On me dit souvent, mais pourquoi tu aimes cette ville.... ? car bien souvent on ne fait que s'y " poser ", ou alors la traverser.... on n'y comprend bien souvent pas grand chose, les khmers rouges " y sont passés ", plein de circulation à certaines heures, une drôle d'école (
S21) que bien souvent on hésite à visiter de peur d'y trouver des fantômes qui réveilleraient les nôtres.... toutes ces filles dans les bars, ces mendiants dans les rues.... oui pourquoi tu l'aimes tant..... ?
Même si les " baraques " du
Boeng Kak, ancien petit coin de paradis aux rues terreuses et aux baraques de bois et tôles ou quelques guesthouses étaient là en surplomb du lac, disparaissent.... cette ville reste une de ces villes asiatiques ou l'on devrait pourtant se sentir vraiment " ailleurs ".... il faut pour cela y rester absolument quelques jours...
Et commençons la visite.......
Le
Palais royal avec sa
Pagode d'argent, incontournable visite, avec ses 5000 carreaux d'argent, 1 kg chacun, saccagé par les khmers rouges et reconstruite en 1962, on ne peut plus marcher sur ces fameux carreaux certes, mais le le boudha d'Emeraude sous son baldaquin géant à 9 étages est toujours là, de même que le boudha d'or incrusté de ses 2086 diamants, dont un de 25 carats..... je me revois encore faire mes prières en compagnie de
Sam Ath afin de remercier l'Eveillé pour son aide future....... je me rappelle aussi ce curieux professeur à la retraite, parlant très bien le français et nous servant de guide, et me demandant alors si je pouvais lui venir en aide pour le faire venir en
France, alors même me dit il qu'il n'y avait aucun problème si je préférais les garçons.......

c'est aussi ça
Phnom Penh....
Le
Wat Phnom, en réfection actuellement, et qui domine la ville de ses 27 mètres du haut de sa butte abritant une pagode et le stupa gardant les cendres du fondateur de la ville le roi
Pona Yat, havre de fraîcheur et de tranquillité, plus ancien sanctuaire de la ville ou libérer des oiseaux de leur cage est un gage de bonheur pour la suite de votre destin...... dommage qu'il faille payer une obole (que pour les barangs) et que les mutilés de cette terrible guerre civile vous accablent de leur misère et de leur déchéance.... mais que rétorquer devant tant de désespoir...... et je ne parlerais pas de tous ces autres Wats aux toits brillants d'or qui attirent l'oeil du voyageur avide d'aller brûler des batonnets d'encens, ou d'offrir des fleurs de lotus, afin de s'allouer les bonnes grâces du Boudha protecteur des voyageurs...... et puis Sambo, l'éléphant machouilleur imperturbable, qui contre quelques menus dollars vous promènera tout autour, et que vous aurez plaisir à retrouver le soir venu le long du quai
Sisowath lorsqu'il rentre chez lui...
Les rues le long du fleuve
Tonlé Sap, avec leurs petits marchés, leurs diseuses de bonne aventure, mais aussi des familles entières dormant sur les berges et laissant leurs enfants quémander auprès des touristes leur pitance quotidienne, aprés avoir versé leur contribution aux adolescents plus agés et jouant les maquereaux de service..... le FCCC, restaurant à dominante sépia avec sa déco coloniale, ou admirer le spectacle de tout ce que l'humanité a pu jeter sur ses trottoirs, et tous ces bars à hôtesses ou des jeunes filles arrivées de leur province natale sont jetées en pâture à ce qu'on appelle parfois des " hommes " et tout ça non loin du quai
Sisowath et de la trop tristement célébre " rue des fleurs "....... mais empruntez un de ces fameux cyclo pousses pour mieux vous en imprégner, vous les trouverez facilement au bord du fleuve après que leur " chauffeur " ait pris le temps de se rafraîchir dans l'eau, non loin de la trop fameuse pagodes des voyageurs.... connue finalement que des locaux... !
Le marché central,
Phsar Thom Thmey, immense hall jaune édifié par les français en 1937 et dont la rénovation vient de s'achever après 25 mois de travaux, et où l'on trouve ces " kramas " foulards khmers, des ors pétillants, et que dire dul marché russe digne d'un souk arabe, et ou marchander est force de loi car les marchands eux mêmes ne connaissent forcément pas la valeur exacte de ce qu'ils vendent..... mais ou l'on trouve pratiquement de tout.....
L'île de la soie,
Koh Dach, île des tisserands ou je me rappelle m'être arrêté sous la pluie au bord de la route dans cette cabane servant des repas aux gens de passage et quelques épiceries, et de ce petit garçon avec sa cravate bleu à élastique, au sortir de son école, et me dévisageant de ses grands yeux.....bouche bée devant l'objectif de mon appareil photo..... et de sa mère, sans âge mais trop déjà pour bercer dans son hamac cette petite fille qui de toute évidence ne connaitrait pas le bonheur de courir un jour avec son frère..... mais le bonheur de cette île aux chemins de terre battue, ou de nombreuses tisserands vous accompagneront un bout de chemin avant de vous montrer leur travail quotidien de la soie....
L'horreur absolu certes quant on part à la découverte du camp d'extermination
Choeung Ek (Killings fields), et que l'on voit ces fosses ou plus de 8000 personnes furent assassinées, parfois à coups de barres de fer par ces mêmes personnes que vous pouvez encore rencontrer au hasard de vos ballades dans
Phnom Penh, les procés démarent lentement, mais qui en veut.... et vous voyez ces arbres ou les enfants étaient fracassés devant leurs mères suppliantes....... de la prison
S21 en plein centre ville, vision cauchemardesque du génocide perpétré par les frères ennemis rouges ou les pires exactions furent commises..... mieux vaut se taire......
Le
Tonlé bati, dans son beau décor floral à l'extérieur de la ville, au bord d'un lac, avec ses petites vieilles édentées à l'entrés du Wat vous invitant à vous agenouiller à leurs côtés afin de communier avec les esprits..... et toujours ces jeunes filles aux sourires à vous perdre définitivement, mais un peu jeune quand même pour vous proposer les services d'une Mama San.....
Le magnifique
Musée des Beaux Arts datant de 1920, chef d'oeuvre de l'art Khmer dans ses habits rouges et abritant une collection sans égale et qui étonnera plus d'un visiteur....
Le
Phnom Chisor, le plus bel endroit de la région à une cinquantaine de km, sans aucun touriste en pleine nature, avec ses 400 marches pour accéder au terre plein où se trouve le sanctuaire tout en briques avec ses superbes lintaux et ses escaliers de terre qui descendent tout là bas, là bas......... le temps s'est arrété, les dieux sont là à vos côtés, tout est suspendu au bon vouloir de ceux ci et vous ne pensez plus à rien qu'au bonheur d'être assis là à vous damner la vue de toute cette beauté.......
Mais le mieux encore est de s'asseoir derrière un motorbike, et de partir à l'aventure tout au long des rues.... observez cette façon de couper les files inverses en biais.....

, et puis les massages effectués par ces victimes aveugles mais qui savent trouver les points délicats à traiter et vous arrachent quelques cris de douleur, ces combats de boxe au rituel très compliqué au rythme du gamelan qui n'a rien de balinais mais qui donne aux combats une puissance spirituelle sans égale, tous ces restaurants où l'on y découvre les soupes cambodgiennes,
Samla matchou acide avec ses viandes,
Samla koko traditionelle avec ses légumes mélangés, son riz pilé et ses viandes, ses nouilles khmères,
Nom bantchok..... que vous tenterez de manger avec des baguettes et qui arracheront force rires à vos compagnons khmers...... et puis les fameuses mygales grillés, croyez moi un régal, surtout après quelques bières....

Toutes ces émotions sont pour vous aussi dans ce
Phnom Penh que j'ai découvert pour la première fois en 2004, et dont j'aspire à rester définitivement...... on s'y rencontrera surement....