Sysy1111 · 22 février 2025 à 20:45 22 messages · 6 participants · 753 affichages | | | | 22 février 2025 à 20:45 Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 1 de 22 · Page 1 de 2 · 660 affichages · Partager En 2015, Pour mes 50 ans, Ma fille et moi étions allés au Kenya et en Tanzanie pour un safari. 10 ans plus tard, pour mes 60 ans, nouvelle aventure Africaine: Retour en Tanzanie, cette fois pour tenter l'ascencion du Mont Meru.
En regardant des reportages et des films sur les grimpeurs de l' Everest, vivre une expérience du genre m'a toujours interpellé. Je suis impressionné par ces gens qui risquent leur vie pour le simple fait d'aller au bout de leur rêve et se dépasser. (ma conjointe dirait plutôt qu'ils sont cinglés). Je n'ai jamais eu la prétention de pouvoir gravir le toit du monde. J'avais plutôt dans la mire le Kilimandjaro. Quand ma fille a préparée notre aventure, elle a baissée de quelques mètres mes aspirations en choisissant le Meru, et je la comprend. Nous sommes tous les deux très actifs, mais pas des sportifs aguerris. Et nos montagnes au Québec, aussi belles soient elles, n'offrent pas la possibilité de monter bien haut pour tester notre endurance au manque d'oxygène.
Alors pour me préparer physiquement, j'ai fait travaillé mes jambes de 60 ans quotidiennement en marchant et en allant gravir de petits monts près de chez moi. Pour le mal des montagnes, je devrai me fier a mon système et mes vieux poumons, mais ça me stresse tout de même. Le départ approche, je ne peux reculer et je me dit qu'au pire, j'aurai essayé.
2 Février, jour du départ, Nous partons de Montréal sur un vol d'air France a l'heure prévu. Par chance, car nous étions inquiets, nos horaires de vols ont été retardés, et pour notre escale a CDG, ce sera serré. Arrivés a Paris, après 6h30 de vol, pas de niaisage, nous avons le temps de s'asseoir une trentaine de minutes avant de se rembarquer pour un 8h30 environ jusqu'à Zanzibar, toujours avec Air France. A Zanzibar, nous resterons dans l'avion pendant que des gens débarquent avec le teint blanc, remplacés par d'autres avec le teint bronzé. (fait beau et chaud a Zanzibar). Nous repartons ensuite pour un court vol vers l'aéroport de Kilimandjaro, notre destination finale. Fatigués mais heureux de débarquer du gros oiseau volant, un chauffeur de l'agence que l'on a choisi (Soaring Flamingo), nous attend pour nous conduire a notre hotel, le Tulia a Arusha. Il est 2 heure de la nuit quand nous posons nos os sur le matelas. Nous passerons la journée de demain pour se remettre des heures de vol a ne pas trop dormir, en relaxant au bord d'une piscine a l'eau trouble, dans une belle cour fleurie, entourer de palmier et de bruits journalier Africains. A ce moment, je me sens privilégié de vivre ces moments avec ma fille, et je pense a la montagne qui nous attend.
La suite un autre tantôt... | | | À: Sysy1111 · 23 février 2025 à 20:15 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 2 de 22 · Page 1 de 2 · 644 affichages · Partager Le chauffeur de l'agence vient nous prendre comme prévu a 9hre. La veille, deux guides sont venus au Tulia pour nous expliquer le déroulement de l'ascencion et nous rappeler les choses importantes a emporter. Déception par contre, nous avions demandés un guide Français pour nous accompagner en montagne. Les deux personnes qui sont devant nous ne parlent pas du tout en Français. Nous leur faisons savoir notre déception, mais bon, on se débrouille quand même un peu en Anglais, on ne gâchera pas notre aventure pour cela.
Nous partons donc cueillir notre équipe quelque part dans Arusha. Le cuisinier, deux porteurs, (deux autres se grefferont a eux a la montagne), et deux guides, surprise, dont un parle Français. Voyant notre déception, les gars d'hier ont communiqués avec l'agence et ils ont dénichés un guide francophone, nous sommes bien contents. Après un arrêt pour se ravitailler en nourriture, nous roulons vers le parc du Mont Meru pour enregistrer notre entrée et ensuite nous continuons la route sinueuse et poussiéreuse vers la Momela gate. En chemin, nous pouvons observer un troupeau de zèbre, quelques girafes, des buffles et des cousins de Pumba phacochères. Arrivés à Momela gate, les porteurs préparent les choses a emporter a la montagne, d'autres formalités sont remplies, un ranger vient nous faire signer un formulaire et on nous remet une boîte lunch pour le début de la montée. Il est déjà passé midi quand nous partons avec un groupe de randonneurs, nous sommes une dizaine, avec quelques guides et le ranger à la carabine qui mène la file. Après une quinzaine de minutes, je manque déjà de souffle et je me dis que si nous gardons ce rythme, je suis loin de pouvoir faire ce trek! Mais a ce moment, un des guide dit quelque chose en Swahili au Ranger. Il marchait trop vite. pole pole, poki poki! Nous prenons une cadence qui est plus raisonnable et ça me rassure dans mes capacités.
La montée est parfois très rocailleuse, crevassée par les pluies, sinueuse. Des porteurs nous dépassent avec une charge de 20 a 25 kg sur le dos ou sur la tête, ils ont tout mon respect. Nous avons seulement quelques effets dans nos sac a dos et nous peinons a suivre le rythme. Nous faisons souvent des pauses pour boire ou grignoter un peu, reprendre notre souffle. Il fait très chaud et j'ai mis trop de choses dans mon sac a dos. La beauté de la forêt nous ébahis, mais pas le temps de lever trop les yeux pour regarder de côté ou en haut, nous ne sommes pas sur un chemin plat! Après 4hre de marche environ, nous arrivons au Miriakamba hut, à 2500 mètres d'altitude, (nous sommes déjà plus haut que tout ce que nous pouvons avoir monté) le premier camp, ou nous passerons la nuit. On nous assigne une chambre avec deux lits superposés dans un long baraquement. Une personne de notre équipe nous apporte de l'eau pour se nettoyer un peu et plus tard, il nous invite a la salle a manger pour prendre le thé et du maïs soufflé. Nous rangeons nos choses dans notre petite chambre, et après un repas correct préparé par notre cuisinier, nous profitons de la vue spectaculaire déjà du Meru qui semble vouloir nous impressionner. Ensuite, c'est dodo car demain nos pieds feront encore quelques heures de travaux forcés et ils faut les reposer. | | | À: Sysy1111 · 24 février 2025 à 0:56 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 3 de 22 · Page 1 de 2 · 639 affichages · Partager Bonjour,
Pouvez-vous ajouter des photos à votre carnet s'il vous plait ? Merci Bonne journée, | | | À: VoyageForum · 25 février 2025 à 8:06 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 4 de 22 · Page 1 de 2 · 616 affichages · Partager Oui, des photos, ce serait top...d'autant qu'on en voit nettement moins de l'ascension du Meru que de celle du Kilimandjaro | | | À: Muriel18 · 25 février 2025 à 14:58 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 5 de 22 · Page 1 de 2 · 606 affichages · Partager Désolé pour les photos, mais je suis un vrai dinosaure avec la technologie. De plus, je suis du genre a gardé les paysages dans ma tête et y retourner en pensée quand il me prend l'envie de me remémorer les beaux et moins beaux moments d'un voyage. Donc, vous devrez soit me bouder et ne pas me lire, ou bien vous imaginez mes écrits et monter le Meru avec nous! | | | À: Sysy1111 · 25 février 2025 à 15:31 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 6 de 22 · Page 1 de 2 · 599 affichages · Partager vous imaginez mes écrits et monter le Meru avec nous!
C'est exactement ce que je vais faire : lire votre carnet en espérant qu'il reste bien carnet et découvrir le Meru en compagnie de vos mots  . | | | À: Sysy1111 · 25 février 2025 à 17:49 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 7 de 22 · Page 1 de 2 · 587 affichages · Partager Bonjour,
Je vais suivre votre carnet avec plaisir. Le Meru je n'y avais jamais pensé..on ne parle que du Kili et le Kili m'avait semblé hyper fréquenté à l'époque où j'envisageais de le gravir. Seulement maintenant avec l'âge si je tente cette ascension il faudra que les accompagnateurs y aillent pole pole! Je vais donc suivre attentivement les étapes..3 jours de montée avec au minimum 1000m de dénivelé je suppose? Je vais vous laisser raconter et Je vous demanderai plus de détails à la fin. Nom de l' agence? Dénivelé et temps de marche de chaque étape et aussi le tarif total du trek. | | | À: Sysy1111 · 25 février 2025 à 17:55 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 8 de 22 · Page 1 de 2 · 584 affichages · Partager Moi aussi, je suis... même sans photos 😉 | | | À: Sysy1111 · 25 février 2025 à 22:54 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 9 de 22 · Page 1 de 2 · 569 affichages · Partager La peur nous empêche souvent De se créer de beaux moments Pas besoin de faire de grands périples Pour avoir des sensations aux tripes Ni faire quelque chose de grandiose Pour se sentir virtuose Quand on se sent bien dans la tête C'est notre peur qui a l'air bête
Quelques semaines avant le voyage, pendant que nous le préparions, ma conjointe me dit: Je ne comprend pas pourquoi vous allez si loin et dépensez tout cet argent. En plus ce sera difficile, vous allez souffrir et ce peut être même dangereux. Je ne savais pas quoi répondre a ça. Je lui ai redit qu'une aventure de la sorte m'avait toujours interpellé. J'avoue que parfois quand je me couchait le soir, il m'arrivait de me poser la même question et d'avoir des craintes. On a peur de l'inconnu. Jusqu'à temps qu'il devienne du connu.
Ce matin en me réveillant au camp pour la deuxième journée d'ascencion, je sais pourquoi je suis ici. Être parmi ces tripeux de randonnées de tous âge, sentir un but a atteindre, dans un environnement totalement différent de chez soi donnerait une bonne réponse a ma conjointe. (Une autre raison étant que je suis au chaud et elle dans la neige). Pas très bien dormi la nuit dernière. Les murs en bois poussiéreux de nos mini chambres sont loin d'être insonorisés et l'on entend le moindre mouvement, ronflement, toux et j'en passe, des chambres de chaque côté. Et quand une personne sort pour aller a la toilette, les portes craquent et se referment en claquant. Je n'en veut a personne, je suis sorti a deux reprises la nuit passée. Pas vu de bêtes dangereuses. Par contre en sortant de notre baraquement pour aller se toiletter ce matin, un babouin fouillait dans une poubelle. On le regardait, il nous regardait, il a fait quelques pas vers nous, on a fait quelques pas en arrière.
Le déjeuner au camp est énorme pour nos estomacs de voyageurs qui font attention a ne pas ingurgiter des choses qui pourraient nous rendre malade. Nous mangeons petits comme notre équipe se plaisait a nous dire. Mais ça ne se gaspillait pas car l'équipe mangeait ce qu'on laissait dans le plateau. Prêt pour le départ avec notre groupe, nous avons délestés nos sacs a dos, on apprend de nos erreurs. La température est encore assez chaude et ce n'est pas long que mon chandail se détrempe. Un marcheur marche sur une traverse de fourmis qui lui montent sur les jambes et le morde, on nous dit ensuite de faire bien attention ou nous mettons les pieds. Les paysages sont tout aussi spectaculaire que la veille et le sentier tout aussi accidenté. Mais on dirait que mes jambes ont appris d'hier et ça va bon train. Nous arrivons a Saddle hut environ 4 hre plus tard. Après le goûter du midi, nous prévoyons se reposer un peu et ensuite aller avec nos guides monter le Little Meru, histoire d'acclimater nos corps a l'altitude.
Nous verrons si nos pieds et notre tête suivront la cadence! | | | À: Sysy1111 · 26 février 2025 à 11:12 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 10 de 22 · Page 1 de 2 · 554 affichages · Partager Je vous suis aussi dans cette aventure et ascension du Mont Meru! Merci pour ce partage. | | | À: Sysy1111 · 26 février 2025 à 20:19 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 11 de 22 · Page 1 de 2 · 537 affichages · Partager Little Meru, 3800 mètres
C'est tout sourire que nous arrivons au sommet après une montée sinueuse de 45 minutes. Pour nous, Little Meru égale little victoire. Ma fille Stéphanie et moi même disions que si on serait au moins capable de faire le Little Meru, nous serions satisfaits. Mes jambes d'agriculteur sont habituées a marcher beaucoup, mais pas a ce rythme et surtout pas en pente. À date, nous n'avons aucun problème lier au mal des montagnes. En grimpant cette après midi, nous apercevons le grand Meru de plus près, et le paysage est fantastique. Malheureusement, rendu au sommet, les nuages sont arrivés et nous ont bloqué le diaporama. Nous redescendons tout fier de nous au camp de Saddle hut ou notre thé nous attend. Pendant que nous mangeons notre collation, nous avons la chance d'observer une famille de babouin près du camp. Émotions.
Malgré le bon déroulement de la montée jusqu'ici, je ressens de la nervosité pour l'ascencion finale prévue la nuit prochaine. Pendant le repas du soir, nos guides viennent s'informer de notre état et aussi nous donner des conseils pour la montée de nuit. On s'entend bien avec eux, ils sont ricaneux comme nous et ne sont pas avares de conseils (parfois drôles), comme de mettre 3 ou 4 paires de pantalons car il fera très froid selon eux. Nous aurions eu de la difficulté a avancer habillés de la sorte. Une paire plus un pantalon coupe vent feront l'affaire, ils ne savent pas qu'ils ont affaire avec des Québécois habitués a des -20 degré parfois en hiver! L'heure du départ est prévu a 1 heure. Nous regagnons notre chambre pour préparer nos choses et nous entrons dans nos sacs de couchages a 20 hre. Il nous reste 4 hre pour tenter de dormir. Je dis bien tenter, car ni Stéphanie, ni moi, n'arrivons a trouver le sommeil. Peut-être trop nerveux ou bien a cause des médicaments pour la malaria et le MAM.
Minuit arrive. Nous n'avons pas dormis du tout, j'ai même été a la toilette a deux reprises. Il est temps de se lever, s'habiller et d'aller prendre un thé et quelques biscuits. En se levant du lit, Stéphanie me dit, paniquée, qu'elle a un problème de vision, elle voit en double. Est ce un signe du mal de l'altitude? ou les médicaments? ou peut-être juste la fatigue et le stress? Je lui dit de se calmer et de respirer, mais au fond de moi, je panique aussi. Ça ne va pas très bien pour monter une montagne avec une vue floue et double. Je suis fatigué et je sens mes jambes faibles. Et le grand Meru, lui nous attend de pied ferme! | | | À: Sysy1111 · 27 février 2025 à 23:14 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 12 de 22 · Page 1 de 2 · 517 affichages · Partager Prêt pas prêt, vue simple ou double, on y va! Munis de nos lampes frontales sur la tuque, nous rejoignons nos guides qui ont l'air tout aussi fatigués que nous. La nuit est complètement dégagée et étoilée, pas de vent, on ne pouvait demander mieux pour entreprendre le dernier segment du trek. En fait, depuis que nous sommes arrivés en Tanzanie, pas une goutte de pluie nous est tombée sur la tête. Malgré la fatigue, je prend le rythme assez rapidement, et Stéphanie me dit que sa vision n'est pas top, mais moins pire qu'au réveil. Nous arrivons derrière d'autres marcheurs, deux guides avec un touriste, et un guide avec un papa et sa fille. Ces derniers sont lents et nous les dépassons. Par contre le premier nous sème le temps de le dire. Nous atteignons rhino point a 3800 mètre, jusque là, tout va bien. On entreprend alors une longue descente par la suite. Psychologiquement, je n'aime pas descendre quand nous sommes en montée, je me dis qu'on va payer plus tard ce bout trop facile. Et c'est là que ça se corse...
On atteint une crête rocheuse, avec une chaîne ancrée dans le roc. Nous prenons appuie comme on le peut avec nos pieds sur les rochers tout en se tenant avec la chaîne. Il fait noir, mais on voit qu'en dessous de nos pieds, la pente est très raide. Il faut aussi faire attention car il y a un genre de frimas (glace) sur les rochers. Ouf! on est passé ce bout difficile. Mais je me réjouis trop vite, il y a deux autres segments avec des chaînes un peu plus loin. Après cela, la montée se fait plus raide, notre marche devient beaucoup plus lente. Vers 4000 mètres, j'ai plus de difficulté a prendre mon souffle. Les arrêts pour boire se font plus rapprochés, mais pas de longues pauses pour ne pas avoir froid, car le vent s'est levé. Nous apercevons la silhouette de la montagne quand nous levons la tête, et nous perdons la notion du temps. A un moment donné, Stéphanie aperçoit un pic et demande au guide si nous sommes près du sommet. Il rit et lui dit non pas encore. A ce moment, je décide de ne plus lever la tête pour chercher le sommet, c'est trop décourageant et en plus ça me donne le tourni.
J'ai de plus en plus de difficulté a respirer et les jambes me font mal. Nous devons être a peu près a 4300 mètres, difficile a dire. Je demande au guide si on est dans les temps et combien il nous en reste pour arriver au sommet. Il consulte l'autre guide, en Swahili. Il me dit quelques minutes plus tard qu'il nous reste environ pour 2 hre de marche. Ça ne fonctionne pas avec ma réserve d'énergie. Je ne sais pas si je vais y arrivé. Dans ces moments on va chercher sa motivation comme on peut. J'ai alors pensé a ma maman qui est décédée l'an passé. Elle ne s'en faisait jamais avec rien et avait une bonne attitude de lâcher prise. Et elle marchait très lentement. En pensant a elle, je me suis recentré et me répétait dans ma tête: Un pas a la fois, une varice devant l'autre (car j'ai de belles varices aux mollets). Stéphanie, elle, a donnée son sac a dos a un guide pour l'allégée.
Le vent souffle un peu plus fort et j'ai froid aux doigts. Une ligne rosacée commence a apparaître a l'horizon, signe que le jour n'est pas loin. Je suis épuisé. Après une pause, cinq pas suffisent a me remettre KO. Mais je tient le coup, on ne doit pas être bien loin. Tout a coup, je croit entendre des voix. Soit je suis dingo, soit c'est le marcheur qui était devant nous au début de la montée. Après un passage de rochers assez difficile, je lève la tête, et j'aperçoit la lumière frontale du randonneur qui est assis au sommet. Et la lumière au bout du tunnel! Nous avons piétinés et vaincus le Meru! (le lendemain, nos corps nous dirons que c'est lui qui a gagné). Ma fille et moi se serrons dans nos bras. Je vais déposer dans un recoin un petit caillou que j'ai apporté de chez moi. En dessous, j'y dépose un mot que mon autre fille, restée au Québec, a écrit: Je laisse ma maladie sur cette montagne. Peut-être que les dieux des sommets en Afrique sauront interférer dans cette maudite covid longue!
Nous sommes arrivés au sommet en même temps que le levée du jour, à 6h15. Le ciel est toujours dégagé et nous avons une vue splendide sur le Kilimandjaro enneigé. Après les photos que vous ne verrez pas, nous prenons un thé (je ne croyais jamais prendre le thé a 4536 mètres), et discutons avec nos guides. Comme tout ce qui monte redescend, c'est ce que nous entreprenons. On le savait pas encore, mais le plus dur restait a venir... | | | À: Sysy1111 · 28 février 2025 à 7:51 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 13 de 22 · Page 1 de 2 · 513 affichages · Partager Bravo pour cette ascension (moi, j'ai souffert rien qu'à vous lire!  ) | | | À: Sysy1111 · 28 février 2025 à 9:38 · Modifié le 28 fév. 2025 à 10:06 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 14 de 22 · Page 1 de 2 · 506 affichages · Partager Bravo pour cette ascension! Je peux mesurer le niveau de difficulté...plus important que ce que je pensais au départ! En effet sur 3 jours "seulement" d'ascension cela fait des journées à plus de 1100m de dénivelé positifs (en moyenne) et à cette altitude le dernier jour a dû effectivement être épuisant. 4 jours de montée auraient été préférables mais si ça été décidé ainsi c'est que les guides avaient leur raison. En tous cas bravo pour des gens qui ne vivent pas en montagne et qui n'ont donc pas l'habitude de ce genre d'épreuve il faut le faire!...Le mental y est pour beaucoup. Je vais suivre la descente je suis étonné que vous dites que le plus dur est à venir...Personnellement jusqu'à maintenant j'ai toujours été très à l'aise en descente alors que pour monter ce n'est plus vraiment le cas. Lorsque j'étais jeune en altitude il m'arrivait parfois d'avoir le mal des montagnes alors que ma compagne n'en souffrait pas...Une fois en haut d'un col d'altitude ou d'un sommet je lui disais de me rejoindre en bas et c'est avec un gros mal de tête que je partais en courant pour être vraiment à l'aise quelques centaines de mètres plus bas où je l'attendais tranquillement. | | | À: Muriel18 · 28 février 2025 à 19:22 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 15 de 22 · Page 1 de 2 · 480 affichages · Partager Merci Muriel! Pas trop souffert j'espère. | | | À: Djalma · 28 février 2025 à 19:32 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 16 de 22 · Page 1 de 2 · 476 affichages · Partager Merci Jean-Michel! A ce que je vois, vous avez plus d'expérience de trek que moi. Oui je crois que ça aurait été préférable le faire en 4 jours. Et en plus, on aurait pris plus de temps pour admirer la nature. Certains randonneurs rencontrés la bas nous on dit que la montée du Meru était plus ardue que le Kilimandjaro. Mais il faudrait que j'y retourne pour faire le Kili pour le savoir! | | | À: Sysy1111 · 1 mars 2025 à 22:03 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 17 de 22 · Page 1 de 2 · 451 affichages · Partager Nous avons gagnés en fierté, mais nous avons perdus nos jambes. Après 30 minutes au sommet, nous commençons la descente. Les rochers sont glacés, il faut être très prudent. Nous croisons quelques randonneurs qui nous félicitent. Je les trouvent loin du sommet mais eux ne semblent pas s'en faire. Chaque mouvement pour déposer mes pieds plus bas font plus mal que lorsque je montais. On en revient pas de voir tout le trajet fait pendant la nuit. On a grimper tout ça? Je croyais avoir le vertige en voyant les pentes raides en redescendant, mais il n'en fut rien.
Je sens ma respiration revenir a la normale plus ça va, mais il suffit d'une petite montée pour m'essoufler. Stéphanie rit de moi quand je lui demande: Est ce que ça se peut que j'aie perdu des morceaux de poumon? Mais non papa ça se peut pas! En tout cas nous avons hâte d'arriver au camp, même si nous n'avons pas assez d'yeux pour admirer le spectacle, dont le cône de cendre. Ce n'est plus juste mes jambes qui me font mal, il y a aussi mes orteils qui vont cogner au bout de mes bottes a chaque pas. Après le bout des chaînes dans le roc, et le passage du rhino point, nous y arrivons presque...après d'interminables tournant en épingles. Te rappelle tu Steph d'avoir passée ici la nuit dernière? Pas moi, on doit avoir pris un autre chemin certain! Tout a coup au sortant d'un tournant, Saddle hut se pointe enfin, il est 10hre. Les guides et les touristes sur place nous Congratulations et nous tapent dans la main. Moi j'ai juste hâte de m'asseoir quelque part. Notre guide nous informe qu'un groupe descend bientôt au camp Miriakamba et nous demande si on veut se joindre a eux. Oui mais laissez nous respirer un peu SVP! Après un petit lunch et le temps de ramasser nos effets personnels, nous reprenons la descente pour un autre 3hre environ. On s'est retrouvé seuls avec nos guides et avons pris plus notre temps, observant arbres et oiseaux inconnus pour nous. Au retour a Miriakamba hut, je me suis lavé et j'ai tombé endormi le temps de dire Meru dans mon lit.
Au repas du soir, nos guides sont venus discutés avec nous et nous on dit: Demain matin, vous devez faire un discours pour toute l'équipe avant de repartir. Je croyais qu'il faisait une joke, mais non. Sur le coup, je me suis dit qu'ils se passeraient de discours, mais j'ai compris que c'était important pour eux. J'ai sorti mon Anglais et j'ai remercié toute l'équipe qui s'est dévouée pour que l'on passe un bon moment. J'ai senti qu'il y avait de l'émotion dans l'air. En passant des porteurs (ceux qui travaillent le plus fort), au cuisinier, au serveur, aux guides, tout le monde a fait du beau travail. Après ce moment émotionnel (et la distribution des pourboires), nous partons avec tout le groupe de randonneurs du début pour descendre jusqu'à Momela Gate. Nous avons été choyés pour la fin du trek, apercevant trois girafes qu'on a pu approcher, des phacochères, un troupeau de buffles, des zèbres et des babouins. Pour terminer notre séjour en Tanzanie, nous avons prévus aller se reposer le bas du corps qui en a bien besoin, sur une plage de Jambiani a Zanzibar. Voilà, c'était la petite histoire de notre grande aventure (pour moi et ma fille). Est ce que je referais ce genre de voyage? Je ne pense pas, bien que je suis très fier de moi d'avoir réussi mon mini Everest!
Mont Meru on s'est bien battu Ce fut court mais ardu Au fil du temps des pieds tu en a vu Les miens aussi tu as fourbu Quand je croyais arrivé au but Tes pics se transformaient en statue Ma vie durant je me rappellerai Mont Meru on s'est bien battu | | | À: Sysy1111 · 2 mars 2025 à 9:40 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 18 de 22 · Page 1 de 2 · 444 affichages · Partager Au Mont MeruVous grimpez Avec vos doutes Et vos certitudes Vous avancez Vous avez mal Vous avez peur
Et paradoxalement ... Vous êtes heureux
Bravo et merci pour cette aventure au suspens si bien conté | | | À: Dolma · 2 mars 2025 à 13:12 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 19 de 22 · Page 1 de 2 · 430 affichages · Partager Merci Dolma! D'avoir raconté la montée m'aidera sûrement a faire revenir ma tête qui est encore quelque part dans un sentier. | | | À: Sysy1111 · 3 mars 2025 à 11:09 Re: Deux Québecois a l'assaut du Mont Meru Message 20 de 22 · Page 1 de 2 · 400 affichages · Partager Voilà, c'était la petite histoire de notre grande aventure (pour moi et ma fille). Est ce que je referais ce genre de voyage? Je ne pense pas, bien que je suis très fier de moi d'avoir réussi mon mini Everest!
Et bien pour une première c'est vraiment une réussite! La barre était peut-être un peu haute! Je ne parle pas de l'altitude mais de la vitesse de montée.. En 4 jours vous auriez pu prendre votre temps, faire plus d'arrêts pour contempler le paysage, pour se reposer..
Alors pourquoi ne pas tenter une nouvelle expérience ailleurs... Vu que vous parlez de l' Everest sans en faire l'ascension bien sûr vous pourriez vous en approcher avec un guide et un porteur vous iriez à votre allure sans prendre de risque de mal des montagnes...On a mal à la tête on s'arrête et on passe une journée dans un lieu idyllique entouré de hauts sommets, de paysages époustouflants.Par exemple les lacs de Gokyo un endroit sublime pourtant inconnu ou évité par la grande majorité des amateurs de treks qui préfèrent s'agglutiner au camp de base de l' Everest! La vallée de Gokyo est magnifique et on accède en douceur à 4800m au bord d'un lac gelé une grande partie de l'année, en suivant une magnifique vallée parsemée de petits lacs glaciaires...La montée est progressive.. Une fois sur place vous y passez une journée pour parfaire l'acclimatation et faites un aller-retour à votre rythme dans la matinée vers le pic de Gokyo (5360m) Là vous êtes face à l' Everest et vous avez une vue sur tous les 8000m du Khumbu: Lhotse, Nuptse, Cho Oyu, Makalu et l'immense glacier Ngozumba! | Carnets similaires sur la Tanzanie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 18 322 visiteurs en ligne depuis une heure! |