Le nationalisme chinois a besoin d'étincelles pour s'allumer, et tout est bon pour cela. Le petit différend qui oppose nos deux pays est un de ces déclencheurs qui agite les foules chinoises de temps en temps. Un jour c'est contre le
Japon, le lendemain l'Amérique, et le surlendemain un pays européen. Aujourd'hui c'est donc notre tour.
Je ne serais pas étonné que des français subissent des réflexions peu amènes, même si ça n'ira probablement pas plus loin que ça.
Quelques amis chinois m'ont récemment étonné par leurs élans nationalistes, elles et eux qui en général se fichent pourtant de toutes ces histoires. Le problème, c'est que comme toujours, les rumeurs sur lesquelles s'appuient cette campagne anti-française sont pour certaines complètement fausses:
le président français a dit qu'il boycotterait les JO: c'est faux! Il a dit qu'il n'avait pas encore décidé s'il participerait à la cérémonie d'ouverture un membre du gouvernement français a soutenu l'indépendance du
Tibet: qu'on me dise lequel! le journal Le Monde (et donc la presse française) soutient l'indépendance tibétaine: je ne me suis pas amusé à lire tous les articles de ce vénérable quotidien mais même si un édito ou un article a pu faire état d'une telle position, ça ne représente en rien le Monde ni bien sûr la presse française en général le gouvernement français a saboté le passage de la flamme: ah bon? quelques milliers de citoyens français, c'est le gouvernement?
etc...
Le plus inquiétant, c'est qu'il est en général vain d'argumenter et que le discours qui m'est servi est imperméable à la contradiction et à la logique.
Ce soir, je me connecte à internet et sur msn, et que vois-je? Un grand nombre de mes contacts chinois arborent un coeur suivi du mot "China" dans leur pseudo. Comme c'est mignon...
Mais qu'on se rassure, les français aussi savent verser dans l'excès. Une française résidente en
Chine m'a hier confié que le Dalai Lama n'était rien d'autre qu'un Ayatollah Khomeiny bis.