Bonjour Robert,
Il n'est pas question de faire deux poids deux mesures pas plus qu'il n'est question de nier de quelque façon que ce soit la réalité de la dictature de Ben Ali.
Les Tunisiens ont véritablement souffert de celle-ci c'est évident.
Mais il convient de souligner que pour une très grande majorité d'entre-eux, la haine des tunisiens envers l'ancien régime va essentiellement vers la femme de Ben Ali, Leila Trabelsi ainsi qu'à la famille de celle-ci dont les membres étaient placés par ses soins, dans tous les secteurs clef de l'économie du pays.
Cette femme despotique pour ne pas dire démoniaque, avait une telle emprise sur son mari qu'à travers lui, c'est elle en réalité qui dirigeait le pays.
Cela dit, ne pensez-vous pas Robert, que remplacer la dictature de Ben Ali par celle encore plus liberticide des barbus revient à choisir entre la peste et le choléra ?
Vous vous méprenez lorsque vous pensez que lorsqu'on écrit contre la mise en place en
Tunisie d'une éventuelle -
mais hélas probable - république islamique, nous cautionnons de fait l'ancien régime. A titre personnel, j'estime que l'un comme l'autre sont éminemment néfastes.
Néanmoins, vous avez raison, lorsqu'on n'a pas envie de voir on ne voit pas.
Mais là aussi, pour rester objectif et pragmatique, il convient alors de TOUT voir :
En effet, sans pour autant cautionner le moins du monde la dictature qu'il avait progressivement instauré, il faut bien admettre que sous Ben Ali, l'économie tunisienne était relativement bonne, le tourisme était prospère, et les investisseurs étrangers occidentaux et moyen-orientaux se bousculaient pour y créer des sociétés dans l'ensemble des secteurs.
Les tunisiens qui avaient à l'époque le niveau de vie le plus élevé du Maghreb et même plus largement de l'Afrique, étaient à juste titre, très fiers de cela.
L'éducation pour tous -
y compris pour les femmes, fait quasi unique dans un pays arabe -, héritage du défunt et regretté président Bourghiba, étaient à juste titre également l'une de leur grande fierté.
Leur universités étaient citées en exemple, leur médecine était performante, et la culture en général était mise en avant.
Maintenant que reste t-il aujourd'hui de tout ça :
- Un très grand nombre d'investisseurs se sont déjà désengagés précipitant la
Tunisie dans une récession sans
précédent à côté de laquelle la notre pourrait presque faire sourire.
- L'éducation des femmes risque fort d'être remise en cause par les islamistes.
- Il est fort à craindre que si un régime dictatorial islamiste se met en place, l'essentiel de l'élite tunisienne se
précipitera très rapidement vers les frontières, les grands patrons et leurs capitaux ferons probablement de même.
- Quant à la culture, je n'en parle même pas lorsqu'on voit ce qui s'est passé en juin dernier dans une galerie de
Tunis.
Et tout celà constitue, si les barbus passent aux prochaines, qu'un tout petit début....
Alors quelle solution pour les Tunisiens ? Qu'ils redescendent dans la rue s'il le faut et qu'ils virent ces barbus, qu'ils donnent ainsi un signe fort aux investisseurs étrangers qui sont dans l'attente du devenir politique de la
Tunisie.
Enfin qu'aux prochaines élections, ils élisent et placent aux gouvernes de leur nation un vrai démocrate.
Cordialement.