Bonjour,
voilà ce que je peux dire à propos de mon expérience des Greyhounds. J'ai fait, il y a 2 ans, un voyage de 4000km dans ces bus entre
NYC et
San Diego, avec 3 transferts et autant de jours et de nuits de trajet à la clé.
Le prix, qui semble défier toute concurrence, ne tient pas comme argument si tu dépasses les 2000 miles de trajets ; US Airways te revient alors moins cher, pour un "enquiquinement matériel" au moins 1000 fois inférieur. Je m'explique.
les Greyhounds regroupent deux types de personnes : les pauvres et les routards. Les premiers peuvent se révéler d'adorables compagnons de voyage, qui respirent l'authenticité du bouseux local (n'ayons pas peur des mots, les seconds ne recherchent que ça ; j'y reviendrai plus tard) ou d'une certaine ethnie ou groupe social (tout dépend, en réalité, de l'endroit où tu pars !), ils ne rechignent que rarement à ces vaines conversations de voyage. Hélas, il peut arriver que certains d'entre eux montrent un intérêt marqué pour les affaires placés dans les coffres à bagages (enfin les over head compartments), notamment à l'arrière des bus et la nuit. Si possible, il vaut mieux se placer près du chauffeur, loin des toilettes certes, mais le gaillard est bien souvent bonhomme et ne manque pas de se faire guide touristique à l'occasion.
Venons-en à nos amis les routards. Souvent francophones (québécois et français étaient "légion" -nous fûmes un instant 4 individus de la sorte à bord- au cours de mon périple), ce qui facilite la prise de contacts le cas échéant, toujours ou presque orientés "bohèmes", ce que je ne juge pas, mais qui si tu es plutôt d'obédience 'conservative' ne favorisera pas les liens, ils prennent le greyhound pour 2 raisons :voir le paysage (excellente raison à mon sens !)regarder par un grand trou de serrure l'Amérique profonde, avec plus ou moins de bienveillance selon le type des humains observés (voir le côté "bohème"... les red necks répulsaient autant mes compagnons que les Noirs communautaristes puis les wet backs les faisaient fondre de condescendance) *ATTENTION ! Ceci est mon jugement personnel, en rien n'est-il, sans doute, la Vérité*
En fin de compte, c'est à n'en pas douter une expérience enrichissante, en particulier point de vue... linguistique (la familiarité s'installe vite, vu le nombre d'arrêts café et repas -1 toutes les 2h à peu près- et les échanges fusent) que tu t'apprêtes à vivre, mais elle n'est en rien confortable (il est difficile de dormir vu le nombre d'arrêts, et pour peu que les ronfleurs soient du voyage...), et les risques (faibles apparemment) de vols sont réels.
Bon voyage !