Naphi,
Dans le Parc Aigües Tortes (que nous appelons Encantats en
France), il y a énormément d'animaux sauvages et d'amphibiens rares comme le triton pyrénéen. Des oiseaux rares aussi comme
le coq de bruyère. Des végétaux fragiles comme les lichens, des tourbières (protégées par des passerelles en bois).
Les bivouaqueurs effraient les animaux et les dissuadent d'accéder à leur points d'eau. Piétinent les laquets pour se laver ou faire leur vaisselle. Écrasent les végétaux hors sentiers, les fourmilières (tailles XXL là-bas) et les insectes. Mangent les fruits des bois. Laissent des excréments.
On a beau se dire "I leave no trace", on en laisse toujours une.
Ce massif est magnifique et doit être préservé. Il connait beaucoup de succès. Il est fréquenté. Autoriser le bivouac serait un risque. Je comprends donc la position du PN même s'il m'est arrivé de l'enfreindre.
Tu évoques le randonneur "humble par rapport à son environnement". Je crois que le randonneur est moins "humble" de nos jours. La rando de montagne ne nécessite plus comme avant une connaissance du milieu montagnard, du terrain et des capacités d'orientation : elle s'est banalisée à coup d'agences de treks, de topo-guide, de matériel de plus en plus léger et performant et surtout de balisage.
La première fois que j'ai randonné dans les Encantats, il n'y avait pas de balisage, juste quelques cairns et encore. Il y avait un bout de balisage sur les tronçons du GR11. Les sentiers étaient peu marqués. Maintenant, il suffit de suivre la trace qui est globalement évidente. Certains gros blocs des éboulis de l'accès au col de Contraix ont été dynamités. Il y a beaucoup plus de gens qui parcourent le massif en mode "trail" qu'auparavant.
Tapes "Carros de Foc" sur GG tu comprendras

.
C'est donc beaucoup plus facile, même si ça reste de la montagne. Et ça au Parc, ils en sont bien conscients. C'est pour cela qu'ils ont agrandis certains refuges pour accueillir plus de monde (hélas, hélas, l'ancien refuge de Maria Blanc était si petit, si mignon bouh snif...).
Bon bref. En
Espagne, on est pas dans une démarche élitiste et réservée à quelques happy few. Donc, il y a des contreparties : des règles à respecter. C'est pareil dans le massif d'Ordesa. Avec des gardes.