POUR NE PAS OUBLIERLa boîte noire du "Sea Diamond", le navire de croisière qui a coulé la semaine dernière au large de l'île de Santorin, a été repêchée samedi matin par un robot sous-marin, a annoncé le ministère grec de la Marine marchande.Cet instrument pourrait fournir des informations cruciales sur les circonstances du naufrage du "Sea Diamond", un navire de 22.412 tonnes de la compagnie maritime Louis Cruise Lines qui a heurté un récif à proximité de l'île des
Cyclades avant de couler un jour plus tard.
Le gouvernement grec a été critiqué pour son empressement à qualifier de succès les opérations de secours alors que le bateau a par la suite coulé et que deux personnes - des touristes français - ont été portées disparues.
Plus de 1.500 passagers et membres de l'équipage du bateau ont été secourus.
Selon Louis Cruise Lines, 730 Américains, 112 Espagnols, 100 Français et de nombreux autres étrangers se trouvaient à bord, dont des Allemands, des Britanniques et des Australiens.
Les autorités
grecques s'emploient en outre à circonscrire la pollution liée au naufrage, qui a provoqué un déversement d'hydrocarbures dans la mer. Quelque 410 tonnes d'eau mélangée à du carburant ont été récupérées.
La compagnie maritime a attribué le naufrage à une erreur humaine sans désigner de responsables. Un procureur grec a inculpé le capitaine et cinq autres membres d'équipage de négligence. Ils encourent une peine de prison avec sursis.
Ile Maurice: Les marins rescapés du "sea diamond" se plaignent de leur condition difficile
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L'Express
(Port Louis)12 Avril 2007
Publié sur le web le 12 Avril 2007
Nicolas Atchiane
Port Louis
Ils étaient partis pour faire fortune à bord d'un navire de croisière. A la place, ils ont découvert l'enfer. Ces dix marins mauriciens font partie de l'équipage du Sea Diamond, qui avait appareillé le lundi 2 avril, du Pirée, pour une croisière de cinq jours. Le bateau s'est échoué, jeudi, en mer Egée.
Mais les dix marins mauriciens employés par la société Louis Hellenic Cruise Lines vivent, disent-ils, dans des conditions difficiles à bord de l'Emirald, un navire en rénovation au Dry Dock, au Pirée, lieu de réparation pour des bateaux. Ils lancent un SOS aux autorités mauriciennes afin d'être rapatriés.
Erreur ! Argument de commutateur inconnu.
"Pour le rapatriement, nous attendons une confirmation de la compagnie Louise Cruise Lines qui emploie les marins. Cela prendra environ deux jours car la compagnie m'a informé que certains des marins ont exprimé leur souhait de continuer à travailler. J'ai pour ma part informé les autorités de la situation", explique Edley Elliah, manager à la Méditerranée and Shipping
Mauritius Ltd, agissant comme facilitateur pour le recrutement des marins.
Une semaine après le naufrage du Sea Diamond, Michael Purich, 28 ans, marin et porte-parole des marins mauriciens, nous a fait, hier, au téléphone de la
Grèce, le récit de ce naufrage et des conditions "inhumaines" dans lesquelles ils vivent. "Nous avons tout perdu lors du naufrage. Nos vêtements, notre salaire et tous nos effets personnels. Nous vivons dans un bateau en rénovation qui est dans un état lamentable. Certains de mes camarades sont malades à cause de la poussière dans la cabine. Nous attendons toujours d'être indemnisés par la compagnie et de rentrer chez nous. Nous demandons aux autorités mauriciennes de nous venir en aide", lâche-t-il d'une voix désespérée.
Il raconte que depuis le naufrage, ils ont reçu uniquement 200 euros pour leurs besoins personnels. Cette somme, dit-il, est insuffisante pour eux car ils ont tout perdu. Certains d'entre eux, raconte-t-il, ne peuvent pas manger ce que préparent pour eux des marins philippins. "Pa tou dimun capav manz pork. Lerla oblize ale rod manze avek cash ki reste."
Mais les choses devraient changer sous peu. Car hier soir, Micheal Purich a contacté Edley Elliah qui lui a expliqué qu'ils bénéficieraient chacun de £ 1000 pour leurs besoins personnels.
Mais que s'est-il passé au juste, la nuit où le Sea Diamond a sombré ? Michael Purich explique qu'à environ trois heures du matin, des cris provenant du couloir le réveillent. "Mo ti crwar ti ena lager." Mais, en ouvrant la porte de sa cabine, il voit des passagers affolés qui courent dans tous les sens. Certains tombent même dans les escaliers. "C'était la panique. C'est à ce moment que j'ai compris qu'on coulait. J'étais glacé de frayeur." Il poursuit son récit en disant qu'il a réveillé ses camarades qui dormaient. Aussitôt fait, ces derniers se sont organisés pour venir en aide aux passagers.
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"Notre seule préoccupation, c'était la vie des passagers. Nous avons remis, à chacun, un gilet de sauvetage." Quelques minutes plus tard, poursuit-il, le capitaine a ordonné aux passagers et aux membres de l'équipage de se réunir sur le pont D en attendant d'être évacués. "Pendant ce temps, l'eau commençait à pénétrer dans le navire. Nous n'avons pas pu évacuer dans les canots de sauvetage car le navire s'était incliné d'un côté et commençait à couler."
Il explique que c'est grâce à l'aide de quelques bateaux qui étaient dans les parages que les 1 600 passagers et les membres de l'équipage ont pu abandonner le Sea Diamond. "Mes camarades et moi avons pu regagner la terre ferme à bord d'un ferry qui a embarqué une partie des naufragés. Nous avons débarqué au
Piraeus."
A partir de là, la compagnie a mis à leur disposition un bus pour les transporter au Dry Dock. Mais, selon leurs dires, leur condition de vie a empiré...