vraiment ??

Le lendemain la pluie a lavée le paysage et les ruines ont une teinte magnifique, départ vers Hama ou on s'arrête à peine, les norias sont impressionnantes mais il y a actuellement un réaménagement des berges et des "îles", converties en jardins.Dommage que la rivière soit un égoût à ciel ouvert.

Arrêt sur le site d'Apamée, au milieu de la verdure et des moutons, génial, personne sur le site, pas de barrières, quel paix !! le musée des mosaiques est dans un très beau khan mais les dessins des mosaiques sont à peine visibles à moins que le gardien ne les asperge soudain d'eau devant vous.

Arrêt dans la spendide Serguilla, au mileu d'un paysage époustouflant de terre ocre, d'oliviers, on pourrait y passer des heures, des fleurs genre campanules violettes, des jaunes, oranges............des habitants occupent certaines ruines au milieu de chevaux, moutons, poules.

Arrivée à Alep en fin de journée au Diwan Rasmy, ancien palais, au nord de la citadelle: magnifique endroit !! on est logé dans la cour, dans ce qui semble être une partie d'un ancien hamann la nuit tombe tôt en mars, à 17h30 et on essaye de se diriger vers Jdeidé, quartier chrétien et des restos: pas facile, facile de s'y retrouver car là les quartiers sont coupés par des routes très très bruyantes de voitures: on arrive enfin dans ce quartier qui vient d'être restauré, la rue des vendeurs de macarons et chocolats-dragés on essaye le Sissi House, que des touristes et carte ciblée: bon mais cela nous laissera une impression mitigée.

je continue demain bonne soirée

patriccia
Tourisme de masse English translation pending
by Ahmes · 2007-03-22 · 142 replies
Bonjour, je trouve un peu dommage que bon nombre de membres de ce forum critique le tourisme de masse qu'il faut à tout prix éviter pour des raisons qui ne sont pas toujours fondées. Il ne faut pas oublier que ce tourisme-là nourrit beacoup de monde et qu'il est surveillé, ce qui évite que n'importe qui fasse n'importe quoi. Je pratique les 2 façons de voyager et les touristes qui se disent libres, hors masse, ne sont pas toujours très respectueux. En masse comme vous dites ou troupeau de moutons, il y a des choses qu'on vous interdit de faire par respect des lois et des gens ! Heureusement car il y a des gens qui ne sont pas toujours conscients de la différence des cultures. Le tourisme de masse n'a pas que des inconvénients et pour avoir fait une croisière je n'ai pas été confrontée à des problèmes de stress car il suffit de s'organiser une fois sur le site. Les deux façons de voyager ont leurs bons et mauvais côtés et laissons les gens faire leur propre choix. Ce que j'ai pu constater c'est que les groupes de touristes apportent plus de ressources aux gens du pays que ceux qui partent seuls et qui souvent dépensent moins d'argent. Cette remarque n'est en aucune façon une critique désobligeante mais un fait que j'ai constaté sur place et par expérience. Il est possible que je me trompe car je n'ai pas la science infuse mais pour avoir pratiqué les 2 méthodes j'ai bien senti la différence.
Informations sur l'Andalousie English translation pending
by Stikcook · 2007-03-22 · 96 replies
Hola,

Je m'appelle Christine, je suis francaise, et j'habite depuis pres de dix ans un village blanc de la province de Cadiz. Si vous vous posez des questions sur l'organisation de vos vacances en couple ou en famille, dans cette region, je serais heureuse d'y repondre.

Nous avons de tres jeunes enfants et nous sommes passiones d'Andalousie, de voyages en general, de rencontres, de musique, de bonne nourriture et de bon vin!

Voila, n'hesitez pas... Hasta luego,

Christine 🙂
Vous qui passez sans les voir... Kao San Road Bangkok English translation pending
by Sisifo · 2007-03-17 · 89 replies
En france serait il permis de voir son grand-pere dans le caniveau mendier a meme le sol pour se nourrir?

pourtant je vous ai vu, tout occupé a marchander une casquette de marque, les yeux emerveillés de toutes ses lumieres de kao sand orad, je vous ai vu le froler, manquer de l'ecraser meme, ce vieux grand pere dans le caniveau, en haillons, avec son gobelet de plastique transparent, vous ne l'avez pas vu, pourtant je vous ai vu vous caresser et nourrir les chiens de cette meme rue.. et moi j'ai bien failli ne pas le voir aussi et meme si j'ai rempli son gobelet de pieces je n'en n'ai pas meilleure conscience et je me prends a rever: si tous les visiteurs de ce forum pouvait le voir lors de leur prochain voyage, il se trouve tout au bout de la kao sans road, sur la droite en direction du temple, si tous les visiteurs pouvaient remplir eux aussi son gobelet...
Des photos à la pelle (la suite) English translation pending
by Anàssa · 2007-03-11 · 522 replies
Bonjour à tous,

La discussion précédente ayant franchi la barre fatidique des 500 messages, je remets ici les photos du lieu "mystérieux"...

Le pays et la ville ont été trouvés : Grèce et Athènes.

Reste à trouver quoi à Athènes...
Journal d'une Parisienne: seule avec son sac à dos en Inde du Nord English translation pending
by Imli · 2007-03-04 · 11 replies
3 Mars 05 DELHI Une vraie souris vient de me passer sous le nez, alors que j'allumais l'ordinateur .... Elle doit faire partie du processus de connection.

J'ai donc mis le pied en Inde comme d'autres ont mis le pied sur Mars. Tout devait être différent et pourtant, je ne me sens pas aussi étranger que ça (aurais je des origines martiennes?). A peine une vague sensation d'apesanteur due à la fatigue. ?Le voyage fut un étrange mélange initiatique. Je n'ai jamais eu autant de correspondances (Paris, Behaim, Abu-Dhabi, Muscat, Delhi...enfin). Tous à vos atlas, BANDE DE FLEMMARDS! Comble de malchance, je fut poursuivie pendant tout ce périple par un groupe de touristes quadra franchouillards qui (comme le veut le règlement du beauf à l'étranger) n'ont pas cessés de faire des commentaires douteux, râler… bref, se faire remarquer. Passons, peut être qu'un jour, l'âge aidant, j'en serais réduite à voyager avec leurs semblables... ?Par contre je recommande vivement la compagne Gulf Air. Leurs hôtesses portent un voile qui tombe gracieusement de leur petit chapeau sur leurs épaules. On dirait un mixe entre la Fée Bleue et Shéhérazade.??Comme le vol est long, les passagers tentent tant bien que mal de se dégourdir les jambes. Il en résulte une imitation presque parfaite du bagnard dans sa coure de récréation, l'uniforme en moins. A pas comptés, ils tentent de faire circuler le sang dans leurs jambes engourdies et comme l'avion est petit, ils tournent vite sur eux mêmes. ?Enfin Delhi, j'enlève mon pull avec bonheur (promis, j'ai eu une pensée pour vous), je dégaine mes lunettes de soleil et en route pour l'aventure! ?J'ai bien fait de demander qu'on vienne me chercher. A l'extérieur de l'aéroport, une foule de chauffeurs de tout poils sont à l'affût du touriste. Par contre, il devient rapidement évident que la conduite ici est une affaire de Karma. De toute façon, notre fin sur terre est déjà écrite, alors autant foncer et s'en remettre aux divinités locales. Les voitures slaloment dangereusement, ne laissant que peu de chance aux piétons. Pas de refuge possible pour eux, les trottoirs servant ont tout sauf à marcher dessus. Traverser relève du suicide collectif. Les rues sont toutes à double sens, même les plus étroites. On roulera au besoin sur ces fameux trottoirs. Enfin, pour ceux qui poussent le masochisme à l'extrême, nous proposons la moto. Tout sert de casque pourvu que ce ne soit pas homologué (casque de chantier, de football américain, je m'attends même à croiser un saladier pourvu que ce soit la bonne taille) ?Me voici arrivé à mon hôtel après, deux accrochages, trois dérapages et une bonne dizaine de grosses frayeurs (la routine quoi). La rue est sordide, nous sommes en plein Old Delhi, j'adore.

Un drôle d'escalier en marbre aux marches surdimensionnées m'amène jusqu'a la terrasse sur laquelle donne ma chambre. Là aussi, le faux marbre du sol contraste avec l'étroitesse et le kitsch du décors. ?C'est sur cette terrasse que je fais la connaissance de Penina, une française. Elle est sur la fin de son voyage, c'est elle qui m'initiera aux joies du négoce. ?C'est tout un art. Il faut avant tout avoir le temps. On se pose, on boit un thé avec le vendeur. Il invoque sa famille à nourrir, on montre notre portefeuille que crie famine. Petit sourire échangé, personne n'est dupe. On regarde d'autres objets. "special price". Il faut savoir doser. Parfois j'ai honte mais à la fin de la transaction, quand Penina ressort en ayant payé un prix dérisoire, le vendeur lui glissera: "you are clever " (tu es maline). C'est de bonne guerre. ?J'ai le sentiment que dans cette ville, on a concentré un maximum d'échoppes, de voitures, de passants dans un minimum de place. On a vite l'impression que le ciel est tout juste au dessus de nos têtes à cause de la toile que forment les câbles électriques. Ils sont emmêles, dérives, coupés, je n'ose imagine le boulot de l'EDF locale... ?Il est tard maintenant et la rue grouille encore. Beaucoup de klaxon, des chiens qui se battent, on se hèle d'un balcon à l'autre. ?Penina est partie aujourd'hui, à moi de mettre en pratique son enseignement. ?Ben voila le premier de la série. Je vous embrasse tous. Je m'amuse comme une folle et mon système digestif tient le coup.

4 Mars  DELHI J'ai trouvé un ange gardien! Mr Singh. Il est sikh (religion) et chauffeur de taxi (profession).?La première fois que je l'ai rencontré, j'étais avec Penina. Il était tard, nous avions eu une mauvaise expérience avec un chauffeur un peu agressif à cause du faible taux de sang qui flottait dans l'alcool de ses veines. Et là, on a croise ce type au turban impeccable. La moustache digne du baron de Munchausen. J'AVAIS TROUVE MON MARAJAH !! Il sera mon guide sur Delhi. ?Le sikhisme est une religion qui regroupe deux pour cent de la population indienne. Malgré ce faible nombre, il s'agit d'une minorité religieuse (et non ethnique) solidaire, entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie. Le sikhisme qui prescrit l'honnêteté et le service de la société, en fait des interlocuteurs surs. ?Malgré leur longue barbe, ils sont loin d'être des hippies attardés, bien au contraire.?Leur religion suit les préceptes de Guru Nanak (né en 1469) qui déclara: " il n'y a pas d'indous, il n'y a pas de musulmans, il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême". Ce bricoleur des religions rejeta les castes de l'indouisme tout en conservant la croyance en la réincarnation. De l'islam, il retint la simplicité, l'absence de représentation divine, la prière et le dogme du Dieu unique. Il butina même chez les zoroastriens et les juifs. ?Les puristes suivent la loi des cinq K: Ils doivent laisser pousser leur barbe et leurs cheveux (kesh en Indien).Ils gardent donc leurs cheveux sous un magnifique turban plié au centimètre prés et protégent leur barbe dans une résille nouée sur la tête quand ils se déplacent en moto par exemple. Ils placent un peigne d'ivoire ou de bois dans leur chignon (konga). Ils portent un bracelet en argent au poignet droit pour se souvenir que leurs mains ne doivent pas tricher ou faire de mal (kara). Kacca désigne le caleçon court que certains portent encore. Enfin, ils portent parfois un poignard à la ceinture (kirpan). ?Outre ces percepts, les siks ne doivent pas boire d'alcool ou fumer ce qui m'arrange particulièrement pour le cas de mon chauffeur de taxi.

Ce matin, j'ai continué mon voyage initiatique à la gare centrale pour acheter, à l'avance, mes billets pour les étapes suivantes. Mon chevalier ne m'a quitté qu'une fois devant la porte même de l'International Tourist Bureau, m'évitant ainsi de tomber entre les griffes des nombreux rabatteurs, faux guides et autres types louches. ?Me voici donc dans le temple du transport ferroviaire (un temple de plus ou de moins, on n'est plus a ça prés dans ce pays). Petit coup d'oeil à mes confrères touristes. Il en vient de toutes part; Japon, Australien, Allemagne.... Par contre, pour ce qui est de cette brochette, ils ont tous un point en commun: ce sont de véritables épaves!! (J’exclue tout de suite nos amis asiatiques qui sont comme d'hab, tirés à quatre épingles). ?Ici, tout est fait pour vous faciliter la vie mais dans une logique toute locale. Après donc une heure de queue, j'accède au guichet..... Perdu!! Vous devez reculer de trois cases pour aller chercher le nom exacte du train que vous voulez (ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt mille francs) ..... Par contre, si vous voulez les trains en partance pour d'autres gares, reculez de trois cases et soyez heureux de ne pas avoir de gage. ?Enfin, je sors victorieuse. Ca vaut bien un thé massala à l'hôtel devant une série TV indienne. Lors de mon séjour au Burundi, mon amie indienne Shiwa m'a fait découvrir ces deux piliers de la culture indienne. J'en use et abuse avec délice depuis mon arrivée ici. Quand je vais revenir en France je serais incollable sur les dernières nouveautés!! ?Faisant fi des guides touristiques j'ai résolument tourné le dos aux monuments locaux pour suivre, à son invitation, mon marajah jusqu’a son temple. Ce n'est pas tant les musées que je veux voir. Quoi de mieux que d'entrer dans un temple sikh par la porte de service. Pendant le trajet, je regarde les yeux de chat de mon chauffeur dans le rétroviseur. Il a l'air particulièrement fier de m'emmener là-bas. C'est en partageant les cultures qu'on arrive à mieux se comprendre. ?Avant d'entrer, je me couvre la tête avec mon étole. Le temple est immense, tout en marbre. En passant déposer nos chaussures, on se fait offrir un thé et des petits gâteaux par le gardien. Pendant que Mr Singh papotte avec ses amis, je me fais toute petite, c'est le vestiaire des hommes après tout!! (jalouses hein??). Des chaussures s'alignent sur toute la hauteur du mur. ?Dans le temple, l'ambiance est recueillie. Ca fait du bien après la folie des rues de Delhi. Un prêtre psalmodie accompagné par une musique entêtante. ?Le temple a été construit sur une source miraculeuse. Le matin, beaucoup de personnes viennent se baigner dans le grand bassin. Sur le côté, des "moines" armés de bouilloires, proposent de boire l'eau bénie. J’avoue avoir essayé. Peut être retrouverais je quelques neurones grâce à elle (sinon ce sera juste une bonne diarrhée). ?Un peu plus loin, sous un préau, le temple offre un repas simple aux nécessiteux mais aussi à qui veut. Tout provient de généreux donateurs. Cette religion me semble pleine de sens, à l'échelle humaine.

Mon voyage commence bien.

5 Mars AGRA On vit tellement plus de choses quand on voyage seul! On a peut être l'air plus abordable et on va plus vers les autres. Quand on voyage à deux, on a un interlocuteur privilégie, pas besoin d'aller voir ailleurs. De plus le binôme peut vite être ressentit comme un cercle fermé. Depuis mon arrivée en Inde j'ai fait beaucoup de rencontres intéressantes. Je dois avouer que mon coté ours est aussi en cause; j'aime bien disposer de mon temps et de mon espace. Ca fait du bien de choisir les moments ou on veut de la compagnie et ceux ou on préfère se replier dans ses pénates. ?Je viens d'arriver à Agra après deux heures de train. J'ai le dos en compote et pourtant, je retrouve toute mon énergie en arrivant à l'hôtel. Les chambres entourent un petit jardin ou on peut manger sur le pouce et, contrairement à Delhi, ON EST AU CALME!! ?Très vite, je prends possession des lieux. Mon pyjama sous l'oreiller, je sors mes sachets de thé et quelques pommes sur la table de nuit, je brûle un bâton d'encens. Cette fois, ma chambre a la couleur d'un chamalow. Au plafond, un ventilateur suspendu par des fils électriques qui ne lui transmettront jamais l'énergie vitale faute de branchement. Plutôt étonnant comme déco. Dans la salle de bain je tends ma corde a linge et je fais bouillir de l'eau dans le seau (merci la résistance chauffante burundaise) pour me doucher. Je veux bien jouer les routardes mais pas question de se négliger. Mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche. Sur ma table de nuit trônent ma crème de jour et ma crème de nuit (que j'utilise à bon escient, comprenne qui pourra). Détail intéressant de ma salle de bain: l'eau usée du lavabo s'écoule .... sur mes pieds. Le siphon ayant été coupé, tout va directement dans la grille d'évacuation de la douche située par terre, juste à côté. ?Au resto de l'hôtel je rencontre Beckie, infirmière vétérinaire australienne. Ce soir, elle part en direction du Nepal. On passera l'après midi ensemble. Mon alliance l'a bien fait rire. Elle utilise le même subterfuge. ?Paradoxe du voyageur solitaire, on n'est jamais seul

6 Mars AGRA Ce matin, je me suis levée avant le soleil pour aller visiter le Taj Mahal.

L'histoire raconte que l'empereur Shah Jahan l'aurait fait construire pour recevoir le corps de sa femme Mumtaz Mahal, morte alors qu'elle accouchait de son quatorzième enfant. Sa mort laissa le souverain fou de chagrin. Il fit alors la promesse de construire, en sa mémoire, un monument qui n’a pas son pareil dans le monde. Comme aucun architecte du royaume n'était capable de concevoir projet à la dimension de la douleur de l'empereur, celui-ci aurait alors convoqué l'architecte Perse le plus célèbre et tué sa fiancée. Comprenant enfin toute la peine du sultan, il créa le Taj Mahal. S'en suivirent vingt années de labeur (1631-1653) pour des milliers d'artisans venus pour certains du Moyen Orient ou d'Europe. Certains furent ensuite amputés des mains ou des pouces pour qu'ils ne puissent plus jamais reproduire une telle perfection. ?Une autre version tendrait à montrer le souverain sous un jour moins poétique. En effet, l'agencement du jardin en quatre parties sépares par des bassins symboliserait le paradis ou coule des rivières d'eau fraîche, de lait, de miel et de vin. Ces bassins se rejoignent en un point central qui représenterait le bassin céleste de l'abondance. Certaines calligraphies de la porte principale citent un des deux seuls passages du Coran ou Dieu s'adresse directement aux hommes: "Entrez dans mon paradis". Le Taj serait ils alors la représentation du paradis? ?Jusque là, me direz vous, tout va bien... Le problème c'est que la tombe n'est pas située au centre du jardin comme le voudrait la tradition mais au fond de celui ci. On sait depuis peu que le père de Shah Jahan possédait dans sa bibliothèque, un texte Sufi décrivant le plan de l'assemblée du jugement dernier. Celui-ci correspond exactement aux plans du Taj Mahal. Le Taj serait alors une symbolisation du trône de Dieu. Notre empereur ne serait il alors qu'un mégalo bouffit de vanité?? ?Même chose pour sa mort. La version la plus répandue dit que l'empereur serait resté inconsolable après la mort de sa belle. Il fut emprisonné par un de ses fils dans le fort d'Agra d'ou il contempla le Taj jusqu'a sa mort en 1666. Une autre version indique qu'il serait mort d'une over dose d'opium et d'aphrodisiaque. Moins poétique tout d'un coup... ?Alors, doit on croire en l'amour ou n'est ce qu'un miroir aux alouettes? Pour ma part, fidèle à mon cynisme légendaire, je retire une conclusion de tout ça. Il n'est pas d'amour parfait. Les années érodent la pierre, les sentiments se révèlent parfois moins nobles, se fatiguent avec le temps. ?Mais revenons à nos moutons. Je ne tenterais pas de décrire le Taj. Nombreux sont ceux qui se sont essayés à cet exercice et je ne me mesurerais pas à eux. Par contre, face à tant de beauté, je réalise à quel point les hommes sont capables de rejoindre Dieu et faire des miracles quand ils veulent bien s'en donner la peine. ?Le soleil commence à se lever. Les touristes pressent le pas pour voir le Taj s'illuminer et se refléter dans son miroir minéral. Il n'y a pas que les touristes d'ailleurs. Une nuée de moustiques me fait rapidement une auréole. ?Personne ne parle, on n'entend que les cris des singes, quelques oiseaux et le bruit étouffé de la ville qui se réveille. ?Derrière le Taj, en toile de fond, il n'y a rien que le ciel comme une porte vers l'éternité. Un pur moment de beauté. ?L’Inde est un pays où cohabitent la grâce la plus divine et la misère la plus infernale.

7 Mars AGRA Mon hôtel est décidément plein de surprises. L'électricité est coupée dans la journée, ce qui, en soi, n'est pas un réel problème, sauf si on cumule, le fait que mes toilettes ne sont équipés d'aucune autre source de lumière et que la corde sur laquelle je viens d'étendre mon linge passe au dessus des toilettes. Je me retrouve donc sur le trône, ma lampe frontale sur la tête, mes chaussettes me dégoulinant dans le cou! J'avais prévu de passer une après midi au calme, recluse à l'hôtel, me refusant de faire du shopping dans cette ville attrappe touriste, mais mes voisins américains ont su me convaincre. Je ne regrette pas. Ils avaient dégotés pour le dîner, une terrasse qui surplombait la ville. Vue imprenable sur le Taj, des guirlandes qui clignotent, le tout sur un air de Bob Marley. Tables sur une surface à peine plus grande que ma chambre d'hôtel. De là, je voyais la ville labyrinthe sous un autre oeil. Loin des rabatteurs, je pouvais voir la vraie Agra. Sur une terrasse, des gamines qui jouent, un peu plus loin une ribambelle de singes qui se chamaille. Le muezzin du coin commence à rappeler ses fidèles à l'ordre. Je respire. Le retour fut nettement moins calme. Il faisait nuit noire quand nous sommes montés à bord de l'auto rickshaw. J'avais quelques réticences, quelque chose clochait mais impossible de savoir quoi. Après quelques minutes de route, j'ai réalisé que le véhicule n'avait tout simplement pas de phare. Nous roulions à l'aveugle. On a bien tente de tenir ma lampe de poche à bout de bras mais les tressautements incessants dus au mauvais état de la chaussée nous faisaient passer, aux yeux des autres chauffeurs, pour un véhicule en proie à quelques démons. De plus, cerise sur le gâteau, vu que les rickshaw n'ont de toute façon pas de clignotant (décidément, à part une banquette et des roues c'est plutôt minimaliste) son fils de sept ans assis à ses cotés, était chargé de tendre la main si d'aventure il lui prenait l'idée saugrenue de tourner. Nous étions d'ailleurs tellement rassurés qu'à chaque virage nous agitions nous aussi les bras comme les naufragés de la méduse.... Nous sommes tout de même arrivés à l'hôtel sains et saufs (ce n'était pas notre heure de mourir)

8 Mars FATEHPUR SIKRI Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les plafonniers diffusent une lumière jaunâtre. On se croirait dans un aquarium mal entretenu. J'ai passé la journée à Fatehpur Sikri et pourtant ce fut trop court. Bâtie par l'empereur Akbar en 1572 (donc quelques centaines d'années avant notre copain Shah Jahan le mégalo en amoure) pour y installer se cour, elle fut abandonnée quinze ans plus tard suite à une baisse du niveau de la nappe phréatique. A vingt six ans, Akbar avait tout ce qu'un monarque pouvait désirer: le pouvoir absolu, un harem (cinq cent femmes, quelle santé!).... mais pas d'héritier. Il vint sur la colline de Sikri consulter un hermite renommé. La bénédiction du saint homme lui apporta trois fils l'année suivante (rentable). Plein de gratitude Akbar décida d'élever sa nouvelle capitale à Sikri. Le temple de marbre blanc dans lequel repose le corps de l'hermite sert de " Darty local". On fait un voeu en achetant des offrandes. Pas plus de trois (ça lui fait déjà pas mal de boulot à notre copain l'hermite, vu le nombre de visiteurs! Pas de répit même pour les défunts) On accroche un bout de ficelle rouge à l'un des magnifiques panneaux ajourés (fait d'un seul bloc de marbre. Imaginez, deux mètres sur deux) et là, c'est garantit sur facture... votre voeu se réalisera (en vingt quatre heures chrono?). J'avoue avoir craqué. J'ai mis mon bout de ficelle. En règle générale je ne crois pas à ce genre d'histoire mais ici, je me laisse porter, je pense que j'aime croire un peu à la magie de l'Inde.?Akbar semble avoir été un homme plein de sagesse tout en gardant un côté enfantin. En plus de son harem, il avait trois femmes: une indoue, une musulmane et une chrétienne. Pour chacune il fit bâtir un pavillon. Chaque pavillon est orné de peintures, de détails architecturaux s'inspirant de leur culture.?Dans la grande cour, un trône très simple, au milieu d'un jeu inscrit sur le sol. Il s'agit d'une sorte d'échiquier géant dont les pions étaient des esclaves et des femmes nues que le souverain déplaçait à son gré (ça va en faire revers plus d'un). Un peu plus loin, sur une plate-forme entourée de bassins, une scène sur laquelle les plus célèbres musiciens venaient faire concert. A certaines grandes occasions, Akbar faisait remplir ce bassin de pièces d'or et d'argent qui étaient ensuite distribuées aux pauvres. J'ai même visité les restes d'un hôpital. Plutôt sommaire mais les entrelacs qui ornent les piliers m'ont fait rêver. Vers la fin de ma visite, je me suis assise pour dessiner un peu. Il est tard, les touristes ont déjà regagnés leur bus climatisé. Le palais respire enfin. Le soleil fait flamboyer les murs de grés rouge. J'ai paye mon guide et pourtant il reste assis à coté de moi. Lui qui n'a cessé de m'abreuver de détails historiques, architecturaux, est devenu soudain muet. Je suis fascinée par cet endroit. Le moindre piller, la moindre poutre est richement décorée. Les linteaux ondulent gracieusement comme des trompes d'éléphant. Art Jain, mongol, indou, persan, turc, boubhique, chinois, il a su prendre le meilleur de chacun. Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les enfants de ma voisine se sont endormis sur ses genoux. Dehors, les grenouilles se sont réveillées et sifflent cachées par les herbes hautes. Ca sent la terre humide. L'air est frais. Après une heure de route à travers la campagne, on arrive aux portes d'Agra. Les échoppes, les maisons sont éclairées par des bougies faisant apparaître la route en pointillés. Leur lumière chaude et vacillante transforme le moindre étal en caverne d'Ali Baba. Les guirlandes de sachets de bonbons brillent comme des bijoux. Les plats d'alu deviennent de riches plateaux d'argent. La nuit a effacé la misère, laissant place au rêve.

10 Mars vers KHAJURAHO Désolée pour le retard (vous commencez à prendre de mauvaises habitudes !!!) mais la connection locale est des plus aléatoires...

Les trajets en Inde sont toujours une rude épreuve. Je me disais qu'avec mon entraînement étant jeune, ça ne devrait pas trop poser de problème (à cinq dans une Renault 14 pour passer des vacances dans le sud de la France). Ben je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.?Au Burundi, je regardais d'un oeil amusé les minibus ou la capacité de l'homme à se comprimer était utilisée à son maximum. Une fois dedans ça ne m'amuse plus du tout. J'avais de la chance (!!), j'étais collée contre la fenêtre, les genoux encastrés dans le fauteuil de devant. Par contre, au bout de la banquette, ma voisine avait l'entre jambes des passagers debout dans l'allée qui s'imposaient a elle à chaque secousse (Y'en a qui ont fait le voyage debout… si, si).?Juste avant d'atterrir dans cette boite à sardine sur roulettes, j'ai du prendre la train d'Agra à Jhansi. Trente cinq minutes de retard, la routine. J'étais assise à coté d'un ponte de l'assurance vie indienne, qui ne s'est pas fait prier pour dégainer son lap top dernier cris et me montrer les centaines de photos de ses collaborateurs, sa famille, le mariage de l'oncle Alphonse... Je m'extasie, pousse des "ah" des "oh" aux moments appropriés. Là ou ça s'est complique, c'est quand il a embrayé sur le mariage en France, les relations avant mariage et là je le voyais venir avec ses grosses babouches! Je tente bien de défendre notre moralité mais sans grande conviction. Pas évident. On doit passer pour de sérieux débauchés à leurs yeux! Les ados sortent à tour de bras les uns avec les autres, on vit ensemble hors mariage, on divorce au moindre petit problème. Je suis très mal placée pour défendre la vertu, par contre je pense qu'on se passerait bien de tout ce petit manège si seulement on trouvait le bon.?Eh ! Oh! pendant que vous êtes tranquillement en train de lire ces lignes, au fond de votre canapé douillet, je vous signale que je suis toujours dans le car! On a quitte Jhansi à treize heures trente. Dans le guide du routard ils disaient cinq à six heures de route. Je ne sais plus comment me mettre. Remarquez, je n'ai pas beaucoup le choix. On s'arrête, pause pipi. Ouf! je déplie enfin mes jambes. Pas la moindre toilette recommandable aux yeux des services d'hygiène. Ma vessie attendra. Le bus est pris d'assaut par des gamins qui vendent des légumes dans des assiettes en feuille de bananier. Pour la dernière partie du calvaire, le chauffeur m'achèvera en mettant sa cassette préférée de musique locale. Je vous vois rigoler d'ici. Oui! J’adore toujours la musique indienne, mais perclue de rhumatismes, dans un bus glauque, la vessie comme un ballon de football, j'avoue que mes sens étaient quelque peu altérés. Et puis vu la qualité de la chaîne et le niveau sonore, j'aurais plus penché pour un cochon qu'on égorge que pour une douce mélopée a l'eau de rose. Je n'ai pas vu la tête de l'hôtel dans lequel j’atterrissais. Une douche, une soupe et extinction des feux. O joie!

?11 Mars KHAJURAHO Je me réveille sur un air de musique transcendantale. Dans quel Eden ai-je atterris ? Un petit bassin ou une statue de Buddha fait trempette au milieu des nénuphars, des fleurs fraîches sur chaque table du resto... j'ai complètement oublie la journée d'hier. L'hôtel est tenu par un swami à la longue barbe. Possibilité de cours de yoga le matin pour les lève tôt (donc pas moi). Je retrouve mes voisines de bus. Deux minettes belges. On sympathise autour d'un tchai et nous voila parties à la découverte des alentours. On est rapidement entourées par une horde de gamins. Un peu paumées, on les suit. Du haut de leurs quinze ans ils se révéleront des guides fort intéressants. La ville est surtout connue pour les sculptures érotiques qui ornent certains de ses temples. Les touristes se jettent dessus avec l'avidité de l'ado boutonneux sur le porno du samedi soir. En fait, elles ne représentent que cinq pour cent de l'ensemble de la surface sculptée. Le reste décrivant des scènes de vie pleines de grâce (une jeune femme ôtant une épine de son pied, une autre se maquillant). En fait, on a plus été marquées par une petite école ou un des gamins a absolument tenu à nous emmener. C'est son école. Il semble tellement fier. En fait, il y a deux pièces de plein pied qui donnent sur une courette. L'une sert de bureau, l'autre de salle de classe. Les murs sont en torchis. Le professeur nous fait signe d'entrer. Ils doivent être une dizaine de gamins, dépenaillés, assis par terre, une ardoise sur les genoux. Ils se lèvent tous à notre entrée pour nous saluer. Je suis un peu gène de troubler ainsi la classe. Le village est divisé en quatre "arrondissements" en rapport avec les différentes castes. Chacun ayant ses propres temples, ses propres centres de soins. Par contre, cette école ne fait aucune différence. Six instituteurs ont décide de la monter en dépit de tout. La plupart des élevés n'ont pas de quoi se payer les cahiers ou même l'uniforme. On a été touches par cette initiative. C'est pas tout, mais je suis en Inde depuis plus d'une semaine et je n'ai pas achète le moindre vêtement.... pas normal ça... mes hormones féminines en auraient elles pris un coup dans l'aile? Prince saura remédier à tout ça. Prince tient un magasin de vêtements, de tissus, de saris en tout genres (your sexy mother f...). C'est un commerçant mais surtout, je le sens passionné par ce qu'il vend. Voyant mon intérêt, il me sort ses plus beaux brocards. Il en dessine lui même les motifs, s'inspirant de certaines fleurs, de motifs vu sur les temples. Tout est filé, brodé à la main. Je tombe sous le charme. Au bout de dix minutes, son comptoir est recouvert de tissus multicolores. Si je m'écoutais, je ferais des folies. Dans ce pays les vêtements féminins sont tellement gracieux! Par contre ma peau couleur lavabo me déprime. J'ai l'air maladive. Finalement, je me laisse tenter par un punjabi en coton (tunique longue fendue + pantalon + châle) simple mais aux broderies travaillées. Mais pour mon prince aux yeux de velours, même le vêtement le plus simple doit être parfait. Son tailleur prendra mes mesures et fera les retouches pendant que nous conversons de choses et d'autres autour d'un thé comme deux vieux amis. Et les aventures continuent! En ce moment, à Khajuraho, se déroule le festival de Shivaratri. Il réunit tous les adeptes de Shiva pour fêter sa naissance. A cette occasion, une grande foire est organisée. Nous nous y rendons à la nuit tombée. On y trouve des étals de bijoux, des saris, des ustensiles de vaisselle et puis il y a ... la fête foraine avec ses deux grandes roues! On a fait un tour avec un de nos petits guides, il était ravi. En rentrant à l'hôtel, on s'est arrête pour regarder un vieux film indien projeté sur la place. Il y avait la une trentaine de personnes assises par terre. Du plus jeune au plus vieux, tous vibraient devant les roucoulements d'un héros grassouillet sortit tout droit d'une gravure pieuse. On touche le fond quand notre demi Dieu s'entiche d'une belle paysanne (fondu enchaîne pendant dix minutes sur les deux visages illumines d'amour) On hulule de plaisir.!!

14 mars KHAJURAHO Ce matin, j'ai vécu un véritable film indien, avec la musique et tout... Nous voici, Prince et moi, filant sur la route, chevauchant son fidèle tonnerre mécanique (pour le coup, c'est pas Jolly Jumper, ce sera Honda). Plan large. Prince chante (ça fera la musique de fond). La route est déserte, il fait encore nuit. Il est six heures du matin. Lui, mal rasé, porte un col roulé, un jean. Renforcer le côté "on the road again". Elle: treillis, cheveux au vent (prévoir de toute urgence une coiffeuse à l'arrivée pour récupérer tout ça!) Mais qui m'a foutu des cheveux aussi paillasson!! On fait du remplissage pendant les dix huit kilomètres de route avec des flash back en tout genre: Elle entre pour la première fois dans son magasin. Il lui fait essayer un punjabi. Rires autour d'un verre de Tchai. Petit signer de la main quand elle passe devant son magasin en allant au temple (pas mal l'idée de radinner un petit coup de religion). ??STOP la musique ! Retour à nos deux amis sur leur moto. Arrivée sur les falaises qui surplombent les chutes d'eau de Khajuraho. Plan fixe d'eux sur la moto genre poster d'ado pré pubère. Note pour plus tard: penser à dégotter un hélico pour un plan tournant plongeant. Sensation de liberté. "je suis le maître du monde" et tout le tintouin. Passage obligé par un petit chemin escarpé où elle se tordra la cheville (un peu mais pas trop, faut encore qu'elle puisse se trémousser la grognasse). Il lui tend la main pour l'aider (gros plan de cinq minutes). Le soleil se lève. Timing parfait. On caille ici. Penser à voir avec le syndicat d'initiative si on ne peut pas monter le thermostat de quelques degrés. Des acteurs nus sous les pull-overs, c' est pas du tout vendeur! De retour à Khajuraho, chacun reprendra sa place. Lui derrière son comptoir, elle dans son hôtel de luxe. C'était leur dernière journée ensemble. Renforcer le côté dramatique, la fracture culturelle par un retour, pour elle, aux vêtements européens alors qu’elle portait des punjabis avant. Dernier acte: Musique déchirante, violons à fonds les ballons. Sur le marchepied du bus qui l'emmène à Varanasi. Il arrive au dernier moment. Mèche rebelle mais pas trop, on dose le gel poupée, on dose le gel... Il lui tend un paquet qu'elle ouvrira pendant le trajet. TADAAAM: super sari rouge et or. Merci la fée clochette. LARME obligatoire. Genre le truc discret que tu ne peux pas louper tellement c'est gros. Plan final. De retour en France, pour le mariage de son amie, la belle héroïne porte le fameux sari. Retour de la musique utilisée sur la route au début, genre elle se souvient, enfin bref tu vois le truc Coco. Bon, le making-off est nettement moins beau: Je n'ai pas arrête de renifler et de larmoyer pendant tout le trajet sauf quand un moucheron a eu la bonne idée de venir se coincer dans mon oeil!.?Le paysage était magnifique, lunaire mais vu la saison, la chute d'eau tenait plus du Mannkenpiss que des chutes du Niagara. Pas grave, J'ai vu la ville se réveiller. Un peu de calme avant la foire.?Le dernier acte n'est que pure fiction mais comment arrêter le génie créateur une fois lancé? Je m'y voyais déjà, je vous jure que j'entendais même la musique de fonds.... Je n'ai peut être pas joué dans une super production Bollywoodienne mais en tout cas j'ai réellement rencontre un ami à KHAJURAHO. Ce midi, il m'a (pour de vrai, je vous dit!) invité à venir manger dans sa famille qui habite une grande maison un peu plus loin. Les quatre frères habitent ensembles avec leurs femmes et tous les marmots. Première fois que je mangeais vraiment à l'indienne, j'avais intérêt à assurer. Du coin de l'oeil je guettais Prince et reproduisais ses gestes. Il faut manger de la main droite, pas facile au début mais c'est marrant, et puis il y a le joker (y'a toujours une cuillère qui traîne). On s'est assis sur une natte devant la TV. Les femmes nous ont préparées un thali du tonnerre et les enfants faisaient le service veillant à ce que je ne manque pas de chapatti (galette de pain). Le thali c'est un peu comme un plateau TV. Sur une assiette compartimentée on met du Dhal (lentilles en sauce), des légumes, de la chutney, du choux macéré aigre doux, un bol avec du raisin, un autre avec de la papaye et du riz. Le contenu peut varier mais c'est souvent un mixe entre le chaud et le froid, le salé et le sucré, l'acide et le doux. On pioche sans ordre. J'adore. Toute la famille fut adorable. Je regrette de devoir repartir demain et de ne pouvoir les connaître plus. J'aurais bien voulu parler avec les filles. Insatisfaite. C'est déjà un premier pas.

15 Mars KHAJURAHO J'ai passé presque tout mon séjour à Khjuraho avec Prince et j'ai dépense tout mon budget prévu pour cette ville dans son magasin. C'est de bonne guerre. Je l'ai chargé, lui et ses couturiers de me confectionner une tenue indienne spéciale. Alors je passe régulièrement voir l'avancée des travaux. Après, je me mets dans un coin du magasin pour observer les femmes qui viennent choisir leur sari, la pièce de coton qui ira avec pour le débardeur (il a des centaines de tissus de nuances différentes, on se croirait "au bonheur des dames"), le châle. On prend le temps, on cherche au détail près. Et puis, entre deux clientes, Prince me raconte sa vie. Il est Jain. C'est une religion minoritaire en Inde. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont très respectés par les indiens. L'origine du Jainisme remonte au VI éme siècle av JC. Les Jains doivent respecter cinq règles majeures: Ne pas voler (mouaich, mouaich, je doute encore de la justesse des prix qu'il m'a proposé), se détacher des bien matériels, rester chaste, ne tuer aucun être vivant et ne pas manger la nuit (au cas ou une bestiole se serait noyée dans la soupe). Ceux qui respectent ces principes à la lettre se baladent avec un foulard sur le visage comme les cow-boy pour ne pas avaler d'insecte en respirant. De même, les moines ne prennent jamais le bus (le pare brise est un véritable cimetière a moucheron). Mon Prince est loin de tout ça mais il tente de conserver une âme pure pour atteindre petit à petit la délivrance via la réincarnation. Il faut aussi savoir que leur éloignement de tout ce qui est matériel n'est pas du tout contradictoire avec un possible enrichissement (ouf! on avait eu peur). Comme il leur est interdit de tromper leur prochain, cela en fait des personnes dignes de confiance, très présents dans le domaine des affaires, du commerce ou de la joaillerie. Un jour, les parents de Prince, lui trouveront une jolie petite Jain, ils se marieront et auront pleins d'enfants. Ca fait longtemps que je m'interroge sur ce concept du mariage arrangé, à première vue choquant pour une européenne comme moi, qui a brûlé son sous-tif depuis longtemps. Pourtant, la vie aidant, je me demande si ce n'est pas plus réaliste. Je refuse l'idée d'imposer quelqu'un, par contre si on voit le mariage comme une sorte d'association et non comme une union ultra romantique de deux coeurs.. et tout le blabla, on se détache alors des sentiments encombrants et éphémères. En gros, il faut qu'elle trouve un type pas trop moche (on ne va pas non plus ramener du boulot humanitaire à la maison!!), qui gagne sa vie, qui semble sérieux... et l'affaire est dans le sac. Pas d'amour donc pas de dépendance, pas de douleur. On prend soin l'un de l'autre mais le bonheur de l'une dépendra pas des "preuves d'amour" de l'autre. Ils sont partenaires. Bon, le hic, c'est que vu à travers les yeux de Prince, la femme vaut quatre vingt cinq pour cent de l'homme et là je tique. C'est cinquante, cinquante ou rien. Je ne suis pas Jain mais les affaires sont les affaires. Et puis, vu que les filles indiennes sont nourries de films à l'eau de rose, depuis leur plus tendre enfance, comment se fait-il qu'elles ne nous rejoignent pas dans cette quête absurde du prince charmant?? Contradictoire. En fait, je pense qu'un mariage arrangé a autant de chance de réussir qu'un mariage basé sur les sentiments.

16 Mars VARANASI J'écris à la lumière d'une chandelle. L'électricité vient d'être coupée, mon ventilateur s'est mis en grève, j'ai juste eu le temps de faire chauffer l'eau de mon thé. Il fait noir dans la ville. Il n'y a que les ghâts (les marches qui donnent sur le fleuve) qui brillent. C'est l'heure de la prière, l'heure de faire Puja. Des centaines de petites bougies brillent comme autant de prières entre les bras de la Mère Gange. Bienvenue donc dans le plus grand bénitier du monde. Je suis arrivée ce matin par le train de nuit. Mon hôtel a presque les pieds dans l'eau.?Vue imprenable sur le Gange. Un petit dej me remettra vite sur pieds. Me voici face à un des plus beaux vestiges de la colonisation britannique; j'ai nomme le porridge. Si on y ajoute des bananes, on a de quoi faire un mastic qui bétonnera tous les systèmes digestifs, même les plus expressifs. La cérémonie de Puja a lieu vers dix neuf heures. C'est une sorte de prière universelle pendant laquelle a lieu l'offrande de la lumière au fleuve. En bordure du ghât, trois petites avancées sur pilotis. Les fidèles s'asseyent sur les marches en bordure du Gange. Sur le coté, les musiciens. Les cloches rythment la prière de façon entêtante. Pendant toute la cérémonie, des femmes proposent des petites coupelles fleuries. On allume la bougie en son centre et on la laisse dériver au fil de l'eau. Les fleurs sont fraîches, leur parfum se mélange à celui de l'encens et participe à l'enivrement collectif.?Ca commence avec les chants. D'une voix grave, les Brahmanes psalmodient en frappant dans leurs mains. Puis, trois d'entre eux s'avancent sur les jetées. Ils sont jeunes, vêtus d'un Tshirt d'un blanc immaculé et d'un pantalon bouffant brode d'or. Leur peau brille à la lumière des bougies. D'une main, ils agitent une cloche et de l'autre ils tiennent des bâtons d'encens avec lesquels ils ponctuent des demi cercles de fumé qui se dissolvent dans l'air à peine formés. Avec une parfaite synchronisation, ils vont bénir les quatre points cardinaux. Leur poignet est souple, gracieux. Ils feront de même avec des éventails, des torches. La chorégraphie est simple et pleine de recueillement. Sur une petite table, face à eux, sont disposés les accessoires pour la cérémonie. Des pétales de fleur fushia et orange jonchent le sol autour de leur tapis de prière. Les voici soufflant dans un gros coquillage. Ils se tiennent parfaitement droits, le visage tourné vers le ciel. Plus personne ne bouge, les cloches se sont tues, on n'entend plus que le son grave de ces cornes de brume qui résonne dans la nuit. Les barques se sont amassées autour du ghât. Leurs coques s'entrechoquent et craquent. Tiens, un groupe qui débarque.... mais ce sont mes franchouillards quadra que j'avais croise dans l'avion!! Y'a vraiment qu'eux pour avoir le culot de se balader aussi nonchalamment en plein milieu d'une cérémonie religieuse. Fidèles à eux même. Que diraient-ils si un car de touriste japonais se déversait en pleine messe dominicale pour prendre des photos??

17 Mars Je viens de passer sous le rouleau compresseur local. Traduction: je viens de découvrir les joies du massage Ayurvédique. Certains disent que c'est énergisant. Je veux bien le croire. A force de me faire pétrir, pincer et tordre dans tous les sens, je suis ressortie aussi rouge qu'un homard. Toutes mes articulations y sont passées. Il a même fait craquer le bout de mon petit orteil!. Sur le ventre, j'avais l'impression qu'un chat de cinquante kilos me malaxait le dos de ses grosses pattes (vous savez, ils font ça avant de se coucher en boule). Sur le ventre, il a été surpris par mon piercing au nombril. Moi, je dis que face à tous les yogis locaux, je suis une petite joueuse. Chochotte va!. Les jambes en l'air. Mieux que des bas à varice. Il fait remonter tout le sang jusqu'aux orteils, en exerçant des pressions de la cuisse jusqu'au pied. J'avais la jambe exsangue et le pied comme une tomate trop mure. Le massage des paupières fut surprenant. Et vas y que je te pincouille la aussi (bof, bof).?Comme dirait Ma Grand Meren, ce fut.... intéressant. Je ne sais pas si mon énergie vitale en fut renforcée mais en tout cas, j'arrive maintenant à me gratter l'oreille avec le pied! En poussant ma ballade du soir, je suis arrivée au ghât de crémation. Ce matin, j'étais censée être au paradis (..), j'approche maintenant les portes de la mort. Face au temple de Shiva, on trouve une plate forme pour chaque caste. Les brahmanes sont les plus proches de temple. Plus on descend dans les castes, plus on s'éloigne du temple. Lors d'un décès, le corps est sortit de la maison, sur le dos (il ne doit pas rester dans une pièce close). Puis il sera embaumé. Par les hommes si le défunt est un homme, par les femmes si c'est une femme. On l'enveloppe les jeunes et les adultes d'un tissu blanc, le orange pour les vieillards, le fuschia pour les femmes mariées. Le ghât est interdit aux femmes, trop expressives, elles pourraient troubler l'ascension de l'esprit du défunt vers le Nirvana. Ce sont donc les hommes qui portent le corps sur un brancard de bambous. Ils entrent avec dans le fleuve pour lui faire prendre son dernier bain. Puis le fils ainé va se faire raser la tête (sur le sol, près de la jetée, il reste encore des mèches). Vêtu d'un pagne blanc, c'est lui qui mettra le feu au bûcher. Depuis quelques temps, l'Inde connaît une pénurie de bois, ça coûte très cher. Les familles les plus riches ajoutent des rondins de santal, les autres se contenteront de sachets de copeaux. ?Le corps mettra près de trois heures à brûler. Chez les hommes, c'est le torse qui met le plus de temps (symbole de leur force) et les hanches pour la femme (siège de leur fertilité). Personne ne pleure pendant la cérémonie. Il faut être heureux, le défunt arrive à l'étape finale (mourir a Varanasi, c'est l'assurance d'un aller simple pour le paradis). C'est là que brûle jour et nuit le feu sacré laissé par shiva. Entretenu par des prêtres, il est le seul à pouvoir mettre le feu aux bûchers. Après quelques temps, le fils aîné toucher la tête du défunt à travers les flammes avec un bambou, la faisant éclater. Il versera alors du beurre dessus. Une fois le corps réduit en cendres, elles seront dispersées dans le Gange. Un peu plus loin, les orpailleurs passent inlassablement l'eau au tamis à la recherche de bijoux, de dents en or, voir même de prothèse totale de hanche... Le soir sera l'occasion d'une fête en famille. Les larmes seront pour plus tard quand chacun se retrouve seul chez soi. C'est étonnant de voir ces bûchers. Des centaines de corps sont brûlés chaque jour. Jour et nuit, ils arrivent de l'Inde entière pour passer cette dernière étape. Il y a même un hospice ou les personnes en fin de vie viennent attendre la mort. La mort est vécue au grand jour, à ciel ouvert. Elle fait partie de la vie. J'entend des cloches, quelques mètres plus loin, on célèbre Puja. La vie continue. Les indous ne regardent pas en arrière.

18 Mars Le Gange est un fleuve pur, c'est un fait, par contre il est tellement sale qu’aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille. C'est pas de moi c'est Mark Twain qui l'a dit. On y fait sa toilette le matin, on y lave son linge, on y jette des cadavres mal incinères et les usines du coin y déversent leurs produits chimiques. Si on résiste à un bain dans un tel bouillon de culture, alors on doit être effectivement béni des Dieux. Une ballade sur les Ghâts n'est pas de tout repos ou pleine de spiritualité comme on pourrait le penser. Ca relève plus du parcours du combattant. On commence par un slalom géant entre les étrons qui jonchent le sol. Singes, buffles, vaches, chiens, humains, chacun y va de son petit paquet. Ce serait ridicule de devoir être rapatriée pour cause de " Triple looping incontrôlé sur bouse de vache sacrée" . Petit assouplissement du cou et des poignets avec une série de hochements de la tête et de rotations de la main pour décourager les rabatteurs en tout genre. Le tout en marchant, le scanner anti-étron en alerte et avec le sourire s'il vous plait. Superbe. Pause buvette sur le coin d'une marche. Il y a toujours des gamins qui arpentent le Ghât avec une bouilloire remplie de tchai. Ils me le versent dans un petit godet en terre cuite. Je me brûle les lèvres mais ça fait du bien. Puis viens l'épreuve d'escalade car comme le niveau du Gange est au plus bas, je dois gravir une trentaine de marches de hauteur inégales avant d’atteindre mon hôtel (sans compter celles pour passer d'un Ghât à l'autre ou celles pour monter à ma chambre nichée au quatrième étage). Dur, dur d'être un touriste à Varanasi. Nous sommes en terre Sainte, un petit catéchisme local s'impose. Le premier qui déserte le cours, je lui fais une tête au carré!. Selon les écritures locales, plus de trois cent trente millions de divinités formeraient le panthéon indou. On va donc essayer de faire simple sinon on n'est pas rendu. G.... Generator.... Brahmâ?O.... Organiser.... Vishnou?D.... Destroyer.... Shiva Brahmâ est le créateur de l'univers. Une fois qu'on a dit ça on comprend qu'il soit un peu loin des préoccupations des pauvres humains. Vishnou a pour rôle de protéger l'univers. Shiva est le destructeur sans qui aucune création ne serait possible. Marié à Parvati, il eut un fils qui naquit en son absence. Ganesh. Celui-ci grandit sans connaître son père (pas d'appareil photo à l'époque). A son retour, Shiva demanda à voir sa femme mais son fils lui fit obstacle, refusant à cet intrus le droit d'entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir qu'il avait levé la main sur son propre fils. Il décida alors de remplacer sa tête par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et ce fut... un éléphant. Jovial, dodu, Ganesh est le dieu de la chance et le patron des scribes. Je l'aime bien. Il a l'air un peu moins sérieux et moins intimidant que les autres. Varanasi est dédie à Shiva. Les adorateurs de Shiva se reconnaissent aux trois traits blancs horizontaux traces sur le front. Les sectateurs de Vishnou portent un "U" jaune entre les sourcils avec une ligne rouge au centre. Voila, voila, méditez maintenant pauvres mortels.

20 Mars Je sens que je suis en train de m'accomplir totalement. Pas à pas, expérience après expérience, je m'approche chaque jour un peu plus de la perfection. Ce soir je crois que je frise le Nirvana...... JE VAIS VOIR UN FILM INDIEN DANS UN CINEMA INDIEN!!!! (Raaaaaa lovely). J'y vais avec Lucky. Un gamin des rues que j'ai rencontre à mon arrive, un petit caïd. Dans le rickshaw, du haut de ses vingt ans, il fusillait du regard quiconque me dévisageait un peu trop. Le cul entre deux chaises, il joue les mauvais garçons devant ses copains et les touristes mais, en véritable gentleman, il ne manquera pas de me raccompagner jusqu'au bout de ma rue une fois le soir tombé. Ses phrases sont ponctuées de "m'dam", impossible de lui faire prononcer mon prénom. Les seuls mot de français qu'il connaisse sont "lâche moi les baskets". Le cinéma est à l'autre bout de la ville, un véritable monument de béton. La salle est gigantesque, bétonnée elle aussi. On a pris des billets premiers classe pour être au balcon. Il y a même des ventilateurs au plafond pour rafraîchir un peu l'air (souvenez vous qu'un film dure en moyenne quatre heures). On se prend un coca, on se cale dans les vieux fauteuils et c'est partit! Le film fut un régal de musiques, de paillettes, de larmes et de rebondissements. Au début, on a l'impression que la pellicule a été recolorée (un peu comme dans les films de J. Tati) mais on oublie vite. Pas de sous titre mais mon voisin me traduisait les passages clef. Il faut dire que l'intrigue est souvent prévisible (un mélange de tous les soaps connus sur le petit écran avec une grosse touche de morale indienne). On ajoute du piment avec des coupures de courant aux moments cruciaux. Et pour couronner le tout, encore mieux que le cinéma 3D, nous avons ici le cinéma inter-actif. Dans la salle, certains chantent, d'autres s'esclaffent. Quelques rangs plus bas, un bébé pleure (pas question de louper le film du samedi soir a cause du dernier né, on radine toute la marmaille). Je peux mourir en paix, j'ai vu mon film et je suis à Varanasi. Que demande le peuple??

22 Mars VARANASI ( ben si...) Grosse trouille ce matin. La ville, tout comme l'Inde d'ailleurs, est peuple de singes. Il doit y avoir une famille qui loge pas loin de ma chambre. Jusque là, je gère. Chacun fait sa vie. Là ou ça pose un problème c'est quand, alors que je tente de me réveiller sur mon balcon, je me retrouve nez a nez avec un gros mâle grimaçant et sifflant. J'ai vite battu en retraite, lui claquant la porte au nez. Il n'avait pas l'air commode du tout et ses dents étaient bien affûtées (quoique j'ai cru entrevoir un reste de salade coince entre ses canines). Je n'ai aucune envie de me faire refaire le visage par ce type de chirurgien plastique. Ils sont tellement habitués aux humains qu'ils ne sont même pas effrayés quand on les chasse du bras. Bien au contraire, ils contre attaquent et c'est moi qui doit fuir. Ou va le monde, ma brave dame. J'en viens même à regretter mes bons gros pigeons parisiens Comme faune locale, c'est tout de même plus rassurant. Heureusement que j'ai des grillages à mes fenêtres. Lors de leur ascension de la façade, ils ne manquent pas de pousser ma fenêtre entre ouverte pour voir si il n'y a rien à chiper. Changements de plans donc. J'ai décide de rester à Varanasi pour fêter Holi (la fête des couleurs) il parait que c'est particulièrement animé dans cette ville. J'avais mon sac sur le dos, mon billet de train en poche mais j'ai changé d'idée au dernier moment. Grisant. Pas d'obligation de suivre le plan de route, il faut saisir les occasions quand elles se présentent. La ville vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des indiens qui payeraient cher pour être à ma place. Et puis, je n'ai pas trop envie de retrouver le bruit de Delhi. Je partirais d'ici à la fin mois pour aller vers le Rajastan. Je verrais Richikech et Amritsar une autre fois.

23 Mars Impossible pour les indiens de prononcer mon prénom, me voici donc rebaptisée Imli (c'est le mot en hindi pour designer le tamarin). Ca fait près d'une semaine que je suis immergée dans la vie indienne. J'ai quitte le monde des touristes pour partager la vie d'une famille, celle de Lucky. Il n'y a que lui qui parle anglais mais on arrive à se comprendre un peu. Chaque jour, il m'invite à déjeuner chez lui et sa maman me prépare un bon thali. Après avoir passé un rideau de linge qui sèche, je me retrouve dans une petite pièce aux murs noirs de suie. La lumière vient d'une petite lucarne. On me fait prendre place sur une des nattes au sol. Les seuls meubles sont des étagères couvertes d'ustensiles divers et un petit hôtel avec des images pieuses et des statues. Seules touches de couleur au tableau. C'est petit, sombre et pourtant, tout doucement, j'ai senti la chaleur du foyer. Pas besoin de décoration hi tech. Lucky taquine son petit cousin, ses soeurs me regardent manger, rigolant de mes débuts laborieux. Pas facile de manger du yaourt avec les doigts. Puis, après s'être bien lavé les mains, la plus jeune me coiffe, me passe de l'huile sur les cheveux et me les remonte en chignon. Avec mon punjabi, mon bindi (point sur le front) et mes bracelets, elles disent que je ressemble à une véritable indienne. Si seulement ça pouvait être vrai. Je suis frustrée de ne pas pouvoir parler plus avec elles. Foutue barrière de la langue! Parfois, j'ai l'impression que notre culture a trop aplanit les relations. Ici, on touche les pieds de quelqu'un pour marquer son profond respect. C'est un geste très important. Et nous, que nous reste- t- il pour signifier la hiérarchie? Peut être avons nous oublié certaines valeurs...

24 Mars Quelle image ont-ils de la femme blanche? J'ai souvent l'impression qu'ils nous voient comme des filles faciles. C'est certain, on ne colle pas beaucoup avec le cliché de la femme soumise, un tantinet neuneu et homo-dépendante de la version indienne. Mais quand je vois une affiche de film "hot" avec que des blanches comme actrices, je ne peux pas non plus l'accepter. Difficile pour eux de nous comprendre. Pourtant on est loin du temps ou le summum du sensuel était représente par une pauvre pucelle se dandinant sous la mousson avec le sari qui lui colle aux mollets. Tout ce que je vois dans les films indiens relève plutôt du nombril à l'air, du décolleté plongeant et de l'image suggestive... Par contre, bobonne, à la maison, c'est sari ou punjabi obligatoire. Intéressant. Quelle hypocrisie.

27 Mars VARANASI ( toujours...) Aujourd'hui c'est la fête de Holi (personne n'a été foutu de me dire la signification, je vous ferais donc grâce de mes explications dignes d'un guide touristique). Quelques jours avant la date fatidique, on a vu apparaître des marchands de poudre de couleur, de pistolets à eau, de chapeaux de carnaval. Petites montagnes de pigments rouges ou verts. Les yeux des gamins brillent déjà. On fait ses réserves, choisissant avec soin la couleur de ses munitions. Le jour J arrive enfin! Ca commence très tôt. A sept heurs les hostilités sont déclarées. Les particuliers font hurler leur chaîne hi-fi et les premières bombes à eau sont lancées. Bataille rangée d'un toit à l'autre. Impossible de circuler dans les rues sans être bombardé. Les vaches et les singes ne sont pas oubliés (la vache Milka n'a qu'a bien se tenir). On sort l'alcool, les cigarettes, aujourd'hui tout est permis. Les forces de police ferment les yeux. Pendant six heures ce ne seront que des cris, des rires, des courses poursuite. Même les couloirs de mon hôtel sont le siège d'une lutte Touristes/ Indiens. Des rivières de couleur dégringolent dans les escaliers. Les hommes poussent des cris guerriers, les enfants hurlent de joie. On se barbouille le visage, les vêtements prennent les couleurs d'arlequin. Les murs sont mouchetés. Toute la ville est repeinte de fushia, d'ocre et de bleu. C'est féerique, on se croirait dans un tableau de Kandinsky. Je croise un gamin hilare, son visage est pourpre et ses yeux brillent comme des billes, on dirait un diablotin. Un gros bonhomme moustachu passe en vélo. Il a un petit chapeau doré comiquement posé sur le haut de son crâne. Son marcel est repeint aux couleurs de l'arc en ciel et sa moustache s'est transformée en un buisson d'un vert éclatant. Vers quatorze heures tout se calme. On écope, on nettoie à grandes eaux, on essuie. Tout Varanasi va se laver dans le Gange qui prend alors des reflets irréels. Un peu comme une immense tache d'huile. L'après midi se passe en famille ou avec des amis. On sort ses plus beaux vêtements. La maman de Lucky nous a fait un thali spécial avec du poulet (ne croyez pas qu'en Inde, on soit végétarien par goût du bio).

31 Mars stand by Juste un petit message pour dire que je suis toujours en vie, toujours à Varanasi et ....... peut être en Indonésie. A suivre.

3 Avril vers JAIPUR (enfin...) Je décolle enfin de Varanasi. A croire que la ville m'avait ensorcelée. La quitter semble relever de l'exploit. A force de suivre Lucky dans le labyrinthe du Chowk (vieux quartier qui borde le Ghat principal), on a fini par devenir inséparables. Il travaille chez un détaillent en soieries. On y passait des heures entières, affalés sur les tapis, à boire du thé avec ses amis. Tous les commerces se pressentent de la même façon. On enlève les chaussures à l'entrée avant de passer sur un matelas qui recouvre tout le sol de la pièce. Là, assis en tailleur, un thé à la main, on peut commencer les affaires. J'étais même devenue l'interlocutrice spécial touriste français. A chaque client, c'était un festival de couleurs. Le sol était vite recouvert de dizaines de châles, de couvres lits brodes d'or, de brocards. On me "remerciait" en m'offrant une étole ou une pashmina de temps en temps. Le midi, on allait manger chez Lucky, bref, la routine a commence à s'installer. On a écume tous les cinémas de la ville, sillonné toutes les ruelles en moto. A la fin, Luckyse se prenait presque pour mon mari, refusant que je parle aux étrangers, que je sorte seule, veillant à ce que je ne dévoile pas trop de ma personne. Il s'est presque battu avec un policier qui me regardait d'un peu trop près. Je veux bien jouer le jeu cinq minutes, mais à la fin ça devient insupportable Il était grand temps de partir. Le temps de troquer mon punjabi contre le treillis, je saute dans le premier train qui passe direction le Rajasthan!.... Je crois que les dieux de Varanasi ont du bien rigoler! Dix huit heures de train!!! Coincée sur une couchette à peine plus large que mon derrière, le nez colle au plafond avec, en guise d'air conditionné, des ventilateurs brassant l'air chaud et la poussière ambiante. Mon coté aventurier en a pris un coup. A la sortie du train je ressemblais plus à un mix entre un épouvantail et une sorcière.

8 Avril JAIPUR Jaipur est une ville très structurée. Grandes artères, rues bien perpendiculaires. Il semble y avoir un véritable projet d'urbanisme. C'est la première fois que je croise des feux de signalisation! Ca fait tout drôle après les rues sinueuses de Varanasi. C'est même un peu trop. Trop bruyant, trop carré, trop urbain. En fait il semble y avoir tous les défauts de la ville sans les avantages. Heureusement, mon hôtel est un paradis de calme et de verdure. C'est un ancien petit palais. Le soir, je me prélasse dans un des transats sous un bougainvillier. L'air sent bon le jasmin et l'herbe fraîche. Il y a même un paon qui se dandine dans l'allée. L'hôtel est un ensemble de petites courres intérieures, de patios, d'escaliers secrets, cachés par une façade recouverte de buissons fleuris. Je n'ai pas beaucoup vu la ville. Juste ce qu'il faut. Ça fait du bien de se couper un instant de la réalité indienne. Une petite parenthèse dans la parenthèse, le matin j'oublie presque que je suis en transit. J'ai l'impression de me réveiller dans ma maison de campagne...

9 AVRIL PUSHKAR Arrgghhh! Je suis maudite! Ce matin, j'ai levé le camp de Jaipur. Adieu veaux, vaches, cochons, le fugitif repart vers de nouvelles aventures. Jusque là, la routine. Ca se complique quand, arrivée à mon nouvel hôtel, je réalise que pour des raisons obscures, ma bouche est bloquée. Impossible d'avoir un écart de plus d'un centimètre entre les deux mâchoires sous peine de voir mon dentier me dégringoler sur les genoux! Vais je devoir me mettre au régime calibré avant l'age fatidique? Je clôture mon stade oral de façon plutôt rédhibitoire. Je suis trop jeune pour boire mes biscottes noyées dans mon Nesquick avec le beurre qui surnage! Et puis, ou vais-je trouver un presse purée dans ce bled pourris? Je n'en suis pas encore au trismus mais quel est l'imbécile qui a trifouille ma poupée vaudou en lui plantant des aiguilles dans la bouche? Qu'il se montre, je n'en ferais qu'une bouchée... enfin, presque. Je ne vais quand même pas aller voir le rebouteux du coin. Même ma copine infirmière Caro, qui fait du rapatriement sanitaire, m'a laisse tomber comme une vieille chaussette. Pas assez grave pour envisager un retour au bercail aux frais de la princesse! Dix neuf heures, Hourra! Je suis décoince (vous en doutiez?) Apres avoir brûle maint et maint bâtons d'encens (doit bien y avoir un dieu spécial problèmes dentaires dans le coin), massé, farfouillé, mastiqué au risque de me faire prendre pour une nouvelle race de ruminant, ma mâchoire à enfin recouvré la raison. Ouf! pas besoin de mettre un gant en latex et passer par "l'autre voie". Comprenne qui pourra (merci mon ostéopathe). Et vive la grenouille à grande gueule ! (ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire n'ont qu'a se manifester, je me ferais un plaisir de leur raconter.) L'Inde, pays aux mille dieux et aux mille prières. Jour et nuit, elles montent vers le ciel telles les volutes de fumée d'une gitane maïs. Et c'est justement le problème. Il est trois heures du mat et le vieux d'en face a décide de tenter sa chance, des fois qu'un dieu serait encore à l'écoute. Le voila qui tambourine avec conviction sur sa plus belle casserole en guise de banjo et braille à s'en faire péter les plombages. On dirait un mélange de sirène de pompiers et de fado chanté par un asthmatique. N'y a t il personne qui veuille abréger ses souffrances? Le seul effet kiss-cool observé c'est une accélération bruyante du transit de mon voisin de chambre et une reprise en choeurs par tous les canidés du coin. Puis, une fois qu'il a bien massacré son ustensile de cuisine, il retourne se coucher (Seb c'est bien?).?ET MOI ALORS? A cause de lui j'ai les yeux en position plein phare, impossible de retrouver le fil mon rêve qui semblait pourtant des plus philosophiques. Demain, c'est décidé, je vais danser la macaréna sous ses fenêtres à deux heures du mat!!

11 Avril PUSHKAR C'est la tanshumance! Je descends de mon village bleu à flanc de colline pour me perdre dans le quartier musulman d'Ajmer, la grande ville dans la plaine. J'ai passé toute la matinée dans la mosquée, il faut dire que les alentours sont un mixe entre la foire et la coure des miracles qui ne donne pas envie de prolonger le stationnement. Un type coincé en position grand écart fait le crabe dans la rue, un autre se déplace en se roulant par terre, il y a même un chien qui avance en équilibre sur ses pattes avant, les pattes arrière difformes. Mieux vaut battre en retraite. Avant d'entrer dans le lieu saint, je confie mes chaussures au portier et je me couvre la tête. Dans l’enceinte, une milice est chargée de faire respecter les bonnes manières. Portant une étole genre miss monde et un bâton de guignol, ils traquent tout écart de conduite. Ce serait de mauvais goût de se prendre une prune pour outrage à divinité. Je me pose dans un coin de la coure dallée de marbre et je regarde. C'est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Un petit bonhomme s'approche de moi en gazouillant. Il a les yeux soulignés au crayon noir et une ficelle autour de son proéminent bidon. Une fillette me demande de poser avec elle pour une photo (il est important de savoir que tout bon indien se doit de tirer une tronche de six pieds de long lors de cet exercice... pas le moindre petit rictus). C'est une procession incessante de visiteurs. Les hommes portent des djellabas blanches magnifiquement brodées. Ce soir, à Pushkar, c'est mégateuf!. C'est le nouvel an indien, on sort les dieux des temples et de la naphtaline pour leur faire faire un petit tour de la ville. Chaque soir c'est la permission de minuit pour un dieu différent, et ça va durer dix jours!. Les familles ont dessinées des fleurs, des motifs géométriques avec de la poudre de couleur devant leur perron pour accueillir la procession. La rue est parée d'un tapis aux couleurs flamboyantes. Les femmes accrochent des fleurs dans leurs cheveux.?Les chars sont précèdes par une fanfare dominée par le son du Bontempy sur lequel s'acharne un des musiciens. Puis vient... un énorme moteur monte sur roulettes qui servira à alimenter les lustres portés par des dizaines de gamins des rues pour faire une haie d'honneur. Enfin, le char, entouré de brahmanes distribuant des copeaux de noix de coco et autres sucreries. On en reçoit une poignée, on partage avec son voisin. Tous les sens sont à la fête. La foule se presse pour recevoir la bénédiction, toucher le char. Les sâdhus en tous genres sont aussi de la partie. A la base, le sâdhu est un mendiant religieux. Ils sont reconnaissables à leur allure souvent excentrique. Vêtus d'orange, le corps couvert de cendres, le cou chargé d'amulettes et le crâne recouvert d'une forêt vierge qui ferait rêver nos amis rasta symbole de leur puissance. Le sâdhu devient siddha, soit hermite soit ascète après de dures pénitences et diverses formes de mortifications. Certains ont décidé de passer leur vie sur un pied, d'autres se coupent un bras, tout ça pour atteindre la délivrance du cycle infernal des renaissances.?Ca c'est la version locale, mais on a aussi le Western sâdhu, race particulièrement endémique si on considère qu'elle possède la faculté de troquer ses fripes contre un costume trois pièces une fois revenu sur leur pays d'origine. Leur but est encore obscur mais il semble que pour y parvenir, ils doivent porter les vêtements les plus miteux, traîner la savate et afficher une pilosité amazonienne...

18 Avril JAISALMER Mon voyage aura été marqué par de nombreuses rencontres. Chaque ville que je traverse m'apporte une nouvelle histoire. Il faut être patient, laisser les choses venir. L' Inde ne s'apprivoise pas en deux jours. Apres un certain temps, une fois que vous faites bien partie du décor, le miracle s'opère. Je crois qu'ici, j'ai atteint la perfection. Jaisalmer est une ville fortifiée au milieu du dessert du Tahr. Son épaisse muraille ocre renferme un trésor. C'est ici que se trouvent les plus beaux have lis de toute l'Inde. Ce sont des palais construits au XVIII ème siècle par de riches marchands. Certains sont officiellement visitables mais je me rends vite compte que presque toutes les façades de la ville sont richement ouvragées. On dirait de la dentelle, mais en plus beau, avec une variété incroyable de motifs. Je ne m'en lasse pas. Mon hôtel est à l'intérieur du fort. Le soir, assise sur la terrasse, je me prends pour une maharani attendant son Lawrence d'Arabie (ouaich, un peu anachronique, mais Peter O'Toole avait de si beaux yeux bleus...). Les habitations couvrent encore quelques kilomètres autour des remparts et puis...c'est le désert. Pas les dunes de sable comme dans le désert des tartares, mais une plaine aride ou ne poussent que des buissons hirsutes et des éoliennes à perte de vue. Et puis, il y a eu la rencontre avec ces deux soeurs. Deux gitanes qui alpaguent le touriste à la sortie du fort pour leur vendre quelques breloques. Comme elles sont parées de leurs plus beaux atours, je joue le jeu du "bakchich contre photo". Jusque là, relations professionnelles. Le lendemain, je les retrouve pour leur offrir quelques T shirts que je dois jeter par dessus bord de mon sac à dos sous peine de surpoids fatal pour la suite du périple. Elles semblent ravies. Ce soir, elles m'ont invitées à boire un thé chez elles et écouter de la musique. Je les suis en dehors de la ville et me voici assise dans la courette d'une maison en torchis, un gamin dans les bras. Les hommes jouent du violon pendant que les deux soeurs dansent et chantent. Pour l'occasion, elles m'ont décorées de leurs bijoux traditionnels. On pose pour la photo. Une fillette aux cheveux ébouriffés danse devant moi. Sa robe est mocharde mais ses yeux brillent comme ceux d'un chat et ses hanches ondulent gracieusement. Petit moment de pur bonheur. C'est simple et beau comme un Kinder-Surprise.

26 Avril BOMBAY Dernière étape du voyage:Bombay. Retour à la civilisation mais ce n'est pas pour autant la fin des aventure, bien au contraire. Coup de chance, un de mes amis indien que j'ai connu au Burundi est lui aussi de passage dans le coin. Il insiste pour que je loge dans un des studios qui appartiennent à sa famille. Jusque là, plutôt idyllique comme tableau surtout vu le prix d'une chambre d'hôtel ici et vu l'état de mes finances... Mais c'est sous estimer l'esprit farceur qui plane constamment au dessus de mon crâne gracile! En fait, l’appart est parfait, mais c'est comme acheter une robe chez un grand couturier et se rendre compte qu'on ne peut même pas monter les escaliers avec. Beau mais pas pratique. Canapés dans le plus pur style post néo gréco romain, sol en marbre, la classe. Mais quand il s'agit de passer aux choses concrètes genre: qu'est ce qu'on mange ce soir? C’est une autre paire de bretelles. Les placards de la cuisine sont remplis ...... de cahiers, de cirages, de bouteilles de fly-tox. Ah, quelques bouteilles d'alcool, (on avance petit à petit vers le rayon alimentaire) et une cinquantaine de bouillons Knorr. Ce soir, donc, on révise Maïté version Koh-Lanta. Faute de casserole, j'ai du faire bouillir mes nouilles dans une poêle tellement petite qu'on pourrait la qualifier de HLM pour omelette! Me voici en train d'égorger une boite de concentré de tomate (la seule dont la date d'expiration n'avoisine pas le néolithique). Le plan de travail porte encore les traces de notre lute acharnée. Papa, tu aurais été fier de moi! Deuxième épreuve: Bombay est la seule ville d'Inde ou il est presque mal vu pour une jeune (si, si, j suis encore jeune) femme de porter le punjabi. Pas de chance, je n'ai plus que ça dans ma garde robe. A cela il faut ajouter le fait que Vinod (mon ami indien) ne fréquente que des gens super branchouillés et j'avoue qu'après deux mois de voyage je ne me sens pas trop dans ce trip. Panique à bord, donc, comment ressembler à quelque chose de correct quand on n'a plus que des tongs, un sac à patate en guise de robe et .....Pas le moindre sac à main coordonné! Je fonce dans le premier magasin du coin et fait péter ma carte bleue. J'en ressors habillée dans le plus pur style minette rose bonbon, un régal. Il fallait au moins ça pour tenir la route face à la jeunesse dorée locale. En trois jours, avec Vinod et sa bande, on a écumé tous les bars fashion de la ville. Ca fait tout drôle, mais j'avoue que ça m'a fait du bien de retrouver tout ça! J'ai presque fait une over-dose de crevettes et autres produits de mer (ras le bol du poulet et du régime végétarien). Ce soir, Vinod retourne au Burundi, moi je reste encore quelques jours. Je vais tenter de survivre dans cet univers.

La suite au prochain épisode.
Mission humanitaire au Tchad English translation pending
by Imli · 2007-03-04 · 1 reply
11 Septembre 04

Me voici repartie pour de nouvelles aventures encore plus abracadabrantes. Tous les ingrédients sont la pour un nouveau best sceller. K-Ta woman is back ou comment faire la pire mission en un minimum de temps.

Remarquez, après avoir été remise à plus tard, retardée, reportée, déplacée, ajournée, suspendue….je me retrouve à Berlin pour un petit séjour touristique en compagnie de Luce infirmière québécoise de son état, future partenaire dans son futur (si tant est que nous partions au Tchad, je m'octroie le droit d'en douter).

Si on arrive au bout de la mission, on pourra dire qu'on revient de loin. En gros le camp de réfugies a été ouvert avec beaucoup de difficultés et on a eu du mal à avoir le droit de mettre de réfugies dedans (avouez qu'un camp de réfugies sans réfugies ça peut difficilement se reconvertir en fête foraine…). Pas de problème, on a maintenant pris rendez-vous avec les réfugies qui devraient arriver le quinze (ils sont pour le moment autours du camp, dormant sous des toiles). Autre petit problème, les puits n'ont pas encore été forés. La saison des pluies ne dure que deux mois, après c'est la sécheresse. On avait bien monte les tentes pour tout ce beau monde mais un orage énorme a tout balayé, il a fallu courir dans la pampa pour tout récupérer et demander à Berlin d'en renvoyer un stock.

Enfin il semble qu'il n'y ait pas des masses de coordination ou quelque forme de communication dans tout ce délire…

13 Septembre

Salut très chers fans!! Finalement j’arrive à approcher un ordi (je suis encore en Allemagne, tout s’explique) Pour l’instant je suis en attente. Je suis arrivée à Berlin le premier septembre, mais on devrait prendre un avion ce soir le treize, j’ai donc eu quelques jours pour visiter. Direction Ndjainena (on arrive vers très tôt demain matin). J’ai fait connaissance avec l’équipe qui part avec moi (trois allemands, une Canadienne)

Si il y a un besoin urgent de me joindre vous pouvez passer par le responsable sur Paris Grégoire BROU 0144431275 ou 0632152805 ou Judith BOURGEOIS 0144431103 ou 0678780977

Les dieux de la communication sont avec moi, il y aura une liaison internet sur place YAHOUUUUU!!! Alors tous a vos ordis, les news ne font que commencer...

14 Septembre

Quel choc! La porte de l'avion s'ouvre et me voici plongée dans la chaleur humide locale. Arrive à Ndjamena à 6h00 du mat. THE MURPHY's team is on stage.

Pour résumer il y a donc ma chère Luce, infirmière québécoise, frôlant la soixantaine. Elle est une pro du travail en Afrique (elle a entre autre ouvert puis tenu un dispensaire en Ethiopie pendant sept ans). On aura de grandes conversations toutes les deux, elle est passionnante. Stephan, para-medic germanique, la trentaine. Allure sportive, il bosse dans les ambulances de la Croix Rouge quand il n'est pas en mission à l'étranger avec les ERU. Sandra, infirmière germanique, toujours la trentaine. Minette rouquine qui a quitte l'hôpital pour ouvrir bientôt sa propre boite d'allopathie. Elle doit en être à sa quatrième mission. Nous avons Thomas, cinquante ans, médecin germanique. Première mission; Il exerce en cabinet. Et enfin votre serviteur, jeune infirmière au corps sculptural et au savoir incommensurable….

Nous voici donc à Ndjamena et pour être fidèles à notre renommée, on se retrouve seuls, assis devant l'aéroport. Nos porteurs nous ont laisses tomber, les taxis sont partis, tous les autres arrivants ont retrouve un membre de leur délégation….sauf nous. Pas le moindre petit comite d'accueil. OK, je ne m'attendais pas à avoir des colliers de fleurs, mais là, on fait plutôt dans le genre "Bagdad café".

Pas de problème ("keine problème"), l'un de nos collègue dégaine le portable et nous voila réveillant Berlin. Votre mission, si vous l'acceptez, sera de vous rendre dans l'hôtel le plus proche. Vu que les valises de mes collègues germaniques tiennent plus de la cantine que du sac à main, on dégotte un taxi qui, par la grâce de Dieu, nous emmènera au Novotel local.

Enfin, une fois à table devant un petit dej, un représentant de la délégation de Ndjamena nous rejoindra pour rectifier le tir. Excuses, plaisanteries, re-routage vers nos hôtels respectifs (les allemands d'un cote, Luce et moi de l'autre) ou nous attendrons le permis de circuler qui doit nous être remis par les autorités (pour certains ça a mis deux semaines)

Sur la route, je réalise à quel point le Burundi m'a manqué. J'ai l'impression de revenir chez moi. Il y a beaucoup de ressemblances; mêmes routes en ruine, mêmes gamins des rues, mêmes bougainvilliers.

15 septembre

Je crois comprendre ce que ressentent les habitants du Bourget. Ce matin j'ai été réveillée par le passage passablement bruyant d'un échantillon aéroporté de l'armée française, lequel volait à basse altitude. Et c'est comme ça plusieurs fois par jour!!! Pour l'instant je n'ai vu que quelques représentants locaux du corps armé. Une bande de gamins maigrelets dans leur uniforme bariolé, la kalach au poing.

Par contre, mon voisinage microcosmique semble avoir bénéficie d'un supplément d'hormone de croissance. Les lézards, les sauterelles, les mantes religieuses font tous deux ou trois fois la taille de leurs congénères européens!!

Assignée a résidence, je retrouve toute l'essence de la philosophie africaine. Le responsable local devait venir nous chercher pour manger et à l'occasion passer saluer les autorités sanitaires locales et je suis au regret de vous dire, ma sœur, que je ne vois que la température qui montoît et mon estomac qui grognât….. Dans ce pays, il faut RE-LA-TI-VI-SER.

16 septembre

Question philo locale: Doit on rire ou s'acharner quand tout semble aller de travers??

Ce matin était un grand jour pour nos nomades frustres (j'ai nomme: The Murphy's team): une partie du clan allai pouvoir s'échapper de Ndjamena (ville ou un sorcier encore inconnu avait jeté un sort empêchant toute personne de sortir de ses murs). Ils allaient fuir jusqu'à Abeche ou un autre contact les attendait. Pour ce faire, il leur faudrait embarquer a bord d'une version améliorée du tapis volant : l'avion du PAM (Programme d'Alimentation Mondial). Tout avait été minute mais une fois de plus le sorcier nous démontra sa puissance.

Le chauffeur qui devait passer à l'aube chercher nos deux fugitifs ne vint jamais. Voyant que l'heure tournait et que leurs chances de fuir s'amenuisaient, ils décidèrent de lever leur couverture et, au risque de se faire reconnaître, de prendre un taxi local. C'était mésestimer la détermination du sorcier car une fois arrives a l'aéroport, ils découvrirent que leur mon avait mystérieusement disparu de la liste des passagers…

Nous n'avons pas vraiment plus d'info sur ce qui se passe à Trejine. Les réfugies devaient arriver hier mais vu que les puits ne donnent pas assez d'eau, il faut différer l'ouverture du camp.

Thomas joue à l'électron libre, ayant loupé son avion ce matin il était prêt a sauter dans n'importe quel véhicule pour y aller par la route (notez qu'il n'y a qu'un village entre ici et le camp et que certaines rivières sont encore en crue). En plus l'ensemble du charroi local s'étend entre une voiture et pas du tout avec plus ou moins l'aide des taxis locaux. Pas bezef!

Histoire de nous occuper, j'ai pris Luce sous le bras (1.20m sur un tabouret de bar, les bras levés) et nous sommes allés voir le marché local d'un peu plus prêt. Comme à chaque fois j'ai découvert des trésors: un magnifique tapis de prière avec boussole incorporée ou encore des champions de la manucure (si vous croisez des types armés d'une grande paire de ciseaux, ce sont eux. Manucure, pédicure ou amputation sur place…)

19h00….. On a failli s'ennuyer mais heureusement, nos amis allemands étaient là. Voila qu'on tambourine à la porte de ma chambre. Le temps que je saute dans une tenue décente, je vois Thomas débouler comme un fou suivit de Luce qui trottine désepérement derrière lui. Son visage a l'éclat d'une tomate franchement trop mure. Apres la mésaventure de ce matin, nos trois germains sont aller faire le pied de grue à l'ambassade pour avancer l'obtention du permis de circuler de Stephan (tout le monde l'a sauf lui). Démarche peu diplomate il est vrai vu que les copains de Ndjamena avaient déjà fait tout ce qu'il y avait a faire, mais il semble que depuis notre arrivée, ils ne s'en réfèrent qu'a Dieter (un compatriote basé au fin fond de Trejine). Ce sacro saint Dieter aurait donc le pouvoir suprême leur permettant de boycotter tous les autres responsables. Pas une fois ils se sont tournés vers l'équipe sur place, que ce soit lors de notre arrivée a l'aéroport, pour le permis de circuler, pour l'organisation des expats qui partiront demain … ah oui, je suis donc sensée partir demain pour Abeche avec mon copain Thomas, puis on ira vers Trejine ou j'aiderai a monter des tentes (c'est vrai que vu ma carrure, ils n'attendaient que moi pour ça) pendant que Môsieur ira visiter les camps voisins.

Ce médecin à la tête d'écrevisse commence à m'échauffer les oreilles. Il n'en fait qu'a sa tête et en plus il prétend gérer ma vie! Je ne vais pas le laisser pourrir mon groove (il n'est pas né celui qui me dictera ma conduite! non mais!)

Non content de ça, leur hôtel a essuyé un incendie, alors (…sur les conseils de Dieter…) ils sont allés se réfugier au Novotel. Il y a bien d'autres hôtels dans la ville moins chers et confortables mais ils voulaient leur piscine (et je ne rigole pas!)

Il n'y a pas la moindre hiérarchie dans cette mission. Tout le monde fait ce qu'il veut et je commence à perdre patience. En plus nos trois amis ne font aucun effort pour parler Anglais et je trouve ça d'une impolitesse rare.

A ce jour il n'y a toujours pas assez d'eau au camp donc pas le moindre petit réfugie. Je vous pose donc la question: Que suis je allée faire dans cette galère?? Pourquoi foutre en l'air encore un peu plus d'argent??

Et si on s'amuse à pousser la réflexion voici quelques petites questions qu'il serait intéressant de se poser parfois:

Quand on sait que dans un camp, les réfugies sont mieux loges que les populations qui habitent a l'extérieur, quelle raison les limitrophes auraient ils de se priver de nos services et se faire passer pour des réfugie? Comment contrôler qui est réellement réfugie qui ne l'est pas? Un tel déséquilibre engendre obligatoirement des tensions… Comment s'assurer qu'un réfugie donné ne va pas frapper a toutes les portes? Ou envoyer un membre de sa famille chez l'ONG voisine?

L'ouverture d'un camp peut "empêcher" les réfugies de retourner chez eux le moment venu, ils sont souvent mieux traites que dans leur propre pays. On sait quand on ouvre un camp mais jamais quand on va le fermer (au Soudan un camp est resté ouvert près de 20 ans!)

L'ouverture d'un camp est souvent suivit d'un désastre écologique. Les arbres sont coupes pour le chauffage, certains forets réduits à néant…

L'arrivée des humanitaires dans un pays augmente de façon considérable le coût de la vie rendant le prix du poulet de base équivalent à celui du caviar, comment font les populations locales pour suivre?

Un camp/une mission humanitaire est il plus le fruit d'un réel besoin local ou d'une volonté politique expat (besoin de planter son drapeau) ?

Pourquoi n'y a-t-il pas de programme humanitaire à propos de construction d'usine? A-t-on peur de perdre un marché??

17 septembre

On se rapproche!! Avec Thomas, on a embarque dans le petit avion a hélices (16 places) du PAM, un beech-craft 1900C pour ceux que ça intéresse, et nous voici à Abeche. On a été accueilli par les expats Croix Rouge du coin, une drôle d'équipe de baroudeurs. La maison qui fait aussi office de bureau est un bordel typiquement masculin puissance trois mais on s'habitue. Il y a la, un français, un norvégien et un allemand tous plus proche de la quarantaine que de la trentaine.

Abeche, ville au milieu du désert tchadien. C'est tout plat avec quelques arbres. Manque total de couleur à part le beige. Moyen de transport local, l'âne ou le cheval (plutôt squelettique et pas très fringant d'ailleurs). Je pense que ces bestioles doivent être équipes de pilote automatique car je ne vois nulle rêne, pas le moindre guidon... Les hommes sont en djellaba et beaucoup avec un turban ou une calotte sur la tête. Peu de femme dehors.

Ce soir on est allé prendre un verre dans le camp militaire français du coin. Pas mal d'expats se retrouvent la bas.

18 septembre

(au cas ou tu ne l’aurais pas mais je ne pense pas, je te mets que quelques lignes...) Coups de théâtre dans la matinée. Nos deux copines qui devaient nous rejoindre ont été obligées de tirer à la courte paille qui allait prendre l'avion.

19 septembre

Il n y a peut être pas de réfugies dans ce camp mais on ne manque certainement pas de coq. Depuis 4h du mat ils se font écho, relayés parfois par les ânes, impossible de faire une grâce matinée. C est le jour du seigneur que diable!! Un peu de charité chrétienne sinon vous finirez tous rôtis à mon feu démoniaque. Pour le récalcitrant on allume le groupe électrogène à 6h30! pas de répit pour les braves.

Ce matin visite guidée du camp fantôme. Tout y est. La tente d´entrée où se fait le triage, la pharmacie, le labo, la salle de maternité, la tente d observation, la tente pour le personnel. Partout autour se dressent les latrines (petites cabines bâchées). Il doit y en avoir près de 200 (promis je n ai pas mis un zéro de trop) pour l’instant mais comme il y a du vol de bâche, on a ralentit la cadence. C’est un peu surréaliste de voir ces tentes de plastic au milieu de la brousse, on dirait un tableau de Magritte.

Un peu plus tard on a vu un camp en version habitée (Bregine). 40 000 réfugies en tout si on inclue les 17 000 spontanés qui devraient basculer chez nous si on ouvre. J ai été frappée par la joie de vivre des enfants. A Ndjamena ils nous collaient pour avoir de l’argent, ici ils se précipitent pour dire bonjour (et c’est tout). Ils n’ont pas du tout l’air triste, malade ou mal nourris.

Que ce soit au Tchad ou au Soudan les tissus des pagnes tiennent plus du voile que du carre de coton, toujours avec des couleurs magnifiques. Les petits garçons flottent dans leur longue chemise. Par contre les Soudanaises ont une coupe de cheveux assez particulière qui provient d un mélange de dread locks et de coupe au bol (je devrais avoir des photos, ne vous cassez pas la tête). Les familles se sont déplacées avec leur garde manger alors il y a des vaches, des moutons, des ânes et des chevaux (ça ce n’est pas pour manger) qui traînent un peu partout (autre dilemme humanitaire: on prend en charge les populations, mais doit on aussi assurer la suivie de tout ce surplus).

La vie a repris son cours, les femmes pilent le mils sous un arbre, les hommes prient en ligne, les gamins courent après les voitures. C’est tout de même impressionnant de voir s’aligner à perte de vue ces tentes empoussiérées du HCR (haut commissariat au réfugies). Bien alignées elles courent jusqu’à l’horizon.

Ce soir j’ai joué les cheerleader. Comme tous les dimanches on a joue au football sur un terrain entre le camp de Brejine et Trejine. Terrain, c’est peu dire, au fur et à mesure que le match avançait, les limites se modifiaient, s’étiraient sur la droite, sur la gauche, les supporters de la tribune Ouest ont du battre en retraite au risque de se faire piétiner par les joueurs. Les chauffeurs et autres locaux jouaient pieds nus alors que nos petits blancs semblaient équipes de chaussures pour marcher sur la lune.

On rigole, on rigole, mais la loi de Murphy pèse toujours sur nos têtes. Luce qui devait venir aujourd’hui d’Abeche, manquait à l’appel. Morton est arrive seul. Pourquoi? Sait pas...Donc si on récapitule; on a Stéphane et Sandra à Ndjamena, Luce à Abeche (du moins je l’espère, elle est entre quelque part et nulle part quoi, et Thomas et moi sur Trejine.

Quelle équipe.

20 septembre

Vous vous souvenez du combat des chefs dans Asterix?? Ben ici, c’est la même chose. D’un cote on a Abraracourcix (ou Dieter) et de l’autre Langdom qui tient plus du Assurancetourix vu son gabarit que du chef gaulois digne de ce nom. Je ne présente donc plus Dieter donc, modèle tout germanique. Un tatoue, un vrai. Membre ERU depuis sa création, c’est sur qu’il assure et qu’il a de la bouteille (son ventre l‘atteste lui aussi). Il nage dans l’urgence comme un cambodgien nagerait dans une inondation. C’est le chef ERU quoi! Langdom, malgré ses origines américaines a donc du mal à faire le poids. En plus de son physique nettement moins massif, il fait particulièrement jeune (la trentaine a peine) face à la horde de soixante-huitards sur le retour. Le problème c’est qu’en tant que responsable fédération, il SERAIT sensé chapeauter les activités de l’équipe fédération (les hydro, les log.) et celles des ERU médicales (c’est paradoxal car on appartient à la fédération mais on est autonome)

Petit flash back: Au sein de la Croix Rouge, il y a la fédération, joyeux mélange de représentants venant de tous les pays pour faire les kakous dans les pays en paix sur toute sorte de projet ( hydro réhabilitation, santé...)

Il y a le CICR, eux ils bossent dans les pays en guerre (visite de prisons, rapprochement familial...) Alors là aussi il y a de sérieux crêpages de chignon ce qui ne facilite pas plus notre histoire. Finalement les petites ONG, ça a du bon!

Donc si j’en reviens à nos moutons (qui tiennent plus du pit-bull pour certains), Abraracourcix refuse complètement l’autorité de notre ami pré-pubaire Assurancetourix et fait tout pour le ridiculiser ou le contredire. Ca va même plus loin, tous ceux qui ne sont pas ERU sont mal vus à notre table. J’ai du frauder pour pouvoir passer quelques feuilles de notre précieux PQ à Morton qui était venu d’Abeche pour quelques jours et c’est toujours ce pauvre Morton qui s’est vu remballé alors qu’il de mandait notre avis sur un examen plantaire. Il pouvait bien attendre, demain il croiserait le coordo-med (fédération) qui lui donnerait son avis sur la question. Il ne frôlait pas l’amputation mais moi je frise l’hystérie!!

En tout cas, ici, je suis en parfaite communion spirituelle avec mes soeurs les crevettes trempées dans l’eau bouillante. Il fait 50 degrés au soleil et à peine moins à l’ombre. Il ferait presque bon dans un four.

On a brûlé lors du montage des tentes (ah oui, on rallonge notre BHC ou basic health care, notre hôpital de brousse quoi). On a monte trois tentes et vide huit bouteilles à nous quatre en trois heures (sachant que la flexibilité des queues de vache est à son maximum, vous me calculerez l’age du capitaine)

Luce est arrivée dans l’après midi, bienvenue sur le radeau de la méduse!

22 septembre

Avec Suzanne on est en train de emplir les salles du BHC (basic health care), vous suivez? On s'entend plutôt bien toutes les deux. Infirmière allemande, la trentaine, première mission. Dans la vraie vie elle bosse en réa polyvalente. On fait rire tout le monde avec notre accent british pince (elle a bosse un an en angleterrre).

J'ai l'impression d'être dans un jeu pour ordinateur. Ce genre de jeu où il faut conquérir un territoire, assurer son approvisionnement, se défendre et je ne sais quoi d'autre. Dans la version Tchadienne ça donne plutôt ça: sur l'écran on voit la petite cyber-milie réveiller deux infirmiers locaux, leur montrer comment monter une table, pour deux autres ce sera une armoire, les pharmaciens s'occuperont de leur tente de pharmacie. Pendant quelques minutes notre cyber-milie peut ranger quelques ustensiles médicaux, puis elle retourne vérifier le travail, au besoin, petit clic sur la souris, on corrige le tir, et on les aiguille vers une autre tache...et voila la cyber-milie qui repart...bip...bip

L'équipe qui passera après nous (Sandra, Thomas et Luce), va certainement tout modifier mais c'est comme ça que ça marche:une équipe monte le camp (on monte les tentes, déballe les caisses, monte les tables, les lits, les salles d'examen, on approvisionne un peu chaque tente), Une autre l'adapte a ses besoins pour pouvoir l'utiliser.

J'avoue que je suis particulièrement contente de ce que nous avons fait Suzanne et moi.

Tout commençait à marcher comme sur des roulettes quand les dieux se sont rendu compte qu'on devait certainement manquer de distraction et vu que le programme des sept plaies d'Égypte est complètement dépasse, ils ont réactualise avec l'attaque des termites!! Ca devait probablement partir d'une bonne intention, il faut faire l'inventaire de matériel médical avant une quelconque ouverture du camp et vue l'étendue du travail, il était certain qu'une ou deux boites en moins seraient les bienvenues. Mais là, on bat des records!!! Si il y a des affamés au Tchad ce sont bien les termites locales! Mission pour demain, tout sortir du stock, vérifier l'état, faire l'inventaire (si, si quand même) et tout remettre sous ne tente qu'on aura au préalable monté un peu plus loin. YOUPIIII

26 Septembre

Me voici donc fuyant Trejine pour me rapprocher un peu plus de Ndjamena. Ca sent la fin de mission tout ça !!

Première station du chemin de croix : Abeche. Depuis mon dernier passage, le marasme masculin n’a fait que s’étendre et s’affirmer. Mes hormones crient au scandale !! On ne verrait pas ça même dans la chambre universitaire d’un étudiant en art plastique sous substance hallucinogènes et mi-temps chez Mc-Do… Cependant, vu l’état plutôt cyclothymique de mon système digestif ces derniers temps, je concentrerais mon attention sur le fait que je n’ai plus a offrir mon arrière train en pâture aux mouches peuplant le trou quasi en plein air dévolu à cet effet à Trejine. Je savoure donc royalement mon retour sur le trône.

En tout cas mon périple pour arriver dans cette parenthèse proche de l’inhumanité fut des plus agréables. Seule avec mon chauffeur, version moderne du touareg avec les lunettes du flic de Miami en plus (imaginez Ponchorello avec un turban et une djellaba), nous avons bondi de dune en dune a bord de notre 4x4 ronflant comme un tracteur. Autre particularité de mon compagnon : son sourire qui découvre une dentition dont la couleur oscille entre le rouge et le vieux chicot après quinze ans de consommation de gitane maïs. Il a du remarquer la légère crispation de mon visage à la suite de ce gros plan des plus surprenant et il s’est empressé de m’expliquer que tous les habitants d’Abeche étaient pareillement dotés. J’avoue que comme spécialité locale, ils auraient pu choisir mieux. J’éviterai donc d’aventurer mon regard de ce coté.

En passant par Brejine, j’ai l’impression d’être la reine mère en visite. Les gamins sont rayonnants quand ils me renvoient mon signe de la main. Comme il y a du vent aujourd’hui, ils ont fabriqué des cerfs-volants avec des sacs plastic au bout d’une ficelle. Les femmes sur leur âne reviennent du point d‘eau le plus proche, elles ont pris du bois en chemin. Apres Brejine il y a une autre ville, Farshana, et puis plus rien, la brousse qui, d’ailleurs, a pris un sérieux coup de chaud. L’herbe verte n’est plus qu’un vague souvenir, tout a pris la couleur de la paille sauf les champs de mil et d’arachide. Autres points de couleur, des arbres au bois rouge avec lequel on fait la gomme arabique.

Sur le chemin on croise des toucouls, petites baraques rondes, genre village vacance roots avec un toit en paille (un peu le même type que les relais courte paille sur le bord de l’autoroute)

Enfin les premières maisons d’Abeche ! Mon chauffeur me dépose à la maison Croix Rouge et part retrouver sa douce locale. En tant que bon musulman il m’a explique qu’il avait droit a quatre femmes, pas plus. Par contre, si la première femme est gentille, fait bien à manger, ne crée pas de problème, alors pas de raison d’aller chercher ailleurs. J’imagine donc, que la premier promise a du faillir à son devoir de femme soumise vu qu’il a aussi une femme à Ndjamena neuf enfants en tout (toutes femmes comprises)! Dur, dur la vie de bon musulman.

Ne le connaissant pas assez, je ravale mes revendications féministes déplacées.

27 septembre

Vu que je suis condamnée à rester à Abéché jusqu'a mercredi, j'en ai profité pour faire ce que toute femme fait le mieux (non, pas la cuisine, vous me connaissez trop bien): dépenser son argent en faisant du shopping.

Le marché d'Abéché est presque entièrement découvert. Chaque travée correspond à un rayon mais je ne m'étendrais pas sur le sujet, la question ayant été pleinement étudiée lors de mon passage au Burundi. Et pourtant, au détour d'une travée, entre la vaisselle chinoise et les thermos, je remarque une bassine pleine de poudre de henné. J'entame la conversation avec la vendeuse qui se propose de me tatouer les pieds avec…… et c'est comme ça que j'ai passé les deux heures les plus fabuleuses au Tchad. Il est vrai que le résultat des opérations n'a pas la grâce des arabesques orientales ou des fleurs tanzaniennes, on a même l'impression que j'ai sauté à pieds joints dans une bouse de vache, mais tant pis, ce n'est pas le tatouage mais tout ce que j'ai vécu pendant ce temps qui compte.

Toutes les voisines ont mis leur grain de sel. On m'a fait assoire par terre, de l'autre coté du comptoir (des ustensiles de vaisselle alignés sur des cartons retournés). J'avais les fesses sur un plastic et les pieds surélevés par une boite à chaussures. Pendant que ma "maquilleuse" préparait la pâte de henné, les clientes venaient me détailler, m'encourager. Et comme il a fallu laisser reposer la mixture sur mes pieds pendant deux heures, je me suis retrouvée observatrice au milieu du marché. J'avais l'impression d'être une petite souris, j'allais faire partie du décor, entrevoir un peu la vie au Tchad. Il n'y avait qu'une jeune fille qui parlait français, toutes les autres parlaient arabe, mais malgré tout on a réussi à se comprendre. Parfois, elles partaient dans une envolée lyrique, ne se souciant plus de moi, critiquant une femme qui venait de passer, chassant les gamins qui s'approchaient trop près de l'étalage. Du menton, une vielle me désigne des concombres posés à coté de moi, je lui passe. Accroupie, elle se met préparer une salade assaisonnée de citrons et de piment. Me voila partageant leur gamelle dans l'arrière boutique. On arrive même à papoter comme des copines, j'apprends que le tatouage qu'elles me font ne se fait que sur les femmes mariées…. Pas de panique, l'une d'elle me vante les mérites de son frère qui se ferait un plaisir de palier à cette désastreuse situation. Merci beaucoup les filles, mais même si les hommes d'ici ont la réputation de laisser leur femme libre de leurs mouvements je passe mon tour. Je leur montre même une photo de Lottie, on se sent un peu plus proche, certaines connaissent aussi ce genre d'histoire. J'ai toujours les pieds en l'air et les fesses en compote. Une sonnerie, l'une d'elles dégaine son téléphone portable de sous son boubou (ici on appelle ces tenues un lafaye), la technologie arrive même au fin fond du bush. On parle maquillage; mes sourcils épilés les étonnent, leurs lèvres noires me fascinent. Elles m'expliquent qu'elles se piquent les lèvres avec les épines d'un arbuste reliées en fagot, trempées dans une huile spéciale. Ca saigne, ça fait mal, mais il faut souffrir pour être belle. "Et puis c'est quel produit qui défrise tes cheveux comme ça ?" me demandent elles. A l'heure de la prière, certaines se retirent dans un coin.

Finalement le temps passe vite quand on est entre filles, mon chauffeur revient déjà me chercher. Il rie de voir me pieds emballes dans du plastic (une fois le henné sec, on l'a raclé, lavé au citron et on a tout emballé dans des sacs). Je reviens triomphante à la maison croix rouge, les pieds tout noirs.

Ce soir, je dors dans la chambre de Morton, il me l'a gracieusement laissée pendant qu'il était sur le terrain. Me suis-je trompée de chambre?? De la gomina, des pilules de régime, un tube de crème hydratante sous l'oreiller, un rouleau collant pour enlever les poils de chat sur les vêtements….. Je m'attends à trouver un bonnet de bain près de la douche. J'avais remarqué qu'il était toujours tiré à quatre épingles, la mèche rebelle calculée au millimètre près, mais là on dirait un hybride né du croisement entre le mari de Barbie et Roger Moore (dans "amicalement votre"). Une nouvelle variété d'expat que je ne connaissais pas.

29 septembre

On ne va pas sacrifier a la tradition : « le bilan ! Le bilan !! »

Je suis sur le point de prendre mon avion pour Ndjamena, accompagnée de mes deux body-gard (Ralf et Leif ou les deux ronchons du Muppet show; photos a suivre) et je dois dire que je suis plutôt satisfaite de mon travail.

Je n’y croyais pas et pourtant, en un temps record on a réussi (Suzanne et moi) a faire quelque chose de concret : on a monté le BHC. On s’est transformé en Bob le bricoleur et on a arrangé des caisses en tables, en armoires. On a monté des lits, tendu des paravents, équipé chaque tente en fonction de son affectation (labo, salle des pansements, femmes enceintes…). On a fait l’inventaire du moindre petit comprimé, la moindre aiguille qu’on avait réquisitionné afin de compléter l’inventaire du stock principal, on a évalué les compétences du staff local embauché pour travailler avec nous.…on a fait du bon boulot je crois. Maintenant, on passe la main à l’équipe suivante qui aura la lourde tache de pisser dans les coins afin de prendre possession des lieux et lancer la machine infernale (les réfugies sont arrives hier !!! a part ça pas de nouvelle). Advienne ce que Dieu voudra.

C’est vrai que je n’ai vu qu’un aspecte du boulot mais j’espère bien que j’irais plus loin lors de la prochaine mission. On a eu largement le temps de monter notre BHC 5 étoiles, maintenant, on maîtrise. La prochaine fois je jouerai vraiment à l’infirmière, je crois que je me plais dans cette dynamique.

Pour ce qui est de mes collègues, j’ai eu la chance de croiser des personnes d’une grande expérience. En plus de maîtriser leur boulot, ils avaient toujours des histoires passionnantes à raconter, le soir a la veillée. Ce fut un véritable bonheur de vivre cette expérience avec eux.

Ben, voila, voila ma brave dame, on va donc dire que ce fut une bonne mission, a quand la prochaine ??
De l'usage du cannabis dans le monde English translation pending
by Pondy · 2007-02-21 · 278 replies
La discussion sur la loi concernant l’usage de la cigarette a soulevé des passions et l’un des contributeurs a évoqué le sujet de la légalisation du cannabis qui en ferait autant.

Tout à fait sérieusement : le cannabis, quand il est évoqué sur le forum est modéré sur le champ. C’est parfaitement normal puisque les seules questions qui surgissent sont « où trouver du bon shit à Goa » « combien coûte le cannabis à …..etc.. »

Cependant, il serait parfaitement intéressant d’ouvrir une discussion sérieuse, le cannabis se trouvant dans tous les pays du monde. Du Maroc à l’Inde, du Mexique à la Thaïlande, des Pays-Bas au reste de l’Europe etc..

Sur le forum, quantité de membres connaissent les lois dans les pays, les risques encourus, ceux liés à la consommation au niveau de la santé, de la justice etc…

Je propose donc d’ouvrir un dialogue qui ne soit pas une foire d’empoigne mais une réflexion sensée, structurée. Quelques questions : Pensez-vous que fumez à l'étranger soit bien perçu par les habitants du pays ? Pensez-vous que l’usage du cannabis améliore les performances intellectuelles ? Pensez-vous que le cannabis ait en effet désinhibant ? Pensez-vous qu’un joint fumé occasionnellement soit anodin ? Pensez-vous que quatre à six joints par jour relèvent d’une pathologie ? Troubles psychologiques, troubles physiologiques ? Pensez-vous que le joint régulier diminue la fertilité masculine ? Pensez-vous que fumer à l’étranger soit anodin : en Inde par exemple ? Pensez-vous qu’il soit possible sans risque de transporter sa propre consommation au retour en France sans contrôle douanier ? Pensez-vous qu’il n’y ait aucun danger lorsque l’on vous en propose au Maroc, en Turquie, au Mexique, en Inde etc… (Délation du vendeur par exemple) Pensez-vous que fumez un joint régulièrement soit moins dangereux sur la santé que le tabac ? Pourquoi légaliserait-on l’usage du cannabis en France ?

Il y a mille questions.

Ce forum est vraiment le lieu pour en parler, parce que le sujet intéresse un nombre inimaginable de jeunes et de moins jeunes voyageurs. Il me semble important qu’il ne soit pas tabou, faire l’autruche ne supprime pas le problème. Vf est un forum informatif…et ouvert du moins je l'espère... Discuter, échanger, réfléchir et partager des visions différentes entre tous les voyageurs me semble passionnant pour ceux qui partent dans l’idée d’en trouver, pour ceux qui ont des enfants confrontés à ce problème, ceux qui connaissent des voyageurs incarcérés à l’étranger etc.. etc.. Je demande à la modération de tenter le coup et, si la discussion dérape, supprimer ou verrouiller le post tout simplement.

Il y a des discussions sur la prostitution, sur le sida, sur la violence, sur tous les thèmes de société que l’on rencontre dans le monde entier alors pourquoi pas sur le cannabis ?

Dom.
Asie du Sud-Est/Thaïlande: votre plus beau temple? English translation pending
by Voyageurasie · 2007-02-20 · 161 replies
L’Asie du sud est, recèle des trésors architecturaux, On a tous eu un coup de cœur pour un temple, par son originalité ou son environnement Une image qui nous a fait vibrer, un détail qui nous a marquer, Pourquoi ne pas partager ? A vos archives







Soignez la qualité de vos photos English translation pending
by Christiang · 2007-02-18 · 206 replies
Je suis un amateur de belles photos de voyages et je suis de plus en plus énervé, outré, scandalisé, effaré, suffoqué et révolté... (rayez les mentions inutiles) de voir avec quelle facilité beaucoup de VFistes vident l'intégralité des cartes mémoires de leurs appareils photos dans "Voyage Forum", la plupart du temps sans se préoccuper d'un minimum de qualité acceptable pour un cliché qui va être quand même accessible à des milliers de personnes. J'ai souvent renoncé à visionner toutes les photos de certains forums car il fallait en regarder 50 avant d'en voir une intéressante (et c'est très dommage pour son auteur, qui se retrouve noyé dans la masse)

Je ne réclame pas la perfection (car je serais obligé de m'auto-censurer instantanément) et je sais que ce forum n'est pas un rendez-vous de professionnels de la photo, mais un minimum de tri me paraitrait indispensable ! Pas de photos floues...car des photos floues sur le Net ce n'est pas sérieux ! 😄😄 Pas de photos "illisibles" car trop sombres, trop claires ou très mal cadrées Pas de photos pour lesquelles le sujet ne présente pas vraiment d'intérêt...

J'ai pour principe qu'en voyage, quand on tire vingt photos, si on en a une présentable "en public", c'est que l'on est déjà un bon photographe !

Alors, faites un tout petit petit effort de sélection, et pensez que quand vous invitez des amis, vous ne leur servez pas les restes de la veille. Quand vous voulez mettre deux photos, n'en mettez plus qu'une et si possible la meilleure / Merci d'avance

P.S : Je suis sûr qu'après une tirade comme celle-ci, je vais passer définitivement pour un vieux grincheux ! 🤪
Vélos trekking chez Orbea English translation pending
by Igoravelo · 2007-02-04 · 40 replies
Bonjour,

Je suis un habitué des randos VTT sur plusieurs jours mais souhaiterais maintenant passer à de la rando plus standard avec mes enfants de 4 et 7 ans (rando de 2-3 jours maxi sur des chemins type voies vertes, Loire à Vélo, chemins de halage). Je recherche donc un vélo tout équipé pour la rando, avec un budget de 600 à 850 Euros.

Cela fait maintenant un mois que je parcoure le forum et examine de près les catalogues des 'fabricants' (trek, mbk, décathlon, giant, orbea). La gamme trekking d'Orbea me parait vraiment la plus intéressante avec pas moins de 6 vélos de 650 à 1500 Euros et la possibilité de prendre une option 'Belgique' ou 'Hollande' (antivol intégré, PB Tubus Cargo, guidon confort, etc) sur chaque vélo.

Le 'Murua' me semble être le plus adapté à ce que je recherche compte tenu de son prix (750 Euros de base + 120 Euros d'option Hollande, total 870 Euros) et de son équipement (Shimano partout sauf cassette SRAM; derailleurs en Shimano Deore/Rapid Fire). J'aimerais toutefois avoir votre avis sur deux points:

1. Son poids. Le poids du Murua n'est pas annoncé mais je suppose qu'il est entre le modèle du dessus ('Mendaro', 13, 5 kg) et celui du dessous ('Mungia', 16, 2 kg), donc disons 15 kg à la louche. Le poids fait il une grosse différence en vélo de trekking? Devrais je faire l'effort de mettre 150 Euros de plus pour gagner 1, 5 kg ? Ou au contraire me tourner vers le modèle du dessous à 16, 2 kg, histoire de gagner de l'argent ? Chaque centaine de grammes compte en VTT mais qu'en est il en trekking ?

2. Fourche avant Le Murua est équipé d'une fourche avant amortissante (une SF NEX 4000 SUS. Jamais entendu parlé, je pense que c'est leur fouche maison) qui possède des trous pour le PB avant et je suppose donc qu'il serait possible de mettre un PB avant Tubus. Qu'en pensez vous ? Est ce jouable ?

Merci d'avance pour vos avis éclairés.

Igor
Circuit aux États-Unis de l'Ouest pour cet été English translation pending
by Cricri781 · 2007-01-19 · 51 replies
Bonsoir,

Une amie et moi même souhaitont faire un circuit dans l'ouest américain courant juin (après les partiels.. c'est à dire à partir du 18 juin) ou courant juillet. Nous sommes plus tentées pour un circuit organisées car nous aurons seulement 19 ans lors du départ, et je n'aurai que an et trois mois de permis. D'ailleurs en parlant de permis, à partir de quel âge peut on conduire une voiture dans les Etats de l'Ouest ? Est-il tout de même possible de faire un circuit individuel après un an de permis français et avoir seulement 19 ans ?

Au sujet des agences, nous nous sommes déjà un peu renseignées, mais nous avons du mal à faire notre choix. Nous aimerions donc avoir quelques conseils sur les agences de voyages qui pratiquent les circuits organisés, les plus viables et celles qui proposent à la fois des prix raisonnables. D'après ce que j'ai pu lire, plus on passe de temps dans cet immense endroit, plus on est content ^^ Donc on espère un circuit d'au moins 12 nuits.. bon après il faut voir au niveau des moyens que l'on a, mais pour amortir un peu le voyage, je pense qu'il faut partir pour 12 nuits minimum.

De plus, nous aimerions connaître les endroits à ne pas manquer. Sachant que notre circuit sera réellement court vu l'espace à visiter.., nous voudrions savoir quels sont les endroits indispensables, et quels sont ceux que l'on peut passer outre. (il faut bien faire une sélection! =) )

J'aurais certainement d'autres questions à vous poser, je vous remercie d'avance de vos réponses en tout cas :)

A bientôt

Christelle
Missionnaires: quel impact selon vous? English translation pending
by Ilulya · 2007-01-16 · 293 replies
Bonjour,

suite à quelques voyages, quelques rencontres surprenantes dans des coins dit reculés et des lectures d'articles et de bouquins, je me pose bien des questions sur les missionnaires.

Ces hommes et ces femmes parcourent la terre avec comme seul élément dans leur sac à dos, la Bible ou certainement le Coran, (pour ma part, je n'en pas rencontré) et autres livres religieux. Ceux-là, ces itinérants ont tendance à me faire "rire", j'avoue...en même temps, cela m'intrigue d'avoir un tel but dans son voyage. Amener à des inconnus sa vérité et tenter de faire accepter celle-ci plutôt que d'en découvrir d'autres.

Ou bien, plus encore, ils se posent, famille réunie, avec l'accord d'un chef auprès d'une minorité, d'une ethnie ou autre appelation d'autochtones. Et là, il s'agit d'un travail en profondeur, en ce sens que le blanc fait un travail d'acceptation pour tenter de devenir lui-même, de part son attitude, un exemple auprès de minorités de culture ancestrale...jusqu'à ce qu'ils se penchent sur le fameux livre.

Evangéliser, christianniser...ça me gène...en même temps, on va me dire, c'est pour revaloriser la place de la femme, leur donner des notions d'hygiène etc...

Oui, une femme des Témoins de Géovah avait tout laché en France avec son mec pour d'après ces dires, "alphabétiser" les plus démunis dans un village de la brousse béninoise via...leur "livre". Je n'avais pas assez de temps pour rester avec eux voir comment cela se passait, et me faire un avis sur des réalités plus concrêtes que ces dires. D'un côté, il y avait quelque chose de reconnaissant, d'un autre il y a le profit de la vulnérabilité etc...il y a ce côté intérressé. Comme un appat.

Une famille entière a quitté sa grande ville californienne et tout le confort qui va avec, ainsi que la situation, pour attérir avec les 2 jeunes enfants dans un village Samburu au Kenya. Les photos dévoilent leur chemise plus que blanche à col rond, la raie sur le côté. Eux ont bien du mal à imposé leur livre, du coup, ils veulent l'adapter, faire des cours sous l'accacia par exemple pour plus d'impact. Et la fille de 13 ans qui signe de son "le message de Dieu ne m'a jamais dit d'être missionnaire" puisqu'elle a du mal ici, et subit le choix de ses parents.

Une autre famille s'installant chez les Fayou oblige les enfants à s'habiller et se laver pour aller dans l'école créé par la mère, et donnée en indonésien (alors que linguistes, les missionnaires avaient appris parfaitement leur langue, habitant depuis 10 ans à leurs côtés). Là, évidemment, leur présence a permis de préserver leur communauté, dans le sens où se faisant la guerre continuellement par rapport à la terre, aux femmes ou au cochon, les fayou vivaient dans la terreur et souvent peu de temps.

Au Soudan, ce sont les missionnaires qui tentent de convaincre le gournement de Bush de mettre des moyens ...

Il y a un sentiment colonisateur dans leurs missions que je garde dans la tête, un pas de plus vers la mondialisation...

Bon, je vais m'arrêter là, mais je voulais savoir quel est votre sentiment sur ce sujet, s'il vous interresse ou interpelle. Si vous aviez rencontré des missionnaires, et quels ont été vos sentiments sur leur impact, leur place etc.

Merci.

(je précise que je suis agnostique)
Vos cinq meilleurs films Bollywood? English translation pending
by Jermo · 2006-12-17 · 33 replies
salut a tous, je pars pour bombay dans 2 semaine, et ca me dirais bien de regarder quelques bons bollywood avant de partir, histoire de me plonger dans l'ambiance...

pouvez vous me conseiller?

je n'ai vu que devdas et un autre avec le meme heros.

ca serait sympa de faire une sorte de "TOP 5 BOLLYWOOD movies"

merci jermo
Joyeux Noël (Sud-Est asiatique) English translation pending
by Thuan · 2006-12-16 · 89 replies
un joyeux Noël , de la part de thuan et cholerabit a tout les membres de vf, ,
Thaïlande: le gouvernement lance un guide de bonnes manières pour les touristes English translation pending
by Barbot · 2006-12-06 · 207 replies
Société : Le gouvernement lance un guide de bonnes manières pour les touristes.-

Le ministère de la Culture devrait prochainement distribuer aux touristes étrangers un manuel de poche sur les 10 choses à faire et à ne pas faire en Thaïlande. Les autorités espèrent ainsi sensibiliser les visiteurs du royaume sur les tabous siamois afin d’éviter certaines situations inappropriées voire choquantes pour les Thaïs provoquées par des vacanciers peu avertis. Parmi les nombreuses plaintes déposées beaucoup concerneraient l’utilisation des représentations du Bouddha ou encore la tenue vestimentaire et le comportement dans les temples. Le manuel devrait être distribué dans les ambassades, les hôtels, l’aéroport de Suvarnabhumi et à bord des vols internationaux de la Thai Airways. Le petit journal de Bangkok . mercredi 6 décembre 2006
Classe Tempo sur Air France English translation pending
by Poseidon · 2006-11-25 · 99 replies
Devant le succès rencontré par le forum "Espace Affaires et Espace Première sur Air France", je propose la création de cette page, toujours -sur le modèle de Skytrax- pour traiter des expériences positives ou négatives rencontrées en classe Tempo sur Air France. En voici quelques unes pour commencer.
Photos: pour les amoureux du continent indien English translation pending
by Teamten · 2006-11-20 · 265 replies
Salut, comme cela fait 1 heure qu'il n'y a pas eu de post dans cette rubrique, un petit jeu: ou ce trouve cet endroit ? Trop facile !!!!
Qui s'intéresse aux Karen? (Thaïlande/Birmanie) English translation pending
by Yangon · 2006-11-12 · 120 replies
😠J'espère d'abord que je suis dans la bonne rubrique et qu'il y en à une ; j'espère que vous avez vu comme moi l'émission 66 minutes sur M.6. dimanche 12/11/06 à 18 H 00 sur le génocide des Karen que j'ai personnellement rencontrés, du côté Thailande comme du côté Birmanie (Myanmar). J'ai constaté qu'en Thailande ils étaient exploités et qu'en Birmanie c'était un véritable génocide, non sauf la seule famille qu'on a pu voir (des long necks) coté birmanie et de manière filtrée . Comme ceux qui sont déja allés au myanmar j'ai signé le protocole de mise en conformité :dirons nous, je me rappelle plus des termes (en gros un pacte de non agression contre la politique du gouvernement ) dont on a honte mais le choix ne nous est pas laissé ; sinon pas de birmanie . Le peu qu'on puisse dire c'est que certains sont trés mediatisés ;d'autres trés, trés peu ou prou et d'autres sont carrement oubliés ex. Les tibetains. Merci M6.

yangon
Rencontre à Montpellier le 2 décembre 2006 English translation pending
by Dan34 · 2006-11-09 · 188 replies
Bonjour à tous, Que diriez-vous d'une nouvelle rencontre à Montpellier? Nous avions déjà organisé une rencontre à Palavas en janvier dernier, gros succès : plus de 30 participants, que des gens sympa, une foule d'expériences échangées, des idées de nouveaux voyages, un cercle d'amis élargi. Nous pourrions fixer une date dans la première quinzaine de décembre, un samedi soir, le 2 ou le 9. Je vais chercher un coin sympa, pas cher, avec hébergement pour ceux qui viennent de loin...les autres aussi ! L'idée est lançée...à vos claviers Amicalement, Dan

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