Hanoi, le 3 avril 2012.
Lever 5 heures. Légère toilette et je prends un taxi pour la gare centrale.
Hanoi se réveille doucement et déjà les petits commerces remontent leurs grilles.
Le train qui part pour
Lao Cai, à la frontière chinoise, est prévu pour 6 heures 15.
Arrivés sur le quai, une locomotive dont on sent nettement le poids des années, nous attend placidement à la voie 4. On y accroche des wagons des années soixante.
Dans le compartiment des premières, l'atmosphère est déjà bruyante.
Je constate, une fois encore, que la plupart des Vietnamiens n'ont aucun respect de leurs voisins.
Ils parlent fort, s'apostrophent d'un bout à l'autre du compartiment, hurlent dans leur téléphone avant se s'affaler brutalement dans leur siège. Et mon voisin de derrière a décidé de m'empêcher de continuer ma nuit en augmentant le son d'une radio nasillarde qui dégueule des chansons militaires. Un must en matière de musique asiatique surtout quand on en distingue les accents communistes.
Ça m'agace déjà. Et on est au début du trajet.!!
Je supporte de moins en moins ce genre de comportement, même s'il est vrai que je ne suis pas dans mon pays et que je n'ai théoriquement rien à dire..
J'espère simplement que les plus bruyants d'entre eux vont s'endormir.
Nous partons à l'heure. Il fait gris et tout le paysage est noyé dans une brume qui voile tout le panorama.
J'ai bien peur que cela soit comme ça toute la journée.
Le train avance à la vitesse de son âge. Je comprends maintenant pourquoi il faudra si longtemps pour faire un peu plus de 300 kms.
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À mi- chemin, le paysage change. Nous entrons dans une zone de moyenne montagne plus agréable que la plaine que nous venons de quitter. La brume persiste. Dommage, car il doit y avoir quelques vues plutôt jolies.
Le train ralentit encore. La loco semble essoufflée, éreintée par tant d'années de labeur, commence à monter péniblement.
13 heures. Je sens la faim... Pas de wagon-restaurant. Juste un peu de riz collant vraiment peu appétissant.
Nous continuons lentement notre progression. Les paysages de rizières en terrasse sont beaux mais manquent de cette lumière dorée qui rendraient leur vert magnifique.
Nous arrivons à
Lao Cai vers 18 heures. En fait, nous aurons mis onze heures pour effectuer 320 kms. Une lenteur que ne n'imaginais qu'Africaine.
À l'arrivée, des rabatteurs attendent pour proposer des mini bus pour SAPA.
C'est une petite ville à 38 kms de la gare, dans la montagne... Ma destination finale de la journée.
Ces individus sont purement et simplement des escrocs. Escomptant sur le manque d'information, ils annoncent des prix dix fois supérieurs à ceux pratiqués généralement. Ça m'énerve. Le ton monte et je pose mon sac car il y en a un qui va s'en prendre une... Alain, mon pote de voyage, voit que ça dérape et me tire par la manche.
On s'en va. Mais leur manège est bien rodé. D'autres, les "gentils.." prennent le relais et diminuent les prix. Encore bien trop élevés. Le petit jeu dure trop longtemps à mon goût.
Nous décidons donc de passer la nuit à
Lao Cai. On veillera demain matin à trouver un mode de transport moins onéreux. Mais finalement on vient nous rechercher et le chauffeur d'un mini- bus sorti de nulle part accepte notre prix. On est donc passés de 40 dollars à 2 euros par personne. Quelques rabatteurs font la gueule.
De l'intérieur du van Ford dernier modèle qui démarre, j' exprime ma satisfaction aux rabatteurs dépités avec un petit geste qu'on pourrait.... ma foi... qualifier de fort impoli ! Ces mentalités m'excèdent au plus haut point.
Dans le van, nous retrouvons un couple qui a subi les mêmes avatars. Nous échangeons sur ce côté désagréable des Vietnamiens. À leur connaissance, c'est plutôt courant comme pratique dans ce pays. Ok.. Mais c'est fortement désagréable.
La route qui serpente de
Lao Cai à Sapa doit être belle. Mais tout est bouché par une brume qui s'épaissit alors que la nuit commence à tomber. Et notre chauffeur affirme que ce sera pareil demain..
L'arrivée à Sapa se fait donc à la nuit tombante. Je suis surpris. On est loin du petit village de montagne que j'imaginais.. Hôtels, restos et touristes.. Plus de touristes que de locaux d'ailleurs me semble-t- il..!
Première impression décevante même si la ville possède un certain charme.
L'hôtel est très vite trouvé, à un prix très intéressant.
Ce sera différent pour le restaurant. Il est difficile de dénicher un endroit qui offre une nourriture agréable à des prix honnêtes dans ce pays. Gargote ou pas.!!!
Mais je n'ai rien mangé depuis hier soir... Donc, il faut que je m'alimente.
Le " Mimosa", un resto sans charme nous ouvre ses portes.
Quelques touristes mangent un " hot pot" dans un coin peu éclairé.
C'est un bouillon fait soi- même, à sa table. On mélange quelques légumes et de petites fines tranches de bœuf dans une eau qui est chauffée par un petit réchaud. C'est parfois bon, mais là, cela me semble plutôt léger. Très léger pour le prix demandé. Manque évident d'ingrédients pour obtenir une saveur correcte.!!
Je choisirai donc une soupe traditionnelle. Nouilles et légumes. Plus consistant.
Je mangerai, une fois encore ce soir, sans réel plaisir. Juste pour satisfaire mon estomac.
Il est 21 h30. Retour vers l'hotel. La ville est calme à part quelques karaokés où des locaux s'époumonent avec un réel talent pour chanter fort et faux.. Rançon du " progrès".
Je suis fatigué. Je rejoins ma chambre au 4ème étage sans ascenseur et ferme ma porte en priant toutes les divinités du
Vietnam d'avoir du soleil demain.
Je dois pourtant avouer que je n'ai pas une grande confiance en elles.!!