merci de ne pas démarrer une controverse, juste quelques nouvelles d' un vieil homme qui, quelque part, s'identifie avec une nation de 12.000.000 d'habitants--
Fidel Castro apparaît affaibli mais lucide dans un entretien télévisé
F idel Castro a fait vendredi sa première réapparition télévisée depuis plus de trois mois, mettant ainsi un terme aux rumeurs les plus alarmistes sur son état de santé, mais livrant l'image d'un vieillard affaibli en dépit d'une évidente lucidité.
La rumeur dit que "oui, il est moribond, oui, il est mort, que si, il mourra demain. Bien, je suis là (...), personne ne sait quel jour il va mourir", a conclu le président cubain au terme d'une heure d'un entretien --enregistré dans l'après-midi et diffusé peu après-- avec le journaliste-vedette cubain Randy Alonso.
Assis dans un fauteuil depuis l'hôpital non identifié où il est soigné, vêtu de son survêtement Adidas bleu, blanc et rouge brodé à son nom, le président cubain, 81 ans, est apparu toutefois amaigri et plutôt légèrement affaibli par rapport à sa dernière prestation du 5 juin, s'exprimant d'une voix lente avec des pauses, mais avec lucidité.
Hormis son allusion aux rumeurs, Fidel Castro n'a à aucun moment évoqué ses problèmes de santé, et encore moins son éventuel retour au pouvoir. Son propos s'est concentré sur ses lectures récentes, les mémoires d'acteurs de la guerre froide --dont lui-même est l'une des dernières figures majeures-- tels Ronald Reagan ou Margareth Thatcher, avec une importance particulière accordée à celles de l'ancien président de la Réserve fédérale américain Alan Greenspan.
"Leurs auteurs deviennent millionaires !", a-t-il commenté à leur propos, exhibant leurs livres et s'attardant sur leurs prix. Il a accusé au passage les
Etats-Unis de financer la campagne présidentielle avec "du papier sans garantie" en raison du décrochage du dollar avec l'or. "Hier (l'euro) est monté à 1, 41 (dollar) et le pétrole a atteint, je crois, quelque 84 dollars le barril. Avant, la tonne, je me rappelle, coûtait autour de 15 à 16 dollars, pas le barril, qui coûtait deux dollars ou moins", a-t-il observé, confirmant ainsi qu'il "suivait" toujours deprès l'actualité.
Opération de communication, la prestation du président cubain était visiblement destinée à dissiper les rumeurs qui courent depuis des semaines sur son état, dont certaines l'ont donné pour mort ou mourant. Fidel Castro n'avait fait parvenir aucun message, photo ou vidéo de lui pour la fête nationale du 26 juillet ou ses 81 ans le 13 août.
Insistante, une rumeur a fait état d'une rechute liée à une infection ayant nécessité une nouvelle opération aux alentours de la mi-août. Le président vénézuélien Hugo Chavez, surnommé son "porte-parole médical" en raison de sa proximité avec Fidel Castro, a révélé vendredi depuis le
Brésil qu'il avait été "sur le point de mourir" --sans préciser quand-- et avait dû subir plusieurs transfusions.
"Ils lui ont fait je ne sais combien de transfusions pour l'équivalent du sang qu'il a perdu; ils lui ont changé tout son sang", a-t-il déclaré. "Une opération, deux opérations,trois opérations, 81 ans, imaginez: il était presque mort", a ajouté Hugo Chavez.
Le président cubain a toutefois maintenu son activité de "chroniqueur", faisant publier dans la presse officielle ses "réflexions" sur l'actualité, au nombre de 45 depuis la première le 29 mars. Sa dernière "disparition" médiatique avait été la plus longue depuis le début de sa crise de santé et sa première opération le 27 juillet l'an dernier, des suites d'une grave hémorragie intestinale qui l'a conduit à céder le pouvoir à son frère Raul, en principe provisoirement.
Dans un rare commentaire de responsable cubain sur sa santé, le vice-président Carlos Lage avait déclaré quelques heures avant vendredi: "Fidel poursuit son rétablissement, un rétablissement fécond comme nous pouvoir tous le voir dans la presse". Le chef de la diplomatie cubaine, Felipe Perez Roque, avait renchéri en assurant qu'il "participait aux principales décisions du pays sur lesquelles il est consulté".