Jour 3 :
Comme prévu on trouve notre chauffeur près de la gare routière. En fait, ils sont deux. Lui et son fils. Ils sont très complémentaires et plein d’attention avec Quentin. Le fils conduit et le père fait office de guide. Il nous explique, en Anglais of course, ce que nous voyons sur notre chemin. Il nous précise que c’est nous qui lui demanderons lorsque nous souhaiterons nous arrêter.
Le trajet est assez long pour
Sigiriya. Quentin investit le banquette arrière et s’endort.
Après quelques arrêts, nous arrivons en vue du rocher de
Sigiriya.
Sigiriya est un ensemble de jardins, de bassins, de douves et d’un rocher élevé au sommet duquel un roi avait construit son palais. Il y a beaucoup de marches pour atteindre le sommet. Parfois, c’est vraiment pentu. Mais en haut, c’est féerique. La vue est somptueuse sur toute la région. On domine les forêts, les lacs. Au loin, on voit des statues de Bouddha dans la jungle. Le site est construit en briques. Ce sont les ruines du palais.
Pendant la montée, nous croisons la grotte des demoiselles. Ce sont des peintures murales qui datent de plusieurs centaines d’années. Le roi, amateur d’art, avait demandé à de nombreux artistes de l’époque d’orner les murs de peinture. Les fresques sont magnifiques. La peinture est encore bien conservée.
Enfin à mi-hauteur, avant l’ascension finale, deux pattes de lion sont taillées dans la roche. On passe entre les pattes du lion pour finir l’ascension.
Ce qui n’est pas vraiment indiqué et est très sympa à voir, ce sont les cavités dans les jardins. En redescendant, il ne faut pas hésiter à emprunter différents chemins. On passe dans des endroits magnifiques. On découvre des peintures murales, souvent moins bien conservés que les peintures des demoiselles mais qui donnent une idée de ce que pouvait être ce lieu lorsqu’il était encore habité. Des bancs sont taillés dans la roche. Il y a un système d’irrigation... Magnifique. Ne pas oublier les bouteilles d’eau. Il fait vraiment très chaud.
À la sortie, après trois bonnes heures de visites, de photos, de notes, et de longues minutes, seuls, à regarder la forêt, nous retrouvons nos chauffeurs guides. Ils nous attendent sur un parking, à l’ombre. Il y a les marchands du temple. On achète quelques trucs à grignoter. On n’a pas encore déjeuner. Des singes approchent. Les gars expliquent à Quentin qu’il faut faire attention avec la nourriture. Les singes la volent et pourraient facilement lui arracher un doigt...
Juste un peu plus loin, il y a un lac où l’on peut voir des éléphants, des crocodiles et toutes sortes d’oiseaux. Les guides nous proposent d’y aller. On accepte juste pour une heure de plus. Donc, on a vu des éléphants. Un peu plus loin, on est monté dessus. Ça pique, les poils d’éléphants. On a fait quelques mètres. Et l’on s’est bien marré.
On a repris la voiture en direction de
Dambulla. On aurait pu faire la visite, mais Quentin était fatigué. On est sorti de la voiture et l’on est resté devant le temple à regarder les gens. Et l’on a vu des gens prier.
On a repris la voiture. Plus loin, on a visité un jardin d’épices. C’était différent. Mais très sympa. On a acheté du poivre, du
colombo, du curry. On nous a massé avec des huiles essentielles pour une somme vraiment modique. C’était très agréable et vraiment intéressant. Très agréable visite.
On a repris la voiture pour arriver à
Kandy sous la pluie, tard. Il faisait nuit. Guest house, douche, changement de fringues, tuk-tuk, dîner en ville, tuk-tuk, nuit ! Fin de la journée.
Jour 4 :
Aujourd’hui c’est la route du thé et nuit à
Nuwara Eliya. On n’a pas de réservation, mais nos chauffeurs connaissent une guest house trop bien et pas chère. C’est sans doute le copain du frère du mari de la belle-soeur... On verra.
Aujourd’hui, changement de décor. On quitte définitivement
Kandy. On règle notre note et l’on s’en va. Nos chauffeurs guides d’hier nous attendent à quelques mètres de l’entrée de la guest house mais pas devant. Ils ne veulent pas se faire voir. On fourgue tous nos sacs de fringues dans le combi. Mais avant, on veut profiter une dernière fois de
Kandy. On leur demande une heure. Ils nous gardent nos valises de fringues et nous partons nous perdre dans les rues. On marche sur les voies ferrées. On se perd encore dans quelques ruelles. Le matin, les camions déchargent des tonnes de marchandises. On voit passer des gars avec d’énormes charges sur les épaules. On s’achète des sandwiches pour midi, des boissons, des bananes et l’on rejoint nos chauffeurs guides, garés non loin de l’hôtel
Suisse. Un dernier regard sur la ville et cette fois on s’en va avec un pincement au cœur car
Kandy, c’est vraiment une ville que l’on a aimé.
Les cultures de thé, près de
Kandy, se situent dans la montagne. Du coup, la route que nous empruntons grimpe sérieusement dès les premiers lacets.
D’un coup, au détour d’un virage, des pans entiers de montagne recouverts de plantations. C’est incroyable pour des yeux qui ne sont pas habitués. Dans quelques kilomètres, tout ne sera plus que culture de thé. Absolument tout.
Les couleurs sont étonnantes. On passe de toutes les ocres de la terre, aux verts des feuilles de thé. L’eau est très présente aussi. Il y a plein de cascades. Des torrents. Au loin, nous apercevons des nuages qui flirtent avec les hauteurs. Le brouillard. Ici c’est la montagne, les températures ne sont pas du tout les mêmes qu’à
Kandy. Au sommet, pluie et brouillard.
Avant d’atteindre le sommet, on visite une manufacture. C’est un peu l’arrêt obligatoire, mais ce n’est pas inintéressant. On apprend les différentes phases de la culture du thé, du ramassage en passant par le tri jusqu’à la dégustation. Puis la boutique. On achète des coffrets de différents thé. Nous sommes amateurs et le thé est vraiment bon. Et puis on fera plaisir autour de nous.
Dehors les couleurs sont étonnantes. Le soleil joue avec les nuages. La lumière est magnifique. Dans les champs, au loin, les sacs de couleur des ramasseuses tranchent avec le vert des cultures.
On s’arrête souvent pour profiter des paysages, prendre des photos. Je prends quelques notes mais pas plus. J’essaie d’emmagasiner au maximum. Je noterai plus tard. Là, tout de suite, je n’en ai pas envie. Je ne veux que me laisser porter par ce que je vois, ce que je sens, ce que j’entends... Tous les sens y passent.
On franchit le col dans le brouillard. La chaleur épaisse et moite de
Kandy est bien loin.
Nuwara Eliya n’est qu’à quelques kilomètres. Nous y sommes rapidement. Nos chauffeurs nous déposent à la guest house. Ils nous avaient parlé d’un prix qui n’est pas du tout celui que l’on nous propose. On parlemente, on négocie, on discute, on tergiverse. Finalement on tombe d’accord. Tant mieux. J’ai vraiment envie de poser les sacs, de prendre une douche et d’aller me balader en ville.
Nous n’avons pas trouvé
Nuwara Eliya exceptionnelle. Nous n’en garderons pas un souvenir impérissable. Le seul souvenir sympa c’est le coiffeur de la gare routière. Quentin avait une coupe de cheveux affreuse car il s’était coupé les cheveux lui-même... Bon, pour une somme absolument dérisoire (1€50) ce coiffeur a fait ce qu’il a pu pour le rendre plus présentable. Ce n’était pas le salon de coiffure de Jacques Dessange, c’est sûr, mais il a bien fait son travail.
On veut prendre un bus pour la gare ferroviaire le lendemain matin. Les bus sont bondés comme on ne peut pas l’imaginer. Des grappes de gens s’accrochent sur les marches pied. Y paraît que c’est comme ça tout le temps pour aller à la gare. Là, je flippe un peu (on a quand même deux gros sacs). On prendra un taxi...
On dîne quelque part dans la rue centrale dans un restau qui ne paie pas de mine mais dont le service est impeccable et le Rice and Curry super. Puis on rentre dans le noir car il n’y a pas de lampadaires près de la guest house (bien penser à toujours avoir une lampe torche). On finit le chemin en se faisant courser par des chiens errants !
Jour 5 :
La veille, en rentrant, j’ai demandé au gars de l’accueil si l’on pouvait avoir un taxi pour la gare demain matin. No problem m’a t-il dit. Mais il a rajouté que, pour le prix, on verrait demain, car c’est trop tard maintenant. Par expérience, je sais qu’il vaut mieux négocier avant et pas au dernier moment. Je crains donc le pire. Un type arrive avec un pick-up. C’est pas un taxi. C’est juste un type qui descend à la gare. Je discute avec lui. Prix honnête. Pas besoin de discuter. C’est ok. On règle la note et l’on s’en va. À la télé, les résumés des rencontres de cricket de la veille.
On a doublé le bus. Il était petit et bondé. Ouf.
Le gars nous dépose près de la gare. L’ambiance ferroviaire est so british ! Pour avoir discuté avec un gars dans une petite gare près de
Ella, il nous a dit que rien n’a changé depuis que les Anglais sont partis, du mobilier des gares, des wagons, des voies ferrées... soit depuis 1948 au moins.
On s’installe sur un banc sur le quai. Je vais acheter quelques provisions. Je reviens. Tout à coup, on entend un long coup de sifflet résonner dans les collines. C’est le train qui annonce son arrivée. Quelques instants plus tard, il entre en gare. Il y a beaucoup de monde sur le quai. Mais pas tellement dans le train. Pourtant, le gars de
Kandy m’avait dit que le train serait plein... En tout cas, pour finir, il est préférable de faire la route du thé en voiture jusqu’à
Nuwara Eliya et de prendre le train ensuite jusqu’à
Ella. 4 heures de train, c’est déjà bien et le décor est vraiment génial. Sans compter que le route du thé est fantastique. Bref, on monte, on s’installe. Des banquettes en bois. Des portes en bois. C’est sans transition avec nos trains français.
Le train s’ébranle. Il siffle et ça résonne de partout. On se croirait revenu à une autre époque. Dans le train, des touristes et des locaux. Les portes des wagons ne ferment pas. J’ai toujours Quentin à l’œil. Il a son appareil photo à la main et tente de saisir des vues époustouflantes. On aperçoit des cascades d’eau dans cet océan de nature. Je m’installe près de la porte ouverte du wagon pour mieux sentir. Comme il n’y a pas de porte, on a l’impression de faire partie de la nature. Le train passe sur des ponts, la vue est exceptionnelle. On croise des fermes, des gens qui travaillent dans les champs, des animaux de la ferme, des gens sur le côté des voies. Le train roule lentement. On a le temps de voir, d’entendre, de sentir. En tendant la main on peut toucher la végétation. Plus loin, un couple de Sri Lankais monte et s’installe en face de nous. On discute. Ils nous demandent où l’on va, ce que l’on fait dans la vie. La femme demande à Anne si elle ne pleure pas trop d’avoir laissé Lilou (notre bébé) si loin de nous en
France. Eux sont agriculteurs et vont rendre visite à leur enfant hospitalisé dans une ville voisine.
J’écris. Dans ma tête, les mots viennent. Mais c’est juste des mots. Pas de phrases. Parfois des groupes de mots. Je note. On verra bien. On est parti pour au moins 4 heures de train. Le train grimpe les montagnes, dévale les pentes, croise des rizières, des cultures de thé, navigue dans le brouillard sur les sommets et serpente dans les vallées. Puis, au bout de 4 bonnes heures,
Ella ! On descend du train avec nos valises. D’autres personnes aussi. Ils sont ensemble. On les laisse s’éloigner. Un bus les attend. Ils grimpent et s’en vont. Il y a plus que nous. Devant la gare, un tuk-tuk nous a vu et nous attend. Mais on a envie de marcher jusqu’au village. Le tuk-tuk s’en va. Cette fois, il n’y a plus personne.
Dans le centre du village, il y a des bars et des épiceries. On est en altitude ça se sent. On s’installe à une terrasse. Bières et chocolat chaud. Mince pas de chocolat chaud. Finalement on commande aussi à manger et une grande bouteille d’eau. Ce sera comme souvent le fameux plat Sri Lankais Rice and Curry (une valeur sûre) sans épices pour le petit homme.
On mange avec appétit.
Il est à peu près 13 heures. À peine terminé de manger, un type qui nous guettait depuis un bon moment s’approche. Il a l’air de vouloir un peu d’argent. Mais en fait il nous demande où l’on va, d’où l’on vient, ce que l’on fait et comment je m’appelle. Puis il nous dit qu’il connaît quelqu’un qui peut nous emmener à notre hôtel. On ne peut pas y aller à pied. C’est trop loin nous dit-il. On lui fait confiance et en plus on est un peu fatigué. Trop content, il va nous chercher son ami chauffeur de tuk-tuk. On lui donne quelque chose et nous voilà devant le tuk-tuk à trois plus nos deux gros sacs... et ça grimpe pour aller à l’hôtel. Anne et Quentin montent, je bourre les sacs et tente de trouver une place pour mettre une demi fesse.
La chambre d’hôtes se trouve à deux kilomètres environ du centre du village. Pour y aller ce n’est qu’une succession de montées et de descentes. Le chauffeur prend son élan dans le village et d’un coup vire à droite dans une ruelle qui doit être au moins à 10%. Le moteur du tuk-tuk râle comme une bête. Le chauffeur ne veut pas que je descende. Le tuk-tuk quasi à l’arrêt s’essouffle. Finalement, à force de donner des coups de volant de droite à gauche, on atteint le haut de la première pente. La vue est à couper le souffle. Devant nous s’étale à perte de vue la végétation jusqu’à l’horizon. Côté montagne, la cascade d’
Ella. Au bout de quelques minutes et de hurlements du moteur, on arrive. L’endroit est absolument génial. Baignée dans la forêt, à flanc de colline et face à la cascade, la maison semble reposer dans les arbres. Il y a des singes de partout qui se balancent de branche en branche !
waterfalls-guesthouse-ella.com/
Vraiment un très bel endroit. Le plus chic de notre séjour (!). Ici il y a également le petit-déjeuner et le dîner. Le tout préparé divinement bien. Les propriétaires et les employés sont charmants, la chambre est impeccable, propre et bien aménagée. Il y a une magnifique terrasse. Bref, nous sommes ravis.
On fait les présentations. On s’installe. On prend une douche. Puis on se pose une bonne heure. Il doit être 16 heures lorsque l’on se décide à bouger.
On veut aller voir la cascade. On se renseigne auprès du personnel. Il faut prendre un sentier qui gagne la voie ferrée et partir sur la gauche (pas en direction du village, mais de l’autre côté) puis avant le pont, prendre un chemin à gauche et le suivre jusqu’au bout. On suit les indications. Lorsqu’on arrive au pont, on n’a pas trouvé le chemin. Tout à coup, on voit un homme d’environ soixante ans avec une bêche sur l’épaule et un coupe-coupe à la ceinture. On lui demande et il nous dit suivez-moi. Auparavant, peut-être pour nous rassurer, il nous avait montré une carte stipulant qu’il était fermier. On le suit. Il saute littéralement dans le fossé. Il est pieds nus. Le temps a changé. Il tombe des trombes d’eau. On suit. Quentin est près de l’homme, puis Anne et moi je ferme la marche. On est en file indienne. D’un coup l’homme s’arrête. Il regarde un bananier et se met à découper des branches. Ses pieds ont disparu sous la végétation. Il est en équilibre. La pente est raide, mais il découpe soigneusement des branches et nous les offre pour nous protéger de la pluie ! On continue. L’homme marche vite. Il a l’habitude. C’est plein de boue. On manque de glisser plusieurs fois. Au détour d’un virage, la cascade. On est en haut. C’est impressionnant. Le bruit, la hauteur et la végétation tout autour. On est en pleine nature. Des cris d’oiseaux. On reste un long moment. L’homme est là, pas loin, discret. Il attend. Après quelques minutes, on repart.
De retour sur la voie ferrée, on lui donne un peu d’argent (toujours avoir de l’argent sur soi et en petite coupure). Il est content, mais attend encore. Il aimerait des stylos pour ses enfants. J’en ai plusieurs et je lui en donne trois. Cette fois il s’en va. Un groupe de touristes arrive, il se dirige vers eux.
Dîner à la guest house en compagnie d’Australiens de Surfers Paradise. Je suis déjà passé par cette ville, il y a un peu plus de dix ans. On discute. Le dîner est vraiment bon. On boit quelques bières avec les Aussies et nos hôtes vraiment sympas puis au lit.
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