Chapitre 12 : les 4000 îles
Rendez-vous à 0800h. devant le Lankham. Un van nous attend et fera la tournée de quelques guesthouses pour remplir les sièges. Une dizaine de personnes en tout qui descendent soit à Don Det, soit à Don Khone. Deux bonnes heures de route pour rejoindre l'embarcadère. Il faut dire qu'avec les chauffeurs laotiens, les limitations de vitesse cela se respecte. 60 km/h, c'est 60 km/h. Même si la route est droite, bonne et qu'il n'y a personne. Tout-à-fait dans l'esprit lao.
La traversée pour rejoindre les îles est simple. De nombreux bateaux attendent le touriste. A peine arrivés, déjà montés à bord, toujours de ces barques plates traditionnelles du sud-est asiatique. Le premier arrêt est pour Don Det, où la majorité des jeunes descendent. Apparemment cette île correspond plus à l'ambiance qu'ils recherchent, alors que Don Khone est plus pèpère. 15'000 kips pour Don Det, 20'000 pour Don Khone.
Encore un peu de navigation et nous voilà sur notre repaire pour quelques jours. L'endroit est idyllique, les palmiers, droits et fiers, se dressent au bord du fleuve, donnant une ambiance particulièrement tropicale à l'endroit. Nous partons le long de la rue principale à la recherche d'un hébergement. Nous repérons la Somphamit GH, mentionnée dans le Lonely Planet. La patronne nous alpague. "Room, Room". 130'000 kips avec air conditionné. L'ambiance tropicale a un prix. Voyant que nous hésitons, elle nous glisse discrètement "120'000 for you". On demande à voir la chambre qui est nickel. Grand lit confortable, moustiquaire neuve, salle de bains propre avec eau chaude, terrasse avec hamac, le
Mékong a 5 mètres. Vendu, surtout compte tenu du fait que certains voyageurs arpentent le chemin avec leurs sacs sans trouver de chambre de libre. D'autres chambres sont 60'000 kips, mais sans climatisation et le matelas est disons un fatigué. Il y a aussi des pensions plus simples et moins chères sur l'île, mais nous pouvons nous permettre un peu de confort.
Nous voilà installés. Première chose, nous donnons notre lessive et notamment les vestiges de la fameuse piste Sekong-Paksong. La pauvre lessiveuse va avoir du boulot. Des vélos sont à louer, nous verrons cela demain, cet après-midi, ce sera farniente. Alors que nous sommes sur la terrasse, nos amis canadiens rencontrés à Tad Lo passent devant nous justement en vélo. Retrouvailles, rendez-vous est pris pour le repas de ce soir.
La chaleur ici est encore pire qu'à
Pakse et très peu d'air. Nous trouvons refuge et pitance au Khaem Khon Restaurant, à une trentaine de mètres de notre guesthouse. Une terrasse splendide sur le
Mekong, une terrasse toute simple, artisanale, de pilotis et de planches, à l'ombre de palmiers. Excusez-moi, le paradis c'est ici ?
Retour à la Somphamit pour une séance de hamac. Trop chaud pour partir se balader. Farniente on a dit... Nous sommes déjà dans l'ambiance. De temps à autre, le bruit du moteur d'une barque vient troubler le calme ambiant. Rien de bien méchant, au contraire.
Et l'après-midi se déroule ainsi. Alors que le soleil commence à décliner, nous partons pour une courte balade, direction le pont bâti par les Français et qui rejoint Don Det. Pour le traverser, 20'000 kips par personne, valable pour la journée contre la remise d'un ticket. Argent qui va pour le développement social des autochtones, notamment les écoles. Si le soleil tape moins fort en cette fin de journée, la chaleur, elle, ne nous fait aucun cadeau. Nous suons de partout.
Alors que nous assistons au magnifique coucher de soleil sur les palmiers de Don Det, plus au loin, le ciel s'assombrit et des éclairs commencent à zébrer le ciel. L'orage se rapproche, le vent se lève, apportant enfin un peu d'air et de fraîcheur. Rapidement, les gouttes tomberont des cieux. Un orage tropical, un vrai, éclairs et tonnerre grondant. Juste l'heure de nous mettre à table avec Claude et Suzanne, nos amis Québécois, à l'abri d'une belle terrasse.
Au moment d'aller au lit, la pluie a cessé, mais l'air a été bien rafraîchi par ce déchaînement des éléments. Le calme règne sur le village, pas d'animations nocturnes ici. Don Khone a un petit air de
Muang Ngoi. Guesthouses, restaurants, nombreux touristes, mais une vie locale préservée, avec des écoles, des temples, des élevages et des cultures. Bien sûr, l'économie locale doit tout au tourisme, mais ils ont, pour l'instant et pourvu que cela dure, su se préserver de son effet parfois néfaste. Pas de grosse construction, pas de bars musique à fond.
0630h. ma théorie se vérifie. Le village s'éveille et nous réveille. La route principale s'anime, les scooters et vélos circulent, les ouvriers se mettent au boulot, les cuisinières au fourneau. Les barques commencent à circuler sur le
Mékong, imperturbable et tranquille ce matin comme hier soir. Pour une grasse matinée, il faut trouver une guesthouse, loin du bord de la voie principale du village et peut-être même loin du fleuve, les moteurs des bateaux n'étant pas vraiment silencieux.
Première location de vélo, 10'000 kips par jour et par monture. Toutes les guesthouses en proposent. Il vaut mieux partir relativement tôt pour échapper à la chaleur étouffante. Nous décidons donc de visiter la partie de l'île opposée au pont. Chemins et sentiers, plats, parfaits pour la balade. Il n'y a pas qu'un seul village à Don Khone, les bords du
Mékong sont également habités à d'autres endroits. Chemins bordés de cocotiers, enfants qui jouent, des Laotiens qui nous sourient, un véritable plaisir. Des chutes sont signalées, nous en prenons la direction jusqu'à un pont suspendu qui amène à une autre petite île et un restaurant. Des panneaux sont explicites, en lao et en anglais. Pas de drogue, pas d'abus d'alcool et pas de sexe dans la nature sur ce nouveau territoire, signé du chef du village propriétaire de la terre.
Nous traversons à pied le pont et suivons la piste une quinzaine de minutes. Nous voilà à nouveau au bord du fleuve. Effectivement des chutes dévalent un léger dénivelé. Des vestiges de vieux ponts en bois et bambous sont encore bien visibles. Leur base est maintenue au sol par des gros cailloux et les ponts étaient censés traverser ces passages non navigables. Censés, car tout est partiellement détruit maintenant. Vestige d'un temps passé où les hommes rêvaient de créer une voie praticable tout au long du
Mékong, du
Vietnam à la
Chine en passant par le
Laos.
Nous voyons trois jeunes enfants chasser avec une longue tige de bambou. L'un d'entre eux, cinq ans à peine, tient un gros couteau en mains et une bouteille en plastique. C'est celui qui garde les prises, des lézards encore vivants dans leur contenant. Les deux autres sont les chasseurs, un armé du bambou et l'autre d'une fronde. Je me mêle à eux pour débusquer un petit reptile, mais nous n'aurons pas de succès. M'ayant accepté comme un des leurs, je leur donne un stylo que j'avais sur moi et mon carnet de note, encore bien vierge, vu que je me sers cette année de mon notebook.
Ils examinent le cadeau, me regardent en souriant et me gratifient d'un sincère Khop Chaï (phonétique, désolé pour l'ortographe), merci en laotien. Retour au pont suspendu et au petit restaurant pour un jus de fruit. Ce sera suffisant pour ce matin, le soleil est au zénith, la chaleur bien forte. Retour à notre guesthouse et après avoir dégusté un ananas frais, c'est parti pour une petite sieste.
Dans ces îles, je viens de remarquer une chose qui certainement est également de mise ailleurs au
Laos. Quasi personne ne porte de montre, cet objet qui sert à mesurer, voire à quantifier le temps. Et quelles pourraient être les raisons saugrenues de vouloir mesurer le temps ici ? Sauf peut-être pour la tenancière du petit internet café qui facture 400 kips la minute. La vie se déroule à son rythme, pas besoin d'avoir un repère au poignet. Même les chiens, omniprésents, font la sieste à longueur de journée. Des chiens libres comme l'air, crasseux à souhait, mais jamais agressifs et qui visiblement ne sont pas errants. Ils regagnent toujours une habitation après leur court vagabondage.
Fin d'après-midi, le soleil s'en va éclairer d'autres horizons, les nuages qui parsèment le ciel nous donnent l'occasion de contempler un magnifique patchwork coloré. Coucher de soleil, cocotiers, le
Mékong... C'est fou comme les cocotiers peuvent avoir une influence directe sur un paysage. Toute une ambiance tropicale, effet relax garanti.
Fin de journée veut aussi dire cérémonie de la douche. Dans le
Mékong pour les habitants des îles, dans les bungalows pour les touristes. Mais sans aucun doute avec la même eau. Les tubes qui partent directement des cuves surélevées au bord des guesthouses dans le fleuve sont bien explicites.
Nous prenons notre repas du soir avec Suzanne et Claude, nos amis québécois, qui nous racontent les anecdotes de leur tour du monde. Des paysages exceptionnels du
Chili au camping en
Nouvelle-Zélande, en passant par leur mauvaise expérience du
Vietnam, il nous font rêver. Sacré choix de vie, tout vendre et partir, puis repartir, mais à zéro au retour.
Pas d'orage ce soir, mais du coup moins lourd aussi qu'hier soir. Malgré cela, nous serons bien contents d'avoir la climatisation et un bon matelas. Certains finissent leur voyage à se relaxer sur les plages thaïlandaises après avoir bourlingué dans le sud-est asiatique. Don Khone sera notre plage thaï.
Finalement, la grasse matinée, c'est possible. Impossible de démarrer quoi que ce soit avant midi. Et Dieu que cela fait du bien. Il fait chaud bien sûr, mais il y a aussi ce matin un petit air agréable et bienvenu. Petit-déjeuner au Khaem Khong où la patronne est vraiment souriante. Je commande un pancake qui aurait sans aucun doute gagné une médaille au championnat du monde des plus gros pancakes. La taille d'un volant de voiture, replié en deux, on aurait dit une pizza Calzone ! Calé jusqu'à ce soir, sans aucun doute.
Le but du jour, la découverte de notre voisine Don Det. Île plus petite et bien différente au niveau ambiance. Dès le pont franchi, nous prenons le sentier à droite, sur la rive du fleuve et sud de Don Det. Les petites fermes se succèdent. Les paysans locaux ont bien compris qu'ils pouvaient rentabiliser leur terrain par un complément touristique. Alors la plupart ont construit des petits bunaglows, souvent rudimentaires, à côté de leur "exploitation". Ce qui donne un charme indéniable à l'endroit, lorsque pour aller prendre un verre au petit resto attenant, vous traversez un troupeau de buffles ou de veaux. Ici le calme sera de mise, car le seul accès, c'est le sentier. Ni route, ni scooter, ni autre bruit, sauf évidemment les barques du
Mékong et leur moteur pétaradant.
La balade est évidemment très agréable et reposante. Le tour de pédale est lent, le sentier longe le fleuve, passe sous les cocotiers. Nous nous rapprochons de "Don Det City", à la pointe nord de l'île. Un petit village pas plus grand que les autres. Les guesthouses se multiplient et nous remarquons rapidement la différence avec Don Khone. L'âge des touristes. La jeunesse en voyage se donne rendez-vous ici, tatouages, percings et dreadlocks en force. Les bars diffusent de la musique, d'autres affichent sans souci les consommations "happy". Tout au bout de la pointe, il y a même une plage de sable, le bikini y est de rigueur. Autre ambiance disait-on.
Nous revenons en direction de Don Khone par le bien nommé Sunset Drive. Les terrasses face au coucher du soleil sont nombreuses, les guesthouses aussi. Le ciel est plus dégagé ici que sur notre île, mais on ne voit tout de même pas l'astre se coucher dans le
Mékong. A un moment donné, nous nous arrêtons devant un four à charbon artisanal. Un homme âgé et pas mal édenté sort d'une cahutte et vient m'expliquer, en lao, son fonctionnement. Il veut me dire la bonne aventure. Allons-y. Il dessine un soleil à plusieurs branches sur le sol à l'aide d'un briquet et me demande mon âge. A l'aide de mes 45 printemps, il tourne son doigt autour du soleil en comptant en lao, fait des calculs, écrit des trucs dans la poussière et au final, me prédit bonheur et prospérité jusqu'en 2016, ensuite on verra. Il ajoute qu'en 2017, le sud-est asiatique connaîtra un grave problème. Il mesure encore mes doigts de pieds, surtout les deux premiers, et y voit que je vivrais jusqu'à 96 ans. Ca va, j'ai de la marge. Il me dit encore de diminuer ma consommation de café et de thé. 10'000 kips la séance. Je lui donne son argent en riant, en espérant surtout qu'il a raison ! Le tour de l'île est bouclé.
Cela fait trois bonnes heures que nous tournons en vélo, il est temps de retourner à la Somphamit pour une bonne heure de hamac à l'ombre et à l'air qui souffle. Le rythme lao en somme. Somme, le mot prend tout son sens.
Le coucher de soleil sur les cocotiers de Don Det est toujours aussi époustouflant. Le ciel prend des tons roses, puis orangés, on ne s'en lasse vraiment pas. La nuit tombe, l'obscurité reprend ses droits. Aucune lumière ne s'allume sur les îles, visiblement pas d'électricité ce soir. Les bougies apparaissent, avant que finalement les ampoules reprennent le relais. A notre restaurant du soir, le petit serveur a 12 ans. Et il est très débrouillard. Il parle un excellent anglais et nous parle de musique, notamment de celle qu'il collectionne sur son vieux téléphone portable. Il nous fait défiler les titres. Les chanteurs américains ont la côte, il rêve de Justin Biebber... Je lui demande son email, mes filles se chargeront de compléter sa discographie.
Dernier jour entier sur Don Khone, dernier jour avant l'entame du retour. Nous reprenons nos vélos pour la partie de l'île que nous n'avons pas encore vue. Il faudra attendre ce dernier jour pour rencontrer le Laotien le plus stressé et le plus désagréable du mois. Le préposé au paiement du pont. A peine arrivés à sa cahutte, il en sort comme un diable de sa boîte et nous lance agressivement "pay ticket, pay ticket". Ni Sabaïdee, ni sourire. Je tente en vain de lui expliquer que son collègue d'hier m'avait dit que notre ticket, pris relativement tard, serait encore valable aujourd'hui. Et de plus, nous ne prenons pas le pont puisque nous restons sur Don Khone. Rien à faire "pay ticket, pay now" en me mettant dans la main deux coupons. Devant un tel comportement, totalement inadapté aux lieux, je les lui retourne en lui disant qu'il peut les garder, nous passerons ailleurs. La question n'était pas d'économiser 40'000 kips, mais être agressés de la sorte, en Europe encore, mais pas ici. D'autant plus incompréhensible qu'il y a des restaurants à une vingtaine de mètres de l'autre côté. Cette taxe doit-elle être payée pour aller boire un shake aux fruits ? Impossible d'en discuter pour le savoir.
Demi-tour donc, la partie de l'île que nous voulons parcourir reste accessible par le détour qui consiste à tourner dans l'autre sens, celui que nous avions déjà pris. Après quelques kilomètres sur un petit sentier, assez agréable, nous arrivons à la pointe sud de l'île, également la pointe sud du pays. Le
Cambodge est là, juste en face, à portée de brasses. C'est un des deux points de départ pour l'observation des dauphins Irrawady, en voie de disparition, mais qui viennent trouver refuge dans les eaux, profondes à cet endroit, du
Mékong.
Nous pensions le faire en fin de journée, mais un autre couple est également là et nous propose de partager un bateau, là tout de suite. Pourquoi pas, nous sommes sur place. 60'000 kips le bateau, divisés par 4. Notre batelier nous emmène à la limite des eaux territoriales laotiennes et s'accroche à un rocher sur lequel nous débarquons. C'est parti pour une heure d'observation. Nous voyons un premier groupe de dauphins au loin, près de la rive cambodgienne. Pas de quoi vraiment les distinguer. D'autant plus qu'il ne faut pas s'attendre à les voir sauter hors de l'eau, ils viennent juste en surface prendre de l'air avant de replonger dans des eaux plus fraîches.
La chance sera tout de même au rendez-vous puisque finalement un autre groupe de trois mammifères viendra respirer à environ 150 mètres de notre observatoire. Nous pouvons clairement voir leur tête bien ronde, une première pour nous.
Nous remontons la piste direction les chutes de Somphamit au nord-ouest. 1'000 kips de parking pour les vélos et nous nous retrouvons en face de ses chutes tout de même assez impressionnantes. L'eau arrive de partout, pour une différence de niveau de quelques dizaines de mètres dans des rochers. Infranchissable pour n'importe quelle embarcation. D'après les marques de l'eau sur la roche, le niveau d'eau peut encore être supérieur d'au moins 2 mètres.
Nous repérons un petit restaurant tenu par un couple qui a un jeune enfant qui dort dans un hamac. Le temps d'une pause et d'une bonne soupe de nouilles. Ce couple parle un bon anglais et est particulièrement sympathique, un plaisir que de se poser là. Le mari tient la petite terrasse, où un chien dort et quelques poules se baladent, tandis que sa femme est au fourneau. La soupe y sera délicieuse et le mari particulièrement honnête puisque je m'étais trompé dans les billets remis et qu'il aurait facilement pu encaisser 10'000 kips de trop.
L'après-midi est largement entamé, pour une fois il ne fait pas trop chaud, le temps est resté couvert toute la journée. Il y a visiblement un mariage à côté de notre guesthouse, la musique tourne depuis ce matin, toujours aux mêmes rythmes. Les hommes boivent quelques Lao Beer sur la terrasse, pendant que les femmes dansent à l'intérieur. Par contre, aucune trace des mariés. Farniente jusqu'à la nuit, voilà comment finir nos vacances.
Nous prendrons le repas du soir au certainement le meilleur restaurant des lieux, en face de l'auberge Sala Don Khone. Un peu plus cher que les autres, mais plus raffiné et surtout diversifié aussi.
Voilà, notre dernière nuit dans ces îles et donc au
Laos. Les 4000 ìles. Une étape incontournable. Un lieu parfait pour ne rien faire, si ce n'est un peu de vélo et faire le tour de Don Khone et Don Det. Un lieu parfait pour oublier le temps. Un lieu parfait pour regarder le
Mékong s'écouler sans hâte devant soi continuant sa route à travers l'Asie. Un lieu parfait pour simplement regarder les gens, et surtout les enfants, dans leur relation avec le fleuve. Terrain de jeu, lieu de pêche, lieu de bains, que de sourires et de rires autour de ce
Mékong. Un lieu parfait pour juste accepter la nonchalance ambiante...
Pas besoin d'en rajouter, les 4000 îles, un lieu parfait.