| Un concert en Isàán GeorgesOZ · 20 avril 2013 à 5:09 · 2 photos 14 messages · 4 participants · 2 866 affichages | | | | 20 avril 2013 à 5:09 · Modifié le 20 avr. 2013 à 9:09 Un concert en Isàán Message 1 de 14 · 2 723 affichages · Partager Je viens juste de passer quelques jours du côté de Bâan Nâawk pour la fête de Songkran. En plus des petites parties sympathiques organisées par les gens du village, nous sommes allés voir 3 concerts de molam. Le premier n’était qu’à 2 ou 3 kms, dans un « wát » (temple) que j’avais déjà visité. Ce n’était pas mal, il y avait 2 ou 3 bons chanteurs, l’orchestre était bon, les 6 danseuses étaient assez mignonnes et, curieusement, c’était une femme qui jouait du « khaen », ce qui n’est vraiment pas courant. Les gens dansaient bien, mais la police avait dû intervenir à deux 2 reprises pour séparer des gars qui avaient commencé à se battre. Je ne dirai pas grand-chose du 2-ème concert, qui n’était pas aussi bon, sauf que j’avais eu la surprise de voir apparaître sur scène.... Y elle-même, habillée d’une petite tenue verte dans le style «Moulin Rouge ». Danseuse de molam elle-même dans sa jeunesse, elle s’était invitée à joindre le spectacle. Je m’étais rendu compte depuis longtemps que j’ai tiré un sacré numéro, avec elle !
Mais ces deux premiers concerts étaient du « molam sing », ce qui n’est pas ma forme préférée. La pièce de résistance, c’était le 3-ème concert. Nous y étions allés en scooters, faisant une trentaine de kms sur des petites routes passablement défoncées. De nouveau, c’était dans l’enceinte d’un wát, mais là l’estrade était monumentale et visiblement ça allait être d’une autre dimension. Pour tout dire simplement, ça a été le spectacle le plus extraordinaire de ma vie.
Le concert a commencé vers 9 heures du soir et s'est terminé à 6:30 du matin, quand il faisait déjà bien jour. C’était d'une qualité et d'une beauté sidérantes. La musique était excellente, il y avait 1 clavier, une batterie, une guitare, une guitare basse, un jeu de percussion, un saxo, une trompette, et, que je ne l’oublie pas, un joueur de « saaw », une espèce de vielle à 2 ou 3 cordes (une transcription française pourrait être « so », mais la transcription anglophone rend fidèlement le « o » très ouvert du Thaï, le « aaw àang »). Les enceintes acoustiques faisaient bien 3 mètres de haut sur 2 mètres de large, de chaque côté de la scène, pour dire que ça projetait un maximum.... Mais le matériel était de qualité et l’acoustique en plein air restait claire et n’agressait pas les tympans, même de près.
Ça a commencé par une scène traditionnelle, probablement tirée du Ramakien, la version thaïlandaise du Ramayana, avec un chanteur et une chanteuse et bien une cinquantaine de danseurs et danseuses habillés « à l’ancienne ». Les habits étaient somptueux, surtout ceux des femmes (qui étaient bien agréables à l’œil). Les pas de danse étaient exécutés à la perfection, avec entre autres des figures intéressantes où les hommes maintenaient leurs jambes très haut levées l’espace d’un battement, avant de reprendre leurs mouvements dans une légère rotation du pelvis. C’était comme du « karaté dansé ». Le tout couronné de sourires étincelants. En un mot : époustouflant. J’en étais estomaqué. Rien que de voir ces 10 ou 15 premières minutes, je me disais déjà que je n’avais jamais vu de spectacle aussi beau de ma vie. Je pensais même que j’étais arrivé dans une espèce de paradis, ce qui était peut-être d’ailleurs l’intention de cette représentation.
À notre arrivée, nous étions allés visiter les « loges », car un neveu de Y est l’un des artistes principaux de la troupe (il est payé 700 baht par jour, c.à.d. 18 euros – les femmes sont moins bien payées). Il y avait plusieurs gros camions parqués derrière l’estrade, et plusieurs grandes tentes avaient été montées pour que les artistes s’y préparent et s’y reposent. La plupart d’entre eux étaient allongés sur des nattes et dormaient encore au milieu des coffres, des costumes, des boîtes de maquillage etc. C’était un peu le foutoir, il faut dire, mais ça ne m’avait pas étonné, c’était bien dans le style de l’Isàán.
Des milliers de spectateurs s’étaient installés sur des nattes posées sur le sol, avec l’aisance d’un peuple qui ne connaît l’usage des chaises que quand il va en ville. On y trouvait un échantillonnage complet du peuple de l’Isàán, avec tous ces paysans aux visages burinés, les femmes habillées de « phâa thòúng » (les sarongs locaux), quelques vieilles mamies quasiment repliées à 180 degrés vers l’avant, la tête touchant presque les pieds, et chiquant le bétel, mais aussi des groupes de gens plus fins et plus sophistiqués, plus clairs de peau et à l’assise plus droite – on y remarquait quelques très belles femmes, bien typées, presque nobles de maintien. Je reconnaissais bien ma « tribu d’Apaches » !
Vers l’arrière, et à l’entrée, il y avait un service d’ordre vigilant, mais heureusement il n’y avait pas eu le moindre accrochage cette fois-ci. Il y avait bien sûr plusieurs stands de nourritures diverses et de jeux pour les adultes aussi bien que pour les enfants, et enfin aussi quelques femmes qui passaient entre les gens pour vendre des snacks, surtout des seiches séchées, passées au feu pour les ramollir. C’est un amuse-gueule populaire et qui encourage à boire la bière. Nous avions une bonne réserve de bière Leo, vidée dans un baquet de glaçons car la sécurité veillait à ce que personne n’introduise des bouteilles de verre dans les lieux. Pour mon usage personnel, j’avais aussi quelques canettes de Singha bien fraîches.
Juste devant nous, il y avait deux Allemands. Nous avions échangé quelques mots. Mais ils étaient partis au bout d’une heure. Sans doute pensaient-ils en avoir assez vu, ce qui prouve une fois de plus que si peu de gens savent vraiment profiter d’occasions exceptionnelles quand elles se présentent à eux. J’étais devenu l’unique farang de l’événement, ce qui n’était pas pour me déplaire.
La suite à la prochaine!
Note : j’ai déjà fourni à VF plusieurs récits sur la vie «du côté de Bâan Nâawk » et sur le molam. | | | À: GeorgesOZ · 20 avril 2013 à 8:25 Re: Un concert en Isàán Message 2 de 14 · 2 692 affichages · Partager Excellent. On s'y croirais. C'est quand meme. autre chose que les mariages malais ça profites en bien et bonjour d' Indonesie a toi et a ta danseuse de molam. | | | À: Wolflarsen · 20 avril 2013 à 9:09 Re: Un concert en Isàán Message 3 de 14 · 2 657 affichages · Partager Salut Gil!
Autre chose, ça tu peux le dire ! Il est difficile d’imaginer deux pays voisins qui soient aussi différents que la Malaisie et la Thaïlande. La Malaisie, c’est franchement du pipi de chat, par comparaison (mais il y aura toujours des amateurs). Il n’y a rien de plus faux que le slogan touristique « Malaysia, truly Asia ».... Et je connais des Malais (je précise bien « Malais » et pas seulement Malaisiens) qui reconnaissent très bien que la Thailande a une toute autre dimension.
Autrement, je passerai ton bonjour à « ma danseuse de molam », elle se souviendra sans aucun doute de notre rencontre à KL. 
Je reprends mon souffle avant de continuer le récit, mais je regrette au passage que « la direction » de VF ait modifié mon titre en ajoutant « la prochaine ». Je ne vois vraiment pas le but de cette intervention de leur part. | | | À: GeorgesOZ · 20 avril 2013 à 9:20 Re: Un concert en Isàán Message 4 de 14 · 2 649 affichages · Partager Ah ça.. Ça fait un moment que j'ai renoncé à chercher un sens aux interventions de la direction de ce forum  Sinon la Malaisie à du bon, mais coté nature (j'y fait regulierement un saut pour ça avant tout), coté grain de folie heureusement qu'il y a les chinois pour s'amuser un tout petit peu sinon qu'est ce qu'on s'y ferais ch.... | | | À: GeorgesOZ · 20 avril 2013 à 9:45 Re: Un concert en Isàán Message 5 de 14 · 2 632 affichages · Partager Pour illustrer ta prose Un pot-pourri, y compris un passage de l’incontournable Liké et, séquences comiques assez obscur pour des farang Etonnant aussi les danses du public au milieu des urnes funéraires. il ne manque que les odeurs 
Udon Thani - Morlam Concert At Ban Napu
Info pied de la vidéo (translate Google)
Morlam Thai / Isan est une forme traditionnelle lao de la chanson au Laos et Isan Morlam signifie chanson d'expert, ou un chanteur d'experts, se référant respectivement à la musique ou un artiste Au Laos, la musique est connu simplement comme... lam se réfère à la chanteuse. La caractéristique de lam chant est l'utilisation d'une mélodie souple qui est adaptée aux tons des mots dans le texte. Traditionnellement, les mélodies ont été développées par les chanteurs comme une interprétation de poèmes glawn et accompagnés principalement par la khene, un orgue à bouche anche libre, mais la forme moderne utilise le plus souvent des instruments électrifiés. Les formes contemporaines de la musique sont également caractérisés par des tempi rapides et une livraison rapide, tandis que tempi tend à être plus lente dans les formes traditionnelles et, dans certains genres lao. Certaines des caractéristiques compatibles comprennent accompagnement rythmique fort, sauts vocales, et un style conversationnel de chant qui peut être comparé au rap américain. Typiquement, avec un thème de l'amour non partagé, morlam reflète également les difficultés de la vie en Isan rural et le Laos, faits avec de l'humour désabusé. Dans son cœur, les performances sont un élément essentiel de fêtes et cérémonies, tandis que la musique a acquis un profil en dehors de ses régions d'origine grâce à la propagation des travailleurs migrants, pour lesquels il demeure un lien culturel important avec la maison.
Le Liké :
| | | À: Wolflarsen · 20 avril 2013 à 9:49 Re: Un concert en Isàán Message 6 de 14 · 2 630 affichages · Partager Toujours l' Indonesie, alors? C'est vrai, heureusement qu'I'll y a les Chinois, mais meme, ayant passe 1 1/2 an a KL, je peux dire que je m'y suis royalement fait chier. | | | À: Obeoandpai · 20 avril 2013 à 10:13 Re: Un concert en Isàán Message 7 de 14 · 2 617 affichages · Partager Merci pour la photo, qui montre un (petit) aspect du molam. Ou est-ce du Like? Mais I'll me semble que le Like est plutot "paak glaang" et s'il a des points communs avec le molam, il n'est cependant pas aussi dechaine, pour ne pas dire delirant. | | | À: GeorgesOZ · 20 avril 2013 à 10:18 Re: Un concert en Isàán Message 8 de 14 · 2 615 affichages · Partager Liké « populaire » Plus digest pour le grand public | | | À: Obeoandpai · 20 avril 2013 à 14:06 Re: Un concert en Isàán Message 9 de 14 · 2 584 affichages · Partager Je n’ai guère pu voir que les 2 premières minutes de la vidéo dont tu as donné le lien, ma connexion est assez merdique ces derniers temps (ca patine un max’), mais l’impression que j’en ai, c’est que c’est du molam sing tout ce qu’il y a de plus commun. Ça se voit tout de suite, ne serait-ce que par les petites jeunettes qui figurent comme danseuses. Et quoique je ne crache pas sur ce genre, il est amusant, ce n’est pas celui que je préfère, comme je l’ai bien dit dans mon récit plus haut. Le concert dont je parle n’était pas du tout dans ce style. Entre autres, il n’avait pas un poil de vulgarité comme on trouve souvent dans le molam sing. | | | À: GeorgesOZ · 20 avril 2013 à 14:48 Re: Un concert en Isàán Message 10 de 14 · 2 576 affichages · Partager Je n’ai guère pu voir que les 2 premières minutes de la vidéo dont tu as donné le lien, ma connexion est assez merdique ces derniers temps (ca patine un max’), mais l’impression que j’en ai, c’est que c’est du molam sing tout ce qu’il y a de plus commun. Ça se voit tout de suite, ne serait-ce que par les petites jeunettes qui figurent comme danseuses.
J'ai noté dans mon 1° message que c'est un pot-pourri d'un concert (de 3 heures minimum) de différents genres. Juste pour donner un aperçu visuel aux membres intéressés par ton sujet En Issan, ces concerts on TOUS le même profil afin de satisfaire tous les publics, jeunes et, moins jeunes (Jen suis a mon X-ieme en 5 ans d'Issan)
Le pot-pourrit, reviens en parler quand tu l'auras visionnée entièrement
Tu y verras aussi un passage où les demoiselles« allument » pas mal, C’est une parodie de "Khan Hoo" très appréciée du public Issan
Interprétée à l’origine par "Nok Archareeya" sur un hit inoffensif appelée "Khan Hoo" (ou les oreilles qui démangent) titre ambigu par un jeu de mots paillards en thaïlandais
L’article intégral et la vidéo qui a fait le buzz a une certaine époque : voyageurasie-soleillevant.blogspot.com/...qui-d... Image attachée: | | | À: GeorgesOZ · 21 avril 2013 à 6:53 Re: Un concert en Isàán Message 11 de 14 · 2 401 affichages · Partager Voici la suite, comme promis.
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Le concert est passé par tant d’épisodes que je ne pourrai jamais le décrire au complet. Il y a eu cette scène « indienne », les costumes, la musique, le chant et la danse étaient une mimique des styles indiens. C’était absolument magnifique, comme tout droit sorti des Mille et Une Nuits. Tout simplement génial. À un autre moment, les danseurs portaient des emplumages gigantesques, l’envergure des ailes faisait bien deux mètres et les couleurs étaient sublimes. Le carnaval de Rio n’a qu’à bien se tenir, car il y a de la concurrence sérieuse !
Et puis il y a eu cette scène « africaine ». Les danseurs étaient vêtus comme des zoulous, avec des (simili) peaux de léopards et des coiffures montées de longues plumes dressées à la verticale. Il y avait de super effets d’échos dans la musique, on se croyait dans la jungle. Les danseurs étaient éclairés par en-dessous par les feux de rampe. C’était démentiel. Je pensais qu’il était bizarre qu’on offre un spectacle d’une telle qualité et d’une telle sophistication à une foule de paysans, mais je dois bien le dire encore une fois, ce n’est pas là le peuple le plus abruti de la planète, loin de là !
Il y avait en tout cas une catégorie de gens dans la foule qui devait particulièrement bien profiter au plus haut degré du spectacle, c’était tous ces gens qui dansaient en bas de l’estrade. Y, une de ses nièces et moi-même, nous dansions aussi avec le plus grand bonheur. N’étant qu’à quelques mètres de la scène sur scène, j’avais pu bien étudier les costumes des danseuses et constater que ce n’était pas du toc. Leurs sarongs étaient encore plus magnifiques de près que de loin. Mais j’avais bien remarqué que beaucoup de gens autour de nous se passaient des « trucs » à fumer et à boire – on m’en avait offert mais j’avais préféré m’abstenir. Si ça avait été de la ganja, je l’aurais immédiatement reconnu, mais cela ne sentait rien. J’en avais conclu que c’était autre chose, du « yaa bâa » sans doute (« drogue folle »), de la méthamphétamine, qui fait des ravages en Thaïlande. Je n’ose pas imaginer les trips dans lesquels ces gens s’étaient propulsés pour mieux jouir du spectacle. Je me disais que si j’avais pris un bon petit acide ou fumé quelques bons joints moi-même, j’aurais eu du mal à redescendre du délire de la musique et du spectacle.
Il ne peut pas y avoir de spectacle en Thaïlande sans quelques bonnes clowneries, et nous en avions notre ration, à plusieurs reprises. Les gens étaient écroulés de rire. Je ne pouvais bien sûr rien comprendre des dialogues débités à toute allure en dialecte Isàán, avec des jeux de mots et pleins d’allusions et de sous-entendus comiques, mais les sketches étaient tellement convaincants que j’en étais complètement captivé et que j’en arrivais à rire moi-même.
Les chanteurs interprétaient tout un tas de morceaux bien connus et bien dansants. De temps à autre, un ou deux coups de gong résonnaient profondément, venus des bâtiments du temple, car tout cela n’empêchait pas la vie du temple de poursuivre son cours normal. Cela donnait une note irréelle supplémentaire. Un bon nombre de morceaux n’étaient joués que par 3 ou 4 musiciens, et le joueur de « saaw » était souvent en position centrale, donnant une touche parfaitement asiatique au spectacle.
Plus d’une fois, je m’étais dit « ça y est, c’est le morceau final, après ça, ils vont fermer la boutique ». Mais non ! Deux heures du matin.... Trois heures... Quatre heures.... Ca reprenait de plus belle ! Jusqu’à ce que nous remarquions l’éclaircissement du ciel, l’aube pointant. Enfin, la troupe était revenue au grand complet pour le morceau final, qui avait duré une bonne vingtaine de minutes. Les hommes étaient revêtus des costumes et des coiffures indianisés typiques du molam classique, rutilants de verreries. Les femmes avaient des robes longues moulantes mettant au mieux leurs corps fuselés – c’est là que tout homme normal ne peut s’empêcher de se dire « Pxxxxn de crénom de Dieu ! Quelles femelles ! ». Elles portaient des diadèmes abracadabrants, eux aussi recouverts de verreries. Toutes ces verreries scintillaient de milliers de feux de toutes les couleurs sous les éclairages. C’était peut-être très kitsch et ça ne pouvait être que de la pacotille, mais l’effet général était exceptionnellement beau. Comme on le dit si bien, « ça en mettait plein les yeux ».
Il était 6 heures trente du matin et il faisait jour quand la note finale a été jouée, et les gens avaient dansé jusqu’à la dernière minute. Que ce soit les danses, la musique, les costumes somptueux, les pièces théâtrales, les bouffonneries, le chant etc, tout avait été de la plus haute qualité possible, sans la moindre vulgarité. Pour être plus précis, il n’y avait aucune trace, entre autres, des petites demoiselles extrêmement peu vêtues qu’on voit souvent dans le « molam sing » - faut-il le répéter, ce n’était pas du « molam sing » - et qui parfois (souvent?) ne sont même pas de bonnes danseuses. Le spectacle était sans le moindre doute le fruit d’un travail de design professionnel et minutieux.
Ah ! J’avais oublié de préciser que l’entrée était gratuite ! Le spectacle avait été offert par la communauté, ce qui explique en partie que cela ne semblait pas avoir dérangé le voisinage immédiat du wát. On m’a expliqué par la suite que le coût d’une telle soirée doit être dans les 100,000 à 200,000 bahts, c.à.d. quelques milliers d’euros, ce qui n’est pas une mince affaire en Thaïlande. Mais à voir les sommes d’argent que les gens offrent régulièrement aux temples, pour leur « thamboun » (« faire mérite »), il est bien possible qu’un seul village puisse organiser un tel événement, si ce n’est avec l’aide de quelques autres villages du même « dtam bon » (district).
La dernière note n’était pas tombée qu’on démontait déjà les câbles. Nous étions allés rendre visite au neveu de Y dans les « loges ». Il y régnait une activité intense, on rangeait de partout. C’est ainsi que j’ai pu vérifier que les longues queues de cheveux qui ornent les diadèmes impressionnants des femmes sont bien des postiches. Par contre, la remontée de cheveux par-dessus la partie avant du diadème n’est pas postiche, elle. Les femmes se mettent les cheveux en avant de cette façon, et se ménagent un chignon au-dessus de la tête, et c’est par-dessus qu’elles posent leurs diadèmes, ça aide à les tenir en place.
J’ai essayé dans la modeste mesure de mes moyens de donner une idée de ce qui est en fait au-delà de toute description. À mon grand regret, je n’ai pris aucune photo, mais j’avais une petite idée des conditions dans lesquelles cela allait se passer et je n’avais pas voulu risquer mon appareil.
Il est bien évident qu’assister à un spectacle de ce genre n’est pas à la portée du premier touriste venu. Après tout, il faut une certaine connaissance du pays et des gens, et il faut s’y intéresser de près, pour pouvoir apprécier l’incroyable gentillesse et joie de vivre de ce qui est à mes yeux un peuple magnifique, le peuple Lao de l’Isàán. Et cela me fait chaud au cœur de savoir qu’il y a des choses aussi belles et aussi fortes qui ne soient pas accessibles à tout le monde, pour une bête et vulgaire somme d’argent. | | | À: Obeoandpai · 21 avril 2013 à 10:04 · Modifié le 22 avr. 2013 à 9:59 Re: Un concert en Isàán Message 12 de 14 · 2 386 affichages · Partager Je viens de visionner la vidéo dont tu donnes le lien dans ton premier message. Il faut passer les 6 ou 7 premières minutes (du molam sing avec quelques clins d’œil sur la scène environnante, comme le bébé qu’on berce dans un hamac « à la Isàán ») avant d’arriver au genre de molam que je décris dans mon récit. Et malheureusement, il n’y en a que pour 2 minutes à peine, avant de passer à de la pub.
Quant à dire que TOUS (comme tu le soulignais) ces concerts suivent le même schéma, il y a du vrai et du moins vrai. Du vrai, car effectivement il y a toujours des clowneries et autres « talok » (comment, étant en Thailande, pourrait-il ne pas y en avoir ?) et il y a aussi la reprise de tout un tas de chansons populaires du moment, etc. Mais du moins vrai aussi, car même « s’il en faut pour tous les goûts », comme tu dis, les gonzesses frétillant en petites tenues, style « molam sing », étaient notoirement absentes dans le concert dont je parle. Ces petites gonzesses, c’est sympa, mais ça va bien 5 minutes. Je n’irai pas voir ça tous les jours, j'ai mieux à faire. | | | À: GeorgesOZ · 24 mai 2013 à 13:04 Re: Un concert en Isàán Message 13 de 14 · 2 271 affichages · Partager Merci pour le récit. La prochaine fois pensez à apporter votre appareil photo pour compléter le reportage. Le Iké ressemble beaucoup à l'Opéra Chinois (gniew). Lorsqu'une personne est trop maquillée ou bien s'habillant trop kitch on dit qu'elle ressemble à une star (dala) Ike. | | | À: Yam421 · 24 mai 2013 à 13:46 Re: Un concert en Isàán Message 14 de 14 · 2 265 affichages · Partager OK mais j'ai explique pour les photos. Je prefere etre libre de mes mouvements surtout que j'adore danser sur cette musique.
Interessante comparaison du Likae avec le theatre Chinois. Le Likae est proche du molam, sauf que (impression personnelle, je ne suis pas connaisseur) je crois qu'on ne danse pas autant. Mais c'est la meme chose sous le point de vue des personnages inspires des epopees hindoues. On tombe la en plein sur l'une des choses qui me fascinent le plus, a savoir le confluent entre les influences chinoises et indiennes. C'est l'Indochine!
"Dala", bien sur.... Avec un "ro reua" (le "r bateau) qu'on roule joliment en Thai formel. | Carnets similaires sur la Thaïlande: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 12 323 visiteurs en ligne depuis une heure! |