Accepteriez-vous que dans votre ville, en
France au
Vietnam ou ailleurs, il n’y ait qu’une épicerie par exemple ou une chaine de supermarchés qui appartiennent à la même personne qui aurait négocié (cher) une exclusivité avec le Maire ? Cette exclusivité leur permettant d’imposer les prix qu’ils veulent à un marché devenu « captif ».
Selon la terminologie marketing un marché captif est un ensemble des consommateurs potentiels dont les alternatives de consommation sont géographiquement et techniquement très limitées. C'est la stratégie utilisée par les grands groupes "capitalistes" et des commerçants rusés pour pour dominer un marché et prendre en otage les clients qui n’ont plus la liberté du choix. Nous sommes alors dans une situation de monopole ou d'entente commerciale, pratiques illégales et dangereuses qui ont fait condamner les opérateurs de téléphone mobile en
France, démanteler AT&T aux
USA et
France Telecom, condamner Microsoft par la CE, etc, etc.
Dans le cas ou en échange d’un service offert ou une compétence (petite station de sports d’hiver, ile, banlieue éloignée) contre une augmentation des prix le système est à la limite acceptable.
Selon les concepts de l'analyse économique il me semble bon de rappeler que l'une des conditions de la concurrence pure est l'atomicité de l’offre qui permet la libre entrée sur le marché des concurrents et la liberté pour le consommateur de choisir son fournisseur.
Dans le cas qui nous occupe (change de monnaie à l’aéroport) nous nous trouvons devant une situation de monopole difficilement acceptable car elle n’est justifiée par aucun impératif géographique ou économique. Elle pénalise gravement le voyageur dans les pays où la monnaie locale n'est pas convertible en dehors du pays.
On retrouve cette situation de monopole « négociée » au
Suvarnabhumi Airport de
Bangkok avec Siam Commercial Bank (change) and King Power (Duty Free) et à l’aéroport de Madras en
Inde avec une entente, qui d’implicite est devenue explicite, entre la State Bank of
India et Thomas Cook.
Encore s’agit-il de deux exemples que j’ai rencontrés personnellement et je ne doute pas que d’autres doivent exister et prospérer dans d’autres villes et aéroports du monde.
Ces pratiques sont interdites par l’OMC dont tous ces pays font partie.
On peut raisonnablement penser que quelques autres commerçants ou changeurs de monnaie seraient intéressés pour s’établir dans ces lieux de monopole-racket et offrir un meilleur service, un meilleur taux ou encore des heures d’ouverture plus pratiques (arrivées de nuit).
Les commerçants vont-ils devenir nos nouveaux maîtres ? Décider ce que nous devons manger et boire, comment voyager et changer de l’argent ? Le consommateur doit prendre les choses en mains et dénoncer ces pratiques.
Si c’est cela que vous appelez de la subversion (défendre sa liberté, garder sa capacité de réagir, empêcher les discriminations...) alors oui je suis subversif et...fier de l’être.