Hialle · 11 septembre 2008 à 17:21 · 132 photos 44 messages · 16 participants · 9 889 affichages | | | | 11 septembre 2008 à 17:21 Message 1 de 44 · Page 1 de 3 · 5 993 affichages · Partager Depuis le temps qu’on en rêvait... enfin... surtout moi. Louloute (désolée, c’est le surnom de mon homme), n’avait jamais été très tenté par l’ Inde, et moi, je voulais y aller depuis des années. Au moins 30 ans. Comme c’est un montagnard, j’ai trouvé la parade au bout de tant d’années. On va au Ladakh. « T’inquiète, c’est l’ Inde, mais c’est pas l’ Inde. C’est l’Himalaya. Des montagnes, tu n’auras que ça. Et s’il reste du temps, on fera un petit tour au Rajasthan, juste quelques jours ». Le deal est fait, il accepte. Faut dire qu’il n’est pas bien difficile et ça tombe bien. Les billets sont pris longtemps à l’avance, tellement, qu’on en oublierait presque qu’on part. Et le mois de juin arrive vite, alors petit tour sur TD pour trouver de supers tuyaux. C’est à ce moment précis que l’impatience d’y être s’est faite ressentir fortement. Jusque là, cela n’était qu’un rêve. Il devenait réalité. D’entendre parler de Tar, de Rizong, de Chulichan ou de la Nubra plus quelques photos de Chris... ça y est, c’était urgent de partir. Les listes d’affaires à prendre et de choses à faire avant de partir s’allongent.
Le mois de juin est passé à une vitesse record. Faut dire que nous les profs, c’est le mois où on travaille le plus (lol). J-3... laisser la maison nickel pour les copains qui viennent y habiter, regrouper toutes les plantes, dernières réunions au lycée, quelques coups de fils à passer. J-2... ça y est, on y est presque. Les tas à côté des sacs augmentent. Le plein de croquettes pour les chats et le chien est fait. J-1... il serait temps de boucler nos sacs et de passer le dernier coup d’aspirateur. Il est 18h... on a le temps. Bien sûr, c’est à ce moment précis que 15 étudiants ont décidé de débouler avec le champagne pour fêter les examens. Bien sûr qu’on est content, bien sûr qu’on a le temps... et ils papotent, et ils papotent... et l’heure tourne, et le jour baisse, et les sacs ne bougent pas. Enfin, à 22h... on est LIBRE. On peut finir de se préparer. Réunir les passeports, les billets d’avion, fermer les sacs, prendre les sous, tout laisser nickel... crevés, excités, la tête dans les nuages, on tente de dormir un peu.
Réveil à 4h55.... C’est fou comme ça passe bien cette petite sonnerie lorsque c’est pour partir en voyage. L’avion est à 6h20, on a le temps. Tellement le temps qu’on part en retard de la maison. On n’a rarement fait les 12 Km qui nous séparent de l’aéroport à cette vitesse ; ça commence bien ! Garer la voiture hyper rapide, prendre les sacs sur le dos, monter l’escalator 4 à 4, courir à l’enregistrement... heureusement, l’aéroport de Pau n’est pas franchement immense. C’est bon, en peut enregistrer. Pau- Delhi... depuis le temps. On est les derniers à passer devant les agents de sécurité. Ce sera la première d’une longue série. Ils me piquent mon briquet au passage, comme si j’allais mettre le feu dans l’avion qui m’emmenait enfin en Inde. Pas grave, j’en avais un autre qu’ils n’ont pas vu. La salle d’embarquement est pleine. Premier appel pour Paris Orly. On ne bouge pas, on va sur Paris CDG. Les gens se lèvent les uns après les autres... la salle se vide... euhhh... il ne reste plus que nous. Aïe. C’est pourtant l’heure pour nous aussi. Qu’est ce que c’est que ce truc ? Inquiets quand même, on demande à une hôtesse si elle a une idée de ce qui se passe. « Mais bien sûr, vos billets sont sur les horaires d’hiver, et là, on est en horaire d’été ». OK. Il ne reste plus qu’à se rassoire et attendre l’avion de 7h20 qui arrivera à 8h45 à Paris. Normalement, ça passe, l’avion pour Delhi embarque à 10h20, on a le temps.
Premier vol, parfait. De très beaux nuages.
A 9h, on passe du terminal 1 au terminal 2, et je savoure en prenant le temps une dernière cigarette avant demain matin. On se dirige tranquillement vers la queue qui doit nous amener devant les agents de la sécurité, et là, c’est pas une queue, c’est un tas, une foule, un monde fou. Grève des agents. Un homme au regard de nos billets nous dirige derrière un flot de personnes. Patience, il n’y a plus qu’à attendre. Rassurant, il nous dit de ne pas nous inquiéter, les avions partiront en retard. Soit... sauf que 40mn plus tard, on était quasiment toujours au même endroit, et l’heure avançait très vite. Et pourquoi, sur le côté, une petite queue avance beaucoup plus vite que les autres ? avec des passeports européens en plus. Finalement, on passe sous le cordon, et suivons ces voyageurs plus chanceux. On n’a jamais compris pourquoi, mais cela a marché. Trois quarts d’heure plus tard, on était devant les remplaçants de grévistes qui regardaient l’intérieur de nos chaussures sans trop savoir ce qu’ils cherchaient, et on finit par trouver la porte d’embarquement. Ouf !!! c’est bon, ça va le faire... et on rentre à peine à l’heure dans un avion quasi vide. Il décollera 1h30 en retard, en laissant 20 passagers au sol qui n’ont pu passer les services de sécurité. Après tout ça, un petit coup de champagne s’imposait. Je ne suis pas certaine qu’il fût d’une grande qualité, mais il nous a semblé divin au dessus des nuages.
L’arrivée à Delhi est fidèle à ce qu’on pouvait imaginer. Le premier pas dans l’aéroport, le premier pas en Inde. Des femmes en sari, des hommes en turban, des voitures blanches comme dans les vieux film et tout cela dans une véritable étuve. Je sors, je respire, je hume, je regarde, j’écoute... une émotion m’envahie. J’y suis. Je suis en Inde. Louloute me rappelle à la réalité pour que l’on trouve de quoi rejoindre l’aéroport domestique pour les vols intérieurs, et on traverse en bus des pistes à n’en plus finir pour se retrouver devant un immense bâtiment en travaux. Il est tard, mais c’est plein de gens, de familles, d’enfants et beaucoup dorment par terre. Il n’y a pas le choix, les chaises sont toutes occupées. C’est pas faute d’avoir essayé, mais impossible de trouver le sommeil. Trop d’excitation et la peur de ne pas se réveiller pour l’avion de 6h30 de Leh. Cependant à regarder tout ce monde, le temps passe vite, entrecoupé de « momo » au poulet à 4h du mat’. C’est comme des raviolis. Vue l’heure, c’était pas mauvais. Sortant régulièrement griller une petite cigarette, je deviens « copine » avec le garde de l’entrée de l’aéroport. Magnifique, l’homme, avec sa barbe et son turban. Il essaye en vain de m’expliquer que le tabac est mauvais pour la santé, et me fait un grand sourire à chaque passage. Il n’a même plus besoin de vérifier le billet et le passeport.
Le vol de Leh arrivera rapidement. La tête en vrac, on embarque vite, et au bout d’une heure dans un ciel cotonneux, on découvre enfin sous nos pieds, à des mètres et des mètres de nous, un spectacle absolument grandiose.
Les montagnes. Elles sont là, puissantes, imposantes, majestueuses. Même nos Pyrénées à côté font piètre figure. Des massifs à pertes de vue, secs et caillouteux, entre lesquels se déroulent des rubans verts où il semble y avoir davantage de vie, les quelques vallées fertiles avec celle de l’Indus entre autre, la plus grande.
L’avion se fraye un passage entre les rochers, jusqu’au moment où on a l’impression que l’aile droite va s’en prendre un. Impressionnant ce morceau de cailloux à quelques mètres de l’aile, et belle trouille.
L’aéroport de Leh est surprenant et tient d’avantage du hangar. C’est une base militaire qui ne sert à l’aviation civile que le matin jusqu’à 9h. Après, c’est l’armée. On est entouré d’homme en uniforme, mitraillette au poing, qui n’ont pas franchement l’air d’avoir envie de rigoler. Photos interdites évidemment, mais bien sur, je ne l'ai vu qu'après.
Un taxi « prepaid », et on arrive à l’Oriental GH où on attend qu’une chose, celle de s’affaler sur un lit. L’accueil est chaleureux, la chambre vaste, le cadre comme on l’aime avec un grand jardin potager au milieu, et une vue à couper le souffle.
Louloute s’enfonce aussi sec dans un sommeil profond. J’essaye d’en faire autant, me tourne, me retourne... impossible. Une seule chose à faire, aller envoyer quelques mails et attendre que mon homme sorte des bras de Morphée. | | | À: Hialle · 11 septembre 2008 à 21:26 Message 2 de 44 · Page 1 de 3 · 5 950 affichages · Partager Cela ne fait que commencer (n'est-ce pas ?), et je savoure déjà avec délice... Morphée ne voudra pas de moi ce soir !! Je vais me tourner et me retourner d'impatience en attendant la suite... | | | À: Wapiti74 · 12 septembre 2008 à 10:43 Message 3 de 44 · Page 1 de 3 · 5 911 affichages · Partager Deux heures, plus tard, il émerge, les yeux encore en capote de fiacre. Manifestement, les miens ne sont pas mieux. On se regarde, on rigole... bonjour le début des vacances. Deux lavettes.
Histoire de ressusciter un peu, on part à la ville comme si on partait en excursion. On est à 3500m d’altitude, et mine de rien, la marche n’est pas aussi alerte que dans nos plaines. Le souffle est plus court, et la fatigue aidant, on se sent comme deux petits vieux, à la recherche d’un endroit pour manger un coup. Leh est une petite ville tranquille, touristique, mais il y a encore peu de monde début juillet. Il y a tout un tas de boutiques minuscules et poussiéreuses qui proposent des treks, des excursions, du rafting... les activités ne manquent pas à ceux qui ont la forme. Mais pour l’instant, cela nous semble encore inaccessible. Les rues, les gens sont calmes. Peu de bruit, assez propre... rien de ce que j’imaginais de l’ Inde. Pas de saris ni turbans, mais l’habit classique des ladakhis. Une grande robe brune, rehaussée d’un foulard. Les traits des visages sont semblables à ceux des népalais. Les pommettes sont hautes et burinées, et les yeux en amande, le visage des peuples d’altitude qui font penser étonnement à ceux des péruviens sur les hauts plateaux andins.
On se pose pour déjeuner, et calamité, on cède à la tentation d’une petite bière avec des momos. Première fois qu’une malheureuse bière nous casse de cette façon. On se sent littéralement haché menu avec le mal de crâne qui monte. Pas grave, on continue notre découverte de Leh à travers les petites ruelles qui nous mènent on ne sait où, mais avec des moulins à prières gigantesques en meilleurs états que les maisons.
Sur les pentes des montagnes, les habitations semblent posées semblables à des cailloux, de la même couleur. Quelques bandes de chiens nous font croire qu’ils nous menacent, et comme on n’est pas très joueurs, on rebrousse chemin.
On se retrouve dans la rue des fabricants de chapatis, ces petites galettes rondes qu’ils malaxent comme une pâte à pizza pour la coller ensuite à l’intérieur du four à bois. Un parfum terrible. Et à manger chaud, un régal.
La boucherie elle, fait nettement moins envie.
Les paysannes du coin s’installent le long des trottoirs pour vendre leur production.
La fatigue se fait sentir de plus en plus sérieusement et la tête commence à peser lourdement. Une barre au front devient plus que pénible.
En plus, Leh n’est pas une ville franchement plate, et le moindre escalier nous coupe le souffle. Alors on décide de retourner dormir un peu, juste un peu. C’est terrible, une chambre au deuxième étage dans ces conditions. Ils devraient mettre les voyageurs qui arrivent au rez-de-chaussée. Quelques minutes après, on s’écroule, usés.
Et on ressuscite pour la deuxième fois de la journée pour une montée laborieuse vers le Shanti Stupa de Leh où la vue sur la ville et les montagnes enneigées derrière est superbe. Là encore, on n’aurait peut être pu s’en passer pour la première journée, on nous avait bien dit de ne rien faire en arrivant, mais...
On rencontre deux jeunes réfugiés tibétains de Dharamsala. Ils sont là pour étudier l’astrologie et l’acuponcture et discutons un bon moment avec eux.
La nuit tombe vite, et comme des papis mamies, on se couche presque en même temps que les poules. Mais les sinus se bouchent, la gorge est sèche, l’insomnie guette et le mal de crâne est persistant. C’est la fatigue, sans doute.... | | | À: Hialle · 12 septembre 2008 à 11:31 Message 4 de 44 · Page 1 de 3 · 5 895 affichages · Partager  j'attends la suite avec impatience d'autant que ce sera peut être notre prochaine destination en Inde | | | À: Gildadesiles · 13 septembre 2008 à 10:13 Message 5 de 44 · Page 1 de 3 · 5 830 affichages · Partager Fin de "l'acclimatation"...
Meilleure forme quand même le lendemain pour continuer à déambuler dans Leh. Quel plaisir ! L’atmosphère est hyper sereine, les gens aimables et souriants, le soleil à point. On essaye de regagner le palais qui domine la ville par le chemin des écoliers et traversons des quantités de ruelles bourrées d’échoppes : fabricants de gâteaux, de chapatis, des tailleurs. Les maisons sont toutes pareilles. En terre crue surmonté d’une terrasse et les drapeaux de prières omniprésents. Le vent les balance inlassablement. Plus on monte, plus le contraste est saisissant entre les montagnes arides et caillouteuses et « l’oasis » de Changsa. Trois couleurs dominent : le brun de la terre et de la roche, le vert de la vallée et le bleu du ciel.
Le palais dominant la ville est magnifique.
En travaux, on passera un long moment à regarder les hommes et les femmes travailler le pisée, le bois, charger et décharger avec comme principal récipient une bassine calée sur la tête, le crépis étant lissé à la main sans taloche. La main d’œuvre doit revenir moins cher que l’achat d’une brouette ou de poulies, mais les visages sont exténués et il fait chaud. Pour déplacer un tas de sable d’un endroit à un autre, un homme avec une pelle et un autre tirant une code attachée à cette même pelle pour faciliter le mouvement. A coups de pelletés, le tas se bouge lentement.
Des dédales de couloirs nous mènent de pièces en pièces en plus ou moins bon état, mais qui attestent toutes de la splendeur des lieux à une époque. Dans certaines, des travailleurs dorment, dans d’autres, ils sont en plein boulot ou papotent.
On redescend sur Leh à une vitesse bien supérieur à celle de la montée. Plaisir de prendre le chemin au pas de course et on se retrouve sur Main Bazar à la recherche de boutiques pour enquêter sur les futures courses des petites nonnes. Avec un sens de l’orientation extraordinaire, on fera quasiment trois fois le tour de la ville pour essayer de trouver l’entrée d’un Stupa qui se trouve en son centre. Mais cela permet de continuer à déambuler dans touts ces rues et de découvrir la vie de cette petite ville, de rencontrer les gens et tenter de discuter un peu. Et l’intuition masculine s’est réveillée juste devant une petite ruelle avec tout au bout l’escalier qui mène au Stupa. Une fois, de plus, et je n’ai pas fini de le dire, on a une vue extraordinaire. Jamais la même, les couleurs, les ombres changent en permanence. La ville tranquille en bas, au deuxième plan des montagnes de rochers et au loin les hauts sommets couverts de neige. Dîner en tête à tête sous la silhouette du palais alors que quelques petites lumières s’allument par-ci par-là, et le muezzin qui nous rappelle régulièrement que c’est l’heure de la prière. Comme il y a plusieurs mosquées, cela fait échos, presque comme un canon. Retour dans les rues où les commerçants sont toujours actifs et attendent le dernier client de la journée pour finir dans la nuit noire jusqu’à la GH.
On tente d’attaquer notre deuxième nuit. Le mal de tête continue à monter, doucement mais sûrement. Les heures passent, il n’y a pourtant pas un seul bruit dans cette GH, mais impossible de trouver le sommeil. Plus la nuit avance, plus la tête semble prise dans un étau, et occupe tout l’esprit. Impossible de prendre un somnifère, c’est déconseillé au cas où ce serait le mal des montagnes. Même l’aspégic 1000 ne fait que peu d’effet. Et la nuit, tout est disproportionné. Je savais qu’en cas de MAM, le seul remède est de perdre de l’altitude et ce qui montre comme mon cerveau était embrumé, j’étais prête à descendre du deuxième étage pour aller dormir dans le couloir du rez-de-chaussée de la GH. Bon, mon homme m’en a empêché, mais il n’était pas plus brillant que moi. Pourtant, on ne se sentait pas très inquiet par rapport à l’altitude, pas franchement fragile. On a même douté que nos problèmes viennent de là. Mais maux de crâne + insomnie + perte d’appétit : en plein dans le mille. L’expérience de la montagne au Pérou ne nous avait pas fait ce tour et on se sentait hors d’atteinte. Grosse fatigue, usure ? de plus, quelqu’un de très bien attentionné m’avait assuré que les petits cerveaux ne risquaient rien, ils avaient plus de place que les autres dans la boîte crânienne. Toujours est il qu’on s’est endormi juste quelques heures avant que le réveil ne nous rappelle qu’on n’avait pas fait tout ce chemin pour rester sur un lit.
Pour rassurer ceux qui voudraient partir au Ladakh, on a vu quantité de gens qui n’ont pas souffert de l’altitude. Le lendemain, avec un peu de Diamox, seul remède quand le MAM est bénin comme pour nous, tout est rentré de l’ordre et on a enfin pu profiter pleinement de ce voyage... et l’appétit est complètement revenu.
| | | À: Wapiti74 · 14 septembre 2008 à 10:10 Message 6 de 44 · Page 1 de 3 · 5 759 affichages · Partager Je me rend compte que d'écrire ce petit compte rendu me fait replonger dans ce voyage avec un immense plaisir, me fait retrouver les sensations, les émotions, les ambiances. Alors même si le temps me manque, j'aime bien faire ce petit plongeon certains soirs, quand tout est calme et que la nuit s'avance. Je n'aime pas rédiger. Mais là, ça me plait bien, et si en plus cela peut donner l'envie d'y aller... Comment trouver les mots justes et que ce ne soit pas "chiant" à lire. C'est aussi pour ça que je vous abreuve de photos, elles parlent mieux que les mots.
Après cette nuit franchement pas géniale, on a eu l’impression de renaître. Une énergie terrible est revenue, sans doute les globules rouges qui se sont démultipliés. Avant de partir à « l’aventure », on est resté aux alentours de Leh à visiter les monastères à l’Est de la ville. Le plus simple, une voiture avec chauffeur, trouvée la veille en allant directement à la sation de taxi de la ville. Pour faciliter les "discussions", les drivers de Leh ont tous des tarifs identiques pour une même destination. Inutile de discuter et tout le monde est content. A 9 heures pétantes, Abbas, qui ne parle que très peu l'anglais vient nous prendre à la GH dans une superbe voiture. Ma 206 ferait triste mine devant elle. Autant en France, on regarde les 4x4 d’un mauvais œil, autant ici, c’est le top. Ok, ça fait pas très routard, mais de ça, on commence à s’en fiche un peu. Le confort, c’est pas mal quand même pour les dos vieillissants. Et comme Chris l’a fait... (lol)... Notre driver est aimable, sans plus, mais il est surtout pressé, ou alors, c’est sa façon de conduire. S’il y a bien un truc qu’il n’aime pas, c’est d’avoir une voiture devant lui, c’est plus fort que lui. Le klaxon, comme dans beaucoup de pays d’Asie, cela veut juste dire « pousse toi ». Et il double, sans trop se poser de question, parfois de façon un peu périlleuse et le visage impassible, mais ça passe.
S’il y a bien une chose dont on ne se lasse pas, c’est les monastères. Comme les églises en Italie. Il y en a pas un semblable à un autre, et pourtant tellement de points communs. L’ambiance qui se dégage, la sérénité est propre à chacun. Que ce soit Shey, Thiksey ou Hemis, ils sont tous à flanc de montagne. En fait, compte tenu de la topographie de cette région, ce serait difficile de faire autrement. Les rares terres plates sont prises d’assaut par l’Indus, et quand le fleuve laisse un peu de place, c’est pour les cultures ou l’élevage. Ne pas gaspiller les terres fertiles pour les constructions.
Ce qui est surprenant, c’est que le phénomène est le même pour nos monastères en France. Ils sont toujours dans des endroits sublimes et des paysages extraordinaires. Sans doute que ça aide pour la méditation ! Toujours est-il que Le Ladakh ne déroge pas à la règle. Les vues sont fabuleuses. Vous ai-je dis qu’on était entouré de montagnes ? Grandes et massives, elles sont toujours là, en fond d’écran.
Autre point commun de ces monastères, ils sont tous en travaux, avec toujours les mêmes outils. Le dos des hommes et la tête des femmes ou des gamins. Sur les dos, des pierres énormes, et chaque travailleur reprend inlassablement les escaliers pour monter son fardeau. Sur la tête, toujours la même bassine remplie de mortier pour monter, et de gravats à la descente. On n’a pas bien compris comment ils s’organisaient ; il y en a toujours pour regarder les autres travailler. Un peu comme chez nous, en somme, mais ils sont loin des 35 heures. En tout cas, pour ces hommes et ces femmes qui participent grandement au fameux miracle indien... respect.
Le gompa de Shey est sans doute le plus petit et le plus intime et il nous étonne par les trésor qu'il recèle. De plus, c'est le premier que l'on voit en dehors de la ville et il s'en dégage une grande sérénité.
Le gompa de Thiksey est peut être le plus beau des trois. Il est habité par une vingtaine de moines. On le devine en arrivant sur sa crête depuis la route, et en contournant le piton rocheux, on découvre un dégradé de constructions en terrasse blanche, terre et ocre. Le temple où prie le gardien a des proportions particulièrement harmonieuses et les murs sont ornés de peintures raffinées représentant la vie de Bouddhas. Un second temple abrite une gigantesque statue toute dorée, de Bouddhas évidemment.
Le dernier des gompa, celui d’Hémis, est le plus vivant des trois. Il est au fond d’une vallée à l’entrée d’une sorte de gorge, comme au bout du monde. Des moinillons courent dans tous les sens, se chamaillent, se baignent dans une petite retenue, et en regardant au loin la montagne, on en distingue quelques uns (le orange et le rouge se distinguent facilement sur la roche) qui montent au sommet. C’est qui grimpent vite, ces gamins. En tongues en plus.
On a le sentiment d’être dans un petit coin de paradis. La chaleur est douce, le décor sublime, et ces petits moines qu’on entend rire dans ce fond de vallée. Combien de fois au cours de ce voyage on dira « putain, ce qu’on est bien ». Dans le petit resto aménagé à l’ombre d’une immense toile blanche, d’autres gamins sont là aussi. Ils ne rient pas, ont l’air triste et leurs habits sont plus qu’usés. Ce sont eux qui font le service. Ils marchent comme des automates et ne communiquent pas avec les jeunes moines qui sont venus manger leur assiette de riz. Deux groupes totalement à part, deux sorts différents. | | | À: Hialle · 14 septembre 2008 à 10:43 Message 7 de 44 · Page 1 de 3 · 5 753 affichages · Partager Je n'aime pas rédiger. Mais là, ça me plait bien, et si en plus cela peut donner l'envie d'y aller... Comment trouver les mots justes et que ce ne soit pas "chiant" à lire. C'est aussi pour ça que je vous abreuve de photos, elles parlent mieux que les mots.
 Quoi ? Quoi ? Quoi ? Tu n'aimes pas rédiger ??? Et pourtant tu le fais si bien !!!  Avec des mots justes et rien de "chiant" à lire, bien au contraire : Quel délice !!!En plus, les photos sont très belles... et n'étouffent pas tes mots (cela doit faire plaisir à Dolma  )
Si j'avais eu tes carnets ladakhis ( Chulichan et celui-ci) sous les yeux voici quelques mois, j'aurais été bien en mal de raconter les aventures imaginaires de nos Etranges Voyageurs au Ladakh !!! ( ici ... cliquer ensuite sur les liens "la suite par ici...") Les recherches que j'avais dû faire alors m'avaient déjà donné terriblement envie de programmer un voyage au Ladakh... te lire ne fait que renforcer ce désir !! Alors, vivement l'été 2009 que je concrétise tout cela !!... In'ch Allah. | | | À: Hialle · 14 septembre 2008 à 12:21 Message 8 de 44 · Page 1 de 3 · 5 739 affichages · Partager Merci Hialle pour ce beau carnet de voyage et ces photos. C'est vrai que cela donne très envie d'y aller. Mais ce problème d'altitude me préoccupe un peu. Cela semble avoir été juste un mauvais moment très court pour vous, tant mieux.
Je savais bien, en voyant sur la rubrique "carnets de voyages", votre carnet justement, que j'y trouverais une certaine Wapiti, toute vibrante et je l'imaginais déjà en vous lisant se dire : "ok c'est sûr cette fois, j'y vais l'année prochaine" ! C'est dommage que vous n'ayez pas lu l'histoire de Mado et Gérard au Laddak avant de partir car Wapiti avait fait ça très sérieusement avec beaucoup de recherches. Bref, son voyage de l'an prochain est déjà fin prêt et votre carnet ne fait que lui donner encore plus envie d'être en 2009 !!! Euh Wapiti, tu m'emmèneras ????
Bon dimanche Béatrice | | | À: Beatrices · 14 septembre 2008 à 13:00 Message 9 de 44 · Page 1 de 3 · 5 730 affichages · Partager Euh Wapiti, tu m'emmèneras ????
Vouiii !  mais STP, joue au loto, parce que mon misérable salaire de prof sans heures supp me permettra juste de financer ma place... | | | À: Hialle · 14 septembre 2008 à 14:49 Message 10 de 44 · Page 1 de 3 · 5 718 affichages · Partager Merci Hialle pour ce récit parfaitement dosé entre images et texte. Tu ne fais qu'attiser mon envie de découvrir le Laddakh! J'attends la suite avec impatience... Marie | | | À: Wapiti74 · 15 septembre 2008 à 11:28 Message 11 de 44 · Page 1 de 3 · 5 660 affichages · Partager Ton récit, Wapiti, c'est du vécu. Incroyable !! on y est en te lisant. autant de monastères bouddhistes typiquement tibétains, aux mêmes particularités : perchés sur des éperons rocheux, précédés d’une cascade de maisons blanches, couronnés de guirlandes de drapeaux de prières qui claquent au vent, abritant d’imposantes et éclatantes statues de Bouddha ou de magnifiques peintures lamaïstes, de précieux manuscrits... De leurs terrasses, la vue est splendide sur la large vallée ici fertile de l’Indus, sur fond de chaîne himalayenne, paysage minéral aux sommets enneigés dans le ciel bleu éclatant. Ils seront éblouis par la richesse des intérieurs et la ferveur des lamas en prières, éblouis par les splendides panoramas offerts.
Et en plus, la photo de la GH que tu as mise, c'est celle où nous étions, reculée de Leh dans son paradi vert.
Merci !!!! | | | À: Hialle · 15 septembre 2008 à 14:37 Message 12 de 44 · Page 1 de 3 · 5 644 affichages · Partager  Pascale je te "piste" sur tous les forums tu ne peux pas nous échapper... | | | À: Hialle · 15 septembre 2008 à 22:13 Message 13 de 44 · Page 1 de 3 · 5 615 affichages · Partager Salut Pascale, je vois que le voyage a été beau... je suis replongé en plein Ladakh car je bosse pour faire un calendrier 2009 Ladakh & Spiti, ton récit m'y replonge tout à fait. On pourrait peut-etre se programmer une soirée pour échanger nos voyages, en Bearn ? D'ailleurs je fais remonter mon carnet aux cotés du tien, car je viens d'être laureat d'un concours.  A bientôt j'espère. | | | À: Phil64 · 15 septembre 2008 à 22:49 Message 14 de 44 · Page 1 de 3 · 5 611 affichages · Partager Merci Phil... mais rien ne vaut un bon croquis ! Sans aucune fausse modestie, le jour où je serais lauréate d'un concours de carnet......    ... je penserai qu'ils se sont trompés 
Ce voyage.... oui... il fut au delà de ce qu'on imaginait. Vraiment fabuleux !
Pour une soirée en béarn, oui, il va faloir y arriver depuis le temps, et je connais une mamina64 qui serait heureuse d'être de la partie | | | À: Hialle · 16 septembre 2008 à 12:19 Message 15 de 44 · Page 1 de 3 · 5 581 affichages · Partager Bonjour Pascale,
Ton récit est passionnant à suivre, j'attends la suite avec impatience d'autant plus qu'il me permet de replonger dans mes propres souvenirs (j'étais au Ladakh en août 2004 durant 4 semaines).
Au passage, bonjour à Wapiti !
Valérie | | | À: Hialle · 16 septembre 2008 à 14:50 Message 16 de 44 · Page 1 de 3 · 5 552 affichages · Partager Elle a raison Wap'  j'apprécie les photos dans ton carnet parce qu'elles ne viennent qu'en support d'un texte pas du tout "chiant" à lire mais au contraire très plaisant -et très intéressant ce qui ne gâche rien !
C'est vrai que je préfère (serais-je têtue ?) lire plutôt que voir ! Je fais une exception pour les albums de Marie -je dis bien albums, que je savoure toujours avec une grande curiosité ! C'est tout.
Donc chère Pascale, j'attends les prochains épisodes et que je les suive de loin et en décalage ne changera rien à mon plaisir !
Dolma | | | À: Hialle · 17 septembre 2008 à 11:34 Message 17 de 44 · Page 1 de 3 · 5 502 affichages · Partager Et voilà comment on se retrouve autour d'un carnet savoureux et pour lequel il ne va pas falloir nous faire trop languir... n'est-ce-pas Pascale ? Le passage chez les petites nonnes nous avait mis l'eau à la bouche, il manquait tout le reste ! Oui, il est grand temps qu'on se boive un petit "chaï" ensemble... Bises à tous et toutes... et à Louloute aussi au passage ! | | | À: Mamina64 · 17 septembre 2008 à 13:44 Message 18 de 44 · Page 1 de 3 · 5 488 affichages · Partager Merci mamina64... Dolma, j'ai mis les photos à la fin pour ne pas encombrer la lecture  Pour rassurer Béatrice, on a vu plein de gens qui n'avaient pas eu les mêmes problèmes d'acclimatation que nous. Mais on était particulièrement crevés en partant pour ce voyage.
Enfin une bonne nuit sans maux de crâne. On est sauvé et prêt pour partir quatre jours. Nurbo, notre driver, vient nous chercher avec sa superbe voiture. Impossible de dire la marque, on s’en fiche et je l’ai oubliée. Une grande voiture juste pour nous trois et on se sent un peu comme des pachas, mais ça nous change des voyages en bus locaux. Nurbo est très chouette. Un grand sourire permanent, un rire sonore, un anglais aussi approximatif que le notre ce qui nous suffira pour discuter avec lui de tout et de rien. Il aime la musique à fond et du haut de ses 26 ans, il a bien l’intention de nous faire connaître les jeunes groupes ladakhis et népalais. Il passera son temps à se mettre en quatre pour que tout se passe au mieux pour nous, et sera inquiet à chaque fois qu’on partira en balade. Il aime négocier les prix pour nous sans qu’on veuille le lui demander, avec toujours ce petit geste de la main qui nous signifie de rester en retrait. C’était un plaisir, tout ce temps avec lui.
Voilà, c’est parti. Premier arrêt au monastère de Spituk, perché en haut de sa colline et surplombant une zone militaire impressionnante par sa taille (on en verra quantité tout le long de ce voyage au Ladakh, le Pakistan est proche). La route est étonnante pour une « nationale » très fréquentée mais elle est belle et le paysage toujours aussi remarquable. A moitié de la piste par endroit et une présence militaire très marquée, je ne sais pas combien de camions de soldats on a croisés.
On arrive sur un flanc de montagne qui domine l’endroit où la rivière Zanskar rejoint l’Indus. Pour ceux qui auraient vu les photos de Chris, on voit deux rubans bleus qui se mêlent ensemble. Pour nous, ce sera deux rubans d’une eau beige-grise très vaseuse. Les pluies récentes leur font transporter des tonnes de limons, l’eau est chargée et le courant semble violent. Curieux sentiment d’être dans un lieu où des rivières au nom mythique ne font plus qu’une.
Autre monastère, autre cadre, celui de Basgo encastré sur son piton, à moitié restauré et où les tours en pisée se confondent avec les montagnes. Je ne vais pas tous vous les raconter en détail. Il y en a trop, vous en aurez marre et vous n’aurez qu’à y aller. Mais dans celui-là, j’ai vu les plus beaux « cabinets » de ma vie. Une porte en bois marquée « Toilet ». On la pousse pour arriver dans une petite pièce de 2m sur 2, toute en terre du sol au plafond. Au milieu, juste un petit trou donnant au dessus d’une fosse invisible et inodore. Reste à se mettre au dessus, à faire ce qu’on a à faire, et devant soi... une large ouverture dans le mur, sans carreau et donnant sur la paroi rocheuse d’en face. Un spectacle tellement époustouflant qu’on en a du mal à se concentrer. Il y a des moments comme ça où tout devient magique.
De nouveau la route en piteux état. Il fait chaud, il y a beaucoup de poussière et à chaque arrêt, Nurbo passe le chiffon sur la carrosserie. Petit tour à Likir au fond d’une gorge verte, troisième monastère de la journée et on se surprend à ne même pas en avoir marre tellement l’atmosphère de chacun lui est propre. Celui-ci à une partie très rudimentaire et l’autre assez moderne avec un intérieur sublime, des fresques remarquablement bien conservées tellement l’air est sec. A chaque fois, c’est la même surprise à la vue des trésors cachés là, dans ce bout du bout du monde. Un jeune moine vient nous voir et nous tient la tchat pendant un bon moment, il veut améliorer son français, ce qui est rare ici. En général, c’est plutôt l’anglais. Il nous parle de son village et de ses 130 maisons, de la vie l’hiver, des touristes de passage plus ou moins sympas. Il est content d’échanger un peu.
La route d’Alchi monte en serpentant et se dégrade au fur et à mesure des Km. Elle devient carrément une piste et il est particulièrement difficile de croiser un bus, particularité de la majorité des routes du Ladakh. A chaque fois, c’est une véritable prouesse de Nurbo qui nous étonne toujours. Il est hyper prudent et calcule ses virages au millimètre près, klaxonne sous la main, tout en chantant. La bonne humeur en personne.
L’arrivée à Alchi est vraiment sympa. Petit village de paysans dominant l’Indus, calme et serein. Nurbo nous marchande une GH. Il met un point d’honneur à chaque fois et on le laisse faire. Il est trop content de nous arranger et nous envoie de grands clins d’œil malicieux. Et après ces éternelles discussions, on boit toujours ensemble le thé comme pour sceller quelque chose. Il ne veut jamais autre chose, même pas une bière.
Pendant qu’il retrouve des copains à lui, driver aussi, on part faire le tour du village. D’abord, se tremper les pieds dans l’Indus, cette eau froide et boueuse, impétueuse, déferlant à toute vitesse entre les parois en faisant un bruit terrible. On peut rester longtemps assis sur les cailloux à contempler ce spectacle. C’est comme le feu, l’œil est capturé. Mais mon homme étant fils, petit-fils... de paysans, ça le démange d’aller se promener dans les champs et de voir un peu ce qui pousse et ce qui se récolte. On rencontre une famille, les parents et leurs trois filles en train de couper à la faucille un champ de luzerne. On papote un peu, mais ils ont du boulot et on risque de les retarder. Impossible de rester planté là à les regarder, alors on prend chacun notre tour la faucille que le père nous affûte avec sa pierre et on se met au travail, à quatre pattes par terre. Au début, c’est très « rigolo ». D’une main, on saisit une touffe d’herbe, de l’autre on coupe en tenant le manche de l’outil fermement. Le geste doit être sec, vif et précis. Inutile de s’amputer un doigt, l’hôpital est loin, mais on veut aller à la même cadence que les filles et il ne faut pas mollir. Au bout de 20 mn, le poignet s’ankylose, le dos n’est plus d’accord... mais impossible de s’arrêter, on n’a pas voulu faire semblant de travailler et s’arrêter nous ferait passer pour des charlots. Un peu d’orgueil quand même. Avec Louloute, on s’échange la faucille. L’un coupe pendant que l’autre fait les bottes, les attaches avec de longues tiges et les mets en tas avant qu’elles soient ramenées ensuite sur le dos des filles.
Au bout d’un certain temps, le père prend pitié et nous dit d’arrêter. Il n’a pas eu besoin d’insister longtemps. Alors les filles nous demandent de les prendre en photos, et on leur donne l’appareil pour qu’elle se prennent elles mêmes et se regardent ensuite. Séance de fou rire, et elles finissent rapidement par bien cadrer l’image. Ils nous invitent à dîner pour le lendemain, mais on sera reparti. Dommage.
On les quitte en remontant le village par les terrasses et débouchons sur un champs d’orge où une vieille femme et probablement deux de ses filles arrachent la céréale. Le première chose qu’elles font en nous voyant est de nous proposer une tasse de thé. Difficile d’imaginer ça ailleurs. Papote sur la culture, séance de photos à leur demande avec les enfants qu’elles sont allées chercher, échange d’adresse pour leur faire parvenir les clichés. C’est difficile parce qu’elles ne savent pas écrire, et leur copine n’écrit que le ladakhi. Une des femmes donne le sein à son enfant devant nous et se fait interpeller par sa copine qui lui jette un foulard dessus pour le cacher. C’est étrange comme ces moments passés avec des inconnus qui ont des façons de vivre à des milliers de lieux des notres sont toujours intenses. La même curiosité discrète vis-à-vis de « l’autre » nous anime.
On revient au centre du village par la piste principale qui est pleine de monde. Des gamins jouent en se lançant des pierres et se faisant engueuler par les plus vieux, de vieilles femmes portent sur leur dos des masses impressionnantes de luzerne pour leurs bêtes, des hommes rentrent de chantier de construction... une femme, superbe, coupe de l’herbe et arrachent des chardons sur les bas-côtés avec ses neveux et nièces. Même chose, elle nous demande de la prendre en photo pour qu’on lui envoie ensuite. C’est confortable de prendre des gens qui le demandent. On ne sent pas gênés et eux sont contents.
Alchi est un village possédant une gompa des plus raffinées et des mieux préservée du Ladakh. Sa particularité est aussi d’être la seule à se situer sur un terrain plat. On la verra le lendemain. Mais les meilleurs souvenirs qui resteront sont ces rencontres dans les champs.
Les zones militaires envahissantes.
Les rivières ne font plus qu'une.
Toujours les zones militaires.
Les tours de pisées défient la montagne.
Route ou piste, on ne sait plus trop.
Gamins rentrant de l'école.
L'Indus tourbillonnant.
Comment se croiser ?
Récolte de la luzerne.
Les filles se prennent en photos.
Femme dans l'orge.
La femme au "chardon".
Les plus beaux "toilettes" de ma vie. | | | À: Hialle · 17 septembre 2008 à 17:17 Message 19 de 44 · Page 1 de 3 · 5 472 affichages · Partager Merci Pascale de continuer à me (nous) faire rêver... | | | À: Hialle · 18 septembre 2008 à 22:15 Message 20 de 44 · Page 1 de 3 · 5 431 affichages · Partager Quel bonheur de suivre ce voyage que je ne ferai jamais...
Ton récit est tellement détaillé que j'ai l'impression de suivre vos pas...
Les photos sont superbes et enrichissent un texte fluide.
Enfin... que du bonheur ! Un grand merci Pascale... j'attends les prochaines aventures ! | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 927 visiteurs en ligne depuis une heure! |