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Départ pour la Nouvelle-Calédonie English translation pending
by Kulture · 2008-03-29 · 16 replies
Bonjour, Fin décembre 2008, nous partons vivre en Nouvelle Calédonie. Je suis étudiante, j'ai obtenue un stage en algologie tropicale. Mon copain me suivrait également, mais lui aura fini ces études cet été. Nous ne connaissons que peu de choses sur cette destination (on a l'image carte postale, mais c'est tout !). Serait-il possible d'avoir quelques renseignements qui vous semblent utiles. Nous avons également quelques questions : est-il possible de circuler facilement en vélo à Nouméa ? de trouver un appart à un prix raisonnable ? acheter une voiture sur place est-ce envisageable ? mon copain travaille dans le domaine du sport (il a également son diplôme de maitre nageur). C'est galère niveau boulot ? nous avons un chat, faut-il lui faire faire des vaccins spéciaux ? la vie est-elle sympa là-bas ? ...

Claire et Benoît
Flore de l'Ouest américain en mai English translation pending
by Kashtin · 2008-03-26 · 104 replies
Pour voir les photos: carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_45....

On trouve dans l'Ouest américain, au mois de mai, une profusion de fleurs. En voici quelques-unes, prises en Californie, Nevada, Utah, Arizona, Colorado, Wyoming, classées par couleur, et leurs noms communs (anglais) et latins, pour les botanistes du forum. Si vous voyez une erreur, dites-le moi! (Page régulièrement mise à jour.)

Blue Flowers



Western Spiderwort (Tradescantia occidentalis)

Rimrock Milkvetch (Astragalus desperatus)

Wild Hyacinth (Brodiaea douglasii)

Douglas Iris (Iris douglasiana)

Blue Flax (Linum perenne)

Blue Lupin (Lupinus Angustifolius)

California Lilac (Ceanothus)

Woollen Breeches (Hydrophyllum capitatum)

Pasque Flower (Anemone patens)

Low Larkspur (Delphinium bicolor)

Iris missouriensis (Wild Iris)

Bluemist Penstemon (Penstemon virens)

Alpine Forget-Me-Not (Eritrichum aretioides)

Orange Flowers



Mendocino Coast Indian Paintbrush (Castilleja mendocinensis)

Sticky Monkeyflower (Mimulus aurantiacus)

California Poppy (Eschscholzia californica)

Butterfly Milkweed (Asclepias tuberosa)

Yellow Flowers



Buckhorn cholla (Cylindropuntia acanthocarpa )

Utah Agave (Agave utahensis)

Arrowleaf (Balsamorhiza sagittata)

Blanketflower (Gallardia pinnatifida)

California Flannel Bush (Fremontodendron californicum)

Cape Fig (Carpobrotus edulis)

Narrow Leaf Southern Monkey (Diplacus aurantiacus australis)

Yellow Mariposa Lily (Calochortus luteus)

Plains Pricklypear (Opuntia polyacantha)

Prince's Plume (Stanleya pinnata)

Lavandula Evening Primrose (Calylophus lavandulifolia)

Balsamroot (Balsamorhiza careyana)

Arrow-leaf Balsamroot (Balsamorhiza sagittata)

Nakedstem Sunray (Enceliopsis nudicaulis)

Heartleaf Arnica (Arnica cordifolia)

Brittle Bush (Encelia farinosa) butinées par un Buckeye (Precis coenia)

Yellow Glacier Lily (Erythronium grandiflorum), anthères rouges

Yellow Glacier Lily (Erythronium grandiflorum), anthères jaunes

Buttercup (Ranunculus...)

Yellowbell (Fritillaria pudica)

Golden Pea (Thermopsis divaricarpa)

Butterfly Milkweed (Asclepias tuberosa)

Pink Flowers



Sego Lily (Calochortus nuttallii)

Mountain Pride (Penstemon newberryi)

Redwood Sorrel (Oxalis oreganum)

Sclerocactus nyensis

Opuntias

Opuntia polyacantha

Opuntia vaseyi Wild-Buckwheat (Eriogonum arborescens)

Phlox hoodii

Showy rushpink (Lygodesmia grandiflora)

Showy milkweed (Asclepias speciosa)

Desert Peach (Prunus andersonii)

Sticky Purple Geranium (Geranium viscosissimum)

Shooting Star (Dodecatheon frigidum)

Colorado Loco ou Lambert Loco (Oxytropis lambertii)

Wild Rose (Rosa wodsii)

Wild Rhubarb (Rumex Hymenosepalus)

Red Flowers



Eucalyptus (Eucalyptus leucoxylon ssp. megalocarpa)

Cape fig (Carpobrotus edulis)

Snow Plant (Sarcodes Sanguinae)

Lemon Bottlebrush (Callistemon citrinus)

Claret Cup Cactus (Echinocereus triglochidiatus)

Indian Paintbrush (Castilleja)

Crimson Passion Flower (Passiflora vitifolia)

Penstemon (Penstemon eatonii)

Opuntia

Scarlet Gilia (Ipomopsis aggregata)

Ocotillos (Fouquieria splendens)

Narrowleaf Paintbrush (Castilleja linariifolia)

Scarlet Paintbrush (Castilleja miniata)

Red Columbine (Aquilegia elegantula)

White Flowers



White Cistus (Cistus lanadiferus)

California Buckeye (Aesculus californica)

Eucalyptus (Eucalyptus microtheca)

Sego Lily (Calochortus nuttallii)

Pacific Dogwood (Cornus nuttallii)

Pale Evening Primrose (Œnothera pallida)

Tufted Evening Primrose (Œnothera caespitosa)

Siskiyou Iris (Iris bracteata)

Agave

Spreading Fleabane (Asteraceae Erigeron divergens)

Pricklepoppies (Argemone pleiacantha)

Woolly Locoweed (Astragalus mollissimus)

Cliff Roses (Purshia stansburiana)

Wild-Buckwheat (Eriogonum pauciflorum)

Cliff Fendlerbush (Fendlera rupicola)

Vernal Daisy (Erigeron pumilus)

White Wild Onion (Allium textile)

Fleur du saguaro (Carnegiea gigantea)

Alpine Spring Beauty (Claytonia exigua) Mountain Marsh Marigold (Caltha leptosepala)

Mountain Death Camas (Zigadenus elegans)

White Loco (Oxytropis ericea)

Boulder Raspberry (Oreobatus deliciosus)

Miner's Candle (Oreocarya virgata)

Desert Evening Primrose (Oenothera deltoides)

Apache Plume (Fallugia paradoxa...), fleur

Apache Plume (Fallugia paradoxa...), graines

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Boxe thaïlandaise (combats et articles) English translation pending
by Pamina208 · 2008-03-21 · 69 replies
Je pars en Thaïlande et mon copain est un passionné de boxe thai. Forcément nous allons aller au Lumpini voir des matchs. Y a-t-il aussi des endroits de qualité pour assister à des matches à Chiang Maï.

Et où est-ce intéressant d'acheter des shorts, etc. Si vous avez de bonnes adresses, je suis preneuse!

Merci d'avance!
Trajet Hanoi - Ho Chi Minh ville en sleeping car English translation pending
by Kimtwo · 2008-03-21 · 50 replies
Bonjour,

J'entends parler sur le forum d'un moyen de transport un peu plus confortable que le bus Sinhcafé ou autres petits minibus, le sleeping bus.

Nous voudrions descendre d'Hanoi vers Ho Chi Minh (en nous arrêtant en cours de route à Hoi An, Nha Trang, etc.. voire Dalat si possible, ) avec ce moyen de transport qui nous semble plus approprié au poids des ans s'alliant au poids des sacs . Où se renseigner, où les prendre, combien ça coûte, y a-t-il comme pour les autres bus des possibilités d'arrêts en hôtel en cours de route avec faculté de rester 2/3 jours par ci par là -?

Merci à tous ceux qui pourraient me renseigner - Kimtwo -
Le tourisme de luxe ethnique English translation pending
by Kokonuth · 2008-03-17 · 201 replies
bonjour à tous!!!

je suis actuellement étudiante en master international du luxe et je me destine à une carrière dans le tourisme de luxe.

mon mémoire a pour sujet le tourisme de luxe ethnique.

je souhaite vous soumettre un petit questionnaire qui m'aiderait à approfondir mon mémoire.

merci d'avance pour vos réponses

questionnaire:

Que représente pour vous le tourisme de luxe ethnique ?

Y a t il une destination qui reflète bien ce tourisme ?

Connaissez vous des voyagistes ou chaînes d’hôtels spécialisé dans ce type de voyage ?

Avez-vous déjà voyagé de cette manière ?

Si oui, quel est votre ressenti ?

Pensez vous que ce type de tourisme nous offre une rencontre juste et sincère avec la population locale ?

Pensez vous que ce type de tourisme tend à un tourisme solidaire ?
Mariage à Varadero avec un Cubain English translation pending
by Chanelle80 · 2008-03-11 · 396 replies
Bonjour je compte me marier en juin 2008 avec mon conjoint qui est cubain moi je suis canadienne. J'aimerais savoir si quelqu'un l'a déja fait a varadero et comment je fais pour l'organiser. Y a il un palais de justice ... Pour la réception après..... on m'a dit que c'etait impossible dans un hotel . Aidez-moi svp...
Comment faire accepter ses choix à ses proches, lorsque l'on décide de vivre à l'autre bout du monde? English translation pending
by Sushi · 2008-03-09 · 31 replies
Salut à tous,

Donc voilà, je me prépare à un grand départ dans les mois qui viennent.....un départ sans retour, je l'espère.

Ma question, comme vous l'aurez compris, concerne les personnes qui ont du faire face à ce dilemme...comment expliquer et faire accepter ses choix à ses proches, lorsque ces derniers sont dans un schéma classique, et où il est impossible pour ces derniers de concevoir que la vie puisse être autre choses qu'une simple banalité, autre chose qu'une destinée conformiste, sans odeurs ni saveurs...mais une destinée originale et pleine de surprises et d'aventures.

Je ne sais pas encore très bien comment je vais m'y prendre, mais je m'attends à vivre une rupture sans précédent......il y en a qui ne vivent pas toujours sur la même planète....il y en a qui ont des œillères à la place des yeux, qui manquent d'ouverture, de compréhension.......comment faites vous avec ces personnes, lorsqu'elles font partie intégrante de votre famille, pour leur expliquer et leur faire accepter vos choix d'une expatriation à quelques dizaines milliers de km? 😕

Merci de vos réponses, et de vos expériences....
Enseigner le français dans un pays asiatique English translation pending
by JonathanV11 · 2008-03-05 · 39 replies
J'ai deja poste approximativement ce message dans la section asie du nord est, mais je le reposte ici parce que les deux parties du continent m'interesse.

Bonjour a tous, je me presente, je m'appelle jonathan, je suis en australie actuellement, et je tape ce message sur un clavier australien, ce qui explique l'absence d'accent. Voila le but de mon message, et vous allez voir que c'est pas vraiment simple... J'ai quitte mes etudes de japonais pour partir en australie ce qui fait que je n'ai qu'un niveau bac, je souhaiterai rester en australie histoire de gagner assez d'argent et ensuite... de partir enseigner le francais dans un pays asiatique. Que ce soit le vietnam le cambodge ou quoique ce soit, mais je ne parle pas la langue. Je parle juste anglais et francais. J'ai un ami qui est d'origine chinoise et qui enseigne au cambodge sans reellement parler la langue. J'aimerai savoir si vous connaissiez un quelconque moyen pour enseigner le francais juste en parlant anglais. Ou alors pour trouver un travail juste en parlant anglais, me permettant de subvenir a mes besoins en decouvrant de nouvelle culture et de nouveau paysage?

Je sais que c'est pas facile, parce que je ne suis pas vraiment qualifie pour quoique ce soit... mais je suis vraiment motive.

En vous remerciant de votre attention! Et a bientot j'espere.
Insécurité à Madagascar English translation pending
by Tamerlan95 · 2008-03-03 · 128 replies
Bonsoir à tous!!!

Voila, je voudrais faire ce post pour vouloir rassuer tous les voyageurs qui désirent partir à Madagascar car il est vrai que depuis quelques semaines nous alimentons le forum de mauvaises nouvelles concernant des agressions dans certains endroits de Mada et je crois que nous contribuons à faire apparaitre un syndrome d'insécurité et de nombreux forumistes jeunes ou moins jeunes m'envoient des messages en MP pour me confirmer ces dires et essayer en même temps de les rassurer, chose que je fais bien évidament!!!! Je crois qu'il est temps de les rassurer et de parler le plus souvent des choses positives concernant ce pays qui est certainement incontournable pour grands nombres de voyageurs.

Amicalement
Madagascar: problèmes de sécurité sur la RN7 English translation pending
by Jipi · 2008-02-29 · 59 replies
bjr dans la presse malgache il est preciser ce matin que les pbs de secu sur la RN7 entre ambositra et fianar de nuit et ihosy et tulear oblige les taxi brousse a voyager en convoi sur ces deux tronçons de la RN7 suite a de nombreux braquages et attaques de vehicules ces derniers temps alors attention a tous ceux qui seront avec des vehicules independants :rouler de jour et en convoi sur ces tronçons pas de parano mais rester prudent et attentif
Asie du Sud-Est en tour du monde: vaccin contre l'encéphalite japonaise? English translation pending
by Lafouine199 · 2008-02-22 · 11 replies
Bonjour,

Désolée de mettre ce post dans la rubrique TDM et non pas voyage santé, mais nous souhaiterions avoir un retour d'expérience de ceux qui sont partis en TDM ou se preparent actuellement concernant la maladie de l'encéphalite japonaise.

Mon ami et moi passerons 4 mois en Asie du Sud-est (Octobre 2008-Janvier 2009) dans le cadre d'u TDM, et dans notre cycle de vaccination se posent la question de faire ou pas le vaccin de l'encépahlite japonaise, qui est une maladie dangereuse conduisant à la mort dans 25% des cas et produisant des dégats neurologiques en cas de survie. Cependant, je présente un terrain allergique important (ai déjà fait plusieurs oeudèmes de Quincke dans ma vie dont les pourquois n'ont pas pu être identifiés) et ce vaccin présente de fort risque d'allergies pour les occidentaux.

Aussi, je ne sais pas quoi faire. Tenter la protection contre cette maladie pour avoir l'esprit tranquille en Asie, même au risque d'un oeudème lors des injections? Est-ce que vous avez fait ce vaccin? A-t-il été difficile à supporter? Au contraire, êtes-vous partis en Asie du Sued-Est pour une longue période sans vous faire vacciner?

Merci d'avance pour vos retours d'expérience qui j'espère pourront m'aider à y voir plus clair, puisque les médécins (même à pasteur) nous font peurs sur les risques puis nous laissent décider de faire le vaccin ou non sans autres renseignements complémentaires.
Fumigation des avions à Cuba English translation pending
by Danduc · 2008-02-19 · 40 replies
Une collègue de travail est arrivé de Varadéro samedi dernier. Elle m'informe que la ligne aérienne Skyservice a procédé à la fumigation de l'appareil peu-après son arrivé à Cuba. Le tout a été fait alors que les voyageurs étaient encore dans l'avion🤪. Avez-vous déjà subi ce traitement à Cuba?? Je sais que c'est fréquent en Australie et en d'autre endroits mais c'est la première fois que j'en entend parler pour Cuba

danduc
Formalités pour mariage franco/turc? English translation pending
by Carolette013 · 2008-02-10 · 207 replies
bonjour,

voilà a la fin de l'année je dois me marier avec moi ami qui est turc et nous faudrions vivre là-bas par la suite. Personnellement je suis totalement larguée sur les démarches à suivre pour le mariage, dois-je aller au consulat de marseille? Comment faire pour que le mariage soit reconnu en France? Puis-je bénéficier de la double nationalité par la suite? Et pour le visa comment faire?

Et aussi pour le billet d'avion pour le rejoindre à Izmir, j'ai pu constater qu'un billet aller simple vaut une fortune, est ce que je peux prendre un billet aller-retour même si je fais pas le retour?

Merci de repondre à mes questions.
État des routes entre Tamanghasset, Djanet (Algérie) et Ghat (Libye)? English translation pending
by Major · 2008-02-05 · 34 replies
Bonjour ou bonsoirs à toutes et tous,

Cherchons renseignements sur etats de la route entre Tamanghasset et Djanet jusqu'à la frontière Lybienne. Merci à ceux qui peuvent nous reseingner, sur le trajet. C'est une piste ou une route praticable en toute saison? La route est-elle fort fréquentée?

Merci à tous et toutes Major
Récit de trois semaines au Brésil English translation pending
by Carole73 · 2008-02-03 · 14 replies
En préparant mon voyage au Bresil, j'étais vraiment à la recherchede multiples informations ou conseils ou encore d'impressions......c'est pourquoi aujourd'hui je livre à mon tour mes impressions de ce beau voyage que j'ai effectué avec mon mari l'été dernier....

Les étapes : - Rio - Petite virée à Paraty - Salvador - Les chutes d’Iguazu - Le pantanal et Bonito - Retour à Rio.

RIO

Ancienne capitale (aujourd’hui c’est Brasilia), c’est une énorme ville : c’est la deuxième plus grande ville du pays derrière São Paulo.

Nous logions dans un petit hôtel face à la plage d’Ipanema (l’Hôtel Sol Ipanema : très bien !) : avec le recul, je pense que nous étions idéalement situés car le quartier d’Ipanema est vraiment un des quartiers les plus sécurisés de Rio où il fait bon se balader le soir, et à 1 heure ou 2 heures du matin sans craindre d’être agressé par un habitant des favelas……c’est en effet un quartier plutôt chicos et dont les favelas sont retranchés derrière un très grand lac !!!!! Certains diront que ce n’est pas authentique mais compte tenu du nombre d’agression à Rio, je pense quant à moi, que c’est parfait surtout que cela ne prive aucunement du côté authentique que l’on peut parfaitement visiter dans la journée ou en fin de soirée : c’est le cas du centre ville par exemple qui doit absolument être fait car il y a non seulement beaucoup de choses à voir mais en plus, c’est là que sont concentrés en pleine journée les habitants de Rio…..c’est là où ils travaillent…..toutefois, si vous lisez dans le routard qu’il est préférable de ne pas s’y balader le soir, croyez-les : ce n’est pas des blagues !!!! Quant à Copacabana, le quartier est génial : c’est très vivant et la plage est magnifique (tout comme celle d’Ipanema d’ailleurs) mais j’avoue qu’il existe un certain risque à s’y balader le soit tard…les favelas sont en effet très proches et les brésiliens eux-mêmes admettent le coté dangereux de Copacabana ! Les allées qui bordent la plage de Copacabana par contre nous ont semblé moins inquiétantes côté sécurité car ça grouille de resto et de monde…..il est du coup très agréable de s’y promener le soir ! En tout cas, nous n’avons eu aucun problème particulier à Rio….si l’on respecte les consignes de sécurité, on ne se fait pas forcément agresser : je pense que c’est bien de le dire car on peut lire beaucoup de choses très inquiétantes parfois sur la sécurité à Rio !

Que voir et que faire à Rio : aahhh làlà……tant de choses :

- Le célèbre christ de Corcovado qui se dresse sur le pic du Corcovado d'une hauteur de 710 mètres ….le Christ quant à lui mesure 38 mètres de haut…..et est l’œuvre de l’architecte brésilien Silav Costa mais aussi d’un français : le sculpteur Paul Landowski. Ne faites pas comme nous : faites le absolument un jour de ciel dégagé car sinon, on n’a pas le plaisir d’admirer la vue…..

- Le pain de sucre, ce pic rocheux de 395 mètres qui est avec le Christ de Corcovado le symbole de Rio. De son sommet, on a une vue magnifique sur Rio….. C’est de là également que l’on peut prendre l’hélicoptère, ce que nous avons fait, car c’est beaucoup moins cher qu’en France ou en Europe : 60 euros pour 10 minutes d’hélicoptère !! Et c’est …….vraiment génial !

- Le quartier de lapa…dangereux également le soir…

- Le quartier et la plage de Copacabana De la plage de Copacabana, on a une vue sur le pain de sucre….et le quartier de Copacaban est très vivant, pleins de boutiques.....

- Le centre : à ne pas louper car l’ambiance y est totalement différente des quartiers de bord de plage que sont Ipanema ou Copacabana : c’est là toutes les populations de Rio sont réunies, qu’ils se côtoient : en clair, c’est là où les gens travaillent ! Ne pas le faire, il me semble que c’est n’avoir qu’une vision partielle de la ville de Rio…..

A y voir notamment :

- Le Palácio Tiradentes : l'actuelle Assemblée Législative de Rio de Janeiro, ancienne prison où fut enfermé le Tiradentes, le héros de l'indépendance nationale.

- Le couvent Santo Antonio et de Sao Francisco : impressionnant ……architecture coloniale et intérieur bordé d’or…..

- Le théâtre municipal de Rio de Janeiro

- Les puces

Et tout simplement……s’y promener au gré des ruelles….. C’est vrai que certaines rues sont parfois en mauvais état ….et certains immeubles mériteraient totalement d’être rénovés mais je crois que ça ne doit pas vous décourager de faire cette visite….

- Le quartier de Santa Teresa Il s’agit du quartier que l’on voit souvent dans les reportages à travers le célèbre « bondinho » (tramways), brinquebalant ses passagers sur son viaduc et le long des pentes raides du quartier, p Passagers parmi lesquels les plus aventureux ou les moins fortunés voyagent accrochés à l'extérieur de la rame, sans débourser un sou. On peut y voir de très belles perspectives sur la ville de Rio. A faire plutot en début d’après midi car là également, ce quartier est entouré de favelas ! Nous y sommes arrivé en fin de soirée et nous n’avons malheureusement pas du coup osé sortir du périmètre protégé par des policiers……

- LA PLAGE et la mer !!!!! Aaaaahhhh……en voilà une belle plage ……et la mer est belle et j’avoue que contrairement à ce qu’on peut parfois lire, nous ne l’avons pas trouvé polluée…..donc, à faire absolument : prendre un petit bain de mer à Ipanema ou Copacabana……m’enfin, « bain de mer », c’est tout de même très raccourci car en pratique, la mer est plutôt dangereuse et on se retrouve souvent face à des rouleaux d'environ 2 ou 3 mètres….Arnaud en a d’ailleurs fait les frais hé hé avec une bonne petite claque dans le bas du dos…..

- Le jardin botanique Très beau jardin à visiter pour ses immenses palmiers…et ses superbes nénuphars….et surprise de la visite : le jardin botanique étant à la frontière de la forêt de Tijuca, on peut y découvrir une multiplicité de petits singes sur le chemin…..

PARATY Que dire de Paraty…..en étant le plus franc possible : nous avons été déçus tous les deux….Paraty, c’est très mignon à voir car c’est un petit village colonial mais qui ressemble aussi à un petit village de pêcheur et surtout, une fois effectuée la visite de ce petit centre qui je le répète vaut tout de même le détour pour ses rues pavées et ses petites maisons colorées très typiques, il n’y a rien à voir….néanmoins, il parait que l’excursion en bateau qui vous emmène dans les criques des environs est à ne pas manquer !!!! En ce qui nous concerne, il ne faisait pas très beau et c’est vrai que du coup, nous n’avons pas été très tenté et avons préféré rejoindre Rio plus tôt que prévu…

SALVADOR Mon impression de Salvador : plus typique de Rio dans son architecture beaucoup plus marqué par le colonialisme portugais……tout au moins au centre historique, dans la ville haute ….c’est plein de petites maisons colorées, d’églises baroques et joli come tout ! Nous logions dans le quartier du Pelourinho, quartier principal dans le centre historique ….à l’hôtel Casa do Amarelindo tenu par un français (
http://www.casadoamarelindo.com/fr/index.htm) : très bel hôtel, assez luxueux en fait…. Ce qui est dommage c’est que malgré un travail de restauration qui a été entrepris, lorsque l’on se ballade, on constate que beaucoup de maisons ou d’églises n’ont pas été restaurées et ne sont finalement pas mises en valeur…. Côté sécurité, bizarrement, nous nous sommes sentis moins à l’aise à Salvador qu’a Rio….le quartier historique est balisé à chaque coin de rue par des policiers qui quadrillent ainsi tous le centre….et au-delà, force est de constater que on se fait vite aborder par des mecs pas très rassurants comme on dit….du coup, je vous avoue que nous n’avons pas insisté beaucoup…. De même, nous avons été quelque peu froussards lorsque nous avons voulu descendre à la ville basse : nous avons pris « l’elevador » (ou funiculaire !) à partir de la ville haute….et arrivé en bas : surprise : maisons et quartiers totalement désert et en ruine….par terre, sur les trottoirs, des mecs étalés pas très en forme dont à notre avis certains drogués….du coup….nous avons fait chemin arrière et repris ce beau funiculaire qui n’attendais que nous !!!! Courageux hein ? Salvador est connu pour sa vie nocturne, son ambiance de fête…et c’est vrai que l’ambiance y est particulièrement musicale car il n’y a pas eu un soir où on n’a pas entendu le son du tambour…. On a également assisté à un spectacle typique : au programme : danse afro-bresilienne et capoeira notamment : c’était un spectacle touristique par excellence pas vraiment doté d’authenticité mais malgré tout, on en est ressorti contents ! On a également passé une journée sur une plage de Salvador : Itapua….. à une bonne demi-heure du centre de Salvador…..inévitable !!!!! mais là, plus du tout la même ambiance qu’a Rio : mer calme sans vague…..des cocotiers partout….et des plages remplies de familles ou groupe d’amis qui se réunissent sur de petites tables de bar disposées sur les bords de plage en sirotant….une bonne bière fraiche….la bière a finalement l’air d’être la boisson la plus prisée !!! On a donc voulu vivre au rythme des habitants et avons-nous-mêmes finis sur une de ces petites tables en dégustant un bon petit plat….aaahhh c’est vraiment dur la vie….

LES CHUTES D’IGUAZU Certains disent que c’est les plus belles chutes du monde….en ce qui me concerne, elles le sont même si je n’ai pas eu la chance de pouvoir comparer avec les chutes Victoria ou les chutes du Niagara…. Entouré d’une foret tropicale, pas moins de 200 chutes se succèdent sur 2, 5 kilomètres….tantôt de petites chutes, tantôt d’énormes chutes dont la célèbre et impressionnante « Gorge du diable » ! A chaque coin de buvette, vous pourrez apercevoir de nombreux coatis : il s’agit de petits mammifères ressemblant au raton laveur, mais avec un corps plus mince, une queue plus longue et un museau allongé et souple….et attention hé hé : ils sont très gourmands et on a pu assister à une scène où un coati, d’un bond surprenant, a surgi sur la table d’un touriste japonais pour lui voler son sandwich…..ce qui n’a pas beaucoup plu au japonais en question qui en plus n’était pas très rassuré…mais qui nous a beaucoup fait rire! Nous sommes resté 2 jours sur place : il est difficile de dire avec le recul si c’était trop…il est tout à fait possible de faire les chutes du côté brésilien et les chutes du coté argentin en une journée en partant tôt le matin car la visite coté brésilien est rapide mais le fait de rester 2 jours nous a permis de faire le parc aux oiseaux que l’on a tous les 2 particulièrement apprécié…et pourtant Arnaud il faut le dire n’était pas franchement partant au départ !!!! C’est pourtant à faire car vous n’aurez pas toujours l’occasion d’être à l’intérieur les volières parmi des perroquets en masse ou des toucans que vous pouvez presque toucher…… Nous en avons aussi profiter pour aller faire un tour du côté du Paraguay qui est tout proche…à la « Ciudad Del este » : la Ciudad Del este, c’est en fait une ville dont la particularité repose la vente de produits détaxés et notamment d'électronique à bas prix…ce serait aussi était la plaque tournante de tous les trafics d'Amérique Latine... et même selon certains une base secrète d'Al Quaida ! Pas très rassurant me direz vous….et bien non….là vraiment, vous êtes dans une autre dimension : la vraie Amérique latine comme on peut voir dans certains films hé hé…. Des mecs avec des têtes de vrais tueurs, des mecs se tenant sur des 4/4, armés jusqu’aux dents…..bref….après avoir fait un TRES rapide tour, on a immédiatement pris un bus pour rejoindre la ville très calme de Foz de Iguazu…ouf !!! Mais tout de même….pour ceux qui ont pour perspective l’achat d’un appareil photo, d’une camera ou autre…..je crois que ça peut vraiment valoir le coup ! Pour information, ça ferme très tôt : 17 h30 ou 17 H !

LE PANTANAL Le Pantanal est une région qui, la moitié de l'année, forme un immense marais qui représenterait la plus grande zone humide de ce type. Pendant la saison des pluies, d'octobre à mars, les eaux des hautes terres environnantes s'écoulent vers le Pantanal. L'"inondation" commence en décembre. Quand les eaux sont hautes (en mars dans le Nord, en juin dans le Sud), 70 % des terres sont submergées, soit une superficie de près de 200 000 kms² dans le bassin du Rio Paraguay. La faune du Pantanal est extrêmement riche : on y trouverait plus d'un tiers des 1 580 espèces d'oiseau cataloguées dans tout le Brésil dont les plus célèbres sont l'arara-azul et le tuyuyu (ou jabirus d'Amérique, oiseau symbole du Pantanal). On y compte aussi plus de 80 espèces de mammifères, dont les principaux sont le jaguar et le puma (mais ne comptez pas en apercevoir un….c’est très difficle de les surprendre !), le capivara, le loup à crinière (le « guara »), le capucin, le cerf, le singe hurleur, le tamanoir, le tapir, le paresseux, des loutres, le coati…. Surtout, c’est la région des caïmans yacaré (jacara) que l’on trouve en quantité impressionnante…..

La région regorge également de poissons dont le féroce Piranha…..que l’on a eu le plaisir de pêcher !!!!!!!! et ouaaaiiii, on est aventurier ou on l’est pas que voulez vous….y’a des tempéraments comme ça !!!! Pour la petite histoire, notre guide, pour les pêcher plus facilement, se plongeait dans un bon mètre d’eau dans cette vaste zone bourrée de piranha…..en réalité, les eaux sont tellement abondantes de nourritures que les piranha ne sont pas franchement affamés et vous pouvez donc en principe tranquillement y tremper votre doigt de pied….malgré tout, les petits bouts de viande qui nous servaient d’appât ont dans les 20 mn qui ont suivi le départ de notre belle activité de pêche pourtant été dévoré férocement et je peux vous dire que l’on sentais bien les petites quenottes attaquer le bout de viande !!!!

Ce petit panorama étant fait, il me semble ici utile de livrer nos impressions sur la faisabilité du Pantanal par ses propres moyens, je veux dire par là sans réserver de la France un mini-circuit, ce que très bêtement nous avons fait !!!!! Avant toute chose, je vous déconseille vivement l’agence Terra Brazil (http://www.tourisme-bresil.com/circuits-bresil/voyage_bresil.html) : on a tout bonnement eu l’impression de se faire avoir royalement mais vraiment royalement : concrètement, ces derniers vous facturent un prix qui tout en étant très cher vous semble sur le départ raisonnable compte tenu des prix pratiqués par d’autres agences mais une fois sur place, et bien vous avez le plaisir de vous trouvez dans une fazenda tout ce qu’il y a de plus simple (ce qui ne nous dérangeait pas sur le principe….si on n’avait pas payé tant !) et surtout avec des gens qui eux avaient réservé le même séjour et les mêmes circuit que nous dans une petite agence de Campo Grande et cela pour un prix de misère ! La fazenda était la « fazenda Santa Clara » (www.pousadasantaclara.com.br) située à 40 minutes de l’entrée de l’Estrada do Parque : concrètement, vous pouvez vraiment réserver et faire vous-même les choses puisqu’en fait la prestation de Terra Brazil consiste à venir vous chercher à l’aéroport de Campo Grande et à vous escorter au car qui vous emmène à l’Estarda Do parque, ce dont ont bénéficié de la même façon les personnes avec qui nous étions et qui avaient réservé dans une agence brésilienne à Campo Grande. Surtout, on a été déçue des excursions….le mec de la Fazenda était fort sympathique mais pas très investi dans son rôle de guide…..du coup, et bien, on a passé plus de temps dans la fazenda qu’en excursion….par obligation puisque les excursions étaient très limités dans le temps ! Bref, un peu déçue en ce qui me concerne même si j’étais ravie de faire le Pantanal….quant à Arnaud, il s’est carrément ennuyé si on doit être franc !

BONITO Bonito est située dans le sud-ouest du Mato Grosso do Sul, à un peu moins de 300 km de Campo Grande. Pour ceux qui projettent d’y aller, je n’ai pas trouvé le site si exceptionnel que ça : la grotte de lago azul est toute petite et vraiment pas très belle, l’estancia mimosa, et bien, c’est sympa : il s’agit en fait d’une forêt où on peut trouver quelques cascades mais à mes yeux, rien Le seul vrai site digne d’intérêt à mes yeux, c’est le Rio da Prata.

LE TEMPS Nous sommes partis fin août, début septembre (du 17 août au 7 septembre exactement) : c’était donc l’hiver mais la fin de l’hiver (qui va de juin à septembre)….à Rio, il a fait très beau et chaud la plupart du temps : le 1er jour était couvert et j’ai donc cru pouvoir me passer de crème solaire : le soir, j’étais couverte de coups de soleil hé hé…. et Arnaud aussi! Un pull est bien nécessaire le soir car il y a quand même un bon petit vent… A Salvador, plus au nord : très humide et très chaud, beaucoup plus qu’a Rio Dans le Pantanal : encore plus chaud ! Et à Iguaçu : frisquet puisque nous avions tous les 2 besoin de nos pulls et vestes ! En fait, plus on monte vers le nord et plus il fait chaud et plus on est dans le sud, plus il peut faire frisquet !

LA NOURRITURE 10/10 : c’était copieux et …..bon….. Un must à tester, c’est les restaurants dit à volonté (« rodizio ») où vous avez un accès illimité au entrées et ensuite, viande en boche également à volonté avec accompagnements à commander au choix (frites, oignons frits, manioc fris, bananes frites…..). C’est vraiment surprenant : les serveurs s'empressent autour des tables, chacun proposant son type de viande : boeuf, agneau, porc, poulet, saucisses, abs parfois ... des fins morceaux de viande de choix croyez-moi…..difficile de résister......

Côté plat, j’ai beaucoup aimé la moqueca de poisson, plat traditionnel : plat cuisiné à base de poissons qui est fait revenir avec des oignons, de l’ail et de la coriandre, dans du lait de coco et de l’huile de palme, le tout servi avec du riz et de la farine de manioc……un peu lourd mais…..délicieux !

Côté alcool, il faut signaler la « cachaça », la boisson traditionnelle brésilienne : il s’agit d’une eau de vie de canne à sucre qui se boit plutôt comme un digestif. La caipirinha est une émanation de la cachaça : c’est un petit apéritif très frais à base de cachaça et auquel on ajoute du citron vert, du sucre et de la glace pilée : c’est très désaltérant et pas mauvais du tout cette petite boisson !!! Et …..la bière…..les brésiliens en consomment beaucoup et plus que tout le reste en fait…..

Pour ceux qui préfèrent les boissons non alcoolisées, j’ai beaucoup apprécié les jus de fruits naturels…..y’en a pour tous les gouts : à base de fraise, papaye, guarana….mais mon préféré reste celui à la mangue…hhhmmmm…..et pour information : ces préparations sont bien sur à base d’eau dont on ne sait pas vraiment s’il s’agit d’eau en bouteille ou non (plutôt non d’ailleurs !) mais je n’ai jamais été malade….vraiment…et j’en ai pourtant abusé de ces petits jus de fruits !!!!

MES REGRETS, CE QUE J’AURAIS PREFERE FAIRE….. - A Rio : ne pas avoir fait une ballade dans la magnifique forêt de Tijuca autour du Corcovado - A Salvador : ne pas avoir assister à un « candomblé » : le candomblé est une des religions afro-brésiliennes pratiquées au Brésil mais également dans les pays voisins tels que l'Uruguay, le Paraguay, l'Argentine ou encore le Vénézuéla. Mélange subtil de catholicisme, de rites indigènes et de croyances africaines, cette religion consiste en un culte des "orixas" (prononcé "oricha"), les dieux du candomblé d'origine totémique et familiale, associés chacun d'entre eux à un élément naturel (eau, forêt, feu, éclair, etc.). Se basant sur la croyance de l'existence d'une âme propre à la nature, le candomblé a été introduit au Brésil par les multiples croyances africaines des esclaves issus de la Traite des Noirs entre 1549 et 1888. - Ne pas avoir fait le Mina Gerais et ses villes célèbres (Ouro Preto notamment) : avec le recul j’aurais préféré ne pas programmer Paraty et plutôt visiter quelques villes du Mina Gerais ! Mais ça dépend des goûts et de la période à laquelle vous vous rendez au Brésil car en été, il est probable que Paraty prenne toute sa dimension…et ça reste une petite ville qui a beaucoup de charme! - Je regrette de ne pas avoir faits l’Amazonie plutôt que le Pantanal : je m’étais torturée l’esprit avant de partir pour savoir s’il était mieux de faire le Pantanal ou l’Amazonie et comme j’avais lu très souvent qu’il était plus facile de voir les animaux au Pantanal, j’avais après maintes hésitations, opté pour le Pantanal. Or, avec le recul, je pense qu’il est largement préférable de faire l’Amazonie pour plusieurs raisons : si vous choisissez l’Amazonie, vous pourrez assister au spectacle fabuleux de la rencontre des eaux, c'est-à-dire à la rencontre entre le fleuve du Rio negro, aux eaux noires, et le Solimoes, jaune et limoneux qui fissionnent pour former l’Amazone, vous pourrez également visiter la ville de Manaus avec son théâtre somptueux ainsi que son port typique. Dans la foret, s’il est vrai qu’il est difficile de voir des bêbêtes, vous n’en voyez pas tant que ça non plus au Pantanal ou parfois de très loin….en Amazonie, vous aurez aussi la possibilité de côtoyer les habitants de la foret amazonienne…. - Bonito : il est difficile de dire s’il s’agit d’un réel regret mais à mon sens, seul le site de Rio da Prata vaut vraiment le détour…or, il y a tout de même 5 heures de route entre le Pantanal et Bonito, ce qui vous mange tout de même une journée….dans le cas d’un programme serré, je ne suis pas sure que cela vaille le coup….
Cambodge: 40% d'augmentation sur le riz! English translation pending
by Rogerbarthas · 2008-02-01 · 49 replies
Le ministre des finances KEAT CHHON a indiqué mercredi qu'il craignait une pénurie de riz cette année, car les fermiers vendent leurs récoltes aux pays voisins.

Les paysans vivant près de la Thaïlande et du Vietnam préfèrent traverser la frontière pour vendre leur riz plutôt que de le transporter à PHNOM PENH ou d'autres villes a affirmé KEAT CHHON à des reporters devant l'assemblée nationale.

KEAT CHHON reconnait que les cultivateurs sont mieux payés s’ils passent la frontière, mais que cela fait monter le prix du riz sur le marché intérieur.

"La hausse des prix a créé des difficultés pour les citadins - soldats, fonctionnaires, travailleurs - mais les fermiers sont contents."

"Il est désolant que les pays voisins achètent notre riz et que cela ait conduit à la hausse de la valeur du riz, " se lamente KEAT CHHON, ajoutant que le gouvernement a payé 10 millions de dollars de subventions pour faire baisser les prix.

Les cours du riz ont bondi de 40% cette année, allant de 230$ la tonne en 2007 à 360$ actuellement annonce KIM SAVUTH, président de l'association cambodgienne des producteurs de riz.

"Le Cambodge pourrait avoir à faire face à une pénurie plus tard dans l'année si du riz n'est pas stocké" a-t-il prévenu jeudi.

"J'appelle les acheteurs de riz et le gouvernement à acquérir plus riz pour faire des stocks" déclare-t-il, ajoutant que les fermiers vont probablement continuer de vendre leur riz en Thaïlande ou au Vietnam.

TAO SENGHUOR, ministre d'état, vice-président du Conseil de Développement agricole et rural au conseil des ministres, a annoncé que le gouvernement n'interdira pas aux producteurs d'exporter du riz. Il doute aussi que le pays puisse avoir à faire face à une pénurie.

Le surplus de riz au Cambodge a été de 23 millions de tonnes en 2007 a-t-il rappelé jeudi.

"Nous ne craignons pas de manquer de riz, " a affirmé TAO SENGHUOR, ajoutant "Nous sommes dans un marché libre."

YUN SAMEAN

Source : Cambodia Weekly du 14 au 18 Janvier 2008

Il va de soi que l'augmentation des prix va se retouver aussi sur les budgets voyages...Dans le post sur l'augmentation du prix de la viande de rat, nous avons abordé l'augmentation sur d'autres produits (huile, poisson, tofu...)...Bien evidemment les premiers concernés ne sont pas les touristes, neanmoins certaines infos à destination des bagpackers risquent de + en + d'etre erronées (cout journalier)...Ce processus inflationniste semble concerner toute la region ASE...
Laos, aux confins de la province de Phongsaly, quarante jours de lentes balades à pied English translation pending
by 321 · 2008-01-27 · 192 replies
Laos, aux confins de la province de Phongsaly, quarante jours de lentes balades à pied En compagnie des Akha, des Hô et des Lolo, des Hmong, des Yao, des Sila...

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« Je constatai ici encore combien l'argument de l'intérêt commun mène plus vite à la confiance que les cadeaux, par exemple, qui ne font bien souvent que fortifier la méfiance. » H. A. Bernatzik

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Un an plus tôt, à l'extrême nord du Laos, une première expédition de trente-quatre journées, effectuée seul, à pied et sans guide, au cœur des montagnes qui s'étendent sur la fascinante province de Phongsaly, me permettait d'y effectuer de nombreux repérages. Retour sur les lieux l'année suivante pour me diriger, à nouveau sans accompagnateur et uniquement à pied, vers les confins de la province, étonnantes enclaves isolées du monde, et même du reste du pays. Après cette fois au total quarante-huit journées sur place, dont quarante et autant de nuits passées exclusivement chez l'habitant, en compagnie des innombrables minorités ethniques montagnardes présentes dans la région, il en subsiste quelques anecdotes, que je propose de relater ici.

Parmi celles-ci, une étourdissante journée de navigation sur la portion la plus sauvage de la rivière Nam Ou, des offices chamaniques de guérison chez les Hô et chez les Hmong, le sacrifice rituel simultané d'une chèvre, cinq cochons, deux poules et douze poussins dans un village Akha, la récolte de l'opium puis "l'art" de le fumer, l'exténuante technique agraire dite de friche sur abattis-brûlis pratiquée sur les pentes par les montagnards, les pieds réduits d'une grand-mère "chinoisante", des huttes de l'ethnie Hmong abritant plus de cinquante personnes, le cœur de la très méconnue réserve naturelle de Phou Den Din, des marchands de cheveux itinérants chinois, une rencontre avec la très minoritaire et discrète ethnie Sila, un trafic transfrontalier de papillons, les délirants accoutrements des femmes Akha, des geysers d'étincelles lors d'une fête bouddhiste rurale, la première présence d'un falang, d'un Blanc occidental, dans certains villages depuis près de vingt ans, et fort probablement premier touriste depuis toujours.
De l'Alsace à l'Asie Centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizistan) en été 2007 English translation pending
by Opai · 2008-01-20 · 64 replies
De l'Alsace aux Tien-Shan (Monts célestes) en passant par Minsk, Moscou, l'Ouzbékistan, le Tajikistan, les Pamirs...

Je vous propose de suivre mon voyage par voie terrestre depuis Colmar jusque Bishkek. J'ai d'abord rejoint Samarcande en train en traversant rapidement l'Europe de l'est, la Russie et le Kazakhstan. Une fois arrivé en Asie centrale, j'y ai passé presque deux mois. Un peu de temps en Ouzbékistan puis, le Tadjikistan et le Kirghizistan.

J'ai l'habitude de tenir un carnet lors de mes voyages. Cette année, rien! Dès mon entré au Tadjikistan, je ne me suis plus tenu à cette discipline, préférant peut-être regarder les paysages qu'une feuille blanche.

Suite à la remarque d'un ami plus âgé, j'ai décidé de reprendre tout le fil de mon voyage car "la mémoire me fera des infidélités" m'a-t-il prédit. De peur de perdre petit à petit la beauté de ce voyage, je me suis mis à écrire. Chaque jour, je prends donc le temps de me replonger dans une journée de voyage. Je revis en temps réel tout ce qui a fait la richesse de mon périple. Cela me demande quelques efforts de concentration mais les souvenirs me reviennent facilement. A partir du réveil, je déroule les expériences d'une journée comme les perles d'un collier!

Je vous propose ce carnet de note différé, accompagné d'images.

Jour après jour...
Hôtel Melia Las Dunas à Cayo Santa Clara English translation pending
by Rickmel · 2008-01-14 · 15 replies
😉 bon matin....

J'aimerais avoir des informations concernant le mélia Las Dunas, on est un couple qui aime la tranquillité...pas trop d'enfants mais qui aime quand ca bouge le soir...danser...!! spectacle...!! Party......Pour ce qui est de la nourriture et du nombre de restos à la carte ca serait aussi apprécier d'avoir des commentaires....

Bonne journée et merci d'avance...sinon si vous avez d'autres hôtels à nous suggérer...ne vous gênez pas !!!

Mel 🙂
Pilule contre le paludisme en Thaïlande? English translation pending
by Vn · 2008-01-09 · 25 replies
Bon ben une dernière question avant de partir ( je pars le 17 janvier 2008 ). Je ne prendrai pas de pilule contre le paludisme car j'ai peur des effets secondaires et aussi je visite des endroits très peu de risque ...je voudrais avoir votre oppinion! Les endroits visités sont : Bangkok ... Krabi, Ao Nang, Railey, Koh Phi Phi ( mais juste excursion durant le jour sans y rester sur cet ile) Phuket et peut-etre Phang Nga baie. ( même à Phang Nga juste une visite en bateau durant le jour ). Les gens me disent que des endroits comme Ao Nang, Railey ... après le coucher du soleil ( entre 6:30 PM et 7:30 PM ) il y a un peu de moustiques mais après ça ...ils vont aller se "coucher après . J'ai l'intention à BKK acheter un produit luiquide chasse moustique qui se vend dans les magasins " 7 Eleven " ...avez vous une marque à me suggérer? Ensuite je vais visiter Kuala Lumpur et Malacca ...donc pas de rique ici non plus car ...pis Singapore ! Donc j'aimerais avoir vos opinions sur le paludisme dans ces régions ! Merci à l'avance ! j'ai hate de partir :-)
De retour du Melia Las Dunas! English translation pending
by Maya213 · 2008-01-08 · 23 replies
Nous sommes revenus dimanche vers 16h d’une agréable semaine au Mélia Las Dunas de Cayo Santa Maria, du 30 décembre 2007 au 6 janvier 2008. L’hôtel est de construction récente et juste pour la beauté des lieux, ça vaut la peine d’y aller ! Nous étions en famille : 2 parents, fille de 20 ans (moi !) et gars de 19 ans.

L'arrivée: Nous partions de Montréal avec Air Canada, en passant par l’agence de voyage TMR. Le vol était prévu à 6h30, mais nous sommes finalement partis à 7h seulement, et le vol qui devait durer environs 3h30 en a duré 4h15 en raison de forts vents dans les airs. Comme j’étais assise juste derrière une sortie de secours côté hublot, il n’y avait aucun siège devant moi donc de la place en masse pour les jambes. J’ai pu dormir confortablement une partie du trajet (car vol à 6h30 implique arrivée à l’aéroport à 4h du matin environs, donc se lever très très tôt !) À bord, on avait le choix entre une mince variété de sandwich et 3 collations à nos frais… N’étant pas assez réveillée et motivée surtout pour manger un sandwich énorme œufs-bacon-tomates sur du ciabbata, je me suis contentée des biscuits ! Finalement, à 11:15, nous sommes arrivés à Santa Clara. Température au sol de 27 degrés, pas si mal ! L’attente pour les douanes était minime, un autobus nous attendait pour l’hôtel. Après 90 minutes, nous sommes arrivés au Melia, où le check-in était déjà fait pour nous, suffisait de compléter une feuille à remettre. La plage était à nous ! Mais avant tout.. Le buffet pour survivre à la journée !

Chambre: Le Las Dunas compte 925 chambres et est séparé en deux parties : un côté plus familial (blocs 1-36) et un plus adultes (37-76). Chacun a sa propre piscine (celle du côté famille étant plus animée, l’autre plus confortable) et un snack bar. Nous étions dans le bloc 70 au 2e (et dernier) étage, environs 3-4 minutes de marche du Lobby, de la plage et de toutes les activités (resto, bar, disco). Ce n’était pas le plus loin. Donc si vous ne voulez pas marcher trop, demandez les blocs 74-75-76-37-38, 27-26 ou 23. Ils sont près de tout. Dans la chambre, garde-robe double avec tiroirs et cintres, coffre-fort, grand miroir, salle de bain tout confort (bidet, toilette, bain et pomme de douche ajustable, miroir pour se maquiller, petit banc), très grand, un bureau, télévision, 2 fauteuils, table, chaises et table aussi sur la galerie dehors, deux lits ¾ collés ensemble (un lit très grands pour mes parents par contre dans leur chambre). Pas d’odeur louche, des prises de courants qui fonctionnent bien avec nos fiches, bref, parfait. La chambre était faite tous les jours et la femme de chambre appréciait beaucoup les petits produits que nous lui laissions, elle nous a fait des trucs déments avec les serviettes sur le lit (cygnes, éléphants, voiliers)

Restaurants: Il y a beaucoup de choix de restaurants. J'avais hâte aux repas tellement c'était bon! Il faut dire que je ne suis pas difficile, mais il y a de quoi pour tous les goûts. J’ai beaucoup aimé le buffet Caibarien, très varié. Les poissons étaient excellents, les desserts aussi. Je n’ai jamais essayé les mets où il fallait faire la queue par contre, c’était trop long. Le déjeuner était vraiment délicieux la seule fois où je l’ai pris durant la semaine. Il faut dire qu’entre 10h et midi, tout les buffets sont fermés.. Un petit négatif, car à dix heures, j’avais pas le goût d’un hamburger ! Pour le midi, on pouvait aller au snack bar, au buffet, resto de la plage (ou il y avait buffet et plats à commander), beer garden (le resto 24h très bon aussi !) et sur la plage pour un sandwich. La crèmerie était aussi ouverte durant la journée. La dame qui y travaille est enceinte de 6 mois et doit travailler à l’extérieur debout toute la journée, c’est pas évident. Nous avions apporté quelques objets pour bébé que nous lui avons remis, elle a été très émue et nous a apporté de Remedios des coquillages joliment décorés par son mari. Pour le soir, encore là beaucoup de choix ! Nous avons essayés trois restos à la carte (dont tous les noms sont en liens avec la découverte de l’Amérique) : L’italien (columbus), essayez la soupe aux fruits de mer, Le romantique Isabel y Fernando (le meilleur de tous, service excellent et pianiste amusante !) et le grill Los siboneyes (où après 2h, nous attendions encore pour notre plat principal), disons que ce dernier était le pire de tous. Heureusement, le groupe qui se promenait de table en table était excellent. Le 31 au soir, nous avons eu droit à un souper gala au buffet, langouste, crevettes, sushis, bananes flambées au rhum, des délices !! Bref, pour les repas, tous devraient être servis. Ceux plus aventuriers aimeront les mets typiquement cubain et les poissons, et les autres les viandes, les grillades, pâtes et panures. N’oubliez pas de réserver en arrivant pour avoir les tables que vous souhaitez, il n’y a pas vraiment de limites. Nous n’avons pas essayé le steak house, le resto de fruits de mer (puisque nous avions de la langouste le 31 décembre) et le japonais (sushi), mais semble t’il que ceux-ci étaient très bien.

Bars: Alors là, il y en a vraiment pour tous et chacun! Deux bars aux extrémités de la plage, un bar principal au milieu de la plage, le beer garden, le bar du resto plage, le lobby bar, le bar de la discothèque et en plus du charmant barman itinérant ‘‘happy hour 2 pour un (à la blague bien sûr !)’’ qui se promène dans le bâtiment principal du lobby. Le beer garden et le bar du lobby sont tous deux ouverts 24h sur 24. C’est au Lobby qu’on avait les meilleurs les drinks comme des mojitos, les pina colada, les mintchocolate et les francidès. Les pool bar sont très bien aussi, achalandés mais celui du côté adulte bien intéressant. Un bar supplémentaire était ouvert à la plage lors du beach party. Les drinks étaient tous aussi délicieux les uns que les autres, j’avoue avoir une préférence encore et toujours pour les mojitos. N’hésitez pas à demander à vos barmans de vous préparer leur spécialité ou un varadero sunrise, cela vaut la surprise :) Mes parents ont beaucoup apprécié les cafés du lobby bar, surtout les capuccino et les cafés brésiliens.

Le réveillon : Le soir du 31 décembre, nous avons été choyés ! Dans la journée, plusieurs activités étaient organisées, et le soir, c’était le souper de gala (en 2 services 18h30 et 20h30) au restaurant buffet. Des tonnes de choses alléchantes à manger, du champagne, vin en bouteille à la table, une rose pour chaque dame (j’en ai eu deux, c’était les animateurs qui les donnaient et semble t’il que j’étais leur ‘magnifique’ du moment hihi !), de même que des sacs comprenant tout ce qu’il faut pour faire la fête : Chapeau, couronne, masque, lunettes à gros sourcils et moustache, loup, collier scintillant, étoiles à faire claquer (clap-clap), des trucs pour souffler et faire du bruit, des ballons, etc. Après le souper, un gros défilé du style carnaval de Rio au Lobby avec tout le monde qui peut danser, les gens costumés et en grand apparat. Puis, spectacle époustouflant de danse. Le fameux décompte, le champagne qui coule à flot, les employés en profitaient également! Par la suite, beach party dehors avec un orchestre cubain qui a fait bouger tous les gens présents ! Et à 1h du matin, musique plus discothèque et ça a fêté jusque dans les petites heures de la nuit !

Activités: Moitié sur la plage, moitié à la piscine pour enfants. Il est certain que l’on participe selon nos envies, mais les gens de l’animation prennent la peine de faire un tour pour jaser avec nous et nous inviter bien sûr. J’ai bien aimé tous les cours de danse sur la plage, surtout ceux de merengue. Il y a également des activités pour les plus jeunes au baby club et au club pour enfants. Ça vaut la peine de participer, on peut gagner des prix le soir venu. Les spectacles étaient très bien aussi ! Ceux de la fin de semaine sont plus du genre à faire participer le public puisque les danseurs sont en congé. On rit beaucoup et c’est drôle d’embarquer avec eux ! Et puis à la fin de tous les shows, nous sommes invités à aller danser le ‘Ragga ragga’, la danse de l’hôtel avec tous les animateurs et danseurs ! Beaucoup de fous rire en perspective ! On devient vite bon et un peu accro à cette danse ! Les spectacles de danse sont très bien, avec des chorégraphies originales et des danseurs qui ont le rythme dans le sang. Ils sont à la disco parfois le soir, et ils ne dansent pas bien uniquement sur scène!! La discothèque est toujours très animées dès 23h. C’est certain que la musique se répète parfois, mais il y en a de tous les genres, de la salsa / bachata au rock/twist et des hits plus jeune et qui se dansent sans problème. Durant la journée, on peut faire plusieurs activités sur le bord de la plage, dont du catamaran (un spécialiste nous accompagne pour un tour d’environs 20 minutes s’il y a des vagues, plus longtemps si la mer est calme), pédalo, kayak à deux et voile. On peut en faire aussi longtemps qu’on le souhaite, tant que les embarcations sont de retour avant 17h ! Nous avons fait l’excursion pour Santa Clara et les villages aux alentours, cela vaut vraiment la peine! Par contre, prévoyez vous un petit lunch si vous avez des goûts plus précis, mon frère entre autre n’a presque rien mangé du repas traditionnel cubain. La plage est longue et blanche, on peut marcher longtemps !! Par contre, les journées très venteuses, des jelly fish s’échouent sur la plage, donc il faut regarder où on met les pieds ! En marchant, on voit bien les autres hôtels, et le Melia Las Dunas est vraiment celui qui remporte la palme pour le coin selon moi. L’eau est superbe, limpide et pas froide du tout. Les piscines étaient très bien, mais nous y allions seulement en fin d’après-midi pour profiter de quelques moments supplémentaires de soleil. Pour ceux qui veulent faire des achats, il y a quelques boutiques à l’intérieur de l’hôtel, une à l’extérieur sur la place principale et aussi des marchants de Santa Clara (ce ne sont pas toujours les mêmes) qui offrent des bijoux, toiles, vêtements, chapeaux et souliers à des prix intéressants.

Ambiance: Comme Cayo Santa Maria est une destination un peu nouvelle et que les hôtels sont récents, nous n’étions pas sûrs qu’il y aurait des gens de notre âge. Et bien surprise ! L’hôtel était complet (mais il y avait toujours une place sur le bord de la plage ou de la piscine!), et plusieurs jeunes dans notre groupe d’âge qui étaient là aussi en famille. Beaucoup de gens aussi pour des mariages. Nous avons passés la semaine avec des gens très sympathiques, créés des liens et tout le monde s’est bien amusé! De plus, les barmans, serveurs et employés de l’hôtel sont tous souriants, un holà chaque fois, quelques phrases échangées, personne qui ne quête pour avoir un tip (quoi que ça ne fait pas de tort d’en donné au lobby bar, on est servi un peu plus rapidement quand il y a foule le soir!) Quelques mots d’espagnol font toujours plaisir, juste de commander le drink par exemple. Des petits cadeaux plaisent parfois beaucoup plus que le tip!

Quelques + et - : + : L’hôtel est grand et beau, on peut prendre des marches sans vraiment y penser ! - : Quand la chambre est trop éloignée, ça fait assez long à marcher.. + : Une voiturette de golf style limousine se promène pour amener des gens là où ils souhaitent aller. - : Elle n’est pas souvent là au moment où on en a besoin malheureusement :p + : La gentillesse des gens, la beauté des chambres. - : Des gens qui ont fait la fête jusqu’à 4h la première nuit.. heureusement, la réception a été avertie (nous n’étions pas les seuls dérangés il faut croire!) et tout cela a cessé et ne s’est pas reproduit. - : Il devrait y avoir un resto qui sert des fruits et pâtisseries entre 10h et 12h pour ceux qui n’ont pas faim tôt le matin. + : La fête sur la plage une fois par semaine. Merveilleux et agréable pour des gens de tous les âges, car il n’y a pas de gros spots de lumière qui flashent comme à la discothèque! + : La crème glacée. Et les boissons. Un délice!

Conclusion: Si c'était possible, je ne serais pas revenue en ville, j’aurais établi domicile au Melia ! Malgré le mauvais temps durant 2 journées de la semaine (où nous étions enroulés dans nos couvertures à boire des breuvages chauds et jouer aux cartes), nous avons eu beaucoup de plaisir. Chacun y a trouvé son compte et son bonheur. Nous n’avons pas l’habitude de retourner 2 fois au même endroit, mais c'était vraiment une semaine de rêve, donc peut-être de nouveau l’an prochain au début janvier, qui sait! Je vous le conseille donc sans hésitation! Et pour ceux qui ne parlent pas bien l’anglais ou l’espagnol, n’ayez pas crainte, beaucoup d’employés se débrouillent en français (suffisamment pour que vous soyez compris!)
Choix d'un vélo couché English translation pending
by Rouky · 2008-01-07 · 119 replies
Bonjour à tous,

voilà, c'est décidé, cette année je me lance dans l'aventure "vélo couché". Je pars en effet début avril pour quelques mois de vélo. Je souhaite troquer mon bon vieux vélo droit contre un vélo couché ( pour l'expérience, parce que mes genoux me remercieront ...).

Une fois la décision prise, reste à choisir le modèle et là c'est un peu le flou! Autant la comparaison pour un vélo droit est accessible autant pour les vélos couchés, à part les commentaires des constructeurs, je suis bien incapable d'expliquer pourquoi celui-là sera plus stable et celui-là plus solide...

Malgré tout mon choix se porte pour le moment sur l'Optima Condor .

Qu'en pensez-vous? Avez-vous d'autres modèles à me conseiller et pour quelles raisons? Pour faciliter les réponses, je précise que je vais parcourir toutes sortes de routes (goudronnées, pistes) et reliefs ( tibet).

Parmi les options proposées par chaque constructeur, certaines sont-elles réellement nécessaires ( appuie tête, siege carbonne etc).

Un grand merci par avance pour toutes les informations que vous pourrez m'apporter.
Voyage romancé à Hué (Vietnam) English translation pending
by Elfia · 2008-01-03 · 5 replies
Bonjour, En 2004, je suis allée au Vietnam. A mon retour, j’ai écrit ce texte qui reprend la partie du voyage qui s’est déroulée à Hué pendant le Festival franco-vietnamien. J’y reprends mon vécu mais de façon romancée, c’est-à-dire que l’histoire est complètement fictive mais basée sur l’existant : les lieux, les personnes (dont j’ai changé les noms …), du ressenti. Le texte s’intitule « My », un prénom qui signifie beauté. Il raconte l’histoire d’une femme, Clélia Rivière qui se trouve à Hué pour écrire un guide touristique sur la ville. Comme c’est l’époque du festival franco-vietnamien de Hué, elle rencontre deux artistes, l’un Français, l’autre vietnamien qui rivalisent à tous les niveaux (art, civilisation, amour). Le récit est entrelardé d’extraits du guide touristique que la femme est en train d’écrire, ce qui permet au lecteur d’apprendre en même temps l’Histoire du lieu dans lequel se situe l’action.

Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.

Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.

Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.

A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.

Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.

Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.

La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.

C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.

Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.

Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »

Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.

* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :

«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »

Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.

L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.

Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.

La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.

L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.

Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.

* **

Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.

La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …

Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.

Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»

Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :

- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»

Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»

A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»

C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.

A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.

Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.

L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.

Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.

- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.

* **

Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.

Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.

Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.

On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.

Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.

Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.

Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.

Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.

Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »

La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»

Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.

Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.

Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.

Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.

La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.

My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»

Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.

Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»

My : - «Tu vis seule ?»

Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.

My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»

Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »

My ne répond pas.

Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.

- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.

Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.

Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.

Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.

Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.

Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.

- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»

Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»

Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»

Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.

Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.

Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»

Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.

Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»

Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.

- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».

La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.

Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.

Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?

La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.

* **

Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.

My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.

La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :

- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»

- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»

- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.

- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»

- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»

- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»

S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»

My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»

Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.

- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»

- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»

Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.

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Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.

Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.

L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.

D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.

Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.

A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.

L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.

Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.

Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.

Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.

Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.

Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.

La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»

- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»

- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»

- «Ils se sont battus !»

- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»

My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»

Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.

My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»

Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»

Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»

- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»

- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»

Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :

- «Te voilà bien arrangé, Tao !»

Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»

Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.

" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "

Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :

- " Hué, by night, it's beautiful".

C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.

Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.

Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»

Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».

Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»

L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.

Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»

L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»

Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.

Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.

Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :

Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
L'Afrique est-elle "dangereuse"? English translation pending
by Ptitebulle42 · 2008-01-02 · 84 replies
je poste ce message par rapports aux angoisses que ma mère me transmet. j'ai vu que le continent africain a malheureusement été remué ces derniers temps par de nombreux "dangers"(touristes tués en mauritanie, humanitaire tué au tchad, emeutes au kenya) dans des pays qui la plupart du temps etaient assez calmes (mauritanie et kenya) je m'inquiète donc, moi qui dois partir au bénin, pour mon voyage et surtout, ma mère s'inquiète!!

le bénin est, selon tout ce que j'ai pu lire, un pays stable sans danger apparemment, mais ya t il qd meme un risque quelconque en allant la bas, d'emeutes ou autre? je suis consciente que lorsqu'on voyage on prends toujours un risque, mais là j'ai du mal a toruevr des arguments pour convaincre ma mère que certains pays d'afrique ne sont pas beaucoup plus dangereux que l'europe ou l'asie.

je sais par contre qu'il faut eviter de partir en dans un pays ou vont prochainement se passer des elections, car c'est souvent là que ça "clash" .

j'aimerais avoir l'avis des "connaisseurs de l'afrique" sachant aussi que dans un autre registre du "n'y vas pas c'est dangereux" je connais une personne qui est allé dans un endroit dit "dangereux" à lombok, et qui a été ravie de son voyage et y retourne bientot !!!

merci a vous!🙂
Insécurité à Madagascar: braquage à main armée en plein jour... English translation pending
by Krilo · 2007-12-29 · 72 replies
Revenant de Madagascar on souhaite porter à la connaissance des futurs voyageurs la mésaventure pas si exceptionnelle qui nous est arrivée.

En effet on a failli se faire buter. Dans un endroit super touristique, dans la forêt des baobabs de Ifaty, dans la région de Tuléar, qui est dans tous les guides touristiques le samedi 17 novembre 2007 à 16h, en plein soleil, accompagnés d'un guide local (le serveur de notre hôtel) et d'un chauffeur de charette à zébus.

4 mecs armés chacun d'un pistolet, avec également une carabine, un coupe-coupe et un bidon d'essence sont arrivés sur nous d'un pas décidé, à visage découvert. On a juste eu le temps de se dire qu'ils avaient une sale gueule et que ça ne sentait pas bons que nos guides étaient à genoux et qu'ils demandaient l'argent. Nos 2 guides se sont retrouvés avec un pistolet contre la tempe et le doigt sur la gâchette !!!! Bien sûr on a donné le peu d'argent qu'on avait sur nous (environ 15 euros), et ils n'avaient pas l'air contents d'un si maigre butin. Ils nous ont fait également mettre à genoux et nous ont fouillé. Ils ont pris l'étui à lunettes et l'ont jeté. Ils ont pris l'appareil photo croyant que c'était un téléphone portable. On a demandé à notre guide qu'il leur demande de nous donner la carte mémoire (car nos agresseurs ne parlaient pas français). Comme ils étaient crétins, ils ne savaient pas de quoi il s'agissait et n'avaient pas l'air de savoir comment fonctionnait un appareil photo! Ils nous ont demandé si nous avions nos passeports, nos billets d'avion... heureusement tout était resté dans la valise fermée à clef à l'hôtel (ce qui est indspensable là-bas....). On redemande au guide pour la carte mémoire, et l'un de nos agresseurs lui shoote dans la tête comme dans un ballon de football lui faisant exploser ses lunettes. Ils nous ont pris nos lunettes de soleil et nos montres. Et puis ils débattaient entre eux. Là, on n'en menait pas large car on s'est dit qu'on allait se faire tabasser: on n'avait rien d'autre à donner..... Ils ont ensuite voulu voler la chevalière en argent de notre guide malgache et comme elle ne passait pas, on a vu un regard vers le coupe-coupe qui nous a fait frémir...

Bien que nous ayons tout donné ils restaient là en nous tenant sous la menace de leurs armes, discutaient de nous séparer des Malgaches, mettaient le pistolet sur la tempe du guide et disaient "boum boum". Le guide suait à grosse gouttes car il comprenait ce qu'ils disaient.On n'a compris qu'un mot: Vazaha ("étranger"), dans la discussion (le guide nous a raconté ensuite qu'il leur avait dit "vous ne pouvez pas faire ça à des vazaha").Manifestement ils discutaient de notre sort. On a demandé au guide ce qui se passait, il nous a dit de nous taire. Nous sommes bien restés 10 mn les genoux à terre attendant d'être fixés sur notre sort... Là on s'est vraiment sentis en danger de mort.On se disait chacun de notre côté que ce n'était pas possible, qu'ils ne pouvaient pas nous butter, que c'était absurde, que notre vie ne pouvait pas s'arrêter là, comme ça bêtement... On sentait vraiment une très forte tension chez eux. Le danger d'une arme à feu est que le coup peut partir et ça peut vite dégénérer et devenir un vrai carnage. Tout à coup 3 des agresseurs sont partis laissant le 4e nous tenir en joue pendant qu'ils séloignaient. Avaient-ils entendu quelque chose? Nous étions trop stressés pour avoir eu l'oreille à l'écoute des bruits environnants. Toujours est-il que 15 secondes après ils ont appelé le 4e qui a décroché. A ce moment, on a entendu à moins de 50 mètres un cri de femme (une touriste)et un coup de feu. On a déguerpi vers le village en courant à travers les broussailles. Ayant rejoint le chemin vers le village, on a croisé quelques touristes avec leurs guides et leurs appareils photos qui se dirigeaient vers la forêt. Ils ont bien entendu rebroussé chemin.

On est arrivés à notre hôtel vers 17 heures alors qu'on avait de la route à faire avant la tombée de la nuit! On avait prévu de partir pour Tuléar à 30 km de piste, on ne voulait pas rester dans nos bungalows isolés en bord de mer sans aucune sécurité (3 gendarmes sans voiture et sans aucun moyen pour surveiller cette station balnéaire très touristique....) Arrivés vers 19h et quelques, on est allé poser nos affaires à l'hôtel puis faire notre déposition à la gendarmerie. L'aventure continue: au fond d'une basse cour sans électricité au milieu des poules et des canards, un mec (un gendarme?) nous a accueillis en maillot de corps dans le noir, à la bougie! Quand on a vu les moyens, on s'est dit que tout le pays devait être aussi dangereux car l'impunité devait être reine! On raconte notre histoire et il nous donne un papier et un stylo pour faire nous mêmes la déclaration par écrit. Ce qu'on fait. Un gradé arrive, en bel uniforme, nous demande ce qu'il y a. Après notre récit il nous incite à ne pas porter plainte. On lui explique que pour l'assurance, on a besoin d'un papier tamponné de leurs services. "Alors si c'est pour l'assurance, faites une déclaration de perte!" On était stupéfaits et on a répondu que c'était hors de question. Il nous a dit alors de mettre en en-tête de la déclaration "à l'attention de Monsieur le commandant de la Brigade de Gendarmerie Nationale de Madagascar de la région de Tuléar"... C'était totalement grotesque et surréaliste! Evidemment pas d'électricité = pas de photocopie. Nous sommes donc retournés le lendemain matin, dimanche 18 novembre, pour apporter un double de notre déclaration que nous avions recopiée à la main, afin d'apposer les fameux tampons. Le gendarme n'était plus le même et il n'était au courant de rien !!!! On recommence notre laïus. Il sort le tampon et l'encrier: encre sèche!!!! Notre chauffeur va chercher de l'eau dans la voiture pour humidifier le tampon encreur et on a notre sésame. Le gendarme nous rend les 2 exemplaires. On lui dit qu'un exemplaire est pour la gendarmerie comme convenu la veille. Il nous répond "pourquoi faire"!!!! Texto. On insiste, il prend la feuille en disant "si ça peut vous faire plaisir". On imagine que le papier est passé à la poubelle dès que nous sommes sortis!

Comme ce braquage est arrivé le 2e jour de notre séjour à Mada, avec une telle réaction des autorités locales, vous imaginez bien comme on a pu se sentir en sécurité pendant les 11 jours suivants de notre séjour... Nous avons tout simplement parié sur le fait qu'on ne pouvait pas avoir la guigne une 2e fois!!!!!

A notre retour à Tana, nous sommes allés voir le conseiller sécurité de l'ambassade. Heureusement que c'était le dernier jour! Il nous a dit que ça arrivait à peu près une fois par semaine partout dans le pays mais que les autorités Malgaches étant très susceptibles il leur était très difficile de communiquer sur la réalité de l'insécurité à Mada. D'ailleurs il a quand même réussi à faire inscrire sur le site su Quai d'Orsay qu'il y avait à Madagascar des attaques par des bandes armées parfois d'une rare violence.... Il y a un an et demi par exemple, le premier secrétaire de l'ambassade (le n°2) organisait dans sa résidence privée dans un quartier central de Tana et plein de diplomates, gardé par la police Malgache, un diner avec le président de la banque mondiale, des huiles internationales et d'autres ambassades. Et bien 10 mecs armés de Kalachnikov ont débarqué et ont dépouillé tout le monde!!! Par ailleurs, il nous a également raconté que lorsque les gens avaient des accidents de la route, la première chose que faisaient le gens y compris les flics c'était de dépouiller les victimes!!! Pas d'appeler les secours... Charmant.

Vous comprendrez bien que dans ces conditions on déconseille vivement de se rendre à Madagascar malgré la beauté des paysages et des rencontres chaleureuses avec des malgaches très sympathiques. En discutant avec les gens sur place on a appris également qu'un bus de touriste s'est fait attaquer également à main armée il y a 5 mois à la fenêtre d'Issalo (également recommandée dans tous les guides) et que peu après notre attaque un grand hôtel de Nosy Be a aussi fait les frais d'un braquage à main armée... On ne peut donc se sentir en sécurité dans aucun endroit de l'ile, les autorités locales faute de moyen sont complétement inefficaces et étouffent les informations pour ne pas nuire au développement du tourisme....

On a encore bien d'autres histoires de vol, arnaques de flics sur la route... mais on préfère s'arrêter là...
Retour de Thaïlande (merci) English translation pending
by Speedermad · 2007-12-28 · 86 replies
Bonjour à tous.

Je me suis enfin décidé à mettre un poste dans ce forum. Voilà bientôt un mois que je suis revenu de Thailande. Je tenais avant toute chose à remercier "Barbot" qui m'a bien conseillé à m'a envoyé à la bonne adresse.

Je suis parti en Thailande 17 jours de mi novembre à début décembre. De bangkok à Phuket, de Phi Phi à Lanta, j'ai découvert un autre monde, une autre culture. Les paysages sont si fantastiques et différents et les gens sont merveilleux.

J'ai beaucoup voyagé et de tout ce que j'ai vu, j'ai vraiment bloqué sur la Thailande. Depuis début décembre, je n'arrive pas à me déconnecter de ce pays merveilleux. C'est sans cesse dans la, aux moindre faits et gestes.

Biensûr ces quelques lignes ne suffiraient pas à expliquer mes sentiments et je sais qu'il y a tant de chose à voir en Thailande.

A tel point que je me suis mis dans la tête d'investir dans un condominium en leasehold.

Est ce que l'un d'entre vous a t'il fait cette expérience ? En est il ressorti gagnant ou a t'il eu des surprises ? Est ce que comme certains disent là bas, il est préférable d'acheter directement à un thailandais plutôt que de passer par une agence au niveau du prix ? Un appartement se loue t'il si facilement durant l'année comme l'ose supposer les agences ?

Merci pour vos conseils.

Merci à toi Barbot !
Tour du monde après un programme scolaire d'ingénieur? English translation pending
by Eusebius · 2007-12-26 · 92 replies
Salut,

Je finis mon ecole d'ingénieur dans un peu plus d'un an, et j'envisage de plus en plus sérieusement de partir pendant une dizaine de mois faire un tour du monde, ou plus précisément d'Asie et alentours. La question que je me pose est QUAND partir ? Partir une fois le diplome en poche n'est il pas trop handicapant pour trouver un job en rentrant ? Ou alors bosser quelques années ( et quelques années seulement, je ne concois pas d'attendre d'etre vieux et bedonnant avant de profiter des voyages ! ) avec le risque de ne pas etre repris en rentrant ?

J'aimererai avoir vos avis la dessus, ou mieux vos vécus ...

merci d'avance !
Touristes tués en Mauritanie (24 décembre 2007) English translation pending
by Guelta · 2007-12-24 · 118 replies
Suite a l assassinat des touristes francais ce lundi ds la région de Aleg, pensez- vous qu il y aura des conséquences pour passage à la frontière ou autres?
Projet de faire revenir d'exil Thaksin Shinawatra (Thaïlande) English translation pending
by DocTremblay · 2007-12-23 · 43 replies
Les premiers sondages semblent indiquer que le PPP :parti des amis de Thaksin qui ont pour projet de le faire revenir d'exile, aurait la majorité absolue... Que vont faire les militaires si ça se concrétise ?

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