De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Jojoone1 · 20 février 2026 à 10:34 · 95 photos 78 messages · 13 participants · 5 395 affichages | | | | À: Jojoone1 · 24 mars 2026 à 23:51 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 41 de 78 · Page 3 de 4 · 971 affichages · Partager Tu cherches la difficulté ! Un voyage à Amsterdam au lieu du Maroc. Mais ça n'a plus le goût de l'interdit... | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Attila · 25 mars 2026 à 11:35 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 42 de 78 · Page 3 de 4 · 948 affichages · Partager Des années 80 à 2000, j'ai été au moins 6 fois à Amsterdam et 3 fois à Maastricht, bien jolie ville. J'en garde des souvenirs ébouriffants et des anecdotes impayables. Encore que ça ne ferait pas rire tout le monde. 
Le Maroc, c'était une de mes destinations de rêve, comme par exemple le Vietnam ou l' Egypte. Mais bon, à l'époque j'avais nettement plus de rêves que de moyens de les réaliser. | | | À: Jojoone1 · 25 mars 2026 à 12:45 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 43 de 78 · Page 3 de 4 · 934 affichages · Partager On est tjrs suspendu à ton récit...Que va-t-il se passer ensuite? Une descente de police? Une course poursuite dans la médina? Et les photos sont sublimes; surtout la dernière! | | | À: Djalma · 25 mars 2026 à 12:57 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 44 de 78 · Page 3 de 4 · 924 affichages · Partager J'ai commencé la publication avant d'avoir tout rédigé et maintenant je ne peux pas accélérer car je suis provisoirement handicapé par un souci de santé. Il va falloir être un peu patient avec moi... | | | À: Jojoone1 · 26 mars 2026 à 1:28 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 45 de 78 · Page 3 de 4 · 902 affichages · Partager Mon premier voyage non familial fut aux USA+ Canada. Du classique et déjà au volant...
Mon premier voyage au Maroc fut un voyage de boulot. Un circuit financé par une chaîne d'hôtels locale pour les agents de voyage français... Au début des années 90 également mais sans herbe qui fait rire... Ça l'a donné le goût d'y retourner (malgré une touista carabinée...) ! | | | À: Larri · 1 avril 2026 à 18:40 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 46 de 78 · Page 3 de 4 · 847 affichages · Partager Bonjour Joël,
C'est par hasard que je tombe sur ton très beau texte qui montre tout le cheminement qui t'a conduit à la passion pour les voyages. Je l'ai dévoré d'un seul coup et j'attends la suite avec impatience. En partant de ta tendre enfance, tu nous rappelles beaucoup de souvenirs et engendre la nostalgie d'un temps révolu. A bientôt te lire Larri
Merci pour ce mot sympathique, grâce à ceux qui ont bien voulu commenter ce carnet est plus gratifiant que je ne l'aurais imaginé.. J'aurais pu faire mieux ou plus complet mais admettons que l'essentiel y est. Ce serait une tâche ingrate et ardue que de développer encore davantage, uniquement pour ce site, même si je l'ai toujours bien apprécié. Il y en a eu avant moi qui ont tout aussi bien sinon mieux relaté leurs aventures du siècle passé. Comme déjà dit, c'est mon hommage qui leur est destiné. Il y en a malheureusement plusieurs qui ne sont plus là pour me lire; j'aurais bien voulu voir leurs commentaires... | | | À: Jojoone1 · 1 avril 2026 à 21:23 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 47 de 78 · Page 3 de 4 · 831 affichages · Partager C'est la lecture des pérégrinations en Corée du Nord de.. (j'ai oublié son nom) mais pas ses écrits qui m'a donné le virus de Voyageforum. Aujourd’hui j'ai plaisir à retrouver ce forum et tous ses contributeurs attitrés il m'avait beaucoup manqué pour les pépites comme ton récit. Amicalement Larri | | | À: Jojoone1 · 3 avril 2026 à 21:24 · Modifié le 3 avr. 2026 à 22:18 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 48 de 78 · Page 3 de 4 · 805 affichages · Partager Quand les jours se déroulent dans un flou artistique marqué, il est malheureusement difficile d'en conserver des souvenirs bien précis. A ma décharge, trois décennies ont fait leur oeuvre depuis. Je me suis demandé plus d'une fois ce qu'on avait pu faire pendant une, pendant trois semaines. C'est que le temps passe vite quand on est heureux. Je sais qu'on a beaucoup ri, histoire de prolonger notre jeunesse.
Il nous est arrivé de jouer au foot avec un groupe de jeunes marocains. Le temps d'une partie, on oublie l'âge, le statut social, la religion, la race. Dommage que la partie ait une fin, d'ailleurs. Ils sont très dribbleurs, les marocains. Malheureusement pour eux, moins versés dans la maitrise du jeu collectif. Cela dit, le foot ce n'était pas le truc d'Eric. On s'est laissés écraser avec plaisir et, avouons-le, une certaine nonchalance.
Il y eu de belles promenades sur les plages, de conséquentes séances de bronzage pour réaliser en une semaine le hâle qu'auraient produit trois semaines consécutives. Le soleil est efficace sous ces latitudes.
Evidemment, les locaux étaient toujours à l'affût au cas où il y aurait eu quelques billets à se faire. Nous n'avons pas pu résister quand ils nous ont proposé de nous faire cuire à même la plage des araignées de mer qu'ils venaient de pêcher. Un mets aussi fin dégusté au grand air est un régal, c'est le moins qu'on puisse dire. Un jour, un gars débraillé est venu nous trouver à la plage pour nous vendre quelque chose que je n'ai pas pu identifier. Heureusement, Eric connaissait, en bon breton. C'est ainsi que j'ai dégusté mes premiers couteaux, directement du producteur au consommateur.
Nous avons sans grand succès participé à quelques séances de pêche sur cette côte déchirée prise d'assaut par les vagues. C'est l'âge où on est encore bouillant d'activité et prompt à se lancer dans quelques exercices physiques. Euh, modérément, il faisait chaud. Je n'ai jamais aimé le froid et le gris, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'à l'aube de la quarantaine j'ai quitté Strasbourg pour aller vivre à Montpellier. Avec le recul, c'est comme si c'était un autre moi à qui il est arrivé de jouer au foot en club des dimanches matin par moins deux degrés ! Si par malheur les lacets se dénouaient en début de rencontre, les doigts gelés étaient réticents à refaire les noeuds des chaussures de foot... Oui, les vacances rimaient pour moi avec chaleur et ciel bleu. Toute la journée en short et en t-shirt, quel bonheur.
La force des flots et son incessant travail d'usure ont creusé quelques cavités de taille respectable, l'une d'entre elles m'ayant inspiré pour prendre une photo très originale dont j'ai été fier assez longtemps, sans imaginer au départ que j'étais le quinze millionième à avoir cette idée-là.... Développée en grand format, elle a embelli les murs de mes appartements pendant de nombreuses années. " Non, ma belle, c'est pas un poster et c'est pas en Corse : c'est une photo que j'ai prise moi-même au Maroc " (la frime !).
Pendant tout le séjour, j'ai eu tendance à culpabiliser en constatant le peu de moyens financiers et matériels à la disposition des gens, que ce soit dans les villes ou à la campagne. Il faut être aveugle pour ne pas s'interroger sur la disparité entre le confort et le pouvoir d'achat dont nous disposons et le dénuement criant observable dans n'importe quelle ruelle d'un bled. A mon tour, je me retrouvai dans la situation de celui qui peut s'offrir le billet d'avion, l'hôtel, des repas au-delà du tout-venant. Pourtant, j'étais bien loin de rouler sur l'or. Si j'ai joui de mes premiers voyages à ce point, c'est bien parce que j'avais pleinement conscience de leur caractère exceptionnel et parce que je n'avais aucunement eu l'occasion de devenir blasé. A contrario, je ne me suis jamais départi de ma fierté d'appartenir à une civilisation qui a inventé tant de choses, entre autres au courant des deux derniers siècles. Ce que je pouvais m'offrir, je n'avais pas le sentiment de l'avoir volé à quiconque.
| | | À: 69Eric · 6 avril 2026 à 23:21 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 49 de 78 · Page 3 de 4 · 733 affichages · Partager La mère de Joël ressemble aussi à ma marraine. On est à un cheveu d'organiser des cousinades sur VF | | | À: Jojoone1 · 6 avril 2026 à 23:24 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 50 de 78 · Page 3 de 4 · 732 affichages · Partager Merci Joël pour ton carnet si atypique. Les photos, ta narration, c'est vraiment touchant. | | | À: Holigirl · 10 avril 2026 à 20:36 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 51 de 78 · Page 3 de 4 · 687 affichages · Partager Merci Pascale d'avoir dévoilé ta satisfaction. Je ne pensais pas avoir autant de retours positifs. | | | À: Jojoone1 · 11 avril 2026 à 8:55 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 52 de 78 · Page 3 de 4 · 675 affichages · Partager Je me souviens avoir échangé quelques balles avec le moniteur de tennis du village. Il a eu le plus grand mal du monde à soutenir mon rythme alors que je n'étais alors quasiment qu'un débutant. Ce fut amusant d'entendre Eric me dire que c'est moi qui aurais pu lui enseigner son job ! Son regard envieux sur ma raquette en disait long; avec le recul, je regrette aussi de ne pas la lui avoir laissée. Cela s'ajoute à ma longue liste de regrets qui inclut bien entendu tous les pays non visités et que je ne verrai jamais, quelques querelles absurdes sur VF, toutes ces bêtises faites qui n'étaient pas nécessaires, aucun de ces regrets n'étant toutefois aussi désolant que celui de toutes celles que je n'ai pas eues. 
Notre fin de séjour a été égayée par la rencontre avec un jeune couple éminemment sympathique dont j'ai malheureusement oublié les prénoms. Elle m'a dit être franco-marocaine, lui était un pur produit de la capitale, le vrai parisien qui avec son accent pointu a toujours une foule d'anecdotes incroyables à raconter. Ils sont arrivés à l'hôtel annexe avec leur boîte à musique et nous avons immédiatement sympathisé autour d'un calumet de la paix. C'est si pratique et reposant de croiser des personnes gentilles, communicatives et sans chichis.
Un jour que nous étions tous ensemble au marché du village, quelques volutes épars croisant paresseusement dans nos cerveaux, j'ai été intrigué par une plante séchée présentée par un marchand sur son étal. Le parisien me demande si je sais ce que c'est. Je lui réponds que ça ressemble au coquelicot, en plus gros. Quand il me confirme que c'est du pavot, je n'en reviens pas. Le truc peut s'acheter ici comme une livre de tomates ! Puis il me dit : " Avec ça, on peut faire de la rachacha ". - " C'est quoi ? ". - " Tu fais comme pour un thé, tu laisses infuser quelques têtes. C'est pas mal comme effet et ça dure assez longtemps. Mais attention, hein, il ne faut rien boire quelques heures après l'absorption. Sinon, ton estomac se rebelle et il renvoie tout, direct, sans prévenir. Tiens, une fois on s'en est fait, au bout d'un moment j'ai bu quand même et je te jure, j'étais en train de discuter avec un gars en marchant, j'ai rien senti venir et j'ai gerbé direct, comme ça, en marchant et en pleine discussion, presque naturellement et sans douleur; j'ai rien vu venir ".
Mon incrédulité s'est assurément lue sur mon visage. J'avais déjà croisé quelques parisiens qui racontaient des histoires à dormir debout, comptant sur le fait que contrairement à eux les provinciaux n'avaient généralement ni vu ni fait rien de très excitant. Puis finalement, je le connaissais à peine. Voilà une histoire comme je n'en avais pas encore entendu.
Comme ils avaient un véhicule, nos nouveaux camarades nous ont proposé le lendemain de nous emmener pour faire un tour dans l'arrière-pays. Notre parisien affable ayant de la suite dans les idées, il fut décidé d'un commun accord de se faire ensemble une petite rachacha, après avoir emprunté une vieille casserole à la cuisine de l'hôtel et déniché une espèce de plaque chauffante électrique dont le fil dénudé par endroits demandait à être manié avec précaution sous peine de finir avec la coiffure en pétard, ce qui aurait d'ailleurs déjà dû être le cas. La théorie c'est bien mais rien ne vaut l'expérimentation, dirait tout chercheur.
Ce fut une balade des plus agréables. Les effets de la mixture se faisant ressentir, nous vivions cela avec un calme olympien et une extraordinaire sérénité. Lors de quelques arrêts, nous avons eu le plaisir d'échanger nos impressions de voyage avec l'un ou l'autre berger, avec des dromadaires et quelques échassiers.
Ces échanges culturels furent fructueux mais après trois bonnes heures je réalisai que j'étais moins résistant à la soif que mes camarades. Même quand toutes les fenêtres du véhicule sont ouvertes, il fait toujours quarante degrés. Après m'être contenu de mon mieux tel un dromadaire à la bosse pendante, il m'a bien fallu me résoudre à avaler quelques gorgées d'eau afin que ma langue ne colle pas à mon palais et que mes lèvres puissent encore articuler quelque chose. Advienne que pourra et vaille que vaille et alea jacta est.
C'est insensé comme quelques gorgées d'eau font renaitre un terrain asséché. Je me sentis bien mieux, ne comprenant cependant pas pourquoi mes camarades avaient faim. Pourtant, il avait été décidé de se rendre dans un gros bourg, dans un restaurant ayant bonne presse. Encore que dans ce cas il eut plutôt fallu évoquer le téléphone arabe ? Nous nous apprêtions à entrer dans le restaurant quand je sentis que cela allait se produire prestement. Pas de signes avant-coureurs, pas de nausées ni de crampes d'estomac. En une fraction de seconde, mon cerveau a fourni plusieurs données : - le parisien n'a pas raconté de conneries - je n'aurais pas dû boire d'eau - ça va jaillir à l'instant et je ne vais pas pouvoir retenir - il y a tout un tas de gens autour de nous dans cette bourgade, il y a même foule - cours vite au coin de rue à 3 mètres pour ne pas faire ça devant tout le monde, la honte.
Il fut un temps où mes démarrages ultra-rapides étaient savourés dans mon club de foot et il est vrai qu'on galope encore plus vite dans l'urgence. J'ai jailli, j'ai fusé, j'ai volé vers le coin de rue. Et malheur : au moment même où je réalisai que ce croisement donnait sur une artère tout aussi grande et remplie de monde, l'estomac a puissamment rejeté l'intrus, le mélange à deux temps. Le jet fut puissant et pourtant totalement indolore. Quand ça vient, ça vient. Rarement dans mon existence l'adage ne s'avéra aussi pertinent. Impossible de ne pas me rendre compte que des dizaines d'inconnus avaient contemplé la scène. La plupart riaient, les coquins, qui devaient probablement savoir de quoi il s'agissait. Je n'avais plus qu'à disparaitre aussi rapidement que j'étais apparu.
J'ai donc fait de la figuration au restaurant, m'éclipsant de temps à autre tel le bip-bip du dessin animé, à la limite de l'excès de vitesse, car tout tremblement de terre connait des répliques. Il en a été de même lors de la visite du marché. Dans ce gros village, j'ai involontairement mais copieusement marqué mon territoire et ma consolation a été que cette journée fut la plus économique du séjour, mon budget nourriture ayant été réduit à la portion congrue. Une fois mon corps purifié, le reste de la journée s'est déroulé dans une ambiance bon enfant.
Cette semaine au Maroc fut une parenthèse enchantée entre deux longues séquences d'enfermement au sein du monde professionnel, elles-mêmes insérées dans une interminable période de plus de 40 ans de labeur. De temps en temps, je me disais que je n'aurais pas autant désiré voyager si j'avais eu la possibilité de vivre en me dispensant de travailler. Aussitôt, je me disais que si je ne travaillais pas, au fond je voyagerais davantage. Finalement, tout comme le malheur confère sa valeur au bonheur, le voyage se savoure d'autant plus qu'il représente une bouée, une bouffée d'air au sein d'un océan de servilité et de morosité...
| | | À: Jojoone1 · 11 avril 2026 à 14:27 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 53 de 78 · Page 3 de 4 · 655 affichages · Partager Ça se lit comme du petit lait... de chamelle? C'est fini?? | | | À: Pagaljavab · 11 avril 2026 à 14:37 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 54 de 78 · Page 3 de 4 · 652 affichages · Partager Quel suspense ! Du coup on comprend mieux pourquoi certains espèrent que Marien et Pagaljavab ne cessent de nous prodiguer leurs carnets de voyage ! | | | À: Jojoone1 · 17 avril 2026 à 11:14 · Modifié le 19 avr. 2026 à 12:12 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 55 de 78 · Page 3 de 4 · 614 affichages · Partager Ca nous avait suffisamment plu pour que nous décidions d'y retourner l'année suivante. Cette fois, j'étais avec Maggie, une allemande rencontrée...ben oui, en Allemagne. Tout ça est parti de l'insistance de Yann, le petit frère d'un copain et de sa chérie mi-française mi-hollandaise. Ca faisait un moment qu'ils me tannaient pour m'emmener en boite techno en Allemagne. Ils n'arrêtaient pas de me dire : "Tu verras, comme on te connait on est sûrs que ça te plaira". Forcément, un beau soir j'ai fini par flancher, disons par politesse et par lassitude. Yann avait un pote qui revenait tout juste des Pays-Bas, il y avait fait ses courses et il avait rangé le tout dans le congélateur, ce qui fait que dès ma montée en voiture je me suis vu sommé d'avaler un de ces petits comprimés sur lequel était dessinée une demi-lune. Du matos de première qualité, tel que les gaulois en ingurgitent parfois pour résister à l'envahisseur. Ca n'a pas raté, nous n'étions pas encore arrivés à destination que je leur disais déjà que je les aimais bien; ce n'est que plus tard que j'ai compris le sens de leur air entendu alors qu'ils échangeaient un bref regard en souriant...
J'avais au départ un préjugé contre la musique techno mais j'ai fini par comprendre que le cheminement de la musique des temps modernes, entamé au courant des années 1950 avec l'électrification des guitares, avait suivi le cours de son évolution jusqu'à son point ultime, le croisement de l'improvisation humaine avec les capacités des machines. Pour un résultat finalement très satisfaisant pour peu qu'il y ait du talent à la clé.
Les boites techno avaient poussé comme des champignons dans les zones industrielles allemandes. Par la suite, nous irions parfois au Jailhouse, à Achern, avec ses dj résidents Peter Pan, Tandu et une charmante indonésienne dont je n'arrive plus à me souvenir du pseudo. Ca, c'était de la techno de gala, de la vraie trance music : les légendes françaises Laurent Garnier et autres David Guetta pouvaient aller se coucher en comparaison à des djs aussi talentueux.
Mais pour cette première fois, nous étions allés dans cette boîte de nuit sans nom, parfois surnommée Blümchen (petite fleur) ou plus souvent Abflug (décollage). En effet, elle était située dans un grand bâtiment à un étage d'un gigantesque aérodrome à Lahr, sur un site qui peu de temps avant sa désaffection était occupé par les forces canadiennes stationnées en Allemagne dès l'après-guerre. Celle-ci n'a pas tenu bien longtemps, à cause de la propension de l'équipe et de certains clients triés sur le volet (pas d'atterrissage !) de rouvrir après la fermeture et d'aligner de longues lignes (pas aériennes !) sur les comptoirs... Je me souviens parfaitement de notre arrivée sur le parking, d'avoir vu tant de voitures garées, bon nombre d'entre elles avec les portes ouvertes et des jeunes en train de danser autour. J'ai été impressionné par la sonorité des basses s'échappant de ce bâtiment cubique pendant que je ressentais tout à la fois une sensation d'étourdissement, un bien-être physique touchant à l'invulnérabilité et une chaleur pulsant dans le ventre et la tête. Une fois à l'intérieur, quand on commence à danser on ne pense même plus à s'arrêter. De 23 heures à 4 ou 5 heures du matin, on ne sent plus le temps passer, figé qu'on est dans...l'extase, évidemment.
Entre la plus grande salle de danse et les toilettes, il y avait une grande glace. Au cours de la soirée j'ai croisé mon regard. Quel choc, quand on se sent serein et optimiste, parfaitement en accord avec le rythme lancinant, assez tranquille quelque part, de tomber en arrêt devant ces pupilles dilatées et ce regard de serial killer. Une expérience bien singulière. "Tu me suis fait peur", c'est la phrase qui correspond à la situation ! Le plus surprenant dans tout ça aura été de retrouver les sensations de mon adolescence, comme si les trames du temps m'avaient subitement aspiré en arrière...
Quelques semaines après, toujours au même endroit, je me suis assis sur un tabouret de bar, à côté de cette femme solitaire. Moins jeune que la majorité de la clientèle, tout comme moi. Les premiers mots que je lui ai dits, c'est " Tu as un beau visage ". Au lieu de m'envoyer promener, elle a éclaté de rire. La vie fait vraiment de nous ce qu'elle veut !
Quelques mois plus tard, nous étions ainsi trois à fouler le sol marocain sur le tarmac de l'aéroport de Marrakech, mais pour un séjour de trois semaines cette fois. En ville, nous avons rapidement constaté un changement notable par rapport à l'année précédente et qui allait se confirmer tout au long du séjour : il n'y avait quasiment plus de harcèlement de la part des locaux pour nous soutirer un peu d'argent d'une manière ou d'une autre. A l'époque, le Maroc était réputé pour avoir l'un des taux de retour les plus faibles de la planète. Dans le jargon des voyagistes, cela signifie que les vacanciers qui s'étaient rendus une première fois au Maroc avaient fortement tendance à ne plus y retourner. Personne n'aime se faire prendre la tête à répétition. La police touristique ayant été mise en place le 19 juin 1995, c'est de justesse que nous n'avions pu bénéficier de son influence bienfaisante l'année précédente. En 1996, ce fut le retournement de situation : il s'est avéré possible d'évoluer en sérénité dans ce pays. A quelques reprises, nous avons constaté que lorsqu'un individu avait l'audace de se faire un peu lourd, d'autres venaient rapidement lui faire comprendre qu'il serait préférable de ne pas insister. Sans saisir ce qui était dit, nous en avons déduit qu'en cas de manquement puis d'intervention de la police les sanctions étaient probablement dissuasives...
Pour varier j'avais décidé d'amener, en plus des habituelles pellicules Fuji, des Kodak et j'ai été un peu déçu du résultat, notamment en cas de faible luminosité. Des couleurs assez délavées, moins franches. Maintenant que tout ce matériel a bien vieilli, ça n'a plus trop d'importance et je peux au moins me satisfaire de pouvoir présenter quelque chose en termes d'illustrations à ceux qui auront le courage de me lire.
A Marrakech, on a flâné et visité une boutique pour touristes, qui proposait à peu près tout ce qu'il est imaginable de ramener chez soi. Sur une impulsion, je me suis décidé pour un oeuf en onyx noir strié de blanc. Un objet décoratif assez imposant d'un poids de trois kilos, le truc à ne pas faire tomber d'un balcon dans une zone piétonnière. Après marchandage, le prix était dérisoire. Le jeune vendeur enthousiaste a été fort désappointé quand je lui ai annoncé que, venant d'arriver, je n'allais pas me promener avec ça en permanence. Il ne m'a absolument pas cru quand je lui ai promis que je viendrai le récupérer à la fin de mon séjour.
Un peu plus tard, nous sommes parvenus à dénicher une pâtisserie dans le haut du panier sur la place Jemaa el Fna. Je ne sais pas qui était le patron mais les pâtisseries étaient de qualité française, pas excessivement sucrées en plus. Je suis très sucre et chocolat. J'en ai pris deux et j'ai tout de suite compris que c'était une bonne pioche. J'étais en train de me délecter de la seconde quand Eric et Maggie m'ont dit : " Bon, alors on y va ? ". J'avais trainé un peu trop longtemps. Juste à ce moment, un gamin vêtu comme un pauvre hère est apparu devant moi, sans dire un mot mais c'était inutile tant son regard était parlant. Il regardait mon gâteau comme s'il n'avait pas vu de nourriture depuis une semaine. Ca m'a fendu le coeur, je n'ai même pas réfléchi, je lui ai tendu mon trois quarts de morceau de pâtisserie et il n'a pas hésité à se l'enfourner. Si ça se trouve, il n'avait rien dégusté d'aussi bon de toute son existence. Aujourd'hui encore, je regrette de ne pas avoir fait patienter les autres pour retourner à la boulangerie et le surcharger d'une montagne de pains.
Les promenades dans les souks étaient agréables et instructives mais dieu que ce fut gratifiant de contempler le lever du jour depuis une terrasse et d'y prendre le petit-déjeuner.
Maggie, qui jusque-là n'avait été qu'en Algarve où elle avait croisé les membres du groupe Iron Maiden qui y avaient acheté un château, s'est d'emblée acclimatée aux moeurs locales. Si je n'ai pas été trop surpris par son souhait de faire réaliser un tatouage au henné lors de notre visite au souk de Marrakech, je ne la pensais pas capable de vouloir faire l'acquisition d'une djellaba. Certes, l'accessoire vestimentaire affichait une couleur grise - donc neutre - et était, je l'atteste, doux et sensuel au toucher. En fait, j'ai appris quelques jours plus tard que c'était un modèle estampillé luxe que les dames portaient souvent lors des mariages, avec une espèce de chemisette longue en dessous. Pendant une promenade en ville, j'ai été d'autant plus surpris que tous les autochtones la regardent avec des yeux exorbités, un peu comme s'ils n'avaient jamais vu une femme. Allons, elle n'était tout de même pas la première occidentale à revêtir ce type de vêtement. Dans une ruelle bondée de monde, je me suis dit qu'il y avait bien quelque chose de spécial, propre à tant attirer les regards. Et là, stupéfaction ! De chaque côté, à hauteur du flanc, il y avait deux ouvertures longues d'au moins dix centimètres. Ca, je ne l'avais pas remarqué. Surtout, et je ne le savais pas, Maggie ne portait strictement rien en dessous. Les petits pouvaient éventuellement distinguer une partie de la poitrine, les grands une portion du ventre. " Maggie, mais tout le monde te regarde ". Maggie était tellement à l'aise par cette chaleur qu'elle ne s'en est pas offusquée. Bon, par la suite elle ne l'a plus guère portée en ville, ou peut-être sur un maillot de bain. Soyons reconnaissants envers tous ces autochtones bouleversés mais dont pas un seul n'a manifesté ouvertement sa réprobation ! J'aurais probablement été nettement plus bouleversé et inquiet si j'avais su que des années plus tard Hajatosalem Kazem Sedighi, savant iranien, allait dire : "les femmes qui s'habillent de façon immodeste tentent les hommes, corrompent leur chasteté et propagent l'adultère dans la société, ce qui augmente les tremblements de terre".
Maggie était pourtant une fille relativement timide, ce qui peut paraitre paradoxal quand on sait à quel point son peuple peut se montrer sûr de lui. Elle était souvent tout en finesse, ce qui ne l'empêchait pas de me sortir à l'occasion l'une ou l'autre réplique implacable, style casque à pointe, comme par exemple : " Kein Schwanz ist so hart wie das Leben ". Citation saisissante de réalisme quoique délicate à caser dans la plupart des conversations.
| | | À: Jojoone1 · 25 avril 2026 à 10:11 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 56 de 78 · Page 3 de 4 · 536 affichages · Partager A chaque fois que j'arpentais les rues dans un pays de ce genre, je me sentais bien plus décontracté que par chez moi. Un peu comme si j'avais laissé dans ma patrie une bonne partie des conventions, des contraintes et du stress. A la liberté des vacances s'ajoutait celle du comportement, avec toutefois juste le souci de ne pas heurter la susceptibilité des locaux de par mon attitude. Cela n'a pas été bien difficile, on m'avait correctement appris à bien, parfois trop, respecter mon prochain. On peut considérer que les échanges sont plus légers, plus faciles avec de parfaits inconnus, d'autant plus quand ceux-là ne manquent ni de spontanéité ni de simplicité.
Depuis la fin de mon adolescence, il ne m'est plus possible de prendre un petit-déjeuner. Apparemment, mon estomac se réveille longtemps après mon cerveau et pour peu que j'ingurgite du solide dans l'heure consécutive au réveil, j'ai carrément comme une brique dans le ventre. Aussi avais-je pris l'habitude d'acheter en ville une sorte de petit pain rond que je consommais en cours de matinée, pour lequel chaque vendeur me demandait quatre dirhams. Un jour je me suis dit que le principe du marchandage s'appliquait peut-être bien aussi à ce type de transaction et qu'on me facturait éventuellement plus qu'aux locaux. Pour le peu d'argent que ça représentait, ce n'était pas une question pécuniaire mais en tant que jeune aux idéaux socialistes et universalistes il me paraissait évident et incontestable que chaque individu soit traité de la même manière. Un beau matin, je n'ai donc pas attendu qu'on me fixe le prix et j'ai simplement tenté le coup, c'est-à-dire que j'ai tendu deux dirhams avec l'assurance du vieux briscard qui connait le prix. Gagné ! Le vendeur les a pris sans broncher, ce qui m'a confirmé sur le moment qu'on me doublait systématiquement le tarif. J'étais à la fois fier d'avoir éventé la combine et déçu par moi-même pour ne pas avoir eu cette idée plus tôt. A ce moment, pris d'un doute, je suis resté sur place quelques instants. Juste après moi, un marocain bon teint a lui aussi acheté un de ces pains. J'ai été bien attentif à la monnaie qu'il a donné au vendeur. Je vous le donne en mille, et c'est sûr que j'ai eu l'air bien déconfit : c'était UN dirham le vrai prix ! Ah les gaillards, ils vous regardent bien gentiment en face avec un sourire sympa, mais ils vous soutirent malgré tout le quadruple du prix...
Nous sommes restés un peu plus longtemps que l'année précédente à Marrakech et j'ai honte d'avouer que nous avons raté pléthore d'immanquables. En définitive, c'est peut-être nous qui avons été les inventeurs du slow travel ainsi que du snobisme envers les sentiers battus...
N'en subsisteraient quelques photos pour la postérité, je ne me souviendrais même pas d'avoir arpenté certains endroits. Dieu merci, de braves internautes ont par la suite publié moult carnets de voyage amplement détaillés. Je sais juste que j'ai probablement été plus touché par la félicité dans ce pays que la plupart d'entre eux, par une nouvelle facétie du destin...Il en est qui pesteront encore contre le dopage et ils auront parfaitement raison.
| | | À: Jojoone1 · 1 mai 2026 à 13:07 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 57 de 78 · Page 3 de 4 · 411 affichages · Partager Nous avons pris le bus pour nous rendre à Oualidia, un bon moyen de rationnaliser les coûts. Avec trois semaines de séjour, il s'agit de ne pas se retrouver à court de cash après dix jours. En cours de parcours, nous avons vu un orage s'attarder à distance, sur les hauteurs. Quand on n'a pas une profonde connaissance du climat, on ne peut pas imaginer les conséquences, là où on se trouve, d'un orage éclatant des kilomètres voire des dizaines de kilomètres plus loin. Toujours est-il qu'au bout d'un moment le bus s'est arrêté pendant une heure parce que des rivières avaient surgi, à la fois devant et derrière nous. Si on a le malheur de parcourir des gorges à pied à ce moment-là, on peut très bien se retrouver renversé, charrié et anéanti par les flots déchainés qui surgissent du néant aride. Sans la photo, j'aurais juré que l'orage s'était tenu éloigné de nous. A vrai dire, l'image porterait plutôt à croire qu'on a été confrontés à l'apocalypse.
Ce fut un moment d'allégresse que de retrouver la quiétude de Oualidia, bourgade donnant l'illusion qu'elle ne changerait jamais. Au fond, nous étions trois âmes pures impatientes de chiller, comme on dit maintenant. L'entente fut parfaite, que c'est pratique et agréable d'avoir de bons camarades de voyage.
Nous avons retrouvé nos quartiers de seconde zone à l'hôtel, son restaurant et ses vins blancs et gris contribuant à acidifier l'estomac, les poissons et fruits de mer, les côtes déchiquetées, les pêcheurs locaux et nos copains de l'année précédente. Le grand patron lui-même a paru assez satisfait de nous voir revenir. Mon appareil photo en particulier l'intéressait énormément. J'avais lu quelque part que les produits importés étaient surtaxés de l'ordre de 400% sinon plus et tout le monde sait qu'avec certains produits on peut réaliser de bonnes affaires en Afrique.
| | | À: Jojoone1 · 1 mai 2026 à 14:26 · Modifié le 1 mai 2026 à 14:59 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 58 de 78 · Page 3 de 4 · 406 affichages · Partager Je te suis depuis ma cabine sleeper entre Udaipur et Ahmedabad, les paysages du Rajasthan dans la lumière de la fin d’après-midi à ma fenêtre: l'idéal pour ce genre de lectures. Magnifiques photos! Image attachée: | | | À: Pagaljavab · 2 mai 2026 à 7:43 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 59 de 78 · Page 3 de 4 · 377 affichages · Partager Je suis touché. Pourtant, un amateur débutant, avec un appareil plutôt bas de gamme...
J'ai dès le début pris soin des cadrages, j'ai été constamment aux aguets pour saisir des images intéressantes. On est d'autant plus soigneux et appliqué quand on a des pellicules de 36 photos dont le développement, qui n'est pas gratuit, n'offre ses résultats que quelques jours ou semaines plus tard... | | | À: Jojoone1 · 8 mai 2026 à 4:33 Re: De L'éveil au Voyage jusqu'au Maroc des Années 90 Message 60 de 78 · Page 3 de 4 · 228 affichages · Partager Quiconque a lu certains carnets de voyage d'un certain Jojoone sera confondu par la relative impréparation du séjour ainsi que par l'absence de références détaillées. Il est vrai qu'à l'époque nous n'avions pas internet pour y potasser notre futur parcours pendants des soirées, des week-ends voire des mois. Ce qui a joué, c'est que mes deux compères étaient du genre insouciant et avaient une préférence pour des découvertes au petit bonheur la chance et dans l'improvisation. Me serais-je douté le moins du monde que j'allais un jour relater ces quelques péripéties à mes camarades voyageurs ? Bien sûr que non.
Heureusement, il a été possible de mettre en commun nos maigres ressources pour louer une petite Fiat afin de réaliser un circuit sans prétention de quelques jours dans la région.
Nous avons donc pris la direction du sud avec Ouarzazate pour premier objectif. Cela impliquait le franchissement des montagnes et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris par les différentes teintes que présentaient les roches. Je ne m'y attendais pas et comme j'adore l'effet de surprise ça s'est présenté comme un plus, agrémentant le trajet. De temps en temps, lors d'arrêts contemplation, je faisais systématiquement rire mes complices en m'exclamant théâtralement face au paysage : " Aaaah, le Maroc éternel ! ".
Il ne nous a pas fallu longtemps pour réaliser que diverses recommandations du GDR s'avéraient en tout point exactes. Ainsi, parait-il qu'il conviendrait de se méfier de quelques autochtones qui vous font de grands signes à côté d'une voiture apparemment en panne, stationnée sur le bas-côté. L'objectif est de sympathiser puis de vous emmener vers une petite échoppe où vous vous retrouvez plus ou moins contraints d'acheter des zoulis tapis. Certes, j'y ai cru en le lisant mais j'avais classé cette information dans la catégorie des faits-divers ne frappant que les autres. Alors quand j'ai aperçu une voiture en panne, le capot ouvert, avec deux gars qui faisaient de grands signes pour qu'on s'arrête, me sont venus à la fois le souvenir de mes lectures et un petit pressentiment. J'ai donc donné un petit coup d'accélérateur en souriant, à leur grande déception. Quand même, quel boulot ingrat que d'attendre toute la journée pour enfin embobiner l'un ou l'autre touriste et le forcer à la dépense !
Du côté de Ouarzazate, il se trouvera toujours quelqu'un pour vous rappeler que les scènes extérieures du film "Ali Baba et les 40 voleurs" ont été tournées dans la région et qu'il subsiste toujours des décors utilisés de temps en temps. Cela m'a transporté au début des années 70. Une fois par semestre, nous avions droit à une séance de cinéma. Nous quittions la salle de classe et l'école et nous faisions quelque chose comme deux cents mètres à pied en rangs par deux. L'immense écran blanc et de nombreuses rangées de chaises nous attendaient dans une salle communale. Lorsque les lumières s'éteignaient, nul besoin d'injonctions ou de menaces pour que le silence total se fasse. J'y ai eu parmi les expériences cinématographiques les plus délicieuses de toute mon existence. Même en noir et blanc, les ciels d'été de Fanfan la Tulipe étaient plus chaleureux et grandioses que ceux qu'on connaissait en vrai. Ali Baba et les 40 voleurs, par dessus le marché, c'était en couleur. Impossible d'oublier la manière dont Fernandel disait "Morgiaaneeeuh" avé l'assent ou le fabuleux "Sésame, ouvre-toi !". Dans la vraie vie, la mère de la petite amie de Fernandel, lorsqu'elle le voyait arriver, s'exclamait souvent : "C'est le Fernand d'elle", c'est de là qu'était issu son nom d'artiste...
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